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17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 09:18

Via le Forum catholique





Alexis de TocquevilleDans De la démocratie en Amérique (1835-1840), le français Alexis de Tocqueville, fin observateur de la jeune nation américaine écrit : « La plus grande partie de l'Amérique anglaise est pilotée par des hommes qui, après s'être soustraits à l'autorité du Pape, ne s'étaient soumis à aucune suprématie religieuse. Ils apportaient donc dans le nouveau monde un christianisme que je ne saurais mieux dépeindre qu'en l'appelant « démocratique et républicain ». Ceci favorisa singulièrement l'établissement de la république et de la démocratie dans les affaires. Dès le principe, la politique et la religion se trouvèrent d'accord et depuis, elles n'ont point cessé de l'être ». 

L'analyse de Tocqueville est toujours d'actualité et éclaire bien le propos : aux Etats-Unis, l'influence protestante est majeure. Puisqu'elle repose sur le refus de l'autorité et du dogme, leur préférant la liberté, elle porte en elle les principes démocratiques et républicains (autant dire les principes de la révolte luciférienne organisés, le non  serviam de Satan, légalisé et encouragé).
Ceux-ci furent définitivement ancrés dans la Constitution des Etats-Unis qui vit le jour en 1787.

Les Pères fondateurs des Etats-Unis (Washington, Jefferson, Adams, Franklin) sont donc à l’origine de la conception laïque américaine. Marqués par les philosophes des Lumières et les idées de la franc-maçonnerie, ils étaient déistes, dans la mesure où ils croyaient en l’existence d’un Dieu supérieur, et profondément libéraux en posant comme valeurs fondamentales : la
liberté et la tolérance. C’est pourquoi Dieu est omniprésent dans la vie publique aux Etats-Unis et que toutes les religions ont le droit de cité, sans pour autant qu’une d’entre elles s’établisse comme religion d’Etat. Une des raisons d’être de la religion aux Etats-Unis est qu’elle assure la bonne conduite des hommes. « Les Pères fondateurs sont des lecteurs de Montesquieu pour qui une foi pour être fausse n'en assure pas moins un règne de probité parmi les hommes » . Toutes les religions doivent alors coexister sans heurts car la religion est nécessaire au maintien de la concorde. Force est de souligner que ce statu quo s’est mis en place de manière pacifique, contrairement à la France. Dans l'histoire américaine, il n'y a pas de 1789. La révolution qui a conduit à l'indépendance était politique, les substrats philosophiques étaient préexistants : l'esprit libéral imprégnait les premiers colons. Pas de fracture violente donc, mais une continuité sur des bases philosophiques admises et constamment approuvées. Le Premier amendement, qui régit les relations Eglises-Etat, envisage les choses d'une manière totalement différente de la loi française de 1905. Pour les Américains, il ne s'agit pas de lutter contre une religion en particulier, à l'encontre de la France qui voulut se débarrasser en premier lieu du catholicisme. Le premier amendement est fait pour lutter contre les religions établies (ou religions d'Etat), comme en Angleterre. « Le « désétablissement » de la religion apparaît comme le principe conditionnant la liberté religieuse. » L'objectif premier est de protéger la religion de l'ingérence de l'Etat fédéral.

1.2 Conséquences : pluralisme religieux et interdépendance des sphères politiques et religieuses

Donner à chaque religion le droit de manifester publiquement sa foi a contribué au développement de toutes sortes de confessions possibles et imaginables ainsi qu’à l’intrusion du religieux dans le politique : les deux caractéristiques de la laïcité à l’américaine. 

Si les XVIIe et XVIIIe siècles sont dominés par le
protestantisme, au XIX e et au XX e siècles, les confessions se diversifient : des catholiques irlandais, à la communauté juive, en passant par les innombrables sectes fondées au XIXe – adventistes du 7ème jour, témoins de Jéhovah, Mormons... etc. – et qui continuent de proliférer aujourd'hui, ainsi que l’islam et les religions asiatiques. Les Etats-Unis représentent un vaste panel de toutes les religions du globe et font partie des Etats les plus religieux. Toutes ces confessions se font concurrence sur un marché religieux et chacun peut alors librement choisir sa confession selon sa sensibilité religieuse. Les chiffres sont parlants : la religion touche la quasi intégralité de la population américaine. Adrien Lherm donne les estimations suivantes : plus de 95% des Américains croient en Dieu et 90% appartiennent à une confession particulière. 70% participent à une association cultuelle et 40% affirment pratiquer régulièrement. Les Etats-Unis comptent 80 millions de protestants, 65 millions de catholiques, 6 millions de juifs et autant de musulmans. On dénombre 350 000 lieux de culte, soit un pour 850 habitants : ratio le plus élevé du monde.

Pourtant, il existe bien une séparation des Eglises et de l'Etat. Le troisième président des Etats-Unis, Jefferson, l'avait bien entendu de cette façon. Il disait que la clause contre l'établissement d'une religion par une loi avait pour objectif l'érection d'un mur de séparation entre l'Eglise et l'Etat . Selon la formule de J-F Colosimo : « Récusant également le tout-Dieu et le zéro-Dieu, les Etats-Unis reposent sur le tout-religieux et le zéro-religion… Il s'agit moins, en l'espèce, de préserver l'Etat de l'Eglise que de protéger les Eglises de la politique en ce qu'elle a de nécessairement profane ».

