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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 09:28

Le répons “Emendemus” de la liturgie du Mercredi des Cendres est chanté pour l'entrée en Carême :

- version grégorienne :

Emendemus in melius

Amendons-nous par une vie meilleure

Quae ignoranter peccavimus,

De ce que par ignorance nous avons transgressé

Ne subito praeoccupati die mortis

De Peur qu'un jour la mort nous prenne soudainement,

Quaeramus spatium poenitentiae

Nous cherchons le temps pour le repentir

Et invenire non possumus.

Et ne pouvons pas le trouver

Attende, Domine, et miserere,

Prêtez l'oreille, Ô Seigneur et ayez pitié,

Quia peccavimus tibi.

Car nous avons péché contre vous.

 

Adjuva nos, Deus salutaris noster,

Aidez-nous, Ô Dieu de notre salut,

Et propter honorem nominis tui

Et, pour la gloire de votre nom,

Libera nos.

Libérez-nous.

- version polyphonique de William Byrd (1575) :

Sources: (1) Actualité du Mercredi des Cendres 1er mars 2017, Pro Liturgia (2) Schola Sainte-Cécile

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 12:45
Les messes bricolées ont-elles fait fuir le peuple?

C’est une réalité : les messes bricolées célébrées en langue du peuple, face au peuple, pour plaire au peuple ont partout fait fuir... le peuple. Ces messes-là ont contribué dans une très large mesure à l’effondrement de la pratique dominicale en France, en Suisse, en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas... Désacralisées, banalisées, infantilisantes, atones, elles n’ont pas attiré un fidèle de plus mais ont chassé hors des églises celles et ceux qui auraient souhaité s’y rendre pour avoir l’occasion d’un cœur à cœur avec le Seigneur et non d’un face à face avec un célébrant dérisoirement autolâtre.

Tels sont les vrais résultats - les seuls résultats - de la pastorale liturgique imaginée par les évêques et mise en œuvre par des braves prêtres qui continuent obstinément à croire qu’en disloquant la liturgie de l’Eglise, ils rendront leurs messes plus attrayantes. Quand donc les uns et les autres ouvriront-ils les yeux et reconnaitront-ils que plus aucun catholique de ce nom n’est attiré par leur “cinéma dominical” ? Quand donc cesseront-ils de mentir en prétendant qu’ils appliquent le Concile, suivent le Missel romain et respectent la liturgie de l’Eglise ? Quand donc cesseront-ils de critiquer, rabaisser, négliger, oublier, duper, humilier en toute impunité les fidèles qui leur demandent des messes qui soient des messes et non des apparences ou des caricatures de liturgie ?

Denis Crouan, théologien et auteur de "La Liturgie Confisquée", Téqui, 2000.

Source: Diakonos.be

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 10:29

Les prêtres qui souhaitent célébrer la messe “versus orientem” dans les paroisses ne doivent pas hésiter à le faire sans avoir à se justifier à qui que ce soit, pas même à leur évêque. Il leur faudra préalablement expliquer aux fidèles le bien-fondé de cette pratique en utilisant, si besoin, un argument-choc : le Pape François a lui-même donné l’exemple de la célébration “orientée” à l’occasion de la fête du baptême du Christ...

François célèbre la Messe "versus orientem" à l’occasion de la fête du Baptême du Christ

Source: Pro Liturgia, Actualité du lundi, 9 janvier 2017

Cette Messe "versus orientem" (orientée vers le Seigneur), au début de laquelle le Pape a baptisé des enfants, a été filmée. En voici la video, "Eucharist with Baptism of infants" :

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 09:04

A la page “Pastorale” du site internet "Pro Liturgia" se trouve le texte de l’allocution donnée par le Cardinal Robert Sarah lors de la rencontre internationale “Sacra Liturgia 2016” sur l’authentique mise en œuvre de la Constitution Sacrosanctum Concilium sur la liturgie. Il s’agit d’un document de première importance du Préfet de la Congrégation pour le Culte divin qui montre, au passage, le bien-fondé de l’action menée depuis plusieurs années par l'association “Pro Liturgia”.

Elle suggère de mener deux actions :

1. Que chacun diffuse le plus possible le texte du Cardinal Sarah (auprès de son curé, du responsable de l’équipe locale d’animation liturgique...)

2. Que chacun écrive à son évêque pour lui demander de bien vouloir mettre en oeuvre les suggestions faites par le Cardinal Sarah, afin que la liturgie voulue par Vatican II devienne (enfin!) une réalité dans les paroisses.

Allocution donnée par le Cardinal Robert Sarah lors de la rencontre internationale "Sacra Liturgia 2016" sur l’authentique mise en œuvre de la "Constitution Sacrosanctum Concilium" du Concile Vatican II

Dans l'actualité du mercredi 17 août 2016 analysée par "Pro Liturgia", on lit ce commentaire révélateur :

 

(Par la non application et le non-respect par les évêques de la liturgie restaurée à la suite de Vatican II. NDLR) "... le concile Vatican II aura révélé de la façon la plus lumineuse qui soit que nous avons dans nos diocèses et dans nos paroisses, des évêques et des prêtres véritablement hostiles à la liturgie de l’Eglise catholique et, par conséquent hostiles à la foi qu’elle célèbre et transmet.

Le silence épiscopal qui a a suivi les récentes déclarations du Cardinal Sarah sur la liturgie conciliaire ainsi que le fait de reporter sine die la publication d'une version corrigée du Missel romain en français confirment cette analyse."

 

Et celui-ci :

 

"Une fois qu’on a compris que les évêques ne veulent pas que la liturgie de l’Eglise soit respectée, on comprend que gloser sur la forme “ordinaire” ou “extraordinaire” n’a plus aucun sens.

La seule question qu’il faut se poser est celle qu’avait indirectement mais très clairement posée S. Jean-Paul II au début de son pontificat : ces clercs qui passent leur temps à saboter la liturgie de l’Eglise et à la refuser aux fidèles ont-ils encore la foi catholique ?"

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 12:07

Mis à jour

 

C'est du moins ce qu'affirme Messainlatino ce matin: le cardinal lance depuis Londres où il se trouve dans le cadre de Sacra Liturgia 2016, un appel à tous les prêtres pour qu'ils célèbrent désormais ad orientem à partir du 1er Dimanche de l'Avent 2016. Mgr Rey lui répond qu'il en sera ainsi dans le diocèse de Toulon, après envoi d'une lettre à tous ses prêtres.
Plus d'informations sur la page Facebook du Congrès de Londres.

Appel solennel du Cardinal Sarah pour tous les prêtres à célébrer ad orientem à partir de l'Avent 2016

Source

 

Le cardinal Robert Sarah est le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements depuis 2014.

https://www.facebook.com/CardinalRobertSarah/photos/a.433622273461112.1073741828.432851903538149/564964090326929/?type=3&theater

https://www.facebook.com/CardinalRobertSarah/photos/a.433622273461112.1073741828.432851903538149/564964090326929/?type=3&theater

Add. Yves Daoudal sur son blog propose une traduction du discours du cardinal R. Sarah à Londres, lors de la troisième conférence internationale Sacra Liturgia, dans lequel ce dernier explique que lorsqu'il fut « reçu en audience par le Saint-Père en avril dernier », François lui « a demandé d’étudier la question d’une réforme de la réforme et la manière dont on pourrait enrichir les deux formes du rite romain. ...

 

Si nous voulons mettre en œuvre Sacrosanctum Concilium plus fidèlement, explique-t-il, si nous voulons réaliser ce que le concile souhaitait, cela est une question qui doit être étudiée avec attention et examinée avec la clarté et la prudence requises. »

 

Extrait de la traduction proposée :

 

« Parfois, j’ai vu des prêtres s’écarter pour laisser des ministres extraordinaires distribuer la sainte communion : cela n’est pas acceptable parce que c’est autant une négation du ministère du prêtre qu’une cléricalisation des laïques. Lorsque cela se produit, c’est le signe que la formation a été particulièrement médiocre, et cela doit être corrigé.

 

...

 

Je veux lancer un appel à tous les prêtres. Peut-être avez-vous lu mon article dans L’Osservatore Romano il y a un an, ou mon entretien donné au journal Famille chrétienne au mois de mai de cette année. A chaque fois, j’ai dit qu’il est de première importance de retourner aussi vite que possible à une orientation commune des prêtres et des fidèles, tournés ensemble dans la même direction – vers l’est ou du moins vers l’abside – vers le Seigneur qui vient, dans toutes les parties du rite où l’on s’adresse au Seigneur. Cette pratique est permise par les règles liturgiques actuelles. Cela est parfaitement légitime dans le nouveau rite. En effet, je pense qu’une étape cruciale est de faire en sorte que le Seigneur soit au centre des célébrations.

 

Aussi, chers frères dans le sacerdoce, je vous demande de mettre en œuvre cette pratique partout où cela sera possible, avec la prudence et la pédagogie nécessaire, mais aussi avec la confiance, en tant que prêtres, que c’est une bonne chose pour l’Eglise et pour les fidèles. Votre appréciation pastorale déterminera comment et quand cela sera possible, mais pourquoi ne pas commencer le premier dimanche de l’Avent de cette année, quand nous attendons le « Seigneur [qui] va venir sans tarder » (cf l’introït du mercredi de la première semaine de l’Avent) ? Chers frères dans le sacerdoce, prêtons l’oreille aux lamentations de Dieu proclamées par le prophète Jérémie : « Car ils m’ont tourné le dos » (Jr 2,27). Tournons-nous à nouveau vers le Seigneur !

Appel solennel du Cardinal Sarah pour tous les prêtres à célébrer ad orientem à partir de l'Avent 2016

Je voudrais aussi lancer un appel à mes frères évêques : conduisez vos prêtres et vos fidèles vers le Seigneur de cette façon, particulièrement lors des grandes célébrations de votre diocèse et dans votre cathédrale. Formez vos séminaristes à cette réalité : nous ne sommes pas appelés à la prêtrise pour être au centre du culte nous-mêmes, mais pour conduire les fidèles au Christ comme de fidèles compagnons. Encouragez cette simple, mais profonde réforme dans vos diocèses, vos cathédrales, vos paroisses et vos séminaires. En tant qu’évêques, nous avons une grande responsabilité, et un jour nous devrons en rendre compte au Seigneur. Nous ne possédons rien ! Comme saint Paul l’enseigne, nous sommes seulement « des serviteurs du Christ et […] des intendants des mystères divins » (1Co 4,2). Il nous faut nous assurer que la liturgie soit réellement respectée dans nos diocèses et que nos prêtres et diacres non seulement observent les règles liturgiques, mais également connaissent l’esprit et la vertu de la liturgie dont elles découlent. J’ai été fortement encouragé en lisant le texte « L’évêque, gouverneur, promoteur et gardien de la vie liturgique dans de le diocèse » présenté en 2013 lors de la conférence Sacra Liturgia à Rome par Mgr Alexandre Sample, archevêque de Portland dans l’Oregon, aux Etats-Unis. J’invite fraternellement les évêques à étudier avec attention ces considérations.

 

A ce stade, il me paraît utile de rappeler ce que j’ai déjà dit ailleurs : le pape François m’a demandé de continuer l’œuvre liturgique entreprise par Benoît XVI. (cf le message à la conférence Sacra Liturgia de 2015 à New York, aux Etats-Unis). Ce n’est pas parce que nous avons un nouveau pape que la vision de son prédécesseur est invalidée. Tout au contraire, le Saint-Père a un immense respect pour la vision liturgique et les mesures mises en œuvre par le pape Benoît XVI, dans la fidélité scrupuleuse aux intentions et aux objectifs des pères du concile.

 

Avant de conclure, permettez-moi de mentionner d’autres manières, plus modestes, de contribuer à une mise en œuvre plus fidèle de Sacrosanctum Concilium. La première est que nous devons chanter la liturgie, c’est-à-dire chanter les textes liturgiques, respecter les traditions liturgiques de l’Eglise et apprécier le vaste trésor de la musique sacrée qui est le nôtre, en particulier la musique propre du rite romain, à savoir le chant grégorien.

 

Nous devons trouver un bon équilibrer entre les langues vernaculaires et l’usage du latin dans la liturgie. Le concile n’avait jamais eu l’intention que le rite romain fût exclusivement célébré en langue vernaculaire. [NDLR. Constitution sur la Sainte Liturgie "Sacrosanctum Concilium", paragraphe 36 : "La langue liturgique. 1. L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins."] Mais il avait l’intention d’accroître son usage, en particulier pour les lectures. Aujourd’hui, il devrait être possible, en particulier avec les moyens d’impression modernes, de faciliter la compréhension de tous quand le latin est utilisé dans la liturgie eucharistique. Le latin est aussi particulièrement approprié pour les rassemblements internationaux, lorsque la langue vernaculaire n’est pas comprise par beaucoup. Evidemment, lorsque la langue vernaculaire est utilisée, elle doit être une traduction fidèle de l’original en latin, comme le pape François me l’a récemment réaffirmé.

