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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 20:40

Église universelle : Mutation ou trahison de l'Institut Pontifical Jean-Paul II sur la famille ?

 

Par le Motu Proprio Summa familiae cura du 8 septembre 2017 le pape François a changé la dénomination, ainsi que la composition, de l'Institut Pontifical Jean-Paul II pour le mariage et la famille fondé en 1981 par son prédécesseur. Le nouvel organisme travaillera sur "les sciences du mariage et de la famille". Pour Jeanne Smits, rédactrice en chef de Réinformation TV ce changement de dénomination est révélateur d'un changement de perspective dans la ligne de la déclaration, controversée, post synodale : Amoris Laetitia sur le mariage et la famille. Plus que jamais semble d'actualité la réflexion de sœur Lucie de Fatima au cardinal Caffara, premier président de l'Institut Jean-Paul II : La bataille finale entre entre le Seigneur et le royaume de Satan portera sur le mariage et la famille.

 

NdCR. Jeanne Smits explique que "le pape François a voulu effacer une structure existante pour lui donner une autre orientation, ce qui apparaît assez clairement dans ce Motu proprio. (...)  Cet institut Jean-Paul II a été créé très rapidement après l'accès au pontificat de Jean-Paul II (1978-2005). En 1981 est créé cet "Institut pour le mariage et la famille" dont la direction est confiée au Cardinal Carlo Caffarra (1938-2017), et l'objectif est de répondre à la crise de la famille et de faire étudier les questions de morale et de théologie familiale. Cela s'inscrit parfaitement dans le sillage d'Humanae Vitae (encyclique de Paul VI), qui refuse la contraception 'artificielle', cette encyclique ayant été mal mise en oeuvre, le pape Jean-Paul II lance sa monumentale théologie du corps dont il fait une catéchèse hebdomadaire du mercredi, et cet Institut répond par avance à tout ce que nous connaissons aujourd'hui, l'idéologie du genre, la multiplication des divorces, du contrôle des naissances, etc. Et je pense que la nouvelle forme de cet institut est de partir dans une nouvelle voie."

Le Cardinal Caffarra, décédé le 6 septembre dernier, était l'un des quatre cardinaux qui ont demandé au pape François de faire la clarté sur cinq "dubia" soulevés par "Amoris laetitia", qui à ce jour sont restés sans réponse de François. Il était également le cardinal à qui soeur Lucie de Fatima adressa une lettre pour lui dire que "la bataille finale entre Dieu et Satan portera sur le mariage et la famille (...) Toutefois, Notre Dame lui a déjà écrasé la tête."

Pour Jeanne Smits, "le lien (entre le 'Motu Proprio Summa familiae' et 'Amoris Laetitia') est tellement fort que le Motu proprio fait très ouvertement référence à Amoris Laetitia en demandant une approche analytique et diversifiée de la question de la famille et du mariage et de la morale conjugale. On est parfaitement dans le développement d'Amoris Laetitia qui demande de prendre en compte la multiplicité des formes familiales; des citations entières d'Amoris Laetitia apparaissent dans le document fondateur du nouvel institut. On est dans ce qu'on appelle de prendre en compte les 'changements anthropologiques' (je cite). On est dans la logique de prendre en compte tout ce qui a changé dans les familles et c'est la grande idée d'Amoris Laetitia, il faut chercher le bien là où il se trouve dans chaque forme familiale. L'ennui c'est que les 'nouvelles formes familiales' aujourd'hui nous les connaissons : cela va de l'union libre aux unions recomposées et même dans une certaine mesure jusqu'aux unions homosexuelles qui sont considérées comme des 'familles'".

"L'attaque portée contre l'Institut Jean-Paul II - c'est une attaque - au surlendemain de la mort du Cardinal Caffara est très parlante. Et vu comment elle a été accueillie par les catholiques progressistes allemands qui étaient ravis, je pense qu'il faut surveiller cela de très près", ajoute Jeanne Smits.

 

Église en France : Rubens, peintre de la contre réforme catholique !

 

À l'occasion de l'exposition présentée au musée du Luxembourg à partir du 4 octobre : Rubens. Portraits princiers, le Figaro hors série consacre un superbe numéro : Rubens le peintre gentilhomme au plus célèbre des Anversois. Christian Brosio nous éclaire sur un aspect méconnu de la personnalité du peintre des rois et des reines : Habsbourg, Stuart, Médicis. En effet Rubens fut un ardent propagateur, et chantre, de la contre réforme catholique, ami des jésuites et auteur de nombreuses peintures religieuses. Contre l'austérité et la tristesse calvinistes il exalte le culte des saints mais aussi la beauté de la vie et de la nature en particulier celle du, paraît-il, chef d'œuvre de Dieu : la femme. Le tout dans une exubérance flamande dont les célèbres fêtes de village sont la manifestation la plus connue.

 

Église en Marche : Un pèlerinage d'action de grâces à Rome

 

À l'occasion du 10e anniversaire de la promulgation, le 7 juillet 2007, par le pape Benoît XVI du Motu Proprio Summorum Pontificum libérant la célébration de la messe dite traditionnelle un pèlerinage d'action de grâces était organisé du 14 au 17 septembre à Rome. De nombreux cardinaux (Burke, Sarah, Muller) ont honoré cet événement de leur présence. À cette occasion de nouveaux sondages d'opinion ont été rendus publics, confirmant l'intérêt d'une part importante des catholiques pratiquants de la forme ordinaire pour la célébration du rite extraordinaire. Monsieur l'abbé Barthe, aumônier de ce pèlerinage nous dresse un bilan de cet événement ecclésial majeur.

 

Source: Renaissance catholique; TV Liberté

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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 21:17
François corrige le Cardinal Sarah et demande à "Nuova Bussola Quotidiana" la publication complète de la correction

Après "Amoris laetitia", un autre document de François va diviser profondément l'Eglise. Il s'agit de son Motu proprio "Magnum principium” sur les traduction en langues courantes des textes liturgiques qu'il désire laisser à présent à la compétence autonome des conférences épiscopales. Dans ce Motu proprio, le pape exprime son projet de "dévolution liturgique avec des pouvoirs toujours plus grands confiés aux Conférences épiscopales"... Jusqu'à présent, les traductions (versions et adaptations) étaient préparées par les Conférences épiscopales, qui demandaient ensuite l'approbation du Saint-Siège. On imagine facilement les dégâts pour l'unité de l'Eglise universelle lorsque dors et déjà des conférences épiscopales lisent "Amoris laetitia" à la lumière du magistère et de la tradition de l'Eglise pendant que d'autres se revendiquent du Pape Bergoglio pour poursuivre leur 'rêve' d’une Eglise nouvelle et différente de celle fondée par notre Seigneur Jésus-Christ." (Roberto de Mattei, Corrispondenza Romana, 18 octobre 2017)

Soucieux de préserver l'unité de l'Eglise, et afin de limiter l'autonomie des conférences épiscopales, le cardinal Sarah, Préfet en exercice de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements (nommé par François lui-même) est intervenu le 12 octobre dans la Nuova Bussola Quotidiana, dans l'article "Traductions liturgiques, Sarah freine la dérive", François vient de le corriger publiquement et a demandé à la Nuova Bussola Quotidiana de publier sa correctio. Chose faite ce 22 octobre, 10 jours après la publication du Cardinal Sarah. Une "situation sans précédent".

 

Le site Messainlatino a rapporté l'information aujourd'hui (en italien). Traduction ci-dessous.

Source : Le Pape corrige le Cardinal Sarah et demande à NBQ la publication complète de la réprimande,

Messainlatino, domenica 22 ottobre 2017

 

"Le pape François a nié l'interprétation du motu proprio faite par le cardinal Sarah concernant la traduction des textes liturgiques et a exigé que la Nuova Bussola Quotidiana publie sa lettre.

Une situation sans précédent qui place la NBQ au centre d'un débat central sur la vie de l'Église.

Le Pape exprime son projet de "dévolution liturgique, avec des pouvoirs toujours plus grands confiés aux Conférences épiscopales" (ICI).

Il n'y a pas de précédent de réprimande publique d'un Cardinal de la Curie, Préfet d'une Congrégation, particulièrement détesté par cette partie de la Curie et de ces clercs - peu - qui aspirent à avoir une "révolution permanente dans la liturgie"!

Nous voyons dans ce cas un Pape attentif à ce qui est publié sur Internet, et d'une certaine manière il a répondu avec l'autorité dont il est responsable au "doute" cette fois-ci exprimé par l'un de ses principaux collaborateurs : le cardinal Robert Sarah, qu'il a lui-même nommé Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.

L'autoritarisme, le timing et l'attention à ce qui est dit et écrit ne sont appliqués uniquement à "sens unique." 

Aujourd'hui, nous pouvons dire que l'unité du rite à ce moment particulier dans l'histoire de l'église est brisée. 

Lorsque la Congrégation pour le culte divin et son préfet, nommés par le pape François lui-même, sont en fait privés de leurs compétences se posent des questions inquiétantes pour l'avenir de la liturgie catholique.

 

Liturgie: "Correctio paternalis" du Pape au Cardinal Sarah, par Riccardo Cascioli

 

L'interprétation du Cardinal Robert Sarah du Motu Proprio " Magnum Principium " est incorrecte; l'esprit du document papal est justement d'accorder aux traductions liturgiques cette grande autonomie et confiance dans les Conférences épiscopales que le Cardinal Sarah voudrait limiter.

 

(..) Les traductions (versions et adaptations) sont préparées par les Conférences épiscopales individuelles, qui demandent ensuite l'approbation du Saint-Siège.

 

 

L'examen du Saint-Siège se fait à travers deux instruments: le confirmatio et le recognitio, que le Motu proprio veut redéfinir.

 

(...) La préoccupation du cardinal Sarah en tant que préfet de la Congrégation pour le culte divin est évidente: maintenir l'unité de l'Église dans la liturgie, tout en respectant l'autonomie des évêques de chaque pays dans l'élaboration de la liturgie locale.

 

Le Pape, cependant, nous dit maintenant que ce n'est pas l'homme du motu, qui est dans la perspective d'une «dévolution» liturgique.

 

(...) La question dépasse l'aspect purement liturgique et, comme l'a affirmé à maintes reprises le cardinal Joseph Ratzinger, alors Benoît XVI, concerne la conception de l'Église et la compréhension que l'Église a d'elle-même. Le rôle et le pouvoir des Conférences épiscopales, auxquelles le pape François entend donner «une certaine autorité doctrinale authentique» (Evangelii Gaudium n ° 32), sont surtout contestés.

 

 

Le Cardinal Ratzinger, alors Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dans le livre-entretien avec Vittorio Messori - "Rapport sur la foi" (1985), commentant positivement la valorisation du "rôle et de la responsabilité de l'évêque" recherchée par le Concile Vatican II, déplore la dérive postérieure au Concile : "la reprise décisive du rôle de l'évêque a effectivement été amoindrie ou même menacée d'être étouffée par l'insertion de évêques dans des conférences épiscopales de plus en plus organisées, avec souvent des structures bureaucratiques lourdes.

 

Il ne faut pourtant pas oublier que les conférences épiscopales n'ont pas de base théologique, elles ne font pas partie de la structure ineffaçable de l'Église comme désiré par le Christ : elles n'ont qu'une fonction pratique et concrète ."

 

Le collectif ne remplace pas la personne de l'évêque.

 

C'est un point décisif "parce que - dit le cardinal Ratzinger - c'est sauvegarder la nature même de l'Église catholique, qui repose sur une structure épiscopale, et non sur une sorte de fédération d'Églises nationales. Le niveau national n'est pas une dimension ecclésiale.

Il doit être clair que dans chaque diocèse il n'y a qu'un pasteur et un maître de la foi, en communion avec les autres pasteurs et maîtres, et avec le Vicaire du Christ."

 

C'était en fait la Nouvelle Boussole Quotidienne qui publiait le 12 octobre la note du Cardinal Sarah, qui, tenant compte de certaines des réactions déjà manifestées, proposait une interprétation correcte du Motu proprio (cliquez ici ).

Traductions liturgiques - le Cardinal Sarah freine la dérive

Traductions liturgiques - le Cardinal Sarah freine la dérive

Le Pape demande que la Nuova Bussola Quotidiana publie sa lettre après avoir publié la note du Cardinal Sarah: c'est un geste, celui du Pape François, sans précédent.

 

(Fin de citation)

Parmi les premiers commentaires de la décision du pape de corriger publiquement le Cardinal Sarah, on trouve celui du site "Pro Liturgia" aujourd'hui :

 

"Le pape François que les médias présentent comme ouvert, accueillant, souriant, sympathique... se révèle être un terrible dictateur comme l’Eglise n’en a jamais vu.

 

En effet, alors que le cardinal Robert Sarah, “encore” préfet de la congrégation pour le culte divin, s’employait à juguler les dérives qui, selon toute vraisemblance, allaient être la conséquence du Motu proprio “Magnum principium” sur les traduction en langues courantes de textes liturgiques, François lui a adressé une lettre dans laquelle il dit vouloir exprimer “simplement” et “clairement” (pour une fois !) la façon dont il faut interpréter le Motu proprio en question.

Que dit François ? En gros, que l’interprétation faire par le cardinal Sarah n’est pas correcte et que le but de “Magnum principium” est bien de donner une totale autonomie aux conférences épiscopales pour ce qui concerne les traductions des textes liturgiques.

Il faut donc bien comprendre que François :

- désavoue le cardinal Sarah,

- permet aux évêques d’officialiser la grande pagaille qui règne déjà dans la liturgie,

- ne tient plus aucun compte des enseignements conciliaires,

- rejette les règles données par S. Jean-Paul II et Benoît XVI,

- officialise le divorce entre la “lex orandi” et la ”lex credendi”.

Il faut donc bien comprendre que nous entrons là dans un processus non seulement de désintégration de la liturgie, mais aussi, par conséquence, de division de l’Eglise.

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du dimanche 22 octobre 2017

François corrige le Cardinal Sarah et demande à "Nuova Bussola Quotidiana" la publication complète de la correction
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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 17:57

Dans sa dernière video, Virginie Vota rapporte cette question du FigaroVox 'Est-il encore possible d'être chrétien dans un monde qui ne l'est plus ?'. "Dans Le pari bénédictin, le journaliste américain Rod Dreher constate que les Chrétiens ont perdu la bataille culturelle. Il les invite à reformer des communautés vivantes, loin de la "société liquide". Virginie Vota y donne cette réponse fulgurante : "La réponse est oui, bien entendu, (il est possible d'être chrétien dans un monde qui ne l'est plus) parce que Dieu existe". Et elle porte le débat sur l'essence des choses.

Extraits:

 

"Vous verrez que dans l'entretien, il (Rod Dreher) cherche à remonter aux causes profondes et aux causes premières de la déchristianisation du monde aujourd'hui et notamment en Occident. Et c'est pour cela qu'il aborde la question du nominalisme -c'est assez rare pour être souligné- qui est apparu à la fin du XIIIe siècle avec la querelle des universaux, entre notamment S. Thomas d'Aquin, puis Guillaume d'Occam et qui a servi de socle ou d'impulsion au développement de l'idéologie humaniste, c'est-à-dire le début de l'anthropocentrisme où l'homme est devenu le centre du monde et sa propre fin, (...) et qui a permis l'éclosion de la 'philosophie' des Lumières, dont le constitutionnalisme en est une conséquence avec par exemple la première constitution en Virginie en 1776 et les déclarations des droits de l'homme pour le préserver des pouvoirs arbitraires parce que la puissance divine n'est absolument plus reconnue. C'est l'homme qui est son propre maître et donc forcément il doit se protéger de l'homme parce que 'l'homme est un loup pour l'homme' (Hobbes). Et donc on érige des 'droits' sacrés et inviolables parce qu'il n'y a plus de commandement divin... C'est l'homme qui doit respecter l'homme, c'est une société nouvelle qui se crée avec un homme nouveau, c'est la naissance d'un nouvel Adam, avec ses droits, ses prérogatives (mais coupé des commandements divins... NdCR.)

 

(...) Il est intéressant de se demander 'où est-ce qu'on en est aujourd'hui par rapport à cette 'philosophie des Lumières' ? On observe une radicalisation et les horreurs que l'on peut observer aujourd'hui ne sont que l'aboutissement de cette philosophie des Lumières, de cette (fausse) liberté, c'est-à-dire que l'homme a absolument détruit tout ce qui l'entravait et tout ce qui constituait un déterminisme naturel pour se déterminer lui-même selon sa volonté toute-puissante. Par exemple : la sexualisation des enfants dès l'âge de trois ans à l'école. (Cf. Lire : Ariane Bilheran, "L'imposture des droits sexuels" ici et , une psychologue clinicienne, normalienne, Docteur en psychopathologie et psychothérapeute qui travaille sur les processus manipulateurs et totalitaires au sein du langage.) Tout cela est l'aboutissement de la 'philosophie des Lumières' qui détruit absolument tout principe lié à la nature de l'homme. Et qu'est-ce que la nature de l'homme avant tout ? C'est un corps et c'est une âme, parce que l'homme est la créature de Dieu, il n'est pas sa propre créature, il n'est pas le Créateur. Il est le Fils ou une Fille de Dieu lorsqu'il veut bien se reconnaître comme tel, parce qu'il peut choisir avec son libre arbitre. Mais même s'il ne le veut pas, il reste un homme, c'est-à-dire la créature de Dieu.

 

(...) La république a pour principe l'anthropocentrisme, c'est-à-dire que Dieu n'existe plus effectivement et c'est l'homme qui est son propre dieu, qui décide tout ce qu'il veut et sa Volonté est toute puissante.

 

(...) Je vous parlais de la question du langage, et bien la première chose à faire est de faire disparaître l'écran qu'il y a entre Dieu et et nous, et de le mettre entre nous et la société, pour que nous nous reconnaissions à Dieu. Le gros problème n'est pas de vivre dans une société qui matériellement est déchristianisée, c'est le fait d'être coupé de Dieu dans notre esprit même, parce que dans le langage, tout nous coupe de Dieu, tout nous fait oublier que ce qui nous entoure, ce que nous voyons, sont des créations de Dieu et que nous mêmes sommes une créature de Dieu.

 

Et le plus difficile en tant que chrétien ce n'est pas de vivre dans un monde où matériellement rien ne nous rappelle Dieu. On vit dans une société où l'on parle de la laïcité à la française, tout cela simplement parce que cette laïcité ne consiste pas à instaurer une neutralité des religions dans l'espace public, comme on nous le dit, la laïcité c'est un mot de novlangue, c'est tout simplement un anticléricalisme qui s'est manifesté très violemment sous la IIIe république avec les grandes lois anticléricales et la 'séparation de l'Eglise et de l'état' (1905) et la réforme de l'instruction publique pour justement abolir dans nos esprits l'idée de l'existence de Dieu et du lien qui nous unit à lui. Cela crée si vous voulez comme un écran, une séparation entre Dieu et nous. (...) Et ce qu'il y a de pervers -du moins en France - c'est que tout est fait pour nous faire oublier Dieu. (...) Et dans les mots, on nous ôte même la possibilité de ce lien, la possibilité de le trouver et même de pouvoir concevoir son existence en soi.

 

(...) Aujourd'hui, avec le nominalisme, l'homme se prétend créateur et il créé des concepts et donc il crée des noms, parce que en soi il n'est créateur de rien matériellement. Il crée des noms et il va déclarer que puisque ce nom existe, la chose en soi existe; c'est l'existence qui précède l'essence.

(...) On sépare complètement l'essence d'un être, d'une chose, de son existence en soi. D'un ressenti, d'une perception on prétend que c'est une réalité, on cherche à créer une réalité à partir d'un ressenti alors que normalement c'est la réalité qui nous met au diapason avec nos ressentis. Un exemple intéressant dans la Bible, illustrant le réalisme même si c'est symbolique : lorsque Dieu a créé les animaux, il les présente un à un à Adam et il lui demande de nommer les animaux et Adam trouve un nom aux animaux. Mais pourquoi il n'a aucune hésitation ? Pourquoi le fait-il si naturellement ? D'une part parce qu'il parle naturellement le langage de son Créateur, le langage de Dieu. Donc les mots sont déjà naturellement en accord avec la Création de Dieu. Mais aussi d'autre part parce que l'essence existe et il y avait un nom pour chaque essence, naturellement, alors que aujourd'hui ce serait parfaitement le contraire [C'est la subversion du langage par les révolutionnaires.NdCR.*]. Cet exemple est une très belle illustration du réalisme en soi.

 

La question que nous pose l'article finalement ce n'est pas est-il encore possible d'être chrétien dans un monde qui ne l'est plus, c'est comment rester chrétien dans notre esprit, spirituellement, dans un monde qui matériellement ne l'est plus, mais qui cherche aussi à nous déchristianiser intérieurement. Et c'est cela notre défi, ce que nous devons faire, c'est nous reconnecter avec Dieu, et pas simplement par nos gestes ou nos activités, c'est surtout nous battre dans nos esprits, dans notre âme, pour être toujours en contact avec lui et percevoir le monde comme Sa Création, et non plus nous percevoir comme notre propre dieu, comme l'idéologie dominante le veut, c'est-à-dire la 'jouissance du citoyen' comme le dit Jean de Viguerie. Et c'est cela le plus difficile car il va falloir épurer nos esprits et apprendre à retrouver le sens des mots, pour retrouver notre essence humaine, c'est-à-dire des créatures de Dieu, un corps et une âme. (...) Pour cela il va falloir désintoxiquer notre esprit de la pensée de gauche, de la 'philosophie des Lumières'. Il va falloir s'interroger sur le sens de chaque mot que l'on emploie.

 

(...) Le risque (dans le monde), c'est de penser 'Dieu m'a abandonné, Dieu n'existe pas', alors qu'on ne se remet soi-même pas en question, et on ne se dit pas 'mais c'est moi qui suis incapable parce que ma vision est tellement embrouillée, mon esprit est tellement embrouillé par le langage (novlangue) qui est le siège des pensées, tout ce qu'on m'a instillé à mon insu, c'est moi qui suis incapable de sentir Dieu, c'est moi qui suis incapable d'aller vers lui, de le trouver'.. Et c'est la question qu'il va falloir vous poser : c'est comment me reconnecter avec Dieu d'abord dans mon esprit, dans mon âme ? Qu'est-ce que que je dois réformer dans ma vie pour penser constamment à lui et pour vouloir sa volonté ? Et agir en fonction de sa volonté ? Pour faire que sa volonté soit mienne et que je l'accepte profondément, intérieurement et pas seulement en surface dans des gestes ? Des gestes qui, certes sont très importants parce que c'est par les gestes et les habitudes que l'on apprend et que en soi l'on ingère quelque chose, il ne faut pas le mettre de côté. Mais si vous voulez avoir une foi solide et profonde, c'est d'abord dans votre façon de penser que vous allez devoir réformer votre vie et à affronter (si c'est le cas) vos doutes, mais aussi apprendre à vous préserver de ce qui alimente ces doutes, apprendre à percevoir la réalité différemment de ce que la société vous inculque (la société complètement déchristianisée).

 

(...) C'est pour cela que j'insiste sur la nécessité de recevoir les sacrements, même si vous n'êtes pas encore parfaitement sûr, parce que vous aurez une aide incommensurable. On n'est pas tout-puissant, on est face même à des forces qui nous dépassent, et qui nous dépassent tellement qu'on a besoin de l'aide de Dieu, on a besoin d'aller vers Lui et de lui demander de nous aider à aller vers Lui.

 

Il faut agir corps, âme et esprit et la question du langage est centrale."

 

* Cf. Blanc de Saint-Bonnet : "Ce qu'il y a de plus funeste pour les peuples, après la Révolution, écrit Blanc de Saint-Bonnet, c'est la langue qu'elle a créée. Ce qu'il y a de plus redoutable après les révolutionnaires, ce sont les hommes qui emploient cette langue dont les mots sont autant de semences pour la Révolution... Ne jetons plus aux foules des termes dont on ne leur explique point le sens théologique et vrai. Ils ne cessent d'engendrer les idées qui tiennent les masses en ébullition et les arrachent au devoir de la vie" (Antoine Blanc de Saint-Bonnet, La Légitimité, 1873, p. 281-284, ouvrage honoré d'un Bref personnel de Pie IX.)

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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 11:19
Robert Spaemann- Amoris laetita va diviser l'Eglise (One Peter Five 28 avril 2016)

Robert Spaemann- Amoris laetita va diviser l'Eglise (One Peter Five 28 avril 2016)

Trois semaines après la Correctio filialis critiquant le document papal "Amoris Laetita", la première riposte est apparue le 18 octobre sous la forme d’une "Laudatio" lancé sur le web par un groupuscule de prêtres et d’intellectuels principalement issus d’Autriche et d’Allemagne (http://www.pro-pope-francis.com/).

L’un d’entre ces théologiens, l’allemand Mgr Fritz Lobinger, évêque émérite d’Aliwal (Afrique du Sud) est le "père" de l’expression "prêtres de communautés" qu’il a développée dans son livre "Teams of Elders. Moving beyond Viri probati" (2007) dans lequel il appelle de ses vœux l’introduction dans l’Eglise de deux sortes de prêtres : les prêtres diocésains à et les prêtres de communauté. Les premiers travailleraient à temps plein et les seconds, mariés avec famille, seraient à la disposition des communautés dans lesquelles ils vivent et ils travaillent.

Un autre signataire, le P. Paul Zulehner, disciple de Karl Rahner, est connu à son tour pour une fantasque "Futurologie pastorale" (1990). En 2011, il avait soutenu "l’appel à la désobéissance" lancé par 329 prêtres autrichiens favorables au mariage des prêtres, à l’ordination sacerdotale des femmes, au droit pour les protestants et pour les divorcés remariés de recevoir la communion ainsi qu’à celui des laïcs à prêcher et à diriger des paroisses... Martin Lintner est quant à lui un religieux servite de Bolzano, professeur à Bressanone et président de l’Insect (International Network of Societies for Catholic Theology). Il est connu pour son livre intitulé "La redécouverte de l’eros. Eglise, sexualité et relations humaines" (2015) dans lequel il prône l’ouverture à l’homosexualité et aux relations extraconjugales ainsi que pour son accueil enthousiaste d’Amoris laetitia qui constitue à ses dires "un point de non-retour" dans l’Eglise. En effet, selon lui, "aujourd’hui, il n’est plus possible d’affirmer qu’il existe une exclusion catégorique d’accéder aux sacrements de l’eucharistie et de la réconciliation pour ceux qui, dans une nouvelle union, ne s’abstiennent pas de rapports sexuels. Il n’y a aucun doute sur ce point, précisément à partir du texte même d’AL". (www.settimananews.it, 5 décembre 2016).

