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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 12:10
Des droits de l'Homme à la Terreur : lecture  critique de la Constitution de 1791

Dès que, par un véritable coup d’État, les États Généraux se sont déclarés Assemblée Nationale représentant la Nation souveraine, ils ont proclamé qu’ils étaient appelés à fixer la Constitution du royaume, à opérer la régénération de l’ordre public et à maintenir les vrais principes de la monarchie. Ils ont juré, au jeu de paume, de rester assemblés jusqu’à ce que la Constitution du Royaume « soit établie et affermie sur des fondements solides ». Dès son origine, l’Assemblée s’impose l’établissement d’un ordre constitutionnel stable comme but de son action révolutionnaire.

 

Fixer la Constitution, ou en créer une ?

 

Fixer la Constitution française : la tâche allait immédiatement s’avérer épineuse. La Révolution française devait, dès ses premières années, révéler une incompatibilité absolue entre les notions de révolution et de constitution : il fallait bien s’en douter. On allait découvrir qu’il serait impossible de trouver une traduction constitutionnelle au mouvement révolutionnaire, et, d’ailleurs, de 1789 à 1799, les constitutions vont fleurir. Lorsqu’on a commencé à les appliquer, on s’est dépêché de les violer, de les tourner, puis de les suspendre.

 

La Constitution de 1791 est donc un intéressant sujet d’investigations, d’abord parce qu’elle est la première du genre, et ensuite parce qu’elle est une sorte de modèle de ce qu’il ne faut pas faire.

 

Pour tenter de comprendre, nous examinerons d’abord les difficultés d’élaboration, et puis nous verrons les fruits de ce chef d’œuvre inlassablement célébré.

 

Des difficultés existaient d’abord en un point précis de l’esprit des députés. On s’était solennellement et inconsidérément grisé de discours en jurant qu’on allait « fixer » la Constitution du Royaume mais le mot lui-même recouvrait une ambiguïté :

 

allait-on préserver et défendre la constitution coutumière existante ? ou

allait-on en créer une ?

 

Du sens donné au mot Constitution

 

La Constitution de l’Ancienne France : entre sa déformation par le janséniste Le Paige et sa négation par un abbé Mably socialisant

 

Cette ambiguïté prolongeait en réalité un conflit ancien, engagé au milieu du siècle. En effet, aux côtés du parlement, Le Paige avait, dans ses Lettres historiques [1] évoqué la Constitution de la Monarchie, et il s’était empressé, comme ses amis parlementaires, de déformer cette constitution pour attribuer aux magistrats un partage de fait du pouvoir législatif royal, partage totalement incompatible avec la réelle Constitution qui existait, et sur laquelle on vivait.

 

Contre cette doctrine artificielle, badigeonnée d’histoire, Mably a nié l’existence d’un ordre constitutionnel et il a cherché à démontrer la présence d’une espèce de champ intellectuel instable qui était marqué par les alternances d’anarchie et de despotisme. Dans son ouvrage Observations sur l’Histoire de France (Genève, 1765, 2 vol.) Mably avait exposé que les Français n’avaient pas encore de Constitution parce qu’ils n’avaient pas encore été en mesure de manifester une volonté politique soutenue, volonté politique absolument nécessaire à la fixation des formes de leur existence politique et à la préservation de leur liberté.

 

Vattel et Rousseau changent le sens du mot « Constitution »

 

Dans les pamphlets politiques pré-révolutionnaires, le conflit entre Le Paige et Mably trouve un écho d’autant plus large qu’un autre débat se développe autour de la notion même de constitution. Vattel, dans son Droit des gens, puis Rousseau, ont changé la signification traditionnelle de « constitution ».

 

« Constitution » jusque là, désignait le mode d’existence, la disposition d’une entité quelconque comme, par exemple, la constitution du corps humain dont, depuis l’Antiquité, la Cité était regardée comme le prolongement. Dans la conception française, le Royaume est un corps dont le Roi est la tête, et dont les groupes sociaux naturels sont les membres.

 

Vattel, lui, analyse la Constitution comme une forme de gouvernement instituée par une nation pour s’assurer les plus grands avantages de l’association politique, association politique individualiste et volontariste.

 

L’argumentation de Vattel est développée dans un sens encore plus radical, bien sûr, dans le Contrat social. À partir de ce moment-là, (mais le processus était déjà commencé précédemment) on rejette l’analogie classique entre la Constitution de la Cité et la constitution du corps humain. Le Contrat social souligne que si la première est l’œuvre de la nature, la seconde est un acte politique, produit de la volonté de la nation, par lequel un peuple souverain crée sa forme spécifique de gouvernement. Cet acte n’est d’ailleurs pas accompli définitivement, selon l’interprétation de Rousseau. Ce serait trop simple ; une fois la Constitution fixée, l’instance souveraine doit se rassembler régulièrement pour manifester sa présence et sa force. En de pareils moments où l’être politique suprême, le peuple souverain, se rassemble, les effets de la Constitution sont suspendus. En somme, la Constitution ne dépend pas seulement d’un acte fondateur, mais aussi d’une réaffirmation perpétuelle de cet acte. Citons Rousseau :

 

« Il n’y a dans l’État aucune loi fondamentale qui ne se puisse révoquer, non pas même le pacte social. »

 

L’abbé Sieyès, ou la Constitution expression d’une volonté nationale

 

Sieyès a exprimé avec clarté les implications de ce volontarisme dans sa brochure Qu’est-ce que le Tiers-État ? Il rejette le sens traditionnel de « constitution » entendue comme un ordre social et politique inhérent à la nature des choses, et il lui préfère le sens d’une institution artificielle de gouvernement. Pour Sieyès, la nation est l’ultime réalité politique :

 

« La volonté de la nation est toujours légale, elle est la loi elle-même ; il suffit que sa volonté paraisse pour que tout droit positif cesse devant elle comme devant la source et le maître suprême de tout droit positif. »

 

Ces lignes étaient écrites contre les partisans d’une Constitution traditionnelle de la Monarchie française, mais elles étaient en même temps très inquiétantes pour les auteurs mêmes de la nouvelle Constitution.

 

Chronologie de la Constitution de 1791

 

Un préambule à la Constitution : la Déclaration des droits de l’homme du 4 Août 1789

 

Malgré tout, le jour du 4 Août, l’Assemblée décida que la Constitution serait précédée d’une Déclaration des droits. Elle choisit ainsi implicitement de créer une Constitution, au lieu de préserver la précédente. La solution la pire était adoptée.

Après des délibérations consécutives aux événements de la nuit du 4 Août, les députés passèrent à la rédaction d’une Déclaration des droits de l’homme, avant même de commencer leur œuvre constituante. L’affirmation des principes fondamentaux devait précéder l’œuvre constituante. Les articles de la Déclaration destinés à fixer la Constitution française étaient ambigus, et parfois même ils se contredisaient les uns les autres, ce qui ne manque pas de surprendre le lecteur.

 

« Article 16 : Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution ».

 

Cela pouvait signifier, bien sûr, que la France n’avait jamais eu de Constitution : elle avait mené une existence de ludion... Mais ce n’était pas incompatible avec l’idée que, sur les fondements anciens de la Monarchie, on bâtirait un système de garanties individuelles contre les lettres de cachet à propos desquelles les parlementaires avaient contribué à élaborer un roman horrifique et qu’ils évoquaient de temps à autre pour se donner des sensations fortes. Mais le texte laissait planer l’incertitude sur les pouvoirs à séparer.

 

Sur la nature de la séparation, rien n’était précisé non plus. Et ce thème s’accordait aussi avec la notion, tirée de Rousseau, d’une division entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif, indispensable à l’épanouissement de la volonté générale. Cette interprétation était encouragée par l’article 6 :

 

« Article 6 : La loi est l’expression de la volonté générale. »

 

Seulement une nouvelle difficulté surgissait dès la ligne suivante :

 

« Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation. »

 

Or, l’affirmation de la volonté générale était fâcheusement incompatible avec la notion même de représentation que Rousseau, avait radicalement écartée.

 

Les ambiguïtés étaient innombrables et ces ambiguïtés ne risquaient pas d’être dissipées par la formulation du principe de la souveraineté de la nation qui était contenue dans l’article 3 de cette étonnante Déclaration des droits de l’homme :

 

« Article 3 : le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. »

 

Affirmer que le principe de toute autorité réside dans la nation ne signifie pas que l’exercice de la souveraineté émane directement de la nation en tant que telle. La formulation adoptée par l’Assemblée nationale masquait mal la différence entre la version radicale, rousseauiste, du principe de la souveraineté nationale, et la version molle chère aux modérés, amis de Mounier.

 

Septembre 1789 : la Constitution proclame que le gouvernement français est monarchique

 

Tel était le prélude au débat sur la Constitution elle-même. L’assemblée avait repris à son compte les principes de la souveraineté de la nation et de la volonté générale, mais leur interprétation était trouble : la Constitution devait être l’instrument d’une séparation des pouvoirs que l’on se gardait bien de définir. Enfin, en septembre 1789, on n’était pas encore certain de ce qu’on allait faire. Allait-on créer, ou allait-on restaurer une Constitution ? Le conflit a surgi dès la discussion du premier article :

 

« Le gouvernement français est un gouvernement monarchique. »

 

Les députés s’affrontèrent immédiatement sur la nature du gouvernement monarchique français, puis, sur leur rôle dans ce gouvernement.

 

Certains firent remarquer qu’ils n’avaient pas été envoyés aux États Généraux pour faire une Constitution nouvelle, mais pour confirmer et régénérer l’ancienne monarchie.

D’autres rappelèrent que la vocation des États Généraux était de conseiller le Monarque — (ne sont-ils pas un conseil élargi du royaume ?) — puis ils rentrèrent chez eux : ce fut le cas de Cazalès et de ses collègues que ne désespérait pas la perspective de quitter la société interlope gravitant autour de l’Assemblée.

D’autres, enfin, ont insisté sur le fait qu’ils avaient été envoyés comme représentants d’une nation souveraine pour exercer la totalité du pouvoir constituant de cette nation ; on était plus loin de la vérité, mais l’heure n’était pas aux scrupules de conscience.

 

Entre nation souveraine, séparation des pouvoirs, corps législateur unique, corps exécutif subordonné et veto royal

 

C’est le débat sur le veto royal qui a réglé la question ; les porte-paroles du comité de constitution, Lally-Tollendal et Mounier, n’ont pas pu défendre leur interprétation modérée. L’idée selon laquelle la France avait une Constitution coutumière précise, réglant exactement la dévolution et les limites du pouvoir, a été rejetée dans les ténèbres extérieures, tout comme a été écartée l’hypothèse même selon laquelle il y avait eu au moins dans la France d’Ancien Régime des rudiments de Constitution :

 

« Commençons donc par écarter tous les faits » avait proclamé Rousseau dans le Discours sur l’inégalité [2].

 

On a préféré créer ex nihilo une Constitution par un acte de volonté de la nation souveraine, en accord avec les principes abstraits du droit politique ; pour résumer les débats, les députés ont eu à se prononcer entre trois options :

 

ou bien choisir la Constitution historique améliorée, dans laquelle l’autorité royale et la représentation nationale se seraient, finalement, contrebalancées dans un système d’équilibre des pouvoirs inspiré de Montesquieu,

 

ou bien instituer une Constitution radicalement nouvelle sur la base du principe de la souveraineté de la nation, avec une division radicale entre une Assemblée législative et un exécutif subordonné, confié au Roi, le veto suspensif étant dans ce système le mécanisme capable de réconcilier la théorie de la volonté générale avec la pratique de la représentation,

 

ou enfin, troisième hypothèse, proposée par Sieyès : une Constitution créée, bien sûr, à partir du principe de la table rase par un acte de la nation souveraine, mais dans laquelle l’ultime expression de la volonté générale ne réside pas dans un appel à la volonté du peuple telle qu’elle s’exprime dans les assemblées primaires mais dans la délibération — sereine, bien sûr, et rationnelle — du corps unitaire des représentants.

 

Au cours des votes qui ont conclu ces débats, les arguments de Siéyès n’ont pas été pris davantage en considération que ceux de Mounier. L’Assemblée a rejeté

magnifiquement, les recommandations de son Comité de Constitution en faveur d’un équilibre des pouvoirs conjugués au veto royal absolu, et elle s’est prononcée en faveur d’un corps législateur unique, d’un exécutif subordonné, représenté par la Couronne, et d’un veto royal suspensif.

 

Ces décisions, qui étaient prévisibles, non parce qu’elles étaient les plus désastreuses, mais parce que tout le mécanisme avait été préparé, ces décisions ont eu, évidemment, des conséquences considérables.

 

Octobre 1789, ou l’abolition la monarchie traditionnelle

 

Une première conséquence a été le triomphe de la vision radicale et rousseauiste de la constitution. Tous les doutes ont été effacés par les journées d’Octobre, qui ont réglé une fois pour toutes l’hypothèse d’une forme royale d’acceptation de la Constitution.

Lorsque, le 1er octobre 1789, Louis XVI fut sommé par l’Assemblée de répondre s’il acceptait ou non la Déclaration des droits de l’homme, et les articles déjà votés de la Constitution, il répondit, le 5 octobre, en donnant son adhésion — et non pas son acceptation — avec la réserve expresse que la Constitution, une fois complétée, maintienne entre les mains du Monarque le pouvoir exécutif dans la totalité de sa prérogative. Cette réponse fut trouvée insidieuse et inacceptable par les députés. Selon eux, en laissant intacte la possibilité que le Roi, plus tard, puisse faire modifier ou refuser la Constitution, on risquait de restaurer le « despotisme », et l’anéantissement du principe même de souveraineté de la nation. Ils connaissaient mal Louis XVI ! C’était l’opinion de Robespierre, c’était l’opinion de Pétion. Pétion a en effet réaffirmé la suprématie du pouvoir constituant sur le pouvoir constitué et s’est exprimé dans des termes qui sont parfaitement clairs :

 

« On dit qu’il y a un contrat social entre le Roi et la Nation, je nie le principe. Le Roi ne peut que gouverner selon les lois que la nation lui présente. »

 

Juste avant l’arrivée des femmes venues de Paris, avec Maillard, le 5 octobre, l’Assemblée a voté que le Roi se verrait demander de donner à la Constitution son acceptation pure et simple ; et la demande de l’Assemblée a été portée au Château par une délégation commune de députés et de manifestantes ! (Les liens entre les unes et les autres étaient déjà d’ailleurs tissés depuis un certain temps, et ils se prolongèrent). Et Louis XVI accepta.

 

La Constituante allait mettre encore deux ans à accomplir son œuvre, mais l’essentiel de la Révolution constitutionnelle était accompli à ce moment-là. Trois jours après, l’Assemblée vota que Louis XVI était seulement Roi des Français, par la grâce constitutionnelle de l’État. Ce point est important : la Constituante, partie pour fixer les formes d’une Constitution monarchique traditionnelle, en était arrivée à l’acte décisif, consistant à créer une monarchie constitutionnelle fondée et organisée sur le principe de la souveraineté de la nation.

 

Vers l’instabilité d’une souveraineté populaire capable de modifier ou d’abolir la Constitution

 

Toutefois, si une Constitution pouvait être créée ex nihilo en accord avec le principe de la souveraineté populaire, il fallait envisager qu’elle puisse aussi être abolie, et remplacée par la même souveraineté populaire. Si l’intervention du peuple pouvait imposer l’acceptation de principes constitutionnels au nom de la nation elle pouvait aussi organiser leur révision et leur répudiation une fois qu’ils avaient été acceptés.

 

L’Assemblée a pris brutalement conscience de cette réalité après Varennes et le massacre du Champ-de-Mars, lorsque, dans une atmosphère d’extrême agitation des clubs, elle décida de la forme des changements constitutionnels.

 

Dans la Constitution de 1791, elle avait solennellement déclaré :

 

« la nation a le droit imprescriptible de changer sa Constitution. »

 

Et la même Assemblée se hâta d’ajouter que :

 

« le droit de révision constitutionnelle ne peut concerner que des articles précis, dont l’expérience avait fait sentir les inconvénients. »

 

De plus, la révision n’était possible que si trois législatures s’étaient prononcées en sa faveur. L’Assemblée de révision ne peut être que la quatrième législature, augmentée de membres spécialement choisis pour cette tâche.

 

L’Assemblée avait donné libre cours au principe de la souveraineté de la nation, et en 1791, elle ne savait plus comment lui imposer des limites raisonnables.

 

Une autre contradiction de la Constitution était lourde de conséquences déplorables et elle allait conjuguer ses effets avec la précédente. Les députés avaient accepté le principe selon lequel ils instituaient une Constitution par un acte de volonté souveraine, mais en même temps ils avaient repoussé la suggestion de placer dans le corps des représentants de la nation l’expression de la souveraineté de la nation. Le veto royal suspensif était destiné à harmoniser souveraineté et représentation, en permettant un ultime appel au peuple.