 

Le silence en liturgieNous devons nous assurer que l’adoration est au cœur de nos célébrations liturgiques. Trop souvent, nous n’allons pas de la célébration vers l’adoration. Or, si nous ne le faisons pas, j’ai peur que nous ne participions pas toujours pleinement et intérieurement à la liturgie. Deux dispositions physiques sont utiles, et même indispensables. La première est le silence. Si je ne suis jamais en silence, si la liturgie ne me donne pas d’espace pour prier en silence et contempler, comment puis-je adorer le Christ ? Comment puis le rejoindre dans mon cœur et dans mon âme ? Le silence est très important, et pas uniquement avant ou après la liturgie. [NDLR. Constitution sur la Sainte Liturgie "Sacrosanctum Concilium", paragraphe 30 : "On observera aussi en son temps un silence sacré."]

 

Il en va de même pour l’agenouillement lors de la consécration (à moins d’être malade) : il est essentiel. En Occident, c’est un acte physique d’adoration qui nous humilie devant notre Seigneur et Dieu. C’est en soi un acte de prière. Là où l’agenouillement et la génuflexion ont disparu de la liturgie, ils doivent être rétablis, en particulier pour la réception de notre Seigneur dans la sainte communion. Chers prêtres, chaque fois qu’il est possible, avec la prudence pastorale dont j’ai parlé plus haut, formez vos fidèles à ce bel acte d’adoration et d’amour. Agenouillons-nous pour adorer et aimer le Seigneur dans l’Eucharistie à nouveau !

 

S’agissant de la réception de la Sainte Communion en s’agenouillant, je voudrais rappeler la lettre de 2002 de la congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements, laquelle rend clair que « tout refus de la Sainte Communion à un fidèle à cause de son agenouillement [est] une grave violation de l’un des droits les plus fondamentaux des fidèles » (Lettre, 1er juillet 2002, Notitiae, n. 436, novembre-décembre, p. 583, traduction libre).

 

Veiller à l’habillement convenable de tous les ministres de la liturgie dans le sanctuaire, y compris les lecteurs, est aussi très important, si nous voulons que ceux-ci soient considérés comme d’authentiques ministres. Ces services doivent être remplis avec la bienséance due à la sainte liturgie, et les ministres eux-mêmes doivent montrer la révérence convenable pour les mystères qu’ils servent.

 

Voilà quelques suggestions : je suis certain que beaucoup d’autres pourraient être faites. Je vous les présente comme autant de manières possibles d’aller de l’avant vers « une manière digne de célébrer la liturgie, tant dans sa forme extérieure que dans les dispositions intérieures qu’elle appelle », qui était bien sûr le souhait exprimé par le cardinal Ratzinger au début de son grand ouvrage L’Esprit de la liturgie (Joseph Ratzinger, L’Esprit de la liturgie, Ad Solem, Genève 2001, p.10). Je vous encourage à faire tout votre possible pour réaliser ce but qui est en parfaite cohérence avec celui de la constitution sur la sainte liturgie du concile Vatican II. »

Messe ad Orientem par le Cardinal R. Sarah (Sacra Liturgia UK - 06-07-2016)

Messe ad Orientem par le Cardinal R. Sarah (Sacra Liturgia UK - 06-07-2016)

Les photos de la Messe ad orientem du Cardinal R. Sarah à Londres le 06-07-2016 (Sacra Liturgia 2016)

 

Le site Sacra Liturgia a publié le 11 juillet le texte officiel et intégral en français de l'Allocution d'ouverture de son Eminence le cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements, lors de la Conférence Sacra Liturgia 2016 à Londres (Royaume-Uni), le 5 juillet 2016.

 

Appel solennel du Cardinal Sarah pour tous les prêtres à célébrer ad orientem à partir de l'Avent 2016
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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 13:38
Le silence en liturgie

Un proverbe bulgare dit que le silence irrite le diable.

Nombre de célébrations liturgiques sont si peu propices au silence que le malin pourrait s’y sentir à l’aise.

Une liturgie faite de silence est souvent le dernier refuge du croyant. Malheureusement, on trouve aujourd’hui trop peu de prêtres qui savent cela.

 

Source: Pro Liturgia - Actualité du jeudi 19/05/2016

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 15:55
La "participation" en liturgie

On dit souvent que le concile Vatican II a demandé aux fidèles de participer “activement” à la liturgie. Il s’agit d’une erreur que nous avons souvent soulignée. En effet, la Constitution conciliaire parle de “participatio actuosa” - de participation effective - et non de “participation activa” - de participation active -.

A présent, si l’on regarde ce qui se fait dans les paroisses, on constate qu’à partir de cette erreur s’est développée une participation proprement “activiste”.

Et de ce fait, deux types de participations s’opposent. La première, généralement mal perçue par les prêtres de la génération postconciliaire, consiste à entrer dans la contemplation de ce qui est signifié par la liturgie de l’Eglise. A première vue, il s’agirait d’une participation “passive” proche de l’indifférence. La seconde, qui a le vent en poupe, consiste à inviter un maximum de personnes à se mettre en scène dans des célébrations adaptées à des présupposés pastoraux. Il s’agit de cette participation “active” que des pasteurs considèrent encore comme dynamisante, même si tout le monde reconnaît aujourd’hui qu’elle est aussi artificielle et stérile... en plus d’être destructrice de la liturgie (cf. les enseignements de S. Jean-Paul II et de Benoît XVI).

La participation donnant l’impression d’être “passive” est du type de celle qu’on retrouve dans les liturgies orientales ou orthodoxes. Là, les fidèles ne se promènent pas dans le chœur qui demeure l’espace sacré réservé aux prêtres ; ils ne chantent pas, car c’est la chorale qui est chargé du chant ; ils ont peu de réponses à donner aux célébrants, ne s’agenouillent pas, ne s’asseyent pas. Les seuls gestes qu’ils puissent faire, en dehors de s’avancer pour recevoir la communion, sont le signe de croix et la vénération des icônes. Et pourtant ces fidèles “participent” au plein sens du terme : il suffit de les observer au cours d’une longue liturgie pour constater qu’ils sont attentifs, que rien de ce que font les ministres sacrés ne leur échappe. On peut dire que leur “participation” naît de ce qu’ils sont proprement saisis par le déroulement d’une liturgie - qui est la même pour tous quel que soit l’âge des fidèles - se voulant le reflet de la liturgie céleste qui se célèbre de toute éternité devant le trône de la Majesté divine.

En fin de compte, ce type de participation que l’on ne retrouve que trop rarement dans nos paroisses est totalement en phase avec ce qui est demandé par le Concile pour permettre aux fidèles d’acquérir une juste compréhension de la liturgie romaine : “Dans les célébrations liturgiques, chacun, ministre ou fidèle, en s’acquittant de sa fonction, fera seulement et totalement ce qui lui revient en vertu de la nature de la chose et des normes liturgiques. Même les servants, les lecteurs, les commentateurs et ceux qui font partie de la schola cantorum s’acquittent d’un véritable ministère liturgique. C’est pourquoi ils exerceront leur fonction avec toute la piété sincère et le bon ordre qui conviennent à un si grand ministère, et que le peuple de Dieu exige d’eux à bon droit. Aussi faut-il soigneusement leur inculquer l’esprit de la liturgie, selon la mesure de chacun, et les former à tenir leur rôle de façon exacte et ordonnée.” (Sacrosanctum Concilium, nn. 28-29)

L’agitation, le désordre, les changements continuels, la présence de fidèles laïcs dans les chœurs des églises, l’animation liturgique... sont autant d’éléments factices et étrangers à la liturgie qui conduisent les pratiquants à perdre le sens véritable de la participation “en profondeur” à la liturgie de l’Eglise.

En conclusion, on peut dire que l’authentique participation souhaitée par le Concile n’est pas dans le “faire quelque chose”. Elle consiste d’abord à se mettre en présence de Dieu et à se “laisser instruire” par la liturgie. Or le premier moyen de favoriser cette “instruction” du peuple de Dieu est de lui permettre de participer à des liturgies célébrées par des prêtres qui auront parfaitement intégré et intériorisé cet “ars celebrandi” qui découle de l’obéissance fidèle aux normes liturgiques dans leur totalité, puisque c'est justement cette façon de célébrer qui a assuré, depuis 2000 ans, la vie de foi de tous les croyants appelés à vivre la célébration en tant que peuple de Dieu, sacerdoce royal, nation sainte. (Cf. Exhortation post-synodale “Sacramentum Caritatis”.)

 

Que signifie “participer” en liturgie ? Comment “participer” à la liturgie ?

L’idée de “participation” n’est pas née au moment du concile Vatican II. On la retrouve dans le “mouvement liturgique” du XIXe siècle, essentiellement dans le Motu proprio de S. Pie X, en 1903, “Tra le sollecitudini”, qui fait accéder la participation active au rang d’un concept permettant le renouveau liturgique : “Notre plus vif désir étant que le véritable esprit chrétien refleurisse de multiples façons et se maintienne chez tous les fidèles, il est nécessaire de pourvoir avant tout à la sainteté et à la dignité du temple où les fidèles se réunissent, précisément pour puiser cet esprit à la source première et indispensable : la participation active aux mystères sacro-saints et à la prière publique et solennelle de l’Eglise.” Ce texte de S. Pie X sera repris quasi à la lettre au n° 14 de la Constitution “Sacrosanctum Concilium” de Vatican II : “Cette participation pleine et active de tout le peuple est ce qu’on doit viser de toutes ses forces dans la restauration et la mise en valeur de la liturgie. Elle est en effet la source première et indispensable à laquelle les fidèles doivent puiser un esprit vraiment chrétien.”

Pour autant, le Concile précise, au n° 19 de “Sacrosanctum Concilium”, qu’il est nécessaire de former les fidèles à la “participation intérieure et extérieure”. Ces deux aspects de la participation, en effet, ne peuvent pas être dissociés puisqu’ils caractérisent les deux faces d’une même et unique réalité.

Cet enseignement du Concile sera ensuite résumé dans le “Compendium du Catéchisme de l’Eglise catholique” de la manière suivante : “La liturgie est la célébration du Mystère du Christ, en particulier du Mystère pascal” (n° 218). Ainsi l’ “actio” à laquelle sont appelés à participer, est l’ “actio” même du Christ continuée par son Corps qui est l’Eglise : elle est divine avant de devenir nôtre ou d’être notre façon de faire.

On comprend alors la requête si souvent formulée par le Magistère post-conciliaire, en particulier devant les dérives auxquelles la mise en œuvre de la réforme liturgique a souvent conduit, de “redécouvrir le sens du Mystère”. Dans l’Exhortation post-synodale “Ecclesia in Europa”, Jean-Paul II écrivait : “A toi, Eglise qui vit en Europe, j’adresse un appel pressant : sois une Eglise qui prie, qui loue Dieu, qui en reconnaît la primauté absolue et qui l’exalte avec une foi joyeuse. Redécouvre le sens du Mystère (...). Célèbre le Salut du Christ : accueille-le comme un don qui fait de toi son sacrement ; fais de ta vie le vrai culte spirituel qui plaît à Dieu (cf. Rm 12, 1)” (n° 69). Et d’ajouter : “Certains symptômes révèlent un affaiblissement du sens du mystère dans les célébrations liturgiques elles-mêmes, qui devraient au contraire y introduire. Il est donc urgent que l’Eglise soit retrouvé le sens authentique de la liturgie” (n° 70).

Le fidèle est donc appelé à participer à la liturgie qui doit apparaître comme célébration du Mystère de notre Rédemption. Ainsi comprise, la “participation”, pour être enrichissante sur le plan de la foi, doit pouvoir s’enraciner dans un acte qui est de l’ordre de l’être et qui n’est autre que la participation à la nature divine du Christ, sans laquelle l’action liturgique ne serait pas proportionnée à son objet. C’est ce que le pape Jean-Paul II soulignait dans le texte déjà cité :

“Comme le souligne bien aussi la tradition des vénérables Eglises d’Orient, par la liturgie, les fidèles entrent en communion avec la Sainte Trinité, faisant l’expérience de leur participation à la nature divine, en tant que don de la grâce” (Ecclesia in Europa, n° 70).

Il ne s’agit donc pas pour les prêtres qui célèbrent la liturgie de créer les conditions d’un contact avec le Mystère, mais plutôt d’en accueillir la présence, d’en célébrer la présence à travers le rite de l’Eucharistie que le seigneur a lui-même institué. Il s’agit donc, pour l’ensemble des fidèles, de participer, au sens de “prendre part” au Mystère pascal du Christ, lequel est rendu réellement présent dans la liturgie. On revient ainsi à l’invitation pressante de Jean-Paul II dans l’Exhortation apostolique “Ecclesia in Europa” “à redécouvrir le sens du mystère ; à renouveler les célébrations liturgiques afin qu’elles soient des signes toujours plus éloquents de la présence du Christ Seigneur” (n° 69). La participation ne sera alors que la conséquence pastorale de l’actualisation du Mystère par la liturgie : puisque le Mystère est présent, il faut lui être présent ! D’où le concept de participation consciente : consciente du Mystère ainsi rendu présent et qui précède la célébration elle-même.

