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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 20:12
Homélie abbé Hayet, curé de saint Joseph des Falaises-Bidart.

Nous fêtons aujourd'hui sainte Jeanne de France.
          Le roi louis XI attendait avec impatience la naissance d'un fils qui hériterait de son immense puissance royale. Mais la Divine Providence  en décida autrement : ce fut une petite fille qui naquit le 23 avril 1464 : Jeanne.
Enfant chétive et difforme, son père lui fit toujours sentir sa profonde déception. Jeanne dut passer son enfance, loin de la cour royale, en Berry. Délaissée par son père de le terre, elle s'attacha avec autant plus d'Amour à Celui que, dans le "Pater noster", elle nommait son Divin Père du Ciel.
          A l'âge de douze ans, Jeanne fut imposée comme épouse au duc Louis d'Orléans qui en avait quatorze. Devenu roi sous le nom de Louis XII, il mit tout en oeuvre pour obtenir l'annulation de son mariage, alléguant surtout que cette union lui avait été imposée. Il gagna la partie et Jeanne fut répudiée ; elle devint duchesse de Berry.
          "Il m'est causé une injustice -dira-t-elle- mais Dieu soit loué pour tout! Je comprends qu'Il permet tout cela afin que je puisse mieux Le servir et réaliser mon voeu : fonder un ordre voué à Notre Dame".
         De fait, Jeanne de France fonda l'Ordre des Annonciades, destiné à honorer les dix vertus principales de la Vierge Marie : chasteté, prudence, humilité, pauvreté, obéissance, patience, foi, dévotion, charité et piété.
Le premier monastère fut ouvert en 1501 à Bourges et fut approuvé par le Pape Alexandre VI.
          Entièrement retirée du monde, Jeanne de France voua sa vie à Dieu dans un immense Amour.
          Elle s'éteignit à Bourges le 4 février 1505 et fut canonisée en 1950 par le Pape Pie XII.
          
          SAINTE JEANNE DE FRANCE,
          PRIE POUR NOUS :
          NOUS TE CONFIONS NOTRE PAYS ET TOUS SES HABITANTS
          AFIN QU'IL VIVE DANS LA PAIX ET L'ENTENTE CORDIALE;
          NOUS TE CONFIONS AUSSI LES FEMMES QUI SONT MALHEUREUSES
          PARCE QUE VIOLENTEES, EXPLOITEES, MEPRISEES.
          PUISSE TON INTERCESSION AUPRES DE NOTRE PERE DU CIEL
          NOUS RAPPELER QUE NOUS SOMMES TOUS CREES A SON IMAGE
          ET APPELES A REFLETER SON AMOUR,
          LUI QUI NE FAIT PAS DE DIFFERENCE ENTRE LES HOMMES.
                                                                                                                 AMEN.
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Publié par Ingomer - dans Histoire
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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 18:45

Les batailles du Pont Milvius (312) et de Tolbiac (496) marquent la naissance de la civilisation chrétienne et française. Au moment où l'oligarchie se pique de parler d'"identité nationale", il est bon d'y revenir.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d4/Ponte_Milvio-side_view-antmoose.jpg/400px-Ponte_Milvio-side_view-antmoose.jpgLa bataillle du Pont Milvius (312) vit deux visions du monde s'affronter, les légions gauloises et chrétiennes de
Constantin face aux légions païennes de Maxence. Les premières invoquaient déjà le Dieu inconnu dont parlait Saint Paul à l'Aéropage d'Athènes, et devant chaque légion flottait un mystérieux étendard, d'une forme nouvelle, qui devait, disait-on, assurer la victoire aux soldats de Constantin. L'autre était l'armée du paganisme, et les prêtres de Jupiter offraient aux dieux des sacrifices pour le succès de Maxence, le tyran de Rome et l'ennemi des Chrétiens.

Deux empires, deux mondes s'affrontaient devant les siècles : l'empire des Césars et la monarchie chrétienne, le monde païen et le monde chrétien. Cette bataille, dit Chateaubriand, était du petit nombre de celles qui, expression matérielle de la lutte des opinions, deviennent, non un simple fait de guerre, mais une véritable révolution. Les anciens dieux du Janicule avaient, rangées autour de leurs autels, les légions qui avaient en leur nom conquis l'univers; en face de ces soldats étaient ceux du Christ. C'est pourquoi cette journée devait avoir une si grande importance sur le sort de la civilisation et de l'humanité.

Face à la monarchie païenne, la véritable nouveauté au plan politique était le christianisme. La religion nouvelle annonçant un Dieu unique au milieu des autels innombrables du polythéisme, prêchant la pureté, le renoncement et la charité dans un siècle abandonné à la luxure et à l'égoïsme, relevait la dignité de la femme et de l'esclave dans un monde qui reposait sur le droit de vie et de mort reconnu à l'époux et au maître, proclamait l'égalité des hommes devant Dieu au sein d'une société où tous les empereurs étaient inscrits au nombre des dieux, inventait une révolution laïque du pouvoir où l'empereur n'était plus un dieu incarné, cette nouvelle religion déplut aux césars et fut vouée à la proscription.

Jusqu'à Constantin, l'empereur était à la fois César aux plans temporel et spirituel (Souverain Pontife), les deux pouvoirs étaient confondus et reposaient sur une même tête (le césarisme est depuis le "moyen Âge" cette prétention politique des rois à dominer le spirituel). Cette confusion de l'Eglise et de l'Etat sur une même tête était la caractéristique de la tyrannie antique, et la caractéristique du totalitarisme du Bas-empire romain.


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3a/Milvbruck.jpg/290px-Milvbruck.jpgConstantin n'était pas aussi confiant que Maxence dans le résultat de la bataille. Le petit nombre de ses troupes l'effrayait. Il recruta des forces parmi les Germains et les Gaulois, ainsi que les hommes rassemblés en Bretagne au nombre d'environ 90.000 fantassins et 8.000 cavaliers. En face, Maxence avait des forces considérables : 90.000 Romains et Italiens, des Tyrrhéniens, Siciliens et Carthaginois au nombre de 170.000 fantassins plus 18.000 cavaliers. (Zosime, Histoire nouvelle, II, XV, 1-3.)

 

Constantin avait fait d'avance le sacrifice de sa vie; mais il ne pouvait penser sans inquiétude au sort qui attendait ses légions dans le cas d'une défaite. Pas un homme ne regagnerait les Gaules et ne reverrait ses foyers. Il sentait vaguement, c'est Eusèbe qui nous le dit, la nécessité d'un secours plus efficace que celui de ses soldats pour combattre les prestiges et les ressources de l'art magique dont le tyran s'environnait. Il voulait s'appuyer sur une force plus grande encore que celle de son armée : il comprenait que Dieu seul donne la victoire. Mais quel Dieu invoquerait-il ? Il se rappelait que son père Constance Chlore, seul entre tous les Césars, avait abjuré les traditions idolâtriques. En honorant le Dieu qui est au-dessus de tout, Constance avait trouvé en lui un sauveur, le gardien de son règne et le dispensateur de tout bien. Cette conduite avait été récompensée par une prospérité sans nuage, tandis que les autres empereurs, livrés à toutes les passions, avaient fini déplorablement leur vie, sans laisser à leurs descendants une seule des couronnes qu'ils avaient portées. Il se rappelait aussi les expéditions de Galérius et de Sévère contre Maxence. Entreprises toutes deux sous les auspices de l'idolâtrie, l'une avait échoué honteusement, l'autre avait entraîné la mort de son chef. A mesure qu'il déroulait ses souvenirs, il arrivait à se convaincre que les dieux de l'empire étaient de vains fantômes et le Dieu de son père le seul Dieu véritable. (Informations tirées de Eusèbe de Césarée, Vie de Constantin, I, XXVII)

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/ba/Eusebius_of_Caesarea.jpg/250px-Eusebius_of_Caesarea.jpgTelles étaient les préoccupations et les prières de l'empereur lorsqu'un prodige surnaturel vint frapper ses regards. "Si le récit que je vais faire, dit
Eusèbe, m'eût été transmis par une autre bouche, il pourrait trouver des auditeurs incrédules. Mais je le tiens de l'auguste prince lui-même. Bien des années après, quand j'eus l'honneur d'être admis dans son intimité, il me raconta le fait et m'en attesta plusieurs fois par serment l'authenticité. C'est sa narration que je vais reproduire, et bien téméraire serait celui qui oserait s'inscrire en faux contre un pareil témoin, au sujet d'un prodige que les évènements survenus depuis ont d'ailleurs suffisamment confirmé". (Eusèbe de Césarée, Vie de Constantin, I, XXVII-XXX)

Le récit que nous donne Eusèbe est confirmé implicitement par Nazarius, l'orateur païen chargé du panégyrique de Constantin neuf ans après la bataille. Le prodige eut lieu devant l'armée entière; de nombreux témoins vivaient encore, et toute supercherie eût été vivement relevée et raillée par les auteurs païens.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d1/Tiber.PNG/250px-Tiber.PNGC'était quelques jours avant la bataille. L'empereur, sachant que le combat était prochain, sortit du camp un peu après midi et gravit une colline, pour étudier la situation de l'ennemi. Ses officiers l'entouraient. Longtemps le prince demeura à la même place, examinant avec soin la plaine et le cours du
Tibre. Déjà le soleil s'abaissait sur l'horizon. Tout à coup les officiers jetèrent un cri de surprise. Constantin leva les yeux et resta stupéfait. Une croix lumineuse se détachait dans les airs, au-dessus du soleil : une inscription en lettres grecques se lisait distinctement sur la croix : In Hoc Signo Vinces, tu vaincras par ce signe !

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b5/Labarum.svg/117px-Labarum.svg.pngL'armée entière aperçut le signe céleste et l'étonnement fut au comble. La croix n'était point encore un symbole connu de l'empire, et l'inscription paraissait inexplicable. Longtemps l'empereur, silencieux, chercha la signification d'un évènement si extraordinaire. Constantin était encore plongé dans ses réflexions, quand la nuit vint le surprendre et l'obliger à descendre de la colline et à rentrer au camp. La nuit, le prodige fut expliqué. Le Christ, Fils de Dieu, apparut au prince, pendant son sommeil, avec le même signe qu'il avair vu resplendir dans les airs, et lui ordonna de faire reproduire cette image sur les drapeaux, comme un gage certain de la victoire. Constantin n'hésita pas. Dès son réveil, il appela des orfèvres et leur décrivit l'étendard sacré. Ils en exécutèrent un modèle enrichi d'or et de pierreries.

C'était une haste allongée, munie d'une antenne transversale à l'instar de la croix; au sommet de la haste était une couronne portant en son milieu le monogramme du Christ, que l'on appelle aussi "
chrisme", un X traversé d’un P, (chi) et Ρ (rhô), la première apposée sur la seconde. Il s'agit des deux premières lettres du mot Χριστός (Christ). 

L'antenne soutenait un tissu de pourpre, formant un carré parfait, sur lequel l'empereur fit graver son buste et plus tard celui de ses enfants. Chaque légion reçut un étendard dessiné sur ce modèle :
Lactance nous dit que le signe céleste fut reproduit sur le casque et le bouclier de chaque soldat.

Tel était le labarum ! Après tant de persécutions et d'outrage, la croix, réservée jusque-là comme instrument de supplice pour les criminels, triomphait du monde et devenait l'étendard des légions romaines. "Quand, après trois siècles de tortures, dit le P. Lacordaire, du haut du mont Mario, Constantin vit dans l'air le
labarum, c'était le sang des chrétiens qui avait germé dans l'ombre, qui était monté comme une rosée jusqu'au ciel, et qui s'y déployait sous la forme de la croix triomphante !"

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/e/ee/Chrisme.jpg

La bataille s'engagea le 28 octobre 312. C'est alors que Constantin put admirer pour la première fois cette protection merveilleuse que le labarum accordait à ses troupes, et dont l'empereur racontait plus tard les effets à Eusèbe, après la défaite de Licinius : en tous les endroits où paraissait l'étendard de la Croix, les ennemis prenaient la fuite. L'empereur, s'en étant aperçu, le fit porter à la tête des troupes qui commençaient à plier et à lâcher pied, et à l'heure même elles reprirent courage et se sentirent animées d'une ardeur toute divine. "Constantin, nous dit Eusèbe, avait choisi parmi ses gardes environ cinquante de ceux qui surpassaient les autres en force de corps, en grandeur de courage et en piété, et il les chargea de garder continuellement l'étendard et de le porter tour à tour. Le désordre s'étant mis dans l'armée au milieu de la chaleur du combat, celui qui portait le labarum eut peur et le donna à un autre pour éviter le péril. Mais il n'en fut pas sitôt déchargé qu'il reçut un trait dans le corps dont il mourut sur-le-champ en punition de sa lâcheté et de son infidélité. Celui qui s'étant chargé de l'étendard en sa place en fut protégé. Quelque quantité de traits que jetassent les ennemis, aucun ne tomba sur lui. C'était une chose merveilleuse à voir que tous les traits demeuraient dans le bois de la croix, quoiqu'il fût fort étroit, et qu'aucun ne toucha jamais ceux qui portèrent le signe de notre rédemption. Ce récit, ajoute l'historien, n'est pas de moi, il est de l'empereur, de la bouche duquel je l'ai appris.

Cependant, les heures s'écoulaient, l'inquiétude saisit Maxence. Le peuple, réuni à l'amphithéâtre commençait à croire que les dieux se déclaraient contre le tyran. Le bruit du combat, l'arrivée des messagers, leur allure précipitée, excitèrent les esprits. On oublia les jeux du cirque et... une émeute éclata à l'intérieur de la ville. Le peuple, dit Lactance, cria : "On ne vaincra pas Constantin!" On entoura le tyran: on lui reprocha de n'être pas avec les combattants, et son abstention fut traitée de trahison ouverte. Maxenxe éperdu, sentant sa couronne lui échapper, et n'osant cependant désobéir à l'oracle qui lui avait défendu de quitter Rome, réunit à la hâte quelques sénateurs dévoués à sa cause et fit consulter les Livres sibyllins. Leur réponse fut celle-ci : "En ce jour, l'ennemi du peuple romain doit périr". Maxence interpréta à son avantage cette parole ambiguë. Dans l'espérance d'une victoire, il sortit de Rome, franchit le Tibre et rejoignit l'armée. Le pont fut coupé derrière lui.

A l'arrivée de Maxence, la lutte redoubla d'ardeur, et Constantin put juger, en entendant les cris poussés par l'ennemi, que son adversaire venait de prendre le commandement. Il invoqua de nouveau le labarum, et, décidé à en finir, il rallia ses légions et s'élança avec elles sur le point où se trouvait Maxenxe. Le choc fut formidable; mais alors se réalisa l'inscription merveilleuse : In hoc signo vinces. L'armée de Maxenxe, saisir d'une panique singulière à la vue du labarum qui flottait devant l'armée de Constantin, culbutée par les légions gauloises, fut mise en déroute. Maxence lui-même, entraîné par les soldats et contraint de fuir, se précipita vers le pont rompu. Une multitude immense en encombrait déjà l'abord. Maxenxe, pressé par la foule des fuyards, fut précipité dans le fleuve, il périt noyé dans le Tibre à l’instar du Pharaon poursuivant les Hébreux, qui s’était trouvé englouti par la Mer Rouge. Le détail est d’Eusèbe qui n’est jamais en retard d’un symbolisme biblique. La guerre était finie, la bataille gagnée. Le labarum dominait les aigles. Le Dieu des Chrétiens avait tenu parole à Constantin. La civilisation chrétienne allait succéder au paganisme.

