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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 07:35

La plupart des catholiques ne sont pas conscients qu'il y a eu, au cours de l’histoire de l’Eglise, des pape qui soit ont enseigné des hérésies, soit ont échoué dans leur devoir de réprimer l’hérésie. Or, ce qui est arrivé autrefois peut se produire de nouveau.

Un pape jouit de la pleine infaillibilité promise par le Christ uniquement quand il remplit chacune des conditions suivantes :

- il enseigne sur une question de foi et de morale,

- il enseigne au monde entier,

- il enseigne après une longue consultation des évêques et des théologiens,

- il proclame son enseignement d’une manière solennelle devant une grande assemblée de cardinaux, de patriarches, d’évêques, de prêtres et de laïcs.

Si ces conditions ne sont pas toutes remplies, le pape ne fait que donner une conférence de presse et ne bénéficie pas du charisme de l’infaillibilité promise par le Christ. (1)

Mgr René Henry Gracida, Evêque émérite de Corpus Christi (Texas)

Certains papes n'ont pas été de grands exemples pour l'Eglise

L’histoire nous montre que si un grand nombre de papes ont fait preuve de sainteté (plus de 80 ont été canonisés), parmi tout ceux qui ne sont pas considérés comme saints, on en trouve qui n’ont pas été de grands exemples pour l’Eglise. (2)

 

Au IVe siècle, sous la pression politico-théologique des ariens, le pape Libère (352-356) a condamné le héraut de l’orthodoxie saint Athanase d'Alexandrie. En outre, il a signé une déclaration équivoque qui pouvait être interprétée dans un sens arien aussi bien que catholique... Certes, il a ensuite enduré l’exil avec un certain courage, mais il fut tout de même le premier pape après Saint Pierre à n’être pas reconnu saint.

 

Au VIIe siècle, pour justifier un arrangement avec les hérétiques, le pape Honorius (625-638) déclara en 634 : “Nous devons faire attention de ne pas raviver les querelles anciennes.” A partir de cet argument, le pape permit la libre propagation des erreurs avec comme résultat le bannissement de la vérité et de l'orthodoxie... S. Sophrone de Jérusalem, presque seul, s’oppose à Honorius et l’accuse d’hérésie. Le pape, finalement, se repent, mais il meurt sans réparer le préjudice incommensurable qu’il a fait à l’Eglise... en cherchant toujours les compromis. Le troisième concile de Constantinople (680-681) le considèrera anathème, jugement qui sera confirmé par le pape saint Léon II.

 

Le pape Nicolas Ier (858-867) avait enseigné que le baptême était valide, qu’il soit administré au nom des trois personnes de la Sainte Trinité ou au seul nom du Christ. Il se trompait. Le baptême administré au seul nom du Christ est invalide.

 

Le pape Etienne VI (vers 896-897) : exerçant son pouvoir dans une période de troubles politiques et religieux, il fait exhumer et mettre en jugement le corps d’un de ses prédécesseurs (le pape Formose). Après condamnation du défunt (!), il fait ôter les vêtements du cadavre, fait couper deux doigts puis jette le corps dans le Tibre.

 

Le Pape saint Célestin V (1294) : ce saint moine est un administrateur totalement incompétent. Au milieu d’agitations il démissionne six mois après son élection.

 

En 1305, le pape Clément V, créature du roi de France Philippe le Bel (1285-1314) promet tout pour son élection; il se voit contraint de prononcer la dissolution de l'Ordre des Templiers... (bulles Faciens misericordiam, du 12 août 1308 et surtout Vox in excelso du 22 mars 1312 sanctionnant le Procès intenté par Philippe le Bel aux Templiers) sur la base d'accusations fantaisistes et mensongères.

Premier roi de France à enfreindre le Testament de S. Rémi, Philippe le Bel, influencé par les légistes imbus de droit romain, introduisit chez nous les erreurs de l'absolutisme et du gallicanisme. C'est un conflit fiscal qui déclencha la rupture entre le pape Boniface VIII et le roi. Le pape ne refusait pas de contribuer aux charges, mais il défendait le principe que l'impôt devait être consenti et voté avant d'être levé (bulle Clerici laïcos de 1296). En 1297, il autorisa et favorisa la levée de nouveaux décimes et renonça à un droit que jusqu'alors tous les souverains de France avaient reconnu au Saint-Siège. En 1302, il ne fit que demander le maintien de la législation en vigueur, exigeant le consentement du clergé contribuable pour la levée des décimes. Philippe refusa. Le pape l'excommunia, et le roi répliqua par l'attentat d'Agnani en 1303, un coup de main sur un pape âgé de 85 ans, giflé d'un gantelet de fer par Sciarra Colonna. Le pape en mourut de chagrin un mois plus tard, le 11 octobre 1303. Ce fut alors le premier crime contre la papauté depuis Clovis, depuis 900 ans...  Un crime national. Après le bref pontificat pacificateur de Benoît XI (1303-1304), Philippe le Bel parvint à faire élire pape le cardinal archevêque de Bordeaux, Bertrand de Got, sous le nom de Clément V. Celui-ci promit tout, notamment la condamnation de la mémoire et la suppression de tout souvenir se rapportant à Boniface VIII, et la suppression de l'Ordre du Temple.... Harcelé par Philippe le Bel, Clément V se trouva acculé, forcé de prononcer la dissolution de l'Ordre. Non contents de mettre la main sur les biens du Temple, soit en totalité, soit en partie, Philippe le Bel et Clément V s'entendirent pour mettre leurs mains sur... les libertés de l'Eglise de France et sur le droit d'élection. Clément se réserva de nommer les évêques des diocèses vacants. Le roi le laissa faire, à la condition que les choix tomberaient... sur ses créatures. Philippe le Bel méconnut ainsi l'ordonnance mémorable de son aïeul Saint Louis, qui garantissait la liberté des élections des églises cathédrales et des autres églises (Ordonnance de Saint Louis du mois de mars 1268). [Cf. Giorgio PERRINI, Aveux des Templiers, Edition Jean de Bonnot, 1992, p. 58-86; Jean GUIRAUD, Histoire partiale, Histoire vraie, I, Des Origines à Jeanne d'Arc, Neuvième édition, Gabriel Beauchesne et Cie Editeurs, Paris 1911, p. 317-325; et Régine PERNOUD, Les Templiers, Presses Universitaires de France, Que Sais-je ?, Vendôme 1974.] [Conséquences de l'infraction au Testament de S. Remi : fin des Capétiens directs et Guerre de Cent Ans...]

 

Lors de la fête de la Toussaint de 1331, le pape Jean XXII (1316-1334), alors à Avignon, enseigne que l’âme ne peut pas entrer dans la vision béatifique de Dieu tant que la résurrection des corps qui doit se faire au dernier jour n’a pas eu lieu. Les théologiens de l’Université de Paris reprennent le souverain pontife en lui montrant que son enseignement est une hérésie (Exemple: le bon larron Dismas sur la croix auquel le Christ Notre Seigneur dit: "Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis". Lc 23:43). Ce n’est que peu de temps avant sa mort en 1334 que Jean XXII reconnaîtra son erreur et s’en rétractera.

 

Le Pape Alexandre VI (1492-1503) : le “fameux” pape Borgia, élu par l'influence d'une puissante famille italienne, est coupable à la fois de népotisme et d’avoir une maîtresse. D’autres papes élus durant la Renaissance auront une vie opulente et mèneront des guerres pour favoriser leurs intérêts. Une réforme sérieuse n’aura eu lieu que lorsque le pape Paul III engagera ce qui va devenir le Concile de Trente, dont les décisions seront mises en œuvre par le pape saint Pie V (1566-1572).

 

Le pape Jean-Paul Ier (1978) : il décède subitement après un pontificat de seulement 33 jours. Il nous a donne toutefois donné une idée assez juste de ce qu’est le travail de la Providence divine : ce qu’on a retenu de lui étaient son sourire et son goût pour les œuvres de Mark Twain... Mais sa mort a ouvert la voie à l’élection du Pape Jean-Paul II qui a eu à diriger l’Eglise durant une époque périlleuse dans l’Histoire catholique et qui a été considéré comme saint.

 

Ces exemples montrent bien que le choix d’un pape n’offre aucune garantie.

 

... Le Christ n’a jamais garanti d’avoir des cardinaux capables de choisir le meilleur d’entre eux pour être pape. Il n’empêche donc pas les électeurs membres du Collège des cardinaux de moins de 80 ans de succomber à certaines influences : l’ignorance, le mensonge, la partialité, les objectifs mal conçus et les tentations de toute nature, y compris celles qui sont d’ordres politique et financier. Personne n’ignore, d’ailleurs, qu’il y a eu dans l’histoire de l’Eglise des périodes au cours lesquelles l’office pontifical avait été acheté et vendu sous l’influence de dirigeants politiques puissants ou de familles influentes...

 

Parmi les faiblesses des cardinaux électeurs, il en est une qui est et sera toujours bien présente : l’ignorance. Des cardinaux venant du monde entier ne peuvent pas, dans la plupart des cas, bien se connaître. Donc, ils votent souvent en se fiant à des impressions incomplètes ou même inexactes concernant les forces et des faiblesses des différentes personnes susceptibles de succéder à Saint Pierre. Ils voteront parfois pour un candidat particulier auquel on attribue des capacités qui, par la suite se révèleront être inexistantes. Enfin, beaucoup de cardinaux s’appuieront sur les conseils d’autres cardinaux en qui, sagement ou imprudemment, ils placent leur confiance.

 

Heureusement, quoi qu’il advienne, l’Eglise catholique jouit des garanties divines. Toutefois, elles ne sont pas nombreuses. Le Christ n’a promis que d’être avec l’Eglise jusqu’à la fin des temps en l’assurant que les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle (Mt 16:18). Cela signifie essentiellement que le Saint-Esprit ne permettra pas que soit perdue la constitution divine de l’Eglise (sa structure hiérarchique), et garantira que la plénitude de tous les moyens de salut sera toujours disponible dans l’Eglise.

 

Ainsi, les sacrements de l’Eglise seront toujours de puissantes sources de grâce, les enseignements magistraux de l’Eglise seront toujours exempts d’erreur et l’Eglise restera le Corps mystique du Christ placé sous l’autorité du Seigneur représenté sur terre par son Vicaire ; le successeur de Pierre.

 

De même, la transmission de l'office papal et des offices sacerdotaux, est assurée jusqu'à la consommation des siècles et le retour glorieux du Seigneur. Le Christ n’a pas été un vagabond, prêchant au hasard, il a constitué un noyau, les "Douze", à qui il a promis l’envoi de l’Esprit Saint. Les apôtres ont eu le souci dès le début, de ne pas laisser chaque communauté s’en aller à la dérive..., chacune suivant son penchant naturel. S. Paul repasse dans les communautés qu’il a fondées et leur envoie des lettres, les "épîtres". S. Pierre recommande aux "anciens en fonction" de paître le "troupeau de Dieu" qui leur est confié et aux "jeunes gens" d'être "soumis aux anciens" (1 P 5:1-2). A Thimothée, un converti du paganisme, S. Paul rappelle le "don spirituel que Dieu a déposé en toi par l'imposition de mes mains" (1 Tm, 4: 14; et 2 Tm 1:6), la mission principale de Timothée est de "garder le dépôt" (1 Tm 6,20 ; 2 Tm 1,14). Et ce dépôt doit être transmis à d'autres de génération en génération : "Ce que tu m’as entendu dire en présence de nombreux témoins, confie-le à des hommes dignes de foi qui seront capables de l’enseigner aux autres, à leur tour" (2 Tm 2:2). Le "dépôt" : il s'agit de l'amour de Dieu qui appelle (1 Th 1:4; 1 Th 2:12), de la foi en la Trinité de "Dieu le Père, et le Seigneur Jésus-Christ" et l'"Esprit-Saint" (1 Th 1-5; 1 Th 4:8), la foi dans la mort et la résurrection du Christ (1 Th 1-10 ; 1 Th 4:14), l'attente du retour du Christ (1 Th 3:13; 1 Th 5:23), la croyance dans la résurrection de ceux qui sont morts dans le Christ (1Th 4:16), la persévérance dans la persécution (1 Th 2:14-16), l'amour fraternel (1 Th 4:9) et le caractère collectif et solidaire des premières communautés chrétiennes (1 Th 4:6-9). Ainsi, le souci de la continuité, la transmission de la charge par les apôtres, le titre de "pasteurs" (1 P 5:2), titre qui convient d’abord au Christ et que Jésus avait donné à Pierre, sont et resteront autant de traits particuliers de l'Eglise universelle.

Sources

 

(1) Mgr René Henry Gracida, Evêque émérite de Corpus Christi (Texas), Entretien au New York Times, Matt C.  Abbott, Pro Liturgia, Actualité du Mardi, 18 octobre 2016

(2) D'après Jeffrey Mirus, docteur en philosophie, université de Princetown (EU). Trad. DC/APL. Pro Liturgia, Actualité du samedi 4 mars 2017

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Publié par Ingomer - dans Religion Histoire
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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 18:37
Choquant : un prélat du Vatican représenté dans une fresque homosexualiste dans une cathédrale

L’été dernier, le pape François nommait Mgr Paglia président de l’Académie pontificale pour la Vie et Grand-Chancelier de l’Institut pontifical Jean-Paul II. Ce qui en fait un quelque sorte le Ministre de la Famille du Vatican.

Or, Mgr Paglia traînait déjà derrière lui une réputation sulfureuse, notamment pour avoir ruiné son diocèse de Terni avant d'être nommé au Vatican.

La semaine dernière, il avait fait scandale pour avoir fait l’éloge public de Marco Pannella, un député italien radical de gauche ouvertement bisexuel qui a milité toute sa vie pour l’avortement, le mariage gay, les unions libres et combattu la conception chrétienne de la famille.

Aujourd'hui, un journal américain révèle que Mgr Paglia a également profané sa cathédrale de Terni en commandant une gigantesque fresque érotique gay dans laquelle un Jésus à moitié nu porte des filets remplis de jeunes garçons nus engagés dans des scènes lascives. [Selon l'article du site "Life Site", la fresque, aussi, "dépeint Jésus portant des filets au ciel remplis d'homosexuels nus et semi-nus, de transsexuels, de prostituées et de trafiquants de drogue, confondus dans des interactions érotiques." NdCR.] L'artiste, Ricardo Cinalli, un homosexuel argentin spécialisé dans les nus, avait été choisi parmi dix autres artistes par Mgr Paglia. Il a précisé au cours d'une interview qu’il a travaillé main dans la main avec Mgr Paglia pendant plusieurs mois et que Mgr Paglia avait personnellement approuvé chaque détail de cette fresque dans laquelle rien n’avait été laissé au hasard.

L’artiste précise que pour peindre le Jésus de la fresque, représenté dans un vêtement transparent et moulant, il a pris pour modèle son coiffeur parce qu’il estimait que les gens avaient souvent une image “trop virile” du Christ.

 

L’artiste a également représenté Mgr Paglia lui-même, à sa demande, dans les filets, embrassant un homme barbu vêtu uniquement d'un pagne.

L’archevêque Paglia a d'ailleurs récidivé il y a peu : en 2016, le Conseil pontifical pour la famille publiait sous sa direction un programme d’éducation sexuelle contenant des images pornographique tellement scandaleuses qu’un psychologue avait suggéré qu’il soit examiné par une commission chargée de protéger les enfants contre les abus sexuels parce que ces images correspondaient à celles qu’échangeaient entre eux les prédateurs d'enfants.

L’une des premières décisions prise par Mgr Paglia après avoir été nommé à l’Institut Pontifical Jean-Paul II sur le mariage et la famille a d’ailleurs été de supprimer l’obligation faite à tous les membres de signer une déclaration de fidélité à l’enseignement de l'Eglise sur la famille. Il y a quelques jours, Mgr Paglia a licencié les 172 membres de cet organisme, ce qui signifie que lui et son entourage sont aujourd’hui seuls aux commandes d’un institut vide.

La nomination de Mgr Paglia à la tête du Conseil pontifical pour la famille avait été acclamée par le Grand Orient démocratique italien dans un communiqué daté des 27-28 juin 2012 qui disait : « Nous nous félicitons du choix d’un des rares hommes d’Eglise qui méritent véritablement l’estime, la considération et l’affection du peuple catholique. Il représente une lumière d’espérance pour ceux qui ne se résignent pas à voir totalement oubliée la grande époque réformatrice du Concile Vatican II. »

 

Contacté par les journalistes, Mgr Paglia a refusé tout commentaire.

 

Qu'on se rassure : le pontificat de Jorge Bergoglio n’a pas fini de nous étonner... et de nous faire fuir.

La cathédrale de Mgr Paglia n'est pas la première de ce genre. Il y eut en 2011 les nouveaux vitraux de la cathédrale de Rodez. Mais s'il fallait s'approcher pour y voir des images profanes de pénis et vagin, cette fois la fresque de Mgr Paglia est beaucoup plus explicite.

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Publié par Ingomer - dans Religion
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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 13:40
Vatican : Des cardinaux qui ont soutenu l'élection de Jorge Bergoglio demandent à présent sa démission

Des cardinaux qui avaient vivement soutenu l’élection de Jorge Bergoglio au pontificat suprême souhaitent à présent la démission de François. Ils craignent que les réformes irréfléchies du Pape conduisent l’Eglise vers un schisme. Il faut préciser que ces cardinaux ne sont pas considérés comme des conservateurs ou des traditionalistes, bien au contraire.

 

Source : Kathnet.

 

Un article du “Times” rapporte que les cardinaux libéraux qui ont œuvré pour faire élire le Cardinal Bergoglio à la tête de l’Eglise sont à présent convaincus qu’il est entrain de conduire l’Eglise vers un schisme et se disent prêts à quitter le navire. Cela vaut la peine de s’enregistrer sur le site internet du “UK Times” pour lire cet article en entier.

[...] Quelles que soient les opinion au sujet de ce pontificat - positive, neutre ou négative - il est évident pour tous que quelque chose ne tourne pas rond à Rome. Le mot qui vient spontanément à l’esprit est “dysfonctionnement”.

La réforme des finances du Vatican est abandonnée ; les cardinaux s’attaquent les uns les autres ; les réponses à apporter aux problèmes d’abus sexuels au sein du clergé sont mises en veille ; certains évêques s’expriment de façon diamétralement opposée à d’autres... Ce n’est pas là une Eglise “en ébullition” telle que François disait la désirer : c’est une Eglise à la dérive, qui a perdu toute direction.

Si tout cela s’était passé sous le pontificat de Benoît XVI ou de Saint Jean-Paul II, les médias s’en seraient donnés à cœur joie pour pousser la Curie à un vote de non-confiance. Au lieu de cela, les médias libéraux sont trop heureux d’aider François à se tirer d’affaire ; car ces médias-là aiment la direction vers laquelle se dirige l’Eglise : elle mène vers un schisme, la discorde, la confusion et le chaos.

En tant que catholiques convaincus, nous ne pouvons pas détourner les yeux de ce qui risque d’advenir. En ce début de Carême, je nous exhorte tous à redoubler d’effort dans notre prière et notre jeûne en faveur de la papauté en général et du Pape François en particulier. Et je presse chacun d’entre nous, en privé et en public, de parler de ce qui est entrain d’arriver. Enfin, dans la mesure de vos possibilités, et toujours avec une grande charité, je vous presse d’encourager vos prêtres et vos évêques et de leur demander de défendre l’enseignement constant et éternel de l’Eglise.

 

D’après Tom Peter. Trad. MH/APL

 

Pro Liturgia, Actualité du vendredi 3 mars 2017

Vatican : Des cardinaux qui ont soutenu l'élection de Jorge Bergoglio demandent à présent sa démission

Tout au long de ce Carême, continuons nos prières pour le pape et le bon gouvernement de l'Eglise.

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Publié par Ingomer - dans Religion
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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 11:39

Des forces envoyées par lui surgiront, profaneront le Lieu saint, la citadelle ; elles feront cesser le sacrifice perpétuel et établiront l’Abomination de la désolation.
Ceux qui transgressent l’Alliance, il en fera des renégats par ses intrigues, mais le peuple de ceux qui connaissent leur Dieu réagira fermement.
[...]
Le roi agira selon son bon plaisir, il s’élèvera et s’enflera d’orgueil au-dessus de tout dieu. À propos du Dieu des dieux, il dira des choses aberrantes. Il réussira jusqu’à ce que la colère soit à son comble, car ce qui a été décidé s’accomplira.
Il n’aura d’égard ni pour le dieu de ses pères, ni pour le dieu favori des femmes, il n’aura d’égard pour aucune divinité, car il s’enflera d’orgueil au-dessus de tout.
À leur place, il honorera la divinité des citadelles, une divinité inconnue de ses pères ; il l’honorera avec de l’or, de l’argent, des pierres rares et des objets précieux. Il interviendra contre les fortifications des citadelles avec l’aide d’une divinité étrangère.

Livre de Daniel, XI, 31-39

Des nouvelles inquiétantes (non encore confirmées officiellement) annoncent que le pape François préparerait dans le plus grand secret une messe sans consécration... Pour faire l'"unité" avec les protestants, les paroles de la consécration seraient supprimées.  Vers l'abolition du Saint Sacrifice annoncé en Daniel 11, 31 ?

LE VATICAN PRÉPARERAIT UNE MESSE ŒCUMÉNIQUE DANS LE PLUS GRAND SECRET AVEC UNE CONSÉCRATION SILENCIEUSE

 

Il ne s'agit encore que de rumeurs et il faut donc prendre ces informations avec un grain de sel, voire même deux ou trois. Mais le fait qu'elles circulent est déjà un signal et les antennes de ceux qui m'en ont parlé sont en général fiables.

