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7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 21:52

Dans son ouvrage "Héros oubliés", Eric Vieux de Morzadec se penche sur les généraux français qui ont fait honneur à leur Partie en servant dans l'armée confédérée lors de la guerre de Sécession. A l'image du général Beauregard, ils voyaient l'esclavagisme comme une abomination et voulaient la "libération des noirs pour bâtir avec eux un sud fraternel et chrétien".  Un projet bien loin de la tyrannie de l'argent du nord yankee, transformant les citoyens en consommateurs et en esclaves... Le général Beauregard disait : "Nous sommes les Vendéens, ils sont les Jacobins..." Un éclairage nouveau pour rétablir la vérité sur un épisode de l'histoire encore prégnant.

"Gettysburg" est un excellent film, réalisé en 1993, sur le thème de la la bataille de Gettysburg (1863). L'extrait suivant, intitulé "la Charge de Pickett", montre bien le courage des Confédérés menés par des hommes d'élite, fervents catholiques, prêts au sacrifice de leur personne pour la cause :

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 14:41
Russo: Quand la Vierge explique les étapes sombres de l'Apocalypse

Source: Stilum Curiae

Marco Tosatti

Chers amis et ennemis de Stilum Curiae, Sergio Russo, l'artisan écrivain que vous connaissez désormais bien, pour sa présence sur ce site, nous a envoyé une réflexion dans son style sur la lecture de l'Apocalypse, la réalité que nous vivons et la manifestations qui lient notre existence au surnaturel. Bonne lecture. 

 

§§§

CETTE EPOQUE OÙ SOMBRE PASSAGE DU LIVRE DE L'APOCALYPSE ... ÉTAIT EXPLIQUÉ PAR LA SAINTE VIERGE ELLE-MÊME !

 

Le Mouvement sacerdotal marial est un mouvement ecclésial catholique aujourd'hui répandu sur les cinq continents. Il a été fondé par un prêtre charismatique, Don Stefano Gobbi, le 13 octobre 1972. Et son texte de référence est le célèbre "livre bleu" (Aux prêtres fils bien-aimés de Notre-Dame), qui en est également maintenant à sa 26e édition, dont chacune de celle-ci est toujours accompagnée d'un "imprimatur" de l'évêque: ce texte contient en fait les locutions intérieures que Don Stefano reçut de la Sainte Vierge, de 1973 à 1997.

Peu de croyants catholiques sont conscients de ce verset énigmatique, présent dans le tout aussi énigmatique Livre de l'Apocalypse, dans lequel l'évangéliste Saint Jean voit à un certain moment "une autre bête montant de la terre; elle avait deux cornes comme un agneau, et elle parlait comme un dragon. (Ap 13.11)", et comment sur ce verset précisément, les Pères de l'Église et d'illustres théologiens, ont versé des fleuves d'encre pendant deux millénaires d'histoire ecclésiastique, dans une tentative - malheureusement révélée à ce jour infructueuse - pour identifier cette mystérieuse "bête s'élevant de la terre", également connue sous le nom de "Faux Prophète".

Et puis, le jour même du 13 juin 1989, ce sera Notre-Dame elle-même de "prendre le terrain", fournissant précisément, sur ce vers sibyllin, son explication particulière, lequel - venant d'Elle, la Maîtresse et Guide inégalée de l'Exégèse Chrétienne - évidemment, je pense personnellement qu'elle est fiable et définitivement éclairante.

Et par conséquent, Notre-Dame commence par ces mots:

"Mes chers Enfants, souvenez-vous aujourd'hui de ma deuxième apparition, qui a eu lieu dans le pauvre lieu-dit Cova da Iria à Fatima, le 13 juin 1917.

Depuis, je vous ai déjà annoncé comment vous vivez ces temps.

Je vous ai annoncé la grande lutte entre Moi, Femme revêtue du soleil, et l'énorme Dragon rouge, qui a conduit l'humanité à vivre sans Dieu.

J'ai également prédit le travail subtil et ténébreux accompli par la franc-maçonnerie pour vous éloigner de l'observance de la loi de Dieu et ainsi vous faire des victimes de péchés et de vices.

Surtout, en tant que Mère, je voulais vous avertir du grand danger qui menace l'Église aujourd'hui, à cause des nombreuses et diaboliques attaques qui sont menées contre elle pour la détruire."

Mais nous voici maintenant à ce verset "fatidique":

"Pour atteindre cet objectif, la bête noire qui monte de la mer vient au secours de la terre, une bête qui a deux cornes, semblables à celles d'un agneau."

Et donc, c'est encore vous qui nous donnez cette interprétation éclairante:

"L'agneau, dans l'Écriture divine, a toujours été le symbole du sacrifice. La nuit de l'Exode, l'agneau est sacrifié et, avec son sang, les poteaux des maisons des Juifs sont aspergés, pour les soustraire au châtiment qui affecte en revanche tous les Égyptiens.

La Pâque juive se souvient de ce fait chaque année, avec l'immolation d'un agneau, qui est sacrifié et consommé.

Au Calvaire, Jésus-Christ s'immole pour la rédemption de l'humanité, se fait notre Pâques et devient le véritable Agneau de Dieu qui enlève tous les péchés du monde.

"La bête porte deux cornes semblables à un agneau sur sa tête."

Le symbole du sacrifice est intimement lié à celui de la prêtrise: les deux cornes.

Une coiffe à deux cornes était portée par le Souverain Sacrificateur dans l'Ancien Testament.

La mitre - avec deux cornes - évoque les évêques dans l'Église, pour indiquer la plénitude de leur sacerdoce.

La bête noire [celle décrite dans Ap 13,1-10: la "bête qui monte de la mer", qui a dix cornes et sept têtes ...] semblable à une panthère, évoque la franc-maçonnerie ; la bête à deux cornes [à la place], semblable à un agneau, indique la Maçonnerie infiltrée dans l'Église, c'est-à- dire la Maçonnerie ecclésiastique, qui s'est surtout répandue parmi les membres de la Hiérarchie.

Cette infiltration maçonnique au sein de l'Église a déjà été annoncée par Moi à Fatima, lorsque je vous ai annoncé que Satan se présenterait au sommet de l'Église."

Et ici, j'ouvre une parenthèse, surtout pour ceux qui trouvent une déclaration aussi "excessive" - ​​et pourtant, naturellement - incroyable ...

Lors d'une conversation privée avec le professeur Baumgartner à Salzbourg - et ce témoignage n'a jamais été démenti par personne, ni à l'intérieur ni à l'extérieur de l'Église! - Le cardinal Mario Luigi Ciappi, qui était le théologien personnel des papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul I et Jean-Paul II, a révélé que: "Dans le troisième secret de Fatima, il est prophétisé, entre autres, que la grande apostasie dans l'Église partira de son sommet."

Et enfin Notre-Dame conclut:

"Si la tâche de la franc-maçonnerie est de conduire les âmes à la perdition, les conduisant au culte de fausses divinités, le but de la franc - maçonnerie ecclésiastique est plutôt de détruire le Christ et son Église, en construisant une nouvelle idole, c'est-à-dire un faux Christ et une fausse Église."

En conclusion: voici une autre "pièce" capable de dissiper le brouillard ou, mieux encore, cette fameuse "fumée de Satan" qui, selon l'alarme lancée par le Pape Paul VI (homélie du 29 juin 1972. Ndlr.), serait entrée, maléfique et désorientante, en plein dans notre temps, dans le temple sacré du Seigneur. Et nous ne pouvons que nous identifier consciemment - nous, croyants contemporains du troisième millénaire - avec le pape Montini, lorsque celui-ci, désolé et en détresse, fut obligé de prendre acte que "... ce qui me frappe, quand je considère le monde catholique, c'est qu'au sein du catholicisme, une pensée non catholique semble parfois prédominer, et qu'il se pourrait bien que demain, cette pensée non catholique au sein du catholicisme devienne la plus forte [et cela s'est produit à temps!]. Mais elle ne représentera jamais la pensée de l'Église [oui… de l'Église, la vraie, qui appartient au Saint-Père Benoît]. Un petit troupeau doit exister, si petit soit-il [ce qu'il fera comme rempart, brandissant courageusement l'étendard de la Foi, contre cette autre Église, la fausse, qui appartient à l'évêque vêtu de blanc!"

(extrait du livre: "Est-ce vous, ou devons-nous en attendre un autre?" de Sergio Russo)

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 18:46
https://fr.aleteia.org/2020/05/30/jeanne-darc-nous-montre-comment-reprendre-notre-destin-en-main/

https://fr.aleteia.org/2020/05/30/jeanne-darc-nous-montre-comment-reprendre-notre-destin-en-main/

[...]

 

Née en 1412 dans une famille de paysans aisés du Barrois mouvant, elle est fille des frontières et de la guerre. Depuis que Charles VI a été atteint de folie, les grands féodaux n’ont cessé de se déchirer. Les Anglais en ont profité pour envahir le royaume et se sont entendus avec le duc de Bourgogne pour déshériter le dauphin de ses droits à la couronne. Réfugié à Bourges, Charles VII n’est pas le roi « paresseux et endormi au sein de la belle Agnès » que dépeindront les historiographes des Bourbons, mais quoi qu’il entreprenne, il va de défaite en défaite. Il commence même à douter de sa légitimité. Les Anglais font en effet courir le bruit que sa mère, Isabeau de Bavière, étant une débauchée, il ne serait pas le fils de son père. En octobre 1428, Orléans est assiégée. Si les Anglais prennent la ville, rien ne les empêchera plus de franchir la Loire et lui qu’on n’appelle déjà plus que « le roi de Bourges » devra se réfugier en Écosse ou en Espagne. C’est alors que Jeanne surgit comme un météore.

 

À l’âge de 13 ans, elle a entendu une voix dans le jardin de son père : Dieu l’a choisie pour sauver le royaume. Il faut qu’elle lève une armée et se porte au secours du roi. Après avoir attendu quatre ans – cette mission lui semblait tellement inouïe -, elle part à Vaucouleurs puis à Chinon pour convaincre Charles VII :

 

Je te dis de la part de Messire que tu es vrai héritier de France et fils de roi, et il m’a envoyée à toi pour te conduire à Reims pour que tu reçoives ton couronnement et ta consécration si tu le veux.

 

Jeanne d’Arc incarne l’union maximale du ciel et de la terre, tant au niveau personnel que collectif. Rien n’est plus naturel en elle que le surnaturel, ni de plus enraciné que sa foi. Chacun de ses actes semble ramener le monde à quelque chose de l’unité de ses origines, et sa mission de libérer sa patrie et de faire sacrer son roi répond au même impératif d’unité. La patrie est à ses yeux le chemin le plus naturel pour rejoindre Dieu par la société de ses pères et la médiation de son roi.

 

Par-delà la levée du siège d’Orléans et le sacre de Reims, sa mission était de faire advenir le Royaume. Le Royaume céleste dans le Royaume terrestre, l’un dans l’autre et l’un par l’autre. Sachant que le Royaume de Dieu ne sera jamais totalement de ce monde, sa mort sur le bûcher, comme celle du Christ en croix, étant là pour nous le rappeler.

 

Jeanne nous montre comment reprendre notre destin en main. En remettant Dieu au cœur de nos vies. Pour elle, Dieu seul rend libre, et défendre les droits de Dieu sur terre est le meilleur moyen de défendre les droits de l’homme. C’est parce qu’elle avait Dieu pour seul maître qu’elle a pu démasquer les idéologies de son temps et défier tous les puissants pour libérer son pays. Parce qu’elle n’avait accordé sa foi qu’à Dieu qu’elle a pu justifier son droit de s’échapper de prison. Et parce qu’il devait être « premier servi » qu’elle a trouvé la force de préférer la liberté dans la mort plutôt que la soumission.

 

 

Jeanne d’Arc, sur la terre comme au ciel, Pauline de Préval, presses de la Renaissance, mars 2020.

 

Source: Aleteia

*****

Edit. du dimanche 31 mai 2020. Une lectrice me fait observer non sans raison : "Quel contresens de vouloir lier la mission de Jehanne à La Défense des droits de l'homme ! C'est un anachronisme grossier et un contre sens. La religion de Jehanne est catholique et non droitdelhommiste".

 

Compte tenu de l'impasse philosophique et spirituelle de la déclaration des droits de l'homme de 1789, pour contrebalancer la vision étroite de cet article simplement rattaché aux droits de l'homme, on peut lire "Les saints de sainte Jehanne d’Arc" par le Révérend Père Joseph – Capucin de Morgon (69) 16 mai 2020, et surtout répéter les mots de saint Pie X lors de la béatification de sainte Jeanne d'Arc, le 13 décembre 1908 : 

"Vous direz aux Français qu’ils fassent leur trésor des testaments de saint Rémi, de Charlemagne et de saint Louis, qui se résument en ces mots si souvent répétés par l’héroïne d’Orléans : Vive le Christ qui est roi de France. A ce titre seulement, la France sera grande parmi les nations. A cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse."

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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 18:37
https://www.lanuovabq.it/it/benedetto-papato-spirituale-vs-dittatura-anticristica

https://www.lanuovabq.it/it/benedetto-papato-spirituale-vs-dittatura-anticristica

( traduction rapide )

 

Les réponses de Ratzinger dans le livre de Seewald, "Benedikt XVI: Ein Leben", en disent beaucoup plus que ce qui s'est produit jusqu'à aujourd'hui. Le pouvoir de l'Antéchrist ne se révèle pas seulement avec la légitimité de l'avortement et des unions homosexuelles, mais s'incarne dans une "dictature mondiale d'idéologies apparemment humanistes" qui exclut les chrétiens fidèles du consensus social. Ceci est lié à la renonciation et au titre de "Pape émérite", avec lequel Benoît XVI entendait renforcer le pouvoir spirituel de l'Église. Qui est basé sur la prière.

 

Les paroles de Benoît XVI, divulguées dans le livre fraîchement imprimé de Peter Seewald, Benedikt XVI : Ein Leben, ne sont pas passées inaperçues. L'avortement et les unions homosexuelles, sont des signes de l'Antichrist: voilà l'essentiel de ce qui s'est produit passé jusqu'à aujourd'hui, dans lequel l'anti-modernité de Ratzinger a été immédiatement dénoncée, qui pour la blâmer et qui pour la féliciter.

 

Mais dans les réponses de Benoît XVI, rapportées dans la dernière section du livre, il y a beaucoup plus de contenu : il y a une lecture approfondie du moment où nous vivons, une clarification (définitive?) Du sens de sa "démission" et du rôle du Pape émérite, manifestation de la réalité profonde de l'Église. Allons par ordre.

 

Ce sont 20 questions que Seewald a posées au pape émérite à l'automne 2018. Ratzinger lui avait répondu poliment, mais, dans une lettre du 12 novembre, il avait également précisé que "ce que vous me demandez, va certainement dans la situation actuelle de l'Église" et que la réponse à ces questions "serait inévitablement une ingérence dans le l'action du pape actuel. Tout ce qui va dans ce sens, je le devais et je veux l'éviter".

 

Il est important de garder ce contexte à l’esprit: les déclarations inédites de Benoît XVI sont donc des indications qui vont très loin dans la compréhension de ce que vit l’Église à cette heure de son histoire et qu’à un certain moment, il a été décidé de publier, malgré le risque qu'elles puissent être comprises comme une invasion de terrain. De plus, précisément dans ces réponses, Ratzinger souligne que "l'affirmation selon laquelle je participe régulièrement au débat public est une distorsion malveillante de la réalité".

 

Le Pape émérite résume notre époque comme une "crise de l'existence chrétienne" qui découle directement d'une "crise de la foi". C'est dans la dimension de l'apostasie en cours - qui menace la présence chrétienne dans le monde - que nous devons nous interroger.

 

La vraie bataille n'est pas au niveau des problématiques internes de la Curie romaine ; ce ne sont pas les Vatileaks qui menacent la papauté ("je dois dire que l'éventail des choses qu'un Pape peut craindre est considéré comme trop limité"), mais dans la manifestation de l'Antichrist dans une dictature mondiale, qui conduira les chrétiens fidèles à être exclus de la vie sociale : "La véritable menace de l'Église et donc du ministère pétrinien [réside] dans la dictature mondiale d'idéologies apparemment humanistes, dont la contradiction conduit à l'exclusion du consensus fondamental de la société". C'est dans ce contexte plus large que le Pape émérite fait référence à l'avortement, aux mariages homosexuels et à la production d'êtres humains en laboratoire, comme signes de cette dictature humaniste. Et il insiste: "La société moderne est en train de formuler une croyance antichrétienne, opposée à laquelle nous sommes punis d'une excommunication sociale. La peur face à ce pouvoir spirituel de l'Antichrist est alors naturelle et l'aide de la prière de tout un diocèse et de l'Église mondiale est vraiment nécessaire pour y résister".

 

Ces paroles providentielles éclairent la situation que nous vivons : la suspension des messes avec le peuple, la soumission de la vie de l'Église aux conditions pseudo-sanitaires dictées par les experts en service, est déjà un indice très éloquent de ce qui est et sera le lieu d'exercice de l'Église dans le monde du nouvel humanisme tant proclamé.

 

Notre époque est donc clairement anti-chrétienne et nous devons lutter "contre les Principautés et les Puissances, contre les dirigeants de ce monde obscur, contre les esprits du mal qui vivent dans les régions célestes" (Ep 6, 12), une bataille qui se mène essentiellement par la prière.

 

Et c'est devant l'Antichrist que le pape Benoît s'est aperçu qu'il se trouvait, pendant son pontificat, et même maintenant, en tant que pape émérite. Si l'on entre dans cette perspective, on peut alors mieux comprendre les raisons profondes de son choix et "l'obstination" à garder le titre de Pape émérite, thème qui occupe la plupart des questions posées par Seewald.

 

Ce n'était pas la corruption de la Curie, ce n'était pas une menace qui lui avait fait franchir le pas en 2013, chose qu'il avait définitivement décidée dans son cœur depuis août 2012, alors qu'il était à Castel Gandolfo pour renforcer un peu ses forces.

 

Seewald tente alors de comprendre pleinement le sens de sa démission, proposant au pape émérite l'analyse du philosophe Giorgio Agamben : avec sa renonciation, Benoît XVI voulait renforcer le pouvoir spirituel de l'Église et anticipait en quelque sorte la séparation entre Jérusalem et Babylone, qui coexistent dans l'Église et dans le monde. Et ici, Ratzinger "s'est confessé et n'a pas nié et s'est confessé" (cf. Jn 1, 20) ; il s'accroche à son bien-aimé saint Augustin pour se rappeler que les uns ne sont dans l'Église qu'en apparence et que d'autres, sans le savoir lui appartiennent et que "jusqu'à la fin des temps, l'Église évolue comme un pèlerin parmi les persécutions du monde et les consolations de Dieu" (De Civitate Dei XVIII, 51, 2). Puis le commentaire des paroles du grand évêque d'Hippone : "Il y a des moments où la victoire de Dieu sur les puissances du mal se manifeste par la consolation et d'autres où la puissance du mal obscurcit tout.

 

Il semble que nous nous trouvions dans la seconde situation, qui ne doit cependant pas nous faire oublier que toujours "dans l'Église on peut reconnaître, au milieu des tribulations de l'humanité et de la puissance qui génère la confusion, la puissance silencieuse de la bonté de Dieu". Et c'est à cause de cette épaisse obscurité, à cause de cette montée de l'Antéchrist, qu'il faut comprendre le choix de laisser le leadership "actif" et, en même temps, de conserver le titre de Pape émérite.