Des centaines de confessions et de religions différentes, professant des corps de doctrine divergents voire contradictoires, pratiquées par des millions de gens, se trouvent résumées et rassemblées sur les dollars : « In God we trust ». Curieux syncrétisme de l'argent? Il s'agit bien plutôt d'un concept propre aux Etats-Unis, cette nation construite sur des principes importés du Vieux Continent et rénovés dans ce nouveau monde qui continue de fasciner pour sa faculté de création. Le Dieu en qui croient les Américains a tous les visages, mais il se voile dans les plis de la bannière étoilée. Le culte qu'on lui rend se confond avec une religion nouvelle qui a pour autel les Etats-Unis d'Amérique. Le sociologue Robert Bellah lui a donné le nom de « religion civile » repris depuis par tous les observateurs du fait religieux aux Etats-Unis. C'est là qu'il faut voir la spécificité de la relation entre les Etats-Unis et le phénomène religieux.

La notion de « religion civile » provient du Contrat social (1762) de
J.-J. Rousseau. Le philosophe des Lumières considère une religion civile obligatoire pour maintenir le lien social : « Il importe à l'Etat que chaque citoyen ait une religion qui lui fasse aimer ses devoirs ; mais les dogmes de cette religion n'intéressent ni l'Etat ni ses membres qu'autant que ces dogmes se rapportent à la morale et aux devoirs que celui qui la professe est tenu de remplir envers autrui ». On voit bien combien le philosophe réduit la religion à une simple morale. La façon dont les Etats-Unis appréhendent les religions est fondée sur ce principe rousseauiste. 

Le Dieu auquel font allusion tous les présidents dans leurs discours est, suivant l'interprétation de R. Bellah, « un signe creux, tant l'absence de référence à un culte singulier, à une confession particulière fait évidence. Ce Dieu est simplement celui de l'Amérique » . Ce sociologue résume ce que signifie le terme de religion civile aux Etats-Unis : « ensemble institutionnalisé de croyances sacrées sur la nation américaine ». Cette religion civile peut alors rassembler tous les Américains. Peu importe les religions. Elles se fondent toutes dans les « croyances sacrées sur la nation américaine ». On retrouve cette idée dans un discours d’Eisenhower dans les années 1950 déclarant que la forme du gouvernement des Etats-Unis « n’a de sens que si elle se fonde sur une foi religieuse profonde. Ce que peut-être cette foi, peu m’importe du moment qu’elle existe ». 

J.-F. Colosimo commente ainsi la définition : « La religion civile confère une dimension proprement religieuse à l'entièreté de la vie américaine, non seulement parce que les Américains en partagent le principe, mais encore parce qu'elle s'exprime à travers une foi et des rites. Elle a ses textes sacrés : les chartes fondatrices, la Constitution, les discours présidentiels. Ses dogmes : Dieu, la loi, la providence, la mission des Etats-Unis. Ses temples : les monuments d'Etat, les immeubles publics, les cimetières militaires. Ses ex-voto : le drapeau, l'hymne national, la monnaie. Ses fêtes: Thanksgiving, Memorial Day, 4th July, Veterans Day. Ses martyrs: Lincoln, Martin Luther King. » Il continue en expliquant qu'en Europe la séparation renvoie la religion à la sphère privée tandis qu'en Amérique, on distingue la croyance, qui relève du domaine privé, de la « dimension religieuse inhérente à la sphère publique qui aurait grand tort de ne pas s'en soucier ». On a vu pour quelles raisons pratiques. La religion civile apparaît donc comme une « combinaison démocratique de théocratie laïcisée et de laïcité sacralisée ». 

En accordant à chaque religion une pleine liberté, elle lie toutes les confessions à la défense d’un certain état d’esprit religieux en Amérique. Reste à la religion civile à trouver le point commun à toutes ces croyances. Elle le trouve dans l'idée que les Etats-Unis sont un peuple choisi qui a une mission à remplir. 

Pour les Pères fondateurs, cette nation naissante est un autre Israël. Jefferson parle de « cet être qui guida nos pères, à l'instar de l'ancien Israël, hors des pays où ils étaient nés pour les installer sur une terre d'abondance » . Selon les théories protestantes, la religion est une relation personnelle du croyant avec le Créateur, une sorte de profession de foi en l'individualisme qui constitue l'essence de la démocratie. Pour les Etats-Unis, le régime politique est forcément démocratique. Voici donc le credo de la religion civile : la démocratie est l'établissement du règne de Dieu sur terre et les droits de l'homme en sont les garants

Dès lors les Etats-Unis, nouvelle Terre promise, se doivent de transmettre ce message. D'où leur messianisme qui veut étendre au monde le modèle américain. Le président est le grand prêtre de l'Amérique, l'armée son bras vengeur. 

La laïcité à l’américaine : une solution miracle ?

Dans un discours, prononcé dans un établissement scolaire au moment de la polémique sur la laïcité à l’école, Bill Clinton s’exprima ainsi : «Ne pensez-vous pas que si tous les enfants qui vivent dans un quartier difficile fréquentaient chaque week-end une institution religieuse, une synagogue le samedi, une église le dimanche, ou une mosquée le vendredi, ne pensez-vous pas que la toxicomanie, la criminalité, la violence, le sentiment d’autodestruction diminueraient et que les valeurs morales gagneraient du terrain dans notre pays ? » Dans ce plaidoyer en faveur de la laïcité à l’américaine, Bill Clinton semble sous-entendre que les différentes religions (coexistant pacifiquement) sont facteurs de paix sociale. On peut alors se demander, à juste titre, si finalement une pluralité de religions, qui vivraient côte à côté et qui s’épanouiraient pleinement dans un Etat leur laissant une liberté quasi-absolue, ne serait pas la solution miracle au « problème » religieux et du coup social d’un pays. N’est-ce d’ailleurs pas le rêve de certains hommes politiques français souhaitant une révision de la loi de 1905 et le développement du communautarisme religieux ?