 

Nous écrirons donc tout ceci au conditionnel. Une commission mixte composée de luthériens et d'anglicans liés par le secret travaillerait actuellement pour mettre au point une forme de messe à laquelle pourraient participer les fidèles des trois confessions chrétiennes. Il n'est pas question des orthodoxes. Il ne semble pas qu'il y ait de documents écrits et tout cela n'en serait qu'au niveau de conversations.

 

L'hypothèse prévoirait une première partie de la liturgie de la parole qui ne pose pas de problème; après la reconnaissance des péchés, la demande de pardon à Dieu et la récitation du Gloria, on poursuivrait par les lectures et l'Evangile.

 

La commission plancherait actuellement sur la problématique du Credo. Les Eglises protestantes, même si elles reconnaissent le Symbole de Nicée-Constantinople, récitent de préférence le Symbole des apôtres. L'Eglise catholique les alterne. Au fond, même ce point ne devrait pas constituer un problème majeur.

 

Tout comme la présentation des dons qui, même si elle devra être étudiée avec attention, ne semble pas présenter d'obstacles majeurs au projet.

 

Le nœud central concerne l'eucharistie. La vision catholique de l'eucharistie diverge profondément de la vision luthérienne et de celles des autres confessions protestantes. Et il va de soi qu'à ce moment aussi fondamental au cours lequel, pour les catholiques, se déroule la transsubstantiation (mais pas pour les protestants), la liturgie ne peut pas être différente pour les différents célébrants.

 

Comment célébrer une liturgie commune alors que la définition alors que les définitions de ce qui s'y passe réellement à son point culminant divergent?

 

Une des possibilités envisagées serait le silence. C'est-à-dire qu'après le Sanctus, au moment où le célébrant prononce les paroles: "Toi qui es vraiment saint, toi qui es la source de toute sainteté, Seigneur, nous te prions" les célébrants se tairaient et chacun répéterait mentalement "sa" formule.

 

La parole reviendrait dans les assemblées avec la récitation du Notre Père. La façon dont devraient se former les files pour recevoir l'eucharistie n'est pas encore très claire.

 

Voilà ce que nous avons entendu et dont nous vous informons. Une confirmation partielle du fait que ces travaux sont en cours se trouve dans cet article de Luisella Scrosati dans La Bussola Quotidiana évoque un tour de passe-passe trouvé par le Conseil pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens, à l'époque présidé par le Cardinal Kasper, qui consisterait à recourir à l'Anaphore d'Addai et Mari qui est une prière de l'Eglise assyrienne d'Orient, plus connue comme Eglise nestorienne (Une Eglise orthodoxe des deux conciles).

 

> Le travail de sape pour une messe "œcuménique"

http://www.lanuovabq.it/…/articoli-il-lavorio-carsicoper-un…

 

Cette prière ne contient pas les paroles de la consécration sinon, comme l'affirme le document datant 2001, "non pas sous la forme d'une narration cohérente et ad litteram, mais de manière eucologique et disséminée, c'est-à-dire qu'elles sont intégrées aux prières d'action de grâce, de louange et d'intercession qui suivent."

 

> Orientations pour l'admission à l'Eucharistie entre l'Eglise chaldéenne et l'Eglise assyrienne d'Orient

http://www.vatican.va/…/rc_pc_chrstuni_doc_20011025_chiesa-…

 

Autrement dit, elle ne contient pas de façon explicite les mots 'ceci est mon corps... ceci est la coupe de mon sang' mais ceux-ci sont 'dispersés' dans les prières qui composent l'anaphore. Une véritable aubaine pour pouvoir justifier la création d'une nouvelle prière eucharistique sans les paroles de la consécration susceptibles de heurter les frères protestants.

 

Cette liturgie était uniquement réservée à l'Eglise chaldéenne et à l'Eglise assyrienne en cas de problèmes pastoraux [dus à la coexistence de ces deux communautés dans la diaspora au Kurdistan, le document mentionne explicitement qu'elles partagent la même foi eucharistique sur la présence réelle, NdT].

 

Mais naturellement, un détail aussi insignifiant n'aura aucun poids dans la fièvre œcuménique actuelle. De minimis non curat praetor.

 

Source: Marco Tosatti, journaliste et vaticaniste à La Stampa. Traduction Diakonos.be

Selon le vaticaniste Mario Tosatti, le rituel d’une “messe œcuménique” serait en préparation au Vatican. Elle pourrait être célébrée aussi bien par les catholiques que les protestants ou les anglicans puisqu’elle ne contiendrait plus rien d’explicite concernant l’aspect sacrificiel de l’Eucharistie, cette dernière n’étant plus qu’un repas fraternel célébré sur une table, comme c’est déjà le cas dans nombre de paroisses.

Dans cette nouvelle “messe”, il ne serait plus question de lien entre la “lex orandi” et la “lex credendi”, chacun étant libre de célébrer comme il veut pour croire ce qu’il veut. L’attaque contre la foi catholique viendrait donc du plus haut sommet de l’Eglise où la pratique du double langage est devenue habituelle.

Au cours d’une conférence donnée 6 mois après l’élection du successeur de Benoît XVI, le Cardinal Theodore McCarrick, Archevêque émérite de Washington (USA) révélait le plan ourdi par la “Maffia de Saint-Gall” (composée entre autres des cardinaux da Cruz Policarpo, Martini, Danneels, Murphy-O'Connor, Silvestrini, Husar, Kasper, Lehmann) pour faire élire Jorge Bergoglio.

Dans sa conférence, le Cardinal McCarrick précisait encore que cette “maffia” avait donné 5 ans au Pape François pour mettre l’Eglise sens dessus-dessous en sorte que la foi catholique puisse se dissoudre dans une vague religiosité sans consistance... La vidéo de la conférence (en anglais) est ici.

 

Ce n’est pas seulement la messe qu’une commission est chargée de démolir pour la rendre œcuménique, c’est-à-dire sans aucun rapport avec la foi professée par l’Eglise catholique. Comme si ça ne suffisait pas, c’est aussi la paroisse qui va faire l’objet d’un changement total. Selon des indiscrétions venant de Sainte-Marthe, la paroisse devrait disparaître pour être remplacée par des “communautés œcuméniques” dirigées par des “équipes de bergers” composées de “mamies bigoudis” (déjà en place), de laïcs catholiques, protestants et anglicans. Aux Pays-Bas, ce genre de paroisses existe déjà ; en Allemagne, on espère en créer. Le vénérable Hans Küng a fait savoir qu’il souhaitait encore davantage de nouveautés...

Vers une "messe" sans consécration ?
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Publié par Ingomer - dans Religion
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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 10:53
Phil Lawler : Cette désastreuse papauté

Dans une homélie à propos des lectures du jour du vendredi 24 février où le Christ interdit le divorce (voir ci-dessous les paroles du Christ dans "l'Evangile au quotidien"), le pape François ne retient que le passage sur l'autorisation donnée à Moïse en raison de la dureté de coeur. François met en garde contre l'hypocrisie et la tromperie d'une foi réduite à une "logique casuistique". L'homélie a été rapportée par Christopher Wells pour Radio Vaticana :

Phil Lawler : Cette désastreuse papauté

"Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme?", est la question que les docteurs de la loi ont posée à Jésus dans l'évangile du jour.

 

Jésus ne cède pas à une logique casuistique, mais explique toujours la vérité

 

Ils ont posé la question une fois de plus pour mettre Jésus à l'épreuve, a observé le pape. En regardant la réponse de Jésus, le Pape a expliqué ce qui importe le plus dans la foi:

 

"Jésus ne répond pas s'il est licite ou non licite; Il n'entre pas dans leur logique casuistique. Parce qu'ils ont pensé à la foi seulement en termes de 'Oui, vous pouvez', ou 'Non, vous ne pouvez pas' - aux limites de ce que vous pouvez faire, les limites de ce que vous ne pouvez pas faire. Cette logique de la casuistique. Et il pose une question: 'Mais qu'est-ce que Moïse vous a ordonné? Qu'y a-t-il dans ta Loi?' Et ils expliquèrent la permission que Moïse avait donnée de renvoyer la femme, et ils tombèrent eux-mêmes dans le piège. Parce que Jésus les qualifie de 'durs de cœur': 'A cause de la dureté de vos coeurs, il vous a écrit ce commandement', et Il dit la vérité. Sans casuistique. Sans autorisation. La vérité." 

Et si c'est la vérité et que l'adultère est sérieux, comment se fait-il que Jésus ait parlé "plusieurs fois avec une adultère, un païen?" Qu'il "buvait du verre de celle qui n'était pas purifiée?", demande le pape. Et à la fin, il lui dit: "Je ne vous condamne pas. Ne pèche plus" ? Comment expliquer cela?

"Et le chemin de Jésus - c'est tout à fait clair - est le chemin de la casuistique à la vérité et à la miséricorde. Jésus écarte la casuistique. Pas ici, mais dans d'autres passages de l'Évangile, il qualifie ceux qui veulent le mettre à l'épreuve, ceux qui pensent avec cette logique du 'Oui, vous pouvez' comme hypocrites. Même avec le quatrième commandement ces gens ont refusé d'aider leurs parents avec l'excuse qu'ils avaient donné une bonne offrande à l'Église. Hypocrites. La casuistique est hypocrite. C'est une pensée hypocrite. 'Oui, vous pouvez; Non, vous ne pouvez pas ... qui devient alors plus subtil, plus diabolique: mais quelle est la limite pour ceux qui peuvent? Mais d'ici à ici je ne peux pas. C'est la tromperie de la casuistique." (Fin de citation)

Cette méthode du pape consistant à refuser de se prononcer clairement sur des points de doctrine tranchés par Notre Seigneur, puis à tirer des conclusions opposées à l'enseignement précis du Christ commence à inquiéter très largement dans le monde catholique.

 

Phil Lawler, éditeur de "Catholic World News" (CWN) et de "Catholic culture.org", medias catholiques du grand courant, s'est ainsi fendu hier d'un article dans lequel il titre "Cette désastreuse papauté". Il explique pourquoi nous avons à présent un "sérieux problème" avec le pape François. Phil Lawler en appelle à une intervention des évêques pour sauver l'intégrité de la foi catholique :

Phil Lawler : Cette désastreuse papauté

LifeSiteNews

Jeudi 2 mars 2017

 

Cette désastreuse papauté

 

Source: Life Site News https://www.lifesitenews.com/opinion/this-disastrous-papacy

 

Quelque chose s’est cassé avec un bruit sec vendredi dernier lorsque le Pape François a utilisé la lecture évangélique du jour comme une occasion de plus pour promouvoir son propre point de vue sur le divorce et le remariage.

 

Note de Christ-Roi. La lecture du jour du vendredi 24 février 2017:

 

Phil Lawler : Cette désastreuse papauté

Condamnant l'hypocrisie et la "logique de la casuistique", le Pontife dit que Jésus rejetait l'approche des érudits légalistes.

 

Assez vrai. Mais dans sa réprimande aux Pharisiens, qu'est-ce que Jésus dit au sujet du mariage ?

 

"Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas !"

 

…et…

 

"Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle. Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère."

 

 

Jour après jour, dans ses homélies à la Messe du matin dans la résidence Saint-Marthe du Vatican, le Pape François dénonce les "docteurs de la loi" et l'application "rigide" de la doctrine morale Catholique. Parfois son interprétation des lectures de l'Ecriture du jour est forcée ; souvent sa caractérisation des Catholiques traditionnels est insultante. Mais dans ce cas, le Pape a complètement retourné l'Évangile à l’envers. En lisant le compte rendu de cette étonnante homélie à la Radio du Vatican, je ne pouvais plus prétendre que le Pape François ne faisait que proposer une nouvelle interprétation de la doctrine Catholique. Non ; c’est plus que cela. Il est engagé dans un effort délibéré pour changer ce que l'Église enseigne.

 

Depuis plus de 20 ans maintenant, écrivant quotidiennement au sujet des nouvelles du Vatican, j'ai essayé d'être honnête dans mon évaluation des déclarations et des gestes papaux. J'ai parfois critiqué Saint Jean-Paul II et le Pape Benoît XVI quand j'ai pensé que leurs actions étaient imprudentes. Mais je n’ai jamais cru que l'un ou l'autre de ces Papes posait un danger pour l'intégrité de la foi Catholique. En repensant à l'histoire de l'Église, je me rends compte qu'il y a eu de mauvais Papes : des hommes dont les actions personnelles étaient motivées par la cupidité, la jalousie, la convoitise pour le pouvoir et la simple luxure. Mais y a-t-il jamais eu un Pontife romain qui a montré un tel dédain pour ce que l'Église a toujours enseigné, cru et pratiqué — sur des questions telles que la nature du mariage et de l'Eucharistie ?

 

Le Pape François a suscité la controverse dès le jour où il a été élu successeur de Saint Pierre. Mais au cours des derniers mois, la controverse est devenue si intense, la confusion parmi les fidèles si répandue, l'administration au Vatican si arbitraire — et les diatribes du Pape contre ses ennemis (vrais ou imaginaires) si maniaques — que l'Église universelle se précipite aujourd'hui vers une crise.

 

Dans une grande famille, comment un fils doit-il se comporter lorsqu'il réalise que le comportement pathologique de son père menace le bien-être de toute la famille ? Il devrait certainement continuer à faire preuve de respect pour son père, mais il ne peut pas nier indéfiniment le danger. Finalement, une famille dysfonctionnelle a besoin d'une intervention.

 

Dans la famille mondiale qu’est l'Église Catholique, le meilleur moyen d'intervention est toujours la prière. Une prière intense pour le Saint-Père serait un projet particulièrement approprié pour la saison du Carême. Mais l'intervention exige également l'honnêteté : une reconnaissance franche que nous avons un sérieux problème.

 

Reconnaître le problème peut également fournir une sorte de soulagement, une détente des tensions accumulées. Quand je dis à des amis que je considère cette papauté comme un désastre, je remarque que, le plus souvent, ils se sentent bizarrement rassurés. Ils peuvent se détendre un peu, sachant que leurs propres appréhensions ne sont pas irrationnelles, que d'autres partagent leurs craintes sur l'avenir de la Foi, qu'ils n'ont pas besoin de poursuivre une recherche infructueuse pour trouver des moyens de concilier les irréconciliables. En outre, après avoir donné au problème un nom propre, ils peuvent reconnaître ce que cette crise du Catholicisme n'est pas. Le Pape François n'est pas un antipape et encore moins l'antéchrist. Le Siège de Pierre n'est pas vacant et Benoît XVI n'est pas le "vrai" Pontife.

 

François est notre Pape, pour le meilleur ou pour le pire. Et si c'est pour le pire — comme je le conclus tristement — l'Église a survécu aux mauvais Papes dans le passé. Nous, les Catholiques, avons été gâtés pendant des décennies, jouissant d'une succession de dirigeants exceptionnels au Vatican : des Pontifes qui étaient des enseignants doués et des hommes saints. Nous nous sommes habitués à regarder à Rome pour nous guider. Maintenant nous ne pouvons pas.

 

(Je ne veux pas dire que le Pape François a perdu le charisme de l'infaillibilité. S'il émet une déclaration ex Cathedra, en union avec les Évêques du monde, nous pouvons être sûr qu'il accomplit son devoir de transmettre ce que le Seigneur a donné à Saint Pierre : le dépôt de la Foi. Mais ce Pape a choisi de ne pas parler avec autorité, au contraire, il a catégoriquement refusé de clarifier son document d'enseignement le plus provocateur.)

 

Mais si nous ne pouvons pas compter sur des directions claires de Rome, où pouvons-nous nous tourner ? Premièrement, les Catholiques peuvent compter sur l'enseignement constant de l'Église, sur les doctrines qui sont maintenant trop souvent remises en question. Si le Pape est confus, le Catéchisme de l'Église Catholique ne l'est pas. Deuxièmement, nous pouvons et devrions demander à nos évêques diocésains de s’avancer et de prendre leurs propres responsabilités. Les Évêques, eux aussi, ont passé des années à renvoyer les questions difficiles à Rome. Maintenant, par nécessité, ils doivent fournir leurs propres affirmations claires et décisives de la doctrine Catholique.

 

Peut-être le Pape François va-t-il prouver que je me trompe et émergera comme un grand professeur Catholique. J'espère et je prie qu'il le fasse. Peut-être que toute mon argumentation est mal conçue. Je me suis trompé auparavant et sans doute me tromperai-je à nouveau dans l’avenir ; un autre point de vue erroné n'a pas de grande conséquence. Mais si j'ai raison et que le leadership du Pape actuel est devenu un danger pour la foi, alors d'autres Catholiques, et surtout des leaders ecclésiastiques, doivent décider comment y réagir. Et si j'ai raison — comme je le crois sûrement — alors que la confusion sur les enseignements fondamentaux de l'Église s’est généralisée, les Évêques, en tant que maîtres premiers de la foi, ne peuvent négliger leur devoir d'intervenir.

Sources:

 

(1) This disastrous papacy, Phil Lawler, Life Site News, jeudi 2 mars 2016 et Catholic culture.org

(2) Dieu et moi le nul

(3) Dieu et moi le nul

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 12:05

L’existence de cette Divine Providence est un enseignement formel de Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est un dogme de la foi catholique. Et cependant pour la plupart des gens, c’est dans la pratique une vérité à laquelle on ne croit guère. On admet certes que Dieu a tout créé, mais ensuite tout est livré au hasard et à la seule liberté de l’homme. Cette vision des choses nous conduit à l’orgueil ou au désespoir. Tout autre est l’enseignement de l’Evangile. Essayons donc de rappeler quelques vérités fondamentales sur ce sujet.

La première vérité c’est que le Bon Dieu nous aime réellement. Ce n’est pas pour rien que l’on dit « le Bon Dieu ». Son amour pour nous est sans limite. Nous sommes ses enfants et Il veut nous rendre participants de sa vie et de sa nature divines. Il nous a créés pour le connaître, l’aimer et le servir en cette vie, et pour jouir de Lui dans la vie éternelle. Il nous a créés pour sa gloire, et c’est pourquoi nous chantons : Nous te rendons grâce pour ton immense gloire.

 

Durant notre existence, Dieu nous conduit vers notre fin. Cette fin, c’est le paradis. Tout dans notre vie s’explique et prend un sens dans cette lumière. Dieu nous attire vers Lui et dans tout ce qui nous arrive, Sa main est présente, Son amour est agissant.

C’est donc une erreur de nous inquiéter, de nous dépiter ou de nous chagriner. La foi en la Providence nous remplit de joie, de sérénité et de confiance. Le Seigneur sait où Il nous mène. Il écrit droit avec des lignes brisées. Dans tout ce qui nous arrive, nous devons dire : « Seigneur, Tu me connais mieux que moi-même, Tu sais où Tu me conduis, j’ai confiance en Toi ».

Dieu a tout prévu et ce que je vis pour le moment, joie ou souffrance, est toujours une grâce que je dois recevoir les yeux fermés. A chaque instant Il est tout proche de moi. A chaque instant Il est le Père, l’Epoux, l’Ami toujours fidèle.

N'ayez pas peur face aux scandales actuels de l'eglise

Sources (et suite): La Divine Providence homélie, P. Simon Noël, Moine prêtre bénédictin à Chevetogne; Diakonos.be

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 07:33

"Pyrrhon lui-même a souvent été présenté comme une sorte de sophiste, par exemple dans la légende qui nous le montre si incertain de l’existence des choses sensibles qu’il s’en va se heurter contre les arbres et les rochers, et que ses amis sont obligés de l’accompagner pour veiller sur lui. "

(Victor Brochard, Les Sceptiques grecs, Livre de Poche, 2002.)

Selon le philosophe Pyrrhon d’Elis (v. 365-275 av. J.C.) les réalités sont toutes aussi incertaines qu’indiscernables. Aussi nos sensations et nos jugements ne nous apprennent-ils ni le vrai ni le faux. Par conséquent, nous ne devons nous fier ni aux sens ni à la raison, mais demeurer sans opinion. Quelle que soit ce dont il est question, ce dont on parle, il faut l’affirmer et la nier à la fois, ou bien ni l’affirmer ni la nier.

La crise qui secoue l’Eglise est essentiellement due au “pyrrhonisme” qui s’est emparé des mentalités actuelles, y compris au sein du clergé.

Le “pyrrhonisme”, qui nie que la raison puisse atteindre la signification des réalités, débouche inévitablement sur une sorte d’illogisme qui fait le lit de ce que Benoît XVI appelait “la dictature du relativisme” : plus rien ne doit être considéré comme définitivement vrai. Tout doit demeurer dans l’ombre, dans la grisaille, dans l’incertitude, dans le subjectivisme. Tout doit dépendre des sentiments individuels, des besoins et des envies du moment, du contexte.

Dans l’Encyclique “Humani generis”, Pie XII avait enseigné que contre le pyrrhonisme qui caractérise l’esprit du monde moderne, il était nécessaire de reconnaître “l’authentique et exacte valeur de la connaissance humaine capable d’arriver à une vérité certaine et immuable.”

Dans la Constitution “Lumen gentium” de Vatican II, l’Eglise affirme, contre le pyrrhonisme, que par la lumière naturelle de la raison humaine nous pouvons connaître Dieu comme le principe et la fin de toute chose (LG, n.16). Cet enseignement sera repris et développé dans le “Catéchisme de l’Eglise catholique” (CEC, nn. 35 et ss.) qui doit beaucoup au Cardinal Ratzinger

Enfin, à travers la Constitution pastorale “Gaudium et spes”, l’Eglise condamne ceux qui enseignent ou admettent qu’il n’existe pas de vérité absolue et que, par conséquent, tout n’est que relatif : “On désigne sous le nom d’athéisme des phénomènes entre eux très divers. En effet, tandis que certains athées nient Dieu expressément, d’autres pensent que l’homme ne peut absolument rien affirmer de Lui. D’autres encore traitent le problème de Dieu de telle façon que ce problème semble dénué de sens.” (GS, n. 19 §2).