La véritable gloire de Constantin fut de comprendre et de remplir à merveille le rôle de l'empereur chrétien qu'il définissait lui-même comme une pratique laïque du pouvoir distinguant pouvoirs temporel et pouvoir spirituel. Il s'adressa aux Pères du Concile de Nicée (325) en ces termes : "Vous avez été établis par Dieu évêques pour le dedans de l'Eglise, et moi, je l'ai été pour le dehors". Cette notion si juste de la monarchie chrétienne fut celle qui le guida dans ses réformes législatives et celle qui caractérisera la civilisation occidentale jusqu'au XXe siècle où une conception déformée de la laïcité vient prétendre que le pouvoir spirituel doit rester dans la sphère privée. Ce qui est non pas laïcité mais laïcisme de droit occulte; le "Grand Orient de France" fut le concepteur occulte de la loi dite de "laïcité" de 1905.

Une des lois révolutionnaires de Constantin punissait de mort comme "homicide" le maître qui avait mis à mort son esclave. Un édit supprimait la prison et la flagellation pour dettes; un autre interdisait les combats de gladiateurs: "Il ne convient pas que le sang humain soit versé en pleine paix comme un passe-temps à l'usage des oisifs".

En même temps, Constantin commençait à saper la pratique de l'esclavage avec prudence et habileté : il proclamait d'abord le principe éminemment chrétien, que même soixante ans de servitude ne pouvaient prescrire contre la liberté humaine. Il levait tous les obstacles qui avaient été apportés par la législation païenne à l'affranchissement, et permettait de rendre aux esclaves leur liberté dans l'Eglise en présence du peuple et des évêques. Il défendait aux juifs d'avoir des esclaves chrétiens car il n'était pas juste que ceux qui avaient été rachetés par le Sauveur demeurassent sous la puissance de ceux qui l'avaient tué; et enfin, il ordonnait à ceux qui connaîtraient des personnes injustement retenues en servitude d'en avertir les magistrats.

En l'année 316, l'empereur alla plus loin, il sanctionna l'observation du dimanche pour tout l'empire. Les tribunaux durent vaquer le premier jour de la semaine, dies dominica, et les travaux industriels et commerciaux durent être interrompus. Bienfait immense que l'on doit au christianisme. Une autre loi abolissait le supplice de la Croix. L'homme recouvrait enfin sa dignité et sa liberté. La civilisation naissait au moment où l'Eglise sortait radieuse des catacombes.

Tolbiac

Tolbiac vient sceller la nouvelle vision du monde initiée par Constantin, et chez nous, l'alliance des Gallo-Francs avec le Christ. Après Tolbiac tous les peuples reçoivent tour à tour le baptême, et ceux qui étaient ariens renoncent à leurs erreurs pour redevenir catholiques.

Le peuple romain était resté sourd à l'appel du Christ et de ses apôtres, les merveilles du Pont Milvius ne l'avaient pas éclairé. Les successeurs de Constantin, Constance, Julien l'Apostat et Valens, se livrèrent à l'hérésie ou à l'impiété et persécutèrent l'Eglise. En vain le grand Théodose fit-il renaître un instant les jours de Constantin et offrit-il après le massacre de Thessalonique l'admirable exemple de la pourpre impériale s'humiliant devant saint Ambroise, la coupe d'iniquité était pleine.

Ce furent d'abord les Wisigoths qui franchirent le Rhin et les Alpes, ravagèrent les Gaules et pénétrèrent en Italie. Une force inconnue poussait leur chef : "Une voix intérieure, disait-il, me crie sans cesse : Marche et va saccager Rome!" En 410, la ville éternelle fut pour la première fois vaincue, prise et pillée. Plus heureux qu'Annibal,
Alaric entra dans la cité de Romulus. L'empereur Honorius, indigne fils de Théodose, s'enfuit à Ravenne, et Rome fut mise à feu et à sang; mais le pape, saint Innocent (pape 401-417) resta à son poste et les barbares s'inclinèrent devant la majesté du souverain pontife.

L'empire n'existait plus; mais l'Eglise, après avoir été persécutée par lui pendant trois siècles, se tenait debout sur ses ruines.

http://his.nicolas.free.fr/Ressources/Biblio/BManuelHdF1969/HdF1969_05AClovis_WEB.jpgEn 481, un jeune homme de quinze ans,
Clovis fils de Childéric, était élu roi des Francs saliens et montait sur le pavois. La grande vertu des Francs était la fidélité aux traditions nationales, et ces traditions relevaient toutes du culte d'Odin. Abandonner devant les guerriers qui tant de fois avaient versé leur sang pour sa gloire, les dieux scandinaves, et se courber devant le dieu des chrétiens, c'était, aux yeux de Clovis, renier les ancêtres, s'aliéner le coeur des Francs et le soutien de son armée.

Pour raconter Tolbiac, il suffirait presque de traduire Grégoire de Tours. L'objectivité et la sincérité de cet historien qui écrivait déjà vers 580 est admise et reconnue aussi bien par les adversaires que par les amis de l'Eglise : "Une guerre éclata, dit-il, entre les Alamanni et les Francs. Clovis fut alors contraint par les évènements de faire ce qu'il avait toujours refusé jusque-là. Au moment où les deux armées étaient aux prises, les troupes franques furent repoussées en tel désordre, que les bataillons refoulés les uns sur les autres se donnaient mutuellement la mort. A ce spectacle, Clovis ne put retenir ses larmes. Le coeur brisé, il leva les yeux au ciel et s'écria : "Jésus-Christ, vous que
Clotilde appelle le Fils du Dieu vivant, s'il est vrai que vous protégez ceux qui vous invoquent et donnez la victoire à vos serviteurs, j'implore votre assistance. Si vous me faites triompher de mes ennemis, si vous étendez sur moi cette puissance, dont votre peuple reconnaît l'efficacité, je jure de croire en vous et de me faire baptiser en votre nom. J'ai prié mes dieux : ils ne m'ont point écouté. J'en ai la preuve. A vous de m'arracher au péril !"

A peine eut-il parlé ainsi, que le combat changea de face. Les Francs reprirent une ardeur nouvelle. Bientôt les Alamanni plièrent et se mirent en pleine déroute. Leur roi fut tué. Les vaincus implorèrent alors la clémence du roi des Francs. "Faites cesser le massacre, lui dirent-ils. Nous sommes prêts à reconnaître votre autorité et à devenir votre peuple". Clovis donna aux siens l'ordre de cesser le carnage et ramena ses troupes sous la tente. Au retour, il raconta à la reine comment il devait la victoire à l'invocation du nom de Jésus-Christ. Dans ce récit si simple et si plein de grandeur est renfermée toute la tradition française. C'est tout ce qui nous reste de l'un des plus graves évènements qu'ait vus l'histoire; mais ces quelques lignes suffisent pour nous permettre de louer à jamais le Dieu des Armées, Deus Sabaoth, qui exauça les prières de Clotilde et prêta l'oreille au cri du chef barbare.

C'est depuis ce jour et cette heure que nous sommes une nation chrétienne et que notre patrie, la patrie qui donna à Constantin les légions gauloises du Pont Milvius, est devenue la fille aînée de l'Eglise.

Saint Rémi l'attendait à Reims avec Clotilde. "Père saint, lui dit Clovis, je suis prêt. Pourtant une considération me retient encore. Le peuple qui me suit ne veut pas qu'on abandonne ses dieux. Je vais convoquer les Francs, et je leur parlerai dans le sens de vos instructions". L'assemblée eut lieu. Sans doute le projet royal était connu de tous, car avant même que Clovis eût pris la parole, aussitôt qu'on le vit paraître, une acclamation générale se fit entendre :

"Pieux roi, dirent les Francs, nous abjurons le culte des dieux mortels, nous voulons servir le Dieu immortel que Remi adore!" Le bienheureux évêque, en apprenant la décision nationale, fut rempli d'une grande joie, et prépara tout pour le baptême solennel.

Le jour choisi pour le baptême était le jour de Noël 496. Rémi, pendant qu'il parlait, une lumière céleste éclata soudain dans l'église, effaçant la lueur des cierges allumés, et une voix se fit entendre qui disait : "La paix soit avec vous ! C'est moi, ne craignez point. Persévérez dans mon amour". Après ces paroles, la lumière surnaturelle disparut et un parfun d'une suavité céleste se répandit dans l'enceinte. Le roi et la reine se précipitèrent aux genoux du saint pontife, en versant des larmes d'émotion et de joie. L'homme de Dieu, illuminé lui-même par l'esprit prophétique,
s'écria :
"Apprenez, mon Fils, que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l'Église romaine qui est la seule véritable Église du Christ ...
"Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes, il embrassera les limites de l'empire romain et il soumettra tous les peuples à son sceptre... Il durera jusqu'à la fin des temps !
"Il sera victorieux et prospère tant qu'il sera fidèle à la foi Romaine, mais il sera rudement châtié toutes les fois où il sera infidèle à sa vocation. " (d'après Flodoard, Historia Ecclesiae Remensis)

La prière de l'évêque de Reims à l'autel de Marie est gravée dans la mémoire nationale : regnum Galliae, regnum Mariae ! Royaume de France Royaume de Marie. Nos plus chères traditions sont établies sur ces journées de décembre 496.

Source:

http://seldelaterre.fr/images/00104_2Dd.jpgFerdinand Hervé-Bazin, Les Grandes Journées de la Chrétienté, Librairie Victor Lecoffre, Paris, 1887, rééd. Editions Saint-Rémi.




























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- Crucifix dans les écoles : offensive maçonnique générale

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 18:16
Illuminés de Bavière : l'illuminisme au XVIIIe siècle

L'illuminisme au XVIIIe siècle est un gnosticisme "libéral" qui prétendant détenir "les 'Lumières' devant conduire l'humanité au véritable bonheur (progressisme matérialiste philosophique) mais qui aboutit en réalité à la destruction des fondements naturels de la société, à l'anarchie (retour à la barbarie), le tout au profit de la caste des "porteurs de lumière" détenant le pouvoir et éduquant les peuples.
Ces Lumières s'organisent de telle manière qu'elles doivent théoriquement conduire les peuples à se débarrasser de l'obscurantisme chrétien et en particulier catholique. Autant dire qu'il s'agit là d'un courant proprement luciférien, c'est-à-dire démoniaque.

L'illuminisme est partagé par les "philosophes" des dites "Lumières" émancipées de Dieu, mais également par tout un courant moins connu, jamais étudié ni présenté dans les cercles du pouvoir. Les Illuminés de Bavière (Illuminati, illuminisme dit "germanique") sont un ordre maçonnique fondé par le juif Adam Weishaupt. Son but est d'infiltrer tous les pans de la société pour y propager la doctrine illuministe, mais aussi la franc-maçonnerie elle-même.
Un autre illuminisme, plus ésotérique, et dérivant directement de la kabbale juive, est fondé par le juif d'origine portugaise Martines Vesces de Pasqually en 1754. Cet illuminisme ésotérique se développe en France sous le nom d'illuminisme "français" (ou "martinisme"), il a une grande part dans les horreurs de la Révolution dite "française".

(Source : Mgr Henri Delassus, docteur en théologie, La Conjuration antichrétienne, Le Temple maçonnique voulant s'élever sur les ruines de l'Eglise catholique, 1910, Réed. Expéditions Pamphiliennes 1999, p. 377)


Ainsi, Louis-Claude de Saint-Martin, premier disciple français de Martines de Pasqually, propage chez les révolutionnaires français et le "Grand Orient de France" cette formule "Liberté & égalité", partagée avec l'illuminisme "germanique", devant servir à abattre les trônes et les autels. Nous nous intéresserons ici à l'illuminisme dit "germanique" au XVIIIe siècle, bien connu grâce aux travaux de l'abbé Barruel à la fin du XVIIIe siècle. 

En 1784, au Congrès (convent) de Wilhelmsbad (congrès qui vota la mort de Louis XVI et auquel participa le "Grand Orient de France"), les illuminés jouent un rôle prépondérant et inculquent à la Maçonnerie leurs principes d'activité politique militante devant servir à dissoudre la société pour la rebâtir sur le modèle maçonnique. La franc-maçonnerie moderne est créée et les grands bouleversements sociaux sont proches.

(Source : Léon de Poncins, La franc-maçonnerie d'après ses documents secrets, 1928, Diffusion de la Pensée Française, cinquième édition, Poitiers 1975, p. 95).

Tout ce qui concerne l'illuminisme est bien connu car on possède leurs archives. En 1786, un des hauts adeptes de cette société est frappé par la foudre près de Ratisbonne. En ramassant son corps, la police trouve sur lui des papiers tellement compromettants que l'on arrête les principaux membres après avoir saisi et publié tous les documents concernant cette association. Cependant, le chef Weishaupt a pu s'enfuir et d'après l'historien anglais Webster, qui s'est consacré spécialement à cette étude, l'illuminisme n'aurait pas été détruit, mais se serait reconstitué, il se serait maintenu secrètement, jusqu'à nos jours, comme branche de la maçonnerie.

(Source : Léon de Poncins, ibid., p. 95-96, note 2).



L'illumisme dit "germanique", fondateur : Adam Weishaupt

Né dans une famille juive le 6 février de 1748 à Ingolstadt, Adam Weishaupt est mort le 18 Novembre 1830 à Gotha. Converti, il devient Jésuite. Il tombe dans la pratique de la sorcellerie et se sépare de l'Eglise. Professeur de droit à l'Université d'Ingolstadt en Allemagne, il est accepté dans la franc-maçonnerie en 1778; mais il avait déjà créé, deux ans plus tôt, l'ordre occulte des Illuminati (1776), les Illuminés, ceux qui ont la lumière, ceux qui savent (Illuminisme). Il croit en effet être appelé à régénérer l'humanité...

L'Abbé Barruel indique que "dans les jours où ce conspirateur conçut ses projets il ne connaissait point encore l'objet de la Franc-Maçonnerie: il savait seulement que les Francs-Maçons tenaient des assemblées secrètes: il les voyait unis par un lien mystérieux, se connaissant pour frères à certains signes, à certaines paroles, de quelque nation & de quelque religion qu'ils fussent..."

(Source : Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 13)

En 1785, après la découvertes des papiers de la secte par la police bavaroise, il est donc destitué de sa chaire professorale, "proscrit de sa patrie comme traître à son Souverain & traître à l'Univers"

(Source : Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 2).

L'illumisme veut influencer et diriger la maçonnerie


"[...] combattre hardiment, mais prudemment, "la supersition, l'incrédulité, la sottise...

