Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 11:32

Je veux un roi parce qu'il est le portier du royaume, parce qu'il incarne ce que je trouve beau et grand chez l'homme, et que l'ordre qu'il met dans la société, simplement en étant là, me paraît harmonieux, glorieux, lumineux, et non pas parce qu'on m'aurait prouvé qu'il serait à la tête d'un régime supérieur à la république.

M'expliquerait-on à l'aide d'un raisonnement imparable que la monarchie est une erreur et la république une vérité, je préférerais vivre dans cette erreur.

Mon esprit philosophique s'arrête là où est mon coeur, de la même manière qu'une jeune fille charmante m'intéresse beaucoup plus qu'un raisonnement et me le fait abandonner dès qu'elle apparaît, la monarchie m'intéresse beaucoup plus que la philosophie politique.

Marin de VIRY, Un roi immédiatement

Tv-Libertés, entretien exclusif Marin de VIRY, auteur de "Un roi immédiatement" :

Extraits:

 

"Le mépris des communicants est une nécessité de l'hygiène contemporaine de l'esprit."

 

"La droite sans Dieu et la gauche sans idéal ont vécu."

 

"Si on veut faire communauté, il faut que celui qui fait ou le mécanisme qui fait communauté reflète ce que nous sommes totalement, c'est-à-dire des personnes, des membres de la nation qui correspondent à un temps, à un moment de l'histoire de cette communauté et donc que nous allons disparaître. Et la question de cette disparition et de la transformation de cette disparition en espoir ou en rien est une question essentielle qui n'est pas résolue par la république, puisque la république est laïque et elle ne se prononce pas sur l'au-delà. (En revanche) le roi, lui se prononce sur l'au-delà, puisque le roi est chrétien, et en tant que chef symbolique de la communauté, il ouvre la perspective dans laquelle la communauté a construit quelque chose dans l'invisible.

Et cette idée que la communauté construise quelque chose dans l'invisible et que chaque génération est en quelque sorte redevable de la pierre qu'elle apporte à l'invisible (pour les catholiques c'est la Jérusalem céleste) est une dimension qui manque... Elle était particulièrement atteinte dans le sacre, ce moment où le roi devient le portier de l'invisible, cette espèce de charnière entre le visible et l'invisible et où la collectivité peut se reconnaître comme une génération et l'homme comme une personne qui va mourir.... Alors, on peut vivre sans, mais on vit avec moins d'humour, on vit avec moins de hauteur de vue, avec moins d'ironie. On vit avec moins d'idées qu'il faut aller chercher les principes dans le ciel. C'est au fond 'Les Racines du Ciel' (titre du livre de Romain GARY). La monarchie c'est les racines du Ciel."

 

"Le roi, c'est le chevalier supérieur qui n'utilise la force que pour la justice. A ce titre-là il est émancipateur parce qu'il transforme la violence, en utilisant la force au profit de la justice. C'est l'idée que la force ne sera utilisée qu'à cette fin." (Lire: "La justice du roi" d'Arlette LEBIGRE)"

 

"Stendhal, écrivain français (1783-1842), avait annoncé la haine impuissante qui deviendra la passion dominante du siècle à venir."

 

"Au XIXe siècle, Stendhal voit la compétition. Il voit que l'argent permet de fluidifier toutes les situations. Il voit la dissolution de l'ordre d'Ancien Régime. D'une certaine façon il y adhère à travers son jacobinisme et son jacobinisme est un jacobinisme d'ordre napoléonien, impérial. Et ce qu'il redoute par dessus-tout, c'est qu'à côté de ce jacobinisme d'ordre et de gloire se créée cette espèce de compétition mimétique orchestrée au moyen de l'argent.

 

La haine mimétique est généralisée, elle est inscrite dans l'idée même de la modernité libérale qui consiste à dire que nous avons des opportunités, des 'capacités' dirait John RAWLS, et ce qu'il faut pour que les gens deviennent épanouis et heureux, c'est de profiter des opportunités et jouir des capacités.Et pour cela la fluidité doit être la plus importante possible. Il y a beaucoup de gens qui trouvent cela formidable : Emmanuel MACRON, par exemple. Les grands facteurs de stabilisation sont considérés comme l'ennemi de ce monde-là. De GAULLE avait cette citation célèbre "la sourde angoisse des déracinés et l'antique sérénité d'un peuple de paysans'. Là c'est l'inverse, c'est la sourde angoisse du paysan et la sérénité des gens déracinés."

 

"La supériorité de la monarchie vient d'une sensibilité et d'une esthétique, et d'une morale personnelle. Il y a un très beau texte de Romain GARY sur de Gaulle, "Ode à l'homme qui fut la France", écrit le jour de la mort de de Gaulle. Et il a cette phrase : "Le monarchie c'est une certaine idée de la grandeur de l'homme".

 

Lire : "Ce qu'il faudrait à ce pays, c'est un roi" (Charles de Gaulle).

 

"C'est cela la monarchie, c'est une certaine idée de la grandeur de l'homme. C'est une affaire sensible."

Repost 0
29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 10:34

Un nouveau régime à écrire mais fidèle à la tradition, faire la part des choses entre le collectif et l’individuel, entre le commun et le privé, entre le matériel et le spirituel, retrouver la part du gratuit, la primauté donnée au principe héréditaire plutôt qu'à l'élection dans la dévolution de la Couronne, voici quelques idées et solutions proposées par le duc d'Anjou pour Vexilla Galliae, mardi 25 avril :

Quelques idées et solutions préconisées par Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou

Vexilla Galliae : Il y a 224 ans, sur la place Louis XV, actuelle place de la Concorde, le Roi Louis XVI était la victime malheureuse de la révolution française. Chaque année depuis, et par devoir de mémoire, les royalistes se rassemblent en la Basilique royale de Saint-Denis afin de commémorer le triste anniversaire de cette exécution qui est à l’origine d’une fracture profonde au sein de la société française. Monseigneur, quelle analyse faites-vous des conséquences actuelles de cet événement ?

 

Monseigneur, le prince Louis de Bourbon : Effectivement cet acte monstrueux a créé une rupture dans l’histoire de France. Elle est d’ailleurs telle que même les républicains ne s’en vantent pas. Pour la Révolution cette mort reste aussi une tragédie. Elle ne peut plus être présentée comme « le bon régime » puisqu’elle a permis la Terreur, l’assassinat du Roi et de sa famille, dans des conditions terribles comme ce fut le cas pour Louis XVII, enfant de 10 ans que l’on a laissé mourir. Au-delà de cet aspect historique, la mort du roi, inaugure le processus de désacralisation du pouvoir dont on voit actuellement l’aboutissement avec le désintérêt de plus en plus grand pour la vie politique. Il y a un nombre très important d’abstentionnistes aux élections et une grande coupure entre les citoyens et ceux qui les gouvernent.

 

Vexilla Galliae : En août dernier, un sondage BVA, largement commenté dans les médias, affirmait que près d’un Français sur cinq (17%, ce qui représenterait 11 millions de personnes !) se disaient favorables à ce que la fonction de Chef de l’Etat soit occupée par un Roi. En outre, le Figaro vous avait réservé une première de couverture et une double-page intérieure en juillet 2015, Paris-Match un article en septembre dernier et l’Obs du 2 mars 2017 vient de vous consacrer un (petit) article mentionnant votre rôle de « sauveur » dans le cas où les Français le désireraient. A l’heure où notre pays traverse une grave crise institutionnelle, économique, identitaire et sociale, à quelles conditions envisageriez-vous, Monseigneur, d’assumer cette charge pour laquelle vous avez été préparé par votre père, Monseigneur le prince Alphonse, duc de Cadix et duc d’Anjou, si les Français vous appelaient sur le Trône ?

 

Monseigneur, le prince Louis de Bourbon : Ma première réponse à votre question est qu’il faut être toujours très prudent avec les sondages. Je préfère y voir des tendances que des chiffres. Sachons raison garder et cela s’applique aussi aux articles. Cette prudence était déjà celle de mon Père et je conserve totalement cette approche. Quant à la seconde partie de votre question et aux conclusions que vous voudriez que j’en tire ce n’est pas à moi de fixer des conditions. L’histoire nous enseigne que les restaurations répondent à des critères qui ne sont pas toujours rationnels. Elles viennent de la conjugaison de facteurs tant internes qu’externes. Souvenons-nous de ce qui s’est passé en 1814 et qui aurait été impossible à envisager quatre ou cinq ans auparavant. Pareillement qui aurait pu dire, après 25 ans de guerre froide, que le mur de Berlin s’écroulerait sans qu’une goutte de sang ne vienne ternir cet événement ? Il convient donc de demeurer dans la ligne de conduite qui est celle de ma famille depuis l’exil de 1830. Comme nous l’avons toujours dit, nous sommes les successeurs légitimes d’une tradition qui puise ses racines avec Clovis et s’est poursuivie jusqu’à Charles X. Il appartient aux Français de savoir s’ils veulent renouer avec leur histoire pour affronter l’avenir.

 

Vexilla Galliae : A chacun de vos déplacements ceux qui viennent afin de vous apercevoir, ou de pouvoir vous parler, sont toujours plus nombreux. Aux yeux des royalistes mais aussi des Français, vous incarnez une immense espérance. Monseigneur, en cas de restauration de la monarchie, quel type de royauté souhaiteriez-vous incarner ? Une monarchie constitutionnelle, parlementaire, un modèle plus proche de l’héritage du passé ? Ou pensez-vous qu’il sera nécessaire de « réinventer » les institutions pour fonder la monarchie du futur ?

 

Monseigneur, le prince Louis de Bourbon : Cette question m’est souvent posée, mais elle n’a pas vraiment de sens. La monarchie, en France, n’a jamais été régime de la nostalgie et les règnes ne se ressemblent pas, et heureusement ! Elle s’adapte et se renouvelle pour répondre aux besoins de son temps. Elle a connu plusieurs formes. La monarchie constitutionnelle est celle qui a été la moins longue, une quinzaine d’années. Elle a eu son rôle au lendemain de l’Empire, après la Révolution. Nous ne sommes plus dans le même contexte. La royauté restaurée serait celle qui convient au XXIe siècle. Un nouveau régime à écrire mais fidèle à la tradition, ne serait-ce que sur le point fondamental de l’hérédité. J’imagine mal une royauté élective.

 

Vexilla Galliae : En 2013, au plus fort des manifestations contre le « mariage pour tous », vous avez rappelé avec force l’importance du « respect des droits fondamentaux de la Famille, cellule de base de toute société constituée selon l’ordre naturel et chrétien ». La Famille est effectivement sacrée et la Famille Royale en est, naturellement, l’étendard. Vous êtes, Monseigneur, avec Madame la duchesse d’Anjou, les heureux parents de trois beaux enfants. Voudriez-vous, Monseigneur, partager avec nous quelques éléments relatifs aux personnalités de la princesse Eugénie, aînée des Enfants de France, du prince Louis, Dauphin de France, duc de Bourgogne et du prince Alphonse, duc de Berry ?

 

Monseigneur, le prince Louis de Bourbon : Comme vous le savez je ne veux pas que mes enfants soient surexposés. Ma femme et moi donnons une place importante à leur éducation et à leur formation. Pour pouvoir être un adulte responsable il faut avoir eu, enfant, de bonnes bases. Nous voulons aussi qu’ils aient une éducation équilibrée d’enfants de leur âge. Ils pratiquent des sports car c’est une bonne école de responsabilité et de solidarité. Chaque fois que je rentre d’une cérémonie je leur explique pourquoi j’y suis allé. Mais tout cela doit se faire en tenant compte de leur âge, de leur développement. Ce sont encore des enfants.

 

Vexilla Galliae : Monseigneur, vous êtes l’Aîné des Capétiens, le Chef de la Maison de Bourbon et dès lors, le légitime successeur de vos ancêtres les rois de France au Trône de France. Votre parole porte forcément en elle la charge historique de votre héritage. Quel message souhaiteriez-vous adresser personnellement aux Français en cette tumultueuse période où l’avenir de la France se joue ?

 

Monseigneur, le prince Louis de Bourbon : Déjà depuis un certain temps la France est confrontée à une crise notamment morale. La période électorale accentue sans doute une prise de conscience en particulier sur l’avenir mais le phénomène est plus profond et vient de plus loin. Que veut faire la France de son futur ? Telle est bien la question qui se pose. La France veut-elle renouer avec son histoire prestigieuse qui en a fait durant des siècles et des siècles le miroir et le modèle des nations? La France s’est construite sur des principes hérités à la fois de l’antiquité gréco-romaine et du christianisme. Ainsi elle a su faire la part des choses entre le collectif et l’individuel, entre le commun et le privé et par-dessus tout entre le matériel et le spirituel. Ce dernier lui a toujours permis de s’élever et de donner un sens à la mission civilisatrice qu’elle a portée sur les cinq continents. Actuellement le monde est malade de vision trop matérielle. Il faut savoir retrouver la part du gratuit sans laquelle rien de grand ne s’écrit. La France doit le retrouver pour elle-même d’abord et, ensuite, pour le montrer en exemple aux autres peuples. Nous en revenons toujours à la même interrogation rappelée il y a 20 ans par Saint Jean-Paul II à propos du baptême de Clovis, la France est-elle encore capable de vivre selon les principes qui ont façonné son histoire et ont fait d’elle une grande nation.

 

Merci, Monseigneur, de nous avoir accordé ces quelques minutes d’entretien.

 

Nous remercions également le Secrétariat du duc d’Anjou.

 

Frederic de Natal

 

Stéphane Piolenc

 

Franz de Burgos

 

Vexilla-Galliae

NdCR. Ajoutons à nos "principes hérités à la fois de l’antiquité gréco-romaine et du christianisme", nos principes hérités de cette si riche culture et cette civilisation gauloise, de mieux en mieux connue, dont la monarchie française n'a fait que recueillir l'héritage, au Ve siècle ap.J.-C. . La place de la femme dans la société, l'hospitalité, l'équité, le sens de la justice, l'altruïsme, une religion commune propre et spécifique, un clergé distinct du reste de la société, fonctionnarisé et pris en charge par la collectivité, et déjà la distinction des pouvoirs temporel du roi et spirituel du clergé qui n'existait pas dans le monde gallo-romain où l'empereur était le "Souverain pontife", sont autant de principes que nous ont légués nos ancêtres les Gaulois.

 

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 07:12

Les partis sont des organisme publiquement officiellement constitués de manière à tuer dans les âmes le sens de la vérité et de la justice.

Simone Weil (1909-1943), philosophe humaniste

Entretien avec Jean-Philippe Chauvin

 

Que Penser des présidentielles en général ? N'y a-t-il pas mieux en matière de démocratie ?

 

L'élection présidentielle est devenue, au fil des décennies, un vaste champ de foire des partis, le choc des ambitieux et des ambitions. Et en définitive, la crédibilité de l'Etat, et de la magistrature suprême de l'Etat, en sort très largement amoindrie, affaiblie.

 

Aujourd'hui, l'élection présidentielle ne représente rien d'autre qu'un tournoi en démagogie et, parfois, en hypocrisie. Et je dirais que 2017 atteint le summum, à la fois de l'hypocrisie, mais des affaires, des scandales. C'est une élection crapoteuse et je ne suis pas sûr que le débat d'idées, je ne suis pas sûr que les grands thèmes comme la question ouvrière, la question environnementale, qui semble avoir disparue, l'aménagement du territoire, l'organisation des métiers, etc., trouvent leur place dans ce grand tohubohu, ce grand charivari présidentiel, où chacun montre sa bobine à la télévision, fait le beau, mais oublie qu'il faudrait d'abord penser à la France, à ses intérêts et à ses compatriotes.

