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Christ Roi

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Horloge

2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 12:12

Dans un texte publié sur Catholic World Report le 30 décembre 2016, le Père Mark A. Pilon, prêtre du diocèse d'Arlington en Virginie (Etats-Unis), ancien président de la théologie systématique au Séminaire Mount St. Mary, expose les multiples problèmes moraux qui ne manqueront pas de se poser avec le développement de la nouvelle pastorale issue d'Amoris laetitia. Pour commencer, il ne faut pas croire que la solution à base de conscience personnelle va s'arrêter à la question des divorcés civilement et remariés. "Le même principe doit s'appliquer en dernier ressort aux unions homosexuelles, aux couples vivant en concubinage, et même à toute personne sexuellement active en dehors d'une union de mariage valide." Ce qui ne manquera pas de susciter "un torrent de solutions à base de 'for interne de la conscience', solutions à toutes les questions morales contestées".

 

Mais d'autres problèmes moraux ne manqueront pas de se poser des suites du nouveau principe et devraient déplaire cette fois-ci aux novateurs. Qu'en sera-t-il par exemple d'un patron raciste qui en conscience refuserait d'embaucher des personnes d'une autre race, sa raison lui disant que les autres races sont inférieures et moins instruites? Le prêtre accompagnera-t-il ce patron raciste dans son "chemin" et lui donnera-t-il l'absolution ?

 

A la fin, si la conscience devient supérieure à la loi morale de Dieu, c'est la fonction du prêtre et de l'institution Eglise elle-même qui deviendra obsolète. "Comme le dit Henri VIII, qui a besoin d'un prêtre, ou de l'Église, pour lui dire qu'il a péché ou pas péché? N'avons-nous pas tous une conscience?"

 

SOURCE : Catholic World Report

 

Le 30 décembre 2016

 

« Ce à quoi nous assistons aujourd'hui, après la publication de "Amoris Laetitia", est une adoption radicale du principe qui rend absolus les jugements subjectifs de la conscience et de l'interprétation personnelle de toutes les normes morales.

 

[…] En d'autres termes, la conscience personnelle dépasse maintenant le droit canonique de l'Eglise et la loi morale de Dieu. »

Source de l'article original en anglais : Catholic World Report

Les problèmes moraux de la nouvelle pastorale : "les effets très diviseurs d'Amoris laetitia" (Père Mark A. Pilon)

Traduction

 

Une analyse

 

Les crises pastorales et morales qui se posent

 

30 décembre 2016

 

Ce à quoi nous assistons aujourd'hui après la publication de «Amoris Laetitia», est une adoption radicale du principe qui rend absolus les jugements subjectifs de conscience et de l'interprétation personnelle de toutes les normes morales.

 

Fr. Mark A. Pilon

 

Il y a eu une crise morale et pastorale au cours du dernier demi-siècle dans l'Église, mais je pense honnêtement que nous n'avons encore rien vu de semblable à ce qui pourrait arriver. Les 4 cardinaux - j'aime à les appeler "Les Quatre Justiciers" (tiré du roman policier du prolifique Edgar Wallace il y a un siècle "The Four Just Men") - sont allés allés aux racines de cette menace dans leurs cinq questions relatives à l'affaiblissement apparent de la doctrine de l' Église sur les actes intrinsèquement mauvais et la formation de la conscience objective dans le chapitre 8 de Amoris Laetitia (AL). En fait, nous voyons déjà les effets très diviseurs de la confusion de ce document.

 

Par exemple, nous assistons à des mises en œuvre très différentes de l'AL dans différentes Églises locales. Certains continuent de suivre la pratique pastorale traditionnelle de l'Église qui nie la sainte communion aux couples vivant comme époux dans des unions secondaires invalides suite au divorce. D'autres appellent à une résolution cas par cas où les catholiques concernés sont encouragés à décider si cette seconde [adultère] union est la volonté de Dieu pour eux et si ils sont autorisés à recevoir la communion. Ainsi un évêque américain a encouragé les catholiques divorcés et remariés à "utiliser le for interne de la conscience" dans leur décision quant à savoir si ils doivent recevoir la communion ou de ne pas. En d'autres termes, la conscience privée dépasse maintenant le droit canonique de l'Église et la loi morale de Dieu.

 

Une autre division survient quand un évêque américain, maintenant un Cardinal, critique ouvertement les directives de l'archevêque américain en ce qui concerne la communion pour les divorcés remariés comme étant en désaccord avec l'Eglise. Puis il y a eu l'attaque inconvenante du doyen de la Rote romaine, critiquant vivement les 4 cardinaux pour supposée trahison de leur fonction, ce qui exige évidemment qu'ils ne demandent jamais d'éclaircissement à un pape, sans parler de la question des actions d'un pape.

 

À la suite de cet incident favorisant la division, un archevêque australien dénigrait les Quatre cardinaux en affirmant qu'ils cherchent une "fausse clarté qui vient parce que vous ne vous adressez pas à la réalité." Il a poursuivi en disant que au cours du Synode , il a "entendu lui-même des voix très claires et certaines, mais seulement parce qu'ils n'ont jamais abordé la vraie question ou n'ont jamais traité des faits réels."

 

Voilà pour l'intelligence, l'intégrité et l'expérience pastorale de Quatre Cardinaux distingués et de leurs partisans!

 

Dans une autre partie du monde, un archevêque en Irlande a rejoint le concert de critiques avec ce peu de sagesse ecclésiale:

 

"Aucun mariage n'est vécu que dans des réalités noires et blanches claires et abstraites. L'Église doit comprendre les zones grises du succès et des échecs, des joies et des déceptions. Répéter des formulations doctrinales en soi n'est pas la façon d'accompagner les gens sur un chemin difficile. ... Cela s'adresse à certains, et même à des hauts responsables de l'Église; Ils semblent croire que l'affirmation des certitudes d'une manière abstraite et indubitable est la seule voie."

 

Tandis que l'archevêque ne nomme pas directement les cardinaux, la critique est bien évidemment dirigée vers eux. Ils sont présentés en tant que disciples de règles simplistes, qui ne voient les choses qu'en noir ou blanc, étant des répéteurs stupides de formulations doctrinales abstraites ad nauseam (ses mots dans un autre discours) avec peu d' expérience pastorale et encore moins de compassion. C'est là où en est le bloc de l'Eglise libérale aujourd'hui: ici pas d'accompagnement, pas de compassion ici, juste de la critique pure. Les Quatre Cardinaux n'ont jamais eu recours à de telles critiques ad hominem du Pape ou de ceux avec qui ils étaient en désaccord. Cela ressemble davantage à la méchanceté politique américaine qu'à un effort de dialogue sincère.

 

Juste le commencement?

 

Et toute cette rancune et cette division n'est, très probablement, que le début. L'utilisation du "for interne de conscience" telle que présentée aujourd'hui par un nombre croissant d'évêques et de théologiens va venir perturber l'enseignement moral objectif de l'Église et saper toute pratique pastorale basée sur un enseignement aussi objectif. Cela ne peut pas et cela ne s'arrêtera pas avec la communion pour les divorcés et remariés. Si la conscience personnelle dépasse l'enseignement moral objectif et détermine la pratique pastorale des Sacrements, alors tout est en place pour le changement.

 

Pensez-y: comment la résolution des problèmes liés aux pratiques pastorales par la conscience personnelle peut-elle s'arrêter avec la question de la Communion des divorcés vivant dans des unions secondaires invalides? Certes, le même principe doit s'appliquer en dernier ressort aux unions homosexuelles, aux couples vivant en concubinage, et même à toute personne sexuellement active en dehors d'une union de mariage valide. La solution du for interne de la conscience ne peut se limiter logiquement à cette seule question de "communion", et elle n'y sera pas limitée.

 

Ce que nous voyons aujourd'hui, alors, après la publication de Amoris Laetitia, est une adoption radicale du principe d'absolutisation des jugements subjectifs de la conscience et l' interprétation personnelle de toutes les normes morales. Déjà un évêque belge, favorisé par François pour assister au synode (même si non élu), a co-écrit un livre qui suggère l'approbation morale de l'activité homosexuelle, et la reconnaissance du mariage homosexuel:

 

"Il n'y a aucun moyen de continuer à prétendre qu'il ne peut y avoir d'autres formes d'amour que le mariage hétérosexuel. Nous trouvons le même genre d'amour entre un homme et une femme qui vivent ensemble, en couples homosexuels et les couples de lesbiennes ... Ne devrions-nous pas évoluer vers une diversité de rituels dans lesquels nous pouvons reconnaître le rapport d'amour entre homosexuels, et ce du point de vue même de l'Église et de la foi?"

 

C'est là que nous sommes déjà arrivés en juste une année et c'est juste le début. Qu'un lobby homosexuel existe dans les structures de pouvoir internes à l'Église a longtemps été reconnu. Maintenant, ces fossoyeurs de la doctrine morale catholique et de la pratique pastorale sont encouragés à penser qu'ils ont les outils pour atteindre leur objectif, quel qu'en soit le coût. Le langage de l'évêque belge essaie de se montrer "modéré" dans ses buts, c'est-à-dire simplement avoir de la compassion à la recherche de solutions aux zones grises de la vie morale. Mais c'est une ruse.

 

Pour ces néo-réformateurs, la doctrine morale irréformable de l'Eglise n'est juste qu'une abstraction et ne doit plus être considérée comme obligatoire dans la formation d'une conscience correcte. Comme dans le protestantisme libéral de nos jours, l'enseignement moral de l'Église doit être effectivement réduit à l'être, mais parmi les nombreuses considérations égales dans le processus de formation de la conscience. En effet, "une conscience correcte" ne sera plus un concept significatif dans la nouvelle morale émergente. En fin de compte, les normes ne deviendront que des "idéaux" traités avec un certain respect abstrait, mais fondamentalement inutiles sinon largement dépourvus de sens.

 

Le langage des archevêques australien et irlandais nous dit très bien où nous en sommes et où nous nous dirigeons. C'est le chemin de l'antinomie moderne, l'Anglicanisme libéral, et nous devrions être clairs sur ce que cela signifie. Ces deux archevêques géographiquement éloignés parlent en tandem d'"un monde de gris" et de "zones grises", qui est le langage repris d'Amoris Laetitia (cf. AL, 306). L'archevêque irlandais parle de façon "joyeuse" des "idéaux" plutôt que des commandements, ce qui suggère aussi le passage progressif des absolus moraux vers des idées morales souhaitables, mais généralement inaccessibles, du moins pour la grande majorité des gens.

 

À ce jour, l'autorité suprême de l'Église n'a absolument pas donné de directives pratiques sur la manière dont les prêtres ou les évêques locaux doivent "accompagner" les gens dans le processus de "discernement" par lequel les laïcs feront un jugement final de conscience sur la question morale qu'ils traitent et de leur disponibilité spirituelle à recevoir l'Eucharistie. Alors, que pouvons-nous attendre dans ce domaine et dans d'autres domaines de l'activité pastorale? Ainsi, l'évêque américain a fait ce que beaucoup d'autres vont probablement faire dans ces circonstances en passant effectivement le processus entier à la conscience personnelle  et subjective de chaque personne. Comme Henri VIII le dit: "Un homme a-t-il besoin d'un prêtre pour lui dire qu'il a péché?" Et il ne faudra pas longtemps pour que les gens demandent: "Pourquoi du tout s'embêter avec le for interne de la confession?"

 

Confusion morale et équivalence confuse

 

Quels sont les problèmes et la confusion morale qui pourraient surgir ou qui sont déjà nés de l'utilisation de ces nouveaux principes subjectifs pour décider dans des cas de conscience ?

 

En ce qui concerne la confusion morale, je me souviens que le général Eisenhower avait déjà vu des artefacts nazis fabriqués à partir d'humains, y compris un abat-jour, quand il visita Buchenwald, et il en a été vraiment horrifié. Récemment, un archevêque américain, un autre cardinal de l'époque récente, a été également horrifié par la vente de parties du corps de fœtus (bébés avortés), rapporté en 2015. Cependant, il a fait une déclaration assez étonnante qui semblait établir une sorte d'équivalence morale de cette situation avec des questions sociales et morales bien différentes.

 

La confusion morale dans sa déclaration devient assez évidente, si l' on substitue simplement les mots en italique dans la citation ci-après pour sa phrase originale qui est: "Alors que le commerce des restes d'enfants sans défense est particulièrement repoussante ..." :

 

"Cette nouvelle preuve sur le mépris de la valeur de la vie humaine offre également la possibilité de réaffirmer notre engagement en tant que nation à une éthique de la vie cohérente. Tout en faisant des abat-jour et d' autres artefacts à partir de victimes juives assassinées est particulièrement répugnant, nous ne devrions être pas moins consternés par l'indifférence envers les milliers de personnes qui meurent chaque jour par manque de soins médicaux décents; Qui se voient refusés des droits par un système d'immigration brisé et par le racisme; Qui souffrent de la faim, du chômage et du besoin; Qui paient le prix de la violence dans les quartiers saturés d'armes à feu; Ou qui sont exécutés par l'Etat au nom de la justice."

 

Or, voici une question évidente: est-ce que les Juifs qui liront une telle déclaration pensent que l' indifférence envers les maux moraux / sociaux que l'archevêque a énumérés n'est "pas moins repoussante" , ou que les gens devraient être "pas moins consternés" par le fait que certaines personnes souffrent de la faim ou du manque d'emplois, qu'au fait que des millions de personnes ont été exterminées et que leurs parties du corps ont servi de lampes? Une telle comparaison serait prise pour insinuer clairement que ces autres maux sont moralement équivalents à ce qui a été fait aux Juifs par les nazis.

 

Mais le véritable problème n'est-il pas le fait que l'archevêque a simplement "dépassé les bornes" de la question morale la plus importante ici, c'est-à-dire le meurtre de millions d'enfants à naître, qui est sûrement la question morale suprême et devrait être ce qui est le plus répugnant, et devrait nous épouvanter beaucoup plus même que ce qui arrive aux parties du corps après? S'il avait dit que la mort de dizaines de millions d'enfants à naître devrait nous épouvanter, mais que nous devrions également être consternés par la faim, le chômage et le manque de soins médicaux décents, l'absurdité (d'un tel raisonnement) serait mise en évidence immédiatement.

 

Je pense qu'il est évident qu'une telle confusion morale, venant de la part d'un haut fonctionnaire de l'Église, est sans doute causée par (1) l'ignorance effective du grave mal intrinsèque de tels actes moraux, et (2) un recours assez facile à l'abri de la conscience subjective et du relativisme moral. Une telle approche des questions morales sérieuses et des problèmes pastoraux est sur le point de déchaîner un torrent de solutions à base de "for interne de la conscience", solutions à toutes les questions morales contestées. Mais les solutions à certains problèmes peuvent ne pas tous plaire aux guerriers de la justice sociale qui ne semblent donner aucune importance à une morale sexuelle objective.

 

Par exemple, que diriez-vous de ces cas de conscience réglés dans le for interne de la conscience privée?

 

1. Jerry avoue qu'il refuse d'embaucher d'autres races dans son entreprise, et utilise divers subterfuges pour éviter la loi. Sa raison lui dit que les autres races sont certainement inférieures et moins instruites. Sa conscience lui dit que c'est peut-être un péché, mais tout au plus un péché véniel. Alors, le prêtre l'accompagne-t-il tout simplement, et s'il persiste dans ce racisme et cette injustice profondément enracinés, lui dit-il simplement de suivre sa conscience, et puis même l'absout de ses autres péchés d'adultère et du meurtre d'un partenaire dont il est sincèrement repentant?

 

2. Maxime travaille pour la pègre locale en tant que comptable et cache au gouvernement ses gains illégaux de la prostitution, des jeux de hasard, des drogues et des usuriers. Il reconnaît que cela est illégal, et est sincèrement désolé d'avoir à le faire. Cependant, sa conscience lui dit que c'est moralement acceptable parce que sa défection de la pègre causerait presque certainement des dommages et peut-être la mort à sa famille. Le prêtre l'accompagne-t-il simplement en lui disant de suivre sa conscience et de recevoir la communion s'il pense ne pas être coupable d'un péché sérieux?

 

3. Joe mentionne à son confesseur qu'il a détourné des fonds du diocèse, et la somme est très importante au fil des ans. Mais sa conscience ne juge pas que ce soit gravement mal parce qu'il considère cela comme une compensation occulte pour le bas salaire qui est payé. Le prêtre accompagne-t-il simplement son discernement, évite-t-il de lui donner des règles abstraites et conseille-t-il à Joe de suivre sa propre conscience, indépendamment de ce que l'Église enseigne, et de recevoir la communion s'il sent que c'est la volonté de Dieu pour lui? Bien sûr, cela exclurait toute obligation de restitution si Joe demeurait inflexible dans sa fausse conscience.

 

4. Enfin, Pat est un agent de l'IRA (l'Armée républicaine irlandaise) qui se spécialise dans l'explosion des choses, y compris les gens. Il n'est pas content de cela, mais il a l'impression qu'il doit défendre les familles irlandaises, sa propre famille, contre l'oppression des Britanniques et des protestants du Nord. Il est désolé que des gens innocents meurent parfois dans ses efforts pour atteindre l'armée britannique, mais il estime que sa cause est juste et que c'est ce que Dieu veut qu'il fasse de sa vie en ce moment. Sa conscience lui dit que ce qu'il fait est un mal nécessaire mais que c'est un moindre mal - c'est-à-dire que c'est nécessaire pour protéger sa famille et libérer son pays. Son confesseur doit-il simplement l'accompagner et lui assurer que si sa conscience est claire et décidée, il peut aller à la communion?

 

La nouvelle moralité?

 

Les nouveaux "cas de conscience" potentiels sont évidemment multiples, et ils sont maintenant plus susceptibles de survenir en raison des ambiguïtés que les Quatre cardinaux souhaitent désespérément et sincèrement clarifier (et qui évidemment ne le seront pas). Ces bons hommes se rendent compte qu'une fois cette sorte d'inviolabilité de la conscience subjective établie dans la pratique pastorale de l'Église, quelle question morale ne sera finalement pas résolue simplement par un appel à la conscience subjective?

 

Mais le problème majeur ici est vraiment le système moral lui-même qui sous-tend toute cette confusion. Ce que nous semblons traiter aujourd'hui est quelque chose comme un modernisme moral avec ses racines au plus profond d'un dualisme néo-platonicien. Tout comme le modernisme dogmatique pensait que les formulations dogmatiques ne sont que des approximations verbales des vérités divinement révélées, dans cet idéalisme moral les commandements doivent être compris comme des abstractions dans un monde d'idées. Et quand on introduit ces abstractions dans le monde réel, elles doivent être comprises simplement comme des idéaux moraux que nous ne pouvons que commencer seulement à approcher, ou du moins que la plupart des gens ne peuvent que s'efforcer imparfaitement d'atteindre dans leur vie morale.

 

Tout ceci semble résoudre commodément les questions morales difficiles pour les catholiques. Si l'on affirme verbalement la doctrine morale sur les absolus, c'est-à-dire comme de simples idées abstraites, cela suffit pour revendiquer l'orthodoxie. Mais dans le monde pratique, il est nécessaire de traduire ces abstractions en vagues idéaux moraux auxquels les gens aspirent, mais atteignent rarement complètement.

 

Ainsi, la tâche pastorale de l'Église n'est pas tant d'enseigner les Commandements comme commandements, mais simplement comme idéaux, puis de laisser le reste à la conscience privée. Tout sonne bien, le triomphe de la miséricorde et la compassion sur le légalisme moral et la rigidité. Mais à la fin, cela ouvre la voie à d'autres conclusions avec lesquelles ses partisans ne seront probablement pas à l'aise dans l'avenir. Je le répète, cette approche ne peut et ne sera pas limitée aux questions du sixième commandement. Elle s'applique à tous ou à aucun d'entre eux. Ainsi, "Tu ne tueras pas" sera aussi réduit, peut-être à l'idéal de la non-violence, mais peu de gens trouveront possible d'approcher même cet idéal dans le monde réel, et cette nouvelle morale continuera d'éroder l'ordre moral d'une manière qui effraiera même les bons hommes qui avancent avec confiance dans ce nouveau système moral et pastoral.

 

Enfin, un autre effet malheureux de cette approche de l'ordre moral et de la pratique pastorale de l'Église sera certainement que le recours au Sacrement de Pénitence et le recours aux conseils de l'Église deviendront encore plus obsolètes en beaucoup d'endroits qu'ils ne le sont déjà aujourd'hui . Encore une fois, comme le dit Henri VIII, qui a besoin d'un prêtre, ou de l'Église, pour lui dire qu'il a péché ou pas péché? N'avons-nous pas tous une conscience?

 

A propos de l'auteur

 

Père Mark A. Pilon, prêtre du diocèse d'Arlington, en Virginie, a reçu un doctorat en théologie sacrée de l'Université Santa Croce à Rome. Il est l’ancien président de la théologie systématique au Séminaire Mount St. Mary, ancien rédacteur en chef adjoint du magazine Triumph, et professeur retraité et invité à la Notre Dame Graduate School du Christendom College. Il écrit régulièrement à littlemoretracts.wordpress.com.

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Publié par Ingomer - dans Religion
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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 10:10

La crise que traverse aujourd’hui l’Occident est due au sentiment qu’il est impossible de connaître la vérité, affirmait le pape Benoît XVI au sanctuaire de Mariazell en Autriche, samedi 8 septembre 2007. "Cette résignation face à la vérité est, selon ma conviction, le cœur de la crise de l'Occident, de l'Europe. [...] De fait, notre foi s'oppose de manière catégorique à la résignation qui considère l'homme incapable de la vérité, comme si celle-ci était trop grande pour lui", expliqua Benoît XVI. [1]

 

Or, cette résignation face à la vérité, est une crise de l'autorité. Et cette crise de l'autorité, on la trouve "aussi" (nous aurions écrit "d'abord"! Ndlr.) dans l'Eglise :

 

Mais c'est le cas aussi, hélas !, dans l'Église. Les autorités ecclésiastiques, qui possèdent pourtant le triple pouvoir législatif, judiciaire et exécutif, au lieu d'éclairer, de commander, de sanctionner quand il le faut, se mettent à la remorque de leurs ouailles voire, ce qui est pire, du monde ennemi de Dieu. « Qui suis-je pour prescrire, pour juger ? », semblent-elles nous dire, alors qu'elles sont tout simplement... des autorités, instituées par Dieu pour cela.

 

[...] Cette déliquescence de l'autorité, un des pires malheurs qui puissent frapper la société humaine, est un châtiment de Dieu, en raison des nombreux crimes dont les hommes se sont souillés devant sa face. Le prophète Isaïe, annonçant les malheurs futurs de Jérusalem, conséquence de ses fautes, déclarait en effet de la part de Dieu : « Je leur donnerai des enfants pour princes » (Is 3, 4). Dire d'une société que son roi est un enfant signifie que le chef est incapable d'exercer pleinement son autorité. Et l'Ecclésiaste nous explique ce qu'il faut penser d'une telle perspective : « Malheur à toi, terre dont le roi est un enfant ! » (Ec 10, 16[2]

La crise de l'autorité dans l'Eglise d'abord

Si en effet, l'Eglise qui a été instituée pour nous dire et nous enseigner la vérité, distinguer le bien et le mal, ne remplit plus son rôle, ne nous dit plus ceci est bien, ceci est mal, si les évêques abdiquent de leur mission, il ne faut pas s'étonner de voir ensuite cette crise de l'autorité se répandre dans le reste de la société. Il ne faut pas s'étonner de la baisse de fréquentation des sacrements. Il n'y a une crise de l'autorité dans la société que parce qu'il y a d'abord une crise de l'autorité dans l'Eglise.

 

"Quant à ceux qui ont reçu l'autorité, conclut l'abbé Christian Bouchacourt, dans l'éditorial de Fideliter n° 234,  ils doivent courageusement et humblement « remplir tous les devoirs de leur ministère », « reprendre, exhorter, menacer, en toute patience et doctrine », même si le temps semble venu où les hommes rejettent la saine doctrine et veulent vivre selon leurs désirs sans supporter aucune autorité (2Tm 4, 1-5)."

