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12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 19:58

“La Révolution française a été la matrice de tous les génocides de l’histoire.”

Avec Reynald Secher, historien, entretien video avec Claude Reichmann

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 11:02

"L'historiographie reste celle des vainqueurs,... et de fait, notre connaisance de la pensée réactionnaire reste relativement rudimentaire comparée à celle que nous avons des libéralismes ou des socialismes. ... Nous connaissons Joseph de Maistre et Louis de Bonald, mais après eux, d'autres ont pris part au débat. Parmi ces derniers, il faut mentionner Antoine Blanc de Saint-Bonnet (1815-1880), un continuateur méconnu de la pensée contre-révolutionnaire ou, comme on l'a dit justement, inconnu. 

... Qui le connait? Blanc de Saint-Bonnet figure à titre d'exception dans les dictionnaires courants, et les études, à lui consacrées, sont rares.

'La démocratie triomphe, et je viens combattre la démocratie. Les aristocraties sont repoussées, et je viens dire que ce sont elles qui ont créé les peuples... Partout la fausse liberté et la Révolution s'annoncent, et je viens, avec ma conscience seule, combattre la Révolution! Fondée sur des chimères et soutenue par l'imposture, elle conduit les peuples à leur perte et l'humanité à sa fin' (
Antoine Blanc de Saint-Bonnet, La Restauration française, Tournai, Casterman, 1872, p. 5-6).

SITUATION DE LA SOCIETE MODERNE: "POURQUOI SOMMES-NOUS MALHEUREUX?"

'La culture du gain',... la pratique du profit qu'amène l'essor industriel est 'sous une forme intelligente, sous un aspect légal, [...] une anthropophagie', autrement dit, 'l'exploitation de l'homme par l'homme'. ... Les industriels et les financiers 'ne regardent pas si les âmes se perdent, mais si les affaires se font'. L'argent est désormais une valeur suprême. 

L'homme moderne désespère: 'Le bonheur a fui la terre'. Les temps sont tristes et rouvrent 'cette plaie du suicide qi avait comme disparu avec l'Antiquité', et qui se répand de plus en plus, tout comme les cas de démence. Bref: 'Notre époque est une victime'. 

... [T]ous ces maux ont une explication: ils sont l'apanage de la Révolution. ... La Révolution est positivement responsable: premièrement parce que les hommes et les femmes ne souffraient pas tant auparavant (dans un temps pré-révolutionnaire que le philosophe n'idéalise pas mais qu'il estime plus conforme à la nature de la personne humaine); secondement, et c'est plus grave, parce que la Révolution a,... fait le serment d'apporter le
bonheur au genre humain. En effet, elle 'a échoué dans toutes ses tentatives, dans toutes ses promesses, et jusque dans ses généreux désirs. Elle a jeté... les ouvriers dans la misère, la France dans l'angoisse et les familles dans le malheur' alors que les révolutionnaires avaient juré que 'les richesses montaient au comble, que le monde arrivait au bonheur!'

... Le Peuple... la liberté devait lui donner le bonheur (visé dans le préambule de la DDH); mais, bannissant la protection et rallumant la concurrence, elle a fait éclater chez lui une lutte semblable à celle de l'état sauvage... 

GENEALOGIE DE LA REVOLUTION

La Révolution n'est pas une évènement historique accidentel. Ce moment marque sans doute un commencement 'en opposition à l'Ancien Régime), mais, il est aussi un aboutissement, un résultat: 'Avant d'éclater, la Révolution s'est formée dans les régions de la métaphysique'. C'est un mot catalysant les erreurs qui se sont développées pendant les trois siècles précédents, en gros l'époque moderne.

Certes, la
Renaissance a été une période favorable au développement de l'art, de la littérature, de la peinture et de l'architecture,... mais elle constitue ausi la racine d'un mal préjudiciable dans l'ordre des idées. Cette 'fille posthume du paganisme' équivaut, ni plus ni moins, à une régression historique: elle n'est qu'un retour intellectuel à l'Antiquité, tout particulièrement à l'idée de Nature, notion qui depuis lors, a remplacé partout l'idée de Dieu. De là est sorti la 'grande protestation', ... l'esprit individuel de l'homme voulant se dégager du point de vue divin et de toute transcendance. Ce qu'il est convenu d'appeler le naturalisme (négation d el'ordre surnaturel).

La première manifestation ... a produit le
protestantisme, que Saint-Bonnet appelle aussi Réformation. Celle-ci s'est déployée par la suite en plusieurs phases pour aboutir à la Révolution, dont la formule logique accomplie serait le socialisme. ... [L]'auteur croit en une continuité entre la révolution religieuse du XVIe siècle et la révolution politique du XVIIIe siècle: Réformation et Révolution sont les moments d'une seule et même Protestation indissolublement religieuse (libre-pensée: négation de l'autorité spirituelle de l'Eglise) et politique (libre volonté: négation de l'autorité temporelle de la société).

Cette Protestation générale se développe en trois phases principales successives :

1- tout d'abord le rationalisme (conception erronée de la raison), 
2- ensuite le libéralisme (conception erronée de la liberté) 
3- et enfin le socialisme (conception erronée de la nature morale et sociale de l'homme).

LE RATIONALISME OU "L'INTELLIGENCE EN DEHORS DE LA RAISON"

[L]a philosophie a perdu la notion de l'Être au profit du Moi, abandon qui se trouve au coeur du célèbre aphorisme de
René Descartes: cogito ergo sum. Blanc de Saint-Bonnet a conscience qu'il sera mal reçu enc ritiquant cette base de la pensée moderne. Pour autant faut-il vraiment reconnaître ce postulat comme une base? C'est toute la question du deuxième chapitre du livre titré La Raison que l'auteur a publié en 1866: "Il faudrait maintenant savoir... si le je pense joue ici en réalité le rôle qu'on lui attriue; si la pensée est au commencement". 

... Or, rétorque Blanc de Saint-Bonnet, loin de prouver l'existence par le raisonnement, de fonder l'être sur la pensée, on doit fonder, symétriquement, la pensée sur l'idée de l'être. Pourquoi? Tout simplement parce que le je pense inclut déjà l'idée de l'être avant toute déduction : dans je pense, il y a ce je, et c'est parce qu'on a pu prononcer ce je que la pensée a pu naître. Etant un principe pensant, le moi ne peut pas dire je pense sans avoir au moins inconsciemment l'idée de son existence. ... L'existence précède le raisonnement et même le supplante: un homme privé de raison, ou un enfant qui ne penserait pas, n'existeraient-ils donc pas? L'argument aussi simpliste soit-il, fait mouche.

... La démarche philosophique de Descartes... [o]ubliant l'idée de l'Être, et l'idée de cause qui nous fait remonter à la Cause première, à l'Auteur du je, la pensée ne voit plus qu'elle-même et se proclame principe et cause. Cette conclusion devait charrier des suites fâcheuses car 'de tout principe faux naissent des conséquences déraisonnables'.

- Si c'est le moi qui apporte la base, alors, tout dans la science procédera du moi (cartésianisme); 
- c'est le moi qui trouve dans ses raisonnements les évidences (rationalisme);
- ou dans ses sensations, la vérité (sensualisme);
- le moi est le centre, et ce qui est en dehors de sa circonférence l'indiffère (individualisme); 
- ce qui est affirmé par le moi appartient à l'existence (idéalisme);
- ce qui est extérieur au moi est douteux (relativisme):

'Tel est l'enchaînement et la marche évidente de deux siècles de philosophisme émanant du je pense.' L'erreur cartésienne entre donc dans le cercle de la Protestation dans le sens où cette base trop subjective, en faisant sortir l'existence du monde de ce 'moi' pensant, 'se rallie dans l'ombre au libre-examen de Luther', et frayer la voie à un mécompte grave sur la notion de liberté.

LE LIBERALISME OU L'ERREUR SUR LA LIBERTE

Le libéralisme philosophique qui se présente comme la doctrine de cette liberté, n'est pour Blanc de Saint-Bonnet, que la systématisation d'une incompréhension de cette notion fondamentale. 

L'auteur s'inscrit tout à fait en faux contre la définition qui veut voir dans la 'la liberté' la capacité de l'homme à faire ce qu'il veut sans en être empêché par qui que ce soit ou par quoi que ce soit (L'infaillibilité, p. 262, n° 1). Il lui oppose la philosophie classique, qui, postulant que les choses et les êtres ont une nature, considère qu'être libre consiste pour chaque homme à devenir ce qu'il est par nature ou à retrouver cette nature perdue, car les philosophes grecs, comme les théologiens catholiques, pensent que l'homme n'est pas né parfait. Ce que nie la philosophie du moi en écartant l'idée d'un ordre objectif. Blanc de Saint-Bonnet pose alors la question: l'homme a-t-il une loi ou peut-il la créer lui-même?

... En une formule thomiste, Blanc de Saint-Bonnet appelle liberté la capacité de se mouvoir dans le bien

'La liberté humaine,... est la faculté de faire le bien alors qu'on a la possibilité de faire le mal. ... Mais de ce que l'homme pourra choisir le mal, il ne s'en suit aucunement qu'il ait le droit de le faire. ... Voici le fait. Dieu impose sa loi à la nature, et il la propose à l'homme. La liberté est donc... le pouvoir qu'a l'homme d'accomplir sa loi. ... [L]e pouvoir d'accomplir de soi-même sa loi n'est point le droit de la violer ... : interprétation qui serait digne du néant, d'où nous sommes, et non de l'être que Dieu veut en faire sortir!' (L'infaillibilité, p. 262-263).

Il y a donc deux notions différentes : le libre arbitre (faire le choix entre le bien et le mal) et la liberté (agir en conformité avec la loi, ou faire le bien). ... Donc l'homme ne naît pas libre, à l'inverse de la thèse développée par
Rousseau, mais il 'naît pour le devenir', ce qui est tout différent.

La liberté n'est pas un fait primitif et inconditionné: c'est une puissance qui n'a de motif d'être que pour se conformer à l'ordre dicté par la raison. ... Sans doute l'homme est ainsi fait qu'il peut se sosutraire à son devoir mais, s'il lui arrive de le faire, c'est par un abus de son libre arbitre non par le résultat d'une liberté illimitée qui n'existe pas.

L'erreur des 'libéraux' anglais ou français du XVIIIe siècle résulte de la confusion des deux notions précitées: si l'homme avait le choix entre le bien et le mal, il aurait la liberté du bien et du mal. Seulement, 's'il en était ainsi, l'effort serait le même dans l'une et dans l'autre alternative. Mais nous savons que le bien seul coûte un effort, qui peut aller jusqu'au sacrifice de la vie; tandis que pour aller au mal, l'homme n'a qu'à se laisser choir...' Cette méprise représente une des formes de la Protestation et élève en même temps une menace contre l'homme.

Enfin, l'homme ne peut pas se donner de lui-même sa loi. ... Si elle se faisait sa loi, la volonté serait l'Absolu: alors elle n'aurait pas besoin de loi!' De même, il ne peut pas changer l'essence de l'organisation sociale en lui attribuant une loi différente: 'Le législateur ne peut pas plus faire une loi pour la société que le physicien n'en peut en faire une pour la nature. Le monde moral, comme le monde physique, a sa loi; il s'agit de la connaître et de la suivre'. D'où l'aberration du constitutionnalisme et du parlementarisme, héritiers des prémisses idéologiques du rationalisme, et partant du libéralisme

... La liberté des philosophes classiques n'est pas une prérogative acquise au berceau et de manière innée par l'enfant qui vient de naître, mais elle est une conquête qui s'offre à l'homme, et s'obtient par un travail incessant sur soi-même: 'La liberté est le fruit de l'effort et de la douleur'. Elle apparaît donc en contradiction avec l'égalité pour la raison que les hommes accèdent à cette liberté inégalement, et justifie le principe aristocratique. Le libéralisme, cette 'falsification de la liberté' dessine unn prolongement diamétralement inverse : comme la 'liberté' des modernes est une qualité essentielle à l'homme, tous la possèdent également, et doivent la posséder pour une part égale pratiquement. Le libéralisme menace donc la société. Il met 'l'erreur et le mal sur le même pied que le vrai et le bien, ou, dans le fait, [remet] à l'erreur et au mal le pouvoir d'étouffer le vrai et le bien', et supprime le mérite qui découle de l'effort produit pour atteindre une liberté sainement comprise: 'Dès que la liberté, qui suppose tant de vertus, est proclamée innée et non acquise, elle ouvra aussitôt la porte à l'armée innombrable des ambitieux, des paresseux et des scélérats, de tous les destructeurs de la liberté'.

En plus, cette erreur sur la liberté conduit fatalement au socialisme qui achève le parcours logique du libéralisme et ferme le cercle de la Protestation: 'Ces droits innés, ces droits sans cause, établissent de fait l'égalité brutale parmi les hommes: le mérite ne les distingue plus! Cette égalité monstrueuse, négation de la liberté et de l'individualité, conduit à une fausse égalité politique, c'est-à-dire au despotisme; et cette égalité politique, à une fausse égalité économique, c'est-à-dire au communisme'. La boucle est bouclée." (Source: Jonathan Ruiz de Chastenet, doctorant enseignant de l'Université d'Angers, membre du CERIEC (UPRES EA 922), in Le Livre noir de la Révolution française, Cerf, Paris 2008, p. 546-562).

Ainsi, la Révolution, c'est aussi - paradoxalement -, la négation de l'individu, la négation de l'homme. [Tout en prônant l'individualisme], "[o]n sait que toute l'entreprise des Lumières fut... d'évacuer l'homme en tant qu'individu (voire de l'éradiquer), au nom vague et généraliste de l'Humanité. La loi du collectif contre l'individu : voilà quelle fut l'ambition, avouée ou non, consciente ou non, des rédacteurs de l'Encyclopédie - et aussi de tous les idéalistes (vite rattrapés par l'idéologie), qui élaborèrent et rédigèrent les grimoires de leur alchimie à rebours, entre les années 1730 et l'accomplissement de 1789. ... Une humanité enfin corrigée de ses défauts se devait d'être, enfin, débarrassée de ces enfantillages, purgée de l'humain, trop humain de la faute originelle, cette tache ancestrale, indigne du monde idéal, de la société à venir, où la mort elle-même ne serait plus vaincue par le Christ, mais par la science... Les bourreaux de 1793 ne furent-ils pas de fervents hygiénistes? la guillotine n'était-elle pas elle-même (selon les mots des philanthropes qui en proposèrent l'usage à Louis XVI), un 'progrès' dans l'humanitarisme? ... On croit rêver, et l'on cauchemarde d'avance sur les raisons devenues folles de ces Etats tout-puissants, qui prétendront établir, de force et d'autorité, pour tous leurs citoyens, ce 'meilleur des mondes' prétendument 'pur', propre, aseptisé et égalitaire, en rendant l'existence invivable, et la planète inhabitable" (Pierre-Emmanuel Prouvost d'Agostino, L'autre Baudelaire in Le Livre noir de la Révolution française, Cerf, Paris 2008, p. 585-586).

LE SOCIALISME OU LA THESE DE L'IMMACULEE CONCEPTION DE L'HOMME

Il n'y a pas donc pas lieu d'opposer les penseurs libéraux aux doctrinaires socialistes, ceux-ci proviennent de ceux-là.

... Après avoir ôté la religion au peuple, et lui avoir prêché la jouissance, le libéralisme a de plus détruit l'Autorité en plaçant le pouvoir dans la majorité. Le socialisme arrive ici au pas de course de la logique: puisqu'il n'y a pas de Dieu, dit-il, et que je dois jouir, qu'en outre je suis la véritable majorité, je viens, suivant toutes les forces légales, édicter une loi qui répartisse à meilleur droit le capital. je viens détruire la propriété individuelle, c'est-à-dire l'injustice et l'inégalité, et faire asseoir enfin la foule tout entière au banquet de la vie sociale !

A partir de l'erreur libérale, le socialisme généralise non seulement le principe égalitaire contenu dans les prémisses du libéralisme, mais, en outre, avec
Rousseau,... il renouvelle complètement la vision que la philosophie avait de l'homme. 

..."Le XVIIIe a dit l'homme est né bon, et c'est la société qui le déprave. 'C'est le contraire de la proposition de Rousseau qu'il faut prendre: l'homme naît méchant, et le société le répare. Ou plutôt, il naît dans le mal, la société le recueille, et c'est l'église qui le répare'.

Troisièmement, cette croyance en la bonté native de l'homme a beau jeu de s'attaquer à la société, elle n'explique pas pour autant le problème du mal (dans la société) : si l'homme a pu être perverti, c'es qu'il n'était pas parfait, donc il n'est pas né bon, sinon il serait resté. ... 