 

Lorsque la Constitution fut adoptée, elle comportait donc une contradiction génératrice d’une paralysie constitutionnelle. En effet, pour protéger la souveraineté nationale des dangers de la représentation, la Constitution permettait au Roi d’user de son droit de veto. Aussi dérisoire que fût ce droit, il pouvait retenir l’Assemblée pendant deux législatures, mais pour protéger la Constitution elle-même d’une action populaire menée au nom de la souveraineté de la nation, le texte constitutionnel de 1791 requérait de l’Assemblée un délai de trois législatures avant de pouvoir réviser la Constitution. Ces dispositions en elles-mêmes suffiraient à expliquer, par le blocage politique légal, le conflit qui a éclaté dans les semaines précédant le 10 août 1792 — il y avait d’autres explications, naturellement !

 

La place du Roi dans le nouveau régime

 

Vers la fin de l’autorité monarchique

 

Brouillonne donc dans ses fondements, la Constitution allait organiser la dislocation de l’autorité. Cette Constitution, tout d’abord, n’était en aucun cas monarchique ; on peut même se demander si elle n’était pas tout simplement républicaine, car il fallait bien qu’elle fût quelque chose.

 

Les rédacteurs, en agissant ainsi, ont tout bonnement avalisé une situation de fait. La royauté, en effet, était renversée depuis le jour où les États Généraux s’étaient proclamés de leur propre autorité Assemblée nationale, assemblée qui devait obéir, et qui a obéi révérencieusement au peuple souverain, ou à ceux qui, par sociétés de pensée interposées, s’en faisaient les guides.

Louis XVI, ramené à Paris dans des conditions ignominieuses, les 5 et 6 octobre 1789, par des bandes, était prisonnier aux Tuileries, et il était tombé dans un esclavage qui entravait même sa conscience de chrétien.

 

Après Varennes, il a été plus sévèrement gardé que les anciens pensionnaires de la Bastille qui, d’après Diderot lui-même, ne se portaient pas mal de leur séjour. Il avait été suspendu de ses fonctions, et l’ombre même de la Monarchie s’est effacée.

 

La Constitution pouvait-elle rendre son trône à Louis XVI, en se proclamant monarchique ? Dans son Titre III, la Constitution assurait que le gouvernement était monarchique, mais elle était aussi illusoire dans ses titres essentiels que dans la Déclaration des droits qui lui servait de préambule. Le Titre III « Des pouvoirs publics » comportait ceci :

 

« La souveraineté est, une, indivisible, inaliénable, imprescriptible. Elle appartient à la Nation. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice. »

 

Un point était d’ores et déjà évident : Louis XVI n’était plus un souverain, puisque la nation, de qui émanait tous les pouvoirs, était déclarée seule souveraine. Lorsqu’on est en présence de deux souverains, il y en a incontestablement un de trop. La Constitution accorde bien à Louis XVI le droit de sanction, mais son veto n’est que suspensif, et il ne s’applique pas à toutes les lois. Il ne s’applique pas, par exemple, aux actes du corps législatif, concernant la constitution en assemblée délibérante, ni aux actes relatifs à la responsabilité des ministres, ni aux lois de finances. L’Assemblée a ainsi retenu d’une main ce qu’elle donnait de l’autre, jusqu’au droit de proposer une loi quelconque (chap.III, art.14).

 

1790 : l’Assemblée s’octroie le droit régalien de guerre ou de paix

 

En 1790, il ne restait à Louis XVI que le droit le plus inhérent à la souveraineté, le droit de paix et de guerre, droit que, seul, peut exercer l’homme placé au centre de l’État, et en mesure de connaître toutes ses ressources. La question de la reconnaissance au Roi de ce droit par la Constitution a été posée par l’Assemblée : alors, le spectacle fut grandiose. L’Assemblée retentit de discours humanitaires qui déclarèrent immédiatement à toutes les nations paix et fraternité. Barnave, acclamé par les vingt mille individus qui assiégeaient la salle, a tenu alors, à ce moment-là, des propos étonnants :

 

« Les guerres déclarées par le seul corps législatif, c’est-à-dire par le peuple, seront presque toujours heureuses ; l’histoire de tous les siècles prouve qu’elles le sont quand la nation les entreprend. N’affligez pas le cœur du Roi en lui confiant le droit terrible de nous entraîner dans une guerre, de faire couler ce sang avec abondance, de perpétuer ce système fou et terrible qui déshonorerait les nations. »

 

La Constituante décréta que le droit de paix et de guerre appartiendrait à l’Assemblée, et ne pourrait être exercé par le Roi que sur ses décrets. En somme, c’est à l’époque troublée où l’autorité personnelle du Roi serait la plus nécessaire que cette autorité était anéantie.

 

Un Roi au pouvoir exécutif quasi-inconsistant

 

On devait attribuer au Roi, cependant, le pouvoir exécutif et c’était peut-être le moyen d’assurer cette séparation des pouvoirs sans laquelle, selon le préambule de la Déclaration, la société n’a point de constitution. Or, à peine a-t-on donné au Roi ce pouvoir, qu’on le lui retire, en spécifiant qu’il doit être exercé sous son autorité par des ministres et autres agents responsables. Le texte dit bien « sous l’autorité du Roi », mais en fait ces mots ne signifient rien, puisque les ministres ne sont responsables que devant l’Assemblée, seule qualifiée pour les poursuivre, et puisqu’en aucun cas « l’ordre du Roi, verbal ou écrit, ne peut soustraire un ministre à sa responsabilité ».

 

Quant au choix et à la révocation des ministres, le texte déclare qu’il appartient au Roi seul, mais ce texte est illusoire, puisque le jeu de bascule des partis, des sectes, des clubs, des factions et des loges oblige Louis XVI à renvoyer les ministres les plus fidèles ou à appeler les ministres les plus hostiles.

 

C’est en fait une république parlementaire qu’établit la constitution de 1791, une république où l’arbitrage suprême d’un chef serait remplacé par les interventions et par les pressions les plus prosaïques des clubs et de leurs affiliés. Tous les ressorts du gouvernement étaient faussés ou détruits entre les mains d’un Roi qu’on proclamait malgré tout le chef suprême de l’administration du Royaume, chargé de veiller au maintien de l’ordre et de la tranquillité publique. On déclarait le Roi chef suprême de l’armée, mais en même temps on tournait contre son autorité toutes les forces militaires. Les auteurs eux-mêmes, Lameth, Barnave, Duport jugèrent l’édifice constitutionnel monstrueux. Quant à Albert Sorel, dont la sensibilité libérale était pourtant incontestable, il estimait, à la fin du siècle dernier, qu’il suffisait de mettre en mouvement cette machine absurde pour en faire éclater l’incohérence.

 

14 septembre 1791 : le Roi, humilié, entérine sa servitude

 

Le fait est donc indiscutable : la constitution de 1791, même si l’on s’en tient à son texte, n’est pas une constitution monarchique. Le Roi des Français reste une espèce de secrétaire des commandements de l’Assemblée ; on a retiré à Louis XVI les titres de Sire et de Majesté : c’était une mesquinerie, sectaire et démagogique, mais cette mesure était fondée, car il aurait été absurde de donner les titres portés par Louis XIV au Roi de la Constitution de 1791, comme il aurait été ridicule de les appliquer à la machine à signer que Condorcet avait suggérée pour remplacer le Roi-citoyen.

Louis XVI a souscrit à ce code du désordre. Burke écrivit à Marie-Antoinette :

 

« Si le Roi accepte la constitution, vous êtes tous deux perdus. Votre salut consiste dans la patience, le silence et le refus. »

 

Louis XVI a pensé sans doute que les révolutionnaires se seraient empressés de confisquer le Dauphin en cas de refus — c’est la version la plus optimiste — et il n’a pas pu y consentir. Le 14 septembre, il prêta serment à l’Assemblée. Et cette attitude condamnait le pouvoir à la servitude.

 

Les membres de la Législative ont favorisé contre le Roi les agissements des factions, et ils se sont efforcés de lui enlever ce qui lui restait encore de dignité et d’indépendance ; ils savaient les insultes dont on abreuvait la famille royale tous les jours aux Tuileries. Pendant que Marat tonnait contre le palais « où une Reine perverse fanatisait un Roi imbécile », des bandes de mégères patriotes allaient, sous les fenêtres de la Reine, crier des chansons ordurières qui étaient leur pain quotidien. L’Assemblée n’a pas perdu une seule occasion d’arracher au Roi ses dernières garanties de force et de prestige. Un des exemples les plus significatifs a été le licenciement de la garde constitutionnelle du Roi, qui avait été accordée à Louis XVI par la Constituante.

 

29 mai 1792 : licenciement de la Garde royale

 

Le Roi en nommait les officiers, il les payait sur sa liste civile. La garde était un rempart pour la famille royale. Formée en mars 1792, elle avait été placée sous le commandement du duc de Brissac, qui était fidèle, et elle était composée de soldats qui étaient prêts à se faire tuer pour défendre le Roi, donc le titulaire de l’exécutif. On aurait pu avec cette garde d’ailleurs (tentation que n’a pas eue Louis XVI) réunir un corps de six mille hommes qui auraient sauvé de l’émeute la Famille royale et qui auraient peut-être débarrassé Paris de ses éléments les plus douteux.

 

Les ennemis du Roi ont voulu empêcher ce recours. Des rassemblements se sont formés aux abords des Tuileries pour insulter les officiers de cette garde, on les a accusés de conserver un drapeau blanc, on les a dénoncés à l’Assemblée, qui, aussitôt, s’est déclarée en permanence, comme en face d’un danger immense et brûlant.

 

Le 28 mai 1792, a commencé à l’Assemblée une séance particulièrement tumultueuse qui s’est prolongée toute la nuit. Bazire a demandé le licenciement de la garde constitutionnelle, en la présentant comme un ramassis de prêtres réfractaires, d’émigrés et d’aristocrates. Brissot appuya la proposition de dissolution et, conformément à une règle absolue mainte fois vérifiée, elle fut votée à l’unanimité.

Le colonel Hervilly, commandant en second de la garde se rendit chez Malouet et chez Montmorin :

 

« Quel que soit le décret, je suis sûr de mon corps, et, si le Roi le permet, avec dix-huit cents hommes, je chasserai l’Assemblée demain [3]. »

 

Bonne et heureuse idée, mais le Roi n’y a pas souscrit. Le ministre Montmorin supplia le Roi de refuser la sanction au décret, mais Louis XVI se savait parfaitement incapable d’aller jusqu’au bout, et il recula devant l’hypothèse d’une effusion de sang. Louis XVI était aussi sourcilleux à propos du sang de ses ennemis, qu’il se révéla désinvolte à propos du sang de ses amis. Le lendemain, la garde assemblée aux Tuileries reçut l’ordre de licenciement, et Lameth a laissé un intéressant témoignage de cette cérémonie :

 

« L’abattement, la fureur ou la méprisante indignation se montraient sur tous les visages [4]. »

 

La plus élémentaire garantie de l’exécutif disparaissait. L’Assemblée annulait un jour ce que l’Assemblée précédente avait décidé deux ans auparavant. L’exécutif, dont le Roi était en principe le dépositaire, disposait du droit de veto : Louis XVI pouvait-il en faire usage dans ce contexte ?

 

Le Roi se résout au supplice

 

Quelques temps après la dissolution de la garde, Servan, le nouveau ministre de la guerre, proposa lui-même à l’Assemblée de former à Paris un corps de vingt mille fédérés, c’est-à-dire, de concentrer autour du pouvoir exécutif les militants révolutionnaires les plus résolus de toute la France et les adversaires les plus assurés du Roi. Louis XVI refusa, à ce moment, d’armer, de ses propres mains, le parti qui voulait déjà sa mort.

 

En plein conseil, Roland osa, alors, lire au Roi une véritable mise en demeure rédigée par madame Roland. Cette déclaration outrageait la conscience même du Roi, puisqu’au décret sur le camp des fédérés était joint un décret sur les prêtres qu’on voulait déporter. Louis XVI renvoya Roland, qui fit appel à Dumouriez, mais Dumouriez ne voulait servir qu’un pouvoir qui renoncerait à ses droits les plus élémentaires ; par conséquent, trois jours après, le 18 juin 1792, Dumouriez quitta le Roi pour l’armée. Louis XVI déclara qu’il s’attendait à la mort, et qu’il pardonnait d’avance à ses bourreaux.

 

Il n’y avait plus aux Tuileries, à partir de ce moment-là, qu’un condamné à mort résigné au supplice, et dont l’attitude, selon le mot de Taine, ressemblait à celle d’un chrétien dans le cirque. « J’en ai fini avec les hommes », écrit Louis XVI au supérieur des Eudistes, son confesseur,

 

« c’est vers le ciel que se tournent mes regards, on annonce pour demain de grands malheurs, j’aurai du courage. »

 

Le lendemain, 20 juin, des bandes révolutionnaires envahissent les Tuileries pour forcer physiquement le Roi à sanctionner les décrets : Louis XVI eut du courage, il eut même celui de coiffer du bonnet rouge des galériens sa tête déjà promise à l’échafaud.

 

Le pouvoir dont disposait le Roi était ainsi neutralisé par les textes et les manœuvres des factions, dès la fin de 1789, et d’une façon de plus en plus oppressante à partir de 1791.

 

La place des ministres sous le nouveau régime

 

Des ministres asservis par la seule Assemblée

 

Les ministres constituent un élément de l’exécutif : ils se sont vu appliquer, quelle quel soit leur origine politique, un traitement équivalent à celui du Roi.

 

À l’égard du Roi, les ministres étaient libres de toute sujétion, puisque l’intervention royale se bornait, dans le système de la Constitution de 1791, à signer les décrets : il était une machine à signer.

En revanche, vis-à-vis de l’Assemblée, la dépendance des ministres était totale ; elle était si grande que leur autorité en devenait parfaitement inexistante.

 

Sous la Constituante, il y avait eu des ministres de talent, mais ils en avaient été d’autant plus suspects. Les comités nommés par l’Assemblée étaient devenus de véritables comités exécutifs pour les diverses parties de l’administration, alors que les ministres, privés de toutes leurs prérogatives les unes après les autres, perpétuellement en butte aux attaques des factions, avaient dû se résigner à jouer le rôle d’agents passifs de la volonté populaire.

 

Sous la Législative, les ministres furent uniformément des hommes médiocres, des politiciens de second ordre qui laissèrent glisser le pouvoir de leurs mains avec une évidente complaisance. Ils sont devenus très vite les souffre-douleur de l’Assemblée. Le 10 mars 1792, Vergniaud, d’ailleurs montrant du doigt les Tuileries, s’écriait :

 

« L’épouvante et la terreur sont souvent sorties dans les temps antiques de ce palais fameux, qu’elles y rentrent aujourd’hui au nom de la loi ! »

 

Épouvante et terreur sont en effet rentrées aux Tuileries, et les ministres ont été les premiers terrorisés.

 

Au cours des séances de l’Assemblée, les tribunes étaient remplies des affiliés des clubs qui hurlaient des injures à l’endroit des ministres et qui applaudissaient lorsqu’un député accusait de trahison l’un d’entre eux. Les discours et les textes des députés eux-mêmes témoignent de cette violence à l’encontre des ministres. Dans une diatribe d’Isnard, dont l’Assemblée a voté aussitôt l’impression et l’envoi aux départements, les menaces les plus précises étaient ouvertement proférées.

 

« Disons à nos ministres, expliquait Isnard, que nous ne sommes pas très satisfaits de la conduite de chacun d’eux, que désormais ils n’ont qu’à choisir entre la reconnaissance publique et la vengeance des lois, et que par le mot de responsabilité, nous entendons la mort [5]. »

 

Selon le Mercure de France, les ministres courbèrent l’échine : ils ne songèrent plus qu’à faire des compliments à l’Assemblée et à éviter les galères [6].