"C'est à cela que servent nos écoles Minervales, & les grades inférieurs de la Maçonnerie sur laquelle notre Ordre cherche à gagner toute l'influence possible, pour la diriger vers notre but"

(Source : Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 135).



Instruction du chevalier Illuminé relative à la Franc-Maçonnerie


"Dans chaque ville tant soit peu considérable de leur district, les chapitres secrets établiront des Loges Maçonniques des trois grades ordinaires. Ils feront recevoir dans ces Loges des hommes de bonnes moeurs, jouissant de la considération publique, & d'une fortune aisée. Ces hommes-là doivent être recherchés & reçus Francs-Maçons, quand même ils ne devraient pas être utiles à l' Illuminisme pour nos projets ultérieurs (Troisième Inst. pour le même grade, N° 1).

"S'il se trouve déjà une Loge Maçonnique ordinaire dans ces villes, les Chevaliers de l'Illuminisme essayeront d'en établir une plus légitime; ou du moins n'épargneront-ils rien pour obtnenir la prépondérance dans celles qu'ils trouveront établies, ou pour les réformer, ou pour les faire sauter..." (Ibid., N° 3).

"Tous ces Maçons se trouvent dans une grande ignorance sur la vraie Maçonnerie, sur son grand objet & ses vrais supérieurs..." (Ibid., n°5)

"Lorsque un savant Maçon s'enrôle dans notre ordre, il entre immédiatement sous le direction de nos Chevaliers Ecossais" (Ibid., n°16).

(Source : Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme,  1798, t. III, p. 154-156).



Déclaration du candidat au grade de "chevalier"

"Autant qu'il dépendra de moi, je m'engage à ne favoriser l'admission d'aucun indigne aux grades saints; à travailler à faire triompher l'ancienne Franc-Maçonnerie de tous les faux systèmes qui s'y sont introduits; [...] à n'être jamais flatteur des grands ou esclave des Princes; à combattre courageusement, mais prudemment pour la vertu, la liberté & la sagesse; à réfuter fortement, pour l'avantage de l'Ordre et du monde, à la superstition & au despotisme..."

(Source : Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme,  1798, t. III, p. 143).


L'Illuminisme veut établir un régime universel dominateur

 

Il est intéressant de noter que le principe de la mondialisation (politique, économique, etc.) était déjà dans les plans de la secte il y a plus de deux siècles... Voici ce qu'en disait l'Abbé Barruel en 1798, citant les archives de la Secte Illuminée: "En un mot, il faut établir un régime dominateur universel, une forme de gouvernement qui s'étende sur tout le monde, sans dissoudre les liens civils. Il faut donc sous cette nouvelle forme de gouvernement, que tous les autres puissent suivre leur marche ordinaire, & tout faire, si ce n'est empêcher notre Ordre d'arriver à son but, de faire triompher le bien du mal..."

"[...] il faut rassembler une légion d'hommes infatigables, & dirigeant par-tout leurs travaux, suivant le plan de l'Ordre, pour le bonheur de l'humanité..., mais tout cela doit se faire en silence..."

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme,  1798, t. III, p. 136-137).

Il prétend éliminer les inégalités quand lui-même établit dans la Secte "subordination générale & graduation des supérieurs"

"Dans cette académie (de conjurés), le Candidat & le Novice sont régis par le Frère Enrôleur (ou Insinuant), qui les introduit aux Loges Minervales. Ces Loges Minervales sont régies par les Frères Illuminés mineurs; ceux-ci sont inspectés par d'autres Frères Illuminés majeurs; au-dessus de ces grades préparatoires, est le grade intermédiaire & maçonnique des Chevaliers Ecossais, dont l'inspection s'étend, d'un côté sur les Illuminés majeurs, & de l'autre sur les Maçons de l'Illuminisme, & en général sur tout ce que le Code appelle l' édifice inférieur de l'Ordre. Au-dessus des Chevaliers Ecossais viennent les Epoptes, les Regens ou Princes des petits mystères; & enfin les Mages, l' Homme-Roi (ou Philosophe) des grands mystères..." (A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 303-304).

"Le serment soumettait l'adepte à tous les ordres émanés des... Supérieurs. Il soumettait sa fortune & sa vie même au despotisme de la Secte, s'il était jugé traître ou rebelle par des chefs inconnus..." (A. Barruel, ibid., p. 305-306).

"Dans ce gouvernement (de la Secte), il est d'abord pour grand moyen de subordination, une division générale de supériorités comme de localités. Il est des Loges affectées aux adeptes dans leur département; chaque Loge Minervale a son Supérieur dans la classe préparatoire, inspectée par la classe intermédiaire. Il est, en second lieu, des districts dont l'enceinte renferme plusieurs Loges surveillées & inspectées, ainsi que leur Préfet, par le Supérieur du district, que les Illuminés appellent Doyen. Celui-ci est lui-même subordonné à un nouveau Supérieur dont l'autorité s'étend sur toutes les Loges, surtout les Doyennes de la Province, & qui est pour cela appelé Provincial. Un quatrième grade de supériorité, est celui de l'adepte, qui a sous lui tous les Provinciaux d'une même nation, & que l'étendue de son inspection fait appeler Supérieur National. Au-dessus de ces Supérieurs Nationaux est le Conseil Supérieur de l'Ordre, dont les membres sont appelés Aéropagites, & dont le Président est le vrai général de l'Illuminisme" (A. Barruel, ibid., t. III, p. 309-310).

Satan se flatte des résultats du Code Illuminé

"Quand cette loi enfin remplie, le Vieux de la Montagne, le dernier Spartacus pourra sortir lui-même de son sanctuaire ténébreux & se montrer triomphant au grand jour. Il n'existera plus ni Empire ni loi, l'anathème prononcé sur les Nations & sur leur Dieu, sur la société & sur ses lois, aura réduit en cendres nos autels, nos palais & nos villes, nos monumens des arts & jusqu'à nos chamières... Le dernier Spartacus contemplant ces ruines & s'entourant de ses Illuminés, pourra leur dire: Venez & célébrons la mémoire de Weishaupt notre Père. Nous avons consommé les mystères. Des lois qui gouvernaient les hommes, ne laissons plus au monde que les siennes. Si jamais les nations & leur religion & leur société & leur propriété pouvaient renaître, ce Code de Weishaupt les a détruites; ce Code seul les détruirait encore.

"Il le dira, le dernier Spartacus; & les Démons aussi sortiront des enfers pour contempler cet oeuvre du Code illuminé, & Satan pourra dire: voilà les hommes devenus ce que je voulais. Je les chassai d'Eden; Weishaupt les chasse de leurs villes, & ne leur laisse plus que les forêts. Je leur appris à offenser leur Dieu; Weishaupt a su anéantir & l'offense & le Dieu. J'avais laissé la terre leur rendre encore le prix de leur sueur; Weishaupt frappe la terre de stérilité. Ils la défricheraient en vain; le champ qu'ils ont semé ne sera plus à eux. Je leur laissais leurs riches & leurs pauvres, leur inégalité; Weishaupt leur ôte à tous le droit de rien avoir...; & pour les rendre tous égaux, il les fait tous brigands. Je pouvais jalouser leurs restes de vertu, de bonheur, de grandeur même sous les lois protectrices de leurs sociétés, de leur patrie; Weishaupt maudit leurs lois & leur patrie, & ne leur laisse plus que le stupide orgueil, l'ignorance & les moeurs du sauvage errant, vagabond & abruti... En les rendant coupables, je leur laissais encore le repentir & l'espoir du pardon; Weishaupt a effacé le crime & le remords; il ne leur laisse plus que leurs forfaits sans crainte & leurs désastres sans espoir..." (A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme,  1798, t. III, p. 430-431).

La société est une servitude, les nations & les peuples, des obstacles à l'universalisme



L'Illuminé se dit Patriote cependant qu'il travaille à la destruction des peuples, nations & patries


"Les hommes étaient donc passés de leur état (de nature) paisible au joug de la servitude (l'institution sociétale). Eden, ce Paradis terrestre était perdu pour eux. [...]Parmi ces hommes, il s'en trouva qui promettaient de protéger les autres, & devinrent leurs chefs. - Ils le furent d'abord des hordes, des peuplades. - Celles-ci, ou bien furent conquises, ou bien se réunirent & formèrent un grand peuple. Alors il y eut des nations & des chefs, des Rois des nations... A l'origine des Nations & des peuples, le monde cessa d'être une grande famille & un seul empire; le grand lien de la nature fut rompu".

"L'impudence de ces assertions étonne le Lecteur; il se dit à lui-même: comment se trouve-t-il des êtres démentant à ce point l'évidence, prétendant nous montrer l'univers ne formant qu'une même famille, & le grand lien de la nature dans les hordes éparses, où l'enfant peut à peine marcher, qu'il n'est plus à son père? Comment peut-on ne voir les hommes cesser de faire une famille, qu'au moment où ils se réunissent pour ne plus vivre que sous les mêmes chefs & sous les mêmes lois, pour leur protection, leur sûreté commune? Mais suspendons nos indignations. Appelons en ce moment sur-tout, aux leçons de la Secte, ces malheureux 'brigands' (un grade de la secte) eux-mêmes, qu'elle flattait de mériter eux seuls le nom de Patriotes, & dont elle guidait le brigandage ou les atrocités, par ces mots si puissants de Peuple, de Nation, de Patrie... Dans le temps même où elle fait donner si haut, pour eux & en public, ces noms chéris, écoutez les malédictions vomies dans ses Mystères, contre tout ce qui est peuple, nation, patrie:

" A l'instant où les hommes se réunirent en nations 'ils cessèrent de se reconnaître sous un nom commun -. Le nationalisme ou l'Amour National prit la place de l'amour général.

"[...] Aussi vit-on alors du Patriotisme naître le Localisme, l'esprit de famille, & enfin l'Egoïsme. Ainsi l'origine des Etats ou des gouvernements, de la société civile, fut la semence de la discorde; & le patriotisme trouva son châtiment dans lui-même... Diminuez, retranchez cet amour de la Patrie, les hommes de nouveau apprennent à se connaître & à s'aimer comme des hommes: il n'est plus de partialité; le lien des coeurs se déroule & s'étend. - Ajoutez au contraire à ce Patriotisme, vous apprenez à l'homme qu'on ne saurait blâmer un amour qui se refferre encore, se borne à la famille, & se réduit enfin au simple amour de soi, au plus strict Egoïsme '

"Abrégeons ces sophismes & ces blasphèmes du Hirophante Illuminé. Sous prétexte de son amour universel, laissons-le s'indigner contre ces noms de Grecs & de Romains, de Français ou d'Anglais, d'Italiens ou d'Espagnols, de Païens & de Juifs, de Chrétiens & de Musulmans, qui distinguent les nations ou les cultes. Laissons-le répéter qu'à travers tous ces noms celui d'homme s'oublie; qu'en résultera-t-il, si ce n'est que pour le Hiérophante Illuminé, comme pour les Sophistes désorganisateurs, ce prétendu amour universel est le manteau de la plus odieuse hypocrisie?..."

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 183-186).



L'illuminé apprend à détruire l'amour de la famille plus encore que l'amour national & l'amour de la patrie

"En leur donnant la liberté, l'égalité, le Hiérophante leur a déjà appris à blasphmémer l'amour de la famille, plus encore que l'amour national et l'amour de la patrie; ses leçons leur ont déjà montré dans cet amour de la famille, le principe le plus immédiat du désastreux égoïsme; cherchez donc encore par quel lien vos enfans vous appartiennent; comment ils sont à vous, dès qu'ils peuvent sans crainte résister à votre souveraineté patriarchale... Non, il n'est plus de liens pour la secte infernale. Tous ceux de la nature, comme tous ceux des gouvernemens & de la religion s'effacent dans les derniers mystères de Weishaupt. L'enfant, comme le tigre, oublie son père, dès qu'il peut courir à sa proie. Eh! c'est là ce que la Secte appelle ramener l'univers à la nature, au règne patriarchal, à cette époque où le respect des enfans pour le père suppléait seul aux lois de la société civile! Oui, c'est en consommant la dépravation des moeurs, par l'exctinction des justes, des plus purs sentimens de la nature, que la Secte consomme ses mystères. Au nom de son égalité & de sa liberté, elle maudit l'empire & l'amour de la patrie; au nom de cette même égalité, de cette même liberté, elle abjure l'empire & l'amour de la famille."

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , 1798, t. III, p. 28-286).

A lire ces réflexions de l'abbé barruel, réflexions vieilles d'il y a plus de deux siècles, on est pris de stupeur devant tant de clairvoyance lorsque on examine aujourd'hui l'étendue du matraquage anti-national et anti-familial développé par la Ve République (immigration débridée, attaque générale du sentiment national et patriotique, politique anti-familiale acharnée, divorce, pacs, avortements, etc...). Les mots d'Augustin Barruel sont donc véritablement prophétiques et il fallait bien que ce complot maçonnique qu'il nous décrit avec tant de patience et de minutie, existât pour que nous en arrivions là où nous en sommes.



L'Illuminé se dit "Cosmopolite" ou "citoyen de l'Univers"

La patrie de l'Homme c'est l'univers

"Ces classes (grades de l'Illuminisme) forment une académie complète de conjurés. Par-tout où il en existe une semblable, la patrie est menacée d'une ruine prochaine, les Magistrats, les Citoyens peuvent s'attendre à voir leur religion, leurs lois, leurs propriétés bouleversées, anéanties. Mais pour la secte, la patrie de l'homme c'est l'univers; ou pour mieux dire: dans la secte il n'est plus de patrie. Ce mot seul de patrie est un blasphème contre les droits de l'homme, égalité & liberté"

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , t. III, p. 304).

"Il (l'illuminé) ne prétend aimer tous les hommes également que pour se dispenser d'en aimer un seul véritablement. Il déteste l'amour national & patriotique, parce qu'il hait les lois des nations & celle de la patrie. Il déteste jusqu'à l'amour de la famille & il y substitue l'amour universel, parce qu'il n'aime pas davantage & les concitoyens & sa famille, qu'il n'aime le Chinois, le Tartare & le Hottentot, ou le Barbare qu'il ne verra jamais; & parce qu'il lui faut pour tous la même indifférence. Il étend ce lien pour annuler sa force & son action. Il se dit citoyen de l'univers, pour cesser d'être citoyen dans sa patrie, ami dans ses sociétés, père & enfant dans sa famille. Il nous dit aimer tout d'un pôle à l'autre, pour n'aimer rien autour de lui.... Voilà ce que c'est que nos Cosmopolites".

"De nouveaux sophismes viennent lui persuader que la faute originelle du genre humain est réellement d'avoir abandonner l' égalité, la liberté de la vie sauvage, par l'institution des lois civiles..."

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , 1798, t. III, p. 186-187).



L'Illuminisme veut détruire la propriété: J.J. Rousseau, père de Weishaupt : "la terre n'est à personne"...

