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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 07:00
Amoris laetitia a fait son premier martyr

“Amoris laetitia” a fait son premier martyr. Il s’agit d’un prêtre colombien, le P. Uribe Medina, qui a été frappé d’excommunication par son évêque, Mgr Rigoberto Corredor, qui déclare sans rire avoir appliqué le Droit canonique.

Il a été reproché au P. Uribe Medina de s’être “publiquement séparé de la communion avec le Pape et avec l’Eglise” en exprimant son désaccord avec le passage de l’Exhortation apostolique “Amoris Laetitia” qui concerne la communion des divorcés-remariés et contredit les enseignements de S. Jean-Paul II et de Benoît XVI.

La nouvelle de cette excommunication a été donnée par “Adelante La Fè” qui a également publié un enregistrement du témoignage en espagnol du prêtre.

Trois remarques :

1. Il est toujours très surprenant de voir les évêques n’avoir recours au Droit canonique que lorsque ça les arrange personnellement ;

2. On peut aujourd’hui enseigner n’importe quelle hérésie sur l’Eucharistie ou la virginité de Marie ou encore les miracles sans risquer la moindre sanction. La seule chose qui est très risquée, c’est de critiquer tel clerc bien en vue dans le microcosme des clérocrates bien installés ;

3. S’il fallait excommunier tous les prêtres - et les évêques ! - qui ont exprimé ouvertement leurs désaccords avec tel Pape et avec l’Eglise, bien des diocèses seraient aujourd’hui sans pasteurs.

Ainsi s'applique le Droit dans l’Eglise de ceux qui parlent tant de justice.

 

Pour en savoir plus, cliquer ici.

AMORIS LAETITIA FAIT SON PREMIER MARTYR : UN PRÊTRE COLOMBIEN QUI REFUSE DE DONNER LA COMMUNION AUX DIVORCES REMARIÉS

 

La rumeur surréaliste qui courait vient malheureusement d’être confirmée. Un prêtre colombien a bien été suspendu a divinis par son évêque pour avoir exprimé ses critiques et fait part de son désaccord avec la partie de l’exhortation apostolique Amoris Laetitia qui concerne la communion des divorcés-remariés. La nouvelle a été donnée par Adelante La Fè qui a également publié un enregistrement du témoignage en espagnol du prêtre.

 

Luis Alberto Uribe Medina, c’est son nom, prêtre du diocèse de Pereira, a été convoqué par son évêque, Rigoberto Corredor. Selon le communiqué du diocèse, le Père Uribe Medina a « exprimé en public et en privé son refus du magistère doctrinal et pastoral du Saint Père, surtout en ce qui concerne le mariage et l’eucharistie ». Il est inutile de préciser qu’il s’agit de la fameuse petite note du document qui contredit le magistère précédent, qui était celui de l’Eglise jusqu’en 2016, l’enseignement de Saint Jean-Paul II et de Benoît XVI ainsi que le catéchisme de l’Eglise catholique, toujours censé être valide.

 

Le communiqué du diocèse affirme qu’à cause de sa position, le prêtre s’est « séparé publiquement de la communion avec le Pape et avec l’Eglise ». Par conséquent, sur base du Code de Droit Canon, il a été considéré comme apostat, hérétique et schismatique, frappé de suspension Latae Sententia et déchu de sa position ecclésiastique.

 

Selon Adelante la Fè, qui a consulté plusieurs « sources fiables », la faute de Père Uribe Medina c’est d’avoir refusé d’appliquer les nouvelles normes d’accès à l’eucharistie pour les divorcés-remariés dont le premier mariage est encore valide.

 

Des voix analogues faisant état de sanctions canoniques à l’égard de prêtres qui ne veulent pas appliquer les normes permissives d’Amoris Laetitia circulaient déjà à la suite du communiqué dans lequel les deux évêques de Malte, Scicluna et Grech, avaient formulé des normes interprétatives qui en pratique permettaient aux fidèles de décider eux-mêmes de communier quelle que soit leur situation matrimoniale. Une rumeur selon laquelle l’évêque de Gozo, Mario Grech, aurait menacé de suspendre a divinis les prêtres réfractaires avait un temps circulé sur les réseaux sociaux.

 

L’évêque a démenti cette information dans un communiqué sur la page Facebook du diocèse où il affirme que « ce qui a été rapporté par certains médias au sujet de l’évêque Mario Grech, en particulier sur le fait qu’il menacerait d’une suspension a divinis les prêtres qui refuseraient de donner la communion aux divorcés remariés est absolument faux ».

 

C’est certainement une bonne nouvelle mais qui n’améliorera pas beaucoup le climat général. Un contexte de pressions, de menaces, d’intimidations (voir article précédent) dont l’origine proviendrait de l’entourage direct du Pape François, si toutefois les sources d’un journaliste bien informé comme Edward Pentin sont exactes. Il avoue d’ailleurs n’avoir jamais assisté à une chose pareille en trente-cinq ans d’expérience professionnelle dans le domaine.

 

Nous voyons des prêtres et des religieux dire et faire tout et n’importe quoi (NdT : de la négation à Noël de la virginité de Marie par le jésuite Juan Masia à l’appel à des musulmans à venir prier dans la chapelle de l’aéroport de Milan) et persister dans cette attitude sans que personne ne songe à entraver leur liberté d’opinion et d’expression.

 

Une telle réaction témoigne non seulement de la véritable nature de cette miséricorde dont on parle tant mais surtout d’une certaine nervosité. Alors que la demande respectueuse et persévérante d’éclaircissements soumise au Pape dans les « dubia » s’amplifie, la peur que les doutes et les résistances ne se répandent pousse le successeur de Pierre à réagir avec cette rigidité qu’il méprise tant. Sale temps pour l’Eglise.

 

Source : Marco Tosatti, La Stampa.

Amoris laetitia a fait son premier martyr
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Publié par Ingomer - dans Religion
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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 12:39

De Diane Montagna sur le site « Aleteia », le 20 janvier 2017 : il y a des années, Sœur Lucia écrivait une lettre au cardinal Carlo Caffarra : « Toutefois, Notre Dame lui a déjà écrasé la tête »…

 

« La bataille finale entre Dieu et le royaume de Satan portera sur le mariage et la famille » confiait il y a plusieurs années Sœur Lucia dos Santos, une des trois voyantes de Fatima, au cardinal Carlo Caffara, alors qu’il travaillait à la fondation de l’Institut pontifical Jean Paul II d’études sur le mariage et la famille à Rome.

 

Le 16 février 2008, le cardinal Caffarra, alors archevêque de Bologne, se déplace à San Giovanni Rotondo pour célébrer une messe sur la tombe de saint Padre Pio. Après la messe, le cardinal a accordé une interview au média italien Teleradio Padre Pio, publiée sous le titre de « La voix de Padre Pio » dans l’édition de mars du magazine.

 

Dans l’interview, le cardinal parle également de sa dévotion pour Padre Pio, ainsi que de la profonde signification qu’ont ce dernier ainsi que d’autres mystiques dans le monde d’aujourd’hui.

 

Le cardinal Caffarra est le président fondateur de l’Institut pontifical Jean Paul II d’études sur le mariage et la famille. Il a également servi en tant que membre du Tribunal suprême de la signature apostolique, membre du Conseil pontifical pour la famille et membre de l’Académie pontificale pour la vie.

 

Il fut fait cardinal par le pape Benoît XVI en mars 2016. Il fut également l’un des 45 délégués choisis avec soin par le pape François pour assister au Synode ordinaire sur la famille de 2015.

 

Voici la traduction française de cette interview accordée par le cardinal Caffarra à Teleradio Padre Pio.

 

Monseigneur, vous avez récemment déclaré au Corriere della Sera avoir toujours eu une grande dévotion pour Padre Pio. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

 

 

Cardinal Caffarra : L’origine de ma dévotion pour lui remonte à mes débuts en tant que prêtre, à cause d’une expérience personnelle unique. Cela faisait des mois que j’étais prêtre et un frère prêtre est venu me voir. Il était bien plus âgé que moi et traversait une profonde crise de la foi. Il m’est difficile de décrire ce qu’une crise de la foi représente pour un prêtre… C’est tout simplement terrible ! Je lui ai dit : « Mon frère, je suis trop faible ; je ne me sens pas de porter un tel fardeau. Va plutôt voir Padre Pio ». Il y est allé et pendant qu’il parlait avec Padre Pio, il a eu une grande expérience mystique. Il a vécu de façon très intense la miséricorde de Dieu. Il est à présent un des meilleurs prêtres que je connaisse. Voilà, tout y est. C’est ainsi que tout a commencé.

 

Avez-vous vous-même déjà rencontré Padre Pio ?

Non, parce que je n’ai jamais eu le courage d’aller le voir, je craignais lui faire perdre son temps ! […] Je pense que Padre Pio s’inscrit dans la lignée des grands mystiques qui partagent cette caractéristique : tous portent avec intensité la Croix du Christ. En effet, leurs épaules supportent la plus grande tragédie humaine d’aujourd’hui : l’athéisme. Padre Pio, sainte Gemma Galgani, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, Mère Teresa et le Curé d’Ars ont tous fait la profonde expérience de manger avec des pécheurs, de partager leur vie, de porter le poids de l’Agonie de Gethsémani, chacun à sa façon, témoignant ainsi de l’amour du Christ qui prend pour lui les souffrances de celui qui a quitté la maison de son Père et qui ne veut pas y retourner, même s’il sait dans son cœur qu’il y sera bien mieux qu’à garder des cochons… L’humanité s’imagine aujourd’hui pouvoir continuer à vivre comme si Dieu n’existait pas.

 

Il existe une prophétie de Sœur Lucia dos Santos, la voyante de Fatima dont le processus de béatification a commencé le 13 février [2008]. Elle concerne « la bataille finale entre le Seigneur et le royaume de Satan. » Et son champ de bataille, c’est la famille. La vie et la famille. Tous ne savent pas que Jean Paul II vous a demandé de mettre au point et de fonder l’Institut pontifical d’études sur le mariage et la famille.

 

 

C’est exact. Quand j’ai commencé cette œuvre que m’a confiée le Serviteur de Dieu [maintenant saint] Jean Paul II, j’ai écrit à Sœur Lucia de Fatima par l’intermédiaire de son évêque (on ne peut pas l’approcher de façon directe). Je ne m’attendais pas à obtenir une réponse de sa part puisque je ne lui demandais que des prières. Cependant, en l’espace de quelques jours, j’ai reçu une très longue lettre de sa main. Elle est maintenant dans les archives de l’Institut. On peut trouver écrit dedans : « La bataille finale entre le Seigneur et le royaume de Satan portera sur le mariage et la famille ». Elle ajoute également : « N’ayez pas peur : tous ceux qui travaillent à la sainteté du mariage et de la famille seront toujours combattus et l’on s’opposera à eux de toutes les façons possibles, parce que ce sont des points décisifs ». Enfin, elle conclut : « Toutefois, Notre Dame lui a déjà écrasé la tête ».

 

En parlant à Jean Paul II, on comprenait aussi que la sainteté du mariage était vraiment le point crucial puisqu’il a rapport au pilier de la création lui-même, à l’authenticité de la relation entre un homme et une femme, sur plusieurs générations. Quand on touche à un pilier fondateur, c’est toute la construction qui s’effondre. C’est ce à quoi nous assistons actuellement. Nous avons en effet atteint ce moment crucial, et nous le savons. Et je suis ému quand je lis les meilleures biographies de Padre Pio, de l’attention que portait cet homme à la sainteté du mariage et des époux, parfois même à l’occasion avec une rigueur justifiable.

 

Ref. « La bataille finale entre Dieu et Satan portera sur le mariage et la famille »

 

"Une sorte de schisme existe déjà dans l'Eglise" (Mgr Athanasius Schneider) Mgr Caffarra est l’un des quatre cardinaux signataires des « dubia » adressés au pape François sur certains aspects de son exhortation post-synodale sur la famille: « Amoris laetitia ».

http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2017/01/21/la-bataille-finale-entre-dieu-et-satan-portera-sur-le-maria-5901758.html

http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2017/01/21/la-bataille-finale-entre-dieu-et-satan-portera-sur-le-maria-5901758.html

Source : Belgicatho

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Publié par Ingomer - dans Religion
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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 10:22
Le missel en français conforme à l’original latin ne paraîtra pas, l'universalisme de l'Eglise séloigne un peu plus

Pro Liturgia, Actualité du samedi 21 janvier 2017

 

Nous l’annoncions il y a quelques temps sur notre site : les évêques de France qui craignaient que la Congrégation pour le Culte divin (Cardinal Sarah) leur impose l’usage d’un missel en français conforme à l’original latin ont gagné. Ce missel ne paraîtra jamais puisqu’à la demande du Pape François, une commission a été constituée à la Congrégation pour le Culte divin pour réviser (liquider ?) l’instruction “Liturgiam authenticam”, en sorte que les célébrations en langues courantes puissent officiellement s’ouvrir à toutes les fantaisies. C’est-à-dire être soustraites à la doctrine, à la “lex credendi”.

Reconnaissons-le : la création de cette commission est ni plus ni moins qu’une estocade portée contre l’oeuvre de restauration liturgique menée par S. Jean-Paul II, Benoît XVI et le Cardinal Sarah.

Réaction d’un jeune catholique : « Je commence vraiment à être très inquiet quant à l’avenir de l’Eglise à court et à moyen terme. Je pensais que le pire était derrière nous ; je me suis probablement trompé : avec François et tous les progressistes qu’il installe à tous les postes de l’Eglise - ce qui va prolonger la complicité du haut clergé même après la fin du pontificat actuel -, il est à craindre que le pire soit devant nous. Rome va perdre complètement le contrôle de la chrétienté et ensuite ne pourra plus le reprendre. Si cette tendance se confirme, dans 50 ans l’Eglise ressemblera au monde protestant : il n’y aura pas deux diocèses, voire deux paroisses avec la même foi. Il faut être aveugle pour ne pas voir que nous nous acheminons de plus en plus vers la décomposition finale du catholicisme. » (catholicisme entendu au sens de S. Ignace d'Antioche, l'inventeur en 112 ap. J.-C. du mot grec  «kajolik´ov», «catholicos» 'catholique', qui avait déjà chez les auteurs grecs (Aristote, Zénon, Polybe) le sens d'universel, de général, de vrai en tout lieu et à toute époque, pour définir l'Eglise de Jésus-Christ, dans sa Lettre aux chrétiens de Smyrne (5, 8). NdCR.)

 

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Publié par Ingomer - dans Religion
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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 20:18

Il semble que lorsque le pape François déclara au journaliste Scalfari "chacun doit choisir et suivre le Bien et combattre le Mal selon l'idée qu'il s'en fait", il appliqua tout simplement la "liberté religieuse" du document Dignitatis humanae du Concile Vatican II, définissant un droit des individus à "être exempts de toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres" (DH, 2) à sa nouvelle miséricorde dans Amoris laetitia.

 

Nous assisterions au développement d'une "liberté-miséricorde" qui consacre un anthropocentrisme négateur de la nature de l'homme, de sa fin dernière (Dieu) et donc de sa dignité : il ne peut pas en effet "être miséricorde d'accorder à l'homme de ne pas être ce qu'il est.." (Don Alfredo Morselli)

 

En laissant l'homme seul juge de son état, seule instance pour définir le Bien et le Mal objectif, "selon l'idée qu'il s'en fait", certes avec l'aide de son confesseur, mais tout de même selon l'idée qu'il s'en fait, seule instance à décider si il peut communier, même s'il vit dans une situation irrégulière, ne prend-on pas le risque de laisser cet homme à une conscience faussée, fort éloignée de la volonté de Dieu pour lui, le condamnant ainsi à l'erreur et à vivre enchaîné, dans un état contraire à sa liberté d'enfant de Dieu et à sa dignité ?

 

Dans la philosophie classique (allégorie de la Caverne de Platon) et la théologie catholique (Quanta Cura du pape Pie IX), l'homme éclairé, celui qui est sorti de la caverne, peut l'avoir été par la force d'une main extérieure. Il n'a trouvé la vérité et la liberté que par l'aide d'une personne extérieure, qui en quelque sorte l'a forcé à s'élever vers la vérité, lui-même ne pouvant y arriver par ses propres forces. Il dut lui-même, avec l'aide charitable de cette personne, se faire violence lui-même.

 

Tout indique que c'est de cet intervenant extérieur que l'on ne veut plus. Dans la nouvelle pastorale, l'homme ne doit plus avoir comme seul horizon que son moi, ce qui consacre un individualisme religieux obligatoire.

 

Cependant, le pape qui voudrait que l'homme ne soit pas contraint par des règles extérieures (la doctrine traditionnelle de l'Eglise sur l'indissolubilité du mariage) ou un confesseur "rigide", en revanche ne se gêne pas pour interdire les positions contraires aux siennes et la liberté de conscience des catholiques critiques sur Amoris laetitia.

 

Hilary White, ironique, résume : "La réalité objective ne compte pas et nous pouvons tous en décider pour nous-mêmes. Ce que nous ne comprenons pas, c'est que dans un vide-réalité, celui qui a le plus de pouvoir décidera pour nous."

 

Combien de doigts François lève-t-il maintenant ? Amoris Laetitia et la Soumission

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Publié par Ingomer - dans Religion Vatican II
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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 18:32

On se souvient que dans un entretien au journaliste italien Eugénio Scalfari, publié le 1er octobre 2013, le pape François avait expliqué comment il "changerait l'Eglise", en déclarant que "chacun a sa propre conception du Bien et du Mal et chacun doit choisir et suivre le Bien et combattre le Mal selon l'idée qu'il s'en fait. Il suffirait de cela pour vivre dans un monde meilleur."

Le Pape à Scalfari :"Ainsi je changerai l'Église." Entretien à Eugenio Scalfari, Reppublica.it, le 1er octobre 2013. Source: http://www.repubblica.it/cultura/2013/10/01/news/le_pape_a_scalfari_ainsi_je_changerai_l_glise-67693549/

Le Pape à Scalfari :"Ainsi je changerai l'Église." Entretien à Eugenio Scalfari, Reppublica.it, le 1er octobre 2013. Source: http://www.repubblica.it/cultura/2013/10/01/news/le_pape_a_scalfari_ainsi_je_changerai_l_glise-67693549/

Cette approche du pape François qui laisse à chacun le soin de définir le Bien et le Mal "selon l'idée qu'il s'en fait" sous-tend son exhortation Amoris laetitia, où le divorcé et civilement remarié pourrait, avec l'aide de son confesseur, accéder à la Communion, si sa conscience le laisse tranquille et lui permet de prendre cette décision. François justifie cet accès au sacrement au nom de la miséricorde de Dieu.

 

Un débat est ouvert aujourd'hui sur Le forum catholique : la "miséricorde" du Pape François est-elle la vraie miséricorde, ou n'est-elle qu'une fausse miséricorde ?

 

Pour Yves Daoudal, la "miséricorde" du pape François est "fondamentalement hérétique", une reprise de la "théologie" de Kasper :

 

Dans les psaumes, le mot miséricorde est associé 20 fois au mot vérité. « Toutes les voies du Seigneur sont miséricorde et vérité. » Si on met la vérité au placard (la vérité sur Dieu), on est sûr d’enseigner une fausse miséricorde.

Amoris laetitia : la "miséricorde" du pape François est-elle la vraie miséricorde?

Ici, ce serait "une forme d'immanentisme larvée, où Dieu n'est plus distinct du monde et de ses créatures, parce qu'il est enchaîné à ces derniers..."

Jusqu'ici la Miséricorde, la vraie, consistait à élever l'homme vers la vérité. Car l'homme est fait pour connaître la vérité. C'est sa nature.

 

La nouvelle miséricorde de François, en laissant l'homme seul juge de son état, seule instance pour définir le Bien et le Mal objectif, "selon l'idée qu'il s'en fait", certes avec l'aide de son confesseur, mais tout de même selon l'idée qu'il s'en fait, prend le risque de laisser l'homme à une conscience faussée, le condamnant ainsi à l'erreur et à vivre enchaîné, dans un état contraire à sa liberté d'enfant de Dieu et à sa dignité.

 

Combien de doigts François lève-t-il maintenant ? Amoris Laetitia et la Soumission On a ici le contraire de l'allégorie de la Caverne, cette allégorie du philosophe grec Platon (La République, Livre VII) qui a formé le fondement de ce que nous appelons maintenant la pensée et la civilisation "occidentale".

 

Cette philosophie, qui est aussi le fond de la tradition théologique catholique, enseigne que la réalité objective, immuable, et extérieure à l'homme, ne peut être changée par la fiat humain (sa volonté), ni laissée à sa conscience, "selon l'idée qu'il s'en fait", car cette idée peut être faussée si la conscience n'est pas éclairée, et tournée vers la vérité, la loi naturelle de Dieu. Et dans cette théologie classique, l'homme éclairé, celui qui est sorti de la caverne, l'a été par la force. Il a trouvé la vérité et la liberté par une main extérieure qui l'a forcé à s'élever vers la vérité. Lui-même a dû se faire violence :

 

"Imagine qu'on détache l'un de ces prisonniers, qu'on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière. [...] Et si, on l'arrache de sa caverne par force, qu'on lui fasse gravir la montée rude et escarpée, et qu'on ne le lâche pas avant de l'avoir traîné jusqu'à la lumière du soleil, ne souffrira-t-il pas vivement, et ne se plaindra-t-il pas de ces violences? [...] Après cela, il pourra contempler les corps célestes et le ciel lui-même. [...] A la fin, ce sera le soleil. [...] Or, donc, se souvenant de sa première demeure, [...] et de ceux qui y furent ses compagnons de captivité, ne crois-tu pas qu'il se réjouira du changement et plaindra ces derniers? [...] Comme le héros d'Homère, ne préférera-t-il pas mille fois n'être qu'un valet de charrue, au service d'un pauvre laboureur, et souffrir tout au monde plutôt que de revenir à ses anciennes illusions et de vivre comme il vivait?

[...] Imagine encore que cet homme redescende dans la caverne et aille s'asseoir à son ancienne place : venant brusquant du plein soleil, n'aura-t-il pas les yeux aveuglés par les ténèbres ? [...] Et ne diront-ils pas qu'étant allé là_haut il en est revenu aveugle, de sorte que ce n'est même pas la peine d'essayer d'y monter ? Et si quelqu'un tente de les délier et de les conduire en haut, et qu'ils le puissent tenir en leurs mains et tuer, ne le tueront-ils pas ?

[...] Dans le monde intelligible l'idée du Bien est perçue la dernière et avec peine. [...] Le présent discours montre que chacun possède la faculté d'apprendre. [...] L'éducation est donc l'art qui se propose ce but, la conversion de l'âme. [...] Elle ne consiste pas à donner la vue à l'organe de l'âme, puisqu'il l'a déjà; mais comme il est mal tourné et ne regarde pas où il faudrait, elle s'efforce de l'amener dans la bonne direction.

[...] Ni les gens sans éducation et sans connaissance de la vérité, ni ceux qu'on laisse passer toute leur vie dans l'étude, ne sont propres au gouvernement de la cité, les uns parce qu'ils n'ont aucun but fixe auquel ils puissent rapporter tout ce qu'ils font dans la vie privée ou dans la vie publique, les autres parce qu'ils ne consentiront point à s'en charger, se croyant déjà transportés de leur vivant dans les îles fortunées...

[...] Il nous incombera donc d'obliger les meilleurs naturels à se tourner vers cette science que nous avons reconnue, [...] et à faire cette ascension; mais après qu'ils se seront ainsi élevés, gardons-nous [...] de rester là-haut, de refuser de descendre de nouveau parmi les prisonniers et de partager avec eux travaux et honneurs. [...] Commettrons-nous à leur égard l'injustice de les forcer à mener une vie misérable, alors qu'ils pourraient jouir d'une condition plus heureuse ?

[...] La loi ne se préoccupe pas d'assurer un bonheur exceptionnel à une classe de citoyens, mais elle s'efforce de réaliser le bonheur de la cité tout entière, en unissant les citoyens par la persuasion ou la contrainte, et en les amenant à se faire part les uns aux autres des avantages que chaque classe peut apporter à la communauté.

[...] La cité où ceux qui doivent commander sont les moins empressés à rechercher le pouvoir, est la mieux gouvernée et la moins sujette à la sédition, et celle où les chefs sont dans des dispositions contraires se trouve elle-même dans une situation contraire. [...] Si tu découvres pour ceux qui doivent commander une condition préférable au pouvoir lui-même, il te sera possible d'avoir un Etat bien gouverné; car dans cet Etat seuls commanderont ceux qui sont vraiment riches, non pas d'or, mais de cette richesse dont l'homme a besoin pour être heureux: une vie vertueuse et sage. Par contre, si les mendiants et les gens affamés de biens particuliers viennent aux affaires publiques, persuadés que c'est là qu'il faut en aller prendre, cela ne te sera pas possible; car on se bat alors pour obtenir le pouvoir, et cette guerre domestique et intestine perd et ceux qui s'y livrent et le reste de la cité. " (La République, Livre VII/515b-520c).

 

Il est même un devoir pour chaque homme qui a découvert la réalité objective de la décrire à son prochain resté plongé dans l'erreur, au risque, comme le Christ, d'y perdre sa vie.

 

On a un devoir de ne pas être une occasion de scandale, de péché, ou de "chute" pour son prochain : "Heureux celui qui ne se scandalisera point de moi" [Mt XI, 6. in Vulgate de S. Jérôme; autre traduction du même verset : "Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute!"; de même "celui qui scandalisera un de ces petits qui croient (en moi), il serait mieux pour lui qu'on lui attache autour du cou une meule à âne et qu'on le jette dans la mer." (Mc, 9, 42)]

 

Dès lors, laisser l'homme au jugement de sa seule conscience peut être un péché, si sachant qu'une personne vit dans une situation irrégulière, l'autorité pastorale ou juridique de l'Eglise lui enseigne qu'elle peut continuer ainsi sans rien changer, et même accéder à la sainte Eucharistie ! C'est laisser sciemment les fidèles attachés enchaînés au fond de la caverne et croire que leur péché est la vérité, au lieu de leur faire tourner la tête vers la lumière et la Vérité.

 

Précisons que dans l'allégorie de la caverne, la force est employée pour contraindre le prisonnier à s'élever vers la lumière et la vérité. Or, précisément, pour ceux qui aujourd'hui défendent l'exhortation Amoris laetita, il ne faudrait pas contraindre la personne enchaînée et prisonnière de ses mensonges, à s'élever vers la vérité. Il serait même un acte de miséricorde que de laisser la personne enchaînée..., de dépasser les textes qui affirment l'interdiction du divorce et l'indissolubilité du mariage. Ces textes seraient (si on les écoute), liberticides ! Ignorer ces textes et la tradition de l'Eglise, serait une libération... Pour eux, il s'agirait d'empêcher au confesseur, une personne extérieure à l'homme, de définir pour la personne vivant dans une situation irrégulière ce qui est bien et ce qui est mal à sa place. Il faudrait enlever à l’autorité pastorale ou juridique de l'Eglise le soin de définir ce à quoi l'homme a droit et ce à quoi il n’a pas droit, et laisser l'homme seul devant sa conscience. "Amoris Laetitia redonnerait ainsi au pénitent sa "dignité" à travers l’exercice de sa liberté et au nom d’une exigence qui, en réalité, est renforcée !" Ce sophisme est à lire ici sur le forum catholique :

Amoris laetitia : la "miséricorde" du pape François est-elle la vraie miséricorde?

La personne auteur de cette interprétation large d'Amoris laetitia (image ci-dessus) avance que "c’est la lecture des critères d’application d’AL par les évêques de Malte" qui lui "suscite cette réflexion" (sic). Ce à quoi on peut d'une part lui demander si elle a pris connaissance des dubia des Quatre cardinaux ? Et si elle peut y répondre ? Parce que jusqu'à aujourd'hui, le pape refuse d'y répondre :

 

1. Il est demandé si, en conséquence de ce qui est affirmé dans "Amoris lætitia" aux nn. 300-305, il est maintenant devenu possible d’absoudre dans le sacrement de Pénitence et donc d’admettre à la Sainte Eucharistie une personne qui, étant liée par un lien matrimonial valide, vit "more uxorio" avec une autre personne, sans que soient remplies les conditions prévues par "Familiaris consortio" au n. 84 et réaffirmées ensuite par "Reconciliatio et pænitentia" au n. 34 et par "Sacramentum caritatis" au n. 29. L’expression "dans certains cas" de la note 351 (n. 305) de l’exhortation "Amoris lætitia" peut-elle être appliquée aux divorcés remariés qui continuent à vivre "more uxorio" ?

Amoris laetitia n. 305 :

Amoris laetitia : la "miséricorde" du pape François est-elle la vraie miséricorde?

Amoris laetitia, note 351 (du n. 305) :

Amoris laetitia : la "miséricorde" du pape François est-elle la vraie miséricorde?

2. Après l’exhortation post-synodale "Amoris lætitia" (cf. n. 304), l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 79, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, à propos de l’existence de normes morales absolues, obligatoires sans exception, qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais, continue-t-il à être valide ?

 

3. Après "Amoris lætitia" n. 301, est-il encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel (cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs, Déclaration du 24 juin 2000) ?

 

4. Après les affirmations contenues dans "Amoris lætitia" n. 302 à propos des "circonstances qui atténuent la responsabilité morale", faut-il encore considérer comme valide l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 81, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, selon lequel "les circonstances ou les intentions ne pourront jamais transformer un acte intrinsèquement malhonnête de par son objet en un acte subjectivement honnête ou défendable comme choix" ?

 

5. Après "Amoris lætitia" n. 303, faut-il considérer comme encore valide l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 56, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, qui exclut une interprétation créatrive du rôle de la conscience et affirme que la conscience n’est jamais autorisée à légitimer des exceptions aux normes morales absolues qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais de par leur objet ? (Fin des 5 dubia)

 

On peut aussi lui demander simplement si elle est au courant qu'un schisme s'est ouvert dans l'Eglise du fait d'Amoris laetitia (Tagespost) ? Que le Père Mark A. Pilon, prêtre du diocèse d'Arlington en Virginie (Etats-Unis), ancien président de la théologie systématique au Séminaire Mount St. Mary, a parlé des effets très diviseurs d'Amoris laetitia et des problèmes moraux que posent la nouvelle pastorale et pour qui "il ne faut pas croire que la solution à base de conscience personnelle va s'arrêter à la question des divorcés civilement et remariés. "Le même principe doit s'appliquer en dernier ressort aux unions homosexuelles, aux couples vivant en concubinage, et même à toute personne sexuellement active en dehors d'une union de mariage valide." Ce qui ne manquera pas de susciter "un torrent de solutions à base de 'for interne de la conscience', solutions à toutes les questions morales contestées" ?

 

Ou, si elle a pris connaissances des anathème du père dominicain Thomas Petri, vice-président et doyen de la Faculté Pontificale de l'Immaculée Conception de la maison d'études dominicaines, pris à l'encontre des interprétations hétérodoxes d'Amoris Laetitia ?

Si elle a pris connaissance de la déclaration de Mgr Benno Elbs, évêque de Feldkirch (AU) à propos d'AL : "L’enseignement est modifié dans la mesure où les fidèle peuvent maintenant décider en conscience de ce qu’ils peuvent faire" (Mgr Benno Elbs)

 

A-t-elle également lu la remarque du père Thomas Michelet, dominicain chargé de cours de sacramentaire à l’Angelicum, sur le site Famille Chrétienne au sujet du risque d'une "double morale" ?

 

"Que penser de la note 351, qui semble introduire une forme d’ambiguïté ?

 

C’est la suite de la distinction précédente entre les deux plans, dont on tire la conclusion. Dans une « situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement » (n. 302), la note 351 évoque « l’aide des sacrements » ; alors que le point de vue objectif dans Familiaris consortio et le Canon 915 s’y oppose.