 

Ratzinger revient sur le débat qui, à l'époque de Vatican II, avait conduit à la définition juridique de "l'évêque émérite", solution trouvée par l'évêque de Passau, Mgr. Simon Konrad Landersdorfer: "Émérite signifie qu'il n'était plus le détenteur actif du siège épiscopal, même s'il était dans la relation particulière d'un évêque avec son ex-siège. Par conséquent, d'une part, il était essentiel de prendre en compte la nécessité de définir sa fonction par rapport à un véritable diocèse, sans toutefois en faire le deuxième évêque du diocèse. Le mot "émérite" signifiait qu'il avait entièrement renoncé à ses fonctions, mais son lien spirituel avec le siège qu'il occupait jusqu'à présent était désormais également reconnu comme une qualité juridique". Le lien spirituel, du point de vue de la foi, n'est pas quelque chose d'accessoire, un contenu pour vous faire sentir encore utile; au contraire, l'essence de la tâche spirituelle "est de servir son diocèse de l'intérieur, du côté du Seigneur, en priant avec et pour".

 

Mais est-il possible d'affirmer la même chose pour le Pape? Réponse: "On ne voit pas pourquoi cette figure juridique ne devrait pas s'appliquer à l'évêque de Rome. Dans cette formule, nous avons les deux choses: pas de pleine puissance juridique concrète, mais une affectation spirituelle qui, même si elle est invisible, reste", car cette "union spirituelle ne peut en aucun cas être supprimée". C'est cette "révolution" voulue par Ratzinger avec son choix : que la force spirituelle soit considérée comme quelque chose d'essentiel pour l'Église, comme la réalité la plus profonde. Et en tant que telle, elle est également reconnue juridiquement.

 

Face à des tentatives continues, inutiles et préjudiciables de vouloir réformer l'Église en modifiant la structure de la Curie, en inventant de "nouveaux" plans pastoraux, etc., Benoît XVI a en quelque sorte imposé la primauté de la dimension spirituelle, à travers la reconnaissance juridique du Pape émérite. C'était un acte radical pour pousser les chrétiens à comprendre que la prière est une substance, que la dimension spirituelle est prioritaire et plus concrète que toute action matérielle, car cela signifie agir "de l'intérieur, du côté du Seigneur".

 

On était là sur la bonne voie. C'est principalement à ce niveau qu'il faudra mener la grande bataille de notre temps.

 

Article avec la collaboration de Katharina Stolz

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 11:31
https://www.lifesitenews.com/blogs/when-he-was-a-cardinal-pope-benedict-said-freemasonry-is-the-greatest-danger-to-the-church

https://www.lifesitenews.com/blogs/when-he-was-a-cardinal-pope-benedict-said-freemasonry-is-the-greatest-danger-to-the-church

4 mai 2020 ( LifeSiteNews ) - Le Dr Robert Moynihan, rédacteur en chef de la revue catholique Inside the Vatican, a révélé le 23 avril qu'il avait eu une conversation avec le cardinal Joseph Ratzinger (qui deviendra plus tard le pape Benoît XVI) sur le "plus grand danger pour l'Église", et il raconte que Ratzinger a déclaré: "C'est la franc-maçonnerie." Ces mots ont une importance particulière à la lumière des récents mots du pape Benoît XVI sur la "dictature mondiale d'idéologies apparemment humanistes" qui suscitent une "crainte du pouvoir spirituel de l'Antichrist".

 

Examinons d'abord ici le rapport complet de Moynihan sur cette conversation mémorable.

"Je me souviens d'une conversation que j'ai eue avec le cardinal Ratzinger quelques années avant qu'il ne devienne pape", écrit Moynihan sur son site Internet. "Nous étions dans son appartement, non loin de la porte Sainte-Anne. Nous discutions de son conflit avec le cardinal Walter Kasper à propos de la question de l'Église universelle et de l'Église particulière qui était très médiatisée à l'époque. J'ai demandé au Cardinal où se situe le plus grand danger pour la foi catholique authentique. "Est-ce en nous-mêmes, nos propres péchés et faiblesses. Est-ce là le plus grand danger pour l'Église ou est-ce autre chose, un ennemi extérieur?"

Moynihan poursuit: "Il m'a regardé directement dans les yeux puis après un moment de pause, comme s'il réfléchissait, il a dit: "C'est de la franc-maçonnerie."

"Je n'ai jamais oublié cette conversation car c'était [un] point fixe qui a mis un terme à une longue série de questions qui m'avaient préoccupé jusqu'à cette réunion et m'ont inquiété depuis."

Ce rapport nous arrive parce que le Dr Moynihan a reçu une lettre d'un de ses lecteurs préoccupé par le fait que ces derniers temps, les francs-maçons tentent de saper l'interdiction de la franc-maçonnerie de l'Église catholique.

Cette révélation de la part du Dr Moynihan est particulièrement importante à la lumière du fait que le pape Benoît XVI, dans des commentaires récents à son biographe Peter Seewald, a parlé du "pouvoir spirituel de l'Antichrist" dont beaucoup ont peur, en particulier en s'opposant à l'agenda moderne de l'avortement, de l'homosexualité et de la fécondation in vitro. Il a parlé d'une "dictature mondiale d'idéologies apparemment humanistes".

"Aujourd'hui, on est excommunié par la société si on s'y oppose [à cette "dictature"]", a déclaré Benoît à Seewald pour son nouveau livre Benedict XVI: a Life (publié d'abord en allemand par Droemer Verlag).

"La société moderne est en train de formuler un credo anti-chrétien, et si l'on s'y oppose, on est puni par la société d'excommunication", a-t-il poursuivi. "La crainte de cette puissance spirituelle de l'Antichrist n'est alors que plus que naturelle, et elle a vraiment besoin de l'aide de prières de la part d'un diocèse tout entier et de l'Église universelle pour y résister."

Afin de comprendre d'où viennent certains éléments de cette "dictature mondiale", nous pouvons nous tourner vers Mgr Athanasius Schneider, qui a fait, en 2017, une conférence sur l'histoire de la franc-maçonnerie vieille de 300 ans. Il a prononcé cette allocution pour l'organisation Kirche in Not, une fondation pontificale. Mgr Schneider a aimablement fourni à LifeSiteNews un manuscrit anglais de cette conférence.

Dans cet exposé, Mgr Schneider a décrit les caractéristiques de la franc-maçonnerie sur la base de multiples sources savantes. Après les avoir décrites en détail, il a conclu: "En fait, la franc-maçonnerie est l'anti-Eglise parfaite, où tous les fondements théologiques et moraux de l'Eglise catholique sont transformés en leur contraire! Un franc-maçon a déclaré à sa sœur lors d'une conversation privée: 'Savez-vous ce que nous, les francs-maçons, sommes en fait? Nous sommes l'anti-Eglise.'"

Selon l'évêque Schneider, la franc-maçonnerie a également promu "la soi-disant 'révolution sexuelle' de 1968." Il explique: "Les deux grands maîtres des deux plus grandes organisations franc-maçonniques de France, Frédéric Zeller et Pierre Simon, étaient avec certains de leurs membres activement engagés dans les révoltes étudiantes de Paris en mai 1968. Ledit grand maître Pierre Simon devint alors assesseur du ministre Simone Weil, qui a légalisé l'avortement en France."

Plus loin sur ce sujet, Mgr Schneider déclare que les francs-maçons ont joué un rôle crucial dans la promotion de l'avortement, du "mariage" homosexuel et de l'euthanasie en France.

Ici, Schneider souligne qu'"en 2012, le journal Paroissial Le Figaro a publié un dossier complet sur la franc-maçonnerie et Le Figaro a laissé les meilleurs membres de la franc-maçonnerie s'exprimer sur son forum de presse. Un de ces responsables franc-maçonniques a déclaré ouvertement que les lois sur la légalisation de l'avortement, du soi-disant "mariage de même sexe" ou du "mariage pour tous" et de l'euthanasie ont été préparées dans les "laboratoires" idéalistes de la franc-maçonnerie et qu'avec l'aide du lobbying et de leurs membres au parlement et au gouvernement, elles ont été alors poussé à travers la législation."

Mgr Schneider donne également la référence exacte à ce numéro du journal français, affirmant que "ceci peut être lu dans le journal Le Figaro de l'année 2012 (supplément LE FIGARO, 20-21 juillet 2012)".

Le cardinal Ratzinger était déjà dans les années 1980 si préoccupé par la nature et le travail de la franc-maçonnerie qu'il élabora une déclaration pour la Congrégation pour la doctrine de la foi, dont il était alors le préfet, qui répétait l'interdiction de longue date de l'Église sur la franc-maçonnerie. Autrement dit, il réaffirma que les catholiques ne peuvent pas être membres de la franc-maçonnerie. Le 26 novembre 1983, Ratzinger signa un document qui déclare: "Par conséquent, le jugement négatif de l'Église en ce qui concerne l'association maçonnique reste inchangé puisque leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l'Église et, par conséquent, l'appartenance à eux reste interdite. Les fidèles qui s'inscrivent à des associations maçonniques sont dans un état de grave péché et peuvent ne pas recevoir la sainte communion."

Ce document a vu le jour parce que le nouveau Code de droit canonique promulgué cette année-là sous le pape Jean-Paul II manquait étonnamment d'interdiction explicite de la franc-maçonnerie. Il ne mentionne pas le nom de la franc-maçonnerie lorsqu'il dit : "Quiconque adhère à une association qui complote contre l'Église doit être puni d'une peine juste; celui qui fait la promotion ou prend ses fonctions dans une telle association doit être puni d'un interdit."

Le Dr Ingo Dollinger a joué un rôle important pour rétablir clairement l'interdiction de la franc-maçonnerie de 1983. Il était un prêtre allemand d'Augsbourg qui avait dirigé les discussions entre la Conférence épiscopale allemande et les loges franc-maçonniques entre 1974 et 1980, à la fin desquelles se trouvait la déclaration des évêques allemands selon laquelle l'appartenance à une loge franc-maçonnique est "incompatible" avec la La foi catholique (voir ce rapport pour une description plus détaillée du père Dollinger). Selon son secrétaire particulier, Dollinger, après avoir vu l'ambiguïté du Code de droit canonique de 1983, approcha ensuite le cardinal Ratzinger, qui mit en place une commission afin d'émettre la clarification susmentionnée, avec l'approbation du pape Jean-Paul II.

Ainsi, cette déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de 1983 insistant sur le fait que la franc-maçonnerie est incompatible avec la foi catholique est une preuve supplémentaire que le cardinal Ratzinger, en effet, était au courant du travail de la franc-maçonnerie. Il est donc important de savoir qu'il pensait, à un moment de sa vie, que la franc-maçonnerie était le plus grand danger pour l'Église.

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 10:38

On lit souvent que l'Inquisition fut l'un des chapitres les plus terribles et sanglants de l'histoire occidentale ; que Pie XII, dit « le pape d'Hitler », était antisémite ; que l'obscurantisme a freiné la science jusqu'à l'arrivée des Lumières ; et que les croisades furent le premier exemple de l'avidité occidentale. Ces affirmations sont pourtant sans fondements historiques. Dans cet ouvrage, l'éminent professeur de sociologie des religions Rodney Stark démontre que certaines idées fermement établies - surtout lorsque l'Église entre en scène - sont en réalité des mythes. Il s'attaque aux légendes noires de l'histoire de l'Église et explique de quelles façons elles se sont substituées à la réalité des faits. Un livre passionnant, écrit « non pour défendre l'Église, mais pour défendre l'Histoire ».

AUTEUR Rodney Stark a enseigné la sociologie et les religions comparées à l'Université de Washington (Seattle) jusqu'en 2004. Il est désormais professeur de sciences sociales à l'Université Baylor au Texas. Traduit dans le monde entier, il est l'auteur du best-seller L'essor du christianisme (Excelsis, 2013).

Rodney STARK, Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques (Salvator, Paris 2019)

"N'étant pas moi-même catholique romain, je n'ai pas écrit ce livre pour défendre l'Église, mais pour défendre l'Histoire". C'est par ces mots que Rodney STARK, sociologue des religions protestant américain présente en introduction (disponible en lecture libre sur "amazon") son ouvrage "Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques" (éd. Salvator, Paris 2019).

 

Dans l'introduction, l'auteur, par ailleurs auteur de l'ouvrage "Le triomphe de la raison : pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme" (traduction de Gérard Hocmard, Paris, Presses de la Renaissance, 2007), explique les raisons de la rédaction du livre "Faux témoignages" :

 

"Au cours de la rédaction de plusieurs ouvrages sur l'histoire médiévale et sur les origines du christianisme, je suis fréquemment tombé sur de graves distorsions liées à l'anticatholicisme évident, les auteurs exprimant souvent explicitement leur haine de l'Église. Ayant rédigé, dans ces livres antérieurs, des notes critiques sur nombre des exemples cités plus haut, j'ai fini par considérer que le problème posé par ces réactions anticatholiques de savants de renommée est trop important et ses conséquences trop envahissantes pour qu'on puisse se contenter de les réfuter ponctuellement. C'est pourquoi j'ai commencé à rassembler, à réviser et à substantiellement étendre mes notes antérieures et à en rajouter de nouvelles sans toutefois tenter de 'disculper' l'histoire de l'Église. J'ai longuement écrit sur des thèmes comme la corruption du clergé, les agressions brutales d''hérétiques', et sur des méfaits et manquements plus récents de l'Église, comme le fait de couvrir des prêtres pédophiles ou la promotion mal avisée de la théologie de la libération. mais quelle que soit l'importance qu'on accorde à ces aspects négatifs de l'histoire de l'Église, cela ne justifie pas les exagérations extrêmes, les fausses accusations et les fraudes évidentes auxquelles seront consacrés les chapitres à suivre.

 

"[...] J'avoue que lorsque j'ai rencontré pour la première fois l'assertion selon laquelle l'Inquisition espagnole, non seulement aurait répandu peu de sang, mais aurait été une force majeure à l'appui de la modération et de la justice, je l'ai rejetée spontanément comme une variante de d'un révisionnisme excentrique. [...] Mais après un examen approfondi, j'ai découvert avec stupéfaction que, parmi d'autres choses, c'était l'Inquisition qui avait empêché que ne se répande en Espagne et en Italie la fureur meurtrière liée à la sorcellerie qui sévissait partout dans toute l'Europe des XVIe et XVIIIe siècles, et qu'au lieu de brûler eux-mêmes les sorcières, les inquisiteurs avaient fait pendre certains de ceux qui les avaient condamnées au feu.

 

"[...] J'ai si largement documenté mes conclusions que chacun peut les vérifier. [...] Chaque chapitre proposera une brève bibliographie des principaux contributeurs." 

Rodney STARK, Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques (Salvator, Paris 2019)

Table des chapitres avec quelques extraits :

 

1. Les péchés d'antisémitisme

L'invention de l'antisémitisme

Conflit religieux précoce

L'Église et les attaques antisémites

Musulmans et Juifs

Le onzième commandement

Le "Pape d'Hitler"

Conclusion

"L'Église catholique romaine a une histoire longue et honorable d'opposition résolue aux attaques contre les juifs. Et le pape Pie XII s'est montré tout à fait à la hauteur de cette tradition."

 

 

 

2. Les évangiles supprimés

Conclusion

"Aujourd'hui, le pendant moderne des évangiles gnostiques sont des oeuvres de fiction qui entendent être prises pour des présentations de faits réels, tel le roman Da Vinci Code, un réquisitoire cinglant contre une conspiration de l'Église catholique romaine afin de supprimer la vérité sur Jésus."

 

3. La persécution des païens tolérants

Constantin reconsidéré

La folie de Julien

Le déclin du paganisme

Assimilation

Conclusion

"L'Église n'a pas tiré profit de son statut officiel pour éradiquer le paganisme, tout comme les empereurs ne s'y prêtèrent pas au nom de la nouvelle foi. C'est la raison pour laquelle le paganisme a survécu sans trop d'ennuis durant des siècles après la conversion de Constantin, et n'a sombré que lentement dans l'obscurité, tout en réussissant à créer des niches au sein du christianisme pour quelques-unes de ses traditions.

 

4. Le "sombre Moyen Âge"

Le Mythe du sombre Moyen Âge

Les progrès de la technologie

Le progrès moral

Les progrès dans la culture savante

Le mythe de la "Renaissance"

Le mythe des "Lumières" séculières

Théologie, raison et progrès

Conclusion

"[L]es termes de "sombre Moyen Âge", de "Renaissance", de "Lumières" et d'"Âge de la Raison" [...] [i]l s'agit là de grandes époques historiques qui n'ont jamais vraiment existé comme telles.

 

5. Les croisades en quête de terres, de butin et de convertis

Les provocations

Aspects économiques des croisades

Pourquoi s'engagèrent-ils?

Le royaume des croisés

Les "crimes de guerre" des croisés

Redécouvrir les croisades

Conclusion

"Les croisades furent donc bel et bien provoquées. Elles ne constituèrent pas le premier volet du colonialisme européen et ne furent pas non plus menées en vue de conquérir des terres, de rapporter du butin ou de pratiquer des conversions. Les croisés n'étaient pas des barbares qui persécutèrent des musulmans cultivés. Les croisades ne sont donc pas une tache indélébile dans l'histoire de l'Église catholique et il n'y a pas lieu de s'en excuser."

 

6. Les monstres de l'Inquisition

Le nombre de morts

La torture

La sorcellerie

L'hérésie

La sexualité

Autodafés de livres

Conclusion

 

7. Les hérésies scientifiques

La quête du savoir

Théologie et philosophie naturelle

L'invention des universités

En route vers la "révolution" scientifique

Robert Grossetete (1168-1253)

Albert le Grand (vers 1200-1280)

Roger Bacon (1214-1294)

Guillaume d'Ockam (1295-1349)

Nicole d'Oresme (1325-1382)

Nicola de Cues (1401-1464)

Nicolas Copernic (1473-1543)

La science devient majeure

Scientifiques "éclairés"

Protestantisme

Pourquoi l'Angleterre?

Les origines religieuses de la science

Alors qu'en est-il de Galilée ?

Conclusion

 

8. La bénédiction de l'esclavage

L'opposition papale à l'esclavage

Codes pour le traitement des esclaves

La civilisation jésuite / indienne

Conclusion

 

9. Un saint autoritarisme

Deux Églises

Sur les dirigeants de ce monde

Les philosophes des "Lumières" et la gauche antireligieuse

Les révolutionnaires français et l'Église (1789-1799)

Vers une Russie sans Dieu

La guerre civile espagnole

Conclusion

"Il est tout simplement faux que l'Église s'oppose à la liberté et à la démocratie. Elle tend plutôt à lutter contre les tyrans, en particulier quand ceux-ci tentent de la détruire."

 

10. La modernité protestante

Réforme et libertés

Max Weber et le capitalisme

Le capitalisme

L'essor du "capitalisme religieux"

Les vertus du travail et de la sobriété

Capitalisme et progrès théologique

Les cités-États capitalistes

Conclusion

 

Post-scriptum

Bibliographie et conseils de lecture

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6 novembre 2019 3 06 /11 /novembre /2019 19:12

Robert Badinter nous avait promis une perpétuité réelle, il n'a pas tenu parole, relève Philippe Bilger, magistrat honoraire qui présente sur Boulevard Voltaire le dernier livre du professeur Jean-Louis Harouel, "Libres réflexions sur la peine de mort" (Desclée de Brouwer). 

Jean-Louis Harouel, un intellectuel qui ne sera sans doute pas invité dans les médias pour parler de son livre, met l’accent sur une faillite capitale de notre exécution des sanctions criminelles. Parce que cette dernière est plus qu’imparfaite et choquante – pourquoi un condamné ne devrait-il pas purger intégralement sa peine alors que la douleur que son crime a causée est perpétuelle ?

Jean-Louis Harouel, "Libres réflexions sur la peine de mort" (Desclée de Brouwer)

On présente aujourd'hui l'abolition de la peine de mort comme un progrès majeur de civilisation. En est-il vraiment ainsi ? S'inscrivant en faux contre la vulgate ambiante, Jean-Louis Harouel propose une autre lecture, iconoclaste et originale.

