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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 09:26

Si vous entendez Emmanuel Macron ou ses adeptes vous dire qu'il a quitté le milieu de la finance pour faire de la politique et donc qu'il a perdu de l'argent, répondez-leur ceci :

 

« Macron est mandaté par les milliardaires pour donner un grand coup de balai sur des divisions politiques qui n'ont plus lieu d'être, qui paralysent les intérêts de l'Oligarchie : plus de droite, plus de gauche, tous unis derrière le veau d'or qui est devenu l'argent, les intérêts et les pouvoirs de cette Oligarchie. Plus de secteur privé, plus de secteur public, on va de l'un à l'autre et de l'autre à l'un. Bientôt le monde sera marchandisé, privatisé, et Emmanuel Macron sera radieux. Et il sera récompensé par les financiers du bon travail qu'il aura fait. 

 

Une classe sociale, aujourd'hui effectivement mondialisée, défend des intérêts de type extrêmement violent, c'est-à-dire que grâce à leur titre, grâce à la propriété des moyens de production. Ils sont bien décidés à exploiter toujours plus le monde du travail, à marchandiser les ressources naturelles, à exploiter les pays sous-développés, à spéculer sur le réchauffement climatique, et à marchandiser l'ensemble des services publics, y compris les services sociaux, par exemple d'aides aux plus démunis.

 

L'argent est devenu une arme de destruction massive qui leur permet de tout attaquer, tout contrôler, la démocratie, le politique, les corps, les ressources naturelles, le travail. C'est une véritable guerre de classe

 

[...] Le conflit d'intérêt? Ils s'en tapent, parce que en réalité pour eux ce n'est pas un problème. La séparation des pouvoirs, cela n'existe pas. [...] Et donc c'est une espèce de résurgence de l'Ancien Régime, qui vraiment devrait être complètement supprimée. »

 

Note de Christ-Roi. La séparation des pouvoirs est un mythe de la république des « Lumières » pour donner le pouvoir aux milliardaires à la place du roi et du peuple.

 

Sous l'Ancien Régime, le roi n'était pas le jouet des riches, il en était le maître absolu, il ne dépendait d'aucune puissance et était délié de tout lien (absolutisme).

 

L'enrichissement indéfini était perçu comme immoral par le codes même de la noblesse, il cachait une activité interdite (l'usure) et conduisait à l'arrestation et au bannissement (Fouquet).

 

Le commerce, lui-même était interdit à la noblesse : ses codes d'honneur ne permettaient pas un enrichissement indéfini tel qu'il fut permis à partir de 1789...

 

L'explication partielle de l'Oligarchie, vue sous le seul angle économique est donc incomplète (et peut même être très dangereuse si elle devient l'outil de propagande idéologique du totalitarisme communiste). L'explication doit impérativement aborder le pendant politique de l'oligarchie, sans quoi on a un discours de façade préempté par les gauchistes comme l'a fait Mélenchon durant la campagne présidentielle 2017 en se mettant lui aussi à parler d'« oligarchie» (un thème qui jusque-là n'avait été expliqué et développé que par le Front national), sans jamais faire une analyse de fond de l'oligarchie politique.

 

Du point de vue historique, la naissance de l'oligarchie politique républicaine a bien été identifiée par l'historien Patrice Gueniffey : 

 

« Dans le régime démocratique, ... (e)n théorie, le nouveau citoyen se voit reconnaître un pouvoir de contribuer à la formation des décisions, ... Mais en réalité, il a moins de prise sur la décision qu'il n'en a jamais eu (Cf. P. Gueniffey, Le Nombre et la raison, p. 208-213).

 

En effet, la participation démocratique "transfère" le pouvoir théoriquement possédé par les individus à une oligarchie composée de professionnels de la politique. Cette oligarchie trie les problèmes et définit les termes dans lesquels ils peuvent être résolus, médiation indispensable pour transmuer la poussière des volontés individuelles en "volonté collective". La toute-puissance de la "machine", ou du parti, est la réalité de la liberté du citoyen moderne.

 

...[L]e pouvoir réel se trouve entre les mains du 'cercle intérieur'.

 

... [L]e peuple est réellement dépossédé de son pouvoir au profit du parti indispensable au fonctionnement de la démocratie.

 

... [L]e mensonge: la dictature d'une minorité prétendant énoncer la Volonté générale au nom du peuple mais à la place du peuple... »

 

(Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 206-207).

 

Le seul clivage que Macron souhaite conserver, et même « rebâtir » est précisément le clivage « entre progressistes et conservateurs » issu de 1789

 

« A mes yeux, le vrai clivage dans notre pays (...) est entre progressistes et conservateurs, c'est ce clivage que je veux rebâtir maintenant et je ne veux pas attendre 2017 » (pour cela), avait déclaré le ministre de l'Economie dans une interview pour Arte.

 

Conclusion

 

Le « en marche » d'Emmanuel Macron, c'est un retour à la précarité sociale du XIXe siècle, le tonneau des danaïdes de la dette qui ne cesse de se remplir pour le plus grand profit des banques et le plus grand malheur des peuples, réduits à l'esclavage pour dette comme durant l'Antiquité !, pendant que les écarts de richesses ne cessent de se creuser au point d'atteindre des niveaux records jamais atteints dans l'histoire de l'humanité, une classe de riches de plus en plus riches et une classe de pauvres de plus en plus pauvre, une France tiers-mondisée dont le PIB est dépassé par d'anciens pays en développement comme l'Inde ou le Brésil, la France livrée à l'oligarchie politico-économique.

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 13:55

L'historien du droit Jean-Louis Harouel, auteur (notamment) du remarquable chapitre "La Pré-Révolution 1787-1788" présentant l'obstruction parlementaire au XVIIIe siècle comme une des causes de la Révolution de 1789 dans Les Révolutions françaises, sous la direction de Frédéric BLUCHE et Stéphane RIALS, Fayard 1989 (Cf. voir ici), présente son dernier ouvrage "Revenir à la Nation" au Cercle Aristote :

Extrait :

 

« Nous sommes dans un monde actuellement où cette disjonction du politique et du religieux, si on y regarde bien, n'existe plus tant que cela. Elle existe pour des religions traditionnelles de l'Europe. Là il y a effectivement une distinction du politique et du religieux, qui est ancienne, puisque la laïcité ne date pas de la loi de 1905. La laïcité, au sens de disjonction du politique et du religieux remonte à Aristote et S. Thomas d'Aquin, pour ce tout premier seuil de laïcité.

 

Mais alors, cette laïcité, actuellement, en Europe occidentale, elle n'existe donc, disais-je que pour les religions européennes traditionnelles, mais elle n'existe pas pour ces religions de substitution qui sont venues prendre leur place. Et donc, cette religion des droits de l'homme, là il n'y a plus du tout de distinction du politique et du religieux : nous baignons dans le religieux. Nous baignons dans une religion politique.

 

[...] Cette religion humanitaire, cette religion des droits de l'homme, cette religion de l'humanité, tout cela, et d'autres choses encore, j'ai choisi de les réunir dans ce livre sous l'appellation globale d'idéologie post-chrétienne. Ce sont des religions séculières qui se sont développées sur la base d'une implosion progressive de la religion chrétienne et corrélativement par l'envahissement du champ des valeurs de la société et du champ des règles du droit par des idées d'origine chrétienne, sorties complètement de leur contexte, ayant perdu leur sens, complètement dénaturées et capables d'avoir les effets les plus néfastes pour la société, la nation, les familles.

 

Ce terme d'"idéologie post-chrétienne", d'ailleurs, je l'ai repris au cardinal Ratzinger, qui l'employait avant d'arriver au pontificat, dans plusieurs écrits. "Nous sommes entrés dans des temps post-chrétiens", écrivait le cardinal Ratzinger. Mais ce qui est frappant c'est que ces temps post-chrétiens sont bourrés d'idées chrétiennes, dénaturées, déformées, trahies. Mais ces idées sont quand même d'origine chrétienne.

 

Et alors, l'un des aspects les plus pervers de ce post-christianisme est que ces valeurs d'origine chrétiennes, qui dans le christianisme étaient préconisées aux individus sur un mode strictement individuel, libre et volontariste dans la perspective de leur salut, elles sont proposées, imposées aux sociétés politiques, aux Etats, comme étant les normes qui doivent inspirer inconditionnellement leurs actions...

 

L'état traditionnel a toujours pratiqué - Max Weber le montre bien - l'éthique de la responsabilité. »

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Publié par Ingomer - dans Histoire Livres
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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 07:29

Le mot république est indépendant du mot monarchie, il ne lui est pas opposé. Louis XVI lui-même parlait de la république quand il parlait de la chose publique, la res publica.

Marin de Viry

Marin de Viry : "Un Roi immédiatement !" "Cela n'est pas un désir d'autorité, c'est un désir d'aspiration vers le haut"

Critique littéraire à la célèbre « Revue des Deux Mondes », chargé d’enseignement à Sciences-Pô, Marin de Viry est l’auteur de plusieurs essais parmi lesquels « le Matin des abrutis » et « Mémoires d’un snobé » . Il vient de publier un ouvrage intitulé « Un Roi, immédiatement ». Considérant que la République a atteint son stade terminal, l’auteur-narrateur veut nous faire prendre conscience de la nécessité impérieuse d’un monarchie catholique pour la France : « J’associe la monarchie à l’idée d’une alliance entre la loyauté et l’indépendance ou la liberté . Le Roi est garant d’une harmonie transcendante ».


Marin de Viry, ami de Houellebecq et de Frederic Beigbeder manie un style vif et mordant et pratique l’auto-dérision sans concession. Celui qui fut le conseiller en communication de Dominique de Villepin pour l’élection présidentielle de 2012 s’attaque dorénavant au monde politique et fait une peinture acerbe des communicants et de leur agitation frénétique. Cependant, la charge la plus vigoureuse est réservée à François Hollande « obscène de normalité » et à la tête d’un quinquennat pathétique.


Il ne fait aucun doute que, pour l’écrivain, seul l’idéal chevaleresque, l'« esprit chevaleresque (« défendre la justice, défendre les plus faibles, et défendre le sacré ») est le moyen de nous sauver du narcissisme contemporain. « Un roi, le désir de roi est plutôt de la nécessité anthropologique que de la nécessité idéologique. Ce n'est pas un désir d'autorité, c'est un désir d'aspiration vers le haut. »

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 09:54
Bérénice Levet : "Donner à connaître, et à aimer notre héritage"

Dans son dernier livre "Le crépuscule des idoles progressistes", l'essayiste philosophe Bérénice Levet dénonce la nouvelle anthropologie mise en place dans les années 70 et fondée sur un "alibi" : l'individu serait d'autant plus libre, original et créatif qu'il serait délié de tout héritage. Cette idéologie a débouché sur un désastre anthropologique et civilisationnel.

 

Nous sommes les héritiers d'un génie français : la clé de la transmission est de donner à connaître, mais aussi à aimer, cet héritage.

A l'occasion de la sortie de son dernier livre "Le Crépuscule des idoles progressistes" (Stock Collection Les Essais), la philosophe Bérénice Levet a donné un entretien à Boulevard Voltaire. Extraits :

Au cours des années 70 est mise en place l'anthropologie progressiste avec cet alibi de la désaffiliation, cet alibi selon lequel l'individu serait d'autant plus libre, original, créatif qu'on le délierait de tout héritage, qu'on le laisserait se construire lui-même... Or, cet individu, en définitive, si vous ne lui transmettez, aucun monde, si vous ne l'introduisez pas dans le monde dans lequel il va avoir à répondre, vous ne créez pas du tout un individu "d'autant plus libre", mais un individu plein de conformisme..., parce que vous l'abandonnez au présent.

La grande vertu du passé c'est de nous apprendre qu'il existe d'autres modalités d'être au monde que celles qui sont les nôtres. Et donc sur cette base vous allez arriver à une articulation, effectivement, de l'individu et de la civilisation à laquelle il va devoir prendre part.

Et je crois que nous sommes à un tournant parce que quarante cinq ans d'anthropologie progressiste et nous voyons le désastre à la fois anthropologique et le désastre civilisationnel sur lequel cette idéologie a débouché.

[...] Et en définitive, (aujourd'hui) ces idoles progressistes sont à bout de souffle. La preuve en est le succès des ouvrages d'Eric Zemmour, de Patrick Buisson, de Philippe de Villiers, ou les résultats envisagés pour Marine Le Pen, montrent bien que plus qu'un essoufflement, il y a un épuisement de ces idoles. En revanche, l'hégémonie culturelle continue d'appartenir aux progressistes, en sorte qu'ils ont une chambre d'écho tout à fait extraordinaire.

Et pareillement, par exemple, Emmanuel Macron, s'il devait remporter ces élections présidentielles (2017) me semble une façon de tirer encore un voile sur la réalité des forces qui travaillent réellement la France aujourd'hui.

L'idole progressiste par excellence, c'est cette confusion entre la liberté et la désaffiliation. L'autre chose très importante, c'est le culte de l'Autre. Ainsi, dans les années 70, et l'émergence dans les années 80 de SOS Racisme, où l'Autre va s'imposer comme une sorte de figure de rédemption d'un occident nécessairement coupable, pour ne rien dire du Français..., qui est le coupable par excellence. Quand on tient déjà ces deux éléments, on comprend ce qui fait la passion, en définitive, des progressistes, c'est de venir à bout de notre héritage civilisationnel. Que ce soit de notre héritage chrétien, qui faisait de l'individu quelqu'un qui était toujours en tension vers quelque chose de plus grand que lui. Et finalement, - et c'est cela que je ne pardonne pas à l'anthropologie progressiste - on a comme rabougri l'individu... On l'a invité à être lui-même, à se contenter de ce qu'il était par nature... Or, dans notre héritage humaniste, nous avions cette idée qu'on ne naît pas homme, on le devient. Et nous avons posé un éteignoir sur tout ce processus d'humanisation... Une humanisation qui se fait par la transmission de l'héritage.

[...] Je cite souvent cette phrase magnifique de Montesquieu qui dit qu'"un peuple défendra avec toujours plus d'ardeur ses moeurs que ses lois". Et un peuple qui se voit fragilisé dans ce qui lui est de constitutif (moeurs, coutumes, usages transmis), il y a un instinct de survie, un instinct de défense.

Je crois que nous devrions énoncer, et cela vaut aussi pour les autres peuples européens, et cela a été aussi un des ressorts de l'élection de Donald Trump, un droit des peuples à la continuité historique... Il ne s'agit pas de se considérer comme supérieurs nécessairement en tant que civilisation, mais aspirer à cultiver notre singularité. Nous sommes les héritiers d'un génie français. Et c'est ce génie français, cette langue française, cette histoire, cet héritage que je veux absolument que nous prenions en charge. Mais nous ne pouvons aspirer à continuer cet héritage que si, d'abord nous le connaissons, naturellement, et si nous l'aimons. C'est la clé de la transmission. Et c'est pourquoi j'aimerais qu'une école soit (re)fondée sur cette base-là. D'abord, donner à connaître, mais pas simplement donner à connaître, donner à aimer.

Bérénice Levet

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 18:57
L’Inquisition a évité de grandes horreurs, affirme une universitaire qui s’élève contre la Légende noire sur l’Espagne

Maria Elvira Roca Barea a beau être issue d’une famille républicaine et franc-maçonne et s’affirmer non croyante, elle n’en est pas moins fortement engagée dans la dénonciation de la « Légende noire » de l’Empire d’Espagne. Cette universitaire a travaillé depuis de longues années sur toutes les accusations lancées contre l’Eglise catholique, sur son rôle en Espagne, et sur l’Inquisition. S’il y a une accusation qui lui paraît juste, c’est celle que l’on devrait faire à l’Eglise elle-même qui n’a pas pris la peine de se défendre face à des mensonges qui relèvent essentiellement de la propagande religieuse et politique.

 

Elle vient de publier un livre sous le titre Imperiofobia y leyenda negra, « Empirophobie et légende noire », et signe d’espoir peut-être, elle a été interviewée à son propos par le portail digital du diocèse de Malaga, en Andalousie. Voir l’Eglise catholique assumer un tel discours sur l’Inquisition et la conquête de l’Amérique latine, voilà qui est revigorant.

 

Spécialiste de la littérature médiévale, Maria Elvira Roca a été au contact de l’hispanophobie pendant les années où elle a enseigné aux Etats-Unis, et à force de répondre à ce qui était avancé pour la justifier, elle a rassemblé une documentation et une argumentation très solides.

 

 

Un nouveau regard sur l’Inquisition en Espagne

 

 

Première légende : l’idée que la Réforme aurait fait de la religion une affaire privée en même temps que la Contre-Réforme aurait permis à la religion de conserver son rôle social. « Il n’y a rien de plus faux que cette affirmation. C’est précisément l’inverse. Quel est le pays d’Europe occidentale qui a aujourd’hui comme chef d’Etat le chef de l’Eglise ? La Grande-Bretagne. Dans quel pays a-t-il été impossible jusqu’à il y a peu d’occuper une charge publique sans appartenir à la religion nationale ? En Grande-Bretagne et dans d’autres pays protestants. Cela veut dire que le protestantisme s’est constitué en Eglises nationales et que de ce fait la dissidence religieuse s’est transformée, non en délit religieux mais en délit contre la nation, contre l’Etat. Il en a été ainsi au Danemark et dans les Etats luthériens du Saint Empire germanique. (…) C’est précisément dans le monde catholique que le délit religieux continue d’être religieux et n’est pas considéré comme portante atteinte à l’Etat », explique l’universitaire.

 

C’est ce qui a notamment justifié le maintien d’une loi contre le « blasphème » au Royaume-Uni jusqu’en 1976. Ce « blasphème » ne correspond pas à la notion catholique mais à l’idée d’exprimer « des opinions contraires à l’Eglise anglicane nationale, y compris des opinions papistes, c’est-à-dire catholiques ».

 

Tout l’ensemble de la Légende noire, soutient Maria Elvira Roca, aura consisté à prendre quelques vérités parcellaires et à les magnifier, en taisant tout le reste.

 

L’universitaire Maria Elvira Roca dénonce la Légende noire

 

 

« L’Inquisition a existé, évidemment qu’elle a existé, mais c’était une institution de petite envergure, qui n’a jamais eu les moyens d’influencer de manière décisive la vie des pays catholiques », souligne Mme Roca. Elle donne l’exemple du roman Lazarillo de Tormes, condamné par l’Inquisition mais qu’on pouvait acheter partout et qui 20 ans après sa parution, était étudié dans toutes les universités espagnoles.

 

Elle précise : « L’Inquisition était une institution très bien organisée, bien mieux réglementée que n’importe quel autre institution de son temps, et où la religion continuait d’être affaire de religion et non de l’Etat. On s’occupait des délits qui sont au encore aujourd’hui des délits, tels les délits contre l’honnêteté : le proxénétisme, la pédérastie, la traite des Blanches, le faux-monnayage, la falsification de documents… elle avait un champ d’action très large. Le fait de se constituer de manière très organisée, réglementée et stable sur le plan judiciaire pour traiter des dissidences religieuses, a évité les massacres que celles-ci ont provoqués du côté protestant. Nous connaissons toutes et chacune des sentences de mort qui y furent prononcées. Elles sont très bien documentées dans une étude du Pr Contreras et du Danois Henningsen. L’Inquisition a jugé 44.000 causes au total depuis 1562 jusqu’à 1700, avec au final 1.340 morts environ. Et voilà toute l’histoire. Calvin a envoyé au bûcher 500 personnes en vingt ans seulement, pour hérésie. Quand on s’intéresse aux faits barbares qui se sont produits côté protestant, il n’y a pas de comparaison, entre autres choses parce que le calcul des morts qu’a pu provoquer l’intolérance protestante ne peut se faire que de manière approximative, puisque dans la plupart des cas, il n’y eut ni jugement, ni avocat, ni droit de la défense : ce fut par le procédé barbare du lynchage, rien de plus. Cela ne s’est jamais produit dans les zones catholiques, jamais ».

 

L’intolérance, une pensée partagée mais mieux gérée par les catholiques

 

 

Elle rappelle à ce sujet qu’à l’époque, « l’intolérance » était commune à tous : « Ce qu’il faut voir, c’est comment été gérée cette intolérance religieuse dans les différents endroits. Elle fut beaucoup plus civilisée est beaucoup plus compréhensive dans la partie catholique, et donc en Espagne. En Angleterre, ainsi que dans les principautés luthériennes protestantes au nord de l’Europe, les persécutions à l’encontre de la population furent atroces. Il y eut aussi tout le phénomène de la chasse aux sorcières, absolument démentiel, qui a provoqué des milliers de morts. Cela ne s’est pas produit dans le monde catholique et cela ne s’est pas produit en Espagne parce qu’il y avait d’Inquisition qui a évité cette barbarie ».