Sans le mal, le socialisme a raison, mais le mal existe et l'homme n'arrive que difficelement au bien ('Je pousserai la thèse jusqu'au bout: sans la Chute, sans le mal, vos systèmes sont complètement vrais. Mais aussi dans la Chute, ils restent complètement faux'): les 'systèmes panthéistes, socialistes, rationalistes, parlementaristes,... tous, absolument, tombent devant ce fait, le Mal'.
[Note de Christ-Roi. Ce qui a pu faire par exemple qu'en Urss malgré la puissance du totalitarisme communiste, un ouvrier de base jalousait la belle Mercedes de l'apparatchik...] L'idée de la Chute de l'homme est une des idées maîtresses de l'auteur: pour lui, c'est le plus grands des faits de l'histoire, et même le premier. Seule, elle est capable d'expliquer l'énigme du monde. ... Parmi les peuples de l'Antiquité, on peut retrouver 'l'universel usage du sacrifice, attestation permanente de la chute, et de la nécessité d'une réparation, les rudiments des vérités natureles, et qurelques lambeaux voilés ou défigurés des traditions primitives'. Nier le dogme catholique - universel - du péché originel, c'est, pour Blanc de Saint-Bonnet, se condamner à ne pas saisir l'homme, à ne pas connaître la société: 'Loin de ce dogme, les lois, les droits, l'éducation, la répression, l'autorité, la propriété, l'existence même du peuple, ... nous présentent des faits qui ne s'expliquent plus: la société entière est incompréhensible'.

[L]'homme ne naît pas bon ou parfait, mais naît pour le devenir. ... L'homme est imparfait et il est social: c'est ce que n'aurait pas compris le socialisme, qui est,... une double erreur, une erreur sur l'homme et une erreur sur la société des hommes. [Saint-Bonnet] dénonce donc la thèse du socialisme, qu'il appelle doctrine de 'l'immaculée conception de l'homme'. Il la regarde comme étant le dernier stade de la décadence intellectuelle occidentale qui devait accoucher du carnage révolutionnaire. ... 'Et le Contrat social, arrivant sur le terrain avec son impossibilité pratique, produisit 1793'.

'En dehors du christianisme, l'homme est toujours anthropophage'. ... Le mot 'philanthropie' qu'elle affecte tant, ... démontre l'éclatante hypocrisie de la Révolution: elle est un faux ami car son oeuvre ne vise en réalité qu'à la 'démolition de l'homme'. Par ses théories qui tournent à vide, elle 'détruit l'homme jusque dans son essence'. En niant la validité des motifs véritables justifiant la dignité humaine - notamment le principe du mérite qui est la conséquence indispensable de la liberté -, 'la Révolution ne réussit qu'à découronner l'homme'.

... Il y a connexité entre la Révolution qui repose sur la fiction de la volonté générale, et le totalitarisme moderne: la démocratie succomberait si elle ne résistait pas au chox produit par l'addition de toutes les volontés libérées. Il lui est donc nécessaire de recourir à la centralisation. ... Tel est l'expédient fourni par la Révolution et promptement saisi par le despotisme, savoir: une centralisation anéantissant les individualités, afin de résister aux ébranelements que suscite toujours le régime parlementaire. 

La centralisation favorise alors logiquement l'uniformité. La Révolution en instituant la licence et non la liberté, peut prendre deux directions: d'une part favoriser cette liberté illimitée de l'homme, et elle tombe dans l'anarchie; d'autre part détruire l'individualité pour maintenir par la force l'unité sociale. Dans les deux cas, c'est arriver à 'l'anéantissement de la société humaine'. l'anarchie dissout la strucue sociale et la centralisation massifie le peuple quid evient 'troupeau': elle fait de toute la nation comme une seule pâte, elle ramène à une sorte d'unité de substance où toute personnalité disparaît'.

La Révolution ... est une 'abominable imposture'. ... La civilisation occidentale, c'est-à-dire le génie de l'Antiquité et de la Chrétienté, avait consisté à domestiquer l'hybris de l'individu. Tout au contraire, la Protestation ruine ce progrès pour restaurer la barbarie qui sommeille par nature au fond de l'orgueil."

(Source: Jonathan Ruiz de Chastenet, doctorant enseignant de l'Université d'Angers, membre du CERIEC (UPRES EA 922), in Le Livre noir de la Révolution française
, Cerf, Paris 2008, p. 546-572).

                                                ***

L'historien archiviste de la Province dominicaine de France Jean-Michel Potin, dans une formule lapidaire résume toute l'incohérence de la philosophie moderne et partant de la déclaration des droits de l'Homme (article 1er): "Si les hommes naissaient libres, c'est que cela se ferait naturellement et il est donc contradictoire de le décréter par écrit. Ce qui est écrit est justement ce qui n'est pas naturel et a besoin de cet écrit pour exister" (Le Livre noir de la Révolution française, Cerf, Paris 2008, p. 421). 

Et Rivarol illustra la chose par cette raillerie : "Dire que tous les hommes naissent et demeurent libres, c'est dire en effet qu'ils naissent et demeurent nus. Mais les hommes naissent nus et vivent habillés, comme ils naissent indépendants et vivent sous des lois' (Journal politique national, n° 19, cité in Le Livre noir de la Révolution française, ibid., p. 468).

La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen du 26 août 1789Enfin, terminons cet exposé sur le sens métaphyique de la Révolution, par une réflexion de Joseph de Maistre, le premier qui identifia le principe essentiellement impérialiste de la Déclaration des droits de l'homme et au nom duquel les républicains justifièrent la colonisation et justifient aujourd'hui la croisade de la liberté et de la démocratie en Irak par exemple. [L]'écrivain est sensible à la contradiction qui apparaît d'emblée dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, lorsque son préambule affirme que c'est l'Assemblée nationale de la France qui proclame ces droits universels ("les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme"). Comment, en effet, une nation peut-elle ainsi se faire le dépositaire de ce qu'elle présente par ailleurs comme un bien commun de l'humanité? En identifiant les intérêts nationaux à ceux du genre humain, les révolutionnaires français ne se sont nullement élevés à l'universalité d'un principe unificateur : ils ont surtout dévoilé, selon Maistre, les potentialités funestes d'un impérialisme portant en lui les germes de la division et de la violence. Dans l'horreur sans limite de la Terreur, puis des campagnes napoléoniennes, Maistre voit donc la conséquence directe de la proclamation de ces droits universels, qui ne sont rien d'autre à ses yeux, que la 'guerre civile du genre humain' (Lettre du 25 avril 1814 à Mme de Constantin, dans O.C., t.. XII, p. 424). 'Voilà les droits de l'homme et les dons de la France' (Lettre d'un royaliste savoisien, Lettre 1, p. 107). 

L'idée même de droits de l'homme... n'est pour Maistre qu'une abstraction maléfique, car il n'existe aucun 'droit naturel' permettant de fixer la légalité dans des termes qui vaudraient en toutes circonstances pour l'humanité. L'homme étant par essence un animal sociable, il n'existe au contraire que des droits du citoyen qui varient dans l'histoire, selon les pays et les formes de gouvernement" (Joseph de Maistre cité in Pierre Glaudes, Le Livre noir de la Révolution française, ibid., p. 480-481).

                                                      ***

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Publié par Ingomer - dans Histoire
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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 17:57
« Nous devons enfin désirer le maintien de la République en France pour une deuxième raison qui est majeure : la France monarchique était et sera toujours catholique; sa politique lui donnait une grande influence en Europe, en Orient et jusqu'en Extrême-Orient. Un moyen de contrecarrer son influence au profit de la nôtre, c'est d'abaisser le catholicisme et la papauté qui en est la tête. Si nous pouvons atteindre ce but, la France est à jamais annihilée. La monarchie nous entraverait dans ces tentatives. La République nous aidera... J'entreprends contre l'Eglise catholique une guerre qui sera longue et, peut-être, terrible! On m'accusera de persécution et j'y serai peut-être conduit, mais il le faut pour achever d'abaisser la France et établir notre suprématie religieuse et diplomatique, comme notre suprématie militaire. Et bien! Je le répète : ici encore les républicains m'aideront ; ils joueront notre jeu ; ce que j'attaque par politique, ils l'attaquent par formalisme anti-religieux. Leur concours est assuré. Entretenez dans les feuilles radicales françaises à notre dévotion la peur de l'épouventail clérical, en faisant propager les calomnies ou les préjugés qui font naître cette peur... Faites aussi parler, dans ces feuilles, des dangers de la réaction..., des crimes de l'absolutisme, des empiètements du clergé. Ces balivernes ne manquent jamais leur effet sur la masse ignorante. Oui! Mettez tous vos soins à entretenir cet échange de services mutuels entre les républicains et la Prusse! C'est la France qui paiera les frais! ... »
Instruction citée par GAUDIN DE VILAINE, au sénat, le 6 avril 1911,
Journal Officiel du 7 avril 1911 
(Source: cafebleu)
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Publié par Ingomer - dans Histoire
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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 00:01
Louis XVI, (Video youtube)

Hommage à Louis XVI (Montage-
video youtube)

Cortège 2007 d'hommage à Louis XVI (video youtube)
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Publié par Ingomer - dans Histoire
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17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 12:29
"Un grand merci. Voici le texte corrigé :

A la lecture de cet article Et si la Wallonie devenait française, bien qu’en général les articles de ce site sont très recommandables, je ne puis être qu’indigné, mais non étonné : il démontre seulement une ignorance de l’Histoire de la Belgique, qui d’ailleurs est vite excusable (parmi les Belges eux-mêmes, rares sont ceux qui la connaissent vraiment.)
Je vis en Belgique, je ne suis pas belge d’origine (et par conséquent je peux parler sans être accusé de chauvinisme), je suis catholique et, je le dis pour vous inspirer confiance, je serais monarchiste légitimiste si j’étais français.
Je suis d’accord cependant pour dire qu’il y a une crise en Belgique, fort liée au début au recul de la Religion et des sentiments de dévouement pour la patrie qu’elle inspire ; qu’au XIXe siècle les Flamands ne furent pas très respectés puisqu’on leur imposa le français comme seule langue officielle (et donc seule langue des tribunaux !) ; que l’Union européenne, dont on peut apprécier les apports positifs quand ils restent mesurés, n’est pas exempte de défauts ni de malheureuses ingérences : un exemple : la Belgique (arrêté royal du 31 mai 1885) réserve aux seuls pharmaciens la délivrance de médicaments, même ceux en vente libre, pour des raisons de santé publique évidente (des médicaments « ordinaires » peuvent présenter des interactions et contre-indications que seuls les pharmaciens savent) ; or, la Cour de justice européenne, au nom de la libre circulation des marchandises (en Belgique, le médicament n’est pas objet de commerce), s’oppose à cette législation, par un arrêt du 11 décembre 2003. 
 
J’aimerais reprendre une à une les erreurs de cet article ; mon intention n’est pas d’en critiquer les auteurs, mais de défendre la vérité et de témoigner ma reconnaissance envers la Belgique.
 
1° « Le conflit linguistique et ethnique qui mine le « plat pays » depuis sa création » Le Royaume actuel de Belgique, créé en 1830, n’a pas connu de véritable conflit, de conflit sérieux et durable, de ce genre avant mai 68 ; cette date correspond au recul de la Religion catholique, qui fut le véritable ciment du pays bien des siècles avant 1830. Même de nos jours, la population n’éprouve pas de problèmes, et ce sont seulement les politiciens qui sont responsables de la désinformation et des méfiances mutuelles : de plus, les séparatistes wallons sont des marginaux ; quant aux partis séparatistes flamands, qui recueillent plus de 20% des voix des flamands, la plupart des Belges qui les soutiennent sont (justement) déçus de l’état économique de la Wallonie et de nombreuses lois, par exemple qui favorisent les immigrants et les réfugiés politiques plus que les Belges.

« Il ne reste qu’un triste roi cosmopolite, dernier avatar d’une dynastie de pacotille ». J’espère qu’un tel discours puisse être condamné comme lèse-majesté (ce que la loi belge ordonne toujours). Je pense que, dans les monarchies constitutionnelles, le Roi est un peu ce qu’en font les politiciens. En 1831, le premier roi de Belgique est un prince allemand de Saxe-Cobourg-Gotha, l’oncle de la reine Victoria d’Angleterre ; très habile, il a mis des membres de sa famille sur tous les trônes d’Europe : en Russie, en Angleterre (l’époux de la reine Victoria est Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, patronyme de la famille royale actuelle qui n’a changé son nom en Windsor qu’en 1917, en guerre contre la Prusse), etc. Son fils Léopold II fit de la Belgique (ce petit pays) le 4e pays le plus riche au monde (le plus riche compte tenu des 4 à 5 millions d’habitants de l’époque). On doit à Albert I, son neveu, le Roi-Chevalier, la victoire sur la Prusse en 1918, puisqu’il causa aux Allemands leur premier recul en inondant les Polders en ouvrant les écluses de l’Yser. Mais depuis que le socialisme (et la modernité) a réussi à atténuer progressivement les pouvoirs du Roi, celui-ci n’a plus la même importance qu’autrefois, et décide de moins à moins par lui-même (les lois lui font tout déléguer).

« La Belgique n’est pas une nation, c’est un pays bricolé dans le cadre de convenances historiques antifrançaises. » Tout est faux dans cette assertion, que d’ailleurs nous pourrions aisément répliquer à la France, puisque la Corse et la Bretagne ont des motifs plus relevés pour s’administrer elles-mêmes.
La Belgique comme Royaume actuel date de 1830, mais comme identité elle remonte aux temps médiévaux : le Royaume n’a pas été créé arbitrairement en 1830, les Belges eux-mêmes ont arraché leur indépendance au pouvoir despotique du roi de Hollande (auquel ils ont été soumis par le Congrès de Vienne, en 1815). Les deux buts de cette révolution furent la liberté de presse (pour les libéraux) et surtout la liberté du culte et de l’enseignement catholique (persécuté par les Hollandais, comme d’ailleurs par Napoléon, qui, entre autres choses, emprisonna en 1811 deux évêques belges, qui sont Mgr Hirn de Tournai et S. A. le prince de Broglie évêque de Gand, qui défendaient les droits de Pie VII sur l’élection des évêques, de Pie VII que Napoléon, franc-maçon et empereur des Français, emprisonna cinq ans.).
« Convenances antifrançaises » est un peu fort. Les révolutionnaires français ont envahi la Belgique en 1794, ont détruit nombre de châteaux et d’abbayes, et c’est seulement à cause de cette usurpation que la Wallonie fut française sous Napoléon, alors qu’au Moyen-Age elle dépendait du Saint Empire et non de la France. On pourrait dire que la Belgique a fait partie de la France, car quand Clovis établit le royaume des Francs, sa capitale était Tournai ; mais il s’agit de la France dans le sens originaire de « territoire des Francs », comme la Hongrie, terre des Huns, a dû son nom aux Huns qui s’y étaient installés. Aucun Français aujourd’hui ne penserait déplacer ses frontières au-delà du Rhin sous prétexte qu’avant le IVe siècle, les Francs étaient installés dans l’Allemagne actuelle. Au reste, Charlemagne aussi était Roi de France, et sa France s’étendait en Saxe, en Bavière et en Lombardie. On pourrait proposer aux Bavarois de devenir français ou réunir la Normandie à l’Angleterre… (Voir ci-après un abrégé historique de la Belgique)
Enfin, le wallon est très loin du français littéraire, qui ne s’est imposé que parce que langue officielle (comme le néerlandais est loin des dialectes flamands de Belgique, il y a d’ailleurs beaucoup de disputes amusantes entre les Néerlandais de Hollande et les Flamands au sujet de termes de leur langue commune, qui s’est conservée plus pure en Belgique) ; et une partie de la Wallonie n’est pas francophone mais germanophone (communauté qu’on oublie souvent, détachée de la Prusse par le Traité de Versailles en 1919) ; enfin toute séparation déclenchera évidemment la question de Bruxelles, ville flamande, mais à majorité francophone depuis la politique de Marie-Thérèse d’Autriche.