Cette participation à la liturgie revêt aussi aspect communautaire. Car c’est l’Eglise qui est le sujet de la liturgie. C’est ce qu’enseigne clairement “Sacrosanctum Concilium” : les actions liturgiques ne sont pas des actions privées, mais des célébrations de l’Eglise qui est le sacrement de l’unité, c’est-à-dire le peuple saint réuni et organisé sous l’autorité des évêques (n° 26) : c’est pourquoi elles manifestent le Corps tout entier de l’Eglise.

La participation n’est donc pas livrée à l’arbitraire du célébrant, encore moins à la fantaisie de telle ou telle communauté ou groupe de fidèles ; car l’action de l’Eglise précède toujours cette participation.

A présent, si l’on regarde de près les préconisations du Concile sur la “participatio actuosa”, on voit bien qu’on y insiste surtout sur les activités extérieures. Trois principes pastoraux commandent même cette participation extérieure.

Il y a d’abord l’agencement liturgique, c’est-à-dire la répartition des rôles. On peut lire au n° 50 de “Sacrosanctum Concilium” : “Le rituel de la messe sera révisé de telle sorte que se manifestent plus clairement le rôle propre de chacun” (Voir aussi le n° 28). Il y a ensuite la question de l’intelligibilité : au n° 34, on insiste sur la “noble simplicité” des rites, sur la “transparence” des signes et l’intelligence des textes et des signes qui en facilitent la compréhension. Enfin, il y va de la nature communautaire de l’action liturgique qui l’emporte sur toutes les célébrations individuelles ou privées (cf. n° 27).

Force est de constater que si l’on n’établit pas assez clairement le lien vital qui unit participation extérieure et participation intérieure, ces principes pastoraux peuvent conduire à une conception erronée de la liturgie qui s’exprimera en terme de théâtralisation excessive des rôles, de célébration réductrice des rites, et d’autocélébration abusive de l’assemblée.

Il faut dire, comme l’écrit Aidan Nichols dans son livre “Regard sur la liturgie et la modernité”, “qu’au moment de l’ouverture du Concile, les principales écoles de sociologie à la disposition des liturgistes étaient positivistes, empiristes ou fonctionnalistes” (p. 63). Fort de présupposés hérités davantage de la philosophie rationaliste des Lumières que de la grande tradition théologique de l’Eglise, on a recherché la simplicité, par un désir de renouer avec la pratique de l’Eglise primitive, mais avec le refus a priori de voir dans la complexification du rituel à travers les siècles un enrichissement qui pouvait bien découler d’une expérience toujours plus profonde par le sujet-Eglise du Mystère du Christ.

De même, on partait du principe que plus un rite est rendu intelligible et convivial, plus il suscite un assentiment plus profond. Or, les sociologues d’aujourd’hui affirment que l’action symbolique nécessite au contraire une certaine opacité.

La méconnaissance de cette réalité fait qu’on assiste aujourd’hui, au nom de la répartition des rôles, à une excessive personnalisation, voire à une théâtralisation du rôle de chacun qui se fait au détriment de la manifestation de la personne même du Christ qui, dans la liturgie, doit avoir la place centrale. D’où ce fâcheux appauvrissement du sens de la foi que l’on constate dans de nombreuses assemblées, et cet aplatissement du Mystère qui caractérise tant de célébrations.

Le dessèchement liturgique ainsi induit par une conception par trop rationaliste de la participation active, a paradoxalement engendré par réaction un certain romantisme liturgique, où l’excès de cérébralisation a laissé la place à un excès de sensiblerie, accru par cette autre requête de certains liturgistes modernes de créer des communautés vivantes et chaleureuses qui réduisent la liturgie à une fête au sens du divertissement ou de la distraction par rapport aux épreuves souvent pesantes de l’existence.

C’est dans ce contexte qui rend difficile la découverte du véritable sens de la liturgie que des pasteurs dûment formé doivent apprendre aux fidèles en quoi doit consister la “participation” aux célébrations telle qu’elle est demandée par l’Eglise. Ne serait-il pas urgent, pour mener à bien un tel travail pastoral, de bénéficier d’un enseignement solide donné par les évêques ?

 

Source : Pro Liturgia, Actualité du 11 décembre 2015

 

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 09:54
De l'avenir de l'Eglise

Le “New Age” des années postconciliaires, qui a consisté à admettre plusieurs voies d’accès à l’absolu, ajouté au pragmatisme ecclésial se manifestant dans une démocratisation du gouvernement de l’Eglise et dans l’horizontalisme liturgique, a été à l’origine du relativisme qui mine les sociétés occidentales.

A ce sujet, le Pape Benoît XVI parlait d’une véritable “dictature du relativisme” qui s’était introduite même dans l’Eglise pour favoriser tant les théologies qui considèrent que toutes les religions se valent que les courants œcuméniques qui, voyant les Eglises comme égales, sont favorables à l’intercommunion.

Or, la Constitution dogmatique de Vatican II “Lumen gentium” considère que l’Eglise n’est pas qu’une organisation pouvant s’adapter au relativisme ambiant. Elle est l’organisme de l’Esprit Saint. Et à ce titre, elle ne peut se développer que de l’intérieur - et non à partir de “périphéries” coupées du centre - par sa communion au Christ, dans la foi, l’espérance et la charité.

Affirmer et croire que l’Eglise est le Corps du Christ, implique que celui-ci s’est donné un corps communautaire et historique, fondé sur l’Eucharistie.

Ainsi, la liturgie de la messe est-elle la loi essentielle, capitale, fondamentale de l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique : elle est née à la dernière Cène et permet, à travers sa forme rituelle authentifiée par le Magistère, d’actualiser la Nouvelle Alliance.

Il en découle qu’une Eglise locale - diocèse, paroisse... - ne peut jamais apparaître comme une réalité isolée ou se considérer comme telle, mais doit sans cesse veiller à s’affirmer dans une communion catholique avec les fidèles de tous les temps : passé, présent et à venir.

En effet, l’Eglise catholique n’est pas une juxtaposition statique d’Eglises locales et de communautés particulières : celles-ci ne sont que des réalisations de la seule et unique Eglise née à la Pentecôte et dans laquelle l’essence de la vocation chrétienne ne peut en aucun cas se réduire à un programme politique, à une morale, à un humanisme quelconque, à une philosophie ou à une sagesse.

On comprend donc que le véritable leitmotiv du message de Jésus est le Royaume de Dieu : le Christ qui a proclamé la venue du Royaume était lui-même ce Royaume.

Le Royaume de Dieu n’est donc pas un concept politique. Il n’est pas davantage une règle dont on pourrait se servir directement pour élaborer une praxis politique ou exercer une critique des réalisations de tel ou tel gouvernement.

L’image du Royaume de Dieu nous est donnée par la liturgie, laquelle est d’une importance capitale pour la vie de l’Eglise en ce qu’elle est une incarnation de l’espérance eschatologique, de notre désir d’accéder au Royaume.

Une théologique saine ne peut que s’appuyer sur une liturgique saine. Inversement, des liturgies bancales, approximatives, banalisées sont inévitablement le lieu où s’élaborent des théologies hétérodoxes. On s’en rend compte si l’on considère que la crise que traverse aujourd’hui l’Eglise a été précédée d’une destruction de la liturgie, laquelle destruction a elle-même été précédée du rejet de la prière au profit de l’activisme pastoral.

Car, en effet, le point de départ d’une liturgie juste capable de protéger la doctrine est la prière : la liturgie de l’Eglise naît de la prière et enseigne la prière.

Cependant, on ne peut pas faire de la prière liturgique un acte personnel sans rapport avec l’héritage liturgique. Ainsi, par exemple, le chant liturgique ne peut pas se couper du chant grégorien pour adopter des formes de pop ou de rock, lesquelles relèvent essentiellement de l’excitation politique ou érotique, ou du simple désir de divertissement. Le chant liturgique authentique doit être créateur d’instants où l’homme devient capable de saisir intérieurement son attente persévérante du Royaume.

Par conséquent, tout dans la liturgie - paroles, chants, gestes, vêtements des ministres, beauté du sanctuaire - doit s’opposer aux tendances qui préfèrent la rationalité à la Tradition. En effet, ces tendances, généralement dictées par le relativisme contemporain qui conduit à oublier de sens de l’eschatologie, ont toutes comme conséquence de réduire la liturgie à une austérité calviniste qui abolit la contemplation pour mettre les questions morales (la communion aux “divorcés-remariés”) et politiques (il faut se mobilier pour sauver la planète) au centre du christianisme et à la place du Royaume de Dieu.

On en vient alors à oublier ce n’est ni la rationalité ni les changements de structures qui détermineront l’avenir de l’Eglise mais les saints. Ça a toujours été le cas dans l’histoire, surtout dans les périodes de crises.

Source: Pro Liturgia, Actualité du samedi 5 décembre 2015

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 09:32

En 2014, la Congrégation pour le Culte divin, à la demande du Pape Benoît XVI, avait publié un document demandant aux évêques de corriger les façons de faire le “geste de la paix” au cours des messes. Il s’agissait de viser “une meilleure expression du signe de la paix et d’en modérer les excès”.

Or depuis la diffusion de ce document, on constate que dans nos cathédrales et nos églises paroissiale, rien n’a été corrigé, rien n’a été expliqué, rien n’a changé.

Pourtant on nous dit et on nous répète que la liturgie est respectée ; que les évêques veillent à ce qu’elle le soit...

Se pose alors la question non plus de la volonté, mais de la capacité des clercs à comprendre de quoi on parle quand on parle de liturgie.

 

Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements. Lettre circulaire : La signification rituelle du don de la paix pendant la messe. Source : http://catholique-savoie.cef.fr/diocese-de-savoie/services-et-mouvements/sinitier-a-la-foi/pastorale-liturgique-et-sacramentelle/lettre-circulaire-don-de-la-paix-pendant-la-messe

Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements. Lettre circulaire : La signification rituelle du don de la paix pendant la messe. Source : http://catholique-savoie.cef.fr/diocese-de-savoie/services-et-mouvements/sinitier-a-la-foi/pastorale-liturgique-et-sacramentelle/lettre-circulaire-don-de-la-paix-pendant-la-messe

Modérer les "excès" du "geste de la paix"
Modérer les "excès" du "geste de la paix"
Modérer les "excès" du "geste de la paix"

Source : Pro liturgia, Lundi 31/8/2015

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 09:08

Le docteur Denis Crouan de l'Association Pro Liturgia sur la manipulation de la liturgie "bien orchestrée" par les pasteurs diocésains, une manipulation "voulue, programmée, planifiée" :

Daech a détruit un des plus importants temples de Palmyre. On s’indigne.
... [D]epuis 50 ans, le clergé français s’emploie à détruire le patrimoine liturgique de l’Eglise. On s’en fiche.

Denis Crouan - Pro Liturgia, Lundi 24/8/2015

Liturgie : Une manipulation "voulue, programmée, planifiée"

Dans leur grande majorité, les pratiquants sont devenus indifférents devant les enlaidissements et les déformations de la liturgie qui devraient, au contraire, les révulser.

Cette indifférence n’est pas le fruit du hasard.

Qu’attendre, en effet, de fidèles ayant accepté d’être décatéchisés et auxquels on a désappris le silence, la contemplation, la dignité, la beauté, le sens profond de la liturgie ? Qu’attendre de fidèles auxquels on appris que tout était relatif, aussi bien dans le domaine de la foi que de son expression liturgique ?

Cette indifférence a été organisée dès les lendemains de Vatican II par une manipulation bien orchestrée des pasteurs diocésains qui ont créé des équipes liturgiques uniquement pour servir de caisses de résonance à leurs projets de désacralisation.

Cette manipulation voulue, programmée, planifiée, a fait que des centaines et des centaines de chefs de chœurs, de choristes, d’organistes et de musiciens compétents ont pu être exclus des paroisses ou réduits au silence afin d’être remplacés par des incapables qui, n’ayant jamais ni compris ni même étudié le Concile et la liturgie, condamnaient l’Eglise à la disparition de son patrimoine le plus précieux.

La rupture est là, porteuse - avec la complicité de pratiquants formatés pour avaler n’importe quoi dès qu’ils assistent à une messe - de conséquences catastrophiques : dans la plupart des paroisses, il n’y a plus personne de vraiment compétent pour transmettre le patrimoine liturgique. Et même si il y en avait, les fidèles se sont tellement déshabitués à voir, à entendre et à apprécier la véritable liturgie de l’Eglise, qu’elle ne pourrait rien faire sans risquer de provoquer un tsunami paroissial.