 

Les ministres « fusibles » d’une Assemblée omnipotente et préfiguration de l’État totalitaire dont le mode de gouvernement repose sur la terreur

 

La responsabilité de fait des ministres à l’égard de l’Assemblée était telle qu’on leur a même reproché, sous la Législative, les crimes commis par la faction qui les asservissait. Ainsi, en juillet 1792, deux prêtres assermentés furent massacrés à Bordeaux, et les émeutiers, selon le rituel habituel, promenèrent les têtes des victimes enfoncées sur des piques. Les ministres furent accusés d’avoir provoqué ces meurtres, et Vergniaud déclara tout uniment à l’assemblée :

 

« Apprenez à la France que désormais les ministres répondent sur leur tête de tous les désordres dont la religion est le prétexte. »

 

Ducos, à son tour, désignait les coupables :

 

« Le sang qui vient de couler à Bordeaux doit retomber sur le pouvoir exécutif ; depuis qu’il a mis son veto sur les lois répressives du fanatisme, les exécutions populaires commencent à se renouveler. »

 

C’était là le réflexe des Jacobins ; les crimes commis en France étaient dus au fanatisme religieux. Cette démarche fut l’un des moteurs de la Terreur. En juillet 1792, Condorcet remarquait :

 

« Tandis que les autres pouvoirs ne peuvent légitimement agir que s’ils sont spécialement autorisés par une loi expresse, l’Assemblée peut faire tout ce qui lui est pas formellement interdit par la loi. »

 

En d’autres termes, il n’existe pas d’autre pouvoir que la volonté de l’Assemblée, et ce pouvoir étant sans limite morale ni constitutionnelle, il n’avait pas d’autre règle que le caprice du « peuple » qui n’avait pas besoin d’avoir raison pour valider ses actes, comme le disait Jurieu un siècle auparavant. En réalité, le peuple des clubs gouvernait, et le ressort de son pouvoir était la peur.

 

 

[1] Louis-Adrien Le Paige, Lettres historiques sur les fonctions essentielles du Parlement, sur le droit des pairs et sur les lois fondamentales du royaume, Amsterdam, 1753, 2 vol.

[2] Jean-Jacques Rousseau, Œuvres complètes, éd. Pléiade, 1965, t.III, p. 132.

[3] Mémoires de madame la duchesse de Tourzel, publié par le duc Jean des Cars, Paris, 1883, 3 vol., t.II, p. 119.

[4] Théodore de Lameth, Mémoires, éd. Welvert, Paris, 1913.

[5] Moniteur, t.XII, p. 138.

[6] Mercure de France, 10 mars 1792.

 

Source: Vive le Roy

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 10:51
Ma réponse à la dernière video des "Brigandes"

Cet article est ma réponse à la dernière video des "Brigandes", intitulée "Radio Brigandes III - Novembre 2015 - Franc-maçonnerie, la blanche et la rouge" (description : "entretien avec Marianne, chanteuse leader des Brigandes, et Antoine, représentant du Comité de Salut Public, sur le thème de la Franc-Maçonnerie et du Christianisme. Interview et révélations d'un franc-maçon chrétien"), dans laquelle les "Brigandes" expliquent d'où viennent leurs critiques radicales contre les Jésuites et l'Eglise de Vatican II : des francs-maçons déistes "chrétiens" (sic). Ce faisant, les "Brigandes" présument (sans le dire) une entrée légitime dans la franc-maçonnerie "traditionnelle" "chrétienne" qui serait la "bonne" franc-maçonnerie pour combattre la mauvaise, "républicaine", athée. La dérive des "Brigandes" est regrettable. Il y avait en effet, à la base, au travers de chansons, un bon fond de combat pour Dieu et la France. Cette dérive et ces accointances maçonniques se retrouve dans les milieux nationalistes, cathos libéraux, identitaires qui grouillent de francs-maçons "chrétiens", "catholiques", en réalité francs-maçonniques ou para-maçonniques. Leur point commun est qu'ils appellent tous à voter dans le cadre des institutions dites "républicaines" (le plus souvent "front national"). C'est-à-dire à alimenter la machine satanique de la Révolution fonctionnant sur le principe du moteur (deux pôles différents, un courant, la haine), et à privatiser le pouvoir entre les mains d'une minorité.

 

Lire: Principe du moteur de la Révolution

La royauté est la république

 

Depuis leur critique radicale des Jésuites venue par la suite, après leur troisième chanson - me semble-t-il - d'apparence catholique, je me doutais sans être certain de qui était derrière ce groupe "les Brigandes", mais au moins, maintenant, c'est clair ! Je les remercie de cet éclaircissement. Cela me permet de supprimer les différents articles que j'ai publiés de ce groupe, présentant leurs videos. C'est en effet une demande de l'Eglise dans une Bulle apostolique - frappée de l'infaillibilité du Pape Clément XII, In Eminenti de 1738, où le Pape Clément XII parle en tant que successeur de Saint Pierre, en vertu de son "plein pouvoir apostolique"-, de ne pas "propager", "entretenir", "recevoir chez soi", "y être inscrits", "entretenir de quelque manière que ce soit" "les dites sociétés de francs-maçons", "et cela sous peine d'excommunication." "Une constitution valable à perpétuité." [1] La Bulle apostolique In Eminenti constitue encore aujourd'hui le droit canonique en vigueur sur la franc-maçonnerie.

 

Le grand argument avancé par "les Brigandes", est celui des francs-maçons eux-mêmes, selon lequel il y a différents courants, différents buts dans la franc-maçonnerie. Or, si la franc-maçonnerie affiche effectivement des différences de courants doctrinaires (loges déistes, loges athées, loges de "droite", loges de "gauche", loges traditionnelles, loges progressistes), il ne faut pas pour autant tomber dans le piège et s'imaginer que toutes ces loges n'ont pas de but commun, une mystique commune. La franc-maçonnerie a qu'un seul but : le renversement de l'alliance du trône et de l'autel ("saine collaboration" entre les deux pouvoirs, expression de Jean-Paul II), et la destruction de l'Eglise. [2]

 

Rappelons - ce qui est condamné par la Bulle In Eminenti -, que les francs-maçons font un pacte couvert du secret, que par ce pacte ils ouvrent des portes à Satan (c'est la raison de la condamnation), et qu'ils sont de plus en nombreux à devoir aujourd'hui consulter des prêtres exorcistes pour être délivrés de troubles divers (vexations, obsessions, et, dans les cas les plus graves, possessions diaboliques). Ces troubles, pour être guéris, nécessitent d'abord une conversion à Jésus-Christ et à son Eglise. Il faut une confession, la récitation d'actes d'abjuration, des prières de délivrance. Et ensuite, il faut une vie quotidienne de prière, chaque jour, en particulier le matin et le soir, où il est bon de répéter régulièrement des actes d'abjuration.

 

La meilleure source pour connaître l'histoire de la franc-maçonnerie révolutionnaire reste après deux siècles un livre dont les informations n'ont jamais été contredites du vivant de l'auteur, qui avait reçu des témoignages et des aveux, ni même après: les Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme de l'abbé Barruel (1797), un jésuite...

Dans cet ouvrage, Barruel nous apprend que tous les Francs-maçons ne sont pas des agents conscients de ce qu'ils font. Il incrimine les arrières-loges dont les initiés supérieurs (grades supérieurs que très peu atteignent) manipulent, à leur insu, l'ensemble des maçons, et où ne se rencontre qu'une même finalité, la destruction de "toute religion", de toute autorité qui ne soit pas maçonnique, la destruction du catholicisme qui, par son clergé, sa hiérarchie et son autorité est la seule institution en mesure de s'opposer à leurs plans, et la construction d'un "régime universel dominateur", leur "république universelle".

 

Lire : Illuminés de Bavière : l'illuminisme au XVIIIe siècle

 

Barruel décrit les moyens de la franc-maçonnerie pour parvenir à ses fins. La méthode franc-maçonnique est un moyen, mettre tout sur le même plan, le relativisme (dénoncé à plusieurs reprises par Benoît XVI) et l'acceptation de ce moyen.

Et dans ce moyen, tous les moyens du mal sont permis et même encouragés. Les francs-maçons sont formatés à prendre pour le bien le mal ou à les mettre sur le même plan en discussion et en "dialogue" (c'est la suppression des 10 Commandements) :

 

"Sous prétexte de découvrir une Religion plus parfaite, il (Weishaupt) leur a persuadé - aux adeptes - que le Christianisme du jour n'est que Superstition & tyrannie. Il leur a soufflé toute sa haine pour les prêtres & pour l'état actuel des Gouvernements. C'en est assez pour l'aider à détruire; il se gardera bien de leur dire ce qu'il veut édifier..." (A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , 1798, t. III, p. 151).

 

"Si pour détruire tout christianisme, toute religion, nous avons fait semblant d'avoir seuls le vrai Christianisme, seuls la vraie religion; souvenez-vous que la fin sanctifie les moyens, que le sage doit prendre pour le bien tous les moyens du méchant pour le mal. Ceux dont nous avons usé pour vous délivrer, ceux que nous prenons pour délivrer un jour le genre humain de toute religion, ne sont qu'une pieuse fraude que nous nous réservons de dévoiler dans ce grade de Mage ou de Philosophe Illuminé" (A. Barruel, ibid., t. III, p. 264).

 

Or, vous le savez, depuis la Génèse et la tentation d'Eve qui discuta avec le démon au sujet du fruit de l'Arbre, on ne discute pas avec le démon. Plus intelligent, celui-ci nous entraîne dans ses filets, par l'acceptation du moyen du "dialogue". Cette discipline est impérative.

 

Répondons tout de suite ici que si les membres des "Brigandes" demandent de ne pas mettre dans le même panier tous les francs-maçons, ils n''hésitent pas, eux, à utiliser ce procédé s'agissant des Jésuites, en disant "les Jésuites" en général pour dire qu'ils sont tous mauvais...

 

Enfin, si en 1793, la franc-maçonnerie athée, progressiste, a pris le pas et a éliminé les francs-maçons déistes chrétiens, ce n'est aucunement une preuve que la franc-maçonnerie aurait différents buts et que donc il n'y aurait pas de "complot" (sic), ou que ce serait pas aussi évident, etc., comme c'est répété dans la video. C'est précisément parce qu'en 1793, elle n'avait pas plus besoin de ceux-ci et qu'après s'être servi d'eux, elle les a éliminés dans un processus bien défini par l'historien de l'Empire et de la Révolution, Patrice Gueniffey : un processus "radicalisation cumulative du discours" "réside le moteur de l'hubris révolutionnaire qui, d'outrance en surenchère dans la définition des buts et dans les choix des moyens, conduit inexorablement à la violence" (Patrice Gueniffey, Histoires de la Révolution et de l'empire, Tempus, Paris 2011, p. 186). Une fois le nettoyage idéologique réalisé, la franc-maçonnerie s'est auto-dissoute en France (en 1793 en pleine Terreur). Elle a fermé les loges quelques années, afin de revenir quelques années plus tard sous Napoléon Ier, puis sous la Restauration, la Monarchie de Juillet, la Seconde République, le Second empire, la IIIe république, la IVe république, et enfin, la Ve république.

 

Aujourd'hui, la meilleure réponse à faire à la franc-maçonnerie est de lui demander de répondre aux exigences de transparence démocratique en se déclarant devant le Parlement.

 

Lire: Election présidentielle 2017 : Déclaration officielle des lobbys maçonniques

Suisse : Le parlement du Valais envisage d'obliger les francs-maçons à se déclarer devant lui

Notes

 

[1] Les Enseignements originaux des Papes sur la franc-maçonnerie, De 1717 à nos jours, Pierre Tequi éditeur, Saint-Céneré 1998, p. 15-17.

[2] Satan qui travaille derrière la franc-maçonnerie à la ruine de l'Eglise ne parviendra pas à ses fins, car l'Eglise a les promesses d'assistance éternelle de Notre Seigneur Jésus-Christ : "les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle" (Mt, 16, 18); "Et moi, je suis avec vous toujours jusqu'à la fin du monde" (Mt, 28, 20.)

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 00:00

Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse

 

 

http://media.evangelizo.org/images/santibeati/V/Beata_Vergine_della_Medaglia_Miracolosa/Beata_Vergine_della_Medaglia_Miracolosa_B.jpg

 

Entrée au noviciat depuis quelques jours seulement, Ste Catherine Labouré fut gratifiée de plusieurs faveurs célestes. La Très Sainte Vierge Marie daigna lui apparaître à six reprises. La seconde apparition eut pour objet la manifestation de la Médaille Miraculeuse. Voici en substance le rapport que la voyante en a fait à son confesseur, le Père Jean-Marie Aladel :

 

 

 

« Le 27 novembre 1830, un samedi avant le Premier Dimanche de l'Avent, à cinq heures et demie du soir, j'étais à la chapelle quand il m'a semblé entendre du bruit du côté de l'épître, comme le froufrou d'une robe de soie.

 

Ayant regardé de ce côté-là, j'aperçus la Sainte Vierge. Elle était debout, habillée de blanc, une robe en soie blanche aurore à manches plates, un voile blanc qui descendait jusqu'en bas. En-dessous du voile, j'ai aperçu Ses cheveux en bandeaux ; la figure était assez découverte et Ses pieds appuyés reposaient sur une boule.

 

Elle tenait aussi une boule dans Ses mains représentant le globe terrestre. Ses mains étaient élevées à la hauteur de l'estomac, d'une manière très aisée et les yeux élevés vers le ciel. Sa figure était de toute beauté ; je ne pourrais la dépeindre. Et puis, tout à coup, j'ai aperçu des anneaux à Ses doigts revêtus de pierreries plus belles les unes que les autres ; leur éclat couvrait tout le bas et je ne voyais plus Ses pieds.

 

 

 

A ce moment, il s'est formé un tableau un peu ovale autour de la Vierge Sainte, avec au haut, ces mots écrits en lettres d'or : "O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous".

 

Une voix se fit alors entendre qui me dit : “Faite frapper une médaille sur ce modèle ; toutes les personnes qui la porteront au cou recevront de grandes grâces. Les grâces seront abondantes pour tous ceux qui la porteront avec confiance.”

 

 

 

Le tableau se retourna soudain et je pus contempler le revers de la Médaille sur lequel était gravé le monogramme de la Sainte Vierge, composé de la lettre M, surmonté d'une croix, avec une barre à la base. Au-dessous de cette lettre M, côte à côte, les deux Saints Cœurs de Jésus et de Marie. »

 

 

 

L'approbation officielle de l'Église, les merveilles opérées en si grand nombre, et enfin la prodigieuse humilité de la voyante garantissent l'authenticité de l'origine céleste de la Médaille Miraculeuse.

 

 

 

Dans le courant de décembre, Ste Catherine Labouré a une nouvelle apparition très semblable à celle du 27 novembre, et au même moment, pendant l’oraison du soir : la messagère choisie par l’Immaculée reçoit de nouveau l’ordre de faire frapper la Médaille par l’entremise de son confesseur, le prudent Père Aladel.

 

Ce sera quand même fait en 1832 avec la permission de l’archevêque de Paris, Monseigneur de Quélen.

 

 

 

Symbole suffisamment clair, cette Médaille nous rappelle que nous sommes des chrétiens rachetés par un Dieu crucifié en face de sa mère douloureuse ; que nous sommes les enfants d’un Dieu qui nous aime, qui nous donne son cœur et qui demande en retour le nôtre pour étendre son royaume d’amour et de paix parmi les hommes, et en priorité parmi les plus souffrants, comme va le faire Sœur Catherine. Méditons ce langage convaincant de la Médaille ! Elle est un saisissant raccourci de notre foi chrétienne.

 

 

 

 

 

Pour un approfondissement voir et lire :

 

>>> Chapelle rue du Bac - Paris

 

Source: L'Evangile au quotidien

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 20:01

"C'est la plus forte hausse depuis 2013". + 42 000 chomeurs de plus en un mois. L'équivalent d'une ville moyenne comme Valenciennes. Nouveau record.

Le chômage marque un fort rebond en octobre. Nouveau record

Source: Le chômage marque un fort rebond en octobre, Sud-Ouest, Publié le 26/11/2015 à 18h45 , modifié le 26/11/2015 à 19h11 par SudOuest.fr avec Afp

Le chômage marque un fort rebond en octobre. Nouveau record

Source: Forte hausse du chômage en octobre + 42 000 demandeurs d'emploi, Ouest-France, 26/11/2015 -

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 18:53

C'est dans un rapport de confiance remarquable où François Hollande tutoie le président russe Vladimir Poutine, qu'il témoigne à ce dernier et au peuple russe sa peine après les attentats terroristes qui ont également frappé la Russie. (video RT en français).

 

Extrait du discours de Hollande à partir de 2:50:

 

"Monsieur le Président, cher Vladimir, nous avons été frappé en France par un acte terroriste. La Russie, également, a été frappée par un attentat contre un de ses avions. Le terrorisme est donc notre ennemi. Et, nous le connaissons, il a un nom, c'est Daech, l'Etat islamique. Il a un territoire, il a une armée, des ressources, et donc nous devons faire cette large coalition pour frapper ce terrorisme.

 

Vendredi dernier, le Conseil de Sécurité a adopté une résolution à l'unanimité pour que l'ensemble des pays agisse contre le terrorisme, et notamment contre Daech. Et nous, nous devons être à l'initiative pour qu'il puisse y avoir des actions qui doivent être intensifiées contre ce terrorisme-là.

 

C'est pourquoi je suis ici à Moscou avec toi, pour déterminer comment nous pouvons, les uns et les autres, agir et nous coordonner pour que nous puissions à la fois, atteindre ce groupe terroriste, et en même temps chercher une solution politique pour la Syrie.

