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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 07:57

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51oQ-Rs3zUL._SL500_AA300_.jpg "La contre-révolution ne sera point une révolution contraire, mais le contraire de la révolution"
(Joseph de Maistre, Considérations sur la France, fin du chapitre X, in J. de Maistre, Oeuvres, Edition établie par Pierre Glaudes, Bouquins Robert Laffont, p. 276). 

De même, "la bonne information (ou la réinformation) n’est pas une désinformation contraire mais le contraire de la désinformation" :

De Jean-Michel Beaussant, ce 17 janvier sur le site du bi-mensuel ‘L’Homme Nouveau »

« À l’occasion d’un entretien paru dans le journal catholique belge Tertio, le Pape François a dénoncé en décembre la désinformation comme « probablement le plus grand mal qu’un média puisse infliger ». Mais lutter contre cette désinformation, utilisée parfois au sein même de l’Église, implique une bonne finalité ancrée dans le réel.

« La désinformation, c’est ne dire que la moitié des choses, celles qui me conviennent, et ne pas dire l’autre moitié : de sorte que celui qui (la reçoit) ne peut bien juger les choses parce qu’il n’a pas tous les éléments, car ils ne lui ont pas été livrés… », avait déjà dit le Pape lors de l’audience du 22 mars 2014. Mais comme nous sommes tous pauvres pécheurs, ne sommes-nous pas tous plus ou moins coupables de désinformation – ce n’est pas Volkov qui me démentirait ! –, y compris le Pape lui-même dans des interviews parfois approximatives ? Quand il indique par exemple au journaliste athée, Eugenio Scalfari, que « chacun de nous doit obéir à sa propre conscience, chacun doit suivre le bien et combattre le mal selon l’idée qu’il s’en fait ». Sans préciser que chacun a aussi le devoir d’éclairer sa conscience pour la corriger en fonction de la loi morale naturelle, la norme objective. Sinon bienvenue aux fanatiques !

Attention à la restriction mentale

Plutôt qu’une désinformation (une manipulation), voici le ­type même de restriction mentale – chère à certains jésuites et dénoncée en son temps par Pascal – que d’aucuns reprochent aujourd’hui au Souverain Pontife de pratiquer, la question se posant éminemment pour Amoris lætitia. Restriction ou réserve mentale que l’on fait d’une partie de ce que l’on pense pour « apprivoiser » l’interlocuteur en considérant davantage ce qui nous unit que ce qui nous divise : oui, nous avons le même Dieu (unique) que les Juifs et les musulmans… au niveau de la philosophie (médiation possible). Mais non au niveau de la religion et de la vérité surnaturelle ! 

Cette logique restrictive, lorsqu’elle est employée à dessein pédagogique ou pacifique (et non par casuistique), est licite jusqu’à un certain point. Tout comme l’argument ad hominem, qui consiste à s’adresser à l’homme adverse en se plaçant sur son propre terrain, selon ses principes déficients, peut se révéler « payant ». Soit pour se préserver soi-même (demander la liberté aux libéraux), soit pour faire éclater la contradiction interne de l’adversaire par l’absurde : si vous êtes contre la peine de mort, soyez-le aussi avec l’avortement (ou à l’adresse du Pape contre la peine capitale : si le commandement « Tu ne tueras pas » ne peut souffrir aucune exception, au nom du principe selon lequel la fin ne justifie pas le moyen intrinsèquement désordonné, pourquoi celui « Tu ne commettras pas d’adultère » pourrait en connaître ?).

Argument ad hominem et restriction mentale peuvent ouvrir une brèche dans le monde logiquement déficient où s’est réfugié plus ou moins (in)consciemment l’interlocuteur. Mais ils ne peuvent se suffire à eux-mêmes. On ne doit surtout pas s’y enfermer à la manière de la taqiya des musulmans qui les oblige à la dissimulation tant qu’ils se sentent inférieurs ou vulnérables. Ces arguments prudentiels ou graduels ne doivent en aucun cas devenir des mensonges par omission pour tromper l’auditeur doctrinalement, voire nous tromper nous-mêmes. Car la fin, en effet, ne justifie jamais le mauvais moyen. Autrement dit, ces arguments doivent être parallèlement et simultanément dépassés ou corrigés par une autre argumentation supérieure, en adéquation totale avec la réalité (« Confesser sa foi demande que l’on croit non pas en partie ou à moitié, mais de croire toute la foi, cette foi qui est arrivée à nous par la voie de la tradition : toute la foi ! », déclarait le Saint-Père le 10 janvier 2014).

À se complaire exclusivement dans la restriction mentale ou l’argumentation ad hominem, à y revenir trop souvent, sans précautions, on peut se laisser prendre à son propre jeu. Finir par croire ou laisser croire que l’on approuve des choses qu’on ne devrait pas. Mettre un pied de trop, même petit et malin, chez le partenaire libéral ou relativiste, lâchant sur des principes non négociables – comme c’est le cas, notamment, de certains publicistes avec le « mariage » gay ou d’autres avec le « droit » à l’IVG –, par manque de discernement.

La bonne information

En conclusion, la bonne information (ou la réinformation) n’est pas une désinformation contraire mais le contraire de la désinformation par sa finalité et son intention morale (dans La langue des médias, Ingrid Riocreux indique que même les médias dits de la réinformation n’échappent pas aux travers de leurs adversaires, en utilisant à leurs fins des citations tronquées, ou faisant dire parfois à son auteur [même au Pape] ce qu’il n’a pas dit…). Tous ceux qui ne pensent pas comme nous ne sont pas forcément des désinformateurs, des modernistes… Ne pratiquons pas à l’envers un terrorisme intellectuel, dont la reductio ad Hitlerum (l’accusation d’« extrême-droite », d’« intégriste »…) reste un modèle de la praxis communiste (pratiquée, hélas, chez des clercs). La réinformation, comme la contre-révolution, ne parle pas en termes dialectiques de camps, mais en termes de bien commun, de bien ou de mal, de vrai ou de faux.

Elle part de l’expérience, de la réalité, des choses vues ou dites et non d’idées préconçues, a priori : ce qu’est le réel et non ce par quoi je prétends le connaître, à travers un prisme idéologique déformant et partisan. Elle n’interprète pas, n’extrapole pas, ne fait pas de procès d’intention, cherchant à sortir des insuffisances ou des ambiguïtés avérées. Dans les graves débats politiques ou religieux à venir en 2017, il est opportun de le rappeler. »

Ref. Se réinformer, face à la désinformation

La bonne information (ou la réinformation) n’est pas une désinformation contraire mais le contraire de la désinformation
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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 07:32
Pour un chrétien, c’est une tentation du démon que de vouloir s’occuper de la misère du monde entier

Pour un chrétien, c’est une tentation du démon que de vouloir s’occuper de la misère du monde entier.

Le chrétien doit assumer la misère qui entre dans sa vie et relève de son pouvoir : il doit aimer son “prochain”, celui qui est vraiment proche de lui : parent, ami, voisin, collègue, ennemi... L’amour du “lointain” risque de n’être qu’évasion, illusion, occupation, agitation. C’est Nietzsche et non le Christ qui nous demande d’aimer le “lointain”.

Beaucoup de chrétiens - clercs et laïcs - s’évadent vers des problèmes qui les dépassent et, de cette façon, obscurcissent la charité véritable. Beaucoup de chrétiens parlent de ce qu’il ne connaissent pas ou connaissent mal, ce qui les pousse à fuir dans le rêve et à donner dans des générosités - ou des indignations - faciles, souvent verbales et fabriquées au gré de l’opinion et des médias. Ce faisant la conscience se laisse manipuler et la foi finit par s’obscurcir.

C’est une erreur que de parler avec passion de choses dont on n’a pas une connaissance réelle, objective et sur lesquelles, en fin de compte, nous n’avons pas de pouvoir : la charité chrétienne procède d’une intelligence du concret et non dans une évasion dans l’imaginaire. Le chrétien doit passer de l’imaginaire au réel et fuir cette religiosité verbeuse que condamne l’Evangile : « Ce ne sont pas ceux qui disent : “Seigneur, Seigneur”, qui entreront dans le Royaume des Cieux, mais ceux qui font la volonté du Père... »

L’Ecriture nous enseigne qu’à chaque jour suffit sa peine et que nous ne devons demander que le pain quotidien. Malheureusement, trop de fidèles méprisent le quotidien, l’humble devoir d’état, la justice due à ceux dont nous sommes comptables. Ainsi entend-on des prêtres parler de justice et de charité alors même qu’ils privent les fidèles de la véritable liturgie et des sacrements ce qui pourtant, pour eux, relève de la plus élémentaire justice, de la plus élémentaire charité.

Pour un chrétien, c’est une tentation du démon que de vouloir s’occuper de la misère du monde entier

Source: Pro Liturgia, Actualité du lundi 16 janvier 2017.

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 07:00

“Le fossé ne cesse de se creuser : Florence contre Rome, la Pologne contre l’Argentine, Malte contre Milan... C’est ce qu’on appelle un schisme de fait.”

C’est en ces termes très clairs que le quotidien “Tagespost” a commenté la décision de l’Evêque de Malte d’admettre à la communion eucharistique les divorcés-remariés sans autre forme de procès. Guido Horst, le correspondant du journal à Rome, exprime ses critiques dans cet article : il estime que “Rome ne tient plus son rôle d’instance de clarification, mais se comporte en observateur silencieux de la disparition de l’unité dans l’action pastorale de l’Eglise.”

L’article du “Tagespost” relève aussi que cet état de non-décision s’exerce sur le dos des petites gens et, de ce fait, très concrètement, sur le dos de nombreuses paroisses. Celles-ci se voient en effet contraintes d’expliquer tant bien que mal aux fidèles, et aussi à ceux qui se tiennent à distance de l’Eglise, ce qui est en cours de changement : la morale, les sacrements, la pastorale...

Amoris laetita : un journal allemand parle de schisme de fait

Source: Die Tagespost
Traduction: proliturgia.org

Diakonos.be

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 17:55

La division annoncée dans l'Eglise suite à la publication de l'exhortation Amoris laetitia du pape François, et la rupture de l'universalité de l'Eglise, devient réalité, avec les premiers anathèmes lancés par des Dominicains à l'encontre des évêques maltais qui ont autorisé les divorcés civilement remariés à recevoir la communion :

Qu'ils soient anathèmes ! La twittosphère s'enflamme contre les évêques maltais

BREAKING: Malta’s bishops allow civilly remarried divorcees to receive Communion, LifeSiteNews, Fri Jan 13, 2017 - 2:59 pm EST

 

Traduction

 

Les évêques de Malte autorisent les divorcés civilement remariés à recevoir la communion

 

Mise à jour: Dans un mouvement pris comme un signe d'approbation, le journal semi-officiel du Vatican a publié les lignes directrices des évêques maltais vendredi matin dans ses versions imprimée et en ligne.

MALTE, 13 janvier 2017 (LifeSiteNews) - Les évêques de Malte ont donné le feu vert aux catholiques divorcés et civilement remariés dans leurs diocèses pour recevoir la communion s'ils sont "en paix avec Dieu".

Les évêques disent qu'il peut être "humainement impossible" de suivre l'enseignement de l'Église et de vivre chastement tout en se remariant civilement, une exigence pour recevoir l'Eucharistie dans cette situation.

L'affirmation vient du nouveau document des évêques "Critères pour l'application du chapitre VIII d' Amoris Laetitia", dans lequel ils disent que leurs lignes directrices sont "en ligne avec les directives données par le pape François".

Les catholiques attendent encore une réponse du pape François aux dubia soumises en novembre par quatre cardinaux demandant des précisions sur les parties ambiguës d' Amoris Laetitia (AL) concernant le mariage et la réception de l'Eucharistie.

Les évêques maltais ont déclaré dans leur document:

"Si, à la suite du processus de discernement, entrepris avec 'l'humilité, la discrétion et l'amour pour l'Église et son enseignement, dans une recherche sincère de la volonté de Dieu et un désir de lui faire une réponse plus parfaite' (AL 300) une personne séparée ou divorcée qui vit dans une nouvelle relation gère, avec une conscience informée et éclairée, pour reconnaître et croire qu'elle est en paix avec Dieu, elle ne peut pas être empêchée de recevoir les sacrements de la Réconciliation et de l'Eucharistie (voir AL, notes 336 et 351).

En ce qui concerne la continence conjugale - l'abstinence de relations dans une union civile ou autre union conjugale irrégulière - les évêques disent que certains couples peuvent être en mesure de la faire, mais, "d'autre part, il y a des situations complexes où le choix de vivre" en frères et sœurs "devient humainement impossible et donne lieu à plus de mal (voir AL, note 329)."

Afficher l'image d'origine Le Pape Jean-Paul II et le Pape émérite Benoît XVI ont tous deux enseigné que les catholiques recevant l'Eucharistie vivant dans des unions non matrimoniales doivent s'abstenir de relations sexuelles et vivre chastes. Affirmer l'impossibilité de ce précepte entre en conflit avec l'enseignement établi par les pontifes précédents. [Affirmer l'impossibilité de vivre chaste est également un blasphème qui confine au raisonnement que tinrent les cardinaux devant Innocent III - sans y réussir - lors de l'approbation de la Règle de S. François et qui consiste à soutenir que l'observance des conseils évangéliques ou le voeu -de pauvreté pour S. François - qu'on en ferait, serait contraire à la raison ou quelque chose d'impossible à réaliser. Ce qui revient à dire que les enseignements de Notre Seigneur seraient impossibles à réaliser, ce qui est un blasphème. NdCR.]

 

Les évêques maltais disent que les nouvelles directives sont "destinées à accompagner les gens à la prise de conscience de leur situation de vie à la lumière de Jésus", selon le site des évêques, un message "aussi pertinent pour les couples et les familles qui se trouvent dans des situations complexes."

Ceux qui préconisent de permettre aux divorcés et remariés de recevoir la communion ont fréquemment utilisé le terme "accompagnement" au cours du synode ordinaire sur la famille.

L'exhortation du Pape François a créé la division depuis sa publication en avril dernier parce que son ambiguïté dans plusieurs sections permet aux évêques dans diverses régions du monde une marge de manœuvre pour interpréter le document différemment.

Cela a donné lieu à des conférences épiscopales agissant pour permettre d'accorder la sainte communion aux catholiques vivant dans le péché objectif, tandis que d'autres ont persisté à soutenir l'enseignement de l'Église.

La confusion et les dégâts des pratiques pastorales conflictuelles et le risque qui en résulte pour le salut des catholiques ont contraint les cardinaux Raymond Burke, Walter Brandmüller, Carlo Caffarra et Joachim Meisner à soumettre les dubia au pape François pour une clarification sur Amoris Laetitia .

Les évêques de Malte citent lourdement AL dans tout leur document, y compris les passages qui font l'objet des dubia présentées par les quatre cardinaux.

"En pensant que tout est noir et blanc, nous fermons parfois le chemin de la grâce et de la croissance, et décourageons les sentiers de sanctification qui donnent gloire à Dieu" (AL 305), déclarent-ils dans un cas.

Pour justifier la nouvelle politique, les évêques maltais se réfèrent aux Trois Rois fuyant Hérode après avoir vu l'enfant Jésus dans l'étable.

"Comme les rois mages, qui ont pris un chemin différent (à l'origine) à la maison après avoir rencontré Jésus (voir Mt 2, 12), ces personnes - parfois après un voyage difficile  - peuvent rencontrer le Christ qui leur offre un avenir même quand il leur est impossible de suivre la même voie que précédemment ", ont déclaré les évêques. "Grâce à l'accompagnement et au discernement honnête, Dieu est capable d'ouvrir de nouvelles voies pour ces personnes, même si leur parcours précédent peut avoir été une 'obscurité' marquée par des erreurs passées ou de tristes expériences de trahison et d'abandon".

Dans l'interprétation que donne un diocèse U.S. de l'AL, le jugement de savoir si une personne divorcée et remariée devrait recevoir l'Eucharistie dépend du propre sens de chaque individu de l'appel de Dieu.

Le diocèse de San Diego, dirigé par Mgr Robert McElroy, a déclaré dans un document en novembre: "Beaucoup de catholiques engagés dans ce processus de discernement concluront que Dieu les appelle à retourner à la pleine participation à la vie de l'Eglise et de l'Eucharistie."

Le Cardinal Burke a dit au Remnant dans un entretien le mois dernier qu'il était d'accord avec Ross Douthat du New York Times en ce que si cette interprétation du document du Pape François devient universelle, "alors l'enseignement de l'Église sur le mariage est terminé."

L'archidiocèse de Malte et le diocèse de Gozo ont demandé à leurs paroisses de lire une lettre ce dimanche à la messe expliquant les nouvelles directives sur l'interprétation d'Amoris Laetitia.

 

QU'ILS SOIENT ANATHÈMES ! LA TWITTOSPHÈRE S'ENFLAMME CONTRE LES ÉVÊQUES MALTAIS

SAINT DOMINIQUE, Fondateur d'Ordre (1170-1221) WASHINGTON DC (USA) - Un spécialiste renommé en théologie morale, le père dominicain Thomas Petri, vice-président et doyen de la Faculté Pontificale de l'Immaculée Conception de la maison d'études dominicaines vient de lancer une série de tweets enflammés contre les interprétations hétérodoxes d'Amoris Laetitia qui montre que la longue réputation des dominicains dans le combat contre les hérésies n'est pas usurpée.

Le Père Petri réagissait notamment à l'interprétation des évêques maltais qui viennent d'approuver la communion des divorcés remariés.

Extraits:

"Les évêques de Malte disent qu'il est humainement impossible de vivre sans sexe dans un remariage civil. Je me demande ce qu'ils pensent de leur propre célibat."

"Rappel aux étudiants: soyez précis dans vos notes de bas de page. Votre salut est peut-être en jeu."

Il cite ensuite Veritatis Splendor du pape Saint Jean-Paul II:

 

"32. Dans certains courants de la pensée moderne, on en est arrivé à exalter la liberté au point d'en faire un absolu, qui serait la source des valeurs. C'est dans cette direction que vont les doctrines qui perdent le sens de la transcendance ou celles qui sont explicitement athées. On a attribué à la conscience individuelle des prérogatives d'instance suprême du jugement moral, qui détermine d'une manière catégorique et infaillible le bien et le mal. A l'affirmation du devoir de suivre sa conscience, on a indûment ajouté que le jugement moral est vrai par le fait même qu'il vient de la conscience. Mais, de cette façon, la nécessaire exigence de la vérité a disparu au profit d'un critère de sincérité, d'authenticité, d'« accord avec soi-même », au point que l'on en est arrivé à une conception radicalement subjectiviste du jugement moral."

 

avec ce commentaire:

"St Jean-Paul II avait dénoncé cette absurdité il y a deux décennies dans Veritatis Splendor, que les évêques maltais ignorent superbement."

"Des évêques et des conférences épiscopales sont en train de promulguer des normes diamétralement opposées et certains prétendent encore que le chapitre 8 d'Amoris Laetitia ne nécessite aucune clarification ?"

"Qu'ils soient anathèmes !"

Source: LifeSiteNews (USA)

Source: Diakonos.be, facebook

Qu'ils soient anathèmes ! La twittosphère s'enflamme contre les évêques maltais
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 16:24
Mgr Schneider met en garde contre "une mentalité de relativisme radical créé à l'intérieur de l'Église"

Traduction

 

Note de la rédaction: Voir la traduction complète de l'entretien de l'évêque Schneider ci-dessous.

 

13 janvier 2017 ( LifeSiteNews ) - L'évêque Athanasius Schneider met en garde les fidèles contre une "mentalité de relativisme radical" qui a infiltré l'Église catholique et qui menace l'affirmation chrétienne des vérités absolues et éternelles.

 

Dans un récent entretien avec le blog espagnol Adelante la Fe et traduit en anglais par LifeSiteNews, Mgr Schneider a évoqué la pratique de donner la sainte communion à ceux qui sont divorcés et "remariés" en dehors de l'Église, appelant cela "un phénomène vraiment très dangereux."

 

L'évêque Schneider a couvert une variété de sujets dans l'entretien, y compris l'usage de plus en plus fréquent de la messe latine traditionnelle, son espoir pour une reconnaissance formelle de la Société de Saint-Pie X et l'impossibilité d'ordonner des femmes au diaconat. On trouvera ci-dessous une traduction anglaise (traduite en français NdCR.) complète de l'entretien, à l'origine donné en espagnol et en portugais .

 

Il a dit à Adelante la Fe: «Oui, c'est vraiment un phénomène très dangereux, parce qu'une mentalité de relativisme radical est vraiment créée à l'intérieur de l'Eglise, dont le pape Benoît XVI nous avait déjà prévenus, en parlant du danger d'une certaine dictature du relativisme. Ce relativisme va grandir."

 

"Le 'relativisme' signifie qu'il n'existe pas de normes absolues ou permanentes", a déclaré M. Schneider. "C'est du relativisme, que de dire que nous pouvons faire ceci et cela, que c'est pareil. Mais cela est contraire à la révélation divine. C'est est un mensonge. Le relativisme est un mensonge. Ce n'est pas vrai. Il n'y a qu'une seule vérité."

 

Schneider, l'évêque auxiliaire d'Astana, au Kazakhstan, a demandé une déclaration du Magistère de l'Église catholique, ou de l'autorité d'enseignement, pour corriger la revendication moralement relativiste permettant la communion pour ceux qui commettent l'adultère tout en vivant dans un faux "remariages".

 

"Dieu n'a pas dit, 'Ne volez pas' - le septième commandement -, mais aussi 'vous pouvez voler.' "Vous ne pouvez pas commettre d'adultère, mais vous pouvez aussi commettre l'adultère", et ainsi de suite. Cela est contraire à la vérité divine, et ce relativisme, malheureusement, est diffusé, et je pense donc qu'il faut lever la voix et demander au Magistère de l'Eglise de se prononcer réellement, avec clarté, de réfuter, et d'éliminer ce relativisme."

 

L'évêque a réitéré son soutien aux "quatre cardinaux qui ont publié leur dubia", en se référant à plusieurs questions d'éclaircissement posées par les cardinaux Walter Brandmüller, Raymond Burke, Carlo Caffarra et Joachim Meisner, ainsi que les actes des autres prêtres et laïcs, de publier des pétitions, des déclarations, et de demander la clarté dans la doctrine."

 

"Je pense donc que c'est très grave qu'ils diffusent ce relativisme moral, et, à ses racines, c'est une attaque contre les commandements de Dieu lui-même", a déclaré Mgr Schneider. "C'est très dangereux parce qu'il faut voir la racine de tout cela, la racine de tout ce relativisme moral. ... La question fondamentale est de faire ma volonté ou de faire la volonté de Dieu. C'est la racine."

 

Le relativisme moral, provoque une inversion de la prière: 'Ta volonté soit faite' du Notre Père, substituant plutôt 'Que ma volonté soit faite et que ta volonté ne se fasse plus', a ajouté Schneider.

 

Ce qui conduit "au bonheur, le plus grand bonheur, c'est de suivre le principe, 'Que votre volonté soit faite, Seigneur, même si je dois souffrir'", a déclaré Schneider.

 

Au cours de cette entrevue, l'évêque a également exprimé son inquiétude à propos de l'idéologie du genre, qui niant la distinction naturelle des sexes et prétendant que son genre est subjectif, porte atteinte aux âmes des enfants, et a prié les parents de protéger leurs enfants de l'endoctrinement en les enlevant des écoles qui l'enseignent.

 

"L'idéologie du genre" ... est vraiment une sorte de perversion évidente, d'une conception de la réalité qui est en rébellion contre la réalité ", a déclaré Schneider. "L'idéologie du genre est une forme ultime et extrême du marxisme - il faut dire que c'est le marxisme dans la forme la plus radicale possible. C'est une rébellion contre la réalité, et fondamentalement une rébellion contre Dieu."

 

"Dans ce contexte, je pense que les parents catholiques chrétiens doivent, si c'est possible, retirer leurs enfants de ces écoles et, si possible, créer leurs propres associations à des fins éducatives. Merci à Dieu, par exemple, aux États-Unis, il est très facile de le faire d'une certaine manière, et en France aussi.

 

Schneider a été l'un des critiques les plus remarquables de ceux qui veulent permettre aux prêtres de donner la sainte communion à ceux qui vivent dans des états objectifs de péché mortel, une orientation que le pape François semble avoir approuvée dans sa récente exhortation apostolique, Amoris Laetitia.

 

Texte intégral de l'entrevue

 

Voici la traduction complète de l'entretien de l'évêque Athanasius Schneider à Adelante la Fe, traduit par Matthew Cullinan Hoffman de LifeSiteNews de l'original espagnol et portugais.

 

NOTE: En raison du style verbal de la parole, certaines répétitions ont été éliminées, et d'autres modifications ont été faites pour la lisibilité sans altérer le sens, y compris l'ajout de mots entre crochets et des phrases. En outre, quelques mots qui étaient inaudibles mais dont la signification était claire dans le contexte ont été ajoutés. Les mots inaudibles ou les phrases que le traducteur n'a pas pu discerner sont notés comme tels.

 

Adelante la Fe: Excellence, vous avez reçu le nom de baptême d'Antoine par vos parents et plus tard, lorsque vous avez rejoint les chanoines de la Sainte Croix à Coimbra, vous avez pris le nom d'Athanase. Qu'est-ce qui vous a amené à choisir ce nom? Avez-vous peut-être envie de suivre les pas de saint Athanase?

 

Évêque Athanasius Schneider : Je n'ai pas choisi ce nom de saint Athanase et je ne pensais pas, je ne pensais même pas que j'aurais vraiment ce nom, et c'est pourquoi ce fut une grande surprise quand mes supérieurs religieux m'ont donné ce nom. Ce n'est donc pas moi qui l'ai choisi. Plus tard, cependant, j'ai commencé à lire la vie de saint Athanase, parce que j'avais reçu son nom et que je devais en apprendre davantage sur mon nouveau patron. Plus tard, mes supérieurs m'envoyèrent à Rome pour étudier la Patristique, donc, par nécessité, je lisais beaucoup Athanase et de sa doctrine, et surtout de son magnifique travail de défense de la foi qu'il accomplit avec beaucoup de sacrifice pendant la crise arienne.

 

Adelante la Fe: Après avoir lu votre livre Dominus Est dans lequel vous réfléchissez sur vos souvenirs d'enfance qui a été caractérisée par un régime communiste dans lequel les prêtres étaient assassinés, les fidèles n'avaient pas d'églises et vous parlez même de confession purement spirituelle - ne croyez-vous pas qu'aujourd'hui nous vivons dans une situation semblable? Les fidèles, par exemple, n'ont pas de prêtres auxquels ils peuvent se confesser, et ils exécutent parfois des rites d'une validité douteuse une fois par an*. Cela ne peut pas être la seule différence avec ce que vous avez vécu, mais les laïcs ne seraient pas conscients qu'ils sont attaqués?

 

Mgr Schneider: Oui, exactement , il y a des différences qui sont historiques et dans un contexte complètement différent. Ici, dans l'ouest, ils n'ont pas persécuté les prêtres, du moins matériellement, et il y a beaucoup de prêtres et d'églises. Nous vivons dans une situation très différente, mais dans un certain sens il y a aujourd'hui dans le monde occidental, dans la vie de l'Église, des lieux où les prêtres, malheureusement, ne comprennent pas leur mission sacerdotale de prêtres catholiques, mais se comportent plutôt et parlent plus comme des ministres protestants ou bien ils inventent leurs propres idées, et de cette manière ils ne donnent pas la nourriture spirituelle aux fidèles. Il en résulte qu'il y a des familles dans le monde occidental - l'Amérique, l'Europe - qui doivent parcourir de longues distances, parfois même des centaines de kilomètres, pour trouver une messe digne, catholique, pour recevoir un enseignement sûr de la foi et participer à une liturgie digne, afin que leurs enfants puissent vraiment recevoir la foi catholique comme l'Église l'a toujours enseignée. C'est cela la vérité. En ce sens, il y a peut-être une sorte d'analogie.

 

Adelante la Fe: En 1973, quand vous étiez enfant, vous êtes allé avec votre mère en Allemagne, et vous aviez été prévenu auparavant des abus que vous avez dit qu'ils commettaient lorsqu'ils recevaient le Seigneur. Aujourd'hui, nous pouvons dire que cette situation est devenue générale; Les laïcs reçoivent la communion dans la main - ici en Espagne c'est la voie normale. Les prêtres eux-mêmes suppriment les agenouilloirs. Comment parler de la présence réelle du Seigneur dans l'hostie si ses propres pasteurs banalisent les sacrements?

 

Mgr Schneider: Oui. Vous, les laïcs, vous devez donner un exemple de votre profonde foi, de votre amour, de votre dévotion, au Très Saint Sacrement de Notre-Seigneur, en déclarant que c'est le Seigneur. Aussi en priant pour les prêtres, qu'ils viennent de nouveau reconnaître la vraie foi catholique, la vraie grandeur de la Très Sainte Eucharistie. Et je pense qu'un tel exemple [INAUDIBLE], et aussi en transmettant la littérature catéchétique catholique concernant l'Eucharistie, que, grâce à Dieu, nous avons aujourd'hui. Par exemple, en accomplissant un apostolat doctrinal concernant la foi catholique, par exemple, concernant les saints, comment ils vénéraient la très sainte Eucharistie et en demandant aux prêtres de fournir des agenouilloirs pour que les gens puissent s'agenouiller et en demandant aux prêtres de faire des expositions du Saint Sacrement, pour faire l'adoration eucharistique. Parce que c'est le cœur de l'Église; L'Eucharistie est le cœur de l'Église. Ce cœur maladif et faible, tout le corps est faible, et aujourd'hui, en regardant l'Eglise de la manière la plus générale, nous voyons ce que nous avons et que j'appelle la maladie du coeur eucharistique. Et nous n'allons pas avoir de renouvellement authentique de l'Eglise sans guérir d'abord cette maladie du coeur eucharistique comme une doctrine claire que nous tenons, que Jean-Paul II nous a laissée dans une magnifique encyclique eucharistique appelée Ecclesia de Eucharistia. Il vaut la peine de la lire - il l'a écrite avec une telle profondeur doctrinale et spirituelle. Et d'autres papes et saints, non? Nous devons faire connaître cette doctrine et donner des exemples et des incitations pour que les laïcs s'agenouillent tout en recevant l'Eucharistie d'une manière intérieure, en état de grâce. Nous devons leur expliquer cela. Nous devons aussi les conduire au sacrement de la pénitence. C'est seulement de cette façon que nous allons avoir un renouvellement authentique de l'Église. Si cela ne se produit pas, toutes les autres activités qui sont faites à l'intérieur l'Église seront une bouffée vide et ne produiront pas de fruits. C'est par l'Eucharistie que nous renouvellerons l'Église.