« Le roi belge de 1830 était un libéral et un franc-maçon. Ceci explique sans doute cela. » C’est vrai que Léopold I était protestant et franc-maçon ; jusqu’à son lit de mort il refusa de se convertir malgré les instances du clergé. Mais il faut avouer qu’il a été librement élu (choix très moderne, selon les principes de Lamennais, encore uni à Rome à cette époque), qu’il n’a pas pu modifier la constitution, que le Concordat de Napoléon est toujours appliqué en Belgique (sans les articles organiques, et même après l’injurieuse loi française de 1905), et surtout qu’il a consenti à fonder une dynastie catholique. Le choix était fait dans le but d’une neutralité politique : sur le refus du prince belge Eugène de Ligne (un Hennuyer) de monter sur le trône, et sur celui de Louis-Philippe de fâcher l’Angleterre en acceptant le trône pour son fils, duc de Nemours, le gouvernement provisoire choisit cet Allemand, veuf de Charlotte, princesse héritière d’Angleterre, qui avait été maréchal de Russie sous Alexandre I, qui a refusé le trône de Grèce, et qui en 1832 épousera Louise-Marie d’Orléans, fille aînée de Louis-Philippe.
La population belge traditionnellement est attachée à sa dynastie. Malheureusement, les partis politiques non séparatistes sont trop peu attachés à des principes forts (et il n’existe pas de parti nationaliste comme en France qui veuille l’unité du pays ou qui soit de principe monarchiste) et le pays n’est gouverné que par des coalitions et compromis. A l’origine (en 1830), et jusqu’à l’apparition en 1895 du parti socialiste, il n’y avait que deux partis, unis au départ pour l’indépendance, puis rivaux : le libéral (qui existe toujours) et le catholique (qui, après quelques vicissitudes, est remplacé en 1945 par le parti social-chrétien, et de nos jours par un parti « humaniste » qui, pour avoir plus de voix, a eu honte de s’appeler chrétien). Comme plus de 95% de la population était pratiquante, le parti catholique était fort soutenu ; le parti libéral, interdit aux catholiques, devait ses succès (avant 1884) aux votes de bourgeois libres-penseurs (le vote censitaire à l’époque réservait de fait les votes aux riches).
 
Voici un abrégé historique de la Belgique, que je fais avec quelques réflexions : 

En 843, le traité de Verdun partage l’empire de Charlemagne, la Belgique fait partie de la Lotharingie, puis du Saint-Empire, sauf le comté de Flandres, qui revient à la France.
Dans le système féodal, les états étaient fort divisés entre vassaux et vavassaux, les fiefs très autonomes (même en France avant l’extension du domaine royal). Le territoire actuel de la Belgique était partagé entre plusieurs nobles : le prince-évêque de Liège, le prince-abbé de Stavelot, le duc de Brabant (aussi marquis d’Anvers), le duc de Luxembourg, le duc de Limbourg, le comte de Hainaut, le comte de Flandres (aussi comte d’Artois), le comte de Namur, le seigneur de Malines, les seigneurs de Tournai et du Tournésis. Tous ces états relèvent du Saint-Empire, à l’exception de la Flandre, d’Artois et de Tournai qui étaient vassaux de France (l’histoire de Tournai est très mouvementée, cette ville fut même anglaise sous Henri VIII, puis française, puis espagnole, puis de nouveau française).

L’unification commence en 1384 : Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, avait épousé en 1369, Marguerite de Flandre, qui hérita à la mort de son père de la Flandre, de l’Artois, du Boulonnais et de Malines. Lui et ses descendants, Jean sans Peur, Philippe le Bon, Charles le Téméraire, vont acquérir par achats, héritages, (et le dernier par conquêtes) les autres provinces du pays (à l’exception de Tournai et des principautés ecclésiastiques de Liège, Stavelot, Cambrai et Utrecht), ainsi que les provinces du Nord : le duché de Gueldre, les comtés de Zélande, de Hollande et de Zutphen, les seigneuries de Frise, de Groningue et d’Ober-Yssel (Overijssel). C’est ce qu’on appelle les Dix-Sept Provinces, faisant partie du Cercle de Bourgogne à la Diète du Saint-Empire.

Le 27 mars 1482, la fille de Charles le téméraire, Marie de Bourgogne, meurt à 25 ans suite à une chute de cheval lors d’une chasse au faucon, toutes ses possessions passent alors à son époux, Maximilien de Habsbourg. Son petit-fils, Charles-Quint, né à Gand en 1500, lui succédera en 1519 à la tête du Saint-Empire, et héritera aussi par sa mère, Jeanne la Folle, du royaume d’Espagne et donc du Nouveau-Monde, pouvant affirmer que le soleil ne se couche jamais sur ses terres, dont la capitale dès 1531 est Bruxelles. En 1555, Charles-Quint abdique, et partage ses possessions entre son frère Ferdinand I (le Saint-Empire et l’empire d’Autriche avec ses possessions : le Tyrol, le Milanais, la Bohème, la Transylvanie,…) et son fils Philippe II (Espagne, Naples, Franche-Comté, Pays-Bas, y compris l’ancienne principauté d’Utrecht qui lui fut cédée par l’évêque, Amériques et Philippines).

Les Dix-Sept Provinces (le Bénélux actuel) sont donc les Pays-Bas espagnols, et le resteront jusqu’à l’extinction des Habsbourgs d’Espagne en 1700. Cette période, florissante en termes d’arts (Rubens, Van Dyck), de sciences (Vésale, Dodonée, Van Helmont) et de commerce, fut aussi « le siècle de malheurs » : de 1566, année où la maison d’Orange se rebella contre l’Espagne, jusqu’en 1713, la Belgique est la victime d’une série ininterrompue de guerres, sauf durant la Trêve de Douze Ans (1609-1621) :
Guerre de religion (1566-1648), les calvinistes pillent et brûlent (c’est l’époque de l’iconoclasme et des martyrs de Gorcum), l’Espagne essaiera de reprendre les sept Provinces-Unies du Nord (Pays-Bas actuels) mais en 1648 fut forcée d’en accepter l’indépendance par le traité de Münster (Westphalie).
Richelieu, recherchant le prestige de la France mais « en foulant aux pieds sa qualité de catholique et de prince de l’Eglise », chercha par tous les moyens à abaisser le prestige des Habsbourgs, aida financièrement les princes protestants dans leurs guerres contre les Habsbourgs (par exemple dans la guerre de Trente Ans) ; c’est dans ce contexte qu’eurent lieu les guerres franco-espagnoles, non pas à travers les Pyrénées, mais en Belgique : plusieurs traités et victoires donnèrent à la France Lille, Orchies, Arras, Saint-Omer, Dunkerque, Maubeuge, etc. Le fait que la Belgique soit une vaste plaine invitera jusqu’en 1945 les guerres d’Europe à s’y dérouler (ce n’est pas étonnant que l’Union européenne ait au moins l’avantage de la paix). Louis XIV, prétendant que le Rhin devait être la frontière naturelle de la France (mais aussi à cause des richesses de Flandres), continuera à attaquer l’Espagne en Belgique, et arrivera même à bombarder Bruxelles en 1697. 
A la mort de Charles II, l’Espagne devait échoir aux Habsbourg d’Autriche, mais Louis XIV, voulant y faire régner son petit-fils, Philippe d’Anjou (Philippe V), gagna la guerre de succession d’Espagne (qui se déroula aussi sur le sol belge), mais la Belgique, qui ne présentent qu’ « infirmités et playes », est cédée en 1713 par le Traité d’Utrecht à Charles VI d’Autriche.
 
La Trêve de Douze Ans (1609-1621) permet à la Belgique de voir refleurir son industrie, son commerce et ses arts, sous le gouvernement des archiducs Albert et Isabelle (fille de Philippe II) ; ceux-ci, abandonnant l’Inquisition espagnole, vont promouvoir la Contre-Réforme très efficacement par l’exemple de leurs vertus, par leur fidélités aux devoirs de leur charge, par la restauration des églises, par la construction de 400 nouvelles églises, par la régularité de leur cour et par leur générosité envers leur peuple. Leur règne dont on a peu parlé jusqu’ici est pourtant la période la plus glorieuse pour la Belgique. La population resta fort attachée, et librement, au Catholicisme mais réprouvait l’Inquisition espagnole comme cruelle (PIRENNE, Histoire de Belgique, tome III, 1907). Juste pour la culture général, rappelons que Philippe II fut le seul cas connu au monde d’un souverain régnant ayant épousé (par procuration) une souveraine régnante, Marie Tudor ; quant au mariage d’Isabelle avec son cousin autrichien, il a une autre particularité : il fut célébré en 1599 en même temps que celui de son frère Philippe III, à Ferrare, par procuration, et ces mariages de Ferrare sont les seuls mariages connus, si je ne me trompe, entre la fin du Moyen-Age (et peut-être de l’Antiquité) et le XXe siècle dont le célébrant fût le Pape lui-même.
 
En 1700, les Pays-Bas autrichiens vont de nouveau souffrir une guerre franco-habsbourgeoise à la mort de Charles VI : guerre de succession d’Autriche, qui se termine par la victoire de sa fille et héritière désignée, Marie-Thérèse, mère de Marie-Antoinette ; cette impératrice voulut relever l’état des Flandres : on lui doit des chaussées, des canaux, l’usage du français à Bruxelles, ville jusque là flamande, un essor de l’enseignement, le commerce local (en élevant les droits de douane), une administration centralisée et rigoureuse. Malheureusement, Joseph II, premier roi à se rendre en Belgique depuis Philippe II !, toucha à ce que sa mère avait toujours respecté : les coutumes et privilèges et la Religion : il supprima les privilèges anciens des communes et de la noblesse au profit d’une centralisation absolue (p.ex. l’abbesse de Nivelles, princesse du Saint-Empire, n’avait plus les pouvoirs judiciaires dans sa ville) ; sous prétexte de tolérance et de despotisme éclairé, il accorda la liberté de tous les cultes, sauf le catholique : en effet, il arracha aux églises tous les objets de valeur pour son trésor personnel, fit fermer des couvents pour en offrir les terres, supprima plusieurs fêtes religieuses, remplaça tous les séminaires diocésains par un séminaire philosophique, condamné par le Cardinal de Malines, Comte de Franckenberg, voulut règlementer jusqu’au nombre de cierges liturgiques et toucher aux droits de l’Eglise en modifiant les empêchements dirimants des mariages. Pie VI employa la persuasion et alla même à Vienne pour rencontrer Joseph, mais celui-ci allait bientôt l’attaquer sur un autre point : l’institution des évêques (Joseph voulait mettre le comte de Herberstein, un janséniste indifférentiste et presque athée, sur le siège de Laylach, le Pape n’y consentira jamais). La Belgique se révoltera contre lui en 1789 (révolution brabançonne), et acquerra le 11 janvier 1790 une indépendance très brève sous le nom d’Etats-Belgiques-Unis (cependant Limbourg et Luxembourg resteront autrichiens, quant à Liège et Stavelot, états ecclésiastiques, ils étaient depuis toujours indépendants ; cependant à Liège, une révolution libérale s’en prendra au prince-évêque de Hoensbroeck). Il est à remarquer qu’en dehors de Liège, où les idées des Lumières se sont introduites par le prince-évêque de Velbruck, franc-maçon notoire, la révolution avait eu pour cause l’attachement aux traditions civiles et religieuses. 

L’Autriche récupérera en octobre de la même année son pouvoir sur les Etats-Belgiques. L’immigration de la noblesse et du clergé en Belgique, terre autrichienne, gouvernée par Marie-Christine, sœur de Joseph II, va pousser les révolutionnaires français à envahir le territoire belge ; la liste des monuments, civils et ecclésiastiques (p. ex. le splendide parc d’Enghien, toutes les abbayes de Hainaut, sauf celle de Vellereille-les-Brayeux fondée par Saint Norbert lui-même), volés ou détruits par les Français est interminable (sans parler de nombreux tableaux flamands au Louvre).

De la période napoléonienne, nous avons déjà cité la persécution des évêques de Tournai et de Gand et des séminaristes de Gand (Mgr PIERAERTS, Vie et œuvres du Chanoine Constant Van Crombrugghe, 1937). Je ne m’étonne pas que dans les ouvrages modernes sur Napoléon, spécialement les collections immenses sur sa vie et son génie militaire, on tait absolument les traitements infligés à Pie VII (un peu comme les anciens ouvrages d’Histoire français ne parlent pas de la victoire de Vienne contre les Turcs en 1683, parce que la France n’avait pas voulu y participer (à cause des relations commerciales avec les Turcs, et, mais cette excuse légitime n’a jamais été avancée même par les Français, parce qu’elle était la protectrice des Chrétiens du Levant) ; on ne défend mieux sa cause qu’en avouant les torts de son parti) ; je remarque que la Providence a puni Napoléon dès cette vie : 1° la défaite de Russie en 1812, alors qu’il avait écrit le 22 juillet 1807 à Eugène de Beauharnais : « Elle (l’excommunication prononcée par Pie VII) ne fera pas tomber les armes des mains de mes soldats », 2° l’abdication signée en 1814 au château de Fontainebleau (là même où Pie VII avait été prisonnier) tandis que Pie VII rentrait triomphant à Rome le 24 mai 1814 (dans l’hymne Saepe dum Christi de l’Office de MARIE Auxiliatrice, institué à cette occasion, comme d’ailleurs l’extension à toute l’Eglise de la dévotion du mois de mai, Napoléon est appelé hostis infensus), enfin 3° la défaite de Waterloo, sur le diocèse de Malines, siège du primat de Belgique (vacant suite à l'emprisonnement de Pie VII, le prince de Méan, dernier prince-évêque de Liège, n'y sera transféré qu'en 1817), dont Tournai et Gand sont suffragants (les évêques étaient prisonniers et remplacés par des évêques schismatiques (napoléoniens), non reconnus par le Pape et la majorité du clergé et de la population). La vengeance arrive tôt ou tard… 

Après la défaite de Waterloo (la Belgique fut française sous la Restauration de 1814), le Congrès de Vienne décida d’unir les provinces belges au royaume de Hollande ; ce fut malheureux d’unir une nation catholique à un pays où depuis le XVIe siècle (alors que c’était le premier pays où les juifs avaient l’égalité de droits) la religion romaine était à peine tolérée (il faudra attendre 1848 pour que les catholiques reçoivent la liberté de culte ; de nos jours, le catholicisme est la confession majoritaire aux Pays-Bas et au Royaume-Uni).

Le roi de Hollande gouvernait par décrets, limitait le commerce et censurait la presse (ce qui déplut aux libéraux), en même temps il imposa le hollandais à la Belgique (ce qui déplut aux Wallons) et chercha à établir le calvinisme et interdit l’enseignement catholique (ce qui déplut aux catholiques). Le 25 août 1830 eurent lieu des cérémonies pour la fête du roi (ses 59 ans) ; on joua à Bruxelles la pièce de la Muette de Portici. Les esprits, préparés par la révolution française de juillet-août 1830, furent saisis d’un mouvement général aux paroles :
Amour sacré de la patrie,
Rends-nous l’audace et la fierté ;
A mon pays je dois la vie,
Il me devra sa liberté.
La révolution improvisée dès ce moment durera jusqu’à la prise de contrôle de tous les territoires par les troupes populaires, un Congrès national fut établi, ce Gouvernement provisoire rédigea la Constitution, les membres du clergé, en particulier le chanoine de Gand Constant Van Crombrugghe, veillèrent à garantir pour les catholiques la liberté de culte, l’interdiction au pouvoir civil d’intervenir dans le choix des ministres du culte ou d’empêcher leurs relations avec leurs supérieurs (donc avec Rome), et la liberté de l’enseignement, avec interdiction à l’Etat de prendre des mesures préventives. Ces articles existent toujours. Il faut remarquer que les Belges se trompent quand ils parlent de laïcité de leur Etat, la France « ne reconnaît aucun culte » (loi de 1905), la Belgique reconnaît tous les cultes. On peut s’étonner que des clercs aient accepté cette liberté de cultes mais il s’agissait d’une liberté civile (comme celle du dernier Concile) non dogmatique (comme celle des Droits de l’Homme de 1789), et le but était d’empêcher le gouvernement de mettre des entraves à l’exercice du catholicisme.