Aujourd’hui, le pyrrhonisme est largement introduit dans la mentalité catholique. Il conduit de nombreux fidèles - et parmi eux des membres éminents de la Hiérarchie - à penser que puisque l’esprit humain n’est pas capable d’appréhender la vérité une et immuable, l’Eglise ne doit plus être “monolithique” : elle ne peut que proposer “sa” vérité, mais à la condition de laisser chacun libre d’y faire des distinctions et des préférences en faisant appel à son jugement personnel.

Il faut donc s’interdire tout immobilisme qui conduirait à penser qu’un enseignement est définitif, que la doctrine est fixée, que la liturgie doit être célébrée dans le respect de règles objectives et stables qui en fixent le déroulement et en déterminent le sens.

Par la bouche d’un certain clergé postconciliaire, on a entendu dire que tout doit être relativisé et que, par conséquent, les évêques eux-mêmes doivent adapter et relativiser les enseignements de l’Eglise. Il s’agit là d’une grave défaillance de l’autorité pastorale qui conduit à ce qu’on puisse s’affirmer catholique tout en cultivant un scepticisme ouvrant sur d’infinies variations doctrinales, liturgique et morales considérées comme toutes aussi valables les unes que les autres. Dans ce mouvement, la morale “doit être vie, dynamique de vie et, à ce titre, soumise à une croissance intérieure qui écarte toute fixité”, disait le Cardinal Suenens en 1966.

Dans un tel contexte, il devient totalement impossible parler d’une “crise” de l’Eglise : comment pourrait-il y avoir crise quand il n’y a plus ni de mesures fixes ni d’instrument fiables pour discerner la foi de ce qui n’est pas la foi ? Comment pourrait-on parler de crise lorsque, dans des discours embrouillés, on arrive à prendre pour un enseignement clair ce qui, en fait, peut s’attacher à plusieurs idées opposées ?

Le “pyrrhonisme” engendre nécessairement le mobilisme dans tous les domaines : puisque plus rien ne doit avoir de stabilité et de signification, tout doit sans cesse être démoli et reconstruit, détruit et réinventé. Le “soyez fermes et immuables” de S. Paul (cf. 1Cor. 15) est alors remplacé par le “soyez mobiles et instables” de très nombreux clercs de l’Eglise postconciliaire. Les célébrations paroissiales doivent devenir l’outil qui favorise et entretient le “pyrrhonisme” dans l’esprit des fidèles : en remplaçant le sacré qui porte à l’universel par l’expression de l’émotivité (“C’était une belle messe” ; “A l’enterrement, on a écouté la chanson préférée de mamie”...) et en évacuant le Beau qui fixe le Vrai, les célébrations dites “liturgiques” (alors qu’elles ne sont plus guère que des “rencontres spirituelles”) aiguisent les sentiments individuels pour ne plus servir et véhiculer que le relativisme. Une messe ne doit donc plus être un acte d’Eglise stable qui transmet et signifie la Vérité permanente, mais une action privée et variable, sans cesse innovante, au cours de laquelle le célébrant - ou tout autre personne chargée de l’ “animation” - crée des formules vides et imagine des gestes sans rapports avec ceux de la Tradition. La liturgie perd son sens, comme le souligne le Cardinal Sarah, et dégringole au niveau d’une activité qui permettra au célébrant et à l’assemblée suiviste de se séparer de l’Eglise sans pour autant s’opposer ouvertement à elle. Ce qui est déjà le cas dans de très nombreuses paroisses.

On passe ainsi du “pyrrhonisme” au “mobilisme”, c’est-à-dire dans quelque chose qui n’est plus qu’un vague système de croyances déracinées de la foi catholique.

Dans ce “quelque chose” de radicalement nouveau, les célébrations recomposées, réinventées, sont présentées comme l’idéal du style nouveau que doivent avoir les messes (lesquelles se font maintenant sous des chapiteaux de cirques ou dans des salles de spectacles avec l’aval des évêques...), le but à atteindre étant d’induire les fidèles dans une religiosité qui, en dépréciant la raison et l’intelligence, interdit définitivement à l’homme de connaître Dieu et de s’approcher de Lui pour l’écouter nous parler dans le silence.

Nous sommes bien immergés dans cette Eglise du “pyrrhonisme” où les fidèles sont invités à ne plus réfléchir afin de pouvoir accepter sans sourciller n’importe quel chant, n’importe quelle nouveauté, n’importe quel discours, n’importe quelle bêtise liturgique ou catéchétique. Et dans cette Eglise “new look”, plus c’est gros et affligeant, mieux ça passe.

L'Eglise du “pyrrhonisme”
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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 19:10

En 1985, pour le Cardinal Ratzinger (futur Benoît XVI), à cause de leur remise en cause de la Tradition de l'Eglise, l'intercommunion avec les protestants n'est pas possible, car "s'il n'y a pas de succession apostolique, il n'y a pas de sacerdoce authentique, et il ne peut donc y avoir d'Eucharistie sacramentelle au sens propre." C'est dans l'Entretien sur la foi (1985), avec Vittorio Messori que le Cardinal Ratzinger donne cette explication :

L'impossibilité de la communion avec les protestants ne vient pas de l'Eglise, elle vient du "credo" des protestants eux-mêmes

Cardinal Ratzinger: Luther serait tout aussi problématique aujourd'hui

 

Vittorio Messori: "À la fin de 1983 - année du cinquième centenaire de la naissance de Martin Luther - l'enthousiasme à le célébrer de certains catholiques a conduit de mauvaises langues à insinuer qu'aujourd'hui, le Réformateur pourrait enseigner les mêmes choses que jadis, mais en occupant en toute tranquillité la chaire de quelque université ou séminaire catholique. Qu'en dit le Préfet? Croit-il que la Congrégation qu'il dirige convierait le moine augustinien à quelque "entretien informatif"?

 

Le Cardinal Ratzinger sourit et répond : "Oui, je crois vraiment qu'aujourd'hui encore, on devrait parler très sérieusement avec lui, et que ce qu'il a défendu ne pourrait être davantage considéré de nos jours comme "théologie catholique". S'il en était autrement, le dialogue oecuménique ne serait pas nécessaire, qui recherche précisément cet entretien critique avec Luther en demandant comment l'on peut sauver ce qu'il y a de grand dans sa théologie et surmonter ce qui s'y trouve de non catholique."

 

Vittorio Messori: "Il serait intéressant de savoir de quels points la Congrégation pour la doctrine de la foi s'emparerait pour intervenir encore aujourd'hui contre Luther."

 

Le Cardinal Ratzinger n'hésite pas à répondre : "Quitte à paraître ennuyeux, je pense qu'il s'agirait à nouveau du problème ecclésiologique. Lors de la dispute de Leipzig, l'interlocuteur catholique de Martin Luther lui prouva de façon irréfutable que sa "nouvelle doctrine" ne s'opposait pas seulement aux Papes, mais aussi à la Tradition telle que l'avaient clairement exprimée les Pères et les Conciles. Luther fut contraint de l'admettre et déclara alors que les Conciles oecuméniques aussi se seraient trompés, plaçant ainsi l'autorité de l'exégète au-dessus de l'Autorité de l'Église et de sa Tradition."

 

Vittorio Messori: "C'est donc à ce moment-là que se produisit la "rupture" décisive?"

 

Cardinal Ratzinger : "Je crois en effet que ce fut le moment décisif. Parce qu'alors on renonça à la conception catholique de l'Église comme authentique interprète du vrai sens de la Révélation. Luther ne pouvait plus partager la certitude qui reconnaît en l'Église une conscience commune qui se situe au-dessus de l'intelligence et de l'interprétation personnelles. De sorte que la relation entre l'Église et l'individu, entre l'Église et la Bible en est fondamentalement altérée. Sur ce point, oui, la Congrégation devrait parler avec Luther s'il vivait encore; ou, pour mieux dire, sur ce point, nous parlons avec lui lors de nos conversations oecuméniques. (...)"

 

Vittorio Messori: "... [Le Cardinal] me cite le nouveau refus de Rome de concéder "l'intercommunion", c'est-à-dire la possibilité pour un catholique de participer à l'Eucharistie d'une Église réformée."

 

Cardinal Ratzinger: "De nombreux catholiques eux-mêmes, dit-il, pensent que ce refus est l'ultime avatar d'une mentalité intolérante qui devrait avoir fait son temps. Ils sont nombreux, ceux qui nous crient: "Ne soyez pas si sévères, si anachroniques!" Mais ce n'est pas une question d'intolérance ou de retard oecuménique: pour le Credo catholique, s'il n'y a pas de succession apostolique, il n'y a pas de sacerdoce authentique, et il ne peut donc y avoir d'Eucharistie sacramentelle au sens propre. Nous croyons que c'est ainsi que l'a voulu le Fondateur même du christianisme."

 

Source : Cardinal Joseph Ratzinger/Vittorio Messori, Entretien sur la foi, Fayard, 1985, p. 192-197. Le Forum catholique

 

La succession apostolique désigne la transmission par les apôtres de l’autorité des pouvoirs reçus de Jésus à des successeurs. C’est par la consécration épiscopale, que se transmet la succession apostolique. Depuis vingt siècles de christianisme, les évêques, unis au pape, assurent la continuité vitale et institutionnelle de la mission confiée aux apôtres par le Christ. (Source)

 

Le document "l’apostolicité de l'église et la succession apostolique" de la Commission théologique internationale a précisé en 1973 :

 

"Le mouvement commun de la Réforme a nié le lien entre l’Écriture et la tradition de l’Église en faveur de la normativité de la seule Écriture. Même si plus tard on se réfère de diverses manières à la Tradition, cependant on ne lui reconnaît pas la même dignité que dans l’Église ancienne. Le sacrement de l’ordre étant l’expression sacramentelle indispensable de la communion dans la Tradition, la proclamation de la sola Scriptura a entraîné l’obscurcissement de l’ancienne notion de l’Église et de son sacerdoce. Aussi, de fait, on a, à travers les siècles, souvent renoncé à l’imposition des mains, soit par des hommes déjà ordonnés, soit par d’autres. Là où elle a été pratiquée, elle n’avait pas eu la même signification que dans l’Église de la Tradition. Cette divergence dans la façon d’introduire dans le ministère et de l’interpréter n’est que le symptôme le plus saillant de la compréhension différente des notions d’Église et de Tradition. De nombreuses approches prometteuses (2) (Voir les résultats de certains dialogues bilatéraux) ont commencé à rétablir des contacts avec cette Tradition, bien que la rupture ne soit pas encore effectivement surmontée. Dans ces circonstances, l’intercommunion eucharistique reste pour le moment impossible (3) parce que la continuité sacramentelle dans la succession apostolique dès les origines constitue pour les Églises orthodoxes aussi bien que pour l’Église catholique un élément indispensable de la communion ecclésiale."

 

Les protestants nient le lien entre l'Ecriture et la tradition de l'Eglise en faveur d'une normativité de la seule Ecriture. Depuis 500 ans, l'obstacle fondamental à l'unité est la notion de succession apostolique. Or, les apôtres eux-mêmes ont voulu cette succession apostolique. Cette transmission des pouvoirs sacerdotaux est une pratique attestée dans le Nouveau Testament. L'organisation de l'Eglise est en place déjà en l'an 60 avant la mort des apôtres Pierre et de Paul.

 

Mgr Jacques Perrier, l'ancien évêque de Tarbes et Lourdes, a pu dire dans un document sur la succession apostolique que "Les évêques d’aujourd’hui sont reliés aux apôtres par une chaîne ininterrompue. Cette relation est un gage de fidélité à travers le temps et d’unité à travers le monde." Et dans un autre document publié sur Aleteia, il a explicité la notion de succession apostolique.

 

Parmi ses disciples, Jésus, après une nuit de prière, en a choisi douze, dont les évangiles nous donnent les noms. Judas ayant fait défection, Pierre prend l’initiative de procéder à son remplacement. Il faut trouver quelqu’un qui "nous ait accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu au milieu de nous, en commençant au baptême de Jean jusqu’au jour où il nous fut enlevé" (Actes des apôtres 1, 21-22). Après tirage au sort, c’est Matthias "qui fut mis au nombre des douze apôtres".

 

Quelques années plus tard, Saul bénéficie d’une apparition du Christ ressuscité sur le chemin de Damas : il devient "Paul", l’Apôtre par excellence, surtout auprès des païens. Le cas de Paul est unique : il ne se reproduira pas dans l’histoire. Il y a donc quelque chose de particulier à cette première génération : ils ont été "témoins oculaires" (Luc 1, 2) ; ils ont "entendu, vu, contemplé, touché" (1 Jean 1, 1). Ce qu’ils avaient à dire, ils l’ont dit. C’est pourquoi "la Révélation est close à la mort du dernier apôtre". Il n’y a pas d’autre Révélation à attendre, jusqu’à la fin des temps. "En ces jours qui sont les derniers, Dieu nous a parlé par le Fils" (Hébreux 1, 2). Là où ils prêchaient l’Evangile, les apôtres ont fondé des Eglises. Ils ont eu le souci de pouvoir à leur avenir en instituant, par la grâce de Dieu, des chefs de communauté. Saint Paul en est témoin. Les évangiles témoignent de Jésus jusqu’à son Ascension, quarante jours après Pâques. Les autres écrits du Nouveau Testament (Actes des apôtres, épîtres et Apocalypse) témoignent de l’activité des apôtres et des communautés, des "Eglises" qu’ils ont fondées.

 

Jésus n’a pas été un vagabond, prêchant au hasard. Il a constitué un noyau, les "Douze", à qui il a promis l’envoi de l’Esprit Saint. De même, les apôtres ont eu le souci, dès le début, de ne pas laisser chaque communauté s’en aller à la dérive, chacune suivant son penchant naturel. Paul repasse dans les communautés qu’il a fondées et leur envoie des lettres, les "épîtres".

 

Ainsi, à cette époque, Thessalonique, devenue la capitale de la Macédoine et le port le plus commerçant de la Méditerranée, reçoit la visite de Paul qui s'y rend dans sa seconde mission à sa sortie de Philippes. Il y trouve une synagogue, où il prêche à des Juifs, des prosélytes et des païens durant trois semaines et jette les fondements d'une petite chrétienté. Mais bientôt chassé par les intrigues des Juifs accusant les prédicateurs d'agir contre les décrets impériaux et traînant certains chrétiens devant les magistrats (Ac 17:5-9), il se retire à Bérée, puis à Athènes, et de là à Corinthe. C'est de cette dernière ville qu'il adresse à l'Eglise naissante de Thessalonique vers l'an 51, à peu d'intervalle l'une de l'autre, deux épîtres, les premières que nous ayons de lui. La première, qui contient des encouragements, est le plus ancien écrit du Nouveau Testament. L'apôtre y fait l'expérience de la mort et de la résurrection du Christ. Paul l'a envoyée une vingtaine d'années après la mort de Jésus, peu après son arrivée à Corinthe où Thimothée, vint lui apporter des nouvelles en provenance de Thessalonique (1 Th 3:6). A cette date, les traditions évangéliques ont déjà pris corps et d'autres textes peuvent nous rapporter des traditions plus anciennes, mais 1 Thessaloniciens est le plus ancien document chrétien connu. Dans leur relative simplicité, les deux lettres aux Thessaloniciens, parlent des "Eglises" et de ceux qui sont "à leur tête", elles mentionnent tout ce qui est la foi commune des premiers chrétiens et l'expérience des premiers missionnaires : l'amour de Dieu qui appelle (1 Th 1:4; 1 Th 2:12), la foi en la Trinité de "Dieu le Père, et le Seigneur Jésus-Christ" et l'"Esprit-Saint" (1 Th 1-5; 1 Th 4:8), la foi dans la mort et la résurrection du Christ (1 Th 1-10 ; 1 Th 4:14), l'attente du retour du Christ (1 Th 3:13; 1 Th 5:23), la croyance dans la résurrection de ceux qui sont morts dans le Christ (1Th 4:16), la persévérance dans la persécution (1 Th 2:14-16), l'amour fraternel (1 Th 4:9) et le caractère collectif et solidaire des premières communautés chrétiennes (1 Th 4:6), l'action de l'Esprit Saint dans la parole de proclamation et dans la vie des communautés. S. Paul met en place des "anciens", comme nous le voyons à Ephèse (Actes 20, 17), il envoie deux collaborateurs, Tite et Timothée, deux convertis du paganisme dans les communautés qu'il a fondées, pour éviter qu'elles ne dérivent. Ils sont destinataires de trois épîtres avec des conseils pour l'avenir. A Thimothée, en particulier, il rappelle le "don spirituel que Dieu a déposé en toi par l'imposition de mes mains" (1 Tm, 4: 14; et 2 Tm 1:6). La mission principale de Timothée est de "garder le dépôt" (1 Tm 6,20 ; 2 Tm 1,14). Ce dépôt doit être transmis à d'autres de génération en génération : "Ce que tu m’as entendu dire en présence de nombreux témoins, confie-le à des hommes dignes de foi qui seront capables de l’enseigner aux autres, à leur tour" (2 Tm 2,2). S. Pierre recommande aux "anciens en fonction" de paître le troupeau de Dieu qui leur est confié et aux "jeunes gens" d'être "soumis aux anciens" (1 P. 5, 1-2). Le souci de la continuité, la transmission de la charge par les apôtres, le caractère collectif autant qu’individuel, le titre de "pasteurs", titre qui convient d’abord au Christ et que Jésus avait donné à Pierre, sont autant de traits particuliers de l'Eglise primitive.

 

Les hommes qui dirigeaient les communautés du vivant des Apôtres ou après leur mort portent dans les textes du Nouveau Testament divers noms : presbytéroi-episkopoi, et sont décrits comme poimènes, hégoumenoi, proistamenoi, kyberneseis. Ce qui caractérise ces presbytéroi-episkopoi par rapport au reste de l’Église, c’est leur ministère apostolique d’enseignement et de direction. La grâce de Dieu se communique par des gestes et des paroles d’hommes, appelés "ministres" des sacrements, "ministre" signifiant "serviteur".
 

Dès que les communautés furent privées de la présence des Apôtres et voulurent cependant continuer à se référer à leur autorité, il fallut que fussent maintenues et continuées de façon adéquate les fonctions des Apôtres dans ces communautés et en face d’elles.

 

La rareté des documents ne permet pas de préciser autant que l’on voudrait les transitions qui se sont opérées. La fin du Ier siècle a connu une situation où les Apôtres, leurs collaborateurs immédiats et enfin leurs successeurs animent des collèges locaux de presbytéroi et d’episkopoi. Au début du IIe siècle, l’image de l’évêque unique à la tête des communautés apparaît vigoureusement dans les lettres de saint Ignace, qui affirme encore que cette institution se trouve établie "jusqu’aux extrémités de la terre" (Ad Ephesios 3, 2).

 

Au cours du IIe siècle, cette institution est reconnue de manière explicite, dans le sillon de la lettre de Clément, comme porteuse de la succession apostolique. L’ordination avec imposition des mains, attestée par les Épîtres pastorales, apparaît à l’intérieur du processus de clarification comme un pas important pour la sauvegarde de la tradition apostolique et pour la garantie de la succession dans le ministère. Les documents du IIIe siècle ("tradition" d’Hippolyte) montrent qu’elle était pacifiquement acquise, et considérée comme une institution nécessaire.

 

L’Apocalypse de Jean commence par des lettres aux sept Eglises d’Asie Mineure. Souci de fidélité et de cohérence. Les apôtres ont souci de l’unité de l’Eglise, à travers le temps ("succession apostolique") et dans l’espace ("communion").

 

La succession apostolique a été mise en valeur, au 2ème siècle, par saint Irénée, évêque de Lyon, disciple de Polycarpe, disciple de Jean l'Evangéliste. Né à Smyrne l'an 132, il explique dans son traité "Contre les hérésies" : "Nous pourrions énumérer les évêques qui furent établis par les apôtres dans les Eglises, et leurs successeurs jusqu’à nous… Mais comme il serait trop long d’énumérer les successions de toutes les Eglises, nous prendrons seulement l’une d’entre elles, l’Eglise très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome."

Saint Irénée, cite alors les successeurs de Pierre et Paul : Lin, Anaclet, Clément, Evariste, Alexandre, Xyste, Télesphore, Hygin, Pie, Anicet, Soter "et maintenant Eleuthère", qui fut évêque de Rome à partir de 175. Les noms de certains d’entre eux figurent dans la Prière eucharistique n° 1, dite "canon romain".

