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Christ Roi

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Horloge

24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 08:01
La république dite "française" ou la loi du plus fort

La Volonté générale envisagée comme la source de tout droit et de tout pouvoir implique une masse d’individus ayant des droits absolument égaux en dehors de toute hiérarchie naturelle ou sociale, en dehors du respect de leurs droits naturels ; l’État impose à tous Sa Volonté de Leviathan ; aucun organisme intermédiaire entre l’individu et l’État n'est toléré, aucune loi morale ne prime la loi républicaine émanant de la Volonté générale : c'est l’oppression en haut, la servitude en bas, l’antagonisme partout et l’union nulle part...

L'objectif ? Diviser pour régner... Supprimer les droits et garanties des faibles contre les forts, des petits contre les grands ; mettre les pauvres et les faibles à la discrétion des riches, la loi du plus fort.

L’idée fondamentale de la Révolution française en matière économique est contenue dans cette maxime économique de Turgot, tant applaudie à la fin du siècle dernier

La source du mal est dans la faculté même accordée aux artisans d’un même métier de s’assembler et de se réunir en corps.

Turgot, Édit du 12 mars 1776

On croit rêver en lisant aujourd’hui de pareilles inepties tombées de la plume d’un homme d’esprit. Ce que Turgot, fidèle interprète des opinions de son temps, appelait la source du mal n’est autre chose qu’un principe rigoureux de droit naturel. Car il est dans la nature des choses que les artisans d’un même métier et les ouvriers d’une même profession aient la faculté de s’assembler pour débattre et sauvegarder leurs intérêts ; ou bien il faut renoncer à toutes les notions de la solidarité et de la sociabilité humaines.

 

C’est ce qu’on avait parfaitement compris jusqu’à la veille de 1789. Après avoir proclamé les principes qui devaient amener graduellement l’esclavage au colonat et au servage, puis enfin à l’affranchissement complet du travailleur, l’Église avait fini par faire triompher dans la classe ouvrière, comme ailleurs, la loi si éminemment féconde de l’association.

 

Sous l’influence des idées de rapprochement et de charité fraternelle qu’elle répandait dans le monde, il s’était opéré pour chaque métier, pour chaque profession, un groupement des forces et des volontés individuelles autour d’un seul et même centre d’action. L’on avait senti que pour être fort, il fallait s’unir, et que, dans cette union morale des travailleurs d’un même ordre, il y avait une garantie et une protection pour tous : Vincit Concordia fratum, selon l’antique devise des arts et métiers de Paris. Sans absorber l’individu dans le corps social et tout en lui laissant la liberté de se mouvoir et d’agir à son gré, le travail devenait plus ou moins une chose commune à laquelle chacun apportait son énergie propre, en même temps qu’il y trouvait sa fortune et son honneur. Des hommes aussi étroitement unis par les liens professionnels ne pouvaient qu’être solidaires les uns des autres, soit que leur intérêt fût en jeu ou leur réputation.

 

Dans un tel état de choses, il y avait place pour les faibles à côté des forts ; et la richesse ou l’intelligence, au lieu d’être une cause de ruine pour personne, tournait au profit de tout le monde. Bref, le même métier était dans une même ville, pour ceux qui l’exerçaient, un signe de ralliement et le principe d’une association où tous se rencontraient, se respectaient et s’aimaient. Tel a été, six siècles durant l’aspect de cette grande et belle institution qui s’est appelée, dans l’histoire de l’économie politique et sociale, la corporation ouvrière.

 

Les corporations sacrifiées sur l’autel de l’égalité

 

À vrai dire, — et c’est la condamnation la plus formelle des doctrines économiques de la Révolution française, — ils ne pouvaient agir autrement sans renoncer à tout ce qui fait le fond du système. Appliquant avec une rigueur de logique que je suis loin de méconnaître, les idées du Contrat social de Rousseau, la Révolution française ne conçoit que deux facteurs dans l’ordre économique comme dans tout le reste : l’individu et l’État. Pas de corps intermédiaires entre l’un et l’autre, pas de groupes particuliers possédant leur autonomie, pas d’organismes sociaux vivant de leur vie propre, pas d’associations autres que celles qui émanent de la volonté générale envisagée comme la source de tout droit et de tout pouvoir, en d’autres termes, une masse d’individus ayant des droits absolument égaux, en dehors de toute hiérarchie naturelle ou sociale, et l’État leur imposant à tous sa volonté ; voilà toute la théorie imaginée et formulée en 1789 et en 1791.

 

La Révolution crée l’oppression de la classe ouvrière

 

Les conséquences allaient en découler d’elles-mêmes ; et nous les avons sous les yeux. Oubliant que le principe de la liberté du travail, appliqué d’une façon absolue, sans le complément et le correctif de l’association, dans laquelle Turgot plaçait « toute la source du mal », ne saurait avoir d’autre résultat que de mettre, les pauvres et les faibles à la discrétion des riches et des forts, les théoriciens de 1789 s’étaient absolument mépris sur les conditions du problème social.

 

Sous une apparence de liberté, c’est l’isolement qu’on apportait à l’ouvrier, et, avec l’isolement, la faiblesse. L’individu seul restait en face de lui-même, n’ayant plus aucune des ressources matérielles ou morales qu’il tirait auparavant d’un corps dont il était le membre.

 

Dès lors, plus une ombre de hiérarchie ; plus de paternité sociale ; plus de charge d’âmes ; plus de fraternité professionnelle ; plus de règles communes ; plus de solidarité d’intérêt, plus d’honneur et de réputation plus de rapprochement entre les maîtres, les ouvriers et les apprentis ; plus de garanties pour les faibles contre les forts ; plus de protection des grands à l’égard des plus petits.

 

Une concurrence effrénée, une lutte pour la vie où chacun, réduit à ses seules forces, cherche à l’emporter sur les autres, au risque d’entraîner leur ruine ; une mêlée où l’on se coudoie, où l’on s’écrase, où l’on se foule aux pieds, c’est-à-dire, en résumé, l’oppression en haut, la servitude en bas, l’antagonisme partout et l’union nulle part : telle est la situation que la Révolution française est venue créer à la classe ouvrière.

 

Des tentatives de résistance

 

Oui, malgré les anathèmes de Turgot et des autres économistes de 1789 contre le régime corporatif, nous avons vu se former successivement des sociétés de secours mutuels, des caisses de pension de retraite, des banques populaires, des associations coopératives, et même des syndicats professionnels, forçant, pour ainsi dire, la tolérance des pouvoirs publics en attendant la sanction légale. Puis, enfin, nous avons vu un parlement obligé, sous la pression de l’opinion, d’abroger la loi du 27 juin 1791 et de rétablir le principe de l’association dans la loi du 21 mars 1884.

 

Mais toutes ces réactions en faveur du principe d’association si étrangement méconnu en 1789 sont autant de conquêtes sur la Révolution française dont c’est l’erreur fondamentale de ne concevoir et de n’admettre aucun organisme intermédiaire entre l’individu et l’État.

 

Le sophisme de l’amélioration des conditions matérielles

 

[…] Voyez, nous dira-t-on, quel progrès économique s’est réalisé depuis la fin progrès du siècle dernier : l’ouvrier est mieux vêtu, mieux nourri, mieux logé que par le passé : pur bienfait de la Révolution française.

 

Pur sophisme, dirons-nous à notre tour ! Si les conditions économiques, du temps actuel sont meilleures à certains égards que celles de l’âge précédent : cela est dû à des causes toutes différentes : cela est dû au progrès des sciences naturelles, physiques et chimiques, aux inventions et aux découvertes de l’industrie, à l’application de la vapeur et de l’électricité aux diverses catégories du travail humain, à une plus grande facilité dans les moyens de communication, à la multiplication des relations commerciales, à l’amélioration des routes, à la création des chemins de fer, au mouvement général de l’art et de la pensée.

 

[…] Laissons donc là ce sophisme et disons ce qui est l’évidence même : la Révolution française n’a rien fait pour améliorer la condition des classes laborieuses ; bien au contraire, elle a jeté le trouble et la confusion dans le monde du travail ; elle a détruit, sans y rien substituer, ces corporations ouvrières, ces groupes sociaux si bien organisés, où petits et grands, faibles et forts, pauvres et riches étaient unis entre eux par les mêmes liens professionnels, dans une vaste hiérarchie de services et de fonctions ; elle n’a pas su donner à la liberté du travail, dans la liberté d’association, un correctif et un complément indispensables ; elle a désagrégé les masses ouvrières, en les soustrayant à la direction de leurs chefs naturels, pour les livrer sans défense à l’action des sociétés secrètes, de ces ligues ténébreuses où elles deviennent la proie de politiciens sans aveu et sans scrupule ; elle a créé l’antagonisme du capital et du travail, cette grande plaie des temps modernes ; et chaque fois qu’il est question de remédier à un état de choses si lamentable, on est obligé de remonter le courant de la Révolution, pour reprendre une à une les œuvres qu’elle a détruites, et pour corriger les erreurs de son symbole économique et social.

 

Source : Mgr Freppel, La Révolution française, à propos du centenaire de 1789, A.Roger et F.Chernoviz éditeurs, 7 rue des grands-augustins, Paris 1889. 23e édition. Vive le Roy

via Démocratie royale

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 07:53

Vexilla Galliae et le Centre d'Etudes Historiques sont heureux de vous convier à la conférence du

Mercredi 24 juin 2015 à 19h00

Placée sous le haut patronage de Monseigneur le prince Louis, duc d'Anjou

«Mohammed VI, le Roi stabilisateur »

avec

Jean-Claude Martinez

 

Maisons des ingénieurs - 15, rue Cortambert, 75016 Paris

2035 : le dernier baril de pétrole sortira d’Algérie avec le dernier m3 de gaz. Le sort du pays basculera alors, si ce n’est fait bien avant. Pour la Libye, l ’Irak et la Syrie, c’est déjà le cas. Le Mali, lui, est en sursis, la Tunisie en répit et l’Egypte à la dérive. Quant au territoire de Gaza, il sera bombardé, comme il a toujours été bombardé.
Dans cet espace de bruit et de fureur, le seul pôle de stabilité, c’est le Maroc, avec son Roi profondément enraciné dans la nation alaouite.
On devrait s’en réjouir. Eh bien non ! Paris n’a eu de cesse de critiquer le Maroc, son patriarcat, son Roi et son Sahara, au nom évidemment des droits de l’homme et du temple européen des libertés.
Ce discours convenu sur la monarchie chérifienne qui aurait le tort de ne pas être républicaine, a été porté par une avalanche de livres.
Ici, ce n’est pas un ouvrage de plus « sur le Roi », mais un livre sur les défis que la France et l’Europe ne peuvent relever qu’ « avec le Roi ».

Pourquoi ?
Mais parce que le roi du Maroc sera toujours là quand cinq ou six présidents se seront succédé à l’Elysée. Comme il a donc ainsi la durée pour que des mutations de fond soient réalisées, l’objet de ce livre est de les lui suggérer.

Jean-Claude Martinez, professeur à l’Université Paris II, a été directeur des études à l’ENA du Maroc, conseiller particulier du ministre de l’intérieur du Maroc et coordonnateur du premier Code Marocain des impôts. 20 ans député au Parlement européen, il a une vision globale des problèmes politiques du monde.

____________________________________________

Rendez-vous :  

Maison des ingénieurs ETP - 15, Rue Cortambert - 75016 Paris

Métro : ligne 6 ou 9 Trocadéro ou Rue de la pompe

RER : Boulainvilliers

Bus: 63, 32, 22

Voiture : Parking possible au 78 rue de Passy – 75116 Paris

Participation aux frais : 8 euros ou 5 euros (ecclésiastiques, étudiants, chômeurs)

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 10:05
« Il faut être d’une naïveté confondante pour tenir le système capitaliste pour conservateur ! » (Alain de Benoist)

Dans un entretien réalisé par Nicolas Gauthier pour Boulevard Voltaire, Alain de Benoist explique "l’inconséquence tragique de ces conservateurs ou « nationaux-libéraux » qui veulent à la fois défendre le système du marché et des « valeurs traditionnelles » que ce système ne cesse de laminer". Extrait :

 

On se souvient de la déclaration de François Hollande quand il était en campagne électorale : « Mon ennemi, c’est la finance ! » Aujourd’hui, elle est apparemment devenue son amie, comme en témoigne l’arrivée aux manettes du banquier Emmanuel Macron. Quant à la loi portant le nom de ce dernier, le MEDEF devait en rêver, le PS l’a faite. Cela vous surprend ?

 

"Pas du tout. Depuis qu’il s’est officiellement rallié, sinon à la société de marché, du moins au principe du marché, en 1983, le PS n’a fait que dériver toujours plus loin vers un libéralisme social… de moins en moins social. Cela confirme et illustre le propos de Jean-Claude Michéa, selon qui le libéralisme économique et le libéralisme « sociétal » ou culturel sont voués à se rejoindre, puisqu’ils procèdent tous deux d’une même matrice idéologique, à commencer par une conception de la société perçue comme une simple addition d’individus qui ne seraient liés entre eux que par le contrat juridique ou l’échange marchand, c’est-à-dire le seul jeu de leurs désirs et de leurs intérêts.

 

« Le libéralisme économique intégral (officiellement défendu par la droite) porte en lui la révolution permanente des mœurs (officiellement défendue par la gauche), tout comme cette dernière exige, à son tour, la libération totale du marché », écrit encore Michéa. Inversement, la transgression systématique de toutes les normes sociales, morales ou culturelles devient synonyme d’« émancipation ». Des slogans de Mai 68 comme « Jouir sans entraves » ou « Il est interdit d’interdire » étaient des slogans typiquement libéraux, interdisant de penser la vie humaine selon son bien ou selon sa fin. La gauche, aujourd’hui, donne d’autant mieux dans le libéralisme sociétal qu’elle s’est entièrement convertie au libéralisme économique mondialisé. [Le libéralisme économique n'est pas partout, il est dans les échanges commerciaux, la libre circulation des marchandises, de moins en moins dans la liberté d'entrependre compte tenu du niveau d'imposition des entreprises, et surtout pas dans l'interventions de la banque centrale dans l'économie digne de l'époque soviétique. NDLR]

 

Le néo-capitalisme financiarisé et mondialisé, que certains s’entêtent à considérer comme « patriarcal et conservateur », ne serait-il pas finalement plus révolutionnaire que notre « socialisme » français, manifestement à bout de souffle ?

 

Il faut être d’une naïveté confondante pour voir dans le système capitaliste un système « patriarcal » ou « conservateur ». Le capitalisme libéral repose sur un modèle anthropologique, qui est celui de l’Homo œconomicus, un être producteur et consommateur, égoïste et calculateur, censé toujours chercher à maximiser rationnellement son utilité, c’est-à-dire son meilleur intérêt matériel et son profit privé, et sur un principe ontologique qui est celui de l’illimitation, c’est-à-dire du « toujours plus » (toujours plus d’échanges, toujours plus de marché, de profits, etc.). Cette propension intrinsèque à la démesure le conduit à considérer tout ce qui peut entraver l’extension indéfinie du marché, la libre circulation des hommes ou la marchandisation des biens comme autant d’obstacles à supprimer, qu’il s’agisse de la décision politique, de la frontière territoriale, du jugement moral incitant à la mesure ou de la tradition qui rend sceptique vis-à-vis de la nouveauté.

 

N’est-ce pas en cela que le système capitaliste rejoint l’idéologie du progrès ?

 

Marx avait déjà constaté que l’avènement du capitalisme avait mis un terme à la société féodale traditionnelle, dont il avait noyé toutes les valeurs de solidarité communautaire « dans les eaux glacées du calcul égoïste ». Observant que la montée des valeurs bourgeoises s’était opérée au détriment des valeurs populaires comme des valeurs aristocratiques (« tout ce qui avait solidité et permanence s’en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané »), il écrivait que « la bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner en permanence les instruments de production, donc les conditions de production, donc l’ensemble des rapports sociaux ».

C’est à ce titre qu’il parlait du « rôle éminemment révolutionnaire »» joué au cours de l’Histoire par le capitalisme, à commencer par l’expulsion des paysans des sociétés rurales par un processus de dépossession de masse qui a vu la destruction du lien immédiat entre le travail et la propriété, afin de créer un vaste marché où, transformés en salariés, ils achèteraient désormais les produits de leur propre travail.

 

Plus proche de nous, Pier Paolo Pasolini disait que, du point de vue anthropologique, « la révolution capitaliste exige des hommes dépourvus de liens avec le passé […] Elle exige que ces hommes vivent, du point de vue de la qualité de la vie, du comportement et des valeurs, dans un état, pour ainsi dire, d’impondérabilité – ce qui leur permet d’élire comme le seul acte existentiel possible la consommation et la satisfaction de ses exigences hédonistes. » Le capitalisme libéral exige en effet des hommes hors-sol, des hommes interchangeables, flexibles et mobilisables à l’infini, dont la liberté (à commencer par la liberté d’acquérir, d’échanger et de consommer) exige qu’ils soient déliés de leurs héritages, de leurs appartenances et de tout ce qui pourrait, en amont d’eux-mêmes, les empêcher d’exercer leur « libre choix ». Dans cette perspective, rompre avec les traditions héritées du passé, rompre avec l’humanité antérieure équivaut nécessairement à un bien. D’où l’inconséquence tragique de ces conservateurs ou « nationaux-libéraux » qui veulent à la fois défendre le système du marché et des « valeurs traditionnelles » que ce système ne cesse de laminer.

 

Outre cette inconséquence au plan économique et sociétal, une autre inconséquence, fatale, des "nationaux-libéraux" au plan moral et spirituel cette fois-ci est celle qui consiste à contester mai 68, à déplorer la "crise de l'autorité", mais à ne jamais remettre en question la source et la cause de cette crise : la "Souveraineté nationale" [1] à la place de la Souveraineté de Dieu. Concrètement donc, ils vivent "comme si Dieu n'existait pas", comme dans une "apostasie silencieuse", pour reprendre l'expression de St Jean-Paul II (Ecclesia in Europa, 9). C'est-à-dire, pour beaucoup, ils veulent organiser catholiquement la société tout en en sapant le fondement (le Christ "pierre angulaire". Cf. Actes des Apôtres, 4, 8-12.)

 

Un exemple concret de cette inconséquence des "nationaux-libéraux" au plan moral et spirituel concerne l'encouragement au vote et à la participation. L'abstention tend pourtant à être revendiquée - et cela depuis le Comte de Chambord - comme un acte politique de résistance civique libre par excellence, une "affirmation et une protestation éclatante", l'étendard raisonné de la résistance au Nouvel ordre mondial antichrist. Il est encore temps pour eux de jeter leur force dans cette grande bataille civique. Par exemple s'agissant de l'abstention en en expliquant les ressorts moraux et intellectuels.

 

Quoiqu'il en soit, s'il y a bien une chose que le système redoute c'est la convergence trans-courants, la "coagulation", la fédération, la réunion, la solidarité en dehors des balises et des clivages partisans communautaristes et victimaires que contient la virtualité abstentionniste, et donc l'organisation de la vie sociale et politique en dehors des cadres définis par les maîtres Jacobins. Il y a une vie en-dehors de la plantation esclavagiste.

Notes

 

[1] La "souveraineté nationale" est cette monstruosité antidivine inscrite dans l'article 3 de la Déclaration des droits de l'homme: "Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation". Ce qui revient à supprimer le principe d'autorité et à placer l'inférieur au-dessus du supérieur (à placer l'homme au-dessus de Dieu). D'où par effet domino la crise de l'autorité partout.

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 08:29

 

Ce n'est pas au Front national chaupradisé qui soutient l'intervention contre l'état islamique et prône la laïcité républicaine, ni chez les catholiques nationaux prompts à se mettre à la remorque des républicains et des libres censeurs dès qu'ils entendent le mot "islam"..., que vous trouverez une note discordante ces jours-ci sur l'attentat commis hier contre "Charlie Hebdo" qui a tué les dessinateurs Charb, Cabu, Honoré, Tignous, Wolinski, et arrive à point pour ressouder nationalistes et républicains. Comme en 14 ! A croire que ces gens n'apprennent rien... Ou font le jeu du système ?

Le dernier dessin de Charb paru dans "Charlie Hebdo" du 7 janvier 2015 montre un islamiste fou disant "On a jusqu'à la fin janvier pour présenter ses voeux".

Le dernier dessin de Charb paru dans "Charlie Hebdo" du 7 janvier 2015 montre un islamiste fou disant "On a jusqu'à la fin janvier pour présenter ses voeux".

Cette caricature vient après une longue série de provocations offensantes, tournées tant contre l'islam que contre le catholicisme :

 

Charlie Hebdo : la "riposte laïque" et la "résistance républicaine", des réponses adéquates ?
Charlie Hebdo : la "riposte laïque" et la "résistance républicaine", des réponses adéquates ?

Sans compter d'autres que la décence ne permet pas de présenter ici.

 

Charlie Hebdo, RIP.

 

Le 12 septembre 2014, sur BFMTV, Dominique de Villepin, lucide et clairvoyant avait estimé que la décision de Barack Obama d'engager une grande coalition sur le terrain était «absurde et dangereuse» et qu'elle aurait pour conséquence de « multiplier » les foyers de terrorisme :

 

« Il serait temps que les pays occidentaux tirent les leçons de l'expérience. Depuis l'Afghanistan, nous avons multiplié les interventions militaires, pour quel résultat? Il y avait en 2001 un foyer de terrorisme central? Un. Aujourd'hui? Une quinzaine... L'État islamique, c'est l'enfant monstrueux de l'inconstance et de l'arrogance de la politique occidentale».

 

Le site Les-Crises.fr revient sur cet avertissement de Dominique de Villepin :

 

Alors, ce 22 septembre, merci M. Hollande !

Et en plus, ça marche, personne ne se dit que les gouvernements du Paraguay, d’Inde, d’Afrique du Sud, de Corée, du Vietnam, d’Indonésie ne voient pas l’urgence d’aller bombarder l’Irak… :

Le Français sont des veaux inconscients ?

 

Source: http://www.les-crises.fr/irak-villepin-denonce-une-guerre-absurde-et-dangereuse/

Traiter les causes de cet attentat contre "Charlie Hebdo", plutôt qu'apporter des réponses inadaptées aux conséquences de nos erreurs, c'est avant tout dire que la laïcité version républicaine n'est pas la réponse adéquate pour éviter la guerre sur notre territoire, portée dans la capitale de la France...

 

Le vide laissé par la laïcité est un laïcisme qui ne permet pas le développement harmonieux et complet de la nature humaine et par tant du premier droit de l'homme qui est le droit de croire en Dieu.

 

Les républicains n'ont pas d'anthropologie, ou du moins ils ont une conception amputée de l'homme, ils manquent d'un vrai humanisme qui prenne en compte la totalité de la nature humaine, matérielle et spirituelle. Sans une prise de conscience généralisée des lacunes républicaines c'est en vain que les "Charlie Hebdo" manifesteront leur tristesse. C'est en vain qu'ils parleront d'"unité nationale", de "vivre ensemble", et de leur "monde nouveau"...

 

Il faut le dire, la république n'est plus un gage de paix, elle est devenue notre insécurité quotidienne. Ce laïcisme républicain, anti-religieux, provocateur, méprisant pour les croyants, de combat contre les religions tant musulmane que catholique (en fait les religions dogmatiques insupportables pour les "illuminés"... depuis un certain Adam Weishaupt) qui a fini par engendrer des réponses, il est vrai, disproportionnées..., doit être stoppé. La liberté d'expression ne signifie pas la liberté d'insulter les personnes.

 

Dans ce contexte, la "riposte laïque", la "résistance républicaine" sont autant de mots d'ordre du chaos institutionnalisé qui ne font que jeter de l'huile sur le feu, sans apporter de vraies solutions.

 

Le soutien à l'intervention contre l'état islamique est une erreur depuis le début.

 

Puissent les esprits éclairés et les personnes de bonne volonté se rencontrer et porter cette voix différente (et cette voie...)

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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 13:28

Breiz Atao a publié le 8 décembre dernier un article décrivant le "communisme racial" ou la société sans race et sans foi, métissée. On peut y ajouter le communisme sexuel (théorie du genre) :

 

 

Communisme-racial---khmer_rouge.jpg

Le communisme racial comme totalitarisme : de l’oppression à la libération et à l’épuration

 

 

Published On: Mon, Dec 8th, 2014

 

L’Etat Français adopte depuis 35 ans et très progressivement une forme radicale de collectivisme.

La France prédisposée au communisme

Le proto-communisme est historiquement né en France durant la Révolution Française, en 1793. Le jacobinisme a prédisposé mentalement les populations françaises a se faire inoculer le virus idéologique du communisme qu’est l’égalitarisme. Le jacobinisme a rapidement accouché du socialisme et du communisme au XIXème siècle, une forme de société égalitaire fondée sur un homme nouveau, débarrassé de tous les héritages découlant supposément de “l’ordre exploiteur ancien”.

L’ecole de Francfort et le Néo-communisme

Après la Seconde Guerre Mondiale, les idéologues juifs marxistes de l’Ecole de Francfort considérèrent le stalinisme comme une forme d’échec du communisme dans son versant sémitique. Pour eux, l’URSS n’était qu’une incarnation du “fascisme”. Ils estimèrent qu’avant de mener la révolution politique permettant de contrôler l’état, il fallait d’abord mener la révolution dans la société. Et détruire les mêmes cellules déterminantes que sont sexualité, famille, communauté ethnique, nation, religion. Ce communisme non-économique, entend détruire l’individu à son épicentre selon le principe révolutionnaire de la table rase, condition préalable indispensable à l’adoption de nouvelles valeurs et conceptions.

Ce collectivisme et ce constructivisme politique ont engendré dans les années 60 la formation de différentes strates du néo-communisme : le féminisme, l’antiracisme et ses corollaires que sont ethno-masochisme et métissage, l’anti-patriotisme, le combat contre la cellule familiale et le Pater Familias, la sexualité libre, etc.

Cette destruction par atomisation des structures sociales traditionnelles forment aujourd’hui le corpus idéologique de tous les états occidentaux, subvertis par la génération 68 qui est le vecteur essentiel de ces conceptions judéo-marxistes.

Le précédent Khmer Rouge

Aujourd’hui, nous retrouvons des manifestations actuelles de fanatisme révolutionnaire comme on en trouve dans des régimes communistes pourtant non-inspirés par les judéo-trotskystes de l’Ecole de Francfort. A titre d’exemple, les Khmers Rouges, tenants d’un maoïsme agrarien radical, avaient entrepris de créer une entité totalitaire dénommée “Angkar”, le nom du Parti Communiste du Kampuchéa Démocratique (Cambodge). L’Angkar était devenu la matrice se substituant à tout ce qui avait préexisté : la famille, la religion, les corps de métiers, etc.

Dans les camps de concentration communistes cambodgiens, les enfants apprenaient à rejeter l’idée “bourgeoise” de la famille. Celle-ci était présentée comme étant le foyer contre-révolutionnaire par excellence. La haine de ses propres parents était inculquée dès le plus jeune âge.

Actuellement, en France et dans de nombreux pays occidentaux, l’idéologie néo-communiste triomphante entend de la même façon abolir la famille. Cela a bien sûr commencé par la libéralisation du divorce et de l’avortement comme de la contraception. Déliés de tout lien permanent entre eux, les individus ont pu recombiner les relations sexuelles et matrimoniales avec la bénédiction du régime. D’abord et avant tout pour livrer corps et âmes les enfants au régime, la famille ayant implosé et ne pouvant plus opposer la protection imperméable des valeurs traditionnelles.

Le Régime ne se réduit pas à strictement parler à “l’état” – qui n’en est qu’un mécanisme – mais s’étend également aux “partis de gouvernement”, aux médiats et factions de gardes rouges – les  membres d’associations – ou encore aux grands entreprises qui n’ont rien à envier aux coopératives d’URSS. On y ajoutera les ingénieurs sociaux que sont les nombreux “spécialistes” chargés de façonner l’esprit des masses.

Communisme racial

Aussi radicale que le génocide cambodgien, l’entreprise de destruction du corps biologique des peuples blancs subjugués par des régimes néo-communistes.

L’exemple cambodgien est ici d’une grande utilité. Le régime communiste du Cambodge a en effet mené, avec l’aide de nombreux membres de la société khmère, une campagne révolutionnaire nécessitant l’élimination de près de 1,5 millions d’individus. Contrairement au génocide rwandais par exemple, cette entreprise de destruction a été menée au sein d’un même peuple pour des motifs idéologiques, politiques et pratiques.

Il faut ici bien y réfléchir : à chaque niveau de la société cambodgienne, il a fallu des cadres, des exécutants, des délateurs, des bourreaux, des traîtres, des gardes-rouges fanatisés pour pouvoir faire fonctionner la machine totalitaire, préalable indispensable au génocide.

Aujourd’hui en Europe, et singulièrement en France, l’entreprise de destruction des peuples blancs est menée de la même façon depuis l’intérieur même de ses peuples. Ceci pour des motifs idéologiques. Contrairement aux moyens primitifs en usage au Cambodge, le régime procède en se donnant plus de temps, mais avec la même volonté de destruction des opposants à la refondation de la société. La conviction centrale du régime néo-communiste est que la race blanche doit être progressivement éliminée au profit d’autres groupes raciaux jugés idéologiquement compatibles avec le projet précité.