 

Sources

 

[1] Benoît XVI : La crise de la vérité est à l’origine de la crise en Occident, Homélie au sanctuaire marial de Mariazell en Autriche, Zenit.org, 10 septembre 2007

[2] Nécessité de l'autorité, Abbé Christian Bouchacourt, Fideliter, Editorial du n° 234

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 17:19

Dans un article paru à l’occasion de la fête de Noël, le magazine allemand “Der Spiegel” se montre très critique à l’encontre du Pape François. D’après ce texte “François semble de plus en plus isolé, démoralisé par l’opposition qu’il rencontre à l’intérieur de la Curie, et par le manque de courage de la base face aux réformes à entreprendre.” Un proche du Pape aurait déclaré que certains ne reconnaissent plus aujourd’hui en François ce Cardinal Bergoglio qu’ils avaient élu en 2013.

Le correspondant du magazine “Der Spiegel” à Rome, Walter Mayr, explique que même les adeptes les plus fidèles de ce Pape commencent à prendre leurs distances.

Toujours d’après ce magazine, on apprend que le nombre de participants aux événements de l’Année Sainte à Rome a été largement en dessous de toutes les prévisions et que les travaux de restructuration de la Curie avancent à tout petits pas. Dans certains dicastères, on fait état d’ambiances chaotiques.

La critique se porte aussi sur la tendance du Pape à une volubilité complaisante : des paroles incessantes par lesquelles il est allé jusqu’à reprocher aux médias et à leur public un penchant pour la coprophagie, c’est-à-dire pour la consommation d’excréments. Même les plus proches de François ont été déstabilisés par de telles accusations et l’emploi d’un vocabulaire déplacé.

D’après le “Spiegel”, il ne reste pas beaucoup de temps à François pour réaliser les changements dont il parle sans cesse : en effet, la période maximale qu’il s’est lui-même fixée, sera bientôt écoulée. Dans son cercle restreint, le Pape François aurait dit : “Il n’est pas exclu que j’entrerai dans l’histoire comme celui qui aura provoqué un schisme dans l’Eglise”.

Le “Spiegel” rapporte aussi une intervention du Cardinal Brandmüller à propos des personnes divorcées-remariées, qui estime que le sujet touche à des thèmes essentiels : il en va du cœur même de notre foi. Le Cardinal reproche au Pape et au Cardinal Kasper d’en arriver à relativiser, à “ramollir” le contenu des articles de la foi catholique et d’en laisser l’interprétation aux communautés locales. Ceci porte atteinte à l’universalité de l’Eglise. Et le Cardinal Brandmüller d’ajouter : “Celui qui pense que la vie maritale au sein d’un couple divorcé-remarié est compatible avec la réception de l’Eucharistie est un hérétique : il favorise l’apparition d’un schisme”. Toujours selon le Cardinal Brandmüller, la Sainte Ecriture n’est pas un self-service : S. Paul dit que nous sommes les gérants des Mystères divins ; nous n’en sommes pas les maîtres.

"Pur chaos" à la Curie : "le Pape François semble de plus en plus isolé" (Der Spiegel)

Source : Kathnet. Trad. MH/APL

Pro Liturgia, Actualité du mercredi, 28 décembre 2016.

 

L'article original en allemand :

"Pur chaos" à la Curie : "le Pape François semble de plus en plus isolé" (Der Spiegel)

Kritik an Franziskus "Der Papst kocht", Spiegel Online, Freitag, 23.12.2016   11:23 Uhr

 

"Chaos pur"

Der erste Eindruck: Ein paar starrsinnige, greise Kardinäle laufen da wieder einmal Sturm gegen den ungebrochen reformfreudigen Papst. Doch diesmal, so scheint es, steht mehr auf dem Spiel. Franziskus wirkt zunehmend einsam, vom Widerstand in der Kurie und vom mangelnden Mut zur Veränderung an der Basis zermürbt. "Den Bergoglio, den sie 2013 gewählt haben, erkennen viele im Franziskus von 2016 nicht wieder", sagt ein Vertrauter des Papstes.

 

Das abgelaufene Heilige Jahr der Barmherzigkeit, "ein Thema, das alles abdeckte, aber auch alles offenließ", sei bei den Besucherzahlen weit hinter den Erwartungen zurückgeblieben. Auch der Umbau der Kurie kommt nur stockend voran - aus einzelnen Ämtern wird "Chaos pur" vermeldet.

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 07:41

Mgr Benno Elbs, Evêque de Feldkirch (AU), qui a participé au dernier Synode des évêques à Rome, a déclaré dans une interview au journal “Die Presse” que la doctrine de l’Eglise a été modifiée par “Amoris laetitia” : “L’enseignement est modifié dans la mesure où les fidèle peuvent maintenant décider en conscience de ce qu’ils peuvent faire avec, pour ainsi dire, la bénédiction du Pape..."

 

Comme nous l'écrivions le 2 octobre 2015, soit avant la conclusion du "Synode sur la Famille" et donc la publication d'Amoris laetitia,

 

"Attention, voilà ce qui se prépare au Synode: la permission du divorce et du remariage [...] Au bout c'est la nécessité d'une Eglise fondée par Jésus-Christ qui est annulée. Parce que au final, si c'est la conscience qui nous juge, à quoi bon l'Eglise ? [...]  En clair, les divorcés remariés (et tous les pécheurs, donc tout le monde, même les assassins) font ce qu'ils veulent. Question: qui donc dans l'Eglise a le droit de dire aux pécheurs ce qu'ils doivent faire ? Si personne n'a le droit de dire aux pécheurs ce qu'ils doivent faire, à quoi servent les évêques et les prêtres ? A quoi sert l'Eglise ? Et dans ce cas, pourquoi (en fin de video) ces évêques se plaignent-ils de la baisse du nombre de mariage ? [...] La conscience devient l'élément prépondérant qui présume de la légitimité ou non d'une communion."

 

Les conséquences d'Amoris laetitia sont donc très graves et encore largement non perçues. Cette crainte d'une désagrégation de la foi a été analysée dans un article paru hier en italien sur le site "Corrispondenza Romana" (27 dicembre 2016 - 09:14) titré Amoris Laetitia: la logica dell’eresia, "Amoris Laetitia : la logique de l'hérésie", dont voici une traduction, qui bien qu'imparfaite, apporte une information supplémentaire au sujet des réformes souhaitées par le Pape François.

Amoris Laetitia: la logique de l'hérésie

1. Si nous cédons sur un point, tout explose.

 

En réponse à une question sur la possibilité de permettre l'accès à l'Eucharistie aux divorcés civilement remariés, lors d'une grande conférence tenue à Rome en Novembre 2015 [1], le Cardinal Caffara a déclaré que "ce n'est pas possible" :

 

et ceci parce qu'"une telle admission reviendrait à changer la doctrine de l'Eglise sur le mariage, l'Eucharistie, la confession, la sexualité humaine et aurait une signification pédagogique dévastatrice, parce que devant une telle décision, les jeunes en particulier, pourraient légitimement conclure : - alors il est vrai, un mariage indissoluble n'existe pas - " [2]

Les affirmations de l'archevêque émérite de Bologne, jamais démenties, sont encore plus actuelles, après que les Dubia aient été présentées au pape par le groupe des Quatre cardinaux, dont le même Caffara fait partie.

 

Dans ces notes, nous allons essayer d'expliquer comment le cardinal Caffara a tout à fait raison, et comment la pratique et / ou la possibilité d'admettre à la sainte communion les divorcés civilement remariés conduit effectivement à cette désintégration doctrinale si clairement exposée.

 

2. Les articles de foi ne sont pas indépendants les uns des autres.

 

Les propositions de la foi s'appellent articles, parce qu'ils sont accompagnés et reliés les uns aux autres comme les membres du corps humain seulement réunis par des articulations: en niant une vérité de la foi, on finit logiquement par en nier beaucoup d'autres, sinon toutes.

 

Le Magistère n'est pas resté silencieux sur ce lien entre les déclarations de foi : le concile Vatican I a parlé de lien mysteriorum inter se [3], le concile Vatican II a parlé de hiérarchie des vérités [4], le Catéchisme a repris les deux affirmations, et nous parle de liens mutuels et de la cohérence des dogmes [5].

 

Le Cardinal Schömborn a expliqué que la hiérarchie des vérités ne signifie pas qu'il y en ait (non spécifiées) un groupe de vérités nécessaires de croire et d'autres vérités (toujours non spécifiées) en option pour la foi :

 

«La hiérarchie des vérités signifie [...] "un principe organique structurel", qui ne doit pas être confondu avec le "degré de certitude." Ce principe stipule également que les différentes vérités de la foi sont ordonnés à la fonction d'un centre, à un noyau nucléaire, mais cependant pas que la vérité qui n'est pas placée au centre soit, pour cette raison, pas vraie.» [6]

 

Ce noyau central, indique le Catéchisme de saint Pie X est l'un des deux principaux mystères de la foi (l'unité et la Trinité de Dieu et l'Incarnation, la Passion et la Mort de Notre Seigneur Jésus-Christ) comme "centre organique", comprenant en lui-même - d'une certaine façon - tous les autres mystères.

 

Image:Jesus Resurrection 1778.jpg Prenons un exemple pour expliquer ce concept : de "la résurrection des morts" dépend "le troisième jour il est ressuscité": Saint Paul affirme que si on nie la résurrection des morts, on finit par nier la résurrection du Christ:

 

"si l'on prêche que le Christ est ressuscité des morts, comment quelques-uns parmi vous disent-ils qu'il n'y a point de résurrection des morts? S'il n'y a point de résurrection des morts, le Christ non plus n'est pas ressuscité." [7]

 

Ainsi, la "vie éternelle" dépend du "pain de vie" :

 

"Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai est ma chair pour la vie du monde." [8]

 

Donc, vous comprenez comment dans certains endroits, depuis les temps anciens [9], la récitation du Credo a été accompagnée, dans la liturgie, par le signe de croix (encore prescrit, après la récitation du Symbole, sous la forme extra-ordinaire du rite romain) .

 

Le signe de la croix - "signe admirable, qui relie magnifiquement l'expression christologique et la foi rédemptrice à son expression trinitaire" [10] - situé à la fin du Credo, indique que les deux mystères principaux comprennent en eux-mêmes tous les éléments simplement proclamés.

 

Ce lien étroit signifie cependant aussi qu’un seul article non cru reviendrait à faire tomber les deux autres mystères principaux du noyau central de la foi.

 

3. Les dominos.

 

Qu'est-ce implique donc l'admission des divorcés et civilement remariés cohabitant comme mari et femme à la réception de la Sainte Eucharistie?

 

Je vais énumérer les nombreuses erreurs qui en résultent : beaucoup de ces erreurs, si elles sont engagées obstinément, sont de véritables hérésies; Le Canon 751 CIC (Code de droit canon de 1983 Ndlr.) dit:

 

"On appelle hérésie la négation obstinée, après la réception du baptême, d’une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique."

 

Le Code de droit canonique décrit ici l'hérésie formelle, en incluant l'obstination, qui est une disposition de l'hérétique: mais une déclaration peut être hérétique matériellement, c'est-à-dire sans tenir compte de ce qu'elle dit mais par la déclaration elle-même.

 

Quand je dis que certaines déclarations sont hérétiques, je ne veux ni dire que François est hérétique, ni dire que Amoris laetitia est hérétique : sont hérétiques certaines affirmations qui peuvent être déduites par l'exhortation elle-même : surtout si, à partir d'Amoris laetitia, vous vouliez contourner les conditions requises par la Congrégation pour la Doctrine de la foi pour l'accès à l'Eucharistie des divorcés et remariés :

 

 

"Cela signifie, en pratique, que quand un homme et une femme [pas mariés sacramentellement], ne peuvent pas satisfaire à l'obligation de se séparer pour des motifs graves - tels que, par exemple, l'éducation des enfants -, ils «prennent l'engagement de vivre dans la continence complète, qui est, par l'abstinence des actes réservés aux conjoints» [S. Jean-Paul II, Homélie pour la clôture de la sixième Synode des Évêques, 25.10.1980, § 7] [11].

 

Ce point a été fait récemment par le cardinal Brandmüller :

 

"Quiconque pense que l'adultère persistant et la réception de la Sainte Communion sont compatibles est un hérétique et favorise le schisme." [12].

 

Voyons maintenant comment si vous essayez de rendre l'adultère compatible avec (l'accès à) l'Eucharistie, cela conduirait à l'effondrement de l'ensemble du bâtiment de notre sainte foi catholique.

 

1ère hérésie : il est permis d'accéder à l'Eucharistie sans être en état de grâce.

 

Que la déclaration ci-dessus soit hérétique, c'est une évidence par le fait qu'elle contredit la vérité constamment proposée par l'Eglise comme fondée sur la Sainte Écriture; S. Jean-Paul II enseignait ainsi :

 

« Je désire donc redire que demeure et demeurera toujours valable dans l'Église la norme par laquelle le Concile de Trente a appliqué concrètement la sévère admonition de l'Apôtre Paul, en affirmant que, pour une digne réception de l'Eucharistie, "si quelqu'un est conscient d'être en état de péché mortel, il doit, auparavant, confesser ses péchés." »[13].

 

« L'Eglise, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l'Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie. »[14]

 

Pour pouvoir admettre à la Sainte Eucharistie les divorcés civilement remariés vivant comme mari et femme sous le même toit, en essayant vainement de ne pas contredire la tradition séculaire de l'Église, il faut soutenir que, dans certains cas, l'adultère n'est pas un péché mortel; mais ce faisant, on risque de tomber dans les deux hérésies suivantes (la 2e et la 3e) :

 

2ème hérésie : il n'y a aucun acte intrinsèquement mauvais (c'est-à-dire des actes qui, commis en pleine conscience et consentement délibéré, sont toujours un grand péché)

 

Au contraire, Saint-Jean-Paul II enseigne:

 

"A la lumière de la Révélation et de l'enseignement constant de l'Eglise, spécialement de celui du Concile Vatican II, [ ...] Chacun de nous sait l'importance de la doctrine qui constitue l'essentiel de l'enseignement de la présente encyclique et qui est rappelée aujourd'hui avec l'autorité du Successeur de Pierre. Chacun de nous peut mesurer la gravité de ce qui est en cause, non seulement pour les individus, mais encore pour la société entière, avec la réaffirmation de l'universalité et de l'immutabilité des commandements moraux, et en particulier de ceux qui proscrivent toujours et sans exception les actes intrinsèquement mauvais.

En reconnaissant ces commandements, le cœur du chrétien et notre charité pastorale entendent l'appel de Celui qui « nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 19). Dieu nous demande d'être saints comme lui-même est saint (cf. Lv 19, 2), d'être, dans le Christ, parfaits comme lui-même est parfait (cf. Mt 5, 48) : la fermeté exigeante du commandement se fonde sur l'amour miséricordieux et inépuisable de Dieu (cf. Lc 6, 36), et le commandement a pour but de nous conduire, avec la grâce du Christ, sur le chemin de la plénitude de la vie propre aux fils de Dieu.»[15]

 

Et le Catéchisme déclare:

 

"Il y a des actes qui par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances et des intentions, sont toujours gravement illicites en raison de leur objet ; ainsi le blasphème et le parjure, l’homicide et l’adultère. Il n’est pas permis de faire le mal pour qu’il en résulte un bien."[16]

 

 

3ème hérésie : la fornication et l'adultère ne sont pas toujours des péchés mortels.

 

Que cette déclaration soit hérétique, cela se déduit en constatant combien elle est contradictoire par rapport par exemple à ce qu'a déclaré  la Congrégation pour la Doctrine de la Foi :

 

"... Selon la tradition chrétienne et la doctrine de l'Eglise, et comme le reconnaît également la droite raison, l'ordre moral de la sexualité implique des valeurs élevées de la vie humaine, et chaque violation directe de cet ordre est grave objectivement"[17] .

 

 

Pour soutenir que la fornication et l'adultère ne sont pas toujours des péchés mortels, vous avez ...

 

a) une utilisation absurde de Gaudium et Spes utilisé pour soutenir que dans certains cas, le péché est bon pour l'amour, en appliquant à une relation adultère le principe selon lequel s'il lui manque certaines expressions d'intimité conjugale, il n'est pas rare que "la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis" (Conc Concile œcuménique Vatican II, Constitution Gaudium et spes, 51;..... cf. Amoris laetitia, note 329) ...

 

... Et ...

 

b) ... 4ème hérésie: les circonstances peuvent rendre bonnes des actions intrinsèquement mauvaises ...

 

... Quand en fait le Catéchisme de l'Eglise catholique déclare:

 

« ...  Les circonstances ne peuvent de soi modifier la qualité morale des actes eux-mêmes ; elles ne peuvent rendre ni bonne, ni juste une action en elle-même mauvaise. »[18].

 

Soutenir que les circonstances peuvent atténuer la culpabilité de la fornication et l'adultère, nous fait tomber dans deux autres hérésies:

 

5ème hérésie : parfois il peut manquer l'aide de Dieu pour ne pas pécher

 

et

 

 

6ème hérésie: il peut y avoir une situation où il n'y a pas d'autre possibilité que de pécher ...

 

... Alors qu'en fait saint Paul dit:

 

"Aucune tentation ne vous est survenue, qui n'ait été humaine; et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces; mais, avec la tentation, il ménagera aussi une heureuse issue en vous donnant le pouvoir de la supporter." [19]

 

... Et le Concile de Trente définit:

 

« Nul, alors, bien que justifié, doit se considérer comme libre de l'observance des commandements, personne ne doit prendre ce regard téméraire et interdit par les Pères, sous peine d'excommunication, qu'il est impossible à l'homme d'être justifié en gardant les commandements de Dieu. Dieu en fait ne commande pas l'impossible; mais quand commandant il vous admoneste de faire ce que vous pouvez, et ce que vous ne pouvez pas, et il est pour vous une aide pour que vous le puissiez : Ses commandements ne sont pas pénibles (1 Jn 5,3) Son joug est facile et son poids léger (Mt 11, 30). Pour les hommes qui sont des enfants de Dieu, aiment Christ et ceux qui l'aiment - comme il le dit (Jn 14:23) - observer ses paroles, avec l'aide de Dieu, peut certainement se faire »[20].

Noces de Cana. Miniature grecque XIII° siècle. Aimable concession du centro russia ecumenica à Rome.

Noces de Cana. Miniature grecque XIII° siècle. Aimable concession du centro russia ecumenica à Rome.

Depuis lors à l’approche de la Sainte Communion, ont doit se confesser, alors arrive l'effondrement du sacrement de pénitence, si l'on admet ...

 

la 7ème hérésie : il est possible d'absoudre ceux à qui manquent la résolution de ne plus pécher ...

 

... Alors qu'en fait saint Jean Paul II enseigne:

 

 

«Parmi les actes du pénitent, la contrition occupe la première place. Elle est "la tristesse de l'âme et à la détestation du péché commis, ainsi que la résolution de ne plus pécher" [Concile de Trente : Denz.-Schönm 1676] » (CEC 1451). En outre, «acte essentiel de la pénitence de la part du pénitent, est la contrition, qui est un rejet clair et décisif du péché commis, ainsi que la résolution de ne pas commettre à nouveau, pour l'amour que l'on a pour Dieu et qui renaît avec la repentance. Dans ce sens, la contrition est donc le principe et l'âme de conversion. »[21]

 

En fait, Saint Jean-Paul II rappelle :

 

«... Si cette disposition de l'âme manquait, en réalité il n'y aurait pas de repentir : ceci, en effet, porte sur le mal moral comme tel, et donc ne pas prendre une position opposée à un mal moral possible serait ne pas détester le mal, ne pas avoir de repentir. »[22]

 

Ou avoir à admettre :

 

8ème hérésie: ceux qui sont en état de péché mortel vivent dans la grâce de Dieu ...

 

... Alors qu'en fait, le Catéchisme de l'Eglise catholique affirme que:

 

«Le péché mortel est une possibilité radicale de la liberté humaine comme l’amour lui-même. Il entraîne la perte de la charité et la privation de la grâce sanctifiante, c’est-à-dire de l’état de grâce. » [23]

 

Aussi, devons-nous nous demander ce qui est arrivé du mariage précédent des divorcés et civilement remariés ? Disparaît-il dans les airs, est-ce qu'il reste encore, ou quoi d'autre ? Si il est échoué, le mariage n'y est plus ou il y subsiste encore ?

 

Il devient difficile de maintenir la déclaration suivante du catéchisme :

 

 

«Cette insistance sans équivoque sur l’indissolubilité du lien matrimonial a pu laisser perplexe et apparaître comme une exigence irréalisable (cf. Mt 19, 10). Pourtant Jésus n’a pas chargé les époux d’un fardeau impossible à porter et trop lourd (cf. Mt 11, 29-30), plus pesant que la Loi de Moïse. » [24]

 

4. La conception volontariste de la loi et l'hérésie sur la miséricorde

 

La loi a été conçue - dans l'histoire de la pensée - selon deux paradigmes principaux:

 

a) une conception que nous appelons volontariste, qui peut se résumer dans le verset de Juvenal: “hoc volo, sic iubeo, sit pro ratione voluntas”» ( Je le veux, je l'ordonne ; la raison, c'est ma volonté !) [25]

 

Selon ce principe, une loi a sa raison d'être dans la volonté qui décrète, divine ou humaine.

 

b) Une deuxième vue, que nous pouvons appeler intellectuelle, qui est plutôt basée sur le principe "bonum est secundum rationem esse": qu'il y a un être qui précède la volonté du législateur, à laquelle le législateur lui-même doit s'adapter. Voilà pourquoi saint Jean Paul II pouvait dire que "la fermeté exigeante du commandement se fonde sur l'amour miséricordieux et inépuisable de Dieu (cf. Lc 6, 36)." [26]

 

Si vous considérez l'interdiction pour les divorcés civilement remariés d'approcher l'Eucharistie comme un acte pas miséricordieux ou comme le jet cruel d'une pierre, vous vous appuyez probablement sur la première conception de la loi : selon cette conception, les hommes décident d'imposer une certaine charge ou un certain poids; si ceux-ci ne dépendent que de la volonté du législateur, ils pourraient être insupportables réellement.

 

Mais si la loi est écrite dans chaque personne, et dépend d'un sage projet de Dieu, si le Père, pour créer l'homme, a regardé ce projet, qui est une personne, la Parole ("J'étais à l'oeuvre auprès de lui." Prov 8,30), selon laquelle, et en vue de laquelle ont été créées toutes choses ... alors il ne peut pas être miséricorde d'accorder à l'homme de ne pas être ce qu'il est.

 

 

La loi guide l'homme à vivre selon sa propre nature, qui est comme l'a dit S. Thomas d'Aquin, de réaliser en lui-même l'image de Dieu.[27]

 

 

Satisfaire un acte mauvais revient à dire à l'homme : "comme je suis miséricordieux, je vous accorde de ne pas construire en vous l'image divine" : l'alternative n'est pas seulement l'absence du bon, mais la mort, salaire du péché, le résultat funeste que le diable essaie de cacher: "vous ne mourrez pas!" [28]

 

 

Il ne peut pas être la miséricorde de faire croire à l'homme qu'est bien ce qui est son mal, et d'encourager les deux personnes qui ne sont pas mari et femme à vivre comme si elles étaient.

 

Et il ne peut pas être la miséricorde le fait d'assumer un sacrement qui signifie l'union parfaite avec le Christ par la foi et la charité, quand cette union n'est pas parfaite et en acte, mais est imparfaite en foi et en charité : et donc les espèces consacrées sont supposées être emprisonnées dans un corps, sans pouvoir en aucune façon bénéficier à cette personne qui les reçoit sans les dispositions nécessaires.

 

La conception volontariste de la loi est une sorte de méta-hérésie qui imprègne l'atmosphère ecclésiale aujourd'hui, l'humus dans lequel se développent aujourd'hui l'une, ou tantôt l'autre de ces hérésies.

 

 

Conclusion

 

Nous avons commencé par les déclarations du cardinal Carlo Caffara, selon laquelle l'admission à l'Eucharistie des divorcés et civilement remariés, à moins qu'ils ne vivent plus comme mari et femme, entraîne la décadence de toute la doctrine catholique. Nous avons vu que ces déclarations sont loin d'être une exagération.

 

Lorsque le cardinal a publié ses déclarations, Amoris laetitia n'était pas encore sortie, et il a pu conclure l'interview de cette façon:

 

«Les ouvertures de François sont différentes, ce n'est pas une ouverture pour changer la doctrine, il veut dire avoir une attitude vraie, pastorale envers les personnes, quelle que soit leur condition. » [29]

 

Après Amoris laetitia, sommes-nous sûrs que ces derniers mots de Caffara correspondent à la vérité?

