Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Christ Roi

  • : Christ Roi
  • Christ Roi
  • : Blog d'informations royaliste, légitimiste, pour une France libre, indépendante et souveraine
  • Contact

Horloge

24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 19:10

En 1985, pour le Cardinal Ratzinger (futur Benoît XVI), à cause de leur remise en cause de la Tradition de l'Eglise, l'intercommunion avec les protestants n'est pas possible, car "s'il n'y a pas de succession apostolique, il n'y a pas de sacerdoce authentique, et il ne peut donc y avoir d'Eucharistie sacramentelle au sens propre." C'est dans l'Entretien sur la foi (1985), avec Vittorio Messori que le Cardinal Ratzinger donne cette explication :

L'impossibilité de la communion avec les protestants ne vient pas de l'Eglise, elle vient du "credo" des protestants eux-mêmes

Cardinal Ratzinger: Luther serait tout aussi problématique aujourd'hui

 

Vittorio Messori: "À la fin de 1983 - année du cinquième centenaire de la naissance de Martin Luther - l'enthousiasme à le célébrer de certains catholiques a conduit de mauvaises langues à insinuer qu'aujourd'hui, le Réformateur pourrait enseigner les mêmes choses que jadis, mais en occupant en toute tranquillité la chaire de quelque université ou séminaire catholique. Qu'en dit le Préfet? Croit-il que la Congrégation qu'il dirige convierait le moine augustinien à quelque "entretien informatif"?

 

Le Cardinal Ratzinger sourit et répond : "Oui, je crois vraiment qu'aujourd'hui encore, on devrait parler très sérieusement avec lui, et que ce qu'il a défendu ne pourrait être davantage considéré de nos jours comme "théologie catholique". S'il en était autrement, le dialogue oecuménique ne serait pas nécessaire, qui recherche précisément cet entretien critique avec Luther en demandant comment l'on peut sauver ce qu'il y a de grand dans sa théologie et surmonter ce qui s'y trouve de non catholique."

 

Vittorio Messori: "Il serait intéressant de savoir de quels points la Congrégation pour la doctrine de la foi s'emparerait pour intervenir encore aujourd'hui contre Luther."

 

Le Cardinal Ratzinger n'hésite pas à répondre : "Quitte à paraître ennuyeux, je pense qu'il s'agirait à nouveau du problème ecclésiologique. Lors de la dispute de Leipzig, l'interlocuteur catholique de Martin Luther lui prouva de façon irréfutable que sa "nouvelle doctrine" ne s'opposait pas seulement aux Papes, mais aussi à la Tradition telle que l'avaient clairement exprimée les Pères et les Conciles. Luther fut contraint de l'admettre et déclara alors que les Conciles oecuméniques aussi se seraient trompés, plaçant ainsi l'autorité de l'exégète au-dessus de l'Autorité de l'Église et de sa Tradition."

 

Vittorio Messori: "C'est donc à ce moment-là que se produisit la "rupture" décisive?"

 

Cardinal Ratzinger : "Je crois en effet que ce fut le moment décisif. Parce qu'alors on renonça à la conception catholique de l'Église comme authentique interprète du vrai sens de la Révélation. Luther ne pouvait plus partager la certitude qui reconnaît en l'Église une conscience commune qui se situe au-dessus de l'intelligence et de l'interprétation personnelles. De sorte que la relation entre l'Église et l'individu, entre l'Église et la Bible en est fondamentalement altérée. Sur ce point, oui, la Congrégation devrait parler avec Luther s'il vivait encore; ou, pour mieux dire, sur ce point, nous parlons avec lui lors de nos conversations oecuméniques. (...)"

 

Vittorio Messori: "... [Le Cardinal] me cite le nouveau refus de Rome de concéder "l'intercommunion", c'est-à-dire la possibilité pour un catholique de participer à l'Eucharistie d'une Église réformée."

 

Cardinal Ratzinger: "De nombreux catholiques eux-mêmes, dit-il, pensent que ce refus est l'ultime avatar d'une mentalité intolérante qui devrait avoir fait son temps. Ils sont nombreux, ceux qui nous crient: "Ne soyez pas si sévères, si anachroniques!" Mais ce n'est pas une question d'intolérance ou de retard oecuménique: pour le Credo catholique, s'il n'y a pas de succession apostolique, il n'y a pas de sacerdoce authentique, et il ne peut donc y avoir d'Eucharistie sacramentelle au sens propre. Nous croyons que c'est ainsi que l'a voulu le Fondateur même du christianisme."

