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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 13:13

Selon l'historien Bernard Lugan, le 17 octobre la gauche commémore un "massacre" qui "n’a pas eu lieu" :

17 octobre 1961 : un « massacre » sans cadavres
 
Comme chaque année à la date anniversaire de la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris, communistes et socialistes, amis du FLN et militants « anticolonialistes » (sic), vont commémorer un « massacre » qui aurait été perpétré par la police française. Ils se réuniront ensuite sur le Pont Saint-Michel d’où, toujours selon  eux, des dizaines, voire des centaines d’Algériens auraient été précipités dans la Seine.
 
Le seul problème, mais il est de taille, est que ce « massacre » n’a pas eu lieu… Quant aux noyades, à l’exception de celles pratiquées par le FLN sur les membres du MNA ou sur les Harkis, elles n’ont pas davantage existé…car nous sommes en réalité en présence d’un montage.
 
Démonstration [1] :
 
1) Le 18 octobre 1961 au matin, le bilan de la manifestation de la veille parvient à Maurice Legay, directeur général de la police parisienne. Il est de 3 morts. Nous voilà donc loin des dizaines, voire des centaines de morts et de noyés avancés par certains.
 
2) Or, deux de ces trois morts, à savoir Abdelkader Déroués et Lamara Achenoune n’ont aucun lien avec la « répression » du 17 octobre puisqu’ils ont été tués, non pas à coups de matraque, mais par balle, non pas dans le centre de Paris, mais à Puteaux, donc loin de la manifestation. De plus, le second a été préalablement étranglé….
 
3) Un mort, un seul, a tout de même été relevé dans le périmètre de la manifestation et il ne s’agit pas d’un Algérien, mais d’un Français « de souche » nommé Guy Chevallier, décédé vers 21h devant le cinéma REX de fractures du crâne. Etait-il un simple passant ou bien un porteur de valises manifestant avec le FLN ? Nous l’ignorons. Fut-il tué lors d’une charge de la police ou bien par les manifestants ou bien par une toute autre cause ? Nous ne le savons pas davantage.
 
La conclusion qui s’impose à tout esprit doté d’un minimum de réflexion est que la « répression » de la manifestation algérienne du 17 octobre semble n’avoir paradoxalement provoqué aucun mort algérien…
 
A ces faits, les tenants de la thèse du « massacre » répondent que le vrai bilan de la « répression » policière n’a pu être établi que plusieurs jours plus tard, une fois pris en compte les blessés qui décédèrent ultérieurement, et une fois les cadavres retirés de la Seine. Mais aussi, parce que, terrorisés, les manifestants cachèrent d’abord les corps de leurs camarades.
 
Trois grandes raisons font que cette argumentation n’est pas recevable :

- Les archives des hôpitaux parisiens ne mentionnent pas une surmortalité particulière de « Nord-Africains » (selon la terminologie de l’époque), durant la période concernée. Même si de nombreux manifestants blessés à coups de matraques y furent pris en charge.

- La police ayant totalement et hermétiquement bouclé le périmètre de la manifestation, l’on voit mal comment des porteurs de cadavres auraient pu passer à travers les barrages.

- Et, in fine, que seraient devenus les cadavres en question ? Ils n’apparaissent en effet pas dans les archives de l’IML, l’Institut médico-légal (la Morgue), où sont transportés les morts relevés sur la voie publique ou repêchés dans la Seine et dans la Marne.
 
Le « Graphique des entrées de corps « N.A » (Nord-africains) par jour. Octobre 1961 », à l’Institut médico-légal de Paris, pour la période allant du 17 octobre au 21 octobre, nous apprend ainsi que:

- Le 17 octobre, alors que se déroulait dans Paris un prétendu « massacre », l’Institut Médico-Légal n’a enregistré aucune entrée de corps de « NA ».

- Le 18 octobre, deux corps de « NA » furent admis à l’IML. Il s’agissait d’Achour Belkacem, qui avait été tué ce 18 octobre à Colombes, donc le lendemain de la manifestation, par un policier invoquant la légitime défense. Le second était Abdelkader Bennahar relevé lui aussi à Colombes et portant des blessures à la tête avec possibilité, dixit le rapport de police, d’écrasement par un véhicule.

- Les 19 et 20 octobre, l’IML n’a comptabilisé aucune entrée de corps de « NA ».

- Le 21 octobre, soit 5 jours après la manifestation, 1 corps fut déposé à l’IML, celui de Ramdane Mehani décédé vers 22h 30 durant son transfert du commissariat du 13° arrondissement au palais des Sports de la Porte de Versailles. Le registre de l’IML parle de mort naturelle, donc, là encore, sans aucun lien avec la manifestation du 17 octobre.
 
 
Conclusion : nous sommes donc en présence d’un « massacre » sans cadavres, ce qui s’explique parce qu’il n’y eut pas de « massacre » !!!
 
C’est donc un « massacre » imaginaire qui va être commémoré le 17 octobre prochain à l’occasion d’une grande cérémonie culpabilisatrice à laquelle des médias incultes ou partisans vont une fois de plus donner une grande publicité.
 
Un « massacre » imaginaire fruit d’un montage politique fait à l’époque par le FLN voulant peser psychologiquement sur les négociations en cours avec le gouvernement français. Montage qui fut ensuite orchestré par le parti communiste et  plus que complaisamment relayé par les médias…hier comme aujourd’hui.
 
Pour les historiens du futur ce prétendu « massacre » restera donc comme la fabrication d’un des grands mythes du XX° siècle. A l’image de Katyn, des cadavres de Timisoara en Roumanie, des « couveuses » du Koweit et des « armes de destruction massive » en Irak. Leur principal sujet d’étonnement sera cependant l’insolite caution donnée à un tel mensonge par les plus hautes autorités de l’Etat français sous la présidence de François Hollande…
 
Bernard Lugan
13/10/2017
 
 
[1] La brièveté synthétique de cette mise au point interdisant de développer un argumentaire détaillé, la bibliographie et l’historiographie de ce « massacre » seront faits  dans le numéro de novembre 2017 de l’Afrique Réelle que les abonnés recevront le 1er novembre. On pourra également voir à ce sujet le chapitre IX de mon livre : Algérie, l’histoire à l’endroit. Pour le commander, cliquer ici.
 

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 20:24

Renaissance, Réforme et Révolution, trois mots qui raisonnent à nos oreilles comme étant ceux de l’époque moderne. Nous allons analyser ce que renferment ces trois termes comme mettre en évidence ce qu’ils incarnent et le poison qu’ils contiennent… "Ces fameux 3 R sont la marque de la Révolte, du Refus, du Rejet, du Ressentiment, … de l’Homme face à Dieu, de la créature face à son Créateur. Ces trois évènements théologico-politico-historiques forment comme des repères, et sont autant de ruptures, de cassures, et de fractures dans la longue durée de l’Histoire humaine", écrivait Christophe Lacroix dans Ripostes au politiquement correct, Tome 3 – p 36

 

Le XVe et le XVIe siècle sont des périodes de transition entre l’époque Médiévale et les Temps Modernes, plus communément appelées Renaissance. Le terme de "Renaissance" en tant qu'époque a été utilisé pour la première fois en 1840 par l’historien Jean-Jacques Ampère dans son Histoire littéraire de la France avant le XIIe siècle (1839). "Le terme même de 'Renaissance' ne peut se comprendre que dans un sens 'révolutionnaire', où l’héritage du christianisme doit être remplacé par une 'renaissance' de l’Homme, affranchi et délesté de tout l’apport de 15 siècles de culture et civilisation chrétienne", écrivait Christophe Lacroix dans « Riposte au politiquement correct » Tome 3 – p 37, et un retour au paganisme et au césarisme antique qui donnera naissance à l'état totalitaire moderne basé sur l'association du volontarisme et du constructivisme, auto-normé, auto-justifié (NdCR.).

 

La "Renaissance", c'est durant cette période qu'apparaît le mouvement "humaniste", mais cet "humanisme" a contrario de l'humanisme chrétien place l'homme au centre de la pensée (nous dirions au centre de la société, alors qu'auparavant c'était Dieu que la pensée classique plaçait au centre de la société. En cela, la Renaissance est d'essence satanique de celle du Tentateur dans Genèse 3, qui prétend à Eve que l'homme peut bien se passer des commandements de Dieu, et qu'ainsi il deviendra dieu lui-même... NdCR.), ce que l'on appelle l'anthropocentrisme.

 

Lire aussi : Les origines occultistes de la franc-maçonnerie

 

Des représentations anthropomorphiques de Dieu apparaissent au début de la Renaissance. Il n'y a qu'à regarder comment Michel-Ange représenta Dieu dans la Chapelle Sixtine, en sa très célèbre Création d'Adam (1508-1512), sous les traits d'un vieil homme aux allures d'un Zeus antique, les éclairs en moins. Ce qui pendant des siècles auraient été considérés comme blasphématoire - Dieu (le Père) étant au-dessus du monde matériel, on ne peut donc le représenter sous les traits d'un homme fait de chair et de sang, en dehors de son Incarnation Jésus-Christ. Mais Michel-Ange faisait déjà partie à cette époque d'une génération admirant et préférant se tourner vers l'art et l'enseignement antique..

 

Le prêtre et théologien Jean-Joseph Gaume (1802-1879), et essayiste français, dans La Révolution, Recherches historiques sur l'Origine et la propagation du mal en Europe depuis la Renaissance jusqu'à nos jours (1856), sut parfaitement définir ce qu'était cette Révolution : "...Si arrachant son masque vous lui demandez  :qui es-tu ? Elle vous dira: Je ne suis pas ce que l'on croit. Beaucoup parlent de moi et bien peu me connaissent... Je ne suis ni le corbonarisme... ni l'émeute... ni le changement de la monarchie en république... ni la substitution d'une monarchie à une autre, ni le trouble momentané de l'ordre public. Je ne suis ni les hurlements des Jacobins, ni les fureurs de la Montagne, ni le combat des barricades, ni le pillage, ni l'incendie, ni la loi agraire, ni la guillotine, ni les noyades. Je ne suis ni Marat, ni Robespierre, ni Babeuf, ni Mazzini, ni Kossuth. Ces hommes sont mes fils, ils ne sont pas moi. Ces choses sont mes oeuvres, elles ne sont pas moi. Ces hommes et ces choses sont des faits passagers et moi je suis un état permanent. Je suis la haine de tout ordre que l'homme n'a pas établi et dans lequel il n'est pas roi et Dieu tout ensemble... Je suis la proclamation des droits de l'homme sans souci des droits de Dieu. Je suis la fondation de l'état religieux et social sur la volonté de l"homme au lieu de la volonté de Dieu. Je suis Dieu détrôné et l'homme à sa place (l'homme devenant à lui-même sa fin). Voilà pourquoi je m'appelle Révolution, c'est-à-dire renversement."

 

Face à cette trinité de notre déclin qui est avant tout la trinité du monde moderne matérialiste soumis au règne de l’argent, nous opposons la Sainte Trinité de la foi catholique. Ce déclin ne fut possible qu’avec l’affaiblissement de la foi de nos ancêtres au fil des siècles succédant à la Guerre de Cent-ans. Face aux évènements futurs que nous subirons, suite à l’avènement de ce Nouvel Ordre Mondial totalitaire enfanté par les 3R, il nous faudra toute la force des valeurs de la Croix du Christ ainsi que le pouvoir des Lys pour que le soleil de l’humanisme chrétien puisse briller à nouveau sur notre Patrie, ou libertés, indépendance et grandeur rimeront avec France.

 

Nous savons que le naturel triomphera des nuées matérialistes, notre force reste dans l’entente de nos liens communautaires et nous vaincrons…

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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 19:59
Le drapeau de la monarchie à l'Assemblée nationale "dans un souci de concorde nationale"

La députée du Vaucluse et membre de la Ligue du Sud, Marie-France Lorho, a réclamé jeudi 5 octobre que le drapeau blanc de l'ancienne monarchie de la Restauration soit installé au sein de l'Assemblée nationale.

La Ligue du Sud, dirigée par l'ancien député Jacques Bompard, proche de l'Action française, mouvement monarchiste bien connu, n'en est pas à sa première tentative crypto-royaliste. Déjà en janvier 2013, le maire d'Orange (depuis 2001) avait réclamé, au côté de divers députés, que soit reconnu officiellement comme "génocide" les crimes commis en Vendée sous la révolution française par les troupes républicaines. Une information qui avait été relayée par tous les sites monarchistes, toutes obédiences dynastiques comprises, alors que le débat continue encore d'agiter la société française et divise les historiens comme les politiques.

Et bien qu'il ait peu de chances d'aboutir, un amendement devrait être déposé afin que le drapeau blanc de la monarchie française puisse de nouveau siéger au sein de l'assemblée nationale. "Dans un souci de concorde nationale" a précisé toutefois la députée Marie-France Lorho sur son compte Twitter.

C'est le 12 mai 1814 que le pavillon blanc de la monarchie des Bourbons, orné de l'écusson de France (l'écu avec la couronne), fut reconnu comme drapeau officiel du royaume de France sur décret du roi Louis XVIII. Avant d'être remplacé par le drapeau tricolore, bleu-blanc-rouge, lors de la révolution de 1830 qui célébra l'avènement de la monarchie de Juillet.

Un drapeau tricolore qui trouve autant ses origines sous la monarchie capétienne ( les rois Charles V , Charles VII , Charles IX ou encore Henri IV l' arborèrent à de nombreuses reprises. Ce dernier associant même ces deux couleurs, représentant la France et la Navarre, sur les armoiries officielles du royaume de France) qu'il fut un symbole de la révolution française (dès 1789) puis du Premier empire.

Il faudra attendre le baptême du duc de Bordeaux, Henri d'Artois, en 1821 et le sacre de Charles X en 1825 pour que des drapeaux blancs frappés des Lys ou des armoiries de France ne soient hissés sur des mats afin de palier à une vacuité, difficilement admise par la population française de cette époque. Néanmoins, le régime de la Restauration, si il laissait fleurir ces drapeaux à travers la France avec bienveillance, ne lui reconnu aucune fonction officielle.

Un drapeau que l'on devait encore retrouver lors de l'insurrection royaliste, vaine tentative, déclenchée par la duchesse de Berry en 1832 et à qui le prince Charles de Bourbon ( brièvement roi d'Espagne sous le nom de Carlos VII entre 1874 et 1873) devait proclamer son attachement fidèle et sincère lors d'un discours en France, en juin 1889.

Frederic De Natal

 

Vexilla-Galliae

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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 07:11
L'entrevue entre Saint François de Sales et le protestant Théodore de Bèze

Calvin avait interdit le culte catholique à Genève. En 1597, son successeur, Théodore de Bèze, accepta pourtant de rencontrer saint François de Sales, qui s’était réfugié à Annecy.

Passionnante entrevue.

 

La première question

 

Après les amabilités d’usage, François, avec un sens aigu de l’essentiel, pose une question très courte :

 

Monsieur, peut-on faire son salut en l’Église romaine ?

 

Bèze voit tout de suite la difficulté : si l’Église catholique assure le salut de ses fidèles, pourquoi s’en séparer ? Il suffisait de l’améliorer par le dedans, comme avaient déjà fait tous les saints réformateurs depuis des siècles (saint Grégoire VII, saint François d’Assise, saint Dominique, sainte Catherine de Sienne, etc.) et comme avait aussi fait le concile de Trente.

 

Mais si le salut est impossible dans l’Église romaine, quelle autre société religieuse a donc donné le Christ aux hommes et assuré leur salut, avant le protestantisme ?

 

Théodore de Bèze demande à se retirer pour réfléchir. Après une longue réflexion, il revient pour répondre :

 

Vous m’avez demandé si l’on pouvait faire son salut dans l’Église romaine. Certes je vous réponds affirmativement ; il est ainsi sans doute, et on ne peut nier avec vérité qu’elle ne soit la Mère-Église.

 

Les pasteurs calvinistes Rotan et Morlas avaient été obligés de faire la même réponse au roi Henri IV, qui leur avait posé la même question, quatre ans plus tôt.