Ce projet d’une société nouvelle reposant sur un homme nouveau, nécessairement métissé, est aussi criminel que celui mené au Cambodge. Comme dans le cas cambodgien, nombre d’éléments au sein de la société sont convaincus de la nécessité de mener ce programme, du ministre au simple garçon de café. Par adhésion ou par conformisme. Ceci par le travail permanent du régime, de ses médiats, de ses ministères, de ses factions politiques que sont les associations stipendiées en charge de l’agitation.

La destruction de la religion chrétienne, de l’ordre naturel, de l’identité des populations forment le préalable à la société néo-communiste en cours d’édification.

La société sans race et sans foi, succédant à la société sans classe, forme le nouveau totalitarisme dans lequel nous évoluons. Il faut en avoir conscience.

Comprendre la psychologie révolutionnaire

Nombreux sont ceux qui, n’étant pas familiers de la lèpre marxiste, ne comprennent pas la psychologie révolutionnaire. La psychologie révolutionnaire a ceci de particulier qu’elle modifie en profondeur la structure mentale d’un individu en le convainquant de ce qu’il doit abolir son bon sens pour se conformer à l’idéologie révolutionnaire. Délié de ses obligations morales et éthiques, un tel individu devient un rouage dans la machine totalitaire du parti ou du régime.

La psychologie révolutionnaire est un subjectivisme radical qui transforme n’importe quel individu en psychopathe. Le communisme, ancien comme nouveau, non seulement repose sur une négation de l’individu comme de la société dans ce qui les fonde naturellement, mais par là même le délivre de toute obligation morale afin de les détruire.

On gardera à l’esprit que la mentalité révolutionnaire ne sous-entend absolument pas qu’un révolutionnaire devienne systématiquement un auteur de meurtres de masse. Ce développement ne dépend que des conditions objectives  à un moment donné. Le révolutionnaire adoptera en revanche, quelque soit le lieu et l’époque, une volonté d’anéantissement de l’ordre ancien avec les moyens dont il dispose. Son but demeurera invariablement le même : détruire. Qu’il soit garde-rouge de la Chine maoïste en 1970 ou parlementaire socialiste embourgeoisé français.


Source: http://breizatao.com/2014/12/08/le-communisme-racial-comme-totalitarisme-de-loppression-la-liberation-et-lepuration/

 

 

Note de Christ-Roi. A ce communisme sans race et sans foi succédant au communisme sans classe s'ajoute le dernier avatar marxiste emmené par la théorie du genre, la société sans sexe dans laquelle l'hétéro (communisme sexuel), blanc (communisme racial), est le nouvel ennemi à éliminer et où la raison elle-même aura été abolie.

 

. 150e anniversaire - De Gettysburg à Goldman Sachs: D'un monde libre à un monde communiste

. Le 100e anniversaire de la FED: D'un monde libre à un monde communiste

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 11:03

Trouvé sur Vexilla Galliae, Media royaliste, cet excellent article de Julien Ferréol au sujet des jeunes français (d'origine européenne ou extra-européenne) partis se battre pour l'état islamique. L'auteur rejoint ce que nous répondions aux bellicistes qui appelaient à une simple réponse armée (voir ici lorsque nous parlions de la "gestion en amont de nos relations avec les pays arabes" et à propos de la guerre qui "ne règle aucun problème en amont...") Il préconise de "réfléchir à la manière dont on éradique l'endoctrinement initial. Sans ce travail en amont, le sang pourrait bien couler très prochainement en métropole."

 

Djihadistes-francais--Cayenne-ou-la-Veuve.jpeg

Djihadistes français : Cayenne ou la Veuve ?

 

Que faire des jeunes français (d'origine européenne ou extra-européenne) qui se sont engagés dans les rangs de Daech ?

 

La question remue les pensées de nos politiciens. Le ministre de l'Intérieur rappelle la possibilité de la déchéance de nationalité pour les titulaires de la double nationalité (on aime jamais faire des apatrides). Cette procédure veut être élargie par la députée Marion Maréchal-Le Pen, mais dans quel but ? Qu'est-ce qu'un djihadiste fanatique fera d'une notification de déchéance de la nationalité, si ce n'est une décoration ?

 

Alors les grands patriotes rivalisent d'imagination pour sévir face aux petits jeunes de France qui vont en Orient pour décapiter leur prochain face caméra. Quand il s'agit de l'Etat Islamique, tout est permis, et certains se lâchent...L'influent Julien Rochedy, ancien président du FNJ suggère sur Twitter le retour de la peine de mort, selon lui « encore possible en cas de haute trahison ». Assertion fausse, mais son courage a le mérite de porter la voix de millions de français qui verraient bien le retour de la guillotine.

 

Nicolas Dupont-Aignan, lui, fait dans une fibre plus subtile, plus originale, plus traditionnelle : la réouverture de « Cayenne ». Selon Le Figaro, Nicolas Dupont-Aignan souhaite un centre de détention pour les revenants de Syrie, à l'instar des quartiers d'isolement des musulmans radicaux dans certaines prisons françaises (ce projet est à l'étude et à l'essai, dans le but d'éviter l'endoctrinement carcéral).

 

La république pourrait bien ressortir ses muscles. On avait pas vu ça depuis longtemps. Il conviendrait juste, tout en traitant avec extrême sévérité les djihadistes revenus au pays, de réfléchir à la manière dont on éradique l'endoctrinement initial. Sans ce travail en amont, le sang pourrait bien couler très prochainement en métropole.

 

Julien Ferréol

 

Source: Vexilla Galliae http://www.vexilla-galliae.fr/actualites/politique/1075-djihadistes-francais-cayenne-ou-la-veuve

 

 

 

Note de Christ-Roi. La pauvre laïcité républicaine qui n'est que l'effacement du christianisme et l'organisation du vide spirituel et du relativisme philosophique ne sera pas d'un grand recours devant l'islam qui, lui, restera droit dans ses bottes face aux anti-valeurs maçonniques.

 

La seule solution n'est effectivement dans un traitement a posteriori des jeunes français partis se battre pour l'Etat islamique ("élimination" préconisée par le totalitaire jacobin Aymeric Chauprade, déchéance de la nationalité, etc.), mais dans l'affirmation identitaire de ce que nous sommes et de ce qu'est la France.

 

Ce résultat, c'est un peu la faute des parents contaminés par la société laïciste et athée qui n'ont pas donné d'éducation catholique traditionnelle à leurs enfants et c'est la faute à l'état maçonnique libéral qui a programmé de longue date la corruption des moeurs et la société cupide de l'Argent-Roi que rejettent précisément ces jeunes.

 

Que ces jeunes aient un idéal est plutôt positif : cela montre que l'endoctrinement maçonnique ne fonctionne pas complètement... La société matérialiste basée sur la consommation, le confort et la liberté des moeurs n'est définitivement pas ce que recherche ces jeunes. Au moins ne sont-ils pas complètement avachis et endormis par cette société. Ils ont trouvé un idéal dans leur vie (mais qui est perverti par des assassins). Dans les années 60-70, ils eurent été communistes, comme ils sont aujourd'hui djihadistes.


Sans la rechristianisation et une revirilisation des européens, désabusés et désenchantés par la société libérale post-moderne, ces jeunes se tourneront vers le monisme islamique (pas de distinction entre les pouvoirs temporel et spirituel).

 

Enfin, désendoctriner ces jeunes ne doit pas aboutir à museler les lanceurs d'alerte catholiques qualifiés facilement de "complotistes" et plus largement tout le travail de réinformation d'internet contre le projet mondialiste (complot mondialiste) des élites cosmopolites athées et relativistes contre lesquels s'élèvent ces jeunes. Leur désendoctrinement ne doit pas être un moyen pour le gouvernement républicain de faire des lois de plus en plus liberticides.

 

La théorie du genre développée au plan mondial montre que l'Humanité entière est attaquée. Il s'agit de trouver une réponse qui transcende les religions en vue de défendre la loi naturelle qui si elle devait disparaître nous plongerait dans un monde mille fois plus barbare que n'importe quel état islamique... L'avortement, la location des ventres, l'achat d'enfants, la marchandisation de l'humain, l'esclavage moderne, l'assassinat économique et le terrorisme financier, sont aussi des formes de barbarie mais bien plus sophistiquées et donc bien plus coupables.


 

. Etat islamique : « Les terroristes c’est nous »

. Etat islamique / AVIS AUX BELLICISTES ! "Vous ne savez pas comment les générations futures vont vous maudire" (Mgr Yousif Habash)

. Le Pape demande l'arrêt des soutiens aux djihadistes et dénonce des "formes d'agression tout aussi réelles et graves" du système financier

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 10:40

Un article publié sur Boulevard Voltaire le 23 septembre par Pierre Hillard et intitulé " Mouvements sécessionnistes en Europe et aux États-Unis" nous laisse sceptique. L'auteur soutient que les mouvements sécessionnistes seraient le fruit d'une politique de longue date arrêtée par les mondialistes. La régionalisation des Etats européens s'insérerait dans l'objectif d'une sécession des peuples européens de leurs Etats centraux, objectif voulu par la "finance apatride et son clergé".

Sur Christ-Roi, nous avons plutôt regardé la revendication sécessionniste écossaise comme un affaiblissement de l'impérialisme britannique et c'est bien pour cela que nous avons vu tous les partis liés à l'impérialisme britannique se liguer pour repousser la vague indépendantiste écossaise.

Nous pensons que depuis 1789 le mouvement de centralisation des Etats européens au XIXe et XXe siècles a été voulu et a été organisé par la finance apatride pour mieux domestiquer les peuples européens. Tout pouvoir dictatorial nécessite un Etat central fort pour pouvoir relayer ses directives. La multiplication des centres de décisions au niveau local empêchent le relai rapide des directives de l'Etat central dans les territoires locaux et sont plus un handicap qu'autre chose.

 Etant royaliste décentralisateur, nous ne pouvons qu'être sceptique devant la vision conservatrice jacobine et centralisatrice de Pierre Hillard. Tout indique au contraire que  les mouvements sécessionnistes à travers le monde répondent à une tendance lourde largement répandue parmi la jeunesse et à laquelle s'oppose la gérontocratie compromise dans le système qui a dilapidé et hypothéqué l'avenir de ses propres enfants.

 

Ci-dessous vous trouverez l'article de Pierre Hillard défendant l'unité des Etats modernes centralisés, et plus bas nos commentaires :

Secessions.jpg

 

Mouvements sécessionnistes en Europe et aux États-Unis

 

La majorité en faveur du « non » au référendum écossais, le 18 septembre, est une victoire à la Pyrrhus pour Westminster. En effet, les partis conservateurs, libéraux et travaillistes avaient promis une « devo-max » (une méga-régionalisation) à l’Écosse, dans une déclaration commune, à condition de rester dans le giron britannique. La défaite du parti indépendantiste écossais (le SNP) a semblé fermer la porte de la sécession. (Cependant, des cas de fraudes ont été relevés durant ce référendum.) En fait, les promesses des dirigeants politiques britanniques à l’Écosse ne peuvent s’accomplir qu’en accordant les mêmes droits d’autonomie politique et fiscale à l’Irlande du Nord, au pays de Galles et à l’Angleterre. La boîte de Pandore est ouverte.

Les députés écossais présents à Westminster votent sur des sujets concernant l’Angleterre. La réciprocité n’existe pas pour les députés anglais à l’égard de l’Écosse. Le Premier ministre veut établir une scission constitutionnelle permettant à chaque député élu du pays (Angleterre, Écosse, pays de Galles et Irlande du Nord) de voter uniquement pour les affaires propres à sa nation. Une telle mesure consterne les travaillistes qui, avec l’appoint de 40 députés écossais du Labour, ne pourraient plus obtenir la majorité lors des élections, en particulier celle de mai 2015. Les profondes réticences du Parti travailliste font monter la tension en Écosse au point que les dirigeants du SNP brandissent la menace de proclamer une indépendance unilatérale.

Le travail de sape de l’Union européenne, imposant des mesures fédéralistes et ethno-régionalistes, structure le mental des peuples. Inexorablement, cela ne fait qu’aviver les rapports entre les quatre nations constituant le bien fragile Royaume-Uni. Le zoologue Konrad Lorenz, spécialiste de l’éthologie (science du comportement), désignait ce phénomène d’imposition d’un modèle par l’expression « principe d’imprégnation ». Dans le cas d’une fédéralisation complète du pays, les nations composant l’ensemble britannique seraient psychologiquement prêtes pour passer à la vitesse supérieure : l’indépendance totale.

Ce phénomène est général en Europe, notamment en Catalogne. Son président, Artur Mas, a fait adopter un texte par 106 voix contre 28 permettant le lancement d’un référendum pour le 9 novembre. Cette action est résolument combattue par Madrid… pour combien de temps ? Même les régions purement technocratiques comme « Rhône-Alpes » ou « Centre », traitant continûment avec Bruxelles aux dépens des États, échappent de plus en plus à l’autorité nationale. Il est vrai, aussi, que les Fonds structurels (manne financière) distribués par Bruxelles aux régions de 2014 à 2020 ­— 350 milliards d’euros — font baver d’envie tous les féodaux des régions d’Europe. Il faut s’attendre à des politiques sociales régressives en tout genre entre régions : création de salaires régionaux de plus en plus réduits et des remboursements de médicaments à la baisse et/ou annulés. En effet, dans le cadre d’un marché transatlantique, les multinationales sauront faire jouer les rivalités entre régions en liaison avec Bruxelles afin d’obtenir les conditions les plus avantageuses à leurs ambitions. Les peuples et leurs langues régionales seront méchamment tondus.

Cette situation de décomposition des États européens est similaire aux États-Unis. Elle avait déjà été annoncée par des visionnaires comme Leopold Kohr dans les années 1950 1. Récemment, un rapport de Reuters a présenté un document révélant les velléités d’indépendance des États fédérés composant les États-Unis. On peut relever des similitudes entre ce document présentant les scissions territoriales et le livre de Kohr. Ainsi, près d’un Américain sur quatre tournerait le dos à l’État fédéral. La montée en puissance d’une « Communauté nord-américaine » succédant à l’ALENA – lancée dans les années 2000 et comprenant les États-Unis, le Canada et le Mexique – vide de leurs substances ces États. La déliquescence de l’autorité étatique, incapable d’établir la sécurité, la prospérité et la justice, pousse ces États fédérés des États-Unis et du Canada ainsi que toutes les régions de l’Union européenne à se gérer eux-mêmes dans un cadre supranational grandissant. Comme au temps de la féodalité en l’an mil, les peuples mus par leur instinct de survie recherchent confusément une plus grande sécurité dans un cadre régional qui, en fait, a été directement concocté par le système. Cette évolution ne peut que combler de bonheur la finance apatride et son clergé.

  1. Voir Carte des Etats-Unis décomposés [PDF], Source : Leopold Kohr, Green Books, Dartington Space, 2001.

 

 

Source: http://www.bvoltaire.fr/pierrehillard/mouvements-secessionnistes-en-europe-aux-etats-unis,105703

 

 

"Cette évolution ne peut que combler de bonheur la finance apatride et son clergé", affirme Pierre Hillard.

 

Or, le premier message entendu aux infos le lendemain, une fois que le résultat du "Non" à l'indépendance a été : "Ce matin, les marchés financiers sont soulagés…". Soulagés du non à l'indépendance.

 

La veille au soir, BFM-TV affirmait que les marchés étaient confiants dans le résultat "non" au referendum organisé le lendemain. Des informations circulaient déjà selon lesquelles le résultat était connu d'avance... et qu'il serait favorable au maintien de l'Ecosse dans le Royaume-Uni de Grande Bretagne. Compte tenu que le referendum a subi un trucage massif, ces marques de bon espoir de la classe politico-médiatique la veille au soir ne sont pas étonnantes.

 

Le marché ne peut pas à la fois vouloir une fédéralisation et un éclatement des nations tout en se soulageant de l'échec de cette évolution en Ecosse. C'est l'un ou l'autre.

 

Ci-dessous, vous trouverez deux articles prouvant que le Marché s'oppose aux mouvements sécessionnistes en Ecosse :

 

Les marchés financiers britanniques soulagés après le non écossais

 

Bourse.lesechos.fr, 19/09/14 à 09:40

 

Après le non à l'indépendance de l'Ecosse, c'est le soulagement sur les marchés. A londres, le Footsie est à la hausse. La livre poursuit son rebond tandis que les taux se tendent.

Les investisseurs sur les marchés financiers britanniques manifestent leur soulagement ce vendredi après la victoire du "non" au référendum sur l'indépendance de l'Ecosse organisé la veille.

 

L'indice FTSE 100 de la Bourse de Londres a ouvert en hausse de 0,7%, emmené par les valeurs basées en Ecosse comme Royal Bank of Scotland ou le groupe de services aux collectivités SSE qui progressaient de plus de 3% dans les premiers échanges.

 

La livre sterling, qui avait déjà repris des couleurs jeudi aorès des sondages montrant que le camp du "non" allait l'emporter a touché un plus haut de deux ans et demi contre l'euro, la devise européenne se traitant jusqu'à 78,10 pence . Contre le dollar, le sterling a cédé une partie de ses gains initiaux pour revenir à 1,6453 après un point haut à 1,6525.

 

Les taux se tendent de nouveau

 

Les taux d'intérêt à court terme se sont tendus, les investisseurs considérant que la levée de l'hypothèque écossaise dégage la voie pour une hausse de ses taux directeurs par la Banque d'Angleterre, peut-être dès le début de l'année prochaine.

 

Les rendements des gilts à deux et dix ans ont progressé d'environ deux points de base, à 0,90% et 2,61% respectivement .

 

"S'il y a encore de nombreuses questions politiques en suspens, en ce ce qui concerne le renforcement de l'autonomie, les questions économiques vont de nouveau graviter autour de la politique monétaire", adéclaré Sam Hill, économiste de RBC.

 

Source: http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/infos-conseils-valeurs/infos/les-marches-financiers-britanniques-soulages-apres-le-non-ecossais-1000339.php

 

 

Les marchés financiers britanniques soulagés après le non écossais

 

Reuters, vendredi 19 septembre 2014 09h39

 

LONDRES (Reuters) - Les investisseurs sur les marchés financiers britanniques ont manifesté leur soulagement vendredi après la victoire du "non" au référendum sur l'indépendance de l'Ecosse organisé la veille.

 

L'indice FTSE 100 de la Bourse de Londres a ouvert en hausse de 0,7%, emmené par les valeurs basées en Ecosse comme Royal Bank of Scotland ou le groupe de services aux collectivités SSE qui progressaient de plus de 3% dans les premiers échanges.

 

La livre sterling, qui avait déjà repris des couleurs jeudi après des sondages montrant que le camp du "non" allait l'emporter a touché un plus haut de deux ans et demi contre l'euro, la devise européenne se traitant jusqu'à 78,10 pence. Contre le dollar, le sterling a cédé une partie de ses gains initiaux pour revenir à 1,6453 après un point haut à 1,6525.

 

Les taux d'intérêt à court terme se sont tendus, les investisseurs considérant que la levée de l'hypothèque écossaise dégage la voie pour une hausse de ses taux directeurs par la Banque d'Angleterre, peut-être dès le début de l'année prochaine.

 

Les rendements des gilts à deux et dix ans ont progressé d'environ deux points de base, à 0,90% et 2,61% respectivement.

 

"S'il y a encore de nombreuses questions politiques en suspens, en ce qui concerne le renforcement de l'autonomie, les questions économiques vont de nouveau graviter autour de la politique monétaire", déclaré Sam Hill, économiste de RBC.

 

(Patrick Graham, Sudip Gar-Gupta, Lionel Laurent, David Milliken, Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

 

Source: http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRKBN0HE0ON20140919

 

Une explication à cette satisfaction du Marché devant le résultat NON à l'indépendance de l'Ecosse pourrait être que le Marché concocte une régionalisation et un éclatement des nations pour toutes les autres nations, mais pas pour le Royaume-Uni, coeur de l'Empire depuis le XVIIIe siècle. Mais cet argument nous semble tiré par les cheveux. Car une fois l'indépendance gagnée par d'autres peuples, la contagion se fera rapidement.

 

D'autre part, au lendemain du résultat NON à l'indépendance, "on aurait pu s'attendre à ce que l'euro et la livre se reprennent ensemble à la menace de mort du séparatisme écossais. Au lieu de cela, la livre s'est repris modérément, mais pas l'euro. C'est que le capital est clairement conscient que le jeu est toujours en mouvement." Source (traduction): ZERO HEDGE, Was Scottish Vote Rigging Caught On Tape?


Quoiqu'il en soit, on peut dors et déjà tenir cinq choses :

 

(1) Ce sont bien des régimes jacobins qui sont actuellement au pouvoir partout en Europe, et ce depuis 1789 (et la propagation de la "démocratie" moderne à l'ensemble de l'Europe grâce aux armées de Napoléon Bonaparte.)

 (2) Ce sont bien ces régimes jacobins européens centralisés qui actuellement sont les plus farouches opposants à l'indépendance de l'Ecosse et à l'indépendance des autres peuples dans le monde quand cela sert leurs intérêts (Texas, Alaska, Catalogne, Bretagne, Pays Basque, Corse, Vénétie, entres autres) mais sont favorables à leurs indépendance quand cela sert aussi leurs intérêts : ainsi ils sont aujourd'hui contre l'indépendance des républiques autoproclamées de Nouvelle-Russie Lugansk et Donestk (pro-russes) mais ils ont été pour l'indépendance du Kosovo (anti-russe).

(3) Dans les faits, ce sont ces régimes jacobins qui politiquement et médiatiquement se montrent les meilleurs alliés de la "finance apatride et son clergé"

UERSS.jpg(4) La Commission dite "européenne" est le coeur de la Matrice financière en Europe. Elle a besoin d'Etats centraux vassaux qui appliquent à la lettre les directives de la "finance apatride".

 

Avec des Etats-nations évaporés entre leurs capitales et Bruxelles, ainsi que des peuples qui auraient gagné leur autonomie et leur indépendance, les directives de la Commission ne s'appliqueraient plus aussi bien.

 

Le contre-argument avancé est que les nouvelles nations qui auraient gagné leur "indépendance" traiteraient directement avec Bruxelles. Cet argument n'est pas réaliste compte tenu que l'indépendance gagnée aura été réalisée précisément par DEFIANCE à l'égard des institutions mondialistes (UE, FMI, Banques centrales, etc.) et donc contre Bruxelles. Cet argument implique une multiplication des centres locaux de décision, ce qui concrètement n'est jamais très bon pour tout pouvoir central autoritaire qui souhaite voir ses directives rapidement appliquées sur l'ensembles de son territoire.


En conclusion, nous pouvons nous tromper, mais contrairement à ce qu'avance Pierre Hillard, tout indique que l'Empire favorise le statu quo des Etats tels qu'ils sont aujourd'hui et ne favorise nullement les mouvements sécessionnistes dans le monde.

L'Empire n'a PAS besoin d'Etats éclatés en Europe parce que les Etats européens sont déjà des Etats éclatés et vassaux. Ils obéissent déjà aux directives centrales. L'Union Européenne a déjà détruit et démembré les Etats européens qui ont perdu leur autonomie et leur indépendance depuis longtemps (Banques centrales vassales depuis le XVIIIe siècle..., loi de 1973, Argent-dette). Un échelon supplémentaire d'Etats "régionalisés" à l'intérieur d'Etats centralisés et/ou même des Etats autonomes plus petits et indépendants ne ferait que compliquer la tâche de l'Oligarchie.

 

 

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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 10:18

Alors que les banques ont averti hier que le vote oui à l'indépendance de l'Ecosse serait désastreux pour l'économie, la reine Élisabeth II du Royaume-Uni a tenu ce matin un langage énergique étonnant : "Ne me glissez pas dans le débat !" La monarchie britannique sent confusément que les Ecossais comme les autres peuples d'Europe sont en train de secouer le joug des institutions mondialistes. Son sort est lié à l'oligarchie financière et maçonnique depuis la fondation de la première banque centrale en Angleterre au XVIIIe siècle en 1694. Élisabeth II prend les devants et se met tout simplement à l'abri au cas où les évènements tourneraient mal !

 

Elisabeth-II--Ne-me-glissez-pas-dans-le-debat.jpg

 

Ne me glissez pas dans le débat, dit la Reine. Buckingham Palace, résidence des souverains britanniques, a pris la décision sans précédent d'avertir les politiciens de ne pas faire glisser la Reine dans la bataille sur l'indépendance écossaise.

 

Dans un langage exceptionnellement énergique trahissant une irritation au plus haut niveau, un porte-parole du palais a rejeté les appels du pieds des députés au monarque pour intervenir et aider à maintenir ensemble l'Union, y compris ceux de Simon Danczuk et du conservateur Henry Bellingham.

 

« L'impartialité constitutionnelle du souverain est un principe bien établi de notre démocratie et que la reine a démontré tout au long de son règne. En tant que tel, le monarque est au-dessus de la politique ».(1)

 

http://img.over-blog.com/598x463/0/51/99/49/Images-2014/Revoil-Genod-Pharamond.jpgVous noterez l'oxymore apparent entre l'emploi par la reine du mot « souverain », terme qui désigne le fait que la souveraineté réside dans la personne du roi et l'emploi du mot « démocratie », terme qui désigne le fait qu'en théorie la souveraineté réside dans le peuple. C'est l'un ou c'est l'autre, cela ne peut être les deux à la fois est un argument souvent mis en avant par les ennemis de la monarchie. Cet argument ne tient pas compte du fait que depuis toujours en Europe le roi (ou la reine en Angleterre) est une émanation de la souveraineté du peuple qui se désigne à sa tête un roi pour le diriger, le représenter comme collectif et comme groupe historique. En France, c'était la pratique des gaulois de se désigner un chef en le montant sur le pavois, puis plus tard ce sera l'acclamation faite lors des sacres des rois de France.

 

Cette déclaration de la reine Élisabeth II du Royaume-Uni est intéressante. Elle fournit une explication à une contradiction apparente entre souveraineté monarchique et souveraineté démocratique.

 

Toutefois il sera utile de préciser aussitôt que la "démocratie" telle que pratiquée en Angleterre ou en France depuis 1789 est une imposture, vous lirez avec profit l'article "Changer les institutions pour une vraie alternative politique" : il y avait plus de démocratie en France avant 1789 qu'après..., "la modernité est une époque qui est moins démocratique que celle d'avant" (Francis Dupuis-Déri).

 

Pour aller plus loin sur ce que le monde doit à la France et sur la pratique de la démocratie en plein "Moyen Âge", vous vous reporterez aux deux articles suivants : " Les Plantagenêt et l'influence française en Angleterre", "Le 800e anniversaire de la bataille de Bouvines embarrasse l'Oligarchie".


« Aucune nation, aucune démocratie ne peut écrire sa propre histoire sans reconnaître à la France une dette ou une influence directe. »

(Théodore Zeldin, Histoire des passions françaises, 1848-1945, tome 5, Points Histoire, Paris-Mesnil 1981, p. 446.) 

 

 

 

Rappelons quelques-unes de nos propositions : un roi, la sortie du système de l'argent-dette et du financement des politiques des gouvernements par la dette..., un retour à la saine gestion des finances publiques par un bon père de famille prévenant..., la fin du pouvoir des lobbies, la déclaration d'appartenance maçonnique et d'appartenance à un lobby devant l'assemblée du peuple..., une démocratie sincère comme en 1789 avec de nouveaux états généraux et leurs mandats directs au sein de chaque groupe réel de la nation (familles, employés, salariés, artisans, paysans, commerçants, professions libérales, patrons, etc.)

 

Etats-generaux-reunis-le-5-mai-1789-a-Versailles--dans-.jpg

Etats généraux réunis le 5 mai 1789 à Versailles, dans la salle de l'hôtel des Menus Plaisirs

 

 

Notes

 

(1) Don’t drag me into the debate, says the Queen, The Times, September 10 2014,  http://www.thetimes.co.uk/tto/news/uk/article4201777.ece

 

. Indépendance écossaise : le vote oui sera désastreux pour l'économie, avertissent les banques

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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 15:39

Cahiers de l'Université Saint-Louis 2014

Les Cahiers de l'Université Saint-Louis de l'UCLF 2014 sont désormais téléchargeables à cette adresse : Cahiers de l'université Saint-Louis 2014.

http://www.viveleroy.fr/IMG/pdf/cahiers_universite_saint_louis_2014.pdf

 

Table des matières

 

1 Principes de légitimité

 

2 Autorité et liberté sous la monarchie française

 

3 Antigone, héroïne de la loi naturelle

 

4 La Monarchie de France, par Claude de SEYSSEL (1519)

 

5 Le Ta Hio, traité de politique et de morale naturelle, par Confucius (500 av. JC)

 

6 L'abolition de l'homme, par C.S. LEWIS (1898-1963)

 

7 Qui a inspiré René Guénon ?

 

8 Groupes réducteurs et noyaux dirigeants (1973)

 

9 Lexique

 

Chapitre 1 Principes de légitimité

L'autorité ou l'obéissance libre

 

Qu'est-ce qu'un bon régime politique légitime ? Quelle est, plus précisément, la finalité de la politique ? L'activité politique étant propre à l'être humain, la réponse à ces questions se trouve probablement dans la connaissance de ce qui constitue l'humanité elle-même. Peut-être saurons-nous alors dégager des principes de légitimité susceptibles d'une adhésion la plus universelle.