Il montre que, contrairement aux apparences - et à ce que bien des gens croient sincèrement -, la phobie de la peine de mort qui caractérise aujourd'hui l'Europe occidentale ne procède pas du Tu ne tueras pas de la Bible, mais est un des effets d'une religion séculière ayant pris le relais du communisme comme projet universel de salut terrestre : ce que l'auteur appelle « la religion des droits de l'homme ». Or celle-ci est la continuatrice de vieilles hérésies oubliées qui manifestaient une grande désinvolture à l'égard de la vie des innocents, tout en professant un amour préférentiel envers les criminels, considérés comme d'innocentes victimes.

Là se trouve la source de l'humanitarisme anti-pénal qui a fait triompher l'abolition de la peine de mort, laquelle, même très peu appliquée, constituait la clé de voûte d'un système pénal fondé sur l'idée de responsabilité. Au lieu de quoi, la suppression de la peine capitale a frayé la voie à une perversion de la justice - l'imposture de la perpétuité de vingt ans ! - au profit des criminels et au détriment de la sécurité des innocents.

 

Jean-Louis Harouel, agrégé de droit, professeur émérite de l'université Panthéon-Assas (Paris II), a publié une vingtaine de livres, dont les plus récents étudient l'influence du facteur religieux sur les accomplissements des sociétés humaines : Le Vrai Génie du christianisme (2012) ; Revenir à la nation (2014), Les Droits de l'homme contre le peuple (Desclée de Brouwer, 2016) et Droite-Gauche : ce n'est pas fini (Desclée de Brouwer, 2017).

 

Source

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19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 13:25

Des "profanes" Gilets jaunes (considérés comme des "animaux aveugles" par les francs-maçons), se sont rendus devant le siège du "Grand Orient" dit "de France" et ont tenté de "dialoguer" avec les "porteurs de lumières" sur le thème du transhumanisme et de l'intelligence artificielle :

La "laïcité" contredite par la franc-maçonnerie dans le livre "Rituel de consécration d'une loge maçonnique" (Publication Jean-Luc Leguay) :

 

En page de couverture de ce livre découvert dans une brocante, "à la gloire du Grand Architecte de l'Univers, Grande Loge nationale française", concernant le rituel de la cérémonie d'ouverture d'une loge maçonnique avec ses textes religieux et ses symboles, dont la menorah, chandelier à sept branches des hébreux, on voit une illustration du "Grand Architecte de l'Univers" :

Transhumanisme : Dialogues de Gilets jaunes, avec des francs-maçons devant le "Grand Orient"

Drôle de "laïcité" en franc-maçonnerie 

 

En page 40, nous lisons en effet : 

Transhumanisme : Dialogues de Gilets jaunes, avec des francs-maçons devant le "Grand Orient"

J'élève une maison au nom de l'Eternel, mon Dieu, pour lui consacrer, pour brûler devant lui le parfum odoriférant, pour présenter continuellement les pains de proposition et pour offrir les holocaustes du matin et du soir, des sabbats, des nouvelles lunes et des fêtes de l'Eternel notre Dieu, suivant une loi perpétuelle pour Israël.

Ailleurs :

Salomon envoya dire à Hiram, roi de Tyr : "Fais pour moi comme tu as fait pour David, mon père. A qui tu as envoyé des cèdres afin qu'il se bâtit une maison d'habitation.

Transhumanisme : Dialogues de Gilets jaunes, avec des francs-maçons devant le "Grand Orient"

Autrement dit, la finalité de la franc-maçonnerie sur un plan philosophique et spirituel, c'est la reconstruction du temple de Salomon (ou temple de Jérusalem), dont on a vu que celle-ci a débuté en décembre 2018. Dans le livre "Les Nouveaux marchands du temple, le Gouvernement des banquiers" de Marc-Gabriel Draghi, on apprend que David Rockefeller, encore vivant, a dit noir sur blanc qu'il finançait directement la reconstruction du temple de Salomon, le "troisième temple". L'information a été reprise dans le Times.

 

L'ouvrage maçonnique nous parle partout d'"Israël" et de "Jéhovah", dont on a vu que les Juifs eux-mêmes pourtant n'employaient pas le terme par respect pour Dieu, et que l'Eglise sous Benoît XVI, a abandonné elle-même l'emploi du terme "par respect pour le Nom de Dieu, pour la Tradition de l’Eglise, pour le Peuple Juif, et pour des raisons philologiques". (Le terme de "Jéhovah" n'est plus employé que par les "Témoins" dits de Jéhovah, organisation fondée par Charles Taze Russel, dont les ouvrages sont truffés de symboles maçonniques, dont la croix penchée et la couronne).

En page 53, l'ouvrage précise encore : 

Premier voyage. [...] Du temps d'Israël, la légende dit qu'aux maçons souffrant de la faim, de Jéhovah, douce prébende tombaient le blé, l'huile et le vin.

Transhumanisme : Dialogues de Gilets jaunes, avec des francs-maçons devant le "Grand Orient"

Drôle de "laïcité" n'est-ce pas ?

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7 août 2019 3 07 /08 /août /2019 08:49
Gauche: Peinture du Cardinal Newman, par Jane Fortescue Seymour, circa 1876; droite: Bureau de Newman à l'Oratoire de Birmingham. (Images: Wikipedia)

Gauche: Peinture du Cardinal Newman, par Jane Fortescue Seymour, circa 1876; droite: Bureau de Newman à l'Oratoire de Birmingham. (Images: Wikipedia)

Source: Dr. Adam A. J. DeVille

Newman and the problems of Catholic intellectual history

28 juillet 2019

Catholic World Report

L'automne dernier, j'ai applaudi l'annonce de la canonisation imminente de Jean Henry Newman, pour laquelle nous avons maintenant une date: le 13 octobre de cette année. Le mois d’octobre est le mois où, après de nombreuses années d'études et de souffrances, Newman a été reçu dans l'Église en 1845. Ce qui lui tient à cœur, c’est l’achèvement, à la veille de sa réception, de son Essai historique sur le développement de Doctrine chrétienne. Ce livre, ainsi que le reste de l'oeuvre de Newman, a beaucoup à nous apprendre, pas seulement sur l’histoire et les développements doctrinaux, mais aussi sur l'historiographie.

 

Newman serait, j'ose le dire, consterné par la façon dont de nombreux chrétiens aujourd'hui voient et gèrent notre histoire, comme ils le faisaient de son temps. Newman fut soupçonné par certains catholiques après 1845 parce qu'il était un homme des Pères et pas spécialement des Scolastiques. Sa formation patristique et ses dettes intellectuelles envers le premier millénaire semblaient le mettre en désaccord avec certains catholiques qui considéraient la tradition comme un livre écrit par Thomas d'Aquin et Trente.

 

Cette dynamique de périodisation de l'histoire, mais aussi de hiérarchisation, voire de glorification de certaines périodes, n'a pas beaucoup changé de nos jours. Aujourd'hui, chez certains catholiques, tout se passe comme si l'histoire se terminait quelque part entre 1958 et 1962, avec la mort de Pie XII et l'ouverture de Vatican II. Pour d'autres, l'Église ne prend vie qu'après 1965 lorsque le Concile prend fin, la période précédant le Concile étant considérée (comme je l'ai entendu dire de plusieurs Canadiens français, dont un archevêque important) comme la grande noirceur.

 

Chaque année qui passe, je suis de plus en plus convaincu que trop de problèmes dans l'Église aujourd'hui, et entre chrétiens, sont de nature historiographique. Nous préférons écrire et lire l'histoire d'une manière qui amplifie ou qui nie le désordre des conséquences actuelles. Nous fouillons dans l'histoire pour trouver des moyens de condamner ou d'élever le présent en fonction de notre politique, un processus souvent facilité par des doses effroyables de nostalgie et de romantisme.

 

La façon dont nous écrivons et lisons l'histoire révèle beaucoup de choses sur nous et sur notre psychologie. Plutôt que de lire et d'écrire l'histoire de façon ascétique, nous la lisons et l'écrivons souvent avec trop de passion. Écrire et lire l'histoire "ascétiquement", c'est le faire d'une manière qui nous permet d'écarter autant que possible nos propres ego et agendas. Si nous ne le faisons pas, alors nous écrivons "passionnément", dans le sens utilisé par Evagrius de Pontus : les passions désordonnées (logismoi) - ou ce qu'on appelle les péchés capitaux en Occident - nous contrôlent, nous privant de paix et de grâce et de la capacité de voir clairement la vérité, entraînant des distorsions et des troubles de toute nature - moraux, spirituels et intellectuels. Si nous souffrons de la passion de la colère (qu'Evagrius craignait plus que tout autre) contre, disons, le Pape François, nous pourrions avoir tendance à écrire et à lire l'histoire de manière à le dépeindre sous le pire jour possible.

 

Écrire l'histoire chrétienne ascétiquement ne signifie pas le faire d'une manière vidée de toute couleur, conviction ou commentaire. Ce n'est pas abandonner tout sens du jugement sur le bien et le mal. Cela ne cède ni à une peur exagérée ni à un espoir sans fondement.

 

La personne qui fait tout cela si bien est bien sûr Newman. Considérez seulement le dernier paragraphe de son fameux discours Biglietto à Rome en 1879, lorsqu'il fut nommé cardinal. Newman capture la tension incessante que les catholiques doivent maintenir en regardant notre sort aujourd'hui et en racontant notre histoire. Après avoir mis en évidence sans ménagement les ravages apparemment généralisés du "libéralisme" (voyez comme les choses changent peu !), Newman conclut ainsi :

 

Tel est l'état des choses en Angleterre, et il est bon que nous en soyons tous conscients ; mais il ne faut pas croire un instant que j'en ai peur. Je le regrette profondément, parce que je prévois que cela pourrait être la ruine de nombreuses âmes ; mais je n'ai aucune crainte qu'il puisse faire vraiment quel que grave dommage que ce soit à la Parole de Dieu, à la Sainte Église, à notre Roi tout-puissant, au Lion de la tribu de Juda, fidèle et vrai, ou à Son Vicaire sur terre. Le christianisme a été trop souvent dans ce qui semblait être un péril mortel tel que nous devrions craindre pour lui tout nouveau procès. Jusqu'ici est certain ; par contre, ce qui est incertain, et dans ces grandes compétitions reste souvent incertain, ce qui est souvent une grande surprise quand on en est témoin, c'est le mode particulier par lequel, en l'occurrence, la Providence sauve et sauve Son héritage élu. Parfois notre ennemi est transformé en ami; il est parfois dépouillé de cette virulence particulière du mal qui le menaçait; parfois il tombe en morceaux; parfois il fait tout ce qui est bénéfique, puis il est enlevé. En général, l'Église n'a rien d'autre à faire que de s'acquitter de ses propres devoirs, de confiance et de paix ; de rester immobile et voir le salut de Dieu.

 

S'arrêter et voir le salut de Dieu, dans l'espérance qu'Il ne nous abandonne pas : c'est aujourd'hui la tâche de tous les catholiques qui sont tentés de désespérer de l'état de l'Église !

 

Pour nous aider à garder notre espoir quand les choses semblent sombres, nous devons recommencer à lire l'histoire de l'Église avec des érudits sérieux. Au cours des dernières décennies, nous n'avons pas manqué d'historiens de premier ordre, rien qu'en anglais : Christopher Dawson, John Bossy, Jonathan Riley-Smith, Henry et Owen Chadwick (tous décédés) ; parmi ceux qui sont encore vivants, Eamon Duffy, John Pollard, Hermann Pottmeyer et Francis Oakley. La Compagnie de Jésus a semblé particulièrement habile à produire des historiens et des théologiens historiques de premier plan, notamment John O'Malley, Klaus Schatz, Brian Daley et Robert Taft. Ce qui les distingue tous, c'est la tension et la dynamique qu'ils essaient de maintenir : une reconnaissance sans faille du mal dans notre histoire, et la reconnaissance de ce que Dieu nous a fait traverser et où Sa Sainteté a triomphé.

 

Plus concrètement, c'est la même dynamique que nous devons maintenir en ce qui concerne l'histoire de la période post-conciliaire : reconnaître à la fois le bien et le mal produits par Vatican II. (Connaître l'histoire conciliaire, c'est reconnaître qu'il y a eu des conflits et du désordre à l'occasion de chaque concile, et après. Nicée Ier s'attaqua à l'arianisme, mais Constantinople Ier dut continuer l'œuvre cinquante ans plus tard. L'iconoclasme s'est aggravé à certains égards après Nicée II en 787 et n'a commencé son déclin final, mais jamais complet, qu'après le milieu du IXe siècle.) Bien que j'aie défendu Vatican II de bien des façons (voir, par exemple, mon essai dans Matthew Levering et Matthew Lamb, éd., La Réception de Vatican II, Oxford University Press, 2017), je n'ai jamais compris l'envie de tout détruire, ni de tout défendre.

 

Chrysostome

La pensée totale (pour emprunter une phrase de Robert Jay Lifton), dans laquelle tout est bon ou tout mauvais, n'est presque jamais la façon dont se déroule la pensée catholique sérieuse, en particulier l'historicisation catholique (la théologie morale est une autre affaire, et ici, comme nous le savons, il y a certaines choses condamnées avec raison et totalement comme "intrinsèquement mauvais". Le paragraphe 80 de Veritatis Splendor en donne une longue liste, y compris, nous devons le noter aujourd'hui à propos "des conditions de vie sous-humaines, l'emprisonnement arbitraire, la déportation"). Penser avec l'esprit de l'Église est un acte de discernement, trier le blé de l'ivraie, "dépouiller les Égyptiens" comme disaient les Pères, "baptiser les païens" comme d'autres l'ont fait. C'est la méthode qui permet et encourage sans crainte les chrétiens à plonger dans notre propre passé et, disons, dans Freud, Marx, Nietzsche, Hegel ou mille autres, et à en tirer des enseignements, tout comme Chrysostome, Augustin et Aquin l'ont fait avec Aristote et les autres de l'antiquité grecque. Cela ne signifie pas que nous acceptons tout, ni que nous les rejetons catégoriquement. Nous prenons ce qui est bon et laissons le reste derrière nous.

 

Nous devons non seulement mieux "lire, marquer et digérer intérieurement" notre propre histoire, mais aussi apprendre comment l'écrire et mieux la traiter. Plutôt que de faire cela, certaines personnes se plaisent aujourd'hui à arracher tendanciellement une partie, par exemple, du quatrième Concile du Latran, ou une lettre du pape Clément II, ou une autre éminence conservée au Denzinger, et à la frapper sur une page de blog avec une autre citation également brutalisée de Vatican II, ou la dernière déclaration du pape François. Tout cela se fait avec un élan triomphal dans ce que l'on pourrait appeler une "apologétique de base" fondée sur le romantisme d'un passé qui n'a jamais existé, un passé qui est considéré comme monolithique, sans équivoque et sans ambiguïté comme bon. C'est l'histoire de l'Église racontée dans l'un des deux seuls registres possibles : celui du "traumatisme choisi" ou de la "gloire choisie", pour reprendre les termes de Vamik Volkan de l'Université de Virginie.

 

Dans l'Église aujourd'hui, nous voyons cette approche se réaliser sous la forme de théories sur les infestations de francs-maçons au Vatican, les infiltrations de marxistes dans les séminaires, et de pontifes inéligibles qui montent sur le trône après une "abdication" illégale par Benoît XVI. Il ne manque pas ce que l'on pourrait appeler des capitalistes fous catholiques dont vous pouvez rejoindre les sites Web, les podcasts et les vidéos que vous pouvez acheter, et les livres que vous pouvez acheter vous donnant une version de l'histoire méconnaissable pour les Pères, pour Newman ou pour les savants aujourd'hui.

 

Nous pouvons, et devrions, rire d'une telle folie monétisée, mais nous devrions aussi y répondre. Comme beaucoup dans l'académie, et comme à peu près tous les évêques de la planète, je ne suis pas enclin à répondre aux farfelus et aux fous, mais en ne le faisant pas, nous condamnons trop de catholiques à périr dans ce désert intellectuel dans lequel ils sont entrés pour chercher désespérément des réponses quant à comment et pourquoi l'Église est dans cet état. Une fois de plus, Newman est ici un guide sûr : il n'a pas laissé à la machine à sous, permis aux "fausses nouvelles" de rester incontrôlées comme quand, par exemple, il a écrit à la main pendant six semaines les nombreux articles de journaux qui sont devenus plus tard son exaltante Apologia Pro Vita Sua pour réfuter le mensonge calomnieux sur la raison pour laquelle il était devenu catholique.
 

Si, aujourd'hui encore, Newman nous donne une vue d'ensemble, c'est l'historien jésuite byzantin Robert Taft, aujourd'hui décédé, qui donne les détails méthodologiques. C'est de lui, plus que de n'importe qui, que j'ai appris l'historiographie chrétienne, et à lui si souvent que j'ai rendu. Ailleurs, j'ai longuement réfléchi à l'historiographie de Taft et à la manière dont apprendre de lui pourrait aider dans les conflits catholiques-orthodoxes du passé, et dans les conflits entre chrétiens et musulmans concernant l'interprétation de l'histoire des croisades. Permettez-moi de ne citer ici qu'un seul passage crucial de son article de 1996 "Ecumenical Scholarship and the Catholic-Orthodox Epiclesis Dispute" (Ostkirchlische Studien 45). Après avoir exposé les mauvaises approches de l'écriture et de la narration de l'histoire, il nous donne ensuite quelques méthodes concrètes sur la façon de procéder, en faisant valoir que, suivant sa méthode historico-critique,

 

on traite des textes et des faits dans leur contexte, et que les théories cèdent aux données historiques, et non l'inverse. Une preuve objective signifie qu'il ne faut pas présenter des éléments de preuve tendanciellement inclinés pour appuyer une position, mais sans parti pris, pour trouver une réponse à la question, quelle qu'elle soit. Bien qu'aucune étude ne puisse jamais prétendre couvrir toutes les preuves, la sélection et la présentation des preuves doivent être exhaustives, c'est-à-dire suffisamment représentatives pour éviter de passer sous silence ou d'expliquer tout ce qui ne cadre pas bien avec une théorie préconçue. Enfin, il faut être scrupuleusement juste dans la présentation et l'évaluation de la preuve, en évitant la caricature et sans substituer la rhétorique aux faits.

 

Ceci n'est pas seulement une bonne historiographie : c'est le christianisme de base, une mise en action des dictons pauliniens les plus négligés (surtout des médias sociaux) sur la prédication de la vérité par amour. Taft et Newman reflètent ce que je ne peux que voir comme une approche véritablement catholique de la vie intellectuelle, qui évite l'idéologie et les solutions simplistes totales, et qui n'est pas gênée du tout par le fait que non seulement l'histoire papale mais toute l'histoire chrétienne est composée - comme Duffy l'a appelée sa magistrale histoire papale en un volume - de Saints et Pécheurs. Pour les catholiques d'aujourd'hui, il n'y a pas de piété à promouvoir ou à protéger en se concentrant uniquement sur les saints ; il n'y a pas de "scandale" à éviter en niant la présence des pécheurs à tous les niveaux de l'Église, et dans l'histoire de l'Église jusqu'à nos jours. Il n'y a rien à gagner à refuser de parler de nos problèmes.

 

Et il existe des problèmes, comme le souligne le nouveau livre important et très bienvenu de Stephen Bullivant, Exode massif: Désaffiliation catholique en Grande-Bretagne et en Amérique depuis Vatican II, le montre clairement. Nous pouvons maintenant entamer une discussion franche et directe sur les données que Bullivant a amassées et continuer à rechercher des études similaires et complémentaires afin de bien comprendre la réalité actuelle à laquelle nous sommes confrontés. (J'ai moi-même commencé à examiner des données similaires à la fin des années 1990 au Canada, alors que j'étais assistant de recherche pour un professeur qui écrivait un livre sur l'histoire du sacrement de la confession. L'effondrement stupéfiant et massif de sa pratique - et de celle d'autres sacrements - Après l’année 1960 et la Révolution tranquille au Québec, on s'attendait à l'effondrement décrit par Bullivant au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. En 1960, nous assistions à une messe dominicale de 85% des catholiques sur l'Île de Montréal; au milieu des années 1970, la pratique planait autour de la vingtaine; aujourd'hui, elle se situe quelque part entre 2 et 4%. 

