Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Christ Roi

  • : Christ Roi
  • : Blog d'informations royaliste, légitimiste, pour une France libre, indépendante et souveraine
  • Contact

Horloge

28 février 2026 6 28 /02 /février /2026 07:15

La rupture ne provenait pas de la Constitution sur la liturgie Sacrosanctum Concilium elle-même (approuvée à une écrasante majorité, préservant la substance des rites, le caractère sacrificiel de la messe et le mystère pascal), mais de sa mise en œuvre.

 

La rapidité et l'ampleur sans précédent du changement de l'Ancienne Messe vers la Nouvelle (par rapport à des siècles de croissance organique) ont transformé l'adaptation légitime en improvisation ; il ne devait y avoir d'innovations que si elles étaient véritablement et certainement nécessaires, tout en maintenant l'obéissance à l'autorité légitime même au milieu de débats prudentiels.

 

Le Missel de Paul VI de 1969 diffère sensiblement du rite tridentin par sa forme, son ton et l'expérience qu'il propose ; même un profane peut constater la différence. Le Canon silencieux, les multiples signes de croix, les génuflexions et les riches répétitions ont cédé la place à des rubriques simplifiées et à un lectionnaire enrichi.

 

La Constitution autorisait la « noble simplicité », l'élimination des répétitions inutiles, un recours accru aux Écritures et l'extension en langue vernaculaire.

 

-Pourtant, sous le Consilium de Bugnini (à partir de 1964), les changements se sont déployés progressivement via des instructions telles que Inter Oecumenici (1964), Ecclesiae semper (1965), Musicam Sacram (1967) et Tres abhinc annos, avec un Canon vernaculaire et des simplifications majeures déjà en place avant le Missel de 1969.

 

Cf. https://x.com/NiwaLimbu1988/status/2027053990702202922?s=20

 

 

Le cardinal Brandmüller appelle à une "trêve" liturgique et exhorte les catholiques à "déposer les armes".

 

Le cardinal Walter Brandmüller, historien de l'Église allemand de 97 ans et ancien président du Comité pontifical pour les sciences historiques, a lancé un appel à la paix dans les différends liturgiques, exhortant toutes les parties à "déposer les armes".

 

Dans un article paru dans Diakonos.be le 24 février, Son Éminence a insisté sur le fait que ce n'était pas la Constitution du Concile sur la liturgie sacrée, Sacrosanctum Concilium , qui avait provoqué la profonde division au sein d'une grande partie du monde catholique, mais "la mise en œuvre de la réforme liturgique après le Concile".

Cette mise en œuvre, affirmait-il, était responsable d’un "conflit malsain entre “progressistes” et “réactionnaires” ", qui a causé des difficultés aux autorités ecclésiastiques pendant des décennies.

"Ce n’est pas Sacrosanctum Concilium", écrivait-il, "mais plutôt sa mise en œuvre post-conciliaire qui a ouvert une brèche dans une grande partie du monde catholique." Le " conflit liturgique" qui en a résulté, ajoutait-il, démontre simplement "la place centrale qu’occupe la liturgie dans la vie des fidèles".

Son Éminence a évoqué les réformes introduites en Russie orthodoxe au XVIIe siècle et les vifs débats qui ont agité l'Occident au siècle des Lumières au sujet des hymnes et des rites. Ces conflits, a-t-il suggéré, portent souvent moins sur le dogme que sur les "rites, les coutumes, les formes concrètes de la piété quotidienne" qui façonnent la vie de foi au quotidien.

Évoquant la réforme du Missel romain sous le pontificat de Paul VI, il reconnut qu'elle "n'était pas sans défauts" et que certaines critiques étaient compréhensibles. Le cardinal affirma toutefois clairement que le Missel promulgué par Paul VI "devait être accepté par obéissance malgré les critiques légitimes". "Si l'obéissance du Christ jusqu'à la mort est rendue présente dans l'Eucharistie", écrivit-il, "on ne peut la célébrer dans la désobéissance."

