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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 08:03

Un article de Marco Tosatti, vaticaniste à La Stampa, traduit par Diakonos.be :

Il faut mettre Benoît XVI au secret. Burke n'est qu'un pauvre type. La garde rapprochée du pape contre-attaque

 

En lisant trois informations parues hier, je me suis dit que certains avaient perdu leur sang-froid et que nous avions entamé une dangereuse période de retour en arrière du style: celui qui n’est pas d’accord avec moi, qu’on lui coupe la tête. Une décadence populiste inédite dans l’histoire de l’Eglise moderne. J’espère vraiment me tromper et ce n’est pas une façon de parler. Je l’espère sincèrement. Malheureusement, plusieurs indices ne sont pas du genre à nous apaiser.

 

Le nœud du problème, si j’ai bien compris, réside encore une fois dans la réponse non donnée – un an plus tard – à cinq questions posées au Pape par quatre cardinaux sur des points controversés de son exhortation apostolique Amoris Laetitia. Des questions posées dans un esprit d’obéissance, suivant une procédure classique dans l’Eglise, c’est-à-dire en demandant au Pape et à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de fournir un éclaircissement. Deux mois après que les questions aient été posées, ces cardinaux ont appris que le Pape n’avait pas l’intention de répondre et ont rendu leurs questions publiques. En effet, ces questions nous concernent tous et on pourrait les résumer à une seule : est-il permis de communier en état de péché mortel sans avoir l’intention de changer de comportement ?

 

Pourquoi le pape refuse-t-il de répondre, nous n’en avons aucune idée. Il nous semble nous souvenir qu’un jésuite qui lui est proche ait un jour affirmé que c’était parce que les questions étaient idéologiques. Désolé mais cela me semble un peu court. Le rôle de l’autorité est justement d’éclaircir sa propre pensée et ce faisant de rendre évident qu’une question soit inutile ou pertinente. Au sein de l’Eglise en particulier, une autorité qui ne répond pas remplit-elle son devoir ?

 

En guise de réponse, des attaques à n’en plus finir se sont déchaînées contre ces quatre cardinaux et contre quiconque partageait leur perplexité. Nous ne voulons pas croire, comme on nous l’a laissé entendre, que le Pape ait encouragé ou donné son assentiment à ses fidèles en ce sens. Mais il ne fait aucun doute que le seul des quatre qui ait encore une charge – Raymond Leo Burke, Patron de l’Ordre de Malte – soit entré et se trouve toujours au milieu du champ de tir. En ce qui concerne Malte, vous pouvez retrouver un historique de l’affaire dans nos précédents articles. C’est peut-être justement la parésie de Burke qui a fait problème.

 

Ce qui nous amène au premier des trois épisodes d’hier : l’attaque personnelle déconcertante du cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga, un comportement sans précédent. Dans la préface d’un livre-entretien écrit de concert avec son confrère salésien Antonio Carriero intitulé « Seul l’Evangile est révolutionnaire », voici ce que Maradiaga déclare au sujet de Burke, à propos des Dubia : « Ce cardinal qui soutient cela est un homme frustré, parce qu’il voulait le pouvoir et qu’il l’a perdu. Il croyait représenter la plus haute autorité des Etats-Unis ». Et il ajoute : « Ce n’est pas lui le magistère, c’est le Saint-Père qui est le magistère et c’est lui qui enseigne à toute l’Eglise. L’autre ne dit que sa propre pensée, ce qui ne mérite aucun autre commentaire. Ce ne sont que les mots d’un pauvre homme ». C’est pourtant là que réside le problème : un éclaircissement est demandé à propos du magistère et il ne vient pas. Mais pour Maradiaga, grand défenseur du Pape, il s’agit là d’un détail sans importance. Il préfère s’en prendre à une obscure « droite catholique » qui voudrait « le pouvoir et pas la vérité. Et s’ils pensent trouver une hérésie entre guillemets dans les paroles de François, ils se trompent lourdement parce qu’ils ne pensent que comme les hommes et pas comme le Seigneur le voudrait ».

 

La violence de ces propos est frappante. Où sont donc passés le dialogue et la miséricorde ?

 

Venons-en donc au deuxième épisode qui est tout aussi significatif. Le protagoniste est un certain Andrea Grillo, un laïc professeur de théologie à Saint-Anselme. Grillo ferait partie – à ce qu’on nous dit – de cette commission jamais officiellement annoncée et officiellement inconnue du Préfet du Culte Divin (c’est-à-dire l’autorité qui est normalement responsable en la matière) et qui aurait été chargée d’étudier la possibilité de créer une messe à laquelle catholiques et protestants pourraient participer ensemble. Ce qui n’est pas une mince affaire étant donné que le sens de l’eucharistie est totalement différent.

 

Le Préfet du Culte, c’est le cardinal africain Robert Sarah, nommé par le Pape à une époque où il avait dû pour des raisons de réforme diverses et variées le déplacer de la fonction qu’il occupait à la tête de Cor Unum. Dans la postface d’un de ses livres qui va bientôt sortir, Benoît XVI a déclaré qu’avec Sarah, la liturgie était en de bonnes mains. Cela ne nous semble pas être une affirmation scandaleuse, sauf pour ceux qui haïssent Sarah.

 

Cet Andrea Grillo, que nous n’avons pas le bonheur de connaître, s’est déchaîné : « Il faut bien comprendre la singularité de la situation. Un pape renonce à l’exercice de son ministère pétrinien. La procédure de succession est lancée et un successeur est élu. Normalement cela n’advient que « mortis causa ». Quand la raison n’est pas la mort du prédécesseur mais la « démission », cela expose l’institution à un cas délicat de conflit d’autorité. Qui devrait être réglé par la « consigne du silence » du prédécesseur. Lequel, dans la préface où les exalte les vertus du Préfet Sarah, cite un texte d’Ignace d’Antioche qui dit : « Il est préférable de rester silencieux ». Si non seulement il parle mais qu’en plus il fait l’éloge d’un Préfet qui a causé des tracas sans fin à l’Eglise et à son successeur, commence alors un conflit dangereux qui exigerait des comportements plus prudents et des mots plus responsables. Il faut à l’avenir fixer des normes qui règlent de façon plus nette et certaine la « mort institutionnelle » du prédécesseur et la pleine autorité du successeur, en cas de démission ».

 

Entre autres choses désagréables et peu respectueuses, Grillo a également déclaré : « Il ne peut y avoir de cohabitation. Cela semble maintenant parfaitement évident. Tout comme il est évident que le vêtement blanc et le droit de parole ainsi que la résidence doivent être strictement réglementés. L’Evêque émérite doit s’éloigner du Vatican et se taire à jamais. Ce n’est qu’à ces conditions qu’il est possible de configurer une « succession » réelle… Les intentions de discrétion et d’humilité sont violées de façon flagrante, de façon presque scandaleuse. Et je trouve véritablement déconcertant que l’Evêque émérite de Rome loue François pour une nomination qu’il sait pertinemment bien avoir contribué à décider. Cela me semble le fait le plus grave, c’est un signe de cléricalisme et dirais-je même d’une certaine hypocrisie ».

 

La solution que nous pourrions suggérer c’est celle de Fumone, le château en Campanie où le pape Célestin V fut déporté après sa renonciation. Je connais bien au moins l’un de ses propriétaires, s’il le souhaite je peux faire office d’intermédiaire. Blague à part, ce qui est scandaleux c’est le climat agressif créé par les responsables de cette nouvelle tendance. Une quantité de venin telle que peut-être quelqu’un à Sainte-Marthe devrait s’en préoccuper.

 

Venons-en enfin au troisième épisode. Les paroles du Pape à Sainte-Marthe. Il était question du problème des païens qui voulaient devenir chrétiens et de la discussion qui eut lieu entre les apôtres à ce sujet. Le Pape décrit ainsi la situation : « le groupe des apôtres qui voulaient débattre du problème et les autres qui créent des problèmes, qui sèment la division, qui divisent l’Eglise, qui disent que ce que prêchent les apôtres n’est pas ce que Jésus a dit, que ce n’est pas la vérité ».

 

Finalement, on aboutit à un accord et les païens peuvent entrer sans circoncision physique. Le Pape affirme que c’est « un devoir de l’Eglise d’éclaircir la doctrine » (Ah bon ? Et les dubia ? ndlr) afin « que l’on comprenne bien ce que Jésus a dit dans les Evangiles, quel est l’Esprit des Evangiles ».

 

« Mais il a toujours eu ces gens qui sans aucun mandat vont troubler la communauté chrétienne avec des discours qui troublent les âmes : ‘Eh, non. Ce que celui-là a dit est hérétique, on ne peut pas le dire, ça non, voilà la doctrine de l’Eglise… ‘. Et ils sont fanatiques de choses qui ne sont pas claires, comme ces fanatiques qui semaient à l’époque la zizanie pour diviser la communauté chrétienne. Et c’est cela le problème : quand la doctrine de l’Eglise, celle qui vient de l’Evangile, celle qu’inspire l’Esprit Saint – parce que Jésus a dit : ‘Il nous enseignera et il vous fera vous souvenir de tout ce que je vous ai dit’ -, quand cette doctrine se fait idéologie. Et c’est cela la grande erreur de ces gens ».

 

Petit jeu : dans lequel de ces deux groupes cités par le Pape rangeriez-vous Maradiaga et Grillo ? Et si les fanatiques spéculent sur des choses qui ne sont pas claires, pourquoi ne pas les éclaircir quand on le demande et couper court à toute ambigüité ?

 

Un article de Marco Tosatti, vaticaniste à La Stampa

 

Maradiaga, et c'est un secret de polichinelle, flirte avec l'open society de Soros... ceci explique peut-être cela...

 

Source

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 20:15

Le nouveau site de la Fraternité de la Transfiguration :

http://transfiguration.over-blog.com/

Fondée par M. l’abbé Lecareux, La Fraternité de la Transfiguration est une communauté catholique traditionaliste – 21 religieux dont 9 prêtres, et 12 religieuses – installée en pleine campagne, au lieudit Le Bois, commune de Mérigny (Indre). 

Le fondateur de cette communauté, M. l’abbé Lecareux avait été ordonné prêtre en juin 1963. A Suresnes, dans le diocèse de Nanterre, il était l’aumônier d’un groupe de jeunes et d’une troupe scoute. En 1970, il s’est installé avec l’accord de l’évêque de Bourges, Mgr Vignancour, dans cette ancienne ferme qui nécessitait de gros travaux de restauration et d’aménagement – réalisés depuis. Les premiers membres de la Fraternité l’avaient connu dans le cadre du scoutisme. Il avait toujours affirmé ses convictions traditionalistes. Les relations avec l’évêché de Bourges se détériorèrent lorsque la communauté affirma sa volonté de ne pas renoncer à la messe traditionnelle, et plus encore lorsqu'il fut question de faire ordonner des membres de la Fraternité selon le rite traditionnel : seul Mgr Lefebvre put répondre à cette demande légitime (les premiers prêtres furent ordonnés en 1979). L'archevêque de Bourges de l'époque, Mgr Vignancour, avait eu, en 1976 (lors de "l'été chaud"), l'idée de destituer le Père Lecareux, mais il y renonça lorsqu'il constata le soutien unanime des paroissiens à leur curé ; l'archevêque eut la sagesse alors de fermer les yeux sur son cas, et cela dura jusqu'en 1984, lorsqu'un nouvel archevêque (Mgr Plateau) chercha à "normaliser" la situation. Entre-temps heureusement, la communauté avait pu s'installer au lieu-dit "Le Bois", hâvre de paix pour elle et pour ses paroissiens.

 

Source: Centre Grégorien Saint Pie X

 

La devise de la Fraternité de la Transfiguration est "Adorare, Unire, Servire".

La Fraternité de la Transfiguration
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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 09:11
"Il ne faut pas irriter même un archange mauvais. Il faut avoir le respect de l'oeuvre de Dieu" (Père Jean-Edouard LAMY)

«Avant que le saint Archange me prévînt, je ne me rendais pas compte de ce que je faisais en insultant Lucifer, je ne voyais pas la disproportion qu'il y a entre l'ange et l'homme.

 

On va à l'école tous les jours! Il était à la sacristie et il m'embêtait. Je luis dis: "Ah! La sale bête!"

 

Saint Gabriel me dit: "N'oubliez pas que c'est un archange! Ne discutez pas. Respect à Lucifer: c'est l'archange déchu".

 

C'est comme un fils de famille très noble, déchu par ses vices. Il n'est pas respectable par lui-même, mais il faut respecter sa famille en lui. On respecte le chef-d'oeuvre du Créateur, même détruit.

 

C'est d'ailleurs une meilleure méthode pour faire entrer Satan en lui-même.

 

Satan, comme un enfant, ramasse sur la route pierres et boue, tout ce qui lui tombe sous la main, pour nous le jeter; mais, si l'on se met à lui répondre injure pour injure, c'est alors une vraie bataille de chiffonniers.

 

Quand on respecte son caractère angélique, on le contriste bien davantage.

 

A La Courneuve, j'ai eu tellement maille à partir avec Lucifer!

 

[...] Dans la sacristie de La Courneuve, il m'empêchait de lire mon bréviaire : il faisait le cheval, le loup, la souris. Il tapait sur les vitres.

 

Mon sacristain disait : "ils casseront toutes les vitres!"

 

Je lui répondais: laissez donc les gamins jouer au ballon!"

 

Et un fracas! et pan! Le sacristain courait dehors, croyant qu'il empêcherait de taper dans les carreaux. »

 

Père Jean-Edouard LAMY (1853-1931), qui fut sujet à de nombreuses visions mystiques de la Sainte Vierge Marie et des Anges.

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 19:51

L’excellent site OnePeterFive.com commente la mise au jour d’une lettre consultée par un historien allemand de l’Eglise catholique, le Dr Michael Hesemann, dans les Archives secrètes du Vatican sur lesquelles il travaille depuis 2009. Il s’agit d’une lettre datée du 8 novembre 1918 et portant la signature de l’archevêque de Cologne d’alors, le cardinal Felix von Hartmann, et destinée au nonce apostolique en Allemagne, Mgr Eugenio Pacelli – le futur pape Pie XII. Elle évoque un complot de la franc-maçonnerie en vue de détruire les monarchies et l’Eglise.
 
Ecrite à la main, la lettre est partiellement reproduite sur le site OnePeterFive, la reproduction complète n’ayant pas été autorisée. Mais la journaliste Maike Hickson affirme avoir eu la permission de voir la lettre dans son ensemble.

 

Michael Hesemann évoque la lutte de la franc-maçonnerie contre les monarchies et l’Eglise

 
L’enquête de ma consœur est partie d’un entretien donné il y a peu par le Dr Hesemann à Inside the Vatican à propos du centième anniversaire des apparitions de Fatima. L’historien y déclare notamment :
 
« Egalement en 1917, la franc-maçonnerie célébrait le 200e anniversaire de la fondation de la première grande loge à Londres en 1717. L’idéologie maçonnique n’est pas uniquement fondée sur le déisme, mais également sur l’hérésie gnostique de l’auto-rédemption et des “Lumières” ; elle poursuit un objectif clairement anticatholique. Précisément en 1917, Maximilien Kolbe, l’un des plus grands saints du XXe siècle, a été témoin d’une procession maçonnique à Rome, où se déployaient des bannières portant ce slogan : “ Satan doit régner au Vatican. Le pape sera son esclave.”
 
« Un an plus tard, l’empereur allemand Guillaume II a été averti par des maçons allemands du fait que le Grand Orient avait l’intention d’obliger tous les monarques souverains en Europe à abdiquer – ce qui s’est en effet produit en 1918 – ainsi que de détruire l’Eglise catholique et d’amener l’Europe sous le contrôle du “Big Business” américain, selon un document que j’ai trouvé dans les archives secrètes du Vatican. Le bolchevisme serait l’instrument de la franc-maçonnerie en vue d’atteindre ce but.
 
« Et de fait, 1917 a été l’année de la Révolution russe qui s’est soldée par une persécution massive de l’Eglise.
 
« L’année 1917 a également été marquée par l’entrée des Etats-Unis dans la Première Guerre mondiale, l’année de naissance des deux superpuissances qui façonneraient l’histoire du XXe siècle au cours des 74 années suivantes ».
 
Maike Hickson traduit alors les passages les plus importants de la lettre que le Dr Hesemann a lui-même présentés et commentés dans la revue allemande Der Fels. Voici ces extraits :

 

Une lettre du cardinal Felix von Hartmann à Eugenio Pacelli parle d’un complot maçonnique

 
« Excellence,
 
« Sa Majesté l’Empereur vient de me faire savoir que, “selon des informations qu’il a reçues hier, le Grand Orient vient de décider en premier lieu de déposer tous les souverains – à commencer par lui, l’empereur – puis de détruire (?) l’Eglise cathol., d’emprisonner le pape, etc., et, pour finir, d’établir sur les ruines de l’ancienne société bourgeoise une république mondiale sous la conduite du Grand capital américain. Les francs-maçons allemands sont supposément loyaux à l’empereur (ce qui peut être mis en doute !) et ils l’en ont informé. En outre l’Angleterre veut préserver l’ordre bourgeois en cours. La France et l’Amérique, cependant, sont présentées comme étant sous l’entière influence du Grand Orient. Il est dit que le bolchevisme est l’outil externe servant à établir les conditions souhaitées. Face à un danger aussi grand qui outre la monarchie, menace également l’Eglise catholique, il est donc important que l’épiscopat allemand soit informé et que le pape lui aussi soit mis en garde.” Telle est la teneur du message de Sa Majesté. Je me suis cru tenu de le transmettre à votre excellence, et je dois laisser à votre jugement de savoir si vous souhaitez le transmettre à Rome. La demande tumultueuse de la part des sociaux-démocrates (allemands) de voir l’empereur abdiquer donne une certaine confirmation à ce message. Que Dieu nous protège ainsi que sa sainte Eglise dans cette terrible tourmente ! (…) Dans le plus grand dévouement, restant à la disposition de Son Excellence, cardinal Felix von Hartmann ».

 

La lettre sur la franc-maçonnerie est conservée aux Archives secrètes du Vatican

 
Cette lettre, archivée sous la cote A.S.V., Arch. Nunz. Monaco d.B. 342, fasc. 13, p. 95-96, a donc été écrite trois jours avant l’Armistice ; loin de se réjouir de la paix après la boucherie de la Première Guerre mondiale, elle prévoit une époque troublée.
 
A juste titre. Comme l’a souligné le Dr Hesemann lui-même dans un texte qu’il a écrit en mai 2016, la Révolution de novembre a éclaté en Allemagne un jour exactement après l’envoi de cette lettre ; elle allait avoir pour conséquence d’acculer l’empereur Guillaume II à l’abdication. La menace s’était réalisée.
 
Michael Hesemann commentait dans son manuscrit de l’an dernier : « A quel point nous sommes éloignés aujourd’hui, 98 ans plus tard, de ce qui était annoncé, “une république mondiale sous le leadership du grand capital américain”, il appartient à chacun d’en juger pour lui-même. Le “Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement”, le TTIP, aurait certainement représenté un pas immense en vue de rapprocher le monde de ce but. A cet égard, le document de l’année 1918 semble presque prophétique. Cependant, il ne décrit pas les visions d’un visionnaire, mais cite plutôt un supposé plan. Un tel plan du Grand Orient maçonnique a-t-il constitué également le plan directeur de l’histoire européenne du XXe siècle et du XXIe siècle commençant ? Il s’agirait certainement là d’une simplification, propre à toute théorie du complot. Cependant, on ne peut nier que la franc-maçonnerie a planifié, il y a près de 100 ans, ce qui par la suite devait s’accomplir, et ce d’une manière presque incroyable ».

 

Jeanne Smits

Michael Hesemann présente une lettre sur un complot de la franc-maçonnerie contre les monarchies et l’Eglise trouvée aux Archives secrètes du Vatican
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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 09:33
"Islam, religion de l’épée". L’alarme d’un jésuite égyptien

Dans dix jour, le vendredi 28 avril, le pape François atterrira dans une Egypte encore marquée par les massacres du dimanche des rameaux perpétré par des musulmans dans deux églises chrétiennes bondées de fidèles.

Pourtant, le mantra des autorités vaticanes, à commencer par le pape, continue à être que « l’islam est une religion de paix ».  Il est formellement interdit de parler de « guerre de religion » ou de « terrorisme islamique ».

« Civiltà Cattolica » avait bien tenté à une occasion d’affronter la réalité en face dans un éditorial de 2014 signé par le père Luciano Larivera qui écrivait ceci à propos de l’aile la plus belliqueuse du monde musulman:

« Il s’agit d’une guerre est une guerre de religion et d’anéantissement.  Elle instrumentalise le pouvoir pour la religion et non l’inverse. »

Mais le père Antonio Spadaro était immédiatement intervenu pour démentir cette vérité simple inopinément parue dans la revue qu’il dirige.

A la veille d’un voyage de François au Caire, voici pourtant que cette vérité refait surface, bien argumentée, cette fois dans les pages de l’Osservatore Romano, et à nouveau sous la plume d’un jésuite.

Le nom de ce dernier est Henri Boulad.  Il a 86 ans et est né à Alexandrie en Egypte.  Il est issu d’une famille syrienne de rite melkite qui a fui les massacres antichrétiens de 1860.  Il vit au Caire et ce qui va suivre est une partie de l’interview qu’il a accordée au quotidien du Saint-Siège en date du 13 avril, le jour du Jeudi Saint.

*

Q. – Père Boulad, vous avez été recteur du Collège des jésuites au Caire où de nombreux musulmans et chrétiens ont étudié dans un exemple concret de vivre-ensemble. Et pourtant aujourd’hui le monde semble subir les assauts de ce même islam.

R. – Mais de quel islam parlons-nous? Voilà toute la question. On trouve dans le Coran les versets de la Mecque et ceux de Médine. Dans ceux écrits à La Mecque, Mahomet tient un discours très ouvert qui parle d’amour et dans lesquels les juifs et les chrétiens sont nos amis, il n’y a pas d’obligation en matière de religion et Dieu est plus proche de nous. La première partie de la vie de Mahomet transmet donc un message spirituel, de réconciliation et d’ouverture.