 

Face à ces chiffres et à ces réalités aujourd'hui, le catholique n'a pas peur d'admettre que les choses semblent désastreuses dans certains endroits, mais que nous savons aussi que l'Église grandit dans d'autres, et qu'en toutes choses et en tous lieux, Dieu est aux commandes. Ainsi, nous pouvons reconnaître librement la présence du péché et de la grâce dans notre propre vie et dans celle de l'Église dans son ensemble. Nous ne minimisons ni n'amplifions les problèmes. Nous ne les rejetons pas passivement en disant "Eh bien, il y a toujours eu du péché", mais nous ne laissons pas non plus les réalités actuelles du péché nous paralyser de faire ce que nous pouvons et devons en cette heure actuelle. Nous continuons, comme Newman l'a dit dans l'une de ses "Méditations sur la Doctrine Chrétienne", à faire du mieux que nous pouvons pour
 

Dieu m'a créé pour que je Lui rende un service précis ; Il m'a confié un travail qu'Il n'a pas confié à un autre. J'ai ma mission - je ne le saurai peut-être jamais dans cette vie, mais on me la dira dans la prochaine. D'une manière ou d'une autre, je suis nécessaire à Ses desseins... ; j'ai un rôle à jouer dans cette grande œuvre ; je suis un maillon d'une chaîne...... Il ne m'a pas créé pour rien. Je ferai le bien, je ferai son œuvre ; je serai un ange de paix, un prédicateur de la vérité à ma place.

 

Puisse l'intercession de saint Jean Henry Newman nous permettre à tous de le faire aujourd'hui avec autant d'honnêteté et d'espoir que dans le sien.

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26 juin 2019 3 26 /06 /juin /2019 14:58
Jean Raspail : "Des isolats finiront par se rejoindre et recréeront la France"

Des isolats finiront par se rejoindre et recréeront la France.

Jean Raspail, invité d'André Bercoff sur Sud-Radio le 26 juin 2019

Invité d'"André Bercoff dans tous ses états", dans le midi 13h sur Sud Radio, l'écrivain Jean Raspail, auteur du prophétique Camp des Saints, publié en 1973, explique que malgré la tentative d'imposer l'immigration, il restera toujours en France des "isolats" qui refuseront absolument cela et qui referont France. 

Extrait (à partir de la 25e minute) :

 

"À mon sens - et le démographe et économiste Alfred Sauvy le disait aussi - c'est que tout se jouera dans les années 2050, c'est-à-dire dans trente ans où un grand nombre de populations d'Europe et d'ailleurs ne supporteront plus cette invasion et cette cohabitation. Ce qui commence déjà d'ailleurs si vous regardez un certain nombre de journaux qui ne sont pas Le Figaro. Et on peut arriver à des violences et à des combats. Même si nous sommes beaucoup envahis, viennent - et cela j'y crois beaucoup - les isolats. Beaucoup de groupes, de villes, de régions, de petites régions, de clans, de tout ce que vous voulez, qu'on peut appeler des isolats, qui est un terme ethnographique, qui refuseront complètement cette histoire-là. Ces isolats finiront par se rejoindre et recréeront la France." (Jean Raspail)

 

Le journaliste André Bercoff termine l'entretien en indiquant que : "dans un livre L'Archipel (L’Archipel français : Naissance d’une nation multiple et divisée, éditions du Seuil, février 2019) Jérôme Fourquet, le directeur opinion de l'Ifop, a parlé d'isolats et que l'on va vers cela."

 

Présentation du livre "L'Archipel français, Naissance d'une nation multiple et divisée" publié au Seuil, en 2019 : "En quelques décennies, tout a changé. La France, à l’heure des gilets jaunes, n’a plus rien à voir avec cette nation une et indivisible structurée par un référentiel culturel commun. Et lorsque l’analyste s’essaie à rendre compte de la dynamique de cette métamorphose, c’est un archipel d’îless’ignorant les unes les autres. [...] [S]écession des élites, autonomisation des catégories populaires, formation d’un réduit catholique, instauration d’une société multiculturelle de fait, dislocation des références culturelles communes (comme l’illustre, par exemple, la spectaculaire diversification des prénoms).  À la lumière de ce bouleversement sans précédent, on comprend mieux la crise que traverse notre système politique : dans ce contexte de fragmentation, l’agrégation des intérêts particuliers au sein de coalitions larges est tout simplement devenue impossible."

 

Note du blog Christ-Roi. Les Européens sont des peuples dont la mentalité attachée au libre-arbitre n'a jamais accepté la soumission à l'islam ou à une quelconque autre idéologie totalitaire d'emprunt. C'est la raison pour laquelle sur ce blog nous ne croyons pas au "Grand remplacement", ni d'ailleurs à la "nation multiple et divisée" des macronistes, ni au succès final du N.O.M. Il restera toujours en France comme en Europe des isolats, des communautés de la pérennité française, des peuples libres qui refuseront leur disparition en tant que peuples libres. C'est le besoin de liberté qui sauvera le peuple français et les peuples européens et qui permettra de refaire les nation unies que les mondialistes auront cherché à détruire par idéologie.

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 18:25
Charles-Éloi Vial, La Famille royale au Temple

Le 10 août 1792, l’émeute parisienne renverse le trône fragile de Louis XVI. Trois jours plus tard, la famille royale est enfermée au Temple, dans un donjon édifié au XIIIe siècle. Dans ce lieu sinistre périront successivement le roi, sa femme Marie-Antoinette, sa sœur Madame Élisabeth, tous trois guillotinés ; et enfin son fils, le dauphin « Louis XVII ». Seule survivante, la fille du couple royal, Marie-Thérèse de France, sera finalement libérée le 19 décembre 1795, après une détention de plus de mille jours. Entre-temps, le Directoire a remplacé la Convention et les thermidoriens tentent de terminer la Révolution en faisant oublier la Terreur.

 

Pour la première fois, un historien se penche sur l’histoire globale de cette captivité. Nourri de nombreuses archives encore inexploitées, Charles-Éloi Vial raconte avec un sens rare de la narration le quotidien des captifs et brosse le portrait de l’ensemble des protagonistes du drame, la famille royale au premier chef, mais aussi les geôliers, les employés, les gardes et les visiteurs, sans oublier les figures politiques souvent rivales à l’instar d’Hébert et de Robespierre. Ce récit prenant interroge enfin la Révolution, et plus précisément la Terreur, sur l’antinomie entre la grandeur de ses principes et certains de ses actes. Un grand livre d’histoire sur un lieu d’histoire et de mémoire, qui incarne et marque l’origine de la guerre entre les deux France.

 

Archiviste paléographe, docteur en histoire, Charles-Éloi Vial est conservateur à la Bibliothèque nationale de France. Après un remarqué Les Derniers Feux de la monarchie. La cour au siècle des révolutions (Perrin, 2016), sa biographie de Marie-Louise a été couronnée en 2017 par le prix Premier Empire de la Fondation Napoléon.

 

Source: Lys de France

 

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1 mai 2019 3 01 /05 /mai /2019 11:30

Sujets abordés :

 

- (À partir de 06:11) La franc-maçonnerie a inventé des rituels autour du temple de Salomon.

Dès lors la question est : comment la question du temple de Salomon a-t-elle pu apparaître dans un monde chrétien, catholique, puisque l'Ancienne Alliance vit dans la nouvelle Alliance et qu'il n'y a plus de question de rebâtir le temple de Salomon ? D'autant plus que le Christ était déjà le temple, Celui qui, né d'une Vierge par l'Esprit Saint, a établi son Royaume sur la terre sans le concours d'aucune puissance humaine, celui qui est la pierre qui a été rejetée par les "bâtisseurs", et qui est devenue un sommet d'angle (Lc XX, 17). Il n'y a de salut en aucun autre, car nul autre nom n'a été donné sous le ciel aux hommes, par lequel nous devions être sauvés (Ac 4,11-12).

- (À partir de 06:30) Vers 1611-12-13 Les manifestes rose-croix apparaissent. Le fondateur de la "Rose-Croix" est Christian Rosencreutz, qui a beaucoup voyagé surtout en Afrique et parmi les musulmans et qui est revenu avec une nouvelle cabale, qui est (aussi) la cabale d'Isaac Louria. Et en fait, il s'agit de la gnose, de l'hermétisme, plus la cabale qui caractérise le mouvement rosicrucien. Et en fait, la franc-maçonnerie, c'est la gnose, le gnosticisme ou le néo-gnosticisme si on préfère (le premier issu du judéo-christianisme ayant disparu lors des premier siècles du christianisme). Et ce gnosticisme qui vers 1200 avait complètement disparu d'Occident réapparaîtrait à l'occasion des croisades vers 1250 avec l'empereur Frédéric de Hohenstaufen qui n'allait pas à l'Église et qui fut déjà excommunié pour son syncrétisme mélangeant l'islam, le christianisme et le judaïsme. Vers 1300 apparaît avec Dante et la Divine Comédie l'idée inspirée du soufisme d'Ibn Arabi.

- (À partir de 12:40) Au XVIe siècle, le rose-croix Francis Bacon qui a écrit "La Nouvelle Atlantide" reprend et développe l'idée du temple de Salomon.

- (À partir de 12:40) Un manifeste maçonnique rosicrucien du XVIIIe siècle annonce l'objectif de la destruction de l'alliance du trône (monarchie) et de l'autel (Église). Nous avons là les antécédents de la franc-maçonnerie.

- (À partir de 13:25) En 1738 apparaît l'idée que le franc-maçon est un bon noachide. Le noachisme est la soumission que doit faire l'humanité aux prêtres d'"Israël". C'est un nivellement religieux de toutes les religions. Et seuls les prêtres juifs doivent constituer les intermédiaires entre les goyim (le reste de l'Humanité) et Dieu.

- (À partir de 14:00) Avec la Révolution dite française, le temple maçonnique de Salomon va devenir vraiment et explicitement le temple universel de toute l'humanité. Ce sont les prémisses du mondialisme.

- La première loge maçonnique apparaît à Paris en 1723, à Paris, quartier Saint-Germain-des-Près; La "loge des Neuf Soeurs" très connue pour être la loge des révolutionnaires, Mirabeau, Benjamin Franklin, juif américain (mais non-pratiquant), dont le père imprimait déjà de la pornographie, Talleyrand, qui proposa la nationalisation (c'est-à-dire le vol) des biens du Clergé, Sieyès, à l'origine du régime dit "représentatif". 

- (À partir de la 23e minute) L'hermétisme (que l'on trouve dans la gnose) c'est l'homme au centre de tout. 

L'hermétisme rosicrucien (Rose-Croix) propose de rendre ce qui est en haut comme ce qui est en bas, et vice versa, c'est-à-dire de mettre l'homme à la place de Dieu. 

- (À partir de la 23e minute) Le gnostique Valentin (IIe siècle), ancêtre de la gnose (cabale juive) : sa doctrine sur les eons (principes divins qui deviendront les sephiroths juifs), a été réfutée par saint Irénée de Lyon, évêque et Martyr (120-202), dans son traité Contre les hérésies, Livre 1 (v. 180).

 

 

Lire : Le signe luciférien du 18e degré des hauts grades de chevalier Rose-Croix, expliqué par Serge Abad-Gallardo : "Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut." 

 

- (À partir de 36:10) Les "fraternelles" regroupant plusieurs obédiences maçonniques différentes au sein du "parlement" (assemblée dite "nationale", "sénat").

 

- (À partir de 48:44) Le planning familial financé par Rockefeller.

 

- (À partir de 49:34) La franc-maçonnerie, matrice idéologique du "Nouvel ordre mondial", la Tour de Babel.

 

- (À partir de 51:50) Présentation du livre de Serge Abad-Gallardo, Pr. J.-C. Lozac'Hmeur, Alain Pascal et Karl van der Eyken, Le Vrai Visage de la franc-maçonnerie, Acte du colloque du 24 juin 2017, éditions de l'Héritage.

 

- (À partir de 53:50) L'architecte Viollet-le-Duc qui construisit la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris était franc-maçon : Sa flèche est tombée sur la table du rite moderne du rite romain (rite ordinaire Paul VI de 1970), alors que le maître-autel de Louis XIV a été retrouvé intact.

 

***

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 12:32
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14 novembre 2018 3 14 /11 /novembre /2018 22:45

Christophe Guilluy, qui vient de sortir "No Society, La Fin de la classe moyenne occidentale" (Flammarion) était invité de Ruth Elkrief ce soir sur Bfmt-tv. Il analyse en géographe ce que Ruth ElKrief résume bien comme "la déconnection des élites et des classes moyennes et des classes populaires".

Extrait

- « Aujourd'hui, l'idée est que le socle de la classe moyenne est en train de se fragiliser. Finalement, ce qu'on vit aujourd'hui c'est du temps long. La révolte des Gilets jaunes n'est pas conjoncturelle, ce n'est pas seulement l'augmentation du prix du gasoil. C'est pour cela qu'y répondre seulement par des mesures techniques, c'est déjà afficher un discours technocratique qui ne passera absolument pas. On est là en train de payer trente années d'évolution de la société française et des sociétés de l'adaptation de ces économies vers l'économie monde.

« Les gens avaient joué le jeu de la mondialisation. Les gens ont fait un diagnostic de leur propre vie et ils ont fait un diagnostic rationnel. Et ils font le constat que le modèle qu'on leur a vendu n'a pas été bénéficiaire pour eux, mais aussi pour leurs enfants. Ils font un constat rationnel. [...] C'est pour cela que j'ai appelé cela "No Society", c'est-à-dire qu'on est à un moment très particulier où vous avez - ce qu'avait remarqué Christopher Lasch dans les années 80 -, une sécession des élites qui allait beaucoup plus loin en fait, c'était une sécession du monde d'en-haut. Géographiquement, on peut le voir avec la constitution de ces citadelles métropoles avec des péages autour (c'est l'octroi qui revient); un monde d'en-haut qui s'isole et puis un monde d'en-bas qui n'écoute plus les politiques.

- « Et donc qu'est-ce qu'il faudrait faire pour que ce monde d'en-haut renoue le contact, se reconnecte?», demande Ruth Elkrief.

« [...] On a un problème économique. Nous avons un modèle qui crée de la richesse, mais qui ne fait pas société. Il faut réfléchir à cela.

 

Note du blog Christ Roi. « La démocratie fondée sur la conviction que le corps politique est le produit des volontés de chacun, et portant jusqu'à l'incandescence l'idée d'une création de l'homme par lui-même, est vouée à étendre sans cesse les droits des individus. Elle contraint les hommes à vivre dans un monde d'individus inégaux, alors même qu'elle a posé en principe leur égalité. Elle se condamne donc à rendre sans cesse moins tolérable l'écart entre les promesses [...], les espérances qu'elle suscite et les accomplissements qu'elle offre... » (Préface de Mona Ozouf dans François Furet, La Révolution française, Quarto Gallimard, Malesherbes 2007, p. XXI.) Dans ce système l'égalité des uns présuppose comme condition préalable l'inégalité économique et sociale des autres. Belle réussite du marché, mais impasse totale des principes de 1789.

 

Lire : Penser l'impasse des droit de l'homme

 

« Et aujourd'hui, poursuit Christophe Guilluy, il y a un effort en-haut à faire une sorte de révolution culturelle finalement et se dire qu'il faut aller au peuple. Ce monde d'en-haut n'arrête pas toute la journée de parler du "vivre-ensemble" : il faut qu'il apprenne à vivre ensemble avec son propre peuple, avec ses classes populaires. Déjà ce sera très bien. C'est dans ce sens-là qu'il faut aller.

- « De haut en bas », précise Ruth Elkrief.

- «Bien sûr. Evidemment, on ne changera pas le peuple.»

- « Dans les prochaines années, vous avez l'impression qu'il pourrait y avoir un autre leader qui pourrait représenter ces couches-là et qui les incarneraient, un champion de ces classes populaires ?», demande Ruth Elkrief.

- Evidemment, répond Christophe Guilluy. Il peut venir de gauche, de droite (en tout cas certainement ni de la droite ni de la gauche qui gouverne depuis 1789... et qui a donné les pleins pouvoirs à la finance! NdCR.), on ne sait pas d'où. Mais quand on regarde le succès des populistes partout en Europe, ils se sont adaptés à une demande, ils n'ont pas changé ce que pense ce peuple, ils se sont inspirés de la demande de ces catégories populaires. Quelle est cette demande ? Du travail et la préservation d'un capital social et culturel. »

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15 juillet 2018 7 15 /07 /juillet /2018 07:27
Jean-Louis Harouel, Droite-Gauche : ce n'est pas fini

Dans l'entretien de novembre 2017 donné à Sputnik autour de son essai, "Droite-gauche, ce n'est pas fini" (DDB, 2017), Jean-Louis Harouel, professeur agrégé des Facultés de droit et spécialiste de la sociologie de la culture, explique que le clivage "droite - gauche, ce n'est pas fini". La droite est l'héritière du christianisme et la gauche de la gnose et du millénarisme.

Concernant le titre du livre d'Alain de Benoist, "Le moment populiste, droite - gauche c'est fini" (Pierre-Guillaume de Roux, 2017),

 

"le parallélisme inversé de nos titres et sous-titres, explique Jean-Louis Harouel, est le fruit des circonstances et certainement pas l'effet de ma volonté. Ce livre, j'y travaille depuis quatre ou cinq bonnes années. J'y ai accumulé des matériaux qui m'ont servi à publier entretemps 'Les Droits de l'Homme contre le peuple' (DDB 2016), mais ce projet est très vieux. Il s'agit d'une enquête sur les conséquences politico-sociales du facteur religieux, que j'ai même commencé il y a quinze ans, en partant d'une intuition de Jean Fourastié [qui dans ses ouvrages, écrit à plusieurs reprises, qu'il établit un lien entre notre religion, le christianisme, et le progrès scientifiques, technique, économique et social. Idées qui ont conduit Jean-Louis Harouel à publier en 2012 le "Le vrai génie du christianisme". NdCR.

 

Mon titre 'Droite-gauche ce n'est pas fini', poursuit Jean-Louis Harouel, ce n'est pas une réponse à Alain de Benoist. Ce qui m'a donné l'idée de ce titre, c'est le titre d'un numéro de l'hebdomadaire Marianne, il y a peut-être maintenant un an et demi, qui disait 'droite - gauche, c'est fini : chiche.' Et j'avais trouvé que c'était un titre accrocheur.  Et j'ai proposé ce livre à l'éditeur et le temps que la publication se fasse, j'ai constaté qu'il y avait la publication se fasse, j'ai constaté qu'il y avait le livre d'Alain de Benoist dont le sous-titre semblait être la réponse anticipée à mon propos. Donc en réalité je ne me suis pas du tout centré sur lui pour lui répondre. 

[...] Donc, à propos d'Alain de Benoist, nos démarches ne sont pas placées au même niveau, et si je m'étais placé au même niveau (que lui), j'aurais probablement défendu la même thèse. C'est-à-dire qu'il n'est pas possible, sur un mode descriptif, de faire véritablement un descriptif des idées de droite et de gauche, tellement il y a eu de chassés croisés.

[...] En revanche, moi je pense y arriver parce que je ne cherche pas du tout à faire un descriptif des idées de droite et de gauche, mais je définis les idées de droite et de gauche à partir de leur généalogie."

Jean-Louis Harouel traite la gauche de secte, car, selon lui, aujourd'hui la gnose (du grec gnosis, connaissance) est triomphante. Il se réfère à des hérésies du christianisme (la gnose) pour expliquer l'émergence de la gauche. Chesterton avait dit à propos des idées modernes qu'il s'agissait d'"idées chrétiennes devenues folles". Mais pour Jean-Louis Harouel, bien que dans des livres anciens il ait cité cette formule, "ce n'est pas tout à fait vrai, parce que ces idées sont peut-être folles, mais elles n'ont jamais été tout à fait chrétiennes puisque dès le départ elles ont été hérétiques."