 

Source : Cardinal Joseph Ratzinger/Vittorio Messori, Entretien sur la foi, Fayard, 1985, p. 192-197. Le Forum catholique

 

La succession apostolique désigne la transmission par les apôtres de l’autorité des pouvoirs reçus de Jésus à des successeurs. C’est par la consécration épiscopale, que se transmet la succession apostolique. Depuis vingt siècles de christianisme, les évêques, unis au pape, assurent la continuité vitale et institutionnelle de la mission confiée aux apôtres par le Christ. (Source)

 

Le document "l’apostolicité de l'église et la succession apostolique" de la Commission théologique internationale a précisé en 1973 :

 

"Le mouvement commun de la Réforme a nié le lien entre l’Écriture et la tradition de l’Église en faveur de la normativité de la seule Écriture. Même si plus tard on se réfère de diverses manières à la Tradition, cependant on ne lui reconnaît pas la même dignité que dans l’Église ancienne. Le sacrement de l’ordre étant l’expression sacramentelle indispensable de la communion dans la Tradition, la proclamation de la sola Scriptura a entraîné l’obscurcissement de l’ancienne notion de l’Église et de son sacerdoce. Aussi, de fait, on a, à travers les siècles, souvent renoncé à l’imposition des mains, soit par des hommes déjà ordonnés, soit par d’autres. Là où elle a été pratiquée, elle n’avait pas eu la même signification que dans l’Église de la Tradition. Cette divergence dans la façon d’introduire dans le ministère et de l’interpréter n’est que le symptôme le plus saillant de la compréhension différente des notions d’Église et de Tradition. De nombreuses approches prometteuses (2) (Voir les résultats de certains dialogues bilatéraux) ont commencé à rétablir des contacts avec cette Tradition, bien que la rupture ne soit pas encore effectivement surmontée. Dans ces circonstances, l’intercommunion eucharistique reste pour le moment impossible (3) parce que la continuité sacramentelle dans la succession apostolique dès les origines constitue pour les Églises orthodoxes aussi bien que pour l’Église catholique un élément indispensable de la communion ecclésiale."

 

Les protestants nient le lien entre l'Ecriture et la tradition de l'Eglise en faveur d'une normativité de la seule Ecriture. Depuis 500 ans, l'obstacle fondamental à l'unité est la notion de succession apostolique. Or, les apôtres eux-mêmes ont voulu cette succession apostolique. Cette transmission des pouvoirs sacerdotaux est une pratique attestée dans le Nouveau Testament. L'organisation de l'Eglise est en place déjà en l'an 60 avant la mort des apôtres Pierre et de Paul.

 

Mgr Jacques Perrier, l'ancien évêque de Tarbes et Lourdes, a pu dire dans un document sur la succession apostolique que "Les évêques d’aujourd’hui sont reliés aux apôtres par une chaîne ininterrompue. Cette relation est un gage de fidélité à travers le temps et d’unité à travers le monde." Et dans un autre document publié sur Aleteia, il a explicité la notion de succession apostolique.

 

Parmi ses disciples, Jésus, après une nuit de prière, en a choisi douze, dont les évangiles nous donnent les noms. Judas ayant fait défection, Pierre prend l’initiative de procéder à son remplacement. Il faut trouver quelqu’un qui "nous ait accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu au milieu de nous, en commençant au baptême de Jean jusqu’au jour où il nous fut enlevé" (Actes des apôtres 1, 21-22). Après tirage au sort, c’est Matthias "qui fut mis au nombre des douze apôtres".

 

Quelques années plus tard, Saul bénéficie d’une apparition du Christ ressuscité sur le chemin de Damas : il devient "Paul", l’Apôtre par excellence, surtout auprès des païens. Le cas de Paul est unique : il ne se reproduira pas dans l’histoire. Il y a donc quelque chose de particulier à cette première génération : ils ont été "témoins oculaires" (Luc 1, 2) ; ils ont "entendu, vu, contemplé, touché" (1 Jean 1, 1). Ce qu’ils avaient à dire, ils l’ont dit. C’est pourquoi "la Révélation est close à la mort du dernier apôtre". Il n’y a pas d’autre Révélation à attendre, jusqu’à la fin des temps. "En ces jours qui sont les derniers, Dieu nous a parlé par le Fils" (Hébreux 1, 2). Là où ils prêchaient l’Evangile, les apôtres ont fondé des Eglises. Ils ont eu le souci de pouvoir à leur avenir en instituant, par la grâce de Dieu, des chefs de communauté. Saint Paul en est témoin. Les évangiles témoignent de Jésus jusqu’à son Ascension, quarante jours après Pâques. Les autres écrits du Nouveau Testament (Actes des apôtres, épîtres et Apocalypse) témoignent de l’activité des apôtres et des communautés, des "Eglises" qu’ils ont fondées.

