Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
6 mars 2026 5 06 /03 /mars /2026 00:00
Sainte Colette, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 48

Sainte Colette, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 48

Ses parents qui habitent Corbie en Picardie, ne peuvent avoir d'enfants. Mais sa mère, qui prie S. Nicolas, est un jour enceinte. Elle a soixante ans. Heureuse de cette naissance qui a eu lieu le 13 janvier 1381, elle appelle sa fille Nicolette (devenu en diminutif Colette.) Elle est élevée dans la crainte de Dieu et la pratique des vertus chrétiennes.

 

Colette est si petite que tout le monde se moque d'elle. On l'appelle "la naine". A quatorze ans, elle se rend à Notre-Dame-de-Berbières, haut lieu de pélerinage, et prie ainsi: "Hélas, sire, s'il vous plaît-il que je demeure aussi petite!". Et, dit la narration, "incontinent, l'oraison terminée, elle trouva qu'elle était creuche (accrue) et qu'elle était plus grande au retourner qu'elle n'avait été au venir". Depuis, les petites filles de Picardie chantent : "Sainte Colette, tire-moi les jambettes, rends-moi sage et parfaite". [1]

 

Colette s'est fait une solitude de la maison paternelle, vivant retirée dans une petite chambre, où elle partage son temps entre la prière et le travail des mains. Alarmée du péril auquel l'exposait sa beauté, elle prie Dieu de la lui ôter; et elle devient si maigre et si pâle, qu'elle est à peine reconnaissable.

Statue de sainte Colette : monastère des Clarisses à Poligny (Jura)

Statue de sainte Colette : monastère des Clarisses à Poligny (Jura)

Devenue orpheline à dix-huit ans, Colette se sépare de ses biens au profit des pauvres et fait plusieurs essais de vie religieuse. Elle obtient du père Abbé d'un monastère voisin, la possibilité d'entrer chez les béguines d'Amiens malgré son âge; elle n'y reste qu'un an jugeant leur vie trop douce. Même déception chez les bénédictines, puis chez les clarissesSon père spirituel est franciscain et comprend son désir d'austérité. Il la fait entrer dans le Tiers-Ordre de Saint François comme recluse à Corbie où elle reste quatre ans entiers, dans une cellule étroite, chargée d'un cilice et de chaînes de fer, et s'abandonnant à toutes les austérités de la pénitence. [2] Là, elle doute de ses révélations intérieures et devient aveugle jusqu'à ce qu'elle consente à répondre à un appel de Dieu à réformer le Second Ordre de Saint François, les Clarisses. Après avoir reconnu en effet, par plusieurs inspirations, que la volonté de Dieu était qu'elle travaille aussi au salut des autres, elle obtient de rencontrer le pape Benoît XIII qui réside alors en Avignon. Ce pape était un "antipape d'Avignon" du Grand Schisme qui déchirait alors l'Occident. Mais son sens spirituel était réel et profond. Il reçut la profession religieuse de sainte Colette dans la règle de Sainte Claire et la nomme abbesse de tous les monastères qu'elle sera amenée à fonder ou réformer. Si Colette s'adressa à Benoît XIII, c'est que, dans l'incertitude sur l'obédience à laquelle il fallait se rattacher, elle suivit la France entière, qui avait reconnu le pape d'Avignon ; mais dès les décisions connues du concile de Pise (1409), elle fit ratifier par Alexandre V, l'élu du concile, les faveurs reçues précédemment de Benoît XIII. [3]

Sainte Colette de Corbie, clarisse († 1447)

Sa mission confirmée par le pape, Colette vint en Franche-Comté, parcourut la Bourgogne, la Savoie, l'Espagne, l'Allemagne et la Belgique, fonda dix-huit monastères très observants, dont celui de Poligny (Jura) - ses religieuses sont appelées "colettines" -et celui de Besançon, puis bien d'autres.

 

Grâce à elle, les "Clarisses" reviennent à leur idéal primitif de "pauvres dames" et les monastères se multiplient. Au Puy-en-Velay, Colette fonda un monastère de Clarisses dans les années où sainte Jeanne d'Arc relevait notre nationalité. Il serait facile de montrer en quel lieu se trouvait ce monastère si la Révolution n'avait pas profané ces souvenirs. [4] 

 

Au total dix-sept Couvents furent fondés de 1410 à 1447 et d'autres réformés : Besançon (1410), Auxonne (1412), Poligny (1415-1417), Seurre (1421-1423), Decize (1419), Moulins (14221-1425), Aigueperse (1422-1425), Le Puy-en-Velay (1425-1432), Vevey (1422-1425), Orbe (1426-1427), Montbéliard (1430), Lézignan-Corbières (avant 1431), Castres (avant 1443), Béziers (avant 1443), Heidelberg (1438), Pont-à-Mousson (1431-1447), Hesdin (1437-1440), Amiens (1442-1444), Gand (1437-1442). [5]

 

Colette aime dire : "La vraie sagesse se soumet à Jésus et à la Vierge sa douce Mère". [6]

 

Tandis qu'elle vivait recluse à Corbie, Colette reçut des visions de saint François d'Assise. Un jour, elle vit François qui la présentait à Dieu comme la réformatrice de son ordre. [7]

 

Colette meurt à Gand en Belgique, à 66 ans, le 6 mars 1447. Elle est invoquée contre la stérilité, et pour la guérison des maladies des yeux.