 

"Après avoir fondé et édifié l'Église (de Rome), les bienheureux apôtres (Pierre et Paul) remirent à Lin la charge de l'épiscopat ; c'est de ce Lin que Paul fait mention dans les épîtres à Timothée. Anaclet lui succède. Après lui, en troisième lieu à partir des apôtres, l'épiscopat échoit à Clément. Il avait vu les apôtres eux-mêmes et avait été en relations avec eux : leur prédication résonnait encore à ses oreilles et leur tradition était encore devant ses yeux. Il n 'était d'ailleurs pas le seul, car il restait encore à cette époque beaucoup de gens qui avaient été instruits par les apôtres. Sous ce Clément, donc, un grave dissentiment se produisit chez les frères de Corinthe ; l'Église de Rome adressa alors aux Corinthiens une très importante lettre pour les réconcilier dans la paix, renouveler leur foi et leur annoncer la tradition qu'elle avait naguère reçue des apôtres" (S. Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 3, 3). Cette lettre, généralement appelée "Épître de Clément de Rome aux Corinthiens", décrit de la manière suivante les dispositions prises par les apôtres en vue de leur succession : "Les apôtres nous ont annoncé la bonne nouvelle de la part de Jésus-Christ. Jésus-Christ a été envoyé par Dieu. Le Christ vient donc de Dieu et les apôtres du Christ. Cette double mission elle-même, avec son ordre, vient donc de la volonté de Dieu." (Épître de Clément aux Corinthiens, XLII, 1 - 4 et XLIV, 1 – 2) Il en ressort que l'interprétation correcte des Écritures est donnée dans l'Église, dont les pasteurs bénéficient d'une assistance de l'Esprit pour trancher en cas de doute. (Source)

 

Les sacrements s’inscrivent dans la ligne de l’Incarnation : Dieu s’est fait repérable. De même, par la succession apostolique, à la fois collégiale et personnelle, nous pouvons repérer la continuité avec la génération des premiers témoins et la cohésion à l’intérieur de l’Eglise, malgré et à travers la diversité des cultures.

 

Saint Irénée s’appuya sur la succession apostolique pour répondre aux hérétiques qui, contre cette continuité et collégialité épiscopales, avaient déjà "constitué des groupements illégitimes".

"La Tradition des apôtres, qui a été manifestée dans le monde entier, c’est en toute Eglise qu’elle peut être perçue : la condition, c’est que chaque Eglise reste en communion avec l’Eglise de Rome."

 

 

Tout en représentant avec autorité l’Évangile et en se manifestant fondamentalement comme un service envers l’Église totale (2 Co 4, 5), le ministère ordonné exige du ministre qu’il rende présent le Christ humilié (2 Co 6, 4 s) et crucifié (Ga 2, 19 s ; 16, 14 ; 1 Co 4, 9 s). L’Église, qu’il sert, est, dans sa totalité, ainsi que dans chacun de ses membres, informée et mue par l’Esprit, chaque baptisé étant "enseigné par l’Esprit" (1 Th 4, 9 ; He 8, 11 ; Jr 31, 33 s ; 1 Jn 2, 20 ; Jn 6, 45). Le ministère sacerdotal ne pourra donc que lui rappeler avec autorité ce qui inchoativement est déjà inclus dans sa foi baptismale, mais dont ici-bas il ne pourra jamais épuiser la plénitude. De même le fidèle devra nourrir sa foi et sa vie chrétienne par la médiation sacramentelle de la vie divine. La norme de la foi — que dans son caractère formel nous désignons comme "règle de foi" — lui est immanente par l’action de l’Esprit, tout en restant transcendante par rapport à l’homme, puisqu’elle ne peut jamais être purement individuelle, mais qu’elle est essentiellement ecclésiale et catholique. En cette règle de foi, l’immédiateté de l’Esprit divin à chaque personne est donc nécessairement liée à la forme communautaire de cette foi.

 

[L]’Esprit nous communique la connaissance du Père par Jésus, la foi chrétienne est trinitaire : sa forme pneumatique inclut nécessairement ce contenu qui s’exprime et se réalise de manière sacramentelle dans le baptême trinitaire. La règle de foi, c’est-à-dire le type de la catéchèse baptismale dans laquelle s’épanouit le contenu trinitaire, constitue en tant qu’union de la forme et du contenu le pivot permanent de l’apostolicité et de la catholicité de l’Église. Elle réalise l’apostolicité parce qu’elle lie les hérauts de la foi à la règle christo-pneumatologique : ils ne parlent pas en leur propre nom, mais témoignent de ce qu’ils ont entendu (Jn 7, 18 ; 16, 13 s ; etc.).

 

Jésus-Christ s’avère être le Fils en tant qu’il annonce ce qui vient du Père. L’Esprit s’avère être l’Esprit du Père et du Fils parce qu’il ne puise pas dans le sien, mais les révèle et rappelle ce qui vient du Fils (Jn 16, 13 s). Cela devient, dans le prolongement du Seigneur et de son Esprit, le caractère distinctif de la succession apostolique. Le magistère ecclésial se distingue aussi bien d’un pur magistère de docteurs que d’un pouvoir autoritaire. Là où le magistère de la foi passerait aux professeurs, la foi serait liée aux lumières d’individus et par là livrée en grande partie à l’esprit du temps. Et là où la foi dépendrait du pouvoir despotique de certaines personnes individuelles et collectives, qui d’elles-mêmes décréteraient ce qui est normatif, la vérité serait remplacée par un pouvoir arbitraire. Le vrai magistère apostolique est lié par contre à la Parole du Seigneur et introduit ainsi ses auditeurs dans sa liberté.

 

Rien dans l’Église n’échappe à la médiation apostolique : pas plus les pasteurs que leurs ouailles, les énoncés de foi que les préceptes de la vie chrétienne. Le ministère ordonné se trouve même doublement référé à cette médiation, étant lui-même soumis, d’une part, à la règle des origines chrétiennes, et, de l’autre - d’après la parole d’Augustin -, tenu à se laisser instruire par la communauté des croyants, qu’il a lui-même l’obligation d’instruire.

 

Le manque de la succession apostolique est la raison pour laquelle les documents romains parlent à propos des mouvements issus de la "Réforme" protestante, de "communautés ecclésiales" plutôt que d’Eglises à proprement parler. Cette précision de vocabulaire, a été effectuée par le cardinal Ratzinger en 2000 dans la Déclaration “Dominus Jesus”, n° 17.

 

Le document de 1973 "l’apostolicité de l'église et la succession apostolique" ajoute :

 

"Cette constatation ne signifie nullement que les qualités ecclésiales et spirituelles des ministères et des communautés protestantes soient pour autant négligeables. Les ministres ont édifié et nourri les communautés. Par le baptême, par l’étude et la prédication de la Parole, par la prière commune et la célébration de la Cène, par leur zèle, ils ont guidé les hommes vers la foi au Seigneur et les ont ainsi aidés à trouver le chemin du salut. Il y a donc dans ces communautés des éléments qui certainement appartiennent à l’apostolicité de l’unique Église du Christ (4). (Voir la constitution dogmatique Lumen gentium 15 et le décret Unitatis redintegratio 3, 19-23.)"

 

Il ressort de ces textes et du récent rapprochement du pape François avec les luthériens une volonté historique de l'Eglise catholique de faire l'unité avec les protestants sans y parvenir du fait même de la volonté des Réformés de s'en tenir au sola Scriptura de Luther, contre la tradition apostolique et contre ce qui constitue la communauté chrétienne.

 

L'impossibilité de la communion avec les protestants ne vient donc pas de l'Eglise, qui au contraire a toujours cherché les moyens de les réintégrer, elle vient du "credo" des protestants eux-mêmes.

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 09:39

Le kaspérisme, du nom de son principal représentant le Cardinal Kasper est une doctrine hérétique qui été en gestation durant la seconde moitié du XXe siècle. S’étant ensuite manifestée au grand jour, elle a été condamnée par Jean-Paul II dans “Veritatis splendor” et “Familiaris consortio”. Or ces documents ont été rejetés de manière plus ou moins ouverte par une partie de l’épiscopat et la pratique orthodoxe a été mise de côté dans de vastes régions du monde catholique. Ce rejet des textes de Jean-Paul II a permis au “kaspérisme” de se diffuser dans les mentalités jusqu’au moment où, les circonstances politiques et ecclésiastiques lui ont été favorables, il est parvenu à prendre le pouvoir.

Cependant, bien qu’étant arrivée au pouvoir, l’erreur ne s’exprime pas de manière franche et directe (elle serait aussitôt condamnée pour ce qu'elle est) mais elle s'exprime à travers des activités relativistes consistant à mettre le bien dogmatique en discussion avec le mal, comme s'il n'y avait pas de dogme ni de vérités définies. Cette manière de faire s'est manifestée dans les activités synodales floues de 2014 - 2015. Les évêques ont néanmoins tenu bon et le rapport de synthèse final des évêques synodaux a rejeté la communion aux personnes divorcées et remariées, de même que les revendications homosexualistes avaient complètement disparu... Il s'agissait là des deux grandes revendications portées par les kaspériens, qui entendaient par là ouvrir une faille. Leur doctrine entre en cohérence théologique avec le luthéranisme. Et l'erreur s'est enfin affirmée à la tête de l'Eglise sous la forme d’une exhortation apostolique "Amoris Laetitia" du pape François, un document exemplaire par son caractère tortueux qui autorise toutes les interprétations, et dont on a vu que les prémisses erronées étaient fondées sur une utilisation absurde et abusive de Gaudium et spes.

C’est dans cette phase où semble triompher le relativisme doctrinal et pastoral que nous nous trouvons en ce moment. Un article plus approfondi du site "Disputationes theologicae" présentait la situation au 21 décembre 2014 :

SOURCE: http://disputationes.over-blog.com/article-l-influence-de-luther-derriere-la-these-kasper-125264413.html

SOURCE: http://disputationes.over-blog.com/article-l-influence-de-luther-derriere-la-these-kasper-125264413.html

L’influence de Luther derrière la “thèse Kasper”?

 

Un aspect du dernier Synode sur la Famille

 

 

 

21 décembre 2014, Saint Thomas Apôtre

 

 

 

Que se cache-t-il derrière la dite “thèse Kasper”, thèse qu’on a essayé d’imposer au dernier Synode, sur l’admission à la Communion eucharistique des divorcés “remariés”? Les facteurs sont multiples et certainement, comme l’a courageusement souligné Socci, il s’agit d’une capitulation totale aux requêtes des “pouvoirs mondains”. Ce n’est pas non plus un hasard si le Cardinal Pell, un des ecclésiastiques qui se sont le plus distingués dans la bataille contre ces attaques, a dit : “c’est un enjeu dans l’affrontement entre ce qui reste du Christianisme en Europe et un néo-paganisme agressif. Tous les adversaires du christianisme voudraient que l’Eglise capitule sur ce point

 

Lire aussi : Cardinal George Pell sur Amoris Laëtitia : « Ceux qui mettent l'accent sur "la primauté de la conscience" ne semblent l'appliquer qu'à la morale sexuelle »

 

(au passage, c’est une grande joie de constater qu’il y a eu ici une résistance tenace aux abus de pouvoir par le travail d’une partie du milieu ecclésial modéré, mais en même temps il est douloureux de constater les résistances manquées dans une large partie du milieu Vetus Ordo).

 

Dans cette brève étude nous voudrions mettre en évidence un aspect non secondaire. La question posée est la suivante : de telles positions, au-delà des prétextes pastoraux présentés, ne sont-elles pas dans une certaine cohérence théologique avec le luthéranisme?

 

 

 

La gravité radicale des questions en jeux

 

La foi est un édifice harmonieux, dans lequel tous les mystères se relient admirablement et s’embrassent dans celui qu’on appelle “nexus mysteriorum”; les dogmes sont tellement liés entre eux et intimement unis, en tant que reflet de l’unité de Dieu, que si on déstabilise une seule “tour” du “château de la foi”, tout l’édifice s’effondre (Léon XIII dans Satis cognitum rappelle qu’on perd la foi en en niant un seul article). Les thèses “kaspériennes”, citées plus haut, en effet, ne peuvent qu’être intimement connexes aux notions de grâce, état de grâce, grâce sanctifiante. Une grave interrogation théologique surgit donc : quelle “théologie” de la grâce, quelle “théologie” des vertus théologales - mais aussi quelle “théologie” sacramentaire - est compatible avec la thèse de donner la communion à des âmes en état de péché mortel ?

 

Il est notoire que la “théologie de la grâce” est depuis longtemps contaminée par l’immanentisme, par l’abandon de la saine vision métaphysique de Saint Thomas et plus spécifiquement par les influences d’un certain protestantisme (parfois le luthéranisme au sens strict, parfois ses variantes qui sont le protestantisme libéral et le modernisme). A ce propos dans les articles précédents ont été dénoncées les influences acatholiques, protestantes et idéalistes, dans le domaine doctrinal, exégétique, pastoral, mais aussi ecclésiologique (cf: Le Dieu de Jésus-Christ; l’Ascension, le dogme nié; L’ecclésiologie de Hans Kung).

 

Dans cette exposition, après une description synthétique de la doctrine catholique de la grâce en la comparant à ce courant de la pensée protestante, nous aborderons la conséquente notion luthérienne du salut sans mérite pour ensuite conclure sur les conséquences d’une telle hérésie - élaborées de nouveau par la pensée moderniste - qui conduisent tout droit à la démolition des notions catholiques de Sacrement et de Grâce et à la ruine de la vertu d’Espérance elle-même. Espérance qu’on voudrait mettre en valeur mais qui est remplacée par son contraire, c’est-à-dire la capitulation face la situation socio-culturelle de l’instant présent.

 

Avant de proposer une réponse aux questions soulevées, il ne sera pas inutile de répéter que de tels arguments - y compris la communion aux concubins, pécheurs publics - ne sont pas une matière de libre discussion entre les théologiens, tout simplement parce que la réponse, lorsqu’elle n’est pas inscrite dans le droit naturel, a déjà été donnée par la bouche même du Rédempteur depuis 2000 ans au moins, constamment enseignée par l’Eglise (réaffirmée même par le Magistère qui s’est exprimé récemment) et solennellement définie - au sujet des notions connexes de grâce et de péché - par le Concile de Trente, avec Magistère infaillible. Nous ajoutons aussi que presque la totalité des thèses aujourd’hui traitreusement remises en discussion, comme si on était en train d’opiner sur des sujets discutables, lorsqu’elles ne sont pas explicitement révélées ou définies, sont du moins métaphysiquement connexes au révélé et plusieurs d’entre elles sont patrimoine du Magistère ordinaire infaillible. La technique invétérée des modernistes, par contre, continue à ouvrir des “débats libres” (d’ailleurs avec une liberté à sens unique...) là où la sentence catholique a déjà été prononcée. De fait, les fidèles sont jetés dans le doute et dans la confusion des critères, on diffuse plus ou moins indirectement l’hérésie, tout en évitant d’encourir directement les condamnations de l’Eglise, comme mettait déjà en garde l’encyclique “Pascendi”.

 

 

 

Le transitus dans la justification catholique et la notion protestante de “grâce

 

La Révélation nous enseigne que, de fils de ténèbres que nous étions, nous pouvons être lavés, purifiés, vivifiés, rendus justes, fils de Dieu, libres, lumineux, nouveaux. La théologie thomiste parle à juste titre d’un “transitus”, d’une “translatio” : l’âme du pécheur qui devient juste passe de l’état d’inimitié avec Dieu à celui d’amitié. La “justification est un passage de l’état de péché à celui de grâce”[1]. Et le Concile de Trente définit infailliblement : “la justification du pécheur est le passage de l’état dans lequel l’homme naît fils du premier Adam à l’état de grâce et d’adoption de fils de Dieu [ Rom 8,15] au moyen du second Adam Jésus-Christ notre Sauveur” [2].

 

Le changement - dans la doctrine catholique - est réel : l’injuste (dans l’image biblique celui qui n’est pas en état de grâce) devient juste (homme en état de grâce). L’Aquinate enseigne qu’il faut penser à la justification “secundum rationem motus” [3], ce qui veut dire qu’il y a eu un mouvement, on est passé d’un terme duquel on partait au terme opposé, et dans ce cas ce point d’arrivée est l’infusion de la grâce qui avant n’y était pas. Il y a donc une entité nouvelle dans le juste parce que la faute est enlevée et la grâce est infusée dans l’âme [4].

 

La grâce sanctifiante, cette nouvelle entité, qui habite dans le juste “recréé”, “renouvelé”, “régénéré”, est donc dans le justifié une nouvelle réalité [5]. Réalité créée, en effet elle n’est pas l’Esprit-Saint contre l’opinion de Pierre Lombard; réalité interne, elle n’est pas extrinsèquement imputée sans changement dans les profondeurs de l’âme; réalité permanente, elle est quelque chose d’habituelle, elle n’est pas seulement une grâce actuelle transitoire, elle est surnaturellement stable; réalité ontologique, elle n’est pas l'ensemble d’actes moraux bons, mais elle est réalité métaphysiquement présente dans l’âme du juste, dont l’âme subit un réel “changement”, et est absente chez le pécheur [6]; réalité surtout surnaturelle, elle est une certaine participation à la nature et à la sainteté même de Dieu (2 Pt 1,4), elle n’est pas une disposition naturelle au bien moral, encore moins une fiction de la conscience que l’homme pourrait “s’auto-communiquer”, comme dans les envahissantes perspectives panthéistes [7]. L’Ecole parlera pour la grâce sanctifiante - avec un terme d’une précision inégalée - de “habitus entitativus”.

 

L’homme renouvelé, donc assaini et élevé à l’ordre surnaturel, acquiert de nouveau la réalité de l’amitié avec Dieu, est purifié et élevé aussi pour qu’il puisse dans cette vie accéder dignement au Suprême Sacrement, l’Eucharistie, où il s’unit avec Jésus-Christ lui-même. C’est l’anticipation terrestre de l’union avec Dieu dans la gloire et il faut donc une certaine “connaturalité” de la part de celui qui s’unit. L’homme se joint à son Créateur et Rédempteur qui daigne l’élever à un tel contact et il doit donc correspondre en en étant pour ainsi dire “digne”, c’est-à-dire en étant en état de grâce (sans le péché originel et sans péché actuel grave). Se présenter sans le vêtement blanc devant l’Epoux - d’autant plus si l’attitude est délibérée, obstinée et publique - serait offenser tout le dessein de la Rédemption et en mépriser les dons surnaturels. Offense grave de la part du fidèle qui communierait, plus grave encore de la part du prêtre qui s’en rendrait complice et même promoteur. Si l’habit est taché par le péché il faut le laver, et c’est ce que fait l’infusion de la grâce par le Baptême ou la Confession, mais il n’y a pas possibilité de concilier péché et grâce, il y a seulement possibilité de transitus, c’est-à-dire de passage d’un stade mauvais à un bon. C’est la justification de l’impie qui, devenu fils de lumière, peut accéder au Banquet céleste.

 

Il n’en est pas ainsi chez les protestants. Nous savons que les thèses interprétatives sur la pensée de Luther sont innombrables, en raison même des étrangetés expressives du subjectivisme protestant (repris ensuite par l’illuminisme et le modernisme) et des évolutions pas toujours cohérentes de l’augustin apostat, mais un point du moins fait généralement l’unanimité des critiques et c’est celui qui nous intéresse ici : l’homme après le péché originel peut être en même temps juste et pécheur, “simul justus et peccator” selon l’expression connue. C’est-à-dire l’homme auquel ont été imputés les mérites du Christ - et qui serait donc un juste - n’est pas pour cela renouvelé par la grâce sanctifiante, n’est pas revêtu de l’habit blanc après avoir déposé l’habit sale du péché, n’est pas une âme nouvelle, un “homo novus”, mais il est une “charogne” (les termes sont luthériens) qui est “enveloppé” par le manteau blanc des mérites du Christ tout en restant “pourriture” à l’intérieur [8]. En restant dans cette image, il est quelque chose d’abominable à l’intérieur - “peccator” -, mais les mérites du Christ lui sont extrinsèquement imputés et le rendent d’une certaine façon “simul justus”. Donc, sans abandonner le péché, il peut être un juste.

 

 

 

Le salut sans mérite

 

Pour le luthérien peut importe l’état effectif de l’âme, ses dispositions, ses efforts et surtout ses sacrifices, soutenus par la grâce coopérant, pour éviter le péché et s’en corriger, ce qui compte est une illusoire foi-confiance dans son propre salut, en faisant abstraction de l’application de la volonté, de ses propres mérites et surtout, de fait, du difficile sacrifice de soi et de ses propres caprices. La corruption radicale a porté Luther à la théorisation d’un salut sola fide” [9], une “foi” dont la notion - qui aujourd’hui a envahi le monde catholique - est fausse, parce qu’elle n’est pas la foi dogmatique, pour laquelle est essentielle l’adhésion au contenu de la Révélation, mais la foi-confiance dans laquelle ce qui compte est l’aspect pour ainsi dire “sentimental”. Donc pèche fortement, mais crois plus fortement encore (“pecca fortiter, sed crede fortius”), c’est-à-dire que plus on est endurci dans le péché, plus on continue de pécher et plus on démontre sa confiance absolue et complète dans les mérites du Christ, les uniques capables de sauver, indépendamment du libre arbitre de l’homme, lequel ne peut rien faire d’autre que “espérer” avec force [10]. “Pèche fortement, mais croit plus fortement encore”, c’est-à-dire si l’état de pécheur et ennemi de Dieu est permanent et s’il est et sera inéluctablement tel, s’il ne reste que la justification imputée par le Christ, qui couvre de son blanc manteau l’homme, pourriture pécheresse et incapable de mérite volontaire, il ne reste rien d’autre que de continuer à pécher, et même il est mieux de s’établir dans le refus de la loi morale de Dieu en péchant encore plus.

 

 

 

Le rôle des sacrements et plus particulièrement de l’Eucharistie

 

Dans la perspective luthérienne décrite de la grâce imputée, de la négation du mérite pour un homme “simul justus et peccator”, le sacrement a inévitablement perdu la fonction catholique de signe qui produit la grâce qu’il représente [11], car la causalité qu’il exerce au sujet de la grâce n’est certainement pas physico-instrumentale. Le Baptême et la Confession n’opèrent pas instrumentalement le “transitus” ontologique cité, et il n’est pas possible de penser à une augmentation de grâce au moyen de la réception du Corps du Christ substantiellement présent dans les espèces consacrées. En effet le juste - et pécheur en même temps - ne se confie pas à l’efficacité des sacrements, en essayant de les recevoir le plus dignement possible, ni encore moins s’appuie sur les effets de la digne réception de l’Eucharistie, mais il se confie dans le “réveil” en son âme de la foi-confiance en son propre salut. Salut auquel, en toute logique, il ne peut pas coopérer, parce qu’il est imputation des mérites du Christ, mais dans lequel il doit cependant “croire” fermement (il y a ici une certaine incohérence interne des thèses protestantes). Et les sacrements, désormais dénaturés, sont réduits à la fonction de raviver cette “conviction”.