 

On peut en effet désigner par gnose, les hérésies du christianisme primitif.

 

"Les racines mentales, affectives de la gauche, plongent dans deux grandes hérésies qui remontent aux premiers temps du christianisme : la gnose et le millénarisme.

La gnose, ce sont des sectes dont l'enseignement a pour conséquence de prôner une image de l'homme-dieu, de l'homme divinisé, parce que nous dit la gnose, il y a le bien et le mal (c'est très manichéen); le bien c'est la lumière, le mal c'est la matière. La lumière est divine, la matière c'est le mal. Elle (la matière) est sans valeur, elle est à détruire. Les gnostiques rejettent l'idée de la Création, considérée comme bonne dans la Bible (Genèse). Pour eux, la Création est mauvaise, ce n'est pas l'oeuvre d'un dieu bienfaisant, mais l'oeuvre du diable", explique jean-Louis Harouel.

 

"Quand on regarde les thèmes de la gnose et du gauchisme sociétal, on est frappé par des tas de coïncidences, comme le refus de la transmission de la vie, la récusation de toutes les règles de la vie en société (la haine de la famille, la haine de la propriété, la haine du mariage), l'anomie - je dirai même l'antinomisme -, ou le refus de toutes règles, de toutes normes; l'affirmation illimitée du moi. On peut rattacher à cela, l'apologie du divorce, l'avortement érigé en norme sociale; le refus même du réel, puisque le réel c'est la matière et que la matière est méprisable, donc le réel n'est pas important, ne compte que l'esprit : cela donne le 'mariage homosexuel', le transgenre, tout ce que l'on veut. L'esprit décide, la matière ne compte pas.

Autre exemple: la gnose a une prédilection pour les déviants, les criminels et les ennemis : notre justice actuelle n'est-elle pas justement marquée par une préférence pour les déviants et les criminels, voire les ennemis ?... On pourrait me répondre que ce ne sont que des coïncidences. Or il se trouve qu'il y a à travers l'histoire de la pensée occidentale un certain nombre d'auteurs importants qui se sont réclamés à gauche de la gnose, et je pense en particulier à un grand situationniste, un maître à penser de mai 68, Raoul Vaneigem, un auteur de très haute culture, qui s'est explicitement réclamé de la gnose, et qui dans son livre 'Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations', qui a été l'un des livres fondateurs de mai 68, Vaneigem se réclame des gnostiques anciens, et surtout des gnostiques médiévaux, ceux que l'on appelait les 'frères du libre-esprit', et il cite tout un passage des frères du libre-esprit, dans lequel ils expliquent que la propriété n'existe pas, qu'on prend ce que l'on veut, que l'on se sert, et si quelqu'un essaie de vous en empêcher, on le tue !

 

Le journaliste de Sputnik qui interroge Jean-Louis Harouel, cite un passage du livre concernant ces "frères du libre-esprit", mouvement gnostique du XIIIe siècle : 

 

"L'homme libre a parfaitement raison de faire tout ce qui lui procure du plaisir. Que le monde entier soit détruit et périsse, plutôt qu'un homme libre s'abstienne de faire une seule action que sa nature le pousse à accomplir."

 

"Pour la gnose, poursuit Jean-Louis Harouel, la procréation, [...] donner naissance à des êtres humains était la pire des monstruosités car on réenfermait dans la matière, qui est le mal, des parcelles de lumière qui sont divines."

 

"La gnose a repris les évangiles et Jésus, mais en donnant une image de Jésus très différente des évangiles canoniques. [...] Pour la gnose, la mission de Jésus était de venir révéler aux hommes qu'ils sont dieu, de nature divine. Et à partir du moment où un homme prend conscience qu'il est de nature divine, tout lui est permis, la morale ordinaire, les conventions et règles de la vie sociale ne comptent pas : tout lui est permis, il est l'homme-dieu. Et tout le romantisme français (au XIXe siècle) - Lamartine, Hugo, etc. - plonge dans la gnose. Victor Hugo, par exemple était obsédé de métempsychose (la réincarnation). Il était imprégné de l'idée de tout - et que l'on retrouve actuellement paradoxalement dans le culte du monde extérieur et des animaux -. 

 

Le journaliste résume la pensée de l'auteur : "le millénarisme et la gnose ont été sécularisés. La religion a été remplacée par une religion de l'humanité et des droits de l'Homme."

 

"Le millénarisme, autre hérésie chrétienne, poursuit J.-L. Harouel, c'est l'idée du paradis matériel sur la terre. Et très vite, dans la pensée millénariste au Moyen-Âge et dans la pensée moderne, il a été entendu que ce 'paradis' serait communiste. D'où des révolutions, des séditions, et à chaque fois, le paradis communiste, comme la Guerre des Paysans en Allemagne, les Anabaptistes de Munster, les Taborites de Bohême au XVe siècle : à chaque fois le petit paradis communiste se transforme en petit enfer. Sans surprise."

 

A contrario, le christianisme est l'origine des attitudes de droite, [qui trouvent leurs racines dans le christianisme orthodoxe]

"Par exemple: le christianisme a toujours refusé l'utopie. Or, la gnose et le millénarisme sont des utopies.

L'utopie, à partir du XVIe siècle, c'est le nom savant du millénarisme. Le christianisme a mis l'accent sur le refus de l'utopie, la sécurité, la justice, la paix. Au Moyen-Âge, le roi jurait devant l'Église la paix. Il jurait d'assurer la paix aux habitants du royaume. C'est-à-dire d'assurer leur sécurité et d'assurer une justice exacte. Le christianisme a mis l'accent sur un équilibre entre les intérêts du groupe, la défense légitime des intérêts du groupe, l'identité du groupe, et en même temps, il n'y a pas de divinisation du groupe, ou de ses intérêts. Sinon on tomberait dans l'utopie et la religion séculière. [...] Et le libéralisme minimal, c'est-à-dire la liberté d'entreprise est tout à fait compatible avec le christianisme. Et cette liberté d'entreprise s'est même développé pendant deux millénaires dans ce terreau chrétien, où l'idée de la propriété était déjà valorisée. 

À cela sont venues se greffer des doctrines aussi bien économiques que sociétales qui sont un libéralisme qui n'a plus rien à voir avec le christianisme mais qui relèverait davantage de la gnose.

Par exemple, ce qui est gnostique c'est de considérer que l'individu est l'humanité en général, et ce qui est conforme au christianisme c'est de considérer qu'il y a des individus, il y a l'humanité, et il y a des groupes intermédiaires.

Et à propos d'un certain nombre de grands libéraux, on se rend compte que dans une logique chrétienne, il font tout à fait la place aux groupes intermédiaires sans renier pour autant l'humanité. J'en donnerai pour exemple Adam Smith, qui est actuellement un des maîtres à penser du libéralisme intégral. Et pourant, si on lit bien Adam Smith, qui était partisan de la libre entreprise et partisan et du libre-échange, on constate qu'il mettait un certain nombre de réserves et de limitations conformes aux intérêts de la nation, aux intérêts de sa nation. Par exemple, les Actes de navigation, législation anglaise [législation protectionniste votée à partir de 1651 par le parlement anglais, pendant le mandat républicain de Cromwell, visant à financer la construction d'une marine de guerre, et à affaiblir les colonies de la Barbade, des Bermudes et de la Virginie, contrôlées par l'opposition royaliste], qui réservait aux Anglais le commerce avec les colonies anglaises. Et cela, Adam Smith, se comportant en patriote écossais, se prononce dans les années 1760 tout à fait en faveur du maintien des Actes de navigation, parce que ces Actes de navigation, pendant la première moitié du XVIIIe siècle, ont fait la fortune de Glasgow. Parce qu'avec l'unité du Royaume-Uni, et l'instauration du Royaume-Uni, les ports écossais ont été admis à ce monopole anglais et du commerce avec les colonies anglaises. Et Adam Smith n'allait certainement pas critiquer une législation règlementariste qui avait fait la fortune de sa patrie. Donc il y a chez Adam Smith même, ce point que si une production nationale est défavorisée par un facteur social ou fiscal par rapport à la concurrence étrangère, il faut introduire un droit à l'entrée des produits étrangers concurrents, etc..."

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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 20:51
Comment notre monde a cessé d'être chrétien ?

Seuls 3% des fidèles catholiques vont à la messe le dimanche. Les séminaires sont pratiquement vides. Le nombre de jeunes refusant d’aller au catéchisme et d’être confirmés est en augmentation. Les statistiques sont là, implacables. On nous dit que cette situation n’est pas imputable à nos évêques : ils ont fait ce qu’ils ont pu mais leurs directives n’ont pas été suivies. Vraiment ? Que celui ou celle qui se souvient d’avoir entendu un évêque rappeler les normes liturgiques et avoir ouvertement soutenu ses prêtres qui respectaient le missel romain lève le doigt. Personne ? En fait, les évêques ont été - et sont encore, à deux ou trois exceptions près - les grands responsables de la situation que nous connaissons aujourd’hui et qui vient de ce que les directives qu’ils ont données allaient toutes dans des directions opposées à celle indiquée par l’Eglise, comme le montre le sociologue Guillaume Cuchet dans « Comment notre monde a cessé d’être chrétien » (éd. du seuil, 2018) et comme l’a laissé entendre Mgr Gaidon dans « Un évêque français entre crise et renouveau de l’Eglise » (éd de l’Emmanuel) ou encore l’académicien André Frossard dans « Le parti de Dieu ; lettre ouverte aux évêques » (éd. Fayard). Voici pêle-mêle ce qui fut fait au cours des années 1970-90 (les plus anciens s’en souviennent) avec la bénédiction de nos pasteurs diocésains et qui a aura conduit, sans faire de bruit, à la situation calamiteuse qui se prolonge actuellement :


 

1. Liturgie :

- retournement des autels et généralisation des « messes face au peuple » ;

- suppression des messes en latin (nous parlons ici uniquement de la « forme ordinaire ») et limitation drastique du chant grégorien ;

- suppression de la confession individuelle au profit d’absolutions collectives célébrées les veilles de grandes fêtes (Noël, Pâques, Toussaint) ;

- suppression des agenouilloirs afin que les fidèles ne puissent plus exprimer un sentiment d’adoration ;

- obligation de rester debout pour recevoir la communion et de prendre l’hostie dans les mains ;

- encouragements à chanter « par Lui, avec Lui et en Lui... » avec le célébrant à la fin de la prière eucharistique ;

- suppression du « Je confesse à Dieu » et du rite du lavement des mains à l’offertoire ;

- obligation de truffer la messe de mots d’accueil, de bienvenue et de souhaits de « bon dimanche » ;

- liberté laissée aux célébrants de modifier ou d’ « adapter » tel rite, telle oraison ;

- liberté laissée aux prêtres de ne pas revêtir la chasuble pour célébrer la messe ;

- appel lancé aux fillettes pour servir la messe ;

- systématisation de la distribution de la communion par des laïcs ;

- messes épiscopales célébrées dans des cirques, des aut-tamponneuses, des salles de sport, des salles de spectacles...

- liturgies « revisitées » par des « équipes d’animation pastorale » regroupant des laïcs qui n’ont jamais lu ni les textes conciliaires ni la Présentation Générale du Missel romain.


 

2. Catéchèse.

- publication de parcours catéchétiques (le plus bel exemple étant « Pierres vivantes ») passant sous silence les connaissances de base de la doctrine catholique ;

- catéchèses paroissiales assurées par des laïcs peu formés et parfois même non-pratiquants ;


 

3. Séminaires ; formation des candidats au sacerdoce.

- aucune formation liturgique solide ;

- discrédit jeté sur les candidats au sacerdoce qui veulent mettre en application des enseignements du Concile.


 

4. Clergé.

- obligation faite aux prêtres d’abandonner l’habit ecclésiastique, le costume-cravate de « cadre légèrement supérieur » devenant le signe distinctif des évêques.

- obligation de passer sous silence des documents magistériels tels que le « Directoire pour le ministère et la vie des prêtres », l’ Exhortation « Sacramentum Caritatis », l’Instruction « Redemptionis Sacramentum »...


 

Nous récoltons aujourd’hui ce qui fut semé hier par nos évêques...

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du mercredi 20 juin 2018

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8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 22:22

La démocratie moderne issue des révolutions du XVIIIe et XIXe siècles a tué le droit naturel et divin en prenant pour source de la légitimité la souveraineté nationale (article 3 de la déclaration des droits de l'homme). 

La doctrine des droits de l'homme est devenue aujourd'hui l’unique référence légitime pour ordonner le monde humain et orienter la vie sociale et individuelle. Dans cette doctrine, la loi politique n’a plus d’autre raison d’être que de garantir les droits humains, toujours plus étendus. Elle ne protège plus la vie des institutions – qu’il s’agisse de la nation, de la famille, de l’université, des ouvriers –, mais donne à tout individu l’autorisation inconditionnelle d’y accéder.  La loi ne commande plus, ne dirige plus, n’oriente plus : elle autorise. La vie humaine est soumise à une critique arbitraire et illimitée, privant la vie individuelle comme la vie sociale de tout critère d’évaluation, critère d'évaluation pourtant nécessaire à toute construction sociale. Telle est la thèse du philosophe Pierre Manent * dans son dernier livre "La Loi naturelle et les droits de l'homme", où afin de recouvrir un critère d'évaluation, l'auteur propose de réhabiliter la loi naturelle... que la période moderne a eu tendance à éliminer. 

Interrogé dans Le Figaro aujourd'hui, l'auteur explique par exemple qu'au nom des droits de l'homme, "les européens s'imposent une apnée morale et sont incapables d'agir" :

Pierre Manent réhabilite la loi naturelle

La doctrine des droits de l'homme, seul principe de légitimité encore accepté en Europe, rend impossible la délibération publique et l'art du gouvernement. Telle est la thèse que défend le philosophe Pierre Manent dans son nouveau livre La Loi naturelle et les droits de l'homme (PUF). Pour le disciple de Raymond Aron, les droits individuels règnent sans contrepoids jusqu'à faire périr l'idée du bien commun.

 

LE FIGARO MAGAZINE - Vous soulignez le contraste entre la suspension du jugement des Européens, lorsqu'ils considèrent des mœurs étrangères, et le ton accusateur qu'ils se plaisent à adopter à l'égard de leur propre héritage. Pourquoi une telle opposition?

 

Pierre MANENT - En passant d'hier à aujourd'hui, de la IIIe ou de la IVe à la Ve République actuelle, notre rapport à la diversité du monde a été bouleversé. Nous sommes passés de l'assurance, voire de l'arrogance, à la timidité, voire la pusillanimité ; de l'évidence de la perspective coloniale à l'évidence de son caractère inadmissible. Que s'est-il passé? Suspendons un instant le jugement moral, regardons la dynamique politique. La République colonisatrice déploie ses principes et sa force vers l'intérieur et vers l'extérieur. La formation de la nation démocratique, du «commun» républicain, entraîne un immense déploiement d'énergie qui donne son caractère à cette période, pour le meilleur et pour le pire.

 

Nous avons alors le vif sentiment d'organiser la prise en compte des besoins humains et sociaux d'une manière incomparablement supérieure à ce que l'on observe alors en Afrique ou en Asie. Bref, nous nous sentons inséparablement «meilleurs» et «plus forts». Nous tenons la diversité du monde sous notre regard, pour le conquérir, le mettre en valeur et aussi le comprendre, l'inventorier. Quelques décennies plus tard, que voyons-nous? Le ressort des nations européennes est brisé par l'épuisement consécutif à la Grande Guerre et le déshonneur consécutif aux années 1933-1945. La décolonisation change radicalement les termes du problème, car, comme la colonisation, elle est une dynamique. Elle n'établit pas un ordre démocratique juste ou normal après l'injustice ou la pathologie coloniale. Elle enclenche un mouvement opposé.

 

Source

 

 

Pierre Manent a enseigné la philosophie politique à l’EHESS. Ses travaux portent sur l’histoire de la pensée politique libérale et la question des rapports entre le politique et le religieux. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Situation de la France (Desclée de Brouwer, 2015) et Les métamorphoses de la cité (Flammarion, 2010).

Pierre Manent réhabilite la loi naturelle
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3 juin 2018 7 03 /06 /juin /2018 14:33
Père Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, Dieu fait-il concourir les démons au salut des hommes ?, Collection Sed Contra, éd. Artège-Lethielleux, 2018

Présentation de l'ouvrage

 

Dieu fait-il concourir les démons au salut des hommes ?

 

Fruit de la première thèse de doctorat en français sur le démon, cet ouvrage de théologie convoque aussi les analyses de l'histoire et des sciences, les textes de la Bible et des Pères de l'Église ainsi que ceux des religions non chrétiennes.

S'appuyant principalement sur l'œuvre de saint Thomas d'Aquin pour examiner les problèmes des exorcistes actuels, l'étude offre une réflexion spéculative au service d'une urgence pastorale.

Sont décrits les diaboliques tactiques ordinaires (tentations) et extraordinaires (vexations, obsessions, infestations et possessions), et les liens maléfiques, en particulier la magie, le spiritisme ou les vices.

Mais le démon reste soumis à Dieu. C'est pourquoi sont détaillés également les armes pour la contre-attaque et les remèdes que saint Thomas propose, avec la Tradition de l'Église, contre l'Ennemi infernal. Les rôles du Christ, de la Vierge, des anges, des sacrements ou des exorcismes, mais aussi des vertus morales ou de la prière sont ainsi précisés.

C'est un véritable manuel de combat spirituel que l'Aquinate a rédigé sans le vouloir, en éparpillant dans ses écrits des centaines d'affirmations, qui formaient autant de pièces d'un puzzle ici reconstitué.

L'Écriture Sainte, la Tradition catholique, le Magistère, la vie des saints et l'expérience des exorcistes montrent alors que la tentation de la révolte face à la violence de ces attaques maléfiques s'efface dans la contemplation de la Sagesse divine, qui sait utiliser la méchanceté du démon pour stimuler la sainteté des hommes.

Né en 1971, le père Jean-Baptiste (Guillaume Golfier), chanoine régulier à l'abbaye de Lagrasse (Aude), est diplômé en philosophie, en histoire et en théologie (doctorat ICT-ISTA Toulouse). Cet ouvrage est le fruit de sa thèse, d'accompagnement de personnes en souffrance et d'échanges avec de nombreux exorcistes et théologiens. 

Extrait de la préface du Père Philippe-Marie Margelidon, o.p.

 

"La modernité théologique - et la postmodernité - considère avec difficulté l'idée d'ange. Elle renvoie le diable aux croyances populaires, à l'étude des mentalités, quand ce n'est pas, avec une visée plus religieuse, à de la superstition. Le démon est devenu une figure symbolique du mal de l'homme, un principe impersonnel, social ou culturel, des idéologies ou des structures politico-culturelles. Au mieux, chez les théologiens, il est une figure métapersonnelle de la négativité à l'oeuvre dans la culture, une puissance de néant dont le statut est indéterminé. Les quelque tentatives de reformulation et de transposition du discours traditionnel, surtout chez les protestants (par exemple, P. Tillich ou K. Barth), ne vont guère au-delà de l'interprétation mythique. Seuls quelques écrivains font du diable plus qu'une figure de style, comme par exemple C.S Lewis et G. Bernanos, ce dernier replaçant le démon au coeur du mystère du mal et du péché. En revanche, la théologie du mal radical et de la 'finitude ontologique' (Adolph Gesché ou Joseph Moingt) a remplacé le démon par un concept. Le démon n'est pas un ange mais seulement un concept heuristique.