 

Adelante la Fe: Votre Excellence, à douze ans, vous vous êtes rendu compte que vous aviez une vocation tout en vivant dans un environnement pieux. Cependant, aujourd'hui, les enfants de cet âge ne sont pas éduqués dans ce qu'on appelle des "valeurs". On leur apprend que les relations entre deux hommes ou deux femmes sont normales. On ne leur enseigne pas la chasteté. Croyez-vous qu'il est possible que les vocations à la prêtrise se produisent dans un tel environnement appauvri?

 

L'évêque Schneider: C'est très difficile, exactement. Par miracle peut-être. Oui, je pense que ce dont vous parlez, la soi-disant "théorie du genre", "l'idéologie du genre", qui est vraiment une sorte de perversion évidente, d'une conception de la réalité qui est en rébellion contre la réalité. L'idéologie du genre est une forme ultime et extrême du marxisme - il faut dire que c'est le marxisme dans la forme la plus radicale possible. C'est une rébellion contre la réalité, et fondamentalement une rébellion contre Dieu. Dans ce contexte, je pense que les parents catholiques chrétiens doivent, si c'est possible, retirer leurs enfants de ces écoles et, si possible, créer leurs propres associations à des fins éducatives. Merci à Dieu, par exemple, aux États-Unis, il est très facile de le faire d'une certaine façon, et en France aussi, et je pense que les politiciens catholiques [INAUDIBLE] ou les juristes doivent travailler et lutter pour le droit fondamental des parents à éduquer leurs enfants - c'est le droit des parents, pas de l'État - et au moins avoir le droit à la liberté d'éducation. Et de cette manière, certainement dans ces contextes de bonne éducation humaine et religieuse, il y aura des vocations, mais surtout dans les grandes familles.

 

Adelante la Fe: Nous avons récemment lu quelques déclarations de votre part à Rome, très importantes, liées au sacrement du mariage. Cependant, le laïc moyen, pour ainsi dire, les catholiques qui sont dans les paroisses, lorsqu'ils entendent parler d'Amoris Laetitia, la comprennent pour signifier que le monde entier peut recevoir la communion. Si un pasteur ne permet pas à une personne de recevoir la communion, il va simplement à une autre paroisse, où elle lui est donnée. [Le raisonnement est que] l'annulation est facilitée si elle prend trop de temps, ou c'est la via caritatis (la voie de la charité), parce que le monde entier peut recevoir le Seigneur. Si le péché mortel n'existe plus, que deviennent nos fautes ou péchés véniels dans notre lutte pour la sainteté? Rien de tout cela n'existe plus?

 

L'évêque Schneider: Oui, c'est vraiment un phénomène très dangereux, parce qu'une mentalité de relativisme radical est vraiment créée à l'intérieur de l'Eglise, ce dont le Pape Benoît XVI nous a déjà prévenus, en parlant du danger d'une certaine dictature du relativisme. Et ce relativisme va croître. Le "Relativisme" signifie qu'il n'y a pas de normes absolues ou permanentes, c'est-à-dire que selon le relativisme, nous pouvons faire ceci et cela, cela est indifférent. Mais cela est contraire à la révélation divine. Ceci est un mensonge. Le relativisme est un mensonge. Ce n'est pas vrai. Il n'y a qu'une seule vérité. Dieu n'a pas dit: "Ne volez pas" - le septième commandement - "Ne volez pas, mais aussi vous pouvez voler." "Vous ne pouvez pas commettre l'adultère, mais vous pouvez également commettre l'adultère", et ainsi de suite. Ceci est contraire à la vérité divine, et ce relativisme est malheureusement diffusé, et je pense donc qu'il faut élever la voix et demander au Magistère de l'Eglise de se prononcer réellement avec clarté, de réfuter, et d'éliminer ce relativisme. Cela a été fait par les quatre cardinaux qui ont publié leur dubia et par d'autres prêtres et laïcs, qui publient des pétitions, des déclarations, demandant la clarté dans la doctrine.

 

Je pense donc que c'est très sérieux qu'ils diffusent ce relativisme moral, et cela, à sa racine, est une attaque contre les commandements de Dieu lui-même. C'est très dangereux, car il faut voir la racine de tout ce relativisme moral, qui est aussi concrètement [INAUDIBLE] pour les divorcés et les remariés et leur communion et ainsi de suite. La question fondamentale est de faire ma volonté ou de faire la volonté de Dieu. C'est la racine. Que ma volonté soit faite, que votre volonté ne soit plus faite. [Au contraire,] "Fiat voluntas tua" ("Que Ta volonté soit faite") - c'est cela, la grandeur. C'est la clé de toute l'histoire de l'humanité, en chacun de nous. "Que votre volonté soit faite, Seigneur, même si je dois souffrir." Mais cela m'apporte le bonheur, le plus grand bonheur, si je fais la volonté de Dieu même quand je dois souffrir. Aujourd'hui, fondamentalement, c'est ce relativisme moral, qui est entré dans la vie de l'Église, dans la pratique des sacrements. Comme vous l'avez dit, ce que nous voulons fondamentalement, c'est que Dieu fasse notre volonté et que nous ne fassions pas la volonté de Dieu. Aujourd'hui, nous voulons que Dieu nous serve et nous sommes ses seigneurs et Dieu devient notre serviteur et nous sert. Et nous sommes ses seigneurs, comme des dieux. C'est la première chose que le serpent a dit, le diable, quand il a tenté [INAUDIBLE] Eve. Donc, non, nous sommes les serviteurs de Dieu, et nous voulons faire Sa volonté. Il est le Seigneur. "Tu solus Dominus. Tu solus Altissimus" ("Toi seul est le Seigneur. Toi seul est le Très-Haut.") C'est ce qui nous apporte le bonheur.

 

Adelante la Fe: Votre Excellence, il y a quatre ans, en 2012, vous avez prononcé un discours important intitulé "La nouvelle évangélisation et la sainte liturgie", et vous avez parlé des cinq blessures du corps mystique liturgique du Christ. Vous avez fait référence aux servants d'autel féminins. Aujourd'hui, en 2016, nous parlons d'un diaconat féminin comme s'il s'agissait d'une réalité qui va prendre forme en 2017. Croyez-vous qu'en 2021, dans les quatre autres années qui viennent, les femmes officieront à la messe ? Est-ce notre rôle, le rôle des femmes au XXIe siècle ?

 

Mgr Schneider: Non, ce n'est pas le rôle des femmes. Je pense que ce ne sera jamais le cas dans l'Église catholique, parce qu'il contredit la nature de l'Église catholique, parce que le diaconat est une impossibilité, c'est un sacrement qui forme une unité dans l'ordination sacramentelle de l'épiscopat, du presbytère, et le diaconat. C'est un sacrement. Nous avons des sacrements, sept sacrements. L''ordination au diaconat en fait partie, et l'histoire entière de l'Église nous dit que l'Église n'a pas l'autorité pour prescrire des diacres féminins d'une manière sacramentelle. Les femmes peuvent recevoir des bénédictions, comme [INAUDIBLE]. Celles-ci, oui, mais elles ne peuvent pas être des diacres. Je pense que ce ne sera pas fait. Cela ne se produira pas dans l'Église catholique. Nous ne devrions donc pas avoir peur. Parce que Jésus a dit "les portes de l'enfer ne prévaudront pas sur mon Église", fondée sur Pierre. Je crois donc que la providence divine ne permettra pas au pape de permettre l'ordination des femmes au diaconat sacramentel.

 

 

Adelante la Fe: Excellence, permettez-moi de vous lire une citation. "Si nous semblons être dans une situation anormale, c'est parce que ceux qui ont autorité dans l'Église ont brûlé ce qu'ils ont adoré une fois, et adoré ce qu'ils ont brûlé une fois." Ce sont les mots de Mgr Marcel Lefebvre. En ce qui concerne la Fraternité de Saint Pie X, vous avez visité deux séminaires à l'invitation du Saint-Siège et avez eu des conversations avec Son Excellence Mgr Fellay. Vous avez donné une évaluation positive des mesures qui sont prises. Croyez-vous qu'il existe des conditions pour que la Fraternité entre en pleine communion avec Rome ? Et si oui, croyez-vous que ce serait la volonté de Mgr. Lefebvre ?

 

Mgr Schneider: Oui, je suis convaincu que dans les circonstances actuelles, Mgr. Lefebvre accepterait sans doute la proposition canonique d'une prélature personnelle. D'après ce que j'ai lu, la biographie de Mgr. Lefebvre, ses écrits, il était un homme très spirituel mais aussi très pratique, un homme avec un profond sensus ecclesiae (sens de l'Église). Et étant donné la situation dans laquelle il se trouvait, je pense qu'il se sentait moralement contraint de faire ces ordinations épiscopales qui furent contraires à la volonté du pape, à cette époque. Il a déclaré plus tard qu'il sentit en conscience qu'il devait le faire. Et que ce fut un acte extrême, pour lequel il souffrit, et en conséquence, il dit que cette situation - il dit cela plus tard - ne devrait pas durer trop de temps. Parce que si une communauté reste longtemps dans un état autonome, canoniquement autonome, il y a un danger, un danger de devenir autosuffisant et de perdre une caractéristique définitivement catholique, celle d'être soumis à l'autorité du Pape, Le Vicaire du Christ. Parce que nous ne pouvons pas rendre notre assujettissement au Vicaire du Christ dépendant de la personne du pape. Ce ne serait pas la foi; Ce serait le choix d'un parti. Mais la chaire de Pierre est toujours la même, ou les papes [INAUDIBLE]. Je ne peux pas dire maintenant que ce pape, je n'ai pas confiance en lui, donc je ne vais pas me soumettre, je vais attendre jusqu'à ce qu'un autre pape arrive. Ceci, pour moi, n'est pas un sens catholique des choses. Ce n'est pas surnaturel: c'est trop humain. Il faut davantage de sens du surnaturel, et plus de confiance dans la providence divine, dans le fait que Dieu est Celui qui guide l'Église.

 

C'est un danger pour la Fraternité de Saint-Pie X: plus il y a de temps qui passe, plus il y a de suffisance, et il y a déjà dans la Fraternité des indications de ces phénomènes négatifs d'autosuffisance que Mgr Fellay a dit aussi qu'ils ne devraient pas attendre trop longtemps. Et si le Saint-Siège propose maintenant une structure, s'ils peuvent accepter que le Saint-Siège ne va pas exiger des choses qui sont contraires à leur identité, oui, il est nécessaire d'accepter et de faire confiance à la providence divine. On ne peut pas s'attendre maintenant à avoir une certitude à cent pour cent. Nous ne pouvons pas avoir cela. Je souhaite beaucoup que la Fraternité de Saint Pie X soit reconnue et établie comme une structure normale de l'Église, dès que possible, et qu'elle soit pour le bénéfice de chacun, pour eux et pour nous. Ce serait vraiment une nouvelle force [dans l'Église], surtout dans cette grande bataille pour la pureté de l'Église, c'est pourquoi j'ai dit à Mgr. Fellay, "Excellence, nous avons besoin de votre présence, afin que nous puissions être ensemble, avec toutes les bonnes forces dans l'Église." Nous devons former aujourd'hui une grande unité pour défendre la foi de nos pères, des apôtres, générations futures. C'est notre vocation, que Dieu nous demande aujourd'hui, avec amour pour l'Église, avec amour pour le pape, toujours avec amour pour le pape, priant pour lui - ne pratiquant pas une certaine forme de papolâtrie, pas cela - mais aimant le pape surnaturellement, en priant pour lui, en reconnaissant qu'il est le Vicarius Christi (Vicaire du Christ) Servus Servorum Dei (Serviteur des Serviteurs de Dieu), et donc je prie et j'espère que l'œuvre de Mgr Lefebvre, qu'il laissa à l'Église, soit reconnue et produise encore plus de fruits.

 

Adelante la Fe: Votre Excellence, pour conclure: Croyez-vous que la Sainte Messe traditionnelle puisse être utile dans la crise de la foi dans laquelle nous vivons?

 

Évêque Schneider: Sans aucun doute! C'est très évident. C'est la forme de la messe vécue par nos ancêtres, nos pères, nos grands-parents, tant de saints que nous connaissons, et c'est grâce à cette forme de la liturgie qu'ils ont tiré beaucoup de force spirituelle - ils en ont été nourris. Cela est valable aussi aujourd'hui, et les faits le prouvent: notez que les formes liturgiques traditionnelles se développent dans le monde entier. C'est particulièrement le cas pour les générations les plus jeunes, qui ne connaissaient pas cette forme, non ? Et cela est évident parce que lorsqu'ils voient cette forme de sacrifice du Christ, cette forme de rituel où l'on peut éprouver le mystère du Christ, d'une manière plus contemplative, d'une manière plus riche aussi, et qui aide à être plus fort dans la foi. Elle attire les jeunes, même les enfants innocents, qui sont attirés par cette forme, qui [INAUDIBLE].

 

Et pour cette raison je pense que c'est un fait que nous devons affirmer que la liturgie traditionnelle, grâce à Dieu, à travers la grande œuvre prophétique du Pape Benoît XVI avec le Motu proprio Summorum Pontificum, a commencé le mouvement d'un renouvellement de l'Église provoqué par le Saint-Esprit. Je pense que ce mouvement, maintenant qu'il est commencé, ne peut être arrêté par personne. C'est une œuvre du Saint-Esprit, et nous devons croire que cela contribue à un véritable renouvellement de l'Église. Et cela, je suis convaincu, si aujourd'hui les pères du Concile Vatican II - supposons dans mon hypothèse - aient tous assisté dans une paroisse à une forme ordinaire de la messe célébrée aujourd'hui autour du monde, une communion à la main, des autels, etc., puis une messe en forme extraordinaire, je suis convaincu que presque tous les pères ou la grande majorité des pères du Concile Vatican II auraient dit: "C'est la Messe que nous pensions être et non l'autre". Si nous pouvions faire une telle hypothèse - et il suffit de lire les actes du Concile Vatican II sur la liturgie - il est évident que les pères du concile étaient très prudents, très prudents dans leurs discours sur la liturgie. Et donc je pense que la liturgie traditionnelle est la liturgie de Vatican II dans un certain sens. Il pourrait y avoir quelques petites modifications parce que la liturgie se développe aussi comme un corps. Il pourrait y avoir quelques modifications, pas beaucoup. Peut-être pourrait-il y avoir un peu plus d'espace pour la langue vernaculaire, pas tant, mais dans les parties didactiques, les lectures peut-être, et peut-être quelques petites modifications de la rubrique -, oui. C'est pour moi, essentiellement, la grande intention des pères du Concile Vatican II.

 

Adelante la Fe: Pendant que vous êtes ici avec nous, nous aimerions profiter de l'occasion pour vous suggérer que vous écriviez un livre sur la beauté de la masse traditionnelle, et si vous le pensiez bien, pour le mentionner dans le prologue.

 

Mgr Schneider: Oui, je pense que je n'ai pas le temps d'écrire un livre en ce moment, mais je pense que je voudrais peut-être écrire quelque chose de plus sur la liturgie, sur les aspects de la liturgie dans la vie de l'Église aujourd'hui, qui justifiera essentiellement la liturgie traditionnelle, les éléments principaux de la liturgie traditionnelle. Je voudrais donc publier un petit livre, un écrit, sur des sujets liturgiques, qui défende essentiellement les éléments substantiels, les éléments essentiels, de la liturgie traditionnelle.

 

Adelante la Fe: Je vous remercie, Excellence, de votre temps.

 

Mgr Schneider: Et je vous souhaite à tous que vous mainteniez, toujours fidèlement, vos vœux de baptême catholique, et que vous restiez, que vous demandiez à notre Seigneur la grâce de persévérer dans notre belle foi catholique, apostolique et romaine jusqu'à la fin de vos vies.

 

* Ceci est une référence à la pénurie de prêtres et à la rareté avec laquelle de nombreux catholiques dans diverses parties du monde peuvent recevoir la communion, ainsi qu'aux abus liturgiques qui pourraient remettre en question la validité de certains rites sacramentels.

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Publié par Ingomer - dans Religion
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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 13:13

Le débat autour d'une VIe république pour répondre au désavoeu des Français des institutions de la république et des classes dirigeantes est porté ces jours-ci sur devant de la scène, à l'initiative d'un Jean-Luc Mélenchon, franc-maçon, candidat à l'élection présidentielle.

 

Or, un débat que les médias ne portent pas devant la scène au sujet des prochaines élections présidentielles est précisément le débat qui anime le parti socialiste sur la nécessité de créer, ou non, une religion d'Etat pour "établir" la république.

 

Ce qui constitue véritablement un virage politique à 180 degrés a été porté ces dernières années, notamment, par le socialiste Vincent Peillon, actuel candidat socialiste à l'élection présidentielle, qui, rejetant l'ancien relativisme moral franc-maçonnique (la franc-maçonnerie dite "adogmatique") et le soixanthuitardisme qui en est issu, propose une religion pour la république, qu'il nomme "la laïcité" (version franc-maçonnique biensûr) :

VIe république et éradication de la religion catholique : un débat que les médias ne portent pas devant la scène

Dans un entretien aux Editions du Seuil, le 08 octobre 2008, pour la publication de son livre "La Révolution française n'est pas terminée", Vincent Peillon, ministre de l'"Education nationale" avouait qu'il voulait "remplacer" la religion catholique, parce qu'"on ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique" (sic bonjour le totalitarisme!) et parce qu'" il faut inventer une religion républicaine" (re sic).

 

La video :

Exrtrait de l'entretien :

 

« L'idée qui est la mienne, et j'espère qu'elle est partagée par un certain nombre de gens, c'est que nous avons à écrire notre histoire. […] Chaque génération réécrit son histoire. Il faut s'enfanter soi-même et donc faire le propre récit de sa naissance. […] Et je pense que notre génération n'a pas écrit son propre récit. Et donc elle a du mal à écrire son propre présent. Et d'ailleurs on sent cette espèce de crise et de faiblesse dans le fond d'une génération, qui est encore dominée par des récits historiques, et qui font écran avec notre temps. Un de ces récits, peut-être le plus important, c'est celui de François Furet. Et François Furet, et tous les historiens qui l'ont accompagnés sont venus du marxisme. Et puis à un moment, au moment de la commémoration du bicentenaire de la Révolution, puis de la Première république (1792), ont donné une interprétation de l'histoire de France et de la pensée républicaine avec laquelle je suis en désaccord.

 

[…] Dans les fausses oppositions, il y a l'opposition 'laïcité-religions'. Car être laïc, être même anti-clérical – Eglise catholique, Eglise de servitude, de domination, avec le pouvoir royal, puis après avec la Contre-Révolution – cela n'est pas nécessairement être anti-religieux. Et on peut aller plus loin. Les premiers grands laïcs, ceux qui ont fondé la laïcité, et qui l'ont dans le fond imposer à l'école, puis étaient des artisans de la loi de 1905 (Jaurès, et Buisson) n'étaient pas anti-religieux. Du tout, loin de là. Et pour Jaurès et pour Buisson.

 

Alors la question, elle est à la fois historique et politique. Parce que très rapidement, la réflexion (elle vient d'Edgar Quinet), c'est la suivante : la Révolution française a échoué parce qu'on ne peut pas faire exclusivement une Révolution dans la matière, il faut la faire dans les esprits. Or on a fait une Révolution essentiellement politique, mais pas la Révolution morale et spirituelle.

 

Et donc on a laissé le moral et le spirituel à l'Eglise catholique. Donc, il faut remplacer cela. Et d'ailleurs l'échec de (la Révolution) de 1848, où l'Eglise catholique et des prêtres sont venus bénir les 'arbres de la liberté' des révolutionnaires, c'est la preuve que l'on ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique. Mais, comme on ne peut pas non plus acclimater le protestantisme en France comme on l'a fait dans d'autres démocraties, il faut inventer une religion républicaine. Cette religion républicaine, qui doit accompagner la révolution matérielle, mais qui est la révolution spirituelle, c'est la laïcité. » (Vincent Peillon, entretien aux Editions du Seuil, le 08 octobre 2008, pour la publication de son livre "La Révolution française n'est pas terminée")

VIe république et éradication de la religion catholique : un débat que les médias ne portent pas devant la scène

Dans un autre entretien pour Le Monde des religions, le 1er mars 2010, intitulé "Vincent Peillon: vers une république spirituelle?", il déclarait que cette "religion" germait "beaucoup dans les milieux francs-maçons" :

 

«La Révolution française a échoué. Elle a échoué d'abord en 1793-95, donc on a le retour: l'Empire, la Contre-Révolution. Et puis une deuxième république en 1848. Celle-ci va échouer aussi terriblement dans les journées de juin, et le retour de l'Empire, etc. Les républicains exilés s'interrogent: pourquoi on y arrive pas en France ? Pourquoi le modèle démocratique, républicain qui est le nôtre échoue ? Et ils se disent, dans notre pays l'Eglise, dans le fond, détient le pouvoir spirituel et un formidable pouvoir d'opinion et de conscience. Et nous avons échoué. Nous avons fait des révolutions, mais des révolutions matérielles, et nous avons laissé les esprits, mais aussi tout ce qui est de l'ordre charnel dans l'existence, de ritualisations (le baptême, l'enterrement, etc.) être géré par l'Eglise catholique. Dans un certains nombre de démocraties modernes, ils ont réussi à instaurer leur démocratie – ou leur république – c'était un modèle au XIXe siècle (c'est l'Angleterre, les Etats-Unis, les Pays-Bas) - parce qu'ils ont la religion protestante, qui est une religion qui correspond à la république, à la modernité, parce qu'elle est une religion de libre examen. Mais en France, certains ont tenté d'ailleurs des vagues de conversions au protestantisme (Eugène Sue). Jean Baubérot racontre très bien cela dans ses ouvrages. Cela ne marche pas. Parce que le pays est catholique... Donc il faut que nous inventions pour établir la république, une spiritualité, voire une religion, spécifique. Cela germe dans les milieux républicains, beaucoup dans les milieux francs-maçons sous le Second empire. Se constitue d'ailleurs une Alliance religieuse universelle dans laquelle on va trouver à la fois des catholiques libéraux, des protestants libéraux, des juifs libéraux, puisque toutes les religions, les dogmatismes sont un peu en crise, mais en même temps des athées, des matérialistes, etc., portant un projet de religion universelle, de religion éclairée.

 

Et donc, ceux qui vont construire en grande partie, en tout cas l'école de la république, mais jouer un rôle déterminant dans la république (c'est le cas de Ferdinand Buisson), sont des gens qui sont venus à la république, d'abord en étant des croyants, mais deuxièmement, avec un projet spirituel, c'est-à-dire que la république, pour s'établir, a besoin de former sa propre religion, qu'ils vont appeler d'ailleurs, la laïcité. » (Vincent Peillon, Entretien filmé pour Le Monde des religions, le 1er mars 2010, intitulé "Vincent Peillon: vers une république spirituelle?")

 

Le livre dans lequel M. Peillon livre le plus sa pensée personnelle est La Révolution n’est pas terminée, publié au Seuil en 2008. Voici ce qu’il dit de l’école :

« C’est à elle [l’école] qu’il revient de briser ce cercle [les déterminismes], de produire cette auto-institution, d’être la matrice qui engendre en permanence des républicains pour faire la République, République préservée, république pure, république hors du temps au sein de la République réelle, l’école doit opérer ce miracle de l’engendrement par lequel l’enfant, dépouillé de toutes ses attaches pré-républicaines, va s’élever jusqu’à devenir le citoyen, sujet autonome. C’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle Eglise, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la Loi. La société républicaine et laïque n’a pas d’autre choix que de « s’enseigner elle-même » (Quinet) d’être un recommencement perpétuel de la République en chaque républicain, un engendrement continu de chaque citoyen en chaque enfant, une révolution pacifique mais permanente » (p. 17).

 

Le lien entre l’école et la laïcité apparaît clairement : l’école-église est le lieu de l’enseignement de la laïcité-religion. Il ajoute :

 

« En voulant éliminer et le déterminisme religieux et le déterminisme scientifique, la synthèse républicaine se trouve obligée d’inventer une métaphysique nouvelle et une religion nouvelle, où c’est l’homme, …, qui va apparaître comme un infini qui sans cesse « s’échappe à lui-même » (J. Lagneau) Cette religion n’est pas une religion du Dieu qui se fait homme. Elle n’est pas davantage d’ailleurs une religion de l’homme qui se fait Dieu. Elle est une religion de l’homme qui a à se faire dans un mouvement sans repos. » (p. 141-142).

 

Plus loin, il poursuit :

 

« Ce qui manque au socialisme pour s’accomplir comme la pensée des temps nouveaux, c’est une religion nouvelle : « Donc un nouveau dogme, un nouveau régime, un nouveau culte doivent surgir, afin qu’une nouvelle société prenne la place de l’ancienne. » (Littré) » (p. 149). « La laïcité elle-même peut alors apparaître comme cette religion de la République recherchée depuis la Révolution. » (p. 162) « C’est au socialisme qu’il va revenir d’incarner la révolution religieuse dont l’humanité a besoin, en étant à la fois une révolution morale et une révolution matérielle, et en mettant la seconde au service de la première. » (p. 195).

Vincent Peillon veut une religion de la laïcité pour les autres (la religion chrétienne), qu'il ne s'applique pas à lui-même. En 2009, Vincent Peillon, en effet, avait célébré la Bar-Mitsva de son fils Elie à la synagogue de la Place des Vosges à Paris (le petit Elie qui voulait "pendre les manifestants du 13 janvier "en place public"). Pour la circonstance, Vincent Peillon avait mis les teffilins...

 

De même, en septembre 2013, Vincent Peillon présentait sa "charte de la laïcité" au moment même où une partie du gouvernement fêtait le Nouvel an juif...

Plus récemment, face aux terroristes islamistes, Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, invité du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro dimanche 18 janvier 2015, prônait lui aussi une "religion de la république", "une religion suprême pour chacun d'entre nous" ! (Sic bonjour la liberté de conscience!)

 

« Il y a une religion suprême pour chacun d'entre nous, c'est la religion de la république. » (Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, invité du Grand Jury RTL LCI Le Figaro dimanche 18 janvier 2015)

« Il y a une religion suprême pour chacun d'entre nous, c'est la religion de la république. » (Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, invité du Grand Jury RTL LCI Le Figaro dimanche 18 janvier 2015)

Dans un entretien au JDD le 2 septembre 2012, Vincent Peillon expliquait qu'il voulait qu'on enseigne la "morale laïque", c'est-à-dire "comprendre ce qui est juste, distinguer le bien du mal". La laïcité "consiste à faire un effort pour raisonner, considérer que tout ne se vaut pas" :

 

"Le but de la morale laïque, est de permettre à chaque élève de s'émanciper, car le point de départ de la laïcité c'est le respect absolu de la liberté de conscience. Pour donner la liberté du choix, il faut être capable d'arracher l'élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix."

 

VIe république et éradication de la religion catholique : un débat que les médias ne portent pas devant la scène

Or, distinguer le bien du mal, n'est-ce pas là le propre de la religion ?

 

Lire : La morale "laïque" (Vincent Peillon) deviendrait-elle dogmatique ?

 

Le virage dogmatique socialiste pose au moins deux questions.

 

La première est : "Faudra-t-il séparer la franc-maçonnerie de l'Etat ?"

 

En effet, si c'est les "frères" francs-maçons de Vincent Peillon qui définissent la nouvelle religion de la république et les contours de sa "morale laïque", ce qui est bien et ce qui est mal, ce qui est permis et ce qui ne l'est pas, à partir des "valeurs" maçonniques, ne faudra-il pas "séparer" la franc-maçonnerie de l'Etat comme ils sont séparé les églises de l'Etat en 1905 ? La question est sérieuse.

 

Une réponse consisterait à établir une déclaration d'appartenance maçonnique devant la représentation nationale.

La deuxième question, plus profonde, engage le fondement démocratique du régime politique et les droits de l'homme de 1789, en son article 3 notamment. La voici :

 

L'introduction d'une incise morale dans la sphère politique annule-t-elle les conditions de la démocratie ou les fondent-elles ? Le principe de toute souveraineté réside-t-il en l'homme ou en Dieu ?

 

La réponse à cette question engage un revirement complet sur les conceptions du pouvoir issues de la modernité et des "Lumières"...

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/518vmFiw1IL._AA278_PIkin4,BottomRight,-54,22_AA300_SH20_OU08_.jpgLa thèse selon laquelle le relativisme moral est le corrélat indispensable du pluralisme politique est notamment développée par le juriste juif Hans Kelsen dans son livre sur La Démocratie, sa nature, sa valeur : Kelsen, dont la pensée est fortement influencée par Kant et Hume.

Cette thèse prétend décrire objectivement tout système juridique, sans faire appel à des valeurs morales. Hans Kelsen estime que toute conception métaphysique explicite dans la sphère politique conduit, selon son expression, à l''autocratie'. Parlant de l'attitude relativiste, il la rapproche en ces termes de l'esprit démocratique :

 

'... L'idée démocratique suppose une philosophie relativiste. La démocratie estime la volonté politique de tous égale, de même qu'elle respecte également les croyances, toutes les opinions politiques, dont la volonté politique est simplement l'expression' (Hans Kelsen, La Démocratie, sa nature, sa valeur, trad. Ch. Eisenmann, prés. de M. Troper, Economica, Paris 1988, p. 92., cité in Lucien Jaume, Le Discours jacobin et la démocratie, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1989, p. 416.)