 

Les deux plans (objectif et subjectif) ne sont pas suffisamment intégrés. On risque alors d’aboutir à la « double morale » que dénonçait Veritatis Splendor (n. 56) et que veut éviter Amoris laetitia (n. 297) : d’un côté une morale de l’objectivité qui parle de péché grave et interdit l’accès au sacrement ; de l’autre une morale de la conscience qui le nie.

 

Si l’on veut que « Amour et Vérité se rencontrent » (Amoris laetitia et Veritatis Splendor), il faut articuler les deux plans en rappelant que le « discernement selon l’enseignement de l’Église » (AL 297) doit viser la réception de la norme au for interne, la prise de conscience de la contradiction objective, et ainsi la décision mûre de ne plus communier tant que cette contradiction ne sera pas pleinement résolue en vérité."

 

D'autre part, cette personne dans la phrase "Amoris Laetitia redonne au pénitent sa dignité à travers l’exercice de sa liberté et au nom d’une exigence qui, en réalité, est renforcée !", affirme en même temps au moins trois erreurs.

 

La première laisse entendre qu'Amoris laetitia redonnant au pénitent sa dignité au travers de l'exercice de sa "liberté" signifie que pendant deux mille ans l'Eglise a été une institution liberticide qui a combattu la dignité de l"homme ! La deuxième prétend que l'homme laissé à son choix de faire le mal devient "digne" de pouvoir faire le mal devant Dieu... La troisième erreur laisse entendre que l'exigence de faire le bien est également compatible avec le choix et la réalisation du mal, avec la bénédiction de l'Eglise. L'ensemble serait un acte de libération, faire le bien ou faire le mal étant indifférent. On n'est pas loin du satanisme, de cette fausse "liberté" de Satan qui disait vous pouvez manger du fruit de l'arbre, "vous n'en mourrez pas!" (Gn, 3:4)

 

Ces sophismes sont contraires à notre civilisation gréco-latine et chrétienne. Nous plongeons dans un univers tyrannique où l'homme d'Eglise lui-même est supprimé, devient inutile, ainsi que les sacrements de l'Eglise (la confession, la nécessité de la pénitence) et où les textes et l'autorité pastorale ou juridique de l'Eglise, eux-mêmes, deviennent liberticides ! C'est une conception erronée et une corruption de la liberté qui ne se trouve qu'en Dieu, et non en dehors de lui.

Ici, nous pouvons lire ce commentaire :

 

TOUTE la Tradition dit que le mariage est indissoluble ainsi que le rappelle le Concile de Trente :
 

Canons sur le sacrement du mariage (CONCILE DE TRENTE)

1807
7. Si quelqu'un dit que l'Eglise se trompe quand elle a enseigné et enseigne, conformément à l'enseignement de l'Evangile et de l'Apôtre Mt 5,32 Mt 19,9 Mc 10,11-12 Lc 16,18 1Co 7,11 que le lien du mariage ne peut pas être rompu par l'adultère de l'un des époux, et que ni l'un ni l'autre, même l'innocent qui n'a pas donné motif à l'adultère, ne peut, du vivant de l'autre conjoint, contracter un autre mariage ; qu'est adultère celui qui épouse une autre femme après avoir renvoyé l'adultère et celle qui épouse un autre homme après avoir renvoyé l'adultère : qu'il soit anathème.


François laisse entendre qu'un divorcé-remarié peut dans certains cas aller communier...

François est-il anathème ?

Pour toutes ces raisons, nous pouvons parler d'une nouvelle et d'une fausse miséricorde, dès lors que la nouvelle "miséricorde" consacre un anthropocentrisme négateur de la nature de l'homme et de sa fin dernière (Dieu). Ce dernier aspect insistant sur la nature de l'homme a bien été mis en lumière par Don Alfredo Morselli pour Messainlatino.it, dans l'article "Amoris Laetitia: la logique de l'hérésie" : "Il ne peut pas être miséricorde d'accorder à l'homme de ne pas être ce qu'il est.."

"Amoris Laetitia: la logique de l'hérésie", Don Alfredo Morselli sur Messainlatino.it, le 27 décembre 2016, "Corrispondenza Romana"

"Amoris Laetitia: la logique de l'hérésie", Don Alfredo Morselli sur Messainlatino.it, le 27 décembre 2016, "Corrispondenza Romana"

"Il ne peut pas être miséricorde d'accorder à l'homme de ne pas être ce qu'il est.. La loi guide l'homme à vivre selon sa propre nature, qui est comme l'a dit S. Thomas d'Aquin, de réaliser en lui-même l'image de Dieu. ("... restat consideremus ut de eius imaginer, idest de homine, secundum quod est et ipse suorum operum principium, presque liberum arbitrium habens et suorum operum potestatem": S. Th Objection pr.)

 

Satisfaire un acte mauvais revient à dire à l'homme : "comme je suis miséricordieux, je vous accorde de ne pas construire en vous l'image divine" : l'alternative n'est pas seulement l'absence du bon, mais la mort, salaire du péché, le résultat funeste que le diable essaie de cacher: "vous ne mourrez pas!" (Gen 3.4.)

 

Il ne peut pas être la miséricorde de faire croire à l'homme qu'est bien ce qui est son mal, et d'encourager les deux personnes qui ne sont pas mari et femme à vivre comme si elles l'étaient.

 

Et il ne peut pas être la miséricorde le fait d'assumer un sacrement qui signifie l'union parfaite avec le Christ par la foi et la charité, quand cette union n'est pas parfaite et en acte, mais est imparfaite en foi et en charité : et donc les espèces consacrées sont supposées être emprisonnées dans un corps, sans pouvoir en aucune façon bénéficier à cette personne qui les reçoit sans les dispositions nécessaires.

 

La conception volontariste de la loi [la définition par l'homme du Bien et du Mal "selon l'idée qu'il s'en fait" NdCR.] est une sorte de méta-hérésie qui imprègne l'atmosphère ecclésiale aujourd'hui, l'humus dans lequel se développent aujourd'hui l'une, ou tantôt l'autre de ces hérésies." Suite

Enfin, l'homme a été créé pour connaître la vérité, louer, aimer et servir Dieu, Notre Créateur et notre fin. C'est tout l'enseignement traditionnel de l'Eglise. Laisser l'homme à son seul jugement du bien et du mal, selon l'idée qu'il s'en fait, c'est prendre le risque de lui cacher que Dieu, Notre Créateur, est aussi notre fin, notre seule joie, notre seule Espérance. C'est aussi prendre le risque de lui cacher qu'il est du devoir de l'homme de rapporter tout ce qu'il fait à ce but, et qu'il doit se conformer à la vérité, s'il veut être heureux en atteignant la vérité.

"Je suis le chemin, la vérité et la vie; nul ne vient au Père que par moi."

Evangile selon S. Jean, XIV, 6.

Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu'à présent, le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s'en emparent.

Evangile selon S. Mathieu, XI, 12

Saint Grégoire, pape et docteur de l'Eglise (+ 604) "L'ancienne Loi...frappait les pécheurs par des peines rigoureuses, mais sans les ramener à la vie par la pénitence. Mais Jean Baptiste, annonçant la grâce du Rédempteur, prêche la pénitence afin que le pécheur, mort par suite de son péché, vive par l'effet de sa conversion : c'est donc vraiment depuis lors que le Royaume des cieux s'est ouvert à ceux qui le prennent de force.

 

Qu'est-ce que le Royaume des cieux, sinon le séjour des justes ?... Ce sont les humbles, les chastes, les doux, les miséricordieux qui parviennent aux joies d'en haut. Mais quand les pécheurs...reviennent de leurs fautes par la pénitence, eux aussi obtiennent la vie éternelle et entrent dans ce pays qui leur était étranger. Ainsi..., en enjoignant la pénitence aux pécheurs, Jean leur a appris à faire violence au Royaume des cieux." (S. Grégoire le Grand, pape et docteur de l'Église, Homélie 20 sur les Evangiles, § 14 )

Dans la parabole de la porte étroite en Luc 13:24, le Christ nous avertit: "Luttez pour entrer par la porte étroite; car beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne pourront pas."

 

Et en Matthieu 7:13-14 : "Entrez par la porte étroite; car large est la porte, et spacieuse la voie qui conduit à la perdition, et nombreux sont ceux qui y passent; car étroite est la porte, et resserrée la voie qui conduit à la vie, et il en est peu qui la trouvent!"

 

"Celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des cieux. (Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,17-19

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 06:25
La "Conscience" ne peut pas justifier la communion pour les remariés, a déclaré l'évêque de l'Ordinariat

Source: ‘Conscience’ cannot justify Communion for the remarried, says Ordinariate bishop,Catholic Herald,  by Staff Reporter, posted Wednesday, 18 Jan 2017

 

L'Ordinariat regroupe les convertis venant de l'anglicanisme.

 

Traduction Chris-Roi

 

Mgr Steven Lopes, chef de la branche américaine de l'ordinariat, a publié une lettre pastorale qui réaffirme l'enseignement traditionnel de l'Église sur la communion pour les remariés.

Vendredi, les évêques de Malte ont déclaré que les personnes remariées pourraient trouver "impossible" de vivre comme frère et sœur, et pourraient donc prendre la communion s'ils se sentaient "en paix avec Dieu".

Mais le document de l'Ordinariat, qui a été envoyé aux 42 paroisses ordinaires et aux communautés des États-Unis, répète l'enseignement des papes, y compris de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Il dit que les couples divorcés et civilement remariés ne peuvent recevoir la communion que s'ils sont "engagés à la continence complète".

Dans le document de 16 pages intitulé Une Vérité engagée, l'évêque Lopes affirme que l'indissolubilité fait partie de la nature du mariage et que les dogmes de l'Eglise "illuminent le chemin de la foi".

Sur la question de l'Eucharistie, il écrit que, avant de recevoir la communion, un catholique doit avouer tout péché objectivement grave, et prendre une résolution de ne pas commettre de nouveau le péché - dans ce cas, l'adultère -.

L'évêque écrit: "Un couple civilement remarié prenant fermement la décision de la chasteté complète résout ainsi de ne pas pécher de nouveau, ce qui diffère en nature d'un couple civilement remarié qui n'a pas fermement l'intention de vivre la chasteté, bien qu'ils puissent ressentir de la tristesse pour l'échec de leur premier mariage. Dans cette situation, ils ne reconnaissent pas que leur impudicité, c'est-à-dire l'adultère, est gravement erronée, ou qu'ils n'ont pas fermement l'intention d'éviter le péché.

Le document dit qu'une résolution ferme de modifier est une étape nécessaire avant de recevoir la communion. "A moins que et jusqu'à ce que les remariés civils prennent honnêtement l'intention de s'abstenir entièrement de relations sexuelles, la discipline sacramentelle ne permet pas la réception de l'Eucharistie", dit-il.

Le document maltais prétendait qu'une telle résolution pouvait être "impossible" et qu'une "conscience informée et éclairée" pouvait décider de recevoir la communion.

L'évêque Lopes dit, en revanche, que la résolution est difficile mais possible, puisque Dieu "ne nous abandonne jamais dans notre faiblesse et notre besoin". Il rejette également l'idée que la conscience puisse trouver des "exceptions" aux interdictions morales absolues, comme celles de l'adultère. Plutôt: "La parole de Dieu et l'enseignement autoritaire de l'Église fournissent une vérité permanente pour l'éducation de la conscience".

Citant le Catéchisme, l'évêque ajoute : "La conscience n'est pas une loi en elle-même, et la conscience ne peut à juste titre écraser la sainte loi de Dieu, car la conscience 'témoigne de l'autorité de la vérité' mais ne crée pas cette vérité."

Citant également l'enseignement de S. Jean-Paul dans Familiaris Consortio, "l'interdiction de l'adultère n'admet aucune exception et le discernement à l'égard de la culpabilité individuelle et la croissance ne nous permet pas de considérer la loi comme un simple idéal à réaliser à l'avenir." Il aussi cité l'enseignement de Jean-Paul II selon lequel il n'existe pas de "différents degrés ou de formes de précepte dans la loi de Dieu pour différents individus et situations."

Le document dit que ceux qui vivent en tant que frère et sœur peuvent recevoir la communion quand il y a des "raisons sérieuses", comme la nécessité de prendre soin des enfants, ce qui les empêche de se séparer entièrement. Il dit aussi que la réception de la communion doit éviter les "occasions de confusion et de scandale".

Ailleurs dans le document, Mgr Lopes explique comment accompagner les divorcés et se remarier. Il dit qu'un tel accompagnement commence "en rappelant aux gens dans cette circonstance qu'ils sont aimés de Dieu et qu'ils restent des membres chéris de l'Église".

Il recommande également que les divorcés remariés civilement examinent si leur premier mariage était valable et s'il est possible de demander une annulation.

Mgr Lopes affirme que Amoris Laetitia doit être protégé contre ceux, y compris les médias laïques, qui "l'abuseraient pour promouvoir des pratiques contraires à l'enseignement de l'Église".

La plupart des membres de l'ordinariat sont d'anciens anglicans, et le groupe conserve les traditions anglicanes tout en étant entièrement catholique. Mgr Lopes a dit qu'il pourrait donc s'appuyer sur l'expérience de différents enseignements dans la Communion anglicane, qui a souvent accueilli le divorce, la contraception et les unions homosexuelles. "Cette communion (anglicane) en conséquence s'est fracturée compte tenu que le simple enseignement de l'Écriture, de la Tradition et de la raison a été rejetée."

Mgr Lopes a noté que la communion anglicane a également permis la communion pour les remariés.

L'évêque a déclaré que les anciens anglicans devenus catholiques par l'intermédiaire de l'Ordinariat ne subissent pas l'enseignement catholique "comme étranger ou externe, mais comme le nôtre.  L'indissolubilité du mariage est notre propre enseignement, trouvé dans l'Écriture, dans Notre Seigneur, dans notre liturgie, dans la raison et dans la nature même du mariage, et dans la Tradition de l'Église dont nous faisons partie."

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 18:49
Eugénisme - un charlatan vient prêcher le contrôle des naissances au Vatican

L'homme, figure phare du contrôle des naissances, vient donner des leçons au Vatican sur la façon de sauver la planète en sacrifiant les hommes. Cela semble incroyable et pourtant c'est vrai. Nous parlons de Paul R. Ehrlich, biologiste américain devenu célèbre en 1968 avec le livre "The Population Bomb", la bombe démographique. Ce fut le début d'une gratifiante (pour leurs auteurs) saison de publications éco-catastrophique dans lesquelles l'homme était la véritable cible.

Tout naturellement, la présence de Ehrlich au Vatican a déjà suscité des protestations de la part de groupes pro-vie et d'associations américaines pro-famille, et pas seulement pour des raisons morales, mais aussi pour des raisons scientifiques : que pourrait jamais dire de si intéressant un Ehrlich qui a eu tout faux dans toutes les prévisions faites à l'époque avec tant de complaisance? "La bataille pour nourrir l'humanité tout entière est définitivement perdue", ainsi commençait le livre "The Population Bomb", qui annonçait dix millions de décès dûs à la faim, chaque année, aux États-Unis dès les années 70 du siècle dernier, ainsi que des centaines de millions qui auraient dû se produire en Chine et en Inde en raison de l'explosion démographique. Pourtant, si la population mondiale était à cette époque d'environ 3 milliards d'êtres humains, cette population a plus que doublé depuis près de quarante ans; non seulement ces sombres prédictions ne se sont pas vérifiées, mais on observe également que la population souffrant de malnutrition et de sous-alimentation a diminué en termes absolus et en pourcentage.

Un charlatan donc, mais aux yeux des Académies pontificales évoquées ci-dessus, c'est un scientifique qui peut apporter une contribution importante à la sauvegarde de la planète, chose qui semble être maintenant la principale préoccupation des instances du Vatican.

Sources : BelgiCatho http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2017/01/17/le-vatican-va-t-il-soutenir-les-politiques-de-controle-des-naissances.html

 

Diakonos.be

https://www.facebook.com/www.diakonos.be/posts/1824224327834675

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 14:12
Trois évêques du Kazakhstan lancent un appel à la prière pour le Pape François

Trois évêques du Kazakhstan viennent de lancer un appel à la prière pour le Pape François. Il s’agit de NN. SS. Tomash Peta, évêque d'Astana, Jan-Paul Lenga, évêque émérite de Karaganda et Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana.

Les fidèles sont invités à prier pour que soit réaffirmé l’enseignement constant de l’Eglise sur l'indissolubilité du mariage.

Dans leur appel, les trois évêques mentionnent les enseignements du Catéchisme et de l’Exhortation apostolique “Sacramentum Caritatis” de Benoît XVI :

 

“L’Eucharistie fortifie d’une manière inépuisable l'unité et l’amour indissoluble de tout mariage chrétien. En lui, en vertu du sacrement, le lien conjugal est intrinsèquement relié à l’unité eucharistique entre le Christ époux et l'Église épouse (cf. Ep 5, 31-32). (...) Si l’Eucharistie exprime le caractère irréversible de l’amour de Dieu pour son Eglise dans le Christ, on comprend pourquoi elle implique, en relation au sacrement de Mariage, l’indissolubilité à laquelle tout véritable amour ne peut qu’aspirer.

 

(...) Le Synode des Evêques a confirmé la pratique de l’Eglise, fondée sur la Sainte Ecriture (cf. Mc 10, 2-12), de ne pas admettre aux sacrements les divorcés remariés, parce que leur état et leur condition de vie contredisent objectivement l’union d'amour entre le Christ et l’Eglise, qui est signifiée et mise en œuvre dans l’Eucharistie. (...)” (Cf. nn. 27-29)

Source: Pro Liturgia, Actualité du mercredi, 18 janvier 2017.

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 14:07
Combien de doigts François lève-t-il maintenant ? Amoris Laetitia et la Soumission

Source : How Many Fingers is Francis Holding Up Now? Amoris Laetitia and Submission, OnePeterFive, Hilary White, January 10, 2017

 

Traduction Christ-Roi

 

 

Nous entendons plus de plaintes au sujet du schisme. Pourquoi est-ce que l'Église est divisée ? Pourquoi ne pas simplement "mettre nos différences de côté" ?

 

Simplement, parce que deux choses logiquement opposées ne peuvent pas toutes deux être vraies [en même temps.NdCR].

 

Cette semaine, on nous a offert deux entrevues qui décrivent très bien les principales divisions dans l'Eglise d'aujourd'hui et la raison pour laquelle l'Eglise est maintenant divisée en deux camps totalement opposés et implacablement en lutte pour leur influence. Ce sont bien entendu les deux mêmes partis qui ont été engagés pendant cinquante ans dans une guerre civile froide prolongée qui, avec la publication d' Amoris Laetitia, a éclaté dans la conscience publique, tout feu tout flammes.

 

En fait, les deux points de vue divergents des entrevues illustrent également l'immense fossé qui existe dans tous les aspects du discours social à travers les terres autrefois connues sous le nom de chrétienté. Ils nous donnent un aperçu de la raison pour laquelle Amoris Laetitia - et les exigences aiguës de la soumission à elle - est si important comme une ligne de démarcation entre les restes de l'ancien monde et le Nouveau Brave Paradigme qui a lutté pour le contrôle de notre civilisation depuis Le début du XX e siècle.

 

Le Père Antonio Spadaro, l'ami proche du pape, a publié aujourd'hui dans La Civilta Catholica une interview avec le Cardinal Christoph Schönborn, le prélat que le pape a déclaré être l'interprète autorisé d'Amoris Laetitia. Le même jour, nous avons une autre entrevue avec le cardinal Burke par Michael Matt, rédacteur en chef du vénérable magazine Remnant .

 

Dans la première, Spadaro demanda au cardinal Schönborn:

 

"Certains ont parlé de 'La joie de l'amour' (Amoris laetitia. NdCR.) comme un document mineur, une opinion personnelle du pape, sans valeur magistrale complète. Quelle valeur cette exhortation possède-t-elle? Est-ce un acte du magistère? Cela semble évident, mais il est bon de le spécifier maintenant, afin d'empêcher certaines voix de créer la confusion entre les fidèles quand ils affirment que ce n'est pas le cas..."

 

Son éminence répondit:

 

"Il est évident que c'est un acte du magistère: c'est une exhortation apostolique. Il est clair que le pape exerce ici son rôle de pasteur, de maître et d' enseignant de la foi, après avoir bénéficié de la consultation des deux synodes."

 

Dans l'interview de Remnant , Mike Matt a demandé au Cardinal Burke essentiellement la même question: Amoris Laetitia est-t-elle 'autoritaire' dans le sens d'une exigence de consentement de la part les fidèles.

 

Le cardinal américain a répondu:

 

"Comme je l'ai dit au début, la forme même d'Amoris Laetitia, et en fait les paroles du Pape dans le document, indiquent que ce n'est pas un exercice du magistère pontifical. Et la façon dont le document est nécessairement lu, comme pour tout document, c'est à la lumière de l'enseignement et de la pratique constante de l'Église. Et ainsi les déclarations en AL qui sont en accord avec l'enseignement constant de l'Église et la pratique sont certainement très bonnes. Mais il y a un certain nombre de déclarations qui sont au mieux confuses et qui doivent être clarifiées, et c'est pourquoi quatre cardinaux d'entre nous ont posé, selon la pratique traditionnelle dans l'Église, cinq questions au Saint-Père ayant à voir avec les fondements mêmes de la vie morale et de l'enseignement constant de l'Eglise à cet égard."


 

Regardez attentivement ces deux réponses pour discerner la grande différence dans la compréhension sous-jacente de ce que le Catholicisme est réellement. Burke a abordé la nature du contenu du document, nous demandant de considérer si ce qu'il dit est objectivement catholique.

 

Schönborn ne s'inquiète que du fait que le document lui-même vienne du pape. C'est l'enseignement catholique parce que le pape le dit. Son contenu n'est pas pertinent. Si elle contredit 2000 ans de pratique, si elle contredit même les paroles du Christ dans l'Écriture - c'est sans importance. C'est le pape, donc il parle avec autorité [Cette position contredit les critères bien précis de l'infaillibilité pontificale définie au Concile Vatican I en 1870, critères qui exigent que le document dans lequel le pape entend parler avec autorité mentionne qu'il parle en tant que successeur de S. Pierre (pontife romain), ex cathedra (c'est-à-dire dans l'accomplissement de sa fonction comme pasteur et enseignant de tous les chrétiens, et en vertu de son autorité apostolique suprême, qu'"il définit" en matière de foi ou de morale (les moeurs), et que le document exige l'adhésion de l'ensemble des fidèles, c'est-à-dire que la doctrine présentée soit "tenue pour vraie dans toute l'Eglise". Ce que ne mentionne pas Amoris laetitia. Par exemple, dans Munificentissimus Deus, la définition infaillible du pape Pie XII sur l'Assomption de la Vierge Marie, les formules suivantes sont indiquées en conclusion : "Qu'il ne soit permis à qui que ce soit de détruire ou d'attaquer ou contredire, par une audacieuse témérité, cet écrit de Notre déclaration, décision et définition. Si quelqu'un avait la présomption d'y attenter, qu'il sache qu'il encourrait l'indignation du Dieu Tout-Puissant et des bienheureux apôtres Pierre et Paul." L'attitude du pape et de ceux qui le suivent dans Amoris laetitia ressort d'une sorte de super-infaillibilité en toute occasion, à tout propos, y compris et surtout lorsque le pape contredit l'Evangile et 2000 ans d'enseignement traditionnel de l'Eglise sur le mariage. NdCR.]

 

Ce n'est qu'après avoir établi cela comme le critère le plus élevé qu'il commence à traiter le contenu du document, en disant: "Je ne doute pas qu'il faille dire qu'il s'agit d'un document pontifical de grande qualité, un enseignement authentique de Sacra doctrina, Nous renvoyons à la pertinence contemporaine de la Parole de Dieu". Mais même ici, il renonce à sa mentalité positiviste, qui implique qu'une contradiction - oui, les adultères peuvent maintenant recevoir la communion - peut être justifiée d'une certaine façon simplement parce qu'on est en 2017.

 

La vérité, la réalité, la nature humaine, les intentions de Dieu - et donc le Catholicisme - sont toutes mutables, et il est du devoir des ecclésiastiques (et bien des ecclésiastiques!) de comprendre ce qu'il en est maintenant. Schönborn dit de nouveau:

 

"Nous sommes conduits de manière vivante à faire une distinction entre la continuité des principes doctrinaux et la discontinuité des perspectives ou des expressions historiquement conditionnées . C'est la fonction qui appartient au magistère vivant: interpréter authentiquement la parole de Dieu, qu'elle soit écrite ou transmise."

 

Ceci, d'ailleurs est une expression du néo-modernisme ; L'idée que la doctrine catholique doit être "reformulée", c'est-à-dire exprimée de façon nouvelle pour convenir à "l'homme moderne".

 

Dans son paragraphe suivant, Schönborn est encore plus explicite sur les intentions du pape d'abandonner les fondations philosophiques catholiques traditionnelles sur la nature de la réalité, y compris la nature humaine, comme immuables:

 

"Dans cette sphère des réalités humaines, le Saint-Père a fondamentalement renouvelé le discours de l'Eglise - certainement dans la ligne de son exhortation apostolique 'La joie de l'Evangile', mais aussi de la 'Constitution pastorale sur l'Église dans le monde moderne', Qui présente des principes doctrinaux et des réflexions sur les êtres humains d'aujourd'hui qui sont en évolution continue . Il y a une ouverture profonde à accepter la réalité."

 

 

On ne nous dit pas exactement ce que sont ces "principes doctrinaux". Mais on nous dit chaque jour que peu importe ce qu'ils sont, nous sommes obligés de nous y soumettre.

 

Les déclarations contrastées de ces deux entrevues montrent que nos divisions sont fondées sur deux conceptions irréconciliables opposées de la nature de la réalité , et donc du Catholicisme, aux plus hauts niveaux de l'Église.

 

La première de ces deux visions du monde universelles divergentes est:

 

La vérité, la réalité, est que nous le percevons pour être; donc la religion Catholique est ce que nous disons qu'il est.

 

Le Positivisme [1] - La vérité, la réalité, est telle que nous la percevons ; donc la religion catholique est ce que nous disons qu'elle est. Elle n'a aucune relation avec la réalité extérieure, qui elle-même peut ou non exister et qui, en tout état de cause, n'est pas pertinente. Le catholicisme peut et doit être changé, même dans son essence, pour s'adapter aux besoins changeants de la société, des hommes et des femmes contemporains ou à quelque critère que nous décidions. Non seulement il n'existe pas une nature humaine immuable qui reste soumise aux mêmes lois morales dans toute l'histoire humaine, mais il n'y a pas de nature analogue à la vérité ou même à Dieu. Dieu peut changer son esprit, et c'est à nous de discerner, en examinant les "signes des temps" ou les tendances de l'histoire (ou quoi que ce soit) en quoi consiste Sa nouvelle volonté pour les êtres humains.

 

L'idée qu'il existe une nature immuable à la Vérité et qu'elle s'applique également à la nature humaine immuable est intrinsèquement oppressive, régressive et injuste, légaliste, rigide et "non pastorale".

 

La seule chose que nous devons savoir, c'est que cette volonté muette de Dieu est transmise par le pape, et seulement le pape, et / ou ses intermédiaires choisis. "Faites comme on vous", constituera toute la loi pour des gens comme nous.

 

La deuxième vision du monde est:

 

Le Réalisme épistémologique [2] - La réalité existe d'une manière particulière en dehors de nos perceptions et de son appréhension [Cf. L'allégorie de la caverne du philosophe Platon (La République, Livre VII), qui met en scène des hommes enchaînés et immobilisés dans une demeure souterraine qui tournent le dos à l'entrée et ne voient que leurs ombres et celles projetées d'objets au loin derrière eux. Elle expose en termes imagés les conditions d'accession de l'homme à la connaissance de la réalité, ainsi que la non moins difficile transmission de cette connaissance. Cf. Video illustrée ci-dessous. NdCR.]. Le bon usage de l'intellect humain est de découvrir et d'articuler cette réalité, y compris la réalité ultime de Dieu et sa relation à l'homme. Par conséquent, le Catholicisme n'est rien de plus qu'une description exacte de la réalité objective, immuable, extérieure et ne peut être changé par la fiat humain [la volonté de l'homme... Faux principe que l'on retrouve par exemple dans les "droits de l'homme de 1789" en leur article 3 qui prétend que "le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation", autrement dit en la volonté de l'homme qui peut dire ce qui est bien et mal, sans Dieu... avec les résultats que l'on voit. NdCR.]. Le Catholicisme, selon le Réaliste épistémologique, a la même qualité de valeur par rapport à la réalité objective qu'ont les mathématiques et la physique.

Dans la caverne, les humains sont enchaînés de sorte qu'ils ne « peuvent voir que devant eux ». Une lumière leur vient de derrière eux, d'un feu allumé sur une hauteur. La lumière extérieure passe par une ouverture de la caverne, de sorte que le corps de chaque prisonnier projette son ombre sur les parois. Des choses et d'eux-mêmes, ils ne connaissent que les ombres projetées sur les murs de leur caverne. Des sons, ils ne connaissent que les échos. Ils prennent ces ombres et ces échos pour la réalité. Que l'un d'entre eux soit libéré de ses chaînes et accompagné de force vers la sortie, il sera d'abord cruellement ébloui par une lumière qu'il n'a pas l'habitude de supporter. Il souffrira de tous les changements. Il résistera et ne parviendra pas à percevoir ce que l'on veut lui montrer. Alors, Ne voudra-t-il pas revenir à sa situation antérieure ? S'il persiste, il s'accoutumera. Il pourra voir le monde dans sa réalité. Prenant conscience de sa condition antérieure, ce n'est qu'en se faisant violence qu'il retournera auprès de ses semblables. Mais ceux-ci, incapables d'imaginer ce qui lui est arrivé, le recevront très mal et refuseront de le croire : « Ne le tueront-ils pas ? »

Dans la caverne, les humains sont enchaînés de sorte qu'ils ne « peuvent voir que devant eux ». Une lumière leur vient de derrière eux, d'un feu allumé sur une hauteur. La lumière extérieure passe par une ouverture de la caverne, de sorte que le corps de chaque prisonnier projette son ombre sur les parois. Des choses et d'eux-mêmes, ils ne connaissent que les ombres projetées sur les murs de leur caverne. Des sons, ils ne connaissent que les échos. Ils prennent ces ombres et ces échos pour la réalité. Que l'un d'entre eux soit libéré de ses chaînes et accompagné de force vers la sortie, il sera d'abord cruellement ébloui par une lumière qu'il n'a pas l'habitude de supporter. Il souffrira de tous les changements. Il résistera et ne parviendra pas à percevoir ce que l'on veut lui montrer. Alors, Ne voudra-t-il pas revenir à sa situation antérieure ? S'il persiste, il s'accoutumera. Il pourra voir le monde dans sa réalité. Prenant conscience de sa condition antérieure, ce n'est qu'en se faisant violence qu'il retournera auprès de ses semblables. Mais ceux-ci, incapables d'imaginer ce qui lui est arrivé, le recevront très mal et refuseront de le croire : « Ne le tueront-ils pas ? »

Combien de doigts François lève-t-il maintenant ? Amoris Laetitia et la Soumission
Combien de doigts François lève-t-il maintenant ? Amoris Laetitia et la Soumission

C'est la vision du monde philosophique "classique" qui a formé le fondement de ce que nous appelons maintenant la pensée et la civilisation "occidentale". Dans ce paradigme, il n'est pas possible pour l'Église de dire qu'un jour quelque chose est interdit, et de prétendre que, par le "développement" ou le "discernement pastoral", cette chose est désormais permise. Un "non" ne peut pas "se transformer" avec le simple passage du temps ou des différences culturelles en un "oui".

