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12 mars 2023 7 12 /03 /mars /2023 20:19

"Ne vous inquiétez pas pour moi, quoi qu'il arrive dans ce monde. Rien ne peut m'arriver que Dieu ne veuille. Et tout ce qu'Il veut, aussi mauvais que cela puisse nous paraître, est vraiment pour le mieux." S. Thomas More

Source: https://twitter.com/marymar49743095/status/1634917987798114307?s=20

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9 mars 2023 4 09 /03 /mars /2023 14:49
Débarrassez-vous du poids du péché, le Royaume des cieux est en vous, la vie en Christ

"Persécute-toi toi-même, dit saint Isaac de Syrie et ton ennemi est mis en déroute à mesure que tu approches. Fais la paix avec toi-même, et le ciel et la terre feront la paix avec toi. Efforce-toi d'entrer dans la chambre la plus secrète de ton cœur, et tu verras le trésor des cieux, car ils sont une seule et même chose, et en entrant dans l'un, tu les vois tous les deux. L'escalier vers le royaume est en toi, secret dans ton âme. Débarrassé-toi du poids du péché et tu trouveras en toi le chemin ascendant qui rendra possible ton ascension.

La chambre céleste dont le saint parle ici est un autre nom pour la vie éternelle. On l'appelle aussi le royaume des cieux, le royaume de Dieu ou tout simplement le Christ. Vivre en Christ, c'est vivre dans la vie éternelle."

Tito Colliander, "La voie des ascètes" 

Source 

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1 mars 2023 3 01 /03 /mars /2023 00:00
Saint Aubin d'Angers, évêque († 550)

Saint Aubin naquit au diocèse de Vannes. Son enfance, prévenue de toutes les grâces du Seigneur, fit présager sa sainteté future ; il ne connut du jeune âge ni la légèreté, ni les défauts, et dès qu'il put marcher, ce fut pour aller à Dieu et le prier à l'écart, dans la compagnie des anges. 

De tels débuts montraient que le pieux Aubin n'était point fait pour le monde ; au grand désespoir de sa noble famille, on le vit un jour quitter le foyer paternel et prendre le chemin du monastère. Là, ses veilles, ses jeûnes, ses oraisons l'élevèrent bientôt à une telle perfection, qu'il dépassait de beaucoup les plus anciens et les plus fervents religieux. 

On admirait surtout son recueillement continuel. Ses yeux ne s'ouvraient que pour Dieu ; dans le monastère, il ignorait ce qui se passait autour de lui, et au dehors, quand il devait sortir, il se faisait dans son cœur une délicieuse retraite, où il continuait ses entretiens célestes. 

Abbé du monastère à trente-cinq ans, il fit revivre parmi ses frères la ferveur des premiers temps et les amena, par sa douceur et son exemple, à une perfection rare, même dans les plus austères couvents. 

Mais l'évêque d'Angers étant venu à mourir, le clergé et le peuple de ce diocèse, auxquels était parvenu le renom de la sainteté d'Aubin, l'élurent unanimement, et il dut courber ses épaules sous le lourd fardeau de l'épiscopat.(1) 

 

Saint Aubin sut se dresser devant l'injustice pour adoucir le sort des prisonniers et des malheureux.

Il fut l'un des principaux promoteurs du troisième Concile d'Orléans (538) qui réforma l'Église franque avec une grande fermeté. 

Le concile interdit le travail des champs le dimanche (jour qui ne devient chômé que sous les Carolingiens).

 

À propos des mariages entre proches parents, beaucoup d'évêques se taisaient par crainte : saint Aubin sut imposer le respect du mariage aux grands seigneurs qui, à l'époque mérovingienne, n'hésitaient pas à épouser leur soeur ou leur fille. Il protesta et obtint gain de cause au Concile d'Orléans. 

  

S'il était possible de connaître, parmi tant de vertus qu'il pratiqua dans sa vie nouvelle, quelle était sa vertu dominante, on dirait que ce fut la charité. Elle était, en effet, sans bornes pour les malheureux, pour les prisonniers, pour les malades, pour les pauvres, et souvent Dieu la récompensa par les plus frappants miracles. En voici un exemple : 

 

Le charitable pasteur se rendit un jour aux prisons de la ville pour en retirer une pauvre dame, poursuivie par ses créanciers. Devant le saint, les gardiens s'écartent pour lui laisser passage ; un seul veut lui refuser obstinément l'entrée ; mais le pontife souffle sur le visage de cet insolent, qui tombe mort à ses pieds ; puis il va délivrer la prisonnière et payer ses dettes.(2)

 

De nombreux villages en France dont certains portent son nom, comme Saint-Aubin-du-Cormier et Saint-Aubin-des-Landes en Ille-et-Vilaine. Environ 83 communes et 110 églises en France portent le vocable de Saint-Aubin, par exemple la chapelle Saint-Aubin de Port-Launay dans le Finistère, ou l'Église Saint-Aubin de Vautorte. En Belgique, il est notamment le patron de l'église de Bellevaux près de Malmedy et de Honsfeld dans les cantons de l'Est, une église lui est aussi dédiée à Namur.

 

On l'invoque pour les maladies d'enfants. Saint Aubin est devenu le patron des boulangers et pâtissiers.(3)

Statue de saint Aubin dans la Collégiale Saint-Aubin de Guérande.

Statue de saint Aubin dans la Collégiale Saint-Aubin de Guérande.

À Angers, vers 550, saint Aubin, évêque. D'une grande austérité, il stigmatisa avec énergie les mariages incestueux, fréquents chez les nobles, et promut le troisième concile d'Orléans pour la rénovation de l'Église en Gaule.  Martyrologe romain

Sources: (1) ; (2) ; (3)

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Publié par Ingomer - dans Saints du jour Religion
26 février 2023 7 26 /02 /février /2023 18:20
"Une personne qui souffre amèrement lorsqu'elle est offensée ou insultée devrait reconnaître qu'elle abrite encore le vieux serpent"

"Une personne qui souffre amèrement lorsqu'elle est offensée ou insultée devrait reconnaître qu'elle abrite encore le vieux serpent dans sa poitrine. Si elle supporte tranquillement l'insulte ou répond avec une grande humilité, elle affaiblit le serpent et diminue son emprise. Mais si elle répond de manière acrimonieuse ou effrontée, elle lui donne la force de déverser son venin dans son cœur et de se nourrir impitoyablement de ses entrailles. Ainsi, le serpent devient de plus en plus puissant, il détruit les forces de l'âme et les tentatives de redressement de l'homme, le contraignant à vivre du péché et à être complètement mort à la justice."

S. Syméon le Nouveau théologien

Source : Fr. David Abernethy Twitter

https://twitter.com/philokalia_min/status/1629803644928380933

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23 février 2023 4 23 /02 /février /2023 11:57

Tout ce qu’il y a dans le monde – la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, l’arrogance de la richesse –, tout cela ne vient pas du Père, mais du monde.

1 Jn 2,16

Tout ce qui est au monde est concupiscence de la chair, ou concupiscence des yeux, ou orgueil de la vie.

Blaise Pascal

Chacun est tenté par sa propre convoitise qui l’entraîne et le séduit.

1 Jc 1,14

Prise dans cette acception éminemment chrétienne et biblique, la concupiscence n'est pas pas autre que le foyer des passions humaines : ce sont les passions elles-mêmes, mais les passions en tant qu'elles deviennent leur fin et poussent au désordre; les passions retournées contre leur but. Voilà l'hydre perpétuellement vivante qui ruine vos vertus et dévore votre progrès; hydre terrible, déchaînée sur le monde par le péché originel, qui en retournant contre leur but les passions données à l'homme pour le conduire à Dieu, jeta au sein de l'humanité cet antagonisme persévérant au vrai Progrès humain.

Joseph FELIX, Le Progrès par le christianisme 1857, Conférences de Notre-Dame de Paris, Forgotten Books, p. 60-51

 

Adam et Ève au Paradis Terrestre, par Johann Wenzel Peter (1745–1829)

 

 

Comme Jésus, l'homme peut être tenté par le démon, par sa propre concupiscence le plus souvent, et nous devons faire usage de notre liberté pour répondre vraiment à l'amour de Dieu, en enfants de Dieu.

 

Or '’l’idéal du bonheur proposé par les Lumières s’oppose à celui qui est solidement en place qui est celui du bonheur chrétien (la tempérance) qui disqualifie le modèle hédoniste (jouisseur et concupiscent) et privilégie la perspective de l’au-delà." (Xavier Martin)

 

L'historien Xavier Martin, professeur émérite de l'histoire du droit, Université d'Angers, décrypte le matérialisme des Lumières :

EXTRAIT de la conférence :

 

Jouir de soi-même’, la dite formule est spécialement harmonisée au génie propre d’un Rousseau, qui en fait grande consommation.

 

‘’L’idéal du bonheur proposé par les Lumières s’oppose à celui qui est solidement en place qui est celui du bonheur chrétien qui disqualifie le modèle hédoniste et privilégie la perspective de l’au-delà.

 

Le révolutionnaire Brissot pose en principe que l’‘on ne jouit que par les sens.’

 

Diderot : ‘Il n’y a qu’un devoir c’est d’être heureux.’

 

Et Voltaire écrit : ‘Jouir de la vie tant qu’on la tient. Car tout le reste est folie.’

 

Mirabeau père : ‘Notre bonheur est notre premier devoir.’

 

Et aussi Sieyès : ‘L’homme est fait pour jouir.’

 

D’Holbach : ‘Jouis, voilà ce que la nature t’ordonne, consent que d’autres jouissent, mets-les à portée de jouir.’

 

Et Chamfort : ‘Jouis et fais choisir, voilà je crois toute la morale.’

 

Ou Sonancour : ‘Jouis, il n’est pas d’autre sagesse; fais jouir il n’est pas d’autre vertu.’

 

N‘est-ce pas assez clair ? On est moins ici dans une perspective de droits subjectifs que dans le devoir, les impératifs, l’impériosité.

 

Mettre ses semblables à la portée de jouir : message bien reçu par Mirabeau fils. ‘Le code social, affirme-t-il en 1776 doit être fondé sur les sensations et par là-même n’a d’autre objet que les jouissances (ce sont ses mots), leur distribution, leur arrangement, leur reproduction et leur multiplication.’

 

Consonant écho chez Condorcet: ‘Principal bienfait du libéralisme, il augmente, dit-il, la masse des jouissances.

 

En un mot, société, satiété, c’est désormais tout un !

 

Cette logique affirmée d’un devoir d’être heureux ici-bas inclut bientôt l’obligation, paradoxale, d’un résultat. Elle se transmet en une logique totalitaire, consubstantielle aux utopies, celle du bonheur obligatoire. Logique totalitaire, qui la Terreur venue, viendra jusqu’à traquer l’expression des visages !

 

Selon un témoin, quand passe en mission un conventionnel, je cite : ‘la tristesse se répand dans tous les coeurs et la gaieté sur tous les visages.’

 

Pour l’abbé Morlaix, quoique ‘philosophe’, un comité de surveillance va fignoler cette question piège : ‘pourquoi étais-tu gai avant le 10 Août 1792, deux ans plus tôt, et triste après ?’ 

 

Le devoir d’être heureux invoqué par Diderot et consorts, est devenu entre-temps, tyrannique, et vital : car on l’a compris, la mine allongée peut bien vous hisser en un tour de main jusqu’au bonheur obligatoire de l’échafaud...’’

(Xavier Martin)

 

Souce video : https://gloria.tv/post/QcbDcYjhAUJm3yaeTCtiHWHd8#1185

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20 février 2023 1 20 /02 /février /2023 20:49

En France Bruno Le Maire déclarait le 1er mars 2022 : "nous allons provoquer l'effondrement de l'économie russe. Nous allons livrer une guerre économique et financière totale à la Russie.”  Or c'est un tout autre scenario que le FMi dessine pour 2023...

Selon le FMI, l'économie britannique va se contracter et enregistrer des résultats pires que ceux de la Russie
Selon le FMI, l'économie britannique va se contracter et enregistrer des résultats pires que ceux de la Russie

L'économie britannique va se contracter et se comporter moins bien que la Russie, selon le FMI
Le Royaume-Uni est en passe de devenir la grande économie la moins performante du monde cette année, selon le Fonds monétaire international. 

L'économie britannique sera moins performante que celle de la plupart des grands pays, y compris la Russie.
L'économie britannique se comportera moins bien que la plupart des grands pays, y compris la Russie ...

Le FMI a déclaré que l'économie se contracterait de 0,6% en 2023, plutôt que de croître légèrement comme prévu précédemment.
L'économie britannique se contractera plus que la Russie, prédit le FMI
L'économie britannique aura la pire performance de toutes les économies du G7, même en dessous de la Russie. Dans sa dernière mise à jour, le Fonds monétaire international ( FMI) a revu à la baisse ses prévisions pour le Royaume-Uni... (1) (2)

Selon les prévisions, l'économie de la Russie devrait croître plus rapidement que celle de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne en 2023. Comment cela est-il possible ?
Une prévision du FMI met des chiffres sur un problème pour l'Occident en ce qui concerne la Russie et sa guerre contre l'Ukraine.

A première vue, elles ressemblent à des erreurs. Cette semaine, les mathématiciens du Fonds monétaire international ont publié des prévisions indiquant qu'au cours de l'année à venir, l'économie de la Russie va croître, tandis que celle de la Grande-Bretagne va se contracter. Et que la Russie connaîtra en fait une croissance plus rapide que l'Allemagne, la puissance économique de l'Europe.

Mais il n'y a pas d'erreur, seulement des événements surprenants, dans tous les pays concernés.

Ces chiffres auraient été difficiles à imaginer au début de la guerre, lorsque les sanctions occidentales ont fait chuter la bourse russe et la monnaie locale, le rouble, et que des centaines d'entreprises internationales - de McDonald's à Boeing - se sont retirées du pays. En mars 2022, la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a prédit avec assurance que "l'économie russe sera dévastée".
 

Et pourtant, nous voici au début de l'année 2023, et le FMI prévoit maintenant que l'économie russe, après s'être contractée de 2,2 % l'année dernière, recommencera à croître en 2023, avec une expansion de 0,3 %, puis de 2,1 % en 2024. Et les grandes puissances européennes ? Le Royaume-Uni devrait se contracter de 0,6 % ; l'Allemagne sera encore dans les chiffres, mais de justesse ; la croissance cette année devrait s'établir à un maigre 0,1 %.

[...]

Ce qui soulève la question : Comment cela est-il arrivé ?

Pour la Russie, de meilleures nouvelles sur le front intérieur ...
La réponse commence par deux histoires économiques distinctes : la première, sur ce qui s'est passé à l'intérieur de la Russie, et la seconde, sur les liens de la Russie avec le monde extérieur.