 

Seule une réponse faisant autorité du Magistère, qui réponde aux Dubia des cardinaux, et clarifie les ambiguïtés objectivement présentes dans Amoris laetitia , peut apporter un peu de clarté, dans ce climat de confusion qui a surgi dans l'Église, en particulier depuis les deux derniers synodes sur la famille.

 

* * *

 

Il est vrai que le diable, comme dit Dante, est logique [30], très logique, et plaçant un principe erroné, conclut une longue série d'hérésies, avec une conséquence parfaitement logique.

 

Mais si le diable est logique, Notre-Dame est savante, et sa sagesse qu'elle donne à ses dévots, écrase la tête du serpent hérétique. Que l'attente de la plus certaine victoire puisse être raccourcie.

 

(Don Alfredo Morselli sur Messainlatino.it)

Notes

 

[1] « Rester dans la vérité du Christ», Conférence internationale sur le Synode sur la famille, Rome, 30 Septembre 2015. Pour un compte rendu exhaustif, cf. http://tinyurl.com/hwhbc3b.

[2] Vous pouvez voir l'interview vidéo ici: https://youtu.be/iKRLWE96RCw

[3] « Certes, quand la raison éclairée par la foi cherche assidûment, pieusement et dans des limites dûes, avec l'aide de Dieu, elle obtient une certaine connaissance très féconde des mystères, et par analogie avec ce qu'elle connaît naturellement, soit pour le rapport des mêmes mystères entre eux et avec la fin dernière de l'homme. » ("Ac rapport quidem, fide illustré, cum sedulo pie et quaerit sobre, aliquam Deo dante mysteriorum intelligentiam eamque fructuosissimam assequitur tum ex eorum, quae naturaliter cognoscit, l'analogie et tum mysteriorum ipsorum nexu inter se et cum tard hier hominis ") DS / 26, 3016.

[4] « ... il y a un ordre ou une "hiérarchie" des vérités de la doctrine catholique, en raison de leur rapport différent avec le fondement de la foi chrétienne. » [Concile Œcuménique Vatican II. Vat. II, UR, 11].
[5] CCC § 90: « Les liens mutuels et la cohérence des dogmes peuvent être trouvés dans l'ensemble de la révélation du mystère du Christ » [Cf. Premier Concile du Vatican: Denz.-Schönm, 3016:. "Mysteriorum nexus"; Concile Vatican II, Lumen Gentium, 25].

[6] Joseph Ratzinger, Christoph Schömborn, Brève introduction au Catéchisme de l'Église catholique, Rome 1994, p. 41.

[7] 1 Cor 15, 12-13

[8] Jean 6:51

[9] Cf. par exemple les discours 57, 59 et 60 de Saint Pierre Chrysologue (PL XXXII, 360 D, 365 B, 368 C).

[10] "Signe admirable, ici l'expression de Magnifiquement commune christologie rédemptrice et de la foi à fils Trinitaire expression"; H. de Lubac, La foi chrétienne. Essai sur la structure de du Symbole des Apôtres, Paris: Aubier-Montaigne, 1970/2, p. 91.
[11] Lettre aux évêques de l'Eglise catholique concernant la réception de la Sainte Communion par des fidèles divorcés remariés, 14.09.1994, § 4.

[12] "Wer fortgesetzten Ehebruch und für den Empfang der Heiligen Kommunion Vereinbar hält, Häretiker und ist das treibt Schisma voran", Der Spiegel, 23/12/2016, http://tinyurl.com/hbubhtk.
[13] Lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia, 17.04.2003, § 36.

[14] Exhortation apostolique Familiaris consortio, le 22 Novembre 1981, § 84.

[15] Lettre encyclique Veritatis Splendor, 06.08.1993, § 115.

[16] Catéchisme de l'Eglise Catholique (CEC) 1756.

[17] Déclaration sur certaines questions relatives à l'éthique sexuelle - Persona humana, 29 Décembre 1975.

[18] CEC 1754.

[19] 1 Cor 10,13.

[20] Décret sur la justification, 13/01/1547, Sessio VI, chap. 11, DS / 40 1536.

[21] Exhortation apostolique Reconciliatio et paenitentia, 02.12.1984, § 31, III.

[22] Lettre au Card. William W. Baum à l'occasion du cours sur le for interne organisé par la Pénitencerie apostolique, 22.03.1996, § 5.

[23] CEC 1861.

[24] CEC 1615.

[25] Satura VI, 223.

[26] Lettre encyclique Veritatis Splendor, 06.08.1993, § 115.

[27] "... restat consideremus ut de eius imaginer, idest de homine, secundum quod est et ipse suorum operum principium, presque liberum arbitrium habens et suorum operum potestatem":. S. Th Objection pr.

[28] Gen 3.4.

[29] Voir note 1) et 2).

[30] Inferno, XXVII; 123.

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 17:56

Mgr Benno Elbs, Evêque de Feldkirch (AU) ayant participé au dernier Synode des évêques à Rome, a déclaré dans une interview au journal “Die Presse” que la doctrine de l’Eglise a été modifiée par “Amoris laetitia”.

 

Selon Mgr Elbs,

 

L’enseignement est modifié dans la mesure où les fidèle peuvent maintenant décider en conscience de ce qu’ils peuvent faire avec, pour ainsi dire, la bénédiction du Pape.”

 

Et d’ajouter :

 

Peu importe ce que dit telle ou telle note de bas de page puisque c’est l’ensemble du document qui permet à chaque personne de faire appel à sa seule conscience pour savoir ce qu’elle peut ou ne pas faire dans une situation donnée. La doctrine a donc bien été modifiée lors du dernier Synode sur la famille.

"Amoris laetitia" : "L’enseignement est modifié dans la mesure où les fidèle peuvent maintenant décider en conscience de ce qu’ils peuvent faire" (Mgr Benno Elbs)
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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 12:25

Dans un entretien exclusif à LifeSiteNews, le cardinal Raymond Burke a donné une indication de la chronologie possible d'une «correction formelle» de François si le pape devait ne pas répondre aux cinq dubia demandant un éclaircissement sur Amoris Laetitia, présentées au Pape par les Quatre cardinaux, dont le cardinal Burke.

 

«Les dubia doivent avoir une réponse parce qu'elles ont à voir avec les fondements même de la vie morale et de l'enseignement constant de l'Eglise à l'égard du bien et du mal, en ce qui concerne diverses réalités sacrées comme le mariage et la sainte communion et ainsi de suite», a déclaré M. Burke lors d'une entrevue téléphonique.

 

«Bien sûr, nous sommes dans les derniers jours, des jours de forte grâce, avant la solennité de la Nativité de Notre Seigneur, et puis nous avons l'Octave de la Solennité et les célébrations au début de la nouvelle année - tout le mystère de La Naissance de Notre-Seigneur et son Epiphanie - ainsi elle aurait probablement lieu quelque temps après. »

 

Le cardinal, qui est le patron de l'Ordre souverain de Malte, a déclaré que le format de la correction serait «très simple».

 

«Il serait direct, de même que les dubia le sont, seulement dans ce cas, il n'y aurait plus à soulever des questions, mais à confronter les déclarations confuses d'Amoris Laetitia avec ce qui a été l'enseignement constant et la pratique de l'Eglise, et corriger ainsi Amoris Laetitia », a-t-il dit.

 

L'exhortation a causé une grande confusion dans l'Église catholique depuis qu'elle a été délivrée en avril, en grande partie à cause de son ambiguïté sur des questions morales importantes. Cela a amené plusieurs évêques ainsi que des conférences épiscopales à interpréter le document, parfois, d'une manière qui est en contradiction avec l'enseignement catholique sur le mariage, la sexualité, la conscience et la réception de la sainte communion. Par exemple, les évêques de Buenos Aires et Mgr Robert McElroy de San Diego ont interprété le document comme permettant les divorcés civilement et remariés catholiques qui vivent dans l'adultère de recevoir la sainte communion dans certains cas. Le pape lui-même a écrit aux évêques de Buenos Aires pour louer leurs lignes directrices, disant qu'il n'y avait " aucune autre interpréation".

 

Le Cardinal Burke, avec les cardinaux Walter Brandmüller, Carlo Caffarra, et Joachim Meisner, a présenté les dubia, cinq questions oui ou non, en septembre cherchant la clarté de François quant à savoir si l'exhortation est conforme à l' enseignement moral catholique. Le pape n'ayant pas émis de réponse au bout de deux mois, les cardinaux ont rendu public les dubia. Ce fut après que le cardinal Burke a révélé qu'un acte formel de correction serait nécessaire si le pape devait refuser de préciser le sens de son exhortation.

 

Si un tel acte de correction formelle est quelque chose de rare dans la vie de l'Église, ce n'est pas sans précédent.

 

Le pape Jean XXII au XIVe siècle a été contesté publiquement par les cardinaux, les évêques et les théologiens laïcs après avoir nié la doctrine selon laquelle les âmes des justes sont admises à la vision béatifique après la mort, enseignant plutôt que le ciel était retardé jusqu'à la résurrection générale à la fin de temps. Le Pape Jean finit par retirer sa position, en partie à cause d'une lettre commune de théologiens de l'Université de Paris qui professait une totale obéissance au pape tout en lui faisant comprendre que son enseignement contredisait la foi catholique.

 

Burke a appelé la procédure de correction de l'erreur d'un pontife «un moyen de sauvegarder sa fonction et son exercice».

 

«Elle est réalisée avec le respect absolu pour la fonction du Successeur de Saint Pierre», a-t-il dit.

Le cardinal Burke suggère une «correction formelle» du pape François en 2017

Source: (Traduction) EXCLUSIVE: Cardinal Burke suggests timeline for ‘formal correction’ of Pope Francis, Life Site,

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 20:34

Vendredi, 9 décembre 2016. PLAIDOYER CONTRE UN PAPISME AVEUGLE.

Par le Dr Markus Büning, théologien et juriste à Münster (D)

 

Ces derniers jours on a entendu Mgr Pinto, Doyen de la Rote romaine, vitupérer bruyamment contre les quatre courageux cardinaux qui se sont sentis acculés à publier leur “dubia” concernant le document “Amoris Laetitia”, après l’avoir soumise au Pape François et n’avoir reçu de lui aucune réponse. Mgr Pinto voit dans ce geste une insolence caractérisée et une attitude inadmissible envers le Vicaire du Christ sur la terre. Il va jusqu’à prétendre qu’une ombre est apparue ainsi sur le parcours d’un éminent penseur. Il visait le Cardinal Meissner. Il devient clair que le Doyen de la Rote ne connaît pas le rapport qui existe entre la conscience personnelle et l’obéissance due aux autorités de l’Eglise, rapport pourtant certifié par la Tradition. Mgr Pinto semble être le porte-parole d’une obéissance inconditionnelle et par là, d’un “papisme” mal compris.

En tant que théologien qui travaille depuis plusieurs années sur la vie des saints et ce qu’ils peuvent apporter au monde d’aujourd’hui, il me semble plus que pertinent de se tourner vers deux membres de cette “immense foule” qui pourraient corriger quelque peu la vision de Mgr Pinto : je veux parler de Jeanne d’Orléans (1412-1431) et du Cardinal John Henry Newman (1801-1890). Ces modèles lumineux nous signalent de façon claire et nette que la conscience personnelle – et j’entends par là une conscience éclairée, bien formée, orientée vers la volonté divine – que cette conscience, donc, est toujours prioritaire. Ces éminents personnages nous montrent aussi que le papisme, quelle que soit la forme qu’il prend, n’est tout simplement pas catholique. Car le Pape n’est pas le centre de l’Eglise : il est le “serviteur des serviteurs de Dieu”. Et justement, dans la réalisation de cette charge au service de l’Eglise universelle, il doit se soumettre à la loi divine. S’il était avéré que cette soumission n’est plus acquise de façon claire et nette, alors les chrétiens éclairés de façon claire et nette par leur conscience auraient évidemment le devoir de le faire savoir au Pape. Et c’est cela, et rien d’autre, qu’ont fait nos quatre courageux cardinaux.

Tournons-nous d’abord vers le bienheureux John Henry Newman.

D’origine anglicane, Newman s’est converti au catholicisme romain en 1845 pour des raisons que lui dictait sa conscience. Ce ne fut, certes, pas une décision facile pour ce prêtre fortement enraciné dans la Tradition anglicane, mais par ses recherches théologiques, il fut amené à reconnaître que la véritable Eglise de Jésus-Christ ne pouvait être que l’Eglise catholique romaine.

Que faut-il retenir du parcours de John Newman ? Avant tout le courage d’avoir suivi la voix de sa conscience. Pour preuve, ce passage bien connu et souvent cité tiré de sa “Lettre au Duc de Norfolk” (1874), dans lequel il exprime la primauté de la conscience : “Si je devais porter un toast à la religion, alors je boirais à la santé du Pape. Mais avant cela, je boirais à la santé de la conscience. Ensuite seulement au Pape.”

A première vue, cette boutade de Newman peut nous paraître curieuse. Mais il n’en est rien ; car comme l’a bien remarqué Karl Rahner S.J., elle exprime “une parfaite évidence”. Et Rahner ajouta, lors d’un Congrès international dédié à Newman en 1978 à Freiburg (D) : “Un chrétien catholique dirait les choses ainsi : du plus profond de ma conscience, en une décision vitale, j’accepte et je reconnais l’autorité objective de l’Eglise catholique, comme une norme voulue par Dieu, certes extérieure, mais pleine de sens et qui s’impose à ma conscience. Mais cette reconnaissance d’une norme objective reste bien sûr - j’insiste - une décision de ma conscience personnelle qu’il me faut prendre à mes propres frais. On ne peut jamais déléguer à un autre ses propres décisions en conscience.”

Nous touchons là au point sensible : notre attachement au Pape n’entraîne pas pour nous une soumission inconditionnelle. Il en est ainsi, avant tout, parce que Dieu a donné à chacun de nous une dignité qui nous permet de prendre ce chemin de la reconnaissance d’une autorité supérieure décrite par Karl Rahner. Mais on peut parler aussi de liberté de conscience, d’une conscience bien formée, c’est-à-dire orientée vers la loi divine.

J’émets donc le souhait que le Pape François ait la bonté d’écouter aujourd’hui le conseil de son frère jésuite et de respecter la décision de conscience des quatre cardinaux.

Le Pape Benoit XVI, aujourd’hui Pape émérite, avait apporté une contribution au sujet qui nous occupe lorsqu’en tant que jeune théologien il avait commenté le n° 16 de la Constitution “Gaudium et Spes”.

Mais avant d’aborder ce commentaire, laissons la parole au Concile Vatican II lui-même : “Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. Cette voix, qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal, au moment opportun résonne dans l’intimité de son cœur : ‘Fais ceci, évite cela’. Car c’est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme ; sa dignité est de lui obéir, et c’est elle qui le jugera.”

On en conviendra : c’est précisément de cela qu’il retourne dans ce débat autour d’ “Amoris laetitia”, dans la défense de cette loi inscrite par Dieu dans le cœur de l’homme. Joseph Ratzinger a commenté ce merveilleux texte du Concile d’une façon particulièrement révélatrice, en se référant expressément à l’enseignement de John Newman concernant la notion de conscience : “Au-dessus du Pape, reconnu comme expression du pouvoir d’autorité dans l’Eglise, il y a en outre la conscience personnelle, qu’il convient d’écouter en tout premier lieu, et si nécessaire en opposition aux exigences formulées par l’autorité ecclésiale.”

Vous avez bien entendu : si nécessaire en opposition aux exigences de l’autorité...

Et c’est bien à une telle nécessité que se heurtent les quatre cardinaux aujourd’hui. Ils constatent que la doctrine de l’Eglise concernant l’indissolubilité du mariage et de son caractère sacré a été diluée par le Pape François dans “Amoris laetitia”. Ils ne voient pas comment on pourrait aménager une place dans l’Eglise pour une “éthique de situation”, quelle que soit la façon de la justifier. Non, pour ces hommes une seule chose compte, la loi divine qui dit : “Tu ne dois pas rompre les liens du mariage”. Cette loi est inscrite dans la conscience de ces hommes ; ils l’ont admise sans compromission. Et c’est pourquoi ils parlent ainsi. Ce n’est pas un Monseigneur Pinto qui pourra dire le contraire : s’il le faisait, il ne pourrait plus se prétendre catholique sur ce sujet de la conscience personnelle ! Même lui ne peut s’arroger le droit d’asservir la conscience des fidèles.

En ce qui me concerne, je ne peux pas imaginer que dans toute l’Eglise catholique à travers le monde, il n’y ait que ces quatre cardinaux qui aient osé prendre une telle décision en toute conscience. Alors j’appelle tous les pasteurs qui se sentent ainsi interpelés par leur conscience à se lever, à parler !

 

Source : Kathnet (Trad. MH/APL)

PLAIDOYER CONTRE UN PAPISME AVEUGLE. Par le Dr Markus Büning, théologien et juriste à Münster (D), Pro Liturgia, Vendredi, 9 décembre 2016.

"Amoris Laetitia" : le Dr Markus Büning, théologien et juriste à Münster (D) demande que l'on respecte la liberté de conscience des Quatre Cardinaux en citant le Bx J. H. Newman et le Cardinal Ratzinger
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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 07:44
"Une sorte de schisme existe déjà dans l'Eglise" (Mgr Athanasius Schneider)

Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l'archidiocése d'Astana (Kazakhstan), vient d'apporter son soutien aux Dubia présentées au Pape au sujet d'"Amoris Laetitia", par les cardinaux Burke, Brandmüller, Caffara et Meisner. Dans un entretien à TV-Libertés (Terres de mission n°10 le 4.12.2016) Son Excellence a expliqué qu'"une certaine forme de schisme existe déjà dans l'Eglise"

 

"Des schismatiques à l'intérieur de l'Eglise usent de la calomnie pour faire taire la voix de la vérité, en projetant de manière absurde leur propre état schismatique intérieur, aux ecclésiastiques, qui indépendamment des louanges ou des blâmes défendent la divine vérité."

Extrait :

 

"Mes interrogations au sujet d'Amoris Laëtitia concerne d'abord la question très concrète de l'admission des divorcés dits remariés à la sainte Communion.

 

En fait, pendant les deux derniers synodes sur la famille et après la publication d'Amoris Laëtitia, une lutte ardue éclata et qui perdure jusqu'à ce jour sur cette question concrète. Tous ces ecclésiastiques qui veulent un autre Evangile, c'est-à-dire un évangile du droit au divorce, un évangile de la liberté sexuelle, en résumé un évangile sans le 6e commandement de Dieu. Ces ecclésiastiques utilisent de tous les mauvais moyens. C'est-à-dire qu'ils usent de ruses, de tromperies, arguments de rhétoriques et de dialectique et même la tactique de l'intimidation et de la violence morale afin d'atteindre leur objectif de l'admission des divorcés dits remariés à la sainte communion, sans que ceux-ci remplissent la condition de vivre en continence parfaite. Une condition demandée par la loi divine. Une fois cet objectif atteint, même limités aux cas dit de 'discernement exceptionnel', la porte est ouverte à l'introduction de l'évangile du divorce, de l'évangile sans le 6e commandement. Et ceci ne sera plus l'Evangile de Jésus, mais un anti-évangile, un évangile selon ce monde. Même si un tel évangile est embelli d'une cosmétique de paroles comme 'miséricorde', 'sollicitude maternelle', ou 'accompagnement'. Dans ce contexte, nous devons rappeler une exhortation apostolique, celle de S. Paul :

Quand nous-mêmes, quand un ange venu du ciel vous annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème!

Lettre aux Galates, 1, 8

Interrogé sur la question de savoir si ce type d'évènement s'est déjà produit dans l'Eglise, Mgr Athanasius Schneider a répondu :

 

"Au sujet de la doctrine et de la pratique concernant le sacrement du mariage, et de la validité pérenne de la loi morale, nous assistons de nos jours à une ambiguïté dont l'ampleur est comparable seulement à la confusion générale de la crise arienne du IVe siècle.

 

... Il n'y a pas seulement un risque de schisme, mais une sorte de schisme existe déjà dans l'Eglise."

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 09:15

L'évêque Athanasius Schneider, du Kazakhstan, a exhorté les fidèles à tenir fermement le Magistère de l'Église sur l'indissolubilité du mariage dans l'état actuel de l'Église, le 6 décembre 2016 (LifeSiteNews) sur les ambiguïtés en cours.

 

"Lorsque le Christ a prêché il y a 2.000 ans, la culture et l'esprit régnant étaient radicalement opposés à Lui. Le syncrétisme concrètement religieux a régné, aussi le gnosticisme parmi les chefs intelligents, aussi bien que permissivité parmi les masses - en particulier concernant l'institution du mariage. [...] Le seul but du Fils de Dieu était de révéler la vérité au monde."

 

Avec ces paroles, Mgr Schneider a ouvert sa présentation en présence des cardinaux Raymond Burke et Walter Brandmüller et de l'évêque auxiliaire Andreas Laun de Salzbourg, en Autriche.

 

Mgr Schneider a continué avec une présentation sur l'histoire des rapports de l'Église avec le mariage et ses irrégularités en commençant de l'Ancien Testament à la modernité avec des références spécifiques aux premiers écrits chrétiens, à Henri VIII d'Angleterre,Napoléon Ier et les discussions récentes.

 

En ce qui concerne les dubia publiées par les Quatre Cardinaux, il a dit à LifeSiteNews dans un entretien exclusif aujourd'hui (6/12/2016 Ndlr.) que l'Église devrait toujours favoriser une "culture du dialogue".

 

"La formulation des dubia, comme les cardinaux l'ont exprimée ici dans leurs propres termes, a été une pratique courante dans l'Église", a-t-il expliqué. "Nous devons être en mesure de poser des questions ouvertement sans avoir peur des répressions."

 

Mgr Schneider a évoqué les nombreuses attaques que les quatre princes de l'Église ont subies après la publication de leur dubia. Les questions restent sans réponse du Pape François.

 

"La réaction aux dubia est une preuve du climat dans lequel nous vivons actuellement dans l'Église en ce moment", a déclaré Mgr Schneider. "Nous vivons dans un climat de menaces et de déni de dialogue envers un groupe spécifique".

 

Mgr Schneider est allé dire que "le dialogue semble être accepté seulement si vous pensez comme tout le monde - c'est pratiquement comme un régime."

 

Mgr Schneider a évoqué son expérience en Russie, où il est né à l'époque de l'Union Soviétique. Ses parents ont été envoyés par Staline à des camps de travail, ou "Goulags", après la Seconde Guerre mondiale. "Si vous n'avez pas suivi la ligne de la partie, ou vous l'avez interrogée, vous ne pouviez même pas demander. Voilà pour moi un parallèle très clair à ce qui se passe maintenant dans les réactions aux questions dubia - des cardinaux.

 

"C'est une expérience très triste, d'autant plus que tout le monde parle d'un «dialogue de culture» après le Concile Vatican II. Alors que les évêques enseignent ouvertement les hérésies et que rien ne leur arrive, c'est vraiment une grave injustice et très triste", a ajouté Mgr Schneider.

 

"Si le Pape ne répond pas, la prochaine étape sera le recours à la prière, à des moyens surnaturels," a dit Schneider, "de prier pour l'illumination du Pape et qu'il aura le courage.

 

Schneider a spéculé sur ce qui pourrait arriver dans un proche avenir. "Dans l'histoire de l'Église, nous disons que, dans un cas extrême où le bien commun de la foi est menacé, les évêques, membres du collège des évêques, et dans une relation véritablement collégiale avec le Pape avec une obéissance fraternelle envers lui, doivent lui demander publiquement de renoncer à la faute de donner la communion aux catholiques divorcés remariés, comme cela se fait déjà dans beaucoup de diocèses."

 

Réfutant les attaques de diverses personnes contre les Cardinaux, il a défendu les quatre. "Cette situation a déjà eu préséances chez les saints - qui ne sont pas des schismatiques ou des hérétiques : S. Hilaire de Poitiers, Ste Catherine de Sienne. Aussi, je pense que cela devrait être possible dans l'Église sans que la personne soit appelée schismatique."

 

Le cardinal Burke a dit qu'une "correction formelle" pourrait être en vue de résoudre la situation d'incertitude. "Dans la langue de la théologie morale, la correction fraternelle est un acte d'amour - si elle est donné en obéissance et avec raison", a commenté Mgr Schneider. "Nous devons revenir à cette façon familière de traiter avec elle."