Une génération de fidèles - laïcs et clercs réunis - aura ainsi réussi à démolir, dans l’indifférence totale, ce que l’Eglise avait patiemment établi pendant des siècles.

Nous sommes face à un désastre impressionnant et, dans la plupart des cas, irréparable tant les fidèles sont détournés de l’essentiel par ces occupations infantilisantes et niaiseuses auxquelles ils acceptent sans sourciller de prendre part dès qu’ils sont à la messe.

 

Source: Association Pro liturgia, Lundi 24/8/2015.

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 09:05

 

Sur le site internet de la Communauté interparoissiale “Au Cœur du Sundgau” (dioc. de Strasbourg), on trouve une page intitulée “La messe expliquée aux enfants”.

Et voici ce qu’on lit - une fois de plus - au sujet de la Communion :

 

“Voici ce que disait St Cyrille (4° siècle) :

“Lorsque tu t’avances, ne t’approche pas les mains grandes ouvertes ni les doigts écartés, fais un trône pour ta main qui va recevoir le Roi.

Reçois le corps du Christ dans le creux de ta main et réponds : AMEN”

 

On mesure le peu de formation liturgique de ceux qui ont cité ce texte pour justifier la communion dans la main. N’auraient-ils par eu tout intérêt à poursuivre la lecture du document qu’ils prennent comme argument.

Voici en effet ce qu’il dit :

 

“Sanctifiez votre œil par le contact avec le Corps Sacré (...) Alors que vos lèvres sont encore humides, touchez vos lèvres et passez votre main sur vos yeux, votre front et vos autres sens pour les sanctifier.”

 

Ces recommandations relevant plus de la superstition que de la foi chrétienne ont poussé les théologiens et les historiens à s'interroger sur l’authenticité de ce texte. Et il apparaît qu’il n’est pas de S. Cyrille mais d’un de ses successeurs, le Patriarche Jean, dont l’orthodoxie a paru très tôt suspecte. Nous le savons grâce à la correspondance échangée entre S. Epiphane, S. Jérôme et S. Augustin.

 

Par contre, d’autres témoignages des premiers siècles attestent que si la communion pouvait être reçue dans la main, c’était dans des cas exceptionnels relevant de circonstances très particulières (persécutions, nécessité de mettre le Pain consacré à l’abri... etc.)

Mais il est désormais convenu que dans les paroisses, il ne faut surtout pas hésiter à induire les fidèles en erreur...

 

Source : Pro liturgia, Lundi 30/3/2015

 

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 06:02
Quelques rappels de l’obligation de respecter les règles liturgiques

[L]’obligation de respecter les règles liturgiques garantissant partout la similitude entre les différentes célébrations de l’Eucharistie a été souvent rappelée. Quelques exemples :

- le Bx Paul VI en s’adressant au “Consilium” pour la liturgie, le 19 avril 1967, relève que le fait de donner des formes arbitraires à la liturgie est en total désaccord avec les normes en vigueur dans l’Eglise et conduit à déconcerter les fidèles ou à semer le trouble dans les communautés paroissiales;

- S. Jean-Paul II, dans la Lettre “Dominicae Cenae” qu’il envoie en 1980 aux évêques du monde entier à l’occasion du Jeudi saint, souligne que

le prêtre, comme ministre, comme célébrant, comme étant celui qui préside l'assemblée eucharistique des fidèles, doit avoir un sens particulier du bien commun de l'Eglise, qu'il représente par son ministère, mais auquel il doit être aussi subordonné selon une discipline correcte de la foi. Il ne peut pas se considérer comme un “propriétaire”, qui dispose librement du texte liturgique et du rite sacré comme de son bien propre, en allant jusqu'à lui donner un style personnel et arbitraire. Cela peut parfois sembler plus efficace, cela peut aussi mieux correspondre à une piété subjective, mais objectivement c’est toujours trahir l’union qui doit trouver son expression surtout dans le sacrement de l’unité. Tout prêtre qui offre le Saint Sacrifice doit se rappeler que, pendant ce sacrifice, ce n'est pas lui seulement avec sa communauté qui prie, mais c’est toute l’Eglise qui prie, exprimant ainsi, notamment en utilisant le texte liturgique approuvé, son unité spirituelle dans ce sacrement. Si quelqu’un voulait appeler une telle position “uniformisme”, cela prouverait seulement l’ignorance des exigences objectives de l’unité authentique, et ce serait un symptôme d’individualisme dangereux.”

Et S. Jean-Paul II d’ajouter :

La subordination du ministre, du célébrant, au “Mysterium” qui lui a été confié par l’Eglise pour le bien de tout le peuple de Dieu, doit aussi trouver son expression dans l’observation des exigences liturgiques relatives à la célébration du Saint Sacrifice. Ces exigences portent, par exemple, sur l’habit, et en particulier sur les ornements que revêt le célébrant. Il est naturel qu’il y ait eu et qu’il y ait des circonstances dans lesquelles les prescriptions n’obligent pas. Nous avons lu avec émotion, dans des livres écrits par des prêtres qui avaient été prisonniers dans des camps d’extermination, des relations de célébrations eucharistiques faites sans suivre ces règles, c’est-à-dire sans autel et sans ornements. Si, en de telles conditions, cela était une preuve d’héroïsme et devait susciter une profonde estime, dans des conditions normales toutefois, négliger les prescriptions liturgiques peut être interprété comme un manque de respect envers l’Eucharistie, éventuellement dicté par l’individualisme ou par un défaut de sens critique au sujet des opinions courantes, ou par un certain manque d’esprit de foi.” (Cf. n°12)

Dans la Lettre apostolique “Vicesimus quintus annus” écrite le 4 décembre 1988 à l’occasion du 25e anniversaire de la Constitution Sacrosanctum Concilium, le Pape S. Jean-Paul II déplore une nouvelle fois les déviations introduites dans la liturgie :

On constate parfois des omissions ou des ajouts illicites, des rites inventés hors des normes établies, des attitudes ou des chants qui ne favorisent pas la foi ou le sens du sacré (...). On ne peut tolérer que certains prêtres s’arrogent le droit de composer des prières eucharistiques ou de remplacer les textes de l’Ecriture sainte par des textes profanes. Des initiatives de ce genre, loin d’être liées à la réforme liturgique elle-même, ou aux livres qui en sont issus, lui contreviennent directement, la défigurent et privent le peuple chrétien des richesses authentiques de la liturgie de l’Eglise.” (cf. n°13)

- quant au Pape Benoît XVI, dans l’Exhortation post-synodale “Sacramentum Caritatis” du 22 février 2007, souligne que

“là où les prêtres et les responsables de la pastorale liturgique s’emploient à faire connaître les livres liturgiques et les normes liturgiques en vigueur, mettant en évidence les grandes richesses de la Présentation Générale du Missel Romain (...), la célébration eucharistique en tire profit.”

Et il ajoute :

Pour un “ars celebrandi” correct, il est tout aussi important d’être attentif à toutes les formes de langage prévues par la liturgie : parole et chant, gestes et silences, mouvements du corps, couleurs liturgiques des vêtements. En effet, la liturgie possède de par sa nature une variété de registres de communication qui lui permettent de parvenir à intégrer tout l’être humain. La simplicité des gestes et la sobriété des signes, effectués dans l'ordre et dans les moments prévus, communiquent et impliquent plus que le caractère artificiel d’ajouts inopportuns. L’attention et l’obéissance à la structure propre du rite, tout en exprimant la reconnaissance du caractère de don de l’Eucharistie, manifestent la volonté du ministre d’accueillir, avec une docile gratitude, ce don ineffable.” (Cf. n°40)

les évêques de France, enfin, par la voix du Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, ont rappelé que :

“la liturgie (...) n’est pas un spectacle dont on pourrait critiquer à loisir le programme et la distribution et corriger les partitions. Elle est l’expression de la foi et de la communion de l’Eglise. Elle est, en régime chrétien, l’action constitutive de l’Eglise.” (Conférence à l’Institut catholique de Paris, le 26 octobre 2009)

On notera en passant que les évêques disent de belles et bonnes choses... dont ils ne tiennent pas eux-mêmes compte.

 

Source : PRO LITURGIA, Jeudi 23/4/2015

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 10:36
L’Art de célébrer - Guide liturgique à l’usage des paroisses (Denis Crouan)

A DIFFUSER LE PLUS POSSIBLE : Les éditions Librim Concept viennent de publier “L’Art de célébrer - Guide liturgique à l’usage des paroisses”.

Il s’agit d’un guide pratique de 60 pages réalisé par Denis Crouan à la demande de prêtres et de fidèles laïcs, et qui a pour but d’aider les paroisses à renouveler leur vie liturgique dans la fidélité aux normes de Vatican II et des enseignements pontificaux, notamment ceux de Benoît XVI.

L’ouvrage a été préfacé par le Cardinal Antonio Cañizarès Llovera, qui était Préfet de la Congrégation pour le Culte divin au moment où le manuscrit lui a été présenté, et qui écrit à l’Auteur :

“J’ai reçu avec joie, et j’ai lu avec plaisir votre Guide liturgique à l’usage des Paroisses. (...) Un guide de ce type n’est pas seulement un moyen pratique, qui permet de bien préparer les célébrations, mais il est aussi un instrument de base destiné à l’action pastorale dans nos paroisses.

La Liturgie doit être pour tous une école de prière, et tout spécialement pour les servants d’autel. Cet ouvrage cherche à garantir et à favoriser le niveau de qualité qui convient aux célébrations, de telle sorte que Dieu en soit vraiment le centre, et aussi que le climat de silence et le sens du sacré constituent la base de la participation réellement plénière et fructueuse de tous.

Votre livre présente la liturgie romaine selon la « forme ordinaire », tout en prenant soin de ne pas ignorer la tradition liturgique précédente, dans la mesure où cette dernière peut s’inscrire dans les lignes fondamentales du renouveau liturgique, qui s’inspire de la Constitution Sacrosanctum Concilium du Concile Vatican II. Il contribue ainsi à créer un espace de convivialité et de communion entre les deux formes du même rite romain.

Soyez remercié pour ce service rendu à la Liturgie, et bon courage pour la suite de votre travail en faveur de l’Eglise. (...)”

Partant de son expérience, l’Auteur propose sept thèmes dans lesquels sont données des indications pratiques pour le bon déroulement de la liturgie sous sa forme “ordinaire” :

1. Le sens de la liturgie et la fonction des rites ;

2. L’aménagement du sanctuaire ;

3. La langue liturgique, les chants, l’orientation ;

4. Les gestes et les attitudes ;

5. Déroulement d’une messe paroissiale ;

6. Les fonctions du sacristain ;

7. Dix règles élémentaires à connaître.

Un ouvrage à diffuser largement auprès des pasteurs - prêtres, évêques - ainsi qu’aux membres des équipes d’animation liturgique...

 

Le “Guide liturgique” peut également être commandé directement à Pro Liturgia, 9c avenue Clemenceau - 67560 ROSHEIM (joindre à la commande un chèque de 7€ - frais de port compris - au nom de l’A.P.L.)

 

Source: http://www.proliturgia.org/

 

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 13:02

 

Entretien avec Mgr Schneider, Evêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan. 

 

Mgr Schneider s’exprime régulièrement sur la situation de l’Eglise et vient de publier “Corpus Christi ; la communion dans la main au cœur de la crise de l’Eglise” aux éditions Contretemps. (1)

 

Excellence, même si beaucoup de lecteurs vous connaissent déjà, pourriez-vous vous présenter ?

 

Mgr Athanasius Schneider : Je suis né en 1961 au Kirghizistan, état de l’ancienne Union Soviétique, dans une famille catholique allemande. Mes parents sont des Allemands de la mer Noire mais originaires d’Alsace près d’Haguenau. Après la Seconde Guerre mondiale mes parents furent déportés, dans des conditions inhumaines, par Staline, dans l’Oural pour des travaux forcés. C’est grâce à la foi catholique que mes parents ont survécu ! J’ai eu le privilège de recevoir cette foi pour ainsi dire avec le lait maternel en même temps que les sacrements et de vivre ma vie chrétienne dans une Eglise clandestine. Puis, par une grâce spéciale de Dieu, nous pûmes émigrer en Allemagne. En 1982 je suis entré dans l’Ordre des Chanoines Réguliers de la Sainte-Croix, en Autriche, avant d’être envoyé en mission au Brésil, où j’ai reçu l’ordination sacerdotale en 1990. En 1997, j’ai obtenu un doctorat en patrologie à Rome. A partir de 1999 j’ai enseigné la théologie au séminaire interdiocésain de Karaganda, au Kazakhstan. En 2006, j’ai été nommé évêque auxiliaire de Karaganda et, en 2011, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie à Astana, capitale du Kazakhstan. Actuellement je suis secrétaire général de la Conférence des évêques catholiques du Kazakhstan et président de la commission liturgique.

 

Le sujet de votre livre est la Communion dans la main. N’existe-t-il pas des questions plus urgentes à traiter aujourd’hui dans l’Eglise que celle de la communion dans la main ?