Voici le commentaire du professeur Roberto de Mattei : "Il est à présent clair à ce stade que la profonde division qui traverse l’Eglise ne se joue pas entre les détracteurs et les partisans du Pape François mais que la ligne de fracture se situe entre ceux qui sont fidèles au Magistère constant des Papes et ceux qui se revendiquent du Pape Bergoglio pour poursuivre leur 'rêve' d’une Eglise nouvelle et différente de celle fondée par notre Seigneur Jésus-Christ." (prof. R. De Mattei, Corrispondenza Romana, 18 octobre 2017)

 

SOURCE: "La fracture s’aggrave entre progressistes et conservateurs" (Prof. R. De Mattei), DIAKONOS.BE facebook

 

Parmi les laudateurs, Natalia Bottineau sur le site de France Catholique parle de théologiens qui "apportent leur soutien au pape François" "tandis que les accusateurs divisent", "comme si Dieu n’était pas le Maître de l’histoire et des élections papales et comme si la première vertu d’un croyant pour réfuter le doute originel sur Dieu n’était pas exprimé dans la simple prière de Faustine Kowalska – justement, à la veille des tragédies qui allaient se déchaîner - : « Jésus j’ai confiance en toi ! Jezu Ufam Tobie. »" (Source : Belgicatho)

 

Mais qui divise l'Eglise ?

 

Vendredi 8 avril 2016, le Vatican a officiellement publié l’exhortation apostolique "Amoris laetitia". Ce texte se voulait être une synthèse et une conclusion de deux ans de débats voulus par le pape François autour des deux synodes sur la famille, dont le rapport final des évêques n'opta pas pour l'accès aux sacrements des divorcés remariés.

Selon ses premiers commentateurs, l’exhortation apostolique "Amoris laetitia" était floue et ambiguë. Nombreux furent ceux qui avertirent que par les nombreuses ambiguïtés et confusions du document risquaient de produire un schisme dans l'Eglise..., une rupture de la catholicité de l'Eglise, c'est-à-dire de son universalité, avec des vérités en Allemagne ou à Malte, et des vérités en Pologne...

Une des premières réactions critiques à l'exhortation papale fut celle du théologien allemand de grande renommée, le cardinal Brandmüller, qui alerta : "ce document peut conduire à une dilution de la doctrine de l’Eglise qui aurait de très graves conséquences pour l’unité de l’Eglise." (Pro liturgia, Actualité du samedi 9 avril 2016)

Pour le père Thomas Michelet, dominicain chargé de cours de sacramentaire à l’Angelicum, sur Famille chrétienne le 9 avril 2016 : "Que penser de la note 351, qui semble introduire une forme d’ambiguïté ? C’est la suite de la distinction précédente entre les deux plans, dont on tire la conclusion. Dans une « situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement » (n. 302), la note 351 évoque « l’aide des sacrements » ; alors que le point de vue objectif dans Familiaris consortio et le Canon 915 s’y oppose. Les deux plans (objectif et subjectif) ne sont pas suffisamment intégrés. On risque alors d’aboutir à la « double morale » que dénonçait Veritatis Splendor (n. 56)"

Le philosophe Thibaud Collin dans un entretien à Radio Notre-Dame publié dimanche 10 avril 2016 évoqua lui aussi le risque d'une "double morale" : "Il y a quelque chose d’assez décourageant de revenir à la ligne qui existait avant le Synode, il y a deux ans. Le fait que le pape ne tranche pas, laisse les interprétations ouvertes pose la question d’une double morale. Le pape s’oppose dans l’exhortation apostolique à cette double morale, mais c’est en quelque sorte ce qu’il est entrain de créer avec ce texte. Le texte prépare à ce qu’il y est, d’une part, une morale doctrinale, c’est-à-dire un idéal à atteindre, et d’autre part, une pastorale où ce qui est interdit idéalement devient possible. (...) Finalement, ces deux ans de débats n’auront pas servi à grand chose. Les fidèles qui souhaitaient une ligne claire à suivre, ont attendu pour rien ? On a attendu pour en rester exactement à la même situation. Sauf que désormais, les gens vont polémiquer sur un texte qui a une autorité plus importante que la Relatio Synodi. Il y a, dans ce texte, tous les arguments pour interpréter de deux façons. (...) De nombreux points du texte posent de réelles problèmes de continuité vis-à-vis de l’encyclique Veritatis Splendor de Jean-Paul II en 1993. Je pense que les débats ne font que commencer. Le pape va devoir faire face à de véritables questionnements avec la réception de cette exhortation.C’est un texte très important, qui pose la question de cette continuité. La diversité des lectures est malheureusement pour l’instant légitime. Et c’est assez redoutable parce que, selon moi, ce qu’on attend d’un pasteur, c’est qu’il éclaire ces fidèles, et là y a aucune position", conclut Thibaut Colin. Or, jusqu'à présent le pape n'a répondu à aucun des dubias ni des contradictions que soulèvent son document.

 

En avril 2016, le philosophe Robert Spaemann a prédit que Amoris Laetitia allait diviser l'Église. (One Peter Five, Top Catholic Philosopher: Amoris Laetitia Will “Split the Church”). Spaemann - qui est un ami personnel du pape émérite Benoît XVI - dit à propos d' Amoris Laetitia qu'il existe des façons d'interpréter le document contre l'enseignement continu de l'Église. "Cependant, poursuit-il, l'article 305 - avec la note de bas de page 351 où il est dit qu'un fidèle 'au milieu d'une situation objective de péché' et 'en raison de circonstances atténuantes' peut être admis aux sacrements - est en contradiction directe avec le paragraphe 84 du document Familiaris Consortio de Jean Paul II. Spaemann explique un peu plus loin ce point: 'Il [Jean-Paul II] formule très clairement au paragraphe 84 que les personnes remariées doivent s'abstenir de relations sexuelles si elles veulent aller à la Sainte Communion. Un changement dans la pratique de la dispensation des sacrements ne serait donc pas un 'développement ultérieur de Familiaris Consortio', comme le dit le cardinal Kasper, mais une rupture avec son enseignement anthropologique et théologique essentiel sur le mariage et la sexualité humains. L'Église n'a aucune autorité - sans une conversion préalable - pour positivement, sanctionner avec l'aide des Sacrements, désordonner les relations sexuelles et ainsi devancer la Miséricorde de Dieu. (...) Le philosophe catholique critique aussi l'idée du mariage telle qu'elle est présentée dans Amoris Laetitia quand il dit que la vie chrétienne "n'est pas un événement pédagogique où l'on avance lentement vers le mariage comme idéal. comme Amoris Laetitia semble le proposer dans plusieurs passages". En admettant de tels pécheurs habituels aux sacrements, on "viole la miséricorde de Dieu".

Speamann remet également en question l'affirmation du pape selon laquelle il ne faut pas juger les gens dans ces domaines de conduite morale. Bien sûr, dit l'Allemand, ne jugeons-nous pas la conscience personnelle des gens? "Mais quand il s'agit de relations sexuelles", poursuit-il, "qui sont en contradiction objective avec l'ordre chrétien de la vie, je voudrais savoir du pape après quelle période de temps et sous quelles conditions un tel comportement objectivement coupable devient une conduite ce qui est agréable à Dieu. "

Lorsqu'on lui demande s'il existe dans Amoris Laetitia une rupture avec l'enseignement traditionnel de l'Église, Spaemann répond: "Il est clair pour toute personne qui pense que les textes sont importants, dans ce contexte il y a une brèche".

Le philosophe allemand rejette "l'éthique de la situation" que l'on retrouve chez Amoris Laetitia . Il montre que les conséquences de ce document sont "l'insécurité et la confusion".

Spaemann indique aussi que le pape entretient maintenant un schisme au sein de l'Église: "Le chaos a été transformé en principe - d'un coup de stylo. Le pape aurait dû savoir qu'il diviserait l'Église d'un tel pas et qu'il la conduirait dans la direction d'un schisme - un schisme qui ne serait pas à la périphérie, mais au milieu de l'Église. Que Dieu nous aide à éviter cela."

 

 

Le 30 décembre 2016, le Père Mark A. Pilon, prêtre du diocèse d'Arlington en Virginie (Etats-Unis), ancien président de la théologie systématique au Séminaire Mount St. Mary, alerta sur Catholic World Report des "effets très diviseurs d'Amors Laetitia".

 

Plus récemment, sur LifeSite le 23 août 2017, le Dr Josef Seifert, directeur et fondateur de l’Académie internationale de philosophie du Liechtenstein, a évoqué la "bombe atomique théologique" d'Amoris laetitia qui menace l’ensemble de l’enseignement moral catholique... Cette erreur peut se résumer ainsi : un passage de l’exhortation du pape François suggère que Dieu veut activement que des personnes, dans des situations données, commettent des actes qui ont toujours été considérés comme objectivement mauvais dans l’enseignement de l’Eglise catholique, résume le Pr Seifert. S’il est vrai que Dieu peut vouloir qu’un couple adultère vive dans l’adultère en contradiction avec le sixième commandement, alors rien n’empêche que ce principe soit appliqué à « tous les actes considérés comme “intrinsèquement mauvais” », raisonne Josef Seifert. Il nomme :  le meurtre, l’avortement, l’euthanasie, le suicide, mensonge, le vol, le parjure et la trahison au motif que Dieu lui-même les demande « parmi la complexité concrète des limites de la personne, quoique ne constituant pas l’idéal objectif » ?  « Si c’est bien cela qu’affirme AL, toute inquiétude concernant les affirmations directes d’AL en matière de changement de discipline sacramentelle ne vise que le sommet d’un iceberg, les débuts timides d’une avalanche ou encore les tout premiers édifices détruits par une bombe atomique en matière de théologie morale qui menace de détruire l’ensemble de l’édifice moral des Dix commandements et de l’enseignement moral catholique », avec pour conséquence « rien moins qu’une destruction totale de l’enseignement moral de l’Eglise catholique », a-t-il conclu. Josef Seifert a été licencié en août 2017 par l'archevêque de Grenade (Espagne). (Diakonos.be, "Toutes les raisons du Professeur Seifert, licencié pour avoir été trop fidèle à l’Eglise") Un mois plus tard, en septembre 2017, le philosophe, Robert Spaemann, celui qui avait prédit que le document papal allait diviser l'Eglise, est venu au secours de Seifert : "L'unité de l'Église est fondée sur la vérité. Lorsque l'Église catholique confie à un professeur fidèle une mission d'enseignement, c'est parce qu'elle a confiance en l'enseignement indépendant d'un penseur. Tant que sa philosophie n'est pas en contradiction avec l'enseignement de l'Église, il existe un vaste domaine pour son enseignement. Le moyen âge était ici un modèle. Il existait les différences d'opinion les plus vivantes et profondes. Dans ces débats, c'était l'argument qui comptait, et non la décision d'une autorité. Et il ne serait venu à l'esprit de personne de se demander si une idée philosophique était conforme à l'opinion du pape qui régnait alors."

 

Aujourd'hui que plusieurs conférences épiscopales ont publié leurs propres directives pastorales concernant AL, Robert Spaemann estime que "'la scission dans l'église concernant Amoris Laetitia a déjà eu lieu. Différentes conférences épiscopales ont publié des lignes directrices contradictoires. Et les pauvres prêtres sont laissés seuls." (Robert Spaemann sur Josef Seifert, Amoris Laetitia et le Témoin de la Vérité, One Peter Five, Maike Hickson 30 septembre 2017)

 

Premier constat : aucun des laudateurs de François ne commentent le schisme que le document "Amoris laetitia" a provoqué dans l'Eglise.

 

Pendant que des conférences épiscopales, au nom d'"Amoris Laetitia" modifient radicalement la pastorale de l'Eglise, et que d'autres restent fidèles au dépôt de la foi et au magistère et refusent obstinément toute modification, qui divise l'Eglise ?

 

Voici une description claire à cette situation inédite de schisme :

 

L’application pastorale d’Amoris Laetitia, progressivement imposée à la conscience générale par François usant de l’autorité de son magistère, a fait suffisamment de chemin pour pouvoir en tirer les conclusions qui s’imposent à la raison :


1. Amoris Laetitia ne change rien pour ceux qui veulent garder la conscience des réalités de la Présence Réelle du Seigneur dans sa sainte Eucharistie. Et le cas des évêques polonais en témoigne.
2. L’application pastorale ne va pas ramener à l’Eglise le grand nombre des divorcés remariés ni des concubin ni de tous ceux qui se trouvent dans un cas leur interdisant la communion.
La Sainte Eucharistie n’est certainement pas la raison principale pour laquelle ils ne pratiquent pas ou plus, c’est tout simplement parce qu’ils ne croient plus.
D’ailleurs, bien des baptisés qui ne sont pas du tout dans une telle situation ne pratiquent plus non plus.
Ce n’est donc pas Amoris Laetitia qui va les convaincre de revenir à la pratique dominicale que, dans la foulée, on ne proclame plus comme démarche fondamentale d’une foi véritable au Christ et à son Eglise. Au contraire, les églises vont encore plus se vider des personnes déconcertées par de telles pratiques.
3. Les prêtres « progressistes » qui faisaient déjà une application « anticipée » de l’actuelle pastorale présentement recommandée, voir imposée, se trouvent donc pleinement justifiés dans leur comportement et ne vont donc pas le changer.
4. Les prêtres soucieux du respect des sacrements n’accepteront jamais une pratique fallacieuse et sacrilège du sacrement de Pénitence et du sacrement de l’Eucharistie.

Dès lors, l’application pastorale d’Amoris Laetitia telle qu’elle a été pensée, voulue et soutenue par François n’a aucune raison d’être. Mais l’obstination délibérée du pape à (ne pas) examiner et corriger les points litigieux qu’elle soulève fait apparaître d’autres véritables raisons d’être. Car, dans ce cas, on n’est plus dans le cadre de la simple erreur humaine qu’il suffit de corriger mais dans le cadre de l’erreur qu’on refuse de corriger et donc qu’on veut délibérément propager. Dans ce cas précis, c’est aux résultats obtenus qu’on peut reconnaître l’objectif poursuivi :
1. une division qui se génère partout et en tout, allant jusqu’à faire exploser (ou imploser) l’unité universelle de la Sainte Eglise,
2. des prêtres (des philosophes et des intellectuels. NdCR.) qui sont menacés d’être suspendus de leurs fonctions s’ils refusent l’application pastorale telle qu’elle est voulue et soutenue par Rome,
3. une perte progressive et généralisée de la conscience des réalités du sacrement de pénitence et surtout de la Présence Réelle du Seigneur Christ en sa sainte Eucharistie.
4. une conscience disposée à l’acceptation d’un office, d’une liturgie « œcuménique » sans plus de consécration valable, sans plus de transubstantialisation. (Source : également sur Belgicatho)

 

Deuxième constat : pour reprendre les mots du professeur de Mattei "Il est à présent clair à ce stade que la profonde division qui traverse l’Eglise ne se joue pas entre les détracteurs et les partisans du Pape François mais que la ligne de fracture se situe entre ceux qui sont fidèles au Magistère constant des Papes et ceux qui se revendiquent du Pape Bergoglio pour poursuivre leur 'rêve' d’une Eglise nouvelle et différente de celle fondée par notre Seigneur Jésus-Christ." (Corrispondenza Romana, 18 octobre 2017)

 

Conclusion

 

D'un point de vue strictement théologique, la profonde division qui traverse l'Eglise ne vient ni des critiques, ni des laudateurs, ni des conservateurs ni des progressistes. Le diviseur dans la sainte Bible c'est l'Adversaire, Satan. La profonde division qui traverse l'Eglise vient en l'espèce du document papal "Amoris Laetita" lui-même qui - par ses confusions et ambiguïtés - a introduit les germes de la division.

Arriver après le débat et prétendre aujourd'hui que cette division provient des critiques d'Amoris Laetitia est un peu facile, une pure inversion accusatoire qui, quoiqu'il en soit ne résoudra pas le schisme.

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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 22:24

Conférence Marion Sigaut et Philippe Prévost donnée à Nice le 12 février 2016 : "Des lumières aux ralliements, l'église face aux hérésies modernes."

Extrait :

 

"Pour les jansénistes, les affaires religieuses sont les affaires des juges. Ils veulent l'ingérence du temporel dans le spirituel. Et là je reviens à ce que l'on nous a dit à l'école : l'Eglise a passé son temps jusqu'à la Révolution à faire de l'ingérence du religieux dans le laïc, c'est l'inverse qui se passait c'était le civil qui se mêlait de faire de l'ingérence dans le religieux. Ils (les jansénistes) feront la guerre aux Jésuites jusqu'à leur disparition par leur fait.

 

(...) L'alliance avec les jansénistes s'est faite également avec les francs-maçons. Et là, à un moment donné on ne voit plus la différence entre les uns et les autres. Le franc-maçon Conti, 'Grand prieur de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem', logeait à Paris Le Paige, le rédacteur des Nouvelles ecclésiastiques. C'est-à-dire que l'agent de toute la propagande janséniste était logé par un maître franc-maçon (et l'un des un des personnages clefs de l’opposition princière à Louis XV. NdCR.). Et à la mort de Conti, on a retrouvé sur lui la bague comprenant les reliques du fameux diacre Paris. Si ce n'est pas l'alliance de la franc-maçonnerie et du jansénisme, je n'ai pas compris !

 

La Révolution verra la victoire des uns et des autres. Après 170 ans de travail de sape méthodique et systématique. Les jansénistes vaincront puisque la Constitution civile du Clergé (1790) et l'expropriation des Biens de l'Eglise est ce qu'ils ont voulu depuis le début. Ils ont voulu la soumission de l'Eglise à l'Etat, c'était cela le projet, le programme.

 

(...) Et cela a été la victoire des Lumières et grâce à l'interdiction des jésuites, le libéralisme économique a produit le renversement du dernier rempart protecteur des peuples qui était le roi absolu."

La seconde partie. Philippe Prévost :

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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 16:48
Mgr Athanase Schneider : Les fidèles catholiques doivent témoigner aux catholiques hérétiques, même si cela signifie le martyre

20 octobre 2017 ( LifeSiteNews ) - Les catholiques qui s'efforcent de rester fidèles au "plus grand trésor" de leur foi catholique doivent être préparés au martyre car ils sont témoins non seulement pour les païens et les incroyants, mais aussi pour les autres catholiques hérétiques, a déclaré dans un discours Mgr Athanase Schneider.

 

Mgr Schneider, évêque auxiliaire d'Astana, au Kazakhstan, a prononcé le discours d'ouverture jeudi à la Conférence internationale sur le contrôle de la population. Le symposium en ligne visait à lutter contre la menace du contrôle de la population et à examiner comment les ennemis radicaux de la vie travaillent pour miner et renverser l'Église catholique. L'événement était organisé par l'Institut Lepanto.

 

L'évêque, dans son exposé intitulé "La foi catholique et le martyre", a dit aux participants que Notre-Seigneur avait promis: "Soyez fidèles jusqu'à la mort et je vous donnerai la couronne de la vie" (Apocalypse 2:10).

 

"Ces paroles de Notre Seigneur sont une tâche sainte pour chaque chrétien. Être fidèle, c'est garder la foi infuse dans notre âme par le Dieu trinitaire, dans toute son intégrité, sa pureté et sa beauté sans rien changer sans rien ajouter à ses vérités immuables", a-t-il dit.

 

Mgr Schneider a dit que lorsqu'un catholique ne garde pas la foi, il entre dans l'hérésie.

 

"Hérésie comme infidélité à la foi ... Contrairement à un vrai catholique, l'hérétique accepte encore quelques dogmes, mais seulement sur la base de sa propre volonté et de son propre jugement", a-t-il dit.

 

Il a expliqué que les péchés contre le maintien de la foi "sont les plus grands péchés moraux, sauf les péchés contre la vertu divine de l'espérance et de l'amour".

 

L'évêque a dit que les fidèles catholiques ne devraient pas s'alarmer de voir que "la fidélité à la foi catholique reste généralement un phénomène minoritaire".

 

De la minorité, certains pourraient être appelés au martyre comme témoin de la vérité de la foi.

 

Il a cité saint Thomas d'Aquin: "Les martyrs sont appelés comme témoins, parce qu'en souffrant dans le corps jusqu'à la mort, ils témoignent de la vérité; non en vérité, mais à la vérité qui est conforme à la piété et qui nous a été révélée par le Christ: c'est pourquoi les martyrs du Christ sont ses témoins. Or cette vérité est la vérité de la foi. C'est pourquoi la cause de tout martyre est la vérité de la foi. "

 

Certains martyrs sont appelés à témoigner des vérités de la foi avant d'autres chrétiens qui ont abandonné la foi, a-t-il dit.

 

"La fidélité à la foi catholique et au martyre chrétien exige non seulement la confession intrépide de la vérité divine devant les païens et les incroyants, mais même avant les chrétiens hérétiques", a-t-il dit.

 

Mgr Schneider a donné l'exemple de Sir John Burke de Brittas en Irlande qui, au début du XVIIe siècle, a témoigné des vérités de la foi catholique par sa mort aux mains d'autres chrétiens (condamné à être pendu, décapité et coupé en quatre en 1607. Il est un aïeul du philosophe et théoricien contre-révolutionnaire Edmund Burke.NdCR.)

 

Mgr Schneider a relaté :

 

Un dimanche matin, dans le château de John Burke, des catholiques s'étaient réunis pour assister à la Sainte Messe célébrée par un prêtre clandestin. Cependant, les autorités civiles en furent informées par un traître. Soudain, une troupe de soldats entoura la maison, où la Sainte Messe était célébrée.

 

Le capitaine demanda à être admis.

 

La seule réponse que Sir Burke lui renvoya était qu'il pouvait entrer librement quand il se préparait à faire sa confession et à demander à ses compagnons de faire de même; sinon ils devraient rester dehors, car les incroyants ne devraient pas avoir part à ce qui est saint, et les choses sacrées ne devraient pas être jetées aux chiens ou les perles aux porcs.

 

Burke aurait finalement pu s'échapper et fuir, cependant il a été capturé. Lorsqu'il a été jugé devant le tribunal public, le président du tribunal a déclaré qu'il le traiterait avec toute bonté s'il obéissait au souhait du roi dans tout ce qui concernait la foi et la religion, sinon il serait condamné à mort. Pourtant John Burke était audacieux impassible.

 

Il écouta alors la sentence de mort avec un visage joyeux, et répondit seulement qu'il était heureux que ceux qui avaient fait du mal à son corps n'avaient aucun pouvoir sur son âme.

 

Il ajouta quelques mots dans lesquels il déclarait son aversion pour les doctrines et les opinions hérétiques et son désir sincère d'obéir à l'enseignement de l'Église catholique dans la communion duquel il déclarait vouloir mourir. En arrivant au lieu de l'exécution, il demanda à être déposé, afin qu'il puisse l'approcher à genoux, ce qui lui fut permis.

 

John Burke a montré autant de contentement et de joie que s'il allait à un festin somptueux. Au dernier moment, on lui offrit le pardon, la restitution de ses terres et le privilège s'il prenait le serment de reconnaître la suprématie du roi dans la religion et d'assister au culte protestant. Il a dit qu'il n'offenserait pas Dieu pour le monde entier, qu'il n'échangerait pas le ciel pour la terre et qu'il renonçait et abominait tout ce que l'Église catholique a toujours répudié et condamné. John Burke est décédé en décembre de l'année 1607 à Limerick

 

Mgr Schneider a exhorté les catholiques à tenir fermement à leur "plus grand trésor", la foi, "que Dieu a mis dans notre âme au moment de notre baptême".

 

"Cette" foi "signifiait la foi catholique intégrale et pure", a-t-il dit.

 

Il a encouragé les catholiques à demander la grâce d'être fidèle à la foi catholique, jusqu'à la mort.

 

"Je voudrais vous encourager à garder le plus grand trésor que vous avez, la foi catholique. Gardez ceci inchangé, pur, et demandez au Seigneur la plus grande grâce d'être fidèle à la foi catholique jusqu'à la mort et d'être toujours capable et capable de toute façon de défendre la foi, de confesser votre foi et de défendre la foi et la vérité fermement et avec amour ", a-t-il dit.

 

"C'est mon souhait à vous tous, d'être des faiseurs de la vérité et de répandre ceci dans le monde afin que vous soyez les plus grands bienfaiteurs du monde", a-t-il ajouté.

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Publié par Ingomer - dans Religion
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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 17:09

Cette pastorale issue de la déclaration "Nostra Aetate" du concile Vatican II "sur les relations de l'Eglise avec les religions non-chrétiennes" devient problématique lorsque sont mis sur un pied d'égalité deux saluts, le premier offrant le salut par la foi dans le Christ, le second promettant le salut et le bonheur par la foi dans l'homme auto-rédempteur et s'auto-réalisant, tel un "superman" se sauvant par ses propres forces...

Or n'est-ce pas ce qui a été fait aujourd'hui à l'Université pontificale grégorienne ?

 

Nous apprenons en effet sur Reinformation.tv que :

Un colloque sur l’"Illumination" et "l’Eucharistie depuis la perspective tantrique" à l’Université pontificale grégorienne

"dans le cadre de sa journée interreligieuse, et marquant la plus importante des fêtes hindoues, le Deepawali ou Divali célébré cette année le 19 octobre, l’Université pontificale grégorienne organisait mercredi un colloque qui portait notamment sur le thème : 'Esprit et Shakti : la célébration eucharistique en tant que rituel depuis la perspective tantrique.' L’événement s’est ouvert par une 'cérémonie de la lumière' suivie d’allocutions du cardinal Jean-Louis Tauran et de l’ambassadeur d’Inde à Rome. La rencontre était placée sous le signe du défi des migrations et du 'pluralisme interreligieux' en Europe.