 

Sous ce paradigme, le Catholicisme, y compris dans sa "pratique pastorale" dans les "cas concrets", est un tout unifié qui est rationnel; il ne se contredit ni ne s'oppose jamais à lui-même, ni même à son passé, ni à des phénomènes observables.

 

Le Réalisme épistémologique est tout simplement l'idée que "la réalité est une chose réelle" et qu'elle peut à certains égards être appréhendée par la perception humaine, par la raison [3] . Il est apparu dans l'histoire enregistrée en Grèce et a été développé dans un flux continu à travers les philosophes médiévaux et a formé la pensée catholique depuis la fondation de l'Église. C'est aussi le fondement de toutes les sciences naturelles modernes, de la géométrie d'Euclide aux observations astronomiques de Galilée et de Copernic, aux sciences médicales et biologiques à la NASA. Son application dans le Catholicisme repose sur la prémisse qu'il y a une chose comme une nature divine et une nature humaine qui sont les mêmes en tous temps et en tous lieux.

 

Nous constatons de plus en plus que, dans l'Église, c'est le positivisme qui est le fondement philosophique de la révolution post-conciliaire. C'est pourquoi nous qui écrivons sur cette situation avons commencé à utiliser le terme de "positivisme papal", en raison de l'idée que le pape peut, par une sorte de pouvoir mystique accordé à sa fonction, décider qu'il est temps de changer la pratique eucharistique pour s'opposer à la doctrine eucharistique.

 

En outre, la réponse furieuse aux Dubia par de nombreux prélats en faveur du pape - avec des accusations hystériques de "schisme" jetées aux Quatre cardinaux - nous montre où mène le positivisme. Amoris Laetitia démontre que, comme principe directeur, le positivisme pontifical se réduit à un exercice de pouvoir politique, fondé sur l'hypothèse d'une capacité divine du pape à changer ou ignorer même la nature de la réalité.

 

On pourrait dire qu'Amoris Laetitia représente les quatre doigts Orwelliens se tenant devant toute l'Eglise, avec la demande que nous disons tous qu'il y en a cinq. Le contenu réel, le nombre réel des doigts, est sans importance. La seule chose qui compte, c'est notre empressement à nous soumettre.

 

Il y a quelques jours, juste avant de publier cette interview, Spadaro a dit au monde entier sur Twitter que la nouvelle théologie n'a rien à voir avec la réalité objective, et que d'insister sur le fait qu'elle doit l'être, c'est penser de façon erronée.

 

jésuite Spadaro certitude théologie catholique [Lire cet article de Reinformation. tv : « 2 + 2 = 5 » : le jésuite Spadaro met en cause la certitude en théologie catholique.NdCR.]

 

Le fait que le nouveau paradigme anti-rationnel n'a pas encore reçu la soumission appropriée a été démontré par le fait qu'on l'a pointé du doigt et que sur Twitter, on a ri de cette absurdité. Il a été plutôt passé impitoyablement au crible pour cette affirmation .

 

Cette déclaration manifestement anti-rationnelle a été prise à juste titre, comme un signe d'un esprit à demi dérangé, ou d'un déformé intellectuellement incapable d'une pensée mûre, encore moins de tout commentaire précieux.

 

D'ailleurs, aussi stupéfiant que cela puisse paraître, Spadaro, dans l'embarras, n'a pas retiré cette affirmation, comme on le ferait si on avait été pris en négligence en posant quelque chose de stupide qui blesserait sa propre cause. Au lieu de cela, il en a remis une couche, en essayant dans d'autres affirmations de justifier et de défendre cette "position". Il était évident qu'il ne voyait rien de mal selon lui, il ne pouvait pas comprendre pourquoi il avait reçu une telle réaction, et n'a rien appris du tout des nombreuses corrections - certains apparemment loin d'être dérisoires - qu'il reçut en réponses.

 

Alors que nous n'arrêtions pas de rire, il a répondu de la seule façon qu'un Positiviste peut: par la force. Il a bloqué tout le monde qui avait fait des commentaires. Le fait qu'il pensait que ses affirmations écrites faisaient une sorte de sens, il était prêt à essayer de les défendre, puis il a répondu par la force, ce qui en étant la partie la plus hilarante de l'échange est aussi le plus révélateur.

 

Comme je l'ai dit, l'un des effets les plus utiles et les plus fructueux de ce pontificat a été de révéler les échecs intellectuels, doctrinaux et formatifs des prélats catholiques modernes. Continuez à parler, les gars, pour que tout le monde puisse vous voir et se décider. Nous sommes dans le temps de la Grande Clarification.

 

Aujourd'hui, grâce à Spadaro et à Schönborn qui nous disent ce qu'ils pensent réellement, nous pouvons comprendre encore plus clairement pourquoi la semaine dernière le Pape Bergoglio les a chargés d'interpréter et de diffuser ses idées. C'est le pape qui ne voit aucune difficulté à proposer des idées sauvagement divergentes et logiquement opposées d'un jour à l'autre. Qui n'a aucun scrupule à changer simplement 2000 années d'enseignement et de pratique catholique, de réécrire l'Écriture pour convenir à tel ou tel point homilétique (Non, Votre sainteté, le miracle des pains et des poissons n'était pas sur le "partage" ni non plus que c'était un "symbole".) [Ce fut une réalité. NdCR.]

 

Ce que les gens qui ont dénoncé ces contradictions incompréhensibles n'ont pas compris, c'est que le "sens" est sans importance. Le but de ces communications n'a pas d'informer les fidèles catholiques de la pensée ou des réflexions du pape sur l'Écriture. Le contenu n'est pas pertinent; [Seul compte le moyen. Et ici ce moyen est d'affirmer que deux choses logiquement opposées puissent être vraies en même temps.

"Ce n'est pas le fond qui importe, c'est la forme qu'on va lui donner devant vous, qu'on veut que vous acceptiez par votre seule présence, même si vous ne dites pas un mot. Les idées n'importent plus, mais le mécanisme de la machine", disait Luce Quenette à propos de l'"engrenage révolutionnaire".

C'est cette méthode qui est utilisée et qui a fait dire à Guido Horst, le correspondant du journal allemand Tagespost à Rome que “Rome ne tient plus son rôle d’instance de clarification, mais se comporte en observateur silencieux de la disparition de l’unité dans l’action pastorale de l’Eglise”. NdCR.] Seule compte la soumission, seulement le pouvoir. Cela signifie que plus c'est ambigu, plus c'est contradictoire, plus c'est dénué de sens, plus c'est illogique, mieux c'est.

 

Et c'est ce que les gens ne voient pas. Il a été parfaitement cohérent dans toutes ses réponses, puisqu'il dit toujours la même chose: soumettez-vous. En effet, nous avons récemment rapporté qu'il savait très bien que son travail pour changer l'enseignement antique de l'Église devait reposer exclusivement sur l'exercice pur du pouvoir brut. Lorsque le cardinal Müller de l'ancien Saint-Office demanda pourquoi François avait exigé le licenciement brutal de trois de ses meilleurs prêtres, le pape a répondu comme tous les tyrans: "JE SUIS LE PAPE. Je n'ai à répondre à personne."

Source: http://www.onepeterfive.com/pope-orders-cardinal-muller-to-dismiss-three-cdf-priests/

Source: http://www.onepeterfive.com/pope-orders-cardinal-muller-to-dismiss-three-cdf-priests/

Le positivisme, le déni d'une réalité objective, doit conduire finalement à l'autoritarisme. S'il n'y a pas de réalité objective, il n'y a pas besoin de règles qui la considèrent; toute notion d'Etat de droit n'a plus de sens. Qu'est-ce que nous avons vu se produire tout au long de l'histoire quand la règle de droit tombe? Il ne reste plus que la règle du plus fort, la règle du pouvoir. C'est pourquoi, maintenant que le principe du "faisons-la-réalité-au-fur-et-à-mesure" est fermement en place à l'office Pontifical, le pape doit exercer une répression si furieuse contre la "dissidence", et même la douce "dissidence" diplomatique d’une demande polie pour une clarification.

 

Que signifie Amoris Laetitia?

 

"Cela signifie ce que je dis que cela signifie. Cela veut dire  "taisez-vous".

 

François est le pape de beaucoup de "premières", mais aucune d'elles n'est plus importante que d'être le premier pape à utiliser la papauté pour démolir le Catholicisme de ses fondements philosophiques les plus élémentaires. Il est le premier pape à utiliser la papauté comme un moyen d'injecter dans l'Eglise le nouveau principe anti-rationnel, un exercice d'orgueil presque incompréhensible. Il est celui, d'autre part, qui n’aurait pas pu s’en échapper il y a 50 ans, mais maintenant c’est rendu possible par le triomphe presque universel de la même vacuité philosophique dans toute notre civilisation. On nous a dit toute notre vie que la réalité objective ne compte pas et que nous pouvons tous décider pour nous-mêmes.

 

Ce que nous ne comprenons pas, c'est que dans un vide-réalité, celui qui a le plus de pouvoir décidera pour nous.

 

Le principe anti-rationnel a l'ascendance dans l'Église, mais parce que c'est une proposition intenable, il doit être appliqué par la force brute, une situation qui ne peut être maintenue indéfiniment, comme le savaient les empereurs et les tyrans du passé. Face à cette anti-rationalité, un homme calme et réticent, comme le cardinal Burke, peut frapper la terreur dans le cœur d'un tyran en disant simplement la vérité évidente.

 

NOTES:

 

[1] Le positivisme est la théorie philosophique de la connaissance qui affirme: "l'information est dérivée de l'expérience sensorielle, interprétée par la raison et la logique, [et] forme la source exclusive de toute connaissance faisant autorité".

[2] "La vérité consiste en une correspondance entre les représentations cognitives et la réalité".

[3] "La Raison" est l'application de la logique aux phénomènes observables pour percevoir avec précision la réalité. Elle présuppose donc qu'il y ait une réalité immuable et objective à percevoir.

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 07:57

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51oQ-Rs3zUL._SL500_AA300_.jpg "La contre-révolution ne sera point une révolution contraire, mais le contraire de la révolution"
(Joseph de Maistre, Considérations sur la France, fin du chapitre X, in J. de Maistre, Oeuvres, Edition établie par Pierre Glaudes, Bouquins Robert Laffont, p. 276). 

De même, "la bonne information (ou la réinformation) n’est pas une désinformation contraire mais le contraire de la désinformation" :

De Jean-Michel Beaussant, ce 17 janvier sur le site du bi-mensuel ‘L’Homme Nouveau »

« À l’occasion d’un entretien paru dans le journal catholique belge Tertio, le Pape François a dénoncé en décembre la désinformation comme « probablement le plus grand mal qu’un média puisse infliger ». Mais lutter contre cette désinformation, utilisée parfois au sein même de l’Église, implique une bonne finalité ancrée dans le réel.

« La désinformation, c’est ne dire que la moitié des choses, celles qui me conviennent, et ne pas dire l’autre moitié : de sorte que celui qui (la reçoit) ne peut bien juger les choses parce qu’il n’a pas tous les éléments, car ils ne lui ont pas été livrés… », avait déjà dit le Pape lors de l’audience du 22 mars 2014. Mais comme nous sommes tous pauvres pécheurs, ne sommes-nous pas tous plus ou moins coupables de désinformation – ce n’est pas Volkov qui me démentirait ! –, y compris le Pape lui-même dans des interviews parfois approximatives ? Quand il indique par exemple au journaliste athée, Eugenio Scalfari, que « chacun de nous doit obéir à sa propre conscience, chacun doit suivre le bien et combattre le mal selon l’idée qu’il s’en fait ». Sans préciser que chacun a aussi le devoir d’éclairer sa conscience pour la corriger en fonction de la loi morale naturelle, la norme objective. Sinon bienvenue aux fanatiques !

Attention à la restriction mentale

Plutôt qu’une désinformation (une manipulation), voici le ­type même de restriction mentale – chère à certains jésuites et dénoncée en son temps par Pascal – que d’aucuns reprochent aujourd’hui au Souverain Pontife de pratiquer, la question se posant éminemment pour Amoris lætitia. Restriction ou réserve mentale que l’on fait d’une partie de ce que l’on pense pour « apprivoiser » l’interlocuteur en considérant davantage ce qui nous unit que ce qui nous divise : oui, nous avons le même Dieu (unique) que les Juifs et les musulmans… au niveau de la philosophie (médiation possible). Mais non au niveau de la religion et de la vérité surnaturelle ! 

Cette logique restrictive, lorsqu’elle est employée à dessein pédagogique ou pacifique (et non par casuistique), est licite jusqu’à un certain point. Tout comme l’argument ad hominem, qui consiste à s’adresser à l’homme adverse en se plaçant sur son propre terrain, selon ses principes déficients, peut se révéler « payant ». Soit pour se préserver soi-même (demander la liberté aux libéraux), soit pour faire éclater la contradiction interne de l’adversaire par l’absurde : si vous êtes contre la peine de mort, soyez-le aussi avec l’avortement (ou à l’adresse du Pape contre la peine capitale : si le commandement « Tu ne tueras pas » ne peut souffrir aucune exception, au nom du principe selon lequel la fin ne justifie pas le moyen intrinsèquement désordonné, pourquoi celui « Tu ne commettras pas d’adultère » pourrait en connaître ?).

Argument ad hominem et restriction mentale peuvent ouvrir une brèche dans le monde logiquement déficient où s’est réfugié plus ou moins (in)consciemment l’interlocuteur. Mais ils ne peuvent se suffire à eux-mêmes. On ne doit surtout pas s’y enfermer à la manière de la taqiya des musulmans qui les oblige à la dissimulation tant qu’ils se sentent inférieurs ou vulnérables. Ces arguments prudentiels ou graduels ne doivent en aucun cas devenir des mensonges par omission pour tromper l’auditeur doctrinalement, voire nous tromper nous-mêmes. Car la fin, en effet, ne justifie jamais le mauvais moyen. Autrement dit, ces arguments doivent être parallèlement et simultanément dépassés ou corrigés par une autre argumentation supérieure, en adéquation totale avec la réalité (« Confesser sa foi demande que l’on croit non pas en partie ou à moitié, mais de croire toute la foi, cette foi qui est arrivée à nous par la voie de la tradition : toute la foi ! », déclarait le Saint-Père le 10 janvier 2014).

À se complaire exclusivement dans la restriction mentale ou l’argumentation ad hominem, à y revenir trop souvent, sans précautions, on peut se laisser prendre à son propre jeu. Finir par croire ou laisser croire que l’on approuve des choses qu’on ne devrait pas. Mettre un pied de trop, même petit et malin, chez le partenaire libéral ou relativiste, lâchant sur des principes non négociables – comme c’est le cas, notamment, de certains publicistes avec le « mariage » gay ou d’autres avec le « droit » à l’IVG –, par manque de discernement.

La bonne information

En conclusion, la bonne information (ou la réinformation) n’est pas une désinformation contraire mais le contraire de la désinformation par sa finalité et son intention morale (dans La langue des médias, Ingrid Riocreux indique que même les médias dits de la réinformation n’échappent pas aux travers de leurs adversaires, en utilisant à leurs fins des citations tronquées, ou faisant dire parfois à son auteur [même au Pape] ce qu’il n’a pas dit…). Tous ceux qui ne pensent pas comme nous ne sont pas forcément des désinformateurs, des modernistes… Ne pratiquons pas à l’envers un terrorisme intellectuel, dont la reductio ad Hitlerum (l’accusation d’« extrême-droite », d’« intégriste »…) reste un modèle de la praxis communiste (pratiquée, hélas, chez des clercs). La réinformation, comme la contre-révolution, ne parle pas en termes dialectiques de camps, mais en termes de bien commun, de bien ou de mal, de vrai ou de faux.

Elle part de l’expérience, de la réalité, des choses vues ou dites et non d’idées préconçues, a priori : ce qu’est le réel et non ce par quoi je prétends le connaître, à travers un prisme idéologique déformant et partisan. Elle n’interprète pas, n’extrapole pas, ne fait pas de procès d’intention, cherchant à sortir des insuffisances ou des ambiguïtés avérées. Dans les graves débats politiques ou religieux à venir en 2017, il est opportun de le rappeler. »

Ref. Se réinformer, face à la désinformation

La bonne information (ou la réinformation) n’est pas une désinformation contraire mais le contraire de la désinformation
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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 07:32
Pour un chrétien, c’est une tentation du démon que de vouloir s’occuper de la misère du monde entier

Pour un chrétien, c’est une tentation du démon que de vouloir s’occuper de la misère du monde entier.

Le chrétien doit assumer la misère qui entre dans sa vie et relève de son pouvoir : il doit aimer son “prochain”, celui qui est vraiment proche de lui : parent, ami, voisin, collègue, ennemi... L’amour du “lointain” risque de n’être qu’évasion, illusion, occupation, agitation. C’est Nietzsche et non le Christ qui nous demande d’aimer le “lointain”.

Beaucoup de chrétiens - clercs et laïcs - s’évadent vers des problèmes qui les dépassent et, de cette façon, obscurcissent la charité véritable. Beaucoup de chrétiens parlent de ce qu’il ne connaissent pas ou connaissent mal, ce qui les pousse à fuir dans le rêve et à donner dans des générosités - ou des indignations - faciles, souvent verbales et fabriquées au gré de l’opinion et des médias. Ce faisant la conscience se laisse manipuler et la foi finit par s’obscurcir.

C’est une erreur que de parler avec passion de choses dont on n’a pas une connaissance réelle, objective et sur lesquelles, en fin de compte, nous n’avons pas de pouvoir : la charité chrétienne procède d’une intelligence du concret et non dans une évasion dans l’imaginaire. Le chrétien doit passer de l’imaginaire au réel et fuir cette religiosité verbeuse que condamne l’Evangile : « Ce ne sont pas ceux qui disent : “Seigneur, Seigneur”, qui entreront dans le Royaume des Cieux, mais ceux qui font la volonté du Père... »

L’Ecriture nous enseigne qu’à chaque jour suffit sa peine et que nous ne devons demander que le pain quotidien. Malheureusement, trop de fidèles méprisent le quotidien, l’humble devoir d’état, la justice due à ceux dont nous sommes comptables. Ainsi entend-on des prêtres parler de justice et de charité alors même qu’ils privent les fidèles de la véritable liturgie et des sacrements ce qui pourtant, pour eux, relève de la plus élémentaire justice, de la plus élémentaire charité.

Pour un chrétien, c’est une tentation du démon que de vouloir s’occuper de la misère du monde entier

Source: Pro Liturgia, Actualité du lundi 16 janvier 2017.

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 07:00

“Le fossé ne cesse de se creuser : Florence contre Rome, la Pologne contre l’Argentine, Malte contre Milan... C’est ce qu’on appelle un schisme de fait.”

C’est en ces termes très clairs que le quotidien “Tagespost” a commenté la décision de l’Evêque de Malte d’admettre à la communion eucharistique les divorcés-remariés sans autre forme de procès. Guido Horst, le correspondant du journal à Rome, exprime ses critiques dans cet article : il estime que “Rome ne tient plus son rôle d’instance de clarification, mais se comporte en observateur silencieux de la disparition de l’unité dans l’action pastorale de l’Eglise.”

L’article du “Tagespost” relève aussi que cet état de non-décision s’exerce sur le dos des petites gens et, de ce fait, très concrètement, sur le dos de nombreuses paroisses. Celles-ci se voient en effet contraintes d’expliquer tant bien que mal aux fidèles, et aussi à ceux qui se tiennent à distance de l’Eglise, ce qui est en cours de changement : la morale, les sacrements, la pastorale...

Amoris laetita : un journal allemand parle de schisme de fait

Source: Die Tagespost
Traduction: proliturgia.org

Diakonos.be

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 17:55

La division annoncée dans l'Eglise suite à la publication de l'exhortation Amoris laetitia du pape François, et la rupture de l'universalité de l'Eglise, devient réalité, avec les premiers anathèmes lancés par des Dominicains à l'encontre des évêques maltais qui ont autorisé les divorcés civilement remariés à recevoir la communion :

Qu'ils soient anathèmes ! La twittosphère s'enflamme contre les évêques maltais

BREAKING: Malta’s bishops allow civilly remarried divorcees to receive Communion, LifeSiteNews, Fri Jan 13, 2017 - 2:59 pm EST

 

Traduction

 

Les évêques de Malte autorisent les divorcés civilement remariés à recevoir la communion

 

Mise à jour: Dans un mouvement pris comme un signe d'approbation, le journal semi-officiel du Vatican a publié les lignes directrices des évêques maltais vendredi matin dans ses versions imprimée et en ligne.

MALTE, 13 janvier 2017 (LifeSiteNews) - Les évêques de Malte ont donné le feu vert aux catholiques divorcés et civilement remariés dans leurs diocèses pour recevoir la communion s'ils sont "en paix avec Dieu".

Les évêques disent qu'il peut être "humainement impossible" de suivre l'enseignement de l'Église et de vivre chastement tout en se remariant civilement, une exigence pour recevoir l'Eucharistie dans cette situation.

L'affirmation vient du nouveau document des évêques "Critères pour l'application du chapitre VIII d' Amoris Laetitia", dans lequel ils disent que leurs lignes directrices sont "en ligne avec les directives données par le pape François".

Les catholiques attendent encore une réponse du pape François aux dubia soumises en novembre par quatre cardinaux demandant des précisions sur les parties ambiguës d' Amoris Laetitia (AL) concernant le mariage et la réception de l'Eucharistie.

Les évêques maltais ont déclaré dans leur document:

"Si, à la suite du processus de discernement, entrepris avec 'l'humilité, la discrétion et l'amour pour l'Église et son enseignement, dans une recherche sincère de la volonté de Dieu et un désir de lui faire une réponse plus parfaite' (AL 300) une personne séparée ou divorcée qui vit dans une nouvelle relation gère, avec une conscience informée et éclairée, pour reconnaître et croire qu'elle est en paix avec Dieu, elle ne peut pas être empêchée de recevoir les sacrements de la Réconciliation et de l'Eucharistie (voir AL, notes 336 et 351).

En ce qui concerne la continence conjugale - l'abstinence de relations dans une union civile ou autre union conjugale irrégulière - les évêques disent que certains couples peuvent être en mesure de la faire, mais, "d'autre part, il y a des situations complexes où le choix de vivre" en frères et sœurs "devient humainement impossible et donne lieu à plus de mal (voir AL, note 329)."

Afficher l'image d'origine Le Pape Jean-Paul II et le Pape émérite Benoît XVI ont tous deux enseigné que les catholiques recevant l'Eucharistie vivant dans des unions non matrimoniales doivent s'abstenir de relations sexuelles et vivre chastes. Affirmer l'impossibilité de ce précepte entre en conflit avec l'enseignement établi par les pontifes précédents. [Affirmer l'impossibilité de vivre chaste est également un blasphème qui confine au raisonnement que tinrent les cardinaux devant Innocent III - sans y réussir - lors de l'approbation de la Règle de S. François et qui consiste à soutenir que l'observance des conseils évangéliques ou le voeu -de pauvreté pour S. François - qu'on en ferait, serait contraire à la raison ou quelque chose d'impossible à réaliser. Ce qui revient à dire que les enseignements de Notre Seigneur seraient impossibles à réaliser, ce qui est un blasphème. NdCR.]

 

Les évêques maltais disent que les nouvelles directives sont "destinées à accompagner les gens à la prise de conscience de leur situation de vie à la lumière de Jésus", selon le site des évêques, un message "aussi pertinent pour les couples et les familles qui se trouvent dans des situations complexes."

Ceux qui préconisent de permettre aux divorcés et remariés de recevoir la communion ont fréquemment utilisé le terme "accompagnement" au cours du synode ordinaire sur la famille.

L'exhortation du Pape François a créé la division depuis sa publication en avril dernier parce que son ambiguïté dans plusieurs sections permet aux évêques dans diverses régions du monde une marge de manœuvre pour interpréter le document différemment.

Cela a donné lieu à des conférences épiscopales agissant pour permettre d'accorder la sainte communion aux catholiques vivant dans le péché objectif, tandis que d'autres ont persisté à soutenir l'enseignement de l'Église.

La confusion et les dégâts des pratiques pastorales conflictuelles et le risque qui en résulte pour le salut des catholiques ont contraint les cardinaux Raymond Burke, Walter Brandmüller, Carlo Caffarra et Joachim Meisner à soumettre les dubia au pape François pour une clarification sur Amoris Laetitia .

Les évêques de Malte citent lourdement AL dans tout leur document, y compris les passages qui font l'objet des dubia présentées par les quatre cardinaux.

"En pensant que tout est noir et blanc, nous fermons parfois le chemin de la grâce et de la croissance, et décourageons les sentiers de sanctification qui donnent gloire à Dieu" (AL 305), déclarent-ils dans un cas.

Pour justifier la nouvelle politique, les évêques maltais se réfèrent aux Trois Rois fuyant Hérode après avoir vu l'enfant Jésus dans l'étable.

"Comme les rois mages, qui ont pris un chemin différent (à l'origine) à la maison après avoir rencontré Jésus (voir Mt 2, 12), ces personnes - parfois après un voyage difficile  - peuvent rencontrer le Christ qui leur offre un avenir même quand il leur est impossible de suivre la même voie que précédemment ", ont déclaré les évêques. "Grâce à l'accompagnement et au discernement honnête, Dieu est capable d'ouvrir de nouvelles voies pour ces personnes, même si leur parcours précédent peut avoir été une 'obscurité' marquée par des erreurs passées ou de tristes expériences de trahison et d'abandon".

Dans l'interprétation que donne un diocèse U.S. de l'AL, le jugement de savoir si une personne divorcée et remariée devrait recevoir l'Eucharistie dépend du propre sens de chaque individu de l'appel de Dieu.

Le diocèse de San Diego, dirigé par Mgr Robert McElroy, a déclaré dans un document en novembre: "Beaucoup de catholiques engagés dans ce processus de discernement concluront que Dieu les appelle à retourner à la pleine participation à la vie de l'Eglise et de l'Eucharistie."

Le Cardinal Burke a dit au Remnant dans un entretien le mois dernier qu'il était d'accord avec Ross Douthat du New York Times en ce que si cette interprétation du document du Pape François devient universelle, "alors l'enseignement de l'Église sur le mariage est terminé."

L'archidiocèse de Malte et le diocèse de Gozo ont demandé à leurs paroisses de lire une lettre ce dimanche à la messe expliquant les nouvelles directives sur l'interprétation d'Amoris Laetitia.

 

QU'ILS SOIENT ANATHÈMES ! LA TWITTOSPHÈRE S'ENFLAMME CONTRE LES ÉVÊQUES MALTAIS

SAINT DOMINIQUE, Fondateur d'Ordre (1170-1221) WASHINGTON DC (USA) - Un spécialiste renommé en théologie morale, le père dominicain Thomas Petri, vice-président et doyen de la Faculté Pontificale de l'Immaculée Conception de la maison d'études dominicaines vient de lancer une série de tweets enflammés contre les interprétations hétérodoxes d'Amoris Laetitia qui montre que la longue réputation des dominicains dans le combat contre les hérésies n'est pas usurpée.

Le Père Petri réagissait notamment à l'interprétation des évêques maltais qui viennent d'approuver la communion des divorcés remariés.

Extraits:

"Les évêques de Malte disent qu'il est humainement impossible de vivre sans sexe dans un remariage civil. Je me demande ce qu'ils pensent de leur propre célibat."

"Rappel aux étudiants: soyez précis dans vos notes de bas de page. Votre salut est peut-être en jeu."

Il cite ensuite Veritatis Splendor du pape Saint Jean-Paul II:

 

"32. Dans certains courants de la pensée moderne, on en est arrivé à exalter la liberté au point d'en faire un absolu, qui serait la source des valeurs. C'est dans cette direction que vont les doctrines qui perdent le sens de la transcendance ou celles qui sont explicitement athées. On a attribué à la conscience individuelle des prérogatives d'instance suprême du jugement moral, qui détermine d'une manière catégorique et infaillible le bien et le mal. A l'affirmation du devoir de suivre sa conscience, on a indûment ajouté que le jugement moral est vrai par le fait même qu'il vient de la conscience. Mais, de cette façon, la nécessaire exigence de la vérité a disparu au profit d'un critère de sincérité, d'authenticité, d'« accord avec soi-même », au point que l'on en est arrivé à une conception radicalement subjectiviste du jugement moral."

 

avec ce commentaire:

"St Jean-Paul II avait dénoncé cette absurdité il y a deux décennies dans Veritatis Splendor, que les évêques maltais ignorent superbement."

"Des évêques et des conférences épiscopales sont en train de promulguer des normes diamétralement opposées et certains prétendent encore que le chapitre 8 d'Amoris Laetitia ne nécessite aucune clarification ?"

"Qu'ils soient anathèmes !"

Source: LifeSiteNews (USA)

Source: Diakonos.be, facebook

Qu'ils soient anathèmes ! La twittosphère s'enflamme contre les évêques maltais
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 16:24
Mgr Schneider met en garde contre "une mentalité de relativisme radical créé à l'intérieur de l'Église"

Traduction

 

Note de la rédaction: Voir la traduction complète de l'entretien de l'évêque Schneider ci-dessous.

 

13 janvier 2017 ( LifeSiteNews ) - L'évêque Athanasius Schneider met en garde les fidèles contre une "mentalité de relativisme radical" qui a infiltré l'Église catholique et qui menace l'affirmation chrétienne des vérités absolues et éternelles.

 

Dans un récent entretien avec le blog espagnol Adelante la Fe et traduit en anglais par LifeSiteNews, Mgr Schneider a évoqué la pratique de donner la sainte communion à ceux qui sont divorcés et "remariés" en dehors de l'Église, appelant cela "un phénomène vraiment très dangereux."

 

L'évêque Schneider a couvert une variété de sujets dans l'entretien, y compris l'usage de plus en plus fréquent de la messe latine traditionnelle, son espoir pour une reconnaissance formelle de la Société de Saint-Pie X et l'impossibilité d'ordonner des femmes au diaconat. On trouvera ci-dessous une traduction anglaise (traduite en français NdCR.) complète de l'entretien, à l'origine donné en espagnol et en portugais .

 

Il a dit à Adelante la Fe: «Oui, c'est vraiment un phénomène très dangereux, parce qu'une mentalité de relativisme radical est vraiment créée à l'intérieur de l'Eglise, dont le pape Benoît XVI nous avait déjà prévenus, en parlant du danger d'une certaine dictature du relativisme. Ce relativisme va grandir."

 

"Le 'relativisme' signifie qu'il n'existe pas de normes absolues ou permanentes", a déclaré M. Schneider. "C'est du relativisme, que de dire que nous pouvons faire ceci et cela, que c'est pareil. Mais cela est contraire à la révélation divine. C'est est un mensonge. Le relativisme est un mensonge. Ce n'est pas vrai. Il n'y a qu'une seule vérité."

 

Schneider, l'évêque auxiliaire d'Astana, au Kazakhstan, a demandé une déclaration du Magistère de l'Église catholique, ou de l'autorité d'enseignement, pour corriger la revendication moralement relativiste permettant la communion pour ceux qui commettent l'adultère tout en vivant dans un faux "remariages".

 

"Dieu n'a pas dit, 'Ne volez pas' - le septième commandement -, mais aussi 'vous pouvez voler.' "Vous ne pouvez pas commettre d'adultère, mais vous pouvez aussi commettre l'adultère", et ainsi de suite. Cela est contraire à la vérité divine, et ce relativisme, malheureusement, est diffusé, et je pense donc qu'il faut lever la voix et demander au Magistère de l'Eglise de se prononcer réellement, avec clarté, de réfuter, et d'éliminer ce relativisme."