"Les progrès du sophisme sont ici remarquables. Que ce qu'ils sont déjà, nous dise ce qu'ils seront un jour. Le Genevois (Rousseau), sophiste de la liberté & de l'égalité, prévenant les leçons du moderne Spartacus, nous avait fait entendre cet oracle; "Le premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire, ceci est moi, & trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile." Le Genevois sophiste avait ajouté: "Que de crimes, que de guerres, de meurtres, de misères & d'horreurs n'eût point épargné au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant les fossés, eût crié à ses semblables: gardez-vous d'écoutez cet imposteur; vous êtes perdus, et si vous oubliez que les fruits sont à tous, & que la terre n'est à personne!" (Discours sur l'inégalité, 1753, 2è part.)

Qu'il aurait épargné de forfaits & de spoliations à la Révolution française, ce même sophiste si, renonçant à son désastreux paradoxe, il avait su donner au genre humain des leçons plus vraies, plus réfléchies; & s'il nous avait dit: "Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire: ceci n'est à personne, je le cultiverai; de stérile, je le rendrai fertile; je ferai ce que la nature exige de moi pour en tirer ma subsistance, celle de mon épouse, celle de mes enfants; & ce terrain sera à moi. Le Dieu de la nature, qui ne l'a encore donné à personne, l'offre, & le donnera au premier cultivateur pour fruit de ses travaux. - Le premier qui, tenant ce discours, seconda le voeu de la nature & trouva des hommes assez sages pour l'imiter, fut le bienfaiteur du genre humain. Il apprit à ses enfans qu'ils n'étaient pas faits pour disputer aux animaux ou pour se disputer entre eux les fruits sauvages de la terre. Il leur dit qu'il était des vertus domestiques & civiles, préférables à la vie vagabonde & trop souvent féroce des Nomades. Sa postérité fut bénie; ses générations se multiplièrent. S'il ne put prévenir tous les fléaux, il arrêta au moins ce premier des fléaux, cette stérilité qui étouffe le germe de la vie, & ne laisse aux forêts que des hommes épars, trop souvent semblables au lion & au tigre, à qui seuls elles sont destinées.

"Si Jean-jacques eût tenu ce langage, il se fût évité l'ignominie d'être le père de Weishaupt; mais la sottise humaine, baptisée du nom de Philosophie, prodigue des éloges au paradoxe du Genevois; le sophiste Bavarois s'empare du Code de Jean-Jacques, & le délire de l'orgueil est puni par le délire de la scélératesse. Ce qui n'avait été dans les maîtres que le paradoxe d'une folle indépendance, sans perdre sa sottise, devient dans les élèves une désastreuse conspiration.

"Il n'est plus temps de dire simplement: Ce sont là les chimères des Sophistes; il faut dire aujourd'hui (en 1798): Ce sont là les complots qui se trament contre vos propriétés; les complots qui déjà vous expliquent tant de spoliations révolutionnaires; celle de l'Eglise, celle de la Noblesse, celle de nos Marchands, celle de tous les riches propriétaires. -Je veux le dire, ce sont là des chimères; mais ce sont les chimères de Weishaupt, du démon des brigands conjurés, du démon le plus riche en sophismes, le plus fécond en artifices, pour les réaliser. Ce que Jean-Jacques (Rousseau) a dit à ses Sophistes, le nouveau Spartacus (Weishaupt) le dit à ses légions illuminées: Les fruits sont à tous, la terre n'est à personne; il le dit dans ses antres, & il ajoute: Quand la propriété a commencé, l'égalité, la liberté ont disparu; & c'est au nom de cette égalité, de cette liberté qu'il conspire, qu'il invite les conjurés à rendre aux hommes la vie patriarchale."

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , 1798, t. III, p. 281-283).



L'Illuminisme veut détruire le christianisme

"Sous prétexte de découvrir une Religion plus parfaite, il (Weishaupt) leur a persuadé - aux adeptes - que le Christianisme du jour n'est que Superstition & tyrannie. Il leur a soufflé toute sa haine pour les prêtres & pour l'état actuel des Gouvernements. C'en est assez pour l'aider à détruire; il se gardera bien de leur dire ce qu'il veut édifier..."

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , 1798, t. III, p. 151).

LA MORALE "ILLUMINEE"

La morale des Illuminés consiste à rendre l'instruction & la lumière générales. Par là, vous rendrez aussi générale la sûreté mutuelle; or, la sûreté et l'instruction suffisent pour se passer de Prince et de gouvernement...

"Lorsque nous entendons la Secte prononcer avec enthousiasme le mot de morale, souvenons-nous de cette définition. Sans cela, tous ces mots d' honnêtes gens ou de vertu, de bons & de méchans, seraient intintelligibles dans la bouche des adeptes. Avec cette définition seule, l'honnête homme est celui qui travaille à l'anéantissement de la société civile, de ses lois & de ses chefs; le méchant, c'est tout homme qui travaille au maintien de cette société. Il n'est point d'autre crime crime, ou point d'autre vertu dans le Code Illuminé.

L'homme "est méchant parce que la Religion, l'Etat, de mauvais exemples le pervertissent. Il serait bon si l'on cherchait à le rendre meilleur, s'il était moins de gens intéressés à le rendre méchant, pour étayer leur puissance sur la méchanceté..."

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , 1798, t. III, p. 202-204)

La thèse est assez perverse pour que nous nous y arrêtions un instant. En somme, argument ressassé encore aujourd'hui, l'homme est méchant à cause d'hommes "intéressé à le rendre méchant" pour leur propre puissance... Les Prêtres et la Religion serait intéressés à le rendre méchant pour leur propre puissance... Le délire est incroyable, mais l'argument fonctionne et même fonctionne très bien chez certains... Nous pensons notamment aux gourous protestants accusant la richesse du Pape et de l'Eglise qui (la Secte ajoutant), pour conserver leur puissance, travailleraient à rendre l'homme méchant! La stupidité de la thèse est évidente et l'on se demande encore comment elle a pu et peut encore prendre des hommes dans ses filets. D'autant que la plupart du temps, les gourous "évangéliques" prospèrent sur leurs lucratives activités...

"La morale (Illuminée) [...] ne sera point cette morale (catholique) qui, en dégradant l'homme, le rend insouciant pour les biens de ce monde, lui interdit la jouissance des plaisirs innocens de la vie, lui inspire la haine de ses frères. Ce ne sera point celle qui favorise l'intérêt de ses Docteurs (on retrouve la thèse stupide développée ci-dessus); qui prescrit les persécutions, l'intolérance; qui contrarie la raison; qui interdit l'usage prudent des passions; qui nous donne pour vertus l'inaction, l'oisiveté, la profusion des biens envers les paresseux. Ce ne sera point sur-tout celle qui vient tourmenter l'homme déjà assez malheureux, & le jeter dans la pusillanimité, dans le désespoir, par la crainte d'un Enfer & de ses démons.

"Cela doit être plutôt cette morale si méconnue aujourd'hui, si altérée par l'égoïsme, si surchargée de principes étrangers. Ce doit être cette doctrine divine, telle que Jésus l'enseignait à ses disciples; celles dont il leur développait le vrais ens dans ses discours secrets".

(Source : A. Barruel, ibid., t. III, p. 206).

L'humanitarisme universel

 

"Sois libre, c'est-à-dire soit homme, & un homme qui sait se gouverner lui-même; un homme qui connaît ses devoirs & ses privilèges imprescriptibles; un homme qui ne sert que l'univers (le monde); qui ne fait que ce qui est utile au monde en général et à l'humanité. Tout le reste est injustice. [...] tiens, voilà tous les engagements que tu as contracté envers nous..."

(Source : Passage du grade de Régent ou de Prince Illuminé, cité in A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 237).

Où l'on voit que "servir l'univers...; le monde en général...", ce qui est demandé au Régent ou Prince Illuminé constitue en réalité un faux humanisme et un faux humanitarisme car étant l'inverse des recommandations de saint Jacques pour lequel, "la religion pure et sans tache devant Dieu le Père, la voici: '…se garder du monde pour ne pas se souiller'" (Jacques 1.27); car "Ami du monde, ennemi de Dieu" (Jacques 4)... Il nous semblait donc important de rétablir la vérité et la vérité catholique sur le vrai humanisme, en ces temps au contraire où le monde prêche l'inverse des recommandations divines.

Le Code Illuminé prévoit aussi qu'"il faut prêcher avec la plus grande chaleur l' intérêt général de l'humanité & inspirer l'indifférence pour toutes les unions ou sociétés plus étroites..."

(Source: A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , t. III, p. 337).



La Franc-Maçonnerie aurait "le vrai Christianisme" (Knigge)

 

Les Francs-Maçons encore aujourd'hui n'hésitent pas à employer le nom de Jésus pour égarer les débutants, en avançant la thèse stupide des paroles dites "secrètes" du Christ à ses disciples, et d'un enseignement secret qu'il s'agirait de retrouver, parce que ayant été déformé ou mal compris... par les premiers Chrétiens... Exactement, comme si l'Eglise n'avait jamais été fondée par Notre Seigneur, Lui qui l'a revêtue de l'Esprit-Saint au Cénacle (Esprit-Saint "qui vous fera rappeler toutes les paroles que je vous ai enseignées"), ni n'avait jamais existé... Difficile de faire plus blasphématoire contre l'Esprit-Saint.

"Cette transition conduit Weishaupt au développement d'un mystère d'iniquité, auquel on l'a vu préparer de loin, & ses Illuminés majeurs, & surtout ses Illuminés Chevaliers-Ecossais. Pour l'intelligence de ce mystère, souvenons-nous comment les Frères Insinuant, & ses instituteurs commencent par jurer à leur condidat, à leur Novice, à l'académicien Minerval, que dans toutes les Loges de leur Illuminisme, il n'est pas question du moindre objet de contraire la Religion & aux Gouvernemens. Toutes ces promesses se sont peu à peu perdues de vue; les élèves ont eu le temps de s'accoutumer aux déclarations contre les Prêtres & les Rois. Déjà, il a été insinué que le Christianisme du jour n'est rien moins que la Religion, fondée par Jésus-Christ; il n'est pas temps encore de mettre le Christ même au nombre des imposteurs. Son nom & ses vertus peuvent encore inspirer de la vénération à ertains adeptes. Il en est ou il peut en être quelques-uns, que l'Athéïsme dans toute sa crudité révolterait encore. C'est pour ceux-là que Weishaupt revient ici sur Jésus-Christ. Dans le grade précédent, il s'était contenté d'annoncer que la doctrine religieuse de ce divin Maître avait été altérée; il n'avait pas dit sur-tout de quelle révolution politique il prétend montrer toutes les bases dans l'Evangile. C'est ici que l'exécrable Sophiste fait du Dieu des Chrétiens tout ce qu'en a fait depuis le trop fameux Fauchet, dans les chapitres de la Révolution. C'est ici que Weishaupt fait de Jésus-Christ le Père des Jacobins, & pour parler de langage de la Révolution, le Père & le Docteur des Sans-Culottes. Pour sentir tout ce qu'il y a d'astuce & de scélératesse méditée dans ce détestable artifice, lisons d'abord les confidences de l'adepte chargé de rédiger le Code de Weishaupt. Ainsi que ce monstrueux Instituteur, Knigge voit d'un côté des hommes qui détestent toute révélation; de l'autre, & parmi les élèves même de l'Illuminisme, quelques hommes qui ont besoin d'une religion révélée pour fixer leurs idées. C'est là-dessus qu'il entre en explication avec l'adepte Zwach & qu'il lui écrit en ces termes:

"Pour réunir & mettre en action, pour faire concourir à notre objet ces deux classes d'hommes, il fallait trouver une explication du Christianisme, qui rappelât les superstitieux à la raison, & qui apprît à nos sages plus libres à ne pas rejeter la chose pour l'abus. Ce secret devait être celui de la Maçonnerie, & nous conduire à notre objet. Cependant, le despotisme s'accroît chaque jour, & l'esprit de liberté gagne aussi par-tout en même temps. Il fallait donc ici réunir les extrêmes. nous disons donc encore ici que Jésus n'a point établi une nouvelle Religion, mais qu'il a simplement voulu rétablir dans ses droits la Religion naturelle; qu'en donnant au monde un lien général, en répandant la lumière & la sagesse de la morale, en dissipant les préjugés, son intention était de nous apprendre à nous gouverner nous-mêmes, & de rétablir, sans les moyens violens des révolutions, la liberté, l'égalité parmi les hommes. Il ne s'agissait pour cela que de citer divers textes de l'Ecriture, & de donner des explciations vraies ou fausses, n'importe, pourvu que chacun trouve un sens d'accord avec la raison, dans la doctrine de Jésus. Nous ajoutons que cette Religion si simple fut ensuite dénaturée, mais qu'elle se maintint par la discipline du secret, & qu'elle nous a été transmise par la Franc-Maçonnerie...

Spartacus (Weishaupt avait réuni bien des données pour cela; j'ai ajouté les miennes dans l'instruction pour ces deux grades - Nos gens voyant ainsi que nous seuls avons le vrai Christianisme, il ne nous reste plus qu'à ajouter quelques mots contre le Clergé & les Princes..."

(Sources : Ecrits orig. t. 2, lett. de Philon Knigge à Caton Zwach, p. 104 suiv., cité in A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 206-210).



La morale des "droits de l'homme", de la "liberté", de l'"égalité", outil de destruction de toute religion

Voici le mot réservé dans l'initation au dernier grade de l'Illuminisme (Mage ou philosophe Illuminé):

"Souvenez-vous aussi combien dans ces premiers grades nous vous avons parlé de morale & de vertu, mais combien les études que nous vous prescrivions & les leçons que nous vous donnions, rendaient & la vertu & la morale indépendantes de toute religion; combien, en vous faisant l'éloge de la Religion, nous avons su vous prévenir qu'elle n'était rien moins que ces mystères & ce culte dégénérés entre les mains des Prêtres. Souvenez-vous avec quel art, avec quel respect simulé nous vous avons parlé du Christ & de son Evangile, dans nos grades d' Illuminé majeur, de Chevalier Ecossais & d' Epopte; comment nous avons su, de cet Evangile, faire celui de notre raison; & de sa morale, celle de la nature; & de la religion, de la raison, de la morale, de la nature, faire la religion, la morale des DROITS DE L'HOMME, de l' égalité, de la liberté.

"Nous avons eu en vous bien des préjugés à détruire, avant de vous persuader que cette prétendue Religion du Christ n'était que l'ouvrage des Prêtres, & de l'imposture & de la tyrannie. S'il en est ainsi de cet Evangile, tant proclamé, tant admiré, que devons-nous penser de toutes les autres religions? Apprenez donc qu'elles ont toutes les mêmes fictions pour origines; qu'elles sont également toutes fondées sur le mensonge, l'erreur, la chimère & l'imposture. Voilà notre secret..."

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , 1798, t. III, p. 262-263).

"Si pour détruire tout christianisme, toute religion, nous avons fait semblant d'avoir seuls le vrai Christianisme, seuls la vraie religion; souvenez-vous que la fin sanctifie les moyens, que le sage doit prendre pour le bien tous les moyens du méchant pour le mal. Ceux dont nous avons usé pour vous délivrer, ceux que nous prenons pour délivrer un jour le genre humain de toute religion, ne sont qu'une pieuse fraude que nous nous réservons de dévoiler dans ce grade de Mage ou de Philosophe Illuminé" (A. Barruel, ibid., t. III, p. 264).