 

Schneider a terminé son entretien à LifeSiteNews en disant: "Le Saint-Père doit apporter clarté et soutien à ses frères pour résoudre les doutes. ... Nous devons prier pour cela; Seule la clarté apportera l'unité. S'il doit y avoir une réponse du Pape, alors elle doit être sans ambiguïté. Il doit dire quelle est la vérité."

Amoris Laetitia / Dubia : Mgr Schneider compare le traitement de quatre cardinaux au régime soviétique: "Nous vivons dans un climat de menaces"
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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 10:38

Un nouveau haut personnage de l'Eglise, le cardinal George Pell se prononce sur les questions posées par les Quatre cardinaux Meisner, Brandmüller, Caffara et Burke au pape François, au sujet d'Amoris Laëtita, et qui n'ont toujours pas eu de réponse du Pape. Ces questions « ont du sens ».

 

Au journaliste Dan Hitchens du "Catholic Herald" qui lui demandait s’il était d’accord avec les questions posées, le Cardinal Pell a répondu :

 

« Comment pourrait-on ne pas être d’accord ? » « Ceux qui mettent l'accent sur "la primauté de la conscience" ne semblent l'appliquer qu'à la morale sexuelle. On a rarement conseillé aux gens de suivre leur conscience lorsqu'ils disaient être racistes...», a déclaré le cardinal George Pell, au cours d'un discours qu'il a donné à Londres, à l'église Saint-Patrick, mardi 29 novembre.

Cardinal George Pell sur Amoris Laëtitia : « Ceux qui mettent l'accent sur "la primauté de la conscience" ne semblent l'appliquer qu'à la morale sexuelle »

Certains catholiques sont « bouleversés » par les évènements actuels dans l'Église, déclare le cardinal Pell

 

Le cardinal a déclaré que la conscience doit se référer à la vérité révélée et à la loi morale.

 

Le cardinal George Pell a déclaré qu'«un certain nombre de catholiques qui pratiquent l'adoration régulièrement» sont «troublés par le tournant des événements» dans l'Église.

 

Lire : Loin des feux médiatiques, l'Eglise subit une guerre civile

 

Dans un discours à l'église Saint-Patrick, à Londres, le cardinal Pell a déclaré qu'une cause de préoccupation était les fausses théories de la conscience et de la loi morale.

 

Le cardinal Pell donnait une conférence sur St Damien de Molokai dans le cadre de la série de conférences de St Patrick pour l'Année de la Miséricorde. Mais il a également réfléchi sur le catholicisme aujourd'hui. Il a dit que tandis que le pape François a «un prestige et une popularité en dehors de l'Église» plus grand que peut-être tout pape précédent, certains catholiques sont actuellement mal à l'aise.

 

Plus tard dans son discours, le cardinal australien, qui a été invité à diriger les réformes financières du Pape Francois et membre du groupe de conseillers du "C9" du pape [neuf cardinaux conseillers du Pape François NdCR.], a critiqué certaines des idées sur la conscience qui ont actuellement cours dans l'Église.

 

Le cardinal Pell a déclaré que mettre l'accent sur la «primauté de la conscience» pouvait avoir des effets désastreux si la conscience ne se soumettait pas toujours à l'enseignement révélé et à la loi morale. Par exemple, «quand un prêtre et un pénitent essaient de discerner le meilleur chemin à suivre dans ce qu'on appelle le for interne», ils doivent se référer à la loi morale. La conscience n'est «pas le dernier mot de plusieurs façons», a déclaré le cardinal. Il a ajouté qu'il était toujours nécessaire de suivre l'enseignement moral de l'Église. [Cf. Amoris Laëtitia : un enseignement moral de l'Eglise facultatif qui revient à détruire l'idée même d'Eglise comme institution morale normativeAu bout c'est la nécessité d'une Eglise fondée par Jésus-Christ qui est annulée. Parce que au final, si c'est la conscience qui nous juge, à quoi bon l'Eglise ? Les divorcés remariés (et tous les pécheurs, donc tout le monde, même les assassins) font ce qu'ils veulent, du moment qu'ils ont leur "conscience" tranquille ?  Attention, voilà ce qui se prépare au Synode: la permission du divorce et du remariage, la redéfinition de la famille et une ouverture vers les "familles" homosexuelles ; Synode : deux théologiens dénoncent la fausse conception de la "conscience" dans l'instrumentum laboris]

 

Le cardinal a raconté l'histoire d'un homme qui dormait avec sa petite amie, et demanda à son prêtre s'il pouvait recevoir la communion. Il était «trompeur», a dit le cardinal, de dire simplement à cet homme de suivre sa conscience.

 

Il a ajouté que ceux qui mettaient l'accent sur «la primauté de la conscience» ne semblaient l'appliquer qu'à la morale sexuelle et aux questions autour de la sainteté de la vie. On a rarement conseillé aux gens de suivre leur conscience lorsqu'ils disaient être racistes, ou d'aider faiblement les pauvres et les vulnérables, a dit le cardinal.

 

Ses commentaires viennent après trois ans de débat sur l'enseignement de l'Église concernant la communion pour les divorcés et remariés. Le Cardinal Pell figurait parmi les hauts responsables qui ont publiquement soutenu la doctrine traditionnelle répétée dans la Familiaris Consortio du Pape Jean-Paul II - que les remariés ne devraient pas recevoir la communion à moins qu'ils ne vivent «comme frère et sœur».

 

Mais certains catholiques éminents ont suggéré une approche différente. Par exemple, le cardinal Blase Cupich a soutenu que la conscience de quelqu'un pourrait leur dire de recevoir la communion, et que « la conscience est inviolable».

 

Le Cardinal Pell citant les écrits du bienheureux John Henry Newman sur la conscience, dans laquelle Newman a rejeté une «contrefaçon misérable» de la conscience qui la définit comme «le droit à l'auto-volonté». Il a noté que Newman défendait les papes Pie IX et Grégoire XVI, qui, selon les mots du cardinal Pell, «condamnaient une conscience qui rejetait Dieu et rejetait la loi naturelle».

 

Le cardinal a également rendu hommage à «deux grandes encycliques» S. Jean Paul II, Veritatis splendor et Evangelium Vitae, qui présentent la loi morale comme quelque chose de contraignant dans tous les cas.

 

Lorsqu'on lui a demandé si le malaise de certains catholiques, à propos de l'état de l'Église, était lié à des fausses théories de la conscience, le cardinal Pell a dit: «Oui, c'est exact».

 

Il a ajouté: «L'idée que vous pouvez discerner que les vérités morales ne doivent pas être suivies ou ne devraient pas être reconnues [est] absurde».

 

«Nous sommes tous sous la vérité», a déclaré le cardinal, soulignant que la vérité objective peut être «différente de notre compréhension de la vérité».

 

Il a également déclaré que tandis que la doctrine se développe, il n'y a pas de «retour en arrière».

 

Le cardinal Pell a été interrogé sur la lettre à François de Quatre cardinaux demandant des éclaircissements de la récente exhortation du Pape Amoris Laetitia. Les cardinaux ont demandé au pape de confirmer que cinq points de l'enseignement catholique sont toujours valables. Il s'agit notamment de l'enseignement que les remariés ne peuvent pas recevoir la communion à moins de vivre comme frère et sœur, et l'enseignement que certains absolus moraux n'ont pas d'exceptions.

 

Le pape n'a pas répondu à la demande des quatre cardinaux, qui a été envoyée il y a deux mois. Les cardinaux ont pris cela comme une invitation à publier leurs questions et à poursuivre la discussion. Le chef des évêques grecs a déclaré que les quatre cardinaux étaient coupables de «péchés très graves» et pourraient provoquer un schisme.

 

Interrogé sur la question des cardinaux, le cardinal Pell a répondu: «Comment pouvez-vous être en désaccord avec une question?» Il a dit que la question des cinq questions avait «du sens».

 

Source : (Traduction) de Some Catholics are ‘unnerved’ by current events in the Church, says Cardinal Pell, Catholic Herald, by Dan Hitchens posted Tuesday, 29 Nov 2016

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 16:40

Même si l’on cherche à respecter dans “Amoris latitia” un principe d’interprétation qui puisse être dans la continuité avec les documents magistériels antérieurs, on risque d’oublier un autre principe qui est encore plus important : celui du contexte immédiat dans lequel une proposition est formulée.

Si on lit chacune des affirmations contenues dans “Amoris lætitia” dans son contexte général, rien ne choque. Mais si on lit ce même document dans son contexte historique immédiat, on constate sans peine que l’esprit général qui le guide est essentiellement l’idée du divorce. A quoi s’ajoute l’idée - très répandue aujourd’hui - de ne pas établir de frontières claires entre un mariage légitime et une union irrégulière.

On remarque aussi une similitude avec ce qui fut le développement de l’hérésie arienne. Celle-ci était en gestation cours de la seconde moitié du IIIe siècle. Puis, s’étant manifestée au grand jour, elle fut condamnée par le concile de Nicée.

Cependant, ce refus du concile de Nicée est assez modéré et l’arianisme proprement dit est toléré comme étant un moindre mal. C’est cette tolérance qui lui permet de reprendre progressivement de la vigueur jusqu’au moment où, les circonstances politiques lui étant devenues favorables, il put s’affirmer et parvenir au pouvoir [aussi bien avec l'empereur arien Constance II que dans l'Eglise avec le pape Libère. NdCR.].

 

Athanase d'Alexandrie est avec Hilaire de Poitiers le principal représentant du courant nicéen. L'un et l'autre sont exilés par Constance qui cherche à imposer son symbole de Sirmium, fidèle à la doctrine arienne, au clergé tout entier et que le pape Libère accepta. De son côté, l'empereur arien Constance II qui méprisait le pape, fut le premier tenant du césaro-papisme : il prétendait être l'"évêque des évêques"... Partisan d'une 4ème nuance de l'arianisme, celle des ariens homéens (selon lesquels le Christ était "semblable au Père sous tous les rapports") contre les Nicéens homoousiens catholiques (le Christ est de même nature ou de même substance que le Père), Constance fit emprisonner, exiler ou déposer les récalcitrants.

Athanase d'Alexandrie est avec Hilaire de Poitiers le principal représentant du courant nicéen. L'un et l'autre sont exilés par Constance qui cherche à imposer son symbole de Sirmium, fidèle à la doctrine arienne, au clergé tout entier et que le pape Libère accepta. De son côté, l'empereur arien Constance II qui méprisait le pape, fut le premier tenant du césaro-papisme : il prétendait être l'"évêque des évêques"... Partisan d'une 4ème nuance de l'arianisme, celle des ariens homéens (selon lesquels le Christ était "semblable au Père sous tous les rapports") contre les Nicéens homoousiens catholiques (le Christ est de même nature ou de même substance que le Père), Constance fit emprisonner, exiler ou déposer les récalcitrants.

De même, il existe aujourd’hui une hérésie que nous pouvons appeler le “kaspérisme” du nom de son principal représentant : le Cardinal Kasper. Elle a été en gestation durant la seconde moitié du XXe siècle. S’étant ensuite manifestée au grand jour, elle a été condamnée par Jean-Paul II dans “Veritatis splendor” et “Familiaris consortio”.

Mais ces documents ont été rejetés de manière plus ou moins ouverte par une partie de l’épiscopat et la pratique orthodoxe a été mise de côté dans de vastes régions du monde catholique. Ce rejet des textes de Jean-Paul II permet au “kaspérisme” de se diffuser dans les mentalités jusqu’au moment où, les circonstances politiques et ecclésiastiques lui sont favorables, il parvient à prendre le pouvoir.

Cependant, bien qu’étant arrivée au pouvoir, l’erreur ne s’exprime pas de manière franche et directe mais à travers des activités synodales (2014-2015) qui manquent de clarté. Elle s’affirme enfin sous forme d’un document apostolique exemplaire par son caractère tortueux qui autorise toutes les interprétations.

C’est précisément dans cette phase où triomphe le relativisme doctrinal et pastoral que nous nous trouvons en ce moment. Elle vient tout juste de commencer et s’annonce pleine d’obstacles. Personne - pas même le Pape - ne peut prévoir combien de temps elle va durer.

Mais ce qui est certain, c’est qu’elle peut devenir la cause de graves divisions au sein de l’Eglise.

 

Source : Sandro Magister, Pro Liturgia, Actualité du Mercredi, 30 novembre 2016.

Kaspérisme : une analogie avec l'arianisme
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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 12:35
Loin des feux médiatiques, l'Eglise subit une guerre civile

L'Eglise subit une guerre civile

 

François a refermé la Porte Sainte, mais son message s'accompagne du grondement d'une crise souterraine. Une guerre civile qui se passe dans l'Église. Un affrontement qui touche l'autorité du pape et son programme de réforme. Sont enjeu les oppositions sur le rôle de l'Eglise, la notion de "péché", le salut des âmes. Et comme dans toutes les guerres civiles, le conflit ne prévoit pas de compromis.

 

Quatre cardinaux ont décidé ces jours-ci de mettre directement en accusation la théologie de François et son document post-synodal Amoris Laetitia (qui ouvre la voie à la communion aux divorcés remariés). Les cardinaux accusent Bergoglio d'avoir semé parmi les fidèles "incertitude, confusion et égarement", et lui demandent de "faire la lumière" sur le document. Ils sont attachés à la lettre dans le style des disputes théologiques que l' on appelle Dubia : "Doutes sur des questions posées". Avec un geste qui a l'air d'un défi, une lettre a été envoyée "pour connaissance" au gardien officiel de l'orthodoxie, le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. [Les cinq questions - voir en fin d'article - étaient formulées sous la même forme que les interrogations classiques qui sont adressées à la congrégation pour la doctrine de la foi. C’est-à-dire qu’elles étaient formulées de manière à ce qu’il soit possible d’y répondre simplement par "oui" ou par "non". Mais, les quatre cardinaux n’ont reçu aucune réponse à leur appel, ni de la part du cardinal Müller ni de celle du pape. NdCR. Source]

 

C'est un évènement absolument inédit dans l'histoire moderne de la papauté. Et la première chose qui frappe est le silence embarrassé des hiérarchies ecclésiastiques. Pas un cardinal n'a publiquement contré leur argumentation, pas un président de conférence épiscopale, pas un dirigeant de quelque grande association catholique. En évoquant le rôle de la conscience mentionnée par François, les Quatre cardinaux affirment que dans un tel cas on peut en arriver au point où deviennent "vertueux" des cas concevables d'adultère, d'assassinat légal et de parjure obligatoire.

 

Deux des cardinaux sont membres de la Curie, l'allemand Walter Brandmüller, ancien président du Comité pontifical des sciences historiques et l'Américain Raymond Burke, ancien président du tribunal de la Signature apostolique. Et deux sont des archevêques émérites de grands diocèses : Carlo Caffara, cher à Jean-Paul II et Benoît XVI et jusqu'en 2015, guide de Bologne, et Joachim Meisner, un intime du pape Ratzinger, à la tête du diocèse de Cologne jusqu'en 2014 .

 

Liquider leur lettre - à laquelle François a répondu indirectement à l'occasion d'un entretien à Avvenire, dénonçant un "certain légalisme qui peut être idéologique" - comme le sursaut des Quatre "ultraconservateurs",  revient à se méprendre sur la collision souterraine qui se développe dans l'Église catholique ces deux dernières années. Les quatre sont la pointe de l'iceberg qui va en s'élargissant et en se répandant. Beaucoup parlent qui ne s'exposent pas autant.

 

Pendant des années, les médias n'ont pas compris la profondeur du mouvement anti-Obama, qui a porté le 8 novembre à la défaite de sa politique. Aujourd’hui, ils risquent de répéter la même erreur avec le Pape François. Eblouis par son charisme et par le consensus planétaire dont il jouit également parmi les agnostiques et les non-croyants, beaucoup ignorent l’escalade systématique de ceux qui, parmi le clergé, les évêques, le collège des cardinaux, contestent la théologie de ce pontife qui a avoué lui-même ne pas être théologien.

 

 

En deux ans, il y a eu un crescendo d’actions menées par des clercs et des laïcs se sentant libres d’interroger le Souverain Pontife.

 

Avant le Synode de 2014, cinq cardinaux ont écrit un livre en défense de la doctrine traditionnelle sur le mariage. Ensuite, 11 cardinaux du monde entier sont intervenus avec un autre livre. Pendant ce temps, près de 800 mille catholiques, parmi lesquels 100 évêques, signaient une pétition au Pape pour bloquer les innovations. Alors que le Synode de 2015 avait commencé, 13 cardinaux écrivirent à François, remettant en question la régularité de la direction de l’assemblée.

 

Puis s’est constitué un réseau de cardinaux, d’évêques, de prêtres, de théologiens et de laïcs signataires d’une “Déclaration de fidélité à l'enseignement immuable de l’Eglise sur le mariage”. Enfin, ce sont 45 théologiens qui ont écrit au Collège des cardinaux, insinuant que certaines interprétations d’ “Amoris Laetitia” pourraient être en opposition avec l’enseignement constant de l’Eglise fondé sur les Evangiles.

 

Récemment, le spécialiste de l’historien de l’Eglise Alberto Melloni parle d’un “isolement” du Pape François tandis qu’Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté Sant’Egidio, historien lui aussi, déclare que jamais un Souverain Pontife n’a trouvé autant d’oppositions parmi les évêques et le clergé.

 

Dans la guerre civile en cours dans l' Église, l'objectif est l'après-François : il ne devra pas monter sur le trône papal un homme qui porte le développement des réformes initiées. (1)

 

Commentaire de Pro liturgia :

 

"Face à ce qui ressemble à une fronde, le Pape François qui, dès le début de son pontificat, a voulu se montrer sympathique, simple, facétieux, ouvert, semble se raidir de plus en plus, montrant ainsi son véritable tempérament : plutôt que d’accueillir ceux qui le bousculent - comme il avait demandé qu’on le fasse - pour discuter avec eux et donner des réponses claires à leurs questions, il leur reproche d’être de dangereux pharisiens rigides qui ne comprennent rien au message évangélique et sèment la division.

L’Eglise a peut-être aujourd’hui l’un des papes les plus durs de son Histoire. Et les fidèles commencent doucement à s’en apercevoir." (2)

 

Le site internet “InfoCatho” a mis en ligne un excellent tableau permettant de comparer “Amoris laetitia” de François à “Familiaris consortio” de S. Jean-Paul II. CLIQUER ICI
 

Ces derniers jours, les Quatre cardinaux ont reçu plusieurs soutiens.

 

Mgr Józef Wróbel, Evêque auxiliaire de Lublin (Pologne) déclare :

 

“Ils ont bien fait et ils ont correctement appliqué ce dont le droit canon dispose. (...) Ce serait juste de répondre à leurs questions. Ils n’ont pas demandé quel temps il ferait demain, mais ils ont posé des questions qui concernent la doctrine de l’Eglise et, par conséquent, les fidèles (...). [Le chapitre 8 d’ “Amoris lætitia”] est effectivement ouvert à différentes interprétations : il est ambigu (...). Peut-être a-t-il été écrit dans une trop grande précipitation sans examiner avec une extrême attention son contenu et ses conséquences pratiques éventuelles. Ces questions doivent être posées au Vatican et aux collaborateurs qui ont la confiance du Pape. Publier avec précipitation des textes comme celui-là, ne rend pas un bon service à l’Eglise.” [3]

 

Mgr Jan Watroba, Président du Conseil pour la famille de la Conférence des évêques de Pologne considère que la lettre adressée au Pape François par quatre cardinaux témoigne d’un souci légitime d’une bonne compréhension d’ “Amoris laetitia”.

 

Et Mgr Watroba d’ajouter : « Avec S. Jean-Paul II, les textes étaient si clairs que les interprétations divergentes n’avaient pas lieu d’être. » Avant de conclure : « De nombreux évêques et prêtres sont aussi dépassés par les questions [soulevées par “Amoris laetitia”] que je le suis moi-même. » Source : “Tagespost”. [4]

 

Mgr Athanasius Schneider, évêque d'Astana, en appui des Quatre Cardinaux, convoque saint Paul corrigeant publiquement saint Pierre, l'argumentation de Saint Hilaire de Poitiers, l'"Athanase de l'Occident" qui, dans la crise arienne, avait tenu tête au pape Libère, le disant "anathème, prévaricateur" après que celui-ci ait signé en 357 l’une des formules de Sirmium, dans laquelle il écartait délibérément l’expression dogmatiquement définie de "homo-ousios" (consubstantiel ou de même nature) et excommuniait saint Athanase afin d’obtenir la paix et l’harmonie avec les évêques ariens et semi-ariens de l’Orient. Mgr Schneider rappelle qu'à ce moment-là en Occident, des catholiques fidèles et un petit nombre d’évêques, spécialement Saint Hilaire de Poitiers, ont été profondément choqués.

 

La lettre en défense des Quatre cardinaux de Mgr Schneider a été rendue publique jeudi 24 novembre par une traduction sur Le Blog de Jeanne Smits. Mgr Schneider évoque "les réactions inhabituellement violentes et intolérantes de la part de certains évêques et cardinaux face à la sollicitation calme et prudente des Quatre Cardinaux". "Parmi de telles réactions intolérantes, on trouve par exemple des affirmations comme celles-ci : les Quatre Cardinaux sont écervelés, naïfs, schismatiques, hérétiques, et même comparables aux hérétiques ariens." Extrait :

 

"Saint Hilaire a transmis la lettre écrite par le pape Libère aux évêques orientaux, annonçant l'acceptation de la formule de Sirmium et l’excommunication de saint Athanase. Dans sa profonde douleur et dans son désarroi, saint Hilaire a ajouté à sa lettre, comme avec désespérance, la phrase : “Anathema tibi a me dictum, praevaricator Liberi” (je te dis anathème, prévaricateur Liberius), cf. Denzinger-Schönmetzer, n° 141. Libère voulait la paix et l’harmonie à n’importe quel prix, même au prix de la vérité divine. Dans sa lettre aux évêques latins hétérodoxes, Ursace, Valence et Germinius, annonçant les décisions ci-dessus mentionnées, il écrivait qu'il préférait la paix et l’harmonie au martyre (cf. Denzinger-Schönmetzer, n. 142).

 

Quel contraste dramatique offre ce comportement du pape Libère par rapport à cette ferme affirmation de saint Hilaire de Poitiers : "Ne faisons pas la paix au prix de la vérité, en faisant des concessions en vue d'acquérir une réputation de tolérance. Nous faisons la paix en nous battant légitimement selon les règles du Saint Esprit. Il y a un danger à s’allier subrepticement avec l’incroyance sous le beau vocable de la paix" (Hil. Ad Const., 2, 6, 2). (5)

 

Add. 01/12/2016. Un nouveau haut personnage de l'Eglise, le cardinal George Pell se prononce sur les questions posées par les Quatre cardinaux Meisner, Brandmüller, Caffara et Burke au pape François, au sujet d'Amoris Laëtita, et qui n'ont toujours pas eu de réponse du Pape. Ces questions « ont du sens ».

 

Au journaliste Dan Hitchens du “Catholic Herald” qui lui demandait s’il était d’accord avec les questions posées, le Cardinal Pell a répondu :

 

« Comment pourrait-on ne pas être d’accord ? » « Ceux qui mettent l'accent sur "la primauté de la conscience" ne semblent l'appliquer qu'à la morale sexuelle. On a rarement conseillé aux gens de suivre leur conscience lorsqu'ils disaient être racistes...», a déclaré le cardinal George Pell, au cours d'un discours qu'il a donné à Londres, à l'église Saint-Patrick, mardi 29 novembre.

 

Le cardinal a déclaré que la conscience doit se référer à la vérité révélée et à la loi morale.

 

Le cardinal George Pell a déclaré qu'«un certain nombre de catholiques qui pratiquent l'adoration régulièrement» sont «troublés par le tournant des événements» dans l'Église.

 

Dans un discours à l'église Saint-Patrick, à Londres, le cardinal Pell a déclaré qu'une cause de préoccupation était les fausses théories de la conscience et de la loi morale.

 

Le cardinal Pell donnait une conférence sur St Damien de Molokai dans le cadre de la série de conférences de St Patrick pour l'Année de la Miséricorde. Mais il a également réfléchi sur le catholicisme aujourd'hui. Il a dit que tandis que le pape François a «un prestige et une popularité en dehors de l'Église» plus grand que peut-être tout pape précédent, certains catholiques sont actuellement mal à l'aise.