 

L'évêque a réitéré son soutien aux "quatre cardinaux qui ont publié leur dubia", en se référant à plusieurs questions d'éclaircissement posées par les cardinaux Walter Brandmüller, Raymond Burke, Carlo Caffarra et Joachim Meisner, ainsi que les actes des autres prêtres et laïcs, de publier des pétitions, des déclarations, et de demander la clarté dans la doctrine."

 

"Je pense donc que c'est très grave qu'ils diffusent ce relativisme moral, et, à ses racines, c'est une attaque contre les commandements de Dieu lui-même", a déclaré Mgr Schneider. "C'est très dangereux parce qu'il faut voir la racine de tout cela, la racine de tout ce relativisme moral. ... La question fondamentale est de faire ma volonté ou de faire la volonté de Dieu. C'est la racine."

 

Le relativisme moral, provoque une inversion de la prière: 'Ta volonté soit faite' du Notre Père, substituant plutôt 'Que ma volonté soit faite et que ta volonté ne se fasse plus', a ajouté Schneider.

 

Ce qui conduit "au bonheur, le plus grand bonheur, c'est de suivre le principe, 'Que votre volonté soit faite, Seigneur, même si je dois souffrir'", a déclaré Schneider.

 

Au cours de cette entrevue, l'évêque a également exprimé son inquiétude à propos de l'idéologie du genre, qui niant la distinction naturelle des sexes et prétendant que son genre est subjectif, porte atteinte aux âmes des enfants, et a prié les parents de protéger leurs enfants de l'endoctrinement en les enlevant des écoles qui l'enseignent.

 

"L'idéologie du genre" ... est vraiment une sorte de perversion évidente, d'une conception de la réalité qui est en rébellion contre la réalité ", a déclaré Schneider. "L'idéologie du genre est une forme ultime et extrême du marxisme - il faut dire que c'est le marxisme dans la forme la plus radicale possible. C'est une rébellion contre la réalité, et fondamentalement une rébellion contre Dieu."

 

"Dans ce contexte, je pense que les parents catholiques chrétiens doivent, si c'est possible, retirer leurs enfants de ces écoles et, si possible, créer leurs propres associations à des fins éducatives. Merci à Dieu, par exemple, aux États-Unis, il est très facile de le faire d'une certaine manière, et en France aussi.

 

Schneider a été l'un des critiques les plus remarquables de ceux qui veulent permettre aux prêtres de donner la sainte communion à ceux qui vivent dans des états objectifs de péché mortel, une orientation que le pape François semble avoir approuvée dans sa récente exhortation apostolique, Amoris Laetitia.

 

Texte intégral de l'entrevue

 

Voici la traduction complète de l'entretien de l'évêque Athanasius Schneider à Adelante la Fe, traduit par Matthew Cullinan Hoffman de LifeSiteNews de l'original espagnol et portugais.

 

NOTE: En raison du style verbal de la parole, certaines répétitions ont été éliminées, et d'autres modifications ont été faites pour la lisibilité sans altérer le sens, y compris l'ajout de mots entre crochets et des phrases. En outre, quelques mots qui étaient inaudibles mais dont la signification était claire dans le contexte ont été ajoutés. Les mots inaudibles ou les phrases que le traducteur n'a pas pu discerner sont notés comme tels.

 

Adelante la Fe: Excellence, vous avez reçu le nom de baptême d'Antoine par vos parents et plus tard, lorsque vous avez rejoint les chanoines de la Sainte Croix à Coimbra, vous avez pris le nom d'Athanase. Qu'est-ce qui vous a amené à choisir ce nom? Avez-vous peut-être envie de suivre les pas de saint Athanase?

 

Évêque Athanasius Schneider : Je n'ai pas choisi ce nom de saint Athanase et je ne pensais pas, je ne pensais même pas que j'aurais vraiment ce nom, et c'est pourquoi ce fut une grande surprise quand mes supérieurs religieux m'ont donné ce nom. Ce n'est donc pas moi qui l'ai choisi. Plus tard, cependant, j'ai commencé à lire la vie de saint Athanase, parce que j'avais reçu son nom et que je devais en apprendre davantage sur mon nouveau patron. Plus tard, mes supérieurs m'envoyèrent à Rome pour étudier la Patristique, donc, par nécessité, je lisais beaucoup Athanase et de sa doctrine, et surtout de son magnifique travail de défense de la foi qu'il accomplit avec beaucoup de sacrifice pendant la crise arienne.

 

Adelante la Fe: Après avoir lu votre livre Dominus Est dans lequel vous réfléchissez sur vos souvenirs d'enfance qui a été caractérisée par un régime communiste dans lequel les prêtres étaient assassinés, les fidèles n'avaient pas d'églises et vous parlez même de confession purement spirituelle - ne croyez-vous pas qu'aujourd'hui nous vivons dans une situation semblable? Les fidèles, par exemple, n'ont pas de prêtres auxquels ils peuvent se confesser, et ils exécutent parfois des rites d'une validité douteuse une fois par an*. Cela ne peut pas être la seule différence avec ce que vous avez vécu, mais les laïcs ne seraient pas conscients qu'ils sont attaqués?

 

Mgr Schneider: Oui, exactement , il y a des différences qui sont historiques et dans un contexte complètement différent. Ici, dans l'ouest, ils n'ont pas persécuté les prêtres, du moins matériellement, et il y a beaucoup de prêtres et d'églises. Nous vivons dans une situation très différente, mais dans un certain sens il y a aujourd'hui dans le monde occidental, dans la vie de l'Église, des lieux où les prêtres, malheureusement, ne comprennent pas leur mission sacerdotale de prêtres catholiques, mais se comportent plutôt et parlent plus comme des ministres protestants ou bien ils inventent leurs propres idées, et de cette manière ils ne donnent pas la nourriture spirituelle aux fidèles. Il en résulte qu'il y a des familles dans le monde occidental - l'Amérique, l'Europe - qui doivent parcourir de longues distances, parfois même des centaines de kilomètres, pour trouver une messe digne, catholique, pour recevoir un enseignement sûr de la foi et participer à une liturgie digne, afin que leurs enfants puissent vraiment recevoir la foi catholique comme l'Église l'a toujours enseignée. C'est cela la vérité. En ce sens, il y a peut-être une sorte d'analogie.

 

Adelante la Fe: En 1973, quand vous étiez enfant, vous êtes allé avec votre mère en Allemagne, et vous aviez été prévenu auparavant des abus que vous avez dit qu'ils commettaient lorsqu'ils recevaient le Seigneur. Aujourd'hui, nous pouvons dire que cette situation est devenue générale; Les laïcs reçoivent la communion dans la main - ici en Espagne c'est la voie normale. Les prêtres eux-mêmes suppriment les agenouilloirs. Comment parler de la présence réelle du Seigneur dans l'hostie si ses propres pasteurs banalisent les sacrements?

 

Mgr Schneider: Oui. Vous, les laïcs, vous devez donner un exemple de votre profonde foi, de votre amour, de votre dévotion, au Très Saint Sacrement de Notre-Seigneur, en déclarant que c'est le Seigneur. Aussi en priant pour les prêtres, qu'ils viennent de nouveau reconnaître la vraie foi catholique, la vraie grandeur de la Très Sainte Eucharistie. Et je pense qu'un tel exemple [INAUDIBLE], et aussi en transmettant la littérature catéchétique catholique concernant l'Eucharistie, que, grâce à Dieu, nous avons aujourd'hui. Par exemple, en accomplissant un apostolat doctrinal concernant la foi catholique, par exemple, concernant les saints, comment ils vénéraient la très sainte Eucharistie et en demandant aux prêtres de fournir des agenouilloirs pour que les gens puissent s'agenouiller et en demandant aux prêtres de faire des expositions du Saint Sacrement, pour faire l'adoration eucharistique. Parce que c'est le cœur de l'Église; L'Eucharistie est le cœur de l'Église. Ce cœur maladif et faible, tout le corps est faible, et aujourd'hui, en regardant l'Eglise de la manière la plus générale, nous voyons ce que nous avons et que j'appelle la maladie du coeur eucharistique. Et nous n'allons pas avoir de renouvellement authentique de l'Eglise sans guérir d'abord cette maladie du coeur eucharistique comme une doctrine claire que nous tenons, que Jean-Paul II nous a laissée dans une magnifique encyclique eucharistique appelée Ecclesia de Eucharistia. Il vaut la peine de la lire - il l'a écrite avec une telle profondeur doctrinale et spirituelle. Et d'autres papes et saints, non? Nous devons faire connaître cette doctrine et donner des exemples et des incitations pour que les laïcs s'agenouillent tout en recevant l'Eucharistie d'une manière intérieure, en état de grâce. Nous devons leur expliquer cela. Nous devons aussi les conduire au sacrement de la pénitence. C'est seulement de cette façon que nous allons avoir un renouvellement authentique de l'Église. Si cela ne se produit pas, toutes les autres activités qui sont faites à l'intérieur l'Église seront une bouffée vide et ne produiront pas de fruits. C'est par l'Eucharistie que nous renouvellerons l'Église.

 

Adelante la Fe: Votre Excellence, à douze ans, vous vous êtes rendu compte que vous aviez une vocation tout en vivant dans un environnement pieux. Cependant, aujourd'hui, les enfants de cet âge ne sont pas éduqués dans ce qu'on appelle des "valeurs". On leur apprend que les relations entre deux hommes ou deux femmes sont normales. On ne leur enseigne pas la chasteté. Croyez-vous qu'il est possible que les vocations à la prêtrise se produisent dans un tel environnement appauvri?

 

L'évêque Schneider: C'est très difficile, exactement. Par miracle peut-être. Oui, je pense que ce dont vous parlez, la soi-disant "théorie du genre", "l'idéologie du genre", qui est vraiment une sorte de perversion évidente, d'une conception de la réalité qui est en rébellion contre la réalité. L'idéologie du genre est une forme ultime et extrême du marxisme - il faut dire que c'est le marxisme dans la forme la plus radicale possible. C'est une rébellion contre la réalité, et fondamentalement une rébellion contre Dieu. Dans ce contexte, je pense que les parents catholiques chrétiens doivent, si c'est possible, retirer leurs enfants de ces écoles et, si possible, créer leurs propres associations à des fins éducatives. Merci à Dieu, par exemple, aux États-Unis, il est très facile de le faire d'une certaine façon, et en France aussi, et je pense que les politiciens catholiques [INAUDIBLE] ou les juristes doivent travailler et lutter pour le droit fondamental des parents à éduquer leurs enfants - c'est le droit des parents, pas de l'État - et au moins avoir le droit à la liberté d'éducation. Et de cette manière, certainement dans ces contextes de bonne éducation humaine et religieuse, il y aura des vocations, mais surtout dans les grandes familles.

 

Adelante la Fe: Nous avons récemment lu quelques déclarations de votre part à Rome, très importantes, liées au sacrement du mariage. Cependant, le laïc moyen, pour ainsi dire, les catholiques qui sont dans les paroisses, lorsqu'ils entendent parler d'Amoris Laetitia, la comprennent pour signifier que le monde entier peut recevoir la communion. Si un pasteur ne permet pas à une personne de recevoir la communion, il va simplement à une autre paroisse, où elle lui est donnée. [Le raisonnement est que] l'annulation est facilitée si elle prend trop de temps, ou c'est la via caritatis (la voie de la charité), parce que le monde entier peut recevoir le Seigneur. Si le péché mortel n'existe plus, que deviennent nos fautes ou péchés véniels dans notre lutte pour la sainteté? Rien de tout cela n'existe plus?

 

L'évêque Schneider: Oui, c'est vraiment un phénomène très dangereux, parce qu'une mentalité de relativisme radical est vraiment créée à l'intérieur de l'Eglise, ce dont le Pape Benoît XVI nous a déjà prévenus, en parlant du danger d'une certaine dictature du relativisme. Et ce relativisme va croître. Le "Relativisme" signifie qu'il n'y a pas de normes absolues ou permanentes, c'est-à-dire que selon le relativisme, nous pouvons faire ceci et cela, cela est indifférent. Mais cela est contraire à la révélation divine. Ceci est un mensonge. Le relativisme est un mensonge. Ce n'est pas vrai. Il n'y a qu'une seule vérité. Dieu n'a pas dit: "Ne volez pas" - le septième commandement - "Ne volez pas, mais aussi vous pouvez voler." "Vous ne pouvez pas commettre l'adultère, mais vous pouvez également commettre l'adultère", et ainsi de suite. Ceci est contraire à la vérité divine, et ce relativisme est malheureusement diffusé, et je pense donc qu'il faut élever la voix et demander au Magistère de l'Eglise de se prononcer réellement avec clarté, de réfuter, et d'éliminer ce relativisme. Cela a été fait par les quatre cardinaux qui ont publié leur dubia et par d'autres prêtres et laïcs, qui publient des pétitions, des déclarations, demandant la clarté dans la doctrine.

 

Je pense donc que c'est très sérieux qu'ils diffusent ce relativisme moral, et cela, à sa racine, est une attaque contre les commandements de Dieu lui-même. C'est très dangereux, car il faut voir la racine de tout ce relativisme moral, qui est aussi concrètement [INAUDIBLE] pour les divorcés et les remariés et leur communion et ainsi de suite. La question fondamentale est de faire ma volonté ou de faire la volonté de Dieu. C'est la racine. Que ma volonté soit faite, que votre volonté ne soit plus faite. [Au contraire,] "Fiat voluntas tua" ("Que Ta volonté soit faite") - c'est cela, la grandeur. C'est la clé de toute l'histoire de l'humanité, en chacun de nous. "Que votre volonté soit faite, Seigneur, même si je dois souffrir." Mais cela m'apporte le bonheur, le plus grand bonheur, si je fais la volonté de Dieu même quand je dois souffrir. Aujourd'hui, fondamentalement, c'est ce relativisme moral, qui est entré dans la vie de l'Église, dans la pratique des sacrements. Comme vous l'avez dit, ce que nous voulons fondamentalement, c'est que Dieu fasse notre volonté et que nous ne fassions pas la volonté de Dieu. Aujourd'hui, nous voulons que Dieu nous serve et nous sommes ses seigneurs et Dieu devient notre serviteur et nous sert. Et nous sommes ses seigneurs, comme des dieux. C'est la première chose que le serpent a dit, le diable, quand il a tenté [INAUDIBLE] Eve. Donc, non, nous sommes les serviteurs de Dieu, et nous voulons faire Sa volonté. Il est le Seigneur. "Tu solus Dominus. Tu solus Altissimus" ("Toi seul est le Seigneur. Toi seul est le Très-Haut.") C'est ce qui nous apporte le bonheur.

 

Adelante la Fe: Votre Excellence, il y a quatre ans, en 2012, vous avez prononcé un discours important intitulé "La nouvelle évangélisation et la sainte liturgie", et vous avez parlé des cinq blessures du corps mystique liturgique du Christ. Vous avez fait référence aux servants d'autel féminins. Aujourd'hui, en 2016, nous parlons d'un diaconat féminin comme s'il s'agissait d'une réalité qui va prendre forme en 2017. Croyez-vous qu'en 2021, dans les quatre autres années qui viennent, les femmes officieront à la messe ? Est-ce notre rôle, le rôle des femmes au XXIe siècle ?

 

Mgr Schneider: Non, ce n'est pas le rôle des femmes. Je pense que ce ne sera jamais le cas dans l'Église catholique, parce qu'il contredit la nature de l'Église catholique, parce que le diaconat est une impossibilité, c'est un sacrement qui forme une unité dans l'ordination sacramentelle de l'épiscopat, du presbytère, et le diaconat. C'est un sacrement. Nous avons des sacrements, sept sacrements. L''ordination au diaconat en fait partie, et l'histoire entière de l'Église nous dit que l'Église n'a pas l'autorité pour prescrire des diacres féminins d'une manière sacramentelle. Les femmes peuvent recevoir des bénédictions, comme [INAUDIBLE]. Celles-ci, oui, mais elles ne peuvent pas être des diacres. Je pense que ce ne sera pas fait. Cela ne se produira pas dans l'Église catholique. Nous ne devrions donc pas avoir peur. Parce que Jésus a dit "les portes de l'enfer ne prévaudront pas sur mon Église", fondée sur Pierre. Je crois donc que la providence divine ne permettra pas au pape de permettre l'ordination des femmes au diaconat sacramentel.

 

 

Adelante la Fe: Excellence, permettez-moi de vous lire une citation. "Si nous semblons être dans une situation anormale, c'est parce que ceux qui ont autorité dans l'Église ont brûlé ce qu'ils ont adoré une fois, et adoré ce qu'ils ont brûlé une fois." Ce sont les mots de Mgr Marcel Lefebvre. En ce qui concerne la Fraternité de Saint Pie X, vous avez visité deux séminaires à l'invitation du Saint-Siège et avez eu des conversations avec Son Excellence Mgr Fellay. Vous avez donné une évaluation positive des mesures qui sont prises. Croyez-vous qu'il existe des conditions pour que la Fraternité entre en pleine communion avec Rome ? Et si oui, croyez-vous que ce serait la volonté de Mgr. Lefebvre ?

 

Mgr Schneider: Oui, je suis convaincu que dans les circonstances actuelles, Mgr. Lefebvre accepterait sans doute la proposition canonique d'une prélature personnelle. D'après ce que j'ai lu, la biographie de Mgr. Lefebvre, ses écrits, il était un homme très spirituel mais aussi très pratique, un homme avec un profond sensus ecclesiae (sens de l'Église). Et étant donné la situation dans laquelle il se trouvait, je pense qu'il se sentait moralement contraint de faire ces ordinations épiscopales qui furent contraires à la volonté du pape, à cette époque. Il a déclaré plus tard qu'il sentit en conscience qu'il devait le faire. Et que ce fut un acte extrême, pour lequel il souffrit, et en conséquence, il dit que cette situation - il dit cela plus tard - ne devrait pas durer trop de temps. Parce que si une communauté reste longtemps dans un état autonome, canoniquement autonome, il y a un danger, un danger de devenir autosuffisant et de perdre une caractéristique définitivement catholique, celle d'être soumis à l'autorité du Pape, Le Vicaire du Christ. Parce que nous ne pouvons pas rendre notre assujettissement au Vicaire du Christ dépendant de la personne du pape. Ce ne serait pas la foi; Ce serait le choix d'un parti. Mais la chaire de Pierre est toujours la même, ou les papes [INAUDIBLE]. Je ne peux pas dire maintenant que ce pape, je n'ai pas confiance en lui, donc je ne vais pas me soumettre, je vais attendre jusqu'à ce qu'un autre pape arrive. Ceci, pour moi, n'est pas un sens catholique des choses. Ce n'est pas surnaturel: c'est trop humain. Il faut davantage de sens du surnaturel, et plus de confiance dans la providence divine, dans le fait que Dieu est Celui qui guide l'Église.

 

C'est un danger pour la Fraternité de Saint-Pie X: plus il y a de temps qui passe, plus il y a de suffisance, et il y a déjà dans la Fraternité des indications de ces phénomènes négatifs d'autosuffisance que Mgr Fellay a dit aussi qu'ils ne devraient pas attendre trop longtemps. Et si le Saint-Siège propose maintenant une structure, s'ils peuvent accepter que le Saint-Siège ne va pas exiger des choses qui sont contraires à leur identité, oui, il est nécessaire d'accepter et de faire confiance à la providence divine. On ne peut pas s'attendre maintenant à avoir une certitude à cent pour cent. Nous ne pouvons pas avoir cela. Je souhaite beaucoup que la Fraternité de Saint Pie X soit reconnue et établie comme une structure normale de l'Église, dès que possible, et qu'elle soit pour le bénéfice de chacun, pour eux et pour nous. Ce serait vraiment une nouvelle force [dans l'Église], surtout dans cette grande bataille pour la pureté de l'Église, c'est pourquoi j'ai dit à Mgr. Fellay, "Excellence, nous avons besoin de votre présence, afin que nous puissions être ensemble, avec toutes les bonnes forces dans l'Église." Nous devons former aujourd'hui une grande unité pour défendre la foi de nos pères, des apôtres, générations futures. C'est notre vocation, que Dieu nous demande aujourd'hui, avec amour pour l'Église, avec amour pour le pape, toujours avec amour pour le pape, priant pour lui - ne pratiquant pas une certaine forme de papolâtrie, pas cela - mais aimant le pape surnaturellement, en priant pour lui, en reconnaissant qu'il est le Vicarius Christi (Vicaire du Christ) Servus Servorum Dei (Serviteur des Serviteurs de Dieu), et donc je prie et j'espère que l'œuvre de Mgr Lefebvre, qu'il laissa à l'Église, soit reconnue et produise encore plus de fruits.

 

Adelante la Fe: Votre Excellence, pour conclure: Croyez-vous que la Sainte Messe traditionnelle puisse être utile dans la crise de la foi dans laquelle nous vivons?

 

Évêque Schneider: Sans aucun doute! C'est très évident. C'est la forme de la messe vécue par nos ancêtres, nos pères, nos grands-parents, tant de saints que nous connaissons, et c'est grâce à cette forme de la liturgie qu'ils ont tiré beaucoup de force spirituelle - ils en ont été nourris. Cela est valable aussi aujourd'hui, et les faits le prouvent: notez que les formes liturgiques traditionnelles se développent dans le monde entier. C'est particulièrement le cas pour les générations les plus jeunes, qui ne connaissaient pas cette forme, non ? Et cela est évident parce que lorsqu'ils voient cette forme de sacrifice du Christ, cette forme de rituel où l'on peut éprouver le mystère du Christ, d'une manière plus contemplative, d'une manière plus riche aussi, et qui aide à être plus fort dans la foi. Elle attire les jeunes, même les enfants innocents, qui sont attirés par cette forme, qui [INAUDIBLE].

 

Et pour cette raison je pense que c'est un fait que nous devons affirmer que la liturgie traditionnelle, grâce à Dieu, à travers la grande œuvre prophétique du Pape Benoît XVI avec le Motu proprio Summorum Pontificum, a commencé le mouvement d'un renouvellement de l'Église provoqué par le Saint-Esprit. Je pense que ce mouvement, maintenant qu'il est commencé, ne peut être arrêté par personne. C'est une œuvre du Saint-Esprit, et nous devons croire que cela contribue à un véritable renouvellement de l'Église. Et cela, je suis convaincu, si aujourd'hui les pères du Concile Vatican II - supposons dans mon hypothèse - aient tous assisté dans une paroisse à une forme ordinaire de la messe célébrée aujourd'hui autour du monde, une communion à la main, des autels, etc., puis une messe en forme extraordinaire, je suis convaincu que presque tous les pères ou la grande majorité des pères du Concile Vatican II auraient dit: "C'est la Messe que nous pensions être et non l'autre". Si nous pouvions faire une telle hypothèse - et il suffit de lire les actes du Concile Vatican II sur la liturgie - il est évident que les pères du concile étaient très prudents, très prudents dans leurs discours sur la liturgie. Et donc je pense que la liturgie traditionnelle est la liturgie de Vatican II dans un certain sens. Il pourrait y avoir quelques petites modifications parce que la liturgie se développe aussi comme un corps. Il pourrait y avoir quelques modifications, pas beaucoup. Peut-être pourrait-il y avoir un peu plus d'espace pour la langue vernaculaire, pas tant, mais dans les parties didactiques, les lectures peut-être, et peut-être quelques petites modifications de la rubrique -, oui. C'est pour moi, essentiellement, la grande intention des pères du Concile Vatican II.

 

Adelante la Fe: Pendant que vous êtes ici avec nous, nous aimerions profiter de l'occasion pour vous suggérer que vous écriviez un livre sur la beauté de la masse traditionnelle, et si vous le pensiez bien, pour le mentionner dans le prologue.

 

Mgr Schneider: Oui, je pense que je n'ai pas le temps d'écrire un livre en ce moment, mais je pense que je voudrais peut-être écrire quelque chose de plus sur la liturgie, sur les aspects de la liturgie dans la vie de l'Église aujourd'hui, qui justifiera essentiellement la liturgie traditionnelle, les éléments principaux de la liturgie traditionnelle. Je voudrais donc publier un petit livre, un écrit, sur des sujets liturgiques, qui défende essentiellement les éléments substantiels, les éléments essentiels, de la liturgie traditionnelle.

 

Adelante la Fe: Je vous remercie, Excellence, de votre temps.

 

Mgr Schneider: Et je vous souhaite à tous que vous mainteniez, toujours fidèlement, vos vœux de baptême catholique, et que vous restiez, que vous demandiez à notre Seigneur la grâce de persévérer dans notre belle foi catholique, apostolique et romaine jusqu'à la fin de vos vies.

 

* Ceci est une référence à la pénurie de prêtres et à la rareté avec laquelle de nombreux catholiques dans diverses parties du monde peuvent recevoir la communion, ainsi qu'aux abus liturgiques qui pourraient remettre en question la validité de certains rites sacramentels.

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 13:13

Le débat autour d'une VIe république pour répondre au désavoeu des Français des institutions de la république et des classes dirigeantes est porté ces jours-ci sur devant de la scène, à l'initiative d'un Jean-Luc Mélenchon, franc-maçon, candidat à l'élection présidentielle.

 

Or, un débat que les médias ne portent pas devant la scène au sujet des prochaines élections présidentielles est précisément le débat qui anime le parti socialiste sur la nécessité de créer, ou non, une religion d'Etat pour "établir" la république.

 

Ce qui constitue véritablement un virage politique à 180 degrés a été porté ces dernières années, notamment, par le socialiste Vincent Peillon, actuel candidat socialiste à l'élection présidentielle, qui, rejetant l'ancien relativisme moral franc-maçonnique (la franc-maçonnerie dite "adogmatique") et le soixanthuitardisme qui en est issu, propose une religion pour la république, qu'il nomme "la laïcité" (version franc-maçonnique biensûr) :

VIe république et éradication de la religion catholique : un débat que les médias ne portent pas devant la scène

Dans un entretien aux Editions du Seuil, le 08 octobre 2008, pour la publication de son livre "La Révolution française n'est pas terminée", Vincent Peillon, ministre de l'"Education nationale" avouait qu'il voulait "remplacer" la religion catholique, parce qu'"on ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique" (sic bonjour le totalitarisme!) et parce qu'" il faut inventer une religion républicaine" (re sic).

 

La video :

Exrtrait de l'entretien :

 

« L'idée qui est la mienne, et j'espère qu'elle est partagée par un certain nombre de gens, c'est que nous avons à écrire notre histoire. […] Chaque génération réécrit son histoire. Il faut s'enfanter soi-même et donc faire le propre récit de sa naissance. […] Et je pense que notre génération n'a pas écrit son propre récit. Et donc elle a du mal à écrire son propre présent. Et d'ailleurs on sent cette espèce de crise et de faiblesse dans le fond d'une génération, qui est encore dominée par des récits historiques, et qui font écran avec notre temps. Un de ces récits, peut-être le plus important, c'est celui de François Furet. Et François Furet, et tous les historiens qui l'ont accompagnés sont venus du marxisme. Et puis à un moment, au moment de la commémoration du bicentenaire de la Révolution, puis de la Première république (1792), ont donné une interprétation de l'histoire de France et de la pensée républicaine avec laquelle je suis en désaccord.

 

[…] Dans les fausses oppositions, il y a l'opposition 'laïcité-religions'. Car être laïc, être même anti-clérical – Eglise catholique, Eglise de servitude, de domination, avec le pouvoir royal, puis après avec la Contre-Révolution – cela n'est pas nécessairement être anti-religieux. Et on peut aller plus loin. Les premiers grands laïcs, ceux qui ont fondé la laïcité, et qui l'ont dans le fond imposer à l'école, puis étaient des artisans de la loi de 1905 (Jaurès, et Buisson) n'étaient pas anti-religieux. Du tout, loin de là. Et pour Jaurès et pour Buisson.

 

Alors la question, elle est à la fois historique et politique. Parce que très rapidement, la réflexion (elle vient d'Edgar Quinet), c'est la suivante : la Révolution française a échoué parce qu'on ne peut pas faire exclusivement une Révolution dans la matière, il faut la faire dans les esprits. Or on a fait une Révolution essentiellement politique, mais pas la Révolution morale et spirituelle.

 

Et donc on a laissé le moral et le spirituel à l'Eglise catholique. Donc, il faut remplacer cela. Et d'ailleurs l'échec de (la Révolution) de 1848, où l'Eglise catholique et des prêtres sont venus bénir les 'arbres de la liberté' des révolutionnaires, c'est la preuve que l'on ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique. Mais, comme on ne peut pas non plus acclimater le protestantisme en France comme on l'a fait dans d'autres démocraties, il faut inventer une religion républicaine. Cette religion républicaine, qui doit accompagner la révolution matérielle, mais qui est la révolution spirituelle, c'est la laïcité. » (Vincent Peillon, entretien aux Editions du Seuil, le 08 octobre 2008, pour la publication de son livre "La Révolution française n'est pas terminée")

VIe république et éradication de la religion catholique : un débat que les médias ne portent pas devant la scène

Dans un autre entretien pour Le Monde des religions, le 1er mars 2010, intitulé "Vincent Peillon: vers une république spirituelle?", il déclarait que cette "religion" germait "beaucoup dans les milieux francs-maçons" :

 

«La Révolution française a échoué. Elle a échoué d'abord en 1793-95, donc on a le retour: l'Empire, la Contre-Révolution. Et puis une deuxième république en 1848. Celle-ci va échouer aussi terriblement dans les journées de juin, et le retour de l'Empire, etc. Les républicains exilés s'interrogent: pourquoi on y arrive pas en France ? Pourquoi le modèle démocratique, républicain qui est le nôtre échoue ? Et ils se disent, dans notre pays l'Eglise, dans le fond, détient le pouvoir spirituel et un formidable pouvoir d'opinion et de conscience. Et nous avons échoué. Nous avons fait des révolutions, mais des révolutions matérielles, et nous avons laissé les esprits, mais aussi tout ce qui est de l'ordre charnel dans l'existence, de ritualisations (le baptême, l'enterrement, etc.) être géré par l'Eglise catholique. Dans un certains nombre de démocraties modernes, ils ont réussi à instaurer leur démocratie – ou leur république – c'était un modèle au XIXe siècle (c'est l'Angleterre, les Etats-Unis, les Pays-Bas) - parce qu'ils ont la religion protestante, qui est une religion qui correspond à la république, à la modernité, parce qu'elle est une religion de libre examen. Mais en France, certains ont tenté d'ailleurs des vagues de conversions au protestantisme (Eugène Sue). Jean Baubérot racontre très bien cela dans ses ouvrages. Cela ne marche pas. Parce que le pays est catholique... Donc il faut que nous inventions pour établir la république, une spiritualité, voire une religion, spécifique. Cela germe dans les milieux républicains, beaucoup dans les milieux francs-maçons sous le Second empire. Se constitue d'ailleurs une Alliance religieuse universelle dans laquelle on va trouver à la fois des catholiques libéraux, des protestants libéraux, des juifs libéraux, puisque toutes les religions, les dogmatismes sont un peu en crise, mais en même temps des athées, des matérialistes, etc., portant un projet de religion universelle, de religion éclairée.

 

Et donc, ceux qui vont construire en grande partie, en tout cas l'école de la république, mais jouer un rôle déterminant dans la république (c'est le cas de Ferdinand Buisson), sont des gens qui sont venus à la république, d'abord en étant des croyants, mais deuxièmement, avec un projet spirituel, c'est-à-dire que la république, pour s'établir, a besoin de former sa propre religion, qu'ils vont appeler d'ailleurs, la laïcité. » (Vincent Peillon, Entretien filmé pour Le Monde des religions, le 1er mars 2010, intitulé "Vincent Peillon: vers une république spirituelle?")