 

Lecture faite aux initiés "Mage" ou "Philosophe Illuminé"

 

"On ne permet pas aux élus de transcrire ces grades; on les leur communique par une simple lecture;...

"Le premier, qui est celui de Mage, appelé aussi le Philosophe, contient les principes fondamentaux du spinozisme. Tout ceci est matériel; Dieu et le monde ne sont qu'une même chose; toutes les religions sont inconsistantes, chimériques, & l'invention d'hommes ambitieux".

(Source : A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 266).

 

"[...] le Dieu de Weishaupt comme celui de Spinoza ou de Lucrèce, n'était pas autre chose que la matière & l'univers, ou le Dieu des athées. Car le sieur d'Alembert a beau dire que le Spinozisme est précisément le système le plus opposé à l'Athéisme (Voyez Eloge de Montesquieu) & Spinoza, tout comme d'Alembert, aurait beau dire qu'au lieu d'être athée, au lieu de nier Dieu, il fait tout Dieu; la sottise & l'impudence de cette excuse n'en sont pas moins extrêmes. Dire qu'il n'y a point d'autre Dieu que le monde [c'est déjà l'erreur gnostique qui niait le Dieu Créateur], c'est évidemmment nier le seul Être qui puisse être justement appelé Dieu; c'est se jouer des hommes, & leur dire que l'on retient la chose parce qu'on n'ose pas ôter le nom..., alors même que l'on fait usage du nom de Dieu pour détruire l'idée de la Divinité!...

L'Abbé Barruel ajoute: "Je crois donc avoir bien suffisamment démontré que ce premier objet des grands mystères de l'Illuminisme, cet objet de tant de ruses & de tant d'artifices, est de conduire les adeptes au plus monstrueux athéisme, & de persuader à tous les peuples que toute religion n'est que l'invention d'ambitieux imposteurs; que pour le délivrer du despotisme de l'imposture & RECOUVRER LES FAMEUX DROITS DE L'HOMME, la Liberté, l'Egalité, il faut commencer par anéantir toute Religion, tout culte, tout autel, cesser de croire en Dieu"

(Source : A. Barruel, ibid., t. III, p. 269).

------------------------------

. Subversion du langage : Un poème d'Armand Robin qui explique le programme des deux derniers siècles

. L'action occulte des Illuminati aux Etats-Unis et en Urss au XIXe et XXe siècles 

. La République universelle

. Weishaupt et les sites anti-conspirationnistes
. La Conjuration antichrétienne de Mgr Delassus (1910), Livre II disponible en lecture numérisée sur Canadian Libraries
. Aide-mémoire

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 07:04
Une très belle reconstitution cinématographique de la vie de Clovis, le fondateur de la monarchie française civilisationnelle (alliance du Trône et de l'Autel). Sans les habituelles boursouflures, déformations et falsifications historiques des mythographes républicains.

Clovis , La France et la chrétienté 1/2
envoyé par apo-catholique.

A noter, dans cette première parti, à partir de 17:28, une explication de l'origine des croix dites "celtiques" : "Les Germains ajoutent au symbole chrétien un emblème païen, la roue solaire ou roue de la fortune, cette combinaison explique bien le rapprochement des deux cultures. Les archéologues retrouvent ces croix en feuilles dans de nombreuses sépultures alamanes du Ve siècle".

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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 10:32

Video du débat entre Paul Veyne, Lucien Jerphagnon et Marie-Françoise Baslez sur publicsenat.fr

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 18:57
AFP
30/03/2009
| Mise à jour : 19:31

Deux fosses renfermant les restes de victimes d'une tuerie survenue pendant les guerres de Vendée en 1793 ont été découvertes par les archéologues dans la ville du Mans, indique aujourd'hui un communiqué de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives).

La première des deux fosses dégagées dans le secteur appelé Quinconce des Jacobins dans la ville du Mans contenait neuf ou dix individus, certains cadavres portant encore boutons de chemise et de culottes, boucle de bottes ou de guêtres, canif ou chapelet. La seconde fosse, condamnée par une épaisse couche de chaux vive, contenait une vingtaine de corps.

Hormis un enfant et deux adolescents, les sujets inhumés étaient tous des adultes, dont de nombreuses femmes. Les restes portaient les "stigmates osseux d'un véritable acharnement", à l'arme blanche, fractures de fémurs et de radius, mandibule tranchée, maxillaire coupé, omoplate percée. Un seul impact d'arme à feu a été décelé.

Les restes sont ceux de victimes d'une tuerie survenue les 12 et 13 décembre 1793, pendant la première guerre de Vendée.
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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 13:14

Lunion.presse.fr, 8 mars 2009

«MAIS où est donc le baptistère de Clovis ? » Mille fois répétée par les touristes de passage dans la cathédrale Notre-Dame, la sempiternelle question avait jusque-là bien du mal à trouver une réponse. Eh bien dans quelques semaines, les guides et les Rémois pourront emmener les touristes ou leurs hôtes à la hauteur de la cinquième travée de l'édifice, pas loin de la chaire. C'est là que le père Guerlin, curé de la paroisse, vient d'être autorisé par la Direction régionale des affaires culturelles à faire graver une inscription sur le pavé sous lequel se trouvent les quelques vestiges du baptistère dans lequel Clovis se serait fait baptiser et découverts en juin 1995 par l'équipe de Walter Berry et Robert Neiss. Une autorisation capitale puisqu'elle authentifie enfin la découverte faite voilà plus de dix ans.
Le baptistère de Clovis n'ayant que de rares fois fait l'objet d'écrit, il faut remonter au XIXe siècle jusqu'à Louis Demaison, archiviste de la ville pour avoir quelques éléments sur son éventuelle localisation. Les premières investigations sérieuses furent conduites par Henri Deneux, chargé de la restauration de la cathédrale après la Première Guerre mondiale. Entre 1919 et 1930, il pensait avoir trouvé ce baptistère sur le flanc Nord de la cathédrale primitive, une découverte mise en doute par les spécialistes.
« Grâce aux études stratigraphiques permettant de repérer et de dater les couches archéologiques lors de récentes fouilles à Reims, on s'est aperçu que le baptistère soi-disant découvert par Deneux appartenait en fait aux thermes gallo-romains datant de l'époque de Constantin (IVe siècle), à une profondeur bien plus grande que celle où aurait pu être le vrai baptistère. »
Il fallut attendre les fouilles archéologiques menées juste avant la célébration du XVe centenaire du baptême de Clovis avec la venue de Jean-Paul II pour rouvrir le dossier.
« Les archéologues Berry et Neiss, utilisant les carnets de fouilles de Deneux légués par sa famille à la bibliothèque Carnegie, ont rouvert une tranchée côté Nord de la cathédrale rue Robert-de-Coucy », explique aujourd'hui l'historien Patrick Demouy. « Ils savaient en reprenant les notes de Deneux et Demaison que le baptistère se trouvait en face de la façade de la cathédrale primitive attribuée en 400 à saint Nicaise. Comme cela existe à Florence ou Rome.» À quelques mètres où Deneux avait pensé trouver le baptistère, les archéologues ont découvert un système d'adduction d'eau confirmant l'utilisation du site pour des baptêmes avec une cuve traversée par de l'eau vive symbolisant le Jourdain. Une fois baptisé, le chrétien pouvait ensuite rentrer dans l'église et recevoir l'eucharistie. Aujourd'hui, il reste les traces d'un bassin sous la forme d'un rectangle de 2,75m sur 3m avec deux marches intérieures bien conservées.
Après de nombreuses études comparatives menées notamment par Charles Bonnet, un éminent archéologue européen, il semble établi aujourd'hui que ce baptistère a bien vu Clovis.

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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 21:09
Comme par hasard..., au moment où l'on apprenait avec grande joie ce matin le retrait de l'excommunication des évêques traditionnalistes sacrés par Mgr Lefebvre, les officines liebérales sionistes se mettent en branle ce soir et sortent de leur chapeau à 20:07 un entretien vieux de trois mois...  qu'elles gardaient sous la main probablement, non diffusé jusqu'ici..., dans lequel un des évêques, Mgr Williamson met en doute l'existence des "chambres à gaz". L'organe de la Trilatérale, l'hebdomadaire Le Point (Claude Imbert, directeur général du magazine est le coordinateur de la section française de la Commission trilatérale. Source: Faits & Documents n° 121) se charge de la besogne. Notez le vocabulaire partial employé (souligné)...

Publié le 22/01/2009 à 20:07 Le Point.fr

Église : Mgr Williamson met en doute l'existence des chambres à gaz

Mgr Richard Williamson, l'un des quatre évêques intégristes dont l'excommunication aurait été levée par le pape BenoîtXVI, a mis en doute l'existence des chambres à gaz dans un entretien diffusé par la télévision suédoise. "Je crois qu'il n'y a pas eu de chambres à gaz (...) Je pense que 200.000 à 300.000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz", a-t-il déclaré au cours de l'émission Uppdrag gransning (mission investigation), programme hebdomadaire de la télévision publique suédoise SVT.

De nationalité britannique, Mgr Williamson appartient à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, organisation catholique intégriste dont, selon des journaux italiens qui se fondent sur des indiscrétions au Vatican, Benoît XVI a décidé de lever l'excommunication. Âgé de 68 ans, il a été ordonné évêque par Mgr Marcel Lefebvre en 1988, provoquant son excommunication et celle des autres évêques "schismatiques".

"Il y a certainement eu une grande exploitation [de ces faits]. L'Allemagne a payé des milliards et des milliards de Deutschemarks et à présent d'euros parce que les Allemands souffrent d'un complexe de culpabilité pour avoir gazé six millions de Juifs, mais je ne crois pas que six millions de Juifs aient été gazés", a-t-il encore dit, au cours de cet entretien diffusé en différé mercredi soir. L'évêque a fait ces commentaires après que le journaliste l'eut interrogé sur les propos négationnistes suivants tenus au Canada : "Pas un seul Juif n'a été tué dans les chambres à gaz. Ce sont des mensonges." "Vous faites allusion à des citations au Canada il y a de nombreuses années", a-t-il encore relevé. On estime à six millions le nombre de Juifs qui ont péri sous le IIIe Reich, notamment dans des camps de la mort ou au cours d'exécutions massives.

Le producteur de l'émission Uppdrag gransning , Lars-Göran Svensson, a expliqué à l'AFP que la diffusion de cet entretien était une "pure coïncidence" avec les informations de la presse italienne. "Notre journaliste est allé enregistrer l'émission en Allemagne en novembre dernier. L'évêque était d'accord avec cet entretien et nous n'avions pas connaissance hier de la décision du pape", a-t-il dit. À la fin de l'entretien, Mgr Williamson s'inquiète : "Attention, c'est contre la loi allemande, si quelqu'un se trouvait ici, on me jetterait en prison avant que je ne quitte le pays, j'espère que ce n'est pas votre intention."

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 00:04

Une victoire à un contre dix.

Afin de pallier à la présentation déformée de la bataille de Montgisard par des profs gauchistes supplétifs de la déséducation nationale, je me servirai pour l'indication des effectifs de Régine Pernoud et pour la narration de René Grousset. Côté Franc, la première parle de 500 chevaliers, René Grousset de 400. "De fait, jamais plus belle victoire chrétienne n'avait été remportée au Levant".

Saladin est défait. "500 cavaliers contre les 30 000 hommes de l'armée de Saladin à Montgisard"

(Régine Pernoud, Les hommes de la Croisade, Taillandier, Mayenne 1977, p. 98).

"500 chevaliers auxquels se joignirent 80 Templiers (en tout 3000 combattants) contre 30 000 Mamelouks au moins groupés autour de Saladin"

(Régine Pernoud, Les hommes de la Croisade, Taillandier, Mayenne 1977, p. 156.)

"Son armée, prêtée au comte de Flandre, guerroyait bien loin, entre Antioche et Alep. Il (Badouin IV) n'avait sous la main que quatre cents hommes. Ramassant ce qu'il put rallier de gens, il se porta avec la Vraie Croix au-devant de l'envahisseur.

La situation des Francs paraissait si désespérée que Saladin, négligeant leur misérable petite armée dont la reddition ne semblait plus qu'une question d'heures, décida, en laissant devant elle, vers Ascalon, de simples rideaux de troupes, de marcher droit sur la Judée, peut-être même jusqu'à Jérusalem vide de défenseurs. Au passage, à travers la plaine qui s'étend d'Ascalon à Ramla, il brûlait les bourgs et pillait les fermes, en laissant ses escadrons s'enrichir de la rafle de tout le pays. Dans sa marche tiomphale et sans obstacle, il était arrivé près de Tell Djézer, le Montgisard des Francs, lorsque par stupéfaction, il vit surgir au-dessus de lui, du côté où il s'y attendait le moins, cette armée franque qu'il croyait réduite à l'impuissance derrière les murailles d'Ascalon (25 novembre 1177).

C'est qu'il avait compté sans Baudouin IV, qui au lieu de suivre l'ennemi sur la grande route de Jérusalem, avait fait un crochet vers le nord, le long de la côte, pour se rabattre ensuite droit au sud-est, sur la piste des Musulmans. Un vigoureux désir de vengeance animait la petite troupe en traversant les campagnes incendiées par les coureurs ennemis. En d'autres circonstances la chevalerie franque eût sans doute hésité devant son incroyable infériorité numérique, mais l'ardeur des premiers croisés animait le Roi lépreux.

Michel le Syrien relate ces instants avant la bataille :

"Dieu qui fait paraître sa force dans les faibles, inspira le roi infirme. Il (Baudouin IV) descendit de sa monture, se prosterna face contre terre devant la croix et pria avec des larmes. A cette vue le coeur de tous les soldats fut ému, ils jurèrent sur la croix de ne pas reculer et de regarder comme traître quiconque tournerait bride. Ils remontèrent à cheval et chargèrent."

Au premier rang se dressait la Vraie Croix, portée par l'évêque Aubert de Bethléem; elle devait, une fois de plus, dominer la bataille et plus tard les combattants chrétiens devaient avoir l'impression qu'au milieu de la mêlée elle leur était apparue immense, au point de toucher le ciel.

Les Musulmans qui pensaient d'abord les étouffer sous le nombre, commencèrent bientôt à perdre contenance devant la furie française. 'Le passage dit Le Livre des deux jardins, était encombré par les bagages de l'armée. Soudain surgirent les escadrons des Francs, agiles comme des loups, aboyant comme des chiens ; ils chargèrent en masse, ardents comme la flamme. Les Musulmans lâchèrent pied'. Saladin, le sultant d'Egypte et de Damas, avec ses milliers de Turcs, de Kurdes, d'Arabes et de Soudanais, fuyait devant les quatre cents chevaliers de l'adolescent lépreux...