 

Mgr A. S. : Effectivement il semblerait qu’existent dans l’Eglise des questions plus urgentes à traiter que la communion dans la main, cependant il ne s’agit que d’une apparence. En effet l’Eglise vit aujourd’hui une véritable tragédie car a été éclipsée, mise au second plan et donc banalisée la réalité centrale dans l’Eglise et sur la terre : le Très Saint Sacrement de l’Eucharistie. Le Concile Vatican II nous a rappelé cette vérité : “L’Eucharistie est la source et le sommet de toute la vie chrétienne” (Lumen gentium, 11) et “La sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l’Eglise” (saint Thomas d’Aquin, Somme théologique III, q. 65, a. 3 à 1), “à savoir le Christ lui-même” (Presbyterorum ordinis, 5). L’Eucharistie et la sainte Communion ne sont pas une chose, même la plus sainte, mais une personne : Jésus-Christ lui-même. Tant que l’adorable personne du Christ, cachée sous les humbles espèces sacramentelles, sera traitée d’une manière aussi banale, indélicate et superficielle qu’aujourd’hui il ne pourra se produire un vrai progrès spirituel dans l’Eglise. Si le cœur de la vie de l’Eglise est l’Eucharistie, quand la manière de la traiter devient manifestement défectueuse le cœur même de la vie de l’Eglise s’affaiblit. Et quand le cœur est faible, toutes les activités du corps deviennent moins efficaces.

Si nous ne prenons pas au sérieux l’exigence de la foi eucharistique, c’est-à-dire la disposition de l’âme dans l’état de grâce et la manière hautement sacrale de traiter Notre Sauveur et Dieu au moment de la Sainte Communion, nous continuerons à vivre dans une situation à laquelle s’appliquent ces paroles de Dieu : “Si Dieu ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain” (Ps 127, 1). Bien sûr il existe des questions très importantes dans la vie de l’Eglise contemporaine : la transmission, dans toute sa pureté, de la foi catholique dans les vérités centrales du dogme et de la morale par le moyen de la catéchèse et du témoignage public, l’urgence de défendre la vie humaine (contre la plaie de l’avortement), la famille (contre le divorce, le concubinage, la polygamie), la nécessité de redécouvrir le sens naturel de la sexualité humaine (contre l’idéologie néo-marxiste du genre). Tous ces engagements, nécessaires et urgents, seraient certainement plus efficaces et mieux bénis de Dieu, si l’Eglise accordait d’une manière très concrète la plus grande attention au Seigneur eucharistique notamment dans la Sainte Communion.

 

Quelles sont les principales difficultés soulevées par la Communion dans la main ?

 

Mgr. A. S. : Parmi les principaux problèmes soulevés par la Communion dans la main il faut d’abord signaler les deux faits les plus graves. Tout d’abord une perte importante de parcelles de la Sainte Hostie qui tombent sur le sol où elles sont piétinées, ensuite le nombre grandissant de vols d’hosties consacrées. De plus l’absence quasi-totale de gestes manifestes d’adoration et de sacralité au moment de la distribution et de la réception de la sainte Communion entraîne, avec le temps, une diminution et même une perte de la croyance en la présence réelle et en la transsubstantiation. Le geste moderne de la Communion dans la main – substantiellement différent du geste analogue dans la primitive Eglise – contribue à la banalisation et même à la profanation non seulement de la réalité la plus sainte, mais de la Personne la plus sainte qui est Notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ. La foi en la centralité du mystère eucharistique et par conséquent du mystère de l’Incarnation est très nettement éclipsée par cette pratique liturgique. Quelques illustrations de l’éclipse de la foi eucharistique peuvent nous aider à saisir cette réalité. Martin Luther, par exemple, soupira et pleura quand quelques gouttes du sang du Seigneur tombèrent sur un banc de communion. Combien de prêtres et de fidèles se mettraient à soupirer et à pleurer en nettoyant les lieux, où sont répandues des parcelles de la Sainte Hostie ? Quand, par exemple, dans une synagogue le livre de la Torah tombe par accident sur le sol, la communauté juive concernée observe une journée de jeûne et de pénitence. Combien de paroisses catholiques jeûnent et font pénitence, quand des parcelles eucharistiques tombent sur le sol ou sont volées ? Rappelons-le : de la foi et de la pratique eucharistiques dépend aujourd’hui le sort de l’Église.

 

Quelles seraient les solutions pour revenir à la pratique traditionnelle de réception de la Sainte Communion ?

 

Mgr A. S. : Il faut, bien sûr, procéder par étapes. Parmi les fidèles qui reçoivent la sainte Communion dans la main, la majorité use de cette pratique en totale bonne foi. Les uns agissent par docilité, obéissance, parce que le curé ou même l’évêque l’ont conseillé ou imposé ; d’autres, et c’est peut-être la majorité, agissent par habitude et conformisme sans aucune réflexion. Il existe cependant probablement aussi des personnes qui communient ainsi parce qu’elles ne croient pas en la présence réelle. Notons enfin que certaines personnes communient dans la main avec une foi et une dévotion profondes motivées par des préférences subjectives, oubliant malheureusement les conséquences objectives nocives de cette pratique liturgique. Voici quelques suggestions de solutions. Premièrement il faudrait, fréquemment, donner aux enfants et aux adultes une catéchèse et une prédication intégrale et précise sur l’Eucharistie et spécialement sur la grandeur et la sublimité du moment de la Sainte Communion. Ensuite, il faudrait expliquer concrètement les dangers réels et fréquents de la perte et du vol des parcelles eucharistiques, mettant en évidence surtout le fait horrible que Notre Seigneur Eucharistique dans d’innombrables églises dans le monde est piétiné par les fidèles. Puis il faut informer les fidèles que la Communion dans la main est une exception à la loi liturgique, dite indult, insistant en même temps sur le fait que la Communion sur la langue et à genoux est la règle. Ceci exige logiquement de mettre un prie-Dieu, un banc de communion ou mieux encore une balustrade à disposition des fidèles afin de ne pas discriminer ceux qui ont le droit de recevoir la sainte Communion sur la langue et à genoux. Une autre mesure utile serait que l’évêque diocésain publie une lettre pastorale spécifique sur l’Eucharistie et la sainte Communion invitant instamment et de manière argumentée les fidèles à recevoir le Seigneur Eucharistique sur la langue et à genoux. Le Saint-Siège devrait faire la même chose vis-à-vis de tous les évêques et de tous les diocèses du monde. Le dernier pas dans un tel processus serait la prohibition formelle de la pratique de la Communion dans la main.

 

Quel accueil a reçu cet ouvrage parmi vos confrères évêques et à la Curie ?

 

Mgr A. S. : Mon ouvrage a reçu un bon accueil du pape Benoît XVI. Quand je lui avais envoyé mon premier livre “Dominus est”, il m’avait écrit une lettre autographe, où il disait entre autres choses que mes arguments étaient convaincants. J’ai également envoyé Corpus Christi avec une lettre d’accompagnement au Pape François et la Secrétairerie d’État m’a répondu au nom du Pape : “Sa Sainteté apprécie les préoccupations que Vous déclinez dans Votre lettre et aussi vos efforts à promouvoir l’amour et le respect pour le grand sacrement de l’Eucharistie”. J’ai reçu également des lettres de gratitude et d’estime de la part de plusieurs évêques et de certains cardinaux. Toutefois la grande majorité des réactions reconnaissantes et favorables a été celle de simples fidèles dont beaucoup de jeunes gens de toutes les parties du monde. Je conserve avec émotion une centaine de messages provenant de personnes d’âges et de nations diverses : une belle symphonie catholique d’hommage, de défense et d’amour pour Notre Dieu Eucharistique. Que Dieu fasse que la voix de ceux qui ont conservé l’intégrité de la foi eucharistique dans la pureté et la simplicité de leur cœur, la voix des petits et des « pauvres de Dieu » (Ps 33,7 ; Matt 5,3), devienne toujours plus forte, malgré la dérision et la marginalisation qu’ils doivent parfois supporter de la part des pharisiens et scribes modernes qui occupent quelques postes cléricaux. La question de la Communion dans la main est urgente. La voix des gens simples qui ont le cœur pur dans la foi et constituent une vraie périphérie ecclésiastique, sera exaucée par Dieu : « Les humbles ont vu et jubilent, cherchez Dieu et votre cœur vivra. Car Dieu a exaucé les pauvres » (Ps 69 ;33-34). Il semble que beaucoup de personnes parmi le clergé, et parfois même parmi le haut clergé, n’ont pas saisi le mystère de la vraie grandeur Divine de la Sainte Communion et de l’urgence de la crise eucharistique. Toutefois les paroles suivantes du Seigneur sont pleinement applicables à l’actuelle crise eucharistique et surtout à la crise causée par la Communion dans la main : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants » (Matt 11,25).

 

(1) “Corpus Christi, La communion dans la main au cœur de la crise de l’Eglise”, juillet 2014, 116 pages, 13 €.

 

Source: Pro Liturgia Dimanche 7/12/2014 http://www.proliturgia.org/

 

. Recevoir la communion à genoux et sur la langue

. Le retour à Rome d'un protestant évangélique par la découverte de la Transsubstantiation

. Mgr Ranjith : La communion dans la main doit être revue

. La brèche par laquelle s'est introduite la "communion dans la main"

. Comment faire pour que dans les paroisse où l’on se réclame du Concile, on puisse mettre un terme aux abus liturgiques ?

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 12:31

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Paul VI a été béatifié dimanche 19 octobre par le pape François. Qualifié de « grand timonier du Concile », Paul VI voient néanmoins ses enseignements toujours inappliqués, la liturgie faslifiée, au point qu'« il est certain que l’auteur de la restauration liturgique conciliaire n’y reconnaîtrait pas les fruits de "Sacrosanctum Concilium" » (constitution sur la Sainte Liturgie). (Denis Crouan, Association Pro Liturgia.)

 

Paul VI est béatifié. « Cet homme a beaucoup souffert », vient de dire Mgr Defois qui traduit la pensée de bien de nos pasteurs diocésains.

Mais qui l’a fait souffrir ? Cette question n’engendre que le silence.

Alors rappelons brièvement quelques faits qui ne concerneront ici que la liturgie.

En 1963 Paul VI demande que « personne ne porte atteinte aux normes de la prière officielle de l’Eglise en introduisant des réformes privées ou des rites particuliers. » Et l’année suivante, il rappelle qu’ « absolument personne, fût-il prêtre, ne peut de sa propre initiative, ajouter ou retrancher ou modifier quoi que ce soit en matière de liturgie. »

Il suffit d’assister aujourd’hui à une messe célébrée dans n’importe quelle paroisse, dans n’importe quelle cathédrale de France, pour constater que la majorité des célébrants modifient la liturgie au gré de leur inspiration du moment.

Toujours en 1964, parlant du chant grégorien, Paul VI souligne qu’il « rehausse la splendeur des rites, favorise l’unanimité de l’assemblée des fidèles et la dispose à une plus parfaite louange divine. »

Dans le même temps, il rappelle que « l’application exacte de la Constitution Liturgique requiert (...) que toutes choses, nouvelles et anciennes, soient justement et harmonieusement fondues ensemble » et insiste pour « que le souci de la nouveauté ne dépasse pas la mesure, que la valeur du patrimoine de la tradition liturgique ne soit pas négligée, et surtout qu’elle ne soit pas oubliée. » Car « s’il en était autrement, il ne faudrait plus parler de rénovation, mais plutôt de destruction de la Sainte Liturgie. »

En France, le souci d’une volonté débridée prendra largement le dessus et les prêtres respectant la liturgie en donnant toute sa place au chant grégorien seront systématiquement mis sur la touche par leurs évêques respectifs.

En 1965, le Souverain Pontife insiste pour la partie rituelle de la liturgie - la plus visible – soit « tout spécialement soignée » et rappelle que « celui qui improvise s’avance sur des sentiers instables et dangereux. »

On n’ose pas imaginer ce que penserait Paul VI s’il voyait nos messes paroissiales : elles contiennent tout ce que le pape entendait écarter de la liturgie. Et il est certain que l’Auteur de la restauration liturgique conciliaire n’y reconnaîtrait pas les fruits de « Sacrosanctum Concilium ».

Enfin, pour finir ce rapide tour d’horizon des désobéissances épiscopales, rappelons qu’en 1974, à la demande expresse de Paul VI lui-même, la Congrégation des Cultes publie un livret, le « Iubilate Deo », dans lequel « sont rassemblées quelques-unes des mélodies les plus simples que les fidèles devront chanter ensemble. » Il est demandé à chaque évêque de largement diffuser l’opuscule dans les paroisses pour permettre aux fidèles de conserver et de pratiquer un minimum de grégorien. D’un seul cœur, les évêques de France ignoreront superbement la demande de Paul VI…

Paul VI un pape incompris ? Disons franchement que l’épiscopat français - entre autres - s’est appliqué à ne pas vouloir le comprendre et à faire en sorte que ses enseignements soient passés sous silence où volontairement déformés. C’est particulièrement évident en liturgie puisque, redisons-le, les célébrations paroissiales actuelles ne sont toujours pas conformes à ce que le Concile avait demandé et qui trouve son expression dans le missel actuel que seuls de très rares prêtres respectent.