 

Deuxième question

 

Nouvelle question de François de Sales :

 

Puisqu’il en est ainsi et que le salut éternel est en l’Église romaine, pourquoi avez-vous planté cette prétendue Réforme, prenons l’exemple en France, avec tant de guerres, de saccagements, de ruines, d’embrasements, de séditions, de rapines, de meurtres, de destructions de temples et autres maux, qui sont innombrables ?

 

Réponse de Théodore de Bèze, après un long silence :

 

Je ne veux point nier que vous ne fassiez votre salut en votre religion. Mais il y a ce malheur que vous embrouillez les âmes de trop de cérémonies et difficultés ; car vous dites que les bonnes œuvres sont nécessaires au salut, qui toutefois ne sont que de bienséance. D’où arrivent plusieurs maux : les peuples, croyant à cette nécessité des bonnes œuvres par vos prédications et ne le faisant pas, ils se damnent misérablement parce qu’ils contreviennent à leur conscience. C’est pourquoi, afin de remédier à ces maux, nous avons tâché d’établir notre religion, en laquelle le chemin du ciel est rendu facile aux fidèles, ayant jeté ce fondement que la foi sauve sans les œuvres, que les bonnes œuvres ne sont point de la nécessité du salut, mais seulement, comme je vous ai déjà dit, de bienséance.

 

Conclusion

 

François réplique alors :

 

Vous ne prenez pas garde qu’en rejetant les bonnes œuvres, vous tombez en des labyrinthes desquels vous aurez peine de sortir !

 

Pouvez-vous ignorer la raison pour laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ, en l’évangile de saint Matthieu, enseignant à ses Apôtres ce qu’il voulait qu’ils crussent du dernier Jugement, ne fait point de mention des péchés commis, mais dit tant seulement qu’il condamnera les mauvais parce qu’ils n’auront pas fait les bonnes œuvres. Voici ces paroles : « Allez, maudits, au feu éternel, qui est préparé au diable et à ses anges ; car j’ai eu faim, et vous ne m’avez point donné à manger… » Et le reste.

 

Voyez-vous que pour avoir manqué aux bonnes œuvres s’ensuit la damnation éternelle. Si elles n’étaient que de bienséance, comme vous dites, pensez-vous que ceux qui ne les auraient pas faites fussent punis d’une peine si rigoureuse ?

 

Quant à moi j’attends votre solution à cette difficulté, ou bien que vous soyez d’un même sentiment avec moi.

 

Théodore de Bèze ne put rien répondre.

 

(d’après Mgr Francis Trochu, Vie de saint François de Sales, t. 1, p. 462 à 465.)

 

Source: Dominicains d'Avrillé

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 18:31

La biographie la plus attendue du centenaire de la révolution bolchévique de 1917 :

Stéphane Courtois : Lénine, l'inventeur du totalitarisme

Disponible à partir du 28 septembre 2017 chez Perrin.

Source: FNAC

 

« La » biographie politique de Lénine, l'homme qui a fait basculer le monde dans le XXe siècle – l'époque des totalitarismes communistes, fascistes et nazi – par Stéphane Courtois, le maitre d'oeuvre du Livre noir du communisme, best-seller mondial.

La biographie la plus attendue du centenaire de 1917, fruit d'une vie de travail consacrée à l'étude du communisme.
A rebours de l'idée dominante qui dédouane Lénine pour mieux accabler Staline, Stéphane Courtois établit comment le jeune intellectuel radical – marqué au fer rouge par l'exécution de son frère aîné – a pensé, voulu puis instauré une dictature idéologique impitoyable, inventant les concepts (révolution mondiale, dictature du prolétariat, parti-État, centralisme démocratique, économie planifiée, terreur de masse) et les instruments (parti unique, police politique, Armée rouge, goulag...) du totalitarisme qui devait signer les horreurs du XXe siècle.
D'emblée, Vladimir Ilitch Oulianov se distingue des autres opposants au tsarisme en s'opposant non seulement aux libéraux et aux démocrates, mais aussi à toutes les mouvances socialistes, qu'il vitupère à coups d'écrits et de discours incendiaires. Aidé par une force de conviction peu commune, il choisit de s'appuyer sur une minorité de révolutionnaires professionnels dévoués plutôt que sur l'agrégation des masses. Cette faiblesse apparente fait sa force : elle lui permet d'avancer dans l'ombre pour mieux se préparer à l'exercice du pouvoir, qu'il conquiert à la hussarde en octobre 1917. Nourri des échecs de la Révolution française puis de la Commune, il le conserve en l'étendant par un recours systématique à la violence conjugué à un rare opportunisme politique. Ainsi parvient-il à gagner la guerre civile puis à assurer son emprise sur la société, faisant table rase au profit de son disciple et successeur.
Une prose limpide au service d'une démonstration implacable.

 

Source: Editions Perrin

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Publié par Ingomer - dans Livres Histoire
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24 septembre 2017 7 24 /09 /septembre /2017 15:15
Le Code noir : un progrès

Le président du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), Louis-Georges Tin, appelle à débaptiser les rues et les bâtiments publics portant le nom de Colbert, au motif que le ministre de Louis XIV serait coupable de crime contre l’humanité pour avoir légalisé l’esclavage en édictant le fameux "Code noir", promulgué par ordonnance royale en mars 1685, mérite quelques rappels historiques pour éclairer l’opinion de nos compatriotes sur un sujet particulièrement polémique. [1]

 

C’est très bien de vouloir déboulonner les statues aux Etats-Unis mais commençons par dévisser les plaques de nos rues, à Bordeaux, à Nantes, au Havre, ces plaques qui célèbrent ceux que Louis-Georges Tin appellent les "négriers" français. [2]

 

Le "Code noir", la grande ordonnance sur les colonies signée par Louis XIV en 1685 doit pourtant être replacé dans son contexte d'il y a plus de quatre siècles, dans une époque où l’ensemble des nations maritimes européennes ont toutes recours à l’esclavage, et où l'esclavage est pratiqué en dehors de l’aire de civilisation strictement européenne, depuis très longtemps dans les pays musulmans (la "traite orientale" qui ne prit fin qu'au XXe siècle) et africains.

 

L'esclavage lui-même n'a pas lieu sur le sol métropolitain, qui rend libre, mais dans les Îles. C'est depuis un édit du roi de France Louis X le Hutin du 3 juillet 1315 que le droit français spécifie que "selon le droit de nature, chacun doit naître franc". Officiellement, depuis cette date, "le sol de France affranchit l'esclave qui le touche".

 

Dans son livre paru en 2015, Le Code noir, idées reçues sur un texte symbolique, Jean-François Niort, historien du droit colonial, expose que le corpus législatif de 1685 avait essentiellement pour but de réglementer les rapports entre les maîtres et leurs esclaves, en limitant le pouvoir arbitraire de répression que s’étaient alors attribué les premiers. Il s'agit donc d'un adoucissement du sort des esclaves. Jean-François Niort nous apprend que le Code noir ne s’appelait pas ainsi à l’origine, et qu’il ne doit pas grand-chose à Colbert, qui mourut avant sa parution, mais davantage à son fils. En lisant sans lunettes l’"Ordonnance sur les esclaves des Iles de l’Amérique", l’auteur montre qu’il est faux de prétendre que l’esclave était chosifié ou d’affirmer que ce texte témoignerait d’une volonté exterminatrice. [3]

 

Si le Code noir, dans son article 44, déclare que "les esclaves sont des meubles" pouvant être achetés, vendus, donnés ou saisis, il n’en fait pas pour autant des choses. Il prend en considération l’humanité de l’esclave. Ainsi, il encourage les maîtres à faire baptiser leurs esclaves, les instruire, leur permettre de se marier et d’avoir une sépulture catholique. En effet, ses rédacteurs pensaient que les Noirs étaient des personnes humaines, dotées d’une âme et susceptibles de salut, conformément à la doctrine de l’Église. À cet égard, le professeur Jean Carbonnier ajoute que ce texte fait de l’esclave "un sujet de droit, doté d’une personnalité juridique de droit religieux, sinon canonique". L'ordonnance de 1685 consacre le principe chrétien de l'égalité ontologique de tous les hommes, par-delà leurs conditions sociales et leurs races.

Les maîtres sont contraints de nourrir et vêtir leurs esclaves. Ils doivent leur donner par chaque semaine deux pots et demi de farine de manioc ou trois cassaves pesant chacune deux livres et demie au moins, ou autre chose équivalentes, avec deux livres de boeuf salé, ou trois livres de poissons ou autres choses à proportion; et aux enfants jusqu'à l'âge de dix ans, la moitié des vivres ci-dessus (article 22) ainsi que deux habits de toile par an (article 25). Le Code noir prévoit que les esclaves ont la possibilité de se plaindre auprès des juges locaux en cas d'excès ou de mauvais traitements (art. 26)

L’intervention royale française en plein XVIIe siècle présente un mérite indéniable : dans un cadre juridique jusqu'ici indéfini où l'arbitraire des maîtres était libre, des règles sont mises par écrit pour adoucir le sort des esclaves. De ce point de vue, le Code noir est un progrès. Un texte "empreint d'humanité", explique un Dictionnaire d'Histoire de France. [4]

 

La traite orientale (par les musulmans) approvisionna les espaces dominés par les Mahométans, entre le milieu du VIIe siècle et le début du XXe, d’esclaves provenant principalement d’Europe méditerranéenne, d’Afrique subsaharienne, du Caucase et des pays slaves, pour être transférés en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.  L’historien Robert Davis dans "Esclaves chrétiens, Maîtres musulmans. L'esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800)", éd. Jacqueline Chambon 2006, estime qu'entre le XVIe et le XVIIIe siècle, les seuls marchands d’esclaves de Tunis, Alger et Tripoli réduisirent en esclavage entre un million et 1.250.000 européens en Afrique du Nord, sans compter ceux qui furent asservis par le Maroc et autres esclavagistes de la côte méditerranéenne. Les traites négrières pratiquées par les Arabes et l’Empire ottoman auraient, selon le médiéviste Jacques Heers, concerné entre 17 et 20 millions d’Africains, chiffre qu’il juge sous-estimé en raison de l’effrayante mortalité provoquée par la castration des hommes destinés à devenir des eunuques

Des ordres religieux comme les Trinitaires ou les Mercédaires, tous deux fondés par des Français à l'époque des Croisades, se vouaient au rachat des malheureux.

"Un peu plus de onze millions de captifs ont été déportés par l'ensemble des traites atlantiques (par les Européens). Selon Austen, près de dix-sept millions semblent l'avoir été par les différentes traites orientales entre le VIIe et les années 1920." [5]

 

La question des esclaves chrétiens est évoquée au Congrès de Vienne en 1815. A Alger en 1816, une escadre anglo-hollandaise délivre 3000 captifs européens destinés à être négociés comme esclaves. [6]

La traite est finalement abolie en 1818 par les grandes puissances européennes par le traité d'Aix-la-Chapelle. [7]

 

"La traite ne fut pas une tentative de colonisation puisque les Européens ne s'installèrent pas à demeure sur le littoral et ne pénétrèrent pas à l'intérieur du continent." [8]

 

S'il fallait débaptiser les rues Colbert, pourquoi ne pas débaptiser les rues et les écoles "Jules Ferry", ministre de la 3e république qui, après avoir fait occuper la Tunisie, la transformant en protectorat, maintint les Arabes sous un régime pénal exorbitant du droit commun : il leur imposa dans le Code de l'Indigénat (1881) des restrictions au droit de circulation, leur limita le droit de vote, de réunion et d'expression. Ce sera seulement après la Première guerre mondiale que ce statut sera vidé de son contenu, et seulement après la Seconde Guerre qu'il sera aboli. [9]

 

L'esclavage a réapparu en Mauritanie, au Nigeria ou au Soudan, attirant à plusieurs reprises jusqu'à nos jours, l'attention des Nations Unies. En Arabie Saoudite, l'esclavage n'a été officiellement aboli qu'en 1960. Pourquoi les européens et les Français, en particulier, devraient-ils être les seuls à se repentir lorsqu'ils sont les premiers à avoir aboli l'esclavage ?

 

Dans son livre Pour en finir avec la repentance coloniale, Daniel Lefeuvre ose cette comparaison : "La lecture de la Guerre des Gaules de César, ... livre en effet un aperçu accablant sur les méthodes mises en oeuvre par les Romains... C'est en contradiction absolue avec les règles humanitaires et, en particulier, avec les Conventions de La Haye de 1899 et 1907 que César décide en 53 av. J.-C. d'anéantir les Eburons... Peut-être pourrais-je ensuite obtenir quelques dédommagements sonnants et trébuchants ?"

 

Notes

 

[1] Boulevard Voltaire

[2] France-Inter

[3] Monde-diplomatique

[4] Dictionnaire d'histoire de France, Perrin 2002, Article "Esclavage", in Jean Sévillia, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 249

[5] Ralph AUSTEN, African Economic History : Internal Development and External Dependency, Londres, James Currey, et Portsmouth, Heinemannn, 1987 , p. 275, cité in OlivierPETRE-GRENOUILLEAU, Les Traites négrières, Folio Histoire, Saint-Amand 2006, p.179

[6] Jean SEVILLIA, Historiquement incorrect, Fayard, La Flèche 2011, p. 308

[7] Jean MEYER, Esclaves et négriers, Découvertes Gallimard, 2007, p. 115

[8] Bernard LUGAN, Pour en finir avec la colonisation, Editions du Rocher, Lonrai 2006, p. 34

[9] Jean SEVILLIA, Historiquement incorrect, ibid. p. 311, 312.

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24 septembre 2017 7 24 /09 /septembre /2017 14:38
Thierry Wolton : "Être anti communiste reste péjoratif, quand cela devrait être une évidence"

«Le péché de presque tous les gens de gauche, c'est d‘avoir voulu être antifascistes sans être antitotalitaires» écrit Orwell. Qu'a-t-il voulu dire par là?

 

(...) Communisme et nazisme sont deux variantes du totalitarisme. Être contre l'un aurait dû amener à être contre l'autre, c'est cela que dit Orwell. Or l'hémiplégie d'une partie de l'opinion publique (cela va bien au-delà des intellectuels) consiste toujours à diaboliser un totalitarisme, le brun, pour excuser ou minorer l'autre, le rouge. C'est l'un des héritages du communisme dans les têtes. La seule attitude morale qui vaille est d'être antitotalitaire et de renvoyer dos à dos toutes les idéologies qui en sont le substrat.

 

Vous parlez de «négationnisme communiste». Comment expliquez-vous le deux-poids, deux-mesures dans le traitement mémoriel des totalitarismes nazi et communiste?

Le communisme a représenté un grand espoir de justice sociale, il a mis ses pas dans la démarche chrétienne. Cela explique en partie son succès: au message christique «les derniers seront les premiers» au paradis, l'idéologie a substitué l'idée que les prolétaires (les plus pauvres) gouverneront le monde pour instaurer l'égalité pour tous. L'échec est d'autant plus durement ressenti. La mort du communisme revient pour certains à la mort de Dieu pour les croyants: inacceptable, impensable. Le communisme n'est toujours pas sorti de cette phase de deuil, d'où le négationnisme dont je parle: on nie la réalité de ce qui fut pour ne pas souffrir des espoirs qu'il a suscité. Il est certes désormais reconnu que ces régimes ont fait des millions de morts. C'est un progrès. Il n'empêche, être anti communiste reste péjoratif, quand cela devrait être une évidence. L'intellectuel qui a eu des faiblesses envers le fascisme demeure coupable à jamais quand celui qui a idolâtré le stalinisme ou le maoïsme, ou le pol-potisme (le Cambodge des Khmers rouge) est vite pardonné. C'est aussi cela le négationnisme communiste. Il ne s'agit pas de faire des procès, mais de regarder la réalité historique en face.

(...)

 

Vous parlez de «retour impossible» du communisme.  À l'heure où on évoque une hypothétique résurgence du fascisme, pourquoi le communisme ne pourrait-il pas ressurgir? Est-ce une utopie vraiment morte ou reste-t-il des résidus?