 

J'étais mardi à Washington, j'ai reçu la chancelière hier, j'avais vu David Cameron. J'ai également rencontré Matteo Renzi, je suis avec toi. Et bien, maintenant nous devons prendre nos responsabilités.

 

Et je te remercie, ainsi que tout le peuple russe pour toutes les marques d'amitié qui nous ont été adressées à la suite des attaques meurtrières du vendredi 13 novembre.

 

Et moi aussi, je m'associe à la peine du peuple russe, après les actes terroristes qui ont été commis. C'est parce que nous pensons aux victimes que nous devons agir", a déclaré François Hollande.

Hollande à Moscou : "le terrorisme est notre ennemi. Nous le connaissons, il a un nom, c'est Daech, l'Etat islamique"

Le président français François Hollande est arrivé jeudi à Moscou pour s'entretenir avec son homologue russe Vladimir Poutine d'une coalition élargie pour combattre le groupe djihadiste Etat islamique (EI).

 

"Nous devons prendre maintenant nos responsabilité pour atteindre l'Etat islamique et chercher une solution politique pour la Syrie", a déclaré François Hollande à Vladimir Poutine.

 

"Les attentats poussent nos pays à conjuguer les efforts, et la Russie est prête à combattre le terrorisme ensemble avec la France", a indiqué le président russe.

Российско-французские переговоры в узком составе

 

Source: Hollande à Moscou pour coordonner l'action de la Russie et de la France face au terrorisme, Sputnik News, 17:58 26.11.2015(mis à jour 18:34 26.11.2015)

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 17:11
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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 14:37

Nous l'écrivions hier soir. Bravo et merci au site "Sputnik News", qui rapporte la déclaration, tandis que la presse mainstream "française" passe toujours sous silence ce retournement de veste spectaculaire de François Hollande au moment où nous publions cet article, parce que cette déclaration de Hollande est contraire aux injonctions de Bruxelles et à l'agenda mondialiste des grands argentiers et financiers des groupes de presse :

 

Lancé dans un marathon diplomatique pour bâtir une coalition élargie anti-Etat islamique, François Hollande a rencontré mercredi dernier la chancelière allemande.

 

Angela Merkel a promis d'agir "vite" pour répondre à la demande de François Hollande de "réfléchir aux responsabilités supplémentaires" que l'Allemagne pourrait assumer dans la lutte contre le terrorisme, lors d'une déclaration commune à l'Elysée.

 

[...] Les deux dirigeants s'étaient rendus auparavant place de la République à Paris pour déposer une rose parmi les nombreux bouquets et bougies déposées en hommages aux victimes des attentats du 13 novembre, rapporte l'AFP.

François Hollande a par ailleurs appelé à ne pas faire d'"amalgame" entre "réfugiés" et "terroristes", estimant qu'il était du "devoir" de l'Europe "d'accueillir ces personnes".

 

Pour autant, a noté François Hollande, "nous avons eu la preuve que des terroristes peuvent utiliser le cheminement des réfugiés" et "il nous appartient justement de les contrôler avant qu'il ne soit trop tard".

 

"Donc nous devons, et c'est la position que nous avions adoptée, la chancelière et moi-même, avoir une politique qui puisse être effective pour le contrôle de nos frontières extérieures", a-t-il encore déclaré.

François Hollande reconnaît trop tard que des terroristes ont pu "utiliser le cheminement des réfugiés" pour proposer un renforcement du "contrôle de nos frontières extérieures"

Source: Merkel promet d'agir "vite" contre le terrorisme, en réponse à Hollande, Sputnik News, 08:26 26.11.2015(mis à jour 10:43 26.11.2015)

 

Cette déclaration de François Hollande intervient trop tard après qu'il y ait eu 130 morts vendredi 13 novembre. Ses services devaient savoir dès le mois de septembre 2015 (puisque nous le savions) que des terroristes s'infiltraient parmi les "réfugiés", et François Hollande avait préféré alors proposé un "mécanisme permanent et obligatoire d'accueil des réfugiés". Ce retournement de veste de François Hollande n'abusera personne. Pure mesure électorale destinée à amortir la chute aux prochaines "élections" régionales, il est certain que la déclaration restera sans effet pratique sur la politique européenne de Bruxelles aux frontières de l'Europe. La meilleure preuve est que la presse ce matin encore n'avait pas rapporté les propos de l'employé Hollande qui a tenté une sortie qui ne lui sera pas pardonnée par son employeur de l'ombre.

 

. Réfugiés / frontières : une volte-face et un retournement de veste de François Hollande qui intervient trop tard

 

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 12:05

Trouvé sur Boulevard Voltaire :

Ces familles qui appellent au boycott de l’hommage national

François Hollande demande aux Français, vendredi, de pavoiser leurs fenêtres. Ces familles endeuillées ne peuvent supporter l’idée que ce soit lui qui pavoise, sans rendre de comptes à personne.

 

Disons-le. On se demandait combien de temps, assommées par le choc, hébétées par le chagrin, les familles des victimes du 13 novembre resteraient silencieuses. Combien de temps le gouvernement pourrait poursuivre ses discours graves et émus en se lavant les mains sans que personne – personne de touché dans sa chair – n’y trouve à redire. Combien de temps il parviendrait à tranquillement prospérer, refleurir, rajeunir même, engrangeant sans vergogne les dividendes électoraux de sa propre impéritie.

Cette fois, c’est fait. Une jeune femme s’est levée. Son frère, François-Xavier Prévost, a été assassiné au Bataclan et elle l’écrit en lettres capitales :

J’APPELLE AU BOYCOTT DE L’HOMMAGE NATIONAL RENDU AUX VICTIMES ET VOUS INVITE A PARTAGER MON STATUT.

Elle égraine, une à une, sans violence ni insultes, mais avec l’inexorable évidence des faits, les raisons pour lesquelles sa famille et elle « refusent cette main tendue par les représentants politiques de la France ».

Parce qu’en France, depuis les attentats de janvier, rien n’a été fait, « 10 mois plus tard, les mêmes hommes sont en mesure de recommencer et de faire cette fois-ci 10 fois plus de morts ». « Parce qu’en France, il est possible d’être en lien avec un réseau terroriste, de voyager en Syrie et de revenir librement », parce qu’en France, les « personnes fichées S […] circulent librement », empruntent les transports en commun, louent des voitures, « travaillent à nos côtés », sans faire l’objet d’aucune obligation de suivi ni de surveillance. Parce qu’avant les événements tragiques du 13 novembre, jamais personne ne s’est posé la question de la « dissolution » des « 89 mosquées recensées comme radicales »

Votre main tendue, votre hommage, nous n’en voulons pas et vous portons comme partie responsables de ce qui arrive ! C’est plus tôt qu’il fallait agir. Les attentats du mois de janvier auraient dû suffire.

termine, implacable, Emmanuelle Prévost.

Comment ne pas la comprendre ? Lorsqu’un lotissement est inondé, on ne poursuit pas seulement l’entrepreneur véreux qui a bâti, mais aussi l’élu local qui, avec une légèreté criminelle, a laissé faire. Lorsqu’un patient meurt sur la table d’opération d’un chirurgien alcoolique notoire, ce n’est pas seulement celui qui tenait le scalpel qui est mis en cause, mais la hiérarchie de l’hôpital qui, bien qu’au courant, n’a pas viré – par insouciance, copinage, démagogie, désorganisation ? – le toubib. Et quelle famille supporterait de voir le maire, le chef de service la serrer avec emportement contre son cœur et plastronner, avec une mine de circonstance, le jour de l’enterrement ?

Alors au-delà des terroristes, qui est responsable ?

Sa déclaration, qui a fait un gigantesque buzz sur Facebook, est reprise désormais par la presse. Déjà, dans Var-Matin, le père d’une autre victime – Aurélie de Peretti – lui emboîte le pas. Jean-Marie de Peretti a fait savoir qu’il ne se rendrait pas à l’hommage auquel il a été convié et dit pourquoi : « L’espace Schengen est devenu une passoire. » « [Il] a laissé passer toutes ces personnes pourtant signalées par le fameux fichier S. »

François Hollande demande aux Français, vendredi, de pavoiser leurs fenêtres. Ces familles endeuillées ne peuvent supporter l’idée que ce soit lui qui pavoise, sans rendre de comptes à personne.

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 08:42
Lettre d’un émigré. La royauté est la république

Ooyake ou royauté comme meilleur défenseur de la république

 

Le rétablissement du sens des mots constitue définitivement le socle de toute restauration. Il faut avouer que le talent maléfique de la révulsion et de la modernité se trouve bien dans cette étrange pouvoir magique qui relève quasiment du charme, d'avoir réussi à vider le sens des mots pourtant aussi vieux que les hommes, pour inventer sur ces mêmes mots un sens maléfique. La méphistophélique efficacité de ce procédé berne jusqu'au plus honnête puisque dans une contamination progressive le sens révulsionnaire remplace le bon sens dans la bouche même de ceux qui le défendent. Comment, direz-vous. Il suffit ne serait-ce que rentrer sur ces faux terrains de débats qui entretiennent le flou et utilisent le mot à mauvais escient pour être déjà battu – ou plutôt, puisque peu importe sa propre défaite, la vérité et la droiture de l'éternel sont insultées ce qui aura des conséquences sur le juste chemin des hommes.

 

« La royauté est la république ». Certains doivent penser, à lire cette sentence, que votre serviteur débloque quelque peu sur les bords, ou au mieux qu'il aime bien les petits calembours mais que tout cela n'est pas sérieux. Je pèse pourtant chacun de ces mots : « la royauté est la république ». La chose est pourtant simple, du moins lorsqu'on contemple les discours japonais sur la royauté : la république signifie « chose publique » et recouvre ainsi « bien public », « bien commun » et surtout cette notion de « public » dans l'opposition au privé, encore plus peut-être « public » dans son opposition non pas à privé mais dans son opposition à l'ego. Chacun de nous avons en effet un ego, mais nous avons aussi tous cette partie de « justice » ou plutôt d'« amour », qui contredit l'ego et pousse à sa disparition pour le service, le sacrifice envers les autres. D'un point de vue Japonais « service public » et « amour accompli » sont des notions très proches et complètement en opposition à l'ego, au « moi » qui conduit fondamentalement à la méchanceté, à l'arbitraire de l'appropriation à « soi » à des choses qui éloignent l'homme de la bonne voie.

 

Ainsi la res publica, voire plutôt le ooyake en Japonais désigne cette justice publique qui est tout autant amour du prochain christique que incarnation de la justice hors des intérêts privés. Et dans l'histoire de France, comme du Japon, le roi fut l'incarnation et l'expression de cette res publica. C'est la royauté qui permit de transformer les tendances à l'ego de tous en service public, de faire de seigneurs qui se comportaient parfois envers leurs administrés plus comme des propriétaires que des serviteurs. La chose se remarque de façon encore plus frappante si l'on raisonne par l'absurde : la France sans la royauté montre le spectacle de la destruction totale de la res publica de la république, dans un monde moderne -décadent- où il n'y a que des egos qui commettent leur propre intérêt dans une surenchère de méchancetés d'autant plus terribles qu'elles ne sont pas forcément conscientes. Et d'où vient cela ? La royauté enlevée de sa place au sommet de la société marqua l'avènement non de la république mais de réprivé res privata. Le Japon quant à lui, malgré les tensions dues à la modernité, montre une étonnante constance dans la res publica qui ne se trouve pas dans le gouvernement mais dont la flamme reste conservée par le Tennô. Si le mal peut vouloir s'étendre, du moins n'a-t-il pas contaminé la tête, et donc la porte de sortie existe, ils pourront se sortir des crises.

 

Il faut donc se battre pour la restauration de la république, c'est-à-dire de la royauté puisqu'en France l'une n'existe pas sans l'autre. Le travail est difficile mais nécessaire. Il faut récupérer ce mot, car le devoir des serviteurs de la France c'est de remettre de l'harmonie parmi les Français, il faut donc se rappeler que la république c'est la royauté. Tous les défenseurs de la république devraient se rappeler qu'ils sont sujets de la royauté.

 

Cela est la malédiction française dont nous pourrions peut-être enfin sortir, deux cents ans après la révulsion. A la différence des nippons, dont l'origine des mots comme « révolution » ou « république » ne fut pas contaminée, et qui peuvent sans soucis revenir sans cesse au sens originel des mots. Nous, pauvres Français, avons du mal d'oublier l'origine de l'utilisation maléfique de ces mots, en oubliant par là-même leur sens d'avant. Les voir évités, voire dénoncés par les défenseurs même de la république synonyme de royauté, est un spectacle dramatique. Il n'y a pas à jeter la pierre, rien n'est plus dur que de se dire républicain, en sachant son vrai sens du mot, lorsque ce mot manipulé est victime de l'attribution des pires atrocités. Il faut finir la Contre-Révolution pour passer à la Pour-Royauté qui sera enfin le retour de la république. N'oublions pas l'ignorance contemporaine, et notre devoir n'est-il pas de faire prendre conscience à tous ces « Républicains » ce qu'est vraiment la république, et qu'être en fait « républicains » c'est être au service de son roi ?

 

Paul de Beaulias

 

Pour Dieu, Pour le Roi, Pour la France

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 22:49

Où l'on va voir si les Occidentaux sont réellement sincères dans leurs promesses de lutte contre "Daech" (l'Etat islamique) :

La Russie propose un état-major commun contre Daech

L'ambassadeur de Russie à Paris a affirmé que son pays était prêt à constituer un « état-major » commun contre l'Etat Islamique. Avec les USA, la France, et même la Turquie.

 

La Russie serait « prête » à « constituer un état-major commun » contre le groupe Etat islamique (EI), incluant la France, les Etats-Unis et même la Turquie en dépit de la poussée de tension entre Ankara et Moscou, a affirmé mercredi l'ambassadeur russe à Paris.

 

« Nous sommes prêts à (...) planifier ensemble des frappes sur les positions de Daech (ndlr, acronyme arabe de l'EI) et constituer pour cela un état-major commun avec la France, avec l'Amérique, avec tous les pays qui veulent bien aller dans cette coalition », a déclaré le diplomate, Alexandre Orlov, sur la radio française Europe 1.

 

« Les Turcs s'ils veulent aussi, ils sont les bienvenus », a-t-il ajouté.

Source: La Russie propose un état-major commun contre Daech, Ouest-France, International - 25/11/2015, 09h20

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 21:24

La dictature se resserre quand les journalistes sont licenciés pour avoir fait leur travail :

Le journaliste Thomas Guénolé renvoyé pour avoir critiqué la gestion des attentats du 13 novembre par la Brigade de recherche et d'intervention (BRI)

Un journaliste français renvoyé pour avoir critiqué la gestion des attentats du 13 novembre par la Brigade de recherche et d'intervention (BRI), met en cause la censure.

 

Le ministère français de l'Intérieur a fait pression sur un grand média français et cela porte atteinte à la tradition française de la liberté de la presse, a déclaré mercredi à Sputnik Thomas Guénolé, politologue de la radio RMC licencié pour avoir critiqué la gestion des attentats du 13 novembre à Paris.

 

"C'est extraordinairement grave par rapport à la tradition française de la liberté de la presse (…). Nous sommes en plein état d'urgence. Dans un climat qui est déjà très fragile en termes de libertés individuelles de toute la population, puisque l'état d'urgence veut dire que le contrôle des juges sur les activités de la police est suspendu en grande partie et donc nous perdons une grande partie de nos protections contre l'arbitraire policier. Dans ces conditions-là que le ministère de l'Intérieur fasse pression sur un média parce qu'une chronique ne lui a pas plu, c'est extraordinairement grave", a indiqué M.Guénolé.

 

Dans sa chronique du 17 novembre, le journaliste a notamment évoqué "des failles dans les services de renseignement" et la "sécurité intérieure", le manque d'hommes et la pénurie d'équipement dans les unités antiterroristes.

 

"Manifestement il devient extraordinairement difficile d'avoir un regard critique sur les activités du ministère de l'Intérieur dans ce pays. J'ai été viré par RMC suite à des pressions du ministère de l'Intérieur qui a utilisé deux méthodes. Primo: le ministère de l'Intérieur et la police ont commencé à boycotter les plateaux de RMC parce que ma chronique ne leur avait pas plu, et deuxio: les sources policières habituelles des journalistes spécialisés de RMC se sont mis à se taire et ça, c'est un embargo. Boycott et embargo, dans les deux cas c'est une pression", a noté M. Guénolé.

 

"Ce qui est fondamental et extraordinairement grave c'est que le ministère de l'Intérieur ait fait pression sur un grand média français pour le punir d'une chronique qui ne le satisfaisait pas", a conclu le journaliste.

