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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 10:15
Mode de scrutin : ils ont changé les règles du jeu, ils risquent d'être éliminés

La droite mais surtout la gauche ont changé les règles des élections pour contenir le Front national… qui peut profiter de ces tactiques risquées.

 

Avant le second tour des élections régionales, il est utile de s'intéresser au mode de répartition des sièges. La liste qui arrivera en première position dans chaque région bénéficiera d'une prime de 25 %. Il suffit donc de remporter 35 % des suffrages pour disposer de la majorité absolue. À l'origine, cette « prime » a été instaurée pour évincer les petits partis du jeu politique, à commencer par le Front national, comme l'explique Sylvain Brouard, chercheur au CEVIPOF-LIEPP, Sciences Po : « Les élections régionales de 1998 avaient placé le FN, et dans une moindre mesure les écologistes, d...

 

Source: Mode de scrutin : les arroseurs arrosés, Le Point, Par Sophie Coignard, Publié le 08/12/2015 à 06:41 - Modifié le 08/12/2015 à 08:04 | Le Point.fr

A noter en ce moment au sujet des appels aux désistements désespérés parmi les socialistes, qu'un certain Jean-Pierre Masseret (candidat PS Alsace Champagne Ardenne Lorraine) se démarque des autres en refusant le désistement pour "faire barrage" au FN Florian Philippot, avec des arguments solides  :

 

"l’évitement du front républicain existe depuis des années, mais à chaque fois, le FN a continué de monter. Par conséquent cette stratégie de l'évitement n'est pas une stratégie qui réussit, puisqu'à chaque fois on constate que le FN continue de marquer des points. C'est pas l'évitement qui évite le  FN, c'est l'affontement avec le FN qui fera reculer ce parti. Et c'est à l'intérieur de cette assemblée territoriale que les choses doivent se poser". (Source : Video I-télé, Régionales 2015 – Publié hier à 13:55 – Mis à jour hier à 14:01 Régionales : Jean-Pierre Masseret persiste et maintient sa liste dans le Grand Est)

 

Masseret a raison, le cordon sanitaire ne fonctionne pas. Ce n'est pas en interdisant des idées qu'on empêche celles-ci de se répandre. Mais au contraire, c'est toujours en assumant son identité que, dans un dialogue authentique, on peut convaincre son interlocuteur. Certainement pas en se suicidant... La position de Masseret est donc beaucoup plus "digne" que celle de Manuel Manuel Valls qui, lui-même, demande à Masseret d'être "digne", de se retirer et appelle à voter pour l'opposant de droite ! La priorité de Valls n'est donc pas d'affirmer et de combattre pour des idées, mais de "faire barrage" au FN. Attitude d'autant plus dangereuse que si le FN gagne quand même au second tour, le PS se sera complètement auto-éliminé - ce dont on ne se plaindra pas ! -. Et le FN aura démontré sa capacité à gagner non plus en triangulaire, mais en duel, préparant ainsi la présidentielle 2017.

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 08:26

Lors du synode sur la famille, des évêques ont pu déclaré ne pas empêcher les divorcés remariés de communier, car ils ne jugeaient pas de leur conscience. Or, le danger est que la conscience devienne l'élément prépondérant qui présume de la légitimité ou non d'une communion (sacramentelle) en dehors de toute communion spirituelle, avec toutes les dérives possibles que j'exposais ici.

Avant de céder la place à son successeur à la tête du diocèse de Malines-Bruxelles, Mgr Léonard a répondu sur ce sujet à Andrea Gagliarducci pour ACI Stampa que "lors du dernier synode, on a tenu – à propos de ces situations – un langage ambigu qui permet diverses interprétations. Ce langage a déjà fait l'objet d'une récupération, comme s'il équivalait à un accès à la communion qui dépende seulement de la conscience personnelle ou de l'avis d'un prêtre local", espérant que l'exhortation post-synodale pourra clarifier ces difficultés.

 

Avant de céder la place à son successeur à la tête du diocèse de Malines-Bruxelles, il répond longuement aux questions d’Andrea Gagliarducci.

 

[...]

 

Quelle est la situation des familles dans le diocèse ?

Le souci des familles était, lui aussi, une de mes priorités particulières. Déjà à l'époque où j'étais évêque de Namur, j'ai rencontré des personnes qui vivaient dans des situations conjugales irrégulières, des personnes qui n'étaient pas seulement divorcées mais remariées. Et qui parlaient de leur désir de cheminer avec le Seigneur, à partir de leur situation. Après avoir rencontré une dizaine de personnes dans cette situation, j'ai décidé de les réunir et, ensemble, nous avons organisé des journées pour accueillir les personnes divorcées, séparées et remariées. J'ai toujours essayé d'aller à la rencontre de ces frères et sœurs, et toujours avec beaucoup d'amour, de patience et de bienveillance. Mais ces rencontres se faisaient toujours dans la vérité, dans la fidélité à l'Evangile, à Jésus, au mariage tel que lui-même nous le présente. Cette expérience m'a confirmé dans la conviction qu'il est possible d'aider les gens à vivre cette situation dans un chemin de sanctification et de conversion.

 

Quelle était votre pastorale envers les divorcés engagés dans une nouvelle union ?

 

Lorsque je rencontrais des personnes divorcées ou séparées, je les aidais, dans la mesure du possible, à rester fidèles à leur mariage, et aussi à leur conjoint, même s'ils étaient séparés. Je faisais cela avec l'aide d'une communauté appelée « Notre-Dame de l'Alliance ». Et, s'ils ne pouvaient, ou ne voulaient pas, faire ce choix, et si, pour diverses raisons, ils se remariaient, parce qu'ils ne se sentaient pas appelés à vivre seuls ou bien s'ils désiraient assurer l'éducation de leurs enfants, je les aidais à faire un choix authentiquement chrétien, en m'inspirant de Familiaris Consortio [Familiaris consortio 84. NdCR.] Je leur expliquais alors que, du fait de leur remariage, ils devaient s'abstenir de la communion, parce qu'il y a une contradiction objective entre l'alliance nouvelle et éternelle que constitue l'Eucharistie et l'alliance conjugale qui se trouvait rompue. Lorsque l'on prend un peu de temps, dans une ambiance de prière fraternelle, les gens peuvent accepter ce langage. Dans mon équipe, j'avais aussi des divorcés et des personnes remariées, mais ils donnaient toujours le témoignage de la fidélité à l'enseignement de l'Evangile et de l’Église.

J'ai l'impression que, lors du dernier synode, on a tenu – à propos de ces situations – un langage ambigu qui permet diverses interprétations. Ce langage a déjà fait l'objet d'une récupération, comme s'il équivalait à un accès à la communion qui dépende seulement de la conscience personnelle ou de l'avis d'un prêtre local. Mais ce qui est en jeu est, par sa nature, universel. Cela ne dépend pas de situations locales mais de la nature même de l'alliance conjugale. J'espère que l'exhortation post-synodale pourra clarifier ces difficultés.

 

Source: ACI Stampa, Bruxelles, sfide future e bilancio del passato. Nelle parole dell'arivescovo Léonard, 1er décembre 2015.

Traduction : Une interview de Mgr Léonard, Benoit-et-moi.fr, 7 décembre 2015

 

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 09:54
De l'avenir de l'Eglise

Le “New Age” des années postconciliaires, qui a consisté à admettre plusieurs voies d’accès à l’absolu, ajouté au pragmatisme ecclésial se manifestant dans une démocratisation du gouvernement de l’Eglise et dans l’horizontalisme liturgique, a été à l’origine du relativisme qui mine les sociétés occidentales.

A ce sujet, le Pape Benoît XVI parlait d’une véritable “dictature du relativisme” qui s’était introduite même dans l’Eglise pour favoriser tant les théologies qui considèrent que toutes les religions se valent que les courants œcuméniques qui, voyant les Eglises comme égales, sont favorables à l’intercommunion.

Or, la Constitution dogmatique de Vatican II “Lumen gentium” considère que l’Eglise n’est pas qu’une organisation pouvant s’adapter au relativisme ambiant. Elle est l’organisme de l’Esprit Saint. Et à ce titre, elle ne peut se développer que de l’intérieur - et non à partir de “périphéries” coupées du centre - par sa communion au Christ, dans la foi, l’espérance et la charité.

Affirmer et croire que l’Eglise est le Corps du Christ, implique que celui-ci s’est donné un corps communautaire et historique, fondé sur l’Eucharistie.

Ainsi, la liturgie de la messe est-elle la loi essentielle, capitale, fondamentale de l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique : elle est née à la dernière Cène et permet, à travers sa forme rituelle authentifiée par le Magistère, d’actualiser la Nouvelle Alliance.

Il en découle qu’une Eglise locale - diocèse, paroisse... - ne peut jamais apparaître comme une réalité isolée ou se considérer comme telle, mais doit sans cesse veiller à s’affirmer dans une communion catholique avec les fidèles de tous les temps : passé, présent et à venir.

En effet, l’Eglise catholique n’est pas une juxtaposition statique d’Eglises locales et de communautés particulières : celles-ci ne sont que des réalisations de la seule et unique Eglise née à la Pentecôte et dans laquelle l’essence de la vocation chrétienne ne peut en aucun cas se réduire à un programme politique, à une morale, à un humanisme quelconque, à une philosophie ou à une sagesse.

On comprend donc que le véritable leitmotiv du message de Jésus est le Royaume de Dieu : le Christ qui a proclamé la venue du Royaume était lui-même ce Royaume.

Le Royaume de Dieu n’est donc pas un concept politique. Il n’est pas davantage une règle dont on pourrait se servir directement pour élaborer une praxis politique ou exercer une critique des réalisations de tel ou tel gouvernement.

L’image du Royaume de Dieu nous est donnée par la liturgie, laquelle est d’une importance capitale pour la vie de l’Eglise en ce qu’elle est une incarnation de l’espérance eschatologique, de notre désir d’accéder au Royaume.

Une théologique saine ne peut que s’appuyer sur une liturgique saine. Inversement, des liturgies bancales, approximatives, banalisées sont inévitablement le lieu où s’élaborent des théologies hétérodoxes. On s’en rend compte si l’on considère que la crise que traverse aujourd’hui l’Eglise a été précédée d’une destruction de la liturgie, laquelle destruction a elle-même été précédée du rejet de la prière au profit de l’activisme pastoral.

Car, en effet, le point de départ d’une liturgie juste capable de protéger la doctrine est la prière : la liturgie de l’Eglise naît de la prière et enseigne la prière.

Cependant, on ne peut pas faire de la prière liturgique un acte personnel sans rapport avec l’héritage liturgique. Ainsi, par exemple, le chant liturgique ne peut pas se couper du chant grégorien pour adopter des formes de pop ou de rock, lesquelles relèvent essentiellement de l’excitation politique ou érotique, ou du simple désir de divertissement. Le chant liturgique authentique doit être créateur d’instants où l’homme devient capable de saisir intérieurement son attente persévérante du Royaume.

Par conséquent, tout dans la liturgie - paroles, chants, gestes, vêtements des ministres, beauté du sanctuaire - doit s’opposer aux tendances qui préfèrent la rationalité à la Tradition. En effet, ces tendances, généralement dictées par le relativisme contemporain qui conduit à oublier de sens de l’eschatologie, ont toutes comme conséquence de réduire la liturgie à une austérité calviniste qui abolit la contemplation pour mettre les questions morales (la communion aux “divorcés-remariés”) et politiques (il faut se mobilier pour sauver la planète) au centre du christianisme et à la place du Royaume de Dieu.

On en vient alors à oublier ce n’est ni la rationalité ni les changements de structures qui détermineront l’avenir de l’Eglise mais les saints. Ça a toujours été le cas dans l’histoire, surtout dans les périodes de crises.

Source: Pro Liturgia, Actualité du samedi 5 décembre 2015

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 19:35

Le professeur Xavier MARTIN, dans son ouvrage "Régénérer l'espèce humaine", cite quelqu'uns de nos humanistes philanthropes de la Révolution, dont les déclarations littéralement stupéfiantes, éclairent le contre-sens affligeant de malhonnêteté donné en ce moment au sujet de l'expression "qu'un sang impur abreuve nos sillons".

 

Il est bon de faire oeuvre de pédagogie. Face à la version tout aussi ridicule d'un "sang impur" désignant des étrangers et faisant de l'hymne républicain un hymne raciste et xénophobe, des désinformateurs et intoxicateurs répondent en tentant de présenter une "Marseillaise" expurgée de son sens premier, et que les enfants à l'école devraient apprendre. Cette interprétation, incohérente, prétend que le "sang impur" à la Révolution en 1792 serait non pas celui des "Rois conjurés" et des "traîtres" (les nobles, les "Brigands" Vendéens, les "récalcitrants" au nouveau régime), mais serait le sang des Patriotes eux-mêmes (par opposition au "sang pur" des nobles) qui, en quelque sorte, verseraient leur sang pour la Patrie. Ils iraient à la guerre en chantant : "pourvu que notre sang impur coule dans nos sillons !". Cette interprétation, en plus d'être ridicule, est mensongère. Décontextualisée, elle nous vient de nationaux souverainistes, qui oublient que le mot "purge" est passé, d'une manière choquante, du lexique médical au XVIIIe siècle, au lexique politique, pour aboutir au XXe siècle chez les communistes et les nazis à la justification des crimes politiques totalitaires.

 

Il ne faut pas croire que la véritable interprétation du "Sang impur" qui doive couler n'ait plus lieu ou ne soit plus de mise. A notre époque encore, il y a des humanistes parmi nous qui connaissent parfaitement le sens premier de l'expression "qu'un sang impur abreuve nos sillons" : Jean-Paul Sartre, qui regrettait que les révolutionnaires n'eussent "pas assez tué". (Nous citerons les déclarations de ce fou furieux un peu plus bas.) Jean-Paul Sartre ne croit, lui, pas du tout à l'explication du sang versé des Patriotes eux-mêmes. Sartre, c'est à notre époque, et c'est très proche. Il faut insister là-dessus. Car à tout moment les bourreaux peuvent revenir et justifier, à nouveau, leurs crimes par la nécessité de la purge. L'épée de Damocles de la Marseillaise "qu'un sang impur abreuve nos sillons", constitue donc encore aujourd'hui une véritable menace pour le Bien public, une menace qui plane toujours au-dessus de nos têtes. A tout moment, un gouvernement dépassé par des évènements graves, par exemple, peut être tenté de réactiver le sens premier de la Marseillaise, au nom du Peuple souverain, de la "république", de la "Patrie en danger", etc.

 

On relira donc avec profit les explications du professeur Xavier Martin, souvent empruntes d'ironie, au sujet de la "pulsion exterminatrice" qui se trouvait au coeur du projet révolutionnaire en 1792. Une pulsion qui animait les révolutionnaires qui voulaient éliminer le "virus aristocratique et sacerdotal", les récalcitrants, les "aristocrates", le "clergé", la "noblesse", les "ennemis de la Patrie", mais aussi les "égoïstes", les "lâches", les "traîtres" et les "fripons". Il s'agissait de les "purger du sol de la Patrie", d'éliminer de la Convention, tout ce qui s'y trouvait d'"impur". Et cela, pour notre bien, le bien du "Peuple" et de l'"intérêt public", "au nom de la Liberté". Le "sang impur" était répandu "par humanité" (Fouché) :

"Qu'un sang impur abreuve nos sillons" (suite)
Chapitre II La Révolution : un discours politique « chirurgicalisé »

 

Cannibalisme encouragé médicalement

 

La médecine est présente, dans l'atmosphère de la Révolution : elle l'est plus, à vrai dire, que les médecins eux-mêmes. Quelques-uns, c'est vrai, s'y sont distingués. Comment ne pas songer tout d'abord à Marat, lequel selon Vovelle tient « une place unique (…) comme théoricien du mouvement révolutionnaire » ? Effectivement, nul plus que lui sans doute n'est le symbole de la haine sanguinaire délirante en Révolution. Esprit non cloisonné – on allait presque dire : « pluridisciplinaire » - ce médecin ne craint pas d'effleurer au besoin la boucherie, lorsqu'il dit par exemple au sujet du nanti, dans les premiers mois révolutionnaires, que le nécessiteux « a droit de l'égorger et de dévorer ses chairs palpitantes. » Ce n'est pas un propos fugitif de beuverie : c'est consigné, dès le mois d'août 1789, dans son propre projet de « déclaration des droits de l'homme et du citoyen » [1]. Un droit fondamental de dévorer citoyennement des chairs d'hommes palpitantes : l'amorce est prometteuse. Il est permis de saliver.

 

Rééditer l'espèce humaine améliorée ?

 

[…] Est-il besoin de le préciser ? Assimiler l'entité sociale à un organisme ne peut qu'ouvrir la voie aux ressources lexicales de la science des maladies quant à l'expression des imperfections et dysfonctionnements du corps politique.

 

[…] Sans doute le pressent-on : l'assimilation révolutionnaire de la société à un organisme, en corrélation avec une approche de type médical matérialisante, n'est pas sans rapport avec la violence révolutionnaire. L'un des maîtres mots de la décennie – régénération – nous semble voué très spécialement à incarner ce phénomène. Le terme est porteur d'une forte charge de radicalité, en connexion avec l'aspect fondamental de table rase, donc de fondation, de refondation simplificatrice d'un donné social vétuste et complexe que va présenter, de façon notoire, le processus inauguré en 1789 [169], et puissamment accéléré en 1792. C'est de façon logique que l'esprit fondateur de la Révolution justifie la violence initiale, laquelle techniquement est nécessitée par un besoin fondamental de « déblaiement ». Adressant à Carrier l'arrêté du Comité de Salut public déterminant sa mission à Nantes, Hérault de Séchelles joint cet avis d'encouragement : « Nous pourrons être humains, quand nous serons assurés d'être vainqueurs. » [170]

 

[…] On a là, d'évidence, un élément majeur de la virulence révolutionnaire, et d'autant plus que l'intention qui la sous-tend ne saurait être qu'excellente. Raynal et Diderot en avaient prévenu : « Une nation ne se régénère que dans un bain de sang », c'était quelques lignes après avoir dit, d'un fondateur archétypal (ou re-fondateur) de société : « [C]'est un médecin qui tente la guérison d'un cadavre gangréné. » [175]

 

[…] Et Benjamin Constant ne s'estimera-t-il pas fondé, par l'expérience, à récapituler : « Le mot de régénération nous a poussés à tout détruire » ? [186] C'était pour le bien : « [L]es bourreaux qui coupaient le cou des enfants et des vieillards, les bénins spectateurs qui assistaient au guillotiner des femmes s'attendrissaient sur les progrès de l'humanité. » [187]

 

[…] On connaît l'expression suivante de Saint-Just : « Ce qui constitue une République, c'est la destruction totale de ce qui lui est opposée. » [197] Si nous nous purgeons, dit sous peu son collègue Garnier de Saintes, c'est pour avoir le droit de purger la France. Nous ne laisserons aucun corps hétérogène dans la République. » [198]

 

Couthon bientôt, membre au surplus du Comité de salut public, ne dit guère moins lorsqu'il préconise, pour l'accomplissement du régime nouveau, « la résolution d'exterminer tous ceux qui ne veulent pas de la République. » [199]

 

[…] Oui, la perspective régénératrice porte donc en elle – et fort heureusement c'est pour la bonne cause – une pulsion exterminatrice des récalcitrants.

 

Portrait de Marat par Joseph Boze (1793), musée Carnavalet.Selon le docteur Marat, « cinq ou six cents têtes abattues » auraient suffi fin 1789 ; un an plus tard, estimera-t-il, « il en faudrait abattre dix mille », bientôt cent mille si l'on diffère ; de toute façon, les « ennemis de la Patrie », il les faudra « extermine[r] jusqu'au dernier rejeton. » [201] Jusqu'au dernier rejeton, ce sera dit également en Vendée ; il s'agit bien ici de massacre d'enfants pour raison politique. On sait que Marat aura la sagesse d'en venir au souhait exterminateur de cinq à six cent mille têtes, palmarès idéal des « exécutions populaires ». Sans l'interférence de Charlotte Corday l'on se fût hissé en sa compagnie, assez probablement, à cinq ou six millions, et à ce rythme d'emballement l'espèce humaine à bref délai y fût passée, « retirés tous de dessus le globe », eût dit Manuel.

 

[…] Ce type d'achèvement, - l'extinction totale de la race humaine », - au moins pour la France, au moins par certains et par rhétorique, n'était pas loin d'être assumé. On connaît le mot splendide de Carrier sur l'opportunité de transformer la France en cimetière national : « Nous ferons un cimetière de la France plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière, et de manquer le but que nous nous sommes proposé. » Ce trait plutôt martial d'un des grands visionnaires de la philanthropie, mis au grand jour par son procès [204], eut quelque audience.

 

[…] Saint-Just, quant à lui, pour qui « c'est l'indulgence qui est féroce », a l'élégance du détachement philosophique : « Peu importe que le temps ait conduit des vanités diverses à l'échafaud, au cimetière, au néant, pourvu que la liberté reste. » [206]

 

[…] C'est pour son bien que le corps politique est à purger, saigner, etc., à amputer de certaines des « petites vies particulières » qui le composent, lesquelles sont vues comme des menaces pour sa santé ou sa survie.

 

[…] D'autres orateurs à la Convention ou aux Jacobins, quelques citations : ce dont « il s'agit », c'est « de faire éprouver au corps politique la sueur immonde de l'aristocratie ; […] aristocratie qualifie ici un état d'esprit. [219] Ou bien ceci : « Le virus aristocratique et sacerdotal circule encore dans les veines de bien des hommes » ; ce sont des « contagieux qu'il faut séparer de la foule, de peur que [leur] mal ne devienne épidémique. » [220]

 

Joseph Fouché[…] Il se trouve que c'est sous la Terreur que le mot purge, médical, est étendu dans notre langue au politique, où la civilisation communiste, en surenchérissant sur celle des Jacobins, saura lui assurer une enviable fortune. On parle aussi à cette époque, de vomitif (ou d'émétique), pour viser bien sûr l'élimination, l'extermination des récalcitrants – ou de saignée, naturellement. Purge, émétique ? La charge de violence qui leste ces concepts trouve par exemple une admirable illustration dans tel propos de Fouché terrorisant la Nièvre. La République, telle qu'il la voit ? « Il ne doit entrer dans sa compostion que des éléments purs » (cette annonce est chimique). « Dans ses premiers moments de fermentation elle a déjà vomi […] le clergé et la noblesse, il lui reste encore à se purger des égoïstes, des lâches, des traîtres et des fripons. » [NdCR. En gros tout le monde !] [224] Vocables efficaces, adaptés à l'esprit du discours.

 

Portrait de Georges Couthon, par François Bonneville, Musée Carnavalet.Couthon s'émerveillera d'un vomissement civique : « La Convention nationale est sublime dans ce moment ; elle vomit de son sein tout qui s'y trouve d'impur. » [225]

 

[…] Du représentant en mission Francastel, cette gaillarde incitation pour fouetter le zèle des commis d'abattoir assumant en Vendée, sans lésine incongrue, l'oeuvre républicaine de régénération : « Purgeons, purgeons à jamais le pays de cette race infâme (…). Purgeons, mes amis, saignons jusqu'à blanc. », il faut, « purger, saigner jusqu'au blanc cette génération vendéenne ». [228] Ce ne sont pas la vaillance, ni les bonnes intentions, qui font défaut à ce philanthrope dévoré de zèle pour le bien public.

 

[…] Simple parenthèse : un médecin d'Auschwitz, confronté au souvenir du serment d'Hippocrate (par une détenue médecin elle-même), expliquait ceci : « Par respect pour la vie humaine, je pratique l'ablation des appendices purulents. » [236]

 

[…] « C'est par principe d'humanité » que Carrier « purge » la France des asociaux (donc sous-humains) du Bas-Poitou : il l'annonce en précisant fièrement qu'il fait massacrer « par centaines » les naïfs qui se rendent. [237]

 

Jean-Baptiste Carrier,estampe de François Bonneville,Paris, BnF, département Estampes et photographie, 1796.Fouché, de Lyon, en dit autant : « Oui, nous devons l'avouer, nous faisons répandre beaucoup de sang impur, mais c'est par humanité, par devoir. » [238] Fouché dit « par humanité » ; Carrier dit « par principe d'humanité » ; le médecin du camp (nazi) exprime-t-il autre chose lorsque disant éradiquer « un appendice purulent », il déclare agir « par respect pour la vie humaine » ?

 

[…] Notable précision : avec le recul, un autre « excellent coeur » et grande intelligence de la philosophie moderne, l'humaniste Jean-Paul Sartre, ne dissimulera guère certaine inclinaison à faire sien ce point de vue raisonnable : « [U]n régime révolutionnaire doit se débarrasser d'un certain nombre d'individus qui le menacent, et je ne vois pas là d'autre moyen que la mort. […] Les révolutionnaires de 1793 n'ont probablement pas assez tué », d'où « un retour à l'ordre, puis la Restauration » [241]. … [L]a dialectique de l'humaniste Jean-Paul Sartre est explicite et cohérente : il eût fallu qu'on massacrât plus ardemment sous la Terreur. 

 

Notes

 

[1] Marat, La Constitution ou Projet de Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, suivi d'un Plan de Constitution juste, sage et libre, Paris (fin août) 1789, rééd., dans les Oeuvres politiques, 1789-1793, t. 1, publ. J. De Cock et C. Goetz, Bruxelles, 1989, [p. 69-105], p. 74.

[169] Voir M. Ozouf, L'Homme régénéré, Essais sur la Révolution française, Paris 1989 ; et A. de Barecque, Le Corps de l'Histoire..., op. Cit., p. 166-194.)

[170] Hérault de Séchelles à Carrier, 29 septembre 1793 : lettre citée de troisième main d'après C.-L. Chassin, La Vendée patriote, t. 3, Paris 1894, reprint Mayenne, 1973, p. 559.

[175] Raynal, Histoire philosophique et politique des établissements du Commerce des Européens dans les deux Indes, 10 vol., Genève 1780-1781, t. 6 (1780), p. 21 et 20-21.

[186] B. Constant, De l'Esprit de Conquête et de l'Usurpation dans leurs rapports avec la civilisation européenne (ajout de juillet 1814), Paris 1986, p. 251.

[187] Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe (écr. 1811-1833), 4 vol., Lausanne, 1968, t. 4, p. 453 (passage écrit en 1833).

[197] Saint-Just à la Convention, 8 ventôse an II, 26 février 1794 : dans ses Oeuvres complètes, publ. A Kupiec et M. Abensour, Paris 2004, p. 659 ; et Arch. Parlem., 1ère série, t. 85, p. 517., col. 1.

[198] Garnier de Saintes aux Jacobins, 16 germinal an II, 5 avril 1794 : Aulard, La Société des Jacobins, Recueil de Documents..., t. 6, Paris, 1897, p. 47.

[199] Couthon aux Jacobins, 6 messidor an II, 24 juin 1794 : ibidem., p. 188.