Dans le même temps, Son Éminence s'est interrogé sur les raisons pour lesquelles la réforme de Paul VI avait été perçue par beaucoup comme une rupture avec la tradition, d'autant plus que les réformes précédentes n'avaient pas suscité de telles turbulences. Il a rappelé que lorsque le pape Pie XII avait réformé la veillée pascale en 1951 et les rites de la Semaine sainte en 1955, les changements avaient été largement accueillis et mis en œuvre sans résistance majeure. En revanche, la réforme ultérieure a coïncidé avec une période où, après le pontificat de Pie XII, "l'heure de l'individualisme théologique et du rejet de tout ce qui était alors qualifié de "dépassé" avait sonné".

"Les conséquences pour la liturgie furent graves", écrivit-il. "L’arbitraire, la prolifération et un individualisme débridé conduisirent, dans de nombreux endroits, au remplacement de la messe par des compositions personnelles." Dans certains cas, dit-il, la liturgie se réduisit à des textes "compilés dans des cahiers à spirale préparés par les célébrants". Il en résulta "un chaos liturgique et un exode sans précédent de l’Église, un phénomène qui perdure encore aujourd’hui".

Pourtant, le cardinal n'a pas réservé ses critiques à un seul camp. Tandis que certains jugeaient les réformes insuffisantes et continuaient d'improviser des liturgies "nées de leur créativité personnelle", d'autres s'accrochaient obstinément à ce qu'ils appelaient la "Messe de toujours" Or, disait-il, cela ignorait la réalité historique selon laquelle "le rite de la Sainte Messe s'est déployé et transformé au fil des siècles". En vérité, poursuivait-il, "la seule "Messe de tous les temps", ce sont les paroles de la consécration", qui apparaissent elles-mêmes sous diverses formes dans l'Écriture.

Il a averti que "l’absolutisation du caractère convivial de la messe", une insistance excessive sur sa dimension communautaire, "a conduit, et continue de conduire, à de graves abus liturgiques, frôlant parfois même le blasphème". De tels abus, a-t-il affirmé, découlent de "profondes incompréhensions du mystère de l’Eucharistie".

Dans bien des cas, a-t-il observé, "il revient presque toujours au prêtre de décider si la messe sera célébrée fidèlement selon le Novus Ordo ou si l'on laissera libre cours à ses idées subjectives". Les interventions épiscopales contre les abus, a-t-il noté, "sont plutôt rares". La "dissolution de l'unité liturgique" qui en résulte, a-t-il averti, est causée par "l'incertitude, voire la perte de la foi authentique", et menace l'unité de la foi elle-même.

Si l’on veut éviter ou guérir des "fractures fatales dans l’unité ecclésiale", a-t-il déclaré, "il est donc nécessaire… de parvenir à la paix, ou tout au moins à une trêve, sur le plan liturgique". C’est pourquoi il a invoqué le titre du roman pacifiste de Bertha von Suttner : "Die Waffen nieder !" – Déposez les armes !

"Cela signifie qu’il faut avant tout faire preuve de retenue dans les propos tenus sur la liturgie", a-t-il écrit. "Les accusations mutuelles doivent cesser ; aucune des parties ne doit remettre en question la sincérité des intentions de l’autre." En d’autres termes, a-t-il ajouté, "la tolérance est essentielle et les polémiques sont à proscrire".

Il a insisté sur le fait que les deux parties doivent veiller à ce que la liturgie "respecte scrupuleusement leurs normes respectives". Son avertissement, a-t-il souligné, s’adresse "non seulement aux innovateurs, mais aussi à ceux qui adhèrent à la “messe traditionnelle”."

Enfin, il a exhorté les catholiques à revenir au texte même du Concile. "Les deux parties devraient étudier impartialement le chapitre II de Sacrosanctum Concilium afin d’examiner de manière critique les développements ultérieurs", a-t-il écrit. Ce n’est qu’ainsi, "dans le silence et avec une grande patience", que l’Église pourra œuvrer à une "réforme de la réforme" véritablement conforme aux dispositions du Concile.