 

Quant à la deuxième question sur la démocratie, rappelons que les royalistes ne sont pas contre le suffrage universel, ils sont contre la mauvaise application de celui-ci, et vouloir désigner par le suffrage universel le magistrat suprême, celui qui doit être un arbitre, fausse un petit peu, d'une certaine manière, cet arbitrage qu'il est censé de rendre plus tard. Donc, la démocratie, oui, mais pas pour désigner la magistrature suprême du chef de l'Etat.

D'ailleurs, on constatera que certains pays ont des pouvoirs monarchiques, des Etats monarchiques, qui ne sont pas certes ceux que nous souhaitons, mais ces pouvoirs permettent des formes d'expressions de démocratie plus diverses, dans les étages inférieurs de la pyramide de l'Etat et ce n'est pas forcément une si mauvaise chose. Et, dans certains de ces pays, l'usage du referendum, qu'il soit d'usage local ou national est aussi quelque chose de fréquemment utilisée. Donc, là encore, replaçons la démocratie à sa juste place.

 

Et en république, malheureusement on a fait l'inverse : on a mis la démocratie en haut quand il aurait fallu la mettre à la base. Et du coup, on obtient cet affaiblissement de l'Etat, ou plutôt cette soumission aux féodalités de l'argent, des partis politiques, de l'Opinion avec un grand O dont on sait qu'elle ne s'appartient pas à elle-même, mais qu'elle appartient à ceux qui la manœuvrent.

 

[...] Les royalistes proposent donc l'Etat monarchique, l'Etat royal, ce recours, cet arbitrage qui ne dépend pas de l'élection. Et ce, d'autant plus qu'on voit aujourd'hui cette foire d'empoigne, et que la campagne 2017 est un véritable argumentaire contre l'élection même du président de la république au suffrage universel. Mais c'est le principe même d'un président de la république qu'il faut remettre en question avec un quinquennat de promesses avant, les désillusions après, mais un temps long que le philosophe Michel Serres estimait lui aussi nécessaire pour l'application, la mise en pratiques des politiques nécessaires pour un Etat.

 

[...] Ce qu'il faut c'est plus qu'un représentant. C'est un chef de l'Etat. Or, en république, nous constatons souvent qu'il y a de moins en moins d'Etat et que les chefs sont plus des chefs de factions qui parfois n'ont même pas la volonté de s'imposer à leur propre camp.

 

L'expérience de 2012 et 2017 est de ce point-de vue là éclairante. Doit-on continuer éternellement cette expérience ? L'élection du président de la république au suffrage universel tourne, désormais, à une farce, une sinistre farce, parce que désormais l'on vote contre et celui qui est élu ne l'est jamais plus que par défaut.

 

[...] En définitive, alors que la présidentielle c'est la soustraction des énergies, la monarchie peut jouer l'addition des énergies et des qualités.

Note de Christroi. La monarchie, en France, depuis nos ancêtres les Gaulois, est effectivement le meilleur régime politique, car il préserve le bien commun au sens des scolastiques, avec le principe de l'autorité maintenue dans le peuple, et un Etat conçu comme un collectif et non comme le résultat d'un concours de volontés. (Cf. Georges de Lagarde, La Naissance de l'esprit laïque au déclin du Moyen Âge). Sous l'Ancien Régime, les deux tendances, démocratiques (hérité de la féodalité) et monarchiques (hérité du droit romain) se complétaient et concouraient à assurer le bien commun.

Au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, il n'y avait ainsi pas d'opposition entre le peuple et le roi, ni d'opposition entre la souveraineté du peuple et celle du roi : ces deux souverainetés étaient unies dans la personne du roi, symbole de la nation. Ce sont les révolutionnaires qui ont divisé le peuple et la personne du roi, pour prendre le pouvoir à la place du peuple, et aboutir à l'oligarchie que nous connaissons, soumise aux féodalités des riches et des puissants.

Repost 0
4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 07:29

Le mot république est indépendant du mot monarchie, il ne lui est pas opposé. Louis XVI lui-même parlait de la république quand il parlait de la chose publique, la res publica.

Marin de Viry

Marin de Viry : "Un Roi immédiatement !" "Cela n'est pas un désir d'autorité, c'est un désir d'aspiration vers le haut"

Critique littéraire à la célèbre « Revue des Deux Mondes », chargé d’enseignement à Sciences-Pô, Marin de Viry est l’auteur de plusieurs essais parmi lesquels « le Matin des abrutis » et « Mémoires d’un snobé » . Il vient de publier un ouvrage intitulé « Un Roi, immédiatement ». Considérant que la République a atteint son stade terminal, l’auteur-narrateur veut nous faire prendre conscience de la nécessité impérieuse d’un monarchie catholique pour la France : « J’associe la monarchie à l’idée d’une alliance entre la loyauté et l’indépendance ou la liberté . Le Roi est garant d’une harmonie transcendante ».


Marin de Viry, ami de Houellebecq et de Frederic Beigbeder manie un style vif et mordant et pratique l’auto-dérision sans concession. Celui qui fut le conseiller en communication de Dominique de Villepin pour l’élection présidentielle de 2012 s’attaque dorénavant au monde politique et fait une peinture acerbe des communicants et de leur agitation frénétique. Cependant, la charge la plus vigoureuse est réservée à François Hollande « obscène de normalité » et à la tête d’un quinquennat pathétique.


Il ne fait aucun doute que, pour l’écrivain, seul l’idéal chevaleresque, l'« esprit chevaleresque (« défendre la justice, défendre les plus faibles, et défendre le sacré ») est le moyen de nous sauver du narcissisme contemporain. « Un roi, le désir de roi est plutôt de la nécessité anthropologique que de la nécessité idéologique. Ce n'est pas un désir d'autorité, c'est un désir d'aspiration vers le haut. »

Repost 0
22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 11:35

A l'issue d'une visite au monastère franciscain de Kostanjevica à Nova Gorica (Slovénie), sanctuaire ancien et un centre de pèlerinage près de la frontière italienne où repose Charles X, le prince Louis Alphonse de Bourbon a indiqué son opposition au rapatriement des cendres du dernier roi de France :

Je pense que Charles X voulait être enterré ici. Donc je ne pense pas que nous devrions changer ses souhaits.

Visite de Monseigneur le duc d'Anjou au couvent franciscain de Kostanjevica (Slovénie)

Visite officielle du Prince Louis de Bourbon au couvent franciscain de Kostanjevica (Slovénie), le 19 Février 2017.

 

Le couvent abrite la sépulture des derniers membres de la famille royale des Bourbons de France exilés après la révolution de 1830 : Charles X, roi de France et de Navarre (1824-1830), dernier petit-fils de Louis XV ; Louis-Antoine, dauphin de France puis prétendant au trône de France sous le nom de "Louis XIX", fils de Charles X et de Marie-Thérèse de Savoie ; Marie-Thérèse de France, dauphine de France, épouse du précédent ; Louise d'Artois, duchesse consort puis régente de Parme et de Plaisance (1819 - 1864), petite-fille de Charles X et de Marie-Thérèse de Savoie ; Henri d'Artois, prétendant au trône de France sous le nom de "Henri V", "comte de Chambord" (1820 – 1883), fils de Charles-Ferdinand d'Artois, duc de Berry, et de Caroline de Bourbon-Siciles, petit-fils de Charles X et de Marie-Thérèse de Savoie ; Marie-Thérèse de Modène, "comtesse de Chambord", épouse du précédent.

Couvent de Kostanjevica (Castagnevizza en italien). Vue de la Crypte royale

Couvent de Kostanjevica (Castagnevizza en italien). Vue de la Crypte royale

France 3-île de France a répercuté lundi la prise de position du prince Louis de Bourbon de ne pas soutenir le retour des corps des derniers Bourbons reposant au monastère franciscain de Kostanjevica :

Visite de Monseigneur le duc d'Anjou au couvent franciscain de Kostanjevica (Slovénie)

France 3-île de France rapporte :

 

Avec Napoléon, Charles X est le seul monarque français à reposer en exil. Et les cendres du dernier roi de France pourraient ne pas être rapatriées, malgré l'initiative lancée l'an dernier par une association "Pour le retour à Saint-Denis de Charles X et des derniers Bourbons". L'un des prétendants au trône de France, le prince Louis Alphonse de Bourbon a en tout cas indiqué son opposition a une telle initiative.

 

"Je crois que Charles X voulait être enterré ici, je crois que les choses doivent rester ainsi", a-t-il affirmé, à l'issue d'une visite au monastère franciscain de Kostanjevica à Nova Gorica, près de la frontière avec l'Italie, où repose Charles X.

 

 

[...] Exilé en Bohême, Charles X s'était réfugié en Slovénie pour tenter d'échapper à une épidémie de choléra, mais avait succombé à cette maladie peu après son arrivée à Görz, en 1836, une ville devenue par la suite Nova Gorica.

 

L'an dernier, l'association "Pour le retour à Saint-Denis de Charles X et des derniers Bourbons" avait appelé le gouvernement français à engager des négociations avec la Slovénie en vue d'un transfert des cendres des Bourbons à la nécropole royale de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Mais l'idée d'un tel transfert avait suscité la désapprobation des autorités locales, qui invoquent les "dernières volontés" de Charles X."

 

En exil en 1830, Charles X se retira d'abord au palais de Holyrood (Écosse). Puis, grâce à ses bonnes relations avec les Habsbourg-Lorraine, il s'installa au château de Prague, où il reçut des visites de Chateaubriand. Il partit ensuite à Budweis (actuelle České Budějovice), d'où il dut fuir une épidémie de choléra. Il arriva enfin à Görz (alors en Autriche), actuelle Gorizia en Italie et Nova Gorica en Slovénie, où il repose actuellement.

On peut trouver le Communiqué officiel du prince Louis de Bourbon sur l'éventuel rapatriement des restes des derniers Bourbons enterrés en Slovénie sur le site Vexilla Galliae facebook.

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 20:04
Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 12:33
Le 21 janvier 1793, la France révolutionnaire a coupé la tête du corps charnel du roi mais n'a pas touché à son corps mystique, dépositaire de la fonction de souveraineté

La France Royale existe, la monarchie nous a laissé un héritage tant spirituel que matériel formant toujours notre quotidien : le savoir-vivre à la française, les cathédrales, des entreprises prospères comme Saint-Gobain ou la cristallerie Saint-Louis, le code maritime utilisé actuellement par les navigateurs du Vendée Globe...

 

Louis XVI aimait la Royale, au pied de l'échafaud, il se préoccupa même du sort de La Pérouse. Grâce à la Marine le royaume s'était agrandi. Lors de l'opération de sauvetage des esclaves abandonnés sur une petite île aux larges de l'île Bourbon (île de la Réunion) et de l'île-de-France (île Maurice), le Chevalier de Tromelin, lieutenant des vaisseaux du Roi, y avait dressé le pavillon français. Ce 29 novembre 1776, la France prenait possession de l'île Tromelin au nom du Roi de France Louis XVI, De retour à l’île-de-France, les 8 survivants étaient déclarés libres. L’intendant donnait asile à l’enfant, à Eve, sa mère et à Dauphine, sa grand-mère. Le nourrisson était baptisé.

 

Ce 18 janvier 2017, l'héritage de Louis XVI aurait pu être bradé législativement à l'île Maurice sans la vigilance de 4 ou 5 députés "d'union sacrée" (LR, UDI, PS et FN) qui refusèrent avec le MEDEF l'abandon de notre souveraineté sur un territoire maritime aussi grand que l'Allemagne.

 

Le 21 janvier 1793, la France révolutionnaire a coupé la tête du corps charnel du roi mais n'a pas touché à son corps mystique, dépositaire de la fonction de souveraineté. Cet esprit issu de la culture royale demeure vivant chez certains de nos contemporains pourtant non "labellisés" royalistes.

 

Nicolas Chotard,

 

Président des Lys de France

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 23:31

Le prince Louis de Bourbon, duc d´Anjou et prétendant légitimiste aux trônes de France et de Navarre, était l'invité de KTO ce soir.

Louis XX sur Kto - 14 janvier 2017

Je pense que la laïcité de nos jours, au lieu de faire une sorte de respect pour toutes les religions, est devenue plutôt une attaque contre la religion. Et je pense qu'il faudrait plutôt, justement, respecter que tout le monde puisse avoir sa propre religion, et respecter les autres biensûr.

Celui que certains appellent de leurs vœux pour monter sur le trône de France, sous le nom de Louis XX, se laisse peu à peu découvrir, lui qui est plus familier des messes anniversaires, cérémonies officielles et surtout des réunions de la Banco Occidental de Descuento (BOD), dont il est vice-président international.

L'héritier des Bourbons, franco-espagnol né en 1974 d'Alphonse de Bourbon et de Carmen Martínez-Bordiú y Franco, s'exprime sur plusieurs épreuves de son enfance, notamment les décès tragiques de son frère aîné François de Bourbon dans un accident de voiture en 1984, puis de son père lors d'un accident de ski en 1989. Tragédies qui expliquent pourquoi il a grandi sous les cieux hispaniques plutôt que français.

Aujourd'hui marié à la Vénézuélienne María Margarita Vargas Santaella, il vit à Madrid. Très sportif, ce père de famille pratique notamment le hockey sur glace, l'équitation et la course à pied. Malgré son statut, c'est un homme d'une grande humilité comme le révèle cette émission qui fait découvrir un prince attachant.

 

Source : V.I.P. à voir sur KTO ce samedi 14 janvier 2017, Kto, Télévision catholique

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 11:53

Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme a créé en 2005 l'association "Nouveau Dialogue", une association qui organise des débats sur tous les sujets devant un public élargi, avec des experts des questions en jeu, sur la base de la "liberté d'expression", "afin de préserver cette liberté, si rare aujourd'hui".

 

En fin d'entretien, il condamne ce manichéisme qui avait été en son temps combattu par S. Augustin, et dont Daniel-Rops nous dit qu'aujourd'hui, "il n'est pas sûr qu'on ne puisse repérer encore, jusque dans certains traits de l'âme moderne, des traces de la vieille tentation dualiste" [1]  :

"Quelle que soit la situation, il faut toujours essayer de voir le caractère positif de la chose. Rien n'est jamais perdu, et même lorsqu'il n'y a que de la noirceur devant nous, on doit encore utiliser celle-ci pour grandir en pensant à d'autres voies possibles pour y échapper. Pour cela il ne faut pas hésiter à regarder toutes les solutions, sans a priori, y compris les chemins de traverse." (Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme, Entretien à Vexilla-Galliae) [2]

"Il faut toujours essayer de voir le caractère positif de la chose. Rien n'est jamais perdu" (Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme)

Sources

 

[1] DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 404

[2] Entretien avec le prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme Publié dans Vie des royalistes, le jeudi 5 janvier 2017 par Gabriel Privat

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 10:32

Le Samedi 21 janvier 2017, plus que jamais, Paris, 10 heures, Place de la Concorde.

Devant la statue de ROUEN et l'Hôtel CRILLON.

Le jour, à l'heure et sur le lieu du sacrifice, nous invitons les royalistes à rendre hommage au Roi martyr mort pour Dieu, la France et son peuple.

Par une même prière nous demanderons à Louis XVI d'intercéder auprès de Notre-Seigneur afin que la France se souvienne des promesses de son baptême et mérite ainsi le roi que nous espérons.

 

Avec la participation du Choeur Montjoie Saint Denis.

 

org. France Royaliste

 

Venez très nombreux, prier et chanter avec nous pour la résurrection de la France.

