Les Écritures comportent un personnage discret mais qui joue néanmoins un rôle essentiel : la Vierge Marie.
-Le Fiat de Marie
-L'Immaculée Conception de la Vierge Marie
-La Conception virginale de Jésus
-L'Incarnation du Fils de Dieu
-Les deux natures du Christ en une seule personne divine (essence)
-L'union hypostatique des deux natures du Christ
-Le premier miracle de Jésus à Cana
-Les dernières paroles de Jésus sur la Croix
-La Descente de l'Esprit-Saint au Cénacle
-La naissance de l'Église
Examinons ensemble chacun de ces aspects doctrinaux méconnus du lecteur de la Bible s'agissant du rôle joué par Marie dans la Rédemption :
(1) Le Fiat de Marie
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Le Fiat de la Vierge Marie lors de l'Annonciation (Luc 1, 38 1, 38 : "Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole.") représente son consentement libre et total au plan divin.
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Cette décision de la Vierge Marie marque un moment pivotal dans l'histoire du salut. Ce "oui" n'est pas seulement une acceptation personnelle, c'est une collaboration active avec le plan divin de la Rédemption, permettant l'Incarnation du Verbe – Dieu fait homme en Jésus-Christ dans le sein de la Vierge Marie, union intime avec l'œuvre salvifique du Fils de Dieu, dès la conception virginale jusqu'à la mort sur la croix.[1]
En relation avec les doctrines nécessaires au salut, le Fiat de Marie est donc intrinsèquement lié à la doctrine de l'Incarnation, qui est fondamentale pour la foi chrétienne (comme énoncé dans le Credo de Nicée-Constantinople :
"Pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel").
Sans ce consentement de Marie, l'entrée de Dieu dans l'humanité pour la rédemption n'aurait pas eu lieu de cette manière, soulignant l'importance de la liberté humaine dans le plan de Dieu...
Le Catéchisme de l'Église catholique (CEC 973) précise que par son Fiat, Marie collabore déjà à toute l'œuvre que son Fils accomplira, devenant ainsi Mère du Sauveur et figure unique dans l'histoire du salut.[2]
Cela illustre comment la grâce divine respecte la liberté, un principe essentiel pour comprendre le salut comme un don offert et accepté, menant à la Rédemption par la mort et la Résurrection du Christ.
Par sa collaboration maternelle, Marie participe à l'œuvre du salut, non comme source, mais comme instrument privilégié, illustrant comment la grâce divine élève l'humanité pour coopérer à la Rédemption. Elle a prononcé son oui "au nom de toute la nature humaine" (S. Thomas d’A., s. th. 3, 30, 1) : Par son obéissance, elle est devenue la nouvelle Eve, mère des vivants. (CEC 511).[3]
"En concevant le Christ, en le mettant au monde, en le nourrissant, en le présentant dans le Temple à son Père, en souffrant avec son Fils qui mourait sur la croix, elle apporta à l’œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille." (Lumen Gentium 61)
(2) L'Immaculée Conception
La Vierge Marie est au cœur du mystère du salut en tant que coopératrice unique au plan salvifique. Prédestinée et préservée du péché originel par les mérites anticipés de son Fils (dogme de l'Immaculée Conception, CEC 490-492), Marie est "pleine de grâce" (Lc 1,38) et donne librement son consentement lors de l'Annonciation, devenant ainsi la nouvelle Ève qui, par son obéissance, défait le nœud de la désobéissance originelle (CEC 494 : "Le nœud dû à la désobéissance d’Ève s’est dénoué par l’obéissance de Marie"; S. Irénée, Ad. Hær. 3, 22, 4)
Sa virginité perpétuelle – avant, pendant et après la naissance – est un signe de sa foi inébranlable et de sa donation totale à Dieu, la rendant Mère de Dieu (Theotokos) et mère spirituelle de tous les croyants (CEC 495, 501, 506).