L’appel du cardinal Brandmüller à une "trêve" liturgique n’est ni déplacé ni une lamentation nostalgique d’un conservateur de la Curie. C’est un plaidoyer pour panser l’une des plaies post-conciliaires les plus profondes de l’Église. Son argument principal demeure que ce n’est pas la Constitution sur la sainte liturgie du Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, mais sa mise en œuvre qui a fracturé l’unité catholique. Cette affirmation soulève une question plus complexe : que s’est-il passé précisément entre la salle conciliaire et la promulgation du nouveau Missel ?

Il ne fait guère de doute que la Constitution elle-même a reçu une approbation massive des évêques du monde entier. Son rédacteur, le père Josef Jungmann, érudit jésuite, a assuré aux Pères conciliaires que "toute attention était portée à la préservation de la substance des rites". Le texte ne proposait pas de révolution doctrinale. Il évoquait un développement organique et une noble simplicité. Il réaffirmait le caractère sacrificiel de la messe et la centralité du Mystère pascal du Christ. On ne saurait la qualifier à la légère d’acte de vandalisme ecclésial.

Néanmoins, le Missel promulgué par le pape Paul VI en 1969 diffère sensiblement, par sa forme, son ton et son rituel, de celui codifié par le pape Pie V après le concile de Trente. La différence n'est pas seulement esthétique, mais aussi existentielle. Le canon silencieux de l'ancien rite, les multiples signes de croix, les génuflexions, les prières supplémentaires et les répétitions rituelles lui conféraient une atmosphère théologique distincte de celle des rubriques simplifiées et du lectionnaire élargi de la nouvelle version.

La question est donc de savoir si cette divergence représente une évolution légitime ou un écart pratique par rapport à l'intention conciliaire. Sacrosanctum Concilium elle-même a préparé le terrain à d'importantes modifications. Elle appelait à des rites empreints d'une "noble simplicité", "courts, clairs et exempts de répétitions inutiles". Elle préconisait un usage plus fréquent de l'Écriture Sainte dans la liturgie et autorisait un recours accru à la langue vernaculaire lorsque cela s'avérait pastoralement pertinent. Ces dispositions reflétaient un mouvement liturgique du milieu du XXe siècle soucieux de rendre les rites plus intelligibles et participatifs.

Pour mettre en œuvre la Constitution, Paul VI institua le Consilium en 1964 sous la direction de l'archevêque Annibale Bugnini. Son mandat, confirmé par le motu proprio Sacram Liturgiam, était de réviser les rites et de préparer de nouveaux livres liturgiques. Le processus se déroula progressivement. L'instruction Inter Oecumenici de 1964 introduisit les lectures en langue vernaculaire proclamées face au peuple, supprima la Judica me au pied de l'autel, autorisa la Prière universelle et simplifia les formules de communion. Ecclesiae semper, en 1965, autorisa la concélébration et la communion sous les deux espèces, soulignant la dimension communautaire de l'Eucharistie. Musicam Sacram, en 1967, encouragea le chant par l'assemblée, ce qui, dans les faits, accéléra le déclin du chant grégorien. Tres abhinc annos étendit l'usage de la langue vernaculaire au Canon et rationalisa davantage les vêtements liturgiques et le cérémonial. Lorsque le nouveau missel parut en 1969, une grande partie de la transition avait déjà eu lieu.

Une fois lancées, les réformes prirent leur propre essor. Le discours du Concile, empreint de "noble simplicité" et de "participation active", se révéla flexible. Dans bien des endroits, l'adaptation légitime glissa vers l'improvisation.

Parallèlement, il serait historiquement erroné de suggérer que le rite tridentin soit apparu tout formé dès l'Antiquité apostolique. La liturgie romaine s'est développée au fil des siècles, intégrant des éléments gallicans, codifiant les usages médiévaux et uniformisant la diversité après le concile de Trente. Cette évolution organique n'est pas étrangère au culte catholique. La difficulté ne réside pas dans le développement en soi, mais dans la rapidité et l'ampleur des changements introduits à la fin des années 1960. Ce qui s'était autrefois déployé progressivement sur plusieurs générations est apparu en quelques années seulement.