En premier lieu, il reste encore des régimes communistes: outre la Chine, la Corée du Nord, le Laos, le Vietnam, Cuba, l'Erythrée notamment. Ces pays fonctionnent sous l'égide d'un parti unique qui se réclame de l'idéologie marxiste-léniniste, avec tout ce que cela comporte d'atteinte aux libertés et de drames humains. Maintenant, l'échec du bloc soviétique a discrédité ce type de système politique. Je doute que des régimes communistes nouveaux apparaissent. En fait, il n'y a plus le terreau nécessaire pour cela. L'idéal, comme les régimes qui s'en réclament, sont apparus dans un contexte idéologico-politico-économique particulier, fait à la fois de scientisme, de guerres, de massification des individus, de crises sociales, toutes choses que je développe largement dans mon livre, qui ne sont plus. J'ajoute que la mondialisation, l'ouverture obligée des frontières pour y participer, est antinomique avec l'esprit totalitaire qui oblige à l'enfermement des êtres comme des esprits. On peut d'ailleurs constater que les pays qui restent communistes s'ouvrent économiquement tout en restant fermés politiquement. La Chine en est le meilleur exemple. Or, à terme, cette schizophrénie politico-économique n'est pas viable. Non seulement le contexte mondial a changé pour que de nouveaux pays tombent dans la nasse communisme, mais ceux qui y restent sont condamnés à terme à disparaître, en tout cas tels qu'ils existent. Dans nos contrées démocratiques, seul un quarteron d'idéologues se réclame encore du communisme marxiste-léniniste vieille manière, celui qui a brillé au XXe siècle. Mais ils n'ont plus d'influence. La page est tournée. La protestation sociale née des inégalités, qui elles ne cesseront sans doute jamais, prend et prendra d'autres chemins, mais pas celui emprunté tout au long du XXe siècle.

 

SOURCE : LE FIGARO, Thierry Wolton: «Communisme et nazisme sont deux variantes du totalitarisme»

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 12:51
Les guerres saxonnes (772-804) : Charlemagne, la conquête de la Saxe

772 Charles Ier, qui restera dans l'histoire sous le nom de Charlemagne, décide d'envahir la Saxe, territoire du nord de la Germanie, situé entre la France, la Frise, le Danemark et les Pays slaves.

 

Le jeune roi des Francs a trois objectifs :

 

(1) mettre un terme définitifs aux raids saxons dans les régions franques

 

[Les Saxons menèrent des raids meurtriers et des pillages très tôt sur la Gaule romaine au IVe siècle et sur le Regnum francorum (royaume des Francs) aux VII et VIIIe siècles. "Les côtes maritimes de la Gaule et de la Grande-Bretagne étaient toujours exposées aux ravages des Saxons. Le succès de leurs premières entreprises excita naturellement l'émulation des plus braves de leurs compatriotes, qui se déplaisaient dans la triste solitude des montagnes et des forêts. ... Ils étendirent la scène de leur brigandage, et les pays les plus enfoncés dans les terres ne durent plus se croire en sûreté contre leurs invasions. ... Leurs bateaux étaient si légers qu'on les transportait sur des chariots, d'une rivière à une autre : et les pirates qui entraient dans l'embouchure de la Seine ou du Rhin pouvaient descendre sur le cours rapide du Rhône jusque dans la Mer méditerranée. Sous le règne de Valentinien, les Saxons ravagèrent les provinces maritimes de la Gaule." (Gibbon, Histoire du Déclin et de la Chute de l'Empire romain, Rome de 96 à 582, Robert Laffont, Malesherbes 1984, p. 727-729)

Regnum francorum et régions fédérées au VIIe siècle sous Dagobert

Regnum francorum et régions fédérées au VIIe siècle sous Dagobert

Au VIIe s., sous Dagobert, les Saxons menacèrent la frontière nord (627), puis au VIIIe, sous Pépin le Bref (roi des Francs 751-768), ils reprirent également leurs raids. "Ces barbares  adoraient les fontaines, les arbres, les bois sacrés; ils croyaient aux sorciers; ils pratiquaient des sacrifices animaux et humains et le cannibalisme rituel; ils incinéraient leurs morts. A l'égard du christianisme, ils ressentaient une haine farouche et ils pourchassaient les clercs jusqu'à ce qu'ils aient quitté le pays ou qu'ils aient été mis à mort. Une manifestation de cette aversion du nom chrétien fit éclater le conflit." (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 153-154).

Début des années 780, les Saxons se soulèvent de nouveau, entrèrent en territoire franc, et provoquèrent des ravages jusqu'à la Moselle. NdCR.]

 

(2) soumettre ce peuple païen pour renforcer son alliance avec la papauté.

(3) obtenir du butin à redistribuer à ses vassaux, pour s'assurer de leur fidélité.

 

Les Saxons sont de féroces guerriers, farouchement attachés à leurs croyances et leur indépendance. Leur territoire est constitué de marécages et de forêts profondes propices aux embuscades - art dans lequel ils excellent.

 

Mais Charlemagne a confiance dans son armée, la plus puissante et la mieux équipée de son temps. Ayant bénéficié des réformes militaires de son grand-père, Charles Martel, et surtout de son père Pépin le Bref, ses unités d'élite sont les scarae, redoutables cavaliers combattants aussi bien à pieds que montés.

 

Après avoir réuni environ 15000 hommes, Charlemagne franchit le Rhin et entre en Saxe. Organisés en plusieurs colonnes parfaitement ravitaillées, les Francs progressent rapidement.

Les guerres saxonnes (772-804) : Charlemagne, la conquête de la Saxe

Aucune fortification ou obstacle naturel ne leur résiste, à la grande stupéfaction des Saxons. Les Francs convergent alors vers l'importante place forte d'Eresburg, qui est prise après un siège rondement mené. Reconstruire, Eresburg devient la principale base militaire franque en Saxe.

 

Près d'Eresburg, les Francs découvrent l'Irminsul, gigantesque frêne servant de lieu de culte aux Saxons. Charlemagne le fait abattre et, en lieu et place, fait dresser un immense crucifix.

 

Vaincus, les nobles saxons prêtent serment au roi des Francs, et se convertissent au christianisme.

 

Fin 772, Charlemagne quitte la Saxe en vainqueur avec un énorme butin et des dizaines d'otages. Il charge l'évêque anglo-saxon Willihad de poursuivre l'évangélisation du pays, et laisse la gestion du pays à son cousin- le comte Thierry- se tournant désormais contre les Lombards et les Arabes.

 

Cependant, dès le départ du roi Charles, Thierry fait face à des actes de rébellion, notamment dans le centre et l'Est du pays. Malgré une sévère répression, les pillages d'églises et de monastères se multiplient.

 

La situation s'aggrave en 779 : un guerrier nommé Widukind prend la tête de l'ensemble des forces rebelles. Surnommé le "duc des Saxons", Widukind s'était réfugié au Danemark pour échapper aux Francs et à la conversion forcée. Galvanisés par ce nouveau chef, beaucoup de Saxons renient le christianisme et reprennent les armes.

 

En 782, le soulèvement est généralisé. Les garnisons isolées et les colons francs sont impitoyablement massacrés par les hommes de Widukind. Celui-ci regroupe alors toutes ses forces dans le Massif du Süntel, au centre du Pays. Il y constitue une véritable armée prête à déferler sur les possessions franques. Prudent, Thierry échafaude un plan pour encercler l'ennemi. Mais ses lieutenants Adalgis et Gilon désobéissent et avancent seuls vers Widukind. Les Saxons interceptent la colonne franque près du village d'Hausberg.

 

C'est un véritable massacre. Adalgis et Gilon sont tués, avec sans doute plusieurs centaines de soldats francs.

 

Après cette victoire, Widukind et ses hommes sont convaincus d'avoir triomphé de la menace franque. C'est mal connaître Charlemagne. Sa volonté de soumettre les Saxons - désormais parjures - devant lui et devant le Christ - est décuplée. Il pénètre à nouveau en Saxe à la tête d'une force considérable (sans doute 25000 hommes). Dès son arrivée à Verden, il fait exécuter -en un seul jour- 4500 partisans de Widukind. Puis il publie le capitulaire De partibus saxonis (785), surnommé par les Saxons "la loi du fer de Dieu". Celui-ci punit de mort tout individu refusant de se convertir au christianisme.

 

Widukind défie alors les Francs en bataille rangée, près de Teutberg, où Arminius vainquit les Romains en l'an 9. L'armée franque est bien préparée et commandée par Charlemagne en personne. Les Saxons sont écrasés. Widukind ne parvient à s'enfuir qu'avec sa garde rapprochée. Quelques semaines plus tard, Charlemagne surprend le reste des forces saxonnes le long de la rivière Hase. Les Saxons sont à nouveau terrassés, mais Widukind reste introuvable.

 

Fin 783, Charlemagne décide de ne pas rentrer en France, et de passer l'hiver en territoire ennemi - fait exceptionnel durant son règne. Sans relâche, ses escadrons ravagent la Saxe afin de couper tout ravitaillement à Widukind.

 

Isolés et épuisés, le duc des Saxons et ses derniers compagnons sont alors contraints à la reddition. Charlemagne épargne la vie de ses prisonniers en échange de leur conversion. Symbole de sa victoire, il devient le parrain de Widukind.

 

Le roi des Francs tourne alors ses forces vers la Frise, toujours prompte à la révolte. Puis il conquiert la Bavière, et entre en Pannonie où il soumet les Avars, descendants des terribles Huns.

 

En 796, les Saxons excédés par la dîme se révoltent à nouveau. Le soulèvement prend une ampleur inédite, les Saxons trouvant le soutien des tribus slaves païennes et de mercenaires Avars.

 

De 796 à 798, les Francs mettent littéralement la Saxe à feu et à sang, écrasant les Saxons et leurs alliés. Sans doute jamais auparavant un pays n'eut à subir pareille dévastation.

 

En 799, les marais de Wihmodie, au nord, sont le dernier refuge de la résistance saxonne. Avec ses fils Charles et Louis, Charlemagne y extermine tous les hommes en âge de combattre. Puis il déporte vers la France des milliers de femmes et d'enfants, qu'il remplace par des colons.

 

En 804, les soldats francs ravagent une dernière fois une Saxe exsangue, qui n'oppose plus la moindre résistance. Il s'agit traditionnellement de la date choisie pour marquer la fin des guerres saxonnes.

 

Au terme de ce long conflit, la Saxe est intégrée directement au Regnum francorum, en tant que duché. Des échanges durables s'établissent entre Francs et Saxons, avec le christianisme comme ciment.

 

En 797 et 802, Charles rédige des capitulaires plus souples, accordant l'égalité politique aux Saxons, tout en respectant certains particularismes.

 

En 962, Othon Ier cherchera à se rattacher symboliquement à l'empereur lorsqu'il fondera le "Saint empire germanique".

Les guerres saxonnes (772-804) : Charlemagne, la conquête de la Saxe

Mais dans la mémoire collective germanique, Charlemagne reste le "boucher des Saxons"... l'envahisseur latinisé venu de l'Ouest, auquel on préfère des figures locales comme Arminius ou Widukind.

 

En France, le règne de Charles Ier "le Grand", avant tout "roi des Francs", laisse le souvenir d'une période de paix et de prospérité à l'intérieur du Regnum francorum originel. Un âge d'or qui inspirera les premiers chefs d'oeuvre de la littérature française.

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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 12:42

Une importante ferme gauloise aété découverte aux portes de Saint-Malo (Bretagne). Un article de l'INRAP mentionne une présence humaine "pendant plus de 6000 ans". La présence celtique sur notre territoire ne cesse de reculer :

Une importante ferme gauloise découverte aux portes de Saint-Malo

À Saint-Jouan-des-Guérets (Ille-et-Vilaine), un domaine agricole de l'âge du Fer vient d'être mis au jour. À l'occasion des Journées européennes du Patrimoine, le chantier sera ouvert au public le dimanche 17 septembre 2017.

 

Dans le cadre de l’aménagement de la ZAC Atalante, Saint-Malo Agglomération a désigné l’Inrap pour conduire l’ensemble des opérations archéologiques prescrites par la Drac Bretagne. La dernière fouille a débuté en juin à Saint-Jouan-des-Guérets.

Les archéologues y ont mis au jour un imposant habitat enclos gaulois. Une opération précédente, menée en 2015, avait permis la mise au jour de plusieurs maisons datées du Néolithique moyen (4300 ans avant notre ère), de plusieurs fosses de chasse (- 2500 ans) et de systèmes parcellaires gallo-romains. Plus de 6 000 ans d’occupation humaine sont ainsi retracés.

Le chantier sera exceptionnellement ouvert au public pour les Journées européennes du patrimoine.

 

[…] Au final, les deux fouilles (2015 et 2017) auront permis d’étudier une surface de 14,5 ha. L’ensemble des découvertes témoigne de l’intérêt des Hommes, pendant plus de 6 000 ans, pour des terrains idéalement placés et aux bonnes qualités agronomiques, sur le versant oriental de la colline de Blanche-Roche.

 

SOURCE : INRAP

L'archéologue Olivier Buchsnschutz mentionne une présence celtique apparue entre le deuxième et le troisième millénaire :

 

"Compte tenu de la continuité entre les cultures archéologiques qui se succèdent dans le domaine nord-alpin depuis l'âge du Bronze final et l'âge du Bronze moyen, divers auteurs ont cru pouvoir faire remonter l'apparition des Celtes au deuxième millénaire. Pour d'autres, on peut la chercher dans les phénomènes complexes qui touchent le domaine nord-alpin au Chalcolithique, au troisième millénaire [Brun 2006]" [L'Europe celtique à l'Âge du fer (VIIIe-Ier siècles), sous la direction de Olivier BUCHSENSCHUTZ, Nouvelle Clio, PUF, Mayenne 2015, p. 78.]

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 11:15
La révolution dite française (Marion Sigaut - Claire Colombi)

Les fake news ne sont pas d'hier ! Dans leur conférence à Narbonne le 14 juillet 2017 sur la révolution dite française, les historiennes Marion Sigaut et Claire Colombi ont rapporté un certain nombre des fake news colportées par les révolutionnaires en 1789, dont celui des Parisiens révoltés contre la monarchie (quand il s'agissait en fait d'émeutiers soudoyés et financés par des conjurés qui avaient décidé de détrôner le Roi), et celui des régiments étrangers, qualifiés de régiments "au sang impur", envoyés contre la population parisienne, c'est-à-dire les paroles de la Marseillaise... plus de deux ans avant leur rédaction en avril 1792 par un certain Rouget de Lisle.

Extrait :

 

"Tout ça, cela se fait autour de Philippe d'Orléans, qui va de a à z, depuis le début jusqu'à la fin, financer et exciter toutes ces émeutes.

[...] Le 'Palais royal' est l'état-major de Philippe d'Orléans, 'Grand Maître du Grand Orient', il est le maître absolu de la franc-maçonnerie de France...

 

Le 9 juillet, le jeudi 9 juillet 1789, se réunissent aux Mousseaux (Pac Monceau à Paris), dans un propriété au nord-ouest de Paris, l'abbé Sieyès, Mirabeau, Necker, Bailly (qui deviendra le premier maire de Paris), La Fayette, le général d'Estaing (tous francs-maçons... NdCR.), et cent députés amis qui étaient à Versailles... La réunion des Mousseaux a lieu une semaine, une toute petite semaine avant la 'prise de la Bastille', et on va y préparer le plan de ce qui va se préparer. On a des textes et des témoignages sur ce qui s'est dit à Mousseaux. Le plan de Philippe d'Orléans, qu'on appellera Philippe Egalité, est raconté par l'abbé Sieyès, qui dit : 'Messieurs, il ne reste à la nation française que la ressource de se mettre sous la protection du grand prince qui préside à cette assemblée. Jurons donc tous ici de ne rien négliger pour conduire ce prince immortel au sommet du gouvernement...'