 

[…] L’Eglise catholique, souligne-t-elle, d’après l’étude de la littérature de l’époque, ne s’est jamais autorisé la violence protestante, cherchant à dialoguer, à parler pour convaincre. « Il nous est resté cette idée que Martin Luther n’avait pas d’autre choix que de rompre avec l’Eglise parce que l’Eglise était intolérante. Non, c’étaient eux, les intolérants. Les princes protestants ont imposé des conversions forcées. S’ils ne te tuaient pas, ils te confisquaient tes biens. Si tu ne partais pas, tu devais te convertir. Les catholiques ne toléraient-ils pas les protestants ? Sans doute, mais les protestants toléraient encore moins les catholiques ».

 

Anne Dolhein

"Dans sa thèse d'Etat, Reynald Secher... affirme qu'il y en a eu 'au moins 117 257 (morts en Vendée en 1793 Ndlr.) (R. Sécher, Le Génocide franco-français, La Vendée-Vengé, Paris, PUF, 1986, 2è éd., Perrin 2006) Il s'agit d'un minimum. Le chiffre réel est sensiblement plus élevé, avoisinant les 200 000, ce qui représente le quart ou le tiers de la population des paroisses insurgées." (Philippe Pichot-Bravard, La Révolution française, Via Romana, 2014, p. 222. )

 

"La Terreur : Combien de morts ? Le bilan estimé des morts liées à la Révolution demeure toujours incertain, peut-être impossible. On s'en remet souvent aux calculs de Donald Greer en 1935 qui recense 30 000 à 40 000 victimes des procédures juridiques (fusillées et guillotinées). Il s'agit d'une base minimale à laquelle il faut ajouter environ 170 000 victimes vendéennes et sans doute 20 000 à 30 000 soldats républicains morts dans l'Ouest. " (Patrice Gueniffey in La Révolution française, Préface de Michel Winock, L'Histoire Editions, p . 119-120. )

 

Le dernier bilan des victimes de la Terreur et du génocide vendéen en un an en 1793 au nom de l'athéisme dépasse les 200 000 morts, soit vingt fois plus que le bilan des morts durant toute l'Inquisition réunie en Europe et en trois siècles ! (10 à 12000 exécutions capitales). Voilà la réalité.

 

Le professeur Chaunu concluait : "La révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l'athéisme que l'Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen Age et dans toute l'Europe... !"

Add. 5 avril 2017 La petite histoire : pour en finir avec l'Inquisition :

 

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 13:08
Maxence Hecquard - Les fondements philosophiques de la démocratie moderne, 3e et dernière édition

Maxence Hecquard - Les fondements philosophiques de la démocratie moderne, 3e et dernière édition

Il semble que sur tous les sujets qui concernent aujourd'hui la vie concrète des Français, l'objectif n° 1 de nos politiques est d'ignorer systématiquement l'opinion majoritaire de leurs concitoyens. Les exemples sont nombreux. Citons-en trois : Nicolas Sarkozy passant par-dessus le vote négatif du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen, renvoyé devant le parlement et ratifié par lui; l'immigration et le contrôle des frontières; la vote de la soit-disant "loi" sur le "mariage" dit "pour tous"; la loi travail adoptée au 49.3 par Manuel Valls en mai 2016.

La véritable nature de la démocratie moderne est d'être totalitaire.

"La qualité propre de chaque chose... ne lui vient pas du hasard, écrit Platon dans le Gorgias, elle résulte d'un certain ordre, d'une certaine justesse et d'un certain art, adaptés à la nature de cette chose" (Gorgias, 506 d).

Au XIXe siècle, le libéralisme sera le "renoncement à penser la vie humaine selon son bien ou selon sa fin" (Pierre Manent).

L'ordre naturel et divin nié, il ne restait plus qu'un horizontalisme désenchanté, où l'individualisme permettra à chacun de définir le bien selon l'idée qu'il s'en fait et non plus en fonction d'un ordre naturel extérieur qu'il s'agissait de respecter pour réaliser sa fin. Une religion en a chassé une autre.

La démocratie est devenue aujourd'hui une valeur sacrée, une véritable religion. Un moyen et une fin horizontale.

 

Dans un ouvrage passionné, passionnant [...] où toute l'histoire de la pensée politique moderne et contemporaine est citée à comparaître " (P. Magnard), Maxence Hecquard revisite les fondements et la genèse de cette religion séculière. L'antique ordre du monde s'est écroulé. La mort de Dieu, définitive depuis Darwin, fait place à un Etat de droit fondé sur une.. vérité scientifique : le progrès. Qui contesterait un tel régime ? La cohérence remarquable du système apparaît ainsi à l'énoncé de la métaphysique sous-jacente : celle d'un univers en évolution peint par Condorcet et Teilhard de Chardin, mais véritablement pensé par Kant, Hegel et Darwin. La démocratie est le moment politique de ce "progrès". Hasard et liberté, droit et morale, intérêt et bien commun forment désormais autant de couples indissolubles. Le lien social devient essentiellement économique...

 

Source: Présentation du livre sur Amazon

Maxence Hecquard, Les fondements philosophiques de la démocratie moderne (préfaces de Pierre Magnard et Edouard Husson), 2007, 2e éd. François-Xavier de Guibert

Maxence Hecquard, Les fondements philosophiques de la démocratie moderne (préfaces de Pierre Magnard et Edouard Husson), 2007, 2e éd. François-Xavier de Guibert

Dans une video du "Cercle de l'Aéropage", l'auteur de l'ouvrage, Maxence Hecquard, DEA de philosophie (Sorbonne), aborde le sujet du livre avec son préfacier le philosophe Pierre Magnard, professeur émérite à la Sorbonne, et lauréat du Grand Prix de Philosophie de l'Académie française.

 

L'auteur postule que toute politique repose sur une métaphysique dont les hommes politiques, hommes d'action plus que de pensée, sont largement inconscients. Son objet est de faire la lumière sur cette métaphysique obscure, de montrer sa cohérence, et son opposition à celle à laquelle il adhère, étant personnellement aristotélicien et thomiste.

Ses positions ne sont nullement plus “archaïques” que celles de ses adversaires fidèles du “Hasard”, de la “Nécessité” et de l'“Évolution” dont les prédécesseurs sont Epicure, Lucrèce et les présocratiques.

Les orientations métaphysiques possibles ne sont pas en nombre infini et ce sont toujours les mêmes qu'au cours des siècles, les penseurs repensent et reformulent à la mode de leur époque, non sans en tirer des conséquences nouvelles.

 

L'ouvrage, qui comporte 73 points, sortes de monographies réparties en 6 chapitres, augmentés d‘une vaste bibliographie classée et d'un index des noms, pourrait facilement, servir de base à un cours de philosophie en 73 conférences.

 

Dans l'introduction, l'auteur montre que la démocratie “moderne” n'a à peu près rien à voir avec les démocraties antiques (qui respectaient un ordre de la nature extérieur à l'homme qu'il s'agissait de découvrir et auquel chacun devait se conformer. NdCR.)

La première partie intitulée “observer” sera une enquête sociologique, examinant le phénomène “démocratique” dans tous ses détails. Depuis 1945, la démocratie, idéologie des vainqueurs de la seconde guerre mondiale, n'est plus aujourd'hui un régime politique parmi d'autres possibles et acceptables, mais un régime obligatoire à prétentions universelles.

La seconde partie, intitulée “comprendre”, enquête philosophique, consistera à remonter la machine pour en montrer la cohérence et les fondements. Donc, tout commence au XIVe s. avec la grande révolution nominaliste et continue avec Hobbes, Rousseau, Kant et quelques autres. Nous voilà débarrassés de l'idée d'un ordre de la nature voulu par un Premier Moteur intelligent où chaque être a sa finalité propre, et nous pouvons constituer une science purement empirique, libérée de toute perspective théologique, assurant à l'homme une grande maîtrise de la nature. Tout cela ne va pas sans effets pervers qui se développent au cours des siècles : individualisme, liberté laissée à la subjectivité de chacun (la liberté" de définir le bien et le mal chacun selon l'idée qu'il s'en fait du pape François NdCR.), liberté limitée uniquement par l'intérêt de ses semblables et égaux, et par la loi votée par des “représentants”. La loi devient le seul critère de moralité qui ne soit pas subjectif..., et la Démocratie, obligatoire et universalisable, prend le caractère d'une nouvelle religion. Que deviennent, dès lors, les religions traditionnelles et révélées ? Selon Kant, elles sont une sorte de parabole, étape de l'évolution de l'humanité lui permettant de s'élever, par une sorte de décantation, à une religion naturelle universellement intelligible, valable pour le monde entier. Maxence Hecquard n'a pas de peine à montrer le caractère kantien des textes du concile Vatican II sur la liberté religieuse, et du ralliement de l'Église à la religion démocratique. (p.354-369)


Frontispice du livre « Leviathan » de Thomas Hobbes (1651) décrivant l'état moderne. Leviathan - Rex Mundi (Roi de la Terre), le Démiurge, Satan - porte une couronne, il brandit une épée (le symbole du pouvoir temporel), et une crosse (le symbole de l'autorité religieuse). C'est l'essence de la règle de Satan, religieuse, militaire et tyrannique. Au-dessus de Leviathan est une inscription latine du livre de Job (41, 24-25): Non est potestas super-terram quae comparetur ei: "Il n'est sur terre aucune puissance qui lui soit comparable" Dans la pratique, sur le plan social, pour les individus concrets, on aboutit à une société marchande où le conflit entre liberté et égalité ne peut se résoudre, toujours provisoirement, que par la croissance économique permettant de distribuer toujours plus de richesses. L'auteur compare ce système au Léviathan du livre de Job, ce monstre “auquel aucune puissance sur terre ne peut être comparée”, qui a déjà fourni son titre à Hobbes et a toujours été assimilé au Diable. (Source: Librairie catholique)

 

"Saint Albert le Grand, dans son Commentaire de Job III, 8, déclare que le Leviathan symbolise Satan. Saint Thomas l'affirme pareillement dans sa Somme théologique (3a, 8, 7, c.)" (Maxence HECQUARD, Les fondements philosophiques de la démocratie moderne, 3e édition, Pierre-Guillaume de Roux, Préface de Pierre MAGNARD, Paris 2016, p. 422.)

 

De l'érudition, du courage et de l'intelligence il en faut pour écrire un tel livre. Libérée de Dieu, la société (occidentale) s'est jetée dans une nouvelle religion sans spiritualité fondée sur la vérité "scientifique", le "progrès" etc. Revisiter l'histoire de la pensée politique à l'aune de ce constat nous amène aussi bien à Darwin, Lucrèce, Empédocle d'Agrigente qu'à Marx ou Aristote. Mais ce n'est ni lassant ni pédant, Maxence Hecquard utilisant un langage précis et clair, loin du style philosophico-pompeux.

 

Le livre aborde aussi les méfaits de la démocratie, comme le droit d'ingérence militaire ou la religion des droits de l'homme qui se mue en entité d'obédience totalitaire. On dit parfois que la démocratie est le meilleur des régimes...faute de mieux.

 

Source: Commentaires du livre sur Amazon

La video de Maxence Hecquard qui présente son livre :

Extrait :

 

Pierre Magnard : "Ce livre de M. Maxence Hecquard, j'oserai me l'approprier en disant que mes meilleurs livres, ce sont mes élèves qui les ont écrit !

Nous avons en effet dans l'oeuvre de M. Maxence Hecquard un livre désormais incontournable. La démocratie, c'est le leitmotiv de tous nos politiques, moralistes, voire théologiens aujourd'hui, on a droit à cela tous les jours. Mais sait-on seulement ce que le mot veut dire ? Sait-on seulement si la monnaie que l'on fait circuler est en quoique ce soit fiable ?

Je ne trouve dans notre littérature contemporaine qu'un livre qui ait fait la généalogie de l'idée moderne de démocratie à partir de l'Antiquité et qui essaie d'en comprendre aujourd'hui l'usage, le succès, l'imposture. C'est le livre de Maxenxe Hecquard. A l'origine, il y avait une thèse en Sorbonne, que j'avais l'honneur de diriger. Au terme, il y eut bien plus : un livre qui en est à sa troisième édition, car il est devenu l'ouvrage incontournable, l'ouvrage de référence, le seul ouvrage qui nous permette d'y voir clair. Il ne s'agit pas d'un pamphlet, il ne s'agit pas d'un procès de la démocratie; il s'agit de prendre celle-ci dans toute son ancienneté, de la reprendre dans son origine grecque, de retrouver la démocratie athénienne, celle de Périclès, de voir comment elle fut  contournée, dérobée, détournée, subvertie, et de montrer à quelles falsifications elle a pu donner lieu à travers les siècles pour en venir jusqu'à notre actualité.

C'est tous les jours qu'on nous rabat les oreilles de la démocratie par-ci la démocratie par-là. Il faudrait savoir de quoi il en retourne, savoir ce que c'est, et c'est là justement que le travail énorme accompli par Maxence Hecquard, qui de plus a une formation juridique, est très éclairant à ce propos. Je ne vois rien d'autre à comparer.

Par le passé, certes, on peut renvoyer à la Démocratie en Amérique de Tocqueville, qui représenta un moment de la conscience européenne. Mais, hors de cette référence qui reste une référence obligée, il n'y a rien eu qui tira au clair ce prestige qu'exerce encore sur tous les esprits le mot démocratie : quand on a dit démocratie, il semble qu'on ait invoqué la Loi et les prophètes. Au nom de la démocratie on peut tout justifier [NdCR. Ex: la "croisade de la démocratie" de Bush en Irak sur la base du mensonge des fioles de Colin Powell prouvant l'existence d'armes de destructions massives dans ce pays. Depuis, l'emploi du mot démocratie est discrédité aux Etats-Unis]. Ce qui est contre la démocratie est nécessairement diabolique, pour ne pas dire démoniaque, et dès lors la démocratie fait la loi. Mais qu'est-ce que cette démocratie? A entendre les politiciens, c'est sur le mode incantatoire qu'ils invoquent la démocratie. C'est une sorte d'invocation purement verbale. Il faudrait en finir avec cette logorrhée et essayer de penser une bonne fois ce que cela peut être, si nous voulons, nous en 2017, échapper une fois de plus à la subversion qu'on nous impose, au nom d'une sacro-sainte démocratie, dont on ne sait pas ce qu'elle est.

J'ai tenu à préfacer ce livre, cette préface m'honorant, beaucoup plus qu'elle n'honore l'auteur de l'ouvrage." (Pierre Magnard.) 

Maxence Hecquard :

 

C'est une référence désormais universelle. Personne n'ose se dire contre la démocratie. Même nos papes en font l'apologie. Hors, la démocratie, qu'est-ce que c'est ? Lorsqu'on fait une étude de vocabulaire, on s'aperçoit que ce n'est pas qu'une question de politique. Lorsqu'on dit que tel club de tennis n'a pas un accès très démocratique, mais qu'est-ce que cela veut dire? Lorsqu'on dit que tel vêtement, un blue jean, est plus démocratique qu'une cravate, qu'est-ce que cela veut dire? Donc on voit bien que le concept dépasse amplement la sphère politique.

 

La démocratie, aujourd'hui, présente tous les traits de ce que les philosophes ont appelé des idéologies.

 

Une idéologie, selon la définition de Raymond Aron, c'est "un ensemble de propositions de fait et de jugements de valeur". Et effectivement, la démocratie se dit fondée sur un certain nombre de faits. Par exemple: la souveraineté du peuple, le fait que la Révolution française ait été un véritable mouvement populaire, d'un peuple qui souhaitait se libérer des 'tyrans' que constituaient les rois de France. C'est considéré comme un fait historique. Aujourd'hui encore que le peuple dirige, que le peuple peut diriger. Et puis à côté de cela, on constate qu'il y a énormément de valeurs, qui sont des éléments de nature morale, comme le disait Nietzsche, mais qui sont sans rapport direct avec les propositions de fait. Alors qu'est-ce que les valeurs de la démocratie ? Vous les connaissez, c'est 'liberté, égalité, fraternité'. Mais cela va bien au-delà. On va dire aujourd'hui que la rigueur scientifique est une valeur démocratique, que la nature est une valeur démocratique, et on va mettre énormément de choses là-dedans.

 

En réalité, la démocratie est un système de valeurs.

 

Maritain nous dit que (la démocratie) c'est une "philosophie générale de la vie humaine".

Et l'on constate que la démocratie est devenue hégémonique à un moment précis de l'histoire, tout simplement après la Seconde guerre mondiale, en 1945. La démocratie, de fait, devient une référence obligée. Alors, vous connaissez peut-être cette anecdote de la correspondance entre le général de Gaulle et René Cassin et le général de Gaulle ne voulait pas utiliser le mot démocratie, parce qu'il disait "nos militants se méfient de la démocratie." Parce que pour eux, la démocratie, c'était la IIIe république, un régime de corruption, un régime où les gouvernements changeaient tout le temps, et ils se disaient "ce n'est pas une bonne chose de se référer à la démocratie dans le combat que l'on mène contre le nazisme." Et, pourtant, de Gaulle va engager Jacques Maritain (1882-1973) pour rendre ce concept de démocratie populaire. Et Maritain va écrire un livre sur la démocratie, qui va être publié par les services américains, et parachuté en France en 1942 de manière à faire basculer l'opinion, qui à l'époque était majoritairement pétainiste, et pour accoutumer, les Français, notamment un peu catholiques avec ce concept de démocratie. Maritain, vous le savez, sera nommé par de Gaulle, ambassadeur à Rome, et il deviendra très proche du pape Paul VI (1963-1978), et il aura une influence très importante sur le Concile Vatican II. Et donc vous voyez, la démocratie, elle devient hégémonique après la IIe Guerre mondiale.

 

A partir de ce moment-là, sans que personne ne s'y réfère plus, s'y j'ose dire. Alors si on veut aller plus, qu'est-ce qu'il y a derrière cette idéologie ? Parce que l'idéologie, il y a forcément quelque chose derrière, il y a forcément une espèce de conception de la nature, ce que les philosophes appellent une métaphysique, c'est-à-dire une vision du monde. Il est essentiel pour nous de cerner quelle est la métaphysique sous-jacente à la démocratie.

 

Tout d'abord, il faut bien prendre conscience que la démocratie (et je crois que cela fait partie de son essence) est une négation. La Révolution française qui marque en quelque sorte la naissance de la république dans notre pays en Europe et dans le monde, la Révolution française qui donc marque la naissance de la démocratie comme régime hégémonique est une négation. Et la négation de quoi ? Tout d'abord la négation de l'Ancien Régime, une négation de l'Ancien ordre. Une négation de ce que Aristote a appelé les "communautés naturelles". Qu'est-ce que c'était que les communauté naturelles ? Le livre De La Politique d'Aristote, nous explique que le monde s'organise autour des familles, que les familles constituent des villages, que les villages constituent eux-mêmes des Etats, et il y a ainsi un système de poupées russes, si j'ose dire. Et Aristote nous explique que ce sont des créations de la nature. Et tout l'Ancien Régime était organisée autour du respect de ces communautés naturelles qui existaient en tant que telles.

 

La Révolution française va balayer tout cela. Vous le savez tous, ces premières lois consisteront à abolir toutes les associations, à autoriser le divorce, à évidemment nier les nations, et aujourd'hui, force est de reconnaître que la démocratie dans laquelle nous vivons ne reconnaît plus ces communautés naturelles comme des entités juridiques ayant un poids en tant que telles. Vous savez que le mot famille, qui certes, est utilisé légèrement dans le code civil mais n'apparaît pas dans nos constitutions, il apparaît dans certaines déclarations de l'O.N.U., mais de façon extrêmement ténue. Et force est de constater que toute la législation dans les démocraties aujourd'hui est entièrement dirigée, je ne vais pas m'appesantir là-dessus, vous le savez parfaitement, contre les structures familiales, contre les structures de nations. Aujourd'hui, on n'ose même plus parler de nations, c'est suspect. Parce que, qui dit nation, dit nationalisme, qui dit nationalisme, dit extrême-droite, qui dit extrême-droite dit ennemi de la démocratie. Donc vous voyez bien, que toutes ces communautés naturelles ont été combattues par la démocratie. Alors, pour être remplacées par quoi ? Et bien, pour être remplacées parce que les philosophes ont appelé l'individualisme. Qu'est-ce que c'est que l'individualisme ? L'individualisme, c'est précisément n'appartenir à aucune communauté, être un individu. Rousseau nous dit que l'homme est un tout parfait et solitaire, c'est-à-dire qu'il se suffit à lui-même, qu'il n'a pas besoin pour vivre d'appartenir à une famille. Sous l'Ancien Régime, on se définissait essentiellement par l'appartenance à sa famille. C'est pour cela qu'on disait "je suis le fils de Jean", "je suis le fils de Pierre". Et on retrouve cela dans les noms (Peterson, fils de Pierre; Simon Bar-Jona, fils de Jonas). La définition de l'être humain se fixait par l'appartenance à une lignée. Il n'y a plus rien de tout cela aujourd'hui. On choisit son nom, et l'individu né dans une famille, qui très souvent est recomposée, et donc dénuée de toute stabilité. Et l'individu va lui-même fonder plusieurs familles au cours de sa vie, avoir des enfants avec plusieurs conjoints, et ensuite il laissera derrière lui une postérité qui portera ou ne portera pas son nom. Donc la démocratie, en fait, s'adresse (et le régime politique) à des individus et non plus à des communautés.