1 Chroniques 15:14 mentionne que les personnes prêtres et lévites qui portaient l'Arche d'Alliance devaient être purifiées. Il semblerait absurde de purifier des hommes qui ont porté l'Arche et de ne pas sanctifier les entrailles qui ont porté le Saint lui-même !
La sagesse n'habitera pas "dans un corps endetté par le péché" : Sagesse 1,4 "car la Sagesse ne peut entrer dans une âme qui veut le mal, ni habiter dans un corps asservi au péché..."
Job 14,4 demande: "Qui tirera le pur de l’impur ? Personne".
(3) La Conception virginale
La Conception virginale désigne la conception de Jésus dans le sein de la Vierge Marie par la seule puissance de l'Esprit Saint, sans intervention d'un homme, comme l'attestent les Évangiles (Lc 1, 35 : "L’Esprit Saint viendra sur toi").
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Cette vérité de foi, affirmée dès les premiers siècles par les Pères de l'Église, est un mystère divin qui dépasse les possibilités humaines et accomplit les prophéties, telles que celle d'Isaïe 7, 14 : "Voici que la vierge concevra et enfantera un fils".[4]
En relation avec la doctrine du salut, la Conception virginale est intrinsèquement liée à l'Incarnation du Verbe, qui est fondamentale pour la rédemption de l'humanité.
La Conception virginale manifeste que Jésus est véritablement le Fils de Dieu fait homme, assumant une humanité comme la nôtre pour nous sauver du péché et de la mort.
Comme le souligne le Catéchisme de l'Église catholique, la conception du Christ par l'Esprit Saint inaugure la nouvelle création : Jésus, le Nouvel Adam, reçoit l'Esprit sans mesure et ouvre la voie à la nouvelle naissance des enfants d'adoption par la foi (CEC 503-504) et le baptême (Jn 3,8; Mc 16,16).
Sans cette union hypostatique (divine et humaine en une personne), le sacrifice rédempteur du Christ sur la croix n'aurait pas eu la valeur infinie nécessaire pour racheter l'humanité entière, rendant ainsi la Conception virginale essentielle à la compréhension du salut comme don gratuit de Dieu respectant la liberté humaine.[5]
(4) L'Incarnation du Fils de Dieu
L'Incarnation du Fils de Dieu désigne le mystère par lequel le Verbe éternel, seconde Personne de la Trinité, assume une nature humaine pleine et entière dans l'unité de sa Personne divine, devenant ainsi Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.
Ce dogme, affirmé par les conciles œcuméniques comme celui de Nicée (325) et Chalcédoine (451), est exprimé dans le Credo : "Pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel ; par l'Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme."
L'Incarnation n'est pas une simple apparence, mais une union hypostatique où les deux natures – divine et humaine – subsistent sans confusion ni séparation, permettant au Fils de Dieu de s'unir à toute l'humanité pour accomplir le salut.[6]
En lien avec la doctrine du salut, l'Incarnation est le fondement même de la Rédemption. Le Fils de Dieu s'incarne pour réconcilier l'humanité avec Dieu, en assumant notre condition humaine – excepté le péché – afin de nous sauver du péché et de la mort. Comme l'exprime le Catéchisme de l'Église catholique (CEC 456), le Verbe s'est fait chair pour nous sauver en nous réconciliant avec Dieu, nous faire connaître l'amour du Père, nous donner l'exemple de la sainteté et nous rendre participants de la nature divine.
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Sans l'Incarnation, il n'y aurait pas de sacrifice rédempteur sur la croix, car c'est précisément dans son humanité que le Christ offre sa vie en rançon pour la multitude (Mt 20, 28), rendant son acte salvifique d'une valeur infinie grâce à sa divinité.
Ainsi, l'Incarnation inaugure la nouvelle alliance, où Dieu assume notre faiblesse pour nous diviniser, accomplissant les promesses de l'Ancien Testament et ouvrant la voie à la Résurrection et à la vie éternelle.[7]
Le rôle de la Vierge Marie est indissociable de ce mystère en tant que Mère de Dieu (Theotokos), titre proclamé au concile d'Éphèse (431).