 

Cela s'appelle un complot, et cela se fait au jardin des Mousseaux le 9 juillet 1789. Il s'agit en fait de renverser le trône. Tous les invités prêtent serment, le serment demandé par Sieyès. Au dessert, ils proclament le duc 'régent du royaume', en 'consistoire secret'. Mais les secrets sont comme tous les secrets, il y a toujours des gens pour délivrer les secrets par la suite... C'est comme cela qu'on le sait, et on se jure l'expulsion du roi. On prévoit d'organiser une insurrection générale à Paris le 13, le lundi 13 juillet... Il s'agit de prévoir des mesures d'intimidation contre les ennemis du prince, qui feront obstacle au plan. Le prince est très connu. Il sait qu'il a des ennemis dans la place de Paris. Et parmi ses ennemis, on a un certain Flesselles, prévôt des marchands, équivalent au maire, l'intendant Bertier, Foulon et Durocher, prévôts de la maréchaussée. D'emblée, on décide des mesures d'intimation contre ces gens, dont on pensait qu'ils seraient les ennemis du duc d'Orléans. On décide de remplacer Flesselles par Bailly, qui sera le premier maire de la commune de Paris. Décidé aux Mousseaux, ce sera chose faite dans quelques jours... On va éliminer les barons Bésenval et Breteuil, qui sont responsables de la sécurité parisienne, pour les remplacer par une sécurité municipale... Les deux officiers supérieurs de la sécurité à Paris devront être éliminés...  On veut proclamer Philippe, régent du Royaume, et créer une 'garde bourgeoise'. Il s'agit maintenant d'armer les Parisiens qui vont être d'accord avec les insurgeants.

 

On fait croire, on fera croire à la population que les régiments du roi sont des 'mercenaires étrangers au sang impur'... On décide de faire croire à la population que les régiments étrangers, le 'royal allemand' et le 'royal bâlois', sont des régiments au sang impur, qui sont des 'féroces soldats', 'employant le drapeau de la tyrannie'... Deux ans avant, les paroles de la Marseillaise sont déjà dans le plan de Philippe d'Orléans.

La révolution dite française (Marion Sigaut - Claire Colombi)

[...] Et on fait une liste de proscription. C'est-à-dire qu'on élabore une liste de gens qu'il faudra éliminer. Et d'ici quatre jours, une grande partie de ces gens-là seront effectivement éliminés, leur tête se promenant au bout d'une pique !... Alors si cela ne s'appelle pas un 'complot', trouvez-moi un autre nom ! Cela s'appelle un complot. C'est le complot des Mousseaux.

 

Deux groupes se constituent. Un va aller au Palais royal et distribuer la liste de proscriptions, liste de nom de personnes qu'il va falloir assassiner, et l'autre groupe se répand dans Paris avec la proclamation suivante: 'Depuis longtemps, il est question d'armer la bourgeoisie de Paris. Le moment est plus pressant que jamais, et je m'étonne de l'insouciance des habitants. Seront-ils mieux défendus par des étrangers que par eux-mêmes? [...] Parisiens, [...] les ennemis du Bien public sont aux portes et font marcher contre vous des soldats étrangers !' C'est-à-dire que l'on prétend que le roi envoie contre la population parisienne des régiments étrangers ! C'est évidemment un mensonge.

 

Lire: ""Qu'un sang impur abreuve nos sillons""

 

Simultanément, on fait entrer dans Paris des brigands qui étaient retenus aux barrières. Ils vont désarmer les patrouilles, piller les corps de garde...

 

[...] On fait courir le bruit que le duc arrêtera la disette et la cherté. Le duc a beaucoup d'argent. S'il achète du blé et le distribue, il passera pour un bienfaiteur. Or, le duc d'Orléans fait partie de ces spéculateurs. Il se fait de l'argent en vendant du blé plus cher qu'avant la libre circulation des subsistances....

 

Note de Christ-Roi. Dans son ouvrage "Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme", l'abbé Barruel indique : "Necker affamera ce peuple pour le forcer à l'insurrection..." (Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, Ed. de Chiré, Poitiers 2005, tome 2, p. 458.)

La révolution dite française (Marion Sigaut - Claire Colombi)

A l'hôtel-de-ville, les partisans de Philippe d'Orléans, proposent la formation d'une 'commune', c'est-à-dire d'un gouvernement municipal, et d'une 'garde nationale', c'est-à-dire d'armer les bourgeois.

 

A Versailles, au Conseil du roi, le Roi comprend que Necker appuie les opinions de Mirabeau et est désormais un ennemi. Et le Roi a raison, puisque Mirabeau fait partie des conjurés des Mousseaux. le Roi a compris que Necker est contre lui. Le Chapelier et le Club breton, futur club des Jacobins, comprennent ce qui est en train de se passer. Ils prennent peur et menacent de dénoncer les conjurés, et tous les gens qui étaient partie prenante pour transformer les états généraux en (soit-disant) 'assemblée nationale'... ne sont pas d'accord. Et le duc d'Orléans ne va pas retrouver l'intégralité de ceux qu'il aurait aimer mobiliser.

 

Samedi 11 juillet (1789). Il est 21 heures au café de foire dans l'enceinte du Palais royal, Danton est avec Choderlos de Laclos (l'agent de Philippe d'Orléans). Mirabeau arrive tout pâle, il dit qu'il est allé aux Champs de Mars et que les 8 à 10 000 hommes commandés par Bésenval ne sont pas du tout gagnés à la propagande : ils ne se sont laissés avoir ni par l'argent qu'on leur a proposé..., ni par les filles qu'on leur avait envoyées. Il pensait pouvoir compter sur un retournement des soldats du Champ de Mars et vraisemblablement cela ne sera pas le cas, ils ne sont pas du tout gagnés à la propagande. Donc il annonce un plan que les 'contre-révolutionnaires' (le mot est celui d'un franc-maçon, NdCR.), lui ont remis. Et il dit qu'il arrive de Versailles, où on lui aurait donné le plan que les contre-révolutionnaires auraient élaboré à Versailles. Or, le plan en question, c'est lui qu'il l'a rédigé avec Danton ! (le complot dans le complot... NdCR.) Il raconte que les 'contre-révolutionnaires' à Versailles (c'est-à-dire le roi et le gouvernement), veulent dissoudre l''assemblée nationale', arrêter tous ses membres, ainsi que ceux de l'assemblée des électeurs de Paris. Il annonce que si le peuple se porte aux Invalides en pensant s'emparer des armes, parce que les Invalides sont également un arsenal, on a ordre de 'tirer au canon sur le peuple'... Au même instant, le Champ de Mars vomira ses colonnes de troupes sur Paris et le Royal allemand avec Lambesc se répandra dans Paris et sabrera les femmes et les enfants. Voilà le plan préparé par le Roi, dixit Mirabeau et son ami Danton, qui ont tout inventé. La ville sera canonnée et livrée à 6000 brigands et on pendra les électeurs du conseil municipal de Paris. Il est urgent d'imprimer et de diffuser cette nouvelle, qui est une fausse nouvelle... On imprime et on diffuse dans Paris !  [...] A 11 heures du soir, on apprend que le Roi a renvoyé Necker. Ils ne l'avaient pas su avant : ils n'avaient pas le téléphone. Les fausses nouvelles de Mirabeau et Danton circulent déjà. Paris est persuadé que le Roi prépare un coup de force sanglant contre Paris..."

(Fin de citation)

Deuxième partie de la conférence. Claire Colombi :

 

"La république a été une grande pourvoyeuse de mensonges en tout genre !"

Dans cette deuxième partie, Claire Colombi aborde la raison économique et financière du choix par les francs-maçons de la date de la 'prise de la Bastille' comme jour de fête nationale :

 

Extrait :

 

"C'est peut-être pour cela qu'en loge, ils ont décidé que la prise de la Bastille deviendrait notre fête nationale. C'est que la Bastille a été construite par le roi Charles VI, le père de Charles VII, le gentil dauphin de Jeanne d'Arc, parce que au milieu du XIVe siècle, Etienne Marcel, prévôt des marchands, avait mené une révolte parisienne des corporations et des gens qui voulaient déjà prendre le pouvoir (le roi Charles VI, tout jeune, était parti dans les Flandres faire la guerre durant la Guerre de Cent Ans) et ils avaient décrété une espèce de commune de Paris durant quelques semaines (cela avait duré deux mois). Ils réclamaient que le Roi ne puisse plus voter ni l'impôt ni le Budget sans l'accord de la Commune de Paris, et il est retiré au Roi le droit de battre monnaie. C'est-à-dire qu'en 1350, quand il y a des types qui veulent prendre le pouvoir, ils décident que c'est eux qui vont battre monnaie et qui décident combien on va en tirer et que c'est eux qui tiennent la planche à billets... On est en 1350. C'est-à-dire que les méthodes ont pas trop évolué !

 

Et aujourd'hui, Etienne Marcel a une statue : les républicains de 1880 lui ont fait une statue à côté de l'Hôtel-de-Ville. Terrifié parce qui s'était passé, Charles VI avait fait édifié la Bastille, pour se protéger de la Commune de Paris."

 

Les questions du public:

Marion Sigaut : "Toutes les décisions qui ont été prises par le roi à partir de 1789, c'est le pistolet sur la tempe."

La révolution dite française (Marion Sigaut - Claire Colombi)
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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 15:19

Une légende tenace laissa entendre qu'en des temps immémoriaux nos ancêtres étaient incultes, illettrés. les pauvres : ils ne connaissaient pas encore Jules Ferry ! Qu'en est-il vraiment ? Le concile de Vaison en 529 prescrivit aux prêtres d'enseigner les Saintes Ecritures aux jeunes lecteurs destinés à leurs succéder au sein de petites écoles paroissiales et épiscopales. Ces établissements eurent pour mission de former les clercs.

 

Ce fut donc avec la christianisation de la société que ces écoles virent le jour au VIe siècle. De jeunes laïques pouvaient aussi intégrer ces écoles. Plus tard, Charlemagne, dans un capitulaire en 789, ordonna aux prêtres de créer des écoles pour apprendre à lire aux enfants. 

 

En 797, l'évêque d'Orléans, Théodulf, tiendra ces propos :

 

"Que les prêtres établissent des écoles dans les villages et les bourgs, et si quelqu'un de leurs paroissiens veut leur confier ses enfants pour leur apprendre les lettres, qu'ils ne les refusent pas et qu'ils accomplissent cette tache avec une grande charité."

 

A partir du XIe s., ces petites écoles gratuites se développaient. Les élèves pouvaient y apprendre à lire en latin à partir d'un psautier. Ils pouvaient également écrire, compter et aussi chanter.

 

Dès le XIIIe s., dans certaines villes, les filles pouvaient aller à l'école, et nul besoin d'appartenir à la noblesse pour y avoir droit. La fréquentation de ces établissements scolaires n'étaient pas obligatoire, mais vivement encouragée. Ainsi, au XIVe s., l'évêque de Mende, Guillaume VI Durand recommanda l'ouverture d'une école par village. Au XVe s., on dénombrait pas moins de 100 petites écoles répandues rien qu'à Paris. A la fin du 'Moyen Âge', même les paysans apprenaient à lire. Selon l'Eglise, pour pratiquer sa foi correctement, il fallait savoir lire.

 

Toutefois l'alphabétisation progressa difficilement par manque de temps, et d'argent pour certains. Au 'Moyen Âge', l'ascenseur social existait déjà. Jean Gerson, futur philosophe et théologien, était issu d'un milieu paysan. Sa mère, paysanne de son état, savait lire et écrire. C'est elle qui s'occupa de son éducation.

 

En dehors des écoles du cloître, les enfants pouvaient être éduqués, soit par un maître, soit par une maîtresse laïque, soit par un chapelain dans un château, ou par un professeur privé. Pour enseigner, les maîtres devaient être titulaires d'une licence obtenue à l'Université. Ils étaient rémunérés par leurs élèves. C'est pourquoi, ils devaient parfois s'adonner à la publicité. Ainsi, un maître toulousain mettra sur sa porte cette affiche publicitaire : 'Il y a un maître en cette bonne ville qui apprend à bien lire et écrire et compter. Je vous apprendrai bien, vraiment, et sans tromperie. Pauvres pour Dieu, riches pour argent, vous serez reçus.'

 

Après la petite école, plusieurs choix pouvaient s'offrir à vous. Vous pouviez apprendre un métier : l'enseignement professionnel était accessible dès douze ans. Ou alors, vous continuiez les études vous alliez au Collège. Au 'Moyen Âge', le Collège est bien souvent une fondation pieuse, ayant pour objectif de favoriser l'éducation des enfants pauvres désirant étudier à l'Université. Au Collège de Robert de Sorbon, qui fondera la Sorbonne, en est l'illustre exemple. Pour les plus capables, ils pouvaient poursuivre et aller à l'Université, comme celle de Paris, par exemple, qui fut une des plus importantes universités de l'époque médiévale.

Vie de Théodulphe en l'église éponyme de Trigny.

Vie de Théodulphe en l'église éponyme de Trigny.

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 16:21

Selon la légende, la ligne sacrée représente le coup d’épée que l'archange asséna au diable pour le renvoyer en enfer.

 

Une mystérieuse ligne imaginaire unit entre eux sept monastères, de l’Irlande jusqu’en Israël. Simple coïncidence ? Ces sanctuaires sont très éloignés les uns des autres, mais parfaitement alignés. La ligne sacrée de saint Michel archange serait, selon la légende, le coup d’épée que le saint asséna sur le diable pour le renvoyer en enfer.

 

Quoi qu’il en soit, le parfait alignement de ces sanctuaires est surprenant : les trois sites les plus importants – le Mont-Saint-Michel en France, l’abbaye Saint-Michel–de-la-Cluse et le sanctuaire du Mont-Gargan en Italie – sont équidistants. Un avertissement du saint afin que les lois de Dieu soient toujours respectées et que les fidèles restent sur le droit chemin. Par ailleurs, cette ligne sacrée s’aligne parfaitement avec le soleil levant du solstice d’été.

 

1) SKELLING MICHAEL

 

La ligne commence en Irlande, sur une île déserte, là où l’archange Michel serait apparu à saint Patrice pour l’aider à délivrer son pays du démon. C’est ici que se trouve le premier monastère, celui de Skelling Michael (“Le Rocher de l’archange Michel”).

 

2) SAINT MICHEAL’S MOUNT

 

La ligne se dirige ensuite vers le Sud et s’arrête en Angleterre, au St. Michael’s Mount (« Mont Saint-Michel »), une petite île dans les Cornouailles, accessible à marée basse. À cet endroit-même saint Michel aurait parlé à un groupe de pécheurs.

 

3) LE MONT-SAINT-MICHEL

 

Puis la ligne sacrée se poursuit en France, sur une autre île célèbre, le Mont-Saint-Michel, où l’archange Michel serait également apparu. La beauté de son sanctuaire et de l’immense baie qui l’entoure sur la côte normande, en fait l’un des sites touristiques les plus visités de toute la France. Il est inscrit au patrimoine de l’Humanité de l’Unesco depuis 1979. Déjà au temps des Gaules, ce lieu était imprégné d’un fort mysticisme, puis en 709 l’archange apparut à l’évêque d’Avranches, saint Aubert, à qui il demanda de construire une église dans le rocher. Les travaux commencèrent mais ce n’est qu’en 900, avec les moines bénédictins, que l’abbaye fut construite.

 

4) L’ABBAYE SAINT-MICHEL-DE-LA-CLUSE

 

À 1000 kms de distance, à l’entrée du Val de Suze, dans le Piémont (Italie), se dresse le quatrième sanctuaire: L’abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse (en italien Sacra di San Michele). La ligne droite unit ce lieu sacré au reste des monastères dédiés à saint Michel. La construction de l’abbaye commence vers l’an 1000, mais lui seront ajoutées de nouvelles structures au fil des siècles. Les moines bénédictins l’ont développée en lui ajoutant aussi une dépendance pour loger les pèlerins parcourant la voie Francigena, réseau de routes et chemins empruntés par les pèlerins venant de France.

 

5) SANCTUAIRE DE SAINT-MICHEL-ARCHANGE

 

Mille kilomètres plus loin, la ligne franchit les Pouilles et l’on tombe sur le Gargan, où une caverne inaccessible est devenue un lieu sacré : le Sanctuaire de Saint-Michel-Archange. La construction du site remonte à l’an 490, année de la première apparition de saint Michel à saint Laurent Maiorano, l’évêque local.

 

6) MONASTERE DE SYMI

 

Puis de l’Italie, la ligne sacrée de saint Michel arrive au sixième sanctuaire, en Grèce, sur l’île de Symi: le monastère orthodoxe de l’archange Michel « Mixalis » abrite une effigie du saint de 3 mètres de haut, une des plus grandes au monde.

 

7) MONASTERE DU CARMEL

 

La ligne sacrée se termine en Israël, au Monastère du Mont-Carmel à Haïfa. Ce lieu est vénéré depuis l’Antiquité et sa construction, comme sanctuaire chrétien et catholique, remonte au XIIe siècle.