 

http://www.univ-montp3.fr/pictura/Images/A/1/A1828.jpg Alors, me direz-vous, comment est-ce possible ? Hé bien, Rousseau, et le mouvement des Lumières, nous explique que les communautés naturelles n'existent pas, puisque la nature ne créée par des communautés, mais les hommes sont (c'est tout la peinture de Jean-Jacques Rousseau) nés dans la forêt et vivent dans la forêt.

 

Et un jour ils ont simplement décidé, pour des raisons essentiellement économiques, pour protéger une sorte de propriété qui les arrangeait, ils ont décidé de constituer un contrat. Qu'est-ce que c'est que ce contrat? Ce contrat, c'est un accord, donc c'est de nature contractuelle (qui dit contractuel, cela veut dire un accord commutatif), un accord bilatéral, multilatéral ou où se met d'accord pour respecter un certain nombre de lois, et pour éviter quelque part les conflits.

 

Alors, voilà le système du "Contrat social". Et ce contrat social est souverain.

Qu'est-ce que cela veut dire qu'il est souverain? Cela veut dire que la souveraineté, c'est le fait de ne pas avoir de chef au-dessus de soi. On nous dit que la souveraineté populaire, c'est le peuple qui décide de sa propre loi. Mais il y a là une contradiction profonde qu'on ne relève pas. Si l'on est souverain, on n'a pas besoin de loi. Quand on est souverain, on fait la loi. Donc, si la Souveraineté populaire c'est d'être soumis à la loi que l'on se donne, c'est contradictoire. Pourquoi le peuple, s'il est Souverain, se donne-t-il des lois ? Nous allons voir pourquoi.

Les philosophes nous expliquent que le peuple est souverain, mais tous les philosophes reconnaissent que le peuple ne sait pas gouverner. Montesquieu, le premier nous dit "le peuple est incapable de gouverner les affaires". Soit il va trop vite, soit il va trop lentement. Et, nous dit Montesquieu, il ne sait faire qu'une chose, c'est désigner de bons gouvernants, mais il ne sait pas gouverner lui-même. Et le professeur Magnard a parlé de Tocqueville.

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRJ08Rnvmi3Xd46HmfW8mlKbxy3-0odjJFf-tDqvN8eDlGTebtQ&t=1 Mais Tocqueville, qui n'a pas étudié la démocratie dans des livres, qui l'a étudiée aux Etats-Unis où elle existait à son époque, nous dit "le peuple est incapable de choisir de bons gouvernants".

 

Ha bon ? Alors, ce "peuple souverain" est incapable de gouverner, il est incapable de choisir de bons gouvernants, comment est-ce que cela fonctionne ?

 

On nous explique : "cela fonctionne en fonction de la représentation populaire", "le peuple choisit". Mais cette représentation populaire, Rousseau la rejette. Rousseau nous dit : "la souveraineté ne peut pas être déléguée".

Ceux qui parmi vous qui ont des enfants savent que la paternité ou la maternité, cela ne peut pas se déléguer. Vous avez des enfants, "vous pouvez leur dire, fais ceci, fais cela, je te donne quelque part la possibilité tout seul sur tel et tel point". Mais vous ne pouvez pas abandonner votre paternité. Si il y a un problème, ils reviendront vers vous pour avoir la solution. La souveraineté c'est exactement la même chose. Vous ne pouvez pas déléguer votre souveraineté, le fait de ne pas avoir de chef au-dessus de vous, vous ne pouvez pas le déléguer à quelqu'un d'autre (c'est ce que nous dit Rousseau).

Il (Rousseau) nous dit de même, "la souveraineté ne peut pas se diviser".

Or, on nous dit que la souveraineté est divisée en pouvoir législatif, en pouvoir exécutif, et en pouvoir judiciaire.

Qu'est-ce que cela veut dire d'être souverain si on n'est souverain que sur un point particulier et pas sur le reste ?

Donc, vous voyez que la démocratie est en réalité pleine de ces contradictions.

 

Tout ce que je vous dis n'est pas très original. Je n'ai pas inventé tout cela. Beaucoup d'autres penseur l'on dit [1], et sans doute beaucoup mieux que moi. Mais je pense qu'il est nécessaire de faire ces quelques rappels pour comprendre ces contradictions.

 

Alors, en réalité, nous savons bien que le peuple ne gouverne pas. Nous savons bien que nous ne gouvernons pas. Nous savons bien que notre pays est gouverné par une élite [2], que cette élite se reproduit. On peut estimer que l'élite est plus ou moins bonne à son poste, mais néanmoins, cela n'est pas un hasard, si tous les hauts-fonctionnaires sortent des mêmes grandes écoles, si tous les capitaines sortent des mêmes écoles, si leurs enfants héritent bien souvent des fonctions de leurs parents, l'élite s'auto-reproduit. C'est un fait, cela a été observé dans tous les pays, et plus particulièrement dans les démocraties. Or, cette élite, elle est intimement convaincue, persuadée de sa supériorité. Elle sait qu'elle gouverne, mais sauf qu'elle doit respecter le jeu démocratique. Elle doit dire "je suis soumise à la démocratie populaire". Et bien souvent, cette élite méprise le peuple. Néanmoins, elle se plie à la souveraineté. Il y a là une sorte de mensonge. Et je crois qu'il ne faut pas hésite à la dire : il y a dans la souveraineté populaire un mensonge. On dit que le peuple gouverne, alors qu'il ne gouverne pas. Alors voilà lorsqu'on observe de façon très superficielle et très rapide ce qu'est la démocratie, voilà à quoi nous arrivons. Nous arrivons à des contradictions, des contradictions logiques, nous arrivons à la négation de tout ordre naturel. Et nous arrivons à une espèce de mensonge. Alors comment expliquer cela ?

 

Il y a une raison à tout cela, il y a une logique à tout cela. La démocratie, nous allons le voir, est extrêmement cohérente au-delà de ses contradictions.

Pour essayer de comprendre ce système, je pense qu'il faut tenter de se mettre dans l'esprit de nos contemporains. Quels sont les choses, les vérités auxquelles nos contemporains croient le plus ? Et bien, je pense que nos contemporains, nous tous, ce qui nous paraît le plus solide, c'est ce que l'on a appelé les sciences, les sciences dures, le CNRS, les laboratoires, la chimie, la physique, toutes ces sciences dites dures qui de fait, ont été absolument indispensables dans le progrès technologique, que nous constatons et qui  sont jugés comme des éléments absolument incontestables du monde moderne.

Or, cette hégémonie de la science n'est pas tout à fait nouvelle. Descartes lui-même dans son "Discours de la méthode" nous dit que les hommes vont se rendre maîtres et possesseurs de la nature. Et au XIXe siècle, on a vu fleurir un espèce de scientisme, c'est-à-dire une sorte d'idéologie, qui mettait les sciences expérimentales au-dessus de toutes les autres, alors que sous l'Ancien Régime, les sciences les plus nobles c'était la philosophie, la théologie, le droit, ce genre de choses.

 

L'épicurisme et le darwinisme, la croyance dans un monde en progrès

 

Alors que nous disent les sciences sur le monde dans lequel nous vivons ?

Charles Darwin 1880.jpg Hé bien les sciences, nous disent, depuis Darwin que le monde est en évolution. Et c'est jugé comme étant une vérité scientifique. Les hommes, dit Darwin, sont arrivés par hasard sur la surface de la terre, ils ont évolué, ils se sont organisés et ils ont connu un certain progrès technologique. Alors, évidemment cette théorie de Darwin correspond à la théorie de Rousseau (le "tout parfait et solitaire d'un homme sylvestre").

En réalité, cette théorie darwinienne qui est jugée scientifique, n'est pas nouvelle. Elle correspond à une philosophie très ancienne, c'est la philosophie d'Epicure (connu par son disciple Lucrèce) qui consiste à dire que le monde est arrivé par le hasard de la concrétion des atomes.

Or, aujourd'hui tout le monde se dit épicurien. Si vous entendez les philosophes qu'on lit dans le journal : Michel Onfray, Luc Ferry, André Comte-Sponville, tous se réfèrent à Epicure. On peut sourire, mais ce sont des philosophes que l'on doit estimer, il me semble, mais ils se réfèrent tout simplement à l'épicurisme, et pas uniquement pour des raisons hédonistes, plutôt pour des raisons cosmologiques. Nous allons y revenir.

 

Epicure a été redécouvert dans un monastère alsacien au début du XVe siècle. Et donc on a lu au travers du manuscrit de Lucrèce Sur la nature des choses, c'est-à-dire sur l'origine du monde; et de fait l'épicurisme est revenu en Occident par la conception du monde. On a commencé par s'interroger sur la question de l'infini du monde, est-ce que le monde, est-ce que le cosmos est infini ? Est-ce qu'avec nos téléscopes nous voyons toutes les planètes, est-ce que derrière la plus lointaine des planètes il y en a encore une derrière ? Est-ce que si nous montions dans un vaisseau spatial qui serait capable d'aller jusqu'à cette lointaine planète, est-ce que l'on peut dire qu'il y en aurait une autre derrière ? Et alors les philosophes ont butté sur cette difficulté qui est une difficulté en fait très ancienne, puisque déjà un ami de Platon, s'y était confronté, Archytas de Tarente, et il disait "le monde ne peut pas être fini parce que je pourrai toujours lancer mon javelot au-delà de la fin du monde". Donc le monde est infini. Et alors, si le monde est infini, nous dit-on, il y a de nombreuses planètes habitées, et de fait, Epicure, Lucrèce, nous disent qu'il y a plusieurs planètes habitées, et cette pluralité des mondes habités, va être très populaire dans la philosophie du XVII ou du XVIIIe siècle. Voyez le grand Emmanuel Kant, qui est l'un des principaux penseurs modernes. Son premier grand ouvrage, Le Traité du Ciel, développe toute une théorie de la pluralité des mondes habités. Et à la fin de sa vie, Kant, je crois en 1797, a écrit un petit traité Sur les lunes, où il reprend sa théorie sur les mondes habités. Et il considérait que toutes les planètes du système solaire étaient habitées. Et plus les planètes étaient proches du soleil, plus les gens étaient frustes, et plus elles étaient éloignées du soleil, plus les gens étaient développés, intelligents. Et, disait-il, les habitants de Vénus sont des singes, et les habitants de Saturne sont des Newton. Vous voyez que toutes ces questions cosmogoniques, sont devenues populaires à partir du XVIe siècle et ont progressé dans l'esprit des philosophes au XVIIe et XVIIIe siècle. Cela va également avec la théorie atomiste, qui va être popularisée par Gassendi au XVIIe siècle, Gassendi qui était professeur au Collège de France. Et avant Gassendi, je crois qu'il faut évoquer également la figure de Giordano Bruno, qui croyait à l'infini du monde, qui croyait à la pluralité des mondes habités, à l'atomisme, également. Donc, vous voyez que la vision, la perception du monde dans lequel du monde a complètement changé à partir de la redécouverte de Lucrèce et d'Epicure. Alors l'univers est désormais infini, il y a des mondes habités en grand nombre. Les êtres sont composés d'atomes qui sont réunis au hasard. Alors évidemment la Genèse est fausse. La première conclusion de tout cela, c'est que la Genèse est fausse. Et de fait, on va effleurer les prémisses du transformisme dès le XVIIe siècle. Cela n'est pas Darwin qui a inventé le transformisme, on y trouve les premières traces chez Vanini, qui écrit au tout début du XVIe siècle dans les années 1610 et il nous explique que les hommes sont issus du perfectionnement de la semence des guenons et des singes. Donc, vous voyez au début du XVIIe siècle, il y avait une théorie transformiste. On en trouve les traces dans Vanini, c'est quelqu'un qui écrit au tout début du XVIIe siècle, dans les années1610, et il nous explique que les hommes du perfectionnement de la semence des guenons et des singes. Et donc, vous, voyez, déjà au début du XVIIe siècle, il y avait une théorie transformiste. Cela se reprit au XVIIe siècle, par (et) les Lumières. Vous avez des gens comme Benoît de Maillet, qui publie de façon anonyme un ouvrage qui s'appelle le Telliamede (1755) (théorie sur l'histoire de la Terre qui influença les naturalistes des Lumières tels Lamarck et Darwin et rompit avec le mythe du déluge biblique. NdCR.), dans lequel il croyait aux sirènes, qu'il y avait des 'hommes marins', et, ambassadeur en Afrique, il colportait toutes les légendes d'Afrique, et il croyait qu'il y avait des 'hommes sylvains' : les hollandais ayant emporté d'Indonésie des Orangs-Outans, il considérait que les Orangs-Outans étaient des hommes sylvains. Et il pensait que les hommes étaient issus d'une certaine évolution. Ce sera repris par Diderot, qui dans Le Rêve de d'Alembert (1769) a des propos transformistes : il propose d'ailleurs, que les hommes s'accouplent aux animaux pour créer des races utilitaires. Il dit par exemple, que si les hommes s'accouplaient aux chèvres, on pourrait faire des domestiques très résistants et très utiles. [Maxence Hecquard précise dans son livre : "Le XVIIIe siècle est ainsi convaincu d'une chose : la Genèse est une fable. Les hommes et les singes ne sont pas si différents". (3e édition, p. 269). NdCR.]

 

Kant, va reprendre ces théories, et expliquer que la nature, en quelque sorte, se déploie, qu'elle progresse. Et comment cela ? Et bien, au hasard. Alors qu'est-ce que c'est que le hasard ? Vous avez dans Aristote, dans La physique, toute une théorie du hasard, qui est très profonde. Aristote dit que le hasard est simplement une causalité que l'on ne peut pas expliquer parce qu'elle est trop fine, elle est trop petite.Par exemple, quand vous jetez un dé, vous ne pouvez pas savoir quelle est la face qui va sortir parce qu'il y a trop de paramètres. Donc, vous ne savez pas si c'est un deux ou un six qui va sortir, parce que cela dépend du mouvement de la main, de la résistance de la table. Donc, c'est en dehors, nous dit Aristote, du domaine de la raison. Et donc, cela peut tout juste faire l'objet de probabilités, d'un raisonnement mathématiques de probabilités. Et le hasard moderne, tel qu'il va être repris par les scientifiques au XIXe siècle, et surtout au XXe siècle, c'est tout simplement cette notion mathématique.

 

Et lorsque Darwin vient nous expliquer, à partir de collections naturalistes de coquillages, l'évolution des espèces par une certaine sélection, il va en quelque sorte valider scientifiquement, la théorie d'Epicure.

 

Auparavant, à l'époque d'Epicure, à l'époque de Gassendi, à l'époque de Diderot, de Kant, c'était des considérations philosophiques, c'était une cosmogonie parmi d'autres cosmogonies. Darwin va marquer cela d'un sceau scientifique, en disant "moi je vous le prouve parce que mes expériences aux îles Galapagos montrent qu'il y a une évolution des espèces". Cela n'est plus une vérité philosophique (je vous rappelle que la philosophie est désormais une science molle), c'est une vérité scientifique, biologique. C'est donc une science dure, c'est donc certain. On ne peut pas mettre cela en doute. Le monde est donc en progrès. Et il provient du hasard.

 

Et donc, au moment de la Révolution française, quelqu'un comme Condorcet, va écrire un livre qui s'appelle L'Esquisse des progrès de l'esprit humain, où il dépeint les étapes de l'évolution humaine. Et la grande différence avec la philosophie d'Epicure, c'est qu'il introduit la notion de progrès. Il dit "demain sera meilleur qu'hier". Et le progrès est accumulation. Et donc cette évolution n'est pas erratique, elle ne va pas vers le désordre ou le chaos. Non, on a des êtres de plus en plus complexes, et on a de plus en plus de rationalités. Or, désormais, l'évolution de l'homme ne se fait plus par son corps, même par son intelligence, elle se fait au niveau de la société, en tout cas dans l'histoire que nous sommes et que les individus peuvent mesurer. Car il est évident que si nous avons des évolutions physiques dans notre corps (on dit que nous sommes un peu plus grands que nos aïeux, c'est possible), mais cette évolution est tout à fait à la marge, et on ne voit pas de grandes différences avec nos aïeux.

 

Donc, l'évolution, désormais, elle est sociale, elle est dans la société. Et si donc, cette évolution est mue par le hasard, comment faire que les hommes s'entendent, pour qu'ils ne s'entretuent pas, pour qu'ils vivent en harmonie ?

 

S'il n'y a plus d'ordre dans la nature, s'il n'y a plus de communautés naturelles, il n'y a plus qu'un seul moyen, et ce moyen c'est la loi. C'est-à-dire l'Etat de droit. Donc, la société est désormais le lieu de progrès de l'espèce humaine. Et le coeur de cette société, c'est la loi qui permet aux hommes de vivre en harmonie, les uns avec les autres. L'Etat de droit est donc en quelque sorte la condition de l'évolution de l'espèce humaine, la condition de son progrès. Et c'est pourquoi, il est si important, comme nous allons le voir.

 

Car, enfin, nous savons bien, que la perfection n'est pas de ce monde. Et nous savons bien que l'Etat de droit n'est jamais parfait. Nous savons que la démocratie est imparfaite et pourtant elle est une obligation morale.

 

Le début de mon exposé s'est ouvert par là. Je vous ai dit qu'aujourd'hui, personne ne pouvait s'opposer à la démocratie, ce serait un crime, ce serait une déviance, ce serait une hérésie. Pourquoi, parce que la démocratie n'est qu'un but à atteindre.

 

La démocratie : un but à atteindre

 

La démocratie n'est qu'un idéal. Et cet idéal n'est jamais atteint. Mais toutefois, cette loi que l'homme se doit de respecter (Kant écrit "agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en lois universelles de la nature"), chacun par sa liberté, va se donner des maximes morales qui peuvent devenir des lois pour l'ensemble des individus. Et la loi va être sacralisée. Ainsi, la démocratie est, finalement, la condition de la liberté, la condition de l'espèce humaine, et finalement, c'est la seule chose qu'il faille respecter. Et c'est pourquoi, la principale valeur de la république, c'est la république elle-même !

 

Mais une fois que l'on a dit cela, ce n'est pas très enthousiasmant pour les peuples. Ce sont des considérations un peu théoriques, un peu philosophiques, notre homme de la rue ne sait pas ce que c'est que l'Etat de droit. Il ne va pas réfléchir de façon très approfondie sur ce que sont les droits de l'homme, sur l'importance de la loi. Alors on appelle à la rescousse la religion. Et c'est Kant lui-même qui le fait

 

La religion appelée à l'aide de la démocratie

 

Kant nous dit que face à l'épreuve du mal, notamment, et pour aider les hommes à respecter la loi, et la morale qu'ils se donnent, la religion (ce qu'il appelle le poème des prêtres), est très utile, essentielle. Il nous dit qu'il y a deux types de religion. Il y a des religions historiques (c'est le christianisme, le bouddhisme, le judaïsme ou l'islam), et toutes ces religions historiques sont très valables, parce qu'elles sont le produit d'une culture, d'une histoire, dans un endroit donné à un moment donné. Mais, nous dit, Kant, il y a une religion supérieure à toutes ces religions, et ce qu'il appelle la foi pure de la raison. Au-delà de toutes ces religions historiques, il y aurait pour Kant une religion de la foi pure de la raison, qui permettrait à toutes ces religions de se réunir, et aux hommes de devenir meilleurs, et de supporter les épreuves de la vie. Et donc, Kant va nous dire - et nous sommes à la fin du XVIIIe siècle -, que la religion est légitime quand elle défend la raison. Et il dit que le royaume de Dieu de la foi rationnelle, ce sera bien difficile de l'atteindre.

 

Et bien aujourd'hui, nous y sommes. Un philosophe comme Jules Ferry nous dit que nous sommes dans une époque formidable où le divin s'humanise et où l'humain se divinise. "Que le divin s'humanise": c'est-à-dire que l'on ramène toutes ces religions historiques à leur substrat rationnel, et "que l'humain se divinise" : c'est-à-dire que les hommes, en utilisant la moralité qui lui donnent, ce qu'il appellent "ces valeurs hors du monde", parce qu'elles ne sont pas produites par la nature, elles sont produites par le coeur de l"homme, Luc Ferry nous dit que l'homme devient comme un Dieu. Et il reprend le mot de Bergson, "l'univers est une machine à faire des dieux".