On peut cependant émettre quelques réserves quant à cette conception des rapports entre Etat et religions. Tout d’abord, comme nous l’avons souligné, la laïcité à l’américaine pousse les hommes politiques à instrumentaliser la religion pour arriver à leurs fins et assurer une certaine morale. N’est-ce pas alors un peu réducteur de l’utilité de la religion ? Celle-ci n’est-elle pas faite pour relier les hommes à Dieu plutôt qu’un candidat à ses potentiels électeurs pratiquants ? En admettant qu’une religion a pour but d’honorer Dieu, le louer et le servir, on peut également se demander si une telle utilisation de la religion honore vraiment Dieu …

De plus, accorder la liberté de culte absolue, c’est finalement permettre à importe quelle secte aussi dangereuse soit-elle, d’avoir droit de cité dans la société. En effet, aux Etats-Unis, si quelqu’un décide de fonder une nouvelle « religion », l’Etat, qui doit laisser les religions autonomes et indépendantes, ne peut l’en empêcher même si cette dernière est contraire à la « morale » communément admise se réduisant au plus petit dénominateur commun aux principales religions en place. Pis encore, cette acception de la laïcité place sur le même plan d’égalité toutes les communautés religieuses : les adorateurs du choux farcis ont alors les mêmes droits de s’exprimer sur la place publique que les catholiques pourtant majoritaires. La question n’est pas celle de la majorité mais celle de la non-existence de la vérité. Finalement la laïcité à l’américaine, aussi séduisante soit-elle, a le même dogme que la laïcité à la française : « Il n’y a pas de vérité, ou tout au moins il n’est pas possible pour l’homme de la connaître avec certitude. » Or pour un catholique, cette acception pose problème : cela mène au relativisme (toutes les vérités se valent) et à son corollaire, l’indifférentisme. Il ne peut se satisfaire de ce statu quo à l’américaine qui contribue à la prolifération d’une législation de plus en plus contraire à la morale chrétienne : légalisation de l’avortement, divorce …

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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 10:42

Louis XVII - Château de Versailles.


8 juin 1795 "Mort de Louis XVII au Temple. Son oncle, le comte de Provence, devient Louis XVIII". 

(Alfred Fierro, Chronologie la Révolution jour par jour in Jean Tulard, J.-F. Fayard, A. Fierro, Histoire et Dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, Bouquins Robert Laffont, Paris 2004, p. 378).

En 1794, Louis-Charles fut enfermé au secret dans une chambre obscure, au Temple, sans hygiène ni secours, pendant six mois. Son état de santé se dégrada, il fut rongé par la gale et vécut accroupi. Sa nourriture lui était servie à travers un guichet et personne ne lui parla ni ne lui rendit visite. Chez cet enfant de 9 ans, ces conditions de vie entraînent une rapide dégradation de son état de santé. Louis XVII mourut dans des conditions épouvantables, des suites de mauvais traitements infligés par ses gardiens (alcoolisé à outrance par le cordonnier Simon), emmuré pendant six mois, dans un cachot infesté par la vermine. Il mourut probablement d'une péritonite tuberculeuse, le 8 juin 1795, à 10 ans et après bientôt 3 ans de captivité. (Wikipedia)


Marie Thérèse de France"Il était dans un lit qu'on n'avait pas remué pendant plus de six mois, et qu'il n'avait plus la force de faire; les puces et les punaises le couvraient, son linge et sa personne en étaient pleins. On ne l'a pas changé de chemise et de bas pendant plus d'un an; ses ordures restaient aussi dans sa chambre; jamais personne ne les a emportées pendant tout ce temps. Sa fenêtre, fermée avec des barreaux, n'était jamais ouverte" (Marie-Thérèse Charlotte de France, Mémoire sur la captivité des princes et princesses ses parents depuis le 10 août 1792 jusqu'à la mort de son frère, in Journal de ce qui s'est passé à la tour du Temple, Le Temps retrouvé, Mercure de France, Mesnil-sur-l'Estrée 2006, p. 190). 

Louis-Charles "arrive à la prison du Temple le 12 août 1792, à l'âge de sept ans. Il va passer trois ans dans cette forteresse rébarbative et bien peu ensoleillée. Durant ce séjour, la tuberculose osseuse... va l'emporter." (Jean Tulard, J.-F. Fayard, A. Fierro, Histoire et Dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, Bouquins Robert Laffont, Paris 2004, p. 957).

"Le cœur de Louis XVII changea plusieurs fois de main à titre de relique avant d'être placé, en 1975, dans la crypte royale de la basilique de Saint-Denis, lieu où ont été enterrés ses parents et une grande partie des rois de France. Une étude historique, conduite par l'historien Philippe Delorme, conjointement à des analyses génétiques par comparaison d'ADN mitochondrial, pratiquées par le professeur Jean-Jacques Cassiman de la KU Leuven en Belgique, et par le docteur Berndt Brinkmann de l'université allemande de Muenster, ont démontré en 2000, qu'il appartient bien à un descendant de Marie-Antoinette. Comme, de son côté, l'enquête historique confirme que ce cœur est bien celui que le docteur Philippe-Jean Pelletan a " soustrait " sur le cadavre de l'enfant mort au Temple le 8 juin 1795, ces deux informations - signature génétique et " traçabilité " historique - permettent de conclure qu'il s'agit bien du cœur de Louis XVII. Cette conclusion réhabilitant du même coup les témoignages de contemporains recueillis par l'historien Beauchesne. Cette authenticité démontrée, l'urne funéraire contenant le cœur a été placée, le 8 juin 2004, dans la chapelle des Bourbons de la basilique Saint-Denis, lors d'une cérémonie rassemblant des membres de la famille de Bourbon et diverses personnalités.