 

Plus tard dans son discours, le cardinal australien, qui a été invité à diriger les réformes financières du Pape Francis et membre du groupe de conseillers du "C9" du pape ( neuf cardinaux conseillers du Pape François NdCR.), a critiqué certaines des idées sur la conscience qui ont actuellement cours dans l'Église.

 

Le cardinal Pell a déclaré que mettre l'accent sur la «primauté de la conscience» pouvait avoir des effets désastreux si la conscience ne se soumettait pas toujours à l'enseignement révélé et à la loi morale. Par exemple, «quand un prêtre et un pénitent essaient de discerner le meilleur chemin à suivre dans ce qu'on appelle le for interne», ils doivent se référer à la loi morale. La conscience n'est «pas le dernier mot de plusieurs façons», a déclaré le cardinal. Il a ajouté qu'il était toujours nécessaire de suivre l'enseignement moral de l'Église. [Cf. Amoris Laëtitia : un enseignement moral de l'Eglise facultatif qui revient à détruire l'idée même d'Eglise comme institution morale normativeAu bout c'est la nécessité d'une Eglise fondée par Jésus-Christ qui est annulée. Parce que au final, si c'est la conscience qui nous juge, à quoi bon l'Eglise ? Les divorcés remariés (et tous les pécheurs, donc tout le monde, même les assassins) font ce qu'ils veulent, du moment qu'ils ont "conscience" tranquilles ?  Attention, voilà ce qui se prépare au Synode: la permission du divorce et du remariage, la redéfinition de la famille et une ouverture vers les "familles" homosexuelles ; Synode : deux théologiens dénoncent la fausse conception de la "conscience" dans l'instrumentum laboris ; Synode : deux théologiens dénoncent la fausse conception de la "conscience" dans l'instrumentum laboris]

 

Le cardinal a raconté l'histoire d'un homme qui dormait avec sa petite amie, et demanda à son prêtre s'il pouvait recevoir la communion. Il était «trompeur», a dit le cardinal, de dire simplement à cet homme de suivre sa conscience.

 

Il a ajouté que ceux qui mettaient l'accent sur «la primauté de la conscience» ne semblaient l'appliquer qu'à la morale sexuelle et aux questions autour de la sainteté de la vie. On a rarement conseillé aux gens de suivre leur conscience lorsqu'ils disaient être racistes, ou d'aider faiblement les pauvres et les vulnérables, a dit le cardinal.

 

Ses commentaires viennent après trois ans de débat sur l'enseignement de l'Église concernant la communion pour les divorcés et remariés. Le Cardinal Pell figurait parmi les hauts responsables qui ont publiquement soutenu la doctrine traditionnelle répétée dans la Familiaris Consortio du Pape Jean-Paul II - que les remariés ne devraient pas recevoir la communion à moins qu'ils ne vivent «comme frère et sœur».

 

Mais certains catholiques éminents ont suggéré une approche différente. Par exemple, le cardinal Blase Cupich a soutenu que la conscience de quelqu'un pourrait leur dire de recevoir la communion, et que « la conscience est inviolable».

 

Le Cardinal Pell citant les écrits du bienheureux John Henry Newman sur la conscience, dans laquelle Newman a rejeté une «contrefaçon misérable» de la conscience qui la définit comme «le droit à l'auto-volonté». Il a noté que Newman défendait les papes Pie IX et Grégoire XVI, qui, selon les mots du cardinal Pell, «condamnaient une conscience qui rejetait Dieu et rejetait la loi naturelle».

 

Le cardinal a également rendu hommage à «deux grandes encycliques» S. Jean Paul II, Veritatis splendor et Evangelium Vitae, qui présentent la loi morale comme quelque chose de contraignant dans tous les cas.

 

Lorsqu'on lui a demandé si le malaise de certains catholiques, à propos de l'état de l'Église, était lié à des fausses théories de la conscience, le cardinal Pell a dit: «Oui, c'est exact».

 

Il a ajouté: «L'idée que vous pouvez discerner que les vérités morales ne doivent pas être suivies ou ne devraient pas être reconnues [est] absurde».

 

«Nous sommes tous sous la vérité», a déclaré le cardinal, soulignant que la vérité objective peut être «différente de notre compréhension de la vérité».

 

Il a également déclaré que tandis que la doctrine se développe, il n'y a pas de «retour en arrière».

 

Le cardinal Pell a été interrogé sur la lettre à François de Quatre cardinaux demandant des éclaircissements de la récente exhortation du Pape Amoris Laetitia. Les cardinaux ont demandé au pape de confirmer que cinq points de l'enseignement catholique sont toujours valables. Il s'agit notamment de l'enseignement que les remariés ne peuvent pas recevoir la communion à moins de vivre comme frère et sœur, et l'enseignement que certains absolus moraux n'ont pas d'exceptions.

 

Le pape n'a pas répondu à la demande des quatre cardinaux, qui a été envoyée il y a deux mois. Les cardinaux ont pris cela comme une invitation à publier leurs questions et à poursuivre la discussion. Le chef des évêques grecs a déclaré que les quatre cardinaux étaient coupables de «péchés très graves» et pourraient provoquer un schisme.

 

Interrogé sur la question des cardinaux, le cardinal Pell a répondu: «Comment pouvez-vous être en désaccord avec une question?» Il a dit que la question des cinq questions avait «du sens».

 

Source : (Traduction) de Some Catholics are ‘unnerved’ by current events in the Church, says Cardinal Pell, Catholic Herald, by Dan Hitchens posted Tuesday, 29 Nov 2016

 

Les "Dubia" :

 

1. Il est demandé si, en conséquence de ce qui est affirmé dans "Amoris lætitia" aux nn. 300-305, il est maintenant devenu possible d’absoudre dans le sacrement de Pénitence et donc d’admettre à la Sainte Eucharistie une personne qui, étant liée par un lien matrimonial valide, vit "more uxorio" avec une autre personne, sans que soient remplies les conditions prévues par "Familiaris consortio" au n. 84 et réaffirmées ensuite par "Reconciliatio et pænitentia" au n. 34 et par "Sacramentum caritatis" au n. 29. L’expression "dans certains cas" de la note 351 (n. 305) de l’exhortation "Amoris lætitia" peut-elle être appliquée aux divorcés remariés qui continuent à vivre "more uxorio" ?

 

2. Après l’exhortation post-synodale "Amoris lætitia" (cf. n. 304), l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 79, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, à propos de l’existence de normes morales absolues, obligatoires sans exception, qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais, continue-t-il à être valide ?

 

3. Après "Amoris lætitia" n. 301, est-il encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel (cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs, Déclaration du 24 juin 2000) ?

 

4. Après les affirmations contenues dans "Amoris lætitia" n. 302 à propos des "circonstances qui atténuent la responsabilité morale", faut-il encore considérer comme valide l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 81, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, selon lequel "les circonstances ou les intentions ne pourront jamais transformer un acte intrinsèquement malhonnête de par son objet en un acte subjectivement honnête ou défendable comme choix" ?

 

5. Après "Amoris lætitia" n. 303, faut-il considérer comme encore valide l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 56, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, qui exclut une interprétation créatrive du rôle de la conscience et affirme que la conscience n’est jamais autorisée à légitimer des exceptions aux normes morales absolues qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais de par leur objet ? [6]

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 11:52
La propagande libérale satanique sur l'avortement

Lors du débat hier soir de l'entre-deux tours de la primaire "Les Républicains" les deux candidats finalistes interchangeables de la primaire "de droite", ont feint de s'opposer sur l'avortement. Ils ont déclaré pour l'un que "l'avortement est un droit fondamental" (Alain Juppé) [1], pour l'autre que l'avortement "sur le plan juridique, ce n’est pas un droit fondamental, pas dans la Constitution", c'est "un droit essentiel sur lequel il n’est pas question de revenir" (François Fillon) [2].

 

Nous trouvons ici l'occasion d'exposer la méthode du diable pour faire avancer son anti-société. La méthode de Satan est celle du libéralisme.

 

Dans son dernier livre, en forme de testament spirituel, le célèbre exorciste Gabriele Amorth, récemment monté au Ciel à l'âge de 91 ans, explique ce qu'il pense de l'avortement et explique la méthode du diable pour le faire accepter dans les masses.

 

Du débat qui a pu être offert hier soir entre F. Fillon et A. Juppé, il s'agit ni plus ni moins que de satanisme.

La propagande libérale satanique sur l'avortement

Gabriele Amorth sur l'avortement et le divorce. Extrait (p. 22) :

 

« La méthode du démon est la suivante :

 

Il tente en premier lieu de persuader que ce que Dieu dit n'est pas vrai (Cf. Gn 3, 1 et s.).

 

"Pourquoi ne mangez-vous pas du fruit de l'arbre? dit-il à Adam et Eve.

 

Parce que Dieu nous a dit que si nous en mangions, nous mourrions."

 

"Ce n'est pas vrai ! répond le démon. Dieu est un menteur. Oui, c'est un menteur ! C'est faux, vous ne mourrez pas."

 

Deuxième tactique : "Au contraire, vous serez semblables à lui, parce que vous connaîtrez le bien et le mal." Donc le démon commence par nier les vérités révélées par Dieu. "Ce n'est pas péché !  Vous rigolez ! Le divorce, l'avortement, ce n'est pas péché ! C'est, à l'inverse, un signe de progrès. Un pas en avant de la civilisation, un progrès de l'humanité."

 

Chez nous en Italie, deux référendums sont passés - je les ai suivis tous les deux -, en premier celui du divorce et en second celui de l'avortement, signes de civilisation ! Signes de progrès ! (1974 : Divorce - 1982 : Avortement). C'est cela la tactique du diable. De nier d'abord ce que Dieu dit: que c'est péché ! Ensuite, de faire apparaître le mal comme un bien. »

 

Nous remarquerons que la description de la méthode satanique quant au divorce et à l'avortement, faisant de ces péchés des "progrès" est employée par A. Juppé et F. Fillon qui parlent de l'avortement comme "un droit", "une liberté". Cette méthode a également été employée pour légaliser le soit-disant "mariage" homosexuel, pour lequel il faudrait laisser les homosexuels "libres" de se "marier".

 

« L'avortement, cette loi de l'assassinat » (p. 84)

 

Gabriele Amorth explique qu'avec cet argument de la liberté, il faudrait laisser les assassins libres de tuer...

 

(p. 50) « Il y a eu sans le moindre doute des mouvements philosophiques et politiques qui ont été un désastre. La Révolution française, par exemple; quel désastre ! Mais aussi le siècle des Lumières, le rationalisme, le communisme. ... Le communisme s'est écroulé en tant que régime, même à Moscou, en comparaison de ce qu'il a pu être par le passé. Il est tombé, sans coup férir, quand est tombé le Mur de Berlin. Qui l'aurait cru ? »

 

La méthode libérale satanique, p. 65 :

 

«  Oui une tragédie. ... Beaucoup de catholiques ... croyaient aux mensonges communistes et socialistes. Le plus grand mensonge était de dire que le divorce n'est pas une obligation. Si tu es contre alors ne le fais pas, mais tu dois respecter ceux qui veulent le faire, respecte la liberté de qui veut le faire.

 

... Ce sont des bobards, car nous devons respecter les lois de Dieu. ... Parce que sinon, en suivant cette logique, on peut tout justifier.

 

Pareil avec l'avortement. Ce n'est quand même pas une obligation que d'avorter. Pas du tout. Si tu es contre, alors ne le fais pas. Mais respecte ceux qui veulent le faire.

 

C'est avec ce discours qu'ils ont amadoué les catholiques pour le divorce et l'avortement. Sapristi, mais dans le plan de Dieu il est écrit : "Tu ne tueras point !" »

(p. 79.) « Maintenant nous aimerions aborder le thème de la société contemporaine. Vous avez déjà mentionné différents courants de pensée du monde moderne : l'illuminisme, l'athéisme, le libéralisme et les autres. Il y a d'autres menaces spirituelles pour notre monde aujourd'hui. Selon vous, quelle serait la menace spirituelle la plus grave? »

 

Gabriele Amorth :

 

« Je reprends toujours le même discours: la menace la plus grave de toutes est de nier l'existence de Dieu. C'est le point de départ. De la négation de Dieu partent toutes les philosophies qui se prononcent contre lui et contre la religion, et qui promeuvent l'immoralité."

Gabriele AMORTH, J'ai rencontré Satan, Le Combat du plus célèbre exorciste, Entretiens avec Slawomir Sznurkowski, Traduti de l'italien par Quentin Petit, EdN, Vendôme 2016

Gabriele AMORTH, J'ai rencontré Satan, Le Combat du plus célèbre exorciste, Entretiens avec Slawomir Sznurkowski, Traduti de l'italien par Quentin Petit, EdN, Vendôme 2016

Gabriele Amorth explique une manière assurée de ne pas tomber dans les pièges du démon : être avec le Christ, appliquer Ses commandements.

 

A la question (p. 37) : « Pourquoi donc une grande majorité de mariages aujourd'hui en Italie finissent-ils par exploser ? », il répond :

 

« Parce qu'on n'observe plus la Loi de Dieu : "Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le divise pas." (Mt , 19, 6.) »

 

(p. 85) :

 

« Il n'existe aucune voie intermédiaire : "Celui qui n'est pas avec moi est contre moi." (Mt 12, 30.)

 

Beaucoup se font illusion en pensant trouver une voie intermédiaire. Ils se disent : je respecte Jésus, je ne parle pas mal de lui, mais je fais ce que bon me semble, je n'en fais qu'à ma tête.

 

Et ce n'est pas possible. Celui qui ne suit pas les lois du Christ, suit celles de Satan. Il est sous l'emprise des lois de Satan, qui se résument à trois et que tous les satanistes suivent. Voici les trois lois que les satanistes et Satan lui-même suivent :

 

- Première loi : Fais tout ce que tu veux. Pas de limite. Pas d'interdiction. Tu veux tuer ? Alors tue ! Fais ce que tu veux. [C'est la loi d'avortement. NdCR.]

- Deuxième loi : Nul n'a le droit de te dicter ce que tu dois faire. Tu n'as à obéir à personne car personne n'a le droit de te donner des ordres.

-Troisième loi du satanisme : Tu es ton propre Dieu.

 

C'est exactement de cette façon que l'ange Lucifer est devenu diable. »

 

Conclusion Christ-Roi

 

Fillon est tout aussi nocif que Juppé. C'est une question de degré. Mais il entraîne tout aussi sûrement que lui en enfer. Car c'est très clair : « il n'existe aucune voie intermédiaire : "Celui qui n'est pas avec moi est contre moi." (Mt 12, 30.) »

 

Gabriele Amorth précise qu'en enfer aussi "il existe une hiérarchie : les diables les plus forts tyrannisent les moins forts..." (p. 75)

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 07:11

Un livre vient de sortir au sujet des "Apôtres en Inde", S. THomas et S. Barthélémy. Les auteurs sont Cristiano Dognini et Ilaria Ramelli (Ed. Certamen).

Les Apôtres en Inde

Les Apôtres en Inde, dans la patristique et la littérature sanscrite

 

Cristiano Dognini et Ilaria Ramelli partent d’un constat simple : s’il est admis que les rapports commerciaux et diplomatiques entre l’Occident et l’Inde ont été fréquents, sinon continus, à partir d’Alexandre, l’historiographie moderne considère que la prédication chrétienne en Inde n’a commencé qu’à l’époque de Constantin. Cette convention paradoxale, qui par ailleurs se heurte à la patristique antique et aux traditions du christianisme indien, est la conséquence, selon les auteurs, de l’impasse idéologique dans laquelle s’était égarée la recherche au XIXe et au début du XXe siècle.

Ils estiment que le débat mérite d’être rouvert, avec des objectifs et des méthodes affranchis des limitations partisanes qui lui valurent l’enlisement. À travers l’analyse textuelle poussée des sources, et à la lumière des découvertes scientifiques récentes, de l’archéologie, ou encore de la numismatique, les auteurs se proposent d’identifier les éléments des traditions indienne et patristique compatibles avec ce que l’historiographie moderne a permis d’établir à propos des relations entre l’Inde et l’Occident antique et de la prédication chrétienne primitive.

Cette étude se déploie le long d’un arc chronologique allant de l’avant-Alexandre à l’après-Constantin (cinq chapitres), entre lesquels s’intercalent, en contrepoint, trois chapitres dédiés à l’étude de textes sanscrits, hindouistes et bouddhistes, et des éléments de culture chrétienne qu’ils recèlent.

 

Au Chapitre I, Cristiano Dognini aborde la question des contacts entre l’Inde et l’Occident dès avant Alexandre, vécus à travers la médiation perse, et les récits de visiteurs ponctuels comme Scylax de Caryanda ou Ctésias. Il y analyse les connaissances et la perception que le monde grec avait de l’Inde avant de la rencontrer réellement.

La conquête d’Alexandre met enfin en contact direct l’Inde et l’Occident, et permet la tenue d’échanges véritables, qui culminent dans la synthèse culturelle des royaumes indo-grecs. L’Inde, qui jusque-là était un horizon imaginaire, devient un interlocuteur diplomatique, puis commercial, et philosophique : les philosophes indiens peuplent les textes occidentaux, tandis que le grand Maharaja Ashoka entreprend de diffuser le bouddhisme « aux terres des Grecs ». Le monde grec, et en l’occurrence les Ptolémée d’Égypte, en inaugurant la route maritime des moussons, donnent à l’Occident antique un prodigieux moyen de communication avec l’Inde.

 

____ Au Chapitre II, Ilaria Ramelli montre que les contacts entre Rome et l’Inde ont été très intenses dès le début de l’époque impériale. La puissance romaine permet en effet le plein développement de la route maritime que les Ptolémée n’avaient pas les moyens de sécuriser, tandis que sa richesse et son prestige inaugurent une longue saison d’ambassades. L’Inde devient « une voisine », la nation qui clôt l’écoumène à l’Est comme l’Espagne le clôt à l’Ouest. Ainsi, des sources telles que le Periplus Maris Erythraei ou l’Histoire Naturelle de Pline peuvent décrire avec une grande précision les étapes du voyage vers l’Inde, tandis que ses produits de luxe inondent l’Empire, au point de devenir des clichés littéraires. Les implantations de citoyens de l’Empire, notamment en Inde méridionale, sont permanentes.

Les informations culturelles, politiques et religieuses y sont aussi plus fiables, signe qu’elles n’ont jamais aussi bien circulé. Les ambassades indiennes continuent d’affluer jusqu’à la fin du IIe siècle avant de s’interrompre et de ne reprendre qu’avec Constantin.

 

____ Le Chapitre III est dédié à la mission en Inde de Pantène d’Alexandrie, rapportée par Eusèbe et Jérôme. Cette mission est doublement intéressante : située au IIe siècle ap. JC elle anticipe de plus d’un siècle le terme (constantinien) généralement retenu, mais ouvre également sur des phases encore plus reculées. La découverte en Inde méridionale par Pantène d’un Évangile araméen de Matthieu pose en effet la question de la prédication en époque apostolique.

Ilaria Ramelli évalue la plausibilité de la mission à travers une analyse textuelle serrée des témoignages patristiques, mais également dans le contexte historique général posé au chapitre précédent. Elle aborde ensuite la question de l’élan missionnaire primitif parti des milieux judéo-chrétiens de Palestine, et de l’aire syriaque, et de manière plus spécifique, de l’Apôtre Barthélémy, que la tradition associe à l’Inde.

 

L’auteur considère que la présence d’informations récentes sur l’Inde chez Hippolyte de Rome, et chez Clément d’Alexandrie, disciple de Pantène, plaide en faveur de l’historicité de la mission.

 

____ Ilaria Ramelli dédie le Chapitre IV à l’étude de la tradition autour de la prédication de l’Apôtre Thomas en Inde. Thomas est associé à l’Inde non seulement par la patristique (les célèbres divisions du monde entre les Apôtres, les divers Actes de martyrs…), mais également par les chrétiens indiens, qui lui attribuent leur évangélisation, se donnent eux-mêmes le nom de « chrétiens de saint Thomas », et prétendent en garder la tombe. Par-delà la dimension légendaire que véhiculent ces traditions, Ilaria Ramelli observe que le christianisme indien, qu’il s’agisse de ses rites, ses titres, ses coutumes, ses légendes, est pétri d’archaïsmes reconductibles à ce même christianisme syro-araméen primitif qui faisait de l’ Évangile de Matthieu son texte central. Elle montre également comment Thomas est lui-même fortement lié au christianisme syro-araméen pour avoir été à l’origine (en personne, ou à travers son disciple Thaddée) de l’évangélisation de la ville d’Édesse, de l’Osroène dont elle est la capitale, et de la Mésopotamie. Elle estime que s’il est impossible de prouver que l’Inde a été évangélisée dès l’âge apostolique, il est aussi impossible d’exclure cette éventualité : ni l’étude textuelle des sources, ni l’étude anthropologique de la chrétienté indienne, ni les témoignages archéologiques n’y formulent d’objection.

 

____ Cristiano Dognini examine au Chapitre V la présence d’échos chrétiens dans les mythes spécifiques à la naissance de Krishna, qui font leur apparition dans le panorama de la littérature sanscrite autour du IIe siècle ap. JC. L’auteur constate que les emprunts de motifs tirés des Évangiles (tels que Massacre des Innocents, la Fuite en Égypte, l’Annonciation…) sont indubitables, et en déduit que les récits chrétiens étaient assez connus en Inde pour que l’hindouisme se les approprie et les intègre au service de ses propres cycles mythiques.

 

____ Le Chapitre VI porte sur le Milindapañha, un texte indien qui narre la conversion du roi indo-grec Ménandre au bouddhisme. Cristiano Dognini revient sur les nombreux éléments grécisants qui émaillent le dialogue, qu’il met en perspective, encore une fois, au moyen de la théorie des échanges culturels : malgré l’utilisation d’éléments de culture grecque, le texte est dans son essence et dans sa démarche fondamentalement bouddhiste et fondamentalement indien. Mais l’auteur du Milindapañha n’a pas fait que puiser dans la culture grecque : Cristiano Dognini remarque qu’il a aussi intégré au dialogue entre Ménandre et le moine Nagasena des motifs tirés des paraboles évangéliques : encore une fois, plus qu’une question d’autorité ou de filiation, ce transfert culturel montre que l’intégration et l’appropriation des traditions extérieures sont une caractéristique de la pensée indienne.

Ces échanges culturels sont pour l’auteur absolument naturels, dans le contexte des relations commerciales et diplomatiques intenses entre l’Occident romain, la chrétienté orientale, et l’Inde en période impériale.

Cristiano Dognini démontre que ces échanges sont bidirectionnels : à la différence de leurs prédécesseurs païens, les auteurs chrétiens de l’Antiquité ont conscience des spécificités du bouddhisme, qu’ils distinguent avec un certain de degré de précision des autres traditions indiennes.

 

Source: Parution : Thomas en Inde, hindouisme et bouddhisme

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 19:22

Une Journée mondiale des pauvres pour la solennité du Christ-Roi de l'Univers

 

Dans  sa lettre apostolique « Misericordia et misera » [1], publiée ce 21 novembre 2016, le pape institue une Journée mondiale des pauvres, ainsi qu’un dimanche de la Parole de Dieu [2]

 

« 21. À la lumière du «Jubilé des personnes socialement exclues», alors que dans toutes les cathédrales et dans les sanctuaires du monde les Portes de la Miséricorde se fermaient, j’ai eu l’intuition que, comme dernier signe concret de cette Année Sainte extraordinaire, on devait célébrer dans toute l’Église, le XXXIIIème Dimanche du Temps ordinaire, la Journée mondiale des pauvres. Ce sera la meilleure préparation pour vivre la solennité de Notre Seigneur Jésus Christ, Roi de l’Univers, qui s’est identifié aux petits et aux pauvres et qui nous jugera sur les œuvres de miséricorde (cf. Mt 25,31-46). Ce sera une journée qui aidera les communautés et chaque baptisé à réfléchir sur la manière dont la pauvreté est au cœur de l’Évangile et sur le fait que, tant que Lazare git à la porte de notre maison (cf. Lc 16,19-21), il ne pourra y avoir de justice ni de paix sociale. Cette Journée constituera aussi une authentique forme de nouvelle évangélisation (cf. Mt 11,5) par laquelle se renouvellera le visage de l’Église dans son action continuelle de conversion pastorale pour être témoin de la miséricorde. »

 

François autorise tous les prêtres à absoudre le péché d'avortement. "Tout se résout dans l’amour miséricordieux du Père"
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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 17:57
François autorise tous les prêtres à absoudre le péché d'avortement. "Tout se résout dans l’amour miséricordieux du Père"

Lettre apostolique du pape François «Misericordia et misera» [1] Extraits :

 

«A ceux qui liront cette Lettre Apostolique miséricorde et paix »

 

« 1. ... La miséricorde ne peut être une parenthèse dans la vie de l’Église, mais elle en constitue l’existence même, qui rend manifeste et tangible la vérité profonde de l’Évangile. Tout se révèle dans la miséricorde ; tout se résout dans l’amour miséricordieux du Père » écrit le pape François.