Mais quand Mahomet quitte La Mecque pour fonder Médine, il y a un changement. De chef spirituel, il devient un chef d’Etat, militaire et politique. Aujourd’hui, ces versets de Médine forment les trois quarts du Coran et sont un appel à la guerre, à la violence et à la lutte contre les chrétiens.

Les musulmans des IXe et Xe siècles ont pris acte de cette contradiction et se sont mis ensemble pour tenter de la résoudre, le résultat fut qu’ils prirent cette décision désormais célèbre d’abrogeant et d’abrogé: les versets de Médine abrogent ceux de La Mecque. Mais ce n’est pas tout. Le soufisme fut mis à l’index et des bibliothèques entières furent incendiées en Egypte et en Afrique du Nord.

Il faudrait donc reprendre les versets originaux qui sont à la source, c’est-à-dire précisément les versets de La Mecque, mais ceux-ci sont abrogés, ce qui fait de l’islam une religion de l’épée.

Q. – De nombreux observateurs et analystes parlent pourtant d’un islam modéré.

R. – L’islam modéré est une hérésie mais nous devons faire la distinction entre l’idéologie et les personnes, la majeure partie des musulmans sont des gens très ouverts, gentils et modérés. Mais l’idéologie présentée dans les manuels scolaires est quant à elle radicale. Chaque vendredi, les enfants entendent la prédication de la mosquée qui est une incitation permanente: celui qui quitte la religion musulmane doit être puni de mort, il ne faut saluer ni une femme ni un infidèle. Heureusement cela n’est pas mis en pratique mais les frères musulmans et les salafistes souhaitent en revanche appliquer cette doctrine, les musulmans modérés n’ont pas voix au chapitre et le pouvoir se trouve dans les mains de ceux qui prétendent interpréter l’orthodoxie et la vérité.

Ceux qui ont le pouvoir aujourd’hui, ce ne sont pas les musulmans qui ont pris dans l’islam ce qui était compatible avec la modernité et avec la vie commune avec d’autres populations mais bien les musulmans radicaux, ceux qui appliquent une interprétation littérale et parfois instrumentale du Coran et qui refusent tout dialogue.

Q. – Mais en agissant de la sorte, ils nient l’œuvre de tous les grands penseurs musulmans comme Avicenne ou Al-Ghazali.

R. – Oui, et c’est là le point sensible. La réforme qui s’est produite dans l’histoire de l’islam a été réfutée. par exemple, le calife abbasside El Maamoun né à Bagdad en 786 et mort à Tarse en 833, disciple des mutazilites, les rationalistes de l’islam, a bien tenté une réforme mais qui se souvient de lui aujourd’hui? Ce qui a prévalu, c’est l’islam fermé et rigoriste de Mohammed ibn Abd al Wahhab. La dernière réforme en date fut celle tentée par le cheikh Mahmoud Taha au Soudan, qui a été cependant pendu sur la place de Karthoum parce qu’il affirmait que les versets de La Mecque devaient abroger ceux de Médine.

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

Source : (Traduction) Diakonos.be

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 08:10
Catholique ? Impossible de voter Fillon !

Benoit XVI, dans Sacramentum Caritatis, rappelle, au point 83 « […] le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d’éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes. Ces valeurs ne sont pas négociables. »

 

Qu’ajouter de plus ? Ces points non négociables étaient déjà énoncés pour qui veut les chercher dans de nombreux textes papaux, que ce soit chez Paul VI, Jean-Paul II ou bien Pie XII, pour ne citer qu’eux.

 

Or, qu’avons-nous ici ? Un candidat qui, au nom du « progrès », refuse de revenir sur la recherche embryonnaire et rappelle avoir toujours été fer de lance de ce « progrès ». Un candidat qui refuse de revenir sur le mariage homosexuel (l’argument du changement des conséquences sur la filiation est un leurre : le principe d’égalité devant la loi fera sauter la filiation simple). Un candidat qui s’affirme être à titre personnel contre l’avortement mais refuse la moindre modification de la loi.

Un candidat très timide sur le délit d’entrave à l’IVG : « Si les sites sont en contradiction avec les lois républicaines, ils doivent être interdits. »

 

En somme, un candidat qui va à l’encontre de tout ce en quoi les catholiques croient.

Mais alors, comment se fait-il que des groupes comme Sens commun et le PCD soient ralliés à François Fillon, ainsi qu’un nombre important de catholiques ?

Cela s’explique par le leurre économique. L’économie est devenue, dans notre société consumériste, l’alpha et l’oméga de la politique française. Chaque personne, chaque électeur n’est plus qu’un maillon au service de l’économie française. Plus personne n’a de place particulière, chacun est remplaçable. Il est temps de remettre cet outil à sa place. Parce que c’est bien un outil, pas une finalité. La finalité, c’est le bien commun.

Source: Catholique ? Impossible de voter Fillon ! , Boulevard Voltaire, 4 avril 2017

Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum caritatis du pape Benoît XVI aux évêques, aux prêtres, aux diacres aux personnes consacrées et aux fidèles laïcs sur l'eucharistie source et sommet de la vie et de la mission de l'église, # 83. Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 22 février 2007, fête de la Chaire de saint Pierre Apôtre.

Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum caritatis du pape Benoît XVI aux évêques, aux prêtres, aux diacres aux personnes consacrées et aux fidèles laïcs sur l'eucharistie source et sommet de la vie et de la mission de l'église, # 83. Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 22 février 2007, fête de la Chaire de saint Pierre Apôtre.

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 15:23

Eric Zemmour était l'Invité de l'association "ESCP Europe". Un des porte-parole de la dite association a introduit le débat, en affirmant vouloir en appeler "en permanence au respect de la parole de chacun" et avoir "l'intime conviction que lorsque nous avons des divergences, le dialogue demeure la plus puissante de nos forces et l'aveuglement le plus grand de nos vices".

Belle parole. Pourtant, après quelques instants, un autre porte-parole a fait une présentation plus brutale du journaliste qualifié de polémiste "misogyne, homophobe, raciste et islamophobe". Avouons que l'"ESCP Europe" eut pu faire mieux en termes de "dialogue" !

Un autre porte-parole répond encore que "ce portrait n'est bien évidemment pas exhaustif et peut sûrement paraître réducteur, tout comme nombre de vos prises de positions, mais c'est ce qui fait votre singularité" !

Bref, quoiqu'il en soit de ce "dialogue" bien curieux, Eric Zemmour a donné une petite leçon d'histoire, de culture et de civilisation française à un jeune public, visiblement peu au fait de ces développements...

Préalablement au "débat", Eric Zemmour a répondu :

 

"Ce que je regrette, c'est la dégradation de ce débat. Et justement, la réduction de ce que Philippe Muray appelait la 'cage aux phobes', et qu'un de mes portraitistes a parfaitement résumé... Ca, ce n'est pas de la politique, c'est de la morale. Je ne fais pas moi-même de la morale et ne donne pas de leçon de morale à mes adversaires. Je ne suis pas un prêtre déguisé en gauchiste libéral-libertaire... Simplement, j'essaie de voir la réalité, de voir ce que je vois, comme disait Péguy. Et c'est ce que mes adversaires ne font pas."

Sur "l'incompatibilité entre l'islam et la démocratie française" :

 

"Il faut d'abord bien comprendre une chose. L'islam n'est pas le catholicisme. On nous raconte un discours lénifiant sur les 'religions du livre', qui est une expression de propagande de l'islam. Il n'y a pas de religion du livre. Le christianisme est une religion de l'Incarnation, le judaïsme est la religion de l'alliance. Seul l'islam est la religion d'un livre, le coran.

 

Seul l'islam a une religion du livre parce que seul l'islam a un texte qu'il estime dicté directement par Dieu aux hommes [Ce n'est pas le cas ni dans le judaïsme ni dans le christianisme où les livres de la Bible ont tous été écrits par des hommes. Ndlr.]. C'est ce que l'on appelle un texte incréé, qui ne passe donc par la médiation humaine et qui ne tolère pas l'interprétation. Et à partir du moment où vous ne tolérez pas l'interprétation, vous avez un texte absolument fermé, totalitaire, qui méconnaît et interdit toute individualité, et oblige tout individu à se soumettre à la loi du groupe, qui est la loi religieuse. C'est la différence fondamentale entre l'islam et le christianisme.

 

Et à partir de là, les conséquences sont absolument évidentes : c'est-à-dire que l'islam ne connaît pas la différence entre le temporel et le spirituel. Il n'y a pas d'empereur et de pape. Il n'y a pas cette rivalité entre les deux pôles du pouvoir tout au long de l'histoire. Il y a un empereur, qui est calife et qui est aussi chef religieux. Tout part de Mahomet, et Mahomet est chef de guerre, Mahomet est prophète, Mahomet est chef politique. Donc, dès le départ, il y a une fusion, et je dirais une confusion entre tous les pouvoirs [assumés sur une même tête. Ndlr.] ... qui interdit toute évolution vers un régime démocratique. D'ailleurs, vous verrez que dans tous les pays arabo-musulmans, il n'y a pas de démocratie.

 

Pourquoi c'est incompatible avec la démocratie, je viens de vous l'expliquer et pourquoi c'est incompatible avec la France, tout simplement parce que la France est un pays de culture chrétienne. Et il y a un affrontement que je crois irréductible depuis l'origine des temps, depuis l'apparition de l'islam entre le christianisme et l'islam. Et l'islam est une religion conquérante depuis l'origine, qui ne supporte de vivre avec les autres religions que lorsque celles-ci sont soumises à elle. Toute l'histoire de l'islam atteste cela.

 

On nous a inventé une cohabitation heureuse dans les années 1980 à propos de l'Espagne du Moyen-Âge islamisée. L'Espagne de Cordoue, de l'Andalousie était une Espagne conquise par l'islam où les Chrétiens et les Juifs étaient des personnages de seconde zone. Seulement l'islam a eu l'intelligence d'utiliser les compétences des personnes d'autres religions, compétences qu'il n'avait pas, et il les utilisait pour gérer son empire immense. Cela ne veut pas dire qu'il considérait ces religions comme ses égales.

 

Lire : L'Espagne musulmane et le mensonge de la cohabitation heureuse

[Quelques martyrs chrétiens victimes de l'islam Al-Andalous: les saints Olive, Euloge de Cordoue, Rodrigue et Salomon, Nathalie, Aurèle et leurs compagnons, Parfait de Cordoue, Flora et Maria, Laure de Cordoue, Fandilas. NDCR.]

 

[...] Sémantiquement, le mot 'islamisme' lui-même a été inventé au 18e siècle uniquement pour s'aligner phonétiquement sur les autres religions, christianisme, judaïsme, bouddhisme, etc. Et dans les années 1980, la distinction a été inventée, justement, pour protéger l'islam. Qu'est-ce que l'islamisme ? C'est la mise en acte politique de l'islam. Et qu'est-ce que l'islam ? L'islam est un code civil, c'est un Etat. C'est un système juridico-politique depuis sa naissance et donc qui ne peut pas ne pas être un système qui régente entièrement la vie de la société. Cela n'existe pas. L'islamisme n'étant que la mise en oeuvre de ce projet islamique. 'Un islamiste est un musulman impatient' : cette phrase n'est pas de moi, elle est de Boualem Sansal, grand écrivain, qui connait cette religion un peu mieux que les gauchistes islamophiles.

Sur "les Croisades" :

 

"Premièrement, l'Eglise a été belliqueuse et conquérante, elle l'a été en l'occurence avec l'islam, pour réagir à l'invasion islamique: les Croisades ne sont qu'une réponse à la première invasion islamique.

 

Deuxièmement, je répète, il y a une différence fondamentale essentielle entre le christianisme et l'islam. Jésus dit deux choses. 'Mon royaume n'est pas de ce monde'; et 'rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu'. 'Mon royaume n'est pas de ce monde' : c'est-à-dire qu'il déplace le millénarisme juif en-dehors de la cité terrestre. [Le millénarisme messianique juif attendait un Messie qui assumait sur sa seule tête le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel. Ce n'était pas dans les projets de Dieu. Mon Royaume n'est pas de ce monde ne signifie pas que la royauté de Dieu ne s'exerce pas sur ce monde, mais que sa royauté ne s'origine pas DE ce monde : "mon Royaume ne vient pas DE ce monde", "mon Royaume ne tire pas son ORIGINE DE ce monde". Voilà le vrai sens de de cette parole du Christ et que l'on retrouve dans la fête du Christ-Roi. Sinon ce serait un blasphème que de dire que la royauté de Dieu ne s'exerce pas sur le monde]. 'Rendez à César' : il fonde la laïcité. Ces deux principes n'existent pas en islam. Donc, un, l'islam voudra le messianisme ici et maintenant, d'où la guerre permanente. Et deux, il n'a pas de rendez à Dieu ce qui appartient à Dieu, donc il ne peut pas instaurer de laïcité." [Remarquons que la république dite française où le gouvernement exerce le pouvoir politique et le contrôle de la religion via le ministère des cultes tend à confondre, elle aussi, comme l'islam, pouvoir et religion, mais dans une confusion où le temporel domine le spirituel. Ndlr.]

A la question "quelle doit être la place du catholicisme aujourd'hui en France ?", Eric Zemmour répond :

 

"Je pense que le catholicisme est à l'origine de la France, et que sans l'Eglise catholique il n'y aurait pas de France. C'est l'Eglise catholique qui a désigné les premiers rois, qui les a façonnés, a façonné le paysage politico-religieux et culturel du pays. Donc, si vous voulez, il y a une espèce de prééminence intellectuelle, historique, culturelle, du catholicisme sur les autres religions, qui doit s'affirmer culturellement.

Sur la déclaration des droits de l'homme de 1789 :

 

"Les juges ont pris cette déclaration des droits de l'homme de 1789 pour l'intégrer dans le droit positif [C'est de Gaulle qui l'a fait en insérant et donc en constitutionnalisant la déclaration des droits de l'homme dans le préambule de la constitution de la IVe république du 27 octobre 1946. Ce n'est donc pas uniquement les juges, seuls, qui l'ont fait. Ndlr.]. Cela ne s'était jamais fait. Ce n'était pas fait pour cela. Quand les Constituants ont établi la déclaration de 1789 ce n'était pas pour en faire des principes de droit positif, ce n'était pas pour qu'un juge vienne décréter ce qu'il fallait faire au pouvoir politique, à partir d'un article qu'il aurait tiré de la déclaration des droits de l'homme. C'est un abus de pouvoir de la part du juge. Moi j'appelle cela un putsch de la part du juge. Et je pense que les révolutionnaires les auraient guillotinés parce qu'ils se souvenaient des abus des parlements d'Ancien régime (tenus par les juges de l'Ancien Régime Ndlr.) qui avaient fait tomber la monarchie. [1] Robespierre disait 'le juge est la bouche de la loi.'  C'est-à-dire qu'il n'a pas le droit d'interpréter. Alors imaginez donc s'il avait autorisé qu'un juge vienne prendre d'un texte éminemment politique et même philosophique, des principes de droit qu'il va inventer, en vérité. C'est ce que le grand professeur de droit Georges Lavau appelle 'la fonction prophétique' que se sont arrogée les juges.

Moi je pense que les juges sont revenus (je parlais des Parlements d'Ancien Régime, c'est exactement la même chose) à une conception religieuse des droits de l'homme. Et ils se sont fait les prêtre de cette religion... Je répète, pour moi, c'est un putsch.

 

Dernière chose, en plus, poursuit Eric Zemmour, ils (les juges) ont tiré les principes de la DDH 1789 avec un axe fondamental qui est la non-discrimination, principe fondateur de toute la jurisprudence. Et je pense que là aussi, c'est du moralisme, c'est une religion.

[...] Si l'Etat ne peut plus discriminer entre les citoyens et les étrangers il n'y a plus de nation. Parce que la nation repose précisément sur la différence entre les nationaux et les étrangers.

Le juge va plus loin. Il demande à tous, les citoyens, de ne pas discriminer. Et le principe de non-discrimination poussé à l'extrême est un principe scandaleux quand il s'adresse aux personnes. C'est de la morale. On fait de la morale aux gens.... C'est-à-dire par exemple qu'on va expliquer qu'il ne faut pas refuser d'employer une personne parce qu'elle est noire, jaune, etc., mais on ne va jamais interdire à un restaurant chinois de n'embaucher que des asiatiques. La non-discrimination, c'est très bien, mais c'est une valeur morale qui n'a pas à devenir une valeur juridique. Sinon cela signifie que nous avons établi des principes quasi-religieux. La morale a remplacé le droit. Je m'élève contre tout ça. Je ne m'élève pas contre la déclaration des droits de l'homme et du citoyen."

Sur le "burkini" :

 

"Dans les pays arabo-musulmans, le burkini a apparu il y a une dizaine d'années, maintenant elles sont toutes voilées à la plage. Vous allez en Egypte, vous allez dans tous les pays arabes c'est comme cela. Il y a dix ans, personne ne le portait. C'est un objet religieux.

 

Que disent les associations de défense du burkini ? 'C'est la liberté, c'est la liberté individuelle. C'est-à-dire qu'une religion qui ne connaît pas la liberté individuelle excipe de notre liberté pour imposer et pour dominer l'espace public."

 

[...] Je pense qu'il faut interdire tout signe religieux dans la rue. Je ferais une exception pour les prêtres et les bonnes soeurs puisque ce sont des professionnels de la religion, cela n'a rien à voir avec des gens comme vous et moi."

Sur la "décadence de la société" et les "forces obscures qui orchestreraient ces évolutions?"

 

"Incontestablement, répond Eric Zemmour, pour moi, nous sommes en décadence. Décadence littéraire, décadence artistique, décadence politique, décadence même dans la famille. J'assume très bien ce concept.

 

Forces obscures, je ne dirais pas cela. Evidemment, il y a des gens qui ont des opinions différentes des miennes et qui essayent de faire avancer leurs visions politiques et idéologiques, il y a des groupes très puissants et qui le font. Il y a des groupes, qui se réunissent, oui, et essaient d'agir sur l'organisation du monde. Il y a des gens qui financent comme Georges Soros ou Pierre Bergé, Je n'appelle pas cela des forces obscures. Il y a toujours eu des combats idéologiques dans le monde, et c'est la loi de l'histoire.

 

[...] Sur la décadence. Moi je fais le même constat pessimiste (que Michel Onfray), mais j'ai décidé de me battre, même si je crois le combat perdu. [La mentalité européenne est bien trop éloignée de la soumission de l'islam pour l'accepter. Toute l'histoire de l'Europe depuis l'apparition de l'islam le montre. Au contraire tout indique que notre continent verra un nouveau développement du christianisme conservateur. On le voit déjà dans les pays de l'Est et de l'ancienne Urss où, après 70 ans de communisme, le christianisme "orthodoxe" est en plein développement. Ndlr.]

Sur la "culture" :

 

"J'ai l'impression d'entendre Emmanuel Macron 'il n'y a pas de culture française'... Mais je pense moi qu'il y a une culture française, qu'il y a une civilisation française, qu'il y a un mode de vie français, oui, qui s'est construit, oui, à partir du christianisme, mais pas seulement, évidemment à partir aussi de la romanisation, de la disciple grecque. C'est, vous savez, la fameuse phrase de Paul Valéry : 'J'appelle européen, toute terre qui a été christianisée, romanisée et soumise à la discipline des Grecs.' Voilà, c'est cela la France.

Eric Zemmour à l'"Escp Europe" : "il y a une espèce de prééminence intellectuelle, historique, culturelle, du catholicisme sur les autres religions, qui doit s'affirmer culturellement"

Notes

 

[1] Sur les abus et les obstructions systématiques des juges des parlements d'Ancien Régime aux tentatives de réforme royale, lire sous la plume de Jean-Louis Harouel in Les révolutions françaises, Sous la Direction de Frédéric Bluche et Stéphane Rials, Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée 1989, le chapitre "La pré-Révolution 1788-1789". Rappelons notamment ici que les juges des parlements d'Ancien Régime s'appropriaient le rôle de "représentant de la nation" au XVIIIe siècle, un rôle qu'ils n'avaient pas (ils usurpaient la souveraineté) et qu'ils étaient très loin d'avoir dans le peuple. Un rôle qu'aujourd'hui ils ne devraient toujours pas avoir, si l'on vivait réellement dans une "démocratie".

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 07:30

"Que nul, quand il est tenté, ne dise : 'Ma tentation vient de Dieu'. Car Dieu ne peut être tenté de faire le mal et ne tente personne. Chacun est tenté par sa propre convoitise, qui l'entraîne et le séduit." TOB, Jc., 1, 13-14.; "Que nul, s'il est éprouvé, ne dise : 'C'est Dieu qui m'éprouve.' Dieu en effet n'éprouve pas le mal, il n'éprouve non plus personne. Mais chacun est éprouvé par sa propre convoitise, qui l'attire et le leurre." Bible de Jérusalem, Jc., 1, 13-14. Le Vatican avait donné son autorisation, la nouvelle traduction française de la Bible devait paraître le 22 novembre 2013 avec une meilleure traduction notamment du "Notre Père"... Cela devrait être chose faite en décembre 2017.

Le "Notre Père" nouveau en vigueur en décembre

La modification du "Notre Père" devrait finalement entrer en vigueur le 3 décembre prochain, selon une décision des évêques de France réunis cette semaine à Lourdes.

 

Fini le "ne nous soumets pas à la tentation". Bientôt, les catholiques diront "ne nous laisse pas entrer en tentation". Cette nuance dans le "Notre Père" qui a fait couler beaucoup d'encre devrait finalement entrer en vigueur, après un ultime report, le 3 décembre. Ainsi en ont décidé les évêques de France réunis cette semaine à Lourdes en assemblée plénière de printemps, a annoncé la conférence épiscopale vendredi. "L'entrée en vigueur de la nouvelle traduction du 'Notre Père' dans toute forme de liturgie publique" aura lieu "le premier dimanche de l'Avent 2017", qui ouvrira le 3 décembre la nouvelle année chrétienne, précise le communiqué.

 

Les nouvelles bibles utilisées à partir du 5 mars. La première traduction intégrale en français de la Bible liturgique a été validée par le Vatican à l'été 2013. Mais ce feu vert est resté sans effet à ce jour sur la manière de réciter la plus célèbre prière chrétienne à l'église, où c'est le missel (livre de messe) qui a cours.