 

Si l'on suit la thèse positiviste moderne selon laquelle le relativisme moral fonde la démocratie pluraliste, alors il faut reconnaître que le projet de Vincent Peillon et du gouvernement socialiste consistant à établir des cours de morale (laïque ou pas), une morale qui dit le bien et le mal à l'école serait un premier signe de craquement des utopies et des idéologies gauchistes qui ont tenu la dragée haute depuis au moins mai 68...

 

Si au contraire on tient la thèse inverse selon laquelle la morale (résumée par le "tout ne se vaut pas" de Peillon) doit fonder la démocratie, sans quoi nous tombons dans la barbarie..., on en arrive quand même au résultat que c'est également tout le socle soixante-huitard qui est éliminé. Voire tout le socle démocratique issu de 1789 et de la modernité de vaciller. Quoiqu'il en soit, dans les deux cas, mai 68 est définitivement enterré. Et la "démocratie" relativiste vacille.

 

La Crise post-moderne trouve son origine dans la crise de l'autorité Notre opinion est qu'en réalité, le virage porté par Vincent Peillon quant à la nécessité d'une "morale" et d'une "religion", surgit parce que les républicains ont échoué à fonder la démocratie et un ordre politique durable sans Dieu. Cet échec est celui des francs-maçons et des loges maçonniques implantées dans toutes les villes que Napoléon prenait entre 1800 et 1815. C'est l'échec de la république universelle, l'échec de l'Union européenne, l'échec du mondialisme, que l'on appelle aussi la crise de la modernité, qui se définit avant tout comme une crise de l'autorité parce qu'on avait prétendu qu'il n'y avait plus de bien et de mal, plus de maîtres, plus de limites, que l'homme pouvait tout faire... La crise post-moderne trouve son origine dans cette crise de l'autorité. Et l'on a vu que cette crise de l'autorité touche même la religion catholique. Les autorités ecclésiastiques, qui possèdent pourtant le triple pouvoir législatif, judiciaire et exécutif, au lieu d'éclairer, de commander, de sanctionner quand il le faut, se mettent à la remorque de leurs ouailles voire, ce qui est pire, du monde ennemi de Dieu. Au point que l'on a pu s'interroger : "Si l’Eglise ne juge pas, ne distingue pas, ne dit plus le bien et le mal, et ne permet pas d’évaluer, quelle est sa fonction ?"

 

Pour revenir à notre sujet, pendant que l'Eglise abdique son droit divin de dire le bien et le mal, les hommes et le monde, eux, s'arrogent, depuis 1789, le droit de dire le bien et le mal (système dans lequel aucune loi divine - pas même naturelle - n'est supérieure au droit positif). Et à présent, avec Vincent Peillon, virage à 180 degrés, ils veulent fonder une république sur une nouvelle religion, qui clairement dit le bien et le mal, le vrai et le faux !

 

Or, seule l'authentique morale, celle qui dérive de la loi naturelle de Dieu fonde la démocratie et les authentiques droits de l'homme, l'homme non divisé et rétabli dans ses deux dimensions matérielles et spirituelles. Chez Cicéron, et de l'Antiquité jusqu'à 1789 la loi naturelle est la source du droit. Pour S. Jean-Paul II, "les droits de Dieu et de l’homme s’affirment ou disparaissent ensemble". Pour Benoît XVI, "les droits fondamentaux sont intrinsèques à la nature de l'être humain créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. [...] Le droit à la vie et à la liberté de conscience et de religion sont au centre des droits qui découlent de cette même nature humaine."

 

Dieu est le cadre privilégié de la démocratie. Avec Vincent Peillon et les francs-maçons, nous sommes en train de recouvrir cette vérité, même si ce n'est pas le même Dieu ! La "démocratie athénienne", dans l'Antiquité, respectait le droit naturel et divin...; mais aussi la démocratie locale en France au Moyen Âge jusqu'en 1789..., une démocratie et un régime politique qui protégeait les Français des ploutocrates cupides (interdiction de l'usure, autorisé à partir de 1789), n'est plus qu'un lointain souvenir depuis longtemps et surtout depuis que les préfets peuvent contraindre les maires et les locaux à adopter des mesures qui vont contre leurs intérêts, contre la vie, contre leurs lois et contre leur culture..., au nom d'une idéologie imposée d'en-haut, imposée par l'Etat dit "démocratique"...

 

Notre Dieu est celui de la religion du Dieu trine de la catholicité qui a façonné la France depuis Saint Martin, Apôtre des Gaules, en passant par Clovis, Saint-Louis, sainte Jeanne d'Arc, Henri IV ou Louis XVI. Dieu qui, par ses commandements, est le seul capable de contraindre moralement les consciences, et d'être un rempart au totalitarisme. Des deux sources de la légitimité (l'homme et la nation depuis 1789 ou Dieu depuis l'Antiquité), il y en a une qui a suscité le totalitarisme au XXe siècle, et ce n'est pas la légitimité venant de Dieu mais celle venant des assemblées "représentatives" où l'homme pouvait tout faire, celle venant des laïcistes.

 

Enfin va peut-être s'ouvrir avec la nécessité d'une "religion" comme l'a expliquée longuement Vincent Peillon, le grand procès de la diabolique "souveraineté nationale" de l'article 3 de la Déclaration des droits de l'homme, qui prétend que "le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation". Principe qui a permis de détourner la démocratie au profit d'une oligarchie dite "représentative".

 

Le principe de toute souveraineté ne réside essentiellement qu'en Dieu : non est potestas nisi a Deo, dit saint Paul. "Il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu" ! (Rom. XIII, 1)

 

VIe république et éradication de la religion catholique : un débat que les médias ne portent pas devant la scène
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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 20:57

En ce même temps, quelques-uns vinrent lui annoncer ce qui s'était passé touchant les Galiléens, dont Pilate avait mêlé le sang à leurs sacrifices. Et Jésus répondant, leur dit : "Pensez-vous que ces Galiléens fussent plus pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu'ils ont souffert de telles choses ? Non, je vous le dis : mais si vous ne faites pénitence, vous périrez tous de la même manière. Comme ces dix-huit sur qui tomba la tour de Siloé, et qu'elle tua, croyez-vous qu'ils fussent plus redevables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Non, je vous le dis: mais si vous ne faites pénitence, vous périrez tous de la même manière."

Evangile selon S. Luc, XIII, 1-5. La Sainte Bible selon la Vulgate, traduite en français par l'Abbé J.-B. Glaire, Nouvelle Edition, Editions D.F.T. 2002

L'effondrement de la tour de Siloé

L'effondrement de la tour de Siloé

Le Messager de l’Immaculé est un mensuel suisse – dirigé par M. Francis Bise (Route du Flon 16, 1896 MIEX, SUISSE) et sous la direction spirituelle de M. l’abbé Stéphane Grenon –consacré à la dévotion de la Très Sainte Vierge Marie.

 

Dans son numéro de décembre 2016, cette revue rappelle une manifestation de la puissance divine destinée à entrer dans les crânes les plus obtus. Elle narre la fin tragique des filles de Irving « Bud » Moore Feldkamp III (à ne pas confondre avec le cinéaste Irving Joseph Moore, auteur de la série Dynasty) le 22 mars 2009 dans un crash aérien s’étant produit dans l’état du Montana. Jusque là, un tragique fait-divers, guère différent de ce qui se passe habituellement. Mais l’histoire est bien plus révélatrice que cela.

 

Feldkamp, riche médecin de Redlands, Californie, était en effet en affaires avec le Planning Familial, ayant des parts dans 17 cliniques en Californie où se pratiquaient des milliers d’avortements, jusqu’au 5e mois. Ce n’était pas sa spécialisation première, il était en effet dentiste et avait commencé avec la chaîne hospitalière dentaire Allcare and Hospitality Dental Associates à San Bernardino (Californie), comprenant 5 cabinets et qui lui avait permis de faire fortune. Il est également le propriétaire du Glen Helen Raceway Park, un circuit de motos situé le long de la mythique Route 66, face à l’Université de San Bernardino. Son fils, par contre, Irving Moore Feldkamp IV, est un médecin généraliste travaillant entre autres pour le Planning Familial dans les cliniques financées par papa… Visiblement, ces mormons avaient oublié le puritanisme et la rectitude chrétienne de leur église…

 

Le 22 mars 2009, il avait prêté son avion personnel à ses deux filles qui comptaient se rendre au Yellowstone Club, une station de ski de 55 km² et de 60 pistes au pied de la Lone Moutain, réservée aux millionnaires et se situant dans le sud du Montana (très près de la frontière avec le Wyoming), très isolée (la nationale la plus proche, la 191, est à une demi-heure de route). L’avion devait atterrir à l’aéroport Bert Mooney de Butte, à deux heures de route de la station de ski. Après un voyage sans encombre, l’appareil – piloté par un ancien militaire de 65 ans, Ellison « Bud » Summerfield se mit à piquer du nez à moins de 500 mètres des pistes et alla s’écraser dans le cimetière catholique de la ville, le Catholic Holy Cross Cimetery, ne laissant aucune chance aux 14 passagers. Feldkamp perdit sa fille cadette Amy Jacobson, 34 ans, de Saint-Helena (Californie), ainsi que son gendre Erin, 36 ans, et leurs trois enfants Taylor, Ava et Jude, âgés de 4, 3 et 1 an. Il perdit également sa fille aînée Vanessa Pullen, 37 ans et son autre gendre Michael 39 ans, de Lodi (Californie), et leurs deux enfants Sydney et Christopher, âgés de 9 et 7 ans. L’avion est prévu pour 10 personnes maximum, ils étaient 14 plus le chargement. En effet, une famille amie, les Ching, originaires de Durham, toujours en Californie, étaient également à bord. Le père Brent, 37 ans, la mère Kristen, 31 ans, et les enfants Heiley et Caleb 5 et 3 ans moururent également…

 

Plusieurs choses montrent que cette tragédie est une volonté de Dieu, pour prouver que ceux qui plaisantent avec lui ne le font pas longtemps… Tout d’abord, le fait que l’avion ait choisi d’atterrir à Butte plutôt qu’à l’aéroport Yellowstone de Bozeman, bien plus proche, puisqu’à une heure de route de la station et de plus mieux équipé que celui de Butte qui n’est qu’un petit aéroport de province et non un aéroport international comme Bozeman. Ensuite, que l’avion se soit écrasé dans un cimetière catholique, mais pas n’importe lequel. En effet, c’est dans ce cimetière que se trouve le mémorial érigé par les Chevaliers de Colomb (Knight of Columbus), la célèbre association caritative catholique américaine fondée par le Vénérable Père Michaël Joseph McGivney, en mémoire des enfants avortés, appelée par erreur « The Tomb on the Unborn » par confusion avec le cimetière des bébés morts de la grippe espagnole de 1918 situé dans la partie ancienne du cimetière. Ce cimetière se trouve le long de la nationale 2, juste derrières les bâtiments de l’aéroport. La configuration des pistes aurait plutôt privilégié un crash sur l’autre cimetière, le Moutain View Cimetary, situé 1 kilomètre plus haut sur Harrison Avenue, le long de la piste principale. Aucun problème de vol, aucun élément perturbant signalé dans la boîte noire ou par l’aéroport… l’hypothèse est que l’avion en surpoids a été déstabilisé en piquant du nez, comme s’est écrasé le Tu-154 à Noël 2016 (selon les derniers éléments de l’enquête).

 

La journaliste américaine Gingi Edmonds avait organisé chaque jeudi des manifestations devant le domicile des Feldkamp demandant à Bud et son épouse Pam de cesser de financer l’avortement. Comme elle n’a pas été écoutée, Dieu a visiblement choisi un autre moyen de manifester sa désapprobation… Prions pour les victimes et leurs familles, et rappelons que, quoi qu’en dit la dialectique des avortueuses du Planning, l’avortement est un crime.

Un article en anglais : Family of Irving 'Bud' Feldkamp, Owner of the Nation's Largest Privately Owned Abortion Chain, Dies in Montana Plane Crash

 

http://www.christiannewswire.com/news/646579835.html

La fin tragique des filles de l'avorteur Irving "Bud" Moore Feldkamp III le 22 mars 2009 dans un crash aérien
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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 17:45

Mise à jour le 3 avril 2017

Réponse à Michel Onfray sur quelques erreurs sur le christianisme

Hier 11 janvier, à l'occasion de la sortie de son livre "Décadence, de Jésus au 11 septembre, Vie et mort de l'Occident", le philosophe athée Michel Onfray, invité de RMC, a expliqué que la "civilisation judéo-chrétienne" était en train de mourir. [1]

 

Or, le concept de "judéo-christianisme" a été interdit par l'Eglise au concile de Jérusalem en 49 ap. J.-C. Et le judéo-christianisme s'est effondré au premier siècle (Cf.  (Jean DANIELOU, L'Église des premiers temps, des origines à la fin du IIIe s., Points Histoire, Tours 1999, p. 37)

 

Michel Onfray explique pourquoi il n'est pas chrétien (à partir de 15:18 dans le podcast) :

 

"Aucun évangéliste n'a connu Jésus... Parce que le premier qui commence à écrire, il écrit plus d'un demi-siècle après la mort de ce fameux Jésus qui n'a pas existé..." (sic)

 

Il date ainsi le premier évangile "plus d'un demi siècle" après la mort du Christ (en 33), ce qui nous fait remonter à après 83... Cette datation n'est pas partagée (et loin de là) par la majorité des historiens, pour qui les évangiles ont été écrits entre 60 à 70.

 

L’archéologue biblique William Albright a conclu, d’après ses recherches, que tous les livres du Nouveau Testament avaient été écrits du vivant de la plupart des apôtres. Il écrit : Nous pouvons déjà déclarer avec certitude qu’il n’y a désormais plus de raison justifiable de dater quelconque des livres après environ 80... (William F. Albright, Recent Discoveries in Biblical Lands, New York: Funk & Wagnalls, 1955, 136.)

 

Albright situe la rédaction de la totalité du Nouveau Testament  très probablement quelque part entre approximativement 50 et 75. (William F. Albright, Toward a More Conservative View, Christianity Today, January 18, 1993, 3.)

 

Un intellectuel pourtant célèbre pour son scepticisme, John A. T. Robinson, date quant à lui le Nouveau Testament plus tôt que la plupart des érudits les plus conservateurs ! Dans son ouvrage, "Redating the New Testament" [Une nouvelle datation du Nouveau Testament], il affirme que la plus grande partie du Nouveau Testament fut écrite entre 40 et 65. Cela situe la rédaction de celui-ci aussi tôt que sept ans après la vie du Christ. (John A. T. Robinson, Redating the New Testament, quoted in Norman L. Geisler and Frank Turek, I Don’t Have Enough Faith to Be an Atheist, Wheaton, IL: Crossway, 2004, 243)

 

Les premiers chrétiens ont écrit des milliers de lettres, sermons et commentaires sur Jésus. Par ailleurs, des crédos qui parlent de Jésus apparaissent aussitôt que cinq ans après sa crucifixion. (Gary R. Habermas and Michael R. Licona, The Case for the Resurrection of Jesus, Grand Rapids, MI: Kregel, 2004, 212.)

 

Plus de 36.000 de tels écrits, complets ou partiaux, ont été découverts, certains datant du premier siècle. (Norman L. Geisler and Paul K. Hoffman, eds., Why I Am a Christian, Grand Rapids, MI: Baker, 2001, 150). Ces écrits non-bibliques pourraient reconstituer le Nouveau Testament dans sa totalité, à l’exception de quelques versets. (Bruce M. Metzger, The Text of the New Testament? New York: Oxford University Press, 1992, 86.)

 

Comment est-ce qu’un Jésus mythique pourrait inspirer tant d’écrits à son sujet en l’espace de quelques décennies après sa vie ?

 

Les témoins étaient toujours en vie, or aucun n'a remis en question l'historicité des événements rapportés. Toute erreur historique eut été immédiatement exposée, tant par les témoins oculaires que par les ennemis du Christianisme.

Les rédacteurs du Nouveau Testament ont prétendu fournir des témoignages oculaires sur Jésus. L’apôtre Pierre le déclare ainsi, dans l’une de ses lettres : "En effet, ce n’est pas en ayant recours à des récits imaginaires sophistiqués que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ, mais c’est pour avoir été les témoins oculaires de sa grandeur" (2 P 1 :16)

 

L'Evangile de S. Marc, le plus ancien, a ainsi été rédigé entre 41 et 70 au plus tard, probablement en 62. Et ce qui est sûr, c'est qu'il a été rédigé avant 70, de même que l'Evangile de Matthieu : dans ces deux évangiles, Jésus annonce en effet la destruction du Temple de Jérusalem, qui aura lieu en 70 (Mc, 13, 1-4; Mt 24, verset 2). Ces deux évangiles n'ont pas pu être écrits après un évènement que le Christ annonçait qu'il adviendrait.

 

Le fameux archéologue, Sir William Ramsey, a d’abord rejeté le récit historique de Luc concernant Jésus. Toutefois, plus tard il a reconnu : Luc est un historien de première classe … Cet auteur devrait figurer parmi les plus grands historiens.… L’histoire de Luc est sans pareille pour ce qui est de sa fiabilité. (Quoted in Josh McDowell, The New Evidence That Demands a Verdict, Nashville: Thomas Nelson, 1999, 61.)

 

Des fragments de l'évangile de Marc retrouvés à Qumran entre 1947 et 1956 prouvent que l'évangile de Marc est antérieur à 68, voire à l'an 41, selon certains spécialistes. A l'aide des ordinateurs, on a pu prouver scientifiquement que dans ces papyrus écrits seulement en grec (pas de textes en hébreu ni en araméen), issus de la "grotte 7", le groupe de lettres en question ne pouvait appartenir à nul autre qu'à l'évangile de Marc.  Le papyrologue allemand Carsten Peter Thiede a élargi le champ de sa recherche en l'étendant au papyrus P64, fragment de l'évangile de Matthieu... qui se trouve au Madgalen College d'Oxford. Ce papyrus a été daté comme apparte­nant approximativement à l'an 200, mais le professeur Thiede affirme qu'il est de l'an 50 et établit une relation avec la datation du papyrus de Qumran. La datation offerte par Tiede offrirait une garantie de véracité. (Figaro Magazine, Et si les évangiles étaient un reportage?, 14-4-1995, p. 80-81.)

 

... De même, l'Evangile de Luc est écrit au plus tard en 65 : c’est en effet pendant la captivité de S. Paul que Luc aurait composé son évangile. Et vers 65 eut lieu le martyre de Pierre et Paul à Rome. L'Evangile de Jean, l'Apôtre le plus jeune et aussi celui qui vécut le plus vieux, est plus tardif et date de la fin du premier siècle.

 

Les 13 lettres de l’apôtre Paul adressées aux jeunes églises et à certains particuliers constituent la majeure partie du Nouveau Testament. Les lettres de Paul sont datées entre les années 45 et 65 (12 à 33 ans ap. J.-C.) et elles représentent les témoignages les plus anciens sur la vie et l’enseignement de Jésus. Will Durant écrit sur l’importance historique des lettres de Paul :  La preuve chrétienne du Christ commence par les lettres attribuées à Saint Paul. Personne n’a remis en question l’existence de Paul, ou de ses multiples rencontres avec Pierre, Jacques et Jean; et Paul admet avec envie que ces hommes ont connu le Christ dans la chair. (Will Durant, Caesar and Christ, vol. 3 of The Story of Civilization, New York: Simon & Schuster, 1972, 555.)

 

Saint Paul (Paul de Tarse en Asie mineure), portant aussi le nom juif de Saul qui se prononce "Shaoul" (né probablement à Tarse en Cilicie au début du Ier siècle et mort vers 67 - 68 à Rome) est un apôtre de Jésus-Christ, tout en ne faisant pas partie des "Douze". Il est citoyen romain de naissance et un juif pharisien avant sa conversion. Saint Pierre et saint Paul sont les deux piliers de l'Église et jamais la Tradition ne les a fêtés l'un sans l'autre. Tous deux virent leur vie bouleversée par l'irruption d'un homme qui leur dit: "Suis-moi. Tu t'appelleras Pierre" ou "Saul, pourquoi me persécutes-tu?".  Pierre reçut de l'Esprit-Saint la révélation du mystère caché depuis la fondation du monde: "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant." Paul, ravi jusqu'au ciel, entendit des paroles qu'il n'est pas possible de redire avec des paroles humaines. Persécuteur des premiers chrétiens, Paul se donna au Christ: "Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi." Pierre reçut la charge de paître le troupeau de l'Église: "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église." Paul devint l'apôtre des païens. Pour le Maître, Pierre mourra crucifié et Paul décapité. Comment la vie de ces deux hommes a-t-elle pu ainsi être bouleversée si Jésus n'avait pas existé, surtout Saint Paul, quelqu'un qui persécutait les premiers chrétiens ? D'autant plus que saint Paul s'est converti sans le truchement d'autres chrétiens.

 

La ville de Thessalonique était à cette époque devenue la capitale de la Macédoine et le port le plus commerçant de la Méditerranée: elle avait dans l'Empire la qualité de ville libre.

Thessalonique était devenue la capitale de la Macédoine et le port le plus commerçant de la Méditerranée: elle avait dans l'Empire la qualité de ville libre. S. Paul s'y rendit dans sa seconde mission à sa sortie de Philippes. Il y trouva une synagogue, où il prêcha à des Juifs, des prosélytes et des païens durant trois semaines et jeta les fondements d'une petite chrétienté. Mais bientôt chassé par les intrigues des Juifs accusant les prédicateurs d'agir contre les décrets impériaux et traînant certains chrétiens devant les magistrats (Ac 17:5-9), il se retira à Bérée, puis à Athènes, et de là à Corinthe. C'est de cette dernière ville qu'il adressa à l'Eglise naissante de Thessalonique vers l'an 51, à peu d'intervalle l'une de l'autre, deux épîtres, les premières que nous ayons de lui. La première, qui contient des encouragements, est le plus ancien écrit du Nouveau Testament. L'apôtre y fait l'expérience de la mort et de la résurrection du Christ. Il l'a envoyée une vingtaine d'années après la mort de Jésus, peu après son arrivée à Corinthe où Thimothée, vint lui apporter des nouvelles en provenance de Thessalonique (1 Th 3:6). A cette date, les traditions évangéliques ont déjà pris corps et d'autres textes peuvent nous rapporter des traditions plus anciennes, mais 1 Thessaloniciens est le plus ancien document chrétien connu. Dans leur relative simplicité, les deux lettres aux Thessaloniciens, parlent des "Eglises" et de ceux qui sont "à leur tête", elles mentionnent tout ce qui est la foi commune des premiers chrétiens et l'expérience des premiers missionnaires : l'amour de Dieu qui appelle (1 Th 1:4; 1 Th 2:12, la foi en la Trinité de "Dieu le Père, et le Seigneur Jésus-Christ" et l'"Esprit-Saint" (1 Th 1-5; 1 Th 4:8), la foi dans la mort et la résurrection du Christ (1 Th 1-10 ; 1 Th 4:14), l'attente du retour du Christ (1 Th 3:13; 1 Th 5:23), la croyance dans la résurrection de ceux qui sont morts dans le Christ (1Th 4:16), la persévérance dans la persécution (1 Th 2:14-16), l'amour fraternel (1 Th 4:9) et le caractère collectif et solidaire des premières communautés chrétiennes (1 Th 4:6), l'action de l'Esprit Saint dans la parole de proclamation et dans la vie des communautés. S. Paul met en place des "anciens", comme nous le voyons à Ephèse (Actes 20, 17). Il envoie deux collaborateurs, Tite et Timothée, deux convertis du paganisme dans les communautés qu'il a fondées, pour éviter qu'elles ne dérivent. Ils sont destinataires de trois épîtres avec des conseils pour l'avenir. A Thimothée, en particulier, il rappelle le "don spirituel que Dieu a déposé en toi par l'imposition de mes mains" (1 Tm, 4: 14; et 2 Tm 1:6). La mission principale de Timothée est de "garder le dépôt" (1 Tm 6,20 ; 2 Tm 1,14). Ce dépôt doit être transmis à d'autres de génération en génération : "Ce que tu m’as entendu dire en présence de nombreux témoins, confie-le à des hommes dignes de foi qui seront capables de l’enseigner aux autres, à leur tour" (2 Tm 2,2). S. Pierre recommande aux "anciens en fonction" de paître "le troupeau de Dieu qui leur est confié et aux "jeunes gens" d'être "soumis aux anciens" (1 P. 5, 1-2).

Le souci de la continuité, la transmission de la charge ecclésiastique (office) par les apôtres, le caractère collectif autant qu’individuel, le titre de "pasteurs", titre qui convient d’abord au Christ et que Jésus avait donné à Pierre, sont autant de traits particuliers de l'Eglise primitive.

 

Indiquons ici que les récits païens d’un dieu mort et ressuscité, plus ou moins comparables à l’histoire de la résurrection de Jésus, ne sont apparus qu’au moins 100 ans après les témoignages de la résurrection de Jésus. (Gary R. Habermas and Michael R. Licona, The Case for the Resurrection of Jesus (Grand Rapids, MI: Kregel, 2004), 90.) En d’autres mots, les récits d’Horus, Osiris et Mithra mourant et se relevant d’entre les morts, n’étaient pas des mythologies originales, mais furent greffés à leurs mythes après que les récits de l’évangile de Jésus furent écrits.

 

Michel Onfray parle ensuite du "fameux Jésus qui n'a pas existé". Or, pendant 19 siècles, pas même les Juifs, ou ses adversaires talmudistes et Romains, les païens eux-mêmes, n'ont remis en question l'existence de Jésus.

 

Pendant des siècles, jusqu’aux Encyclopédistes et à ceux qu’on a appelé plus tard les philosophes des "Lumières" au dix-huitième siècle, la question de l'existence de Jésus, soulevée par Michel Onfray, ne se posait pas. Voltaire lui- même - qui fut pourtant un ennemi acharné de l’Église et du christianisme - ne nia jamais l’existence historique de Jésus de Nazareth. Ce n'est qu'au dix-neuvième siècle que des chercheurs qualifiés de "rationalistes" entreprirent de mettre en doute l’existence de Jésus : un dictionnaire russe rédigé pendant la période communiste de l’U.R.S.S., décrit Jésus comme un personnage mythique ou mythologique n’ayant pas existé... Il n’existe plus aucun historien sérieux aujourd'hui pour nier l’existence historique de Jésus de Nazareth.


Le fait que Jésus ait existé n’est pas une doctrine de foi, c’est une vérité historique attestée par des témoins qui n'étaient pas chrétiens. Un Jésus qui fut crucifié au temps de Ponce Pilate est attesté pas les historiens romains contemporains de Jésus, dont l’intérêt n’était pas de faire croire à l'existence d’un personnage n’ayant soit-disant jamais existé. Les preuves de l'existence de Jésus viennent également de sources juives...

 

De sorte qu'il n'y a pas plus de raisons de nier l’existence de Jésus que celle d’autres personnages de l’Antiquité. César, Aristote, Alexandre le Grand, ou Socrate… auraient même moins de preuves de leur existence !

 

La quantité des manuscrits du Nouveau Testament est énorme. Il existe plus de 24.000 manuscrits complets ou partiels des livres qui le constituent, les situant bien au-dessus de tous les autres documents anciens. L’historien Paul Johnson remarque : “Si nous considérons, par exemple, que Tacite ne survit que grâce à un seul manuscrit médiéval, la quantité des manuscrits anciens du Nouveau Testament est remarquable.” (Paul Johnson, “A Historian Looks at Jesus,” speech to Dallas Seminary, 1986.)

 

Le livre de Callisthenes (un historien contemporain d'Alexandre le Grand exécuté en 327 av. J.-C., suite à l'affaire du refus du rite perse de la proskynèse) sur les Actes d'Alexandre et le Journal Royal sont des sources primaires de la vie d'Alexandre, mais depuis perdues. L’histoire d’Alexandre le Grand provient de cinq sources antiques, écrites 300 ans ou plus après sa mort :

Arrien (Ier siècle ap. J.-C. Son Anabase d'Alexandre est le récit antique le plus rigoureux que nous ayons des campagnes militaires menées par Alexandre le Grand);

Diodore de Sicile (Ier s. av. J-C.), "Bibliothèque historique";

Justin, IIIe s. ap. J.-C.,"Abrégé des Histoires philippiques de Trogue Pompée" ; 

Quinte-Curce, Ier s. ap. J.-C., L'Histoire d'Alexandre le Grand ;

Plutarque, Ier s. ap. J.-C., Vies parallèles, Vie d'Alexandre ;

 

(Cf. “Alexander the Great: The ‘Good’ Sources,” Livius,http://www.livius.org/aj-al/alexander/alexander_z1b.html .)

 

Autrement dit, il n’existe pas un seul témoignage direct de l’existence d’Alexandre le Grand. Les auteurs antiques qui permettent de construire un récit sont tous d'époque romaine, et ils ont travaillé à partir de sources primaires auxquelles nous n'avons plus accès, sauf sous forme de citations ou de paraphrases ("fragments d'historiens"). Pour autant, aucun historien sérieux, ne remet en question l'historicité d'Alexandre.

 

Un professeur de droit, John Warwick Montgomery, a affirmé : Pour être sceptique vis-à-vis du texte des livres du Nouveau Testament, il faut permettre à toute l’Antiquité classique de glisser dans l’obscurité, car aucun document de l’Antiquité n’est aussi bien attesté d’un point de vue bibliographique que le Nouveau Testament. (Quoted in Josh McDowall, The New Evidence That Demands A Verdict (Nashville: Thomas Nelson Publishers, 1999), 36.)