Les sanctions occidentales ont été conçues pour faire pression sur Moscou tant au niveau national qu'international ; l'idée était d'"entraver" l'économie nationale de la Russie et ses relations commerciales, comme l'a dit le Premier ministre britannique de l'époque, Boris Johnson, fin février 2022. Les restrictions comprenaient des mesures visant à couper la banque centrale russe du système financier international, bloquant son accès à des milliards de dollars d'actifs à l'étranger, et à expulser le secteur bancaire privé du pays du système SWIFT, qui lui permettait d'effectuer des transactions avec ses homologues mondiaux.

 

... et beaucoup de soutien d'autres pays 

Il y a deux raisons principales à cela : La capacité de la Russie à persuader ses principaux partenaires commerciaux d'ignorer les sanctions occidentales ; et les ressources naturelles vastes et variées de la Russie.

La Russie continue d'occuper une position dominante sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz. Elle est également le premier exportateur mondial d'engrais. Et pour de nombreux pays, se détourner soudainement des approvisionnements russes s'est avéré trop coûteux - quelle que soit leur opinion sur la guerre en Ukraine.(3)

Selon le FMI, l'économie britannique va se contracter et enregistrer des résultats pires que ceux de la Russie

Sources

(1) https://www.thetimes.co.uk/article/uk-economic-woes-worse-than-russias-predicts-imf-lmplh5jmq

(2) https://www.independent.co.uk/news/business/uk-recession-economy-g7-imf-warning-b2272434.html

(3) https://www.grid.news/story/global/2023/02/01/russias-economy-is-now-forecast-to-grow-faster-than-germanys-and-britains-in-2023-how-is-that-possible/

 

_____________

En 2015 déjà cela ne leur avait pas servi de leçon : 

Sanctions de l’UE : l’effet boomerang en chiffres

Et en mars 2022, il y a un an, Le Point consacrait un article à ce sujet crucial :

Guerre de Macron en Ukraine et envolée des prix : Les sanctions contre la Russie nous sanctionnent nous-mêmes

Il est temps de se réveiller...

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17 février 2023 5 17 /02 /février /2023 09:47

Le niveau de vie des Français s’effondre relativement à celui de leurs voisins.

https://atlantico.fr/article/decryptage/le-niveau-de-vie-des-francais-s-effondre-relativement-a-celui-de-leurs-voisins-et-voila-les-responsables-pouvoir-d-achat-france-zone-euro-pib-par-habitants-union-europeenne-effondrement-industriel-christian-saint-etienne

https://atlantico.fr/article/decryptage/le-niveau-de-vie-des-francais-s-effondre-relativement-a-celui-de-leurs-voisins-et-voila-les-responsables-pouvoir-d-achat-france-zone-euro-pib-par-habitants-union-europeenne-effondrement-industriel-christian-saint-etienne

L’indicateur le plus neutre est le PIB par habitant tel que publié par Eurostat en niveau réel. C’est d’ailleurs cohérent avec la forte baisse du PIB relatif de la France par rapport à l’Allemagne et l’effondrement industriel de la France depuis 25 ans explique cette forte baisse du revenu français. La tendance au déclin relatif de la France est un peu générale vis-à-vis de tous les pays développés, y compris les Etats-Unis, mais c’est particulièrement notable vis-à-vis de l’Europe du Nord, alors que nous partageons la même monnaie. Jusqu’en 2021, on observait une baisse du niveau de vie des Italiens et des Espagnols. Et depuis un an, la France baisse plus que ces deux pays, les Italiens ayant gardé une industrie puissante et les Espagnols ayant une part de l’industrie manufacturière dans le PIB supérieure à la France.

 

La France n’a rien à vendre à l’international, ou presque. [...]

 

C’est un phénomène très particulier lié ultra majoritairement au fait que le taux d’imposition sur les sociétés est à 12,5 % en Irlande, alors qu’il est à 25 % en France et entre 19 et 25% en Europe. Toutes les GAFAM ont basé leur siège social à Dublin et les ventes de ces sociétés sont comptabilisées comme vendues par l’Irlande, ce qui conduit à surévaluer massivement le PIB Irlandais.

 

Quelles sont les responsabilités politiques de la situation française actuelle ? 

 

[...] Au milieu des années 1990, et plus précisément vers 1995-1997, les élites français politiques, économiques, sociologiques et médiatiques se sont convaincues que nous entrions dans un monde post-industriel, post-travail. L’essentiel de l’activité tournerait autour des services et la production de biens serait secondaire.

[...] Or, et nous le savons depuis plusieurs années maintenant, nous sommes dans un monde hyper-industriel avec une nouvelle révolution industrielle, liée à l’informatique. Cela mène à l’émergence des GAFAM aux Etats-Unis et à l’absence d’équivalent en France.

[...] [L]a nouvelle baisse des impôts de production prévue pour 2023-2024 est intervenue trop tard.

 

[...]  La seule solution sérieuse, c’est de continuer de baisser les impôts de production, éventuellement les impôts sur les sociétés, et réinvestir dans l’industrialisation, ce qu’Emmanuel Macron ne fait pas. Ainsi, sans stratégie de réindustrialisation, la situation ne fait que se dégrader. Cela fait bientôt 30 ans que le paradigme post-travail gouverne la France et la plombe. [...] Tant qu’on ne réindustrialisera pas sérieusement, on continuera d’être dans la situation qui est la nôtre, c’est à dire celle d’un déficit public et extérieur colossal.

 

[...] Les économistes officiels ont une seule obsession : la lutte contre les inégalités, alors même que nous sommes détenteurs du record du monde de la dépense publique, ce qui ne les émeut pas.

 

Comment expliquer cet affaiblissement du pays ? Avons-nous cédé à une certaine pression de la gauche ?

Selon moi, cela remonte encore plus loin. Jean-Jacques Rousseau a causé des dégâts considérables avec cette idée du Contrat Social notamment. Il explique qu’en laissant les autonomies individuelles se développer, des conflits en résulteront. C’est par cela qu’il développe la notion de volonté générale. Il est à la base des analyses, avec Hegel, qui vont conduire au Marxisme et au Léninisme, c’est à dire que quelques-uns doivent décider pour les autres... [C'est-à-dire une oligarchie née en 1792 et qui se perpétue dans ces principes rousseauistes étatistes jusqu'à aujourd'hui. "Jusqu'au bout, les hommes de la Révolution auront refusé de faire des électeurs, même au second degré, les arbitres de la dévolution du pouvoir..." (François Furet, préface in Patrice Gueniffey, Le Nombre et la Raison, La Révolution française et les élections, préface de François Furet, Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales, Paris 1993, p. XI.). En 1789, "[...] (e)n théorie, le nouveau citoyen se voit reconnaître un pouvoir de contribuer à la formation des décisions, ... Mais en réalité, il a moins de prise sur la décision qu'il n'en a jamais eu (Voir P. Gueniffey, Le Nombre et la raison, p. 208-213). En effet, la participation démocratique transfère le pouvoir théoriquement possédé par les individus à une oligarchie composée de professionnels de la politique. Cette oligarchie trie les problèmes et définit les termes dans lesquels ils peuvent être résolus, médiation indispensable pour transmuer la poussière des volontés individuelles en 'volonté collective'. La toute-puissance de la 'machine', ou du parti, est la réalité de la liberté du citoyen moderne. [...] [L]e pouvoir réel se trouve entre les mains du 'cercle intérieur'. [...] [L]e peuple est réellement dépossédé de son pouvoir au profit du parti indispensable au fonctionnement de la démocratie. [...] [L]e mensonge: la dictature d'une minorité prétendant énoncer la Volonté générale au nom du peuple mais à la place du peuple." (Patrice Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 206-207). NdCR.]

 

C’est un sous-jacent majeur dans la pensée politique française. Au XXème siècle, les deux guerres vont également laisser des traces. Nous avons gagné la Première Guerre mondiale, mais au lourd prix de la perte de 15% des hommes de 18 à 35 ans, ce qui affaiblira terriblement le pays. Enfin, la débâcle de 1940 a beaucoup joué sur la perte de confiance de la France et sur sa projection dans le monde. En somme, nous avons une histoire très mouvementée, marquée par le socialisme redistributif et l’idée que le marxisme-léninisme doit décider pour les autres. Tout cela produit un certain univers culturel qui émet notamment l’idée qui suffit de taxer les riches pour réduire le déficit public, sans même comprendre que 80% de la fortune des riches est de la fortune papier. On se retrouve donc dans un contexte culturel et politique qui conduit à un déficit public permanent. 

 

[NdCR. "Le socialisme [...] découle du libéralisme..." Antoine Blanc de Saint-Bonnet, La Légitimité.]

[...] Quelles sont les responsabilités « extérieures » à la France dans cet affaissement du niveau de vie de Français ? 

 

[...] Nous ne pouvons donc pas nous permettre indéfiniment d’avoir des déficits publics et commerciaux, sans quoi nous pourrions avoir un jour une crise de notre balance courante. Il faut donc que les Français se réveillent et se remettent au travail.

 

Du fait de l’affaiblissement Français et de la désindustrialisation, le pouvoir politique européen est passé de la France à l’Allemagne. [...] Avant cela, lorsqu’elle était encore en position de leader en Europe, de 1950 à 2010, elle menait ce qu’on peut appeler une « politique européenne en Europe », c’est à dire une politique bénéfique pour l’ensemble des pays européens. Quand ce leadership est passé de la France à l’Allemagne, ces derniers menaient une « politique allemande en Europe », qui était uniquement favorable à leurs propres intérêts. Ils ont une dent contre la France et ne se gênent pas pour écraser les Français à la moindre occasion. Tout cela conduit à une perte de vitesse de la France. Nous sommes aujourd’hui marginalisés et nous nous retrouvons dans une situation déplorable, avec une dette publique qui augmente massivement. Il va falloir mener des ajustements massifs mais les Français n’y sont pas préparés. De plus, nous sommes depuis 20 ans dans une situation où les élites françaises considèrent l’industrie comme une activité du passé, sans comprendre que sans une industrie puissante il n’est pas possible de peser sur les plans économiques, politiques et stratégiques au niveau européen et mondial.

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12 février 2023 7 12 /02 /février /2023 12:58

La généticienne Alexandra Henrion-Caude annonce sur Twitter la publication de son livre "Les Apprentis sorciers, Tout ce que l'on vous cache sur l'ARN messager", chez Albin Michel. En librairie le 8 mars 2023.

 

Elle explique que si elle "écrit ce livre", c'est parce qu'elle voulait "bénéficier d'un temps long" qui l'affranchissait "de la caricature des médias traditionnels". Cela lui permet aussi de "partager" avec nous ce qu'elle connait de l'ARN, ce qu'elle comprend, "ce qu'on sait, ce qu'on ne sait pas", dire son "admiration pour le vivant qui passe par cette molécule de l'ARN", expliquer que "ces vaccins à ARN messager, technique pour le moins inédite, a été pourtant massivement injectée", décrire "les effets indésirables que nous avons rencontrés, et qui avaient été très précocement listés par Pfizer, plus de 15 000 maladies différentes listées par Pfizer".

 

"Ce livre, explique-t-elle, c'est donc un instant de partage, de vérité et de main tendue, de partage de mes connaissances mais aussi de mes sources, et enfin de l'intégralité de mes droits d'auteurs que j'ai l'honneur de reverser à ceux qui ont énormément souffert pendant cette crise, ceux qui ont fait des choix, qui les ont exclus de la société. Certains les appellent les 'suspendus', je préfère les appeler les essentiels !"

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10 février 2023 5 10 /02 /février /2023 16:30

Libre commentaire de cette video. Blog Christ-roi.

 

La révolution, c'est la violence, c'est la haine dans la division, la contre-révolution c'est la paix, c'est l'amitié, la charité. 

 

"La contre-révolution ne sera point une révolution contraire, mais le contraire de la révolution." (Joseph De Maistre.) 

 

La paix est ‘’contre-révolutionnaire’’ puisque en 1789 c'est la violence et en 1792 la guerre qui ouvrent la voie à la révolution.

 

Jacques-Pierre Brissot appelait à la guerre "révolutionnaire" "pour libérer les peuples". Jusque-là, cet anglomane s'était illustré comme "philanthrope" "ami de l'humanité", grand créateur et financeur de sociétés dites "philosophiques", en réalité véritables postes centraux maçonniques disséminés  sur l'ensemble du territoire.

 

"La guerre de la liberté, dit-il le 16 décembre 1791, est une guerre sacrée, une guerre commandée par le ciel; et comme le ciel elle purifie les âmes. [...] Au sortir des combats, c'est une nation régénérée, neuve, morale; tels vous avez vu les Américains: sept ans de guerre ont valu pour eux un siècle de moralité.

 

"[...] La guerre seule peut égaliser les têtes et régénérer les âmes." (Jacques-Pierre Brissot de Warville, discours du 16 décembre 1791, cité in L. JAUME, Le Discours jacobin et la démocratie, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1989, p. 71.)

 

Les Brissotins (ou "Girondins") avaient voulu, en déclarant la guerre à l'Autriche (20 avril 1792), porter un coup fatal à la monarchie, en se réjouissant par avance de la défaite militaire de la France, qui établirait enfin la preuve de la "trahison du roi"... (P. GUENIFFEY, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, pages 176, 227 et 670).

 

À propos de la "conspiration du 10 août" 1792, dite "insurrection du 10 août" [journée au cours de laquelle fut envahie et prise d'assaut l'Assemblée ainsi que le Palais des Tuileries, siège du pouvoir Exécutif], Lucien Jaume dans Le Discours jacobin et la démocratie, parle d"insurrection" qui "n'est pas spontanée", d'"une collusion supposée entre Lafayette et les amis de Brissot", d'un "Directoire secret" dont les "manifestants" "ont été préparés politiquement et militairement . ["Une synthèse a été fournie par G. Maintenant", Les Jacobins, coll. Que sais-je? PUF, Paris 1984, p. 52-58].

 

L'abbé Barruel parle quant à lui d'une "conspiration" "ourdie par Brissot" : "dès lors, on les entend dire dans leur club, ce que Brissot écrivait ensuite aux généraux de sa Révolution: "Il faut incendier les quatre coins de l'Europe, notre salut est là" (Voyez Considér. sur la nature de la Révol. par M. Mallet du Pan, p. 37).

 

"L'historien pourra trouver toute l'histoire de cette atroce révolution du 10 août, dans les discours du député Louvet (journaliste, conventionnel régicide, député aux Cinq-Cents) :

 

"Nous la voulions (cette guerre), nous autres jacobins, parce qu'à coup sûr la paix tuait la république...'" (Jean-Baptiste Louvet, dit Louvet de Couvray, cité in A. BARRUEL, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, Éditions de Chiré, Chiré-en-Montreuil 2005, tome 2, p. 473.)