Malgré cela, certains continuent de vouloir démontrer la survivance du prince à l'épisode du Temple mais pour la plupart des spécialistes, l'analyse ADN du cœur, conjuguée avec l'enquête menée sur son origine et les péripéties de son histoire, est suffisante pour attester de la mort du prince au Temple. C'est en particulier le cas du professeur Jean Tulard, membre de l'Académie des Sciences Morales et Politiques" (Wikipedia)

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19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 09:47

 


... 1643 "Le grand Condé, sur le champ de bataille de Rocroy, fait vœu d'offrir une statue à la Vierge si Elle lui accorde la victoire." 

(Marquis de la Franquerie, La Vierge dans l'histoire de France, Résiac, Montsûrs 1994, p. 323.) 

C'est la splendide victoire de Rocroi sur les tercios» espagnols, des unités composées de piquiers, d'arquebusiers et de fantassins armés d'épées, réputées invincibles. Louis XIII mort quatre jours plus tôt, laisse une France rassurée sur le plan extérieur. Le chef d’œuvre de Richelieu, lui-même mort quatre mois auparavant, a été de retarder l’intervention, de ménager nos forces. La France avec ses jeunes généraux Condé et Turenne donnaient à fond au moment où l’adversaire commençait à être las. Le chef de l'armée française, le duc d'Enghien, plus tard appelé le Grand Condé, révèle ici tout son génie militaire, alors seulement âgé de 22 ans. Il attaque les Espagnols en compensant son infériorité numérique par sa rapidité de manoeuvre et en faisant un large usage de la cavalerie. Les Espagnols perdent l'essentiel de leurs forces et pas moins de 250 drapeaux. 

Cette victoire est décisive dans la guerre de Trente Ans (1618-1648) qui voit la France devenir la puissance incontestable et incontestée de l'Europe. ... Jusqu'à la funeste Révolution dite "française" où elle "perd définitvement la première place et toutes les chances de la retrouver. ... Avant de rétrograder de plusieurs rangs au XIXe et au XXe siècle. La France reste seconde en 1815. On ne peut en vingt ans, dilapider totalement l'avance d'un millénaire..." (Pierre Chaunu, Le Grand déclassement, à propos d'une commémoration, Robert Laffont 1989, p. 65).

La prophétie de Louis XIII

"Nous sommes maintenant à six mois de la bataille de Rocroi. La paix n'est toujours pas signée et il faudrait une grande victoire. Dans cette incertitude le 4 décembre 1642, le cardinal de Richelieu meurt, tandis que le roi Louis XIII, très malade décline rapidement. L'enfant que l'on espérait mais que l'ont n'attendait plus, Louis-Dieudonné n'a pas encore cinq ans.

Richelieu a laissé à Mazarin le soin de poursuivre son oeuvre de gouvernement de la France.

Cependant le roi est de plus en plus malade. ... Un mois avant sa fin, il prend des dispositions officielles pour sa succession, pendant la minorité de son fils. ... Le 13 mai au matin, le roi est au plus mal, tandis qu'il a les yeux clos, le prince de Condé entre dans sa chambre. Le souverain soulève ses paupières, le reconnaît et lui murmure:

- Monsieur, je sais bien que l'ennemi s'est avancé sur notre frontière avec une grosse et puissante armée, mais votre fils va le repousser et le vaincre. 

Tout le monde à Paris ignore encore l'attaque soudaine des Espagnols et le prince de Condé pense que le roi délire. Il pourra dire par la suite avec émerveillement que le souverain avait prophétisé, six jours à l'avance, la victoire de son propre fils, le duc d'Enghein à Rocroi!"

(Louis Fontaine, Le Sang et la Gloire, Des hommes et des batailles qui ont fait la France, Editions de Paris, Paris 2003, p. 217).
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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 15:02
... 1791 "Fin du débat sur les colonies à l'Assemblée nationale et maintien de l'esclavage"

(Source: Alfred Fierro, La Révolution jour par jour in Histoire et Dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, J. Tulard, J.-F. Fayard, A. Fierro, Robert Laffont, Collection Bouquins, Paris 1998, p. 333).
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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 07:49

Jeanne d’Arc, munie d’une bannière portant l’inscription Jésus Maria, dégageait un tel esprit de tranquille certitude que les gens faisaient sans effort ce qu’elle disait.

Le 8 mai 1429 Jeanne lève le siège d’ Orléans défendue par Suffolk et Talbot (8 mai, réalisation de la 1ère prophétie ; depuis, chaque année, le 8 mai est pour les Orléanais, jour de fête), Puis, sans perdre une minute, Jeanne unit la nation française, son nom se répandant partout en France, elle fit tourner la Guerre de Cent ans à l’avantage de la France, n’écoutant pas les avis opposés, elle conduisit le dauphin à Reims, les Anglais qui essayaient de barrer la route furent bousculés à Patay. D’enthousiasme, Troyes fut pris. Les gouverneurs bourguignons effrayés par ce mouvement populaire, ne recevant pas de secours de Bedford, ouvrirent les portes de Châlons et de Reims, où comme elle l’avait prédit (réalisation de la 2è prophétie), elle fit sacrer le dauphin Charles VII, selon les rites, le 17 juillet 1429.

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5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 09:25

... le roi Louis XVI ouvre les états généraux à Versailles.

La déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen

On connait la suite: Révolution, Déclaration des droits de l'Homme, deux millions de morts, l'Angleterre gagnante, déclin, déclassement en une génération, et de première puissance, rétrogradation de la France au sixième rang mondial en 2007. La suite bientôt.