 

Les nouveaux livres liturgiques devaient être utilisés à partir du 5 mars dernier (1er dimanche de carême) mais cette mise en oeuvre avait subi un énième report, en raison d'ultimes divergences de vue entre les conférences épiscopales francophones et la Congrégation pour le culte divin à Rome.

 

Faire du créateur un protecteur bienveillant. Le sixième et avant-dernier verset du "Notre Père" avait suscité d'intenses débats théologiques ces dernières années. Exit, ont finalement décidé les évêques, "ne nous soumets pas à la tentation", qui laissait penser que les fidèles étaient poussés par leur dieu lui-même sur la pente glissante du péché. Place à "ne nous laisse pas entrer en tentation", qui érige plutôt leur créateur en protecteur bienveillant.

 

Un changement validé par les Protestants. L'Église protestante unie de France (EPUdF), qui réunit luthériens et réformés, a elle aussi validé ce changement, lors de son synode national du printemps 2016. Il se peut toutefois que les fidèles peinent à modifier des habitudes bien ancrées: la version actuelle est utilisée depuis un demi-siècle, à la suite d'un compromis œcuménique passé en 1966, dans la foulée du concile Vatican II.

Source: Le "Notre Père" nouveau, moins tentateur, en vigueur en décembre, Europe 1, 16h46, le 31 mars 2017, modifié à 17h29, le 31 mars 2017

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 16:41

Les archéologues disent qu'ils n'ont pas encore trouvé la preuve archéologique directe de Jésus-Christ, mais ils s'en rapprochent chaque jour davantage...

 

Voici une présentation des découvertes.

 

En 1962, on a retrouvé une plaque du IIIème siècle avant J.C, gravée en hébreu et portant le nom du village de Nazareth...

 

En 1888, la piscine de Bethesda, dite la "piscine aux 5 portiques" décrite dans l'évangile de S. Jean lorsque est racontée la guérison du paralytique, a été retrouvée à l’endroit situé par S. Jérôme en 372 et S. Eusèbe en 332.

 

Source: http://www.livescience.com/39661-biblical-era-town-discovered-sea-of-galilee.htmlEn 1961, on a prouvé l'existence de Ponce Pilate, le préfet romain qui a condamné Jésus à mort, en retrouvant une plaque comportant son nom et son titre... dans les ruines de Césarée maritime.

 

En 2013, la ville des temps bibliques "Dalmanoutha", mentionnée dans l'Evangile selon saint Marc (Mc 8:10) a été retrouvée par une équipe de l'Université de Reading (Royaume-Uni). C'est le lieu de la Mer de Galilée (ou "Lac de Tibériade") située à plus de 200 m au-dessous du niveau de la mer et traversée par le fleuve Jourdain. C'est également le lieu du baptême de Jésus par saint Jean-Baptiste, et où le Christ navigua avec ses disciples après le miracle de la multiplication des pains. En 1986, le lieu où le bateau appelé "barque de Pierre" ou "barque de Jésus a été retrouvé est le lieu de l'ancienne Dalmanoutha découverte en 2013.

 

Aujourd'hui, voici la découverte d'une cage funéraire de calcaire décorée de façon intime, appartenant à un descendant du grand prêtre Caïphe, connu dans le Nouveau Testament pour son implication dans la livraison de Jésus à Ponce Pilate...

De nouvelles découvertes archéologiques sur la vie à l'époque de Jésus

Ustensiles de cuisine, bijoux, ossuaires avec des inscriptions hébraïques... Des dizaines d'objets datant du Ier siècle retrouvés dans la région de Jérusalem et en Galilée permettent aux historiens de mieux comprendre la vie au temps de Jésus-Christ. [1]

 

Que sait-on exactement de Jésus? Des dizaines d'objets datant du Ier siècle présentés, dimanche 19 mars, par l'autorité des antiquités israéliennes font partie des découvertes archéologiques récentes qui rendent plus compréhensibles aux historiens la vie à l'époque de Jésus-Christ, selon un responsable.

 

Parmi les objets découverts dans la région de Jérusalem et en Galilée, où, selon la tradition, Jésus a vécu, figurent des vases, des ustensiles de cuisine, des bijoux, des restes de pressoir à vin, des ossuaires avec des inscriptions hébraïques et des clous ayant servi à des crucifixions.

 

«Maintenant nous pouvons décrire de façon très précise la vie quotidienne de cette époque, de la naissance, à travers les habitudes alimentaires, les voyages effectués, et jusqu'à la mort avec les rites funéraires», explique à l'AFP Gideon Avni, directeur de la division archéologique des Antiquités israéliennes.

 

«Ces 20 dernières années, nous avons fait un bond dans la compréhension du mode de vie de Jésus et de ses contemporains», indique-t-il. «Chaque semaine, de nouveaux éléments sont découverts et permettent de mieux connaître cette période». Ainsi, «nous retrouvons sur des ossuaires des noms de personnalités connues grâce aux textes de cette époque», dit le professeur Avni.

[2]

[2]

En avant de Pâques, l'autorité d'antiquités d'Israël a ouvert dimanche son vaste entrepôt aux journalistes pour un coup d'oeil sur les artefacts déterrés du temps de Jésus. Les experts disent qu'ils n'ont pas encore trouvé la preuve archéologique directe de Jésus-Christ, mais ces dernières années ont trouvé une richesse de matériel qui aide à remplir la compréhension des historiens de la façon dont Jésus peut avoir vécu et est mort.

 

"Il y a de bonnes nouvelles", a déclaré Gideon Avni, chef de la division archéologique de l'Autorité des antiquités d'Israël. "Aujourd'hui, nous pouvons reconstituer très exactement beaucoup, de nombreux aspects de la vie quotidienne du temps du Christ."

 

Israël est l'un des endroits les plus fouillés de la planète. Quelque 300 fouilles ont lieu chaque année.

 

Environ 40 000 artefacts sont déterrés chaque année en Israël. Un tiers de toutes les antiquités trouvées attestent de l'ancienne présence chrétienne en Terre Sainte, déclare Avni. Les historiens savent maintenant combien de temps il a fallu pour voyager entre les villes et les villages où Jésus a prêché, et à quoi ressemblaient ces endroits à l'époque.

 

Avni a déclaré que la connaissance de la période a avancé au cours des 20 dernières années. "Nous pouvons reconstituer précisément ce à quoi ressemblait le pays", a t-il dit.

 

Dans un entrepôt lumineux de 5 000 mètres carrés rempli de piles de cruches anciennes et de poteries, ce que l'Autorité des Antiquités appelle sa grotte "Ali Baba" des anciens trésors, les fonctionnaires ont présenté sur une simple table blanche les découvertes du temps de Jésus.

 

Il y avait des gobelets et des plats de calcaire bien conservés, largement utilisés par les Juifs en Terre Sainte à l'époque dans le cadre de leur stricte pratique afin d'assurer la pureté rituelle de leur nourriture. Il y avait une cage funéraire de calcaire décorée de façon intime, appartenant à un descendant du grand prêtre Caïphe, connu dans le Nouveau Testament pour son implication dans la livraison de Jésus aux autorités romaines qui l'ont crucifié. Dans les temps anciens, les familles recueillent les os du défunt et les placent dans des boîtes appelées ossuaires.

Christ devant Caïphe (de Matthias Stom)

Christ devant Caïphe (de Matthias Stom)

Ils ont également présenté une réplique d'un artefact majeur situé au musée israélien de Jérusalem - un os de talon percé d'un clou de fer avec des fragments en bois à chaque extrémité, découvert dans une boîte de sépulture juive du nord de Jérusalem datant du 1er siècle après J.-C. C'est jusqu'à ce jour la seule preuve trouvée d'une victime de crucifixion romaine enterrée selon la coutume juive. Cela a aidé les archéologues à reconstruire comment l'homme était crucifié, avec ses pieds cloués sur les côtés de la croix. Avni a dit que Jésus peut avoir été crucifié de la même manière, contrairement à la façon dont la crucifixion est représentée dans l'art chrétien traditionnel.

 

A côté des boîtes de carton marquée "os" de Bethsaïda du Nouveau Testament, un énorme bloc de pierre était posé sur une caisse en bois sur le plancher de l'entrepôt. La pierre porte une description taillée apparente du deuxième Temple juif, a été découverte en 2009 sur le site d'une ancienne synagogue des rives de la mer de Galilée. Les archéologues ont suggéré que Jésus aurait prêché dans la synagogue.

 

Avni a dit qu'il n'y a aucune raison de croire que Jésus n'existait pas simplement parce que les archéologues n'ont pas trouvé de preuve physique de lui. "Il faut se rappeler que le Christ était l'un parmi plus d'un million de personnes vivant en cette période en Terre Sainte", a t-il dit.

Yisca Harani, une érudite israélienne du christianisme, a déclaré que le manque de preuve physique de Jésus est un "mystère trivial".

 

"Pourquoi attendre dans l'antiquité qu'il y ait des preuves de son existence?" Demande Harani. "C'est la réalité de la vie humaine, que soit des dirigeants, soit des militaires ont leur mémoire inscrite dans la pierre et des artefacts."

 

Elle a dit que ce qui restait de Jésus "sont ses paroles". [3]

Source: https://apnews.com/2922e74d3ebb4c83bd80eb128b4fbb47

Source: https://apnews.com/2922e74d3ebb4c83bd80eb128b4fbb47

Source: https://apnews.com/2922e74d3ebb4c83bd80eb128b4fbb47

Source: https://apnews.com/2922e74d3ebb4c83bd80eb128b4fbb47

Sources:

 

[1] De nouvelles découvertes archéologiques sur la vie à l'époque de Jésus, Par lefigaro.fr , AFP, AP, Reuters Agences Mis à jour le 20/03/2017 à 11:22 Publié le 20/03/2017 à 11:15

[2] Israël : des découvertes archéologiques éclairent sur la vie à l'époque de Jésus, Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox, Mis à jour le 19/03/2017 à 17H24, publié le 19/03/2017 à 17H23

[3] In an Israeli warehouse, clues about Jesus' life and death, APNews, By Daniel Estrin

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 10:57
Déposition du pape : Colloque international à Paris le 30 et 31 mars 2017

Des avocats, des théologiens et des savants du droit canon se réuniront à Paris dans deux semaines pour discuter d'un sujet qui n'a jamais été au centre d'une conférence catholique: Comment déposer un pape hérétique.

Intitulé Déposition du pape : Lieux théologiques - Modèles canoniques - Enjeux constitutionnels, la conférence cherche à explorer les mécanismes qui sont construits dans l'église catholique pour traiter avec un pape qui enseigne ouvertement le mensonge et même l'hérésie.

Le conférencier sera le Professeur Laurent Fonbaustier de l'Université de Paris qui a publié un livre de 1200 pages l'année dernière sur le thème intitulé La Déposition du Pape Hérétique.

La conférence comprend 15 conférenciers qui donneront un éventail de conférences sur le sujet avec des titres tels que "Le conciliarisme et la déposition d'un Pape à travers le prisme du gallicanisme", "La Chute du Pape : Entre Renonciation et Déposition", "La déposition de Jean XXII et de Benoît XIII à Constance, 1415-1417".

Les professeurs Nicolas Warembourg et Cyrille Dounot, deux des 45 universitaires catholiques qui ont adressé en juin dernier un appel au doyen du Collège des cardinaux à Rome, demandent une répudiation des propositions erronées qu'ils ont trouvées dans l'exhortation du pape Francis Amoris Laetitia.

Le groupe des 45 universitaires catholiques a déclaré que l'exhortation du pape présentait "des dangers pour la foi et la morale catholiques" car elle "contient un certain nombre de déclarations qui peuvent être comprises dans un sens qui est contraire à la foi catholique et la morale.

La conférence arrive après quatre ans de François à la barre de la Barque de Pierre. Pendant ce temps, le Pape et les personnes qu'il a mises dans des postes clés ont dirigé l'Église dans une direction qui aurait été impensable pour les fidèles catholiques sous les deux précédents pontificat de Jean-Paul II et du pape Benoît XVI. 

Les discours ambigus de François et surtout ses écrits pontificaux ont retourné cardinal contre cardinal, évêque contre évêque, fidèle laïc contre fidèle laïc. La confusion doctrinale a donné lieu à la publication de directives pastorales basées sur ses écrits et qui permettent la distribution de la Sainte Communion à ceux qui vivent dans l'adultère.

 

LIRE: Ils ont donné au pape François quatre ans pour "refaire l'Église". Voici comment ils ont essayé.

 

En novembre dernier, le vaticaniste Giuseppe Nardi a rapporté qu'une étude théologique de 1975 du savant laïc brésilien Arnaldo Vidigal Xavier de Silveira faisait le tour dans le Vatican. Le profane a examiné dans son ouvrage intitulé L'hypothèse théologique d'un pape hérétique s'il est possible pour un pape d'être ou de devenir un hérétique, et si oui, quelles conséquences en découleraient.

Nardi a déclaré : "Trois ans et demi après le début de son pontificat, le pape François a atteint ses limites. L'impression laissée par ses gestes et paroles, d'une intention latente de changer la doctrine de l'Église doit à un moment ou prendre une forme définie ou bien s'effondrer", écrivait-il alors.

"François se trouve coincé par l'atmosphère même qu'il s'est lui-même chargé de créer. Il ne s'agit plus d'un énoncé spontané de ceci ou cela, qui reste improvisé et non contraignant. Son travail pastoral et ses qualités de leader, qui exigent un sens de la responsabilité et un caractère exemplaire, atteignent leurs limites. Cela pourrait faire manquer le pontificat de François [...]", a-t-il ajouté.

La conférence a lieu trois mois après que le cardinal Raymond Burke a donné un entretien dans lequel il a expliqué que si un pape devait "professer officiellement l'hérésie, il cesserait, par cet acte, d'être le pape".

Burke a déclaré lors de l'entretien de décembre 2016 qu'il y avait un processus au sein de l'Église pour faire face à une telle situation, ajoutant son espoir que "nous n'en serons pas témoin à tout moment bientôt."

En décembre également, l'avocat de droit canon américain Edward Peters a abordé la question de ce qui pourrait être fait si un pape était jugé hérétique.

Peters écrit que la "question cruciale" du point de vue d'un canoniste est "qui déterminerait si un pape donné est tombé dans l'hérésie" puisque le Canon 1404 indique que le "Premier n'est jugé par personne."

Il trouva cependant dans la tradition canonique que si un concile général déterminait qu'un pape avait commis une hérésie, il se serait effectivement coupé de la vigne véritable, renonçant ainsi à son office.

Peters commente: "... si éloigné soit-il de la possibilité pour un pape de tomber dans l'hérésie et si difficile soit-il de savoir si un pape y est tombé, une telle catastrophe, Deus vetet [Dieu l'interdit], entraînerait la perte de l'office papal."

L'emplacement de la conférence prochaine est important, rapporte Church Militant. C'est dans les années 1300 que l'Université de Paris a exploré la question de savoir ce que l'on pourrait faire avec le pape hérétique Jean XXII, qui a nié la doctrine selon laquelle les âmes des justes étaient admises à la vision béatifique après la mort, une position qu'il rétracta sur son lit de mort.

Source image du colloque international : https://univ-droit.fr/actualites-de-la-recherche/manifestations/22670-la-deposition-du-pape

Source image du colloque international : https://univ-droit.fr/actualites-de-la-recherche/manifestations/22670-la-deposition-du-pape

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 18:18
Les chrétiens “conservateurs” sur le plan théologique ont davantage de succès que les libéraux

Les chrétiens “conservateurs” sur le plan théologique ont davantage de succès que les libéraux. Et ceci se vérifie autant pour les communautés catholiques que protestantes. Telle est la conclusion d’une étude menée au “Redeemer University College” d’Anaster au Canada. Le professeur Kevin Flatt, l’un des auteurs de cette étude, en a présenté le contenu dans le “Catholic Word Report”.

Son travail a porté essentiellement sur des ordres et des communautés religieuses de l’Eglise catholique. Il a relevé que les institutions qui s’appliquent à vivre selon des règles religieuses traditionnelles, où l’on conserve le port d’un habit religieux, qui restent fidèles aux enseignements de l’Eglise, ont davantage de nouvelles recrues, souvent jeunes. D’après ceux qui ont collaboré à l’étude, cette tendance (qui ne semble pas plaire au pape François - n.d.l.r. -) remonterait aux années 1980.

A l’inverse, les communautés religieuses qui se sont éloignées du style de vie traditionnel et se sont adaptées à l’évolution du monde séculier sont souvent victimes de défections dans leur rang. Et ce, plus encore dans le monde protestant que dans l’Eglise catholique.

Comment comprendre ces liens de cause à effet ? Si une communauté religieuse veut pouvoir se maintenir au sein d’une culture sécularisée, elle se doit d’élaborer consciencieusement ses choix de vie et d’avoir une identité claire la distinguant nettement des autres groupes et des autres croyances. Quiconque est intimement convaincu de la vérité transmise par le “Credo”, fait confiance au message biblique et se donne pour tâche l’évangélisation, remplit bien ces conditions. Mais les groupes qui remettent en cause ces vérités, qui placent tous les chemins spirituels sur un pied d’égalité et pour qui le mot “dogme” est un gros mot, ces groupes-là ne savent rien répondre lorsqu’on leur pose la question : « Pour quelle raison est-ce que je devrais me lever le dimanche et venir dans ton église ? »

Depuis les années 1960, il est de bon ton, aussi bien chez les protestants que chez les catholiques, de décréter que le christianisme doit s’adapter faute de quoi il finira par disparaître. Mais l’évolution constatée ces dernières décennies montre plutôt le contraire : le christianisme disparaît partout où l’on se soucie de l’adapter sans arrêt aux dernières nouveautés.

 

 

D’après Kathnet (Trad. MH/APL)

Catholic World Report; Pro Liturgia, Actualité du Vendredi, 17 mars 2017

Les chrétiens “conservateurs” sur le plan théologique ont davantage de succès que les libéraux

Traduction de l'article de Kevin Flatt pour "Catholic World Report".

 

Orthodoxie théologique, croissance de l'église et déclin de l'église: observations au Canada

23 février 2017

 

Les catholiques ont l'habitude de voir les années 1960 comme un tournant dans la foi, notamment à cause de l'impact de Vatican II et des interprétations divergentes de celui-ci dans différents milieux. Le bouleversement dans l'église a coïncidé avec des changements sociaux si rapides que les historiens se réfèrent souvent à eux comme une révolution culturelle. Au moins en Amérique du Nord, dans les décennies qui se sont écoulées depuis les années 1960, l'Église catholique a eu plus de difficulté à attirer les gens vers le culte, les ordres religieux et le sacerdoce. L'indifférence envers l'enseignement moral et doctrinal de l'Eglise parmi les catholiques ordinaires a régulièrement augmenté et est maintenant répandue.

 

Parmi les principaux groupes religieux en Amérique du Nord, cependant, les catholiques n'ont pas été les plus durement touchés par les changements des 'années soixante' et leurs suites. Ce prix coûteux appartient principalement aux protestants. [...] Si la situation numérique du catholicisme depuis les années 1960 pouvait être qualifiée de troublée, la situation des églises protestantes principales a été franchement catastrophique.

L'Église méthodiste unie, par exemple, la plus importante des églises protestantes des États-Unis, est tombée de près de 11 millions de membres en 1968 à bien moins de 8 millions en 2009, soit une perte de 29%. Pendant la même période, la population américaine a augmenté de 54%. Les choses ont été encore pires pour l'Église épiscopale, qui a perdu 41% de ses membres dans la même période. De même, l'Église presbytérienne (États-Unis) avait une adhésion de 34% inférieure en 2009 que ses dénominations fondatrices en 1968.

[...] L'Église unie du Canada, issue d'une fusion d'églises méthodistes, presbytériennes et congrégationalistes, a perdu plus de la moitié de ses membres (52%) entre 1968 et 2009. Des tendances semblables peuvent être observées pour les autres églises protestantes du Canada, comme l'Église anglicane du Canada, l'Église presbytérienne au Canada et l'Église évangélique luthérienne au Canada.

De part et d'autre de la frontière, les effectifs tendent à sous-estimer le problème, puisque la fréquentation et l'engagement ont également diminué rapidement et que les autres membres vieillissent de plus en plus en moyenne. La situation est sinistre.

Au milieu de ce désert de déclin, on peut néanmoins trouver quelques oasis de croissance. Ils sont rares, mais au niveau local, il existe des églises protestantes de plus en plus importantes. Qu'est-ce qui les distingue?

 

Une étude canadienne examine la question

 

[...] Après des mois de recherches dans la région la plus densément peuplée du Canada, dans le sud de l'Ontario, nous avons finalement pu trouver neuf églises en croissance provenant des quatre principales dénominations mentionnées ci-dessus (United, Anglican, Presbyterian et Lutheran). Nous avons également trouvé 13 églises rétrécissantes - beaucoup plus faciles à faire - de la même région et des mêmes dénominations que le groupe témoin. Après avoir interrogé plus de 2 200 participants, interviewant 29 membres du clergé et 128 laïcs, et observant les services du dimanche, nous avons pu établir une image claire de ce qui se passait dans les églises en croissance et en déclin.

 

[...] [L]es dénominations protestantes théologiquement conservatrices ou orthodoxes se sont mieux tirées au cours des dernières décennies - dans bien des cas, en croissance - que les dénominations protestantes les plus libérales décrites ci-dessus.

 

(Dans ce contexte, écrit Kevin Fqlatt, "conservateur" ou "orthodoxe" signifie une vue plus élevée de fiabilité de la Bible, une conviction plus forte de la valeur unique du christianisme par rapport à d'autres religions et philosophies, et un respect plus proche des croyances chrétiennes traditionnelles comme la résurrection de Jésus, contrairement aux théologies "libérales" qui ont tendance à considérer la Bible comme un document humain faillible, à faire du christianisme un chemin valable parmi beaucoup d'autres et à prendre une vue sceptique ou métaphorique des déclarations de la foi.)