 

"Pour faire voter la guerre, Brissot prétexta vouloir exporter notre révolution en Europe et en Angleterre. [Étienne DUMONT, Souvenirs sur Mirabeau et sur les deux premières assemblées législatives, Meline, Bruxelles, 1832, p. 304, 376-381; Giraud de SOULAVIE, Mémoires historiques et politiques du règne de Louis XVI, V.5 p. 119, 305, V 6 p. 411,413 in Pierre DOUAT, Histoire secrète de la Révolution française, Amazon, Brétigny-sur-Orge 2022, p. 137.]

 

"La guerre avait également chez Brissot une visée économique : "Enfin, n'y a-t-il pas un commerce au milieu des guerres ?"

 

"[...] Il faut cependant signaler que les "brissotins" ne furent pas les seuls initiateurs de la guerre; comme l'ont signalé F. Furet et D. Richet (La Révolution française), c'est tout le courant d'esprit démocratique en France qui s'enflamma pour elle..." (L. JAUME, ibid., p. 73.)

 

Nous subissons la révolution et la vivons actuellement, les élites mondiales doivent créer des guerres pour créer, façonner leur NWO, Nouvel ordre mondial, le nouveau paradigme par la guerre, par la violence, par la révolution.

 

En 1789, déjà, Brissot invoquant l'autorité de Machiavel, rétorqua à Clermont-Tonerre : "Rappelez-vous, l'axiome : 'qui veut la fin, veut les moyens'" (in Le Patriote français, n° 201, 25 février 1790, p. 5-8, cité in P. GUENIFFEY, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 89).

 

"Il (Adam Weishaupt) avait inventé ce principe : 'La fin sanctifie les moyens', il l'appliquait au vol que ses adeptes pouvaient faire et faisaient dans les bibliothèques des princes ou des religieux. [...] Nous verrons la secte en faire des applications bien plus importantes. [...]" (A. BARRUEL, ibid., p. 102).

 

Vous demandez-vous alors ce que l'on cache derrière le culte de l'Être suprême et celui de la déesse raison ? Observez : la république a semé la mort partout sur son passage. Son objectif est la haine de Dieu. Sa méthode est le mensonge et l'homicide. Oubliez ce que vous a raconté l'Education nationale à longueurs d'années ! Découvrez la "Terreur" (comme elle s'appelait elle-même), les "Massacres de Septembre" (1792) suivant la conspiration du 10 août, découvrez le génocide vendéen. Comme le dit Clémenceau "ce que nos aïeux ont voulu nous le voulons encore. [...] Nous n'avons pas changé." Oeils crevés, mains arrachées : pour les Gilets jaunes, à quand le retour des "colonnes infernales"?

 

Dans leurs négociations avec Charette, les Bleus mentent, trahissent.

 

Ainsi disait le président Chirac : "Les promesses n'engagent que ceux qui y croient." Le régime que la chouannerie affronte est menteur et homicide dès le commencement. 

 

"La république pour s'établir a besoin de sa propre religion qu'ils vont appeler la 'laïcité', c'est tout un courant que l'on trouve à la fois dans la cabale, dans l'illuminisme, tout homme peut devenir un Christ républicain. Religion contre la religion catholique, qui dédivinise Jésus." (Vincent Peillon. Sources 1, 2)

Le menteur n’est-il pas celui qui refuse que Jésus soit le Christ ? Celui-là est l’anti-Christ : il refuse à la fois le Père et le Fils.

1 Jean 2,22

Aux dominations politiques, les prophètes donnent le nom de bête. Ainsi donc, ce qu'affrontent les Vendéens ce n'est pas n'importe quelle tyrannie, c'est la bête finale, celle dont l'Ecriture nous dit qu'elle ouvre la bouche pour proférer des blasphèmes contre Dieu. Ils ont identifié la bête et ont refusé de l'adorer. Car S. Jean nous prévient : adorer la bête consiste à estimer que personne n'est semblable à elle. C'est donc lui donner la priorité sur Dieu, affirmer que personne ne peut la combattre et donc ne pas la combattre, c'est en faire la souveraine, la toute-puissante. Car demander qui est semblable à la bête et qui peut combattre contre elle c'est pousser à l'admirer.

Et, devant elle, on se prosterna aussi, en disant : "Qui est comparable à la Bête, et qui peut lui faire la guerre ?"

Ap 13,4

La bête se présente donc comme un empire politique qui dissimule son intention, faire oublier Dieu pour être adorée à sa place, dans de sordides parodies... 

 

Charette, par son exemple, nous montre que nous ne pouvons servir deux maîtres, c'est l'homme de l'Évangile.

ll lui fut donné (à la bête) de faire la guerre aux saints et de les vaincre, il lui fut donné pouvoir sur toute tribu, peuple, langue et nation.

Ap 13,7

Les Vendéens ont vaincu. Est-il possible de l'expliquer si vous ne comprenez pas encore ?

 

Vous demandez pourquoi Dieu ne leur a-t-il pas donné la victoire ?

 

Dieu lui a donné la victoire, la victoire spirituelle.

 

Ils ont obtenu pour eux, ce pour quoi ils ont combattu, la liberté de l'homme intérieur. Ils n'ont pas dilapidé leur héritage, ils ont rejoint les saints dans la patrie et ont transmis la flamme encore plus vive.

Le partage du destin de mort sera, pour les disciples, la condition de leur accès au Royaume. Cf. Mc 10,39

François-Xavier DURRWELL, La Trinité, Le Père engendre le Fils dans l'Esprit, Cerf, Paris 2021, p. 49, 55,57,62,65

Aux yeux de l’insensé, ils ont paru mourir ; + leur départ est compris comme un malheur, et leur éloignement, comme une fin : mais ils sont dans la paix. Au regard des hommes, ils ont subi un châtiment, mais l’espérance de l’immortalité les comblait. Après de faibles peines, de grands bienfaits les attendent, car Dieu les a mis à l’épreuve et trouvés dignes de lui. Comme l’or au creuset, il les a éprouvés ; comme une offrande parfaite, il les accueille.

Livre de la Sagesse 3, 3-6

En laissant la république s'installer, ce n'est pas à eux mais à nous que Dieu a refusé la victoire.

 

Je m'interroge donc pourquoi Dieu donne-t-il la victoire à Charette et me la refuse à moi ? Mais sommes-nous présents sur le champ de bataille ? Charette est-il notre commandant sous l'étendard du Christ ? Le général Charette nous met sur la piste : "On n'abdique pas l'honneur d'être une cible !"  

Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera.

Marc 8,35

La flamme est transmise: l'homme est un être spirituel dont la destinée n'est pas ici bas. C'est donc la victoire intérieure qui compte. Elle passe par le combat ici bas, pour que d'autre puisse eux aussi vaincre intérieurement. Les grands événements nous obligent à sortir de notre indolence ou à entrer dans le mensonge. Impossible de cacher la lumière que les vendéens ont transmis.

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10 février 2023 5 10 /02 /février /2023 16:15

Biden, visiblement très remonté, menace la Chine et le monde :

 

‘’Je veux travailler avec la Chine, où nous pouvons faire avancer les intérêts américains, et en faire profiter le monde. Mais ne vous y trompez pas, comme nous l'avons clairement indiqué la semaine dernière, si la Chine menace notre souveraineté, nous agirons pour protéger notre pays, et nous l'avons fait. Ecoutez, soyons clairs. Gagner cette compétition devrait tous nous unir, nous sommes confrontés à de sérieux défis, à travers le monde. Mais au cours des deux dernières années les démocraties sont devenues plus fortes et non plus faibles. Les autocraties sont plus faibles, et non plus fortes. Nommez-moi un leader mondial qui ait changé de place avec Xi Jinping. Nommez-en un ! L'Amérique rassemble le monde pour relever les défis, du climat à la santé mondiale, l'insécurité alimentaire, le terrorisme, les agressions territoriales. Les alliés intensifient leurs efforts, leurs dépenses.

 

Regardez, des ponts se construisent entre les partenaires du Pacifique et ceux de l’Atlantique, et ceux qui parient contre l’Amérique apprennent à leurs dépens à quel point ils se trompent. Cela n’a jamais, jamais été un bon pari de parier contre l’Amérique. Jamais.’’

Et, devant elle, on se prosterna aussi, en disant : ''Qui est comparable à la Bête, et qui peut lui faire la guerre ?''

Ap 13,4

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5 février 2023 7 05 /02 /février /2023 17:11

Valery Giscard d'Estaing disait qu'"au-delà de 40% de prélèvements obligatoires (en proportion du PIB), nous basculerons dans le socialisme.''

 

Eric Anceau, auteur de ''Histoire mondiale des Impôts'' (éditions Passés composés), était l'invité de Sud Radio, le 2 février 2023. Dans cette émission, il a expliqué notamment qu'aujourd'hui nous sommes à "46% de taux de prélèvement obligatoire" !

 

"C'est cela qui est absolument faramineux, ces taxes (sous Louis XVI, gabelles, dîmes et autres) dont je vous parle là ne représentent que moins de 10% du travail des gens...

 

"... Au XIXe siècle c'est 5% de part du PIB, autant que les historiens de l'économie et des finances puissent le chiffrer ! À la veille de la guerre de 1914 on est déjà à 10%, et aujourd'hui, on l'a dit, on est de l'ordre de 45%. Donc, vous voyez un peu l'inflation !"

 

Note du blog Christ Roi. Tout enlevé, en fait, on travaille six mois de l'année pour le gouvernement de la république ''libre'' ! L'esclavage pour dette (à rembourser), soit-disant aboli, est rétabli de facto

Sous Louis XVI, "les taxes représentent moins de 10% du travail des gens" (Sud Radio - Eric Anceau, Histoire mondiale des Impôts)
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31 janvier 2023 2 31 /01 /janvier /2023 00:00
Saint Jean Bosco, Fondateur et éducateur (+ 1888)

C'était un fils de pauvres paysans piémontais.

 

Adolescent, il joue à l'acrobate pour distraire sainement les garnements de son village.

 

Devenu prêtre à force de sacrifices, il se dévoue aux jeunes ouvriers de Turin abandonnés à eux-mêmes. Il crée pour eux un centre de loisirs, un patronage, puis un centre d'accueil, puis des ateliers. Rien de tout cela n'était planifié à l'avance, mais ce sont les besoins immenses qui le pressent.

 

Jamais il ne refuse d'accueillir un jeune, même si la maison est petite, même si l'argent manque. Plutôt que de refuser, il multipliera les châtaignes comme son maître multipliait les pains en Palestine. Sa confiance absolue en la Providence n'est jamais déçue. Ses "enfants" seront bientôt des centaines et tous se feraient couper en morceaux pour Don Bosco.

 

Sa mère, Maman Marguerite, vient s'installer près de lui et jusqu'à sa mort, elle leur cuira la polenta et ravaudra leurs vêtements.

 

Très marqué par la spiritualité de saint François de Sales, Jean Bosco invente une éducation par la douceur, la confiance et l'amour.

 

Il eu un jour la vision de l'Église dans une terrible tempête, ancrée aux piliers de Notre Seigneur, de l'Eucharistie et de la Vierge Marie Immaculée

Saint Jean Bosco, Fondateur et éducateur (+ 1888)

Pour ses garçons, il fonde l'Oratoire, l’œuvre, qui sera à l'origine de la congrégation des prêtres salésiens.

 

Pour les filles, il fonde la congrégation de Marie-Auxiliatrice.

 

Don Bosco mourra, épuisé, en butte à l'hostilité de son évêque qui ne le comprend pas, mais entouré de ses disciples.

 

Don Bosco est béatifié le 2 juin 1929 et canonisé le 1er avril 1934.

 

En 1958, Pie XII le proclame patron des apprentis.

 

Il est proclamé "Père et maître de la jeunesse" par saint Jean-Paul II en 1988. (Sœurs Salésiennes de Don Bosco)

 

Mémoire de saint Jean Bosco, prêtre. Il connut une enfance pauvre et dure, et après son ordination, il mit à Turin toute son énergie à l'éducation des jeunes et fonda la Société de Saint-François de Sales et, avec l'aide de sainte Marie-Dominique Mazzarello, l'Institut des Filles de Marie Auxiliatrice, pour enseigner aux jeunes un métier et la vie chrétienne. Après avoir réalisé tant de projets, il mourut à Turin en 1888.  Martyrologe romain

Sources: Nominis; Wikipedia

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30 janvier 2023 1 30 /01 /janvier /2023 10:00
Sainte Bathilde, reine de France et moniale à Chelles (VIIe siècle)

Fille d'un roi anglo-saxon, Bathilde naît en Angleterre, au VIe siècle, en 630. Toute jeune encore, à la suite d'une guerre, elle fut enlevée par des pirates, vendue comme esclave et achetée à vil prix par un seigneur de la cour du roi franc Clovis II. Le jeune roi, charmé de ses vertus, sa prudence, sa charité envers les pauvres, la demanda en mariage en 649.(1) "Une esclave, lui dit le roi, ne saurait s'asseoir sur le trône de France : je vous déclare libre, et libre aussi de refuser ma main".(2) Ce choix providentiel devait avoir pour résultat la gloire de la France. Clovis II se reposa entièrement sur elle du gouvernement de sa maison.

 

Loin de s'enorgueillir de son élévation, Bathilde conserva sur le trône la simplicité de sa vie ; mais elle révéla la plus noble intelligence, les plus hautes qualités et une dignité égale à sa situation. Humble servante et prudente conseillère de son époux, aimant les évêques comme ses pères et les religieux comme ses frères, généreuse pour les pauvres, qu'elle comblait d'aumônes, avocate des malheureux, des veuves et des orphelins, fondatrice de monastères, d'un zèle extraordinaire pour le rachat des captifs et l'abolition de l'esclavage : telle fut, sur le trône, la digne émule de sainte Clotilde.

 

Au milieu de la cour, elle trouvait le temps de vaquer à l'oraison et de s'adonner à tous les devoirs de la piété ; détachée des grandeurs d'ici-bas, elle n'aspirait qu'à prendre un libre essor vers les délicieuses retraites de la prière et du recueillement.