[...] La dimension démoniaque dans l'histoire et la vie de l'homme ne doit pas être occultée, car elle fait effectivement partie de la dramatique humaine (cosmique et théologie ?) du mal. Au XXe siècle, seuls les théologiens Louis Bouyer et Hans Urs von Balthasar ont osé le dire, non sans quelques ambiguïtés. Le Christ est vainqueur du démon: il s'agit, pour eux comme pour les Pères, d'une affirmation fondamentale et première de la foi. Or cette affirmation ne suscite pas encore réellement l'attention des théologiens en ce début de XXIe siècle. La christologie reste frileuse; elle ne surmonte pas les réticences, les réserves et l'inhibition de la génération précédente. Pourtant l'Écriture, le Nouveau Testament en particulier, nous parle de ce combat spirituel, de cette lutte implacable entre le Christ rédempteur, l'Église et les puissances des ténèbres. Le péché de l'homme a pourtant quelque chose à voir avec le péché de l'ange, avec Satan qui, s'il n'est pas toujours l'instigateur de tous les péchés des hommes, en tire toujours avantage. [On doit remarquer que le Catéchisme de l'Église catholique (1997), le dit très explicitement; Cf. CEC n° 390-397] La diffusion du mal moral dans l'histoire et dans les cultures ne se comprend pas sans son influence, et la théologie du salut et de la grâce ne peut l'omettre sans réduction de la Révélation et appauvrissement de la foi. Comme le dit très justement l'historien des doctrines Basile Studer, "sans cette prise en considération, on ne peut évaluer complètement l'oeuvre salvatrice de Jésus-Christ". D'où l'intérêt du livre du père Golfier.

[...] La question de l'influence du démon dans les actions humaines, individuelles ou collectives, ne se prête pas à une explication simple. Les données de la Révélation et de la théologie catholique sont lacunaires. La thèse du père Golfier est, sous ce rapport, un essai de synthèse et de prospection.

[...] La publication de cette thèse vient combler un vide et susciter, nous l'espérons, d'autres travaux sur un sujet qui mérite décidément l'attention du théologien et du pasteur ensemble. Ce n'est pas si fréquent.

Non, le diable n'est pas partout, directement et immédiatement, derrière toutes les actions négatives et mauvaises des hommes; cependant ces actions l'intéressent, il sait profiter de tout ce que les créatures rationnelles soustraient au dominium divin, et c'est aussi ce qu'il faut voir et mesurer sans faux-semblant. Il convient de le dire ! Or, à cet égard, la théologie savante et la prédication populaire sont souvent frileuses, ce qui, à l'opposé, facilite toutes sortes d'exagérations, de peurs et de discours improbables, qui font les avantages des marchands et probablement, du démon lui-même."

 

fr. Philippe-Marie MARGELIDON, o.p., Directeur de la Revue thomiste

Extrait de l'Introduction :

 

[...] B. Pourquoi un tel silence théologique contemporain en démonologie ?

 

1. Une incrédulité déjà ancienne

 

[...] Ce silence relève-t-il de la crise doctrinale contemporaine que notait le bienheureux pape Paul VI sur ce sujet ?

 

À propos du démon et de l'influence qu'il peut exercer sur les individus, sur les communautés, sur des sociétés entières ou sur les évènements, il faudrait réétudier un chapitre entier de la doctrine catholique auquel on s'intéresse peu aujourd'hui. Certains pensent pouvoir trouver une compensation suffisante dans l'étude de la psychanalyse et de la psychiatrie, dans des expériences de spiritisme qui aujourd'hui, malheureusement, se répandent tant dans certains pays. On a peur de retomber dans de vieilles théories manichéennes ou dans de funestes divagations, fantaisistes et superstitieuses. Aujourd'hui, on préfère afficher un esprit fort, sans préjugés, positiviste, quitte ensuite à attacher foi gratuitement à tant de lubies magiques ou populaires, ou, pire encore, à livrer son âme [...] à des expériences sensuelles [...] ou aux séductions idéologiques des erreurs à la mode. Ce sont là autant de fissures par lesquelles le Malin peut facilement s'insinuer pour altérer l'esprit de l'homme. [Bx Paul VI, audience générale du 15 novembre 1972, in DC (1972), p. 1054]

 

On sait, par ailleurs, que la défiance en matière d'exorcisme et la tendance à ramener les cas de possession ou d'infestation à des maladies nerveuses, ne remontent pas à l'après-concile. En France, elles semblent attestées depuis plus d'un siècle. 

[...] Cette incrédulité des clercs remonterait peut-être même au siècle des Lumières. [Gabriele AMORTH, Exorcisme et Psychiatrie, Paris, F.-X. de Guibert, 2002, p. 16-33.] La chasse aux sorcières y cessa aussi irrationnellement qu'elle avait commencé.

Ainsi, une démythification rationaliste conduit à considérer, dans l'Église même, les attaques diaboliques comme des délires psychiatriques. Nous sortons à peine de cette longue période d'incrédulité. Si les exorcistes diocésains en France par exemple, sont bien plus nombreux que dans les années 1970-1980, bien des clercs paraissent encore sceptiques face aux enseignements très clairs du Catéchisme ou de la Conférence épiscopale. [Le catéchisme de l'Église catholique, édition définitive 1998 (CEC) traite du démon aux n° 391-395, et l'évoque dans une quarantaine d'autres n°. La Commission doctrinale de la Conférence des évêques des France (CEF) a publié une mise au point: Note doctrinale n° 13 "À propos du diable et de son pouvoir", 23 novembre 2014]

 

2. La rareté des phénomènes et leur classement

 

[...] Si ces phénomènes se multiplient aujourd'hui de façon préoccupante [Nous donnerons des exemples au fil de nos pages et un résumé significatif en Annexe 6], nous pouvons parler de rareté vue leur proportion.

En effet, probablement '99,99% de l'action du démon est occulte' [Jean-Régis FROPO, alors exorciste du diocèse de Toulon, entretien dans l'hebdomadaire Famille Chrétienne, n° 1889, du 29 mars 2014, p. 29], et relève de la simple tentation, connue de tous les hommes. Seul un cas sur 10 000 relèverait alors de l'infestation, de la vexation ou de l'obsession diabolique, manifestations extraordinaires que nous définirons plus loin [Retenons déjà que ces tactiques extraordinaires rarissimes voient le démon s'en prendre sensiblement au corps ou au psychisme de sa victime: maladie, coups, accidents inexplicables humainement, qui dépassent la simple tentation concernant l'un des sept péchés capitaux. Cf. la vie du saint Padre Pio († 1968), qui regorge de ces phénomènes diaboliques]. Parmi ces cas rares, seule une part encore plus infime, de l'ordre de 5/1000, renverrait à la possession [... Ainsi, en 2015, sur 2500 personnes acceptées pour une délivrance au service de l'archidiocèse de Paris, une douzaine ou une quinzaine bénéficieront du grand exorcisme, réservé aux personnes possédées, ou gravement infestées, soit 0,5%. le chiffre est le même dans le diocèse de Perpignan. En 2017, le chiffre pour l'Île de France semble passer à 50/an, soit 2%... Le Père Fropo nous a indiqué en janvier 2016, qu'en 9 années de ministère à Toulon (2005-2014), il a rencontré une proportion comparable: 30 cas de possessions sur 2000 personnes reçues (1,5%). Le successeur du P. Fropo, l'abbé Christophe Beaublat, a déjà rencontré le même pourcentage de vrais possédés (1,5%), soit 11 cas sur 737, de septembre 2014 à janvier 2016, et 23 faux possédés, souvent paranoïaques (3% des personnes reçues)], soit une personne sur 200 000 environ [... les exorcistes consultés ont reconnu humblement avoir fait des erreurs, par exemple en ne repérant pas une emprise cachée sous une maladie psychique. Médecins et psychologues ne connaissent pas, eux nons plus, l'infaillibilité.] Seules ces situations pourraient nécessiter le grand exorcisme.

[...]

 

III. BUT ET MÉTHODE

 

A. Méthode choisie. Nécessité épistémologique d'un dialogue entre les disciplines

 

1. Lectio divina et sciences théologiques

 

[...] Thomas n'ayant pas eu l'intention de rassembler les pièces de son puzzle en une somme de démonologie, nous avons cherché à voir, au regard de synthèses démonologiques actuelles, si ces affirmations étaient lacunaires. Ainsi avons-nous utilisé la trame des cinq modes d'attaque [tentation, infestation, vexation, obsession, possession], ou des trois types d'assaut [tentation, lien, emprise] du démon, et le schéma de sept portes ouvertes au diable [Hérédité chargée, blessures d'enfance, médiumnité naturelle, attachement à un lieu ou objet infesté, répétition de péchés graves, refus de pardonner, refus de s'abandonner], afin de pouvoir répartir les affirmations thomasiennes, tout en précisant que l'Aquinate lui-même n'avait pas fait toutes ces distinctions.

Tactiques du diable in Père Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, éd. Artège-Lethielleux, 2018 , p. 41

Tactiques du diable in Père Jean-Baptiste Golfier, Tactiques du diable et délivrances, éd. Artège-Lethielleux, 2018 , p. 41

2. Usage de sciences annexes et auxiliaires

 

[...] Restreindre l'action maléfique à une opération purement spirituelle est tout simplement erroné. Analyser les tactiques du diable par de pures spéculations serait alors une erreur de méthode qui ravirait Satan, comme l'a souligné avec sagacité et humour C.S. Lewis.

 

B. Un débouché inattendu en théologie pastorale

 

[...] On sait qu''une explosion de l'occultisme' [Cf. Mircea ELIADE, Occultisme, sorcellerie et modes culturelles, coll. NRF, Paris, Gallimard 1978] caractérise notre époque. Environ 40% des Occidentaux disent croire au paranormal et 30% avouent des pratiques allant de la lecture des horoscopes à l'invocation d'esprits ou à la pratique de la voyance [François MATHIJSEN, Les Expériences paranormales, imprimi potest du père Charles DELHEZ et imprimatur de Mgr André-Joseph LEONARD), coll. Que Penser de... ?, n° 84, Namur, Fidélité, 2014, p. 5. Docteur en psychologie, l'auteur indique (p. 14) des études récentes selon lesquelles 20% des personnes interrogées ont pratiqué le spiritisme en Europe, 30% aux Etats-Unis. Les chiffres sont probablement bien plus importants en Afrique et en Amérique du Sud...] Le saint théologien du XIIIe siècle peut-il aider les exorcistes et autres pasteurs d'aujourd'hui, confrontés à un phénomène aussi inquiétant qu'exponentiel [Cf. Annexe 6]? [...]

 

C. Plan et titre retenu

 

1. De saint Thomas à Lewis

 

Nous avons fait le choix de ce terme de tactique en référence au livre désormais célèbre de Clive Staples Lewis, Tactique du diable [The Screwtape Letters, livre paru pour la première fois en 1942, traduit de l'anglais par B. V. Barbey, coll. Foi vivante, Delachaux & Niestlé, 1967. Dernière édition française: Emprunte Temps présent, 2010, préface d'Irène Fernandez] évoqué par le pape François en 2014 [Homélie du 11 avril 2014 à la Maison Sainte Marthe]. Lewis n'emploie pas le terme de tactique dans son titre, mais l'idée lui est fidèle et le lecteur français y est aujourd'hui habitué. On sait que cet universitaire irlandais (1898-1963) fut professeur à Oxford puis à Cambridge, y enseignant la littérature du Moyen-Âge et de la Renaissance. Il se convertit au christianisme anglican en 1931, sous l'influence de deux catholiques célèbres: John Ronald Reuel Tolkien et Gilbert Keith Chesterton. Or l'auteur des Chroniques de Narnia (120 millions d'ex. vendus) avait étudié saint Thomas pour son apologétique. 

Roman épistolaire présentant la tentation du point de vue du diable et non du nôtre, sa Tactique du diable imagine le dialogue entre un novice démon, Wormwood, et son oncle chevronné, Screwtape, qui lui explique comment s'emparer de l'âme du pauvre humain Tine. Nous avons très vite été frappé par la justesse psychologique et la précision théologique, fidèle à la démonologie thomasienne, de ce bref roman, fort drôle au demeurant. [Ce roman a été mis en scène jusqu'en février 2015, avec succès, à l'espace Bernanos de Paris, par Michel-Olivier Michel. Il est recommandé par la CEF, Note doctrinale n° 13 'A propos du diable', p. 13, note 49.]

[...] Saint Thomas utilise entre autres le mot impugnatio, que l'on peut rendre par 'tactique'. Ce vocable semble lui être propre en démonologie, et cette originalité paraît singulière.

 

 

2. Parcours logique de ce travail

 

[...] Satan aime maintenir sous son emprise la créature humaine qu'il a fait tomber dans le péché. Plus rares que la tentation mais plus fréquentes que les manifestations extraordinaires de la possession, les liens emprisonnent et polluent la vie des victimes après qu'une porte a été ouverte au démon. De quoi s'agit-il ? Blessure ou péché ? Nous évoquerons aussi les questions de l'hérédité polluée et des vices, de l'astrologie, du spiritisme, des pactes et de la magie (2e partie, ch. 3). Enfin, Lucifer sait briller aux yeux des hommes par ses assauts, rares mais spectaculaires. Que sont ces tactiques extraordinaires, ces vexations, comme celles des incubes par exemple, ces infestations, obsessions ou possessions? Comment une telle violence semble-t-elle possible ? (2e partie, ch. 4).

Mais l'analyse des seules offensives du diable pourrait laisser un goût amer au lecteur et un souvenir dangereux pour le fidèle. Car dans la foi catholique, le démon reste soumis à Dieu. C'est pourquoi, nous avons tenu à présenter, dans une troisième partie, la contre-attaque, les armes offensives et défensives et les remèdes que saint Thomas propose, avec la Tradition de l'Église, contre l'Ennemi infernal.

 

 

Ci-dessous, retrouvez une video de mars 2016 du père Christophe Beaublat sur le diable : 

Extrait

 

"Il (Satan) exerce le job de tentateur. C'est son métier. C'est le travail ordinaire du démon. On est tous concerné par la tentation. Notre Seigneur a voulu nous montrer l'exemple de la victoire dans les tentations (40 jours de jeûne dans le désert). On reste libre. On n'est jamais obligé de succomber à la tentation.

 

Mais le travail extraordinaire du démon, c'est pour certaines personnes qui sont concernées par un certain nombre de causes que l'on va trouver dans le domaine de l'occultisme. L'occultisme c'est deux volets, le volet connaissance et le volet influence.

La connaissance, c'est la recherche des choses cachées (dans notre langage ecclésiastique, on appelle cela la divination, c'est-à-dire la voyance, le spiritisme, les mediums, tout ce qu'il est possible de rencontrer et partout dans le monde où qu'on aille), la recherche de choses cachées, la connaissance de choses secrètes, ésotériques, mystérieuses (la gnose, etc.).

L'influence, c'est de l'ordre de l'agir, l'action, agir sur, avoir des pouvoirs (ce que dans notre langage ecclésiastique on appelle la magie). Donc la divination et la magie sont les deux volets de l'occultisme où l'on peut rencontrer le démon. C'est le domaine du démon, l'occultisme.

Les gens qui viennent me voir me le disent évidemment, parce qu'ils ne vont pas commencer à dissimuler ces choses-là: ils souffrent, donc ils ont envie d'être débarrassés de leurs problèmes. Ils me disent: oui, c'est vrai je suis allé voir une voyante, un coupeur de feu, un sorcier, un marabout, un magnétiseur. Derrière ces mots, il faut voir exactement ce dont il s'agit, ce qu'ils sont allés chercher et ce qu'ils ont obtenu. Ces gens-là ont pu faire eux-mêmes cette démarche, ou alors, on l'a faite pour eux, parce qu'ils avaient un problème de santé et on les a emmenés chez un sorcier, quelqu'un qui utilise des pouvoirs particuliers pour soigner.

Ou alors, cela peut aussi être quelqu'un qui est victime d'un mauvais sort (sortilège, mauvais sort, magie noire, sorcellerie). Parce que dans la magie, pour simplifier, il y a trois sortes de magie.

Il y a celle dont je viens de parler qui est dans le domaine médical ou para-médical, c'est ce que l'on appelle la magie blanche, parce que le but est bon. Obtenir la guérison, ne plus souffrir. Ce qui est mauvais c'est les moyens utilisés pour atteindre ce but. Vous connaissez l'adage populaire 'la fin ne justifie pas les moyens'. Même si la fin, le but, l'objectif est bon, on n'a pas le droit d'utiliser n'importe quel moyen. C'est ce qu'on appelle la magie blanche, très répandue et qui à mon avis le sera de plus en plus dans le domaine médical, le domaine de la santé.

Il y a la magie rouge, rose ou sexuelle, ou magie amoureuse, c'est jeter un sort sur quelqu'un pour qu'il tombe amoureux de vous. Si la personne qui est victime de ce mauvais sort est vulnérable, c'est-à-dire si elle ne pratique pas (si elle n'est pas baptisée encore plus), si elle vit loin de Dieu, en état de péché, elle est vulnérable et elle peut recevoir ce sortilège de plein fouet et se retrouvée piégée, pieds et poings liés. Je connais plusieurs exemples. C'est très répandus en Afrique noire, au Maghreb aussi. Le pays où l'on pratique le plus ce genre de magie c'est le Maroc. C'est pas loin, c'est de l'autre côté de la Méditerranée. Et je connais plusieurs exemples de gens qui se sont faits piégés.

Et puis, il y a la magie noire. Magie noire parce que le but est mauvais. Le but c'est faire du mal, faire en sorte que quelqu'un divorce, perde son travail, tombe malade, ait un accident, que sais-je. Et dans certains cas cela marche très bien en effet si la personne qui est victime de ce mauvais sort est vulnérable. Cela ne marche pas à tous les coups. C'est pour cela que les gens qui sont très sérieux dans leur vie chrétienne (sauf très rare exception) ne viennent pas me voir, parce qu'ils n'ont pas besoin des services d'un exorciste. Cela je le vois, je le constate tous les jours: les gens qui sont très sérieux dans leur vie chrétienne n'ont pas à avoir peur du démon, ils sont très protégés. Sinon je changerai de métier... Parce que je pense que je dois être en tête des ennemis à abattre pour le démon, mais je n'ai pas à avoir peur car je sais que je suis protégé (par la messe, les sacrements, de réconciliation, l'eucharistie, la récitation du chapelet, l'Adoration eucharistique, la lecture de la Bible, etc.)"

 

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 12:18

Le philosophe Stéphane Mercier vient de sortir le livre "La Philosophie pour la vie", éd. Quentin Moreau.

En mars 2017, Stéphane Mercier, docteur en philosophie et enseignant à l'université catholique de Louvain en Belgique, a déclenché une incroyable tempête médiatique après avoir dispensé un cours contre le droit de choisir l'avortement. Dans son livre, l'auteur démontre que "la raison naturelle, que nous avons tous en partage, établit assez clairement et assez rapidement", que l'avortement est "le meurtre d'un être humain innocent". Hurlements des médias, lâcheté du monde universitaire, silence du clergé belge, Stéphane Mercier a subi un lynchage tel qu'il a été chassé de l'université "catholique" de Louvain. Récit de cette exécution professionnelle sur TV Libertés.

Extrait :

 

"L'argument (des pro-avortement selon lequel l'embryon avant la 8e semaine n'est qu''un amas de cellules' - et pas une personne à part entière-) est assez étrange quand on y pense parce que un amas c'est un tas désorganisé. Or, ce qu'on, et là ce n'est même pas le philosophe qui parle, c'est simplement l'observation que font les scientifiques, que fait la biologie, c'est que loin d'être un tas de cellules qui par définition serait désorganisé, on est devant, dès le moment de la conception, à un être qui s'organise selon une logique extrêmement précise, dans une direction extrêmement précise, elle aussi, si bien que dès le moment de la conception, on voit bien qu'il y a non seulement un être vivant, qui grandit, qui se développe en fonction d'un plan, d'une structure logique qui est parfaitement clair. On ne peut pas parler de 'tas de cellules', le tas c'est vraiment un ensemble désorganisé, c'est quand vous laissez tomber vos papiers et que vous avez un ensemble qui ne correspond à rien. Au contraire, on voit bien ici que ce petit être vivant s'organise d'une manière extrêmement précise dans une direction déterminée.

