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Christ Roi

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 13:28

Voici un texte trouvé sur Breizh-Info qui évoque le clivage droite-gauche initié par la révolution dite "française" et avec lequel nous sommes d'accord, hormis la phrase "le clivage droite-gauche n’est pas un clivage philosophique mais un clivage politique circonstanciel." En effet, il y a un clivage philosophique et même un clivage métaphysique : la gauche et la république nées en 1792 sont les fruits de la philosophie individualiste nominaliste apparue dès le Moyen Âge au XIVe siècle et continuée avec l'épicurisme, Hobbes, Rousseau, Kant, Charles Darwin et quelques autres, où l'idée d'un ordre de la nature voulu par un Premier Moteur intelligent et où chaque être a sa finalité propre a disparu. Un monde où la loi civile devient le seul critère de moralité qui ne soit pas subjectif... et qui s'impose à tous (même si la loi enfreint la morale). Un monde où avec l'épicurisme et le darwinisme se développe la croyance dans un monde en "progrès", et où la Démocratie obligatoire et universalisable prend le caractère d'une nouvelle religion.

 

Lire : Les fondements philosophiques de la démocratie moderne (Maxence Hecquard) - La nature totalitaire de la démocratie moderne

Le texte de Breizh-Info :

La fin du clivage droite – gauche ?

La fin du clivage droite – gauche ?

 

Le clivage droite – gauche existe depuis 1789 sous des appellations diverses et sous ce nom depuis l’affaire Dreyfus. Il s’est affaibli depuis 1989, c’est-à-dire depuis la disparition du bloc soviétique lequel avait provoqué la polarisation de la vie politique en France et dans de nombreux pays. La droite était alors (entre 1920 et 1989) anti-communiste tandis que la gauche était soit communiste soit philo-communiste. La droite avait été favorable à la monarchie d’ancien régime ou à la monarchie constitutionnelle de 1789 à 1875 tandis que ses opposants étaient républicains et fidèles à l’idéologie de la Révolution française. Entre 1875 et 1914, le clivage droite/gauche fut celui qui séparait les partisans de l’Eglise catholique de leurs adversaires « laïcards » ou encore les dreyfusards des anti-dreyfusards.

Depuis 1989, la gauche et le droite de gouvernement ont glissé simultanément vers des positions libérales tandis qu’une partie de leurs électeurs se sont ralliés aux « populistes » qui mettent en avant l’importance des nations et des cultures enracinées et qui refusent leur destruction par les commis, de droite et de gauche, de l’oligarchie mondialiste.

 

Il n’y a pas d’essence de la droite et ce nom a servi à désigner des courants politiques très divers qui ne partagent pas un seul élément idéologique qui serait commun à tous. Depuis la Révolution française, un « mouvement sinistrogyre » repoussait vers la droite les courants politiques les plus anciens à chaque apparition d’un nouveau courant politique situé plus à gauche que les précédents. Guillaume Bernard explique dans son dernier ouvrage que ce mouvement a pris fin en 1989 et que désormais c’est un mouvement dextrogyre qui lui a succédé. L’apparition d’un puissant mouvement dit « populiste » (on peut dire qu’il est populiste parce qu’il répond aux besoins d’une part importante des Français qui ne trouvent pas ce qu’ils recherchent dans les programmes des partis dits de gouvernement) qui est en fait nationaliste (Taguieff), et qui rassemble entre un quart et un tiers des Français, a généré un mouvement « dextrogyre » qui repousse les libéraux vers la gauche, d’où ils sont venus, et qui va provoquer une crise d’identité qui se profile au sein d’une droite qui pensait, faute de réflexion, qu’être de droite signifie nécessairement être libéral.

Les libéraux redeviennent de gauche (Bayrou, qui avait appelé à voter pour la gauche en 2012, a devancé Valls et Macron qui veulent développer un courant social-libéral dont ils pensent qu’il est l’avenir de la gauche) et le nouveau clivage en cours de formation sépare de plus en plus clairement le camp des mondialistes, pour lesquels l’humanité n’est qu’un ensemble d’individus désengagés par rapport aux nations et mus par leurs seuls désirs et caprices, de celui des patriotes qui pensent le monde en terme de communautés nationales enracinées (on peut dire aussi qu’il sépare les héritiers de l’idéologie essentiellement libérale de la Révolution française de ceux qui la contestent et ce n’est pas le philosophe « libéral jacobin » Gaspard Koenig qui me contredira sur ce point).

Le clivage droite – gauche

Le clivage droite-gauche existe sous cette appellation depuis l’affaire Dreyfus mais il existait, sous d’autres noms, depuis 1789, ce que Napoléon Bonaparte a exprimé lors dune conversation avec le général Bertrand,  le 18 juin 1819, pendant son exil à Sainte-Hélène : ‘’Il n’y a en France que deux choses : la Révolution et la Contre-Révolution, l’Ancien et le Nouveau régime, les privilèges et le Peuple […]. Ainsi, en dernière analyse, il n’y a que deux partis. D’un coté, les ultras, de quelque dénomination qu’on les affuble ; de l’autre les hommes de la Révolution. Les Blancs et les Bleus’’. Le clivage ‘’droite-gauche’’ existe donc, sous des désignations diverses, depuis 1789. Notons que Bonaparte n’hésitait pas à se ranger lui-même parmi ce que nous appelons depuis 1900 les hommes de gauche, ce qui n’est pas étonnant puisqu’il fut un proche des Jacobins en 1793.

Comme nous le verrons ci-dessous, il n’y a pas d’essence de la droite et par ailleurs, il y a une réelle diversité idéologique à gauche bien que tous les courants de la gauche politique aient en commun le contractualisme révolutionnaire et l’anthropologie individualiste des libéraux de 1789. En 2017, pour les gens de gauche, qu’ils soient sociaux-démocrates ou libéraux (les socialistes fidèles aux pensées de Pierre Leroux ou de Karl Marx sont rares), les sociétés sont des agrégats aléatoires d’individus ; il est vrai que les libéraux de droite sont de plus en plus clairement en phase avec cette opinion ce qui, comme nous le verrons ci-dessous, provoque leur déplacement sur la gauche du spectre politique.

Le clivage droite/gauche est brouillé depuis la disparition du bloc soviétique lequel avait provoqué la cristallisation d’une coalition de droite qui ne devait son existence qu’à la menace communiste. L’effondrement du bloc soviétique et les révélations qui s’ensuivirent concernant sa nature criminelle et son inefficacité économique entrainèrent une désillusion profonde à gauche et permirent la réactivation des désaccords, à droite, entre conservateurs et libéraux. La profonde désillusion des gens de gauche provoqua un retour massif de la gauche à ses origines libérales. Ce processus, qui se poursuit aujourd’hui avec le phénomène Macron, aboutit à la formation d’une gauche libérale (ce qui n’est pas étonnant puisque, comme l’a bien expliqué Jacques Julliard, le logiciel de la gauche ce fut d’abord le libéralisme) concurrente d’autres libéraux qui s’auto-désignent comme étant ‘’la droite’’ depuis Sarkozy. Pendant ce temps, le Front National est monté en puissance et refuse, à juste titre, de partage l’appellation ‘’droite’’ avec une droite dirigée par des libéraux qui non seulement ne veulent pas pactiser avec lui mais qui tentent de le diaboliser en permanence pour préserver leurs positions électorales. Nous sommes donc sortis, provisoirement, de la configuration politique binaire pour entrer dans une configuration ternaire mais, pour autant, l’opposition droite-gauche a-t-elle définitivement disparu ? Probablement pas.

Nous allons assister à une recomposition du paysage politique et au retour d’une nouvelle opposition droite-gauche qui ne sera pas fondée sur l’attitude des uns et des autres par rapport au défunt bolchevisme mais sur l’opposition contemporaine entre ceux qui rêvent d’un monde unifié et ceux qui, au contraire, veulent préserver les spécificités nationales, culturelles, civilisationnelles….Cette opposition est celle de l’individualisme libéral et du conservatisme « nationiste ». La gauche continuera de s’auto-désigner comme telle et de désigner ses adversaires par le mot ‘’droite’’, nous n’y pouvons rien. La gauche est d’ores et déjà le parti du mondialisme et elle s’oppose désormais essentiellement aux ‘’nationistes’’, aux partisans de l’enracinement ethnoculturel. Comme l’explique Guillaume Bernard, le libéralisme, qui avait été poussé à droite lors de l’apparition du socialisme puis du communisme est en train de retourner à gauche. De ce fait, l’actuelle droite libérale est sous tension parce que le libéralisme n’est plus un élément qui lui est propre ; Fillon est certes libéral mais Valls et Macron le sont tout autant ! De plus, l’électorat de Fillon partage très largement les idées des ‘’populistes’’ ; la droite libérale finira par éclater parce que le libéralisme politique (philosophique) n’est pas compatible avec le ‘’nationisme’’.

Il n’y a pas d’essence de la droite

Il n’y a pas d’essence de la droite ; la droite est, comme l’a justement écrit Jacques Julliard, une non gauche et il y a eu, depuis 1789, toute une série de droites, parfois très différentes les unes des autres (monarchiens, légitimistes, ultra-royalistes, traditionnalistes, orléanistes, bonapartistes, conservateurs, républicains conservateurs, gaullistes, démocrates chrétiens…..) et dont certaines sont nées à gauche avant d’être repoussées à droite lors de l’apparition des mouvements socialistes, puis communistes (en particulier le bonapartisme et le libéralisme, deux courants issus de la Révolution française). Ce à quoi nous assistons, c’est à la formation d’une nouvelle droite qui affirme la nécessité de la diversité des peuples, des cultures et des nations face aux gauches mondialistes (la gauche libérale et les restes de la gauche collectiviste) mais aussi face à une partie de la droite libérale. Cette nouvelle droite qui refuse l’appellation ‘’droite’’ parce qu’elle ne veut pas être confondue avec la droite libérale n’en est pas moins désignée comme une droite par la gauche. Cette nouvelle droite qui s’auto-définit comme ‘’patriote’’ réclame une forte dose de démocratie directe (référendum d’initiative populaire) et moins de représentation. C’est une droite solidariste, fidèle au républicanisme et hyper-démocrate (référendum d’initiative populaire) qui ne partage rien avec la droite fasciste des années 1930 (dont les effectifs étaient très limités en France ; le PSF, qui fut le plus important de tous les partis politiques français depuis 1789 et qui compta jusqu’à 1,2 million de membres en 1939, n’a jamais été fasciste contrairement à ce qu’en disaient les gens de gauche. Les études récentes le concernant ont mis en évidence le fait que ce parti était sincèrement républicain ; c’était un parti catholique conservateur sincèrement rallié au républicanisme et dont le leader a été déporté par les occupants).

Le clivage droite – gauche est un clivage politique circonstanciel

Le clivage droite-gauche n’est pas un clivage philosophique mais un clivage politique circonstanciel. Il ne faut pas rechercher une origine du clivage droite-gauche dans le champ de la philosophie parce qu’il n’a de sens que dans celui de la politique. On ne peut donc pas conclure que son inexistence philosophique implique une inexistence politique. Ce clivage a structuré la vie politique depuis 1789, sous des noms divers et malgré des phases d’affaiblissement précédant des renaissances liées à l’apparition de nouvelles problématiques. Il y eut tout d’abord la problématique du régime politique : monarchie ou république ? Jusqu’en 1875. Puis la problématique religieuse : quelle place doit occuper le catholicisme dans la société ? Jusqu’en 1914. Enfin, la problématique idéologique : pour ou contre le communisme ? De 1920 à 1989. Depuis 1989, nous sommes dans un entre-deux, dans une période de renouvellement de la problématique politique lequel a provoqué un brouillage idéologique et un affaiblissement considérable du clivage droite/gauche lié au glissement simultané de la gauche et de la droite de gouvernement vers des positions libérales. Nous arrivons au terme de cette période et un clivage nouveau est en train de se former, celui qui oppose les partisans d’un monde ouvert et unifié devenu un grand marché mondial à ceux qui préfèrent un monde entre-ouvert et divers dans lequel les communautés nationales préserveraient leurs cultures enracinées et leurs solidarités internes.

La droite et la gauche sont des coalitions politiques qui ne durent que ce que durent les coalitions. Certains peuvent leur reprocher d’être binaires mais est-il raisonnable de penser qu’au plan politique il pourrait en aller autrement ? Tous les conflits, ou presque, sont binaires ainsi le dernier conflit mondial a lui-même été binaire malgré la très grande hétérogénéité idéologique de chacun des deux camps.

Pour la gauche, quiconque n’est pas de gauche est de droite

Les gens de gauche sont attachés au mot ‘’gauche’’ (cf Jacques Julliard, Les gauches françaises) qu’ils associent étroitement à l’héritage idéologique de la Révolution française. Selon Jacques Julliard, la République elle-même c’est la gauche et la gauche c’est la République (au sens très particulier qu’a ce mot en France). Quiconque ne souscrit pas au crédo révolutionnaire (individualisme, idéologie des droits de l’homme, progressisme et rationalisme) est de droite. Beaucoup de gens, gênés par l’étiquette infâmante ‘’droite’’ ont essayé de s’en débarrasser, toujours en vain. Ainsi la Nouvelle Droite d’Alain de Benoist, lequel affirme être « et de droite et de gauche », et le Front national de Marine Le Pen, qui se veut « ni de droite ni de gauche », refusent d’être catalogués comme étant de droite ce qui ne change rien au fait que la gauche les considèrent comme tels. Et cela ne changera pas, aussi longtemps qu’il y aura des héritiers de la Révolution française, ce qui risque de durer encore un certain temps…

L’effacement du clivage droite-gauche ?

Que certains mouvements populistes aient des idées de droite tandis que d’autres ont des idées de gauche ou qu’il y ait, actuellement, des libéraux de droite et des libéraux de gauche, ou bien encore que certaines idées soient passées de droite à gauche ou l’inverse, ne permet pas de conclure que les notions de droite et de gauche sont obsolètes comme le pense Alain de Benoist.

Le populisme n’est pas une idéologie, il n’est donc intrinsèquement ni de droite ni de gauche mais il peut selon les circonstances se parer d’éléments idéologiques considérés comme étant de droite ou de gauche. Comme l’a écrit Pierre-André Taguieff, qui s’appuie sur une analyse du politologue rennais Yves Mény, dans son ouvrage intitulé ‘’La revanche du nationalisme’’ (publié en 2015), les mouvements populistes apparaissent quand les partis de gouvernement ne répondent pas à une forte demande d’une partie substantielle du peuple. Il peut donc y avoir simultanément un mouvement populiste de gauche et un autre de droite, dans un même pays et au même moment, qui ne répondent pas aux mêmes attentes et qui ne concernent pas les mêmes parties du peuple (c’est le cas en France actuellement : Front National versus Front de gauche). Ces mouvements n’ont pas nécessairement vocation à fusionner, ni même à se coaliser. On peut même affirmer sans risque, que les mélenchonistes et les lepénistes ne s’associeront jamais tant ce qui les sépare est insurmontable (le ‘’nationisme’’ du FN et son rejet de l’immigration sont rédhibitoires pour les mélenchonistes mondialistes).

Le fait qu’il y ait encore des libéraux de droite, alors que la gauche sociale-démocrate redevient très rapidement libérale, ne prouve pas qu’il y ait effacement du clivage droite/gauche parce qu’une grande recomposition politique est en cours et qu’au terme de cette dernière, les libéraux seront de nouveau à gauche comme l’a bien perçu Guillaume Bernard. Quant à l’argument qu’avance Alain de Benoist concernant le thème de l’identité qui serait à la fois un thème de gauche et un thème de droite parce qu’il y aurait des ‘’identitaires’’ de droite et des multi-culturalistes de gauche, il me semble biaisé. En effet, les « identitaires » plaident en faveur du maintien des identités nationales tandis que les gauches occidentales utilisent le multiculturalisme pour détruire ces identités en émiettant les communautés culturelles nationales et en exigeant des autochtones qu’ils s’adaptent aux cultures importées  comme le font les libéraux canadiens dénoncés par Mathieu Bock-Côté. Non seulement le multiculturalisme des gauches contemporaines et l’ « identitarisme » n’ont rien de commun, mais ils s’opposent frontalement et leur opposition est un élément clef du nouveau clivage politique en cours de formation.

Le libéralisme retourne là d’où il est venu : à gauche

Dans son ouvrage intitulé Les gauches françaises, Jacques Julliard a écrit : ‘’Ce que cette longue traversée de deux siècles et demi nous a montré, c’est que la gauche, parti de l’individu face au primat du collectif qui était l’apanage de la droite, la gauche qui a fait la Révolution françaises au nom des droits de l’individu, droits politiques, économiques, sociaux, cette gauche devenue collectiviste au milieu du XIXe siècle à cause de l’impératif de défense des droits sociaux des classes laborieuses face à l’égoïsme féroce des détenteurs du capital, est aujourd’hui revenue, sans toujours le dire ni même le savoir, à ses origines : elle est redevenue le parti de l’individu’’. Et il ajoute : ‘’La question qui se pose à nous, au terme de ce parcours, est de savoir si le chiasme anthropologique du milieu du XIXe siècle n’est pas en train de prendre fin ; si la droite, effrayée des progrès arrogants de l’individualisme moderne, n’est pas en train de se reconvertir au primat des valeurs collectives, tandis que la gauche, entraînée par le mouvement tumultueux de la société, n’est pas en train de faire le mouvement inverse et de substituer au programme socialiste des années 1890, devenu obsolète, une nouvelle étape vers la libération de l’individu par rapport aux contraintes juridiques et sociologiques qui pesaient sur lui’’. Ce qui se passe en ce moment autour de la candidature de Macron  -Valls est sur la même ligne sociale-libérale que ce dernier – semble indiquer que la gauche redevenue très largement libérale cherche à s’affranchir de l’héritage socialiste (qui n’est plus porté que par de rares intellectuels) en revenant aux fondamentaux de 1789 : individualisme, culte du progrès et de la raison, idéologie des droits de l’homme, libéralisme économique. Guillaume Bernard fait la même analyse dans son récent ouvrage La guerre à droite aura bien lieu,  dans lequel il a écrit que, contrairement à ce que pense Alain de Benoist, le socialisme (celui des premiers penseurs socialistes) ne peut être un recours face au libéralisme : ‘’Toute l’ambiguïté du socialisme se situe là : il entend construire une société en opposition au libéralisme tout en s’appuyant sur les mêmes principes (les droits attributs dont tous les hommes disposeraient de manière égale en raison de leur identité de nature et qu’ils pourraient mettre en commun pour bâtir l’ordre social et la puissance publique)… Par conséquent, fonder le débat politique sur une opposition entre socialisme et libéralisme est factice. Entre eux, la différence est plus de degré que de nature. Tous deux reposent sur la même hypothèse moderne du contrat social : il n’existe de corps sociaux que par addition d’individus. Le premier considère que la société doit l’emporter sur ces derniers puisque le tout est plus grand que chacune des parties ; le second affirme la priorité des individus parce que, sans leur accord, il n’y aurait pas de société’’.

La gauche redevient le parti de l’individu tandis que la droite redécouvre la communauté nationale souveraine que la gauche veut faire disparaître. Jacques Julliard a ainsi écrit dans son maître ouvrage : ‘’Le souverainisme, doctrine conservatrice et très souvent réactionnaire, se confond avec l’usage de la force. S’il serait fol de l’ignorer, il serait indigne de s’en satisfaire…Il n’y a pas pour la gauche de lutte plus importante pour le siècle à venir que de mener la guerre à l’état de nature dans le domaine international’’ (‘’Les gauches françaises’’ – page 873). Lutte pour l’individu et contre les nations d’un côté ; lutte pour un monde constitué de nations enracinées et organiques de l’autre. Ce sont les termes du nouveau clivage politique du XXIème siècle que l’on peut appeler comme l’on veut,  mondialistes contre patriotes par exemple, mais qui, pour la gauche individualiste et mondialiste, sera  le nouveau clivage gauche/droite. Dans ce nouveau paysage politique il n’y aura pas de place pour les libéraux de droite ; ils devront retourner à gauche. Quant aux prétendus libéraux-conservateurs, il faudra qu’ils choisissent d’être ou libéraux ou conservateurs parce que, comme l’a écrit Guillaume Bernard : ‘’Même s’il se présente sous différentes formes, ce sont les mêmes principes qui le meuvent : le libéralisme est un tout et l’attelage libéral-conservateur est un non-sens, sauf à réduire le conservatisme au maintien d’un état social particulier quel qu’il soit’’.

B. Guillard

Guillaume Bernard, La guerre à droite aura bien lieu  (Éditions Desclée de Brouwer)

Alain de Benoist,  Le moment populiste. Droite-gauche c’est fini  (Éditions Pierre-Guillaume de Roux)

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 11:23

A UN ENDROIT de son livre, M. Le Forestier [Les Illuminés de Bavière et la franc-maçonnerie allemande, Hachette et Cie, Paris, 1914] parle avec un sourire de ces « esprits simplistes » à qui un mot suffit, pour expliquer les phénomènes sociaux et politiques dont les causes sont obscures : les jacobins voient partout Pitt et Cobourg, dit-il, les voltairiens, les jésuites ; les dévots, les francs-maçons. L’énumération témoigne d’un vrai souci d’équilibre et, dans sa généralité, l’observation est juste. C’est une infirmité mentale que d’attribuer aux événements complexes de la vie d’un grand peuple une cause unique. Mais, pour ruiner la thèse qui rend, pour une part, la maçonnerie responsable de la Révolution française, pour réfuter les pages où Barruel essaye de montrer l’influence de l’Illuminisme bavarois sur la maçonnerie parisienne, il faut autre chose qu’une remarque sur la psychologie des esprits simplistes. Si les dévotes qui soupçonnent partout la main des maçons sont trop crédules, les historiens qui ne savent la découvrir nulle part sont trop aveugles. (Paul DUDON : « Les Illuminés de Bavière et leur influence », Études, t. 158, 20 janvier 1919, p. 189-190.)

Complotisme
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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 14:49

A mal nommer les choses, on ajoute au malheur du monde.

Albert CAMUS

On a vu hier soir que l'emploi par Emmanuel Macron du terme de "crime contre l'humanité" pour désigner la colonisation était inapproprié : ce "concept juridique strictement défini, ne s'applique pas à la colonisation". L'emploi de ce terme est également un moyen dangereux et indigne dans un contexte particulièrement explosif de troubles d'attentats islamistes, d'émeutes dans les banlieues (suite à l'"affaire Théo")... L'emploi de cette expression dans un contexte de campagne présidentielle instrumentalise clairement la colonisation à des fins de vote ethnique et religieux.

 

Sur son blog, c'est aussi le point de vue du philosophe François-Xavier Bellamy en commentaire de sa tribune parue dans Le Figaro du 17 février 2017 "Macron ou la passion de la post-vérité". L'emploi par Emmanuel Macron du terme de "crime contre l'humanité" pour désigner la colonisation est une "faute grave" et une "faute morale" :

 

"Merci pour vos commentaires. Plusieurs indiquent que j’aurais confondu crime contre l’humanité et génocide ; ce n’est pas le cas. Dans tous les cas reconnus comme tels par les tribunaux pénaux internationaux, le crime contre l’humanité porte en lui-même l’intention, pour reprendre le terme employé par Laurent G., d’une destruction érigée en seul objectif. C’est exactement ce que j’ai écrit. Sans minorer en rien leur importance, il faut reconnaître de ce point de vue que tout meurtre, tout viol, et même tout crime de guerre, n’est pas un crime contre l’humanité au sens propre du terme ; dire cela encore une fois ne signifie en rien que l’on minimise l’horreur. Mais employer le terme de crime contre l’humanité a simplement un sens précis, qu’il faut respecter, ce que M. Macron n’a pas fait. C’est bien de son côté que se trouve l’exagération…

Et cette exagération est coupable, je le maintiens : car la différence entre crimes de guerre et crimes contre l’humanité est précisément celle qui différencie les horreurs très réelles commises à l’occasion de l’entreprise coloniale, des crimes nazis par exemple. Les Français en Algérie ont tué et torturé, c’est un fait, et loin de moi de défendre cela. Mais ils ne sont pas allés en Algérie pour tuer et torturer, ils y sont allés en pensant apporter le progrès et la civilisation ; ce projet leur venait largement d’une forme de croyance positiviste dans l’accomplissement historique dont l’Europe aurait été dépositaire au milieu du reste du monde. Jules Ferry avait tort de penser que le devoir des races supérieures était de civiliser les races inférieures – et ce tort était d’autant plus coupable qu’à cette suffisance erronée se mêlaient aussi beaucoup d’intérêts politiques et commerciaux. Mais Jules Ferry et ses contemporains n’ont pas choisi la colonisation comme un projet de destruction. Sinon elle n’aurait jamais compté aussi, malgré ses pages les plus noires, de vrais engagements de développement, et tout ce qui a fait finalement que les territoires colonisés, comme l’a montré Christophe Charle, ont coûté plus d’investissements à la France qu’ils ne lui ont bénéficié.

Tout cela, Emmanuel Macron le reconnaît d’ailleurs lui-même lorsqu’il parle des apports bénéfiques de la colonisation, ou de ses aspects positifs – qui oserait sérieusement parler des aspects positifs d’un crime contre l’humanité ? Comment soutenir honnêtement une telle inconsistance de langage ? Oui, la colonisation a causé des crimes, de part et d’autre d’ailleurs ; elle a sans aucun doute été une erreur historique, et notre monde se porterait mieux sans les déséquilibres qu’elle a causé. Mais on ne peut la qualifier de crime contre l’humanité."

"En marche" arrière avec Macron ! Pourquoi l'emploi par Emmanuel Macron de l'expression "crime contre l'humanité" pour désigner la colonisation est une faute grave ?