Par son Fiat lors de l'Annonciation, Marie consent librement à devenir la Mère du Sauveur, concevant Jésus par la puissance de l'Esprit Saint tout en restant vierge. Le CEC 466 souligne que Marie est devenue en toute vérité Mère de Dieu par la conception humaine du Fils de Dieu dans son sein, unissant ainsi le divin et l'humain. Sa virginité perpétuelle – avant, pendant et après la naissance – est un signe de sa totale consécration à Dieu et de la nouveauté de la création en Christ (CEC 496-507).
L'Immaculée Conception (définie en 1854) préserve Marie du péché originel dès sa conception, par les mérites anticipés de son Fils, la rendant "pleine de grâce" et coopératrice unique au plan salvifique.
Marie, nouvelle Ève, participe à l'œuvre de salut non comme source, mais comme instrument privilégié, devenant mère spirituelle des croyants et figure de l'Église (CEC 501, 511).[8]
(5) Les 2 natures du Christ en une seule personne
Les sept premiers conciles de l'Église jusqu'en 787 enseignent :
1. Jésus est pleinement Dieu ; le Christ est ''incréé'' et divin de même essence que le Père
-> condamnation de l'hérésie arienne qui exagère la nature humaine du Christ (Nicée I 325)
2. Le Saint-Esprit est pleinement Dieu (Constantinople I 381)
3. Il n'y a dans le Christ qu'une seule personne, vrai Dieu ET vrai homme (Ephèse 431) ;
-> Marie est la Mère de Dieu
-> condamnation de l'hérésie de Nestorius, primat de Constantinople qui exagère la nature divine de Jésus
4. Le Christ est une seule personne, divine ET humaine. Son humanité n'est pas "absorbée" par la nature divine.
-> Le Pape Saint Léon le Grand est célèbre pour sa Lettre à Flavien évêque de Constantinople (449), qui définit la doctrine christologique adopté au concile de Chalcédoine (451) contre l'hérésie monophysite d'Eutychès. Léon le Grand soutient le dyophysisme défendu par Flavien : le Christ est une seule personne qui réunit deux natures, l'une divine et l'autre humaine, l'une et l'autre parfaites et distinctes. Il développe le principe de l'incarnation, celui de l'union hypostatique et celui de la communicatio idiomatum, ou interaction des caractéristiques.
-> L'unité des deux natures est ''sans mélange, sans confusion, sans division et sans séparation'', définition négative soulignant un mystère qui nous dépasse. (Chalcédoine 451)
5. Le Fils est une seule personne dans DEUX natures (Constantinople II 553 sous Justinien)
-> Le Père n'est pas le Fils, et le Fils n'est pas le Père
-> Condamnation de l'hérésie modaliste
-> 1 P 3:21-22 "Jésus Christ, lui qui est à la droite de Dieu, après s’en être allé au ciel" : si Jésus était le Père, Il ne Se serait pas assis à la droite du Père. Ce verset prouve l’existence de deux hypostases dans la personne divine (Père et Fils) et pas d’une seule.
6. Le Christ a deux volontés, humaine et divine (Constantinople III 680-681)
7. Le Christ peut être vénéré par des images, condamnation de l'iconoclasme (Nicée II 787)
Dans le christianisme, une hérésie est définie comme une croyance qui contredit les dogmes religieux (vérités de foi) établis tels que proclamés par l’Église. Un hérétique est un chrétien qui a une opinion hérétique tout en proclamant être en pleine communion avec l’Église.
(6) L'union hypostatique
L’union hypostatique est l’union intime et indissociable des deux natures – divine et humaine – en l’unique personne (hypostase) du Verbe éternel, le Fils de Dieu, devenu Jésus-Christ.