 

 

Source: Attentats de Paris: existe-il désormais des sujets tabous dans les médias français?, Sputnik, 20:52 25.11.2015(mis à jour 21:05 25.11.2015)

 

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 20:34

Mise à jour permanente

François Hollande, le 3 septembre dernier, proposait de créer un "mécanisme permanent et obligatoire d'accueil des réfugiés". Nous disions alors que nous attendions le "retournement de veste de François Hollande et la restauration des contrôles aux frontières"... Et bien, trois mois après, nous y sommes ce soir, au moins s'agissant des frontières européennes. Seulement, au moment de la publication de cet article, il n'y a pour le moment aucun écho de l'information dans les media officiels.

 

Après Manuel Valls hier dans la presse allemande, François Hollande se réveille à son tour. Il est à présent convaincu qu'il faut renforcer les contrôles des réfugiés aux frontières de l'Europe. Exit donc le "mécanisme permanent et obligatoire d'accueil" qu'il préconisait début septembre 2015. Les attentats du vendredi 13 novembre 2015 à Paris qui ont fait 130 morts sont passés par là. Deux des terroristes avaient transité par l'Europe, traversé les frontières et transité par l'Europe dans le flux des migrants.

 

Le tweet de Hollande le 3 septembre :

Source: https://twitter.com/fhollande

Ce soir un peu avant 20 h, dans une conférence commune avec Angela Merkel à l'Elysée et retransmise en direct sur "BfmTv", François Hollande a déclaré :

 

"Un grand nombre de personnes sont venues en Europe, parce que ces personnes fuyaient les massacres en Syrie, les bombardements du régime, les tueries de Daech. C'était notre devoir d'accueillir ces personnes. Nous devons éviter un amalgame qui serait insupportable, qui laisserait penser que les réfugiés sont des terroristes".

 

Mais il a aussitôt concédé que des terroristes ont pu s'infiltrer parmi les migrants en passant les frontières de l'Europe. Il a donc confirmé (sans le dire à Angela Merkel à ses côtés) les propos de son Premier ministre, hier, selon lesquels l’Europe devait cesser d'accueillir les réfugiés du Proche-Orient à cause du risque d’infiltration, et a demandé un contrôle plus fort des réfugiés aux frontières :

 

"Nous ne sommes pas seulement dans la compassion, parce que nous devons être dans l'action, l'action contre le terrorisme. Nous devons prendre toutes les mesures pour protéger nos populations (contre le terrorisme)".

 

... Je souhaite que l'allemagne puisse s'engager encore davantage dans la lutte contre Daech."

 

La chancelière allemande Angela Merkel, quant à elle, à ses côtés, s'est rangée à cette affirmation, en apportant le soutien de l'Allemagne à cette inflexion dans la politique d'accueil des réfugiés.

 

Add. 26/11/2015, 14h32. Bravo et merci au site Sputnik qui relaie l'information aujourd'hui tandis que la presse mainstream "française" la passent sous silence :

 

François Hollande a par ailleurs appelé à ne pas faire d'"amalgame" entre "réfugiés" et "terroristes", estimant qu'il était du "devoir" de l'Europe "d'accueillir ces personnes".

Pour autant, a noté François Hollande, "nous avons eu la preuve que des terroristes peuvent utiliser le cheminement des réfugiés" et "il nous appartient justement de les contrôler avant qu'il ne soit trop tard".

"Donc nous devons, et c'est la position que nous avions adoptée, la chancelière et moi-même, avoir une politique qui puisse être effective pour le contrôle de nos frontières extérieures", a-t-il encore déclaré.

Réfugiés / frontières : une volte-face et un retournement de veste de François Hollande qui intervient trop tard

Source: Merkel promet d'agir "vite" contre le terrorisme, en réponse à Hollande, Sputnik News, 08:26 26.11.2015(mis à jour 10:43 26.11.2015)

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 17:10

En plus d'une tentative de récupération politique, François Hollande choisit un mot mal venu ayant une signification festive pour rendre hommage aux victimes des attentats du 13 janvier :

"Pavoiser" : Décalé et malvenu. Hollande choisit un mot à connotation festive pour rendre "hommage aux victimes"

Source : Hommage aux victimes: Hollande invite les Français à «pavoiser» leur domicile, Le Figaro, Par Lefigaro.fr avec AFPMis à jour le 25/11/2015 à 14:57 Publié le 25/11/2015 à 12:33

 

Le terme utilisé "pavoiser" a une double signification. S'il est transitif (comme dans la phrase de Hollande), il signifie seulement "Orner un lieu de drapeaux". Mais il signifie aussi, utilisé sans COD, "manifester avec fierté, ostentation une grande joie". Le mot est donc à tout le moins mal choisi, et l'appel, décalé et malvenu.

 

En outre, on peut se demander de quel drapeau parle François Hollande ? Ceux qui flottaient place de la Bastille le 6 mai 2012, le soir de l'"élection" de François Hollande ? 

Hollande célèbre la "France de la diversité et de l'unité, rassemblée, réunie" qui l'a élu (à partir de la 5e minute dans la video ci-dessus)

"Pavoiser" : Décalé et malvenu. Hollande choisit un mot à connotation festive pour rendre "hommage aux victimes"
"Pavoiser" : Décalé et malvenu. Hollande choisit un mot à connotation festive pour rendre "hommage aux victimes"
Source image: http://ripostelaique.com/drapeaux-etrangers-a-la-bastille-et-vote-musulman-pour-hollande-la-democratie-a-parle.html

Source image: http://ripostelaique.com/drapeaux-etrangers-a-la-bastille-et-vote-musulman-pour-hollande-la-democratie-a-parle.html

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 16:35

Le réalisme rattraperait-il Manuel Valls qui, il y a six jours, ne croyait pas à la fermeture des frontières nationales pour sécuriser les Français ? Le discours du gouvernement français est en train de changer par la force des attentats du vendredi 13 novembre 2015. D'irénique et totalement déconnecté des réalités, il se raffermit. Conversion sincère ou manoeuvre politique destinée à calmer la colère qui monte ?

Valls charge Merkel et veut réduire l'accueil des réfugiés

A quelques heures d'un sommet franco-allemand à l'Élysée, Manuel Valls s'est chargé de dire tout haut ce que François Hollande pense tout bas: trois mois après l'exode massif qu'Angela Merkel a fait naître, l'Europe ne peut plus accueillir autant de réfugiés.

Le premier ministre y met les formes, sans citer nommément la chancelière. Mais le message est limpide: Ouvrir la porte aux Syriens, comme l'a fait Angela Merkel «était un choix respectable (…) mais ce n'est pas la France qui a dit: Venez à moi!», dit-il dans une interview au quotidien allemand Sueddeutsche Zeitung et à d'autres journaux européens. «Nous ne pouvons pas accueillir encore plus de réfugiés en Europe, ce n'est pas possible», poursuit Manuel Valls, dans le texte publié en allemand. (Paris a contesté cette version, plaidant que le premier ministre s'était opposé à l'accueil de «davantage de réfugiés» en Europe). A ses yeux, la vraie question est celle du contrôle de la frontière externe et la réponse décidera de l'avenir de l'UE: «si nous n'y parvenons, les peuples diront: l'Europe, ça suffit!»

Source: Valls charge Merkel et veut réduire l'accueil des réfugiés, Le Figaro, Par Jean-Jacques Mevel Mis à jour le 25/11/2015 à 16:04 Publié le 25/11/2015 à 12:24

"L'Europe doit arrêter d'accueillir des réfugiés du Proche-Orient à cause du risque d'infiltration. Voici en substance ce qu'a dit Manuel Valls à la presse allemande", selon un article de Lci.tf1.fr :

Valls charge Merkel et veut réduire l'accueil des réfugiés

"Le Premier ministre a déclaré à la presse allemande que l’Europe devait cesser d'accueillir les réfugiés du Proche-Orient à cause du risque d’infiltration. Des propos opposés à ceux tenus le 16 octobre 2015. Preuve que les attentats de Paris ont changé la donne. Pour Frédéric Delpech, journaliste à LCI, à l'approche des régionales, l'enjeu est aussi politique."

Extrait de la video de Tf1.lci.fr:

 

On va essayer de voir plus clair avec vous Frédéric Delpech. Est-ce que c'est une déclaration qui annonce un changement de position pour la France, ou est-ce simplement de la com de la part du Premier ministre ?

 

Frédéric Delpech : "Cela ressemble en tous cas en effet à un changement de pied, à une volte-face de la part de Manuel Valls. Alors on va attendre d'avoir la confirmation par François Hollande, mais c'est vrai que le Premier ministre s'exprimait devant un certain nombre de journalistes. Alors ce n'est pas à proprement parlé une déclaration à la télévision, mais en tous cas il l'a dit devant des journalistes. Alors cela contraste avec les propos de Manuel Valls. On va simplement écouter ce que le Premier ministre disait en octobre 2015 lorsque la France annonçait qu'elle allait accueillir au moins 24 000 migrants :

 

"Nous devons accueillir avec humanité, humanisme, dans le cadre républicain auquel nous sommes tous attachés. Et je le dis à mon tour: ceux qui prétendent que nous ne pourrions pas accueillir, ceux qui affirment que nous serions submergés, envahis, remplacés, victimes de je ne sais quelle 5e colonne, mentent."

 

Cela (cette déclaration de Manuel Valls. Ndlr.), c'était le 16 octobre dernier, précise la journaliste à Frédéric Delpech.

 

Réponse de Frédéric Delpech :

 

"Et oui. Et donc on voit le chemin parcouru. Alors, effectivement, depuis il y a eu les attentats. Alors, il y a deux choses. Il y a d'abord dans les propos de Manuel Valls un message à Angela Merkel qui, vous le savez, doit venir ce soir rencontrer François Hollande. La chancelière allemande qui semble d'ailleurs de plus en plus isolée dans son propre camp, puisque son aile droite en Allemagne, a pris ses distances. Et la France semble aujourd'hui prendre ses distances avec Angela Merkel.

 

Alors évidemment, cette nouvelle fermeté, Manuel Valls l'explique par le fait que deux des tueurs des attentats de Paris, auraient transité par l'Europe, auraient traversé les frontières et transité par l'Europe dans le flux des migrants. Et donc Manuel Valls plaide pour un renforcement des contrôles aux frontières extérieures de l'Europe. Mais il y a aussi dans cette déclaration du Premier ministre une considération de politique intérieure (bien évidemment on approche des Régionales). On a vu que dans les sondages, certes le PS gagnait un petit point globalement, mais le Front national aussi qui a vu d'une certaine façon valider cette thèse défendu par le parti de Marine Le Pen, avant les attentats, comme quoi accueillir des migrants, c'était prendre le risque d'accueillir des terroristes sur le sol européen."

Les propos de Manuel Valls contredisent aussi ceux de François Hollande qui le 3 septembre proposait de créer un "mécanisme permanent et obligatoire d'accueil des réfugiés", propos de Hollande pour lesquels nous disions attendre le "retournement de veste de François Hollande et la restauration des contrôles aux frontières"... A suivre.

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 14:59
Aux origines du "dauphin", successeur des rois de France

Dans l'émission d'Europe 1 "Au Coeur de l'histoire", le 24 novembre, Franck Ferrand explique les origines du terme "dauphin" pour désigner le successeur d'un roi de France.

Blason"A l'origine, il y a un prénom, Delphinus, Dauphin, qui est un simple prénom et qu'on donnait comme deuxième prénom aux héritiers de deux petites régions, les comtes d'Albon-Viennois, dont les héritiers avaient pour second prénom ce prénom de Dauphin. Et c'est pour ça qu'on s'est mis à appeler ces deux régions le Dauphiné.

Or, le dernier dauphin du Viennois, Humbert II, est contraint de vendre ses seigneuries, et jusqu'au traité de Romans, le 30 mars 1349, par lequel il cède le dauphiné à Philippe VI, roi de France - il a toute sorte de difficultés financières -, et la Couronne de France récupère en 1349 cette région du Dauphiné, et il est dit dans le traité que ces terres vont devenir apanage du fils aîné du roi.

Donc, désormais, le fils aîné du roi devient 'dauphin' du Viennois. Et petit à petit on va oublier le 'du Viennois' et on dira tout simplement 'dauphin'. Et par homonymie, on se met à utiliser des dauphins héraldiques, tout à fait stylisés, pour désigner le fils du roi de France. Quand sous Louis XIV - vous savez que tout est grand (la Grande  Galerie, le Grand Canal, le Grand siècle) -, on va appeler le fils de Louis XIV, le 'Grand Dauphin'."

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 12:20

Le discours du Prince pour la commémoration du tricentenaire de la mort de Louis XIV vient d'être publié sur VLR:

Discours du prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou, pour commémorer le tricentenaire de la mort du Roi Louis XIV (1715-2015)

lundi 23 novembre 2015.

 

Discours prononcé lors de la réception du lundi 23 novembre organisée pour commémorer le tricentenaire de la mort du Roi Louis XIV (1715-2015)

 

Chers Amis,

 

Alors qu’il y a quelques mois, nous apprenions qu’allait se tenir à Versailles la passionnante exposition Louis XIV et que nous organisions une soirée en hommage au grand roi, autour de la conférence qui nous a tant intéressés, personne n’imaginait que la France serait frappée par un acte d’une barbarie infinie.

 

La France frappée, et en particulier Paris, sa capitale. Paris, que le Comte de Chambord en 1870 alors que les ennemis étaient en son cœur qualifiait, de « la ville de Clovis, de Clotilde et de Geneviève, (...) la ville de Charlemagne et de Saint Louis, de Philippe Auguste et d’Henri IV, (...) la ville des sciences, des arts et de la civilisation ». L’ennemi, une nouvelle fois, est là !

 

Frappée au plus profond d’elle-même car, répétant un geste que les révolutionnaires connaissent bien, les assassins ont pris les jeunes pour cibles. Faire mourir des enfants, c’est aussi pour une part, tuer les parents. Alors, ne supportons plus le déni, donnons leurs sens aux événements et aux mots, parlons en vérité : ceux qui ont commis ces massacres sauvages sont des assassins et des barbares sans foi ni loi.

 

Ma compassion et mes prières vont à toutes les victimes et à leurs familles meurtries et j’adresse mes encouragements et félicitations aux forces de l’ordre et aux autorités judiciaires dont l’action dangereuse s’est révélée efficace ainsi qu’aux médecins et infirmières qui ont secouru et soigné, confrontés à des blessures de guerre bien inhabituelles pour eux.

 

Mais comme héritier des rois, comme héritier d’une tradition, ayant élevé au rang des principes intangibles de la politique, l’état de droit garanti par les lois fondamentales, je ne peux, comme vous tous, que ressentir au plus profond de moi la tragédie que représentent de tels actes perpétrés sur notre sol, perpétrés contre la France et les Français.

 

Évoquer cette tragédie en cette journée, où nous tenions à honorer le roi Louis XIV à l’occasion du tricentenaire de sa mort, apparait alors comme un vrai symbole, tant elle en est l’antithèse. En effet, qu’a voulu le roi, si ce n’est tendre vers le meilleur régime ? Le moins mauvais, en tout cas, sachant ce que sont les individus. Gouvernement d’équilibre entre Dieu et les hommes. Entre les égoïsmes de chacun et le bien commun pour tous. Entre tradition et progrès.

 

S’il fut un grand souverain, celui dont le professeur Jean Christian Petitfils nous a si bien parlé ce soir, c’est qu’il a découvert tôt dans sa vie, lorsqu’il a décidé de gouverner personnellement, ces principes qu’il s’est appliqué ensuite à mettre en œuvre. Pouvoir d’équilibre et de maîtrise du monde naturel comme des hommes ; du monde spirituel comme des institutions. Pouvoir pour ordonner la société comme un jardin à la française, c’est-à-dire lui donner du sens, mais aussi pour permettre aux Lettres et aux Arts d’acquérir leur plein épanouissement. Sa mort fut à l’image de sa vie comme Madame Saule l’a si bien évoqué dans la remarquable exposition qu’elle a montée à Versailles et qu’elle m’a fait visiter cet après-midi. Sa mort résume sa vie et la magnifie. L’astre a alors rejoint les cieux !

 

Mais celui que les hommes avaient peut-être jugé un peu vite, trop occupé de sa propre grandeur, ne la poursuivait pas pour lui-même mais pour la France dont il a fait un exemple donné au monde et un modèle de civilisation.

 

Or, n’est-ce pas le message que l’on attend actuellement ? Notre société a besoin de sens et de modèles auxquels se référer. Ne faut-il pas, une nouvelle fois, rappeler la phrase si prophétique de saint Jean-Paul II, « France qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? »

 

La France tient-elle toujours sa place ? Au fond d’elle-même peut-elle toujours dire qu’elle est un modèle à donner aux autres nations quand elle renie la vie, quand elle ne sait plus éduquer ses enfants, quand elle abandonne ses vieillards, quand elle baisse la garde alors que depuis près de 15 ans la menace était visible, quand elle oublie l’essentiel de son histoire et méprise la réalité au profit de l’idéologie ? Pour pouvoir être un modèle auquel le monde peut et veut adhérer, encore faut-il être exemplaire.