Dans sa tribune parue dans Le Figaro du 17 février 2017, le professeur de philosophie aborde les éléments moraux qui condamnent l'expression d'Emmanuel Macron. Il explique que "la colonisation... constitue plutôt l’une de ces tragédies auxquelles a a conduit cette foi aveugle dans le progrès dont le même Emmanuel Macron se revendique aujourd’hui !". Et il rappelle cette vérité historique que ne veulent pas entendre les républicains "de gauche" : ..."pour cette raison d'ailleurs (de la foi aveugle dans le progrès chez Jules Ferry, Jean Jaurès, Léon Blum. Ndlr.), c'est la gauche progressiste qui avait largement épousé l'idéologie coloniale". Extraits :

 

"Nos démocraties occidentales traversent une crise profonde, qui est d’abord une crise de confiance dans ce qui constitue leur outil essentiel, le langage. Le relativisme omniprésent nous ayant conduit à l’ère de la « post-vérité », la parole publique ne semble plus renvoyer à rien, et dénuée de toute consistance elle perd sa signification.

[...] Il y a quelques jours en Algérie, Emmanuel Macron déclarait que la colonisation avait été un « crime contre l’humanité. » Soit un plan concerté pour exterminer par tous les moyens les populations vivant sur les territoires colonisés… Tout cela n’a aucun sens. Que l’histoire de la colonisation ait été marquée par des crimes, nul ne peut en douter. Mais qu’il faille mettre le projet colonisateur sur le même plan que la Shoah, qu’on puisse assimiler Jules Ferry à Hitler ou Lyautey à Eichmann, voilà qui constitue une double et inacceptable insulte. Insulte à tous ceux qui – Juifs d’Europe, Arméniens d’Anatolie, chrétiens en URSS, Tutsis au Rwanda… – sont morts broyés par la haine, par une folie destructrice qui ne poursuivait aucun autre but que leur seule extermination : comment mépriser ce que leur souffrance eut d’unique, unique au point que pour la décrire le droit international a formé cette expression de crime contre l’humanité, qu’on ne devrait employer qu’avec soin quand il nous faut dire le passé ?

[...] La colonisation n’était pas un projet de destruction, elle portait dans son principe la volonté de cultiver qui lui a donné son nom – en fait, le grand paradoxe, c’est qu’elle constitue plutôt l’une de ces tragédies auxquelles a conduit cette foi aveugle dans le progrès dont le même Emmanuel Macron se revendique aujourd’huiPour cette raison d’ailleurs, c’est la gauche progressiste qui avait largement épousé l’idéologie coloniale. Nous pouvons aujourd’hui dire les conséquences tragiques de cette erreur historique, sans insulter ceux qui y crurent. Ceux qui ont laissé leurs noms sur nos monuments aux morts n’ont pas donné leur vie dans un crime contre l’humanité, et il est révoltant de voir aujourd’hui un candidat qui prétend présider notre République venir cracher sur leurs tombes par opportunisme électoral.

Car c’est bien là le fond du problème. Lorsque la parole ne renvoie plus au réel, lorsqu’on dit tout et son contraire, quand la vérité ne compte plus, c’est que seule importe l’efficacité – en termes de calcul politique, de voix rapportées, de cibles touchées. La démocratie se dissout dans le marketing, et ainsi on détruit un peuple aussi sûrement que par la censure. C’est là la faute grave dont Emmanuel Macron est en train de se rendre coupable. Car qui ne voit la ficelle grossière dans cette surenchère mémorielle délirante ? La cible, en l’occurrence, ce sont des millions de binationaux, héritiers de cette histoire douloureuse. Mais si la cible est touchée, la victime sera la France.

Connaissant, pour y avoir enseigné, certains quartiers qui s’embrasent aujourd’hui, comme tous ceux qui ont vécu ou travaillé en banlieue, je mesure l’ampleur de la tragédie que la parole d’Emmanuel Macron contribue à entretenir. Des générations de jeunes Français, nés en France et qui vont y construire leur vie, sont entretenus par nos dirigeants dans la haine de leur propre pays… Qui ne voit combien sont graves ces mots absurdes, irresponsables ? « Crime contre l’humanité » : l’erreur historique est aussi une faute morale, car ces mots deviennent le ferment de la violence, de la vengeance et de la division.

Ce petit calcul politique est d’autant plus médiocre et dangereux que, hélas, il dure depuis trop longtemps déjà… Comme beaucoup de Français et de jeunes en particulier, j’avais regardé avec intérêt le renouvellement qu’Emmanuel Macron semblait apporter à notre classe politique. Quelle désillusion aujourd’hui ! Cette stratégie électorale recycle la schizophrénie des élites qui depuis quarante ans tentent de sauver leur lien avec les jeunes issus de l’immigration, à coup d’histoire biaisée et de tribunes dans Libé, en leur expliquant qu’ils sont les victimes de leur propre pays – leur interdisant ainsi de s’y reconnaître et de s’y intégrer… Ce petit calcul irresponsable est précisément ce qui nous bouche le chemin d’un avenir commun, et ce qui provoque aujourd’hui la poussée de violence qui traverse nos banlieues, dans la coupable complaisance de dirigeants installés dans l’échec du mensonge victimaire. Quand il affirme qu’il n’y a pas de culture française, quand il insulte à l’étranger le pays qu’il prétend diriger, Emmanuel Macron montre qu’il n’est que la nouvelle voix de la vieille haine de soi qui a conduit la France au bord d’une division irréversible. Mais nous refuserons de le suivre en marche forcée vers le vide. Le mensonge est trop vieux.

Le véritable renouveau consiste à reconquérir les mots, et à leur redonner leur sens. Si Emmanuel Macron a travaillé avec Paul Ricœur pour son dernier grand ouvrage, La mémoire, l’histoire, l’oubli, il devrait se souvenir de l’avertissement qu’il y lançait : « l’histoire manipulée » est toujours dangereuse pour l’avenir, car « la projection du futur est solidaire du regard sur les temps passés. » Il n’y a pas de vrai progrès sans passion de la vérité ; on ne peut se dire philosophe et choisir d’incarner la dangereuse vacuité du langage pour les calculs sophistiques de l’ère de la postvérité."

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 14:29

Populisme de droite comme populisme de gauche se caractérise par le personnalisme politique issu du libéralisme politique et du régime dit "représentatif" qui prétend qu'on choisit un leader qui représente d'une certaine manière les masses populaires. Ce leader joue un rôle de 'semi-souverain' au sens où la souveraineté réside dans le peuple qui, au travers des élections, la délègue au président élu... Le personnalisme politique qui en France se décline d'une certaine manière dans le gaullisme, le mythe de l'homme providentiel et le régime semi-présidentiel, s'oppose au royalisme légitimiste notamment qui postule en sens contraire que la personne du souverain n'importe pas, mais seules la qualité des institutions.

 

Voici ci-dessous un article de Sandro Magister montrant une fois n'est pas coutume une divergence de vue entre la Civilta catholica, revue jésuite et le pape François au sujet du populisme d'Amérique latine, alors que ce dernier  porte un jugement négatif sur les populismes d'Europe et d'Amérique du Nord :

Quand la "Civiltà cattolica" et le pape François divergent sur le populisme

QUAND LA CIVILTÀ CATTOLICA ET LE PAPE DIVERGENT SUR LE POPULISME

 

Une fois n'est pas coutume, "La Civiltà Cattolica" diverge de la pensée Pape. Sur le populisme.

 

Dans le dernier numéro de "la Civiltà Cattolica" - celui qui précède le fatidique numéro 4000 sorti en grande pompe le 11 février avec force dédicaces et une énième interview du pape – on peut trouver un article intéressant concernant le Venezuela.

 

L'auteur, Arturo Peraza, 52 ans, est ce jésuite qui a remplacé son compatriote Arturo Sosa Abascal, élu supérieur général de la Compagnie de Jésus, en tant que nouveau provincial du Venezuela. Et il dresse un portrait alarmant du désastre dans lequel la "révolution" bolivarienne du président Hugo Chávez et de son successeur Nicolás Maduro a plongé son pays.

 

En effet, le P. Peraza qualifie le régime actuel du Venezuela de "populiste" comme l'ont été - ajoute-t-il – les régimes de Juan et d'Evita Perón en Argentine, de Getulio Vargas au Brésil et, plus récemment d'Alberto Fujimori au Pérou.

 

"[Au Venezuela] la révolution a voulu créer un nouveau cadre institutionnel qualifié de 'socialiste". Mais […] en réalité, le projet chaviste est un modèle qu'en politique, on peut mieux définir comme 'populisme ou personnalisme politique' et qui, en Amérique Latine a été incarné, par exemple, par Perón (et Evita) et Vargas. Aujourd'hui on parle de 'néo-populisme' pour évoquer les gouvernements comme ceux de Fujimori ou de Chávez. Dans ces cas, le critère fondamental réside dans le fait que, plutôt qu'un cadre institutionnel (formé de partis et de structures), on choisit un leader qui représente d'une certaine manière les masses populaires. Ce leader joue un rôle de 'semi-souverain' au sens où la souveraineté réside dans le peuple qui, au travers des élections, la délègue au président élu. Celui-ci, même s'il semble d'un point de vue formel se soumettre à la structure de l'Etat libéral, s'en détache radicalement dans les faits en insistant sur la nécessité d'une transformation sociale qu'il représente lui-même, qu'ils assume, promeut et met en œuvre. C'est ainsi que les autres niveaux de pouvoir de l'Etat finissent pas devenir de simples coryphées de celui qui détient le pouvoir exécutif."

 

Si nous nous référons à l'interview que le pape François a donné le 21 janvier dernier au quotidien espagnol "El País", nous constatons que le pape pose en effet un jugement négatif sur les populismes d'Europe et d'Amérique du Nord, allant jusqu'à les comparer à Hitler, mais qu'il encense les populismes et les "mouvements populaires" d'Amérique latine.

 

Voici la question et la réponse sur ce point précis:

 

"QUESTION – Autant en Europe qu'en Amérique, les conséquences d'une crise qui n'en finit plus cède le pas à des formations politiques qui profitent du mécontentement des citoyens pour construire un messages de xénophobie et de haine envers l'étranger. Le cas de Trump est emblématique mais il y a également les cas de l'Autriche et de la Suisse. Est-ce que ce phénomène vous préoccupe?

 

RÉPONSE - C'est-ce que nous appelons les populismes. Il s'agit d'un mot ambigu parce que le populisme a un tout autre sens en Amérique Latine. Là-bas cela signifie que les peuples sont les protagonistes, comme par exemple les mouvements populaires. Ils s'organisent entre eux... c'est autre chose. Quand j'ai commencé à entendre parler de populisme ici [en Europe] je ne comprenais pas, j'étais perdu jusqu'à ce qu'on m'explique que ce terme avait un sens différent en fonction des endroits. Bien sûr, les crises provoquent des peurs, des réactions alarmistes. Pour moi, le meilleur exemple des populismes européens c'est l'Allemagne en 1933. Après Hindenburg et la crise des années 30, l'Allemagne est à terre, elle cherche à se relever, elle cherche son identité, elle se cherche un leader, quelqu'un qui lui restitue son identité et il y a ce gamin appelé Adolf Hitler qui dit "moi je peux, moi je peux". Et toute l'Allemagne a voté Hitler. Hitler n'a pas volé le pouvoir, il a été élu par son peuple et ensuite il a détruit son peuple. C'est là le danger.

 

*

 

Voici une première contradiction entre le jugement positif de Jorge Mario Bergoglio sur les populismes latino-américains et le jugement négatif du provincial des jésuites du Venezuela dans la "Civiltà Cattolica".

 

Mais il existe une également une autre contradiction, toujours en ce qui concerne la perceptions des populismes latinoaméricains: entre le Bergoglio pape et celui qui en 2007 était l'auteur principal du document de conclusion de la conférence d'Aparecida entre les évêques du continent.

 

Dans ce document auquel le pape François fait souvent référence, on n'évoque qu'une seule fois le populisme latino-américain, dans le paragraphe 74. Et de façon très négative:

 

"Nous prenons acte que les différents processus électoraux représentent un certain progrès démocratique. Toutefois, nous observons avec préoccupation l'avancée rapide de différentes formes de régression autoritaire par la voie démocratique qui aboutissent dans certains dans à des régimes d'orientation néo-populiste. Cela confirme qu'une démocratie purement formelle et fondée sur la transparence des processus électoraux ne suffit pas mais qu'il faut également une démocratie participative et soutenue par la promotion et le respect des droits humains. Une démocratie qui oublierait ces valeurs fondamentales peut rapidement se transformer en dictature et finir par trahir le peuple".

 

*

 

Qui est donc le vrai Bergoglio? Celui d'Aparecida en 2007 ou celui d'aujourd'hui?

 

Il ne fait aucune doute que le fond de sa pensée sur les populismes latino-américains consiste en ce jugement positif, voire enthousiaste qu'il a exprimé dans ses "manifestes politiques" que sont les trois discours-fleuves adressés aux "mouvements populaires" qu'il a invités une première fois à Rome en 2014, une seconde fois en Bolivie à Santa Cruz de la Sierra en 2015 et une troisième fois encore à Rome en 2016:

 

> Bergoglio politique, le mythe du peuple élu.

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1351428

 

Au niveau pratique, cette prédilection du pape François pour les populismes latino-américains se manifeste par la sympathie qu'il a témoignée à de nombreuses reprises à des personnalités comme les frères Castro à Cuba, Evo Morales en Bolivie, Rafael Correa en Équateur, José Mujica en Urugay, tout comme dans sa froideur envers les opposants de Chávez et de Maduro au Venezuela et envers l'actuel président de l'Argentine, le "libéral" Mauricio Macri.

 

Mais il y a également un arrière-plan théorique et théologique qui explique cette préférence.

 

Au cours de quelques interviews, le pape François n'a pas hésiter à définir la notion de peuple comme "une catégorie mystique" et "mythique".

 

A une occasion, il a précisé sa pensée de façon encore plus marquée, c'était lors du discours qu'il a prononcé le 13 novembre 2015 lors d'une conférence des membres de la Fondation Romano Guardini.

 

Guardini, c'est ce philosophe italo-allemand sur lequel Bergoglio a rédigé sa thèse inachevée de doctorat en théologie. Et qui, en tant que pape, lui a inspiré un "concept de peuple" qui cadre parfaitement avec la "théologie du pueblo" de son maître argentin Juan Carlos Scannone.

 

Le peuple, déclarait François dans ce discours à la Fondation Romano Guardini, signifie "le compendium de ce qui dans l’homme est authentique, profond, substantiel". Nous pouvons reconnaître dans le peuple, comme dans un miroir, le « champ de la force de l’action divine ». C'est la raison pour laquelle, a ajouté le pape, j’aime à dire — et j’en suis convaincu — que le « peuple » n’est pas une catégorie logique, c’est une catégorie mystique.

 

Il s'agit de concepts qui volent haut, très haut. Mais Bergoglio est un homme pratique. Et du peuple au populisme, il n'y a pour lui qu'un pas.

 

---

 

P.S. - La divergence décrite ci-dessus entre la pensée de François et celle de "La Civiltà Cattolica" en matière de populisme est la traditionnelle exception qui confirme la règle. Et la règle c'est le lien très étroit entre le pape et la revue.

 

C'est ce lien que ce même François a une nouvelle foi confirmé et renforcé dans le discours qu'il a adressé jeudi 9 février au collège des rédacteurs de "La Civiltà Cattolica" reçus au Vatican à l'occasion de la sortie du numéro 4000 de la revue:

 

"Dans mon travail, je vous vois, je vous suis, je vous accompagne avec affection. Votre revue est souvent sur mon bureau. Et je sais que vous, dans votre travail, vous ne me perdez jamais de vue. Vous avez accompagné fidèlement toutes les étapes importantes de mon pontificat, la publication des encycliques et des exhortations apostoliques en les interprétant fidèlement".

 

On peut donc déduire de cette déclaration que le feu vert à la communion des divorcés-remariés donné par "La Civiltà Cattolica" bien avant que ne soit publiée l'exhortation post-synodale "Amoris Laetitia" était et demeure "une interprétation fidèle" de la pensée du pape:

 

> François se tait, mais un autre jésuite parle pour lui (7.11.2015)

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1351172

 

Dans ce même discours du 9 février, François a en outre déclaré que "depuis déjà longtemps, la Secrétairerie d'Etat envoie 'La Civiltà Cattolica' à toutes les nonciatures du monde" et il s'est félicité pour les nouvelles éditions mensuelles de la revue en espagnol, anglais, français et en coréen. Une façon de plus de propager sa pensée partout avec autorité.

Source: Sandro Magister, théologien et vaticaniste à l'Espresso., 10 février 2017. Traduit avec l'autorisation de l'auteur Diakonos.be

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 12:27

A l'occasion de la sortie de son essai "Le dérèglement moral de l'Occident" (éd. Le Cerf, 2017), le philosophe et docteur en science politique Philippe Bénéton a accordé un entretien au Figaro. Dans cet entretien il s'interroge sur les causes du "dérèglement moral" de l'Occident qu'il lie bien avec la "crise des démocraties modernes", mais il ne parvient pas à établir le lien étroit entre les principes de la démocratie moderne et le dérèglement moral qu'il condamne. Au contraire, il en appelle à trouver un équilibre libéral-conservateur entre liberté et enracinement.

 

Or cette méthode a été essayée plusieurs fois depuis deux siècles, à de multiples reprises, de différentes manières dans des compromis successifs et différents régimes politiques qui tous voulaient précisément concilier libéralisme et christianisme, droits de l'homme de 1789 et ordre moral... Et à chaque fois cela cela n'a pas fonctionné, cela a été improductif et a toujours conduit au même dérèglement moral. C'est qu'il doit y avoir une contradiction entre christianisme et libéralisme politique. Et c'est un peu comme vouloir mélanger l'eau et le vinaigre : assembler deux ensembles disparates, cela ne fonctionne jamais.

 

Voici néanmoins une partie du raisonnement de Philippe Bénéton qui a une valeur pour ce qu'il désigne comme la conséquence de la crise des démocraties libérales que nous traversons : le "dérèglement moral" :

Comment expliquez-vous la crise des démocraties libérales que nous traversons? Est-elle liée à ce que vous appelez «le dérèglement moral de l'Occident»?

 

"Oui, il me semble.

 

[...] [D]'un côté notre modernité tardive se targue d'une libération morale: à chacun ses valeurs, chaque individu est souverain, vive la liberté, à bas le vieil ordre moral! Mais de l'autre, elle entend définir la bonne et la mauvaise manière de vivre et de penser. ... La faute n'a pas disparu, elle s'est déplacée. Désormais, le «Mal» est clairement circonscrit, il se concentre, il se resserre, il est tout entier dans les atteintes à l'égale liberté, c'est-à-dire dans les formes diverses que peuvent prendre les «péchés» de discrimination ou d'intolérance. Plus précisément, le «Mal» s'incarne dans les mots ou les actes convaincus, à tort ou à raison, de racisme, de sexisme, d'élitisme, de xénophobie, d'«homophobie», ou d'une quelconque attitude judgemental ou offensive . Ces nouvelles règles pointent vers une division morale de l'humanité: d'une part les représentants du nouveau monde, les hérauts d'une société ouverte ou avancée, les progressistes, les modernes, les féministes..., d'autre part, les rétrogrades du vieux monde, les partisans d'une société close ou tribale, les tenants du vieil ordre moral, les conservateurs ou ultra-conservateurs, les réactionnaires, les populistes, les xénophobes ou pire encore, bref les amis et les ennemis de l'humanité. Cette vision manichéenne ne joue certes pas en faveur de la liberté."

 

Avec le féminisme, Philippe Bénéton donne un exemple de dérèglement moral causé par le libéralisme sociétal et qui aboutit à l'inverse du but fixé au départ (on pourrait compléter la liste avec les droits de l'homme de 1789 qui aboutissent aujourd'hui au retour à la barbarie. Ndlr.) : "Le féminisme qui milite pour l'égalité des droits est parfaitement raisonnable. Ce qui est en cause est ce féminisme radical qui, en accord avec l'esprit du temps, tend à dépouiller la nature pour remplir la corbeille de la volonté." Lorsque le droit se propose de contester la nature elle-même, il est dans l'erreur et conduit à l'inverse du but qu'il s'était fixé.

 

"Ce féminisme qui nie des réalités qui crèvent les yeux aboutit de facto à des résultats contraires à ses intentions affichées, explique justement le philosophe. Puisque les femmes sont en tout ou presque semblables aux hommes, elles ne méritent nullement des égards particuliers. L'identité fictive entre les sexes lève les scrupules et les coutumes qui bornaient l'esprit prédateur des mâles. La camaraderie sexuelle où le commerce des corps est chose innocente, est présentée comme une libération. En fait, elle satisfait une immémoriale aspiration masculine et elle s'exerce sur un fonds de brutalité."

 

Les libertés individuelles et les droits de l'homme sont-ils suffisants pour résister à la menace islamiste? Philippe Bénéton répond justement que "notre monde occidental est vulnérable en raison de la crise morale qu'a entraînée la nouvelle "morale'. L'un des effets les plus frappants de cette crise est que beaucoup de jeunes gens et aussi d'adultes errent à la recherche de qui ils sont, ou pour parler le langage d'aujourd'hui qu'ils éprouvent une crise d'identité. [...] Mais quel est ce Moi insaisissable? Où s'accrocher quand les rôles traditionnels (de fils, de père, de mari...) ont perdu leur force? À quoi se dévouer, se donner quand tout se vaut? Qu'est-ce qui mérite d'être respecté quand la grossièreté et la vulgarité dégoulinent sur les écrans? Que faut-il opposer aux fanatiques de l'Islam qui dénoncent cet Occident qui n'est que débauche et faiblesse, qui exhibe des corps en rut et ne voit rien qui mérite de risquer sa vie?

 

Questionné sur le point de savoir s'il est "nostalgique" de l'Ancien Régime et du "pouvoir de l'Eglise", l'auteur répond : " voilà une question qui porte sur mes intentions ou mes sentiments et donc qui détourne des seules questions qui importent - l'interprétation proposée est-elle juste ou non? Mais puisque nous sommes entre gens de bonne compagnie, j'ajouterai ceci: je n'ai guère de nostalgie de cette sorte, je me définis comme libéral-conservateur, au sens où Tocqueville l'était. Libéral parce que rallié aux premiers principes modernes (l'égalité de droit, les libertés publiques), conservateur parce que soucieux de préserver au sein du monde moderne l'enracinement, l'attachement, les qualités morales et spirituelles. L'idéal libéral-conservateur est celui-ci: la liberté et de bonnes mœurs. Il y a de quoi faire."

 

Or, libéralisme politique moderne et libéralisme sociétal vont de paire. De sorte qu'il est utopique de vouloir conserver un ordre moral tout en prônant la démocratie moderne. Comme l'a bien montré le philosophe Maxence Hecquard, les fondements philosophiques de la démocratie moderne se débarrassent "de l'idée d'un ordre de la nature voulu par un Premier Moteur intelligent où chaque être a sa finalité propre". Ils ne vont "pas sans effets pervers qui se développent au cours de siècles : individualisme, liberté laissée à la subjectivité de chacun", etc. Et ces fondements philosophiques modernes conduisant au dérèglement moral, les dirigeants en viennent à adopter des lois totalitaires.

La démocratie moderne et le dérèglement moral de l'Occident

Source: Philippe Bénéton : «Le monde occidental ne sait plus qui il est», Par Philippe Bénéton, Le Figaro, Publié le 10/02/2017 à 18:01

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 07:00
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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 07:04
Nietzsche, ou l’esprit de subversion

Des philosophes comme Éric Vœgelin ont montré que la modernité se caractérise par l’autonomie de l’homme par rapport à Dieu, sa divinisation, et la croyance progressiste en un sens de l’histoire. Par sa volonté l’homme peut être acteur de son progrès vers l’homme-dieu, et se faire l’artisan de l’établissement d’un Âge d’or. Cependant la modernité se décline selon deux modalités violemment antagonistes : un mode égalitariste et démocratique bien explicité par un Vincent Peillon*, et un mode élitiste et individualiste.

 

Nietzsche (1844-1900) est sans conteste le philosophe le plus éminent du mode moderne élitiste, et un des plus subversifs. En effet, contempteur de la décadence démocratique, il séduit de nombreux catholiques conservateurs. Pourtant, le philosophe rend le christianisme ultime responsable de l’égalitarisme libéral et socialiste. À ce titre, il lui voue une haine sans bornes.

 

En effet Vincent Peillon — ancien ministre socialiste de l’Éducation nationale — résume la position de la modernité démocratique :

 

« À côté de la forme républicaine, il faut « la mentalité et la moralité républicaine ». La France a cette singularité qu’élevée dans la religion catholique, n’ayant pas su faire droit à la Réforme, elle n’a pas fait pénétrer dans ses mœurs une religion du libre examen, de l’égalité et de la liberté. Il faut donc à la fois déraciner l’empreinte catholique, qui ne s’accommode pas de la République, et trouver, en dehors des formes religieuses traditionnelles, une religion de substitution qui arrive à inscrire jusque dans les mœurs, les cœurs, la chair, les valeurs et l’esprit républicain sans lesquels les institutions républicaines sont des corps sans âme qui se préparent à tous les dévoiements. [...] Le républicain, c’est l’homme. En d’autres termes : la religion républicaine, la religion de l’homme, où chacun est digne, respectable, conscient de sa valeur, indéfiniment perfectible.[...] La religion républicaine est une religion des droits de l’homme, c’est-à-dire dire de l’Homme qui doit se faire Dieu, ensemble, avec les autres, ici bas, et non pas du Dieu qui se fait homme à travers un seul d’entre nous. » [1]

 

La modernité, ou l’« ouverture du puits de l’Abîme »

 

Voici que DIEU envoie une puissance de séduction, qui égare et porte à croire au mensonge, afin que soient condamnés ceux qui n’auront pas cru à la vérité, mais se seront complus dans le mal. (II Thes. 2:11-12)

 

Bossuet, dans son commentaire de l’Apocalypse, interprétait le verset parlant de l’ouverture du puits de l’Abîme d’où émane une fumée épaisse voilant le soleil (Ap. 9, 1 et 2), comme une prophétie annonçant la venue de Luther, qui obscurcit la pure doctrine de l’Église avec l’erreur du libre examen. Trois siècles plus tard, témoins de l’extrême et rapide décrépitude du monde moderne, qui se noie dans son vomissement, nous pouvons considérer les étonnantes fortunes de monstres non moins dangereux qui, depuis, ont atteint le faîte de la puissance : Robespierre, Saint-Just, Marx, Lénine, Trotsky, Hitler et Mao...