Comme nous venons de le voir, ce mystère, défini par le concile de Chalcédoine en 451, affirme que ces deux natures subsistent sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation, dans une seule personne divine. Le Catéchisme de l'Église catholique (CEC 467) indique que le Christ est "parfait en divinité et parfait en humanité, vraiment Dieu et vraiment homme", consubstantiel au Père selon la divinité et à nous selon l’humanité, sauf le péché. Cette union n’est pas une fusion ou une juxtaposition, mais une réalité où l’humanité du Christ n’a d’autre sujet que la personne divine du Fils (CEC 466, 468).[9]
En lien avec le mystère du salut, l’union hypostatique est fondamentale car elle rend possible la Rédemption de l’humanité. Le Verbe s’incarne pour nous sauver en nous réconciliant avec Dieu (CEC 457), nous faire connaître son amour (CEC 458), nous donner un modèle de sainteté (CEC 459) et nous rendre participants de la nature divine (CEC 460).
Sans cette union, le Christ ne pourrait pas être le médiateur parfait :
-en tant que vrai homme, il assume notre condition pour offrir un sacrifice solidaire avec l’humanité ;
-en tant que vrai Dieu, ce sacrifice a une valeur infinie, capable d’expier le péché du monde et de vaincre la mort.
Ainsi, l’union hypostatique assure que l’Incarnation, la Passion, la Mort et la Résurrection du Christ accomplissent le plan salvifique de Dieu, inaugurant la nouvelle alliance et permettant notre divinisation (CEC 460).[10]
Quant à la Vierge Marie, elle est étroitement liée à ce mystère en tant que Mère de Dieu (Theotokos), titre proclamé au concile d’Éphèse en 431. Le CEC (466) précise que, puisque le Verbe unit hypostatiquement à sa personne le corps humain reçu de Marie, animé d’une âme rationnelle, Marie est véritablement Mère de Dieu : non parce que le Verbe tire d’elle sa nature divine, mais parce que c’est d’elle qu’il tient son humanité, unie hypostatiquement au divin dès la conception. Cette union rend Marie coopératrice unique au salut, car par son consentement libre, elle permet l’Incarnation, devenant ainsi la nouvelle Ève qui, par son obéissance, contribue à défaire le péché originel et à ouvrir la voie à la Rédemption (CEC 469, en lien avec la liturgie évoquant Marie comme toujours Vierge et Mère de Dieu).[11]
(7) Le premier miracle de Jésus à Cana
Les noces de Cana désignent l'épisode évangélique où Jésus accomplit son premier miracle public, transformant l'eau en vin lors d'un mariage en Galilée, en réponse à la demande de Marie (Jn 2, 1-11). Ce signe, opéré au seuil de sa vie publique, manifeste sa gloire divine et confirme la foi de ses disciples, inaugurant sa mission messianique. Comme l'explique le Catéchisme de l'Église catholique (CEC 1613), l'Église y voit la confirmation de la bonté du mariage et l'annonce que celui-ci deviendra un signe efficace de la présence du Christ.[12]
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Ce miracle préfigure l'œuvre salvifique du Christ sur la croix.
L'eau changée en vin symbolise la transformation de l'ancienne alliance en nouvelle, où le vin évoque le sang de la Nouvelle Alliance versé pour la rémission des péchés (cf. Mt 26, 28).
Il annonce la surabondance de la grâce rédemptrice, accomplie à l'Heure de la Passion – que Jésus évoque en disant à Marie : "Mon heure n'est pas encore venue" (Jn 2, 4) – et actualisée dans l'Eucharistie, banquet des noces de l'Agneau (Ap 19, 9).
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Sans ce signe prophétique, la compréhension de la Rédemption comme joie éternelle et victoire sur le manque spirituel (le "vin" de la grâce) serait incomplète, reliant l'Incarnation à la Croix pour le salut de l'humanité.[13]
La Vierge Marie est au centre de cet événement en tant qu'intercesseur et coopératrice au plan divin. Remarquant le manque de vin, elle informe Jésus ("Ils n'ont plus de vin") et, malgré sa réponse, exhorte les serviteurs : "Tout ce qu'il vous dira, faites-le" (Jn 2, 3-5), manifestant sa foi inébranlable et son rôle médiateur.