Hommage à Louis XVI - 21 janvier 2017 Paris Place de la Concorde 10H
Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 16:35

"Dès que j'ai eu l'honneur et le bonheur de faire la connaissance de Mgr le duc d'Anjou, puis de l'approcher et de m'entretenir longuement avec lui en différentes circonstances, j'ai immédiatement su et compris qu'il existait quelque chose de sacré dans sa personne, toute de lumineuse simplicité. Il y avait en lui ce qui relève de l'origine divine du pouvoir, et si, l'on veut ne pas me suivre là-dessus, au moins cette élévation religieuse de la pensée et du sens moral qui peut seule autoriser un être humain à régir le destin de ses semblables. (...) En France, malheureusement, il n'existe plus la moindre once de sacré dans l'exercice du pouvoir actuel de la république.

C'est vrai que le duc d'Anjou n'avait pas le pouvoir. Mais j'ai la conviction qu'il était dépositaire d'une parcelle de divin. Ce n'est que cela, et rien de plus, la légitimité."

Jean Raspail, interview à Bourbons Magazine, nov-déc 1998 à propos du duc d'Anjou et de Cadix, Alphonse II de Bourbon.

Jean Raspail : la légitimité
Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 09:57
Louis XX en visite au Mont Athos

Relation de la visite du prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, au monastère serbe de Hilandar, sur le Mont Athos, le 19 septembre 2016.

Le 19 septembre 2016, nous avons débarqué sur le Mont Athos, en compagnie de son altesse royale Louis de Bourbon, duc d'Anjou et héritier de la Couronne de France. Etait-ce un signe ? Alors que la région n'avait plus vu de pluie depuis trois mois au moins, nous avons été trempés jusqu'à l'os par un orage épique qu'aucun bulletin météo n'avait annoncé.

 

Depuis plus de mille ans, les monastères et ermitages du Mont Athos perpétuent contre vents et marées la flamme de la prière et de la spiritualité orthodoxe. Cette république monastique, unique au monde, compte aujourd'hui environ mille moines.

 

C'est vers le haut lieu de la tradition serbe que le prince Louis s'est dirigé. Cent ans après les terribles combats de la Première Guerre mondiale qui ont définitivement scellé l'amitié franco-serbe par le sang versé, il s'agissait en effet pour le prince d'honorer tout particulièrement cette amitié dont les fondements sont séculaires.

 

Le monastère de Hilandar a été construit au XIIe siècle par saint Sava lui-même, le fondateur de l'église orthodoxe serbe. La vie de Sava Nemanjić a été une suite de prodiges. Fils de roi, il s'est réfugié à la sainte montagne encore enfant. Il y a fondé son monastère. Il a évangélisé son peuple et obtenu l'indépendance pour son église. Il a réconcilié ses frères, obnubilé par les luttes de pouvoir. Mais surtout, il a accueilli dans sa retraite le roi Stefan Nemanja, devenu simple moine, sous le nom de Syméon. Le fils est ainsi devenu le père spirituel de son propre père, qui a été enterré en état de sainteté dans l'église du monastère. De sa tombe, un cep de vigne a jailli, qui a traversé le mur en pierre et qui donne du fruit depuis lors. Ces raisins sont envoyés aux femmes qui ne peuvent enfanter. La science sourit peut-être de ces croyances, mais elle n'explique pas la vivacité d'un seul cep de vigne sur près de huit siècles.

 

Grâce à l'exemple de Sava et de Syméon, toute la lignée royale Nemanjić a été canonisée. C'est ainsi que par de mystérieux cheminements du destin, une femme de sang royal français devint elle-même sainte. Hélène d'Anjou, reine de Serbie, et épouse du sage roi Uros, est vénérée pour ses oeuvres, ses fondations et sa vie exemplaire.

 

Il existe une étonnante affinité de destin et de caractère entre la France éternelle et la Serbie. Elle a été illustrée de manière éclatante durant la Grande guerre, mais elle repose, peut-être, sur des bases plus profondes encore. D'un côté comme de l'autre, c'est la longue continuité d'une identité et d'une passion pour la liberté et la souveraineté. Et puis aussi une relation directe et filiale avec le divin. Hilandar a assuré cette continuité pour les Serbes. Il a fourni une capitale hors sol en des temps où toute la Serbie brûlait. Malgré l'invasion ottomane, malgré l'islamisation forcée, des migrations et exterminations, malgré l'occupation allemande et l'oppression communiste, le monastère de Saint Sava a conservé la mémoire du royaume, les vieux chants et les précieuses chartes, et les manuscrits médiévaux. Il a résisté à l'arbitraire turc comme aux incursions pirates, à la désaffection comme aux tentatives d'assimilation culturelle. Jamais en huit siècles, les chants de louanges ne se sont arrêtés. Jamais les veilleuses ne se sont éteintes. Pas un seul jour en huit cents ans. L'histoire de France fut tout aussi tourmentée. Si elle n'a pas disposé d'une métropole extra-territoriale semblable à Hilandar, elle a joui d'un autre garant. A travers les guerres, les révolutions, les chamboulements culturels, le fil rouge de l'âme française est racé par la lignée des Capétiens. Descendant direct de Louis XIV, enfant de Saint-Louis, le prince Louis de Bourbon pouvait reconnaître dans les fresques et les veilleuses de ce saint lieu datant de Philippe Auguste, une allégorie de sa propre histoire. Le prince a été chaleureusement reçu par la communauté des moines et leur jeune père supérieur. Il a pu découvrir les chefs d'oeuvre de l'art orthodoxe serbe et byzantin, mais également la profonde mystique des lieux, l'incomparable paix de cette citadelle de la foi et puis aussi la qualité de son vin, tiré de cépages bordelais. Le prince Louis et l'archimandrite Méthode sont de même génération. Ils sont les héritiers d'un monde ancien, aujourd'hui menacé et ils ont une même mission, montrer que le christianisme européen demeure une force de vie et de paix. Montrer que cette civilisation et son élan, sa foi, sont hors d'âge, qu'ils rayonnent encore malgré les tentatives d'annihilation continuelle dont ils font l'objet.

 

Au terme cette rencontre, l'archimandrite Méthode a offert au prince Louis un exemplaire richement relié du code de loi de l'empereur Dusan, datant du XIVe siècle. Et le prince a offert au supérieur du monastère une médaille de Saint-Louis frappé par la Monnaie de Paris.

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 10:35

La Conférence monarchiste internationale et la Maison royale du Rwanda a annoncé le décès aux Etats-Unis du Mwami (Roi) Kigeli V, à l'âge de 80 ans.

 

Né Jean-Baptiste Ndahindurwa, ce catholique fervent et dernier souverain régnant du Rwanda n'avait pas hésité à signer ouvertement une lettre, avec d'autres princes et membres de l'aristocratie européenne, critiquant l'acceptation du mariage pour tous et la communion des divorcés par le pape François (février 2015)

 

C'est le 28 juillet 1959 qu'il avait accédé au trône du Rwanda, alors encore possession belge, dans des circonstances troubles, et non préparé à cette charge dont il avait été investi par le conseil royal en total opposition avec le choix des belges. (1)

 

Kigeli V était un tutsi, mais la tradition voulait que l’institution royale représente tous les Rwandais et transcende les clivages ethniques. (2)

 

Les tensions ethniques entre hutus et tutsis avaient fragilisé la monarchie rwandaise qui sera finalement renversée en juillet 1960 alors que le souverain était en visite au Congo-Kinshasa avec le secrétaire-général des Nations Unies, Dag Hammarskjöld.

 

En juin 1960, il avait demandé aux Nations unies de l’aider à obtenir l’indépendance du Rwanda, ce qui provoqua son expulsion du pays par les autorités belges.

 

En 1961, la Belgique lança un processus d'autonomie interne. La monarchie fut finalement abolie en janvier 1961 après un référendum organisé (80% de non, 20% de oui) et remplacée par une république qui présenta dès sa naissance un caractère racial; source de divisions profondes dans le pays. Le Rwanda acquit son indépendance l'année suivante.

 

Tentant de récupérer son trône, Kigeli V fut arrêté par les belges, mis en résidence surveillée et renvoyé vers la Tanzanie. S'en suivra un long exil dans diverses capitales africaines avant que les Etats-Unis ne lui accordent un visa d'exilé politique en juillet 1992. Le roi se réfugia alors dans un long et profond mutisme, soutenant du bout des lèvres, les mouvements qui se réclamaient de lui (en 2001, un petit mouvement royaliste tentera vainement un coup d'état)

 

Lors du génocide rwandais (1994), le roi appellera à l'unité du pays mais son message ne sera pas entendu (la reine douairière Rosalie Gicanda sera assassinée dans sa maison tout comme l'avait été son mari Mutara III en 1959), perdu dans le cliquetis des machettes et les hurlements de frayeur de ses sujets. Opposant au régime du président Kagamé, plusieurs négociations avait été entamées pour autoriser son retour en 2007. En vain. Le roi exigeant de revenir comme monarque et non comme simple citoyen. En juillet dernier, le Parti vert rwandais avait proposé qu'un référendum sur le retour de la monarchie soit mis en place pour trancher la question.

 

Plusieurs fois décoré par des maisons royales d'Europe (dont le Portugal ) et par l'Eglise pour son engagement humanitaire, le Mwami vivait exclusivement de dons de la part de ses soutiens. La succession n'étant pas héréditaire au sens strict européen, le conseil royal va se réunir afin de trouver un nouveau souverain parmi les membres de la maison royale.

 

Kigeli V n'aura que très brièvement et très symboliquement régné. (3)

Décès du dernier monarque du Rwanda, Kigeli V

Sources

 

(1) VexillaGalliae facebook

(2) Kigeli V, dernier roi du Rwanda, est décédé, Le Monde.fr avec AFP Le 17.10.2016 à 10h18

(3) Mort de Kigeli V, dernier roi du Rwanda, Par RFI Publié le 17-10-2016 Modifié le 17-10-2016 à 00:36

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 11:05
Inauguration de la plaque commémorative des rois sacrés à Reims par Monseigneur Thierry Jordan, archevêque de Reims et Monseigneur le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou. Source Vexilla Galliae facebook

Inauguration de la plaque commémorative des rois sacrés à Reims par Monseigneur Thierry Jordan, archevêque de Reims et Monseigneur le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou. Source Vexilla Galliae facebook

En compagnie de ses partisans, le duc d'Anjou Louis-Alphonse de Bourbon, chef de la maison royale des Bourbons, a dévoilé samedi 8 octobre dans la cathédrale de Reims une plaque mentionnant "les 31 sacres qui, depuis celui de Louis le Pieux, il y a 1200 ans (816), y ont été célébrés et notamment ceux des capétiens." (1)

 

A 11h30, Son Excellence Monseigneur Thierry Jordan, archevêque de Reims, suivi de Monseigneur le prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, Chef de la Maison Royale de France, de Monsieur Arnaud Robinet, député-maire de Reims, du prince de Bauffremont, Président de l’Institut de la Maison de Bourbon et de Monsieur Bernard Poret, Président de la Société des Amis de la Cathédrale, est entré et a traversé aisément le chemin qui s’ouvrait instantanément au milieu des 400 personnes entourant déjà la plaque commémorative. Monseigneur Jordan et le duc d’Anjou se positionné de chaque côté de la plaque et ont tiré ensemble les cordons qui retenaient le drap fleurdelisé. Apparut alors une grande plaque de marbre de comblanchien au teint légèrement rosé, gravée des noms et dates des sacres des trente-et-un rois (un empereur carolingien et trente rois capétiens) sacrés en cette cathédrale depuis 1200 ans ! (2)

 

Monseigneur Jordan a prononcé une petite allocution soulignant la relation particulière existant, depuis bientôt mille ans, entre cette cathédrale et la famille Capétienne dont le duc d’Anjou est le premier représentant en tant qu’Aîné actuel de cette famille.

 

 

A l'occasion de cet événement, le duc d'Anjou a prononcé un discours qui rappelle que le sacre marque la conjugaison du divin et de l’humain "pour permettre au roi d’exercer sa mission au service du bien commun" :

 

"Plusieurs fois par siècle cette cathédrale retrouvait la solennité des sacres, véritable colonne vertébrale de la royauté.

 

En effet si le règne du roi commençait à la mort de son prédécesseur, seul, le sacre lui conférait cette dimension supérieure qui faisait de la royauté française un pouvoir différent des autres.

 

Par le sacre, le divin et l’humain, se conjuguaient pour permettre au roi d’exercer sa mission au service du bien commun. La dureté du pouvoir des hommes se trouvait compensée par la charité du prince chrétien. Les promesses du sacre obligeaient le roi à tendre aussi vers la sainteté. Si Saint Louis en fut le modèle, tous les rois savaient qu’ils devaient se rapprocher de cet exemple."

 

Le Prince a terminé son rapide discours par cette prière:

 

"Puissent Notre Dame, Saint-Louis et tous les saints, à travers toutes les prières qui durant des siècles et des siècles, ont accompagné les sacres, protéger la France et la maintenir dans sa tradition."

Plaque des rois sacrés à Reims, inaugurée samedi 8 octobre 2016. Source : Vexilla Galliae facebook https://www.facebook.com/VexillaGalliae/posts/698942763594734

Plaque des rois sacrés à Reims, inaugurée samedi 8 octobre 2016. Source : Vexilla Galliae facebook https://www.facebook.com/VexillaGalliae/posts/698942763594734

Sources: (1) Discours de Louis XX à Reims et reportage photo, Vexilla Galliae; (2) 8.10.2016 : Louis XX à la Cathédrale des Sacres à Reims ! Vexilla Galliae; (3) Reportage photo Vexilla Galliae facebook

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 11:45

Vive le Roi ! Un sondage réalisé par BVA et publié ce lundi 30 août indique qu'une partie non négligeable de l’opinion serait favorable à ce que la fonction de chef de l’Etat soit assumée par un roi, comme c’est le cas dans de nombreux pays européens. (1)

 

"[D]e nombreux Français pensent que la présence d’un roi au sommet de l’Etat serait bénéfique pour le pays".

 

"[P]rès d’un Français sur trois" est "prêt à voter pour un candidat royaliste".

 

Près d’un Français sur quatre estime par exemple que cela aurait des conséquences positives sur l’unité nationale (39%) et la stabilité du gouvernement (37%).  Ils étaient à peine 23% en 2007, année où un sondage similaire avait été réalisé.

 

Suite aux évènements de l'été qui ont vu un djihadiste tuer des Français à Nice un 14 juillet, le duc d'Anjou, Aîné des Capétiens, qui n'avait pas voulu s'exprimer jusque-là a dénommé le 25 août en la fête de la Saint-Louis, le "double" "mal" qui atteint la France : une guerre de civilisation et une crise morale et d'identité à la source de laquelle se trouve la "laïcité républicaine", un "leurre" qui nous coupe de nos racines et établit "un vide idéologique" dans lequel s'engouffrent les idéologies mortifères.

Les récents évènements poussent les Français à s’ouvrir à un remplacement du président par un roi (Sondage BVA)

Add. 01/09/2016. Il y a deux erreurs dans l'article de LCI.

 

Le sondage réalisé par BVA, du 22 au 23 août 2016, sur commande de l’Alliance royale, montre que pour 31 % des Français, remplacer le président de la République par un monarque donnerait une meilleure image de la France dans le monde. Ce chiffre est en progression par rapport au précédent sondage, datant de 2012 (et non 2007, comme l’indique LCI qui a relayé l’information), où ils n’étaient que 24 %.

 

Autre erreur dans l’annonce de LCI : « Près d’un Français sur quatre estime, par exemple, que cela aurait des conséquences positives sur l’unité nationale (39 %) et la stabilité du gouvernement (37 %). » 39 % ou 37 % font « plus d’un sur trois » et non « près d’un sur quatre ». Nuance.