 

Sommaire

 

1.1 L'homme est un animal rationnel

. . . . . . . . . . . . . . . .

 

1.2 Agir selon la raison c'est agir vertueusement et parvenir ainsi au bonheur

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

 

1.3 L'homme est par nature un animal politique

. . . . . . . . .

 

1.4 La loi naturelle est la loi de la nature humaine

. . . . . . . .

 

1.5 Le droit naturel découle de la loi naturelle

. . . . . . . . . .

 

1.6 De l'Intelligence à l'origine de la loi naturelle : origine du droit divin

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

 

1.7 Rôle de la politique, conservation du bien commun

. . . . .

 

1.8 Autorité et légitimité du prince

. . . . . . . . . . . . . . . . .

 

1.9 Le gouvernement organique et ses principes de finalité et de subsidiarité

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

 

1.10 Le roi est le justicier

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

 

1.11 Légitimité institutionnelle et lois fondamentales

. . . . . . .

 

1.12 Monarchie indépendante et gouvernement de conseil

. . . .

 

1.13 La royauté chrétienne

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

 

1.14 Termes d'une Charte légitimiste

. . . . . . . . . . . . . . . .

 

OBJECTIFS DE CE DOCUMENT :

 

Objet du document : Énoncer les principes qui fondent la Monarchie traditionnelle.

 

Contraintes : Montrer les caractères naturel, rationnel et transcendant de la Monarchie

traditionnelle.

 

 

Merci à M. M. pour le lien.

http://www.viveleroy.fr/Les-Cahiers-de-l-Universite-d-ete

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 10:09

http://www.herodote.net/Images/todd.jpg

Il arrive un moment où ce qui était civique jusqu'à aujourd'hui (le fait de voter pour participer à la vie politique) se retourne totalement pour devenir un signe anticivique lorsque le fait de voter devient une "caution" dont se sert l'oligarchie contre les peuples.
Dans un entretien pour Herodote.net le 12 mai 2014, l'historien Emmanuel Todd, dit son intention de ne pas aller voter le 25 mai aux élections européennes, pour la première fois de sa vie. Un choix raisonné et, de son point de vue, civique.


Todd explique pourquoi "ce parlement (européen) ne sert à rien". "C’est la Commission européenne qui détient le droit d’initiative alors que, dans toute véritable démocratie, il revient au Parlement."

Bien que partisan de l'Union européenne, Todd a voté non à Maastricht qui lançait la monnaie unique. Dans son livre L'invention de l'Europe, en 1990, il explique qu'il avait "pris conscience de l'extrême diversité anthropologique de notre continent" et qu'il y a "vu l'illusion de réduire l'Europe à une construction étatique. Gardons-nous de sacrifier notre diversité car elle est la clé de notre dynamisme." Et dans une réédition de ce livre, il dit s'être hasardé à écrire dans la préface : "Soit la monnaie unique ne se fait pas, et L'Invention de l'Europe apparaîtra comme une contribution à la compréhension de certaines impossibilités historiques. Soit la monnaie unique est réalisée, et ce livre permettra de comprendre dans vingt ans pourquoi une unification étatique imposée en l'absence de conscience collective a produit une jungle plutôt qu'une société."

 

Il explique néanmoins avoir voté oui au référendum sur le Traité constitutionnel en 2005 parce qu'il avait "voulu faire preuve d'optimisme". Mais maintenant que "la réalité nous a rattrapés", il dit avoir été "scandalisé par le viol du suffrage universel qu’a représenté le passage en force du traité constitutionnel sous le nom de Traité de Lisbonne... L’oligarchie s’assoit sur le suffrage universel…"


Todd condamne donc "une institution non démocratique et proprement illégitime" à laquelle il ne veut justement pas apporter sa "caution". Aujourd'hui, "participer aux élections européennes n’a pas plus de sens pour moi que de voter aux États-Unis"...

 

Pierre-Manent--Cours-famililer-de-philosophie-politique.jpgLa réalité est que le mythe lui-même de la "conquête de haute lutte du droit de vote en 1789" dont on nous rabat les oreilles est une imposture. Ce vote existait sous multiples formes au Moyen Âge... et l'Ancien Régime en 1789 a vu les députés être dotés de mandats directs en pleine monarchie absolue...

De sorte qu'aujourd'hui, « dès que nous étudions de plus près le mécanisme de la représentation, dès que par exemple nous considérons le système électoral - loi électorale, organisation et financement des partis - et plus généralement le système politique électif (issu de 1789 Ndlr) - pouvoirs financiers, médias, pouvoirs "idéologiques"-, nous avons des doutes sur la réalité de la démocratie. Et ces doutes sont confirmés par des experts en sociologie politique qui expliquent que sous l'apparence de la démocratie, prospère en réalité une oligarchie : la minorité des détenteurs du capital matériel et culturel, disent-ils, manipule les institutions politiques à son profit. » (Pierre Manent, Cours familier de philosophie politique, Tel Gallimard, Mesnil-surl-l'Estrée 2009, p. 24.).

 

Si Todd poussait plus avant son raisonnement, il pourrait bientôt boycotter ici-même en France les élections pour ne plus être selon ses termes "la caution à une institution non démocratique et proprement illégitime"...

 

Quoiqu'il en soit des affinités d'Emmanuel Todd avec la gauche et donc avec le système oligarchique mis en place en 1789, poursuivi par la "révolution" de 1830, la "2e république" de 1848, la "3e république" de 1870, la "4e république" de 1946 et la "5e république" du nom de 1958..., voici un extrait de l'entretien qu'il a donné à Herodote.net :

 

Herodote.net : Nous y voilà ! Vous avez donc aussi voté Non au référendum sur le Traité constitutionnel en 2005 ?

 

Emmanuel Todd : Eh bien, pas du tout ! Quand la monnaie unique est arrivée, j’ai voulu faire preuve d’optimisme en bon citoyen européen et j’ai voté Oui au référendum. Mais la réalité nous a tous rattrapés…

 

Cela dit, j’ai été scandalisé par le viol du suffrage universel qu’a représenté le passage en force du traité constitutionnel sous le nom de Traité de Lisbonne. J’y vois un tournant historique avec le basculement dans une forme de post-démocratie. L’oligarchie s’assoit sur le suffrage universel… comme en Afghanistan où l’on affecte de prendre au sérieux des scrutins dont on sait pertinemment qu’ils sont massivement truqués. Nos parlementaires sont certes mieux élus mais ils n’ont pas plus de respect pour leurs électeurs et n’ont rien à faire de leur avis. Quand la révolte des Bonnets rouges a éclaté en Bretagne, les élus locaux n’ont rien vu venir et ils ont choisi de détourner les yeux ou de condamner les manifestants. Les discours sur la « fracture sociale » ou le « monde de la finance » ne servent que le temps d’une campagne. Rien à voir par exemple avec les débuts de la IIIe République en France.

 

Ce fossé entre les élus et les électeurs est bien plus grand encore au Parlement européen en raison du scrutin de liste à la proportionnelle, qui fait qu’on ne choisit pas une personne mais une étiquette, et plus encore parce que ce Parlement ne sert à rien !

 

Herodote.net : Le Parlement européen ne sert à rien ? Vous exagérez ?

 

Emmanuel Todd : Pas du tout. Voyez donc. Qu’il s’agisse de la crise financière ou des enjeux géopolitiques en Ukraine ou en Afrique, c’est au Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement, à la Banque Centrale Européenne et à la Commission européenne que se prennent toutes les décisions. Et c’est la Commission européenne qui détient le droit d’initiative alors que, dans toute véritable démocratie, il revient au Parlement.

 

Nous avons affaire à un « Parlement Potemkine », un vernis démocratique pour un système qui ne l’est pas. En toute confidence, les députés eux-mêmes ne se font pas beaucoup d’illusions. En réunion autour d’un verre avec d’anciens députés, ceux-ci ne m’ont parlé que de la maison qu’ils avaient pu acheter grâce à leurs indemnités !

 

Je constate que la Nation demeure le seul lieu au sein duquel nous pouvons faire valoir nos opinions par le vote. Et c’est le seul lieu où nos votes peuvent encore peser sur les choix de société.

 

Participer aux élections européennes n’a pas plus de sens pour moi que de voter aux États-Unis… quoique, si l’on me permettait d’échanger mon droit de vote au Parlement de Strasbourg contre un droit de vote aux présidentielles américaines, je choisirai ce dernier car, par son pouvoir de décision, le président américain a plus d’influence sur ma vie que les députés européens !

 

En conséquence, j’ai choisi de ne pas aller voter le dimanche 25 mai. Je ne veux pas apporter ma caution à une institution non démocratique et proprement illégitime.

 

Herodote.net : Comment ? Mais s’abstenir, ce n’est pas un comportement civique ! Et ce n’est pas comme ça que vous ferez bouger les choses ! Au moins, vous pourriez choisir de voter avec un bulletin blanc.

 

Emmanuel Todd : Voter blanc, c’est signifier que l’on croit en ce système et qu’il suffirait de changer le personnel pour l’améliorer et le démocratiser. Mais c’est une illusion. Même Le Monde, porte-parole des européistes, l’admet : tout ce qu’on peut attendre des élections, c’est de passer d’une orientation de centre droit à une orientation de centre gauche ! Que l’on vote ou non, cela ne changera rien au fonctionnement des institutions européennes, de la BCE comme de la Commission. Celles-ci continueront de tourner au-dessus nos têtes en ignorant le Parlement, ses députés et ses électeurs, de quelque parti qu’ils soient.

 

... S’abstenir, c’est signifier que l’on n’est pas dupe de la mascarade. C’est dénoncer l’européisme béat des partis classiques. C’est aussi dénoncer le Front National en mettant en évidence son appartenance au système. L’abstention massive aux élections européennes, si elle se vérifie, aura une conséquence pour le moins positive : elle témoignera de ce que la nation demeure le seul échelon démocratique au sein duquel peuvent s’affirmer les solidarités.

 


Source: http://www.herodote.net/Todd_Non_je_n_irai_pas_voter_-article-1466.php

 

* Emmanuel Todd a prédit la faillite du système soviétique du fait de la hausse du taux de mortalité infantile en URSS depuis le début des années 1960 (il y vit le signe indubitable d'une faillite majeure du régime et de son prochain effondrement : on peut pardonner beaucoup de choses à un régime mais pas de laisser mourir les enfants, de plus en plus nombreux d'une année sur l'autre !...) L'analogie frappante avec l'oligarchie qui en France assassine les enfants dans le ventre de leur mère... cette "culture de mort" devrait s'effondrer aussi rapidement que l'Urss.

 

 

. Pourquoi il est inutile d'aller voter aux élections européennes du 25 mai

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 21:39

Un article inattendu publié sur "blogs.mediapart" par Pierre-Antoine, intitulé "Le caractère aristocratique des éléctions", évoque la nécessité de changer les institutions pour obtenir enfin un vrai changement, une vraie alternative politique. L'auteur dénonce le régime ploutocratique (sans le mot) de la démocratie moderne et conclut avec raison : "aucune alternative politique réelle n'est possible sans changement de ces institutions." Voilà qui est dit !

Vous trouverez ensuite plus bas, deux videos illustrant bien le propos, une du philosophe Jean SALEM et une de Francis DUPUIS-DERI, professeur en sciences politiques, qui explique bien l'histoire politique du mot "démocratie moderne", un système qui explique-t-il, a été inventé par des gens qui haïssaient la démocratie comme pouvoir et souveraineté du peuple et ont conçu un système leur permettant d'empêcher le peuple (jugé irrationnel et dans l'obscuritisme) de se gouverner seul... L'imposture démocratique éclate au grand jour, tend de plus en plus à être connue, discutée et commentée.

F. DUPUIS-DERI soutient également qu'il y avait plus de démocratie avant 1789 qu'après... : "La modernité est une époque qui est moins démocratique que celle d'avant !"

 

Extrait :

 

Il faut donc le dire encore : l'élection est aristocratique dans son principe et construit une oligarchie en pratique. Si on peut concéder le caractère partiellement démocratique de l'élection tel que l'a montré Bernard Manin, pour citer celui qui a le mieux systématisé et approfondi la théorie des « principes du gouvernement représentatif », ce n'est qu'en comparaison aux systèmes de cooptation, d'achat des charges ou d'héritage de celles-ci (Bernard MANIN, « Principes du gouvernement représentatif », Flammarion, réédition 2012). La seule chose qui donne à l'élection son caractère démocratique, ce n'est pas l'élection mais l'universalité du suffrage.

 

[Note de Christ-Roi. Cette assertion de l'auteur nous semble bien hâtive. En effet, en 1793 par exemple, l'universalité du suffrage n'a pas empêché le génocide vendéen... ni n'a été une garantie contre "la première logique totalitaire de l'histoire" (Stéphane Courtois). Le suffrage universel a même autorisé l'apparition de régimes totalitaires en 1793 et en 1932 avec l'arrivée du nazisme au pouvoir. En 1932, Hitler  comprit à la suite de son putsch raté en 1923, qu'il ne pourrait accéder au pouvoir que par la voix démocratique et il fit le pari du suffrage universel. En revanche, en Russie, inversement, la première assemblée élue au suffrage universel en mars 1917 fut aussi la dernière avant 1991... Lénine comprit, lui, en 1917-1918, "que jamais il ne pourrait réussir cette prise de pouvoir en participant au processus démocratique inauguré en Russie depuis mars 1917 et que sa seule chance résidait précisément dans la destruction de cet embryon de démocratie." Ce qu'il fit dans la nuit du 18 janvier 1918 : "l'Assemblée est dispersée par la force. Sa mort officialise la naissance du régime totalitaire (communiste)" (Cf. Stéphane Courtois, "Communisme et Totalitarisme", Tempus, Paris 2009, p. 80, 86.)

 

En fait, le suffrage universel n'est pas une protection ou une garantie de la démocratie : "[L]a possibilité donnée aux citoyens d'élire leurs gouvernants n'est pas en elle-même démocratique. Ce qui démocratise le gouvernement représentatif, c'est plutôt la possibilité pour les citoyens de renouveler à intervalles réguliers, donc de juger, leurs dirigeants (B. MANIN, Principes du gouvernement représentatif, Paris, Calmann-Lévy, 1995). C'est la seconde élection, et non la première, qui constitue le système démocratique (P. AVRIL, "Essais sur les Partis", Paris, LGDJ, 1986.) (P. Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin Collection Tempus, Paris 2011, p. 77,78.)

 

Il n'est pas non plus interdit de réfléchir aux liens entre l'élection de la Convention dite "nationale" en France en 1792, une assemblée élue pour la première fois au suffrage universel masculin afin de donner une nouvelle Constitution à la France, rendue nécessaire par la déchéance de Louis XVI lors de la "Conspiration du 10 août 1792" (Abbé Barruel), ourdie par Brissot [Voir  Lucien Jaume dans Le Discours jacobin et la démocratie : l'auteur parle d"insurrection" qui "n'est pas spontanée", "une collusion supposée entre Lafayette et les amis de Brissot".., un "Directoire secret" dont les "manifestants" "ont été préparés politiquement et militairement", dont "une synthèse a été fournie par G. Maintenant" : Les Jacobins, coll. Que sais-je? PUF, Paris 1984, p. 52-58.], et la Terreur qui s'en suivit avec le génocide vendéen..., difficilement compatibles avec la "démocratie" entendue comme pouvoir du peuple...]

 

... Lorsque le suffrage est universel, poursuit l'auteur, il y a une base démocratique au processus de dévolution des pouvoirs, MAIS le résultat de ce processus - les élus - lui n'est pas démocratique.

Si le mot démocratie est utilisé, c’est pour sa fonction de légitimation. Elle joue comme une onction dont le caractère rituel est évident (ce caractère rituel n’est pas nouveau, voir Olivier Christin, « Vox populi. Une histoire du vote avant le suffrage universel », Seuil, p. 66). Un politiste canadien a récemment publié sa thèse dans laquelle il démontre comment le mot démocratie a été complètement détourné de son emploi par les républicains à partir des révolutions américaine et française (cf. Françis Dupuy-Déri, « Démocratie, Histoire politique d'un mot ») [Voir videos ci-dessous NdCR.]. Les candidats américains aux élections se sont rendu compte qu'ils se faisaient élire lorsqu'ils se disaient démocrates, et comme par magie, ils sont nombreux à être devenus démocrates.

Nous ne sommes pas tous égaux dans l'élection, nous le sommes uniquement devant le vote... L'égalité est alors simple illusion, et le caractère démocratique plus qu'insuffisant pour être accordé au régime politique qui utilise principalement ce procédé comme moyen de désignation des gouvernants. Aussi, il faut réfuter l'idée selon laquelle l'élection est l'instrument de réalisation de la démocratie. Cette présentation n’a pas simplement pour vocation d’être une présentation « jolie » ou « ordonnée » des régimes politiques, mais elle permet d'expliquer un ensemble de phénomènes que certains attribuent à des complots plus ou moins étendus.

Argent-Roi.jpgOn constate, c'est flagrant aujourd'hui, que les élus ne sont pas représentatifs (ni sociologiquement -hommes de plus de 50 ans issus de classe non-populaires - ni idéologiquement - surreprésentation des deux partis dits de gouvernement que sont l'UMP et le PS par rapport à leurs forces réelles aux premiers tours, on peut aussi rappeler la distorsion flagrante à propos du Traité constitutionnel européen) ou qu'ils sont des carriéristes, des professionnels de la politique quand ils ne sont pas tout simplement corrompus ou malhonnêtes. On constate d’ailleurs la naissance d'une oligarchie au niveau mondial dont les liens sont étroits entre représentants politiques et finance. Hervé Kempf a fait une synthèse saisissante de cette « oligarchisation » du monde (H. KEMPF, « L'oligarchie, ça suffit, vive la démocratie ! », Seuil).

 

En faisant ce constat, on est tenté de croire qu'il y a un "système" à faire tomber, comme le scande le Front national. Ce parti se dit d'ailleurs régulièrement "anti-système". Mais qu'est-ce que ce système ? Dans la pensée du Front national, il s'agit d'un ensemble d'hommes et de femmes, de clans, celui de "l'UMPS". Comme c'est un système, il suffit au FN et à ses affidés de dire "tous pourris", et de prétendre qu'il suffit de les mettre à leur place pour que cela aille mieux.


Il ne suffirait ainsi de remplacer les gens actuellement au pouvoir pour que le système disparaisse. Or, ce n'est pas une question de personnes, mais une question d'institutions [C'est ici rapporté à la "démocratie", le point de vue du royalisme légitimiste: ce n'est pas la personne du roi qui prime, c'est les institutions. Même avec un roi mauvais, la qualité des institutions entraîne un cycle vertueux du pouvoir. NdCR.]: ce sont les institutions qui prédéterminent les caractères les plus courants des personnes désignées pour gouverner (comme le dit Bernard Manin, « Parce que l’élection est un choix, elle comporte ainsi une dynamique interne qui fait obstacle à la désignation de citoyens semblables aux autres », in « principes du gouvernement représentatif » op. cit., p. 182). Évidemment, cela ne signifie pas que tous les élus sont dépourvus de vertu, mais que ceux qui sont vertueux ne peuvent être élus que de manière marginale, parce que l'élection est une compétition dans laquelle la vertu réelle n'est pas un atout (puisqu'elle n'est pas déterminable ; et la vertu peut se feindre), mais plutôt un handicap (pour être élu, il faut être prêt à jouer les jeux d'appareils, les trahisons et reniements). C'est en cela que l'élection n'est pas démocratique : il faut un titre particulier pour gouverner.  La démocratie, elle, est « le pouvoir propre à ceux qui n’ont pas plus de titre à gouverner qu’à être gouvernés » (Jacques Rancière, « La haine de la démocratie », Éd. La Fabrique, 2005, p. 54).

L'enjeu est de taille : aucune alternative politique réelle n'est possible sans changement de ces institutions.

Pour aller plus loin :
Françis DUPUY-DERI, « Démocratie, Histoire politique d'un mot », Lux Editeur, 2013
Hervé KEMPF, « L'oligarchie, ça suffit, vive la démocratie ! », Seuil, 2011
Bernard MANIN, « Principes du gouvernement représentatif », Flammarion, réédition 2012
Jacques RANCIERE, « La haine de la démocratie », Éd. La Fabrique, 2005, p. 54
Jean SALEM, « Election piège à cons », Flammarion, 2012

On peut égalemment consulter le site d'Etienne Chouard.

 

Source: http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-antoine/240314/le-caractere-aristocratique-des-elections

 

 

 

 

 

Extrait de "Ce soir ou jamais" du 27-03-2012 de Frédéric Taddeï.

 

Jean SALEM : « Comme le dit Tocqueville, il ne faut surtout pas croire que du vote universel sortent nécessairement les meilleurs. 37,3% premier parti de l'Allemagne en 1932, le NSDAP. Cela a été enfin dit ce soir sur le plateau ... il est bon de se rappeler que tout ne coule pas à l'élection et tout n'en dérive pas, notamment la vertu et le bon droit".

 

JEAN-SALEM--Elections-piege-a-cons.jpgEn disant cela, Jean SALEM qui dit qu'il "n'appelle pas à l'abstention" mais "au premier tour votera Jen-Luc Mélenchon à reculons" et "au deuxième tour blanc-blanc", jette néanmoins une pierre dans la mare révolutionnaire de 1789 : "D'une certaine façon, les hommes de 1789 se font une haute idée de l'élection. Trop haute... Ils voient en elle une protection et une garantie. Ils la croient capable d'assurer que les élus aurront un intérêt identique à celui de leurs électeurs. Ils lui prêtent même la vertu de supprimer toute distinction entre représentés et représentants, de telles sorte que les premiers gouverneraient réellement à travers les seconds", explique Patrice Gueniffey in La Politique de la Terreur, Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 60.) Le mythe est ... condamné à un démenti permanent, dans la mesure où l'élection produit toujours et nécessairement une différence réelle entre le peuple et ses élus" (ibid., p. 60.)

 

Jean SALEM poursuit en dénonçant le «cirque électoral».

 

«Le cique électoral, ce sont les popoms girls et les pluies de confettis sur des conventions pliées à l'avance dont l'Empire nous donne le modèle, le parti républicain, le parti démocrate aux Etats-Unis. Ce sont les dynasties électives. Ce qui est le plus fort, c'est qu'elles sont électives ! Je dresse la liste d'une vingtaine de chefs d'Etat dans le monde. Elles sont électives parce que par le canal du suffrage universel ou du vote, on arrive à faire que les peuples reconduisent monsieur en général, rarement madame, qui a été fils de monsieur l'ex-président.»

 

 

Le pouvoir confisqué.

 

«Le citoyen a l'impression que tout se décide ailleurs. Rousseau disait déjà le peuple anglais croit qu'il est libre, il ne l'est que durant l'élection de son parlement. Si tôt qu'il est élu (ce parlement), le peuple n'est plus rien, il est esclave, poursuit Jean SALEM.

 

...Quand les peuples votent bien, les beni oui oui les encensent, quand il vote mal on fait revoter les peuples, ou on déjuge les peuples puisque une chambre haute ou une chambre basse, ou un Congrès quelconque défait ce qu'ils ont décidé : France 2005, mais aussi Pays-Bas, Irlande, etc. L'hyper abstention : 60% des gens sont restés à la maison dans l'Europe des 27 à l'occasion des élections européennes (2009 NdCR.), et dans le contexte national, on a vu lors de l'affaire du quinquennat en 2000 près de 70% d'abstention. Donc on en est là, le désert à l'américaine, le fait qu'un président aux Etats-Unis est élu avec 25% des voix, 30% des inscrits quand c'est un vote triomphal comme dans le cas d'Obama. Tout cela mérite une inquiétude» (étant donné le taux d'Abstention complète l'animateur Frédéric Taddeï.)

 

Le cirque de l'élection ininterrompue. [Voir notre article du 2 février 2007 "Le gouvernement gouverné"]

 

«Au cirque néolibéral de la réforme ininterrompue s'adjoint son compère qui est le cirque politico- médiatique de l'élection ininterrompue, c'est-à-dire notamment le sondage, les courbes qui montent et qui descendent et qui se croisent, choses qui n'ont à l'évidence que de moins en moins d'intérêt puisqu'on fait des grosses majorités relatives avec des fractions du corps électoral de plus en plus petites.

 

... La première farce c'est que le Parti socialiste ait voulu nous vendre le directeur du Fonds monétaire international comme candidat de la gauche en pensant qu'au 2e tour les foules de gauche allaient reporter leurs voix pour des gens comme ça qui nagent dans l'argent.»

 

Pour Francis Dupuis-Déri, la démocratie n'est pas celle que l'on croit et son histoire est encore plus méconnue. Détestée et ridiculisée pendant des siècles, la démocratie était vue comme le pire des régimes pendant des générations en Occident. Dans Démocratie. Histoire politique d'un mot (Lux éditeur, 2013), le professeur au Département de science politique de l'UQAM conclut avec fracas : "le Canada n'est pas une démocratie et ne l'a jamais été".

 

"Au XVIIIe siècle, la démocratie dans les textes ou discours à l'assemblée de ceux qu'on va appeler les fondateurs de la "démocratie moderne", c'est un terme péjoratif, c'est négatif. Personne ne se dit démocrate... Ils ne veulent absolument pas que le peuple puisse se gouverner seul.(Francis Dupuis-Déri)

 

 

 

 

 

 Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l'UQAM :

 

«La question que je me suis posée au départ de ma recherche, c'était un mystère ou une énigme -je n'étais pas le premier à m'en rendre compte-, j'essaie de comprendre pourquoi quand on retourne dans les textes de l'époque, au XVIIIe siècle, ceux qu'on va appeler les fondateurs de la démocratie moderne (aux Etats-Unis, ce sont des gens comme George Washington, en France, on peut parler des révolutionnaires comme Robespierre ou Danton), dans leurs textes, ou discours à l'assemblée, c'est un terme péjoratif, c'est négatif. Les démocrates ce sont toujours les autres et personne ne se dit démocrate. Ceux qui ont fondé la démocratie moderne sont en fait anti-démocrates. Deux générations plus tard, vers les années 1830-40, les élites politiques ont commencé à dire, dans ces deux pays, "finalement on vit dans une démocratie, on est démocrates." Et c'est un mot qui résume bien la fiction de notre système politique qui est de nous faire croire que les gens qui sont élus, qui nous gouvernent, gouvernent en fait en notre nom et que c'est le peuple qui est le vrai pouvoir. Ce qui est évidemment un mensonge. Ce n'est pas parce que l'on vote que l'on a le pouvoir. Choisir qui a le pouvoir ce n'est pas avoir le pouvoir.

 

On vit dans des aristocraties élues puisque c'est une petite minorité qui nous gouverne. On peut considérer que c'est une bonne idée, que c'est génial, que c'est mieux qu'une vraie démocratie, mais en tous les cas ce n'est pas une démocratie.»

 

Francis-Dupuy-Deri-democratie-histoire-d-un-mot.jpg

 

« Selon moi et selon d'autres, poursuit  Francis Dupuis-Déri, le peuple n'a pas vraiment le pouvoir dans nos régimes .

 

... Dans l'histoire de la philosophie politique en Occident, dès l'Antiquité mais avec la modernité aussi avec des gens comme Spinoza ou Rousseau (Rousseau c'est bien connu) et Montesquieu et d'autres, ils distinguent l'élection de la démocratie. Pour eux, l'élection, si l'on doit voter pour se donner des maîtres, des chefs, des dirigeants, c'est qu'on veut identifier les meilleurs logiquement, c'est que l'on constate que nous ne sommes pas tous égaux pour décider et on doit s'en nommer quelques uns et donc l'élection est un processus aristocratique.

 

L'élection, c'est un processus par lequel on nomme une petite clique de personnes qui vont nous diriger et cela ne relève pas de l'esprit démocratique, cela relève de l'esprit de l'aristocratie. Evidemment ce n'est pas une aristocratie comme on l'entend traditionnellement, de père en fils, une aristocratie héréditaire par le sang, mais c'est une aristocratie élective, une aristocratie élue, et donc c'est ce que l'on a par exemple en ce moment à Québec avec 125 députés. 125 députés sur 7 millions d'habitants, on peut s'entendre que c'est une toute petite clique qui dirige le Québec, en termes politiques.

 

Le referendum, c'est un processus que l'on perçoit comme plus démocratique justement parce que là, le peuple peut directement se prononcer sur une décision ou un choix clair, pas simplement se nommer des dirigeants ou des chefs. Ceci dit, au Québec les référendums sont consultatifs, ils n'ont jamais force de loi. Dans notre système ici c'est "up down", du haut vers le bas.  