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Comme le souligne le CEC 2618, Marie prie et intercède avec foi à Cana, préfigurant son rôle au Calvaire comme la Femme, nouvelle Ève, mère de tous les vivants. Sa participation unique à la Rédemption – non comme source, mais en union subordonnée avec son Fils – s'inaugure ici, favorisant l'effusion de la grâce et modelant l'obéissance pour les croyants.
(8) Les dernières paroles de Jésus sur la croix
Les dernières paroles de Jésus sur la croix, rapportées dans les Évangiles, comprennent sept expressions traditionnelles, mais celle directement liée à la Vierge Marie est tirée de l'Évangile de Jean (Jn 19, 25-27) : voyant sa mère et le disciple qu'il aimait au pied de la croix, Jésus dit à Marie : "Femme, voici ton fils", puis au disciple : "Voici ta mère". De cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Ces paroles ne sont pas seulement un acte filial de sollicitude, mais un geste théologique profond, accompli au moment culminant de sa mission terrestre, marquant l'institution d'une nouvelle famille spirituelle.
En lien avec la Rédemption, ces paroles s'inscrivent au cœur du mystère pascal : la croix est le lieu de l'offrande suprême du Christ pour le salut de l'humanité, où il expie les péchés et réconcilie le monde avec Dieu (CEC 613-617). Prononcées au moment de l'agonie, elles manifestent comment la Rédemption n'est pas seulement un acte isolé du Fils, mais s'étend à la communauté des croyants, formant l'Église comme famille de Dieu. Par cet acte, Jésus, en mourant, accomplit la nouvelle alliance, où la souffrance rédemptrice engendre une maternité spirituelle universelle, appliquant les fruits de la croix à tous les hommes.
Sans cette dimension ecclésiale, la Rédemption resterait incomplète dans son extension, car elle vise à rassembler les enfants de Dieu dispersés (Jn 11, 52), inaugurant ainsi la vie nouvelle par l'Esprit.[14]
Ces paroles désignent Marie comme Mère de l'Église et coopératrice à la Rédemption.
Au pied de la croix, Marie, unie à la souffrance de son Fils, devient la nouvelle Ève : par son obéissance et sa compassion, elle participe activement à l'œuvre salvifique, non comme source, mais comme instrument privilégié (CEC 964).
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Le titre de "Mère de l'Église", proclamé par Paul VI en 1964, découle directement de cet épisode, où Jésus confie l'humanité représentée par le disciple bien-aimé à la maternité spirituelle de Marie.
Ainsi, elle qui avait coopéré à l'Incarnation par son Fiat continue sa mission dans la Rédemption, favorisant l'unité des croyants et intercedant pour le salut, comme le soulignent les enseignements du concile Vatican II (Lumen Gentium 61-62).[15]
(9) La descente de l'Esprit Saint au Cénacle
La descente de l'Esprit Saint au Cénacle désigne l'événement de la Pentecôte, décrit dans les Actes des Apôtres (Ac 2, 1-4), où, cinquante jours après la Résurrection du Christ, l'Esprit descend sous forme de langues de feu sur les Apôtres, Marie et les disciples réunis en prière dans la chambre haute de Jérusalem.
Cet événement marque la révélation plénière de la Trinité et l'accomplissement de la promesse de Jésus d'envoyer le Paraclet (Jn 14, 16-17 ; 16, 7-15), inaugurant une nouvelle ère pour l'humanité.[16]
En lien avec la Rédemption, cette descente représente l'achèvement de l'œuvre salvifique accomplie par le Christ sur la croix et par sa Résurrection.
La Rédemption, qui réconcilie l'humanité avec Dieu en expiant le péché, trouve son application concrète par l'effusion de l'Esprit Saint, qui répand l'Amour divin dans les cœurs (Rm 5, 5), restaure la ressemblance divine perdue (CEC 734) et donne les arrhes de l'héritage éternel (CEC 735).