 

Sous le titre Illuminazione e via tantrica ('Illumination et voie tantrique'), la réunion universitaire eut les honneurs de l’Aula Magna de la Grégorienne où l’on réfléchit au destin de l’homme dans le tissu cosmique, à la déification selon les Saiva Agamas du Cachemire et selon les Pères de l’Eglise, à la manière d’atteindre la vie éternelle selon la doctrine et la pratique Śaivasiddhānta (illumination par la grâce de Shiva, dieu de la destruction et de la création représenté notamment par un symbole phallique, et qui permet de transcender la différence entre l’esprit et la matière), et au tantrisme comme lieu de dialogue avec le christianisme. (!)

La cérémonie de la lumière est un rituel hindou de la fête de Divali qui célèbre plusieurs divinités hindoues et qui commémore le retour victorieux du roi Rama dans sa capitale avec son épouse Sita – deux avatars de Vishnou et de Lakshmi – enlevée par un démon. (!) Elle commémore ce retour fêté par la population qui alluma de nombreuses lampes dans les rues. Cette tradition de l’allumage des lampes – auquel assistait le cardinal Tauran tandis qu’un prêtre catholique allumait la flamme de petites lampes sur un 'arbre', en présence de dignitaires hindous –...

 

Retournant à sa place, le cardinal Tauran a déclaré : 'Que cette fête de la lumière apporte dans votre vie et dans le monde, par la grâce de Dieu qui est Lumière suprême, davantage de joie et davantage de paix… Que notre réunion aujourd’hui et nos réflexions sur le thème fassent grandir en nous l’estime pour tout ce qui est noble, beau et bon dans nos traditions religieuses respectives, de manière à pouvoir tous contribuer au bien commun et à la paix.'

 

... L’allocution consacrée à l’Eucharistie considérée du point de vue du tantrisme était particulièrement dérangeante. Selon l’hindouisme, le Shakti, sorte de divinité multiforme, est le véhicule permettant à la conscience individuelle de s’unir avec la conscience pure ou la divinité. Shakti, épouse de Shiva, est conçue notamment comme une libre énergie de la divinité qui s’empare de la personne et en jouit comme elle l’entend, où l’individu est simplement appelé à jouer son rôle minuscule, dirigé à son insu par une énergie impersonnelle. On est véritablement aux antipodes de l’union avec le Christ dans la communion…

 

Dans le document pontifical (très critique) sur le 'New Age' publié en 2003 par le Conseil pontifical pour la culture et le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, la véritable nature de ces pratiques était rappelée :

 

« On fait appel à la psychologie pour expliquer l’élargissement de la conscience comme expérience “mystique”. Le yoga, le zen, la méditation transcendantale et les exercices tantriques mènent à l’expérience de la pleine réalisation de soi ou illumination. Les expériences extraordinaires (le rebirthing qui consiste à revivre sa propre naissance, les voyages aux portes de la mort, le biofeedback, la danse et même les drogues, tout ce qui peut produire une altération de l’état de conscience) mènent à la conscience de l’unité et à l’illumination. Comme il y a un seul Esprit, certaines personnes peuvent servir de canal pour approcher les êtres supérieurs.. »

(Fin de citation)

(Source)

 

Note de Christ-Roi. "Cette tradition de l’allumage des lampes – auquel assistait le cardinal Tauran tandis qu’un prêtre catholique allumait la flamme de petites lampes sur un 'arbre', en présence de dignitaires hindous –...".

 

Est-ce la foi de l'arbre de Genèse 3 ? C'est-à-dire l'homme se sauvant par sa propre science, par ses propres forces à la place du Christ ?

 

Cette voie est celle de Lucifer dans la franc-maçonnerie. Il n'est donc pas étonnant que cette même franc-maçonnerie promeuve par tous les moyens le mouvement "New Age" qui participe du même esprit...

 

Quoiqu'il en soit, voici ce que dit à propos du "New Age" un prêtre exorciste, l'abbé Jean-Régis FROPO, membre de l'Association Internationale des Exorcistes (AIE), dans son livre "90 Questions à un exorciste, dont le sous-tire est "Thérapeutique des emprises maléfiques", éd. de l'Emmanuel (Nanterre 2015), page 173 (cité dans ce livre entre autres le "shiatsu", le "reiki", qualifié de "pratique dangereuse puisqu'elle peut véhiculer des présences occultes", c'est-à-dire des démons) :

 

"Le Nouvel Âge, théorisé dans le livre Les Enfants du Verseau de Marilyn FERGUSON paru en 1980, n'est pas un mouvement spirituel, il est plutôt un état d'esprit, une manière de concevoir le monde spirituel qui influence les croyants aujourd'hui. Ce courant a créé une nébuleuse d'initiatives diverses porteuses d'idées qui s'opposent radicalement à la conception judéo-chrétienne du cosmos et du salut, tout en utilisant des concepts chrétiens : la doctrine du Christ qui circule dans les cercles du Nouvel Âge s'inspire des enseignements théosophiques d'Helena Blavatski, de l'anthropologie de Rudolf Steiner et de l'école ésotérique d'Alice Bailey. Le Nouvel Âge est devenu très populaire comme ensemble fluide de croyances, thérapies et pratiques proposées dans des séminaires de développement personnel où l'on pratique l'élargissement de la conscience.

Le dieu dont parle le Nouvel Âge n'est nu personnel, ni transcendant. Ce n'est ni le Créateur, ni le sustentateur aimant l'univers, mais une énergie impersonnelle immanente au monde avec lequel elle forme une unité cosmique. Cette unité est moniste et panthéiste. Le Cosmos est incréé, éternel et autosuffisant. La mystique Nouvel Âge est celle de la fusion avec le grand tout.

Dans cette abondante littérature du Nouvel Âge, Jésus-Christ est présenté comme un sage, un initié ou un avatar parmi d'autres. Voici quelques points communs aux approches du Nouvel Âge :

Le Jésus-Christ historique, personnel et individuel est distinct du Christ éternel, impersonnel et universel. Le sacrifice du Christ sur la Croix est réinterprété, car le péché n'existe pas vraiment, il n'y a que des 'erreurs'. On est invité à une démarche d'autoréalisation et d'autorédemption de soi, qui va jusqu'à des réincarnations successives. Les textes aprocryphes sont admis au même titre que les Ecritures reconnues par le canon chrétien.

La littérature fondée sur les idées du Nouvel Âge est pléthorique. Les titres du genre Dialogue avec l'Ange, Conversations avec Dieu, Dialogues avec l'Au-delà, etc., font les belles ventes de certaines collections.

.... Nous devons cependant reconnaître que beaucoup de nos contemporains sont en quête de spiritualité. Nous serions gravement déficients, nous chrétiens, si par ignorance et négligence, nous leur cachions les trésors de spiritualité de notre héritage mystique catholique : à nous de le découvrir, de l'approfondir et d'en témoigner.

On trouvera une explication remarquable et détaillée du Nouvel Âge dans le texte du Conseil pontifical de la Culture et Conseil pontifical pour la culture religieuse : Jésus-Christ, le porteur d'eau vive. Une réflexion chrétienne sur le Nouvel Âge (éd. Bayard-Fleurus-Mame-Cerf, 2003. Présentation du cardinal Poupard)."

 

S'agissant du "salut" par la foi dans l'homme auto-rédempteur et s'auto-réalisant, le père Verlinde s'est interrogé fort justement : "que signifie un amour et un bonheur qui se vit seul et qui ne s’ouvre pas sur l’Autre ?"

 

Les philosophies hindouiste et bouddhiste : une "pensée ésotérique", par le père Verlinde

Père Verlinde sur le New Age

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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 18:18
"Amoris Laetitia" : les évêques polonais arrêtent la fuite en avant

Source: La Nuova Boussola Quotidiana, AL, i vescovi polacchi stoppano le fughe in avanti,17-10-2017

 

AL, les évêques polonais arrêtent la fuite en avant

La Conférence épiscopale polonaise s'est réunie la semaine dernière à Lublin pour discuter et rédiger un document sur les lignes directrices pour lire l'exhortation apostolique Amoris Laëtitia. La réunion a également été suivie par le nonce Salvatore Pennacchio, un peu plus d'un an après avoir été représenté par le Pontife à l'église polonaise. On ne sait pas encore quand le document rédigé sera publié par les évêques polonais ; mais nous sommes en mesure d'anticiper quelques points, quoique brièvement, mais qui sont centraux, et qui sont indicatifs de la lecture que l'épiscopat a donné à l'exhortation. Une lecture qui est en ligne directe avec "Familiaris Consortio" du Jean-Paul II. Il est clair que lorsque les directives approuvées à Lublin seront rendues publiques, la confusion créée par Amoris Laetitia et surtout ses interprétations "ouvertes d'esprit" seront encore plus évidentes. Et il deviendra alors de plus en plus évident combien est embarrassant le silence flagrant du Pontife face aux demandes de clarification.

 

Selon des sources de grandes sources, on peut dire que les évêques polonais rejettent la possibilité d'accès à la communion aux couples vivant "more uxorio", c'est-à-dire sans être unis par le sacrement du mariage. Il est évident que la même chose se produit pour les couples qui vivent ensemble. Naturellement, cette décision s'applique également aux couples divorcés remariés, dans lesquels la première union est toujours valable pour l'Église. Ils ne peuvent pas accéder à la communion sacramentelle, ni même à la communion spirituelle tant qu'ils sont dans une situation existentielle qui s'oppose ouvertement à l'Eucharistie, qui représente l'épouse du Seigneur avec son Église fidèle, un lien indissoluble et fertile.

 

Les évêques insistent cependant fortement sur le fait que l'Eglise n'a pas l'intention de refuser ou même de discriminer les gens. Sont offerts et présentés tous les moyens de salut possibles (Parole, retraites, formation, adoration, participation aux messes, mais leur situation publique les empêche de recevoir l'Eucharistie). Est maintenue l'interdiction pour eux de devenir parrains et marraines de baptisés, comme ils ne peuvent pas l'être dans les cas où cela est autorisés aux laïcs, de même que de distribuer la communion, et d'enseigner la doctrine, c'est-à-dire le catéchisme.

 

Les prêtres sont invités à exercer un service pastoral auprès de ces couples et familles, en les aidant à résoudre les obstacles objectifs de leur situation par la prière, la pénitence et l'espoir.

 

Le document lit Amoris Laetitia dans le contexte de l'enseignement laïc de l'Église et du Magistère le plus récent. En ce sens, une grande attention et une grande importance ont été accordées aux cadres établis par "Familiaris consortio " de Saint Jean Paul II; le décret de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 1994 et ce qui est enseigné et affiché par le Catéchisme de l'Église catholique .

 

Une note finale: l'Université catholique de Lublin , "Jean-Paul II", après la plénière des évêques, a annoncé la remise d'un titre honorifique au cardinal Gerhard Mueller pour son travail de "doctrine du gouvernail".

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 16:18
Une interprétation biblique du Miracle du Soleil de Fatima

Source: A biblical interpretation of Fatima’s Miracle of the Sun, LifeSiteNews, Fri Oct 13, 2017

 

 

BUCKFAST ABBEY, Angleterre, 13 octobre 2017 ( LifeSiteNews ) - Le miracle du soleil qui a eu lieu à Fatima, au Portugal, il y a exactement cent ans aujourd'hui (le 13 octobre 1917), fut l'un des événements les plus extraordinaires du 20e siècle.

 

Environ 70 000 personnes ont été témoins du Miracle du Soleil, tous deux croyants attirés par la promesse faite par la Vierge Marie aux trois enfants bergers en juillet dernier de faire un miracle en octobre et de nombreux sceptiques et incroyants attirés par des motivations moindres.

A midi, Notre-Dame est apparue aux trois enfants. Après avoir répété ses demandes pour le chapelet quotidien, elle a promis que la Première Guerre mondiale allait bientôt se terminer. Puis elle dit aux enfants: "N'offensez plus le Seigneur notre Dieu, parce qu'il est déjà tellement offensé."

Ce qui s'est ensuite déroulé a été rapporté par le journal séculier de Lisbonne O Dia , de cette façon:

Le soleil d'argent ... a été vu pour tourner et tourner dans le cercle des nuages ​​brisés. Un cri montait de chaque bouche et les gens tombaient à genoux sur le sol boueux. ... La lumière a tourné à un beau bleu comme si elle avait traversé les vitraux d'une cathédrale et s'est répandue sur les gens qui s'agenouillaient avec les mains tendues. Le bleu s'estompait lentement et la lumière semblait passer à travers le verre jaune. ... Les gens pleuraient et priaient avec des têtes découvertes en présence du miracle qu'ils avaient attendu. Les secondes semblaient comme des heures, tellement vives étaient elles.

 

L'événement a été déclaré de "caractère surnaturel" par l'Église catholique en 1930. Mais le miracle du soleil était-il une étrange démonstration du pouvoir divin ou la forme particulière du miracle était-elle symbolique ou même scripturaire?

 

LifeSiteNews a assisté à une conférence commémorant le centenaire de Fatima à Buckfast Abbey à Devon, en Angleterre. Parmi les autres intervenants, dont le Cardinal Raymond Burke, le P. John Hunwicke a offert une interprétation biblique et patristique du Miracle du Soleil.

 

Un siècle après que le soleil a dansé sur la terre, nous offrons aux lecteurs de LifeSite cette analyse importante de la signification profonde du miracle.

 

*****************

Je pense que le miracle du soleil est très intéressant sur le plan biblique, car il porte sur la manière dont le Dieu Tout-Puissant témoigne de sa propre vérité. Parfois, Dieu prend la ligne de "Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui croient encore", comme il le disait à saint Thomas ce dimanche soir après Pâques. Parfois, d'autre part, il dit: "Père (et ensuite fait une demande), afin qu'ils puissent croire". En d'autres termes, à cause de la foule qui se trouve autour, il demande un signe merveilleux qui témoignera de la vérité du message de l'Évangile.

 

Le Miracle du Soleil est, je pense, un autre de ces miracles qui se sont produits afin que "si vous avez des oreilles pour entendre; si vous avez des yeux pour voir" - vous soyez témoins de la vérité. Les messages de Fatima ont été partagés le 13 du mois sur une période de six mois, puis eut lieu le Miracle du Soleil. Après une brève méditation sur l'Ecriture, je veux vous suggérer que le but du Miracle du Soleil était de mettre un sceau divin, pour garantir, défendre la vérité du message divin. Si 70 000 personnes voient le Miracle du Soleil, c'est une très belle garantie de la vérité de quelque chose.

 

Et je voudrais commencer par souligner la description de Notre Dame Bénie dans le chapitre 12 du Livre de l'Apocalypse, où elle est appelée la "Femme vêtue du Soleil". Le mot grec réel est un mot qui signifie "enveloppe" autour de, comme si elle avait un long manteau, et c'était le soleil, et elle l'a juste jeté autour d'elle, enveloppée dans le soleil. Elle est ceinte du soleil.

 

Mais plus particulièrement, je veux revenir au Psaume 18. Si vous regardez la vulgate de saint Jérôme, la traduction latine correcte de la Bible, mais aussi la Septante, qui est la traduction grecque de la Bible qui est utilisée dans la Bible byzantine, Églises orthodoxes et catholiques orientales. La vulgate et la Septante sont toutes deux d'accord sur le compte qu'elles donnent. Voici une traduction littérale des versets cinq et six du Psaume 18:

 

"Il a placé sa tante dans le soleil; et cet astre, comme un époux qui sort de son lit nuptial, s'est élancé comme un géant pour parcourir sa carrière : à l'extrémité du ciel est sa sortie; et le terme de sa course à l'autre extrémité; et il n'y a personne qui se cache à sa chaleur" (Ps XVIII : 6-7; Héb. XIX, dans La Sainte Bible selon la Vulgate, traduite en français avec des notes par l'Abbé J.-B. Glaire, 1902, Nouvelle édition 2002, éd. D.F.T., p. 1122.NdCR.)

 

Il entre dans les écrits patristiques et dans les hymnes et les liturgies anciennes. Nos catholiques et nos orthodoxes ont pris le soleil pour Notre Dame Bénie. Saint Sophronius, patriarche de Jérusalem à partir de 634, écrit: "Car en toi, ô Vierge, comme dans un ciel très pur et scintillant, Dieu a placé son tabernacle." Les Pères ont compris que l'Epoux était le Christ. La chambre nuptiale est le ventre de la Sainte Vierge parce que dans ce sein il a uni la Divinité à l'union hypostatique", tout comme le marié est uni à la fiancée. Et lui, notre Seigneur incarné, est un géant parce qu'il a deux natures: son être humain et sa nature divine. Sa sortie est sa génération éternelle en tant que Fils divin et unique engendré par le Père. Sa rencontre est l'égalité du Fils avec le Père. Et dans la liturgie de l'Église - prenons un hymne de l'office de l'Avent - "Tu es venu, le marié de la mariée, qui a attiré le monde à l'événement / procède du sanctuaire vierge / la victime sans tache toute divine."Et une hymne de S. Ambroise, le Veni Redemptor gentium : "De sa chambre sort de lui cette maison royale de pureté / un géant en double substance / se réjouissant maintenant de sa course à courir. De Dieu le Père il procède / à Dieu le Père il retourne / son cours il court à la mort et l'enfer / revenant sur le trône de Dieu pour habiter." Et un dernier hymne chrétien tôt patristique. "Le Fils du Père suprême est sorti du palais de la Vierge / Époux, Rédempteur, Créateur, Géant de son Église".

 

Donc ce que je voudrais vous suggérer est une interprétation biblique et patristique de pourquoi le Miracle du Soleil était un miracle du Soleil. Il y a des moments où Dieu donne un signe physique, afin qu'ils puissent croire. C'est parce que les hommes désirent être aveugles qu'ils ne voient pas. "Ils ont des oreilles et n'entendent pas; ils ont des yeux et ne voient pas". Dieu a un grand miracle dans lequel le soleil - icône, type, symbole - de Marie, le tabernacle de Dieu, est descendu sur la terre comme une évocation visible et une démonstration du miracle de l'Incarnation. Le miracle de l'Incarnation et le miracle de Fatima: les foules l'ont vu, mais les hommes croiront-ils ?

 

Donc, le miracle du Soleil ne me semble pas être une sorte de démonstration étrange du pouvoir divin qui n'a pas de véritable logique ou de symbolisme. Au contraire, il me semble que c'est quelque chose de lié à l'Écriture sainte, lié aux Écritures saintes, comme l'Église dès les premiers temps a compris les Écritures comme liées aux Écritures passées dans l'Église.

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 15:41
Cardinal Burke : "Fatima 100 ans plus tard - un appel marial pour l'ensemble de l'Église"

L'un des quatre cardinaux qui ont soumis les dubia demandant au pape François une clarification morale sur Amoris Laetitia, le cardinal Burke, a prononcé hier à l'abbaye de Buckfast (Devon, Angleterre) le discours-programme de la conférence Fatima 100 ans plus tard - un appel marial pour l'ensemble de l'Église, dans laquelle il a notamment expliqué que  "la consécration" (de la Russie au Cœur Immaculé de Marie) "n'a pas été effectuée". Extraits :

La crise dans le monde il y a 100 ans, lorsque Notre-Dame est apparue à Fatima continue aujourd'hui et a également infecté la vie de l'Eglise, a déclaré hier le cardinal Raymond Burke.

Abbaye de Buckfast (Devon, UK)

Abbaye de Buckfast (Devon, UK)

S'adressant à une conférence de Fatima en Angleterre coïncidant avec le 100ème anniversaire de l'apparition finale, le cardinal Burke a déclaré que les fidèles devraient être réalistes quant aux grands maux qui assaillent le monde et l'Eglise mais qu'ils espèrent la victoire du Sacré-Cœur de Jésus par le Cœur Immaculé de Marie.

"La réalité de l'apostasie de la foi à notre époque nous effraie à juste titre et profondément", a-t-il déclaré. "Notre amour du Christ et de son Corps mystique, l'Église nous fait comprendre la gravité du mal qui cherche à nous priver de notre salut éternel en Christ".

 

Le cardinal patron des Chevaliers de Malte a appelé les catholiques à être prêts - avec l'aide de la Vierge Mère de Dieu - à accepter tout sacrifice qui leur est demandé afin d'être des soldats fidèles du Christ. Cela signifie prendre le chemin de la prière, de la pénitence et de la réparation, comme l'a enseigné Notre-Dame de Fatima.

 

Apostasie

Il a expliqué à la conférence que l'apostasie est définie comme l'abandon de la foi.

"La nature fondamentale de l'apostasie est l'éloignement d'une grâce divine, qui avait été donnée par Dieu et reçue par l'homme", a déclaré le Cardinal Burke. "Puisque l'apostasie est commise par un homme qui a reçu le don de la foi, a connu Dieu et sa loi divine, c'est un péché contre la religion, un acte d'injustice devant Dieu".

L'apostasie peut être explicite ou implicite, explique le Cardinal.

Il a cité la Summa Theologica de saint Thomas d'Aquin pour illustrer comment les paroles et les actes extérieurs témoignent de la foi intérieure.

 

Châtiment spirituel

Selon l'ancien évêque de Leiria-Fatima, Alberto Cosme do Amaral, le troisième secret de Fatima ne concerne pas la guerre nucléaire ni la fin du monde. En 1984, il dit que le secret concerne plutôt la foi catholique, en particulier son déclin en Europe.

Il est clair que seule la foi peut sauver l'homme des châtiments spirituels que la rébellion contre Dieu apporte, a-t-il dit, et le clergé a une responsabilité particulière à cet égard.

"L'enseignement de la foi dans son intégrité et son courage est le cœur de l'office des pasteurs de l'Église; le pontife romain, les évêques en communion avec le siège de Pierre et leurs principaux collaborateurs les prêtres ", a poursuivi le cardinal Burke. "Pour cette raison, le troisième secret est dirigé avec une force particulière à ceux qui exercent la fonction pastorale dans leur église.

 

Le cardinal a déclaré que l'appel du Pape Jean Paul II pour une nouvelle évangélisation était une réponse à un abandon constant de la foi et de la pratique et que le pape a fait cet appel à l'évangélisation en soulignant combien les positions philosophiques hostiles à la foi et à sa pratique avaient d'influence sur la vie même de l'Église.

Il a souligné que le pape Jean-Paul II a mentionné la référence à la "culture de la mort", qui découle également de son analyse de l'apostasie.

"Nous pensons à notre époque de l'apostasie pratique des catholiques qui soutiennent et promeuvent des programmes et des lois qui sont contraires à la loi morale ou qui sont silencieux et inactifs à leur sujet", a déclaré le cardinal Burke. "Nous pensons à la confusion et à l'erreur dans l'Église sur les fondements de la foi, sur la sainte eucharistie et le saint mariage, sur les saintes Écritures, sur la vie morale, sur les actes toujours et partout maléfiques et sur la juste punition du péché, y compris la damnation éternelle l'âme qui reste impénitente du péché grave. "

Récemment, cependant, cela peut se produire en toute impunité.

"Et tout cela dans de nombreux endroits non seulement n'est pas corrigé par l'annonce claire de l'enseignement et de la pratique constante de l'Eglise, mais c'est toléré et même encouragé par ceux qui sont chargés par notre Seigneur du soin des âmes", a déclaré le Cardinal Burke.

 

 

Les messages du pape Jean Paul et de la Vierge demeurent pertinents maintenant, a-t-il déclaré.

"Le besoin urgent d'une nouvelle évangélisation du monde rendue possible par une nouvelle évangélisation de l'Eglise elle-même n'a jamais été aussi urgent", a déclaré le cardinal Burke. "Le message de Notre-Dame de Fatima n'a jamais été aussi opportun."

Notre Dame enseigne que la paix de Dieu passera par deux moyens, le cardinal a dit: la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie et la pratique de la communion de réparation le premier samedi du mois.

En ce qui concerne la consécration de la Russie, il a dit qu'il ne doutait pas de l'intention du pape Jean-Paul II de réaliser la consécration en 1984, et il a dit que Sœur Lucie avait indiqué que Notre-Dame l'a acceptée.

"Mais il est évident que la consécration n'a pas été effectuée de la manière demandée par Notre-Dame", a déclaré le cardinal Burke. "Reconnaissant la nécessité d'une conversion totale du matérialisme athée et du communisme au Christ, l'appel de Notre-Dame de Fatima à consacrer la Russie à son cœur immaculé en accord avec son instruction explicite reste urgent".

 

Notre Dame gagne à la fin, mais nous devons agir

 

"Nous avons l'assurance de Notre-Dame que son cœur immaculé triomphera, ajouta-t-il, que la vérité et l'amour de son divin Fils triompheront, et nous sommes appelés à être les agents de son triomphe par notre obéissance à son conseil maternel."

La description de Soeur Lucie du troisième secret incluait l'ange du côté de Notre-Dame, pointant vers la terre et criant à plusieurs reprises "Pénitence !"

Elle a également décrit le martyre de ceux qui restent fidèles au Seigneur.

A ce cardinal Burke a dit: "Ne manquons pas d'embrasser toute souffrance venant de notre témoignage fidèle à Celui qui est le vrai trésor de nos coeurs."

 

Source: Le cardinal Burke : "L'apostasie de la foi de notre temps nous effraie à juste titre et profondément", Cardinal Burke: ‘The apostasy of faith in our time rightly and profoundly frightens us’, Life Site News, Fri Oct 13, 2017

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 14:58
L'espoir et la miséricorde et le "miracle du soleil"

Source : The Catholic Worl Report, Hope and mercy and the “Miracle of the Sun”,

 

"A la fin, mon Coeur Immaculé triomphera", a promis Notre-Dame à Fatima il y a 100 ans.