 

Michael Grant, un historien athée de Cambridge, défend le fait que le Nouveau Testament devrait être considéré comme preuve, au même titre que le reste de l’histoire antique :

Si nous employons à l’égard du Nouveau Testament le même genre de critères que nous devrions employer à l’égard d’autres récits anciens contenant de la matière historique, nous ne pouvons pas plus rejeter l’existence de Jésus que nous ne pouvons rejeter l’existence d’une foule de personnages païens dont la réalité historique n’a jamais été remise en question. (Michael Grant, Jesus: An Historian’s Review of the Gospels, London: Rigel, 2004, 199-200.)

Clark Pinnock, professeur d’interprétations à McMaster Divinity College, l’a bien résumé en disant :  Il n’existe aucun document du monde ancien attesté par un ensemble aussi excellent de témoignages textuels et historiques. Une [personne] honnête ne saurait rejeter une source pareille. Le scepticisme à l’égard des qualités historiques du Christianisme se base sur l’irrationnel. (Quoted in Josh McDowell, The Resurrection Factor, San Bernardino, CA: Here’s Life Publishers, 1981, 9.)

 

Les témoignages romains :

 

Tertullien était un juriste et un théologien de Carthage. Tandis qu’il faisait un discours pour défendre le christianisme devant les autorités romaines d’Afrique, il mentionne les échanges qu’eurent Tibère et Ponce Pilate :

 

"En ces jours où le nom de chrétien fit son entrée dans le monde, Tibère, qui avait reçu l’intelligence au sujet de la divinité du Christ amena le sujet devant le sénat, en comptant bien appuyer sa position en faveur du Christ. Mais le Sénat rejeta cette proposition parce qu’il n’approuvait pas lui-même cette opinion. César la soutenait, cependant, et menaça de sa colère contre tous les accusateurs des Chrétiens." (Apologie, V.2 (aussi Justin Martyr dans Apologie, 1.35).

 

Thallus fut un des premiers écrivains païens à mentionner le Christ. Il écrivit en 52 apr. J.C.. Malheureusement, ses écrits ont disparu ; et on en a connaissance seulement parce que d’autres auteurs les citent. Un de ces auteurs s’appelle Julius Africanus, un écrivain chrétien qui vécut vers 221. Julius fait allusion à un commentaire intéressant provenant de Thallus :

 

 "Dans son troisième livre d’histoires, Thallus explique naïvement les ténèbres comme étant une éclipse de soleil – ce qui me semble bien déraisonnable (déraisonnable, bien sûr, parce qu’une éclipse de soleil ne pouvait pas arriver à l’époque de la pleine lune, parce que Christ mourut à l’époque pascale de la pleine lune)."
 

Nous voyons donc que la référence des Évangiles aux ténèbres, qui survinrent à la crucifixion de Jésus, était bien connue, et que les non croyants qui y assistèrent recherchaient une explication naturelle.

 

Phlegon, un historien du 1er siècle.


 

Ses Chroniques ont aussi été perdues, mais Julius Africanus mentionne aussi un fragment de cette œuvre, confirmant les ténèbres qui survinrent lors de la crucifixion de Jésus. Et après sa réflexion sur l’opinion déraisonnable de Thallus, il cite Phlegon selon lequel "au temps de Tibère César, survint une éclipse de soleil durant la pleine lune." Phlegon est aussi cité par Origène dans Contre Celsum, Livre 2, sections 14,33,59.

 

Justin Martyr, Patron des philosophes (vers 150 apr. J.C.) adressa sa Défense du Christianisme à l’empereur Antonius Pius, et il le renvoya au Rapport de Pilate, qu’il suppose être dans les archives impériales. Il dit :


 

"Mais les mots ‘il perça mes mains et mon pied’ dit-il, sont une description des clous qui furent plantés dans Ses mains et dans Son pied sur la croix ; et après qu’il fut crucifié, ceux qui le crucifièrent jetèrent les dés pour se partager ses vêtements ; et ces choses arrivèrent ainsi, tu peux en avoir connaissance d’après les actes qui furent enregistrés sous Ponce Pilate."


 

Un peu plus tard, il dit :


 

"Qu’il fit ces miracles, tu peux facilement le vérifier d’après ‘les actes’ de Ponce Pilate." (Apologie 1.48)

 

Le philosophe anti-chrétien Celse, en 110, écrit : "Vous nous donnez pour Dieu un personnage qui termina par une mort misérable une vie infâme." (Origène, Contre Celse, 7,58)

 

Dans le livre 15ème de ses Annales, Tacite écrit au début du IIe siècle (entre 100 et 116) :

"Mais ni efforts humains, ni largesses du prince, ni cérémonies religieuses expiatoires, ne faisaient taire l'opinion infamante, d'après laquelle l'incendie (de Rome Ndlr.) avait été ordonné. Pour mettre fin à ces rumeurs, Néron supposa des coupables et fit souffrir les tortures les plus raffinées à ces hommes détestés pour leurs abominations et que le vulgaire appelait chrétiens. Ce nom leur vient de Christ, qui, sous Tibère, fut livré au supplice par le procurateur Pontius Pilatus. Réprimée sur le moment, cette exécrable superstition perçait de nouveau, non seulement dans la Judée, berceau du mal, mais à Rome même, où tout ce qu'il y a partout d'infamies et d'horreurs afflue et trouve des partisans. On commença donc par saisir ceux qui confessaient leur foi, puis, sur leurs révélations, une infinité d'autres, qui furent bien moins convaincus d'incendie que de haine pour le genre humain. On fit de leurs supplices un divertissement : les uns couverts de peaux de bêtes, périssaient dévorés par des chiens; beaucoup, mis en croix, étaient, lorsque le jour avait disparu, brûlés pour éclairer la nuit. Néron avait offert ses jardins pour ce spectacle et donnait des jeux au Cirque, se mêlant au peuple en habit de cocher, ou conduisant un char." (Annales, livre 15ème, 44, in Tacite, Annales, GF Flammarion, Manchecourt 2002, p. 439.)
 


Vers 120, Suétone écrit :

"Les Chrétiens sont mis à mort. [...] Il (Néron) livra aux supplices les Chrétiens, race adonnée à une superstition nouvelle et coupable." (Vie des douze Césars, Vie de Néron 16, 2)

 

Suétone écrit encore :

 

"Comme les Juifs se soulevaient continuellement à l'instigation d'un certain Chrestos, il les chassa de Rome." (Vie des Douze Césars, Gallimard Folio Classique, Saint-Amand 2003, Livre V, Claude, 25, p. 286.)

 

Or justement, le livre des Actes des Apôtres - livre qui complète l’Evangile de St Luc - fait une allusion directe à cette expulsion lors de l’arrivée de Saint Paul à Corinthe :

 

"Paul se rendit ensuite à Corinthe. Il rencontra là un juif nommé Aquilas, originaire du Pont, qui venait d'arriver d'Italie avec sa femme, Priscille. Claude, en effet, avait décrété que tous les Juifs devaient quitter Rome..." (Actes 18,2)

 

Le proconsul romain de Bithynie et du Pont (Asie mineure), Pline le Jeune, écrit en 111 que les Chrétiens "se réunissent avant l'aurore à des jours déterminés pour chanter des hymnes au Christ comme à un Dieu." (Epist. 10, 96).

 

Les témoignages juifs : le Talmud et la Michnah juifs

 

Les Juifs ont toujours considéré Jésus comme réel. "Plusieurs écrits juifs font référence à Jésus comme une personne réelle à laquelle ils s’opposaient." (D. James Kennedy, Skeptics Answered (Sisters, OR: Multnomah, 1997), 76)

Le Talmud babylonien : "À la veille de la fête de Pâque, on pendit Jésus. Quarante jours auparavant, le héraut avait proclamé : 'Il est conduit dehors pour être lapidé, car il a pratiqué la magie et séduit Israël et l’a rendu apostat. Celui qui a quelque chose à dire pour sa défense, qu’il vienne et le dise.'

Comme rien n’avait été avancé pour sa défense, on le pendit à la veille de la fête de Pâque. Ula (un rabbin de la fin du IVe siècle) répliqua : 'Crois-tu qu’il ait même fallu chercher quelque chose pour sa défense? Car il devint un séducteur et la loi dit : Tu ne dois pas l’épargner, ni passer sa faute sous silence.' (Dt 13,9). Bien plutôt il en allait autrement pour Jésus, parce qu’il était en relations avec l’Empire."

Le Talmud Tol’doth Yeshu fait référence à Jésus comme "Ben Pandera" (ou Ben Pantere). Beaucoup de Théologiens pensent que "pandera" est un jeu de mots, et un travesti du mot grec pour "vierge", "parthenos", l’appelant ainsi un "fils d’une vierge". Joseph Klausner commente "la naissance illégitime de Jésus était une idée courante chez les juifs". Dans la Baraila (Babylone Sanhedrin 43a)

L’Anoa Ulla. Les autorités Juives ne contestaient pas le fait que Jésus fit beaucoup de signes et de miracles, mais ils les attribuaient à Satan, et les assimilaient à des actes sorcellerie (Mat 9.34 ; 12.24 ; Marc 3.22). Sanhedrin 43a; aussi Yeb IV 3; 49a

 

Le témoignage de Flavius Josèphe (entre 93 et 94) est le plus étonnant. Tellement étonnant que l’on a pensé que le texte avait été arrangé par des copistes chrétiens plus tard dans la transmission du manuscrit.

Ceci méritait d’être discuté très sérieusement, et l’a été. Flavius Josèphe avait participé à "la guerre des Juifs" (entre l’année 66 et l’année 7O). Il s’agit de la grande révolte des Juifs réprimée par Vespasien et son fils Titus. Flavius Josèphe s’était d’abord battu dans les rangs des insurgés, puis s’étant rendu aux Romains, il avait pris leur parti. Il a écrit en grec vers 93 une histoire très précise de ces événements. Dans cette histoire il rapporte la mise à mort de l’apôtre Jacques. Et puis il parle du Christ. Un certain nombre de critiques donc ont estimé que le passage de Flavius Josèphe était trop favorable à Jésus... Un Juif romanisé aurait-il été jusque là ? Un copiste chrétien, en recopiant le manuscrit, aurait arrangé le texte ? Cette objection est sérieuse, mais nous avons plusieurs manuscrits avec des origines différentes. Un savant Israélien, Shlomo Pères, a étudié ces différents manuscrits et il estima avoir atteint la version "minimum" de Flavius Josèphe. La voici :

"En ce temps là, vivait un sage nommé Jésus. Il se conduisait bien et était estimé pour sa vertu. Nombreux furent ceux tant Juifs que gens d’autres nations qui devinrent ses disciples. Pilate le condamna à être crucifié et à mourir. (Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, 5, 1-7). Mais ceux qui étaient devenus ses disciples ne cessèrent de suivre son enseignement. Ils racontèrent qu’il leur était apparu trois jours après sa crucifixion et qu’il était vivant. Sans doute était-il le Messie sur qui les prophètes ont racontés tant de merveilles."

 

L’intellectuel israélien, Shlomo Pines, écrit : Les opposants les plus mordants du christianisme n’ont jamais exprimé le moindre doute quant au fait que Jésus avait réellement existé. (Josh McDowell and Bill Wilson, Evidence for the Historical Jesus (Eugene, OR: Harvest House, 1993, 44.)

 

Will Durant, un historien de l’histoire mondiale, remarque qu’aucun Juif ni gentil du premier siècle n’a jamais nié l’existence de Jésus. (Will Durant, “Caesar and Christ,” vol. 3 of The Story of Civilization, New York: Simon & Schuster, 1972, 555.)

 

Que dit l'archéologie ?

 

Les évangiles contiennent de nombreux détails historiques et ne constituent pas seulement des enseignements spirituels. Ces faits historiques relatés dans les évangiles ont toujours été confirmés par les découvertes archéologiques...

 

Exemples:

 

- certains, comme le dit Michel Onfray dans cette émission de RMC, estimaient que Nazareth (le village où Jésus a passé son enfance) n’existait pas... Or, en 1962 on a retrouvé une plaque du IIIème siècle avant J.C, gravée en hébreu et portant le nom du village... Et le 21 décembre 2009, des archéologues ont annoncé la découverte de morceaux d’argile à Nazareth, datant du premier siècle et confirmant ainsi que ce petit village existait bel et bien du temps du Christ.

 

- La piscine de Bethesda, dite la "piscine aux 5 portiques" est décrite dans l'évangile de St Jean lorque est racontée la guérison du paralytique : cette piscine a été retrouvée en 1888, à l’endroit situé par St Jérôme en 372 et St Eusèbe en 332...


- Ponce Pilate, qui a condamné Jésus à mort. On a prouvé son existence en 1961 en retrouvant un bloc de calcaire, une plaque comportant son nom et son titre... "Ponce Pilate, Préfet de Judée", dans les ruines de Césarée maritime.

 

 - En 1990, des archéologues découvrirent un ossuaire (une boîte contenant des ossements) portant l’inscription de Caïphe, connu dans le Nouveau Testament pour son implication dans la livraison de Jésus à Ponce Pilate, qui l'a crucifié. Celle-ci fut vérifiée et reconnue authentique au-delà de tout doute raisonnable .

 

- Récemment, dimanche 19 mars 2017, l'autorité des antiquités israéliennes a annoncé des découvertes archéologiques récentes d'objets datant du 1er siècle, retrouvés dans la région de Jérusalem et en Galilée et permettant aux historiens de mieux comprendre la vie à l'époque de Jésus-Christ. Parmi ces objets, une cage funéraire de calcaire décorée de façon intime, appartient à un descendant du grand prêtre Caïphe. Gideon Avni, chef de la division archéologique de l'Autorité des antiquités d'Israël a déclaré qu'il n'y avait aucune raison de croire que Jésus n'existait pas simplement parce que les archéologues n'ont pas trouvé de preuve physique de lui... "Il faut se rappeler que le Christ était l'un parmi plus d'un million de personnes vivant en cette période en Terre Sainte", dit-il.

 

- Dalmanoutha, une ville des temps bibliques mentionnée dans l'Evangile selon saint Marc (Mc 8:10), a été découverte par l'Université de Reading (RU) en septembre 2013, le long de Mer de la Galilée (ou "Lac de Tibériade"). La Mer de Galilée est située à plus de 200 m au-dessous du niveau de la mer. Le lieu traversé par le fleuve Jourdain est celui du baptême de Jésus-Christ par saint Jean-Baptiste, mais aussi l'endroit où le Christ navigua avec ses disciples après le miracle de la multiplication des pains. Le bateau daté de deux mille ans et découvert en 1986, parfois appelé "barque de Pierre" ou "barque de Jésus" a été trouvé sur le littoral de la ville nouvellement découverte.

 

A ces témoignages impartiaux de l'archéologie, des auteurs païens, romains et juifs, il faut ajouter la multitude des textes religieux chrétiens qui ont une valeur historique certaine. L'existence de Jésus comme personnage historique du premier siècle ne fait donc aucun doute.

 

Quelques questions montrent a contrario la véracité des premiers témoins :

Si Jésus de Nazareth n’était qu’un personnage imaginaire, pourquoi les évangélistes seraient-ils parfois si discordants d’un texte à l’autre? N’auraient-ils pas dû donner de Jésus, avant tout une image cohérente, un portrait harmonieux, dans le souci primordial d’écarter les soupçons?
 

Si ce Jésus avait été inventé pour jouer le rôle du sauveur qu’Israël attendait comme l'explique Michel Onfray (avec ses "comme par hasard dans l'Ancien Testament"), pourquoi n’avoir pas vu en lui, par exemple, le héraut de la fin des temps (les modèles sont nombreux dans l'Ancien Testament) ? Pourquoi en faire une victime, pourquoi inventer l’échec de sa mission sur une Croix dont à ce moment-là, personne n'eut parié sur sa réussite ?

 

Si Jésus n’était qu’une fiction, un personnage héroïque destiné un jour à convertir l’immense Empire romain, pourquoi le faire mourir sur une croix, un supplice qui désignait aussitôt les Romains comme auteurs de sa mort, et d’autre part supplice horrible et infamant apparemment en contradiction avec la nature divine du christ?

 

Si les premiers chrétiens avaient voulu faire croire à leur histoire, pourquoi dans une société qui alors n’accordait aucun crédit aux témoignages des femmes faire partir cette histoire du témoignage premier d’une femme (sainte Marie-Madeleine) sur la résurrection du christ ?... Si les évangélistes avaient voulu faire croire à une "fable" comme le dit Michel Onfray, ils n'auraient pas choisi des femmes comme premiers témoins de la résurrection du Christ !

 

Ce sont au contraire toutes ces complications, ces difficultés, ces contradictions à résoudre, du point de vue de ceux qui avaient à écrire l’histoire de Jésus, qui précisément plaident en faveur de l’authenticité historique. Et tout particulièrement le souvenir de sa crucifixion, supplice horrible et infamant.

 

Rappelons que jamais les adversaires du christianisme aux premiers siècles, qu’ils soient juifs ou païens, n’ont mis en cause l’existence de Jésus. Ils ont combattu sa doctrine et ses disciples, mais ils n’ont jamais contesté la réalité de sa personne.

 

Michel Onfray explique ensuite : "A un moment donné, cette religion ... devient une religion par la grâce d'un homme, l'empereur Constantin qui décide que Jésus a existé."

 

Michel Onfray confond avec l'édit de Milan qui donne la liberté de culte au christianisme...

La mère de Constantin, que Michel Onfray tourne en ridicule, sainte Helène, ne retrouve pas "comme par hasard" "des reliques de la Vraie croix, des clous" : elle en fit la découverte lors d’un pèlerinage en Palestine entrepris en 326 et suite à des fouilles sur le lieu du Calvaire...

 

Michel Onfray tente de justifier son anti-christianisme par le blasphème :

 

"Le christianisme du Jésus des évangiles, ce serait plutôt le christianisme de S. François d'Assise. [...] Moi ce que j'aime, c'est que les gens donnent l'exemple. Et si tous les curés accueillaient dans leur presbytère, leurs églises, leurs cathédrales, leurs évêchés, des migrants en quantité, parce qu'il y a de la place, là ils seraient crédibles.

[...] Qu'ils commencent par donner l'exemple, parce que le christianisme c'est cela pour moi. Et voilà pourquoi je ne suis pas chrétien : il y a peu de chrétiens qui sont vraiment chrétiens. Et d'ailleurs Nietzsche a dit à un moment donné : 'Il y a eu un seul chrétien, c'était Jésus, et il est mort sur la croix'", explique Michel Onfray.

 

Si le Christ demande qu'on accueille l'étranger, c'est à titre individuel et autant qu'on le peut. Cet accueil n'est pas imposé aux états, ou d'une manière collective : les autorités politiques "en vue du bien commun" (à titre collectif) ont la possibilité de "subordonner l'exercice du droit d'immigration" et l’immigré est "tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil" (n°2241 du "Catéchisme de l'Eglise catholique").

 

En soutenant qu'il n'est pas chrétien parce qu'il ne rencontre pas assez de chrétiens autour de lui, Michel Onfray blasphème notre Seigneur Jésus-Christ à la manière des cardinaux qui lors de la rencontre de S. François d'Assise et du pape Innocent III au palais de Latran jugeaient la Règle de S. François trop difficile et inapplicable : soutenir que l'observance des conseils évangéliques et le voeu qu'on en fait sont quelque chose de contraire à la raison ou d'impossible, c'est blasphémer ouvertement contre Jésus-Christ, auteur de l'Evangile.

Michel Onfray affirme ensuite que le christianisme a contribué à l'"antisémitisme". Quid de l'antichristianisme juif dans le Talmud dont on entend jamais parler?

 

Il dit qu'"il faut attendre le XXe siècle, après la Shoah, pour que le christianisme officiel dise qu'effectivement les Juifs ne sont pas un peuple maudit et que ce n'est pas le peuple déicide".

 

C'est faux : même si des Pères de l'Eglise ont pu le dire, cela n'a jamais été un enseignement dogmatique de l'Eglise que de dire que les Juifs étaient un "peuple déicide"... En 1566, le Catéchisme du Concile de Trente précise même que les responsables de la mort du Christ sont les pécheurs de toute l'humanité, non les Juifs seuls.

 

« [S]i l'on veut chercher le motif qui porta le Fils de Dieu à subir une si douloureuse Passion, on trouvera que ce furent, outre la faute héréditaire de nos premiers parents, les péchés et les crimes que les hommes ont commis depuis le commencement du monde jusqu'à ce jour, ceux qu'ils commettront encore jusqu'à la consommation des siècles.
 

[…] Les pécheurs eux-mêmes furent les auteurs et comme les instruments de toutes les peines qu'il endura. » (Catéchisme du Concile de Trente, Première partie : Du symbole des Apôtres, Chapitre 5 Du 4e article du symbole Qui a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, et a été enseveli, § 3, éditions DMM, Niort 1998, p. 56.)

 

« Nous devons donc regarder comme coupables de cette horrible faute, ceux qui continuent à retomber dans leurs péchés. Puisque ce sont nos crimes qui ont fait subir à Notre-Seigneur Jésus-Christ le supplice de la Croix, à coup sûr, ceux qui se plongent dans les désordres et dans le mal (Hebr., 6, 6.) crucifient de nouveau dans leur cœur, autant qu’il est en eux, le Fils de Dieu par leurs péchés, et Le couvrent de confusion. Et il faut le reconnaître, notre crime à nous dans ce cas est plus grand que celui des Juifs. Car eux, au témoignage de l’Apôtre (Cor., 2, 8.), s’ils avaient connu le Roi de gloire, ils ne L’auraient jamais crucifié. Nous, au contraire, nous faisons profession de Le connaître. Et lorsque nous Le renions par nos actes, nous portons en quelque sorte sur Lui nos mains déicides. » (Catéchisme du concile de Trente, 1re partie, chapitre 5, § 3, ibid., p. 57.)

Saint Pierre, Prince des Apôtres qui lors de son supplice choisit d'être crucifié la tête en bas pour ne pas avoir l'honneur de mourir comme Jésus

Saint Pierre, Prince des Apôtres qui lors de son supplice choisit d'être crucifié la tête en bas pour ne pas avoir l'honneur de mourir comme Jésus

Je crois les témoins qui se font égorger.

Blaise Pascal

Aujourd’hui, tout ce que nous pouvons voir de la Rome antique, ce sont des ruines.

 

Les puissantes légions de César et la splendeur de l’empire romain sont tombées dans l’oubli. Cependant, à quel point se souvient-on de Jésus aujourd’hui ?

 

Les nations ont utilisé ses paroles pour établir les principes de leurs gouvernements. Selon Durant : Le triomphe du Christ a été le début de la démocratie. (Will Durant, The Story of Philosophy, New York: Pocket, 1961, 428.) Son sermon sur la montagne a établi un nouveau point de référence en éthique et en moralité.

Des écoles, des hôpitaux et des œuvres humanitaires ont été fondés en son nom. Plus de 100 grandes universités – y compris Harvard, Yale, Princeton, Dartmouth, Columbia, Oxford, Paris– ont été commencées par ses fidèles.

 

Lire : Les Plantagenêt et l'influence française en Angleterre

 

Le rôle élevé de la femme au sein de la culture occidentale retrace ses sources à Jésus. (Au temps de Jésus, les femmes étaient considérées comme des personnes inférieures et virtuellement inexistantes jusqu’à ce que son enseignement soit suivi.) C'est la modernité qui a fait régressé les droits de la femme (Régine Pernoud). L’esclavage a été aboli en France au VIIe s. sous les Mérovingiens par une femme, Sainte Bathilde, en Grande-Bretagne et en Amérique à cause de l’enseignement de Jésus selon lequel chaque vie humaine possède une valeur intrinsèque.

 

L’historien du monde, H. G. Wells, questionné sur qui avait eu le plus fort impact sur l’histoire, répondit :  Jésus est irrésistiblement le centre de l’histoire. (Quoted in Bernard Ramm, Protestant Christian Evidences (Chicago: Moody Press, 1957), 163.)

 

Si Jésus n’a pas existé, comment un mythe peut-il changer autant l’histoire ?

Enfin, Michel Onfray se dit être un "athée judéo-chrétien". La première contradiction dans les termes est que les judéo-chrétiens croyaient en Dieu. La deuxième est qu'en 1789, un clivage est officiellement né, un clivage métaphysique. La république en France est le fruit de la philosophie individualiste nominaliste apparue dès le Moyen Âge au XIVe siècle et continuée avec l'épicurisme, Hobbes, Rousseau, Kant, Charles Darwin et quelques autres, où l'idée d'un ordre de la nature voulu par un Premier Moteur intelligent et où chaque être a sa finalité propre a disparu (prémisse de l'athéisme). Un monde où la loi civile devient le seul critère de moralité qui ne soit pas subjectif... et qui s'impose à tous (...même si la loi enfreint la morale! ). Un monde où avec l'épicurisme et le darwinisme se développe la croyance dans un monde en "progrès", et où la Démocratie obligatoire et universalisable prend le caractère d'une nouvelle religion. A la place d'une décadence de la civilisation chrétienne, n'y a-t-il pas plutôt une décadence de la "civilisation" moderne ? Comment en tant qu'athée défendre la modernité-nouvelle-religion ? Il s'agit sans doute-là de la raison profonde pour laquelle Onfray se définit comme "athée judéo-chrétien", mais on en revient alors à la première contradiction. L'athéisme d'Onfray est une impasse car tout est religieux, toute politique est métaphysique, même la modernité.

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Publié par Ingomer - dans Religion Histoire
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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 10:04
"Le lieu dans lequel une communauté musulmane prie devient Dar al-Islam, un lieu qui appartient pour toujours à l'islam" (Marco Tosatti)

FAUT-IL LAISSER LES MUSULMANS PRIER DANS NOS CHAPELLES ?

 

A l’aéroport international de Milan Malpensa, le chapelain a ouvert la chapelle catholique Notre-Dame de Lorette au culte musulman et désormais les photos de la Mecque et les tapis de prière côtoient l’autel et la Croix. Dans la chapelle, une lampe orientale trône au milieu des rosaires et des encycliques du Pape François. Lorsqu’on tourne l’interrupteur, une psalmodie en arabe s’élève : « c’est une sorte de jingle du Ramadan – répond en souriant un employé musulman – ce sont des formules de bons vœux, un peu comme votre Noël ». Le chapelain, Don Ruggero Camagni hausse les épaules : « ils me l’ont laissée, je l’ai mise là, où est le mal ? »

Selon Marco Tosatti, vaticaniste au prestigieux journal La Stampa, même si cette initiative part certainement d’une bonne intention, il pourrait bien s’agir d’une erreur colossale, il nous explique pourquoi :

« Le lieu dans lequel une communauté musulmane prie devient Dar al-Islam, un lieu qui appartient pour toujours aux compagnons du Prophète. A la différence du reste du monde, l’Occident en particulier, qui est Dar al-harb, la maison de la guerre, c’est-à-dire la terre qui doit encore être soumise à la vraie foi.

C’est précisément la raison pour laquelle Saladin, après avoir conquis Jérusalem et avoir visité l’Eglise du Saint Sépulcre s’est comporté comme il l’a fait : il fit abattre la Croix, briser les cloches et y installa un portier musulman mais il ne voulut pas y prier, justement pour éviter que le Sépulcre ne devienne Dar al-Islam. Il souhaitait en fait que ce lieu puisse demeurer un lieu de pèlerinage chrétien, notamment pour des raisons économiques parce que le flux de pèlerins était favorable au commerce.

Ce n’est pas un hasard si la Conférence Episcopale Italienne a publié les recommandations suivantes dans un document pastoral :

« Afin d’éviter toute confusion et tout quiproquo dangereux, les communautés chrétiennes ne doivent pas mettre les Eglises, les chapelles ni les lieux de culte catholique ni leurs locaux paroissiaux à disposition pour des rencontres de fidèles de confessions non chrétiennes. C’est pour cela qu’avant de promouvoir des initiatives culturelles ou des rencontres de prière avec les non-chrétiens, il faut soigneusement en discerner le sens et garantir un style de rapport interreligieux correct en suivant les dispositions de l’Eglise locale ».

C’est ainsi que ces derniers mois, une réunion au plus haut niveau s’est tenue au Vatican, rassemblant le Pape et ses collaborateurs autour de la problématique du dialogue avec l’Islam et de ses nombreux aspects. Le responsable d’un important dicastère, qui a une grande expérience de cette question et du monde musulman, a affirmé qu’il fallait mettre nos agents pastoraux en garde pour éviter que, par naïveté, ils ne prêtent des églises ou des locaux car ces événements restent gravés dans la mémoire collective des fidèles musulmans et pourraient faire l’objet de revendications dans un futur plus ou moins lointain.

Donc, s’il y a un évêque à Milan, il devrait s’activer pour remédier à la bonne volonté du chapelain.

Source : Marco Tosatti, San Pietro e Dintorni, La Stampa

Diakonos.be

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 17:54
« "Qui suis-je pour juger ?" "Mais, le pape, Très Saint-Père !" », abbé J de Pluvié - 10 janvier 2017

Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? » Tournée en boucle comme un « tube » par les fossoyeurs de la morale catholique, cette courte interrogation du pape François (lors de son retour des Journées mondiales de la jeunesse à Rio le 29 juillet 2013) conduit finalement à remettre en cause une des opérations humaines les plus élémentaires : le jugement moral.

Car dès lors que le chef suprême de l'Église n'est pas habilité à juger des pratiques contrenature d'un homosexuel qui, surtout s'il cherche Dieu, devrait tout simplement les abandonner, quel individu pourra se permettre de porter des jugements sur autrui ? Si un homme est terroriste, s'il est pédophile, et s'il cherche le Seigneur, qui suisje pour juger ? À la rigueur, allons jusqu'à l'ultime conséquence de cette réflexion pontificale : si même quelqu'un ne cherche pas le Seigneur, qui suis-je pour juger ?