[204] Témoignage de François Lamarie au tribunal criminel révolutionnaie, 21 frimaire an III, 11 décembre 1794 : Moniteur, n° 97, 7 nivôse an III, 27 décembre 1794, p. 401, col. 3. C'est ce que Carrier disait : « à qui voulait l'entendre ». « Carrier nie les faits, et répond par des injures. »

[206] Saint-Just à la Convention, 11 germinal an II, 31 mars 1794 : Arch. Parlem., 1ère série, t. 87, p. 638, col. 1.

[219] Aulard, La Société des Jacobins..., op. Cit. t. 6 (mars-novembre 1794), Paris 1897, p. 80-81, à la date du 28 germinal an II, 17 avril 1794.

[220] J.-B. Leclerc à la Convention, 18 décembre 1792 : Arch. Parlem., 1ère série, t. 55, p. 145, col.1.

[224] Fouché aux habitants de la Nièvre, 10 octobre 1793 : Arch. Parlem., 1ère série, t. 76, p. 686, col. 1.

[225] Propos du 29 messidor an II, 17 juillet 1794 : cité de seconde main d'après M. Braconnier, notice « Couthon », dans A. Soboul, dir., Dictionnaire de la Révolution française, Paris, p. 310.

[228] Lettre des 22 et 20 décembre 1793 : cf. notre livre Sur les Droits de l'Homme et la Vendée, éd. DMM, Bouère, 1995, p. 60.

[236] E. Klee, [Auschwitz. Die NS-Medizin une ihre Opfer, Francfort, 1997], La Médecine nazie et ses victimes (trad. O. Mannoni), s.l. (Actes Sud), 1999, p. 293 ; suite : « Les Juifs sont un appendice purulent sur le corps de l'Europe » (p. 293-294) (p. 424 : déposition d'Ella Lingens, 19 septembre 1960). - Napoléon, quant à lui, s'estimait fondé à appliquer aux Juifs la qualification de « masse de sang vicié » : cf. infra., p, 229.

[237] Lettre de Carrier à la Convention, 30 frimaire an II, 20 décembre 1793, lue à l'assemblée le 6 nivôse, 26 décembre ; Moniteur, n° 98, 8 nivôse, 28 décembre, (« à la une ») p. 393, col. 1 : « C'est par principe d'humanité que je purge la terre de la liberté de ces monstres. » « J'invite mon collègue Francastel à ne pas s'écarter de cette salutaire et expéditive méthode ». … - Sur la logique intellectuelle qui peut conduire la répression républicaine à méconnaître effectivement les qualités d'hommes et de citoyen chez les insurgés, ou à tendre à le faire, voir notre ouvrage Sur les Droits de l'Homme et la Vendée, Bouère, 1995 ; il s'articule intégralement sur cette problématique. - Sur tout cela voir également A. Gérard , « Par principe d'humanité... » La Terreur et la Vendée, Paris, 1999.

[238] Lettre de Fouché à la Convention, 27 décembre 1793 : cité de seconde main d'après A. Gérard, op. cit., p, 25.

[241] Interview de J.-P. Sartre, dans Actuel, 28 février 1973, p, 76, col. 2.

 

Xavier MARTIN, Régénérer l'espèce humaine. Utopie médicale des Lumières (1750-1850), Dominique Martin Morin édition, Mayenne 2008

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 06:55

NdCR. De la même façon que leur régime satanique a démarré le 10 août 1792 par la suppression de la procession à la Vierge Marie le 15 août, et l'organisation volontaire de massacres destinés à créer un climat de terreur propice à la déclaration de leur "république" (Prises des Tuileries, Massacres de Septembre), à chaque fois qu'une Marseillaise est chantée, il faut contrer le maléfice en récitant un Ave Maria.

D'une façon générale, si nous partageons et diffusions certaines analyses de certains intervenants expliquant la situation calamiteuse dans laquelle se trouve notre pays actuellement, ça ne signifie pas que nous cautionnons leurs analyses sur la solution à adopter.

 

Nous rappelons que face à la volonté de détruire notre pays, la seule solution viable et honnête est le rétablissement de la Monarchie Catholique, représentée par le seul héritier des rois qui ont fait la France, son souverain légitime : Monseigneur Louis de Bourbon, duc d’Anjou, aîné des Capétiens, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX. Le reste n'étant que poudre aux yeux servant des intérêts plus que douteux.

Naissance de la République – Une conférence de Marion Sigaut au Théâtre de la Main d'or (03/10/2015)

 

Source: Démocratie Royale

 

Merci à Marion Sigaut pour cette conférence qui fait le jour sur des pans entiers méconnus de l'histoire de la république, qui achèvent de discréditer définitivement ce régime politique sanguinaire né grâce à deux complots (prise des Tuileries le 10 août 1792) et Massacres de Septembre 1792.

 

Extrait :

 

"Fin 1788, le roi convoque les Etats généraux pour régler le problème de la dette publique (que la France a depuis que le roi a épuisé son budget suite à son aide aux insurgés américains dans la Guerre d'Indépendance des Etats-Unis. NdCR.), Etats généraux, c'est-à-dire les corps constitués représentant la nation française. Les Etats généraux se réunissent en mai 1789 à Versailles. La noblesse, ce sont ceux qui font la guerre, le clergé, ce sont ceux qui font la prière et assurent tous les services sociaux, et le Tiers-Etat, c'est le reste, c'est-à-dire tout le monde.

 

Et le 17 juin, les représentants du Tiers Etat se proclament 'Assemblée nationale Constituante', c'est-à-dire que ces gens ont été députés par leur paroisse, jusqu'au fin fond de la France, pour venir présenter aux Etats généraux les doléances de la population. Et, arrivés sur place, ils disent 'nous venons faire une nouvelle constitution'. Cela s'appelle un coup d'Etat. C'est-à-dire que ces gens n'ont pas reçu des Français du fin fond des campagnes ou de l'intégralité des villes leur demandant faites une nouvelle constitution. Ils n'ont pas mandat pour cela. 

 

Le 12 et 14 juillet, c'est-à-dire un petit mois après, des troubles éclatent à Paris, la Bastille est prise et elle est l'occasion de violences abominables. Les violences que déclenchent le mouvement révolutionnaire sont absolument insensées et inouïes. Le peuple parisien, le peuple de France n'a pas l'habitude de telles violences, c'est-à-dire des têtes coupées qu'on exhibe. Alors cela vous dit quelque chose les têtes coupées, les sauvages c'est toujours les autres. Mais non, là, c'est chez nous, à Paris. Et des témoignages affluent de gens qui sont absolument indignés... et offusqués (ce sera le début d'une longue indignation qui durera deux siècles jusqu'à aujourd'hui. NdCR.) de voir ce déchaînement de violences qu'ils n'attendaient pas.

 

C'est à ce moment-là qu'est fondée la Société des Amis de la Constitution. C'est-à-dire un club de pensée, une réunion de francs-maçons.

 

Le 14 juillet est l'occasion d'organiser à Paris une commune insurrectionnelle et une Garde nationale. Une Commune, c'est un gouvernement de Paris. Cette Commune de 1789 va représenter le 'gouvernement' de paris. Et la Garde nationale, ce sont les bourgeois en armes. On leur a donné un uniforme et des fusils et ce sont eux qui étaient chargés d'assurer l'ordre (14 juillet 1789).

 

Au mois d'Octobre, un second coup d'Etat a lieu. Une manifestation allant réclamer du pain au roi, part de Paris à Versailles, revient avec le roi. C'est une manifestation que l'on appelle le retour du boulanger, de la boulangère et du petit mitron. Le pain étant de plus en plus cher - et il le sera de plus en plus, cela sera certainement un des éléments clés des violences que cela déchaîne... -. 

 

"Je ne peux plus chanter la Marseillaise" : Marion Sigaut sur "la naissance de la république"

La manifestation ramène le roi, la reine et les enfants royaux des Tuileries à Paris (6 octobre 1789) et le roi est privé de son droit à participer à la confection des lois. Le roi était le législateur en son royaume jusqu'à cette date. A partir du moment où on l'a amené aux Tuileries, on peut dire qu'il est prisonnier et c'est un véritable second coup d'Etat.

 

Au mois de juillet 1790 est décrété la Constitution civile du Clergé. Cette constitution, c'est la soumission de l'Eglise à l'Etat. Cela n'a rien à voir avec la séparation de l'Eglise à l'état. Cette Constitution va dire que dorénavant les prêtres ne sont plus soumis à l'autorité de Rome, qui est l'autorité religieuse, mais à l'autorité de l'Assemblée et du gouvernement. C'est un renversement dramatique et beaucoup de sang va couler à cause de cela.

 

Le 20 juin 1791, le roi s'échappe des Tuileries pour essayer de retrouver une partie de son armée. Il est arrêté à Varennes. Il est ramené à Paris et suspendu de ses fonctions.

 

En juillet 1791, la Société des Amis de la Constitution, le club de pensée franc-maçon va se diviser entre Feuillants et Jacobins. Les Jacobins se sont installés dans un ancien couvent de Jacobins, rue Saint Honoré. Et c'est là que va se jouer et s'organiser 'la Révolution', le Club des Jacobins.

 

En août 1791 est élu une 'Assemblée nationale Législative'. Le roi l'accepte, il signe la nouvelle Constitution. Il dit je suis d'accord, puisque c'est cela que veut le peuple.

 

Lire : Des droits de l'Homme à la Terreur : lecture critique de la Constitution de 1791

 

Des élections ont lieu. Et dans cette élection, ne seront élus que les gens qui ont les moyens.

 

En mars 1792, l'Assemblée contraint le roi à prendre un ministère entièrement jacobin. Et parmi les ministres, on a un certain Roland, un certain Clavière et un certain Sevran, qui vont peser de tous leurs poids sur le gouvernement de Louis XVI.

 

Le 20 avril 1792, la France déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie, c'est-à-dire l''Assemblée nationale' déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie. Et cela n'est pas le roi qui a déclaré la guerre. On dit souvent, et on entend régulièrement que c'est le roi. Or, c'est bien l'Assemblée Législative qui a déclaré la guerre sur la pression du parti que l'on appellera plus 'Les Girondins'.

 

Jean-Marie Roland de la Platière, ministre du roi, était en 1787 à l'Académie de Lyon et il a proposé à la sortie de l'Académie devant un certain nombre de témoins qui étaient suffoqués, de produire de l'huile avec des cadavres des humains. Ses confrères lui demandent ce qu'il fait des ossements, il répond de l'acide phosphorique. Ses confrères, suffoqués, se tournent vers sa femme, Manon, essaient de voir s'il était sérieux, et rien du tout, il était sérieux.

 

Brissot, girondin bien connu, avait écrit en son temps, également avant la Révolution française :

 

'Les hommes peuvent-ils se nourrir de leurs semblables ? Les êtres ont le droit de se nourrir de toute matière propre à satisfaire leurs besoins. Les anthropophages qui ne sont point guidés par les institutions sociales ne font que suivre l'impulsion de la nature.' C'est eux qui vont renverser la Royauté !

 

[...] Les trois ministres harcèlent le roi pour qu'il sanctionne un décret de l'Assemblée qui veut qu'on déporte les prêtres réfractaires. Ceux-ci sont des prêtres qui refusent de se soumettre à la Constitution civile du Clergé, parce que c'est leur conscience. Le roi refuse, il oppose son veto. Le roi a encore le droit de veto. Et le roi refuse aussi de signer le décret qui consiste à mettre 20 000 fédérés (garde nationale) aux portes de Paris. Et les trois ministres sont tellement odieux que le roi renvoie les trois ministres. Manon Roland écrit une lettre que son mari signe, une lettre d'une violence insensée. C'est un véritable appel au meurtre contre le roi. 'Comment le roi ose-t-il mettre son veto ?'

 

Le 20 juin 1792, l'Assemblée reçoit 10 000 clubistes armés, au mépris des lois. L'Assemblée nationale n'a pas à recevoir des gens armés. ... La population parisienne est suffoquée par cette violence. Et en fait, on connaît une des sources de toute cette agitation, c'est le duc d'Orléans, qui se trouve être le cousin du roi, qui stipendie les agitateurs. Ce Philippe d'Orléans, qui deviendra Philippe Egalité et qui perdra la tête - mais ils l'a perdront tous, ou presque -, entretient l'agitation et c'est lui qui organise toutes ces émeutes. 

 

Le 22 juin, deux jours après les violences aux Tuileries, le roi envoie une très belle protestation. C'est du grand Louis XVI. Il dit :

 

'Le Roi n'a opposé aux menaces et aux insultes des factieux que sa conscience et son amour pour le Bien public. Le Roi ignore quel sera le terme où ils voudront s'arrêter, mais il a besoin de le dire à la nation française, que la violence, à quelque excès qu'on veuille la porter, ne lui arrachera jamais un consentement à tout ce qui est contraire à l'intérêt public. Comme représentant héréditaire de la nation française, il a des devoirs sévères à remplir, et s'il peut faire le sacrifice de son repos, il ne fera pas le sacrifice de ses devoirs. Dans l'état de crise où elles se trouvent, le roi donnera à toutes les autorités constituées l'exemple du courage et de la fermeté, en conséquence il ordonne à tous les corps administratifs et municipalités de veiller à la sûreté des personnes et des propriétés. Fait à Paris, le 22 juin 1792.'

 

Immédiatement après, des pétitions de partout en France arrivent de soutien au roi. A Paris, une pétition de 16 000 personnes est déposée chez 16 notaires. Le roi, à l'heure actuelle est désarmé, on lui a retiré sa Garde constitutionnelle de 1800 hommes depuis le mois de mai. Et le Commandant de cette Garde constitutionnelle a été envoyé à la Haute Cour à Orléans. On a créé une Haute Cour spécialement pour régler leurs comptes. On verra plus tard ce que sont devenus les malheureux envoyés à la Haute Cour à Orléans.

 

Pour la justification de la Garde constitutionnelle du roi, écoutons ce que disait Condorcet :

 

'Cette Garde manifestait une audace et un incivisme qui indignait et effrayait les citoyens. La haine de la Constitution et surtout celle de la Liberté et de l'Egalité était le meilleur titre pour y être admis.

 

Vous imaginez vous les Gardes constitutionnels cracher sur la liberté et l'égalité ? Qu'est-ce que c'est que ce délire ?

 

'L'Assemblée, poursuit Condorcet, fut forcée de dissoudre cette Garde pour prévenir les complots de contre-révolution dont ils ne manifestaient que trop d'indices'.

 

En d'autres termes, la Garde du roi était royaliste. Ben oui !

 

En fait l'Assemblée nationale traite avec les émeutiers de puissance à puissance. Les émeutiers font une partie de la loi, en tous les cas ils essayent et ils vont bientôt gagner.

 

Petion, maire de Paris (1791-1792), va voir le roi après l'émeute et il se comporte en gougnafier. Il parle en même temps que le roi et lui coupe la parole. Le roi lui dit : 'Est-ce me respecter que de rentrer chez moi armé, de briser mes portes, de forcer ma Garde. Ce qui s'est passé hier est un vrai scandale pour tout le monde.'

 

Petion est franc-maçon. Il est membre de la Loge des Neuf Soeurs des Amis réunis, et il est secrétaire de la Société philanthropique du duc d'Orléans, il se moque bien de ce que le roi lui raconte. Les Girondins répliquent qu'il s'agit d'un roi faussaire, indigne d'occuper le trône. On ne répond à la grandeur du roi que par des lazzis, des quolibets et des expressions de mépris.

 

Il ya eu des adresses de sympathie et de soutien de partout pour soutenir le roi. Des adresses hostiles vont commencer à arriver. On lit le 26, une adresse de Grenoble : 'Louis XVI a renvoyé trois ministres patriotes. Législateur, le Peuple est Souverain. Si Louis XVI ne veut pas être un avec la Nation, la Nation va se soulever toute entière et la Constitution à la main, elle s'écrira : Louis XVI, roi des Français, est déchu de la Couronne. On est encore en juin, Grenoble envoie après l'affaire du 20 juin, un appel à déchoir le roi de sa Couronne ? Parce qu'il a renvoyé des ministres ? Ecoutez bien. La lettre est datée du 19 juin et le veto du roi est du 18. Il faut six jours aller et six jours retour pour aller à Grenoble. Vous savez ce que c'est ces adresses ? Elles sont fabriquées au Club des Jacobins à Paris. Vous savez comment disait Voltaire ? 'Mentez, mentez...' Ces gens n'ont aucun scrupule.

 

Quelqu'un va essayer d'intervenir pour renverser la vapeur, c'est Lafayette, qui a été commandant de la Garde nationale pendant trois ans. Et là, s'il n'est plus à Paris, c'est qu'il est parti à la guerre, il est sur le front. C'est un franc-maçon lui aussi. Il a été entièrement d'accord avec tout ce qui s'est passé jusque-là. C'est un proche du duc d'Orléans, le 'Grand Maître du Grand Orient', et il avait essayé d'être maire de Paris quand il y eu des élections en novembre 1791. Alors pour vous donner une idée de ce qu'étaient les élections à la mairie de Paris en 1791, il y avait 200 000 inscrits, 12 000 votants. Lafayette a eu 3000 voix et Petion 9000. Il n'y avait que deux candidats, pareil qu'aujourd'hui. On ne vous présente que deux candidats, même si vous ne voulez pas voter pour eux. Donc le maire de Paris a été elu avec 4,5% des inscrits, soit 1,8% de la population (parisienne) ! Cela juste au passage pour vous donner une idée de ce qu'était déjà la 'démocratie' à l'époque.

 

Le 16 juin 1792, c'est-à-dire avant les émeutes du 20 juin, Lafayette a écrit à l'Assemblée nationale pour mettre en garde contre les Jacobins. Depuis le début il était d'accord, mais brusquement il a changé d'avis et a compris que les loups étaient lâchés et qu'on ne va plus tenir ce qui se passe.. Il écrit à propos des Jacobins :

 

'Cette Secte forme une corporation distincte au milieu du peuple français [1] dont elle usurpe les pouvoirs, en subjuguant ses représentants et ses mandataires. C'est là que dans les séances publiques l'amour des lois se nomme aristocratie et leur infraction patriotisme.'

 

C'est exactement ce qui se passe: vous n'êtes pas d'accord, vous êtes un aristocrate, et vous êtes d'accord, vous êtes un patriote. Et à partir de maintenant cela va être comme cela jusqu'à la fin.

 

Alors bien vu de la part de Lafayette, mais c'est un peu tard. Il a quand même soutenu ce mouvement-là pendant trois ans. La France a à présent 4 000 Clubs affiliés aux Jacobins. C'est un maillage. Le territoire est rempli de ces sections. [La France va devenir en 1793 un immense camp militaire, une caserne. NdCR.] Et le 29 juin à l'Assemblée nationale, Lafayette dit que l'Armée est indignée et veut qu'on respecte la Constitution. L'armée, il la commande, il est au front. Il vient à l'Assemblée nationale et il demande qu'on poursuive les responsables des violences du 20 juin. Parce que c'est des infamies. Parce qu'on ne peut pas laisser faire des choses pareilles. Il demande qu'on détruise les Jacobins, Secte qui envahit la Souveraineté nationale, tyrannise les citoyens, et dont les débats publics ne laissent aucun doute sur l'atrocité de ceux qui la dirigent. Des gens soutiennent Lafayette et s'écrient:

 

'Depuis quand des factieux de Paris s'imaginent-ils, à eux seuls, former le peuple français ? Qu'ils montrent les mandats par lesquels les 80 départements leur ont délégué leur pouvoir. La ville de Paris sera responsable du dépôt de l'acte constitutionnel, de la sûreté des représentants élus et du représentant héréditaire de la nation', c'est-à-dire le roi. Donc forts de ce soutien, que va-t-il se passer ? Rien. Et Lafayette s'en va, il retourne à l'armée. Et cela va s'arrêter là, tout ce qu'il a demandé ne sera absolument pas suivi d'effet.

 

La première fête de la Fédération, cela avait été le 14 juillet 1790. On avait réuni tous les fédérés qui étaient venus en grande pompe jurer fidélité et soutien à la constitution. Et en 1791, elle n'avait pas pu avoir lieu parce que le roi était parti à Varennes à ce moment-là (à l'instigation de Lafayette qui lui avait conseillé la fuite et le chemin de la fuite pour pouvoir mieux l'arrêter en chemin, selon les Mémoires de l'abbé Barruel en 1798. Un Lafayette qui donc entretemps, curieusement, change d'avis, change de camp et redevient royaliste. NdCR.).

 

Donc on propose d'organiser une seconde fête de la Fédération le 14 juillet 1792. Le moment est choisi après des émeutes, des rassemblements de fédérés de partout. Donc, cela va être l'occasion pour les Girondins de faire venir les fameux 20 000 hommes armés que le roi avait refusé d'installer aux portes de Paris.

 

Ils vont organiser la venue des Fédérés de partout grâce à leurs clubs. Et Mme Roland, elle, elle prépare la république carrément, avec ses amis Barbaroux et Servan. Barbaroux qui est un député de Marseille, écrit à son ami fédéré pour lui demander qu'il envoie '600 hommes qui sachent mourrir et des canons'. 

 

600 hommes et des canons. Que prépare-t-on à votre avis ? La démocratie !

 

Dont acte. La marche des Marseillais commence le 5 juillet avec des hommes de Toulon, de Nîmes, de Montpellier, d'Avignon, et de quelques autres villes. Et ces braves fédérés arrivent en chantant une certaine chanson, écrite ailleurs, qu'on va appelée la Marseillaise. Et bien non, les Marseillais qui arrivent ce n'est pas le 'peuple en marche'. Parce que en fait, Marseille, c'est un lieu, c'est un port, c'est tous les criminels vomis des prisons de Gênes, du Piémont, de Sicile, de l'Italie, de l'Espagne, de la Barbarie. Un député marseillais quand il apprend qui arrive, essaie d'avertir sur la qualité de ces brigands. Il dit: 'ce sont des spadassins, des suppôts des mauvais lieux. Tout fut trouvé bon et les véritables marseillais sont en petit nombre.' Les véritables Marseillais sont au front puisqu'ils sont partis à la guerre. Donc on fait venir sous le titre de 'Marseillais' la pègre, la pègre des ports du sud de la France. Les Marseillais arrivent à Paris le 30 juillet. Ils sont régalés par Santerre, et s'en prennent à des gardes nationaux parisiens et ils tuent un agent de change. C'est-à-dire qu'ils rentrent dans la ville, ils terrorisent les gens, et ils vont tenir Paris en coupe réglée pendant trois ans. 'Allons enfants de la Patrie', c'est eux. Je ne peux plus chanter la Marseillaise. Je l'ai chantée, vous ne pouvez pas savoir combien de fois, et encore il n'y a pas longtemps. Là maintenant que je sais cela, je ne peux plus.

 

Le 4 juillet, on vote un supplément à la constitution qui dit que 'la Patrie est en danger.' Cela veut dire que tous les citoyens qui sont en état de porter les armes sont en état d'activité permanente. Tout le monde doit être réquisitionné.

 

 

"Je ne peux plus chanter la Marseillaise" : Marion Sigaut sur "la naissance de la république"

Le 12 juillet, on lit une lettre de Marseille qui demande la république. Un député de Marseille monte à la tribune et dit que cette lettre est l'oeuvre de quelques factieux et non de la population marseillaise. Et bien les Fédérés qui sont dans la Tribune le huent et le forcent à se taire. Des députés protestent et disent que les tribunes tyrannisent l'Assemblée. Et on leur réplique :

 

'Il est bien étonnant que des membres de l'Assemblée bravent les Fédérés qui assistent à la Séance.'

 

Alors, qui fait la loi en France ?  Les 'Fédérés' 'Marseillais' dans les Tribunes ? C'est le début de la dictature de l'Assemblée nationale et de l'émeute. C'est le début de la dictature de celui qui crie le plus fort dans le groupe. C'est exactement comme cela que ça se passe. Et à ce moment-là, on instaure, puisque la 'Patrie est en danger', la permanence des sections. C'est-à-dire que les 'Sections' vont maintenant pouvoir délibérer à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit ! C'est-à-dire qu'à l'heure où les gens travaillent ou dorment, vous allez avoir des gens qui vont décider du salut de la France.

 

Paris a 48 sections. Ces sections se rassemblent dans les églises. Chaque assemblée a un président avec un vice-président et des secrétaires. Vous avez donc 48 petites assemblées législatives qui se réunissent, complètement délirantes, qui se rassemblent jour et nuit, dans Paris désormais. ... La démocratie est en marche.

 

... Brunswick est le commandant de la coalition anti-française. C'est également un franc-maçon. N'y voyez évidemment aucun rapport... Un Manifeste de puissances étrangères fait sur un ton menaçant, au nom du Roi, va perdre le roi. Si le roi demande à l'ennemi de faire peur à sa population, c'est le roi qui est coupable. C'est ce que veulent les Jacobins. Ils l'accusent en permanence de trahir et de saboter la défense nationale. Donc si le Manifeste de Brunswick arrive au nom du roi, il est bien évident que le roi est coupable. La reine le sait bien puisqu'elle écrit le 12 juillet à Fersen :

 

'On dit que les Jacobins de l'Assemblée attendent le Manifeste des puissances étrangères pour prendre un parti. On l'attendait cette semaine, on ignore qui a pu en retarder l'envoi.'

 

Elle trouve que cela ne vient pas assez vite. Le Manifeste de Brunswick est le texte d'un franc-maçon qui sert les francs-maçons jacobins. C'est clair. Il arrive à Paris le 30 juillet et il dit notamment :

 

'La ville de Paris et tous ses habitants seront tenus de se soumettre sur le champ et sans délai au roi. Si le chateau des Tuileries est forcé ou insulté, s'il est fait la moindre violence, le moindre outrage à Sa Majesté le Roi et à la Reine et à la famille royale, s'il n'est pas pourvu immédiatement à leur sûreté et à leur liberté, leur Majesté royale et impériale - c'est-à-dire d'Autriche et d'Allemagne -, en tireront une vengeance exemplaire et à jamais mémorable, en livrant la ville de Paris à une exécution militaire, et à une subversion totale.'

 

Qui va croire que le roi de Prusse et l'empereur d'Autriche ont pu autorisé une telle publication si ce n'est pas Louis XVI qui l'a demandée ? La boucle est bouclée. Mais le roi n'était pas au courant ! Ecoutez ce qu'il écrit :

 

'Il circule depuis quelques jours un écrit intitulé Déclaration du duc de Brunswick, Commandant des Armées combinées de l'empereur et le roi de Prusse. Cet écrit ne présente aucun des caractères qui pourrait nous en garantir l'authenticité, il n'a été envoyé par aucun de mes ministres dans les diverses cour d'Allemagne qui avoisinent le plus nos frontières. Cependant, sa publicité me paraît exiger de moi une nouvelle déclaration de mes sentiments et de mes principes. La France se voit menacée par une grande réunion de forces. Ceux qui savent ce que valent à mes yeux le sang et la fortune du peuple croiront à mes inquiétudes et à mes chagrins. Jamais on ne me verra composer sur la gloire et les intérêts de la Nation, ni recevoir la loi de l'étranger ou d'un parti. C'est à la Nation que je me dois. Je ne fais qu'un avec elle. Aucun intérêt ne saurait m'en séparer. Elle seule sera écoutée. Je maintiendrai jusqu'à mon dernier soupir l'indépendance nationale. Les dangers personnels ne sont rien auprès des malheurs publics. Un jour peut-être le peuple saura combien son bonheur m'est cher. Combien il fut toujours, et mon seul intérêt et mon premier besoin. Que de chagrins pourraient être effacés par la plus légère marque de son retour.'