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9 avril 2007 1 09 /04 /avril /2007 10:14

Le Blog de Bernard Antony

"Trois candidats à l’élection présidentielle sont présentés par des organisations trotskistes : Arlette Laguillier, Besancenot, Schivardi et un quatrième José Bové est entouré aussi de militants de même origine idéologique. ...

Or, dans les médias, le trotskisme est presque toujours présenté d’une manière sympathique, comme étant la famille idéologique de ce malheureux Trotski assassiné sur ordre de l’odieux Staline dont il n’aurait pas accepté les dérives bureaucratiques, policières, dictatoriales. Il y aurait eu en quelque sort une révolution trahie avec Staline et ses émules et une révolution généreuse avec Trotski, toujours à recommencer.

Cela relève d’une parfaite désinformation historique et idéologique.

Le trotskisme ce n’est pas moins que le stalinisme, le communisme marxiste-léniniste dans son horreur, « intrinsèquement pervers », selon Pie XI chargé d’un bilan d’extermination indépassé dans l’histoire des hommes.

Comment ne pas rappeler que l’affirmation de trotskisme devrait susciter une réprobation égale à celle d’une proclamation de foi nazie ?

Redisons donc ici simplement que Trotski partagea avec Lénine la direction de la révolution communiste en Russie (avec beaucoup moins de 10% de partisans dans le peuple russe qu’ils méprisaient cyniquement). Trotski, principal créateur de l’armée rouge (avec les fonds qu’il recevait des Etats-Unis notamment de Jacob Schiff, un des hommes les plus riches du monde et de la banque Kuhn Loeb and Co) fut aussi le fondateur de la Tcheka qui deviendra successivement Guépéou, NKVD puis enfin KGB.

C’est lui qui mit en place à la tête de cette police qui allait devenir le plus gigantesque et le plus durable appareil de terreur jamais élaboré, le monstre Féliks Dzerjinski. C’est lui qui, avec Lénine, développa la théorie jacobine de la terreur comme système de pouvoir reprise par le nazisme.

Hannah Arendt et Ernst Nolte ont remarquablement analysé cet enchaînement. Dans son livre « Terrorisme et communisme », Trotski écrit « Qui veut la fin ne peut pas rejeter les moyens ». Développant la nécessité des exterminations massives (notamment de la bourgeoisie et des paysans, il insiste sur le fait que renoncer au terrorisme d’Etat serait renoncer à la révolution sociale…).

Rappelons qu’il fut aussi le fusilleur des marins de Cronstadt qui n’avaient pas bien compris le sens de la révolution.

Staline ne fut donc pas plus terroriste, pas plus massacreur, pas plus criminel que Trotski. Il fut simplement son rival victorieux dans la lutte pour la succession de Lénine.

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27 mars 2007 2 27 /03 /mars /2007 17:06

"Loin d'être un facteur de guerre, le nationalisme est le gage le plus sûr et le plus solide de la paix. Car l'individu qui - parce qu'il les connaît - comprend et estime les valeurs et les richesses de son patrimoine nationa, et qui, pour cela même, consciemment, aime son pays, sera pour cela même, et naturellement, conduit à connaître, à comprendre et même à aimer les autres pays, et, pour commencer, les pays voisins" (Jean Haupt, Le Procès de la Démocratie, Cahiers Découvertes, Lisbonne 1971, p. 191).

Bruno Gollnisch dans un entretien à e-deo.net développe la même idée (49:30 au curseur): "les sociétés multiraciales, multiculturelles, sont très souvent des sociétés multiconflictuelles. Et contrairement à une opinion répandue, ce n'est pas la frontière qui est source de conflit, c'est au contraire l'inexistence de frontière. Quand des frontières sont sûres et reconnues comme elles le sont depuis des siècles entre l'Espagne et le Portugal, il n'y a pas de conflit".

Le Salon Beige (dans "La doctrine sociale de l'Eglise et l'immigration") rapporte que "le n°2 du FN termine en évoquant la figure du Cardinal Feltin, archévêque de Paris de 1949 à 1966, qui avait justifié la préférence nationale, comme le montre cette citation utilisée par Jean-Marie Le Pen :

"L'Eglise qui proclame que tous les hommes sont frères, corrige l'interprétation erronée qu'on donne parfois à cette fraternité universelle. Elle déclare, en effet, que chacun doit aimer particulièrement ceux qui sont nés sur le même sol que lui, qui parlent la même langue, ont hérité des mêmes richesses historiques, artistiques, culturelles, qui constituent dans l'humanité cette communauté spéciale que nous appelons notre patrie, véritable mère, qui a contribué à former chacun de ses enfants. Elle a droit à un amour de préférence".

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26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 23:42

Vox Galliae

Alors que le cessez le feu a été signé, l'armée française tire sur ordre du gouvernement français sur une population innocente, dont le seul crime est de manifester pour l'Algérie française. Une centaine de morts, plus de 200 blessés, des rescapés de ce génocide traumatisés à vie, des familles anéanties à jamais par ce drame.

Ce qui rend cette journée atroce, c'est que des Français ont été assassinés par traîtrise : par des balles françaises, des rafales tirées dans le dos des manifestants.

Voici un court extrait de la conférence donnée le 22/02/2007 au Centre Charlier par Gerard Marin, ancien grand reporter du Figaro, présent sur les lieux au moment de la tragédie.

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25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 13:06

La propagande bat son plein en tentant de faire du film 300 un film américano-sioniste parce que les Spartiates dans ce film aurait défendu la "liberté" contre la soumission...

Les arguments avancés sont bien minces car durant les guerres médiques au Ve siècle av. J.-C., la défense de la liberté, valeur homérique, (Ελευθερία "Eleutheria") était bien un élément central de la résistance spartiate aux Thermopyles (480) - sujet du film - puis sparto-athénienne à Platées (479), non un anachronisme que ce film aurait inventé pour les besoins de la propagande américano-sioniste.