Faudra-t-il laisser toute sentence morale à Notre-Seigneur Jésus-Christ ? Pour répondre à cette question, que chacun se demande : qui suis-je ? Un homme, un être doué de raison dont le jugement me permettra de me conduire vers le bien, vers mon salut, et si je suis responsable d'autrui (parent, dirigeant, chef au sein d'une société civile ou ecclésiastique), de faire régner la paix et la justice, de corriger mes subordonnés avec prudence dans le domaine qui m'incombe, ou d'enrayer la propagation du mal.

Certaines recommandations de l'Écriture sainte sembleraient cependant corroborer la retenue du pape qui reprend d'ailleurs presque mot pour mot une réflexion de saint Jacques : « Mais qui es-tu, toi qui juges le prochain ? » (Jc 4, 12) Notre- Seigneur dit aussi : « Ne jugez point afin que vous ne soyez pas jugés. » (Mt 7, 1) Dans l'une de ses paraboles, le Christ reproche à demi-mot au pharisien de se faire l'inquisiteur de la vie morale du publicain. Mais il n'est pas besoin d'avoir suivi de hautes études pour comprendre que les passages cités stigmatisent seulement le jugement téméraire, malveillant ou sans fondement sérieux. Les accusations hâtives et divulguées inconsidérément demeurent une tare malheureusement trop fréquente de la nature humaine, même en milieu chrétien. Si les paroles oiseuses nous seront reprochées, que dire des réquisitoires sans pitié envers les autres ? Ce que Notre-Seigneur condamne, c'est de « juger selon l'apparence » (Jn 7, 24), de « juger selon la chair » (Jn 8, 15).

D'autres paroles de l'Écriture demandent au contraire le jugement : « Jugez selon la justice. » (Jn 7, 24) Dans ses paraboles, Notre-Seigneur Jésus- Christ réclame un discernement : Lazare et le mauvais riche, le levain des pharisiens, l'obole de la veuve, l'arbre qui se juge à ses fruits. Saint Jacques nous encourage à la correction fraternelle : « Mes frères, si quelqu'un d'entre vous s'égare loin de la vérité, et qu'un autre l'y ramène, qu'il sache que celui qui ramène un pécheur de la voie où il s'égare, sauvera son âme de la mort, et couvrira une multitude de péchés. » (Jc 5, 19-20)

Comment donc corriger le prochain, avec charité s'entend, si un certain jugement ne se formule pas à son encontre ? Comment éduquer et diriger droitement un enfant si son responsable doit suspendre le jugement sur son agir ? Comment faire régner la paix et la justice si l'autorité compétente devait en toutes circonstances s'enquérir du for interne pour donner une ligne de conduite ou condamner les actions évidemment mauvaises ? Bien sûr, connaissant la faiblesse humaine que supportent aussi bien le pécheur que son juge, le prochain doit faire preuve d'indulgence parce qu'il est lui-même pécheur et que, la plupart du temps, il ne connaît pas tous les motifs de l'action. L'autorité doit également exercer la clémence afin de « ne pas éteindre la mèche qui fume encore ».

Mais, le « qui suis-je pour juger ? » jette le trouble dans les rangs catholiques et réjouit les ennemis de l'Église parce que, loin d'enrayer le scandale, il le propage à sa manière.

Dans son commentaire de la Somme Théologique de saint Thomas sur la correction fraternelle, le père Noble nous éclaire sur la prudence (et aussi la justice) du chef qui doit savoir distinguer : « Ne serait pas un chef prudent qui ne ferait pas l'exact partage entre les fautes secrètes et sans préjudice pour le bien commun et les délits publics qui, par leur scandale ou par leur nocivité, portent atteinte à ce même bien commun. »

L'exclamation d'un fidèle résumera à merveille notre sujet : « Qui suis-je pour juger ? » « Mais, le pape, Très Saint- Père ! »

Abbé Jehan de Pluvié, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

Sources : Fideliter n° 233 / La Porte Latine du 10 janvier 2017

Note de Christ-Roi. "Qui suis-je pour la juger ? » Tournée en boucle comme un « tube » par les fossoyeurs de la morale catholique, cette courte interrogation du pape François (lors de son retour des Journées mondiales de la jeunesse à Rio le 29 juillet 2013) conduit finalement à remettre en cause une des opérations humaines les plus élémentaires : le jugement moral..."

 

En effet, surtout que pendant que l'Eglise abdique son droit divin de dire le bien et le mal, son droit de juger, de distinguer et d'évaluer, les hommes et le monde, eux, s'arrogent ce droit depuis 1789 ! Une inversion totale. Si donc un laïque a le droit de juger de questions morales, si l'Etat a le droit de dire le bien et le mal en dehors de Dieu, à combien plus forte raison l'homme de Dieu..., à combien plus forte raison l'Eglise ?

 

"L'homme spirituel juge de tout, et il n'est lui-même jugé par personne." (1 Corinthiens 2, 14-15)

Si l’Eglise ne juge pas, ne distingue pas, ne dit plus le bien et le mal, et ne permet pas d’évaluer, quelle est sa fonction ? "Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel." (Evangile selon S. Matthieu 18,18)

 

Lire : Si l’Eglise ne juge pas, ne distingue pas, ne dit plus le bien et le mal, et ne permet pas d’évaluer, quelle est sa fonction ?

 

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 10:32
Si l’Eglise ne juge pas, ne distingue pas, ne dit plus le bien et le mal, et ne permet pas d’évaluer, quelle est sa fonction ?

Si l'Eglise ne juge pas, ne dit plus le bien et le mal, mais le laisse à la conscience, au cas par cas...,

 

Lire : Les problemes moraux de la nouvelle pastorale : "les effets très diviseurs d'Amoris laetitia" (Père Mark A. Pilon)

 

quelle est sa fonction?

 

Le journaliste et écrivain Aldo Maria Valli, lauréat en sciences politiques à l'université catholique du Sacré Cœur de Milan, s'interroge dans le même sens :

Si l’Eglise ne juge pas, ne distingue pas, ne dit plus le bien et le mal, et ne permet pas d’évaluer, quelle est sa fonction ?

« Il n'est pas étonnant, surtout après “Amoris laetitia”, que de nombreux observateurs aient annoncé la naissance d’une nouvelle Eglise, “l’Eglise du Pape François”, une Eglise qui ne juge plus, mais qui dialogue dans le sens où la culture dominante entend le dialogue : c’est-à-dire, une Eglise neutre, privée de la capacité et de la volonté de distinguer, d’évaluer, de porter un jugement.

Mais une question est inévitable : si l’Eglise ne juge pas, ne distingue pas et ne permet pas d’évaluer, quelle est sa fonction ? Le Pape François, avec son paradigme pastoral de la miséricorde, semble répondre que le but de l’Eglise est de consoler et d’accompagner. Mais peut-il y avoir consolation sans évaluation ? Peut-il y avoir accompagnement sans jugement ? Le Pape aurait-il décrété que la façon subjective de vivre une expérience est le seul critère capable d’évaluer la qualité morale de l’expérience elle-même ?

Si, en 1972, Paul VI souffrant arriva à la conclusion que “par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans l’Eglise”, nous pouvons nous demander aujourd’hui : le relativisme est-il aussi entré à travers ces fissures ? » Aldo Maria Valli.

Source: Pro Liturgia, Actualité du mardi 10 janvier 2017

Pendant que l'Eglise abdique son droit divin de dire le bien et le mal, les hommes et le monde s'arrogent, eux, depuis 1789, le droit de dire le bien et le mal (système dans lequel aucune loi divine - pas même naturelle - n'est supérieure au droit positif). Une inversion totale. Inutile de se demander pourquoi le monde bascule dans le totalitarisme et tombe en décadence !

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 16:51
https://twitter.com/CardinalNapier/status/816969704489308160

https://twitter.com/CardinalNapier/status/816969704489308160

Le Cardinal Napier, archevêque de Durban (Afrique du Sud), s'est interrogé sur « twitter » jeudi 5 janvier :

 

"Si les Occidentaux en situation irrégulière peuvent recevoir la communion, devons-nous dire à nos polygames et  aux autres ‘personnes en situation irrégulière’ qu'ils sont eux aussi autorisés?"

Cardinal Napier : Communion pour les polygames ?

Source: GloriaTv

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 12:12

Dans un texte publié sur Catholic World Report le 30 décembre 2016, le Père Mark A. Pilon, prêtre du diocèse d'Arlington en Virginie (Etats-Unis), ancien président de la théologie systématique au Séminaire Mount St. Mary, expose les multiples problèmes moraux qui ne manqueront pas de se poser avec le développement de la nouvelle pastorale issue d'Amoris laetitia. Pour commencer, il ne faut pas croire que la solution à base de conscience personnelle va s'arrêter à la question des divorcés civilement et remariés. "Le même principe doit s'appliquer en dernier ressort aux unions homosexuelles, aux couples vivant en concubinage, et même à toute personne sexuellement active en dehors d'une union de mariage valide." Ce qui ne manquera pas de susciter "un torrent de solutions à base de 'for interne de la conscience', solutions à toutes les questions morales contestées".

 

Mais d'autres problèmes moraux ne manqueront pas de se poser des suites du nouveau principe et devraient déplaire cette fois-ci aux novateurs. Qu'en sera-t-il par exemple d'un patron raciste qui en conscience refuserait d'embaucher des personnes d'une autre race, sa raison lui disant que les autres races sont inférieures et moins instruites? Le prêtre accompagnera-t-il ce patron raciste dans son "chemin" et lui donnera-t-il l'absolution ?

 

A la fin, si la conscience devient supérieure à la loi morale de Dieu, c'est la fonction du prêtre et de l'institution Eglise elle-même qui deviendra obsolète. "Comme le dit Henri VIII, qui a besoin d'un prêtre, ou de l'Église, pour lui dire qu'il a péché ou pas péché? N'avons-nous pas tous une conscience?"

 

SOURCE : Catholic World Report

 

Le 30 décembre 2016

 

« Ce à quoi nous assistons aujourd'hui, après la publication de "Amoris Laetitia", est une adoption radicale du principe qui rend absolus les jugements subjectifs de la conscience et de l'interprétation personnelle de toutes les normes morales.

 

[…] En d'autres termes, la conscience personnelle dépasse maintenant le droit canonique de l'Eglise et la loi morale de Dieu. »

Source de l'article original en anglais : Catholic World Report

Les problèmes moraux de la nouvelle pastorale : "les effets très diviseurs d'Amoris laetitia" (Père Mark A. Pilon)

Traduction

 

Une analyse

 

Les crises pastorales et morales qui se posent

 

30 décembre 2016

 

Ce à quoi nous assistons aujourd'hui après la publication de «Amoris Laetitia», est une adoption radicale du principe qui rend absolus les jugements subjectifs de conscience et de l'interprétation personnelle de toutes les normes morales.

 

Fr. Mark A. Pilon

 

Il y a eu une crise morale et pastorale au cours du dernier demi-siècle dans l'Église, mais je pense honnêtement que nous n'avons encore rien vu de semblable à ce qui pourrait arriver. Les 4 cardinaux - j'aime à les appeler "Les Quatre Justiciers" (tiré du roman policier du prolifique Edgar Wallace il y a un siècle "The Four Just Men") - sont allés allés aux racines de cette menace dans leurs cinq questions relatives à l'affaiblissement apparent de la doctrine de l' Église sur les actes intrinsèquement mauvais et la formation de la conscience objective dans le chapitre 8 de Amoris Laetitia (AL). En fait, nous voyons déjà les effets très diviseurs de la confusion de ce document.

 

Par exemple, nous assistons à des mises en œuvre très différentes de l'AL dans différentes Églises locales. Certains continuent de suivre la pratique pastorale traditionnelle de l'Église qui nie la sainte communion aux couples vivant comme époux dans des unions secondaires invalides suite au divorce. D'autres appellent à une résolution cas par cas où les catholiques concernés sont encouragés à décider si cette seconde [adultère] union est la volonté de Dieu pour eux et si ils sont autorisés à recevoir la communion. Ainsi un évêque américain a encouragé les catholiques divorcés et remariés à "utiliser le for interne de la conscience" dans leur décision quant à savoir si ils doivent recevoir la communion ou de ne pas. En d'autres termes, la conscience privée dépasse maintenant le droit canonique de l'Église et la loi morale de Dieu.

 

Une autre division survient quand un évêque américain, maintenant un Cardinal, critique ouvertement les directives de l'archevêque américain en ce qui concerne la communion pour les divorcés remariés comme étant en désaccord avec l'Eglise. Puis il y a eu l'attaque inconvenante du doyen de la Rote romaine, critiquant vivement les 4 cardinaux pour supposée trahison de leur fonction, ce qui exige évidemment qu'ils ne demandent jamais d'éclaircissement à un pape, sans parler de la question des actions d'un pape.

 

À la suite de cet incident favorisant la division, un archevêque australien dénigrait les Quatre cardinaux en affirmant qu'ils cherchent une "fausse clarté qui vient parce que vous ne vous adressez pas à la réalité." Il a poursuivi en disant que au cours du Synode , il a "entendu lui-même des voix très claires et certaines, mais seulement parce qu'ils n'ont jamais abordé la vraie question ou n'ont jamais traité des faits réels."

 

Voilà pour l'intelligence, l'intégrité et l'expérience pastorale de Quatre Cardinaux distingués et de leurs partisans!

 

Dans une autre partie du monde, un archevêque en Irlande a rejoint le concert de critiques avec ce peu de sagesse ecclésiale:

 

"Aucun mariage n'est vécu que dans des réalités noires et blanches claires et abstraites. L'Église doit comprendre les zones grises du succès et des échecs, des joies et des déceptions. Répéter des formulations doctrinales en soi n'est pas la façon d'accompagner les gens sur un chemin difficile. ... Cela s'adresse à certains, et même à des hauts responsables de l'Église; Ils semblent croire que l'affirmation des certitudes d'une manière abstraite et indubitable est la seule voie."

 

Tandis que l'archevêque ne nomme pas directement les cardinaux, la critique est bien évidemment dirigée vers eux. Ils sont présentés en tant que disciples de règles simplistes, qui ne voient les choses qu'en noir ou blanc, étant des répéteurs stupides de formulations doctrinales abstraites ad nauseam (ses mots dans un autre discours) avec peu d' expérience pastorale et encore moins de compassion. C'est là où en est le bloc de l'Eglise libérale aujourd'hui: ici pas d'accompagnement, pas de compassion ici, juste de la critique pure. Les Quatre Cardinaux n'ont jamais eu recours à de telles critiques ad hominem du Pape ou de ceux avec qui ils étaient en désaccord. Cela ressemble davantage à la méchanceté politique américaine qu'à un effort de dialogue sincère.

 

Juste le commencement?

 

Et toute cette rancune et cette division n'est, très probablement, que le début. L'utilisation du "for interne de conscience" telle que présentée aujourd'hui par un nombre croissant d'évêques et de théologiens va venir perturber l'enseignement moral objectif de l'Église et saper toute pratique pastorale basée sur un enseignement aussi objectif. Cela ne peut pas et cela ne s'arrêtera pas avec la communion pour les divorcés et remariés. Si la conscience personnelle dépasse l'enseignement moral objectif et détermine la pratique pastorale des Sacrements, alors tout est en place pour le changement.

 

Pensez-y: comment la résolution des problèmes liés aux pratiques pastorales par la conscience personnelle peut-elle s'arrêter avec la question de la Communion des divorcés vivant dans des unions secondaires invalides? Certes, le même principe doit s'appliquer en dernier ressort aux unions homosexuelles, aux couples vivant en concubinage, et même à toute personne sexuellement active en dehors d'une union de mariage valide. La solution du for interne de la conscience ne peut se limiter logiquement à cette seule question de "communion", et elle n'y sera pas limitée.

 

Ce que nous voyons aujourd'hui, alors, après la publication de Amoris Laetitia, est une adoption radicale du principe d'absolutisation des jugements subjectifs de la conscience et l' interprétation personnelle de toutes les normes morales. Déjà un évêque belge, favorisé par François pour assister au synode (même si non élu), a co-écrit un livre qui suggère l'approbation morale de l'activité homosexuelle, et la reconnaissance du mariage homosexuel:

 

"Il n'y a aucun moyen de continuer à prétendre qu'il ne peut y avoir d'autres formes d'amour que le mariage hétérosexuel. Nous trouvons le même genre d'amour entre un homme et une femme qui vivent ensemble, en couples homosexuels et les couples de lesbiennes ... Ne devrions-nous pas évoluer vers une diversité de rituels dans lesquels nous pouvons reconnaître le rapport d'amour entre homosexuels, et ce du point de vue même de l'Église et de la foi?"

 

C'est là que nous sommes déjà arrivés en juste une année et c'est juste le début. Qu'un lobby homosexuel existe dans les structures de pouvoir internes à l'Église a longtemps été reconnu. Maintenant, ces fossoyeurs de la doctrine morale catholique et de la pratique pastorale sont encouragés à penser qu'ils ont les outils pour atteindre leur objectif, quel qu'en soit le coût. Le langage de l'évêque belge essaie de se montrer "modéré" dans ses buts, c'est-à-dire simplement avoir de la compassion à la recherche de solutions aux zones grises de la vie morale. Mais c'est une ruse.

 

Pour ces néo-réformateurs, la doctrine morale irréformable de l'Eglise n'est juste qu'une abstraction et ne doit plus être considérée comme obligatoire dans la formation d'une conscience correcte. Comme dans le protestantisme libéral de nos jours, l'enseignement moral de l'Église doit être effectivement réduit à l'être, mais parmi les nombreuses considérations égales dans le processus de formation de la conscience. En effet, "une conscience correcte" ne sera plus un concept significatif dans la nouvelle morale émergente. En fin de compte, les normes ne deviendront que des "idéaux" traités avec un certain respect abstrait, mais fondamentalement inutiles sinon largement dépourvus de sens.

 

Le langage des archevêques australien et irlandais nous dit très bien où nous en sommes et où nous nous dirigeons. C'est le chemin de l'antinomie moderne, l'Anglicanisme libéral, et nous devrions être clairs sur ce que cela signifie. Ces deux archevêques géographiquement éloignés parlent en tandem d'"un monde de gris" et de "zones grises", qui est le langage repris d'Amoris Laetitia (cf. AL, 306). L'archevêque irlandais parle de façon "joyeuse" des "idéaux" plutôt que des commandements, ce qui suggère aussi le passage progressif des absolus moraux vers des idées morales souhaitables, mais généralement inaccessibles, du moins pour la grande majorité des gens.

 

À ce jour, l'autorité suprême de l'Église n'a absolument pas donné de directives pratiques sur la manière dont les prêtres ou les évêques locaux doivent "accompagner" les gens dans le processus de "discernement" par lequel les laïcs feront un jugement final de conscience sur la question morale qu'ils traitent et de leur disponibilité spirituelle à recevoir l'Eucharistie. Alors, que pouvons-nous attendre dans ce domaine et dans d'autres domaines de l'activité pastorale? Ainsi, l'évêque américain a fait ce que beaucoup d'autres vont probablement faire dans ces circonstances en passant effectivement le processus entier à la conscience personnelle  et subjective de chaque personne. Comme Henri VIII le dit: "Un homme a-t-il besoin d'un prêtre pour lui dire qu'il a péché?" Et il ne faudra pas longtemps pour que les gens demandent: "Pourquoi du tout s'embêter avec le for interne de la confession?"

 

Confusion morale et équivalence confuse

 

Quels sont les problèmes et la confusion morale qui pourraient surgir ou qui sont déjà nés de l'utilisation de ces nouveaux principes subjectifs pour décider dans des cas de conscience ?

 

En ce qui concerne la confusion morale, je me souviens que le général Eisenhower avait déjà vu des artefacts nazis fabriqués à partir d'humains, y compris un abat-jour, quand il visita Buchenwald, et il en a été vraiment horrifié. Récemment, un archevêque américain, un autre cardinal de l'époque récente, a été également horrifié par la vente de parties du corps de fœtus (bébés avortés), rapporté en 2015. Cependant, il a fait une déclaration assez étonnante qui semblait établir une sorte d'équivalence morale de cette situation avec des questions sociales et morales bien différentes.

 

La confusion morale dans sa déclaration devient assez évidente, si l' on substitue simplement les mots en italique dans la citation ci-après pour sa phrase originale qui est: "Alors que le commerce des restes d'enfants sans défense est particulièrement repoussante ..." :

 

"Cette nouvelle preuve sur le mépris de la valeur de la vie humaine offre également la possibilité de réaffirmer notre engagement en tant que nation à une éthique de la vie cohérente. Tout en faisant des abat-jour et d' autres artefacts à partir de victimes juives assassinées est particulièrement répugnant, nous ne devrions être pas moins consternés par l'indifférence envers les milliers de personnes qui meurent chaque jour par manque de soins médicaux décents; Qui se voient refusés des droits par un système d'immigration brisé et par le racisme; Qui souffrent de la faim, du chômage et du besoin; Qui paient le prix de la violence dans les quartiers saturés d'armes à feu; Ou qui sont exécutés par l'Etat au nom de la justice."

 

Or, voici une question évidente: est-ce que les Juifs qui liront une telle déclaration pensent que l' indifférence envers les maux moraux / sociaux que l'archevêque a énumérés n'est "pas moins repoussante" , ou que les gens devraient être "pas moins consternés" par le fait que certaines personnes souffrent de la faim ou du manque d'emplois, qu'au fait que des millions de personnes ont été exterminées et que leurs parties du corps ont servi de lampes? Une telle comparaison serait prise pour insinuer clairement que ces autres maux sont moralement équivalents à ce qui a été fait aux Juifs par les nazis.

 

Mais le véritable problème n'est-il pas le fait que l'archevêque a simplement "dépassé les bornes" de la question morale la plus importante ici, c'est-à-dire le meurtre de millions d'enfants à naître, qui est sûrement la question morale suprême et devrait être ce qui est le plus répugnant, et devrait nous épouvanter beaucoup plus même que ce qui arrive aux parties du corps après? S'il avait dit que la mort de dizaines de millions d'enfants à naître devrait nous épouvanter, mais que nous devrions également être consternés par la faim, le chômage et le manque de soins médicaux décents, l'absurdité (d'un tel raisonnement) serait mise en évidence immédiatement.

 

Je pense qu'il est évident qu'une telle confusion morale, venant de la part d'un haut fonctionnaire de l'Église, est sans doute causée par (1) l'ignorance effective du grave mal intrinsèque de tels actes moraux, et (2) un recours assez facile à l'abri de la conscience subjective et du relativisme moral. Une telle approche des questions morales sérieuses et des problèmes pastoraux est sur le point de déchaîner un torrent de solutions à base de "for interne de la conscience", solutions à toutes les questions morales contestées. Mais les solutions à certains problèmes peuvent ne pas tous plaire aux guerriers de la justice sociale qui ne semblent donner aucune importance à une morale sexuelle objective.

 

Par exemple, que diriez-vous de ces cas de conscience réglés dans le for interne de la conscience privée?

 

1. Jerry avoue qu'il refuse d'embaucher d'autres races dans son entreprise, et utilise divers subterfuges pour éviter la loi. Sa raison lui dit que les autres races sont certainement inférieures et moins instruites. Sa conscience lui dit que c'est peut-être un péché, mais tout au plus un péché véniel. Alors, le prêtre l'accompagne-t-il tout simplement, et s'il persiste dans ce racisme et cette injustice profondément enracinés, lui dit-il simplement de suivre sa conscience, et puis même l'absout de ses autres péchés d'adultère et du meurtre d'un partenaire dont il est sincèrement repentant?

 

2. Maxime travaille pour la pègre locale en tant que comptable et cache au gouvernement ses gains illégaux de la prostitution, des jeux de hasard, des drogues et des usuriers. Il reconnaît que cela est illégal, et est sincèrement désolé d'avoir à le faire. Cependant, sa conscience lui dit que c'est moralement acceptable parce que sa défection de la pègre causerait presque certainement des dommages et peut-être la mort à sa famille. Le prêtre l'accompagne-t-il simplement en lui disant de suivre sa conscience et de recevoir la communion s'il pense ne pas être coupable d'un péché sérieux?

 

3. Joe mentionne à son confesseur qu'il a détourné des fonds du diocèse, et la somme est très importante au fil des ans. Mais sa conscience ne juge pas que ce soit gravement mal parce qu'il considère cela comme une compensation occulte pour le bas salaire qui est payé. Le prêtre accompagne-t-il simplement son discernement, évite-t-il de lui donner des règles abstraites et conseille-t-il à Joe de suivre sa propre conscience, indépendamment de ce que l'Église enseigne, et de recevoir la communion s'il sent que c'est la volonté de Dieu pour lui? Bien sûr, cela exclurait toute obligation de restitution si Joe demeurait inflexible dans sa fausse conscience.

 

4. Enfin, Pat est un agent de l'IRA (l'Armée républicaine irlandaise) qui se spécialise dans l'explosion des choses, y compris les gens. Il n'est pas content de cela, mais il a l'impression qu'il doit défendre les familles irlandaises, sa propre famille, contre l'oppression des Britanniques et des protestants du Nord. Il est désolé que des gens innocents meurent parfois dans ses efforts pour atteindre l'armée britannique, mais il estime que sa cause est juste et que c'est ce que Dieu veut qu'il fasse de sa vie en ce moment. Sa conscience lui dit que ce qu'il fait est un mal nécessaire mais que c'est un moindre mal - c'est-à-dire que c'est nécessaire pour protéger sa famille et libérer son pays. Son confesseur doit-il simplement l'accompagner et lui assurer que si sa conscience est claire et décidée, il peut aller à la communion?

 

La nouvelle moralité?

 

Les nouveaux "cas de conscience" potentiels sont évidemment multiples, et ils sont maintenant plus susceptibles de survenir en raison des ambiguïtés que les Quatre cardinaux souhaitent désespérément et sincèrement clarifier (et qui évidemment ne le seront pas). Ces bons hommes se rendent compte qu'une fois cette sorte d'inviolabilité de la conscience subjective établie dans la pratique pastorale de l'Église, quelle question morale ne sera finalement pas résolue simplement par un appel à la conscience subjective?

 

Mais le problème majeur ici est vraiment le système moral lui-même qui sous-tend toute cette confusion. Ce que nous semblons traiter aujourd'hui est quelque chose comme un modernisme moral avec ses racines au plus profond d'un dualisme néo-platonicien. Tout comme le modernisme dogmatique pensait que les formulations dogmatiques ne sont que des approximations verbales des vérités divinement révélées, dans cet idéalisme moral les commandements doivent être compris comme des abstractions dans un monde d'idées. Et quand on introduit ces abstractions dans le monde réel, elles doivent être comprises simplement comme des idéaux moraux que nous ne pouvons que commencer seulement à approcher, ou du moins que la plupart des gens ne peuvent que s'efforcer imparfaitement d'atteindre dans leur vie morale.

 

Tout ceci semble résoudre commodément les questions morales difficiles pour les catholiques. Si l'on affirme verbalement la doctrine morale sur les absolus, c'est-à-dire comme de simples idées abstraites, cela suffit pour revendiquer l'orthodoxie. Mais dans le monde pratique, il est nécessaire de traduire ces abstractions en vagues idéaux moraux auxquels les gens aspirent, mais atteignent rarement complètement.

 

Ainsi, la tâche pastorale de l'Église n'est pas tant d'enseigner les Commandements comme commandements, mais simplement comme idéaux, puis de laisser le reste à la conscience privée. Tout sonne bien, le triomphe de la miséricorde et la compassion sur le légalisme moral et la rigidité. Mais à la fin, cela ouvre la voie à d'autres conclusions avec lesquelles ses partisans ne seront probablement pas à l'aise dans l'avenir. Je le répète, cette approche ne peut et ne sera pas limitée aux questions du sixième commandement. Elle s'applique à tous ou à aucun d'entre eux. Ainsi, "Tu ne tueras pas" sera aussi réduit, peut-être à l'idéal de la non-violence, mais peu de gens trouveront possible d'approcher même cet idéal dans le monde réel, et cette nouvelle morale continuera d'éroder l'ordre moral d'une manière qui effraiera même les bons hommes qui avancent avec confiance dans ce nouveau système moral et pastoral.

 

Enfin, un autre effet malheureux de cette approche de l'ordre moral et de la pratique pastorale de l'Église sera certainement que le recours au Sacrement de Pénitence et le recours aux conseils de l'Église deviendront encore plus obsolètes en beaucoup d'endroits qu'ils ne le sont déjà aujourd'hui . Encore une fois, comme le dit Henri VIII, qui a besoin d'un prêtre, ou de l'Église, pour lui dire qu'il a péché ou pas péché? N'avons-nous pas tous une conscience?

 

A propos de l'auteur

 

Père Mark A. Pilon, prêtre du diocèse d'Arlington, en Virginie, a reçu un doctorat en théologie sacrée de l'Université Santa Croce à Rome. Il est l’ancien président de la théologie systématique au Séminaire Mount St. Mary, ancien rédacteur en chef adjoint du magazine Triumph, et professeur retraité et invité à la Notre Dame Graduate School du Christendom College. Il écrit régulièrement à littlemoretracts.wordpress.com.

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 10:10

La crise que traverse aujourd’hui l’Occident est due au sentiment qu’il est impossible de connaître la vérité, affirmait le pape Benoît XVI au sanctuaire de Mariazell en Autriche, samedi 8 septembre 2007. "Cette résignation face à la vérité est, selon ma conviction, le cœur de la crise de l'Occident, de l'Europe. [...] De fait, notre foi s'oppose de manière catégorique à la résignation qui considère l'homme incapable de la vérité, comme si celle-ci était trop grande pour lui", expliqua Benoît XVI. [1]

 

Or, cette résignation face à la vérité, est une crise de l'autorité. Et cette crise de l'autorité, on la trouve "aussi" (nous aurions écrit "d'abord"! Ndlr.) dans l'Eglise :

 

Mais c'est le cas aussi, hélas !, dans l'Église. Les autorités ecclésiastiques, qui possèdent pourtant le triple pouvoir législatif, judiciaire et exécutif, au lieu d'éclairer, de commander, de sanctionner quand il le faut, se mettent à la remorque de leurs ouailles voire, ce qui est pire, du monde ennemi de Dieu. « Qui suis-je pour prescrire, pour juger ? », semblent-elles nous dire, alors qu'elles sont tout simplement... des autorités, instituées par Dieu pour cela.