 

Le peuple n'a pas à savoir cela. Le peuple est travaillé par l'Opinion et de la manière qu'on a dite.

 

Dès la parution du 'Manifeste', les Jacobins peuvent enfin prendre parti., réunir un certain nombre de bons citoyens pour tramer patriotiquement le siège des Tuileries.

 

... Le roi écrit le 31 juillet :

 

'Depuis plusieurs jours, la tranquilité publique est troublée dans la capitale et des actes de violence s'y répètent avec une scandaleuse impunité. Hier en particulier, pendant toute la journée, des vexations sans nombre ont été commises. Les propriétés, les personnes, rien n'a été respecté. Des citoyens ont été arrêtés, plusieurs ont été insultés, plusieurs ont été victimes des coups qui ont été portés dans les Champs Elysées. Et par un attentat à la liberté individuelle, plus inconcevable encore, deux citoyens ont été constitués prisonniers par des Marseillais et détenues en chartes privées dans cette même ville où les détentions arbitraires ont été justement placées au nombre des crimes que notre législation punit le plus sévèrement. Des heures se sont écoulées avant qu'ils ne soient remis entre les mains du Juge de Paix. Le roi n'a pu voir sans indignation les lois violées avec tant d'audace, sous les yeux du corps législatif et sous les siens. Son premier devoir est de garantir à chaque individu la liberté et la sûreté que la Constitution lui promet.'

 

Et bien ce n'est plus qu'un voeu pieux. Le roi peut bien écrire cela, ceux qui ont la responsabilité de l'ordre public s'en fichent. La Garde parisienne sait maintenant qu'elle n'a plus aucune protection et aucune justice à espérer de l'Assemblée, qui laissent les Marseillais faire la loi avec la violence qu'on vient de décrire.

 

Les Fédérés et les Marseillais ont donc la permission du maire de maltraiter, et de détenir arbitrairement, de blesser et de tuer qui il leur plaît. C'est le chaos.

 

Un courrier parvient au roi. Les Girondins lui offrent de s'associer à lui s'il rappelle Roland, Clavière et Sevran, Le roi dit non.

 

Le 3 août, le maire de Paris Petion s'adresse à la Commune. Il veut que le duc d'Orléans prenne la place du Roi. Pourquoi se gêner ? Lui, il ne parle toujours pas de république, il parle de remplacer un roi par un autre.

 

Le 4 août, la section du Bon-Conseil se réunit dans l'église Saint-Jacques-l’Hôpital (située à l'emplacement du no 133 actuel de la rue Saint-Denis. Cette section s’appela d’abord « section de Mauconseil » d’après le nom de l’ancien quartier de Mauconseil. En août 1792, le trouvant malsonnant, elle l’abandonna pour prendre celui de « Bon-Conseil ». NdCR.) La section réunie au nombre de plus de 600 citoyens, délibérant sur les dangers de la Patrie, considérant que Louis XVI a perdu la confiance de la nation et que les pouvoirs constitués n'ont de force que par l''Opinion', proclame : 'Unissons-nous tous pour prononcer la déchéance de ce roi cruel.' Alors, accoler 'cruel' à Louis XVI, c'est suffocant.

 

Cette section annonce que :

 

'si le 9 août, la déchéance n'est pas prononcée, les Patriotes des deux quartiers sonneront le tocsin et marcheront sur le château.'

 

Un citoyen prend la parole et dit qu'on a fraudé scandaleusement en signant pour les absents.

 

C'est la tyrannie du vote populaire qui fait dire ce que l'on veut du moment qu'on dit 'c'est populaire.'

 

Le 8 août, les Jacobins demandent un décret d'accusation contre Lafayette, pour avoir osé venir à l'Assemblée, le 29 du mois précédent dire qu'il fallait arrêter et fermer les Jacobins. Ce décret est rejetté massivement par 424 voix contre 206. Après la séance, les Fédérés, Marseillais et Brestois, pourchassent les députés qui ont voté contre. Ils les insultent, leur jettent de la boue et des pierres. Ils vont les insulter dans leurs domiciles qu'ils menacent d'incendier, et ils font mine de les égorger ou de les pendre. Terrorisés, ces députés sont presque tous absents à la séance du lendemain quand l'Assemblée se déclare 'permanente'. Ils envoient leur plainte par écrit et disent qu'ils vont en appeler à leurs électeurs. Et au moment où leurs plaintes sont lues à l'Assemblée, tout le monde rigole. Des députés demandent à ce moment-là qu'on fasse sortir l'Assemblée de Paris pour la protéger des émeutiers. C'est-à-dire qu'une Assemblée ne peut pas délibérer avec l'émeute dans les tribunes en permanence. Et là, c'est pas que dans les tribunes, c'est à la sortie également. C'est-à-dire que si vous avez le malheur à l'Assemblée de ne pas dire comme les 'Fédérés', vous êtes un 'aristocrate.' Deux Girondins s'opposent à la sortie de l'Assemblée de Paris pour la mettre ailleurs en disant : 'Il n'est pas vrai que des factions dominent les représentants du Peuple.'

 

Tous ces mouvements insurrectionnels sont dirigés par les Girondins, avec Petion et le Conseil général de la Commune. La force publique est sous les ordres immédiats de Petion.

 

La fin de la monarchie. On y est. Les Girondins ont lâché un monstre, mais qu'ils ne maîtrisent pas et dont ils commencent à avoir peur.

 Ils se rendent compte qu'une fois lâchée l'insurrection, ils peuvent très bien ne pas la maîtriser.

 

Le 7 août, juste avant le moment fatidique, ils envoient Petion à Robespierre et tenter d'arrêter une insurrection dont ils savent qu'il est l'âme. Petion lui dit : 'Je propose qu'on prononce d'abord la déchéance du roi par l'Assemblée.' Et Robespierre lui répond : 'Le Peuple et les Fédérés ne vous croient point. Tout se prépare à l'insurrection.

 

Mais c'est qui 'le peuple' dont parle Robespierre ?

 

En fait, quand Robespierre parle, c'est lui le peuple.

 

Donc, vous avez compris qu'on prépare l'insurrection. On va renverser le roi. On veut une 'Convention'. L'Insurrection est préparée et exécutée par un directoire secret des 'Fédérés', qui se réunit aux Jacobins.

 

Le directoire secret des Fédérés a extrait d'un comité central de 43 membres, 5 personnes, dont je ne vous donne le nom, car j'ai vu que c'était des inconnus qui resteront inconnus, mais ces 5 inconnus, on va leur adjoindre 10 personnes, dont un certain Cara (orthographe incertaine NdCR.), journaliste, un certain Fournier l'Américain, qui fera parler de lui, un certain Santerre, dont on a déjà entendu parlé et dont on entendra encore parler, et un certain Westermann, qui dans deux ans écrira :

 

'Il n'y a plus de Vendée. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l'enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay, suivant les ordres que vous m'avez donnés. J'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré des femmes, qui au moins pour celles-là n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé.'

 

Le Comité central décide de détourner le drapeau rouge. Le drapeau rouge est le signe de la loi martiale. D'après la loi, au seul signal du drapeau, tous les attroupements avec ou sans armes deviennent criminels et doivent être dissipés par la force. L'idée des révolutiutionnaires est de retourner ce drapeau rouge en disant :

 

'on proclame la loi martiale du Peuple souverain contre la rebellion du pouvoir.'

 

C'est-à-dire que c'est le roi qui est rebelle et on va hisser le drapeau rouge pour renverser la rebellion du pouvoir.

 

Une affiche est placardée dans Paris :

 

'Ceux qui tireront sur les colonnes du Peuple seront mis à mort sur le champ.' Ha oui ? Par qui ? Qui décide ?

 

Le directoire révolutionnaire des 'Fédérés' fixent à la nuit du 9 au 10 août le signal de l'insurrection et la dernière heure de la Monarchie.

 

Nous sommes le 9 au soir. Brissot propose au roi de lui faire quitter le royaume contre 12 millions en espèces. Si on compare les revenus d'une famille moyenne de l'époque et maintenant, il lui propose : Majesté, on vous fait sortir pour 300 millions d'euros. On ne sait pas si le roi l'aurait fait ou pas, mais ce que l'on sait, c'est qu'il ne les avait pas, c'est certain.

 

La Section du Théâtre français, rue de l'Ecole de Médecine, présidée par Danton, héberge le bataillon de Marseille. On leur distribue 300 cartouches par personne. La Garde nationale parisienne, elle, est encore royaliste.

 

Et vous savez comment on le sait ? Parce qu'un certain journaliste, Louis-Marie Prudhomme, personnage très intéressant, démarre la Révolution à fond avec les révolutionnaires pour devenir un des plus farouches dénonciateurs de toutes les atrocités commises. Il écrit (époque où il était encore très anti-monarchiste) :

 

"Dans les guinguettes des chansonniers glapissaient des complaintes niaises, mais attendrissantes sur le sort du tyran. J'ai vu, oui j'ai vu le buveur laisser tomber dans son vin une larme en faveur de Louis Capet. Cette complainte sur l'air du pauvre Jacques commence ainsi : 'Oh mon peuple, que t'ai-je fait ?' On en vend par milliers, elle fait oublier l'hymne des Marseillais."

 

C'est-à-dire que les Parisiens aiment encore le roi et un anti-royaliste comme Prudhomme est là pour le remarquer.

 

A 1 heure du matin (dans la nuit du 9 au 10 août), le tocsin sonne. Les ministres et le roi sont complètement désarmés. Et ils sont placés sous la sauvegarde du maire qui est l'allié objectif de l'émeute. 

 

La Garde nationale de Paris, dont on a dit qu'elle était encore royaliste, n'a plus depuis fin 1791 un commandant général. On leur donne un commandant nouveau tous les deux mois. Alors essayez d'avoir de la discipline des troupes avec un gars qui change tous les deux mois. Le commandant à ce moment-là s'appelle Mandat. Quand Mandat va chercher des cartouches, on lui refuse. C'est-à-dire que la Garde nationale n'a pas d'armes. Il n'y a plus de cartouches, on a tout donné aux Marseillais.

 

Les colonnes se mettent en marche à 6 heure du matin vendredi 10 août 1792. A 1 heure du matin, vous avez 192 délégués des sections qui se rendent à l'hôtel de Ville. Ces sections siègent de façon permanente, dans les églises. Par exemple, à la Section des Lombards qui siège à St Jacques de la Boucherie, la fameuse Tour St Jacques que l'on voit au Chatelet, il y a huit personnes qui ont délégué cinq commissaires. Et toutes les sections vont en faire autant. 192 sections, 192 délégués qui se présentent à la mairie de Paris à une heure du matin, ont été nommés par 400 personnes. Paris a 500 000 habitants. (Le complot républicain de la Nuit du 10 août a donc été réalisé par 0,08% de la population parisienne... NdCR.)  Ils arrivent devant la mairie et ils chassent les 192 membres de l'ancienne majorité. Cela s'appelle une Commune insurrectionnelle. L'insurrection est maîtresse, vous partez, nous prenons la place. Ils vont gouverner la France, ils ne vont pas que gouverner Paris. Cela s'appelle la 'permanence des sections' pendant que vous dormez.

 

Seuls Petion et Manuel seront conservés dans cette municipalité. Il y a un nouveau venu qui s'appelle Tallien et fera parler de lui plus tard. Et à 4 heure du matin, la Commune s'installe. C'est 'populaire'. On ne dit pas (encore) la démocratie, on dit que c'est la 'Volonté du peuple'. Et elle veut voir Mandat, le Commandant de la Garde nationale. Mandat est chez le roi. Alors on va le chercher. Il vient, on l'interroge, il s'approche du perron, et là il est massacré, à coups de piques, à coups de sabres, à coups de pistolets. Et devant son fils qui hurle, on jette son cadavre à la Seine.

 

A 7 heures du matin, les députés se retrouvent à l'Assemblée qui se trouvait à l'emplacement actuel de la rue de Rivoli, à 5 minutes à pieds du Chateau des Tuileries. Elle apprend que Mandat vient d'être massacré, elle ne bouge pas. Il va falloir un nouveau Commandant pour la Garde nationale : on a quelqu'un 'de très bien', c'est Santerre. Santerre est un brasseur qui fait de la bière, qui a de quoi aviner les gens qu'il manipule. Et c'est un affidé du duc d'Orléans. Il est nommé Commandant de la Garde nationale par acclamation. A 8 heures, le roi a compris qu'il n'a pas les moyens de la résistance. Il se rend au manège et il demande la protection de l'Assemblée. L'Assemblée nationale lui accorde sa protection. Et il entre avec sa femme et ses enfants. Et ils sont mis dans la 'loge du logographe', une loge au-desus de l'Assemblée sise au manège. Et à 8 heures, un coup de canon ébranle les vitres et l'assaut du Château est donné.

 

Description de cette image, également commentée ci-aprèsAlors qu'est-ce que l'Assaut des Tuileries ? Je ne vous donnerai pas le détail, parce que, à la fois, je ne voudrais pas me salir la bouche et de vous choquer par des descriptions trop crues de l'abomination. Ce que je peux vous dire, c'est que la prise des Tuileries a été d'une atrocité indicible contre la population du château. Une sauvagerie que l'imagination normale d'un être sain se refuse. On a pillé, on a tué, on a profané, hommes, femmes et même enfants ont été massacrés, brûlés vifs et mangés. Des actes de cannibalisme dans l'intérieur du château, dans les cuisines. Cela a été une abomination. On a bu du sang d'homme encore palpitant, on a arraché des coeurs d'hommes vivants. On a massacré jusqu'aux chiens. C'est une épouvante. L'assaut des Tuileries est une épouvante. Au son des hurlements des victimes de l'assaut, l'Assemblée législative a cru enfin être arrivé au terme de son projet, elle va gouverner la France avec un roi potiche. L'Assemblée croit qu'elle a gagné. Elle va décréter la suspension du roi, la convocation d'un Convention. Et, en fait, ses décrets sont prêts depuis des semaines. Tout cela est préparé, minutieusement. Les ministres sont déchus. on rappelle Roland, Sevran, et Clavière et en présence de la famille du roi entassée dans le logographe, on nomme un nouveau ministre de la justice, Danton. Et on décrète que le roi va être installé au Palais du Luxembourg où il attendra les décisions de la Convention, ce que 'le Peuple' va décider. Et le dauphin, qui doit avoir six, sept ans, aura pour gouverneur Petion.

 

... La famille royale va être gardée comme otage, et gardée par qui, par 300 'Marseillais'. Et qui dirige ? Ce n'est pas l'Assemblée. C'est la Commune insurrectionnelle, les 192 péquins nommés par 400. au cours de la nuit. La Commune donne les ordres et l'Assemblée, désormais, obéit. C'est une véritable dictature qui s'instaure, immédiate.

 

L'ancien Procureur du roi est devenu procureur de la Commune. La Commune, c'est l'Assemblée du Conseil général de la Commune et c'est un Tribunal. Petion est et reste maire de Paris. Le procureur de la Commune, c'est Manuel. Et il a un substitut qui s'appelle Billaud-Varenne. Le Conseil général de la Commune, c'est 144 officiers autour du maire qui discutent publiquement comme autour d'une Convention. Ils ont une espèce de gouvernement, il y a des tribunes, il y a des gens qui écoutent, qui applaudissent, et ce sont ces gens-là qui vont donner des ordres à l'Assemblée nationale. Marat, le fameux journaliste à qui la Commune achetait 10 000 exemplaires par jour, a son bureau à côté. Il est le journaliste officiel de la Commune.

 

Pour s'installer, les membres de la Commune ont besoin de leurs aises. Donc ils vont aller piller toutes les proriétés de l'Etat et de l'Eglise. Les meubles, les étoffes, l'argent, tout est bon... On pille les maisons des émigrés, on pille les églises, on leur enlève tous les objets de valeur. Tout est entassé dans les sales de la mairie et sera presque intégralement pillé, volé, disparu.

Il y aura une commission qui sera chargé des comptes, qui relèvera des soustractions, dilapidations, malversations, bris de scellés, violations de dépôts, infidélités. Et les gens qui étaient en charge de surveiller le dépôt, c'est-à-dire Servan, Marat, Panis, membres du Comité de Surveillance, et Tallien, préposé à la garde des Objets volés, seront nommés députés à la Convention...

 

Le 10 août, la Commune à l'Hôtel de Ville, mande Roland, ancien ministre de l'Intérieur, en ces termes :

 

'Monsieur le Commandant (Santerre), a été autorisé à faire chercher le ministre de l'Intérieur, et à défaut du ministre, à faire venir son premier commis.' C'est-à-dire que la Commune de Paris donne des ordres aux ministres.

 

Le soir même, la Commune insurrectionnelle ferme les portes de Paris. Et elle annonce le 11 au matin, que la sortie de la ville est provisoirement interdite. Cela veut dire que les députés de l'Assemblée législative ne peuvent pas sortir de Paris pour aller raconter à leurs mandats ce qui vient de se passer. Paris est coupée du reste de la France.

 

... Le 10 août au matin, le sieur Roland, grenadier du bataillon des Minimes, écrit à l'Assemblée pour demander la suppression de la procession ordonnée par le voeu de Louis XIII. Louis XIII avait ordonné que tous les ans à l'Assomption pour le 15 août, la France se mette en procession. C'est comme cela que ça se faisait à l'époque. Donc un sieur Roland (ce n'est pas l'autre Roland de la Platière) demande la suppression de la procession, l'Assemblée nationale décrète que l'édit de Louis XIII qui ordonne la procession est révoquée, sur la demande d'un citoyen. On appellait cela la 'Volonté du Peuple'.

 

... Le 16 août, quelqu'un vient dire à l'Assemblée qu''un grand nombre des effets précieux qui remplissaient autrefois les maisons royales ont disparu. Il y en avait beaucoup de meubles massifs en or et en argent, nous n'en avons trouvé aucun. Il est probable qu'ils ont été fondus, convertis en espèces et envoyés aux émigrés.' C'est-à-dire que la preuve, c'est l'absence de preuves. La preuve qu'il y en avait, c'est qu'il n'y en a plus. Ils faisaient déjà le coup avec les Jésuites. Quand les Jansénistes s'en prenaient aux Jésuites, ils disaient : il n'y a aucune preuve contre eux. Seuls eux sont capables de cacher des preuves à ce point-là. C'est donc bien la preuve que c'est eux... Cela, c'était dans l'affaire Damiens. On n'avait aucune trace de l'intervention des Jésuites dans cette affaire. Mais c'était eux, c'était la preuve que c'était eux... Ici, c'est la même logique. Cela s'appelle de la paranoïa. Une logique paranoïaque.

 

Le 17 août, on dénonce à l'Assemblée la ville de Sedan où on a fait prêter aux troupes le serment d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi. On décrète la ville de Sedan en contre-révolution ouverte. Merlin déclare: 'Je demande à présent l'arrestation de tout le Conseil général de Sedan.' Cette proposition est décrétée. Et on fera pareil en Seine inférieure, en Ardennes, dans la Somme, la Moselle, dans la Haute-Loire. Qui n'est pas avec eux est contre eux. Si vous avez le malheur de vous dire fidèle au roi, attendez-vous au pire et il arrivera.

 

Le 17 août, on organise les élections au Tribunal correctionnel, par acclamations... Le même jour, la Commune prive de leurs droits civiques et déclare incapables de remplir aucune fonction, les signataires de la pétition contre l'insurrection du 20 juin. Des pétitions avaient été déposées pour soutenir le roi. Tous les signataires vont être déclarés incapables de remplir aucune fonction, c'est-à-dire qu'ils sont déchus de leur citoyenneté. Et tous ceux qui ont prêté serment à Lafayette.

 

Le 29 août, Danton propose de faire dans les sections un état de tous les citoyens nécessiteux qui sont propres au service militaire et de leur donner une paye. Tiens, tiens, qu'est-ce qu'ils préparent ? Le même jour on bat le tambour dans la rue pour annoncer que tous les citoyens absents de chez eux doivent rentrer et que toutes les maisons seront éclairées toute la nuit. Et que des 'visites domiciliaires' sont annoncées dans chaque quartier.

 

Et le 30 août, les prisons sont combles : on a passé la nuit à aller chercher les gens chez eux par des 'visites domiciliaires.' Le Conseil général de la Commune écrit: 'Il est arrêté que les prisons seront chargées de juger et d'examiner sous leurs responsabilités les citoyens arrêtés cette nuit.' Ah bon? Parce que maintenant les Sections vont être juges, cela va être des tribunaux ? On arrête les gens au milieu de la nuit sans leur dire pourquoi, pour les faire juger par les sections.

 

Le 31 août Tallien dit :

 

'Nous avons fait arrêter des conspirateurs. Et nous les avons mis entre les mains des tribunaux pour leur salut et celui de l'état. Nous avons fait arrêter les prêtres perturbateurs. Ils sont enfermés dans une maison particulière. Et sous peu de jour, le sol de la liberté sera purgé de leur présence.'

 

Se préparent ce que l'on va appeler 'les massacres de Septembre'.

 

On a rempli les prisons dans la nuit du 29 au 30 août.

 

Dimanche 2 septembre, au matin. Pierre Manuel, le procureur de la Commune fait fermer les barrières de la Ville. Personne ne sortira. Il réquisitionne les chevaux et fait donner les canons d'alarme. Les prisons sont bondées de politiques, de prêtres et de personnes arrêtées depuis le 10 août. Et les prêtres sont arrêtés à tour de bras. Manuel vient s'assurer en personne qu'on ne mélange pas les uns avec les autres. C'est-à-dire qu'il donne l'ordre de faire sortir les prisonniers pour dette et les prisonniers pour cause civile et militaire ou pour indiscipline. On va chercher dans les prisons les voleurs. Et à 14h30, que fait-on ? On lâche les assassins. Et commencent les Massacres de Septembre à l'Abbaye où se trouvent les prêtres. Et le soir, les massacres commencent au Châtelet où il n'y a que des prisonniers de droit commun. Il s'agit de tuer à coups de sabres, de piques, et de masses des centaines de gens désarmés. C'est une furie, une sauvagerie sans nom. Cela va durer cinq jours. Des flots de sang coulent des prisons. Bien heureux celui qui meurt du premier coup. Les mêmes scènes de barbarie, de cannibalisme et d'outrages qu'on avait vues aux Tuileries se répètent pendant 5 jours sur des civils désarmés et enfermés.

 

A Bicêtre, à l'Hôpital Général, lieu de renfermement des pauvres à l'intérieur duquel se trouve la prison de la prison. Bicêtre, c'est la prison des hommes. Ce sont les sectionnaires qui massacrent depuis le 2 septembre au soir jusqu'au 4 septembre dans l'aprés-midi.

 

Ecoutez bien, c'est très pénible à entendre, mais je crois qu'il faut dire ces choses-là. Un ancien garde de Bicêtre témoigne de ce que ces sauvages ont fait aux enfants de Bicêtre :

 

'Ils nous en ont tué trente-trois, les malheureux. Ils nous disaient les assomeurs : D'ailleurs nous l'avons pu le voir par nous-mêmes, ces pauvres enfants étaient bien plus difficiles à achever que les hommes faits. Vous comprenez, à cet âge, la vie tient bien. Ils nous en ont tué 33. On en avait fait des montagnes là dans ce coin, que l'on démolit à votre droite. Le lendemain, quand il a fallu les enterrer, c'était un spectacle à fendre l'âme. Il y en avait un qui avait l'air de dormir comme un ange du Bon Dieu. Tous les autres étaient horriblement mutilés.

 

Le lundi 3 (cela a commencé dimanche 2), les tueurs arrivent à la Salpêtrière, Hôpital général pour les femmes et les petites filles. Ils sont arrivés le soir, ont libérés les femmes qui leur plaisent ou qu'ils connaissent, et ils passent la nuit au dortoir des petites filles. Qu'est-ce que vous croyez qu'ils ont fait, pendant une nuit complète ? Un viol pédophile de masse, et le massacre des femmes a seulement commencé après. Et à la Salpêtrière, elles ont été assomées à mort.

 

Prudhomme, le fameux journaliste dont je vous ai parlé, très bien informé, vient voir Danton le 2 au matin, 4 heures avant le début des massacres. C'est donc bien que les massacres étaient programmés et qu'on savait qu'ils allaient arriver. Et Danton dit à Camille Desmoulins : 'Tiens, Prudhomme vient me demander ce qu'on va faire.' Camille Desmoulins dit à Danton:

 

'Tu ne lui as donc pas dit qu'on ne confondra pas les innocents avec les coupables ?' Ce qui prouve que c'est bien programmé.

 

Alors Danton lui explique qu'on allait procurer à ces coquins d'aristocrates qui sont prisonniers, des armes à feu et des poignards. A une heure indiquée de la nuit prochaine, on devait leur ouvrir les portes et ils se seraient répandus dans les différents quartiers pour égorger les femmes et les enfants des Patriotes qui partiront pour marcher. C'est-à-dire que Danton annonce qu'on va aller massacrer des gens qui s'apprêtaient à massacrer les Parisiens. Alors, essayez d'imaginer comment des gens qui sont enfermés dans des prisons peuvent sortir et aller massacrer qui que ce soit ?

 

Danton raconte cela à prudhomme, qui rien moins que naïf ne s'en laisse pas comter, et il demande que les autorités et les députés se répandent en ville pour appeler au calme. Parce que prudhomme n'a pas encore compris que c'est totalement organisé. Il croit que c'est simplement hors de contrôle au début.

 

Le 3 au matin, le Comité d'exécution dirigé par Marat rédige un appel qui sera contresigné par Danton:

 

'La Commune de Paris se hâte d'informer ses frères de tous les départements qu'une partie des conspirateurs féroces, détenus dans ses prisons a été mis à mort par le peuple.'

 

Alors les conspirateurs féroces : les petites filles de la Salpêtrière, et les petits garçons, les prêtres, les femmes, les voleurs ? Et mis à mort par qui ? Par 'le peuple' ? C'est 'le peuple' qui a commis les Massacres de Septembre ? On le dira !

 

'Actes de justice qui lui ont paru indispensables, pour retenir par la Terreur, les légions de traîtres cachés dans ses murs, au moment où il allaient marcher à l'ennemi et sans doute la Nation entière après une longue suite de trahison, qui l'ont conduite sur les bords de l'abîme, s'empressera d'adopter ce moyen si nécessaire de salut public. Et tous les Français s'écriront comme les Parisiens : Nous marchons à l'ennemi, mais nous ne laisseront pas derrière nous ces brigands, égorger nos enfants et nos femmes.'

 

C'est-à-dire que Marat, avec la signature de Danton lance un appel au meurte général de tous les prisonniers dans toute la France.

 

Qui a voulu et permis le massacre à l'arme blanche de 1500 civils captifs ? Ecoutons Robespierre qui dès le mois suivant d'octobre à la Convention, déclare :

 

'Avant d'abandonner leur foyer, leur femmme et leurs enfant, les vainqueurs des Tuileries veulent la punition des conspirateurs qui leur avaient été souvent promise. On courut aux prison, c'était un mouvement populaire, et non comme on l'a ridiculement proposé, la sédition partielle de quelques scélérats payés pour assassiner leurs semblables.'