Une bonne analyse des notions de liberté et d'indépendance, chères au coeur des Grecs, est donnée par LEVY (E.), "Autonomia et Eleuthéria au Ve siècle av. J.C.", RPh 57, p. 249-270.

"En mémoire de la bataille décisive qui se déroula sur son territoire, Platées organisait chaque année un sacrifice funéraire pour les combattants morts et une procession à laquelle Plutarque assista encore au IIe siècle de notre ère. En outre, des concours gymniques, nommés Eleutheria (jeux de liberté), avaient lieu tous les quatre ans. Ces cérémonies étaient consacrées à Zeus Eleutherios (Libérateur)" (Pierre Ducrey, Guerre et Guerriers dans la Grèce antique, Pluriel, Paris 1999, p. 252).

Quoiqu'il en soit, que le thème de la "liberté" soit repris et assimilé à de la propagande américano-sioniste, c'est possible... (on peut tout imaginer), à condition de préciser que la défense de la liberté était déjà un concept grec avant d'être un concept américain. Halte à la récupération du concept de "liberté" par l'empire !

Monument moderne commémorant la bataille des Thermopyles

Monument moderne commémorant la bataille des Thermopyles
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25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 11:56

"Loin d'être un facteur de guerre, le nationalisme est le gage le plus sûr et le plus solide de la paix. Car l'individu qui - parce qu'il les connaît - comprend et estime les valeurs et les richesses de son patrimoine nationa, et qui, pour cela même, consciemment, aime son pays, sera pour cela même, et naturellement, conduit à connaître, à comprendre et même à aimer les autres pays, et, pour commencer, les pays voisins" (Jean Haupt, Le Procès de la Démocratie, Cahiers Découvertes, Lisbonne 1971, p. 191).

Bruno Gollnisch dans un entretien à e-deo.net développe la même idée (49:30 au curseur): "les sociétés multiraciales, multiculturelles, sont très souvent des sociétés multiconflictuelles. Et contrairement à une opinion répandue, ce n'est pas la frontière qui est source de conflit, c'est au contraire l'inexistence de frontière. Quand des frontières sont sûres et reconnues comme elles le sont depuis des siècles entre l'Espagne et le Portugal, il n'y a pas de conflit".

Le Salon Beige (dans "La doctrine sociale de l'Eglise et l'immigration") rapporte que "le n°2 du FN termine en évoquant la figure du Cardinal Feltin, archévêque de Paris de 1949 à 1966, qui avait justifié la préférence nationale, comme le montre cette citation utilisée par Jean-Marie Le Pen :

"L'Eglise qui proclame que tous les hommes sont frères, corrige l'interprétation erronée qu'on donne parfois à cette fraternité universelle. Elle déclare, en effet, que chacun doit aimer particulièrement ceux qui sont nés sur le même sol que lui, qui parlent la même langue, ont hérité des mêmes richesses historiques, artistiques, culturelles, qui constituent dans l'humanité cette communauté spéciale que nous appelons notre patrie, véritable mère, qui a contribué à former chacun de ses enfants. Elle a droit à un amour de préférence".

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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 18:17

Blog d'Hervé Ryssen

Le bolchevisme, c'est trente millions de morts, rien qu'en Russie et les prophètes d'Israël en sont les premiers responsables : Lénine, Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg, Zinoviev, Trotsky, etc.

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8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 18:51

IN MEMORIAM

Le 6 mars 1906 mourait, dans l'église de Boeschèpe en Flandre française, Géry Ghysel, tué par les balles de la République laïque à l'occasion des inventaires pour avoir défendu l'honneur de Dieu et de l'Eglise.

La tombe de Gery Ghysel est toujours visible dans le cimetière.

Vous pouvez commander "Inventaires sanglants en Flandre", l'ouvrage écrit par le jeune historien Jean Vallier à l'occasion du centenaire de cet évènement majeur dans les Flandres françaises, publié aux éditions Renaissance Catholique Publications pour la somme de 10E (+3E de frais d'envoi) en écrivant à : Renaissance Catholique, 89 rue Pierre Brossolette 92130 Issy-les-Moulineaux (Chèques à l'ordre de Renaissance Catholique Publications)

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7 février 2007 3 07 /02 /février /2007 18:13

Au moment où un homme de gauche, Alan Soral, rejoint le Front National en mettant en avant l'importance de la nation, dernier rempart contre l'ultra-libéralisme euromondialiste, il est intéressant de noter que son discours mentionnant la collusion de la gauche et de la droite pour empêcher les nationalistes d'arriver au pouvoir renvoie à celui d'un des ancêtres du "nationalisme", Maurice Barrès.

Ploncard d'Assac fournit un élément indiquant quelle fut déjà l'erreur qu'il ne faudrait pas reproduire.

"Maurice Barrès, ne semble pas avoir été sensible à la forme de l'Etat. Il restera pour sa part, républicain et démocrate. Il a compté sur le réveil des puissances de sentiment : la Terre et les Morts pour donner à la République une majorité nationaliste. Il a échoué, et Charles Maurras qui a été le témoin de cet échec - qui l'avait annoncé - viendra avec son politique d'abord, affirmer qu'il faut d'abord changer les institutions avant de songer à changer les moeurs, parce que les institutions ont plus de part dans la formation des moeurs que celles-ci dans la formation des institutions." (Jacques Ploncard d'Assac, Doctrines du nationalisme, Edition du Fuseau, Meaux 1965, p. 28.) 