 

Et voilà le projet de la démocratie, la démocratie va nous permettre d'épanouir notre liberté. Et en permettant à la liberté de faire ce qu'elle doit faire dans les limites de la loi, elle permet à notre espèce de progresser et approche de l'omega du divin. C'est Teilhard de Chardin.

 

Combien de doigts François lève-t-il maintenant ? Amoris Laetitia et la Soumission Ces théories qui sont une acclimatation de la philosophie des Lumières aux religions historiques, au christianisme, par exemple, elles vont rentrer dans ces religions historiques. Et pour la religion catholique, qui est la mienne, que je connais mieux, mon analyse, est que cette philosophie est rentrée notamment au moment du Concile Vatican II, dans la religion catholique. Sous quelle forme ? Précisément, sous la forme de la déclaration Dignitatis humanae, où la religion catholique reconnaît qu'elle n'a pas plus de droit que les autres, et c'est quelque part, faire une sorte de démocratie entre les religions, de manière à faciliter l'identification de la foi rationnelle. Et donc, de fait, l'Eglise bien, souvent aujourd'hui, va devenir le vecteur principal des valeurs de la démocratie. Et c'est pour cela que les papes en parlent et qu'ils parlent tant des droits de l'homme. Et les religions vont prôner une sorte de charité universelle qui sera beaucoup plus puissante pour maintenir la paix entre les hommes, que ne l'est la loi elle-même. Car la loi est sèche, et stricte, alors que la charité est humaine.

 

De la démocratie au mondialisme

 

Parallèlement à la conversion des coeurs, il faut la conversion des nations, car les nations sont antagonistes Pourquoi sont-elles antagonistes ? Parce qu'elles ne sont pas unies par des lois. Parce qu'elles sont indépendantes. Et donc, la démocratie qui existe au niveau des nations doit exister entre les nations.

Et ce projet de paix perpétuelle, est en réalité un projet ancien. Les premiers projets de société des nations datent des légistes de Philippe le Bel, cela a été repris par Sully, par l'Abbé de Saint-Pierre au XVIIIe siècle, et puis Kant lui-même en fera plusieurs livres sur ce thème (il a écrit le livre "Le Projet de paix perpétuelle", et le livre "L'idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique") et il explique que la paix entre les nations est essentielle, car la paix est toujours essentielle à la liberté.

 

Aujourd'hui, on parle beaucoup du "mondialisme", qui n'est rien d'autre qu'un système démocratique entre les nations. Et le projet de paix perpétuelle de Kant, en fait, c'est l'ancêtre de la Société des Nations et de l'O.N.U.. Et de fait, le mondialisme, peut-on dire, en tout cas il le proclame, aurait permis une certaine paix dans le monde depuis la Seconde guerre mondiale. Ce point peut être discuté, néanmoins c'est l'objectif qu'il s'est donné.

 

Du mondialisme au cosmopolitisme

 

Au-delà de cela, et de ce projet de paix entre les nations, en filigrane du mondialisme, il y a une autre idéologie, qui est le cosmopolitisme. Le cosmopolitisme, c'est l'indifférence à la nation. C'est le fait de dire peu m'importe que ma voiture soit japonaise ou espagnole, ou française, ce qui compte c'est qu'elle me plaise, qu'elle est les formes et la couleur que je recherche. Et donc, le cosmopolitisme, c'est une visée peu une vision consumériste du monde. C'est l'idée que tous les individus que nous sommes, peuvent jouir des richesses du monde entier, de chaque nation. Et d'ailleurs, pendant des siècles, le cosmopolitisme a été une coquetterie de riches, en fait. Les cosmopolites, c'était les grands aristocrates, qui pouvait se permettre de voyager, évidemment dans des conditions favorables, et de profiter en fait de toutes les richesses du monde.

 

Et donc aujourd'hui - et c'est ce qu'il y a derrière le tourisme de masse -, que tous et chacun nous pouvons profiter des richesses du monde entier.

 

Le mondialisme s'accomoderait-il de Trump et du Brexit ? Alors je vous laisse juges de savoir si cette démocratie universelle, a produit ce qu'elle avait promis ? A savoir, le bonheur ? Les Lumières nous promettaient le bonheur. L'Ancien Régime, le Moyen Âge n'a jamais promis le bonheur : on ne promettait que la Croix, que le sacrifice. Le bonheur n'était promis que dans l'au-delà.

 

Le projet de paix de la démocratie est un projet du monde. Il s'agit de trouver la prospérité en ce monde, et de rendre les gens heureux en ce monde. Est-ce vraiment le cas ? Chacun d'entre nous peut répondre à cette question.

 

Ce que l'on peut constater c'est que la démocratie, aujourd'hui, en quelque sorte, est en difficulté. Pourquoi est-elle en difficulté ? Précisément en raison de son succès. Parce que les frontières sont tombées, parce que les communautés naturelles ont disparu, les mouvements du monde, entre les gens, entre les pays, sont de plus en plus nombreux et de plus en plus forts.

Et la démocratie se voit contrainte de réunir des éléments de plus en plus hétérogènes. Et c'est la raison pour laquelle elle doit être de plus en plus forte. Il est évidemment beaucoup plus difficile de maintenir la paix sociale lorsqu'il y a des ethnies différentes, des gens de religions différentes dans un pays, des gens qui viennent de tous les horizons, lorsqu'il y a des mouvements migratoires massifs. C'est extrêmement difficile. Donc, on voit bien que la démocratie est condamnée à être chaque jour plus forte, plus policière, plus armée, mais n'est-ce pas dire qu'elle deviendra chaque jour plus totalitaire. Et je terminerai là-dessus, c'était la crainte qu'avait Tocqueville, justement. Et il nous met en garde. Je cite son texte : 

 

http://www.viveleroy.fr/IMG/arton71.jpg "Contre ce despotisme que les nations démocratiques ont à craindre. Ce despotisme serait plus étendu et plus doux, il dégraderait les hommes sans les tourmenter. je vois une foule innombrable, d'hommes semblables et égaux, qui tournent sans repos sur eux-mêmes, pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leurs âmes, chacun d'eux retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres. Ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine. Au-dessus de ceux-là s'élèvent un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leurs jouissances, et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre. L'égalité a préparé les hommes à toutes ces choses, elle les a disposé à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait. J'ai toujours cru qu'il ne serait pas impossible à cette sorte de servitude réglée, douce et paisible, de s'établir à l'ombre même de la souveraineté du peuple."

 

Fin de la conférence.

En fin de conférence, Maxence Hecquard ajoute que

 

"la démocratie est quelque part mensongère, et aujourd'hui, si elle est en difficulté, c'est parce qu'elle est un système contraire à la nature, et la nature se réveille. ... On nous a dit que la mondialisation serait la clé, la recette magique de la prospérité et du bonheur des peuples. Aujourd'hui on fait face à un chômage massif, les gens n'arrivent plus à boucler leurs fins de mois: il est normal qu'ils remettent en cause le système qui leur a menti."

Les questions :

 

Question : "Vous avez parlé de l'instrumentalisation de la religion au service de la démocratie empêtrée dans ses contradictions ?"

 

Saint Thomas d'Aquin, Dominicain, docteur de l'Eglise (1225-1274) - Mémoire Maxence Hecquard: Il me semble que l'Evangile prône la liberté, la liberté des enfants de Dieu. Il ne s'agit pas de laisser la liberté à la démocratie. Personne n'a attendu Epicure et Rousseau pour prôner une véritable liberté. Toute la question est de savoir qu'est-ce que c'est que la véritable liberté ?

 

Et donc, la liberté orthodoxe de S. Thomas est de dire que la liberté, c'est le choix des moyens, mais jamais contre la loi de Dieu. Et personne ne nie il n'y aurait pas d'amour s'il n'y avait pas de liberté. Et donc la liberté est un élément essentiel de la nature humaine. Mais il ne s'agit pas d'abandonner la liberté à la démocratie.

 

Question : Churchill a écrit : "La démocratie, c'est le pouvoir des poux de devenir des lions." Quant à Voltaire, il a écrit : "En matière d'argent, tout le monde est de la même religion".

 

M. H. : "La démocratie est en quelque sorte un mensonge, puisqu'elle nous dit : Vous serez dieu, et vous dirigerez". Alors quand Churchill dit vous êtes un poux, mais je vais faire de vous un lion, c'est flatteur, et évidemment, pour les petits que nous sommes, il est flatteur d'être qualifié de souverain. Et c'est d'ailleurs certainement une des raisons de la stabilité de la démocratie. Qui s'opposerait à un régime qui vous dit que vous êtes le chef ?

 

Réponse dans le public : "Ceux qui n'en ont ni le talent, ni l'envie".

 

M. H. : "Certes, mais bon, cela ne les dérange pas. Vous voyez, même si vous ne participez pas au vote et à la démocratie, on vous dit que vous avez les mêmes droits que le président de Renault, ou le chef d'Etat major des Armées. C'est flatteur. Vous n'allez pas vous plaindre. Et certes, c'est un mensonge, vous n'y croyez pas vraiment".

 

Pierre Magnard: "La démocratie, c'est ce que nous voyons tous les jours. C'est ce qui fait que le premier imbécile venu est candidat aux primaires".

 

M. H. : "Et donc je pense que Churchill était démagogue. Ensuite, le second point "en matière d'argent, tout le monde est de la même religion", c'est un des aspects et c'est le dernier chapitre de mon livre, où je dis s'il n'y a plus de communautés naturelles, si l'esprit et la matière sont la même chose, s'il n'y a pas d'ordre dans le monde, qu'est-ce qui reste de commun ? Et bien la matière. La matière, c'est la prospérité, c'est l'économisme, c'est l'argent. Et donc, la démocratie sombre en économisme. Et aujourd'hui, beaucoup de pays se sont convertis à la démocratie, je pense aux pays d'Europe de l'Est parce qu'ils ont espéré qu'adhérer à ce régime, leur procurerait la prospérité". Et de fait, aujourd'hui, la démocratie utilise les richesses pour avancer. Et les mécanismes de redistribution ont des visées essentiellement politiques. Il s'agit de rétablir l'égalité des conditions, l'égalité des moyens de chacun. Donc Voltaire n'a pas complètement tort, mais la seule question est: mais est-ce qu'il n'y a que l'argent dans la vie? Est-ce que nous pouvons réduire notre existence à une dimension monétaire ? Est-ce que l'homme se réduit à la richesse qu'il consomme ?

 

Question : Comment concilier l'homme animal social avec l'individualisme ?

 

L'homme, animal social, c'est la conception d'Aristote. Et cette conception consiste à dire que l'homme ne peut pas être homme véritable s'il n'est pas dans une société. Cela veut dire que si vous êtes seul dans une forêt, vous aurez beaucoup de mal à subvenir à tous vos besoins. Et donc, les hommes ont toujours vécu en communauté. Donc, cette conception aristotélicienne, d'homme comme animal politique, comme animal social, est en soi incompatible avec la conception de Rousseau que j'ai évoquée, qui considère que l'homme, précisément, peut vivre tout seul dans une forêt, qu'il est un "tout parfait et solitaire". Parfait, cela signifie qu'il peut se suffire à lui-même, et s'il est solitaire c'est qu'il ne vit pas en société. Ces deux concepts sont incompatibles. En réalité, il est clair que la conception de Rousseau était une pierre dans le jardin d'Aristote. Alors comment résout-il la difficulté ? Et bien, tout simplement, par le "contrat social".

 

Question : On ne parle pas beaucoup de Dieu, mais le problème de la démocratie, c'est quand même de dire que c'est la loi qui décide de ce qui est bien et mal. On a oublié qu'il y avait une transcendance objective, c'est pour cela qu'on prône la liberté et que c'est totalitaire. Avant, on avait une loi supérieure qu'on respectait. C'est là où l'on a changé. Là, il n'y en a plus. C'est la loi qui décide ce qui est bien et mal. Il n'y aucune limite.

 

M. H. : Vous avez tout à fait raison. Il y a un point que je n'ai pas beaucoup souligné. Je vous ai beaucoup parlé d'Epicure. Et je vous ai dit que la philosophie épicurienne était de mon point de vue sous-jacente aux Lumières, sous une forme ou sous une autre, plus ou moins chez un tel ou un tel. Mais quel est le coeur de la philosophie épicurienne? C'est précisément de dire que le monde s'explique sans l'intervention des dieux, que le monde s'explique par lui-même : il est un tout autosuffisant. Je vous ai parlé de panthéisme, je vous ai dit que la métaphysique sous-jacente à la démocratie était le panthéisme. C'est la même chose que de dire, qu'il n'y a pas un dieu en dehors du monde et qui lui donnerait sa loi.

 

Quand vous dites qu'il y a un dieu supérieur qui nous donne des lois que nous devons respecter, en fait, vous adoptez la perspective traditionnelle qui a été développée par Platon, Aristote, par beaucoup d'autres, qui consiste à dire que le monde ne s'explique pas par lui-même, et qu'on est obligé d'admettre l'existence d'un être premier. Ce que Aristote appelle le "premier moteur", pour rendre compte de l'existence du monde. Et ce premier moteur a donné des règles objectives à ce monde qu'il faut respecter. Et donc, dans l'Ancien Régime, le Roi de France était le lieutenant du Christ. Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu'il était essentiellement un juge. Il était destiné à trancher où se trouvait l'ordre de la nature, à dire le bon ordre de la nature, c'est de faire ceci : il n'était pas souverain. C'est l'histoire de la triple donation de Jeanne d'Arc, qui consiste à dire que le royaume appartient d'abord à Dieu. Et donc la démocratie, vous avez tout à fait raison de dire que l'essence même du concept de souveraineté populaire, c'est en fait, de ne pas recevoir de loi de Dieu : il n'y a pas de loi supérieure aux hommes.[3]

 

Et d'ailleurs les papes se sont prononcés contre cela. La loi sur le Sillon de Saint-Pie X, qui condamne cela, condamne Marc Sangnier qui en 1907 au Congrès de Rouen avait fait un grand discours où il disait "le pouvoir vient du peuple". Et le pape dit : "cela, ce n'est pas catholique, parce que c'est contraire à l'épître aux Romains de Saint Paul : tout pouvoir vient de Dieu."

 

Je n'ai pas eu le temps ce soir de vous parler de Léon XIII, ce que l'on appelé le ralliement : est-ce qu'il est possible d'imaginer une démocratie chrétienne. Léon XIII, évidemment, a bouleversé le point de vue de beaucoup de chrétiens de son époque. J'ai un petit peu étudier cette question-là, j'en ai fait un paragraphe dans cette nouvelle édition. Je suis convaincu pour ma part que Léon XIII était parfaitement orthodoxe. Ce qu'il a voulu éviter, c'est un fait une guerre civile, notamment en France. Si on prend la lettre de ses encycliques (de Léon XIII), la lettre de Au milieu des sollicitudes, ce que propose Léon XIII, ce n'est pas du tout la démocratie moderne que je vous ai décrite ce soir. Léon XIII commence son exposé en faisant une théorie de la Cité, qui est parfaitement aristotélicienne. Et il dit une chose que plus personne ne dit aujourd'hui : il dit que le premier lien de la société, c'est la religion. Donc, sous-entendu, pour Léon XIII, il ne peut pas y avoir de société unie s'il y a plusieurs religions. C'est fort ! Aujourd'hui, qui peut dire cela?"

Les fondements philosophiques de la démocratie moderne (Maxence Hecquard) - La nature totalitaire de la démocratie moderne

Notes

 

[1] « En décrétant législativement que les hommes naissaient libres par nature et par droit, les révolutionnaires ont fantasmé la nature et attribué au droit ce qu'il ne peut pas faire. On n'est libre que par don et l'on se trompe si l'on croit garantir la pérennité d'un don en décrétant qu'il est naturel ou en en proclamant le droit. Un don est beaucoup plus pérenne que la nature (Si les hommes naissaient libres, c'est que cela se ferait naturellement et il est donc contradictoire de le décréter par écrit. Ce qui est écrit est justement ce qui n'est pas naturel et a besoin de cet écrit pour exister ». (J.M. POTIN, Liberté, Egalité Fraternité, in Le Livre noir de la Révolution française, Cerf, Condé-sur-Noireau 2008, p. 421.)

[2] L'historien Patrice Gueniffey dans son livre Histoire de la Révolution et de l'Empire, explique que les élections de juin 1791 se traduisirent par une forte abstention.

« La participation avait atteint son étiage; elle ne devait plus remonter de façon significative, les consultations organisées les années suivantes,... n'ayant jamais mobilisé plus du cinquième des électeurs. ... En l'absence de votants, le système électif se transforme très vite en un système de cooptation, les uns accédant aux charges que les autres viennent de quitter, et réciproquement. La promotion aux responsabilités se fait en circuit fermé : les fonctionnaires peuplent les assemblées chargées d'élire les fonctionnaires. ...La réalité du système répondait à un besoin, celui de la formation d'une classe politique ... qui soit assurée de la continuité en étant délivrée de l'incertitude inséparable du suffrage universel. Mais l'oligarchie née de ces pratiques n'était pas moins un démenti des attentes. On imaginait en effet avec une certaine ingénuité que la vertu première d'un système électif consistait à assurer le renouvellement permanent du personnel dirigeant et l'élargissement constant de son recrutement. On n'imaginait pas que l'élection puisse conduire à la formation d'une "classe" politique distincte du reste de la société ». (Patrice Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, p. 86-88).

[3] Ce que Jacques Chirac avait résumé dans la formule : "pas de loi morale au-dessus de la loi civile" (Jacques Chirac, Journal du Dimanche, avril 1995.

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 10:34

Le blog de Francis Richard présente cet ouvrage :

 

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"Saint François de Sales et la Contre-Réforme" d'Aimé Richardt

 

Depuis vingt ans Aimé Richardt écrit en moyenne un livre par an. Hormis un livre sur Louis XV, tous ses livres sont consacrés à des personnages - ou à des thèmes - des XVIe et XVIIe siècles, de préférence religieux.

 

Cette fois, il s'est intéressé à un saint qui a joué un grand rôle dans la renaissance catholique en France voisine, François de Sales.

 

Le terme de Contre-Réforme est anachronique, puisque l'auteur précise en exergue de son livre qu'il n'apparaît qu'au XVIIIe siècle finissant sous la plume d'"un juriste de Göttingen, Johann Stefan Pütter (1776), pour désigner, non un mouvement d'ensemble, mais un retour opéré de force d'une terre protestante à des pratiques catholiques...".

 

Or, Saint François de Sales et la Contre-Réforme montre tout le contraire, à savoir que Saint François de Sales a opéré le retour de terres protestantes à des pratiques catholiques par la seule prédication de la charité fraternelle et par des prières ardentes.

 

Certes le saint savoyard se montrera ferme tout le long de sa vie, mais il sera doux tout à la fois. Ce que lui reprocheront des catholiques provocateurs tels que Jules Barbey d'Aurevilly ou intransigeants comme Léon Bloy.

 

Avant la naissance de François de Sales, dans les années 1530, les réformés, emmenés par Berne, convertissent Lausanne et Genève par la force, c'est-à-dire en dévastant et en détruisant des églises, en malmenant physiquement des prêtres, en leur donnant des ultimatums pour se convertir et en leur interdisant de dire la messe. En 1535, l'évêque de Genève est même contraint de quitter la ville...qui devient dès lors ville protestante.

 

François de Sales naît le 21 août 1567 au château familial situé près de Thorens, proche d'Annecy. Après être allé à l'école de La Roche (1573-1575), il fait trois années de collège à Annecy (1575-1578), avant d'être envoyé au Collège de Clermont à Paris, où il suit pendant quatre ans (1578-1582) le cursus de grammaire, de rhétorique et d'humanité. De 1582 à 1584 il suit les cours de lettres et d'arts libéraux à la Faculté des arts, puis de 1584 à 1588 ceux de philosophie et de théologie.

 

Pendant ce séjour parisien, durant six semaines, fin 1586 début 1587, il traverse une crise mystique "en découvrant les disputes théologiques sur la doctrine de la prédestination". Comme le dit l'évêque de Gap, Mgr Jean-Michel Di falco Léandri dans sa préface:

 

"Aujourd'hui, le débat s'est déplacé. La question, chez nombre de contemporains, n'est plus: "Suis-je sauvé ou non ?", mais: "Vais-je vers le néant ou non? Vais-je vers l'indifférencié ou non? Ne suis-je qu'un conglomérat de particules élémentaires ou non?"