 

He bien, monsieur Robespierre, ce n'est pas bien de mentir ! Robespierre savait très bien ce qu'il disait.

 

Il dira plus tard :

 

'L'univers, la postérité ne verra dans ces évènements que leur cause sacrée et leurs sublimes résultats. Vous devez les voir comme tels. Vous devez les juger non en juge de paix, mais en hommes d'état. Ne pensez pas que j'ai évoqué ces principes éternels parce que nous avons besoin de couvrir d'un voile quelques actions répréhensibles. Nous n'avons point failli. J'en jure par le trône renversé et par la république.'

 

Il le justifie a posteriori. Il justifie encore les mesures qui ont rempli les prisons et supprimé la presse royaliste. Ecoutez bien :

 

'Est-ce donc le Code criminel à la main qu'il faut justifier les précautions salutaires qui exigent le Salut public dans les temps de crise, amené par l'impuissance même des lois ? Que me reprochez-nous d'avoir briser illégalement les plumes mercenaires dont le métier était de propager l'imposture et de blasphémer contre la Liberté ?'

 

C'est-à-dire qu'on a supprimé la presse royaliste parce qu'elle blasphémait contre la liberté ! Ce n'est pas cinglé, cela ? Et il minimise l'horreur :

 

'On assure qu'un innocent a péri.'

 

1500 civils désarmés et au milieu un innocent...

 

'On ne sait plus à en exagérer le nombre sans doute. Mais un seul, citoyens, pleurez cette méprise cruelle, nous l'avons pleurée avant longtemps, mais que votre douleur ait un terme comme toutes les choses humaines. Gardons quelques larmes pour des choses plus touchantes.'

 

Petion est plus honnête. Il va le reconnaître, il va dire :

 

'Plusieurs de ces défenseurs de la Patrie croyaient que ces journées désastreuses et déshonnorantes étaient nécessaires, qu'elles purgeaient l'empire d'hommes dangereux, qu'elles portaient l'épouvante dans l'âme des conspirateurs et que ces crimes odieux en morale étaient utiles en politique'

 

Cela veut dire que cela a été préparé parce que c'était politiquement utile, politiquement correct.

 

Description de cette image, également commentée ci-aprèsCollot d'Herbois dira à propos de la journée du 2 septembre :

 

'Nous gémissons sur les maux particuliers produits, mais sans cette journée, la Révolution ne serait jamais accomplie. Sans le 2 septembre, il n'y aurait pas de Liberté, et il n'y aurait pas de Convention nationale.'

 

Et oui mesdames et messieurs, c'est comme cela qu'elle est venue la 'république' !

 

Jean-Louis Laneuville, Portrait de Barère (1794), Kunsthalle de Brême.Barrère :

 

'Cette journée dont il ne faudrait plus parler, car il ne faut pas faire le procès de la Révolution.' Ha bon ? 'présente aux yeux du vulgaire un crime car il y a eu violation des lois, mais aux yeux de l'homme d'état, elle présente deux grands effets : premièrement de faire disparaître ces conspirateurs que le glaive de la loi semblait ne pas pouvoir atteindre.' He bien oui, les prêtres, la Princesse de Lamballe, les femmes, les enfants, etc.

 'Et d'anéantir tous les projets désastreux enfantés par l'hydre du feuillantisme, du royalisme et de l'aristocratie qui levait sa tête hideuse.

 

Portrait de Marat par Joseph Boze (1793), musée Carnavalet.Marat a dit, au 30 aôut, c'est-à-dire deux jours avant, au cours d'une réunion qu'il fallait : 

 

'effrayer la Convention prête à se réunir, par un coup de vigueur capable de la faire trembler devant la Commune de Paris, et que l'on ferait, par ce moyen, marcher à son gré'

 

Il proposa tranquillement 'l'égorgement de prisonniers, dont selon lui, la mort délivrerait Paris d'autant d'ennemis de la 'république'.

 

Elle arrive la république, elle arrive...'L'évènement des 2 et 3 septembre a été uniquement provoqué par l'indignation du peuple qui a craint de se voir esclave de tous les traîtres qui ont si longtemps causé ses désastres et ses malheurs' Les gens enfermés dans les prisons.'Qui de vous messieurs ont osé me faire un crime d'avoir appelé sur les têtes coupables des scélérats la hâche des vengeances populaires ?

 

Et bien, les massacres de Septembre - c'est dit ici - ont été organisés pour terroriser les députés de la Convention. C'était un programme.

 

Les données incontestables de ces massacres :

 

1500 personnes ont été massacré à l'arme blanche pendant 5 jours par même pas 200 assassins, alors que Paris avait 50 000 gardes nationaux. Les massacres ont duré 5 jours pleins dans 9 prisons disséminées dans Paris. Un nombre considérable de détenus ont été mis en liberté sans raison apparente dans les deux jours précédents. Des listes de prisonniers avaient été remises à Danton juste avant. On a quantité de preuves que les massacreurs ont été rémunérés. Des factures, des quittances, des bons, des procès verbaux des sections. On a leur nom, leur profession et leur adresse sur les factures, les quittances qu'ils ont signées eux-mêmes. 200 personnes ont été payées à aller massacrer 1500 prisonniers. La république arrive !

 

'On va organiser des élections à la Convention.' Non, on ne va pas organiser des élections à la Convention, on est en train de les organiser. La convocation à la Convention date du 10 août. Elle dit que tout Français âgé de 21 ans vivant du produit de son travail et non domestique, va pouvoir être électeur. Il n'y a plus de citoyen actif ou passif, on se rapproche du suffrage universel masculin. Alors que dans les anciennes institutions, les femmes votaient. Là, elles ne votent plus. Mais c'est un suffrage indirect, c'est-à-dire que des assemblées primaires vont nommer des électeurs qui vont nommer des députés. Et bien ces élections se sont déroulées pendant les massacres de Septembre. C'est-à-dire que Paris était fermé, il fallait des passeports pour sortir. Vous avez compris à qui il fallait les demander... L'assemblée des députés par les électeurs s'est déroulée dans Paris dans la Salle des Jacobins. Le vote s'est déroulé à voix haute, par appel nominal, en présence du public, et pendant les massacres. Qui représente qui à cette Assemblée qu'on nomme Convention ? L'abstention sur le territoire de France a été de 90%. Alors que le mode de scrutin était élargi sur 7 millions de votants potentiels, seuls 700 000 se sont déplacés. Ces 700 000 vont élire 749 députés.

 

Le 20 septembre a lieu la 'Victoire de Valmy'. (L'agenda fait bien les choses NdCR...) Valmy, vous savez c'est le 'Vive la Nation' et les Sans-culottes qui se précipitent contre les Armées coalisées contre la France révolutionnaire. D'un côté, Dumouriez pour la France et de l'autre Brunswick. Et c'est la 'victoire du peuple sans-culotte contre les armées royales'. Vous avez entendu dire cela ? Et bien je vais vous expliquer un truc qu'on sait maintenant : Dumouriez et Brunswick étaient deux francs-maçons qui appartenaient tous les deux à l''Ordre de St Jean l'Evangéliste d'Asie et d'Europe'. C'est un nom ronflant d'une partie de la secte satanique issue du sabbataïsme frankiste qui prône l'ordre par le chaos et l'ordre par le mal pour le mal. La bataille de Valmy n'a pas eu lieu : Brunswick s'est retiré. C'est cela 'la victoire'. La république a été proclamée (le lendemain) le 21 septembre (1792) à l'unanimité. La Convention réunie avait rassemblé 200 députés sur 749. Les autres n'étaient pas encore arrivés. Le quorum (nombre minimal de membres d'un corps délibératif nécessaire à la validité d'une décision) n'était même pas atteint. La proclamation de la république est totalement illégale. 200 individus sous influence et sous une pression de Terreur, et ce n'est pas une terreur psychologique - le sang coulait dans les rues -, venaient d'abolir douze siècles de monarchie, 'au nom du Peuple'... C'est quoi les valeurs de la république au fait ? Connais plus !

Selon un commentaire de Marion Sigaut sur le site "Egalité & réconciliation", ses sources sur la naissance de la république sont :

 

Enquête sur le procès du roi Louis XVI, par Paul et Pierrette Girault de Coursac

Histoire des Girondins et les massacres de septembre, Granier de Cassagnac : https://books.google.fr/books?id=1d...

Histoire impartiale des révolutions en France, Louis-Marie Prudhomme.

Enfin les ouvrages d’Augustin Cochin.

Le régime a été sapé par les sociétés de pensée (la FM) et le plan était également international. l’Angleterre voulait notre destruction, le cousin du roi (Philippe d’Orléans) a mis toute son énergie à tout détruire.

La crise financière a fait le reste. Pendant TOUTE la révolution le peuple a eu faim. Sans discontinuer. Les riches se vautraient dans l’opulence, comme jamais avant.

 

Source: http://www.egaliteetreconciliation.fr/Naissance-de-la-Republique-Une-conference-de-Marion-Sigaut-36268.html

 

Notes

 

[1] Sophie Coignard a pu parler d'état dans l'Etat à propos de la franc-maçonnerie.

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 15:24

La Révolution périra, car elle est un attentat sur les peuples encore plus que sur les gouvernements, car elle est conjurée contre les droits des nations beaucoup plus qu'en faveur des droits de l'homme.

Mallet du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution française, 1793, rééd. Editions du Trident, Paris 2007, p. 120.

L'Oligarchie qui tient le pays depuis 1791 ne se laissera pas dessaisir de son pouvoir sans nous faire une guerre sans pitié à l'intérieur et à l'extérieur comme en 1792-1794. Le meilleur moyen de l'achever est de cesser d'alimenter la haine instituée, haine portée par la soit-disant "république" révolutionnaire. Une république qui divise les Français à chaque élection avec son "front républicain".

C'est cette vérité qu'il s'agit de mettre en évidence, en exposant aux Français que leur salut, inséparable de celui de l'Europe et du reste du monde, passe par une réappropriation des droits et des principes qui leur ont été volés en 1789.

 

Sous prétexte de "Souveraineté nationale", c'est une école du meurtre et du mensonge qui nous a volé notre souveraineté politique et notre pouvoir. Reprenons-les !

 

Il reste à convaincre les Participants, c'est-à-dire ceux qui pensent encore - malgré tous les signes contraires - que le vote peut "changer les choses" (sic), en leur disant deux choses :

 

1/ Dans l'histoire depuis 1791, ce vote qui a été mis en place par une Secte fanatique pour déposséder les Français de leur pouvoir politique. Ceci est vérifiable. C'est un fait historique. Dès lors, le vote mis en place dans les institutions partisanes n'a servi à rien, il n'a jamais été ni pris en compte ni respecté par ceux-là même qui les avaient dépossédés, si ce n'est à faire perdurer un système de meurtres, l'"école du meurtre et de barbarie" (E. Burke) Il est temps de se réveiller..

 

2/ En plus de couler la France depuis deux siècles et de déposséder les Français de leurs droits et de leur pouvoir, les Participants divisent les Français (diviser pour régner est le principe machiavélique moderne qui a été mis en place dès la Première République en 1792), renforcent la lutte incessante des partis entre eux, et donc renforcent le mal d'une haine instituée.

 

Solution : en cessant d'alimenter la haine, on cesse d'alimenter le moteur de la Révolution qui tombe en panne.

 

Le soit-disant "Contrat social", la soit-disant "Volonté générale" qui s'exprimerait librement dans les urnes, est une illusion. C'est un mensonge de dire qu'on peut changer les choses dans un système où droite et gauche sortent toutes les deux du même athanor matérialiste.

 

Nous appelons donc à ne plus voter. Et c'est là qu'intervient la logique :

 

En ne votant plus, contrairement à ce que disent les Participants, nous ne nous dessaisissons pas de notre droit civique, au contraire nous nous le réapproprions ! Et nous nous le réapproprions à notre volonté. Nous réaffirmons notre Souveraineté individuelle et notre Libre arbitre.

 

Faisons oeuvre de pédagogie. Ils nous disent "nos ancêtres se sont battus" pour le droit de vote... Répondons-leur : Non, nos ancêtres se sont battus pour la France. Ils ne se sont pas battus pour un "droit de vote" usurpé. Selon les historiens en effet, il y avait plus de démocratie avant 1789 qu'après.

 

L'abstention devient un geste éclatant de protestation et d'affirmation politique.

 

Un Comte de Chambord l'avait compris après avoir soutenu et bien cerné le suffrage universel tout au long du XIXe siècle.

 

La république c'est le règne des partis. Aucune responsabilité, retour en arrière tous les cinq ans.

 

L'abstention est l'étendard de la Résistance

 

L'abstention est l'étendard d'une France où le Politique n'a pas la capacité de changer la civilisation à sa guise sans mandat du peuple pour cela, une France où la loi appartient aux Français et non à une minorité sectaire, encore moins à des multinationales et des intérêts privés où libéralisme économique et libéralisme libertaire se rejoignent dans un même nihilisme.

 

"Nul Etat, nul souverain, nul peuple n'a la prérogative d'attaquer par ses institutions l'ordre nécessaire de la société et la justice universelle." (Mallet du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution française, 1793, rééd. Editions du Trident, Paris 2007, p. 121.)

 

Lire : Les libertés et l'égalité : des principes monarchiques millénaires dévoyés ou le bilan effroyable de la République "française"

 

François Hollande élu par une minorité, moins de 50% des Français inscrits

Ce qu'il faudrait à ce pays, c'est un roi.

Charles de Gaulle in J.-R. Tournoux, Pétain et de Gaulle, p. 495, cité in Georgette Elgey, La République des Illusions 1945-1951 ou la Vie secrète de la IVe république, Les Grandes Etudes contemporaines, Fayard, Rennes 1965, p. 92

"Ce qu'il faudrait à ce pays, c'est un roi" (Charles de Gaulle). Ils nous ont volé notre Souveraineté, reprenons-la !

"Ce qu'il faudrait à ce pays, c'est un roi."

 

Ecoeuré par le régime des partis, Charles de Gaulle a prononcé cette phrase dans une confidence à son ministre de la Population de 1945 à 1946, Robert Prigent, dimanche 20 janvier 1946, à Neuilly, où le général passait le reste de la journée en famille pour rédiger sa lettre de démission du Gouvernement provisoire.

 

Il considérait sa "mission" "terminée", la "tâche" qu'il s'était assignée, "accomplie", et le régime exclusif des partis" étant "reparu", selon les termes de sa déclaration à ses ministres dimanche matin 20 janvier 1946, au ministère de la Défense nationale, rue St Dominique, il lui fallait se retirer.

 

De Gaulle quitta la salle, serra la main de ses collaborateurs et s'en alla.

 

Depuis Neuilly, plus tard en ce 20 janvier 1946, la lettre de démission du Général indiquait :

 

"Depuis le jour même où j'ai assumé la charge de diriger le pays vers sa libération, sa victoire et sa souveraineté, j'ai considéré que ma tâche devrait prendre fin lorsque serait réunie la représentation nationale et que les partis politiques se trouveraient ainsi en mesure d'assumer leurs responsabilités.

 

Si j'ai accepté de demeurer à la tête du gouvernement après le 13 novembre 1945, c'était à la fois pour répondre à l'appel unanime de l'Assemblée nationale constituante m'avait adressé et pour ménager une transition nécessaire. Cette transition est aujourd'hui réalisée." (Georgette Elgey, La République des Illusions 1945-1951 ou la Vie secrète de la IVe république, Les Grandes Etudes contemporaines, Fayard, Rennes 1965, p. 91.)

 

Apès la démission de Charles de Gaulle, l'Assemblée nationale libérée, retomba dans ses travers.

 

La suite, vous la connaissez.

 

Georgette Elgey précise que :

 

"M. Malraux regrette que la lettre ne soit pas plus sévère, qu'elle n'aborde pas le fond du problème: l'attitude des partis. Il insiste pour que de Gaulle s'adresse aux Français le lendemain à la radio." (ibid., p. 91.) Ce qu'il ne fit pas.

 

Achevons la Libération nationale de 1945. Restaurons la royauté, la vraie république, selon les voeux du Général de Gaulle.

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 13:08

L'économiste Charles Gave avertit : "un groupe mafieux criminel a pris le pouvoir aux Etats-Unis." Qui s'en soucie en France ? Personne. En attendant, les contribuables payent.

Un groupe mafieux (criminel) a pris le pouvoir aux Etats-Unis - Charles Gave. Qui s'en soucie ?
Un groupe mafieux (criminel) a pris le pouvoir aux Etats-Unis - Charles Gave. Qui s'en soucie ?

Extrait :

 

"Nous avons eu la crise financière la plus importante de l'histoire, depuis les années 30. Et aucun de ces gars-là n'a été en prison.

 

... Il y a un homme qui a cherché à avoir un petit déjeuner avec moi, il y a trois quatre ans, qui s'appelaient Thomas Hoenig, qui était le chairman de la réserve fédérale de Kansas City, qui a voté huit fois contre son chairman Bernanke. Et il m'a dit - on a sympathisé -, Charles, il faut que je te dise quelque chose, tu m'es sympathique :

 

'Depuis la fin des années Clinton, il y a une ploutocratie qui a pris le contrôle des Etats-Unis avec les trois grandes banques que tout le monde connaît. Et cette ploutocratie gère la masse monétaire au profit de cette ploutocratie. Et la grande question est comment, nous Américains, allons-nous récupérer notre démocratie ?'

 

Donc, nous avons aujourd'hui une mafia qui a pris le pouvoir. C'est une mafia qui est quasiment criminelle. Et il ne nous manque que le courage politique."

 

A la question "cette ploutocratie qui finance les présidentiables aux Etats-Unis a mis la main sur la démocratie ?", Charles Gave a répondu :

 

"Sur la banque centrale. Regardez simplement les nomminés de la Banque centrale. Qui est banquier central dans le monde aujourd'hui ? Ils sont tous passés à un moment ou un autre par cette ploutocratie. Je dirais que tous les banquiers centraux sont passés par Goldman Sachs. Tous. Il n'y en a pas un qui ne soit pas passé par Goldman Sachs.

 

Il y a aussi autre chose qui m'inquiète s'agissant des Etats-Unis, et Dieu sait que j'ai été un soutien des Etats-Unis pendant très très longtemps et je le suis encore, c'est l'extra-territorialisation du droit américain. Les Américains ont décidé qu'ils pouvaient aujourd'hui appliquer leur droit en dehors de chez eux. Ce qui est une perte de souveraineté inimaginable pour les autres pays. On l'a très bien vu dans l'affaire de la BNP (sanctions financièeres imposées. Ndlr.). Ce qui est un abus de pouvoir, et à terme met en danger le dollar."

http://www.leparisien.fr/economie/bnp-paribas-le-montant-de-l-amende-fixe-ce-lundi-soir-30-06-2014-3964657.php

http://www.leparisien.fr/economie/bnp-paribas-le-montant-de-l-amende-fixe-ce-lundi-soir-30-06-2014-3964657.php

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 12:46
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/12/03/20002-20151203ARTFIG00073-le-taux-de-chomage-en-france-au-plus-haut-depuis8230-1997.php

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/12/03/20002-20151203ARTFIG00073-le-taux-de-chomage-en-france-au-plus-haut-depuis8230-1997.php

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 06:45

Le Libre Journal de Serge de Beketch (12 décembre 2001)

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 17:21

Philippe de Villiers était hier, en début de soirée, l'invité du Clercle de Flore :

Le son dans la video est à partir de la 2e minute.

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 13:06
Source: http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2015/12/02/25002-20151202ARTFIG00101-marion-marechal-le-pen-qui-n-a-pas-vibre-au-sacre-de-reims-n-est-pas-vraiment-francais.php

Source: http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2015/12/02/25002-20151202ARTFIG00101-marion-marechal-le-pen-qui-n-a-pas-vibre-au-sacre-de-reims-n-est-pas-vraiment-francais.php

«Qui n'a pas vibré au sacre de Reims et à la fête de la Fédération n'est pas vraiment Français», a lancé la députée du Vaucluse, Marion Maréchal Le Pen, mardi soir à Toulon.

 

Pendant plusieurs siècles, les rois de France ont été sacrés dans la cathédrale de Reims, symbole de l'alliance entre le pouvoir royal et l'Eglise catholique. La fête de la Fédération (1790) est elle un symbole républicain, la célébration du premier anniversaire de la prise de la Bastille.

 

Un peu de cohérence ferait du bien. Faut-il aussi vibrer de joie à l’évocation du 21 janvier 1793, date de la décapitation de Louis XVI ?

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 12:31

On connaissait la faute de mauvais goût de François Hollande pavoisant les fenêtres en plein "deuil national", voici le dîner 3 étoiles en plein "état d'urgence" :
 

Les présidents américain et français Barack Obama et François Hollande se sont retrouvés lundi soir pour un dîner dans un grand restaurant parisien de la place des Vosges, après avoir participé à l'ouverture de la COP21. A l'issue d'une longue journée au Bourget, où plus de 150 chefs d'État et de gouvernement ont donné le coup d'envoi des travaux de la conférence internationale sur le climat, les deux dirigeants se sont donné rendez-vous dans le cadre feutré de L'Ambroisie, un trois étoiles tenu par les chefs Mathieu et Bernard Pacaud, qui n'ont été prévenus que la veille de la présence de leurs hôtes, et installé depuis 1986 au coeur du quartier du Marais.

François Hollande a accueilli son hôte vers 20H10 à l'entrée de l'établissement. Lumière tamisée, murs lambrissés couverts de tapisseries anciennes, les deux chefs d'État se sont assis face à face dans un salon du restaurant, entourés de 12 convives, parmi lesquels le Premier ministre Manuel Valls à la droite de Barack Obama et le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, à celle de François Hollande.

Les chefs d'Etat ont débuté leur dîner par une île flottante accompagnée d'une émulsion au cèpe. Le repas s'est ensuite poursuivi avec un poisson sauvage de Bretagne aromatisé au romarin et servi avec des pommes de terre confites de Noirmoutier nappées de jus de crustacés. La France est encore une fois mise à l'honneur avec un plateau de fromages composé, entre autre, de roquefort, de brie de Meaux ou de cabri du Poitou. Enfin pour finir, le président américain a eu le droit à une note sucrée avec une spécialité du chef: une tarte fine sablée au cacao servie avec une crème glacée à la vanille bourbon.

Pour parfaire ce menu made in France, les présidents ont pu déguster du Bourgogne blanc, du Bordeaux rouge et du vin de Banyuls.

Source: http://www.lepoint.fr/politique/diner-obama-hollande-dans-un-grand-restaurant-parisien-01-12-2015-1986129_20.php

Source: http://www.lepoint.fr/politique/diner-obama-hollande-dans-un-grand-restaurant-parisien-01-12-2015-1986129_20.php

Source: http://www.leparisien.fr/societe/cop21-francois-hollande-et-barack-obama-dineront-a-l-ambroisie-30-11-2015-5327223.php

Source: http://www.leparisien.fr/societe/cop21-francois-hollande-et-barack-obama-dineront-a-l-ambroisie-30-11-2015-5327223.php

Source: http://www.bfmtv.com/politique/diner-obama-hollande-dans-un-grand-restaurant-parisien-933142.html

Source: http://www.bfmtv.com/politique/diner-obama-hollande-dans-un-grand-restaurant-parisien-933142.html

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 09:24

Le professeur Roberto de Mattei nous alerte sur les évènements actuels dans l'Eglise et le monde, par le biais d'une parabole tirée de l'Histoire, le Sac de Rome par les troupes de Charles-Quint, en 1527.

Le sac de Rome, gravure de Martin van Heemskerck (1527).

Le sac de Rome, gravure de Martin van Heemskerck (1527).

Le Professeur Roberto de Mattei a écrit un article "Le Sac de Rome. Un châtiment miséricordieux" et qui a été traduit et publié par le site "Benoît-et-moi".

 

"Dans son dernier billet, Roberto de Mattei nous alerte sur les évènements actuels dans l'Église et le monde, par le biais d'une parabole tirée de l'Histoire, le Sac de Rome par les troupes de Charles-Quint, en 1527. Et il ne craint pas de parler de "châtiment divin".

J'ai personnellement été frappé de voir qu'avant les terribles événements du sac de Rome de 1527, "il y avait eu des avertissements comme, par exemple, un éclair de foudre tombé sur le Vatican".

Bien qu'il soit difficile de donner l'interprétation exacte d'un tel phénomène, nous sommes en droit de penser qu'il s'agit là d'un signe annonciateur de grands troubles et de la colère qui vient.

Voici donc le texte du Professeur de Mattei :



Le sac de Rome. Un châtiment miséricordieux

1er décembre 2015

"L'Eglise vit une époque d'égarement doctrinal et moral. Le schisme a explosé en Allemagne, mais le pape ne semble pas réaliser l'ampleur de la tragédie. Un groupe de cardinaux et d'évêques a préconisé la nécessité d'un accord avec les hérétiques. Comme il arrive toujours dans les pires heures de l'histoire, les événements se succèdent très rapidement.

Le dimanche 5 mai 1527, une armée descendue de Lombardie atteignit le Janicule. L'empereur Charles-Quint, rendu furieux par l'alliance politique du pape Clément VII avec son adversaire, le roi de France François Ier, avait envoyé une armée contre la capitale de la chrétienté. Ce soir-là, le soleil se coucha pour la dernière fois sur la beauté éblouissante de la Rome de la Renaissance. Environ 20 mille hommes, italiens, espagnols et allemands, dont les mercenaires lansquenets, de confession luthérienne, se préparent à prendre d'assaut la ville éternelle. Leur commandant leur avait donné la permission de piller. Toute la nuit, la cloche du Capitole sonna à la volée pour appeler les Romains aux armes, mais il était trop tard pour improviser une défense efficace. A l'aube du 6 mai, à la faveur d'un épais brouillard, les lansquenets se ruèrent à l'assaut des murs, entre Sant'Onofrio al Janicolo et Santo Spirito in Sassia (deux églises romaines). Les gardes suisses se rassemblèrent autour de l'obélisque du Vatican, décidés à rester fidèle à leur serment jusqu'à la mort. Les dernier d'entre eux furent sacrifiée sur l'autel de la basilique Saint-Pierre. Leur résistance permit au pape de prendre la fuite, avec quelques cardinaux. A travers le Passetto del Borgo, un passage reliant le Vatican au Chateau Saint-Ange, Clément atteignit la forteresse, seul rempart resté contre l'ennemi. Du haut des gradins le pape assista au terrible carnage commencé avec le massacre de ceux qui avaient afflué vers les portes du château pour trouver un abri, tandis que les malade de l'hôpital Santo Spirito in Sassia étaient truicidés à coups de lance et d'épée .

La licence illimitée de voler et de tuer dura huit jours et l'occupation de la ville, neuf mois. «L'enfer n'est rien en comparaison de l'aspect qu'a maintenant Rome», lit-on dans un rapport vénitien du 10 mai 1527, repoduit par Ludwig von Pastor.