 

Le livre dans lequel M. Peillon livre le plus sa pensée personnelle est La Révolution n’est pas terminée, publié au Seuil en 2008. Voici ce qu’il dit de l’école :

« C’est à elle [l’école] qu’il revient de briser ce cercle [les déterminismes], de produire cette auto-institution, d’être la matrice qui engendre en permanence des républicains pour faire la République, République préservée, république pure, république hors du temps au sein de la République réelle, l’école doit opérer ce miracle de l’engendrement par lequel l’enfant, dépouillé de toutes ses attaches pré-républicaines, va s’élever jusqu’à devenir le citoyen, sujet autonome. C’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle Eglise, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la Loi. La société républicaine et laïque n’a pas d’autre choix que de « s’enseigner elle-même » (Quinet) d’être un recommencement perpétuel de la République en chaque républicain, un engendrement continu de chaque citoyen en chaque enfant, une révolution pacifique mais permanente » (p. 17).

 

Le lien entre l’école et la laïcité apparaît clairement : l’école-église est le lieu de l’enseignement de la laïcité-religion. Il ajoute :

 

« En voulant éliminer et le déterminisme religieux et le déterminisme scientifique, la synthèse républicaine se trouve obligée d’inventer une métaphysique nouvelle et une religion nouvelle, où c’est l’homme, …, qui va apparaître comme un infini qui sans cesse « s’échappe à lui-même » (J. Lagneau) Cette religion n’est pas une religion du Dieu qui se fait homme. Elle n’est pas davantage d’ailleurs une religion de l’homme qui se fait Dieu. Elle est une religion de l’homme qui a à se faire dans un mouvement sans repos. » (p. 141-142).

 

Plus loin, il poursuit :

 

« Ce qui manque au socialisme pour s’accomplir comme la pensée des temps nouveaux, c’est une religion nouvelle : « Donc un nouveau dogme, un nouveau régime, un nouveau culte doivent surgir, afin qu’une nouvelle société prenne la place de l’ancienne. » (Littré) » (p. 149). « La laïcité elle-même peut alors apparaître comme cette religion de la République recherchée depuis la Révolution. » (p. 162) « C’est au socialisme qu’il va revenir d’incarner la révolution religieuse dont l’humanité a besoin, en étant à la fois une révolution morale et une révolution matérielle, et en mettant la seconde au service de la première. » (p. 195).

Vincent Peillon veut une religion de la laïcité pour les autres (la religion chrétienne), qu'il ne s'applique pas à lui-même. En 2009, Vincent Peillon, en effet, avait célébré la Bar-Mitsva de son fils Elie à la synagogue de la Place des Vosges à Paris (le petit Elie qui voulait "pendre les manifestants du 13 janvier "en place public"). Pour la circonstance, Vincent Peillon avait mis les teffilins...

 

De même, en septembre 2013, Vincent Peillon présentait sa "charte de la laïcité" au moment même où une partie du gouvernement fêtait le Nouvel an juif...

Plus récemment, face aux terroristes islamistes, Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, invité du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro dimanche 18 janvier 2015, prônait lui aussi une "religion de la république", "une religion suprême pour chacun d'entre nous" ! (Sic bonjour la liberté de conscience!)

 

« Il y a une religion suprême pour chacun d'entre nous, c'est la religion de la république. » (Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, invité du Grand Jury RTL LCI Le Figaro dimanche 18 janvier 2015)

« Il y a une religion suprême pour chacun d'entre nous, c'est la religion de la république. » (Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, invité du Grand Jury RTL LCI Le Figaro dimanche 18 janvier 2015)

Dans un entretien au JDD le 2 septembre 2012, Vincent Peillon expliquait qu'il voulait qu'on enseigne la "morale laïque", c'est-à-dire "comprendre ce qui est juste, distinguer le bien du mal". La laïcité "consiste à faire un effort pour raisonner, considérer que tout ne se vaut pas" :

 

"Le but de la morale laïque, est de permettre à chaque élève de s'émanciper, car le point de départ de la laïcité c'est le respect absolu de la liberté de conscience. Pour donner la liberté du choix, il faut être capable d'arracher l'élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix."

 

VIe république et éradication de la religion catholique : un débat que les médias ne portent pas devant la scène

Or, distinguer le bien du mal, n'est-ce pas là le propre de la religion ?

 

Lire : La morale "laïque" (Vincent Peillon) deviendrait-elle dogmatique ?

 

Le virage dogmatique socialiste pose au moins deux questions.

 

La première est : "Faudra-t-il séparer la franc-maçonnerie de l'Etat ?"

 

En effet, si c'est les "frères" francs-maçons de Vincent Peillon qui définissent la nouvelle religion de la république et les contours de sa "morale laïque", ce qui est bien et ce qui est mal, ce qui est permis et ce qui ne l'est pas, à partir des "valeurs" maçonniques, ne faudra-il pas "séparer" la franc-maçonnerie de l'Etat comme ils sont séparé les églises de l'Etat en 1905 ? La question est sérieuse.

 

Une réponse consisterait à établir une déclaration d'appartenance maçonnique devant la représentation nationale.

La deuxième question, plus profonde, engage le fondement démocratique du régime politique et les droits de l'homme de 1789, en son article 3 notamment. La voici :

 

L'introduction d'une incise morale dans la sphère politique annule-t-elle les conditions de la démocratie ou les fondent-elles ? Le principe de toute souveraineté réside-t-il en l'homme ou en Dieu ?

 

La réponse à cette question engage un revirement complet sur les conceptions du pouvoir issues de la modernité et des "Lumières"...

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/518vmFiw1IL._AA278_PIkin4,BottomRight,-54,22_AA300_SH20_OU08_.jpgLa thèse selon laquelle le relativisme moral est le corrélat indispensable du pluralisme politique est notamment développée par le juriste juif Hans Kelsen dans son livre sur La Démocratie, sa nature, sa valeur : Kelsen, dont la pensée est fortement influencée par Kant et Hume.

Cette thèse prétend décrire objectivement tout système juridique, sans faire appel à des valeurs morales. Hans Kelsen estime que toute conception métaphysique explicite dans la sphère politique conduit, selon son expression, à l''autocratie'. Parlant de l'attitude relativiste, il la rapproche en ces termes de l'esprit démocratique :

 

'... L'idée démocratique suppose une philosophie relativiste. La démocratie estime la volonté politique de tous égale, de même qu'elle respecte également les croyances, toutes les opinions politiques, dont la volonté politique est simplement l'expression' (Hans Kelsen, La Démocratie, sa nature, sa valeur, trad. Ch. Eisenmann, prés. de M. Troper, Economica, Paris 1988, p. 92., cité in Lucien Jaume, Le Discours jacobin et la démocratie, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1989, p. 416.)

 

Si l'on suit la thèse positiviste moderne selon laquelle le relativisme moral fonde la démocratie pluraliste, alors il faut reconnaître que le projet de Vincent Peillon et du gouvernement socialiste consistant à établir des cours de morale (laïque ou pas), une morale qui dit le bien et le mal à l'école serait un premier signe de craquement des utopies et des idéologies gauchistes qui ont tenu la dragée haute depuis au moins mai 68...

 

Si au contraire on tient la thèse inverse selon laquelle la morale (résumée par le "tout ne se vaut pas" de Peillon) doit fonder la démocratie, sans quoi nous tombons dans la barbarie..., on en arrive quand même au résultat que c'est également tout le socle soixante-huitard qui est éliminé. Voire tout le socle démocratique issu de 1789 et de la modernité de vaciller. Quoiqu'il en soit, dans les deux cas, mai 68 est définitivement enterré. Et la "démocratie" relativiste vacille.

 

La Crise post-moderne trouve son origine dans la crise de l'autorité Notre opinion est qu'en réalité, le virage porté par Vincent Peillon quant à la nécessité d'une "morale" et d'une "religion", surgit parce que les républicains ont échoué à fonder la démocratie et un ordre politique durable sans Dieu. Cet échec est celui des francs-maçons et des loges maçonniques implantées dans toutes les villes que Napoléon prenait entre 1800 et 1815. C'est l'échec de la république universelle, l'échec de l'Union européenne, l'échec du mondialisme, que l'on appelle aussi la crise de la modernité, qui se définit avant tout comme une crise de l'autorité parce qu'on avait prétendu qu'il n'y avait plus de bien et de mal, plus de maîtres, plus de limites, que l'homme pouvait tout faire... La crise post-moderne trouve son origine dans cette crise de l'autorité. Et l'on a vu que cette crise de l'autorité touche même la religion catholique. Les autorités ecclésiastiques, qui possèdent pourtant le triple pouvoir législatif, judiciaire et exécutif, au lieu d'éclairer, de commander, de sanctionner quand il le faut, se mettent à la remorque de leurs ouailles voire, ce qui est pire, du monde ennemi de Dieu. Au point que l'on a pu s'interroger : "Si l’Eglise ne juge pas, ne distingue pas, ne dit plus le bien et le mal, et ne permet pas d’évaluer, quelle est sa fonction ?"

 

Pour revenir à notre sujet, pendant que l'Eglise abdique son droit divin de dire le bien et le mal, les hommes et le monde, eux, s'arrogent, depuis 1789, le droit de dire le bien et le mal (système dans lequel aucune loi divine - pas même naturelle - n'est supérieure au droit positif). Et à présent, avec Vincent Peillon, virage à 180 degrés, ils veulent fonder une république sur une nouvelle religion, qui clairement dit le bien et le mal, le vrai et le faux !

 

Or, seule l'authentique morale, celle qui dérive de la loi naturelle de Dieu fonde la démocratie et les authentiques droits de l'homme, l'homme non divisé et rétabli dans ses deux dimensions matérielles et spirituelles. Chez Cicéron, et de l'Antiquité jusqu'à 1789 la loi naturelle est la source du droit. Pour S. Jean-Paul II, "les droits de Dieu et de l’homme s’affirment ou disparaissent ensemble". Pour Benoît XVI, "les droits fondamentaux sont intrinsèques à la nature de l'être humain créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. [...] Le droit à la vie et à la liberté de conscience et de religion sont au centre des droits qui découlent de cette même nature humaine."

 

Dieu est le cadre privilégié de la démocratie. Avec Vincent Peillon et les francs-maçons, nous sommes en train de recouvrir cette vérité, même si ce n'est pas le même Dieu ! La "démocratie athénienne", dans l'Antiquité, respectait le droit naturel et divin...; mais aussi la démocratie locale en France au Moyen Âge jusqu'en 1789..., une démocratie et un régime politique qui protégeait les Français des ploutocrates cupides (interdiction de l'usure, autorisé à partir de 1789), n'est plus qu'un lointain souvenir depuis longtemps et surtout depuis que les préfets peuvent contraindre les maires et les locaux à adopter des mesures qui vont contre leurs intérêts, contre la vie, contre leurs lois et contre leur culture..., au nom d'une idéologie imposée d'en-haut, imposée par l'Etat dit "démocratique"...

 

Notre Dieu est celui de la religion du Dieu trine de la catholicité qui a façonné la France depuis Saint Martin, Apôtre des Gaules, en passant par Clovis, Saint-Louis, sainte Jeanne d'Arc, Henri IV ou Louis XVI. Dieu qui, par ses commandements, est le seul capable de contraindre moralement les consciences, et d'être un rempart au totalitarisme. Des deux sources de la légitimité (l'homme et la nation depuis 1789 ou Dieu depuis l'Antiquité), il y en a une qui a suscité le totalitarisme au XXe siècle, et ce n'est pas la légitimité venant de Dieu mais celle venant des assemblées "représentatives" où l'homme pouvait tout faire, celle venant des laïcistes.

 

Enfin va peut-être s'ouvrir avec la nécessité d'une "religion" comme l'a expliquée longuement Vincent Peillon, le grand procès de la diabolique "souveraineté nationale" de l'article 3 de la Déclaration des droits de l'homme, qui prétend que "le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation". Principe qui a permis de détourner la démocratie au profit d'une oligarchie dite "représentative".

 

Le principe de toute souveraineté ne réside essentiellement qu'en Dieu : non est potestas nisi a Deo, dit saint Paul. "Il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu" ! (Rom. XIII, 1)

 

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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 20:57

En ce même temps, quelques-uns vinrent lui annoncer ce qui s'était passé touchant les Galiléens, dont Pilate avait mêlé le sang à leurs sacrifices. Et Jésus répondant, leur dit : "Pensez-vous que ces Galiléens fussent plus pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu'ils ont souffert de telles choses ? Non, je vous le dis : mais si vous ne faites pénitence, vous périrez tous de la même manière. Comme ces dix-huit sur qui tomba la tour de Siloé, et qu'elle tua, croyez-vous qu'ils fussent plus redevables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Non, je vous le dis: mais si vous ne faites pénitence, vous périrez tous de la même manière."

Evangile selon S. Luc, XIII, 1-5. La Sainte Bible selon la Vulgate, traduite en français par l'Abbé J.-B. Glaire, Nouvelle Edition, Editions D.F.T. 2002

L'effondrement de la tour de Siloé

L'effondrement de la tour de Siloé

Le Messager de l’Immaculé est un mensuel suisse – dirigé par M. Francis Bise (Route du Flon 16, 1896 MIEX, SUISSE) et sous la direction spirituelle de M. l’abbé Stéphane Grenon –consacré à la dévotion de la Très Sainte Vierge Marie.

 

Dans son numéro de décembre 2016, cette revue rappelle une manifestation de la puissance divine destinée à entrer dans les crânes les plus obtus. Elle narre la fin tragique des filles de Irving « Bud » Moore Feldkamp III (à ne pas confondre avec le cinéaste Irving Joseph Moore, auteur de la série Dynasty) le 22 mars 2009 dans un crash aérien s’étant produit dans l’état du Montana. Jusque là, un tragique fait-divers, guère différent de ce qui se passe habituellement. Mais l’histoire est bien plus révélatrice que cela.

 

Feldkamp, riche médecin de Redlands, Californie, était en effet en affaires avec le Planning Familial, ayant des parts dans 17 cliniques en Californie où se pratiquaient des milliers d’avortements, jusqu’au 5e mois. Ce n’était pas sa spécialisation première, il était en effet dentiste et avait commencé avec la chaîne hospitalière dentaire Allcare and Hospitality Dental Associates à San Bernardino (Californie), comprenant 5 cabinets et qui lui avait permis de faire fortune. Il est également le propriétaire du Glen Helen Raceway Park, un circuit de motos situé le long de la mythique Route 66, face à l’Université de San Bernardino. Son fils, par contre, Irving Moore Feldkamp IV, est un médecin généraliste travaillant entre autres pour le Planning Familial dans les cliniques financées par papa… Visiblement, ces mormons avaient oublié le puritanisme et la rectitude chrétienne de leur église…

 

Le 22 mars 2009, il avait prêté son avion personnel à ses deux filles qui comptaient se rendre au Yellowstone Club, une station de ski de 55 km² et de 60 pistes au pied de la Lone Moutain, réservée aux millionnaires et se situant dans le sud du Montana (très près de la frontière avec le Wyoming), très isolée (la nationale la plus proche, la 191, est à une demi-heure de route). L’avion devait atterrir à l’aéroport Bert Mooney de Butte, à deux heures de route de la station de ski. Après un voyage sans encombre, l’appareil – piloté par un ancien militaire de 65 ans, Ellison « Bud » Summerfield se mit à piquer du nez à moins de 500 mètres des pistes et alla s’écraser dans le cimetière catholique de la ville, le Catholic Holy Cross Cimetery, ne laissant aucune chance aux 14 passagers. Feldkamp perdit sa fille cadette Amy Jacobson, 34 ans, de Saint-Helena (Californie), ainsi que son gendre Erin, 36 ans, et leurs trois enfants Taylor, Ava et Jude, âgés de 4, 3 et 1 an. Il perdit également sa fille aînée Vanessa Pullen, 37 ans et son autre gendre Michael 39 ans, de Lodi (Californie), et leurs deux enfants Sydney et Christopher, âgés de 9 et 7 ans. L’avion est prévu pour 10 personnes maximum, ils étaient 14 plus le chargement. En effet, une famille amie, les Ching, originaires de Durham, toujours en Californie, étaient également à bord. Le père Brent, 37 ans, la mère Kristen, 31 ans, et les enfants Heiley et Caleb 5 et 3 ans moururent également…

 

Plusieurs choses montrent que cette tragédie est une volonté de Dieu, pour prouver que ceux qui plaisantent avec lui ne le font pas longtemps… Tout d’abord, le fait que l’avion ait choisi d’atterrir à Butte plutôt qu’à l’aéroport Yellowstone de Bozeman, bien plus proche, puisqu’à une heure de route de la station et de plus mieux équipé que celui de Butte qui n’est qu’un petit aéroport de province et non un aéroport international comme Bozeman. Ensuite, que l’avion se soit écrasé dans un cimetière catholique, mais pas n’importe lequel. En effet, c’est dans ce cimetière que se trouve le mémorial érigé par les Chevaliers de Colomb (Knight of Columbus), la célèbre association caritative catholique américaine fondée par le Vénérable Père Michaël Joseph McGivney, en mémoire des enfants avortés, appelée par erreur « The Tomb on the Unborn » par confusion avec le cimetière des bébés morts de la grippe espagnole de 1918 situé dans la partie ancienne du cimetière. Ce cimetière se trouve le long de la nationale 2, juste derrières les bâtiments de l’aéroport. La configuration des pistes aurait plutôt privilégié un crash sur l’autre cimetière, le Moutain View Cimetary, situé 1 kilomètre plus haut sur Harrison Avenue, le long de la piste principale. Aucun problème de vol, aucun élément perturbant signalé dans la boîte noire ou par l’aéroport… l’hypothèse est que l’avion en surpoids a été déstabilisé en piquant du nez, comme s’est écrasé le Tu-154 à Noël 2016 (selon les derniers éléments de l’enquête).

 

La journaliste américaine Gingi Edmonds avait organisé chaque jeudi des manifestations devant le domicile des Feldkamp demandant à Bud et son épouse Pam de cesser de financer l’avortement. Comme elle n’a pas été écoutée, Dieu a visiblement choisi un autre moyen de manifester sa désapprobation… Prions pour les victimes et leurs familles, et rappelons que, quoi qu’en dit la dialectique des avortueuses du Planning, l’avortement est un crime.

Un article en anglais : Family of Irving 'Bud' Feldkamp, Owner of the Nation's Largest Privately Owned Abortion Chain, Dies in Montana Plane Crash

 

http://www.christiannewswire.com/news/646579835.html

La fin tragique des filles de l'avorteur Irving "Bud" Moore Feldkamp III le 22 mars 2009 dans un crash aérien
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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 17:45

Mise à jour le 3 avril 2017

Réponse à Michel Onfray sur quelques erreurs sur le christianisme

Hier 11 janvier, à l'occasion de la sortie de son livre "Décadence, de Jésus au 11 septembre, Vie et mort de l'Occident", le philosophe athée Michel Onfray, invité de RMC, a expliqué que la "civilisation judéo-chrétienne" était en train de mourir. [1]

 

Or, le concept de "judéo-christianisme" a été interdit par l'Eglise au concile de Jérusalem en 49 ap. J.-C. Et le judéo-christianisme s'est effondré au premier siècle (Cf.  (Jean DANIELOU, L'Église des premiers temps, des origines à la fin du IIIe s., Points Histoire, Tours 1999, p. 37)

 

Michel Onfray explique pourquoi il n'est pas chrétien (à partir de 15:18 dans le podcast) :

 

"Aucun évangéliste n'a connu Jésus... Parce que le premier qui commence à écrire, il écrit plus d'un demi-siècle après la mort de ce fameux Jésus qui n'a pas existé..." (sic)

 

Il date ainsi le premier évangile "plus d'un demi siècle" après la mort du Christ (en 33), ce qui nous fait remonter à après 83... Cette datation n'est pas partagée (et loin de là) par la majorité des historiens, pour qui les évangiles ont été écrits entre 60 à 70.

 

L’archéologue biblique William Albright a conclu, d’après ses recherches, que tous les livres du Nouveau Testament avaient été écrits du vivant de la plupart des apôtres. Il écrit : Nous pouvons déjà déclarer avec certitude qu’il n’y a désormais plus de raison justifiable de dater quelconque des livres après environ 80... (William F. Albright, Recent Discoveries in Biblical Lands, New York: Funk & Wagnalls, 1955, 136.)

 

Albright situe la rédaction de la totalité du Nouveau Testament  très probablement quelque part entre approximativement 50 et 75. (William F. Albright, Toward a More Conservative View, Christianity Today, January 18, 1993, 3.)

 

Un intellectuel pourtant célèbre pour son scepticisme, John A. T. Robinson, date quant à lui le Nouveau Testament plus tôt que la plupart des érudits les plus conservateurs ! Dans son ouvrage, "Redating the New Testament" [Une nouvelle datation du Nouveau Testament], il affirme que la plus grande partie du Nouveau Testament fut écrite entre 40 et 65. Cela situe la rédaction de celui-ci aussi tôt que sept ans après la vie du Christ. (John A. T. Robinson, Redating the New Testament, quoted in Norman L. Geisler and Frank Turek, I Don’t Have Enough Faith to Be an Atheist, Wheaton, IL: Crossway, 2004, 243)

 

Les premiers chrétiens ont écrit des milliers de lettres, sermons et commentaires sur Jésus. Par ailleurs, des crédos qui parlent de Jésus apparaissent aussitôt que cinq ans après sa crucifixion. (Gary R. Habermas and Michael R. Licona, The Case for the Resurrection of Jesus, Grand Rapids, MI: Kregel, 2004, 212.)

 

Plus de 36.000 de tels écrits, complets ou partiaux, ont été découverts, certains datant du premier siècle. (Norman L. Geisler and Paul K. Hoffman, eds., Why I Am a Christian, Grand Rapids, MI: Baker, 2001, 150). Ces écrits non-bibliques pourraient reconstituer le Nouveau Testament dans sa totalité, à l’exception de quelques versets. (Bruce M. Metzger, The Text of the New Testament? New York: Oxford University Press, 1992, 86.)

 

Comment est-ce qu’un Jésus mythique pourrait inspirer tant d’écrits à son sujet en l’espace de quelques décennies après sa vie ?

 

Les témoins étaient toujours en vie, or aucun n'a remis en question l'historicité des événements rapportés. Toute erreur historique eut été immédiatement exposée, tant par les témoins oculaires que par les ennemis du Christianisme.

Les rédacteurs du Nouveau Testament ont prétendu fournir des témoignages oculaires sur Jésus. L’apôtre Pierre le déclare ainsi, dans l’une de ses lettres : "En effet, ce n’est pas en ayant recours à des récits imaginaires sophistiqués que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ, mais c’est pour avoir été les témoins oculaires de sa grandeur" (2 P 1 :16)

 

L'Evangile de S. Marc, le plus ancien, a ainsi été rédigé entre 41 et 70 au plus tard, probablement en 62. Et ce qui est sûr, c'est qu'il a été rédigé avant 70, de même que l'Evangile de Matthieu : dans ces deux évangiles, Jésus annonce en effet la destruction du Temple de Jérusalem, qui aura lieu en 70 (Mc, 13, 1-4; Mt 24, verset 2). Ces deux évangiles n'ont pas pu être écrits après un évènement que le Christ annonçait qu'il adviendrait.

 

Le fameux archéologue, Sir William Ramsey, a d’abord rejeté le récit historique de Luc concernant Jésus. Toutefois, plus tard il a reconnu : Luc est un historien de première classe … Cet auteur devrait figurer parmi les plus grands historiens.… L’histoire de Luc est sans pareille pour ce qui est de sa fiabilité. (Quoted in Josh McDowell, The New Evidence That Demands a Verdict, Nashville: Thomas Nelson, 1999, 61.)

 

Des fragments de l'évangile de Marc retrouvés à Qumran entre 1947 et 1956 prouvent que l'évangile de Marc est antérieur à 68, voire à l'an 41, selon certains spécialistes. A l'aide des ordinateurs, on a pu prouver scientifiquement que dans ces papyrus écrits seulement en grec (pas de textes en hébreu ni en araméen), issus de la "grotte 7", le groupe de lettres en question ne pouvait appartenir à nul autre qu'à l'évangile de Marc.  Le papyrologue allemand Carsten Peter Thiede a élargi le champ de sa recherche en l'étendant au papyrus P64, fragment de l'évangile de Matthieu... qui se trouve au Madgalen College d'Oxford. Ce papyrus a été daté comme apparte­nant approximativement à l'an 200, mais le professeur Thiede affirme qu'il est de l'an 50 et établit une relation avec la datation du papyrus de Qumran. La datation offerte par Tiede offrirait une garantie de véracité. (Figaro Magazine, Et si les évangiles étaient un reportage?, 14-4-1995, p. 80-81.)

 

... De même, l'Evangile de Luc est écrit au plus tard en 65 : c’est en effet pendant la captivité de S. Paul que Luc aurait composé son évangile. Et vers 65 eut lieu le martyre de Pierre et Paul à Rome. L'Evangile de Jean, l'Apôtre le plus jeune et aussi celui qui vécut le plus vieux, est plus tardif et date de la fin du premier siècle.

 

Les 13 lettres de l’apôtre Paul adressées aux jeunes églises et à certains particuliers constituent la majeure partie du Nouveau Testament. Les lettres de Paul sont datées entre les années 45 et 65 (12 à 33 ans ap. J.-C.) et elles représentent les témoignages les plus anciens sur la vie et l’enseignement de Jésus. Will Durant écrit sur l’importance historique des lettres de Paul :  La preuve chrétienne du Christ commence par les lettres attribuées à Saint Paul. Personne n’a remis en question l’existence de Paul, ou de ses multiples rencontres avec Pierre, Jacques et Jean; et Paul admet avec envie que ces hommes ont connu le Christ dans la chair. (Will Durant, Caesar and Christ, vol. 3 of The Story of Civilization, New York: Simon & Schuster, 1972, 555.)

 

Saint Paul (Paul de Tarse en Asie mineure), portant aussi le nom juif de Saul qui se prononce "Shaoul" (né probablement à Tarse en Cilicie au début du Ier siècle et mort vers 67 - 68 à Rome) est un apôtre de Jésus-Christ, tout en ne faisant pas partie des "Douze". Il est citoyen romain de naissance et un juif pharisien avant sa conversion. Saint Pierre et saint Paul sont les deux piliers de l'Église et jamais la Tradition ne les a fêtés l'un sans l'autre. Tous deux virent leur vie bouleversée par l'irruption d'un homme qui leur dit: "Suis-moi. Tu t'appelleras Pierre" ou "Saul, pourquoi me persécutes-tu?".  Pierre reçut de l'Esprit-Saint la révélation du mystère caché depuis la fondation du monde: "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant." Paul, ravi jusqu'au ciel, entendit des paroles qu'il n'est pas possible de redire avec des paroles humaines. Persécuteur des premiers chrétiens, Paul se donna au Christ: "Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi." Pierre reçut la charge de paître le troupeau de l'Église: "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église." Paul devint l'apôtre des païens. Pour le Maître, Pierre mourra crucifié et Paul décapité. Comment la vie de ces deux hommes a-t-elle pu ainsi être bouleversée si Jésus n'avait pas existé, surtout Saint Paul, quelqu'un qui persécutait les premiers chrétiens ? D'autant plus que saint Paul s'est converti sans le truchement d'autres chrétiens.

 

La ville de Thessalonique était à cette époque devenue la capitale de la Macédoine et le port le plus commerçant de la Méditerranée: elle avait dans l'Empire la qualité de ville libre. S. Paul s'y rendit dans sa seconde mission à sa sortie de Philippes. Il y trouva une synagogue, où il prêcha à des Juifs, des prosélytes et des païens durant trois semaines et jeta les fondements d'une petite chrétienté. Mais bientôt chassé par les intrigues des Juifs accusant les prédicateurs d'agir contre les décrets impériaux et traînant certains chrétiens devant les magistrats (Ac 17:5-9), il se retira à Bérée, puis à Athènes, et de là à Corinthe. C'est de cette dernière ville qu'il adressa à l'Eglise naissante de Thessalonique vers l'an 51, à peu d'intervalle l'une de l'autre, deux épîtres, les premières que nous ayons de lui. La première, qui contient des encouragements, est le plus ancien écrit du Nouveau Testament. L'apôtre y fait l'expérience de la mort et de la résurrection du Christ. Il l'a envoyée une vingtaine d'années après la mort de Jésus, peu après son arrivée à Corinthe où Thimothée, vint lui apporter des nouvelles en provenance de Thessalonique (1 Th 3:6). A cette date, les traditions évangéliques ont déjà pris corps et d'autres textes peuvent nous rapporter des traditions plus anciennes, mais 1 Thessaloniciens est le plus ancien document chrétien connu. Dans leur relative simplicité, les deux lettres aux Thessaloniciens, parlent des "Eglises" et de ceux qui sont "à leur tête", elles mentionnent tout ce qui est la foi commune des premiers chrétiens et l'expérience des premiers missionnaires : l'amour de Dieu qui appelle (1 Th 1:4; 1 Th 2:12, la foi en la Trinité de "Dieu le Père, et le Seigneur Jésus-Christ" et l'"Esprit-Saint" (1 Th 1-5; 1 Th 4:8), la foi dans la mort et la résurrection du Christ (1 Th 1-10 ; 1 Th 4:14), l'attente du retour du Christ (1 Th 3:13; 1 Th 5:23), la croyance dans la résurrection de ceux qui sont morts dans le Christ (1Th 4:16), la persévérance dans la persécution (1 Th 2:14-16), l'amour fraternel (1 Th 4:9) et le caractère collectif et solidaire des premières communautés chrétiennes (1 Th 4:6), l'action de l'Esprit Saint dans la parole de proclamation et dans la vie des communautés. S. Paul met en place des "anciens", comme nous le voyons à Ephèse (Actes 20, 17). Il envoie deux collaborateurs, Tite et Timothée, deux convertis du paganisme dans les communautés qu'il a fondées, pour éviter qu'elles ne dérivent. Ils sont destinataires de trois épîtres avec des conseils pour l'avenir. A Thimothée, en particulier, il rappelle le "don spirituel que Dieu a déposé en toi par l'imposition de mes mains" (1 Tm, 4: 14; et 2 Tm 1:6). La mission principale de Timothée est de "garder le dépôt" (1 Tm 6,20 ; 2 Tm 1,14). Ce dépôt doit être transmis à d'autres de génération en génération : "Ce que tu m’as entendu dire en présence de nombreux témoins, confie-le à des hommes dignes de foi qui seront capables de l’enseigner aux autres, à leur tour" (2 Tm 2,2). S. Pierre recommande aux "anciens en fonction" de paître "le troupeau de Dieu qui leur est confié et aux "jeunes gens" d'être "soumis aux anciens" (1 P. 5, 1-2).

Le souci de la continuité, la transmission de la charge ecclésiastique (office) par les apôtres, le caractère collectif autant qu’individuel, le titre de "pasteurs", titre qui convient d’abord au Christ et que Jésus avait donné à Pierre, sont autant de traits particuliers de l'Eglise primitive.

 

Indiquons ici que les récits païens d’un dieu mort et ressuscité, plus ou moins comparables à l’histoire de la résurrection de Jésus, ne sont apparus qu’au moins 100 ans après les témoignages de la résurrection de Jésus. (Gary R. Habermas and Michael R. Licona, The Case for the Resurrection of Jesus (Grand Rapids, MI: Kregel, 2004), 90.) En d’autres mots, les récits d’Horus, Osiris et Mithra mourant et se relevant d’entre les morts, n’étaient pas des mythologies originales, mais furent greffés à leurs mythes après que les récits de l’évangile de Jésus furent écrits.

 

Michel Onfray parle ensuite du "fameux Jésus qui n'a pas existé". Or, pendant 19 siècles, pas même les Juifs, ou ses adversaires talmudistes et Romains, les païens eux-mêmes, n'ont remis en question l'existence de Jésus.