 

La prohibition et la disparition de l'esclavage

 

"Sous les conseils de Saint Éloi, et très certainement marquée par son enfance, elle va tout faire pour l'interdiction définitive des marchés d'esclaves sur ses terres, provoquant la disparition de l'esclavage dans les royaumes francs."(3)

 

Illustration. "À titre privé, elle achète des captifs qu'elle libère ou qu'elle fait entrer dans les monastères. Le concile de Chalon-sur-Saône (650) se fait l'écho de cette sollicitude donnant force de loi canonique à des dispositions légales (comme les prohibitions de ventes d'esclaves)."(4)

 

"Clovis mourra jeune, après être tombé dans la démence. Bathilde a pris en main les affaires du royaume et, lorsqu'elle devient veuve, l'an 656, son fils aîné n'ayant que cinq ans, c'est elle qui gouverne. La tradition lui attribue une décision capitale dans l'histoire des moeurs: elle interdit les marchés d'esclaves, ce qui revient à prohiber l'esclavage sur ses terres." (5) (Régine Pernoud)

Sainte Bathilde, reine de France et moniale à Chelles (VIIe siècle)

La mort de son époux lui imposa des obligations nouvelles, et pendant l'enfance du jeune roi Clotaire, son fils, elle dut porter tout le poids de l'administration d'un vaste royaume. Si elle le fit avec une haute sagesse, ce ne fut pas sans grandes épreuves. Sa vertu s'épura dans la tribulation, et c'est sans regret qu'elle put enfin se décharger de la régence et entrer comme simple religieuse au monastère de Chelles, qu'elle avait fondé. Alors, enfin, elle put se livrer tout entière à l'action de grâce et s'adonner à la pratique des plus héroïques vertus. Elle vécut dans le cloître comme une simple religieuse, on ne la distingua que par son humilité, son obéissance et sa charité pour les malades.

 

 "Il me semble, disait-elle, que le plus grand bonheur qui puisse m'arriver, c'est d'être foulée aux pieds de tout le monde."

 

Dieu l'éprouva elle-même par des maladies, qu'elle souffrit avec joie

 

À sa mort, en 680, ses sœurs virent monter son âme au Ciel, et entendirent les anges célébrer son triomphe par de suaves harmonies.(6) Elle fut inhumée dans un mausolée placé au fond de l'abside orientale de l'église de la Sainte-Croix près de l'abbaye de Chelles.

 

(au terme de ses actes glorieux dans le siècle, elle a recherché la perfection évangélique, et telle une servante de Dieu a achevé sa vie en moniale). »

— antienne du Benedictus de l'office auprès de l'ancienne abbaye de Chelles

 

Quand l'heure de sa mort arriva, la Légende dorée raconte qu'elle eut la vision d'une échelle dressée devant l'autel de la Vierge Marie, touchant ainsi le ciel et pénétrant ses secrets en compagnie des anges. (Dictionnaire encyclopédique de Marie, par Pascal-Raphaël Ambrogi)

 

Cette sainte reine mérovingienne fut entourée d'un culte par les premiers membres de la maison carolingienne. Bathilde fut canonisée au XIe siècle par le pape Nicolas II. La fête de sainte Bathilde est le 30 janvier.

 

Bathilde apparaîtra comme personnage dans des romans médiévaux comme Theseus de Cologne ou Ciperis de Vignevaux (XIVe siècle).(7)

 

Attributs

 

L'un des attributs de sainte Bathilde est le balai, celui de la petite servante ou celui de l'humble moniale; l'autre est l'échelle, allusion à sa vision, ou bien au nom du monastère.(8)

Sainte Bathilde, reine de France, par Victor Thérasse (1848)

Sainte Bathilde, reine de France, par Victor Thérasse (1848)

Sources

 

(1) Mgr Paul GUERIN, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Argenté-sur-Plessis 2003, p. 63

(2) Marc Lefrançois, Histoires insolites des Rois et Reines de France, City Edition, 2013

(3) Laurent Feller, Église et société en Occident: VIIe-XIe siècle, Armand Colin,

(4) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 30

(5) Régine Pernoud, Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ? Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984, p. 204-205

(6) L'Evangile au quotidien

(7) Wikipedia

(8) Calendrier Perpétuel, Les Saints en 365 jours, Chêne Edition

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29 janvier 2023 7 29 /01 /janvier /2023 09:47

À l'intérieur de cette guerre civile (1793-1796), il y a un système d'extermination conçu au plus haut niveau de l'État, mise en œuvre au plus haut niveau de l'État, avec des services d'État qui sont l'administration et l'armée française s'inscrivent dans cette logique, en reprenant le mot de l'époque, d'''extermination'' de la population de la Vendée et de l'"anéantissement" de son territoire. Pour mettre en œuvre cette politique d'"extermination" et d'"anéantissement", l'État s'est refugié derrière trois lois qu'il a fait voter en consciences partagées, puisque ce sont des lois.

Reynald Secher

François Athanase Charette de La Contrie, huile sur toile de Paulin Guérin, 1819, musée d'Art et d'Histoire de Cholet

François Athanase Charette de La Contrie, huile sur toile de Paulin Guérin, 1819, musée d'Art et d'Histoire de Cholet

Tout ce qui est dit dans ce film ("la guerre de Vendée et le système d'extermination") est exact. Le scandale, il n'est pas là, le scandale justement est que l'on ne connaisse pas cela. Cette œuvre (cinématographique) met un terme à ce que j'appelle le ''mémoricide''. Tout ce qui est dit à travers de ce film est exact. Bien entendu, c'est présenté sous l'angle romanesque, mais c'est le roman de ces héros comme Charette ou d'autres que l'on pourrait citer comme Cathelineau, etc. Parce que leurs vies sont des vies de héros.

Reynald Secher

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28 janvier 2023 6 28 /01 /janvier /2023 09:08
Réintégrons les suspendus

15 septembre 2021 - 28 janvier 2023, 500 jours. La France est le dernier pays d'Europe à ne pas réintégrer ses soignants non injectés.

Leur liberté c'est d'obéir au risque d'être banni de la société. C'est clair, non?

Source video : Twitter

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28 janvier 2023 6 28 /01 /janvier /2023 00:05
Saint Charlemagne

Voici quelle est notre tâche. À l'extérieur, protéger, les armes à la main, avec le secours de la grâce divine, la sainte Église du Christ de l'invasion des païens et de la dévastation des infidèles; et à l'intérieur, défendre le contenu de la foi catholique.

Charlemagne cité dans Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 141-142

Petit-fils de Charles Martel, Charlemagne est roi des Francs, roi des Lombards, fondateur & empereur d’Europe (1), fondateur des écoles au concile de Mayence (813), Patron des écoliers, instituteurs et professeurs. 

 

"Defensor Ecclesiae", Charlemagne mit au service de l'Eglise son pouvoir en identifiant totalement la société civile et la société religieuse. 

 

Sous son règne, l'art des manuscrits s'enrichit considérablement avec les enluminures mais surtout la minuscule Caroline. Le monachisme et l'instauration de la Règle de Saint Benoît conduisent à la fondation de nombreux monastères et écoles dans tout l'empire.

 

De nombreux érudits de toute l'Europe viennent à la Cour de Charlemagne, et en y partageant leurs connaissances.

"La lumière de la tradition chrétienne éclaire la Renaissance carolingienne. Alcuin (735-804) dirige l'École du palais à Aix-la-Chapelle et celle de Tours. Sous son autorité, des écoles sont fondées dans toute l'Europe. [...] Alcuin [...] reste un augustinien. [...] L'École du Palais copie les manuscrits des auteurs latins, qui, par les monastères atteindront les grands classiques français. Alcuin inscrit pour plusieurs siècles la culture de l'Occident dans la catholicité. Les Germains découvrent la culture antique grâce aux chrétiens. Cette culture est christianisée et transmise par les moines aux poètes et littérateurs futurs. La littérature des Temps féodaux est même si riche de culture antique qu'il est mensonger de parler de Renaissance littéraire au XVe siècle." (Alain PASCAL, La Guerre des Gnoses, Les ésotérismes contre la tradition chrétienne, tome2, Islam et Kabbale contre l’Occident chrétien, éd. Cimes, 2e éd. revue et augmentée, Paris 2015, p. 97.)

 

La loi (privilèges, droits, coutumes) est "intangible", elle "appartient au peuple" et le roi ne peut y "toucher quant au fond." "En 792, il (le roi) évoque les nombreuses plaintes de ceux qui 'n'ont pas conservé leur loi'. Si quelqu'un dit qu'on lui a refusé le bénéfice de sa loi, écrit le roi, les missi doivent bien dire que ce n'est ni la volonté ni l'ordre du roi. On punira le missus ou le comte qui aura confondu les lois. Pour limiter les contentieux, le roi prescrit que l'on fasse enquête pour savoir 'quelle est la loi de chacun, d'après son nom' ! En fait, "lorsque le roi ajoute aux lois, c'est pour clarifier les ambiguïtés et combler les lacunes, non pour changer le sens de la législation." (2)

 

Au moment de mourir, Charlemagne dit à ses fils : 

‘’Prenez soin de la défense du Saint-Siège, ainsi que l’ont pris notre aïeul Charles Martel, notre père le roi Pépin, et Nous par après eux. Efforcez-vous de le défendre autant que le requiert la raison !’’’(3)

Antoine Blanc de Saint-Bonnet, La Légitimité, Tournai Vve H. Casterman, Rome 1873, p. 34

Frédéric Ier, surnommé Barberousse, empereur germanique, fit canoniser Charlemagne en 1165 par Pascal III, un anti-pape. Mais si Frédéric Barberousse voyait dans cette canonisation un geste d’une grande portée politique en sa faveur, il n’en demeure pas moins que la canonisation de Charlemagne fut accomplie d’une manière tout à fait conforme au droit de l’époque, par des pasteurs légitimes. En effet, jusqu’à ce moment-là, les canonisations n’étaient pas réservées au Saint-Siège et n’étaient pas accomplies selon les procédures que nous connaissons aujourd’hui (lesquelles ont été définitivement fixées au XVIIIe siècle par le pape Benoît XIV 1740-1758, et ont été ensuite simplifiées à la fin du XXe siècle). Au XIIe siècle donc encore, comme pendant tous les premiers siècles de la Chrétienté, ce que nous appelons aujourd’hui une "canonisation" consistait en une cérémonie solennelle que l’on appelait souvent "élévation (ou exaltation) des reliques", puisque il y était procédé, par l’évêque du lieu (ou le métropolitain), en reconnaissance de la sainteté d’un personnage et des miracles accomplis sur sa tombe, au placement de ses restes mortels dans une châsse que l’on disposait sur un autel. Dès lors, ces reliques seraient publiquement honorées et le saint auquel elles avaient appartenu ferait l’objet d’un culte officiel, ce qui était confirmé par la proclamation de la date à laquelle on célébrerait dorénavant sa fête. A cette époque, il n’y avait pas non plus de distinction entre "bienheureux" et "saint". L’élévation des reliques de Charlemagne eut lieu le 29 décembre 1165, et fut accomplie de manière régulière par l’archevêque Renaud de Dassel, de Cologne, et par l’évêque Alexandre II, de Liège. Il est vrai qu’ils reçurent pour cela l’aval d’un décret de l’antipape Pascal III. (4)

 

Sainte Jeanne d’Arc en personne aurait dit au roi Charles VII : "Saint Louis et saint Charlemagne sont à genoux devant Lui, faisant sa prière pour vous". Louis XI décide de fêter la saint Charlemagne le 28 janvier et de faire de cette journée un jour férié célébré comme un dimanche.

 

Beaucoup de diocèses du nord de la France le mirent à leur calendrier et en 1661, l'Université de Paris le choisit pour patron.

 

Actuellement, Aix-la-Chapelle en Allemagne, fait vénérer ses reliques, mais l'Église a retiré de son calendrier l'empereur qui convertit les Saxons par l'épée plutôt que par la prédication pacifique de l'Evangile.

 

Comme l’a très bien fait observer Dom Guéranger dans la notice qu’il a consacrée au Bienheureux Charlemagne, les contestations ne se firent jour que sous l’influence et en conséquence du poison que l’hérésie protestante distilla dans la Chrétienté.

 

Le titre de bienheureux a été toléré par le pape Benoît XIV (5), qui trancha de manière non équivoque : là où ce culte était établi, on ne pouvait ni le blâmer ni l’éradiquer ; et l’on pouvait l’honorer et l’invoquer comme "Bienheureux Charlemagne". 

 

L’extension du culte est toutefois définitivement limitée par le pape Pie IX en 1850.(6)

 

"Quand bien même on admettrait que ce grand prince eût commis des fautes, c'est aux premières années de son règne qu'il faudrait les reporter; alors il serait juste, en même temps, de considérer dans le reste de sa vie les traces admirables de la plus sincère pénitence. N'est-ce pas un spectacle merveilleux que devoir un si grand guerrier, parvenu à la monarchie universelle, s'exercer continuellement, non seulement à la sobriété, si rare dans sa race, mais encore à des jeûnes comparables à ceux des plus fervents solitaires, porter le cilice jusqu'à la mort, assister de jour et de nuit aux Offices de l'Eglise, jusque dans ses campagnes, sous la tente ; secourir par l'aumône, qui, comme parle l'Ecriture, couvre la multitude des péchés, non seulement tous les pauvres de ses Etais, qui venaient implorer sa charité, mais jusqu'aux chrétiens de l'Afrique, de l'Egypte, de la Syrie, de la Palestine, en faveur desquels il épuisa souvent ses trésors? Mais, ce qui dépasse tout, et nous découvre dans Charlemagne, d'un seul trait, l'ensemble des vertus chrétiennes que l'on peut désirer dans un prince, c'est qu'il ne parut avoir reçu le pouvoir suprême que pour le faire servira l'extension du règne de Jésus-Christ sur la terre." (Dom Gueranger, Année Liturgique, 28 janvier)

https://twitter.com/CercleRoi/status/1619250261419233283/photo/1

https://twitter.com/CercleRoi/status/1619250261419233283/photo/1

Sources 

(1) https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/Saint-_Charlemagne/32800

(2) Jean Favier, Charlemagne, Texto, Le Goût de l'histoire, Lonrai 2013, p. 334-348 

(3) Antoine Blanc de Saint-Bonnet, La Légitimité, Tournai Vve H. Casterman, Rome 1873, p. 34

(4) http://leblogdumesnil.unblog.fr/2014/01/28/2014-13-du-bienheureux-charlemagne-roi-des-francs-et-empereur-doccident/

(5) https://nominis.cef.fr/contenus/saint/520/Bienheureux-Charlemagne.html

(6) https://fr.aleteia.org/2018/01/28/28-janvier-la-quasi-fete-du-quasi-saint-charlemagne/

 

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21 janvier 2023 6 21 /01 /janvier /2023 20:00
"Les prières funèbres peuvent paraître superflues quand il s’agit d’un chrétien qu’on croit avoir mérité la palme du martyre" (Pie VI sur le Saint Roi Martyr Louis XVI)

 

« Qui pourra jamais douter que ce monarque n’ait été principalement immolé en haine de la Foi et par un esprit de fureur contre les dogmes catholiques ? [...]