Note : La liberté civile de culte, c'est-à-dire cette tolérance civile qui, sans reconnaître le droit à l'erreur (il est en effet inadmissible de donner à l'hérésie les même droits qu'à la vérité), est admise pour éviter un mal plus grand, S. Thomas d'Aquin lui-même l'admet (Summa theol., II-II, Q. x, a. 11): "Ritus infidelium tolerari possunt vel propter aliquod bonum, quod ex eis provenit, vel propter aliquod malum, quod vitatur ». En français : « Les rites des infidèles peuvent être tolérés (par les princes) soit pour quelque bien qui en résulte, soit pour quelque mal qui est évité ». Un mal particulier à éviter est celui de forcer quelqu'un à se convertir sans la persuasion de la conscience : Léon XIII, "Immortale DEI", 1 nov. 1885: Atque illud quoque magnopere cavere Ecclesia solet, ut ad amplexandam fidem catholicam nemo invitus cogatur, quia quod sapienter Augustinus monet: "Credere non potest (homo) nisi volens" En français : « L’Eglise a toujours veillé grandement à ce que personne ne soit poussé à embrasser la foi catholique contre son gré, car, comme nous avertit sagement S. Augustin, l’homme ne peut croire que si c’est sa volonté. »
Le choix du Gouvernement provisoire fut de fonder une monarchie constitutionnelle, avec exclusion perpétuelle de la dynastie hollandaise d’Orange-Nassau. En 1839, la Hollande reconnut l’indépendance de la Belgique (reconnue dès 1831 par les grandes puissances), mais reprit le Limbourg du Nord et garda une partie du Luxembourg (l’actuel grand-duché) ; tandis que le Luxembourg wallon resta à la Belgique.
 
Il faut remarquer que j’ai dit que la Belgique connaît une crise religieuse : c’est le pays où il y a le moins de nouveau prêtres par rapport aux anciens. 

Autrefois, la Belgique était le pays où il y avait le plus de prêtres et de vocations religieuses par habitants, (je pourrais donner les chiffres qu’on trouve dans l’Annuario Pontificio, avec fierté le Cardinal Van Roey déclarait dans une Lettre pastorale en 1951 que sur ce point son archidiocèse de Malines ne laissait aucun autre l’emporter : Ex quibus patet Diocesim Mechliniensem…esse nulli secundam, quatre fois plus de prêtres par habitant que le diocèse de Paris), les missionnaires belges étaient partout, c’est l’un des pays qui contribuaient le plus (par rapport au nombre d’habitants) au denier de Saint-Pierre. L’Eglise de Belgique a toujours été attachée au Pape (à part les tendances gallicanes et jansénistes de l’Université de Louvain au XVIIe et XVIIIe siècles), a toujours été à la pointe en ce qui concerne les ordres et mêmes les conseils donnés par Rome en matière liturgique et disciplinaire (pas de liturgie néogallicane, p. ex., même dans les ordres religieux), et en matière philosophique et dogmatique (on doit à la Belgique de 1915 l’institution de la fête de MARIE Médiatrice universelle des grâces, comme d’ailleurs on doit à Liège la fête de la Trinité et la Fête-DIEU) ; Utrecht (les Hollandais étaient encore une nation avec les Belges) donna à la Renaissance un Pape si rigoureux, si vertueux, si mortifié, si sévère contre les abus que les Italiens pendant des siècles (jusqu’en 1978) ne voulurent plus de Papa barbaro : Adrien VI, qui avait été recteur de l’Université de Louvain, qui ne prenait qu’un plat de vainde par repas, qui passait ses loisirs à visiter les pauvres et les hôpitaux, qui n’omettait jamais de lire son bréviaire et sa messe, d’assister en action de grâce à celle de son chapelain, et qui, dès le lendemain de son arrivée à Rome interdit le port d’armes dans la ville, le port de la barbe par les clercs, la prostitution,… terrorisant la Curie et fâchant les artistes au point que plusieurs fois on essaya de l’empoisonner. 

Hélas ! depuis le 2d Concile du Vatican, les églises se vident, les vocations chutent (et cela coïncide avec l’expansion de la télévision),…
En 1908, après l’encyclique Pascendi, les évêques de Belgique (leurs lettres pastorales sont d’une haute qualité) se félicitaient de ce que leur clergé ne connaissait pas la plaie du modernisme ; ils en avaient le droit, mais ils auraient dû prier davantage pour éviter ce malheur : le souci d’être à la pointe dans l’Eglise, souci légitime en soi, n’a pas été utilisé prudemment par la suite : le cardinal Mercier, qui avait si bien défendu son pays durant la Grande Guerre en l’absence du Roi, et qui avait une si haute idée de la perfection sacerdotale, eut le malheur de présider les Conférences de Malines ; on doit à plusieurs prêtres belges (pas à eux seuls) les réformes dangereuses du Missel et du Pontifical après 1965, à un évêque de Bruges la stigmatisation de tout triomphalisme ; c’est le cardinal Suenens qui introduira le premier la pratique de distribuer la communion dans la main (pratique qui, non irrévérencieuse en soi, puisque Siméon a bien porté le Christ dans ses bras, est toutefois irrévérencieuse à cause de la différence brutale d'usage et à cause des espèces et du risque de chutes de parcelles) ; l’enseignement de la religion a totalement décliné, même dans les écoles libres (catholiques), et même dans le catéchisme ; les théologiens de l’université de Louvain, si romaine autrefois, soutiennent aujourd’hui des thèses désastreuses, et les scientifiques n’y rougissent pas de déclarer que le travail sur les embryons humains ne justifie pas un retrait du titre d’ « Université catholique » (ce dont Jean-Paul II a menacé l’université). Notons toutefois que l’ancien « souci d’être à la pointe » se révèle encore (de manière discrète) lorsque le cardinal Suenens, quoique toujours très progressiste au dernier Concile, désirait cependant vivement que le schéma sur la Sainte Vierge fût maintenu (au risque de mécontenter les progressistes et les protestants) et non intégré à celui de l’Eglise, reprochant à la version adoptée de diminuer l’importance de la Sainte Vierge (revue Nouvelles Certitudes, n° 11, 2002) ; ou lorsque dans l’université de Louvain on décide que les personnes ayant une objection de conscience contre l’usage d’embryons humains ne peuvent être forcées à les utiliser et qu’on doit respecter leur choix.

En novembre dernier, le chef de la franc-maçonnerie belge, Bartholomeeussen, déclarait à la Libre Belgique (journal de l’ancien parti catholique) qu’il n’y avait plus de problèmes entre les franc-maçons et l’Eglise catholique, sauf les prêtres rétrogrades (il cita parmi eux Mgr Léonard, évêque de Namur), il salua comme exemplaire l’ouverture de quelques prêtres (tous modernistes), et avouait que « plusieurs responsables religieux » fréquentaient les loges de Belgique.
Et l’on s’étonne que ce pays légalise l’avortement (le Roi Baudouin abdiqua exprès pour ne pas signer la Loi) que le site officiel du grand orient belge dit avoir soutenu, les mariages entre personnes de même sexe,… et qu’on ne trouve plus de lien entre les différentes parties du Royaume, alors que l’identité nationale s’est formée pour une cause religieuse." 

Hage
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Publié par Ingomer - dans Histoire
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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 13:18
"Répétons que la démocratie est la grande créatrice, excitatrice et stimulatrice de ce mouvement collectif, dénommé la lutte des classes . ... Très précisément, les conflits sociaux gréco-romains, les longues guerres des pauvres contre les riches, et la destruction de la Cité et de la Ville sont sortis de la démocratie. Avant elle, la coopération des classes se faisait tant bien que mal. Après elle, de cette démocratie politique et de son parti sortit l' institution canonique de leurs rivalités d'intérêt. Celles-ci auraient pu exister, mais elles auraient pu aussi ne pas exister, suivant le cas, les circonstances, les évènements… La démocratie les a rendues nécessaires.

Cela de tous temps. Il y eut des heures où les ouvriers du cuir de Limoge ont voulu obtenir des patrons du cuir un salaire supérieur ; il sonna d'autres heures où les mêmes ouvriers et les mêmes patrons, menacés par des industriels tchécoslovaques, ont fondé, toujours à Limoges, une entente sur le commun intérêt de leur travail , bien supérieur aux antagonismes de leurs classes . Cette union est naturelle dans un pays non démocratique. Elle est particulièrement difficile quand un pays comme le nôtre ou comme la Rome décadente, est doté du régime politique du Nombre et de son vote : les partis naissants cherchent et trouvent dans les classes rivales ce qu'on peut appeler l'eau mère de leur cristal. Ce qui était accidentel, et fortuit, l'antagonisme social, devient régulier et constant, en vertu de la structure légale de la cité. C'est d'elle, en conséquence, que le mal vient ou, si l'on veut, qu'il devient mal chronique et constitutionnel. Un socialisme sans démocratie peut aboutir à une organisation nationale et sociale du travail. Le socialisme démocratique va, court, se précipite à la lutte des classes prolongée jusqu'à leur ruine. Comme la démocratie produit dans l'Etat absolument les mêmes effets que dans la société, elle est bien le mal et la mort. Une République peut être en règle avec les lois de la durée et de la prospérité des peuples, une Démocratie jamais.

On a vu de grandes Républiques durer et croître du moment qu'elles étaient en conformité avec les conditions héréditaires de la vie des Etats : leurs pouvoirs collectifs ont été longtemps productif et florissant. Cela ne s'est vu d'aucune Démocratie. Tous leurs débuts ont coïncidés avec la consommation et la dissipation des ressources, la dégradation et l'exagération de l'autorité, l'affaiblissement de l'Etat, et les empiètements de l'Etatisme, avec la centralisation en même temps que la décomposition. Les peuples les mieux doués, les pays les plus favorisés, ont tous reçu de la démocratie le même souffle de décadence qu'elle a répandu chez nous entre 1789 et 1939 : il y a le même siècle et demi de cette course à la mort chez le peuple d'Athènes, entre 490, l'année de Marathon, et 338, l'année de Chéronée ; encore, la guerre du Péloponnèse, qui accéléra ce déclin, était de 431 : plus près de la grande victoire que de la défaite définitive."

(Texte de Charles Maurras, tiré de « De la colère à la justice – réflexions sur un désastre », 1942, extrait de l'article "LE PEUPLE EST AUTRE CHOSE QUE LA DEMOCRATIE", site du
Renouveau français)
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Publié par Ingomer - dans Histoire
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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 19:30

Video Max Gallo, Louis XIV (Daily motion) via le Blog Partisan Blanc

"Louis XIV: l'homme de son peuple, l'homme de la nation." (Max Gallo)

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6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 12:30
"On peut dire de la société actuelle qu'elle est fondée sur le salariat. ... rapports du capital et du travail. L'argent est le nerf essentiel. ... Pour comprendre le Moyen Âge, il faut se représenter une société vivant sur un mode totalement différent, d'où la notion de travail salarié, et même en partie celle d'argent, sont absentes ou très secondaires. Le fondement des rapports d'homme à homme, c'est la double notion de fidélité, d'une part, protection, de l'autre. On assure quelqu'un de son dévouement, et en échange on attend de lui la sécurité. Tel est l'essence du lien féodal" (Régine Pernoud, Lumière du Moyen Âge, Grasset, Paris 1981, p. 29)

"L'Etat, ... peut à présent dédaigner, ou feindre de dédaigner la soumission d'un homme à un autre, ... [i]l n'est pas sûr qu'aujourd'hui encore, il puisse se maintenir sans elle. L'Etat contre la Féodalité? Plutôt, l'Etat par la Féodalité" (Jean-Pierre Poly, professeur d'histoire du droit à l'Université de Paris 10 - Nanterre, La Mutation féodale, Xe-XIIe siècle, Nouvelle Clio, Puf, Paris 1991, p. 515).

"Enfonçons le clou. L'une des incantations républicaines consiste à faire croire que la République a apporté l'égalité entre les citoyens. ... [J]e ne suis pas certain que les inégalités aient été plus criantes sous Louis XVI que sous notre république. Précisément parce que l'institution de la noblesse, cet ordre prestigieux auquel toute famille désireuse de se hisser dans la société rêvait d'accéder, empêchait par là même qu'elles continuent à s'enrichir interminablement (il était interdit à la noblesse de s'enrichir; l'honneur interdisait à la noblesse de sortir du rôle qui lui était dévolu, la noblesse pouvait se perdre par déchéance à la suite d'une condamnation infamante, ou par dérogeance, lorsqu'un noble était convaincu d'avoir exercé un métier roturier ou un trafic quelconque...). Un Bill Gates était inimaginable à l'époque, ces fortunes qui dépassent la richesse de nombreuses nations n'existaient pas. ... Rien de plus politique que d'arrêter, par un moyen aussi puissant que volontaire, par le motif de l'honneur, l'accroissement immodéré des richesses dans les mêmes mains. Ainsi l'institution de la noblesse empêchait-elle la constitution de fortunes insensées, aberrantes, outrancières, et ce n'est pas le moindre paradoxe que de voir dans l'ancienne monarchie un monde mieux armé pour prévenir ces aberrations. 

... Malgré l'évidence..., on continue de nous représenter la société sous l'Ancien Régime comme monde inégalitaire. Il l'était, sans aucun doute. Comme toute société. Il n'existe pas de société égalitaire. La société communiste, qui s'est imposée au prix d'une terreur jamais vue dans l'histoire, n'a pas réussi le pari de l'égalité, au contraire: elle a connu un éventail des revenus plus large que nos sociétés d'Europe occidentale. Il est d'ailleurs amusant de constater que la gauche, et plus généralement la république, aggrave, toujours les inégalités plutôt qu'elles ne les réduit. Par exemple, sous le septennat de Valery Giscard d'Estaing, l'éventail des revenus était moins large que sous son successeur François Mittérand. ... Aujourd'hui, ... [l]a moitié du patrimoine national (50%) est détenue par 10% des ménages. Et 40% des Français n'ont aucun patrimoine. 40% des Français sans patrimoine: ce chiffre était le même en 1800, au lendemain de la Révolution. ... On me parlera pour se consoler d'égalité devant la loi. Il y aurait au moins cela. Avez-vous suivi les affaires politico-financières? Qui va en prison? Les protagonistes secondaires, jamais les plus hautes personnalités" (
Yves-Marie AdelineLe Royalisme en question (1792-2002), Perspectives pour le XXIe siècle, Préface de Vladimir Volkoff, Postface de Jean Raspail, L'Âge d'Homme - Editions de Paris, Libres Mobiles, 2e édition corrigée, Paris 2002, p. 96-97). 
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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 14:48

"S’étant rendu maître de la capitale, Trotsky annonce la dissolution du gouvernement provisoire. Les représentants de tout le pays approuvent l’insurrection. Lorsque Lénine fait sa première apparition publique, sa première déclaration fut : «Nous allons maintenant procéder à la construction de l’ordre socialiste». 

On connait la suite : arrestations arbitraires, condamnations sommaires, liquidations de masse, police politique, surveillance ininterrompue de chacun, persécutions religieuses, déportations, camps...

Un merveilleux système qui perdure pendant 80 longues années à l’Est de l’Europe et encore un peu partout aux 4 coins de la planète. La macabre aventure socialo-communiste continue pourtant d’avoir ses partisans. Ils se nichent, encore aujourd’hui, aux plus hauts postes de l’état ou dans les rédactions de vos médias préférés." (
Bafweb) 

                                                                 ***

Trotsky à la conquête du monde 

"Il y a 90 ans, les bolcheviks prenaient le pouvoir en Russie (nuit du 6 au 7 novembre 1917 de notre calendrier géorgien). Lénine, Trotsky et de nombreux autres juifs se retrouvaient à la tête de l'Etat et exercèrent la plus sanglante tyrannie de l'histoire de l'humanité. Pas moins de trente millions de chrétiens furent liquidés dans cette folle expérience sortie des cervelles hébraïques. Il est impossible de comprendre le bolchevisme sans avoir saisi le fond de l'âme juive et le fanatisme égalitaire du judaïsme." (Blog d'Hervé Ryssen)

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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 11:11

Zenit

 

 

Les fac-similés des parchemins du procès

 

 

ROME, Jeudi 25 octobre 2007 (ZENIT.org) – Le procès des Templiers : l'édition des parchemins publiés sous forme de fac-similés a été présentée jeudi au Vatican, dans l’ancienne Salle du synode. Elle lave les Templiers de toute accusation d’hérésie.

Le Vatican publie ainsi les fac-similés des parchemins du procès des Templiers qui s’est déroulé sous le pontificat de Clément V, au XIVème siècle, désormais à l’abri des détériorations dues aux agents biologiques.

Il s’agit du troisième volume de la série des « Exemplaire précieux » « Exemplaria Praetiosa » des Archives Secrètes du Vatican.

Le fac-similé des pièces du procès (1308-1311) conservées au Vatican, réalisé en collaboration avec les éditions « Scrinium », est accompagné de l'édition critique de ces textes largement inédits.

L'édition est limitée à 799 exemplaires et réservé aux bibliothèques et collectionneurs.

Le motif principal de l’édition consiste à éclaircir les circonstances qui ont mené le pape Clément V à laver les Templiers du soupçon d’hérésie.