 

[...] Cette déliquescence de l'autorité, un des pires malheurs qui puissent frapper la société humaine, est un châtiment de Dieu, en raison des nombreux crimes dont les hommes se sont souillés devant sa face. Le prophète Isaïe, annonçant les malheurs futurs de Jérusalem, conséquence de ses fautes, déclarait en effet de la part de Dieu : « Je leur donnerai des enfants pour princes » (Is 3, 4). Dire d'une société que son roi est un enfant signifie que le chef est incapable d'exercer pleinement son autorité. Et l'Ecclésiaste nous explique ce qu'il faut penser d'une telle perspective : « Malheur à toi, terre dont le roi est un enfant ! » (Ec 10, 16[2]

La crise de l'autorité dans l'Eglise d'abord

Si en effet, l'Eglise qui a été instituée pour nous dire et nous enseigner la vérité, distinguer le bien et le mal, ne remplit plus son rôle, ne nous dit plus ceci est bien, ceci est mal, si les évêques abdiquent de leur mission, il ne faut pas s'étonner de voir ensuite cette crise de l'autorité se répandre dans le reste de la société. Il ne faut pas s'étonner de la baisse de fréquentation des sacrements. Il n'y a une crise de l'autorité dans la société que parce qu'il y a d'abord une crise de l'autorité dans l'Eglise.

 

"Quant à ceux qui ont reçu l'autorité, conclut l'abbé Christian Bouchacourt, dans l'éditorial de Fideliter n° 234,  ils doivent courageusement et humblement « remplir tous les devoirs de leur ministère », « reprendre, exhorter, menacer, en toute patience et doctrine », même si le temps semble venu où les hommes rejettent la saine doctrine et veulent vivre selon leurs désirs sans supporter aucune autorité (2Tm 4, 1-5)."

 

Sources

 

[1] Benoît XVI : La crise de la vérité est à l’origine de la crise en Occident, Homélie au sanctuaire marial de Mariazell en Autriche, Zenit.org, 10 septembre 2007

[2] Nécessité de l'autorité, Abbé Christian Bouchacourt, Fideliter, Editorial du n° 234

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 17:19

Dans un article paru à l’occasion de la fête de Noël, le magazine allemand “Der Spiegel” se montre très critique à l’encontre du Pape François. D’après ce texte “François semble de plus en plus isolé, démoralisé par l’opposition qu’il rencontre à l’intérieur de la Curie, et par le manque de courage de la base face aux réformes à entreprendre.” Un proche du Pape aurait déclaré que certains ne reconnaissent plus aujourd’hui en François ce Cardinal Bergoglio qu’ils avaient élu en 2013.

Le correspondant du magazine “Der Spiegel” à Rome, Walter Mayr, explique que même les adeptes les plus fidèles de ce Pape commencent à prendre leurs distances.

Toujours d’après ce magazine, on apprend que le nombre de participants aux événements de l’Année Sainte à Rome a été largement en dessous de toutes les prévisions et que les travaux de restructuration de la Curie avancent à tout petits pas. Dans certains dicastères, on fait état d’ambiances chaotiques.

La critique se porte aussi sur la tendance du Pape à une volubilité complaisante : des paroles incessantes par lesquelles il est allé jusqu’à reprocher aux médias et à leur public un penchant pour la coprophagie, c’est-à-dire pour la consommation d’excréments. Même les plus proches de François ont été déstabilisés par de telles accusations et l’emploi d’un vocabulaire déplacé.

D’après le “Spiegel”, il ne reste pas beaucoup de temps à François pour réaliser les changements dont il parle sans cesse : en effet, la période maximale qu’il s’est lui-même fixée, sera bientôt écoulée. Dans son cercle restreint, le Pape François aurait dit : “Il n’est pas exclu que j’entrerai dans l’histoire comme celui qui aura provoqué un schisme dans l’Eglise”.

Le “Spiegel” rapporte aussi une intervention du Cardinal Brandmüller à propos des personnes divorcées-remariées, qui estime que le sujet touche à des thèmes essentiels : il en va du cœur même de notre foi. Le Cardinal reproche au Pape et au Cardinal Kasper d’en arriver à relativiser, à “ramollir” le contenu des articles de la foi catholique et d’en laisser l’interprétation aux communautés locales. Ceci porte atteinte à l’universalité de l’Eglise. Et le Cardinal Brandmüller d’ajouter : “Celui qui pense que la vie maritale au sein d’un couple divorcé-remarié est compatible avec la réception de l’Eucharistie est un hérétique : il favorise l’apparition d’un schisme”. Toujours selon le Cardinal Brandmüller, la Sainte Ecriture n’est pas un self-service : S. Paul dit que nous sommes les gérants des Mystères divins ; nous n’en sommes pas les maîtres.

"Pur chaos" à la Curie : "le Pape François semble de plus en plus isolé" (Der Spiegel)

Source : Kathnet. Trad. MH/APL

Pro Liturgia, Actualité du mercredi, 28 décembre 2016.

 

L'article original en allemand :

"Pur chaos" à la Curie : "le Pape François semble de plus en plus isolé" (Der Spiegel)

Kritik an Franziskus "Der Papst kocht", Spiegel Online, Freitag, 23.12.2016   11:23 Uhr

 

"Chaos pur"

Der erste Eindruck: Ein paar starrsinnige, greise Kardinäle laufen da wieder einmal Sturm gegen den ungebrochen reformfreudigen Papst. Doch diesmal, so scheint es, steht mehr auf dem Spiel. Franziskus wirkt zunehmend einsam, vom Widerstand in der Kurie und vom mangelnden Mut zur Veränderung an der Basis zermürbt. "Den Bergoglio, den sie 2013 gewählt haben, erkennen viele im Franziskus von 2016 nicht wieder", sagt ein Vertrauter des Papstes.

 

Das abgelaufene Heilige Jahr der Barmherzigkeit, "ein Thema, das alles abdeckte, aber auch alles offenließ", sei bei den Besucherzahlen weit hinter den Erwartungen zurückgeblieben. Auch der Umbau der Kurie kommt nur stockend voran - aus einzelnen Ämtern wird "Chaos pur" vermeldet.

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 07:41

Mgr Benno Elbs, Evêque de Feldkirch (AU), qui a participé au dernier Synode des évêques à Rome, a déclaré dans une interview au journal “Die Presse” que la doctrine de l’Eglise a été modifiée par “Amoris laetitia” : “L’enseignement est modifié dans la mesure où les fidèle peuvent maintenant décider en conscience de ce qu’ils peuvent faire avec, pour ainsi dire, la bénédiction du Pape..."

 

Comme nous l'écrivions le 2 octobre 2015, soit avant la conclusion du "Synode sur la Famille" et donc la publication d'Amoris laetitia,

 

"Attention, voilà ce qui se prépare au Synode: la permission du divorce et du remariage [...] Au bout c'est la nécessité d'une Eglise fondée par Jésus-Christ qui est annulée. Parce que au final, si c'est la conscience qui nous juge, à quoi bon l'Eglise ? [...]  En clair, les divorcés remariés (et tous les pécheurs, donc tout le monde, même les assassins) font ce qu'ils veulent. Question: qui donc dans l'Eglise a le droit de dire aux pécheurs ce qu'ils doivent faire ? Si personne n'a le droit de dire aux pécheurs ce qu'ils doivent faire, à quoi servent les évêques et les prêtres ? A quoi sert l'Eglise ? Et dans ce cas, pourquoi (en fin de video) ces évêques se plaignent-ils de la baisse du nombre de mariage ? [...] La conscience devient l'élément prépondérant qui présume de la légitimité ou non d'une communion."

 

Les conséquences d'Amoris laetitia sont donc très graves et encore largement non perçues. Cette crainte d'une désagrégation de la foi a été analysée dans un article paru hier en italien sur le site "Corrispondenza Romana" (27 dicembre 2016 - 09:14) titré Amoris Laetitia: la logica dell’eresia, "Amoris Laetitia : la logique de l'hérésie", dont voici une traduction, qui bien qu'imparfaite, apporte une information supplémentaire au sujet des réformes souhaitées par le Pape François.

Amoris Laetitia: la logique de l'hérésie

1. Si nous cédons sur un point, tout explose.

 

En réponse à une question sur la possibilité de permettre l'accès à l'Eucharistie aux divorcés civilement remariés, lors d'une grande conférence tenue à Rome en Novembre 2015 [1], le Cardinal Caffara a déclaré que "ce n'est pas possible" :

 

et ceci parce qu'"une telle admission reviendrait à changer la doctrine de l'Eglise sur le mariage, l'Eucharistie, la confession, la sexualité humaine et aurait une signification pédagogique dévastatrice, parce que devant une telle décision, les jeunes en particulier, pourraient légitimement conclure : - alors il est vrai, un mariage indissoluble n'existe pas - " [2]

Les affirmations de l'archevêque émérite de Bologne, jamais démenties, sont encore plus actuelles, après que les Dubia aient été présentées au pape par le groupe des Quatre cardinaux, dont le même Caffara fait partie.

 

Dans ces notes, nous allons essayer d'expliquer comment le cardinal Caffara a tout à fait raison, et comment la pratique et / ou la possibilité d'admettre à la sainte communion les divorcés civilement remariés conduit effectivement à cette désintégration doctrinale si clairement exposée.

 

2. Les articles de foi ne sont pas indépendants les uns des autres.

 

Les propositions de la foi s'appellent articles, parce qu'ils sont accompagnés et reliés les uns aux autres comme les membres du corps humain seulement réunis par des articulations: en niant une vérité de la foi, on finit logiquement par en nier beaucoup d'autres, sinon toutes.

 

Le Magistère n'est pas resté silencieux sur ce lien entre les déclarations de foi : le concile Vatican I a parlé de lien mysteriorum inter se [3], le concile Vatican II a parlé de hiérarchie des vérités [4], le Catéchisme a repris les deux affirmations, et nous parle de liens mutuels et de la cohérence des dogmes [5].

 

Le Cardinal Schömborn a expliqué que la hiérarchie des vérités ne signifie pas qu'il y en ait (non spécifiées) un groupe de vérités nécessaires de croire et d'autres vérités (toujours non spécifiées) en option pour la foi :

 

«La hiérarchie des vérités signifie [...] "un principe organique structurel", qui ne doit pas être confondu avec le "degré de certitude." Ce principe stipule également que les différentes vérités de la foi sont ordonnés à la fonction d'un centre, à un noyau nucléaire, mais cependant pas que la vérité qui n'est pas placée au centre soit, pour cette raison, pas vraie.» [6]

 

Ce noyau central, indique le Catéchisme de saint Pie X est l'un des deux principaux mystères de la foi (l'unité et la Trinité de Dieu et l'Incarnation, la Passion et la Mort de Notre Seigneur Jésus-Christ) comme "centre organique", comprenant en lui-même - d'une certaine façon - tous les autres mystères.

 

Image:Jesus Resurrection 1778.jpg Prenons un exemple pour expliquer ce concept : de "la résurrection des morts" dépend "le troisième jour il est ressuscité": Saint Paul affirme que si on nie la résurrection des morts, on finit par nier la résurrection du Christ:

 

"si l'on prêche que le Christ est ressuscité des morts, comment quelques-uns parmi vous disent-ils qu'il n'y a point de résurrection des morts? S'il n'y a point de résurrection des morts, le Christ non plus n'est pas ressuscité." [7]

 

Ainsi, la "vie éternelle" dépend du "pain de vie" :

 

"Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai est ma chair pour la vie du monde." [8]

 

Donc, vous comprenez comment dans certains endroits, depuis les temps anciens [9], la récitation du Credo a été accompagnée, dans la liturgie, par le signe de croix (encore prescrit, après la récitation du Symbole, sous la forme extra-ordinaire du rite romain) .

 

Le signe de la croix - "signe admirable, qui relie magnifiquement l'expression christologique et la foi rédemptrice à son expression trinitaire" [10] - situé à la fin du Credo, indique que les deux mystères principaux comprennent en eux-mêmes tous les éléments simplement proclamés.

 

Ce lien étroit signifie cependant aussi qu’un seul article non cru reviendrait à faire tomber les deux autres mystères principaux du noyau central de la foi.

 

3. Les dominos.

 

Qu'est-ce implique donc l'admission des divorcés et civilement remariés cohabitant comme mari et femme à la réception de la Sainte Eucharistie?

 

Je vais énumérer les nombreuses erreurs qui en résultent : beaucoup de ces erreurs, si elles sont engagées obstinément, sont de véritables hérésies; Le Canon 751 CIC (Code de droit canon de 1983 Ndlr.) dit:

 

"On appelle hérésie la négation obstinée, après la réception du baptême, d’une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique."

 

Le Code de droit canonique décrit ici l'hérésie formelle, en incluant l'obstination, qui est une disposition de l'hérétique: mais une déclaration peut être hérétique matériellement, c'est-à-dire sans tenir compte de ce qu'elle dit mais par la déclaration elle-même.

 

Quand je dis que certaines déclarations sont hérétiques, je ne veux ni dire que François est hérétique, ni dire que Amoris laetitia est hérétique : sont hérétiques certaines affirmations qui peuvent être déduites par l'exhortation elle-même : surtout si, à partir d'Amoris laetitia, vous vouliez contourner les conditions requises par la Congrégation pour la Doctrine de la foi pour l'accès à l'Eucharistie des divorcés et remariés :

 

 

"Cela signifie, en pratique, que quand un homme et une femme [pas mariés sacramentellement], ne peuvent pas satisfaire à l'obligation de se séparer pour des motifs graves - tels que, par exemple, l'éducation des enfants -, ils «prennent l'engagement de vivre dans la continence complète, qui est, par l'abstinence des actes réservés aux conjoints» [S. Jean-Paul II, Homélie pour la clôture de la sixième Synode des Évêques, 25.10.1980, § 7] [11].

 

Ce point a été fait récemment par le cardinal Brandmüller :

 

"Quiconque pense que l'adultère persistant et la réception de la Sainte Communion sont compatibles est un hérétique et favorise le schisme." [12].

 

Voyons maintenant comment si vous essayez de rendre l'adultère compatible avec (l'accès à) l'Eucharistie, cela conduirait à l'effondrement de l'ensemble du bâtiment de notre sainte foi catholique.

 

1ère hérésie : il est permis d'accéder à l'Eucharistie sans être en état de grâce.

 

Que la déclaration ci-dessus soit hérétique, c'est une évidence par le fait qu'elle contredit la vérité constamment proposée par l'Eglise comme fondée sur la Sainte Écriture; S. Jean-Paul II enseignait ainsi :

 

« Je désire donc redire que demeure et demeurera toujours valable dans l'Église la norme par laquelle le Concile de Trente a appliqué concrètement la sévère admonition de l'Apôtre Paul, en affirmant que, pour une digne réception de l'Eucharistie, "si quelqu'un est conscient d'être en état de péché mortel, il doit, auparavant, confesser ses péchés." »[13].

 

« L'Eglise, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l'Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie. »[14]

 

Pour pouvoir admettre à la Sainte Eucharistie les divorcés civilement remariés vivant comme mari et femme sous le même toit, en essayant vainement de ne pas contredire la tradition séculaire de l'Église, il faut soutenir que, dans certains cas, l'adultère n'est pas un péché mortel; mais ce faisant, on risque de tomber dans les deux hérésies suivantes (la 2e et la 3e) :

 

2ème hérésie : il n'y a aucun acte intrinsèquement mauvais (c'est-à-dire des actes qui, commis en pleine conscience et consentement délibéré, sont toujours un grand péché)

 

Au contraire, Saint-Jean-Paul II enseigne:

 

"A la lumière de la Révélation et de l'enseignement constant de l'Eglise, spécialement de celui du Concile Vatican II, [ ...] Chacun de nous sait l'importance de la doctrine qui constitue l'essentiel de l'enseignement de la présente encyclique et qui est rappelée aujourd'hui avec l'autorité du Successeur de Pierre. Chacun de nous peut mesurer la gravité de ce qui est en cause, non seulement pour les individus, mais encore pour la société entière, avec la réaffirmation de l'universalité et de l'immutabilité des commandements moraux, et en particulier de ceux qui proscrivent toujours et sans exception les actes intrinsèquement mauvais.

En reconnaissant ces commandements, le cœur du chrétien et notre charité pastorale entendent l'appel de Celui qui « nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 19). Dieu nous demande d'être saints comme lui-même est saint (cf. Lv 19, 2), d'être, dans le Christ, parfaits comme lui-même est parfait (cf. Mt 5, 48) : la fermeté exigeante du commandement se fonde sur l'amour miséricordieux et inépuisable de Dieu (cf. Lc 6, 36), et le commandement a pour but de nous conduire, avec la grâce du Christ, sur le chemin de la plénitude de la vie propre aux fils de Dieu.»[15]

 

Et le Catéchisme déclare:

 

"Il y a des actes qui par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances et des intentions, sont toujours gravement illicites en raison de leur objet ; ainsi le blasphème et le parjure, l’homicide et l’adultère. Il n’est pas permis de faire le mal pour qu’il en résulte un bien."[16]

 

 

3ème hérésie : la fornication et l'adultère ne sont pas toujours des péchés mortels.

 

Que cette déclaration soit hérétique, cela se déduit en constatant combien elle est contradictoire par rapport par exemple à ce qu'a déclaré  la Congrégation pour la Doctrine de la Foi :

 

"... Selon la tradition chrétienne et la doctrine de l'Eglise, et comme le reconnaît également la droite raison, l'ordre moral de la sexualité implique des valeurs élevées de la vie humaine, et chaque violation directe de cet ordre est grave objectivement"[17] .

 

 

Pour soutenir que la fornication et l'adultère ne sont pas toujours des péchés mortels, vous avez ...

 

a) une utilisation absurde de Gaudium et Spes utilisé pour soutenir que dans certains cas, le péché est bon pour l'amour, en appliquant à une relation adultère le principe selon lequel s'il lui manque certaines expressions d'intimité conjugale, il n'est pas rare que "la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis" (Conc Concile œcuménique Vatican II, Constitution Gaudium et spes, 51;..... cf. Amoris laetitia, note 329) ...

 

... Et ...

 

b) ... 4ème hérésie: les circonstances peuvent rendre bonnes des actions intrinsèquement mauvaises ...

 

... Quand en fait le Catéchisme de l'Eglise catholique déclare:

 

« ...  Les circonstances ne peuvent de soi modifier la qualité morale des actes eux-mêmes ; elles ne peuvent rendre ni bonne, ni juste une action en elle-même mauvaise. »[18].

 

Soutenir que les circonstances peuvent atténuer la culpabilité de la fornication et l'adultère, nous fait tomber dans deux autres hérésies:

 

5ème hérésie : parfois il peut manquer l'aide de Dieu pour ne pas pécher

 

et

 

 

6ème hérésie: il peut y avoir une situation où il n'y a pas d'autre possibilité que de pécher ...

 

... Alors qu'en fait saint Paul dit:

 

"Aucune tentation ne vous est survenue, qui n'ait été humaine; et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces; mais, avec la tentation, il ménagera aussi une heureuse issue en vous donnant le pouvoir de la supporter." [19]

 

... Et le Concile de Trente définit:

 

« Nul, alors, bien que justifié, doit se considérer comme libre de l'observance des commandements, personne ne doit prendre ce regard téméraire et interdit par les Pères, sous peine d'excommunication, qu'il est impossible à l'homme d'être justifié en gardant les commandements de Dieu. Dieu en fait ne commande pas l'impossible; mais quand commandant il vous admoneste de faire ce que vous pouvez, et ce que vous ne pouvez pas, et il est pour vous une aide pour que vous le puissiez : Ses commandements ne sont pas pénibles (1 Jn 5,3) Son joug est facile et son poids léger (Mt 11, 30). Pour les hommes qui sont des enfants de Dieu, aiment Christ et ceux qui l'aiment - comme il le dit (Jn 14:23) - observer ses paroles, avec l'aide de Dieu, peut certainement se faire »[20].

Noces de Cana. Miniature grecque XIII° siècle. Aimable concession du centro russia ecumenica à Rome.

Noces de Cana. Miniature grecque XIII° siècle. Aimable concession du centro russia ecumenica à Rome.

Depuis lors à l’approche de la Sainte Communion, ont doit se confesser, alors arrive l'effondrement du sacrement de pénitence, si l'on admet ...

 

la 7ème hérésie : il est possible d'absoudre ceux à qui manquent la résolution de ne plus pécher ...

 

... Alors qu'en fait saint Jean Paul II enseigne:

 

 

«Parmi les actes du pénitent, la contrition occupe la première place. Elle est "la tristesse de l'âme et à la détestation du péché commis, ainsi que la résolution de ne plus pécher" [Concile de Trente : Denz.-Schönm 1676] » (CEC 1451). En outre, «acte essentiel de la pénitence de la part du pénitent, est la contrition, qui est un rejet clair et décisif du péché commis, ainsi que la résolution de ne pas commettre à nouveau, pour l'amour que l'on a pour Dieu et qui renaît avec la repentance. Dans ce sens, la contrition est donc le principe et l'âme de conversion. »[21]

 

En fait, Saint Jean-Paul II rappelle :

 

«... Si cette disposition de l'âme manquait, en réalité il n'y aurait pas de repentir : ceci, en effet, porte sur le mal moral comme tel, et donc ne pas prendre une position opposée à un mal moral possible serait ne pas détester le mal, ne pas avoir de repentir. »[22]

 

Ou avoir à admettre :

 

8ème hérésie: ceux qui sont en état de péché mortel vivent dans la grâce de Dieu ...

 

... Alors qu'en fait, le Catéchisme de l'Eglise catholique affirme que:

 

«Le péché mortel est une possibilité radicale de la liberté humaine comme l’amour lui-même. Il entraîne la perte de la charité et la privation de la grâce sanctifiante, c’est-à-dire de l’état de grâce. » [23]

 

Aussi, devons-nous nous demander ce qui est arrivé du mariage précédent des divorcés et civilement remariés ? Disparaît-il dans les airs, est-ce qu'il reste encore, ou quoi d'autre ? Si il est échoué, le mariage n'y est plus ou il y subsiste encore ?

 

Il devient difficile de maintenir la déclaration suivante du catéchisme :

 

 

«Cette insistance sans équivoque sur l’indissolubilité du lien matrimonial a pu laisser perplexe et apparaître comme une exigence irréalisable (cf. Mt 19, 10). Pourtant Jésus n’a pas chargé les époux d’un fardeau impossible à porter et trop lourd (cf. Mt 11, 29-30), plus pesant que la Loi de Moïse. » [24]

 

4. La conception volontariste de la loi et l'hérésie sur la miséricorde

 

La loi a été conçue - dans l'histoire de la pensée - selon deux paradigmes principaux:

 

a) une conception que nous appelons volontariste, qui peut se résumer dans le verset de Juvenal: “hoc volo, sic iubeo, sit pro ratione voluntas”» ( Je le veux, je l'ordonne ; la raison, c'est ma volonté !) [25]

 

Selon ce principe, une loi a sa raison d'être dans la volonté qui décrète, divine ou humaine.

 

b) Une deuxième vue, que nous pouvons appeler intellectuelle, qui est plutôt basée sur le principe "bonum est secundum rationem esse": qu'il y a un être qui précède la volonté du législateur, à laquelle le législateur lui-même doit s'adapter. Voilà pourquoi saint Jean Paul II pouvait dire que "la fermeté exigeante du commandement se fonde sur l'amour miséricordieux et inépuisable de Dieu (cf. Lc 6, 36)." [26]

 

Si vous considérez l'interdiction pour les divorcés civilement remariés d'approcher l'Eucharistie comme un acte pas miséricordieux ou comme le jet cruel d'une pierre, vous vous appuyez probablement sur la première conception de la loi : selon cette conception, les hommes décident d'imposer une certaine charge ou un certain poids; si ceux-ci ne dépendent que de la volonté du législateur, ils pourraient être insupportables réellement.

 

Mais si la loi est écrite dans chaque personne, et dépend d'un sage projet de Dieu, si le Père, pour créer l'homme, a regardé ce projet, qui est une personne, la Parole ("J'étais à l'oeuvre auprès de lui." Prov 8,30), selon laquelle, et en vue de laquelle ont été créées toutes choses ... alors il ne peut pas être miséricorde d'accorder à l'homme de ne pas être ce qu'il est.

 

 

La loi guide l'homme à vivre selon sa propre nature, qui est comme l'a dit S. Thomas d'Aquin, de réaliser en lui-même l'image de Dieu.[27]

 

 

Satisfaire un acte mauvais revient à dire à l'homme : "comme je suis miséricordieux, je vous accorde de ne pas construire en vous l'image divine" : l'alternative n'est pas seulement l'absence du bon, mais la mort, salaire du péché, le résultat funeste que le diable essaie de cacher: "vous ne mourrez pas!" [28]

 

 

Il ne peut pas être la miséricorde de faire croire à l'homme qu'est bien ce qui est son mal, et d'encourager les deux personnes qui ne sont pas mari et femme à vivre comme si elles étaient.

 

Et il ne peut pas être la miséricorde le fait d'assumer un sacrement qui signifie l'union parfaite avec le Christ par la foi et la charité, quand cette union n'est pas parfaite et en acte, mais est imparfaite en foi et en charité : et donc les espèces consacrées sont supposées être emprisonnées dans un corps, sans pouvoir en aucune façon bénéficier à cette personne qui les reçoit sans les dispositions nécessaires.

 

La conception volontariste de la loi est une sorte de méta-hérésie qui imprègne l'atmosphère ecclésiale aujourd'hui, l'humus dans lequel se développent aujourd'hui l'une, ou tantôt l'autre de ces hérésies.

 

 

Conclusion

 

Nous avons commencé par les déclarations du cardinal Carlo Caffara, selon laquelle l'admission à l'Eucharistie des divorcés et civilement remariés, à moins qu'ils ne vivent plus comme mari et femme, entraîne la décadence de toute la doctrine catholique. Nous avons vu que ces déclarations sont loin d'être une exagération.

 

Lorsque le cardinal a publié ses déclarations, Amoris laetitia n'était pas encore sortie, et il a pu conclure l'interview de cette façon:

 

«Les ouvertures de François sont différentes, ce n'est pas une ouverture pour changer la doctrine, il veut dire avoir une attitude vraie, pastorale envers les personnes, quelle que soit leur condition. » [29]

 

Après Amoris laetitia, sommes-nous sûrs que ces derniers mots de Caffara correspondent à la vérité?

 

Seule une réponse faisant autorité du Magistère, qui réponde aux Dubia des cardinaux, et clarifie les ambiguïtés objectivement présentes dans Amoris laetitia , peut apporter un peu de clarté, dans ce climat de confusion qui a surgi dans l'Église, en particulier depuis les deux derniers synodes sur la famille.

 

* * *

 

Il est vrai que le diable, comme dit Dante, est logique [30], très logique, et plaçant un principe erroné, conclut une longue série d'hérésies, avec une conséquence parfaitement logique.

 

Mais si le diable est logique, Notre-Dame est savante, et sa sagesse qu'elle donne à ses dévots, écrase la tête du serpent hérétique. Que l'attente de la plus certaine victoire puisse être raccourcie.

 

(Don Alfredo Morselli sur Messainlatino.it)

Notes

 

[1] « Rester dans la vérité du Christ», Conférence internationale sur le Synode sur la famille, Rome, 30 Septembre 2015. Pour un compte rendu exhaustif, cf. http://tinyurl.com/hwhbc3b.

[2] Vous pouvez voir l'interview vidéo ici: https://youtu.be/iKRLWE96RCw

[3] « Certes, quand la raison éclairée par la foi cherche assidûment, pieusement et dans des limites dûes, avec l'aide de Dieu, elle obtient une certaine connaissance très féconde des mystères, et par analogie avec ce qu'elle connaît naturellement, soit pour le rapport des mêmes mystères entre eux et avec la fin dernière de l'homme. » ("Ac rapport quidem, fide illustré, cum sedulo pie et quaerit sobre, aliquam Deo dante mysteriorum intelligentiam eamque fructuosissimam assequitur tum ex eorum, quae naturaliter cognoscit, l'analogie et tum mysteriorum ipsorum nexu inter se et cum tard hier hominis ") DS / 26, 3016.

[4] « ... il y a un ordre ou une "hiérarchie" des vérités de la doctrine catholique, en raison de leur rapport différent avec le fondement de la foi chrétienne. » [Concile Œcuménique Vatican II. Vat. II, UR, 11].
[5] CCC § 90: « Les liens mutuels et la cohérence des dogmes peuvent être trouvés dans l'ensemble de la révélation du mystère du Christ » [Cf. Premier Concile du Vatican: Denz.-Schönm, 3016:. "Mysteriorum nexus"; Concile Vatican II, Lumen Gentium, 25].

[6] Joseph Ratzinger, Christoph Schömborn, Brève introduction au Catéchisme de l'Église catholique, Rome 1994, p. 41.

[7] 1 Cor 15, 12-13

[8] Jean 6:51

[9] Cf. par exemple les discours 57, 59 et 60 de Saint Pierre Chrysologue (PL XXXII, 360 D, 365 B, 368 C).

[10] "Signe admirable, ici l'expression de Magnifiquement commune christologie rédemptrice et de la foi à fils Trinitaire expression"; H. de Lubac, La foi chrétienne. Essai sur la structure de du Symbole des Apôtres, Paris: Aubier-Montaigne, 1970/2, p. 91.
[11] Lettre aux évêques de l'Eglise catholique concernant la réception de la Sainte Communion par des fidèles divorcés remariés, 14.09.1994, § 4.

[12] "Wer fortgesetzten Ehebruch und für den Empfang der Heiligen Kommunion Vereinbar hält, Häretiker und ist das treibt Schisma voran", Der Spiegel, 23/12/2016, http://tinyurl.com/hbubhtk.
[13] Lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia, 17.04.2003, § 36.