 

En fait la fameuse question en philosophie politique, c'est qui décide ? Quel est le meilleur régime ? Et la question du meilleur régime c'est "qui peut prendre les meilleurs décisions" ?

 

Dans la philosophie politique dans l'histoire, il n'y a finalement que trois ou quatre solutions. Soit c'est une seule personne qui décide, c'est ce que l'on va appeler une monarchie. Evidemment les critiques de la monarchie vont dire que c'est plutôt une dictature; il peut y avoir une minorité de gens qui décident, ce sera une aristocratie : cela peut être des grands prêtres, des chevaliers, des guerriers, des nobles, cela peut être des élus (les députés par exemple, ça c'est une aristocratie élective, une minorité qui décide); on peut avoir la majorité qui décide, donc là vous avez la démocratie; et puis on pourrait dire qu'il y a un quatrième type de régime qui serait l'anarchie où là, c'est tout le monde vraiment qui s'entend sur chaque décision, c'est un système consensuel, il n'y a pas d'imposition de la décision par la majorité par exemple, comme en démocratie. Et donc ce qui est important de voir, c'est comment on fait fonctionner le processus de prise de décision. Qui participe en fait.

 

Pourquoi-l-on-a-fait-1789.jpg

 

Dans la Déclaration d'Indépendance américaine des Etats-Unis de 1787 on ne retrouve aucune fois le mot "démocratie".

 

Ce que j'essaie de démontrer dans le livre, ce que l'on va appeler les "pères fondateurs" de nos "démocraties modernes" ou en tous les cas ce que l'on va appeler "démocraties modernes" (soit aux Etats-Unis, soit en France), constatent que Athènes est un mauvais modèle. Pour eux, si l'on a un modèle à imiter de l'antiquité c'est probablement Rome, peut-être Sparte, mais en tout cas certainement pas Athènes parce qu'ils ne veulent absolument pas que le peuple puisse se gouverner seul.

 

En fait, le mot démocratie n'est jamais utilisé ou très rarement utilisé au moment de la Révolution française ou de la Guerre d'Indépendance aux Etats-Unis. Et quand il est utilisé c'est presque toujours pour critiquer un adversaire et le délégitimer. Donc on ne se revendique pas démocrate mais on accuse l'autre d'être démocrate. Démocrate était en soi un mot dénigrant. Le démocrate c'était par définition le jeune de 20-22 ans, un peu idéaliste qui n'avait pas encore de responsabilité dans la vie, et qui voulait trop de liberté, un peu d'aventures et qui n'était pas très sérieux politiquement. Des politiciens comme John Adams (2e président des Etats-Unis) et d'autres disent : "C'est normal d'être démocrate à 20 ans mais franchement à 40 ans ce n'est pas sérieux."

Et les démocrates, c'est ceux qui sont considérés comme voulant des transformations trop radicales au niveau politique, et surtout aussi, au niveau économique. Ce que l'on a oublié un peu aujourd'hui, c'est que au XVIIIe siècle, le démocrate c'est celui qui est du côté de pauvres et contre les riches, c'est celui qui veut un système économique égalitaire. Et les élites républicaines sont contre l'égalité économique, elles sont d'ailleurs généralement membres de l'élite financière, et donc elles se sentent menacées par la démocratie en fait et donc elles fondent un régime anti-démocratique [au sens que ce n'est pas la majorité réellement qui décide... mais des minorités, NdCR.].

 

Le roi au Moyen Âge ne sert pas à grand chose : une histoire de la démocratie médiévale qui est complètement oubliée

 

Il y a une forme de démocratie qui persiste justement (durant "les mille ans de monarchie"), dans les villages, dans les communes. Rien de comparable entre Athènes où s'assemblaient, 4, 5, 6000 personnes pendant une journée pour prendre des décisions directement et dans le cas du Canada,  les personnes qui le soir regardent la télévision. C'est deux systèmes complètement différent. Mais ce que l'on oublie, ce que je ne savais pas avant de commencer cette recherche, c'est que par exemple au Moyen Âge en Europe il y a une vie démocratique absolument extraordinaire. Le Moyen Âge, c'est en fait des milliers de petits villages qui fonctionnent de façon auto-gestionnaire par assemblées d'habitants. La communauté d'habitants de tels villages, est une entité juridique. Elle a en partage des terres communales, un bois, peut-être un moulin, un puits, des terres, des Etats, etc. Et elle gère ce patrimoine commun dans des assemblées. Il peut y avoir dix, quinze assemblées dans l'année. Et ces villages, en fait, n'ont à peu près aucun contact avec le "roi". Le roi au Moyen Âge ne sert pas à grand chose. Il fait des fêtes, il fait la guerre, il fait la chasse, et surtout il veut des taxes, des impôts. Mais il ne connait à peu près pas sa population, il n'offre aucun service. Il n'y a pas de ministère d'Education populaire, il n'y a pas de ministère de la culture, pas de ministère des sports, pas de ministère des transports. Donc il ne fait à peu près rien, c'est vraiment les communautés qui se gèrent. Et donc ça, c'est une histoire de la démocratie médiévale qui est complètement oubliée.

 

La modernité est une époque qui est moins démocratique que celle d'avant.

 

La modernité est antidémocratique. Et elle détruit la démocratie en fait, ou elle s'installe en fait à travers le colonialisme et l'impérialisme. Mais je ne suis pas le seul à le dire, poursuit  Francis Dupuis-Déri. Ce qui est à l'origine de mon travail par rapport à l'histoire du mot démocratie, c'est que je suis tombé sur des textes du XVIIIe siècle de ce que l'on appelle les "fondateurs de la démocratie moderne", aux Etats-Unis et en France, et leurs propos, quand ils utilisent le mot démocratie, ils sont contre la démocratie. Donc j'ai vraiment eu une interrogation. C'était pour moi un mystérieux. Je me disais comment comprendre que des régimes qu'on pense, que l'on associe nous aux plus grandes démocraties occidentales, comment comprendre qu'elles aient été fondées par des antidémocrates, qui étaient explicitement antidémocrates. C'était cela que je cherchais, je voulais savoir quand le mot change de sens, devient un terme positif et qu'il ne décrit plus des assemblées populaires mais il décrit un régime parlementaire électoral. C'était cela ma recherche et ma façon de trouver la réponse cela a été d'aller dans les textes de l'époque. Et au fur et à mesure qu'on va dans les textes, on trouve des réponses. Puisque on voit bien que les acteurs de l'époque changent le sens des mots pour des raisons politiques.

 

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La signature de la Constitution par Christy. Washington, qui préside la Convention et le couple Hamilton/Franklin au centre de la composition

 

  La démocratie c'est associé aux pauvres. Les pauvres pour eux sont associés à un problème à plusieurs niveaux en termes politiques. Les pauvres seraient irrationnels. À la limite ils sont capables de gérer leur quotidien, mais justement ils sont trop pris dans la gestion de leur quotidien. Et puis ils ne seraient que passion, ils ne seraient qu'émotion. Ils ne seraient animés seulement que par ces passions les plus basses, et donc on ne peut pas lui faire confiance non plus. Et puis (le pauvre) il serait plus facilement manipulable par les démagogues. Parce qu'il n'est qu'émotion il se laisse facilement influencé. Et puis en fait, il vient dans les assemblées pour défendre son intérêt individuel, catégoriel, particulier, et non pour penser au Bien commun. Et l'élite, elle, a la prétention - c'est plutôt arrogant - de dire que elle, elle est rationnelle, elle comprend le Bien commun et qu'elle est en fait la mieux placée pour prendre les bonnes décisions pour tout le monde.

 

La république et la démocratie ne sont pas des synonymes.

 

Abigail-Adams-par-Gilbert-Stuart.jpgComment sont accueillies les femmes dans la Révolution française ? Elles sont mal accueuillies. Bien évidemment, il y a des femmes des deux côtés. Du côté des forces républicaines et révolutionnaires, ... elles ont des clubs, des sociétés où on se rassemble pour parler de politique. Elles écrivent et elles veulent des droits. Elles veulent en fait les mêmes droits (que les hommes). Vous avez la même chose aux Etats-Unis, dont l'épouse de John Adams (premier vice-président des Etats-Unis et 2e président. NdCR.)  Abigail Adams. Elles lui écrit (dans une célèbre lettre de mars 1776, adressée à son mari qui siège alors au Congrès continental. NdCR.), elle lui dit "John, n'oubliez pas les femmes... quand vous créerez votre nouveau système politique." Et John Adams lui répond : "Chère Abigail, je ne peux que rigoler en entendant tes réclamations. On ne peut pas faire cela pour plein de raisons".

 

Si on regarde ce qui s'est passé aux Etats-Unis et en France, on voit que l'élite politique était tout à fait consciente que des femmes demandaients des mêmes droits. Donc ce n'est pas un oubli. Et même à cette époque, les femmes voyaient bien qu'il y avait un problème. Et donc dans le cas de John Adams, il dit que si on commence à donner des droits aux femmes, après les femmes vont commencer à en vouloir plus, puis après cela on sait bien ce qui va arriver, les autochtones vont en vouloir, les esclaves vont en vouloir et les jeunes vont en vouloir et les pauvres vont en vouloir. Et donc là cela va être le chaos complet. Donc on crée une république où ce sont les hommes propriétaires blancs qui vont gérer la politique.

 

Drapeau-americain-20-etoiles--1818-19-.gif

Drapeau américain 20 étoiles (1818-19)


Donc John Adams est intéressant à suivre parce qu'il s'exprime très clairement sur la démocratie. Lui avec d'autres comme James Madison, il dit qu'il ne veut pas fonder une démocratie. Il associe la démocratie aux pauvres et constate que dans une société bien ordonnée il faut que ce soit les membres de l'élite, la mieux éduquée, et les gens qui ont une certaine richesse qui doivent être ceux ou celles qui prennent les décisions. Et évidemment, il faut que cela soit des hommes et pas des femmes. Et donc en ce sens-là il est un très bon exemple de ces pères fondateurs de ce qu'on pense être des démocraties et qui n'étaient en fait qu'antidémocrates.

 

Comment expliquer qu'un régime fondé par des gens qui disent ne pas fonder une démocratie en vient à être dénommé démocratie par sa propre élite ? 

 

Quand on cherche aux Etats-Unis comme en France, vers 1830 environ (cela commence aux Etats-Unis mais cela se déplace très rapidement en France, c'est le même processus dans les deux cas), vous allez avoir au niveau des élections, des candidats (dans le cas des Etats-Unis, cela va être Andrew Jackson qui va être le premier à se dire "démocrate") parce que cela parle aux électeurs de la classe moyenne et plus pauvre, et cela permet de se présenter comme défenseur des petites gens contre les grands, les grands aristocrates, les grands riches, les grands politiciens, contre l'élite. C'est une sorte de discours un peu populiste finalement et qui fonctionne. Et donc en 10-15 ans, vous allez avoir aux Etats-Unis et bientôt en France, à peu près tous les candidats des campagnes électorales importantes qui vont se dire "démocrates", qui commencent à se battre entre factions, entre camps, entre partis finalement (qui a vraiment le droit de se dire "démocrate" et qui a volé l'étiquette de démocrate aux autres ?) Et ils ont tout à fait conscience à l'époque que c'est un jeu de mots finalement, c'est un jeu rhétorique pour séduire les électeurs...  

 

Si vous regardez le profil socio-économique des gens qui sont à l'Assemblée nationale aujourd'hui, il n'y a pas de pauvres. Ce sont généralement des gens qui sont riches.

 

... Et donc ce que l'on appelle aujourd'hui la démocratie, qui est le régime parlementaire, le régime électoral, est un régime où les pauvres ne participent pas à la prise de décision. Si vous regardez le profil socio-économique des gens qui sont à l'Assemblée nationale aujourd'hui, il n'y a pas de pauvres. Ce sont généralement des gens qui sont riches, qui ont des moyens, qui ont une profession libérale. Ce sont des avocats, des notaires, des notables. »

 

 

. Règne de la "démocratie" dans le monde : Près de la moitié des richesses mondiales est détenue par 1% de la population...

. L'imposture démocratique

. Le gouvernement gouverné

. La Mutinerie - Entretien avec Etienne Chouard (complet)

. 1789 : Une aristocratie en chasse une autre, naissance de la bourgeoisie d'affaires et de l'Argent-Roi, la ploutocratie

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 16:24

Le nationaliste F. Rouanet, dont nous relayons parfois quelques-unes de ses videos intéressantes avec Philippe Ploncard d'Assac sur le mondialisme, nous adresse sa dernière vidéo "L'unité doctrinale contre les faux amis", tirée d'un discours qu'il a donné le 7 décembre 2013 à Lyon, à l'occasion du "XVIe Forum de la Nation". Il présente les "faux amis" des nationalistes, dont "le royalisme".

Nous faisons une réponse ci-dessous.  

 

 

 

 

Publiée le 21 déc. 2013

 

F. Rouanet évoque tout à tour :

 

- L'illuminati prussien Anacharsis Cloots, qui fut fait "citoyen de la république" dite "française" le 26 août 1792.

En février 1792, ce régicide publia un livre : "La République universelle"... Tout un programme !

Comme la plupart des frères trois points esclavagistes du XVIIIe siècle (Cf. Voyez notamment concernant le port esclavagiste de Bordeaux où la plupart des francs-maçons étaient négriers :  Hugh Thomas, La Traite des Noirs 1440-1870, Bouquins Robert Laffont, Lonrai 2006, p. 309), Anacharsis Cloots défendit le statu quo esclavagiste et ségrégationniste dans les colonies en 1791... Il sera brièvement président du Club maçonnique des Jacobins fin 1793. Le "processus de violence cumulative" de la Révolution, décrit par Patrice Gueniffey dans "La Politique de la Terreur" devait l'emporter dans son tourbillon, le 24 mars 1794.

 

- De Gaulle et le gaullisme qui s'est allié avec les communistes, les francs-maçons et l'impérialisme anglo-saxon pour organiser sa Ve république. (La franc-maçonnerie avait été abolie par le Maréchal Pétain en 1940. Cf sur ce sujet: "Etude critique de la loi contre la F.M. du 13 août 1940" in Léon de PONCINS, La Franc-maçonnerie d'après ses documents secrets.)

De Gaulle a pourchassé les nationalistes Pierre Sidos, Jean Haupt, Jacques Ploncard d'Assac.

 

Charles VI de France représenté par le maître de Boucicaut en 1412- Le royalisme. F. Rouanet explique que dans la doctrine du nationalisme, "les principes priment sur les princes". C'est juste, mais de quels principes parlons-nous ? Certainement pas ceux de la monarchie traditionnelle française, gouvernement par autorité plutôt que gouvernement par opinion, fusse-t-elle celle des "nationalistes".

 

Si un prince n'a pas les principes du nationalisme, "s'il n'est pas compatible, c'est à la porte", explique F. Rouanet.

 

Questions : qui définit les limites de la compatibilité et de la non-compatibilité ? Ces limites ne sont-elles pas déjà définies dans les lois fondamentales du Royaume, valables tout de même de 496 à 1792 ? Pour quelles raisons des hommes prétendraient-ils aujourd'hui (re)faire ce qui a fonctionné pendant treize siècles, et (re)faire ce que Dieu a établi en 496 au baptême de Clovis comme l'alliance du trône et de l'autel, deux pouvoirs temporel et spirituel distincts mais alliés en vue de réaliser le Bien commun ? N'y a-t-il pas là une sorte d'orgueil ?


Sur Christ-Roi, c'est l'occasion de préciser à nos lecteurs ce en quoi les royalistes se différencient des nationalistes au sujet des "principes" portés par ces derniers. Nous pensons que même si un prince est mauvais, même si par exemple un Charles VI le Fou (1380-1422) trahit la France (prenons l'exemple extrême et unique dans l'histoire royale - à comparer avec les nombreuses trahisons réalisées sous les présidents de la république en 1992, 2005, 2013... - la signature du désastreux traité de Troyes en 1420 qui offrit la Couronne de France aux Anglais en déshéritant le dauphin Charles VII au profit du prince anglais Henri V), la qualité des principes monarchiques traditionnels (lois fondamentales du royaume et notamment le principe d'indisponibilité de la Couronne qui interdit toute "succession" illégitime) l'emportent sur les princes, fussent-ils mauvais, la qualité des institutions (les principes politiques traditionnels inclus dans la doctrine politique légitimiste) l'emportent toujours et nous préservent l'avenir dès lors que des défenseurs de ces principes, comme Sainte Jeanne d'Arc, savent les rappeller et les tenir fermement.

Voilà ce en quoi nous différencions des nationalistes qui n'ayant pas (ou plus) les mêmes principes politiques que les nôtres, en sont à mettre leur espoir, non plus dans les mêmes principes que nous, mais dans d'autres principes, définis par un homme, dans un parti politique... La discussion est ouverte en commentaires.


Sur la critique "les princes se disent plus démocrates que les démocrates, le Prince Jean en premier" : nous ne parlerons pas ici pour les Orléans, mais s'agissant des Bourbons il va de soi que la "démocratie" qui peut parfois être, tactiquement défendue, parce que pratiquée sous l'Ancien Régime jusqu'à la Convocation des Etats généraux de 1789, est celle dont la désignation des "représentants" émanait réellement du peuple en ses corps constitués et non de la désignation oligarchique qui a suivi à partir de 1791. Parler de cette "démocratie"-là, une démocratie organique n'a rien d'outrageant, tout au contraire, c'est la seule qui défend le peuple avec le Roi à sa tête.


Sur la critique "une monarchie peut être libérale" : certainement pas la monarchie traditionnelle fondée sur le respect du droit divin et du Décalogue qui, par principes, s'oppose au libéralisme politique moderne des Lumières tendant progressivement à la négation du droit divin et de la loi naturelle divine (Décalogue) pour lui favoriser une autre légitimité politique fondée en l'homme ("souveraineté nationale", "souveraineté populaire", "volonté générale", principes faux, variables, incertains, destructeurs et totalitaires, qui conduisent à l'actuelle loi Taubira, constitutionnalisés par l'article 3 de la Déclaration des droits de l'homme de 1789 "le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation"), principes auxquels les nationalistes ne s'opposent finalement pas tant que ça, vu que pour eux, c'est l'opinion, c'est l'homme, bref c'est le parti qui définit les limites de la compatibilité à leurs principes, et non plus l'autorité des lois fondamentales (Cf. Manifeste Légitimiste).


Ce que n'ont toujours pas compris les "nationalistes", c'est que la nation ne se définit pas par ce qu'elle rejette. Les révolutionnaires de 1789 sont ceux qui ont inventé cette politique du rejet au travers de l'imaginaire du "complot aristocratique". L'ennemi était pour eux le "conspirateur", le "Brigand", le "terroriste", "l'ennemi de la Révolution". L'obsession de ce soit-disant "complot", les conduisit à la Terreur avec la mise en place d'"Argus", "Surveillants", "Dénonciateurs", "Sentinelles" et même "Aveugles clairvoyants" : telles étaient les publications qui se bousculaient sur les étalages des libraires de l'époque... (Cf. Patrice Gueniffey, "La Politique de la Terreur", Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée, p. 70.) La nation française c'est quand même bien plus que le rejet et la dénonciation !

Ce qui importe c'est non pas de dénoncer les "ennemis" ou les "faux amis" (vous l'avez compris, il s'agissait-là du passe-temps favori des "Patriotes" francs-maçons de 1789 qui ont inventé le "diviser pour régner"), mais de ne pas rentrer dans ce jeu-là,  système que l'on peut comparer à une machine, la "machine révolutionnaire" qui a toujours besoin d'un opposant, d'un "adversaire" pour avancer, d'un carburant (partis politiques fonctionnant sur la dénonciation des "ennemis", diabolisation-culpabilisation-victimisation, la haine dans la différence et la division, et un courant : le suffrage "universel"). Cf. "Principes du moteur de la Révolution".

Dérobez-vous, refusez le "débat", refusez purement et simplement leur théorie du gender au nom du Décalogue, et leur Révolution s'effondre.

 

- Le bonapartisme. F. Rouanet explique que "cet empire napoléonien, et cela a continué avec Napoléon III a exporté" la franc-maçonnerie. Ce qui est exact. Lire: "Napoléon était-il franc-maçon ?"

S'agissant de Napoléon III, il évoque les liens entre cet empereur et les Carbonari et la Haute-Vente, "qui est la plus haute maçonnerie italienne, la plus puissante, et qui a pris le relai des Illuminés de Bavière d'Adam Weishaupt".

 

- La "Nouvelle droite" dont le pape est Alain de Benoist, et l'européisme qui proclame un "nationalisme européen" alors qu'il n'y a pas de "nation Europe". C'est une posture universelle.

 

- Les "Patriotes", "une nébuleuse", "souvent gaulliste", "ils emploient ce terme parce qu'ils ont peur de ce terme de nationaliste". Ont donné les révolutionnaires de 1793 qui ont massacré les Vendéens.

En réalité, ces "Patriotes" étaient les agents conscients ou inconscients de la franc-maçonnerie. Ils le sont toujours.

 

- Les "nationaux", la même chose que les "Patriotes". Ca donne "Riposte laïque" et les "apéros saucissons pinards" contre lesquels sur Christ-Roi nous avions mis en garde en juin 2010 pour leurs liens avec les officines mondialistes maçonniques (comme "Pro Choix" de Fourrest ou le "B'Nai B'Rith Paris"..), et qui firent un bide complet.

 

 

 


. Le combat légitimiste. Gouvernement par autorité contre gouvernement par opinion

. Les deux types de "démocratie", le moderne et l'organique

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 21:06

La science politique moderne enseigne que les parlements modernes sont faits pour voter les impôts, et par ce biais contrôler l'affectation des impôts par "le peuple". Ce serait même là une des prérogatives historiques des parlements. Or, en France, rien n'est plus faux. La fermeture des services publics aux Etats-unis le 1er octobre ne pourraient pas se produire chez nous, si tant est qu'elle aille jusqu'au bout aux Etats-Unis.

 

 

 

Source video: http://www.bfmtv.com/video/chronique/bfmbusiness/doze-nettoyeur/nicolas-doze-parlement-n-est-pas-un-contre-pouvoir-efficace-02-10-149754/

 

Nicolas Doze, le 2 octobre sur BFM Business, a ainsi remis en question l'efficacité du parlement français en tant que "contre-pouvoir", c'est-à-dire la "séparation des pouvoirs" dont tout le monde sait qu'elle n'est qu'une confusion des pouvoirs dans les "démocraties".

 

"Le Parlement français n'a pas le pouvoir aujourd'hui d'imposer une fermeture administrative à l'Etat. La seule chose qu'il pourrait faire, la seule arme dont il disposerait serait de ne pas voter le budget, mais cela ne s'est jamais produit", explique-t-il. ... "On passe notre temps finalement à faire une saignée dans le bras gauche pour mettre une perfusion dans le bras droit. ... Le Parlement n'est pas un contre-pouvoir efficace. Dans une démocratie normale il le serait. Notre parlement vote des trous, alors que la vocation du parlement est d'éviter de voter des trous... On n'a pas de solutions aujourd'hui sous la main pour sortir de ce cercle vicieux infernal qui nous emmène éternellement dans les mêmes discours et les mêmes gadins", ajoute-t-il.

 

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 08:30

 

Dans l'imagerie oligarchique, l'"extrême-droite" renvoie à l'intolérance, au sectarisme, à la guerre, au fascisme, au nazisme, etc. Pourtant, aujourd'hui, les va-t-en guerre belliqueux, arrogants et sectaires se trouvent au gouvernement et nulle part ailleurs! Dès lors se pose une question : l'"extrême droite" est-elle encore l'"extrême droite" ? La question mérite d'être posée du point de vue géopolitique, social et économique.

 

1) Géopolitique : L'électorat nationaliste, dans la crise syrienne, est en grande majorité pro russe et donc contre le suivisme derrière les Etats-Unis. La Russie dans cette histoire pourrait bien voir son président décorer du prix Nobel de la Paix et Obama et Hollande du prix de la guerre, renvoyés devant la Cour pénale internationale... pour "crime d’agression".

 

Photo

Or, l'extrême gauche (PCF et satellites trotskystes Front de gauche, etc.), alliée du gouvernement socialiste, ne dit strictement rien quant à l'intervention "française" possible en Syrie, réclamée par les Fabius, Valls, Moscovici, Kouchner, BHL, qui, désirant exporter la "laïcité", la "démocratie et les droits de l'homme", comme une "religion républicaine" à la terre entière, sont les représentants bellicistes d'un néo-fascisme extrêmement dangereux pour la paix dans le monde. L'extrême gauche, communiste, historique qui se voulait "anti-impérialiste" et anti-américaine (tout en ne voyant pas qu'elle l'était tout autant avec sa "démocratie" et sa religion des "droits de l'homme" à exporter dans le monde, ce qui via le "communisme" fit des millions de morts dans le monde entre parenthèse) est aujourd'hui à l'"extrême droite" où se retrouvent les anti-impérialistes dans l'"arc républicain" (les authentiques anti-impérialistes sont les royalistes français pour qui la France capétienne a toujours lutté contre les prétentions impérialistes: ils ne participent pas au jeu républicain afin de ne pas alimenter le moteur révolutionnaire. Lire : Le combat légitimiste. Gouvernement par autorité contre gouvernement par opinion et  Principe du moteur de la Révolution).

 

 

Mais si l'extrême-gauche anti-impérialiste se retrouve désormais à l'"extrême-droite", l'inverse n'est pas vrai : l'"extrême droite" dans les relations internationales est restée à la même place. Celle de l'affirmation du caractère et de l'identité propre de la France face à un monde unipolaire anglo-saxon et maçonnique belliciste qu'il s'agit d'endiguer (nous ne rentrerons pas ici dans le débat de l'infiltration maçonnique de ce parti, infiltration évidente, déjà analysée par ailleurs. Lire par exemple : Front National, histoire d'une trahison (Florian Rouanet)).

 

2) Social et economique : tous les analystes s'accordent à le dire, l'"extrême droite" est plus proche des intérêts des pauvres, des déclassés et des petites gens que ne l'est l'extrême-gauche ralliée depuis toujours à l'Oligarchie mondialiste, capitaliste, "libérale" et exporatrice de "démocratie" par la guerre, dès le départ.

http://mariefb.pagesperso-orange.fr/vieux%20metiers/images/charron.jpgExemple : l'abandon de la classe ouvrière française par la gauche révolutionnaire à la remorque de la franc-maçonnerie "libérale" et "adogmatique" pour détruire la société et prospérer sur son dos (invention de la pratique de la dette par les banques centrales européennes et américaines, dette soit-disant remboursée par l'invention au même moment de l'impôt sur le revenu... et par lequel nous sommes toujours exploités). Ainsi, après l'abolition des corporations en 1791 (corporations qui assuraient la sécurité de l'emploi... rappelle Marion Sigaut) - pour des raisons de meilleure exploitation du petit peuple...-, la gauche préféra, dans sa branche girondine brissotine, déclarer la guerre à l'Europe entière en 1792 plutôt que de perdre sa "révolution"! La gauche jacobine robespierriste préféra quant à elle (ne l'oublions pas!) génocider un peuple entier plutôt que de le voir refuser sa régénération !

Notez au passage qu'à cette époque, si le déficit public existait, ce que l'on appelle la dette "publique", c'est-à-dire le remboursement de nos emprunts avec intérêt n'existait pas: cette dette "publique" n'est apparue qu'après l'instauration des banques centrales dites "de France", "américaine", etc.... 

 

Cette trahison du peuple français par la guerre à l'extérieur (guerre à l'Europe de 1792 à 1815) et la guerre à l'intérieur (guerre civile, génocide vendéen, chômage, sous-emploi, misère ouvrière au XIXe siècle) continue aujourd'hui encore. C'est même la marque de fabrique de la gauche!

 

Aujourd'hui, cette guerre au peuple réel se traduit par son remplacement à l'intérieur, programmé dans les loges, par la classe immigrée afin que celle-ci vote pour elle (rapport du think tank "de gauche" Terra Nova en 2011 qui conseillait à la gauche de "d'assumer la mue d'une société française caractérisée par un déclin de la classe ouvrière et l'émergence de nouvelles populations - femmes, jeunes, diplômés, minorités des quartiers populaires, non-catholiques, habitants des grandes villes". Source). Et toujours pareil, la guerre à l'extérieur en Libye, en Syrie, etc.

Aujourd'hui comme en 1791, les blancs (royalistes) que l'on retrouve en nombre à l'"extrême-droite", tentent de défendre les intérêts du peuple réel contre la gauche oligarchique, socialiste, "libérale" et maçonnique, destructrice de la société réelle. En 2012, alors que F. Hollande mène une politique laïciste agressive et stigmatisante anti-musulmane, c'est entre 86 et 93% de musulmans qui ont voté pour lui. Si aujourd'hui le "mariage" homosexuel est passé en France, l'histoire retiendra que c'est "grâce" aux musulmans.

 

Conclusion: l'"extrême-droite" belliciste, violente, sectaire et intolérante, dans l'imagerie oligarchique, est davantage au Parti socialiste qu'au Front national.