 

Source : PRO LITURGIA, Lundi 20/10/2014 http://www.proliturgia.org/

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 10:33

 

Quand on regarde sur internet une messe célébrée à Notre-Dame de Paris, on remarque, outre la laideur de l’autel, des candélabres, de l’encensoir, des tenues vestimentaires des ministres de l’autel et, spécialement des chantres... que les cierges et la croix que Benoît XVI avait demandé de mettre sur l’autel lors de son passage dans la capitale ont disparu... On peut prendre cela comme le signe manifeste que l’Eglise qui est à Paris ne veut pas être au même diapason que l’Eglise qui est à Rome.

Mais - toujours en regardant les messes sur internet - on remarque d’autres choses qui sont pires et que seule révèlent certaines prises de vues. Que fait Mgr Vingt-Trois ? Il prononce toutes les prières en montrant par son ton de voix et sa position qu’il s’adresse prioritairement à l’assemblée. Ce qui est une façon de faire protestante. Et que fait-il pendant la consécration ? Non seulement il ne sait jamais comment mettre ses mains, mais à aucun moment il ne regarde les espèces consacrées ; puis il les élève avec une réelle nonchalance, tenant généralement l’hostie d’une seule main et la présentant à l’assemblée comme pour recevoir d’elle son assentiment, comme pour lui demander d’être d’accord pour dire qu’il s’agit bien de reconnaître que c'est le Corps du Christ... Curieux, non ?

La célébration face au peuple autorise les fidèles à observer le célébrant et à se demander si, en fonction de ses attitudes, il pense à ce qu’il dit et fait... A Notre-Dame de Paris, mieux vaut assister à la messe en restant au fond de l’église. Pour éviter de se poser trop de questions dont les réponses pourraient être embarrassantes.

 

 

Source: http://www.proliturgia.org/

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 10:32

Le blogue traditionaliste polonais Nowy Ruch Liturgiczny (nouveau mouvement liturgique) a publié le 25 novembre les réponses à deux questions qu’il avait posées le 1er octobre 2012 à la Commission Ecclesia Dei relativement à la satisfaction du devoir dominical dans le cas d’une Messe célébrée par un prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X et à la possibilité pour un séminariste diocésain de servir comme sous-diacre lors d’une Messe célébrée selon la forme extraordinaire. La Commission Ecclesia Dei a répondu le 6 novembre à ces deux questions (les questions posées en anglais par le blogue polonais et répondues en anglais par la Commission Ecclesia Dei sont traduites par nos soins).

 

Question n° 1. Est-il possible de satisfaire à l’obligation dominicale en participant à une Messe célébrée par un prêtre de la Société Sacerdotale Saint-Pie X, si celui qui y participe “ne nie pas la validité de la Sainte Messe ou des Sacrements célébrés dans la forme ordinaire ou ne nie pas que le Souverain Pontife soit le Pasteur suprême de l’Église universelle, lorsque c’est la seule possibilité locale de participer à la Messe célébrée dans la forme extraordinaire (forme à laquelle le participant est très attaché) ?

 

Réponse n° 1. « Tant que la Fraternité n’a pas une position canonique dans l’Église, ses ministres [non plus] n’exercent pas de ministères légitimes dans l’Église. Il faut ensuite distinguer entre le niveau disciplinaire, qui concerne les personnes en tant que telles, et le niveau doctrinal où sont en question le ministère et l’institution. Pour le préciser encore une fois : tant que les questions concernant la doctrine ne sont pas éclaircies, la Fraternité n’a aucun statut canonique dans l’Église, et ses ministres – même s’ils ont été libérés de la punition ecclésiastique – n’exercent de façon légitime aucun ministère dans l’Église » (Benoît XVI, Lettre aux évêques de l’Église catholique au sujet de la levée de l’excommunication des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre, 10 mars 2009).

 

Source et suite : http://www.riposte-catholique.fr/summorum-pontificum-blog/documents-summorum/assistance-a-une-messe-celebree-par-un-pretre-de-la-fsspx-une-reponse-de-rome#.ULSJVWeE_YW

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 21:54

 

A la page 143 de l’édition française du livre de Benoît XVI « Lumière du monde » (Ed. Bayard), on lit : « Concrètement, la liturgie rénovée de Vatican II est la forme variable selon laquelle l’Eglise célèbre aujourd’hui. »

Il y a là une belle erreur des traducteurs des éditions Bayard.

En effet : le texte italien que l’on trouve sur le site internet du Vatican et qui est repris de la page 153 de « Luce del mondo » (Libreria Editrice Vaticana) donne : « Per quel che riguarda la questione concreta [il MP Summorum Pontificum], la liturgia rinnovata del Concilio Vaticano II è la forma valida in cui la Chiesa celebra la liturgia. » C'est-à-dire : « Pour ce qui regarde la question concrète [du Motu proprio Summorum pontificum], la liturgie renouvelée du concile Vatican II est la forme valide dans laquelle l’Eglise célèbre la liturgie. »

Entre une « liturgie variable » et une « liturgie valide », il y a tout de même une sacrée différence !

 

Source: http://www.proliturgia.org/

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- La Bible Bayard, bible catholique ?

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 14:35

8/6/12 : Si l’on en croit les courriers que nous recevons, il n’y a plus un seul diocèse de France où les fidèles qui se rendent dans une église sont assurés d’y trouver la liturgie célébrée comme l’Eglise demande qu’elle soit célébrée.

Le Missel romain - dont on attend toujours la version française corrigée - est superbement ignoré par l’immense majorité des clercs ainsi que par les membres des « équipes liturgiques » qui, avec le soutien des évêques - imposent leurs vues dans des secteurs paroissiaux entiers.

Par conséquent, la liturgie de l’Eglise est en passe de disparaître totalement de la mémoire des fidèles. On assiste donc, dans le silence assourdissant d’un épiscopat terne, à l’effondrement de la vie chrétienne.

 

Source: http://www.proliturgia.org/

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 15:09
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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 07:21

24/4/12 : Un internaute pose la question suivante :
« Comment faire pour que, dans les paroisse où l’on se réclame du Concile, on puisse mettre un terme aux abus liturgiques suivants :
- distribution de la communion par des laïcs ;
- obligation de recevoir la communion dans la main ;
- célébration « face au peuple » sur des édicules dépourvus de valeur et de dignité ;
- médiocrité du répertoire musical et limitation - voir interdiction - du chant grégorien ;
- disparition des chorales au profit de l’ « assemblée-chantante » invitée à répéter n’importe quoi, n’importe quand et n’importe comment... pourvu que ce soit des airs qu’il ne viendrait à l’idée de personne de chanter ailleurs que dans une église où le mauvais goût est de bon ton ;
- geste de paix transformé en séance de «
shake your hands
» totalement anti-liturgique ;
- équipes d’animation liturgique envahissantes et totalement inefficaces... sauf, bien sûr, quand c’est pour démolir la liturgie ;
- donné du missel romain systématiquement modifié ou ignoré par les célébrants ;
- absence de dignité, de tenue, de réserve des célébrants ;
- etc.
Comment faire pour mettre un terme à ces pratiques qui trahissent les enseignements du Concile et, plus largement encore, les enseignements de l’Eglise ? »

Avouons qu’il est difficile de donner une réponse à cette question.
D’abord parce que - on l’aura constaté - on se trouve dans les paroisses face à un double problème : celui des pratiquants qui acceptent sans sourciller n’importe quelles liturgies fantaisistes truffées de n’importe quels chants insipides, et celui des prêtres qui ne connaissent pour ainsi dire rien à la liturgie et qui, dans le même temps, sont décidés à ne pas tenir compte de ce qu’enseigne l’Eglise.
Ensuite parce que - ce n’est plus un secret - les évêques de France, en dehors de trois ou quatre exceptions bien connues, sont convaincus du bien-fondé d’une erreur consistant à faire de la liturgie un outil au service de leurs projets pastoraux. Et quand cette erreur se double d’une volonté d’ignorer le Concile tout en se réclamant de lui, on voit qu’il n’y a plus grand-chose à attendre d’un épiscopat qui, il faut le souligner, n’a depuis 40 ans publié aucune directive visant à mettre un terme aux abus liturgiques devenus monnaie courante dans 99% des paroisses. On en revient à la question de départ : que faire ? Trois pistes à suivre :
1. Relevez les principales pratiques liturgiques qui, dans votre paroisse, contredisent les
normes données par le Missel romain et écrivez une lettre à votre curé pour lui demander les raisons théologiques qui le poussent à ne pas respecter la liturgie restaurée à la suite de Vatican II. (Insistez bien sur « raisons théologiques » et sur « liturgie restaurée à la suite de Vatican II »). Votre lettre devra être brève, sans circonvolutions. Exemple :
« Tel dimanche, à la messe de telle heure célébrée dans telle église, j’ai constaté que vous avez introduit les pratiques suivantes (nommez les deux ou trois qui vous semblent les plus flagrantes) qui contredisent les données de la liturgie restaurée à la suite de Vatican II telle qu’elle est précisée dans le Missel romain actuel. Je vous serais reconnaissant de me faire savoir les raisons théologiques qui vous poussent à ignorer les règles de la «
lex orandi » ou à désobéir ouvertement aux enseignements de l’Eglise. Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Curé, à l’expression de ma respectueuse considération. »
2. Si vous n’avez pas de réponse dans les huit jours qui suivent, informez votre curé que vous allez porter le problème à la connaissance de votre évêque. Et écrivez à votre évêque en joignant la copie du premier courrier que vous aviez envoyé à votre curé :
« Monseigneur, ayant constaté un certains nombre d’abus systématiquement introduits dans la messe paroissiale à laquelle je participe, j’ai écris comme il se doit à mon curé pour obtenir de lui des explications (voir lettre ci-jointe). Comme il n’a pas jugé bon de me répondre, c’est vers vous que je me tourne en tant que vous êtes le gardien et le promoteur de la liturgie de l’Eglise. Dans l’attente de votre réponse... etc. »
3. N’acceptez aucune réponse du genre « il faut être accueillant », « il faut être ouvert à un sain pluralisme », « il faut respecter toutes les sensibilités », « il faut nous accepter les uns les autres riches de nos pauvretés », « il faut avant tout pratiquer la charité »... etc. Toutes ces formules répétées comme des mantras ne sont que du « baratin ecclésiastique » utilisé pour noyer le poisson, pour éviter d’avoir à répondre à la question de fond : pourquoi la liturgie n'est-elle pas respectée ?
Si vous en avez la possibilité, faites savoir dans votre lettre que des membres de votre famille, des voisins, des amis... se joignent à votre démarche.
Et rappelez-vous toujours que même si vous vous sentez isolé dans votre paroisse, la démarche que vous entreprendrez est un droit qui s'inscrit dans la droite ligne des enseignements du Pape Benoît XVI, comme le prouve l’Instruction
Redemptionis Sacramentum.

 

 

Source: http://www.proliturgia.org/

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Add. Christroi, 28.04.2102.

27/4/12 : Question de droit canonique : que peuvent faire les fidèles quand on leur dit que s'ils constatent des abus liturgiques ils doivent s'adresser à leurs évêques respectifs, sachant que ces évêques eux-mêmes ne respectent pas la liturgie ?
Réponse du Siège apostolique : « Il peuvent s’adresser à la Congrégation pour le Culte divin (par elle ils s’adressent au Saint-Père) en envoyant un double de la réponse qu’ils auront reçue de l'évêque auquel ils se seront préalablement adressé. Dans «
Redemptionis Sacramentum », il est spécifié que les fidèles ont toujours le droit de s’adresser au Saint-Père directement même si, pourtant, ordinairement, il est préférable de se tourner vers l’Ordinaire du lieu - l'évêque diocésain -, dans un premier temps (ou en première instance), car c'est lui qui est le premier responsable et le « promoteur » de la Liturgie dans son diocèse. Ensuite, si la réponse de l'évêque semble insuffisante, on peut s'adresser au Saint-Père (il s’agit alors d'un appel).
De fait, dans tous les cas, la Congrégation pour le Culte divin saisit l’Ordinaire du lieu du cas en question... La réponse adressée au fidèle qui s'est plaint ne comporte jamais les moyens utilisés par la Congrégation auprès de l'évêque en vue de la résolution de la question liturgique. De toute façon, la Congrégation ne reste pas inactive. »

Source: http://www.proliturgia.org/

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 21:33

RÉUNICATHO

4ème Rencontre pour l'Unité catholique – 15 janvier 2012

 

 Intervention de Monseigneur Athanasius Schneider, Évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte Marie d’Astana, Secrétaire de la Conférence des évêques catholiques du Kazakhstan

 

 La nouvelle évangélisation et la sainte liturgie

 

 Pour parler correctement de la nouvelle évangélisation il est indispensable de porter tout d’abord notre regard sur Celui qui est le véritable évangélisateur, à savoir Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, le Verbe de Dieu fait Homme. Le fils de Dieu est venu sur cette terre pour expier et racheter le plus grand péché, le péché par excellence. Et ce péché par excellence de l’humanité consiste dans le refus d’adorer Dieu, dans le refus de Lui réserver la première place, la place d’honneur. Ce péché des hommes consiste dans le fait qu’on ne porte pas attention à Dieu, dans le fait qu’on n’a plus le sens des choses, voire des détails qui relèvent de Dieu et de l’adoration qui Lui est due, dans le fait qu’on ne veut pas voir Dieu, dans le fait qu’on ne veut pas s’agenouiller devant Dieu.