 

De plus, au sujet de l’Eucharistie, n’étant même plus le Corps du Christ transsubstantié et la Messe étant réduite à une “Cène évocatrice”, le problème de l’union entre le Corps très Saint du Christ et l’âme d’un pécheur endurci ne se pose plus en ces termes.

 

 

 

La mort de la vie (et de l'espérance) chrétienne: “pecca fortiter... et communica fortius”

 

L'hérésie luthérienne a structuré autour de ses théories sur la grâce qui s’opposent au dogme catholique, des thèses qui sont une diabolique contrefaçon de la vraie confiance dans la Miséricorde de Dieu et qui ont toujours eu un évident - et satanique - “charme”, parce qu’elles permettent de conjuguer le nom de chrétien, et même la participation aux “sacrements”, avec la persistance (légitimée même par principe) dans les déviations peccamineuses les plus graves. Ce sont les fruits, comme noté plus haut, de la théorie du “simul justus et peccator”.

 

A une époque comme la nôtre, immergée dans l'hédonisme et surtout dans l’immanentisme qui refuse de raisonner en termes métaphysiques autant pour les objets naturels que surnaturels, la perspective citée ne peut que récolter du succès, comme cela arrive dans les faits. Une large partie du monde catholique, agressé par les ferments du protestantisme libéral, du modernisme et du relativisme mondain, semble avoir lui aussi perdu la correcte notion de grâce, état de grâce, grâce sanctifiante. Tout le patrimoine catholique sur ce sujet est systématiquement relu de manière anti-métaphysique, en renonçant non seulement à la très utile notion scolastique de “habitus entitativus”, mais aussi aux définitions du Concile de Trente elles-mêmes. Il ne reste qu’une lecture immanentiste de la grâce, laquelle - si elle n’est pas ouvertement décrite dans les termes de Martin Luther - est du moins associée à un état sentimentalo-confiant, plutôt qu’à une réalité entitative présente dans l’âme du juste et absente chez le pécheur.

 

En conséquence, si la grâce n’est pas une entité à laquelle on arrive après le Baptême ou la Confession (avec le propos d’abandonner le péché), mais plutôt - dans le meilleur des cas - une disposition de la conscience de chacun, indépendamment de la volonté d’abandonner le péché, on comprend alors pourquoi on peut “peccare fortiter ... et ... communicare fortius”. On comprend pourquoi on peut accéder à la communion sans arrêter de pécher, et même en endurcissant et en fossilisant l’état de pécheur. La vie de l’âme en état de grâce n’étant plus synonyme d’infusion surnaturelle de Vie trinitaire, dans l’évolution actuelle de la pensée protestante et moderniste, devient plutôt une auto-communication que l’homme se donne à lui-même : “en se sentant” digne d’accéder à l’Eucharistie (d’une façon subjectiviste) il le devient, et cela indépendamment de sa vie morale réelle. Ainsi, le sacrement est devenu plus ou moins ce moyen ordonné seulement à produire “le sentiment religieux” ainsi que le voulaient les modernistes condamnés par Saint Pie X [12]. Modernistes qui, selon les paroles du Saint Pape - dont nous fêtons le centenaire de la mort cette année et dont nous invoquons la protection sur l’Eglise - tout en évitant les expressions condamnées par le Concile de Trente sont tout simplement en train d’affirmer avec Luther que les Sacrements servent seulement à nourrir la (présumée) foi [13]. Et sur cette voie l’homme, en suivant les pas du surnaturel transcendantal de Rahner - leur “grand” maître - “se fit Dieu”.

 

 

 

Don Stefano Carusi

 

 

 

[1] S. Th., Ia IIae, q. 113, a. 1, c: “iustificatio importat transmutationem quandam de statu iniustitiae ad statum iustitiae”.

[2] Denz. 1524.

[3] S. Th., Ia IIae, q. 113, a. 1, c. : “potest fieri iustitia in homine secundum rationem motus qui est de contrario in contrarium. Et secundum hoc, iustificatio importat transmutationem quandam de statu iniustitiae ad statum iustitiae praedictae”.

[4] S. Th., Ia IIae, q. 113, a. 6, c., ad 2.

[5] S. Th., Ia IIae, q. 110, a. 1, c.

[6] A. Piolanti, Dio nel mondo e nell’uomo, Città del Vaticano 1994, pp. 522-533.

[7] Ibidem, p. 547 e ss.

[8] Ibidem, pp. 413-419.

[9] B. Gherardini, Riflessioni su Martin Lutero, in Divinitas 28 (1984), passim.

[10] Ibidem.

[11] S. Th., IIIa, q. 62, a.1, ad 1; Denz. 1666.

[12] Denz. 3489.

[13] Ibidem.

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 09:27

Comment Luther inventa le luthéranisme ?

 

Le moine Martin Luther éprouvait de grandes difficultés, il se sentait toujours pécheur et éloigné de Dieu. Était-ce une tentation, un scrupule, ou bien ne faisait-il pas assez d’efforts pour se maintenir dans la grâce de Dieu ? Toujours est-il que, puisqu’il n’arrivait pas à se changer lui-même, Luther prit la décision de changer la religion : c’est plus facile. Désormais, il n’est plus nécessaire de servir Dieu, de lui obéir, cela est réputé impossible, il suffit de faire confiance à « Christ » et tout va bien. Le Dictionnaire de théologie catholique (DTC) expose ainsi la doctrine de Luther :

 

Sur notre corruption, Dieu peut mettre un manteau, je veux dire les mérites de Jésus Christ. Ce sera une justification tout extérieure, un revêtement de marbre sur le bois pourri d’une cabane. Dans le travail de notre salut, Jésus-Christ, et Jésus-Christ seul, est actif, nous n’avons pas à l’être nous-mêmes ; vouloir coopérer par nos oeuvres à ce qu’il a surabondamment accompli, ce serait lui faire injure. Et comment l’homme obtiendra-t-il de Dieu ce manteau, je veux dire cette attribution extérieure des mérites de Jésus-Christ ? Par la foi ou, pour parler plus exactement, par la confiance en Dieu et en Jésus-Christ. L’homme continuera de produire des fruits de mort ; mais, par la confiance qui sera dans son coeur, il méritera que Dieu lui attribue les mérites de Jésus-Christ.

 

Le 1er août 1521, dans une lettre à Melanchton, Luther résuma sa nouvelle religion : Pecca fortiter, sed fortius crede (« Pèche fortement, mais crois plus fortement encore »).

 

Désormais, – continue le DTC – il en avait donc fini avec le joug de la loi et les tourments de la conscience. Voilà l’Évangile, c’est-à-dire la Bonne Nouvelle qu’il venait annoncer au nom de Dieu. Depuis des siècles, cette vérité était restée cachée ; la pauvre humanité avait été courbée par l’Église romaine sous le joug inutile et pesant de la pénitence, sous l’obligation de tendre à la perfection par des oeuvres personnelles. Luther, au contraire, venait lui apprendre à se cacher sous l’aile de Jésus-Christ, à s’envoler par la confiance, par le sentiment, dans une douce rêverie, jusqu’au pied du trône de Dieu.

 

SourceLettre des dominicains d’Avrillé n°80

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 12:02

AMORIS LAETITIA REPOSERAIT SUR DES PRÉMISSES ERRONNÉES

 

Pour le Père Michael, la thèse défendue dans le récent livre du Card. Coccopalmerio sur l'interprétation du chapitre 8 d'Amoris Laetitia repose sur des prémisses fausses qui se trouvent déjà dans la note 329 de l'exhortation apostolique de François.

 

Le Cardinal affirme (avec le soutien du Pape) que, pour autant que des divorcés remariés civilement souhaitent changer de vie, il ne doivent pas vivre comme frère et soeur parce que l'abstinence nuirait à leur couple.

 

La note d'Amoris Laetitia en question s'appuie à son tour sur la constitution Gaudium et Spes (du Concile Vatican II. Ndlr.) n. 51 qui dit en effet "Là où l’intimité CONJUGALE est interrompue, la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis : car en ce cas sont mis en péril et l’éducation des enfants et le courage nécessaire pour en accepter d’autres ultérieurement."

 

Dans Gaudium et Spes cette affirmation se trouve dans le point intitulé "L'Amour conjugal et le respect de la vie humaine." et concerne donc uniquement les couples mariés.

 

Or Amoris Laetitia utilise cette citation hors contexte pour l'appliquer aux couples divorcés (et "engagés dans une nouvelle union". Ndlr.) en affirmant que "Dans ces situations, connaissant et acceptant la possibilité de cohabiter ‘‘comme frère et sœur’’ que l’Église leur offre, beaucoup soulignent que s’il manque certaines manifestations d’intimité « la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis » (voir Gaudium et Spes 51)"

 

Le Père Michael fait donc remarquer que le nouvel ouvrage du Cardinal Coccopalmerio se garde bien de faire remarquer que l'intimité en question concerne en fait LA VIE CONJUGALE et estime que la citation est utilisée hors contexte dans le but de faire dire à Gaudium et Spes quelque chose qu'il ne dit pas.

Amoris laetitia reposerait sur des prémisses erronnées

Source: Diakonos.be

Amoris laetitia (n° 298 et sa note 329) prend en effet Gaudium et spes (n° 51) du Concile Vatican II décrivant le risque que court la fidélité et le bien des enfants lorsque l'"intimité conjugale est interrompue" et l'applique aux divorcés et remariés (!) pour, en quelque sorte, justifier l'adultère.

 

Voici dans l'image ci-dessous ce que dit Gaudium et spes n° 51 à propos des couples mariés (les passages importants sont soulignés en rouge):

Amoris laetitia reposerait sur des prémisses erronnées

Et voici ce que dit Amoris laetitia n° 298 et sa note 229 à propos des "divorcés engagés dans une nouvelle union" :

Amoris laetitia reposerait sur des prémisses erronnées

Amoris laetitia, note 329 :

Amoris laetitia reposerait sur des prémisses erronnées

Cette application abusive de Gaudium et spes aux divorcés et "remariés" avait déjà été aperçue par Don Alfredo Morselli dans l'article en italien de "Corrispondenza Romana" titré "Amoris Laetitia: la logica dell’eresia", le 27 décembre 2016, "Amoris Laetitia : la logique de l'hérésie", dont nous avions proposé une traduction :

 

"Pour soutenir que la fornication et l'adultère ne sont pas toujours des péchés mortels, vous avez ...

 

a) une utilisation absurde de Gaudium et Spes utilisé pour soutenir que dans certains cas, le péché est bon pour l'amour, en appliquant à une relation adultère le principe selon lequel s'il lui manque certaines expressions d'intimité conjugale, il n'est pas rare que "la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis" (Conc Concile œcuménique Vatican II, Constitution Gaudium et spes, 51;..... cf. Amoris laetitia, note 329) ..."

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 09:30

"Le libéralisme est un péché" (1884) était le titre de l'ouvrage de Don Sarda y Salvany (1841-1916) qui reçut l'approbation de la Sacrée Congrégation de l'Index le 10 janvier 1887. Cet ouvrage décrivait ce que l'erreur séduisante du libéralisme a de faux aspects de générosité, de miséricorde et de charité. "Le libéralisme est l'hérésie radicale et universelle, parce qu'il comprend toutes les hérésies. [...] Il est l'infraction universelle et radicale de la loi de Dieu parce qu'il en autorise et sanctionne toutes les infractions." (1)

 

"Dès son apparition en France, lors de la première Révolution, la fameuse Déclaration des droits de l'homme, qui contient en germe toutes les folies du moderne libéralisme, fut condamnée par Pie VI." (2) Le Pape Pie IX a clairement condamné le libéralisme dans le Syllabus du 8 décembre 1884.

"Le 18 juin 1871, Pie IX, répondant à une députation de catholiques français, leur parla ainsi : ''L'athéisme dans les lois, l'indifférence en matière de religion et les maximes pernicieuses appelées catholiques-libérales, sont, oui, elles sont véritablement la cause de la ruine des Etats; elles l'ont été de la perte de la France". Dans le Bref du 6 mars 1873 adressé au président et aux membres du Cercle Saint-Ambroise de Milan, le souverain pontife s'exprime ainsi : "Il ne manque pas de gens qui prétendent former une alliance entre la lumière et les ténèbres, et associer la justice avec l'iniquité à la faveur de ces doctrines appelées catholiques-libérales qui, basées sur de très pernicieux principes, se montrent favorables aux intrusions de la puissance séculière dans les affaires spirituelles, inclinent leurs partisans à [...] tolérer des lois iniques, comme s'il n'était pas écrit que nul ne peut servir deux maîtres. Ceux qui agissent ainsi, sont en tous points plus dangereux et plus funestes que les ennemis déclarés. [...] Ils se produisent avec quelque apparences de probité et de saine doctrine, qui hallucinent les amis imprudents de la conciliation et séduisent les personnes honorables qui auraient combattu l'erreur déclarée". Dans le Bref à La Croix, journal de Bruxelles en date du 21 mai 1874, le pape s'exprime ainsi : "[...] le libéralisme catholique, acharné à concilier la lumière avec les ténèbres et la vérité avec l'erreur..." (3) Combien cette manière de faire n'est-elle pas de mise aujourd'hui dans l'ensemble de nos chapelles et églises où l'on n'entend et l'on ne voit que ça !

 

L'authentique charité est "une vertu surnaturelle qui nous incline à aimer Dieu par-dessus toute chose et le prochain comme nous-mêmes pour l'amour de Dieu". "Aimer, c'est vouloir le bien à celui qu'on aime". "Il suit de là qu'on peut aimer le prochain, bien et beaucoup, en lui déplaisant, en le contrariant". Or, la "fausse charité libérale" "est condescendante, affectueuse, tendre même, dans la forme, mais au fond elle n'est que le mépris essentiel des biens véritables de l'homme, des suprêmes intérêts de la vérité et de Dieu". (4)

 

Don Sarda y Salvany cite dans son ouvrage une "Lettre pastorale adressée à leurs diocésains par les Evêques d'Equateur réunis en concile provincial", du 15 juillet 1885. Cette lettre expose parmi les "conséquences" du libéralisme : l'amoralité, c'est-à-dire la disparition de la morale. "Le libéralisme étant la passion dominante du XIXe siècle, [...] c'est lui qui est responsable de tant d'erreurs et de délires, de tant de calamités et de désastres. [...] A notre avis, le libéralisme est en définitive la suppression de la conscience humaine [...], il aspire encore à ravir à l'individu, au moyen de l'épouvantable bouleversement de la raison dominée par les passions, un des premiers éléments naturels de la constitution humaine : la moralité"...

N'est-ce pas ce que nous constatons aujourd'hui avec l'exhortation post-synodale du Pape François "Amoris laetitia" et les "problèmes moraux de la nouvelle pastorale qui verront un torrent de solutions à base de 'for interne de la conscience', solutions à toutes les questions morales contestées" (P. Mark A. PILON) ?

 

Aujourd'hui, on en est arrivé au point que selon le théologien canadien Douglas Farrow, une exhortation papale, "Amoris laetitia", "ne remet pas seulement en cause l’ordre moral, elle met aussi en danger les sacrements."

 

"Jamais plus qu'aujourd'hui, la lecture de ce livre [Le libéralisme est un péché] est nécessaire pour tous ceux qui veulent se désintoxiquer des erreurs du libéralisme. Le virus qui détruit toutes les valeurs naturelles et surnaturelles atteint désormais, non seulement les sociétés civiles, mais l'Église elle-même. C'est en poursuivant les ramifications de ce cancer que nous restaurerons le Règne de Notre Seigneur Jésus-Christ et de sa sainte Mère ici-bas, et que nous travaillerons à l'extension de la seule arche du salut : l'Église Catholique et Romaine." (Extrait de la préface de Mgr Marcel Lefebvre pour l'édition de 1975). 

 

Le mouvement libéral, solennellement condamné par le Syllabus du 8 décembre 1864 du Pape Pie IX, est clairement identifiable dans l'histoire de l'Eglise au XXe siècle sous le nom de "libéralisme évangélique". Il faut savoir qu'appliqué au protestantisme depuis le début (doctrine luthérienne du "libre examen"), l'ultra-libéralisme a entraîné la "disparition de tous les courants protestants qui l’ont adopté".

La question qui se pose dès lors est "l’Eglise catholique doit-elle suivre ce mouvement?" :

Le libéralisme évangélique

Texte du site Pro Liturgia auquel nous avons ajouté un lien sur le mot "Tradition" :

 

Le modèle d'Eglise qu’une grande partie du clergé français, de nombreux "laics engagés", ainsi que certains membres très haut placés dans la hiérarchie catholique veulent nous imposer, sous des apparences de spontanéité, de sincérité et de “générosité”, est en fait la concrétisation d’un courant idéologique clairement identifiable dans l’Histoire, et qui porte le nom de “libéralisme évangélique (voir ici).

Ce courant, issu du protestantisme qu’admire François, prône un modèle ecclésial marqué par les caractéristiques suivantes :

 

- l’Eglise doit être uniquement horizontale et égalitaire, sans hiérarchie, sans sacerdoce. Elle n’est plus conçue comme le peuple de Dieu guidé par des pasteurs dépositaires, par la succession apostolique, d’un dépôt de la foi qu’ils auraient pour mission d’enseigner au peuple (Eglise “Mater et Magistra”), mais comme une confédération de communautés démocratiques dépourvues de doctrine clairement établie, et dont le principe réside non dans l’enseignement pérenne d’un magistère unique mais dans la conscience - par nature fluctuante et changeante - de chaque individu ou communauté ;

- l’ensemble de la doctrine chrétienne doit être passée au crible du rationalisme et de la pensée contemporaine. Lorsqu’il y a incompatibilité entre un élément de la foi chrétienne et la pensée moderne, c’est cette dernière qui doit systématiquement servir de critère de vérité ; tout ce qui dans la foi chrétienne est incompatible avec la modernité doit être rejeté ou au moins passé sous silence ;

- il n’y a pas de Tradition : seule l’Ecriture sert de texte de référence, mais uniquement dans la mesure où elle peut être interprété dans un sens libéral ;

- la notion de sacré doit être entièrement rejetée, aussi bien dans le culte, que dans le temps, l’espace, les personnes, et même l’Ecriture (voir ici).

 

C’est très clairement ce programme qui s’applique sous nos yeux dans un grand nombre de paroisses ; c’est ce programme qui est aujourd’hui prôné, plus ou moins ouvertement, le plus souvent de façon insidieuse, par nombre de clercs, de professeurs d’universités, de théologiens bien en vue aujourd’hui dans l'Eglise. A ce militantisme interne à l’Eglise s’ajoute la pression de l’opinion publique moderne, la modernité étant profondément protestante dans son essence.

 

Ce mouvement libéral pose deux problèmes fondamentaux à l’Eglise aujourd’hui :

 

- d’une part, il constitue une rupture brutale et frontale avec tout ce qu’est l’Eglise catholique depuis sa fondation et ses premiers développements ;

- d’autre part, ceux qui le promeuvent semblent oublier que cet ultra-libéralisme est en train de provoquer un profond délitement, et à terme la disparition de tous les courants protestants qui l’ont adopté, comme le reconnaissent les protestants eux-mêmes (voir ici)

 

La question qui se pose est donc la suivante : l’Eglise catholique doit-elle suivre ce mouvement, appliquer ce programme mis en place dans la majorité des diocèses et des paroisses et donc, à terme, se condamner à disparaître, ou bien doit-elle rester fidèle à sa nature originelle, quitte à assumer une certaine opposition à la modernité et à la pastorale actuelle ?

 

De la réponse à cette question dépend la survie de l’Eglise dans ce XXIe siècle qui débute.

Notes

 

(1) Don SARDA Y SALVANY, Le libéralisme est un péché, Publication du Sel de la Terre, Avrillé 1997, p. 25

(2) Don SARDA Y SALVANY, Le libéralisme est un péché, ibid., p. 44

(3) Don SARDA Y SALVANY, Le libéralisme est un péché, ibid., p. 46-47

(4) Don SARDA Y SALVANY, Le libéralisme est un péché, ibid., p. 90-91

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 14:29

Populisme de droite comme populisme de gauche se caractérise par le personnalisme politique issu du libéralisme politique et du régime dit "représentatif" qui prétend qu'on choisit un leader qui représente d'une certaine manière les masses populaires. Ce leader joue un rôle de 'semi-souverain' au sens où la souveraineté réside dans le peuple qui, au travers des élections, la délègue au président élu... Le personnalisme politique qui en France se décline d'une certaine manière dans le gaullisme, le mythe de l'homme providentiel et le régime semi-présidentiel, s'oppose au royalisme légitimiste notamment qui postule en sens contraire que la personne du souverain n'importe pas, mais seules la qualité des institutions.

 

Voici ci-dessous un article de Sandro Magister montrant une fois n'est pas coutume une divergence de vue entre la Civilta catholica, revue jésuite et le pape François au sujet du populisme d'Amérique latine, alors que ce dernier  porte un jugement négatif sur les populismes d'Europe et d'Amérique du Nord :

Quand la "Civiltà cattolica" et le pape François divergent sur le populisme

QUAND LA CIVILTÀ CATTOLICA ET LE PAPE DIVERGENT SUR LE POPULISME

 

Une fois n'est pas coutume, "La Civiltà Cattolica" diverge de la pensée Pape. Sur le populisme.