Les religieux furent les principales victimes de la fureur des lansquenets. Les palais des cardinaux furent pillés, les églises profanées, des prêtres et des moines tués ou faits esclaves, les religieuses violées et vendues sur les marchés. On vit des parodies obscènes de cérémonies religieuses, des calices de messe utilisés pour s'enivrer parmi les blasphèmes, des hosties consacrées rôties dans des poêles et données en nourriture aux animaux, des tombeaux de saints violés, les têtes d'apôtres, comme celle de Saint André, utilisées pour jouer à la balle dans les rues. Un âne fut revêtu d'habits ecclésiastiques et conduit à l'autel d'une église. Le prêtre qui refusa de lui donner la communion fut mis en pièces. La ville fut outragée dans ses symboles religieux et dans ses souvenirs les plus sacrés.

Clément VII, de la famille des Médicis n'avait pas répondu à l'appel de son prédécesseur Adrien VI pour une réforme radicale de l'Eglise. Martin Luther répandait ses hérésies depuis dix ans, mais la Rome des Papes continuait à être immergée dans le relativisme et l'hédonisme. Les Romains, toutefois, n'étaient pas tous corrompus et efféminés, comme semble le croire l'historien Gregorovius. Ces nobles, tels Jules Vallati, Giambattista Savelli et Pierpaolo Tebaldi, qui, hissant une bannière avec l'enseigne "Pro Fide et Patria", opposèrent l'ultime résistance héroïque au Pont Sixte (pont sur le Tibre) ne l'étaient certes pas; pas non plus les élèves du Collège Capranica, qui accoururent et moururent au Pont Saint-Esprit pour défendre le pape en danger. A cette hécatombe l'institution ecclésiastique romaine doit le titre de "Almo". Clément VII se sauva et gouverna l'Église jusqu'en 1534, affrontant, après le schisme luthérien, celui anglican, mais avoir assisté sans pouvoir rien faire au pillage de la ville, fut pour lui plus dur que la mort elle-même.

Le 17 Octobre 1528, les troupes impériales abandonnèrent une ville en ruines. Un témoin oculaire, un Espagnol, nous offre un tableau terrifiant de la ville un mois après le sac: «A Rome, capitale de la chrétienté, aucune cloche ne sonne plus, aucune église n'est ouverte, on ne dit plus de messe, il n'y a plus ni dimanche ni jour de fête. Les riches boutiques des marchands servent d'écuries pour les chevaux, les plus splendides palais sont dévastés, de nombreuses maisons ont été incendiées, d'autres réduites en pièces, privées de portes et de fenêtres, les rues sont transformées en fumier. C'est l'horrible puanteur des cadavres: les hommes et les bêtes ont la même sépulture; dans les églises, j'ai vu des cadavres rongés par les chiens. Je ne trouve rien d'autre à comparer à cela, sauf la destruction de Jérusalem. Maintenant, je reconnais la justice de Dieu, qui n'oublie pas, même si elle vient tard. A Rome se commettaient ouvertement tous les péchés: sodomie, simonie, idolâtrie, hypocrisie, tromperie; c'est pourquoi nous ne pouvons pas croire que cela soit arrivé par hasard. Mais par la justice divine».

Le Pape Clément VII commanda à Michel-Ange le Jugement Dernier dans la Chapelle Sixtine comme pour immortaliser le drame que l'Église de Rome avait subi durant ces années,. Tous comprirent qu'il s'agissait d'un châtiment du Ciel. Il y avait eu des avertissements, comme [par exemple] un éclair de foudre tombé sur le Vatican et l'apparition d'un ermite, Brandano da Petroio, vénéré par les foules comme «le fou du Christ», et qui le jour du Jeudi Saint 1527, tandis que Clément VII bénissait la foule à Saint-Pierre, avait crié: «bâtard sodomite, pour tes péchés Rome sera détruite. Confesse toi et convertis toi, parce que dans 14 jours, la colère de Dieu s'abattra sur toi et sur la ville».

L'année précédente, fin août, les armées chrétiennes avaient été défaites par les Ottomans sur le champ de Mohács. Le roi de Hongrie Louis II Jagellon mourut dans la bataille et l'armée de Soliman le Magnifique occupa Buda. La vague islamique semblait inexorable en Europe.

Et pourtant, l'heure du châtiment fut, comme toujours, l'heure de la miséricorde. Les hommes d'église réalisèrent à quel point, follement, ils avaient poursuivi l'attrait du plaisir et de la puissance. Après le terrible sac, la ville changea profondément. La Rome jouisseuse de la Renaissance se transforma en la Rome austère et pénitente de la Contre-Réforme.

Parmi ceux qui souffrirent du Sac de Rome, figurait Gian Matteo Giberti, évêque de Vérone, mais qui résidait alors à Rome. Emprisonné par les assiégeants, il jura qu'il n'abandonnerait jamais sa résidence épiscopale, s'il était libéré. Il tint parole, retourna à Vérone et il se consacra avec toutes ses énergies à la réforme de son diocèse, jusqu'à sa mort en 1543. Saint-Charles Borromée, qui sera le modèle des évêques de la Réforme catholique s'inspirera de son exemple.

Etaient également à Rome Carlo Carafa et saint Gaétan de Thiene qui, en 1524, avaient fondé l'ordre des Théatins, un institut religieux raillé pour sa position doctrinale intransigeante et pour l'abandon à la divine Providence au point d'attendre l'aumône sans jamais la demander. Les deux co-fondateurs de l'ordre furent emprisonnés et torturés par les Lansquenets et échappèrent miraculeusement à la mort. Lorsque Carafa devint cardinal et président du premier tribunal de la Sainte Inquisition romaine et universelle, il voulut à ses côtés un autre saint, le père Michele Ghislieri, un dominicain. Les deux hommes, Carafa et Ghislieri, sous les noms de Paul IV et de Pie V, seront les deux papes par excellence de la Contre-Réforme catholique du XVIe siècle. Le Concile de Trente (1545-1563) et la victoire de Lépante contre les Turcs (1571) démontrèrent que, même dans les heures les plus sombres de l'histoire, avec l'aide de Dieu, la renaissance est possible:, mais aux origines de cette renaissance, il y avait eu le châtiment purificateur du Sac de Rome."

Source

via Le Forum catholique

Châtiment divin : un éclair avait frappé le Vatican
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 06:59
Le fondamentalisme démocratique

Dans un paysage politique aux lignes incertaines, les cercles légitimistes œuvrent à faire connaître les principes de la monarchie traditionnelle. La pensée légitimiste est opposée à l'esprit de parti, d’essence révolutionnaire. En réalisant le bien commun par l’ordre, la stabilité et la continuité qu’elle procure, l’institution monarchique est seule à même d’assurer le redressement du pays. La restauration de la monarchie en France représente l’ambition de notre mouvement politique. Aujourd’hui, les règles de succession désignent Louis XX, l’aîné des capétiens, pour accéder au trône.

Pour les cercles légitimistes bretons, une unité doit se créer autour du roi pour instituer un régime en mesure d’assurer les conditions d’une large autonomie des peuples unis à la couronne.

La République nous invite à voter le 6 décembre. Il s’agira d’élire des conseillers pour les régions redessinées par un gouvernement minoritaire.

Treize régions vont se substituer aux 22 régions métropolitaines actuelles. A-t-on demandé aux peuples de France de se prononcer sur ce découpage ? Non.

On a voulu, dit-on, « redonner sens et cohérence à l’administration territoriale de l’État ». Il fallait créer des régions plus grandes, plus peuplées, capables de rivaliser avec les plus grandes régions européennes. C’est ainsi que Champenois, Ardennais, Lorrains et Alsaciens, se retrouvent dans une seule région sans nom, sans identité. Mais le fondamentalisme démocratique n’a que faire de l’avis des citoyens.

Dès le départ, la Révolution a amorcé un processus de déstabilisation et de guerre intérieure permanent. Elle n’est pas un facteur d’unité nationale puisqu’elle nie les traditions, les origines, et rejette une partie de la « nation ». De par ses institutions, les individus et les peuples sont progressivement dépossédés de leurs prérogatives politiques. Le peuple souverain n’est qu’un écran de fumée. Les communautés artificielles soumettent la personne à la tyrannie des partis. Face à un État tout-puissant, la démocratie égalitaire transforme l’individu en un numéro de sécurité sociale. La pensée révolutionnaire postule la rupture radicale avec le passé. Elle entend détruire les racines pour constituer un homme nouveau, un être plus proche du robot, plus soumis, meilleur esclave.

Quant à nous, légitimistes, nous nous référons à la plus ancienne doctrine politique, celle qui a fait la France. Le roi, dans ses ordonnances, parlait de « ses peuples » et, au moment du rattachement à la couronne de telle ou telle communauté, le souverain s’engageait à respecter ses libertés. Son rôle était celui d’un arbitre garant du bien commun général.

Entre la Cité et le citoyen, en vertu du principe de subsidiarité, les corps intermédiaires offrent à l’homme de réelles parcelles d’autorité. Ils concourent au bonheur de leurs membres et leur apportent protection, responsabilités, honneur et dignité dans le service du bien commun. Dans notre pays, trop longtemps soumis à la dictature jacobine, la décentralisation s’avèrera être une nécessité absolue pour la monarchie restaurée.

 

Pierre Bodin

 

Source

Democratie-Royale.org

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 06:42
Claude Bartolone veut remettre les chantiers de jeunesse à l’honneur

Nous voilà retombés dans un vieux classique : des guerres hasardeuses déclenchées par des andouilles de gauche et que perdront, comme toujours, mais avec un indéniable panache, des couillons de droite.

Et voilà que, par la grâce de Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale et candidat plus qu’hésitant en Île-de-France aux prochaines élections régionales, nous revient l’ancestral tropisme sécuritaire de la gauche, toujours prompte, de Georges Clemenceau à Jules Moch, à faire tirer la troupe sur les ouvriers grévistes et autres « classes sociales dangereuses ».

De quoi s’agit-il ? Simplement de rétablir un « service civil », censé remplacer le « service militaire », depuis longtemps aboli par cet autre radical-socialiste que fut Jacques Chirac. Évidemment, comme nous avons affaire à des libéraux et des libertaires, la nouvelle corvée sera laïque, gratuite et, surtout, obligatoire ; et, comme toujours, prise dans l’urgence, suite aux attentats de ce funeste vendredi 13 novembre.

Plus précisément, à en croire le principal intéressé : « Il sera d’une durée de six mois et concernera filles et garçons. » Chouette ! La parité sera respectée et l’honneur sauvé. Le programme ? « Un apprentissage des valeurs républicaines, des gestes de premiers secours, du permis de conduire, du BAFA (brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur), du brevet d’encadrement sportif… »

En d’autres termes, une colonie de vacances, ou revival pétainiste, façon Chantiers de jeunesse ; voilà qui n’aurait pas déplu à François Mitterrand qui, à l’instar de ses homologues socialistes d’alors, ne fut jamais gaulliste que de loin.

Remarquez, une autre camarade de Claude Bartolone, Ségolène Royal – dont le père ne fut pas non plus un bulldozer du genre progressiste, à l’instar de celui de son ex-compagnon, François Hollande – proposait, en 2007, pareil programme de retour à cette terre qui ne ment pas : jeunes délinquants pris en charge par l’armée, lits au carré et fanions tricolores aux fenêtres. Ou quand la lecture du Manuel des castors juniors en vient à remplacer celle du Capital

Le problème, comme toujours, est celui de ces mesures prises à la va-vite et dont on ne sait que trop bien qu’elles ne seront jamais appliquées, et réside généralement en leur éventuelle mise en œuvre. Ainsi imagine-t-on sans peine ce défilé de hipsters aux barbes taillées au carré, marchant main dans la main avec zyvas à capuches, suivies par des Versaillaises en col claudine et des cagoles de cités, « piercées » du nombril jusqu’au dernier et introuvable neurone.

Remarquez que le concept n’est pas si bête, on voit pareille assemblée dans les spectacles de Dieudonné. Si c’est pas du « vivre ensemble », ça ? Côté Parti socialiste, ça renaude, évidemment. On se sent pris de court, surtout que Valérie Pécresse proposait en gros semblable mesure, même si ayant participé à un gouvernement ayant considérablement réduit les effectifs des forces de l’ordre à portion congrue ; d’où le tangible malaise.

Heureusement, qu’il soit mis en œuvre ou pas, ce service militaire new look devrait enseigner, à coups de knout s’il le faut et parce qu’ils le valent bien, « les valeurs républicaines » à nos jeunes têtes plus ou moins blondes. « Valeurs républicaines » pour le moins floues, de fait… Espérer que des Femen apprennent à d’autres femmes qu’il vaut mieux marcher seins nus que la tête voilée ? Attendre que des salafistes parviennent à convaincre les fans d’AC/DC qu’écouter du rock ne fera que les transformer en porcs ou scolopendres dans une possible vie antérieure ?

Une fois de plus, nous voilà retombés dans un vieux classique : des guerres hasardeuses déclenchées par des andouilles de gauche et que perdront, comme toujours, mais avec un indéniable panache, des couillons de droite.

À force de se répéter, la vie est parfois lassante.

 

Nicolas Gauthier

 

Source: Claude Bartolone veut remettre les chantiers de jeunesse à l’honneur, Boulevard Voltaire, 01/12/2015

Pour rappel, dimanche 18 janvier 2015, face aux terroristes islamistes, Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale invité du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, a eu une idée géniale: il a prôné la « religion de la république » ! Il fallait y penser !

Claude Bartolone veut remettre les chantiers de jeunesse à l’honneur
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 06:21

Quelle tristesse, les catholiques de Padoue (Italie) trahis par leur pasteur. La mentalité de dhimmi les guette : Mgr Claudio Cipolla, évêque de Padoue, répond à la question sur les chants de Noël interdits dans les écoles: "Un pas en arrière afin de maintenir la sérénité" :

Interrogé par un journaliste sur les chants de Noël interdits dans les écoles italiennes pour ne pas choquer les élèves musulmans, Mgr Cipolla, récemment nommé à la tête du diocèse de Padoue par le Pape François, a déclaré hier devant une télévision locale qu'il était prêt à revenir sur de nombreuses traditions chrétiennes, même les plus évidentes, "pour maintenir la paix avec nos frères musulmans".

 
Mgr Claudio Cipolla, évêque de Padoue, répondait à une question sur les chants de Noël interdits dans les écoles italiennes pour ne pas choquer les musulmans.
ilgiornale.it
 
Le comble c'est que le maire de Padoue, lui, a annoncé en retour qu'il allait organiser des contrôles dans les écoles pour s'assurer qu'il 'il y ait bien une crèche dans chaque classe et que Noël soit respecté.
 
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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 13:29
"Guerre à l'extérieur et à l'intérieur" : Philippe de Villiers interpelle les "autorités spirituelles du pays"

La connaissance de notre passé pour une construction de notre avenir. Nous nous félicitons de voir nos idées se propager, tant il est vrai qu'une victoire politique ne viendra pas sans une victoire des idées, un regard lucide et réaliste, la fin des utopies et des idéologies.

 

Dans un entretien video avec "Radio Courtoisie", "Boulevard Voltaire", "Le Salon Beige", enregistré dimanche et publié lundi 30 novembre, après Dieudonné qui avait repris notre expression, Philippe de Villiers reprend à son tour l'expression d'une "guerre à l'extérieur" et d'une "guerre à l'intérieur" qui nous est faite, expression que j'avais employée en 2013 ici.

 

Il est vrai. Nous sommes en guerre, il est temps pour les cardinaux et les évêques de se réveiller et d'appréhender cette situation, sous peine de passer à côté de l'histoire.

 

Récemment, c'est Marion Maréchal Le Pen et Robert Ménard qui ont repris une autre de nos expressions, celle de "réarmement moral et spirituel", seul recours face aux "évènements".

 

 

Et dans ce nouvel entretien, Philippe de Villiers, a justement désigné ces "évènements" (à partir de la 57e minute) comme "nos nouveaux maîtres" :

 

"Des évènements qui se déroulent chez nous et qui sont nos nouveaux maîtres. C'est-à-dire qui nous obligent, qui obligent les Français qui étaient dans l'erreur, ou dans l'errance, à réfléchir autrement.

 

Et c'est là que je dis que l'acte de guerre du 13 novembre 2015 restera dans l'histoire de France, comme la première faute stratégique du califat parce qu'elle a réveillé et qu'elle va réveiller la jeunesse française", a expliqué Philippe de Villiers.

Dans cette émission qui s'est proposé d'analyser "comment on en est arrivé là", à partir de la 45e minute, Philippe de Villiers a fait une critique impitoyable du libéralisme économique et de l'Amérique, qu'il a qualifié de "fille difforme des Lumières." Il a expliqué que dans son livre, il prend un "fil rouge" qui "brûle la trame de la décivilisation française depuis mai 68" :

 

"Et ce fil, c'est quoi ? C'est la rencontre formidable, inouïe, inédite, inqualifiable, scandaleuse et criminelle, de ceux qui par intérêt, veulent créer un marché planétaire de masse, transformer les citoyens en consommateurs compulsifs, et qui donc, veulent abattre les nations, les états, les souverainetés, les frontières, et ceux qui, par idéologie, veulent fabriquer un homme nomade, désinstitué, désaffilié, sans sexe ni patrie, un homme déraciné. 

 

Et c'est cette grande machine que je décris à travers la Trilatérale, où en fait, Cohn-Bendit a un fils spirituel qui est Giscard. C'est lui (Cohn-Bendit) qui me l'a dit.

 

Voilà, Cohn-Bendit - Giscard, c'est-à-dire le libertaire, le libéral, no frontières, no limites. C'est cette conjonction-là qu'il faut faire sauter, vous voyez. Et beaucoup de gens croient au libéralisme économique sans frontière, et en même temps ils ne veulent pas du libéralisme sociétal. Mais vous aurez les deux, Madame, Monsieur ! Vous aurez les deux, parce que c'est la même chose. C'est la marchandisation du monde. Et c'est là que l'Amérique intervient, la fille difforme des Lumières. L'Amérique veut la marchandisation du monde, c'est-à-dire la marchandisation de la terre, du travail - marché low cost -, et du vivant. C'est aux Etats-Unis qu'est installée l'université du transhumanisme, l'idée d'une post-humanité qui permet à l'avortement de devenir une espèce de passeport de toutes les transgressions. Nous assistons, impuissants et lâches, à la déshumanisation progressive du monde par l'effacement planifié du visage de l'homme. C'est la marchandisation, c'est l'Amérique.

 

[...] La France doit être la France. La France est une nation qui n'a jamais accepté l'empire. Jamais.

 

Il y a eu toutes sortes de tentations impériales. La France n'a jamais accepté l'empire.

 

Et donc, pour la première fois nous acceptons l'empire : nous sommes sous clés américaines. Je me souviens très bien au moment de Maastricht Jacques Delors qui me disait, les yeux dans les yeux, monsieur de Villiers, 'comment vous pouvez être contre une défense européenne ? On aura enfin une armée européenne, une défense européenne. On voulait la CED et des gens comme vous s'y sont opposés; c'est pour cela qu'on a raté l'opération, mais cette fois-ci on va la réussir. On va enfin s'émanciper de l'Amérique.' Aujourd'hui, on voit bien que c'est l'OTAN qui commande.

 

La France doit penser à la France. Poutine, lui, il pense pour la Russie, c'est pour cela que c'est un grand chef d'état. Et la France ne pense plus pour la France, elle pense pour les 'droits de l'homme', elle pense pour le monde, elle pense pour le 'vivre ensemble', elle pense pour la COP 21, alors que la France ne contribue qu'à 1% du CO2 sur la planète. La France n'a pas mission de sauver le monde, mais de sauver la France, c'est déjà pas mal. [1]

 

Et pour la France, je dis ceci : la France et l'Europe n'ont pas à écrire leur avenir sur le continent américain : c'est une puissance déclinante. Les puissances d'avenir, c'est la Chine et l'Inde. Et quand Poutine me dit : 'je peux faire l'interface entre l'Ancien monde et le nouveau monde', l'Acien monde c'est l'Atlantique, le nouveau monde c'est le Pacifique. 'Servez-vous de moi. Je suis l'interface géographique. Je peux être l'interface diplomatique et historique, et économique et géostratégique.'

 

J'ai dit souvent et je le répète:

 

'Il y a trois différences entre Poutine et Obama. La première est qu'Obama veut une économie spéculative, qui va nous péter à la figure avec la bulle de savon de l'endettement, alors que Poutine veut une économie réelle.

 

La deuxième différence est qu'Obama veut un monde unipolaire, sous clés américaines, Poutine revendique un monde multipolaire, polycentrique.

 

Enfin, les uns veulent les femen, les autres ne les veulent pas. Et donc, on est naturellement du côté de la Russie. Il faut faire l'Europe des chrétientés charnelles. Donc l'Europe avec la Russie."

Philippe de Villers termine en s'adressant aux "autorités spirituelles du pays" :

 

57:50 "Je voudrais dire quand même quelque chose sur les autorités spirituelles quand même, parce qu'on est dimanche.

 

... Voilà en fait ce que moi je pense. C'est qu'en fait, l'épiscopat français et le Vatican, ont préconisé l'immigration systématique, au nom de l'accueil de l'autre.

 

Aujourd'hui, sans doute, il va falloir réviser cette position.

 

Accueil de l'autre. C'est l'idée que l'on installe l'islam chez nous. Et qu'on installe une république islamique, un européistan. Donc il va falloir réviser cela.

 

Ensuite, depuis un certain nombre d'années, on voit bras dessus bras dessous, les évêques et les imams, très souvent. Chaque évêque a son imam. Quand l'imam n'est pas au bras de Juppé, il est au bras de l'archevêque. Donc on se promène avec son imam sous les bras au nom du dialogue interreligieux. Il va falloir là aussi, regarder de plus près. Parce que les Français ne vont plus suivre là...

 

Et enfin, dernier point. J'ai beaucoup souffert d'une chose. Au moment de Maastricht, il y avait Mgr Rouet les évêques de l'Ouest, ils disaient 'celui-là ira en enfer', en parlant de moi. En enfer, tout simplement, parce que j'avais dit NON à Maastricht. Et Maastricht, c'était la parousie, la parousie monétaire, l'eurobéatitude, etc. Donc, là aussi, il va falloir réviser les positions ! L'européisme, sous prétexte d'une Madone, d'un drapeau européen avec les douze étoiles (de Marie. Ndlr.), il faut voir ce que c'est aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est le LGBT. Je peux vous en parler, je l'ai vécu, je raconte tout cela dans mon livre. L'européisme, c'est la fin des frontières et la fin des patries.

 

Et qui nous réveillent ? Et bien, c'est monsieur Orban, c'est la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie, la Slovaquie, qui nous disent : 'vous, vous avez fermé la porte à Dieu. Nous, nous ne voulons pas l'ouvrir à Allah!'

 

Et donc, en réalité, là, l'Europe est cassée en deux. Parce qu'il y a l'Europe laïcarde, l'Europe du vide. Les laïcards font le vide et les islamistes le remplissent ! Et puis de l'autre côté, il y a l'Europe des racines chrétiennes que l'Europe de l'Ouest a refusée.

 

Donc il va falloir sur tous ces sujets, sur le sujet de l'islam, sur l'idée de la nation, de la patrie, ne plus interdire aux jeunes chrétiens d'aimer leur patrie. Il ne faut plus leur dire 'il faut saver la planète'. Oui, mais sauvez la France d'abord ! Et puis sauver son voisinage. 

 

Et donc, il y a toute une révision à faire.

 

Alors, il y a des évêques qui partagent cette position, je leur rends hommage. 

 

Je pense que là aussi cela va basculer, parce que les nouveaux prêtres, j'en connais beaucoup, ils sont admirables, et eux, ils ne sont pas sur la position officielle de l'épiscopalement correct."

Un bémol au discours de Philippe de Villiers qui, d'abord sur Radio Courtoisie le 9 octobre dernier, puis dans un entretien à TV-Libertés le 22 octobre, rejoignant le point de vue des royalistes qui estiment qu'on ne pourra pas changer le système de l'intérieur par le vote, disait que "les élections ne servaient plus à rien", et dans un entretien pour Reinformation. Tv, disait qu'il ne reviendrait pas en politique parce que "c'est inutile" et que "de toute façons, on n'est pas dans une démocratie électorale mais dans une oligarchie", dit à présent qu'il votera aux Régionales (à partir de 1:04:55) :

 

"Si Marion Maréchal Le Pen était dans ma région, je serai content de voter pour elle."

 

Et (à 1:06:00) à la question "est-ce que Philippe de Villiers vote encore ?", il répond :

 

"Oui, oui. [...] Moi, de toutes façons, je ferai un vote souverainiste."

 

Il semble que Philippe de Villiers n'a donc pas pu exprimer toute sa pensée dans le cadre de cet entretien. Sans doute en effet, voulait-il dire que s'il est possible de peser sur une élection locale, comme les élections communales, départementales et régionales, les élections nationales, elles (élections législatives, présidentielles, et "européennes"), ne servent à rien pour changer quelque chose, tout y étant verrouillé par l'oligarchie parisienne. L'oligarchie s'arrangerait d'une manière ou d'une autre pour renverser le résultat des urnes, par la violence (dissolution des élections, coup d'état, etc.) si elle devaient perdre dans les urnes.

 

Nous trouvons regrettable la fin d'entretien, assez pénible à suivre pour Philippe de Villiers, où les journalistes présents de Radio Courtoisie, Boulevard Voltaire et du Salon Beige, s'auto-proclamant les "dissidents", croisent leur questions, et manifestement peu soucieux du salut de l'âme de leur prochain, font semblant de ne pas avoir compris le livre de Philippe de Villiers, et le pressent à rejoindre le système en y participant. Ce à quoi Philippe de Villers a répondu :

 

(1:09:05) "Je n'ai pas fait ce livre pour un..., j'ai fait un retour en librairie, voilà.

 

Mais je n'ai pas fait ce livre pour revenir en politique. Puisque je l'ai dit dit ici à cette antenne, je ne vais pas le répéter tous les jours. Donc, je n'ai aucune envie de revenir en politique. Mais j'ajoute, ce que j'avais dit à ce journaliste, que l'on ne peut jamais dire cela à 100%. Parce qu'il peut y avoir des circonstances qui, par définition, sont imprévisibles.

 

A la question répétée "est-ce que vous, vous auriez cet élan, cette envie d'y retourner (en politique) ?", Philippe de Villiers répond :

 

"Moi, je pense que déjà, il faut purger les tuyaux du système."

 

Nouvelle question (tirs croisés des journalistes) :

 

- "à la question "Robert ménard a dit, en vous regardant dans les yeux : Philippe de Villiers, on a besoin de toi maintenant. Vous n'avez pas vraiment répondu à son appel",

 

- "Non, mais cela ne marche pas comme cela. On n'est pas le sauveur comme cela. Qu'est-ce que cela veut dire ?"

 

- "Ha, mais non ! Pour participer"..., l'interrompt le journaliste. [qui tombe dans le piège du moyen mis en place par les forces occultes, la participation aux soit-disant "élections". Encore une fois, nous voyons ici que peu importe le résultat, ce qui compte c'est de "participer" et de voter. Même si cela fait deux siècles que l'on perd..., seul le vote et la participation comptent pour les participants. Sans doute les nommera-t-on ainsi dans le futur ? Les Participants ?]