 

Dans un monde en proie à une guerre qui laisserait la civilisation occidentale en ruines et au début d'un siècle où la place de Dieu dans la société serait rejetée avec témérité et assurance, un message du Ciel parvint à la petite ville inconnue de Fatima . Il y a cent ans, au cœur même de la nature, trois petits enfants qui paissaient paisiblement les moutons de leur famille dans les champs, la Mère de Dieu a livré un message dont nous avions grandement besoin pour notre temps.

Le 13ème jour du mois de mai à octobre 1917, la Sainte Vierge Marie apparut à Lucie, Francisco et Jacinthe, qui avaient dix, neuf et sept ans. Grâce à ces humbles et simples enfants, le Ciel a fourni à la Terre un avertissement des dangers à venir qui pourraient conduire à la destruction du monde et à la ruine d'innombrables âmes. Dans un secret prophétique, la Vierge a donné aux enfants une vision effrayante de l'Enfer et a prédit l'avènement de la Seconde Guerre mondiale, l'avènement de la Russie communiste et la persécution de l'Église. Pour sortir le monde de cette voie ruineuse et instaurer une paix durable, elle a demandé que le chapelet soit prié chaque jour pour des actes de pénitence et pour la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé. Avec ces avertissements terribles et ces demandes pressantes, la Mère de Dieu a également donné une promesse d'espérance: "Au bout du compte, mon Coeur Immaculé triomphera."

Tout cela a été rapporté par les enfants bergers. Le message de Fatima - sans propagande ni publicité - s'est propagé par le bouche à oreille et a franchi les frontières du Portugal. Le flux irrésistible de pèlerins a augmenté de plus en plus en réponse à ce message d'espoir. Lors de la dernière apparition, le 13 octobre 1917, une foule de 70 000 personnes se sont rassemblées à la Cova da Iria, où Notre Dame était apparue aux enfants. Elle a promis un grand miracle ce jour-là afin que tout le monde croirait. Alors que les foules levaient les yeux au ciel dans la prière, elles assistaient au miracle promis, confirmant tout ce que les enfants avaient dit. Ils ont vu le soleil danser.

Dans la Cova étaient rassemblés les dévots, les curieux et les moqueurs, ainsi que des journalistes cherchant à démasquer ce qu'ils considéraient comme un canular. La journée était terriblement sombre, une allégorie pour un monde plongé dans la guerre et perdant son chemin. Tout le monde était trempé, avait de la boue à ses pieds et était glacé à cause des torrents de pluie qui tombaient toute la nuit et jusqu'au moment de l'apparition de la Vierge.

Les enfants ont vu le flash de lumière et Notre-Dame est apparue sur le chêne vert, comme elle l'avait fait lors des précédentes apparitions. Lucie a commencé sa conversation avec la sainte Vierge avec sa question habituelle: "Que veux-tu de moi?" Notre Dame a répondu: "Je veux construire une chapelle ici en mon honneur. Je suis la Dame du Rosaire. Continuez toujours à prier le chapelet tous les jours. La guerre va se terminer et les soldats vont bientôt rentrer chez eux." Lucia a alors présenté à Notre-Dame des pétitions au nom des autres: "J'ai beaucoup de choses à vous demander : guérir des malades et convertir des pécheurs." La réponse était simple et directe: "Certains, oui; d'autres, non. Les gens doivent amender leurs vies et demander pardon pour leurs péchés." Puis, de plus en plus triste, la Madone a dit :"Ils ne doivent plus offenser Notre Seigneur, car il est déjà trop offensé." Lucie demanda enfin : "Voulez-vous quelque chose de plus ? "Rien de plus," fut la réponse.

Comme la Mère de Dieu a pris congé des enfants, elle a ouvert ses mains, libérant un flot de lumière vers le ciel, éclairant le soleil lui-même. Lucia cria à haute voix: "Là elle va; là elle va!" et a attiré l'attention de tout le monde au soleil. En ce moment, les nuages ​​se séparèrent rapidement et les enfants virent la Sainte Famille avec Saint Joseph tenant l'Enfant Jésus sur un bras. Ensemble, ils ont béni le monde en traçant le signe de la croix avec leurs mains. Cette vision a alors disparu et Marie est apparue comme la Mère des Douleurs avec le Christ souffrant qui a béni le monde en traçant le signe de la Croix. Cette vision a également disparu, et a été suivie par la Sainte Vierge comme Notre-Dame du Mont Carmel, tenant son Divin Fils.

C'est ce que les enfants ont vu. La foule cependant, ne pouvait voir que le soleil brillant perçant à travers le ciel, qui avait dégagé si brusquement. Ensuite, ils ont vu ce que le soleil a fait.

La pluie a cessé et le soleil brillant a pu être regardé directement sans aucune perturbation douloureuse pour les yeux. Un témoin du miracle, Mary Allen, a déclaré : "Soudain, les pluies ont cessé, les nuages ​​se sont séparés et j'ai vu un grand soleil, plus brillant que le soleil, mais je pouvais le regarder sans me blesser les yeux comme s'il s'agissait de la lune" (cité dans Fatima pour aujourd'hui: le message d'espoir marial urgent par le père Andrew Apostoli, CFR).

Puis le soleil se mit à danser, tourbillonnant violemment dans le ciel, projetant des courants de lumière qui coloraient les objets sur le sol. Le soleil semblait alors se détacher du ciel et s'effondrer sur la Terre. Un autre témoin, Maria Carreira, a rappelé : "Cela ressemblait à une roue de feu qui allait tomber sur les gens. Ils ont commencé à crier : "Nous serons tous tués ! D'autres ont appelé à la Vierge pour les sauver. Ils récitaient des actes de contrition. Une femme a commencé à confesser ses péchés à haute voix, annonçant qu'elle avait fait ceci et cela..." (cité dans Fatima for Today ). Le soleil a ensuite remonté à son endroit normal dans le ciel, laissant tout instantanément sec, de la saleté sur le sol aux vêtements sur le dos du peuple. Le spectacle entier a duré environ 10 minutes.

Tous les témoins n'étaient pas des croyants consentants. Beaucoup étaient sceptiques, et certains étaient même déclarés ennemis de l'Église.

 

Le livre de John M. Haffert, "Rencontrez les témoins du miracle du soleil", raconte l'histoire de Mario Godinho. Mario était un sceptique. Il était membre d'une famille portugaise distinguée qui travaillait comme ingénieur et vivait à 18 milles de Fatima. Mario a possédé l'une des rares voitures dans la région, et a succombé au harcèlement de sa pieuse mère pour la conduire à la Cova da Iria pour l'apparition de juin. Au cours des six mois, les apparitions ont eu lieu, il a rencontré les trois enfants et a pu leur poser de nombreuses questions. Il a même pris la première photo des petits visionnaires. Mais contrairement à sa mère, il ne croyait pas. Il a quitté chaque rencontre déçu (peut-être à leur simplicité) et n'a même pas pris la peine de sortir de sa voiture le 13 octobre, quand sa mère l'a harcelé pour l'amener à la Cova pour le miracle promis. Désireux d'éviter la foule immense et la pluie, il resta assis dans sa voiture sur une route éloignée de la Cova. Après avoir entendu les cris de la foule, il est sorti de sa voiture et a rendu compte du soleil dansant semblable à celui mentionné ci-dessus, concluant par les mots simples : "J'ai vu ce soleil comme je ne l'ai jamais revu." Il ajouta en note que sa mère était capable de prendre deux feuilles du chêne vert de Notre-Dame, qui avait encore des gouttes de graisse de bougie dans les bougies allumées par les trois enfants. Il envoya une de ces feuilles au Saint-Père à Rome et l'autre dans son portefeuille pour le reste de sa vie comme signe de sa foi restaurée.

 

Deux journaux importants du Portugal à l'époque étaient O Seculo ("Le siècle") et Diario de Noticias ("Le Quotidien Nouvelles"). Ils étaient pro-gouvernementaux, anticléricaux et avaient une large diffusion qui comprenait Lisbonne. Du 13 au 17 octobre 1917, ces journaux ont enregistré les récits de témoins oculaires des rédacteurs et des journalistes qui avaient été à Fatima et ont été témoins du "miracle du soleil". Les reporters envoyés à Fatima s'attendaient à être dispersés par les soldats du gouvernement anticlérical ou, mieux encore, voir les foules répudiant les trois petits enfants parce que le miracle promis ne se serait pas réalisé. Dario de Noticias fut obligé de publier le récit suivant : "... Alors le soleil argenté, encore enveloppé dans cette lumière grisâtre, commença à tourner et à errer dans le cercle des nuages ​​reculés! Les gens ont crié d'une seule voix. Des milliers, transportés par l'extase, tombèrent à genoux sur le sol boueux... " (Haffert, page 74).

 

Avelino da Almeida était le rédacteur en chef d' O Seculo. Il était aussi un franc-maçon et antagoniste envers l'Église catholique. Le matin même du miracle, il a publié un article critique sur le rassemblement à Fatima et a remis en question l'état d'esprit de nombreux qui sont venus à la Cova. Il a également suggéré que le clergé et les intérêts commerciaux favorisaient le spectacle purement pour le bénéfice financier. Le lendemain, il rapporta ceci: "... on voyait l'immense foule se tourner vers le soleil, qui semblait libre des nuages ​​et de son zénith. Il ressemblait à une plaque d'argent terne, et il était possible de la regarder sans la moindre gêne. C'était peut-être une éclipse qui se passait ... Les gens ont alors commencé à se demander ce qu'ils avaient vu. La grande majorité a admis avoir vu le tremblement et la danse du soleil" (Apostoli, page 132). Il dira plus tard que le rationalisme des non-croyants a subi un "coup redoutable" par tout ce qui s'est passé ce jour-là (Haffert, page 75).

 

Tous les témoins n'étaient pas à Fatima non plus. Le grand miracle a été vu par beaucoup de gens des villes et villages voisins jusqu'à 25 milles. Ces témoins lointains dissipent les théories de l'hallucination de masse ou de la suggestion résultant de l'émotion accrue de l'attente.

 

Et avec ce grand miracle, les apparitions de Fatima avaient pris fin.

 

Treize ans après le "miracle du soleil", le 14 avril 1930, l'Église a donné sa décision après la nomination d'une commission chargée d'enquêter sur les événements de Fatima. L'Église a déclaré les visions des trois petits enfants bergers dignes de foi. En ce qui concerne le "miracle du soleil", la commission a déclaré: "Le phénomène solaire du treize octobre 1917, décrit dans la presse de l'époque, a été très merveilleux et a donné la plus grande impression à ceux qui ont eu le bonheur de en témoigner ... Ce phénomène, qu'aucun observatoire astronomique n'a enregistré et qui n'était donc pas naturel, a été observé par des personnes de toutes les catégories et de toutes les classes sociales, des croyants et des incroyants, des journalistes des principaux journaux portugais et même par des personnes éloignées. Faits qui annulent toute explication de l'illusion collective" (Haffert, page 100).

 

En 2017, nous vivons dans une société presque totalement sécularisée, où l'homme a oublié Dieu. Mais dans sa miséricorde, Dieu a donné au monde l'espérance dans le Cœur Immaculé de Marie. En écoutant son message qui nous a été donné il y a 100 ans et qui a été remarquablement mis en évidence par le fameux "Miracle du Soleil", retournons à Dieu.

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 22:46

Le philosophe Claudio Pierantoni, spécialiste de philosophie médiévale à l’Université du Chilie (Santiago) et un des signataires de la "Correction Filiale" a donné un entretien à Diana Montagna pour Life Site News le 10 octobre :

Un philosophe catholique : Amoris Laetitia utilise l'orthodoxie comme "masque" pour dissimuler les erreurs morales

Diane Montagna, Amoris Laetitia uses orthodoxy as ‘mask’ to conceal moral errors: Catholic philosopher, Life Site News,

 

ROME, 10 octobre 2017 (LifeSiteNews) - Le philosophe italien et ancien ami du pape Jean-Paul II, Rocco Buttiglione, a attaqué la semaine dernière les auteurs de la "Correction Filiale", les accusant d'être des "juges du Pape" non pas discutant mais "condamnant", et d'être infidèle au texte d'Amoris Laetitia .

Andrea Tornielli, l'un des conseillers les plus proches du pape François, a critiqué les sept hérésies des auteurs et signataires du Vatican , en affirmant que les correcteurs ne comprenaient pas ce que le pape essaye de dire. Buttiglione a également accusé les auteurs et signataires d '"isoler le pape François en l'opposant à ses prédécesseurs", et de les considérer comme des universitaires essentiellement marginaux. Pourtant, il a reconnu que le document Correctio a eu "un grand écho dans les médias".

Maintenant, une connaissance de Buttiglione et l'un des signataires de la "Correction Filiale", le philosophe italien et historien de l'Église Claudio Pierantoni, professeur de philosophie médiévale à l'Université du Chili, répond aux critiques de Buttiglione. Pierantoni, affirme qu'accuser les signataires de la qualité de juges du pape est "faux et tendancieux" et un surprenant "acte de calomnie". Il relève également la tentative de Buttiglione de réfuter les charges des correcteurs de propagations d'hérésies.

Dans cette interview, Pierantoni explique comment le chapitre 8 d'Amoris Laetitia mélange habilement la doctrine catholique authentique des circonstances atténuantes avec les concepts hétérodoxes de l'éthique situationnelle selon laquelle il n'existe "pas d'actions intrinsèquement mauvaises" et où dans certaines situations "ce qui est normalement mal peut être le bon choix, de sorte qu'il peut objectivement être un bon acte". La doctrine des circonstances atténuantes , argumente Pierantoni, est utilisée ici comme" un masque pour dissimuler l'éthique situationnelle".

Quant aux autres hérésies contestées, Pierantoni considère la réfutation de Buttiglione comme "extrêmement précipitée et superficielle", et dit qu'elle ne rend pas justice non plus à la complexité des questions soulevées ni à la vaste bibliographie qui est parue sur le sujet.

"Une personne de la position intellectuelle et morale de Buttiglione" ne défendrait jamais "un texte aussi indéfendable", conclut Pierantoni, s'il ne le faisait pas, pour défendre une position préconçue, un choix idéologique fondé sur un faux concept de la papauté."

 

Voici ci-dessous notre interview avec le professeur Pierantoni. Le texte italien autorisé peut être trouvé ici.

 

LifeSite : Professeur Pierantoni, comment connaissez-vous Rocco Buttiglione? Avez-vous déjà parlé avec lui dans le passé d' Amoris Laetitia ?

 

Prof. Pierantoni : J'ai rencontré Rocco Buttiglione il y a dix ans ici à Santiago du Chili en tant qu'étudiant de l'Académie Internationale de Philosophie (IAP) de Josef Seifert. Buttiglione est depuis de nombreuses années l'un des professeurs les plus qualifiés de l'académie et a occupé divers postes de direction. Au sein de ce cercle d'amis de l'IAP, j'ai participé à un débat en cours par courrier électronique entre les membres ou les anciens membres de l'Académie, depuis le jour où l'on peut dire qu'Amoris Laetitia a été publié. Nous avons échangé des dizaines de courriels sur le sujet, toujours dans des termes très chaleureux et amicaux malgré nos divergences d'opinion.

 

Dans son entretien du 3 octobre avec La Stampa , Rocco Buttiglione semble penser qu'il n'y a pas de réelle différence entre accuser le pape de répandre l'hérésie et l'accuser d'être un hérétique. Est-ce juste?

 

Non, il me semble que ce n'est pas juste du tout. Il y a une nette différence entre "hérésie matérielle" (qui réfère objectivement au contenu de ce que le pape est chargé de propager par ses paroles, ses actes et ses omissions) et "hérésie formelle" qui renvoie subjectivement à sa personne et à son imputabilité personnelle. Maintenant, cela est très clairement exclu dans la Correctio Filialis (CF). Après avoir défini ce qu'est le crime d'hérésie, nous précisons: "Les descriptions ci-dessus du péché personnel d'hérésie et du crime canonique d'hérésie ne sont données que pour pouvoir les exclure du sujet de notre protestation. Nous ne nous préoccupons que des propositions hérétiques propagées par les paroles, les actes et les omissions de Votre Sainteté. Nous n'avons ni la compétence ni l' intention d'aborder la question canonique de l'hérésie" (Elucidation, page 12, soulignement ajouté). Il y a donc une différence évidente entre ce qui est dit sur le contenu et ce qui est dit à propos de la personne. Il est plutôt difficile d'imaginer que Buttiglione a négligé ou ne comprend pas cette différence.

 

Il est tout aussi faux et tendancieux de dire que nous nous élevons ou agissons en tant que juges du Pape ou en tant que Tribunal du Saint-Office, alors qu'au contraire, nous affirmons clairement dans les toutes premières pages: "En tant que sujets, nous n'avons pas le droit de délivrer à Votre Sainteté cette forme de correction par laquelle un supérieur contraint ceux qui lui sont soumis à la menace ou à l'administration de la peine (voir Summa Theologiae 2a 2ae, 33, 4). Nous plubions plutôt cette correction pour protéger nos frères catholiques et ceux qui sont en dehors de l'Église, à qui la clé de la connaissance ne doit pas être enlevée (Lc 11, 52) - dans l'espoir d'empêcher la propagation des doctrines qui tendent à à la profanation de tous les sacrements et à la subversion de la loi de Dieu" (CF page 2).

 

À la lumière de cela, nous devrions évaluer la déclaration de Buttiglione complètement sans fondement : "Ici, un groupe d'hommes se tiennent juges sur le Pape. Ils ne soulèvent pas d'objections, ils ne discutent pas. Ils jugent et condamnent."

 

Laissons cela de côté - peut-être Buttiglione a oublié - que les objections, les discussions, les questions et les "dubia' ont été soumis au Pape pendant 17 mois et qu'aucun d'entre eux n'a reçu de réponse. Mais arriver au point de dire que nous jugeons ou même condamnons le pape est un véritable acte de calomnie que je n'aurais jamais attendu de lui.

 

Buttiglione semble nier cette distinction lorsqu'il insiste sur la différence entre la gravité objective de l'adultère et la culpabilité subjective de l'adultère. Y a-t-il une différence significative entre l'adultère et l'hérésie à cet égard?

 

Il y a certainement une différence importante, car dans le cas de l'hérésie matérielle, la déclaration hérétique peut être comprise en elle-même, indépendamment de la personne qui a fait la déclaration. L'acte d'adultère, en raison de sa nature, n'a pas d'existence indépendante de l'acteur, même s'il peut être considéré dans l'abstrait. Mais il y a aussi une analogie claire entre eux, parce que dans les deux cas l'élément objectif (c'est-à-dire ce qui est dit du fait réel ou de la phrase qu'il exprime) s'oppose à l'élément subjectif de culpabilité). Il est donc étrange, comme vous le dites, que Buttiglione ne prenne pas en compte cette opposition, ce qui est précisément le point principal de son argumentation contre nous.

 

Rocco Buttiglione semble également suggérer que les signataires de la correction nient la nécessité d'une pleine connaissance et du plein consentement pour qu'un péché grave soit mortel. Est-ce juste?

 

Plus précisément, Buttiglione dit que les critiques d'Amoris Laetitia sur ce point ont changé d'avis: "Les critiques ont commencé en arguant que les remariés et les divorcés ne peuvent en aucun cas être dans la grâce de Dieu. Alors que (je leur ai par exemple rappelé) pour commettre un péché mortel, il faut non seulement la matière grave est nécessaire (et l'adultère est certainement une affaire grave de péché), mais aussi la pleine connaissance et le plein consentement de la volonté. Maintenant, ils semblent revenir en arrière : ils ont également compris que, dans certains cas, une personne divorcée et remariée peut ne pas être en faute en raison de facteurs atténuants subjectifs (manque de connaissance et de plein consentement de la volonté). Que font-ils pour couvrir leur retraite ? Ils attribuent au Pape l'affirmation que la personne divorcée / remariée qui reste dans sa situation avec pleine connaissance et plein consentement est néanmoins dans un état de grâce" (soulignement ajouté).

 

Ce "recul" ou "retraite", que Buttiglione nous attribue, est complètement inventé par lui. Sa suggestion que des dizaines d'autres collègues ont été soudainement frappés par un cas d'amnésie quand est sorti Amoris Laetitia et qu'ils aient tous, simultanément, oublié un aspect aussi évident de la doctrine morale, semble plutôt improbable, pour ne pas dire franchement absurde.

Évidemment, ce n'est pas le cas: nous connaissions déjà l'existence de la doctrine qui considère la pleine connaissance et le consentement délibéré comme essentiels à l'imputabilité. Par conséquent, il est évident que nous l'avons pris comme un donné. En effet, si Amoris Laetitia chapitre VIII ne traitait que de cela, comme le prétend Buttiglione, personne n'aurait été scandalisé. D'un autre côté, si ce n'était que pour répéter quelque chose qui est déjà si largement connu, aucun des rédacteurs n'aurait pris la peine d'écrire ce fameux chapitre VIII d'AL. Le fait est que, bien que savamment entrelacé avec de nombreuses déclarations sur la responsabilité subjective et la pleine connaissance, AL VIII contient plusieurs affirmations très claires de "l'éthique situationnelle" (par nous souligné NdCR.) Selon cette doctrine, des interdictions absolues n'existent pas et il y a des situations dans lesquelles la violation d'un commandement négatif peut être un acte moralement bon. Cette doctrine a été vigoureusement condamnée par le pape Saint-Jean-Paul II dans l'encyclique Veritatis Splendor qui n'a pas une occurrence dans Amoris Laetitia. Cela a déjà été souligné dans des dizaines d'articles que Buttiglione ne peut ignorer, d'autant plus que les principaux arguments ont déjà été répétés dans plusieurs lettres du professeur Seifert et de moi-même et d'autres.

 

Lire : Est-ce que Veritatis Splendor est infaillible?

 

Buttiglione n'a pas été capable de répondre efficacement à ces arguments et s'est borné à répéter qu'il n'y a rien de plus dans AL VIII que la doctrine traditionnelle concernant les circonstances atténuantes subjectives. Il faut souligner avec précision que, si le texte de l'AL tente de mélanger la doctrine des circonstances atténuantes , qui est en soi orthodoxe, avec l'éthique de la situation , qui est en revanche hérétique, nous avons affaire à deux choses tout à fait différentes. La première soutient que, même si une action peut en elle-même être mauvaise, il peut y avoir des éléments tels qu'un état de déficience psychologique grave ou une ignorance qui diminuent, voire annulent, la culpabilité subjective.

 

Au lieu de cela, l'éthique situationnelle stipule qu'il n'y a absolument aucune action intrinsèquement mauvaise et que, dans certaines situations, ce qui est normalement mal peut être le bon choix, de sorte qu'il (ce mal) peut objectivement être un bon acte. Je citerai à cet égard un passage très clair à ce propos, Amoris Laetitia, paragraphe 303, qui déclare: "Il faut encourager la maturation d’une conscience éclairée, formée et accompagnée par le discernement responsable et sérieux du Pasteur, et proposer une confiance toujours plus grande dans la grâce. Mais cette conscience peut reconnaître non seulement qu’une situation ne répond pas objectivement aux exigences générales de l’Évangile. De même, elle peut reconnaître sincèrement et honnêtement que c’est, pour le moment, la réponse généreuse qu’on peut donner à Dieu, et découvrir avec une certaine assurance morale que cette réponse est le don de soi que Dieu lui-même demande au milieu de la complexité concrète des limitations, même si elle n’atteint pas encore pleinement l’idéal objectif."

 

Pourquoi ce passage est-il particulièrement approprié ?

 

Comme l'a expliqué le professeur Seifert dans un article désormais célèbre, qui lui a coûté la présidence à Grenade (et comme j'ai ensuite cherché à le clarifier dans un article ultérieur en défense de Seifert: "Josef Seifert, Pure Logique et le début de la persécution officielle de l'orthodoxie dans l'Église"), Amoris laetitia affirme à propos d'une situation qui " ne répond pas objectivement aux exigences générales de l’Évangile" (c'est-à-dire l'interdiction de l'adultère), qu'on arrive à "découvrir avec une certaine assurance morale" que c'est ce que "Dieu lui-même demande au milieu de la complexité concrète des limitations" (AL 303). C'est une revendication extrêmement problématique. En premier lieu, AL déforme la réalité quand elle appelle ce qui est en réalité un commandement strictement observé, un simple "idéal" (latin "exemplar"). Notez que dans la même phrase, il appelle "demande" ("mandatum"). Mais il y a quelque chose de pire: nous réalisons qu'ici, il est dit que "une situation donnée [qui] ne répond pas objectivement aux exigences générales de l’Évangile" serait "ce que Dieu lui-même demande". Cela implique, comme le soutient l'éthique situationnelle, qu'il n'y a pas de commandements absolus. Le texte en question ne parle pas d'une diminution de la culpabilité ou de l'ignorance, mais dit plutôt que le sujet découvre, basé sur "la maturation d’une conscience éclairée, formée et accompagnée par le discernement responsable et sérieux du Pasteur" que le l'action est bonne: ce n'est rien de moins que "ce que Dieu demande".

 

Buttiglione défend maintenant très habilement ce passage vraiment indéfendable, mais pour ce faire, il est obligé d'introduire un élément qui n'apparaît pas du tout dans le texte. En effet, Buttiglione déclare: "Le Pape ne dit pas que Dieu est heureux du fait que les divorcés remariés continuent à avoir des rapports sexuels les uns avec les autres. La conscience reconnaît qu'elle n'est pas conforme à la loi. Cependant, la conscience sait aussi qu'elle a commencé un voyage de conversion. On dort encore avec une femme qui n'est pas sa femme mais qui a cessé de prendre de la drogue et qui va avec des prostituées, qui a trouvé un emploi et s'occupe de ses enfants. Il a le droit de penser que Dieu est heureux de lui, au moins en partie." (Pas d'italique dans l'original)

 

Pour Buttiglione, alors, Dieu serait heureux, avec la personne en question, non par rapport à la situation qui ne correspond pas objectivement au commandement de l'Evangile (la situation adultère), mais avec d'autres (bonnes) choses. Et vraiment, si AL a dit ceci, personne ne s'y opposerait. Malheureusement, le texte ne dit pas cela, puisqu'il ne se réfère pas à d'autres aspects, il dit haut et fort, pour le citer encore une fois, que "une situation [qui] ne correspond pas au commandement de l’Évangile" - situation, pas autre chose - est "ce que Dieu lui-même demande." Donc AL 303 dit quelque chose de complètement différent de ce que le professeur Buttiglione voudrait dire. Et pourtant Buttiglione prétend que c'est nous qui faisons dire au pape ce qu'il n'a pas vraiment dit.