La Pentecôte fait entrer le monde dans les "derniers temps" du salut, où l'Église, née de cet événement, devient le sacrement de la communion trinitaire et le moyen par lequel les fruits de la Rédemption – rémission des péchés, vie nouvelle en Christ, force pour témoigner – sont communiqués aux croyants (CEC 732-739). Sans cette mission de l'Esprit, qui attire les hommes au Fils et au Père, la Rédemption resterait inaccomplie dans son extension à toute l'humanité, car l'Esprit sanctifie, unit et envoie l'Église pour annoncer le Royaume (CEC 737-738).[17]
La Vierge Marie est explicitement présente au Cénacle, priant avec assiduité aux côtés des Apôtres et des disciples (Ac 1, 14), incarnant l'attente fidèle de l'Esprit. Comme lors de l'Annonciation où l'Esprit l'avait couverte de son ombre pour l'Incarnation (Lc 1, 35), Marie reçoit à nouveau l'Esprit à la Pentecôte, non pour une nouvelle maternité physique, mais pour exercer pleinement sa maternité spirituelle sur l'Église naissante, confiée par Jésus au pied de la croix (Jn 19, 26-27).
Marie devient ainsi la Mère de l'Église, figure et modèle de la communauté des croyants, favorisant par sa prière l'effusion des dons de l'Esprit pour la fécondité apostolique et la diffusion de la Bonne Nouvelle du salut.
Ce rôle unit l'Incarnation à la Pentecôte : ce qui s'est passé en Marie personnellement (conception du Christ) s'accomplit maintenant pour le Corps mystique du Christ, contribuant à la Rédemption en édifiant l'Église et en participant à la transformation des disciples pour le témoignage salvifique (CEC 965, en lien avec les enseignements de Jean Paul II).[18]
(10) La naissance de l'Église
La naissance de l’Église désigne l’événement de la Pentecôte, où l’Esprit Saint descend sur les Apôtres, Marie et les disciples réunis au Cénacle (Ac 2, 1-4), marquant l’inauguration publique de la communauté chrétienne comme Corps du Christ et Temple de l’Esprit. Comme l’explique le Catéchisme de l’Église catholique (CEC 731), ce jour accomplit la Pâque du Christ par l’effusion de l’Esprit Saint, manifesté comme Personne divine et répandu en plénitude par le Seigneur ressuscité (cf. Ac 2, 33-36).[19]
Cet événement révèle pleinement la Trinité Sainte et ouvre le Royaume aux croyants, introduisant les "derniers temps" du salut, où l’Église hérite déjà du Royaume tout en l’attendant dans sa consommation (CEC 732). [20]
En lien avec la doctrine du salut et la Rédemption, la naissance de l’Église représente l’achèvement et l’extension de l’œuvre salvifique du Christ. La mission conjointe du Christ et de l’Esprit s’accomplit dans l’Église "Corps du Christ et Temple de l’Esprit Saint", qui devient le sacrement de la communion trinitaire, associant les fidèles à la réconciliation avec le Père (CEC 737-738).[21]
L’Esprit prépare les cœurs, manifeste le Ressuscité et actualise le mystère du Christ, particulièrement dans l’Eucharistie, pour porter du fruit dans la vie nouvelle (Jn 15, 5).
Sans cette effusion à la Pentecôte, la Rédemption – expiation du péché et victoire sur la mort par la croix et la Résurrection – ne s’étendrait pas à l’humanité entière, car l’Église est envoyée pour annoncer, témoigner et répandre cette communion divine (CEC 739-740).[22]
La Vierge Marie est intimement liée à cette naissance en tant que figure maternelle et coopératrice au plan salvifique. Au terme de la mission de l’Esprit dans sa vie, Marie devient la "Femme", nouvelle Ève et Mère du "Christ total" (Jn 19, 25-27), présente avec les Douze, assidue à la prière (Ac 1, 14), à l’aube des "derniers temps" inaugurés par la Pentecôte avec la manifestation de l’Église (CEC 726).[23]
Elle qui avait accueilli l’Esprit à l’Annonciation (Lc 1, 35) est maintenant au cœur de la communauté naissante, aidant par ses prières les débuts de l’Église et implorant le don de l’Esprit pour tous. Ce rôle la désigne comme Mère de l’Église, titre proclamé par Paul VI en 1964 et intégré au Catéchisme, soulignant sa participation unique à la Rédemption : par son adhésion totale à la volonté divine, elle modèle la foi et la charité pour les croyants, unissant l’Incarnation à la Pentecôte et favorisant la fécondité spirituelle de l’Église (cf. CEC 965-967 ; Cf. Lumen Gentium 63).[24]
Conclusion
Il est impossible de parler de l'entière doctrine nécessaire au salut sans mentionner le rôle et la mission joué par la Vierge Marie. Chaque doctrine mentionnée requiert l'implication de Marie.