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 13:01

Nouvelle étude remarquable sur le site Vive le Roy: «le combat légitimiste».

 

Bien peu ont conscience de l’extrême fragilité des fondements théoriques des sociétés révolutionnaires et si ces constructions artificielles semblent pourtant triompher sur toute la planète, c’est que jusqu’ici, elles ont réussi à fuir ou à étouffer le débat théorique où elles se savent vulnérables. En effet, pour détourner les hommes des questions essentielles de loi naturelle, de légitimité, d’autorité, de droit divin, d’une part on les enivre par un flux continu d’informations futiles qui font écran avec la réalité, et d’autre part on ne leur propose qu’un modèle d’action politique s’adressant aux passions avec des techniques de manipulation bien rodées. C’est donc sur le terrain efficace du débat théorique sur le fondement des sociétés que les légitimistes portent le combat politique et remporteront la victoire.

 

 

Table des matières

 

. Qu'est-ce que la légitimité ?

. Le principe de la Modernité

. Savoir qui on est et qui est l'autre

. Le combat des légitimistes de l'UCLF

 

Qu’est-ce que la légitimité ?

 

La légitimité est l’application du droit royal français tel qu’il est défini dans la théorie statutaire et les lois fondamentales du Royaume. [Guy Augé, « Du légitimisme à la légitimité », in La Légitimité, N°2, janvier 1975.]

 

écrit l’historien du droit Guy Augé.

 

Ces lois, qui obligent à la fois les sujets et leur roi, ont permis l’agrégation de peuples très différents au Royaume tout en respectant leurs identités et leurs libertés. L’État de droit qu’elles garantissent a rendu possible la pérennité du bien commun à travers les siècles et c’est ainsi que l’institution a généré ce « vivre ensemble » qu’est la Cité (n’en déplaise aux nationalistes, l’institution est bien première et non l’expression d’un pseudo « génie national »).

 

La genèse empirique des Lois Fondamentales du Royaume au gré des difficultés ne laisse pas d’étonner : rien de prémédité, aucun a priori, mais le simple principe de la soumission au réel, à la nature des choses et en fin de compte à l’Auteur de cette nature. De fait, toute monarchie est fondée sur la transcendance et un monarque n’est obéi que si lui-même est soumis à un ordre qui n’est pas le sien. C’est bien ce principe essentiel de la soumission au Christ Roi des rois que Louis XIV enseigne au Dauphin :

 

Et à vous dire la vérité, mon fils, nous ne manquons pas seulement de reconnaissance et de justice, mais de prudence et de bon sens, quand nous manquons de vénération pour Celui dont nous ne sommes que les lieutenants. Notre soumission pour Lui est la règle et l’exemple de celle qui nous est due. [Louis XIV, Mémoires pour l’instruction du dauphin, année 1661, livre second, deuxième section, cité par Alexandre Maral, Le Roi-Soleil et Dieu, Essai sur la religion de Louis XLV, Perrin, Paris, 2012, p. 7.]

 

PMaral-2006.jpglus loin, le Roi-Soleil prend soin de souligner que cette dévotion ne doit pas être feinte, à telle enseigne que l’historien Alexandre Maral n’hésite pas à le surnommer « l’Anti-Machiavel » [Nicolas Machiavel, en véritable fondateur de la modernité politique, déclare :

Il [le prince] doit aussi prendre grand soin de ne pas laisser échapper une seule parole qui ne respire les cinq qualités que je viens de nommer ; en sorte qu’à le voir et à l’entendre on le croie tout plein de douceur, de sincérité, d’humanité, d’honneur, et principalement de religion, qui est encore ce dont il importe le plus d’avoir l’apparence : car les hommes, en général, jugent plus par leurs yeux que par leurs mains, tous étant à portée de voir, et peu de toucher. Tout le monde voit ce que vous paraissez ; peu connaissent à fond ce que vous êtes, et ce petit nombre n’osera point s’élever contre l’opinion de la majorité, soutenue encore par la majesté du pouvoir souverain. (Machiavel, Le Prince, Chap. XVIII, in Œuvres politiques de Machiavel, Ed. Charpentier, Paris, 1881, pp-76-77.)].


Ainsi, un roi ne conserve sa légitimité que s’il obéit à la feuille de route divine : permettre aux sujets de réaliser leur nature d’animal raisonnable, leur assurer au mieux les conditions générales nécessaires pour vivre conformément à leur raison — ce qui n’est rien d’autre que vivre vertueusement, diraient un Confucius, un Cicéron ou un saint Thomas [L’Ancienne Chine enseigne en effet :

C’est pourquoi un prince doit, avant tout, veiller attentivement sur son principe rationnel et moral. S’il possède les vertus qui en sont la conséquence, il possédera le cœur des hommes […] (Thseng-Tseu (disciple de Confucius), L’explication, chapitre 10, in Doctrine de Confucius ou les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine, trad. M.G. Pauthier, Librairie Garnier Frères, Paris, 1921.)].

 

La raison, enseigne Bossuet au Dauphin, est cette lumière admirable, dont le riche présent […] vient du ciel […] par laquelle Dieu a voulu que tous les hommes fussent libres. [Bossuet, Œuvres de Bossuet, Tome 1, Firmin Didot frères fils et Cie, Paris, 1860, p.13-16.]

 

 

Le principe de la Modernité


 

Le dix-huitième siècle marque une rupture radicale avec l’antique sagesse et Bonald présente cette modernité comme « l’art de tout expliquer, de tout régler sans le concours de la Divinité  [Louis de Bonald, Mélanges littéraires, politiques et philosophiques, t.1, Ed. A. Le Clere, Paris, 1819, p.105-106.] ». Plus encore, le réel lui même devient gênant et un Rousseau ne craint pas d’écrire :

 

Commençons donc par écarter tous les faits, car ils ne touchent point à la question [Jean-Jacques Rousseau, deuxième Discours, Œuvres complètes, t. III, Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, 1964, p. 132-133.].

 

L’intelligence étant affranchie de la réalité, plusieurs explications, plusieurs sens du monde sont alors possibles et constituent ce que l’on appelle les idéologies. Le célèbre historien François Furet définit l’idéologie comme « un système d’explication du monde à travers lequel l’action politique des hommes a un caractère providentiel, à l’exclusion de toute divinité » [François Furet, Le passé d’une illusion, Ed. Livres de poche, 1995, p.17.] ; ailleurs il précise qu’elle a « pour fonction de masquer la réalité, et donc de lui survivre » [François Furet, Penser la Révolution française, Foliohistoire, Paris, 1978, p. 144.].

Selon notre ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon, la forme politique qui réalise le mieux cet idéal moderne d’autonomie de l’homme par rapport à Dieu et à sa Création est la république ; ce régime se pose d’ailleurs en véritable religion :

 

La religion républicaine est une religion des droits de l’homme, c’est-à-dire de l’Homme qui doit se faire Dieu, ensemble avec les autres, ici-bas, et non pas du Dieu qui se fait homme à travers un seul d’entre nous […] il faut donc […] déraciner l’empreinte catholique, qui ne s’accommode pas de la République. [Vincent Peillon, Une religion pour la République, la foi laïque de Ferdinand Buisson, Éditions du Seuil, Janvier 2010, p-34-35-36.]

 

Comment, en effet, la religion catholique pourrait-elle admettre cet article III de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 :

 

Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément  [Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, Art. III.].

 

Il n’est surement pas anodin que le Christ — figure archétypale du roi [Jésus est le Roi de l’univers ; sa royauté ne vient pas de ce monde mais du Père céleste.] et du gouvernement par l’autorité — ait été condamné à mort par un Pilate recourant au gouvernement par l’opinion avec une foule subvertie par les prêtres du temple.

Ainsi les contorsions intellectuelles auxquelles se livrent les autorités religieuses depuis le XIXe siècle pour faire admettre l’idée d’une « bonne république » et pour faire oublier l’existence d’une autorité politique qui tient directement son autorité de Dieu — à l’instar de celle d’un père de famille —, demeurent tragiquement vaines, voire suicidaires. En réalité, la « bonne république » n’a jamais existé malgré de multiples tentatives, et le nier c’est s’opposer à la réalité, c’est écarter les faits à la façon d’un moderne.



Savoir qui on est et qui est l’autre 


 

L’acculturation des catholiques et des monarchistes

 

On le constate, la subversion des esprits est profonde et se manifeste chez les catholiques par l’oubli de notre nature et de l’autorité qui lui est consubstantielle ; comme si la Révélation avait abrogé un ordre naturel pourtant lui aussi voulu par Dieu.
Cette acculturation, cette perte d’identité n’augurent pas un rétablissement rapide de la société traditionnelle. En effet, le général chinois Sun Tzu (VIe siècle av. J.C.) dans son Art de la Guerre met en garde :

 

Qui connaît l’autre et se connaît, en cent combats ne sera point défait ; qui ne connaît pas l’autre mais se connaît sera vainqueur une fois sur deux ; qui ne connaît pas plus Vautre qu’il ne se connaît sera toujours défait. [Général Sun Tzu, L’Art de la Guerre, traduit et présenté par Jean Lévi, Paris, Hachette, 2000, p.61.]

 

Le manque de connaissance de soi


Le manque de connaissance de soi engendre toutes sortes de dérives. S’il n’y a pas de vérité dans l’ordre naturel politique, celui-ci n’est que chaos, la raison demeure impuissante à le comprendre. Le providentialisme s’insinue alors dans les esprits qui déclare, selon un schéma quasi protestant : « Sola Gratia, sola Fide » (la Grâce seule, la Foi seule) ; on « court-circuite » la nature, la raison et l’Église pour se réfugier dans l’exégèse des messages que Dieu adresse directement à des âmes privilégiées (Dieu parle sans intermédiaire aux hommes, l’institution Église devient presque inutile). Or les révélations privées n’obligent jamais en matière de Foi ; à ce sujet, le très réaliste et traditionaliste cardinal Billot rappelle opportunément que

 

l’Église, en canonisant ses saints, ne se porte jamais garante de l’origine divine de leurs révélations […] il y a toujours place, en quelque hypothèse que ce soit, pour un mélange inconscient de ce qui vient de l’esprit propre avec ce qui est l’esprit de Dieu. [Cardinal Billot, Le Figaro, 4 mai 1918.]

 

Le Cardinal dénonce aussi ce millénarisme qui consiste à croire que la simple consécration d’un pays [ Le président Garcia Moreno avait consacré l’Équateur au Sacré Cœur ; pourtant un an après, il était assassiné et son pays retombait dans la Révolution.], et/ou l’apposition du Sacré Cœur sur son drapeau, suffiraient à écraser ses ennemis et à lui garantir la pérennité ; espoir d’autant plus chimérique que le drapeau en question symbolise justement la Révolte contre Dieu et sa Création.

Pareillement, Bossuet s’insurge contre ce quiétisme tout fènelonnien (laissons faire Dieu, Il s’occupe de tout), en rappelant au Dauphin que Dieu n’assiste pas les passifs et ceux qui agissent contre la raison :

 

Quiconque ne daignera pas mettre à profit ce don du ciel, c’est une nécessité qu’il ait Dieu et les hommes pour ennemis. Car il ne faut pas s’attendre, ou que les hommes respectent celui qui méprise ce qui le fait homme, ou que Dieu protège celui qui n’aura fait aucun état de ses dons les plus excellents. [Bossuet, Œuvres de Bossuet, Tome 1, Firmin Didot frères fils et Cie, Paris, 1860, p.13-16.]

 

Si le simple acte de consécration du Pays suffit à le sauver, on comprend alors la démobilisation générale, la passivité, ou le comportement purement réactionnaire des catholiques qui se réduit à essayer de ralentir la décadence pour restaurer la France… celle de leurs souvenirs un peu embellis, autrement-dit : la France révolutionnaire d’avant-hier.

 

Le manque de connaissance de l’ennemi

 

Ignorant tout de ses ennemis, le catholique moderne se satisfait des moyens que ceux-ci lui proposent et qui apparaissent d’ailleurs si séduisants : pas de contraintes, pas d’effort, surtout pas d’effort de raison, mais :

  •  . manifestation pour faire entendre sa voix et alerter l’opinion publique,
  •  . vote pour le « moins mauvais »,
  •  . soutien actif au parti « le moins mauvais » ou à un mouvement de lobbyisme, avec forcément à la clé de l’œcuménisme : il faut savoir accepter des compromis, même avec des antichrétiens, pour « faire masse », se faire entendre et remporter l’adhésion de l’opinion à coups de slogans.

C’est oublier que l’État moderne revendique précisément le gouvernement par l’opinion pour éliminer les dernières traces de gouvernement par l’autorité. Or le philosophe français Georges Fonsegrive rappelle cette vérité :

 

lutter révolutionnairement contre la révolution, c’est encore travailler pour elle. [Georges Fonsegrive (1852-1917), cité par Charles Maurras, Lettre du 08 septembre 1900 à Louis Dimier, Enquête sur la Monarchie, NLN, Paris, 1925, p. 238.]

 

L’histoire nous montre d’ailleurs cruellement, que les rares victoires de ce type de combat sont toujours éphémères et permettent immanquablement à la Révolution de rebondir avec plus de vigueur encore. Mais depuis longtemps le sociologue Augustin Cochin avait mis en garde contre l’illusion de la course à cette opinion publique apparue au XVIIIe siècle avec les « Lumières », à la fois alibi et marionnette des sociétés de pensée :

 

L’objet de la Société [de pensée] n’est pas limité ni d’ordre pratique, elle ne vise que l’opinion. Il s’agit d’éclairer les citoyens, de faire avancer le progrès des lumières, d’éveiller l’esprit public, d’intéresser les gens au bien public, c’est-à-dire à la politique. [Augustin Cochin, in La Révolution et la libre-pensée.]

 

Or, Cochin montre que le caractère éminemment subversif des sociétés de pensée est dû à leur seul principe de fonctionnement qui les distingue de toute autre association humaine : Liberté, Égalité, Fraternité, principe utilisé comme machine de guerre contre toute autorité. Inutile donc d’imaginer en constituer une pour contrer la Révolution, sans passer soi-même dans le camp ennemi.


Le désespérant combat des nouveaux réactionnaires

 

Certains donc, impatients de combattre et faisant l’économie de principes dont ils ignorent jusqu’à l’existence, se lancent à corps perdu dans l’action entendue comme la dénonciation du pouvoir en place.

 

Description de cette image, également commentée ci-aprèsOr, Démosthène disait à ce propos :

 

Il n’y a rien de si aisé que de monter les vices du gouvernement ; mais savoir indiquer ce qu’il faut faire, voilà la science de l’homme d’État. [Démosthène, cité par Joseph de Maistre, Lettres et opuscules, Librairie-éditeur A. Vaton, Paris, 1861, t.1, p. 518.]

 

À la remorque de la grande presse, les voilà devisant, raillant, s’improvisant experts en tout et vivant au rythme trépidant d’une actualité qu’ils commentent sans complexe. Ceux-là s’étourdissent dans le monde virtuel et artificiel planté par des médias nationaux dont l’objectif principal consiste à faire écran avec le monde réel.

Pourtant le sociologue Roger Mucchielli avait dénoncé les techniques de subversion et de manipulation de l’opinion par les journaux. Par exemple, pour passer d’un fait divers anodin au scandale de société, on utilisera

 

Description de cette image, également commentée ci-aprèstrois principes de base : premièrement paraître de bonne foi, ne pas laisser apercevoir le procédé, deuxièmement parler au nom du bon sens, chose du monde la mieux partagée, de façon à être lu et approuvé par la masse des lecteurs, troisièmement en appeler toujours à la justice et à la liberté, de façon à provoquer l’indignation du bon public. [Roger Mucchielli, La subversion, CLC, Paris, 1976, p.19.]

 

Pourtant le philosophe Éric Vœgelin rappelait fort à propos que l’ennemi redoute plus que tout le débat théorique, et le pouvoir démystificateur de la philosophie traditionnelle. Dans nos sociétés

 

[...] le débat théorique sur les problèmes qui concernent la vérité de l’existence humaine est publiquement impossible [...] Si bien protégées que puissent être les libertés constitutionnelles d’expression de la presse, quelle que soit l’intensité avec laquelle le débat théorique se manifeste dans des cercles restreints et trouve son expression dans les publications pratiquement privées d’une poignée d’érudits, le débat dans la sphère publique concernée par la politique se réduira toutefois essentiellement au jeu de dés pipés qu’il est devenu dans les sociétés contemporaines progressistes [...] La propagande gnostique consiste dans l’action politique et non pas dans une quête de la vérité au sens théorique. [Éric Vœgelin, La nouvelle science du politique, Seuil, Paris, 2000, p. 201 ;203.]

 

Dès lors, la paresse intellectuelle des catholiques et leurs tentatives pathétiques d’imiter leurs ennemis sont les plus sûres cautions de l’avancée révolutionnaire.


Le piège de l’individualisme

 

 

D’autres enfin, plus instruits des principes traditionnels et de ceux des adversaires, succombent malgré tout à la modernité par son individualisme. Refusant tout engagement au sein d’une association pour « préserver leur liberté », ils se persuadent de mener un combat actif en bavardant sur les forums, seuls, confortablement installés derrière leur écran, et se proclament « contre-révolutionnaire » pour avoir mis quelque menu adversaire en difficulté.

 


Le combat des légitimistes de l’UCLF


Étudier ces principes traditionnels et conformes au réel qui fécondent l’action et les jugements, les enseigner pour mieux les connaître et les faire connaître dans de petites structures à taille humaine, voilà ce que propose l’UCLF. Conversion individuelle des intelligences et des cœurs au sein de sociétés réalistes et concrètes en les animant ; travail continu pour se donner les armes de la résistance et de la victoire. Eh quoi ! Les « Lumières » ont réalisé leur œuvre de destruction grâce à un travail acharné de plus de soixante ans au sein de ces sociétés de pensée, et nous voudrions un retour à l’ordre naturel et divin sans effort : mais ce n’est pas naturel ! mais ce n’est pas juste ! La Grâce ne saurait aller contre la nature.

Évidemment, l’engagement exige des sacrifices — mais aurait-il une quelconque valeur s’il en était autrement ? Il faut assez d’humilité pour supporter une hiérarchie, une autorité ; il faut faire l’effort d’un apprentissage ; il faut se déranger pour témoigner, assister aux réunions, les organiser, prendre des responsabilités…
L’écrivain Jacques Perret — véritable intellectuel combattant, véritable icône contre-révolutionnaire — montre l’exemple de l’engagement concret, celui qui coûte. Non sans humour, il raconte sa campagne de Chouan des temps modernes pendant la guerre : abandonné par les princes, jamais il ne cesse de témoigner ni de lutter avec lucidité et raison. Par sa vie, il réalise cette profession de foi de tous les légitimistes que Jean-Louis Maral résume ainsi :

 

Nous œuvrons dans l’intemporel, mais c’est au fond notre force : de préserver l’avenir, en étant les gardiens, de raison et de foi, de ce qui ne meurt point. [Jean-Louis Maral, Encore quelques réflexions sur le légitimisme, in La Légitimité, Numéro spécial, Décembre 1980, p.9-11.]

 

Guy Augé précise :

 

Cette légitimité n’appartient à personne en propre, pas même aux princes qui peuvent la trahir. Mais elle est à tous ceux qui la souhaitent servir, et elle exprime, mieux sans doute que « monarchie », l’essence de l’institution royale, respectueuse de la transcendance, entée sur le passé, ouverte sur les finalités du bien commun, et respectueuse de l’ordre naturel. [Guy Augé, Du légitimisme à la légitimité, revue La Légitimité, No2, janvier 1975.]

 

 

Description de cette image, également commentée ci-aprèsConscient de la puissance extraordinaire de la pensée légitimiste, Joseph de Maistre écrit à son ami Louis de Bonald :

 

Ne vous laissez pas décourager par la froideur que vous voyez autour de vous ; il n’y a rien de si tranquille qu’un magasin à poudre une demi-seconde avant qu’il saute. Il ne faut que du feu ; et c’est nous qui l’avons. [Joseph de Maistre, Lettres et opuscules, Librairie-éditeur A. Vaton, Paris, 1861, t.1, p. 300-301.]

 

À leur exemple, dénonçons le gouvernement par l’opinion et ses techniques de subversion, rétablissons le gouvernement par l’autorité à notre échelle, transmettons cette flamme, et quand nous le pourrons, mettons le feu ...

 

 

Source: http://www.viveleroy.fr/?Le-combat-legitimiste

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 22:54

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/99/Thomas_Bresson_-_Rouge-gorge-5_(by).jpg/210px-Thomas_Bresson_-_Rouge-gorge-5_(by).jpgPour bien comprendre le glissement vers une dictature, il faut saisir les mécanismes intellectuels et psychologiques de ses idéologues. L’empire de la loi est une faiblesse. L’analyse relève de la psychiatrie.

 

LA LEGITIMITE du pouvoir de quelqu’un dont l’horizon de la conscience est le légal devient vite l’absolu. D’où la volonté toujours accrue de s’emparer de toutes les structures qui définissent le droit. La responsabilité personnelle du jugement est comme obérée par l’idolatrisation collective de la loi.

 

On comprend très bien l’implacabilité de celle-ci dans les régimes antiques et notamment l’extrême violence envers les chrétiens lorsque ceux-ci contestèrent l’absolutisme du droit au nom de la raison, rappelant par-là la dignité supérieure et le caractère inviolable de la personne. A contrario, la cohérence totalitaire a trouvé dans la sacralisation du droit son statut religieux. Celui-ci, soumis à la politique devenue elle-même sacrée et donc à ce titre indiscutable, sous peine de blasphème, a fait de l’empereur un dieu.

 

On prend conscience alors du côté radicalement subversif de la religion chrétienne. Elle dresse la personne humaine au-dessus de tout pouvoir en raison de sa ressemblance avec le Créateur.

 

Aujourd’hui, la dictature, au sens romain du terme, ne s’impose guère différemment. Les ministres, notamment celui de l’Éducation nationale, veulent détruire l’Église catholique en y substituant une religion républicaine qui, par définition, veut imposer sans limite l’emprise de l’État sur l’homme dès sa naissance. Il s’agit pour le ministre de l’instruction publique « d’arracher l’enfant à tout conditionnement culturel et familial ». Il dénie aux parents une autorité qui soit supérieure à celle de l’État.

 

Césarisme

 

La confusion socialiste entre le fait légal et le fait religieux justifie la répression pour délit d’opinion (cf. l’affaire Vanneste d’abord et plus grave ensuite, l’affaire Nicolas Buss). Ce glissement vers le césarisme renvoie à la confusion des genres des républiques islamiques. La politique mêlée étroitement au religieux (qu’il soit musulman ou laïque) avère exactement la pathologie que dénonce très vigoureusement Jésus lorsqu’il sépare de façon tranchée ce qui est de la responsabilité de César de celle de Dieu.

 

En France la personne ou les minorités qui se sont emparés des pouvoirs ont la certitude d’être les garants du bien. L’avortement est une libération, le mariage gay la reconnaissance d’une égale dignité, l’adoption des enfants par les homosexuels une justice, la privatisation des mœurs un progrès. Ils sont les seuls à définir la nature de la vertu, à distinguer le bien du mal. Plus ils sont contestés, plus ils sont persuadés que la critique du légal appartient à la sphère du Mauvais.

 

Tout contestataire personnifie le mal, d’où la nécessité de détruire sa réputation, sa liberté. Il faut le présenter comme odieux et infréquentable. Une religion sans transcendance, telle que la définit le théoricien Peillon, appelle très vite à passer sous le contrôle du légal. Mais en arrêtant ce qu’il est licite de croire, le Légal amorce une logique de divinisation du pouvoir. Ainsi a été le monde antique, ainsi est la laïcité française devenue auto-transcendante, ainsi fonctionne l’islamisme.

 

Il suffit de lire les déclarations tout à fait extraordinaires du ministre de l’Éducation qui ne craint ps la contradiction en considérant que sa lutte pour « écraser » l’Église est d’ordre religieux.

 

Il faut se méfier de tous les théoriciens qui conceptualisent leur vision du monde car ils sont sincères et ils n’ont d’autre obsession que de la mettre en pratique. De Mein Kampf au Petit Livre rouge et jusqu’aux déclarations ubuesques d’un Pol Pot, tous les idéologues totalitaires ont tenu à définir leur vision du monde ; on sait où débouche la volonté de recréer « un homme nouveau » formaté par le pouvoir (un homme nouveau manipulé et heureux d'être manipulé, NdCR.).

 

Le message d’Antigone

 

La leçon de Sophocle est pour notre société revenue aux époques païennes d’une exemplarité pertinente. Petit rappel pour ceux qui n’ont pas lu la pièce. À Thèbes, Créon, roi, a institué une loi manquant de sagesse selon l’avis du Coryphée : interdire de célébrer les funérailles de Polynice. La soeur du défunt, Antigone, considère que les exigences morales et religieuses demeurent supérieures aux lois. Elle veut braver l’interdit. Les vieillards, eux, entérinent l’exigence du pouvoir par intérêt, par gâtisme ou par cynisme. Ismène, la sœur d’Antigone et de Polynice, renonce au devoir religieux : « Je n’ai rien à gagner à affronter la Force devant laquelle je cède… » Tout est en place.

 

Créon est convaincu de son droit. Tout d’abord, il possède la formidable légitimité du pouvoir reçu par les voies légales et religieuses. Surtout, son intention est pure : « Je veux le bien de mon peuple. » Pourtant Hémon, son propre fils, lui démontre avec intelligence et respect l’absurdité de son décret. Mais son père s’entête au nom de son droit. On connaît la fin. Antigone obéit à sa conscience. Lorsque Créon réalise l’insensé de sa décision, tout le monde est mort… Antigone, Ismène, Hémon…

 

Cette tragédie grecque est d’une extraordinaire actualité. Les jeunes Français doivent la lire, la commenter. Les parallèles sont d’une précision qui coupe le souffle. Bienheureuses les jeunes filles qui ont appelé leur mouvement de résistance Les Antigones. Elles ont tout compris.

 

Sans pousser exagérément les images — tout au moins encore aujourd’hui — la Révolution de 93 s’est donné pouvoir de vie ou de mort sur des personnes, quelques soient leur âge ou leur état, pour le seul fait de penser différemment. La légalité la plus scrupuleuse a porté Hitler au pouvoir, les élections ont été rigoureusement respectées, il n’y a pas eu de bourrage d’urnes. Faut-il le rappeler ? Les seuls Länder où Hitler s’est trouvé en minorité ont été les Länder catholiques.

 

En 2013, les arrestations et les violences exercées contre des jeunes gens pacifiques, même si celles-ci contreviennent à l’article 432 du code de procédure pénale, révèlent combien ce régime dit légal assume un déni du droit sans état d’âme. Des policiers basculent — sur ordre — dans l’illégalité la plus caractéristique et l’avouent face à leurs victimes, soit pour s’en plaindre soit pour provoquer, en démontrant que rien ne peut arrêter le cynisme de la violence légale, et leur jouissance à y prendre part.

 

L’honneur de la police

 

Même si pour l’honneur du syndicat de policiers Alliance, la dénonciation de l’usage abusif et illégal des CRS a été dénoncé, les jeunes générations découvrent qu’un policier des années de l’Occupation est le même que celui qui assume aujourd’hui sans état d’âme l’ordre d’arrêter et de tabasser des jeunes filles inoffensives. Leur seul tort était de se tenir debout en silence, souvent seule, devant un lieu public.

 

Tous les régimes totalitaires comme au Vietnam ou à Cuba aujourd’hui, s’abritent derrière le droit. C’est le droit qui a défini l’unicité du parti, c’est la loi qui a soigneusement fixé le cadre des libertés. Lors des fêtes du bicentenaire de la Révolution française, des historiens avaient exhumé les décrets de la Convention ordonnant aux Colonnes infernales d’exécuter et de massacrer « la race exécrée des brigands de Vendée » qui osaient défier la République, et de préciser « femmes, enfants et “bébés au sein” ». Les troupes de Turreau ou de Hoche n’ont pas agi alors sous l’empire de la violence des combats mais pour obéir consciencieusement à des ordres fondés sur des lois et des décrets.

 

Je le dis hautement et sans retirer quoi que ce soit : le jour où l’État donnera l’ordre de tirer sur la foule, les troupes tireront sur la foule. Hier, de braves policiers donnaient gentiment la main à des enfants juifs pour les emmener au Vel d’hiv... À leur décharge, l’absence de moyens de communication leur interdisait d’évaluer les conséquences de leur geste.

 

Aujourd’hui, l’article 432-4 du code de procédure pénale assorti d’une peine de sept ans de prison ferme et 100.000 € d’amende ne fait pas hésiter un CRS ou un gendarme[1]. Les moyens de pression sont considérables : l’un d’entre eux m’a avoué que sa mutation tant attendue pour quitter Paris était en jeu. La perspective d’une promotion couvre les remords autant que la promesse de son commissaire à « le couvrir ».