 

Nietzsche, séducteur et corrupteur de ses ennemis

 

Coté pile : un séduisant prophète opposé au capitalisme et au socialisme

 

Cependant, Nietzsche semble être réservé pour la fin de la corruption avancée, inaugurée par la crise de mai 1968, son étoile étant dès lors au zénith. Et pourtant, il fait illusion sur certains de nos amis qui, perplexes devant ses errements et ses fruits putrides, veulent se persuader de sa « noblesse », de son « exigeant sens éthique », d’une « réaction mystique pleine de grandeur » à l’époque du socialisme et de l’épicerie mondiale. Bien qu’ils émettent de sérieuses réserves à son sujet, leur analyse inexacte étant sans cesse contredite par les textes et les doctrines des disciples, ils se sont fabriqué un Nietzsche tout en contradiction :

 

une part, bonne, mise au compte du poète et du génie ;

l’autre, exécrable, demeurant incompréhensible, est imputée à la dialectique et aux réactions intempestives du lion irrité par la vue des moustiques — entendez les chrétiens — qui ne seraient pas les aigles dont il pourrait s’émerveiller.

 

Coté face : l’hérésiarque impie et ennemi déclaré de Dieu

 

Et voilà en fait justifié le plus audacieux hérésiarque de tous les temps, le « destructeur d’étoiles », comme il aimait à se dépeindre [2], le digne émule de Marx pour enlever à Dieu son règne sur le grand nombre. Le funeste messager de la « mort de Dieu » se voit ainsi paré d’une gloire usurpée. Ne dit-il pas :

 

Je suis Zarathoustra, l’impie, qui demande : « Qui est plus impie que moi afin que je me réjouisse de son enseignement ? » [3]

 

S’il y a une apparente grandeur dans sa déclaration de guerre au christianisme, elle ne relève que de la déclamation théâtrale et de sa logomachie accoutumée. Il se caractérise par un orgueil outrecuidant et une mise en scène à la Wagner.

 

De la nécessité d’une étude approfondie des motivations de Nietzsche

 

Aussi faudrait-il en finir, par une étude précise et exhaustive des textes, avec une légende que rien ne permet d’appuyer, quand, au contraire, toute l’œuvre de Nietzsche démontre qu’il appartient à cette lignée maudite de faux prophètes qui, depuis plusieurs siècles, s’acharnent, avec toujours plus de succès et d’impudence, contre la Religion que Dieu a établie, et contre les Royaumes qui en furent longtemps les remparts. Sous nos yeux, les théologiens de « la mort de Dieu », dignes disciples d’un tel maître, achèvent de profaner le sanctuaire et s’efforcent de renverser la dernière Monarchie (la papauté [note de VLR]).

 

Une obsession : la subversion du catholicisme

 

Parlons brièvement, car la matière est vaste et difficile à appréhender, du dessein de Nietzsche, c’est-à-dire de son plan de subversion du catholicisme. Il faut d’abord distinguer la forme et le fond.

 

Masquer par la forme les faiblesses du fond

 

La forme tient une place prépondérante, mais qu’il serait trop long de développer ici. Résumons en disant qu’il cherche à convaincre par un ton ordinaire d’autorité (c’est un faux prophète), mettant en avant ses relations avec un monde supérieur et son génie personnel. Il avait l’ambition d’accomplir une œuvre formellement plus achevée, donc plus apte à convaincre, que les Saintes Écritures ainsi réduites à un genre littéraire. Il concevait sa prose comme une musique, abondamment gonflée de symboles charmeurs, destinée à entraîner l’adhésion dans ses remous trompeurs.

 

Pour le fond, on peut distinguer deux parties, comme il le fait lui-même dans ses divers plans (cf. Volonté de puissance) : l’une est critique, destructrice du christianisme, l’autre est censée être constructive par l’apport de sa révélation.

En fait, les deux parties sont souvent mêlées, du fait notamment de l’inconsistance du fond de sa pensée.

 

Libérer l’humanité de l’imposture chrétienne

 

La partie critique se résume à son message de la mort de Dieu, qui est son pôle principal et son slogan récapitulatif. Ce n’est pas simplement un constat du déclin de la foi dans le monde, comme une analyse sommaire tendrait à l’affirmer, mais son œuvre personnelle. Il se flatte d’avoir « découvert » ce qu’il appelle l’imposture chrétienne, et d’avoir libéré l’humanité du complot chrétien qui empêchait les forts de dominer. Maintenant qu’il a éventé ce complot, la lumière le chasse dans les ténèbres et lui, Nietzsche, permet à l’humanité d’entrer dans l’âge adulte. Témoin parmi cent autres ce texte caractéristique de Ecce homo :

 

Ce qui me délimite, ce qui me met à part de tout le reste de l’humanité, c’est d’avoir découvert la morale chrétienne... L’aveuglement devant le christianisme, c’est là le crime par excellence, le crime contre la vie. Les millénaires, les peuples, les philosophes et les vieilles femmes — déduction faite de cinq ou six moments de l’histoire, et de moi comme le septième,— sur ce point, ils se valent tous... La notion de Dieu a été inventée comme antinomie de la vie ; en elle se résume, en une unité épouvantable, tout ce qui est nuisible, vénéneux, calomniateur, toute l’inimitié contre la vie. [4]

 

Il développe cette thèse surabondamment, en insistant sur ce qu’il nomme la, psychologie morbide du christianisme, le complot qu’il qualifie parfois, dans son jargon, de « transmutation des valeurs » :

 

Je suis finalement le premier psychologue du christianisme et peux faire avancer, en vieil artilleur que je suis, des pièces lourdes dont aucun adversaire du christianisme n’a seulement soupçonné l’existence [5].

 

Ses calomnies contre saint Paul et la morale sont particulièrement remarquables, et on ne peut lui dénier une grande originalité dans l’art de la calomnie.

 

Remplacer le christianisme par une nouvelle religion

 

Mais il n’a pas voulu s’en tenir à une simple agression rénovée par une méthode originale, la feinte indignation : il a voulu remplacer le christianisme par une nouvelle religion, avec ses dogmes et son archétype moral, se croyant capable de défendre par ses livres ce que Dieu a fait par les Saintes Écritures.

Ses dogmes se résument à l’erreur de l’Éternel Retour et au Surhomme.

 

Le dogme matérialiste de l’Éternel Retour

 

Lutter contre la fiction du Ciel qui permet aux faibles de dominer les forts

 

Quoique relevant surtout de la structure subjective de Nietzsche, éternelle rechute d’une passion qui toujours s’exalte, l’Éternel Retour est donné plusieurs fois sous l’aspect d’un dogme neuf, la vérité désespérante contre laquelle le christianisme aurait lutté en lui imposant la « fiction » du Ciel, vérité occultée par les faibles qui se seraient ainsi sécurisés et auraient dominé les forts.

 

Il voit toujours les conséquences morales d’une telle prédication : le désespoir, le vide de toute chose, l’anéantissement de l’espérance chrétienne fondée sur l’attente d’une récompense éternelle de la foi et de la patience

Il prétend que, diffusée par la magie de son verbe, sa vérité va balayer les faibles et renverser leur pouvoir usurpé ; qu’elle aura pour effet d’établir le règne de la force, des volontés qu’il appelle libres, de ceux qui se considèrent comme des dieux.

 

L’Éternel retour est celui de la matière qui se transforme, et qui seule existe

 

Mis à part cet aspect moral, c’est-à-dire atteignant la raison même de vouloir et d’ordonner ses actes, l’Éternel Retour est une doctrine selon laquelle seule la matière existe, se compose, se décompose et se recompose, éternellement identique :

 

Toutes choses reviennent éternellement et nous revenons nous-mêmes avec elles, et nous avons déjà été une infinité de fois, et toutes choses ont été avec nous. Il y a une grande année du devenir, un monstre de grande année ; il faut que, semblable à un sablier, elle se retourne sans cesse pour s’écouler et se vider à nouveau, en sorte que toutes ces années se ressemblent entre elles. [6]

 

Le mouvement de l’Éternel retour implique la haine et la volonté de destruction

 

Mais c’est aussi une vision de haine éternelle :

 

Dionysos contre le Crucifié : la vie elle-même, avec son caractère éternellement redoutable et son éternel retour, nécessite l’angoisse, la destruction, la volonté de destruction [7].

 

Une croyance à l’Éternel retour inspirée par des puissances supérieures

 

Cette croyance est présentée comme ayant la vertu de procurer une véritable transfiguration, dont Nietzsche aurait eu la révélation dans son septième ciel :

 

On ne saurait en vérité se défendre de l’idée qu’on n’est que l’incarnation, le porte voix, le médium (sic) de puissances supérieures... « quelque chose » qui nous ébranle, nous bouleverse jusqu’au plus intime de notre être, est la plus simple expression de la vérité... c’est une extase,... c’est une plénitude de bonheur et d’horreur... [8]

 

Il n’y a pas si longtemps, toute personne équilibrée aurait diagnostiqué là un cas typique de possession. Mais Nietzsche déploie l’arsenal de sa poésie pour faire avaler cette énorme couleuvre que lui-même s’efforce d’engloutir :

 

J’ai déployé des cieux tranquilles au-dessus de moi, et j’ai volé de mes propres ailes dans mon propre ciel [9].

 

Une nouvelle certitude est-elle venue vers toi, lourde et chargée de ferment ? Et de lui répondre : « Comme ce monstre s’est glissé dans ma gorge pour m’étouffer » [10].

 

Il est cependant réconfortant de constater que, malgré la prolifération des nietzschéens, peu nombreux encore sont ceux qui croient à cette ineptie. Nous avons néanmoins assisté récemment à des essais de diffusion ; citons le cinéaste Polanski, qui cherche à créer dans ses films un climat propice à la suggérer discrètement ; et aussi la revue Engadine, de P. Lance.

 

Le dogme progressiste et immanentiste du Surhomme

 

Quant au Surhomme, autre géniale invention nietzschéenne qui a sa fortune jusqu’à être habituellement sur des lèvres pontificales, c’est certainement son meilleur succès. Ici encore, il faudrait pouvoir développer longuement pour montrer comment ce terme a été inventé dans le cadre d’une technique de séduction, où la forme et la mise en scène ont le rôle principal. C’est aussi un outil de la dialectique nietzschéenne, l’argument auquel il renvoie quand il est à cours d’autres moyens de persuasion :

 

Là où finit l’État, déclare Zarathoustra, par exemple, ne voyez-vous pas, mes frères, l’arc en ciel… qui mène au Surhomme ? [11]

 

Si l’on veut résumer et aller à l’essentiel, le Surhomme ressemble beaucoup trop à l’Antéchrist prédit par les Écritures Saintes pour qu’on ne puisse faire le rapprochement : même messianisme infernal, même volonté d’usurper la puissance suprême et de se faire adorer :

 

J’aime ceux qui se sacrifient à la terre pour qu’un jour, sur la terre, vienne le règne du Surhomme. [12]

 

Il élimine le règne de Dieu :

 

Jadis, on disait : Dieu, lorsqu’on regardait vers les mers lointaines ; maintenant, je vous ai appris à dire : Surhomme [13].

 

Il est prétexte à la venue du règne de l’enfer :

 

Pour l’amour du Surhomme, il est nécessaire de mettre toujours plus d’inégalités et de guerres entre les hommes [14].

 

Ce règne de l’enfer, il faut le désirer :

 

Tu dois aimer le Surhomme comme ta raison d’être [15].

 

Lutter contre l’enfer de la fausse anti-modernité de Nietzsche

 

Voilà les nouvelles tables. Nous sommes donc bien loin des attaques portées contre un faux christianisme, visant en fait les affairistes, bien loin de la noble réaction contre une religion hypocrite et bourgeoise : c’est à Dieu et à son règne que Nietzsche en veut.

 

Tout est logique chez cet auteur dès lors qu’on le situe dans la perspective où lui-même s’est placé : « transmutation des valeurs », « mort de Dieu », « psychologie morbide des chrétiens », « Surhomme », « Éternel Retour », « Volonté de puissance », « Dionysos », — toutes ces expressions où les analystes ne voient que contradictions et incohérences, encore qu’impressionnantes, sont en fait les composantes, chacune à sa place, d’une arme unique qui vise un but unique.

 

Nietzsche a voulu ruiner l’ordre surnaturel et l’ordre naturel, attestés l’un et l’autre par les Saintes Écritures, gardés infailliblement par le Magistère catholique.

 

Il a voulu promouvoir le règne de l’enfer, qui commence à s’implanter, en poussant le vice et l’erreur à l’extrême, en excitant les bas instincts de vengeance des bas-fonds de l’humanité pour les inciter à convoiter la puissance et la domination, en violation de la hiérarchie établie par la Providence.

 

Au blasphématoire et impudent cri de l’athéisme militant, poussé par son coryphée : « Dieu est mort, nous voulons que le Surhomme vive » [16], tous les lecteurs auront à cœur d’opposer le Christus vincit, Christus_regnat, Christus imperat qui, avec l’aide du Ciel, le vrai, rendra à notre beau Royaume son Roi légitime.

 

[Jacques GALY/(in La Légitimité, N°7, 22 Rue Planchat, Paris, avril-mai-juin 1976.)/]

Annexes : deux textes tirés de L’Antéchrist

 

Nietzsche : L’Antéchrist, Essai d’une critique du christianisme, chapitre 62

 

Je termine ici et je prononce mon jugement. Je condamne le christianisme, j’élève contre l’Église chrétienne la plus terrible de toutes les accusations, que jamais accusateur ait prononcée. Elle est la plus grande corruption que l’on puisse imaginer, elle a eu la volonté de la dernière corruption possible. L’Église chrétienne n’épargna sur rien sa corruption, elle a fait de toute valeur une non-valeur, de chaque vérité un mensonge, de chaque intégrité une bassesse d’âme.

 

Qu’on ose encore me parler de ses bienfaits « humanitaires ». Supprimer une misère était contraire à sa plus profonde utilité, elle vécut de misères, elle créa des misères pour s’éterniser...

 

Le ver du péché par exemple : une misère dont l’Église seulement enrichit l’humanité !

L’« égalité des âmes devant Dieu », cette fausseté, ce prétexte aux rancunes les plus basses, cet explosif de l’idée, qui finit par devenir Révolution, idée moderne, principe de dégénérescence de tout l’ordre social — c’est la dynamite chrétienne... les bienfaits « humanitaires » du christianisme ! Faire de l’humanitas une contradiction, un art de pollution, une aversion, un mépris de tous les instincts bons et droits ! Cela serait pour moi des bienfaits du christianisme !

Le parasitisme, seule pratique de l’Église, buvant, avec son idéal d’anémie et de sainteté, le sang, l’amour, l’espoir en la vie ;

l’au-delà, négation de toute réalité ;

la croix, signe de ralliement pour la conspiration la plus souterraine qu’il y ait jamais eue, — conspiration contre la santé, la beauté, la droiture, la bravoure, l’esprit, la beauté d’âme, contre la vie elle-même…

 

Je veux inscrire à tous les murs cette accusation éternelle contre le christianisme, partout où il y a des murs, — j’ai des lettres qui rendent voyants même les aveugles... J’appelle le christianisme l’unique grande calamité, l’unique grande perversion intérieure, l’unique grand instinct de haine qui ne trouve pas de moyen assez venimeux, assez clandestin, assez souterrain, assez petit — je l’appelle l’unique et l’immortelle flétrissure de l’humanité...

 

[Et l’on compte le temps à partir du dies nefastus qui commença cette calamité, — à partir du premier jour du christianisme ! — Pourquoi pas plutôt à partir de son dernier jour ? — À partir d’aujourd’hui ? — Inversion des valeurs !...] [17]

 

Loi contre le christianisme promulguée le jour du Salut, le premier jour de l’an Un (— le 30 septembre 1888 de la fausse chronologie)

 

Guerre à mort contre le vice : le vice est le christianisme

 

Article 1.— Toute contre-nature est vicieuse. L’être vicieux par excellence, c’est le prêtre : il enseigne la contre-nature. Contre le prêtre, ce ne sont plus les raisons qu’il faut, mais la prison.

 

Article 2.— Toute participation à un culte est un attentat aux bonnes mœurs. L’on sera plus dur contre les protestants que contre les catholiques, plus dur contre les protestants libéraux que contre les orthodoxes. Être chrétien est d’autant plus criminel que l’on se rapproche de la vérité. Le criminel par excellence est donc le philosophe.

 

Article 3.— Les lieux maudits où le christianisme a couvé ses innombrables basiliques seront éradiqués de la surface de la terre, et ils feront horreur à la postérité. On y élèvera des serpents venimeux.

 

Article 4.— Prêcher la chasteté, c’est inciter publiquement à la contre-nature. Chaque mépris de la vie sexuelle, chaque souillure de celle-ci par l’idée même d’« impur » est le vrai péché contre l’esprit saint de la vie.

 

Article 5.— Manger à la même table qu’un prêtre, c’est s’exclure de la société des gens honnêtes. Le prêtre est notre Tchândâla, - il sera proscrit, affamé, en toutes circonstances

chassé et exilé.

 

Article 6.— On appellera l’histoire « sainte » du nom qu’elle mérite : celui d’histoire maudite ; on n’utilisera plus les mots « Dieu », « sauveur », « rédempteur », « saint » que comme des insultes, des emblèmes criminels.

 

Article 7.— Tout le reste s’ensuit [18].

 

Notes

 

[1] Vincent Peillon, Une religion pour la République, la foi laïque de Ferdinand Buisson, Éditions du Seuil, Janvier 2010, p.34-35-36.

[2] Ainsi parlait Zarathoustra, Gallimard, 1965, p. 182.

[3] Ainsi parlait Zarathoustra, p. 198.

[4] Ecce homo. Comment on devient ce qu’on est, Denoël-Gonthier, 1971, p. 162 s.

[5] Lettre du 18 octobre 1888, dans L’Antéchrist, Paris, Union générale d’éditions (Le Blonde en 10/18), 1967, p. 163.

[6] Ainsi parlait Zarathoustra, p. 255.

[7] Volonté de puissance, éd. du Mercure de France, t. II., p. 284.

[8] Ecce Homo, p. 119.

[9] Ainsi parlait Zarathoustra p. 267.

[10] Ainsi parlait Zarathoustra, p. 252.

[11] Ainsi parlait Zarathoustra, De la nouvelle idole.

[12] Ainsi parlait Zarathoustra, p. 21.

[13] Ainsi parlait Zarathoustra, p. 100.

[14] Ainsi parlait Zarathoustra, p. 118.

[15] Ainsi parlait Zarathoustra, p. 75.

[16] Ainsi parlait Zarathoustra, p. 186.

[17] Nietzsche, L’Antéchrist, Essai d’une critique du christianisme, livre numérique Wikisource.

[18] Nietzsche, L’Antéchrist, Essai d’une critique du christianisme, livre numérique Wikisource.

Source: Vive le Roy

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 13:08
Maxence Hecquard - Les fondements philosophiques de la démocratie moderne, 3e et dernière édition

Maxence Hecquard - Les fondements philosophiques de la démocratie moderne, 3e et dernière édition

Il semble que sur tous les sujets qui concernent aujourd'hui la vie concrète des Français, l'objectif n° 1 de nos politiques est d'ignorer systématiquement l'opinion majoritaire de leurs concitoyens. Les exemples sont nombreux. Citons-en trois : Nicolas Sarkozy passant par-dessus le vote négatif du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen, renvoyé devant le parlement et ratifié par lui; l'immigration et le contrôle des frontières; la vote de la soit-disant "loi" sur le "mariage" dit "pour tous"; la loi travail adoptée au 49.3 par Manuel Valls en mai 2016.

La véritable nature de la démocratie moderne est d'être totalitaire.

"La qualité propre de chaque chose... ne lui vient pas du hasard, écrit Platon dans le Gorgias, elle résulte d'un certain ordre, d'une certaine justesse et d'un certain art, adaptés à la nature de cette chose" (Gorgias, 506 d).

Au XIXe siècle, le libéralisme sera le "renoncement à penser la vie humaine selon son bien ou selon sa fin" (Pierre Manent).

L'ordre naturel et divin nié, il ne restait plus qu'un horizontalisme désenchanté, où l'individualisme permettra à chacun de définir le bien selon l'idée qu'il s'en fait et non plus en fonction d'un ordre naturel extérieur qu'il s'agissait de respecter pour réaliser sa fin. Une religion en a chassé une autre.

La démocratie est devenue aujourd'hui une valeur sacrée, une véritable religion. Un moyen et une fin horizontale.

 

Dans un ouvrage passionné, passionnant [...] où toute l'histoire de la pensée politique moderne et contemporaine est citée à comparaître " (P. Magnard), Maxence Hecquard revisite les fondements et la genèse de cette religion séculière. L'antique ordre du monde s'est écroulé. La mort de Dieu, définitive depuis Darwin, fait place à un Etat de droit fondé sur une.. vérité scientifique : le progrès. Qui contesterait un tel régime ? La cohérence remarquable du système apparaît ainsi à l'énoncé de la métaphysique sous-jacente : celle d'un univers en évolution peint par Condorcet et Teilhard de Chardin, mais véritablement pensé par Kant, Hegel et Darwin. La démocratie est le moment politique de ce "progrès". Hasard et liberté, droit et morale, intérêt et bien commun forment désormais autant de couples indissolubles. Le lien social devient essentiellement économique...

 

Source: Présentation du livre sur Amazon

Maxence Hecquard, Les fondements philosophiques de la démocratie moderne (préfaces de Pierre Magnard et Edouard Husson), 2007, 2e éd. François-Xavier de Guibert

Maxence Hecquard, Les fondements philosophiques de la démocratie moderne (préfaces de Pierre Magnard et Edouard Husson), 2007, 2e éd. François-Xavier de Guibert

Dans une video du "Cercle de l'Aéropage", l'auteur de l'ouvrage, Maxence Hecquard, DEA de philosophie (Sorbonne), aborde le sujet du livre avec son préfacier le philosophe Pierre Magnard, professeur émérite à la Sorbonne, et lauréat du Grand Prix de Philosophie de l'Académie française.

 

L'auteur postule que toute politique repose sur une métaphysique dont les hommes politiques, hommes d'action plus que de pensée, sont largement inconscients. Son objet est de faire la lumière sur cette métaphysique obscure, de montrer sa cohérence, et son opposition à celle à laquelle il adhère, étant personnellement aristotélicien et thomiste.

Ses positions ne sont nullement plus “archaïques” que celles de ses adversaires fidèles du “Hasard”, de la “Nécessité” et de l'“Évolution” dont les prédécesseurs sont Epicure, Lucrèce et les présocratiques.

Les orientations métaphysiques possibles ne sont pas en nombre infini et ce sont toujours les mêmes qu'au cours des siècles, les penseurs repensent et reformulent à la mode de leur époque, non sans en tirer des conséquences nouvelles.

 

L'ouvrage, qui comporte 73 points, sortes de monographies réparties en 6 chapitres, augmentés d‘une vaste bibliographie classée et d'un index des noms, pourrait facilement, servir de base à un cours de philosophie en 73 conférences.

 

Dans l'introduction, l'auteur montre que la démocratie “moderne” n'a à peu près rien à voir avec les démocraties antiques (qui respectaient un ordre de la nature extérieur à l'homme qu'il s'agissait de découvrir et auquel chacun devait se conformer. NdCR.)

La première partie intitulée “observer” sera une enquête sociologique, examinant le phénomène “démocratique” dans tous ses détails. Depuis 1945, la démocratie, idéologie des vainqueurs de la seconde guerre mondiale, n'est plus aujourd'hui un régime politique parmi d'autres possibles et acceptables, mais un régime obligatoire à prétentions universelles.