 

« 2. ... Le pardon est le signe le plus visible de l’amour du Père, que Jésus a voulu révéler dans toute sa vie. Il n’y a aucune page de l’Évangile où cet impératif de l’amour qui va jusqu’au pardon ne soit présent. Même au moment ultime de son existence terrestre, alors qu’il est cloué sur la croix, Jésus a des paroles de pardon : « Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Lc23,34). »

 

« 3. ... La miséricorde suscite la joie, car le cœur s’ouvre à l’espérance d’une vie nouvelle. La joie du pardon est indicible, mais elle transparait en nous chaque fois que nous en faisons l’expérience. L’amour avec lequel Dieu vient à notre rencontre en est l’origine, brisant le cercle d’égoïsme qui nous entoure, pour faire de nous, à notre tour, des instruments de miséricorde.

 

Comme sont riches de sens également pour nous les paroles anciennes qui guidaient les premiers chrétiens : « Revêts-toi donc de la joie qui plaît toujours à Dieu et qu’il accueille favorablement : fais-en tes délices. Tout homme joyeux fait le bien, pense le bien et méprise la tristesse […] Ils vivront pour Dieu, ceux qui rejetteront loin d’eux la tristesse et se revêtiront de la seule joie »2 [Note 2. Le Pasteur d’Hermas, XLII, 1-4. NdCR.]. Faire l’expérience de la miséricorde donne de la joie. Ne laissons pas nos afflictions et nos préoccupations l’éloigner de nous. Qu’elle demeure bien enracinée dans notre cœur et nous fasse toujours considérer notre vie quotidienne avec sérénité.

 

Dans une culture souvent dominée par la technique, les formes de tristesse et de solitude où tombent tant de personnes et aussi tant de jeunes, semblent se multiplier. L’avenir semble être l’otage de l’incertitude qui ne permet pas la stabilité. C’est ainsi qu’apparaissent souvent des sentiments de mélancolie, de tristesse et d’ennui, qui peu à peu peuvent conduire au désespoir. Nous avons besoin de témoins d’espérance et de véritable joie, pour chasser les chimères qui promettent un bonheur facile fait de paradis artificiels. Le vide profond ressenti par beaucoup peut être comblé par l’espérance que nous portons dans le cœur et par la joie qui en découle. Nous avons tant besoin de reconnaître la joie qui se révèle dans un cœur touché par la miséricorde. Tirons donc profit de ces paroles de l’Apôtre : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur» (Ph 4,4 ; cf. 1 Th 5,16).   »

 

Le document a été présenté à la presse ce lundi 21 novembre 2016, au Vatican, par le président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, Mgr Rino Fisichella.

 

Il a été signé par le pape, debout, au terme de la messe pour la conclusion du Jubilé de la miséricorde, dimanche, 20 novembre 2016, place Saint-Pierre, et il a été confié à des représentants de diverses réalités de l’Eglise.

 

Le titre « la miséricorde et la misère » est inspiré de saint Augustin d’Hippone et il fait écho à un passage de saint Augustin qui commente l’épisode de la femme adultère, désignée par « misera » : une fois que tous ceux qui voulaient lapider la femme se furent retirés, « il n’en resta que deux, la misère et la miséricorde » (« Relicti sunt duo misera et misericordia« , commentaire sur l’Evangile de Jean – In Ioh. Ev. tr. 33,5 , CCSL XXXVI, 309). Mais le pape François a fait le choix théologique et spirituel, d’inverser l’ordre des mots pour signifier que la miséricorde de Dieu est première et prévenante.

 

Dans sa lettre apostolique « Misericordia et misera », publiée ce 21 novembre 2016, le pape annonce en outre des décisions pour prolonger dans la vie de l’Eglise et dans le monde la force du Jubilé de la Miséricorde. [2]

 

A propos de l’avortement

 

« 12. ... [P]our qu’aucun obstacle ne s’interpose entre la demande de réconciliation et le pardon de Dieu, je concède à tous les prêtres, à partir de maintenant, en vertu de leur ministère, la faculté d’absoudre le péché d’avortement » déclare le pape François.

 

Cette mesure concerne toutes les personnes ayant concouru à un avortement, pas seulement la mère de l’enfant, comme le soulignait Jean-Paul II dans sa Lettre aux femmes de 1995 : « Le choix de l’avortement, qui reste toujours un péché grave, avant même d’être une responsabilité à faire endosser par les femmes, est un crime qu’il faut mettre au compte de l’homme et de la complicité du milieu de vie » (n. 5).

 

Le pape rappelle la gravité de la mort d’un innocent :

 

«12. ... Je voudrais redire de toutes mes forces que l’avortement est un péché grave, parce qu’il met fin à une vie innocente. Cependant, je peux et je dois affirmer avec la même force qu’il n’existe aucun péché que ne puisse rejoindre et détruire la miséricorde de Dieu quand elle trouve un cœur contrit qui demande à être réconcilié avec le Père. Que chaque prêtre se fasse donc guide, soutien et réconfort dans l’accompagnement des pénitents sur ce chemin particulier de réconciliation. »

 

Les Missionnaires de la miséricorde : un signe qui demeure

 

Le pape François prolonge le mandat des Missionnaires de la miséricorde qui ont le pouvoir de remettre les péchés jusqu’ici réservés au Siège apostolique, « comme signe concret que la grâce du Jubilé est toujours vivante et efficace partout dans le monde ».

 

Les Missionnaires de la miséricorde, qui sont un peu plus de mille, ont reçu du pape le pouvoir d’absoudre dans la confession cinq types de péchés habituellement réservés au Siège apostolique : la profanation de l’Eucharistie, la violence contre le Successeur de Pierre, l’absolution d’un complice, l’ordination d’un évêque sans mandat du pape, la violation du secret de la confession.

 

Sacrement de la réconciliation dans la Fraternité Saint Pie X

 

Le pape prolonge la « faculté » accordée pendant le Jubilé de la miséricorde aux fidèles fréquentant les messes célébrées par des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X « de recevoir validement et licitement l’absolution sacramentelle de leurs péchés » :

 

« Pour le bien pastoral de ces fidèles et comptant sur la bonne volonté de leurs prêtres afin que la pleine communion dans l’Église catholique puisse être recouvrée avec l’aide de Dieu, j’établis par ma propre décision d’étendre cette faculté au-delà de la période jubilaire, jusqu’à ce que soient prises de nouvelles dispositions, pour que le signe sacramentel de la réconciliation à travers le pardon de l’Église ne fasse jamais défaut à personne. »

 

Les 24 heures pour le Seigneur

 

Le pape confirme les « 24 heures pour le Seigneur », parmi les initiatives visant à ce que le sacrement de la Réconciliation « retrouve sa place centrale dans la vie chrétienne » et « qu’aucun pénitent sincère ne soit empêché d’accéder à l’amour du Père qui attend son retour, et que la possibilité de faire l’expérience de la force libératrice du pardon soit offerte à tous ».

 

« La célébration de l’initiative des 24 heures pour le Seigneur, en lien avec le IVème dimanche de Carême, peut être une occasion à saisir », souligne le pape.

 

Une Journée mondiale des pauvres pour la solennité du Christ-Roi de l'Univers

 

Enfin, dans  sa lettre apostolique « Misericordia et misera », publiée ce 21 novembre 2016, le pape institue une Journée mondiale des pauvres, ainsi qu’un dimanche de la Parole de Dieu [3]

 

« 21. À la lumière du «Jubilé des personnes socialement exclues», alors que dans toutes les cathédrales et dans les sanctuaires du monde les Portes de la Miséricorde se fermaient, j’ai eu l’intuition que, comme dernier signe concret de cette Année Sainte extraordinaire, on devait célébrer dans toute l’Église, le XXXIIIème Dimanche du Temps ordinaire, la Journée mondiale des pauvres. Ce sera la meilleure préparation pour vivre la solennité de Notre Seigneur Jésus Christ, Roi de l’Univers, qui s’est identifié aux petits et aux pauvres et qui nous jugera sur les œuvres de miséricorde (cf. Mt 25,31-46). Ce sera une journée qui aidera les communautés et chaque baptisé à réfléchir sur la manière dont la pauvreté est au cœur de l’Évangile et sur le fait que, tant que Lazare git à la porte de notre maison (cf. Lc 16,19-21), il ne pourra y avoir de justice ni de paix sociale. Cette Journée constituera aussi une authentique forme de nouvelle évangélisation (cf. Mt 11,5) par laquelle se renouvellera le visage de l’Église dans son action continuelle de conversion pastorale pour être témoin de la miséricorde. »

 

François autorise tous les prêtres à absoudre le péché d'avortement. "Tout se résout dans l’amour miséricordieux du Père"
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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 09:27
Des sons de trompettes dans le ciel à Jérusalem lors de l'ouverture du tombeau de Jésus

Ceci est arrivé à Jérusalem le 31 octobre 2016 lorsque le marbre du tombeau de Notre Seigneur Jésus-Christ a été ouvert. Un cercle de nuages s'est formé dans le ciel, et il y eut un bruit comme des sons de trompettes. D'autres phénomènes anormaux se produisirent (perturbations électromagnétiques, et une odeur suave)

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 11:30

"L'unité qu'il importe avant tout de conserver" (S. Léon) est un souci constant des papes au long des siècles.

Benoît XVI réitère son appel à la célébration de la messe “ad orientem”, au nom de l’œcuménisme

Le pape émérite Benoît XVI a renouvelé son soutien déjà ancien à la célébration de la messe face à Dieu à l’occasion d’une lettre de réflexions en hommage au patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, qui fêtera bientôt les 25 ans de son élection. Le pape émérite a redit combien la célébration ad orientem a pour lui de l’importance, soulignant que cette manière de dire la messe peut être un élément favorable à l’œcuménisme.

 

La prise de position du pape émérite vient après les difficultés vécues par le cardinal Sarah, « rappelé à l’ordre » en juillet par la salle de presse du Vatican après avoir prononcé une conférence sur la sacrée liturgie à Londres, où il invitait les prêtres à refaire l’expérience de cette célébration « tournée vers le Seigneur ».

 

Tournés vers le Seigneur : Benoît XVI y voit une manière de faciliter l’œcuménisme

 

Les bruits venant de Rome à propos du sentiment du pape François à l’égard de ces propositions de « réforme de la réforme » sont contradictoires. On sait le peu d’intérêt du pape présent pour la liturgie ; on sait aussi que le cardinal Sarah a été écarté de la cérémonie d’ouverture de l’année universitaire de l’Institut Jean-Paul II le 27 octobre prochain, où le pape lui-même a décidé de le remplacer en bouleversant l’ordre prévu. A ce titre au moins, la prise de position du pape émérite est intéressante, et ce d’autant qu’elle se place dans le cadre d’un hommage au patriarche de Constantinople, là où le pape François privilégie les rapports avec le patriarche Kirill de Moscou. (Même s’il est vrai que le pape François a écrit la préface du livre d’hommage dont la lettre de Benoît XVI fera partie.)

 

Jan Bentz de LifeSiteNews rapporte les paroles de Benoît XVI à propos de la célébration ad orientem, telles qu’elles ont été publiées par L’Osservatore Romano le 12 octobre dernier.

 

« Dans l’orientation de la liturgie vers l’Est, nous voyons que les chrétiens, ensemble avec le Seigneur, veulent progresser vers la rédemption de la création tout entière », écrit Benoît XVI. Peut-on se permettre de voir un peu de malice dans l’emploi du verbe « progresser »? Manière de montrer que la célébration « vers le peuple » est figée, sinon passéiste…

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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 10:19

La foi sans la charité ne vaut rien (1 Co, 13, 2 Si je n'ai pas la charité, je ne suis rien), mais l'amour sans la vérité ne demeure pas.

De François, on cite souvent, pour en discuter le contenu, “Evangelii gaudium” et “Laudato Si”. On parle beaucoup plus rarement de l’Encyclique “Lumen fidei” qui, elle, est tellement claire qu’elle ne se prête pas à des interprétations alambiquée ou contradictoire. Et c’est normal car bien que ce document ait été signé par François, il a été écrit par Benoît XVI. Que dit ce document magistériel au sujet de l’amour dont nous parle si souvent le Pape François ainsi nos évêques à la recherche du moindre slogan qui, croient-ils, fera mouche ? Que l'amour est indissociable de la Vérité ; que sans la Vérité, l’amour n’est qu’un “beau conte”, un simple “tweet”, pourrait-on dire :

 

« Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas (cf. Is 7, 9). La version grecque de la Bible hébraïque, la traduction des Septante faite à Alexandrie d’Égypte, traduisait ainsi les paroles du prophète Isaïe au roi Achaz. La question de la connaissance de la vérité était mise de cette manière au cœur de la foi. Toutefois, dans le texte hébraïque, nous lisons autre chose. Là, le prophète dit au roi : « Si vous ne croyez pas, vous ne pourrez pas tenir ». (...) On pourrait penser que la version grecque de la Bible, en traduisant « tenir ferme » par « comprendre », ait opéré un changement profond du texte, en passant de la notion biblique de confiance en Dieu à la notion grecque de compréhension. (...) Saint Augustin a exprimé la synthèse du « fait de comprendre » et du « fait d’être ferme » dans ses Confessions, quand il parle de la vérité, à laquelle l’on peut se fier afin de pouvoir rester debout : “(…) en vous, [Seigneur], dans votre vérité (…) je serai ferme et stable”. A partir du contexte, nous savons que saint Augustin veut indiquer comment cette vérité fiable de Dieu est sa présence fidèle dans l’histoire, sa capacité de tenir ensemble les temps, en réunissant la dispersion des jours de l’homme, comme cela émerge dans la Bible. (Lumen fidei, § 23)

 

Lu sous cet angle, le texte d’Isaïe porte à une conclusion : l’homme a besoin de connaissance, il a besoin de vérité, car sans elle, il ne se maintient pas, il n’avance pas. La foi, sans la vérité, ne sauve pas, ne rend pas sûrs nos pas. Elle reste un beau conte, la projection de nos désirs de bonheur, quelque chose qui nous satisfait seulement dans la mesure où nous voulons nous leurrer. Ou bien elle se réduit à un beau sentiment, qui console et réchauffe, mais qui reste lié à nos états d’âme, à la variabilité des temps, incapable de soutenir une marche constante dans notre vie. (Lumen fidei, § 24)

 

Justement à cause de la crise de la vérité dans laquelle nous vivons, il est aujourd’hui plus que jamais nécessaire de rappeler la connexion de la foi avec la vérité. Dans la culture contemporaine, on tend souvent à accepter comme vérité seulement la vérité de la technologie : est vrai ce que l’homme réussit à construire et à mesurer grâce à sa science, vrai parce que cela fonctionne, rendant ainsi la vie plus confortable et plus aisée. Cette vérité semble aujourd’hui l’unique vérité certaine, l’unique qui puisse être partagée avec les autres, l’unique sur laquelle on peut discuter et dans laquelle on peut s’engager ensemble. D’autre part, il y aurait ensuite les vérités de chacun, qui consistent dans le fait d’être authentiques face à ce que chacun ressent dans son intériorité, vérités valables seulement pour l’individu et qui ne peuvent pas être proposées aux autres avec la prétention de servir le bien commun. La grande vérité, la vérité qui explique l’ensemble de la vie personnelle et sociale, est regardée avec suspicion. N’a-t-elle pas été peut-être - on se le demande - la vérité voulue par les grands totalitarismes du siècle dernier, une vérité qui imposait sa conception globale pour écraser l’histoire concrète de chacun ? Il reste alors seulement un relativisme dans lequel la question sur la vérité de la totalité, qui au fond est aussi une question sur Dieu, n’intéresse plus. Il est logique, dans cette perspective, que l’on veuille éliminer la connexion de la religion avec la vérité, car ce lien serait la racine du fanatisme, qui cherche à écraser celui qui ne partage pas la même croyance. Nous pouvons parler, à ce sujet, d’un grand oubli dans notre monde contemporain. La question sur la vérité est, en effet, une question de mémoire, de mémoire profonde, car elle s’adresse à ce qui nous précède et, de cette manière, elle peut réussir à nous unir au-delà de notre “moi” petit et limité. C’est une question sur l’origine du tout, à la lumière de laquelle on peut voir la destination et ainsi aussi le sens de la route commune. (Lumen fidei, § 25)

 

Dans cette situation, la foi chrétienne peut-elle offrir un service au bien commun sur la manière juste de comprendre la vérité ? Pour y répondre, il est nécessaire de réfléchir sur le type de connaissance propre à la foi. Une expression de saint Paul peut y aider, quand il affirme : “croire dans le cœur” (cf. Rm 10, 10). Le cœur, dans la Bible, est le centre de l’homme, le lieu où s’entrecroisent toutes ses dimensions : le corps et l’esprit ; l’intériorité de la personne et son ouverture au monde et aux autres ; l’intellect, le vouloir, l’affectivité. Eh bien, si le cœur est capable d’unir ces dimensions, c’est parce qu’il est le lieu où nous nous ouvrons à la vérité et à l’amour, et où nous nous laissons toucher et transformer profondément par eux. La foi transforme la personne toute entière, dans la mesure où elle s’ouvre à l’amour. C’est dans cet entrecroisement de la foi avec l’amour que l’on comprend la forme de connaissance propre à la foi, sa force de conviction, sa capacité d’éclairer nos pas. La foi connaît dans la mesure où elle est liée à l’amour, dans la mesure où l’amour même porte une lumière. La compréhension de la foi est celle qui naît lorsque nous recevons le grand amour de Dieu qui nous transforme intérieurement et nous donne des yeux nouveaux pour voir la réalité. (Lumen fidei, § 26)

 

(...) Sans vérité l’amour ne peut pas offrir de lien solide, il ne réussit pas à porter le “moi” au-delà de son isolement, ni à le libérer de l’instant éphémère pour édifier la vie et porter du fruit.

Si l’amour a besoin de la vérité, la vérité, elle aussi, a besoin de l’amour. Amour et vérité ne peuvent pas se séparer. Sans amour, la vérité se refroidit, devient impersonnelle et opprime la vie concrète de la personne. (...) Celui qui aime comprend que l’amour est une expérience de vérité (...) » (Lumen fidei, § 27)

 

“Qui suis-je pour juger ?” avait demandé le Pape François. Nous aimerions pouvoir lui répondre : “Mais, Saint-Père, vous êtes, pour l’Eglise et aux yeux du monde, le premier messager de l’unique Vérité. Dites-la, criez-la à temps et à contretemps. Elle touchera davantage que le rappel de bons sentiments.”

 

Source : Pro Liturgia, Jeudi, 20 octobre 2016.

L'amour sans la vérité n'est qu'un simple tweet

Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres

Jn 8, 31-32

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 12:53

Matt C. Abbott est un journaliste catholique correspondant au “New York Times” et au “Chicago Tribune”. Il raconte que très récemment, il a posé à Mgr René Henry Gracida, Evêque émérite de Corpus Christi (Texas) la question suivante : « Diriez-vous que le pontificat [de François] a été jusqu’à présent plus hétérodoxe et déroutant qu’orthodoxe et édifiant ? »

La réponse de Mgr Gracida a été : « Oui. »

Et il a ajouté :

 

« La plupart des catholiques ne sont pas conscients qu'il y a eu, au cours de l’histoire de l’Eglise, des pape qui soit ont enseigné des hérésies, soit ont échoué dans leur devoir de réprimer l’hérésie. Or, ce qui est arrivé autrefois peut se produire de nouveau.

Quelques exemples. Le pape Nicolas I (858-867) avait enseigné que le baptême était valide, qu’il soit administré au nom des trois personnes de la Sainte Trinité ou au seul nom du Christ. Le pape Nicolas se trompait. Le baptême administré au seul nom du Christ est invalide.

Pour justifier un arrangement avec les hérétiques, le pape Honorius (625-638) avait déclaré en 634 : “Nous devons faire attention de ne pas raviver les querelles anciennes.” A partir de cet argument, le pape a permis la libre propagation des erreurs avec comme résultat le bannissement de la vérité et de l'orthodoxie.

Au VIIe siècle, S. Sophrone de Jérusalem, presque seul, s’oppose au pape Honorius et l’accuse d’hérésie. Finalement, le pape se repent, mais il meurt sans réparer le préjudice incommensurable qu’il a fait à l’Eglise en cherchant toujours les compromis. Par la suite, le troisième concile de Constantinople (680-681) le considèrera anathème, jugement qui sera confirmé par le pape saint Léon II.

Lors de la fête de la Toussaint de 1331, le pape Jean XXII (1316-1334), alors à Avignon, enseigne que l’âme ne peut pas entrer dans la vision béatifique de Dieu tant que la résurrection des corps qui doit se faire au dernier jour n’a pas eu lieu. Les théologiens de l’Université de Paris reprennent le souverain pontife en lui montrant que son enseignement est une hérésie. Ce n’est que peu de temps avant sa mort, en 1334, que Jean XXII a reconnu son erreur et s’est rétracté. »

Et Mgr Gracida de conclure : « Un pape jouit de la pleine infaillibilité promise par le Christ uniquement quand il remplit chacune des conditions suivantes :

- il enseigne sur une question de foi et de morale,

- il enseigne au monde entier,

- il enseigne après une longue consultation des évêques et des théologiens,

- il proclame son enseignement d’une manière solennelle devant une grande assemblée de cardinaux, de patriarches, d’évêques, de prêtres et de laïcs.

Si ces conditions ne sont pas toutes remplies, le pape ne fait que donner une conférence de presse et ne bénéficie pas du charisme de l’infaillibilité promise par le Christ. »

 

"Il y a eu, au cours de l’histoire de l’Eglise, des papes qui ont enseigné des hérésies" (Mgr René Henry Gracida)
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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 15:00

Dans son édition de dimanche dernier, le quotidien turinois “La Stampa” a publié une liste de prétendus “adversaires de François” établie par deux vaticanistes : Giacomo Galeazzi et Andrea Tornielli.

Giacomo Galeazzi, né en 1972, n’a jamais caché ses sympathies pour les mouvements progressistes. Andrea Tornielli, né en 1964, a été de 1992-1996 l’un des rédacteurs en chef du mensuel “30Giorni”. Depuis 2011, il est aux côtés de Giacomo Galeazzi et dirige le site “Vatican Insider”.

Dimanche dernier, donc, ils ont publié ensemble - dans le plus pur style néo-marxiste des années 70 - la liste des mouvements et des associations “dangereuses pour l’unité de l’Eglise et la mission du Pape”. Le titre de leur article donne le ton : “Les catholiques anti-François qui sont attirés par un pouvoir façon Putin”. Et plus loin : “C’est l’antipathie portée au Pape qui les soude.”

Des comploteurs silencieux visant à critiquer et à déstabiliser le Pape seraient donc en place. Et celui qui aurait donné le “top départ” de leurs actions serait l’Autrichien Paul Zulehner, ancien doyen de la faculté de théologie de Vienne. Plus loin, Galeazzi précise que la galaxie des “anti-bergogliens” est multiforme : elle comprend aussi bien les lefebvristes qui attendent le retour d’un pape vraiment catholique pour retourner dans le giron de l’Eglise que les fidèles d’Italie du nord qui ont lancé une campagne intitulée “mon pape, c’est Benoît XVI”.

Mais les auteurs du rapport montrent aussi du doigt d’autres “anti-berglogiens qui sont plus ou moins dans l’Eglise”. Sont cités pêle-mêle : la Société Saint-Pie X, la “Nuova Bussola Quotidiana”, Riccardo Cascioli, la “Foundation Lepanto”, “Corrispondenza Romana”, Roberto de Mattei, le blog “Settimo Cielo”, Sandro Magister, “Messa in Latino”, “Chiesa e Concilio”... Enfin viennent - mais c’est à peine une surprise - les cardinaux Raymond Burke et Carlo Caffarra, NN.SS. Luigi Negri et Athanasius Schneider, le liturgiste Don Nicola Bux, le professeur Roberto de Mattei, Antonio Socci... et quelques autres.