[14] Exhortation apostolique Familiaris consortio, le 22 Novembre 1981, § 84.

[15] Lettre encyclique Veritatis Splendor, 06.08.1993, § 115.

[16] Catéchisme de l'Eglise Catholique (CEC) 1756.

[17] Déclaration sur certaines questions relatives à l'éthique sexuelle - Persona humana, 29 Décembre 1975.

[18] CEC 1754.

[19] 1 Cor 10,13.

[20] Décret sur la justification, 13/01/1547, Sessio VI, chap. 11, DS / 40 1536.

[21] Exhortation apostolique Reconciliatio et paenitentia, 02.12.1984, § 31, III.

[22] Lettre au Card. William W. Baum à l'occasion du cours sur le for interne organisé par la Pénitencerie apostolique, 22.03.1996, § 5.

[23] CEC 1861.

[24] CEC 1615.

[25] Satura VI, 223.

[26] Lettre encyclique Veritatis Splendor, 06.08.1993, § 115.

[27] "... restat consideremus ut de eius imaginer, idest de homine, secundum quod est et ipse suorum operum principium, presque liberum arbitrium habens et suorum operum potestatem":. S. Th Objection pr.

[28] Gen 3.4.

[29] Voir note 1) et 2).

[30] Inferno, XXVII; 123.

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 17:56

Mgr Benno Elbs, Evêque de Feldkirch (AU) ayant participé au dernier Synode des évêques à Rome, a déclaré dans une interview au journal “Die Presse” que la doctrine de l’Eglise a été modifiée par “Amoris laetitia”.

 

Selon Mgr Elbs,

 

L’enseignement est modifié dans la mesure où les fidèle peuvent maintenant décider en conscience de ce qu’ils peuvent faire avec, pour ainsi dire, la bénédiction du Pape.”

 

Et d’ajouter :

 

Peu importe ce que dit telle ou telle note de bas de page puisque c’est l’ensemble du document qui permet à chaque personne de faire appel à sa seule conscience pour savoir ce qu’elle peut ou ne pas faire dans une situation donnée. La doctrine a donc bien été modifiée lors du dernier Synode sur la famille.

"Amoris laetitia" : "L’enseignement est modifié dans la mesure où les fidèle peuvent maintenant décider en conscience de ce qu’ils peuvent faire" (Mgr Benno Elbs)
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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 12:25

Dans un entretien exclusif à LifeSiteNews, le cardinal Raymond Burke a donné une indication de la chronologie possible d'une «correction formelle» de François si le pape devait ne pas répondre aux cinq dubia demandant un éclaircissement sur Amoris Laetitia, présentées au Pape par les Quatre cardinaux, dont le cardinal Burke.

 

«Les dubia doivent avoir une réponse parce qu'elles ont à voir avec les fondements même de la vie morale et de l'enseignement constant de l'Eglise à l'égard du bien et du mal, en ce qui concerne diverses réalités sacrées comme le mariage et la sainte communion et ainsi de suite», a déclaré M. Burke lors d'une entrevue téléphonique.

 

«Bien sûr, nous sommes dans les derniers jours, des jours de forte grâce, avant la solennité de la Nativité de Notre Seigneur, et puis nous avons l'Octave de la Solennité et les célébrations au début de la nouvelle année - tout le mystère de La Naissance de Notre-Seigneur et son Epiphanie - ainsi elle aurait probablement lieu quelque temps après. »

 

Le cardinal, qui est le patron de l'Ordre souverain de Malte, a déclaré que le format de la correction serait «très simple».

 

«Il serait direct, de même que les dubia le sont, seulement dans ce cas, il n'y aurait plus à soulever des questions, mais à confronter les déclarations confuses d'Amoris Laetitia avec ce qui a été l'enseignement constant et la pratique de l'Eglise, et corriger ainsi Amoris Laetitia », a-t-il dit.

 

L'exhortation a causé une grande confusion dans l'Église catholique depuis qu'elle a été délivrée en avril, en grande partie à cause de son ambiguïté sur des questions morales importantes. Cela a amené plusieurs évêques ainsi que des conférences épiscopales à interpréter le document, parfois, d'une manière qui est en contradiction avec l'enseignement catholique sur le mariage, la sexualité, la conscience et la réception de la sainte communion. Par exemple, les évêques de Buenos Aires et Mgr Robert McElroy de San Diego ont interprété le document comme permettant les divorcés civilement et remariés catholiques qui vivent dans l'adultère de recevoir la sainte communion dans certains cas. Le pape lui-même a écrit aux évêques de Buenos Aires pour louer leurs lignes directrices, disant qu'il n'y avait " aucune autre interpréation".

 

Le Cardinal Burke, avec les cardinaux Walter Brandmüller, Carlo Caffarra, et Joachim Meisner, a présenté les dubia, cinq questions oui ou non, en septembre cherchant la clarté de François quant à savoir si l'exhortation est conforme à l' enseignement moral catholique. Le pape n'ayant pas émis de réponse au bout de deux mois, les cardinaux ont rendu public les dubia. Ce fut après que le cardinal Burke a révélé qu'un acte formel de correction serait nécessaire si le pape devait refuser de préciser le sens de son exhortation.

 

Si un tel acte de correction formelle est quelque chose de rare dans la vie de l'Église, ce n'est pas sans précédent.

 

Le pape Jean XXII au XIVe siècle a été contesté publiquement par les cardinaux, les évêques et les théologiens laïcs après avoir nié la doctrine selon laquelle les âmes des justes sont admises à la vision béatifique après la mort, enseignant plutôt que le ciel était retardé jusqu'à la résurrection générale à la fin de temps. Le Pape Jean finit par retirer sa position, en partie à cause d'une lettre commune de théologiens de l'Université de Paris qui professait une totale obéissance au pape tout en lui faisant comprendre que son enseignement contredisait la foi catholique.

 

Burke a appelé la procédure de correction de l'erreur d'un pontife «un moyen de sauvegarder sa fonction et son exercice».

 

«Elle est réalisée avec le respect absolu pour la fonction du Successeur de Saint Pierre», a-t-il dit.

Le cardinal Burke suggère une «correction formelle» du pape François en 2017

Source: (Traduction) EXCLUSIVE: Cardinal Burke suggests timeline for ‘formal correction’ of Pope Francis, Life Site,

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 20:34

Vendredi, 9 décembre 2016. PLAIDOYER CONTRE UN PAPISME AVEUGLE.

Par le Dr Markus Büning, théologien et juriste à Münster (D)

 

Ces derniers jours on a entendu Mgr Pinto, Doyen de la Rote romaine, vitupérer bruyamment contre les quatre courageux cardinaux qui se sont sentis acculés à publier leur “dubia” concernant le document “Amoris Laetitia”, après l’avoir soumise au Pape François et n’avoir reçu de lui aucune réponse. Mgr Pinto voit dans ce geste une insolence caractérisée et une attitude inadmissible envers le Vicaire du Christ sur la terre. Il va jusqu’à prétendre qu’une ombre est apparue ainsi sur le parcours d’un éminent penseur. Il visait le Cardinal Meissner. Il devient clair que le Doyen de la Rote ne connaît pas le rapport qui existe entre la conscience personnelle et l’obéissance due aux autorités de l’Eglise, rapport pourtant certifié par la Tradition. Mgr Pinto semble être le porte-parole d’une obéissance inconditionnelle et par là, d’un “papisme” mal compris.

En tant que théologien qui travaille depuis plusieurs années sur la vie des saints et ce qu’ils peuvent apporter au monde d’aujourd’hui, il me semble plus que pertinent de se tourner vers deux membres de cette “immense foule” qui pourraient corriger quelque peu la vision de Mgr Pinto : je veux parler de Jeanne d’Orléans (1412-1431) et du Cardinal John Henry Newman (1801-1890). Ces modèles lumineux nous signalent de façon claire et nette que la conscience personnelle – et j’entends par là une conscience éclairée, bien formée, orientée vers la volonté divine – que cette conscience, donc, est toujours prioritaire. Ces éminents personnages nous montrent aussi que le papisme, quelle que soit la forme qu’il prend, n’est tout simplement pas catholique. Car le Pape n’est pas le centre de l’Eglise : il est le “serviteur des serviteurs de Dieu”. Et justement, dans la réalisation de cette charge au service de l’Eglise universelle, il doit se soumettre à la loi divine. S’il était avéré que cette soumission n’est plus acquise de façon claire et nette, alors les chrétiens éclairés de façon claire et nette par leur conscience auraient évidemment le devoir de le faire savoir au Pape. Et c’est cela, et rien d’autre, qu’ont fait nos quatre courageux cardinaux.

Tournons-nous d’abord vers le bienheureux John Henry Newman.

D’origine anglicane, Newman s’est converti au catholicisme romain en 1845 pour des raisons que lui dictait sa conscience. Ce ne fut, certes, pas une décision facile pour ce prêtre fortement enraciné dans la Tradition anglicane, mais par ses recherches théologiques, il fut amené à reconnaître que la véritable Eglise de Jésus-Christ ne pouvait être que l’Eglise catholique romaine.

Que faut-il retenir du parcours de John Newman ? Avant tout le courage d’avoir suivi la voix de sa conscience. Pour preuve, ce passage bien connu et souvent cité tiré de sa “Lettre au Duc de Norfolk” (1874), dans lequel il exprime la primauté de la conscience : “Si je devais porter un toast à la religion, alors je boirais à la santé du Pape. Mais avant cela, je boirais à la santé de la conscience. Ensuite seulement au Pape.”

A première vue, cette boutade de Newman peut nous paraître curieuse. Mais il n’en est rien ; car comme l’a bien remarqué Karl Rahner S.J., elle exprime “une parfaite évidence”. Et Rahner ajouta, lors d’un Congrès international dédié à Newman en 1978 à Freiburg (D) : “Un chrétien catholique dirait les choses ainsi : du plus profond de ma conscience, en une décision vitale, j’accepte et je reconnais l’autorité objective de l’Eglise catholique, comme une norme voulue par Dieu, certes extérieure, mais pleine de sens et qui s’impose à ma conscience. Mais cette reconnaissance d’une norme objective reste bien sûr - j’insiste - une décision de ma conscience personnelle qu’il me faut prendre à mes propres frais. On ne peut jamais déléguer à un autre ses propres décisions en conscience.”

Nous touchons là au point sensible : notre attachement au Pape n’entraîne pas pour nous une soumission inconditionnelle. Il en est ainsi, avant tout, parce que Dieu a donné à chacun de nous une dignité qui nous permet de prendre ce chemin de la reconnaissance d’une autorité supérieure décrite par Karl Rahner. Mais on peut parler aussi de liberté de conscience, d’une conscience bien formée, c’est-à-dire orientée vers la loi divine.

J’émets donc le souhait que le Pape François ait la bonté d’écouter aujourd’hui le conseil de son frère jésuite et de respecter la décision de conscience des quatre cardinaux.

Le Pape Benoit XVI, aujourd’hui Pape émérite, avait apporté une contribution au sujet qui nous occupe lorsqu’en tant que jeune théologien il avait commenté le n° 16 de la Constitution “Gaudium et Spes”.

Mais avant d’aborder ce commentaire, laissons la parole au Concile Vatican II lui-même : “Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. Cette voix, qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal, au moment opportun résonne dans l’intimité de son cœur : ‘Fais ceci, évite cela’. Car c’est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme ; sa dignité est de lui obéir, et c’est elle qui le jugera.”

On en conviendra : c’est précisément de cela qu’il retourne dans ce débat autour d’ “Amoris laetitia”, dans la défense de cette loi inscrite par Dieu dans le cœur de l’homme. Joseph Ratzinger a commenté ce merveilleux texte du Concile d’une façon particulièrement révélatrice, en se référant expressément à l’enseignement de John Newman concernant la notion de conscience : “Au-dessus du Pape, reconnu comme expression du pouvoir d’autorité dans l’Eglise, il y a en outre la conscience personnelle, qu’il convient d’écouter en tout premier lieu, et si nécessaire en opposition aux exigences formulées par l’autorité ecclésiale.”

Vous avez bien entendu : si nécessaire en opposition aux exigences de l’autorité...

Et c’est bien à une telle nécessité que se heurtent les quatre cardinaux aujourd’hui. Ils constatent que la doctrine de l’Eglise concernant l’indissolubilité du mariage et de son caractère sacré a été diluée par le Pape François dans “Amoris laetitia”. Ils ne voient pas comment on pourrait aménager une place dans l’Eglise pour une “éthique de situation”, quelle que soit la façon de la justifier. Non, pour ces hommes une seule chose compte, la loi divine qui dit : “Tu ne dois pas rompre les liens du mariage”. Cette loi est inscrite dans la conscience de ces hommes ; ils l’ont admise sans compromission. Et c’est pourquoi ils parlent ainsi. Ce n’est pas un Monseigneur Pinto qui pourra dire le contraire : s’il le faisait, il ne pourrait plus se prétendre catholique sur ce sujet de la conscience personnelle ! Même lui ne peut s’arroger le droit d’asservir la conscience des fidèles.

En ce qui me concerne, je ne peux pas imaginer que dans toute l’Eglise catholique à travers le monde, il n’y ait que ces quatre cardinaux qui aient osé prendre une telle décision en toute conscience. Alors j’appelle tous les pasteurs qui se sentent ainsi interpelés par leur conscience à se lever, à parler !

 

Source : Kathnet (Trad. MH/APL)

PLAIDOYER CONTRE UN PAPISME AVEUGLE. Par le Dr Markus Büning, théologien et juriste à Münster (D), Pro Liturgia, Vendredi, 9 décembre 2016.

"Amoris Laetitia" : le Dr Markus Büning, théologien et juriste à Münster (D) demande que l'on respecte la liberté de conscience des Quatre Cardinaux en citant le Bx J. H. Newman et le Cardinal Ratzinger
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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 07:44
"Une sorte de schisme existe déjà dans l'Eglise" (Mgr Athanasius Schneider)

Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l'archidiocése d'Astana (Kazakhstan), vient d'apporter son soutien aux Dubia présentées au Pape au sujet d'"Amoris Laetitia", par les cardinaux Burke, Brandmüller, Caffara et Meisner. Dans un entretien à TV-Libertés (Terres de mission n°10 le 4.12.2016) Son Excellence a expliqué qu'"une certaine forme de schisme existe déjà dans l'Eglise"

 

"Des schismatiques à l'intérieur de l'Eglise usent de la calomnie pour faire taire la voix de la vérité, en projetant de manière absurde leur propre état schismatique intérieur, aux ecclésiastiques, qui indépendamment des louanges ou des blâmes défendent la divine vérité."

Extrait :

 

"Mes interrogations au sujet d'Amoris Laëtitia concerne d'abord la question très concrète de l'admission des divorcés dits remariés à la sainte Communion.

 

En fait, pendant les deux derniers synodes sur la famille et après la publication d'Amoris Laëtitia, une lutte ardue éclata et qui perdure jusqu'à ce jour sur cette question concrète. Tous ces ecclésiastiques qui veulent un autre Evangile, c'est-à-dire un évangile du droit au divorce, un évangile de la liberté sexuelle, en résumé un évangile sans le 6e commandement de Dieu. Ces ecclésiastiques utilisent de tous les mauvais moyens. C'est-à-dire qu'ils usent de ruses, de tromperies, arguments de rhétoriques et de dialectique et même la tactique de l'intimidation et de la violence morale afin d'atteindre leur objectif de l'admission des divorcés dits remariés à la sainte communion, sans que ceux-ci remplissent la condition de vivre en continence parfaite. Une condition demandée par la loi divine. Une fois cet objectif atteint, même limités aux cas dit de 'discernement exceptionnel', la porte est ouverte à l'introduction de l'évangile du divorce, de l'évangile sans le 6e commandement. Et ceci ne sera plus l'Evangile de Jésus, mais un anti-évangile, un évangile selon ce monde. Même si un tel évangile est embelli d'une cosmétique de paroles comme 'miséricorde', 'sollicitude maternelle', ou 'accompagnement'. Dans ce contexte, nous devons rappeler une exhortation apostolique, celle de S. Paul :

Quand nous-mêmes, quand un ange venu du ciel vous annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème!

Lettre aux Galates, 1, 8

Interrogé sur la question de savoir si ce type d'évènement s'est déjà produit dans l'Eglise, Mgr Athanasius Schneider a répondu :

 

"Au sujet de la doctrine et de la pratique concernant le sacrement du mariage, et de la validité pérenne de la loi morale, nous assistons de nos jours à une ambiguïté dont l'ampleur est comparable seulement à la confusion générale de la crise arienne du IVe siècle.

 

... Il n'y a pas seulement un risque de schisme, mais une sorte de schisme existe déjà dans l'Eglise."

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 09:15

L'évêque Athanasius Schneider, du Kazakhstan, a exhorté les fidèles à tenir fermement le Magistère de l'Église sur l'indissolubilité du mariage dans l'état actuel de l'Église, le 6 décembre 2016 (LifeSiteNews) sur les ambiguïtés en cours.

 

"Lorsque le Christ a prêché il y a 2.000 ans, la culture et l'esprit régnant étaient radicalement opposés à Lui. Le syncrétisme concrètement religieux a régné, aussi le gnosticisme parmi les chefs intelligents, aussi bien que permissivité parmi les masses - en particulier concernant l'institution du mariage. [...] Le seul but du Fils de Dieu était de révéler la vérité au monde."

 

Avec ces paroles, Mgr Schneider a ouvert sa présentation en présence des cardinaux Raymond Burke et Walter Brandmüller et de l'évêque auxiliaire Andreas Laun de Salzbourg, en Autriche.

 

Mgr Schneider a continué avec une présentation sur l'histoire des rapports de l'Église avec le mariage et ses irrégularités en commençant de l'Ancien Testament à la modernité avec des références spécifiques aux premiers écrits chrétiens, à Henri VIII d'Angleterre,Napoléon Ier et les discussions récentes.

 

En ce qui concerne les dubia publiées par les Quatre Cardinaux, il a dit à LifeSiteNews dans un entretien exclusif aujourd'hui (6/12/2016 Ndlr.) que l'Église devrait toujours favoriser une "culture du dialogue".

 

"La formulation des dubia, comme les cardinaux l'ont exprimée ici dans leurs propres termes, a été une pratique courante dans l'Église", a-t-il expliqué. "Nous devons être en mesure de poser des questions ouvertement sans avoir peur des répressions."

 

Mgr Schneider a évoqué les nombreuses attaques que les quatre princes de l'Église ont subies après la publication de leur dubia. Les questions restent sans réponse du Pape François.

 

"La réaction aux dubia est une preuve du climat dans lequel nous vivons actuellement dans l'Église en ce moment", a déclaré Mgr Schneider. "Nous vivons dans un climat de menaces et de déni de dialogue envers un groupe spécifique".

 

Mgr Schneider est allé dire que "le dialogue semble être accepté seulement si vous pensez comme tout le monde - c'est pratiquement comme un régime."

 

Mgr Schneider a évoqué son expérience en Russie, où il est né à l'époque de l'Union Soviétique. Ses parents ont été envoyés par Staline à des camps de travail, ou "Goulags", après la Seconde Guerre mondiale. "Si vous n'avez pas suivi la ligne de la partie, ou vous l'avez interrogée, vous ne pouviez même pas demander. Voilà pour moi un parallèle très clair à ce qui se passe maintenant dans les réactions aux questions dubia - des cardinaux.

 

"C'est une expérience très triste, d'autant plus que tout le monde parle d'un «dialogue de culture» après le Concile Vatican II. Alors que les évêques enseignent ouvertement les hérésies et que rien ne leur arrive, c'est vraiment une grave injustice et très triste", a ajouté Mgr Schneider.

 

"Si le Pape ne répond pas, la prochaine étape sera le recours à la prière, à des moyens surnaturels," a dit Schneider, "de prier pour l'illumination du Pape et qu'il aura le courage.

 

Schneider a spéculé sur ce qui pourrait arriver dans un proche avenir. "Dans l'histoire de l'Église, nous disons que, dans un cas extrême où le bien commun de la foi est menacé, les évêques, membres du collège des évêques, et dans une relation véritablement collégiale avec le Pape avec une obéissance fraternelle envers lui, doivent lui demander publiquement de renoncer à la faute de donner la communion aux catholiques divorcés remariés, comme cela se fait déjà dans beaucoup de diocèses."

 

Réfutant les attaques de diverses personnes contre les Cardinaux, il a défendu les quatre. "Cette situation a déjà eu préséances chez les saints - qui ne sont pas des schismatiques ou des hérétiques : S. Hilaire de Poitiers, Ste Catherine de Sienne. Aussi, je pense que cela devrait être possible dans l'Église sans que la personne soit appelée schismatique."

 

Le cardinal Burke a dit qu'une "correction formelle" pourrait être en vue de résoudre la situation d'incertitude. "Dans la langue de la théologie morale, la correction fraternelle est un acte d'amour - si elle est donné en obéissance et avec raison", a commenté Mgr Schneider. "Nous devons revenir à cette façon familière de traiter avec elle."

 

Schneider a terminé son entretien à LifeSiteNews en disant: "Le Saint-Père doit apporter clarté et soutien à ses frères pour résoudre les doutes. ... Nous devons prier pour cela; Seule la clarté apportera l'unité. S'il doit y avoir une réponse du Pape, alors elle doit être sans ambiguïté. Il doit dire quelle est la vérité."

Amoris Laetitia / Dubia : Mgr Schneider compare le traitement de quatre cardinaux au régime soviétique: "Nous vivons dans un climat de menaces"
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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 10:38

Un nouveau haut personnage de l'Eglise, le cardinal George Pell se prononce sur les questions posées par les Quatre cardinaux Meisner, Brandmüller, Caffara et Burke au pape François, au sujet d'Amoris Laëtita, et qui n'ont toujours pas eu de réponse du Pape. Ces questions « ont du sens ».

 

Au journaliste Dan Hitchens du "Catholic Herald" qui lui demandait s’il était d’accord avec les questions posées, le Cardinal Pell a répondu :

 

« Comment pourrait-on ne pas être d’accord ? » « Ceux qui mettent l'accent sur "la primauté de la conscience" ne semblent l'appliquer qu'à la morale sexuelle. On a rarement conseillé aux gens de suivre leur conscience lorsqu'ils disaient être racistes...», a déclaré le cardinal George Pell, au cours d'un discours qu'il a donné à Londres, à l'église Saint-Patrick, mardi 29 novembre.

Cardinal George Pell sur Amoris Laëtitia : « Ceux qui mettent l'accent sur "la primauté de la conscience" ne semblent l'appliquer qu'à la morale sexuelle »

Certains catholiques sont « bouleversés » par les évènements actuels dans l'Église, déclare le cardinal Pell

 

Le cardinal a déclaré que la conscience doit se référer à la vérité révélée et à la loi morale.

 

Le cardinal George Pell a déclaré qu'«un certain nombre de catholiques qui pratiquent l'adoration régulièrement» sont «troublés par le tournant des événements» dans l'Église.

 

Lire : Loin des feux médiatiques, l'Eglise subit une guerre civile

 

Dans un discours à l'église Saint-Patrick, à Londres, le cardinal Pell a déclaré qu'une cause de préoccupation était les fausses théories de la conscience et de la loi morale.

 

Le cardinal Pell donnait une conférence sur St Damien de Molokai dans le cadre de la série de conférences de St Patrick pour l'Année de la Miséricorde. Mais il a également réfléchi sur le catholicisme aujourd'hui. Il a dit que tandis que le pape François a «un prestige et une popularité en dehors de l'Église» plus grand que peut-être tout pape précédent, certains catholiques sont actuellement mal à l'aise.

 

Plus tard dans son discours, le cardinal australien, qui a été invité à diriger les réformes financières du Pape Francois et membre du groupe de conseillers du "C9" du pape [neuf cardinaux conseillers du Pape François NdCR.], a critiqué certaines des idées sur la conscience qui ont actuellement cours dans l'Église.

 

Le cardinal Pell a déclaré que mettre l'accent sur la «primauté de la conscience» pouvait avoir des effets désastreux si la conscience ne se soumettait pas toujours à l'enseignement révélé et à la loi morale. Par exemple, «quand un prêtre et un pénitent essaient de discerner le meilleur chemin à suivre dans ce qu'on appelle le for interne», ils doivent se référer à la loi morale. La conscience n'est «pas le dernier mot de plusieurs façons», a déclaré le cardinal. Il a ajouté qu'il était toujours nécessaire de suivre l'enseignement moral de l'Église. [Cf. Amoris Laëtitia : un enseignement moral de l'Eglise facultatif qui revient à détruire l'idée même d'Eglise comme institution morale normativeAu bout c'est la nécessité d'une Eglise fondée par Jésus-Christ qui est annulée. Parce que au final, si c'est la conscience qui nous juge, à quoi bon l'Eglise ? Les divorcés remariés (et tous les pécheurs, donc tout le monde, même les assassins) font ce qu'ils veulent, du moment qu'ils ont leur "conscience" tranquille ?  Attention, voilà ce qui se prépare au Synode: la permission du divorce et du remariage, la redéfinition de la famille et une ouverture vers les "familles" homosexuelles ; Synode : deux théologiens dénoncent la fausse conception de la "conscience" dans l'instrumentum laboris]

 

Le cardinal a raconté l'histoire d'un homme qui dormait avec sa petite amie, et demanda à son prêtre s'il pouvait recevoir la communion. Il était «trompeur», a dit le cardinal, de dire simplement à cet homme de suivre sa conscience.

 

Il a ajouté que ceux qui mettaient l'accent sur «la primauté de la conscience» ne semblaient l'appliquer qu'à la morale sexuelle et aux questions autour de la sainteté de la vie. On a rarement conseillé aux gens de suivre leur conscience lorsqu'ils disaient être racistes, ou d'aider faiblement les pauvres et les vulnérables, a dit le cardinal.

 

Ses commentaires viennent après trois ans de débat sur l'enseignement de l'Église concernant la communion pour les divorcés et remariés. Le Cardinal Pell figurait parmi les hauts responsables qui ont publiquement soutenu la doctrine traditionnelle répétée dans la Familiaris Consortio du Pape Jean-Paul II - que les remariés ne devraient pas recevoir la communion à moins qu'ils ne vivent «comme frère et sœur».

 

Mais certains catholiques éminents ont suggéré une approche différente. Par exemple, le cardinal Blase Cupich a soutenu que la conscience de quelqu'un pourrait leur dire de recevoir la communion, et que « la conscience est inviolable».

 

Le Cardinal Pell citant les écrits du bienheureux John Henry Newman sur la conscience, dans laquelle Newman a rejeté une «contrefaçon misérable» de la conscience qui la définit comme «le droit à l'auto-volonté». Il a noté que Newman défendait les papes Pie IX et Grégoire XVI, qui, selon les mots du cardinal Pell, «condamnaient une conscience qui rejetait Dieu et rejetait la loi naturelle».

 

Le cardinal a également rendu hommage à «deux grandes encycliques» S. Jean Paul II, Veritatis splendor et Evangelium Vitae, qui présentent la loi morale comme quelque chose de contraignant dans tous les cas.

 

Lorsqu'on lui a demandé si le malaise de certains catholiques, à propos de l'état de l'Église, était lié à des fausses théories de la conscience, le cardinal Pell a dit: «Oui, c'est exact».

 

Il a ajouté: «L'idée que vous pouvez discerner que les vérités morales ne doivent pas être suivies ou ne devraient pas être reconnues [est] absurde».

 

«Nous sommes tous sous la vérité», a déclaré le cardinal, soulignant que la vérité objective peut être «différente de notre compréhension de la vérité».

 

Il a également déclaré que tandis que la doctrine se développe, il n'y a pas de «retour en arrière».

 

Le cardinal Pell a été interrogé sur la lettre à François de Quatre cardinaux demandant des éclaircissements de la récente exhortation du Pape Amoris Laetitia. Les cardinaux ont demandé au pape de confirmer que cinq points de l'enseignement catholique sont toujours valables. Il s'agit notamment de l'enseignement que les remariés ne peuvent pas recevoir la communion à moins de vivre comme frère et sœur, et l'enseignement que certains absolus moraux n'ont pas d'exceptions.

 

Le pape n'a pas répondu à la demande des quatre cardinaux, qui a été envoyée il y a deux mois. Les cardinaux ont pris cela comme une invitation à publier leurs questions et à poursuivre la discussion. Le chef des évêques grecs a déclaré que les quatre cardinaux étaient coupables de «péchés très graves» et pourraient provoquer un schisme.

 

Interrogé sur la question des cardinaux, le cardinal Pell a répondu: «Comment pouvez-vous être en désaccord avec une question?» Il a dit que la question des cinq questions avait «du sens».

 

Source : (Traduction) de Some Catholics are ‘unnerved’ by current events in the Church, says Cardinal Pell, Catholic Herald, by Dan Hitchens posted Tuesday, 29 Nov 2016

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 16:40

Même si l’on cherche à respecter dans “Amoris latitia” un principe d’interprétation qui puisse être dans la continuité avec les documents magistériels antérieurs, on risque d’oublier un autre principe qui est encore plus important : celui du contexte immédiat dans lequel une proposition est formulée.

Si on lit chacune des affirmations contenues dans “Amoris lætitia” dans son contexte général, rien ne choque. Mais si on lit ce même document dans son contexte historique immédiat, on constate sans peine que l’esprit général qui le guide est essentiellement l’idée du divorce. A quoi s’ajoute l’idée - très répandue aujourd’hui - de ne pas établir de frontières claires entre un mariage légitime et une union irrégulière.

On remarque aussi une similitude avec ce qui fut le développement de l’hérésie arienne. Celle-ci était en gestation cours de la seconde moitié du IIIe siècle. Puis, s’étant manifestée au grand jour, elle fut condamnée par le concile de Nicée.