La seconde partie, intitulée “comprendre”, enquête philosophique, consistera à remonter la machine pour en montrer la cohérence et les fondements. Donc, tout commence au XIVe s. avec la grande révolution nominaliste et continue avec Hobbes, Rousseau, Kant et quelques autres. Nous voilà débarrassés de l'idée d'un ordre de la nature voulu par un Premier Moteur intelligent où chaque être a sa finalité propre, et nous pouvons constituer une science purement empirique, libérée de toute perspective théologique, assurant à l'homme une grande maîtrise de la nature. Tout cela ne va pas sans effets pervers qui se développent au cours des siècles : individualisme, liberté laissée à la subjectivité de chacun (la liberté" de définir le bien et le mal chacun selon l'idée qu'il s'en fait du pape François NdCR.), liberté limitée uniquement par l'intérêt de ses semblables et égaux, et par la loi votée par des “représentants”. La loi devient le seul critère de moralité qui ne soit pas subjectif..., et la Démocratie, obligatoire et universalisable, prend le caractère d'une nouvelle religion. Que deviennent, dès lors, les religions traditionnelles et révélées ? Selon Kant, elles sont une sorte de parabole, étape de l'évolution de l'humanité lui permettant de s'élever, par une sorte de décantation, à une religion naturelle universellement intelligible, valable pour le monde entier. Maxence Hecquard n'a pas de peine à montrer le caractère kantien des textes du concile Vatican II sur la liberté religieuse, et du ralliement de l'Église à la religion démocratique. (p.354-369)


Frontispice du livre « Leviathan » de Thomas Hobbes (1651) décrivant l'état moderne. Leviathan - Rex Mundi (Roi de la Terre), le Démiurge, Satan - porte une couronne, il brandit une épée (le symbole du pouvoir temporel), et une crosse (le symbole de l'autorité religieuse). C'est l'essence de la règle de Satan, religieuse, militaire et tyrannique. Au-dessus de Leviathan est une inscription latine du livre de Job (41, 24-25): Non est potestas super-terram quae comparetur ei: "Il n'est sur terre aucune puissance qui lui soit comparable" Dans la pratique, sur le plan social, pour les individus concrets, on aboutit à une société marchande où le conflit entre liberté et égalité ne peut se résoudre, toujours provisoirement, que par la croissance économique permettant de distribuer toujours plus de richesses. L'auteur compare ce système au Léviathan du livre de Job, ce monstre “auquel aucune puissance sur terre ne peut être comparée”, qui a déjà fourni son titre à Hobbes et a toujours été assimilé au Diable. (Source: Librairie catholique)

 

"Saint Albert le Grand, dans son Commentaire de Job III, 8, déclare que le Leviathan symbolise Satan. Saint Thomas l'affirme pareillement dans sa Somme théologique (3a, 8, 7, c.)" (Maxence HECQUARD, Les fondements philosophiques de la démocratie moderne, 3e édition, Pierre-Guillaume de Roux, Préface de Pierre MAGNARD, Paris 2016, p. 422.)

 

De l'érudition, du courage et de l'intelligence il en faut pour écrire un tel livre. Libérée de Dieu, la société (occidentale) s'est jetée dans une nouvelle religion sans spiritualité fondée sur la vérité "scientifique", le "progrès" etc. Revisiter l'histoire de la pensée politique à l'aune de ce constat nous amène aussi bien à Darwin, Lucrèce, Empédocle d'Agrigente qu'à Marx ou Aristote. Mais ce n'est ni lassant ni pédant, Maxence Hecquard utilisant un langage précis et clair, loin du style philosophico-pompeux.

 

Le livre aborde aussi les méfaits de la démocratie, comme le droit d'ingérence militaire ou la religion des droits de l'homme qui se mue en entité d'obédience totalitaire. On dit parfois que la démocratie est le meilleur des régimes...faute de mieux.

 

Source: Commentaires du livre sur Amazon

La video de Maxence Hecquard qui présente son livre :

Extrait :

 

Pierre Magnard : "Ce livre de M. Maxence Hecquard, j'oserai me l'approprier en disant que mes meilleurs livres, ce sont mes élèves qui les ont écrit !

Nous avons en effet dans l'oeuvre de M. Maxence Hecquard un livre désormais incontournable. La démocratie, c'est le leitmotiv de tous nos politiques, moralistes, voire théologiens aujourd'hui, on a droit à cela tous les jours. Mais sait-on seulement ce que le mot veut dire ? Sait-on seulement si la monnaie que l'on fait circuler est en quoique ce soit fiable ?

Je ne trouve dans notre littérature contemporaine qu'un livre qui ait fait la généalogie de l'idée moderne de démocratie à partir de l'Antiquité et qui essaie d'en comprendre aujourd'hui l'usage, le succès, l'imposture. C'est le livre de Maxenxe Hecquard. A l'origine, il y avait une thèse en Sorbonne, que j'avais l'honneur de diriger. Au terme, il y eut bien plus : un livre qui en est à sa troisième édition, car il est devenu l'ouvrage incontournable, l'ouvrage de référence, le seul ouvrage qui nous permette d'y voir clair. Il ne s'agit pas d'un pamphlet, il ne s'agit pas d'un procès de la démocratie; il s'agit de prendre celle-ci dans toute son ancienneté, de la reprendre dans son origine grecque, de retrouver la démocratie athénienne, celle de Périclès, de voir comment elle fut  contournée, dérobée, détournée, subvertie, et de montrer à quelles falsifications elle a pu donner lieu à travers les siècles pour en venir jusqu'à notre actualité.

C'est tous les jours qu'on nous rabat les oreilles de la démocratie par-ci la démocratie par-là. Il faudrait savoir de quoi il en retourne, savoir ce que c'est, et c'est là justement que le travail énorme accompli par Maxence Hecquard, qui de plus a une formation juridique, est très éclairant à ce propos. Je ne vois rien d'autre à comparer.

Par le passé, certes, on peut renvoyer à la Démocratie en Amérique de Tocqueville, qui représenta un moment de la conscience européenne. Mais, hors de cette référence qui reste une référence obligée, il n'y a rien eu qui tira au clair ce prestige qu'exerce encore sur tous les esprits le mot démocratie : quand on a dit démocratie, il semble qu'on ait invoqué la Loi et les prophètes. Au nom de la démocratie on peut tout justifier [NdCR. Ex: la "croisade de la démocratie" de Bush en Irak sur la base du mensonge des fioles de Colin Powell prouvant l'existence d'armes de destructions massives dans ce pays. Depuis, l'emploi du mot démocratie est discrédité aux Etats-Unis]. Ce qui est contre la démocratie est nécessairement diabolique, pour ne pas dire démoniaque, et dès lors la démocratie fait la loi. Mais qu'est-ce que cette démocratie? A entendre les politiciens, c'est sur le mode incantatoire qu'ils invoquent la démocratie. C'est une sorte d'invocation purement verbale. Il faudrait en finir avec cette logorrhée et essayer de penser une bonne fois ce que cela peut être, si nous voulons, nous en 2017, échapper une fois de plus à la subversion qu'on nous impose, au nom d'une sacro-sainte démocratie, dont on ne sait pas ce qu'elle est.

J'ai tenu à préfacer ce livre, cette préface m'honorant, beaucoup plus qu'elle n'honore l'auteur de l'ouvrage." (Pierre Magnard.) 

Maxence Hecquard :

 

C'est une référence désormais universelle. Personne n'ose se dire contre la démocratie. Même nos papes en font l'apologie. Hors, la démocratie, qu'est-ce que c'est ? Lorsqu'on fait une étude de vocabulaire, on s'aperçoit que ce n'est pas qu'une question de politique. Lorsqu'on dit que tel club de tennis n'a pas un accès très démocratique, mais qu'est-ce que cela veut dire? Lorsqu'on dit que tel vêtement, un blue jean, est plus démocratique qu'une cravate, qu'est-ce que cela veut dire? Donc on voit bien que le concept dépasse amplement la sphère politique.

 

La démocratie, aujourd'hui, présente tous les traits de ce que les philosophes ont appelé des idéologies.

 

Une idéologie, selon la définition de Raymond Aron, c'est "un ensemble de propositions de fait et de jugements de valeur". Et effectivement, la démocratie se dit fondée sur un certain nombre de faits. Par exemple: la souveraineté du peuple, le fait que la Révolution française ait été un véritable mouvement populaire, d'un peuple qui souhaitait se libérer des 'tyrans' que constituaient les rois de France. C'est considéré comme un fait historique. Aujourd'hui encore que le peuple dirige, que le peuple peut diriger. Et puis à côté de cela, on constate qu'il y a énormément de valeurs, qui sont des éléments de nature morale, comme le disait Nietzsche, mais qui sont sans rapport direct avec les propositions de fait. Alors qu'est-ce que les valeurs de la démocratie ? Vous les connaissez, c'est 'liberté, égalité, fraternité'. Mais cela va bien au-delà. On va dire aujourd'hui que la rigueur scientifique est une valeur démocratique, que la nature est une valeur démocratique, et on va mettre énormément de choses là-dedans.

 

En réalité, la démocratie est un système de valeurs.

 

Maritain nous dit que (la démocratie) c'est une "philosophie générale de la vie humaine".

Et l'on constate que la démocratie est devenue hégémonique à un moment précis de l'histoire, tout simplement après la Seconde guerre mondiale, en 1945. La démocratie, de fait, devient une référence obligée. Alors, vous connaissez peut-être cette anecdote de la correspondance entre le général de Gaulle et René Cassin et le général de Gaulle ne voulait pas utiliser le mot démocratie, parce qu'il disait "nos militants se méfient de la démocratie." Parce que pour eux, la démocratie, c'était la IIIe république, un régime de corruption, un régime où les gouvernements changeaient tout le temps, et ils se disaient "ce n'est pas une bonne chose de se référer à la démocratie dans le combat que l'on mène contre le nazisme." Et, pourtant, de Gaulle va engager Jacques Maritain (1882-1973) pour rendre ce concept de démocratie populaire. Et Maritain va écrire un livre sur la démocratie, qui va être publié par les services américains, et parachuté en France en 1942 de manière à faire basculer l'opinion, qui à l'époque était majoritairement pétainiste, et pour accoutumer, les Français, notamment un peu catholiques avec ce concept de démocratie. Maritain, vous le savez, sera nommé par de Gaulle, ambassadeur à Rome, et il deviendra très proche du pape Paul VI (1963-1978), et il aura une influence très importante sur le Concile Vatican II. Et donc vous voyez, la démocratie, elle devient hégémonique après la IIe Guerre mondiale.

 

A partir de ce moment-là, sans que personne ne s'y réfère plus, s'y j'ose dire. Alors si on veut aller plus, qu'est-ce qu'il y a derrière cette idéologie ? Parce que l'idéologie, il y a forcément quelque chose derrière, il y a forcément une espèce de conception de la nature, ce que les philosophes appellent une métaphysique, c'est-à-dire une vision du monde. Il est essentiel pour nous de cerner quelle est la métaphysique sous-jacente à la démocratie.

 

Tout d'abord, il faut bien prendre conscience que la démocratie (et je crois que cela fait partie de son essence) est une négation. La Révolution française qui marque en quelque sorte la naissance de la république dans notre pays en Europe et dans le monde, la Révolution française qui donc marque la naissance de la démocratie comme régime hégémonique est une négation. Et la négation de quoi ? Tout d'abord la négation de l'Ancien Régime, une négation de l'Ancien ordre. Une négation de ce que Aristote a appelé les "communautés naturelles". Qu'est-ce que c'était que les communauté naturelles ? Le livre De La Politique d'Aristote, nous explique que le monde s'organise autour des familles, que les familles constituent des villages, que les villages constituent eux-mêmes des Etats, et il y a ainsi un système de poupées russes, si j'ose dire. Et Aristote nous explique que ce sont des créations de la nature. Et tout l'Ancien Régime était organisée autour du respect de ces communautés naturelles qui existaient en tant que telles.

 

La Révolution française va balayer tout cela. Vous le savez tous, ces premières lois consisteront à abolir toutes les associations, à autoriser le divorce, à évidemment nier les nations, et aujourd'hui, force est de reconnaître que la démocratie dans laquelle nous vivons ne reconnaît plus ces communautés naturelles comme des entités juridiques ayant un poids en tant que telles. Vous savez que le mot famille, qui certes, est utilisé légèrement dans le code civil mais n'apparaît pas dans nos constitutions, il apparaît dans certaines déclarations de l'O.N.U., mais de façon extrêmement ténue. Et force est de constater que toute la législation dans les démocraties aujourd'hui est entièrement dirigée, je ne vais pas m'appesantir là-dessus, vous le savez parfaitement, contre les structures familiales, contre les structures de nations. Aujourd'hui, on n'ose même plus parler de nations, c'est suspect. Parce que, qui dit nation, dit nationalisme, qui dit nationalisme, dit extrême-droite, qui dit extrême-droite dit ennemi de la démocratie. Donc vous voyez bien, que toutes ces communautés naturelles ont été combattues par la démocratie. Alors, pour être remplacées par quoi ? Et bien, pour être remplacées parce que les philosophes ont appelé l'individualisme. Qu'est-ce que c'est que l'individualisme ? L'individualisme, c'est précisément n'appartenir à aucune communauté, être un individu. Rousseau nous dit que l'homme est un tout parfait et solitaire, c'est-à-dire qu'il se suffit à lui-même, qu'il n'a pas besoin pour vivre d'appartenir à une famille. Sous l'Ancien Régime, on se définissait essentiellement par l'appartenance à sa famille. C'est pour cela qu'on disait "je suis le fils de Jean", "je suis le fils de Pierre". Et on retrouve cela dans les noms (Peterson, fils de Pierre; Simon Bar-Jona, fils de Jonas). La définition de l'être humain se fixait par l'appartenance à une lignée. Il n'y a plus rien de tout cela aujourd'hui. On choisit son nom, et l'individu né dans une famille, qui très souvent est recomposée, et donc dénuée de toute stabilité. Et l'individu va lui-même fonder plusieurs familles au cours de sa vie, avoir des enfants avec plusieurs conjoints, et ensuite il laissera derrière lui une postérité qui portera ou ne portera pas son nom. Donc la démocratie, en fait, s'adresse (et le régime politique) à des individus et non plus à des communautés.

 

http://www.univ-montp3.fr/pictura/Images/A/1/A1828.jpg Alors, me direz-vous, comment est-ce possible ? Hé bien, Rousseau, et le mouvement des Lumières, nous explique que les communautés naturelles n'existent pas, puisque la nature ne créée par des communautés, mais les hommes sont (c'est tout la peinture de Jean-Jacques Rousseau) nés dans la forêt et vivent dans la forêt.

 

Et un jour ils ont simplement décidé, pour des raisons essentiellement économiques, pour protéger une sorte de propriété qui les arrangeait, ils ont décidé de constituer un contrat. Qu'est-ce que c'est que ce contrat? Ce contrat, c'est un accord, donc c'est de nature contractuelle (qui dit contractuel, cela veut dire un accord commutatif), un accord bilatéral, multilatéral ou où se met d'accord pour respecter un certain nombre de lois, et pour éviter quelque part les conflits.

 

Alors, voilà le système du "Contrat social". Et ce contrat social est souverain.

Qu'est-ce que cela veut dire qu'il est souverain? Cela veut dire que la souveraineté, c'est le fait de ne pas avoir de chef au-dessus de soi. On nous dit que la souveraineté populaire, c'est le peuple qui décide de sa propre loi. Mais il y a là une contradiction profonde qu'on ne relève pas. Si l'on est souverain, on n'a pas besoin de loi. Quand on est souverain, on fait la loi. Donc, si la Souveraineté populaire c'est d'être soumis à la loi que l'on se donne, c'est contradictoire. Pourquoi le peuple, s'il est Souverain, se donne-t-il des lois ? Nous allons voir pourquoi.

Les philosophes nous expliquent que le peuple est souverain, mais tous les philosophes reconnaissent que le peuple ne sait pas gouverner. Montesquieu, le premier nous dit "le peuple est incapable de gouverner les affaires". Soit il va trop vite, soit il va trop lentement. Et, nous dit Montesquieu, il ne sait faire qu'une chose, c'est désigner de bons gouvernants, mais il ne sait pas gouverner lui-même. Et le professeur Magnard a parlé de Tocqueville.

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRJ08Rnvmi3Xd46HmfW8mlKbxy3-0odjJFf-tDqvN8eDlGTebtQ&t=1 Mais Tocqueville, qui n'a pas étudié la démocratie dans des livres, qui l'a étudiée aux Etats-Unis où elle existait à son époque, nous dit "le peuple est incapable de choisir de bons gouvernants".

 

Ha bon ? Alors, ce "peuple souverain" est incapable de gouverner, il est incapable de choisir de bons gouvernants, comment est-ce que cela fonctionne ?

 

On nous explique : "cela fonctionne en fonction de la représentation populaire", "le peuple choisit". Mais cette représentation populaire, Rousseau la rejette. Rousseau nous dit : "la souveraineté ne peut pas être déléguée".

Ceux qui parmi vous qui ont des enfants savent que la paternité ou la maternité, cela ne peut pas se déléguer. Vous avez des enfants, "vous pouvez leur dire, fais ceci, fais cela, je te donne quelque part la possibilité tout seul sur tel et tel point". Mais vous ne pouvez pas abandonner votre paternité. Si il y a un problème, ils reviendront vers vous pour avoir la solution. La souveraineté c'est exactement la même chose. Vous ne pouvez pas déléguer votre souveraineté, le fait de ne pas avoir de chef au-dessus de vous, vous ne pouvez pas le déléguer à quelqu'un d'autre (c'est ce que nous dit Rousseau).

Il (Rousseau) nous dit de même, "la souveraineté ne peut pas se diviser".

Or, on nous dit que la souveraineté est divisée en pouvoir législatif, en pouvoir exécutif, et en pouvoir judiciaire.

Qu'est-ce que cela veut dire d'être souverain si on n'est souverain que sur un point particulier et pas sur le reste ?

Donc, vous voyez que la démocratie est en réalité pleine de ces contradictions.

 

Tout ce que je vous dis n'est pas très original. Je n'ai pas inventé tout cela. Beaucoup d'autres penseur l'on dit [1], et sans doute beaucoup mieux que moi. Mais je pense qu'il est nécessaire de faire ces quelques rappels pour comprendre ces contradictions.

 

Alors, en réalité, nous savons bien que le peuple ne gouverne pas. Nous savons bien que nous ne gouvernons pas. Nous savons bien que notre pays est gouverné par une élite [2], que cette élite se reproduit. On peut estimer que l'élite est plus ou moins bonne à son poste, mais néanmoins, cela n'est pas un hasard, si tous les hauts-fonctionnaires sortent des mêmes grandes écoles, si tous les capitaines sortent des mêmes écoles, si leurs enfants héritent bien souvent des fonctions de leurs parents, l'élite s'auto-reproduit. C'est un fait, cela a été observé dans tous les pays, et plus particulièrement dans les démocraties. Or, cette élite, elle est intimement convaincue, persuadée de sa supériorité. Elle sait qu'elle gouverne, mais sauf qu'elle doit respecter le jeu démocratique. Elle doit dire "je suis soumise à la démocratie populaire". Et bien souvent, cette élite méprise le peuple. Néanmoins, elle se plie à la souveraineté. Il y a là une sorte de mensonge. Et je crois qu'il ne faut pas hésite à la dire : il y a dans la souveraineté populaire un mensonge. On dit que le peuple gouverne, alors qu'il ne gouverne pas. Alors voilà lorsqu'on observe de façon très superficielle et très rapide ce qu'est la démocratie, voilà à quoi nous arrivons. Nous arrivons à des contradictions, des contradictions logiques, nous arrivons à la négation de tout ordre naturel. Et nous arrivons à une espèce de mensonge. Alors comment expliquer cela ?

 

Il y a une raison à tout cela, il y a une logique à tout cela. La démocratie, nous allons le voir, est extrêmement cohérente au-delà de ses contradictions.

Pour essayer de comprendre ce système, je pense qu'il faut tenter de se mettre dans l'esprit de nos contemporains. Quels sont les choses, les vérités auxquelles nos contemporains croient le plus ? Et bien, je pense que nos contemporains, nous tous, ce qui nous paraît le plus solide, c'est ce que l'on a appelé les sciences, les sciences dures, le CNRS, les laboratoires, la chimie, la physique, toutes ces sciences dites dures qui de fait, ont été absolument indispensables dans le progrès technologique, que nous constatons et qui  sont jugés comme des éléments absolument incontestables du monde moderne.

Or, cette hégémonie de la science n'est pas tout à fait nouvelle. Descartes lui-même dans son "Discours de la méthode" nous dit que les hommes vont se rendre maîtres et possesseurs de la nature. Et au XIXe siècle, on a vu fleurir un espèce de scientisme, c'est-à-dire une sorte d'idéologie, qui mettait les sciences expérimentales au-dessus de toutes les autres, alors que sous l'Ancien Régime, les sciences les plus nobles c'était la philosophie, la théologie, le droit, ce genre de choses.

 

L'épicurisme et le darwinisme, la croyance dans un monde en progrès

 

Alors que nous disent les sciences sur le monde dans lequel nous vivons ?

Charles Darwin 1880.jpg Hé bien les sciences, nous disent, depuis Darwin que le monde est en évolution. Et c'est jugé comme étant une vérité scientifique. Les hommes, dit Darwin, sont arrivés par hasard sur la surface de la terre, ils ont évolué, ils se sont organisés et ils ont connu un certain progrès technologique. Alors, évidemment cette théorie de Darwin correspond à la théorie de Rousseau (le "tout parfait et solitaire d'un homme sylvestre").

En réalité, cette théorie darwinienne qui est jugée scientifique, n'est pas nouvelle. Elle correspond à une philosophie très ancienne, c'est la philosophie d'Epicure (connu par son disciple Lucrèce) qui consiste à dire que le monde est arrivé par le hasard de la concrétion des atomes.

Or, aujourd'hui tout le monde se dit épicurien. Si vous entendez les philosophes qu'on lit dans le journal : Michel Onfray, Luc Ferry, André Comte-Sponville, tous se réfèrent à Epicure. On peut sourire, mais ce sont des philosophes que l'on doit estimer, il me semble, mais ils se réfèrent tout simplement à l'épicurisme, et pas uniquement pour des raisons hédonistes, plutôt pour des raisons cosmologiques. Nous allons y revenir.

 

Epicure a été redécouvert dans un monastère alsacien au début du XVe siècle. Et donc on a lu au travers du manuscrit de Lucrèce Sur la nature des choses, c'est-à-dire sur l'origine du monde; et de fait l'épicurisme est revenu en Occident par la conception du monde. On a commencé par s'interroger sur la question de l'infini du monde, est-ce que le monde, est-ce que le cosmos est infini ? Est-ce qu'avec nos téléscopes nous voyons toutes les planètes, est-ce que derrière la plus lointaine des planètes il y en a encore une derrière ? Est-ce que si nous montions dans un vaisseau spatial qui serait capable d'aller jusqu'à cette lointaine planète, est-ce que l'on peut dire qu'il y en aurait une autre derrière ? Et alors les philosophes ont butté sur cette difficulté qui est une difficulté en fait très ancienne, puisque déjà un ami de Platon, s'y était confronté, Archytas de Tarente, et il disait "le monde ne peut pas être fini parce que je pourrai toujours lancer mon javelot au-delà de la fin du monde". Donc le monde est infini. Et alors, si le monde est infini, nous dit-on, il y a de nombreuses planètes habitées, et de fait, Epicure, Lucrèce, nous disent qu'il y a plusieurs planètes habitées, et cette pluralité des mondes habités, va être très populaire dans la philosophie du XVII ou du XVIIIe siècle. Voyez le grand Emmanuel Kant, qui est l'un des principaux penseurs modernes. Son premier grand ouvrage, Le Traité du Ciel, développe toute une théorie de la pluralité des mondes habités. Et à la fin de sa vie, Kant, je crois en 1797, a écrit un petit traité Sur les lunes, où il reprend sa théorie sur les mondes habités. Et il considérait que toutes les planètes du système solaire étaient habitées. Et plus les planètes étaient proches du soleil, plus les gens étaient frustes, et plus elles étaient éloignées du soleil, plus les gens étaient développés, intelligents. Et, disait-il, les habitants de Vénus sont des singes, et les habitants de Saturne sont des Newton. Vous voyez que toutes ces questions cosmogoniques, sont devenues populaires à partir du XVIe siècle et ont progressé dans l'esprit des philosophes au XVIIe et XVIIIe siècle. Cela va également avec la théorie atomiste, qui va être popularisée par Gassendi au XVIIe siècle, Gassendi qui était professeur au Collège de France. Et avant Gassendi, je crois qu'il faut évoquer également la figure de Giordano Bruno, qui croyait à l'infini du monde, qui croyait à la pluralité des mondes habités, à l'atomisme, également. Donc, vous voyez que la vision, la perception du monde dans lequel du monde a complètement changé à partir de la redécouverte de Lucrèce et d'Epicure. Alors l'univers est désormais infini, il y a des mondes habités en grand nombre. Les êtres sont composés d'atomes qui sont réunis au hasard. Alors évidemment la Genèse est fausse. La première conclusion de tout cela, c'est que la Genèse est fausse. Et de fait, on va effleurer les prémisses du transformisme dès le XVIIe siècle. Cela n'est pas Darwin qui a inventé le transformisme, on y trouve les premières traces chez Vanini, qui écrit au tout début du XVIe siècle dans les années 1610 et il nous explique que les hommes sont issus du perfectionnement de la semence des guenons et des singes. Donc, vous voyez au début du XVIIe siècle, il y avait une théorie transformiste. On en trouve les traces dans Vanini, c'est quelqu'un qui écrit au tout début du XVIIe siècle, dans les années1610, et il nous explique que les hommes du perfectionnement de la semence des guenons et des singes. Et donc, vous, voyez, déjà au début du XVIIe siècle, il y avait une théorie transformiste. Cela se reprit au XVIIe siècle, par (et) les Lumières. Vous avez des gens comme Benoît de Maillet, qui publie de façon anonyme un ouvrage qui s'appelle le Telliamede (1755) (théorie sur l'histoire de la Terre qui influença les naturalistes des Lumières tels Lamarck et Darwin et rompit avec le mythe du déluge biblique. NdCR.), dans lequel il croyait aux sirènes, qu'il y avait des 'hommes marins', et, ambassadeur en Afrique, il colportait toutes les légendes d'Afrique, et il croyait qu'il y avait des 'hommes sylvains' : les hollandais ayant emporté d'Indonésie des Orangs-Outans, il considérait que les Orangs-Outans étaient des hommes sylvains. Et il pensait que les hommes étaient issus d'une certaine évolution. Ce sera repris par Diderot, qui dans Le Rêve de d'Alembert (1769) a des propos transformistes : il propose d'ailleurs, que les hommes s'accouplent aux animaux pour créer des races utilitaires. Il dit par exemple, que si les hommes s'accouplaient aux chèvres, on pourrait faire des domestiques très résistants et très utiles. [Maxence Hecquard précise dans son livre : "Le XVIIIe siècle est ainsi convaincu d'une chose : la Genèse est une fable. Les hommes et les singes ne sont pas si différents". (3e édition, p. 269). NdCR.]