 

 Face à une telle attitude, l’incarnation de Dieu est gênante, gênante également et par contrecoup la présence réelle de Dieu dans le mystère eucharistique, gênante la centralité de la présence eucharistique de Dieu dans les églises. L’homme pécheur veut en effet se mettre au centre, tant à l’intérieur de l’église que lors de la célébration eucharistique, il veut être vu, il veut être remarqué.

 

 C’est la raison pour laquelle Jésus eucharistie, Dieu incarné, présent dans le tabernacle sous la forme eucharistique, on préfère Le placer sur le côté. Même la représentation du Crucifié sur la croix au milieu de l’autel lors de la célébration face au peuple est gênante, parce que le visage du prêtre s’en trouverait occulté. Donc l’image du Crucifié au centre aussi bien que Jésus eucharistie dans le tabernacle également au centre de l’autel, sont gênants. En conséquence la croix et le tabernacle sont déplacés sur le côté. Pendant l’office, les assistants doivent pouvoir observer en permanence le visage du prêtre, et celui-ci prend plaisir à se mettre littéralement au centre de la maison de Dieu. Et si par hasard Jésus eucharistie est quand même laissé dans son tabernacle au centre de l’autel, parce que le ministère des monuments historiques, même sous un régime athée, a interdit pour des raisons de conservation du patrimoine artistique de le déplacer, le prêtre, souvent tout au long de la célébration liturgique, lui tourne sans scrupules le dos.

Combien de fois de braves fidèles adorateurs du Christ, dans leur simplicité et leur humilité, se seront écriés : « Bénis soyez-vous, les Monuments historiques ! Vous nous avez au moins laissé Jésus au centre de notre église. »

 

 Ce n’est qu’à partir de l’adoration et de la glorification de Dieu que l’Église peut annoncer de manière adéquate la parole de vérité, c’est-à-dire évangéliser. Avant que le monde entende Jésus, le Verbe éternel devenu chair, prêcher et annoncer le royaume, Jésus s’est tu et a adoré durant trente années. Cela reste pour toujours la loi pour la vie et l’action de l’Eglise ainsi que de tous les évangélisateurs. « C’est dans la manière de traiter la liturgie que se décide le sort de la Foi et de l’Eglise », a dit le cardinal Ratzinger, notre actuel Saint Père le Pape Benoit XVI. Le Concile Vatican II se voulait de rappeler à l’Eglise quelle réalité et quelle action devaient prendre la première place dans sa vie. C’est bien pour cela que le premier document conciliaire était consacré à la liturgie. En cela le concile nous donne les principes suivants : Dans l’Eglise, et de ce fait dans la liturgie, l’humain doit s’orienter sur le divin et lui être subordonné, de même le visible par rapport à l’invisible, l’action par rapport à la contemplation, et le présent par rapport à la cité future, à laquelle nous aspirons (cf. Sacrosanctum Concilium, 2). Notre liturgie terrestre participe, d’après l’enseignement de Vatican II, à un avant-goût de la liturgie céleste de la ville sainte de Jérusalem (cf. idem, 2)

 

 De ce fait, tout dans la liturgie de la Sainte Messe doit servir à ce que s’exprime de façon plus nette la réalité du sacrifice du Christ, c’est-à-dire les prières d’adoration, de remerciement, d’expiation, de demande, que l’éternel Grand-Prêtre a présentées à Son Père.

Le rite et tous les détails du Saint Sacrifice de la messe doivent s’axer sur la glorification et l’adoration de Dieu, en insistant sur la centralité de la présence du Christ, que ce soit dans le signe et dans la représentation du Crucifié, ou bien dans Sa présence eucharistique dans le tabernacle, et surtout au moment de la consécration et de la sainte communion. Plus cela est respecté, moins l’homme se tient au centre de la célébration, moins la célébration ressemble à un cercle fermé, mais est ouverte même d’une façon extérieure sur le Christ, comme dans une procession se dirigeant vers Lui avec le prêtre à sa tête, plus une telle célébration liturgique reflètera de manière véritable le sacrifice d’adoration du Christ en croix, plus riches seront les fruits que les participants recevront dans leur âme venant de la glorification de Dieu, plus Dieu les honorera.

Plus le prêtre et les fidèles chercheront en vérité lors des célébrations eucharistiques la gloire de Dieu et non la gloire des hommes, et ne chercheront pas à recevoir la gloire les uns des autres, plus Dieu les honorera en laissant participer leur âme de manière plus intense et plus fertile à la Gloire et à l’Honneur de Sa vie divine.

A l’heure actuelle et en divers lieux de la terre, nombreuses sont les célébrations de la Sainte Messe où l’on pourrait dire à leur propos les paroles suivantes, en inversant les paroles du psaume 113, verset 9 : « À nous, ô Seigneur, et à notre nom donne la gloire » et en outre à propos de telles célébrations s’appliquent les paroles de Jésus : « Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui revient à Dieu seul ? » (Jean 5, 44).

 

Le Concile Vatican II a émis, concernant une réforme liturgique, les principes suivants :

1. L’humain, le temporel, l’activité doivent, durant la célébration liturgique, s’orienter sur le divin, l’éternel, la contemplation, et avoir un rôle subordonné par rapport à ces derniers (cf. Sacrosanctum Concilium, 2).

2. Durant la célébration liturgique, on devra encourager la prise de conscience que la liturgie terrestre participe de la liturgie céleste (cf Sacrosanctum Concilium, 8).

3. Il ne doit y avoir absolument aucune innovation, donc aucune création nouvelle de rites liturgiques, surtout dans le rite de la messe, sauf si c’est pour un profit véritable et certain en faveur de l’Eglise, et à condition que l’on procède avec prudence et qu’éventuellement des formes nouvelles remplacent les formes existantes de manière organique (cf. Sacrosanctum Concilium, 23).

4. Les rites de la messe doivent être de telle sorte que le sacré soit exprimé plus explicitement (cf. Sacrosanctum Concilium, 21).

5. Le latin doit être conservé dans la liturgie et surtout dans la Sainte Messe (cf. Sacrosanctum Concilium, 36 et 54).

6. Le chant grégorien a la première place dans la liturgie (cf. Sacrosanctum Concilium, 116).

Les pères conciliaires voyaient leurs propositions de réforme comme la continuation de la réforme de saint Pie X (cf. Sacrosanctum Concilium, 112 et 117) et du serviteur de Dieu, Pie XII, et en effet, dans la constitution liturgique, c’est l’encyclique Mediator Dei du pape Pie XII qu’ils ont le plus citée.

 

 

Le pape Pie XII a laissé à l’Eglise, entre autres, un principe important de la doctrine sur la Sainte liturgie, à savoir la condamnation de ce qu’on appelle l’archéologisme liturgique, dont les propositions coïncidaient largement avec celles du synode janséniste et protestantisant de Pistoia de 1786 (cf. « Mediator Dei », n° 63-64) et qui en fait rappellent les pensées théologiques de Martin Luther.

C’est pourquoi déjà le Concile de Trente a condamné les idées liturgiques protestantes, notamment l’accentuation exagérée de la notion de banquet dans la célébration eucharistique au détriment du caractère sacrificiel, la suppression de signes univoques de la sacralité en tant qu’expression du mystère de la liturgie (cf. Concile de Trente, sessio XXII ).

Les déclarations liturgiques doctrinales du magistère, comme dans ce cas du Concile de Trente et de l’encyclique Mediator Dei, qui se reflètent dans une praxis liturgique séculaire, voire de plus d’un millénaire, constante et universelle, ces déclarations, donc, font partie de cet élément de la sainte tradition que l’on ne peut abandonner sans courir de grands dommages au plan spirituel. Ces déclarations doctrinales sur la liturgie, Vatican II les a reprises, comme on peut le constater en lisant les principes généraux du culte divin dans la constitution liturgique Sacrosanctum Concilium.

Comme erreur concrète dans la pensée et l’agir de l’archéologisme liturgique, le pape Pie XII cite la proposition faite de donner à l’autel la forme d’une table (cf. Mediator Dei n° 62). Si déjà le pape Pie XII refusait l’autel en forme de table, on imagine comment il aurait a fortiori refusé la proposition d’une célébration comme autour d’une table « versus populum » !

Si Sacrosanctum Concilium enseigne au n° 2 que, dans la liturgie, la contemplation doit avoir la priorité et que toute la célébration de la messe doit être orientée vers les mystères célestes (cf. idem n° 2 et n° 8), on y trouve un écho fidèle de la déclaration suivante du Concile de Trente qui disait : « Etant donné que la nature de l’homme est ainsi faite qu’elle ne se laisse pas élever facilement à la contemplation des choses divines sans aides extérieures, la Mère Eglise, dans sa bienveillance, a introduit des rites précis ; elle a eu recours, s’appuyant sur l’enseignement apostolique et sur la tradition, à des cérémonies tels que bénédictions empreintes de mystère, cierges, encens, vêtements liturgiques et bien d’autres choses ; tout cela devrait inciter les esprits des fidèles, grâce à des signes visibles de la religion et de la piété, à la contemplation des choses sublimes » (sessio XXII, cap. 5).

Les enseignements cités du magistère de l’Eglise et surtout celui de Mediator Dei ont sans aucun doute été reconnus par les pères conciliaires comme pleinement valides ; en conséquence ils doivent continuer aujourd’hui encore à être pleinement valides pour tous les enfants de l’Eglise.

Dans sa lettre adressée à tous les évêques de l’Eglise catholique que Benoit XVI a jointe au Motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007, le pape fait cette déclaration importante : «Dans l’histoire de la liturgie, il y a croissance et progrès, mais non rupture. Ce qui a été sacré pour les générations passées, doit rester sacré et grand pour nous». En disant cela, le pape exprime le principe fondamental de la liturgie que le Concile de Trente, le pape Pie XII et le Concile Vatican II ont enseigné.

Si on regarde, sans idées préconçues et de façon objective, la pratique liturgique de l’écrasante majorité des églises dans tout le monde catholique où la forme ordinaire du rite romain est en usage, personne ne peut nier en toute honnêteté que les six principes liturgiques mentionnés du Concile Vatican II ne sont pas ou alors très peu respectés, bien qu’on déclare erronément que cette pratique de la liturgie a été souhaitée par Vatican II. Il y a un certain nombre d’aspects concrets dans la pratique liturgique dominante actuelle, dans le rite ordinaire, qui représentent une rupture véritable avec une pratique liturgique constante depuis plus d’un millénaire. Il s’agit des cinq usages liturgiques suivants que l’on peut désigner comme étant les cinq plaies du corps mystique liturgique du Christ. Il s’agit de plaies, car elles représentent une violente rupture avec le passé, car elles mettent moins l’accent sur le caractère sacrificiel qui est pourtant bel et bien le caractère central et essentiel de la messe, elles mettent en avant le banquet ; tout cela diminue les signes extérieurs de l’adoration divine, car elles mettent moins en relief le caractère du mystère dans ce qu’il a de céleste et d’éternel.

 

Concernant ces cinq plaies, il s’agit de celles qui – à l’exception de l’une d’entre elles (les nouvelles prières de l’offertoire) – ne sont pas prévues dans la forme ordinaire du rite de la messe, mais ont été introduites par la pratique d’une mode déplorable.

La première plaie, et la plus évidente, est la célébration du sacrifice de la messe où le prêtre célèbre le visage tourné vers les fidèles, notamment lors de la prière eucharistique et de la consécration, le moment le plus haut et le plus sacré de l’adoration due à Dieu. Cette forme extérieure correspond plus par nature à la façon dont on fait cours ou dont on partage un repas. On est en présence d’un cercle fermé. Et cette forme n’est absolument pas conforme au moment de la prière et encore moins à celui de l’adoration. Or cette forme, le concile Vatican II ne l’a pas souhaitée le moins du monde et elle n’a jamais été recommandée par le magistère des papes postconciliaires. Le pape Benoit XVI écrit dans sa préface au premier tome de ses oeuvres complètes : « L’idée que le prêtre et l’assemblée doivent se regarder lors de la prière est née chez les modernes et elle totalement étrangère à la chrétienté traditionnelle. Le prêtre et l’assemblée ne s’adressent pas mutuellement une prière, c’est au Seigneur qu’ils s’adressent. C’est pourquoi dans la prière ils regardent dans la même direction : soit vers l’est comme étant le symbole cosmique du retour du Seigneur, ou alors là où cela n’est pas possible, vers une image du Christ située dans l’abside, vers une croix ou tout simplement ensemble vers le haut ».