 

Pour ceux qui n’ont pas suivi la poussée royaliste, on pouvait lire sur la Toile, le 21 janvier dernier à l’occasion de la commémoration de la mort de Louis XVI, des messages de ce genre : « Est-ce que François Hollande a l’intention de prendre part aux commémorations du jour ? » ou encore, de la part de royalistes de longue date, « Que se passe-t-il ? Il y a 10 ans, la messe de requiem pour Louis XVI rassemblait un pelé trois tondus, et cette année, tout le monde en parle comme si c’était l’événement de l’année ! »

 

Quoi qu’il en soit, le royalisme fait encore peur au système. Ainsi, en 2012, l’Alliance royale souhaitait présenter un candidat royaliste à l’élection présidentielle. Cependant, elle n’obtint pas les 500 parrainages. Certains maires expliquèrent qu’ils renonçaient à donner leur parrainage suite à des appels de leur préfet ou d’autres autorités qui les menaçaient de leur couper les subventions (pour la rénovation d’école, salle de sports, etc.) s’ils ne retiraient pas leur parrainage. Cette situation pourrait bien changer puisque, désormais, il y a des élus Alliance royale dans plusieurs conseils municipaux.

 

Parmi les raisons de ce retour en grâce de la monarchie, il y a certes le rejet du système en place, et le spectacle qui se déroule quotidiennement sous nos yeux ne peut qu’alimenter ce rejet. Mais il faut bien voir aussi que les institutions françaises coûtent deux fois plus cher que la couronne britannique ou quatre fois plus que celle d’Espagne. Une Restauration accompagnée d’une véritable simplification du mille-feuille administratif, mais dans le respect de nos réalités provinciales et régionales, permettrait sans nul doute des économies non négligeables et une baisse substantielle des impôts. Notons aussi – même si l’argument mercantile n’est pas le plus important – que la famille royale est génératrice de richesses, ne serait-ce qu’à travers les événements majeurs, à la fois familiaux et nationaux : couronnement, mariage, etc. Alors qu’en France, allongement de la durée de vie aidant, nous continuons à entretenir grassement les « maisons » des anciens présidents de la République, sans pour autant qu’ils nous rapportent un seul centime d’euro !

 

Mais surtout, une monarchie héréditaire permettrait de libérer la France du régime des partis et de lui donner un véritable arbitre suprême, garant de l’unité nationale et de sa continuité historique, là où la République ne crée que divisions, fractures et haine de soi. Dans la situation actuelle du pays, un roi n’aurait eu aucun scrupule à dissoudre l’Assemblée nationale, permettant de mettre fin à l’état de manifestation permanent dans lequel vit notre pays depuis fin 2012.

 

Depuis saint Rémi, de nombreuses prophéties ont évoqué ce grand monarque qui sauvera la France, accompagné par un grand pontife qui sauvera la foi, les deux étant des jumeaux issus de la maison de France. Certes, une prophétie n’engage personne, mais la naissance des fils jumeaux de Louis XX, duc d’Anjou, peuvent donner à réfléchir…

 

Et puis, en guise de clin d’œil à l’actualité, la monarchie n’a peut-être jamais été aussi moderne : n’est-ce pas Emmanuel Macron qui déclarait, il y a peu, qu’il manquait un roi à la France ?

 

Source: Le Retour du Roi, Benjamin Leduc, Boulevard Voltaire, 01/09/2016

Les récents évènements poussent les Français à s’ouvrir à un remplacement du président par un roi (Sondage BVA)
Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 08:04

En cette fête de la Saint-Louis, suite aux dramatiques évènements de l'été pour lesquels le duc d'Anjou, le Prince Louis de Bourbon, Aîné des Capétiens, explique ne pas avoir voulu s'exprimer "sur le moment", désigne le "double" mal qui "atteint la France" une "guerre de civilisation" et une "grave crise morale et d'identité", à la source de laquelle il situe "la laïcité républicaine" qui est "un leurre", qui "nous coupe en réalité de nos racines séculaires et le vide idéologique laisse la place à toutes les idéologies mortifères."

Difficile en effet de se défendre lorsque on a baissé la garde, enlevé casque et bouclier !

Mes chers compatriotes,

 

La date du 25 août, fête de la Saint-Louis, mon aïeul et mon saint patron et aussi le modèle largement reconnu de la sagesse en politique, m’offre l’occasion de m’exprimer. Je n’ai pas voulu le faire au moment où les dramatiques événements de l’été se sont produits car ma voix aurait peu apporté à ce qui fut dit alors. La compassion devant les victimes s’imposait et continue à s’imposer car les conséquences de ces attaques barbares sont loin d’être terminées ; les encouragements aux forces de sécurité et de secours ou aux équipes de soins s’imposaient elles-aussi et s’imposent encore devant l’ampleur du mal. Mais au-delà ? Que pouvait-on dire devant l’horreur des actes commis ? Les assassinats aussi monstrueux que lâches, d’êtres innocents, n’ont jamais aucune justification et les commettre au nom d’une religion encore moins. Fanatisme et politique n’ont jamais fait bon ménage. L’histoire nous le rappelle.

 

Or c’est justement au nom de l’histoire, mais sans nostalgie et dans un souci d’avenir meilleur, que je peux apporter quelque chose, au moment où la France, mon pays, subit une grave crise. Il me semble que les seuls remèdes politiques habituels ne suffiront pas à conjurer les dégâts et la profondeur du mal. Vu avec le recul des siècles et surtout l’expérience que cela donne, le mal qui atteint la France me parait double. Il y a d’abord une guerre de civilisation, déclarée par un ennemi plus ou moins visible et insidieux, et que désormais les gouvernants semblent enfin désigner par son nom mais, surtout, une très profonde et grave crise morale ou d’identité, sorte de cancer de l’intérieur qui nous affaiblit tout autant, peut-être même davantage, que l’ ennemi désigné.

 

De la guerre qui est menée à la France, à l’Europe, à la Chrétienté, que dire ? Accepter de mettre un nom sur les choses et donc les qualifier est déjà le meilleur moyen pour combattre. L’ennemi identifié, il s’agit de concevoir et de mettre en œuvre une politique étrangère et une politique intérieure qui répondent aux intérêts de la France et de l’Europe chrétienne dont nous sommes solidaires. Il s’agit ensuite d’avoir une stratégie et une tactique. Je ne doute pas que l’une et l’autre soient à la portée de nos gouvernants quels qu’ils fussent, s’ils acceptent de se remettre en cause, de se donner les moyens de la lutte et de faire confiance aux spécialistes. Faire parler la raison plus que le sentiment et l’idéologie. La France a toujours su mener les combats, ses forces armées sont reconnues par tous et partout, et le pays entier trouvera l’énergie nécessaire pour les soutenir. Déjà, force est de constater que de saines réactions ont commencé à apparaître.

 

La crise morale est plus grave. Les causes internes sont toujours plus complexes à combattre que les ennemis déclarés. Elles le sont notamment parce qu'elles ont souvent des origines plus profondes, plus lointaines. Mais l’histoire dont par ma naissance je suis en quelque sorte le représentant comme héritier et successeur des souverains qui, patiemment, siècle après siècle, ont façonné la France, l’histoire montre que les crises de conscience ne sont pas insurmontables. C’est même souvent de l’épreuve et de la rupture avec des habitudes passées qui endorment plus qu’elles ne font progresser, que la France s’est constituée. Dès l’origine ! Epreuves et rupture, avec Clovis qui fait passer la Gaule du rang de province romaine à celui de royaume libre et autonome ; épreuves et rupture avec la renaissance carolingienne ; puis avec le renouveau de la souveraineté au XIIIe siècle, celui de Bouvines et de Saint Louis ; et je continue avec le renouveau d’après la guerre de Cent ans qui avait pourtant laissé la France exsangue et quasi à la merci d’une dynastie étrangère. Que dire de la Renaissance qui a suivi le désastre de Pavie, de celle d’après les Guerres de Religion ou encore du sursaut admirable de tout le pays dans les premières années du XVIIIe siècle alors que Louis XIV devait faire face à une Europe une nouvelle fois coalisée. Oui, il y a un ressort très français qui veut que notre pays même malmené, même quasiment abattu, ne capitule pas.

 

Ces sursauts proviennent de la nature très particulière de la France. Ce n’est pas un état comme les autres. Le pouvoir ne s’y confond pas avec la force. La France a toujours reposé sur ses familles, sur des communautés d’intérêt, sur un état de droit mis en place alors que l’Europe connaissait encore régime féodal et droit du plus fort. Si la France présente cette spécificité cela lui vient de ses origines. Clovis, ne fut pas seulement le premier des rois, mais ce fut surtout le premier des rois chrétiens. Ainsi dès l’aube de la civilisation française il y avait, venant couronner au sens propre comme figuré le pouvoir, une transcendance. Politique et mystique allaient de pair. Jamais le roi ne fut un monarque tout puissant. La royauté française a toujours été vécue comme un service, imposant des devoirs garantis par Dieu. Au-dessus du roi il y avait toujours la nécessité de conserver les préceptes de l’évangile qui sont aussi ceux du droit naturel : respect de la personne humaine, respect de la famille. La France a mérité le titre de « Fille aînée de l’Eglise », parce que plus que toute autre nation, elle a su mettre ses devoirs avant ses droits. Elle a puisé dans la religion une éthique qui donnait à la politique une autre dimension. Ainsi, elle devint un modèle.

 

Certes cela a pris des contours bien différents selon les âges, mais le principe a toujours subsisté ; certes il y a eu parfois de mauvaises politiques mais justement reconnues comme telles. Mais l’histoire nous enseigne aussi qu’il y a des limites à ne pas franchir, des principes non négociables : la souveraineté de l’état, le primat du bien commun contre les intérêts particuliers, les libertés notamment collectives pour garantir les particularismes hérités de l’histoire des lieux, etc.

 

L’histoire nous apprend aussi et surtout qu’un peuple est grand quand il a des motifs de partager une vision commune de sa destinée c’est-à-dire de son avenir ; de donner de lui-même pour des causes qui le dépassent mais qui le font entrer dans l’histoire. Tel est bien ce qui a produit les grands artistes, les grands savants, les grands capitaines et les conquérants ; les gloires nationales que nos livres, nos mémoires, nos chansons exaltaient. Durant longtemps, de l’épopée des grognards de l’Empire au « debout les morts ! » de la Guerre de 14-18, les régimes nouveaux ont continué à évoquer ce récit national. La mystique de la Patrie avait su remplacer l’amour pour le Roi et la Couronne. Mais qu’en est-il actuellement ? Quelle « mystique » est-elle offerte aux jeunes depuis deux ou trois générations ? Celle du consumérisme et du matérialisme; celle de la culture de la mort ; celle du jeu et du moindre effort, celle de la toute-puissance de l’argent. Depuis des décennies ont été élevés au rang de nouvelles valeurs l’individualisme, l’abandon de la notion de service et de sacrifice, le relativisme, l’immanence et, comble, la négation des épisodes glorieux de notre histoire dont il faudrait s’excuser ! Tout cela a détruit peu à peu les fondements de la société qui n’a plus su intégrer ceux qui frappaient à sa porte et qui, surtout, a ôté tout souhait et désir de s’intégrer à la France devenue plus un contre-modèle qu’un modèle.

 

Il me semble que la cause première de ce triste état des lieux est avant tout l’abandon des repères notamment religieux par notre pays c’est-à-dire ces limites sans lesquelles les libertés ne sont plus que des licences dangereuses tant pour l’homme que pour la société. Ainsi, en un peu plus de deux siècles a été porté profondément atteinte à notre identité, française et chrétienne. Les repères perdus, l’avenir est difficile à construire ! Aussi, nourrie de bonnes intentions comme le prétendent ses partisans, la laïcité républicaine n’en est pas moins un leurre. Elle nous coupe en réalité de nos racines séculaires et le vide idéologique laisse la place à toutes les idéologies mortifères.

 

Les jeunes ont besoin de grandeur, besoin d’espérance. Une société qui désespère et désenchante sa jeunesse n’a plus sa place. Il faut revenir de cet esprit d’abandon. Il faut retrouver enthousiasme, désir de se dépasser et, surtout, volonté. Retrouver la ferveur de Bouvines et de Patay, celle que montrent les champions sportifs prenant exemple sur les saints ou les militaires. Offrir des perspectives qui présentent leur part de gratuité et de grandeur. Ces occasions ne manquent pourtant pas aujourd’hui où les combats à mener sont nombreux : ceux pour redonner à la vie humaine sa place avec ses multiples facettes depuis l’éthique oubliée dans les états riches jusqu’aux problèmes de malnutrition dans les pays pauvres ; ceux pour rendre notre planète plus durable après qu’elle a été souvent saccagée par l’inconscience de plusieurs générations ; ceux pour faire accéder le plus grand nombre à l’instruction sans laquelle il n’y a pas d’échanges possibles entre les hommes. Savoir se parler et pouvoir se comprendre !

 

Redonner le goût du bien commun et se souvenir que la France est d’abord une communauté forte de son identité façonnée par ses racines gréco-latines et chrétiennes.

 

Heureusement, bon nombre de jeunes l’ont retrouvé d’eux-mêmes dépassant les faux maîtres qui les trompaient plus qu’ils ne les formaient. Depuis plusieurs années on les voit veiller sur leur pays ; retrouver les fondamentaux de la philosophie notamment politique, renouer avec les valeurs du don, de la gratuité sans lesquelles il n’y pas de bien commun possible. On les voit surtout retrouver le sens de la famille et de la vie sur lequel ils assoient leurs perspectives d’avenir. Le monde appartient aux jeunes et à ceux qui donnent du sens à leur vie. L’histoire de France nous l’enseigne.

 

J’ai voulu le rappeler car, en invoquant l’aide de Saint-Louis, mon aïeul, mais aussi celle de tous les saints et saintes de France, si nombreux, et en n’oubliant pas le dernier d’entre eux, le père Hamel, mort en martyr pour sa Foi, je crois plus que jamais en mon pays et en son avenir.

 

Louis de Bourbon, duc d’Anjou

 

Source: Déclaration du duc d'Anjou, Louis XX facebook, 25 août 2016

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 16:46
L'aigle roumain retrouve sa couronne

"Un homme grand vêtu de sombre, revient sur sa terre natale. Il est accompagné de sa femme, leur fille et leur gendre les accueillent à l'aéroport. Michel et Anne sont des exilés. Comme tous ceux qui ont connu ce malheur, ils sont bouleversés. L'homme au visage austère verse des larmes. La foule le presse, et l'acclame. Elle le tient pour roi. De fait, c'est Michel Ier de Roumanie, roi légitime selon l'histoire et le droit, qui revient dans sa patrie en compagnie de la reine Anne, après cinquante ans d'une vie de proscrit..." (La vertu du Roi Michel par Bertrand Renouvin - décembre 1997).

 

 

 

L'aigle roumain retrouve sa couronne

Aujourd'hui le roi et la reine doivent être fiers que leur pays retrouve enfin son identité royale. Il y a un an, la Commission de la Chambre parlementaire roumaine avait donné son accord pour que soit étudié par les députés roumains un projet de loi qui remplacerait le blason actuel de la République par celui de l'ancienne monarchie roumaine qui était surmonté d'une couronne. Le député Grégore Craciunescu, à l'origine du projet, entendait rendre hommage au message politique du roi Michel.

Le 16 février 2016, le Sénat approuve le projet de loi modifiant les armoiries nationales (110 voix sur 176). Le projet de loi est adopté le 8 juin 2016 par la Chambre des députés (262 voix sur 412). Les nouvelles armoiries prévoient de placer une couronne royale sur la tête de l'aigle et de remplacer le blason au centre d'un manteau héraldique, symbolisant ainsi "la souveraineté nationale de l'Etat roumain, indépendant, unitaire et indivisible". Les autorités publiques ont jusqu'au 31 décembre 2018 pour changer les drapeaux et les tampons.