 

Au sein de leur compagnie, les CRS troublés ou exaspérés par des ordres absurdes ou scandaleux, pensent souvent être seuls ou minoritaires à partager leur conviction, aussi étouffent-ils leur conscience. Ainsi fonctionne le système. Il suffirait que trois ou quatre d’entre eux osent pour que l’ensemble de leurs camarades se rallient et démontrent ainsi la grande fragilité du pouvoir. Mais le pouvoir le sait, et c’est pourquoi il tient le fouet haut, avec une extrême vigilance et une violence accrue.

 

[...] L’autorité qui, hier, s’opposait vigoureusement au droit au nom de ses propres principes idéologiques (la liberté, l’égalité) y recourt aujourd’hui de façon pathétique comme un noyé crispé sur sa planche. Le droit reçu était tyrannique. Le droit possédé est tout puissant. Il se transcende lui-même, devient carrément mystique : et l’autorité qui l’incarne en devient la grande prêtresse. Le ministre Peillon n’appelle-t-il pas de ses vœux une école qui façonne ainsi le citoyen ? « C’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle église avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la loi[2]. »

 

Qui donc critique la Loi se voit opposé « pour le bien du peuple » à la violence légitime de l’État. Quiconque pense différemment du balisage officiel de la pensée est interdit d’expression d’abord (le « pacte républicain[3] ») voire est poursuivi pénalement (affaire Vanneste, affaire Nicolas Buss). Ensuite ce n’est qu’une question d’habillage, les « brigands » de Vendée sont aujourd’hui des fascistes ou des factieux.

 

Les arrestations totalement arbitraires, illégales, de plus en plus violentes, les rafles d’étudiants et les gazages d’enfants révèlent une crispation pathétique ou le fantasme le dispute à l’idéologie. De glissement en glissement, le régime dérive dans la logique totalitaire. Il oscille entre la terreur (perdre la face), la fureur (être contesté par le peuple), et l’obstination (avoir raison comme Créon). Il s’enferme dans la certitude autoproclamée d’agir pour le bien du peuple malgré lui. Résultat, la crainte de s’engager dans un chemin de retraite qui se terminerait en débâcle le tétanise… Il ne lui reste plus que la violence pour exister, et la diabolisation de l’opposant.

 

Car si quelques idéologues furieux comme Vincent Peillon ou Christine Taubira exercent une pression considérable sur la dynamique socialiste, ceux-ci restent un moteur second par rapport à cette conviction intime et partagée par la classe politique quasi unanime que le pouvoir a tous les droits parce que le légal fonde l’autorité.

 

Yves Meaudre est directeur général d’Enfants du Mékong, Grand Prix des droits de l’homme de la République française.

 

_____________________________________

[1]. Article 432-4 du code pénal : « Le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, agissant dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ou de sa mission, d’ordonner ou d’accomplir arbitrairement un acte attentatoire à la liberté individuelle est puni de sept ans d’emprisonnement et de 100.000 euros d’amende. Lorsque l’acte attentatoire consiste en une détention ou une rétention d’une durée de plus de sept jours, la peine est portée à trente ans de réclusion criminelle et à 450.000 euros d’amende. »

[2]. La Révolution n’est pas terminée, Seuil, 2008.

[3]. Il est paradoxal qu’un État puisse autoriser l’existence d’un parti à qui l’on interdit toute alliance sous peine d’exclusion, d’excommunication ou de blasphème. Quelle que soit la teneur des théories développées il semble absurde de l’autoriser légalement et d’interdire des élus à y participer ou de faire alliance simplement. Soit on l’interdit, soit on respecte la règle du jeu démocratique.

 

 

Source: http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Chronique-de-la-dictature-l-Esperance-remplacera-la-Marseillaise

 

 

. Michel De Jaeghere aux veilleurs : réflexions sur la loi

. Bases philosophiques du Printemps français

. Considérations sur la violence suscitée par la loi Taubira : une guerre de religions ?

. Qu'est-ce qui distingue vraiment la "droite" de la "gauche" ?

. Contre-Lumières. Ebauche d'un programme politique fédérateur

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 21:58
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La plupart des chercheurs s'accordent pour dire que ce sont les grecs qui ont ‘inventé’ le concept de liberté, eleutheria. Cette liberté, est exaltée comme valeur essentielle de l'humanité dès les plus anciens textes de la littérature grecque antique au 5ème siècle av. J.C. avec Hérodote et Thucydide.

 

Source: http://biblique.blogspirit.com/archive/2008/01/19/eleutheria-liberte.html


***

 

Michel De Jaeghere aux veilleurs

 

Réflexions sur la loi


Je suis très heureux de me trouver parmi vous, très honoré que vous me donniez la parole. Je voudrais réfléchir quelques instants avec vous, ce soir, sur la loi.
Sur la loi instituant le pseudo Mariage pour tous, bien sûr, mais d’abord sur ce que c’est qu’une loi, en général, et sur la position que nous devons prendre vis-à-vis d’une loi de l’État.
Quelle autorité devons-nous lui reconnaître ? Quelle légitimité avons-nous en en contester les principes, à en demander l’abrogation ?

Vous êtes rassemblés ici pour dire votre refus d’une loi, alors même que cette loi n’est plus aujourd’hui en débat, et cela suscite parfois l’étonnement, l’incompréhension.
À quoi bon s’obstiner à une protestation qui n’a plus, à court terme, la moindre chance d’aboutir ? N’est ce pas présomptueux de votre part. N’est ce pas absurde ? N’est ce pas illégitime ?

« S’y opposer était un droit, s’y soumettre est un devoir. » Tel a été, au lendemain de l’adoption de la loi Taubira, le mot d’ordre lancé par quelques-uns de ses anciens opposants.
La loi a été démocratiquement adoptée, nous dit-on, il serait donc antidémocratique d’en demander l’abrogation.
« S’y opposer était un droit, s’y soumettre est un devoir » : cette opinion n’est pas la vôtre, puisque vous êtes ici ce soir, mais je voudrais tenter de vous aider à la réfuter auprès de ceux qui, autour de vous, la partagent.

Je précise que mon propos ne vise pas ici ceux qui se trouveraient contraints, malgré eux, à céder à la nécessité ; à faire appliquer cette loi sous la menace de sanctions pénales : la résistance est toujours affaire de conscience, d’appréciation individuelle des risques et des conséquences. Ceux qui ne sont pas exposés à ces risques n’ont pas qualité pour donner des conseils à ceux qui sont en première ligne.

Ceux que je voudrais contredire, et pourquoi pas, convaincre, vous en connaissez certainement ; ce sont tous ceux qui contestent désormais le principe même de votre résistance, sous prétexte que la loi a été adoptée par le Parlement, et qu’elle l’a été, somme toute, démocratiquement.
Je vais essayer de le faire en faisant un grand détour : un détour par l’Histoire. Je voudrais en effet essayer avec vous de remonter aux sources. Aux sources de la loi.

Qu’est ce qu’une loi ?
Peut-on lui opposer sa conscience, quand on a contre soi la légalité de son adoption, le consentement, dit-on, de la majorité de la population. Peut-on, doit-on, résister à ce que François Mitterrand a appelé autrefois « la force injuste de la loi » ?

J’essaierai de répondre en évoquant la naissance de la loi, là où elle est apparue, en Grèce, en m’aidant, notamment, des travaux de Jacqueline de Romilly.
Parce qu’il me semble que c’est en prenant les choses à leur commencement que nous avons quelque chance de les surprendre dans leur pureté, leur logique.

La loi occupe une place centrale dans la pensée grecque.

Elle l’occupe depuis près de 3000 ans. Après l’effondrement des royautés mycéniennes (celles des rois qui participèrent à la guerre de Troie au XIIe siècle avant J.-C., et dont Homère nous a transmis la mémoire sous les noms d’Agamemnon, de Ménélas, de Nestor ou d’Ulysse) l’écriture avait disparu pendant ce qu’on avait appelé les siècles obscurs.

Quand elle réapparut au VIIIe siècle, il n’y avait pas de lois écrites puisqu’il n’y avait plus eu, pendant de longs siècles d’écriture. Les familles aristocratiques se considéraient comme gardiennes des traditions ancestrales au nom desquelles elles rendaient la justice au mieux de leurs intérêts. Un peu partout en Grèce, les luttes sociales dégénérèrent en guerres civiles.
Les cités en sortirent, le plus souvent, en s’en remettant à un arbitre, un législateur, à qui fut confié le soin de recueillir les lois, et de les mettre par écrit afin qu’elles soient connues, intangibles, qu’elles soient les mêmes pour tous. Ce fut Lycurgue à Sparte, Solon à Athènes.

Pour les Grecs, dès lors, la liberté s’identifia au règne de la loi, la tyrannie, à tout pouvoir qui se considérait comme « au-dessus des lois ».
Cette liberté devint, aux yeux des grecs leur spécificité, leur marque propre.

Comme le proclamera Eschyle, ce qui différenciait les Grecs des peuples barbares c’est qu’ils n’étaient « esclaves ni sujets de personne ». Qu’ils étaient des hommes libres. Être un homme libre, à leurs yeux, c’était n’être soumis qu’à une seule souveraineté : la souveraineté de la loi.

Cette différence entre grecs et barbares allait être cristallisée, au Ve siècle avant J.-C. par l’expérience des guerres médiques, ces guerres qui allaient voir les troupes innombrables de l’empire perse déferler sur la Grèce, et finalement échouer à Marathon, aux Thermopyles, à Salamine et à Platées.

(Pour ceux qui sont un peu perdus dans leurs souvenirs scolaires, on est passé de l’univers du Troie de Brad Pitt à celui des guerriers bodybuildés de 300).

L’invasion perse est en effet ressentie comme l’agression d’un empire tout-puissant contre des cités minuscules, le déferlement de l’Asie sur l’Europe, le choc entre un monarque et une coalition de républiques. Dans la conscience des Grecs, elle va devenir le symbole de l’opposition entre la civilisation hellénique et la barbarie. Après leur victoire, elle sera celui de la supériorité de la civilisation sur la force brute.

Description de cette image, également commentée ci-après« Ils ne sont esclaves ni sujets de personne. » Cette opposition est le sujet même du livre que compose alors, pour raconter ces guerres médiques, celui qui est considéré comme le père de l’Histoire : Hérodote. Hérodote y met en scène un étrange dialogue entre Xerxès, le roi des Perses, et un roi de Sparte exilé à sa cour, Démarate. Dialogue au cours duquel le spartiate aurait prévenu le conquérant, à la veille de l’expédition, que son entreprise était vouée à l’échec parce que les troupes perses étaient formées d’esclaves qui marchaient sous le fouet et qu’elles allaient trouver devant elles des hommes libres, éduqués dans l’obéissance aux lois.

Dialogue imaginaire, et sans doute inspiré a posteriori par l’attitude des Spartiates à la bataille des Thermopyles. Texte fondamental parce qu’il illustre la ligne de partage que tracent désormais les Grecs entre civilisation et barbarie. Ici, des hommes soumis à la crainte d’un maître. Là des hommes laissés libres d’agir, mais qui se révèlent supérieurs parce que leur liberté s’accomplit dans l’obéissance aux lois.

« Ils ne sont esclaves ni sujets de personne. » Xerxès n’incarne pas le despotisme parce qu’il est un monarque (la royauté subsiste en Grèce, notamment en Macédoine), mais parce qu’il prend des décisions selon son caprice, parce qu’il n’a pas d’autre loi que ses désirs.
Les Grecs ne représentent pas la liberté parce qu’ils vivent sous des régimes démocratiques (beaucoup de leurs cités ne le sont pas, à commencer par Sparte) mais parce qu’ils obéissent aux lois.

Dans une scène saisissante, Hérodote montre le roi des Perses étouffé de colère, parce qu’une tempête a détruit le pont de bateaux qu’il a fait construire sur l’Hellespont, notre détroit des Dardanelles. Il prend alors une décision inouïe : il fait fouetter la mer qui s’est ainsi rebellée contre lui. Le despote, le tyran, pour le Grec, c’est celui qui gouverne contre la raison, le Logos. L’homme libre, c’est celui qui n’est pas soumis à l’arbitraire, au caprice, parce qu’il connaît ses devoirs et ses droits, parce que ceux-ci sont fixés par la loi. Le gouvernement légitime, c’est celui qui s’exerce conformément aux lois.

Cette souveraineté de la loi allait être magnifiée, au IVe siècle par Socrate, comme le raconte Platon dans l’un de ses dialogues, le Criton. Il met en scène, en effet, Socrate en prison, condamné à mort, après son procès. On lui propose de s’évader pour échapper à une sentence inique. Il refuse. Parce qu’enfreindre la loi en échappant, par fraude, à ses juges, reviendrait, à ses yeux, à frapper sa patrie en sapant les fondements de l’État.
Même injustement appliquée, la loi reste, à ses yeux, la loi : elle doit être souveraine. Rien ne justifie qu’on se rebelle contre la souveraineté de la loi. Telle est la leçon de Socrate. Elle pourrait paraître désavouer notre résistance.
Elle la légitime au contraire.
De cette souveraineté de la loi, considérée ainsi comme la condition même de la liberté politique, il ne faut pas déduire en effet la souveraineté de n’importe quelle disposition, de n’importe quel texte dans la mesure où il aurait reçu la sanction du corps électoral, l’aval des électeurs, l’approbation d’une assemblée.

J’ai parlé il y a un instant de la revendication des peuples en faveur de lois écrites. Mais les Grecs reconnaissaient, en réalité, l’autorité de deux sortes de lois : d’une part celles qui ressortissaient du comportement, de la morale et qui étaient restées non écrites ; d’autre part celles qui réglaient le fonctionnement des institutions, la propriété, la justice, et dont ils avaient exigé l’écriture pour échapper à l’arbitraire des grands.

Antigone prise sur le fait et arrêtée par les gardes.Les lois non-écrites, ce sont celles qu’invoque Antigone, l’héroïne de Sophocle, lorsque Créon prétend lui interdire d’ensevelir son frère. La légalité du pouvoir de Créon n’est pas mise en cause. Il est le roi légitime de Thèbes. Son décret n’en a pas plus de valeur pour autant parce qu’il n’est pas conforme aux lois non-écrites que les dieux ont inscrites dans le cœur de l’homme. Antigone n’est pas une anarchiste. Elle obéit à un ordre supérieur, elle obéit à d’autres lois : « Aux lois non-écrites, inébranlables, des dieux, dit-elle. Elles ne datent, celles-là, ni d’aujourd’hui, ni d’hier, et nul ne sait le jour où elles ont paru. Ces lois-là, pouvais-je donc, par crainte de qui que ce fut, m’exposer à leur vengeance chez les dieux. »

http://ekladata.com/Ys646B1p_aSZPhGXX_sKnrMT6e4@250x366.jpgCes lois non-écrites, ce sont toutes celles qui commandent la vie morale de l’homme. Elles ressemblent étrangement, nous dit Jacqueline de Romilly, au Décalogue. Elles obligent à la loyauté, à la reconnaissance, à la fidélité en amitié. Elles commandent le respect des dieux, la sépulture des morts, la piété filiale, l’inviolabilité des hôtes. Elles interdissent de trahir sa patrie, de déserter au combat, de s’emparer d’un criminel réfugié dans un temple, de s’en prendre à un ambassadeur, de violer un serment, d’agir contrairement à un traité, de tuer un combattant qui se rend. Elles interdisent évidemment de former une famille autrement qu’avec un homme et une femme.
Elles n’ont jamais la forme d’un droit. Elles imposent des devoirs au nom de la piété que l’on doit envers les dieux. Car elles tirent leur origine non de la volonté des hommes, mais de celle des dieux : « Les lois qui [nous] commandent, lit-on dans Oedipe-roi de Sophocle, siègent dans les hauteurs. Elles sont nées dans le céleste éther, et l’Olympe est leur seul père ; aucun être mortel ne leur donna le jour ; jamais l’oubli ne les endormira. Un dieu puissant est en elles, un dieu qui ne vieillit pas. »

Divines, ces lois sont, par-là même, éternelles et universelles. Elles s’imposent aux individus comme aux institutions. Elles sont sanctionnées par une réprobation, une honte universelle, par les châtiments que ne manquent pas d’infliger les dieux à ceux qui y contreviennent.
En même temps, comme le note un auteur anonyme du IVe siècle, elles sont liées à la nature humaine. L’incapacité de l’homme à vivre seul dans l’état de nature, explique-t-il, sa condition d’animal social, l’a contraint à rechercher un ordre juste, sans lequel la vie sociale serait impossible. Lois divines par leur origine, les lois non-écrites sont ainsi également l’expression de la loi naturelle, celle qui découle des caractères propres à la nature humaine.

À côté, en dessous des lois non écrites, se trouvent les lois écrites. Ce sont les règles qui fixent les droits et les devoirs de chacun, déterminent le fonctionnement des institutions. Elles ont commencé, elles aussi par être non-écrites (tout simplement parce que l’écriture avait disparu). On a vu que leur transcription avait été une revendication du peuple contre les aristocrates et les rois, pour échapper à leur arbitraire. Qu’elles furent l’œuvre des législateurs comme Lycurgue ou Solon. Mais la façon même de procéder de ces législateurs est éclairante. Pour rédiger les lois, ils ne recueillent pas, en effet, le sentiment de l’opinion. Ils ne demandent pas ce qu’elle veut à la population. Ils ne font pas de sondages. Ils s’entourent de juristes, de savants, dont le rôle est de recueillir la tradition des ancêtres et d’en faire la retranscription.
Ils n’inventent pas les lois, ils se contentent de mettre en forme celles que leur a léguées une tradition immémoriale.
Description de cette image, également commentée ci-aprèsDerrière les usages, les coutumes, les habitudes séculaires, les Grecs croient en effet pouvoir discerner un nomos divin : un ordre naturel du monde dont tout l’effort du législateur sera de tenter de reproduire les contours.
Les hommes, écrit Hésiode, ont reçu des dieux le sens de la justice. Il leur appartient donc de mettre la société dans l’ordre, la règle qui leur permettra de s’y conformer.

Vous voyez qu’on est là aux antipodes de l’idée que la loi soit l’expression d’une volonté humaine, serait-elle « la volonté générale » chère à Jean-Jacques Rousseau et à notre déclaration des droits de l’Homme (article 3 de la DDH de 1789 : "Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation", NdCR.) Qu’elle doive refléter l’évolution des mœurs ou l’état de l’opinion. Ériger « en loi ses caprices », c’est, au contraire, aux yeux des anciens grecs la marque même de la tyrannie.

Être Grec, dit le vieux Tyndare dans l’Oreste d’Euripide, c’est « ne pas vouloir être au-dessus des lois ». Car « toutes les lois humaines, écrit Héraclite, tirent leur force de lois divines ». Les lois non-écrites sont celles qu’ont édictées les dieux. Mais les lois écrites doivent en être elles-mêmes les imitations, les reflets.

Cette conception de la loi se retrouve dans le fonctionnement concret de la démocratie athénienne, cette démocratie dont nos institutions se prétendent les héritières.
Car le pouvoir législatif de l’Assemblée du peuple, ce pouvoir qui paraît sans limite (nous soulignons volontairement ce mot en italique pour faire référence à la république absolue sans limites, l'absolutisme parlementaire ou démocratie illimitée que nous dénonçons sur ce blog, NdCR.), est entièrement circonscrit par le fait qu’il est interdit de mettre en délibération tout projet, toute proposition qui serait en contradiction avec l’une de ces lois immémoriales.

Tout citoyen peut se porter au secours de ces lois en poursuivant l’auteur d’une proposition illégale et même le président de séance qui aurait accepté de la mettre aux voix. Cette accusation a pour effet de suspendre la discussion du texte. La sanction peut être une amende, ou même la peine de mort pour celui qui a fait la proposition illégale. Vous imaginez à quel sort serait promis le malheureux Erwan Binet à Athènes.



Description de cette image, également commentée ci-aprèsdétail de L'École d'Athènes, par Raphaël

 

Lorsque l’on dit que pour les Grecs, la liberté se confondait avec la souveraineté de la loi, vous voyez donc ce que cela représente. Pour les Athéniens, c’était la soumission de la volonté générale, de la majorité des citoyens, à des lois considérées comme d’origine divine, parce qu’elles étaient le reflet même de la nature humaine, ou qu’elles avaient été transmises par la tradition, ou qu’elles étaient l’expression de la Raison.

« Ils ne sont esclaves ni sujets de personne. » Nous voila loin, direz-vous du mariage homosexuel ? Nous sommes au contraire au cœur de ce qui justifie votre protestation, de ce qui légitime la poursuite de votre mouvement.
Qu’est-ce qu’une loi ? Une loi est certes un commandement de l’autorité légitime, mais elle n’est pas seulement cela.
C’est un commandement qui vise au bien commun sans heurter les lois non-écrites qui sont inscrites dans le cœur de l’homme, non plus que l’ordre naturel du monde, tel qu’il est connaissable par l’exercice de la Raison. Tel est l’enseignement de la Grèce antique, dont notre civilisation est le prolongement.

La loi qu’on vous oppose n’apparaît, à cette lumière, que comme un simulacre. Elle a pu être régulièrement adoptée par les institutions compétentes. Elle ne mérite pourtant pas le nom de loi :
- parce qu’elle n’est pas conforme aux lois non écrites qui sont dans le cœur de l’homme,
- parce qu’elle est étrangère à nos traditions ancestrales,
- parce qu’elle n’est pas conforme à la nature humaine, à l’ordre naturel du monde, à la raison.

Dans le texte même du Criton, ce dialogue où il défendait le principe de la soumission inconditionnelle aux lois, même injustement appliquées, Platon indiquait que le respect du droit naturel de la famille était le fondement du lien de sujétion qui nous rattache aux Etats dans lesquels nous vivons. Donnant un instant la parole aux lois, dans une prosopopée célèbre, il imaginait ce dialogue entre ces lois personnifiées et Socrate : « Qu’as-tu à nous reprocher, à nous et à l’État ? lui demandaient-elles. N’est-ce pas à nous que tu dois la vie, et n’est-ce pas sous nos auspices que ton père a épousé ta mère et t’a engendré ? Parle donc ! As-tu quelque chose à redire à celles d’entre nous qui règlent les mariages ? Les trouves-tu mauvaises ? »
C’est parce que les lois avaient permis aux citoyens de naître dans une famille naturelle et de recevoir leur éducation de leurs parents, proclamait-il, que ces citoyens devaient aux lois de l’Etat une complète soumission. C’était admettre, a contrario que des lois bafouant le caractère naturel du mariage et le droit des enfants à recevoir leur éducation de leurs parents ne mériteraient, en revanche, aucune obéissance.

Héritière de la pensée classique, l’Église s’est inscrite dans ce sillage. Elle l’a proclamé par la bouche de saint Thomas d’Aquin : « Toute loi portée par les hommes n’a raison de loi que dans la mesure où elle découle de la loi naturelle. Si elle dévie en quelque point de la loi naturelle, ce n’est plus alors une loi, mais une corruption de la loi. »
Jean-Paul II renchérit en parlant, sur le même sujet d’une « tragique apparence de loi » à laquelle toute conscience éclairée se doit de faire objection.

S’opposer à la loi Taubira était un devoir. Exiger son abrogation en est un autre. L’une et l’autre attitude relèvent en effet de la véritable obéissance aux lois : aux lois non écrites qui sont inscrites dans le cœur de l’homme, à la loi naturelle et à l’ordre du monde, tels qu’ils sont connaissables par la droite raison. C’est en restant fidèle à ces lois, comme vous le faites ici ce soir, que vous continuerez à n’être esclaves ni sujets de personne, que vous continuerez d’être libres.

 

Michel De Jaeghere

 

 

Source: http://www.renaissancecatholique.org/spip.php?page=courrier&id_courrier=103

 

 

 

- Forum civique : "la famille traditionnelle base de la souveraineté d’une nation", fondement de la légitimité politique nouvelle ?

- Bases philosophiques du Printemps français

- La "loi" Taubira n'est pas une loi

- La loi Taubira: une loi déjà périmée

- Considérations sur la violence suscitée par la loi Taubira : une guerre de religions ?

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 13:59

 

"Dans les temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire."

 

George Orwell

 

 

Nous avons été parmi les premiers sur Internet à parler de démocratie illimitée, de "république absolue", de "souveraineté illimitée" (Benjamin Constant), d'"absolutisme parlementaire" ou de "parlementarisme absolu" (Raymond Carré de Malberg) pour dénoncer ce que nous appelons la "république absolue de droit occulte ou maçonnique"... Nous nous félicitons de voir aujourd'hui que chemin faisant cette vérité passe, petit à petit.

 

Alain Cohen-Dumouchel, animateur du site Gauche Libérale, candidat au bureau d'Alternative Libérale sur la liste "Pour un libéralisme de progrès", dans un texte publié le 3/07/2013 sur Contrepoints.org, sous le tite "Clash Patrick Cohen - Marine le Pen : "bolchos" contre "fachos"  dénonce l'"absolutisme démocratique" de la démocratie "représentative". L'auteur qui a probablement lu Christ-Roi, dénonce également la "démocratie représentative à tendance absolutiste" ou la "démocratie représentative sans limites". 

 

Encore un petit effort et de cohérence, et la démocratie tout court sera définitivement reléguée au rang des expériences totalitaires !


Extrait :

  •  

    • « Marine Le Pen a récemment accusé France inter d'être "radio bolcho". Étymologiquement, ce n'est pas faux. ... Étymologiquement, France Inter est bien une radio "bolchévique". ... En effet, les bolcheviks sont en russe, ceux qui ont la majorité. ... L'idée que la majorité, à travers ses représentants, peut faire absolument ce qu'elle veut du simple fait qu'elle est majoritaire, est l'idée centrale de la démocratie représentative, soutenue par la quasi-totalité des médias. Cette idée repose, depuis Rousseau, sur plusieurs postulats largement erronés, à savoir que la majorité ne se trompe pas, qu'elle possède un fondement moral à opprimer la minorité, qu'elle est neutre politiquement alors que par définition elle est collectiviste, qu'elle est non violente alors qu'elle permet aux plus influents d'utiliser le monopole de la violence à leur profit.
    • Au sens étymologique du mot, France Inter est donc clairement une radio bolchévique qui accepte sans broncher l'absolutisme démocratique c'est-à-dire l'immixtion des décisions majoritaires dans tous les domaines de notre vie : s'habiller, circuler, manger, voyager, avoir des relations sexuelles, aimer, travailler, tout, absolument tout, est régi par des "codes" de plus en plus contraignants sans que cette invasion ne provoque la moindre enquête ou le moindre doute au sein de cette radio publique. France Inter c'est la voix de la démocratie représentative à tendance absolutiste. Celle qui n'est pas près de comprendre ce principe simple : soumettre au vote quelque chose qui ne doit pas l'être est aussi dictatorial, aussi violent et aussi inique que lui soustraire ce qui doit l'être.
    • Le plus paradoxal c'est que Marine Le Pen, qui sent que la "majorité" est à sa portée, devient elle aussi une adepte de la démocratie représentative sans limites, ce système béni qui lui permettra d'imposer ses vues à la "minorité" dans tous les domaines de la vie courante grâce à l'appareil coercitif préparé par les dirigistes gaullistes et socialistes. Elle assène ainsi dans la même émission :

       

      "Dans une élection, quand il y a deux personnes, il en a une qui fait plus de 50% et l'autre qui fait moins, évidemment, c'est tout à fait naturel."

    • Pas sûr qu'on soit rassurés ! » (Fin de citation)

       

    • Source: http://www.contrepoints.org/2013/07/03/129812-clash-patrick-cohen-marine-le-pen-bolchos-contre-fachos

 

De ce point de vue, "Bolchos" ou "fachos" sont les deux faces d'une même monnaie. N'oublions pas que la division entre "droite" et "gauche" remonte à l'oligarchie révolutionnaire de 1789...

 

 

- Pour nous, la guerre est déjà gagnée (tout liberté nécessite des règles et des limites sous peine de s'annuler elle-même) (1 juillet 2013)

- "La Volonté générale ne pouvait que finir par vouloir changer toutes les lois, aujourd'hui la loi naturelle, demain peut-être les lois de la gravitation universelle" (Jean-Claude Martinez) (23 mai 2013)

- République absolue et nihilisme d'Etat : les moyens d'en sortir (21 mai 2013)

- Contre le Nouvel Ordre mondial : en finir avec la révolution (IIIe partie) (19 septembre 2012)

- République absolue : François Hollande et la division haineuse des citoyens en classes, catégories et groupements d'hommes (6 mai 2012)

- Le rêve égalitaire et libéral, racines du mal totalitaire détruisant le réel : les princes des nuées ou l'"art royal" (1 janvier 2010)

- La démocratie? Une forme de la tyrannie, l'absolutisation de la "Volonté générale" (22 mai 2008)

- Démocratie, les deux types de représentation politique démocratique  (16 février 2007)

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 21:47

Extraits d'un texte de Max Montgomery, "Nous verrons la mort de la démocratie" qui s'inscrit dans la ligne de ce que nous disons ici, la légitimité politique fondée sur un principe supérieur, une base plus solide et stable que celle de l'Homme-Dieu, l'"anthropodéisme". Tout n'est toujours qu'une affaire de transcendance et d'esprit.