 

Article traduit de l’italien par Isabelle Cousturié.

 

SOURCE: ALETEIA

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 14:16

Marion Sigaut et Youssef Hindi ont donné le 17 mars 2017 à Grenoble une conférence sur l’histoire et la religion de la République.

Illustrations récentes :

La République, son histoire, sa religion – Conférence de Marion Sigaut et Youssef Hindi
La République, son histoire, sa religion – Conférence de Marion Sigaut et Youssef Hindi
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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 18:33

L'hebdomadaire Le Point a publié jeudi 10 août un numéro consacré à la Révolution dite française, sous le titre "Les fantômes de la Révolution française, Secrets, Tabous, épisodes oubliés" (Le Point du jeudi 10 août 2017 n°2344).

La preuve juridique d'une intention génocidaire en Vendée (Jacques VILLEMAIN, Le Point du jeudi 10 août 2017 n°2344)

On retiendra au sujet du "génocide vendéen, le dossier rouvert", la "preuve juridique d'une intention génocidaire en Vendée" apportée par le diplomate et juriste Jacques VILLEMAIN, auteur de "Vendée 1793-1794" (éd. du Cerf). Le "bloc" si cher à Clemenceau (1) en sort bien lézardé ! (Source: Vendéens et Chouans)

 

Extrait :

 

"La nature criminelle de ces massacres n'est plus niée par personne (contrairement au XIXe siècle, par exemple sous la plume d'auteurs comme Michelet ou Jaurès). Cependant, certains (Jean-Clément MARTIN et, d'une manière générale, l'école dite 'jacobine') limitent la qualification de ces massacres à celle de 'crimes de guerre'. D'autres historiens (Patrice GUENIFFEY par exemple) reconnaissent qu'il s'agit de 'crimes contre l'humanité'. La qualification de 'génocide' est clairement minoritaire dans la communauté historienne universitaire, mais elle semble en voie d'enraciement. Reynald SECHER était le seul à la soutenir il y a trente ans (1986), et aujourd'hui on trouve le mot sous la plume d'auteurs comme Jean-Noël BREGEON ('Nouvelle histoire des Guerre de Vendée', Perrin 2017) ou Michel CHAMARD ('Les Guerres de Vendée pour les Nuls', First 2017) à titre d'hypothèse sérieuse.

 

[...] [D]es trois lois des 19 mars, 1er août et 1er octobre 1793.

 

[...] Le principe est que les révoltés sont privés de toute protection légale. Ce sera le système de défense de Carrier quand on lui reprochera les atrocités qu'il a commises à Nantes et qu'il répondra 'les brigands de la Vendée (...) étaient hors la loi' et qu'aucune des violences auxquelles il s'est livré ne pouvait être illégale. Cette loi du 19 mars justifie la répudiation de toutes les lois et coutumes de la guerre: on massacre les prisonniers, les blessés dans les hôpitaux, on n'épargne pas les civils. La loi du 1er août va plus loin. Elle peut être résumée par l'anaphore du discours de Barère à la Convention qui en précède le vote : 'Détruisez la Vendée!' On entre dans la logique d'une attaque généralisée et systématique de la population vendéenne, ce qui caractérise le crime contre l'humanité. Elle est réitérée et aggravée par celle du 1er octobre. Enfin, après que les Vendéens ont été militairement défaits à Savenay (décembre 1793), les autorités parisiennes valident la tactique de Turreau, qui passera à la postérité sous le nom de 'colonnes infernales' : douze colonnes militaires ratissent la région insurgée avec pour ordre de tout incendier et de tuer tous les habitants qu'elles rencontrent (y compris les municipalités républicaines qui ne seront pas épargnées). Plus aucun motif militaire ou politique ne peut justifier cette violence, car les révoltés sont défaits. Il s'agit désormais de massacrer tous les Vendéens en les visant 'comme tels', ce qui est la définition du génocide.

 

[...]  [L]a preuve juridique d'une intention génocidaire en Vendée.

 

[...] Les lois votées par la Convention le sont en termes très généraux. Mais la correspondance des représentants en mission qui, sont des députés de la Convention investis par elle pour faire appliquer ces lois et cette politique sur le terrain, est bien plus explicite sur les intentions criminelles. [...] Il y a la mise en oeuvre pratique sur le terrain de ces lois telles que précisées par les instructions du Comité de salut public et des représentants en mission : une loi n'a que le sens qu'on lui donne en pratique. Il suffit de démontrer que ce qui a été fait en Vendée a bien été conforme aux ordres donnés pour démontrer la responsabilité pénale de toute la chaîne de commandement.

 

[...] Ici l'entreprise criminelle commune, c'est le 'Détruisez la Vendée!' qui en droit comme en pratique, veut dire 'Détruisez les Vendéens!'. Le Comité de salut public est un organisme collégial et, par la suite, la responsabilité politique et pénale engage tous les membres du comité. Robespierre n'est pas institutionnellement le chef du Comité de salut public, mais il en est la personnalité 'prépondérante'. C'est lui qui fait renouveler pendant un an jusqu'en juillet 1794, les pouvoirs de ce comité par la Convention. Il a à titre personnel, demandé l''extermination' des Vendéens en mai 1793 et il soutiendra cette politique à partir de juillet 1793. Il a refusé de faire enquêter et de faire punir les crimes commis en Vendée qui lui étaient dénoncés, comme le prouvent les papiers retrouvés chez lui après sa mort.

 

[...] Reynald SECHER n'a pas tort de parler d'un 'génocide par petits bouts de papier'. [...] Il apparaît clairement qu'à aucun moment les militaires sur le terrain n'ont fait autre chose que ce que la hiérarchie politique, qui les surveillait de près et n'hésitait pas à les envoyer à la guillotine, leur ordonnait.

 

[...] La Shoah est l'entreprise génocidaire la plus vaste et la plus incontestable que l'Histoire ait connue, mais ce n'est pas la seule : il y en a eu avant (les Arméniens en 1915) et après (Yougoslavie et Rwanda), pour ne parler que de celles juridiquement reconnues. [...] Si on considère que ce qui s'est passés à Srebrenica ou au Rwanda est bien un génocide - et c'est incontestable puisque ça a été jugé tel par les tribunaux de l'ONU -, il n'y a plus aucun argument qui tienne, même selon la méthode comparatiste chère aux historiens, pour nier que ce qui s'est passé en Vendée en 1793-94 est bien de même nature."

 

(Jacques VILLEMAIN, in Les fantômes de la Révolution française, Secrets, Tabous, épisodes oubliés, Le Point du jeudi 10 août 2017 n°2344, p. 70-71.)

Notes

 

(1) Lors d'un débat à l'Assemblé le 29 janvier 1891, Georges Clemenceau proclame : "Messieurs, que nous le voulions ou non, que cela nous plaise ou que cela nous choque, la Révolution française est un bloc... un bloc dont on ne peut rien distraire, parce que la vérité historique ne le permet pas." À partir de cette phrase, Édouard Drumont broda une citation dans laquelle Clemenceau aurait approuvé les massacres de Septembre, les noyades de Nantes, les horreurs de Lyon, etc.

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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 15:09

Dans son ouvrage "Décadence", le philosophe Michel Onfray s'en prend violemment au christianisme antique et à son héritage. Selon lui, la personne de Jésus n'est qu'un mythe sans consistance historique et la religion chrétienne se trouverait à l'origine des violences et de l'intolérance qui obscurciraient jusqu'à nos jours le devenir de l'Occident.

 

Lire : Réponse à Michel Onfray sur quelques erreurs sur le christianisme

 

Le normalien Jean-Marie Salamito, agrégé de lettres classiques, professeur d'histoire du christianisme antique à la Sorbonne (PARIS IV), spécialiste de Saint Augustin, "sollicité de divers côtés", a rédigé et publié en mai dernier "une réponse, une réfutation" à Michel Onfray.  Voici un extrait de son livre intitulé "Monsieur Onfray, Au Pays des Mythes, Réponses sur Jésus et le christianisme", éd. Salvator, Paris 2017. Nous recommandons ce précieux ouvrage à tout chrétien soucieux aussi bien de s'enrichir personnellement par la découverte d'aspects peu connus de notre religion que de répondre aux diffamations, aux "généralisations abusives", "grossiers amalgames" et deux poids deux mesures de Michel Onfray quand il s'agit des chrétiens.

Onfray - Décadence - Jean-Marie Salamito : La réponse d'un professeur d'histoire du christianisme

"Les personnes qui, avec inquiétude ou perplexité, ont appelé mon attention sur ce que Décadence dit de Jésus et des premiers chrétiens, m'ont amené à lire des pages dont je n'imaginais pas à quel point elles déforment ou noircissent la réalité historique. [...] Ce livre (Décadence de Michel Onfray. Ndlr.) ne témoigne d'aucune compréhension, d'aucune sérénité, mais plutôt d'une lancinante hostilité combinée avec d'innombrables ignorances..

 

[...] [L]'existence historique de Jésus fait de nos jours l'objet d'un consensus dans le public et, plus encore, chez les spécialistes de l'Antiquité, du Nouveau Testament et des origines chrétiennes. Les négateurs de cette existence forment une infime minorité, active sur la Toile mais extérieure aux milieux scientifiques.

 

[...] Les chercheurs de tous les continents, malgré les désaccords qu'ils gardent sur de multiples points, considèrent unanimement que Jésus a existé. Les contredire revient à défier la vraisemblance. S'appuyer pour cela sur cinq ouvrages à la fois tendancieux et périmés, ignorer volontairement l'état actuel des connaissances, c'est tourner le dos à la raison. C'est faire de l'obscurantisme comme Monsieur Jourdain faisait de la prose : sans le savoir. Dans un autre domaine, qui oserait prétendre, de nos jours, que le soleil tourne autour de la terre? Qui voudrait se former à la médecine avec des manuels du début du siècle dernier?

 

Sincèrement, je pourrais m'arrêter là. Sur Jésus, Décadence rime avec invraisemblance. Il n'existe à peu près aucune chance pour que Michel Onfray (ou quiconque) ait raison à lui seul, ou presque seul, contre toute la communauté scientifique internationale, contre un libre consensus intellectuel qu'aucune autorité au monde ne contrôle ni ne manipule. Je vais tout de même accorder à son livre le bénéfice du doute. Par conscience, j'analyse maintenant ses positions."

L'auteur conclut son livre en s'adressant directement à Michel Onfray :

 

"Les affirmations à l'emporte-pièce que vous multipliez contre l'existence de Jésus de Nazareth, vous les décochez - admettons que ce soit sans le vouloir - contre un message qui, dès sa première proclamation, a permis aux misérables, aux petits, aux souffrants et aux exclus de bénéficier, peu à peu, d'une autre image dans les esprits et d'une autre place dans l'humanité. Votre mépris pour deux mille ans de christianisme retombe, sans doute malgré vous, sur la multitude de celles et ceux qui, au nom de ce Jésus auquel vous déniez toute réalité historique, ont souvent payé et continuent de payer cher leur engagement pour un monde moins inhumain."

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 14:07

 

"A en croire l'imaginaire populaire il semblerait qu'au 'Moyen Âge', cette longue période rustre, sale et inculte, paraît-il, les hommes pensaient que la terre était plate. Vraiment ?

 

Pourtant, dès le Ve siècle avant notre ère, des savants grecs avaient déjà montré la rotondité de la terre.

 

Eratosthène

Eratosthène (v. -276 – Alexandrie, Égypte, v. -194), scientifique grec, sera le premier à en calculer la circonférence deux siècles plus tard. Avec une marge d'erreur de 20% certes, mais pour les connaissances de l'époque, admirons la prouesse !

 

Dès le VIIe siècle, à l'apparition des premières mappemondes, ils utilisaient déjà les termes de globes, de sphères pour la désigner.

 

D'où vient le terme 'mappemonde' ? A l'origine, le mot mappa désignait une étoffe, une serviette, une nappe. A partir du IXe siècle, on allait passer de la désignation du support à celle du contenu : la mappemonde allait être le support graphique représentant le monde.

 

Au XIIe siècle, les croisades allaient aider à répandre la pensée des savants grecs dans toute l'Occident, grâce à la traduction des textes en latin.

 

De fait, au 'Moyen Âge', la notion de sphéricité de la terre ne faisait aucun doute. D'ailleurs, Charlemagne -pour signifier son pouvoir sur le monde-  tenait un globe terrestre dans sa main et non un disque.

Au Moyen-Age, les hommes pensaient-ils vraiment que la Terre était plate ?

Joannes de Sacrobosco, mathématicien et astronome, écrit à Paris en 1224 le "Traité de la Sphère". Cet ouvrage majeur se diffusera dans toute la Chrétienté. L'Eglise n'y trouva rien à redire.

 

Plus tard, le navigateur Christophe Colomb allait hériter de toutes ces découvertes scientifiques anciennes pour mener à bien son expédition. Il n'aura d'ailleurs pas à convaincre les théologiens de la Cour d'Espagne de la rotondité de la terre, mais simplement de la faisabilité du voyage. Isabelle Ière de Castille, dite 'la catholique', le financera, même si elle ne crut pas beaucoup en son succès.

 

Quant à Galilée, dont on pense encore qu'il fut à l'origine de la découverte de la forme sphérique de la terre, il n'a jamais été condamné par l'Eglise pour avoir affirmé que la terre était ronde, mais pour avoir remis en question la théorie du géocentrisme. Galilée défendait l'héliocentrisme, à savoir que la terre tourne autour du soleil, ce qui était fort juste. Condamné à la prison, le pape allègera tout de suite sa peine en résidence surveillée, puis il finira sa peine chez lui à Florence : il n'ira donc pas en prison et continuera à percevoir des revenus ecclésiastiques que le pape lui avait octroyés.

 

Mais d'où vient donc cette simplification des faits, cette hostilité envers 1000 ans de notre histoire ? La réponse vient du côté des auteurs de la 'Renaissance' repris par des historiens du XIXe siècle. Pour mettre en valeur une 'Renaissance' éclaboussée par la connaissance et un XIXe siècle tellement civilisé, il fallait pour cela mépriser ce 'Moyen Âge' sous influence religieuse forcément néfaste. Ah! Elle a bon dos la religion!"

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 13:35

Tribune de Jean-Marie Le Méné pour Valeurs actuelles.

"La loi Veil aura sublimé le signe le plus sûr du déclin d’une civilisation" (Jean-Marie Le Méné)

Tribune. Si elle restera marquée par la figure de Simone Veil, la France ne saurait oublier qu’une partie du pays s’est opposée et s’oppose toujours à l’avortement légalisé, remboursé et banalisé. Le président de la fondation Lejeune, Jean-Marie Le Méné, revient sur la triple rupture philosophique, juridique et politique de cette réforme portée par la ministre de la justice de l’époque.

 

Pour la première fois, en 1975, un acte condamnable depuis Hippocrate, 400 ans av. JC, a été dépénalisé. Cette révolution n’a été rendue possible que par les mécanismes de compensation inventés par la société. Car, à la différence d’autres transgressions moins radicales, l’avortement n’offre aucune contrepartie positive hormis la liberté absolutisée, symbole d’une idéologie de rupture avec l’ordre naturel. Les meilleures intentions ont été invoquées, il ne s’agissait que d’une dérogation au principe du respect de la vie, accordée en cas de détresse. L’enjeu était la santé des femmes menacée par l’avortement clandestin. Au fond, la loi Veil n’était qu’une loi de santé publique. Cette aimable vision a rassuré la droite qui a soutenu la ministre, plus par faiblesse que par malice, en s’avouant à la fois contre l’avortement mais pour la loi. Sauf que réduire le féminisme à un hygiénisme et assimiler un acte commis en blouse blanche à un acte médical en dit long sur la reddition de l’intelligence aux forces de l’illusion. L’acte est tellement contre nature qu’il n’est tolérable que dénaturé. Tout est déni dans l’avortement : l’innommable est acronymisé, l’indescriptible euphémisé, le réel virtualisé.