 

Mais ce qui est remarquable, c'est que cette question, même si elle est déplacée, porte, elle aussi, en elle la question de la liberté de l'homme: "Mes gènes me conditionnent-ils ou non?"

 

Toujours est-il que c'est à Padoue où il poursuit des études de droit et de théologie (1588-1591) que François s'apaise après avoir lu, sur la recommandation de son confesseur, le livre du père jésuite Luis Molina sur La concordance du libre-arbitre avec les dons de la grâce.

 

En 1592, après être retourné en Savoie, François devient avocat à Chambéry en novembre. L'année suivante il décline les lettres patentes de sénateur que lui accorde le duc de Savoie, ce qui peine son père, qui est encore plus peiné d'apprendre que son fils aîné veut servir Dieu et qu'il vient d'être nommé prévôt du chapitre de Saint Pierre de Genève.

 

En 1594, François de Sales se rend en Chablais entièrement acquis, par la force, aux calvinistes (il n'y a plus qu'une poignée de catholiques). Non sans mal il va le convertir par la voie d'amour, en commençant par prêcher dans sa capitale, Thonon:

 

"C'est par la charité qu'il faut ébranler les murs de Genève, par la charité qu'il faut l'envahir, par la charité qu'il faut la reconquérir. Je ne vous propose ni le fer, ni la poudre dont l'odeur et la saveur évoquent la fournaise de l'enfer."

 

A cette occasion il va innover, en 1595, en ajoutant l'apostolat par la presse à ses prédications qui n'attirent au début que de faibles auditoires. Tant et si bien qu'à la Noël 1596 toutes ses entreprises de conversion, en dépit de multiples embûches dressées par les réformés, commencent à porter leurs fruits et se traduisent peu à peu par un renversement de la situation, qui ne sera complet qu'en 1598.

 

Tout le restant de sa vie François de Sales va promouvoir cette voie d'amour qui a si bien réussi au Chablais avec le retour à la foi catholique de ses habitants. Cette voie est pour lui applicable en toutes circonstances, même s'il échoue, en l'empruntant, à convertir Théodore de Bèze, qu'il rencontre à plusieurs reprises.

 

Quand il impose à Jeanne de Chantal des règles difficiles à observer, il lui écrit:

 

"Il faut tout faire par amour et rien par la force; il faut plus aimer l'obéissance que craindre la désobéissance."

 

La vie de François de Sales est bien remplie. Il est coadjuteur, puis successeur de l'évêque de Genève. Il reprend en mains les prêtres de son diocèse dont il connaît toutes les villes. Il répond à tous ceux qui lui écrivent. Il fonde des monastères avec Jeanne de Chantal. Il écrit des livres, dont L'introduction à la vie dévote (qui a énormément de succès) et le Traité de l'amour de Dieu (qui en a beaucoup moins). Il convertit. Il prêche, souvent plusieurs fois par jour. Il voyage en Italie, en France. Il semble inépuisable.

 

Pourtant François de Sales tombe gravement malade par trois fois, en 1590, fin 1597 début 1598, en 1622. Il se rétablit les deux premières fois. Mais la troisième il est rappelé à Dieu, à 55 ans, ce qui n'est pas mourir jeune à l'époque.

 

Aimé Richardt nous restitue toute cette vie à l'aide de témoignages de contemporains, de citations de livres consacrés au saint, d'extraits des oeuvres elles-mêmes écrites par lui. Cette biographie est importante parce qu'elle nous montre un saint qui convertit par la persuasion et par le dialogue, qui aime les autres comme il aime Dieu et comme Dieu l'aime, qui est dévôt, c'est-à-dire d'une grande piété, ce qui va de pair pour lui avec la grande charité qui l'anime:

 

"Si la charité est une plante", écrit-il "la dévotion est la fleur...si elle est un baume précieux, la dévotion en est l'odeur."

 

En somme il s'agit d'un saint pour notre temps où, bien souvent, les imprécations, voire les injures, servent d'arguments, où beaucoup de choses sont imposées sans discussion, où il n'est pas question d'obtenir de consentement mais de contraindre.

 

Francis Richard

 

Saint François de Sales et la Contre-Réforme, Aimé Richardt, 270 pages, François-Xavier de Guibert

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Publié par Ingomer - dans Livres
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 09:41

Il y a eu les "droits de l'Homme" de 1789, définis comme le "droit de l'homme affranchi du contrôle de Dieu" et qui ont conduit à "un retour à la barbarie..." (Antoine Blanc de Saint-Bonnet) [1], autrement dit, un retour à l'état sauvage et barbare, il y aura maintenant les "droits sexuels", conçus comme "des droits destructeurs de la famille et de l'enfance", un droit de jouir pour tous à tous les âges, qui fera que "les parents seront dépossédés de leur autorité sur leurs enfants."

Marion Sigaut – Les droits sexuels, la destruction programmée de l'enfance et de la famille

L'historienne Marion Sigaut, dans cette entretien à Medias-Presse.info [2], à l'occasion de la sortie prochaine son livre "Les droits sexuels, la destruction programmée de l'enfance et de la famille" (éditions Sigest), aborde le texte diabolique "rédigé par la Fédération internationale du Planning familial (IPPF - International Planned Parenthood Federation), relayé par toutes les agences de l'O.N.U., et qui s'appelle "La Déclaration des droits sexuels." Des "droits sexuels" conçus comme des droits de jouir pour tous, à tous les âges.

Extraits :

 

"Au titre du "droit à jouir", des conséquences sur les enfants, on va avoir de nouvelles règles énoncées et ces règles deviennent absolument épouvantables, dès qu'elles vont s'appliquer aux enfants.

 

Parce qu'il est dit en long, en large et en travers, de la première à la dernière page de cette charte des droits sexuels, que les enfants y auront droit, mais, est-il dit, en fonction de leur capacité évolutive. Ce qui ne veut rien dire, avertit Marion Sigaut.

 

"[...] Sous une fausse barbe qui s'appelle 'en fonction de la capacité évolutive de l'enfant', c'est-à-dire en fonction de son âge, ce qui n'est déterminé nulle part, il est dit que l'on va donner aux enfants des droits qui vont passer par-dessus les parents", précise-t-elle.

 

"Les préconisations du Planning familial sont des préconisations. Cela n'a pas encore force de loi, mais on sait très bien que c'est comme cela que ça commence. [...] C'est comme cela que petit à petit on en est arrivé au 'mariage' des personnes de même sexe, au 'mariage pour tous', parce que cela a été concocté dans des officines de ce genre, et qu'un jour, c'est arrivé tout cuit dans des parlements où personne n'avait rien réclamé avant."

 

Jean Michel Vernochet précise que cela est déjà passé "dans les faits" : "Cela s'adresse aux tout petits, aux enfants de quatre ans, et peut-être même avant", avec des "peluches sexuelles", des "jardins d'enfant. [...] Comme on n'a pas autorisé la pédophilie, on va autoriser la sexualité des enfants."

 

"Il n'y a pas que l'IPPF qui a pondu ce texte absolument épouvantable, il y a plusieurs agences des Nations unies, comme l'UNESCO,

Marion Sigaut – Les droits sexuels, la destruction programmée de l'enfance et de la famille

comme l'Organisation mondiale de la Santé (l'O.M.S.) qui a rédigé un texte qui s'appelle "Standards pour l'éducation sexuelle en Europe", qui prétend éduquer les enfants à la sexualité dès le berceau !

Marion Sigaut – Les droits sexuels, la destruction programmée de l'enfance et de la famille

Puisqu'ils ont un tableau de ce que l'on doit enseigner aux enfants, qui va de quatre ans en quatre ans, et qui commence par zéro", précise Marion Sigaut.

 

[...] Et dès lors qu'on a caché cette abomination derrière une notion complètement mensongère qui consiste à parler de 'santé' - la santé sexuelle fait maintenant partie de la santé - on pourra poursuivre des parents pour maltraitance quand ils auront voulu mettre leurs enfants à l'abri d'une sexualisation précoce, qui est véritablement au programme dans les petites classes."

 

Marion Sigaut dit qu'elle donne dans son livre "toutes les références, tous les textes."

 

Jean Michel Vernochet explique qu'il s'agit d'"une véritable conspiration ouverte", qui "se fait au plus haut sommet de l'Etat mondial".

 

"Le faux prétexte scientifique qui sous-tend toutes ces abominations a été inventé par un certain Kinsey : 'Il n'y a de science en matière sexuelle, reprise par toutes ces agences, que de science émanant de l'Institut Kinsey. Un institut né des travaux d'un certain Alfred Kinsey, qui était un grand pervers sexuel, qui à la base était un entomologiste (étude des insectes), grâcement payé pendant des années par l'Institut Rockefeller pour pondre des rapports absolument mensongers, manipulateurs, pour changer la morale publique. C'est lui qui a été l'initiateur, par ses travaux, de ce qui a été la révolution sexuelle, de ce qui a également été la promotion partout de l'homosexualité. Et Kinsey, est celui qui a prétendu vouloir montrer que les enfants étaient sexuels dès la naissance."

 

Entretien avec Marion Sigaut sur le rapport Kinsey et la théorie du genre

 

"Et j'ai retrouvé dans les documents émanant des nations Unies, poursuit Marion Sigaut, et dans toutes ces agences, à la fois internationales et gouvernementales, parce qu'il y a un certain nombre d'institutions françaises qui sont gravement impliquées dans ces mensonges, la base de cette théorie mensongère consiste à dire 'on sait maintenant que les enfants sont sexuels dès la naissance.' Or, cette affirmation provient de prétendus travaux effectués par Kinsey et un certain nombre de pédocriminels qui ont manipulés, violés, torturés des centaines d'enfants pendant des mois et des mois, pour faire un rapport consistant à dire que 'les enfants sont sexuels dès la naissance. Nous avons été témoins de leurs orgasmes.' Les orgasmes étant les évanouissements, les hurlements et les spasmes de ces malheureux enfants."

 

Jean Michel Vernochet précise qu'"il faut replacer cela dans son contexte Dans l'Amérique des années 30, là où le rapport Kinsey va prendre place (dans les années 40), on pratiquait l'euthanasie des débiles, on pratiquait l'eugénisme. Ce sont des théories qui avaient totalement libres cours. En Suède, tout autant. Il faut se remettre dans le contexte de l'époque, que Alfred Kinsey n'est pas sorti tout seul, tout droit armé du néant, mais qu'il avait eu un grand prédécesseur, qui était Sigmund Freud, qui avait parlé de l'enfant comme 'un pervers polymorphe'. Et qu'il y avait une école aux Etats-Unis, qui s'appelait l''Ecole de Francfort', des Marcuse et beaucoup d'autres, des intellectuels et philosophes qui venaient de Francfort, qui avait fui le nazisme, et qu'on a appelée plus tard l''école freudo-marxiste'. Il y avait toute sorte d'intellectuels qui ont créé la matrice intellectuelle, épistémologique dans laquelle s'est inscrite plus tard la période mai-68, qui naît directement de l'Ecole de Francfort et de ces freudo-marxistes."

 

Marion Sigaut précise que son livre sort "à un mois près, en même temps que la traduction française du livre de Judith Reisman, universitaire américaine, 'Kinsey, la face obscure de la révolution sexuelle'. Judith Resiman a lutté pendant une trentaine d'années contre tous ces mensonges.

 

"Son livre (de Judith Reisman), précise Marion Sigaut, démonte complètement l'escroquerie de la 'science' d'Alfred Kinsey."

 

Jean-Michel Vernochet avertit : "Le mot qui est important c'est le mot 'révolution sexuelle'. C'est une révolution. Tout ce qui était à droite passe à gauche, tout ce qui était à gauche passe à droite."

 

"Tout ce qui était bien devient mal et tout ce qui était mal devient bien.", précise Marion Sigaut. [4]

 

"Le normal devient pathologique. Aujourd'hui, si vous êtes contre l'avortement, contre le genre, contre le 'mariage pour tous', vous êtes un malade mental, ou l'équivalent. Et ce qui était pathologique hier devient la normalité. C'est ce qu'il faudrait comprendre", ajoute J.-M. Vernochet, qui avertit : "que cela soit dans l''édition, on ne vous éditera pas - ce pour quoi j'ai souligné le courage de votre éditeur -, vous n'aurez pas accès aux grands medias, vous ne pourrez pas défendre votre point de vue, vos points de vue. Il n'y aura qu'une parole et une voix dominante, qui s'imposera comme une nouvelle religion en quelque sorte, et qu'on va retrouver d'ailleurs dans la religion de la laïcité."

 

Lire : VIe république et éradication de la religion catholique : un débat que les médias ne portent pas devant la scène.

Marion Sigaut conclut :

 

"C'est diabolique. C'est absolument diabolique. J'insiste.

 

Toute cette inversion morale qui va mener à la destruction de l'enfance, parce que ces droits sexuels vont être reconnus à des enfants de plus en plus jeunes.

[...] Or, la sexualité n'a rien à voir avec l'enfance.

L'enfance, c'est la période de la vie qui précède la maturité sexuelle. Donc il est hors de question de laisser passer ces abominations-là, qui mettent non seulement les enfants en danger, mais les familles. Les parents seront dépossédés de leur autorité sur leurs enfants."

Sans la religion chrétienne, le monde entier retombe dans la barbarie païenne, c'est-à-dire dans l'odieuse domination de l'homme sur l'homme, dans le culte et la pratique de tous les vices, et dans tous ces horribles abus qu'on appelait césarisme, l' esclavage, la polygamie, le culte du démon", nous avertissait au XIXe siècle

Mgr de Ségur [4]

Revenir à Dieu, c'est revenir à la civilisation; c'est en finir avec l'horreur, le chaos et la barbarie.

Anne Bernet [5]

Notes

 

[1] "Et qu'est-ce, d'ailleurs, que [...] la Révolution, sinon le droit de l'homme affranchi du contrôle de Dieu ? Et qu'est-ce qu'un tel droit, sinon le retour à la barbarie ? [...] La Révolution est la dernière barbarie." (Antoine Blanc de Saint-Bonnet, L'infaillibilité, 1861, Paris : Nouvelles Éditions Latines, 1956, p. 29-31).

[2] La destruction programmée de l’enfance et de la famille expliquée par Marion Sigaut, MPI-TV / Société — par Léo Kersauzie — 9 janvier 2017

[3] C'est la prophétie d'Esaïe V, 20: "Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal, qui font des ténèbres la lumière et de la lumière les ténèbres."

[4] Mgr de Ségur, Le Pape est infaillible, Editions Saint-Rémi, p. 203-204. Une brochure qui aborde un petit travail de Mgr de Ségur, tiré à plus de trente-cinq mille exemplaires, composé et publié après la définition de l'infaillibilité pontificale le 18 juillet 1870, au moment du concile Vatican I. Le pape est infaillible, dans certaines conditions bien précises, lorsqu'il enseigne ex cathedra , "depuis la chaire", en tant sur successeur de S. Pierre, en matière de foi et de morale. Il ne l'est pas dans les autres conditions.

[5] Anne Bernet, Revue Fideliter, Janvier-Février 1996, N° 109, p. 74.

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 15:50

"L’accentuation des inégalités spatiales montre que le modèle métropolitain (mondialisé Ndlr.) ne favorise pas l’ouverture et la mixité, mais la ségrégation." La séparation de la bobocratie qui se claquemure dans ses métropoles en attendant la création de cités-Etats, se paye par la sécession symétrique et silencieuse de la France périphérique qui veut préserver sa culture, son mode de vie, sa sociabilité, ses institutions… qui sont "menacés par l’immigration que nous subissons depuis quarante ans."

Dans ce double mouvement opposé, "la bobocratie est en perdition du fait du lent processus de désaffiliation sociale et culturelle des classes populaires."

La caste métropolitaine se heurte au problème du maintien de sa domination : "comment assurer l’avenir d’un modèle mondialisé rejeté par une majorité de l’opinion ?’’ ‘’Le discours de la classe dominante n’a plus aucune prise sur le réel, il fait apparaître une France privilégiée mais hors sol, une « France du vide »’’... 

L’oligarchie pourrait "tenter de reprendre la main et de limiter la pratique de la démocratie mais elle ne réussira pas à conserver le pouvoir durablement." Telles sont les grandes lignes du nouveau livre passionnant du géographe Christophe Guilluy., "Le Crépuscule de la France d'en haut" (Flammarion) et qu'un article du site "Breiz Info" présente.

 

 

Le géographe Christophe Guilluy vient de publier Le crépuscule de la France d’en haut (Flammarion), un ouvrage passionnant dans lequel il met en évidence la partition géographique, culturelle et sociale des deux France qui se font désormais face : d’une part, la France des bourgeois-bohêmes (très minoritaires) qui profitent de la mondialisation libérale et qui règnent sans partage sur la quinzaine de métropoles françaises et d’autre part, la France périphérique des perdants (très majoritaires) de cette même mondialisation. L’oligarchie a choisi de concentrer les richesses dans ces quinze métropoles dans lesquelles elle vit à l’écart des ‘’red-necks’’ de la périphérie qui sont supposés être fascistes.

La minorité de privilégiés qui bénéficie des effets de la mondialisation libérale pratique un apartheid qui ne dit pas son nom et utilise les lois du marché qui, du fait de l’augmentation du prix des biens immobiliers dans ces quinze métropoles, permettent de créer une barrière de verre infranchissable sans avoir à utiliser les méthodes habituelles (murs, grillages, forces de l’ordre…).

Une partie de la population de ces métropoles est d’origine immigrée et accepte de vivre dans des zones résiduelles de moindre qualité et désertées par les autochtones qui ne veulent plus vivre au contact de populations aux mœurs par trop différentes des leurs. Cette population immigrée sert d’alibi aux privilégiés qui se veulent ouverts aux autres et leur permet, en fait, de disposer d’une main d’œuvre bon marché dans le domaine des services domestiques et commerciaux (restaurants…).

 

Les bobos sont les bourgeois du XXIème siècle qui se donnent bonne conscience en participant au combat fantasmatique contre le fascisme et le racisme.  Fantasmatique parce que le danger fasciste n’existe pas (Jospin lui-même l’a reconnu) et parce que les Français ne sont pas racistes (seule une très petite minorité l’est) ; ils veulent seulement préserver leur culture, leur mode de vie, leur sociabilité, leurs institutions… qui sont menacés par l’immigration que nous subissons depuis quarante ans.

L’idéologie de la bobocratie est véhiculée par la quasi-totalité des médias mais, malgré cela, les Français ne tiennent plus compte des sermons, des mises en garde, des menaces, des injures, des mensonges qu’ils profèrent à longueur d’année. 90% d’entre eux ne leur font pas confiance (lors d’un sondage fait récemment par une radio très connue, 91% des auditeurs ont répondu que les journalistes sont des menteurs !) et Marine Le Pen a été la personnalité politique préférée par les Français en 2016, devant tous les candidats du système ! La bobocratie est en perdition, en France, comme en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, en Europe centrale et à peu près partout dans le monde occidental.

L’idéologie de la métropole

 L’idéologie de la métropole est celle d’une nouvelle bourgeoisie, libérale-libertaire, dont le modèle est celui de la Silicon Valley californienne. Comme l’a écrit Jean-Claude Michéa, cité par l’auteur, : ‘’Ce modèle repose en effet sur cette idéologie libérale-libertaire qui « constitue depuis des décennies la synthèse la plus accomplie de la cupidité des hommes d’affaires libéraux et de la contre-culture californienne de l’extrême-gauche des sixties »’’. Cette nouvelle bourgeoisie, cool et décontractée, n’en partage pas moins avec la bourgeoisie du passé, un mépris à peine voilé pour les classes populaires : ‘’D’un côté des métropoles embourgeoisées qui travaillent, de l’autre une France périphérique peuplée d’assistés. Une représentation condescendante des classes populaires qui est, à peu de choses près, celle de la bourgeoisie traditionnelle depuis au-moins les Rougon-Macquart !’’. ‘’Bénéficiaires d’un modèle économique et territorial qui assure aussi leur hégémonie politique et culturelle, les classes supérieures métropolitaines sont les gardiennes du temple libéral’’.

Dans ces métropoles désertées par les gros bataillons des autochtones les plus modestes au cours des vingt-cinq dernières années, il y a une population d’origine immigrée qui permet aux privilégiés de disposer d’une main d’œuvre peu exigeante, disponible pour des activités de services domestiques et commerciaux et qui leur donne le sentiment de vivre dans un univers mondialisé et ouvert , ce qui n’est qu’un trompe-l’œil : ‘’Cette présence populaire et immigrée permet aux tenants de la métropolisation de mettre en avant l’image d’une ville ouverte et mixte. La réalité est que la présence de ces catégories ne freine qu’à la marge le processus d’éviction des catégories modestes des métropoles. Par ailleurs, l’accentuation des inégalités spatiales montre que le modèle métropolitain ne favorise pas l’ouverture et la mixité, mais la ségrégation’’.