 

"Laissons le temps agir, les esprits évoluer. ... Je suis un polytraumatisé de la politique. Je n'ai pas aimé la politique", est contraint de répondre Philippe de Villiers.

 

"Pourquoi ?, poursuit-il, parce qu'à force de croiser le mensonge, vous êtes contaminé !, vous avez l'âme blessée", a aussitôt répondu Philippe de Villiers, répétant ici ce qu'il avait déjà dit à TV-Libertés et à Reinformation.Tv, [2] et que les journalistes présents ne veulent manifestement pas comprendre.

 

- "Et apporter votre soutien à d'autres. Cela vous le feriez ?..."

 

- "Attendez, moi je ferai ce que l'intuition de mon devoir commande.

Donc, je ne sais pas ce que je ferai.

On verra, si je suis en état de peser sur l'élection présidentielle, d'une manière ou d'une autre, et si cela me paraît utile."

 

A la dernière question posée du journaliste de Radio Courtoisie "Un mot cher Philippe, sur non pas les consignes de vote, mais pour les jeunes et tous ceux qui dans une semaine et dans quinze jours sont appelés à faire changer et à redonner cette espérance à la France, quel message avez-vous envie de leur donner", Philippe de Villiers a résumé sa pensée :

 

"Retrouver la France et passer par dessus bord comme dans la révolte du Bounty les naufrageurs en cravatte !"

Notes

 

[1] Nous avons de dire qu'en se sauvant elle-même, la France sauvera le monde.

[2] Dans l'entretien à Tv-Libertés le 22 octobre 2015, Philippe de Villiers a expliqué : « (en faisant de la politique) on endure, on pense qu'on va changer les choses. On pense toujours qu'on va les changer de l'intérieur. Et puis après on se met à la marge et on croit qu'on va les changer de l'extérieur. Mais en réalité la machine tourne, elle vous broie. […] Chaque matin je me disais encore une fois 'ce soir je m'en vais'. Parce que c'est un univers où à force de croiser le mensonge, vous finissez par vous sentir contaminé. Et presque, vous êtes une sorte de mensonge ambulant par omission. Vous voyez ? Donc vous avez l'âme blessée. ... J'ai quitté mes mandats. La passion de la France ne m'a pas quitté. Je souffre comme vous de voir mon pays mourir. Qu'est-ce qui se passera ? Je n'en sais rien. Je n'ai pas envie de revenir en politique. Je pense qu'aujourd'hui on a changé de système, on est passé d'une démocratie à une oligarchie et que donc les élections ne servent plus à rien. [6] ... Les hommes politiques sont des clowns aujourd'hui, parce qu'ils font mine, ils mentent, le mentir vrai d'Aragon. Je pense que ce qu'il y a de plus utile à faire aujourd'hui - et c'est pour cela que j'ai fait ce livre -, c'est de s'adresser à la génération montante... Et donc à ces jeunes-là, je veux leur donner une mise en perspective. C'est cela mon livre. Un fil rouge de la trame du complot contre notre civilisation. Et donc si ce livre est une forme de samizdat qu'ils vont mettre sous la pèlerine, et qui va les déclencher pour sauver notre pays, et bien on aura oeuvrer de manière humble et féconde. »

 

Et dans l'entretien à Reinformation. Tv, Philippe de Villiers a également déclaré : « (Dans la politique système) à force de croiser le mensonge, vous finissez par vous sentir contaminé, dans le regard des gens, et vous finissez par avoir l'âme blessée. C'est-à-dire que vous êtes une sorte de mensonge ambulant par omission. »

"Guerre à l'extérieur et à l'intérieur" : Philippe de Villiers interpelle les "autorités spirituelles du pays"
"Guerre à l'extérieur et à l'intérieur" : Philippe de Villiers interpelle les "autorités spirituelles du pays"
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 21:11

« Un exorciste extraordinaire me le disait le jour même des attentats: Si vous lui ouvrez la porte, il (le diable) se fait une joie d'entrer".» (Père Hervé Benoit, chapelain de la basilique de Fourvière) Source

Lettre ouverte d'Anne Brassié au Cardinal Barbarin

Lettre ouverte à Monseigneur Barbarin

 

Extrêmement peinée par votre punition infligée au Père Benoît je viens, Monseigneur, vous rappeler une ou deux vêrités et quelques raisons d’être ulcérée.

Votre miséricorde n’est réservé qu’à certains. Dommage .

 

Pleurer ne suffit pas il faut comprendre

 

Le Père Benoît , après avoir dit sa compassion pour les victimes, a simplement rappelé que le Diable existait et qu’il ne faisait pas bon l’inviter à diner ! Aucun concile n’a encore décidé de sa disparition des écrans….à ma connaissance.

Si ces jeunes n’en ont plus conscience c’est de votre faute. A force d’éliminer le vraie catéchisme et les vrais messagers de ce catéchisme pour le remplacer par une catéchèse à l’eau de rose le réel vous revient dans la face.

 

Si tant de jeunes se tournent vers l’Islam c’est qu’ils y ont trouvé des règles clairs . C’est de votre faute.

 

Si l’Eglise se fait marcher sur les pieds chaque matin que Dieu fait c’est que vous laissez insulter la loi naturelle, l’Evangile et ceux qui l’annoncent. C’est de votre faute.

Simone Veil a écrit que si les évêques avaient manifesté clairement leur opposition à sa loi elle ne serait pas passée !

Quelques mots sur le Père Benoît , c’est un lettré, un grand lecteur entre autre de Dante et de sa Divine Comédie. Tout le monde ne peut avoir pour références Marx et Jaurès. Lisez sa préface à un essai italien sur le poète démontrant la symbolique chrétienne du livre. Puis je vous en rappeler le sujet ? Dante décrit le long cheminement de son âme tombée en enfer, puis conduit vers le Purgatoire et enfin au Paradis. Les supplices infligés aux pécheurs sont proportionnels à leurs fautes.

 

Puis je vous rappeler quelques fautes graves, la luxure, la gourmandise, l’avarice, la colère, l’indifférence, la violence, le suicide, le blasphème, la sodomie, l’usure, l’hérésie. Le dernier cercle de l’enfer accueille les pires pécheurs, les traîtres. Les traîtres envers leurs parents, leur patrie, leurs hôtes. Ces derniers grelotteront sous la glace. (Le réchauffement climatique n’était pas de mise à l’époque!)

 

Difficile à comprendre évidemment pour un clergé qui chante à tue tête « Nous irons tous en paradis »

 

La société civile est redevenue barbare , les adultes comme leurs enfants sont redevenus des barbares et se comportent sans foi ni loi, en dehors de quelques îlots de civilisation chrétienne. Une société qui n’a plus de catéchisme est une société qui redevient sauvage … Prenez le temps de lire Jean Madiran. Il suppliait qu’on lui rende » l’Ecriture, le catéchisme et la messe. »

Le seul péché actuel pour l’Eglise de France c’est adhérer au Front national. Pour lui l’enfer existe, vous y jetez des millions de gens. Les seuls avec lesquels l’œcuménisme est interdit sont les prêtres de la tradition. Ils n’existent pas, leurs messes et leur presse vivent dans les catacombes. Ils y vivent bien d’ailleurs car les fidèles financent généreusement cette aile combattante de l’église. Le denier de l’église »officielle » rentre moins bien, j’ai ouï dire ! Les imans , les pasteurs et les rabbins ont droit à toute votre bienveillance et à votre respect . Plus question de les convertir.

 

Le seul péché aujourd’hui c’est de dire la vêrité . Moyennent quoi nous vivons dans le mensonge permanent et la jérémiade.

Je fais un rêve, moi aussi , celui de voir les fidèles, comme au premiers temps de l’Eglise, décider eux même qui sera évêque. Ainsi Saint Ambroise, Saint Augustin, Saint Martin, Saint Tropez et tant d’autres furent convaincus par leurs ouailles d’accepter la charge épiscopale. Cela vous a une autre allure que ces cooptations à la conférence des évèques sur le seul critère de compatibilité avec une République qui nous hait….

Nous sommes en guerre. Pour survivre il faut savoir être intelligent, pour convertir il faut être fier de soi et de son Dieu. Et éliminer ses chefs de guerre au milieu de la bataille c’est proprement suicidaire.

Très respectueusement Monseigneur.

Anne Brassié

 

 

Source

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 20:26

La reconnaissance publique que des terroristes ont pu "utiliser le cheminement des réfugiés" pour proposer un renforcement du "contrôle de nos frontières extérieures", les retournements de veste récents de Manuel Valls sur ce sujet, et le lendemain, de François Hollande, indique que "l'employé Hollande", face à la force des évènements, tente une sortie désespérée qui ne lui sera pas pardonnée par son employeur de l'ombre, écrivais-je il y a 4 jours. Quand la créature se retourne contre son créateur, en quelque sorte... C'est l'analyse précise de Boris Lay qui évoque la tentative du gouvernement de s'extraire du "pacte faustien avec des intérêts puissants et dangereux" liés au développement de l'Etat islamique :

 

Extrait:

 

"Hollande est en train d'essayer de se dégager d'une alliance, d'un pacte faustien avec des intérêts puissants et dangereux. Ils ont libéré le diable qui est le djihadisme politique, instrumenté par des intérêts aux Etats-Unis et en Angleterre et ailleurs.

 

Et maintenant, ils ne savent plus comment s'en débarrasser et ils vont être dévorés par leur propre créature.

 

Nous, nous l'avions dit, mais ces gens-là, ces politiciens, ces socialistes, et avant eux les sarkozistes sont des imbéciles et des ignorants, toujours victimes de leurs appétits pour le pouvoir et l'argent, sans aucune espèce de culture historique, et sans vision à long terme.

 

Maintenant nous sommes entrés dans une phase de guerre. Car ce qu'il s'est pasé en Turquie avec la destruction de l'appareil russe, c'est le début de l'extension de ce conflit, car la Russie va détruire définitivement la Turquie, avec des conséquences apocalyptiques."

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 15:55

(Mise à jour 14-10-2020)

En 1789, selon le mot de Camille Desmoulins, il n’y avait pas dix républicains avoués en France.

Jacques Bainville, Histoire de France

"Qu'un sang impur abreuve nos sillons"

En 1792, "les Brissotins (ou Girondins)  avaient voulu, en déclarant la guerre à l'Autriche (20 avril 1792), porter un coup fatal à la monarchie, en se réjouissant par avance de la défaite militaire de la France, qui établirait enfin la preuve de la "trahison du roi"... (P. Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, pages 176, 227 et 670).

 

La Révolution a déclaré la guerre à l'Europe en 1792. Cette guerre à l'extérieur (contre les européens) et à l'intérieur (contre les Français) s'est soldée chez nous par deux millions de morts. 

400 000 morts pour les guerres jusqu'en 1800;

un million pour les guerres napoléoniennes;  

600 000 pour les guerres intestines;

et l'échafaud pour mémoire.

Voilà nos deux millions de morts. » (René Sédillot, Le coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin Mesnil-sur-l'Estrée 1987, p. 24-28).

 

Les révolutionnaires mythographes, ainsi que les historiens officiels, falsifient l'histoire et affirment que c'est l'Autriche qui a déclaré la guerre à la France.

 

Le révolutionnaire anglomane Brissot [1] écrivait lui-même aux généraux de sa Révolution:

 

"Il faut incendier les quatre coins de l'Europe, notre salut est là"

(Mallett du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution, 1793, réed. Editions du Trident, Paris 2007, p. 75).

 

"Brissot s'est vanté solennellement d'avoir fait déclarer la guerre, pour avoir l'occasion au premier échec d'accuser le roi de collusion avec les ennemis, et de le précipiter du Trône." (Mallett du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution française, 1793, rééd. Editions du Trident, Paris 2007, p. 68.)

 

Le 20 avril 1792, c'est l'"Assemblée nationale Législative" qui a déclaré la guerre à l'Autriche-Hongrie, sur la pression du parti qu'on appellera plus tard les "Girondins", et non le roi Louis XVI. Et ce alors même que les députés à l'Assemblée Législative n'avaient aucun pouvoir pour cela.

 

Aujourd'hui, la "Marseillaise" est devenue l'hymne de la soit-disant "république", qui n'est jamais que la chose privée de quelques-uns, les oligarques, responsables du Coup d'Etat révolutionnaire et de la guerre à l'Europe. Elle a été écrite en 1792 pour l'armée du Rhin à Strasbourg, à la suite de la déclaration de guerre de l'"Assemblée nationale Législative" à l'Autriche (20 avril 1792).

 

Les "républicains" révolutionnaires tentent désespérément à présent, à mesure que la vérité fait surface, de réhabiliter la "Marseillaise", dont les paroles appellent à verser un "sang impur", celui des "rois conjurés", "vils despotes", "despotes sanguinaires", "tigres", "tyrans" "perfides", et des "traîtres" (nobles, et en fait le sang de tous les Français favorables au roi qui seront massacrés en 1793) :

 

"Refrain :


Aux armes, citoyens,

Formez vos bataillons,

Marchons, marchons !

Qu'un sang impur

Abreuve nos sillons !

 

Couplet 2


Que veut cette horde d'esclaves,

De traîtres, de rois conjurés ?"

 

Premier couplet

 

 

Allons enfants de la Patrie,

 

Le jour de gloire est arrivé !

 

Contre nous de la tyrannie

 

L'étendard sanglant est levé, (bis)

 

Entendez-vous dans les campagnes

 

Mugir ces féroces soldats ?

 

Ils viennent jusque dans vos bras

 

Égorger vos fils, vos compagnes !

 

Refrain :

 

 

Aux armes, citoyens,

 

Formez vos bataillons,

 

Marchons, marchons !

 

Qu'un sang impur

 

Abreuve nos sillons !

 

 

Couplet 2

 

 

Que veut cette horde d'esclaves,

 

De traîtres, de rois conjurés ?

 

Pour qui ces ignobles entraves,

 

Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)

 

Français, pour nous, ah ! quel outrage !

 

Quels transports il doit exciter !

 

C'est nous qu'on ose méditer

 

De rendre à l'antique esclavage !

 

Refrain

 

 

Couplet 3

 

 

Quoi ! des cohortes étrangères

 

Feraient la loi dans nos foyers !

 

Quoi ! ces phalanges mercenaires

 

Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)

 

Grand Dieu ! par des mains enchaînées

 

Nos fronts sous le joug se ploieraient

 

De vils despotes deviendraient

 

Les maîtres de nos destinées !

 

Refrain

 

 

Couplet 4

 

 

Tremblez, tyrans et vous perfides

 

L'opprobre de tous les partis,

 

Tremblez ! vos projets parricides

 

Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)

 

Tout est soldat pour vous combattre,

 

S'ils tombent, nos jeunes héros,

 

La terre en produit de nouveaux,

 

Contre vous tout prêts à se battre !

 

Refrain

 

 

Couplet 5

 

 

Français, en guerriers magnanimes,

 

Portez ou retenez vos coups !

 

Épargnez ces tristes victimes,

 

À regret s'armant contre nous. (bis)

 

Mais ces despotes sanguinaires,

 

Mais ces complices de Bouillé,

 

Tous ces tigres qui, sans pitié,

 

Déchirent le sein de leur mère !

 

Refrain

 

 

Couplet 6

 

 

Amour sacré de la Patrie,

 

Conduis, soutiens nos bras vengeurs

 

Liberté, Liberté chérie,

 

Combats avec tes défenseurs ! (bis)

 

Sous nos drapeaux que la victoire

 

Accoure à tes mâles accents,

 

Que tes ennemis expirants

 

Voient ton triomphe et notre gloire !

 

Refrain

 

Couplet 7

 

(dit « couplet des enfants »)

 

 

Nous entrerons dans la carrière

 

Quand nos aînés n'y seront plus,

 

Nous y trouverons leur poussière

 

Et la trace de leurs vertus (bis)

 

Bien moins jaloux de leur survivre

 

Que de partager leur cercueil,

 

Nous aurons le sublime orgueil

 

De les venger ou de les suivre

 

 

(couplet pour les enfants 2e)

 

 

Enfants, que l'Honneur, la Patrie

 

Fassent l'objet de tous nos vœux !

 

Ayons toujours l'âme nourrie

 

Des feux qu'ils inspirent tous deux. (bis)

 

Soyons unis ! Tout est possible ;

 

Nos vils ennemis tomberont,

 

Alors les Français cesseront

 

De chanter ce refrain terrible :

 

Refrain

 

Le texte même de la "Marseillaisse" indique que le sang qui doit abreuver "nos sillons" est celui des "traîtres" (les nobles) et des "rois conjurés".

 

 

Or, une interprétation totalement incohérente par rapport au texte, au contexte et la conduite de la guerre fleurit sous la plume des philanthropes. Cette nouvelle interprétation s'appuie sur la tirade du Gavroche (1862) d'un Victor Hugo républicain : "qu’un sang impur inonde les sillons ! Je donne mes jours pour la patrie". Cette tirade est à l'origine d'une nouvelle interprétation qui tente de donner un sens admissible à la "Marseillaise" en éliminant ses caractères violents de guerre civile. En prétendant que le "sang impur" qui doit abreuver "nos sillons" serait non plus le sang des "rois conjurés" et des "traîtres" (nobles) comme le précise le texte de la "Marseillaise" (2e couplet), mais celui des révolutionnaires eux-mêmes (!) qui partiraient à la guerre en appelant à sacrifier leur sang "pour la Patrie", les "républicains" falsifient l'histoire de la Révolution elle-même. L'historien sérieux aura gardé de côté les déclarations stupéfiantes des révolutionnaires eux-mêmes, pour rappeler leurs crimes aux soit-disant "philanthropes".

 

La guerre était seule en mesure d'"égaliser les têtes et régénérer les âmes". C'est le girondin Jacques-Pierre Brissot de Warville qui le dit dans son Discours du 16 décembre 1791 (cité in Lucien JAUME, Le Discours jacobin et la démocratie, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1989, p. 71.).

 

On ne voit pas trop comment la régénération des âmes dont parle le Girondin viendrait du sacrifice des "patriotes" et non de la mort de la "race maudite" des "brigands" au "sang impur", selon les déclarations des révolutionnaires, eux-mêmes ?

 

Ci-dessous, retrouvez quelques-unes de ces déclarations. L'interprétation forcée du texte de l'hymne "républicain" met de côté le fait que Victor Hugo, lui-même républicain, a pu volontairement déplacer le sens premier du texte (sens violent inadmissible appelant à la guerre civile et à la violence), afin précisément de soustraire la "Marseillaise" à la critique.

 

D'un point de vue logique, la "Marseillaise" étant un Chant de guerre. Posons la question: quels soldat irait braver la mort, en chantant que son propre sang serait impur, et qu'il devrait couler ? Cela n'a pas de sens. Imaginez une armée, allant au front, la peur vissée au ventre, en chantant : "Que notre sang impur coule et abreuve nos tranchées" !

 

Cette pseudo théorie de réhabilitation de la "Marseillaise" est donc stupide. Il paraît évident qu'un soldat qui va braver la mort, ne souhaite pas et ne chante pas sa propre mort, mais il chante la mort de son ennemi.

 

Le texte même de l'Hymne la "Marseillaise" donne immédiatement après le refrain, dans le deuxième couplet, le sens du mot "qu'un sang impur abreuve nos sillons" : celui des "traîtres" (les nobles) et des "rois conjurés". C'est écrit noir sur blanc.

 

Lire: la discussion wikipedia sur la Marseillaise

 

Dans la mystique révolutionnaire, rappelons que les républicains, ces hommes qui se prétendaient "régénérés" grâce a la régénération républicaine se voyaient bien, eux-mêmes pourvus d'un sang purifié.

 

Tout homme refusant, la régénération républicaine (c'est à dire le lavage de cerveau) devenait un ennemi politique, un hérétique dont le "sang impur" devait être éliminé pour "purger" la France de sa souillure. Cela ne s'invente pas. Cela aussi est écrit noir sur blanc dans les textes des déclarations des révolutionnaires :

 

"Je ne juge pas, je tue. Une nation ne se régénère que sur des monceaux de cadavres." (Saint Just)

 

"Ce que j’ai fait dans le midi, dit Baudot, je le ferai dans le sud. Je les rendrai patriotes, ou ils mourront ou je mourrai." (Marc-Antoine Baudot (1765-1837). Député envoyé en mission dans le sud-ouest et près de l’armée des Pyrénées d’avril 1793 à mars 1794. H. TAINE, Les Origines de la France contemporaine, p. 53.)

 

"Le Comité de Salut Public a préparé des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle (Vendéens), à faire disparaître ses repères, à incendier ses forêts, à couper ses récoltes. Le vaisseau de la Révolution ne pourra arriver au port que sur une mer de sang." (Bertrand Barrère)

 

"Il n'y a plus de Vendée. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l'enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay, suivants les ordres que vous m'avez donnés. J'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré des femmes, qui au moins pour celles-là n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé... Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant dans plusieurs endroits qu'ils font pyramides." (Général François-Joseph Westermann, cité in Jean-François CHIAPPE, La Vendée en Armes 1793, tome 1, Librairie Académique Perrin, Paris 1982, p. 455.)

 

"Le Comité de Salut public a pensé que, pour célébrer la Journée du 10 août qui a abattu le trône, il fallait pour son anniversaire détruire les mausolées fastueux qui sont à Saint-Denis. Les porte-sceptre, qui ont fait tant de maux à la France et à l'Humanité semblent encore, même dans la tombe, s'enorgueillir d'une grandeur évanouie. La main puissante de la république doit effacer impitoyablement ces épitaphes superbes et démolir ces mausolées qui rappelleraient des rois l'effrayant souvenir.

Décision prise par la Convention nationale visant à profaner les tombes royales, au nom des "valeurs républicaines", le 31 juillet 1793.

 

"Nous ferons de la France un cimetière, plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière et de manquer le but que nous nous sommes proposé." (Jean-Baptiste Carrier, in G.-A. TRONSON-DUCOUDRAY, La Loire vengée ou recueil historique des crimes de Carrier et du comité révolutionnaire de Nantes, Paris, an III de la République (coll. « Hervé de Bélizal »), p. 232.)

 

"Vous avez à délivrer le pays d'un chancre qui le dévore. Le poison est plus sûr que toute votre artillerie. Ne craignez donc pas de le mettre en jeu. Faites empoisonner les sources d’eau. Empoisonnez du pain que vous abandonnerez à la voracité de cette misérable armée de brigands, et laissez faire l’effet. Vous avez des espions parmi ces soldats qu’un enfant conduit. Lâchez-les avec ce cadeau et la partie sera sauvée." (Jean-Baptiste Carrier, le 9 novembre 1793, qui préconise d'empoisonner les puits et les sources d'eau...)

 

"Il ne saurait être question, sous prétexte de respect de la diversité culturelle, d'admettre un point en contradiction absolue avec la pensée républicaine." (Jean-Luc Mélenchon, le 13 mai 2008)

 

"Ce qui constitue une République, c'est la destruction totale de ce qui lui est opposé." (Saint Just)

 

"La guerre de la liberté est une guerre sacrée, une guerre commandée par le ciel; et comme le ciel elle purifie les âmes. ... Au  sortir des combats, c'est une nation régénérée, neuve, morale; tels vous avez vu les Américains: sept ans de guerre ont valu pour eux un siècle de moralité. ... La guerre seule peut égaliser les têtes et régénérer les âmes" (Jacques-Pierre Brissot de Warville, discours du 16 décembre 1791, cité in L. Jaume, ibid., p. 71.) 

 

Carrier "purge" la France des asociaux (donc sous-humains) du Bas-Poitou: il l'annonce en précisant fièrement qu'il fait massacrer "par centaines" les naïfs qui se rendent. "La défaite des brigands est si complète qu'ils arrivent à nos avant-postes par centaines. Je prends le parti de les faire fusiller... C'est par principe d'humanité que je purge la terre de la liberté de ces monstres... J'invite mon collègue Francastel à ne pas s'écarter de cette salutaire et expéditive méthode." (Lettre de Carrier à la Convention nationale, 30 frimaire an II, 20 décembre 1793, lue à l'assemblée le 6 nivôse, 26 décembre; Moniteur, n° 98, 8 nivôse, 28 décembre ("à la une") p. 393, col. 1.)

 

Le professeur de philosophie Benaben, commissaire : 'Il paraît qu'on a fusillé plus de deux mille brigands. On appelle cela : envoyer à l'ambulance.' (Jean-François CHIAPPE, La Vendée en Armes 1793, tome 1, Librairie Académique Perrin, Paris 1982, p. 455.)

 

"Oui, nous devons l'avouer, nous faisons répandre beaucoup de sang impur, mais c'est par humanité, par devoir." (Lettre de Fouché à la Convention, 27 décembre 1793, cité d'après A. GERARD, Par Principe d'humanité..., La Terreur et la Vendée, Paris 1999, p. 25.)

 

Il faut "régénérer l'espèce humaine en épuisant le vieux sang" (Le Batteux à Carrier, 21 nivôse an II, 10 janvier 1794: cité dans J. CRETINEAU-JOLY, Histoire de la Vendée militaire (1840-1842), 4 vol., Paris 1979, t. 2, p. 78.)

 

"La guerre de Vendée est enfin terminée sur la rive droite de la Loire. Un petit séjour dans ses cantons fera disparaître les fantassins qui auraient pu s'évader à la faveur des bois... C'en sera fini de l'engeance fuyarde, de la race maudite, des fanatiques et des traîtres." (Général Marceau, cité in Jean-François CHIAPPE, La Vendée en Armes 1793, tome 1, Librairie Académique Perrin, Paris 1982, p. 455.)

 

"Les brigands de la Vendée ne la reverront plus; hommes, femmes, marquis, comtesses, tout est tombé sous le sabre que vous nous aviez confié." (Un aide de camp du Général Kléber à la Convention, cité in Jean-François CHIAPPE, La Vendée en Armes 1793, tome 1, Librairie Académique Perrin, Paris 1982, p. 456.)

 

"Nous pourrons être humains quand nous serons assurés d'être vainqueurs." (Lettre de Hérault de Séchelle à Carrier, le 29 septembre 1793, citée d'après C.L. CHASSIN, La Vendée patriote, t. 3, Paris, 1894, reprint Mayenne 1973, p. 559.)

 

Sur le thème de la régénération révolutionnaire, il faut lire l'ouvrage incontournable du professeur Xavier MARTIN, "Régénérer l'espèce humaine. Utopie médicale des Lumières (1750-1850) (Dominique Martin Morin édition, Mayenne 2008.)