 

Dans le dernier numéro de "la Civiltà Cattolica" - celui qui précède le fatidique numéro 4000 sorti en grande pompe le 11 février avec force dédicaces et une énième interview du pape – on peut trouver un article intéressant concernant le Venezuela.

 

L'auteur, Arturo Peraza, 52 ans, est ce jésuite qui a remplacé son compatriote Arturo Sosa Abascal, élu supérieur général de la Compagnie de Jésus, en tant que nouveau provincial du Venezuela. Et il dresse un portrait alarmant du désastre dans lequel la "révolution" bolivarienne du président Hugo Chávez et de son successeur Nicolás Maduro a plongé son pays.

 

En effet, le P. Peraza qualifie le régime actuel du Venezuela de "populiste" comme l'ont été - ajoute-t-il – les régimes de Juan et d'Evita Perón en Argentine, de Getulio Vargas au Brésil et, plus récemment d'Alberto Fujimori au Pérou.

 

"[Au Venezuela] la révolution a voulu créer un nouveau cadre institutionnel qualifié de 'socialiste". Mais […] en réalité, le projet chaviste est un modèle qu'en politique, on peut mieux définir comme 'populisme ou personnalisme politique' et qui, en Amérique Latine a été incarné, par exemple, par Perón (et Evita) et Vargas. Aujourd'hui on parle de 'néo-populisme' pour évoquer les gouvernements comme ceux de Fujimori ou de Chávez. Dans ces cas, le critère fondamental réside dans le fait que, plutôt qu'un cadre institutionnel (formé de partis et de structures), on choisit un leader qui représente d'une certaine manière les masses populaires. Ce leader joue un rôle de 'semi-souverain' au sens où la souveraineté réside dans le peuple qui, au travers des élections, la délègue au président élu. Celui-ci, même s'il semble d'un point de vue formel se soumettre à la structure de l'Etat libéral, s'en détache radicalement dans les faits en insistant sur la nécessité d'une transformation sociale qu'il représente lui-même, qu'ils assume, promeut et met en œuvre. C'est ainsi que les autres niveaux de pouvoir de l'Etat finissent pas devenir de simples coryphées de celui qui détient le pouvoir exécutif."

 

Si nous nous référons à l'interview que le pape François a donné le 21 janvier dernier au quotidien espagnol "El País", nous constatons que le pape pose en effet un jugement négatif sur les populismes d'Europe et d'Amérique du Nord, allant jusqu'à les comparer à Hitler, mais qu'il encense les populismes et les "mouvements populaires" d'Amérique latine.

 

Voici la question et la réponse sur ce point précis:

 

"QUESTION – Autant en Europe qu'en Amérique, les conséquences d'une crise qui n'en finit plus cède le pas à des formations politiques qui profitent du mécontentement des citoyens pour construire un messages de xénophobie et de haine envers l'étranger. Le cas de Trump est emblématique mais il y a également les cas de l'Autriche et de la Suisse. Est-ce que ce phénomène vous préoccupe?

 

RÉPONSE - C'est-ce que nous appelons les populismes. Il s'agit d'un mot ambigu parce que le populisme a un tout autre sens en Amérique Latine. Là-bas cela signifie que les peuples sont les protagonistes, comme par exemple les mouvements populaires. Ils s'organisent entre eux... c'est autre chose. Quand j'ai commencé à entendre parler de populisme ici [en Europe] je ne comprenais pas, j'étais perdu jusqu'à ce qu'on m'explique que ce terme avait un sens différent en fonction des endroits. Bien sûr, les crises provoquent des peurs, des réactions alarmistes. Pour moi, le meilleur exemple des populismes européens c'est l'Allemagne en 1933. Après Hindenburg et la crise des années 30, l'Allemagne est à terre, elle cherche à se relever, elle cherche son identité, elle se cherche un leader, quelqu'un qui lui restitue son identité et il y a ce gamin appelé Adolf Hitler qui dit "moi je peux, moi je peux". Et toute l'Allemagne a voté Hitler. Hitler n'a pas volé le pouvoir, il a été élu par son peuple et ensuite il a détruit son peuple. C'est là le danger.

 

*

 

Voici une première contradiction entre le jugement positif de Jorge Mario Bergoglio sur les populismes latino-américains et le jugement négatif du provincial des jésuites du Venezuela dans la "Civiltà Cattolica".

 

Mais il existe une également une autre contradiction, toujours en ce qui concerne la perceptions des populismes latinoaméricains: entre le Bergoglio pape et celui qui en 2007 était l'auteur principal du document de conclusion de la conférence d'Aparecida entre les évêques du continent.

 

Dans ce document auquel le pape François fait souvent référence, on n'évoque qu'une seule fois le populisme latino-américain, dans le paragraphe 74. Et de façon très négative:

 

"Nous prenons acte que les différents processus électoraux représentent un certain progrès démocratique. Toutefois, nous observons avec préoccupation l'avancée rapide de différentes formes de régression autoritaire par la voie démocratique qui aboutissent dans certains dans à des régimes d'orientation néo-populiste. Cela confirme qu'une démocratie purement formelle et fondée sur la transparence des processus électoraux ne suffit pas mais qu'il faut également une démocratie participative et soutenue par la promotion et le respect des droits humains. Une démocratie qui oublierait ces valeurs fondamentales peut rapidement se transformer en dictature et finir par trahir le peuple".

 

*

 

Qui est donc le vrai Bergoglio? Celui d'Aparecida en 2007 ou celui d'aujourd'hui?

 

Il ne fait aucune doute que le fond de sa pensée sur les populismes latino-américains consiste en ce jugement positif, voire enthousiaste qu'il a exprimé dans ses "manifestes politiques" que sont les trois discours-fleuves adressés aux "mouvements populaires" qu'il a invités une première fois à Rome en 2014, une seconde fois en Bolivie à Santa Cruz de la Sierra en 2015 et une troisième fois encore à Rome en 2016:

 

> Bergoglio politique, le mythe du peuple élu.

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1351428

 

Au niveau pratique, cette prédilection du pape François pour les populismes latino-américains se manifeste par la sympathie qu'il a témoignée à de nombreuses reprises à des personnalités comme les frères Castro à Cuba, Evo Morales en Bolivie, Rafael Correa en Équateur, José Mujica en Urugay, tout comme dans sa froideur envers les opposants de Chávez et de Maduro au Venezuela et envers l'actuel président de l'Argentine, le "libéral" Mauricio Macri.

 

Mais il y a également un arrière-plan théorique et théologique qui explique cette préférence.

 

Au cours de quelques interviews, le pape François n'a pas hésiter à définir la notion de peuple comme "une catégorie mystique" et "mythique".

 

A une occasion, il a précisé sa pensée de façon encore plus marquée, c'était lors du discours qu'il a prononcé le 13 novembre 2015 lors d'une conférence des membres de la Fondation Romano Guardini.

 

Guardini, c'est ce philosophe italo-allemand sur lequel Bergoglio a rédigé sa thèse inachevée de doctorat en théologie. Et qui, en tant que pape, lui a inspiré un "concept de peuple" qui cadre parfaitement avec la "théologie du pueblo" de son maître argentin Juan Carlos Scannone.

 

Le peuple, déclarait François dans ce discours à la Fondation Romano Guardini, signifie "le compendium de ce qui dans l’homme est authentique, profond, substantiel". Nous pouvons reconnaître dans le peuple, comme dans un miroir, le « champ de la force de l’action divine ». C'est la raison pour laquelle, a ajouté le pape, j’aime à dire — et j’en suis convaincu — que le « peuple » n’est pas une catégorie logique, c’est une catégorie mystique.

 

Il s'agit de concepts qui volent haut, très haut. Mais Bergoglio est un homme pratique. Et du peuple au populisme, il n'y a pour lui qu'un pas.

 

---

 

P.S. - La divergence décrite ci-dessus entre la pensée de François et celle de "La Civiltà Cattolica" en matière de populisme est la traditionnelle exception qui confirme la règle. Et la règle c'est le lien très étroit entre le pape et la revue.

 

C'est ce lien que ce même François a une nouvelle foi confirmé et renforcé dans le discours qu'il a adressé jeudi 9 février au collège des rédacteurs de "La Civiltà Cattolica" reçus au Vatican à l'occasion de la sortie du numéro 4000 de la revue:

 

"Dans mon travail, je vous vois, je vous suis, je vous accompagne avec affection. Votre revue est souvent sur mon bureau. Et je sais que vous, dans votre travail, vous ne me perdez jamais de vue. Vous avez accompagné fidèlement toutes les étapes importantes de mon pontificat, la publication des encycliques et des exhortations apostoliques en les interprétant fidèlement".

 

On peut donc déduire de cette déclaration que le feu vert à la communion des divorcés-remariés donné par "La Civiltà Cattolica" bien avant que ne soit publiée l'exhortation post-synodale "Amoris Laetitia" était et demeure "une interprétation fidèle" de la pensée du pape:

 

> François se tait, mais un autre jésuite parle pour lui (7.11.2015)

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1351172

 

Dans ce même discours du 9 février, François a en outre déclaré que "depuis déjà longtemps, la Secrétairerie d'Etat envoie 'La Civiltà Cattolica' à toutes les nonciatures du monde" et il s'est félicité pour les nouvelles éditions mensuelles de la revue en espagnol, anglais, français et en coréen. Une façon de plus de propager sa pensée partout avec autorité.

Source: Sandro Magister, théologien et vaticaniste à l'Espresso., 10 février 2017. Traduit avec l'autorisation de l'auteur Diakonos.be

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 07:12
Création : "Dieu vit tout ce qu'il avait fait et voici, cela était très bon" (Genèse 1)

Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut.

Genèse 1

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 22:57

Selon le théologien canadien Douglas Farrow, l’Exhortation “Amoris laetitia” ne remet pas seulement en cause l’ordre moral ; elle met aussi en danger les sacrements qui sont les instruments grâce auxquels Dieu nous donne de partager sa vie trinitaire.

 

Lire : Communion pour tous : disparition de l'Eglise

 

Nous ne pouvons pas disposer librement des sacrements parce que, précisément, ils sont les dons de Dieu. Ce n’est donc pas un acte de charité que de modifier les conditions de réception des sacrements, mais plutôt une occasion de sombrer dans l’erreur consistant à confondre le bien et le mal, écrit Farrow.

Les différentes façons d’interpréter “Amoris laetitia” sont une preuve évidente qu’au sein de l’Eglise, beaucoup ne savent plus ce qu’est la vraie nature des sacrements.

 

"Amoris laetitia" ne remet pas seulement en cause l’ordre moral, elle met aussi en danger les sacrements
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 12:05

Dans un entretien au Remnant Newspaper, Mgr Nicola Bux, Consultant Liturgique au Vatican et Professeur de Théologie précise la notion d'"enfant de Dieu" :

 

"La pensée catholique est en crise: on obscurcit la raison pour laquelle la Parole est devenue chair dans le sein de la Vierge Marie (l'Incarnation Ndlr.) et est morte sur la croix pour sauver les hommes du péché, les appelant dans l'Église qui, comme le dit le Catéchisme (Cf. Compendium 1), est appelé à évangéliser et à baptiser pour que les créatures deviennent enfants de Dieu.

 

Si on a atteint le point d'affirmer que même ceux qui ne sont pas baptisés sont des enfants de Dieu, cela signifie que le baptême n'est pas nécessaire, et donc aussi le catéchuménat et l'initiation sacramentelle chrétienne. En retenant la vérité sur le péché et la grâce, il est conceptualisé une Église 'liquide'... pour la liquider."

 

Puis à la question : "Et à votre avis, quelles seraient les conséquences ultimes de cette situation, si elle n'est pas résolue? Mgr Bux a répondu :



"Il a été dit par un clergé bien plus autoritaire que nous sommes en présence d'un schisme rampant: une pensée non catholique est entrée dans l'Église catholique, pensée qui considère la messe seulement comme un banquet plutôt que comme un sacrifice, Le mariage en tant qu'acte humain et non comme un sacrement indissoluble, parlant du péché et de la grâce comme dépassés aujourd'hui, une pensée prêchant la morale de la miséricorde, indépendamment de la conversion et de la pénitence, etc. N'est-ce pas un moyen de liquider l'Eglise? L'œuvre de l'Église dans le monde est la victoire sur le mal et sur la mort; Nous ne devons pas craindre avant tout ceux qui tuent le corps, mais ceux qui damnent les âmes à la punition éternelle."

 

Source : On Amoris Laetitia: Interview of Vatican Liturgical Consultant and Professor of Theology, Msgr. Nicola Bux Featured, The Remnant Newspaper,Written by Alberto Carosa | Rome Reporter, Monday, February 6, 2017

Tout le monde est-il "enfant de Dieu" ?

NdCR. En obscurcissant la raison pour laquelle la Parole est devenue chair, la "crise" dont parle Mgr Bux sur le baptême, faisant de tous les hommes des "enfants de Dieu", s'attaque au dogme de l'Incarnation du Verbe, comme toutes les grandes hérésies.

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 12:03

Pourquoi Amoris laetitia ne jouerait-t-elle que dans le cas des adultères ?

“Amoris laetitia” suscite une nouvelle question : pourquoi la conscience personnelle permettant de décider si l’on peu ou non communier ne joue-t-elle que dans le cas des adultères et non des autres péchés ?

En d’autres termes : n’est-il pas temps de se prévaloir d’ “Amoris laetitia” pour supprimer purement et simplement le sacrement du Pardon ? Ce serait incontestablement un grand pas de fait dans la direction des luthériens.

 

Source: Pro liturgia, Actualité du vendredi 10 février 2017

“Amoris laetitia” suscite une nouvelle question : ne joue-t-elle que dans le cas des adultères ?
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 11:33

Doit-on lire Amoris laetitia du Pape François et ses ambiguïtés à la lumière d'une confidence de Paul VI à Jean Guitton dans laquelle ce Pape déplorait un "très grand trouble en ce moment dans l'Eglise" qui est un "manque" de "cohérence" dans la pensée catholique moderne, répétant  plusieurs fois ce mot de cohérence ?

Jean Guitton et la crise actuelle

 

[...] Voici ce que Paul VI confiait à son ami Jean Guitton: “Il y a un très grand trouble en ce moment dans le monde et dans l’Église, et ce qui est en question, c’est la foi. Il arrive maintenant que je me redise la phrase obscure de Jésus dans l’Évangile de saint Luc : ‘Quand le Fils de l’Homme reviendra, trouvera-t-il encore de la foi sur la terre ?’ Il arrive que paraissent des livres où la foi est diminuée sur des points importants, que l’épiscopat se taise, qu’on ne trouve pas ces livres étranges. Et c’est cela qui, à mes yeux, est étrange. Il m’arrive de relire l’Évangile de la fin des temps et de constater qu’il y a en ce moment certains signes de cette fin. Est-ce que nous sommes proches de la fin ? c’est ce que nous ne saurons jamais. Il faut toujours nous tenir prêts à la fin, mais tout peut durer très longtemps. Ce qui me frappe quand je considère le monde catholique, c’est qu’à l’intérieur du catholicisme une pensée de type non-catholique semble parfois avoir le dessus, et il se peut que cette pensée non catholique à l’intérieur du catholicisme devienne demain la plus forte. Mais elle ne représentera jamais la pensée de l’Église. Il faut que subsiste un petit troupeau, même si c’est un troupeau tout petit”. Il se tait, puis il dit : “Ce qui manque au catholicisme en ce moment, c’est la cohérence”, et il répète plusieurs fois ce mot « cohérence ». Il semble dire: “C’est au Pape qu’il appartient de redresser, de réunir, de rendre cohérent ce qui est incohérent”. Il se tait. »

 

(Jean Guitton, Paul VI secret, pp. 168-169.)

 

Source: Simon Noël OSB

"Il y a un très grand trouble en ce moment dans le monde et dans l’Église, et ce qui est en question, c’est la foi" (Paul VI à Jean Guitton)
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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 16:02
Agneau sans tache, mâle, âgé d'un an (Exode 12.1-28, verset 5)

Agneau sans tache, mâle, âgé d'un an (Exode 12.1-28, verset 5)

Selon la “Civilta Cattolica”, sorte de journal porte-parole du Pape François - on s’oriente doucement mais sûrement vers le mariage des prêtres dans un premier temps et vers la possibilité d’ordonner des femmes dans un second temps.

 

Certes, S. Jean-Paul II avait clairement déclaré que le sacerdoce ne pouvait pas être exercé par des femmes dans la mesure où la prêtrise est un état lié au caractère masculin de la personne humaine et non une simple fonction.

 

Mais la “Civilta Cattolica” précise : “On ne peut pas toujours recourir au passé, comme si seulement dans le passé il y avait des indications de l’Esprit. Aujourd'hui aussi, l’Esprit guide l’Eglise et suggère l’hypothèse courageuse de nouvelles perspectives. [Le pape François est le premier à] “ne pas se limiter à ce qui est déjà connu, mais à plonger dans un champ complexe et pertinent, afin que ce soit l’Esprit qui guide l’Eglise.”

 

Sources:  Sandro Magister, théologien et journaliste à L'Espresso; Pro Liturgia, Actualité du mercredi 8 février 2017; Diakonos.be; Reinformation. tv

Comme les novateurs connaissent à l'avance la résistance qui se fera, ils proposent en plus du mariage des prêtres, l'ordination des femmes, afin que des deux nouveautés on retienne la moins éloignée de la foi. Et ce sera donc le mariage des prêtres qui sortira d'une exhortation finale (pour le moment..). Cette méthode a été employée lors du "Synode sur la famille", où à la demande d'une ouverture pour les personnes divorcées civilement et remariées s'ajouta une demande d'ouverture envers les personnes homosexuelles. Une exhortation finale autoritaire du Pape François est venue proposer la seule ouverture aux divorcés et remariés (Amoris laetitia) alors même que le Synode sur la famille s'était achevé sur un vote majoritaire des évêques contre la Communion aux divorcés et remariés tandis que les revendications homosexualistes disparaissaient complètement du rapport de synthèse final du Synode.

 

L'auteur de l'article de La Civiltà Cattolica" est le P. Giancarlo Pani S.J., vice-directeur jésuite de la revue comme tous les rédacteurs de cette revue. "La Civiltà Cattolica" n'est pas une revue comme les autres. Selon ses statuts, chaque ligne est imprimée sous le contrôle du Saint-Siège. De plus, un lien confidentiel très étroit unit Jorge Mario Bergoglio et le directeur de la revue, le jésuite Antonio Spadaro, auteur sur twitter de la formule 2 + 2 = 5. "La théologie ce n’est pas les #Mathématiques. 2 + 2 en #Theologie peut faire 5. Parce qu’il s’agit de #Dieu et de la vraie #vie des #gens…" (sic).

 

Le P. Pani commence par rappeler que dans Ordinatio Sacerdotalis du 22 mai 1994, S. Jean-Paul II affirmait de manière "définitive" que l’Eglise n’a aucune autorité "pour conférer l’ordination sacerdotale aux femmes", Jésus n'ayant choisi que des hommes pour le ministère sacerdotal. Puis il demande  : "peut-on considérer que l''ordinatio sacerdotalis' fait partie du dépôt de la foi?".  La réponse a été "affirmative", écrit-t-il "et la doctrine a été qualifiée d''infallibiliter proposita', c'est-à-dire qu'elle doit 'être tenue, toujours et partout par tous les fidèles'". Il aborde alors les "difficultés de réception de cette réponse" qui auraient "créé des 'tensions' dans les rapports entre Magistère et Théologie pour des problèmes connexes", et ne tiendrait "pas compte des développements qu'ont connu, au cours du XXIè siècle, la présence et le rôle des femmes dans la famille et dans la société". On commence doucement à basculer dans le domaine de l'émotionnel et de l'irrationnel.

 

"On ne peut pas nier le fait historique de l'exclusion des femmes du sacerdoce à cause de l'"impedimentum sexus", poursuit-il. "Cependant, déjà en 1948 et donc bien avant les contestations des années Soixante, le P. Congar faisait remarquer que l'absence d'un fait ne constituait pas un critère décisif pour pouvoir conclure avec prudence et dans tous les cas que l'Eglise ne peut pas le faire et ne le fera jamais". Après avoir écrit cela, le P. Pani n'est pas gêné de conclure néanmoins que "les positions officielles du Magistère sont claires mais de nombreux catholiques peines à comprendre les 'rationes' de choix qui, plus que des expressions d'autorité, semblent être synonymes d'autoritarisme" (sic). A l'en croire, pendant des siècles, l'Eglise aurait fait preuve d'"autoritarisme" (sic).

 

Anne Dolhein pour le site Reinformation.tv remarque alors justement que : "Sans plaider ouvertement pour l’ordination des femmes, l’article de la Civilta Cattolica emploie un langage chargé : parler d’« autoritarisme » plutôt que de faire référence à tout l’enseignement profondément raisonné de l’Eglise, c’est un signe qui ne trompe pas. De même, le titre de l’article montre clairement la direction où l’on veut aller. Enfin, la remise en cause de l’infaillibilité et des certitudes théologiques montre que le bouleversé va sans doute beaucoup plus loin..." 

 

Le P. Pani ne parle donc pas ouvertement pour l'ordination des femmes. Il faut noter ici que cette méthode consistant à passer du rationnel à l'émotionnel et au non-dit ressemble furieusement à une méthode qualifiée de luciférienne où ce qui se passe est dans le non-dit : "c'est surtout par ce qui n'est pas écrit ou n'est pas dit, que l'action de Lucifer se manifestera" (Serge Abad-Gallardo à propos de la méthode maçonnique).