Les bourgeois-bohêmes ou la nouvelle bourgeoisie

Selon Christophe Guilluy, les bobos ont horreur de cette appellation parce qu’elle contient  le mot « bourgeois ». Ils ne peuvent pas imaginer qu’ils sont les nouveaux privilégiés, ceux qui profitent d’un système économique très dur pour l’immense majorité des Français (ou des Italiens, ou des Anglais…..la situation est la même partout). Pour se donner bonne conscience, le bobo affiche sa solidarité avec les homosexuels, les immigrés et les victimes des guerres. Çà ne lui coûte pas cher ; un tweet de temps en temps et la participation à une manifestation lui donnent l’impression d’être un rebelle. Le bobo vit claquemuré dans sa métropole dont il pense qu’elle est un monde ouvert, à la différence de la France périphérique qui serait, selon lui, intrinsèquement « pétainiste ». En fait, tout cela est faux. Le bobo est le bourgeois du vingt et unième siècle ; un bourgeois hypocrite qui essaie de dissimuler son aisance derrière un look débraillé et un langage branché, « cool ». ‘’Derrière le mythe de la société ouverte et égalitaire des métropoles cosmopolites, nous assistons donc au retour des citadelles médiévales, de la ville fermée, et à la consolidation d’un modèle inégalitaire de type anglo-saxon… Détachée de toute appartenance collective autre que celle de son milieu, la nouvelle bourgeoisie surfe sur la loi du marché pour renforcer sa position de classe, capter les bienfaits de la mondialisation et se constituer un patrimoine immobilier qui rivalisera demain avec celui de l’ancienne bourgeoisie’’.

 L’idéologie des bobos est un libéralisme poussé dans ses plus extrêmes conséquences en matière d’individualisme ; ce qui se traduit par un mondialisme radical, une désaffiliation à l’égard de toute communauté autre que socio-économique, une approbation totale du libéralisme économique et un libertarisme radical en matières de mœurs.

L’antifascisme : une rhétorique qui vise à dissimuler une guerre de classes

Les bobos se donnent bonne conscience en ‘’militant’’ contre le racisme et contre le fascisme, deux maux illusoires dont ‘’Lionel Jospin reconnaîtra plus tard que cette « lutte antifasciste en France n’a été que du théâtre » et même que le « Front National n’a jamais été un parti fasciste »’’. Quant au racisme qui est peu fréquent au sein de la population autochtone, il est surtout le fait des immigrés musulmans dont l’antisémitisme est fréquent et parfois même criminel. ‘’Véritable arme de classe, l’antifascisme présente en effet un intérêt majeur. Il confère une supériorité morale à des élites délégitimées en réduisant toute critique des effets de la mondialisation à une dérive fasciste ou raciste. Mais, pour être durable, cette stratégie nécessite la promotion de l’ « ennemi fasciste » et donc la sur-médiatisation du Front National’’. ‘’La France du repli d’un côté, des ploucs et des ruraux, la France de l’ouverture et de la tolérance de l’autre. Mais qu’on ne s’y trompe pas, cet « antiracisme de salon » ne vise absolument pas à protéger l’ « immigré », le « musulman », les « minorités » face au fascisme qui vient, il s’agit d’abord de défendre des intérêts de classe, ceux de la bourgeoisie’’. Intérêts de classe qui sont dénoncés par la France périphérique qui, elle, ne profite pas de la mondialisation voulue par la nouvelle bourgeoisie et qu’il faut réduire au silence en la méprisant et en l’injuriant.‘’Car le problème est que ce n’est pas le Front National qui influence les classes populaires, mais l’inverse. Le FN n’est qu’un symptôme d’un refus radical des classes populaires du modèle mondialisé. L’antifascisme de salon ne vise pas le FN, mais l’ensemble des classes populaires qu’il convient de fasciser afin de délégitimer leur diagnostic, un « diagnostic d’en bas » qu’on appelle « populisme »’’.

Le séparatisme des bobos

Les bobos ont abandonné toute idée de nation et l’Union européenne n’est, pour eux, qu’une étape vers un monde unifié dont les pôles seraient les métropoles dans lesquelles seraient rassemblées les élites culturelles, financières et techniques. Dans ce monde des métropoles interconnectées, les zones comprises entre elles seraient des zones réservées aux « losers » et seraient ignorées de la caste métropolitaine : ‘’Dans une tribune commune, Anne Hidalgo et Sadiq Khan font l’apologie du dynamisme des villes globales et ouvertes qu’ils opposent à la léthargie des Etats-nations, considérés comme le cadre du repli sur soi. Structurellement minoritaires, les partisans de l’ordre mondialisé prônent donc maintenant l’indépendance de leurs citadelles et l’abandon des périphéries populaires ! Les grands contempteurs de la France ou de l’Angleterre du repli préconisent ainsi le repli territorial de la bourgeoisie. Cependant, en attendant la création de ces cités-Etats, les classes dominantes et supérieures devront se confronter à un problème existentiel : comment assurer l’avenir d’un modèle mondialisé rejeté par une majorité de l’opinion ?’’.

Le mythe d’un monde nomade

L’idée que les bobos se font du monde est celle d’un monde de nomades (l’ineffable Jacques Attali a dit que sa seule patrie était son ordinateur !). Or les études démographiques et sociologiques montrent qu’il en va très différemment.  ‘’ Contrairement à ce que laisse entendre le discours dominant, la majorité des gens sont sédentaires : ils vivent dans les pays, régions ou départements où ils sont nés… en France comme dans le monde, les classes populaires vivent et préfèrent vivre, là où elles sont nées. Si les gens apprécient le « voyage », le tourisme, ils ne choisissent pas le déracinement’’. L’idée d’un monde fluide, atomistique, est celle que tentent de nous imposer les classes dominantes libérales pour lesquelles il n’est de réalité qu’individuelle. ‘’Cette représentation permet d’imposer efficacement l’idée d’une société hors sol, d’individus libérés de toutes attaches, circulant comme les marchandises au gré de l’offre et de la demande, contrairement aux classes populaires réticentes au changement et tentées par le « repli »’’. Les nomades ne sont qu’une toute petite minorité au plan mondial et les sociétés enracinées restent la norme.

Les préoccupations ethnoculturelles de la France d’en bas

 La classe dominante rabat la contestation du système qu’elle impose sur les seuls succès électoraux du Front National mais cette contestation est le fait d’une part beaucoup plus importante du peuple français. Ce sont environ 70% de nos compatriotes qui considèrent qu’il y a trop d’immigrés et 60% qui ne se sentent plus vraiment chez eux. Le Front National a donc une marge de progression énorme s’il n’abandonne pas ce qui a fait son succès : la lutte prioritaire contre l’immigration et pour la préservation de la culture nationale. Christophe Guilluy souligne le fait que ce sont les plus âgés des Français qui continuent de soutenir le système tandis que ce sont les plus jeunes, surtout ceux des milieux populaires, qui, au contraire, le contestent massivement. Un sondage CEVIPOF de mai 2016, ‘’révèle ainsi que 37% des jeunes issus du milieu ouvrier et 60% des primo-votants chômeurs accorderaient leurs suffrages à Marine Le Pen, contre 17% des jeunes issus des catégories cadres et professions intellectuelles supérieures. L’étude souligne que « Marine Le Pen est particulièrement visible au sein des primo-votants issus de l’immigration européenne (Espagne, Italie et Portugal) et crée en cela une fracture politique et électorale au sein même de la population issue de l’immigration »’’. La tendance est donc au renforcement des contingents d’électeurs dits ‘’populistes’’, ce qui est confirmé par Jérôme Fourquet de l’IFOP  qui a dit ‘’que désormais les ressorts électoraux des électeurs populaires sont essentiellement « ethno-culturels »’’ (cité par Christophe Guilluy). ‘’Débarrassées des affiliations politiques traditionnelles, les classes populaires réinvestissent leur capital social et culturel. Ce processus n’est pas le signe d’un repli, mais la réponse à un modèle libéral mondialisé qui détruit les solidarités’’. Les classes populaires de la ‘’périphérie’’ (60% des Français selon Guilluy et non pas les quelques 15 à 20% de ruraux âgés et éloignés de tout dont parlent les statistiques officielles) rejettent désormais la mondialisation libérale et la culture qui lui est associée tout en se raccrochant à la culture nationale (le seul recours disponible puisqu’il n’y a pas de culture européenne et qu’il n’y a plus de cultures régionales dynamiques hormis dans quelques régions) qui lui sert de refuge, ce qui se traduit par un ré-enracinement strictement national qui court-circuite les projets européens du passé. Il semble bien que, comme l’a dit récemment Viktor Orban,  la nation ait de beaux jours devant elle.

Les bobos sont en train de perdre la partie

 ’C’est par ces périphéries que la France d’en haut est en train de perdre le contrôle. Maastricht a été le premier coup de semonce, le référendum de 2005, le deuxième. La déstabilisation ne viendra pas d’un hypothétique « grand soir », mais du lent processus de désaffiliation sociale et culturelle des classes populaires. De la classe politique au monde culturel et intellectuel en passant par les médias, l’ensemble de la classe dominante commence à redouter les conséquences du marronnage des classes populaires. Car il rend visible un conflit de classes, aux soubassements désormais sociaux et identitaires, et dont on a longtemps prétendu qu’il n’existait pas’’.  Désormais, l’antifascisme et l’antiracisme, les deux armes de la bourgeoisie bobo n’impressionnent plus personne. ‘’C’est terminé. Les classes populaires ne parlent plus avec les « mots » de l’intelligentsia. Le « théâtre de la lutte antifasciste » se joue devant des salles vides’’. ‘’Le discours de la classe dominante n’a plus aucune prise sur le réel, il fait apparaître une France privilégiée mais hors sol, une « France du vide »’’.

Des bobos sur la voie du totalitarisme

L’oligarchie commence à comprendre qu’au plan démocratique elle a perdu la partie et qu’elle ne maîtrise plus l’évolution de l’opinion (le Brexit et l’élection de Trump ont montré que, désormais, des changements de fond sont possibles malgré les tirs de barrage de l’oligarchie ; Breitbart et d’autres sites de moindre importance ont permis ces deux victoires électorales qui ont sidéré la bobosphère). Sûre et certaine de détenir la seule et unique vérité, elle réagit en dénonçant les travers de la démocratie et en affirmant de plus en plus clairement sa préférence pour un modèle despotique (forcément « éclairé ») : ‘’Réunie sous la bannière de l’antifascisme, partageant une représentation unique (de la société et des territoires), les bourgeoisies de gauche et de droite sont tentées par le parti unique. « Si les intellectuels sont portés au totalitarisme bien plus que les gens ordinaires » (Simon Leys), une tentation totalitaire semble aussi imprégner de plus en plus une classe dominante délégitimée, et ce d’autant plus qu’elle est en train de perdre la bataille des représentations. Ainsi, quand la fascisation ne suffit plus, la classe dominante n’hésite plus à délégitimer les résultats électoraux lorsqu’ils ne lui sont pas favorables. La tentation d’exclure les catégories modestes du champ de la démocratie devient plus précise’’.

Quand Alain Minc déclare que le Brexit, « c’est la victoire des gens peu formés sur les gens éduqués » ou lorsque Bernard-Henri Lévy insiste sur la « victoire du petit sur le grand et de la crétinerie sur l’esprit », la volonté totalitaire des classes dominantes se fait jour’’. Cette arrogance et ce mépris se sont manifestés à nouveau lors de la victoire électorale de Donald Trump dont l’oligarchie a stigmatisé les électeurs d’en bas forcément abrutis, incultes et alcooliques. L’oligarchie dépitée ne sait plus qu’injurier le peuple ; elle va tenter de reprendre la main et de limiter la pratique de la démocratie mais elle ne réussira pas à conserver le pouvoir durablement. Ironie de l’histoire, cette oligarchie ne sera même plus tentée de se réfugier aux États-Unis qui sont désormais dirigés par un nouveau diable. Prise en sandwich entre Poutine et Trump, désavouée en Grande-Bretagne et en Italie, dénoncée par les leaders politiques d’Europe centrale, rejetée par toutes les périphéries, en France et ailleurs, la bobocratie est en perdition !

Bruno Guillard

Christophe Guilluy – ‘’Le crépuscule de la France d’en haut’’ – Editions Flammarion

Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017 Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

 

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 05:35

Les toutes jeunes Éditions Le Drapeau blanc sont heureuses de nous informer de la parution de leur second ouvrage en octobre 2016, intitulé La Grande Fiction. L'État, cet imposteur et signé par le professeur Hans-Hermann Hoppe, historien, sociologue, philosophe et économiste, en outre chef de file de l'École autrichienne d'économie.

Hans-Hermann Hoppe, La Grande Fiction. L'État, cet imposteur

L'ouvrage est préfacé par le professeur Jörg Guido Hülsmann, enseignant à l'université d'Angers et à l'institut Albert-le-Grand, en plus d'être chercheur au Mises Institute.

Vous trouverez des extraits librement et publiquement consultables sur la liseuse en ligne des Editions Le Drapeau Blanc.

« L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde », écrivait déjà le député et penseur gascon Frédéric Bastiat (1801-1850) au beau milieu du XIXe siècle, en 1848, dans L'État.

Ici, l'énergique universitaire Hans-Hermann Hoppe s'attache à détruire les mythes et légendes attachés à la notion d'État, se mettant au service de la vérité et de l'intégrité intellectuelle. Une lecture époustouflante, qui opérera à coup sûr plus d'une conversion en matière d'économie ou de philosophie !

Son analyse ne laisse aucun sujet de côté. Avec un humour très digne, le chercheur s'attaque à des thèmes très variés, comme la propriété (qu'elle soit publique, commune ou privée, avec la suprématie de cette dernière), l'immigration, l'intégration, la guerre, la monnaie, le rôle des intellectuels, la fonction des banques… Une promenade historique, politique, philosophique et économique qui nous apprendre de nombreuses choses.

L’auteur : Hans-Hermann Hoppe est né en 1949 à Peine en Basse-Saxe. Il a étudié l'histoire, la sociologie et la philosophie à Sarrebruck et à Francfort. Il soutient brillamment sa thèse de doctorat en philosophie en 1974, sous la direction de Jürgen Habermas. Peu après, quittant l'École de Francfort, il se rapproche de l'école autrichienne et des thèses de Ludwig von Mises, devenant l'élève puis le collaborateur de Murray N. Rothbard à New York. Aujourd'hui, Hoppe est considéré comme le chef de file de cette même école autrichienne d'économie. De boursier de la Fondation allemande pour la recherche, il a ensuite enseigné dans des universités en Allemagne, à Baltimore, à Bologne, à Las Vegas et à l'institut Ludwig-von-Mises. Il vit actuellement à Constantinople. Il est l'un des fondateurs de la Property and Freedom Society.

 
 
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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 09:38

Décidément, le moins que l'on puisse dire est que ceux qui, pour chercher Dieu, une spiritualité ou encore la lumière, sont entrés dans la secte maçonnique, en sont ressortis déçus. Rites néo-païens "simulacres de spiritualité" "empruntant des rites aux païens, Grecs et Égyptiens", dont on sait par S. Ignace d'Antioche (107 ap. J.-C.) que leurs dieux n'étaient que des démons..., Christophe Flipo, "après plus de 20 ans de franc-maçonnerie à la Grande Loge traditionnelle et symbolique" explique à La Croix du Nord comment il s'est tourné vers Dieu et pourquoi il n'est pas possible de concilier foi et franc-maçonnerie : alors que le franc-maçon construit sont édifice seul "dans son coin", sans rien partager avec sa famille, explique-t-il, "l’homme (véritablement spirituel et illuminé de l'amour de Dieu) est fait pour aimer, être aimé et être transcendé par Dieu.

 

Une autre réflexion proche de celle-ci était celle du Père Verlinde qui après avoir passé des années à étudier l'hindouisme et le bouddhisme (zen, yoga) a vu la différence avec le christianisme : "que signifie un bonheur qui se vit seul et qui ne s’ouvre pas sur l’Autre ?"

Un témoignage étonnant que celui de Christophe Flipo qui a quitté la franc-maçonnerie et renoué avec la foi.

 

D’emblée et dans un sourire contagieux, il prévient : « Je suis l’homme le plus heureux que vous ayez rencontré. » Parce qu’il a une femme et quatre enfants formidables et parce qu’il a renoué avec la foi.

 

Comment vous présenter en quelques lignes ?

 

J’ai 57 ans, je suis originaire de Roubaix mais réside à Lille et suis ravi d’habiter en ville. J’ai une femme exceptionnelle et très belle. Nous avons eu quatre enfants. Je m’occupe de la stratégie informatique du groupe britannique Kingfisher qui a racheté Castorama et Brico Dépôt. Je passe donc la moitié du temps en Grande-Bretagne. Je suis ingénieur, de formation, diplômé d’HEI mais j’ai tout oublié !

 

En février 2015, vous avez publié un premier livre. Pourquoi ce témoignage ?

 

Ce livre intitulé « La meilleure part » retrace une expérience hors du commun que j’ai vécue, accompagné de mon épouse. J’explique comment, après plus de 20 ans de franc-maçonnerie, et ayant occupé de nombreux grades à la Grande Loge traditionnelle et symbolique, je me suis tourné vers Dieu.

 

Le ton n’est ni amer, ni revanchard…

 

Non, je n’avais pas de comptes à régler et n’ai pas rencontré de difficultés après mon départ. Je n’attendais pas un coup de pouce pour ma carrière professionnelle dans la franc-maçonnerie. Je recherchais une spiritualité. En fait, j’étais en quête de lumière depuis très longtemps. Enfant, je me destinais à être prêtre mais j’aimais les filles… À partir de 16 ans, je me suis éloigné de l’Église.

 

Avez-vous trouvé cette lumière ?

 

J’ai mené des travaux très intéressants et cette activité ne me déplaisait pas. Mais je n’ai connu que des simulacres de spiritualité. Seulement des réunions empruntant des rites aux païens, Grecs et Égyptiens.

 

Comment vous en êtes-vous aperçu ?

 

Le chemin a été long. Je travaillais avec une collègue volage à qui je disais que sa vie n’avait pas de sens. Je lui ai alors conseillé de se rendre à Rocamadour, alors que moi-même je n’allais plus à la messe. Cette collègue est revenue totalement bouleversée, la foi lui était tombée dessus ! Elle s’est mariée et assiste désormais tous les jours à une messe.

 

Comment avez-vous réagi ?

 

J’ai décidé à mon tour de découvrir le sanctuaire de Rocamadour avec mon épouse. J’ai reçu de nombreux signes et figurez-vous que j’ai rencontré un ange ! J’ai repensé à cette parole de l’Évangile adressée à Philippe : « Comprends-tu ce que tu lis ? » Avec ma femme, nous nous sommes donc rapprochés de l’Église. J’ai quitté la franc-maçonnerie à la demande de mon épouse. Aujourd’hui, je m’aperçois que c’était le bon choix. Nous avons par ailleurs rejoint la Fraternité dominicaine.

 

Foi et franc-maçonnerie ne sont pas compatibles pour vous ?

 

Non, en étant franc-maçon, on ment. On ment pour cacher qu’on se rend aux tenues, c’est-à-dire aux réunions de la loge. On ne parvient pas à partager avec sa famille ce qu’on y vit. En tant que franc-maçon, on construit son édifice dans son coin. On s’égare. Les rites de la franc-maçonnerie s’appuient sur des symboliques de cultures paganistes. Ils forment un immense syncrétisme. À mon sens et pour ces raisons, il n’est pas possible de concilier foi et franc-maçonnerie.

 

Votre deuxième livre, paru en juin 2016, est l’objet d’un témoignage supplémentaire. Qu’apporte-t-il par rapport au premier ouvrage ?

 

Dans « L’adieu aux frères », j’aborde davantage la franc-maçonnerie, j’explique ses fondements. J’ai l’ambition d’éclairer les prêtres et les chrétiens. Je me devais d’expliquer que les croyants ne trouveraient pas ce qu’ils cherchaient dans la franc-maçonnerie. Il n’y a pas de présence dans les rites de la franc-maçonnerie. L’homme est fait pour aimer, être aimé et être transcendé par Dieu. On devient franc-maçon par hasard, on devient chrétien par cheminement. L’Église est bien plus spirituelle que je le pensais. Je continue d’ailleurs de témoigner en participant à des conférences ou salons du livre. Je ne refuse jamais une invitation.

 

« L’adieu aux frères », de Christophe Flipo, les éditions du Cerf, 14 euros. Les bénéfices sont reversés au sanctuaire de Rocamadour et au diocèse de Lille.