 

500 ans s’éteignent

 

500 ans s’éteignent, puisqu’un cycle finit. L’horizon a été dans cet espace de temps débarrassé de toute transcendance, Dieu n’était plus l’ami. L’homme triomphait de l’inexplicable, ridiculisait la Foi, moquait les religieux.

 

C’était le règne de l’anthropodéisme, la divinisation de l’Homme. L’Homme, c’était Dieu.

 

500 ans s’éteignent car nous vivons la fin des années sombres de l’anthropodéisme, fin qu’illustre magistralement la répression actuelle en France.

 

Anthropodéisme ? On parla d’humanisme tout court. C’était plus simple que de faire du grec.

 

L’homme sans Dieu est paresseux. Il est aussi pétri d’un égoïsme vaniteux : il para tous ses abandons, tous ses oublis, toutes ses carences des couleurs des beaux combats. Voilà, à la vérité, ce qui se cache derrière tant de grands hommes. Rousseau, Voltaire, Babeuf, Garibaldi ou Marx étaient tout génialement et tout bêtement bien plus ennemis de l’effort intrinsèque et de l’ordre anciens qu’amis des grands « principes humanistes », principes qui sont un maelström de revendications et de révolte adolescentes. Ils s’en sont simplement éblouis eux-mêmes ; et la discipline qu’exige le combat de la vie — maintenue intacte en Orient et qui nous revient aujourd’hui —, ainsi que la reconnaissance des vérités traditionnelles, leur étaient odieuses, comme toutes les lois vitales : principes premiers, hiérarchie naturelle, dogmes qui décrivent les règles, églises qui les modèlent, lois du beau, du bon, du vrai, ou encore Justice. En un mot, tout ce qui naît d’une Loi première. Ils voulaient une liberté qui les libérât de tout cela. Ils ignoraient que la liberté ne se conquérait pas sans cette Loi qu’ils abattaient ! (Ils ignoraient également que toute liberté nécessite des règles et des limites sous peine de s'annuler elle-même, NdCR.)

 

Ils ont détruit le trône au lieu d’y monter, contrairement à ce que firent quarante siècles de conquérants aussi sanglants que sages. En évaporant l’invisible transcendantal, les révoltés anéantissaient le monde qui est à son image. Les révolutionnaires leurs fils allaient plus loin, tuaient davantage et ne gardaient plus rien.

 

Ils avaient refusé qu’il y ait un Créateur, parce qu’un Créateur signifiait une supériorité, une éternité, des devoirs et un travail, des obligations, une réciprocité, un échange, un lien !

 

Qu’ils aient haï toute loi première, cela se sent bien lorsqu’ils donnent aux foules un argent immérité, qu’ils distribuent de la gratuité, qu’ils brandissent des droits : l’Homme n’est pas né pour subir une contrainte, disent-ils. Ils ignorent bien sûr que c’est l’effort qui libère de contraintes (et que la liberté est une conquête! NdCR.), que l’entraînement et la pratique permettent au champion de dépasser ses limites. Qu’importe : c’est ce principe-là qu’ils refusent.

 

... Ils croient, selon leurs principes inquiets, qu’il faut supprimer les notes, faciliter le passage des examens, accélérer les accès à la nationalité, libérer les coupables. Eliminer les élites naturelles qui montrent le mauvais exemple et écrasent de leur poids l’humanité sans exigence. Supprimer toute sanction, toute « pénibilité », toute douleur, toute pauvreté, tout rejet, toute frontière. Tout donner à tout le monde. C’est le règne de la tolérance universelle dans lequel chacun est heureux et parfait.

 

Sauf naturellement ceux qui contestent ce principe : pour ceux-là, deux mois de prison ferme, comme à Nicolas, n’est pas de trop. C’est le cas remarquable. Dans le paradis humaniste, celui qui dit « Non ! » à l’Homme-dieu mérite le châtiment qui n’existait plus. La tolérance n’est pas pour les intolérants, on connaît la fredaine. Le bandit peut tuer, piller, violer : il n’est qu’un innocent sauvage. Mais l’homme qui pense, qui peut dire où est la faiblesse, et qui peut prononcer un « Non ! » retentissant dans une paix bourgeoise, celui-là est dangereux. Il est la menace d’un retour d’une vérité et cette vérité, voici vingt décennies qu’on n’en veut plus.

 

... L’échec

 

Sans doute, la démocratie a paru une avancée, parce qu’elle a affirmé la valeur de la personne, quelle que soit son origine ou sa condition, en tant que membre légitime de la cité. Il fallait que l’homme participât.

 

Mais qu’il fût seul à décider, cela ne se pouvait pas durablement. Sans l’acceptation du Mystère qui dépasse et fonde tout — voilà ce que dit maintenant la science —, rien n’était possible, et l’obstination à se croire seul ne l’a conduit qu’à croyances sans Dieu, folies, excès, aveuglement et pour finir meurtres sans fin. Plus de meurtres que jamais. L’homme accusait Dieu d’avoir inventé la mort, et voilà qu’il s’éprenait d’elle. C’était le XXème siècle, le siècle des Hommes sans dieu.

 

Alors que les tempéraments les plus opposés ont voulu, pensé, institué, perfectionné la démocratie, ou même tempéré ses dérives — épuisant d’ailleurs d’excellents esprits qui lui doivent sa survie, alors même qu’ils lui étaient parfois opposés —, la démocratie ne produit pas ce bonheur universel qu’elle promettait. Nous sommes en droit de la juger : elle a eu le temps de développer à fond tous les principes qu’elle promeut. Il n’y a pas d’autres principes en elle que nous ayons à découvrir : tout est dit. Et, partant, tout a été tenté. Mais c’est l’échec. L’homme demeure insatisfait. Il n’est pas plus satisfait, ni plus heureux, qu’à l’époque de nos rois. 

 

... Ainsi, pour finir, alors que finissent cinq cents ans, la grande question redevient celle de la véritable légitimité. Non pas celle qui est donnée par l’homme, mais la légitimité que l’homme se donne à lui-même. Terrible question : qui es-tu, pour te dire en vie ? Qui es-tu, pour te dire être ?

 

En cela, les pouvoirs monarchiques avaient une supériorité. L’homme servait et ne se servait pas. Ils étaient durs par nécessité et généreux par nature. Il n’y avait pas besoin d’affirmer un nouvel être, puisque tout était. Ils n’avaient point besoin de tout légitimer, avec une mentalité de papier, puisqu’ils étaient légitimes. Ils n’avaient pas besoin de multiplier les lois puisqu’ils incarnaient une Loi.

 

Le mal des pouvoirs monarchiques issus du sacre ne consistait qu’en conséquences de l’action d’un pouvoir essentiellement légitime, les dérives se trouvaient toujours en aval d’un système légitime. Et il était légitime parce que correspondant à ce que dit aujourd’hui la science, le philosophe, le penseur, le religieux : l’Homme est indéfinissable et ne se suffit pas à lui-même, l’Homme passe l’homme. Cette affirmation, c’est la mort de la démocratie et la confirmation que tout pouvoir vient « d’en haut ».

 

En cela, les fondations monarchiques étaient solides. On pouvait tout repenser, hors l’essentiel. On le voit encore au Tibet : les Tibétains restent, sous le joug, liés à leurs principes.

 

L’organisation de la maison monarchique peut être faillible. Dans un tel système où les principes fondateurs sont bons, tout est toujours perfectible mais, du moins, une essence politique demeure et gouverne, par-delà les générations et les passions passagères.

 

Que sont de bons principes fondateurs ? Des principes légitimes.

 

Or, les systèmes issus de la Révolution ont ceci de particulier que leurs principes en eux-mêmes ne reposent que sur l’homme, qui est faillible, et illégitime. Il ne peut être légitime que sous le sceau des principes éternels qui le font. Rien de tel dans une vision de l’homme qui est son propre dieu. Rien n’y est enraciné, stable ni comblé. Au commencement est l’homme, à la fin est l’homme. Tout est là.

 

Voilà. L’homme n’est pas réductible à la vision qu’il a de lui-même. La preuve en est qu’il ne se résout pas lui-même à se définir. « L’homme passe l’homme ».

 

Les systèmes qui affirment un homme comme source et sommet de la politique pourraient avoir raison à la condition qu’ils affirment en même temps que l’homme est un inconnu pour lui-même. Mais cela leur est impossible, car cela signerait leur arrêt de mort. L’affirmation d’une véritable transcendance (ce que n’est pas le diable des Maçons) qui court en ce moment le monde est pour elle une menace. Pour nous, la guerre est déjà gagnée.

 

Source: http://www.mauvaisenouvelle.fr/?article=France-Nous-verrons-la-mort-de-la-democratie--114

 

 

- "La Volonté générale ne pouvait que finir par vouloir changer toutes les lois, aujourd'hui la loi naturelle, demain peut-être les lois de la gravitation universelle" (Jean-Claude Martinez)

- République absolue et nihilisme d'Etat : les moyens d'en sortir

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 16:58

File:Vote solennel loi mariage 23042013 24.jpg

Erwann Binet (à droite) lors du vote solennel de la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe.

 

« L'église catholique mais aussi les musulmans de France, les autres religions, ont toute légitimité pour exprimer leur point de vue. En revanche, elles ne peuvent pas, je pense, refuser ou ignorer que la vraie légitimité législative, elle est issue de la représentation élective, de la représentation politique et donc du Parlement. »

(Erwann Binet, le député PS rapporteur du projet de loi sur le mariage homosexuel, à propos des déclarations du pape François appelant à abroger des lois si nécessaire, le 15 juin 2013.)

Source: http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/06/15/97001-20130615FILWWW00377-pape-francois-pas-lieu-de-polemiquer.php

 

 

C'est là tout le problème de la démocratie moderne qui fonde la légitimité politique sur la soit-disant "représentation" nationale portée au parlement ("souveraineté nationale": "le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation". Article 3 DDH de 1789), ce qui conduit à une "souveraineté illimitée" (Benjamin Constant), à l'"absolutisme parlementaire" (Carré de Malberg), à une "démocratie illimitée" (Hayek)... et à des lois totalitaires...

 

Il va bien falloir un jour que d'aucuns se décident à se saisir de ce problème tant nous avons l'impression nous légitimistes de mouliner dans le vent ! A la "légitimité" politique fondée sur le nombre (Volonté générale, "souveraineté nationale", volontarisme, constructivisme...), nous proposons la loi naturelle comme fondement solide de la légitimité politique. Ceux qui viennent aujourd'hui dénoncer les lois totalitaires de la république feraient bien d'y songer, d'être conséquents et d'aller jusqu'au bout du raisonnement !


 

- "La Volonté générale ne pouvait que finir par vouloir changer toutes les lois, aujourd'hui la loi naturelle, demain peut-être les lois de la gravitation universelle" (Jean-Claude Martinez)

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 22:51

 

Peut-on résister au nouveau totalitarisme (...) Guillaume de Thieulloy interroge Michel De Jaeghere sur la démocratieAu lendemain de la manifestation du 26 mai,

 

Les 4 vérités ont rencontré Michel De Jaeghere, vice-président de Renaissance Catholique. L’entretien porte sur la démocratie. Propos recueillis par Guillaume de Thieulloy.

 

Vous avez consacré une université d’été, et aujourd’hui un livre à « la démocratie totalitaire » (1). Ces deux termes ne sont-ils pas pourtant antinomiques ?

 

L’association peut effectivement sembler paradoxale, tant nos esprits sont habitués à définir la démocratie comme le règne de la liberté, par opposition à la tyrannie, le totalitarisme étant considéré au contraire comme l’absence de démocratie. Mais ces définitions sont en réalité trompeuses.

Le totalitarisme, en effet, ne se caractérise pas essentiellement par la violence, la privation des libertés formelles (celles de parler, d’aller et venir), le rejet des procédures électives. Il y a des élections en Chine. Il y en avait en Union soviétique. Le totalitarisme se définit, comme son nom l’indique, par la prétention de l’État à tout régenter : la vie sociale, économique, spirituelle tout autant que la vie politique. Il peut le faire par la violence ou par la persuasion, le lavage de cerveau, la douceur apparente. Ce qui le caractérise, ce n’est pas l’absence d’élections pour la désignation des dirigeants ; ce n’est pas non plus la violence policière. C’est la contestation de toute liberté intérieure, l’idée qu’il n’y a rien au-dessus de l’autorité de l’État – ni autorité supérieure, ni principe transcendant – qui justifierait que la personne, la famille, la communauté professionnelle refusent une soumission inconditionnelle et totale, qu’elles se réclament d’un ordre, d’une autorité, de principes, de traditions sur lesquels l’État n’aurait pas de prise. Le totalitarisme ce n’est pas le règne de la police (qui peut dans tout État commettre des abus). C’est la prétention de l’État à régner sur les âmes elles-mêmes.
Ce totalitarisme s’est montré à nous dans le nazisme et le communisme sous son visage violent, brutal, criminel. Cela a pu conduire à le confondre avec la dictature. Or il y a eu dans l’histoire nombre de régimes de force, qui ne tiraient pas leur origine d’une élection régulière et pratiquaient à l’égard de leurs opposants une répression policière peu soucieuse de la liberté d’expression – ce qui conduit à les définir comme des dictatures – sans pour autant qu’on puisse les considérer comme totalitaires, dans la mesure où ils ne visaient en aucune manière à régenter les consciences non plus qu’à assujettir les familles, l’Église ou les corps intermédiaires (la cité, la profession, l’entreprise), mais seulement à imposer la suprématie de l’État dans son propre domaine, celui des fonctions régaliennes (la police, la justice, la diplomatie et la guerre). Symétriquement, on observe que les démocraties modernes, dont les dirigeants sont choisis par l’élection, où la liberté de l’individu est, en principe, la règle, et qui sont si peu dictatoriales qu’elles peinent parfois à s’imposer dans l’exercice de ces mêmes fonctions régaliennes – au point qu’elles se montrent incapables de maîtriser leurs propres frontières, comme de faire régner l’ordre et la justice dans ce qu’on appelle des zones de non droit, parfois même au cœur des villes ; qu’elles se trouvent en outre contraintes d’abandonner des parts importantes de leur souveraineté à des institutions internationales dont le contrôle leur échappe –, en viennent dans le même temps à prétendre régenter des domaines qui ne devraient pas relever de l’État : l’éducation des enfants, qui appartient, selon le droit naturel, à leurs parents, la morale (avec la prohibition d’un nombre croissant de « phobies », la répression de paroles jugées attentatoires au politiquement correct, de comportements dénoncés comme discriminatoires alors qu’ils ne sont parfois que l’exercice de libertés essentielles, comme celle par exemple de choisir qui on loge dans un appartement qu’on loue, qui on engage dans son entreprise, ce qu’on accepte de vendre à ses clients, de prescrire à ses patients, d’enseigner à ses élèves), la définition de la vie (puisque c’est désormais la loi civile qui détermine, à la majorité des voix, et d’une manière d’ailleurs variable d’un pays à un autre, à quel âge un embryon est un être humain, une personne dont l’existence doit être protégée et garantie, ou un amas de cellules qu’on peut utiliser comme matériau de recherche, congeler ou détruire), celle de la famille (un homme, une femme et leur descendance ici ; ailleurs deux hommes, deux femmes et les enfants qu’ils auront adoptés, fait concevoir in vitro ou porter par autrui).
In fine, cette évolution est en train de conduire un certain nombre d’États démocratiques à usurper le pouvoir de définir, à la majorité, en fonction d’un consensus qu’ils auront contribué à susciter par les médias qu’ils influencent ou qu’ils contrôlent, les frontières du bien et le mal, ce qui me paraît constitutif du totalitarisme.
Il ne s’agit pas, par là, de prétendre que ces régimes sont identiques aux régimes criminels qui ont incarné au XXe siècle, le projet totalitaire (puisqu’il est évident qu’ils n’en partagent pas les pratiques policières, qu’ils maintiennent en principe les libertés formelles). Bien plutôt de montrer le nouveau visage qu’a pris le totalitarisme au XXIe siècle. Comme l’avait pressenti Tocqueville, il est en apparence « prévoyant et doux ». Il n’en partage pas moins avec ses devanciers le projet de démanteler, en les vidant de leur contenu, les institutions liées à l’ordre naturel (au premier rang d’entre elles, la famille traditionnelle), et d’étouffer en nous toute liberté intérieure, toute indépendance d’esprit. « Je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux, qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs dont ils emplissent leur âme, annonçait il y a près de deux siècles le génial auteur de La Démocratie en Amérique. Au dessus de ceux-là, s’élève un pouvoir immense et tutélaire qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. (…) Il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir, il travaille volontiers à leur bonheur mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre. Il pourvoit à leur sécurité, assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leur succession, divise leurs héritages. Que ne peut-il leur retirer le trouble de penser et la peine de vivre ? »


Vous affirmez, avec saint Augustin, que la démocratie n’est acceptable qu’à condition que le peuple soit capable de poursuivre le bien commun. Comment le peuple pourrait-il poursuivre un autre bien ?

Toute l’histoire des régimes démocratiques nous montre qu’il arrive, et même souvent, que la volonté d’une majorité soit abusée. Elle peut être aveuglée par ses passions, flattée par des démagogues, trompée par des imposteurs, conduite à sa perte par des incapables.
C’est le sujet même de l’Histoire de la guerre du Péloponnèse de Thucydide, qui oppose la démocratie tempérée du temps de Périclès, où l’Assemblée du peuple d’Athènes se laisse guider par un homme supérieur, à celle de ses successeurs, qui excitent après lui les passions les plus basses de la foule, et lui font multiplier les folies, comme le lancement de l’expédition de Sicile, île dont les Athéniens décident la conquête, nous dit l’historien, sans avoir la moindre idée de son éloignement ni de son étendue, ou la condamnation à mort des généraux qui venaient de remporter sur les Spartiates la victoire décisive des Arginuses sous prétexte qu’ils avaient manqué de diligence pour récupérer les corps des soldats tombés pendant la bataille.
La démocratie moderne donne maints exemples de ces errements. Elle en donne d’autant plus que les moyens de communication de masse mettent désormais à disposition du pouvoir, des partis, des puissances d’argent et des lobbies, des moyens de manipulation des esprits d’une puissance sans précédent. On les a vus à l’œuvre, avant, pendant et après l’adoption des lois qui ont remodelé, depuis quarante ans, la société contemporaine pour lui faire admettre les bienfaits de la révolution sexuelle, l’avortement, les manipulations génétiques, le mariage homosexuel, et demain l’euthanasie (ce pourquoi l’appel au référendum que lancent aujourd’hui les adversaires du mariage homosexuel me paraît à haut risque – une campagne médiatique bien menée pouvant toujours, en ces matières, faire basculer une majorité – en même temps qu’il constitue une concession redoutable à l’idée qu’une règle morale ou une institution liée à l’ordre naturel comme le mariage pourraient subir des modifications légitimes pour peu qu’elles bénéficient de l’appui d’une majorité d’électeurs).
Comme le bon fonctionnement de la monarchie était lié à l’éducation des princes, celui de la démocratie repose en réalité sur l’éducation des foules. Pour que le gouvernement du peuple soit conforme au bien commun, il faut que ce peuple ait grandi dans le respect de ses pères, la volonté de prolonger et de transmettre l’héritage reçu indivis, l’amour des principes qui ont fait sa grandeur et l’éclat de sa civilisation. Nous en sommes loin aujourd’hui. Or à une éducation purement individualiste, exaltant en chacun la tyrannie de ses désirs comme un absolu, ne peut correspondre qu’un peuple d’égoïstes, auquel sera étrangère l’idée même qu’un bien commun existe, et qui ne verra dans la pratique de la démocratie que le moyen d’exprimer ses revendications catégorielles ou sa haine de classe.
« Lorsqu’une cité démocratique, altérée de liberté, trouve dans ses chefs de mauvais échansons, écrit Platon, elle s’enivre au-delà de toute décence ; alors, si ceux qui la gouvernent ne se montrent pas tout à fait dociles et ne lui font pas large mesure de liberté, elle les châtie, les accusant d’être des criminels et des oligarques. […] Ceux qui obéissent aux magistrats, elle les traite d’hommes serviles et sans caractère. En revanche, elle loue et honore les gouvernants qui ont l’air de gouvernés et les gouvernés qui prennent l’air de gouvernants. Dès lors, il est inévitable que dans pareille cité l’esprit de liberté s’étende à tout. Qu’il pénètre dans les familles […] que le père s’accoutume à traiter son fils comme un égal et à redouter ses enfants ; que le fils s’égale à son père et n’ait ni respect ni crainte pour ses parents. Que le métèque devienne l’égal du citoyen, le citoyen du métèque et l’étranger pareillement. […] Le maître craint ses disciples et les flatte, les disciples font peu de cas des maîtres. Les jeunes gens copient leurs aînés et luttent avec eux en paroles et en actions. Les vieillards de leur côté s’abaissent aux façons des jeunes gens, imitant la jeunesse de peur de passer pour ennuyeux et despotiques. […] Or vois-tu le résultat de tous ces abus ? Ils rendent l’âme des citoyens tellement ombrageuse qu’à la moindre apparence de contrainte, ceux-ci s’indignent et se révoltent. Et ils en viennent à la fin à ne plus s’inquiéter des lois écrites ou non-écrites, afin de n’avoir absolument aucun maître. Alors, en toute beauté et toute jeunesse, les temps sont mûrs pour la tyrannie. »

Vous distinguez, à l’école de Jean Madiran, démocratie moderne et démocratie classique. Quelles sont les différences qui justifient cette opposition ?

Je me suis effectivement nourri du livre fondamental de Jean Madiran, Les deux démocraties. Publié en 1977, ce livre n’a pas pris une ride. La démocratie, telle qu’après avoir été inventée à Athènes, elle a existé ici et là durant l’Antiquité, le Moyen-Âge, la Renaissance et l’Âge classique, telle qu’elle est décrite par Aristote dans sa classification des régimes politiques, telle qu’elle est évoquée par saint Augustin et analysée par saint Thomas d’Aquin, la démocratie que Madiran appelle classique est, dit-il, un mode de désignation des gouvernants. Il consiste à « n’avoir dans la cité, aucune autorité politique dont le titulaire ne soit directement ou indirectement désigné, pour un temps limité, par les citoyens, qui sont tous électeurs ». La démocratie classique, c’est cela : un mode de désignation des gouvernants par l’élection.
La démocratie moderne, celle dans laquelle nous vivons, celle qui a été façonnée par les Lumières et par les principes de 1789, fonctionne en apparence comme la démocratie classique. En apparence, c’est la même chose. En réalité, elle est tout autre chose. Sa charte fondatrice est en effet la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789. Or celle-ci contient des dispositions qui changent profondément la nature du régime dont elle a conservé les dehors et le nom. Ces principes sont ceux que proclament d’une part l’article 3 : « Le principe de toute souveraineté réside dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément », d’autre part l’article 6 : « La loi est l’expression de la volonté générale. » Ces deux dispositions fondent, en dépit des apparences, un régime entièrement nouveau qui se distingue non seulement de la démocratie classique, mais de tous les régimes politiques (monarchiques, aristocratiques) connus auparavant.
La première de ces dispositions conduit en effet la démocratie moderne à considérer le mode de désignation par l’élection comme l’unique fondement de toute légitimité. Dès lors que le principe de souveraineté réside dans la nation (entendue ici comme le corps électoral), nul ne pourra légitimement prétendre exercer cette souveraineté sans avoir été choisi par le suffrage de cette nation. Or on n’avait jamais pensé à cela auparavant. Même parmi les partisans de la République. Dans la démocratie moderne, la désignation des gouvernants par les gouvernés cesse d’être considérée comme une technique parmi d’autres, bonne dans certaines situations, pour certains types d’État, mauvaise ou imprudente, inadaptée pour d’autres. Elle est réputée le seul mode de désignation légitime. Les régimes non démocratiques deviennent donc immoraux. L’élection des gouvernants devient un droit imprescriptible qu’on ne saurait remettre en question sans remette en cause les fondements de l’ordre social. C’est un impératif moral. On jugera qu’un gouvernement est bon non plus dans la mesure où il poursuit le bien commun mais dans la mesure où il est démocratique. On estimera qu’un régime s’améliore à proportion qu’il se démocratise. Et non plus en fonction de la paix et de la prospérité qu’il apporte aux populations, du degré de civilisation qu’il promeut ou des vertus qu’il encourage. Moins encore de la préservation de la morale publique.
La deuxième caractéristique de la démocratie moderne, souligne Madiran, est que « la loi est l’expression de la volonté générale ». Et seulement cela. Elle doit être approuvée par la majorité. Elle n’a besoin que de cela pour être incontestable. Formidable révolution. « Toujours, dans toutes les civilisations, écrit-il, la loi était l’expression d’une réalité supérieure à l’homme, d’un bien objectif, d’un bien commun que l’homme traduisait, interprétait, codifiait librement, mais non arbitrairement. » La fonction du législateur – roi, dictateur, assemblée d’anciens magistrats, Parlement élu – était de mettre en œuvre une raison, une justice et un ordre supérieurs aux volontés humaines. Qu’il s’agisse de la volonté présumée de Dieu ou de l’ordre du monde tel qu’il avait été transmis par la sagesse des anciens. « La légitimité de la loi, rappelle encore Madiran, celle du pouvoir, celle des gouvernants, résidait dans leur conformité à cet ordre supérieur. » Dans les démocraties classiques, on confiait au corps électoral le soin d’approuver les lois qui lui paraîtraient les plus conformes à l’ordre du monde ou à la volonté de Dieu. Dans la démocratie moderne, on lui demande d’édicter les lois les plus conformes à sa propre volonté, déclarée universellement souveraine. L’apparence peut être identique. La réalité est très différente. Dans le premier cas, on demandait au peuple ce qu’il pensait correspondre à la justice. Dans le deuxième, on lui demande ce qu’il veut, et qui sera considéré comme juste pour la seule raison d’avoir obtenu une majorité de suffrages. On passe d’un souverain (individuel ou collectif) à qui l’on reconnaît le pouvoir de dire : je le veux, parce que c’est juste, à un souverain (collectif) qui dit : c’est juste parce que je le veux. C’est une révolution copernicienne. On a maintenu les termes ; on a renversé la logique.
La conséquence de ces deux dispositions est que la démocratie moderne possède un troisième caractère, qui est que, loin de nous en préserver, la démocratie moderne tend naturellement au totalitarisme, contrairement à ce que l’on croit. Et elle y tend du seul fait de ses principes.
Dire que la légitimité se confond avec le seul mode d’élection (démocratique) des dirigeants ou avec le mode d’adoption (démocratique) des lois, c’est dire en effet qu’en droit le pouvoir d’un gouvernement ou d’un Parlement régulièrement élu est illimité, qu’ils peuvent adopter n’importe quelle loi contraire à l’ordre naturel ou au bien commun sans rien perdre de leur légitimité du seul fait qu’elle a été démocratiquement adoptée. On dira que s’imposent à cette loi de la majorité des normes supérieures (les dispositions de la Constitution). Mais ces normes supérieures tiennent elles-mêmes leur autorité et leur légitimité de la manière démocratique dont elles ont été adoptées. On pourra donc, démocratiquement, en changer. C’est si vrai que le Conseil Constitutionnel a jugé en France qu’il n’avait pas le pouvoir de juger de la conformité avec la Constitution d’un texte approuvé par référendum. Parce que le référendum était le mode d’expression du peuple souverain. Et qu’il appartenait à ce peuple, d’où la Constitution tenait son autorité, de violer la Constitution si cela lui plaisait. À titre de comparaison, le Parlement de Paris cassa le testament de Louis XIV parce que la volonté qu’y avait exprimée le souverain de confier la régence à ses fils naturels n’était pas conforme aux lois fondamentales du Royaume. Nous avons changé tout cela : il n’y a plus rien au-dessus de la volonté du souverain, parce que c’est une volonté démocratique. La déclaration des Droits de l’homme a, en France, valeur constitutionnelle. Mais il appartient au corps électoral, si cela lui chante, de la transformer. C’est ce qu’on a fait en 1946 en ajoutant de nouveaux droits (au travail, à la grève). Si le peuple le veut, il pourra dans l’avenir en ajouter d’autres : le droit des femmes à avorter, le droit des homosexuels de se marier. Tout est affaire d’opinion et de majorité. En définitive, de campagne de propagande bien menée. Il n’y a rien au-dessus de la volonté de la majorité.
Dire en même temps que la loi est l’expression de la volonté générale, c’est dire que l’expression de la volonté générale a force de loi. Qu’il serait illégitime de prétendre lui opposer des lois non écrites, des principes éternels, qui ne peuvent être considérés, fussent-ils issus du Décalogue, que comme des opinions privées. L’adoption de la loi Taubira a montré qu’un usage plurimillénaire, antérieur même à la constitution de la cité antique, était sans autorité face à une loi adoptée par un vote à main levée. À partir du moment où ne s’impose aucune norme objective, extérieure, inchangeable, tout est affaire d’opinion, de manipulation et pour finir de moyens financiers. Les mécanismes qui ont été mis en œuvre pour faire adopter la loi Taubira sont ceux qui avaient été actionnés pour faire adopter les lois Veil, Pelletier, Roudy et Neiertz, qui le seront demain pour légaliser l’euthanasie, les mères porteuses ou la promotion de l’homosexualité dans les écoles. À ces lois de société, il est vain d’opposer la loi naturelle ou le Décalogue ; ils n’ont pas de réalité au regard de la démocratie moderne. La loi du nombre n’y abolit pas seulement la hiérarchie des normes, la supériorité de la Constitution sur la loi, elle ne se contente pas de la toute puissance temporelle. Elle entend, encore une fois, à l’image d’Adam et Ève, déterminer elle-même les limites du Bien et du Mal en une sorte d’institutionnalisation du péché originel. Or le totalitarisme c’est cela.