Le pape a suspendu l’Ordre des Templiers sans le dissoudre, et il réintégra ses hauts-dignitaires et tout l’Ordre dans la communion et les sacrements de l’Eglise.

On sait que le procès s’est déroulé dans un climat de tensions politiques entre le pape et le roi de France, Philippe le Bel. ... Pour s’emparer des biens des Templiers, le roi avait mis en œuvre une stratégie de discrédit qui aboutit à l’accusation d’hérésie. Recourant à la torture, le roi réussit à obtenir des confessions sur des rites initiatiques qui auraient été pratiqués dans l’Ordre.

Avec l’enquête de Poitiers, le pape condamna fermement toutes les pratiques et usages méprisables qui avaient pu être introduite dans l’ordre, mais il démonta les accusations des avocats du roi. Les Templiers furent absous.

 

© Innovative Media, Inc.

Résumé:
- Condamnation de l'Eglise pour "toutes les pratiques et usages méprisables qui avaient pu être introduite dans l’ordre".
- Mais récusation des accusations d'hérésie de l'
Ordre du Temple (article wikipédia).

 

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22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 12:30
Bafweb 

Charles Martel, maire du palais de 737 à 741 (pas de rois pendant cette période), et de facto souverain du royaume des Francs. Il est resté célèbre pour la bataille dite de Poitiers d’octobre 732 durant laquelle il dut affronter les armées musulmanes d’Abd el Rahman.
 
Depuis 711, les Berbères occupaient la péninsule ibérique, et continuaient à avancer vers le Nord. En 725, ils avaient déjà conquis le Languedoc, une partie de la Bourgogne actuelle et allaient entrer au cœur du territoire franc.
En 732, une importante offensive sarazzine eut lieu au travers de la frontière franque. Le duc d’Aquitaine demanda son aide à Charles. La bataille s’engagea le 25 octobre et fut marquée par la victoire des Francs.
Les troupes arabo-musulmanes prirent par la suite Avignon et Arles en 735 puis attaquèrent la Bourgogne. Charles Martel parvint à les refouler dans le sud de la vallée du Rhône en 736.
En 737, il remporta une importante victoire près de l’Étang de Bages contre les troupes arabo-musulmanes d’Omar ben Chaled. Cette victoire permit de stopper les incursions des musulmans au sud de la France et de réduire la présence musulmane à Narbonne et à certains forteresses en Provence. En 739, Charles s’allia aux Lombards pour reprendre la Provence. Décès de Charles le 22 octobre 741.
Les musulmans ne seront définitivement expulsés de France qu’en 973. ->

 

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21 octobre 2007 7 21 /10 /octobre /2007 14:06
LEON TROTSKY
b2ac7527315110cca7907ef71a9907b0.jpgIl n’y a guère qu’en France - faut-il s'en étonner? - que Trotsky continue encore à jouir d’un prestige et d’un notoriété intacts. Son fan club, qui s’est enrichi dans les années 60-70 de nombreux juifs et intellectuels, a même réussi le tour de force – avec l’aide complaisante des médias – à imposer une vision positive du personnage, occultant soigneusement quelques légères « ombres » de sa biographie. Celles-là même que nous allons relever, dans un souci d’exactitude.
Lev Davidovitch Bronstein naît en 1879 en Ukraine dans une famille de commerçants juifs. Il entre en révolution comme d’autres entrent dans les ordres, très tôt. Il participe à la révolution de 1905 et dès cette époque invente avec un coreligionnaire, Alexander Helphand, dit Parvus, le concept de « révolution permanente ».
Après bien des péripéties au cours desquelles il adopte son nom « de guerre », Trotsky, on le retrouve à New York en 1916, où il nouera de très fructueux contacts. Autre bacille de la peste, il rentre en Russie en 1917 et participe activement avec Lénine au coup de force des bolcheviques qui les portera au pouvoir.
Dès lors, il aura l’occasion de déployer tous ses talents en tant que commissaire de la guerre de 1918 à 1925, lui qui déclarait en décembre 1917 : « Dans moins d’un mois, la terreur va prendre des formes très violentes, à l’instar de ce qui s’est passé lors de la grande révolution française. Ce ne sera plus seulement la prison, mais la guillotine, cette remarquable invention de la grande révolution française, qui a pour avantage reconnu celui de raccourcir un homme d’une tête, qui sera prête pour nos ennemis ».
Il ne se vantait pas car les bolcheviques ne vont lésiner sur aucun moyen criminel pour faire triompher la société « plus juste et plus humaine » qu’ils envisageaient pour la planète entière. On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs, n’est-ce pas ? Comme le disait justement Trotsky, au temps de la terreur rouge dont il fut un acteur efficace :  « On peut et on doit faire comprendre qu’en temps de guerre civile nous exterminerons les gardes blancs afin qu’ils n’exterminent pas les travailleurs. Dès lors, notre but n’est pas de supprimer des vies humaines, mais bien de les préserver. (…) L’ennemi doit être mis dans l’impossibilité de nuire, ce qui, en temps de guerre, ne peut se traduire que par sa suppression ».
De proche en proche, et d’ennemis en contre-révolutionnaires, ce sont des pans entiers de la société qui vont y passer. Toujours pour la bonne cause, évidemment.
C’est dans ce louable but d’assainissement que Trotsky présidera, avec Lénine, à l’ouverture des camps de concentration, un peu partout dans le pays, dès août 1918. Tous les « éléments douteux » y seront internés à tour de bras, sans le moindre jugement, est-il besoin de le préciser.
Il créera l’Armée rouge, dont il sera le chef incontesté durant toutes ces années. Cet instrument essentiel de la dictature bolchevique fera régner la terreur, surtout parmi les masses paysannes qui seront matées par le « balai de fer » employé par Trotsky notamment pour le  nettoyage de l’Ukraine.
C’est lui également qui noiera la révolte de Cronstadt, en 1921, dans le sang. Les marins de cette base navale, autrefois qualifiés par le même personnage de «valeur et gloire de la Russie révolutionnaire » furent à l’origine d’une révolte de la population due à l’insupportable misère qui régnait. Tous demandaient que le carcan de fer qui enserrait le pays se desserre quelque peu. La seule réponse de Trotsky, et des bolcheviques, fut une répression sanglante qui fit des morts par milliers.
Voilà déjà quelques années – de 1918 à 1925 – bien employées. Celui qui avait écrit, en 1920, Terrorisme et communisme, s’opposera ensuite à Staline et sera exclu du parti en 1927, puis expulsé d’URSS en 1929. Commencera alors une longue errance qui s’achèvera en 1940, au Mexique, sous un coup de piolet administré  par un agent de Staline.
Et la légende dorée pourra commencer. (Le Blog d'Anne Kling) Merci à Anne Kling pour ces rappels.

*
IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX … (1)
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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 15:21
d4d4bc4459b9f72fd92525516daa2011.jpg"Puisque nous ne pouvons pas compter sur le système pour commémorer avec la gravité qui s’imposerait une période qui changea, hélas, la face du monde", Anne Kling se propose elle-même sur son blog de "rappeler certains faits afin de semer quelques petites graines qui finiront sans doute par germer un jour."

[L]a révolution d’octobre proprement dite démarre à Pétrograd, alors capitale de la Russie, par une insurrection armée dirigée par Trotsky, dans la nuit du 24 au 25 octobre (de l’ancien calendrier julien, qui correspond en fait à la nuit du 6 au 7 novembre).  A partir de ce moment-là, les bases de la révolution bolchevique vont être rapidement lancées.

Dans les mois qui suivent, une vague de révolutions éclateront un peu partout en Europe : Allemagne, Hongrie, Finlande, Italie. Révolutions qui seront écrasées, laissant les bolcheviques – qui espéraient mettre le feu au monde entier – plutôt isolés et en proie à la guerre civile.

Ce que je me propose simplement de faire, dans une petite série, c’est de donner quelques coups de projecteurs sur un certain nombre d’acteurs de la première heure de cette révolution particulièrement sanglante et inhumaine. Histoire de les rappeler aux bons souvenirs de certains qui auraient peut-être tendance à les oublier, les ingrats.

[J]e rappelle ce qu’écrivait à Washington, en janvier 1918,  l’ambassadeur des Etats-Unis en Russie, David R. Francis: « Les dirigeants bolcheviques ici, dont la plupart sont des juifs et dont 90% sont des exilés de retour, font peu de cas de la Russie ou de tout autre pays, mais sont des internationalistes et ils essayent de déclencher une révolution sociale à l’échelle mondiale ».

Et le Times du 29 mars 1919 renchérissait : « Une des caractéristiques les plus intéressantes du mouvement bolchevique est le haut pourcentage d’éléments non russes de l’équipe dirigeante. Sur environ trente commissaires ou dirigeants qui forment l’appareil central bolchevique, 75% pour le moins sont des juifs ».

...
Le cadre général étant fixé, nous nous livrerons ces prochains jours à un petit tour d’horizon (succinct) des responsabilités qui furent celles de ces « artisans de la révolution de 1917 ». A tout seigneur, tout honneur, nous commencerons par Leiba Bronstein, dit Léon Trotsky. (Le Blog d'Anne Kling)

* IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (2)
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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 09:06

Marie-Antoinette quitte la Conciergerie pour l'échafaud, par Georges Cain (Musée Carnavalet)


Après un procès indigne, la reine Marie-Antoinette est guillotinée le 16 octobre 1793. La "république" met à mort une femme dont le seul tort fut d'avoir été reine de France au mauvais moment. Son procès, expéditif, ne s'explique par aucun motif politique mais par la Terreur.  Le "gouvernement" républicain repose sur la force, l'illégalité et la répression, il envoie à l'échafaud tout opposant, toute personne susceptible de sympathie royaliste. La veuve ballade la guillotine dans les campagnes. Dix mois après son mari Louis XVI, les tyrans exécutent Marie-Antoinette. 

Un
article plus détaillé sur le procès inique fait à Marie-Antoinette.
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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 07:52
Après la capitulation de l'empereur à Sedan le 1er septembre 1870, le 4 septembre 1870, donc trois jours après... (la réaction est ultra-rapide),  Gambetta (l'auteur du blasphème "le cléricalisme, voilà l'ennemi"), accompagné du franc-maçon fanatique Jules Ferry, du juif Adolphe Crémieux, de Jules Favre et de Jules Grévy..., se rend à l’Hôtel de Ville de Paris, prononce la déchéance de la dynastie, proclame la constitution d'un gouvernement de Défense nationale pour organiser la résistance à Bismark, proclame (d'autorité... sans mandat du peuple pour ce-faire…) l’instauration de la République. C'est un nouveau coup de force des "républicains" après ceux de 1848 et 1792 que nous payons encore aujourd'hui.... 

Cet exemple est frappant, il prouve que dans un contexte de troubles ou de guerres, le régime politique, faible, est facilement renversable par un noyau de personnes réactives et à la décision arrêtée et longuement réfléchie, ne s'embarrassant pas de considérations démocratiques. Ces personnes doivent être emmenées et dirigées par un porte-parole charismatique.

"La déclaration de guerre à la Prusse, le 19 juillet 1870, allait détruire les illusions de l'empereur. Certains républicains se hasardent à souhaiter qu'une prompte défaite consacre la ruine du régime et hâte l'avènement de la République. C'est ainsi que Le Rappel écrit noir sur blanc : «Le danger le plus sérieux, c'est celui de la victoire. L'Empire fait le mort. Les Prussiens battus, il ressuscitera». Ce journal appartient aux fils de Victor Hugo - lequel est en exil à Jersey -. La défaite de Sedan comble au-delà de toute espérance les voeux de ces drôles de patriotes..." (Source:
Herodote.net)

"Cette idéologie fut assez entière et assez logique pour souhaiter passionément la défaite de la France dans le guerre de 1870. Ses voeux furent exaucés. Un nouveau régime s'établit. Il avait pour origine une défaite. Il avait pour promoteurs des hommes qui avait souhaité cette défaite de leur patrie, parce qu'une certaine idée politique leur paraissait plus importante que la patrie. Il eut pour base le principe qu'au-dessus de la nation il existe une idée plus importante que la nation elle-même et à laquelle la nation peut être sacrifiée.... Dès lors l'idéologie s'installait dans le régime lui-même" (
Maurice Bardèche, Les Temps modernes, Editions Les Sept couleurs, Montargis 1956, p. 64).
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26 août 2007 7 26 /08 /août /2007 07:13

Le 26 août 1789 était proclamée la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Un auteur, Edmund Burke, en fit une critique systématique dès 1790, en des termes précis qui sapent les fondements argumentaires de l'idéologie nouvelle.

Prétendre que "les hommes naissent libres et égaux en droits" (article 1er de la
Déclaration des droits de l'Homme) est un mensonge que la réalité contredit. Il est d'abord impossible que "chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant..." (J.-J. Rousseau, Du contrat social, liv. I, ch. VI.) Ensuite, à l'âge d'une minute, les hommes sont-ils libres? Et selon la thèse égalitaire, à ce même âge, sont-ils aussi libres que père et mère?... La réponse à ces questions est naturellement négative et vient contredire directement l'article 1er de la déclaration: "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits". C'est pourtant à partir de cette prémisse qu'est bâtie toute la société moderne

L'irlandais Edmund Burke qui se présenta comme un défenseur de la Loi naturelle dans ses grands combats "libéraux", s'éleva dès 1790 contre la prétendue filiation du libéralisme français avec le libéralisme anglais. Il était alors considéré comme un des grands penseurs libéraux britanniques siégeant au Parlement anglais avant de se fâcher résolument avec ses amis quand il prit ouvertement le parti contre-révolutionnaire français. Alors que Maurras pense "que le libéralisme anglais ne soit point un libéralisme, c'est ce qu'il est un peu trop facile de voir..." (
Charles Maurras, Kiel et Tanger, La République française devant l'Europe 1895-1921, Bibliothèque des Œuvres Politiques Versailles, Évreux 1928, p. 104), Edmund Burke, en 1790 écrivait que le prétendu libéralisme en France n'était qu'une corruption du libéralisme anglais... Depuis l'époque où E. Burke écrivait, le libéralisme anglais a malheureusement plus ou moins suivi les erreurs du jusqu'auboutisme idéologique de son pendant français. Il est bon aujourd'hui d'en retracer une rétrospective historique pour sortir de l'ornière despotique du code moderne.

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Pour Burke, la Révolution dite "française" de 1789 repose sur des principes totalement étrangers au libéralisme. Il commence d'abord par observer que dans la Déclaration britannique des droits de 1689, "on ne trouve, écrit-il, pas un mot ni même une allusion concernant un droit général 'de choisir nous-mêmes ceux qui nous gouvernent; de les destituer pour cause d'indignité; d'instituer notre propre forme de gouvernement'..." (
Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France, 1790, Pluriel Histoire, Paris 2004, p. 21). Il écrit ensuite que "si l'on s'accordait sans scrupule la facilité de changer de régime autant et aussi souvent et d'autant de manières qu'il y a de fluctuations dans les modes et dans les imaginations, on romprait toute la chaîne et toute la continuité de la chose publique. Il n'y aurait plus aucun lien d'une génération à l'autre. Les hommes ne vaudraient guère mieux que les mouches d'un été...." (Edmund Burke, ibid., p. 120).

"
Chaque membre de la société renonce au premier droit fondamental de l'homme naturel, celui de juger par lui-même et de défendre son propre droit. Il abdique le droit d'être son propre gouverneur. ... Les hommes ne peuvent jouir à la fois des droits de l'état de nature (uncivil) et de ceux de la société civile. Pour obtenir justice, l'individu renonce au droit de la déterminer dans ce qui lui importe le plus. Et pour s'assurer d'un certain degré de liberté, il s'en déssaisit en totalité pour en confier la garde à d'autres instances" (ibid., p. 75-76). Ce mot de Burke implique naturellement que pour vivre en société, l'homme n'est pas libre de d'être son propre gouverneur, il abdique ce droit naturel en vue d'obtenir une plus grande liberté, la justice. Autrement dit l'homme n'est pas libre de se choisir ses propres gouvernants sans amener la ruine de la société. Prétendre que les hommes naissent libres est une monumentale tromperie (idéologique), le mensonge premier qui conduit pratiquement la société à l'anarchie (on ne le voit que trop aujourd'hui...) et l'homme à la mort. La liberté n'est pas un droit (un droit que l'on acquerrait à la naissance), elle est une faculté; Léon XIII disait qu'elle est "la faculté de se mouvoir dans le bien".