Christophe Flipo : de la franc-maçonnerie à l'Église
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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 15:56
"Péquenauds", "ploucs" : "le mépris de classe" des dirigeants politiques à l'égard du peuple, selon Patrick Buisson

Mercredi 12 octobre, sur I-télé, Olivier Galzi recevait Patrick Buisson, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, auteur du livre "La Cause du Peuple, Histoire interdite de la présidence Sarkozy" chez Perrin. Revenu des promesses non-tenues de l'ex-président, de la "parole qu'il avait donnée à l'occasion de la campagne de 2007" et qui ne s'est "pas actualisée", Patrick Buisson a expliqué de quelle manière la classe politique, de droite comme de gauche, considère les gens du peuple :

"Le mépris de classe entretenu par les dirigeants de ce pays à l'égard de ceux qu'ils appellent non pas les sans-dents [1] mais les péquenauds ou les ploucs est évidemment un fait politique majeur, monsieur Galzi. Si vous ne le comprenez pas c'est dommage. Mais la coupure entre le peuple et les élites est illustré par ce mépris de classe sous lequel nos dirigeants écrasent les Français."

Patrick Buisson, I-télé le 12 octobre 2016

Un peu plus loin dans l'entretien, Patrick Buisson ajoute :

Ce sont des gens qui ne parlent qu'argent et qui ne pensent qu'argent.

Notes

 

[1] Les sans-dents est une expression employée par François Hollande en privé quand il parle des gens du peuple trop pauvres pour s'offrir des soins dentaires. François Hollande confirme avoir prononcé ces mots, dans le livre "Un Président ne devrait pas dire ça", mais nie le ton moqueur. Valérie Trierweiler avait donné cette information dans son livre "Merci pour ce moment". Elle a confirmé le ton méprisant mercredi 12 octobre sur son compte twitter en publiant un sms du président datant du 31 mai 2005 : "Je suis avec ma copine Bernadette dans une grande manifestation dans son canton. Je lui ai fait un numéro de charme. Mais tu ne dois pas t'inquiéter. Dans son discours, elle a fait un lapsus formidable. Rire général, même chez les sans-dents", avait écrit François Hollande à l'époque et il semble bel et bien marquer un certain mépris pour les pauvres. Source : François Hollande et les "sans-dents", Valérie Trierweiler persiste et signe en dévoilant une preuve, Closer, le 12 octobre 2016 à 12h57

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 19:25
Description de cette image, également commentée ci-après"Triste Amérique", un pays qui s’est bâti sur le génocide des Indiens après le Grand dérangement ou déportation des Acadiens, la traite des noirs et le saccage environnemental.

 

Michel Floquet, directeur adjoint de l'information de TF1-Lci vient d'écrire un livre "Triste Amérique" qui aborde quelques-unes des origines criminelles des Etats-Unis d'Amérique.

Michel Floquet, "Triste Amérique"

Il y a deux Amérique.

 

Celle du mythe, de la liberté, de la musique, de la chance offerte à chacun. De la Silicon Valley, de Manhattan, de Google, de Facebook, de Wall Street et d’Hollywood.

 

Et l’autre Amérique…

 

Un pays qui consacre la moitié de son budget à l’armée, en perdant toutes ses guerres.

Où un enfant sur quatre mange à la soupe populaire.

Où l’on compte, proportionnellement, plus de prisonniers qu’en Chine ou en Corée du Nord.

Où des vieillards paralytiques purgent des peines de 150 ans.

Où, chaque jour, plus de 30 personnes sont abattues par arme à feu.

Où les études coûtent 40 000 dollars par an, induisant une reproduction sociale sans égale.

Où l’impôt taxe les plus riches de 15 % et les plus modestes de 25 ou 30 %.

 

Une démocratie dominée par deux partis qui dépenseront 7 milliards de dollars lors de l’élection de 2016 pour continuer à se partager le pouvoir.

 

C’est cette triste Amérique que dépeint Michel Floquet. Un pays qu’il a parcouru pendant cinq ans, saisi par son éloignement de l’Europe, son continent d’origine. Et l’on réalise qu’au xxie siècle, les États-Unis ont dévoré l’Amérique tant admirée.

 

Source

 

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 12:42
Michel Onfray : "La gauche islamophile se fait liberticide"

Michel Onfray déclare : "La gauche islamophile se fait liberticide"

 

Dans "Penser l'islam" (Grasset), le philosophe réplique aux attaques et remet en question le rapport entre la France et cette religion.

 

« Il y a longtemps qu'une grande partie de la presse politiquement correcte a le désir de me faire la peau. » Ainsi commence Penser l'islam. Le ton est donné.

 

Source: Michel Onfray : "La gauche islamophile se fait liberticide", Le Point, Par Catherine Golliau, Publié le 12/03/2016 à 09:11 | Le Point

En fait, c'est la gauche tout court qui est liberticide dès l'origine. C'est en effet au moment où elle déclare les "droits de l'homme et du citoyen" que la gauche les met en pratique en Vendée avec le génocide vendéen, "premier grand génocide dans l'histoire de l'Europe" (Luc Ferry) et qu'elle invente le terrible couplet génocidaire de la Marseillaise "Qu'un sang impur abreuve nos sillons"...

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 22:16
"Les femmes n’ont jamais été autant asservies !"

Les "féministes" n'aiment pas la femme. Thérèse Hargot est sexologue, diplômée en philosophie et en sciences de la famille et de la sexualité. Elle publie « Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque) » chez Albin Michel. Elle a donné un entretien à "Boulevard Voltaire".

Extrait:

On ne devrait pas parler de féminisme à partir où c'est tout un courant de pensée, un courant idéologique qui se positionne contre les femmes, contre le corps des femmes, avec à la base une haine du corps des femmes. Pourquoi? Parce que ce corps, je le déteste, il m'empêche de travailler comme un homme, il m'empêche d'être libre comme un homme, on veut s'en détacher, on veut s'en libérer. Et bien, ce n'est pas féministe que de penser cela. Au contraire, être féministe ce serait de dire j'accueille le corps qui est le mien, j'y trouve un sens, une force, une puissance. Et je me dis au lieu de modifier mon corps, je veux modifier les structures de notre société qui m'empêche d'être telle que je suis, moi femme, avec tout ce qui me compose, dans cette société actuellement.

Thérèse Hargot, Entretien à Boulevard Voltaire

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 15:37
"Cette démocratie est une imposture" (Christophe Buffin de Chosal)

Christophe Buffin de Chosal, historien belge, correspondant de presse et directeur de programmes universitaires, a présenté sur TV Libertés son ouvrage "La fin de la démocratie". Le régime politique réputé le meilleur possible est une imposture dont l'humanité a été victime depuis la Révolution française.

 

Extrait:

 

"Dès le départ, la démocratie s'est conduite comme une imposture. On a promis au peuple la souveraineté et le peuple n'a jamais été souverain. C'était un prétexte pour pouvoir donner accès au pouvoir à des minorités plus puissantes, plus riches, qui ont trompé le peuple dès le départ. Aujourd'hui, comme à la Révolution française, ou comme plus tôt à la révolution britannique, cela a toujours été le peuple qui a payé les frais de la démocratie. Il n'a jamais vraiment exercé la souveraineté.

 

Dès le départ de la Révolution française, les "clubs" ont été à l'action, il y a eu des côteries et le peuple a été tenu à l'écart. On s'est toujours méfié du peuple en démocratie. On n'a jamais vraiment voulu lui donner le pouvoir.

 

C'est dans son essence que la démocratie est totalitaire, justement à cause du principe du Peuple souverain, rien ne peut arrêter le pouvoir du Peuple souverain. Puisque le Peuple souverain exerce son pouvoir par le biais du parlement, tout ce que vote le parlement doit s'exercer immanquablement. Ce qui donne à la démocratie une tendance totalitaire parce que son régime législatif s'impose malgré tous les obstacles.

 

["Aucune barrière ni droit naturel ni règle constitutionnelle" ne devait s'opposer, selon Mirabeau, à une majorité législative (en l'occurrence issue d'une minorité activiste dans le pays). Ce régime n'est en fait qu'une forme de la tyrannie. Sous l'angle de l'Etat de droit, elle marque une régression par rapport à la pratique, au XVIIIe siècle, de l'Ancien Régime. C'est ce que Hayek appelle une "démocratie illimitée", ce que Benjamin Constant avait stigmatisé comme une "souveraineté illimitée" [1] et Carré de Malberg, un "absolutisme parlementaire" ou un "parlementarisme absolu." [2]

Sur Christroi, nous appelons ce régime, république absolue de droit occulte ou maçonnique.]

 

En fait, nous sommes constamment dépouillés de notre souveraineté et nous ne l'exerçons quasiment jamais.

 

Les puissances d'argent sont en action depuis les origines de la démocratie. Le régime parlementaire - ce qu'il faut bien voir c'est que - a été mis en place pour donner accès au pouvoir aux puissances d'argent. Et elles sont entrées en action immédiatement. Dès le début des régimes parlementaires, il y a eu le suffrage censitaire et aujourd'hui quelles sont ces puissances d'argent ? Ce sont des grands groupes industriels, commerçiaux, les compagnies pétrolières, les banques naturellement, qui sont toutes plus puissantes que le régime politique parce qu'elles existent avant, pendant et après les mandats. Elles sont souvent plus riches que les Etats eux-mêmes, elles n'ont donc absolument aucun problème à exercer leur pouvoir.

 

Tout le monde est au courant qu'il existe au plus haut niveau politique des réunions dont le contenu reste secret.

Les réunions G 7, G 8, G 20, on ne sait pas exactement tout ce qui s'y discute. Par exemple le groupe Bilderberg et d'autres puissances occultes dont on ne sait pas grand chose, sauf qu'elles sont agissantes, par le simple fait qu'on cache ce que ces puissances et groupres peuvent faire.

 

Tous les régimes totalitaires sont nés de régimes électoraux

 

La toute première dictature de l'histoire moderne européenne, c'est la dictature d'Oliver Cromwell, qui est née dans la guerre parlementaire sous le règne de Charles Ier en Angleterre. C'est symptomatique que ce premier régime dictatorial et génocidaire est né dans un terreau démocratique. Après cela, ce fut toutes les dictatures bien plus absolutistes que la monarchie, que la démocratie a engendrées."

Notes

 

[1] Le Livre noir de la Révolution française, Les Editions du Cerf, Paris 2008, p. 14.

[2] Raymond Carré de Malberg, Contribution à la théorie générale de l'Etat, Editions du CNRS, Paris 1962, vol. 2, chap. 2 : le gouvernement représentatif.

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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 22:27
"La fin des Empires", Patrice GUENIFFEY, Thierry LENTZ

La fin des Empires

COLLECTIF

Directeur : Thierry LENTZ

Directeur : Patrice GUENIFFEY

ISBN : 9782262051600

450 pages

Synthèses historiques

28/01/2016

Décadence et mort des Empires. Un livre-chapitres événement.

 

L'histoire serait-elle vouée à n'être qu'un éternel recommencement ? Cette fameuse question mérite particulièrement d'être posée concernant la naissance et la chute des empires. Depuis l'Antiquité, et sur tous les continents, certaines contrées, par le fer, l'or et l'esprit, se hissent au rang de puissance prépondérante et dominent une large partie du monde. Or, selon l'adage de Jean-Baptiste Duroselle, « tout empire périra » pour des raisons multiples, même si un noyau dur d'explications peut être avancé : crises de croissance, notamment en matière d'assimilation des populations conquises, paupérisation économique, épuisement du modèle militaire ; enfin et naturellement, apparition et renforcement de rivaux intérieurs et extérieurs.

Sous la direction de Patrice Gueniffey et Thierry Lentz, des historiens de renom racontent et analysent le déclin et la chute des grands empires qui ont fait le monde. Ils nous entraînent dans le sillage d'Alexandre le Grand jusqu'au soft power de Washington, en passant par le modèle romain et son héritier byzantin, les empires des steppes, l'Empire ottoman, le binôme latino-continental espagnol, précédant le siècle idéologique (1917-1991) qui voit tour à tour s'effondrer l'empire des Habsbourg, le IIIe Reich, le Japon militariste, puis, après la guerre froide, le communisme soviétique, héritier de l'impérialisme séculaire des Romanov.

Brisés par les deux guerres mondiales, la faillite des totalitarismes et le déclin de l'Europe qui avait dominé le monde depuis le XVIe siècle, les empires ont pu sembler, alors que l'on célébrait la fin de l'histoire, condamnés au bûcher des vanités. Seulement, si les empires trépassent, l'impérialisme ne meurt jamais, comme le prouvent les étonnantes métamorphoses de la Chine, l'éternel retour de la Russie, sans occulter le poids toujours majeur des Etats-Unis.

Au final, une grande leçon d'histoire, inédite et essentielle, pour connaître le monde d'hier et comprendre celui d'aujourd'hui.

 

Source: Editions Perrin

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 17:56
Transhumanisme : vers la fin de l'espèce humaine ? Jean-Pierre Dickès

Le tout dernier livre édité par les Editions de Chiré, écrit par Jean-Pierre Dickès paraît dans quelques jours.

 

Nous assistons aujourd’hui à l’émergence d’une nouvelle humanité et plus ou moins rapidement au remplacement des hommes par des machines devenues intelligentes. Sommes-nous arrivés à l’éradication de l'espèce humaine ?

 

Ces quatre dernières années, les sciences ont fait des progrès absolument fulgurants en biologie, en génétique, en bionique et robotique. Ceux-ci aboutissent à transformer profondément la nature de l'homme et le font évoluer vers une post-humanité aux contours inquiétants ; ceci dans la mesure où ils seront issus de transgressions permanentes de l'ordre naturel.

 

Les transhumanistes appellent notamment à une nouvelle humanité détruisant notre espèce en la transformant en machines. 

Parmi le fouillis de découvertes plus invraisemblables les unes que les autres, le docteur Jean-Pierre Dickès, après des années de recherche, fait le point sur ces nouvelles technologies. Son livre d'une densité extraordinaire, est une mise en garde contre les savants fous qui, au nom du progrès, sont en train de détruire l'Humanité. Il y a là un avertissement solennel dont tout le monde devrait prendre conscience. avant qu'il ne soit trop tard.

 

Source: Chiré, Diffusion de la Pensée française

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 11:19
Philosophie de la royauté, Yves-Marie Adeline (Editions Via romana, mai 2015)

Le laïcisme impossible, d'Yves-Marie Adeline *

 

par Dofiar

 

 

Yves-Marie Adeline vient de publier, en ce mois de mai 2015, un nouveau livre de philosophie politique intitulé « Philosophie de la royauté », publié aux éditions Via romana.

 

Dans ce livre qui succède au Pouvoir légitime, au Royalisme en questions, à La Droite où l’on n’arrive jamais, à La Droite impossible, à l’Histoire mondiale des idées politiques, l'auteur traite (p. 237 et 238), de la laïcité et du laïcisme, de leurs origines, de leurs différences et de l’incohérence qu’il y a, pour un chrétien, à adhérer au laïcisme révolutionnaire.

 

LE LAÏCISME IMPOSSIBLE

 

« La laïcité est une invention chrétienne, et même avant le christianisme : une invention judaïque, davidique, quand à l’époque de Samuel, Israël sort de la judicature et se donne un pouvoir royal civil indépendant de l’autorité religieuse (le roi Saül, puis David). Mais le laïcisme, lui, est révolutionnaire : il consiste en ce que le pouvoir politique refuse toute légitimité aux autorités religieuses et tout lien nécessaire entre ses lois et les lois morales.

 

C’est ce qui oppose Antigone et Créon : la première entend désobéir à l’édit du chef légitime, elle s’autorise donc à enterrer le cadavre de son frère, en vertu d’une loi supérieure aux lois humaines : un homme, même un traître, a le droit d’être enterré après son supplice.

 

C’est également ce qui rend le laïcisme théoriquement impossible dans le christianisme. Les chrétiens professent qu’il n’existe pas d’autre issue que de refuser l’indifférentisme religieux au nom duquel une cité n’aurait pas d’autre but que de vivre pour elle-même. Le laïcisme absolu, de type révolutionnaire, contribue à faire de la nation une chose-en-soi, désincarnée, déshumanisée, n’ayant pas d’autre projet que d’exister, comme une plante, une pierre, un atome, toutes ces choses qui sont utiles à la vie elle-même, mais seulement à la vie ; tandis que la nation est composée, selon la foi, de chairs renfermant des âmes, des êtres appelés au surnaturel, promis à l’Au-delà.

 

En d’autres termes, le laïcisme (non plus seulement la laïcité) des États et l’indifférentisme des hommes de foi sont encore une forme de vitalisme, de naturalisme, c’est-à-dire d’abdication de l’esprit au profit de la bête. Ainsi, l’Écriture enseigne que Babel fut détruite par la main de Dieu, précisément parce que la référence commune de ses bâtisseurs était eux-mêmes, et non pas Dieu. Babel, œuvre commune, et signe magnifique du génie humain, devenait une idole, une transposition de l’homme à la pierre : un transport de l’homme non pas par la matière vers l’esprit, mais au contraire, par l’esprit, par la science, vers la matière. Le Grand Destructeur de Babel est le premier à nous avoir fait comprendre que science sans conscience n’est que ruine de l’âme. De même que l’homme n’est pas fait pour la science, il n’est pas fait non plus pour la cité : ce sont la cité, la science qui, inversement, doivent servir l’homme, en tant qu’être doué d’une âme orientée vers l’infini. »

 

 

Source

Présentation du livre :

 

Philosophie de la royauté, Yves-Marie Adeline *

 

En ce début du XXIe siècle, la royauté semble être devenue une institution appartenant au passé. Les États monarchiques sont minoritaires en Europe depuis le cataclysme des deux guerres mondiales, et plus encore dans le reste du monde : pour une petite vingtaine de royaumes en Asie, trois en Afrique, un seul en Amérique… et encore le Canada relève-t-il de la monarchie britannique : aucun monarque américain.

Une propagande omniprésente et continuelle enseigne la royauté comme étant systématiquement celle de Caligula, fût-ce à quelques mètres des frontières belge, hollandaise ou luxembourgeoise, au-delà desquelles on n’a pourtant jamais entendu dire que les sujets qui y vivent souffrent un cauchemar quotidien. Les grandes figures comme Louis XIV sont dévalorisées, déformées, parfois même par des caricatures présentées comme des portraits. Louis XVI est montré comme un imbécile dont la stupidité justifie le passage à la république, suivant un sens de l’histoire. Rechercher l’institution royale, même si elle a présidé à treize siècles d’existence de la France, est regardé sans examen comme un retour en arrière.

Ce livre expose une anthropologie de la royauté.

 

* Yves-Marie Adeline, docteur de l’Université de Paris 1, est connu pour son œuvre universitaire et littéraire rassemblant aujourd’hui près d’une trentaine d’ouvrages.

 

Source

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 09:18

Entretien d'Hervé Pinoteau pour Vexilla Galliae. Hervé Pinoteau est spécialiste de l'héraldique, de la vexillologie et un grand connaisseur de l'étude de la symbolique de l'État français à travers ses divers régimes et dynasties.

Entretien d'Hervé Pinoteau à Vexilla Galliae : Hervé Pinoteau présente ses "Nouvelles Etudes Dynastiques"

S'il est un transmetteur de la connaissance et de la mémoire légitimiste, c'est bien le baron Pinoteau, que j'avais un jour entendu résumé en quatre mots par Daniel de Montplaisir : "(il) est la conscience du légitimisme". En 2011, le biographe du prince Louis l'avait encore défini ainsi dans son Louis XX, petit-fils du Roi Soleil :

 

"Au milieu des années cinquante, le frémissement légitimiste devint bouillonnement. D’abord avec l’entrée en scène d’un personnage nouveau, à la forte personnalité, suscitant aussi bien l’admiration par son immense culture, sa religion de la fidélité, son désintéressement absolu et sa formidable capacité de travail, que l’irritation par sa tendance à détenir seul toute la vérité sur les questions dont il traite. Pendant plus d’un tiers de siècle, la légitimité française allait respirer par la bouche du baron Pinoteau."

 

Mais cet auteur, qui aurait voulu devenir astronome, est aussi un expert des signes et de leurs sens, qui a non seulement analysé mais aussi dessiné lui-même une quantité vertigineuse de documents provenant de toutes les galaxies dynastiques. Cela tombe bien, car le chancelier (depuis le 11 mars 1969) de trois chefs successifs de la maison de Bourbon (Jacques-Henri VI, Alphonse II et Louis XX), présente aujourd'hui aux lecteurs de Vexilla Galliae son dernier ouvrage paru en novembre : Nouvelles Etudes Dynastiques, Héraldique - Vexillologie - Phaléristique (Le Léopard d'or).