 

Rocco Buttiglione semble dire qu'un prêtre peut conseiller à un pénitent de recevoir la communion, même s'il est un adultère impénitent, tant qu'il manque de connaissance et de plein consentement. Mais le prêtre ne serait-il pas obligé de former la conscience du pénitent pour qu'il en ait la pleine connaissance et le plein consentement, et qu'il ait donc dû cesser de commettre l'adultère ou s'abstenir de recevoir la sainte communion?

 

Et nous arrivons ici à la contradiction la plus évidente du texte considéré: en effet, en plus de ce que nous avons déjà illustré sur la présence de "l'éthique situationnelle", le recours à la question de la conscience diminuée ou de l'ignorance est directement en conflit avec le principal thème proposé par Amoris Laetitia VIII: "accompagner, discerner et intégrer la fragilité".

 

Tout au long de ce processus d'accompagnement et de discernement qui devrait aboutir à la confession sacramentelle, il est logique de s'attendre à ce que la personne soit amenée à connaître la vérité de sa situation: l'absolution sacramentelle ne sera alors possible qu'à ceux qui, une fois conscients de leur situation pécheresse, s'en repentent. Il est impensable que dans un processus de discernement de sa situation adultère, le pénitent ne confesse que ses autres péchés, ceux qu'il "connaîtrait", alors qu'il ne serait pas conscient de l'adultère, ce qui est précisément la question sur laquelle il est être accompagné et discerner.

 

En général, cette contradiction signifie que la doctrine des circonstances atténuantes n'est pas utilisée correctement dans le document; en effet, si le thème principal du texte est "accompagner et discerner", c'est-à-dire aider quelqu'un à prendre conscience et à faire le point, il n'est pas logique d'invoquer dans ce même contexte le manque de conscience.

 

Et l'affirmation de Buttiglione selon laquelle nous sommes infidèles au texte, dans son exemple initial, s'effondre également. Il dit: "Prenons un exemple: dans leur deuxième proposition, ils attribuent au Pape la déclaration que le divorcé remarié qui reste dans cet état en pleine connaissance de la nature de son acte et du plein consentement de la volonté est dans la grâce de Dieu. Alors que le pape dit autre chose: dans certains cas, une personne qui est divorcée et remariée et qui reste dans cet état sans la pleine connaissance et le plein consentement de la volonté peut être dans la grâce de Dieu ". Il est vrai que le pape se réfère à des circonstances atténuantes, mais le fait est que cette référence est en contradiction avec ce qui est supposé avoir lieu, qui est le discernement. Il est en effet contradictoire de prétendre "discerner" et pourtant être "sans connaissance". Ainsi, ces "rares cas" dans lesquels la connaissance complète fait défaut existent certes, mais vous ne pouvez pas prétendre qu'ils appartiennent au sujet considéré. De cette observation, on s'aperçoit que la doctrine des circonstances atténuantes n'est utilisée ici que comme un masque pour dissimuler l'éthique situationnelle.

 

Saint Jean-Paul II dit: "Ce serait une très grave erreur de conclure que l'enseignement de l'Église n'est essentiellement qu'un 'idéal' qui doit alors être adapté, proportionné, gradué aux prétendues possibilités concrètes de l'homme, selon un 'équilibrage des marchandises en cause'. Mais quelles sont les 'possibilités concrètes de l'homme'? Et de quel homme parlons-nous? De l'homme dominé par la convoitise ou de l'homme racheté par le Christ?" Les signataires disent-ils que (si le Pape François agit en toute connaissance de cause et avec son plein consentement), il est coupable de cette "très grave erreur" et nie implicitement "la réalité de la rédemption du Christ" ?

 

En AL VIII, la référence fréquente aux "limitations de la situation", qui entravent prétendument l'observance du commandement, est implicitement, mais clairement, la preuve que le texte est matériellement en conflit avec les canons du Concile de Trente qui condamnent la déclaration qu'il est impossible à un homme qui est justifié d'observer les commandements. Cependant, je dois encore souligner que nous ne faisons aucun jugement sur la question de savoir si le pape est personnellement coupable de cette erreur. Au contraire, nous refusons explicitement à la fois d'avoir l'intention et le pouvoir de le faire. En cela, nous nous distinguons clairement de Buttiglione, qui prend au contraire la liberté de nous juger durement, nous attribuant même "une grande malice" (dans son commentaire à notre quatrième censure).

 

En général, que pensez-vous de la réfutation de vos propositions par Buttiglione?

 

Il me semble clair que c'est une réfutation extrêmement précipitée et superficielle: le fait même que Buttiglione pense qu'il nous réfute avec ces quelques phrases est franchement surprenant de voir dans une personne aussi intelligente et réfléchie. Comme nous l'avons vu à partir des quelques exemples cités dans la correction, chaque phrase mérite un long traitement et une riche bibliographie est déjà parue sur chacun d'eux. Et, comme je l'ai déjà dit, Buttiglione n'ignore pas cela. Et cette attitude révèle plutôt une certaine nervosité, une certaine anxiété de se sortit d'une situation beaucoup plus complexe que Buttiglione est prêt à admettre. J'espère sincèrement qu'il en reviendra et qu'il réfléchira plus sérieusement à toute cette situation.

 

Dans quelle mesure le mouvement néo-conservateur de l'Eglise est-il responsable de la création de cette crise en confondant (pour de nombreuses années) l'ultramontanisme avec l'orthodoxie?

 

Certes, il y a une part de responsabilité: bien souvent, beaucoup de gens disent quelque chose est vrai "parce que le pape l'a dit", en s'évitant d'étudier les sources de la Tradition et de l'Écriture et la difficulté de penser les fondements philosophiques de l'éthique. C'est une chose que nous devons corriger: la papauté est un don immense pour les catholiques, mais elle ne doit pas être une incitation à l'ignorance et à la paresse, comme lorsque les gens adoptent la position du Pape sans vraiment examiner ou comprendre les problèmes.

 

En l'espèce, je suis obligé de faire remarquer qu'une personne de réputation intellectuelle et morale de Buttiglione ne défendrait jamais un texte aussi indéfendable, s'il ne le faisait pas pour défendre une position préconçue, un choix idéologique finalement fondé sur un faux concept de la papauté.

 

Pensez-vous que le pape François connaît très bien la règle selon laquelle il est censé enseigner la doctrine orthodoxe, mais a de grandes difficultés à comprendre "sa valeur inhérente"?

 

J'ai enseigné pendant une décennie dans une faculté de théologie ici en Amérique latine, où j'ai appris à connaître de nombreux jésuites, à la fois comme collègues et comme étudiants. A la lumière de cette expérience, je suis arrivé à la conclusion que le Pape François a malheureusement profondément absorbé tant au sein de la Compagnie de Jésus que dans certaines universités allemandes (qui à leur tour ont profondément influencé la théologie ici en Amérique latine) plus d'une idée qui a peu à voir avec l'orthodoxie catholique. L'une de ces idées est le mépris souverain de tout ce qui est "doctrine" (et de ceux qui se dévouent pour la défendre). Un tel mépris se résume dans sa célèbre maxime: "La réalité est supérieure aux idées" (dont nous avons déjà parlé dans notre précédente interview).

 

Providentiellement, ce même mépris de la "doctrine" l'empêche de présenter comme un véritable magistère (qui serait précisément la "doctrine") les opinions qu'il détient en tant qu'enseignant privé.

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Publié par Ingomer - dans Religion
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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 22:59
Psychiatre: Amoris Laetitia est une "grave menace" pour les familles. Jean-Paul II l'a bien compris

12 octobre 2017 (LifeSiteNews) - Les fidèles de l'Église traversent actuellement une période difficile et stressante. Les enseignements de Jésus et de son Église datant de 2 000 ans ont été mis en péril par les déclarations du huitième chapitre d' Amoris Laetitia et par l'incapacité du pape François à corriger les positions hérétiques prises par la hiérarchie des membres de la communauté et des prêtres contre le mariage, l'eucharistie et la moralité sexuelle.

La réponse récente à cette crise dans l'Église a été influencée par les actions de saint Paul quand il a corrigé Saint Pierre, le premier pape choisi par le Christ.

"Mais quand Pierre est venu à Antioche, je me suis opposé à lui ouvertement, parce qu’il était dans son tort." - Galates 2:11.

Le pape François a également reçu une correction filiale formelle dans laquelle il est accusé de propager sept hérésies concernant le mariage, la vie morale et la réception des sacrements.

Amoris Laetitia a été largement critiqué comme étant un danger pour la foi catholique. Le pape François, dont la responsabilité principale est la défense et la transmission des vérités de la foi, a ignoré les demandes de clarification de ses sections les plus confuses et controversées par les cardinaux.

Dans Amoris Laetitia, paragraphe 303, le pape François a également été accusé d'avoir nié l'existence d'absolus moraux : (La thèse du conséquentalisme ou éthique de situation condamnée par Veritatis Splendor. NdCR.)

"Mais cette conscience peut reconnaître non seulement qu’une situation ne répond pas objectivement aux exigences générales de l’Évangile. De même, elle peut reconnaître sincèrement et honnêtement que c’est, pour le moment, la réponse généreuse qu’on peut donner à Dieu, et découvrir avec une certaine assurance morale que cette réponse est le don de soi que Dieu lui-même demande au milieu de la complexité concrète des limitations, même si elle n’atteint pas encore pleinement l’idéal objectif."

 

D'un point de vue psychologique, Amoris Laetitia constitue également une grave menace pour la santé et la stabilité du mariage, la vie familiale catholique et des enfants. La raison en est que le chapitre 8 soutient et préconise l'égoïsme et la pensée narcissique qui sont les principaux ennemis de la santé psychologique et donc des mariages stables et forts.

Nous avons travaillé avec de nombreux mariages et familles catholiques, heureuses et en bonne santé, qui ont été minées et détruites sous l'influence d'un conjoint qui a donné dans l'épidémie de narcissisme .

L'égoïsme est aussi le fondement de l'éthique situationnelle qui semble maintenant être renforcée par certains passages d'Amoris Laetitia.

La pensée narcissique a également gravement nui à la prêtrise au cours des 50 dernières années et a joué un rôle majeur dans la crise de l'Église. Aucun homme adulte n'attaquerait sexuellement un adolescent, les principales victimes de la crise, s'il ne croyait égoïstement qu'il avait le droit d'utiliser les autres comme des objets sexuels.

Saint Jean-Paul II a écrit sur les dangers sérieux de l'égoïsme dans le mariage, dans l'amour et la responsabilité :

"Car l'amour ne peut survivre que comme une unité dans laquelle se manifeste le 'nous' mûr; il ne survivra pas comme un arrangement de deux personnes égoïstes" (Love & Responsibility , 2013, p.71).

 

Actions contre les Instituts Saint-Jean-Paul II

 

L'action du Saint-Père a profondément aggravé les inquiétudes suscitées par la dissolution des principes fondateurs de l'Institut Jean Paul II d'études sur le mariage et la famille et par la modification de sa mission première. Désormais, l'Institut mettra principalement en avant les enseignements très controversés que l'on trouve dans Amoris Laetitia, plutôt que de mettre en œuvre l'enseignement brillamment clair et sans ambiguïté de Saint Jean-Paul II sur le mariage, la famille, la personne humaine et la sexualité.

En tant que psychiatre spécialisé dans le traitement des conflits conjugaux et familiaux au cours des 40 dernières années, j'ai pu constater les énormes avantages de la mise en œuvre de l'écriture et de l'enseignement révolutionnaires et indispensables de St. Jean-Paul II. J'ai aussi enseigné leur rôle dans la compréhension du mariage catholique et dans le renforcement des mariages et des familles lors de nombreuses apparitions publiques et en tant que professeur adjoint à l'Institut JPII à Washington DC.

Cet article identifie l'importance psychologique vitale de Familiaris Consortio, la grande charte pour les familles catholiques, en contraste avec la menace sérieuse que le huitième chapitre d' Amoris Laetitia pose à la santé psychologique des mariages catholiques, des familles et de la culture. Elle recommande que les principes fondateurs de l'Institut Jean Paul II d'études sur le mariage et la famille soient conservés et non remplacés par l'enseignement d'Amoris Letitia en partie à cause de la confusion sur le mariage et l'eucharistie dans le monde créée par le huitième chapitre de AL. Une autre raison sérieuse de cette recommandation est que AL omet totalement la préoccupation pastorale pour les millions d'enfants affectés annuellement par le divorce et des cas irréguliers, comme la cohabitation.

 

Familiaris Consortio et les Instituts Jean Paul II

 

Après le Synode sur la famille en 1980, le pape Jean-Paul II a écrit Familiaris Consortio, qui présente clairement et de manière convaincante ce qui est nécessaire pour les couples et les familles catholiques dans la lutte intense pour protéger la santé spirituelle et psychologique du foyer catholique et de la culture .

Le pape Jean-Paul II a ensuite institué le Centre Jean Paul II d'études sur le mariage et la famille à Rome en 1981. La dure réalité est que le jour où il devait établir cet institut, il fut fusillé et échappa miraculeusement à la mort. Cet événement ne devrait pas nous surprendre maintenant, étant donné la controverse intense et la confusion qui s'est développée récemment dans l'Église et la culture s'agissant de la vérité sur le mariage, la famille, la sexualité et l'Eucharistie.

Le récent mouvement du pape François qui a radicalement changé cet institut internationalement respecté et qui se base principalement sur son document confus et psychologiquement dangereux, Amoris Laetitia, a frappé de nombreux catholiques comme un autre attentat contre l'héritage de saint Jean-Paul II pour le mariage et la vie familiale.

Le site officiel des évêques catholiques allemands a célébré la dissolution par le pape de l'Institut Jean Paul II d'études sur le mariage et la famille, "un bastion de résistance contre l'agenda de la miséricorde de François", et son remplacement par un nouveau "think tank pour Amoris Laetitia."

En fait, les écrits de saint Jean-Paul II offrent une approche de la grande miséricorde du Seigneur parce qu'ils présentent la vérité aux conjoints, aux enfants et à la culture de la sexualité humaine, du mariage, de la jeunesse et de la vie familiale.

 

Cardinal Caffarra

 

Le regretté cardinal Carlo Caffarra, président fondateur de l'Institut Pontifical Jean Paul II d'Etudes sur le Mariage et la Famille et l'un des quatre cardinaux qui ont soumis le dubia pour demander une clarification d'Amoris Laetitia, en 2016 à la session de Washington de l'Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, sur la vision du pape Jean-Paul II dans la fondation de l'Institut:

L'idée que la doctrine robuste n'avait pas d'importance fondamentale pour le ministère pastoral était totalement étrangère au pape. Au contraire, il ne pensait pas que la pastorale était possible à moins de "dire la vérité" de la doctrine Eph 4; 15.

Par conséquent, la recherche de la fondation du mariage et de la famille, un retour au commencement, était la tâche de l'Institut. Les deux principales caractéristiques de l'Institut découlent de ceci: un engagement fort dans le domaine de l'anthropologie et de la pensée christocentrique.

Le pape était profondément convaincu que la crise du mariage et de la famille était fondamentalement une crise anthropologique: la personne humaine avait perdu conscience de sa personne, de la vérité de son être, de sorte qu'elle ne comprenait plus la vérité du mariage.

Le fait que sa catéchèse sur l'amour humain (Jean-Paul II) ne soit pas considérée comme la base de la pratique pastorale du mariage a été une des principales raisons de graves difficultés avec les Synodes de 2014 et 2015.

Contrairement aux éléments ambigus et confus du chapitre 8 d' Amoris Laetitia, l'écriture de saint Jean-Paul II sur le mariage et l'Eucharistie dans Familiaris Consortio, n. 84, est claire et fidèle au sacrement du mariage, des enfants et de l'Eucharistie.

Il écrit:

L'Eglise, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l'Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie. Il y a par ailleurs un autre motif pastoral particulier: si l'on admettait ces personnes à l'Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l'Eglise concernant l'indissolubilité du mariage. (Souligné par nous. NdCR.)

 

La santé psychologique des mariages et des enfants catholiques dépend d'une compréhension claire de la nature du mariage et de la sexualité décrite par Jean-Paul II et le Catéchisme de l'Église catholique. Les couples ont besoin plus que jamais de la connaissance contenue dans ces ressources que la croissance des vertus et de la grâce les aide à découvrir et à résoudre les conflits, protège leur amour et sauve leurs enfants des fléaux de l'égoïsme et du divorce.

À l'heure actuelle, le huitième chapitre d'Amoris Laetitia est un document magistériel confus, psychologiquement néfaste et dangereux pour les mariages et les familles catholiques selon mon opinion professionnelle. Il ne devrait pas être la base de l'enseignement des Instituts Jean Paul II pour les études sur le mariage et la famille. En fait, Amoris Laetitia sape les contributions brillantes et très nécessaires de Saint-Jean-Paul II pour le mariage et la famille dans Familiaris Consortio et Theology of the Body .

Rick Fitzgibbons, MD, est un psychiatre qui est le directeur de l'Institut pour la guérison conjugale en dehors de Philadelphie. Il a été professeur adjoint à l'Institut pontifical Jean-Paul II sur le mariage et la famille à l'Université catholique d'Amérique et consultant auprès de la Congrégation pour le clergé au Vatican. Il a écrit sur les origines et le traitement des conflits conjugaux dans deux livres de l'American Psychological Association.

 

(Fin de l'article)

Note de Christ-Roi. De même l'encyclique Veritatis Splendor de S. Jean-Paul II, qui pourrait être infaillible, condamne doublement le conséquentialisme (ou éthique de situation) que l'on trouve dans Amoris Laetitia, dans les chapitres 79 et 82 :

Psychiatre: Amoris Laetitia est une "grave menace" pour les familles. Jean-Paul II l'a bien compris

Rappelons que le père dominicain Basil Cole dans un texte paru le 16 décembre 2016 dans le New Catholic Register sur le blog d’Edward Pentin explique que l’éthique de situation contredit la ferme affirmation selon laquelle certaines normes morales valent toujours pour tous : ce sont les préceptes du Décalogue (ST I-II, q. 100, a. 8), et des préceptes universels négatifs du même ordre, car S. Thomas d'Aquin condamne des actes qui sont "mauvais en eux-mêmes et ne peuvent devenir bons" (ST II-II, q. 33, a.2). Il dit expressément que "l’on ne peut commettre l’adultère en vue de quelque fin bonne" (De Malo, q. 15, a.1, ad 5). Dans la même veine, Thomas d’Aquin tient que certains actes "comportent une difformité qui leur est inséparablement attachée, tels la fornication, l’adultère et d’autres actes ce type, qui ne peuvent d’aucune manière être accomplis d’une manière moralement bonne" (Quodlibet 9, q. 7, a. 2).

 

C'est une hérésie que de prétendre que "les circonstances peuvent rendre bonnes des actions intrinsèquement mauvaises" (éthique de situation) quand le Catéchisme de l'Eglise dit l'inverse : "les circonstances ne peuvent de soi modifier la qualité morale des actes eux-mêmes ; elles ne peuvent rendre ni bonne, ni juste une action en elle-même mauvaise." (CEC 1754.)

"Il y a des actes qui par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances et des intentions, sont toujours gravement illicites en raison de leur objet ; ainsi le blasphème et le parjure, l’homicide et l’adultère. Il n’est pas permis de faire le mal pour qu’il en résulte un bien." (CEC 1756)

 

Soutenir que les circonstances peuvent atténuer la culpabilité de la fornication et l'adultère, nous fait tomber dans deux autres hérésies:

 

"parfois il peut manquer l'aide de Dieu pour ne pas pécher"

 

et

 

"il peut y avoir une situation où il n'y a pas d'autre possibilité que de pécher ..."

 

... Alors qu'en fait saint Paul dit:

 

"Aucune tentation ne vous est survenue, qui n'ait été humaine; et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces; mais, avec la tentation, il ménagera aussi une heureuse issue en vous donnant le pouvoir de la supporter." (1 Cor 10,13.)

 

... Et le Concile de Trente définit:

 

« Nul, alors, bien que justifié, doit se considérer comme libre de l'observance des commandements, personne ne doit prendre ce regard téméraire et interdit par les Pères, sous peine d'excommunication, qu'il est impossible à l'homme d'être justifié en gardant les commandements de Dieu. Dieu en fait ne commande pas l'impossible; mais quand commandant il vous admoneste de faire ce que vous pouvez, et ce que vous ne pouvez pas, et il est pour vous une aide pour que vous le puissiez : Ses commandements ne sont pas pénibles (1 Jn 5,3) Son joug est facile et son poids léger (Mt 11, 30). Pour les hommes qui sont des enfants de Dieu, aiment Christ et ceux qui l'aiment - comme il le dit (Jn 14:23) - observer ses paroles, avec l'aide de Dieu, peut certainement se faire. »

 

Source: "Amoris Laetitia" : la logique de l'hérésie (Don Alfredo Morselli)

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 22:39

Nous avons vu hier que selon un nouvel entretien entre François et le journaliste athée Eugenio Scalfari, le pape ne croirait pas à l'immortalité de l'âme en enfer. La question a été abordée hier dans un article en anglais sur le site One Peter Five. En voici la traduction :

Le pape François et l'archevêque Paglia croient-ils que l'enfer n'existe pas?

Maike Hickson    October 11, 2017

 

Source: One Peter Five, Do pope francis and archbishop Paglia believe hell does not exist

 

Dans notre rapport du 9 octobre sur les récents commentaires du conf. Antonio Spadaro en ce qui concerne la loi morale, nous avons ajouté une mise à jour post-publication sur une nouvelle conversation entre le pape François et Eugenio Scalfari. Scalfari, qui est devenu un intervieweur préféré du pape François, est le fondateur athée du journal italien La Repubblica, connu pour sa méthode non conventionnelle de reconstruire des entrevues à partir de la mémoire, plutôt que d'utiliser des citations directes. (Bien que le récit de Scalfari sur les paroles les plus controversées du pape ait souvent été rejeté par les membres de la presse catholique comme peu fiable, l'insistance du pape à rechercher Scalfari pour des interviews franches et des discussions devrait mettre fin à toute affirmation qu'il serait un déformateur.)

Dans le dernier cas, en examinant le nouveau livre de l' archevêque Vincenzo Paglia, Scalfari cite le pape comme disant que parmi les évêques de l'Église catholique il y a beaucoup de relativisme. Scalfari cite ensuite François en disant *:

Nous, croyants et bien sûr, nous sommes avant tout prêtres et nous, les évêques, croyons en l'Absolu, mais chacun à sa manière parce que chacun a sa tête et sa pensée. Donc, notre vérité absolue, partagée par nous tous, est différente d'une personne à l'autre. Nous n'évitons pas les discussions dans le cas où nos différentes pensées se confrontent. Il y a donc aussi une sorte de relativisme chez nous. [soulignement ajouté]

Scalfari ajoute ensuite ses propres pensées à propos de l'idée distincte du pape et de l'archevêque Paglia que l'enfer est vide:

Le pape François, précédé dans cette vue par Jean XXIII et Paul VI, mais avec une force plus révolutionnaire par rapport à la théologie ecclésiale, a aboli les lieux où, après la mort, les âmes doivent aller: l'enfer, le purgatoire, le paradis. Deux mille ans de théologie ont été basés sur ce type de vie après la mort, que même les évangiles confirment. Cependant, c'est avec une certaine attention au thème de la Grâce - qui est en partie dû aux lettres de Saint Paul (aux Corinthiens et aux Romains) et en partie encore plus à Augustin d'Hippone. Toutes les âmes sont dotées de la grâce, et ainsi elles naissent parfaitement innocentes et elles le restent tant qu'elles ne prennent pas le chemin du mal. Si elles en ont conscience et ne se repentent pas au moment de la mort, elles sont condamnés. Le pape François, je le répète, a aboli les lieux de la demeure éternelle dans l'au-delà des âmes. La thèse soutenue par lui est que les âmes dominées par le mal et ne se repentant pas cessent d'exister tandis que celles qui se sont rachetées du mal seront supposées être dans la béatitude, contemplant Dieu. C'est la thèse de François et aussi de Paglia . [soulignement ajouté]

Comme l'a dit Sandro Magister, expert du Vatican, Scalfari a déjà cité le pape François: "Dans un millénaire, notre espèce humaine s'éteindra et les âmes fusionneront avec Dieu."

Et en 2015, le pape François, de nouveau cité par Scalfari: "Qu'arrive-t-il à cette âme perdue? Sera-t-elle punie? Et comment? La réponse de François est distincte et claire: il n'y a pas de punition, mais l'anéantissement de cette âme."

Ces déclarations tout à fait hérétiques qui sont attribuées au pape François lui-même - et qu'il n'a toujours pas niées publiquement - sont maintenant également attribuées au nouveau chef de l'Académie Pontificale pour la Vie et Grand Chancelier de l'Institut Jean-Paul II réorganisé sur le mariage et Sciences de la famille. Son nouveau livre devrait donc être soigneusement étudié et analysé.

Dans le contexte - sous prémisse qu'il n'y a plus de punition éternelle pour le péché - cette nouvelle ère bergoglienne prend maintenant beaucoup plus de sens. Si l'enfer n'est pas à craindre, quel obstacle y a-t-il à nous empêcher de nous diriger dans le sens du relativisme moral et du laxisme doctrinal?