 

On s’est efforcé, il est vrai, de charger ce Prince de plusieurs délits d’un ordre purement politique. Mais, le principal reproche qu’on ait élevé contre lui, portait sur l’inaltérable fermeté avec laquelle il refusa d’approuver et de sanctionner le décret de déportation des prêtres, et la lettre qu’il écrivit à l’Évêque de Clermont pour lui annoncer qu’il était bien résolu de rétablir en France, dès qu’il le pourrait, le culte catholique. Tout cela ne suffit-il pas pour qu’on puisse croire et soutenir, sans témérité, que Louis fut un martyr ? [...]

 

Ah ! France ! Ah ! France ! toi que nos prédécesseurs appelaient le miroir de la chrétienté et l’inébranlable appui de la foi, toi qui, par ton zèle pour la croyance chrétienne et par ta piété filiale envers le siège apostolique, ne marche pas à la suite des autres nations, mais les précède toutes, que tu Nous es contraire aujourd’hui ! De quel esprit d’hostilité tu parais animée contre la véritable religion ! [...]

 

Ah ! encore une fois, France ! Tu demandais même auparavant un Roi catholique. Tu disais que les lois fondamentales du Royaume ne permettaient point de reconnaître un Roi qui ne fut pas catholique, et c’est précisément parce qu’il était catholique que tu viens de l’assassiner ! [...]

 

Nous célébrerons [un Service solennel] pour le repos de l’âme du Roi Louis XVI, quoique les prières funèbres puissent paraître superflues quand il s’agit d’un chrétien qu’on croit avoir mérité la palme du martyre, puisque Saint Augustin dit que l’Église ne prie pas pour les martyrs, mais qu’elle se recommande plutôt à leurs prières… »

 

Pie VI en réaction à la mort du Roi Louis XVI le 21 janvier 1793.

Discours du Pape Pie VI sur le martyre du roi Louis XVI

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21 janvier 2023 6 21 /01 /janvier /2023 18:11
Benoît XVI : sur le remède à l'auto-démolition de l'Occident. Entretien exclusif avec Marcello Pera

Dans un entretien exclusif donné à l'"Observatoire International Cardinal Van Thuan", cité par Stilum Curiae de Marco Tossati et traduit par GloriaTv, le philosophe et homme d'Etat italien Marcello Pera évoque le "grand" Joseph Ratzinger et résume la papauté de Benoît XVI en ces termes : "un saint pour avoir accompli un miracle collectif : avoir stoppé et inversé l'auto-démolition de l'Occident chrétien".

Veuillez trouver ci-dessous chers lecteurs notre traduction personnelle améliorée. 

Christ Roi.

 

***

 

Le dernier jour de l'année civile - le jour où l'Église célèbre saint Sylvestre, le pape de Constantin et du concile de Nicée - le pape Benoît XVI a mis fin à son pèlerinage terrestre.

 

Avec la mort de Benoît XVI, non seulement il nous laisse un excellent théologien et un grand intellectuel européen, mais c'est aussi la fin d'une époque, celle du Concile Vatican II (et des troubles de l'après-Concile), et peut-être aussi celle de l'Église comme âme d'une civilisation. Avec saint Sylvestre Ier, l'Église est devenue l'âme de l'Empire romain, de la Grande-Bretagne à l'Égypte, de la péninsule ibérique à la Syrie, de l'Atlantique à la mer Noire. Aujourd'hui, l'Église dirigée par Jorge Mario Bergoglio a complètement renoncé à façonner, informer et guider une civilisation. L'idée même de societas christiana ou de civilisation chrétienne est étrangère à la dérive théologico-idéologique et pastorale incarnée par le pontificat de François, qui semble plutôt proposer le paradigme inverse avec le monde, compris sociologiquement, élevé à une place théologique à laquelle conformer l’Église, la doctrine et la prédication.

 

Joseph Ratzinger, en revanche, en tant que théologien et Cardinal Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, puis en tant que Pontife Romain, a toujours eu à cœur l'identité chrétienne de l'Europe et de la Magna Europa, n'a jamais cédé à l'idée que la civilisation chrétienne devait être archivée comme quelque chose de dépassé, a toujours voulu réaffirmer l'inséparabilité de la foi et de la raison, de la foi et de la culture, et donc la nécessaire civilisation du christianisme.

 

Très chère au penseur Ratzinger était la rencontre providentielle entre la Révélation divine et le logos grec (et le ius romain), c'est-à-dire entre la Parole de Dieu et la spéculation rationnelle classique capable d'atteindre les sommets de la métaphysique ainsi que la rigueur de la dialectique et de la logique analytique, la loi morale naturelle et une véritable anthropologie-psychologie. Ratzinger s'est vigoureusement opposé au processus de déshellénisation du christianisme qui se déroulait dans l'Église depuis plus d'un demi-siècle ; en effet, il a réaffirmé la providentialité de la rencontre entre le classicisme gréco-romain et la Révélation biblique, rencontre dont est née la civilisation chrétienne.

 

Sur le plan moral et politique, Ratzinger-Bénoit XVI a dénoncé le mal du nihilisme qui ronge l'Occident moderne et post-moderne, a pointé du doigt la dictature du relativisme comme forme d'un nouveau totalitarisme sournois, et a enseigné avec force le caractère non négociable (non seulement sur le plan moral personnel mais aussi sur le plan public, juridique et politique) des principes naturels tels que la défense de la vie humaine de la conception à la mort naturelle, la reconnaissance du mariage comme union monogame et indissoluble d'un homme et d'une femme ouverts à la vie, la liberté éducative des parents qui ont de par Dieu la tâche (et non l'État) d'éduquer leur progéniture. Rigoureux et fort fut également le rejet par Ratzinger de l'idéologie du genre et de la prétention à légitimer moralement et à reconnaître légalement les unions homosexuelles.

 

Dans cette œuvre généreuse et grandiose, dans cette tentative intellectuellement puissante d'arrêter l'effondrement de la civilisation chrétienne, de consolider ses murs et de commencer sa reconstruction, Ratzinger a toujours recherché le dialogue avec la culture européenne et nord-américaine la plus sensible, même si elle n'était pas catholique. Ratzinger a essayé de construire un dialogue fructueux avec le monde laïc et non catholique sur la base d'un amour commun pour la vérité, la justice et la civilisation occidentale. C'est dans ce cadre que s'inscrivent la rencontre, la discussion, le dialogue et l'amitié avec Marcello Pera, éminent philosophe et homme politique libéral italien.

 

Nous remercions le sénateur Marcello Pera pour sa généreuse disponibilité et lui posons quelques questions pour mieux comprendre ce que Ratzinger a représenté par rapport à la culture européenne et occidentale, et donc quel vide la mort de Benoît XVI laisse dans l'Église et en Occident.

 

Monsieur le Président Pera, peu d'intellectuels laïcs en Italie peuvent dire qu'ils ont connu et apprécié Benoît XVI comme vous l'avez fait. Comment est née votre relation et qu'est-ce qui vous a frappé dans la pensée de Ratzinger ?

 

La rencontre est née précisément de ce qui m'avait frappé chez lui. Je cultivais les études épistémologiques (c'était ma discipline universitaire) et je m'étais toujours opposé aux idées dans lesquelles, après une longue parabole commencée avec le néo-positivisme logique, la philosophie des sciences avait fini par plonger après Popper. Par exemple, la thèse selon laquelle le choix des grands paradigmes scientifiques ne dépend pas de manière décisive de preuves spécifiques mais est le résultat d'un processus de "conversion", que la vérité des grandes idées scientifiques, par exemple celles de Galilée par rapport à celles de Ptolémée, est interne à chacune d'elles car elle dépend de critères contextuels, que les paradigmes sont donc incommensurables, car deux scientifiques appartenant à deux paradigmes différents travaillent dans deux "mondes différents", etc. En bref, je connaissais le problème du relativisme. Un jour d'août 2004, j'ai lu le livre de Joseph Ratzinger, Foi, Vérité, Tolérance, publié par Cantagalli, et j'ai fait une découverte choquante pour moi, manifestement ignorant de ce genre d'étude : que le relativisme était un courant de pensée répandu même dans la théologie chrétienne. L'autorité de Ratzinger, dont j'avais lu l'Introduction au christianisme comme tant d'autres, ne m'a pas fait douter qu'il avait raison. J'étais stupéfait et troublé : comment cela était-il possible ? Que s'était-il passé, dans la religion du Verbe révélé et incarné, pour que la vérité ne soit plus absolue ? À mon retour de vacances, j'ai poursuivi mes lectures et j'ai demandé une visite à M. Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Après avoir rencontré dans un petit salon un jeune homme blond qui était alors son secrétaire, je suis entré dans son bureau, qui, je m'en souviens, était moins de la moitié de la taille du mien au Sénat. Nous avons commencé à parler, sans grand préambule ni introduction, de philosophie, de théologie, de christianisme. Je me souviens des sujets, mais surtout le ton de mon interlocuteur, sa silhouette, sa douceur et surtout son regard m'ont impressionné. Dans ma vie, j'avais été familiarisé avec des figures comme Popper, Kuhn, Feyerabend, mais bien que je ressente leur autorité, aucun d'entre eux ne m'avait jamais impressionné de la même manière. Je n'avais aucun doute : Joseph Ratzinger était grand. Non seulement parce que j'ai ressenti l'ampleur et la profondeur de sa culture, mais aussi en raison d'un trait de caractère bien plus précieux : un homme qui sait se tenir sur un pied d'égalité avec les autres, qui discute et questionne, sans ton de cathedra. Les yeux n'ont pas trahi. Le sourire n'a pas menti.

 

En tant que laïc libéral, et même en tant que "grand libéral [...] certainement le plus illustre homme politique libéral-conservateur de l'Italie d'aujourd'hui", pour reprendre les termes que Mgr Crepaldi vous a réservés à Trieste, qu'avez-vous trouvé chez Ratzinger de stimulant, d'impliquant et de convaincant ? Y a-t-il eu une difficulté initiale à comprendre et à intégrer la pensée théologique de Ratzinger dans votre système de pensée, ou y a-t-il eu une convergence immédiate des idées ?

 

Aucune difficulté de compréhension, mais une consonance immédiate des idées. Il était clair pour moi que si le relativisme nuit à la science, parce qu'il la réduit uniquement à une "culture", une "tradition", un "récit", le relativisme théologique et religieux a des conséquences pernicieuses pour le christianisme. Si la vérité est relative, le Christ rédempteur de l'humanité n'a aucun sens. Pas seulement ça. Peu de temps s'est écoulé depuis le 11 septembre 2001 : si le christianisme n'était qu'une culture parmi d'autres, la civilisation chrétienne n'aurait aucun fondement ni mérite particulier. Alors les terroristes islamiques ont eu raison de nous considérer comme des impérialistes et de nous combattre en tant que "juifs et chrétiens". Souvenez-vous et réfléchissez : nous avons été considérés comme coupables non pas tant pour nos actes que pour notre être. Maintenant, on peut se qualifier de séculariste tant qu'on veut, on peut faire la sourde oreille et même contrecarrer le message du Christ tant qu'on veut, mais c'était un fait inacceptable : le christianisme était un ennemi ! Sauf que le christianisme n'est pas seulement une foi, c'est une foi qui a baptisé une civilisation : celle de la dignité des hommes, de la liberté, de la responsabilité, de l'égalité. Détruisez le christianisme et vous aurez détruit cette civilisation. Reléguez la foi chrétienne au rôle d'un récit et vous aurez perdu notre fondement. Et notre identité aussi : car si les autres vous frappent parce que vous êtes juif et chrétien et que vous ne donnez aucun poids à cet être, alors les autres sont quelqu'un et vous n'êtes personne, n'ayant rien à défendre. C'est la leçon, très personnelle, que j'ai tirée de la tragédie du 11 septembre et que j'ai renforcée lors de mes rencontres avec Ratzinger. Il avait de la lucidité et du courage.

Un problème subsiste cependant. Historiquement, je suis un homme de la modernité : je viens après le schisme protestant, la naissance de la science expérimentale, le cogito de Descartes, l'ego de Kant, etc. Et qui dit modernité dit raison. Même si je ne suis pas prêt à la considérer comme "notre seule règle et boussole", comme le disait Locke, il ne fait aucun doute que la raison est exigeante : elle ne peut rien admettre qui lui soit contraire. Elle doit encore avoir son mot à dire. Comprenons cela par un exemple (c'est celui de Kant) : même si une voix intérieure, dominante, me disait : "Je suis ton Dieu, suis-moi !", la raison doit avoir un moyen de s'en assurer, ou plus précisément de s'assurer qu'il ne s'agit pas de la voix d'un malin. Donc, ma foi doit s'entendre avec ma raison. Après tout, si Dieu m'a donné le don des deux, il doit y avoir un moyen - caché, difficile, laborieux comme vous voulez - de les concilier. Et là aussi Ratzinger a été grand : dans sa pensée, qui a toujours défendu l'" hellénisation " du christianisme, c'est le logos qui se révèle. La foi s'habille de raison, et la raison est perdue si elle ne reconnaît pas qu'elle opère sur des présupposés de la foi. La foi n'est pas rationnelle, ce qui est rationnel c'est le besoin de la raison pour la foi. Je n'ai jamais réussi à faire croire à Ratzinger que, ne serait-ce que pour cette raison précise - la raison qui cherche et produit la foi - Kant mérite d'être reconnu comme un chrétien moderne. Certes, il était luthérien, mais un luthérien authentique n'est-il pas un augustinien strict ? Quoi qu'il en soit, quel trésor de discussions j'ai perdu à jamais !

 

Politiquement, le Magistère de Benoît XVI aurait pu inspirer une identité culturelle chrétienne euro-occidentale renouvelée et s'offrir comme une pensée de référence pour ceux qui ne se reconnaissent pas dans l'univers idéologique progressiste, dans le relativisme éthique et le globalisme apatride, c'est-à-dire pour les forces conservatrices et identitaires d'Europe, des États-Unis et d'Amérique latine. À votre avis, comment les forces politico-culturelles conservatrices/identitaires européennes et américaines ont-elles réagi à l'appel extrême de Benoît XVI ? Ont-ils été à la hauteur du défi ? Qu'est-ce qui, à votre avis, a empêché un réveil politico-culturel chrétien en Italie et en Europe tel qu'il correspondrait à l'appel de Benoît XVI ?