Son corps sera, par la suite, transporté à Poligny dans le Jura.

Colette est béatifiée en 1625 et canonisée le 24 mai 1807 par Pie VII.

 

PRATIQUE. Aimez à méditer la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, les vendredis surtout.  

 


Sources

 

(1) Le Petit Livre des Saints, Editions du Chêne, tome 2, 2011, p. 48 ; (2) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 65 ; (3) L'Evangile au quotidien ; (4) Père J.-B.-J. Ayroles, Jeanne d'Arc sur les autels et la régénération de la France, 1885, Rééd. Éditions Saint-Rémi, Cadillac 2009, p. 361 ; (5) Réflexion chrétienne ; (6) Saints de France ; (7) Evangélisation http://nouvl.evangelisation.free.fr/leblanc_colette_de_corbie.htm ; (8) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 48.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Articles RÉCents

  • Saint Dominique, fondateur de l'ordre des Dominicains (ordre des Prêcheurs ou des Frères prêcheurs) († 1221)
    Aucun saint marquant, aucune grande initiative religieuse n'avait surgi depuis la mort de S. Bernard (1153). Saint Dominique de Guzman naît dans la Vieille-Castille en 1170, dans une famille de la noblesse espagnole. Il a deux frères : Antoine, probablement...
  • Haarp: Ce que le parlement européen a vraiment écrit en 1999
    Le 14 janvier 1999, une commission du Parlement européen adoptait un rapport peu connu consacré à l'environnement, à la sécurité et à la politique étrangère. On y trouve un passage surprenant concernant le projet américain HAARP (High Frequency Active...
  • Saint Gaétan
    Saint Gaétan, Patron des théatins, des chômeurs et demandeurs d'emploi Gaétan est né à Vicence, qui faisait alors partie de la république de Venise. Ses parents étaient Gaspard, comte de Thiène, et Maria Porto. Sa mère, très pieuse, l'encouragea dans...
  • Transfiguration
    Sur une haute montagne, le Christ a révélé sa divinité à trois de ses apôtres. La voix qui parle, c'est le Père disant de Jésus qu'il est son "Fils bien-aimé" et la nuée est le Saint-Esprit. Nous avons là une illustration de la Trinité dans la Bible....
  • Les hérésies du rituel maçonnique
    Les hommes, unis par une même langue, ont voulu construire une tour pour atteindre le ciel, non par amour de Dieu, mais par orgueil, pour se faire un nom et éviter d’être dispersés. Dieu a confondu leur langage et les a dispersés sur la face de la terre. Dans...
  • Saint Jean-Marie Vianney, Curé d'Ars († 1859)
    Saint Curé d'Ars, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 119. On a dit de plus d'un personnage, de plu s d'un Saint, qu'ils furent les prodiges de leur siècle. Ceci n'est peut-être vrai de personne autant que du curé d'Ars...
  • Sainte Lydie de la Pourpre (Ier s.)
    Lydie de Thyatire (ville de Mysie, actuelle Turquie) ou Lydie de la Pourpre (Ier s.) D'après Saint Luc, elle serait la première Européenne à s'être convertie au Christ. Saint Paul l'aurait rencontrée alors qu'il arrivait en Macédoine orientale. Elle était...
  • Saint Pierre-Julien Eymard
    Fondateur de la Congrégation des Pères du Saint-Sacrement et de celle des Servantes du Saint-Sacrement (1811-1868). Fils d'un boutiquier de village dans la région de Grenoble, il fut d'abord prêtre séculier. En 1839, il entre chez les Pères maristes dont...
  • Saint Alphonse-Marie de Liguori
    Évêque, fondateur de la “Congregatio Sanctissimi Redemptoris” Docteur de l'Église Alfonso Maria de Liguori naît à Marianella, près de Naples, le 27 septembre 1696, dans une famille noble. Après de fort brillantes études, docteur en droit civil et canonique...
  • Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus
    Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 85. Un militaire Saint Ignace naquit en 1491 a u château de Loyola, en Espagne. Il était le dernier de douze enfants, et il donna dès son bas âge des marques d'une grande vivacité d'esprit....