 

Kant, va reprendre ces théories, et expliquer que la nature, en quelque sorte, se déploie, qu'elle progresse. Et comment cela ? Et bien, au hasard. Alors qu'est-ce que c'est que le hasard ? Vous avez dans Aristote, dans La physique, toute une théorie du hasard, qui est très profonde. Aristote dit que le hasard est simplement une causalité que l'on ne peut pas expliquer parce qu'elle est trop fine, elle est trop petite.Par exemple, quand vous jetez un dé, vous ne pouvez pas savoir quelle est la face qui va sortir parce qu'il y a trop de paramètres. Donc, vous ne savez pas si c'est un deux ou un six qui va sortir, parce que cela dépend du mouvement de la main, de la résistance de la table. Donc, c'est en dehors, nous dit Aristote, du domaine de la raison. Et donc, cela peut tout juste faire l'objet de probabilités, d'un raisonnement mathématiques de probabilités. Et le hasard moderne, tel qu'il va être repris par les scientifiques au XIXe siècle, et surtout au XXe siècle, c'est tout simplement cette notion mathématique.

 

Et lorsque Darwin vient nous expliquer, à partir de collections naturalistes de coquillages, l'évolution des espèces par une certaine sélection, il va en quelque sorte valider scientifiquement, la théorie d'Epicure.

 

Auparavant, à l'époque d'Epicure, à l'époque de Gassendi, à l'époque de Diderot, de Kant, c'était des considérations philosophiques, c'était une cosmogonie parmi d'autres cosmogonies. Darwin va marquer cela d'un sceau scientifique, en disant "moi je vous le prouve parce que mes expériences aux îles Galapagos montrent qu'il y a une évolution des espèces". Cela n'est plus une vérité philosophique (je vous rappelle que la philosophie est désormais une science molle), c'est une vérité scientifique, biologique. C'est donc une science dure, c'est donc certain. On ne peut pas mettre cela en doute. Le monde est donc en progrès. Et il provient du hasard.

 

Et donc, au moment de la Révolution française, quelqu'un comme Condorcet, va écrire un livre qui s'appelle L'Esquisse des progrès de l'esprit humain, où il dépeint les étapes de l'évolution humaine. Et la grande différence avec la philosophie d'Epicure, c'est qu'il introduit la notion de progrès. Il dit "demain sera meilleur qu'hier". Et le progrès est accumulation. Et donc cette évolution n'est pas erratique, elle ne va pas vers le désordre ou le chaos. Non, on a des êtres de plus en plus complexes, et on a de plus en plus de rationalités. Or, désormais, l'évolution de l'homme ne se fait plus par son corps, même par son intelligence, elle se fait au niveau de la société, en tout cas dans l'histoire que nous sommes et que les individus peuvent mesurer. Car il est évident que si nous avons des évolutions physiques dans notre corps (on dit que nous sommes un peu plus grands que nos aïeux, c'est possible), mais cette évolution est tout à fait à la marge, et on ne voit pas de grandes différences avec nos aïeux.

 

Donc, l'évolution, désormais, elle est sociale, elle est dans la société. Et si donc, cette évolution est mue par le hasard, comment faire que les hommes s'entendent, pour qu'ils ne s'entretuent pas, pour qu'ils vivent en harmonie ?

 

S'il n'y a plus d'ordre dans la nature, s'il n'y a plus de communautés naturelles, il n'y a plus qu'un seul moyen, et ce moyen c'est la loi. C'est-à-dire l'Etat de droit. Donc, la société est désormais le lieu de progrès de l'espèce humaine. Et le coeur de cette société, c'est la loi qui permet aux hommes de vivre en harmonie, les uns avec les autres. L'Etat de droit est donc en quelque sorte la condition de l'évolution de l'espèce humaine, la condition de son progrès. Et c'est pourquoi, il est si important, comme nous allons le voir.

 

Car, enfin, nous savons bien, que la perfection n'est pas de ce monde. Et nous savons bien que l'Etat de droit n'est jamais parfait. Nous savons que la démocratie est imparfaite et pourtant elle est une obligation morale.

 

Le début de mon exposé s'est ouvert par là. Je vous ai dit qu'aujourd'hui, personne ne pouvait s'opposer à la démocratie, ce serait un crime, ce serait une déviance, ce serait une hérésie. Pourquoi, parce que la démocratie n'est qu'un but à atteindre.

 

La démocratie : un but à atteindre

 

La démocratie n'est qu'un idéal. Et cet idéal n'est jamais atteint. Mais toutefois, cette loi que l'homme se doit de respecter (Kant écrit "agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en lois universelles de la nature"), chacun par sa liberté, va se donner des maximes morales qui peuvent devenir des lois pour l'ensemble des individus. Et la loi va être sacralisée. Ainsi, la démocratie est, finalement, la condition de la liberté, la condition de l'espèce humaine, et finalement, c'est la seule chose qu'il faille respecter. Et c'est pourquoi, la principale valeur de la république, c'est la république elle-même !

 

Mais une fois que l'on a dit cela, ce n'est pas très enthousiasmant pour les peuples. Ce sont des considérations un peu théoriques, un peu philosophiques, notre homme de la rue ne sait pas ce que c'est que l'Etat de droit. Il ne va pas réfléchir de façon très approfondie sur ce que sont les droits de l'homme, sur l'importance de la loi. Alors on appelle à la rescousse la religion. Et c'est Kant lui-même qui le fait

 

La religion appelée à l'aide de la démocratie

 

Kant nous dit que face à l'épreuve du mal, notamment, et pour aider les hommes à respecter la loi, et la morale qu'ils se donnent, la religion (ce qu'il appelle le poème des prêtres), est très utile, essentielle. Il nous dit qu'il y a deux types de religion. Il y a des religions historiques (c'est le christianisme, le bouddhisme, le judaïsme ou l'islam), et toutes ces religions historiques sont très valables, parce qu'elles sont le produit d'une culture, d'une histoire, dans un endroit donné à un moment donné. Mais, nous dit, Kant, il y a une religion supérieure à toutes ces religions, et ce qu'il appelle la foi pure de la raison. Au-delà de toutes ces religions historiques, il y aurait pour Kant une religion de la foi pure de la raison, qui permettrait à toutes ces religions de se réunir, et aux hommes de devenir meilleurs, et de supporter les épreuves de la vie. Et donc, Kant va nous dire - et nous sommes à la fin du XVIIIe siècle -, que la religion est légitime quand elle défend la raison. Et il dit que le royaume de Dieu de la foi rationnelle, ce sera bien difficile de l'atteindre.

 

Et bien aujourd'hui, nous y sommes. Un philosophe comme Jules Ferry nous dit que nous sommes dans une époque formidable où le divin s'humanise et où l'humain se divinise. "Que le divin s'humanise": c'est-à-dire que l'on ramène toutes ces religions historiques à leur substrat rationnel, et "que l'humain se divinise" : c'est-à-dire que les hommes, en utilisant la moralité qui lui donnent, ce qu'il appellent "ces valeurs hors du monde", parce qu'elles ne sont pas produites par la nature, elles sont produites par le coeur de l"homme, Luc Ferry nous dit que l'homme devient comme un Dieu. Et il reprend le mot de Bergson, "l'univers est une machine à faire des dieux".

 

Et voilà le projet de la démocratie, la démocratie va nous permettre d'épanouir notre liberté. Et en permettant à la liberté de faire ce qu'elle doit faire dans les limites de la loi, elle permet à notre espèce de progresser et approche de l'omega du divin. C'est Teilhard de Chardin.

 

Combien de doigts François lève-t-il maintenant ? Amoris Laetitia et la Soumission Ces théories qui sont une acclimatation de la philosophie des Lumières aux religions historiques, au christianisme, par exemple, elles vont rentrer dans ces religions historiques. Et pour la religion catholique, qui est la mienne, que je connais mieux, mon analyse, est que cette philosophie est rentrée notamment au moment du Concile Vatican II, dans la religion catholique. Sous quelle forme ? Précisément, sous la forme de la déclaration Dignitatis humanae, où la religion catholique reconnaît qu'elle n'a pas plus de droit que les autres, et c'est quelque part, faire une sorte de démocratie entre les religions, de manière à faciliter l'identification de la foi rationnelle. Et donc, de fait, l'Eglise bien, souvent aujourd'hui, va devenir le vecteur principal des valeurs de la démocratie. Et c'est pour cela que les papes en parlent et qu'ils parlent tant des droits de l'homme. Et les religions vont prôner une sorte de charité universelle qui sera beaucoup plus puissante pour maintenir la paix entre les hommes, que ne l'est la loi elle-même. Car la loi est sèche, et stricte, alors que la charité est humaine.

 

De la démocratie au mondialisme

 

Parallèlement à la conversion des coeurs, il faut la conversion des nations, car les nations sont antagonistes Pourquoi sont-elles antagonistes ? Parce qu'elles ne sont pas unies par des lois. Parce qu'elles sont indépendantes. Et donc, la démocratie qui existe au niveau des nations doit exister entre les nations.

Et ce projet de paix perpétuelle, est en réalité un projet ancien. Les premiers projets de société des nations datent des légistes de Philippe le Bel, cela a été repris par Sully, par l'Abbé de Saint-Pierre au XVIIIe siècle, et puis Kant lui-même en fera plusieurs livres sur ce thème (il a écrit le livre "Le Projet de paix perpétuelle", et le livre "L'idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique") et il explique que la paix entre les nations est essentielle, car la paix est toujours essentielle à la liberté.

 

Aujourd'hui, on parle beaucoup du "mondialisme", qui n'est rien d'autre qu'un système démocratique entre les nations. Et le projet de paix perpétuelle de Kant, en fait, c'est l'ancêtre de la Société des Nations et de l'O.N.U.. Et de fait, le mondialisme, peut-on dire, en tout cas il le proclame, aurait permis une certaine paix dans le monde depuis la Seconde guerre mondiale. Ce point peut être discuté, néanmoins c'est l'objectif qu'il s'est donné.

 

Du mondialisme au cosmopolitisme

 

Au-delà de cela, et de ce projet de paix entre les nations, en filigrane du mondialisme, il y a une autre idéologie, qui est le cosmopolitisme. Le cosmopolitisme, c'est l'indifférence à la nation. C'est le fait de dire peu m'importe que ma voiture soit japonaise ou espagnole, ou française, ce qui compte c'est qu'elle me plaise, qu'elle est les formes et la couleur que je recherche. Et donc, le cosmopolitisme, c'est une visée peu une vision consumériste du monde. C'est l'idée que tous les individus que nous sommes, peuvent jouir des richesses du monde entier, de chaque nation. Et d'ailleurs, pendant des siècles, le cosmopolitisme a été une coquetterie de riches, en fait. Les cosmopolites, c'était les grands aristocrates, qui pouvait se permettre de voyager, évidemment dans des conditions favorables, et de profiter en fait de toutes les richesses du monde.

 

Et donc aujourd'hui - et c'est ce qu'il y a derrière le tourisme de masse -, que tous et chacun nous pouvons profiter des richesses du monde entier.

 

Le mondialisme s'accomoderait-il de Trump et du Brexit ? Alors je vous laisse juges de savoir si cette démocratie universelle, a produit ce qu'elle avait promis ? A savoir, le bonheur ? Les Lumières nous promettaient le bonheur. L'Ancien Régime, le Moyen Âge n'a jamais promis le bonheur : on ne promettait que la Croix, que le sacrifice. Le bonheur n'était promis que dans l'au-delà.

 

Le projet de paix de la démocratie est un projet du monde. Il s'agit de trouver la prospérité en ce monde, et de rendre les gens heureux en ce monde. Est-ce vraiment le cas ? Chacun d'entre nous peut répondre à cette question.

 

Ce que l'on peut constater c'est que la démocratie, aujourd'hui, en quelque sorte, est en difficulté. Pourquoi est-elle en difficulté ? Précisément en raison de son succès. Parce que les frontières sont tombées, parce que les communautés naturelles ont disparu, les mouvements du monde, entre les gens, entre les pays, sont de plus en plus nombreux et de plus en plus forts.

Et la démocratie se voit contrainte de réunir des éléments de plus en plus hétérogènes. Et c'est la raison pour laquelle elle doit être de plus en plus forte. Il est évidemment beaucoup plus difficile de maintenir la paix sociale lorsqu'il y a des ethnies différentes, des gens de religions différentes dans un pays, des gens qui viennent de tous les horizons, lorsqu'il y a des mouvements migratoires massifs. C'est extrêmement difficile. Donc, on voit bien que la démocratie est condamnée à être chaque jour plus forte, plus policière, plus armée, mais n'est-ce pas dire qu'elle deviendra chaque jour plus totalitaire. Et je terminerai là-dessus, c'était la crainte qu'avait Tocqueville, justement. Et il nous met en garde. Je cite son texte : 

 

http://www.viveleroy.fr/IMG/arton71.jpg "Contre ce despotisme que les nations démocratiques ont à craindre. Ce despotisme serait plus étendu et plus doux, il dégraderait les hommes sans les tourmenter. je vois une foule innombrable, d'hommes semblables et égaux, qui tournent sans repos sur eux-mêmes, pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leurs âmes, chacun d'eux retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres. Ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine. Au-dessus de ceux-là s'élèvent un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leurs jouissances, et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre. L'égalité a préparé les hommes à toutes ces choses, elle les a disposé à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait. J'ai toujours cru qu'il ne serait pas impossible à cette sorte de servitude réglée, douce et paisible, de s'établir à l'ombre même de la souveraineté du peuple."

 

Fin de la conférence.

En fin de conférence, Maxence Hecquard ajoute que

 

"la démocratie est quelque part mensongère, et aujourd'hui, si elle est en difficulté, c'est parce qu'elle est un système contraire à la nature, et la nature se réveille. ... On nous a dit que la mondialisation serait la clé, la recette magique de la prospérité et du bonheur des peuples. Aujourd'hui on fait face à un chômage massif, les gens n'arrivent plus à boucler leurs fins de mois: il est normal qu'ils remettent en cause le système qui leur a menti."

Les questions :

 

Question : "Vous avez parlé de l'instrumentalisation de la religion au service de la démocratie empêtrée dans ses contradictions ?"

 

Saint Thomas d'Aquin, Dominicain, docteur de l'Eglise (1225-1274) - Mémoire Maxence Hecquard: Il me semble que l'Evangile prône la liberté, la liberté des enfants de Dieu. Il ne s'agit pas de laisser la liberté à la démocratie. Personne n'a attendu Epicure et Rousseau pour prôner une véritable liberté. Toute la question est de savoir qu'est-ce que c'est que la véritable liberté ?

 

Et donc, la liberté orthodoxe de S. Thomas est de dire que la liberté, c'est le choix des moyens, mais jamais contre la loi de Dieu. Et personne ne nie il n'y aurait pas d'amour s'il n'y avait pas de liberté. Et donc la liberté est un élément essentiel de la nature humaine. Mais il ne s'agit pas d'abandonner la liberté à la démocratie.

 

Question : Churchill a écrit : "La démocratie, c'est le pouvoir des poux de devenir des lions." Quant à Voltaire, il a écrit : "En matière d'argent, tout le monde est de la même religion".

 

M. H. : "La démocratie est en quelque sorte un mensonge, puisqu'elle nous dit : Vous serez dieu, et vous dirigerez". Alors quand Churchill dit vous êtes un poux, mais je vais faire de vous un lion, c'est flatteur, et évidemment, pour les petits que nous sommes, il est flatteur d'être qualifié de souverain. Et c'est d'ailleurs certainement une des raisons de la stabilité de la démocratie. Qui s'opposerait à un régime qui vous dit que vous êtes le chef ?

 

Réponse dans le public : "Ceux qui n'en ont ni le talent, ni l'envie".

 

M. H. : "Certes, mais bon, cela ne les dérange pas. Vous voyez, même si vous ne participez pas au vote et à la démocratie, on vous dit que vous avez les mêmes droits que le président de Renault, ou le chef d'Etat major des Armées. C'est flatteur. Vous n'allez pas vous plaindre. Et certes, c'est un mensonge, vous n'y croyez pas vraiment".

 

Pierre Magnard: "La démocratie, c'est ce que nous voyons tous les jours. C'est ce qui fait que le premier imbécile venu est candidat aux primaires".

 

M. H. : "Et donc je pense que Churchill était démagogue. Ensuite, le second point "en matière d'argent, tout le monde est de la même religion", c'est un des aspects et c'est le dernier chapitre de mon livre, où je dis s'il n'y a plus de communautés naturelles, si l'esprit et la matière sont la même chose, s'il n'y a pas d'ordre dans le monde, qu'est-ce qui reste de commun ? Et bien la matière. La matière, c'est la prospérité, c'est l'économisme, c'est l'argent. Et donc, la démocratie sombre en économisme. Et aujourd'hui, beaucoup de pays se sont convertis à la démocratie, je pense aux pays d'Europe de l'Est parce qu'ils ont espéré qu'adhérer à ce régime, leur procurerait la prospérité". Et de fait, aujourd'hui, la démocratie utilise les richesses pour avancer. Et les mécanismes de redistribution ont des visées essentiellement politiques. Il s'agit de rétablir l'égalité des conditions, l'égalité des moyens de chacun. Donc Voltaire n'a pas complètement tort, mais la seule question est: mais est-ce qu'il n'y a que l'argent dans la vie? Est-ce que nous pouvons réduire notre existence à une dimension monétaire ? Est-ce que l'homme se réduit à la richesse qu'il consomme ?

 

Question : Comment concilier l'homme animal social avec l'individualisme ?

 

L'homme, animal social, c'est la conception d'Aristote. Et cette conception consiste à dire que l'homme ne peut pas être homme véritable s'il n'est pas dans une société. Cela veut dire que si vous êtes seul dans une forêt, vous aurez beaucoup de mal à subvenir à tous vos besoins. Et donc, les hommes ont toujours vécu en communauté. Donc, cette conception aristotélicienne, d'homme comme animal politique, comme animal social, est en soi incompatible avec la conception de Rousseau que j'ai évoquée, qui considère que l'homme, précisément, peut vivre tout seul dans une forêt, qu'il est un "tout parfait et solitaire". Parfait, cela signifie qu'il peut se suffire à lui-même, et s'il est solitaire c'est qu'il ne vit pas en société. Ces deux concepts sont incompatibles. En réalité, il est clair que la conception de Rousseau était une pierre dans le jardin d'Aristote. Alors comment résout-il la difficulté ? Et bien, tout simplement, par le "contrat social".

 

Question : On ne parle pas beaucoup de Dieu, mais le problème de la démocratie, c'est quand même de dire que c'est la loi qui décide de ce qui est bien et mal. On a oublié qu'il y avait une transcendance objective, c'est pour cela qu'on prône la liberté et que c'est totalitaire. Avant, on avait une loi supérieure qu'on respectait. C'est là où l'on a changé. Là, il n'y en a plus. C'est la loi qui décide ce qui est bien et mal. Il n'y aucune limite.

 

M. H. : Vous avez tout à fait raison. Il y a un point que je n'ai pas beaucoup souligné. Je vous ai beaucoup parlé d'Epicure. Et je vous ai dit que la philosophie épicurienne était de mon point de vue sous-jacente aux Lumières, sous une forme ou sous une autre, plus ou moins chez un tel ou un tel. Mais quel est le coeur de la philosophie épicurienne? C'est précisément de dire que le monde s'explique sans l'intervention des dieux, que le monde s'explique par lui-même : il est un tout autosuffisant. Je vous ai parlé de panthéisme, je vous ai dit que la métaphysique sous-jacente à la démocratie était le panthéisme. C'est la même chose que de dire, qu'il n'y a pas un dieu en dehors du monde et qui lui donnerait sa loi.

 

Quand vous dites qu'il y a un dieu supérieur qui nous donne des lois que nous devons respecter, en fait, vous adoptez la perspective traditionnelle qui a été développée par Platon, Aristote, par beaucoup d'autres, qui consiste à dire que le monde ne s'explique pas par lui-même, et qu'on est obligé d'admettre l'existence d'un être premier. Ce que Aristote appelle le "premier moteur", pour rendre compte de l'existence du monde. Et ce premier moteur a donné des règles objectives à ce monde qu'il faut respecter. Et donc, dans l'Ancien Régime, le Roi de France était le lieutenant du Christ. Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu'il était essentiellement un juge. Il était destiné à trancher où se trouvait l'ordre de la nature, à dire le bon ordre de la nature, c'est de faire ceci : il n'était pas souverain. C'est l'histoire de la triple donation de Jeanne d'Arc, qui consiste à dire que le royaume appartient d'abord à Dieu. Et donc la démocratie, vous avez tout à fait raison de dire que l'essence même du concept de souveraineté populaire, c'est en fait, de ne pas recevoir de loi de Dieu : il n'y a pas de loi supérieure aux hommes.[3]

 

Et d'ailleurs les papes se sont prononcés contre cela. La loi sur le Sillon de Saint-Pie X, qui condamne cela, condamne Marc Sangnier qui en 1907 au Congrès de Rouen avait fait un grand discours où il disait "le pouvoir vient du peuple". Et le pape dit : "cela, ce n'est pas catholique, parce que c'est contraire à l'épître aux Romains de Saint Paul : tout pouvoir vient de Dieu."

 

Je n'ai pas eu le temps ce soir de vous parler de Léon XIII, ce que l'on appelé le ralliement : est-ce qu'il est possible d'imaginer une démocratie chrétienne. Léon XIII, évidemment, a bouleversé le point de vue de beaucoup de chrétiens de son époque. J'ai un petit peu étudier cette question-là, j'en ai fait un paragraphe dans cette nouvelle édition. Je suis convaincu pour ma part que Léon XIII était parfaitement orthodoxe. Ce qu'il a voulu éviter, c'est un fait une guerre civile, notamment en France. Si on prend la lettre de ses encycliques (de Léon XIII), la lettre de Au milieu des sollicitudes, ce que propose Léon XIII, ce n'est pas du tout la démocratie moderne que je vous ai décrite ce soir. Léon XIII commence son exposé en faisant une théorie de la Cité, qui est parfaitement aristotélicienne. Et il dit une chose que plus personne ne dit aujourd'hui : il dit que le premier lien de la société, c'est la religion. Donc, sous-entendu, pour Léon XIII, il ne peut pas y avoir de société unie s'il y a plusieurs religions. C'est fort ! Aujourd'hui, qui peut dire cela?"

Les fondements philosophiques de la démocratie moderne (Maxence Hecquard) - La nature totalitaire de la démocratie moderne

Notes

 

[1] « En décrétant législativement que les hommes naissaient libres par nature et par droit, les révolutionnaires ont fantasmé la nature et attribué au droit ce qu'il ne peut pas faire. On n'est libre que par don et l'on se trompe si l'on croit garantir la pérennité d'un don en décrétant qu'il est naturel ou en en proclamant le droit. Un don est beaucoup plus pérenne que la nature (Si les hommes naissaient libres, c'est que cela se ferait naturellement et il est donc contradictoire de le décréter par écrit. Ce qui est écrit est justement ce qui n'est pas naturel et a besoin de cet écrit pour exister ». (J.M. POTIN, Liberté, Egalité Fraternité, in Le Livre noir de la Révolution française, Cerf, Condé-sur-Noireau 2008, p. 421.)

[2] L'historien Patrice Gueniffey dans son livre Histoire de la Révolution et de l'Empire, explique que les élections de juin 1791 se traduisirent par une forte abstention.

« La participation avait atteint son étiage; elle ne devait plus remonter de façon significative, les consultations organisées les années suivantes,... n'ayant jamais mobilisé plus du cinquième des électeurs. ... En l'absence de votants, le système électif se transforme très vite en un système de cooptation, les uns accédant aux charges que les autres viennent de quitter, et réciproquement. La promotion aux responsabilités se fait en circuit fermé : les fonctionnaires peuplent les assemblées chargées d'élire les fonctionnaires. ...La réalité du système répondait à un besoin, celui de la formation d'une classe politique ... qui soit assurée de la continuité en étant délivrée de l'incertitude inséparable du suffrage universel. Mais l'oligarchie née de ces pratiques n'était pas moins un démenti des attentes. On imaginait en effet avec une certaine ingénuité que la vertu première d'un système électif consistait à assurer le renouvellement permanent du personnel dirigeant et l'élargissement constant de son recrutement. On n'imaginait pas que l'élection puisse conduire à la formation d'une "classe" politique distincte du reste de la société ». (Patrice Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, p. 86-88).

[3] Ce que Jacques Chirac avait résumé dans la formule : "pas de loi morale au-dessus de la loi civile" (Jacques Chirac, Journal du Dimanche, avril 1995.

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 16:37
Charles Gave :"L'Etat vous met en esclavage !"

L'économiste libéral Charles Gave, dont nous ne partageons pas toutes les vues historiques ou économiques, aborde quelques thèmes que nous développons sur ce blog. Il dénonce en particulier les graves dérives d'un Etat "totalitaire", dont la mise en esclavage des citoyens. Sur le site Institut des Libertés, l'auteur admet néanmoins, citant Colbert en commentaire, que "la France ne peut pas être elle même sans un Etat fort, ce qui ne veut pas dire un Etat obèse."

 

(A partir de la 7e minute) "Ne vous imaginez pas une seconde que l'Etat est là pour vous protéger, il est là pour vous mettre en esclavage."