"Nous ne sommes, dit-il, ni les catéchumènes de Rousseau ni les disciples de Voltaire; et
Helvétius n'a guère pénétré chez nous. Les athées ne sont pas nos prédicateurs, ni les fous nos législateurs. Nous savons bien qu'en morale nous ne pouvons nous prévaloir d'aucune découverte; mais c'est que nous pensons qu'en la matière il n'y a pas de découvertes à faire, et fort peu quant aux grands principes de gouvernement et aux idées de liberté, qu'on comprenait tout aussi bien longtemps avant que nous fussions au monde qu'on les comprendra lorsque la terre se sera refermée sur notre présomption et que le silence de la tombe aura mis fin à notre impudent verbiage" 

(Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France, 1790, Pluriel Histoire, Paris 2004, p. 109).

Concluons avec Oliveira Salazar: 

"Nous sommes antilibéraux, mais pourquoi? Parce que nous voulons garantir les libertés publiques..." (
Oliveira Salazar, Une Révolution dans la paix, Paris 1957, p. XXXII).

                                                                   ***

Lire aussi

Une critique détaillée de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen

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22 août 2007 3 22 /08 /août /2007 07:20
et prise de Châtillon-sur-Sèvre au cri de "Vive le Roi!" 

(Alfred Fierro, Chronologie: La Révolution jour par jour  in Jean Tulard, J.F. Fayard, A. Fierro, Histoire et Dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, Bouquins Robert Laffont, Paris 2004, p. 347).

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20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 11:17

 

3 fructidor : L'insurrection royaliste du Sud-Ouest est écrasée à Montréjeau (département de la Haute-Garonne en région Midi-Pyrénées).

(Source: Alfred Fierro, Chronologie: La Révolution jour par jour  in Jean Tulard, J.F. Fayard, A. Fierro, Histoire et Dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, Bouquins Robert Laffont, Paris 2004, p. 408).

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17 juillet 2007 2 17 /07 /juillet /2007 12:39
Le Forum catholique

"Daily Telegraph du 13 juillet 2007 – compte-rendu du correspondant Nigel Reynolds

article original

Il est rare d'entendre pousser de grands cris de joie au British Museum dans la grande "Salle des Arches" qui abrite une collection de 130.000 tablettes assyriennes couvertes de caractères cunéiformes, dont certaines ont 5000 ans. Mais le jeudi 12 juillet, c'est ce qu'a fait Michael Jursa, un assyriologue de Vienne (Autriche) venu faire des recherches. A son avis, il s'agit de la "découverte du siècle" en matière d'archéologie biblique. Cette découverte vient confirmer l'exactitude des faits mentionnés dans les livres historiques de l'Ancien Testament.

En quête d'inscriptions concernant les transactions financières, le Professeur Jursa est tombé sur un nom propre qui lui paraissait familier: Nabu-sharrussu-ukin. Une inscription vieille de 2500 ans déclarait que ce personnage était le "chef des eunuques" de Nebucadnetsar II, roi de Babylone. Vérifiant dans l'Ancien Testament, le Professeur Jursa y a bien retrouvé ce même nom, orthographié différemment: "Nebu Sarsekim", dans le chapitre 39 du Livre de Jérémie (Jér. XXXIX., 3 "L'Etat major du roi de Babylone vont siéger sur la grand-place: Nergal-Sarècèr, de Sîn-Maguir, Nebou-Sarsekim, chef du personnel de la Cour,...") 

Le prophète rapporte en effet que Nebu-Sarsekim était le "chef des eunuques" de Nebucadnetsar, et qu'en l'an 587 avant Jésus-Christ, il a pris part avec le roi au siège de Jérusalem, quand les Babyloniens se sont emparés de la ville.

... Le Professeur Finkel a déclaré hier: "Il s'agit d'une découverte extraordinaire, intéressant le monde entier. Puisque Nebu-Sarsekim a bien existé, que dire des autres personnages mineurs de l'Ancien Testament? Un détail très secondaire de l'Ancien Testament s'avère véridique. A mon avis, cela confère une puissance nouvelle à tout le récit de Jérémie."


Daily Telegraph

Lu sur VoxDei"

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13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 23:13
La Chrétienté récupère une terre byzantine (la Syrie) et chrétienne volée par les Arabes à l'empire byzantin en 638. La récupération de Jérusalem et non "la prise"... - vocable utilisé par l'école de la république pour laisser entendre que ce sont les chrétiens les agresseurs - donnera trois siècles et demi de répit aux Chrétiens d'Orient avant la chute de Constantinople en 1453.
 
Bref rappel. En 638, à la prise de la ville par les Arabes, les Chrétiens "sont réduits à la condition de dhimmi: moyennant le port de signes distinctifs et le paiement d'un impôt spécial, la djizya, ils sont autorisés à pratiquer leur culte. Mais il leur est interdit de construire de nouvelles églises, ce qui, à terme, les condamne. Les pèlerinages européens peuvent continuer, à condition d'acquitter un tribut, notamment pour accéder au Saint-Sépulcre… Aux IXe et Xe siècles, les pèlerins se font plus nombreux. Au début du XIe siècle, la situation se tend. Les Chrétiens qui servent dans l'administration du califat sont forcés de se convertir à l'islam. En 1009, le calife El-Hakim ouvre la persécution et fait détruire le Saint-Sépulcre. En 1065, un groupe de pèlerins allemands est attaqué par des Bédouins. Bientôt de nouveaux envahisseurs se répandent sur la Palestine: les Turcs. En 1078, les Seldjoukides s'emparent de Jérusalem. A partir de cette date, les pèlerinages deviennent extrêmement périlleux, puis ils s'interrompent….
 
"Au VIIe siècle, les musulmans ont occupé la Palestine et la Syrie; au VIIIe siècle, ils ont anéanti la Chrétienté d'Afrique du Nord puis envahi l'Espagne et le Portugal; au IXe siècle, ils ont conquis la Sicile. … La croisade, c'est une riposte à l'expansion militaire de l'islam, une réplique à l'implantation des Arabes et des Turcs en des régions dont les villes, berceau du christianisme au temps de Saint Paul, ont été le siège des premiers évêchés. Des régions où les fidèles du Christ sont désormais persécutés" (Jean Sévillia, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 37-38).
 
"[D]epuis la prise de la Syrie par les Arabes en 636, Byzance n'a fait que résister aux musulmans. Au XIIe siècle d'ailleurs, ces derniers ne regardent pas la croisade comme un évènement nouveau, mais comme le prolongement des guerres avec Byzance, désignant les premiers croisés sous le nom de "Rûm", c'est-à-dire Byzantins" (Jean Sévillia, ibid., p. 48).
 
"Vers 1090, écrit René Grousset, l'islam turc ayant presque entièrement chassé les Byzantins de l'Asie, s'apprêtent à passer en Europe. Dix ans plus tard, non seulement Constantinople sera dégagée, non seulement la moitié de l'Asie Mineure sera rendue à l'hellénisme, mais la Syrie et la Palestine seront devenues colonies franques. La catastrophe de 1453, qui était à la veille de survenir dès 1090, sera reculé de trois siècles et demi" (René Grousset, L'épopée des Croisades, Perrin 1995, cité in Jean Sévillia, ibid., p. 48).
 
"Les Francs se sont cependant conduits comme tous les soldats de l'époque, et notamment leurs ennemis. Le 10 août 1096, 12 000 "pauvres gens" de la croisade populaire ont été achevés par les Turcs. Le 4 juin 1098, devant Antioche, les Turcs et les Arabes ont passé au fil de l'épée, jusqu'au dernier combattant, la garnison chrétienne de la forteresse du Pont de Fer. Peu après, ils en ont fait autant avec les musulmans d'une petite cité qui avait traité avec les Croisés. Le 26 août 1098, quand ils se sont emparés de Jérusalem, les Egyptiens ont liquidé les Turcs qui défendaient la ville" (Jean Sévillia, ibid., p. 48). "En 1077, lorsque les Turcs s'emparèrent de Jérusalem, ils massacrèrent de la même manière toute la population musulmane qui s'était réfugiée dans la mosquée al-Aqsa. Pourtant, de cela les medias n'en parlent pas. Il faut surtout insister sur les exactions des chrétiens, occulter celles des musulmans" (Laurent Vissière in Revue Historia Croisade, mai-juin 2005, N°095).
 
Les 14 et 15 juillet 1099, les Juifs s'associèrent aux musulmans pour empêcher les Chrétiens de récupérer Jérusalem.


Articles connexes

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Les croisades, une réponse occidentale à l'expansion militaire de l'islam
- Des Croisés accueillis en libérateurs
- La "Prise de Jérusalem"
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1 juillet 2007 7 01 /07 /juillet /2007 20:05
Hervé Ryssen nous rapporte ces deux perles: 

"Le rabbi Yaakov Perrin a déclaré le 27 février 1994 : "La vie d’une centaine de Gentils ne vaut pas l’ongle de l’orteil d’un Juif." (cité par le New York Times du 28 février 1994, in Israël Shamir, L’autre Visage d’Israël, Éditions Al Qalam, 2004, p. 380).

Voyez encore la réponse du Grand rabbi des Loubavitch, interrogé sur la possibilité d’une vie extra-terrestre : "Il est possible qu’une autre vie puisse exister, dit-il, mais ces créatures seraient d’un niveau d’intelligence plus bas que le nôtre puisqu’elles ne possèdent pas la Thora, émanation unique de la sagesse du créateur qui ne fut révélée qu’au peuple juif."
Actualité juive du 4 septembre 1997. Cf. Faits et Documents, la lettre d'Emmanuel Ratier."
 

                                                   
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28 juin 2007 4 28 /06 /juin /2007 08:34

Le Conservateur se demande ("Incendies d'églises en Bretagne : les conséquences de l'ésotérisme") où les jeunes arrêtés cette semaine ont trouvé leur haine du christianisme :

"J'accuse l'histoire officielle, qui accable le christianisme de tous les maux du monde pour justifier l'avènement de la république, de fonder ces déviances criminelles. 

A une petite échelle, la fiction historique, très à la mode, dans le goût du Da Vinci code, ou bien de Kaameloot qui prétend contre la vérité historique que la Bretagne celtique fut christianisée par des inquisiteurs (joué par Elie Sémoun), a partie liée avec ce néo-paganisme criminel, car il alimente l'ignorance dont il se nourrit. Quand M6 et le cinéma d'Hollywood se substituent à la vérité historique scientifique, c'est la boîte de Pandore des extrémismes qui est ouverte. ... 

Reste à savoir quelle peine s'abattra sur ces criminels pour leur crime irréparable contre le patrimoine et notre mémoire
."  
(
Via Le Salon Beige)

 

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23 juin 2007 6 23 /06 /juin /2007 17:36

Par Yves-Marie Adeline, Alliance Royale

"L’auteur fait remonter la division entre Droite et Gauche en France à la révolution de 1789, mais pour lui l’origine du mal est bien plus profonde. 

La Gauche est l’exaltation de l’indépendance et du libre arbitre à tout prix. Valeurs poussées à leur extrême, elles entraînent la chute des valeurs transcendantes
. En effet, avec la gauche, l’homme devient son propre maître, son unique maître, il n’existe pas de valeurs le dépassant ou dépassant sa volonté. Sa volonté fixe sa propre morale, ses propres obligations, selon sa volonté propre. Les droits passent devant les devoirs et finalement poussées à l’extrême, ces valeurs entraînent la non-reconnaissance de l’autre, tant l’homme de Gauche se replie sur ses droits acquis ou à acquérir. Ainsi une mère n’est plus obligée de prodiguer de l’amour maternel à ses enfants, elle le fera si elle le veut bien, car elle est libre, le père abandonnera son rôle protecteur et ne le reprendra que si bon lui chante, il est libre. Peu leur importe que par ce comportement le père et la mère se soient montrés indignes, dignité et indignité sont des valeurs morales dépassant la volonté de l’homme, ce sont des valeurs de Droite. La Droite, elle, se base sur des valeurs transcendantes qui dépassent la volonté de l’homme. Une morale naturelle ou morale sacrée qui guide les pas de l’homme. La Droite est bridée tandis que la Gauche va où bon lui semble.

Cette division on l’a dit, remonte à des temps anciens, mais sa concrétisation en France remonte pour ainsi dire aux événements de 1789. Entre un groupe d’hommes (majoritaires alors) voulant conserver les valeurs traditionnelles et transcendantes de la France et un autre groupe d’hommes (minoritaires) s’exprimant soi-disant au nom de tous, pour une marche en avant vers le progrès, c’est-à-dire plus de libertés individuelles.

La gauche se base alors sur une imposture, elle défend la liberté et le droit des peuples contre une droite féodaliste et despotique. Peu importe que ce discours aille à l’encontre de la réalité des faits, d’un régime qui au nom de la liberté à tué des centaines de milliers d’innocents et enlevé justement leurs libertés anciennes aux peuples. Car c’est le mot de Robespierre, il faut savoir sacrifier les libertés pour sauvegarder la liberté. Autrement dit il faut savoir détruire les libertés des peuples au profit de la liberté révolutionnaire, au nom du progrès. Tout doit se plier voir disparaître devant le progrès érigé en principe. On voit dors et déjà la destruction des valeurs poindre le nez, car elles sont un reproche perpétuel à la gauche, lui rappelant que quelque chose dépasse le progrès, la morale transcendante. N’importe qui de censé serait révolté à l’idée de perdre ses libertés concrètes au profit d’une déesse liberté abstraite. Mais la force de la Gauche est là, seule restera l’idée qu’elle défend la liberté. Les hommes du moment seront accusés d’avoir été des monstres, mais l’idée maîtresse du progrès sera passée... 

Alors la Droite se fait piéger une première fois en décrétant qu’elle aussi est pour la liberté afin de ne pas être dite réactionnaire. Elle n’entend pas par-là la même chose que la gauche, mais comme cette dernière tient la barre, la Droite devra se plier à la liberté de la Gauche. La deuxième imposture de la Gauche est plus récente. Il s’agit de se revendiquer l’idéologie défenderesse des pauvres et des déshérités contre une Droite capitaliste et affameuse. C’est l’émergence des socialismes et des communismes. Peu importe là encore que l’histoire nous montre le contraire, avec un Gambetta proclamant : « il n’y a pas de question sociale » et des catholiques légitimistes comme René de la Tour du Pin ou même Henri V prônant au contraire la
défense des ouvriers. Là encore le mot est passé, la Gauche désormais est pour la défense des pauvres et la Droite pour celle des riches. L’imposture va plus loin, lorsque le prolétariat vote à Gauche, c’est normal, mais lorsqu’il se tourne vers des partis de droite nationale, la Gauche hurle au populisme et à la démagogie. On voit que dès les origines, la Gauche mène le débat et oblige la Droite à s’accorder à son discours. Plus rien alors ne semble pouvoir s’opposer à la marche du progrès, puisque la Droite sera toujours en retard d’une guerre.

La conquête des esprits et des institutions par la Gauche. Cet Etat de fait, a été rendu de plus en plus possible par la conquête des esprits par la Gauche. Cette conquête des esprits se double également d’une volonté de conquête des institutions par la Gauche, qui alors tente de remodeler la société qui l’environne à son image. Bien-sûr un changement brutal ne fonctionnerait pas. La Gauche voulant détruire toute morale transcendante et ancestrale, il s’agissait à l’origine du moins en France, de faire table rase du passé. D’annihiler toute ancienne morale, au profit de la nouvelle, celle que l’homme s’est donné lui-même et dont il peut changer comme on change de chemise. On a vu ce que donnait un changement trop brutal en France durant les événements révolutionnaires, où la politique antireligieuse de la république et la suppression rapide et sanglante de la monarchie ont entraîné une réaction violente de la par de la population. L’erreur alors avait été de vouloir faire table rase. La Gauche va alors progresser par système de cliquets. C’est-à-dire une progression par étape. Chaque étape sera considérée comme acquise, on ne pourra plus revenir dessus sous peine de devenir un réactionnaire."
Suite

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19 juin 2007 2 19 /06 /juin /2007 09:50
Sources bibliographiques:
Paul Watrin, La Tradition Monarchique, Thèse de doctorat d'Etat en droit, 1916, rééd. Diffusion Université Culture, Paris, 1983.
Stéphane Rials, Le légitimisme, PUF, coll. Que sais-je ?, n°2107, 1983  
Hervé Pinoteau, Monarchie et avenir, Nouvelles Editions Latines.
Hervé Pinoteau, Nouvelles précisions dynastiques, Sicre Éditions, Paris 2001, 80 pages.
Manifeste légitimiste, fichier PDF  

Jean III (1822-1883+1887)
            A la mort du Comte de Chambord, le 24 août 1883, l’aîné des Capétiens était le prince Jean de Bourbon, comte de Montizon. A ce titre, il présida les obsèques à Göritz.
            Le prince Jean était le fils de Charles (V) qui, à la mort de son frère Ferdinand VII revendiqua ses droits au trône d’Espagne. Ferdinand VII, contrairement à la loi salique, avait désigné sa fille, Isabelle, pour lui succéder, décision qui entraîna la première guerre carliste (1833-1842). Il participa aux guerres carlistes. Il fut même arrêté par la police de Napoléon III et mis en prison à Perpignan. L’acte le plus symbolique de son règne reste la présidence des obsèques du comte de Chambord. A cette occasion, il eut à faire valoir ses droits face aux prétentions du comte de Paris. En effet, celui-ci lui envoya à Göritz un ancien conseiller d’État, M. de Bellomayre, afin de lui faire signer une renonciation au trône de France. Cette demande, qui prouve par ailleurs combien les Orléans étaient peu sûrs de leurs droits, fut repoussée par le Prince qui refusa même de recevoir ce curieux ambassadeur. C’est son fils cadet, le Prince Alphonse qui fut chargé de transmettre la réponse :
Jamais je ne signerai cette pièce. Je ne sais pas encore si nous avons des droits à la couronne
de France ; si nous n’en avons pas, il est ridicule de signer cette déclaration et si nous en avons, ces droits sont des devoirs ; ces devoirs, on ne peut les abdiquer.
La mort le surprit le 18 novembre 1887.
 