 

La France vient de montrer qu’elle était capable de l’être dans le malheur et lorsqu’elle est attaquée, en retrouvant une certaine union ainsi que réalisme et lucidité. Elle doit continuer à le montrer à l’avenir. Reprendre sa place de veilleur et de sentinelle dont la vocation est de protéger et de promouvoir ses idéaux puisés aux sources chrétiennes et ses valeurs nées de l’héritage gréco-romain et polies par quinze siècles d’histoire. « Ne l’oubliez pas, c’est du retour à ses traditions de Foi et d’honneur, que la grande nation, un moment affaiblie, recouvrera sa puissance et sa gloire », écrivait le Comte de Chambord toujours si pertinent dans ses jugements. C’est cette France que le monde attend et espère surtout quand les barbares sont à ses portes, prêts à répandre la mort, le désespoir, la ruine et la désolation.

 

Chacun à leur manière, Madame Saule et Monsieur Petitfils, à qui je tiens à redire tous mes remerciements, l’ont grandement montré. La première par l’exposition qu’elle offre à Versailles et qui j’en suis persuadé recevra de très nombreux visiteurs ; le second par ses talents d’historien et tous ses travaux dont la conférence de ce soir nous a donné un aperçu trop bref mais si convaincant.

 

La dynastie capétienne depuis les premiers temps, a toujours accompagné la France dans ses moments de gloires comme dans ceux d’épreuves : à Bouvines et à Rocroi, comme à Crécy et Malplaquet. Chaque fois, elle a apporté son message d’espoir. Incarnée dans une famille, elle sait, plus que tout autre, qu’il y a toujours une génération pour prendre la relève. Louis XIV laissant la France aux mains d’un enfant de 5 ans le savait. Son héritier incarnait la jeunesse du monde. La jeunesse de la France sans cesse renouvelée, celle qui porte notre avenir.

 

Par l’intercession de Saint Louis, protégeons notre pays et transmettons notre héritage à nos enfants.

 

Merci de m’avoir écouté.

Louis de Bourbon, duc d’Anjou

Source: Vive le Roy

Discours du prince Louis de Bourbon pour la commémoration du tricentenaire de la mort du Roi Louis XIV (1715-2015)

Merci à Marc M.

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 10:04

L'Oligarchie se sécurise, les Français peuvent attendre :

Le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé mercredi, un dispositif de sécurité renforcée pour la COP21. Près de 2 800 hommes sécuriseront le site.

 

Quelque 8 000 policiers et gendarmes sont déployés aux frontières pour des contrôles à l'occasion de la conférence de l'ONU sur le climat (COP21) qui débute dimanche au Bourget, où seront postés 2 800 hommes supplémentaires pour la sécurité du site, a annoncé mercredi le ministre de l'Intérieur.

 

« Au total ce sont 120 000 policiers, gendarmes et militaires déployés sur l'ensemble du territoire » pour assurer la sécurité après les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, a ajouté Bernard Cazeneuve.

 

Cazeneuve annonce 8 000 policiers aux frontières pour sécuriser la COP21, 0 pour les Français

Cazeneuve annonce 8 000 policiers aux frontières pour la COP21, 0 pour les Français : Manuel Valls, en effet, ne croit pas aux frontières nationales pour protéger les Français...

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 09:47

Mis à jour le 25/11/2015 à 17h26. Un article de Nice Matin rapporte l'information

La famille de François-Xavier Prévost, victime des attentats du 13 novembre 2015 annonce qu'elle ne participera pas à l'hommage national le 27 novembre rendu aux victimes.

Vendredi 27 novembre, un hommage national sera rendu aux victimes des attentats terroristes du 13 novembre dernier.

En tant que famille de François-Xavier Prévost, victime de cette tuerie, nous n’y participerons pas.

Nous refusons cette main tendue par les représentants politiques de la France pour plusieurs raisons :

- Parce qu’en France, les attentats perpétrés du 7 au 9 janvier de cette année ont fait 17 victimes,
Que depuis, rien n’a été fait. Si des textes ont été votés, aucun décret d'application n'a encore été publié. Que 10 mois plus tard, les mêmes hommes, sont en mesure de recommencer et faire cette fois-ci, 10 fois plus de morts,

- Parce qu’en France, il est possible d’être en lien avec un réseau terroriste, de voyager en Syrie, et de revenir, librement,

- Parce qu’en France, des personnes fichées S (pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » ou visées terroristes) circulent librement, empruntent n’importe quel moyen de locomotion (je pense notamment à l’attentat déjoué du TGV Thalys le 21 août dernier), louent des voitures (les voitures utilisées le 13 novembre pour perpétrer les fusillades dans les rues du 10e arrondissement de Paris avaient été simplement louées), travaillent à nos côtés (je fais ici allusion à l’un des employés de la RATP)…

Il faut rappeler que le recensement de certaines personnes en catégorie S n’entraîne aucune action automatique de coercition, ni même aucune obligation de suivi ou de surveillance par les autorités. Par ailleurs, les fiches S sont temporaires. Si une personne fichée ne commet aucune infraction et se fait oublier, sa fiche est effacée au bout d’un an.

- Parce qu’en France, 89 mosquées sont recensées comme étant radicales, c’est à dire qu’elles appellent ou profèrent la haine. Qu’il a fallu attendre les événements tragiques du 13 novembre pour que se pose enfin la question de leur dissolution.

- Parce qu’en France, un homme ayant perpétré un homicide en 2006, condamné en 2008, est libre en 2013. Parce que ce même homme n’a pas peur de dire à la France entière après avoir hébergé plusieurs jours des terroristes « On m'a demandé de rendre service, j'ai rendu service ». Ben oui…

- Parce que les représentants de l’Etat français ont décidé de mener des raids aériens contre l’Etat Islamiste en Irak puis en Syrie sans se soucier de préserver, avant d’agir, la sécurité de leurs concitoyens.

Alors NON, merci Monsieur le Président, Messieurs les politiciens, mais votre main tendue, votre hommage, nous n’en voulons pas et vous portons comme partie responsable de ce qui nous arrive ! C’est plus tôt qu’il fallait agir. Les attentats du mois de janvier auraient dû suffire !

J’APPELLE AU BOYCOTT DE L'HOMMAGE NATIONAL RENDU AUX VICTIMES ET VOUS INVITE A PARTAGER MON STATUT.

La famille d'une victime appelle au "boycott de l'hommage national" le 27 novembre

L'article de Nice Matin :

 

Emmanuelle Prévost, la sœur de François-Xavier Prévost, tué au Bataclan lors des attentats du 13 novembre, a appelé sur sa page Facebook à boycotter l'hommage national aux victimes, prévu ce vendredi aux Invalides, à Paris.

La famille d'une victime appelle au "boycott de l'hommage national" le 27 novembre

Source: Attentats de Paris: la soeur d'une des victimes appelle au "boycott" de l'hommage national, Nice Matin, Publié le mercredi 25 novembre 2015 à 10h54

Quelques erreurs (non-exhaustives) de  François Hollande et de son gouvernement :

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 20:06

Finalement, on se demande si on a bien fait de couper la tête au roi.

Léa Salamé, On n'est pas couché - France 2, le 21 novembre 2015

"Finalement, on se demande si on a bien fait de couper la tête au roi" (Léa Salamé)

Source : Vexilla Galliae

 

Intégrale 21 novembre 2015 - On n'est pas couché #ONPC :

A propos de la pièce de théâtre de Joël Pommerat, "Ca ira, Fin de Louis", l'intervention de Léa Salamé intervient à partir de 2:16:40 dans la video. Elle explique :

 

"Au-delà de la formidable modernité de votre mise en scène qui donne toute l'intelligence de cette pièce, de cette fresque magnifique sur la Révolution française, ce qui est le plus intelligent et ce qui m'a le plus plu moi, c'est que ça ne parle pas que de la Révolution française. En réalité, c'est plus une pièce encore sur 2015 que sur 1789, tellement il y a des résonnances entre le passé et le présent, tellement on se rend compte que toutes les questions qu'on se pose en 1789, c'est-à-dire la question du peuple (qu'est-ce que le peuple), la question des élites, la question de la démocratie, de la représentativité des élus, et bien toutes ces questions-là, on les a toujours, on a l'impression en assistant à cette scène des Etats généraux d'être au Comité d'entreprise d'Air France dans sa violence (avec les chemises déchirées). Et vous arrivez à faire ce parallèle entre les deux, qui est formidable. A tel point qu'on a vraiment l'impression que c'est la phrase de Lampedusa dans le Guépard : "Il faut que tout change pour que rien ne change." Et rien n'a changé finalement deux siècles après, on a toujours les mêmes questions et pas de réponse.

 

[...] J'ai un ami qui a vu votre pièce deux jours après moi et qui m'a dit : 'Ce qui m'a gêné, c'est qu'il n'y a pas de point de vue'. Et moi c'est ce que j'ai aimé dans votre pièce. Et c'est là que j'ai trouvé ça aussi formidablement intelligent et bien vu, c'est ce que vous évitez le manichéisme. C'est-à-dire que vous parlez du Tiers-Etat, de la noblesse, du clergé et du roi. Le roi qui est le seul que vous nommez. Tous les autres vous ne les nommez pas. Il n'y a pas Robespierre, il n'y a pas Danton, vous avez choisi de montrer les idées, et pas les hommes, de ne pas avoir d'incarnations, mis à part le roi et la reine. Mais il n'y a pas de manichéisme dans votre manière de décrire. C'est-à-dire qu'on n'est pas forcément du côté du Tiers Etat contre le méchant roi ou contre le méchant noble (contre la méchante noblesse ou la méchante élite). Et c'est là où je vous trouve particulièrement brillant. C'est que oui, il n'y a pas de point de vue, et que vous nous faites réfléchir à tel point que mon ami sort de là en se disant : 'Finalement on se demande si on a bien fait de couper la tête au roi.' Quand on voit ce que vous montrez, parce que vous montrez les ombres et les lumières des trois, du Tiers-Etat, de la noblesse et du clergé."

"Finalement, on se demande si on a bien fait de couper la tête au roi" (Léa Salamé)

Rappelons qu'en 1789, comme l'explique Marion Sigaut, à l'élection aux Etats généraux, le système était plus démocratique qu'après ! Les Etats généraux représentaient l'intégralité de la population française. Il y avait plus de démocratie en 1789 sous l'Ancien Régime qu'après 1789. C'est ça la réalité.

 

"Dans certaines provinces, les sujets du roi pouvait naître, vivre et mourir sans avoir directement affaire à l’Etat..." (Michel Antoine, Louis XV, Fayard, 1989).

 

Sous "l'Ancien Régime", "le principe des libertés nationales était posé dans cette maxime fondamentale de l'Etat français : Lex fit consensu populi et constitutione regis. "Consentement de la nation et décret du prince", voilà l'antique formule du pouvoir législatif en France, depuis l'établissement de la monarchie." (Mgr Freppel, La Révolution française, Autour du centenaire de 1789, Paris: A. Roger et F. Chernoviz, 1889, p. 33.) 

 

Au "Moyen Âge", "le roi ne sert pas à grand chose : une histoire de la démocratie médiévale qui est complètement oubliée."

 

Francis-Dupuy-Deri-democratie-histoire-d-un-mot.jpg Durant "les mille ans de monarchie", "il y a une forme de démocratie qui persiste justement, explique le professeur de sciences politiques Francis Dupuis-Déri, à l'occasion de la sortie de son livre "Démocratie. Histoire politique d'un mot (Lux éditeur, 2013)", dans les villages, dans les communes.

 

'Tout s'y décide à la pluralité des voix, dans des assemblées qui se tiennent sur la place publique, les dimanches et fêtes au sortir de la messe, et qui sont indiquées par le son de la grosse cloche. C'est à ces assemblées qu'elle - la petite paroisse - nomme les syndics, les collecteurs pour la taille, les garde-finages pour la sûreté des terres ensemencées et des vignes, enfin les pâtres publics.' C'était comme on le voit, le self-government rural dans son intégrité. ...'Quarante mille associations naturelles, écrit Albert Babeau, délibéraient sur leurs propres intérêts et choisissaient leurs agents.' 1789 donnera aux habitants des campagnes des droits politiques souvent illusoires, qui ne remplaceront pas les libertés et privilèges de plus modeste allure, mais aussi plus pratiques, élaborés par l'expérience et les rapports millénaires du Prince, du Seigneur et des antiques souches paysannes." (Frantz FUNCK-BRENTANO, La Société sous l'Ancien Régime, Flammarion, Lagny 1934, p. 33-35.)

 

Lire : Les libertés et l'égalité : des principes monarchiques millénaires dévoyés ou le bilan effroyable de la République "française"

 

... Ce que l'on oublie, poursuit Francis Dupuis-Déri dans la video de présentation de son livre, ce que je ne savais pas avant de commencer cette recherche, c'est que par exemple au Moyen Âge en Europe il y a une vie démocratique absolument extraordinaire. Le Moyen Âge, c'est en fait des milliers de petits villages qui fonctionnent de façon auto-gestionnaire par assemblées d'habitants. La communauté d'habitants de tels villages, est une entité juridique. Elle a en partage des terres communales, un bois, peut-être un moulin, un puits, des terres, des Etats, etc. Et elle gère ce patrimoine commun dans des assemblées. Il peut y avoir dix, quinze assemblées dans l'année. Et ces villages, en fait, n'ont à peu près aucun contact avec le "roi". Le roi au Moyen Âge ne sert pas à grand chose. Il fait des fêtes, il fait la guerre, il fait la chasse, et surtout il veut des taxes, des impôts. Mais il ne connait à peu près pas sa population, il n'offre aucun service. Il n'y a pas de ministère d'Education populaire, il n'y a pas de ministère de la culture, pas de ministère des sports, pas de ministère des transports. Donc il ne fait à peu près rien, c'est vraiment les communautés qui se gèrent. Et donc ça, c'est une histoire de la démocratie médiévale qui est complètement oubliée. La modernité est une époque qui est moins démocratique que celle d'avant.

 

La modernité est antidémocratique, analyse Francis Dupuis-Déri. Et elle détruit la démocratie en fait, ou elle s'installe en fait à travers le colonialisme et l'impérialisme. Mais je ne suis pas le seul à le dire, poursuit Francis Dupuis-Déri.

 

Ce qui est à l'origine de mon travail par rapport à l'histoire du mot démocratie, c'est que je suis tombé sur des textes du XVIIIe siècle de ce que l'on appelle les "fondateurs de la démocratie moderne", aux Etats-Unis et en France, et leurs propos, quand ils utilisent le mot démocratie, ils sont contre la démocratie. Donc j'ai vraiment eu une interrogation. C'était pour moi un mystérieux. Je me disais comment comprendre que des régimes qu'on pense, que l'on associe nous aux plus grandes démocraties occidentales, comment comprendre qu'elles aient été fondées par des antidémocrates, qui étaient explicitement antidémocrates. C'était cela que je cherchais, je voulais savoir quand le mot change de sens, devient un terme positif et qu'il ne décrit plus des assemblées populaires mais il décrit un régime parlementaire électoral. C'était cela ma recherche et ma façon de trouver la réponse cela a été d'aller dans les textes de l'époque. Et au fur et à mesure qu'on va dans les textes, on trouve des réponses. Puisque on voit bien que les acteurs de l'époque changent le sens des mots pour des raisons politiques." (Fin de citation)

 

Le système de représentation des trois ordres aux Etats généraux de 1789 (représentation par corps ou poids des corps sociaux) est plus démocratique qu'après où le système verra la "démocratie" se dégrader dans sa pente naturelle : l'oligarchie. Celle-ci naît en 1791 avec le mandat indirect, le système électif de "représentants" et la représentation par tête (un homme, un vote) dans des partis politiques. Elle prend le peuple en otage, lui vole son pouvoir. Depuis 1791, rien n'a changé :

 

"Les "élections" de juin 1791 se traduisirent par une forte abstention. "La participation avait atteint son étiage; elle ne devait plus remonter de façon significative, les consultations organisées les années suivantes,... n'ayant jamais mobilisé plus du cinquième des électeurs. ... En l'absence de votants, le système électif se transforme très vite en un système de cooptation, les uns accédant aux charges que les autres viennent de quitter, et réciproquement. La promotion aux responsabilités se fait en circuit fermé : les fonctionnaires peuplent les assemblées chargées d'élire les fonctionnaires. ...La réalité du système répondait à un besoin, celui de la formation d'une classe politique ... qui soit assurée de la continuité en étant délivrée de l'incertitude inséparable du suffrage universel. Mais l'oligarchie née de ces pratiques n'était pas moins un démenti des attentes. On imaginait en effet avec une certaine ingénuité que la vertu première d'un système électif consistait à assurer le renouvellement permanent du personnel dirigeant et l'élargissement constant de son recrutement. On n'imaginait pas que l'élection puisse conduire à la formation d'une 'classe' politique distincte du reste de la société" (Patrice Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, p. 86-88).