 

La France est un pays dont se moquent même les Chinois qui envoient chez nous des étudiants observer de quelle manière le dernier pays communiste au monde fonctionne :

 

(A partir de 09:56) "Moi je vis en Chine, à Hong Kong. Les Chinois en rigolent en disant qu'ils vont envoyer une mission d'étude en France pour voir comment marche le dernier pays communiste au monde."

 

Questionné au sujet de la condamnation par l'Union européenne du protectionnisme, l'auteur pense que le protectionnisme économique "entraînerait le ralentissement économique" :

 

(A partir de 10:21) "Vous avez des tas de protectionnisme économique. Vous pouvez empêcher les produits de rentrer, la forme la plus ancienne, celle contre laquelle se battait Bastiat, mais vous pouvez aussi mettre des réglementations partout qui empêchent les hommes de travailler et les entrepreneurs de se développer. Donc la nuisance de l'Etat peut se passer par le protectionnisme mais aussi par la réglementation. Quand le code du travail français fait 3500 pages, vous ne pouvez pas dire qu'on vit dans un Etat libéral. Le code du travail suisse fait trente pages. Et je n'ai pas l'impression que les Suisses meurent dans la rue."

 

(A partir de 19:56) Charles Gave dénonce l'euro comme une "imbécilité foudroyante" et la classe dirigeante comme une "caste théocratique" :

 

"Prenez par exemple l'Euro qui est une imbécilité foudroyante. C'était tout à fait extraordinaire l'euro, parce que l'Europe allait très bien, on avait 3 ou 4% de croissance. Quand l'euro est sorti, j'avais dit cela va nous amener à 0% de croissance. Cela va faire trop de maisons en Espagne, trop de fonctionnaires en France et trop d'usines en Allemagne. On y est. Cela ne marche pas. L'Europe est en train de se détruire. Les pays recommencent à se haïr. C'était exactement une solution à la recherche d'un problème. Cela n'a pas marché. Ils sont en train de faire sauter l'Europe, mais ce qu'ils vous disent c'est qu'il faudra faire plus d'Europe. C'est exactement comme tous les communistes pour qui il fallait plus de communisme. C'est ce que j'appelle les 'oints du Seigneur.' C'est-à-dire des gens qui se mettent dans la position du prêtre. Ils font des jugements moraux et quand cela ne marche pas, ils vous disent 'si tu n'es pas d'accord tu iras en enfer.' Donc aujourd'hui on est gouverné par une caste théocratique. Une sorte de religion des droits de l'homme. Un drôle de truc auquel les gens n'adhèrent absolument pas. "

 

A partir de la 23e minute, l'économiste explique que la FED (la banque centrale américaine) a été confisquée par une ploutocratie. Un thème qu'il dénonce régulièrement :

 

"Il n'y a rien de plus important dans un pays que la monnaie. ... (Depuis la parabole de Jésus sur l'impôt à César) César, c'est la nation, c'est l'Etat. Pour qu'une nation fonctionne, il faut qu'il y est des transferts sociaux (défense, justice). Pour qu'il y est des transferts sociaux, il faut que des impôts soient prélevés. Et pour que ces impôts soient prélevés, il faut qu'il y ait une volonté de 'vivre ensemble', selon l'expression de Renan sur la nation. Donc, à partir du moment où vous capturez la monnaie, vous coupez le lien entre les impôts, la volonté de vivre ensemble et la nation. A ce moment-là vous détruisez l'affectio societatis qui unit tous les gens. Et vous détruisez la nation. Ce qui fait qu'on a rompu le lien entre la monnaie et la nation. Et à ce moment-là dans l'histoire, cela se termine toujours mal.

 

...Et aujourd'hui, le débat entre Clinton qui représente la ploutocratie et Trump, c'est ce débat-là. Et je n'ai pas de passion particulière pour Trump, mais il est plus important de se débarrasser de la classe criminelle que de prendre le risque de monsieur Trump. Je n'aime pas M. Trump, mais les autres sont des dangers publics et des assassins ! Il y a quand même une différence entre un type qui n'est peut-être pas doué pour le pouvoir et une mafia criminelle."

 

Dans son dernier ouvrage intitulé “Sire, surtout ne faites rien” aux éditions Jean-Cyrille Godefroy, et en fin d'entretien dans cette video, l'auteur propose une mesure que nous avions nous-mêmes proposée en 2014 (ici et ), à savoir la déclaration des membres de réseaux occultes s'ils veulent faire de la politique, "ne serait-ce que pour juger en connaissance de cause." En 2015, en Suisse, le Parlement du Valais a proposé d'imposer aux francs-maçons de se déclarer s'ils veulent faire de la politique.

 

(A partir de 28:20) "Cela me paraît tout à fait évident. Le citoyen doit choisir ses hommes politiques en fonction de ce qu'ils savent de lui. Or, aujourd'hui vous avez toute une série de décisions qui sont prises ou préparées dans des réseaux qui n'ont rien à voir avec la démocratie, et on vous dit qu'on ne peut pas faire autrement. ... Ces gens-là par ailleurs - je le décris dans mon livre - chassent toujours en meute, c'est-à-dire qu'il y a des mots d'ordre qui sont donnés, disant qu'il est temps de se payer, Renaud Camus, ou n'importe qui, cela n'a pas d'importance, ces gens-là se mettront tous à chasser en meute et ils vous dévaloriseront complètement aux yeux de l'opinion publique.

 

J'ai participé à de nombreux débats. Et la façon dont cela se passe en général quand je suis dans un débat, c'est que je suis l'idiot utile, le gars qu'on fait monter-là pour se faire flinguer, et puis vous avez trois ou quatre gars qui sont contre moi et on me dit à chaque fois que ce sont des indépendants, un professeur à polytechnique, un professeur à sciences-po, etc., mais ce qu'on me dit jamais c'est qu'ils appartiennent tous au même réseau et qu'ils sont tous à Terra nova, etc.

 

Je voudrais que les gens disent d'où ils parlent, comme disaient les communistes dans le temps, et au nom de qui.

 

Tony Blair, lorsqu'il est arrivé au pouvoir, il commençait à avoir des problèmes dans les réseaux de la police ou de la justice en Angleterre. Et il a dit : « tout le monde a le droit de faire partie de tous les clubs qu'il veut, ce n'est pas mon problème, mais s'ils est dans une position de pouvoir il doit le déclarer ». Et à ce moment-là, les effectifs de la franc-maçonnerie en Angleterre ont baissé de moitié.

 

Donc encore une fois, je n'ai rien contre la franc-maçonnerie, je m'en contrefous, chacun a le droit de se déguiser comme il veut, ce n'est pas mon problème. Mais il me semble que le reste des Français devraient savoir qu'ils bouffent ensemble. Ne serait-ce que pour juger en connaissance de cause. Surtout quand votre but c'est l'égalité devant le droit et que vous savez que la moitié des juges en France font partie de ce genre de réseaux. Si vous êtes en train de plaider et qu'en face, vous avez ce genre de réseau, vous savez que vous aller perdre. Ce qui fait que ces réseaux secrets posent des problèmes très graves. Donc je ne suis pas d'un naturel révolutionnaire, mais je dis simplement que je veux que l'information soit la même pour tous."

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 06:52

Alors que nous arrivons à la fin du cycle ouvert par les Lumières (P. BUISSON), et qu'en Pologne le pouvoir a accepté officiellement hier à Cracovie la Royauté sociale de Jésus-Christ, le retour de la royauté du Christ, le retour de la monarchie chrétienne avec ses principes, n'est plus une utopie mais une réalité déjà sensible qui sera bientôt palpable.

Le retour du roi

La "république" est consubstantiellement liée à un système de "valeurs" qui ne conduisent pas à l'intérêt général, mais à des intérêts particuliers. Ses "valeurs" sont celles du matérialisme, l'avarice, le profit, la compétition, l'égocentrisme, la peur et le désespoir. Les vertus théologales (foi, espérance et charité) ont été bannies, ainsi que les vertus cardinales (prudence, tempérance, force d'âme, justice) sont tombées dans l'oubli pour être remplacées par les vices. Les principes eux-mêmes ont été divisés, vidés de leur substance, comme si un homme amputé de sa dimension spirituelle et de son âme pouvait harmonieusement se développer et qu'une société réduite à sa dimension matérielle pouvait perdurer.

 

Dans une telle "république" prônant de telles "valeurs" ( société de l'Homme et des principes divisés), constamment mises en avant par les medias mais jamais définies, il est impossible d'atteindre le Bien commun et il est malheureusement logique que les petits, les faibles, les sans-grades, les malades, les nécessiteux, les mendiants, les orphelins, les opprimés, les enfants, les veuves, les chômeurs, les banlieusards ainsi que tous ceux qui souffrent soient totalement méprisés. La devise médiévale "Nos seigneurs les pauvres" - les pauvres étant une image du Christ souffrant - , a été remplacée par "nos seigneurs les riches." Le culte des saints a été remplacé par le culte d'idoles.

 

Une telle "république" matérialiste se dirige immanquablement vers sa propre destruction. Il n'est donc pas question de savoir si elle va s'effondrer, mais de savoir quand cela se produira. Ce n'est qu'une question de temps. Car ses "valeurs" tendent naturellement vers leur radicalisation et la mort. La vitesse se transforme en précipitation, l'angoisse en dépression (et pour beaucoup en suicides), la colère en haine, l'excitation en violence.

 

Floués par toutes ces iniquités, les citoyens honnêtes se sentent dépossédés de leurs droits et de leurs biens par des élites déconnectées. Les gouvernements successifs ne parviennent pas à résoudre le problème du déclin, du déclassement et de la décadence parce que le gouvernement prône la mort et le mensonge. Dès le départ la république est née dans un bain de sang, le sang de milliers de français offert en holocauste démocratique. Ce sacrifice sanglant de nos aïeux est chanté dans un hymne "national". C'est une malédiction, un maléfice qui empêche toute libération. Le bien est appelé mal et le mal est appelé bien. La vérité et la vie sont rejetées. Le Christ est dénigré, bafoué, injustement détesté. La résurrection est impossible.

 

Les valeurs morales sont amalgamées à la religion afin d'être déconsidérées et d'empêcher la droiture de régner sur la cité. Le gouvernement gouverné fait le choix de la décadence et de la destruction comme modèle de gouvernance. Ils appellent cette "déconstruction", la "démocratie". Il y a une volonté manifeste de conduire l'humanité dans le gouffre afin de proposer ensuite une solution mécanique. Il est inconcevable de laisser une caste, une toute petite minorité contrôler l'humanité. Pourtant, cette volonté malveillante existe. Elle est là devant nous. Beaucoup de personnes sont tellement égarées qu'elles ne s'en aperçoivent pas et se laissent abuser par les artifices et les mensonges qui nous sont projetés. La décadence entraîne une incapacité cognitive et une diminution de la faculté de raisonnement parmi la population. Cette ignorance est volontairement entretenue par une éducation nationale volontairement corrompue. L'obscurantisme, le règne des Ténèbres est du côté des tenants du système.

 

Les religions sont en train d'être utilisées pour engendrer une politique toujours plus mécanique et totalitaire. Pendant que les religions sont montrées du doigt, le pouvoir irréligieux oppresse davantage les peuples, accroît son contrôle et accuse les uns et les autres pour mieux se cacher derrière les conflits générés artificiellement ("diviser pour régner").

 

Ainsi, il est temps de redonner au politique ses lettres de noblesse. Il est temps aussi de redonner de l'espoir à tous ceux qui refusent cet anéantissement, ainsi qu' à tous ceux qui souffrent de l'injustice et du manque de spiritualité dans les relations humaines.

 

Le matérialisme prôné comme seule et unique valeur est une grossière erreur. La proclamation de droits naturels est vaine lorsque la transcendance est niée et combattue, et qu'aucune institution n'est prévue pour contrôler le respect de ces droits. "L'humilité et l'égalité sont des principes spirituels corrompus par la tentative de les systématiser et de les formaliser, avec le résultat que nous obtenons l'esclavage" (J.R.R. Tolkien). La déclaration de l'égalité est une erreur qui conduit à l'esclavage parce que l'égalité - comme la charité ou la fraternité - est d'abord un principe spirituel qui ne se décrète pas, mais nous est donné d'en-Haut, lorsque nous devenons vraiment chrétiens (Galates 2, 28). C'est alors une grâce que nous partageons ensemble, dans la paix.

 

Les royalistes oeuvrent avec calme et détermination pour qu'un jour le pouvoir soit arraché à ceux qui maudissent l'humain et l'humanité. L'équité, la morale, la justice, la charité, l'espérance, la foi, ainsi que les vertus cardinales doivent, à nouveau, être les premières valeurs prônées. Ainsi la soit-disant "république" sera-t-elle vaincue, par la réunification des hommes, la réunion des valeurs et des principes spirituels recouvrés.

La beauté sauvera le monde.

Fédor Dostoïevski.

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 10:12

Liberté, égalité, ... esclavage :

Je ne suis pas "un démocrate" seulement parce que "l'humilité" et l'égalité sont des principes spirituels corrompus par la tentative de les mécaniser et de les formaliser, en conséquence de quoi nous n'obtenons pas la petitesse et l'humilité universelle, mais la grandeur universelle et la fierté, avant qu'un certain orque ne se procure un anneau de pouvoir - et alors nous obtenons l'esclavage.

J.R.R Tolkien, in Nicolas Bonnal — Le salut par Tolkien, Editions Avatar

« I am not a ‘democrat' only because ‘humility' and equality are spiritual principles corrupted by the attempt to mechanize and formalize them, with the result that we get not universal smallness and humility, but universal greatness and pride, till some Orc gets hold of a ring of power — and then we get and are getting slavery. »

 

La citation en anglais est tirée d'une correspondance de J.R.R. Tolkien (The Letters of Tolkien — Humphrey Carpenter&Christopher Tolkien ) référencée dans l'ouvrage de Nicolas Bonnal, préfacé par le philosophe-historien Philippe Grasset, "Le salut par Tolkien" (Editions Avatar)

Tolkien : "Je ne suis pas un démocrate parce que l'humilité et l'égalité sont des principes spirituels corrompus par la tentative de les mécaniser, avec le résultat que nous obtenons l'esclavage"

Source : Tolkien et la menace démocratique occidentale, Sputnik News, par Nicolas Bonnal, 14:58 18.11.2016

 

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 11:54
La modernité : un grand négationnisme

De Matthew Hanley, traduit par Bernadette Cosyn, lu sur le site «France Catholique »

 

[...] J’ai parcouru une collection d’écrits du regretté philosophe italien Augusto Del Noce (1910-1989), pour la plupart du début des années 70, disponibles maintenant pour la première fois en anglais dans une compilation intitulée La crise de la modernité. Ce n’est en aucune façon un livre élémentaire, un de ceux dans lesquels je me balade, mais il est parsemé de pépites qui orientent le lecteur vers les sources de notre malheur actuel.

 

… Ce qui domine, c’est que notre crise actuelle est fondamentalement métaphysique par nature.

 

La modernité est un grand négationnisme : l’ordre véritable des choses - tel qu’on le comprenait classiquement – a été fui pour des théories qui mettent l’accent sur la bonne pratique au bon moment ; l’histoire est devenue le filtre à travers lequel les choses se voient assigner une valeur. L’accomplissement « se trouve devant nous, et non au-dessus de nous », et quiconque parle de vérités métaphysiques éternelles est traité de réactionnaire.

 

Avec un air de supériorité péremptoire envers tout ce qui s’est passé avant, la modernité implique obligatoirement une rupture radicale d’avec le passé – ce que Del Noce voit comme irrécupérable. Il ne peut y avoir de retour vers l’ancienne façon de penser parce que c’est dépassé. Mais retourner vers quoi, précisément ? Vers le surnaturel, vers la transcendance religieuse ; cela signifie que « l’événement religieux de l’Incarnation n’est plus vu comme le tournant décisif de l’histoire », comme Sergio Cotta, l’un de ses contemporains italiens l’a exprimé.

 

Il considère « l’éclipse de l’autorité », une caractéristique de notre époque, comme le plus grand revirement survenu à l’humanité.

 

Lire : Crise de l'autorité, crise de la vérité, insécurité

La Crise post-moderne trouve son origine dans la crise de l'autorité

 

L’autorité, à la base, signifie faire grandir quelque chose, mais de nos jours, elle est perçue principalement comme une forme de répression – véritablement comme quelque chose qui entrave la croissance. Le rejet à grande échelle de l’autorité n’a fait que mener à une course démente au pouvoir – une affreuse substitution.

 

Finalement, cela peut se résumer à « la disparition de l’idée de Paternité. » Cela à son tour est étroitement lié à la répudiation de la tradition, de la transmission (tradere) de ce qui importe le plus – pas simplement quelque vieille coutume régionale, mais « l’ordre des valeurs éternelles et métaphysiques » - à la génération suivante.

 

Il n’est permis à nous, les modernes, qu’une unique source de savoir véritable – la science – et par conséquent le vide causé par le bannissement de la métaphysique a été rempli par le scientisme. Del Noce assure qu’un tel scientisme est basé sur la haine de la transcendance religieuse. Intrinsèquement totalitaire, le scientisme est « une négation radicale non basée sur des preuves des valeurs traditionnelles », il lui faut donc subjuguer la volonté de ses adversaires (puisqu’il ne peut l’emporter par la raison) et les confiner dans un « ghetto moral. »

 

Lire : La démocratie ou de la liberté de se mouvoir à l'intérieur d'un carré dont les limites sont définies dans un Club à Paris

 

Et le « point d’arrivée » du scientisme, explique-t-il de long en large, n’est rien d’autre que la révolution sexuelle. Pour résumer, voilà comment vous pouvez savoir que vous êtes du mauvais côté de l’histoire : ce n’est plus une question de lutte des classes (la bourgeoisie contre le prolétariat) mais il s’agit de savoir si vous êtes disposé à partir en guerre contre la « répression » sexuelle. L’histoire est juge, a dit un jour Marx, et le prolétariat est son exécuteur. Ce rôle s’est maintenant déplacé, à l’instance des progressistes, pour unir les « opprimés du monde. »

 

L’institution sociale la plus coupable de transmettre une moralité répressive est naturellement la famille traditionnelle monogame, et comme Del Noce le fait remarquer « la libération sexuelle n’est pas désirée per se, mais plutôt comme un outil destiné à faire voler la famille en éclats. »

 

L’obstacle au bonheur universel, qui est prétendument maintenant à portée de main, n’est plus une affaire de classe sociale mais de caractère. De ce point de vue privilégié, il semble raisonnable que ceux qui professent les mauvaises valeurs soient isolés et ostracisés. Et ce radicalisme à enjeux élevés n’a cessé de progresser – comme Del Noce le prévoyait avec sagacité en 1972 :

 

Ceux qui continuent à croire à l’autorité transcendante de certaines valeurs seront marginalisés et réduits au statut de citoyens de seconde classe. Finalement, ils seront emprisonnés dans des camps de concentration « moraux. » Mais personne ne peut sérieusement penser que des châtiments moraux seront moins sévères que des châtiments physiques. A la fin du processus, on trouve la version spirituelle du génocide.

 

Il y a un siècle, Mussolini et Gramsci parlaient tous deux du « socialisme comme la religion destinée à tuer le christianisme. » Mais il est apparu plus tard que la révolution absolue ne pouvait aboutir que si la révolution marxiste devenait une révolution sexuelle. Ou comme les Surréalistes l’ont admis : « la bataille décisive contre le christianisme ne peut s’engager qu’au niveau de la révolution sexuelle. » En somme, « l’offensive érotique » équivaut à une « campagne de déchristianisation. »

 

Del Noce n’aurait pas été surpris par l’assaut du phénomène transgenre et la manie actuelle de « s’identifier » à quelque chose d’autre (sexe, race, espèce) que ce que l’on est. Tout cela fait partie de ce qu’il a vu comme la sécularisation du gnosticisme (plutôt que celle du christianisme) où c’est soi-même qui crée et où la liberté consiste à nier l’inné. Ajoutez à cela une touche de l’hégélienne « élimination de l’image divine », et voilà : vous avez la quête de libération via la désintégration de toute forme d’ordre, ce qu’il appelle « le grand refus » de 1968.

 

Vu son diagnostic, il n’est guère surprenant qu’il n’ait pas fait fonds sur les solutions politiques pour régler les dangers bien réels que nous affrontons. Le remède se trouve dans la restauration de la métaphysique classique, et, oui, il a osé le dire, dans un « réveil religieux. »

 

Matthew Hanley est membre de longue date du Centre National Catholique de Bioéthique. Les opinions professées ici sont les siennes et pas nécessairement celles du Centre.

 

Ref. La modernité en tant qu’effondrement métaphysique

 

Source : France catholique, Belgicatho

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 11:36

Les Cahiers de l'université d'été de l'UCLF de la session 2016 sont désormais en ligne sur Vive le Roy.

Extrait :

 

Chapitre 1 Le roi sous l’Ancien régime, par François BLUCHE

 

La France monarchique est un Etat de droit

 

1.1 La monarchie d’ancien régime est absolue

 

Signification du qualificatif « absolue »

 

Insociabile regnum (La prérogative royale ne se partage pas), écrivait Tacite (

Annales XIII, 17). Elle ne se partageait pas en France sous l’ancien régime.

 

— Ni territorialement ; d’où le constant effort des Rois pour réduire les apanages.

— Ni politiquement : lorsqu’il y eut régence, le Régent ou la Régente gouverna au

nom du Roi, car seul régnait le Roi.

Au temps de l’État féodal, jusqu’à la guerre de cent ans, le pouvoir du roi de France

était mixte. Sur le Domaine il possédait souveraineté; ailleurs il n’imposait aux grands

vassaux que sa suzeraineté.

 

Depuis Louis XI, tandis que se précisait l’État royal – après la chute de l’État bour

guignon –, prévalut vraiment la souveraineté.

 

De Bodin à Cardin Le Bret, en passant par Loyseau, les grands juristes de la seconde

moitié du XVIe siècle et de la première moitié du XVIIe, non contents de la définir, cette souveraineté, la célébrèrent.

 

— Ce que Jean Bodin appelle « république » est « un droit gouvernement. . .avec

puissance souveraine » (1576).

— Pour Loyseau, « la souveraineté n’est point, si quelque chose y fait défaut »

(1608)

— Selon Le Bret, « la souveraineté n’est non plus divisible que le point en géomé

trie » (1632).

 

Le monarque étant parfaitement souverain, la monarchie française est absolue, c’est-à-

dire parfaite.

 

Absolue, c’est-à-dire sans liens, ce qui ne veut pas dire sans limites.

 

 

Une monarchie absolue plébiscitée

 

Le mot « absolutisme » n’existait pas (il sera inventé en 1796) ; et le mot « absolu », alors couramment utilisé, n’avait rien de péjoratif, bien au contraire.

 

— L’avocat général Omer Talon définissait la royauté comme « une puissance absolue et une autorité souveraine ».

— À la fin même du long règne de Louis XIV, lorsque la monarchie absolue, ayant connu son apogée, aurait pu être contestée après cinquante ans de règne, plusieurs coalitions, l’invasion étrangère, les manifestations de l’intolérance gouvernementale (interdiction du protestantisme, destruction de Port-Royal), on vit parfois critiquer le Roi, mais l’écrasante majorité des Français continua de complimenter, d’admirer et de vanter la monarchie absolue.

— Si Fénelon conteste, un Pierre Bayle, protestant exilé, un père Pasquier Quesnel, janséniste exilé, défendent et illustrent la monarchie absolue avec presque autant de vigueur et non moins de conviction que Bossuet.

 

Le XVIIIe siècle et les détracteurs de la monarchie absolue

 

Il faut attendre le XVIIIe siècle pour entendre de véritables grincements.

 

— Partisan de ce qu’il appelle une « royauté monarchique », le marquis d’Argenson (mort en 1757), ancien ministre de Louis XV, critique la « monarchie absolue », selon lui porte ouverte au despotisme. Sous sa plume, « absolu » a cessé d’être synonyme de souverain, ressemblerait à « arbitraire » au sens moderne et déplaisant du terme.

 

(…)

 

Un pouvoir royal en réalité limité

 

(…)

 

Mais si le juriste s’intéresse à la théorie du pouvoir, l’historien doit souligner le caractère relatif de ce pouvoir même. Un Roi d’ancien régime, même autoritaire, était plus désarmé (faute de renseignements, faute d’une vraie police, en raison de la lenteur des communications et de la sous-administration) que le plus débonnaire des présidents de démocratie moderne.

 

On insiste beaucoup sur ce fait que le Roi réunissait entre ses mains les trois pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire), mais nombreux étaient les contre-pouvoirs transformant la monarchie absolue en un régime tempéré.

 

Suite

http://www.viveleroy.fr/IMG/pdf/cahiers_universite_saint_louis_2016.pdf

http://www.viveleroy.fr/IMG/pdf/cahiers_universite_saint_louis_2016.pdf

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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 08:02
L’État royal au cœur du dialogue politique

Le roi étant la tête de l’État, il doit disposer des moyens de le gouverner, afin que cette définition ait du sens, et qu'il ne devienne pas, à terme, un personnage détaché de l’État lui-même, sorte d'institution politique à exemplaire unique, en orbite à l'écart du monde, astre vers lequel on se tourne de temps à autres pour se rassurer, mais dont on ne ressent plus véritablement le besoin politique quotidien, comme c'est le cas dans les royautés actuelles.