Il devient donc plus urgent pour les catholiques fidèles qui sont déterminés à rester fidèles à l'enseignement traditionnel de l'Église catholique de continuer dans leurs propres organisations et publications à résister à de telles violations de la vérité de Dieu qui produisent déjà des effets graves sur le comportement moral de Catholiques en matière de contraception, d'avortement et d'adultère. Le professeur Josef Seifert a mis le doigt dans la plaie de l'enseignement du pape François, à savoir: qu'il ne semble plus y avoir d'acte intrinsèquement mauvais.

* Traduction par Andrew Guernsey

Note du blog Christ-Roi. François avait également déclaré selon un entretien rapporté par Scalfari que "chacun a sa propre conception du Bien et du Mal et chacun doit choisir et suivre le Bien et combattre le Mal selon l'idée qu'il s'en fait."

 

Retrouvez le professeur Seifert dans : “Amoris Laetitia”: une bombe atomique à retardement qui menace l’ensemble de l’enseignement moral catholique (Josef Seifert)" et "Robert Spaemann sur Josef Seifert, "Amoris Laetitia" et le Témoin de la Vérité". Sur la thèse erronée et condamnée par S. Jean-Paul II du conséquentialisme (éthique de situation et des circonstances) : "Est-ce que l'encyclique Veritatis Splendor est infaillible ?"

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 21:39

Source: Is Veritatis Splendor Infallible? One Peter Five

John P. Joy 12 octobre 2017

Est-ce que Veritatis Splendor est infaillible?

Dans le climat actuel de confusion et de débat sur le contenu d'Amoris laetitia , j'ai récemment relu Veritatis splendor, la lettre encyclique du pape Saint Jean-Paul II sur la théologie morale de 1993, citée dans trois des cinq dubia relatifs à Amoris laetitia .

Ce n'est pas mon but d'entrer ici dans aucune des controverses entourant Amoris laetitia. Ma spécialisation théologique se concentre sur les questions de magistère, d'autorité et d'infaillibilité (mémoire sur le Magistère Ordinaire et Extraordinaire de Joseph Kleutgen au Concile Vatican II qui doit être publié le 31 décembre 2017) et donc ma première pensée en relisant Veritatis Splendor était: y a-t-il ici des points doctrinaux proposés ici infailliblement?

Il est généralement admis que la Veritatis Splendor est un acte du magistère authentique mais non infaillible, exigeant donc une soumission religieuse de volonté et d'intelligence (Code de droit canon, 752) mais pas un assentiment définitif (CDC, 750). Cependant, j'ai également rappelé que l'archevêque Tarcisio Bertone, secrétaire de la Congrégation de la Doctrine de la Foi (CDF) sous la Préfecture du Cardinal Ratzinger, avait parlé de Veritatis Splendor avec Evangelium vitae et Ordinatio sacerdotalis comme exemples de confirmations papales formelles enseignées infailliblement par le magistère ordinaire et universel (L'Osservatore Romano, documents magistraux et dissidence publique).

Or, Bertone lui-même nie que ces trois documents contiennent des définitions solennelles et infaillibles, tout en affirmant que les doctrines proclamées en elles-mêmes sont irréformables. Mais les raisons qu'il donne pour ne pas les considérer comme des définitions solennelles en soi reposent sur deux faux présupposés:

Premièrement, son argument suppose implicitement que seules les définitions du dogme comptent comme des définitions solennelles ex cathedra ; c'est-à-dire seulement des définitions qui proposent une doctrine en tant que celle qui doit être fermement crue comme contenue dans la révélation divine. C'est un malentendu très commun, mais le fait est que le pape parle aussi ex cathedra quand il définit les vérités secondaires de la doctrine catholique ; c'est-à-dire lorsqu'il propose une doctrine qui doit être définitivement considérée comme relevant de la révélation divine.

Deuxièmement, son argument suppose qu'une doctrine ne peut pas (ou du moins ne devrait pas) être enseignée infailliblement par l'Église plus d'une fois. C'est-à-dire qu'il soutient qu'une certaine doctrine a déjà été enseignée infailliblement par le magistère ordinaire et universel, pour conclure qu'il serait impossible (ou du moins inapproprié) que la même doctrine soit infailliblement définie par le magistère extraordinaire (par exemple par une définition solennelle ex cathedra). Ce malentendu est également assez répandu aujourd'hui, mais il n'y a aucune justification dans aucun des textes magistraux traitant de la question; et en fait, il y a beaucoup de preuves du contraire.

Maintenant que je suis déjà fermement convaincu que Ordinatio sacerdotalis et Evangelium vitae contiennent des définitions infaillibles solennelles ex cathedra, il m'est venu à l'esprit de me demander si Veritatis splendor aussi, vu que Bertone avait traité les trois documents ensemble (du moins dans son esprit ) avec un poids magistériel similaire.

 

Trois critères pour l'infaillibilité papale

 

Le Concile Vatican I enseigne que le pape parle infailliblement: "Dans l'exercice de son office de berger et de maître de tous les chrétiens, en vertu de son autorité apostolique suprême, il définit une doctrine concernant la foi ou la morale." Il y a trois conditions essentielles données ici, comme on peut le voir clairement dans l'Explication Officielle de ce texte donné au Vatican I par Mgr Gasser (à lire absolument pour quiconque veut vraiment comprendre l'infaillibilité papale) et de la reformulation de la doctrine de Vatican II. Lumen gentium affirme que le pape parle infailliblement: "En tant que berger suprême et maître de tous les fidèles, qui confirme ses frères dans leur foi, par un acte définitif, il proclame une doctrine de foi ou de morale". Les conditions sont les suivantes:

  1. De la part du sujet : Le pape doit agir à la tête de l'Église universelle (non pas en tant que personne privée ou simplement en tant qu'évêque local du diocèse de Rome).
  2. De la part de l'objet : Le pape doit enseigner une question de foi ou de morale (par opposition à légiférer sur des questions de gouvernement ou de discipline).
  3. Sur la partie de l' acte : Le pape doit proposer la doctrine d'une manière définitive.

 

Qu'est-ce que cela signifie de "définir" la doctrine?

 

Les deux premières conditions sont généralement assez faciles à vérifier. Le troisième peut être déroutantE et les tentatives d'explication compliquent souvent la question. Pour le comprendre correctement, nous ne pouvons faire mieux qu'écouter Mgr Gasser comme il l'explique aux pères du Concile Vatican II avant leur vote final d'approbation du texte:

Il ne suffit pas de proposer une doctrine, même lorsqu'il exerce ses fonctions de pasteur et d'enseignant suprême. Il faut plutôt l'intention manifeste de définir la doctrine, soit de mettre fin à un doute sur une certaine doctrine, soit de définir une chose, de donner un jugement définitif et de proposer cette doctrine comme une doctrine qui doit être tenue par l'Église universelle.

Plus loin, Gasser résume le même point comme suit:

Le Pontife romain, par l'assistance divine promise à lui, est infaillible, quand, par son autorité suprême, il définit une doctrine qui doit être tenue par l'Église universelle ou, comme le disent beaucoup de théologiens, lorsqu'il propose définitivement et de façon concluante son jugement.

Après le discours de Gasser, il y avait encore une certaine confusion parmi les pères du Concile quant à la signification du mot, et c'est pourquoi Mgr Gasser a repris la parole pour expliquer comment ce mot doit être compris en référence à l'infaillibilité papale:

Maintenant, je vais expliquer en quelques mots comment ce mot "définit" doit être compris selon la Députation de foi . En effet, la Députation de foi n'est pas d'avis que ce mot doit être compris dans un sens juridique, de sorte qu'il ne signifie que mettre fin à la controverse qui a surgi à propos de l'hérésie et de la doctrine proprement dite de fide. Le mot 'définit' signifie plutôt que le pape prononce directement et définitivement sa phrase au sujet d'une doctrine qui concerne des questions de foi ou de morale et qui le fait de telle sorte que chacun des fidèles puisse être certain de l'esprit du Siège apostolique, de l'esprit du Pontife Romain; de telle manière, en effet, qu'il sait avec certitude que telle ou telle doctrine est hérétique, proche de l'hérésie, certaine ou erronée, etc., du Pontife romain.

Quand le pape "définit" la doctrine ou "proclame-t-il par un acte définitif"?

  • Quand il a manifestement l'intention de mettre fin à un doute sur une certaine doctrine;
  • Quand il donne un jugement définitif et propose une doctrine comme celle qui doit être tenue par l'Église universelle;
  • Quand il propose définitivement et définitivement son jugement;
  • Quand il prononce directement et de façon concluante sa sentence de manière à ce que nous sachions avec certitude qu'une doctrine donnée est hérétique, proche de l'hérésie, certaine ou erronée, etc., du Pontife romain.

 

Est-ce que Veritatis splendor «définit» la doctrine?

 

Est-ce que Jean-Paul II fait cela dans Veritatis splendor ? Il y a en effet de bonnes raisons de penser qu'il n'enseigne pas seulement mais qu'il définit en fait le point doctrinal central de toute l'encyclique, à savoir qu'il existe des lois morales universelles et immuables interdisant les actes intrinsèquement mauvais.

1. Le pape invoque explicitement son autorité apostolique en référence à cette réaffirmation: " Chacun de nous sait l'importance de la doctrine qui constitue l'essentiel de l'enseignement de la présente encyclique et qui est rappelée aujourd'hui avec l'autorité du Successeur de Pierre." (115).

2. Il déclare explicitement que cet enseignement est basé sur l'Ecriture Sainte: " En montrant l'existence d'actes intrinsèquement mauvais, l'Eglise reprend la doctrine de l'Ecriture Sainte. L'Apôtre Paul l'affirme catégoriquement : 'Ne vous y trompez pas! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni gens de mœurs infâmes, ni voleurs, ni cupides, pas plus qu'ivrognes, insulteurs ou rapaces, n'hériteront du Royaume de Dieu' (1 Co 6, 9-10)." (81)

3. Il répète sa condamnation de l'erreur opposée à cette vérité deux fois dans l'espace de quatre paragraphes au centre même de l'encyclique (79, 82). Ceci est très inhabituel et ne peut que donner une force supplémentaire à la condamnation.

4. Il utilise le langage de l'obligation (au moyen du gérondif prédicatif) et choisit le terme énergique "respuenda est", qui signifie littéralement "il doit être craché, expulsé, rejeté".

5. Il identifie spécifiquement la thèse condamnée comme erronée. Dans le langage technique de la théologie, le déni d'un dogme est qualifié d'hérétique, le déni d'une vérité définitive de la doctrine catholique est qualifié d'erroné et le déni de l'enseignement catholique authentique est qualifié d'irréfléchi ou présomptueux. Par conséquent, condamner une thèse erronée, c'est proposer la proposition contradictoire comme une vérité définitive de la doctrine catholique.

 

La réalité des actes intrinsèquement mauvais

 

Voici la double condamnation au cœur de Veritatis Splendor :

 

79. Il faut donc repousser  (respuenda est igitur) la thèse des théories téléologiques et proportionnalistes selon laquelle il serait impossible de qualifier comme moralement mauvais selon son genre — son "objet" — le choix délibéré de certains comportements ou de certains actes déterminés, en les séparant de l'intention dans laquelle le choix a été fait ou de la totalité des conséquences prévisibles de cet acte pour toutes les personnes concernées.

82. C'est pour cette raison, nous le répétons, qu'il faut repousser comme erronée (ut erronea respuenda est ) l'opinion qui considère qu'il est impossible de qualifier moralement comme mauvais selon son genre le choix délibéré de certains comportements ou actes déterminés, en faisant abstraction de l'intention pour laquelle le choix est fait ou de la totalité des conséquences prévisibles de cet acte pour toutes les personnes concernées.

Note du blog Christ-Roi. Sur le conséquentialisme ou éthique de la situation (théorie morale-philosophique qui dit que l'éthique d'un acte repose sur la totalité des conséquences réelles et anticipées, qu'il n'y a pas d'actes qui sont toujours mauvais), on peut lire Robert Spaemann sur Josef Seifert, "Amoris Laetitia" et le Témoin de la Vérité et "Un dominicain répond à l’affirmation selon laquelle la morale d’“Amoris laetitia” serait thomiste"

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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 17:01

Une fois de plus, au cours de la messe à Sainte-Marthe, le pape François s’en est pris aux chrétiens “rigides”, c’est-à-dire à ceux qui attendent des réponses claires de l’Eglise et non des idées nébuleuses tirées de tel ou tel texte magistériel récent.

 

Décidément, la question de la “rigidité” semble être une idée fixe de ce Souverain Pontife. Doit-on y voir un lien avec la psychanalyse qu’il a suivie autrefois ? Y a-t-il une souffrance personnelle mal cicatrisée ? Quoi qu'il en soit, ces soupçons et ces insultes continuelles lancés à la tête des fidèles qui ne demandent rien de plus que de pouvoir vivre en paix dans l'Eglise finissent par être lassants.

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du mardi 10 octobre 2017

Vivre en paix dans l'Eglise ?
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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 16:38

Scalfari : François ne croit pas à l'Enfer éternel, mais croit que les âmes dominées par le mal seront anéanties à propos du livre du p. V. Paglia, "Notre décadence".

 

"Le pape François - je le répète - a aboli les lieux de l'éternelle présence des âmes dans l'au-delà. La thèse soutenue par lui est que les âmes dominées par le mal et qui ne se repentent pas, cessent d'exister, pendant que celles qui se sont repenties seront élevées dans la béatitude de la contemplation divine.

 

Ceci est la thèse de François et aussi de [l'archevêque Vincenzo ] Paglia".

 

(p. 27 du journal, p. 3 du document en ligne).

SOURCE: La Repubblica, lundi 9 octobre 2017, via Le Forum catholique

 

Rappelons, selon ce commentaire sur LFC que "Scalfari jouit manifestement de toute la confiance de François puisque, malgré toutes les polémiques suscitées par les articles dans lesquels il rapportait des propos stupéfiants du pape, celui-ci a continué de lui manifester sa confiance en en faisant son interviewer privilégié."

 

Le passage en italien dans le texte :

 

"Papa Francesco – lo ripeto – ha abolito i luoghi di eterna residenza nell’Aldilà delle anime. La tesi da lui sostenuta è che le anime dominate dal male e non pentite cessino di esistere mentre quelle che si sono riscattate dal male saranno assunte nella beatitudine contemplando Dio.

Questa è la tesi di Francesco ed anche di Paglia."

Note de Christ-Roi. Le problème est le suivant :

Le pape ne croirait pas à l'immortalité de l'âme en enfer

"L’enseignement de l’Église affirme l’existence de l’enfer et son éternité. Les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent immédiatement après la mort dans les enfers, où elles souffrent les peines de l’enfer, " le feu éternel. "" (CEC 1035)

 

Le pape peut-il donc dire que les âmes "cessent d'exister" en enfer quand le catéchisme dit le contraire ?

 

Ca devient compliqué. Surtout quand ceux qui posent des questions se font traiter en permanence de "rigides".

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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 10:52
Plusieurs centaines de milliers de catholiques prient le chapelet aux frontières de la pologne

Plusieurs centaines de milliers de catholiques polonais ont prié le chapelet le long de toute la frontière du pays, suppliant Dieu et la Vierge Marie de sauver la Pologne et le monde à l’occasion d’un événement de dimension nationale que certains ont critiqué pour ses accents anti-islamiques.

La manifestation "Chapelet aux frontières" était organisé par des laïcs catholiques et était également soutenu par les autorités ecclésiastiques polonaises. Plus de 320 églises de 22 diocèses différents y ont pris part. Le premier ministre Beta Szydło a également fait la promotion de l’événement et soutenu les participants. (1)

Les prières, organisées samedi 7 octobre à 4000 endroits différents, ont commémoré le centenaire des apparitions de Fatima ainsi que la bataille historique de Lépante au XVI siècle, quand une alliance chrétienne soutenue par le Pape avait repoussé les forces ottomanes sur la mer Ionienne, "sauvant ainsi l’Europe de l’islamisation", affirment les organisateurs. Il s'agissait de réciter le chapelet "pour sauver la Pologne et le monde", à l'appel d'une fondation, Dios Solo Basta.

Même si les organisateurs ont insisté que les prières de ce samedi n’étaient dirigées contre aucun groupe en particulier, certains participants ont mentionné la peur de l’Islam parmi leurs raisons de prier aux frontières, d’autres ont affirmé venir prier pour la paix et pour la sécurité : "l’important c’est de créer un cercle de prière tout le long de la frontière, intense et passionné".

La date du 7 octobre n'a pas été choisie au hasard. C'est celle de la fête de Notre-Dame du Rosaire, qui célèbre la victoire en 1571 de la chrétienté sur les Turcs lors de la bataille navale de Lépante.

L'islam est perçu comme une menace par bon nombre de Polonais, tandis que le gouvernement conservateur, soutenu par une partie importante de l'opinion, refuse d'accueillir des migrants sur le sol national.

Au total 22 diocèses jouxtant les frontières ont participé à l'événement. Les fidèles se sont rassemblés dans quelque 200 églises pour assister d'abord à une conférence et une messe avant de se rendre à la frontière même pour y réciter leur chapelet.

L'objectif était d'avoir des points de prière aussi nombreux que possible sur les 3.511 km des frontières polonaises avec l'Allemagne, la République tchèque, la Slovaquie, l'Ukraine, le Belarus, la Lituanie, la Russie et la mer Baltique.

En mer, des marins sur des bateaux de pêche s'y sont joints. Sur des rivières, des kayaks et des voiliers étaient censés former une chaîne. Des prières furent dites aussi dans les chapelles de quelques aéroports internationaux. Des paroisses polonaises à l'étranger, jusqu'en Nouvelle-Zélande, ont annoncé leur participation à distance.

Le but était de prier pour la paix dans le monde, a dit à l'AFP le porte-parole de la Conférence épiscopale polonaise, père Pawel Rytel Andrianik.

"L'initiative a reçu bien évidemment l'approbation de l'épiscopat polonais", souligne-t-il, et il serait incorrect de l'interpréter comme une réunion de prière pour protéger le pays contre l'arrivée de réfugiés musulmans.

Pour un militant catholique nationaliste, Marcin Dybowski, "l'Autriche et la Hongrie construisent des murs avec du fil barbelé contre les réfugiés. Nous, nous édifions un barrage spirituel par la prière contre le danger du terrorisme". (2)

 

Sources: (1) Diakonos.be (2) Capital

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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 07:11
L'entrevue entre Saint François de Sales et le protestant Théodore de Bèze

Calvin avait interdit le culte catholique à Genève. En 1597, son successeur, Théodore de Bèze, accepta pourtant de rencontrer saint François de Sales, qui s’était réfugié à Annecy.

Passionnante entrevue.

 

La première question

 

Après les amabilités d’usage, François, avec un sens aigu de l’essentiel, pose une question très courte :

 

Monsieur, peut-on faire son salut en l’Église romaine ?

 

Bèze voit tout de suite la difficulté : si l’Église catholique assure le salut de ses fidèles, pourquoi s’en séparer ? Il suffisait de l’améliorer par le dedans, comme avaient déjà fait tous les saints réformateurs depuis des siècles (saint Grégoire VII, saint François d’Assise, saint Dominique, sainte Catherine de Sienne, etc.) et comme avait aussi fait le concile de Trente.

 

Mais si le salut est impossible dans l’Église romaine, quelle autre société religieuse a donc donné le Christ aux hommes et assuré leur salut, avant le protestantisme ?

 

Théodore de Bèze demande à se retirer pour réfléchir. Après une longue réflexion, il revient pour répondre :

 

Vous m’avez demandé si l’on pouvait faire son salut dans l’Église romaine. Certes je vous réponds affirmativement ; il est ainsi sans doute, et on ne peut nier avec vérité qu’elle ne soit la Mère-Église.

 

Les pasteurs calvinistes Rotan et Morlas avaient été obligés de faire la même réponse au roi Henri IV, qui leur avait posé la même question, quatre ans plus tôt.

 

Deuxième question

 

Nouvelle question de François de Sales :

 

Puisqu’il en est ainsi et que le salut éternel est en l’Église romaine, pourquoi avez-vous planté cette prétendue Réforme, prenons l’exemple en France, avec tant de guerres, de saccagements, de ruines, d’embrasements, de séditions, de rapines, de meurtres, de destructions de temples et autres maux, qui sont innombrables ?

 

Réponse de Théodore de Bèze, après un long silence :

 

Je ne veux point nier que vous ne fassiez votre salut en votre religion. Mais il y a ce malheur que vous embrouillez les âmes de trop de cérémonies et difficultés ; car vous dites que les bonnes œuvres sont nécessaires au salut, qui toutefois ne sont que de bienséance. D’où arrivent plusieurs maux : les peuples, croyant à cette nécessité des bonnes œuvres par vos prédications et ne le faisant pas, ils se damnent misérablement parce qu’ils contreviennent à leur conscience. C’est pourquoi, afin de remédier à ces maux, nous avons tâché d’établir notre religion, en laquelle le chemin du ciel est rendu facile aux fidèles, ayant jeté ce fondement que la foi sauve sans les œuvres, que les bonnes œuvres ne sont point de la nécessité du salut, mais seulement, comme je vous ai déjà dit, de bienséance.

 

Conclusion

 

François réplique alors :

 

Vous ne prenez pas garde qu’en rejetant les bonnes œuvres, vous tombez en des labyrinthes desquels vous aurez peine de sortir !

 

Pouvez-vous ignorer la raison pour laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ, en l’évangile de saint Matthieu, enseignant à ses Apôtres ce qu’il voulait qu’ils crussent du dernier Jugement, ne fait point de mention des péchés commis, mais dit tant seulement qu’il condamnera les mauvais parce qu’ils n’auront pas fait les bonnes œuvres. Voici ces paroles : « Allez, maudits, au feu éternel, qui est préparé au diable et à ses anges ; car j’ai eu faim, et vous ne m’avez point donné à manger… » Et le reste.

 

Voyez-vous que pour avoir manqué aux bonnes œuvres s’ensuit la damnation éternelle. Si elles n’étaient que de bienséance, comme vous dites, pensez-vous que ceux qui ne les auraient pas faites fussent punis d’une peine si rigoureuse ?

 

Quant à moi j’attends votre solution à cette difficulté, ou bien que vous soyez d’un même sentiment avec moi.

 

Théodore de Bèze ne put rien répondre.

 

(d’après Mgr Francis Trochu, Vie de saint François de Sales, t. 1, p. 462 à 465.)

 

Source: Dominicains d'Avrillé

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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 16:12

Une question posée par « The Remnant » à propos d’un signe dans le ciel : la Femme revêtue de soleil donnait un aspect apocalyptique aux évènements actuels dans l'Eglise. Un autre savant, signataire et auteur de la Correction Filialis, professeur de Philosophie Médiévale à la Faculté de Philosophie de l'Université du Chili (Santiago), évoque une situation "apocalyptique" :

"Apocalyptique": l'organisateur de la "Correction Filiale" met en garde contre le schisme si les erreurs ne sont pas corrigées

Soutenir la correction filiale du pape Francis pour la «propagation des hérésies». Signer la pétition!

 

Source: Life Site News

Traduction Christ-Roi. En rouge, les points que nous trouvons les plus importants.

 

SANTIAGO, Chili, 29 septembre 2017 (LifeSiteNews) - La récente "correction filiale" qui charge le pape François d'avoir permis la propagation de sept hérésies, au moins par omission, a suscité l'admiration et la consternation parmi les catholiques et attiré une attention considérable dans les médias laïques. Mais qu'est-ce qui a motivé ceux qui ont écrit ou contribué à la correction à prendre un pas si rare et si grave?

 

Nous avons voyagé à Santiago, au Chili, où nous avons eu l'occasion d'une entrevue approfondie avec le professeur Claudio Pierantoni, qui est l'un des savants laïcs qui ont contribué à façonner la "correction filiale". Le professeur Pierantoni, né à Rome, est actuellement professeur de Philosophie Médiévale à la Faculté de Philosophie de l'Université du Chili (Santiago). Il a deux doctorats: dans l'histoire du christianisme et dans la philosophie.

 

Dans cette vaste interview, nous discutons du moment déclencheur immédiat de la correction, à savoir le chaos suivant l'exhortation apostolique Amoris Laetitia, les racines philosophiques de la crise et pourquoi le Professeur Pierantoni décrit la situation actuelle comme "apocalyptique".

 

Professeur Pierantoni, qu'est-ce qui vous a conduit personnellement à faire partie de l'initiative Correction Filiale ?

 

J'ai commencé à réfléchir à cette [matière] dès que le document Amoris Laetitia est sorti. Immédiatement, j'ai attiré mon attention, quand j'ai lu l'article du Professeur de Mattei ("Première impression sur un document catastrophique", Corrispondenza Romana), et la première lettre ouverte au pape par Mgr Schneider, qui fut parmi les premières et les plus fortes réactions apparues. J'ai continué à enquêter et à lire les nombreux articles qui ont continué à être publiés, donc j'ai réfléchi de façon ininterrompue depuis. Bien sûr, jusqu'à ce moment-là, j'avais l'habitude de penser qu'il ne s'agissait pas de laïques, car il y a des évêques et des cardinaux. Mais j'ai alors commencé à voir que les évêques et les cardinaux ne faisaient pas beaucoup, à part l'évêque Schneider, ou plus tard, les cardinaux Burke, Caffarra, Brandmüller et Meisner. J'ai donc senti que quelque chose devait être fait.

 

En septembre, j'ai écrit mon premier article sur le sujet, en établissant un parallèle entre la situation actuelle et la controverse arienne, un parallèle suggéré par Mgr Schneider. Depuis lors la pensée ne m'a jamais quitté. En avril 2017, j'ai été invité à participer à la conférence internationale à Rome qui comprenait des conférenciers laïcs des cinq continents et appelait à la clarté sur Amoris Laetitia . Là, j'ai parlé du lien nécessaire entre le Magistère et la Tradition et sur le cas de l'hérésie des Papes Libérius et Honorius. Cela était important pour que les gens puissent bien comprendre la doctrine de l'infaillibilité papale à la lumière de l'histoire de l'Église.