La forme de célébration où tous portent leur regard dans la même direction (conversi ad orientem, ad Crucem, ad Dominum) est même évoquée par les rubriques du nouveau rite de la messe (cf. Ordo Missae, n. 25, n. 133 et n. 134). La célébration qu’on appelle « versus populum » ne correspond certainement pas à l’idée de la Sainte Liturgie telle qu’elle est mentionnée dans les déclarations de Sacrosanctum Concilium n°2 et n° 8.

La deuxième plaie est la communion dans la main répandue pratiquement partout dans le monde. Non seulement cette façon de recevoir la communion n’a été évoquée en aucune manière par les Pères conciliaires de Vatican II, mais bel et bien introduite par un certain nombre d’évêques en désobéissance au Saint Siège et dans le mépris du vote négatif en 1968 de la majorité du corps épiscopal. Ce n’est qu’après que le pape Paul VI l’a légitimée sous conditions particulières et à contrecoeur.

Le pape Benoit XVI, depuis la fête du Saint Sacrement 2008, ne distribue plus la communion qu’à des fidèles à genoux et sur la langue, et cela non seulement à Rome, mais aussi dans toutes les églises locales auxquelles il rend visite. Par là, il donne à l’Église toute entière un exemple clair du magistère pratique en matière liturgique. Si la majorité qualifiée du corps épiscopal, trois ans après le concile, a refusé la communion dans la main comme quelque chose de nuisible, combien plus les Pères conciliaires l’auraient également fait !

La troisième plaie, ce sont les nouvelles prières de l’offertoire. Elles sont une création entièrement nouvelle et n’ont jamais été en usage dans l’Eglise. Elles expriment moins l’évocation du mystère du sacrifice de la croix que celle d’un banquet, rappelant les prières du repas sabbatique juif. Dans la tradition plus que millénaire de l’Eglise d’Occident et d’Orient, les prières de l’offertoire ont toujours été axées expressément sur le mystère du sacrifice de la croix (cf. p. ex. Paul Tirot, Histoire des prières d’offertoire dans la liturgie romaine du VIIème au XVIème siècle, Rome 1985). Une telle création absolument nouvelle est sans nul doute en contradiction avec la formulation claire de Vatican II qui rappelle : « Innovationes ne fiant … novae formae ex formis iam exstantibus organice crescant » (Sacrosanctum Concilium, 23).

La quatrième plaie est la disparition totale du latin dans l’immense majorité des célébrations eucharistiques de la forme ordinaire dans la totalité des pays catholiques. C’est là une infraction directe contre les décisions de Vatican II.

 

La cinquième plaie est l’exercice des services liturgiques de lecteur et d’acolyte par des femmes, ainsi que l’exercice de ces mêmes services en habit civil en pénétrant dans le choeur pendant la Sainte Messe directement depuis l’espace réservé aux fidèles. Cette coutume n’a jamais existé dans l’Eglise, ou tout au moins n’a jamais été bienvenue. Elle confère à la célébration de la messe catholique le caractère extérieur de quelque chose d’informel, le caractère et le style d’une assemblée plutôt profane. Le deuxième concile de Nicée interdisait déjà, en 787, de telles pratiques en édictant ce canon : « Si quelqu’un n’est pas ordonné, il ne lui est pas permis de faire la lecture depuis l’ambon pendant la sainte liturgie » (can. 14). Cette norme a été constamment respectée dans l’Eglise. Seuls les sous-diacres ou les lecteurs avaient le droit de faire la lecture pendant la liturgie de la Messe. En remplacement des lecteurs et acolytes manquants, ce sont des hommes ou des garçons en habits liturgiques qui peuvent le faire, et non des femmes, étant donné que le sexe masculin, sur le plan de l’ordination non sacramentelle des lecteurs et acolytes, représente symboliquement le dernier lien avec les ordres mineurs.

Dans les textes de Vatican II, il n’est fait nullement mention de la suppression des ordres mineurs et du sous-diaconat, ni de l’introduction de nouveaux ministères. Dans Sacrosanctum Concilium n° 28, le concile fait la différence entre « minister » et « fidelis » pendant la célébration liturgique, et il stipule que l’un et l’autre ont le droit de ne faire que ce qui leur revient de par la nature de la liturgie. Le n° 29 mentionne les « ministrantes », c’est-à-dire les servants d’autel qui n’ont reçu aucune ordination. En opposition à ceux-là, il y aurait, selon les termes juridiques de l’époque, les « ministri », c’est-à-dire ceux qui ont reçu un ordre qu’il soit majeur ou mineur.

Par le Motu proprio Summorum Pontificum, le pape Benoit XVI stipule que les deux formes du rite romain sont à regarder et à traiter avec le même respect, parce que l’Eglise reste la même avant et après le concile. Dans la lettre d’accompagnement du Motu proprio, le pape souhaite que les deux formes s’enrichissent mutuellement. En outre, il souhaite que dans la nouvelle forme «apparaisse, plus que cela n’a été le cas jusqu’à présent, le sens du sacré qui attire de nombreuses personnes vers l’ancien rite».

Les quatre plaies liturgiques ou usages malheureux (célébration versus populum, communion dans la main, abandon total du latin et du chant grégorien et intervention des femmes pour le service de la lecture et celui d’acolyte) n’ont en soi rien à faire avec la forme ordinaire de la messe et sont en plus en contradiction avec les principes liturgiques de Vatican II. Si on mettait un terme à ces usages, on reviendrait au véritable enseignement liturgique de Vatican II. Et à ce moment-là, les deux formes du rite romain se rapprocheraient énormément, de sorte que tout au moins extérieurement, on n’aurait pas à constater de rupture entre elles, et de ce fait, pas de rupture non plus entre l’Eglise d’avant le concile et celle d’après.

En ce qui concerne les nouvelles prières de l’offertoire, il serait souhaitable que le Saint Siège les remplace par les prières correspondantes de la forme extraordinaire ou tout au moins qu’il permette leur utilisation ad libitum. Ainsi ce n’est pas seulement extérieurement, mais intérieurement que la rupture entre les deux formes serait évitée. La rupture dans la liturgie, c’est bien d’elle que la majorité des Pères conciliaires n’a pas voulu ; en témoignent les actes du concile, parce que dans les deux mille ans d’histoire de la liturgie dans la Sainte Église, il n’y a jamais eu de rupture liturgique, et que par conséquent, il ne doit jamais en avoir. Par contre, il doit y avoir une continuité comme il convient que ce soit pour le magistère.

Les cinq plaies au corps liturgique de l’Eglise évoquées ici réclament guérison. Elles représentent une rupture comparable à celle de l’exil d’Avignon. La situation d’une rupture aussi nette dans une expression de la vie de l’Eglise qui est loin d’être sans importance – autrefois l’absence des papes de la ville de Rome, aujourd’hui la rupture visible entre la liturgie d’avant et d’après le concile – cette situation donc réclame guérison.

C’est pourquoi on a besoin aujourd’hui de nouveaux saints, d’une ou de plusieurs sainte Catherine de Sienne. On a besoin de la « vox populi fidelis » réclamant la suppression de cette rupture liturgique. Mais le tragique de l’histoire, c’est qu’aujourd’hui comme autrefois au temps de l’exil d’Avignon, une grande majorité du clergé, surtout du haut clergé, se satisfait de cet exil, de cette rupture.

 

Avant qu’on puisse s’attendre à des fruits efficaces et durables de la nouvelle évangélisation, il faut tout d’abord que s’instaure à l’intérieur de l’Eglise un processus de conversion. Comment peut-on appeler les autres à se convertir tant que, parmi les appelants, aucune conversion convaincante vers Dieu n’ait encore eu lieu, parce que, dans la liturgie, ils ne sont pas suffisamment tournés vers Dieu, tant intérieurement qu’extérieurement. On célèbre le sacrifice de la messe, le sacrifice d’adoration du Christ, le plus grand mystère de la foi, l’acte d’adoration le plus sublime dans un cercle fermé en se regardant les uns les autres.

Il manque la « conversio ad Dominum » nécessaire, même extérieurement, physiquement. Puisque pendant la liturgie, on traite le Christ comme s’il n’était pas Dieu et qu’on ne Lui manifeste pas de signes extérieurs clairs d’une adoration due à Dieu seul, dans le fait que les fidèles reçoivent la Sainte communion debout et qu’en plus, ils la prennent dans leurs mains comme une nourriture ordinaire, en l’attrapant avec les doigts et en se la mettant eux-mêmes dans la bouche. Il y a ici le danger d’une sorte d’arianisme ou d’un semi-arianisme eucharistique.

Une des conditions nécessaires d’une fructueuse nouvelle évangélisation serait le témoignage suivant de toute l’Eglise sur le plan du culte liturgique publique, observant au moins ces deux aspects du Culte divin, à savoir :

1) Que sur toute la terre, la Sainte Messe soit célébrée, même dans la forme ordinaire, dans la « conversio ad Dominum », intérieurement et nécessairement aussi extérieurement.

2) Que les fidèles plient le genou devant le Christ au moment de la Sainte communion, comme saint Paul le demande, évoquant le nom et la personne du Christ (cf. Phil. 2, 10), et qu’ils Le reçoivent avec le plus grand amour et le plus grand respect possible, comme il Lui revient en tant que Dieu véritable.

Dieu soit loué, le pape Benoit XVI a entamé, par deux mesures concrètes, le processus de retour d’exil avignonnais liturgique, à savoir par le Motu proprio Summorum Pontificum et par la réintroduction du rite de communion traditionnel.

Il est encore besoin de beaucoup de prières et peut-être d’une nouvelle sainte Catherine de Sienne afin que suivent les autres pas, de façon à guérir les cinq plaies sur le corps liturgique et mystique de l’Église et que Dieu soit vénéré dans la liturgie avec cet amour, ce respect, ce sens du sublime, qui ont toujours été le fait de l’Église et de son enseignement, notamment à travers le concile de Trente, le pape Pie XII dans son encyclique Mediator Dei, le concile Vatican II dans sa constitution Sacrosanctum Concilium et le pape Benoit XVI dans sa théologie de la liturgie, dans son magistère liturgique pratique et dans le Motu proprio précité.

Personne ne peut évangéliser s’il n’a d’abord adoré, voire même s’il n’adore pas en permanence et ne donne pas à Dieu, le Christ Eucharistie, la vraie priorité dans la façon de célébrer et dans toute sa vie. En effet, pour reprendre les mots du cardinal Joseph Ratzinger : « C’est dans la manière de traiter la liturgie que se décide le sort de la Foi et de l’Eglise ».

 

Monseigneur Athanasius Schneider,

 

Réunicatho, le 15 janvier 2012

 

Source: http://reunicatho.free.fr/images/2012/interventionmgr.pdf via http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=625134

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 15:27

 Repas de la Cène de Fra Angelico (XVe siècle) 

 

Recevoir la communion à genoux et sur la langue.
  
Voici un lien d'un site très instructif, très agréable à lire, fort bien réalisé et illustré sur la réception de la communion  http://www.sainteucharistie.com/


La communion debout et dans la main offense notre Seigneur Jésus-Christ.

 

Que Jésus soit aimé de tous les coeurs !
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Merci à Sébastien

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Publié par Ingomer - dans Liturgie
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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 09:38

Ni aplausos, ni banderas, ni carteles en Misa

Traduction : Pas d'applaudissements, pas de drapeaux, pas d'affiches pendant la messe

 

"Dans le respect de ces divins mystères que nous sommes en train de célébrer en communion avec S.S. le pape Benoît XVI, recueillons-nous en priant en silence ; par conséquent, qu'on n'applaudisse plus, pas même durant l'homélie, et que l'on ne fasse plus usage de drapeaux ni d'affiches".

 

Source: messe de Benoît XVI à Venise lors de sa visite les 7-8 mai 2011]

 

via http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2011/06/pas-dapplaudissement-%C3%A0-la-messe.html

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Publié par Ingomer - dans Liturgie
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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 09:37

... de la célébration de la Pentecôte dans le diocèse de Cambrai.
Elles sont ici, ici, ici, et encore ici et aussi ici.
Et il y en a plein d'autres ici si vous voulez encore vous payer une tranche de rigolade.

 

Conclusion: c'est désormais un gouffre qui sépare l'Eglise catholique conduite par le Successeur de Pierre de certaines Eglises diocésaines dirigées (?) par des pasteurs qui, de toute évidence, ne savent plus ni où ils en sont ni où ils vont.

 

Source: http://proliturgia.pagesperso-orange.fr/Informations.htm

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