 

[...] Le conservatisme est un facteur prédictif de la croissance

 

Ce que nous avons constaté, c'est que les églises étaient plus susceptibles de grandir lorsque leur clergé ou laïcs avaient des croyances théologiques plus conservatrices comme défini ci-dessus. Cette relation positive entre le conservatisme et la croissance s'est maintenue même si nous avons corrigé d'autres facteurs pertinents, comme l'âge de l'église, les types de programmes offerts, etc. Nous avons pu confirmer que la théologie importe pour la croissance au niveau local - même au sein du même groupe confessionnel et de la même région.

 

Par exemple, alors que seulement 37% des laïcs de l'église en déclin ont fortement convenu que Jésus était physiquement ressuscité, 66% des laïcs croissants l'ont fait. Lorsqu'on lui a présenté la déclaration "La Bible est le produit de la pensée humaine à propos de Dieu, certains de ses enseignements sont faux ou mal orientés", 66% des laïcs croissants de l'église étaient fortement ou modérément en désaccord, alors que seulement 35% des déchus laïcs l'ont fait.

 

 

[...] En fait, nous avons trouvé un modèle fascinant à travers le clergé et le laïcat des églises: le clergé d'église croissant était le groupe le plus théologiquement conservateur, suivi par les laïcs croissants de l'église. Venaient ensuite les laïcs en déclin, suivis par le clergé d'église en déclin - le groupe le moins théologiquement conservateur. [...]  À notre connaissance, c'est la première fois qu'une étude a révélé ce modèle.

En bref, quand il s'agit de la croissance, la théologie importe, comme nous l'avons mis dans le titre de notre article révisé par les collègues avec ce titre dans l' examen de la recherche religieuse .

Mais pourquoi importe-t-elle? C'est une question plus difficile à répondre, et les experts ont offert de nombreuses théories différentes depuis que le succès relatif des églises plus conservatrices a été mis en évidence par Dean M. Kelley dans son livre de 1972 Pourquoi Églises conservatrices sont en croissance .

Les meilleures explications reconnaissent que les groupes religieux, s'ils veulent rester forts dans une culture laïque avec de nombreuses options religieuses et non religieuses, ont besoin d'une raison d'être et d'une identité claire qui les distingue des autres groupes et systèmes de croyance. Les groupes chrétiens qui croient en la réalité du Credo des Apôtres, la fidélité de l'Ecriture et la nécessité de l'évangélisation ont ces matières premières. Les groupes ou les églises qui ne croient pas à ces choses, mais qui voient toutes les voies spirituelles comme égales et considèrent le dogme comme un gros mot ont du mal à répondre à la question: "Pourquoi me lever un dimanche matin pour aller à votre église ?"

En d'autres termes, les groupes orthodoxes possèdent plus de résistance à la sécularisation que les libéraux.

 

Et le catholicisme?

 

Ce principe s'applique-t-il dans un contexte catholique? Ou est-ce un phénomène uniquement protestant?

Certes, il est facile de trouver des preuves anecdotiques que les jeunes catholiques les plus engagés sont attirés par les formes plus traditionnelles de la foi. Une autre étude que nous avons menée, publiée dans la revue Religious Education , a révélé que c'était le cas lors d'un grand événement de la jeunesse catholique à Toronto.

Mais il existe d'importantes différences culturelles, organisationnelles et théologiques entre le protestantisme et le catholicisme qui rendent difficile l'application directe des résultats de la croissance de l'église aux paroisses catholiques. Par exemple, le modèle paroissial du catholicisme - où les fidèles se rassemblent pour le culte sur la base d'un quartier partagé plutôt que d'une préférence musicale ou d'un prédicateur favori - amortit l'effet de "shopping d'église" pour beaucoup de catholiques, ce qui rend plus difficile pour eux de trier par l'orientation théologique au niveau local.

 

Au lieu de cela, dans le catholicisme, l'impact de l'orientation théologique est susceptible de s'exprimer par d'autres moyens. Un bon test pour l'hypothèse de la croissance orthodoxe dans un contexte catholique est le succès relatif des différents ordres religieux. Comme l'affirment les sociologues Roger Finke et Patricia Wittberg, les ordres religieux (qui englobent généralement divers instituts qui ne sont pas nécessairement des "ordres") ont historiquement joué un rôle dans le catholicisme comme le développement de nouvelles sectes dans le protestantisme. La spiritualité, y compris les mouvements de renouveau et de réforme, mais dans les limites de l'institution de l'Église. Ces ordres peuvent concourir directement aux vocations.

Depuis Vatican II, deux tendances théologiques distinctes sont évidentes parmi les ordres religieux catholiques en Amérique du Nord. Le plus grand groupe, y compris beaucoup des instituts plus établis, a évolué dans une direction plus libérale (théologiquement, socialement et politiquement) en accord avec ce qu'ils considèrent comme "l'esprit" du concile. Ces groupes ont été plus disposés à s'opposer à l'enseignement officiel de l'Église, à laisser derrière eux les habitudes traditionnelles de la tenue vestimentaire distincte et de la vie communautaire, et à donner plus libre cours aux tendances individualistes de la culture nord-américaine.

Un groupe plus restreint d'ordres religieux, de congrégations et de sociétés pieuses, dont beaucoup sont des fondations plus récentes, défendent une forme de catholicisme plus traditionnelle et conservatrice et la vie religieuse. Ils tendent à insister sur la fidélité au Magistère et à suivre des modes de vie et des règles de vie plus traditionnels.

 

Quel groupe fait mieux? Une étude de 2009 sur les vocations à la vie religieuse menée par le Centre de recherche appliquée en apostolat (CARA) à l'Université de Georgetown a conclu que "Les instituts les plus réussis en termes d'attirance et de retenue de nouveaux membres à cette époque sont ceux qui suivent un style plus traditionnel de la vie religieuse ... Ils portent aussi une habitude religieuse, travaillent ensemble dans des apostolats communs et sont explicites sur leur fidélité à l'Église et aux enseignements du Magistère. Toutes ces caractéristiques sont particulièrement attrayantes pour les jeunes qui entrent dans la vie religieuse d'aujourd'hui". Selon une analyse approfondie par le sociologue Finke, la même tendance était également évidente dans les années 1980 et 1990.

 

[...] Orthodoxie et résilience

 

Après que nos recherches sur les églises protestantes aient attiré l'attention des principaux points de presse au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni, certaines personnes ont suggéré que nous utilisions nos données pour justifier l'orthodoxie. Mais le succès est un mauvais jugement de la vérité. La croissance ne prouve pas l'exactitude, ni l'erreur de déclin. De toute façon, il est peu probable que les libéraux changent de position si leurs opinions sont impopulaires, et les conservateurs n'ont pas besoin d'une acclamation populaire pour les confirmer dans leurs convictions.

Ces découvertes ne devraient pas non plus encourager une attitude triomphaliste chez les chrétiens de tendances plus conservatrices ou orthodoxes. Comme le disait avec éloquence Ross Douthat, il n'y a pas si longtemps dans First Things, ce triomphalisme serait à la fois prématuré et maladroit. Ce que ce genre de recherche fait vraiment cependant, est d'éliminer l'argument selon lequel les groupes religieux auraient besoin de diluer leurs croyances ou de les accommoder à la culture laïque dominante pour rester pertinents dans la société d'aujourd'hui. L'argument selon lequel l'Église doit changer ou mourir - où le "changement" signifie abandonner les croyances fondamentales et imiter le monde séculier - a été populaire dans les années 1960 chez les protestants et les catholiques. Nous avons maintenant un demi-siècle de preuves montrant à quel point cette idée était erronée.

 

Au contraire, dans l'environnement social actuel, l'orthodoxie et la résilience tendent à aller de pair. Et pour ceux qui apprécient la fidélité à la "foi une fois donnée aux saints", c'est une pensée encourageante.

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 17:11

Après les protestants mécontents des propos de François sur l'athéïsme qui nous conduirait au paradis, voici les Juifs qui, eux non plus, n'apprécient pas les exégèses de François :

Le Grand Rabbin de Rome et d’autres savants juifs n’apprécient pas les exégèses de François. Ils lui reprochent, entre autres choses, l’usage tendancieux du qualificatif de “pharisien” ou encore de la comparaison avec Moïse pour jeter le discrédit sur ses adversaires.

Il est notamment reproché au pape de favoriser :

- un “marcionisme” (1) plus ou moins latent qui se présente aujourd’hui sous une forme pseudo-scientifique avec une insistance sur l’éthique et la politique ;

- un rapprochement avec l’Islam qui se trouve renforcé par les critiques chrétiennes envers le judaïsme, y compris la Bible et la théologie biblique ;

- la reprise de la vieille polarisation entre morale, théologie, Bible hébraïque et pharisaïsme d’une part et Jésus de Nazareth et les Evangiles d’autre part.

- le fait que les documents officiels de l’Eglise catholique soient chaque jour contredits par les homélies d’un pape qui utilise sans cesse des anciennes conceptions et des expressions surannées, ruinant de la sorte le contenu des susdits documents.

 

(1) Le marcionisme est un courant de pensée théologique dans l’Eglise primitive. Il enseignait que l’Evangile du Christ est un message d’amour total s’opposant à la Loi de Moise. En conséquence l’Ancien Testament est rejeté au motif que le Dieu créateur de l’Ancien Testament n’a rien à voir avec le Dieu d’amour du Nouveau Testament. Cette croyance enseignée par Marcion de Sinope au IIe siècle a été déclarée hérétique par l’Eglise en 144.

 

D’après Sandro Magister via “Diakonos”.

 

Pro Liturgia, Actualité du lundi 13 mars 2017

Le Grand Rabbinat de Rome et des savants juifs n'apprécient pas les exégèses de François

Nous lisons :

 

"Le fait que les documents officiels de l’Eglise catholique soient chaque jour contredits par les homélies d’un pape qui utilise sans cesse des anciennes conceptions et des expressions surannées, ruinant de la sorte le contenu des susdits documents". (Extrait de la Lettre du rabbin Laras à l'Association Biblique Italienne, qui organise une conférence à Venise du 11 au 16 septembre 2017 sur le sujet "Israël, peuple d'un Dieu jaloux. Cohérences et ambiguïtés d'une religion élitiste")

 

Annexées à la Lettre du rabbin Laras à l'ABI, on trouve également plusieurs "remarques" très critiques concernant plusieurs passages du programme de la conférence, notamment :

 

"On ne parle plus depuis longtemps du "Jésus de la foi chrétienne" (c'est-à-dire la Trinité, la double nature, etc.) parce qu'il serait trop éloigné de la sensibilité actuelle; "

 

C'est quand même la honte, qu'une telle remise à sa place émane du Grand Rabbinat de Rome, qui semble mieux connaître et défendre la doctrine catholique que le pape lui-même.

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 12:49

Du côté de certains pasteurs protestants, la "révolution" du pape François ne séduit guère.

Source: The Remnant

 

Dans cette video en anglais (activez les sous-titres) un ministre protestant réagit à la déclaration du pape François sur les athées qui iraient au paradis, EWTN, Phil Lawler (le "pontificat désastreux") et Deal Hudson (la nouvelle position du Vatican sur la procréation demandant aux familles nombreuses d'avoir moins d'enfant pour rendre le monde plus 'durable', ouverture au "développement durable" du contrôle de la population, recyclage des théories d'extrême-gauche d'Al Gore et de George Soros) et, finalement, Michael Matt, rédacteur à Remnant depuis 1990 (un media défendant la foi catholique traditionnelle), et coordinateur de Notre-Dame de Chrétienté à Paris (l'organisation responsable du pèlerinage de Pentecôte de Chartres) ont un message pour les sédévacantistes : c'est ridicule, on a juste l'impression que l''Antichrist', le 'faux prophète de la Révélation' devra un tout petit peu plus être séducteur et consensuel que le pape François.

Un pasteur (protestant) américain répond au pape François : "c'est un blasphème"

Scandalisé devant la nouvelle conception de la conscience autonome, le pasteur protestant américain s'offusque :

 

 

"Le pape François dit maintenant que vous n'avez pas besoin d'être un croyant, vous n'avez pas besoin de croire en Dieu pour aller au Ciel.

Et je lis maintenant cet article où le pape dit aux athées et agnostiques que Dieu les pardonnera aussi longtemps qu'ils vivent moralement et accordent leur vie à leur conscience. Quelle déclaration blasphématoire ! C'est un blasphème, pape François, c'est un blasphème, Monsieur.

... On ne peut pas vivre moralement et agir bien selon sa propre façon, pape François : c'est une injure contre la Parole de Dieu.

Vous devez vivre et vous accorder selon la Parole de Dieu, et la Parole de Dieu seulement, et pas simplement selon votre conscience individuelle ! Qu'est-ce qui ne vas pas avec vous pape François ? Pourquoi dites-vous cela quand la Parole de Dieu est absolument limpide et répétée à travers toute l'Ecriture : le message de Dieu, la Parole de Dieu est que vous devez aller à Jésus. La Bible le dit, que Jésus est le chemin, la vérité et la vie (Jn 14:6). Et nul homme ne va au Père en dehors de Jésus. (Ac 4:12) Vous ne pouvez pas exalter votre propre conscience comme un chemin vers Dieu, pape François ! Qu'est-ce qui ne va pas avec vous ? Pourquoi ceci devrait-il être autorisé ?"

Voici l'article de "The Independent", publié le mercredi 11 septembre 2013, où "le pape François assure les athées : Vous n'avez pas besoin de croire en Dieu pour aller au paradis" :

http://www.independent.co.uk/news/world/europe/pope-francis-assures-atheists-you-don-t-have-to-believe-in-god-to-go-to-heaven-8810062.html

http://www.independent.co.uk/news/world/europe/pope-francis-assures-atheists-you-don-t-have-to-believe-in-god-to-go-to-heaven-8810062.html

Deux semaines plus tard, le 1er octobre 2013, François complètera son propos dans la Repubblicca : "Tout le monde a sa propre idée du bien et du mal et doit choisir de suivre le bien et combattre le mal comme il les conçoit. Cela suffirait pour faire du monde un endroit meilleur."

Nous notons que le pasteur protestant tient le même discours que le pape S. Jean-Paul II, en 2005 :

Le mal, effet, dans son sens réaliste, ne peut exister qu'en relation au bien et, en particulier, en relation à Dieu, Bien suprême. Le livre de la Genèse parle précisément de ce mal. C'est dans cette perspective qu'on peut comprendre le péché originel, et aussi tout péché personnel de l'homme. Mais ce mal a été racheté par le Christ, par la croix. Ou, plus précisément, l'homme a été racheté, lui qui, par l'action du Christ, est devenu participant de la vie même de Dieu.

Dans la mentalité des Lumières, tout cela, le grand drame de l'histoire du Salut, avait disparu. L'homme était resté seul : seul comme créateur de sa propre histoire et de sa propre civilisation; seul comme celui qui décide de ce qui est bon et de ce qui est mauvais.

[...] Si l'homme peut décider par lui-même, sans Dieu, de ce qui est bon et de ce qui est mauvais, il peut aussi disposer qu'un groupe d"hommes soit anéanti. Des décisions de ce genre furent prises par exemple sous le Troisième Reich, par des personnes qui, étant arrivées au pouvoir par des voies démocratiques, s'en servirent pour mettre en oeuvre les programmes pervers de l'idéologie national-socialiste. [...] Des décisions analogues furent prises par le parti communiste de l'Union soviétique et des pays soumis à l'idéologuie marxiste.

[...] Pourquoi tout cela arrive-t-il ? Quelle est la racine de ces idéologies de l'après-Lumières ? En définitive, la réponse est simple : cela arrive parce que Dieu en tant que Créateur a été rejeté, et du même coup la source de détermination de ce qui est bien et de ce qui est mal.

Jean-Paul II, Mémoire et Identité, Le testament politique et spirituel du pape, Flammarion, Mayenne 2005, p. 23-25

Et également Jean-Paul II dans l’Encyclique Veritatis Splendor (1993) :

 

32. Dans certains courants de la pensée moderne, on en est arrivé à exalter la liberté au point d'en faire un absolu, qui serait la source des valeurs. C'est dans cette direction que vont les doctrines qui perdent le sens de la transcendance ou celles qui sont explicitement athées. On a attribué à la conscience individuelle des prérogatives d'instance suprême du jugement moral, qui détermine d'une manière catégorique et infaillible le bien et le mal. A l'affirmation du devoir de suivre sa conscience, on a indûment ajouté que le jugement moral est vrai par le fait même qu'il vient de la conscience. Mais, de cette façon, la nécessaire exigence de la vérité a disparu au profit d'un critère de sincérité, d'authenticité, d'« accord avec soi-même », au point que l'on en est arrivé à une conception radicalement subjectiviste du jugement moral.

Comme on peut le saisir d'emblée, la crise au sujet de la vérité n'est pas étrangère à cette évolution. Une fois perdue l'idée d'une vérité universelle quant au Bien connaissable par la raison humaine, la conception de la conscience est, elle aussi, inévitablement modifiée : la conscience n'est plus considérée dans sa réalité originelle, c'est-à-dire comme un acte de l'intelligence de la personne, qui a pour rôle d'appliquer la connaissance universelle du bien dans une situation déterminée et d'exprimer ainsi un jugement sur la juste conduite à choisir ici et maintenant ; on a tendance à attribuer à la conscience individuelle le privilège de déterminer les critères du bien et du mal, de manière autonome, et d'agir en conséquence. Cette vision ne fait qu'un avec une éthique individualiste, pour laquelle chacun se trouve confronté à sa vérité, différente de la vérité des autres. Poussé dans ses conséquences extrêmes, l'individualisme débouche sur la négation de l'idée même de nature humaine.

[...]

34. « Maître, que dois-je faire de bon pour obtenir la vie éternelle ? » La question morale, à laquelle le Christ répond,ne peut faire abstraction de la question de la liberté, elle la place même en son centre, car il n'y a pas de morale sans liberté. « C'est toujours librement que l'homme se tourne vers le bien » 56. Mais quelle liberté ? Face à nos contemporains qui « estiment grandement » la liberté et qui la « poursuivent avec ardeur », mais qui, souvent, « la chérissent d'une manière qui n'est pas droite, comme la licence de faire n'importe quoi, pourvu que cela plaise, même le mal », le Concile présente la « vraie » liberté : « La vraie liberté est en l'homme un signe privilégié de l'image divine. Car Dieu a voulu le laisser à son propre conseil (cf. Si 15, 14) pour qu'il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérant librement à lui, s'achever ainsi dans une bienheureuse plénitude » 57. S'il existe un droit à être respecté dans son propre itinéraire de recherche de la vérité, il existe encore antérieurement l'obligation morale grave pour tous de chercher la vérité et, une fois qu'elle est connue, d'y adhérer 58. C'est en ce sens que le Cardinal J. H. Newman, éminent défenseur des droits de la conscience, affirmait avec force : « La conscience a des droits parce qu'elle a des devoirs » 59.

Sous l'influence des courants subjectivistes et individualistes évoqués ci-dessus, certaines tendances de la théologie morale actuelle interprètent d'une manière nouvelle les rapports de la liberté avec la loi morale, avec la nature humaine et avec la conscience ; elles proposent des critères inédits pour l'évaluation morale des actes. Malgré leur variété, ces tendances se rejoignent dans le fait d'affaiblir ou même de nier la dépendance de la liberté par rapport à la vérité. [...] la dépendance fondamentale de la liberté par rapport à la vérité, exprimée de la manière la plus claire et la plus autorisée par les paroles du Christ : « Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera » (Jn 8, 32).

[...]

36. Mais, en oubliant la dépendance de la raison humaine par rapport à la Sagesse divine et, dans l'état actuel de la nature déchue, la nécessité et surtout la réalité effective de la Révélation divine pour pouvoir connaître les vérités morales même d'ordre naturel 62, certains en sont arrivés à faire la théorie de la souveraineté totale de la raison dans le domaine des normes morales portant sur la conduite droite de la vie dans ce monde : ces normes constitueraient le domaine d'une morale purement « humaine », c'est-à- dire qu'elles seraient l'expression d'une loi que l'homme se donne à lui-même de manière autonome et qui a sa source exclusivement dans la raison humaine. Dieu ne pourrait aucunement être considéré comme l'auteur de cette loi, si ce n'est dans la mesure où la raison humaine exerce sa fonction de régulation autonome en vertu de la délégation originelle et complète que Dieu a donnée à l'homme. Or ces façons de penser ont amené, à l'encontre de la Sainte Ecriture et de la doctrine constante de l'Eglise, à nier que la loi morale naturelle ait Dieu pour auteur et que l'homme, par sa raison, participe de la Loi éternelle qu'il ne lui appartient pas d'établir.

[...] 37.  [...] On ne peut pas ne pas voir qu'une telle interprétation de l'autonomie de la raison humaine comporte des thèses incompatibles avec la doctrine catholique.

[...]

44. L'Eglise s'est souvent référée à la doctrine thomiste de la loi naturelle, l'intégrant dans son enseignement moral. Mon vénéré prédécesseur Léon XIII a ainsi souligné la soumission essentielle de la raison et de la loi humaine à la Sagesse de Dieu et à sa Loi. Après avoir dit que « la loi naturelle est écrite et gravée dans le cœur de chaque homme, car elle est la raison même de l'homme lui ordonnant de bien faire et lui interdisant de pécher », Léon XIII renvoie à la « raison plus haute » du Législateur divin : « Mais cette prescription de la raison humaine ne pourrait avoir force de loi, si elle n'était l'organe et l'interprète d'une raison plus haute, à laquelle notre esprit et notre liberté doivent obéissance ». En effet, l'autorité de la loi réside dans son pouvoir d'imposer des devoirs, de conférer des droits et de sanctionner certains comportements : « Or tout cela ne pourrait exister dans l'homme, s'il se donnait à lui-même en législateur suprême la règle de ses propres actes ». Et il conclut : « Il s'ensuit que la loi naturelle est la Loi éternelle elle-même, inscrite dans les êtres doués de raison et les inclinant à l'acte et à la fin qui leur sont propres ; et elle n'est que la raison éternelle du Dieu créateur et modérateur du monde ».

 

L'homme peut reconnaître le bien et le mal grâce au discernement du bien et du mal que lui-même opère par sa raison, en particulier par sa raison éclairée par la Révélation divine et par la foi, en vertu de la Loi que Dieu a donnée au peuple élu, à commencer par les commandements du Sinaï.