Charles XI (1848-1887+1909)
            Fils de Jean III, Charles avait épousé, le 4 février 1867, dans la chapelle du château de Frohsdorf, Marguerite de Parme, nièce du comte de Chambord.
            Quelques déclarations de ce Prince :
Je suis le roi de toutes les libertés nationales, je ne serai jamais le roi de la révolution”.
En 1870, il envoya son épouse comme ambassadrice auprès de Napoléon III pour l’avertir des visées prussiennes. Le conflit déclaré, il proposa de servir aux armées en amenant ses troupes carlistes. Napoléon III refusa, ce qui amena cette réponse du Prince :
Il me paraît extraordinaire qu’un Bonaparte interdise à un Bourbon de participer à la guerre dont l’objet est l’Alsace acquise par mes ancêtres.
Le 14 septembre 1888, il écrivait aux légitimistes réunis à Sainte-Anne d’Auray :
Il n’y a que deux politiques en présence dans l’histoire contemporaine : le droit traditionnel et le droit populaire. Entre ces deux pôles, le monde politique s’agite. Au milieu, il n’y a que des royautés qui abdiquent, des usurpations ou des dictatures. Que des Princes de ma famille aient l’usurpation triomphante, soit. Un jour viendra où eux-mêmes ou leurs descendants béniront ma mémoire. Je leur aurai gardé inviolable le droit des Bourbons dont je suis le chef, droit qui ne s’éteindra qu’avec le dernier rejeton de la race issue de Louis XIV.
            Charles XI fut le premier à se voir signifier par le gouvernement de la République française une mesure d’exil, en 1881. Mesure prise à la suite d’une messe de la Saint-Henri, où de nombreux assistants et plus spécialement des élèves de l’École Militaire de Saint Cyr avaient manifesté en sa faveur. Dans un message à ses fidèles au moment de son départ, il déclara :
La Vraie France, berceau de ma famille, et que j’aime ardemment, n’est pas responsable des actes de son gouvernement”. 
                Le
14 mars 1884, Charles XI consacra sa personne, sa famille et le Royaume de France au Coeur divin de Jésus.
            Le 21 janvier 1893, pour le 100e anniversaire du martyre de Louis XVI, Charles XI reçut à Venise une importante délégation de Français fidèles conduits par le général de Cathelineau.
D’une façon incompréhensible, le Prince encouragea le ralliement préconisé par Léon XIII. Cette position conduira à ce qu’on a appelé le «schisme sévillan». Au moment de la Séparation de l’Église et de l’État, il signa un manifeste daté du 12 mars 1906 :
Comme l’aîné de la race de nos rois et successeur salique, par droit de primogéniture de mon oncle Henri V, je ne puis rester plus longtemps spectateur impassible des attentats qui se commettent contre la religion, et aussi Sa Sainteté Pie X. J’élève la voix pour repousser de toutes les forces de mon âme de chrétien et de Bourbon, la loi de séparation”.
            Il continuait : “Catholiques français, l’avenir de la France est entre vos mains, sachez donc vous affranchir d’un joug maçonnique et satanique, en revenant franchement et avec l’ardeur qui vous caractérise, à la vraie tradition chrétienne et nationale dont, par ma naissance, c’est-à-dire par la volonté de Dieu, je suis le seul représentant légitime.
Charles XI mourut le 18 juillet 1909.
 
Jacques I (1870-1909+1931)
            Il naquit le 27 juin 1870 en Suisse. Il commença ses études à Paris à l’école de l’Immaculée Conception de la rue de Vaugirard dirigée par les Jésuites. En 1881, contraint à l’exil, il les poursuivit dans une autre maison de la Compagnie en Angleterre à Windsor, au collège de Beaumont.
            En 1890, il entra à l’Académie Militaire de Wiener-Neustadt. Il ne put être titularisé officier de l’armée de l’Empire Austro-Hongrois et devint officier dans la garde impériale russe. Il fit partie du contingent russe envoyé avec des troupes allemandes, anglaises, belges, françaises, italiennes et japonaises pour délivrer les membres des délégations étrangères assiégés à Pékin par les Boxers. La conduite du prince fut à ce point héroïque que le général français Bailloud crut devoir le proposer pour la croix de la Légion d’Honneur. Le gouvernement français refusa...
            En 1909, au décès de son père, il quitta l’armée russe.
            En 1911, le prince s’éleva contre une violation du droit opérée par le duc d’Orléans qui venait d’octroyer à titre posthume l’Ordre du Saint Esprit au général de Charette :
Le chef de la Maison de Bourbon, c’est moi ; moi qui dans ma lettre aux souverains à l’occasion de la mort de mon cher et regretté père, ai solennellement déclaré que j’entendais revendiquer tous les droits et prérogatives qu’il me transmettait en dépôt, moi qui tiens du comte de Chambord, avec le château de Frohsdorf, les reliques, les papiers et les archives de la monarchie légitime, ainsi que la maîtrise des ordres royaux. Son Altesse Royale, le duc d’Orléans est d’autant moins qualifié pour faire un chevalier du Saint-Esprit qu’il est le tout dernier de notre arbre généalogique et que sa branche ne peut produire la moindre prétention qu’après la complète extinction non seulement de la mienne mais encore de celle d’Espagne, des Deux-Siciles et de Parme.
            Le 9 mai 1926 à Paul Watrin :J’admets qu’on puisse croire au principe électif, mais si l’on dit admettre le vieux principe monarchique français, il faut s’en tenir à ses lois ; les orléanistes sont libres de prôner une monarchie où quelques bourgeois élisent le roi, mais ils n’ont pas le droit de dire que là sont les vieilles lois fondamentales du Royaume de France, où Dieu fait le roi en le faisant naître l’aîné”.
            Le 8 décembre 1931 (Journal des Débats) :Je suis un mainteneur, je ne suis pas un prétendant».
            «Un prétendant, c’est un homme de coup d’État ; un roi légitime ne gouverne que d’accord avec son peuple, qui doit être un peuple libre. C’est cela qui s’appelle la monarchie nationale, où le roi est pour tous un frère aîné et un père. En France, tous les Français se sentent de la famille royale ; voilà pourquoi l’égalité est un instinct français. En France, «le roi appartient au pays, le pays n’est pas au roi. Ceux qui critiquent Louis XVI ou mon aïeul Charles X ne savent pas ce qu’est un roi de France. Il ne peut régner si l’accord entre lui et son peuple est brisé. S’emparer du pouvoir par un coup d’État, mais c’est faire du roi légitime un aventurier. Henri V a vécu cette doctrine. Bien peu l’ont compris.
            En 1924, le Prince félicita et encouragea le général de Castelnau qui venait d’organiser le grand mouvement des catholiques de France dégoûtés de voir qu’après le profond sacrifice de la guerre de 1914-1918, la France républicaine retombait dans les mêmes erreurs.
            Le Prince avait une dévotion particulière pour Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus dont il portait une relique sur lui depuis une visite au Carmel en juin 1926.
            Le Prince Jacques était célibataire et de sa ligne il n’y avait plus qu’un oncle, Charles sans postérité. A la mort des Princes Jacques et Charles, l’aînesse des Bourbons allait donc passer au descendant de François de Paule, le roi constitutionnel d’Espagne, Alphonse XIII. Pour les séparer il y avait, en Espagne les guerres carlistes et plus généralement une certaine connivence du souverain espagnol avec les Orléans.
            Soucieux de la paix, le Prince Jacques voulut la réconciliation de son vivant. Cette réconciliation, en 1931, était facilitée par le fait que le 14 avril 1931, Alphonse XIII avait dû quitter l’Espagne et résidait à Fontainebleau.
            Alphonse XIII se rendit au domicile parisien du prince Jacques, avenue Hoche, le 23 septembre 1931.
            L’aîné des Bourbons tint à faire reconnaître les droits imprescriptibles à la Couronne de France.
            “Tout d’abord, t’es-tu compromis avec nos cadets quant à la succession royale de France ? Cela n’a rien à voir avec l’Espagne et, cependant, sache-le bien, si nous ne sommes pas d’accord sur la question française, impossible pour moi de m’entendre avec toi pour une union pratique en Espagne”.
            “Peu importe qu’il y ait un jour ou qu’il n’y ait jamais de monarchie en France ! Mais il importe beaucoup qu’un Bourbon soit toujours fidèle à la France, où qu’il aille, où qu’il règne. Le Chef de la Maison de France, c’est l’aîné des Bourbons. Un jour, sans doute, ce sera toi car tu es jeune et survivras à moi et à mon oncle. Dans tous les pays sauf la France, les rois peuvent abdiquer, les dynastes peuvent renoncer. En France, toute abdication, toute renonciation est nulle parce que les princes des fleurs de lys sont à la France. La France peut renoncer à eux, la réciproque n’est pas vraie. Pour la France tu ne pourras jamais ni renoncer ni abdiquer. De même après toi, ton fils aîné, n’eût-il ni bras ni jambes, prendra ta place comme chef de la Maison de France. Là il n’y a pas d’abdication possible.
            Alphonse XIII acquiesça aux demandes de l’aîné de sa Maison.
Deux jours plus tard, le prince Jacques lui rendit sa visite à Fontainebleau et lui remit un collier de l’Ordre du Saint-Esprit.
            Le prince Jacques mourut le 2 octobre 1931. Ses obsèques se déroulèrent avec une grande solennité à Saint Philippe-du-Roule, ceci durant plusieurs jours. Le dernier jour, la messe fut célébrée par Mgr Mayol de Luppé, protonotaire apostolique. La cérémonie fut présidée par le roi Alphonse XIII, accompagné de la reine et de leurs enfants, les princes des Deux-Siciles et les princes de Parme, en présence du Cardinal Verdier, Archevêque de Paris et du Maréchal Lyautey.
 
Charles XII (1849-1931+1936)
Né le 12 septembre 1849, le prince Charles allait sur ses 82 ans en 1931.
Lieutenant aux les Zouaves pontificaux, il avait été blessé deux fois pendant les combats de 1870 à Rome.
 
            C’est lui qui avait été chargé d’éconduire l’envoyé du Comte de Paris venant demander à son père une renonciation au trône.
            Son grand âge l’empêcha d’avoir un rôle réellement politique en qualité de Chef de la Maison de France.
 
Alphonse I (1886-1936+1941)
Lorsque le 29 septembre 1936, le prince Alphonse devient l’aîné de la Maison de Bourbon, il n’est plus roi d’Espagne depuis 1931. C’est un prince exilé. Il est venu d’abord s’installer en France, jusqu’à ce que le Front populaire le chasse, puis en Italie.
            L’ex-roi d’Espagne connaissait bien la France.
            Au Maroc, son influence, son entente personnelle avec le général Lyautey sut éviter de graves conflits entre la France et l’Espagne.
            Mais c’est lors de la Ire Guerre mondiale que le prince put montrer concrètement son attachement à la terre de ses ancêtres. Quand éclata la guerre de 1914, il fit savoir au gouvernement français qu’il pouvait sans crainte dégarnir la frontière des Pyrénées dont il garantissait la sécurité absolue. Ce qui permit d’envoyer sans retard sur le front les renforts qui devaient contribuer à remporter la victoire de la Marne. De par sa volonté, les mines des Asturies nous fournirent le fer nécessaire à notre armement pendant toute la durée des hostilités.
            Il fonda et dirigea lui-même le “Service des blessés et des prisonniers de guerre”, chargé de la recherche des disparus, de la surveillance des camps, du rapatriement des malades, du ravitaillement des provinces envahies, de la grâce des condamnés obtenue à grand peine des tribunaux allemands. Toutes les interventions et les initiatives charitables du roi s’exercèrent pendant les quatre années de la guerre, en notre faveur. Alphonse XIII intervint au profit de 111 200 prisonniers militaires, 63 400 internés civils ou déportés. Il obtint le retour de 16 555 des nôtres.
            Désigné par le droit, dans un contexte politique très difficile, pris entre la montée des Fronts populaires en France et en Espagne, qu’il dut alors quitter, et la montée du Fascisme en Italie où il avait trouvé refuge, le roi n’eut jamais à faire acte de prétendant. Toutefois, symboliquement, il prit les pleines armes de France en enlevant la bordure de gueules autour des fleurs de lys.
            Il voulut que son fils aîné, le prince Jacques, épouse une française. Ce fut Emmanuelle, fille du vicomte Roger de Dampierre.
            Alphonse Ier mourut à Rome le 28 février 1941.
 
Henri VI (1908-1941+1975)
Le prince (Jacques) Henri naquit le 23 juin 1908.
Il releva le titre de duc d’Anjou en 1946 et renonça, dès 1933, à ses droits à la Couronne d’Espagne. Les successions France/Espagne furent enfin claires.
Sourd-muet après une mastoïdite mal soignée, le prince Henri eut l’insigne mérite de se placer sans faillir en position de successeur légitime des rois de France.
A partir de 1947, le duc d’Anjou et de Ségovie fit célébrer à Paris, aux environs du 21 janvier, une messe traditionnelle en mémoire du roi Louis XVI, qu’il présidait généralement lui-même. Cette messe fut dite, à partir de 1972, à la Chapelle Expiatoire.
            Le 8 mai 1956, le Prince était invité d’honneur, en tant que chef de la Maison de Bourbon, à la remise du reliquaire de saint Louis en la basilique de Saint-Denis.
            La crise algérienne allait lui donner l’occasion d’intervenir directement dans la politique. Le duc d’Anjou et de Ségovie approuva publiquement la journée du 13 mai 1958 et l’action «de la noble armée française» en Algérie. En juin 1959, il parut sur les écrans de télévision. Le 10 décembre, la Gazette Royale publia un manifeste du Prince sur la question algérienne :
Le droit illégalement donné à la population d’une province française de faire sécession risque d’arracher l’Algérie à la France. Un Roi la lui a donnée. Fidèle à la tradition de ses ancêtres, leur légataire affirme que le territoire de la patrie est inaliénable et que nul ne peut s’arroger le droit d’en disposer.
            En 1970, pour la commémoration de l’année «saint Louis», il participa à la plupart des cérémonies officielles, en particulier à Saint-Denis le dimanche 24 mai, puis au Palais de Justice, à l’invitation du ministre des Affaires Culturelles.
            Le 8 mars 1972, le Duc d’Anjou et de Ségovie maria son fils aîné en grande pompe à la chapelle du palais du Prado : le Dauphin épousait Doña Carmen, fille du marquis de Villaverde, petite-fille du généralissime Franco.
            En novembre, le Prince effectua un véritable voyage officiel dans les «provinces de l’Ouest», terres historiques de la fidélité catholique et royale. Accueilli avec sympathie et déférence par les autorités civiles, beaucoup plus fraîchement par les responsables religieux, il lança du Mont des Alouettes, symboliquement, le 19 novembre 1972, un appel à l’unité des Français dans la foi et le retour à la royauté capétienne, contre «toutes ces pollutions que sont l’étatisme, le laïcisme, le socialisme, les partis, l’immoralité et l’argent tout-puissant». Il profita de ce séjour pour visiter les locaux de la Diffusion de la Pensée Française à Chiré en Montreuil.
            C’est en 1973 que le duc d’Anjou et de Ségovie devait faire dans l’actualité française l’une de ses ultimes interventions publiques. Etant donné l’imminence de sa mort (deux ans plus tard), ce texte a l’allure d’un testament politique. Il était adressé, contre l’avortement, au président de l’Union des étudiants de France.
            En tant que “successeur des Rois très-chrétiens et défenseur des hautes valeurs de la civilisation qui, pendant quinze siècles ont fait la grandeur de la France, le Prince dénonçait “le crime que l’on s’apprête à perpétrer contre la Nation. Il concluait :Je souhaite de tout mon coeur que la fille aînée de l’Église ne puisse jamais paraître au jugement de Dieu et de l’Histoire tachée du sang de ses enfants et propagatrice de l’idéologie de mort.
            Le 10 mai 1974, dans la chapelle du château de Versailles, le Mémorial de France, commémorant le bi-centenaire de la mort de Louis XV, recevait encore son lointain descendant avec solennité.
            Le Prince pouvait encore présider la messe du 19 janvier 1975, mais après une mauvaise chute, le 27 février, il mourut le 20 mars.
 