La solution concrète à l'appel du cardinal Brandmüller à "déposer les armes" ne réside pas dans une escalade rhétorique. Il faudra examiner si la pratique post-conciliaire s'est toujours conformée à la stipulation même du Concile, selon laquelle aucune innovation ne doit être introduite à moins que le bien de l'Église ne l'exige véritablement et certainement. Il faudra également reconnaître que l'obéissance à l'autorité légitime est intrinsèque au culte eucharistique, même lorsque des jugements prudentiels restent sujets à débat, comme le cardinal l'a lui-même attesté.

 

Cf. Niwa Limbu

https://thecatholicherald.com/article/cardinal-brandmuller-calls-for-liturgical-truce-and-urges-catholics-to-lay-down-your-weapons

Partager cet article
Repost0

commentaires

Articles RÉCents

  • Saint Maxime Martyr à Rome († 260)
    Valérien et Tiburce donnaient une sépulture aux chrétiens massacrés ce qui leur valut d'être condamnés à mort. Maxime, chargé de les exécuter se convertit et subit lui aussi le martyr. Martyrologe Romain : À Rome, au cimetière de Prétextat sur la voie...
  • Sainte Ide (Ida) de Boulogne (1040-1113)
    Sainte Ida, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 99 Mère de Godefroy de Bouillon et de Baudouin Ier , premiers rois de Jérusalem après la Première Croisade, on attribue une grande part du succès de cette croisade à ses...
  • Deuxième dimanche de Pâques - Dimanche de la Divine Miséricorde
    La fête de la Miséricorde est célébrée le premier dimanche après Pâques ou le deuxième dimanche de Pâques, appelé actuellement Dimanche de la Divine Miséricorde. ( 1) Cette fête correspond également à la fête de la quasimodo, également appelée octave...
  • Saint Stanislas, évêque, Patron de la Pologne († 1079)
    Saint Stanislas, évêque de Cracovie au XIe siècle, Patron de la Pologne, naquit en 1030 de parents fort avancés en âge, mariés depuis trente ans et encore sans postérité. Stanislas. Vient du polonais stan, mettre debout, et slava, gloire. Dieu, qui avait...
  • Saint Fulbert, évêque de Chartres (960-1029)
    Saint Fulbert de Chartres dans sa cathédrale (Chartres, Bibliothèque municipale, Ms. 4, fol. 94) Fulbert. Vient du germanique fulk ou folk = le peuple, et berth = brillant. À Chartres, en 1029, saint Fulbert, évêque. Il nourrit de sa doctrine un grand...
  • Saint Gautier de Pontoise († 1099)
    C'est avec grande réticence et après trois fugues (dont les moines profitaient pour relâcher la discipline) et un appel au pape (refusé) qu'il finit par accepter sa charge d'abbé de l'abbaye de Saint-Martin Pontoise. D'abord professeur de philosophie...
  • Sainte Julie de Corse (IVe siècle)
    Sainte Julie (santa Ghjulia en corse), chrétienne d'origine carthaginoise, Patronne de la Corse, vécut au début de l'ère chrétienne, est fêtée le 8 avril. À Nonza, on note qu'elle a été martyrisée en 303. Patronne de la Corse avec Ste Dévote, elle est...
  • Saint Jean-Baptiste de La Salle, prêtre (1651-1719)
    Saint Jean-Baptiste de la Salle, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 113. Au moment où tout le monde constate le désastre de l'éducation républicaine, dite "laïque" et obligatoire, qui a chassé Dieu des écoles, l'augmentation...
  • Bonnes et Joyeuses Fêtes de Pâques à tous !
    Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » La fête de Pâques se célèbre dans l'Église chrétienne en mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ...
  • Samedi saint
    En ce jour, l' É glise se prépare à célébrer au lever de l'aurore, la glorieuse résurrection du Sauveur. C'est le "Grand et saint Sabbat". Le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ, détaché de la croix, le soir du vendredi, jour de sa mort, fut embaumé...