 

“Certaines se tatouent les lettres « IVG » sur la peau, là où l’on dessinait jadis des « je t’aime »”

 

L’infans conceptus n’est plus ni un être, ni un humain, ni un vivant, de sorte que son effacement n’est plus homicide mais cosmétique. Les protagonistes échangent leurs rôles : l’enfant devient l’agresseur et la mère la victime. L’acte héroïsé, débarrassé de l’alibi de la détresse et d’un humiliant délai de réflexion, poussé à la performance par une politique de quotas, n’entraîne plus aucun effet indésirable. Au contraire, certaines se tatouent les lettres « IVG » sur la peau, là où l’on dessinait jadis des « je t’aime ». On finit même par en rire : « 220 000 avortements par an en France. Si on arrêtait d'en faire un fromage ? » goguenardise le site My little IVG. La grossesse interrompue, dont l’Etat a imposé le remboursement à la collectivité, comme un soin parmi d’autres, est devenue l’étape initiatique de la vie des femmes. Mais, depuis plus de 40 ans, l’avortement ne tient que par le mensonge, seule ressource de son néant.

 

 

Devenu indifférent au bien et au mal dont la frontière a été floutée, le droit s’est retiré peu à peu du service de la justice. Il ne consiste plus à rendre à chacun ce qui lui revient (en l’occurrence le respect de la vie à l’enfant conçu) mais à accompagner ce qui change dans la société. Est juste ce qui va dans le sens de la modernité, est injuste ce qui s’y oppose. De fait, la transgression princeps de l’avortement est devenue le portail d’accès vers tous les « progrès sociétaux ». L’avortement ne prétend pas détruire la société mais la reconstruire sur une autre base : l’humain est le résultat d’une construction, d’un choix, d’un désir. En cela, il est une pierre fondatrice du transhumanisme. Après avoir osé la mort de l’enfant avant sa naissance, tout devient possible, notamment la fabrication de l’enfant de son choix. Ce raisonnement a produit un effet cliquet (pas de retour en arrière), une surenchère maîtrisée (on reste toujours en deçà de la transgression-étalon) et une escalade d’« illégalités fécondes » qui ont modernisé la société. Ainsi, au nom de l’avortement, on a légalisé en quelques années tout une cohorte de pratiques avant-gardistes : l’eugénisme systématique des « anormaux », l’industrie procréatique et le diagnostic préimplantatoire, le tri des embryons humains, leur congélation, leur stockage, leur utilisation pour fabriquer des enfants « normaux » sinon versés à la recherche et voués à la destruction. L’engouement pour le clonage, comme l’exploitation de cellules souches embryonnaires, s’est réclamé de l’avortement.

 

“La légalisation de l’avortement demeure la matrice de toutes les audaces”

 

La GPA renvoie au concept de la grossesse choisie pour peu qu’on la débarrasse de son aspect lucratif déplaisant. La fabrication d’un embryon à trois parents est une expérimentation pleine de promesses en France en attendant l’ectogénèse. La légalisation de l’avortement demeure la matrice de toutes les audaces : il n’est pas jusqu’à l’interdiction de la burqa et l’autorisation du mariage gay qui n’invoquent le haut patronage de la légalisation de l’avortement. L’euthanasie n’échappe pas à la règle : donner la mort en fin de vie n’est pas moins compassionnel que la donner en début de vie. Manquait une clé de voute, un dispositif qui empêche quiconque de lever un coin du voile et de dénoncer « le mensonge qui tue » selon le mot de l’historien Pierre Chaunu. C’est le délit d’entrave, destiné à réprimer l’information dite dissuasive de l’avortement, mais ouvert à l’information incitative. Les grands procès de Moscou sont de retour. On arrêtera « les suspects habituels ». Tel est le triomphe du droit, mais la défaite de la justice.

 

Politiquement, la loi Veil illustre un modèle mythique de violence politique digne d’un dialogue de Thucydide. Les réformes rêvées par la gauche, mais réalisées par la droite, ont précipité le politique sur un chemin de traverse. Si « la distinction spécifique du politique, c’est la discrimination de l’ami et de l’ennemi », alors le vote de l’IVG a brouillé les pistes. Tandis que la gauche et la droite ont affiché une convergence de façade autour de la loi de 1975, s’est construite une relation scabreuse où c’est la gauche qui monte la garde et la droite qui baisse la sienne. Avec le vote de la loi Veil, la droite a « gagné » une liberté sous protection de la gauche. La droite a fait allégeance sur le plan culturel à une gauche qui définit le périmètre d’évolution de la droite et la charge même de faire avancer certains de ses projets. Comme le poisson rouge dans son bocal, la droite est en liberté surveillée, associée à une soumission à la gauche quel que soit le parti au pouvoir.

 

“La loi Veil aura sublimé le signe le plus sûr du déclin d’une civilisation”

 

De ce fait, la gauche peut fort bien se dispenser d’être au pouvoir, en pratique elle y est toujours. La droite fait ce qu’elle veut pourvu que, sur les questions ontologiques, la gauche donne le cap. Ainsi s’expliquent les lois de bioéthique, toutes les trois votées sous la droite, tapis rouge déroulé au progrès technoscientifique, en l’absence de débat éthique. A l’évidence l’avortement, sanctuarisé dans le tabernacle de la République, ne peut pas faire l’objet de la moindre remise en cause. Au contraire, comme l’ont montré les débats récents dans tous les partis, seuls les candidats qui anticipent les reproches et s’affichent comme les plus transgressifs peuvent espérer un destin politique. Depuis 40 ans, sur des centaines de ministres, pas un seul n’a osé exprimer son opposition à la loi Veil qui, en cela, s’avère une victoire de son auteur éponyme. Il reste, qu’on le veuille ou non, qu’« un pays qui tue ses enfants tue son âme », comme le disait le Pr Lejeune. La loi Veil aura sublimé le signe le plus sûr du déclin d’une civilisation, le refus de ce « miracle qui sauve le monde » par lequel Hannah Arendt désignait la naissance.

 

SOURCE

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 07:05

«Nos ancêtres les Gaulois»: au-delà des caricatures et des polémiques récurrentes, comment ont-ils façonné la France?

 

Ils sont proches de la nature, la vénèrent, portent des vêtements éco-friendly, se laissent pousser les cheveux et la moustache. Les femmes sont libres, et jouissent d'une position centrale au sein de leur communauté… car ils vivent en effet en communauté. Et aujourd'hui, on les évoque, au mieux avec humour comme je viens de le faire, au pire avec sarcasme.

 

Alors non, chers auditeurs, je n'ai pas à l'esprit les bobos… figurez-vous que je pensais davantage à nos ancêtres les Gaulois.

 

Piliers de l'identité nationale sous la IIIème république, les voici oubliés de notre histoire. Ils en ressortent de temps à autres, et font naître les polémiques. Notre filiation à la Gaule est devenue polémique. Alors cela est-il justifié ou la plus dérangeante des injustices? Que leur devons-nous, vingt siècles plus tard?

 

Pour en savoir davantage, SputnikNews s'est entretenu avec un jeune historien plein d'avenir, Lorris Chevalier. Conservateur du patrimoine, il vient de publier un petit opuscule, 'Nos ancêtres les gaulois', aux éditions de Chiré.

Extraits:

 

Des barbares?

 

« L'origine barbare nous provient des Romains. Attaqués en 390 avant J.C. par Brennos, ils vont être traumatisés. Jules César va grandir ce peuple, pour amplifier sa gloire. Les humanistes vont en parler, les hommes des Lumières aussi, de manière totalement méprisante. Voltaire les qualifiaient de ‘honte de la nature'. (…) Actuellement, grâce à ce que nous trouvons dans nos sols, et par des bribes de textes transmises par les Romains, nous trouvons une grande civilisation gauloise qui appartient à la civilisation celtique. (…) Aujourd'hui, les ministres de l'éducation montrent une haine de la préférence nationale, mise en avant sous la IIIè République. Dans les programmes de 6ème, il y a actuellement un désamour du celticisme et de la France. Ils ont été remplacés par ‘la découverte des mondes anciens', par la Chine des Hans, ce qui est certes très intéressant mais cache une période de 1000 ans de notre histoire, de —800 avant J.C. à 300 ans après J.C. »

 

Un héritage gallo-grec

 

« C'est grâce aux Gaulois que nous avons en France l'héritage grec: l'importation romaine se fait entre le 1er et le 2ème siècle avant J.C. Mais dès —600, on a le port de Marseille. A partir de ce moment-là, on parle et on retrouve des écrits gallo-grecs. Dans la tombe de Vix, qui était une princesse gauloise en —380, on trouve un magnifique cratère grec qui pouvait contenir 1100 litres de vin. La noblesse et l'aristocratie gauloise maîtrisaient le grec, avait reçu cet héritage grec. La romanisation des Gaules sera plus culturelle que militaire. Les Gaulois vont mêler leur héritage, notamment la place de la femme. Celle-ci est méprisée dans le monde romain. (Dans la civilisation gauloise) elle est très respectée, elle maîtrise sa dot, elle est chef du foyer, contrairement au pater familias romain. Cet héritage ci sera transmis au monde médiéval.

[...] Il y a une union des peuples gaulois en cas d'invasion. Dans la Guerre des Gaules de Jules César, on retrouve un sentiment de liberté très profond, un certain Dumnorix, grand chef gaulois qui se fait tuer, dit : "Je meurs libre d'un peuple libre".

[...] Les Gaulois nous transmettent également la hiérarchie, ce que les révolutionnaires ont profondément voulu abattre. Et c'est grâce à eux que (nous a été trnasmis) le modèle hiérarchique médiéval au niveau des ordres entre oratores, bellatores, laboratores, qui sont les trois fonctions (Dumézil), ceux qui prient, ceux qui travaillent et ceux qui font la guerre. Cette société d'ordres va être détruite à l'époque révolutionnaire et on va parler de "temps féodaux" et on va essayer d'assimiler les Gaulois à la période féodale. »

 

La valeur de la langue gauloise

 

« [La langue française ne compte que 150 mots d'origine gauloise mais] ce n'est pas tant une remise en cause. Il faut regarder quels mots nous sont transmis: des mots de végétaux, d'animaux, mais aussi d'inventions. Le mot ‘jante', le mot ‘char', le mot ‘essieu' sont gaulois. Ils étaient de grands commerçants, ces mots ont une valeur intrinsèque qui nous rappelle la grandeur ingénieuse, industrielle voire artisanale de ce peuple. »

 

Un héritage religieux

 

« Les Gaulois ont laissé quelques miettes [de religion] ramassées derrière. On arrive à retrouver dans la religion gauloise des transmissions pérennes, au niveau des fêtes et des solstices tous intégrés dans la religion chrétienne. Les dieux gaulois vont être romanisés, et exister dans la religion chrétienne à travers le culte des saints. A Berzé-la-ville par exemple Bourgogne du Sud, nous avons une chapelle avec les saints patrons du vin: Saint Vincent mais aussi Saint Bacchus et Saint Dionysos! Des cultes grecs et romains transmis par les Gaulois. »

 

(Fin de citation)

 

SputnikNews

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Publié par Ingomer - dans Histoire Livres
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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 07:05

La politique est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire.

Richelieu

L'édit de Nantes de 1598, cédé par Henri IV, permet à la communauté protestante française de prospérer, jusqu'à devenir un véritable État dans l’État possédant son armée et sa diplomatie propre. Lorsqu'en 1617, les Protestants refusent ouvertement d'appliquer une clause de l'édit de Nantes (jusqu'alors non appliquée), le jeune roi Louis XIII décide d'écraser militairement la Rébellion. L'épisode des "Rebellions Huguenotes", doublé d'une guerre franco-anglaise (1627-1629), est parfois considéré comme la dernière guerre de religion en France.

Extrait :

 

«Avril 1598. Le Roi de France Henri IV promulgue l'édit de Nantes, accordant aux protestants le droit de pratiquer leur culte dans certains lieux réservés. L'édit met fin à la guerre entre catholiques et protestants qui ensanglanta la France durant toute la seconde moitié du 16e siècle. Mais il engendre une situation complexe et instable. En effet, l'édit rétablit de fait le catholicisme comme religion d'état... Mais il restaure les droits civils des huguenots (protestants français), et leur octroie certains privilèges, comme des tribunaux spécifiques. Il leur attribue également 160 villes fortifiées, et une puissance militaire autonome, distincte de l'armée royale. Cette force de défense de 30 000 hommes peut paraître justifiée au lendemain des guerres de religion, mais à long terme, elle met en péril l'unité de l'état.

 

Lorsque le jeune Louis XIII accède au pouvoir en 1617, il prend en main les affaires du royaume, d'abord entouré d'un conseil restreint... puis progressivement avec un seul "premier ministre": le Cardinal Richelieu. Les deux hommes partagent une même conception de la grandeur de la France et de la "raison d'état". Ils vont être amenés à reprendre les hostilités contre les protestants, moins de façon planifiée que pour assurer l'autorité de la royauté. En effet, Louis XIII a la volonté de rendre le libre exercice du culte catholique à tout le Béarn, province entièrement passée à la Réforme protestante sous l'influence de la reine de Navarre Jeanne d'Albret (épouse d'Antoine de Bourbon et mère d'Henri IV. Ndlr.). Cette décision prévue par l'édit de Nantes, mais non appliquée par Henri IV déclenche un mouvement de résistance au nom de la "cause réformée". En 1620, le Conseil de Béarn, composé entièrement de protestants, refuse d'entériner la décision royale et soutient les chefs huguenots rebelles.

Louis XIII doit s'imposer par la force : Pau est militairement occupée, et les membres du Conseil sont remplacés par des catholiques. Certaines familles protestantes se plient à la décision du souverain, mais d'autres continuent de le défier.

Louis XIII écrase un Etat dans l'Etat (1628)

Les rebelles se placent sous le commandement des frères Henri et Benjamin de Rohan, et se réunissent à La Rochelle, principale place forte huguenote. Ils y organisent des levées de taxes et de soldats, et font même appel à la protection du roi d'Angleterre. Louis XIII ne peut tolérer ce qui apparaît désormais comme un "état dans l'état". La guerre est inévitable.

 

En mai 1621, le roi envahit le Béarn à la tête de ses troupes. La campagne commence bien avec les redditions de Saumur et Thouar, puis la prise de Saint-Jean d'Angély. Mais Montauban résiste avec acharnement, et l'armée royale doit se retirer le 9 novembre, après avoir subi de lourdes pertes. Henri de Rohan reste maître du Languedoc, tandis que son frère Benjamin, le "duc de Soubise", pille le Poitou et amasse un butin considérable.

 

1622. Le roi repart immédiatement en campagne contre Soubise, réunissant 7000 hommes au sud de Nantes. A l'approche des troupes royales, les huguenots se réfugient dans les Marais de l'Île de Riez, au large des Sables-D'Olonne. Mais dans la nuit du 15 au 16 avril, Louis XIII et ses hommes franchissent audacieusement un bras de mer à gué et encerclent le camp ennemi. Totalement surpris, les huguenots tentent une percée... Mais ils sont taillés en pièces par l'armée royale. 3000 huguenots sont massacrés et 1500 sont faits prisonniers. Soubise, lui, est parvenu à s'enfuir dès le début du combat. Louis XIII a pacifié le Poitou, mais les protestants restent en révolte, au sud d'une ligne La Rochelle-Aigues Mortes.

 

Fin 1622. Les combats continuent dans le Midi : le siège de Montpellier est le théâtre de combats acharnés. Epuisés, les deux camps conviennent alors d'une trêve en octobre, et Montpellier accepte d'ouvrir ses portes en échange du pardon du roi.

 

Les hostilités reprennent en 1624 quand la flotte huguenote -commandée par Soubise- prend le contrôle des Îles de Ré et d'Oléron. Louis XIII réagit: 1500 soldats royaux débarquent et reprennent une partie de l'île de Ré, dont la forteresse de Saint Martin. Peu après, la flotte huguenote est battue en mer par "la Royale", commandée par le seigneur de Toiras. Charles Ier d'Angleterre déclare alors la guerre à Louis XIII, autant par solidarité envers les huguenots que pour entraver la montée en puissance de la marine française.