Présent sur le blason des pays roumains depuis le XIVe siècle, l'aigle d'or avait été coiffé d'une couronne au début du XXe siècle pour symboliser la royauté. Le régime communiste avait banni ces armoiries pour les remplacer par un blason mélangeant l'étoile rouge, des épis de blé entourant un paysage montagneux et boisé au milieu duquel se dressait un puits de pétrole. En 1992, le retour aux anciennes armoiries avait été décidé par le Parlement, sans toutefois que l'on ne retrouve la couronne sur la tête de l'aigle. Ce retour au blason de la royauté a été décidé à l'occasion du centième anniversaire de la Grande Union. C'était en 1918 et la Transylvanie était officiellement rattachée aux deux autres principautés roumaines : la Valachie et la Moldavie.

Eric Muth

 

 

 

 

 

Source: Armoiries de la Roumanie : l'aigle roumain retrouve sa couronne, Vexilla Galliae, Publié dans Europe / international, le lundi 18 juillet 2016 par Eric Muth

 

 

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 11:12

Quel 14 juillet pour les royalistes ?

 

Le parti Alliance Royale organise cette année un 14 juillet "royaliste" Tous en blanc à Versailles. Sur Christ-Roi, nous ne nous associons pas à cette initiative car se constituer "contre" en participant à une journée du 14 juillet, même qualifié de "royaliste", n'est-ce pas faire "avec" et ses composés ? Nous ne voyons donc aucune raison de célébrer un contre-14 juillet dans un 14 juillet "royaliste".

 

Le site Lyon Capitale.fr rapporte dans un article publié hier que Frederic de Natal, chroniqueur lyonnais spécialiste du royalisme (revues La ToilePoint de vue HistoireRoyaliste), refuse opportunément "de participer aux commémorations du 14 juillet, que ce soit pour célébrer la prise de la Bastille ou la Fête de la Fédération :

 

Un royaliste, digne de ce nom, ne saurait souscrire à cette fête qui ressasse chaque année les pages les plus sombres de notre histoire. ” Rejetant l’héritage d’un “pseudo passé révolutionnaire victorieux”, il confie : “Quant aux Français qui se délecteront de la beauté des feux d’artifice, peut-être auront-ils une pensée pour tous ces Vendéens et autres Chouans, tous ces Français inconnus de l’histoire, victimes des exactions d’un Robespierre et de ses acolytes dont la fête est plus un symbole de division.”" (Source)

 

Nous invitons en revanche nos lecteurs à commencer dès aujourd'hui à prier sept jours de suite des louanges à la gloire à Dieu, pour les institutions de la France (par exemple dans une dizaine de chapelet et/ou en récitant les louanges de Dieu de saint François d'Assise) en se souvenant que le 14 juillet "fête de la république" est un jour où retentit l'hymne de la "Marseillaise", un hymne où les Français chantent leur auto-élimination (en 1789, 80% des guillotinés furent des petites gens. Les "décapitations ... concernent pour 28% des paysans, pour 31% des artisans et des ouvriers, sans doute pour plus de 20% des marchands. ... 8 à 9% des nobles, pour 6 à 7% des membres du clergé." René Sédillot,  Le Coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 24.)

 

Et effectivement, face à ces louanges à la gloire de Dieu, les murs de la république-Jéricho s'effondreront.

 

Le message spirituel de Jéricho

 

Récemment, Ségolène Royal, a exliqué sa version de la démocratie : les élites définissent les limites du débat démocratique en dehors duquel les Français ne peuvent avoir leur mot ni ne peuvent en sortir. Tels les habitants de la ville de Jéricho, les Français sont prisonniers à l'intérieur de la "république"-Jéricho et ne peuvent en sortir, même s'ils le voulaient. Que faire ?

 

Dans l'Ancien Testament, Josué, le successeur de Moïse dans la conduite du peuple hébreu vers la Terre promise prit la ville de Jéricho dont les murs s'effondrèrent devant les louanges à la gloire de Dieu. Jéricho fut la première ville du pays de Canaan conquise par les Hébreux.

Le prophète Josué, représenté au Palazzo Trinci. Josué est écrit en hébreu יהושוע Yehoshua (Deutéronome 3:21), ce qui signifie "Dieu sauve".

Le prophète Josué, représenté au Palazzo Trinci. Josué est écrit en hébreu יהושוע Yehoshua (Deutéronome 3:21), ce qui signifie "Dieu sauve".

Comment Josué prit Jericho ?

 

Le livre de Josué raconte la prise de Jéricho et comment le mur de la ville s'effondra le septième jour après l'arrivée des Hébreux (Livre de Josué, 6, 5.), par la volonté de Dieu après le défilé autour de la cité sept jours de suite, de l'Arche d'alliance et de sept prêtres sonnant sept chofars (trompettes). Le septième jour, les Israélites firent sept fois le tour de la ville en sonnant des trompettes. (Jos., 6, 3-4.)

 

"Or Jéricho s'était enfermée et barricadée (contre les Israélites): personne n'en sortait et personne n'y entrait." (Jos., 6, 1.)

 

Josué reçut ses consignes du "chef de l'armée de Yahvé" (Livre de Josué, 5, 14-15.)

 

 

La prise de Jéricho, enluminure de Jean Fouquet, vers 1470-1475 Paris, BnF

La prise de Jéricho, enluminure de Jean Fouquet, vers 1470-1475 Paris, BnF

Dans une homélie, Origène, le fondateur de l’école biblique de Césarée, a commenté le récit de cette prise de Jéricho par les Hébreux. La ville que Josué conquit est le symbole du monde idolâtre, le repaire des doctrines mensongères dont les remparts d’illusion et d’orgueil vont s’effondrer devant les trompettes de l’évangile proclamé par Jésus-Josué.

Les Israélites devant les murailles de Jéricho par Julius Schnorr von Carolsfeld

Les Israélites devant les murailles de Jéricho par Julius Schnorr von Carolsfeld

Dans la liturgie juive des Tentes, la chute de Jéricho symbolisait la destruction du mal. La septuple procession autour de l’autel au chant du Hoshana mimait la prise de Jéricho, au dire du Talmud. Les participants à la cérémonie portaient des palmes à la main. Or Jéricho est connue sous le nom de ville des palmes.

 

Pour Origène, la prise de Jéricho livre un triple message d’ordre christologique, spirituel et eschatologique qui correspond à la triple venue du Christ dans la chair, dans l’âme du croyant et dans la gloire.

 

Les murs du mensonge, les remparts d'illusion et d'orgueil de la cité idolâtre s'effondrent devant les louanges à Dieu. Le sens christologique de la prise de Jéricho, Origène le voit dans la  Passion du Christ, nouveau Josué, qui détruit l’idolâtrie des païens.

 

La Résurrection du Christ est une victoire sur le diable. C’est à la Pentecôte que culmine cette victoire, car le tremblement de terre au Cénacle signifie l’effondrement des idoles:

 

"Jéricho est la figure du monde présent. Nous voyons la force de ses remparts détruite par les trompettes des prêtres. Car les fortifications puissantes qui servaient à ce monde de murailles, c’étaient le culte des idoles,… les inventions mensongères des augures, des aruspices et des mages, toutes choses dont ce monde s’entourait comme de murailles colossales… Mais lorsque vint Jésus-Christ - dont Josué symbolisait l’avènement (Josué et Jésus sont identiques en grec) - il envoie ses prêtres, les apôtres, portant des trompettes étirées, c’est-à-dire l’enseignement majestueux et céleste de sa prédication…

 

Si les prêtres sonnèrent de la trompette pour faire tomber les murs de Jéricho, tout le peuple aussi, au son de la trompette, poussa des cris de clameur, ou, selon d’autres versions, poussa des cris de joie… Il me semble que ces cris de joie signifiaient l’union des coeurs et des âmes. Si cette union se produit entre deux ou trois disciples du Christ, tout ce qu’ils demandent au nom du Sauveur leur est accordé par le Père des cieux. Mais si le bonheur est si grand qu’un peuple tout entier reste uni de coeur et d’âme, si bien que tous aient le même langage et soient unis dans un même esprit et un même sentiment, lorsqu’un tel peuple élèvera la voix d’un accord unanime, il se produira ce qui est écrit dans les Actes des Apôtres : il se fit un grand tremblement de terre lorsque priaient d’un même coeur les apôtres avec les femmes et Marie, mère de Jésus. Par ce tremblement de terre tout sera détruit, tout s’effondrera des choses terrestres et le monde lui-même sera aboli… Puisque nous avons Jésus pour chef, le monde pour nous est déjà vaincu et les murailles de ce monde se sont écroulées."

 

(Origène, Homélie sur Josué 7,1-2).

 

On croit entendre un écho du livre de l’Apocalypse de Jean 10,7 : "Quand le septième ange sonna la trompette, alors sera consommé le mystère de Dieu qu’il a donné à ses serviteurs les prophètes".

 

Si l’Ecriture nous révèle le Christ, elle a un message également pour chaque chrétien. L’interprétation spirituelle du texte est résumée ainsi:

 

"Fais-toi des trompettes étirées si tu es prêtre; bien plus, puisque tu es prêtre - car tu es devenu une race royale et un sacerdoce saint - fais-toi des trompettes étirées en les tirant de l’Ecriture. Tire de là tes pensées, tire de là tes paroles…

 

Fais résonner ces trompettes, c’est-à-dire fais résonner les psaumes, les hymnes et les cantiques spirituels, fais résonner les symbolismes des prophètes, les mystères de la loi et la doctrine des apôtres. Si telles sont les trompettes que tu fais résonner, si tu fais sept fois le tour de la ville avec l’arche d’alliance,… si tu fais jaillir de toi-même un choeur harmonieux d’acclamations joyeuses,… si tout en toi s’harmonise et s’accorde, jette des cris de joie, car pour toi le monde est détruit et abattu…"

 

Chacun porte en soi la Jéricho de ses propres idoles. C’est avec les trompettes sacerdotales de la doctrine et avec la clameur du peuple unifié, symbole de la charité, que cette ville intérieure s’effondre.

 

L’Ecriture annonce les réalités eschatologiques. Avec l’arrivée de Jésus les murs de Jéricho se sont effondrés. Mais le mal ne semble pas vaincu, bien que le message de l’évangile résonne. L’ivraie est encore présente dans le champ du Père. Tant que tous les peuples ne sont pas entrés dans l’Eglise, les puissances mauvaises auront encore du pouvoir. L’épisode de Josué qui arrête le soleil permet à Origène d’expliquer le retard de la Parousie:

 

"Dès que le Sauveur est venu, c’était déjà la fin du monde… Mais il a retenu et retardé le jour de sa consommation, il lui a défendu de paraître. Car Dieu le Père, voyant que le salut des nations ne peut venir que par Jésus, lui dit: "Demande-moi et je te donnerai les nations en héritage". Donc jusqu’à l’accomplissement de la promesse du Père, jusqu’à ce que les Eglises s’accroissent des diverses nations et qu’y entre toute la plénitude des païens, pour qu’enfin tout Israël soit sauvé, le jour est prolongé, sa chute est différée, jamais le soleil ne se couche, mais toujours il se lève, "soleil de justice" qui verse la lumière de la vérité dans le coeur de ceux qui croient."

 

(Origène, Homélie sur Josué 11,3).

 

C’est une théologie de l’histoire qu’Origène propose ici. La mission retarde la venue du jour où le mal sera détruit totalement. Il faut que la plénitude des nations entre dans l’Eglise. L’histoire est caractérisée par un double mouvement : d’une part c’est la croissance du Règne du Christ qui est manifeste et d’autre part c’est l’expansion des forces du mal. Les deux puissances se livrent un combat jusqu’au jour où le nouveau Josué décidera d’intervenir. L’Esprit de la Pentecôte assiste l’Eglise durant cette période. C’est là le sens de la nouvelle évangélisation voulue par Jean-Paul II. (Source)

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 09:48
S.A.R. la duchesse d'Anjou, reçue dans l'Ordre souverain de Malte par S.E le Comte de Beaumont-Beynac (25.06.2016)

S.A.R. la duchesse d'Anjou, reçue dans l'Ordre souverain de Malte par S.E le Comte de Beaumont-Beynac (25.06.2016)

"Tuitio Fidei et Obsequium Pauperum" ("Défense de la Foi et assistance aux pauvres") est la devise de l'Ordre Souverain, Militaire et Hospitalier de Saint Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, organisation religieuse laïque traditionnellement militaire chevaleresque et nobiliaire, à vocation caritative qui a pris la suite de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, issue des Ospitalarii (les premiers moines hospitaliers servant à l'hospice Saint-Jean à Jérusalem), dans laquelle a été reçue Son Altesse Royale la Princesse Louis de Bourbon, duchesse d’Anjou au Château de Versailles, le 25 juin 2016, en la fête de Saint Jean Baptiste, en qualité de Dame Grand- Croix d’ Honneur et de Dévotion.


Cette cérémonie d’admission s’est déroulée dans la Salle des Croisades après une préparation spirituelle et la bénédiction des croix des nouveaux membres par Monseigneur Thomazeau, chapelain général de l’Association française des membres de l’Ordre de Malte et en présence de S.E le Prince de La Rochefoucauld-Montbel, Grand Hospitalier de l’Ordre à Rome.

Les Dames en capes noires et mantilles et les Chevaliers de l’Ordre en coules ou uniformes étaient nombreux.

Une messe solennelle, présidée par le cardinal Tauran, camerlingue et bailli de l’Ordre de Malte, a ensuite été célébrée dans la chapelle du Château en présence du général Georgelin, le Grand Chancelier de la Légion d’honneur qui représentait le Chef de l’Etat. (1)

On notait aux côtés de Madame la duchesse d’Anjou la présence de Madame Chirac qui appartient elle aussi à l’Ordre de Malte.

 

Franz de Burgos explique pour Vexilla-Galliae :

"je veux témoigner d’un comportement qui m’a impressionné : Après la messe, alors que la Chapelle Royale mettait un temps infini à se vider de sa nombreuse assistance, la duchesse d’Ajou, blessée, restait prudemment assise. Mais, lorsqu’un membre du clergé, un Chevalier, une Dame de l’Ordre, un militaire ou une autre personne venait la saluer, celle-ci se levait pour recevoir l’hommage que l’on lui rendait. Je vis alors, à chaque fois, Madame Jacques Chirac se lever en même temps que la duchesse d’Anjou et rester debout aussi longtemps que se prolongeait l’hommage qui ne lui était pas adressé et attendre que la duchesse d’Anjou se fût rassise pour se rassoir à son tour ! Ce comportement ne se fût-il présenté qu’une fois, eût-on pu croire qu’il s’était agi d’une méprise, mais il se présenta près d’une dizaine de fois, et à chaque fois, Madame Jacques Chirac resta debout tant que la duchesse d’Anjou le fût elle-même ! Les Chodron de Courcel ont conservés l’habitude des nobles usages que l’aristocratie s’honorait d’entretenir avec la Famille Royale !" (2)

 

Le Prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme assistait à la cérémonie.

Après la Messe, sur le parterre nord, s’est déroulée la revue des ambulanciers, secouristes et bénévoles avec prestations de serments reçus par S.E le Comte de Beaumont-Beynac et Monsieur Yann Baggio, Président des œuvres de l’Ordre de Malte. Des médailles, décernées par le Ministère de l’Intérieur, ont été remises par le général Prieur, Conseiller Secourisme et Actions de secours de l’Ordre de Malte.

 

Les actions humanitaires actuelles de l'Ordre souverain de Malte sont principalement tournées vers la lutte contre la pauvreté, mais également dans la lutte contre la lèpre et plus globalement les problèmes médicaux, des missions de secourisme d’urgence lors de catastrophes naturelles ou d’aide humanitaire envers les réfugiés lors de conflits armés.