 

[...]

 

L'argument (des pro-avortement qui n'est pas un argument mais un slogan) selon lequel la femme peut disposer de son corps, l'affirmation c'est mon corps, c'est mon droit, quand on y réfléchit un instant est un slogan qui ne signifie pas grand chose parce que la femme ne peut pas dire c'est mon corps, mais c'est dans mon corps. C'est une position géographique si on veut. C'est-à-dire qu'il ne s'agit pas simplement de son corps, mais de quelque chose, de quelqu'un qui se vérifie du point de vue l'ADN. Ce qui se développe dans le sein de la femme n'a pas l'ADN de la femme. Cela n'en a qu'une partie, cela a son ADN propre, c'est-à-dire qu'il s'agit bien d'un autre être vivant, un être distinct qui est dans son corps. Mais ce n'est pas son corps.

 

[...]

 

L'avortement n'est jamais une vraie bonne solution. C'est quelque chose qui en plus de tuer un être humain, l'enfant, est quelque chose qui blesse irrémédiablement la femme qui y a recours. Et donc, loin de lui apporter une solution satisfaisante c'est au contraire ajouter à sa détresse, en la rendant complice d'un meurtre, sans même qu'elle s'en rende compte dans bien des cas. Et cela risque de la poursuivre toute sa vie. Et cela c'est une catastrophe bien évidemment.

 

[...]

 

(S'agissant de l'interdiction légale) Quand il s'agit de quelque chose d'intrinsèquement mauvais, d'intrinsèquement désordonné, il faut absolument l'interdire, et si les autres pays ne suivent pas, c'est très regrettable mais on ne peut jamais dire que sous prétexte que les gens iront commettre un méfait ailleurs, on doit le laisser faire dans tel ou tel pays. Donc en Belgique, il est interdit de génocider, de faire de la traite humaine, de violer, et bien il devrait être interdit aussi de tuer des êtres humains innocents et donc d'avorter."

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 09:45
L’Église dans la tourmente. Histoire du Premier millénaire de l'Eglise - Roberto de Mattei

Les Éditions Le Drapeau blanc publient l’ouvrage de vulgarisation historique intitulé L’Église dans la tourmente. Histoire du Premier millénaire de l'Eglise, du professeur Roberto de Mattei.

Aujourd’hui, la barque de Pierre affronte des crises internes aussi bien que des persécutions sanglantes, notamment en Orient. Les papes successifs parlent volontiers d’affaiblissement de la foi, et le message de Notre-Dame de Fatima semble chaque jour plus actuel.

Mais le combat de Satan contre l’Église n’est pas nouveau. Celle-ci a dû dès le départ s’établir par le martyre, avant de connaître des hérésies terribles et des compromissions odieuses, mais aussi de grandes manifestations de sainteté – comme le monachisme.

Connaître l’histoire de l’Église aide à rester sur la voie droite dès lors que la tempête se déchaîne. La dimension naturelle du Corps mystique du Christ, liée à la fragilité des hommes, ne fait que rehausser l’éclat de sa dimension surnaturelle.

Des premiers martyrs à la libération de Jérusalem, le professeur de Mattei nous invite en toute simplicité à mieux connaître les ombres et lumières qui ont marqué le premier millénaire de l’Église.

L’auteur : Roberto de Mattei est né en 1948 à Rome. Historien, il a enseigné à l’Université européenne de Rome et à l’université de Cassino, où il a été titulaire de la chaire d’histoire moderne. Président de la fondation Lépante, il anime également la revue Radici Cristiane ainsi que les agences d’information Correspondance européenne et Corrispondenza Romana. De 2004 à 2007 et de 2008 à 2011, il a été le vice-président de l’équivalent du CNRS en Italie. Enfin, entre 2002 et 2005, il a été conseiller du gouvernement italien pour les questions internationales.

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11 décembre 2017 1 11 /12 /décembre /2017 16:04
"La Légende noire du Moyen-Age – Cinq siècles de falsification" - Claire Colombi

« J’ai, par l’histoire de la propagande anti-médiévale, vu se dérouler à travers le temps une guerre. Une guerre des mots, une guerre des idées, une guerre de principes métaphysiques et des modèles civilisationnels. Et chaque campagne de propagande était une nouvelle bataille, opposant des modèles de société. » On pourrait en faire une somme. Depuis cinq cent ans, philosophes, historiens, artistes, professeurs s’affairent sur cette très longue tranche d’histoire qu’on nomma d’un seul bloc « Moyen-Age »… le plus souvent avec une propagande coupable qui en épaissit, année après année, la sombre réputation. La jeune historienne Claire Colombi nous en donne un petit aperçu sur un ton libre et railleur, souvent agacé, parfois emporté, mais toujours très convaincu.

 

La Légende noire du Moyen-Age – Cinq siècles de falsification montre aussi que ses aînés, à l’instar de la chartiste Régine Pernoud ou de l’historien Jacques Heers, n’ont toujours pas été entendus…

 

 

« Obscur, laid, froid, ignare, frustre et grossier » Claire Colombi

 

 

Un repoussoir. Le grand et long Moyen-Age a fait office de repoussoir : il fallait bien fournir un saisissant contraste avec les sacro-saintes Lumières maçonniques qui devaient illuminer le monde commençant du Progrès, délivré des croyances et des préjugés de l’ancienne ère. Il a fallu « condamner les abus et les anciennes pratiques. On les tourna en ridicule, on les appela archaïques et on inventa un passé triste, inefficace, injuste, violent et sombre ».

 

Le philosophe français Pierre Dortiguier est même allé jusqu’à proposer de le nier avec la thèse du « récentisme » (dont l’origine remonte à la Russie révolutionnaire), à savoir que le Moyen-Age n’a, en fait, jamais existé et que toutes ses belles réalisations furent antidatées.

 

C’est dire le peu (ou le rien du tout) qu’on veut laisser à cette période qui fut le temps des cathédrales, un âge d’or qui déplaît précisément parce qu’il a partie liée avec l’épanouissement de la chrétienté en France. Claire Colombi parle d’« une montagne de connaissances et de culture, toujours éclairée par la lumière des Évangiles et de la foi chrétienne »…

 

 

« Avant ne connaît que deux classes sociales : les riches oppresseurs et les pauvres opprimés ».

 

 

Ignorance, censure et mensonge. Mystification. « Il ne faut connaître l’histoire de ce temps-là que pour la mépriser », disait déjà Voltaire. C’est ce qui a rapidement poussé à présenter la Renaissance comme La période qui permit la prise de conscience soudaine de la liberté et de la modernité. La preuve : elle a cherché à revenir à l’antique, sous sa forme pure, originale… Le Moyen-Age l’avait pourtant fait bien avant elle (le poète normand Jean Bodel parlait au XII e siècle des « trois matières littéraires que tout homme savant doit connaître : celle de France, de Bretagne et de la grande Rome »), mais la manière en était assurément dévoyée par le christianisme.

 

Et puis, il fallait « une genèse à l’anthropologie du Progrès ».

 

Condorcet ne dit pas autre chose : « Des rêveries théologiques, des impostures superstitieuses sont le seul génie des hommes, l’intolérance religieuse est leur seule morale : et l’Europe, comprimée entre la tyrannie sacerdotale et le despotisme militaire, attend dans le sang et dans les larmes, le moment, où de nouvelles lumières lui permettront de renaître à la liberté. »

 

 

« La Légende noire du Moyen-Age Cinq siècles de falsification »

 

 

Des mythes sur les paysans affamés aux prétendus droits scandaleux des seigneurs, en passant par ces listes fourre-tout d’impôts, tout cela n’a qu’un seul but : disqualifier le clergé et la noblesse d’épée, distiller la haine de l’ancien système et des deux piliers qui le soutenaient, à savoir la royauté et l’Église, qui doivent être ramenées à la tyrannie et au fanatisme. Claire Colombi n’oublie pas la Franc-Maçonnerie dont elle souligne le rôle éminent dans l’abolition des privilèges et dans tout ce qu’il ressortit de la célèbre nuit du 4 août.

 

On touche bien là à une guerre idéologique. L’auteur parle d’« une cage mentale », qui empêche toute comparaison, l’exercice par essence de l’historien. Et se plaît à transposer des phénomènes de lutte des classes dans un monde qui en ignorait tout et faisait en l’occurrence souvent bien mieux que notre société actuelle, ultra libéraliste et individualiste…

 

 

« Les ténèbres du Moyen-âge ne sont que celles de notre ignorance » Gustave Cohen

 

 

A travers les vieux manuels consacrés d’Ernest Lavisse ou de Jules Steeg, l’École de la III e République a donné un corps plus ferme encore à cette totale mystification, puisqu’elle a déformé des générations de jeunes esprits – Jules Ferry savait ce qu’il faisait : c’est en 1789 que doit tout commencer.

 

Et le public est malheureusement toujours bien entretenu, à l’heure d’aujourd’hui, sur le petit comme sur le grand écran. Claire Colombi évoque la célèbre émission « La Caméra explore le temps », diffusée entre 1957 et 1966, qui pleura le sort des Cathares et stigmatisa les Templiers. Mais aussi « Secrets d’Histoire » dirigé par Stéphane Bern, qui, s’il parle du Moyen-Age, ne le fait que pour de doux secrets d’alcôves et d’avenantes coucheries…

 

L’histoire à la télé, c’est avant tout de l’audimat : il faut que ça émoustille. Le cinéma a su aussi parfaitement ancré tous ces poncifs entre l’odieux Au nom de la Rose de Jean-Jacques Annaud et le sulfureux La Passion Béatrice, de Bertrand Tavernier

 

Partout, le Moyen Age n’est qu’un prétexte, pour dénoncer le fanatisme sous toutes ses formes et louer par contraste le libre penser moderne – un vrai sectarisme, pourtant, celui-là…

 

 

Clémentine Jallais

 

Reinformation.Tv

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7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 19:40

Le philosophe Stéphane Mercier, docteur en philosophie et enseignant à l'université catholique de Louvain en Belgique, vient de sortir le livre "La Philosophie pour la vie, Un professeur d'université remet en question l'avortement", éd. Quentin Moreau.

En mars 2017, il a déclenché une incroyable tempête médiatique après avoir dispensé un cours contre le droit de choisir l'avortement. Dans son livre, il démontre que "la raison naturelle, que nous avons tous en partage, établit assez clairement et assez rapidement" que l'avortement est "le meurtre d'un être humain innocent". Hurlements des médias, lâcheté du monde universitaire, silence du clergé belge, Stéphane Mercier a subi un lynchage tel qu'il a été chassé de l'université "catholique" de Louvain. Récit de cette exécution professionnelle sur TV Libertés.

Extrait :

 

"L'argument (des pro-avortement selon lequel l'embryon avant la 8e semaine n'est qu''un amas de cellules' - et pas une personne à part entière-) est assez étrange quand on y pense parce que un amas c'est un tas désorganisé. Or, ce qu'on constate, et là ce n'est même pas le philosophe qui parle, c'est simplement l'observation que font les scientifiques, que fait la biologie, c'est que loin d'être un tas de cellules qui par définition serait désorganisé, on est devant, dès le moment de la conception, à un être qui s'organise selon une logique extrêmement précise, dans une direction extrêmement précise, elle aussi, si bien que dès le moment de la conception, on voit bien qu'il y a non seulement un être vivant, qui grandit, qui se développe en fonction d'un plan, d'une structure logique qui est parfaitement clair. On ne peut pas parler de 'tas de cellules', le tas c'est vraiment un ensemble désorganisé, c'est quand vous laissez tomber vos papiers et que vous avez un ensemble qui ne correspond à rien. Au contraire, on voit bien ici que ce petit être vivant s'organise d'une manière extrêmement précise dans une direction déterminée.

 

[...]

 

L'argument (des pro-avortement qui n'est pas un argument mais un slogan) selon lequel la femme peut disposer de son corps, l'affirmation c'est mon corps, c'est mon droit, quand on y réfléchit un instant est un slogan qui ne signifie pas grand chose parce que la femme ne peut pas dire c'est mon corps, mais c'est dans mon corps. C'est une position géographique si on veut. C'est-à-dire qu'il ne s'agit pas simplement de son corps, mais de quelque chose, de quelqu'un qui se vérifie du point de vue l'ADN. Ce qui se développe dans le sein de la femme n'a pas l'ADN de la femme. Cela n'en a qu'une partie, cela a son ADN propre, c'est-à-dire qu'il s'agit bien d'un autre être vivant, un être distinct qui est dans son corps. Mais ce n'est pas son corps.

 

[...]

 

L'avortement n'est jamais une vraie bonne solution. C'est quelque chose qui en plus de tuer un être humain, l'enfant, est quelque chose qui blesse irrémédiablement la femme qui y a recours. Et donc, loin de lui apporter une solution satisfaisante c'est au contraire ajouter à sa détresse, en la rendant complice d'un meurtre, sans même qu'elle s'en rende compte dans bien des cas. Et cela risque de la poursuivre toute sa vie. Et cela c'est une catastrophe bien évidemment.

 

[...]

 

(S'agissant de l'interdiction légale) Quand il s'agit de quelque chose d'intrinsèquement mauvais, d'intrinsèquement désordonné, il faut absolument l'interdire, et si les autres pays ne suivent pas, c'est très regrettable mais on ne peut jamais dire que sous prétexte que les gens iront commettre un méfait ailleurs, on doit le laisser faire dans tel ou tel pays. Donc en Belgique, il est interdit de génocider, de faire de la traite humaine, de violer, et bien il devrait être interdit aussi de tuer des êtres humains innocents et donc d'avorter."

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25 novembre 2017 6 25 /11 /novembre /2017 08:27
La Grande Histoire des guerres de Vendée - Pas de théorisation de la violence chez les révolutionnaires de 1789 ?

Invité de France Inter mardi 21 novembre pour la sortie de son livre"La Grande Histoire des guerres de Vendée", Patrick Buisson a dénoncé justement le "terrorisme d'État" de la Révolution, comparable au djihad de Daech. Une analogie que l'historien Loris Chavanette juge pourtant "mal fondée", dans un article du Point. Selon cet historien, "les révolutionnaires de 1789 [...] n'ont jamais théorisé la violence comme une nécessité de l'histoire." (Sic) "La nuance est de taille et doit être rappelée pour ne pas confondre les révolutions entre elles" (Resic).

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41GCVZEBMWL._SL500_AA300_.jpgOr, pas de chance, il ressort des discours des révolutionnaires de 1789 un volontarisme et un constructivisme qui sont "la première racine de la Terreur révolutionnaire". Ceci a été bien défini par Patrice Gueniffey dans  La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire (Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 50.). "L'histoire de la Terreur ... ne commence de ce point de vue ni en 1793 ni même en 1791 ni en 1792 : elle est consubstantielle à la Révolution qui, dès 1789, se présente comme une pure aventure de la volonté".

 

Par leur volonté de construire un homme nouveau arraché à tout ce qui le définit, à son passé comme à la religion de ses ancêtres, par leur volonté de construire un corps social régénéré, les révolutionnaires de 1789 sont les premiers à théoriser la violence comme moyen pour parvenir à leur projet de société. Et parmi ces moyens, il y a la guerre.

 

Avant tout propos, nous pouvons rappeler ici que d'un point de vue spirituel, il y a chez les révolutionnaires de 1789, comme chez les Modernes, une volonté de détruire l'ordre naturel et cosmologique.

 

Lire: "L'alternative philosophique" et "spirituelle" (Guillaume Bernard et Ariane Bilheran)

 

"La fin sanctifie les moyens". La guerre, comme moyen

 

L'abbé Barruel, célèbre auteur contre-révolutionnaire en 1797, voit dans la conjuration des Illuminés de Bavière, la source de la Révolution "française" de 1789. "C'est, dit-il, de la secte qu'est venu le serment de dénoncer parents, amis, frères et soeurs, et de regarder, sans exception, comme proscrit, tout homme qui ne partage point les opinions révolutionnaires. Ce serment était celui des loges, avant d'être celui des Jacobins. (Abbé Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1797, rééd. Editions de Chiré, Poitiers 2005, tome 2, p. 479).

 

ll relate ce que Sieyès, l'abbé franc-maçon révolutionnaire, répondit aux reproches de M. Mallet du Pan, horrifié des moyens révolutionnaires :

"Vous nous parlez toujours de nos moyens; eh ! Monsieur, c'est la fin, c'est l'objet et le but qu'il faut apprendre à voir'"

 

L'abbé Barruel précise que "ce principe qui console nos Sieyès de tant d'atrocités, c'est encore de la secte elle-même qu'ils l'ont appris; c'est du code et des loges de Weishaupt que nous l'avons vu passer au code Jacobin". Il ajoute que c'est de la bouche même de cet auteur, qu'il a appris la réponse que Sieyès faisait à ses reproches. (A. BARRUEL, Mémoires pour servir à l'Histoire du jacobinisme, rééd. Editions de Chiré, Poitiers 2005, tome 2, p. 479.)

 

A la page 102 : "(Weishaupt). Il avait inventé ce principe : 'La fin sanctifie les moyens', il l'appliquait au vol que ses adeptes pouvaient faire et faisaient dans les bibliothèques des princes ou des religieux. ... Nous verrons la secte en faire des applications bien plus importantes..."

 

En 1789, Brissot, invoquant l'autorité de Machiavel, rétorqua à Clermont-Tonerre : "Rappelez-vous, l'axiome : 'qui veut la fin, veut les moyens'" (Source: Le Patriote français, n° 201, 25 février 1790, p. 5-8, cité in P. Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 89).

 

Ce qui est mal sous le régime "despotique" (sous l'Ancien Régime, le délateur était vil et abject) devient un bien dès lors que le peuple devient "souverain". L'inversion générale des valeurs se retrouve ici. "La dénonciation, loin d'être un crime en morale, est devenue une vertu et un devoir" ! (Lucien Jaume, Le Discours jacobin et la démocratie, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1989, p. 204.)

 

La terreur révolutionnaire de 1789 trouve son héraut le 12 septembre lorsque Marat publie le premier numéro de son journal intitulé Le Publiciste parisien qui prendra le titre de L'Ami du peuple à partir du n° 6, le 16 septembre 1789.

 

"Marat n'est pas le seul à s'être donné pour mission la surveillance et la dénonciation des 'complots' (contre-révolutionnaires, Ndlr.). Argus, Surveillants, Dénonciateurs, Sentinelles et même Aveugles clairvoyants: telles sont les publications qui se bousculent aux étalages des libraires. (Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 69-71.)

 

Le révolutionnaire Brissot, qui avait des biens à Ouarville dans l'Eure-et-Loir, et qui en bon anglomane, se disait Brissot de Warville, était le stipendié des banquiers et des hommes d'affaires .(R. Sédillot, Le Coût de la Terreur, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1990, p. 213, 214). Il était également le secrétaire général et trésorier de chancellerie du duc d'Orléans, alors "Grand Maitre du Grand Orient de France". (Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959; p. 183, 345 et suivantes, 367, 369, 407)Brissot appelait à la guerre "révolutionnaire" "pour libérer les peuples" (sic). C'est donc une théorisation de la libération des peuples par la guerre. C'est ce même principe que l'on trouvera chez les communistes de 1917, inspirés du Manifeste de Karl Marx de 1848.  'Les communistes déclarent ouvertement qu'ils ne peuvent atteindre leurs objectifs qu'en détruisant par la violence l'ancien ordre social.'" (Cf. Stéphane Courtois, Communisme et totalitarisme, Tempus, Paris 2009, p. 76)

 

Lire: Révolution d’octobre : un documentaire ne fait pas l'impasse sur les crimes de Lénine

 

Jusque-là pourtant, Brissot s'était illustré comme "philanthrope", "ami de l'humanité", un grand créateur (et financeur) de sociétés dites "philosophiques"..., en réalité véritables postes centraux maçonniques dispersés sur l'ensemble du territoire.

