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14 mai 2019 2 14 /05 /mai /2019 21:59
Source: https://www.facebook.com/sainteelisabethdehongrie/

Source: https://www.facebook.com/sainteelisabethdehongrie/

Du 11 au 19 mai, à 16h45, en l’église Saint-Symphorien de Versailles, est organisé une neuvaine publique à Madame Élisabeth de France. (Source)

Vendredi 10 Mai 2019, Sainte-Élisabeth de Hongrie, l'église "paroissiale" de la Tour du Temple, dernière demeure "royale" de Madame Élisabeth de France, était sous la pluie. Le ciel abattait ses larmes sur les fidèles qui se rendaient à sa messe de béatification (messe pour la cause en béatification d'Élisabeth de France NdCR.). Ce même jour de l'an de grâce 1794, la fureur révolutionnaire s'était abattue sur elle, la "servante du Seigneur", lui ouvrant en majesté les portes du Ciel. La Princessse Françoise de Bourbon-Lobkowicz, fidèle à la mémoire de son aïeule et de la monarchie chrétienne, assistait pieusement à ce rendez-vous de la sainteté.

 

Dans son homélie, Mgr Jean-Louis Bruguès a trouvé les mots justes pour évoquer la soeur du Roi et cette période infâme. Son auteur a d'abord fait un parallèle avec le temps pascal lorsque la foule enthousiasme accueillait Jésus, "fils de David", sous ses acclamations lui réservant une entrée royale. Puis, quatre jours plus tard, exactement cette même foule criait "qu'on le crucifie", "à mort !"

 

"La Princesse Élisabeth de France a suivi elle aussi un itinéraire christique au début donc l'éblouissement de Versailles" mais comme le précise aussi Mgr Jean-Louis Bruguès "Sa Foi est profonde comme est profond son amour des pauvres qu'elle s'efforcera de secourir par tous les moyens possible en puisant largement dans sa cassette personnelle. Elle médite souvent cette phrase qu'écrivait son père "il n'y a de grand chez les princes que ce qui vient de Dieu"

 

Sa place est auprès des siens, lors de l'invasion des Tuileries, elle se saisit du bas de l'habit de son frère et criera "je ne le quitterai pas, je ne le quitterai pas". Sa place est donc auprès de ses proches qu'elle accompagnera dans leur descente aux enfers comme Jésus avait promis à ses disciples de rester avec eux jusqu'à la consommation des temps.

 

À bien des égards la Révolution française reste une énigme qui ne sont pas les bouleversements sociaux qu'elle entraîne mais sa soudaineté. Comment un siècle si raffiné, si élégant, si novateur au cours duquel la musique, l'architecture, la peinture, la décoration, langue atteignirent des sommets a-t-il pu déboucher en un rien de temps sur une telle tragédie...les Lumières avaient-elles réussi à éliminer tous les esprits au point de leurs laisser croire comme le proclamait Saint-Just "le bonheur était devenu une idée neuve en Europe". La grande majorité des français s'était-elle lassée de sa foi chrétienne ?

 

Au matin de 4 mai 1789 sous un dais de tissu d'or, Mgr l'Archevêque de Paris portait le Saint-Sacrement dans un ostensoir flambant comme le soleil et au cours de la messe du Saint-Esprit les 3 ordres du royaume très chrétien demandait à Dieu d'éclairer les travaux de l'assemblée qui allait s'ouvrir le lendemain convoquée par le Roi.

 

Moins de 4 ans plus tard, c'est-à-dire le temps d'un soupir aux yeux de l'Histoire, Louis XVI avait été conduit à l'échafaud, sa femme et sa soeur s'apprêtaient à le suivre, la guillotine, les fusillades et les noyades marchaient à plein régime pour les aristocrates comme pour des dizaine de milliers de simples citoyens. La monarchie était abolie, la République instaurée, le Droit transformé de font en comble, la Patrie proclamée en danger, la Vendée dévastée, la foi chrétienne, les prêtres, ses religieux, ses fidèles persécutés. Un long calvaire pour les victimes.

 

Cette jeune femme qui reste calme malgré les faiblesses du roi, les maladresses de la reine, qui parvient même à chanter dans le fétide des pièces exigües du temple qui s'emploie à l'éducation de sa nièce, qui prie et qui mène une sorte de vie monastique avec un vrai sens politique. Elle garde une hauteur de vue remarquable et comprend avant bien d'autre que le premier objectif du mouvement n'était pas l'abolition de la monarchie mais plutôt la destruction de la religion chrétienne. Mirabeau l'avait d'ailleurs annoncer "il faut décatholiser la France" . Élisabeth énonce de toute ses forces le schisme en gestation.

 

Une femme qui s'oublie totalement pour penser aux autres "rien n'a pu la séparer de moi" dira le Roi à son avocat, elle s'est attachée à mes valeurs comme d'autres à mes prospérités" Le procès est une farce, le doux visage amaigri de la princesse n'a pas tressailli quand la sentence a été prononcée, elle était prête depuis si longtemps. Le matin du 8 mai elle apparaissait aux yeux des témoins, si détendue si reposée que tous furent frappés de son regard lumineux et de la fraicheur de son teint, toute de blanc vêtue, on dirait une fiancée prête pour ses noces. Elle encourage chacun des 24 autres prévenus d'un mot, d'une phrase venant du plus profond de son coeur "Ayez confiance, Dieu sait récompenser tous les sacrifices auxquelles nous avons consenti" L'un après l'autre les hommes, les aristocrates mais aussi les serviteurs ploient le genou devant elle avant de grimper sur l'estrade, les femmes font la grande révérence des occasions solennelles et lui demandent la permission de l'embrasser. Elle montrera la dernière, elle avait à peine 30 ans. Les relations et les mémoires de ce temps s'accordent à dire qu'à l'instant où elle reçut le coup fatal une odeur de rose se répandit sur toute la ci-devant place Louis XV. Comme saisit de stupeur la foule s'est écoulée en silence. Jetée dans une fosse commune le corps d'Élisabeth de France ne sera jamais identifié c'est que les anges n'ont pas de corps."

 

Une magnifie homélie à méditer...

 

Nicolas Chotard,

Président des Lys de France.

 

Source: Lys de France

Portrait par Élisabeth Vigée Le Brun.

Portrait par Élisabeth Vigée Le Brun.

Élisabeth de France (1764-1794)

 

Marie Hélène de France, dite Madame Élisabeth, née le 3 mai 1764 à Versailles et morte guillotinée le 10 mai 1794 à Paris. Elle est le huitième et dernier enfant du dauphin Louis et de Marie-Josèphe de Saxe et la sœur du roi Louis XVI à qui elle apporta un soutien indéfectible.

 

Reconnue pour sa piété, ses actes de charité et sa mort associée à un martyre, elle est déclarée servante de Dieu par l'Église catholique le 23 décembre 1953. Source

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