Armoiries des chevaliers de Malte montées à l'église San Giovannino dei Cavalieri de Florence

Armoiries des chevaliers de Malte montées à l'église San Giovannino dei Cavalieri de Florence

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 12:05
Prêche pour la Légitimité (Monsieur le chanoine Goupil - ICRSP)

A l'occasion de la fondation du Cercle légitimiste du Bourbonnais, et en action de grâce pour le 27ème anniversaire de l'avènement de S.M. Très-Chrétienne le Roi Louis XX, le 30 janvier 2016 en la prieurale de Souvigny (Allier), Monsieur le chanoine Goupil (ICRSP) a prononcé un sermon édifiant pour la pensée légitimiste lors de la Messe votive pour le Roi de France. "Ce que la science politique appelle légitimisme, l’Épouse du Christ l’appelle, dans sa nomenclature propre : la doctrine sociale de l’Église, ou encore la Chrétienté."

 

Le prédicateur nous prie de préciser qu'à 24 minutes 20 secondes, il convient d'entendre "Pontmain" au lieu de "La Salette".

Texte du sermon :

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

Monsieur le Recteur,

Monsieur le Président,

Chers Amis,

 

La tâche du prédicateur, du haut de la chaire de vérité, consiste à proclamer, « à temps et à contre-temps », ce qu’enseigne, ce qu’a toujours enseigné et enseignera toujours la Sainte Église, à savoir les principes fondamentaux, veillant à ce que les fidèles laïques les déclinent de manière juste selon leurs diverses applications concrètes.

 

Aujourd’hui se fonde le Cercle légitimiste du Bourbonnais. Je laisse à son président le soin de vous le présenter, en lieu et heure ; mais voici ce que je peux déjà vous dire, au nom de notre Sainte Mère : ce que la science politique appelle légitimisme, l’Épouse du Christ l’appelle, dans sa nomenclature propre : la doctrine sociale de l’Église, ou encore « la Chrétienté », avec cet ajout : « selon l’esprit et le caractère propres à la France ». Certes, la Chrétienté (l’Évangile vécu socialement) revêt, selon les temps et les lieux, des formes diverses, mais toujours selon les mêmes principes de base. Après saint Thomas d’Aquin, ces principes, politiques et sociaux, ont été rappelés notamment et brillamment par les papes des XIXe et XXe siècles, de Pie VI à Jean XXIII principalement, nos plus récents pontifes ayant eu, depuis Humanae Vitae, à défendre plus particulièrement la morale, la famille et la vie.

 

Non, nous ne sommes pas des voyageurs apatrides, les hôtes de passage de l’hôtel « France » : nous sommes fils de France, et à cet attachement à la Couronne de France et à la terre de nos aïeux, de nos morts, auquel nous oblige le 4e Commandement par la vertu de piété, nous pouvons, nous devons ajouter également de l’admiration : en 1300 ans d’alliance entre Dieu et la France, entre « le Trône et l’Autel », selon la belle formule consacrée, Dieu a fait et inspiré de grandes choses ! Et que pourrait-il faire d’autre ?! Lui Qui passe toujours « en faisant le bien », le beau, le vrai, qui sont les trois qualités de la Civilisation chrétienne historique, incarnée dans des peuples et des pays particuliers.

 

Fille aînée de l’Église parce que son roi a été appelé, depuis Charlemagne (célébré avant-hier), Fils aîné et patrice de l’Église Romaine, puis consacré Fils aîné du Sacré-Cœur de Jésus (je vous renvoie à Ses apparitions à sainte Marguerite-Marie Alacoque), la France, comme ses sœurs les autres royaumes, a su déployer et éliciter les puissances, les potentialités dirait-on aujourd’hui, de la Chrétienté, de la doctrine sociale de l’Église une, sainte, catholique et apostolique.

 

Si notre Mère n’est réductible à aucun régime, Pie VI, apprenant la mort de Louis XVI, appela bien « la monarchie, le meilleur des régimes », puisqu’il est celui de l’Église elle-même, que Notre-Seigneur comparait au « Royaume des Cieux ». Chez nous, seule la royauté a réellement forgé notre pays, par trois dynasties (Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens. Ndlr.) qui sont en fait une même famille ; et je m’adresse aux généalogistes en herbe : pas une seule génération de cette triple dynastie qui n’ait donné au moins un Saint ! En outre, garants de l’ordre, les successeurs des Apôtres (le Testament de S. Remi le prouve) condamnent ceux qui renversent le pouvoir légitime : y a-t-il matière à épiloguer ? Et en 1816, il y a deux cents ans, en pleine Restauration, nos évêques multipliaient les mandements appelant à honorer la royauté légitime.

Image illustrative de l'article Pie X

Saint Pie X, disciple du vénéré cardinal Pie et fin connaisseur de la France, a ainsi pu parler de l’existence d’un « génie français ». Sans doute, chaque contrée possède son génie propre ; s’adressant en 1910, il y a 106 ans, à nos évêques, l’illustre pontife, tout en condamnant le mouvement « démocrate-chrétien » du Sillon, donnait à toute l’Église, et particulièrement à la France, une sage et profonde leçon politique au sens propre du terme, c’est-à-dire celui de l’art de gouverner et régir la Cité.

 

Sa formule péremptoire la plus mémorable demeure celle-ci, qui rappelle à l’ordre tous les amoureux de nouveautés, et qu’il faudrait graver en lettres d’or en notre intelligence :

Il faut rappeler énergiquement dans ces temps d’anarchie sociale et intellectuelle, où chacun se pose en docteur et législateur : on ne bâtira pas la cité autrement que Dieu ne l’a bâtie ; on n’édifiera pas la société, si l’Église n’en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la Civilisation n’est plus à inventer ni la Cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est : c’est la Civilisation chrétienne, c’est la Cité catholique. Il ne s’agit que de l’instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte et de l’impiété : omnia instaurare in Christo.

Tout restaurer dans le Christ ! Ces paroles doivent être pour vous, chers amis, la règle de votre Cercle d’étude et d’action.

 

arton178.jpgCette Civilisation chrétienne, dédaigneusement surnommée « Église constantinienne » par ses détracteurs, est la forme heureusement voulue par Dieu sur notre continent de manière générale, et en notre patrie de manière particulière. Et Il l’a prouvé non seulement par Ses saints ducs, princes et rois (dont saint Louis reste le modèle), mais aussi en intervenant directement, et ô combien surnaturellement, avec sainte Jehanne d’Arc, quand bien même la question politique théorique pouvait ne pas paraître de première importance à des observateurs non avertis. Qu’un roi anglais catholique en effet se prétendît roi de France, en quoi cela pouvait-il importer au Bon Dieu ? Bonne question. Et en voici la bonne réponse : Dieu ne toléra pas qu’un prince étranger, même catholique, usurpât le trône réservé à Son Lieutenant sur terre, choisi par hérédité et primogéniture mâle dans la famille avec laquelle saint Remi noua, « en nom Dieu », une alliance immortelle. Les principes sont causes des actions, et de mauvais principes, ou une mauvaise application des principes, entraînent des conséquences épouvantables, comme l’enseignait déjà Aristote : pour notre sujet, cela entraîna l’affreuse Guerre de Cent ans. Et la grande preuve que Dieu tenait à ces principes, c’est que Charles VII n’était ni un grand homme ni un Saint (bien que surnommé le Victorieux, il négociera avec les Bourguignons, abandonnera la Pucelle et adoptera la Pragmatique Sanction) : mais Dieu le voulait lui, que désignaient les Lois fondamentales.

 

En notre époque « ballotée à tout vent de doctrine », il nous faut toujours davantage écouter, accueillir, méditer les leçons de notre Histoire, ainsi que les profonds et sages conseils de notre Mère la Sainte Église, qui défendit durant plus d’un millénaire une alliance qui fit non seulement le bonheur de la France, mais contribua au salut de ses enfants, nos ancêtres, comme en témoigne le texte-même du Vœu de Louis XIII consacrant sa personne, son royaume et ses sujets à Notre-Dame.

 

Nos ancêtres les Gaulois - La Gaule, les origines de la France« Il faut aimer ce que Dieu aime », disait saint François de Sales, célébré hier. J’ajouterais : « Il faut aimer ce que l’Église aime » (à travers son histoire et celle de France). Face aux novateurs, Pie X s’écriait : « Nous ne pouvons, malgré Notre longanimité, Nous défendre d’un juste sentiment d’indignation. Eh quoi ! on inspire à votre jeunesse catholique la défiance envers l’Église, leur mère ; on leur apprend que depuis dix-neuf siècles, elle n’a pas encore réussi dans le monde à constituer la société sur ses vraies bases ; qu’elle n’a pas compris les notions sociales de l’autorité, de la liberté, de l’égalité, de la fraternité et de la dignité humaine ; que les grands évêques et les grands monarques, qui ont créé et si glorieusement gouverné la France, n’ont pas su donner à leur peuple ni la vraie justice, ni le vrai bonheur, parce qu’ils n’avaient pas l’idéal » de la démocratie ! « Le souffle de la Révolution a passé par là, et nous pouvons conclure que si les doctrines sociales du Sillon sont erronées, son esprit est dangereux et son éducation funeste ». Répétons encore les paroles du pape Sarto à la face de notre époque bien troublée, et dans laquelle, comme le rappelait le Souverain Pontife régnant, l’Église n’a pas pour rôle d’être une O.N.G. : « Nous n’avons pas à démontrer que l’avènement de la démocratie universelle n’importe pas à l’action de l’Église dans le monde ; Nous avons déjà rappelé que l’Église a toujours laissé aux nations le souci de se donner le gouvernement qu’elles estiment le plus avantageux pour leurs intérêts », chose qui ne s’est faite chez nous librement qu’à l’alliance baptismale de Reims entre Dieu et notre peuple gallo-romain recevant à sa tête les Francs convertis, puisque jamais la Révolution n’a demandé son avis à nos familles, imposant son régime par la force et dans le sang. Et quand nos aïeux portèrent à l’assemblée, il y a un siècle et demi, des élus royalistes, ceux-ci, trahissant leur mission, consolidèrent les bases de la république présidentielle.

 

Ne nous leurrons pas : rien n’est parfait ici-bas. Comme le dit le pape, Notre-Seigneur « n’a pas annoncé pour la société future le règne d’une félicité idéale, d’où la souffrance serait bannie ; mais, par Ses leçons et par Ses exemples, Il a tracé le chemin du bonheur possible sur terre et du bonheur parfait au Ciel : la voie royale de la Croix. Ce sont là des enseignements qu’on aurait tort d’appliquer seulement à la vie individuelle en vue du salut éternel ; ce sont des enseignements éminemment sociaux » : cela nous renvoie au sacrifice du Roi (comme celui, dans la littérature, du lion Aslan dans Narnia…).

 

Et à ce sujet, comment mieux vous manifester, s’il était besoin, le bien-fondé de cet ordre séculaire, qu’en laissant la parole au plus autorisé de nos contemporains pour cela, à savoir notre Roi lui-même, en ce 27e anniversaire de son avènement, dans la riche et profonde allocution qu’il a donnée dimanche dernier à la Chapelle expiatoire à Paris, à l’occasion de la Messe pour le Roi-Martyr ? Et ce d’autant plus que beaucoup parmi vous n’en ont peut-être pas eu vent, les prêches dominicaux ayant perdu l’habitude de publier les documents royaux…

 

« Chers Amis, disait-il, Nous voici réunis pour le 223ème anniversaire de l’assassinat du Roi Louis XVI au lendemain d’un procès dont le verdict était décidé d’avance. La France traversait alors des jours dramatiques et cette mort du monarque allait, malheureusement, être la première d’une longue liste.

 

[…] Se réunir plus de deux siècles après les événements n’est pas anodin. […] Cette Messe […] est loin d’être unique. Ce sont, en fait, des dizaines de Messes qui sont célébrées autour du 21 janvier. Cela dans toute la France et même à l’étranger […]. Ces cérémonies sont importantes et leur sens dépasse de beaucoup ce que peuvent être des commémorations. Seule la mort du Roi amène, chaque année, cet événement à se renouveler. Les générations passent et cela continue. C’est au sens propre un événement national et il n’est pas étonnant que, chaque année, alors que les médias ne sont pas très ouverts à la monarchie, il fasse l’objet de séquences à la télévision comme à la radio et d’articles dans la presse papier ou numérique.

 

Cela donne une autre dimension à cet acte. Nous ne commémorons pas seulement un événement tragique. La mort du Roi est d’une autre nature. Elle atteint, au plus profond, chacun d’entre nous, chacun d’entre vous. Non seulement parce que […] la justice a été sacrifiée aux passions humaines et partisanes, mais aussi parce qu’elle est contraire aux fondements-mêmes de l’âme française. Elle est destructrice. Elle a créé un vide dans nos vies, dans nos cœurs et dans nos familles comme dans la société. Ayant perdu son chef naturel, légitime, la société est déboussolée.

 

Or une société, un État, a besoin de savoir, comme un individu, d’où il vient et où il va. Sa quête est philosophique et spirituelle. La société ne peut pas se contenter d’errance, de vérité d’un jour, qui ne l’est plus le lendemain. Au contraire, elle a besoin de certitudes. Les jeunes [gens] encore plus. Les voir présents lors des cérémonies à la mémoire de Louis XVI confirme le besoin d’absolu et de vérité. Les jeunes [gens] n’aiment pas les idées fausses. S’ils sont prêts à se donner, ce n’est pas pour des chimères. C’est pour du vrai, du juste et du beau. C’est parce qu’ils ont la foi et que dans cette foi, ils puisent leur espérance.

 

Il faut donc voir l’assassinat du Roi qui nous réunit non pas seulement comme un tragique souvenir que nous serions quelques-uns à partager, mais comme un appel à mieux réfléchir à ce que nous souhaitons pour l’avenir. Le Roi n’est pas mort pour rien. Son sacrifice, accepté et offert, a été celui de nombreux Français ; son sacrifice, officialisé par un procès, acte dont on attend qu’il fasse ressortir la vérité, a marqué l’entrée de la France dans une spirale de déchristianisation et d’avènement du matérialisme et de l’individualisme dont nous voyons, actuellement, combien elle est dangereuse.

 

Le fait d’avoir exécuté le monarque a coupé ce lien filial si particulier, si fondamental, qui unissait le Roi et son peuple ; qui unissait le peuple à son histoire. C’est ce lien qu’évoquent ces commémorations annuelles. Ce désir de retrouver la filiation perdue ». Et là, je vois la France dans la condition de l’enfant prodigue, au beau milieu de la fange des pourceaux, s’écriant : « Je me lèverai, et j’irai vers mon père, et je lui dirai : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi ; je ne suis plus digne désormais d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes mercenaires. Et se levant », elle ira vers son roi ; et celui-ci dit déjà « à ses serviteurs : Vite, apportez la plus belle robe, et revêtez-l’en ; et mettez un anneau à sa main, et des chaussures à ses pieds ; mangeons et faisons bonne chère ; car mon [peuple] que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé » (Lc XV, 18-24).

 

Mais reprenons l’allocution du prince Louis :

 

« Tous les grands pays […] vivent par et pour ce rapport au temps de leur histoire. La France en s’en privant, continue à se mutiler et à se perdre. Depuis près de deux siècles, les crises succèdent aux crises, dont certaines sanglantes, les républiques aux républiques. Cela ne change rien au vide dont un ministre, et pas des moindres [celui de l’économie], s’appuyant sur sa formation de philosophe, a reconnu l’existence il y a quelques mois !