Le problème avec Alain Soral, c'est qu'il emploie un langage ambigü. Tournez une page et vous lisez une page nationaliste, tournez-en une autre et vous trouvez une page marxiste. Cette résurgence du marxisme au sein du Front national est inquiétante, en tous les cas, contradictoire car le marxisme est internationaliste et foncièrement diviseur, il menace l'unité nationale. Il faudrait que Le Pen dise ce qu'il pense du marxisme et ne plus laisser planer le doute.

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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 18:43

"Les nations, en tant que communautés naturelles, fondées sur les affinités géographiques, physiques, morales, linguistiques, culturelles et traditionnelles des individus qui les composent, ont existé de tout temps, bien avant que les termes nation et, surtout, nationalisme, de création récente, aient été inventés.

 

... On s'est habitué à considérer le nationalisme comme une simple option volontaire [nation-contrat de nature révolutionnaire], politique ou philosophique, parmi tant d'autres possibles (socialisme, communisme, royalisme, etc.). Il n'en est rien. Le nationalisme n'est pas une doctrine, encore moins un parti, que l'on combat ou auquel on adhère. On ne devient pas nationaliste, on est, ou mieux, on naît nationaliste, précisément comme on naît français, anglais ou allemand. Le nationalisme est un sentiment inné, au même titre que l'amour filial ou que l'amour maternel. Certains m'objecteront : "Tout ce que vous dites est bien beau; mais la vérité est que ce sentiment dont vous parlez, le nationalisme, nous le l'éprouvons pas, et vous savez bien que nous ne sommes pas les seuls et que nous sommes de plus en plus nombreux à ne pas l'éprouver". Sans doute. Mais il y a aussi des enfants qui n'aiment pas leurs parents..., et des mères qui n'aiment pas leurs enfants; ce sont précisément des cas anormaux, irréguliers, bien que certains s'efforcent de les ériger en règle : Il y a des gens qui renient ou qui trahissent leur Patrie? Sans doute. Il y a aussi des enfants qui tuent leurs parents, et des mères qui tuent leurs enfants..." (Jean  Haupt, Le procès de la Démocratie, Cahiers Découvertes, Lisbonne 1971, p. 183-184).

"Le nationalisme, en tant que doctrine politique, est né à la fin du XIXe siècle. Le mot n'était pas neuf. Prévost Paradol l'avait inventé sous le Second Empire pour désigner les tenants du principe des nationalités. Ce fut Maurice Barrès qui lui donna un sens nouveau dans un article du Figaro du 4 juillet, intitulé "La querelle des nationalistes et des cosmopolites(Jacques Ploncard d'Assac, Doctrines du nationalisme, Edition du Fuseau, Meaux 1965, p. 19).

"Le principe des nationalités était apparu comme une conséquence de la situation créée par la Révolution française. L'abolition de la monarchie remettant la souveraineté aux mains des peuples, ceux-ci devraient définir leurs limites et les principes sur lesquels ils allaient se guider [nation-contrat]. Ainsi naquirent le "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" et les partis politiques. ... La réaction de Barrès contre le cosmopolitisme - à laquelle il donne le nom de nationalisme - modifie totalement le sens du mot nationalisme. Il ne s'agit plus du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, mais du devoir des peuples de rester eux-mêmes. Le nationalisme, tel que l'entend Barrès, est né de cette constatation : la nation peut être menacée par autre chose qu'une agression extérieure. Elle peut perdre sa volonté d'être. ... Le nationalisme est la recherche des lois qui conviennent à un pays déterminé pour se maintenir incorrompu dans son être national. Le nationaliste, désormais, est celui qui considère la nation comme un héritage inaliénable, dont il n'a pas le droit de disposer, et qu'il a le devoir de transmettre intact à ses fils. ...

"La France c'est la terre et les morts" (Maurice Barrès)

"Essentiellement, le nationalisme est une défense de l'organisme national. Comme on lutte contre l'érosion du sol en plantant des forêts qui coupent le vent dévastateur, le nationalisme est une barrière idéologique destinée à protéger le tuf national" (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 23).

"La nouvelle définition du nationalisme par Barrès, Maurras et toute l'école d'Action française devait nécessairement faire apparaître l'opposition existant entre la conception de la nation-héritage et celle de la nation-contrat.

Si la nation était un héritage inaliénable, une "fondation", elle ne pouvait admettre la théorie révolutionnaire du droit à l'autodétermination des peuples composant la nation historique. En effet, ce droit impliquerait la liberté de la propagande séparatiste, ce qui serait incompatible avec l'idée même d'Etat comme unité territoriale et politique. Mais la logique du principe [révolutionnaire] d'autodétermination conduirait plus loin encore : toute minorité pourrait prétendre se soustraire aux lois qu'elle n'aurait pas votées, s'autodéterminer, en quelque sorte, par rapport à la législation de l'Etat. ... Tout groupe d'individus, même dispersés sur le territoire national, constituant une communauté idéologique, pourrait prétendre se régir selon sa propre convenance. Voilà à quelles absurdités extrêmes on se trouve conduit." (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 9).

Maurice Barrès ne semble pas avoir été sensible à la forme de l'Etat. Il restera républicain et démocrate. Il a compté sur le réveil des puissances de sentiment: la Terre et les Morts, pour donner à la République une majorité nationaliste. Il a échoué, et Charles Maurras qui a été le témoin de cet échec - qui l'avait annoncé - viendra avec son "politique d'abord", affirmer qu'il faut d'abord changer les institutions avant de songer à changer les moeurs, parce que les institutions ont plus de part dans la formation des moeurs que celles-ci dans la formation des institutions" (Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 28).

Le 15 novembre 1899, L'Action Française publiait un manifeste en quatre points dont Maurras devait dire par la suite : "Ce furent là, certainement les quatre idées-mères et principes de l'Action Française".