 

"Vous avez manqué une grande occasion", m'a-t-il dit un jour, alors qu'il était émérite et que nous, centre-droit, avions perdu le gouvernement. Je lui ai répondu avec sincérité et aussi avec amertume : "c'est vrai, mais l'Église ne nous a pas aidés non plus". Parce qu'il y avait déjà deux églises chrétiennes catholiques au moment de son pontificat : la sienne, celle du christianisme comme salut, et celle, sécularisée, du christianisme comme justice. Comme dans la fresque de l'école d'Athènes : l'un avec le doigt et le regard vers le haut, l'autre vers le bas. L'un voulant corriger le monde, l'autre allant à la rencontre et absorbant le monde, sous prétexte de "se mettre à jour". Benoît XVI avait le soutien de nombreuses personnes qu'il avait réunies sous le nom de "minorités créatives", il était soutenu par des intellectuels laïques, il était soutenu aux États-Unis par le président Bush. Mais le soutien a été timide, la peur, la circonspection et la prudence se sont insinuées. Jusqu'à ce que, après la leçon de Ratisbonne, tout s'écroule. Aucun chef d'État ou de gouvernement ne s'est levé pour défendre Benoît XVI, pour dire qu'il ne s'agissait pas de la liberté de culte de l'islam, mais des instruments violents que l'islam utilisait et ne reniait pas. Même ces jours-ci, j'ai lu par hasard une dame qui disait que Ratzinger avait cité Manuel le Paléologue "hors contexte" ! Et donc, par manque de courage, par peur et par lâcheté, par calcul et par ruse, les choses ont mal tourné. Le pape qui avait tenu les participants au Collège des Bernadins à Paris, à Westminster Hall à Londres, au Reichstag à Berlin, qui avait amené le président laïc Sarkozy à dire à Rome que la France est chrétienne, qui avait interpellé les laïcs sur les racines de l'Europe dans une salle du Sénat italien, a été abandonné. Il a été obligé de s'expliquer, de se justifier, d'ajouter des notes de bas de page. S'il s'agissait d'une guerre de civilisations, alors la civilisation chrétienne reculait. Il est difficile d'expliquer pourquoi les choses se sont passées ainsi. Je pense que la bombe à retardement qui a été déclenchée avec Vatican II, et que Woytila et Ratzinger avaient essayé de désamorcer avec leur herméneutique de la continuité, a finalement explosé. Les cataractes se sont ouvertes, au point qu'aujourd'hui nous sommes à la Terre Mère, c'est-à-dire à la renaissance du paganisme, et du syncrétisme. J'entends encore parler de Dieu, mais peu du Christ ; j'entends dire que la miséricorde et le pardon l'emportent sur le jugement ; je n'entends plus l'expression "péché originel". Nous revenons à la bonne vieille époque russe, celle de l'homme bon, angélique, incorruptible, victime irréprochable de la culture perverse. Ou à l'époque de Pelagius, de l'homme qui s'en sort par ses propres forces. Comme si la chute était un mythe. Avec la complicité coupable de l'Église, les laïcs sont en train de gagner.

 

Toutes les grandes batailles menées par Ratzinger-Benoît XVI, tant ecclésiales que politico-culturelles, semblent aujourd'hui perdues. L’Église semble être en proie à un processus révolutionnaire radical, tant l'enseignement de Benoît XVI est éloigné de ce que disent les Hiérarchies aujourd'hui. C'est précisément le sens de la marche qui a été inversé sur le plan doctrinal, liturgique, moral, socio-politique. Il n'y a pas moins de distance entre les avertissements de Ratzinger dans le domaine politico-culturel et l'état dans lequel se trouve l'Occident aujourd'hui. Voit-il encore possible une "re-conversion" de l'Occident au Christ, une nouvelle unité de la foi et de la raison, de la foi et de la culture, de la foi et de la politique, ou la dérive nihiliste et post-anti-chrétienne de l'Occident est-elle humainement imparable ? La parole de Benoît XVI était-elle une prophétie ou un rêve ?

 

L'histoire, excusez-moi, est une pute. Elle accompagne tous les clients qu'elle rencontre et change constamment de goût. Elle va donc changer à nouveau. Mais sur une conversion au Christ des peuples européens, j'ai des doutes, du moins pour les prochaines générations. Je crains que nous devions boire la coupe amère pendant un certain temps encore. Nous vivons dans une époque déchristianisée qui pense que la déchristianisation est une bonne chose. Nous pensons être de plus en plus libres, mais au contraire, l'absence de sens des limites, de l'interdit, du péché, nous rend plus esclaves. Nous sommes devenus des créateurs de droits fondamentaux : une contradiction pour ceux qui croient en ces droits, car s'ils sont fondamentaux, ils ne peuvent être créés par nos lois. Par conséquent, nos profanes rationalistes doivent démêler un dilemme et prendre position : soit les droits fondamentaux dépendent de lois positives et alors ils sont conventionnels et intéressés, comme les faveurs électorales, et ne sont donc pas des droits, soit s'ils sont fondamentaux, il existe une loi supérieure aux lois positives.

 

Fruit de nombreuses années d'étude, il publie en 2022 le volume Lo sguardo della Caduta. Augustin et l'orgueil de la laïcité (Morcelliana, Brescia), un dialogue intense entre elle et l'évêque d'Hippone dans lequel le libéral Marcello Pera cherche dans le vieil Augustin une réponse au mal qui ronge l'Occident aujourd'hui. Ratzinger peut sincèrement se dire disciple d'Augustin puisque sa pensée se situe dans la ligne augustinienne-bonaventurienne. Ratzinger et Pera sont-ils également unis par Augustin ? Et quel est le remède qu'Augustin offre à l'Occident malade ?

 

Si l'on pense à un remède politique, aucun. Augustin ne croit pas à la politique, et surtout pas que la politique puisse être une voie de salut. Il n'y a pas de recettes politiques dans l'Évangile, il n'y en a pas chez Paul, sauf "obéissez aux autorités", il ne peut pas y avoir d'État chrétien, même les gouvernants chrétiens ne peuvent pas en construire un. La raison en est simple : on n'atteint pas, ni même n'approche, la Cité de Dieu en utilisant des moyens séculiers. L'État ne sert qu'à nous défendre de nous-mêmes. Votre devoir est de croire et de convertir votre amour. L'effort est individuel : lorsqu'il devient collectif, nous en tirerions également un bénéfice politique, mais celui-ci ne serait jamais stable, car même la meilleure société terrestre est affectée par des vices et transitoire. Mais si dans le positif il n'y a jamais de certitude d'un royaume sur terre, dans le négatif il y a une certitude : si vous négligez l'effort de salut, si vous vous détournez de la vérité, si vous poursuivez des idoles profanes, alors il n'y aura pas non plus de société décente. C'est le cas en Occident. Tel qu'il est aujourd'hui, il est perdu. J'ai tiré beaucoup d'inspiration et de bénéfices de Ratzinger. Il est certain que Ratzinger a été très influencé par Augustin et Bonaventure. Par rapport aux autres, sa théologie politique est pauvre, et à juste titre.

 

Avez-vous parlé de cette interrogation d'Augustin et des réponses qu'Augustin vous a données avec Benoît XVI ? Les réponses de l'Augustin de Pera coïncident-elles avec celles de l'Augustinien Ratzinger ?

 

J'ai eu le temps de converser avec lui sur Augustin et Kant et sur ma critique de la raison séculière. Je le remercie encore de m'avoir encouragé. Je regrette d'être arrivé en retard pour poursuivre la discussion. C'est pourquoi je me compare à sa mémoire et à ses écrits.

 

Dans Le regard de la chute, il y a, à mon avis, beaucoup de Ratzinger, même ce que l'on pourrait identifier comme faiblesse/contradiction en ce qui concerne le rapport avec la modernité politique, le jugement sur le libéralisme. En effet, si Augustin est identifié comme le maître et le thérapeute dont il faut tirer la recette pour guérir l'Occident malade, et que la recette d'Augustin est résolument "non libérale", voire, sur des points fondamentaux, illibérale (dans le sens d'antithétique aux postulats de l'idéologie libérale), comment peut-on espérer faire tenir ensemble la démocratie libérale qui constitue l'identité politique de l'Occident avec le remède "non libéral" augustinien ? Guérir le mal de l'Occident avec la médecine d'Augustin ne signifierait-il pas précisément nier le système libéral-démocratique et, en général, l'idée moderne de l'individu, de la société, de l'État, de la politique, du droit, etc. Cela n'impliquerait-il pas la nécessité de libérer l'Occident de la prison idéologique de la modernité (donc aussi de l'idéologie libérale) pour le confier à nouveau à la Tradition chrétienne ?

 

Si vous voulez faire du libéralisme une cible, il est nécessaire, pour toucher la cible, de l'identifier précisément. Qu'entend-on par libéralisme? Une doctrine politique visant à sauvegarder la dignité et la liberté de l'homme contre l'ingérence de la société et de l'État. Le libéralisme s'oppose donc à l'État absolutiste, voire paternaliste, et est favorable aux droits inaliénables de l'homme. Il s'agit de droits, tels que l'égalité en valeur de l'homme, son irréductibilité en tant que simple moyen, sa liberté de pensée et de dévotion, qui sont fondamentaux en ce sens qu'ils ne sont créés par aucune autorité politique, mais respectés par elle comme limite de sa propre action. Comment sont-ils justifiés ? La position du libéralisme classique de Locke est bien connue : les droits fondamentaux sont justifiés parce que nous sommes créés, que nous sommes la propriété de Dieu et que nous lui sommes soumis, et Dieu ne pouvait pas vouloir que, en ce qui concerne "la vie, la liberté et la propriété", certains hommes soient soumis à d'autres ou aient moins de valeur que d'autres. Pourquoi ? Parce que Dieu nous aime et que nous devons être dignes de son amour. Ce libéralisme, évidemment, descend et s'inscrit dans un cadre chrétien, dont il accepte le premier enseignement : Dieu est caritas, amour donné à ses créatures, et nous devons l'honorer. Dans ce libéralisme, la priorité du devoir (envers Dieu) sur les droits prévaut clairement. C'est votre devoir envers Dieu qui donne lieu à mon droit d'être respecté par vous. Il est de mon devoir de ne pas supprimer une créature de Dieu qui donne naissance à mon droit à la vie. Et ainsi de suite.

Maintenant, changez quelque chose dans ce cadre. Supprimez le rôle de Dieu ou mettez-le de côté. Que deviennent désormais les droits fondamentaux de l'homme ? Rien de plus que des demandes d'individus ou de groupes accordées et protégées par l'État. Vous pouvez toujours les appeler fondamentaux, mais ce ne sont plus les mêmes : ce sont des libertés ou des licences garanties. En tant que telles, ils se multiplient, car ils n'ont plus de limite qui les restreigne : ce sont des désirs, puis des demandes, puis des revendications, puis des lois. Le régime politique qui tolère et permet tout cela s'appelle encore libéralisme, mais c'est une usurpation conceptuelle. C'est ce qui se passe en Europe et en Occident. Là où le christianisme disparaît, le libéralisme devient une anarchie éthique, la véritable "dictature du relativisme", comme l'ont appelée le pape Wojtila et le pape Ratzinger. Et vice versa. N'est-ce pas la meilleure preuve que le libéralisme et le christianisme sont conceptuellement congénères ? Et qu'un authentique libéral devrait défendre le christianisme ? Lorsqu'Augustin dit que l'État a besoin d'un lien social religieux, n'est-ce pas comme s'il disait aux libéraux d'aujourd'hui : au moins retournez à vos origines ?

 

L'Église de Léon XII, Grégoire XVI, le bienheureux Pie IX, Léon XIII, Saint Pie X ou Pie XI n'avait aucun problème à condamner la modernité idéologique et la démocratie libérale, mais avec Vatican II, la perspective a changé et le jugement est devenu résolument ambigu. Cette "ambiguïté de jugement" à l'égard de la modernité politique (et donc aussi à l'égard de la démocratie libérale) perdure tout au long de la période post-conciliaire, il suffit de penser au jugement de l'Église sur la démocratie ou les droits de l'homme. Ratzinger n'en est pas exempt non plus. Je vous demande, vous sachant capable de liberté de jugement et de véritable honnêteté intellectuelle, avec une franchise quelque peu provocante : les papes pré-conciliaires n'avaient-ils pas raison ? La démocratie libérale ne serait-elle pas le problème, la maladie dont souffre l'Occident ?

 

Parmi mes livres, il y en a un que je chéris : Droits de l'homme et christianisme. De toute évidence, personne, surtout parmi les hommes d’Église, ne veut le lire. Je ne me plains pas. Mais si l'on fait défiler le texte, on verra que je rends hommage à ces papes pour avoir été prophétiques. Ils ne sont plus à la mode, je comprends. Mais comment aller au fond de leur argument, à savoir que si l'on définit les droits de l'homme comme la propriété de l'homme, ceux-ci deviennent des droits positifs des États, qu'ils donnent et nient ? C'est, à mon avis, également ce qui se produit aujourd'hui sous la responsabilité de l'Église. Quand la constitution pastorale de l'Église dans le monde de ce temps ''Gaudium et Spes'' déclare "proclamer les droits de l'homme au nom de l'Évangile", elle prend elle aussi un raccourci dangereux : elle oublie qu'il faut d'abord passer par les devoirs de l'homme envers Dieu. Seuls ces devoirs rendent admissible le tri des droits. Sinon, il n'y a aucun moyen d'arrêter l'avortement, l'euthanasie, les mariages homosexuels, etc. À cet égard, j'aime rappeler Mazzini : "Certes, les droits existent ; mais lorsque les droits d'un individu entrent en conflit avec ceux d'un autre, comment peut-on espérer les concilier, les mettre en harmonie, sans recourir à quelque chose de supérieur à tous les droits ?" Je crois que Ratzinger était très clair sur cette priorité des devoirs sur les droits, mais il ne l'a pas toujours explicité clairement.

 

Benoît XVI a tenté l'exploit héroïque de sauver l'Occident de lui-même, d'empêcher son suicide. Il a également tenté de ressusciter l'Europe en la ramenant à son identité chrétienne... et tout cela, il ne l'a pas fait dans un contexte ecclésial solide et sûr, mais avec le rocher miné par les sables mouvants post-conciliaires. Il a tenté d'arracher l'Église au processus d'auto-démolition. C'était une bataille ad intra et ad extra. Que reste-t-il de tout cela ? Quel avenir voyez-vous pour l'héritage idéal de Joseph Ratzinger ?

 

Je m'attends à ce que Ratzinger devienne un saint pour avoir accompli un miracle... un miracle collectif, et s'il le sera, ce sera pour cette seule raison : avoir stoppé et inversé l'auto-démolition de l'Occident chrétien. C'était son engagement, ça a toujours été sa mission. Que Dieu, quand et comme il le veut, lui accorde le succès.

 

Merci, Monsieur le Président !