 

Ainsi commémorer cet assassinat plus de 200 ans après qu’il a été commis, c’est affirmer que l’idée de la Royauté est toujours nécessaire et vivante. En France, le Roi ne meurt jamais selon l’adage. Il se perpétue » : voilà pourquoi en France, il ne peut y avoir de vacance du pouvoir, ni de nostalgie, puisque le principe comme le prince sont toujours d’actualité. « C’est aux Français de lui redonner vie, de retrouver leur racines », alors au travail, mes Frères !

 

« Mais ceci ne peut être simplement formel. La Royauté ce n’est pas une république couronnée. Elle est avant tout un ensemble de valeurs vécues et partagées, puisque ce sont d’elles que vient l’unité entre toutes les composantes du pays. Par le passé, ces valeurs étaient directement issues du baptême chrétien de Clovis. Actuellement elles sont à retrouver, à reconstruire et surtout pas à travestir par des slogans. La France, en renouant avec ce qui l’a animée tout au long de son histoire, pourra alors surmonter difficultés et épreuves et reprendre le cours de sa destinée.

 

Derrière le rejet de cet assassinat de Louis XVI se profile le besoin de redonner primauté à la vie, de la naissance à la mort », quand la semaine passée a vu se renforcer l’avortement d’État et la légalisation du meurtre ou suicide assisté ; « la nécessité de redonner à la famille tous ses droits, notamment dans l’éducation des enfants. Pensons à Louis XVI faisant faire, en prison, des pages d’écriture à son fils et lui enseignant la géographie. Quel exemple !

 

Derrière le rejet de la mort du Roi apparaît aussi le désir de retrouver la nécessaire souveraineté garante de toutes les libertés.

 

Tout cela ne peut rester de vains mots. Ces réalités doivent vivre. Il appartient à nous tous de le faire dans nos métiers, nos professions, dans nos familles et nos activités. Beaucoup de jeunes [gens] l’ont compris [comme les fondateurs de ce Cercle, en Bourbonnais]. Leur voix sans doute ne s’entend pas encore suffisamment, mais comme ils sont l’avenir, les veilleurs qu’ils sont actuellement, deviendront rapidement les acteurs de demain.

 

Tels sont les vœux que je forme, en ce début d’année, pour vous tous ici présents et pour tous les Français. Pour la France. […] Puisse saint Louis continuer à veiller sur la France et saint Martin dont on commémore cette année le 1700ème anniversaire, continuer à l’inspirer ».

 

Ainsi s’exprimait dimanche dernier le duc d’Anjou, qui trônait parmi nous ici-même il y a quatre mois et demi. La Messe d’aujourd’hui n’est pas une Messe du 21-janvier, même si elle fait mémoire d’un autre Roi, son propre père, mystérieusement décapité en plein bicentenaire de la Révolution, il y a aujourd’hui 27 ans…

 

Nous entendons beaucoup, ces temps-ci, appeler à prier pour la France, et il le faut. Mais avec le Verbe incarné, ne demeurons pas dans les généralités, dans l’abstrait. Notre alliance avec Lui s’incarne en un homme, que les Lois fondamentales, véritable Constitution du Royaume, désignent clairement en la personne du prince Louis. C’est pour sa personne que nous prions aujourd’hui, pour sa mission, pour sa sanctification et sa correspondance à la grâce : qu’il soit l’homme selon le Cœur de Dieu dans cette dignité unique de Fils aîné du Sacré-Cœur et de Lieutenant du Christ en terre.

 

Le comte de Chambord avait admirablement affirmé : « Il faut, pour que la France soit sauvée, que Dieu y rentre en maître pour que j’y puisse régner en roi ». Cette restauration d’institutions, de justice et de législation vraiment chrétiennes, fondées sur la loi évangélique (ou comme le disait saint Pie X : « instaurer et restaurer sans cesse la Cité catholique sur ses fondements naturels et divins »), commence, mes Frères, par votre propre vie spirituelle personnelle ; elle se poursuit dans vos foyers, dans la bonne et droite éducation de vos enfants, dans l’amour et le soutien mutuel des parents ; elle se manifeste autour de vous, dans votre métier, dans vos relations, dans vos réalisations ; comme nous le disait le Prince : « Tout cela – ce que vous verrez et étudierez dans ce Cercle – ne peut rester de vains mots. Ces réalités doivent vivre. Il appartient à nous tous de le faire dans nos métiers, nos professions, dans nos familles et nos activités ».

 

« Demandez, et vous recevrez », nous dit N.-S. J.-C. Demandons-Lui des choses précises, et de grandes choses, « hommes de peu de foi » ! « Aide-toi, le Ciel t’aidera » lançait notre héoïn nationale, ainsi que ceci : « Les gens d’armes combattront, et Dieu donnera la victoire ». A l’instar de sainte Bathilde, passée de l’esclavage au premier trône d’Occident, tout peut arriver à ceux qui ont une foi à déplacer les montagnes, car « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ».

 

Offrez donc résolument vos prières, vos bonnes actions, vos sacrifices ; offrez vos communions, vos chapelets, et surtout : priez en famille et faites prier les enfants, qui sont tout-puissants sur le Cœur de Dieu et de Sa Sainte Mère. Enfin, utilisez pleinement la prière officielle de l’Église, de l’Épouse à l’Époux : la sainte Liturgie ; faites dire des Messes pro Rege et Francia : il en est grand temps. « Mais priez, mes enfants » (Dieu vous exaucera en peu de temps, mon Fils se laisse toucher. Ndlr.), avertissait Notre-Dame à Pontmain ; nous lui répondions avec le psaume XIXe au début de cette Messe : « Seigneur sauvez le Roi, et exaucez-nous au jour où nous Vous invoquerons ». Et la Reine de France, notre vraie première Dame, de nous promettre : « Dieu vous exaucera en peu de temps : mon Fils Se laisse toucher ».

 

Le Cercle s’appliquera à former votre intelligence à la connaissance de la vérité et des bons principes ; mais avant de les appliquer en nous et autour de nous, comme nous venons de le voir, il y a l’étape intermédiaire, fondamentale, qui est l’ordonnancement de votre volonté au vrai bien. Puissiez-vous, au feu ardent de la grâce divine, vous enflammer et brûler d’amour non seulement pour la France, mais pour la personne du Roi, à l’unisson de nos ancêtres qui, sans avoir forcément étudié les Lois fondamentales en détail, les connaissaient comme par instinct : à chaque fois qu’elles s’appliquaient concrètement, par la naissance d’un Dauphin, il n’y avait pas une église en France dont les voûtes ne résonnassent de l’écho du Te Deum, et pas un village en France qui ne manifestât son allégresse.

 

La fleur de lysPuissions-nous, mes Frères, redécouvrir ce devoir de piété filiale envers le représentant de Dieu auprès de la France, et de la France auprès de Dieu ; cette garantie du droit et de la justice, qu’est le père des familles de France ; cet exemple du service de la nation, qu’est cet homme saisi par la naissance et qui ne s’appartient pas ; ce pilier de la défense de la liberté de l’Église ; cette image de l’union conjugale de notre peuple avec Dieu ; cette joie oubliée, qui se transmettait jadis de génération en génération dans nos familles, et qui se perpétue pourtant encore chez la plupart de nos voisins : celle d’avoir un roi et une reine à aimer, un couple sacré en lequel tout un peuple puisse le mieux possible discerner les traits de Notre-Seigneur le Christ-Roi et de Notre-Dame, Reine, dans l’exercice du gouvernement du Royaume des lys, figure et voie, pour nous Français, de la Patrie céleste, de même que le Souverain Pontife manifeste quant à lui le Christ Souverain-Prêtre.

 

Puissiez-vous, par le bon travail opéré dans ce Cercle, vous écrier un jour avec le roi David, en entrant au Paradis recevoir votre récompense (Dieu Lui-même) : « Vous m’avez fait connaître les voies de la vie ; Vous me comblerez de joie par Votre visage : il y a des délices sans fin à Votre droite » (Ps XV, 11), ô mon Dieu et mon Roi. Et qu’en cette cité de Souvigny, berceau de la dynastie heureusement régnante, notre âme catholique et française s’écrie dès maintenant avec le même Psalmiste : « Grand Dieu, sauvez le Roi ! » (Ps XIX). Ainsi soit-il.

 

+

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

Source: Action Légitimiste

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 18:50

Bien que l'"Action française" soit une organisation royaliste orléaniste, nous informons nos lecteurs que, selon un article du Point, Robert Ménard et Marion Maréchal-Le Pen se rendront à un colloque de l'Action française le 7 mai, sur le thème "Je suis royaliste. Pourquoi pas vous ?". Emmanuel Macron a été invité.

"Ce qu'il faudrait à ce pays, c'est un roi" (Charles de Gaulle). Ils nous ont volé notre Souveraineté, reprenons-la ! Démissionnant du "Gouvernement provisoire de la République française" en 1947, le général de Gaulle déclarait :

 

"Ce qu'il faudrait à ce pays, c'est un Roi." (1)

Marion Maréchal-Le Pen va rendre visite à l'Action française

 

La députée du Vaucluse n'est pas la seule élue invitée. Emmanuel Macron a lui aussi été convié, notamment en raison de ses propos sur "la figure du roi".

 

Voilà une visite qui devrait faire des vagues au sein du Front national. Marion Maréchal-Le Pen, députée frontiste du Vaucluse, rendra visite à l'Action française, le mouvement royaliste et nationaliste de Charles Maurras. Elle participera effectivement à l'un de ses colloques le 7 mai prochain. Thématique de l'événement : « Je suis royaliste. Pourquoi pas vous ? »

Le programme détaille les nombreuses questions qui seront posées aux intervenants et donc à la nièce de Marine Le Pen : « Quel régime politique pour redresser la France ? », « Le peuple est-il vraiment souverain ? », « Que sont devenues les promesses de 1789 ? » et « La France n'aurait-elle pas besoin d'un roi ? ».

 

« La République ne prime pas sur la France »

 

Sur le site du colloque, on peut lire des citations de l'élue, et notamment une qui explique sa présence. « Qui n'a pas vibré au sacre de Reims et à la Fête de la Fédération n'est pas vraiment français », avait-elle dit lors d'un meeting à Toulon en décembre dernier pendant les régionales. Mais c'est une autre de ses phrases qui attire l'attention et qui a dû rendre fou de rage son très gaulliste et républicain collègue Florian Philippot. « Il y a des monarchies qui sont plus démocratiques que certaines républiques. Je ne comprends pas cette obsession pour la République. Pour moi, la République ne prime pas sur la France », lançait Marion Maréchal-Le Pen dans un entretien en juin 2015 à la revue Charles .

Elle ne sera, en tout cas, pas la seule à prendre la parole dans cette conférence organisée par l'Action française. Robert Ménard, le maire de Béziers, sera présent. L'Action française précise par ailleurs que le colloque ne sera pas composé que de royalistes. Ces derniers seront confrontés lors des débats à des républicains aussi.

 

Emmanuel Macron invité

 

Plus curieux encore, dans sa présentation du colloque, l'Action française cite Emmanuel Macron. À l'hebdomadaire Le 1 , le ministre de l'Économie s'avouait en juillet dernier presque plus royaliste que socialiste. « La démocratie comporte toujours une forme d'incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même. Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n'est plus là ! » expliquait le locataire de Bercy.

... L'Action française... a fait savoir sur Twitter que l'intéressé n'a pas encore répondu à l'invitation.

Robert Ménard et Marion Maréchal-Le Pen à un colloque de l'Action française le 7 mai

Robert Ménard et Marion Maréchal-Le Pen à un colloque de l'Action française le 7 mai

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 11:20
Ostension de la Sainte Tunique d'Argenteuil: Déclaration de Mgr le duc d'Anjou

La Sainte Tunique du Christ est conservée à Argenteuil depuis 1200 ans. Elle est exceptionnellement exposée du 25 mars au 10 avril 2016 dans la basilique Saint Denys (Val d'Oise), à l’occasion d’une ostension solennelle. Cette relique est l’une des plus sacrées du christianisme et un trésor du patrimoine français. Elle promet d’attirer à elle au printemps 2016 à Argenteuil une grande foule venue de France et d’au-delà. [1]

 

La Sainte Tunique n’est normalement montrée aux fidèles et au public que deux fois par siècle.

Selon l’Eglise, c’est le vêtement porté par Jésus Christ quelques heures avant sa mort, de la Cène à la crucifixion. Elle aurait même recueilli le sang de ses blessures lors de son chemin de croix. C’est donc l’une des trois grandes reliques de la Passion avec le Suaire d'Oviedo (Espagne) et le fameux linceul de Turin (Italie). Constitué d'une vingtaine de fragments en toile de laine brun-violet cousus sur une sorte de blouse à manches courtes, cet habit sans couture descend jusqu’aux genoux, avec une fente pour passer la tête.

 

"Il n’y a pas de preuve absolue" que la sainte Tunique soit bien "le vêtement de la Passion du Christ", admet le diocèse de Pontoise sur le site consacré à l’événement. Mais le vêtement a été passé au crible par de nombreux scientifiques depuis le 19e siècle, et plusieurs études peuvent être mises à son crédit. Il est ainsi notamment apparu, fait valoir le diocèse, que sa matière, en laine de mouton, sa teinture ou sa méthode de tissage correspondent aux pratiques en vigueur en Syrie et au Nord de la Palestine dans les premiers siècles de notre ère.

 

Traditionnellement, la Sainte Tunique n’est exposée que tous les 50 ans (et ce depuis 1884). La précédente "ostension" (sa présentation aux fidèles) ayant eu lieu en 1984, la prochaine aurait normalement dû attendre encore 18 ans, en 2034. Mais le diocèse de Pontoise a précipité les choses pour trois raisons : il fête cette année son cinquantième anniversaire, tout comme la basilique d'Argenteuil qui souffle ses 150 bougies. Le pape François a par ailleurs décrété 2016 année de la miséricorde, que la tunique du Christ mort sur la croix symbolise selon le diocèse.

 

(4) Les Rois de France - Charlemagne Cela fait 1200 ans que la Sainte Tunique est conservée dans cette commune de la banlieue nord de Paris, où elle reste en temps normal roulée dans un reliquaire de la basilique. Le vêtement aurait été offert à Charlemagne, au début du 9e siècle, par l'impératrice Irène de Constantinople. L’empereur l’a ensuite confié à sa fille Théodorade, prieure du monastère d'Argenteuil. La sainte Tunique aura ensuite connu une histoire tumultueuse : "Dissimulée dans un mur du monastère pour la protéger des invasions vikings, longtemps oubliée, redécouverte à l’occasion de travaux au Moyen-Âge", elle avait été découpée et enterrée par le curé d’Argenteuil à la Révolution française par crainte qu’elle ne soit détruite, raconte le site saintetunique.com. [2]

 

Voici la déclaration de Monseigneur le duc d'Anjou à l'occasion de cette ostension exceptionnelle.

Ostension de la Sainte Tunique d'Argenteuil: Déclaration de Mgr le duc d'Anjou

Déclaration de Monseigneur le duc d’Anjou

Publié dans Communication des princes, le samedi 2 avril 2016 par Louis de Bourbon

 

J’ai souhaité, à l’occasion de cette ostension exceptionnelle, pouvoir vénérer à mon tour, la Sainte Tunique conservée dans la Basilique d’Argenteuil.

 

Depuis le recueil de cette insigne relique par Charlemagne qui l’a reçue de l’Impératrice Irène de Constantinople, nombreux furent les rois de France, mes ancêtres, qui vinrent l’honorer. Les annales ont retenu notamment Louis VII dont le règne marque la première ostension dont on ait la trace ; Saint-Louis dont la dévotion était si grande qu’il acquît les reliques de la Passion et fit construire pour Elles la Sainte-Chapelle ; François 1er sous le règne duquel eut lieu une grande procession réunissant la Couronne d’épines et la SainteTunique ; Henri III et Louis XIII vinrent aussi s’y recueillir, ainsi, qu’à la suite de Blanche de Castille, les reines Catherine et Marie de Médicis et Anne d’Autriche.