 

(Après 1791) "l'exercice du suffrage, quel qu'en fût le régime, censitaire ou universel, a été l'affaire de minorités dont les 'candidats' se disputaient les voix." (François Furet, Mona Ozouf, Dictionnaire critique de la Révolution française, Champs Flammarion, Manchecourt 1992, p. 127.)

 

"Jusqu'au bout, les hommes de la Révolution auront refusé de faire des électeurs, même au second degré, les arbitres de la dévolution du pouvoir" (François Furet, préface in Patrice Gueniffey, Le Nombre et la Raison, La Révolution française et les élections, préface de François Furet, Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales, Paris 1993, p. XI.)

 

La représentation par têtes permet la confiscation du pouvoir par une oligarchie "éclairée" - toujours en lien avec la banque - régime représentatif qui incarne le  soit-disant "pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple".

 

Lire : 14 juillet 1789 : La Révolution dite "française"

 

Aujourd'hui, pour solutionner ce problème de la confiscation du pouvoir par une minorité, il faut penser et réfléchir à un autre type de "représentation" que le régime dit "représentatif" issu de 1789, ou de 1791 devrions-nous plutôt dire.

 

L'idée est d'affranchir la "représentation" des principes révolutionnaires hérités de 1789 (homme nouveau, progressisme, volontarisme, constructivisme, volonté humaine, volonté générale, souveraineté nationale, etc.) et de permettre à tous les corps de la nation de participer réellement à la vie politique suivant leurs poids réels dans la société, avec des députés dotés de mandats impératifs, comme en 1789 aux Etats généraux.

 

Il s'agit d'abord de supprimer les mandats indirects organisés par l'arrêté du 17 juin 1789 qui transformait les Etats généraux composés de mandataires des trois ordres alors dotés de mandats impératifs en une assemblée 'représentant' soit-disant la nation et de députés simplement dotés de mandats non-impératifs.

 
Il faut réfléchir à la manière de revenir à une représentation sincère, réelle, concrète des Français, réalisée non plus par têtes mais par poids des corps dans la société (poids des cadres, employés, ouvriers, familles, fonctionnaires, artisans, professions libérales, étudiants, etc.). Tous les Français sont associés à la prise de décision dans ce cadre. La puissance de nuisance des partis politique, est circonscrite, la justice, la raison et le droit sont rétablis.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51RNNYSN37L._SL500_AA300_.jpgDans tous les cas, la personne du roi doit être souveraine, être indépendante, ne dépendre d'aucune puissance (d'argent), d'aucun parti, d'aucun lobby. Ceci explique pourquoi la banque au XVIIIe siècle a tout fait pour supprimer la monarchie dite "absolue", parce qu'"absolutus, venant du verbe absolvere (délier), ... la monarchia absoluta signifiait monarchie sans liens, et non pas sans limites..." (François Bluche, Louis XIV, Fayard, Paris 2002, p. 186.)

 

Un roi indépendant et souverain est bien plus difficile à corrompre qu'une majorité de députés dits "représentatifs".

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 18:21
Général Jean-Claude Allard : détruire l'Etat islamique sera "très difficile"

La coalition internationale voulue par François Hollande pourra-t-elle détruire Daesh ? Réponse avec Jean-Claude Allard, spécialiste des politiques de défense

 

La coalition internationale "unique" que veut mettre sur pied François Hollande pourra-t-elle détruire Daesh ? Décryptage avec le général Jean-Claude Allard, directeur de recherches à l'IRIS, l'Institut de relations internationales et stratégiques, et spécialiste en politique de défense.

 

François Hollande veut "une coalition internationale unique" pour "détruire" Daesh. Est-ce enfin le début d'une stratégie claire ?

 

Jean-Claude Allard. Je ne crois pas. Surtout depuis que les turcs ont abattu, ce mardi, un avion russe. Ce dernier événement ne clarifie ni la constitution de la coalition, ni la stratégie militaire.

 

L'attaque de la Turquie contre cet appareil russe peut-elle bouleverser la donne ?

 

Je pense que ça va rebattre les cartes. D'un point de vue militaire, pour lutter contre l'état islamique dans son territoire, il faut fermer la frontière avec la Turquie. De ce fait, l'un des premiers membres qu'il aurait fallu faire entrer dans la coalition aurait été la Turquie. Et ce afin qu'elle déploie une armée à sa frontière pour arrêter les trafics, les approvisionnements… Or, en abattant cet avion russe, l'état turc a signifié qu'il n'y participera pas. L'état islamique continuera donc à bénéficier de ce cordon ombilical qui passe par la Turquie. A mon sens, la Turquie n'a pas basculé du bon côté. Elle privilégie la lutte contre le PKK et Bachar al-Assad et non pas contre l'Etat islamique.

 

Cette coalition ne risque-t-elle pas de faire, au moins à court terme, le jeu de Bachar al-Assad ?

 

Bachar al-Assad est un épouvantail que certains pays agitent pour cacher le fond du problème. Pour moi, il partira en fin de tableau. Mais à condition qu'on règle le problème de l'état islamique. Il faut d'ailleurs cesser de l'appeler Daesh. Il a du terrain, de l'armement et une aura internationale. La question de Bachar al-Assad n'est pas le fond du problème. La réalité, c'est que nous avons un Proche Orient complètement déstabilisé par des ambitions régionales antagonistes. La Turquie, l'Arabie saoudite, l'Iran et dans une moindre mesure le Qatar se livrent, sur le terrain syrien, à un bras de fer.

 

Quelles sont les forces estimées de l'état islamique à ce jour ?

 

Les évaluations – et cela mériterait d'être affiné - font état de 80 000 à 100 000 combattants, dont une partie d'étrangers. Avec cet ordre de grandeur, on peut néanmoins dire qu'ils sont assez nombreux pour conduire un combat défensif très dur sur leur territoire. Ils ont des capacités manœuvrières et tactiques qui leur permettront d'opposer une résistance solide à une opération aéro-terrestre dirigée contre eux. Ce sera très difficile.

 

Manuel Valls a dit craindre une attaque aux armes chimiques et bactériologiques en France. Daesh peut-il conduire un attentat de ce type ?

 

Les armes chimiques sont d'une manipulation assez difficile. Fin août 2013, les stocks d'armes chimiques de l'armée syrienne ont été saisis et détruits. Notamment parce qu'ils risquaient aussi d'être récupérés par les groupes islamistes. Aujourd'hui, il est vraisemblable que des groupes aient certains ingrédients et qu'ils essaient de voir comment les utiliser.

 

Pour l'heure, il est surtout question de frappes aériennes en Syrie et en Irak. Peut-on mener cette guerre à son terme sans intervention au sol ?

 

Non. Et cela suppose d'abord de construire une coalition qui accepte d'engager l'armée en Syrie et en Irak. Mais, à mon sens, il ne faut pas envoyer de troupes occidentales. En effet, si les occidentaux sont les plus allants pour la mise en place d'une coalition et la nécessité de détruire l'état islamique, ils doivent, dans le même temps, s'interdire d'imaginer de mettre des soldats dans ce maelstrom. Car je vous rappelle que l'Etat islamique, ce n'est ni plus ni moins qu'un grand nombre de soldats irakiens de Saddam Hussein qui, licenciés par les américains en 2003, se sont retrouvés, pardonnez moi l'expression, au chômage. Ils ont été des cibles faciles pour s'enrôler contre les américains. Là-dessus, s'est greffé tout le discours idéologico-religieux qui permet de faire monter la pression et d'inciter, aussi bien les populations locales que la jeunesse occidentale et orientale, à rejoindre ce califat.

 

A vous entendre cette guerre contre l'état islamique est loin d'être gagnée d'avance ?

 

Des groupes islamistes qui s'attaquent à l'Occident, il y en a un peu partout. Comme l'Etat islamique a réussi à s'emparer de vastes territoires, il a attiré à lui un grand nombre d'entités qui lui ont prêté allégeance. Au Nigéria, au Mali, en Libye, en Afghanistan, au Pakistan et en Egypte. Donc c'est un catalyseur. Il faut le traiter, mais on ne peut pas le faire au détriment de la ligne de défense qu'on a établie dans la bande sahélo-saharienne, ni au détriment de la sécurité en France.

 

Ce qui implique de se battre partout à la fois ?

 

L'état islamique a trois objectifs : reconstituer son territoire originel, étendre sa domination à l'ensemble du monde musulman et conquérir Rome, autrement dit l'Europe. Aujourd'hui, il se bat pour tenter de reprendre Damas, il se bat sur l'axe nord-africain et il a porté le fer en Europe. On ne peut pas abandonner un front au profit d'un autre.

 

Source: Pourquoi détruire l'Etat islamique sera "très difficile", Sud Ouest, Publié le 24/11/2015 à 15h50 , modifié le 24/11/2015 à 16h23 par Jefferson Desport

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 12:39

Mise à jour permanente

Au moment où Obama cherche à empêcher le rapprochement Poutine-Hollande, la Turquie abat un avion militaire russe près de sa frontière avec la Syrie. On va dire que c'est un hasard.

Lorsque le président américain Barack Obama rencontrera mardi son homologue français François Hollande, il ne cherchera pas uniquement à examiner leur solidarité dans la lutte contre le terrorisme. Obama veut s'assurer que Hollande n'adoucira pas sa politique à l'égard de la Russie, écrit le magazine Politico.

 

L'administration américaine veille à ce que tous les leaders clés de l'Europe soient prêts à élargir les sanctions contre Moscou, qui expirent fin janvier. Les fonctionnaires redoutent que la coopération entre Poutine et Hollande en Syrie ne modifie la politique de la France à l'égard de la crise ukrainienne.

 

[...] L'élargissement de la coopération avec Moscou suite aux attentats du 13 novembre à Paris a également suscité l'étonnement à Washington.

 

Hollande fait allusion à un point de vie analogue: dans son intervention peu après les attentats de Paris, il a appelé à former une grande « coalition unique » pour lutter contre les groupes radicaux syriens. "Je rencontrerai dans les prochains jours le président Obama et le président Poutine pour unir nos forces et atteindre un résultat qui pour l'instant est encore renvoyé à trop longtemps", a-t-il déclaré.


 
La Turquie abat un avion militaire russe près de sa frontière avec la Syrie au moment où Obama cherche à empêcher le rapprochement Poutine-Hollande

Source : Obama cherchera briser le rapprochement Hollande-Poutine, Sputnik, 09:35 24.11.2015(mis à jour 10:03 24.11.2015)

 

Et voici un hasard qui tombe à pic : la Turquie abat un avion militaire russe près de sa frontière avec la Syrie :

 

La Russie a remarqué depuis longtemps l'afflux sur le territoire turc d'importantes quantités de pétrole provenant des gisements contrôlés par le groupe terroriste Etat islamique (EI), a déclaré mardi le président russe Vladimir Poutine.

 

"Nous avons remarqué depuis longtemps que sur le territoire de la Turquie afflue une grande quantité de pétrole et de produits pétroliers venant des territoires occupés. Ce qui procure d'importants revenus aux formations armées", a déclaré M.Poutine.

 

Selon le president russe, l'avion russe se trouvait à un kilomètre de la frontière turque, au-dessus de la Syrie, quand il a été abattu, et il s'est écrasé à 4 km de la frontière turque, sur le sol syrien.

 

Source: Poutine: du pétrole livré par l'EI détecté en Turquie , Sputnik, 14:12 24.11.2015(mis à jour 15:02 24.11.2015)

 

13h25 CET

 

Le président tchèque Milos Zeman a condamné la Turquie pour avoir abattu le SU-24 russe. «Il y a des soupçons que la Turquie coopère d’une façon informelle avec l’Etat islamique. Etant donné que les forces aériennes russes luttent contre Daesh, cette attaque semble une mesure extrêmement radicale. Elle ne fera qu’aggraver la situation», a déclaré le président tchèque.

 

Source: EN CONTINU : Un bombardier russe abattu en Syrie, près de la frontière turque (VIDEO), Rt en français,

 

Le chef du Kremlin a estimé que cet incident constituait un "coup dans le dos" de la Russie.

"La Russie a toujours traité la Turquie non seulement en voisin, mais en ami. Je ne sais pas qui avait besoin (d'un tel incident, ndlr), mais pas nous", a indiqué Vladimir Poutine.

"Au lieu d'établir un contact immédiat avec la Russie après l'incident avec le Su-24, la Turquie s'est adressée à l'Otan, comme si c'était la Russie qui avait abattu leur avion", a déclaré le président russe.

Vladimir Poutine a comparé le recours turc à l’Otan à la création d’une alliance pro-EI.

 

Source: Poutine: la Russie ne tolérera aucun crime comme celui perpétré contre le Su-24, 13:50 24.11.2015(mis à jour 14:51 24.11.2015)

 

A suivre en direct sur Le Figaro :

 

à 12:15

«L'Otan suit la situation de près»

«L'Otan suit la situation de près. Nous sommes en contact avec les autorités turques», indique un responsable de l'Alliance, interrogé par l'AFP. Le 5 octobre, le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, avait appelé "la Russie à pleinement respecter l'espace aérien de l'Otan et à éviter une escalade des tensions avec l'Alliance".

à 12:06

Un «incident très sérieux» aux yeux du Kremlin

Le Kremlin a qualifié mardi la destruction d'un chasseur-bombardier de l'armée russe en Syrie d'«incident très sérieux». «Il est simplement impossible de dire quelque chose sans disposer de toutes les informations», a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole du président Vladimir Poutine.

à 11:53

Un pilote russe est décédé, selon les rebelles syriens

Une vidéo envoyée à Reuters par un groupe rebelle syrien montre un homme à terre, immobile et portant la trace de graves blessure. «Un pilote russe», dit une voix parmi un groupe d'hommes rassemblés autour du corps. «Dieu est grand», peut-on encore entendre.

D'après le porte-parole du groupe rebelle, le pilote était mort, sans mentionner ce qu'il est advenu du deuxième pilote de l'appareil.

à 11:27

L'armée turque publie le suivi radar du Su-24 russe

L'armée turque dévoile le suivi radar du chasseur-bombardier de type Sukhoï Su-24 abattu à la frontière turco-syrienne, annonce la chaîne CNN-Türk.

à 11:05

Des nouvelles images de l'appareil en flammes

L'agence turque Anadolu publie de nouvelles images du Su-24 en flammes.

à 11:01

Des hélicoptères russes ont été envoyés sur place

Des hélicoptères russes ont été envoyés à la recherche des deux pilotes qui sont parvenus à s'éjecter de l'appareil, selon l'agence turque Dogan News.

à 10:50

Dix sommations en l'espace de cinq minutes

L'armée turque précise à l'AFP que le Su-24 russe a été averti à dix reprises en l'espace de cinq minutes avant d'être abattu par deux F-16.

à 10:38

Serguei Lavrov doit se rendre demain en Turquie

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, était attendu demain en Turquie pour évoquer, entre autres, le dossier syrien. Selon l'AFP, le rendez-vous est tout de même maintenu.

Le 20 novembre, Ankara avait convoqué l'ambassadeur de Russie, Andreï Karlov, après des frappes de l'aviation russe près de sa frontière avec la Syrie.

à 10:34

La Turquie a décidé de saisir l'ONU et l'Otan

Immédiatement après les faits, le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, s'est entretenu avec son chef d'état-major, le général Hulusi Akar, et son ministre des Affaires étrangères Feridun Sinirlioglu. La Turquie a décidé de saisir l'Otan, dont la Turquie est membre, et l'ONU.

à 10:27

Les rebelles syriens auraient capturé un des pilotes

Selon la chaîne de télévision turque CNN-Türk, l'un des deux pilotes a été capturé par les rebelles en Syrie. «Le sort des pilotes reste à définir. Selon des premières informations, les pilotes ont réussi à s'éjecter», affirme pour sa part le ministère russe de la Défense.

à 10:22

Selon Moscou, l'appareil n'a pas violé l'espace aérien turc

Le ministère russe de la Défense a confirmé que l'un de ses avions de combat a été abattu à la frontière turco-syrienne.

Mais il nie que l'appareil ait violé l'espace aérien turc comme l'en accuse Ankara. Selon le ministère, la Russie est en mesure de prouver que l'avion est resté dans l'espace aérien syrien.

Moscou a précisé que les pilotes du chasseur avaient réussi à s'éjecter et à retomber au sol en parachute.