Comment résister à ce nouveau totalitarisme ?

À vue humaine, il y a longtemps que ce combat paraît perdu. Mais l’expérience de la chute du mur de Berlin l’a montré : il existe une fragilité constitutive du mensonge, une force intrinsèque liée à la vérité. La vague de fond soulevée dans tout le pays par la loi sur le mariage homosexuel n’a pas seulement surpris le gouvernement. Elle nous a stupéfaits nous-mêmes. La force tranquille des manifestants, face au mensonge d’État, à la diffamation, aux violences policières, aux gardes à vue injustifiées et aux poursuites judiciaires, a transformé l’adoption de la loi en défaite pour ses propres partisans. Sans doute, la contestation du projet de loi n’est-elle pas elle-même exempte de divisions ni d’ambiguïtés, marquée par l’imperfection de toutes les choses humaines ; elle s’est achevée sur un échec, puisque la loi est entrée en vigueur. Reste que l’espoir a changé de camp. La course à la décadence a cessé de paraître irrésistible.
La France catholique (puisque, en dépit des habiletés tactiques et des prudences de langages, c’est bien elle qui manifeste dans la rue) a montré qu’elle n’est pas morte, comme l’établissement médiatico-politique, qui vit en circuit fermé, se l’imaginait. Contre l’idée que cette réforme était irrésistible et constitue un nouveau maillon d’une chaîne continue de progrès, la contestation a réveillé avec elle les forces vives du pays réel. Elle a ouvert les yeux de ceux qui n’avaient pas su voir vers quelle décadence nous conduisaient l’institutionnalisation des utopies soixante-huitardes et la tyrannie des idées libertaires. Elle a formé au combat politique toute une nouvelle génération à qui il appartient désormais de prendre la relève. Elle a fait découvrir à ces futures élites nées des JMJ et des mouvements traditionnels, nourries par l’enseignement de Benoît XVI, libérées de tout complexe par l’affolement d’un gouvernement qui a véritablement paru, dans cette affaire, perdre ses nerfs, à quel point l’héritage dont nous sommes les dépositaires avait été dilapidé par leurs aînés et comment la modernité nous emmène aux antipodes de la société à laquelle ils aspirent. Il nous reste à prolonger ce magnifique sursaut, cet étrange printemps français, par une reconquête culturelle du terrain qui a été perdu depuis plus de quarante ans. De cette reconquête, bien malin qui pourrait aujourd’hui dessiner précisément les contours. Elle n’obéira à aucun plan préconçu et sera nécessairement multiforme (les efforts sympathiques pour l’organiser me paraissent voués à l’échec : il faut abandonner ce néo-kantisme qui nous conduit trop souvent à vouloir réduire la réaction vitale que nous appelons de nos vœux à un modèle unique, le nôtre autant que possible, pour apprendre à accepter la diversité des talents, des approches et des stratégies). Elle passera, quoi qu’il en soit, me semble-t-il, par un réapprentissage des fondamentaux, par l’amour du Beau, du Bien, du Vrai. Par une réforme intellectuelle et morale visant à nous préparer à un combat où il faudra se battre avec courage dans les tribulations du siècle en gardant au cœur la conviction que la Vérité, seule, nous rendra libres.

(1) La Démocratie peut-elle devenir totalitaire ?, Contretemps, 380 pages, 22 euros (27,00 € franco)

 


Source: http://www.renaissancecatholique.org/spip.php?page=courrier&id_courrier=99

 

 

- La démocratie totalitaire

- Contre le Nouvel Ordre mondial : en finir avec la "révolution" (Ière partie)

- La dérive totalitaire du gouvernement Ayrault

- Audition des responsables religieux à l'Assemblée : une parodie de "débat"

- Le peuple français fait face à une entreprise totalitaire (Henri Hude)

- La Franc Maçonnerie : un Etat totalitaire déguisé en démocratie

- Dépasser la démocratie

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 11:10

"La loi est la règle conforme à la réalité naturelle". On n'a encore jamais vu deux hommes ou deux femmes avoir biologiquement des enfants. Cette loi Taubira n'est donc pas une loi, mais une mesure idéologique totalitaire ne servant pas le Bien commun et contredite par le réel.

 

Dès lors tout est possible, le gouvernement qui en est à l'origine n'a pas à être ni respecté ni obéi...

 

On peut se retrancher derrière le texte même de la déclaration des droits de l'homme 1789... en son article 2 :

 

  • "Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression".

 

. La loi Taubira: une loi déjà périmée

. La loi Taubira portera-t-elle l'estocade à la Révolution ?

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 09:03

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a6/Oskar_Freysinger_IMG_2614.JPG/200px-Oskar_Freysinger_IMG_2614.JPGA l'occasion de la votation suisse sur l’interdiction de nouveaux minarets en 2009, les ténors de l'Union démocratique du Centre (UDC), premier parti de Suisse, représentant la droite conservatrice et nationaliste à l'origine de la votation, ont dénié à des «juges étrangers» la compétence de juger la Suisse dans ce domaine.
 
Très bien. Seulement l'argumentaire que reprend aujourd’hui le parlementaire UDC Oskar Freysinger pour dénier à des juges étrangers la compétence de juger la Suisse n'est pas juste. Cet argumentaire n'est même pas libéral... Puisque rappelons-le, l'argumentaire consistant à constitutionnaliser la souveraineté du peuple (comme en France d'ailleurs... Là-dessus il n'y a aucune différence entre la république dite "française" et la démocratie suisse...) contient une virtualité illibérale, celle du pire qui peut devenir possible.
 
Le conseiller national Oskar Freysinger explique en effet que « quand on voit certains pays qui ont un bilan catastrophique en matière de droits de l’homme faire la leçon à la Suisse, quand on voit en particulier des pays islamiques nous faire la morale, tout en ne respectant pas du tout pour eux-mêmes ce qu’ils exigent des autres, j’ai beaucoup de peine à accepter ce verdict ». «Nos institutions, dit-il, ont été créées pour garantir un filtre de sécurité énorme par rapport à l’arbitraire possible de l’Etat. Il n’y a pas d’autres pays avec une telle sécurité garantie juridiquement et politiquement au simple citoyen et à ses droits. » Oskar Freysinger tient qu’en Suisse, c’est le peuple qui a le dernier mot.

 

 

Pour le juriste suisse Walter Kälin, argumenter que la tradition démocratique suisse permet au peuple souverain de décider sans tenir compte des droits humains finit par remettre en cause l’universalité des droits de l’homme, comme l’a fait en son temps Lee Kuan Yew. Dans les années 90, le père-fondateur de la cité-Etat de Singapour brandissait en effet la supériorité des «valeurs asiatiques» pour répondre aux critiques des Occidentaux sur le respect des droits de l’homme en Asie.
 
A sa manière, Oskar Freysinger confirme les propos du juriste: «La conception des droits de l’homme que vous avez en Chine, en Inde, dans le monde islamique et chez nous montre qu’il n’y a pas d’universalité. »

 

Source: http://www.swissinfo.ch/fre/politique_suisse/L_universalite_des_droits_de_l_Homme_contestee.html?cid=34133224

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/415N-kYIhQL._SL500_AA300_.jpgC'est là qu'Oskar Freysinger se trompe, il y a bien une universalité des droits de l'homme à la vie, à la liberté, à l'éducation, à la sûreté, à la liberté d'adorer Dieu... Des droits qui sont universels depuis les Tables de la Loi de Moïse. Et si l'on décrète que le peuple est "souverain", comme il le fait, la loi peut être soupçonnée de potentialités liberticides (ce qui n'était apparemment pas son but au départ...), « étant donné que, bien qu''expression de la ' volonté générale', (dans le système hérité de 1789, Ndlr.) la loi est concrètement la volonté des majorités, qui peuvent léser la minorité, ou l' individu... » (Lucien Jaume, Les Origines philosophiques du libéralisme , 2000, réed. Champs essais, Paris 2010, p. 122.)

 

Toutes les "déclarations des droits de l'Homme" depuis 1789, fondées sur le faux principe de la souveraineté populaire, devraient être dans ces conditions automatiquement déclarées nulles et non avenues, car potentiellement liberticides et totalitaires. Y compris la Déclaration des droits de l'homme dite "universelle" de 1948 servant ici de fondement pour attaquer la votation du peuple suisse qui du coup n'est plus "souverain"... Ainsi, les mondialistes qui déclarent la souveraineté du peuple la suspendent et l'annulent dès lors que celle-ci se prononce contre leurs visions immigrationnistes.

 

Quoiqu'il en soit, cette déclaration des droits de l'homme de 1948 recycle le mensonge de la "souveraineté du peuple" déclinée sous le terme de la "volonté du peuple" "fondement de l'autorité des pouvoirs publics", via "des élections honnêtes qui doivent avoir lieu pédiodiquement au suffrage universel" (article 21 de la DDH de 1948). Elle a été forgée par le juif René Cassin, président de la Cour européenne des droits de l'Homme, doctor honoris causa de l'université hébraïque de Jérusalem et président de l'Alliance israélite universelle... de 1943 à sa mort en 1976. Elle sert aujourd'hui à annuler le principe de la souveraineté du peuple (suisse) qu'elle déclare pourtant dans son article 21...

 

Si au-dessus du peuple, il y a bien des normes universelles à respecter (loi naturelle de Dieu, le Décalogue) sous peine de tomber dans la tyrannie du nombre (démocratie directe) ou la dictature d'une oligarchie (démocratie "représentive"), et si la Suisse a pu légitimement s'opposer à la construction de nouveaux minarets, cela ne peut être au nom de la "souveraineté" du peuple suisse comme le prétend Oskar Freysinger (DDH de 1948, article 21...), mais au nom de la loi naturelle (Décalogue) tout court et notamment le droit des suisses de pas voir leur pays transformé en islamistan qui verrait leurs libertés fortement réduites !

 

Redisons-le ici, ce n'est pas la "souveraineté populaire", ni même la "souveraineté nationale" comme le prétend mensongèrement l'article 3 de la Déclaration des droits de l'homme de 1789 (""'le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation'") ou la "volonté du peuple" (article 21 DDH de 1948) qui fonde la légitimité politique, ce qui fonde cette dernière, c'est la loi naturelle. Il n'y a pas à sortir de là, toutes les autres tentatives de légitimation sur d'autres fondements ont lamentablement échoué dans le totalitarisme (1793, 1917, 1933, 1948...?).

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 09:20

http://idata.over-blog.com/1/06/39/73/Scoutisme/La-lumiere-brille-dans-les-tenebres.JPGOn nous reproche souvent à nous Légitimistes d'être dans l'inaction politique (les nationalistes font ci, les "Identaires" font ça, et vous rien...), nous répondons que l'action politique n'est pas toujours le meilleur des choix surtout quand cette action conduit à la castration et à l'impuissance, place dans laquelle les républicains veulent vous voir...

 

De la même manière que dans la philosophie taoïste, la non-action est action suprême, par sa seule force de proposition, notre inaction (apparente) à nous est bien plus puissante que votre action apparente qui restera toujours stérile et vaine faute de principes politiques stables.

 

Nous publions ce commentaire très pertinent sur notre mode d'action politique à nous (merci à Viveleroy.fr). Être dans le pour finalement s'interprète en dernière analyse comme une solution préférable à être toujours dans le contre sans jamais rien proposer de solide à la place ! Nous, au moins, nous proposons une solution crédible à la république totalitaire. A sa "légitimité politique" fondée sur le nombre (Volonté générale, volontarisme, constructivisme), nous proposons la loi naturelle comme fondement de la légitimité politique.

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Vouloir défendre la société contre la dénaturation du mariage est certes louable, mais en prend-on vraiment les moyens ? Pourquoi s'attaquer aux effets et jamais aux causes ?

 

Je m'explique :
Deux cents ans de Révolution ont réduit les catholiques à l’état de réactionnaires. Chaque nouvelle loi inique les met en campagne pour alerter l’opinion et tenter de faire pression sur le gouvernement. Comme toujours la loi est votée (pas toujours le mouvement de l'école libre de 1984 contre le projet de l'"école pour tous" c'est-à-dire la suppression des écoles privées, a mis en échec le projet de loi Savary visant à intégrer les écoles privées à un "grand service public", mais il est vrai c'est très rare, il fallait qu'un million de personnes descendent dans la rue...NdCR.), et la fièvre activiste retombée, ils replongent dans un attentisme providentialiste et défaitiste d’où ils ne sortent que pour voter pour le moindre mal (...) en attendant le prochain coup de l’ennemi.

 

Plutôt que de s’acharner à combattre les symptômes (les mauvaises lois républicaines), pourquoi ne pas reconnaître enfin l’effet corrupteur de ces assemblées délibérantes qui font de l’opinion de la majorité, l’expression de la vérité ? Au lieu de subir les attaques, ne vaut-il pas mieux en reprendre l’initiative avec nos principes (la loi naturelle et l’autorité) et nos armes (la Grâce divine et la raison) pour restaurer des institutions traditionnelles ? La suite de cette réflexion sur : http://www.viveleroy.fr/Le-mythe-de-la-bonne-republique.html

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Note de Christroi. Plutôt que de s’acharner à combattre les symptômes (les mauvaises lois républicaines), pourquoi ne pas reconnaître enfin la loi naturelle comme source de la légitimité politique à la place de la Volonté générale?  

 

Au lieu d'être toujours dans le contre (contre les mauvaises lois républicaines en les subissant, contre ceci contre cela dans telles manifs - raison pour laquelle sans doute le président de la Conférence des Evêques de France, Mgr André Vingt-Trois, justement n'appelle pas à manifester... -) soyons dans le pour ! Soyons la force de proposition (la loi naturelle à la place de la Volonté générale, l'autorité à la place de l'irresponsabilité, le Christ-Roi à la place de Mamon-Roi !) Ne nous résignons jamais à la petitesse, cette place où souhaite nous mettre la république dite française. La lumière est faite pour briller dans les ténèbres et être posée sur le chandelier au milieu de la maison ! (Matt., V, 15.)

 

Par contre, s'agissant des Manifs contre la dénaturation inique du mariage et le "droit à l'enfant"..., sur Christroi, nous sommes et dans le contre et dans le pour ! Nous soutenons toutes les manifs, toutes les actions CONTRE ce projet de loi de la démocratie totalitaire. L'exemple de 1984 montre qu'on peut les faire reculer. Et nous sommes dans le POUR ! En réclamant le retour de la loi naturelle fondement de la légitimité politique à la place de la tyrannie et de l'escroquerie de la Volonté générale !

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 23:59

Extraits du nouveau livre d’Yves-Marie Adeline, La droite impossible (éditions de Chiré). À lire de toute urgence alors que la gauche détient presque tous les pouvoirs politiques et métapolitiques.

 

(…) qu’est-ce qu’un homme de droite, ou ce qui en tient lieu, en 1789, à la convocation des États généraux ? Un sujet de Louis XVI. Il est encore trop tôt pour qu’il se dise royaliste, mais enfin c’en est un, naturellement. Dans quelques jours cependant, il sera déjà « d’extrême-droite », pour peu qu’il refuse le premier bouleversement imposé par la gauche : un serment au Jeu de Paume, et la constitution d’une assemblée nationale se substituant aux réunions par ordres – clergé, noblesse et tiers-état. Etre de droite ne commence donc que le jour où, ayant accepté, ou au moins subi passivement cette initiative de la gauche – donc acceptant d’entrer dans le mécanisme de la gauche – on se range, résolument tout de même, à la droite du Roi. Mais pour combien de temps ? Déjà la droite se subdivise entre les partisans d’une monarchie à l’anglaise et ceux qui souhaitent préserver les pouvoirs de la Couronne. À leur tour, les premiers sont d’extrême-droite : on a déjà oublié la période d’avant la Constituante, il n’est déjà plus permis d’y penser. Mirabeau, animateur du Serment du Jeu de Paume, donc de gauche, en tient pour une monarchie constitutionnelle : le temps n’est pas loin où cette idée-là passera de la gauche à la droite, puis à l’extrémité de la droite, puis au néant. « Tenir le pas gagné », dira Rimbaud : un phénomène de cliquet permet de passer d’un cran à un autre, selon un processus non-rétrogradable. Un jour, l’homme de droite, quand il sera de nouveau autorisé à l’être, après que la Révolution ait été réputée « finie », ne sera plus désigné que sous l’étiquette de « conservateur ». Mais pour conserver quoi ? Légitimiste sous Louis-Philippe, il sera royaliste au début de la IIIe République, puis républicain de droite. Hostile à l’avortement avant Giscard, partisan de la peine de mort avant Mitterrand, l’abrogation de l’un et le rétablissement de l’autre lui apparaissent aujourd’hui impensables, ou même indésirables : le cliquet est déjà fixé trop loin, il s’agit désormais du mariage des homosexuels, de leur possibilité d’adopter des enfants, de la légalisation de l’euthanasie, du droit de vote pour les immigrés, etc. La gauche poursuit sa révolution, la droite la subit, tout simplement parce que notre système politique a été imaginé par la gauche. La droite, volontiers appelée au pouvoir par le peuple, parce qu’elle ne manque pas de qualités de gouvernement, n’y sera jamais que locataire : le propriétaire est naturellement la gauche.

 

 

Imaginons que se rencontreraient aujourd’hui Danton et un homme de gauche. Quelle émotion ! Ils ont tant de choses la droite impossible à se dire, tant d’idées à comparer, et la comparaison est d’autant plus facile qu’elles s’enracinent toutes dans un terreau philosophique commun : une même méfiance à l’égard du pouvoir en soi, jugé aliénant pour l’individu, un même refus de toute valeur transcendante. Pour son interlocuteur, Danton est l’un de ces « Grands Ancêtres » que la République honore, et rassemble même par-delà la mort. Ainsi le nom de Robespierre est-il gravé sur le même marbre, tant il est vrai qu’aujourd’hui où les dissensions se sont éteintes, leurs fils spirituels retiennent ce qui les unissait, et oublient naturellement ce qui les séparait.

En revanche, la rencontre serait insolite entre l’homme de droite d’hier et celui d’aujourd’hui. Non pas que le deuxième soit devenu révolutionnaire : il ne l’a jamais été, il déteste les convulsions, il méprise l’arrogance et la bêtise des foules fanatisées autant que ses prédécesseurs. Mais il fête le 14 Juillet avec ferveur, car c’est la fête nationale, la célébration de la patrie. Pour son interlocuteur, cette gaîté est du plus mauvais goût : le 14 Juillet 1789 fut une journée de sang, la première où l’on commença à découper des têtes – avec un couteau de boucher – et à les planter sur des piques. Assurément, l’homme de droite est gêné par cette évocation, parce que, contrairement à l’homme de gauche, il réprouve la violence sauvage, aussi bien celle de la Saint-Barthélémy – qu’il regarde comme un débordement condamnable – que celle des « enragés » de la Bastille.

« Le fanatisme de la gauche est consubstantiel à son idéologie. »

C’est qu’en fait, l’intolérance n’a pas la même origine selon qu’elle vient de droite ou de gauche, même si une erreur coutumière veut qu’elles soient rangées dans un même sac d’opprobre. La gauche en effet rappelle volontiers les excès criminels parfois commis par la droite pour des raisons religieuses. Certes, il n’est pas question d’en nier l’immoralité. Pourtant, ce fanatisme-là s’appuie sur une fidélité mal comprise envers un dieu extérieur, quelqu’un ou quelque chose de supérieur à soi-même, de sorte que cette extériorité permanente, cette distance considérable entre lui-même et le sujet ou l’objet de son fanatisme fait office de chambre de décompression, permettant toujours à sa fièvre criminelle de retomber. Mais dès lors que l’idéologie de gauche supprime cette transcendance et fait de nous-mêmes notre propre dieu, au nom de la liberté de redéfinir ce qui est bien et ce qui est mal, tout ce qui menace ou contribue à menacer cette liberté fondatrice doit être impitoyablement extirpé. En cela, on observe que le fanatisme de la droite est occasionnel, circonstanciel : encore une fois, pour l’homme de droite, la Saint-Barthélémy est un excès regrettable, et il n’en éprouve aucune fierté, même s’il reste franchement du parti catholique. Tandis que le fanatisme de la gauche, fut-il moins visible quand rien ne menace sa domination, comme c’est le cas aujourd’hui, est consubstantiel à son idéologie, en raison de la nature même de cette idéologie, qui tend à s’ériger en une religion laïque dont l’individu est l’idole.

C’est pourquoi, pour l’homme de gauche, le sang qui coule à la Bastille ou ailleurs est un mal nécessaire ("La fin sanctifie les moyens" dixit Adam Weishaupt, Ndlr.) en vertu du principe selon lequel on ne fait pas une bonne omelette sans devoir casser des œufs. Plus encore, dans sa « mystique » révolutionnaire, il y a quelque chose de sacrificiel, au sens païen du terme, dans le sang ennemi qu’il répand, un « sang impur » qui doit être versé pour régénérer le monde.

Yves-Marie ADELINE est né le 24 mars 1960 à Poitiers. Docteur de l'Université de Paris 1, il a enseigné l'esthétique musicale à l'université de Poitiers, de 1986 à 1989. Il fut aussi directeur de cabinet de Jean Arthuis, qu'il quitta avant que ce dernier n'entre au gouvernement Juppé : à cette occasion, il écrivit La droite piégée (1996). Il préconise, en 2001, un engagement des royalistes sur la scène électorale comme moyen de faire ressurgir la question des institutions dans le débat politique contemporain en créant l'Alliance Royale, dont il fut président et candidat jusqu'à 2008. Depuis, il se consacre uniquement à l'écriture et à l'enseignement. Il a collaboré à différents périodiques, en particulier Le légitimiste, Royal-Hebdo et Lecture et Tradition. Auteur de plusieurs ouvrages de philosophie politique et d'histoire de la pensée, il a également publié quelques recueils de poésie et une pièce de théâtre.

Yves-Marie Adeline est né le 24 mars 1960 à Poitiers.
Docteur de l’Université de Paris 1, il a enseigné l’esthétique musicale à l’université de Poitiers, de 1986 à 1989. Il fut aussi directeur de cabinet de Jean Arthuis, qu’il quitta avant que ce dernier n’entre au gouvernement Juppé : à cette occasion, il écrivit La droite piégée (1996).
Il préconise, en 2001, un engagement des royalistes sur la scène électorale comme moyen de faire ressurgir la question des institutions dans le débat politique contemporain en créant l’Alliance Royale, dont il fut président et candidat jusqu’à 2008. Depuis, il se consacre uniquement à l’écriture et à l’enseignement.
Il a collaboré à différents périodiques, en particulier Le légitimiste, Royal-Hebdo et Lecture et Tradition.
Auteur de plusieurs ouvrages de philosophie politique et d’histoire de la pensée, il a également publié quelques recueils de poésie et une pièce de théâtre.

 

C’est alors que l’homme de droite découvrira dans une encyclopédie quelconque qu’en réalité, le 14 juillet qu’il célèbre est celui de 1790, Fête de la Fédération. Mais rien n’est moins certain que la gauche y pense ce jour-là. Et d’ailleurs, pour l’homme de droite d’il y a deux siècles, cette journée de la Fédération, quoique pacifique, n’a rien non plus de réjouissant. D’abord, elle fêtait le 14 juillet précédent, celui de 1789… Ensuite, il se souvient de cette mascarade, de cette messe probablement invalide où le célébrant était l’évêque Talleyrand, futur défroqué, disant à ses proches : « Surtout, ne me faites pas rire ! »

L’homme de droite aujourd’hui chante à tue-tête la Marseillaise, l’hymne sacré de la Patrie française. On imagine la stupeur de son interlocuteur. Le « sang impur » dont on a « abreuvé les sillons » est le sien. Et voici que son fils spirituel en redemande ! Il peut rappeler posément que ce chant de la Révolution a toujours été entendu, dans toute l’Europe, puis dans le monde entier, comme un symbole non pas de la France elle-même, mais de ses idées révolutionnaires, avant d’être supplanté tardivement par l’Internationale. Durant les premiers jours de la Révolution russe de 1917, l’authentique révolution, celle de mars (1), l’air était rempli de Marseillaises, pas encore d’Internationales.

Enfin, l’homme de droite d’aujourd’hui baise pieusement les plis du drapeau tricolore, « qui s’est couvert de gloire sur les champs de bataille » de nos guerres franco-allemandes, mondiales et coloniales. Parce que la vie après la mort est un apaisement, son visiteur, l’homme de droite d’hier, répond sans élever la voix que pour la gauche, et pour la République française, le drapeau tricolore signifie autre chose. S’il avait fallu choisir un symbole de gloire purement militaire et nationale, les lys sur champ d’azur eussent amplement répondu à cette attente. Mais les Trois Couleurs ont un sens politique précis : elles sont d’abord cette cocarde que les Sans-Culottes enfoncèrent dans la coiffure de Louis XVI. Elles pavoisaient autour de l’échafaud quand le Roi fut guillotiné. Ces couleurs vinrent chercher leurs premières gloires militaires en Vendée, et en ce temps-là, lui, l’homme de droite, les regardaient comme ennemies, symbole de la Terreur dans toute la France, et dans le contexte du génocide vendéen, symbole de l’épouvante. Puis ce drapeau franchit les frontières : de l’Espagne à la Russie, il se fixa sur les frontons des églises transformées en écuries ; en Europe il répandit la révolution, quitte à épuiser toute la puissance française et tomber en loques à Waterloo. N’est-il pas d’autres drapeaux, exécrés aujourd’hui par l’homme de droite, qui se couvrirent d’une même gloire comme d’une même honte ? Le drapeau rouge des Russes n’a-t-il pas triomphé héroïquement à Stalingrad, puis flotté durant un demi-siècle à Berlin ? N’a-t-il pas conquis la moitié du Continent ? La Croix Gammée n’a-t-elle pas claqué aux vents du Cercle polaire jusqu’aux îles grecques ? En outre, quelles sont toutes ces guerres dont le drapeau tricolore est revenu vainqueur ? Je ne dis pas glorieux, mais vainqueur ? Celle de Crimée, celle de la Péninsule italienne au moment de son unification, et celle de 14. A tout prendre, les lys d’or ont ramené plus de gloire militaire que les Trois Couleurs n’en auront jamais.

Pourtant, de ces trois fourvoiements : fête nationale, Marseillaise et drapeau, l’homme de droite aujourd’hui ne peut pas même imaginer qu’il soit possible de s’en dégager. Il étonnera de nouveau son prédécesseur en lui exposant qu’il existe un sens de l’histoire contre lequel on ne peut rien. Voilà encore une idée de gauche, tant il est vrai que ce sens unique de l’histoire, c’est la gauche qui l’a emprunté, puis imposé à la droite : encore le fameux procédé du cliquet. Mais l’homme de droite d’aujourd’hui a un frère, un cousin – voire une cousine désormais : émancipation oblige – à Saint-Cyr. S’il est cultivé, il répondra à son prédécesseur une naïveté du même genre que pour le 14 juillet : les Trois Couleurs étaient les couleurs des livrées royales. Autrement dit, les Sans-Culottes étaient des royalistes qui s’ignoraient, de même que les Socialistes brandissent un drapeau rouge destiné sans doute à reproduire l’oriflamme de Saint-Denis… (…)

(1) On sait en effet qu’il n’y a pas eu à proprement parler de « révolution » d’octobre – l’expression a été forgée par la propagande communiste – mais un coup d’État.

 

 

Source: http://www.ndf.fr/poing-de-vue/06-11-2012/les-bonnes-feuilles-de-la-droite-impossible-dyves-marie-adeline#.UJqPYmeE_YU

 

Note de Christroi. Si cette analyse d'Yves-Marie Adeline est pertinente quant à la droite locataire des institutions et d'une gauche propriétaire, d'où l'effet de cliquet et "la droite où l'on arrive jamais", il faut néanmoins préciser qu'aujourd'hui l'idée d'un "sens de l'histoire" contre lequel on ne peut rien, idée de gauche, issue du mythe de 1789, cette idée est morte en 1991 avec la chute de l'Urss, et qu'avec cette chute c'est le socle idéologique de la gauche qui est sapé. Ce qui a fait dire à Patrice Gueniffey: "La Révolution est morte" (Conférence du 3 octobre 2011).

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- Le phénomène de cliquet (23 juin 2007)

- Patrice Gueniffey : "La Révolution est morte" (Conférence du 3 octobre 2011)

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