 

Le roi est donc à la fois le chef de son gouvernement et de son administration. Les règlements qui organisent celle-ci relèvent de lui. On peut dire que c'est la part propre de l’État. La question est autre pour les lois et la justice. En effet, ces deux réalités sont communes à l’État et à la nation, en ce sens que si l'administration est au service de la nation, elle est un membre de l’État, tandis que la loi n'est pas spécifiquement la chose de l’État, elle organise le fonctionnement de toutes les composantes du pays et donc concerne chacun des citoyens. C'est pourquoi il est impératif que cohabite, à la tête de la vie politique, à côté du roi, un Parlement possédant le droit de légiférer. Le roi possédant son titre de manière héréditaire, on ne peut le dire responsable devant son Parlement, à la différence du gouvernement qui, nommé par le souverain, est cependant plus éphémère. Sa fonction n'est pas héréditaire, ni même viagère, et s'il ne dépend pas des majorités parlementaires, il doit bien se présenter devant le Parlement pour lui proposer des lois, de même qu'il doit dialoguer avec celui-ci au sujet des lois qui émaneraient de lui. Ce face à face dialogué entre le Parlement et le gouvernement inclut une responsabilité de l'un envers l'autre. C'est-à-dire que le Parlement doit pouvoir rejeter les projets de loi du gouvernement.

 

Il n'est aucune mesure commune à toute la nation qui ne saurait échapper à cette règle du dialogue nécessaire entre le roi et son peuple par l'intermédiaire du gouvernement et du Parlement.

 

Pour autant, le gouvernement peut-il être renversé par le Parlement, et le roi peut-il dissoudre le Parlement ? Un conflit politique justifierait cette porte de sortie, qui donnerait l'avantage à l'une ou l'autre des parties en présence et finalement engendrerait la domination politique durable du roi ou du parlement. Ce dernier point est trop lourd de conséquences pour que l'on puisse l'envisager. Il apparaît donc que le roi ne doit pas avoir le pouvoir de dissoudre son Parlement, et que le gouvernement ne doit pas pouvoir être renversé par ce dernier, car ce serait, dans un cas comme dans l'autre, entamer une action illégitime car grignotant la souveraineté de l'une de ces deux puissances. De la même manière, le roi ne doit pas pouvoir disposer d'un veto contre les décisions du parlement et le parlement ne doit pas pouvoir bloquer les décisions du roi.

 

Ce respect du principe de la souveraineté, dans toute sa pureté, pourrait cependant entraîner des blocages institutionnels inextricables qui, à terme, entraîneraient l'affaiblissement de l'une des deux forces pour en sortir.

 

Le seul moyen d'éviter ce blocage durable est, d'une part le dialogue entre les groupes en présence, que nulle loi ne peut ni prévoir, ni interdire ; d'autre part la stricte répartition des tâches et des rôles entre les différents corps de la société.

 

Notamment, le rôle de l’État, sur lequel le roi a le pouvoir direct, doit être clairement défini.

 

Considérant que l’État, en vertu du principe de subsidiarité, assume ce que nulle autre structure intermédiaire ne pourrait mieux entreprendre que lui, son champ d'action doit avant tout être national et stratégique. L'échelon national est celui de la coordination et de la régulation des forces intermédiaires en présence, par le biais d'une administration assurant avant tout un contrôle normatif et veillant à l'indépendance du pays. En somme, l'armée, la justice, l'émission de la monnaie, la garde des frontières, la diplomatie, dépendent directement de l’État, de même que la surveillance de l'application de règles nationales dans tous les domaines, dans la limite d'une mission d'harmonisation et pas d'implication directe dans l'action des corps intermédiaires. Cet État doit disposer des moyens nécessaires à ses missions, ce qui signifie qu'une part de l'impôt, normalement voté comme toute loi par le Parlement, lui est légitimement attribuée.

 

Hors ces domaines d'action nécessaires à la vie du pays, ce sont les corps intermédiaires et leurs représentants qui sont légitimes.

 

Les deux groupes ne peuvent se court-circuiter dans leurs domaines propres, mais ils peuvent toujours discuter, dialoguer en vue d'amender le domaine l'un de l'autre, car si on n’est pas légitime à intervenir, on a toujours son bon sens pour juger du bien-fondé de l'action de l'autre.

 

C'est, à n'en point douter, cette stricte distinction des domaines, qui permettrait de limiter les risques de blocages institutionnels. Limiter ne veut pas dire éviter à tout prix. Le conflit politique peut toujours survenir, sur des questions de fiscalité, de choix stratégiques, de mœurs où l'une et l'autre partie aura une opinion divergente et des moyens de pression. Mais les deux structures demeurant essentiellement préservées l'une vis-à-vis de l'autre, on peut espérer que la seule voie du dialogue resterait ouverte pour dégager des solutions communes, préservant ainsi les caractères démocratiques, aristocratiques et royaux de l’État.

 

De tels systèmes existent déjà de par le monde, d'une manière ou d'une autre. Ainsi, aux Etats-Unis, le Président est-il le véritable maître de son administration et de son gouvernement, le chef pour les choix stratégiques de son pays, ne disposant pas du droit de dissoudre son Parlement et ce dernier ne pouvant censurer le gouvernement. En France, le Président possède ce que l'on appelle un « domaine réservé » dans les affaires stratégiques, et la Constitution en fait, théoriquement, l'arbitre de la vie institutionnelle du pays. Au Royaume-Uni le Premier Ministre, véritable chef de l'exécutif, ne peut dissoudre son Parlement, et les possibilités, pour ce dernier, de censurer le gouvernement, sont très limitées. Le Premier Ministre britannique, en tandem avec la Reine, est le véritable maître de l'administration et de la politique du pays. Ces systèmes, hérités de conceptions politiques fort anciennes, ont été construits très progressivement, dans des sociétés où la composante royale et aristocratique dominaient, au détriment de la démocratie. L'irruption de l'esprit démocratique a balayé les royautés et les aristocraties qui ne sont plus que l'ombre d'elles-mêmes. On ne reviendra pas sur les conséquences néfastes, pour l'homme, d'une telle prise de pouvoir. Mais on retiendra qu'à condition de rétablir progressivement une société civile cohérente et à visage pleinement humain, il est possible d'envisager donc un État tel que décrit plus haut, sur un mode apaisé, accomplissant le chemin institutionnel inachevé des nations occidentales actuelles.

 

Pour le bien de la personne humaine, il apparaît que cette mutation de la société est non seulement souhaitable mais surtout nécessaire.

 

Gabriel Privat

 

Source

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 16:12

L’islam terroriste a donc choisi un 14 juillet, qui marque l’anniversaire des premiers actes d’une autre Terreur, plus ouvertement anti-catholique mais apparentée à celle que subit la France aujourd’hui dans sa haine du Christ et de ce qu’Il représente. "Ce seul fait devrait faire comprendre que la « laïcité » maçonnique et républicaine, héritière de la Terreur, n’est pas apte à protéger la France de ce type d’ennemis.

Anne Dolhein

"Le massacre de Nice est venu apporter un démenti cinglant aux assurances lénifiantes du pouvoir. Narguant François Hollande, qui venait d’affirmer à l’occasion de son discours du 14 juillet la levée de l’état d’urgence, puisque tout allait tellement mieux, le fou d’Allah a prouvé qu’un tueur de masse peut passer entre les filets de la police, état d’urgence ou non. Hollande est discrédité, mais s’accroche à son poste.

 

... [I]l est sûr qu’en érigeant la dépravation des mœurs en principe de gouvernement et d’éducation, l’Occident maçonnique ne se donne pas les moyens de résister...

 

Alors, que faire ?" (1)

Attentats de Paris 13 novembre 2015 - Communiqué de revendication des attentats de Paris par Daesh, le 14 novembre 2015 - 20Minutes

Attentats de Paris 13 novembre 2015 - Communiqué de revendication des attentats de Paris par Daesh, le 14 novembre 2015 - 20Minutes

Le Communiqué de revendication des attentats de Paris par Daesh, le 14 novembre 2015 vise "la France croisée". (2)

 

"Les attentats visent les chrétiens, la réponse doit être chrétienne

 

Les armes du chrétien sont d’accès immédiat et gratuit, à la portée de chacun. Elles se nomment prière, pénitence et abandon à Dieu, et ce sont des armes de reconstruction massive, ou encore des munitions indispensables dans un combat qui ne saurait rester horizontal. Notre Dame de Fatima disait la force du chapelet. On sait le rôle du Rosaire à la bataille de Lépante

 

Prière et pénitence pour le pays, prière et pénitence pour le repos de l’âme des victimes, pour leurs proches aujourd’hui dans une peine indicible : seule une France à genoux peut espérer sortir de l’horreur où la haine de Dieu l’enfonce", explique Anne Dolhein.

 

Il est certain que les musulmans ne se convertiront pas à la laïcité décadente ni à l'érection de la dépravation des mœurs en principe de gouvernement et d’éducation...

 

 

Les partisans de la laïcité, eux-mêmes, sont perdus et divisés, ils n'offrent pas une réponse unanime à l'islam terroriste

 

Deux camps s'affrontent à l'intérieur des partisans de la « laïcité », d'un côté, les partisans d'une laïcité "ouverte", favorables à ce qu'une place soit faite aux religions instituées. De l'autre, ceux qui appellent à une lecture stricte de la tradition laïque républicaine, au nom de la lutte contre les communautarismes. Deux camps irréconciliables, ainsi que l'a montré la polémique qui a éclaté au sein même de l'Observatoire de la laïcité à l'occasion de la publication de ses propositions.

 

Dans un avis adopté en janvier 2015 à une très grande majorité de ses 23 membres, cet observatoire rattaché à Matignon et présidé par l'ancien ministre socialiste Jean-Louis Bianco a fait onze préconisations, comme le "développement effectif de l'enseignement laïque du fait religieux dans les établissements scolaires", moyennant une formation des enseignants, ou "le soutien à la création d'établissements privés de théologie musulmane" et "l'instauration de conseillers humanistes" en prison pour faire barrage à "tout discours extrémiste".

 

Trois membres de l'observatoire engagés dans le camp d'une laïcité stricte se sont étranglés en lisant le document final. L'ancien ministre PS Jean Glavany, la sénatrice PRG Françoise Laborde et Patrick Kessel, président du Comité Laïcité République, ont dénoncé des "propositions pour l'essentiel angéliques et pusillanimes, cosmétiques dans le meilleur des cas, tandis que certaines sont clairement anti-laïques et évidemment inacceptables pour la République". "Voilà encore une nouvelle avancée vers la liberté religieuse plutôt qu'une affirmation de la laïcité", a pesté auprès de l'AFP Patrick Kessel, qui, avec les deux autres frondeurs, a bien failli claquer la porte de l'observatoire.

 

Patrick Kessel fait partie de ces figures laïques qui estiment, par exemple, contre l'avis du gouvernement, qu'un texte législatif est nécessaire pour compléter ceux existants, notamment concernant les signes religieux, dont le voile islamique, après la bataille juridique de la crèche Baby-Loup. "Il n'y a pas de négociation possible sur les valeurs de la République, comme l'égalité homme-femme. Quand on dit ça, aussitôt, on nous dit islamophobes, ce qui est absurde : nous sommes pour la liberté absolue de conscience, nous sommes voltairiens", dit cet ancien grand maître du Grand-Orient de France. (3)

 

Il va de soi que les solutions proposées par les républicains partisans de la laïcité "ouverte" ou "stricte" comme le "développement de l'enseignement laïque du fait religieux dans les établissements scolaires", une formation des enseignants... aux frais des Français, "le soutien à la création d'établissements privés de théologie musulmane", "l'instauration de conseillers humanistes" en prison pour faire barrage à "tout discours extrémiste" ou inversement, "un texte législatif" supplémentaire "pour compléter ceux existants sur les signes religieux, dont le voile islamique", ne seront pas d'un grand secours contre le musulman terroriste qui un jour ou l'autre voudra passer à l'acte... Seuls une morale puissante, une religion puissante, un état catholique chrétien fier de son passé et de son histoire, une éducation et un enseignement chrétien pourra retenir ses coups.

"Une riposte sans pitié" (4) demande Alexis Brézet dans le Figaro

 

"Drôle de guerre, en vérité! Nous laissons nos frontières (nos lignes, diraient les soldats) ouvertes à nos ennemis. Les agents recruteurs du djihad prêchent impunément leur idéologie de haine dans des mosquées financées par l'ennemi. Les «traîtres» partis combattre en Syrie sont soumis à un simple stage de «déradicalisation». Quant aux «fichés S», susceptibles de se constituer en «cinquième colonne», ils gambadent dans la nature au motif qu'ils «n'ont encore commis aucun crime»…

 

La guerre, quelle guerre? Mais nous vivons comme si nous étions en paix! L'état d'urgence n'empêche ni les manifestations syndicales ni les rassemblements festifs, dont certains prétendent sans rire qu'ils sont «la meilleure réponse à l'État islamique»… Le président de la République lui-même semble ne pas y croire: il a tranquillement annoncé, le 14 Juillet, la fin de l'état d'urgence et l'allégement du dispositif «Sentinelle», avant de faire machine arrière toute dans la nuit, quand la tragique réalité l'a rattrapé…

 

Car les soldats du califat, eux, ne font pas la guerre à moitié. Ils viennent jusque dans nos bras «égorger nos fils et nos compagnes», et nous offrons la protection de nos lois à ceux-là mêmes qui veulent nous détruire! Jamais dans l'Histoire un ennemi n'a bénéficié d'autant de complaisance de la part de celui qu'il combat.

 

Cet aveuglement volontaire n'a que trop duré. Pour gagner la guerre, il faut la mener sans demi-mesure ni pusillanimité. Et pour donner à ceux dont c'est la mission quelque chance de l'emporter, il nous faut réarmer. Réarmement militaire et policier, bien sûr. Réarmement législatif, partout où cela est nécessaire. Réarmement moral, surtout, pour surmonter collectivement ce syllogisme pervers drapé dans les oripeaux du «vivre ensemble» qui prétend disqualifier, en France, toute action un peu énergique contre les racines de l'islamisme radical au motif que «ce serait faire le jeu des terroristes». Comme si nous les combattions mieux en tendant notre cou à leur couteau! Comme si le plus sûr chemin vers des affrontements intercommunautaires n'était pas précisément la démission de l'État, seul détenteur de la force légitime, et seul garant de la paix civile…

 

Évidemment, pour venir à bout de l'hydre islamiste il n'existe aucune arme miracle. Nous n'écarterons jamais tout risque d'attentat. Est-ce une raison pour ne pas tout tenter? Bien sûr, cette guerre qui nous a été déclarée sera longue et difficile. Nous essuierons sans doute d'autres défaites. Raison de plus pour ne pas perdre davantage de temps. Merah, Charlie, le Bataclan, Magnanville, Nice… C'est maintenant qu'il faut agir si nous voulons un jour interrompre la sinistre litanie."

Conclusion

 

La laïcité, "ouverte" ou "stricte" est autant impuissante à empêcher les attentats du terroriste islamiste, que les principes horizontaux républicains décadents montrent leur impuissance.

 

Face à une religion hérétique et terroriste, il nous faut une religion, la vraie religion, la seule religion qui a su vaincre l'islam et rejeter l'invasion. Le "réarmement moral" qu'il nous faut est un réarmement spirituel. Toute riposte armée, militaire et/ou policière - sans réarmement spirituel - et en conservant la "laïcité" décadente est vaine.

 

Saint Michel, secourez la France.

 

Vive Dieu, vive le Roi, vive la France.

 

 

Notes

 

(1) Attentat islamiste de Nice : que faire ?, Reinformation.Tv, Anne Dolhein, 16 juillet 2016 16 h 05 min·

(2) Attentats de Paris: Pourquoi la France est-elle la principale cible de Daesh?, 20 Minutes, Publié le 15.11.2015 à 20:08, Mis à jour le 15.11.2015 à 20:08

(3) Après les attentats : la laïcité, jusqu'où ?, Le Point.fr (avec AFP), Modifié le 19/01/2015 à 16:25 - Publié le 19/01/2015 à 15:12 | Le Point.fr

(4) Une riposte sans pitié, Le Figaro, Par Alexis Brézet Mis à jour le 15/07/2016 à 21:37 Publié le 15/07/2016 à 20:45

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 09:48
Ségolène Royal : "Nous n'allons pas faire de referendum pour la sortie de la France de l'UE, cela je puis vous l'affirmer"

Ségolène Royal : "Nous n'allons pas faire de referendum pour la sortie de la France de l'UE, cela je puis vous l'affirmer"

Les Français n'ont pas le choix de rester ou de sortir de l'Union européenne: ils sont condamnés à rester pour toujours dans l'Europe... C'est ce qui ressort de la pensée de Ségolène Royal, qui interrogée par un journaliste britannique sur la BBC, suite au Brexit, et dont la video est publiée par le site "Boulevard Voltaire" (1), explique sa version de la démocratie...

 

Ségolène Royal veut bien d'un referendum sur l'Europe à condition qu'il porte sur "quelle" Europe. Mais elle refuse tout referendum sur la sortie de l'Union européenne, avec des arguments dignes d'une république démocratique !

Ségolène Royal a expliqué qu'il n'est pas question d'un Frexit et donc d'un referendum dont la question porterait sur la sortie de l'Union européenne:

 

"Nous ne ferons pas l'erreur de David Cameron (qui a organisé le referendum du Brexit NDLR.) Rassurez-vous. Nous n'allons pas faire de referendum pour la sortie de la France de l'Union européenne. Cela je puis vous l'affirmer.

 

"Vous ne croyez pas dans la démocratie? ", demande le journaliste britannique. Ségolène Royal répond qu’il y a "des bonnes questions et des bonnes réponses":

 

"Non, nous croyons dans la démocratie, mais nous croyons aux bonnes questions par rapport aux bonnes réponses. Parce que la bonne question cela n'aurait pas été est-ce que vous êtes pour..."

 

Coupée par le journaliste qui lui dit : "Je ne pense pas que cela soit la démocratie si vous définissez quelle est la bonne question !", Ségolène Royal répond :

 

"La bonne question n'est pas de savoir si oui ou non vous voulez sortir de l'Europe, parce qu'à ce moment-là les gens votent pour autre chose. (NDLR. Beau mépris du peuple et de la démocratie: le peuple ne serait pas assez intelligent pour répondre par oui ou par non à une question...)

Ils votent pour changer de gouvernement, ils votent parce qu'ils ont compris qu'ils sont instrumentalisés dans un vote, etc.", poursuit Ségolène Royal. (Bel aveu des manipulations électorales... soit dit en passant ! NDLR.)

 

"La bonne question est quelle Europe voulez-vous? Est-ce que vous voulez une Europe qui s'occupe de ceci ? une Europe qui s'occupe de cela ? Une Europe approfondie ? Une Europe qui s'engage sur telle ou telle valeur ? Là, cela aurait un sens et on peut faire des débats démocratiques pour savoir ce que veulent des citoyens par rapport à l'Europe."

 

Carre-de-l-Oligarchie.jpgLa démocratie, oui, les débats démocratiques, oui, à condition que ce soit l'oligarchie qui définisse la démocratie et les limites du débat démocratique. Dans la tête de nos oligarques, il est hors de question que le peuple s'empare lui-même de ces questions et définisse lui-même la démocratie dans laquelle il veut se mouvoir.

 

Nous avons là avec Ségolène Royal un bel exemple argumenté de carré démocratique dans lequel les citoyens sont "libres" de se déplacer : aux quatres angles du carré, ou le long des quatre côtés..., mais en aucun cas ils ne pourront en sortir. En somme, la "liberté" du prisonnier enfermé dans sa cellule. (Lire ici et )

Notes

 

(1) Ségolène Royal : « Nous ne ferons pas l’erreur de David Cameron ! », Boulevard Voltaire, 13 juillet 2016. Ségolène Royal explique à la BBC qu’il y a « des bonnes questions et des bonnes réponses ».

 

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 07:29

A un moment donné ou un autre il faudra bien se pencher sur la question du dogme ultra-libéral de la liberté de circulation dictée par la Commission de Bruxelles et les banques. Comme lors de la Saint-Sylvestre 2015 en Allemagne, les grands démocrates libéraux déchantent de l'accueil indéfini de migrants dont les motivations ne sont pas étudiées. 

 

On alimentera notre réflexion sur ce sujet par l'étude de déclarations visant au viol des européennes comme "butin de guerre", telles que : "pour toute personne qui n’est pas convertie à l’Islam, nous tuerons les hommes et nous épouserons leurs femmes. C’est notre butin de guerre", et violer des femmes mécréantes n'est pas un viol, c'est se "rapprocher de Dieu". [1]

 

On illustrera notre étude d'exemples concrets comme en Suède où 15 plaintes pour viols et 40 pour agressions sexuelles ont été recensées lors de festivals de musique la semaine dernière [2], sans que - pour le moment - l'on entende les grandes "féministes" européennes ni qu'on les voit faire leurs grandes pétitions de principes.

 

Une jeune fille a rapporté ce que BFM-TV nomme "des insultes du type" : "vous allez mourir" [3] :

 

Bfm-Tv: "La jeune fille rapporte ensuite des insultes du type "vous allez mourir", "mais c'était juste le début""

Bfm-Tv: "La jeune fille rapporte ensuite des insultes du type "vous allez mourir", "mais c'était juste le début""

La réalité est que la frontière extérieure passoire de l'Union européenne s'identifie de plus en plus à un marqueur fort de danger et d'insécurité pour les européens.

 

Il y a matière à réflexion sur le décalage entre les discours des grands diseux mondialistes sur les droits des femmes et les actions concrètes pour défendre et faire respecter ces droits.

 

Une confrontation pourra être identifiée entre les droits des femmes (droit à la sécurité) et les droits de l'homme (liberté de circulation, "droits" des migrants).

 

La question de la frontière à l'intérieur ou à l'extérieur de l'Union européenne alimente également le débat entre souverainistes partisans d'une confédération européenne d'états souverains et coopérant entre eux, où la frontière intérieure (re)trouve sa place, et les mondialistes partisans d'une fédération où la frontière intérieure a disparu et où la frontière extérieure, elle-même, n'existe plus... avec les conséquences que l'on constate.

 

Pour le festival de Bravalla, à 140 km au sud-ouest de Stockholm, la police affirme que les agresseurs agissaient de manière isolée. En revanche, au festival de Karlstad, à 300 km à l'ouest de Stockholm, les suspects seraient des bandes de jeunes migrants. "Il est trop tôt pour dire s'il s'agit du même type d'agresseurs" pour les deux festivals, à déclaré à la radio l'inspecteur Urban Bengtsson.

 

Le gouvernement suédois va étendre la répression des abus sexuels, a donc déclaré ce mardi le premier ministre (social-démocrate) Stefan Lofven. "Nous allons étudier la législation sur les crimes sexuels", a-t-il déclaré à la télévision suédoise tout en promettant que les enquêtes au sujet de ces agressions se poursuivaient... La Suède se réveille à nouveau avec la gueule de bois, exactement comme l'année dernière où la police avait reconnu avoir gardé pour elle les dépôts de plainte pour agressions sexuelles de jeunes femmes par des migrants lors du festival "We Are Sthlm". [4] [5]

 

Près de 163.000 demandeurs d'asile sont arrivés en Suède 2015 sur une population totale de plus de 9 millions d'habitants, ce qui suscite à présent de nombreuses inquiétudes.

 

L'histoire montre que se laisser envahir est une chose facile, se libérer en est une autre bien plus difficile.

 

En attendant, devant ces réactions bien insuffisantes des pouvoirs démocrates libéraux en Europe depuis un an, on peut facilement prévoir la propagation explosive du Brexit en Europe les prochains mois, ainsi qu'une amplification du vote de prévention et de sécurité dédaigneusement qualifié de "populiste".

 

Notes

 

[1] Daech incite au viol collectif pour convertir les femmes, Le Figaro Madame, Par Tatiana Chadenat | Le 12 octobre 2015

[2] Suède: des jeunes filles victimes d'agressions sexuelles pendant un festival, Bfm-Tv, 05/07/2016 à 19h26

[3] Suède: réactions après des agressions sexuelles impliquant des migrants, Par LeFigaro.fr, avec ReutersMis à jour le 05/07/2016 à 23:41 Publié le 05/07/2016 à 23:20

[4] Suède: la police a caché une quinzaine d'agressions sexuelles lors d'un festival, Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 11/01/2016 à 16:05

[5] La police suédoise a caché des agressions sexuelles, LE MONDE | 12.01.2016 à 10h18 • Mis à jour le 12.01.2016 à 11h28

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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 19:52
Oligarchie vs peuple

Oligarchie vs peuple

Le changement de régime envisagé comme un mélange entre aristocratie et démocratie à la base, et monarchie au sommet, la chaine de réinformation Tv-Libertés a proposé aujourd'hui un débat de haut vol sur le changement de régime, qui complète notre article d'avant-hier, "L'autorité en haut, les libertés en bas".

 

Les invités philosophe Eric Guéguen, auteur de l’ouvrage “Le miroir des peuples : enquête sur l’avenir de la République” et l’historien belge Christophe Buffin de Chosal, auteur de “La fin de la démocratie”, ont évoqué la démocratie moderne comme un totalitarisme qui a remis les clés de la souveraineté entre les mains d'une oligarchie cachée et a annulé toute représentation sincère.

 

Lire: Changer les institutions pour une vraie alternative politique

 

Tout deux partagent l’idée selon laquelle la démocratie est un régime moribond incapable d’assurer le bien commun. A travers le prisme du libéralisme, qui a débouché sur la démocratie parlementaire moderne, ils reviennent sur la notion d’opinion publique travaillée par les media traditionnels qui n'organiseront jamais ce type débat, proposent une critique des mouvements populistes en Europe et tentent de donner des pistes pour élaborer un régime taillé pour la France.

Extrait:

 

Christophe Buffin de Chosal : (à partir de la 20e minute) : "On arrive maintenant aux derniers soubresauts de la démocratie parlementaire. Je complèterai la pensée d'Eric Guéguen. Oui il y a l'aristocratie et il y a la démocratie dans le sens que la population doit être représentée, mais il manque encore un élément à ce régime politique idéal, c'est la monarchie.