 

Pendant des siècles, jusqu’aux Encyclopédistes et à ceux qu’on a appelé plus tard les philosophes des "Lumières" au dix-huitième siècle, la question de l'existence de Jésus, soulevée par Michel Onfray, ne se posait pas. Voltaire lui- même - qui fut pourtant un ennemi acharné de l’Église et du christianisme - ne nia jamais l’existence historique de Jésus de Nazareth. Ce n'est qu'au dix-neuvième siècle que des chercheurs qualifiés de "rationalistes" entreprirent de mettre en doute l’existence de Jésus : un dictionnaire russe rédigé pendant la période communiste de l’U.R.S.S., décrit Jésus comme un personnage mythique ou mythologique n’ayant pas existé... Il n’existe plus aucun historien sérieux aujourd'hui pour nier l’existence historique de Jésus de Nazareth.


Le fait que Jésus ait existé n’est pas une doctrine de foi, c’est une vérité historique attestée par des témoins qui n'étaient pas chrétiens. Un Jésus qui fut crucifié au temps de Ponce Pilate est attesté pas les historiens romains contemporains de Jésus, dont l’intérêt n’était pas de faire croire à l'existence d’un personnage n’ayant soit-disant jamais existé. Les preuves de l'existence de Jésus viennent également de sources juives...

 

De sorte qu'il n'y a pas plus de raisons de nier l’existence de Jésus que celle d’autres personnages de l’Antiquité. César, Aristote, Alexandre le Grand, ou Socrate… auraient même moins de preuves de leur existence !

 

La quantité des manuscrits du Nouveau Testament est énorme. Il existe plus de 24.000 manuscrits complets ou partiels des livres qui le constituent, les situant bien au-dessus de tous les autres documents anciens. L’historien Paul Johnson remarque : “Si nous considérons, par exemple, que Tacite ne survit que grâce à un seul manuscrit médiéval, la quantité des manuscrits anciens du Nouveau Testament est remarquable.” (Paul Johnson, “A Historian Looks at Jesus,” speech to Dallas Seminary, 1986.)

 

Le livre de Callisthenes (un historien contemporain d'Alexandre le Grand exécuté en 327 av. J.-C., suite à l'affaire du refus du rite perse de la proskynèse) sur les Actes d'Alexandre et le Journal Royal sont des sources primaires de la vie d'Alexandre, mais depuis perdues. L’histoire d’Alexandre le Grand provient de cinq sources antiques, écrites 300 ans ou plus après sa mort :

Arrien (Ier siècle ap. J.-C. Son Anabase d'Alexandre est le récit antique le plus rigoureux que nous ayons des campagnes militaires menées par Alexandre le Grand);

Diodore de Sicile (Ier s. av. J-C.), "Bibliothèque historique";

Justin, IIIe s. ap. J.-C.,"Abrégé des Histoires philippiques de Trogue Pompée" ; 

Quinte-Curce, Ier s. ap. J.-C., L'Histoire d'Alexandre le Grand ;

Plutarque, Ier s. ap. J.-C., Vies parallèles, Vie d'Alexandre ;

 

(Cf. “Alexander the Great: The ‘Good’ Sources,” Livius,http://www.livius.org/aj-al/alexander/alexander_z1b.html .)

 

Autrement dit, il n’existe pas un seul témoignage direct de l’existence d’Alexandre le Grand. Les auteurs antiques qui permettent de construire un récit sont tous d'époque romaine, et ils ont travaillé à partir de sources primaires auxquelles nous n'avons plus accès, sauf sous forme de citations ou de paraphrases ("fragments d'historiens"). Pour autant, aucun historien sérieux, ne remet en question l'historicité d'Alexandre.

 

Un professeur de droit, John Warwick Montgomery, a affirmé : Pour être sceptique vis-à-vis du texte des livres du Nouveau Testament, il faut permettre à toute l’Antiquité classique de glisser dans l’obscurité, car aucun document de l’Antiquité n’est aussi bien attesté d’un point de vue bibliographique que le Nouveau Testament. (Quoted in Josh McDowall, The New Evidence That Demands A Verdict (Nashville: Thomas Nelson Publishers, 1999), 36.)

 

Michael Grant, un historien athée de Cambridge, défend le fait que le Nouveau Testament devrait être considéré comme preuve, au même titre que le reste de l’histoire antique :

Si nous employons à l’égard du Nouveau Testament le même genre de critères que nous devrions employer à l’égard d’autres récits anciens contenant de la matière historique, nous ne pouvons pas plus rejeter l’existence de Jésus que nous ne pouvons rejeter l’existence d’une foule de personnages païens dont la réalité historique n’a jamais été remise en question. (Michael Grant, Jesus: An Historian’s Review of the Gospels, London: Rigel, 2004, 199-200.)

Clark Pinnock, professeur d’interprétations à McMaster Divinity College, l’a bien résumé en disant :  Il n’existe aucun document du monde ancien attesté par un ensemble aussi excellent de témoignages textuels et historiques. Une [personne] honnête ne saurait rejeter une source pareille. Le scepticisme à l’égard des qualités historiques du Christianisme se base sur l’irrationnel. (Quoted in Josh McDowell, The Resurrection Factor, San Bernardino, CA: Here’s Life Publishers, 1981, 9.)

 

Les témoignages romains :

 

Tertullien était un juriste et un théologien de Carthage. Tandis qu’il faisait un discours pour défendre le christianisme devant les autorités romaines d’Afrique, il mentionne les échanges qu’eurent Tibère et Ponce Pilate :

 

"En ces jours où le nom de chrétien fit son entrée dans le monde, Tibère, qui avait reçu l’intelligence au sujet de la divinité du Christ amena le sujet devant le sénat, en comptant bien appuyer sa position en faveur du Christ. Mais le Sénat rejeta cette proposition parce qu’il n’approuvait pas lui-même cette opinion. César la soutenait, cependant, et menaça de sa colère contre tous les accusateurs des Chrétiens." (Apologie, V.2 (aussi Justin Martyr dans Apologie, 1.35).

 

Thallus fut un des premiers écrivains païens à mentionner le Christ. Il écrivit en 52 apr. J.C.. Malheureusement, ses écrits ont disparu ; et on en a connaissance seulement parce que d’autres auteurs les citent. Un de ces auteurs s’appelle Julius Africanus, un écrivain chrétien qui vécut vers 221. Julius fait allusion à un commentaire intéressant provenant de Thallus :

 

 "Dans son troisième livre d’histoires, Thallus explique naïvement les ténèbres comme étant une éclipse de soleil – ce qui me semble bien déraisonnable (déraisonnable, bien sûr, parce qu’une éclipse de soleil ne pouvait pas arriver à l’époque de la pleine lune, parce que Christ mourut à l’époque pascale de la pleine lune)."
 

Nous voyons donc que la référence des Évangiles aux ténèbres, qui survinrent à la crucifixion de Jésus, était bien connue, et que les non croyants qui y assistèrent recherchaient une explication naturelle.

 

Phlegon, un historien du 1er siècle.


 

Ses Chroniques ont aussi été perdues, mais Julius Africanus mentionne aussi un fragment de cette œuvre, confirmant les ténèbres qui survinrent lors de la crucifixion de Jésus. Et après sa réflexion sur l’opinion déraisonnable de Thallus, il cite Phlegon selon lequel "au temps de Tibère César, survint une éclipse de soleil durant la pleine lune." Phlegon est aussi cité par Origène dans Contre Celsum, Livre 2, sections 14,33,59.

 

Justin Martyr, Patron des philosophes (vers 150 apr. J.C.) adressa sa Défense du Christianisme à l’empereur Antonius Pius, et il le renvoya au Rapport de Pilate, qu’il suppose être dans les archives impériales. Il dit :


 

"Mais les mots ‘il perça mes mains et mon pied’ dit-il, sont une description des clous qui furent plantés dans Ses mains et dans Son pied sur la croix ; et après qu’il fut crucifié, ceux qui le crucifièrent jetèrent les dés pour se partager ses vêtements ; et ces choses arrivèrent ainsi, tu peux en avoir connaissance d’après les actes qui furent enregistrés sous Ponce Pilate."


 

Un peu plus tard, il dit :


 

"Qu’il fit ces miracles, tu peux facilement le vérifier d’après ‘les actes’ de Ponce Pilate." (Apologie 1.48)

 

Le philosophe anti-chrétien Celse, en 110, écrit : "Vous nous donnez pour Dieu un personnage qui termina par une mort misérable une vie infâme." (Origène, Contre Celse, 7,58)

 

Dans le livre 15ème de ses Annales, Tacite écrit au début du IIe siècle (entre 100 et 116) :

"Mais ni efforts humains, ni largesses du prince, ni cérémonies religieuses expiatoires, ne faisaient taire l'opinion infamante, d'après laquelle l'incendie (de Rome Ndlr.) avait été ordonné. Pour mettre fin à ces rumeurs, Néron supposa des coupables et fit souffrir les tortures les plus raffinées à ces hommes détestés pour leurs abominations et que le vulgaire appelait chrétiens. Ce nom leur vient de Christ, qui, sous Tibère, fut livré au supplice par le procurateur Pontius Pilatus. Réprimée sur le moment, cette exécrable superstition perçait de nouveau, non seulement dans la Judée, berceau du mal, mais à Rome même, où tout ce qu'il y a partout d'infamies et d'horreurs afflue et trouve des partisans. On commença donc par saisir ceux qui confessaient leur foi, puis, sur leurs révélations, une infinité d'autres, qui furent bien moins convaincus d'incendie que de haine pour le genre humain. On fit de leurs supplices un divertissement : les uns couverts de peaux de bêtes, périssaient dévorés par des chiens; beaucoup, mis en croix, étaient, lorsque le jour avait disparu, brûlés pour éclairer la nuit. Néron avait offert ses jardins pour ce spectacle et donnait des jeux au Cirque, se mêlant au peuple en habit de cocher, ou conduisant un char." (Annales, livre 15ème, 44, in Tacite, Annales, GF Flammarion, Manchecourt 2002, p. 439.)
 


Vers 120, Suétone écrit :

"Les Chrétiens sont mis à mort. [...] Il (Néron) livra aux supplices les Chrétiens, race adonnée à une superstition nouvelle et coupable." (Vie des douze Césars, Vie de Néron 16, 2)

 

Suétone écrit encore :

 

"Comme les Juifs se soulevaient continuellement à l'instigation d'un certain Chrestos, il les chassa de Rome." (Vie des Douze Césars, Gallimard Folio Classique, Saint-Amand 2003, Livre V, Claude, 25, p. 286.)

 

Or justement, le livre des Actes des Apôtres - livre qui complète l’Evangile de St Luc - fait une allusion directe à cette expulsion lors de l’arrivée de Saint Paul à Corinthe :

 

"Paul se rendit ensuite à Corinthe. Il rencontra là un juif nommé Aquilas, originaire du Pont, qui venait d'arriver d'Italie avec sa femme, Priscille. Claude, en effet, avait décrété que tous les Juifs devaient quitter Rome..." (Actes 18,2)

 

Le proconsul romain de Bithynie et du Pont (Asie mineure), Pline le Jeune, écrit en 111 que les Chrétiens "se réunissent avant l'aurore à des jours déterminés pour chanter des hymnes au Christ comme à un Dieu." (Epist. 10, 96).

 

Les témoignages juifs : le Talmud et la Michnah juifs

 

Les Juifs ont toujours considéré Jésus comme réel. "Plusieurs écrits juifs font référence à Jésus comme une personne réelle à laquelle ils s’opposaient." (D. James Kennedy, Skeptics Answered (Sisters, OR: Multnomah, 1997), 76)

Le Talmud babylonien : "À la veille de la fête de Pâque, on pendit Jésus. Quarante jours auparavant, le héraut avait proclamé : 'Il est conduit dehors pour être lapidé, car il a pratiqué la magie et séduit Israël et l’a rendu apostat. Celui qui a quelque chose à dire pour sa défense, qu’il vienne et le dise.'

Comme rien n’avait été avancé pour sa défense, on le pendit à la veille de la fête de Pâque. Ula (un rabbin de la fin du IVe siècle) répliqua : 'Crois-tu qu’il ait même fallu chercher quelque chose pour sa défense? Car il devint un séducteur et la loi dit : Tu ne dois pas l’épargner, ni passer sa faute sous silence.' (Dt 13,9). Bien plutôt il en allait autrement pour Jésus, parce qu’il était en relations avec l’Empire."

Le Talmud Tol’doth Yeshu fait référence à Jésus comme "Ben Pandera" (ou Ben Pantere). Beaucoup de Théologiens pensent que "pandera" est un jeu de mots, et un travesti du mot grec pour "vierge", "parthenos", l’appelant ainsi un "fils d’une vierge". Joseph Klausner commente "la naissance illégitime de Jésus était une idée courante chez les juifs". Dans la Baraila (Babylone Sanhedrin 43a)

L’Anoa Ulla. Les autorités Juives ne contestaient pas le fait que Jésus fit beaucoup de signes et de miracles, mais ils les attribuaient à Satan, et les assimilaient à des actes sorcellerie (Mat 9.34 ; 12.24 ; Marc 3.22). Sanhedrin 43a; aussi Yeb IV 3; 49a

 

Le témoignage de Flavius Josèphe (entre 93 et 94) est le plus étonnant. Tellement étonnant que l’on a pensé que le texte avait été arrangé par des copistes chrétiens plus tard dans la transmission du manuscrit.

Ceci méritait d’être discuté très sérieusement, et l’a été. Flavius Josèphe avait participé à "la guerre des Juifs" (entre l’année 66 et l’année 7O). Il s’agit de la grande révolte des Juifs réprimée par Vespasien et son fils Titus. Flavius Josèphe s’était d’abord battu dans les rangs des insurgés, puis s’étant rendu aux Romains, il avait pris leur parti. Il a écrit en grec vers 93 une histoire très précise de ces événements. Dans cette histoire il rapporte la mise à mort de l’apôtre Jacques. Et puis il parle du Christ. Un certain nombre de critiques donc ont estimé que le passage de Flavius Josèphe était trop favorable à Jésus... Un Juif romanisé aurait-il été jusque là ? Un copiste chrétien, en recopiant le manuscrit, aurait arrangé le texte ? Cette objection est sérieuse, mais nous avons plusieurs manuscrits avec des origines différentes. Un savant Israélien, Shlomo Pères, a étudié ces différents manuscrits et il estima avoir atteint la version "minimum" de Flavius Josèphe. La voici :

"En ce temps là, vivait un sage nommé Jésus. Il se conduisait bien et était estimé pour sa vertu. Nombreux furent ceux tant Juifs que gens d’autres nations qui devinrent ses disciples. Pilate le condamna à être crucifié et à mourir. (Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, 5, 1-7). Mais ceux qui étaient devenus ses disciples ne cessèrent de suivre son enseignement. Ils racontèrent qu’il leur était apparu trois jours après sa crucifixion et qu’il était vivant. Sans doute était-il le Messie sur qui les prophètes ont racontés tant de merveilles."

 

L’intellectuel israélien, Shlomo Pines, écrit : Les opposants les plus mordants du christianisme n’ont jamais exprimé le moindre doute quant au fait que Jésus avait réellement existé. (Josh McDowell and Bill Wilson, Evidence for the Historical Jesus (Eugene, OR: Harvest House, 1993, 44.)

 

Will Durant, un historien de l’histoire mondiale, remarque qu’aucun Juif ni gentil du premier siècle n’a jamais nié l’existence de Jésus. (Will Durant, “Caesar and Christ,” vol. 3 of The Story of Civilization, New York: Simon & Schuster, 1972, 555.)

 

Que dit l'archéologie ?

 

Les évangiles contiennent de nombreux détails historiques et ne constituent pas seulement des enseignements spirituels. Ces faits historiques relatés dans les évangiles ont toujours été confirmés par les découvertes archéologiques...

 

Exemples:

 

- certains, comme le dit Michel Onfray dans cette émission de RMC, estimaient que Nazareth (le village où Jésus a passé son enfance) n’existait pas... Or, en 1962 on a retrouvé une plaque du IIIème siècle avant J.C, gravée en hébreu et portant le nom du village... Et le 21 décembre 2009, des archéologues ont annoncé la découverte de morceaux d’argile à Nazareth, datant du premier siècle et confirmant ainsi que ce petit village existait bel et bien du temps du Christ.

 

- La piscine de Bethesda, dite la "piscine aux 5 portiques" est décrite dans l'évangile de St Jean lorque est racontée la guérison du paralytique : cette piscine a été retrouvée en 1888, à l’endroit situé par St Jérôme en 372 et St Eusèbe en 332...


- Ponce Pilate, qui a condamné Jésus à mort. On a prouvé son existence en 1961 en retrouvant un bloc de calcaire, une plaque comportant son nom et son titre... "Ponce Pilate, Préfet de Judée", dans les ruines de Césarée maritime.

 

 - En 1990, des archéologues découvrirent un ossuaire (une boîte contenant des ossements) portant l’inscription de Caïphe, connu dans le Nouveau Testament pour son implication dans la livraison de Jésus à Ponce Pilate, qui l'a crucifié. Celle-ci fut vérifiée et reconnue authentique au-delà de tout doute raisonnable .

 

- Récemment, dimanche 19 mars 2017, l'autorité des antiquités israéliennes a annoncé des découvertes archéologiques récentes d'objets datant du 1er siècle, retrouvés dans la région de Jérusalem et en Galilée et permettant aux historiens de mieux comprendre la vie à l'époque de Jésus-Christ. Parmi ces objets, une cage funéraire de calcaire décorée de façon intime, appartient à un descendant du grand prêtre Caïphe. Gideon Avni, chef de la division archéologique de l'Autorité des antiquités d'Israël a déclaré qu'il n'y avait aucune raison de croire que Jésus n'existait pas simplement parce que les archéologues n'ont pas trouvé de preuve physique de lui... "Il faut se rappeler que le Christ était l'un parmi plus d'un million de personnes vivant en cette période en Terre Sainte", dit-il.

 

- Dalmanoutha, une ville des temps bibliques mentionnée dans l'Evangile selon saint Marc (Mc 8:10), a été découverte par l'Université de Reading (RU) en septembre 2013, le long de Mer de la Galilée (ou "Lac de Tibériade"). La Mer de Galilée est située à plus de 200 m au-dessous du niveau de la mer. Le lieu traversé par le fleuve Jourdain est celui du baptême de Jésus-Christ par saint Jean-Baptiste, mais aussi l'endroit où le Christ navigua avec ses disciples après le miracle de la multiplication des pains. Le bateau daté de deux mille ans et découvert en 1986, parfois appelé "barque de Pierre" ou "barque de Jésus" a été trouvé sur le littoral de la ville nouvellement découverte.

 

A ces témoignages impartiaux de l'archéologie, des auteurs païens, romains et juifs, il faut ajouter la multitude des textes religieux chrétiens qui ont une valeur historique certaine. L'existence de Jésus comme personnage historique du premier siècle ne fait donc aucun doute.

 

Quelques questions montrent a contrario la véracité des premiers témoins :

Si Jésus de Nazareth n’était qu’un personnage imaginaire, pourquoi les évangélistes seraient-ils parfois si discordants d’un texte à l’autre? N’auraient-ils pas dû donner de Jésus, avant tout une image cohérente, un portrait harmonieux, dans le souci primordial d’écarter les soupçons?
 

Si ce Jésus avait été inventé pour jouer le rôle du sauveur qu’Israël attendait comme l'explique Michel Onfray (avec ses "comme par hasard dans l'Ancien Testament"), pourquoi n’avoir pas vu en lui, par exemple, le héraut de la fin des temps (les modèles sont nombreux dans l'Ancien Testament) ? Pourquoi en faire une victime, pourquoi inventer l’échec de sa mission sur une Croix dont à ce moment-là, personne n'eut parié sur sa réussite ?

 

Si Jésus n’était qu’une fiction, un personnage héroïque destiné un jour à convertir l’immense Empire romain, pourquoi le faire mourir sur une croix, un supplice qui désignait aussitôt les Romains comme auteurs de sa mort, et d’autre part supplice horrible et infamant apparemment en contradiction avec la nature divine du christ?

 

Si les premiers chrétiens avaient voulu faire croire à leur histoire, pourquoi dans une société qui alors n’accordait aucun crédit aux témoignages des femmes faire partir cette histoire du témoignage premier d’une femme (sainte Marie-Madeleine) sur la résurrection du christ ?... Si les évangélistes avaient voulu faire croire à une "fable" comme le dit Michel Onfray, ils n'auraient pas choisi des femmes comme premiers témoins de la résurrection du Christ !

 

Ce sont au contraire toutes ces complications, ces difficultés, ces contradictions à résoudre, du point de vue de ceux qui avaient à écrire l’histoire de Jésus, qui précisément plaident en faveur de l’authenticité historique. Et tout particulièrement le souvenir de sa crucifixion, supplice horrible et infamant.

 

Rappelons que jamais les adversaires du christianisme aux premiers siècles, qu’ils soient juifs ou païens, n’ont mis en cause l’existence de Jésus. Ils ont combattu sa doctrine et ses disciples, mais ils n’ont jamais contesté la réalité de sa personne.

 

Michel Onfray explique ensuite : "A un moment donné, cette religion ... devient une religion par la grâce d'un homme, l'empereur Constantin qui décide que Jésus a existé."

 

Michel Onfray confond avec l'édit de Milan qui donne la liberté de culte au christianisme...

La mère de Constantin, que Michel Onfray tourne en ridicule, sainte Helène, ne retrouve pas "comme par hasard" "des reliques de la Vraie croix, des clous" : elle en fit la découverte lors d’un pèlerinage en Palestine entrepris en 326 et suite à des fouilles sur le lieu du Calvaire...

 

Michel Onfray tente de justifier son anti-christianisme par le blasphème :

 

"Le christianisme du Jésus des évangiles, ce serait plutôt le christianisme de S. François d'Assise. [...] Moi ce que j'aime, c'est que les gens donnent l'exemple. Et si tous les curés accueillaient dans leur presbytère, leurs églises, leurs cathédrales, leurs évêchés, des migrants en quantité, parce qu'il y a de la place, là ils seraient crédibles.

[...] Qu'ils commencent par donner l'exemple, parce que le christianisme c'est cela pour moi. Et voilà pourquoi je ne suis pas chrétien : il y a peu de chrétiens qui sont vraiment chrétiens. Et d'ailleurs Nietzsche a dit à un moment donné : 'Il y a eu un seul chrétien, c'était Jésus, et il est mort sur la croix'", explique Michel Onfray.

 

Si le Christ demande qu'on accueille l'étranger, c'est à titre individuel et autant qu'on le peut. Cet accueil n'est pas imposé aux états, ou d'une manière collective : les autorités politiques "en vue du bien commun" (à titre collectif) ont la possibilité de "subordonner l'exercice du droit d'immigration" et l’immigré est "tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil" (n°2241 du "Catéchisme de l'Eglise catholique").

 

En soutenant qu'il n'est pas chrétien parce qu'il ne rencontre pas assez de chrétiens autour de lui, Michel Onfray blasphème notre Seigneur Jésus-Christ à la manière des cardinaux qui lors de la rencontre de S. François d'Assise et du pape Innocent III au palais de Latran jugeaient la Règle de S. François trop difficile et inapplicable : soutenir que l'observance des conseils évangéliques et le voeu qu'on en fait sont quelque chose de contraire à la raison ou d'impossible, c'est blasphémer ouvertement contre Jésus-Christ, auteur de l'Evangile.

Michel Onfray affirme ensuite que le christianisme a contribué à l'"antisémitisme". Quid de l'antichristianisme juif dans le Talmud dont on entend jamais parler?

 

Il dit qu'"il faut attendre le XXe siècle, après la Shoah, pour que le christianisme officiel dise qu'effectivement les Juifs ne sont pas un peuple maudit et que ce n'est pas le peuple déicide".

 

C'est faux : même si des Pères de l'Eglise ont pu le dire, cela n'a jamais été un enseignement dogmatique de l'Eglise que de dire que les Juifs étaient un "peuple déicide"... En 1566, le Catéchisme du Concile de Trente précise même que les responsables de la mort du Christ sont les pécheurs de toute l'humanité, non les Juifs seuls.

 

« [S]i l'on veut chercher le motif qui porta le Fils de Dieu à subir une si douloureuse Passion, on trouvera que ce furent, outre la faute héréditaire de nos premiers parents, les péchés et les crimes que les hommes ont commis depuis le commencement du monde jusqu'à ce jour, ceux qu'ils commettront encore jusqu'à la consommation des siècles.
 

[…] Les pécheurs eux-mêmes furent les auteurs et comme les instruments de toutes les peines qu'il endura. » (Catéchisme du Concile de Trente, Première partie : Du symbole des Apôtres, Chapitre 5 Du 4e article du symbole Qui a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, et a été enseveli, § 3, éditions DMM, Niort 1998, p. 56.)

 

« Nous devons donc regarder comme coupables de cette horrible faute, ceux qui continuent à retomber dans leurs péchés. Puisque ce sont nos crimes qui ont fait subir à Notre-Seigneur Jésus-Christ le supplice de la Croix, à coup sûr, ceux qui se plongent dans les désordres et dans le mal (Hebr., 6, 6.) crucifient de nouveau dans leur cœur, autant qu’il est en eux, le Fils de Dieu par leurs péchés, et Le couvrent de confusion. Et il faut le reconnaître, notre crime à nous dans ce cas est plus grand que celui des Juifs. Car eux, au témoignage de l’Apôtre (Cor., 2, 8.), s’ils avaient connu le Roi de gloire, ils ne L’auraient jamais crucifié. Nous, au contraire, nous faisons profession de Le connaître. Et lorsque nous Le renions par nos actes, nous portons en quelque sorte sur Lui nos mains déicides. » (Catéchisme du concile de Trente, 1re partie, chapitre 5, § 3, ibid., p. 57.)

Saint Pierre, Prince des Apôtres qui lors de son supplice choisit d'être crucifié la tête en bas pour ne pas avoir l'honneur de mourir comme Jésus

Saint Pierre, Prince des Apôtres qui lors de son supplice choisit d'être crucifié la tête en bas pour ne pas avoir l'honneur de mourir comme Jésus

Je crois les témoins qui se font égorger.

Blaise Pascal

Aujourd’hui, tout ce que nous pouvons voir de la Rome antique, ce sont des ruines.

 

Les puissantes légions de César et la splendeur de l’empire romain sont tombées dans l’oubli. Cependant, à quel point se souvient-on de Jésus aujourd’hui ?

 

Les nations ont utilisé ses paroles pour établir les principes de leurs gouvernements. Selon Durant : Le triomphe du Christ a été le début de la démocratie. (Will Durant, The Story of Philosophy, New York: Pocket, 1961, 428.) Son sermon sur la montagne a établi un nouveau point de référence en éthique et en moralité.

Des écoles, des hôpitaux et des œuvres humanitaires ont été fondés en son nom. Plus de 100 grandes universités – y compris Harvard, Yale, Princeton, Dartmouth, Columbia, Oxford, Paris– ont été commencées par ses fidèles.

 

Lire : Les Plantagenêt et l'influence française en Angleterre

 

Le rôle élevé de la femme au sein de la culture occidentale retrace ses sources à Jésus. (Au temps de Jésus, les femmes étaient considérées comme des personnes inférieures et virtuellement inexistantes jusqu’à ce que son enseignement soit suivi.) C'est la modernité qui a fait régressé les droits de la femme (Régine Pernoud). L’esclavage a été aboli en France au VIIe s. sous les Mérovingiens par une femme, Sainte Bathilde, en Grande-Bretagne et en Amérique à cause de l’enseignement de Jésus selon lequel chaque vie humaine possède une valeur intrinsèque.

 

L’historien du monde, H. G. Wells, questionné sur qui avait eu le plus fort impact sur l’histoire, répondit :  Jésus est irrésistiblement le centre de l’histoire. (Quoted in Bernard Ramm, Protestant Christian Evidences (Chicago: Moody Press, 1957), 163.)

 

Si Jésus n’a pas existé, comment un mythe peut-il changer autant l’histoire ?

Enfin, Michel Onfray se dit être un "athée judéo-chrétien". La première contradiction dans les termes est que les judéo-chrétiens croyaient en Dieu. La deuxième est qu'en 1789, un clivage est officiellement né, un clivage métaphysique. La république en France est le fruit de la philosophie individualiste nominaliste apparue dès le Moyen Âge au XIVe siècle et continuée avec l'épicurisme, Hobbes, Rousseau, Kant, Charles Darwin et quelques autres, où l'idée d'un ordre de la nature voulu par un Premier Moteur intelligent et où chaque être a sa finalité propre a disparu (prémisse de l'athéisme). Un monde où la loi civile devient le seul critère de moralité qui ne soit pas subjectif... et qui s'impose à tous (...même si la loi enfreint la morale! ). Un monde où avec l'épicurisme et le darwinisme se développe la croyance dans un monde en "progrès", et où la Démocratie obligatoire et universalisable prend le caractère d'une nouvelle religion. A la place d'une décadence de la civilisation chrétienne, n'y a-t-il pas plutôt une décadence de la "civilisation" moderne ? Comment en tant qu'athée défendre la modernité-nouvelle-religion ? Il s'agit sans doute-là de la raison profonde pour laquelle Onfray se définit comme "athée judéo-chrétien", mais on en revient alors à la première contradiction. L'athéisme d'Onfray est une impasse car tout est religieux, toute politique est métaphysique, même la modernité.

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 10:04
"Le lieu dans lequel une communauté musulmane prie devient Dar al-Islam, un lieu qui appartient pour toujours à l'islam" (Marco Tosatti)

FAUT-IL LAISSER LES MUSULMANS PRIER DANS NOS CHAPELLES ?

 

A l’aéroport international de Milan Malpensa, le chapelain a ouvert la chapelle catholique Notre-Dame de Lorette au culte musulman et désormais les photos de la Mecque et les tapis de prière côtoient l’autel et la Croix. Dans la chapelle, une lampe orientale trône au milieu des rosaires et des encycliques du Pape François. Lorsqu’on tourne l’interrupteur, une psalmodie en arabe s’élève : « c’est une sorte de jingle du Ramadan – répond en souriant un employé musulman – ce sont des formules de bons vœux, un peu comme votre Noël ». Le chapelain, Don Ruggero Camagni hausse les épaules : « ils me l’ont laissée, je l’ai mise là, où est le mal ? »

Selon Marco Tosatti, vaticaniste au prestigieux journal La Stampa, même si cette initiative part certainement d’une bonne intention, il pourrait bien s’agir d’une erreur colossale, il nous explique pourquoi :

« Le lieu dans lequel une communauté musulmane prie devient Dar al-Islam, un lieu qui appartient pour toujours aux compagnons du Prophète. A la différence du reste du monde, l’Occident en particulier, qui est Dar al-harb, la maison de la guerre, c’est-à-dire la terre qui doit encore être soumise à la vraie foi.

C’est précisément la raison pour laquelle Saladin, après avoir conquis Jérusalem et avoir visité l’Eglise du Saint Sépulcre s’est comporté comme il l’a fait : il fit abattre la Croix, briser les cloches et y installa un portier musulman mais il ne voulut pas y prier, justement pour éviter que le Sépulcre ne devienne Dar al-Islam. Il souhaitait en fait que ce lieu puisse demeurer un lieu de pèlerinage chrétien, notamment pour des raisons économiques parce que le flux de pèlerins était favorable au commerce.