 

[...]

70. [...] La déclaration du Concile de Trente ne considère pas seulement la « matière grave » du péché mortel, mais elle rappelle aussi, comme condition nécessaire de son existence, « la pleine conscience et le consentement délibéré ». Du reste, en théologie morale comme dans la pratique pastorale, on sait bien qu'il existe des cas où un acte, grave en raison de sa matière, ne constitue pas un péché mortel, car il y manque la pleine connaissance ou le consentement délibéré de celui qui le commet. D'autre part, « on devra éviter de réduire le péché mortel à l'acte qui exprime une " option fondamentale " contre Dieu », suivant l'expression courante actuellement, en entendant par là un mépris formel et explicite de Dieu et du prochain ou bien un refus implicite et inconscient de l'amour. « Il y a, en fait, péché mortel également quand l'homme choisit, consciemment et volontairement, pour quelque raison que ce soit, quelque chose de gravement désordonné. En effet, un tel choix comprend par lui-même un mépris de la Loi divine, un refus de l'amour de Dieu pour l'humanité et pour toute la création : l'homme s'éloigne de Dieu et perd la charité. L'orientation fondamentale peut donc être radicalement modifiée par des actes particuliers. Sans aucun doute, il peut y avoir des situations très complexes et obscures sur le plan psychologique, qui ont une incidence sur la responsabilité subjective du pécheur. Mais, de considérations d'ordre psychologique, on ne peut passer à la constitution d'une catégorie théologique, comme le serait précisément l'" option fondamentale ", entendue de telle manière que, sur le plan objectif, elle changerait ou mettrait en doute la conception traditionnelle du péché mortel ».

Ainsi, la dissociation de l'option fondamentale et des choix délibérés de comportements déterminés — désordonnés en eux-mêmes ou du fait des circonstances — qui ne la mettraient pas en cause, entraîne la méconnaissance de la doctrine catholique sur le péché mortel : « Avec toute la tradition de l'Eglise, nous appelons péché mortel l'acte par lequel un homme, librement et consciemment, refuse Dieu, sa Loi, l'alliance d'amour que Dieu lui propose, préférant se tourner vers lui-même, vers quelque réalité créée et finie, vers quelque chose de contraire à la volonté de Dieu (conversio ad creaturam). Cela peut se produire d'une manière directe et formelle, comme dans les péchés d'idolâtrie, d'apostasie, d'athéisme ; ou, d'une manière qui revient au même, comme dans toutes les désobéissances aux commandements de Dieu en matière grave ».

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Publié par Ingomer - dans Religion
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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 12:17

A prendre au second degré, ce texte de Mgr Giacomo Biffi dans Il quinto Evangelo :

Dans l’Evangile selon S. Mathieu, Jésus déclare : « Qui n’est pas avec moi est contre moi.”

Fort heureusement, depuis peu, l’Eglise s’est engagée sur la voie d’une exégèse de ces paroles dignes de la Contre-réforme. Désormais, il faut dire : “Qui est contre nous est pour nous.” C’est, si l’on veut, une sorte d’adaptation ecclésiale du principe qui, grâce à la “novlangue”, régissait la société heureuse décrite par Gorges Orwell dans “1984”.

Ainsi donc, pour construire l’Eglise de demain, il nous faut admettre que les artisans les plus efficaces du Royaume sont les démolisseurs de l’intérieur : ceux qui combattent et tournent en dérision la foi des simples et les forcent à devenir adultes ; ceux qui, luttant contre toute structure et tout enseignement clair, imposent à tous un état d’incertitude, d’égarement, de perplexité angoissée, bien éloignée de toute sérénité illusoire qui ne saurait être qu’anti-évangélique.

Bénie soit alors la poutre qui se trouve dans notre œil si elle nous permet de voir la plus petite paille dans l’œil de l’Eglise et de procéder sans la moindre hésitation à la correction de cette mère indocile qui protège tant de pharisiens. On le sait : chambouler l’Eglise, ses habitudes, sa Tradition, sa liturgie, ses enseignements, ses façons de concevoir les sacrements... est une œuvre hautement méritoire. C’est elle qui sera la mieux récompensée : le Christ sera sans aucun doute reconnaissant envers ceux qui auront su voir et montrer les rides qui sont sur le visage de son épouse ; et en temps voulu, il ne manquera pas de leur manifester sa gratitude.

(D’après Mgr Giacomo Biffi, Il quinto Evangelo.)

 

Source: Pro liturgia, Actualité du vendredi 10 mars 2017

La novlangue adaptée à l'Eglise
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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 16:30

Dans une videoformation pour Notre Dame de Chrétienté, l'historienne Anne Bernet, explique que la première apparition de la Vierge Marie en France remonte au IVe siècle au Puy-en-Velay.

Extrait que l'on retrouve sur le site Nd de Chrétienté :

 

Quels sont les liens entre Notre‐Dame et la France ?

 

"Ce sont des liens extrêmement anciens. Si nous nous attachons à la première apparition de Notre-Dame en France, elle a lieu dans le courant du IVe siècle à Anicium, comme on appelait alors le Puy-en-Velay." Une femme atteinte probablement de paludisme se rend une nuit sur une pierre sacrée, une pierre druidique, un dolmen, et elle s’y couche pour implorer le secours des dieux selon un rite païen classique. Au lieu de la divinité gauloise Belisama c'est la Vierge Marie qui lui apparaît, entourée d’anges. Elle lui demande, à cette femme païenne, d’aller trouver l’évêque et de lui demander de construire en ces lieux un sanctuaire qui lui sera dédié. Comme la femme demande à la Sainte Vierge une preuve avant d'aller trouver l'évêque, la Vierge lui répond : "ce n'est pas difficile, tu reviendras avec lui et il suivra un cerf, le périmètre qu’il délimitera sera celui de mon sanctuaire." Et alors que nous sommes au mois d’août, il va neiger et les traces du cerf vont délimiter dans la neige les limites du sanctuaire sur la colline du Puy‐en‐Velay. Cette apparition, la plus ancienne en France, marque le début de la protection mariale sur notre pays. Protection qui entrera dans notre histoire quelques années plus tard sous le nom de prophétie de S. Rémi.

 

Quelle est le l'origine de l'expression « Regnum Galliae, Regnum Mariae » ?

 

C'est précisément la prophétie de saint Remi qui a amené Clovis au baptême catholique. La Gaule était alors menacée par le péril arien représenté par les Wisigoths, grande puissance européenne qui régnait sur l'Espagne et sur une grande moitié de la France jusqu'à la Loire (ils n'ont jamais réussi à s'emparer du nord de la Loire). Et voilà que Clovis va changer la donne, en prenant le parti de la foi catholique, Clovis va devenir en quelque sorte le fils privilégié de la Vierge et met définitivement la Gaulle à l'abri de la menace arienne.

 

Durant la vigile de Noël 496, juste avant le baptême de Clovis, Remi connaissant le caractère difficile de Clovis est saisi d'inquiétude ; il prie le ciel de lui envoyer un signe. Et Remi va avoir une vision où se déroule devant lui le futur glorieux de la France et de ses rois, volant de victoires en victoires, de triomphes en triomphe, bras armé de la catholicité. Il entend une voix lui dire :

 

"Il en sera ainsi tant qu'ils seront fidèles".

 

Et à ce moment-là, la vision de S. Remi sombre dans un chaos terrible, il assiste à des scènes de catastrophes et des profanations, la France se détourne de son destin. Et Remi, désespéré, se demande s'il n’a pas travaillé en vain. A ce moment-là il entend une voix féminine lui dire :

 

"Ne t'inquiète pas, je suis là, je veille."

 

C'est la promesse de Marie de ne jamais abandonner la France qui a défendu la divinité de son Fils et ses privilèges à elle. D’où vient en effet l'expression "Regnum Galliae, Regnum Mariae quod numquam peribit ", "la France est le royaume de Marie, jamais elle ne périra."

 

Pourquoi appelle‐t‐on Notre‐Dame "Reine de France" ? A quand remonte cette expression ?

 

La protection de la France par la Vierge débute au Ve siècle et s’accentue encore lorsqu'en 1637 le roi Louis XIII a décidé de consacrer sa couronne et son royaume à la Vierge Marie et de faire de la Vierge la Reine de la France.

Quels sont les liens entre Notre-Dame et la France?

Pour quelles raisons beaucoup de sanctuaires en France sont‐ils consacrés à Notre‐Dame ?

 

En général, l’usage voulait que le siège cathédrale soit consacré à Notre-Dame et porte le nom de la Vierge. A cela s'ajoutent les innombrables sanctuaires à travers le pays qui lui ont été dédiés, ainsi que certains sanctuaires bâtis sur d'anciens sanctuaires ou lieux de culte païens, qui ont été christianisés en les plaçant sous la protection de la Vierge, comme par exemple à Chartres qui n'est autre que la fameuse forêt des Carnutes de l'ancien culte à la virgo paritura, un culte pré‐marial.

 

Les apparitions constituent une des multiples raisons. Celle du Puy‐en‐Velay est la plus ancienne mais il en existe beaucoup d’autres, comme celle de Notre‐Dame du Bernet dans le Gers. Aux alentours de l'an 1000, alors qu’une famine épouvantable sévit dans la région, une jeune femme dont le lait a tari, est désespérée de ne plus pouvoir nourrir son bébé. La sécheresse ayant brûlé toute l’herbe, même ses bêtes ne peuvent lui fournir du lait pour son enfant. Elle ne veut pas voir son bébé mourir et s'apprête à l’abandonner. A ce moment‐là, la Vierge lui apparaît et lui dit : "va boire à la fontaine dont l'eau jaillit miraculeusement. Tu en nourriras ton enfant et toutes celles qui viendront ici se nourriront en abondance".

 

Les apparitions mariales ont été très nombreuses en France et toujours liées à des choses extrêmement simples de la vie quotidienne. Notre‐Dame se préoccupait des besoins quotidiens de son peuple. Des grâces de protection personnelle peuvent être accordées. C’est le cas de la basilique Notre‐Dame d'Avesnières bâtie au Moyen Âge par un Seigneur de Laval qui, voulant traverser la rivière, était tombé à l'eau avec son cheval et sur le point de se noyer, avait imploré la Vierge de le tirer de ce mauvais pas. Quelques instants plus tard il avait repris pied dans un champ d'avoine.

 

Dans d’autres places, nous avons des sanctuaires bâtis pour remercier d'une protection spéciale : c'est le cas de Notre‐Dame de Fourvière qui à l'origine est bâtie pour remercier de l'arrêt d'une épidémie de peste. Ou encore Notre‐Dame de la Garde à Marseille pour des raisons similaires d'épidémie récurrente. Dans les deux cas, la municipalité promet de rendre grâce chaque année pour la protection accordée. A Marseille à la fin du XIXe siècle, une année seulement, la municipalité, incroyante, s'est crue autorisée à se dispenser du vœu. Une effroyable épidémie de choléra s'est alors abattue sur la ville.

 

La naissance de Louis XIV, dit "Dieudonné" est aussi un cadeau du ciel : la reine Anne d'Autriche après plusieurs fausses couches ne pouvait plus avoir d'enfants. Jusqu'à ce jour de novembre 1637, où Louis XIV fut conçu, la Vierge apparaît au frère Fiacre, un des moines augustins de l’église Notre‐Dame‐des‐Victoires, fraîchement baptisée en l'honneur de la victoire de Louis XIII à la Rochelle. Le frère Fiacre se réveille en pleine nuit, ayant entendu un nouveau né pleurer dans sa cellule. Il voit alors la Vierge magnifiquement revêtue d'une robe bleue étoilée, comme elle apparaîtra à Pontmain plus de 200 ans plus tard. Elle tient un enfant dans ses bras que le frère Fiacre prend pour l'enfant Jésus. Notre‐Dame le détrompe et lui dit : "L'enfant que vous me voyez dans les bras n'est pas mon Fils, il est le dauphin que Dieu veut donner à la France. Vous irez trouver la reine Anne d'Autriche et vous lui demanderez de réciter trois neuvaines :

‐ l'une à Notre‐Dame de Cotignac

‐ la seconde à Notre‐Dame‐des‐Victoires

‐ et la troisième à Notre‐Dame de Paris."

 

Effectivement frère Fiacre alla informer la reine qui se mit à prier et la conception de Louis XIV correspondit à la fin de la troisième neuvaine.

 

Plus près de nous en septembre 1914, lors de la bataille de la Marne, nous avons une apparition, parfois contestée, de Notre‐Dame de France, qui se serait dressée en étendant ses mains sur une colonne allemande et en lui criant : "Vous n’irez pas plus loin." Les Allemands, saisis de panique, perdirent pied.

 
 Fiche résumé:

Bibliographie ‐ Pour aller plus loin :

‐ «Notre Dame en France» ‐ Anne Bernet – Editions de Paris.

‐ « Histoire Des Pèlerinages Français de La Très SainteVierge », R.P. Jean‐ Emmanuel B.Drochon ‐

Editions Plon ‐ 1890

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 22:13

Dans un entretien publié en italien (et traduit en français par Benoît-et-moi), l'évêque de Ferrare - Mgr Luigi Negri - parle des Dubia, de la situation de l'Église et de la démission de Benoît XVI

Concernant la renonciation de Benoît XVI, Mgr Negri affirme :

 

"je suis certain qu'un jour émergeront de lourdes responsabilités à l'intérieur et à l'extérieur du Vatican. Benoît XVI a subi des pressions énormes. Ce n'est pas un hasard si en Amérique, également sur la base de ce qui a été publié par Wikileaks, certains groupes catholiques ont demandé au président Trump d'ouvrir une commission d'enquête afin de déterminer si l'administration de Barack Obama a fait pression sur Benoît. Cela reste pour l'instant un mystère très grave, mais je suis sûr que les responsabilités sortiront. Je m'approche de ma propre "fin du monde" et la première question que j'adresserai à saint Pierre sera justement sur cette histoire."



Concernant les Dubia, Mgr Negri affirme:

 

"Amoris Laetitia a besoin d'une clarification, malheureusement, le guide ultime de l'Église reste silencieux. Je pense que le Saint-Père doit répondre, bien qu'il semble avoir décidé du contraire. Malheureusement, il s'est déclenché une véritable hystérie contre ces quatre cardinaux qui ont été accusés de tout. Certaines personnes sont allées jusqu'à suggérer de leur enlever le chapeau de cardinal. Ce sont des épisodes répugnats. Les antipapistes d'autrefois deviennent hyperpapistes parce que cela les arrange."

Pour lire l'entretien au complet, c'est sur Benoît-et-moi

 

Source: http://www.riminiduepuntozero.it/gravi-responsabilita-dentro-e-fuori-il-vaticano-per-le-dimissioni-di-benedetto-xvi-parla-mons-negri/

Mgr Luigi Negri parle des Dubia, de la situation de l'Église et de la démission de Benoît XVI
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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 22:17

Nous apprenons ce soir dans une dépêche afp Le Figaro qu'un obscur groupe international "We are Church" (Nous sommes l'Eglise) demande au pape François le remplacement à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi du cardinal Gerhard Ludwig Müller, sous le prétexte de blocage "des réformes anti-pédophilie".

 

Dans son communiqué, ce groupe appelle le pape François au remplacement du cardinal à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, "par quelqu'un qui introduira transparence, justice et compassion" dans la Congrégation pour la Doctrine de la Foi".

 

Un hasard, sans doute... quand on sait que le Cardinal Müller a pris position le 1er février 2017 contre l'accès des divorcés-remariés à l'Eucharistie , qu'il est le seul cardinal qui a répondu aux dubia, chose que le pape n'a toujours pas fait, malgré le flou qui reste dans l'Eglise...

 

De même, le 5 octobre 2015, 13 cardinaux avaient adressé une lettre au pape (qui n'en pas tenu compte) dans laquelle ils s'étonnaient de nouvelles procédures au synode qui semblaient assurer l'obtention de résultats prédeterminés (ce qui a été appelé le "synode de l'ombre"...) et à laquelle le pape répondit en demandant de "ne pas céder à l'herméneutique de la conspiration" (sic). Le Cardinal Müller était un des treize cardinaux signataires.

 

On sait enfin que les deux Synode sur la famille 2014 et 2015 se sont finalement achevé sur un vote de statu quo et un rapport de synthèse final qui n'accordait pas la communion aux divorcés et remariés et d'où les revendications homosexualistes avaient totalement disparu. Cette demande d'un remplacement à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi tombe à pic, pour se débarrasser d'un cardinal qui fait son travail.

 

"We are church" ne demande en revanche pas le renvoi de Mgr Paglia, président de l’Académie pontificale pour la Vie et Grand-Chancelier de l’Institut pontifical Jean-Paul II, qui a commandé dans sa cathédrale une fresque homosexualiste illustrant des homosexuels nus et semi-nus, des transsexuels, des prostituées et des trafiquants de drogue dans des interactions avec des enfants.

Le groupe "We are Church" demande le remplacement du cardinal Müller à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi

Source: Pédophilie: le renvoi d'un cardinal demandé au pape, Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 06/03/2017 à 21:17 Publié le 06/03/2017 à 21:11

Pour ceux qui veulent trouver des réponses à leurs questions :

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 07:35

La plupart des catholiques ne sont pas conscients qu'il y a eu, au cours de l’histoire de l’Eglise, des pape qui soit ont enseigné des hérésies, soit ont échoué dans leur devoir de réprimer l’hérésie. Or, ce qui est arrivé autrefois peut se produire de nouveau.

Un pape jouit de la pleine infaillibilité promise par le Christ uniquement quand il remplit chacune des conditions suivantes :

- il enseigne sur une question de foi et de morale,

- il enseigne au monde entier,

- il enseigne après une longue consultation des évêques et des théologiens,

- il proclame son enseignement d’une manière solennelle devant une grande assemblée de cardinaux, de patriarches, d’évêques, de prêtres et de laïcs.

Si ces conditions ne sont pas toutes remplies, le pape ne fait que donner une conférence de presse et ne bénéficie pas du charisme de l’infaillibilité promise par le Christ. (1)

Mgr René Henry Gracida, Evêque émérite de Corpus Christi (Texas)

Certains papes n'ont pas été de grands exemples pour l'Eglise

L’histoire nous montre que si un grand nombre de papes ont fait preuve de sainteté (plus de 80 ont été canonisés), parmi tout ceux qui ne sont pas considérés comme saints, on en trouve qui n’ont pas été de grands exemples pour l’Eglise. (2)

 

Au IVe siècle, sous la pression politico-théologique des ariens, le pape Libère (352-356) a condamné le héraut de l’orthodoxie saint Athanase d'Alexandrie. En outre, il a signé une déclaration équivoque qui pouvait être interprétée dans un sens arien aussi bien que catholique... Certes, il a ensuite enduré l’exil avec un certain courage, mais il fut tout de même le premier pape après Saint Pierre à n’être pas reconnu saint.

 

Au VIIe siècle, pour justifier un arrangement avec les hérétiques, le pape Honorius (625-638) déclara en 634 : “Nous devons faire attention de ne pas raviver les querelles anciennes.” A partir de cet argument, le pape permit la libre propagation des erreurs avec comme résultat le bannissement de la vérité et de l'orthodoxie... S. Sophrone de Jérusalem, presque seul, s’oppose à Honorius et l’accuse d’hérésie. Le pape, finalement, se repent, mais il meurt sans réparer le préjudice incommensurable qu’il a fait à l’Eglise... en cherchant toujours les compromis. Le troisième concile de Constantinople (680-681) le considèrera anathème, jugement qui sera confirmé par le pape saint Léon II.

 

Le pape Nicolas Ier (858-867) avait enseigné que le baptême était valide, qu’il soit administré au nom des trois personnes de la Sainte Trinité ou au seul nom du Christ. Il se trompait. Le baptême administré au seul nom du Christ est invalide.

 

Le pape Etienne VI (vers 896-897) : exerçant son pouvoir dans une période de troubles politiques et religieux, il fait exhumer et mettre en jugement le corps d’un de ses prédécesseurs (le pape Formose). Après condamnation du défunt (!), il fait ôter les vêtements du cadavre, fait couper deux doigts puis jette le corps dans le Tibre.

 

Le Pape saint Célestin V (1294) : ce saint moine est un administrateur totalement incompétent. Au milieu d’agitations il démissionne six mois après son élection.

 

En 1305, le pape Clément V, créature du roi de France Philippe le Bel (1285-1314) promet tout pour son élection; il se voit contraint de prononcer la dissolution de l'Ordre des Templiers... (bulles Faciens misericordiam, du 12 août 1308 et surtout Vox in excelso du 22 mars 1312 sanctionnant le Procès intenté par Philippe le Bel aux Templiers) sur la base d'accusations fantaisistes et mensongères.