 

Quelques 1083 grammes de finesse dans un monde de brutes...

 

Alphée Prisme

 

Vexilla Galliae : En 1995, dans la préface générale de votre ouvrage Les pleines armes de France de Clovis au duc d'Anjou (Le Léopard d'or), vous définissez votre style comme "celui du souvenir et du décryptement de ses éléments utiles pour aider à l'indispensable renouveau de toutes choses en ce royaume perdu". Vos Nouvelles Etudes Dynastiques - Héraldique - Vexillologie - Phaléristique, parues en novembre dernier chez le même éditeur, et qui compilent trente et un articles écrits entre 1982 et 2010, sont-elles une bonne illustration de votre style?

 

Hervé Pinoteau : Pour moi ce n’est pas une question de "style" mais bien une enquête fouillée sur la symbolique de l’Etat français de Clovis à nos jours, essayant d’expliquer les raisons de tous ces signes et tous ces insignes du pouvoir qui voulaient bien dire des choses. J'ai au fond fait durant soixante et un ans ce que de nombreux historiens ont fait dans de nombreux pays. et je me suis parfois corrigé durant tout ce temps. Je remercie les amis de nombreux pays qui m’ont aidé dans cette quête. Et bien entendu je me suis attaché à ce qu’ont fait nos rois. Ce qui ne m’a pas empêché de disserter longuement sur la naissance des armes de Portugal, sur Napoléon roi d’Italie ou Notre-Dame de la Belle-Verrière de Chartres qui est coiffée d’une couronne carolingienne que j’ai identifiée.

 

V. G. : Presque 600 pages pour une trentaine d'articles, soit une moyenne de vingt pages par article, que l'on peut choisir à sa guise, c'est une idée très actuelle pour connaitre un peu plus l'origine et l'évolution graphique de ces drapeaux, sceaux, décorations, regalia et autres emblèmes qui accompagnent l'Histoire alors que nous sommes aujourd'hui submergés de marques, de logos, de cross-branding idéologiques et autres partis politiques en quête d'image, d'identité?

 

H. P. : Oui, nous sommes environnés d'une foule de logotypes plus ou moins explicites, certains hostiles à notre religion catholique, même dans des torchons imprimés par des gens encensés par notre société en déroute. Cette mode est le signe du diable dans notre société qui nie la loi naturelle et la loi divine.

 

V. G. : Il y en a pour tous les goûts, des lecteurs du Sire de Jean Raspail avec l'article De Clovis à Pharamond, coup d'œil sur l'héraldique mérovingienne, aux passionnés de reconstitutions historiques qui s'alimenteront de précieux détails dans Les drapeaux des ordres militaires, en passant par Les ordres de chevalerie du roi de France et l'héraldique que l'on peut proposer à ceux pour qui l'honneur a encore un sens, pour repartir ensuite à la découverte d'Une coupe héraldique trouvée en Syrie avant de parcourir Le globe dans la symbolique royale et impériale française...

 

Pour en arriver à un tel spectre de connaissances sur l'imagerie dynastique au sens large, quel a été votre cheminement dans le temps? Vous êtes-vous intéressé aux différentes familles de symboles - héraldique, vexillologie, phaléristique - les unes après les autres ou fut-ce plutôt un perpétuel bondissement de l'une à l'autre?

 

H. P. : J'ai depuis l'âge de huit ans été fasciné par les armoiries, les drapeaux et les décorations. Mes premiers textes imprimés ont commencé par l'héraldique et je dévoile un fait inconnu de mes amis. En 1942, l'hebdomadaire L'Illustration publiait des articles de Joseph Coudurier de Chassaigne sur les armoiries de la France et ce que l'on pouvait imaginer pour la France de cette époque. Des gens envoyèrent leurs idées sur la question et je fis de même. Dans le numéro du 15 août, page 119 il fut écrit que "M. Pinoteau, de Royan", avait envoyé un projet assez beau mais trop compliqué. J'avais 15 ans et je n'en possède aucune copie, le calque ayant été perdu dans l'anéantissement de la ville en 1945. Il n'y avait alors pas de photocopieuses. J'appris bien des années après que le Maréchal n'avait aucun intérêt pour cette question et qu'il ne voulait pas que la francisque apparaisse dans la symbolique de la république qu'il laisserait à la Nation car elle lui était propre, ce que j'ai publié dans Le Chaos français et ses signes.

 

V. G. : Vous rappelez-vous votre premier choc esthétique avec un objet qui enclenchera cette quête de sens? Et la trouvaille ou analyse qui vous occupe en ce moment et que nous lirons prochainement?

 

H. P. : Dans ma famille paternelle et maternelle il y avait des objets avec les armoiries que je dessinais. Tableaux, argenteries étaient à ma portée. Des dizaines d'années après je termine mon trente-deuxième livre, sans doute le dernier (?) qui sera l'histoire de l'ordre du Saint-Esprit depuis 1789, et croyez bien que la description des armoiries des chevaliers russes, napolitains, britanniques, espagnols, autrichiens et prussiens est très difficile, avec pour chacun quand elles existent, les grandes, moyennes et petites armoiries! Un cauchemar...

 

V. G. : Enfin, vous déclarez dans vos Préliminaires être "un peu déconcerté que l'on disserte à loisir de certains sujets comme si je n'avais rien écrit dessus... De plus certains de mes textes sont très non-conformistes, et bien sûr teintés de blanc étant donné mon attachement à d'antiques traditions, ce qui peut fâcher dans l'ambiance, qui est la nôtre, celle de l'apostasie des nations". Face à l'inculture républicaine qui règne - presque - partout, cette somme n'est-elle pas le meilleur outil pour mieux comprendre ce qui fut, et donc ce qui nous attend?

 

H. P. : L'inculture républicaine est affligeante et des livres qui ont paru sur le drapeau tricolore et certains emblèmes sont assez lamentables. J'ai donc éclairci bien des choses et donné quelques leçons de symboliques aux républicains.

 

Quoi qu'il en soit j'ai réfléchi sur la question de la royauté très rapidement et cherché la bonne solution royaliste. Mais Dieu qui aime certainement la Fille aînée de l'Eglise fera ce qu'il faut quand on aura atteint le fond probablement dans un climat de ruines car ce sera pire qu'en 1940, l'ennemi étant déjà sur place. Qui viendra? Un dynaste de chez nous (et pourquoi pas le chef de la Maison de Bourbon qui est la Maison de France) ou un autre. Dieu seul le sait et c'est donc bien ainsi.

 

Quant à la "somme" que vous évoquez, ce sont avant tout trois gros volumes de format A4 : La Symbolique royale française, Le Chaos français et ses signes et Clefs pour une somme ; soit environ 1700 pages.

 

J'espère avoir répondu à vos questions.

 

Propos recueillis par Alphée Prisme

 

En fin des "Nouvelles Etudes Dynastiques", des illustrations en couleurs enrichissent les nombreuses photographies et dessins en noir et blanc reproduits dans le corps des articles.

 

Source: http://www.vexilla-galliae.fr/civilisation/litterature-cinema/1289-exclusif-herve-pinoteau-presente-ses-nouvelles-etudes-dynastiques

 

 

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 07:14
Chantal Delsol, "Populisme. Les demeurés de l’Histoire"

 

" Le courage ne caractérise pas généralement les intellectuels, qui ne possèdent comme patrimoine que leur réputation, et le regard porté sur eux par leurs concitoyens[1]. "

 

Née en 1947 à Paris, la philosophe et universitaire Chantal Delsol est bien connue des lecteurs du Figaro et de Valeurs actuelles. En outre, elle compte à son actif un certain nombre d’ouvrages publiés.

 

Elle vient de s’attaquer à un sujet épineux qui fait grincer bien des dents : le populisme. À travers ce terme, on pense facilement au Front national ou à différentes « extrêmes-droites » européennes.

 

Chantal Delsol part d’un constat évident, qui ne troublera personne : dans le discours ambiant, pour les dépositaires du pouvoir et les media, « populisme » est une insulte, un moyen de disqualifier son adversaire, un « fasciste ! » en à peine plus léger. Avec un tel contexte, il peut sembler difficile d’aborder le sujet avec sérénité et recul. C’est pourtant ce que l’auteur s’efforce de faire au cours des 268 pages de son dernier ouvrage, Populisme. Les demeurés de l’Histoire[2].

 

La philosophe commence par poser les bases de son sujet, ce qui relève d’une saine et appréciable méthodologie. La différence entre « populisme » et « démagogie » est explicitée, et différentes définitions sont données (idiot, particulier, etc.). L’ouverture de l’ouvrage, ensuite, ancre la pensée sur un fond historique, antique en particulier. Pour notre part, c’est ce long préambule s’interrogeant sur l’histoire ancienne grecque qui nous a le plus plu. Le tout intéressera les lecteurs se posant des questions à propos de l’actualité politique de la Ve République, de la notion droite-gauche, de l’essence de la « démocratie », et de la vacuité définitoire de nombreux mots abondamment employés dans les media.

 

Chantal Delsol pointe bien du doigt le cœur du problème : « Le peuple se voit abandonné (à ses problèmes sociaux, éducatifs ou autres, selon les cas), mais en sus il se voit trompé. Le partage maffieux du pouvoir, qui équivaut à un retournement et à un déni de démocratie, s’organise au nom même de la démocratie, et c’est bien là ce qui devient insupportable[3]. » Ajoutons que le fait même de prétendre donner le pouvoir au plus grand nombre est un acte de corruption : la corruption des électeurs eux-mêmes, via les promesses et les programmes électoraux.

 

Quand des élites autoproclamées prétendent instruire le peuple, ne nous laissons point faire, et rééduquons-les. Nous attendons toujours les lumières promises par la République « française » : où sont-elles ? Serait-ce l’analphabétisation en recrudescence ? La dette publique en explosion ? La laideur architecturale des banlieues ? Le chômage galopant ? Le bourrage de crâne médiatique ? Le divertissement dans les loisirs ? L’abandon de Dieu ? La raréfaction des familles ?

 

En bref, nous en retiendrons qu’une « démocratie » qui est menacée par ce qu’elle nomme elle-même « populisme » est un régime moribond, mourant, à l’agonie. Un espoir de plus pour le roi ! Et donc pour la France !

 

Jean de Fréville

 

[1]Page 113 du livre que nous présentons aujourd’hui.

 

[2]DELSOL (Chantal), Populisme. Les demeurés de l’Histoire, Monaco, Éditions du Rocher, 2015, 268 p., 17,90 €.

 

[3]Ibid., p. 168.

 

Source: http://www.vexilla-galliae.fr/civilisation/litterature-cinema/1261-chantal-delsol-populisme-les-demeures-de-l-histoire

 

. Dieu est le cadre privilégié de la démocratie

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 09:41
Robert Pirault, A l’école du moulin

A l’occasion de la sortie du livre de Robert Pirault, A l’école du moulin, la basilique de Vézelay, les Editions Franciscaines et la Maison du Visiteur à Vézelay vous invitent à la

Projection – débat du film

A l’ombre de la lumière

Samedi 17 janvier, à 17h au Couvent saint François (7, rue Marie-Rose, 75014 Paris).

Vente et dédicace du livre à l’issue.

RSVP avant le 15 janvier au 01 45 40 72 51 ou à contact@editions-franciscaines.com

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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 17:12

 

Pour-Dieu-et-le-Roi--avec-Cathelineau.jpgVeuillez prendre connaissance du tout Dernier livre édité par les Editions des Petits Chouans, « Pour Dieu et le Roi… avec Cathelineau », écrit et joliment illustré par Mechtilde Savigny. C’est la suite du premier titre de la série Pour Dieu et le Roi : « Pour Dieu et le Roi… en Vendée ».

 

« Revivons ensemble la scène : nous sommes au Pin-en-Mauges, le matin du 13 mars 1793. Quelques jeunes hommes, accourent de Saint-Florent-le-Vieil : ne voulant pas servir un gouvernement injuste et sanguinaire qui, depuis quatre ans, martyrise sans pitié les chrétiens, ils ont culbuté les gendarmes venus tirer au sort ceux qui devront partir à la guerre. Ils cherchent celui qu'ils appellent le Saint de l'Anjou. Ils savent que leur insubordination sera punie de représailles d'une férocité implacable.

 

Jacques Cathelineau dépâte ses mains enfarinées ; il était en train de pétrir le pain de sa famille… »

 

Pour plus de détails sur ce livre, veuillez-vous reporter sur : http://www.chire.fr/A-189596-pour-dieu-et-le-roi--avec-cathelineau-t-02.aspx

 

. Le complot républicain de 1792 et le génocide vendéen

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 23:36

 

 

Jean-Christian-Petitfils--Louis-XV.jpgOn le disait secret, timide, et surtout incapable de gouverner. Et pourtant Louis XV était tout autre. Avec l'excellente biographie de ce monarque hors du commun, parue début novembre aux Editions Perrin, c'est 900 pages de bonheur royal. L'auteur commence à mieux comprendre ce souverain timide, secret, ayant sans doute du mal à assumer son métier de Roi. Cette biographie fera date, c'est la réhabilitation d'un souverain mal connu qui fait face avec intelligence à l'opposition d'une société bloquée.

Une approche profondément renouvelée du monarque qui fait face avec génie à l'opposition d'une société animée par les parlements, les jansénistes et sa propre noblesse. Une vaste fresque du Royaume de France qui, malgré les lourdes défaites de la guerre de Sept ans, connaît un prodigieux développement économique et s'accrut de trois belles provinces, les Duchés de Lorraine et de Bar, et la Corse.

Un règne immense et contrasté, une personnalité secrète, réévalués par l'un des meilleurs biographes des Rois de France des XVII et XVIIIe siècles.

Jean-Christian Petitfils a publié une trentaine d'essais et biographies. Notamment un Louis XIII, un Louis XIV et un Louis XVI. Mais par cette nouvelle biographie, il nous démontre encore un vrai talent d'écrivain, soutenu par un vaste travail de recherche et de réflexion. Sûrement l'ouvrage de référence sur ce Roi si attachant.

Louis XV, dans Versailles rayonnant d'un éclat incomparable, demeure le monarque le plus prestigieux d'Europe jusqu'à sa mort en 1774. Après 59 ans de règne, la monarchie semble solide, en dépit des lourds nuages qui s’amoncellent à l'horizon.

Son règne, charnière entre le Roi Soleil et la Révolution, a commencé en 1715, il avait 5 ans, et s'est achevé en 1774. Louis XV a été à la hauteur de son siècle et a influencé pendant son demi-siècle de règne, les multiples aspects d'une société en mouvement. Sa mort empêcha son œuvre de régénération de la monarchie de s'enraciner et de porter les fruits qui eussent sans doute épargné le sang et les larmes de la Révolution.

Eric Muth

 

Source: http://www.vexilla-galliae.fr/civilisation/litterature-cinema/1059-superbe-un-nouveau-louis-xv-rehabilite-par-jean-christian-petitfils  

 

 

Note de Christ-Roi. Le règne de Louis XV fut marqué par l'obstruction des parlementaires à toute réforme d'égalité devant l'impôt.

 

Les-Revolutions-francaises---broche---Francois-Bluche--S.jpgLes rois de France n'ont en effet cessé depuis la fin du XVIIe siècle de vouloir réaliser la grande réforme fiscale de l'égalité devant l'impôt ("capitation" 1695, "dixième" 1710, "vingtième" 1750, "Subvention territoriale" 1786). Ils en furent empêchés par les parlements qui refusèrent d'enregistrer les édits royaux concernant l'impôt. Sur ce sujet essentiel, il faut lire "  Les révolutions françaises, Sous la Direction de Frédéric Bluche et Stéphane Rials" (Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée 1989), chapitre "La pré-Révolution 1788-1789" rédigé par Jean-Marie Harouel.

 

Si cette réforme avait pu être réalisée, elle nous eut éviter les massacres de la "Révolution", un recul de la législation sociale de trois quart de siècle..., l'avènement de la démocratie terroriste, de la barbarie libérale et égalitaire à tous les étages et de l'esclavage moderne (argent-dette).

 

. La guerre des juges contre l'Eglise et la monarchie au XVIIIe siècle (Marion Sigaut)

. Réhabilitons Louis XV ! (Joris Karl)

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 09:07

 

Berenice-Levet---La-theorie-du-genre--ou-le-monde-reve.jpg

Le Figaro rapporte la sortie du livre de la philosophe Bérénice Levet intitulé "La théorie du genre, ou le monde rêvé des anges", théorie du genre dont Vincent Peillon et Najat Vallaud-Belkacem avait déclaré qu'elle n'existait pas :

 

Vers la société indifférenciée : les révélations de Bérénice Levet sur la théorie du genre

 

Le Figaro

12/11/2014 à 18:21

 

Bérénice Levet propose un excellent essai sur la théorie du genre. La philosophe a enquêté avec soin sur la logique profonde de cette mode intellectuelle, qui séduit dans les écoles primaires.

 

Que le jour commence et que le jour finisse sans que jamais Titus puisse voir Bérénice…» Il y a une certaine logique, pour Bérénice Levet, à refuser la confusion du féminin et du masculin, quand son prénom s'inspire d'une tragédie tout entière consacrée à leur irrémédiable séparation. Nous la retrouvons rue des Saints-Pères, entre Science Po et les Éditions Grasset. Cheveux emmêlés et sourcils dessinés comme une actrice de film muet, Bérénice Levet défend donc une certaine idée du féminin, un féminin d'après l'émancipation du sexe dit «faible». Elle rejoint le camp de ces femmes universitaires, comme Claude Habib, qui exaltent la polarité sexuelle au lieu de souhaiter sa disparition. Vouloir sauver cette fleur de la civilisation française qu'est la galanterie est une façon de refuser aussi bien les gardiens coraniques de «la femme voilée» que les avant-gardes, elles aussi puritaines, qui promeuvent la «théorie du genre». Pour autant, cette protégée d'Alain Finkielkraut et Denis Tillinac se voit plutôt en conservatrice libérale qu'en réactionnaire pure et dure: «Je ne souhaite pas un retour en arrière», dit-elle, en soulignant qu'elle ne veut pas revenir au bon vieux temps du pater familias [autrement dit - et elle a raison - elle ne veut pas revenir vers la modernité qui a codifié le Pater familias et infériorisé les droits de la femme dans le code napoléon... Le débat dorénavant est la sortie de la modernité par un retour à la société traditionnelle, classique et chrétienne fondée sur la loi naturelle ou par une plongée dans la théorie fasciste du genre qui n'est qu'une post-modernité. Ndlr.].

 

Bérénice Levet enseigne la philosophie à l'École polytechnique et au Centre Sèvres. Cette spécialiste d'Hannah Arendt n'avait pas prévu de se lancer dans un essai pour dézinguer les partisans de la théorie du genre - le mot de «théorie» étant rejeté par ces derniers qui feignent l'humilité. Elle n'est pas une inconditionnelle de la Manif pour tous, ni de la maternité ou de la femme au foyer à tout prix. Mais n'est-ce pas faire grand cas d'une poignée de militants, d'une coterie universitaire prête à réformer l'humanité au nom de l'idée devenue folle que «tout est culturel»? «Tant que cette théorie se limitait aux laboratoires de recherche de quelques universités américaines, cela m'était égal, mais elle s'est insinuée en France, jusque dans nos écoles», dit-elle en racontant comment elle a décidé d'écrire cet essai lorsqu'elle a découvert que l'on faisait lire à son neveu, élève en CM1, le récit de David Walliams, intitulé Le Jour où je me suis déguisé en fille. Ce petit morceau de propagande à l'usage des jeunes consciences a été, pour l'auteur, le coup de trop.

 

Il ne s'agissait à l'époque que d'initiatives disparates, mais, depuis 2012, Najat Vallaud-Belkacem, «ce Robespierre en jupons», dit-elle, a vivement encouragé les partisans d'une école «neutre».

 

La théorie du genre, ou le monde rêvé des anges Bérénice Levet, Éd. Grasset, 202 p., 18 €

 

 

Source : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/11/12/31003-20141112ARTFIG00339-vers-la-societe-indifferenciee-les-revelations-de-berenice-levet-sur-la-theorie-du-genre.php

 

 

. Allemagne : de la prison pour une mère refusant des cours sur le genre

. Le documentaire qui a détruit la théorie du genre en Norvège !

. Points de vue du docteur Yann Carrière sur la "théorie du genre", une "théorie fascisante" qui abolit la raison

.  "Le genre, c'est un mal dissimulé sous un bien" (Yann Carrière)

. La science ridiculise encore la théorie du genre 

. Le scandale de la théorie du genre : les "travaux" d'Alfred Kinsey et la Fondation Rockefeller

. Bruce/Brenda/David Reimer : Tragique destin du premier cobaye de la théorie du genre

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