 

"Il y a aujourd'hui un malaise entre ceux qui ne réussissent pas à comprendre comment l'exclusion de la femme du ministère de l'Eglise peut coexister avec l'affirmation et la valorisation de son égale dignité", précise le P. Pani. Or, l'égale dignité ne signifie pas l'identité des fonctions. Dieu a créé la diversité dans un égal amour, et une égale dignité entre l'homme et la femme, qui n'ont simplement pas les mêmes fonctions. Le Christ, dès le départ, aurait choisi des femmes pour devenir ses prêtres, si telle en avait été sa volonté. Ce qu'il n'a pas fait.

"On ne peut pas sans cesse faire référence au passé comme s'il n'y avait des signes de l'Esprit que dans le passé. Aujourd'hui aussi, le Seigneur conduit l'Eglise et suggère d'adopter courageusement de nouvelles perspectives". Et François en premier "ne se limite pas à ce qu'il connaît déjà mais veut explorer un champ complexe et actuel parce que c'est l'Esprit qui guide l'Eglise", conclut la "Civilità Cattolica", naturellement avec l'imprimatur du pape", observe Sandro Magister, pour L'Espresso.

"L'Esprit" : de quel "esprit" parle-t-on ? L'esprit tout court qui guiderait le Pape dans "un champ complexe et actuel" ressemble à l'esprit de "progrès" et de "révolution", cet esprit de désobéissance aux Commandements, esprit du Serpent d'Adam et Eve qui leur dit : non, vous ne mourrez pas (Genèse III, 5) et les conduisit dans un champ "complexe" et inconnu aux conséquences incommensurables pour l'Humanité (la Chute originelle et entrée de la mort dans la vie humaine). 

 

Prenons l'exemple d'enfants ou de jeunes qui désobéissent à leurs parents, cela peut aussi être se laisser guider dans "un champ complexe et actuel" vers de "nouvelles perspectives", sous la conduite de l'esprit du serpent d'Adam et Eve qui ont décidé de désobéir à Dieu.

 

Rappelons que l'ordination sacrée des femmes est frappée d'excommunication latea sententiae (Décret de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 19 décembre 2007)

Selon la “Civilta Cattolica”, on s'oriente vers le mariage des prêtres puis vers la possibilité d’ordonner des femmes

Ce sera un agneau sans défaut, mâle, âgé d'un an

Exode 12.1-28) dont le verset 5

Jésus, le Fils du Père, sur la croix sera la réalisation parfaite de cette parole: Agneau de Dieu, mâle et sans défaut enlève le péché du monde. Tout prêtre validement ordonné, incarne Jésus, devient son icône parfaite à son image et à sa ressemblance. Pouvez-vous imaginer une femme incarner "Alexandre", ou un homme incarner "Cléopâtre" dans un film historique ? Cet hermaphrodisme, de même que cette ambivalence ressemble là encore furieusement à ce qui se pratique en franc-maçonnerie.

Les novateurs oublient donc un tout petit peu les références au Christ, de même qu'ils oublient que l'Eglise n'est pas simplement une association humaine, mais est une institution surnaturelle fondée par Dieu et dans laquelle Dieu agit surnaturellement en vue de notre Salut.

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 07:25
Oliver Stone exhorte Washington à déclassifier les documents sur l’Ukraine et la Syrie

Le réalisateur américain Oliver Stone, auteur d’un film sur les événements de l'EuroMaïdan, a exhorté Washington à déclassifier les documents sur la participation américaine dans le conflit en Ukraine ainsi que dans le conflit syrien. Selon lui, c’est en Ukraine que la hache de la guerre froide a été déterrée.

 

« Si j’étais le président [des États-Unis, Donald] Trump, j’aurais déclassifié toutes les informations sur l’Ukraine, et sur la Syrie aussi, mais avant tout sur l’Ukraine, car la guerre froide commence ici » — a déclaré le réalisateur du film « L'Ukraine en feu » (Ukraine on fire en VO) dans un entretien à la chaîne russe « Perviy canal ».

 

M. Stone est persuadé que le monde ignore le vrai état des choses.

 

« Les États-Unis continuent de raconter leurs salades, que la Russie a envahi la Crimée en envoyant ses troupes, qu'elle est présente dans le Donbass et menace l'Ukraine, ce qui n'a aucun sens. Si la Russie voulait envahir l'Ukraine, elle l’aurait déjà fait, mais elle n’en veut pas », a expliqué le réalisateur.

 

Il estime que « l'Ukraine a été l'un des principaux objectifs de la CIA depuis le début de la guerre froide. » Le réalisateur américain est persuadé que le gouvernement ukrainien est responsable de l’escalade récente du conflit dans l'est de l'Ukraine, et compte obtenir plus d'argent de la part Donald Trump.

 

M. Stone a également déclaré que la date de sortie de son film « L'Ukraine en feu» aux États-Unis est encore inconnue. Il est prévu que le film soit présenté au festival de Seattle fin mai. En outre, il a annoncé la préparation d’un nouveau film consacré au président russe Vladimir Poutine.

 

Le film comprendra des fragments de l'interview du chef de l’État russe accordée lors d’une visite à sa résidence.

 

« Je travaille en ce moment sur ce matériel. Je comprends son point de vue », — a déclaré le cinéaste. Il est convaincu que ce film changera le regard des gens sur la situation, ainsi que le film sur l'Ukraine, car « les États-Unis s’apprêtent à entamer une guerre sous de faux prétextes. » Oliver Stone est convaincu que les États-Unis ont besoin de la peur et que cela « nécessite un ennemi, et pas qu’un. »

 

Le documentaire « L’Ukraine en feu » a été montré le 21 novembre sur la chaîne de télévision russe Ren TV. Il a été publié le jour même sur YouTube, avant d’être bloqué dans la foulée.

Source: Sputnik

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 11:16

Selon le cardinal chinois salésien Joseph Zen, en Chine, "le Vatican est aux mains de gens qui suivent la mauvaise stratégie et ne nous écoutent pas".

Le cardinal Zen est célèbre pour sa défense des droits humains, la liberté politique et la liberté religieuse.

Cardinal Zen: en Chine "le Vatican est aux mains de gens qui suivent la mauvaise stratégie et ne nous écoutent pas"

L’évêque émérite de Hongkong juge le Vatican trop conciliant avec les exigences du Parti communiste.

L’heure est aux signes de détente entre Pékin et le Vatican. Mais une des figures de l’Eglise asiatique, le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, évêque émérite de Hongkong, n’est guère convaincu par un rapprochement éventuel : « Le Vatican est aux mains de gens qui suivent la mauvaise stratégie et ne nous écoutent pas », dit-il au Monde.

Depuis le début de l’année, la Chine et le Vatican, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques, font tout pour afficher leur bonne volonté : dans un entretien à El Pais le 21 janvier, le pape François s’est déclaré prêt à se rendre en Chine « aussitôt qu’ils m’envoient une invitation ». Il a poussé l’amabilité jusqu’à dire que « les églises en Chine sont pleines » et qu’on « y célèbre librement le culte ». Le 26, le Quotidien du Peuple, l’organe du Parti communiste, réagissait en louant un « geste sage » du souverain pontife et en titrant sur les « grandes attentes entourant les relations Chine-Vatican en 2017 ».

Un comité de négociateurs se réunit tous les trois mois depuis 2014, en alternance en Chine et à Rome, dans le but de dépasser l’incompatibilité entre le dogme catholique et le contrôle exercé par le Parti communiste chinois (PCC) sur la pratique du catholicisme dans ce pays : celui-ci a institué en Chine une Eglise catholique « patriotique » indépendante du Vatican, habilitée à nommer ses propres évêques sans accord papal.

Source: Le cardinal chinois Joseph Zen dénonce les compromis du Vatican en Chine, Le Monde | 03.02.2017 à 11h31 | Par Brice Pedroletti (Hongkong, envoyé spécial)

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 10:55

C'était hier dimanche en Italie, la "Journée pour la Vie", mais les fidèles ont boudé l'Angélus du Pape, Place Saint-Pierre à Rome. Certains commencent à s'inquiéter de cette désertion de fidèles :

 

Voici une photo de la Place Saint-Pierre à Rome prise hier au moment de l'Angélus.

 

Dans son discours, le Pape a rappelé que «chaque vie est sacrée». Il a exhorté à «faire avancer la culture de la vie comme réponse à la logique de la mise à l’écart et à la baisse démographique». François a appelé à prier «pour les enfants qui sont en danger d’interruption de la grossesse, comme aussi pour les personnes qui sont en fin de vie», et pour que personne ne soit laissé seul et que «l’amour défende le sens de la vie». Le Pape a cité les mots de Mère Teresa : «La vie est beauté, admire-la, la vie est vie, défend-la», en martelant que chaque vie est sacrée, aussi bien celle de «l’enfant qui va naître» que celle de «la personne qui est proche de mourir».

 

Plusieurs lecteurs romains ont exprimé leur tristesse et leur inquiétude face à cette désertion de fidèles que les mesures anti-terroristes seules n'expliquent pas. D'autres regrettent que derrière ces prises de position pro-life présentées comme une réponse à l'exclusion sociale, il n'ait pas fait référence à Celui qui est à l'origine de cette vie.

 

Dans une allusion voilée à la campagne d'affichage dénonçant ses récents excès d'autoritarisme, il a affirmé que les chrétiens devaient protéger la terre de l’altération et de la corruption, en tenant éloignés «les germes polluants de l’égoïsme, de l’envie, de la médisance». «Ces germes ruinent le tissu de nos communautés, qui doivent au contraire resplendir comme des lieux d’accueil, de solidarité et de réconciliation» a martelé le Saint-Père, répétant son invitation à ne pas se laisser corrompre par le mauvais esprit de mondanité.

Les fidèles boudent l'Angélus du Pape Place Saint-Pierre à Rome

Source: Diakonos.be

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 15:36
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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 12:57

Jeudi 13 octobre 2016, anniversaire du miracle du soleil à Fatima, le Pape François a fait entrer la statue de Luther en grande pompe au Vatican Inclusion à deux vitesses ? Le pape François a réhabilité Luther, réhabilitera-t-il les personnes derrière les "dizaines" de placards affichés "un peu partout sur les murs de Rome" samedi 4 février au nom de son inclusivisme ? Rien n'est moins sûr.

Des affiches brocardent le pape François à Rome

Il y a quelques jours, les murs de Rome ont vu fleurir des affiches critiquant la façon peu miséricordieuse avec laquelle le Pape François entendait diriger l’Eglise et imposer ses vues (voir ici). Rappelons que le Pape est l’évêque de Rome. Jusqu’ici, on n’a pas entendu dire que le clergé romain se soit élevé contre cette campagne d'affichage...

L'information a été rapportée hier par le site Riposte Catholique :

 

Le Pape François a fait l’objet d’une campagne d’affiches qui ont été apposées en grand nombre dans la Ville éternelle, et qui contestent ouvertement sa manière de gouverner l’Église. Cette campagne n’est pas signée et on ignore donc qui en est à l’origine. Les services de la ville de Rome se sont employés à les faire disparaître mais des photos ont été prises et cette campagne a fait les une des journaux. Voici la traduction du texte de cette affiche : « Dis François, tu as envoyé des commissaires [commisariato, participe passé du verbe commissariare : désigner un administrateur judiciaire] dans les congrégations, renvoyé des prêtres, décapité d’Ordre de Malte et les Franciscains de l’Immaculée, ignoré des cardinaux… Mais où est ta miséricorde ? ».

 

Des affiches brocardent le pape François à Rome

Marco Tosatti a également rapporté l'information pour La Stampa, précisant que c’est l’agence de presse Kronos qui l'en a informé :

 

Des manifestes contre le pape fleurissent sur les murs de Rome. Inédit et historique.

 

De temps à autre, des manifestes non-autorisés apparaissent sur les murs de Rome, c’est-à-dire des affiches qui ne suivent pas les règles d’affichage imposées par la Commune. Il s’agit d’une version moderne de ces billets que les romains mécontents affichaient sur Pasquino, la statue mutilée qui se trouve près de la Piazza Navona pour protester contre les injustices et exprimer leur malaise.

 

Le dernier cas de publication de ces manifestes – irréguliers – et irrévérencieux concernait le Ministre de l’Education Nationale, Valeria Fedeli il y a quelques mois à peine. Mais que les murs de Rome se couvrent de dizaines de manifestes contre le Pape, c’est une grande nouveauté.

 

Ca s’est passé aujourd’hui et c’est l’agence de presse Kronos qui nous en informe en ces termes :

 

« Ce matin, des dizaines de manifestes protestant contre le Pape François et son action sont apparus un peu partout sur les murs de Rome. On peut y voir une photo en gros plan du Pape fronçant les sourcils avec une expression particulièrement sombre. Au bas de l’affiche, sur un fond violacé, on peut y lire en italien mâtiné de dialecte romain : « Hé, François, tu mets sous tutelle des Congrégations, tu chasses des prêtres, tu décapites l’Ordre de Malte et les Franciscains de l’Immaculée, tu ignores des Cardinaux… Elle est où ta miséricorde ? ». Le poster est anonyme et ne contient ni signature ni symboles mais on peut facilement faire le lien avec les milieux conservateurs qui manifestent chaque jour davantage leur opposition au magistère, aux mesures et à la ligne pontificale du pape Bergoglio ».

 

Source : Marco Tosatti, La Stampa - Diakonos.be

http://www.marcotosatti.com/2017/02/04/manifesti-contro-il-papa-a-roma-un-inedito-storico-una-pasquinata-in-versione-terzo-millennio/

Des affiches brocardent le pape François à Rome

La source de l'information en italien : Adn Kronos

Des affiches brocardent le pape François à Rome

Romans say "Basta!". Les Romains disent "Assez!". Photos Mark Lambert :

Des affiches brocardent le pape François à Rome

Mise à jour du mardi 7 février 2017

 

L'inclusivisme n'a effectivement pas fonctionné à l'égard des auteurs anonymes des placards, qui auraient sans doute du les signer. Cependant que le Pape réagissait, comme d'habitude, "avec sérénité et détachement", rapporte cet article du site Aleteia publié hier lundi 6 février, il a laissé les prélats réagir à sa place : 

 

"Pour certains l’attaque est « précise, brutale, et programmée » et à ne pas sous-estimer. Pour d’autres, ce geste est « laid et inacceptable » et doit être immédiatement condamné."

 

"[L]e cardinal Marc Ouellet, préfet de la congrégation pour les évêques, qui y voit la main « du diable » pour « diviser ».

 

... « Je pense que les personnes dont on fait mention sur ces affiches ne doivent pas être très heureuses d’être utilisées pour attaquer le Pape, pour le critiquer », a commenté le cardinal Ouellet lors de l’émission italienne « Stanze vaticane » (Les chambres du Vatican) diffusée dimanche sur la chaîne Tgcom 24. Il ne serait d’ailleurs pas étonné, a-t-il ajouté, si ces personnes réagissaient pour démentir ce genre de méthode « inadmissible dans la vie de l’Église », celle-ci relevant, selon lui, « plutôt du diable qui cherche à diviser ». Sur le contenu, le haut représentant du Saint-Siège a préféré ne pas s’exprimer et pense que faire de la publicité à « ces personnes anonymes sorties de nul part « n’est pas une bonne idée, et que cela ne peut que nuire également aux communautés mentionnées sur l’affiche, comme l’Ordre de Malte, que le Pape a mis sous tutelle".

 

[...] Appelé à réagir à l’affront fait au Pape, le cardinal Agostino Vallini, vicaire du Pape pour le diocèse de Rome, a de son côté fait part de « sa tristesse et  désapprobation », la sienne et celle de tous les fidèles de la communauté chrétienne et des habitants de Rome qui, affirme-t-il, « ne se reconnaissent pas dans ces injustes insinuations et renouvellent leurs sentiments d’estime, de respect filial et de gratitude au successeur de Pierre, pour son témoignage évangélique personnel et son travail d’évangélisation et de proximité auprès des hommes, particulièrement des plus pauvres ».

Dans le même temps, par contre, nous apprenons ce matin que l'inclusivisme continue de fonctionner vis-à-vis des protestants. Rencontrant lundi matin 6 février une délégation de l’Église évangélique allemande conduite par son président, l’évêque Heinrich Bedford-Strohm, le pape François a répété sa volonté que l’année 2017, qui marque les 500 ans de la Réforme de Luther, « soit l’occasion d’un nouveau pas en avant » vers l’unité. Source: http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Vatican/Le-pape-invite-catholiques-et-lutheriens-allemands-a-un-nouveau-pas-vers-lunite-2017-02-06-1200822830

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 07:30

Le 26 janvier 2017, Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, répondait aux questions de l’abbé Alain Lorans au cours d’un entretien d’une heure sur Radio Courtoisie. Voici des extraits de la transcription intégrale de ses propos réalisée par le site La Porte latine, qui éclairent et complètent les réponses qu’il donnait le 29 janvier à Jean-Pierre Maugendre sur TV Libertés.

 

Mgr Bernard Fellay commence par aborder une explication de ce qu'il pense comprendre de ce que fait le pape François avec Amoris laetitia, puis il présente les difficultés que soulève ce document, qu'il situe dans la suite des principes modernes définis au Concile Vatican II. Un point de vue que nous partageons largement. Nous remercions vivement cet évêque pour dire ce qui nous semble être le coeur de notre sainte religion, avec ce très joli développement :

 

"On ne veut plus l’esprit de sacrifice, c’est une des notes de l’Eglise moderne. D’ailleurs on enlève le Crucifié des croix, il n’y a plus Notre Seigneur sur la croix, on l’a enlevé : on ne veut plus voir cet Homme de douleurs. On l’a ressuscité, et puis Alléluia ! Mais le monde dans lequel on vit reste un monde de souffrances, et combien nous avons besoin de savoir que Dieu lui-même a voulu partager nos souffrances pour non seulement alléger les nôtres, mais pour nous sauver, pour donner une valeur rédemptrice à ces souffrances ! [...] Ce qui est intéressant c’est que dans l’économie du salut c’est-à-dire le régime auquel nous sommes soumis pour arriver au salut, donc pour arriver à la vie éternelle, il nous faut mourir. Et c’est cela que l’on ne veut plus. On prétend vouloir arriver à la vie sans mourir. "

 

Nous surlignons les passages qui nous semblent les plus importants  :

Entretien de Mgr Fellay à Radio Courtoisie  : "Nos interlocuteurs romains vont jusqu’à reconnaître : « Oui c’est vrai, certains textes sont ambigus »"

Abbé Lorans : Quelle évolution constatez-vous depuis plus de 20 ans ?

 

Mgr Fellay : Il faut du temps pour voir si vraiment quelque chose bouge. Il y a bien une certaine évolution, mais elle très graduelle. Très graduelle, donc pratiquement imperceptible. Je crois qu’il y a quand même certaines modifications, mais le fond du combat – probablement reviendra-t-on sur cette question après – le fond du combat est toujours le même. Il y a des données nouvelles et le combat d’idées lui-même qui n’a pas changé. Ce qui a changé ce sont les hommes, plus précisément il y a une génération qui est passée. Ceux qui étaient les combattants de la première heure sont déjà passés dans l’au-delà, – pas tous encore, mais une bonne partie. Les plus anciens, – on pourrait dire notre génération, nous étions juste dans nos vingt ans, et l’on s’en souvient bien –, les plus anciens ont vécu dans un climat beaucoup plus agressif qu’aujourd’hui.

 

Il y a une nouvelle agressivité cependant qui arrive, et cette fois-ci elle n’est pas le fait de l’Eglise – l’Eglise est presque en déliquescence, on ne voit pas d’agressivité nouvelle, ce sont toujours les mêmes histoires. Mais au niveau des Etats, il y a une espèce d’idéologie globale, dans le monde entier, qui s’établit, qui est très à gauche et qui s’impose, qui veut s’imposer. Je pense que cela est nouveau. Les pensées sont toujours les mêmes, mais cela devient plus agressif.

 

[...] Au fond, c’est toujours le même combat : le combat de ceux qui sont contre Dieu, de ceux qui rejettent toute loi qui ne viendrait pas des hommes seulement, – le « contrat social »… Alors qu’il n’y a pas besoin de réfléchir beaucoup pour constater qu’il y a des lois partout. Prenons les lois physiques, ce ne sont pas les hommes qui vont les imposer à la nature. De même pour la nature humaine, il y a des lois qu’il est nécessaire de suivre pour le développement tout à fait normal de la nature humaine. Il n’y a absolument aucun doute : ne pas vouloir les respecter, c’est comme pour toute loi, tout manuel, tout mode d’emploi – si vous avez une machine à laver et que ne voulez pas respecter le mode d’emploi, eh bien ! vous abîmez votre machine, – et ici on abîme la machine humaine, qu’il s’agisse de l’individu, de la personne, de la société.

 

On arrive vraiment à une époque très spéciale. Une époque de dissociété. Une espèce de dissolution de la société, une perte du bien commun, un abandon de la perspective qu’il y a une fin : toute société poursuit une fin. Et il y a aussi une perte de l’idée d’autorité, de la nécessité d’une autorité qui doit, qui a pour but d’unir les volontés pour atteindre cette fin. D’où la nécessité de la soumission à cette autorité, et la nécessité pour cette autorité de rester objective et d’éviter l’arbitraire. Quand on voit comment les gouvernements aujourd’hui se comportent, on a l’impression qu’il y a une quantité de valeurs absolument fondamentales qui sont oubliées au profit de l’individu ou de celui qui veut établir son pouvoir personnel ou s’y maintenir. Cela on le trouve autant dans la société que dans l’Eglise. Car on assiste maintenant dans l’Eglise – cela est nouveau – à une période aussi de dissolution de l’Eglise. Il y a une perte de l’unité de l’Eglise absolument sidérante, actuellement.