Premier roi de France à enfreindre le Testament de S. Rémi, Philippe le Bel, influencé par les légistes imbus de droit romain, introduisit chez nous les erreurs de l'absolutisme et du gallicanisme. C'est un conflit fiscal qui déclencha la rupture entre le pape Boniface VIII et le roi. Le pape ne refusait pas de contribuer aux charges, mais il défendait le principe que l'impôt devait être consenti et voté avant d'être levé (bulle Clerici laïcos de 1296). En 1297, il autorisa et favorisa la levée de nouveaux décimes et renonça à un droit que jusqu'alors tous les souverains de France avaient reconnu au Saint-Siège. En 1302, il ne fit que demander le maintien de la législation en vigueur, exigeant le consentement du clergé contribuable pour la levée des décimes. Philippe refusa. Le pape l'excommunia, et le roi répliqua par l'attentat d'Agnani en 1303, un coup de main sur un pape âgé de 85 ans, giflé d'un gantelet de fer par Sciarra Colonna. Le pape en mourut de chagrin un mois plus tard, le 11 octobre 1303. Ce fut alors le premier crime contre la papauté depuis Clovis, depuis 900 ans...  Un crime national. Après le bref pontificat pacificateur de Benoît XI (1303-1304), Philippe le Bel parvint à faire élire pape le cardinal archevêque de Bordeaux, Bertrand de Got, sous le nom de Clément V. Celui-ci promit tout, notamment la condamnation de la mémoire et la suppression de tout souvenir se rapportant à Boniface VIII, et la suppression de l'Ordre du Temple.... Harcelé par Philippe le Bel, Clément V se trouva acculé, forcé de prononcer la dissolution de l'Ordre. Non contents de mettre la main sur les biens du Temple, soit en totalité, soit en partie, Philippe le Bel et Clément V s'entendirent pour mettre leurs mains sur... les libertés de l'Eglise de France et sur le droit d'élection. Clément se réserva de nommer les évêques des diocèses vacants. Le roi le laissa faire, à la condition que les choix tomberaient... sur ses créatures. Philippe le Bel méconnut ainsi l'ordonnance mémorable de son aïeul Saint Louis, qui garantissait la liberté des élections des églises cathédrales et des autres églises (Ordonnance de Saint Louis du mois de mars 1268). [Cf. Giorgio PERRINI, Aveux des Templiers, Edition Jean de Bonnot, 1992, p. 58-86; Jean GUIRAUD, Histoire partiale, Histoire vraie, I, Des Origines à Jeanne d'Arc, Neuvième édition, Gabriel Beauchesne et Cie Editeurs, Paris 1911, p. 317-325; et Régine PERNOUD, Les Templiers, Presses Universitaires de France, Que Sais-je ?, Vendôme 1974.] [Conséquences de l'infraction au Testament de S. Remi : fin des Capétiens directs et Guerre de Cent Ans...]

 

Lors de la fête de la Toussaint de 1331, le pape Jean XXII (1316-1334), alors à Avignon, enseigne que l’âme ne peut pas entrer dans la vision béatifique de Dieu tant que la résurrection des corps qui doit se faire au dernier jour n’a pas eu lieu. Les théologiens de l’Université de Paris reprennent le souverain pontife en lui montrant que son enseignement est une hérésie (Exemple: le bon larron Dismas sur la croix auquel le Christ Notre Seigneur dit: "Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis". Lc 23:43). Ce n’est que peu de temps avant sa mort en 1334 que Jean XXII reconnaîtra son erreur et s’en rétractera.

 

Le Pape Alexandre VI (1492-1503) : le “fameux” pape Borgia, élu par l'influence d'une puissante famille italienne, est coupable à la fois de népotisme et d’avoir une maîtresse. D’autres papes élus durant la Renaissance auront une vie opulente et mèneront des guerres pour favoriser leurs intérêts. Une réforme sérieuse n’aura eu lieu que lorsque le pape Paul III engagera ce qui va devenir le Concile de Trente, dont les décisions seront mises en œuvre par le pape saint Pie V (1566-1572).

 

Le pape Jean-Paul Ier (1978) : il décède subitement après un pontificat de seulement 33 jours. Il nous a donne toutefois donné une idée assez juste de ce qu’est le travail de la Providence divine : ce qu’on a retenu de lui étaient son sourire et son goût pour les œuvres de Mark Twain... Mais sa mort a ouvert la voie à l’élection du Pape Jean-Paul II qui a eu à diriger l’Eglise durant une époque périlleuse dans l’Histoire catholique et qui a été considéré comme saint.

 

Ces exemples montrent bien que le choix d’un pape n’offre aucune garantie.

 

... Le Christ n’a jamais garanti d’avoir des cardinaux capables de choisir le meilleur d’entre eux pour être pape. Il n’empêche donc pas les électeurs membres du Collège des cardinaux de moins de 80 ans de succomber à certaines influences : l’ignorance, le mensonge, la partialité, les objectifs mal conçus et les tentations de toute nature, y compris celles qui sont d’ordres politique et financier. Personne n’ignore, d’ailleurs, qu’il y a eu dans l’histoire de l’Eglise des périodes au cours lesquelles l’office pontifical avait été acheté et vendu sous l’influence de dirigeants politiques puissants ou de familles influentes...

 

Parmi les faiblesses des cardinaux électeurs, il en est une qui est et sera toujours bien présente : l’ignorance. Des cardinaux venant du monde entier ne peuvent pas, dans la plupart des cas, bien se connaître. Donc, ils votent souvent en se fiant à des impressions incomplètes ou même inexactes concernant les forces et des faiblesses des différentes personnes susceptibles de succéder à Saint Pierre. Ils voteront parfois pour un candidat particulier auquel on attribue des capacités qui, par la suite se révèleront être inexistantes. Enfin, beaucoup de cardinaux s’appuieront sur les conseils d’autres cardinaux en qui, sagement ou imprudemment, ils placent leur confiance.

 

Heureusement, quoi qu’il advienne, l’Eglise catholique jouit des garanties divines. Toutefois, elles ne sont pas nombreuses. Le Christ n’a promis que d’être avec l’Eglise jusqu’à la fin des temps en l’assurant que les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle (Mt 16:18). Cela signifie essentiellement que le Saint-Esprit ne permettra pas que soit perdue la constitution divine de l’Eglise (sa structure hiérarchique), et garantira que la plénitude de tous les moyens de salut sera toujours disponible dans l’Eglise.

 

Ainsi, les sacrements de l’Eglise seront toujours de puissantes sources de grâce, les enseignements magistraux de l’Eglise seront toujours exempts d’erreur et l’Eglise restera le Corps mystique du Christ placé sous l’autorité du Seigneur représenté sur terre par son Vicaire ; le successeur de Pierre.

 

De même, la transmission de l'office papal et des offices sacerdotaux, est assurée jusqu'à la consommation des siècles et le retour glorieux du Seigneur. Le Christ n’a pas été un vagabond, prêchant au hasard, il a constitué un noyau, les "Douze", à qui il a promis l’envoi de l’Esprit Saint. Les apôtres ont eu le souci dès le début, de ne pas laisser chaque communauté s’en aller à la dérive..., chacune suivant son penchant naturel. S. Paul repasse dans les communautés qu’il a fondées et leur envoie des lettres, les "épîtres". S. Pierre recommande aux "anciens en fonction" de paître le "troupeau de Dieu" qui leur est confié et aux "jeunes gens" d'être "soumis aux anciens" (1 P 5:1-2). A Thimothée, un converti du paganisme, S. Paul rappelle le "don spirituel que Dieu a déposé en toi par l'imposition de mes mains" (1 Tm, 4: 14; et 2 Tm 1:6), la mission principale de Timothée est de "garder le dépôt" (1 Tm 6,20 ; 2 Tm 1,14). Et ce dépôt doit être transmis à d'autres de génération en génération : "Ce que tu m’as entendu dire en présence de nombreux témoins, confie-le à des hommes dignes de foi qui seront capables de l’enseigner aux autres, à leur tour" (2 Tm 2:2). Le "dépôt" : il s'agit de l'amour de Dieu qui appelle (1 Th 1:4; 1 Th 2:12), de la foi en la Trinité de "Dieu le Père, et le Seigneur Jésus-Christ" et l'"Esprit-Saint" (1 Th 1-5; 1 Th 4:8), la foi dans la mort et la résurrection du Christ (1 Th 1-10 ; 1 Th 4:14), l'attente du retour du Christ (1 Th 3:13; 1 Th 5:23), la croyance dans la résurrection de ceux qui sont morts dans le Christ (1Th 4:16), la persévérance dans la persécution (1 Th 2:14-16), l'amour fraternel (1 Th 4:9) et le caractère collectif et solidaire des premières communautés chrétiennes (1 Th 4:6-9). Ainsi, le souci de la continuité, la transmission de la charge par les apôtres, le titre de "pasteurs" (1 P 5:2), titre qui convient d’abord au Christ et que Jésus avait donné à Pierre, sont et resteront autant de traits particuliers de l'Eglise universelle.

Sources

 

(1) Mgr René Henry Gracida, Evêque émérite de Corpus Christi (Texas), Entretien au New York Times, Matt C.  Abbott, Pro Liturgia, Actualité du Mardi, 18 octobre 2016

(2) D'après Jeffrey Mirus, docteur en philosophie, université de Princetown (EU). Trad. DC/APL. Pro Liturgia, Actualité du samedi 4 mars 2017

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 18:37
Choquant : un prélat du Vatican représenté dans une fresque homosexualiste dans une cathédrale

L’été dernier, le pape François nommait Mgr Paglia président de l’Académie pontificale pour la Vie et Grand-Chancelier de l’Institut pontifical Jean-Paul II. Ce qui en fait un quelque sorte le Ministre de la Famille du Vatican.

Or, Mgr Paglia traînait déjà derrière lui une réputation sulfureuse, notamment pour avoir ruiné son diocèse de Terni avant d'être nommé au Vatican.

La semaine dernière, il avait fait scandale pour avoir fait l’éloge public de Marco Pannella, un député italien radical de gauche ouvertement bisexuel qui a milité toute sa vie pour l’avortement, le mariage gay, les unions libres et combattu la conception chrétienne de la famille.

Aujourd'hui, un journal américain révèle que Mgr Paglia a également profané sa cathédrale de Terni en commandant une gigantesque fresque érotique gay dans laquelle un Jésus à moitié nu porte des filets remplis de jeunes garçons nus engagés dans des scènes lascives. [Selon l'article du site "Life Site", la fresque, aussi, "dépeint Jésus portant des filets au ciel remplis d'homosexuels nus et semi-nus, de transsexuels, de prostituées et de trafiquants de drogue, confondus dans des interactions érotiques." NdCR.] L'artiste, Ricardo Cinalli, un homosexuel argentin spécialisé dans les nus, avait été choisi parmi dix autres artistes par Mgr Paglia. Il a précisé au cours d'une interview qu’il a travaillé main dans la main avec Mgr Paglia pendant plusieurs mois et que Mgr Paglia avait personnellement approuvé chaque détail de cette fresque dans laquelle rien n’avait été laissé au hasard.

L’artiste précise que pour peindre le Jésus de la fresque, représenté dans un vêtement transparent et moulant, il a pris pour modèle son coiffeur parce qu’il estimait que les gens avaient souvent une image “trop virile” du Christ.

 

L’artiste a également représenté Mgr Paglia lui-même, à sa demande, dans les filets, embrassant un homme barbu vêtu uniquement d'un pagne.

L’archevêque Paglia a d'ailleurs récidivé il y a peu : en 2016, le Conseil pontifical pour la famille publiait sous sa direction un programme d’éducation sexuelle contenant des images pornographique tellement scandaleuses qu’un psychologue avait suggéré qu’il soit examiné par une commission chargée de protéger les enfants contre les abus sexuels parce que ces images correspondaient à celles qu’échangeaient entre eux les prédateurs d'enfants.

L’une des premières décisions prise par Mgr Paglia après avoir été nommé à l’Institut Pontifical Jean-Paul II sur le mariage et la famille a d’ailleurs été de supprimer l’obligation faite à tous les membres de signer une déclaration de fidélité à l’enseignement de l'Eglise sur la famille. Il y a quelques jours, Mgr Paglia a licencié les 172 membres de cet organisme, ce qui signifie que lui et son entourage sont aujourd’hui seuls aux commandes d’un institut vide.

La nomination de Mgr Paglia à la tête du Conseil pontifical pour la famille avait été acclamée par le Grand Orient démocratique italien dans un communiqué daté des 27-28 juin 2012 qui disait : « Nous nous félicitons du choix d’un des rares hommes d’Eglise qui méritent véritablement l’estime, la considération et l’affection du peuple catholique. Il représente une lumière d’espérance pour ceux qui ne se résignent pas à voir totalement oubliée la grande époque réformatrice du Concile Vatican II. »

 

Contacté par les journalistes, Mgr Paglia a refusé tout commentaire.

 

Qu'on se rassure : le pontificat de Jorge Bergoglio n’a pas fini de nous étonner... et de nous faire fuir.

La cathédrale de Mgr Paglia n'est pas la première de ce genre. Il y eut en 2011 les nouveaux vitraux de la cathédrale de Rodez. Mais s'il fallait s'approcher pour y voir des images profanes de pénis et vagin, cette fois la fresque de Mgr Paglia est beaucoup plus explicite.

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 13:40
Vatican : Des cardinaux qui ont soutenu l'élection de Jorge Bergoglio demandent à présent sa démission

Des cardinaux qui avaient vivement soutenu l’élection de Jorge Bergoglio au pontificat suprême souhaitent à présent la démission de François. Ils craignent que les réformes irréfléchies du Pape conduisent l’Eglise vers un schisme. Il faut préciser que ces cardinaux ne sont pas considérés comme des conservateurs ou des traditionalistes, bien au contraire.

 

Source : Kathnet.

 

Un article du “Times” rapporte que les cardinaux libéraux qui ont œuvré pour faire élire le Cardinal Bergoglio à la tête de l’Eglise sont à présent convaincus qu’il est entrain de conduire l’Eglise vers un schisme et se disent prêts à quitter le navire. Cela vaut la peine de s’enregistrer sur le site internet du “UK Times” pour lire cet article en entier.

[...] Quelles que soient les opinion au sujet de ce pontificat - positive, neutre ou négative - il est évident pour tous que quelque chose ne tourne pas rond à Rome. Le mot qui vient spontanément à l’esprit est “dysfonctionnement”.

La réforme des finances du Vatican est abandonnée ; les cardinaux s’attaquent les uns les autres ; les réponses à apporter aux problèmes d’abus sexuels au sein du clergé sont mises en veille ; certains évêques s’expriment de façon diamétralement opposée à d’autres... Ce n’est pas là une Eglise “en ébullition” telle que François disait la désirer : c’est une Eglise à la dérive, qui a perdu toute direction.

Si tout cela s’était passé sous le pontificat de Benoît XVI ou de Saint Jean-Paul II, les médias s’en seraient donnés à cœur joie pour pousser la Curie à un vote de non-confiance. Au lieu de cela, les médias libéraux sont trop heureux d’aider François à se tirer d’affaire ; car ces médias-là aiment la direction vers laquelle se dirige l’Eglise : elle mène vers un schisme, la discorde, la confusion et le chaos.

En tant que catholiques convaincus, nous ne pouvons pas détourner les yeux de ce qui risque d’advenir. En ce début de Carême, je nous exhorte tous à redoubler d’effort dans notre prière et notre jeûne en faveur de la papauté en général et du Pape François en particulier. Et je presse chacun d’entre nous, en privé et en public, de parler de ce qui est entrain d’arriver. Enfin, dans la mesure de vos possibilités, et toujours avec une grande charité, je vous presse d’encourager vos prêtres et vos évêques et de leur demander de défendre l’enseignement constant et éternel de l’Eglise.

 

D’après Tom Peter. Trad. MH/APL

 

Pro Liturgia, Actualité du vendredi 3 mars 2017

Vatican : Des cardinaux qui ont soutenu l'élection de Jorge Bergoglio demandent à présent sa démission

Tout au long de ce Carême, continuons nos prières pour le pape et le bon gouvernement de l'Eglise.

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 11:39

Des forces envoyées par lui surgiront, profaneront le Lieu saint, la citadelle ; elles feront cesser le sacrifice perpétuel et établiront l’Abomination de la désolation.
Ceux qui transgressent l’Alliance, il en fera des renégats par ses intrigues, mais le peuple de ceux qui connaissent leur Dieu réagira fermement.
[...]
Le roi agira selon son bon plaisir, il s’élèvera et s’enflera d’orgueil au-dessus de tout dieu. À propos du Dieu des dieux, il dira des choses aberrantes. Il réussira jusqu’à ce que la colère soit à son comble, car ce qui a été décidé s’accomplira.
Il n’aura d’égard ni pour le dieu de ses pères, ni pour le dieu favori des femmes, il n’aura d’égard pour aucune divinité, car il s’enflera d’orgueil au-dessus de tout.
À leur place, il honorera la divinité des citadelles, une divinité inconnue de ses pères ; il l’honorera avec de l’or, de l’argent, des pierres rares et des objets précieux. Il interviendra contre les fortifications des citadelles avec l’aide d’une divinité étrangère.

Livre de Daniel, XI, 31-39

Des nouvelles inquiétantes (non encore confirmées officiellement) annoncent que le pape François préparerait dans le plus grand secret une messe sans consécration... Pour faire l'"unité" avec les protestants, les paroles de la consécration seraient supprimées.  Vers l'abolition du Saint Sacrifice annoncé en Daniel 11, 31 ?

LE VATICAN PRÉPARERAIT UNE MESSE ŒCUMÉNIQUE DANS LE PLUS GRAND SECRET AVEC UNE CONSÉCRATION SILENCIEUSE

 

Il ne s'agit encore que de rumeurs et il faut donc prendre ces informations avec un grain de sel, voire même deux ou trois. Mais le fait qu'elles circulent est déjà un signal et les antennes de ceux qui m'en ont parlé sont en général fiables.

 

Nous écrirons donc tout ceci au conditionnel. Une commission mixte composée de luthériens et d'anglicans liés par le secret travaillerait actuellement pour mettre au point une forme de messe à laquelle pourraient participer les fidèles des trois confessions chrétiennes. Il n'est pas question des orthodoxes. Il ne semble pas qu'il y ait de documents écrits et tout cela n'en serait qu'au niveau de conversations.

 

L'hypothèse prévoirait une première partie de la liturgie de la parole qui ne pose pas de problème; après la reconnaissance des péchés, la demande de pardon à Dieu et la récitation du Gloria, on poursuivrait par les lectures et l'Evangile.

 

La commission plancherait actuellement sur la problématique du Credo. Les Eglises protestantes, même si elles reconnaissent le Symbole de Nicée-Constantinople, récitent de préférence le Symbole des apôtres. L'Eglise catholique les alterne. Au fond, même ce point ne devrait pas constituer un problème majeur.

 

Tout comme la présentation des dons qui, même si elle devra être étudiée avec attention, ne semble pas présenter d'obstacles majeurs au projet.

 

Le nœud central concerne l'eucharistie. La vision catholique de l'eucharistie diverge profondément de la vision luthérienne et de celles des autres confessions protestantes. Et il va de soi qu'à ce moment aussi fondamental au cours lequel, pour les catholiques, se déroule la transsubstantiation (mais pas pour les protestants), la liturgie ne peut pas être différente pour les différents célébrants.

 

Comment célébrer une liturgie commune alors que la définition alors que les définitions de ce qui s'y passe réellement à son point culminant divergent?

 

Une des possibilités envisagées serait le silence. C'est-à-dire qu'après le Sanctus, au moment où le célébrant prononce les paroles: "Toi qui es vraiment saint, toi qui es la source de toute sainteté, Seigneur, nous te prions" les célébrants se tairaient et chacun répéterait mentalement "sa" formule.

 

La parole reviendrait dans les assemblées avec la récitation du Notre Père. La façon dont devraient se former les files pour recevoir l'eucharistie n'est pas encore très claire.

 

Voilà ce que nous avons entendu et dont nous vous informons. Une confirmation partielle du fait que ces travaux sont en cours se trouve dans cet article de Luisella Scrosati dans La Bussola Quotidiana évoque un tour de passe-passe trouvé par le Conseil pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens, à l'époque présidé par le Cardinal Kasper, qui consisterait à recourir à l'Anaphore d'Addai et Mari qui est une prière de l'Eglise assyrienne d'Orient, plus connue comme Eglise nestorienne (Une Eglise orthodoxe des deux conciles).

 

> Le travail de sape pour une messe "œcuménique"

http://www.lanuovabq.it/…/articoli-il-lavorio-carsicoper-un…

 

Cette prière ne contient pas les paroles de la consécration sinon, comme l'affirme le document datant 2001, "non pas sous la forme d'une narration cohérente et ad litteram, mais de manière eucologique et disséminée, c'est-à-dire qu'elles sont intégrées aux prières d'action de grâce, de louange et d'intercession qui suivent."

 

> Orientations pour l'admission à l'Eucharistie entre l'Eglise chaldéenne et l'Eglise assyrienne d'Orient

http://www.vatican.va/…/rc_pc_chrstuni_doc_20011025_chiesa-…

 

Autrement dit, elle ne contient pas de façon explicite les mots 'ceci est mon corps... ceci est la coupe de mon sang' mais ceux-ci sont 'dispersés' dans les prières qui composent l'anaphore. Une véritable aubaine pour pouvoir justifier la création d'une nouvelle prière eucharistique sans les paroles de la consécration susceptibles de heurter les frères protestants.

 

Cette liturgie était uniquement réservée à l'Eglise chaldéenne et à l'Eglise assyrienne en cas de problèmes pastoraux [dus à la coexistence de ces deux communautés dans la diaspora au Kurdistan, le document mentionne explicitement qu'elles partagent la même foi eucharistique sur la présence réelle, NdT].

 

Mais naturellement, un détail aussi insignifiant n'aura aucun poids dans la fièvre œcuménique actuelle. De minimis non curat praetor.

 

Source: Marco Tosatti, journaliste et vaticaniste à La Stampa. Traduction Diakonos.be

Selon le vaticaniste Mario Tosatti, le rituel d’une “messe œcuménique” serait en préparation au Vatican. Elle pourrait être célébrée aussi bien par les catholiques que les protestants ou les anglicans puisqu’elle ne contiendrait plus rien d’explicite concernant l’aspect sacrificiel de l’Eucharistie, cette dernière n’étant plus qu’un repas fraternel célébré sur une table, comme c’est déjà le cas dans nombre de paroisses.

Dans cette nouvelle “messe”, il ne serait plus question de lien entre la “lex orandi” et la “lex credendi”, chacun étant libre de célébrer comme il veut pour croire ce qu’il veut. L’attaque contre la foi catholique viendrait donc du plus haut sommet de l’Eglise où la pratique du double langage est devenue habituelle.

Au cours d’une conférence donnée 6 mois après l’élection du successeur de Benoît XVI, le Cardinal Theodore McCarrick, Archevêque émérite de Washington (USA) révélait le plan ourdi par la “Maffia de Saint-Gall” (composée entre autres des cardinaux da Cruz Policarpo, Martini, Danneels, Murphy-O'Connor, Silvestrini, Husar, Kasper, Lehmann) pour faire élire Jorge Bergoglio.

Dans sa conférence, le Cardinal McCarrick précisait encore que cette “maffia” avait donné 5 ans au Pape François pour mettre l’Eglise sens dessus-dessous en sorte que la foi catholique puisse se dissoudre dans une vague religiosité sans consistance... La vidéo de la conférence (en anglais) est ici.