 

Maréchal de Toiras

Le 12 juillet 1627, une puissante flotte anglaise -menée par le duc de Buckingham- parvient à débarquer 7000 soldats sur l'île de Ré. Les Anglais mettent le siège devant la citadelle, mais Toiras et ses hommes tiennent bon. En octobre, un intrépide convoi français réussit à traverser le blocus anglais pour ravitailler les assiégés. Buckingham veut alors en finir: il ordonne une attaque massive, mais celle-ci se brise à nouveau sur les défenses françaises. Voyant le moral ennemi au plus bas, Toiras opère une sortie rageuse. Pris de panique, les Anglais fuient vers leurs navires, sous le harcèlement constant des Français. Durant cette désastreuse campagne les Anglais auront perdu 5000 hommes sur leurs 7000 engagés. Leur bourreau, Toiras, est nommé Maréchal de France par Louis XIII. Celui-ci met alors le siège devant la ville de La Rochelle, afin de "couper la tête du dragon".

 

Richelieu déploie 20 000 hommes autour des puissantes murailles de la ville, coupant toutes les voies de communication terrestres. Pour empêcher le ravitaillement par la mer, le Cardinal fait construire une digue d'1,5 KM de large et 20 m de hauteur, hérissée de canons. L'ouvrage prouve son efficacité en mai 1628 : une flotte anglaise, menée par Buckingham, ne parvient pas à forcer le blocus. Même résultat en septembre : la flotte du comte de Lindsey doit rebrousser chemin sous la mitraille. Pour les Rochelais, la famine s'ajoute aux terribles bombardements de l'artillerie royale. Fin octobre, leur maire, Jean Guiton, comprend que tout est perdu, et finit par se rendre. Dans la cité qui défia le pouvoir royal, il ne reste que 150 soldats capables de se tenir debout et 5000 civils survivants sur 25 000.

 

Le cardinal de Richelieu au siège de La Rochelle (Henri-Paul Motte, 1881)

En Languedoc, Henri de Rohan avait entamé des négociations avec l'Espagne, devenue adversaire de la France. Mais les secours espagnols n'ont pas le temps d'arriver : Privas tombe aux mains des troupes de Louis XIII, qui rasent la cité et massacrent les habitants. A cette nouvelle, les autres bastions protestants du Languedoc rendent les armes sans coup férir. Louis XIII met alors le siège devant Alès (Gard), dernière place forte huguenote de France. Celle-ci se rend en juin 1629.

 

Par l'édit d'Alès, le roi accorde l'amnistie aux protestants qui ...gardent le droit de pratiquer leur religion dans le Royaume de France. Cependant, Louis XIII supprime l'intégralité des privilèges, politiques, juridiques et militaires dont ils bénéficiaient. Henri de Rohan est gracié mais doit s'exiler à Venise. Son frère cherche à poursuivre le combat mais il meurt peu après en Angleterre...

 

La monarchie française sort renforcée de ces années de guerre : le parti protestant est définitivement éradiqué, l'ennemi anglais sévèrement affaibli. La toute nouvelle marine royale s'est bien comportée et semble prête à concurrencer la Hollande sur toutes les mers du globe.

 

L'action énergique et intransigeante du roi durant les révoltes huguenotes portent les germes du "Grand siècle" français.

 

A la fin du XVIIe siècle les tensions religieuses reprennent en Europe de l'Ouest. A partir de 1685, Louis XIV entreprend de convertir de force les protestants français, accélérant leur exil vers l'étranger. Au total, 275 000 protestants ont quitté la France du 16 au 17e siècle, pour le plus grand profit de leur pays d'accueil (surtout l'Angleterre et les Pays-Bas).

 

Etrangement, l'arrivée en France de 70 000 catholiques britanniques et irlandais -chassés du Royaume-Uni entre 1690 et 1745- est beaucoup moins étudiée. Ces exilés -dont 40% sont des nobles- furent accueillis à bras ouverts dans les villes côtières de l'Ouest et s'y assimilèrent remarquablement. Très dynamiques ils contribuèrent à l'extraordinaire essor du commerce maritime français du 18e siècle. Aussi, 23 000 immigrés irlandais intégrèrent l'armée française, y démontrant leur immense courage à maintes reprises jusqu'à la Révolution. C'est ainsi que l'on trouve dans les armées françaises 2 maréchaux» , 18 lieutenants généraux et 12 maréchaux de camp d'origine irlandaise. »

 

Texte et montage Le Cajun.

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 08:52

Invitée de Tv-Libertés, l'historienne Marion Sigaut évoque son ouvrage "Le tournant de la régence", quatrième opus de la collection "Les manuels d'Histoire de Marion Sigaut".

Extrait:

 

"Les jansénistes, c'est l'hypocrisie de la bigoterie. Les jansénistes voulaient non pas seulement régenter l'Eglise, ils voulaient que la société civile puisse connaître des affaires de sacrements et de dogme.

Les jansénistes voulaient que la religion soit soumise à l'état. C'est-à-dire que les points de dogme et de sacrements soient sous l'autorité des juges et même des avocats. Une chanson chantée à l'époque pour se moquer des jansénistes disait 'Avant vous croyiez que les papes ou les cardinaux étaient compétents pour juger des points de dogme, aujourd'hui pas du tout, c'est les avocats, les avocats, les avocats !' C'est-à-dire que ce sont des gens qui ont voulu soumettre la religion à l'état et ils appelaient cela 'la laïcité'. [...] Et les jansénistes ont poursuivi en justice des curés qui avaient refusé en leur âme et conscience de donner la communion à des pénitents qui n'étaient pas en état de la recevoir.

Sans aller jusqu'à aujourd'hui, on va trouver une illustration très parlante de la victoire des jansénistes dans la 'Constitution civile du clergé' [Décret unilatéral de l'Assemblée dite "nationale" du 12 juillet 1790. Ndlr.], selon laquelle le clergé n'est plus payé par l'Eglise..., par l'intermédiaire de la dîme [mais par l'état. Cette "constitution" donnait statut de citoyen-fonctionnaire-élu aux membres du clergé. Ndlr.], les prêtres vont être élus par la population. Si par exemple dans un village il y avait un libre penseur, trois protestants et une communauté juive, ils auront accès à l'élection du prêtre qui sera payé par le budget de l'état... [Les évêques seront être élus par l'assemblée des électeurs du département (un électeur pour cent citoyen actif, l'électeur devant justifier un revenu de 150 ou 200 journées de travail). Source: Augustin Gazier, Études sur l'histoire religieuse de la Révolution française d'après les documents originaux et inédits depuis la réunion des États généraux jusqu'au Directoire, Paris, 1887, p. 32, Ndlr.] C'est cela la séparation de l'église et de l'état ?" (Fin de citation)

Ainsi, ce qui caractérise au premier chef l'état moderne, et dans le cadre de l'émergence de la république absolue des Lumières qui entend régenter la religion, ce n'est pas d'abord la sécularisation des doctrines ecclésio- ou théologico-politiques (le roi de France sera sacré jusqu'au dernier, Charles X), "c'est au contraire la détermination strictement théologique de cette nouvelle figure de l'état absolu, qui passe prioritairement par une re-sacralisation de l'état..." (Cf. Fanny COSANDEY, Robert DESCIMON, L'Absolutisme en France, Histoire et historiographie, L'histoire en débats, Points Histoire, Paris 2002, p. 102) Un état qui en quelque sorte devient lui-même religion et qui fait qu'aujourd'hui par exemple une république soit disant "laïque" créer de toute pièce un "islam de France" (mise à mort de la loi de 1905) et voit un de ses ministres de l'intérieur réclamer le financement public des imams, c'est-à-dire la fonctionnarisation de l'islam... C'est sans doute dans cette direction que l'historiographie de l'absolutisme en France s'orientera les prochaines années.

 

 

Enfin, Marion Sigaut rappelle que "cette "Constitution civile du clergé" (1790) est ce qui a déclenché la guerre civile" en 1793-1794. Or, trois ans avant le déclenchement de la Guerre de Vendée, le pape Pie VI écrivit le 9 juillet 1790 à Louis XVI : "Nous devons vous dire avec fermeté et amour paternel que, si vous approuvez les décrets concernant le Clergé, vous induirez en erreur votre Nation entière, vous précipiterez votre Royaume dans le schisme et peut-être dans une guerre civile de religion." (Cité in Jean de Viguerie, Christianisme et Révolution, Paris, 1986, p. 82.)

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 06:46
L'énigme de la tombe celte (documentaire ARTE)

En 2014 a été découverte à Lavau, dans la banlieue de Troyes (Champagne, région "Grand Est"), la tombe du "prince de Lavau" (Cf. Ci-dessous le documentaire d'Arte 2017, "L'énigme de la tombe celte"). La tombe du prince de Lavau, celte du Ve siècle av. J.-C., rejoint le phénomène dit des "tombes princières", manifestations spectaculaires du phénomène princier celte (Vix en Bourgogne, 1953, et Hochdorf à Stuttgart, Baden-Wurtemberg 1977).

 

Nos ancêtres les Gaulois vivaient sous une monarchie. Le "peuple français " (Régine Pernoud) a pris la relève; jusqu'en 1789 et la démocratie du néant, il se gouvernait sous une monarchie sacralisée... La France avec son histoire gauloise, c'est trois mille ans d'épopée. Les dernières données de la science font remonter la présence celtique dans le domaine nord-alpin au "troisième millénaire" avant Jésus-Christ.

Compte tenu de la continuité entre les cultures archéologiques qui se succèdent dans le domaine nord-alpin depuis l'âge du Bronze final et l'âge du Bronze moyen, divers auteurs ont cru pouvoir faire remonter l'apparition des Celtes au deuxième millénaire. Pour d'autres, on peut la chercher dans les phénomènes complexes qui touchent le domaine nord-alpin au Chalcolithique, au troisième millénaire [Brun 2006]"

L'Europe celtique à l'Âge du fer (VIIIe-Ier siècles), sous la direction de Olivier BUCHSENSCHUTZ, Nouvelle Clio, PUF, Mayenne 2015, p. 78.

Le documentaire d'Arte :

L'énigme de la tombe celte (documentaire ARTE)

Bibliographie

 

. Patrice BRUN, Princes et Princesses de la Celtique, Le premier Âge du fer en Europe, 850 – 450 av. J.-C., Collection des Hespérides, Editions Errance, Paris 1987

. Jean-Louis BRUNAUX, Les Celtes, Histoire d'un mythe, Belin, Paris 2014

. L'Europe celtique à l'Âge du fer (VIIIe-Ier siècles), sous la direction de Olivier BUCHSENSCHUTZ, Nouvelle Clio, PUF, Mayenne 2015, p. 78.] Un ouvrage qui confronte les sources classiques aux données les plus récentes de l'archéologie.

. Camille JULLIAN, La Gaule avant Jules César, éd. du Trident, Paris 2012

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 15:30
48,71% de participation, 51,29% d'abstention au premier tout des législatives du 11 juin 2017.

48,71% de participation, 51,29% d'abstention au premier tout des législatives du 11 juin 2017.

Les macronistes s'emparent des places dans le pays en étant minoritaires, mais l'abstention record au premier tour des législatives 2017 qui atteint 51,3% a été largement battue durant la Révolution dite française, où les conventionnels élus en août 1792 et qui le 21 septembre 1792 voteront la première "république" et l'abolition de la monarchie n'ont été élus que par 15% des citoyens actifs ayant pris part aux élections (85% d'abstention). C'est sans doute cela leur démocratie...

 

Une abstention record sous la Ve république qui n'a été battue que durant la Révolution "française"

 

Pour être tout à fait exact, il faut donc préciser que si l'abstention devient aujourd'hui une action civique, militante et engagée pour nombre de Français compte tenu des multiples défauts du système (indéfinition du champ ultime de la démocratie, absurdité et dangers du système de la loi du nombre contre la raison, mépris du Décalogue et de la loi naturelle universelle, référendums et pétitions jetés à la poubelle, 50% d'électeurs qui n'existent pas, etc.) l'abstention dans l'histoire de la "république" n'a jamais permis une quelconque remise en question de ces inconvénients majeurs.

 

Quelques chiffres d'abstention durant la Révolution nous sont donnés par le grand historien François FURET dans sa préface à l'ouvrage de Patrice GUENIFFEY, Le Nombre et la Raison, où l'on trouve ces informations :

 

"le mouvement de la participation est clair : Gueniffey parle d'un taux de ... 23% en juin 1791 lors du scrutin pour l'Assemblée législative (77% d'abstention. Ndlr.); taux (de participation) qui s'effondre à nouveau en août 1792, quand les Français élisent la Convention, puisqu'il tombe à 15%.

 

Cette évolution, explique François Furet, est conforme à l'essoufflement de la révolution populaire notée par la plupart des historiens : en 1792, a écrit Michelet, 'le peuple est rentré chez lui' (J. MICHELET, Histoire de la Révolution française, éd. par G. Walter, Gallimard, Paris 1952, vol. 2, p. 8).

 

... si les élections de 1792 aboutissent à l'Assemblée la plus radicale de la Révolution bien qu'un minimum de citoyens y ait participé, c'est que le vote des assemblées primaires n'y est d'aucune importance", ajoute François Furet.

 

Source: François FURET, préface in Patrice Gueniffey, Le Nombre et la Raison, La Révolution française et les élections, Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales, Paris 1993, p. VII.

 

Dans ce livre Patrice GUENIFFEY explique :

 

"élection après élection, les jacobins auraient fait par la violence 'le vide autour du scrutin' et se seraient emparés des places, accroissant patiemment leur mainmise sur le pays. Ce psychologisme, qui fait de la confiscation de la démocratie par une minorité le résultat d'une volonté sciemment élaborée et appliquée. [...] [L]es jacobins sont minoritaires dans l'Assemblée législative de 1791, et s'ils dominent les élections parisiennes en septembre 1792, la province ne leur est guère favorable". (Patrice GUENIFFEY, ibid. p. 20.)

 

Si le moment où l'abstention commence à progresser de façon importante, quelque part au tournant de 1790 et de 1791, est difficile à déterminer avec plus de précision, la rupture est consommée le 19 juin 1791. La participation s'effondre partout. (Patrice GUENIFFEY, ibid. p. 172.)

 

Patrice GUENIFFEY parle à partir de 1791 d'"uniformité du déclin de la participation au fil des consultations." (p. 173).

 

"En fait, l'échec dans l''application' était la conséquence logique de l'étrangeté du principe. Ce qui doit surprendre n'est pas la très faible participation de 1791 et des années suivantes, mais la participation élevée de 1790, nourrie d'équivoques. Une abstention massive était la rançon de l'avènement des principes de l'individualisme politique moderne, de l'invention de l'individu-citoyen." (p. 232.)

Le record d'abstention aux Législatives sous la Cinquième république n'a été battu que lors de la Révolution dite "française"
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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 16:50

Un hasard ? Quoiqu'il en soit, après la "cellule riposte" créée par Macron contre Onfray et Zemmour parce qu'ils prennent "trop de place dans le récit national", cette chasse aux intellectuels et aux journalistes devient pénible.

Faut-il y voir l'effet d'une video publiée par Natacha Polony il y a un peu plus de quinze jours où la journaliste courageuse dénonçait le "Dîner du siècle", le "groupe Bilderberg" et les "Young Leaders", comme des groupes "coupés totalement de la population" et des "élites qui se sont détachées à la fois des intérêts des peuples et des nations" ("théorie, explique-t-elle de l'historien américain Christopher Lasch sur la sécession des élites" qui se coupent elles-mêmes des populations et "faisant valoir les intérêts des Etats-Unis"...) ?

 

A l'appui, Natacha Polony avanche que "la meilleure preuve en est cette réflexion en 1999 dans Newsweek de David Rockefeller, qui fit partie des fondateurs du groupe Bilderberg et qui expliquait, nous le citons dans le livre dans le livre du Comité Orwell, 'Bienvenue dans le pire des mondes, le triomphe du soft totalitarisme', 'quelque chose doit remplacer le gouvernement et le pouvoir privé me semble l'identité adéquate pour le faire'." "[...] Il y a une vision du monde commune, conclue la journaliste, qui repose sur l'idée que des intérêts privés doivent prendre le pas sur les états. Cela s'appelle des choix politiques et ces choix politiques doivent être explicités..." La video a été supprimée sur Youtube au prétexte farfelu "Cette vidéo n'est plus disponible suite à une réclamation pour atteinte aux droits d'auteur soumise par TELEPARIS." !