 

Au-delà de l’importance de la Sainte-Tunique, relique permettant aux fidèles de renforcer leur foi en offrant à leur vénération un objet qui les relie directement au Christ, l’ostension suscite une communion comme peu d’évènements en produisent.

 

Publique, elle permet à tout un peuple de s’associer dans une même prière. Il y a là un symbole très fort. Les ostensions permettaient à des dizaines de milliers, des centaines de milliers de Français, d’être réunis autour du souverain pour un acte commun.

 

Cette année ce seront entre 250 000 et plus de un demi -million de personnes qui participeront à cette présentation solennelle. Quel symbole pour notre époque ! Un des évènements majeurs de l’année sera religieux. Voilà qui remet bien des idées en place. Dans une société laïcisée dans laquelle certains voudraient n’attribuer à la religion qu’une dimension personnelle et individuelle, il est important de donner l’occasion d’exprimer leur foi et leurs convictions à de nombreux fidèles dans un esprit d’unité.

 

Plusieurs Evêques et Cardinaux, et il me plaît tout particulièrement à cette occasion de saluer Son Eminence le Cardinal Philippe Barbarin, Primat des Gaules, se succèderont durant ces deux semaines, pour présider les cérémonies. La présence de tous renforce le caractère universel de l’ostension de 2016.

 

Il me paraissait important à la fois comme chrétien et comme héritier des rois mes prédécesseurs, d’y participer, dans le même élan de partage avec le plus grand nombre, d’une foi commune dans laquelle la France puise son identité et sa grandeur.

 

La Messe du 1er avril est célébrée par son Excellence Luc Ravel, Evêque Aux Armées, aux intentions de la France. Dans ma position d’héritier de la dynastie qui a fait la France, J’ai tenu à m’y associer souhaitant ainsi continuer à inscrire cette ostension de 2016 dans une tradition plus que millénaire.

 

Je remercie tout particulièrement Son Excellence Stanislas Lalanne, Evêque de Pontoise d’avoir pris l’initiative de permettre cette ostension exceptionnelle, pour les 150 ans de l’édification de la nouvelle basilique SaintDenys, les 50 ans de la création du Diocèse du Val d’Oise et l’année de la Miséricorde. J’associe à mes remerciements l’ensemble des équipes paroissiales si dévouées. Enfin j’adresse toutes mes félicitations au Père Cariot, recteur de la Basilique pour son rôle majeur dans l’organisation de ces cérémonies et la restauration exemplaire de la sainte relique.

 

Qu’en cette occasion qui nous permet de toucher jusqu’au plus profond du mystère de notre foi catholique et de notre histoire de France, Saint Louis et Saint Denis, Intercèdent afin que la France poursuive sa mission, si essentielle pour toute l’humanité, de fille aînée de l’Eglise.

 

Louis, duc d’Anjou

 

Source: Vexilla Galliae

Reportage photo Vexilla Galliae ici et .

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 22:36

Un anneau du XVe siècle acquis fin février à Londres par le parc de loisirs vendéen "Le Puy-du-Fou" et présenté comme avoir appartenu à Jeanne d'Arc a été présenté au public lors d'une cérémonie au "Puy-du-Fou" le 20 mars 2016.

 

Dans la cour du château du site, l'anneau, reposant sur un coussin placé dans un reliquaire en verre porté sur une arche en bois, a fait son entrée, sous une haie d'honneur, à la fin d'un cortège ouvert par une centaine de Saint-Cyriens en tenue militaire. Ces derniers, chantant un hymne miltaire, étaient suivis par quelques cavaliers ayant revêtu une armure de chevaliers, accompagnés de fantassins parés d'une cotte de mailles. Le tout sous de nombreux oriflammes et les applaudissements du public.

 

"C'est un petit bout de France qui revient, une parcelle de nos grandeurs déchues (...) l'anneau est revenu en France et il le restera", a déclaré devant la foule Philippe de Villiers, le fondateur du Puy du Fou, dans la cour du château.

 

"Cette relique ne devait pas finir derrière les vitres blindées d'un musée", a enchaîné le très médiatique historien Franck Ferrand. "On ne peut jamais avoir de certitude intégrale. Personne ne vous dira que cette anneau est à 100% celui de Jeanne, mais je crois qu'on peut, en toute bonne foi, penser qu'il s'agit de l'anneau authentique", a-t-il dit.

 

L'anneau, acquis à Londres pour la somme de 376.883 euros, sera exposé pendant toute la saison au parc d'attraction du Puy-du-Fou "dans un lieu sécurisé", ont fait savoir les responsables du parc.

 

L'anneau a été authentifié par un laboratoire d'Oxford comme étant un bijou moyenâgeux datant du XVe, en argent plaqué or, par la méthode de fluorescence de rayons X.

 

Mais l'incertitude plane toujours sur le fait qu'il ait, ou non, appartenu à Jeanne d'Arc.

Présentation au Puy du Fou d'un anneau attribué à Jeanne d'Arc

Source: Présentation au Puy du Fou d'un anneau attribué à Jeanne d'Arc, Direct matin, Par AFP Mis à jour le 20 Mars 2016 à 18:52 Publié le 20 Mars 2016 à 18:35

Add. 24/03/2016

 

 

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 21:43
223e anniversaire de l’assassinat du roi Louis XVI: Discours de Louis Duc d’Anjou

Cérémonie à la mémoire du Roi Louis XVI

 

dimanche 24 janvier 2016 par VLR Enregistrer au format PDF

 

Paris Dimanche 24 janvier 2016

 

Chers Amis,

Nous voici réunis pour le 223e anniversaire de l’assassinat du roi Louis XVI au lendemain d’un procès dont le verdict était décidé d’avance. La France traversait alors des jours dramatiques et cette mort du monarque allait, malheureusement, être la première d’une longue liste.

Mais il me semble que se réunir plus de deux siècles après un événement n’est pas anodin. Les exemples ne sont pas choses courantes. Ils le sont d’autant moins que cette messe à laquelle nous venons d’assister et pour laquelle je remercie les desservants est loin d’être unique. Ce sont, en fait, des dizaines de messes qui sont célébrées autour du 21 janvier. Cela dans toute la France et même à l’étranger (puisque la Belgique, la Suisse, les USA s’honorent de cérémonies d’hommages au Roi martyr).
Ces cérémonies sont importantes et leur sens dépasse de beaucoup ce que peuvent être des commémorations. Seule la mort du Roi amène, chaque année, cet événement à se renouveler. Les générations passent et cela continue. C’est au sens propre un événement national et il n’est pas étonnant que, chaque année, alors que les médias ne sont pas très ouverts à la monarchie, il fasse l’objet de séquences à la télévision comme à la radio et d’articles dans la presse papier ou numérique. Cela donne une autre dimension à cet acte.

Nous ne commémorons pas seulement un événement tragique. La mort du Roi est d’une autre nature. Elle atteint, au plus profond, chacun d’entre nous, chacun d’entre vous. Non seulement parce que comme je le disais en introduction, la justice a été sacrifiée aux passions humaines et partisanes mais aussi parce que elle est contraire aux fondements mêmes de l’âme française. Elle est destructrice. Elle a créé un vide dans nos vies, dans nos cœurs et dans nos familles comme dans la société. Ayant perdu son chef naturel, légitime, la société est déboussolée.

Or une société, un État, a besoin de savoir, comme un individu, d’où il vient et où il va. Sa quête est philosophique et spirituelle. La société ne peut pas se contenter d’errance, de vérité d’un jour, qui ne l’est plus le lendemain. Au contraire, elle a besoin de certitudes. Les jeunes encore plus. Les voir présents lors des cérémonies à la mémoire de Louis XVI confirme ce besoin d’absolu et de vérité.

Les jeunes n’aiment pas les idées fausses. S’ils sont prêts à se donner, ce n’est pas à des chimères. C’est pour du vrai, du juste et du beau. C’est parce qu’ils ont la foi et que dans cette foi, ils puisent leur espérance. Il faut donc voir l’assassinat du Roi qui nous réunit non pas seulement comme un tragique souvenir que nous serions quelques-uns à partager, mais comme un appel à mieux réfléchir à ce que nous souhaitons pour l’avenir. Le Roi n’est pas mort pour rien. Son sacrifice accepté et offert a été celui de nombreux français ; son sacrifice, officialisé par un procès, acte dont on attend qu’il fasse ressortir la vérité, a marqué l’entrée de la France dans une spirale de déchristianisation et d’avènement du matérialisme et de l’individualisme dont nous voyons, actuellement, combien elle est dangereuse.
Le fait d’avoir exécuté le monarque a coupé ce lien filial si particulier, si fondamental, qui unissait le roi et son peuple ; qui unissait le peuple, à son histoire. C’est ce lien qu’évoquent ces commémorations annuelles. Ce désir de retrouver la filiation perdue. Tous les grands pays de la
Grande-Bretagne au Japon, de la Russie aux USA, vivent par et pour ce rapport au temps long de leur histoire.

La France en s’en privant, continue à se mutiler et à se perdre. Depuis près de deux siècles, les crises succèdent aux crises dont certaines sanglantes, les Républiques aux Républiques. Cela ne change rien au vide dont un Ministre, et pas des moindres, s’appuyant sur sa formation de philosophe, a reconnu l’existence il y a quelques mois !

Ainsi commémorer cet assassinat plus de 200 ans après qu’il a été commis, c’est affirmer que l’idée de royauté est toujours nécessaire et vivante. En France, le Roi ne meurt jamais selon l’adage. Il se perpétue. C’est aux Français de lui redonner vie, de retrouver leurs racines. Mais ceci ne peut être simplement formel. La royauté ce n’est pas une république couronnée. Elle est avant tout un ensemble de valeurs vécues et partagées puisque ce sont d’elles que vient l’unité entre toutes les composantes du pays. Par le passé ces valeurs étaient directement issues du baptême chrétien de Clovis.

Actuellement elles sont à retrouver, à reconstruire et surtout pas à travestir par des slogans. La France en renouant avec ce qui l’a animée tout au long de son histoire pourra alors surmonter difficultés et épreuves et reprendre le cours de sa destinée. Derrière le rejet de cet assassinat de Louis XVI se profile le besoin de redonner primauté à la vie, de la naissance à la mort ; la nécessité de redonner à la famille tous ses droits notamment dans l’éducation des enfants.

Pensons à Louis XVI faisant faire, en prison, des pages d’écriture à son fils et lui enseignant histoire et géographie. Quel exemple ! Derrière le rejet de la mort du Roi apparaît aussi le désir de retrouver la nécessaire souveraineté garante de toutes les libertés.

Tout cela ne peut rester de vains mots. Ces réalités doivent vivre. Il appartient à nous tous de le faire dans nos métiers, nos professions, dans nos familles et nos activités. Beaucoup de jeunes l’ont compris. Leur voix sans doute ne s’entend pas encore suffisamment, mais comme ils sont l’avenir, les veilleurs qu’ils sont actuellement, deviendront rapidement les acteurs de demain.

Tels sont les vœux que je forme, en ce début d’année, pour vous tous ici présents et pour tous les Français. Pour la France. Je les accompagne de remerciements. Merci à ceux qui m’ont envoyé leurs vœux ainsi qu’à ma famille ; merci à ceux qui ont participé à la cérémonie d’aujourd’hui, les desservants mais aussi à tous ceux qui ont contribué à son organisation et à sa tenue.

Puisse Saint Louis continuer à veiller sur la France et Saint-Martin dont on commémore cette année le 1700e anniversaire, continuer à l’inspirer. Merci.

Louis, duc d’Anjou

 

Source: Vive le Roy

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article
11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 06:30

Louis XVI était « profondément charitable. Il lui arrivait, de bon matin, de se rendre à pied chez les familles les plus pauvres de Versailles.

"Parbleu, Messieurs, dit-il un jour en riant à l'adresse des gardes qui venaient de le retrouver, il est cruel que je ne puisse aller en bonne fortune sans que vous le sachiez !"

Un roi visitant les chaumières, cela ne s'était pas vu, depuis Henri IV !

Un jour, le directeur des Bâtiments, La Billarderie d'Angiviller, se vit tancer pour avoir dépensé en son absence 30.000 livres afin de restaurer une pièce des petits appartements :

"J'aurais rendu trente familles heureuses !' clamait-il avec indignation dans tout le château.

Sur sa cassette personnelle qu'on appelait le Comptant du roi, il entretenait quantité de familles nobles ou d'officiers sans fortune, des femmes ou des filles de militaires, réglait les dégâts et accidents de chasse, alimentait les bonnes œuvres du curé de Versailles.

En avril 1781, il visita incognito l'Hôtel-Dieu où s'entassaient à trois ou quatre par lit des centaines de malades et de malheureux, dans des chambres qui ressemblaient à des cloaques. Il en ressortit en pleurs, décidant de prendre à sa charge la création de lits individuels et de dortoirs spécialisés pour chaque type d'infection. »

 

Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin Editions, Lonrai 2012, p. 245-246.

Louis Auguste, dauphin, décrivait à l'âge de treize ans dans ses Réflexions sur mes entretiens avec M. le duc de la Vauguyon [1] « une monarchie patriarcale :

"Le roi, le berger, le père ne sont qu'une même chose." Il n'y a pas de différence entre gouverner une famille et gouverner un Etat ! (Dixième entretien)

Le bon roi est au services de ses peuples dont il doit faire le bonheur, sans rechercher sa propre gloire:

"Je me garderai bien de toujours parler aux peuples de mes besoins et presque jamais des leurs; je veux qu'ils sachent que mon premier désir et mon soin principal seront toujours de les soulager, de les décharger et de les encourager..." (Septième entretien) »

 

Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin Editions, Lonrai 2012, p. 47-48.

Avant d'être exécuté, Louis XVI pardonne encore et prie pour ses ennemis :

21 janvier 2016 : 223e anniversaire de la mort du Roi Louis XVI

Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France.

Louis XVI, cité in Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Paris, Perrin, 2005

En mémoire du saint roi Louis XVI, mort en martyr catholique "en haine de la Foi" (Pie VI) le 21 janvier 1793 à 10 h 22 place de la Révolution (actuelle "Place de la Concorde", Paris),

jeudi 21 Janvier 2016, rendez-vous de tous les royalistes, place de la concorde à Paris, pour la commémoration de la mort du roi Louis XVI.

Source: UCLF

 

A l'occasion du 223e anniversaire de la mort du Roi Louis XVI, dimanche 24 janvier, l’Institut de la Maison de Bourbon vous prie de bien vouloir assister à la messe qui sera célébrée pour la France et la Famille Royale, en présence de Monseigneur le duc d’Anjou, Chef de la Maison de Bourbon, en la Chapelle Expiatoire à 10h 30. Square Louis XVI 62, rue d’Anjou 75008 Paris.

Source: UCLF

 

Liste des messes : http://www.messes-louisxvi.com/

Saint Louis XVI, Roi de France, priez pour nous !

Notes

 

[1] Les Réflexions sur mes entretiens avec M. le duc de la Vauguyon, est un ouvrage du Dauphin qui contenait trente-trois de ses réflexions, dont une copie postérieure faite par le comte de Provence fut découverte en 1836 et publiée en 1851 par le Comte de Falloux. L'ouvrage a été réédité en 2000 par Culture et Tradition, Paris, avec une préface de Jean Meyer. Il a fait l'objet d'une analyse fouillée par Ran Halévi (Le Savoir des Princes, du Moyen Âge aux Lumières, Fayard, Paris 2002.)

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Royalisme
commenter cet article