Les deux auteurs de cette liste qui, par son style, ressemble à un vieux document de la Stasi, ont toutefois oublié de mentionner deux éléments d’importance précisant les droits des fidèles (nous disons bien : fidèles) :

 

- premièrement, l’article 212 §2-3 du Code de Droit canonique (qui pour le moment n’a pas encore été abrogé) spécifiant que “les fidèles ont la liberté de faire connaître aux Pasteurs de l’Eglise leurs besoins surtout spirituels, ainsi que leurs souhaits. Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, ils ont le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Eglise et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l'intégrité de la foi et des mœurs et la révérence due aux pasteurs, et en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes.”

- deuxièmement, la demande formulée par le Pape François lui-même : “Je vous demande d’importuner vos pasteurs, de nous déranger, nous tous, les pasteurs.”

 

Source : Pro Liturgia, Actualité du Mardi, 18 octobre 2016.

 

Sur les droits des fidèles : article 212 §2-3 du Code de Droit canonique
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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 09:46

Lamentations pour "Le mur": une analyse instructive de Claude Timmerman pour Media-presse.info à propos du "Mur" dit "des Lamentations" :

Coup de tonnerre au Sionistan !

 

Le 13 octobre, le Conseil exécutif de l’Unesco qui comprend 58 pays a adopté une proposition palestinienne qui va faire couler beaucoup d’encre et déchaîner les foules à kippa.

 

Au-delà des imprécations haineuses qui ne manquent pas et des jugements à l’emporte-pièce sans justification, il importe d’analyser sérieusement cette déclaration, sous l’angle politique évidemment, mais aussi sous l’angle historique et archéologique, ce qui révèle quelques surprises !

 

A noter au passage que le texte de la résolution n’est donné par personne à ce jour : on ne dispose donc que des relatés forcément partiaux et des commentaires israéliens sur la question :

 

« Le Conseil exécutif de l’Unesco, qui comprend 58 pays, a adopté jeudi une proposition palestinienne qui stipule que les juifs n’ont aucun lien avec Jérusalem et le Mont du Temple mais seulement les musulmans »

 

Dans un communiqué l’Unesco déclare laconiquement :

 

L’Unesco a approuvé jeudi un texte sur la « Palestine occupée » soumis par sept pays arabes visant à la « sauvegarde du patrimoine culturel de la Palestine et du caractère distinctif de Jérusalem-Est ».

 

Le ministère des Affaires étrangères israélien a aussitôt diffusé une brochure avec des images de découvertes archéologiques prouvant l’appartenance de Jérusalem et du Mont du Temple à l’histoire juive, ainsi que l’existence du Mont du Temple sur le site où se trouve aujourd’hui la mosquée Al-Aqsa.

 

(Cela, personne n’en doute ! Mais jusqu’à quand historiquement?)

 

Selon un haut responsable israélien qui s’est confié à Haaretz, cette version [de l’Unesco] est une tentative de jeter le doute sur les liens entre le Mur des Lamentations et le Temple juif.

 

http://www.haaretz.com/israel-news/1.747314

 

Et c’est bien là que le bât blesse ! Nous allons le voir !

 

Les Israéliens le savent parfaitement, et pour cause !

 

D’un point de vu politique :

 

Les Israéliens recensent à loisir les états qui ont voté, ou non, cette résolution.

 

On notera sans surprise que les 6 seuls états à s’y être opposés sont les collabos de la première heure :

 

Etats-Unis, Grande Bretagne, Allemagne, Pays Bas, Estonie et Lituanie.

 

Il manquerait à cette liste le Canada et l’Australie, mais ces pays ne font pas partie du Conseil exécutif et ne sont donc pas intervenants dans cette affaire.

 

Haaretz souligne que les pressions israéliennes ont abouti à obtenir l’abstention de la France, de l’Argentine, des Indes, de la Suède et des états africains infiltrés tels le Kénya et le Togo.

 

Au total se vote n’est de toutes façons guère glorieux :

 

26 pays se sont abstenus, 24 ont voté en faveur et six contre.

 

Deux petits malins étaient opportunément absents pour le vote: la Serbie et le Turkménistan.

 

On ne peut donc pas dire que cette résolution soit assortie d’un vote « franc et massif » , n’ayant pas même réuni la majorité des voix des siégeants !

 

http://www.europe-israel.org/2016/10/lunesco-vote-une-resolution-qui-decrit-le-mont-du-temple-comme-un-site-musulman/

 

Dans une lettre adressée à la directrice générale de l’Unesco Irina Bokova et publiée sur Twitter, le ministre israélien de l’Education Naftali Bennett accuse l’Unesco d’apporter un « soutien immédiat au terrorisme islamiste », (rien que cela !) et annonce la suspension par la commission israélienne de l’Unesco de « toutes ses activités professionnelles avec l’organisation internationale ».

 

Cette décision se traduit par le refus d’Israël de rencontrer des représentants de l’Unesco ou de participer à des conférences internationales, a précisé le ministère, compétent en la matière.

 

La directrice générale de l’Unesco a aussitôt pris ses distances avec la résolution : Mme Bokova souligne la signification de Jérusalem pour le christianisme, l’islam et le judaïsme et que la coexistence des trois religions ont valu à la ville d’être inscrite au patrimoine mondial de l’humanité.

 

« Le patrimoine de Jérusalem est indivisible, et chacune de ses communautés a droit à la reconnaissance explicite de son histoire et de son lien avec la ville. Nier, occulter ou vouloir effacer l’une ou l’autre des traditions juive, chrétienne ou musulmane revient à mettre en péril l’intégrité du site », dit-elle dans un communiqué.

 

Cela uniquement pour mettre du baume au cœur des Israéliens…

 

(Cette déclaration reste intrinsèquement parfaitement scandaleuse dans la mesure où madame Bokova sort là de son rôle et critique des décisions des instances dirigeantes de l’Organisation.)

 

On notera d’ailleurs, une fois de plus, que dès qu’il est question de litige entre juifs et musulmans en Palestine, les Israéliens font appeler aussitôt les chrétiens à la rescousse et cessent de les vilipender, ce qui est leur attitude habituelle….

 

Petit florilège de la Christianophobie juive ordinaire en Israël où l’on amalgame joyeusement catholiques, orthodoxes, protestants et évangéliques dans une même exécration :

 

– « Qui, des musulmans ou des chrétiens, fait le plus mal aux juifs ? »

 

http://jssnews.com/2010/10/26/qui-des-musulmans-ou-des-chretiens-fait-le-plus-mal-aux-juifs/

 

– « L’horreur à Jérusalem – « Chéma Israël mondial » contre les missionnaires chrétiens ! »

 

http ://www.torah-box.com/news/actualite-juive/horreur-jerusalem-chema-israel-mondial-contre-missionnaires-chretiens_4654.html

 

– « Israël : Alerte aux missionnaires chrétiens ! »

 

http ://www1.alliancefr.com/actualites/israel-alerte-aux-missionnaires-chretiens-6017853

 

– « La mission chrétienne en Israël : de véritables vautours ! »

 

http ://www.israel-flash.com/2015/07/la-mission-chretienne-en-israel-de-veritables-vautours/

 

Sans parler des autodafés récurrents de nouveaux Testaments :

 

– « Israël : des juifs orthodoxes brûlent des exemplaires du Nouveau Testament.»

 

http://w41k.com/17263

 

Ou des manifestations publiques de parlementaires :

 

– « Un député déchire le Nouveau Testament »

 

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/07/17/97001-20120717FILWWW00615-un-depute-dechire-le-nouveau-testament.php

 

« « Ce livre méprisable a entraîné le meurtre de millions de juif durant l’Inquisition », a affirmé Michael Ben Ari au site internet NRG-Maariv. « C’est une horrible provocation missionnaire de la part de l’Eglise. Ce livre et ceux qui l’ont envoyé devraient être jetés dans les poubelles de l’Histoire », a-t-il ajouté. » (sic !)

 

Nous arrêterons là ces sympathiques évocations…

 

Les lecteurs curieux pourront compléter leur information en cherchant sur le net…mais il est vrai que de nombreuses pages en disparaissent ces temps-ci… Une véritable épidémie…

 

Du point de vue historique et archéologique :

 

Nous distinguerons bien deux choses : Jérusalem et le fameux mur.

 

Jérusalem : une bourgade hyxôs colonisée par les hébreux de la tribu de Juda.

 

A la fin de la Seconde Période Intermédiaire qui a vu la dissolution de l’unité égyptienne, le pharaon Ahmôsis, premier pharaon de la XVIIIeme dynastie, commence la reconquête de la Basse-Égypte où le delta est occupé par le royaume des Hyxôs (capitale Avaris). En l’an 15 de son règne, il reprend Memphis, puis continue sa progression et arrive aux abords du delta aux environs de l’an 11 du règne du roi hyksôs Khamoudy.

 

Les Hyxôs, et leurs comparses cananéens venus chercher fortune auprès d’eux, enfin chassés du delta, Ahmôsis remonte vers sa colonie de Palestine et complètera sa victoire par la conquête de la place forte hyxôs de Sharouhen près de Gaza après un siège de trois ans. On admet en général aujourd’hui la datation de -1570 environ…

 

Les Hyxôs chassés définitivement de la côte se réfugient alors à l’intérieur des terres dans les collines rocailleuses de Judée où ils fonderont une bourgade (vers – 1530) qui sera connue ultérieurement sous le nom de Jérusalem…

 

Visiblement les Hyxôs semblent avoir disparu par la suite, assimilés aux populations locales.

 

C’est cela que nous apprend l’archéologie.

 

A cette époque point encore d’existence clairement reconnue d’Hébreux…

 

La première mention du nom d’Israël apparaît sur la stèle dite de Mérenptah, érigée initialement par Amenhotep III, probablement dans son propre temple funéraire, situé non loin de celui de Mérenptah, treizième fils et successeur de Ramsès II. (vers – 1210)

 

La stèle relate la victoire de Mérenptah sur une coalition des peuples de la mer et mentionne :

 

« Ysraël est dévasté, sa semence n’est plus ».

 

(Apparemment il s’agissait – question récurrente durant plus de deux mille cinq cents ans pour l’Egypte – de sécuriser la grande route commerciale caravanière de la côte reliant à travers le littoral palestinien le delta du Nil à Tyr et ensuite vers Sumer au sud est dont la sécurité était troublée par des pillards se réclamant du vocable Ysraël. On notera s’ailleurs que les hiéroglyples associés laissent penser qu’ »Ysraël » n’est pas alors un peuple organisé et sédentarisé, mais plutôt une horde de pillards nomadisante)

 

On retrouvera ensuite à l’époque des royaumes, Israël au nord et Juda au sud, des entités politiques plus ou moins autonomes dans cette Palestine occupée par l’Egypte jusqu’à sa conquête, en deux temps, (- 720 pour le nord, – 586 pour le sud) par les Assyriens. C’est ce que nous enseigne l’archéologie la plus récente, loin parfois d’un certain « folklore littéraire » biblique.

 

Il est donc clair que Jérusalem prise comme capitale du Royaume de Juda est indissociable de l’essor de la communauté hébreue, juive en devenir, issue majoritairement de la tribu de Juda après la disparition des dix tribus du nord disparues (sauf environ 20 000 migrants partis au royaume de Juda) en déportation dans l’Orient assyrien après – 720.

 

On n’oubliera pas d’ailleurs que la tribu de Benjamin, toujours associée au royaume de Juda, y était pourtant totalement marginalisée, au point de disposer de sa propre capitale, Mizpah en Benjamin, qui deviendra capitale de la province de Yéhoud medinata, la province assyrienne puis perse correspondant au royaume de Juda conquis, avant qu’un nouveau gouverneur nommé par les Perses, Néhémie, ne vienne avec Esdras à Jérusalem (sans doute vers – 450) où un premier petit autel des sacrifices avait été reconstruit plus de cinquante ans plus tôt vers – 520, à la suite du premier retour de juifs consécutif à l’édit de Cyrus, sous la conduite de Zorobabel.

 

Si nous éviterons d’évoquer ici les controverses sur le royaume supposé de David et de Salomon et sur la nature du « Premier temple » qui n’apporteraient rien à notre argumentation, il est clair que ce « second temple » construit et développé en fait à l’époque de Néhémie va cristalliser la nation juive durant cinq siècles, jusqu’à sa destruction par Titus en + 70…

 

Il s’agit là de données archéologiques et historiques, écrites, aujourd’hui incontournables.

 

La vraie question est alors ce qu’il advint ensuite…

 

Il est clair que si la diaspora au long des voies romaines a débuté dans les deux premiers siècles de notre ère, il restait encore des juifs à Jérusalem…

 

Suffisamment en tout cas pour exercer des représailles sur les chrétiens émergeants…

 

De la domination romaine à la colonisation byzantine, des juifs sont resté en nombre à Jérusalem…

 

L’une de leur dernière manifestation historique sera l’effroyable massacre du réservoir de Mamilla.

 

En 614, les Juifs de Palestine se sont alliés à leurs coreligionnaires babyloniens pour prêter main forte aux Perses dans leur conquête de la Terre sainte. A la suite de la victoire perse, les Juifs ont perpétré un holocauste massif des Gentils de Palestine…

 

La relation d’Israël Shamir se passe commentaires : il y évoque 60 000 chrétiens, captifs rachetés aux Perses, puis égorgés dans le réservoir…

 

http://www.israelshamir.net/French/mamilla.shtml

 

Une page d’histoire, hallucinante de haine et de sauvagerie, à bien connaître, que les sionistes aujourd’hui ont tout fait pour minimiser et finalement occulter en détruisant le site devenu…un hôtel de luxe !

 

[NdCR. Entre-temps, alors que les Parthes Sassanides s'étaient emparés de tout le Moyen-Orient (Syrie, Palestine, Egypte) et de Jérusalem en 613 et emporté la relique de la Croix en 614, l'empereur romain d'Orient Héraclius (610-641) résolut de reconquérir la Cité sainte en lançant une formidable contre-offensive en 622, en Palestine, d'où il parvint à chasser les Parthes, ainsi que de toute l'Asie Mineure (la Turquie actuelle), de l'Egypte et de la Syrie. En 630, il résolut de ramener la relique de la Croix à Jérusalem. Le Ciel aida sensiblement le vaillant empereur : son armée courut de victoire en victoire ; une des conditions du traité de paix fut la reddition de la Croix de Notre-Seigneur dans le même état où elle avait été prise en 614. Quand il fut arrivé dans la Cité Sainte, il chargea la relique sur ses épaules ; mais lorsqu'il fut à la porte qui mène au Calvaire, il lui fut impossible d'avancer, à son grand étonnement et à la stupéfaction de tous : "Prenez garde, ô empereur ! lui dit alors le patriarche Zacharie ; sans doute le vêtement impérial que vous portez n'est pas assez conforme à l'état pauvre et humilié de Jésus portant sa Croix." Héraclius, quitta ses ornements impériaux, ôta ses chaussures, et, vêtu en pauvre, put gravir sans difficulté jusqu'au Calvaire et y déposer son glorieux fardeau. Pour donner plus d'éclat à cette marche triomphale, Dieu permit que plusieurs miracles fussent opérés par la vertu de ce bois sacré. À la suite de ces événements fut instituée la fête de l'"Exaltation de la Sainte Croix", pour en perpétuer le souvenir. Cependant, la même année 630, Mahomet conquit La Mecque dont les habitants adoptèrent la doctrine. En 638, menés par le calife Omar, son successeur, les musulmans s'emparaient pour la première fois de Jérusalem.]

 

Après cette date, force est de constater que les juifs disparaissent petit à petit de Palestine…

 

Au point qu’il n’existera plus qu’un petit quartier juif, résiduel, à Jérusalem…

 

Au point que lorsque le mouvement sioniste (alors russe) envisagera de réimplanter en nombre des juifs en Palestine, des financiers devront acheter des terrains hors les murs de Jérusalem pour construire des quartiers juifs, dont le plus emblématique, considéré comme le plus ancien est le célèbre Mea Shearim qui date en fait de 1860 !!!

 

Au point qu’un journaliste français, juif, André Lichtenberger apologisant l’installation des premiers sionistes dans un article célèbre du Petit Journal intitulé « Jérusalem ressuscitée » du 29 mai 1922, laissera échapper cette phrase, imprudente mais au combien significative, sur la population juive de Palestine du XIXeme siècle :

 

Il n’y avait pas 10.000 juifs en Palestine il y a un siècle ; il y en a aujourd’hui 80.000 dont 20.000 arrivés dans ces deux dernières années”.

 

http://jssnews.com/2015/05/23/jerusalem-ressuscitee-par-andre-lichtenberger-29-mai-1922/

 

Sans autre commentaire : les juifs reconnaissent eux même avoir quasi totalement déserté la Palestine depuis pratiquement quinze siècles !

 

 

Le « Mur des Lamentations » :

 

Une structure post christique paradoxalement cause indirecte de …la destruction du Temple !

 

Le fameux « Mur des lamentations » dit aussi « Mur occidental » est un segment de l’ouvrage d’art de soutènement de l’extension de l’esplanade du Temple entreprise par les souverains Hérodiens.

 

(Trait en rouge sur le plan : « mur occidental »).

 

D’abord, chacun peut le constater : il faut une sacrée dose de mauvaise foi pour associer cette structure au Temple, quand elle apparaît clairement à plus de cinquante mètre à l’ouest du tracé de l’enceinte proprement dite du Temple, ouvrage situé lui-même encore plus en retrait !

Plan du Mont des Oliviers

Plan du Mont des Oliviers

Mais au-delà du fantasme du « mur résiduel du temple après sa destruction » on doit d’abord s’interroger sur la date effective d’érection dudit mur.

 

Et là il va y avoir des grincements de dents…

 

L’homme par qui le scandale arrive est l’éminent archéologue israélien Ronny Reich qui va découvrir, au cours de ses fouilles, des pièces de monnaies enterrées en sous œuvre dans les fondations du mur !

 

Des pièces frappées à l’occasion de l’installation du procurateur Valerius Gratus, le prédécesseur de Ponce Pilate, venu entre + 17 et + 20 !

 

On notera au passage que l’existence de ces pièces n’implique pas du tout qu’elles aient été enterrées (ou perdues) dès leur frappe : elles ont pu se retrouver là beaucoup plus tard !

 

C’est donc un repère chronologique a minima !

"Mur des Lamentations" ou lamentations pour "le mur" ?

Il s’en suit que ce fameux mur, qui n’appartient pas structurellement au temple, n’a même pas été construit au temps d’Hérode dit le Grand (mort en + 4) mais ultérieurement par ses successeurs en complément des travaux d’extension qu’il avait entrepris sur l’esplanade !

 

http://www.lefigaro.fr/culture/2011/11/23/03004-20111123ARTFIG00667-le-mur-des-lamentations-n-a-pas-ete-construit-par-herode.php

 

Par ailleurs, à la différence des récits bibliques de l’Ancien Testament, compilés, repris, écrits et réécrits parfois cinq siècles plus tard à Babylone, les Evangiles sont des témoignages contemporains, écrits dans les décennies qui suivirent la mort du Christ. Or nulle part il n’est fait mention dans les descriptions, ayant le temple pour cadre, de l’existence de travaux d’importance en cours sur l’esplanade et à sa périphérie !

 

On a donc tout lieu de supposer que ces travaux de consolidation de l’esplanade n’ont commencé qu’après l’épopée christique, disons, pas avant + 35 !

 

Et là, malheureusement pour les propagandistes sionistes contemporains, c’est l’historien juif Flavius Joseph qui vient conforter cette hypothèse !

 

(On n’est jamais trahi que par les siens !)

 

Flavius Joseph affirme dans ses écrits que les travaux au Mont du Temple n’ont été terminés que par le roi Agrippa II, arrière-petit-fils d’Hérode à qui Néron (empereur romain de 54 à 68) attribuera une partie de la Pérée et de la Galilée.

 

Comme tous les membres de la dynastie fantoche asmonéenne, assise initialement par les occupants et toujours étroitement contrôlée alors par les Romains, Agrippa II aidera les légions de Titus à réprimer la Grande révolte juive de 66 jusqu’à la prise de Jérusalem et à la destruction du Temple (70).

 

Flavius Josèphe signale également que la fin du chantier avait laissé 18.000 travailleurs sans emploi ce qui aboutira à des émeutes locales récurrentes.

 

(On comprend qu’un chantier d’une telle importance n’aurait jamais pu être passé sous silence dans les Evangiles s’il avait été contemporain de l’Histoire du Christ!)

 

Selon certains historiens, ces mouvements sociaux sont d’ailleurs liés à l’éclatement de la Grande Révolte des Juifs de la province de Judée contre l’Empire romain en + 66 !

 

Ainsi donc ce fameux mur, dont l’achèvement se situe vraisemblablement en + 65, non seulement n’a rien à voir avec le Temple et son histoire mais n’aurait pas vu ledit temple plus de…cinq ans !

 

Pire, si on y réfléchit bien, l’édification de ce mur, par les désordres sociaux qu’elle occasionnera après sa réalisation, serait la cause initiale de la destruction du temple !!!

 

C’est bien là qu’on devrait comprendre la dénomination familière de « mur des lamentations »…

 

Tous ces éléments, les dirigeants israéliens les connaissent parfaitement : il est symptomatique de voir que avec quel empressement leur première réaction a été de souligner que cette résolution « jetait le doute sur les liens entre le Temple et le mur ».

 

En fait, vous l’aurez compris, il n’y a aucun « doute » à avoir sur la question : l’un n’a rien à voir ni historiquement, ni chronologiquement, ni géographiquement avec l’autre!

 

Les Palestiniens le savent aussi…

 

On ne peut tout de même pas condamner leur manque d’ignorance !

 

Mais c’est bien ce qu’auraient voulu les Israéliens !

 

Claude Timmerman

 

 

Source : Lamentations pour « Le mur », Media-presse.info, dans International / Israël — par Claude Timmerman — 17 octobre 2016

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Publié par Ingomer - dans Religion
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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 12:58
Jeudi 13 octobre 2016, anniversaire du miracle du soleil à Fatima, le Pape François a fait entrer la statue de Luther en grande pompe au Vatican

Jeudi 13 octobre 2016, anniversaire du miracle du soleil à Fatima, le Pape François a fait entrer la statue de Luther en grande pompe au Vatican. Il ensuite reçu en cadeau les 95 thèses de Luther et la charte œcuménique en édition prestigieuse.

 

Considéré comme le père de la Réforme protestante, Luther s'était insurgé en 1515 contre le Pape Léon X qui avait autorisé la vente d'indulgences pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre. Excommunié par le pape, Martin Luther, ancien prêtre augustinien, s'est ensuite marié avec une moniale avec qui il fera six enfants. Il est également connu pour s'être allié aux princes allemands contre le Pape afin de s'approprier les biens de l'Eglise sur leurs terres, non sans avoir au passage violé ou marié de force les religieuses dans tous les couvents qui s'y trouvaient. (1)

 

Le 13 octobre dernier, le pape François recevait un groupe de chrétiens allemands, catholiques et protestants. Il leur redit combien il était opposé aux chrétiens qui cherchaient à convaincre du bien-fondé de leur foi les non-chrétiens :

 

"Le prosélytisme est le pire ennemi de l'oecuménisme", a dit François.

 

Le souverain pontife a ensuite encouragé le groupe catholico-luthérien allemand à se rendre en Suède pour fêter, le mois prochain, le 500e anniversaire de la Réforme - et par conséquent du schisme - de Martin Luther. (2)

 

Cette initiative de François suscite le débat dans l'Eglise. Voici un message d'un internaute à Pro Liturgia, samedi, 15 octobre 2016 :

 

"Je crois qu’il y a un nouveau péché : essayer de faire l’apologie de sa propre religion ; essayer de convaincre ceux qui veulent bien écouter. C’est du moins ce que j’ai cru comprendre en liant les récentes homélies que fait le Pape à la messe du matin.

Pourtant, quand je lis les Evangiles, je vois que le Christ n’a jamais cessé d’essayer de convaincre. Il n’a pas réussi à convaincre tout le monde puisqu’il est mort sur la Croix. Cependant, avant de quitter cette terre, il nous a envoyé convertir les nations...