"Pas de Marie, pas de Jésus. Pas de Mère, pas de Fils !", a pu dire Mère Teresa.
Et pas de Marie, pas d'Église !
Ce qui permet au Vatican dans la Note doctrinale "Mater populi fidelis" publiée le 7 octobre de parler de "rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption." (# 22)
Sources:
[1] https://www.vatican.va/content/catechism/en/part_one/section_two/chapter_three/article_9/paragraph_6_mary_-_mother_of_christ,_mother_of_the_church.html
[2] https://www.catholicculture.org/culture/library/catechism/index.cfm?recnum=3165
[3] Catéchisme de L'Église catholique
https://www.intratext.com/IXT/FRA0013/_P1H.HTM
[4] Catéchisme de L'Église catholique https://www.intratext.com/IXT/FRA0013/_P1H.HTM
[5] Catéchisme de L'Église catholique
https://www.intratext.com/IXT/FRA0013/_P1H.HTM
[6] https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1F.HTM
[7] https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1F.HTM
[8] https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1G.HTM
[9] Catéchisme de L'Église catholique
https://www.intratext.com/IXT/FRA0013/_P1G.HTM
[10] Catéchisme de L'Église catholique
https://www.intratext.com/IXT/FRA0013/_P1G.HTM
[11] Catéchisme de L'Église catholique
https://www.intratext.com/IXT/FRA0013/_P1G.HTM
[12] https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P4V.HT
[13] Zenit - L'amour fait des miracles: l'eau transformée en vin à Cana, le vin transformé en sang à Jérusalem https://fr.zenit.org/2025/01/18/lamour-fait-des-miracles-leau-transformee-en-vin-a-cana-le-vin-transforme-en-sang-a-jerusalem/
[14] S. Jean-Paul II, Redemptoris Mater
http://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_25031987_redemptoris-mater.html
[15] Marie: grâce et espérance dans le Christ
https://ecumenism.net/archive/arcic/mary_fr.php
Quelle est la place de Marie dans l'Église
https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/connaitre-et-aimer-dieu/marie/372812-quelle-est-la-place-de-marie-dans-leglise/
S. Jean-Paul II, Redemptoris Mater
[16] https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1Y.HTM
[17] Marie au Cénacle et à la Pentecôte
https://www.mariedenazareth.com/encyclopedie-mariale/panorama-de-la-vie-de-la-vierge/vie-de-la-vierge-marie/marie-au-cenacle-et-a-la-pentecote
À la Pentecôte, ce qui s’est passé dans le sein de la Vierge Marie, se passe en nous, par Mgr Follo | ZENIT - Français
Bienheureuse Vierge Mère de l’Eglise, le lundi de Pentecôte
Marie au Cénacle et à la Pentecôte (Jean-Paul II)
[18] https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1Y.HTM
[19] https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1Y.HTM
[20] https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1Y.HTM
[21] https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1Y.HTM
[22] https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1Y.HTM
[23] https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1X.HTM
[24] https://www.eglisealareunion.org/?La-Vierge-Marie-Mere-de-l-Eglise
À la Pentecôte, ce qui s’est passé dans le sein de la Vierge Marie, se passe en nous, par Mgr Follo
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