Fuite éperdue. Jetant bagages, casques et armes, ils galopèrent à travers le désert d'Amalek, droit vers le ruisseau d'Egypte et le Delta. Pendant deux jours Baudouin IV ramassa sur toutes les pistes un butin prodigieux, puis il rentra à Jérusalem. De fait, jamais plus belle victoire chrétienne n'avait été remportée au Levant."

Source :

- René Grousset, L'épopée des Croisades, Perrin, Paris 1995, p. 77-178.

- Régine Pernoud, Les hommes de la Croisade, Taillandier, Mayenne 1977, p. 98).




Cette victoire éclatante
permit de contracter un accord entre Saladin et Baudouin IV, permettant une paix relative pendant environ quatre ans.




* le livre de René Grousset L'épopée des Croisades en ligne format word et pdf

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 00:01
... qui devra être alimentée par la vente des biens de l'Eglise.

C'est ce que les républicains appellent "liberté de culte" et "droit de propriété"...

Source: Alfred Fierro, Chronologie: La Révolution jour par jour  in Jean Tulard, J.F. Fayard, A. Fierro, Histoire et Dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, Bouquins Robert Laffont, Paris 2004, p. 321
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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 15:38
La Basilique Saint Jean du Latran est l'église de l'évêque de Rome. En 313 ap. J-C., l'empereur Constantin Ier mit fin aux persécutions contre les chrétiens (édit de Milan), des persécutions terribles puisque les Chrétiens étaient mis à mort. Placé sur le mont Cœlius, le palais des Laterani appartenait alors à Fausta, femme de Constantin. Cet empereur, après sa conversion, le donna au Pape pour sa demeure privée et y fonda l'église du Latran qui devint la mère et maîtresse de toutes les églises de Rome et du monde.
Le 9 novembre 324, le pape
Sylvestre
consacra  l'église sous le nom de basilique du Saint-Sauveur, aujourd'hui Saint-Jean-de-Latran. C'était la première consécration publique d'une église.



L'usage d'avoir des lieux spécialement destinés à la prière et au culte remonte à l'origine du monde. Toutefois, le premier temple consacré au vrai Dieu ne fut bâti que vers l'an 3000 après la création, à Jérusalem, par le roi Salomon. Ce prince en fit la dédicace l'an 3004; la cérémonie dura huit jours, et les Juifs en renouvelèrent chaque année la mémoire. Aux premiers siècles du christianisme, l'Église persécutée ne put bâtir de temples et dut célébrer les divins mystères dans des maisons particulières ou dans les catacombes, sur les tombeaux des martyrs. Mais quand la paix fut donnée aux chrétiens, on vit bientôt surgir de toutes parts des temples magnifiques en l'honneur du seul vrai Dieu, sur les ruines des temples du paganisme.

Le Christ et Sa Croix rendirent Constantin victorieux de son rival Maxence. Une nuit lors de la bataille du Pont Milvius, le Christ lui apparut en rêve et lui montra un
chrisme flamboyant dans le ciel et lui dit : "Par ce signe, tu vaincras" (In hoc signo vinces).

Ne marchandant pas sa reconnaissance, le grand empereur mit fin aux persécutions sanglantes, donna la liberté à l'Église et promulgua une loi par laquelle il permettait aux chrétiens de bâtir des églises dans tout son empire. Donnant lui-même l'exemple, Constantin fit construire un baptistère en 334, à l'endroit où le pape saint Sylvestre l'avait baptisé. Il fit aussi édifier les somptueuses basiliques de Ste-Croix-de-Jérusalem, réplique de celle du St-Sépulcre, et la basilique St-Pierre qu'il érigea sur le tombeau du prince des apôtres. Le pieux empereur fit également bâtir sur l'emplacement du palais des Laterani, pour servir d'église patriarcale et pontificale, la basilique du Saint-Sauveur, appelé aussi St-Jean de Latran.

Le Pape saint Sylvestre fit, en 324, la dédicace de l'église de Saint-Sauveur, à Rome. En France, l'usage s'est généralisé de célébrer, dans les premiers jours de ce même mois, l'anniversaire de la dédicace de toutes les églises. Cette fête mérite de notre part un respect tout spécial: après la fête de l'Église du Ciel et de l'Église du purgatoire, c'est, en quelque sorte, la fête de l'Église de la terre. L'office de ce jour est d'une beauté remarquable et nous montre dans nos temples, d'après la Sainte Écriture, la maison de la prière, la maison de Dieu, un lieu saint et terrible, une image de la céleste Jérusalem, la porte du Ciel.
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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 16:05
[Tout a été dit, sur l'antigermanisme de Maurras, haine fanatique et absolu, du maître de l'A.F., ennemi irréductible de l'Allemagne et des Allemands.
C'est oublier, pour les besoins de la cause, la noble attitude des nationalistes français jusqu'aux dernières heures d'août 1939 quand des forces multiples poussaient le monde dans la plus terrible guerre. Oublier que les plus féroces partisans de la paix se trouvaient dans les rangs maurrassiens de l'
A.F. ou parmi ses anciens disciples, comme l'illustre Je Suis Partout
.

Robert Brasillach, dans les trois extraits qui suivent, extraits de
Notre avant-guerre, revient sur cette année terrible, qui débuta en septembre 1938 pour s'achever 12 mois plus tard exactement.]

    Ainsi prenait sa couleur indécise l'entre-deux-alertes. Les personnes dites raisonnables s'écartaient des mouvements hardis, abandonnaient Doriot pour le PSF, ou, mieux, pour le radicalisme triomphant. Il restait par bonheur, même pour les indifférent, le mouvement qui a atteint à ce moment-là, à mon avis, son plus haut sommet, je veux dire l'Action française.
    Nous n'avions certes pas oublié le rôle qu'avait joué cette A.F. toujours combattue, toujours violemment attaquée, et jusque par les siens. Nous en connaissions les hommes, le passé, la doctrine. Mais il me semble que c'est en septembre 1938 que commença pour elle l'année la plus étonnante. Dans les semaines qui précédèrent Munich, si Maurras s'absentait, la presse nationale vacillait, les meilleurs se trompaient. S'il revenait, s'il écrivait, avec lui revenaient la raison, la clarté, l'espérance. Nous n'oublions les efforts de personne, dans cette lutte pour la paix, ni ceux de Mussolini, ni ceux du gouvernement français. Mais nous savions que seuls certains hommes n'étaient pas soupçonnables de la moindre complaisance avec l'Allemagne, contre laquelle ils avaient toujours lutté, sur tous les terrains : les hommes de l'Action française. Suite
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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 13:36
"Ces hommes étaient rayés du livre de la République, on m'avait dit de les faire mourir sans bruit... " (Capitaine Laly, du ponton "Les deux Associés")
 
Il s'agit là d'un des épisodes les plus tragiques de l'histoire religieuse de la Révolution française.
La déportation sur les pontons de Rochefort a concerné 829 prêtres, dont 547 ont péri d'avril 1794 aux premières semaines de 1795. Suite (Le forum catholique)
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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 08:13



Jacqueline de Romilly s'est rapprochée du catholicisme.

"Sur ce point, un homme m'a beaucoup apporté : le P. Labaky, confie-t-elle non sans malice. Il m'a préparée à la première communion et l'année dernière, à ma confirmation. A 95 ans, il était temps !"

Source : La Croix du lundi 11 août 2008, fin de l'article "Jacqueline de Romilly, une Athénienne au XXe siècle". Via
le Forum catholique

Biographie Wikipedia : Jacqueline Worms de Romilly, née Jacqueline David le 26 mars 1913, est une philologue française. Membre de l'Académie française, première femme professeur au Collège de France, elle est connue sur le plan international pour ses travaux sur la civilisation et la langue de la Grèce antique, en particulier à propos de Thucydide.

Descendante d'une famille juive, née à Chartres en 1913, Jacqueline David est la fille d'un professeur de philosophie mort pour la France.
Suite

Thucydide Rappelons que : 

- "pour Thucydide
, la cause la plus profonde de la guerre du Péloponnèse, c’est l’impérialisme de la démocratie athénienne... [Déjà...]
J’ajoute qu’Alcibiade, plus tard, dans son discours devant Sparte, a bien montré quelles étaient les intentions réelles d’Athènes dans cette affaire. D’abord, soumettre la Sicile. Ensuite, faire subir le même sort à Carthage. Une fois ces objectifs atteints, attaquer le Péloponnèse et étendre la domination athénienne à tout le monde grec."
(Source : Jacqueline de Romilly : "Démocratie et impérialisme sont inséparables d'Athènes" in Le Figaro, 06 novembre 2003).

- "Sous le nom de démocratie c’était en fait le premier citoyen qui gouvernait" (Thucydide II, 45, 5 ; 8-9). Autrement dit Thucydide nous explique que sous le nom de "démocratie", c'était en réalité une oligarchie qui dirigeaity Athènes.

- "[A]ussi tenait-il la foule, quoique libre, en main, et, au lieu de se laisser diriger par elle, il la dirigeait" (Thucydide II, 45, 5 ; 8-9).

Autour de ces remarques, je pose la question aux démocrates "libéraux" qui me lisent, la situation a-t-elle réellement changé depuis ?

La démocratie n'est-elle pas le premier citoyen qui la gouverne ?...

Je pense même que la "démocratie" n'a jamais existé dans l'histoire... Dans une "démocratie", c'est toujours une petite minorité (oligarchie), une élite qui, "au nom du peuple"..., confisque le pouvoir, se l'approprie et se le partage d'une manière ou d'une autre... Alors dans ces conditions, parler de "pouvoir du peuple", ou de "souveraineté du peuple", c'est une vaste blague. Une imposture...

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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 18:32










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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 12:44

Attention certaines images peuvent choquer le jeune public
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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 16:05

Jean-François Colosimo autour de son livre L'Apocalypse russe, Dieu au pays de Dostoïevsky chez Fayard parle d'holocauste de l'Eglise russe qui a été réduite à néant : des centaines d'évêques, des milliers de prêtres, des dizaines de moines et de moniales périssaient dans les camps dans des circonstances atroces, persécutés par un régime athée avec sa religion matérialiste.
L'Eglise russe aurait donné davantage de martyrs en l'espace d'un demi-siècle que toutes les Eglises réunies sur vingt siècles. Cela personne ne le contestera. On parle de 600 évêques, de 40 000 prêtres et de 120 000 moines et moniales qui ont disparu entre 1917 et 1941 dans les camps, 75 000 lieux de cultes détruits. Si vous voulez, c'est la période de la Terreur étendue à trente ans. Une persécution systématique. On est au sens biblique face à un holocauste. L'Eglise russe a été réduite à néant. En 1942, lorsque Staline convoque les deux trois évêques qui sont encore survivants, il ne reste plus rien de l'Eglise russe.
C'est sur trois générations, il n'y a plus de mémoire du passé : l'homme soviétique est un homme qui a été amputé de tout lien au passé.
... Le problème que nous avons aujourd'hui c'est que nous avons une faillite de l'idée de croyance en raison du socialisme et du marxisme. C'est parce que le marxisme a emporté une croyance purement immanente que les gens désormais ont tant de mal à croire. Regardez la chute du mur de Berlin, il y a des gens qui pleuraient. C'est cette espèce de messianisme laïque, cette espace de religion immanente qui a commis plus de charniers et qui avait plus de théomorphismes que les anthropomorphismes supposés de la tradition chrétienne, cette religion laïciste a provoqué une crise de la croyance."



"Entre 1905 et 1917. Il faut lire Soljenitsyne qui est le grand écrivain historien de la période. Le parti bolchévique, c'est un putsch fait par un groupe de militants qui ont tous passé beaucoup de temps en prison avec les droits communs. Le putsch bolchévique va durer parce que les bolchéviques vont libérer les droits communs, les criminels des prisons et vont en faire des membres du parti communiste. C'est ce que les trotskystes disent regretter en disant le parti a enflé démesurément avec des gens qui n'étaient pas formés. Si ils étaient formés à l'exaction, au meurtre, à la rapine. Cela oui ils étaient formés à cela. Donc on ne peut pas comprendre cette période si on ne voit pas qu'il y a un putsch fait par une minorité.
Et ce que va faire Lénine et Staline, "la Révolution disent-ils, c'est les Soviets plus l'électricité" :  on va rendre fou ce pays en l'industrialisant à toute vitesse, en le défigurant de manière à en faire un pays propice au marxisme, autrement le prolétariat n'existait pas..."

Ordo ab chao...

"Les marxistes se sont rendus compte que la religion complètement abstraite du prolétariat, cela ne pouvait pas marcher, donc que vont-ils faire? Et c'est là où est l'horreur et la manip terrible, le communisme soviétique va détourner la culture et la culture religieuse. Ils vont momifier Lénine et en faire un saint au corps incorruptible, ils vont créer un calendrier avec des fêtes, ils vont créer des messes, des liturgies, on va reprendre les icones, Lénine enfant c'est l'Enfant Jésus, etc. Il y a un débordement. On recylcle les symboles religieux pour tromper définitivement le peuple égaré et l'égarement se poursuite encore aujourd'hui."

Au sujet de Soljenitsyne et de son dernier livre "Reconstruire la Russie", d'essence prophétique, Jean-François Colosimo dit qu'on ne peut pas penser la Russie sans l'orthodoxie. 

Voilà une belle leçon pour tous ceux qui voudraient penser la France sans le catholicisme...
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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 09:57

Mis à jour 22 octobre 2015.

Sinead O'Connor & the Chieftains- The Foggy Dew
 

En exergue de cet article, une mélodie celte sur un air irlandais chanté par Sinead O'Connor. Vous allez voir que la Télé française est à mille lieues de la mentalité européenne...si vous ne le saviez pas déjà.

Histoire du peuple français

Au moment où le sentiment identitaire recouvre une importance accrue au sein du peuple français désorienté, inquiet de son avenir, et sentant confusément - malgré la propagande républicaine - un complot sourdement ourdi contre lui, méticuleusement exécuté, ses conditions de vie et son environnement changer irrémédiablement (un fait...), son avenir s'obscurcir pour disparaître, il m'a semblé capital de reproduire ici quelques thèmes abordés par la célèbre médiéviste Régine Pernoud dans son Histoire du peuple français (1951).


Aux idéologues cosmopolites conscients ou inconscients, à tous les 'idéalistes' rêvant d'abolition des frontières comme si tout peuple n'avaient pas droit à l'auto-détermination...,  et à tous ceux qui prétendent qu'être français se résume à la "citoyenneté", la possession de papiers... le rappel des éléments qui suivent doit servir de réponse.

Cet article est aussi une réponse aux pseudos identitaires à la mode néo-païenne ou néo-druido-maçonnique... sur certains points soigneusement occultés et/ou trafiqués par ces gens. Sur l'imposture du néo-druidisme : Une coïncidence signalée
.

Régine Pernoud a écrit un livre remarquable : "Histoire du peuple français, des Origines au Moyen Âge". Elle s'est proposée d'en écrire non une histoire politique, une histoire des institutions, mais une histoire des hommes et des caractères dominants
du peuple français. Elle a recherché les grandes paternités des courants d'opinion, des institutions et des coutumes françaises. Elle a cherché à partir de sa vie naturelle : les mentalités, la demeure, l'alimentation, le vêtement, le travail, les outils, les métiers et les techniques, les loisirs.