Ce n’est pas un hasard si la Conférence Episcopale Italienne a publié les recommandations suivantes dans un document pastoral :

« Afin d’éviter toute confusion et tout quiproquo dangereux, les communautés chrétiennes ne doivent pas mettre les Eglises, les chapelles ni les lieux de culte catholique ni leurs locaux paroissiaux à disposition pour des rencontres de fidèles de confessions non chrétiennes. C’est pour cela qu’avant de promouvoir des initiatives culturelles ou des rencontres de prière avec les non-chrétiens, il faut soigneusement en discerner le sens et garantir un style de rapport interreligieux correct en suivant les dispositions de l’Eglise locale ».

C’est ainsi que ces derniers mois, une réunion au plus haut niveau s’est tenue au Vatican, rassemblant le Pape et ses collaborateurs autour de la problématique du dialogue avec l’Islam et de ses nombreux aspects. Le responsable d’un important dicastère, qui a une grande expérience de cette question et du monde musulman, a affirmé qu’il fallait mettre nos agents pastoraux en garde pour éviter que, par naïveté, ils ne prêtent des églises ou des locaux car ces événements restent gravés dans la mémoire collective des fidèles musulmans et pourraient faire l’objet de revendications dans un futur plus ou moins lointain.

Donc, s’il y a un évêque à Milan, il devrait s’activer pour remédier à la bonne volonté du chapelain.

Source : Marco Tosatti, San Pietro e Dintorni, La Stampa

Diakonos.be

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 17:54
« "Qui suis-je pour juger ?" "Mais, le pape, Très Saint-Père !" », abbé J de Pluvié - 10 janvier 2017

Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? » Tournée en boucle comme un « tube » par les fossoyeurs de la morale catholique, cette courte interrogation du pape François (lors de son retour des Journées mondiales de la jeunesse à Rio le 29 juillet 2013) conduit finalement à remettre en cause une des opérations humaines les plus élémentaires : le jugement moral.

Car dès lors que le chef suprême de l'Église n'est pas habilité à juger des pratiques contrenature d'un homosexuel qui, surtout s'il cherche Dieu, devrait tout simplement les abandonner, quel individu pourra se permettre de porter des jugements sur autrui ? Si un homme est terroriste, s'il est pédophile, et s'il cherche le Seigneur, qui suisje pour juger ? À la rigueur, allons jusqu'à l'ultime conséquence de cette réflexion pontificale : si même quelqu'un ne cherche pas le Seigneur, qui suis-je pour juger ?

Faudra-t-il laisser toute sentence morale à Notre-Seigneur Jésus-Christ ? Pour répondre à cette question, que chacun se demande : qui suis-je ? Un homme, un être doué de raison dont le jugement me permettra de me conduire vers le bien, vers mon salut, et si je suis responsable d'autrui (parent, dirigeant, chef au sein d'une société civile ou ecclésiastique), de faire régner la paix et la justice, de corriger mes subordonnés avec prudence dans le domaine qui m'incombe, ou d'enrayer la propagation du mal.

Certaines recommandations de l'Écriture sainte sembleraient cependant corroborer la retenue du pape qui reprend d'ailleurs presque mot pour mot une réflexion de saint Jacques : « Mais qui es-tu, toi qui juges le prochain ? » (Jc 4, 12) Notre- Seigneur dit aussi : « Ne jugez point afin que vous ne soyez pas jugés. » (Mt 7, 1) Dans l'une de ses paraboles, le Christ reproche à demi-mot au pharisien de se faire l'inquisiteur de la vie morale du publicain. Mais il n'est pas besoin d'avoir suivi de hautes études pour comprendre que les passages cités stigmatisent seulement le jugement téméraire, malveillant ou sans fondement sérieux. Les accusations hâtives et divulguées inconsidérément demeurent une tare malheureusement trop fréquente de la nature humaine, même en milieu chrétien. Si les paroles oiseuses nous seront reprochées, que dire des réquisitoires sans pitié envers les autres ? Ce que Notre-Seigneur condamne, c'est de « juger selon l'apparence » (Jn 7, 24), de « juger selon la chair » (Jn 8, 15).

D'autres paroles de l'Écriture demandent au contraire le jugement : « Jugez selon la justice. » (Jn 7, 24) Dans ses paraboles, Notre-Seigneur Jésus- Christ réclame un discernement : Lazare et le mauvais riche, le levain des pharisiens, l'obole de la veuve, l'arbre qui se juge à ses fruits. Saint Jacques nous encourage à la correction fraternelle : « Mes frères, si quelqu'un d'entre vous s'égare loin de la vérité, et qu'un autre l'y ramène, qu'il sache que celui qui ramène un pécheur de la voie où il s'égare, sauvera son âme de la mort, et couvrira une multitude de péchés. » (Jc 5, 19-20)

Comment donc corriger le prochain, avec charité s'entend, si un certain jugement ne se formule pas à son encontre ? Comment éduquer et diriger droitement un enfant si son responsable doit suspendre le jugement sur son agir ? Comment faire régner la paix et la justice si l'autorité compétente devait en toutes circonstances s'enquérir du for interne pour donner une ligne de conduite ou condamner les actions évidemment mauvaises ? Bien sûr, connaissant la faiblesse humaine que supportent aussi bien le pécheur que son juge, le prochain doit faire preuve d'indulgence parce qu'il est lui-même pécheur et que, la plupart du temps, il ne connaît pas tous les motifs de l'action. L'autorité doit également exercer la clémence afin de « ne pas éteindre la mèche qui fume encore ».

Mais, le « qui suis-je pour juger ? » jette le trouble dans les rangs catholiques et réjouit les ennemis de l'Église parce que, loin d'enrayer le scandale, il le propage à sa manière.

Dans son commentaire de la Somme Théologique de saint Thomas sur la correction fraternelle, le père Noble nous éclaire sur la prudence (et aussi la justice) du chef qui doit savoir distinguer : « Ne serait pas un chef prudent qui ne ferait pas l'exact partage entre les fautes secrètes et sans préjudice pour le bien commun et les délits publics qui, par leur scandale ou par leur nocivité, portent atteinte à ce même bien commun. »

L'exclamation d'un fidèle résumera à merveille notre sujet : « Qui suis-je pour juger ? » « Mais, le pape, Très Saint- Père ! »

Abbé Jehan de Pluvié, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

Sources : Fideliter n° 233 / La Porte Latine du 10 janvier 2017

Note de Christ-Roi. "Qui suis-je pour la juger ? » Tournée en boucle comme un « tube » par les fossoyeurs de la morale catholique, cette courte interrogation du pape François (lors de son retour des Journées mondiales de la jeunesse à Rio le 29 juillet 2013) conduit finalement à remettre en cause une des opérations humaines les plus élémentaires : le jugement moral..."

 

En effet, surtout que pendant que l'Eglise abdique son droit divin de dire le bien et le mal, son droit de juger, de distinguer et d'évaluer, les hommes et le monde, eux, s'arrogent ce droit depuis 1789 ! Une inversion totale. Si donc un laïque a le droit de juger de questions morales, si l'Etat a le droit de dire le bien et le mal en dehors de Dieu, à combien plus forte raison l'homme de Dieu..., à combien plus forte raison l'Eglise ?

 

"L'homme spirituel juge de tout, et il n'est lui-même jugé par personne." (1 Corinthiens 2, 14-15)

Si l’Eglise ne juge pas, ne distingue pas, ne dit plus le bien et le mal, et ne permet pas d’évaluer, quelle est sa fonction ? "Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel." (Evangile selon S. Matthieu 18,18)

 

Lire : Si l’Eglise ne juge pas, ne distingue pas, ne dit plus le bien et le mal, et ne permet pas d’évaluer, quelle est sa fonction ?

 

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 10:32
Si l’Eglise ne juge pas, ne distingue pas, ne dit plus le bien et le mal, et ne permet pas d’évaluer, quelle est sa fonction ?

Si l'Eglise ne juge pas, ne dit plus le bien et le mal, mais le laisse à la conscience, au cas par cas...,

 

Lire : Les problemes moraux de la nouvelle pastorale : "les effets très diviseurs d'Amoris laetitia" (Père Mark A. Pilon)

 

quelle est sa fonction?

 

Le journaliste et écrivain Aldo Maria Valli, lauréat en sciences politiques à l'université catholique du Sacré Cœur de Milan, s'interroge dans le même sens :

Si l’Eglise ne juge pas, ne distingue pas, ne dit plus le bien et le mal, et ne permet pas d’évaluer, quelle est sa fonction ?

« Il n'est pas étonnant, surtout après “Amoris laetitia”, que de nombreux observateurs aient annoncé la naissance d’une nouvelle Eglise, “l’Eglise du Pape François”, une Eglise qui ne juge plus, mais qui dialogue dans le sens où la culture dominante entend le dialogue : c’est-à-dire, une Eglise neutre, privée de la capacité et de la volonté de distinguer, d’évaluer, de porter un jugement.

Mais une question est inévitable : si l’Eglise ne juge pas, ne distingue pas et ne permet pas d’évaluer, quelle est sa fonction ? Le Pape François, avec son paradigme pastoral de la miséricorde, semble répondre que le but de l’Eglise est de consoler et d’accompagner. Mais peut-il y avoir consolation sans évaluation ? Peut-il y avoir accompagnement sans jugement ? Le Pape aurait-il décrété que la façon subjective de vivre une expérience est le seul critère capable d’évaluer la qualité morale de l’expérience elle-même ?

Si, en 1972, Paul VI souffrant arriva à la conclusion que “par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans l’Eglise”, nous pouvons nous demander aujourd’hui : le relativisme est-il aussi entré à travers ces fissures ? » Aldo Maria Valli.

Source: Pro Liturgia, Actualité du mardi 10 janvier 2017

Pendant que l'Eglise abdique son droit divin de dire le bien et le mal, les hommes et le monde s'arrogent, eux, depuis 1789, le droit de dire le bien et le mal (système dans lequel aucune loi divine - pas même naturelle - n'est supérieure au droit positif). Une inversion totale. Inutile de se demander pourquoi le monde bascule dans le totalitarisme et tombe en décadence !

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 16:51
https://twitter.com/CardinalNapier/status/816969704489308160

https://twitter.com/CardinalNapier/status/816969704489308160

Le Cardinal Napier, archevêque de Durban (Afrique du Sud), s'est interrogé sur « twitter » jeudi 5 janvier :

 

"Si les Occidentaux en situation irrégulière peuvent recevoir la communion, devons-nous dire à nos polygames et  aux autres ‘personnes en situation irrégulière’ qu'ils sont eux aussi autorisés?"

Cardinal Napier : Communion pour les polygames ?

Source: GloriaTv

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 12:12

Dans un texte publié sur Catholic World Report le 30 décembre 2016, le Père Mark A. Pilon, prêtre du diocèse d'Arlington en Virginie (Etats-Unis), ancien président de la théologie systématique au Séminaire Mount St. Mary, expose les multiples problèmes moraux qui ne manqueront pas de se poser avec le développement de la nouvelle pastorale issue d'Amoris laetitia. Pour commencer, il ne faut pas croire que la solution à base de conscience personnelle va s'arrêter à la question des divorcés civilement et remariés. "Le même principe doit s'appliquer en dernier ressort aux unions homosexuelles, aux couples vivant en concubinage, et même à toute personne sexuellement active en dehors d'une union de mariage valide." Ce qui ne manquera pas de susciter "un torrent de solutions à base de 'for interne de la conscience', solutions à toutes les questions morales contestées".

 

Mais d'autres problèmes moraux ne manqueront pas de se poser des suites du nouveau principe et devraient déplaire cette fois-ci aux novateurs. Qu'en sera-t-il par exemple d'un patron raciste qui en conscience refuserait d'embaucher des personnes d'une autre race, sa raison lui disant que les autres races sont inférieures et moins instruites? Le prêtre accompagnera-t-il ce patron raciste dans son "chemin" et lui donnera-t-il l'absolution ?

 

A la fin, si la conscience devient supérieure à la loi morale de Dieu, c'est la fonction du prêtre et de l'institution Eglise elle-même qui deviendra obsolète. "Comme le dit Henri VIII, qui a besoin d'un prêtre, ou de l'Église, pour lui dire qu'il a péché ou pas péché? N'avons-nous pas tous une conscience?"

 

SOURCE : Catholic World Report

 

Le 30 décembre 2016

 

« Ce à quoi nous assistons aujourd'hui, après la publication de "Amoris Laetitia", est une adoption radicale du principe qui rend absolus les jugements subjectifs de la conscience et de l'interprétation personnelle de toutes les normes morales.

 

[…] En d'autres termes, la conscience personnelle dépasse maintenant le droit canonique de l'Eglise et la loi morale de Dieu. »

Source de l'article original en anglais : Catholic World Report

Les problèmes moraux de la nouvelle pastorale : "les effets très diviseurs d'Amoris laetitia" (Père Mark A. Pilon)

Traduction

 

Une analyse

 

Les crises pastorales et morales qui se posent

 

30 décembre 2016

 

Ce à quoi nous assistons aujourd'hui après la publication de «Amoris Laetitia», est une adoption radicale du principe qui rend absolus les jugements subjectifs de conscience et de l'interprétation personnelle de toutes les normes morales.

 

Fr. Mark A. Pilon

 

Il y a eu une crise morale et pastorale au cours du dernier demi-siècle dans l'Église, mais je pense honnêtement que nous n'avons encore rien vu de semblable à ce qui pourrait arriver. Les 4 cardinaux - j'aime à les appeler "Les Quatre Justiciers" (tiré du roman policier du prolifique Edgar Wallace il y a un siècle "The Four Just Men") - sont allés allés aux racines de cette menace dans leurs cinq questions relatives à l'affaiblissement apparent de la doctrine de l' Église sur les actes intrinsèquement mauvais et la formation de la conscience objective dans le chapitre 8 de Amoris Laetitia (AL). En fait, nous voyons déjà les effets très diviseurs de la confusion de ce document.

 

Par exemple, nous assistons à des mises en œuvre très différentes de l'AL dans différentes Églises locales. Certains continuent de suivre la pratique pastorale traditionnelle de l'Église qui nie la sainte communion aux couples vivant comme époux dans des unions secondaires invalides suite au divorce. D'autres appellent à une résolution cas par cas où les catholiques concernés sont encouragés à décider si cette seconde [adultère] union est la volonté de Dieu pour eux et si ils sont autorisés à recevoir la communion. Ainsi un évêque américain a encouragé les catholiques divorcés et remariés à "utiliser le for interne de la conscience" dans leur décision quant à savoir si ils doivent recevoir la communion ou de ne pas. En d'autres termes, la conscience privée dépasse maintenant le droit canonique de l'Église et la loi morale de Dieu.

 

Une autre division survient quand un évêque américain, maintenant un Cardinal, critique ouvertement les directives de l'archevêque américain en ce qui concerne la communion pour les divorcés remariés comme étant en désaccord avec l'Eglise. Puis il y a eu l'attaque inconvenante du doyen de la Rote romaine, critiquant vivement les 4 cardinaux pour supposée trahison de leur fonction, ce qui exige évidemment qu'ils ne demandent jamais d'éclaircissement à un pape, sans parler de la question des actions d'un pape.

 

À la suite de cet incident favorisant la division, un archevêque australien dénigrait les Quatre cardinaux en affirmant qu'ils cherchent une "fausse clarté qui vient parce que vous ne vous adressez pas à la réalité." Il a poursuivi en disant que au cours du Synode , il a "entendu lui-même des voix très claires et certaines, mais seulement parce qu'ils n'ont jamais abordé la vraie question ou n'ont jamais traité des faits réels."

 

Voilà pour l'intelligence, l'intégrité et l'expérience pastorale de Quatre Cardinaux distingués et de leurs partisans!

 

Dans une autre partie du monde, un archevêque en Irlande a rejoint le concert de critiques avec ce peu de sagesse ecclésiale:

 

"Aucun mariage n'est vécu que dans des réalités noires et blanches claires et abstraites. L'Église doit comprendre les zones grises du succès et des échecs, des joies et des déceptions. Répéter des formulations doctrinales en soi n'est pas la façon d'accompagner les gens sur un chemin difficile. ... Cela s'adresse à certains, et même à des hauts responsables de l'Église; Ils semblent croire que l'affirmation des certitudes d'une manière abstraite et indubitable est la seule voie."

 

Tandis que l'archevêque ne nomme pas directement les cardinaux, la critique est bien évidemment dirigée vers eux. Ils sont présentés en tant que disciples de règles simplistes, qui ne voient les choses qu'en noir ou blanc, étant des répéteurs stupides de formulations doctrinales abstraites ad nauseam (ses mots dans un autre discours) avec peu d' expérience pastorale et encore moins de compassion. C'est là où en est le bloc de l'Eglise libérale aujourd'hui: ici pas d'accompagnement, pas de compassion ici, juste de la critique pure. Les Quatre Cardinaux n'ont jamais eu recours à de telles critiques ad hominem du Pape ou de ceux avec qui ils étaient en désaccord. Cela ressemble davantage à la méchanceté politique américaine qu'à un effort de dialogue sincère.

 

Juste le commencement?

 

Et toute cette rancune et cette division n'est, très probablement, que le début. L'utilisation du "for interne de conscience" telle que présentée aujourd'hui par un nombre croissant d'évêques et de théologiens va venir perturber l'enseignement moral objectif de l'Église et saper toute pratique pastorale basée sur un enseignement aussi objectif. Cela ne peut pas et cela ne s'arrêtera pas avec la communion pour les divorcés et remariés. Si la conscience personnelle dépasse l'enseignement moral objectif et détermine la pratique pastorale des Sacrements, alors tout est en place pour le changement.

 

Pensez-y: comment la résolution des problèmes liés aux pratiques pastorales par la conscience personnelle peut-elle s'arrêter avec la question de la Communion des divorcés vivant dans des unions secondaires invalides? Certes, le même principe doit s'appliquer en dernier ressort aux unions homosexuelles, aux couples vivant en concubinage, et même à toute personne sexuellement active en dehors d'une union de mariage valide. La solution du for interne de la conscience ne peut se limiter logiquement à cette seule question de "communion", et elle n'y sera pas limitée.

 

Ce que nous voyons aujourd'hui, alors, après la publication de Amoris Laetitia, est une adoption radicale du principe d'absolutisation des jugements subjectifs de la conscience et l' interprétation personnelle de toutes les normes morales. Déjà un évêque belge, favorisé par François pour assister au synode (même si non élu), a co-écrit un livre qui suggère l'approbation morale de l'activité homosexuelle, et la reconnaissance du mariage homosexuel:

 

"Il n'y a aucun moyen de continuer à prétendre qu'il ne peut y avoir d'autres formes d'amour que le mariage hétérosexuel. Nous trouvons le même genre d'amour entre un homme et une femme qui vivent ensemble, en couples homosexuels et les couples de lesbiennes ... Ne devrions-nous pas évoluer vers une diversité de rituels dans lesquels nous pouvons reconnaître le rapport d'amour entre homosexuels, et ce du point de vue même de l'Église et de la foi?"

 

C'est là que nous sommes déjà arrivés en juste une année et c'est juste le début. Qu'un lobby homosexuel existe dans les structures de pouvoir internes à l'Église a longtemps été reconnu. Maintenant, ces fossoyeurs de la doctrine morale catholique et de la pratique pastorale sont encouragés à penser qu'ils ont les outils pour atteindre leur objectif, quel qu'en soit le coût. Le langage de l'évêque belge essaie de se montrer "modéré" dans ses buts, c'est-à-dire simplement avoir de la compassion à la recherche de solutions aux zones grises de la vie morale. Mais c'est une ruse.

 

Pour ces néo-réformateurs, la doctrine morale irréformable de l'Eglise n'est juste qu'une abstraction et ne doit plus être considérée comme obligatoire dans la formation d'une conscience correcte. Comme dans le protestantisme libéral de nos jours, l'enseignement moral de l'Église doit être effectivement réduit à l'être, mais parmi les nombreuses considérations égales dans le processus de formation de la conscience. En effet, "une conscience correcte" ne sera plus un concept significatif dans la nouvelle morale émergente. En fin de compte, les normes ne deviendront que des "idéaux" traités avec un certain respect abstrait, mais fondamentalement inutiles sinon largement dépourvus de sens.

 

Le langage des archevêques australien et irlandais nous dit très bien où nous en sommes et où nous nous dirigeons. C'est le chemin de l'antinomie moderne, l'Anglicanisme libéral, et nous devrions être clairs sur ce que cela signifie. Ces deux archevêques géographiquement éloignés parlent en tandem d'"un monde de gris" et de "zones grises", qui est le langage repris d'Amoris Laetitia (cf. AL, 306). L'archevêque irlandais parle de façon "joyeuse" des "idéaux" plutôt que des commandements, ce qui suggère aussi le passage progressif des absolus moraux vers des idées morales souhaitables, mais généralement inaccessibles, du moins pour la grande majorité des gens.

 

À ce jour, l'autorité suprême de l'Église n'a absolument pas donné de directives pratiques sur la manière dont les prêtres ou les évêques locaux doivent "accompagner" les gens dans le processus de "discernement" par lequel les laïcs feront un jugement final de conscience sur la question morale qu'ils traitent et de leur disponibilité spirituelle à recevoir l'Eucharistie. Alors, que pouvons-nous attendre dans ce domaine et dans d'autres domaines de l'activité pastorale? Ainsi, l'évêque américain a fait ce que beaucoup d'autres vont probablement faire dans ces circonstances en passant effectivement le processus entier à la conscience personnelle  et subjective de chaque personne. Comme Henri VIII le dit: "Un homme a-t-il besoin d'un prêtre pour lui dire qu'il a péché?" Et il ne faudra pas longtemps pour que les gens demandent: "Pourquoi du tout s'embêter avec le for interne de la confession?"

 

Confusion morale et équivalence confuse

 

Quels sont les problèmes et la confusion morale qui pourraient surgir ou qui sont déjà nés de l'utilisation de ces nouveaux principes subjectifs pour décider dans des cas de conscience ?

 

En ce qui concerne la confusion morale, je me souviens que le général Eisenhower avait déjà vu des artefacts nazis fabriqués à partir d'humains, y compris un abat-jour, quand il visita Buchenwald, et il en a été vraiment horrifié. Récemment, un archevêque américain, un autre cardinal de l'époque récente, a été également horrifié par la vente de parties du corps de fœtus (bébés avortés), rapporté en 2015. Cependant, il a fait une déclaration assez étonnante qui semblait établir une sorte d'équivalence morale de cette situation avec des questions sociales et morales bien différentes.

 

La confusion morale dans sa déclaration devient assez évidente, si l' on substitue simplement les mots en italique dans la citation ci-après pour sa phrase originale qui est: "Alors que le commerce des restes d'enfants sans défense est particulièrement repoussante ..." :

 

"Cette nouvelle preuve sur le mépris de la valeur de la vie humaine offre également la possibilité de réaffirmer notre engagement en tant que nation à une éthique de la vie cohérente. Tout en faisant des abat-jour et d' autres artefacts à partir de victimes juives assassinées est particulièrement répugnant, nous ne devrions être pas moins consternés par l'indifférence envers les milliers de personnes qui meurent chaque jour par manque de soins médicaux décents; Qui se voient refusés des droits par un système d'immigration brisé et par le racisme; Qui souffrent de la faim, du chômage et du besoin; Qui paient le prix de la violence dans les quartiers saturés d'armes à feu; Ou qui sont exécutés par l'Etat au nom de la justice."

 

Or, voici une question évidente: est-ce que les Juifs qui liront une telle déclaration pensent que l' indifférence envers les maux moraux / sociaux que l'archevêque a énumérés n'est "pas moins repoussante" , ou que les gens devraient être "pas moins consternés" par le fait que certaines personnes souffrent de la faim ou du manque d'emplois, qu'au fait que des millions de personnes ont été exterminées et que leurs parties du corps ont servi de lampes? Une telle comparaison serait prise pour insinuer clairement que ces autres maux sont moralement équivalents à ce qui a été fait aux Juifs par les nazis.

 

Mais le véritable problème n'est-il pas le fait que l'archevêque a simplement "dépassé les bornes" de la question morale la plus importante ici, c'est-à-dire le meurtre de millions d'enfants à naître, qui est sûrement la question morale suprême et devrait être ce qui est le plus répugnant, et devrait nous épouvanter beaucoup plus même que ce qui arrive aux parties du corps après? S'il avait dit que la mort de dizaines de millions d'enfants à naître devrait nous épouvanter, mais que nous devrions également être consternés par la faim, le chômage et le manque de soins médicaux décents, l'absurdité (d'un tel raisonnement) serait mise en évidence immédiatement.

 

Je pense qu'il est évident qu'une telle confusion morale, venant de la part d'un haut fonctionnaire de l'Église, est sans doute causée par (1) l'ignorance effective du grave mal intrinsèque de tels actes moraux, et (2) un recours assez facile à l'abri de la conscience subjective et du relativisme moral. Une telle approche des questions morales sérieuses et des problèmes pastoraux est sur le point de déchaîner un torrent de solutions à base de "for interne de la conscience", solutions à toutes les questions morales contestées. Mais les solutions à certains problèmes peuvent ne pas tous plaire aux guerriers de la justice sociale qui ne semblent donner aucune importance à une morale sexuelle objective.

 

Par exemple, que diriez-vous de ces cas de conscience réglés dans le for interne de la conscience privée?

 

1. Jerry avoue qu'il refuse d'embaucher d'autres races dans son entreprise, et utilise divers subterfuges pour éviter la loi. Sa raison lui dit que les autres races sont certainement inférieures et moins instruites. Sa conscience lui dit que c'est peut-être un péché, mais tout au plus un péché véniel. Alors, le prêtre l'accompagne-t-il tout simplement, et s'il persiste dans ce racisme et cette injustice profondément enracinés, lui dit-il simplement de suivre sa conscience, et puis même l'absout de ses autres péchés d'adultère et du meurtre d'un partenaire dont il est sincèrement repentant?

 

2. Maxime travaille pour la pègre locale en tant que comptable et cache au gouvernement ses gains illégaux de la prostitution, des jeux de hasard, des drogues et des usuriers. Il reconnaît que cela est illégal, et est sincèrement désolé d'avoir à le faire. Cependant, sa conscience lui dit que c'est moralement acceptable parce que sa défection de la pègre causerait presque certainement des dommages et peut-être la mort à sa famille. Le prêtre l'accompagne-t-il simplement en lui disant de suivre sa conscience et de recevoir la communion s'il pense ne pas être coupable d'un péché sérieux?

 

3. Joe mentionne à son confesseur qu'il a détourné des fonds du diocèse, et la somme est très importante au fil des ans. Mais sa conscience ne juge pas que ce soit gravement mal parce qu'il considère cela comme une compensation occulte pour le bas salaire qui est payé. Le prêtre accompagne-t-il simplement son discernement, évite-t-il de lui donner des règles abstraites et conseille-t-il à Joe de suivre sa propre conscience, indépendamment de ce que l'Église enseigne, et de recevoir la communion s'il sent que c'est la volonté de Dieu pour lui? Bien sûr, cela exclurait toute obligation de restitution si Joe demeurait inflexible dans sa fausse conscience.

 

4. Enfin, Pat est un agent de l'IRA (l'Armée républicaine irlandaise) qui se spécialise dans l'explosion des choses, y compris les gens. Il n'est pas content de cela, mais il a l'impression qu'il doit défendre les familles irlandaises, sa propre famille, contre l'oppression des Britanniques et des protestants du Nord. Il est désolé que des gens innocents meurent parfois dans ses efforts pour atteindre l'armée britannique, mais il estime que sa cause est juste et que c'est ce que Dieu veut qu'il fasse de sa vie en ce moment. Sa conscience lui dit que ce qu'il fait est un mal nécessaire mais que c'est un moindre mal - c'est-à-dire que c'est nécessaire pour protéger sa famille et libérer son pays. Son confesseur doit-il simplement l'accompagner et lui assurer que si sa conscience est claire et décidée, il peut aller à la communion?

 

La nouvelle moralité?

 

Les nouveaux "cas de conscience" potentiels sont évidemment multiples, et ils sont maintenant plus susceptibles de survenir en raison des ambiguïtés que les Quatre cardinaux souhaitent désespérément et sincèrement clarifier (et qui évidemment ne le seront pas). Ces bons hommes se rendent compte qu'une fois cette sorte d'inviolabilité de la conscience subjective établie dans la pratique pastorale de l'Église, quelle question morale ne sera finalement pas résolue simplement par un appel à la conscience subjective?

 

Mais le problème majeur ici est vraiment le système moral lui-même qui sous-tend toute cette confusion. Ce que nous semblons traiter aujourd'hui est quelque chose comme un modernisme moral avec ses racines au plus profond d'un dualisme néo-platonicien. Tout comme le modernisme dogmatique pensait que les formulations dogmatiques ne sont que des approximations verbales des vérités divinement révélées, dans cet idéalisme moral les commandements doivent être compris comme des abstractions dans un monde d'idées. Et quand on introduit ces abstractions dans le monde réel, elles doivent être comprises simplement comme des idéaux moraux que nous ne pouvons que commencer seulement à approcher, ou du moins que la plupart des gens ne peuvent que s'efforcer imparfaitement d'atteindre dans leur vie morale.

 

Tout ceci semble résoudre commodément les questions morales difficiles pour les catholiques. Si l'on affirme verbalement la doctrine morale sur les absolus, c'est-à-dire comme de simples idées abstraites, cela suffit pour revendiquer l'orthodoxie. Mais dans le monde pratique, il est nécessaire de traduire ces abstractions en vagues idéaux moraux auxquels les gens aspirent, mais atteignent rarement complètement.

 

Ainsi, la tâche pastorale de l'Église n'est pas tant d'enseigner les Commandements comme commandements, mais simplement comme idéaux, puis de laisser le reste à la conscience privée. Tout sonne bien, le triomphe de la miséricorde et la compassion sur le légalisme moral et la rigidité. Mais à la fin, cela ouvre la voie à d'autres conclusions avec lesquelles ses partisans ne seront probablement pas à l'aise dans l'avenir. Je le répète, cette approche ne peut et ne sera pas limitée aux questions du sixième commandement. Elle s'applique à tous ou à aucun d'entre eux. Ainsi, "Tu ne tueras pas" sera aussi réduit, peut-être à l'idéal de la non-violence, mais peu de gens trouveront possible d'approcher même cet idéal dans le monde réel, et cette nouvelle morale continuera d'éroder l'ordre moral d'une manière qui effraiera même les bons hommes qui avancent avec confiance dans ce nouveau système moral et pastoral.

 

Enfin, un autre effet malheureux de cette approche de l'ordre moral et de la pratique pastorale de l'Église sera certainement que le recours au Sacrement de Pénitence et le recours aux conseils de l'Église deviendront encore plus obsolètes en beaucoup d'endroits qu'ils ne le sont déjà aujourd'hui . Encore une fois, comme le dit Henri VIII, qui a besoin d'un prêtre, ou de l'Église, pour lui dire qu'il a péché ou pas péché? N'avons-nous pas tous une conscience?

 

A propos de l'auteur

 

Père Mark A. Pilon, prêtre du diocèse d'Arlington, en Virginie, a reçu un doctorat en théologie sacrée de l'Université Santa Croce à Rome. Il est l’ancien président de la théologie systématique au Séminaire Mount St. Mary, ancien rédacteur en chef adjoint du magazine Triumph, et professeur retraité et invité à la Notre Dame Graduate School du Christendom College. Il écrit régulièrement à littlemoretracts.wordpress.com.