 

Ce n’est pas seulement la messe qu’une commission est chargée de démolir pour la rendre œcuménique, c’est-à-dire sans aucun rapport avec la foi professée par l’Eglise catholique. Comme si ça ne suffisait pas, c’est aussi la paroisse qui va faire l’objet d’un changement total. Selon des indiscrétions venant de Sainte-Marthe, la paroisse devrait disparaître pour être remplacée par des “communautés œcuméniques” dirigées par des “équipes de bergers” composées de “mamies bigoudis” (déjà en place), de laïcs catholiques, protestants et anglicans. Aux Pays-Bas, ce genre de paroisses existe déjà ; en Allemagne, on espère en créer. Le vénérable Hans Küng a fait savoir qu’il souhaitait encore davantage de nouveautés...

Vers une "messe" sans consécration ?
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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 10:53
Phil Lawler : Cette désastreuse papauté

Dans une homélie à propos des lectures du jour du vendredi 24 février où le Christ interdit le divorce (voir ci-dessous les paroles du Christ dans "l'Evangile au quotidien"), le pape François ne retient que le passage sur l'autorisation donnée à Moïse en raison de la dureté de coeur. François met en garde contre l'hypocrisie et la tromperie d'une foi réduite à une "logique casuistique". L'homélie a été rapportée par Christopher Wells pour Radio Vaticana :

Phil Lawler : Cette désastreuse papauté

"Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme?", est la question que les docteurs de la loi ont posée à Jésus dans l'évangile du jour.

 

Jésus ne cède pas à une logique casuistique, mais explique toujours la vérité

 

Ils ont posé la question une fois de plus pour mettre Jésus à l'épreuve, a observé le pape. En regardant la réponse de Jésus, le Pape a expliqué ce qui importe le plus dans la foi:

 

"Jésus ne répond pas s'il est licite ou non licite; Il n'entre pas dans leur logique casuistique. Parce qu'ils ont pensé à la foi seulement en termes de 'Oui, vous pouvez', ou 'Non, vous ne pouvez pas' - aux limites de ce que vous pouvez faire, les limites de ce que vous ne pouvez pas faire. Cette logique de la casuistique. Et il pose une question: 'Mais qu'est-ce que Moïse vous a ordonné? Qu'y a-t-il dans ta Loi?' Et ils expliquèrent la permission que Moïse avait donnée de renvoyer la femme, et ils tombèrent eux-mêmes dans le piège. Parce que Jésus les qualifie de 'durs de cœur': 'A cause de la dureté de vos coeurs, il vous a écrit ce commandement', et Il dit la vérité. Sans casuistique. Sans autorisation. La vérité." 

Et si c'est la vérité et que l'adultère est sérieux, comment se fait-il que Jésus ait parlé "plusieurs fois avec une adultère, un païen?" Qu'il "buvait du verre de celle qui n'était pas purifiée?", demande le pape. Et à la fin, il lui dit: "Je ne vous condamne pas. Ne pèche plus" ? Comment expliquer cela?

"Et le chemin de Jésus - c'est tout à fait clair - est le chemin de la casuistique à la vérité et à la miséricorde. Jésus écarte la casuistique. Pas ici, mais dans d'autres passages de l'Évangile, il qualifie ceux qui veulent le mettre à l'épreuve, ceux qui pensent avec cette logique du 'Oui, vous pouvez' comme hypocrites. Même avec le quatrième commandement ces gens ont refusé d'aider leurs parents avec l'excuse qu'ils avaient donné une bonne offrande à l'Église. Hypocrites. La casuistique est hypocrite. C'est une pensée hypocrite. 'Oui, vous pouvez; Non, vous ne pouvez pas ... qui devient alors plus subtil, plus diabolique: mais quelle est la limite pour ceux qui peuvent? Mais d'ici à ici je ne peux pas. C'est la tromperie de la casuistique." (Fin de citation)

Cette méthode du pape consistant à refuser de se prononcer clairement sur des points de doctrine tranchés par Notre Seigneur, puis à tirer des conclusions opposées à l'enseignement précis du Christ commence à inquiéter très largement dans le monde catholique.

 

Phil Lawler, éditeur de "Catholic World News" (CWN) et de "Catholic culture.org", medias catholiques du grand courant, s'est ainsi fendu hier d'un article dans lequel il titre "Cette désastreuse papauté". Il explique pourquoi nous avons à présent un "sérieux problème" avec le pape François. Phil Lawler en appelle à une intervention des évêques pour sauver l'intégrité de la foi catholique :

Phil Lawler : Cette désastreuse papauté

LifeSiteNews

Jeudi 2 mars 2017

 

Cette désastreuse papauté

 

Source: Life Site News https://www.lifesitenews.com/opinion/this-disastrous-papacy

 

Quelque chose s’est cassé avec un bruit sec vendredi dernier lorsque le Pape François a utilisé la lecture évangélique du jour comme une occasion de plus pour promouvoir son propre point de vue sur le divorce et le remariage.

 

Note de Christ-Roi. La lecture du jour du vendredi 24 février 2017:

 

Phil Lawler : Cette désastreuse papauté

Condamnant l'hypocrisie et la "logique de la casuistique", le Pontife dit que Jésus rejetait l'approche des érudits légalistes.

 

Assez vrai. Mais dans sa réprimande aux Pharisiens, qu'est-ce que Jésus dit au sujet du mariage ?

 

"Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas !"

 

…et…

 

"Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle. Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère."

 

 

Jour après jour, dans ses homélies à la Messe du matin dans la résidence Saint-Marthe du Vatican, le Pape François dénonce les "docteurs de la loi" et l'application "rigide" de la doctrine morale Catholique. Parfois son interprétation des lectures de l'Ecriture du jour est forcée ; souvent sa caractérisation des Catholiques traditionnels est insultante. Mais dans ce cas, le Pape a complètement retourné l'Évangile à l’envers. En lisant le compte rendu de cette étonnante homélie à la Radio du Vatican, je ne pouvais plus prétendre que le Pape François ne faisait que proposer une nouvelle interprétation de la doctrine Catholique. Non ; c’est plus que cela. Il est engagé dans un effort délibéré pour changer ce que l'Église enseigne.

 

Depuis plus de 20 ans maintenant, écrivant quotidiennement au sujet des nouvelles du Vatican, j'ai essayé d'être honnête dans mon évaluation des déclarations et des gestes papaux. J'ai parfois critiqué Saint Jean-Paul II et le Pape Benoît XVI quand j'ai pensé que leurs actions étaient imprudentes. Mais je n’ai jamais cru que l'un ou l'autre de ces Papes posait un danger pour l'intégrité de la foi Catholique. En repensant à l'histoire de l'Église, je me rends compte qu'il y a eu de mauvais Papes : des hommes dont les actions personnelles étaient motivées par la cupidité, la jalousie, la convoitise pour le pouvoir et la simple luxure. Mais y a-t-il jamais eu un Pontife romain qui a montré un tel dédain pour ce que l'Église a toujours enseigné, cru et pratiqué — sur des questions telles que la nature du mariage et de l'Eucharistie ?

 

Le Pape François a suscité la controverse dès le jour où il a été élu successeur de Saint Pierre. Mais au cours des derniers mois, la controverse est devenue si intense, la confusion parmi les fidèles si répandue, l'administration au Vatican si arbitraire — et les diatribes du Pape contre ses ennemis (vrais ou imaginaires) si maniaques — que l'Église universelle se précipite aujourd'hui vers une crise.

 

Dans une grande famille, comment un fils doit-il se comporter lorsqu'il réalise que le comportement pathologique de son père menace le bien-être de toute la famille ? Il devrait certainement continuer à faire preuve de respect pour son père, mais il ne peut pas nier indéfiniment le danger. Finalement, une famille dysfonctionnelle a besoin d'une intervention.

 

Dans la famille mondiale qu’est l'Église Catholique, le meilleur moyen d'intervention est toujours la prière. Une prière intense pour le Saint-Père serait un projet particulièrement approprié pour la saison du Carême. Mais l'intervention exige également l'honnêteté : une reconnaissance franche que nous avons un sérieux problème.

 

Reconnaître le problème peut également fournir une sorte de soulagement, une détente des tensions accumulées. Quand je dis à des amis que je considère cette papauté comme un désastre, je remarque que, le plus souvent, ils se sentent bizarrement rassurés. Ils peuvent se détendre un peu, sachant que leurs propres appréhensions ne sont pas irrationnelles, que d'autres partagent leurs craintes sur l'avenir de la Foi, qu'ils n'ont pas besoin de poursuivre une recherche infructueuse pour trouver des moyens de concilier les irréconciliables. En outre, après avoir donné au problème un nom propre, ils peuvent reconnaître ce que cette crise du Catholicisme n'est pas. Le Pape François n'est pas un antipape et encore moins l'antéchrist. Le Siège de Pierre n'est pas vacant et Benoît XVI n'est pas le "vrai" Pontife.

 

François est notre Pape, pour le meilleur ou pour le pire. Et si c'est pour le pire — comme je le conclus tristement — l'Église a survécu aux mauvais Papes dans le passé. Nous, les Catholiques, avons été gâtés pendant des décennies, jouissant d'une succession de dirigeants exceptionnels au Vatican : des Pontifes qui étaient des enseignants doués et des hommes saints. Nous nous sommes habitués à regarder à Rome pour nous guider. Maintenant nous ne pouvons pas.

 

(Je ne veux pas dire que le Pape François a perdu le charisme de l'infaillibilité. S'il émet une déclaration ex Cathedra, en union avec les Évêques du monde, nous pouvons être sûr qu'il accomplit son devoir de transmettre ce que le Seigneur a donné à Saint Pierre : le dépôt de la Foi. Mais ce Pape a choisi de ne pas parler avec autorité, au contraire, il a catégoriquement refusé de clarifier son document d'enseignement le plus provocateur.)

 

Mais si nous ne pouvons pas compter sur des directions claires de Rome, où pouvons-nous nous tourner ? Premièrement, les Catholiques peuvent compter sur l'enseignement constant de l'Église, sur les doctrines qui sont maintenant trop souvent remises en question. Si le Pape est confus, le Catéchisme de l'Église Catholique ne l'est pas. Deuxièmement, nous pouvons et devrions demander à nos évêques diocésains de s’avancer et de prendre leurs propres responsabilités. Les Évêques, eux aussi, ont passé des années à renvoyer les questions difficiles à Rome. Maintenant, par nécessité, ils doivent fournir leurs propres affirmations claires et décisives de la doctrine Catholique.

 

Peut-être le Pape François va-t-il prouver que je me trompe et émergera comme un grand professeur Catholique. J'espère et je prie qu'il le fasse. Peut-être que toute mon argumentation est mal conçue. Je me suis trompé auparavant et sans doute me tromperai-je à nouveau dans l’avenir ; un autre point de vue erroné n'a pas de grande conséquence. Mais si j'ai raison et que le leadership du Pape actuel est devenu un danger pour la foi, alors d'autres Catholiques, et surtout des leaders ecclésiastiques, doivent décider comment y réagir. Et si j'ai raison — comme je le crois sûrement — alors que la confusion sur les enseignements fondamentaux de l'Église s’est généralisée, les Évêques, en tant que maîtres premiers de la foi, ne peuvent négliger leur devoir d'intervenir.

Sources:

 

(1) This disastrous papacy, Phil Lawler, Life Site News, jeudi 2 mars 2016 et Catholic culture.org

(2) Dieu et moi le nul

(3) Dieu et moi le nul

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 12:05

L’existence de cette Divine Providence est un enseignement formel de Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est un dogme de la foi catholique. Et cependant pour la plupart des gens, c’est dans la pratique une vérité à laquelle on ne croit guère. On admet certes que Dieu a tout créé, mais ensuite tout est livré au hasard et à la seule liberté de l’homme. Cette vision des choses nous conduit à l’orgueil ou au désespoir. Tout autre est l’enseignement de l’Evangile. Essayons donc de rappeler quelques vérités fondamentales sur ce sujet.

La première vérité c’est que le Bon Dieu nous aime réellement. Ce n’est pas pour rien que l’on dit « le Bon Dieu ». Son amour pour nous est sans limite. Nous sommes ses enfants et Il veut nous rendre participants de sa vie et de sa nature divines. Il nous a créés pour le connaître, l’aimer et le servir en cette vie, et pour jouir de Lui dans la vie éternelle. Il nous a créés pour sa gloire, et c’est pourquoi nous chantons : Nous te rendons grâce pour ton immense gloire.

 

Durant notre existence, Dieu nous conduit vers notre fin. Cette fin, c’est le paradis. Tout dans notre vie s’explique et prend un sens dans cette lumière. Dieu nous attire vers Lui et dans tout ce qui nous arrive, Sa main est présente, Son amour est agissant.

C’est donc une erreur de nous inquiéter, de nous dépiter ou de nous chagriner. La foi en la Providence nous remplit de joie, de sérénité et de confiance. Le Seigneur sait où Il nous mène. Il écrit droit avec des lignes brisées. Dans tout ce qui nous arrive, nous devons dire : « Seigneur, Tu me connais mieux que moi-même, Tu sais où Tu me conduis, j’ai confiance en Toi ».

Dieu a tout prévu et ce que je vis pour le moment, joie ou souffrance, est toujours une grâce que je dois recevoir les yeux fermés. A chaque instant Il est tout proche de moi. A chaque instant Il est le Père, l’Epoux, l’Ami toujours fidèle.

N'ayez pas peur face aux scandales actuels de l'eglise

Sources (et suite): La Divine Providence homélie, P. Simon Noël, Moine prêtre bénédictin à Chevetogne; Diakonos.be

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 07:33

"Pyrrhon lui-même a souvent été présenté comme une sorte de sophiste, par exemple dans la légende qui nous le montre si incertain de l’existence des choses sensibles qu’il s’en va se heurter contre les arbres et les rochers, et que ses amis sont obligés de l’accompagner pour veiller sur lui. "

(Victor Brochard, Les Sceptiques grecs, Livre de Poche, 2002.)

Selon le philosophe Pyrrhon d’Elis (v. 365-275 av. J.C.) les réalités sont toutes aussi incertaines qu’indiscernables. Aussi nos sensations et nos jugements ne nous apprennent-ils ni le vrai ni le faux. Par conséquent, nous ne devons nous fier ni aux sens ni à la raison, mais demeurer sans opinion. Quelle que soit ce dont il est question, ce dont on parle, il faut l’affirmer et la nier à la fois, ou bien ni l’affirmer ni la nier.

La crise qui secoue l’Eglise est essentiellement due au “pyrrhonisme” qui s’est emparé des mentalités actuelles, y compris au sein du clergé.

Le “pyrrhonisme”, qui nie que la raison puisse atteindre la signification des réalités, débouche inévitablement sur une sorte d’illogisme qui fait le lit de ce que Benoît XVI appelait “la dictature du relativisme” : plus rien ne doit être considéré comme définitivement vrai. Tout doit demeurer dans l’ombre, dans la grisaille, dans l’incertitude, dans le subjectivisme. Tout doit dépendre des sentiments individuels, des besoins et des envies du moment, du contexte.

Dans l’Encyclique “Humani generis”, Pie XII avait enseigné que contre le pyrrhonisme qui caractérise l’esprit du monde moderne, il était nécessaire de reconnaître “l’authentique et exacte valeur de la connaissance humaine capable d’arriver à une vérité certaine et immuable.”

Dans la Constitution “Lumen gentium” de Vatican II, l’Eglise affirme, contre le pyrrhonisme, que par la lumière naturelle de la raison humaine nous pouvons connaître Dieu comme le principe et la fin de toute chose (LG, n.16). Cet enseignement sera repris et développé dans le “Catéchisme de l’Eglise catholique” (CEC, nn. 35 et ss.) qui doit beaucoup au Cardinal Ratzinger

Enfin, à travers la Constitution pastorale “Gaudium et spes”, l’Eglise condamne ceux qui enseignent ou admettent qu’il n’existe pas de vérité absolue et que, par conséquent, tout n’est que relatif : “On désigne sous le nom d’athéisme des phénomènes entre eux très divers. En effet, tandis que certains athées nient Dieu expressément, d’autres pensent que l’homme ne peut absolument rien affirmer de Lui. D’autres encore traitent le problème de Dieu de telle façon que ce problème semble dénué de sens.” (GS, n. 19 §2).

Aujourd’hui, le pyrrhonisme est largement introduit dans la mentalité catholique. Il conduit de nombreux fidèles - et parmi eux des membres éminents de la Hiérarchie - à penser que puisque l’esprit humain n’est pas capable d’appréhender la vérité une et immuable, l’Eglise ne doit plus être “monolithique” : elle ne peut que proposer “sa” vérité, mais à la condition de laisser chacun libre d’y faire des distinctions et des préférences en faisant appel à son jugement personnel.

Il faut donc s’interdire tout immobilisme qui conduirait à penser qu’un enseignement est définitif, que la doctrine est fixée, que la liturgie doit être célébrée dans le respect de règles objectives et stables qui en fixent le déroulement et en déterminent le sens.

Par la bouche d’un certain clergé postconciliaire, on a entendu dire que tout doit être relativisé et que, par conséquent, les évêques eux-mêmes doivent adapter et relativiser les enseignements de l’Eglise. Il s’agit là d’une grave défaillance de l’autorité pastorale qui conduit à ce qu’on puisse s’affirmer catholique tout en cultivant un scepticisme ouvrant sur d’infinies variations doctrinales, liturgique et morales considérées comme toutes aussi valables les unes que les autres. Dans ce mouvement, la morale “doit être vie, dynamique de vie et, à ce titre, soumise à une croissance intérieure qui écarte toute fixité”, disait le Cardinal Suenens en 1966.

Dans un tel contexte, il devient totalement impossible parler d’une “crise” de l’Eglise : comment pourrait-il y avoir crise quand il n’y a plus ni de mesures fixes ni d’instrument fiables pour discerner la foi de ce qui n’est pas la foi ? Comment pourrait-on parler de crise lorsque, dans des discours embrouillés, on arrive à prendre pour un enseignement clair ce qui, en fait, peut s’attacher à plusieurs idées opposées ?

Le “pyrrhonisme” engendre nécessairement le mobilisme dans tous les domaines : puisque plus rien ne doit avoir de stabilité et de signification, tout doit sans cesse être démoli et reconstruit, détruit et réinventé. Le “soyez fermes et immuables” de S. Paul (cf. 1Cor. 15) est alors remplacé par le “soyez mobiles et instables” de très nombreux clercs de l’Eglise postconciliaire. Les célébrations paroissiales doivent devenir l’outil qui favorise et entretient le “pyrrhonisme” dans l’esprit des fidèles : en remplaçant le sacré qui porte à l’universel par l’expression de l’émotivité (“C’était une belle messe” ; “A l’enterrement, on a écouté la chanson préférée de mamie”...) et en évacuant le Beau qui fixe le Vrai, les célébrations dites “liturgiques” (alors qu’elles ne sont plus guère que des “rencontres spirituelles”) aiguisent les sentiments individuels pour ne plus servir et véhiculer que le relativisme. Une messe ne doit donc plus être un acte d’Eglise stable qui transmet et signifie la Vérité permanente, mais une action privée et variable, sans cesse innovante, au cours de laquelle le célébrant - ou tout autre personne chargée de l’ “animation” - crée des formules vides et imagine des gestes sans rapports avec ceux de la Tradition. La liturgie perd son sens, comme le souligne le Cardinal Sarah, et dégringole au niveau d’une activité qui permettra au célébrant et à l’assemblée suiviste de se séparer de l’Eglise sans pour autant s’opposer ouvertement à elle. Ce qui est déjà le cas dans de très nombreuses paroisses.

On passe ainsi du “pyrrhonisme” au “mobilisme”, c’est-à-dire dans quelque chose qui n’est plus qu’un vague système de croyances déracinées de la foi catholique.

Dans ce “quelque chose” de radicalement nouveau, les célébrations recomposées, réinventées, sont présentées comme l’idéal du style nouveau que doivent avoir les messes (lesquelles se font maintenant sous des chapiteaux de cirques ou dans des salles de spectacles avec l’aval des évêques...), le but à atteindre étant d’induire les fidèles dans une religiosité qui, en dépréciant la raison et l’intelligence, interdit définitivement à l’homme de connaître Dieu et de s’approcher de Lui pour l’écouter nous parler dans le silence.

Nous sommes bien immergés dans cette Eglise du “pyrrhonisme” où les fidèles sont invités à ne plus réfléchir afin de pouvoir accepter sans sourciller n’importe quel chant, n’importe quelle nouveauté, n’importe quel discours, n’importe quelle bêtise liturgique ou catéchétique. Et dans cette Eglise “new look”, plus c’est gros et affligeant, mieux ça passe.

L'Eglise du “pyrrhonisme”
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Publié par Ingomer - dans Religion
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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 19:10

En 1985, pour le Cardinal Ratzinger (futur Benoît XVI), à cause de leur remise en cause de la Tradition de l'Eglise, l'intercommunion avec les protestants n'est pas possible, car "s'il n'y a pas de succession apostolique, il n'y a pas de sacerdoce authentique, et il ne peut donc y avoir d'Eucharistie sacramentelle au sens propre." C'est dans l'Entretien sur la foi (1985), avec Vittorio Messori que le Cardinal Ratzinger donne cette explication :

L'impossibilité de la communion avec les protestants ne vient pas de l'Eglise, elle vient du "credo" des protestants eux-mêmes

Cardinal Ratzinger: Luther serait tout aussi problématique aujourd'hui

 

Vittorio Messori: "À la fin de 1983 - année du cinquième centenaire de la naissance de Martin Luther - l'enthousiasme à le célébrer de certains catholiques a conduit de mauvaises langues à insinuer qu'aujourd'hui, le Réformateur pourrait enseigner les mêmes choses que jadis, mais en occupant en toute tranquillité la chaire de quelque université ou séminaire catholique. Qu'en dit le Préfet? Croit-il que la Congrégation qu'il dirige convierait le moine augustinien à quelque "entretien informatif"?