Rappelons que sur le 'Moyen Âge', revenant sur nombres de fables républicaines, elle contredit Michelet, le Xe siècle a été une époque de grands progrès technique dans l'agriculture (modification de l'attelage, ferrure du cheval), dans la confection des routes, dans l'installation des moulins et dans tout autre domaines. Les courants commerciaux se développent, le marchand crée la ville; la bourgeoisie apparaît. Le christianisme enseigne et protège le respect de la personne humaine, les droits de l'enfants, l'autorité des parents. Régine Pernoud est la pionnière d'une révolution de l'historiographie sur la vision du 'Moyen Âge'. Loin d'être ces "temps obscurs", le Moyen Âge - et le XII et XIIIe siècles en particulier - apparait au contraire comme l'apogée de notre civilisation occidentale, classique et chrétienne.

Ailleurs (Lumières du Moyen Âge, La femme au temps des Croisades, La femme au temps des Cathédrales), les ouvrages de Régine Pernoud indiquent que c'est le christianisme qui a donné des droits à la femme et que c'est la 'modernité' qui les lui a progressivement enlevés... (à méditer). Moment qui culminera avec le code civil de Napoléon. 

                                                         ***

"[O]n doit évidemment reporter les origines de notre peuple à l'antiquité celtique, ... au moment où l'on est certain de la présence des Celtes sur notre sol et où cette présence se manifeste par tout un ensemble de civilisation originale. Il s'agit de l'époque de la Tène, soit environ l'an 500 avant Jésus-Christ. ... Dès l'époque de la Tène, ce sont les Celtes qui habitent notre pays, et si l'on peut avec certitude déceler les traces des Ibères dans le sud-ouest pyrénéen, et des Ligures sur les bords de la Méditerranée, du moins la civilisation celtique se présente-t-elle comme un tout cohérent qui donne son caractère à la grande majorité du pays que nous appelons aujourd'hui la France.



Portrait du peuple celte

L'étude des Celtes à l'époque de la Tène réserve une bonne surprise : il est impossible en effet de n'être pas frappé des traits de ressemblances évidents qui relient entre eux les peuples celte et le peuple français. Alors que dans d'autres pays le caractère de la population primitive a été complètement bouleversé par les invasions - c'est le cas par exemple pour la majeure partie de l'Angleterre (le pays de Galles excepté) après l'arrivée des Saxons - il semble que chez nous les apports successifs de populations aient à peine modifié le fond de notre race, tant nous pouvons nous reconnaître, reconnaître les Français d'aujourd'hui et plus encore ceux du Moyen Âge, dans les Celtes d'avant la conquête romaine."

S'agissant des traits physiques, R. Pernoud indique que "les auteurs antiques, du moins ceux qui comme Strabon, avaient assez voyagé pour connaître et des Celtes et des Germains, étaient surtout frappés par les différences physiques entre les deux races : 'Les Germains, dit-il, diffèrent quelque peu de la race celtique par une nature plus sauvage, une taille plus grande, une chevelure plus blonde. Ils s'en rapprochent par tout le reste, par l'aspect, les moeurs et les lois'.

Et il suffit aussi de regarder ce que sont les peuples demeurés profondément celtes : les Irlandais, entre autres, pour comprendre que le type gaulois n'a rien à voir avec l'idée que l'on s'en fait généralement. Nos ancêtres devaient être de taille moyenne, cheveux châtains, yeux noisettes. Comme le dit Ferdinand Lot, si l'on veut savoir à quoi ressemblait un Gaulois, regardons-nous dans la glace.

L'agriculture et l'élevage

Une activité favoriste : l'agriculture.

Pendant très longtemps, sur notre sol, tout au moins au nord de la Loire, on construira en bois beaucoup plus qu'en pierre.

La forêt joue son rôle dans l'agriculture. Elle est un immense réservoir d'où l'on tire des résines, du bitume, de l'huile de cèdre, les baies de buissons, les champignons et les simples qui guérissent. Elle fournit le bois pour les instruments agricoles. ... Suivant les régions, les châtaignes, les faînes, les airelles, les pistaches fournissent aux besoins de la population. Mais surtout, il y a le gland du chêne, - ce gland si précieux pour nourrir les porcs. Or les Gaulois sont de grands éleveurs de porcs. Ils savent dès cette époque qe le porc engraissé avec des glands a la chair la plus fine et la plus délicate.

Enfin, il ne faut pas oublier la principale ressource de la forêt: la chasse; les sangliers, les lièvres contribuent à l'alimentation.

Les celtes étaient en agriculture d'excellents techniciens et c'est à eux qu'il faut, suivant les données les plus récentes de l'archéologie et de l'histoire, faire remonter un certain nombre d'inventions qui ont bouleversé l'agriculture. Ainsi, tandis que les Romains ne connaissaient encore que l'araire au soc fixe, péniblement tirée par l'esclave ... les Gaulois, eux, avaient inventé la charrue à roues avec avant-train indépendant et coutre mobile. Ils se servaient également de la herse, que tous les peuples ont adopté peu à peu. Ils furent les premiers à mécaniser l'agriculture, et Pline parle avec étonnement de leurs machines à faucher avec lesquelles ils coupaient les foins en un temps incroyable pour les Romains. Ils se servaient même de moissonneuses à dents de fer fixées à une grande caisse évasée où retombaient les épis coupés.

Les gaulois n'étaient pas moins habiles dans l'art de fertiliser le sol. Ce sont eux également qui ont découvert la pratique du marnage et du chaulage des terres.

En ce qui concerne les méthodes de culture, elles sont déjà ce qu'elles devaient rester jusqu'à l'époque moderne ... des champs ouverts sur lesquels la culture se renouvelle tous les trois ans : une année de blé ou les autres céréales riches, la seconde année des céréales pauvres ou des plantes à racines, la terre restant en friche la troisième année.

Contrairement à ce qui se passait en territoire romain, la culture de la terre n'est pas faite par des esclaves, mais par des hommes libres. L'esclavage semble avoir été moins pratiqué chez les Celtes que chez les peuples méditerranéens.

Les arts et les métiers

César ne peut s'empêcher, notamment lors du siège de Bourges, de reconnaître cette supériorité des Gaulois sur le Romain : 'A l'exceptionnelle valeur de nos soldats, écrit-il, les Gaulois opposaient toutes sortes de moyens. C'est une race d'une extrême ingéniosité et ils ont de singulières aptitudes à imiter ce qu'ils voient faire. A l'aide de lacets, ils détournaient les coups de nos faux et quand ils les avaient bien serrées dans leurs noeuds, ils les tiraient avec des machines à l'intérieur des remparts; ils faisaient écrouler notre terrassement en creusant des sapes, d'autant plus savants dans cet art qu'il y a chez eux de grandes mines de fer et qu'ils connaissent et emploient tous les genres de galeries souterraines'.

Il n'est donc pas exagéré d'attribuer à notre ascendance celtique la réputation dont n'a cessé de jouir l'ouvrier de France, - réputé partout le plus habile , - et aussi cette spécialité que constitue chez nous l'artisanat, l'objet d'art, depuis la tapisserie française jusqu'à la mode et aux articles de Paris.

Ils étaient d'excellents forgerons .... Les épées gauloises étaient remarquablement trempées et conçues pour frapper de taille mesuraient plus d'un mètre de long. Leurs javelots avaient aussi la réputation d'être excellents. ... Les Gaulois savaient aussi fabriquer les piques et les arcs qui servaient à leurs fantassins.

... Enfin, ce sont eux qui ont inventé la cotte de mailles, qui allait devenir d'une usage général chez les guerriers et le demeurer jusqu'au XIVe siècle, époque où les lourdes armures compliquées commencent à remplacer la cotte de mailles de l'époque féodale.

Il faut leur rapporter l'invention de l'argenture et celle aussi de l'étamage dont les conséquences se sont fait sentir de tous temps, puisque c'est l'étamage du cuivre qui permet de l'utiliser dans les usages domestiques.

Ils prenaient leur repas assis devant des tables basses, et non pas couchés comme les Latins. En revanche, ce sont eux qui ont inventé cette précieuse pièce de mobilier qu'est le matelas. Ils dormaient sur des matelas de laine, alors que les peuples du Midi ne connaissaient que les paillasses.

La céramique est longtemps restée chez eux assez grossière, mais à l'époque de la conquête romaine on voit se développer le goût pour la poterie peinte.

Les Gaulois ont également pratiqué le tissage. ... Ils semble qu'ils aient poussé très loin l'industrie textile et en aient fait un art véritable. Ils ont été les premiers, leur goût pour la couleur aidant, à fabriquer ces tissus que nous appelons écossais, précisément parce que l'usage s'en est conservé dans les régions demeurées en partie celtiques, et notamment en Ecosse. Ces larges plaids dont le goût est revenu sur le continent, ce sont en réalité les manteaux gaulois; César parle des manteaux tissés de couleurs diverses formant des carrés, sur lequels s'asseyaient les chefs et les nobles gaulois durant leurs conseils de guerre. les rares tissus retrouvés dans les tombes gauloises attestent de leur fabrication.

... Il faut bien dire d'ailleurs qu'à côté du costume grec ou romain, le costume gaulois apparaît singulièrement adapté et pourrait être l'indice d'une civilisation beaucoup plus développée, si paradoxale que paraisse cette affirmation. Il est à la portée de n'importe quel primitif de se draper dans un tissu quelconque comme le faisaient les Grecs ou les Romains dans leurs toges. Alors que les Gaulois ont inventé toutes les pièces de vêtements caractéristiques de la civilisation occidentale: les braies ou pantalons - on les appelle encore brayes ou brayettes dans le Midi de la France - les justaucorps ou tuniques courtes fendues par devant et pourvues de manches et qui sont nos vestons actuels; enfin, les saies ou manteaux dans lequels ont peut se draper comme dans une pèlerine, ou que l'on agrafe sur la poitrine. ... Un empereur romain a même été surnommé Caracalla, qui était le nom de la blouse gauloise qu'il avait adopté pour son usage personnel.

C'est donc notre peuple qui, dans l'Antiquité a trouvé la meilleure façon de se vêtir, la plus adaptée ax besoins du corps, au point que leur vêtement est devenu celui de toute l'Europe.

D'autre part, les Gaulois étaient connus aussi parmi les peuples antiques pour être de parfaits cordonniers. Alors que la plupart des autres peuples ne connaissaient que la sandale, on leur doit l'invention du soulier montant ou galoche dont le nom atteste l'origine (c'étaient les 'chaussures gauloises' : gallicae).

... Et c'est à eux également que l'ensemble du monde civilisé doit cette invention inestimable: le savon. Les premiers, les Celtes ont connu la fabrication et l'usage du savon dont le nom même est d'origine gauloise (sapo). Ils le fabriquaient, si l'on en croit Pline, à l'aide d'une sorte de potasse extraite de la cendre végétale, et mélangée avec du suif. Encore un trait qui atteste l'extrême ingéniosité de notre race. Les Gaulois avaient d'ailleurs la réputation d'être extrêmement propres.

L'expansion commerciale

La conquête romaine ne fera en réalité que développer, surtout dans des buts stratégiques, un réseau routier déjà fort important. ... [L]e centre du pays n'est pas Lyon, création romaine, mais bien la Beauce et le pays chartrain. Orléans, principal entrepôt de la Gaule celtique, paraît être le centre vital du pays.

... Ces foires et ces marchés étaient en même temps l'occasion de tenir les assemblées qui représentaient la vie politique du pays. Elles étaient en même temps les assises générales et avaient un rôle juridique. La principale assemblée annuelle avait lieu à un emplacement nommé Cassiciate, que l'on a identifié avec Chassis (commune de Neuvy-en-Sullias dans le Loiret), près de la future abbaye de Saint-Benoît-en Loire. Cette assemblée annuelle maintenait l'unité entre les différents peuples dont se composait la Gaule celtique.

La religion, les moeurs et les coutumes

César définit les Celtes comme un 'peuple très adonné aux pratiques religieuses'. Et en effet le sens mystique paraît avoir été chez eux extrêmement développé.

Les prêtres en étaient les druides qui formaient une sorte de classe à part dans le peuple, bien que mêlés à toutes les activités de la vie courante. Ces druides subissaient une très longue formation qui s'étendait parfois sur vingt années d'études et, trait caractéristique, ils n'ont jamais rien écrit. ... L'usage de l'écriture étant interdit, il fallait écouter et retenir ce que la tradition orale pouvait seule transmettre.

En quoi consistait la doctrine des druides? On est certain qu'ils professaient les croyance en l'immortalité de l'âme. Pour le reste on ne sait que peu de choses, sinon que les druides maintenaient chez tous les peuples de race celtique une unité d'ordre religieux. Lors de l'assemblée annuelle, c'était eux qui faisaient office de juges et qui immolaient les criminels. Lorsque les Romains après la conquête voudront détruire l'unité du monde celte
, ils traqueront les druides et ce sont leurs sacrifices humains qui leur en fourniront le prétexte.

Aux druides revenaient entre autres charges l'éducation de la jeunesse. Et il est remarquable que les Celtes aient été les seuls peuples antiques à confier ainsi à une classe spéciale la fonction d'éducation.

... Leurs dieux sont associés en triades : les noms de teutatès, Mésus et Taranis apparaissent ainsi réunis, et l'on possède des sculptures représentant un dieu à trois têtes (Cf. En particulier les divinités tricéphales trouvées à Reims, aujourd'hui au Musée de Saint-Germain-en-Laye).

Ce qui ressort surtout de l'ensemble de la mythologie gauloise, c'est la radicale incompatibilité avec la mythologie gréco-latine, son caractère mystique et l'incontestable sens surnaturel qui s'en dégage. Nous sommes loin avec les druides du paganisme grossier des Germains et de cette non moins grossière réduction des divinités aux hommes qui constitue la religion du monde classique. Il n'y a rien eu de comparable, en Occident, aux collèges druidiques et à leur doctrine. Plus qu'aucun autre peuple antique, les Gaulois vivaient dans une atmosphère toute imprégnée de pratiques religieuses. Aucun évènement : naissance, fiançailles, mariage, maladie et mort, chasse et guerre, arrivée et départ ne se passe sans l'assistance de la religion et le secours des dieux. Comme l'a écrit Jullian, la religion chez les Gaulois était 'à la fois une manière de vivre et une façon d'expliquer les choses'. C'est elle qui discipline le rythme des saisons, des mois, des jours.

... Il est hors de doute que cette religion gauloise, si éloignée des simples marchandages dans lequels consistaient les rapports des Romains avec leurs dieux, a eu également son aspect barbare : rites sanglants et immolations de victimes humaines faisaient partie des cérémonies publiques. Souvent on sacrifiait ainsi les prisonniers de guerre ou les criminels, mais parfois aussi il s'agissait d'innocentes offerts en sacrifice d'apaisement.