"Qu'un sang impur abreuve nos sillons"

L'animalisation

 

 

Comme l'a montré Xavier Martin, la République bestialise les récalcitrants. "Ne sont-ils que bêtes, ou bien sont-ils des bêtes ? "Elle parle de 'troupeau', et de 'femelles'. Le mot est fréquent. Significative, cette formulation de deux commissaires municipaux s'adressant à la Convention (4 germinal an II, 24 mars 1794), à propos des femmes et enfants jetés vivants dans les fours : 'Les femelles des royalistes manquants, ils s'adressent aux épouses des vrais patriotes.' (cité dans HVM/2/118)." ... "Et de juger les mâles et les femelles" (Lettres de la Commission militaire Parein-Félix, dans Anjou Historique, 1917-1918, [p. 231-248], p. 242.), et d'"animaux à face humaine" (Camille Desmoulins, cité par A. Gérard, La Vendée, 1789-1793, Seyssel, 1992, p. 144.), ou d'"un ramas de cochons, de gens qui n'avaient pas figure humaine" (Bourdon (de l'Oise), au Club des Jacobins, le 11 septembre 1793 : Aulard, éd., La Société des Jacobins..., t. 5, op. cit., p. 399), ... elle empile leurs corps 'à peu près comme des cochons qu'on aurait voulu saler' (rapporté en l'an III par un républicain d'Anjou, réprobateur: Rapport du citoyen Benaben..., op. cit. p. 81)

 

 

Sur les Droits de l´Homme et la Vendée La république en vient "à dénier aux Vendéens tout caractère humain" (A. Gérard, op. cit., p. 277) Un "naturaliste célèbre" en ces années de drame, n'avait-il pas renom d'avoir imaginé qu'entre l'homme et le singe, le Bas-Poitevin, peut-être, est le chaînon manquant ? (c'est ce que rapporte, indigné il est vrai, le républicain J.-B. Leclerc : Essai sur la propagation de la musique, op. cit. (an VI), p. 66-67)

 

Voltaire avait écrit (et le thème est commun sous sa plume) : "Le peuple est entre l'homme et la bête" (Voltaire's Notebooks, éd. Bestermann, 2 vol., Genève, 1952, t. 2, p. 381.); il estimait que seuls les philosophes "ont changé les bêtes en hommes" (Voltaire, Correspondance, t. 7, p. 913, lettre du 7 novembre 1764 à Damilaville).

 

Dès l'origine des évènements, il s'était volontiers agi de battue, de chasse aux "bêtes fauves", de "traquer ces brigands comme des loups" (Lettre des Commissaires dans les Deux-Sèvres et la Vendée, 19 mars 1793 : Aulard, éd., Recueil des actes du Comité de Salut public..., t. 2, Paris, 1889, p. 416.), de "leur courir sus, non pas comme dans une guerre, mais comme dans une chasse" (Desmoulins, référence de la note 155.), de les poursuivre "comme on poursuit les sangliers. Il faut des éclaireurs qui fassent lever ce gibier" (Un militaire aux Jacobins, le 1er juin 1793 : Aulard, La Soc. des Jacobins, t. 5, op. cit., p. 221.) Barrère, à la tribune, a alors, sur mesure, ajusté l'expression "chasse civile" (Convention, 15 brumaire an II, 5 novembre 1793: AP/1/78/403/1.)

 

(Source: Xavier Martin, Sur les Droits de l'Homme et la Vendée, DMM, Niort 1995, p. 52-55.)

 

Xavier Martin explique l'origine dans les "Lumières" du thème du "sang impur". Il la fait remonter à Voltaire.

 

"A d'Alembert, Voltaire, déjà, ne confiait-il pas que tous chrétiens 'fanatiques' sont 'pétris' de matière fécale, poussée même au superlatif, puisque 'détrempée de sang corrompu' (Lettre du 12 décembre 1757 : 'Fanatiques papistes, fanatiques calvinistes, tous sont pétris de la même m... détrempée de sang corrompu'. Voltaire, Correspondance, t. 4, p. 1187) : toujours donc, ou déjà, le thème du sang impur." (Xavier Martin, Sur les Droits de l'Homme et la Vendée, DMM, Niort 1995, p. 52-55.)

 

Dès 1791, l'idée d'une nécessaire séparation des "hommes corrompus" d'avec le peuple court dans les discours de Robespierre. La citoyenneté est déjà vertu, et la vertu condition (virtuelle) de l'appartenance au 'peuple'.

 

"L'ennemi devient dès lors identifié moins à partir de critères politiques que de critères moraux, donc vagues et manipulables à l'infini. L'ennemi est l''homme corrompu', concept clé de la rhétorique robespierriste, c'est-à-dire celui qui se montre, ou plutôt qui sera jugé étranger à la vertu tant publique que privée.

... Sous couvert de proscrire les 'hommes corrompus', le combat pour la république est dirigé contre la corruption présente en chacun. ...La régénération sociale, ou la révolution, devait purger la société, non seulement de ces vices, mais de ceux qui en étaient infectés. ... En regardant comme ennemis de la révolution, non seulement les ennemis des principes consacrés, mais les ennemis de la vertu, comme il l'entendait." (Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 309, 312.)

"Q'un sang impur abreuve nos sillons."

 

Le "sang impur- qui- abreuve nos sillons" est celui des opposants à la révolution bourgeoise, c'est le sang des paysans, des artisans, des ouvriers, des nobles et des prêtres réfractaires qui, par leur existence même et les conceptions traditionnelles atemporelles qu’ils incarnaient, furent considérés comme un obstacle à l’établissement de 'l’homme nouveau' défini par les instances officielles et occultes du régime, et mis en œuvre suivant une logique totalitaire et par des méthodes terroristes similaires à celles des actuels Daesh.

 

Source: Louis XX Facebook

 

 

En fait, à chaque fois que les Français chantent la "Marseillaise", ils chantent leur propre élimination, puisque 80% des guillotinés étaient des petites gens.

L'antidote pour contrer l'assassinat et le meurtre chanté à chaque Marseillaise, et donc pour repousser le maléfice de ce qui est une louange et un chant du mal, c'est de prier et de réciter un Ave Maria.

 

Les "décapitations [...] concernent pour 28% des paysans, pour 31% des artisans et des ouvriers, sans doute pour plus de 20% des marchands ... 8 à 9% des nobles, pour 6 à 7% des membres du clergé..." (René Sédillot,  Le Coût de la Révolution française, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 24.)

 

Lire: La république destructrice

 

Mallett du Pan, penseur calviniste incarnant une Contre-révolution réformatrice en 1789, partisan d'une monarchie constitutionnelle à l'anglaise qu'il aurait voulu voir introduire en France (dont il croyait l’application possible), et sous la plume duquel l’expression "suffrage universel" fit son apparition, s'indigna très vite des excès des philanthropes rédacteurs des "droits de l'homme", se jeta avec emportement dans le parti royaliste et se mit en 1793 à faire une critique sévère de la Révolution et les hommes qui en avaient adopté les principes. Le roi conçut pour lui une si grande estime qu’en 1792, il le chargea d’une mission de confiance en Allemagne et d'y inciter les souverains étrangers à la modération.

 

En 1793, attaché à la propriété, hostile à la bourgeoisie d'argent qui avait pris le pouvoir par la conspiration républicaine du 10 août 1792 qui mettait en danger la civilisation européenne tout entière, Mallet du Pan, écrivait, dans un style vif, plein de verve et de franchise, qu'en 1792 :

 

"la France est une vaste caserne:

 

 

tous les révolutionnaires sont soldats ou destinés à le devenir; de gré ou de force, pour l'intérêt même de leur sûreté, les mécontents et les opprimés seront obligés de dévouer leurs armes à la défense de leurs tyrans.

 

Une Convention décrétante et des camps, voilà le régime de la République française: les Représentants du peuple ne sont pas autre chose que les Représentants de l'armée; leur principale fonction est de voler d'une main, et de partager de l'autre leurs vols avec les soldats.

 

Ainsi en usait Cartouche; mais Attila et Mahomet, les Beys des Mameluks et les Sheiks d'Arabes bédouins fondèrent aussi leur autorité sur des procédés analogues." 

 

"Les Huns et les Hérules, les Vandales et les Goths, ne viendront ni du Nord ni de la Mer noire, ils sont au milieu de nous." (Mallet du Pan, Considérations sur la nature de la Révolution française, 1793, rééd. Editions du Trident, Paris 2007, p. 58.)

 

(En 1793), "tous les Français sont désormais en loge." (Augustin Cochin, L'Esprit du jacobinisme, éd. J. Baechler, Paris, PUF, 1979.)

Rappelons enfin le lien entre le nazisme au XXe siècle et les Lumières de 1789. Léon Poliakov, dont les travaux ont largement porté sur la Shoah et l'antisémitisme, a pu écrire :

 

"Que l'idéologie raciale fût une fille des Lumières n'était pas une révélation pour les spécialistes. Mais en dépit des innombrables travaux qui y ont été consacrés depuis, l'intellectuel moyen continue de n'en rien savoir..." (Léon Poliakov, L'Auberge des musiciens, Mémoires, Paris 1981, p. 220.)

 

Conclusion

 

La Marseillaise n'est rien d'autre qu'un chant violent, un hymne totalitaire qui a pu justifier l'élimination par la violence du "sang impur" des Brigands, des Vendéens, des nobles, des prêtres, des paysans, des ouvriers, des artisans, etc. (80% des guillotinés étaient des petites gens), et de tous les récalcitrants (Cf. Deuxième partie pour connaître les textes révolutionnaires qui assimilaient le "sang impur" à celui des récalcitrants), la matrice des totalitarismes nazi et communiste au XXe siècle.

"Il ne fait pas de doute que des expressions comme celle du 'sang impur' qu'on retrouve dans la Marseillaise pour qualifier le sang des ennemis aurait été considérée par les militaires de 1750 comme parfaitement barbare : honorer l'adversaire, dans l'éthique aristocratique de l'époque, c'est s'honorer soi-même." (Jacques VILLEMAIN, Génocide en Vendée, 1793-1794, Editions du Cerf, Paris 2020, p. 399.)

Notes

 

[1] Jacques-Pierre Brissot de Warville, agent de l'Angleterre, stipendié des banquiers et des hommes d'affaires (René Sédillot, Le Coût de la Terreur, Vérités et Légendes, Perrin, Mesnil-sur-l'Estrée 1990, p. 213, 214), était également secrétaire général et trésorier de chancellerie du duc d'Orléans, Grand Maitre du "Grand Orient de France", la loge maçonnique qui fit le 14 juillet 1789 et mena la Révolution dite "française". (Bernard Faÿ, La Grande révolution 1715-1815, Le Livre contemporain, Paris 1959; p. 183, 345 et suivantes, 367, 369, 407.)

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 13:05

Après Marion Maréchal Le Pen, voici Robert Ménard, le maire de Béziers, qui, dans une video publiée le 27 novembre pour l'inauguration de la crèche de Noël de sa commune, emploie notre seul recours face aux évènements, le réarmement moral et spirituel.

Réarmement moral et spirituel (suite) : Robert Ménard inaugure la crèche de Noël à Béziers en appelant à un "réarmement spirituel"

"Mettre une crèche au coeur même de l'institution communale, c'est rappeler dire haut et fort, notre attachement à nos valeurs fondatrices, à nos vraies racines.

 

Notre aspiration, je dirais -je parle en mon nom personnel -, à une réforme, une vraie réforme, intellectuelle et morale, la nécessité - je pèse mes mots - d'un réarmement spirituel.

 

C'est une réponse et une belle réponse au nihilisme des assassins, des terroristes, des adorateurs de la mort.

 

C'est un ressourcement. C'est la défense de notre identité et de notre civilisation."

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 12:14

Merci à Claire Colombi pour cette lumineuse conférence.

"La fabrication de la légende noire du Moyen-Âge" par Claire Colombi

L'historienne médiéviste Claire Colombi continue de lever le voile sur les mensonges bien établis au sujet de l'histoire de la France médiévale dans le cursus scolaire depuis le plus jeune âge.

Extrait :

 

"On va commencer le Moye Âge à la Chute de Rome en 476. On va mettre mille ans jusqu'à la fin du Moyen Âge, en 1453 : fin de la Guerre de Cent Ans, chute de Constantinople, découverte de l'Amérique (1492), et Prise de Grenade.

 

On va rentrer dans la 'période moderne' jusqu'à la Révolution française.

 

Et à partir de la Révolution française, on va appeler cela la 'période contemporaine'.

 

La 'Renaissance', au XVe et XVIe siècle.  C'est la période qui a vu la plus grande guerre civile de l'Europe entre catholiques et protestants, la folie de la chasse aux sorcières, et le plus grand génocide de l'histoire en terme de nombre avec la dévastation du continent américain, mais il continue à jouir quand même d'une image - dans le public -, d'un progrès en marche. Il n'y a que les historiens médiévistes qui ont écrit des livres pour dénoncer les mensonges sur toute la période.

 

Mon travail est inspiré de Régine Pernoud (1909-1998). Et notamment ses ouvrages 'Lumière du Moyen Âge, Beauté du Moyen Âge' (1ère éd. 1944), et 'Pour en finir avec le Moyen Âge' (1977). Ensuite, Jacques Heers (1924-2013), 'Le Moyen-Âge, une imposture' (1992). Et aussi les travaux qui avaient beaucoup inspiré Régine Pernoud, de Gustave Cohen (1879-1958), 'La Grande clarté du Moyen-Âge' (1943) - 'est pour cela que Régine Pernoud écrivit son livre 'Lumière du Moyen-Âge' - qui lui était un passionné d'art et de culture du Moyen-Âge.

 

L'idée que l'Antiquité a été oubliée est un mensonge d'une malhonnêteté d'un point de vue intellectuel. Les oeuvres des troubadours font constamment référence au bouillant Achille, à l'Illiade, ou à Alexandre le Grand. Et surtout ceux qui ont permis que cette transmission de la mémoire se fasse, c'est les copistes. qui ont écrit dans leurs scriptorium (Les scriptoria les plus célèbres sont ceux qui se sont développés à l'époque carolingienne et ont permis la transmission des textes de l'Antiquité classique, ouvrant la période appelée la "Renaissance carolingienne". Ndlr.)

 

Régine Pernoud écrit tellement bien que je ne peux pas passer par-dessus elle : 

... Pour trouver un véritable épanouissement de l'esprit français, une littérature pure et dépouillée de tout emprunt, il faut recourir au Moyen Âge. S'obstiner à ne rien voir au-delà de la Renaissance, c'est se mutiler de la plus authentique manifestation du génie de notre race. C'est, au surplus, ignorer une époque pendant laquelle, précisément, la civilisation des lettres françaises fut imitée dans toute l'Europe.

Aujourd'hui, on a évacué le Roman de Renart, les chansons de geste, telle que Roland de Roncevaux, Tristan et Iseut, le Roman de la Rose, les Romans Arthur et ce que l'on appelle la Matière de Bretagne, les poèmes de Rutebeuf (1230-1285) et de François Villon (1431-1463). En fait, la poésie chantée des Troubadours et des Trouvères. Elle était très complexe et très riche d'un point de vue de la forme. Ils avaient des formes fixes qu'on appelait virelais, rondeaux, avec des jeux de mots liés à l'homophonie, etc. Et à côté de cette complexité et de cette diversité, le sonnet, la forme poétique reine de la 'Renaissance', au XVI et XVIIe (Ronsard, par exemple) est vénérée pour sa simplicité, son élégance et son style épuré. Mais, techniquement, c'est un appauvrissement. Cette volonté d'épuration du style, d'un strict point de vue technique, est un appauvrissement.

 

(A la 'Renaissance', à propos de) cette idée de pureté originelle et de dévoiement culturel, ce qui s'est passé, c'est que cette manière de penser à été récupérée par des gens qui se sont dit 'on va revenir à la pureté originelle de l'Ancien Testament', et on va se débarrasser de tout cela, et en fait, c'est la Réforme protestante. C'est-à-dire que cette contestation culturelle devient une contestation religieuse.

Et c'est la Réforme protestante qui fantasme une lumière de l'Evangile qui se serait obscurcie.

 

De la même manière qu'on avait un 'humaniste' qui disait on avait un latin de Cicéron qui était magnifique et qui, au fil du temps, s'est perdu, les protestants arrivent derrière et disent on avait une lumière de l'Evangile qui était magnifique et la papauté a dit n'importe quoi et on a perdu le sens. Et donc, rappelez-vous la définition du dictionnaire (sur le Moyen Âge) 'hégémonie de l'Eglise'....

 

Donc, les protestants ont participé à cette dénonciation de la papauté.

 

Et, s'agissant de l'imprimerie inventée vers 1450, toutes les imprimeries privées, dans les trente ans qui viennent, tombent aux mains des protestants. Ils ont le pouvoir de la presse, et ils vont imprimer des pamphlets anticatholiques, des livres qui ont été interdits. Et vraiment, ils prennent le contrôle de l'information.

 

Et c'est pour cela qu'on a beaucoup d'écrits anti-Eglise de cette époque.

 

Ce n'est pas le peuple qui est contre l'Eglise, c'est les protestants qui tiennent la presse.

 

Tout ce qui nous est resté d'imprimé, c'était eux.

 

Et je pense qu'un des mensonges les pires, c'est ce qui concerne le 'Marteau des Sorcières' (Malleus Maleficarum), qui a été écrit par deux dominicains sur ordre du Pape et qui explique comment torturer les sorcières, il y a tout un passage sur le fait que les femmes portent le péché par rapport à Eve - enfin, c'est un livre assez abominable -, qui a servi aux juges laïques de la chasse aux sorcières.

 

Et on dit, il a été demandé par le Pape. Des dominicains l'ont écrit, c'est bien la preuve que l'Eglise est impliquée là-dedans.

 

Quand le Pape a lu cela, il a failli tomber dans les pommes, il a frappé le livre d'interdiction qu'on le publie. Et qui a continué, années après années à le publier ?

 

Ce sont les protestants.

 

C'est-à-dire que le Pape interdit (ces livres) et, aujourd'hui, on dit vous voyez c'est bien la preuve que le Pape était d'accord !...

 

Alors qu'on a les Bulles pontificales qui ont été réitérées.

 

C'est-à-dire que les papes successifs ont redit qu'ils ne voulaient pas que ce livre soit imprimé... Et de toutes façons les protestants continuaient à l'imprimer.

 

Et le fameux Keller (Cellarius) (1638-1707), qui a créé le terme de Moyen-Âge, c'était biensûr un luthérien convaincu, acharné, fanatique.

 

Et c'est à ce moment là d'ailleurs que l'idée d'un Moyen Âge se fixe d'un seul bloc.

 

Parce qu'on est bien d'accord, entre l'époque de Clovis et les Mérovingiens, puis l'époque de Charlemagne, l'avènement d'Hugues Capet en 987, les premières cathédrales (art "gothique", art français. Ndlr.) et la fin du Moyen Âge, on n'est pas du tout dans la même configuration. Mais eux, ils ne voient qu'une seule chose, c'est l'hégémonie de l'Eglise et le règne sans partage du Pape, donc de la chute de Rome jusqu'à ce que nous on arrive, pour sauver le monde (!), c'est un bloc inséquable: le 'Moyen Âge'.

 

Ensuite, les 'ténèbres du Moyen Âge' s'éclaircissent, grâce aux 'humanistes', et à la 'Réforme'.

 

Et donc, arrive la 'Raison', parce qu'avant, les gens ne raisonnaient pas. Et c'est donc les 'rationnalistes', les 'Lumières', qui arrivent sur l'Europe.

 

Pour Voltaire, l'histoire contient principalement des crimes de la folie et de la misère. Et il est nécessaire de connaître l'histoire (sous-entendu du Moyen-Âge), à seule fin de la mépriser. Cela, c'est dans ses essais.

 

Il faut qu'ils (les auteurs des 'Lumières') justifient le changement qu'ils exigent.

 

Pour qu'il y ait 'lumière', il faut qu'il y ait obscurité. Sinon, cela n'a pas de sens.

 

Et comme ils veulent des changements sociaux et économiques, il faut qu'ils les justifient. Donc, ils sont toujours en train de parler des 'abus', des anciennes manières de faire, des archaïsmes, pour justifier ce changement qu'ils veulent...

 

Et, il faut savoir que Voltaire a promu - énormément - Newton, il en parle dans ses Lettres. Et il oppose la nouvelle science face à l'esprit stupide, 'fanatique' et 'superstitieux'. Or, (le mot) 'supersitieux', depuis les protestants jusqu'aux 'Lumières', cela veut dire 'catholiques'. C'est la définition de l'époque... Ils veulent opposer les savants Newton, Gallilée, Copernic, contre l'Eglise qui les a pourchassé ou essayé de les faire taire.

 

(Au XVIIIe s.), le libéralisme économique et la montée de la bourgeoisie, c'est le credo des 'Lumières', qui trouvent leur inspiration en Angleterre, qui a déjà fait une espèce de révolution libérale.

 

CBastille--Prise-de-la-Bastille.jpgela prépare la 'Révolution française'. Les 'Lumières', les Encyclopédistes, attaquent violemment les institutions politiques et l'organisation sociale. Je vous lis un passage de Condorcet (1743-1794), dans lequel il y a tout : 

 

'L'Europe, écartelée entre la tyrannie sacerdotale et le despotisme militaire, attendait dans le sang et les larmes le moment où de nouvelles lumières lui permettraient de renaître à la Liberté, à l'Humanité et à la Vertu...'

 

Donc, là on a tout, le message est clair : la cible, le clergé et le noblesse (tyrannie sacerdotale, despotisme militaire), le message laissez la place à la bourgeoisie libérale.

 

Et l'objectif, c'est de prendre le pouvoir, c'est-à-dire d'abolir la société féodale, la division des trois ordres. Donc, là on sent bien la volonté d'un libéralisme économique, et de cette nouvelle classe écrasée entre le despotisme militaire et la tyrannie sacerdotale.

 

Et donc, c'est évidemment le mouvement des 'physiocrates', qui est porté par les 'Lumières', avec la volonté de la libre circulation des biens et des marchandises, la libéralisation du prix des grains (édit de Turgot en 1774) et le libéralisme économique.

 

Lire : Comprendre les Lumières : aux sources de la prolétarisation du monde ouvrier

 

Et de là va naître, ce qui, personnellement, est ma légende préférée sur le Moyen Âge : 'les gens ont faim...'

 

90% des gens vivent à la campagne. Vous avez les plus mauvais agriculteurs de l'histoire du monde. Parce que quand 90% de la population vit à la campagne, je ne sais pas comment on fait pour avoir faim. Parce que, évidemment, durant l'Antiquité, on n'avait pas faim. Le fait que les sénteurs faisaient cultiver leur champ par des esclaves, c'est la beauté de l'Antiquité romaine, et de l'Antiquité grecque, c'est-à-dire une partie au-dessus qui surnage sur un peuple d'esclaves : c'est intéressant. Donc, imaginer que les paysans français ont peu avoir faim tout le temps, c'est ridicule. Alors comment cela passe ? Cela passe par la ruse de la sémantique. Vous allez par exemple trouver des textes de moines ou de gens de l'époque qui disent 'et là ils n'avaient plus de pain et donc ils étaient obligés de manger des feuilles et des racines'. En fait l'être humain ne peut pas manger des feuilles, ni des écorces d'arbres car il ne digère pas la cellulose. Donc, les légumes du potager se divisent en deux, les légumes feuilles (les épinards, les choux), et les légumes racines (les carottes, les navets). Le paysan mangeait une délicieuse soupe de légumes avec des épinards et des carottes. Il ne mangeait pas les feuilles des arbres et les racines.

 

Democratie-medievale--un-monde-sans-fin-.jpgLe 'marché' au Moyen Âge, ce n'est pas le libéralisme économique et le marché. C'est ultra-réglementé.

 

Et les 'Lumières' préparent le terrain (à la dérèglementation Ndlr.).

 

Arrive la Révolution française, l'avènement du libéralisme économique.

 

Je vais vous parler particulièrement de la 'Nuit du 4 août' et de l'abolition des privilèges.

 

Puisque vous savez qu'on vivait dans un monde inique de 'privilèges' et que grâce à la 'Nuit du 4 août' on a aboli les privilèges...

 

Donc le 4 août 1789, le Club Breton, futur 'Club Jacobin', entre 18h et 2h du matin, a proposé et a obtenu la suppression des privilèges, la suppression de la dîme, et il a mis fin au système féodal. Et Il a voté la fin des corporations. Puis après les lois ont été votées plus tard. Le duc d'Aiguillon, deuxième fortune de France après le Roi, (membre de la loge "L’Olympique de la Parfaite Estime" du "Grand Orient de France". Ndlr.) propose l'abolition des droits seigneuriaux. Un hasard...

 

Et surtout, il veut qu'on puisse racheter ses droits. Mais le vicomte de Noailles propose d'abolir toutes les corvées, tous les droits seigneuriaux.

 

La Nuit du 4 août a été extrêmement préparée à l'avance par ce fameux 'Club Breton'. Mais ils ont emmené le public avec eux. Cela a été une espèce d'effervescence. Cela a été une espèce de folie : l'un 'on va abroger la dîme', l'autre 'on va empêcher au seigneur l'exclusivité du droit de chasse', etc.

 

Evidemment (cette mise en scène) avait été très bien préparée, mais ils avaient emmené l'Assemblée dans une espèce d'effervescence de 'la Liberté'. Nous allons nous libérer de toutes ces lois.

 

Alors (en fait), la France est débarrassée de toutes ses protections (ses 'privilèges'), elle va pouvoir entrer dans le monde libéral, capitaliste.

 

Le mot privilège vient du latin, il veut dire lois particulières. Il a été synonyme de liberté au moyen Âge, même à l'époque moderne. Le roi, quand il annexait une province (par exemple la Bretagne, ou même la Bourgogne), promettait de respecter ses privilèges, c'est-à-dire ses libertés, c'est-à-dire ses lois particulières, les coutumes, les droits immémoriaux de ses habitants. Le privilège empêchait cette espèce de centralisme jacobin, qui fait qu'aujourd'hui, en France, on parle tous la même langue. Et que toutes les lois sont partout pareilles. Alors que là, l'idée était que les Bretons avaient leurs lois, leurs droits particuliers, les Gascons avaient leurs droits particuliers, etc. Les Gascons étaient tellement fiers qu'ils avaient reçu l'autorisation de ne pas enlever leur chapeau en présence du roi. D'où l'expression 'fier comme un gascon.' C'est-à-dire que le roi respectait les droits et les coutumes locales, sans rien y changer.

 

Le Guen de Kerangal, un breton du 'Club Breton, raconte qu'au Moyen Âge, les serfs devaient passer les nuits à battre les étangs pour empêcher les grenouilles de troubler le sommeil de leurs voluptueux seigneurs. Donc, ils se mettent à inventer des espèces de coutumes seigneuriales. Et Régine Pernoud se demande avec beaucoup de malice qu'est-ce qui fait le plus de bruit, des grenouilles qui croassent, ou une armée de serfs en train de taper comme des malades avec des bâtons sur les étangs. La question reste ouverte...

Extrait:

 

"Par la suite, les auteurs du XIXe siècle vont justifier ce coup d'Etat. Et là, je ne peux pas manquer l'occasion de vous citer Michelet, dans son Histoire de la Révolution française :

 

Elle emportait cette nuit, l'immense et pénible songe des mille ans du 'Moyen Âge'. L'aube qui commença bientôt était celle de la 'Liberté'. Depuis cette merveilleuse nuit, plus de classes des Français, plus de provinces, une France.

 

Et Pierre Larousse dans son Grand Dictionnaire du XIXe siècle:

 

Il suffit d'un vote de constituants pour venger la nation de la tyrannie incessante de douze siècles. Tant il est vrai que le bonheur du peuple est facile à faire quand ceux qui le gouvernent s'occupent moins d'eux-mêmes que de lui.

