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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 15:56
“Amoris Laetitia”: une « bombe atomique » à retardement qui menace l’ensemble de l’enseignement moral catholique (Josef Seifert)

Pour le Dr Josef Seifert, directeur et fondateur de l’Académie internationale de philosophie du Liechtenstein, il n’y a qu’une seule manière de désamorcer la « bombe atomique théologique » que constitue l’exhortation Amoris laetitia : c’est de rétracter au moins une erreur fondamentale dans ce texte qui selon le philosophe, menace l’ensemble de l’enseignement moral catholique.
 
Cette erreur peut se résumer ainsi : un passage de l’exhortation du pape François suggère que Dieu veut activement que des personnes, dans des situations données, commettent des actes qui ont toujours été considérés comme objectivement mauvais dans l’enseignement de l’Eglise catholique, résume le Pr Seifert.
 
Le passage en question se situe dans l’article 303 d’Amoris Laetitia (AL) où le pape François évoque des couples « dits irréguliers », pour reprendre le langage de l’Exhortation, en disant (nous reprenons ici verbatim la formulation boiteuse de la traduction officielle) : « Mais cette conscience peut reconnaître non seulement qu’une situation ne répond pas objectivement aux exigences générales de l’Évangile. De même, elle peut reconnaître sincèrement et honnêtement que c’est, pour le moment, la réponse généreuse qu’on peut donner à Dieu, et découvrir avec une certaine assurance morale que cette réponse est le don de soi que Dieu lui-même demande au milieu de la complexité concrète des limitations, même si elle n’atteint pas encore pleinement l’idéal objectif. »

 

“Amoris Laetitia” en déclarant un acte immoral conforme à la volonté divine menace tout l’enseignement moral catholique

 
La formulation est doublement problématique, souligne Seifert : « Outre qu’elle qualifie par euphémisme un état objectif de péché grave comme ne constituant “pas encore pleinement l’idéal objectif”, AL infirme qu’on peut savoir “avec une certaine assurance morale” que Dieu lui-même nous demande de continuer de commettre des actes intrinsèquement mauvais, tels l’adultère ou l’homosexualité active. »
 
Il faut pousser cette logique dans ses conséquences ultimes : s’il est vrai que Dieu peut vouloir qu’un couple adultère vive dans l’adultère en contradiction avec le sixième commandement, alors rien n’empêche que ce principe soit appliqué à « tous les actes considérés comme “intrinsèquement mauvais” », raisonne Josef Seifert. Pourquoi ne pas justifier dans certains cas le meurtre, l’avortement, l’euthanasie, le suicide, mensonge, le vol, le parjure et la trahison au motif que Dieu lui-même les demande « parmi la complexité concrète des limites de la personne, quoique ne constituant pas l’idéal objectif » ?
 
« La logique pure n’exige-t-elle pas que nous tirions cette conséquence de la proposition du pape François ? », demande Seifert, montrant qu’une réponse positive à cette question entraîne logiquement ceci : « Alors la conséquence purement logique de cette seule assertion d’Amoris Laetitia semble détruire l’ensemble de l’enseignement moral de l’Eglise. »

 

Le philosophe catholique Jozef Seifert désigne le problème fondamental d’“Amoris laetitia”

 
« Si c’est bien cela qu’affirme AL, toute inquiétude concernant les affirmations directes d’AL en matière de changement de discipline sacramentelle ne vise que le sommet d’un iceberg, les débuts timides d’une avalanche ou encore les tout premiers édifices détruits par une bombe atomique en matière de théologie morale qui menace de détruire l’ensemble de l’édifice moral des Dix commandements et de l’enseignement moral catholique », avec pour conséquence « rien moins qu’une destruction totale de l’enseignement moral de l’Eglise catholique », a-t-il conclu.
 
L’article du Pr Seifert a été publié dans la revue scientifique AEAMET en anglais.

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Publié par Ingomer - dans Religion
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