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 10:10

La crise que traverse aujourd’hui l’Occident est due au sentiment qu’il est impossible de connaître la vérité, affirmait le pape Benoît XVI au sanctuaire de Mariazell en Autriche, samedi 8 septembre 2007. "Cette résignation face à la vérité est, selon ma conviction, le cœur de la crise de l'Occident, de l'Europe. [...] De fait, notre foi s'oppose de manière catégorique à la résignation qui considère l'homme incapable de la vérité, comme si celle-ci était trop grande pour lui", expliqua Benoît XVI. [1]

 

Or, cette résignation face à la vérité, est une crise de l'autorité. Et cette crise de l'autorité, on la trouve "aussi" (nous aurions écrit "d'abord"! Ndlr.) dans l'Eglise :

 

Mais c'est le cas aussi, hélas !, dans l'Église. Les autorités ecclésiastiques, qui possèdent pourtant le triple pouvoir législatif, judiciaire et exécutif, au lieu d'éclairer, de commander, de sanctionner quand il le faut, se mettent à la remorque de leurs ouailles voire, ce qui est pire, du monde ennemi de Dieu. « Qui suis-je pour prescrire, pour juger ? », semblent-elles nous dire, alors qu'elles sont tout simplement... des autorités, instituées par Dieu pour cela.

 

[...] Cette déliquescence de l'autorité, un des pires malheurs qui puissent frapper la société humaine, est un châtiment de Dieu, en raison des nombreux crimes dont les hommes se sont souillés devant sa face. Le prophète Isaïe, annonçant les malheurs futurs de Jérusalem, conséquence de ses fautes, déclarait en effet de la part de Dieu : « Je leur donnerai des enfants pour princes » (Is 3, 4). Dire d'une société que son roi est un enfant signifie que le chef est incapable d'exercer pleinement son autorité. Et l'Ecclésiaste nous explique ce qu'il faut penser d'une telle perspective : « Malheur à toi, terre dont le roi est un enfant ! » (Ec 10, 16[2]

La crise de l'autorité dans l'Eglise d'abord

Si en effet, l'Eglise qui a été instituée pour nous dire et nous enseigner la vérité, distinguer le bien et le mal, ne remplit plus son rôle, ne nous dit plus ceci est bien, ceci est mal, si les évêques abdiquent de leur mission, il ne faut pas s'étonner de voir ensuite cette crise de l'autorité se répandre dans le reste de la société. Il ne faut pas s'étonner de la baisse de fréquentation des sacrements. Il n'y a une crise de l'autorité dans la société que parce qu'il y a d'abord une crise de l'autorité dans l'Eglise.

 

"Quant à ceux qui ont reçu l'autorité, conclut l'abbé Christian Bouchacourt, dans l'éditorial de Fideliter n° 234,  ils doivent courageusement et humblement « remplir tous les devoirs de leur ministère », « reprendre, exhorter, menacer, en toute patience et doctrine », même si le temps semble venu où les hommes rejettent la saine doctrine et veulent vivre selon leurs désirs sans supporter aucune autorité (2Tm 4, 1-5)."

 

Sources

 

[1] Benoît XVI : La crise de la vérité est à l’origine de la crise en Occident, Homélie au sanctuaire marial de Mariazell en Autriche, Zenit.org, 10 septembre 2007

[2] Nécessité de l'autorité, Abbé Christian Bouchacourt, Fideliter, Editorial du n° 234

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 17:19

Dans un article paru à l’occasion de la fête de Noël, le magazine allemand “Der Spiegel” se montre très critique à l’encontre du Pape François. D’après ce texte “François semble de plus en plus isolé, démoralisé par l’opposition qu’il rencontre à l’intérieur de la Curie, et par le manque de courage de la base face aux réformes à entreprendre.” Un proche du Pape aurait déclaré que certains ne reconnaissent plus aujourd’hui en François ce Cardinal Bergoglio qu’ils avaient élu en 2013.

Le correspondant du magazine “Der Spiegel” à Rome, Walter Mayr, explique que même les adeptes les plus fidèles de ce Pape commencent à prendre leurs distances.

Toujours d’après ce magazine, on apprend que le nombre de participants aux événements de l’Année Sainte à Rome a été largement en dessous de toutes les prévisions et que les travaux de restructuration de la Curie avancent à tout petits pas. Dans certains dicastères, on fait état d’ambiances chaotiques.

La critique se porte aussi sur la tendance du Pape à une volubilité complaisante : des paroles incessantes par lesquelles il est allé jusqu’à reprocher aux médias et à leur public un penchant pour la coprophagie, c’est-à-dire pour la consommation d’excréments. Même les plus proches de François ont été déstabilisés par de telles accusations et l’emploi d’un vocabulaire déplacé.

D’après le “Spiegel”, il ne reste pas beaucoup de temps à François pour réaliser les changements dont il parle sans cesse : en effet, la période maximale qu’il s’est lui-même fixée, sera bientôt écoulée. Dans son cercle restreint, le Pape François aurait dit : “Il n’est pas exclu que j’entrerai dans l’histoire comme celui qui aura provoqué un schisme dans l’Eglise”.

Le “Spiegel” rapporte aussi une intervention du Cardinal Brandmüller à propos des personnes divorcées-remariées, qui estime que le sujet touche à des thèmes essentiels : il en va du cœur même de notre foi. Le Cardinal reproche au Pape et au Cardinal Kasper d’en arriver à relativiser, à “ramollir” le contenu des articles de la foi catholique et d’en laisser l’interprétation aux communautés locales. Ceci porte atteinte à l’universalité de l’Eglise. Et le Cardinal Brandmüller d’ajouter : “Celui qui pense que la vie maritale au sein d’un couple divorcé-remarié est compatible avec la réception de l’Eucharistie est un hérétique : il favorise l’apparition d’un schisme”. Toujours selon le Cardinal Brandmüller, la Sainte Ecriture n’est pas un self-service : S. Paul dit que nous sommes les gérants des Mystères divins ; nous n’en sommes pas les maîtres.

"Pur chaos" à la Curie : "le Pape François semble de plus en plus isolé" (Der Spiegel)

Source : Kathnet. Trad. MH/APL

Pro Liturgia, Actualité du mercredi, 28 décembre 2016.

 

L'article original en allemand :

"Pur chaos" à la Curie : "le Pape François semble de plus en plus isolé" (Der Spiegel)

Kritik an Franziskus "Der Papst kocht", Spiegel Online, Freitag, 23.12.2016   11:23 Uhr

 

"Chaos pur"

Der erste Eindruck: Ein paar starrsinnige, greise Kardinäle laufen da wieder einmal Sturm gegen den ungebrochen reformfreudigen Papst. Doch diesmal, so scheint es, steht mehr auf dem Spiel. Franziskus wirkt zunehmend einsam, vom Widerstand in der Kurie und vom mangelnden Mut zur Veränderung an der Basis zermürbt. "Den Bergoglio, den sie 2013 gewählt haben, erkennen viele im Franziskus von 2016 nicht wieder", sagt ein Vertrauter des Papstes.

 

Das abgelaufene Heilige Jahr der Barmherzigkeit, "ein Thema, das alles abdeckte, aber auch alles offenließ", sei bei den Besucherzahlen weit hinter den Erwartungen zurückgeblieben. Auch der Umbau der Kurie kommt nur stockend voran - aus einzelnen Ämtern wird "Chaos pur" vermeldet.

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 07:41

Mgr Benno Elbs, Evêque de Feldkirch (AU), qui a participé au dernier Synode des évêques à Rome, a déclaré dans une interview au journal “Die Presse” que la doctrine de l’Eglise a été modifiée par “Amoris laetitia” : “L’enseignement est modifié dans la mesure où les fidèle peuvent maintenant décider en conscience de ce qu’ils peuvent faire avec, pour ainsi dire, la bénédiction du Pape..."

 

Comme nous l'écrivions le 2 octobre 2015, soit avant la conclusion du "Synode sur la Famille" et donc la publication d'Amoris laetitia,

 

"Attention, voilà ce qui se prépare au Synode: la permission du divorce et du remariage [...] Au bout c'est la nécessité d'une Eglise fondée par Jésus-Christ qui est annulée. Parce que au final, si c'est la conscience qui nous juge, à quoi bon l'Eglise ? [...]  En clair, les divorcés remariés (et tous les pécheurs, donc tout le monde, même les assassins) font ce qu'ils veulent. Question: qui donc dans l'Eglise a le droit de dire aux pécheurs ce qu'ils doivent faire ? Si personne n'a le droit de dire aux pécheurs ce qu'ils doivent faire, à quoi servent les évêques et les prêtres ? A quoi sert l'Eglise ? Et dans ce cas, pourquoi (en fin de video) ces évêques se plaignent-ils de la baisse du nombre de mariage ? [...] La conscience devient l'élément prépondérant qui présume de la légitimité ou non d'une communion."

 

Les conséquences d'Amoris laetitia sont donc très graves et encore largement non perçues. Cette crainte d'une désagrégation de la foi a été analysée dans un article paru hier en italien sur le site "Corrispondenza Romana" (27 dicembre 2016 - 09:14) titré Amoris Laetitia: la logica dell’eresia, "Amoris Laetitia : la logique de l'hérésie", dont voici une traduction, qui bien qu'imparfaite, apporte une information supplémentaire au sujet des réformes souhaitées par le Pape François.

Amoris Laetitia: la logique de l'hérésie

1. Si nous cédons sur un point, tout explose.

 

En réponse à une question sur la possibilité de permettre l'accès à l'Eucharistie aux divorcés civilement remariés, lors d'une grande conférence tenue à Rome en Novembre 2015 [1], le Cardinal Caffara a déclaré que "ce n'est pas possible" :

 

et ceci parce qu'"une telle admission reviendrait à changer la doctrine de l'Eglise sur le mariage, l'Eucharistie, la confession, la sexualité humaine et aurait une signification pédagogique dévastatrice, parce que devant une telle décision, les jeunes en particulier, pourraient légitimement conclure : - alors il est vrai, un mariage indissoluble n'existe pas - " [2]

Les affirmations de l'archevêque émérite de Bologne, jamais démenties, sont encore plus actuelles, après que les Dubia aient été présentées au pape par le groupe des Quatre cardinaux, dont le même Caffara fait partie.

 

Dans ces notes, nous allons essayer d'expliquer comment le cardinal Caffara a tout à fait raison, et comment la pratique et / ou la possibilité d'admettre à la sainte communion les divorcés civilement remariés conduit effectivement à cette désintégration doctrinale si clairement exposée.

 

2. Les articles de foi ne sont pas indépendants les uns des autres.

 

Les propositions de la foi s'appellent articles, parce qu'ils sont accompagnés et reliés les uns aux autres comme les membres du corps humain seulement réunis par des articulations: en niant une vérité de la foi, on finit logiquement par en nier beaucoup d'autres, sinon toutes.

 

Le Magistère n'est pas resté silencieux sur ce lien entre les déclarations de foi : le concile Vatican I a parlé de lien mysteriorum inter se [3], le concile Vatican II a parlé de hiérarchie des vérités [4], le Catéchisme a repris les deux affirmations, et nous parle de liens mutuels et de la cohérence des dogmes [5].

 

Le Cardinal Schömborn a expliqué que la hiérarchie des vérités ne signifie pas qu'il y en ait (non spécifiées) un groupe de vérités nécessaires de croire et d'autres vérités (toujours non spécifiées) en option pour la foi :

 

«La hiérarchie des vérités signifie [...] "un principe organique structurel", qui ne doit pas être confondu avec le "degré de certitude." Ce principe stipule également que les différentes vérités de la foi sont ordonnés à la fonction d'un centre, à un noyau nucléaire, mais cependant pas que la vérité qui n'est pas placée au centre soit, pour cette raison, pas vraie.» [6]

 

Ce noyau central, indique le Catéchisme de saint Pie X est l'un des deux principaux mystères de la foi (l'unité et la Trinité de Dieu et l'Incarnation, la Passion et la Mort de Notre Seigneur Jésus-Christ) comme "centre organique", comprenant en lui-même - d'une certaine façon - tous les autres mystères.

 

Image:Jesus Resurrection 1778.jpg Prenons un exemple pour expliquer ce concept : de "la résurrection des morts" dépend "le troisième jour il est ressuscité": Saint Paul affirme que si on nie la résurrection des morts, on finit par nier la résurrection du Christ:

 

"si l'on prêche que le Christ est ressuscité des morts, comment quelques-uns parmi vous disent-ils qu'il n'y a point de résurrection des morts? S'il n'y a point de résurrection des morts, le Christ non plus n'est pas ressuscité." [7]

 

Ainsi, la "vie éternelle" dépend du "pain de vie" :

 

"Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai est ma chair pour la vie du monde." [8]

 

Donc, vous comprenez comment dans certains endroits, depuis les temps anciens [9], la récitation du Credo a été accompagnée, dans la liturgie, par le signe de croix (encore prescrit, après la récitation du Symbole, sous la forme extra-ordinaire du rite romain) .

 

Le signe de la croix - "signe admirable, qui relie magnifiquement l'expression christologique et la foi rédemptrice à son expression trinitaire" [10] - situé à la fin du Credo, indique que les deux mystères principaux comprennent en eux-mêmes tous les éléments simplement proclamés.

 

Ce lien étroit signifie cependant aussi qu’un seul article non cru reviendrait à faire tomber les deux autres mystères principaux du noyau central de la foi.

 

3. Les dominos.

 

Qu'est-ce implique donc l'admission des divorcés et civilement remariés cohabitant comme mari et femme à la réception de la Sainte Eucharistie?

 

Je vais énumérer les nombreuses erreurs qui en résultent : beaucoup de ces erreurs, si elles sont engagées obstinément, sont de véritables hérésies; Le Canon 751 CIC (Code de droit canon de 1983 Ndlr.) dit:

 

"On appelle hérésie la négation obstinée, après la réception du baptême, d’une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique."

 

Le Code de droit canonique décrit ici l'hérésie formelle, en incluant l'obstination, qui est une disposition de l'hérétique: mais une déclaration peut être hérétique matériellement, c'est-à-dire sans tenir compte de ce qu'elle dit mais par la déclaration elle-même.

 

Quand je dis que certaines déclarations sont hérétiques, je ne veux ni dire que François est hérétique, ni dire que Amoris laetitia est hérétique : sont hérétiques certaines affirmations qui peuvent être déduites par l'exhortation elle-même : surtout si, à partir d'Amoris laetitia, vous vouliez contourner les conditions requises par la Congrégation pour la Doctrine de la foi pour l'accès à l'Eucharistie des divorcés et remariés :

 

 

"Cela signifie, en pratique, que quand un homme et une femme [pas mariés sacramentellement], ne peuvent pas satisfaire à l'obligation de se séparer pour des motifs graves - tels que, par exemple, l'éducation des enfants -, ils «prennent l'engagement de vivre dans la continence complète, qui est, par l'abstinence des actes réservés aux conjoints» [S. Jean-Paul II, Homélie pour la clôture de la sixième Synode des Évêques, 25.10.1980, § 7] [11].

 

Ce point a été fait récemment par le cardinal Brandmüller :

 

"Quiconque pense que l'adultère persistant et la réception de la Sainte Communion sont compatibles est un hérétique et favorise le schisme." [12].

 

Voyons maintenant comment si vous essayez de rendre l'adultère compatible avec (l'accès à) l'Eucharistie, cela conduirait à l'effondrement de l'ensemble du bâtiment de notre sainte foi catholique.

 

1ère hérésie : il est permis d'accéder à l'Eucharistie sans être en état de grâce.

 

Que la déclaration ci-dessus soit hérétique, c'est une évidence par le fait qu'elle contredit la vérité constamment proposée par l'Eglise comme fondée sur la Sainte Écriture; S. Jean-Paul II enseignait ainsi :

 

« Je désire donc redire que demeure et demeurera toujours valable dans l'Église la norme par laquelle le Concile de Trente a appliqué concrètement la sévère admonition de l'Apôtre Paul, en affirmant que, pour une digne réception de l'Eucharistie, "si quelqu'un est conscient d'être en état de péché mortel, il doit, auparavant, confesser ses péchés." »[13].

 

« L'Eglise, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l'Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie. »[14]

 

Pour pouvoir admettre à la Sainte Eucharistie les divorcés civilement remariés vivant comme mari et femme sous le même toit, en essayant vainement de ne pas contredire la tradition séculaire de l'Église, il faut soutenir que, dans certains cas, l'adultère n'est pas un péché mortel; mais ce faisant, on risque de tomber dans les deux hérésies suivantes (la 2e et la 3e) :

 

2ème hérésie : il n'y a aucun acte intrinsèquement mauvais (c'est-à-dire des actes qui, commis en pleine conscience et consentement délibéré, sont toujours un grand péché)

 

Au contraire, Saint-Jean-Paul II enseigne:

 

"A la lumière de la Révélation et de l'enseignement constant de l'Eglise, spécialement de celui du Concile Vatican II, [ ...] Chacun de nous sait l'importance de la doctrine qui constitue l'essentiel de l'enseignement de la présente encyclique et qui est rappelée aujourd'hui avec l'autorité du Successeur de Pierre. Chacun de nous peut mesurer la gravité de ce qui est en cause, non seulement pour les individus, mais encore pour la société entière, avec la réaffirmation de l'universalité et de l'immutabilité des commandements moraux, et en particulier de ceux qui proscrivent toujours et sans exception les actes intrinsèquement mauvais.

En reconnaissant ces commandements, le cœur du chrétien et notre charité pastorale entendent l'appel de Celui qui « nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 19). Dieu nous demande d'être saints comme lui-même est saint (cf. Lv 19, 2), d'être, dans le Christ, parfaits comme lui-même est parfait (cf. Mt 5, 48) : la fermeté exigeante du commandement se fonde sur l'amour miséricordieux et inépuisable de Dieu (cf. Lc 6, 36), et le commandement a pour but de nous conduire, avec la grâce du Christ, sur le chemin de la plénitude de la vie propre aux fils de Dieu.»[15]

 

Et le Catéchisme déclare:

 

"Il y a des actes qui par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances et des intentions, sont toujours gravement illicites en raison de leur objet ; ainsi le blasphème et le parjure, l’homicide et l’adultère. Il n’est pas permis de faire le mal pour qu’il en résulte un bien."[16]

 

 

3ème hérésie : la fornication et l'adultère ne sont pas toujours des péchés mortels.

 

Que cette déclaration soit hérétique, cela se déduit en constatant combien elle est contradictoire par rapport par exemple à ce qu'a déclaré  la Congrégation pour la Doctrine de la Foi :

 

"... Selon la tradition chrétienne et la doctrine de l'Eglise, et comme le reconnaît également la droite raison, l'ordre moral de la sexualité implique des valeurs élevées de la vie humaine, et chaque violation directe de cet ordre est grave objectivement"[17] .

 

 

Pour soutenir que la fornication et l'adultère ne sont pas toujours des péchés mortels, vous avez ...

 

a) une utilisation absurde de Gaudium et Spes utilisé pour soutenir que dans certains cas, le péché est bon pour l'amour, en appliquant à une relation adultère le principe selon lequel s'il lui manque certaines expressions d'intimité conjugale, il n'est pas rare que "la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis" (Conc Concile œcuménique Vatican II, Constitution Gaudium et spes, 51;..... cf. Amoris laetitia, note 329) ...

 

... Et ...

 

b) ... 4ème hérésie: les circonstances peuvent rendre bonnes des actions intrinsèquement mauvaises ...

 

... Quand en fait le Catéchisme de l'Eglise catholique déclare:

 

« ...  Les circonstances ne peuvent de soi modifier la qualité morale des actes eux-mêmes ; elles ne peuvent rendre ni bonne, ni juste une action en elle-même mauvaise. »[18].

 

Soutenir que les circonstances peuvent atténuer la culpabilité de la fornication et l'adultère, nous fait tomber dans deux autres hérésies:

 

5ème hérésie : parfois il peut manquer l'aide de Dieu pour ne pas pécher

 

et

 

 

6ème hérésie: il peut y avoir une situation où il n'y a pas d'autre possibilité que de pécher ...

 

... Alors qu'en fait saint Paul dit:

 

"Aucune tentation ne vous est survenue, qui n'ait été humaine; et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces; mais, avec la tentation, il ménagera aussi une heureuse issue en vous donnant le pouvoir de la supporter." [19]

 

... Et le Concile de Trente définit:

 

« Nul, alors, bien que justifié, doit se considérer comme libre de l'observance des commandements, personne ne doit prendre ce regard téméraire et interdit par les Pères, sous peine d'excommunication, qu'il est impossible à l'homme d'être justifié en gardant les commandements de Dieu. Dieu en fait ne commande pas l'impossible; mais quand commandant il vous admoneste de faire ce que vous pouvez, et ce que vous ne pouvez pas, et il est pour vous une aide pour que vous le puissiez : Ses commandements ne sont pas pénibles (1 Jn 5,3) Son joug est facile et son poids léger (Mt 11, 30). Pour les hommes qui sont des enfants de Dieu, aiment Christ et ceux qui l'aiment - comme il le dit (Jn 14:23) - observer ses paroles, avec l'aide de Dieu, peut certainement se faire »[20].

Noces de Cana. Miniature grecque XIII° siècle. Aimable concession du centro russia ecumenica à Rome.

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Depuis lors à l’approche de la Sainte Communion, ont doit se confesser, alors arrive l'effondrement du sacrement de pénitence, si l'on admet ...

 

la 7ème hérésie : il est possible d'absoudre ceux à qui manquent la résolution de ne plus pécher ...

 

... Alors qu'en fait saint Jean Paul II enseigne:

 

 

«Parmi les actes du pénitent, la contrition occupe la première place. Elle est "la tristesse de l'âme et à la détestation du péché commis, ainsi que la résolution de ne plus pécher" [Concile de Trente : Denz.-Schönm 1676] » (CEC 1451). En outre, «acte essentiel de la pénitence de la part du pénitent, est la contrition, qui est un rejet clair et décisif du péché commis, ainsi que la résolution de ne pas commettre à nouveau, pour l'amour que l'on a pour Dieu et qui renaît avec la repentance. Dans ce sens, la contrition est donc le principe et l'âme de conversion. »[21]

 

En fait, Saint Jean-Paul II rappelle :

 

«... Si cette disposition de l'âme manquait, en réalité il n'y aurait pas de repentir : ceci, en effet, porte sur le mal moral comme tel, et donc ne pas prendre une position opposée à un mal moral possible serait ne pas détester le mal, ne pas avoir de repentir. »[22]

 

Ou avoir à admettre :

 

8ème hérésie: ceux qui sont en état de péché mortel vivent dans la grâce de Dieu ...

 

... Alors qu'en fait, le Catéchisme de l'Eglise catholique affirme que:

 

«Le péché mortel est une possibilité radicale de la liberté humaine comme l’amour lui-même. Il entraîne la perte de la charité et la privation de la grâce sanctifiante, c’est-à-dire de l’état de grâce. » [23]

 

Aussi, devons-nous nous demander ce qui est arrivé du mariage précédent des divorcés et civilement remariés ? Disparaît-il dans les airs, est-ce qu'il reste encore, ou quoi d'autre ? Si il est échoué, le mariage n'y est plus ou il y subsiste encore ?

 

Il devient difficile de maintenir la déclaration suivante du catéchisme :

 

 

«Cette insistance sans équivoque sur l’indissolubilité du lien matrimonial a pu laisser perplexe et apparaître comme une exigence irréalisable (cf. Mt 19, 10). Pourtant Jésus n’a pas chargé les époux d’un fardeau impossible à porter et trop lourd (cf. Mt 11, 29-30), plus pesant que la Loi de Moïse. » [24]

 

4. La conception volontariste de la loi et l'hérésie sur la miséricorde

 

La loi a été conçue - dans l'histoire de la pensée - selon deux paradigmes principaux:

 

a) une conception que nous appelons volontariste, qui peut se résumer dans le verset de Juvenal: “hoc volo, sic iubeo, sit pro ratione voluntas”» ( Je le veux, je l'ordonne ; la raison, c'est ma volonté !) [25]

 

Selon ce principe, une loi a sa raison d'être dans la volonté qui décrète, divine ou humaine.

 

b) Une deuxième vue, que nous pouvons appeler intellectuelle, qui est plutôt basée sur le principe "bonum est secundum rationem esse": qu'il y a un être qui précède la volonté du législateur, à laquelle le législateur lui-même doit s'adapter. Voilà pourquoi saint Jean Paul II pouvait dire que "la fermeté exigeante du commandement se fonde sur l'amour miséricordieux et inépuisable de Dieu (cf. Lc 6, 36)." [26]

 

Si vous considérez l'interdiction pour les divorcés civilement remariés d'approcher l'Eucharistie comme un acte pas miséricordieux ou comme le jet cruel d'une pierre, vous vous appuyez probablement sur la première conception de la loi : selon cette conception, les hommes décident d'imposer une certaine charge ou un certain poids; si ceux-ci ne dépendent que de la volonté du législateur, ils pourraient être insupportables réellement.

 

Mais si la loi est écrite dans chaque personne, et dépend d'un sage projet de Dieu, si le Père, pour créer l'homme, a regardé ce projet, qui est une personne, la Parole ("J'étais à l'oeuvre auprès de lui." Prov 8,30), selon laquelle, et en vue de laquelle ont été créées toutes choses ... alors il ne peut pas être miséricorde d'accorder à l'homme de ne pas être ce qu'il est.

 

 

La loi guide l'homme à vivre selon sa propre nature, qui est comme l'a dit S. Thomas d'Aquin, de réaliser en lui-même l'image de Dieu.[27]

 

 

Satisfaire un acte mauvais revient à dire à l'homme : "comme je suis miséricordieux, je vous accorde de ne pas construire en vous l'image divine" : l'alternative n'est pas seulement l'absence du bon, mais la mort, salaire du péché, le résultat funeste que le diable essaie de cacher: "vous ne mourrez pas!" [28]

 

 

Il ne peut pas être la miséricorde de faire croire à l'homme qu'est bien ce qui est son mal, et d'encourager les deux personnes qui ne sont pas mari et femme à vivre comme si elles étaient.

 

Et il ne peut pas être la miséricorde le fait d'assumer un sacrement qui signifie l'union parfaite avec le Christ par la foi et la charité, quand cette union n'est pas parfaite et en acte, mais est imparfaite en foi et en charité : et donc les espèces consacrées sont supposées être emprisonnées dans un corps, sans pouvoir en aucune façon bénéficier à cette personne qui les reçoit sans les dispositions nécessaires.

 

La conception volontariste de la loi est une sorte de méta-hérésie qui imprègne l'atmosphère ecclésiale aujourd'hui, l'humus dans lequel se développent aujourd'hui l'une, ou tantôt l'autre de ces hérésies.

 

 

Conclusion

 

Nous avons commencé par les déclarations du cardinal Carlo Caffara, selon laquelle l'admission à l'Eucharistie des divorcés et civilement remariés, à moins qu'ils ne vivent plus comme mari et femme, entraîne la décadence de toute la doctrine catholique. Nous avons vu que ces déclarations sont loin d'être une exagération.

 

Lorsque le cardinal a publié ses déclarations, Amoris laetitia n'était pas encore sortie, et il a pu conclure l'interview de cette façon:

 

«Les ouvertures de François sont différentes, ce n'est pas une ouverture pour changer la doctrine, il veut dire avoir une attitude vraie, pastorale envers les personnes, quelle que soit leur condition. » [29]

 

Après Amoris laetitia, sommes-nous sûrs que ces derniers mots de Caffara correspondent à la vérité?

 

Seule une réponse faisant autorité du Magistère, qui réponde aux Dubia des cardinaux, et clarifie les ambiguïtés objectivement présentes dans Amoris laetitia , peut apporter un peu de clarté, dans ce climat de confusion qui a surgi dans l'Église, en particulier depuis les deux derniers synodes sur la famille.

 

* * *

 

Il est vrai que le diable, comme dit Dante, est logique [30], très logique, et plaçant un principe erroné, conclut une longue série d'hérésies, avec une conséquence parfaitement logique.

 

Mais si le diable est logique, Notre-Dame est savante, et sa sagesse qu'elle donne à ses dévots, écrase la tête du serpent hérétique. Que l'attente de la plus certaine victoire puisse être raccourcie.

 

(Don Alfredo Morselli sur Messainlatino.it)

Notes

 

[1] « Rester dans la vérité du Christ», Conférence internationale sur le Synode sur la famille, Rome, 30 Septembre 2015. Pour un compte rendu exhaustif, cf. http://tinyurl.com/hwhbc3b.

[2] Vous pouvez voir l'interview vidéo ici: https://youtu.be/iKRLWE96RCw

[3] « Certes, quand la raison éclairée par la foi cherche assidûment, pieusement et dans des limites dûes, avec l'aide de Dieu, elle obtient une certaine connaissance très féconde des mystères, et par analogie avec ce qu'elle connaît naturellement, soit pour le rapport des mêmes mystères entre eux et avec la fin dernière de l'homme. » ("Ac rapport quidem, fide illustré, cum sedulo pie et quaerit sobre, aliquam Deo dante mysteriorum intelligentiam eamque fructuosissimam assequitur tum ex eorum, quae naturaliter cognoscit, l'analogie et tum mysteriorum ipsorum nexu inter se et cum tard hier hominis ") DS / 26, 3016.

[4] « ... il y a un ordre ou une "hiérarchie" des vérités de la doctrine catholique, en raison de leur rapport différent avec le fondement de la foi chrétienne. » [Concile Œcuménique Vatican II. Vat. II, UR, 11].
[5] CCC § 90: « Les liens mutuels et la cohérence des dogmes peuvent être trouvés dans l'ensemble de la révélation du mystère du Christ » [Cf. Premier Concile du Vatican: Denz.-Schönm, 3016:. "Mysteriorum nexus"; Concile Vatican II, Lumen Gentium, 25].

[6] Joseph Ratzinger, Christoph Schömborn, Brève introduction au Catéchisme de l'Église catholique, Rome 1994, p. 41.

[7] 1 Cor 15, 12-13

[8] Jean 6:51

[9] Cf. par exemple les discours 57, 59 et 60 de Saint Pierre Chrysologue (PL XXXII, 360 D, 365 B, 368 C).

[10] "Signe admirable, ici l'expression de Magnifiquement commune christologie rédemptrice et de la foi à fils Trinitaire expression"; H. de Lubac, La foi chrétienne. Essai sur la structure de du Symbole des Apôtres, Paris: Aubier-Montaigne, 1970/2, p. 91.
[11] Lettre aux évêques de l'Eglise catholique concernant la réception de la Sainte Communion par des fidèles divorcés remariés, 14.09.1994, § 4.

[12] "Wer fortgesetzten Ehebruch und für den Empfang der Heiligen Kommunion Vereinbar hält, Häretiker und ist das treibt Schisma voran", Der Spiegel, 23/12/2016, http://tinyurl.com/hbubhtk.
[13] Lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia, 17.04.2003, § 36.

[14] Exhortation apostolique Familiaris consortio, le 22 Novembre 1981, § 84.

[15] Lettre encyclique Veritatis Splendor, 06.08.1993, § 115.

[16] Catéchisme de l'Eglise Catholique (CEC) 1756.

[17] Déclaration sur certaines questions relatives à l'éthique sexuelle - Persona humana, 29 Décembre 1975.

[18] CEC 1754.

[19] 1 Cor 10,13.

[20] Décret sur la justification, 13/01/1547, Sessio VI, chap. 11, DS / 40 1536.

[21] Exhortation apostolique Reconciliatio et paenitentia, 02.12.1984, § 31, III.

[22] Lettre au Card. William W. Baum à l'occasion du cours sur le for interne organisé par la Pénitencerie apostolique, 22.03.1996, § 5.

[23] CEC 1861.

[24] CEC 1615.

[25] Satura VI, 223.

[26] Lettre encyclique Veritatis Splendor, 06.08.1993, § 115.

[27] "... restat consideremus ut de eius imaginer, idest de homine, secundum quod est et ipse suorum operum principium, presque liberum arbitrium habens et suorum operum potestatem":. S. Th Objection pr.

[28] Gen 3.4.

[29] Voir note 1) et 2).

[30] Inferno, XXVII; 123.

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Publié par Ingomer - dans Religion
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