 

Dans son livre Le Discours jacobin et la démocratie, Lucien Jaume explique :

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/518vmFiw1IL._AA278_PIkin4,BottomRight,-54,22_AA300_SH20_OU08_.jpg"La guerre de la liberté, (dit Brissot, ce 16 décembre 1791. Ndlr.) est une guerre sacrée, une guerre commandée par le ciel; et comme le ciel elle purifie les âmes. [...] Au  sortir des combats, c'est une nation régénérée, neuve, morale; tels vous avez vu les Américains: sept ans de guerre ont valu pour eux un siècle de moralité. ... La guerre seule peut égaliser les têtes et régénérer les âmes" (Jacques-Pierre Brissot de Warville, discours du 16 décembre 1791, cité in Lucien Jaume, Le Discours Jacobin, Fayard, p. 71.) 

 

La guerre avait également chez Brissot une visée économique :

 

'Enfin, n'y a-t-il pas un commerce au milieu des guerres ?'..." Il faut cependant signaler que les 'brissotins' ne furent pas les seuls initiateurs de la guerre; comme l'ont signalé F. Furet et D. Rocher (La Révolution française), c'est tout le courant d'esprit démocratique en France qui s'enflamma pour elle..." (L. Jaume, ibid., p. 73.)

 

Comme l'explique Patrice Gueniffey, les Brissotins (ou "Girondins")  avaient voulu, en déclarant la guerre à l'Autriche (20 avril 1792), porter un coup fatal à la monarchie, en se réjouissant par avance de la défaite militaire de la France, qui établirait enfin la preuve de la 'trahison du roi'"... (P. Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, pages 176, 227 et 670).

 

L'abbé Barruel écrit, qu'après la "conspiration du 10 août" 1792, dite "insurrection du 10 août" [journée au cours de laquelle fut envahie l'Assemblée ainsi que le Palais des Tuileries, siège du pouvoir Exécutif, pris d'assaut. Lucien Jaume dans Le Discours jacobin et la démocratie, parle d"insurrection" qui "n'est pas spontanée", d'"une collusion supposée entre Lafayette et les amis de Brissot", d'un "Directoire secret" dont les "manifestants" "ont été préparés politiquement et militairement , "une synthèse a été fournie par G. Maintenant" : Les Jacobins, coll. Que sais-je? PUF, Paris 1984, p. 52-58. L'abbé Barruel parle d'une "conspiration" "ourdie par Brissot"]:

 

"dès lors, on les entend dire dans leur club, ce que Brissot écrivait ensuite aux généraux de sa Révolution: 'Il faut incendier les quatre coins de l'Europe, notre salut est là' (Voyez Considér. sur la nature de la Révol. par M. Mallet du Pan, p. 37).

 

"L'historien pourra trouver toute l'histoire de cette atroce révolution du 10 août, dans les discours du député Louvet (journaliste, conventionnel régicide, député aux Cinq-Cents): 'nous la voulions, nous autres jacobins, parce qu'à coup sûr la paix tuait la république...'" (Jean-Baptiste Louvet, dit Louvet de Couvray, cité in A. Barruel, ibid., p. 473.)

Comme l'explique Patrick Buisson sur France Inter,  "en matière de terrorisme d'État, la Terreur, c'est nous qui l'avons inventée" !

 

Preuves, quelques citations de nos révolutionnaires :

 

"Je ne juge pas, je tue. Une nation ne se régénère que sur des monceaux de cadavres." (Saint Just)

 

"Ce que j’ai fait dans le midi, dit Baudot, je le ferai dans le sud. Je les rendrai patriotes, ou ils mourront ou je mourrai." (Marc-Antoine Baudot (1765-1837). Député envoyé en mission dans le sud-ouest et près de l’armée des Pyrénées d’avril 1793 à mars 1794. H. TAINE, Les Origines de la France contemporaine, p. 53.)

 

"Le Comité de Salut Public a préparé des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle (Vendéens), à faire disparaître ses repères, à incendier ses forêts, à couper ses récoltes. Le vaisseau de la Révolution ne pourra arriver au port que sur une mer de sang." (Bertrand Barrère) Question : pourquoi est-on obligé de n'y arriver que "sur une mer de sang" ? N'y a-t-il pas des moyens plus pacifiques ? Pas de théorisation de la violence ?

 

"Il n'y a plus de Vendée. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l'enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay, suivants les ordres que vous m'avez donnés. J'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré des femmes, qui au moins pour celles-là n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé... Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant dans plusieurs endroits qu'ils font pyramides." (Général François-Joseph Westermann, cité in Jean-François CHIAPPE, La Vendée en Armes 1793, tome 1, Librairie Académique Perrin, Paris 1982, p. 455.)

 

"Le Comité de Salut public a pensé que, pour célébrer la Journée du 10 août qui a abattu le trône, il fallait pour son anniversaire détruire les mausolées fastueux qui sont à Saint-Denis. Les porte-sceptre, qui ont fait tant de maux à la France et à l'Humanité semblent encore, même dans la tombe, s'enorgueillir d'une grandeur évanouie. La main puissante de la république doit effacer impitoyablement ces épitaphes superbes et démolir ces mausolées qui rappelleraient des rois l'effrayant souvenir.

Décision prise par la Convention nationale visant à profaner les tombes royales, au nom des "valeurs républicaines", le 31 juillet 1793. Pas de violence dans la profanation de tombes ?

 

"Nous ferons de la France un cimetière, plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière et de manquer le but que nous nous sommes proposé." (Jean-Baptiste Carrier, in G.-A. TRONSON-DUCOUDRAY, La Loire vengée ou recueil historique des crimes de Carrier et du comité révolutionnaire de Nantes, Paris, an III de la République (coll. "Hervé de Bélizal"), p. 232.) Pas de théorisation de la violence ?

 

"Vous avez à délivrer le pays d'un chancre qui le dévore. Le poison est plus sûr que toute votre artillerie. Ne craignez donc pas de le mettre en jeu. Faites empoisonner les sources d’eau. Empoisonnez du pain que vous abandonnerez à la voracité de cette misérable armée de brigands, et laissez faire l’effet. Vous avez des espions parmi ces soldats qu’un enfant conduit. Lâchez-les avec ce cadeau et la partie sera sauvée." (Jean-Baptiste Carrier, le 9 novembre 1793, qui préconise d'empoisonner les puits et les sources d'eau... Pas de théorisation de la violence ?)

 

"Ce qui constitue une République, c'est la destruction totale de ce qui lui est opposé." (Saint Just)

 

Carrier "purge" la France des asociaux (donc sous-humains) du Bas-Poitou: il l'annonce en précisant fièrement qu'il fait massacrer "par centaines" les naïfs qui se rendent. "La défaite des brigands est si complète qu'ils arrivent à nos avant-postes par centaines. Je prends le parti de les faire fusiller... C'est par principe d'humanité que je purge la terre de la liberté de ces monstres... J'invite mon collègue Francastel à ne pas s'écarter de cette salutaire et expéditive méthode." (Lettre de Carrier à la Convention nationale, 30 frimaire an II, 20 décembre 1793, lue à l'assemblée le 6 nivôse, 26 décembre; Moniteur, n° 98, 8 nivôse, 28 décembre ("à la une") p. 393, col. 1.) Pas de théorisation de la violence ?

 

 

Le professeur de philosophie Benaben, commissaire : 'Il paraît qu'on a fusillé plus de deux mille brigands. On appelle cela : envoyer à l'ambulance.' (Jean-François CHIAPPE, La Vendée en Armes 1793, tome 1, Librairie Académique Perrin, Paris 1982, p. 455.)

 

Il faut "régénérer l'espèce humaine en épuisant le vieux sang" (Le Batteux à Carrier, 21 nivôse an II, 10 janvier 1794: cité dans J. CRETINEAU-JOLY, Histoire de la Vendée militaire (1840-1842), 4 vol., Paris 1979, t. 2, p. 78.)

 

"La guerre de Vendée est enfin terminée sur la rive droite de la Loire. Un petit séjour dans ses cantons fera disparaître les fantassins qui auraient pu s'évader à la faveur des bois... C'en sera fini de l'engeance fuyarde, de la race maudite, des fanatiques et des traîtres." (Général Marceau, cité in Jean-François CHIAPPE, La Vendée en Armes 1793, tome 1, Librairie Académique Perrin, Paris 1982, p. 455.)

 

"Les brigands de la Vendée ne la reverront plus; hommes, femmes, marquis, comtesses, tout est tombé sous le sabre que vous nous aviez confié." (Un aide de camp du Général Kléber à la Convention, cité in Jean-François CHIAPPE, La Vendée en Armes 1793, tome 1, Librairie Académique Perrin, Paris 1982, p. 456.)

 

"Nous pourrons être humains quand nous serons assurés d'être vainqueurs." (Lettre de Hérault de Séchelle à Carrier, le 29 septembre 1793, citée d'après C.L. CHASSIN, La Vendée patriote, t. 3, Paris, 1894, reprint Mayenne 1973, p. 559.) Pas de théorisation de la violence ?

 

"Oui, nous devons l'avouer, nous faisons répandre beaucoup de sang impur, mais c'est par humanité, par devoir." (Lettre de Fouché à la Convention, 27 décembre 1793, cité d'après A. GERARD, Par Principe d'humanité..., La Terreur et la Vendée, Paris 1999, p. 25).

"Fouché dit 'par humanité' ; Carrier dit 'par principe d'humanité' ; le médecin du camp (nazi), remarque le professeur Xavier Martin, exprime-t-il autre chose lorsque disant éradiquer 'un appendice purulent', il déclare agir 'par respect pour la vie humaine'?" (Xavier Martin, Régénérer l'espèce humaine, Utopie médicale et Lumières 1750-1850, La médecine au pouvoir ?, DMM, Mayenne 2008, p. 114).

L'animalisation dont parle Patrick Buisson:

 

Comme l'a montré Xavier Martin dans "Régénérer l'espèce humaine. Utopie médicale des Lumières (1750-1850) (Dominique Martin Morin édition, Mayenne 2008), la République bestialise les récalcitrants. "Ne sont-ils que bêtes, ou bien sont-ils des bêtes ? "Elle parle de 'troupeau', et de 'femelles'. Le mot est fréquent. Significative, cette formulation de deux commissaires municipaux s'adressant à la Convention (4 germinal an II, 24 mars 1794), à propos des femmes et enfants jetés vivants dans les fours : 'Les femelles des royalistes manquants, ils s'adressent aux épouses des vrais patriotes.' (cité dans HVM/2/118)." ... "Et de juger les mâles et les femelles" (Lettres de la Commission militaire Parein-Félix, dans Anjou Historique, 1917-1918, [p. 231-248], p. 242.), et d'"animaux à face humaine" (Camille Desmoulins, cité par A. Gérard, La Vendée, 1789-1793, Seyssel, 1992, p. 144.), ou d'"un ramas de cochons, de gens qui n'avaient pas figure humaine" (Bourdon (de l'Oise), au Club des Jacobins, le 11 septembre 1793 : Aulard, éd., La Société des Jacobins..., t. 5, op. cit., p. 399), ... elle empile leurs corps 'à peu près comme des cochons qu'on aurait voulu saler' (rapporté en l'an III par un républicain d'Anjou, réprobateur: Rapport du citoyen Benaben..., op. cit. p. 81)

 

La république en vient "à dénier aux Vendéens tout caractère humain" (A. Gérard, op. cit., p. 277) Un "naturaliste célèbre" en ces années de drame, n'avait-il pas renom d'avoir imaginé qu'entre l'homme et le singe, le Bas-Poitevin, peut-être, est le chaînon manquant ? (c'est ce que rapporte, indigné il est vrai, le républicain J.-B. Leclerc : Essai sur la propagation de la musique, op. cit. (an VI), p. 66-67). Voltaire avait écrit (et le thème est commun sous sa plume) : "Le peuple est entre l'homme et la bête" (Voltaire's Notebooks, éd. Bestermann, 2 vol., Genève, 1952, t. 2, p. 381.); il estimait que seuls les philosophes "ont changé les bêtes en hommes" (Voltaire, Correspondance, t. 7, p. 913, lettre du 7 novembre 1764 à Damilaville). Dès l'origine des évènements, il s'était volontiers agi de battue, de chasse aux "bêtes fauves", de "traquer ces brigands comme des loups" (Lettre des Commissaires dans les Deux-Sèvres et la Vendée, 19 mars 1793 : Aulard, éd., Recueil des actes du Comité de Salut public..., t. 2, Paris, 1889, p. 416.), de "leur courir sus, non pas comme dans une guerre, mais comme dans une chasse" (Desmoulins, référence de la note 155.), de les poursuivre "comme on poursuit les sangliers. Il faut des éclaireurs qui fassent lever ce gibier" (Un militaire aux Jacobins, le 1er juin 1793 : Aulard, La Soc. des Jacobins, t. 5, op. cit., p. 221.) Barrère, à la tribune, a alors, sur mesure, ajusté l'expression "chasse civile" (Convention, 15 brumaire an II, 5 novembre 1793: AP/1/78/403/1.) (Source: Xavier Martin, Sur les Droits de l'Homme et la Vendée, DMM, Niort 1995, p. 52-55.)

 

Mallet du Pan, penseur calviniste incarnant une Contre-révolution réformatrice en 1789, partisan d'une monarchie constitutionnelle à l'anglaise qu'il aurait voulu voir introduire en France (dont il croyait l’application possible), et sous la plume duquel l’expression "suffrage universel" fit son apparition, s'indigna très vite des excès des philanthropes rédacteurs des "droits de l'homme", se jeta avec emportement dans le parti royaliste et se mit en 1793 à faire une critique sévère de la Révolution et les hommes qui en avaient adopté les principes. Le roi conçut pour lui une si grande estime qu’en 1792, il le chargea d’une mission de confiance en Allemagne et d'y inciter les souverains étrangers à la modération.

 

En 1793, attaché à la propriété, hostile à la bourgeoisie d'argent qui avait pris le pouvoir par la conspiration républicaine du 10 août 1792 qui mettait en danger la civilisation européenne tout entière, Mallet du Pan, écrivait, dans un style vif, plein de verve et de franchise :

 

En 1792, "la France est une vaste caserne :

 

tous les révolutionnaires sont soldats ou destinés à le devenir; de gré ou de force, pour l'intérêt même de leur sûreté, les mécontents et les opprimés seront obligés de dévouer leurs armes à la défense de leurs tyrans.

 

Une Convention décrétante et des camps, voilà le régime de la République française: les Représentants du peuple ne sont pas autre chose que les Représentants de l'armée; leur principale fonction est de voler d'une main, et de partager de l'autre leurs vols avec les soldats.

 

Ainsi en usait Cartouche; mais Attila et Mahomet, les Beys des Mameluks et les Sheiks d'Arabes bédouins fondèrent aussi leur autorité sur des procédés analogues.

 

Les Huns et les Hérules, les Vandales et les Goths, ne viendront ni du Nord ni de la Mer noire, ils sont au milieu de nous." (Mallet du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution française, 1793, rééd. Editions du Trident, Paris 2007, p. 58.)

 

(En 1793), "tous les Français sont désormais en loge." (Augustin Cochin, L'Esprit du jacobinisme, éd. J. Baechler, Paris, PUF, 1979.)

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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 17:55

Quand les explications d'un scientifique entrent en parfaite syntonie avec les trésors de la sagesse et de l'éducation chrétienne :

Vivre selon son bon plaisir, l'évitement des difficultés de la vie n'est pas la meilleure solution. Didier Pleux, psychologue clinicien, psychothérapeute, docteur en psychologie du développement, directeur de l’Institut français de thérapie cognitive, auteur de référence pour les sujets d’éducation, l'explique dans son dernier livre "Le Complexe de Thétis. Se faire plaisir, apprendre à vivre", aux éditions Odile Jacob.

"Le Complexe de Thétis, Se faire plaisir, apprendre à vivre", Didier Pleux, éd. Odile Jacob

Présentation du livre aux éditions Odile Jacob :

 

"Vivre selon son bon plaisir, cela n’est pas possible, cela n’est pas la vie.

En voulant à tout prix rendre la vie facile à nos enfants, nous ne leur apprenons pas à affronter la réalité.

En évitant toujours ce qui pourrait nous contrarier, que l’on soit adolescent ou adulte, on souffre de la moindre difficulté.

Psychothérapeute, observateur des nouvelles pathologies du quotidien, Didier Pleux développe dans ce livre ce qu’il nomme le complexe de Thétis, ou comment accepter ce qui est déplaisant pour savoir l’équilibrer avec l’agréable. Équilibre qui contribue à former des êtres humains épanouis et adaptés, plus forts face à la réalité, de véritables résilients aux aléas de la vie."

Note du blog Christ-Roi. Les explications de Didier Pleux entrent en parfaite syntonie avec les trésors de la sagesse et de l'éducation chrétienne : "L'imitation de Jésus-Christ", l'apprentissage du renoncement, l'acceptation des croix de cette vie ("accepter ce qui est déplaisant"), la pénitence, l'offrande à Dieu de tout ce qui peut nous arriver en bien comme en mal, est la voie unitive par excellence.

Inversement, "vivre selon son bon plaisir", le culte de l'homme-roi qui s'auto-engendre et s'auto-crée sans aucun respect pour les commandements de Dieu (Décalogue) provient de la tentation du démon au jardin d'Eden (Genèse 3) et ne peut donc être la meilleure solution. Tout au contraire !

Rappelons-le ici, on l'a vu avec Karl Van der Eyken, Serge Abad-Gallardo et Jean-Claude Lozac'Hmeur, cette façon de s'extraire des commandements divins en prétendant y trouver une "libération" et une "illumination" (sic) fait partie de l'"initiation" diabolique franc-maçonnique. Ce n'est pas un hasard !

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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 19:36
 Al Andalus, l'invention d'un mythe, de Serafin Fanjul: contes, légendes, clichés et réalité d'une civilisation

Dans son essai Al Andalus, l'invention d'un mythe, Serafin Fanjul déconstruit le mythe romantique d'un islam éclairé dans l'Espagne médiévale.

 

Nous avons tous entendu parler d'al-Andalus, mais qui sait précisément ce que recouvrent ces deux mots magiques? Un paradis perdu au cœur d'un Moyen Âge obscur où musulmans, juifs et chrétiens devisaient à l'ombre de la grande mosquée de Cordoue. Une sorte d'anti-Daech en somme… Mais les historiens sont méchants. Voilà que le rêve se dissipe et qu'une autre réalité apparaît. Avec Al Andalus, l'invention d'un mythe, Serafin Fanjul ne va pas se faire que des amis, en Espagne évidemment mais aussi en France. «Les hommes croient ce qu'ils désirent», disait Jules César. Le mythe d'al-Andalus est calqué sur le désir que naisse ou renaisse ce fameux «islam des Lumières» que tant d'esprits appellent de leurs vœux. N'a-t-il pas existé dans une Hispanie conquise au VIIIe siècle par quelques dizaines de milliers de guerriers arabes et berbères venus d'Afrique du Nord qui créèrent une civilisation inédite à laquelle coopérèrent les trois religions du Livre?

 

À travers 700 pages d'une terrible précision, Fanjul, docteur en philologie sémitique, professeur de littérature arabe et ancien directeur du Centre culturel hispanique du Caire, broie la légende d'un multiculturalisme précoce et éclairé. Il défait un mythe qui doit beaucoup au romantisme et à son exotisme de pacotille. Antifranquiste, Serafin Fanjul n'est pas précisément un militant de l'Espagne catholique. Armé d'une immense érudition, il s'est intéressé de près à ce que disent les chroniques de l'époque et les a confrontées aux clichés ambiants. Le résultat est à la fois comique et salutaire. Car on rit dans ce livre qui n'est …

 

Source : Al Andalus, l'invention d'un mythe, de Serafin Fanjul: contes, légendes, clichés et réalité d'une civilisation, Le Figaro, Par Paul-François Paoli Mis à jour le 26/10/2017 à 10:35 Publié le 26/10/2017 à 06:01

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