Le caractère des Gaulois

Ce que les historiens soulignent surtout, c'est la hantise d'indépendance dont les Gaulois font preuve. C'est un peuple résolument individualiste. Alors qu'un peu partout dans l'Antiquité, mais surtout à Rome, la famille restait plus ou moins dépendante de la tribu la famille gauloise apparaît comme une entité bien déterminée et formée des seuls membres qui lui sont essentiels : père, mère, enfants. Les individus agissent en leur nom propre et en celui-là seul. Au point que des parents très proches par le sang peuvent se trouver complètement séparés ou ennemis dans l'action : ce fut le cas pour Vercingétorix qui est combattu à outrance par son oncle, le frère de son propre père. On n'eût jamais pu voir en Gaule ce que l'on vit à Rome: tous les hommes de la gens fabia se proposer pour partir en guerre contre une ville ennemie.

Importance de la femme. Les Celtes sont strictement monogames. La femme n'est pas regardée comme l'esclave, mais comme l'associée de l'homme; elle paraît avoir joué dans la vie de son époux un très grand rôle. Même dans les querelles, elle intervient à ses côtés et, s'il faut en croire Ammien, c'est un adversaire redoutable dont les poings s'abattent rapides et durs 'comme les engins de catapulte'. Plutarque raconte même que les Gauloises intervenaient dans les Conseils où se décidaient la paix et la guerre et que l'on recourait à leur arbitrage dans les contestations avec les étrangers.

De l'avis général, les Celtes étaient un peuple remarquablement doué sous le rapport de l'intelligence : 'Ils ont l'esprit pénétrant et non sans aptitude pour le savoir', remarqua Diodore de Sicile; et nous avons déjà vu comment leur ingéniosité forçait l'admiration de César.

Les Gaulois étaient très hospitaliers. ... Par contre, aucun de leurs récits ne permet de soupçonner que cette gaieté ait eu quelques rapport avec ce que nous appelons de nos jours des 'gauloiseries'. Cette réputation et l'emploi du terme dans ce sens sont totalement modernes et ne remontent pas au-delà du XIXe siècle; on les voit apparaître chez les auteurs de romans-feuilletons sans la moindre base dans la réalité.

Les Celtes s'excitent facilement à tout propos. Ils sont épris d'équité et Strabon, l'un des écrivains qui les connaissait le mieux, insiste sur la facilité avec laquelle ils s'associent pour venger une injustice. On trouve déjà chez eux cette sorte d'idéalisme qui fait que le peuple français est toujours prêt à partir en guerre pour l'Espagne ou pour la Pologne opprimées.

Ce qu'ils aiment, ils l'aiment avec passion; ils sont enclins aux coups de têtes, aux accès de colère. Ainsi reproche-t-on aux Irlandais de nos jours d'avoir la tête près du bonnet. Chez eux les disputes s'élèvent fréquemment. Les bons repas auxquels ils se plaisent se terminent souvent en rixes et les querelles dégénèrent en combats.

Le drame de Vercingétorix, c'est qu'il eut à lutter tout autant contre cet incurable défaut de ses compagnons d'armes que contre César et ses légions. ... Il avait réussi, pour la première fois, à obtenir que tous les peuples de Gaule fissent front commun devant l'envahisseur. La patience, la maîtrise de soi, étaient certainement, avec le sens de la cohésion, les qualités qui manquaient le plus aux Gaulois.

Les Gaulois étaient bons, d'abord simple et franc. La franchise celte était même dans l'Antiquitié une sorte de lieu commun comme on parlait de la mauvaise foi carthaginoise.

Ils étaient vantards et bavards; en toutes choses ils se montraient bruyants et exubérants; que ce soit dans la bataille, à table ou dans les assemblées, les chants et les cris se succédaient. ... Ils aimaient à parler d'eux-mêmes, de leurs exploits, et prenaient volontiers un ton farouche ou superbe. 'Dans leurs discours, dit Diodore de Sicile, la parole est brève, énigmatique, procédant par allusions et sous-entendus, souvent hyperboliques quand il s'agit de se grandir eux-mêmes et de rabaisser les autres. Ils ont le ton menaçant, hautain, tragique'. ... La place que tient chez eux la poésie, la rapidité avec laquelle se transmettent oralement les nouvelles, et surtout leur système d'éducation uniquement par voie orale, tout atteste l'importance de la parole chez les Gaulois.

Les Gaulois aiment la parure; ils prennent un soin extrême de leur corps et nous avons vu qu'ils sont soucieux de propreté au point d'avoir inventé le savon. Ils ont les cheveux teints, des bracelets d'or au cou, et des vêtements de couleur. ... Virgile dépeint le Celte 'la chevelure dorée, vêtu d'une tunique d'or, recouvert d'un manteau aux raies de mille couleurs, un collier d'or entourant son cou d'une blancheur de lait'. Le grand nombre de bijoux retrouvés dans les tombes, le soin avec lequel ils aimaient sertir le corail ou l'émail dans le cuivre, attestent ce goût de l'ornement qui demeurera tout à fait caractéristique de notre peuple, jusqu'à la fin du Moyen Âge et plus tard encore.

La conquête romaine

Vercingétorix eut quelque mal à convaincre son propre peuple des Arvernes parmi lequel on rencontrait des partisans des Romains. Ses principaux auxiliaires furent les Carnutes et ce n'est pas un hasard : la région de Chartres était celle qui, périodiquement, réunissait les têtes de la nation gauloise
et où les druides tenaient leurs assises; elle était le centre spirituel de la Gaule, de ce pays où presque toujours les grandes gestes s'animeront d'un souffle religieux. Avec le recul de l'Histoire, le fait que le premier acte de révolte ouverte fut le soulèvement d'Orléans s'éclaire d'une curieuse lumière : il y aura bien d'autres exploits de ce genre à inscrire dans les Annales d'Orléans.

La civilisation gallo-romaine

L'administration romaine devait modifier profondément l'un des caractères du pays en imposant la suprématie des villes sur celle des campagnes. Rome était un Etat urbain; cela se sent dans toutes ses institutions. La Gaule au contraire était une contrée essentiellement rurale dans laquelle les villes ne tenaient qu'une place secondaire. Or, c'est sur les villes que Rome fondait sa domination. On la voit donc s'appliquer méthodiquement à développer la vie urbaine. L'aristocratie y est attirée par l'appât de ces honneurs que procurent les charges publiques. Des villes sont fondées pour recevoir les colonies de vétérans romains : Nîmes, Vienne, Lyon, Orange, Arles, Béziers sont des fondations romaines.

Il est évident d'ailleurs que Rome n'a pas cherché à s'assimiler l'ensemble de la Gaule, mais a voulu seulement se créer, en plus des fondations d'ordre stratégique, une zone d'influence incontestée dans le Narbonnais : c'est là qu'elle a surtout multiplié les colonies qui étaient de véritables centres de latinisation.

La religion celte et les druides qui en étaient l'âme furent poursuivis et traqués méthodiquement. En conquérants avisés, les Romains s'étaient rendu compte de ce que pouvait être dans la résistance une force spirituelle. On s'attaque donc avec une particulière rigueur aux sacrifices druidiques tandis que l'on s'attachait à promouvoir un nouveau culte qui devait être le centre de l'unité nouvelle : le culte de Rome et d'Auguste.

Du point de vue linguistique, ... le gaulois subsista jusqu'à la fin de l'Empire.

L'influence chrétienne

C'est sainte Madeleine abordant aux Saintes-Maries-de-la-Mer avec sa soeur Marthe, son frère Lazare et sa servante Sarah, et se fixant la premère à la Sainte-Baume, la seconde à Tarascon, Lazare le ressuscité à Marseille, tandis que sainte Sarah demeurait au rivage où l'avait portée la barque miraculeuse. Ce serait saint Martial, l'un des disciples fixé à Limoges, Zachée, celui que sa taille trop exiguë empêchait de voir passer le Christ et qui pour l'apercevoir grimpa sur un sycomore, qui aurait évangélisé Rocamadour et, fixée à Soulac, sainte Véronique qui essuya la face du Christ.

Chose curieuse, ce sont ces mêmes centres officiels dans lequels étaient entretenu le culte païen de l'Etat qui voient se propager les premiers la religion nouvelle : Lyon en particulier, Autun, Bordeaux, etc....

D'autre part, on est frappé de voir que souvent les nouvelles églises s'élèvent dans des lieux où se trouvaient des sources ou des arbres sacrés; or l'on sait que le culte des sources et des arbres était essentiellement celtique. Du vivant même de saint Martin, certains arbres reçurent des autels, et, de nos jours encore, on a signalé de nombreuses sources auprès des sanctuaires et dans quelques cas comme à Nohanent, dans l'église elle-même.

Ainsi la nouvelle religion s'insérait dans les coutumes ancestrales du peuple celte qui continuait à revenir aux endroits jadis honorés, mais pour un culte purifé et d'une tout autre essence.

Il ne s'agissait pas d'imposer brutalement les nouvelles façons de voir, ni de recourir à ces mesures artificielles qu'avaient adoptées la Rome des empereurs élevant des villes et des autels pour le culte officiel, mais bien de transfigurer les croyances existantes et de faire épanouir les possibilités latentes dans ce peuple celte que César déclarait entièrement tourné vers la religion.

Dans la suite des temps, l'histoire du christianisme en Gaule se confond avec l'histoire même du peuple français. Quelques îlots du paganisme subsistaient aux Ve et VIe siècles, mais on peut considérer que toute trace en avait disparu définitivement à la fin du VIIe siècle.

Régine Pernoud, Histoire du peuple français, Des origines au Moyen Âge, Nouvelle Librairie de France, Paris 1951.

* Lire aussi: Paganisme / Sainte Trinité. "Toutatis, Hésus et Taranis, la triade celtique, une ébauche de conception trinitaire" (Anne Bernet)

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 10:20

"Le 23 mai, Mehmet II, hésitant, désabusé, ne songeait qu'à obtenir la reddition de la ville sans plus combattre. Mais ses conditions n'offraient que de pauvres garanties et furent jugées inacceptables. Le 27 mai, il réunit un Grand Conseil où le grand vizir Khalil Pacha parla de voix ferme pour que l'on abandonne le siège. Plusieurs chefs d'armées, notamment Zagan Pacha, l'Albanais, acharné à voir la cité périr, criaient à l'inverse et eurent gain de cause. Le sultan ordonna aussitôt de tout mettre en oeuvre pour lancer ses forces en un terrible assaut qui, s'il échouait, serait sans doute le dernier.
Déjà, dans la nuit du 26 au 27, les officiers ottomans avaient fait allumer, tout au long de l'enceinte, de grands feux qui brûlaient ou rougeoyaient pendant des heures, semant l'épouvante chez les Grecs. Le 28, Mehmet fit défiler les troupes pour les haranguer, leur parler de courage et du service de leur Dieu. Dans Constantinople, tous savaient devoir mourir.
... Les bombardements et les attaques des janissaires avaient porté des coups terribles aux remparts. Des murs extérieurs il ne restait presque plus rien; sur les amoncellements des pierres tombées à terre, brisées, l'on avait en hâte, très mal forcément, dressé des palissades faites de poutres, de fascines, de sacs pleins de terre, de matériaux de toutes sortes. Les défenseurs devaient maintenant faire rempart de leurs corps." (
Jacques Heers, Chute et mort de Constantinople, Perrin, Collection Tempus, Paris 2007, p. 251).

* Attaque en force des Turcs le 12 mai
*
20 avril 1453 Constantinople reçoit le renfort de quatre navires génois
* 18 avril 1453
* 12 avril 1453 Constantinople : Les gros tirs d'artillerie commencent
* 5 avril 1453 Mehmet II (Mohammed II) fait dresser son pavillon face aux murailles de Constantinople

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12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 22:04
"L'attaque en force des Turcs le 12 mai, quelque cinquante mille hommes à en croire tous les récits, entre la porte d'Andrinople et la porte de Kaligaria, échoua. Les Grecs, l'empereur Constantin à leur tête, résistèrent tout au long du jour et, le soir venu, les assaillants se retirèrent, laissant sur place des milliers de morts." (Jacques Heers, Chute et mort de Constantinople, Perrin, Collection Tempus, Paris 2007, p. 250).

* 20 avril 1453 Constantinople reçoit le renfort de quatre navires génois
* 18 avril 1453
* 12 avril 1453 Constantinople : Les gros tirs d'artillerie commencent
* 5 avril 1453 Mehmet II (Mohammed II) fait dresser son pavillon face aux murailles de Constantinople
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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 21:51

Zemmour contre Taubira : esclavage, colonisation
Zemmour à Taubira: "La France dès le Moyen Âge était le pays où on était libre, où l'esclavage était interdit, vous m'entendez, dès le Moyen Âge. Vous voulez aller au bout de l'histoire, il faut tout dire, il faut dire que c'est la colonisation qui a éradiqué l'esclavage. Il faut tout dire".


Zemmour et l'esclavage (mai 2007)
Zemmour: "Toutes les civilisations ont utilisé l'esclavage et la seule qui ait aboli l'esclavage c'est la civilisation occidentale. ... Arrêtons de dire que seul les Noirs ont été esclaves. Les Noirs étaient eux-mêmes trafiquants d'esclaves"
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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 12:17
"Le 20 avril, les Grecs reçurent des renforts: quatre très gros navires, dont trois génois. ... Les galères turques se lancèrent à l'attaque pour leur interdire l'entrée de la Corne d'Or. Elles étaient à plus de cent contre quatre. Mais les nefs latines, vraies forteresses sur mer, énormes vaisseaux à trois ponts hauts sur l'eau, portant château à proue et à poupe et une immense voilure, pouvaient, le vent aidant, tout écraser sur leur erre. "Soudain, ... l'on vit leurs voiles s'enfler avec force et les gros navires bondir en avant, brisant les galères turques, coques, rames et agrès. Chose miraculeuse qui frappa les uns de stupeur et communiqua aux autres le délire de la joie". Mehmet, furieux, ... voulait mettre à mort son amiral, puis le faire empaler mais, en définitive, Baltoglou, n'eut à subir qu'une terrible bastonnade.
Jusqu'au début du mois de mai, seuls les murs terrestres, à l'est et au nord, reçurent de lourds bombardements. La flotte ottomane échouait à forcer l'entrée de la Corne d'Or" (
Jacques Heers, Chute et mort de Constantinople, Perrin, Collection Tempus, Paris 2007, p. 248-249).

* 18 avril 1453
* 12 avril 1453 Constantinople : Les gros tirs d'artillerie commencent
* 5 avril 1453 Mehmet II (Mohammed II) fait dresser son pavillon face aux murailles de Constantinople
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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 00:53
"Le premier assaut des janissaires eut lieu de nuit, le 18 avril, attaque furieuse qui dura plus de quatre heures. En vain: les défenseurs n'ont pas cédé"
(
Jacques Heers, Chute et mort de Constantinople, Perrin, Collection Tempus, Paris 2007, p. 248).

* 12 avril 1453 Constantinople : Les gros tirs d'artillerie commencent
* 5 avril 1453 Mehmet II (Mohammed II) fait dresser son pavillon face aux murailles de Constantinople
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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 02:17
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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 01:20
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