 

Le Cardinal Ratzinger sourit et répond : "Oui, je crois vraiment qu'aujourd'hui encore, on devrait parler très sérieusement avec lui, et que ce qu'il a défendu ne pourrait être davantage considéré de nos jours comme "théologie catholique". S'il en était autrement, le dialogue oecuménique ne serait pas nécessaire, qui recherche précisément cet entretien critique avec Luther en demandant comment l'on peut sauver ce qu'il y a de grand dans sa théologie et surmonter ce qui s'y trouve de non catholique."

 

Vittorio Messori: "Il serait intéressant de savoir de quels points la Congrégation pour la doctrine de la foi s'emparerait pour intervenir encore aujourd'hui contre Luther."

 

Le Cardinal Ratzinger n'hésite pas à répondre : "Quitte à paraître ennuyeux, je pense qu'il s'agirait à nouveau du problème ecclésiologique. Lors de la dispute de Leipzig, l'interlocuteur catholique de Martin Luther lui prouva de façon irréfutable que sa "nouvelle doctrine" ne s'opposait pas seulement aux Papes, mais aussi à la Tradition telle que l'avaient clairement exprimée les Pères et les Conciles. Luther fut contraint de l'admettre et déclara alors que les Conciles oecuméniques aussi se seraient trompés, plaçant ainsi l'autorité de l'exégète au-dessus de l'Autorité de l'Église et de sa Tradition."

 

Vittorio Messori: "C'est donc à ce moment-là que se produisit la "rupture" décisive?"

 

Cardinal Ratzinger : "Je crois en effet que ce fut le moment décisif. Parce qu'alors on renonça à la conception catholique de l'Église comme authentique interprète du vrai sens de la Révélation. Luther ne pouvait plus partager la certitude qui reconnaît en l'Église une conscience commune qui se situe au-dessus de l'intelligence et de l'interprétation personnelles. De sorte que la relation entre l'Église et l'individu, entre l'Église et la Bible en est fondamentalement altérée. Sur ce point, oui, la Congrégation devrait parler avec Luther s'il vivait encore; ou, pour mieux dire, sur ce point, nous parlons avec lui lors de nos conversations oecuméniques. (...)"

 

Vittorio Messori: "... [Le Cardinal] me cite le nouveau refus de Rome de concéder "l'intercommunion", c'est-à-dire la possibilité pour un catholique de participer à l'Eucharistie d'une Église réformée."

 

Cardinal Ratzinger: "De nombreux catholiques eux-mêmes, dit-il, pensent que ce refus est l'ultime avatar d'une mentalité intolérante qui devrait avoir fait son temps. Ils sont nombreux, ceux qui nous crient: "Ne soyez pas si sévères, si anachroniques!" Mais ce n'est pas une question d'intolérance ou de retard oecuménique: pour le Credo catholique, s'il n'y a pas de succession apostolique, il n'y a pas de sacerdoce authentique, et il ne peut donc y avoir d'Eucharistie sacramentelle au sens propre. Nous croyons que c'est ainsi que l'a voulu le Fondateur même du christianisme."

 

Source : Cardinal Joseph Ratzinger/Vittorio Messori, Entretien sur la foi, Fayard, 1985, p. 192-197. Le Forum catholique

 

La succession apostolique désigne la transmission par les apôtres de l’autorité des pouvoirs reçus de Jésus à des successeurs. C’est par la consécration épiscopale, que se transmet la succession apostolique. Depuis vingt siècles de christianisme, les évêques, unis au pape, assurent la continuité vitale et institutionnelle de la mission confiée aux apôtres par le Christ. (Source)

 

Le document "l’apostolicité de l'église et la succession apostolique" de la Commission théologique internationale a précisé en 1973 :

 

"Le mouvement commun de la Réforme a nié le lien entre l’Écriture et la tradition de l’Église en faveur de la normativité de la seule Écriture. Même si plus tard on se réfère de diverses manières à la Tradition, cependant on ne lui reconnaît pas la même dignité que dans l’Église ancienne. Le sacrement de l’ordre étant l’expression sacramentelle indispensable de la communion dans la Tradition, la proclamation de la sola Scriptura a entraîné l’obscurcissement de l’ancienne notion de l’Église et de son sacerdoce. Aussi, de fait, on a, à travers les siècles, souvent renoncé à l’imposition des mains, soit par des hommes déjà ordonnés, soit par d’autres. Là où elle a été pratiquée, elle n’avait pas eu la même signification que dans l’Église de la Tradition. Cette divergence dans la façon d’introduire dans le ministère et de l’interpréter n’est que le symptôme le plus saillant de la compréhension différente des notions d’Église et de Tradition. De nombreuses approches prometteuses (2) (Voir les résultats de certains dialogues bilatéraux) ont commencé à rétablir des contacts avec cette Tradition, bien que la rupture ne soit pas encore effectivement surmontée. Dans ces circonstances, l’intercommunion eucharistique reste pour le moment impossible (3) parce que la continuité sacramentelle dans la succession apostolique dès les origines constitue pour les Églises orthodoxes aussi bien que pour l’Église catholique un élément indispensable de la communion ecclésiale."

 

Les protestants nient le lien entre l'Ecriture et la tradition de l'Eglise en faveur d'une normativité de la seule Ecriture. Depuis 500 ans, l'obstacle fondamental à l'unité est la notion de succession apostolique. Or, les apôtres eux-mêmes ont voulu cette succession apostolique. Cette transmission des pouvoirs sacerdotaux est une pratique attestée dans le Nouveau Testament. L'organisation de l'Eglise est en place déjà en l'an 60 avant la mort des apôtres Pierre et de Paul.

 

Mgr Jacques Perrier, l'ancien évêque de Tarbes et Lourdes, a pu dire dans un document sur la succession apostolique que "Les évêques d’aujourd’hui sont reliés aux apôtres par une chaîne ininterrompue. Cette relation est un gage de fidélité à travers le temps et d’unité à travers le monde." Et dans un autre document publié sur Aleteia, il a explicité la notion de succession apostolique.

 

Parmi ses disciples, Jésus, après une nuit de prière, en a choisi douze, dont les évangiles nous donnent les noms. Judas ayant fait défection, Pierre prend l’initiative de procéder à son remplacement. Il faut trouver quelqu’un qui "nous ait accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu au milieu de nous, en commençant au baptême de Jean jusqu’au jour où il nous fut enlevé" (Actes des apôtres 1, 21-22). Après tirage au sort, c’est Matthias "qui fut mis au nombre des douze apôtres".

 

Quelques années plus tard, Saul bénéficie d’une apparition du Christ ressuscité sur le chemin de Damas : il devient "Paul", l’Apôtre par excellence, surtout auprès des païens. Le cas de Paul est unique : il ne se reproduira pas dans l’histoire. Il y a donc quelque chose de particulier à cette première génération : ils ont été "témoins oculaires" (Luc 1, 2) ; ils ont "entendu, vu, contemplé, touché" (1 Jean 1, 1). Ce qu’ils avaient à dire, ils l’ont dit. C’est pourquoi "la Révélation est close à la mort du dernier apôtre". Il n’y a pas d’autre Révélation à attendre, jusqu’à la fin des temps. "En ces jours qui sont les derniers, Dieu nous a parlé par le Fils" (Hébreux 1, 2). Là où ils prêchaient l’Evangile, les apôtres ont fondé des Eglises. Ils ont eu le souci de pouvoir à leur avenir en instituant, par la grâce de Dieu, des chefs de communauté. Saint Paul en est témoin. Les évangiles témoignent de Jésus jusqu’à son Ascension, quarante jours après Pâques. Les autres écrits du Nouveau Testament (Actes des apôtres, épîtres et Apocalypse) témoignent de l’activité des apôtres et des communautés, des "Eglises" qu’ils ont fondées.

 

Jésus n’a pas été un vagabond, prêchant au hasard. Il a constitué un noyau, les "Douze", à qui il a promis l’envoi de l’Esprit Saint. De même, les apôtres ont eu le souci, dès le début, de ne pas laisser chaque communauté s’en aller à la dérive, chacune suivant son penchant naturel. Paul repasse dans les communautés qu’il a fondées et leur envoie des lettres, les "épîtres".

 

Ainsi, à cette époque, Thessalonique, devenue la capitale de la Macédoine et le port le plus commerçant de la Méditerranée, reçoit la visite de Paul qui s'y rend dans sa seconde mission à sa sortie de Philippes. Il y trouve une synagogue, où il prêche à des Juifs, des prosélytes et des païens durant trois semaines et jette les fondements d'une petite chrétienté. Mais bientôt chassé par les intrigues des Juifs accusant les prédicateurs d'agir contre les décrets impériaux et traînant certains chrétiens devant les magistrats (Ac 17:5-9), il se retire à Bérée, puis à Athènes, et de là à Corinthe. C'est de cette dernière ville qu'il adresse à l'Eglise naissante de Thessalonique vers l'an 51, à peu d'intervalle l'une de l'autre, deux épîtres, les premières que nous ayons de lui. La première, qui contient des encouragements, est le plus ancien écrit du Nouveau Testament. L'apôtre y fait l'expérience de la mort et de la résurrection du Christ. Paul l'a envoyée une vingtaine d'années après la mort de Jésus, peu après son arrivée à Corinthe où Thimothée, vint lui apporter des nouvelles en provenance de Thessalonique (1 Th 3:6). A cette date, les traditions évangéliques ont déjà pris corps et d'autres textes peuvent nous rapporter des traditions plus anciennes, mais 1 Thessaloniciens est le plus ancien document chrétien connu. Dans leur relative simplicité, les deux lettres aux Thessaloniciens, parlent des "Eglises" et de ceux qui sont "à leur tête", elles mentionnent tout ce qui est la foi commune des premiers chrétiens et l'expérience des premiers missionnaires : l'amour de Dieu qui appelle (1 Th 1:4; 1 Th 2:12), la foi en la Trinité de "Dieu le Père, et le Seigneur Jésus-Christ" et l'"Esprit-Saint" (1 Th 1-5; 1 Th 4:8), la foi dans la mort et la résurrection du Christ (1 Th 1-10 ; 1 Th 4:14), l'attente du retour du Christ (1 Th 3:13; 1 Th 5:23), la croyance dans la résurrection de ceux qui sont morts dans le Christ (1Th 4:16), la persévérance dans la persécution (1 Th 2:14-16), l'amour fraternel (1 Th 4:9) et le caractère collectif et solidaire des premières communautés chrétiennes (1 Th 4:6), l'action de l'Esprit Saint dans la parole de proclamation et dans la vie des communautés. S. Paul met en place des "anciens", comme nous le voyons à Ephèse (Actes 20, 17), il envoie deux collaborateurs, Tite et Timothée, deux convertis du paganisme dans les communautés qu'il a fondées, pour éviter qu'elles ne dérivent. Ils sont destinataires de trois épîtres avec des conseils pour l'avenir. A Thimothée, en particulier, il rappelle le "don spirituel que Dieu a déposé en toi par l'imposition de mes mains" (1 Tm, 4: 14; et 2 Tm 1:6). La mission principale de Timothée est de "garder le dépôt" (1 Tm 6,20 ; 2 Tm 1,14). Ce dépôt doit être transmis à d'autres de génération en génération : "Ce que tu m’as entendu dire en présence de nombreux témoins, confie-le à des hommes dignes de foi qui seront capables de l’enseigner aux autres, à leur tour" (2 Tm 2,2). S. Pierre recommande aux "anciens en fonction" de paître le troupeau de Dieu qui leur est confié et aux "jeunes gens" d'être "soumis aux anciens" (1 P. 5, 1-2). Le souci de la continuité, la transmission de la charge par les apôtres, le caractère collectif autant qu’individuel, le titre de "pasteurs", titre qui convient d’abord au Christ et que Jésus avait donné à Pierre, sont autant de traits particuliers de l'Eglise primitive.

 

Les hommes qui dirigeaient les communautés du vivant des Apôtres ou après leur mort portent dans les textes du Nouveau Testament divers noms : presbytéroi-episkopoi, et sont décrits comme poimènes, hégoumenoi, proistamenoi, kyberneseis. Ce qui caractérise ces presbytéroi-episkopoi par rapport au reste de l’Église, c’est leur ministère apostolique d’enseignement et de direction. La grâce de Dieu se communique par des gestes et des paroles d’hommes, appelés "ministres" des sacrements, "ministre" signifiant "serviteur".
 

Dès que les communautés furent privées de la présence des Apôtres et voulurent cependant continuer à se référer à leur autorité, il fallut que fussent maintenues et continuées de façon adéquate les fonctions des Apôtres dans ces communautés et en face d’elles.

 

La rareté des documents ne permet pas de préciser autant que l’on voudrait les transitions qui se sont opérées. La fin du Ier siècle a connu une situation où les Apôtres, leurs collaborateurs immédiats et enfin leurs successeurs animent des collèges locaux de presbytéroi et d’episkopoi. Au début du IIe siècle, l’image de l’évêque unique à la tête des communautés apparaît vigoureusement dans les lettres de saint Ignace, qui affirme encore que cette institution se trouve établie "jusqu’aux extrémités de la terre" (Ad Ephesios 3, 2).

 

Au cours du IIe siècle, cette institution est reconnue de manière explicite, dans le sillon de la lettre de Clément, comme porteuse de la succession apostolique. L’ordination avec imposition des mains, attestée par les Épîtres pastorales, apparaît à l’intérieur du processus de clarification comme un pas important pour la sauvegarde de la tradition apostolique et pour la garantie de la succession dans le ministère. Les documents du IIIe siècle ("tradition" d’Hippolyte) montrent qu’elle était pacifiquement acquise, et considérée comme une institution nécessaire.

 

L’Apocalypse de Jean commence par des lettres aux sept Eglises d’Asie Mineure. Souci de fidélité et de cohérence. Les apôtres ont souci de l’unité de l’Eglise, à travers le temps ("succession apostolique") et dans l’espace ("communion").

 

La succession apostolique a été mise en valeur, au 2ème siècle, par saint Irénée, évêque de Lyon, disciple de Polycarpe, disciple de Jean l'Evangéliste. Né à Smyrne l'an 132, il explique dans son traité "Contre les hérésies" : "Nous pourrions énumérer les évêques qui furent établis par les apôtres dans les Eglises, et leurs successeurs jusqu’à nous… Mais comme il serait trop long d’énumérer les successions de toutes les Eglises, nous prendrons seulement l’une d’entre elles, l’Eglise très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome."

Saint Irénée, cite alors les successeurs de Pierre et Paul : Lin, Anaclet, Clément, Evariste, Alexandre, Xyste, Télesphore, Hygin, Pie, Anicet, Soter "et maintenant Eleuthère", qui fut évêque de Rome à partir de 175. Les noms de certains d’entre eux figurent dans la Prière eucharistique n° 1, dite "canon romain".

 

"Après avoir fondé et édifié l'Église (de Rome), les bienheureux apôtres (Pierre et Paul) remirent à Lin la charge de l'épiscopat ; c'est de ce Lin que Paul fait mention dans les épîtres à Timothée. Anaclet lui succède. Après lui, en troisième lieu à partir des apôtres, l'épiscopat échoit à Clément. Il avait vu les apôtres eux-mêmes et avait été en relations avec eux : leur prédication résonnait encore à ses oreilles et leur tradition était encore devant ses yeux. Il n 'était d'ailleurs pas le seul, car il restait encore à cette époque beaucoup de gens qui avaient été instruits par les apôtres. Sous ce Clément, donc, un grave dissentiment se produisit chez les frères de Corinthe ; l'Église de Rome adressa alors aux Corinthiens une très importante lettre pour les réconcilier dans la paix, renouveler leur foi et leur annoncer la tradition qu'elle avait naguère reçue des apôtres" (S. Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 3, 3). Cette lettre, généralement appelée "Épître de Clément de Rome aux Corinthiens", décrit de la manière suivante les dispositions prises par les apôtres en vue de leur succession : "Les apôtres nous ont annoncé la bonne nouvelle de la part de Jésus-Christ. Jésus-Christ a été envoyé par Dieu. Le Christ vient donc de Dieu et les apôtres du Christ. Cette double mission elle-même, avec son ordre, vient donc de la volonté de Dieu." (Épître de Clément aux Corinthiens, XLII, 1 - 4 et XLIV, 1 – 2) Il en ressort que l'interprétation correcte des Écritures est donnée dans l'Église, dont les pasteurs bénéficient d'une assistance de l'Esprit pour trancher en cas de doute. (Source)

 

Les sacrements s’inscrivent dans la ligne de l’Incarnation : Dieu s’est fait repérable. De même, par la succession apostolique, à la fois collégiale et personnelle, nous pouvons repérer la continuité avec la génération des premiers témoins et la cohésion à l’intérieur de l’Eglise, malgré et à travers la diversité des cultures.

 

Saint Irénée s’appuya sur la succession apostolique pour répondre aux hérétiques qui, contre cette continuité et collégialité épiscopales, avaient déjà "constitué des groupements illégitimes".

"La Tradition des apôtres, qui a été manifestée dans le monde entier, c’est en toute Eglise qu’elle peut être perçue : la condition, c’est que chaque Eglise reste en communion avec l’Eglise de Rome."

 

 

Tout en représentant avec autorité l’Évangile et en se manifestant fondamentalement comme un service envers l’Église totale (2 Co 4, 5), le ministère ordonné exige du ministre qu’il rende présent le Christ humilié (2 Co 6, 4 s) et crucifié (Ga 2, 19 s ; 16, 14 ; 1 Co 4, 9 s). L’Église, qu’il sert, est, dans sa totalité, ainsi que dans chacun de ses membres, informée et mue par l’Esprit, chaque baptisé étant "enseigné par l’Esprit" (1 Th 4, 9 ; He 8, 11 ; Jr 31, 33 s ; 1 Jn 2, 20 ; Jn 6, 45). Le ministère sacerdotal ne pourra donc que lui rappeler avec autorité ce qui inchoativement est déjà inclus dans sa foi baptismale, mais dont ici-bas il ne pourra jamais épuiser la plénitude. De même le fidèle devra nourrir sa foi et sa vie chrétienne par la médiation sacramentelle de la vie divine. La norme de la foi — que dans son caractère formel nous désignons comme "règle de foi" — lui est immanente par l’action de l’Esprit, tout en restant transcendante par rapport à l’homme, puisqu’elle ne peut jamais être purement individuelle, mais qu’elle est essentiellement ecclésiale et catholique. En cette règle de foi, l’immédiateté de l’Esprit divin à chaque personne est donc nécessairement liée à la forme communautaire de cette foi.

 

[L]’Esprit nous communique la connaissance du Père par Jésus, la foi chrétienne est trinitaire : sa forme pneumatique inclut nécessairement ce contenu qui s’exprime et se réalise de manière sacramentelle dans le baptême trinitaire. La règle de foi, c’est-à-dire le type de la catéchèse baptismale dans laquelle s’épanouit le contenu trinitaire, constitue en tant qu’union de la forme et du contenu le pivot permanent de l’apostolicité et de la catholicité de l’Église. Elle réalise l’apostolicité parce qu’elle lie les hérauts de la foi à la règle christo-pneumatologique : ils ne parlent pas en leur propre nom, mais témoignent de ce qu’ils ont entendu (Jn 7, 18 ; 16, 13 s ; etc.).

 

Jésus-Christ s’avère être le Fils en tant qu’il annonce ce qui vient du Père. L’Esprit s’avère être l’Esprit du Père et du Fils parce qu’il ne puise pas dans le sien, mais les révèle et rappelle ce qui vient du Fils (Jn 16, 13 s). Cela devient, dans le prolongement du Seigneur et de son Esprit, le caractère distinctif de la succession apostolique. Le magistère ecclésial se distingue aussi bien d’un pur magistère de docteurs que d’un pouvoir autoritaire. Là où le magistère de la foi passerait aux professeurs, la foi serait liée aux lumières d’individus et par là livrée en grande partie à l’esprit du temps. Et là où la foi dépendrait du pouvoir despotique de certaines personnes individuelles et collectives, qui d’elles-mêmes décréteraient ce qui est normatif, la vérité serait remplacée par un pouvoir arbitraire. Le vrai magistère apostolique est lié par contre à la Parole du Seigneur et introduit ainsi ses auditeurs dans sa liberté.

 

Rien dans l’Église n’échappe à la médiation apostolique : pas plus les pasteurs que leurs ouailles, les énoncés de foi que les préceptes de la vie chrétienne. Le ministère ordonné se trouve même doublement référé à cette médiation, étant lui-même soumis, d’une part, à la règle des origines chrétiennes, et, de l’autre - d’après la parole d’Augustin -, tenu à se laisser instruire par la communauté des croyants, qu’il a lui-même l’obligation d’instruire.

 

Le manque de la succession apostolique est la raison pour laquelle les documents romains parlent à propos des mouvements issus de la "Réforme" protestante, de "communautés ecclésiales" plutôt que d’Eglises à proprement parler. Cette précision de vocabulaire, a été effectuée par le cardinal Ratzinger en 2000 dans la Déclaration “Dominus Jesus”, n° 17.

 

Le document de 1973 "l’apostolicité de l'église et la succession apostolique" ajoute :

 

"Cette constatation ne signifie nullement que les qualités ecclésiales et spirituelles des ministères et des communautés protestantes soient pour autant négligeables. Les ministres ont édifié et nourri les communautés. Par le baptême, par l’étude et la prédication de la Parole, par la prière commune et la célébration de la Cène, par leur zèle, ils ont guidé les hommes vers la foi au Seigneur et les ont ainsi aidés à trouver le chemin du salut. Il y a donc dans ces communautés des éléments qui certainement appartiennent à l’apostolicité de l’unique Église du Christ (4). (Voir la constitution dogmatique Lumen gentium 15 et le décret Unitatis redintegratio 3, 19-23.)"

 

Il ressort de ces textes et du récent rapprochement du pape François avec les luthériens une volonté historique de l'Eglise catholique de faire l'unité avec les protestants sans y parvenir du fait même de la volonté des Réformés de s'en tenir au sola Scriptura de Luther, contre la tradition apostolique et contre ce qui constitue la communauté chrétienne.

 

L'impossibilité de la communion avec les protestants ne vient donc pas de l'Eglise, qui au contraire a toujours cherché les moyens de les réintégrer, elle vient du "credo" des protestants eux-mêmes.

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