Nous n’agressons pas un interlocuteur en présentant et en défendant nos convictions. Par contre, on méprise toujours un interlocuteur en ne le croyant pas capable de recevoir une idée extérieure à lui, pas capable d’analyser ce qu’il entend et pas capable de répondre positivement s’il le souhaite.

Notre Pape considère qu’il ne faut pas essayer de convertir les protestants. De ce côté là, il peut être rassuré : ce n’est pas notre zèle qui va beaucoup perturber les luthériens, surtout si le schisme est un motif de joie et de célébrations pour le sommet de l’Eglise. Mais qu’ont fait des saints comme Saint François de Sales, Saint Pierre Canisius (qui ramena dans l'Eglise des régions entières d'Allemagne perdues dans le protestantisme) et bien d’autres (Saint Hilaire de Poitiers, l'Athanase de l'Occident contre les Ariens, Saint Polycarpe qui reconnut l'hérétique Marcion comme le "fils aîné de Satan", Saint Irénée, auteur du Contre les hérésies, saint Ignace d'Antioche, condamné aux bêtes à Rome et son "vos dieux sont des démons", saint Justin, le patron des philosophes et premier apologiste du christianisme, saint Martin de Tours, l'Apôtre des Gaules qui faisait abattre les arbres des faux dieux et remplaçait les temples païens par des églises et des oratoires, saint Augustin, le marteau du manichéisme et du pélagianisme, etc. Ndlr.) qui ont mis leur foi et leurs talents intellectuels au service de l’apologétique catholique ? Il faut préciser que ces saints n’étaient pas de cette Eglise moderniste et caoutchouteuse qu’on veut nous imposer aujourd’hui." (3)

 

Dans le Dr Martin Luthers Werke, édition dite de Weimar, tome XXX, p. 470, on peut lire Luther dans le texte :

 

"Si je veux dire : Que votre nom soit sanctifié ! il faut immédiatement que j’ajoute : Maudit, damné, honni soit le nom des papistes ! Si je dis : Que votre règne arrive ! je suis obligé de m’écrier tout aussitôt : Que la papauté soit maudite, damnée, écrasée !"

 

Le même “docteur”, cité par J. Janssen, dans "Histoire du peuple allemand depuis la fin du moyen âge", traduction française de E. Paris : L’Allemagne et la réforme, t. II, p. 187 :

 

"Ma gloire et mon honneur, et j’aspire à les mériter, c’est qu’un jour on puisse dire de moi que j’ai versé à pleines mains l’injure, l’outrage et la malédiction sur les papistes (...) Puisque je ne puis pas prier, je puis au moins maudire !" (4)

 

Au vu des malédictions jetées par l'hérésiarque sur le pape et l'Eglise, on s'interroge :

 

"On voit que "l'exorciste du Vatican" est mort. Ce cher Don Amorth... A-t-il un successeur ? Il aura du boulot..." (5)

 

Qui était Martin Luther ?

 

Martin Luther était le fils d'une famille paysanne déracinée, transplantée par la mutation économique de la Saxe, qui avait abandonné la terre pour tenter de mieux vivre à la ville. Certains ont attribué ce départ à un meurtre commis par son père, Hans Luther : s'étant querellé avec un paysan dans un champ, il l'aurait tué et aurait dû s'enfuir pour assurer sa sécurité.

 

Martin Luther racontera plus tard avec le plus grand sérieux que sa mère fut longtemps malade parce qu'elle subissait les enchantements d'une voisine qui avait commerce avec le démon; le tourment ne cessa que lorsqu'on eut apaisé la sorcière avec des présents. Quand le petit frère mourut, les parents et l'entourage imputèrent cette mort, inexplicable pour eux, à quelque maléfice.

 

Quelle est la doctrine de Martin Luther ?

 

En 1515, moine débauché (Luther entra chez les Augustins en 1505), il a perdu tout espoir de vaincre le péché :

 

"Dieu nous a imposé quelque chose d'impossible et qui dépasse notre pouvoir." Il dira même plus tard : "Tout ce qui est dans notre volonté est mal, tout ce qui est dans notre intelligence est erreur." Alors quelle solution reste-t-il à l'homme ? Le désespoir. Il ira jusqu'à écrire quelques quelques années plus tard : "Nous sommes les captifs du diable: il est notre prince et notre dieu; nous sommes contraints de faire ce qu'il veut et ce qu'il nous inspire." Mais Martin Luther pense avoir trouvé la solution au désespoir humain : la solution divine. Il est impossible à l'homme d'être vertueux, mais à Dieu, rien n'est impossible. Puisque martin Luther est incapable de faire du bien, même s'il pèche continûment, puisque sa volonté est radicalement mauvaise, le Christ, Lui, lui mérite le bonheur éternel... En somme, c'est pèche autant que tu veux, le Christ te sauve quand même.

 

"Sois pécheur, et pèche fortement, mais crois plus fortement encore, et réjouis-toi dans le Christ, qui est vainqueur du péché, de la mort et du monde", écrit-il. Le sens est : bien que tu pèches, et autant de fois pèches-tu, il n'y a pas à s'en formaliser, puisque Dieu nous justifie. La conséquence psychologique, c'est qu'il n'y a ni à éviter le péché, ni à le regretter, ni à s'en corriger. 

 

En même temps, ses confrères pieux, chastes, mortifiés, fidèles à la Règle, lui apparaissent comme des pharisiens, et bientôt des monstres.

 

En 1517, Luther est en possession de sa doctrine de l'inutilité des oeuvres; il l'approfondissait, il l'enseignait, il la prêchait.

 

Sur le zèle évangélisateur, le pape François, disciple de Luther?

 

Martin Luther a écrit :

 

"Ne nous tourmentons pas, Dieu agit pour nous; ne cherchons pas le zèle : nos oeuvres sont vaines ; mais jetons-nous avec foi en Jésus-Christ, qui nous a une fois pour toutes acquis le salut.

 

Cette doctrine est définitive chez Luther. Avec cette justification qui le sauve du désespoir, il va sauver les autres de l'enfer.

 

Luther oublie, par exemple, que depuis la primitive Eglise, et déjà dans la tradition juive, l'aumône est considérée comme une oeuvre pie, de même que la défense de la veuve et de l'orphelin.

 

Prêtres indignes et moines tièdes quittent leur état de sainteté par la grande porte. Ce sont eux qui rejoignent le Réformateur et célèbrent sa doctrine sur la nécessité de pécher... Il n'est absolument rien qu'ils ne s'imaginent être en droit de faire. Ils vont jusqu'à prétendre pouvoir maintenant voler, se parjurer, être adultères en toute sécurité de conscience. 

 

Un certain nombre de ses partisans, déçus, meurtris, dégoûtés, ne se contentèrent pas de critiques : ils retournèrent à l'Eglise catholique. L'un d'eux, Crotus Rubianus, écrivit :

 

"Il y a maintenant un tel débordement dans tous les genres de vices, qu'on se demande si des hommes qui n'auraient jamais entendu parler de Jésus-Christ pourraient vivre plus mal." Il énumère les débordements qu'il voit autour de lui: l'avarice, la fraude, l'orgueil, l'intempérance, la luxure , l'adultère. "Dites-leur, ajoute-t-il, que ceux qui se laissent rogner par ces maux (c'est une citation de saint Paul), et vous ne trouverez pas une âme pour vous écouter..." [Ne vous y trompez point: ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les rapaces ne posséderont le royaume de Dieu. 1 Corinthiens 6: 9,10]

 

En 1531, Crotus abjurera avec cette explication au duc Albert de Saxe :

 

"J'ai adhéré pendant plusieurs années au protestantisme. Quand je me suis aperçu qu'il était en désaccord avec lui-même, qu'il se fragmentait en sectes innombrables, et qu'il n'y avait rien qu'il ne souillait et s'efforçait de détruire, pas même ce qui vient des Apôtres, il me vint à la pensée que c'était probablement l'esprit malin qui, sous le masque de l'Evangile, nous trompait sous l'apparence du bien pour mieux nous absorber dans le mal. Dans ce moment, je résolus de retourner à l'Eglise où j'ai reçu le baptême."

 

Un autre Réformé, revenu de son erreur, Ulrich Zazius, de Fribourg, déclara :

 

"Je ne ferai pas au Dieu de vérité l'injure de croire que, pendant des siècles, l'Eglise ait pu nous tromper, malgré la promesse formelle qu'elle ne tomberait pas dans l'erreur."

 

En 1529, Theobald Gerlacher, dit Billikanus, soutenant sa thèse de doctorat en théologie, en profita pour déclarer solennellement :

 

"En ce qui concerne les luthériens, les zwingliens et les anabaptistes, cette peste abominable dont Dieu nous afflige en punition de nos fautes, et cela à cause de l'avarice, des mauvaises moeurs et de l'aveuglement des évêques, des prêtres et autres serviteurs de l'Eglise, je déclare publiquement qu'il se trouve aussi chez eux quelque bien, mais que c'est à la faveur de ce bien que s'est développé et se développera encore davantage tout le mal et le dangereux venin de ce schisme détestable."

 

Georges Witzel, alerté par la dégradation des moeurs écrivit :

 

"Enfin le Seigneur me fit tomber des yeux les écailles qui m'empêchaient de voir, arracha le voile grossier qui me couvrait le coeur, me retira de la synagogue luthérienne, et me la fit connaître totalement, telle qu'elle était.

 

L'Evangile sert de voile aux turpitudes de toutes sortes... Ils ont détruit, bouleversé, anéanti le culte et ses touchantes cérémonies, amoindri la prière, ridiculisé le jeûne, l'aumône, la pénitence et la charité. Le vice a violemment détrôné la vertu."

 

Petit curé, Simon Stumpf, qui devient l'ami de Zwingle en 1519, puis partisan zélé de Luther, abandonne le célibat sacerdotal en 1522. Et puis un beau jour, c'est le retournement contre Luther :

 

"Nous avons exalté cet homme immodérément, nous lui avons rendu des honneurs  qui ne sont dus qu'à Dieu seul; nous l'avons placé au-dessus de Moïse, des Apôtres et de Jésus-Christ lui-même, ce moine qui n'a pas encore su rendre sa conduite conforme à sa doctrine. Il a séduit et mis en émoi le monde entier, et il n'en dort pas moins tranquillement. Il a fait de telle sorte que l'on ne peut plus, actuellement, prêcher la Parole de Dieu dans sa pureté. Ses écrits ont fait un grand nombre de luthériens, mais aucun chrétien. On peut juger du maître par les disciples: lui-même, au lieu de prêcher le Royaume de Dieu et de son divin Fils Jésus-Christ, a prêché le monde; ses disciples, à leur tour, très savants de la science de Luther mais fort peu de la science divine, s'appliquent avec zèle au royaume du monde et du ventre, et remettent à plus tard la recherche du Royaume de Dieu et de sa justice."

 

Bientôt la lutte est engagée entre l'humanisme chrétien et le luthéranisme. Erasme, qui a abandonné le point de vue de la psychologie pour adopter celui de la théologie écrivit :

 

"Luther est séditieux non parce qu'il est emporté et indiscipliné, mais parce qu'il défend des doctrines contraires à la foi chrétienne." Et il ajoute : "Mais ni la mort, ni la vie ne pourront me séparer de la communion de l'Eglise catholique." Les théologiens de Wittemberg dirigèrent contre leur ancien sympathisant un tir d'autant plus nourri que leur espoir a été déçu. Ils ont déclenché contre lui, écrit Erasme, "un assaut violent d'injures publiques et de pamphlets agressifs."

 

Erasme se pencha alors, à partir de 1523 sur la doctrine luthérienne, et y releva "des paradoxes et des énigmes". Analysant la thèse indéfendable à ses yeux, de la "culpabilité de toutes les actions humaines, même celles des saints", celle de l'impossibilité du libre arbitre, terrain sur lequel il va engager bientôt les hostilités dogmatiques, il constate, comme beaucoup d'autres, qu'il s'est trompé sur l'intention et les résultats du projet luthérien, qu'il croyait une réforme morale de l'Eglise. Il dénonce à Barbirius, doyen du chapitre de Tournay, l'attitude des partisans du nouvel Evangile :

 

"Les uns n'y voient qu'un moyen commode de satisfaire leurs passions insensées et leurs appétits charnels; beaucoup, celui de s'approprier les biens ecclésiastiques; d'autres, une bonne occasion de dissiper leurs propres biens dans l'ivrognerie et la débauche, et de les récupérer ensuite par le vol et la rapine."

 

Annonçant à Hayo Hermann la prochaine parution de son travail, il prévoit combien celui-ci provoquera la rancune chez ces hommes, "qui ont le Christ et l'Evangile à la bouche et le diable dans le coeur."

 

Il reprend ce thème pour Theodor Hésius :

 

"Tous ont invariablement à la bouche les mots sacramentels d'Evangile, de Parole sainte, de Dieu, de foi, de Christ, d'Esprit-Saint - et je les vois pour la plupart se conduire de telle façon que je ne saurais douter qu'ils soient possédés du démon." L'ouvrage annoncé parut à Rotterdam (Erasme n'osant l'éditer à Bâle) le 1er septembre 1524 sous le titre : Diatribe sur le libre arbitre, ou contribution de Didier Erasme.

 

Il reproche à Luther et à ses partisans de jeter dangereusement dans le grand public des problèmes et des solutions qui troublent les âmes, les mènent au doute, à l'abandon, au péché. "L'esprit humain est habituellement épais, charnel, enclin à l'incrédulité, sujet au mal et porté au blasphème : point n'est besoin de jeter de l'huile sur le feu !"

 

Il rappelle le récit du Jugement dernier pour montrer l'importance des oeuvres :

 

"J'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger...",et aussi la malédiction sur les villes "qui n'ont pas voulu faire pénitence."

 

Il évoque Saint Paul, l'auteur préféré de Luther, commente le verset de l'épître aux Romains où Dieu rendra à chacun "selon ses oeuvres" (Rom. 2, 6), et la Première épître aux Corinthiens, et les deux épîtres à Timothée.

[NdCR. On peut ajouter l'épître de saint Jacques qui mentionne que sans les oeuvres la foi est morte. "Que sert-il, mes frères, à un homme de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les oeuvres? Est-ce que cette foi pourra le sauver?" Jc, 2, 14]

 

Les théologiens postérieurs estiment que la Diatribe, est tout à fait d'accord avec la doctrine de saint Thomas d'Aquin, et certains mêmes jugent que c'est chez lui qu'Erasme a puisé ses meilleurs arguments.

 

Luther est l'inventeur de l'étatisation du clergé

 

tous les biens ecclésiastiques privés de leurs possesseurs ou de leurs titulaires appartiennent au souverain; en retour, celui-ci veille aux revenus ou aux rémunérations du clergé réformé; enfin, le prince veille à la suppression de tout ce qui subsiste de catholique.

 

Un partisan du divorce et de la bigamie

 

A partir de 1520, il se montre partisan du divorce ou, à défaut, de la bigamie. A un correspondant, qui trahit sa femme, il conseille de l'abandonner pour trouver une épouse dans un autre milieu: ainsi, ayant contracté une nouvelle union, il ne commettra pas le péché d'adultère. Il préconise l'intervention du pouvoir civil: si une femme se refuse à son mari, "l'autorité temporelle doit agir contre elle: la contraindre ou la condamner à mort.... Que reste-t-il de la femme, "ce sot animal" pour Luther, devant le caprice de l'homme ? Le Réformateur répond :

 

"Les oeuvres de Dieu nous disent avec évidence que les femmes doivent servir au mariage ou à la prostitution."

 

En effet, pour Luther, la chasteté est une violence faite à la nature, et "quand on fait violence à la nature, les corps deviennent maladifs, débiles, mous, et sentent mauvais." Plus tard, fidèle à cette doctrine, il déclarera: "quiconque se sent un homme doit prendre une femme et ne pas tenter Dieu. Si les femmes ont un sexe (le mot allemand est plus cru), c'est pour offrir aux hommes un remède contre les pollutions et les adultères."

 

Les moines en rupture de Règle et les prêtres reconvertis en pasteurs ne connurent plus de borne à leurs fantaisies sexuelles. Au mariage illicite (nul selon l'Eglise qu'ils abandonnaient), s'ajoutèrent bientôt l'adultère public, le divorce, la bigamie. Le pasteur Michael Kramer fut trigame.

 

"Par suite de la propagation de l'Evangile, dit Luther à ses familiers, les paysans se sont portés à un tel degré de licence qu'ils se croient tout permis. Ils ne craignent plus ni enfer, ni purgatoire. Ils sont orgueilleux, grossiers, violents, cupides, prêts à toutes les escroqueries. - Nous avons la foi, disent-ils: cela doit nous suffire.

 

C'est encore dans ses propos de table qu'il se plaint de l'ignorance religieuse du peuple: il ne se soucie plus de la doctrine, et tombe dans l'aveuglement. "Il ne se laisse arrêter ni par les châtiments, ni par la discipline, ni par les convenances. Il se livre à toute les turpitudes. De là découle une situation brutale et diabolique, à laquelle l'avenir est interdit."

 

En 1592, parut à Rome, puis à Cologne l'année suivante, un ouvrage intitulé De Signis Ecclesiae. Il avait pour auteur l'oratorien Thomas Bozio qui avait été le confident d'un des domestiques de Luther qui avaient assisté à ses derniers moments; bouleversé par les circonstances de cette mort, il avait médité sur les évènements, s'était enfui àRome, et avait demandé sa réintégration dans l'Eglise catholique.

 

Et voici ce que ce serviteur avait raconté à Bozio. La nuit du 17 au 18 février, Luther, après avoir copieusement soupé, s'était couché de joyeuse humeur. Mais, se réveillant ensuite, il fut pris d'épouvante, et se pendit "au moyen d'un noeud coulant." De là, les symptômes relevés par les médecins. Les prédicants accourus ne purent que constater le fait. Ils firent jurer à tous les familiers de ne pas le divulguer, "pour l'honneur de l'Evangile."

 

Conclusion

 

L'historien Ivan Gobry, dans sa biographie de Luther, explique :

 

"A partir du moment où le dogme de la justification par la seule foi (sola fide NdCR.) qu'il (Luther) proclamait hautement se trouvait en contradiction avec la doctrine de l'Eglise, il devenait hérétique.

 

Au début, les humanistes, qui lisaient ses oeuvres latines, s'y trompèrent, et Erasme tout le premier. Mais ils constatèrent bientôt que, bien loin de vouloir la correction des moeurs, Luther, par sa doctrine sur la nécessité du péché, ne faisait que légitimer le désordre établi, et de plus le faisait pénétrer là où il n'était pas encore installé. Bien loin d'appeler les moines à aimer le voeu de chasteté, il les excitait par des appels pressants à la luxure; bien loin d'appeler à aimer le voeu d'obéissance, il les poussait ouvertement à la révolte. La pratique n'avait plus d'importance; ce qui comptait, c'était la doctrine - celle de la justification par la foi seule. Il n'y avait plus qu'à pécher tout son soûl. Et comme les oeuvres devenaient inutiles, il n'y avait plus qu'à fermer les couvents, à manger du lard le vendredi et traîner les lupanars.

 

... Ainsi non seulement Luther, au lieu de sauver l'Eglise moralement, l'a enfoncée, en Allemagne du moins, dans sa misère morale, mais au lieu de la retirer à l'emprise du pouvoir politique, il l'y a soumise. L'Eglise de l'Esprit fut un mythe passager. Au lieu de soustraire l'Eglise au bras séculier, il l'y a enchaînée, tant par les sécularisations que par le remplacement de l'autorité de l'évêque par l'autorité du prince." (6)

 

Au vu de cet ensemble de faits, montrant une doctrine luthérienne ruinant la morale, contredisant la doctrine de l'Eglise sur le salut par la foi et les oeuvres, des malédictions ouvertement jetées contre le pape et les "papistes", l'opposition des humanistes chrétiens au protestantisme, une doctrine religieuse luthérienne ruinant le statut et les droits des femmes, l'Eglise catholique peut-elle, sans contradiction et sans dommage pour le salut des âmes, s'associer à l'initiative de François de fêter le mois prochain le 500e anniversaire du schisme de Martin Luther ?

 

Sources

 

(1) Diakonos.be

(2) Pro Liturgia, Actualité du vendredi 14 octobre 2016

(3) Pro Liturgia, Actualité du samedi 15 octobre 2016

(4) Le Forum catholique

(5) Le Forum catholique

(6) Ivan Gobry, Luther, biographie, édition La Table Ronde, Paris 1991, p. 10, 15, 91, 92, 200, 223, 230, 234, 235, 236, 237, 286, 289, 299, 302, 319, 333, 460, 461, 467, 468

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 05:59

Un puissant éclair a frappé le dôme de la Basilique Saint-Pierre ce matin, à environ 09:20, en la fête de Notre-Dame du Saint Rosaire (7 octobre).

Les proches du Vatican, gardes suisses et propriétaires de magasins locaux, ont senti le choc.

Un propriétaire du café-bar local italien a déclaré : «Tout tremblait. Je pouvais le sentir dans mes poumons. Ce fut comme si l'air avait été suspendu pour un moment.»

La dernière fois que ce phénonème s'est produit fût le 11 février 2013 - fête de Notre-Dame de Lourdes - quelques heures après que Benoît XVI eût annoncé sa démission.

La foudre frappe de nouveau le dôme de St-Pierre-de-Rome

Source

le Forum catholique

 

Un rapport avec cette autre information :

 

Mgr Stephan Burger, Archevêque de Freiburg (D), a annoncé que la Conférence des évêque d’Allemagne autorisera bientôt que la communion eucharistique puisse être donnée aux “divorcés-remariés”. Et ce, en plein accord avec les enseignements d’ “Amoris laetitia”... (Source : “Konradsblatt”, bulletin diocésain de Karlsruhe.) ?

Pro Liturgia, Actualité du vendredi 7 octobre 2016

 

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 13:00
Le célèbre exorciste Gabriele Amorth est décédé à l'âge de 91 ans

Auteur de plusieurs livres sur l'exorcisme, le prêtre romain a réuni des combattants du diable dans le monde entier

 

Le 16 septembre 2016

 

"Le Père Gabriele Amorth, peut-être l'exorciste catholique le plus connu dans le monde, est décédé à l'âge de 91 ans, selon les médias italiens.

 

Le Père Amorth, qui a souvent fait les manchettes au-delà du diocèse de Rome, où il était l'exorciste officiel, avait été hospitalisé pendant plusieurs semaines en raison des complications d'une pneumonie à l'hôpital... selon la Corriere delle Sera.

 

Né à Modène le 1er mai 1925, le Père Amorth a rejoint la Société de Saint-Paul à Alba en 1947, et a été ordonné à Rome en 1951. En 1985, il a été nommé exorciste du diocèse de Rome par le Cardinal Ugo Poletti.

 

Il a réalisé 70.000 exorcisme environ, répétant souvent le rite sur les mêmes personnes, a noté CNA.

 

En mai 2013, il déclara à CNA que le pape François a réalisé un exorcisme sur la Place St Pierre sur un homme, réputé possédé, en utilisant une prière de délivrance au lieu du rite ordinaire.

 

Au fil des ans, le Père Amorth a publié plusieurs livres, dont Un Exociste raconte son histoire; Mémoire d'un exorciste: Ma vie combattant Satan; Un Exorciste : D'autres histoires; et Un Exorciste explique le démon : l'Antiquité de Satan et son armée d'anges perdus.

 

Il a conseillé que la bataille contre Satan commence dans la famille. La raison pour laquelle plusieurs individus deviennent mauvais est souvent parce beaucoup de jeunes "vivent sans savoir que le fait d'être enfant est sacré", et cependant ne savent pas ce que cela signifie être un bon père ou mère, dit-il.

 

En 1991, il a fondé l'Association internationale des exorcistes.

 

He performed an estimated 70,000 exorcisms, often repeating the rite on the same persons, CNA noted. - See more at: http://aleteia.org/2016/09/16/romes-celebrated-exorcist-gabriele-amorth-is-dead-at-age-91/?utm_source=Facebook&utm_medium=aleteia_en&utm_campaign=english_page#link_time=14740602

Le 8 septembre, le Père Amorth avait reçu la "Médaille de la Libération" des mains du préfet de Rome, Paola Baseline, en présence du ministre de la Défense Roberta Pinotti pour l'important rôle qu'il joua comme partisan en Emilie après le 8 septembre 1943."

 

Source : Aleteia.org

via Le Forum catholique

 

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