 

[...] On voit que l’adoption des idées modernes, de l’esprit moderne qui est arrivé au Concile – ces idées étaient déjà au moins latentes avant, et le Concile les a intégrées plus ou moins, et finalement elles sont vraiment rentrées dans l’Eglise avec et grâce au Concile –, ces idées du monde moderne, ces idées modernes causent le même résultat. Peut-être moins visible, mais ce résultat est là : les séminaires vides, les églises vides, les couvents, les sociétés religieuses en voie d’extinction ou même éteintes, et il y en a beaucoup. C’est un phénomène qui est actuel et qui est parallèle à ce qui se passe dans la société. L’Eglise jusqu’ici semble rejeter, plus ou moins timidement, certaines fois avec force, les attaques contre la loi naturelle. Donc il y a encore un combat entre le monde et l’Eglise. Il existe encore, donc ce n’est pas tout à fait la même chose, mais c’est quand même un peu un cheminement parallèle. Et nous n’hésitons pas à dire que les fruits, les fruits mauvais, viennent finalement de ce même esprit qui est l’esprit du monde.

 

C’est un esprit d’indépendance par rapport à Dieu, un esprit qui veut se libérer du joug de la loi de Dieu, de ce qui serait trop dur ou trop difficile. On ne veut plus l’esprit de sacrifice, c’est une des notes de l’Eglise moderne. D’ailleurs on enlève le Crucifié des croix, il n’y a plus Notre Seigneur sur la croix, on l’a enlevé : on ne veut plus voir cet Homme de douleurs. On l’a ressuscité, et puis Alléluia ! Mais le monde dans lequel on vit reste un monde de souffrances, et combien nous avons besoin de savoir que Dieu lui-même a voulu partager nos souffrances pour non seulement alléger les nôtres, mais pour nous sauver, pour donner une valeur rédemptrice à ces souffrances ! On a enlevé tout cela pour mettre à la place une espèce de mystique nouvelle, celle du ‘mystère pascal’; en fait c’est une mystification. Autrefois c’était très simple, il y avait le Vendredi saint, où Notre Seigneur est mort pour nous, pour notre salut et ensuite Il est ressuscité parce qu’Il est Dieu. Il était vrai homme, Il est mort. Il est vrai Dieu, Il ne peut pas mourir et Il s’est ressuscité parce qu’Il est Dieu. Maintenant on veut oublier la mort, on veut oublier cette nécessité de passer par la mort, la mortification. On oublie cela.

 

Abbé Lorans : On veut aller directement au dimanche de Pâques et effacer le Vendredi saint ?

 

Mgr Fellay : Ce qui est intéressant c’est que dans l’économie du salut c’est-à-dire le régime auquel nous sommes soumis pour arriver au salut, donc pour arriver à la vie éternelle, il nous faut mourir. Et c’est cela que l’on ne veut plus. On prétend vouloir arriver à la vie sans mourir.

 

Abbé Lorans : On refuse donc : « si le grain ne meurt » ?

 

Mgr Fellay : Exactement. C’est exactement cela. C’est le problème de l’Eglise moderne.

 

Abbé Lorans : Et alors le grain demeure seul, il ne porte pas de fruit. Il devient stérile.

 

Mgr Fellay : Exactement. Ils ne portent plus de fruit et ils sont stériles. Tout est là. Dès qu’un évêque conservateur ouvre un séminaire dans lequel il met un peu d’ordre, exige un peu de discipline, il le remplit. Mais voilà ils sont très peu les évêques qui ont compris cela. Les autres n’en veulent pas, ils veulent rester dans leur stérilité. Et je suis persuadé qu’ils ne comprennent pas pourquoi cela ne marche pas. Pourtant nous nous comprenons très bien pourquoi.

 

Abbé Lorans : Vous dites qu’il y a un refus du sacrifice, or on a beaucoup parlé de la famille à l’occasion du dernier synode. Est-ce qu’avec l’exhortation post-synodale Amoris lætitia nous sommes sur la même ligne : un refus de la discipline, de l’autorité, de l’enseignement du Christ et du sens du sacrifice ?

 

Mgr Fellay : Je pense que cela n’est pas par principe. On assiste là à un événement un peu spécial. Je vais essayer de l’expliquer. Ce que je vois dans notre pape actuel, le pape François, c’est un souci des âmes, mais en particulier des âmes qui sont rejetées, donc des âmes qui sont esseulées, qui se trouvent mises de côté ou méprisées ou tout simplement dans la difficulté. Ce qu’il appelle les ‘périphéries existentielles’. Alors, est-ce vraiment la fameuse brebis perdue ? Est-ce que le pape François laisse de côté le troupeau des 99 autres brebis, en pensant qu’il est bien là où il est, et qu’on va s’occuper de cette brebis égarée ? Peut-être est-ce ce qu’il a dans la tête ? Je dis bien peut-être, je ne prétends pas donner là une réponse globale. Disons que l’on voit, dans tout ce qu’il a dit, qu’il a un souci universel, c’est-à-dire qu’il ne regarde pas que la foi : il y a les SDF (sans domicile fixe), les migrants, ceux qui sont en prison. Effectivement ce sont des hommes qui sont délaissés des autres, mais c’est un regard qui ne demande pas la foi. On n’a pas besoin de la foi pour constater que ces gens-là sont dans la peine. Ensuite vous avez les divorcés. Ceux-là aussi sont dans la peine. Et vous avez nous, qui sommes aussi rejetés. Et finalement nous sommes un peu tous dans la même perspective, cette perspective du rejet par le corps commun. Et lui, il veut s’occuper de ces âmes-là. Il veut essayer de faire quelque chose. Le problème, c’est que pour une bonne partie de ces âmes qui sont dans la difficulté, elles s’y trouvent parce qu’elles ont été heurtées par la loi, d’une manière ou d’une autre.

 

Donc on a un pape qui a un problème avec la loi qui a fait mal à une partie de l’humanité, disons ainsi, et qui va essayer de voir s’il n’y a pas moyen… – non pas de faire sauter la loi, je ne crois pas que ce soit son idée -, mais de voir s’il y a quand même un chemin pour eux. J’essaye de comprendre ce qu’il fait, mais ce n’est pas facile.

 

 

Les quatre cardinaux en publiant leurs dubia sur Amoris lætitia ont fait une œuvre de salut public

 

Abbé Lorans : C’est tellement difficile qu’il y a quatre cardinaux qui ont fait savoir leurs doutes, disant qu’Amoris lætitia pose de grands problèmes doctrinaux.

 

Mgr Fellay : Et ils ont raison. Mais regardez bien comment cette exhortation est rédigée – et c’est le malheur actuel –, elle ouvre des zones grises ! Le pape dit qu’il n’y a pas que du blanc et du noir, qu’il y a du gris, mais la loi est faite pour dire les choses clairement ! Et nécessairement elle va établir un noir et un blanc, un oui et un non. On sait bien que dans la réalité de tous les jours, il peut y avoir des cas particuliers, en tout cas lorsqu’il s’agit de loi ecclésiastique, – là il faut bien distinguer la loi du bon Dieu de la loi de l’Eglise, car le bon Dieu a tout prévu, Il connaît toutes les circonstances, Il connaît toutes les situations dans lesquelles les hommes vont se trouver lorsqu’Il établit la loi, et cette loi ne connaît pas d’exception : la loi de Dieu, ses commandements ne connaissent pas d’exception. Cependant dans la loi humaine, même ecclésiastique, autrement dit ces lois qui ont été faites par l’Eglise, l’homme ne possédant pas cette sagesse de Dieu infinie, et l’Eglise sait qu’il y aura des circonstances dans lesquelles, si sa loi était appliquée, elle causerait du dommage aux âmes, ce sera l’exception : on peut dire le gris dans cette situation de blanc et de noir. Lorsqu’il s’agit de loi ecclésiastique, l’Eglise et d’une manière très ample – c’est admirable de voir jusqu’à quel point – l’Eglise est prête à faire des exceptions et même facilement. Cependant, encore une fois, la loi de Dieu, elle, ne connaît pas d’exception.

 

Abbé Lorans : Alors justement, la question de l’accès des divorcés « remariés » à la communion concerne-t-elle la loi de Dieu ou la loi de l’Eglise ?

 

Mgr Fellay : C’est la loi de Dieu. Notre Seigneur a parlé explicitement de ce cas précis des époux séparés. Saint Paul l’a dit clairement, – et quand on dit saint Paul, il faut faire attention : il est un de ceux qui sont les instruments de Dieu, qui transmettent la parole de Dieu, ce n’est donc pas saint Paul comme homme, mais c’est Dieu qui parle par la bouche de saint Paul, c’est l’Ecriture sainte. Dans L’Evangile, les épîtres, il n’y a aucun doute, c’est Dieu qui parle. C’est Dieu qui parle par saint Paul. Cette loi est très claire, il n’y a aucune zone grise : celui ou celle qui s’est séparé de son époux ou de son épouse et qui vit avec quelqu’un d’autre de manière maritale, c’est Notre Seigneur qui le dit, commet un adultère (cf. Mt 19, 9). Il y a une brisure de la foi donnée, c’est-à-dire de la parole donnée à son conjoint, on viole cette promesse avec quelqu’un d’autre. C’est un péché qui – parce que cette union est un phénomène de société – est un péché public. Même s’il n’y a pas beaucoup de gens autour, cela appartient au domaine public. Donc c’est un péché qui est plus grave à cause du mauvais exemple, du scandale qui est donné aux autres. C’est pourquoi le bon Dieu, mais aussi l’Eglise va prendre des dispositions très sévères : le pécheur public n’a pas le droit par exemple, en soi, à la sépulture ecclésiastique. L’Eglise est très sévère. C’est normal, parce qu’il s’agit là de protéger les âmes bien portantes.

 

En fait, le problème dans lequel on se trouve aujourd’hui, c’est qu’un certain nombre d’évêques et de prêtres, pendant des années, des décennies, ont eux-mêmes béni de ces fausses unions. Le Vatican a même dû intervenir en France pour interdire ces rituels… qui continuent quand même. On m’a dit cela à Rome. Et pour que Rome intervienne, il faut que la chose soit déjà bien répandue. Ce sont des prêtres, des évêques qui ont béni des gens qui vivaient dans le péché, et après on va leur refuser la communion… Cela n’a pas de sens !

 

C’est logique, mais c’est une logique dans le péché. Et c’est grave. C’est extrêmement grave.

 

Les textes eux-mêmes ne vont pas être explicitement ouverts à cette perspective. Dans le texte d’Amoris Lætitia il ne va pas être dit explicitement : maintenant on peut donner la communion. C’est beaucoup plus habile. On va ouvrir des portes sans les franchir : on va les laisser franchir par d’autres. C’est cela qui est grave, c’est-à-dire que là où il y avait très clairement la distinction entre le bien et le mal, on ouvre une zone grise qui n’existe pas.

 

Après on dira : dans cette zone grise on va laisser chacun à sa conscience ou à je ne sais qui. C’est faux ! Tout simplement. Donc les cardinaux qui sont intervenus ont fait là, on peut le dire, une œuvre de salut public extrêmement importante. Dommage qu’ils soient si peu, mais je pense que cela appartient à la faiblesse humaine. Nous savons pertinemment qu’ils sont bien plus nombreux, mais les courageux ne se pressent pas au portillon.

 

 

Vatican II et Amoris lætitia posent le même problème

 

Abbé Lorans : Le cardinal Burke a dit qu’on pourrait envisager une forme de correction fraternelle de la part des quatre cardinaux à l’égard du Saint Père, mais très récemment le cardinal Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a dit que la foi n’était pas remise en cause dans Amoris lætitia, et qu’il ne fallait pas mettre cela sur la place publique. Qu’en pensez-vous ?

 

Mgr Fellay : Je crois que c’est une belle illustration du problème dans lequel nous nous trouvons. Nous, la Fraternité, par rapport à nos objections sur le Concile. Je crois qu’on retrouve quelque part le même problème. Il y a plusieurs niveaux. Il y a le niveau de la bataille des idées, et il y a un deuxième niveau qui est celui de ceux qui colportent ces idées, les personnes. Et il y a une forme de va-et-vient entre les deux. Vous avez des personnes qui voient le problème, mais qui n’osent pas en parler ou qui n’osent pas l’aborder pour plusieurs raisons. Là, il faudrait distinguer un peu les choses : ils ne vont pas oser l’aborder parce qu’il y a le fameux principe de l’assistance du Saint-Esprit à la tête de l’Eglise. C’est le Saint-Esprit qui gouverne l’Eglise à travers son chef. Le Saint-Esprit ne peut pas se tromper, donc on applique l’inerrance du Saint-Esprit au Vicaire du Christ. Ensuite, par un manque de distinction, de profondeur, peut-être par superficialité ou parce que c’est plus facile, on va commencer à dire : « Tout ce que fait le pape est bon ». Ce qu’il fait ne peut pas être mauvais. Cela doit être bon. Ce qu’il dit ne peut pas être faux et doit être vrai. Ce sont les réponses qu’on nous a faites au sujet du Concile. Encore aujourd’hui, certains nous le reprochent, nous disant qu’on ne peut pas être contre le Concile, ce n’est pas possible, c’est un Concile de l’Eglise, il y a le Saint-Esprit, il est bon, un point c’est tout ! Et nous disons qu’il y a quand même des problèmes. Et on nous répond : « Oui, effectivement, certains ont interprété ce Concile d’une manière erronée. Mais ce n’est pas le Concile ! » A quoi nous répliquons : « Certes, mais ils l’ont compris en se basant sur les textes, et ces textes étaient ambigus ! »

 

Nos interlocuteurs romains vont jusqu’à reconnaître : « Oui c’est vrai, certains textes sont ambigus ». Même Benoît XVI, dans son fameux discours à la Curie romaine avant Noël 2005, a reconnu, on a fait des textes ambigus pour arriver à une plus grande majorité, à un plus grand consensus. [Ndlr. Le texte exact de Benoît XVI est le suivant : « Le dernier événement de cette année sur lequel je voudrais m'arrêter en cette occasion est la célébration de la conclusion du Concile Vatican II, il y a quarante ans. Ce souvenir suscite la question suivante: Quel a été le résultat du Concile? La question suivante apparaît:  pourquoi l'accueil du Concile, dans de grandes parties de l'Eglise, s'est-il jusqu'à présent déroulé de manière aussi difficile? Eh bien, tout dépend de la juste interprétation du Concile ou - comme nous le dirions aujourd'hui - de sa juste herméneutique, de la juste clef de lecture et d'application. Les problèmes de la réception sont nés du fait que deux herméneutiques contraires se sont trouvées confrontées et sont entrées en conflit. L'une a causé de la confusion, l'autre, silencieusement mais de manière toujours plus visible, a porté et porte des fruits. D'un côté, il existe une interprétation que je voudrais appeler "herméneutique de la discontinuité et de la rupture"; celle-ci a souvent pu compter sur la sympathie des mass media, et également d'une partie de la théologie moderne. D'autre part, il y a l'"herméneutique de la réforme", du renouveau dans la continuité de l'unique sujet-Eglise, que le Seigneur nous a donné; c'est un sujet qui grandit dans le temps et qui se développe, restant cependant toujours le même, l'unique sujet du Peuple de Dieu en marche. L'herméneutique de la discontinuité risque de finir par une rupture entre Eglise préconciliaire et Eglise post-conciliaire. Celle-ci affirme que les textes du Concile comme tels ne seraient pas encore la véritable expression de l'esprit du Concile. Ils seraient le résultat de compromis dans lesquels, pour atteindre l'unanimité. […] Il est clair que dans tous ces secteurs, dont l'ensemble forme une unique question, pouvait ressortir une certaine forme de discontinuité et que, dans un certain sens, s'était effectivement manifestée une discontinuité dans laquelle, pourtant, une fois établies les diverses distinctions entre les situations historiques concrètes et leurs exigences, il apparaissait que la continuité des principes n'était pas abandonnée - un fait qui peut échapper facilement au premier abord. C'est précisément dans cet ensemble de continuité et de discontinuité à divers niveaux que consiste la nature de la véritable réforme. » Source: Discours du pape Benoît XVI à la curie romaine à l'occasion de la présentation des vœux de Noël, Jeudi 22 décembre 2005].

 

Mais, on nous dira qu’un catholique n’a pas le droit de lire ces textes d’une manière autre que catholique. Donc il doit lui-même éliminer toutes possibilités d’interprétation contraire à ce que l’Eglise a déjà enseigné, contraire à la foi. En théorie, c’est vrai, c’est parfaitement vrai, et c’est ce que nous disons. C’est vraiment le critère que Mgr Lefebvre nous a donné au sujet du Concile : tout ce qui est fidèle à la Tradition dans le Concile, nous l’acceptons. Ce qui est douteux, ambigu, nous l’acceptons dans la mesure où on peut le comprendre comme l’Eglise l’a toujours enseigné. Et nous continuons avec Monseigneur en disant : il y a quand même une troisième catégorie de documents qui ne sont pas seulement ambigus mais carrément faux. Et cette catégorie de textes, puisqu’elle est opposée à ce que l’Eglise a toujours enseigné – ce n’est pas là notre petit jugement personnel, nous ne sommes des protestants ; l’Eglise a déjà parlé de ces choses-là et elle a même condamné un certain nombre d’erreurs –, tout cela nous continuons à le condamner, puisque l’Eglise l’a déjà fait.

 

Voilà notre position. Nous disons : « En théorie, affirmer que la seule manière catholique de lire le Concile c’est de le lire à la lumière de la Tradition, oui, exactement, c’est tout à fait cela ». Mais le problème est qu’une fois établi ce principe, on nous répond : « C’est ainsi, et donc tout le monde le lit d’une manière catholique. » Mais nous répliquons à nouveau : « Ouvrez les yeux, regardez autour de vous ! Ce n’est pas la réalité. En théorie, cela devrait être comme cela, mais il y a en fait un immense problème. La réalité est différente ». C’est ce qu’on voit à propos d’Amoris Laetitia. Vous avez un cardinal Müller qui dit : « Ce texte ne va pas contre la foi ». Entendez : on peut le lire d’une manière catholique. Pas seulement on peut, mais on doit le lire d’une manière catholique. Ceux qui ne le lisent pas d’une manière catholique, ceux-là sont dans l’erreur. Il ne le dit pas aussi clairement, parce que s’il le disait, il viserait son chef. Il y a là un non-dit extrêmement important… Et les quatre cardinaux qui eux ont signalé très justement cette blessure ouverte dans la doctrine qui était claire jusque-là, vraiment très claire. Car on a fait une ouverture en direction des divorcés-remariés qu’on n’avait pas le droit de faire. Tout simplement. Aussi, que le cardinal Müller dise : « On n’a pas franchi la porte, on n’est pas sorti de la loi divine »… officiellement, c’est vrai, sauf qu’un certain nombre de conférences épiscopales, elles, ont déjà indiqué la sortie.

 

Lire : Les évêques d'Allemagne enjoignent les prêtres à aménager un accès possible aux sacrements pour les divorcés et remariés

Amoris laetitia : des catholiques de Malte interpellent leurs évêques sur la communion aux divorcés remariés

 

 

[...]

 

Abbé Lorans : Dans ce que vous venez de nous dire, on a vu votre opposition frontale à Amoris lætitia qui introduit le trouble dans ce qui autrefois était clair. Dans ce contexte, est-ce que des discussions doctrinales ont une quelconque utilité ?

 

Mgr Fellay : Je réponds que oui, c’est utile. Peut-être pas immédiatement. Mais, sur le long terme, ce sont quand même les idées qui mènent les hommes. Une erreur a des conséquences tragiques dans la vie des hommes, surtout une erreur doctrinale. Pour une erreur morale, on voit plus vite la conséquence. Une erreur doctrinale pure, ce sera par voie de conséquence. Si quelqu’un nie la Trinité, on ne va pas voir immédiatement la conséquence pratique, dans quel domaine pratique il y aura une faute morale qui va suivre, mais elle va arriver. C’est impressionnant de voir comment tout se tient. La foi, c’est comme un pull, il faut que toutes les mailles soient là. Vous lâchez une maille et tout le chandail s’effiloche. Il ne reste plus rien à la fin. Or maintenir, dans cette situation de confusion qui est la nôtre, ces grands principes, les rappeler, simplement les rappeler, c’est déjà faire une œuvre très importante. On n’en verra pas l’effet immédiat. Mais sur le long terme, cela va s’affirmer, cela va s’imposer. Mais cela suppose qu’on n’arrête pas de se battre.

 

Et donc, dans ce sens-là, que Rome soit d’accord qu’on discute, pour moi c’est capital. Ils ne sont pas seulement d’accord, ils nous disent : il faut qu’on discute. Et là aussi, il y a quelque chose de nouveau depuis maintenant un an et demi, deux ans. C’est une position qui s’affirme : Rome, dans ces discussions, ne cherche pas ou ne cherche plus à nous imposer, cette ligne moderne sur les points de l’œcuménisme, de la liberté religieuse, de Nostra aetate, et même de la réforme liturgique. Ces quatre points qui ont toujours été pour nous les grands chevaux de bataille, depuis 40-50 ans, depuis le début. Eh bien ! maintenant, tout d’un coup, on nous dit : « Oui il faut vraiment discuter sur ces points-là ». D’une part, on reconnaît qu’il y a eu des erreurs, des abus, des excès, on ne va pas jusqu’à dire que c’est le texte conciliaire qui est faux, mais on reconnaît qu’il y a quelque chose qui est faux. On reconnaît qu’il y a des ambigüités qu’il faut éliminer.

 

Sources et suite : Radio Courtoisie – Transcription DICI du 04/02/17 / La Porte Latine du 4 février 2017

 

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Publié par Ingomer - dans Religion Vatican II
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