La video est encore disponible ici. Nous la reproduisons ci-dessous :

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 09:32

Dans un entretien pour Tv-Libertés, le philosophe Francis Cousin, auteur du livre "l'Être contre l'Avoir", fait une critique "radicale" des gens de la "Manif pour tous" :

Merci à R. pour le lien.

Extrait :

 

"Il y a entre Marx et Lénine autant de différences qu'entre Jésus et Calvin. Jésus est venu sur terre dans l'Incarnation radicale du soleil christique pour l'abolition du temple de la marchandise. Calvin se réclame de Jésus et c'est l'apothéose boursière de la Genève financière... Il y a donc manifestement chez Calvin, l'antithèse radicale du Christ. Et, pour les groupes radicaux dont je vous parlais tout à l'heure, à l'époque où Charles Maurras découvre Lénine, cela fait plus de vingt ans que des groupes radicaux dénoncent le bolchévisme comme 'un capitalisme d'état'. Donc les groupes ouvriers radicaux ont toujours été contre la social-démocratie du capital, et ils ont toujours été contre le capitalisme d'état bolchévique, léniniste, trotskyste, maoïste, etc. C'est-à-dire que au moment où toute une population était effectivement encartée dans le mythe fallacieux de la Russie soviétique, ces groupes disaient mais non : la Russie soviétique, c'est le capitalisme d'état soviétique.

 

Et le fétichisme de la marchandise, c'est le moment où la valeur d'échange potentiel qui a commencé à naître lors de la révolution au néolithique, et qui n'a pas cessé de s'étendre siècle par siècle, au moment de la guerre de 14 commence à prendre le pouvoir absolu sur le monde. Aujourd'hui, tout est fétichisme, tout est marchandisation... La GPA, la PMA, ce ne sont pas des ratés, c'est la logique absolue. Et puisqu'on est sur Tv-Libertés, il m'arrive parfois de tomber sur des gens de la Manif pour tous et je leur dis: mais vous n'avez rien compris, vous êtes là, une bonne famille française, vous êtes classiques, vous souhaiteriez que la France se soit arrêtée à un temps antérieur, vous êtes fiers que votre fils soit avocat en droit d'affaires, vous êtes fiers que votre fille fasse HEC, mais vous n'avez rien compris. La PMA et la GPA sont constitutifs de ce monde traditionnel que vous défendez parce que vous n'avez pas compris que dans ce monde traditionnel que vous défendiez il y avait souterrainement la vampirisation qui arrivait et qui est là. On ne peut pas dire : je veux une société où il y a de l'argent et en même temps condamner les effets de l'argent. Donc la vraie problématique contre l'avoir, contre l'Argent, on en revient au Christ incendiaire chassant les marchands du temple, à Hegel et à Marx, à Babeuf. On est ici dans une télévision qui a dans son soubassement culturel une propension particulière à poser le fait vendéen. Le fait vendéen, ce n'est ni Cathelineau ni Charette qui l'ont compris. Ils n'ont strictement rien compris à la dialectique industrielle du capitalisme populicide. C'est un communiste radical qui s'appelait Babeuf, qui a été guillotiné parce qu'il soutenait les insurrections sans-culottes de Paris contre la bourgeoisie thermidorienne, qui a compris en quoi le 'populicide' vendéen venait marquer le passage dans la dynamique industrielle de la dictature du fétichisme de la marchandise. Et il n'y a que Babeuf qui a compris le 'populicide'".

 

Le journaliste Martial Bild pose alors une question essentielle à Francis Cousin : "Parmi vos références, est-ce que le marxisme est une clé de lecture suffisante pour comprendre les coulisses de cette guerre de l'être sur l'avoir ?"

 

Francis Cousin : "Pas le marxisme, puisque comme le disait Marx dans toute sa correspondance à la fin de sa vie : ce que je sais c'est que je ne suis pas marxiste.

 

Le marxisme, c'est une gigantesque imposture qui s'est créée pour étouffer la pensée subversive radicale de Marx. Marx est aux antipodes de toutes les droites et aux antipodes de toutes les gauches et il a fait une critique radicale de ce que devenait la social-démocratie et il a fait une critique radicale de ce que devenait le bolchévisme, le capitalisme d'état concentrationnaire. L'objet de Marx, en reprenant les pré-socratiques, dans la poursuite de Hegel, c'est de poser l'insurrection de l'être générique contre l'avoir.

 

[...] Je me définis comme communiste, au sens ontologique de ce qu'est le communisme, c'est-à-dire la communion des hommes. [...] Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon se disent communistes comme Calvin se dit chrétien. Le mot communiste surgit dans l'histoire bien avant Marx. Il surgit dans tous ces mouvements, la guerre des paysans, la croisade des Pastoureaux. Durant tout le Moyen-Âge nous avons des insurrections paysannes qui se disent communeuses, qui se disent communières, qui se disent communistes, il faut restaurer le Royaume du Christ sur terre, il faut abolir l'état, il faut abolir l'argent.

 

Durant tour le temps médiéval, il ne se passe pas une année sans que dans une région ou que dans une province le tocsin insurrectionnel des paysans se mette en mouvement pour que les paysans se réapproprient leur vie, dans une sacralité, dans une sacralité de l'être.

 

Je pense qu'on en revient si vous voulez à ce que disait Hegel, 'le vrai c'est le tout'. Il n'y a pas un sujet de notre quotidienneté qui ne trouve sa signification si on le rapporte pas au tout de cette contradiction essentielle qui fait la vie, il y a l'être et il y a l'avoir, il y a le beau et il y a le laid, il y a la domestication et il y a l'émancipation. Il y a donc toute une série de problématiques qui sont toujours à résoudre dans cette articulation-là, et c'est c'est ce que les présocratiques ont compris." (Fin de citation)

 

Note de Christ-Roi. Les présocratiques ne sont pas la religion indépassable. Hormis un impératif moral pour soi-même, poser l'insurrection de l'être contre l'avoir comme un impératif collectif, poser l'instauration ou la "restauration" du Royaume du Christ sur terre par la force, l'"abolition" de l'état et de l'argent par la force, c'est méconnaître l'action et la volonté réelle de Dieu. C'est méconnaître l'enseignement du Christ et de l'Eglise. A la place d'un tout indistinguable, religion du monde antique, le Christ a distingué le temporel et le spirituel. Se constituer contre (ce que voulait faire les Juifs de l'empire romain) est déjà donner une existence et une constitution à ce que l'on combat. A la culture de l'affrontement matériel insurrectionnel, pour détruire ce qu'il y a de mal dans la matière (héritage du péché originel) le Christ n'a pas cherché à abolir l'empire romain par la force ou à le combattre avec les armes matérielles de l'ennemi..., il a plutôt condamné ceux qui voulaient se servir de l'épée pour le défendre ("Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée." Mt, 26:52), et a privilégié l'arme spirituelle, le don gratuit de soi et l'exemple communicatif. [A noter que cela ne signifie pas non plus comme le prétendent certaines sectes, que tout usage de la force soit prohibé dans le christianisme. (Cf. S. Thomas d'Aquin, II, 9-40, sur le concept de guerre : intention droite, cause juste, être le seul moyen, un espoir raisonnable de victoire, des moyens non intrinsèquement mauvais, des moyens proportionnés). Dans l'Evangile, saint Jean le Baptiste dit clairement que le métier des armes n'est pas interdit : "Et des soldats aussi l’interrogeaient, disant : Et nous, que ferons-nous ? Et il leur dit : N’usez de violence ni de fraude envers personne, et contentez-vous de votre paye". Luc 3:14.]

 

Sachant qu'elle ne pouvait pas abolir d'un coup matériellement l'esclavage, l'Eglise s'est contentée de le condamner moralement dans différents conciles (conciles d'Orange 441, Arles 442, Agde 506, Orléans 541, Mâcon 585, Paris 615, Reims 625, Chalon-Sur-Saône 650), ainsi que dans différentes bulles des papes, jusqu'à ce que ce soit des pouvoirs séculiers temporels des sociétés chrétiennes elles-mêmes qui finissent par décréter l'abolition de l'esclavage.

 

De même, s'agissant de l'argent, l'Eglise en condamnant l'usure a permis à l'Occident d'être libre de l'esclavage des changeurs de monnaie pendant quinze siècles. Le Code de droit canon de 1917 continue d'interdire l'usure pour les clercs.

La trahison du Christ, Cavalier d'Arpinon (1568)

La trahison du Christ, Cavalier d'Arpinon (1568)

Et lorsque Jésus chassa les changeurs de monnaie et les marchands du temple, parce que "lieu de prière" et non de commerce, son Sacré-Coeur le fit avec force et charisme en renversant les tables par la douceur associée à la Parole. La foi sans la charité n'est rien, mais la charité sans la foi débouche sur rien de solide et de durable. On ne dit pas assez que même à ce moment-là, le divin Coeur de Jésus était plein de douceur.

Francis Cousin fait une critique radicale des gens de la "Manif pour tous"

L'Eglise catholique s'est donc efforcée de suivre cet enseignement du Christ, enseignement du don gratuit de soi pour les autres, tout en encourageant vivement les possédants dans la société (les riches, les marchands, etc.) à donner gratuitement de leur richesse aux autres, à émanciper leurs esclaves,mais sans jamais imposer la charité publique et politique. Cette manière de combattre la matière était fondamentalement bien plus puissante et durable que n'importe quelle autre. Elle a transformé la société antique de l'avoir, abouti à la société du don gratuit du 'Moyen Âge' féodal où les artisans donnaient gratuitement de leur temps et offraient leurs savoir-faire et où les nobles et les possédants faisaient des dons d'argent et des legs divers.

 

Et c'est effectivement l'état moderne, celui de l'avoir, qui a transformé l'ancienne charité publique gratuite médiévale en charité publique obligatoire payée sur l'impôt... Nos états modernes sont fondés sur ce changement. Puis de la charité obligatoire dans l'état moderne nous sommes passés au stade de l'insurrection obligatoire au XXe siècle. On a vu ce que cela a donné.

 

Le Christ ne combat donc pas matériellement l'avoir dans la société à coups d'épée ou d'insurrection matérielle, il agit spirituellement en nous par la vie intérieure, en appelant chacun à des valeurs plus hautes, et la transformation intérieure. C'est pourquoi il est Notre Maître, Notre Seigneur, le "chemin", la "vie", la "vérité", parce qu'il est Celui qui nous conduit vers l'authentique progrès, le progrès qui dure et ne périt pas...

 

L'homme intérieur qui a une vie spirituelle intérieure transforme en profondeur une société bien mieux et d'une façon bien plus durable que n'importe quel insurrectionnel matériel.

 

Les révolutionnaires et le capital ont d'ailleurs fait 1789 pour détruire ce qui véritablement était pour eux un obstacle : la force de l'esprit sur la matière.

 

Ceci nous renvoie encore à la citation du royaliste Joseph de Maistre : "La contre-révolution ne sera point une révolution contraire, mais le contraire de la révolution".

 

Enfin, bien qu'habillé d'un anti-matérialisme apparent, le radicalisme de Francis Cousin a tout l'air d'une tentation sous apparence de bien. Il s'agirait essentiellement d'un globalisme inversé qui aboutit à un matérialisme inversé, énième avatar des vieilles lunes des Juifs de l'empire romain (et encore aujourd'hui des Juifs talmudistes) dans l'attente d'un Messie politique ou d'un messianisme politique qui sauvera le monde.

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 16:00
Conférence de Versailles : une revanche de la culture et de l'art français et une déclaration agressive inutile d'Emmanuel Macron

A l'occasion des 300 ans de la naissance des relations diplomatiques franco-russe, le président de la Russie Vladimir Poutine était invité aujourd'hui par Emmanuel Macron au Château de Versailles. Le président français a parlé de relancer les relations "stratégiques et économiques".

 

Il y a 300 ans, en 1717, deux ans après la mort de Louis XIV, alors que la Russie était menacée par la montée en puissance de la Suède et de la Prusse, le tsar Pierre le Grand vint à Paris, et passa plusieurs jours au château de Versailles, résidence des rois. Il rencontra le jeune roi Louis XV, âgé de 7 ans, qu'il prit dans ses bras. Cette visite du tsar en France fut organisée afin de sceller l'alliance franco-russe, mais aussi parce que Paris représentait à cette époque la Patrie de la culture et de l'art. C'est ainsi la revanche de cette "culture" française qui n'existe pas pour l'actuel président de la république et de cet art français qu'il disait n'avoir "jamais vu" !

 

Colbert, le "véritable artisan du Grand Siècle", supervisa la construction du  château de Versailles. Cette oeuvre d'art déclencha dans toute l'Europe une véritable course à la construction de répliques dans des parcs remplis de fontaines. En Russie, Pierre le Grand fit construire dans les faubourgs de Saint-Pétersbourg, ville natale de Vladimir Poutine, un ensemble de bâtiments, le complexe de Peterhof, entouré de jardins et de parcs.

 

Philippe Erlanger, haut-fonctionnaire et écrivain, calcula qu’en comptant les deux Trianon, sur un demi-siècle, Versailles n’a pas coûté plus cher qu’un porte-avion moderne : il a coûté le prix du déficit de l’exposition universelle de Léon Blum en 1936 ou encore le prix d'une campagne électorale d’un Président de la République (P. Erlanger, Louis XIV, La Table ronde 1960). Sans compter ce que continue de rapporter à la république dite française le Château de Versailles aujourd'hui, Louis XIV a enrichi la France bien plus qu'il ne l'a endettée. "On s'accordera à penser que Louis XIV, en nous donnant Versailles, a enrichi la France...  Les dépenses du Grand Roi ont valu à l'univers un château que personne n'oserait ne pas admirer." (Pierre VERLET, Le Château de Versailles, Paris 1985).

 

La question des sanctions de l'UE contre la Russie n'a pas été abordée. La Russie, accusée depuis 2014 par Obama d'avoir envahi l'Ukraine et de défendre le "dictateur" Bachar al Assad, a été lourdement pénalisée par les sanctions économiques. Elle a été contrainte à apprendre à développer une agriculture auto-suffisante. Les premiers sanctionnés sont les agriculteurs français et l'industrie automobile française.

 

Peu avant la fin de la conférence commune, et alors que l'invité Vladimir Poutine s'est abstenu de toute déclaration à connotation négative, Emmanuel Macron a qualifié les agences de presse russes "Sputnik" et "Russia today" d'"organes d'influence et de propagande mensongère", répandant "des contrevérités infamantes". Il a fait cette déclaration sans accuser directement le Kremlin d'avoir interféré dans l'élection présidentielle comme le font les grands medias français à la remorque des médias états-uniens. Ne peut-on pas dire la même chose à propos des agences de presse françaises dont la russophobie n'est plus à démontrer ? Sur le plan de l'image, ce qu'il y a de certain c'est que cette déclaration agressive ne sera d'aucune utilité pour faire grandir la position française déjà bien entamée dans l'opinion russe et ne change rien à la situation antérieure.

Add. Réponse de Russia Today à 17h49 :

"Des accusations sans preuves du camp Macron depuis le mois de mars

 

Début mars, l'équipe d'Emmanuel Macron avait déjà accusé RT France de véhiculer des «fake news» sur sa personne. «Nous accusons Russia Today et Sputnik d'être la première source de fausses informations véhiculées sur notre candidat et de travailler en symbiose avec des organisations fascistes ou d'extrême droite», avait déclaré Mounir Mahjoubi, conseiller du candidat d'En Marche! à la chaîne britannique Sky News. Il n'avait pas pour autant présenté les preuves permettant d'étayer ses accusations.

 

Le 27 avril, le mouvement En Marche! avait ensuite déclaré à l’agence Reuters que RT France et Sputnik ne seraient pas autorisés à couvrir la soirée électorale d’Emmanuel Macron, accusant les deux médias d’être «des agences de propagande de l'Etat russe» et de véhiculer de «fausses informations». La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, avait qualifié de «discrimination ciblée» ce refus d’accréditer des médias russes...

Nous conseillons à Vladimir Poutine d'appliquer la symétrique réciproque lors des prochaines élections présidentielles en Russie et interdire à son tour l'accréditation à son quartier général des médias français pour diffusion de contre-vérités et de fake news sur sa personne en Ukraine, Syrie, etc.. Les médias français auront alors l'occasion de dire leur indignation !

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