à 10:18

Tension accrue entre Ankara et Moscou

Il s'agit du premier avion russe abattu depuis le début de l'intervention militaire de Moscou en Syrie, commencée le 30 septembre à la demande du régime de Damas dont la Russie est un fidèle allié.

Le 3 octobre dernier, des chasseurs turcs avaient déjà intercepté un avion militaire russe engagé en Syrie qui avait violé leur espace aérien et l'avaient forcé à faire demi-tour. Moscou avait alors mis en cause les «mauvaises conditions météo». L'armée turque avait également abattu le 16 octobre un drone de fabrication russe qui avait pénétré dans le ciel turc.

La tension entre les deux pays s'est encore accrue ces derniers jours, après une série de bombardements russes qui ont, selon Ankara, visé des villages de la minorité turcophone de Syrie. La Turquie a convoqué vendredi l'ambassadeur russe pour le mettre en garde contre les «sérieuses conséquences» de cette opération.

à 10:15

VIDÉO - La TV turque diffuse les images de l'appareil en feu

Les chaînes d'information NTV et CNN-Türk ont diffusé des images de la chute d'un avion militaire en feu s'écrasant dans les montagnes proches de la frontière turque, en face de la province de Hatay. Les deux pilotes de l'avion se sont éjectés.

à 10:10

La Turquie a abattu un avion militaire russe

La Turquie a abattu un avion militaire russe. Celui-ci avait violé son espace aérien près de sa frontière avec la Syrie. « Un avion russe Su-24 a été abattu conformément aux règles d'engagement après avoir violé l'espace aérien turc malgré les avertissements », précise la présidence turque. Moscou a confirmé que l'un de ses appareils avait été abattu.

 

Source : EN DIRECT - Avion russe abattu par la Turquie: un des deux pilotes aurait été capturé par des rebelles syriens, Le Figaro, Par Roland Gauron Mis à jour le 24/11/2015 à 12:27 Publié le 24/11/2015 à 10:01

 

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 09:12
La décision inconsidérée ou l'erreur fondamentale de François Hollande

François Hollande a fait preuve d'imprudence en engageant la France dans une guerre inconsidérée contre l'Etat islamique en Irak, en 2014, sans avoir d'espoir raisonnable de victoire et en étant certain des représailles de type attentats terroristes...

 

Ainsi, Christian de Moliner l'explique très bien sur Boulevard Voltaire :

 

"L’erreur fondamentale a été commise par François Hollande lorsqu’il est entré en 2014 en guerre aérienne contre Daech, et surtout lorsqu’il a décidé de bombarder la Syrie un an après. Les moyens militaires de la France étaient ridicules, comparés aux capacités américaines… François Hollande a provoqué inutilement le califat ! Bien sûr qu’il fallait combattre Daech, mais lorsqu’on entre en guerre, il faut être sûr d’avoir une chance raisonnable de victoire !" [1]

 

Les théologiens, à la suite de saint Thomas d'Aquin (II, 9-40) posent six conditions pour qu'une guerre soit juste.

 

1/ L'intention droite. Sont absolument illégitimes et très gravement, toutes révolutions fomentées par ambition personnelle, intérêt financier d'un individu ou d'un trust…

 

2/ Une cause juste. Etaient légitimes le soulèvement de la Vendée, en France contre la tyrannie des révolutionnaires de 1789, celui des chrétiens libanais contre l'alliance syro-palestinienne, celui des Noirs du Sud du Soudan contre les persécuteurs musulmans du Nord, etc… Pour que la cause soit juste, il faut que le bien commun du pays ou le bien commun d'une minorité légitime soient attaqués.

 

3/ Être le seul moyen. Tous les autres efforts pour la justice ayant été épuisés, et ceci en un laps de temps raisonnable.

 

4/ Un espoir raisonnable de victoire. C'est l'aspect pragmatique de la licéité d'un coup d'Etat ou d'une entrée en guerre : il ne faut pas que cela apporte un mal plus grand.

 

5/ Des moyens non intrinsèquement mauvais. Il serait illicite de séparer définitivement des familles, de castrer des groupes, de gazer ou supprimer une ethnie....

 

6/ Des moyens proportionnés à la cause défendue. Sont ainsi à exclure : la trahison, les armes causant des destructions ou des souffrances disproportionnées (Napalm, armes chimiques). De même s'attaquer aux civils, c’est-à-dire aux non-combattants, bombarder des zones résidentielles ou des villes entières (Dresde, Hiroshima…)

 

Lire : La légitime défense, le concept catholique de "guerre juste"

 

S'agissant des déclarations de Michel Onfray, l’intellectuel bête noire de Manuel Valls, qui tout en qualifiant notre politique étrangère d’islamophobe, propose d’arrêter de bombarder la Syrie et de négocier une trêve avec l’État islamique, Christian de Moliner explique, toujours dans cet article de BV :

 

"les bombardements français ne sont que des piqûres d’épingles et ne gênent guère Daech, sauf peut-être ceux qui visent les champs pétrolifères et les camions-citernes (et encore). Mais les sorties aériennes sur Raqqa ont une efficacité nulle ! Les camps d’entraînement et les casernes que l’on vise sont évacues depuis bien longtemps. Ces bombardements sur la capitale de l’émirat ne sont que des signaux envoyés à notre opinion publique mais ne servent à rien militairement !

 

En revanche, ils comportent un risque majeur. Quelles que soient les précautions employées, des civils (pire, des enfants) seront peut-être un jour tués par des bombes françaises. Si cette bavure se produit (et plus les bombardements se succèdent, plus cet événement risque de se produire), le résultat sera dévastateur ! Nous aurons, nous aussi, tué des innocents ! Comment, vis-à-vis de l’opinion publique musulmane et arabe, pourrons-nous mettre en avant nos morts du Bataclan puisqu’on nous reprochera d’agir de même !

 

[…] Peut-on négocier une trêve avec l’émirat ? Sans doute oui par des canaux indirects ! Mais on ne signera que l’illusion d’une trêve ! De même qu’aucun accord de fond n’était possible avec Hitler, aucun compromis sur le fond n’est possible à l’État islamique car Daech vise à l’hégémonie mondiale et à établir le califat chez nous en s’appuyant sur les musulmans français. Le pacte (temporaire) que nous pourrions signer avec l’État islamique serait : je ne te bombarde plus et tu ne pose plus de bombes chez moi ! L’émirat serait intéressé, non pas parce que nos opérations militaires le gênent, mais parce que cet accord soulignerait sa puissance. Il aurait fait capituler une grande nation occidentale ! Le résultat serait cataclysmique !

 

Le mieux que nous ayons à faire maintenant, c’est de continuer la guerre mais par des actions mesurées, spectaculaires mais exemptes de tout dérapage. La marge est vraiment étroite !" (Fin de citation)

 

 

Le Vatican a eu raison avant les autres. Le Pape François, dans une conférence de presse le 18 août 2014, prôna l'arrêt de "l'agresseur injuste" en Irak, "seulement cela, l'arrêter. Rien que cela", suggérant la création d'une force internationale d'interposition ("Une nation seule ne peut pas juger seule cela, comment on arrête l'agresseur l'injuste. Après la deuxième Guerre mondiale c'était l'idée de Nations Unies.") Autrement dit, une seule nation, comme la France, ne devait pas décider seule, d'entrer en guerre, ou même une "grande coalition" (occidentale). Condamnant le principe général d'un bombardement et d'une guerre ("je ne dis pas bombarder, faire la guerre, je dis l'arrêter"), le Pape suggéra l'idée que pour arrêter l'"agresseur injuste" - l'Etat islamique - il fallait une action de la communauté internationale.

 

Lire : Une claque aux bellicistes : le pape condamne le principe du bombardement et d'une guerre en Irak

 

Notes

 

[1] Michel Onfray a-t-il raison ?, Christian de Moliner, Boulevard Voltaire, 24/11/2015.

 

 

. Attentats du 13 novembre : "Ils nous ont dit que c'était à cause de François Hollande qu'ils étaient là"

. Général Jean-Claude Allard : détruire l'Etat islamique sera "très difficile"

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 09:27

Dans une interview au journal Paris Match, le 30 septembre dernier, le juge Marc Trévidic affirmait : « On manque d’hommes pour neutraliser les terroristes. » Il faisait part, dans cette interview, du manque de moyens affectés au parquet antiterroriste pour arrêter, dans les règles d’un état de droit, les terroristes effectifs ou potentiels. C’était un mois et demi avant les attentats abominables du 13 novembre.

 

Un an auparavant, différentes informations circulaient sur le coût de l’organisation, pour l’État, de la fameuse COP21 (conférence mondiale sur le climat Ndlr.) qui commence le 30 novembre. Le chiffre tout à fait réaliste de 179 millions d’euros était avancé.

 

[L]’état d’urgence a été décrété et prolongé jusqu’en février. Dans une autre interview plus récente, le juge Trévidic expliquait que l’état d’urgence implique « la mise à l’écart des juges, et donc de la justice », et que « diminuer nos libertés n’empêchera pas de nouveaux attentats ».

 

"Diminuer nos libertés n’empêchera pas de nouveaux attentats" (Juge Trévidic)

Source : Les attentats, la COP21 et le mur de la réalité, Marc Le Menn, Boulevard Voltaire, 22/11/205

A l'intérieur, ce n'est pas en embauchant 10 000 forces de police de plus, qu'on empêchera des terroristes qui se trouvent partout de passer à l'acte et de passer à l'acte partout.

 

A l'extérieur, une fois le siège de l'Etat islamique rasé, d'autres têtes de l'hydre pousseront un peu partout et ce sera une guerre perpétuelle contre le terrorisme islamique.

 

Le tout sécuritaire ne vaut rien s'il n'est accompagné d'une prévention en amont, d'une éducation et d'une vraie civilisation. Cette civilisation que Christiane Taubira voulait supprimer et changer.

 

Lire : Les libertés et l'égalité : des principes monarchiques millénaires dévoyés ou le bilan effroyable de la République "française"

 

La république est incapable d'opposer une riposte au terrorisme pour plusieurs raisons. D'abord parce que les institutions républicaines sont en elles-mêmes d'une grande fragilité, d'une grande faiblesse. Regardez en effet l'Exécutif qui est complètement controversé. Nous pensons que pour traiter ces problèmes qui relèvent de la Souveraineté, il faut un souverain, parce que la souveraineté a été bradée. Et qu'elle seule peut donner une autorité pour lutter contre le terrorisme. Un chef de parti élu pour cinq ans peut-il incarner la Souveraineté ?

 

Cette république n'a aucune ambition, ni nationale ni internationale. Et on le voit parce qu'elle se met à la remorque des Etats-Unis et qu'elle s'est mise à la botte de groupes de pression qui sont complètement acquis au mondialisme.

 

La république est idéologiquement enfermée dans un cercle vicieux d'anti-valeurs, d'anti-principes que sont l'antiracisme, la politique communautariste et évidemment le laïcisme, qui entre parenthèses est la seule religion qu'on ne peut pas blasphémer en France. Donc, il faudrait renoncer à ces principes et cela elle ne le peut pas. Parce que si la république renonçait à ces principes, elle se renoncerait elle-même, elle se renierait.

 

L'islamisme dans nos territoires progresse grâce au vide spirituel laissé par la république "laïque". C'est pourquoi nous affirmons que la république nous a désarmé moralement et spirituellement, laissant les Français sans force spirituelle capable de les protéger. Car nous avons affaire à une guerre spirituelle avant tout entre le Royaume du Christ et les enfers.

 

Il faut que la France proclame que l'Evangile doit inspirer nos lois, parce que seule la lumière du Christ pourra s'opposer efficacement à la haine et à l'obscurantisme terroriste islamiste et, précisément, vaincre le vide laissé par le laïcisme et l'âge des ombres. La lumière du Christ viendra remplir ce vide dans lequel s'engouffre l'islamisme. Et les rayons de lumière sortant du coeur du Christ viendront guérir les blessures que la république a infligées à la France, fille aînée de l'Eglise.

 

La laïcité républicaine venant du même fond terroriste satanique que le califat islamique ne sera d'aucune efficacité. Satan ne se combat pas lui-même.

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La Terreur, c'était la peur qui était institutionnalisée en 1793 et qui a été érigée en système de gouvernement. Et la décapitation a été systématiquement instrumentalisée par la Révolution française, et en a fait toute cette série de guillotinés et de victimes qui se comptaient par dizaines de milliers, où les ouvriers et les artisans étaient envoyés par charrettes entières à la guillotine, en mélangeant les innocents et les coupables (près de 80% des guillotinés étaient des petites gens). Comme l'Etat islamique, la république a transformé ces exécutions en grand spectacle à des fins de propagande (c'est Jacques Julliard qui écrit cela dans un numéro de Marianne, de cet hiver.) Et comme la Révolution "française", l'Etat islamique se servira du terrorisme et de la violence pour accoucher d'un nouvel ordre social... La ressemblance à ce point de vue est frappante. La république serait donc mal venue de reprocher des méthodes qu'elle a elle-même employées pour se construire.

 

La république ne peut et ne pourra jamais être un rempart à la barbarie parce qu'elle est issue en fait du même fond terroriste.

 

Lire: "Attentats du 13 novembre: communiqué de presse de l'Alliance Royale"

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 13:01
L'alliance euro-russe contre l'islam radical

Le point de vue de plus en plus pertinent de Boris Le Lay :

Extrait:

 

"Il faut complètement repenser notre approche du combat, parce que l'armée française, aujourd'hui, n'est pas équipée pour faire face à ce genre de guerre (rappelons qu'il s'agit d'une guerre spirituelle. Ndlr.).

 

... On ne comprend pas d'abord, que l'ennemi est chez nous, que c'est une guerre de type révolutionnaire, et qu'elle est globale. Et qu'il faudra donc la mener sur tous les fronts en même temps."

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 12:52

Directeur central du renseignement intérieur de 2008 à 2012, l’ancien préfet Bernard Squarcini, dans un entretien à "Valeurs actuelles" publié le 20 novembre, a accusé Manuel Valls d'avoir refusé en 2013 une liste des combattants Français en Syrie parce que cette liste venait des services syriens :

 

Il était prévu depuis les attentats de Bombay, en 2008, que de telles actions coordonnées et déterminées se produisent sur le territoire français et que la menace s’installe dans la durée. Nous savions que nous allions devoir monter en puissance pour faire face à ce type d’attentat. Il n’y a eu aucune surprise. En revanche, les services français paient les conséquences de certaines décisions politiques. Comme M. Hollande traite Bachar al-Assad de tous les adjectifs, les services syriens ne veulent plus coopérer avec les services français.

 

 

… Nous sommes contraints de faire appel à des partenaires étrangers qui nous donnent les informations qu’ils souhaitent. Sans ces errements idéologiques, peut-être pourrions-nous éviter que des drames se produisent.

 

… Il y a déjà deux ans, les services syriens m’avaient effectivement proposé une liste des Français combattant en Syrie. J’en avais parlé à mon ancien service qui en a rendu compte à Manuel Valls. La condition des Syriens était que la France accepte de coopérer à nouveau avec leurs services de renseignements. On m’a opposé un refus pour des raisons idéologiques.

Trois refus de sécuriser les Français, ça commence à faire beaucoup

Source : Bernard Squarcini : “Nous sommes entrés dans la terreur et le terrorisme de masse”, Valeurs actuelles, Par Louis de Raguenel, Vendredi 20 Novembre 2015 à 10:00 (mis à jour le 20/11/2015 à 09:42)

Du même genre que le Premier ministre qui ne croit pas aux frontières quand il s'agit de protéger et sécuriser les Français, mais y croit quand il s'agit de sécuriser les chefs d'Etat à la Conférence mondiale pour le cimat (COP 21) à Paris, le site "Breiz Atao" nous informe aujourd'hui que le ministre de la Défense Le Drian a déclaré que "parler avec les services de renseignements de la Syrie n'est pas à l'ordre du jour".

 

Autrement dit, même après des attentats qui ont fait 130 morts, le gouvernement "refuse toujours de coopérer avec la Syrie pour neutraliser les djihadistes", pour des raisons idéologiques et géostratégiques (l'alliance avec les Etats-Unis). Interrogé, l’intéressé a tout simplement fait valoir les intérêts de l’oligarchie au pouvoir sur la sécurité de la population, résume précisément "Breiz Atao" :

Trois refus de sécuriser les Français, ça commence à faire beaucoup

La déclaration de Le Drian a été rapportée ce matin par Michaël Darmon, Chef du service politique de @itele, sur twitter :

Trois refus de sécuriser les Français, ça commence à faire beaucoup

Un refus de connaître une liste des combattants français en Syrie parce que cette liste vient des services de renseignements syriens, un refus de fermer les frontières pour sécuriser les Français mais une fermeture pour sécuriser les chefs d'Etat, une coopération avec la Syrie pour lutter contre le terrorisme islamique "pas à l'ordre du jour"... Ca commence à faire beaucoup.

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