1° L'homme individuel n'a pas d'intérêt plus pressant que de vivre en société : tout péril social enferme de graves périls pour l'individu.

2° De toutes les formes sociales dans le genre humain, la seule complète, la plus solide et la plus étendue, est évidemment la nationalité. Depuis que se trouve dissoute l'ancienne association connue au Moyen Âge sous le nom de Chrétienté, et qui continuait, à quelques égards, l'unité du monde romain, la nationalité reste la condition rigoureuse, absolue, de toute humanité. Les relations internationales, qu'elles soient politiques, morales ou scientifiques, dépendent du maintien des nationalités. Si les nations étaient supprimées, les plus hautes et les précieuses communications économiques ou spirituelles de l'univers seraient également compromises et menacées : nous aurions à craindre un recul de civilisation. Le nationalisme n'est pas seulement un fait de sentiment : c'est une obligation rationnelle et mathématique.

3° Entre Français, citoyens d'un Etat évidemment trahi par la faction qui le gouverne et menacé de rivalités redoutables, toutes les questions pendantes, tous les problèmes diviseurs doivent être coordonnés et résolus par rapport à la nation. Les gouvernements naturels des Français doivent se faire autour du commun élément national. Par-dessus leurs diversités politiques, religieuses et économiques ils doivent se classer suivant le plus ou moins d'intensité et de profondeur de leur foi française.

4° Le devoir des Français conscients de ces vérités est aujourd'hui de les formuler aussi publiquement et aussi souvent que possible afin d'y ramener leurs compatriotes aveugles ou négligents" (Charles Maurras in Jacques Ploncard d'Assac, ibid., p. 39-40).

"... Loin d'être un facteur de guerre, le nationalisme bien compris, le véritable nationalisme est le gage le plus sûr et le plus solide de la paix. Car l'individu - parce qu'il les connaît - comprend et estime les valeurs et les richesses de son patrimoine national, et qui, pour cela même, consciemment, est fier de son pays, et qui, consciemment, aime son pays, sera pour cela même, et naturellement, conduit à connaître, à comprendre et même à aimer les autres pays, et, pour commencer, les pays voisins..." (Jean  Haupt, ibid., p. 191).

"Dans tous les cas, il est important de se définir nationaliste pour ne pas laisser le terrain du nationalisme aux usurpateurs de gauche, maîtres en subversion du langage.

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19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 21:56

Quelques faits et dates. Videos 

Le Laïcisme face à la Religion 

Laïcité et religion

 

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19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 20:38

Au nom de la Très Sainte Trinité du père du Fils et du Saint Esprit, aujourd’hui vingt cinquième jour de Décembre, mil sept cent quatre vingt douze Moi Louis XVIe du nom Roy de France étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille de plus impliqué dans un Procès, dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune Loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser, je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.  

Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, je le prie de la recevoir en sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ, qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes quelqu’indignes que nous en fussions et moi le premier.

Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Eglise Catholique Apostolique et Romaine qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de St Pierre auquel Jésus Christ les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Eglise, les Sacrements et les Mystères tels que l’Eglise Catholique les enseigne et les a toujours enseignés.

Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchire l’Eglise de Jésus Christ mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Saint Eglise Catholique donnent et donnèrent conformément à la discipline de l’Eglise suivie depuis Jésus Christ. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus Christ suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.

Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. J’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester, à les détester, à m’humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d’un Prêtre Catholique je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Eglise Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur, je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d’un Prêtre Catholique pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement e Sacrement de Pénitence.

Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne) ou ceux à qui j’aurais pu donner de mauvais exemples ou des scandales de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.

Je prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.

Je pardonne de tout mon cœur, à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en ai donné aucun sujet et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle malentendu, m’ont fait beaucoup de mal.

Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma sœur, mes tantes, mes frères, et tous ceux qui me sont attachés par les Liens du Sang ou par quelqu’autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu ,particulièrement de jeter de yeux de miséricorde, sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.

Je recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux, je lui recommande surtout d’en faire de bons Chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Eternité, je prie ma sœure de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.

Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donné dans le cours de notre union, comme elle peut être sure que je ne garde rien contre elle, si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.

Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissant de tous les soins et peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi je les prie de regarder ma sœur comme une seconde mère.

Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve, qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.

Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou le parents de ceux qui ont péris pour moi et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi, je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne (souvent dans les moments de troubles et d’effervescence on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.

Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé, d’un côté si j’étais seulement touché de l’ingratitude et de la déloyauté des gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux à leurs parents ou amis, de l’autre j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés, je les prie d’en recevoir tous mes remerciements, dans la situation où sont encore les choses, je craindrait de les compromettre si je parlais plus explicitement mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.

Je croirais calomnier cependant les sentiments de ntiments de la Nation si je ne recommandais ouvertement à mon fils M. De Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi, avait porté à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes, je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tant lieu de me louer depuis qu’il est avec moi comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie Messieurs de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposées au Conseil de la Commune.

Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gènes dont ils ont cru devoir user envers moi, j’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.

Je prie Messieurs de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité, pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.

Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant lui que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancées contre moi. Fait en double à la tour du Temple le vingt cinq décembre mil sept cent quatre vingt douze.

LOUIS, Testament

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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 17:37

Via novopress.info

La ville de Grenade, dernier bastion musulman d’Espagne, redevient catholique. Le sultan Boabdil se rend mettant fin à sept siècles de présence musulmane en Espagne. Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille font leur entrée dans la ville. La campagne militaire lancée depuis 10 ans contre les musulmans en vue de reconquérir les terres catholiques espagnoles, la “Reconquista”, est terminée.

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