Alphonse II (1936-1975+1989)
Né à Rome le 20 avril 1936, le prince Alphonse fut baptisé par le cardinal Pacelli, le futur Pie
XII. Il décéda le 31 janvier 1989 sur une piste de ski au Colorado.
            L’on sait le rayonnement que ce prince redonna aux principes légitimistes, et les nombreux déplacements qu’il fit, tout particulièrement lors de la célébration du millénaire capétien 1987.
            En mai 1988, le prince Alphonse prit part au pèlerinage traditionaliste de Chartres.
            Le 15 août 1988, il renouvela le voeu de Louis XIII en participant à la procession à Abbeville là où trois cent cinquante ans plus tôt son aïeul avait consacré la France à la Vierge Marie.
            Je crois que le message qu’il envoya le 12 janvier 1986 aux royalistes présents lors de la journée de la «Galette des Rois» résume particulièrement bien sa pensée.
Le voici :
            “Vous vous êtes réunis aujourd’hui à Paris pour célébrer la Fête des Rois et partager la traditionnelle galette. En instituant cette fête de l’Épiphanie, l’Église a voulu inviter les chrétiens à méditer le mystère de l’incarnation et de la royauté spirituelle et sociale de Notre-Seigneur.
L’épisode si populaire des Rois Mages rappelle opportunément qu’il y a, au-dessus de ceux qui sont institués pour gouverner peuples et nations, un Roi des rois dont le Nom fait fléchir tout genou au Ciel, sur terre et dans les enfers.
            La Fête des Rois, instituée dans les premiers siècles de l’Église, trouve son pendant dans celle du Christ-Roi que le pape Pie XI a établie en 1925 pour lutter contre l’apostasie générale des nations et la laïcisation des États au XXème siècle.
            Dieu n’est pas seulement le Roi des individus, Il est aussi le Roi des sociétés. Les rois trèschrétiens, mes aïeux, savaient bien qu’ils n’étaient que les lieutenants du Christ qui est le vrai Roi de France. Et cela explique cette pensée du comte de Chambord qui voulait qu’on répétât sans cesse qu’il fallait, pour que la France soit sauvée, que Dieu y règne en maître pour qu’Henri V puisse y régner en roi. Ce prince si attachant et pourtant si méconnu était convaincu qu’on ne peut refuser ce que Dieu commande et que le devoir d’état d’un roi est de régner.
            Qui sait ce que la Providence réserve à la France pour les années qui viennent ? Nous l’ignorons, mais notre devoir est de maintenir intact le dépôt venu du fond des âges et de le transmettre.
            Je sais que tous ceux que cette manifestation assemble ici aujourd’hui sont dans cette disposition d’esprit et je tiens à ce que l’on sache que l’aîné des Capétiens et le chef de la maison de Bourbon y demeure fermement attaché”.
 
Louis XX (1974-1989)
Rien ne saurait, à mon sens, mieux résumer la pensée de ce jeune prince de vingt-six ans que l’allocution qu’il a prononcée au cours d’un dîner organisé par l’Institut de la Maison de Bourbon le 24 septembre 1999 à Paris et qui constitue un véritable programme.
La voici :
            “...Le sujet abordé ce soir “souverain et souveraineté” fait partie des grandes questions de société desquelles il n’est guère possible de faire abstraction. Il est au coeur de la fonction de gouverner et du devoir d’état. Le destin des Capétiens et des Bourbons s’y trouve tout entier résumé. Le Souverain est celui qui exerce le pouvoir suprême, la souveraineté. Telle est bien la fonction sociale la plus haute et aucun État ne peut se passer d’un souverain. Le choix que l’on en fait décide de ce que sera le corps social et donne son sens à l’État. Les rois de France, mes aïeux, ont très tôt fixé leur doctrine : le roi, souverain béni par l’onction du sacre, selon une belle formule définie par les juristes “est empereur en son royaume”. Durant des siècles, pour concrétiser cette idée, ils ont dû lutter à la fois contre les dangers de l’étranger toujours prêt à vouloir imposer ses règles à la souveraineté nationale et contre les périls intérieurs de ceux qui voulaient limiter la souveraineté du roi pour mieux dicter leur loi. Entre ces deux écueils, la France s’est bâtie et a prospéré.
            Aujourd’hui, la question est loin d’être inactuelle et il me semble que si vous m’avez demandé d’être parmi vous c’est parce que vous avez tous conscience que le rôle des souverains est toujours aussi essentiel et qu’ils demeurent l’expression la plus sûre de la souveraineté et de la permanence de l’État.
            Ce devoir, nous l’incarnons depuis que la France est France.
            Vous pouvez être assurés que pour demain, que pour les jeunes qui, avec moi, auront à construire le nouveau siècle et à lui donner ses valeurs, je saurai prendre mes responsabilités et assumer l’héritage de la tradition...”. 

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17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 15:06

En cette fête du Sacré-Coeur, le Forum catholique rappelle la mémoire de Charles XI qui consacra sa personne, sa famille et le royaume de France au divin Coeur de Jésus; Charles Marie des Douleurs Jean Isidore Joseph François Quirin Antoine Michel Gabriel Raphaël de Bourbon, qui portait le titre de courtoisie de « duc de Madrid », aîné des Capétiens et chef de la maison de France sous le nom de Charles XI, est né à Ljubljana le 30 mars 1848, et décédé à l'hôtel Excelsior à Varèse (Lombardie) le 18 juillet 1909.

Il était le fils aîné du prince Jean de Bourbon (1822-1887), infant d'Espagne puis comte de Montizón, et de son épouse la princesse Marie-Béatrice de Habsbourg-Lorraine-Este (1824-1906), fille de François IV, duc souverain de Modène.

Le 4 février 1867 dans la chapelle du château de Frohsdorf (Autriche), le prince Charles épousa la princesse Marguerite de Parme (1847-1893), fille aînée de Charles III (1823-1854), duc souverain de Parme, et de son épouse la princesse Louise Marie Thérèse d'Artois (1819-1864). 

Devenu veuf le prince Charles se remaria le 28 avril 1894 à Prague, dans la chapelle du primat de Bohême, avec la princesse Marie Berthe de Rohan (1860-1945), seule fille du prince Arthur de Rohan (1826-1885) (de la branche de Guémené) et de son épouse la comtesse Gabrielle de Waldstein (1827-1890). (La princesse Marie Berthe de Rohan était la grand-tante de l'actuel duc de Bouillon et de Montbazon, le prince Charles Alain de Rohan (1934-).)

Du premier mariage naquirent cinq enfants :

la princesse Blanche d'Espagne (1868-1949), qui épousa le prince Léopold Salvator de Habsbourg-Toscane (1863-1931), de la maison de Lorraine
le prince Jacques (1870-1931), « duc d'Anjou et de Madrid »
la princesse Elvire (1871-1929)
la princesse Béatrice (1874-1961), qui épousa Fabrizio Massimo (1868-1944), prince de Roviano. La princesse Béatrice héritera du château de Frohsdorf à la mort de son frère en 1931.
la princesse Alice (1876-1975), qui épousa le prince Frédéric de Schönburg Waldenburg, chef de la maison de Schönburg Waldenburg (1872-1910), puis se remaria avec le général Lino del Prete (1877-1956)
Au décès de son père le 18 novembre 1887, le prince Charles devint l'aîné des descendants d'Hugues Capet, de saint Louis, d'Henri IV et de Louis XIV. Les légitimistes français le reconnurent alors comme roi de France et de Navarre sous le nom de Charles XI.
Il est inhumé à Trieste, dans la cathédrale Saint-Just.Son drapeau orné du Sacré Coeur fait la une du bulletin d'une paroisse de Lyon en juin 2007.
lien

Consécration par Charles XI de sa personne, sa famille et du Royaume de France au Sacré-Coeur de Jésus, le14 mars 1884

Drapeau brodé par les soeurs de Paray le Monial en 1883, pour la consécration faite par Charles XI de sa famille et de la France au Sacré Coeur, le jour de Noël 1884, dans la chapelle provisoire dressée pendant la construction de la basilique du Sacré Coeur de Montmartre à Paris. 

" Moi, Louis Charles de Bourbon, fidèle au voeu de mon aïeul Louis XVI, le roi-martyr, je déclare que, de mon plein gré, je renouvelle et confirme le changement déjà fait des armes de notre Maison. Je veux que le Sacré-Coeur brille dans notre écusson, qu'il soit brodé sur nos étendards.
Je consacre ma personne, ma famille et le royaume de France à ce divin Coeur"
Charles
14.03.1884


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CHARLES DE BOURBON
A LA NATION FRANÇAISE



Français,

En présence des nouveaux attentats de la Révolution, j'ai le devoir de vous signaler les maux qui nous menacent et les moyens de les éviter.
Depuis un an, je parcours toutes vos provinces, cherchant à me rendre compte par moi-même de vos souffrances et de vos besoins.

Ce qui compromet notre avenir national, ce n'est ni la crise commerciale, ni l'abandon de l'agriculture, ni la ruine de l'industrie. Ces souffrances matérielles, fort graves sans doute, ne sont que l'effet passager d'une politique aussi criminelle qu'insensée.

La prospérité revient toujours avec un gouvernement qui sait trouver dans la foi catholique la lumière qui éclaire ses décisions et la force qui les exécute.

Un Roi qui aime son Dieu et son peuple est toujours invincible.

Une Nation qui aime son Dieu et son Roi est presque toujours prospère.

Mais ce qui me fait redouter le péril qui s'annonce, c'est le mépris de l'autorité et l'affaissement des caractères.

Habituées à ne voir au pouvoir que des aventuriers sans honneur ni probité, les générations nouvelles ont perdu ce respect profond qu'avaient nos pères pour ceux à qui Dieu a confié la lourde charge de gouverner les peuples.

Trompées par les illusions d'un libéralisme hypocrite, elles ont oublié que la grande politique s'inspire toujours des enseignements infaillibles du vicaire de Jésus-Christ.

Enervées par les fausses doctrines, elles parlent de conciliation quand il faudrait prendre l'épée et monter à cheval.

Français,

Prenez garde. Inspirée quelquefois par la sagesse, la conciliation n’est souvent qu'un sentiment de lâcheté ou l'aveu d’une incurable faiblesse. 

Sous prétexte de prudence et de conciliation, on a tout laissé faire.

Les associations religieuses ont été dissoutes.

L'enseignement chrétien anéanti.

La liberté du père de famille outragée et méconnue.

L'indépendance de l’Eglise sacrifiée aux haines de la démagogie.

La morale et la religion tournées en ridicule par des publications obscènes et des caricatures indignes.

Le budget des cultes, sans cesse diminué, vient de subir, ces jours-ci, une nouvelle atteinte qui compromet les intérêts chrétiens.

Enfin, les absurdités du parlementarisme inquiètent le patriotisme et jettent la confusion dans les esprits.

Encore un pas dans cette voie et c'en est fait du salut de la France.

Français,

En adhérant pleinement aux enseignements infaillibles de la Papauté, la France retrouvera ses grandeurs passées et rentrera dans sa vocation de fille aînée de l'Eglise. 

Je montre la voie à tous en déclarant que le Syllabus, la Bulle Humanum genus et les autres actes pontificaux indiquent ce que les peuples doivent croire et ce que les rois doivent pratiquer.

Obéir à l'Eglise et lutter contre la Révolution, voilà le salut.

Pour faire exécuter ce programme, il faut une autorité légitime, n'ayant aucune attache avec la Révolution et ne relevant que de son Dieu et de son droit.

Fils aîné de Louis XVII, petit-fils du Roi martyr et gardien d'un dépôt sacré, je ne saurais pactiser avec la Révolution, ni abdiquer aucun droit.

Par ma naissance, je suis votre roi.

Si je viens à mourir en travaillant à votre régénération ou en combattant à votre tête, mes héritiers légitimes seront les enfants de mon frère Charles-Edmond, décédé le 29 octobre 1883.

Mon frère Adelbert et ses fils ne viennent qu'après eux.

Je veille sur l'éducation de mon successeur. Il sera le digne fils de Saint Louis ; je vous en donne ma parole d'honnête homme et de chrétien.

Cette nombreuse descendance de Louis XVI, consacrée au Sacré-Cœur de Jésus, assure l'avenir de la Monarchie.

Cet avenir est à nous parce que nous voulons être à Dieu.

CHARLES.
Paray-le-Monial, 16 décembre 1884.
lien 

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Quelques déclarations de ce Prince

Je suis le roi de toutes les libertés nationales, je ne serai jamais le roi de la révolution”. 

En 1870, il envoya son épouse comme ambassadrice auprès de Napoléon III pour l’avertir des visées prussiennes. Le conflit déclaré, il proposa de servir aux armées en amenant ses troupes carlistes. Napoléon III refusa, ce qui amena cette réponse du Prince :  
Il me paraît extraordinaire qu’un Bonaparte interdise à un Bourbon de participer à la guerre dont l’objet est l’Alsace acquise par mes ancêtres.   

 Le 14 septembre 1888, il écrivait aux légitimistes réunis à Sainte-Anne d’Auray :

Il n’y a que deux politiques en présence dans l’histoire contemporaine : le droit traditionnel et le droit populaire. Entre ces deux pôles, le monde politique s’agite. Au milieu, il n’y a que des royautés qui abdiquent, des usurpations ou des dictatures. Que des Princes de ma famille aient l’usurpation triomphante, soit. Un jour viendra où eux-mêmes ou leurs descendants béniront ma mémoire. Je leur aurai gardé inviolable le droit des Bourbons dont je suis le chef, droit qui ne s’éteindra qu’avec le dernier rejeton de la race issue de Louis XIV.

Charles XI fut le premier à se voir signifier par le gouvernement de la République française une mesure d’exil, en 1881. Mesure prise à la suite d’une messe de la Saint-Henri, où de nombreux assistants et plus spécialement des élèves de l’École Militaire de Saint Cyr avaient manifesté en sa faveur. Dans un message à ses fidèles au moment de son départ, il déclara :

La Vraie France, berceau de ma famille, et que j’aime ardemment, n’est pas responsable des actes de son gouvernement”.

Le 21 janvier 1893, pour le 100e anniversaire du martyre de Louis XVI, Charles XI reçut à Venise une importante délégation de Français fidèles conduits par le général de Cathelineau.

D’une façon incompréhensible, le Prince encouragea le ralliement préconisé par Léon XIII. Cette position conduira à ce qu’on a appelé le «schisme sévillan». Au moment de la Séparation de l’Église et de l’État, il signa un manifeste daté du 12 mars 1906 :  
Comme l’aîné de la race de nos rois et successeur salique, par droit de primogéniture de mon oncle Henri V, je ne puis rester plus longtemps spectateur impassible des attentats qui se commettent contre la religion, et aussi Sa Sainteté Pie X. J’élève la voix pour repousser de toutes les forces de mon âme de chrétien et de Bourbon, la loi de séparation”.

Il continuait : “
Catholiques français, l’avenir de la France est entre vos mains, sachez donc vous affranchir d’un joug maçonnique et satanique, en revenant franchement et avec l’ardeur qui vous caractérise, à la vraie tradition chrétienne et nationale dont, par ma naissance, c’est-à-dire par la volonté de Dieu, je suis le seul représentant légitime.

Charles XI mourut le 18 juillet 1909.

Source: Manifeste légitimiste (Fichier PDF) 
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