 

Je sentais très fortement que cette contribution était une chose très importante, car l'un des principaux problèmes de cette controverse a été la tendance de nombreux catholiques à interpréter les idées personnelles du pape ou les déclarations accidentelles comme si elles faisaient nécessairement partie du Magistère de l'Église.

 

Certaines personnes ont déclaré: que pouvez-vous réaliser avec la "correction filiale"? Mais je l'ai toujours pensé, en disant la vérité, en le déclarant d'une manière savante et bien fondée, vous pouvez accomplir beaucoup de choses, simplement parce que vous dites la vérité. Ce n'est pas une question de puissance humaine. Bien sûr, la vérité doit être prononcée de manière respectueuse, le pape doit être respecté comme le pape. Et je pense qu'il devrait être clair que nous considérons qu'il est le pape, parce que certaines personnes pourraient confondre cela, en supposant qu'il s'agisse d'un siège vacant. Cela doit être très clair, que nous considérons que François est le pape. C'est précisément pourquoi nous insistons pour qu'il condamne ces erreurs.

 

Pourquoi cette mesure a-t-elle été prise si les cardinaux, qui sont les conseillers du pape, vont faire une correction formelle?

 

La correction formelle, comme vous vous en souvenez, était déjà promise pour janvier. Mais en avril, lors de la conférence de Rome , il n'y avait toujours aucun indice que le Cardinal Burke allait faire une correction. Donc, dans un petit groupe, nous avons commencé à réfléchir à une correction laïque. Ensuite, en juillet, lorsque notre correction a pris sa forme définitive et a gagné un certain nombre de signatures, nous avons entendu avec grand plaisir que le Cardinal Burke réfléchissait encore à une correction de sa part. Je pensais aussi que bien que l'impact d'une correction formelle faite par les cardinaux aurait bien sûr un impact beaucoup plus grand, car conseiller le pape est leur mission spécifique, il n'y a pas nécessairement une différence juridique. Nous sommes inférieurs au pape, mais les cardinaux sont également inférieurs. Certains adversaires de la "correction filiale" font valoir que ce n'est pas un acte juridique, qu'il n'a pas de valeur juridique. Et je pense qu'ils ont raison : à proprement parler, il n'a pas de valeur juridique. Le pape est au-dessus de toute forme juridique de correction d'un supérieur (comme nous l'indiquons dans notre lettre), parce qu'il n'a pas de supérieur sur la terre. Mais, à la fois dans le cas des cardinaux et des savants, une correction a une grande valeur morale. La valeur morale est donc commune aux deux.

 

Vous avez raison de dire que le travail des cardinaux est de conseiller le pape, mais le devoir d'une correction appartient à quiconque a la connaissance pour le faire.

 

Et je pense que, dans ce cas, les cardinaux ont besoin du soutien des savants, car, en premier lieu, ils sont si peu nombreux. S'il y avait 60 cardinaux qui étaient également des savants, bien sûr, cela serait inutile. Mais étant donné qu'ils ne sont maintenant que deux, je pense qu'ils ont besoin de soutien laïc et savant.

 

Peut-être que les gens en dehors de l'Église pensent que c'est une question politique. Mais c'est une question théologique, philosophique, historique qui implique beaucoup de travail scolaire et nécessite beaucoup d'expertise. Le genre de problèmes que cela implique est vaste. Vous devez avoir des philosophes, des historiens, des théologiens.

 

Il serait très facile pour le pape Francis de répondre à vos préoccupations et de clarifier les choses, n'est-ce pas?

 

Oui, bien sûr en termes d'action pratique. Mais cela impliquerait de contredire sa ligne d'action principale et sa pensée pendant de nombreuses années - je crois non seulement pendant ses années comme le pape, mais aussi les années précédentes. Il serait contradictoire avec toute une manière de penser, plutôt que simplement une erreur dans une partie du voyage de la vie. Je pense que c'est pourquoi la référence au modernisme dans notre lettre était particulièrement importante, car ce courant de pensée a une longue tradition au 20ème siècle et a produit une école très influente et une manière de penser.

 

Pensez-vous que le modernisme est la racine des sept propositions hérétiques que vous avez abordées dans le Correctio ?

 

Oui, je pense que le modernisme est la racine fondamentale, même plus que le luthéranisme. Parce que le modernisme est un système plus philosophiquement cohérent avec des présupposés définis, alors que le luthéranisme a des éléments différents qui ne sont pas toujours cohérents les uns avec les autres. Par exemple, la présupposition fondamentale du modernisme, qui en fin de compte est une dérivation de l'idéalisme allemand, est que tout être est histoire, donc la vérité ne peut pas être immuable mais doit évoluer. La présupposition fondamentale est qu'il n'y a pas de dieu vraiment immuable (une erreur condamnée par le premier concile du Vatican) et donc une substance immuable de vérité, mais en quelque sorte Dieu s'identifie à la création (une autre erreur condamnée par Vatican I) et évolue donc avec l'histoire. En ce sens, quelque chose peut être vrai au quatrième siècle et faux dans la vingt et unième. Selon ce point de vue, le magistère d'aujourd'hui n'a pas besoin d'être logiquement cohérent avec le magistère précédent : il suffit d'affirmer que la même "Substance" universelle - Dieu, Réalité ou Vie - parle aujourd'hui comme elle parle dans le magistère actuel, et il est inutile de la comparer au magistère précédent. C'est le fondement philosophique des maximes telles que "La réalité est supérieure aux idées" (voir Evangelii gaudium, 233). Mais, en fin de compte, il est clair que cela conduit à abandonner le principe de la non-contradiction : c'est pourquoi vous entendez aujourd'hui dans les déclarations de Rome comme celle déjà célèbre du père Spadaro : "deux plus deux font cinq." Maintenant, je pense que cette contradiction mène non seulement à l'hérésie, mais encore plus à la maladie mentale. Il n'y a pas d'exagération à ce qu'a déclaré le cardinal Sarah lors d'un des synodes du Vatican de 2014 à 2015, selon quoi : "le divorce entre la doctrine et la pratique est une pathologie schizophrénique dangereuse".

 

Pourriez-vous informer davantage nos lecteurs de ce qu'est le modernisme?

 

Je pense que dans le modernisme, il y a un profond problème philosophique sur l'idée de Dieu lui-même. Dans le modernisme, Dieu est conçu comme variable. D'une manière ou d'une autre, la substance de Dieu est immanente dans le monde de telle sorte que vous ne pouvez pas distinguer métaphysiquement l'être, le devenir, le changement. Si Dieu change avec la réalité, alors vous avez un problème avec la notion même de Dieu, et aujourd'hui, c'est une école de pensée très forte. C'est une origine hégélienne. Je pense que c'est beaucoup plus ancien en tant que doctrine (vous pouvez le retrouver dans le gnosticisme ancien), mais Hegel est son représentant moderne le plus célèbre. Et c'est très fort dans les facultés de théologie modernes. C'est donc un problème très profond.

 

Je pense que l'intention immédiate du pape et de ses conseillers était de donner une réponse à la question de la communion pour les catholiques divorcés et civilement remariés. Mais alors, pour donner une justification théologique et philosophique, ils devaient expliquer leurs propres présuppositions, qui se confondent de manière beaucoup plus profonde. Donc, la vue générale que vous obtenez est très effrayante et apocalyptique. Le modernisme, comme l' a déclaré le pape Pie X, n'est pas seulement "une hérésie", mais la racine et la consommation de toutes les hérésies.

 

Si la correction n'était pas émise, que craignez-vous qu'il risque d'arriver ?

 

Je pense que si une erreur n'est pas corrigée de quelque façon, alors humainement parlant, la prédiction évidente est que l'erreur continuera à se répandre. Au moins, avec une correction, beaucoup de gens peuvent se rendre compte qu'il y a un problème. Je pense dire clairement que ce que nous avons ici est une hérésie matérielle, et que cela est directement contraire à la Foi, met en question quiconque et oblige les gens à réfléchir.

 

Vous êtes également un historien de l'Église. En quoi l'exemple 1333 (la correction du pape Jean XXII) est-il différent du cas présent?

 

Je pense que la principale différence est le "volume" de l'hérésie. On peut faire une erreur sur un point, mais je pense qu'une caractéristique importante de la déclaration que nous avons signée, c'est qu'elle fournit un contexte historique expliquant comment ce genre de pensée se rapporte au modernisme et au luthéranisme. Vous pouvez donc constater que ce n'est pas seulement un point sur lequel une erreur a été commise, mais c'est toute une école de pensée qui se présente dans des propositions hérétiques. La situation actuelle est beaucoup plus complexe et beaucoup plus grave.

Lors de la conférence tenue à Rome en avril dernier, vous avez décrit la situation actuelle comme "apocalyptique" ...

 

Oui, et je pense toujours que c'est apocalyptique, parce que vous n'avez pas l'impression que le pape ne fait qu'une seule erreur. Par exemple, lors du pontificat du pape Jean-Paul II, il y avait une question sur une "guerre juste". Il a dit, lors de la première guerre en Irak, que toute guerre était injuste. Un de mes amis, le père Robert Dodaro OSA, qui plus tard était directeur du Augustinianum, a publié un article disant que la tradition dit qu'il peut y avoir une guerre juste. Saint Augustin enseigne cela; Saint Thomas d'Aquin enseigne cela, bien sûr sur l'Écriture. Donc, cela ne semble pas orthodoxe. Mais personne ne pensait que Jean-Paul II était un hérétique. Il a fait une erreur et on pouvait le corriger. Mais c'est une situation très différente lorsque vous avez une vision du monde complètement différente qui, théologiquement et philosophiquement, risque d'être opposée à la vision catholique, qui a une vision moderniste et dit que la doctrine est essentiellement variable, de sorte que quelque chose qui est l'Écriture signifie une chose au premier siècle, mais une autre chose au XIe siècle, et une autre chose au XXIe siècle. On pourrait alors demander, à quoi sert-il d'avoir une Bible, ou d'avoir la Tradition (les deux sources de la Révélation Divine)?

 

La correction a été présentée dans les médias et ailleurs en termes de ce qu'Amoris Laetitia a dit à propos de la Communion pour les divorcés et se sont remariés, mais de ce que je comprends que vous dites, d'autres problèmes plus larges et plus profonds ont émergé ...

 

Et je pense que c'est providentiel. Bien qu'il soit effrayant, je pense qu'il est providentiel que les erreurs se produisent avec leurs présuppositions théologiques et philosophiques. Car sinon, on pourrait simplement dire: "Faites-le. Donnez la communion sans justification, autant de prêtres l'ont fait avant. Mais si vous commencez à essayer de justifier - rationnellement, théologiquement - le problème se développe, parce que vous montrez quelles sont les présuppositions. Donc, cette exposition crée de plus grands problèmes dans un sens, mais c'est aussi providentiel parce qu'on peut voir où se trouve vraiment l'erreur, quelle erreur de base vous mène à une certaine conclusion. Les papes conservateurs comme le pape Benoît et le pape Jean-Paul II ont essayé de l'arrêter, mais ces théologiens "progressistes" étaient obligés de cacher leurs présupposés et d'attendre en secret. Mais maintenant, ils ont la liberté de s'exprimer et leur chemin de réflexion est beaucoup plus clair. Vous pouvez savoir ce qu'ils pensent, il est donc beaucoup plus facile de comprendre la gravité de la situation.

 

Existe-t-il une préoccupation parmi les signataires - soit prêtres, soit savants laïcs - qu'ils pourraient subir des représailles?

 

Oui, il y a une inquiétude à ce sujet. J'ai entendu de nombreuses personnes dans des institutions catholiques (ici à Santiago et ailleurs) qui ont été directement menacées de cela et donc n'ont pas signé. Par exemple, j'ai entendu des personnes qui ont signé le document des 45 et on leur a dit de ne plus signer quoi que ce soit ou ils perdraient leur position. Bien sûr, l'un est plus à risque en fonction du type d'établissement. J'ai entendu parler de personnes menacées, pas directement de Rome, mais par l'institution locale, s'efforçant parfois d'être "plus romaines que le pape".

 

Êtes-vous personnellement concerné?

 

Dans mon cas, je travaille pour une université d'état, donc ils ne sont pas si concernés. Je travaille également pour une institution catholique, mais là, ils partagent principalement le poste orthodoxe, de sorte qu'ils ne persécutent pas les gens qui occupent un poste orthodoxe. Bien sûr, on a toujours besoin d'une certaine prudence en essayant de ne pas scandaliser les personnes qui ne sont pas préparées.

 

Est-ce que le groupe de signataires que vous avez représenté est représentif d'un groupe beaucoup plus vaste?

 

Oh oui, définitivement. Je l'ai envoyé à 10 personnes, par exemple, et 7 sur 10 m'ont dit qu'ils ne voulaient pas l'enregistrer par crainte de représailles. Quelques-uns ne pensaient pas qu'ils étaient prêts à faire une correction directe du pape, bien qu'ils aient accepté le contenu. Je peux vous dire que beaucoup, beaucoup de gens ont généralement convenu du contenu, beaucoup plus que ceux qui ont signé. Je pense donc que c'est une erreur à prétendre, comme certains l'ont dans les médias, qu'il s'agit d'une initiative "marginale" ou "traditionnelle". Le "traditionaliste" au sens strict signifie quelqu'un qui se dirige vers la messe sous la forme extraordinaire (c'est-à-dire la messe latine traditionnelle) ou qui a une forte objection envers Vatican II. Mais les positions contenues dans le document sont des positions largement partagées. En fait, certains commentateurs ont déclaré : "ils ont été très bons à propos de ne mentionner que sept hérésies, car il y en a beaucoup plus", et ces commentateurs n'étaient pas traditionalistes.

 

Bien sûr, une des raisons pour lesquelles ils l'appellent "ultra-traditionaliste" est en raison de la présence de la signature de l'évêque Fellay.

 

Oui, bien, il est vrai qu'il y a un certain nombre de personnes parmi les signataires qui viennent d'une manière de penser traditionaliste, mais cela ne veut pas dire que le poste en soi est traditionaliste. Ce n'est pas une position traditionaliste pour mentionner ces erreurs. Je pense que de nombreux catholiques normaux, lorsqu'ils commencent à penser, comprennent qu'il y a des erreurs graves.

 

On pourrait définir la correction comme "conservatrice", à condition que l'on comprenne que "conservateur", dans l'Église n'est pas le même que "conservateur" au parlement britannique. La conservation en politique peut être discutée parce que l'on traite du droit humain, pas de la vérité absolue. Mais dans l'Église, un moyen conservateur de conserver ce qui a été transmis du Christ lui-même, par la tradition apostolique. En ce sens, il est essentiel qu'un catholique soit conservateur.

 

Il a été suggéré que la correction pourrait détruire la papauté, que le diable pourrait l'utiliser comme un tour.

 

Au contraire, je pense que dans cette entreprise que le pape et ses conseillers ont entrepris avec Amoris Laetitia se trouve vraiment l'affaire de détruire la papauté. La papauté sortit immensément discréditée après Amoris Laetitia. Je n'ai aucun doute en disant que c'est de loin le pire document qui a été publié avec une signature papale dans toute l'histoire de l'Église. Cela explique pourquoi beaucoup de gens ont commencé à douter sérieusement si François est vraiment le pape. Beaucoup de gens, qui pensent à juste titre que le pape doit être le défenseur de la tradition, ont cru: bien, ce ne peut être le pape. Il a également amené certaines personnes à douter de l'infaillibilité papale ou de la signification de la papauté. Mon ami, le professeur Josef Seifert, a également été accusé par son archevêque à Grenade de discréditer la papauté en soulignant l'un des plus grands problèmes de l' AL . Mais qui déprime vraiment la papauté? Tout d'abord, nous devrions décider si le problème qu'il a souligné était réel et sérieux. (voir ma défense de Seifert dans: http://aemaet.de/index.php/aemaet/article/view/46/pdf ).

 

Enfin, je pense qu'il est très évident que le pape met beaucoup de confiance dans un seul groupe de personnes, qui sont tous d'une école, théologiquement et politiquement; et ce n'est pas bon pour un pape. Il devrait vraiment essayer d'écouter différentes personnes. En Italie, par exemple, mais aussi en Amérique et dans de nombreux autres endroits, il est regardé de plus en plus chaque jour comme quelqu'un qui défend un parti (voir le livre "Le pape politique"). C'est ce qui déconsidère la papauté.

 

Que pensez-vous que Léon XIII voulait dire quand il a écrit, dans la prière d'exorcisme qu'il a composée après sa prétendue vision de saint Michel : "Dans le Saint-Lieu, où a été mis en place le Très Saint Pierre et la Chaire de la Vérité Pour la lumière du monde, ils ont élevé le trône de leur impiété abominable, avec le dessein inique que, lorsque le pasteur a été frappé, les moutons peuvent être dispersés"? Connaissez-vous ce passage?

 

Oui, je l'ai découvert juste après la sortie d'Amoris Laetitia, et cela m'a beaucoup surpris parce que, aussi effrayant que cela fut, c'était une image parfaite de la situation. Je pense qu'aucun écrivain fictif n'aurait pu imaginer cela et c'est une véritable prophétie qui se déroule maintenant. Personne n'aurait pu imaginer que cette prophétie serait vraiment réalité (à un moment donné, ce paragraphe a été jugé si incroyable qu'il a même été supprimé de la Prière de Saint-Michel dans les textes officiels), mais je pense que ce que Léon XIII décrivait est en train de se concrétiser.

 

Lire : Une question posée par « The Remnant » à propos d’un signe dans le ciel : la Femme revêtue de soleil

 

Il est important d'ajouter que ce n'est pas un jugement moral sur le pape. Je pense que le pape et ses conseillers, par exemple le père Spadaro, que j'ai appris quand j'étais jeune étudiant à Rome, sont en fait de bonnes personnes. Je crois qu'ils sont bien intentionnés. Le pape François est charismatique et a de nombreuses vertus humaines et chrétiennes, bien sûr, beaucoup de gens ont tendance à le croire. Mais c'est précisément ce qui crée plus de confusion et donc derrière tout cela, il y a un tour vraiment diabolique.

 

Que pensez-vous que cela produira alors que la correction a été rendue publique?

 

Je pense que maintenant, le cardinal Burke doit procéder à sa longue correction promise. Si j'étais lui, je l'appellerais une "correction fraternelle" (mieux que "formelle"). Il nous a donné des indications qu'il approuve notre initiative "filiale" et se sent soutenu par elle, et je suis sûr qu'il sait maintenant qu'il est très urgent d'agir. Peut-être deux ou trois autres cardinaux, ou une demi-douzaine d'évêques, se joindront. Peut-être plus, peut-être moins. Mais même s'il était le seul, je pense qu'il doit bientôt faire une correction.

 

Sommes-nous donc dans un temps semblable à l'hérésie arienne et à saint Athanase?

 

Oui, très semblable, parce que nous avons deux écoles de pensée difficiles à concilier et qu'il y a un consensus assez large entre les théologiens savants dans des institutions académiques très influentes (surtout en Allemagne) que ce que nous considérons comme l'école hérétique est en fait orthodoxe. Donc, je pense qu'il y a aussi dans ce cas, comme dans les anciens évêques appris de l'école Origénienne, un complexe de supériorité parmi les penseurs hérétiques (ou semi-hérétiques): ils ont tendance à considérer les autres comme inférieurs ou bloqués dans le passé, comme cela s'est produit pendant la controverse arienne avec l'attitude envers les évêques occidentaux. Parfois, une formation académique plus modeste peut être un meilleur allié pour l'orthodoxie, car généralement les gens intelligents, qui sont élevés dans une école célèbre ou prestigieuse peuvent être plus facilement induits en erreur, car ils jugent souvent la théologie sur les normes universitaires humaines et ont tendance à suivre la tendance de leur temps et de leur école (par exemple, l'école de Karl Rahner, qui a eu récemment une énorme influence) plus que la Tradition et la Bible.

 

Si une correction fraternelle était faite, que pensez-vous que pourrait être la prochaine étape ?

 

C'est très difficile à dire, mais je crois qu'ils ne l'ont pas encore publié parce qu'ils craignent un schisme. Mais je pense que le contraire est vrai: que s'ils ne le font pas, il y aura un schisme. Ne pas parler de la vraie doctrine, de ne pas corriger les erreurs, car la peur du schisme est une contradiction. Seule la vérité peut unir. Si l'erreur se répand, cela entraînera une scission, de l'église paroissiale à l'église paroissiale, de l'évêque à l'évêque, d'un pays à l'autre. Ce serait un schisme pratique qui, en fait, existe déjà, mais si la correction ne se déroulait pas, il s'agira de beaucoup plus grave.

 

Bien que les défenseurs du pape puissent se moquer de l'initiative et dire que les signataires sont très peu nombreux et ultra-conservateurs, ou les traditionalistes, en fin de compte, ce qui importe, ce n'est pas qui le dit, mais si ce qui est dit est vrai, non la question de savoir si cela est dit par des personnes célèbres ou obscures, que ce soit l'évêque Fellay ou le président de l'IOR. La nouvelle du jour passe, mais la vérité reste.

 

Je ne pense pas que ce soit important. Saint Athanase à son époque n'était qu'un seul. Il y avait des gens qui le soutenaient, mais ils étaient très peu nombreux. Mais ce qui a été maintenu comme l'orthodoxie est resté.

 

Que peuvent faire les fidèles laïcs?

 

Je pense que les laïcs ont un rôle très important, car ils sont plus libres. Je pense que ce document peut aider certaines personnes à réfléchir de manière plus complète. Mais je pense qu'il reste beaucoup à faire. Les laïcs ont besoin de plus de formation. Beaucoup de gens ne peuvent pas réagir à cela parce qu'ils n'ont pas de formation de base. Les chercheurs devraient essayer de prendre l'occasion d'enseigner ce que l'on peut supposer que les gens connaissent, mais ils ne connaissent pas: sur la nature de l'Église, sur le rôle du pape, sur l'infaillibilité, sur la doctrine morale.

 

Le cardinal Müller a suggéré de tenir une dispute théologique. Que pensez-vous de sa proposition?

 

Je considère la proposition du Cardinal Müller comme une excellente idée et une occasion merveilleuse pour le dialogue et pour la poursuite authentique de la vérité au sein de l'Eglise. Il est vital pour nous, à la fois en tant que catholiques et en tant qu'êtres rationnels, que nous nous concentrions sur la vérité intrinsèque des doctrines fondamentales qui sont en jeu dans cette controverse et que nous ne tombions pas dans la tentation de nous concentrer sur des arguments externes basés sur le rang, le prestige ou le nombre de la contrepartie. Le classement, la renommée ou les nombres sont des réalités contingentes qui disparaissent: mais la vérité est celle qui est (voir Ex 3:14). La vérité est Dieu lui-même.

 

NOTE: Pour les lecteurs qui veulent comprendre plus en détail le sens et les dangers du modernisme, LifeSiteNews recommande l'encyclique du Pape Pie X sur les modernistes, Pascendi Dominici Gregis, disponible sur le site du Vatican.

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Publié par Ingomer - dans Religion
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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 15:37

Une question de légitimité, en religion aussi :

Benoît XVI : "Le pape n’est pas un monarque absolu qui peut transformer ses pensées et ses désirs en lois"

En 1969, Mgr Ratzinger, futur Pape Benoît XVI, écrivait que critiquer des déclarations pontificales n’était pas seulement possible mais était même nécessaire, dans la mesure où un pape risquerait de s’écarter du dépôt de la foi et de la Tradition apostolique.

Le Pape Benoît XVI a repris ces remarques dans “Fede, ragione, verità e amore”. Elles sont d’actualité au moment où certaines déclarations du pape François suscitent tant d’interrogations et d’inquiétudes.

 

Voici donc ce qu’écrivait le Pape Benoît XVI :

 

« On devrait surtout éviter de propager l’impression que le pape (ou une instance officielle) ne peut recueillir et exprimer de temps à autre que la moyenne statistique de la foi vivante, pour laquelle une décision contraire à cette foi moyenne ne serait pas possible.

 

La foi est basée sur les données objectives de l’Ecriture et du dogme qui, en des périodes sombres, peuvent s’effacer de la conscience de la plus grande partie du monde chrétien sans pour autant perdre, de quelque manière que ce soit, leur caractère obligatoire et contraignant.

 

Critiquer les enseignements d’un pape est donc possible et même nécessaire si l’on voit qu’ils portent atteinte aux enseignements de l’Ecriture ou du Credo qui fondent et expriment la foi de toute l’Eglise. Lorsque fait défaut le consensus de l’Eglise entière ou que sont absentes les sources qui fondent une décision du pape, alors il n’est pas possible de contraindre les fidèles à obéir à telle ou telle décision magistérielle. Si une obligation d’obeissance devait être signifiée aux fidèles, alors il faudrait soulever la question de la légitimité d’un tel acte. » (cf. Das neue Volk Gottes : Entwürfe zur Ekklesiologie, Düsseldorf, 1972, p. 144 ; Fede, ragione, verità e amore, Lindau ; 2009, p. 400.)

