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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 20:18

Il semble que lorsque le pape François déclara au journaliste Scalfari "chacun doit choisir et suivre le Bien et combattre le Mal selon l'idée qu'il s'en fait", il appliqua tout simplement la "liberté religieuse" du document Dignitatis humanae du Concile Vatican II, définissant un droit des individus à "être exempts de toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres" (DH, 2) à sa nouvelle miséricorde dans Amoris laetitia.

 

Nous assisterions au développement d'une "liberté-miséricorde" qui consacre un anthropocentrisme négateur de la nature de l'homme, de sa fin dernière (Dieu) et donc de sa dignité : il ne peut pas en effet "être miséricorde d'accorder à l'homme de ne pas être ce qu'il est.." (Don Alfredo Morselli)

 

En laissant l'homme seul juge de son état, seule instance pour définir le Bien et le Mal objectif, "selon l'idée qu'il s'en fait", certes avec l'aide de son confesseur, mais tout de même selon l'idée qu'il s'en fait, seule instance à décider si il peut communier, même s'il vit dans une situation irrégulière, ne prend-on pas le risque de laisser cet homme à une conscience faussée, fort éloignée de la volonté de Dieu pour lui, le condamnant ainsi à l'erreur et à vivre enchaîné, dans un état contraire à sa liberté d'enfant de Dieu et à sa dignité ?

 

Dans la philosophie classique (allégorie de la Caverne de Platon) et la théologie catholique (Quanta Cura du pape Pie IX), l'homme éclairé, celui qui est sorti de la caverne, peut l'avoir été par la force d'une main extérieure. Il n'a trouvé la vérité et la liberté que par l'aide d'une personne extérieure, qui en quelque sorte l'a forcé à s'élever vers la vérité, lui-même ne pouvant y arriver par ses propres forces. Il dut lui-même, avec l'aide charitable de cette personne, se faire violence lui-même.

 

Tout indique que c'est de cet intervenant extérieur que l'on ne veut plus. Dans la nouvelle pastorale, l'homme ne doit plus avoir comme seul horizon que son moi, ce qui consacre un individualisme religieux obligatoire.

 

Cependant, le pape qui voudrait que l'homme ne soit pas contraint par des règles extérieures (la doctrine traditionnelle de l'Eglise sur l'indissolubilité du mariage) ou un confesseur "rigide", en revanche ne se gêne pas pour interdire les positions contraires aux siennes et la liberté de conscience des catholiques critiques sur Amoris laetitia.

 

Hilary White, ironique, résume : "La réalité objective ne compte pas et nous pouvons tous en décider pour nous-mêmes. Ce que nous ne comprenons pas, c'est que dans un vide-réalité, celui qui a le plus de pouvoir décidera pour nous."

 

Combien de doigts François lève-t-il maintenant ? Amoris Laetitia et la Soumission

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Publié par Ingomer - dans Religion Vatican II
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