Don Samuel Cecotti

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15 janvier 2023 7 15 /01 /janvier /2023 21:14
https://www.catholicnewsagency.com/news/253342/filming-of-the-passion-of-the-christ-sequel-set-to-begin-this-spring

https://www.catholicnewsagency.com/news/253342/filming-of-the-passion-of-the-christ-sequel-set-to-begin-this-spring

De Francesca Pollio Fenton

 

Denver, Colorado, 15 janvier 2023 / 10h00

 

Le tournage de la suite très attendue de "La Passion du Christ" devrait commencer ce printemps. Le film, "La Passion du Christ : Résurrection", se concentrera sur les jours suivant immédiatement la crucifixion du Christ.

 

L'acteur, réalisateur et producteur Mel Gibson devrait commencer la production dans les prochains mois, selon World of Reel.

 

Alors que "La Passion du Christ" décrivait les scènes déchirantes et atroces de la crucifixion de Jésus, "Résurrection" se plongera dans les trois jours qui séparent sa mort de sa résurrection.

 

Jim Caviezel incarnera à nouveau Jésus. Reviennent également Maia Morgenstern en tant que Bienheureuse Vierge Marie, Christo Jivkov en tant que disciple Jean et Francesco De Vito en tant que disciple Pierre.

 

En 2016 , Gibson a révélé qu'il travaillait sur le projet depuis plusieurs années lorsqu'il a pris la parole lors de la Harvest Crusade du pasteur évangélique Greg Laurie dans le sud de la Californie.

 

"Cela s'appelle 'La Résurrection.' Bien sûr, c'est un sujet très vaste et il doit être examiné parce que nous ne voulons pas simplement en faire un simple rendu - vous savez, lisez ce qui s'est passé », a-t-il déclaré.

 

Caviezel a taquiné le projet en 2020 lors d'une interview avec Breitbart lorsqu'il a déclaré: "Mel Gibson vient de m'envoyer la troisième photo, le troisième brouillon. Ça arrive."

 

"Cela s'appelle 'La Passion du Christ : Résurrection.' Ce sera le plus grand film de l'histoire du monde", a déclaré Caviezel.

 

"La Passion du Christ" a rapporté plus de 612 millions de dollars dans le monde avec un budget de production de 30 millions de dollars. Cela en a fait l'un des films indépendants les plus réussis de l'histoire. C'était le premier film R-rated en Amérique du Nord à rapporter autant. Bien qu'il ait été nominé pour trois Oscars lors de la 77e cérémonie des Oscars, il n'a remporté aucun prix.

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11 janvier 2023 3 11 /01 /janvier /2023 19:39

Le pape François a rencontré l'archevêque Georg Gaenswein, secrétaire de longue date du pape Benoît XVI

 

Par NICOLE WINFIELD Associated Press

https://abcnews.go.com/International/wireStory/pope-meets-benedicts-aide-amid-funeral-book-fallout-96309817

https://abcnews.go.com/International/wireStory/pope-meets-benedicts-aide-amid-funeral-book-fallout-96309817

ROME – Le pape François a rencontré lundi l'archevêque Georg Gaenswein, secrétaire de longue date du pape Benoît XVI, qui a joué un rôle clé dans les récentes funérailles de ce dernier, mais qui a suscité des remous en publiant des mémoires extraordinaires dans lesquelles il règle de vieux comptes, révèle des intrigues de palais et dépeint François sous un jour très défavorable.

 

Le Vatican n'a fourni aucun détail sur le contenu de l'audience privée, si ce n'est pour dire que cela s'est produit.

 

Les spéculations sur l'avenir de Gaenswein ont tourbillonné maintenant que son travail principal auprès de Benoît a pris fin après son décès le 31 décembre. Mais des questions ont également été soulevées sur ce que François fera avec Gaenswein après la publication cette semaine de son livre révélateur, "Rien que la vérité : Ma vie à côté du pape Benoît XVI".

 

Les spéculations sur l'avenir de M. Gaenswein vont bon train maintenant que son travail principal auprès de Benoît XVI a pris fin après le décès de ce dernier le 31 décembre. Mais des questions ont également été soulevées sur ce que François fera de Gaenswein après la publication cette semaine de son livre révélation, "Rien que la vérité : ma vie aux côtés du pape Benoît XVI".

 

Certains observateurs du Vatican voient le livre comme la première salve d'une nouvelle ère d'attaques anti-François de la droite conservatrice, pour qui Benoît est resté un point de référence nostalgique à la retraite. La mort de Benoît et les révélations post-mortem de Gaenswein ont fait disparaître la façade d'une heureuse cohabitation de deux papes.

 

Dans le texte, M. Gaenswein révèle des détails jusqu'alors inconnus sur certains des plus gros hoquets et du mauvais sang qui se sont accumulés au cours des dix dernières années pendant lesquelles Benoît XVI a vécu en tant que pape retraité après sa décision de 2013 de prendre sa retraite, le premier pape en six siècles à le faire.

 

Dans l'une des sections les plus explosives, Gaenswein dit qu'il était "choqué et sans voix" lorsque François l'a essentiellement renvoyé de son travail de jour en tant que chef de la maison papale en 2020 après un scandale autour d'un livre co-écrit par Benoît. François a dit à Gaenswein d'arrêter de venir au bureau et de se consacrer à prendre soin de Benoît, mettant essentiellement fin à son travail de "pont" entre les pontificats.

 

En imprimant des lettres auparavant secrètes entre les deux papes et en relayant des conversations privées avec les deux, Gaenswein a révélé que François avait refusé les supplications de Benoît de le reprendre. Aigri, Gaenswein a décrit François comme peu sincère, illogique et sarcastique en décidant de son sort, et a déclaré que Benoît XVI s'était même moqué de François lorsqu'il a été informé de la décision.

 

"Il semble que le pape François ne me fasse plus confiance et fasse de vous mon chaperon", a déclaré Gaenswein citant Benoît.

 

Gaenswein a également écrit sa consternation que des années plus tôt, François lui ait refusé le droit de vivre dans l'appartement du palais occupé par son prédécesseur. Après une rénovation plus longue que d'habitude, François a donné l'appartement à la place au ministre des Affaires étrangères du Vatican, forçant Gaenswein à continuer à vivre dans le monastère que Benoît appelait sa maison.

 

L'avenir de Gaenswein reste incertain, et ses mémoires vont certainement compliquer les relations avec le pape actuel qui décidera de son sort. En tant qu'archevêque, il pourrait techniquement être nommé à la tête d'un archidiocèse dans son Allemagne natale. Interrogé sur cette possibilité, le chef de la conférence des évêques allemands a déclaré la semaine dernière que ce n'était pas à lui (de le décider) mais à François. En outre, certains commentateurs du Vatican ont suggéré que Gaenswein pourrait être nommé ambassadeur du Vatican, pour diriger un sanctuaire important ou pour reprendre sa carrière universitaire.

 

Son livre est susceptible de lui faire gagner des points auprès des critiques traditionalistes de François, puisqu'il fait ce que Benoît a refusé de faire pendant 10 ans et révèle publiquement ce que le défunt pape aurait pensé des décisions de son successeur sur deux questions cruciales : Gaenswein écrit, par exemple, que Benoît pensait que la décision de François de rétablir les restrictions sur la célébration de l'ancienne messe en latin était une "erreur" et que son action auprès des catholiques divorcés et que son approche des catholiques divorcés et remariés civilement était "déroutante".

 

Il s'intéresse également à quelque chose d'autre lorsqu'il cite François disant qu'avoir Benoît au Vatican, c'était comme avoir un grand-père sage à la maison, vers qui il pouvait se tourner pour obtenir des conseils. Gaenswein a cité Benoît comme notant qu'il n'avait que neuf ans de plus que François et que "peut-être serait-il plus correct de m'appeler son 'frère aîné'".

 

Gaenswein, un avocat canoniste allemand de 66 ans, s'est tenu aux côtés de Benoît pendant près de trois décennies, d'abord en tant que fonctionnaire travaillant pour le cardinal Joseph Ratzinger de la Congrégation pour la doctrine de la foi, puis à partir de 2003 en tant que secrétaire personnel de Ratzinger. .

 

Il l'a suivi au palais apostolique lorsque Ratzinger a été élu pape, puis à la retraite lorsque Benoît a démissionné. À ce titre, il est resté le gardien, le confident et le porte-parole de Benoît XVI, et dans le nouveau livre, il semble désireux de remettre les pendules à l'heure pour défendre Benoît et lui-même une fois de plus.

 

Dans ce document, il ravive de vieilles poussières avec une couverture journalistique de lui ou de Benoît, de tout au type de papier à en-tête qu'il utilisait pour une phrase qu'il prononçait, suggérant qu'il avait gardé une trace de toutes ces années et, avec la mort de Benoît, sentait qu'il pouvait enfin parler. en dehors.

 

Bien qu'il n'y ait pas de livre de jeu décrivant comment un secrétaire d'un pape à la retraite devrait se comporter, publier un livre dans la semaine suivant sa mort qui critique son successeur, révèle une correspondance privée et nourrit de vieilles rancunes dans des détails finement documentés ne suit certainement pas la réserve typique de Protocole Vatican.

 

Austen Ivereigh, un biographe de François qui a co-écrit un livre avec lui, a noté dans une série de tweets lundi que le livre de Gaenswein semblait en fait violer une promesse fondamentale que Benoît avait faite lors de sa démission : qu'il obéirait à son successeur.

 

"Ces révélations sapent le serment de loyauté de Benoît envers François, auquel Benoît s'est tenu rigoureusement ; violer le devoir de confidentialité de Gaenswein envers les deux … et encourager ceux qui cherchent à tort à opposer l'héritage de Benoît XVI à François", a écrit Ivereigh.

______________________

Parmi les révélations, Benoît XVI a découvert Traditionis custodes (le document de François limitant l’usage de la liturgie romaine avant la réforme de 1970 que Benoît avait libéralisé), en feuilletant l'Osservatore romano : "Le 16 juillet 2021, Benoît XVI découvre, en feuilletant L'Osservatore Romano de l'après-midi, que le pape François a publié le motu proprio Traditionis custodes sur l'usage de la liturgie romaine avant la réforme de 1970." Benoît XVI, en particulier, a estimé qu'il était erroné d'interdire la célébration de la messe selon l'ancien rite dans les églises paroissiales, car il est toujours dangereux de coincer un groupe de fidèles pour les faire se sentir persécutés et leur inspirer le sentiment de devoir sauvegarder coûte que coûte leur identité face à « l'ennemi ».

( Source : https://rorate-caeli.blogspot.com/2023/01/rorate-exclusive-first-translation-of.html )

 

Lire aussi ce fil sur Le Forum catholique. "Vatican: les critiques du secrétaire personnel de Benoit XVI envers le pape François" (Le Figaro)

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3 janvier 2023 2 03 /01 /janvier /2023 00:00
Saint Nom de Jésus

Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l'enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l'ange lui avait donné avant sa conception "Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus." (Luc 1,31). Le Catéchisme de l’Église Catholique ajoute que "Jésus veut dire en hébreu : “Dieu sauve ”. Lors de l’Annonciation, l’ange Gabriel lui donne le prénom de Jésus, exprimant à la fois son identité et sa mission" (CEC 430).

C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : "Jésus Christ est Seigneur" à la gloire de Dieu le Père.

Philippiens 2, 9-11

Les premiers disciples vont vénérer le nom de Jésus. Pierre l’invoque pour guérir l’infirme qui se trouvait à l’entrée du temple de Jérusalem (Ac 3,6). Dans les prières, dans leurs louanges, ils ne cessaient d’invoquer le nom de Jésus qui leur avait donné son Esprit. "Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père." (Col 3, 17). "Ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera." (Jn 16, 23).

 

Les pharisiens et docteurs de la loi ont voulu empêcher les Apôtres de prier au Nom de Jésus : "Ayant rappelé Pierre et Jean, ils leur interdirent formellement de parler ou d’enseigner au nom de Jésus" (Ac 4, 17-18). Mais ceux-ci refusent de cesser de prononcer ce saint Nom, car ils savent qu’il n’y a de salut en aucun autre : "En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver" (Ac 4, 11-12).

 

Au cours des siècles les chrétiens sont restés attaché au nom de Jésus et le prierons en l’appelant affectueusement par son nom.

Au Moyen-Age, la période de St François était particulièrement sensible à cette forme de piété. François lui-même aimait répéter le nom de Jésus comme nous le rappelle Celano : "le nom de Jésus était à ses lèvres doux comme le miel." (2C199).

Rien d’étonnant, donc, que parmi ses disciples, un frère, St Bernardin de Sienne développe une forme de prière qui consiste à répéter le Nom de Jésus le plus souvent possible durant la journée. Il nous a laissé un sigle qui reprend Le nom de Jésus en grec : IHS (IH-SOUS, interprété en latin par Iesus Hominum Salvator), bien souvent repris sur les portes de nos tabernacles et sur nos croix. Saint Bernardin de Sienne favorise une véritable dévotion pour ce "Saint Nom de Jésus" dont il fait représenter les initiales sur un tableau qu’il montre lors de ses prédications. Les conversions se multiplient et la vénération se répand dans toute la péninsule italienne.

Elle est encore renforcée lorsque saint Ignace de Loyola choisit le nom de Jésus pour celui de sa compagnie, dont le rayonnement rejaillit bientôt sur toute la chrétienté.

Au XVIIIe s., le pape Innocent XIII fait du Saint Nom de Jésus une fête de l’Église universelle que le pape Pie X fixe au deuxième dimanche après l’Épiphanie.

Saint Nom de Jésus

Ô Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre ! Jusqu'aux cieux, ta splendeur est chantée

par la bouche des enfants, des tout-petits : rempart que tu opposes à l'adversaire, où l'ennemi se brise en sa révolte.

A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas,

qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui, le fils d'un homme, que tu en prennes souci ?

Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu, le couronnant de gloire et d'honneur ;

tu l'établis sur les oeuvres de tes mains, tu mets toute chose à ses pieds :

les troupeaux de boeufs et de brebis, et même les bêtes sauvages,

les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui va son chemin dans les eaux.

R/ O Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre !

Psaume 8

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2 janvier 2023 1 02 /01 /janvier /2023 13:06
https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2022-12/le-testament-spirituel-du-pape-emerite-benoit-xvi.html

https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2022-12/le-testament-spirituel-du-pape-emerite-benoit-xvi.html

Extrait:

"Ce que j'ai dit auparavant à mes compatriotes, je le dis maintenant à tous ceux qui, dans l'Église, ont été affectés à mon service: restez fermes dans la foi! Ne vous laissez pas troubler! Il semble souvent que la science - les sciences naturelles d'une part et la recherche historique (en particulier l'exégèse des Saintes Écritures) d'autre part - soient capables d'offrir des résultats irréfutables en contraste avec la foi catholique. J'ai vécu les transformations des sciences naturelles depuis longtemps et j'ai pu voir comment, au contraire, des certitudes apparentes contre la foi se sont évanouies, se révélant être non pas des sciences, mais des interprétations philosophiques ne relevant qu'en apparence de la science; tout comme, d'autre part, c'est dans le dialogue avec les sciences naturelles que la foi aussi a appris à mieux comprendre la limite de la portée de ses revendications, et donc sa spécificité. Depuis soixante ans, j'accompagne le chemin de la théologie, en particulier des sciences bibliques, et avec la succession des différentes générations, j'ai vu s'effondrer des thèses qui semblaient inébranlables, se révélant de simples hypothèses: la génération libérale (Harnack, Jülicher etc.), la génération existentialiste (Bultmann etc.), la génération marxiste. J'ai vu et je vois comment, à partir de l'enchevêtrement des hypothèses, le caractère raisonnable de la foi a émergé et émerge encore. Jésus-Christ est vraiment le chemin, la vérité et la vie - et l'Église, avec toutes ses insuffisances, est vraiment son corps."

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2 janvier 2023 1 02 /01 /janvier /2023 00:00
 Saint Grégoire de Naziance, dit le Jeune, ou encore Grégoire le Théologien, Patriarche de Constantinople, Docteur de l'Église (+ 390)

Si quelqu'un ne croit pas que la Sainte Vierge Marie est la Mère de Dieu, celui-là est un étranger à la Divinité.

Saint Grégoire naît dans le foyer de Grégoire l'Ancien, un juif converti en 325 qui deviendra évêque.(1)

 

Lors d'un voyage entre Alexandrie et Athènes, son bateau est pris dans une tempête au cours de laquelle il pense mourir. Cet événement marque un tournant dans sa vie : Grégoire redoutant de mourir non baptisé, fait la promesse de se consacrer à Dieu s'il survit, comme il l'explique dans ses écrits : "À toi j'étais auparavant, tien je suis maintenant. Pour toi je vivrai si j'échappe à ce danger ! Ton disciple est tombé dans la tempête : dissipe ce songe, ou viens marchant sur l'eau et que cette horreur cesse."(2)

 

Il rencontre Basile de Césarée à Athènes en 350, lors de leurs études. C'est leur foi en Dieu dans une école où de nombreux païens étaient présents et un même désir de perfection qui désormais lient ces deux étudiants d'une grande amitié. Durant ces premières années d'études à Athènes, Grégoire joue probablement un rôle de tuteur ou de professeur auprès de Basile.(3)

 

Grégoire assiste Basile de Césarée dans la rédaction des règles morales et ascétiques qui sont à la base de la législation monastique de l'Église orthodoxe.

 

Il garde durant toute sa vie la conviction que le christianisme et la culture ne s'opposent pas, mais sont parfaitement conciliables. Il s'oppose ainsi vivement à l'empereur Julien qui, dans un édit, interdit aux grammairiens et rhéteurs chrétiens d'enseigner les lettres classiques. Pour Grégoire, la sagesse et la culture sont universelles, elles n'appartiennent pas à une civilisation, aux Égyptiens ou aux Grecs, mais viennent à tous puisqu'elles viennent de Dieu. Les chrétiens doivent donc "dérober", acquérir et assimiler toutes les richesses des cultures grecques ou égyptiennes en rejetant ce qui relève de l'idolâtrie. L'attitude de Julien, qui vise à exclure les professeurs chrétiens de l'enseignement, et donc à marginaliser l'apprentissage, est fermement dénoncée.

 

Il est ordonné contre son gré évêque de Sasimes par Basile (372), mais il est empêché de prendre possession de son siège épiscopal par l'évêque arien de Tyane, Anthime ; il reste chez son père, devenant ainsi le premier évêque auxiliaire de l'Église.

 

À la mort de son père en 374, il décide de se retirer pour mener une vie cénobitique à Séleucie d'Isaurie, à plus de cinq cents kilomètres de Nazianze. Il y mène pendant quatre ans une vie cénobitique.

 

Il est invité à Constantinople, où il prend part à la lutte contre l'arianisme et contre les divisions de l'Église de Constantinople. Partisan de la doctrine du concile de Nicée (325), il cherche à défendre la place de l'Esprit Saint dans la théologie orthodoxe. Après un temps de réflexion, il décide de renoncer à la vie anachorétique : "J'étais possédé par le désir des livres divins et par la lumière de l'Esprit qui réside dans la contemplation de la Parole, chose qui ne s'accomplit pas dans le désert et son calme."

 

Le premier janvier 379, Basile de Césarée meurt; Grégoire écrit alors une lettre célèbre au frère de son ami, Grégoire de Nysse, où il dit son émotion. Il prononcera plus tard un éloge funèbre, dans lequel il donne une description détaillée de Basile.

 

L'empereur Théodose Ier impose Grégoire de Nazianze comme évêque de Constantinople.

 

Il préside le concile de Constantinople (381)

 

La théologie trinitaire n'étant pas alors bien définie, le rôle de Grégoire de Nazianze est extrêmement important, car il a permis de la définir et de la développer. Le concile de Nicée en 325 avait omis de parler de la nature divine de l'Esprit Saint ; or, cette question fait débat entre les évêques, surtout pour Grégoire de Nazianze qui veut que l'on reconnaisse la nature divine du Saint Esprit. Sa position doctrinale repose sur la formule de l’homoousios (consubstantialité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, selon le credo de Nicée). 

 

En analysant les Écritures, Grégoire de Nazianze affirme que l'Esprit Saint est de nature divine dans la mesure où il est défini comme un être actif. Cette définition implique donc qu'il ne soit pas considéré comme un attribut de Dieu, comme le prétendent certains théologiens de l'époque. Comme l'Esprit Saint parle, sépare, agit, cela signifie donc qu'il est essence. Comme il n'est pas une créature de Dieu, et que les chrétiens affirment être baptisés en Lui, cela implique donc que nous sommes baptisés en Dieu, donc que l'Esprit Saint est Dieu.(4) 

 

Les évêques au concile utilisent une autre formule, l’ekporeuomenon (expression selon laquelle l'Esprit Saint procède du Père). Cette formule est une vision minimaliste, qui pouvait être fragilisée par certains théologiens ariens. Cependant, même si la formule de Grégoire n'est pas consacrée, le concile de Constantinople reconnaît ouvertement, même si c'est de façon minimaliste, la divinité de l'Esprit Saint. 

 

Face aux théologiens ariens qui nient la divinité de l'Esprit Saint dans la mesure où il n'y a pas d'affirmation de la divinité de l'Esprit Saint dans la Bible, Grégoire défend l'existence d'une révélation progressive des dogmes dans la période post-apostolique (5), et montre qu'il existe dans la Bible de nombreux passages parlant de la présence de l'Esprit Saint, tant dans la liturgie que dans la narration (Isaie 11,2 : "Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur." ; Psaumes 142, 10 ; 50,12-14 ; Épître aux Romains 8,9 ; Première épître aux Corinthiens 2, 16 2 Co 3, 17 ; Actes des apôtres 2, 3-4.)

 

Face à l'impossibilité de pouvoir influencer davantage les pères du concile, Grégoire démissionne alors que les débats sont loin d'être achevés (381). En partant, il écrit un discours virulent contre les membres du concile de Constantinople et sur l'importance donnée à l'apparence(6) : "J'ignorais qu'il fallût rivaliser avec les consuls, les préfets et les généraux... J'ignorais qu'il me fallût prendre le bien des pauvres pour vivre dans le luxe et la bonne chère... et porter aux autels l'odeur des festins. J'ignorais qu'il fallût me montrer sur les chars... promener par la ville un grand train et forcer la foule craintive à se ranger des deux côtés de ma route, comme elle le fait au passage des bêtes!"(7)

 

A l'occasion de la construction d'un hôpital, Grégoire prononce une magnifique exhortation à prendre soin de son prochain:

 

"Et nous devons prendre soin des besoins matériels de nos voisins, qu’ils soient bien portants ou malades, comme nous le faisons pour nous-mêmes. Car nous sommes tous un dans le Seigneur, riches ou pauvres, esclaves ou libres, bien portants ou malades ; et il n’y a qu’un seul chef, le Christ, qui est la source de toutes choses ; et la même relation qui existe entre les membres du corps existe entre nous, individuellement et collectivement. C’est pourquoi nous ne devons ni oublier ni négliger ceux qui ont succombé à notre infirmité commune avant nous ; et notre satisfaction, due à notre bien-être physique, ne doit pas l’emporter sur notre compassion face à la souffrance de nos semblables. Il nous incombe de croire que le bien-être de notre corps et de notre âme réside en une seule chose : la bienveillance envers notre prochain.' (Oraison 14, § 8, c. 368-72)

 

 

Chassé de Constantinople, il retourne à Nazianze, où il écrit de nombreuses lettres et discours en faveur notamment de la thèse qui considère l'Esprit Saint comme l'une des personnes de la Trinité. Il défend avec beaucoup d'ardeur la divinité du Verbe, ce qui lui vaut d'être appelé le Théologien

 

Il finit solitaire, composant d'admirables poèmes que la liturgie utilise encore. 

 

Il meurt le 25 janvier 390.

 

Grégoire est très vite considéré comme un saint, même s'il n'y a jamais eu de canonisation, cette procédure naît au Xe siècle. Il est reconnu comme l'un des grands théologiens qui sont encore actuellement vénérés tant par les Églises orthodoxe que catholique et à ce titre honoré du titre de "Docteur universel". 

 

Il est considéré avec Basile de Césarée et Grégoire de Nysse comme l'un des trois "pères cappadociens". Les orthodoxes lui ont donné l'un de ses titres les plus prestigieux, celui de "Grégoire le Théologien". 

 

Il est enfin considéré comme un Père de l'Église et est proclamé "Docteur de l'Église" par le pape Pie V en 1578.

 

Grégoire de Nazianze, Docteur de l'Église, est le premier après saint Jean à avoir été surnommé le "Théologien" pour la profondeur de ses discours sur Dieu.

 

Dans le calendrier liturgique catholique, la fête de Grégoire de Nazianze est célébrée le 2 janvier. 

PRATIQUE : Demandons la grâce d'une foi forte en la virginité de Marie.(8)

 Saint Grégoire de Naziance, dit le Jeune, ou encore Grégoire le Théologien, Patriarche de Constantinople, Docteur de l'Église (+ 390)

Sources : (1) ; (2) Mgr Hilarion ALFEYEV (traduit du russe par Alexandre Siniakov), Le chantre de la Lumière, Introduction à la spiritualité de saint Grégoire de Nazianze, Paris, Édition du Cerf, coll. Théologies, août 2006, p. 17 ; J.-P. MIGNE, Patrologiae cursus completus, coll. Series graeca, 37, 1043 ; (3) ; (4) Jean BERNARDI, Saint Grégoire de Nazianze, Paris, Édition du Cerf, coll. Initiations aux pères de l'Église, mars 1995, p. 226 ; (5) Mgr Hilarion ALFEYEV, ibid., p. 229 ; (6) Mgr C. LAGIER, L'orient chrétien, Des apôtres jusqu'à Photius, Paris, L'Œuvre d'Orient, 1935-1950, réimpr. deuxième édition, p. 175 ; (7) Discours 42-43, Paris, Éditions du Cerf, coll. Sources chrétiennes, septembre 1992 ; (8)

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31 décembre 2022 6 31 /12 /décembre /2022 21:11

"J’ai la douleur de vous annoncer que le pape émérite, Benoît XVI, est décédé aujourd’hui à 9h34 heures au Monastère Mater Ecclesiae, au Vatican". Communiqué de la salle de presse du Saint Siège. Que Dieu accueille son serviteur dans la paix éternelle.  (Source)

 

Nous retenons de Benoit XVI le Motu proprio Summorum pontificum qui permit la libéralisation de la messe tridentine célébrée par les traditionalistes jusque-là.

 

Mais beaucoup gardent en mémoire cette image de la foudre tombant sur le dôme de la basilique Saint-Pierre le jour de la résignation supposément volontaire de Benoit XVI, le 11 février 2016. Une foudre qui frappa de nouveau le dôme de la Basilique Saint-Pierre, huit mois plus tard, le 7 octobre 2016, à environ 09h20, en la fête de Notre-Dame du Saint Rosaire. 

 

"N'y voyez aucune superstition. La foudre est un phénomène naturel qui n'a pas de signification", peut-on lire justement dans ce message sur le Forum catholique, que nous partageons. "Cependant, la coïncidence entre ce phénomène naturel et cet acte inattendu et suspect (la crise bancaire immédiatement résolue après le retrait du Pape) est un fait marquant qui ne m'a jamais quitté. C'est très subjectif, je le sais bien, mais il n'est pas interdit d'exprimer pour une fois un sentiment personnel, surtout en ce deuil et en cette fin d'année."

"À ce sujet, il est également remarquable que le Pape soit passé de vie à trépas le 31 décembre, jour de la fête du pape saint Sylvestre Ier. Je ne veux pas y voir d'autre signe que celui-ci : l'espérance que Benoit XVI [lui qui a écrit la déclaration Dominus Iesus sur l'unicité et l'universalité de Jésus-Christ et de son Église. NdCR.] rejoigne les saints papes dans l'éternité bienheureuse, l'espérance qu'un saint pape gouverne l'unique Église saintement, selon la volonté du Tout-Puissant, pour sa plus grande gloire et pour notre salut."

 

De même, "un signe qui confirme en quelque sorte le rôle de katechon (2 Th 2, 6-7) exercé par Benoît XVI se trouve dans les paroles de la 1ère lecture de la messe d'aujourd'hui (forme ordinaire):

 

"Mes enfants, c’est la dernière heure et, comme vous l’avez appris, un anti-Christ, un adversaire du Christ, doit venir." Première épître de S. Jean (Source : Le Forum catholique )

La société moderne formule une croyance anti-chrétienne antichrist et punit ceux qui lui résistent avec l'excommunication sociale.

Benoît XVI. in Peter Seewald, Benedikt XVI, ein Leben, 2020

Benoît XVI, est décédé aujourd’hui à 9h34 heures au Monastère Mater Ecclesiae, au Vatican
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29 décembre 2022 4 29 /12 /décembre /2022 20:53

Ariane Bilheran, psychoclinicienne, évoque sur Putsch Média le "règne du mensonge", la disparition du droit, la culpabilité de citoyens via leur intention d'injecter tout le monde (volonté et conscience des conséquences de leurs actes), et la responsabilité des médias dans la "fraude" totalitaire du moment Covid.

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