 

Alors, peut-être que ces mensonges pouvaient encore fonctionner au XIXe, et même au début du XXe siècle, mais alors, moi ce qui va le plus me faire rire, c'est l'impôt au 'Moyen Âge'. Parce que si on va comparer l'impôt d'aujourd'hui et l'impôt du Moyen Âge, je prends n'importe qui sur un ring et on va comparer ! Parce qu'alors là, c'est magnifique.

"La fabrication de la légende noire du Moyen-Âge" par Claire Colombi

Donc : 'le paysan médiéval est taillable et corvéable à merci.' Vous êtes tous au courant. Et 'le peuple croule sous l'impôt.'

 

Alors souvent dans les manuels, même les manuels (d'aujourd'hui), j'ai enseigné, et on en parle en 5e, parce qu'on fait le 'Moyen Âge' :

 

'Cens, champart, taille, dîme, gabelle, mainmorte, formariage, banalités, tonlieux et biensur corvées en tous genres.'

 

Alors on va faire méthodiquement impôt par impôt. Le champart et le cens sont des loyers de la terre. Donc, est-ce que aujourd'hui vous comptez votre loyer dans votre impôt ? Je ne crois pas.

 

Lire: Des impôts dix fois supérieurs à ce qu'ils étaient avant 1789 !

 

Et le champart et le cens, c'est deux sortes de loyer différents. Le cens, c'est un loyer fixe, que vous allez payer par année, et le champart, c'est un pourcentage de la récolte. Et l'on pratique l'un ou l'autre. C'est-à-dire que certains pays sont en cens, d'autres en champart. Vous ne payez jamais le cens et le champart. C'est l'un ou l'autre. Donc, déjà, les mettre côte à côte c'est un mensonge, vous ne payez pas les deux.

 

La mainmorte et le formariage. La mainmorte, c'est un droit de succession. Aujourd'hui, on ne paye plus de droits de succession, vous êtes au courant ! 

 

Et le formariage, c'est une taxe qui est payée si un serf veut se marier avec un serf qui cultive la terre d'un autre seigneur. Donc vous ne la payez pas si vous vous mariez dans votre communauté et vous la payez une fois dans sa vie. Deux à la limite, si vous êtes veuf. Et c'est le principe est de ne pas morceller la terre.

 

Le tonlieu, c'est un péage. Donc, aujourd'hui, quand on se ballade sur les autoroutes et qu'on gare sa voiture au parking, on ne paye plus de péage, vous êtes au courant !

 

La banalité, c'est une taxe qui est liée au droit de banque que détient le seigneur. Donc le paysan payait une taxe pour utiliser le moulin, le pressoir, le four à pain. Donc inadmissible que quand vous utilisiez la machine de quelqu'un ou que vous lui demandiez service, on vous fasse payer. Aujourd'hui, cela n'a plus court !

 

Et le mieux du mieux, c'est la gabelle, impôt royal sur le sel d'abord et c'est ensuite devenu un impôt sur la consommation, comme le vin. Et elle née à l'époque moderne, elle ne concerne pas le Moyen Âge, mais cela ne dérange pas les auteurs de certains manuels de la rajouter aux impôts médiévaux.

 

Les deux seuls impôts directs sont donc la taille et la dîme.

 

La taille, c'est un sixième de la récolte de blé, ce qui fait 16% des revenus. Moi j'aimerais bien être taxé sur 16% de mes revenus (on est à 45% de taux de prélèvement obligatoire en 2013. Taux le plus élevé... des pays de l'OCDE... Ndlr.)

 

Et la dîme est payée pour assurer à l'Eglise un revenu en propre et la rendre indépendante. La dîme est payée en nature sur le blé. Si vous avez des animaux, cela ne vous concerne pas. Et là je vais citer Jacques Heers,

 

'le prélèvement ne s'appliquait pas à toutes les récoltes, mais principalement au blé. Il n'atteignait pas les 10%, loin de là. Cela dépend des provinces, puisque cela dépend des 'privilèges' (dont je vous ai parlé). Sur l'usage ensuite, outre l'entretien du clergé et l'exercice du culte, l'Eglise assumait alors une part notable de l'assistance publique, hôpitaux, hospices, maisons-dieu, aumônes, enfants abandonnés. Et l'enseignement dans les paroisses, les petites écoles.

 

Faut-il comparer  ces prélèvements à ceux d'aujourd'hui pour notre sécurité sociale, et nos système d'éducation ?'

 

On pourrait faire une petite comparaison, cela pourrait être intéressant.

 

François Hincker (1937-1998), qui est un historien marxiste de l'époque moderne, a essayé de faire une comparaison :

 

Utilisons un étalon artificiel mais qui a l’avantage d’être parlant. Les 25 millions d’habitants que compte probablement la France ont donc à payer 470 millions d’impôts, entre 18 ou 19 livres. À ce moment le salaire journalier d’un compagnon maçon à Paris se situe à un peu moins d’une livre. Ainsi un salarié moyen travaillerait un peu plus de sept jours, juste avant la Révolution française, pour payer ses impôts directs (taille, capitation et vingtième. Ndlr.), un peu plus de deux pour payer la gabelle, et un peu plus de neuf pour payer les autres impôts indirects.

 

Dix-huit jours de travail : c’était la contribution que la fiscalité française de l’Ancien Régime réclamait au travailleur. Qu’en est-il aujourd’hui ? Avec un taux moyen d’imposition de 56,9% (chiffre 2013), il faut 208 jours de travail pour payer en moyenne ses impôts directs sur l’année.

 

Donc, même s'il se trompe, et que maintenant ce n'est pas 20 jours, mais 40 jours et qu'on double son estimation, on est encore très très loin (des 208 jours !) Et alors il se demande si la Révolution française a servi à améliorer notre condition ?

 

Aujourd'hui, j'explique comment fonctionnent les mensonges, si vous mettez tous les impôts que doivent payer les gens en y ajoutant les impôts qu'on paye une fois dans sa vie, on peut dire n'importe quoi.

 

Donc, moi j'ai anticipé sur un manuel scolaire des années 2400 par exemple:

 

Le salarié de l'an 2000 était écrasé d'impôts : impôt sur le revenu, taxe foncière, taxe d'habitation, TVA, taxe sur les produits pétroliers, CSG, taxe sur l'alcool, le tabac, redevance télé, droits de successions, droits de donation, droits de mutation, timbres fiscaux des paiers officiels.

 

Dès qu'un salarié voulait faire quelque chose, il lui fallait un permis : permis de voiture, permis de chasse, permis bateau, très onéreux.

 

S'il voulait échapper à sa condition de salarié, devenir petit patron ou autoentrepreneur, il fallait payer la licence, les charges patronales, le RSI. Il fallait respecter tellement de normes étranges et arbitraires que notre salarié faisait faillite. L'assurance était obligatoire, en cas d'accident, mais aussi pour la maison, pour la voiture, sans oublier la complémentaire.

 

La IIIe République.

 

"Ma prétention est de vous montrer que l'égalité et l'éducation n'est pas une utopie, que c'est un principe, qu'elle est un droit incontestable et qu'en principe cette utopie, elle est apparente et dans l'ordre des choses possibles.' (Discours de Jules Ferry)

 

L'histoire de France et des Français, c'est celle de son 'affranchissement'. Nos ancêtres les Gaulois vivaient dans des huttes basses. (Cela) c'était dans un manuel de la IIIe république. Les Gaulois n'étaient pas assez intelligents pour faire des maison à leur taille. Et là un jour, il y en a qui a dit: et si on réhaussait la porte ?

 

Lire : Nos ancêtres les Gaulois - La Gaule, les origines de la France

 

Rousseau, dans La Nouvelle Eloïse disait :

 

'N'instruisez pas l'enfant du village, car il ne convient pas d'être instruit.'

 

Il répondait à Voltaire qui répondait à La Chalotais, qui avait écrit un texte intitulé 'Essai sur l'Education nationale' : 'Je vous remercie d'avoir prescrit l'étude chez les laboureurs. Moi qui cultive des terres, je vous présente requête pour avoir des manoeuvres, et non des clercs tonsurés. Il est à propos que le peuple soit guidé et non pas qu'il soit instruit. Il n'est pas digne de l'être...' Donc voilà, là on est vraiment dans les 'Lumières'.

 

En fait, les républicains inventent l'école et l'éducation pour tous : jusque-là on n'y avait pas pensé non plus. Et là, il y a vraiment une volonté, il faut instruire le peuple. Il y a un renversement qui se crée.

 

En 1882, les réformes Jules Ferry. Les francs-maçons, les libres penseurs, les anticléricaux, et les protestants libéraux sont à la barre. Le minsitre de l'Intérieur et des Cultes, c'est Ernest Constans, c'est un franc-maçon. Et Léon Say, au ministère des finances, c'est un protestant. Jules Ferry, franc-maçon du 'Grand Orient', 'Loge de la clémente Amitié', se marie sur le tard avec une calviniste. Jules Steeg, pasteur protestant de Libourne, deviendra ministre de l'Instruction publique en 1883. Ferdinand Buisson, pasteur protestant de Neuchâtel, est à la direction de l'Enseignement primaire. C'est lui qui en 1905 va réaliser les textes de séparation de l'Eglise et de l'Etat, et a créé la Ligue française des droits de l'homme. Et le troisième, Félix Pécaut, pasteur protestant, instructeur général de l'Inspection publique chargé par Ferdinand Buisson de fonder l'Ecole Normale supérieure des jeunes filles, qui va être dirigée par Jules Steeg. Ces trois pasteurs représentent le courant ultra-libéral, et sont tous les trois passés par la franc-maçonnerie. (Un hasard. Ndlr.) Et c'est eux qui mènent cette réforme, qui rédigent les textes. Et notamment l'arrêté du 27 juillet 1882 qui sont les programmes, et qui va exclure les congrégations religieuses et instauré la mainmise de l'état sur l'école.

 

Jules Steeg ne fait pas qu'être ministre et d'écrire la réforme : il écrit directements des manuels (d'histoire de France pour les écoliers). Notamment les manuels publiés par Fernand Nathan. C'est presque encore plus beau que Michelet. Je crois que là on a trouvé un concurrent sérieux :

 

'Depuis des siècles, écrit le pasteur protestant franc-maçon Jules Steeg, la France gémissait sous le joug des rois et des seigneurs. Ils étaient les maîtres et le peuple n'avait aucun droit. Il travaillait pour eux, il payait toutes les dépenses, il était foulé aux pieds, et souvent il mourait de faim. On disait de lui qu'il était taillable et corvéable à merci. C'est-à-dire que ses maîtres pouvaient lui imposer à volonté toutes les corvées et toutes les contributions inimaginables, qu'on appelait la taille, le cens, la gabelle, la dîme. Quand il ne voulait pas travailler pour le seigneur, on le battait et on le jetait en prison. Quand il ne pouvait plus payer les lourds impôts qui l'écrasaient, on vendait sa maison et ses outils. On jetait les pauvres gens dehors dans les bois où ils se nourrissaient d'herbes. Soumis à tous les caprices de ses maîtres, le peuple ne jouissait d'aucune liberté. Il ne pouvait ni suivre la religion qui lui convenait, ni diriger les affaires de la ville ou de son village, ni exercer les métiers qui lui convenait.'

 

Donc, là on a un concentré de poncifs de tout ce que je vous ai parlé depuis le début. Vous ête sur le Livre moral du Petit citoyen.

 

Paul Bert, qui était ministre de l'Education, juste avant lui, donc un confrère, libre penseur, franc-maçon, athée convaincu, lors de l'affaire des Congrégations, c'est-à-dire le moment où l'on a exclu les congrégations religieuses de l'enseignement (pour y enseigner la doctrine franc-maçonnique relativiste. Ndlr.), il présidait un banquet au Conseil général de l'Yonne, et portait un toast à la destruction des deux phylloxera, le phylloxera qui se cache sous la vigne et le phylloxera que l'on cache avec des feuilles de vigne (donc c'est biensûr l'Eglise catholique) : 'Pour le premier, nous avons le sulfure de carbone et pour le second, l'article 7 de la loi Jules Ferry ('les congrégations religieuses n'ont plus le monopole de l'Instruction'). S'il ne répond pas à notre attente, nous n'hésiterons pas à chercher un autre insecticide plus puissant pour sauver la France.'

 

Donc, le Moyen Âge, on ment sur lui et la république n'a que le choix entre mentir ou ne plus l'enseigner, ce qui est en train d'être le cas puisqu'il disparaît dans les programmes. les seules figures médiévales qui vont être sauvées, c'est Jeanne d'Arc, parce qu'il faut une héroïne, Saint-Louis qui rend sa justice sous un arbre. Et Charlemagne, parce qu'il ne faut pas le laisser aux Allemands qui nous ont déjà piqué l'Alsace et la Lorraine. 

 

Aix-la-Chapelle, capitale de l'empire francCes siècles de propagande ont porté leur fruit et aujourd'hui le Moyen Âge est synonyme de barbarie, et de terreur.
 
Et aujourd'hui, il y a encore quelque chose de pire qui se passe, les références culturelles sont oubliées. ... Il y a comme un voile, et à moins d'avoir été élevé dans une famille encore très catholique, c'est extrêmement difficile avec une formation classique, avec un bac classique en France, à moins d'avoir une passion, d'aller vers ça. Le Moyen Âge aujourd'hui est tombé dans l'oubli. Je vous rappelle que les siècles de Clovis et de Charlemagne ont disparu des programmes de 5e, et qu'on va plus jamais en reparler à un lycéen... Et donc, du mensonge, on est passé à son effacement progressif, mais pur et simple.
 
Donc, en plus de déraciner le peuple européen et celui de France en ce qui nous concerne, ce processus d'éradication, pour moi, est la preuve de la puissance radicale de la pensée médiévale. Il serait dangereux, aujourd'hui, pour le peuple de France, de se rappeler comment cela fonctionnait au Moyen Âge: que cette période 'sombre' était remplie de communautés villageoises qui décidaient par elles-mêmes, où les femmes pouvaient voter, que c'était une période de révoltes constantes. Une période d'équilibre des pouvoirs, avec une économie morale, où le bien commun prévalait sur le bien privé; une période où les paysans ne partaient pas à la guerre : moi je remercie toujours vivement (la république) d'avoir envoyer en pleine moisson toute la jeunesse de France se faire tuer dans les tranchées. Une période où le travail d'un homme nourrissait sa femme, ses enfants, et des grands-parents à charge. Une période où l'on se préoccupait du salut de son âme. Vraiment, oui je pense que c'est assez dangereux aujourd'hui de s'en rappeler. Et je pense que je vais finir par la merveilleuse phrase de Gustave Cohen, dont je vous ai parlé au début, qui écrivait :

Les ténèbres du Moyen Âge ne sont que celles de notre ignorance.

Gustave Cohen

La suite de la video est consacrée aux questions du public.

Notons:

 

39:00 Je ne sais pas si vous imaginez à quel point notre culture est méprisée à l'étranger (dans les élites anglo-saxonnes Ndlr.), par les élites anglaises (je ne parle pas des Anglais et des Américains du peuple). Encore une fois, tout ce qui émane du peuple, ce n'est pas bon...

 

40:45 (la Révolution "française") C'est vraiment un système de pillage et de folie. Il y a un mépris absolu de tout ce qui est populaire.

... Au Moyen Âge il y avait une culture du peuple pour le peuple. Aujourd'hui qui comprend l'art ?

 

43:50 Pour passer la loi de 1882, il a fallu (encore une fois) qu'ils suppriment les Jésuites, et qu'ils excluent les congrégations religieuses avant de pouvoir faire ce qu'ils voulaient...

 

44:50 ... Aujourd'hui les gens disent 'oui mais le peuple français ne se révolte pas'. Si, si ! Il s'est révolté. Il s'est révolté en 1789, et il s'est fait massacrer...

 

Ensuite, il s'est révolté en 1830, puis il s'est fait massacrer. Puis il s'est révolté sous la Commune, et il s'est fait massacrer. Et ensuite toute la jeunesse s'est faite envoyée en 1914 dans la Grande Guerre.

 

Donc, il y a un moment, il faut bien comprendre qu'il y a eu des résistants, il y a eu des révoltes, et on les a perdues successivement. Nous sommes des polytraumatisés de ce système. Alors j'entends, 'oui mais aujourd'hui on ne bouge pas'. Mais les dernières fois où on a bougé, on est mort."

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 12:16

Nous avons écrit le 18 novembre que "François Hollande est un président de guerre à l'extérieur (Mali, Centrafrique, Irak, Syrie) et un président de désarmement moral et spirituel à l'intérieur", et que "seul un réarmement moral et spirituel de la France pourra - peut-être si nous le méritons - changer le cours des évènements".

 

Or, dans un entretien video à MetroNews publié le 27 novembre, Marion Maréchal Le Pen, interrogée sur sa déclaration récente selon laquelle "l'islam ne peut pas avoir le même rang en France que le catholicisme", a répondu, justement, que vu que " notre civilisation, notre pays, notre mode de vie, notre identité est attaquée, ... il est important que les Français se réarment psychologiquement et moralement".  Marion Maréchal Le Pen nous lirait-elle ? Elle a ajouté cette remarque pertinente : "la culture dominante française est imprégnée entre autres de références au catholicisme", et "il est normal que dans le cadre de cette culture dominante, la religion catholique ait une visibilité plus importante que l'islam ne peut pas avoir pour des raisons simplements culturelles."

François Hollande a annoncé l'embauche de 10000 personnels de police, et son gouvernement reproche au précédent gouvernement de droite d'avoir supprimer des postes dans les forces de police. Les islamistes sont partout et peuvent frapper n'importe où. Ce n'est pas d'embaucher 10 000 policiers de plus ou même 100 000 qui changera quoique ce soit aux attentats terroristes. Encore une fois nous voyons les champions de la tolérance et de la "liberté" être en première ligne pour défendre une vision ultra-policière de l'Etat.

 

Sous l'Ancien Régime il n'y avait pas de force de police et il n'y avait pas pour autant des problèmes de sécurité. "(Les) forces de police armée, on peut dire que dans le royaume, elles n'existaient pas !" (F. Funck-Brentano, Ce qu'était un Roi de France, Librairie Hachette 1940, p. 189.). L'historien protestant Pierre Chaunu a même écrit : "être français s'est d'abord confondu avec le privilège de vivre protégé sous les fleurs de lys" (P. Chaunu, Le Grand déclassement, à propos d'une commémoration, Robert Laffont, Alençon, 1989, p. 77-78).

 

Ce que fait la république, c'est du tout sécuritaire sans aucune prévention, aucune éducation en amont. Le relativisme laïciste a détruit la défense immunitaire de la nation en favorisant l'intrusion en son sein de son ennemi, si bien que l'on puisse dire, en paraphrasant le poème d'Armand Robin, Le Programme en quelques siècles :

 

Ils ont détruit le catholicisme au nom de la "laïcité" et de la "liberté"

Nous réarmer moralement et spirituellement

... puis ils ont détruit la laïcité :

Nous réarmer moralement et spirituellement
http://www.lavie.fr/religion/islam/manuel-valls-il-faut-montrer-que-l-islam-peut-s-epanouir-en-france-15-06-2015-64170_20.php

http://www.lavie.fr/religion/islam/manuel-valls-il-faut-montrer-que-l-islam-peut-s-epanouir-en-france-15-06-2015-64170_20.php

Le 26 février 2015, invité de RMC-info, Manuel Valls parlait d'un Conseil des ministres "particulier", "car il est rare dans un Conseil des ministres de la république on parle d'une religion". Il déclara : "que demande les imams de France ? Ils demandent tout simplement que l'on forme des imams, que l'on forme des aumôniers, qui parlent français, qui soient français, qui ne viennent pas de l'étranger, qui demandent des financements pour construire des mosquées, qui soient transparents et ne viennent pas de l'étranger."

Nous réarmer moralement et spirituellement

François Hollande déclare la guerre à Daech - l'Etat islamique - à l'extérieur :

Nous réarmer moralement et spirituellement

... puis François Hollande et son gouvernement désarme les Français à l'intérieur :

Nous réarmer moralement et spirituellement

Il faudrait savoir... A quoi jouent-ils ?

 

Ils nous désarment moralement et spirituellement. Nous devons nous réarmer moralement et spirituellement.

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 09:52

François Hollande a reconnu mercredi soir, 25 novembre, dans une conférence commune avec Angela Merkel à l'Elysée et retransmise en direct sur "BfmTv", que des terroristes ont pu s'infiltrer parmi les migrants en passant les frontières de l'Europe et a demandé un contrôle plus fort des réfugiés aux frontières. [1]

 

Cette non-assistance à peuple en danger à propos des attentats du vendredi 13 novembre 2015 commence à être soulevée par des avocats au travers de deux arguments de droit : "la mise en danger délibérée de la vie d’autrui" et l'omission d'empêcher une infraction" :

Attentats du 13 novembre : des avocats commencent à soulever la "mise en danger délibérée de la vie d'autrui" et "l'omission d'empêcher une infraction"

Si le président de la République ne peut être inquiété dans le cadre de ses fonctions hors circonstances exceptionnelles, il n’en est pas de même des membres du gouvernement.

Dans le cas des attentats du 13 novembre 2015, une personne souhaitant mettre en cause la responsabilité des ministres concernés devrait saisir la commission des requêtes de la Cour de justice de la République, composée de magistrats professionnels issus des corps judiciaires et administratifs.

La Cour de justice de la République est, elle, composée essentiellement de parlementaires.

Les infractions potentielles que j’imagine sont la mise en danger délibérée de la vie d’autrui (article 223-1 du Code pénal) et l’omission d’empêcher une infraction (article 223-6 du Code pénal).

Je distinguerai deux axes de réflexion, d’une part, l’absence de prise en compte de la menace terroriste dans la gestion de la crise des migrants et, d’autre part, l’absence de mesures d’alerte et de prévention avant le 13 novembre 2015, cette dernière étant dépendante des informations à venir ou pas sur le degré de connaissance des autorités.

Concernant la gestion de la crise des migrants, le parquet de Paris a confirmé que deux des terroristes du 13 novembre 2015 étaient passés par l’île de Leros en qualité de migrants, c’est-à-dire en se présentant aux autorités grecques comme des réfugiés politiques.

Des arrestations de terroristes rentrés illégalement ont eu lieu dans différents pays européens et certains pays ou organismes internationaux, à l’instar de l’OTAN, ont alerté sur le risque d’infiltration de terroristes parmi les migrants bien avant les attentats du 13 novembre 2015.

 

Personne, aujourd’hui, sauf l’État islamique, ne connaît le nombre de personnes envoyées dans le but de commettre des attentats terroristes sur le sol européen.

Ce constat, objectif, pose la question de la responsabilité pénale dans la décision d’accueillir des milliers de migrants en provenance de Syrie contrôlée majoritairement par l’État islamique alors que le risque terroriste était connu.

En effet, tenter de distinguer un terroriste d’un migrant est illusoire. Ce qui caractérise le premier, c’est précisément son passage à l’acte. Dès lors, il était et il est toujours matériellement impossible de filtrer les terroristes parmi les migrants, y compris parmi ceux sélectionnés par les autorités françaises.

Ensuite, la presse s’interroge sur le degré de connaissance des autorités sur ce projet d’attentats. En témoigne « Le Petit Journal » de Canal+ qui affirme que la DGSE a capté une communication téléphonique d’Hasna Aït Boulahcen le 12 novembre 2015 mentionnant sa volonté de commettre un attentat en France, information qui aurait été communiquée à la DGSI.

L’exemple belge où, durant plusieurs jours, le pays a été placé en alerte maximale avec un déploiement de force considérable dans la perspective de possibles attentats, contraste avec l’absence totale de mise en garde du gouvernement français avant le 13 novembre 2015.

Si, dans l’avenir, des articles et des éléments concrets démontraient que des informations précises étaient en possession du gouvernement sur un attentat imminent sans réaction de l’exécutif, il n’est pas exclu que certaines personnes, victimes ou considérant simplement avoir été exposées à un risque, saisissent la commission des requêtes de la Cour de justice de la République.

Il serait extraordinaire que cette cour composée de parlementaires condamne des membres du gouvernement.

Mais si la commission des requêtes – le filtre, pour simplifier – décidait de ne pas classer sans suite et de transmettre les plaintes au procureur général près la Cour de cassation, l’impact d’une telle décision, non susceptible de recours, serait colossal.

Source: Et si des familles décidaient de porter plainte ?, Boulevard Voltaire, 28/11/2015

Notes

 

[1] François Hollande a déclaré mercredi soir, 25 novembre, dans une conférence commune avec Angela Merkel depuis l'Elysée, retransmise en direct sur Bfmtv: "nous avons eu la preuve que des terroristes peuvent utiliser le cheminement des réfugiés" et "il nous appartient justement de les contrôler avant qu'il ne soit trop tard... Donc nous devons, et c'est la position que nous avions adoptée, la chancelière et moi-même, avoir une politique qui puisse être effective pour le contrôle de nos frontières extérieures".

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 20:01

Y aura-t-il un seul député "représentatif" du peuple pour demander une enquête sur ce qui s'est passé au Bataclan vendredi 13 novembre 2015 ? Un seul député d'une Assemblée de 577... Une info publiée sur Le Progres.fr, le 15 novembre, censurée depuis :

« Mon fils, qui est policier, a vu une scène de sang et des têtes coupées… »

 

Haut Jura. Cette mère de famille jurassienne ne réalise toujours pas ce que son fils a pu vivre vendredi soir à deux pas du Bataclan.

 

Il est originaire d’un village de 800 habitants dans le haut Jura et aimerait bien y revenir. Depuis sept ans, Marc (1) est policier à Paris dans une compagnie d’intervention. Et depuis vendredi soir, sa maman, imagine que son fils a de plus en plus envie de quitter la capitale. « Ce qu’il a vu est horrible… »

Jeanine (1) était devant sa télévision vendredi soir mais elle ne s’est pas couchée très tard. « C’est quand je l’ai éteinte que ça a dû se passer. J’ai reçu un appel de ma fille qui m’a dit : “Il y a des attentats à Paris ! Marc y est…” »

On ne peut alors imaginer l’angoisse des proches du policier. Ils l’apprendront plus tard, mais Marc se trouve à deux pas de la salle du Bataclan, où a lieu la prise d’otages. Il doit surveiller un bar. « J’ai regardé la télévision jusqu’à trois heures du matin », reprend Jeanine. « Et puis j’ai juste reçu un message de mon fils. » Marc ne rentre à son appartement que dans la matinée. Il appelle alors sa mère. « J’étais rassurée qu’il soit dans son lit. Il était fatigué. Il m’a dit qu’il devait porter deux gilets pare-balles et un casque, que c’était très lourd. Et puis, il m’a raconté que ce n’était pas beau à voir. Ce qu’il a vécu est horrible. Il a vu des scènes de sang, des têtes coupées… » Un calvaire qui a repris dès hier soir pour le policier, de nouveau en service.

Bataclan : "des têtes coupées" (Le Progres.fr)

Source: « Mon fils, qui est policier, a vu une scène de sang et des têtes coupées… », Le Progrès.fr, Le 15/11/2015 à 05:00 mis à jour Aujourd'hui à 16:16

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