 

En tant que Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, le cardinal Ratzinger a poursuivi ses réflexions touchant à la question des limites du pouvoir du pape. En 1998 , il écrit :

 

« Le pontife romain - comme tous les fidèles - est soumis à la Parole de Dieu, à la foi catholique et est garant de l’obéissance à l’Eglise ; en ce sens il est “servus servorum Dei”. Il ne peut pas prendre de décisions arbitraires, mais est porte-parole de la volonté du Seigneur, qui parle à l’homme dans les Ecritures vécues et interprétées par la Tradition. C’est-à-dire que le principe de la primauté pontificale a des limites fixées par la loi divine et par la constitution divine et inviolable de l’Eglise trouvée dans la Révélation. Le successeur de Pierre est le rocher sur lequel est établi une fidélité rigoureuse à la Parole de Dieu contre l’arbitraire et le conformisme : d’où la nature “martyrologique” de sa primauté. »

"Le Pape n'est pas un souverain absolu, dont la pensée et la volonté font loi. Au contraire:  le ministère du Pape est la garantie de l'obéissance envers le Christ et envers Sa Parole." HOMÉLIE DE SA SAINTETÉ BENOÎT XVI  Basilique de Saint-Jean-de-Latran Samedi 7 mai 2005

"Le Pape n'est pas un souverain absolu, dont la pensée et la volonté font loi. Au contraire: le ministère du Pape est la garantie de l'obéissance envers le Christ et envers Sa Parole." HOMÉLIE DE SA SAINTETÉ BENOÎT XVI Basilique de Saint-Jean-de-Latran Samedi 7 mai 2005

En 2005, Benoît XVI écrit :

 

« Le pouvoir que le Christ a donné à Pierre et à ses successeurs est, dans un sens absolu, un mandat de service. Le pouvoir d’enseigner dans l’Eglise ne s’exerce que dans l’obéissance à la foi. Le pape n’est pas un monarque absolu qui peut transformer ses pensées et ses désirs en lois. Au contraire, le ministère exercé par le pape doit apparaître comme une garantie de l’obéissance au Christ, à ses paroles. Le pape n’a pas la possibilité de proclamer ses idées personnelles : il est indéfectiblement lié au devoir d’obéissance à l’Eglise et au Christ et non à l’obéissance à l’air du temps ou à toute forme d’opportunisme. »

 

SOURCE: PRO LITURGIA, Actualité du lundi 2 octobre 2017

Benoît XVI : "Le pape n’est pas un monarque absolu qui peut transformer ses pensées et ses désirs en lois"
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Publié par Ingomer - dans Religion
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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 12:01
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Publié par Ingomer - dans Humour Religion
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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 10:30

Traduction Christ-Roi.

Note du traducteur : nous soulignons en rouge les passages importants et mettons entre parenthèses les citations bibliques.

Robert Spaemann sur Josef Seifert, "Amoris Laetitia" et le Témoin de la Vérité

Robert Spaemann sur Josef Seifert, Amoris Laetitia et le Témoin de la Vérité

Source: One Peter Five

Maike Hickson 30 septembre 2017

 

Note de l'éditeur: ce qui suit est une interview avec le professeur Robert Spaemann, dirigé par le Dr Maike Hickson d'OnePeterFive. Le professeur Spaemann est un éminent philosophe catholique allemand et ancien membre de l'Académie pontificale pour la vie.

 

Maike Hickson (MH) : Le professeur Josef Seifert est un étudiant qui a écrit sa thèse sous votre direction. Ainsi, vous le connaissez personnellement et lui-même. En outre, vous avez tous deux élevé la voix avec une critique polie du document papal, Amoris Laetitia . Quelle a été votre réaction à la décision de l'archevêque de Grenade (Espagne) de renvoyer le professeur Seifert à cause de sa critique d'"Amoris Laetitia" ?

 

Robert Spaemann (RS): Tout d'abord, le professeur Seifert n'est pas mon étudiant, mais l'étudiant de Dietrich von Hildebrand (appelé par Pie XII, le "Docteur de l'Eglise du XXe siècle"). Il a obtenu son diplôme d'habilitation au Département de Philosophie de l'Université de Munich. En ce qui concerne le licenciement de Seifert par l'archevêque de Grenade, j'ai été choqué. Je ne savais rien de l'intervention de Seifert. Nos deux réactions à la décision de l'archevêque étaient complètement indépendantes les unes des autres. [En août dernier, Seifert avait parlé de "bombe à retardement" qui menace l'ensemble de l'enseignement moral catholique à propos du document "Amoris Laetitia" du pape François. NdCR.]

 

MH: Comment réagissez-vous au reproche de l'archevêque Javier Martínez au professeur Seifert, avec ses questions critiques concernant Amoris Laetitia , qui "endommage la communion de l'Église, confond la foi des fidèles et sème la méfiance envers le successeur de Pierre" ?

 

RS: Comme je l'ai dit, j'ai été choqué. L'archevêque écrit qu'il doit s'assurer que les fidèles ne soient pas confondus parce que Seifert porte atteinte à l'unité de l'Église.

 

L'unité de l'Église est fondée sur la vérité. Lorsque l'Église catholique confie à un professeur fidèle une mission d'enseignement, c'est parce qu'elle a confiance en l'enseignement indépendant d'un penseur. Tant que sa philosophie n'est pas en contradiction avec l'enseignement de l'Église, il existe un vaste domaine pour son enseignement.

 

Le moyen âge était ici un modèle. Il existait les différences d'opinion les plus vivantes et profondes. Dans ces débats, c'était l'argument qui comptait, et non la décision d'une autorité. Et il ne serait venu à l'esprit de personne de se demander si une idée philosophique était conforme à l'opinion du pape qui régnait alors.

 

MH: Quel genre de signaux émet un tel verdict épiscopal en ce qui concerne la liberté académique en général, mais surtout en ce qui concerne la liberté d'une conscience bien formée de l'individu catholique en particulier? Un académicien catholique peut-il encore discuter des déclarations pontificales d'une manière critique, et cela devrait-il être possible?

 

RS: À la lumière du verdict de l'archevêque, tout philosophe qui travaille dans une institution ecclésiale doit maintenant se demander s'il peut continuer son service là-bas.

 

En tout état de cause, l'intervention de l'archevêque est incompatible avec le respect de la liberté académique.

 

Ce que critique Seifert est la violation de l'enseignement continu de l'Église et des enseignements explicites des pape Paul VI et de Jean-Paul II. Saint Jean-Paul II dans Veritatis Splendor a souligné, explicitement qu'il n'y a pas d'exception au rejet des divorcés "remariés" en ce qui concerne les sacrements. Le pape François contredit l'enseignement de Veritatis Splendor tout aussi explicitement.

 

MH: Êtes-vous d'accord avec l'argument du Professeur Seifert selon lequel la réclamation dans Amoris Laetitia (303) - selon laquelle Dieu peut parfois demander à une personne dans une situation conjugale irrégulière de rester pour l'instant dans une situation objectivement de péché (comme les divorcés "remariés" qui maintiendraient leur relation sexuelle afin de préserver leur nouvelle relation pour le bien de leurs enfants) - pourrait généralement conduire à une anarchie morale et qu'en conséquence, aucune loi morale (par exemple contre l'avortement et la contraception artificielle) ne peut être sauvée des exceptions libéralisatrices?

 

[Lire : Amoris laetitia repose sur des prémisses erronées. NdCR.]

 

RS: Je ne peux qu'accepter l'argument du Professeur Seifert. Ce qu'il condamne, c'est la théorie morale-philosophique du conséquentialisme; c'est-à-dire l'enseignement qui dit que l'éthique d'un acte repose sur la totalité des conséquences réelles et anticipées, qu'il n'y a pas d'actes qui sont toujours mauvais. Josef Seifert mentionne également quelques exemples: avortement, contraception, etc. , pour inclure l'adultère.

 

[Lire : Un dominicain répond à l’affirmation selon laquelle la morale d’“Amoris laetitia” serait thomiste]

 

En passant, je dois mentionner une erreur dans l'essai de Seifert: il parle d'actes qui, indépendamment du contexte, sont toujours bons. Déjà saint Thomas contredit cette vue. Et tout le monde peut nommer des actes qui sont toujours mauvais, mais aucun n'est toujours bon. Dans ce contexte, il convient de citer les mots suivants de Boèce auxquels Thomas se réfère souvent: « Bonum ex integra causa, malum ex quocumque defectu.» («Une action est bonne tant qu'elle est bonne à tous égards, il suffit d’un défaut pour qu’elle commence à être mauvaise.»)

 

MH: En avril 2016, vous avez prédit que Amoris Laetitia allait diviser l'Église. Comment voyez-vous la situation de l'Église maintenant, plus d'un an plus tard, et aussi après que plusieurs conférences épiscopales ont maintenant publié leurs propres directives pastorales concernant Amoris Laetitia ?

 

RS: La scission dans l'église concernant Amoris Laetitia a déjà eu lieu. Différentes conférences épiscopales ont publié des lignes directrices contradictoires. Et les pauvres prêtres sont laissés seuls.

 

MH: Vous et le Professeur Seifert ont été membres de la vie de la Académie Pontificale pour la Vie (APV) à Rome, et vous avez tous deux été enlevés de ce bureau. Avez-vous une idée de la raison pour laquelle vous avez tous deux été retirés de cette manière inhabituelle à partir de cet important bureau?

 

RS: J'ai quitté l'adhésion à l'APV à l'âge de 80 ans, selon les statuts. Seifert, cependant, a été renvoyé de son bureau contrairement aux statuts. Pourquoi? La réponse est très simple. Seifert est également un critique de la théorie du conséquentialisme que le pape enseigne lui-même. Et à Rome, les opinions opposées ne sont plus tolérées. Il n'a pas eu besoin d'un expert du Vatican pour voir que le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, devait quitter son bureau dans un court laps de temps.

 

MH: Dans le contexte des nouveaux enseignements issus de Rome et surtout dans le contexte du nouvel Institut Jean-Paul II pour le mariage et les sciences de la famille, êtes-vous d'accord, en tant que philosophe, avec l'argument anthropologique et sociologique selon lequel les nouveaux changements sociaux apportent également un changement de loi morale? Dans le contexte des idées scientifiques modernes, des gens réclament souvent aujourd'hui par exemple, ce que l'on ne savait pas dans l'époque biblique, que l'homosexualité serait une inclinaison biologique et que dès lors, l'enseignement moral devrait être adapté et libéralisé. Êtes-vous d'accord avec un tel argument "scientifique"?

 

RS: Non.

 

Les principes de la loi morale sont toujours et partout les mêmes - l'application peut changer. Quand il existe une loi de l'état selon laquelle les personnes d'âge avancé ou avec une maladie grave peuvent être tuées, cela est applicable toujours et partout. La question de savoir comment le meurtre se fait dépend des coutumes à un moment donné, mais cela n'a aucune influence sur la loi morale tant que l'homme est l'homme.

 

S'il existe une vision dominante et que la vue dominante contredit la loi morale et l'essence de l'homme, alors toute la société est dans un état désolé. Les chrétiens des premiers temps ne se sont pas adaptés à la vision dominante de la morale. Leurs voisins les admiraient pour cela. Quand on parlait des Chrétiens, les gens les louaient de ne pas tuer leurs enfants.

 

La parole de saint Pierre «Il faut obéir à Dieu plus qu'à l'homme» est toujours valable. Une église qui prend le cap de l'adaptation ne pourra pas travailler de manière missionnaire. Le Supérieur général des jésuites dit maintenant qu'il faut réinterpréter les paroles de Jésus selon notre temps.

 

Surtout en ce qui concerne le mariage, cependant, cette sorte de «contextualisation des paroles de Jésus» ne correspond plus du tout à la rigueur de Jésus, car le commandement qui interdit l'adultère est perçu par les disciples de manière très sévère: « Qui voudra dorénavant se marier ? »

 

MH: Dans le contexte de ce débat actuel sur la loi morale, quelle est alors encore la vérité ?

 

RS: La question "Qu'est-ce que la vérité?" est la réponse de Pilate au mot de Jésus: "C'est pourquoi je suis né et je suis venu dans le monde, afin que je puisse témoigner à la Vérité." [Jn 18:37] "Je suis la Vérité. [Jn 14:6]"

 

[Lire: L’Eglise a toujours enseigné, sur la base des Evangiles, que c’est la vérité qui donne un sens à l’amour et non l’inverse]

 

MH: Quelle est la doctrine de l'Église que vous considérez aujourd'hui comme la plus ignorée?

 

RS: Très probablement l'interdiction de l'adultère.

 

MH: Que diriez-vous aujourd'hui des prêtres qui sont maintenant confrontés à la demande de donner la communion aux divorcés «remariés», quelque chose qu'ils ne peuvent pas faire dans leur propre conscience? Et s'ils sont ainsi suspendus de leur bureau pour leur résistance?

RS: J'aimerais répondre ici avec les mots de l'évêque auxiliaire Athanasius Schneider:

 

« Lorsque les prêtres et les laïcs restent fidèles à l'enseignement et à la pratique immuables et constants de toute l'Église, ils sont en communion avec tous les Papes, les évêques orthodoxes et les Saints de deux mille ans, en une communion spéciale avec saint Jean-Baptiste, Saint Thomas More, Saint Jean Fisher et avec les innombrables époux abandonnés qui restèrent fidèles à leurs vœux de mariage, acceptant une vie de continence afin de ne pas offenser Dieu. La voix constante dans le même sens (eodem sensu eademque sententia [Vaticanum I]) et la pratique correspondante de deux mille ans sont plus puissantes et plus sûres que la voix et la pratique discordantes d'admettre des adultères impénitents à la sainte communion, même si cette pratique est promue par un seul pape ou par les évêques diocésains. [...] Cela signifie que toute la tradition catholique juge sûrement et avec certitude contre une pratique fabriquée et de courte durée qui, dans un point important contredit tout le Magistère de tous les temps. Ces prêtres, qui seraient forcés par leurs supérieurs à donner la sainte communion aux adultères publics et impénitents, ou à d'autres pécheurs notoires et publics, devraient leur répondre avec une sainte conviction: «Notre comportement est le comportement de l'ensemble du monde catholique tout au long de deux mille ans.'"

 

Récemment, un prêtre africain m'a visité et m'a posé avec des larmes aux yeux la même question. Le commandement "Tu obéiras plus à Dieu qu'à l'homme" s'applique aussi à l'enseignement de l'Eglise. Si le prêtre est convaincu qu'il n'a pas donné la sainte communion aux "divorcés qui se sont remariés", il doit suivre la parole de Jésus et l'enseignement de 2 000 ans de l'Église. S'il est suspendu pour cela, il devient un «témoin de la Vérité».

 

MH: qu'est-ce que vous, avec toute votre expérience de sagesse et de la vie, et aussi comme quelqu'un qui a grandi sous le national-socialisme, conseillez tous les catholiques dans cette situation actuelle et difficile? Quel serait, pour ainsi dire, votre testament pour toutes les personnes dans le monde qui aujourd'hui prennent votre voix très au sérieux et prennent vos paroles avec enthousiasme ?

 

RS: Il était plus facile pendant les temps nazis d'être un chrétien fidèle qu'aujourd'hui.

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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 19:49

Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, a avoué au vaticaniste Edward Pentin que « les collaborateurs de la Curie romaine vivent dans la crainte. Des dénonciateurs s’emploient à dénoncer au pape François celui qui aura dit le moindre mot de travers, énoncé la moindre petite critique. Aussitôt l’accusé est convoqué sans même qu’il puisse se défendre. »

Et le cardinal Müller d’ajouter : « J’ai découvert le même climat de suspicion dans les facultés de théologie : la personne qui fait la moindre remarque ou pose la plus petite question au sujet d’“Amoris laetitia” risque d’être renvoyée. »

Tel est le vrai visage de l’Eglise que le pape Bergoglio veut créer de son propre chef.

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du Samedi 30 septembre 2017

"Les collaborateurs de la Curie romaine vivent dans la crainte... Dans les facultés de théologie : la personne qui fait la moindre remarque ou pose la plus petite question au sujet d’'Amoris laetitia' risque d’être renvoyée" (Cardinal Gerhard Ludwig Müller)
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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 17:55

Suite à la Correctio filialis, le pape se défend en arguant que son document "Amoris Laetitia" serait "thomiste". C'est une bénédiction que cette Correctio filialis qui réussit le tour de force de faire réagir le "pape de l'ouverture et du dialogue" qui jusqu'ici s'était muré dans le silence et ne crut pas opportun de répondre aux nombreuses demandes d'éclaircissement et autres questions relatives à la bonne interprétation de son document "Amoris Laetitia".

Un dominicain répond sur le "thomisme" d'Amoris Laetitia.

Notre commentaire en fin d'article.

Un dominicain répond à l’affirmation selon laquelle la morale d’“Amoris laetitia” serait thomiste

Je vous propose ici la traduction d’un texte paru le 16 décembre 2016 dans le New Catholic Register sur le blog d’Edward Pentin. Le père dominicain Basil Cole répondait à l’affirmation du pape François selon laquelle la morale d’Amoris laetitia était « thomiste », affirmation qu’il vient de reproduire devant les Jésuites de Colombie en qualifiant d’erronées les assertions des auteurs de la Correctio filialis. – J.S.

 

La réponse du P. Basil Cole sur la morale « thomiste » d’“Amoris laetitia”

 
En raison de sa grande sagesse et de sa grande autorité, le nom de saint Thomas d’Aquin est parfois invoqué pour soutenir les assertions de théologiens, et même pour prendre la défense d’Amoris laetitia. Si vous avez le Docteur Angélique dans votre camp, c’est que tout va plutôt bien. Cela pose des questions sur la qualité des assertions et des documents qui méritent d’être appelés « thomistes », et de quelle manière on pourrait raisonnablement justifier ce qualitatif. Les observations suivantes peuvent aider à répondre à ces questions.
 
Premièrement, une chose peut être qualifiée de thomiste parce qu’elle prend exemple sur la méthodologie perfectionnée par l’Aquinate. Comme de nombreux auteurs, Thomas d’Aquin utilise de nombreuses « voix » différentes selon les occasions. Il fournit des commentaires sur l’Ecriture sainte ou sur des œuvres théologiques, des enseignements sur le credo, un exposé simple de la théologie dans sa Summa contra Gentiles (SCG), et ainsi de suite. Mais sa contribution la plus exceptionnelle et la plus précieuse est constituée par la Summa Theologiae (ST). Il y pose littéralement des centaines de questions, et il y répond toujours à la lumière de la tradition catholique – spécialement l’Ecriture sainte et les Pères – à l’aide d’une philosophie solide. Parfois il dit « oui », parfois « non », mais il prend soin de distinguer toujours lorsqu’il répond « “oui” d’une façon, mais “non” d’une autre ». Il aime la clarté. Comme il le disait, c’est l’œuvre de l’homme sage que « d’arranger de juger », c’est-à-dire, de méditer sur la vérité, de l’enseigner aux autres de manière ordonnée, et de réfuter les mensonges contraires (voir ST I, q. 1, a. 6, c. et ad 2; SCG I, c.1).
 
Deuxièmement, une chose peut être appelée thomiste parce qu’elle suit le propre enseignement de l’Aquinate. Avec des résultats variés.
 
Parfois, mais très rarement, suivre saint Thomas d’Aquin peut induire une personne dans l’erreur. Ce serait certainement le cas aujourd’hui si l’on niait le dogme de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie en partant du principe que Thomas d’Aquin le niait. De manière semblable, on aurait tort de soutenir l’avortement parce que Thomas d’Aquin croyait en l’hominisation retardée de l’embryon humain (voir ST I, q. 118, a. 2, ad 2). Ces deux questions ont été abondamment clarifiées par l’Eglise depuis le temps ou écrivait Thomas d’Aquin (voir Pie IX, Ineffabilis Deus et Jean-Paul II, Evangelium Vitae n. 57). Dans ces cas, il nous faut suivre l’Eglise et non pas les interprétations proposées par Thomas d’Aquin. L’enseignement magistériel ne dépend pas intrinsèquement de saint Thomas d’Aquin, mais de l’Ecriture sainte et de la Tradition sacrée, interprétée dans la continuation des enseignements antérieurs et à la lumière de la pensée la plus sûre. Au bout du compte, suivre la tradition constitue la position la plus authentiquement thomiste, car il était fermement opposé à toute position doctrinale qui ne fût pas fidèle à la Révélation divine et aux enseignements contraignants de l’Eglise.
 
Il y a un autre nœud que l’on peut rencontrer en citant Thomas d’Aquin au hasard ou sans être pleinement averti de son projet théologique. Saint Thomas était par excellence un penseur complet et cohérent. Le fait de faire son marché parmi ses affirmations sans considérer leur contexte et leur relation par rapport à ses autres points de vue pertinents aurait des effets aussi désastreux que le « proof texting » (la citation de court passage de la Bible au renfort d’une croyance d’une théorie particulière) de l’Ecriture sainte. On pourrait supposer que l’Aquinate soutient une éthique situationniste, lorsqu’il écrit : « Bien que dans les principes généraux, il y ait quelque nécessité, plus on aborde les choses particulières, plus on rencontre de défaillances […]. Dans le domaine de l’action, au contraire, la vérité ou la rectitude pratique n’est pas la même pour tous dans les applications particulières, mais uniquement dans les principes généraux ; et chez ceux pour lesquels la rectitude est identique dans leurs actions propres, elle n’est pas également connue de tous […]. Plus on entre dans les détails, plus les exceptions se multiplient. » (ST I-II, q. 94, a. 4 ; cité dans n. 304). Si on isole cela par rapport aux autres assertions de Thomas d’Aquin, cela pourrait paraître vouloir dire que le Docteur de l’Eglise affirme qu’aucune loi morale n’est absolue, mais qu’il faut un discernement dans chaque situation pour savoir si oui ou non un principe moral général s’applique à une situation particulière. Cependant, il ne s’agit pas là d’un authentique thomisme. L’éthique de situation contredit la ferme affirmation selon laquelle certaines normes morales valent toujours pour tous : ce sont les préceptes du Décalogue (ST I-II, q. 100, a. 8), et des préceptes universels négatifs du même ordre, car il condamne des actes qui sont « mauvais en eux-mêmes et ne peuvent devenir bons » (ST II-II, q. 33, a.2). Il dit expressément que « l’on ne peut commettre l’adultère en vue de quelque fin bonne » (De Malo, q. 15, a.1, ad 5). Dans la même veine, Thomas d’Aquin tient que certains actes « comportent une difformité qui leur est inséparablement attachée, tels la fornication, l’adultère et d’autres actes ce type, qui ne peuvent d’aucune manière être accomplis d’une manière moralement bonne » (Quodlibet 9, q. 7, a. 2). La raison d’être de ces normes sans exception est que la nature humaine ne change pas, pas plus que l’Evangile ou le mandat de l’Eglise, chargée de le transmettre sans souillure à travers les siècles. Certaines normes positives doivent être adaptées au temps, telle la relation d’une personne vis-à-vis de l’environnement. En de tels cas, l’enseignement magistériel s’adapte à des conditions qui changent – mais toujours sans contredire la raison ni les vérités déjà articulées par l’Eglise.
 

 

Source et suite : Reinformation.tv

Note du blog Christ-Roi. Saint Thomas d'Aquin "dit expressément que 'l’on ne peut commettre l’adultère en vue de quelque fin bonne' (De Malo, q. 15, a.1, ad 5). Or c'est précisément sur la base de cette justification d'un acte intrinsèquement mauvais (justification condamnée par S. Thomas d'Aquin) que se base "Amoris Laetitia" pour justifier l'adultère et par suite donner la possibilité de la communion aux couples divorcés "et engagés dans une nouvelle union".

 

En outre, voici dans l'image ci-dessous ce que dit la constitution pastorale Gaudium et spes n° 51 du Concile Vatican II à propos des couples mariés (les passages importants sont soulignés en rouge):

Amoris laetitia reposerait sur des prémisses erronées

Et voici ce que dit Amoris laetitia n° 298 et sa note 229 à propos des "divorcés engagés dans une nouvelle union" :

Amoris laetitia reposerait sur des prémisses erronées

Amoris laetitia, note 329 :

Un dominicain répond à l’affirmation selon laquelle la morale d’“Amoris laetitia” serait thomiste

C'est là sans doute la faille principale du document du pape François, "Amoris Laetitia" repose sur une prémisse erronée : François, afin de justifier l'adultère, y cite faussement la constitution pastorale Gaudium et spes de Vatican II en appliquant le contexte des couples mariés de GS n° 51 au cas différent des couples divorcés et "engagés dans une nouvelle union" (Amoris laetitia n° 298 et sa note 229).

 

Conclusion du blog Christ-Roi :

 

 

Sur le point de la justification d'un comportement intrinsèquement mauvais, "Amoris Laetitia" n'est pas "thomiste", contrairement à ce que déclare François.

La citation erronée et hors contexte de Gaudium et spes ruine l'argumentation d'Amoris Laetitia.

 

Elargissement du débat :

 

C'est une hérésie que de prétendre que "les circonstances peuvent rendre bonnes des actions intrinsèquement mauvaises" (éthique de situation) quand le Catéchisme de l'Eglise dit l'inverse : "les circonstances ne peuvent de soi modifier la qualité morale des actes eux-mêmes ; elles ne peuvent rendre ni bonne, ni juste une action en elle-même mauvaise." (CEC 1754.)

"Il y a des actes qui par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances et des intentions, sont toujours gravement illicites en raison de leur objet ; ainsi le blasphème et le parjure, l’homicide et l’adultère. Il n’est pas permis de faire le mal pour qu’il en résulte un bien." (CEC 1756)

 

Soutenir que les circonstances peuvent atténuer la culpabilité de la fornication et l'adultère, nous fait tomber dans deux autres hérésies:

 

"parfois il peut manquer l'aide de Dieu pour ne pas pécher"

 

et

 

"il peut y avoir une situation où il n'y a pas d'autre possibilité que de pécher ..."

 

... Alors qu'en fait saint Paul dit:

 

"Aucune tentation ne vous est survenue, qui n'ait été humaine; et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces; mais, avec la tentation, il ménagera aussi une heureuse issue en vous donnant le pouvoir de la supporter." (1 Cor 10,13.)

 

... Et le Concile de Trente définit:

 

« Nul, alors, bien que justifié, doit se considérer comme libre de l'observance des commandements, personne ne doit prendre ce regard téméraire et interdit par les Pères, sous peine d'excommunication, qu'il est impossible à l'homme d'être justifié en gardant les commandements de Dieu. Dieu en fait ne commande pas l'impossible; mais quand commandant il vous admoneste de faire ce que vous pouvez, et ce que vous ne pouvez pas, et il est pour vous une aide pour que vous le puissiez : Ses commandements ne sont pas pénibles (1 Jn 5,3) Son joug est facile et son poids léger (Mt 11, 30). Pour les hommes qui sont des enfants de Dieu, aiment Christ et ceux qui l'aiment - comme il le dit (Jn 14:23) - observer ses paroles, avec l'aide de Dieu, peut certainement se faire. »

 

Lire :   "Amoris Laetitia" : la logique de l'hérésie (Don Alfredo Morselli)

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