 

Le meilleur régime politique c'est celui qui fait un équilibre le meilleur possible entre ses trois composantes, démocratie, aristocratie et monarchie. Et alors ce qu'il faut c'est une monarchie traditionnelle, représentative, héréditaire, de droit divin, qui soit indépendante, un véritable arbitre du bien commun. Une monarchie qui soit au-dessus des intérêts particuliers, et l'arbitre du bien commun. Il faut donc un roi qui règne et gouverne. Il ne faut pas (lui donner) un simple rôle de protocole, il faut un véritable monarque héréditaire pour que son pouvoir ne soit pas contesté, qu'il puisse assurer sa politique sur la durée de sa vie, et pas par période de quatre ans, parce que cela ne sert à rien.

 

Note de Christroi. La monarchie, en France, est effectivement le meilleur régime politique car il préserve le bien commun au sens des scolastiques, avec le principe de l'autorité maintenue dans le peuple, et un Etat conçu comme un collectif et non comme le résultat d'un concours de volontés. (Cf. Georges de Lagarde, La Naissance de l'esprit laïque au déclin du Moyen Âge).

 

Sous l'Ancien Régime, les deux tendances démocratiques (hérité de la féodalité) et monarchiques (hérité du droit romain) se complétaient et concouraient à assurer le bien commun.

 

 

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 14:30

Dans sa chronique régulière pour MPI-TV, Maître Elie Hatem, avocat international, évoque cette semaine l'exemple italien du mouvement "Cinque Stelle", dont les succès commencent à inquiéter sérieusement les partis politiques installés. Il y voit l'accession du pays réel souhaitée par le monarchiste Charles Maurras avec sa solution des libertés en bas et de l'autorité en haut, une solution qui commence à gagner les peuples européens qui se rendent compte de l'impasse de la démocratie moderne, sur le modèle notamment de la IIIe république et de ses partis politiques.

 

En haut, une autorité fédérative, qui serait représentative au plan international des forces vives de la nation et en bas, les libertés, libertés dans les communes, les régions, les corps professionnels permettrait d'en finir avec la démagogie exercée par les partis politiques pour prendre et garder le pouvoir, en dehors de toute efficacité politique.

Note de Christroi. Mais comment sortir de l'absolutisme parlementaire ?

 
 
La séparation de la franc-maçonnerie et de l'Etat est déjà une première étape nécessaire si l'on veut courcircuiter la menace d'une direction occulte de la "représentation". Cette séparation permettra de retrouver une juste délibération sans qu'une oligarchie cachée y mette son nez. Le souci de transparence démocratique doit être mis en avant, contre le despotisme de l'oligarchie.
 
Dans un deuxième temps on réfléchira à la manière de doter les députés, comme sous l'Ancien Régime, de mandats impératifs. Il s'agit de supprimer les mandats indirects organisés par l'arrêté du 17 juin 1789 qui transformait les Etats généraux composés de mandataires des trois ordres dotés de mandats impératifs, en une assemblée 'représentant' soit-disant la nation et de députés dotés de mandats non-impératifs.
 
Dans cette étape, il s'agit de réfléchir à la manière de revenir à une représentation organique, plus réelle et concrète des Français, réalisée non plus par têtes (représentation individualiste) mais par poids des corps dans la société (poids des cadres, employés, ouvriers, familles, fonctionnaires, artisans, professions libérales, étudiants, etc.). De la sorte la puissance de nuisance des partis politiques, sera circonscrite, la justice et le droit rétablis.
 
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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 12:47

Aucune nation, aucune démocratie ne peut écrire sa propre histoire sans reconnaître à la France une dette ou une influence directe.

Théodore Zeldin, Histoire des passions françaises, 1848-1945, tome 5, Points Histoire, Paris-Mesnil 1981, p. 446

L'hymne anglais est français

La France a donné à l'Angleterre sa monarchie, ses symboles nationaux et même son hymne !

 

Stéphane Bern a écrit un article pour Rtl au sujet du fameux "God save the queen", symbole patriotique du Royaume-Uni.

 

Cet hymne, écrit-il, a pourtant été écrit par une Française, composé par un Italien et popularisé par un Allemand. (1) Il doit sa naissance à une blessure au postérieur de Louis XIV.

 

En janvier 1686, Louis XIV tombe brusquement malade en raison d'une plume de son carrosse qui lui a causé un abcès particulièrement mal placé. Pendant des semaines le traitement se révèle inefficace. Un mois plus tard, on lui diagnostique une fistule anale et doit subir une opération risquée pour l'inciser.

 

Le roi est sauvé en novembre 1686. Pour fêter sa guérison un cantique est composé par les élèves du pensionnat de jeunes filles de Saint-Cyr. "Que Dieu protège notre Roi, longue vie à notre Roi". Des années plus tard, le compositeur allemand G.F. Haendel est frappé par la beauté du cantique, note les paroles et la mélodie et revient à Londres où il vit.

 

Le succès est immédiat outre-Manche et le souverain Georges Ier, qui ignore les origines du cantique, le fait dans toutes les cérémonies officielles. (1)

 

"Grand Dieu sauve le Roy" est une mélodie composée en 1686 pour le roi de France Louis XIV par Lully, compositeur d'origine italienne, sur un texte écrit par Madame de Brinon, supérieure des Demoiselles de Saint-Cyr. Vingt-huit ans plus tard, frappé par la beauté du cantique, Georg Friedrich Haendel ayant entendu la mélodie à la Cour de France en 1714 la retranscrit, et de retour en Angleterre la joua à Georges Ier (1714-1727) qui, ignorant ses origines, fit jouer le cantique à chaque cérémonie officielle. Pendant que la France adopte la "Marseillaise", fin XVIIIe siècle, début XIXe siècle, l'air est repris et adapté par les principales puissances européennes. Petit tour des adaptations :

 

En Russie de 1833 à 1917 ("God save the tsar", Боже, Царя храни) :

En Allemagne en 1797, le "Gott erhalte Franz den Kaiser", "Dieu sauve l'Empereur Franz" de Joseph Haydn devient l'hymne de l'empereur du saint Empire romain germanique jusqu'en 1804 dans la version originale "Gott, schütze Unser Kaiser !"

Lorsque François II devient l'empereur François Ier d'Autriche en 1804, le chant est adopté comme hymne impérial de l'Empire autrichien avec les paroles "Gott erhalte, Gott beschütze/ unsern Kaiser, unser Land […]" ("Dieu conserve, Dieu protège/ notre Empereur, notre pays").

 

Le cantique devient l'hymne prussien de l'"empire allemand", également dénommé "deuxième Reich" (1871-1918) :

Dans l'Empire d'Autriche-Hongrie, il est chanté quotidiennement par tous les écoliers jusqu'en 1918 :

Das Deutschlandlied (Le Chant de l'Allemagne) ou Das Lied der Deutschen (Le Chant des Allemands) dans sa version de 1841 est surtout connu pour la première ligne de son premier couplet "Deutschland, Deutschland über alles", "l'Allemagne au-dessus de tout"...

 

Le troisième couplet défini en 1952 comme l'hymne national allemand par un échange de courriers entre le chancelier Konrad Adenauer et le président fédéral Theodor Heuss est l'actuel hymne national de l'Allemagne. Les paroles en ont été composées par l'écrivain August Heinrich Hoffmann von Fallersleben en 1841 sur l'île de Heligoland, sur la partition du quatuor à cordes de Joseph Haydn datant de 1797.

 

 

Il est temps de redécouvrir nos trésors nationaux et de redonner à la France son véritable hymne ! Dieu sauve le Roi à nouveau !

L'hymne anglais est français

Notes

 

(1) Pourquoi l'hymne anglais a été composé pour Louis XIV, RTL, par Stéphane Bern publié le 07/08/2015 à 09:20 mis à jour le 07/08/2015 à 10:37

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 12:20
La Révolution de 1830, ou le triomphe du capitalisme contre le bien commun, par Bonald. De l’immoralité du pouvoir libéral

La Révolution de 1830, ou le triomphe du capitalisme contre le bien commun, par Bonald

 

De l’immoralité du pouvoir libéral

dimanche 24 avril 2016 par ISH Enregistrer au format PDF

Lors de la révolution de 1830, la haute bourgeoisie et sa prostituée de toujours — la presse —, couronnent l’usurpation d’une famille cadette d’Orléans avide de pouvoir. Bonald présente, avec une rare clairvoyance, les conséquences toujours actuelles de l’argent-roi :

  • Le grand commerce, non contrôlé par l’État, réduit les personnes à l’état de consommateurs. L’argent des actionnaires prime désormais sur la politique et le bonheur des peuples.
  • La grande industrie, non contrôlée par l’État, se nourrit de l’esclavage d’une population miséreuse (le prolétariat) pour produire ce que le consommateur achète. Ainsi importe-t-elle des cohortes d’étrangers, corvéables à merci et jetables, sans se soucier que ces malheureux, sans racines et hétérogènes, constituent une source d’instabilité pour le pays, proies choisies de tous les fanatismes idéologiques ou religieux.

Est-ce donc un hasard si les gouvernement libéraux-socialistes s’acharnent à exterminer la population enracinée des agriculteurs au nom du libre-échangisme ? Les paysans étant les seuls — nous dit Bonald — a être indispensables au Pays, parce qu’ils le nourrissent...

 

Table des matières

 

Avertissement de viveleroy.fr

 

Ce texte est tiré du livre Louis de Bonald, Réflexions sur la révolution de 1830 et autres inédits, présentés et annotés par Jean Bastier, Éditions Duc/Albatros, Paris, 1988, p.83-86.

AVERTISSEMENT : tous les titres ont été ajoutés par VLR pour faciliter la lecture en ligne.

 

La presse, instrument de domination de la bourgeoisie révolutionnaire

 

Le commerce et l’industrie ont fait la révolution de Juillet, la presse sans doute y a puissamment contribué, mais la presse aussi est une spéculation d’industrie et un objet de commerce, et c’est uniquement pour soutenir cette industrie et son commerce qu’elle a fait la révolution. Il est donc permis d’examiner les titres du commerce à une si haute mission que celle d’une révolution de gouvernement, et les droits qu’il a de prendre le pas sur les institutions publiques et politiques.

 

Quand la bourgeoisie proclame la liberté

 

Le commerce, affranchi de l’autorité politique, perçoit un impôt direct en profitant de la détresse publique

Le commerce, quelque étendu qu’il soit, n’a affaire qu’aux particuliers, et n’est l’affaire que de particuliers. Que le détaillant vende à livres et onces [1] le sucre et le café aux consommateurs, que le négociant fasse venir des bâtiments chargés de sucre et de café pour les détaillants, l’un et l’autre sont au service des particuliers, commandés et payés par eux, et ne servent pas l’État qui ne consomme ni sucre ni café. Les droits que payent ces objets à leur entrée sont un impôt payé par les consommateurs et se confondent avec les autres subsides.

Ceux qui se livrent à ces spéculations sont assurément des hommes très estimables s’ils les font avec bonne foi sans trop profiter de la détresse publique ; mais la profession en elle-même n’a rien d’honorable ; car il n’y a de service honorable en politique que le service du pouvoir public, politique ou religieux ; aussi les Romains, justes appréciateurs de tout ce qu’il y a de noble et d’honorable dans les diverses professions, abandonnaient le négoce à leurs affranchis et l’industrie à leurs esclaves.

Le libéralisme, ou la mort de l’autorité politique, ou le fort libre d’asservir le faible

On se plaint avec raison de la ruine du commerce ; mais peut-être faut-il en chercher la cause dans le commerce lui-même, ce ne sont pas quelques fortunes colossales — qui écrasent et humilient le petit commerce — qui font pour l’État la prospérité du commerce, c’est un grand nombre de fortunes médiocres qui répandent une aisance générale.

 

Autrefois un commerçant enrichi s’empressait de quitter le commerce pour acheter une charge et passer dans l’État public, il faisait ainsi place à d’autres commerçants qui, délivrés de cette concurrence, travaillaient avec plus de succès à faire leur fortune pour quitter à leur tour le commerce et faire place à d’autres.

 

Les 1 % les plus riches du monde possèdent plus que les 99 % restantsAujourd’hui le commerçant enrichi veut s’enrichir encore et ne voit point de terme aux progrès de sa fortune. Il y a telle ville où un riche négociant est le tyran des plus petits commerçants qui ne peuvent faire aucune spéculation qu’ils ne soient devancés par un homme à qui une immense fortune et des relations étendues donnent les plus grands avantages ; et si par la constitution de l’État, ces mêmes hommes sont revêtus de fonctions publiques avec lesquelles et même à la faveur desquelles ils continuent leur commerce, s’ils peuvent être députés ou pairs et rester banquiers ou fabricants, on sent qu’il n’est plus possible de lutter contre une si redoutable concurrence.

 

 

 

Cet empressement à quitter le commerce lorsqu’on avait fait une fortune honnête et suffisante avait un grand avantage en morale et en politique.

 

Source et suite: Vive le Roy

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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 10:24
Premier cas de condamnation à la prison ferme pour racisme anti-blanc : une pierre tombale sur la république

Elle est belle leur société démocratique d'"ouverture" ! Un premier cas de condamnation à la prison ferme pour racisme anti-blanc a été répertorié.

 

Voilà où mène deux siècles de république avec son "homme nouveau" déraciné : au racisme généralisé et à la prison ferme.

 

Fait nouveau, la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) s'est portée partie civile. "C'est une condamnation lourde", a admis Me Philippe Genin, l'avocat de la Licra, partie civile pour la deuxième fois dans cette affaire "significative" de racisme anti-blanc. "La cour a voulu donner un signal fort: c'est l'une des rares fois où le racisme est sanctionné par de la prison ferme", a-t-il expliqué.

 

En première instance, le prévenu avait été condamné à une amende de 1500 euros et 500 euros de dommages et intérêt à la victime et à la Licra.

 

"Peu importent les circonstances, le pourquoi et le comment!, s'est exclamé Alain Jakubowicz, président de l'association. Dans ce domaine, il ne peut pas y avoir d'excuse de provocation."

 

Les faits se sont déroulés à bord d'un TER Lyon-Mâcon, le 9 juin 2014. Trois jeunes, qui voyageaient sans billet, sont verbalisés par une contrôleuse. Le ton monte, une altercation s'ensuit, et Christian D., "intervient pour éviter que des violences ne soient commises à l'encontre de l'employée SNCF", rappelle le jugement. C'est alors que le sexagénaire est traité de "sale Français, sale blanc".

 

Des paroles "à caractère manifestement injurieux, note le jugement, renvoyant directement et expressément à son appartenance à une nation".

 

"Toutes les formes de racisme sont condamnables, d'où qu'elles viennent et indépendamment de la couleur de peau, de l'origine ou de la religion de la victime, a rappelé Alain Jakubowicz. Si le racisme anti-blanc est un phénomène relativement marginal au regard des autres formes de racisme ou de l'antisémitisme, il doit faire l'objet de la même rigueur et de la même réprobation". [1]

 

Hormis que le racisme antiblanc n'est pas un "phénomène relativement marginal au regard des autres", la Licra commence à prendre en compte un phénomène jusque-là ignoré par la classe politico-médiatique. Ils devront bientôt reconnaître l'échec de la république dans le "vivre ensemble" de populations sur la base d'un contrat social abstrait coupé de la culture et de l'histoire, ayant fait table rase du passé. D'où les premières réhabilitations de l'"Ancien Régime" qui font jour, ou l'apparition de questions existentielles de journalistes ou d'intellectuels autour de la question de l'assassinat de Louis XVI.

 

Voici ci-dessous une video didactique sur le racisme et l'antiracisme, qui ne sont que les deux faces du républicanisme qui conduisent à l'"Homme nouveau" déraciné.

Le christianisme a fait pendant des siècles ce que la république n'a jamais su faire avec ses abstractions.

 

Cette première condamnation à la prison ferme pour racisme anti-blanc est particulièrement démonstrative de l'échec cuisant de l'intégration républicaine. Elle marque une pierre tombale sur la république révolutionnaire.

 

République. RIP.

Notes

 

[1] Trois mois ferme pour du racisme anti-blanc, Le Figaro, Par Stéphane Kovacs Mis à jour le 01/04/2016 à 19:47 Publié le 01/04/2016 à 19:23

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 09:24
La fleur de lys

Emblème royal par excellence, la fleur de lys a une très ancienne origine.
Sans doute fleur d’iris sous Clovis (fleur que l’on retrouve, par ailleurs, dans les armes de Florence), elle devient rapidement le symbole de la monarchie française de par son rapport avec la Vierge Marie, en référence à la pureté, à l’innocence et à la virginité, la Vierge étant la Sainte protectrice des Rois, et médiatrice entre Dieu et les hommes; mais également comme figure d’abandon à la volonté de Dieu, c’est-à-dire à la providence, qui pourvoit aux besoins de ses élus. Ce symbole indique donc la soumission du Souverain à une autorité divine qui lui permettra d’exercer son règne sans qu’il oublie de qui il tient son pouvoir.
Le blason de la couronne de France représente trois fleurs de lys, évoquant ainsi la Sainte Trinité mais également les vertus théologales. Enfin, la fleur de lys marquait les pouvoirs guérisseurs que l’on attribuait au Roi, en référence aux écrouelles guéries par simple attouchement.Fleur de gloire, elle est également assimilée aux rayons du soleil, source de fécondité; sa forme a parfois été reprise sur certaines hallebardes.
La structure de cette figure héraldique peut offrir différents degrés de lecture.
Ainsi, les six pointes de la fleur (trois en haut et trois en bas) présente une analogie avec le sceau de Salomon, composé de deux triangles inversés; on pourra donc y voir le passage de l’Ancien au Nouveau testament, l’axe vertical de la fleur et la barrette horizontale faisant référence à la croix du Christ (une autre interprétation voit d’ailleurs cette croix dans les trois pétales supérieurs).
Sur le schéma ci-joint, la fleur est séparée en deux par l’axe horizontal (la barrette), scindant le ciel et la terre. Les trois pétales du haut appartiennent au monde céleste en un delta représentant Dieu; cette figure se reflète sur le monde terrestre par un effet miroir. Les 3 pétales du haut (T-A-S, thèse,antithèse, synthèse) affirmant l’unité divine, trouve son corollaire dans celles du bas, plus petites, et confirme bien la figure royale en tant que conciliatrice des contraires. C’est donc un élément rassembleur autour de la personne du Roi; on peut également y lire l’allégeance au Souverain, les deux pétales latéraux se ployant devant l’axe central, droit et dirigé vers le ciel.

Source et suite: Sous le regard du symbole: La fleur de lys, Alliance Royale, La France réconciliée

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 07:05

Un article de Roland Hureaux pour "Causeur.fr"' montre que la démocratie ne peut prospérer que dans une communauté relativement homogène. Des communautés religieuses d’importance comparable ne peuvent coexister longtemps de manière pacifique. Plus une société est hétérogène, plus il faut un pouvoir autoritaire pour y maintenir la paix civile.

Vers une Europe autoritaire et ghettoïsée?

 

Bienvenue dans le monde d’après

 

La conjonction de vagues migratoires hors de contrôle, d’attentats terroristes de grande ampleur et d’une restriction des libertés (loi sur les écoutes, état d’urgence) allant jusqu’à une réforme de la Constitution qui va jusqu’à inquiéter le Conseil de l’Europe, pourrait bien dessiner les traits de l’Europe vers laquelle nous allons : ghettoïsée, conflictuelle et autoritaire.

 

Les tenants de la société multiculturelle pensent que la diversité des communautés allogènes implantées dans les pays européens constituera un enrichissement pour le pays d’accueil par la multiplication des échanges et le croisement des cultures qu’elle suscitera, pouvant aller jusqu’au métissage. Cela est vrai, au moins en partie, quand les dites communautés ne sont qu’une petite minorité, trop réduite pour rester dans l’entre-soi et pour apparaître comme une menace. Chacun de ses membres a de fortes chances de rencontrer à l’école, sur les stades ou au travail des autochtones et de s’assimiler à leur mode de vie. Les autochtones ne sentant pas leur primauté remis en cause, se montrent accueillants et ouverts aux échanges.

 

Il n’en est plus de même quand les dites communautés se font nombreuses. Les nationaux ont moins envie d’échanger. Les immigrés ou fils d’immigrés ont moins de chances de les rencontrer notamment dans des classes devenues monocolores. En France, la reprise de la fécondité immigrée depuis quinze ans, laquelle s’était jusque-là plus ou moins normalisée, est un marqueur de la communautarisation, de pair avec la préférence des mâles pour des femmes qu’ils font venir du pays, plus dociles que leurs voisines de palier.

 

Au terme : une société d’apartheid telle que l’Allemagne en montre l’exemple depuis longtemps. A Berlin, il n’y a pas d’Allemands dans les quartiers turcs et très peu de Turcs dans les quartiers allemands. Plus les populations immigrées seront importantes, plus la séparation sera grande.

 

Des tensions prévisibles

 

Les relations de ces communautés seront, qu’on le veuille ou non, conflictuelles. Sans doute, le nombre de musulmans impliqués dans les actes terroristes est-il infime par rapport à leur nombre total : 1 sur 1 000 si on se réfère au fichier S, lui-même très extensif. Mais ces actes auront statistiquement et toutes choses égales par ailleurs deux fois plus de chances de se produire si la population allogène devient deux fois plus nombreuse. Ils contribuent et contribueront à durcir les relations intercommunautaires, à entretenir la méfiance et l’hostilité dont les effets seront seulement tempérés par la séparation des communautés. En outre, le terrorisme n’est pas la seule forme de l’agressivité réciproque des communautés : la délinquance ordinaire, les « incivilités » ou alors les réflexes d’autodéfense des autochtones y contribueront aussi.

 

Malgré les exemples de pays comme le Liban, la Bosnie, le Sri Lanka qui montrent que des communautés religieuses d’importance comparable [1] ne peuvent coexister longtemps de manière pacifique, on peut penser que ce n’est pas ce genre de guerre ouverte qui menace immédiatement l’Europe. Mais, comme l’a montré Pierre Manent [2], la démocratie ne peut prospérer que dans une communauté relativement homogène. On peut craindre que l’hétérogénéité au contraire lui soit fatale. C’est une loi historique que plus une société est hétérogène, plus il faut un pouvoir fort pour y maintenir la paix civile.

 

Menaces sur les libertés

 

On ne voit que trop comment un pouvoir socialiste qui proclame à tout-va son attachement aux valeurs républicaines, conforte chaque jour sa légitimité par une gesticulation sécuritaire qui entretient la psychose de l’attentat et habitue insensiblement les esprits à un régime d’exception. S’il est vrai que des failles dans le dispositif policier ont fait obstacle à ce que les attentats de Charlie et du Bataclan aient été détecté à temps, personne n’a considéré que ces failles provenaient de lacunes juridiques, seulement de dysfonctionnements des services. Il est probable que leur vigilance ayant été aiguisée par les événements, ils mettront un point d’honneur à mieux prévenir les attentats et donc à diminuer les risques que court la population. Il reste qu’avec l’état d’urgence, tout citoyen français peut craindre de voir au milieu de la nuit débarquer la police chez lui pour y effectuer une perquisition sans mandat judicaire. Il est aussi vrai que depuis la loi du 24 juillet 2015 sur le renseignement, des gens font attention au contenu de leurs courriels craignant qu’ils ne soient interceptés et utilisés contre eux. Ces moyens juridiques d’exception ont été notoirement utilisés contre des personnes, écologistes, identitaires ou autres, qui n’avaient rien à voir avec les réseaux terroristes. Sans aucune nécessité, on veut réformer la Constitution alors même qu’une démocratie forte devrait garder ses lois fondamentales sauves quelles que soient les circonstances [3].

 

S’il est vrai, comme on le dit, que les événements que nous avons vécus ne sont rien à côté de ceux qui nous attendent (il faut espérer le contraire !), alors les restrictions de libertés que nous aurons à connaître dans le futur seront encore plus considérables.

 

Cela ne concerne pas que la France. Une fois l’euphorie de la politique d’accueil de Merkel passée, qui sait ce que nous réserve ce pays dont les oscillations extrêmes ont déjà ébranlé l’Europe ?

 

Il est des gens, en France et en Europe, qui imaginent qu’une politique d’accueil large et généreuse rendra les gens meilleurs et la société plus prospère et démocratique, qu’elle fera progresser les droits de tous à commencer par ceux des migrants. Certains sont même prêts à faire émerger cette société vertueuse par la force d’une loi impitoyable au moindre écart de langage. Ils devraient être refroidis par les perspectives qui se dessinent. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire contemporaine que les bons sentiments amènent des catastrophes, c’est même plutôt là la règle que l’exception. Nos anticipations ne découlent de rien d’autre que d’une connaissance objective de la dynamique des sociétés de tous les temps et de l’extrapolation de ce qui se passe sur notre sol depuis quelques mois.

 

[1] Ce qui ne veut pas dire un poids démographique équivalent. Le nombre d’adeptes actifs de chaque groupe, ses appuis extérieurs, importent aussi.

[2] Pierre Manent , La Raison des nations : réflexions sur la démocratie en Europe. Gallimard, collection L’esprit de la cité, 2006.

[3] Ce qui fut le cas de la IIIe République en guerre de 1914 à 1918 ou des Etats-Unis jusqu’au 11 septembre 2001

Le multiculturalisme conduit à l'autoritarisme du pouvoir et à la ghettoïsation

Source: Vers une Europe autoritaire et ghettoïsée? Bienvenue dans le monde d’après, Causeur.fr, Roland Hureaux, Publié le 18 février 2016 à 11:00 / Société

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 10:38
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