Cependant, ce refus du concile de Nicée est assez modéré et l’arianisme proprement dit est toléré comme étant un moindre mal. C’est cette tolérance qui lui permet de reprendre progressivement de la vigueur jusqu’au moment où, les circonstances politiques lui étant devenues favorables, il put s’affirmer et parvenir au pouvoir [aussi bien avec l'empereur arien Constance II que dans l'Eglise avec le pape Libère. NdCR.].

 

Athanase d'Alexandrie est avec Hilaire de Poitiers le principal représentant du courant nicéen. L'un et l'autre sont exilés par Constance qui cherche à imposer son symbole de Sirmium, fidèle à la doctrine arienne, au clergé tout entier et que le pape Libère accepta. De son côté, l'empereur arien Constance II qui méprisait le pape, fut le premier tenant du césaro-papisme : il prétendait être l'"évêque des évêques"... Partisan d'une 4ème nuance de l'arianisme, celle des ariens homéens (selon lesquels le Christ était "semblable au Père sous tous les rapports") contre les Nicéens homoousiens catholiques (le Christ est de même nature ou de même substance que le Père), Constance fit emprisonner, exiler ou déposer les récalcitrants.

Athanase d'Alexandrie est avec Hilaire de Poitiers le principal représentant du courant nicéen. L'un et l'autre sont exilés par Constance qui cherche à imposer son symbole de Sirmium, fidèle à la doctrine arienne, au clergé tout entier et que le pape Libère accepta. De son côté, l'empereur arien Constance II qui méprisait le pape, fut le premier tenant du césaro-papisme : il prétendait être l'"évêque des évêques"... Partisan d'une 4ème nuance de l'arianisme, celle des ariens homéens (selon lesquels le Christ était "semblable au Père sous tous les rapports") contre les Nicéens homoousiens catholiques (le Christ est de même nature ou de même substance que le Père), Constance fit emprisonner, exiler ou déposer les récalcitrants.

De même, il existe aujourd’hui une hérésie que nous pouvons appeler le “kaspérisme” du nom de son principal représentant : le Cardinal Kasper. Elle a été en gestation durant la seconde moitié du XXe siècle. S’étant ensuite manifestée au grand jour, elle a été condamnée par Jean-Paul II dans “Veritatis splendor” et “Familiaris consortio”.

Mais ces documents ont été rejetés de manière plus ou moins ouverte par une partie de l’épiscopat et la pratique orthodoxe a été mise de côté dans de vastes régions du monde catholique. Ce rejet des textes de Jean-Paul II permet au “kaspérisme” de se diffuser dans les mentalités jusqu’au moment où, les circonstances politiques et ecclésiastiques lui sont favorables, il parvient à prendre le pouvoir.

Cependant, bien qu’étant arrivée au pouvoir, l’erreur ne s’exprime pas de manière franche et directe mais à travers des activités synodales (2014-2015) qui manquent de clarté. Elle s’affirme enfin sous forme d’un document apostolique exemplaire par son caractère tortueux qui autorise toutes les interprétations.

C’est précisément dans cette phase où triomphe le relativisme doctrinal et pastoral que nous nous trouvons en ce moment. Elle vient tout juste de commencer et s’annonce pleine d’obstacles. Personne - pas même le Pape - ne peut prévoir combien de temps elle va durer.

Mais ce qui est certain, c’est qu’elle peut devenir la cause de graves divisions au sein de l’Eglise.

 

Source : Sandro Magister, Pro Liturgia, Actualité du Mercredi, 30 novembre 2016.

Kaspérisme : une analogie avec l'arianisme
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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 12:35
Loin des feux médiatiques, l'Eglise subit une guerre civile

L'Eglise subit une guerre civile

 

François a refermé la Porte Sainte, mais son message s'accompagne du grondement d'une crise souterraine. Une guerre civile qui se passe dans l'Église. Un affrontement qui touche l'autorité du pape et son programme de réforme. Sont enjeu les oppositions sur le rôle de l'Eglise, la notion de "péché", le salut des âmes. Et comme dans toutes les guerres civiles, le conflit ne prévoit pas de compromis.

 

Quatre cardinaux ont décidé ces jours-ci de mettre directement en accusation la théologie de François et son document post-synodal Amoris Laetitia (qui ouvre la voie à la communion aux divorcés remariés). Les cardinaux accusent Bergoglio d'avoir semé parmi les fidèles "incertitude, confusion et égarement", et lui demandent de "faire la lumière" sur le document. Ils sont attachés à la lettre dans le style des disputes théologiques que l' on appelle Dubia : "Doutes sur des questions posées". Avec un geste qui a l'air d'un défi, une lettre a été envoyée "pour connaissance" au gardien officiel de l'orthodoxie, le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. [Les cinq questions - voir en fin d'article - étaient formulées sous la même forme que les interrogations classiques qui sont adressées à la congrégation pour la doctrine de la foi. C’est-à-dire qu’elles étaient formulées de manière à ce qu’il soit possible d’y répondre simplement par "oui" ou par "non". Mais, les quatre cardinaux n’ont reçu aucune réponse à leur appel, ni de la part du cardinal Müller ni de celle du pape. NdCR. Source]

 

C'est un évènement absolument inédit dans l'histoire moderne de la papauté. Et la première chose qui frappe est le silence embarrassé des hiérarchies ecclésiastiques. Pas un cardinal n'a publiquement contré leur argumentation, pas un président de conférence épiscopale, pas un dirigeant de quelque grande association catholique. En évoquant le rôle de la conscience mentionnée par François, les Quatre cardinaux affirment que dans un tel cas on peut en arriver au point où deviennent "vertueux" des cas concevables d'adultère, d'assassinat légal et de parjure obligatoire.

 

Deux des cardinaux sont membres de la Curie, l'allemand Walter Brandmüller, ancien président du Comité pontifical des sciences historiques et l'Américain Raymond Burke, ancien président du tribunal de la Signature apostolique. Et deux sont des archevêques émérites de grands diocèses : Carlo Caffara, cher à Jean-Paul II et Benoît XVI et jusqu'en 2015, guide de Bologne, et Joachim Meisner, un intime du pape Ratzinger, à la tête du diocèse de Cologne jusqu'en 2014 .

 

Liquider leur lettre - à laquelle François a répondu indirectement à l'occasion d'un entretien à Avvenire, dénonçant un "certain légalisme qui peut être idéologique" - comme le sursaut des Quatre "ultraconservateurs",  revient à se méprendre sur la collision souterraine qui se développe dans l'Église catholique ces deux dernières années. Les quatre sont la pointe de l'iceberg qui va en s'élargissant et en se répandant. Beaucoup parlent qui ne s'exposent pas autant.

 

Pendant des années, les médias n'ont pas compris la profondeur du mouvement anti-Obama, qui a porté le 8 novembre à la défaite de sa politique. Aujourd’hui, ils risquent de répéter la même erreur avec le Pape François. Eblouis par son charisme et par le consensus planétaire dont il jouit également parmi les agnostiques et les non-croyants, beaucoup ignorent l’escalade systématique de ceux qui, parmi le clergé, les évêques, le collège des cardinaux, contestent la théologie de ce pontife qui a avoué lui-même ne pas être théologien.

 

 

En deux ans, il y a eu un crescendo d’actions menées par des clercs et des laïcs se sentant libres d’interroger le Souverain Pontife.

 

Avant le Synode de 2014, cinq cardinaux ont écrit un livre en défense de la doctrine traditionnelle sur le mariage. Ensuite, 11 cardinaux du monde entier sont intervenus avec un autre livre. Pendant ce temps, près de 800 mille catholiques, parmi lesquels 100 évêques, signaient une pétition au Pape pour bloquer les innovations. Alors que le Synode de 2015 avait commencé, 13 cardinaux écrivirent à François, remettant en question la régularité de la direction de l’assemblée.

 

Puis s’est constitué un réseau de cardinaux, d’évêques, de prêtres, de théologiens et de laïcs signataires d’une “Déclaration de fidélité à l'enseignement immuable de l’Eglise sur le mariage”. Enfin, ce sont 45 théologiens qui ont écrit au Collège des cardinaux, insinuant que certaines interprétations d’ “Amoris Laetitia” pourraient être en opposition avec l’enseignement constant de l’Eglise fondé sur les Evangiles.

 

Récemment, le spécialiste de l’historien de l’Eglise Alberto Melloni parle d’un “isolement” du Pape François tandis qu’Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté Sant’Egidio, historien lui aussi, déclare que jamais un Souverain Pontife n’a trouvé autant d’oppositions parmi les évêques et le clergé.

 

Dans la guerre civile en cours dans l' Église, l'objectif est l'après-François : il ne devra pas monter sur le trône papal un homme qui porte le développement des réformes initiées. (1)

 

Commentaire de Pro liturgia :

 

"Face à ce qui ressemble à une fronde, le Pape François qui, dès le début de son pontificat, a voulu se montrer sympathique, simple, facétieux, ouvert, semble se raidir de plus en plus, montrant ainsi son véritable tempérament : plutôt que d’accueillir ceux qui le bousculent - comme il avait demandé qu’on le fasse - pour discuter avec eux et donner des réponses claires à leurs questions, il leur reproche d’être de dangereux pharisiens rigides qui ne comprennent rien au message évangélique et sèment la division.

L’Eglise a peut-être aujourd’hui l’un des papes les plus durs de son Histoire. Et les fidèles commencent doucement à s’en apercevoir." (2)

 

Le site internet “InfoCatho” a mis en ligne un excellent tableau permettant de comparer “Amoris laetitia” de François à “Familiaris consortio” de S. Jean-Paul II. CLIQUER ICI
 

Ces derniers jours, les Quatre cardinaux ont reçu plusieurs soutiens.

 

Mgr Józef Wróbel, Evêque auxiliaire de Lublin (Pologne) déclare :

 

“Ils ont bien fait et ils ont correctement appliqué ce dont le droit canon dispose. (...) Ce serait juste de répondre à leurs questions. Ils n’ont pas demandé quel temps il ferait demain, mais ils ont posé des questions qui concernent la doctrine de l’Eglise et, par conséquent, les fidèles (...). [Le chapitre 8 d’ “Amoris lætitia”] est effectivement ouvert à différentes interprétations : il est ambigu (...). Peut-être a-t-il été écrit dans une trop grande précipitation sans examiner avec une extrême attention son contenu et ses conséquences pratiques éventuelles. Ces questions doivent être posées au Vatican et aux collaborateurs qui ont la confiance du Pape. Publier avec précipitation des textes comme celui-là, ne rend pas un bon service à l’Eglise.” [3]

 

Mgr Jan Watroba, Président du Conseil pour la famille de la Conférence des évêques de Pologne considère que la lettre adressée au Pape François par quatre cardinaux témoigne d’un souci légitime d’une bonne compréhension d’ “Amoris laetitia”.

 

Et Mgr Watroba d’ajouter : « Avec S. Jean-Paul II, les textes étaient si clairs que les interprétations divergentes n’avaient pas lieu d’être. » Avant de conclure : « De nombreux évêques et prêtres sont aussi dépassés par les questions [soulevées par “Amoris laetitia”] que je le suis moi-même. » Source : “Tagespost”. [4]

 

Mgr Athanasius Schneider, évêque d'Astana, en appui des Quatre Cardinaux, convoque saint Paul corrigeant publiquement saint Pierre, l'argumentation de Saint Hilaire de Poitiers, l'"Athanase de l'Occident" qui, dans la crise arienne, avait tenu tête au pape Libère, le disant "anathème, prévaricateur" après que celui-ci ait signé en 357 l’une des formules de Sirmium, dans laquelle il écartait délibérément l’expression dogmatiquement définie de "homo-ousios" (consubstantiel ou de même nature) et excommuniait saint Athanase afin d’obtenir la paix et l’harmonie avec les évêques ariens et semi-ariens de l’Orient. Mgr Schneider rappelle qu'à ce moment-là en Occident, des catholiques fidèles et un petit nombre d’évêques, spécialement Saint Hilaire de Poitiers, ont été profondément choqués.

 

La lettre en défense des Quatre cardinaux de Mgr Schneider a été rendue publique jeudi 24 novembre par une traduction sur Le Blog de Jeanne Smits. Mgr Schneider évoque "les réactions inhabituellement violentes et intolérantes de la part de certains évêques et cardinaux face à la sollicitation calme et prudente des Quatre Cardinaux". "Parmi de telles réactions intolérantes, on trouve par exemple des affirmations comme celles-ci : les Quatre Cardinaux sont écervelés, naïfs, schismatiques, hérétiques, et même comparables aux hérétiques ariens." Extrait :

 

"Saint Hilaire a transmis la lettre écrite par le pape Libère aux évêques orientaux, annonçant l'acceptation de la formule de Sirmium et l’excommunication de saint Athanase. Dans sa profonde douleur et dans son désarroi, saint Hilaire a ajouté à sa lettre, comme avec désespérance, la phrase : “Anathema tibi a me dictum, praevaricator Liberi” (je te dis anathème, prévaricateur Liberius), cf. Denzinger-Schönmetzer, n° 141. Libère voulait la paix et l’harmonie à n’importe quel prix, même au prix de la vérité divine. Dans sa lettre aux évêques latins hétérodoxes, Ursace, Valence et Germinius, annonçant les décisions ci-dessus mentionnées, il écrivait qu'il préférait la paix et l’harmonie au martyre (cf. Denzinger-Schönmetzer, n. 142).

 

Quel contraste dramatique offre ce comportement du pape Libère par rapport à cette ferme affirmation de saint Hilaire de Poitiers : "Ne faisons pas la paix au prix de la vérité, en faisant des concessions en vue d'acquérir une réputation de tolérance. Nous faisons la paix en nous battant légitimement selon les règles du Saint Esprit. Il y a un danger à s’allier subrepticement avec l’incroyance sous le beau vocable de la paix" (Hil. Ad Const., 2, 6, 2). (5)

 

Add. 01/12/2016. Un nouveau haut personnage de l'Eglise, le cardinal George Pell se prononce sur les questions posées par les Quatre cardinaux Meisner, Brandmüller, Caffara et Burke au pape François, au sujet d'Amoris Laëtita, et qui n'ont toujours pas eu de réponse du Pape. Ces questions « ont du sens ».

 

Au journaliste Dan Hitchens du “Catholic Herald” qui lui demandait s’il était d’accord avec les questions posées, le Cardinal Pell a répondu :

 

« Comment pourrait-on ne pas être d’accord ? » « Ceux qui mettent l'accent sur "la primauté de la conscience" ne semblent l'appliquer qu'à la morale sexuelle. On a rarement conseillé aux gens de suivre leur conscience lorsqu'ils disaient être racistes...», a déclaré le cardinal George Pell, au cours d'un discours qu'il a donné à Londres, à l'église Saint-Patrick, mardi 29 novembre.

 

Le cardinal a déclaré que la conscience doit se référer à la vérité révélée et à la loi morale.

 

Le cardinal George Pell a déclaré qu'«un certain nombre de catholiques qui pratiquent l'adoration régulièrement» sont «troublés par le tournant des événements» dans l'Église.

 

Dans un discours à l'église Saint-Patrick, à Londres, le cardinal Pell a déclaré qu'une cause de préoccupation était les fausses théories de la conscience et de la loi morale.

 

Le cardinal Pell donnait une conférence sur St Damien de Molokai dans le cadre de la série de conférences de St Patrick pour l'Année de la Miséricorde. Mais il a également réfléchi sur le catholicisme aujourd'hui. Il a dit que tandis que le pape François a «un prestige et une popularité en dehors de l'Église» plus grand que peut-être tout pape précédent, certains catholiques sont actuellement mal à l'aise.

 

Plus tard dans son discours, le cardinal australien, qui a été invité à diriger les réformes financières du Pape Francis et membre du groupe de conseillers du "C9" du pape ( neuf cardinaux conseillers du Pape François NdCR.), a critiqué certaines des idées sur la conscience qui ont actuellement cours dans l'Église.

 

Le cardinal Pell a déclaré que mettre l'accent sur la «primauté de la conscience» pouvait avoir des effets désastreux si la conscience ne se soumettait pas toujours à l'enseignement révélé et à la loi morale. Par exemple, «quand un prêtre et un pénitent essaient de discerner le meilleur chemin à suivre dans ce qu'on appelle le for interne», ils doivent se référer à la loi morale. La conscience n'est «pas le dernier mot de plusieurs façons», a déclaré le cardinal. Il a ajouté qu'il était toujours nécessaire de suivre l'enseignement moral de l'Église. [Cf. Amoris Laëtitia : un enseignement moral de l'Eglise facultatif qui revient à détruire l'idée même d'Eglise comme institution morale normativeAu bout c'est la nécessité d'une Eglise fondée par Jésus-Christ qui est annulée. Parce que au final, si c'est la conscience qui nous juge, à quoi bon l'Eglise ? Les divorcés remariés (et tous les pécheurs, donc tout le monde, même les assassins) font ce qu'ils veulent, du moment qu'ils ont "conscience" tranquilles ?  Attention, voilà ce qui se prépare au Synode: la permission du divorce et du remariage, la redéfinition de la famille et une ouverture vers les "familles" homosexuelles ; Synode : deux théologiens dénoncent la fausse conception de la "conscience" dans l'instrumentum laboris ; Synode : deux théologiens dénoncent la fausse conception de la "conscience" dans l'instrumentum laboris]

 

Le cardinal a raconté l'histoire d'un homme qui dormait avec sa petite amie, et demanda à son prêtre s'il pouvait recevoir la communion. Il était «trompeur», a dit le cardinal, de dire simplement à cet homme de suivre sa conscience.

 

Il a ajouté que ceux qui mettaient l'accent sur «la primauté de la conscience» ne semblaient l'appliquer qu'à la morale sexuelle et aux questions autour de la sainteté de la vie. On a rarement conseillé aux gens de suivre leur conscience lorsqu'ils disaient être racistes, ou d'aider faiblement les pauvres et les vulnérables, a dit le cardinal.

 

Ses commentaires viennent après trois ans de débat sur l'enseignement de l'Église concernant la communion pour les divorcés et remariés. Le Cardinal Pell figurait parmi les hauts responsables qui ont publiquement soutenu la doctrine traditionnelle répétée dans la Familiaris Consortio du Pape Jean-Paul II - que les remariés ne devraient pas recevoir la communion à moins qu'ils ne vivent «comme frère et sœur».

 

Mais certains catholiques éminents ont suggéré une approche différente. Par exemple, le cardinal Blase Cupich a soutenu que la conscience de quelqu'un pourrait leur dire de recevoir la communion, et que « la conscience est inviolable».

 

Le Cardinal Pell citant les écrits du bienheureux John Henry Newman sur la conscience, dans laquelle Newman a rejeté une «contrefaçon misérable» de la conscience qui la définit comme «le droit à l'auto-volonté». Il a noté que Newman défendait les papes Pie IX et Grégoire XVI, qui, selon les mots du cardinal Pell, «condamnaient une conscience qui rejetait Dieu et rejetait la loi naturelle».

 

Le cardinal a également rendu hommage à «deux grandes encycliques» S. Jean Paul II, Veritatis splendor et Evangelium Vitae, qui présentent la loi morale comme quelque chose de contraignant dans tous les cas.

 

Lorsqu'on lui a demandé si le malaise de certains catholiques, à propos de l'état de l'Église, était lié à des fausses théories de la conscience, le cardinal Pell a dit: «Oui, c'est exact».

 

Il a ajouté: «L'idée que vous pouvez discerner que les vérités morales ne doivent pas être suivies ou ne devraient pas être reconnues [est] absurde».

 

«Nous sommes tous sous la vérité», a déclaré le cardinal, soulignant que la vérité objective peut être «différente de notre compréhension de la vérité».

 

Il a également déclaré que tandis que la doctrine se développe, il n'y a pas de «retour en arrière».

 

Le cardinal Pell a été interrogé sur la lettre à François de Quatre cardinaux demandant des éclaircissements de la récente exhortation du Pape Amoris Laetitia. Les cardinaux ont demandé au pape de confirmer que cinq points de l'enseignement catholique sont toujours valables. Il s'agit notamment de l'enseignement que les remariés ne peuvent pas recevoir la communion à moins de vivre comme frère et sœur, et l'enseignement que certains absolus moraux n'ont pas d'exceptions.

 

Le pape n'a pas répondu à la demande des quatre cardinaux, qui a été envoyée il y a deux mois. Les cardinaux ont pris cela comme une invitation à publier leurs questions et à poursuivre la discussion. Le chef des évêques grecs a déclaré que les quatre cardinaux étaient coupables de «péchés très graves» et pourraient provoquer un schisme.

 

Interrogé sur la question des cardinaux, le cardinal Pell a répondu: «Comment pouvez-vous être en désaccord avec une question?» Il a dit que la question des cinq questions avait «du sens».

 

Source : (Traduction) de Some Catholics are ‘unnerved’ by current events in the Church, says Cardinal Pell, Catholic Herald, by Dan Hitchens posted Tuesday, 29 Nov 2016

 

Les "Dubia" :

 

1. Il est demandé si, en conséquence de ce qui est affirmé dans "Amoris lætitia" aux nn. 300-305, il est maintenant devenu possible d’absoudre dans le sacrement de Pénitence et donc d’admettre à la Sainte Eucharistie une personne qui, étant liée par un lien matrimonial valide, vit "more uxorio" avec une autre personne, sans que soient remplies les conditions prévues par "Familiaris consortio" au n. 84 et réaffirmées ensuite par "Reconciliatio et pænitentia" au n. 34 et par "Sacramentum caritatis" au n. 29. L’expression "dans certains cas" de la note 351 (n. 305) de l’exhortation "Amoris lætitia" peut-elle être appliquée aux divorcés remariés qui continuent à vivre "more uxorio" ?

 

2. Après l’exhortation post-synodale "Amoris lætitia" (cf. n. 304), l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 79, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, à propos de l’existence de normes morales absolues, obligatoires sans exception, qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais, continue-t-il à être valide ?

 

3. Après "Amoris lætitia" n. 301, est-il encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel (cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs, Déclaration du 24 juin 2000) ?

 

4. Après les affirmations contenues dans "Amoris lætitia" n. 302 à propos des "circonstances qui atténuent la responsabilité morale", faut-il encore considérer comme valide l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 81, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, selon lequel "les circonstances ou les intentions ne pourront jamais transformer un acte intrinsèquement malhonnête de par son objet en un acte subjectivement honnête ou défendable comme choix" ?

 

5. Après "Amoris lætitia" n. 303, faut-il considérer comme encore valide l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 56, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, qui exclut une interprétation créatrive du rôle de la conscience et affirme que la conscience n’est jamais autorisée à légitimer des exceptions aux normes morales absolues qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais de par leur objet ? [6]

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 11:52
La propagande libérale satanique sur l'avortement

Lors du débat hier soir de l'entre-deux tours de la primaire "Les Républicains" les deux candidats finalistes interchangeables de la primaire "de droite", ont feint de s'opposer sur l'avortement. Ils ont déclaré pour l'un que "l'avortement est un droit fondamental" (Alain Juppé) [1], pour l'autre que l'avortement "sur le plan juridique, ce n’est pas un droit fondamental, pas dans la Constitution", c'est "un droit essentiel sur lequel il n’est pas question de revenir" (François Fillon) [2].

 

Nous trouvons ici l'occasion d'exposer la méthode du diable pour faire avancer son anti-société. La méthode de Satan est celle du libéralisme.

 

Dans son dernier livre, en forme de testament spirituel, le célèbre exorciste Gabriele Amorth, récemment monté au Ciel à l'âge de 91 ans, explique ce qu'il pense de l'avortement et explique la méthode du diable pour le faire accepter dans les masses.

 

Du débat qui a pu être offert hier soir entre F. Fillon et A. Juppé, il s'agit ni plus ni moins que de satanisme.

La propagande libérale satanique sur l'avortement

Gabriele Amorth sur l'avortement et le divorce. Extrait (p. 22) :

 

« La méthode du démon est la suivante :

 

Il tente en premier lieu de persuader que ce que Dieu dit n'est pas vrai (Cf. Gn 3, 1 et s.).

 

"Pourquoi ne mangez-vous pas du fruit de l'arbre? dit-il à Adam et Eve.

 

Parce que Dieu nous a dit que si nous en mangions, nous mourrions."

 

"Ce n'est pas vrai ! répond le démon. Dieu est un menteur. Oui, c'est un menteur ! C'est faux, vous ne mourrez pas."

 

Deuxième tactique : "Au contraire, vous serez semblables à lui, parce que vous connaîtrez le bien et le mal." Donc le démon commence par nier les vérités révélées par Dieu. "Ce n'est pas péché !  Vous rigolez ! Le divorce, l'avortement, ce n'est pas péché ! C'est, à l'inverse, un signe de progrès. Un pas en avant de la civilisation, un progrès de l'humanité."

 

Chez nous en Italie, deux référendums sont passés - je les ai suivis tous les deux -, en premier celui du divorce et en second celui de l'avortement, signes de civilisation ! Signes de progrès ! (1974 : Divorce - 1982 : Avortement). C'est cela la tactique du diable. De nier d'abord ce que Dieu dit: que c'est péché ! Ensuite, de faire apparaître le mal comme un bien. »

 

Nous remarquerons que la description de la méthode satanique quant au divorce et à l'avortement, faisant de ces péchés des "progrès" est employée par A. Juppé et F. Fillon qui parlent de l'avortement comme "un droit", "une liberté". Cette méthode a également été employée pour légaliser le soit-disant "mariage" homosexuel, pour lequel il faudrait laisser les homosexuels "libres" de se "marier".

 

« L'avortement, cette loi de l'assassinat » (p. 84)

 

Gabriele Amorth explique qu'avec cet argument de la liberté, il faudrait laisser les assassins libres de tuer...

 

(p. 50) « Il y a eu sans le moindre doute des mouvements philosophiques et politiques qui ont été un désastre. La Révolution française, par exemple; quel désastre ! Mais aussi le siècle des Lumières, le rationalisme, le communisme. ... Le communisme s'est écroulé en tant que régime, même à Moscou, en comparaison de ce qu'il a pu être par le passé. Il est tombé, sans coup férir, quand est tombé le Mur de Berlin. Qui l'aurait cru ? »

 

La méthode libérale satanique, p. 65 :

 

«  Oui une tragédie. ... Beaucoup de catholiques ... croyaient aux mensonges communistes et socialistes. Le plus grand mensonge était de dire que le divorce n'est pas une obligation. Si tu es contre alors ne le fais pas, mais tu dois respecter ceux qui veulent le faire, respecte la liberté de qui veut le faire.

 

... Ce sont des bobards, car nous devons respecter les lois de Dieu. ... Parce que sinon, en suivant cette logique, on peut tout justifier.

 

Pareil avec l'avortement. Ce n'est quand même pas une obligation que d'avorter. Pas du tout. Si tu es contre, alors ne le fais pas. Mais respecte ceux qui veulent le faire.

 

C'est avec ce discours qu'ils ont amadoué les catholiques pour le divorce et l'avortement. Sapristi, mais dans le plan de Dieu il est écrit : "Tu ne tueras point !" »

(p. 79.) « Maintenant nous aimerions aborder le thème de la société contemporaine. Vous avez déjà mentionné différents courants de pensée du monde moderne : l'illuminisme, l'athéisme, le libéralisme et les autres. Il y a d'autres menaces spirituelles pour notre monde aujourd'hui. Selon vous, quelle serait la menace spirituelle la plus grave? »

 

Gabriele Amorth :

 

« Je reprends toujours le même discours: la menace la plus grave de toutes est de nier l'existence de Dieu. C'est le point de départ. De la négation de Dieu partent toutes les philosophies qui se prononcent contre lui et contre la religion, et qui promeuvent l'immoralité."

Gabriele AMORTH, J'ai rencontré Satan, Le Combat du plus célèbre exorciste, Entretiens avec Slawomir Sznurkowski, Traduti de l'italien par Quentin Petit, EdN, Vendôme 2016

Gabriele AMORTH, J'ai rencontré Satan, Le Combat du plus célèbre exorciste, Entretiens avec Slawomir Sznurkowski, Traduti de l'italien par Quentin Petit, EdN, Vendôme 2016

Gabriele Amorth explique une manière assurée de ne pas tomber dans les pièges du démon : être avec le Christ, appliquer Ses commandements.

 

A la question (p. 37) : « Pourquoi donc une grande majorité de mariages aujourd'hui en Italie finissent-ils par exploser ? », il répond :

 

« Parce qu'on n'observe plus la Loi de Dieu : "Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le divise pas." (Mt , 19, 6.) »

 

(p. 85) :

 

« Il n'existe aucune voie intermédiaire : "Celui qui n'est pas avec moi est contre moi." (Mt 12, 30.)

 

Beaucoup se font illusion en pensant trouver une voie intermédiaire. Ils se disent : je respecte Jésus, je ne parle pas mal de lui, mais je fais ce que bon me semble, je n'en fais qu'à ma tête.

 

Et ce n'est pas possible. Celui qui ne suit pas les lois du Christ, suit celles de Satan. Il est sous l'emprise des lois de Satan, qui se résument à trois et que tous les satanistes suivent. Voici les trois lois que les satanistes et Satan lui-même suivent :

 

- Première loi : Fais tout ce que tu veux. Pas de limite. Pas d'interdiction. Tu veux tuer ? Alors tue ! Fais ce que tu veux. [C'est la loi d'avortement. NdCR.]

- Deuxième loi : Nul n'a le droit de te dicter ce que tu dois faire. Tu n'as à obéir à personne car personne n'a le droit de te donner des ordres.

-Troisième loi du satanisme : Tu es ton propre Dieu.

 

C'est exactement de cette façon que l'ange Lucifer est devenu diable. »

 

Conclusion Christ-Roi

 

Fillon est tout aussi nocif que Juppé. C'est une question de degré. Mais il entraîne tout aussi sûrement que lui en enfer. Car c'est très clair : « il n'existe aucune voie intermédiaire : "Celui qui n'est pas avec moi est contre moi." (Mt 12, 30.) »

 

Gabriele Amorth précise qu'en enfer aussi "il existe une hiérarchie : les diables les plus forts tyrannisent les moins forts..." (p. 75)

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