 

Jésus n’a pas été un vagabond, prêchant au hasard. Il a constitué un noyau, les "Douze", à qui il a promis l’envoi de l’Esprit Saint. De même, les apôtres ont eu le souci, dès le début, de ne pas laisser chaque communauté s’en aller à la dérive, chacune suivant son penchant naturel. Paul repasse dans les communautés qu’il a fondées et leur envoie des lettres, les "épîtres".

 

Ainsi, à cette époque, Thessalonique, devenue la capitale de la Macédoine et le port le plus commerçant de la Méditerranée, reçoit la visite de Paul qui s'y rend dans sa seconde mission à sa sortie de Philippes. Il y trouve une synagogue, où il prêche à des Juifs, des prosélytes et des païens durant trois semaines et jette les fondements d'une petite chrétienté. Mais bientôt chassé par les intrigues des Juifs accusant les prédicateurs d'agir contre les décrets impériaux et traînant certains chrétiens devant les magistrats (Ac 17:5-9), il se retire à Bérée, puis à Athènes, et de là à Corinthe. C'est de cette dernière ville qu'il adresse à l'Eglise naissante de Thessalonique vers l'an 51, à peu d'intervalle l'une de l'autre, deux épîtres, les premières que nous ayons de lui. La première, qui contient des encouragements, est le plus ancien écrit du Nouveau Testament. L'apôtre y fait l'expérience de la mort et de la résurrection du Christ. Paul l'a envoyée une vingtaine d'années après la mort de Jésus, peu après son arrivée à Corinthe où Thimothée, vint lui apporter des nouvelles en provenance de Thessalonique (1 Th 3:6). A cette date, les traditions évangéliques ont déjà pris corps et d'autres textes peuvent nous rapporter des traditions plus anciennes, mais 1 Thessaloniciens est le plus ancien document chrétien connu. Dans leur relative simplicité, les deux lettres aux Thessaloniciens, parlent des "Eglises" et de ceux qui sont "à leur tête", elles mentionnent tout ce qui est la foi commune des premiers chrétiens et l'expérience des premiers missionnaires : l'amour de Dieu qui appelle (1 Th 1:4; 1 Th 2:12), la foi en la Trinité de "Dieu le Père, et le Seigneur Jésus-Christ" et l'"Esprit-Saint" (1 Th 1-5; 1 Th 4:8), la foi dans la mort et la résurrection du Christ (1 Th 1-10 ; 1 Th 4:14), l'attente du retour du Christ (1 Th 3:13; 1 Th 5:23), la croyance dans la résurrection de ceux qui sont morts dans le Christ (1Th 4:16), la persévérance dans la persécution (1 Th 2:14-16), l'amour fraternel (1 Th 4:9) et le caractère collectif et solidaire des premières communautés chrétiennes (1 Th 4:6), l'action de l'Esprit Saint dans la parole de proclamation et dans la vie des communautés. S. Paul met en place des "anciens", comme nous le voyons à Ephèse (Actes 20, 17), il envoie deux collaborateurs, Tite et Timothée, deux convertis du paganisme dans les communautés qu'il a fondées, pour éviter qu'elles ne dérivent. Ils sont destinataires de trois épîtres avec des conseils pour l'avenir. A Thimothée, en particulier, il rappelle le "don spirituel que Dieu a déposé en toi par l'imposition de mes mains" (1 Tm, 4: 14; et 2 Tm 1:6). La mission principale de Timothée est de "garder le dépôt" (1 Tm 6,20 ; 2 Tm 1,14). Ce dépôt doit être transmis à d'autres de génération en génération : "Ce que tu m’as entendu dire en présence de nombreux témoins, confie-le à des hommes dignes de foi qui seront capables de l’enseigner aux autres, à leur tour" (2 Tm 2,2). S. Pierre recommande aux "anciens en fonction" de paître le troupeau de Dieu qui leur est confié et aux "jeunes gens" d'être "soumis aux anciens" (1 P. 5, 1-2). Le souci de la continuité, la transmission de la charge par les apôtres, le caractère collectif autant qu’individuel, le titre de "pasteurs", titre qui convient d’abord au Christ et que Jésus avait donné à Pierre, sont autant de traits particuliers de l'Eglise primitive.

 

Les hommes qui dirigeaient les communautés du vivant des Apôtres ou après leur mort portent dans les textes du Nouveau Testament divers noms : presbytéroi-episkopoi, et sont décrits comme poimènes, hégoumenoi, proistamenoi, kyberneseis. Ce qui caractérise ces presbytéroi-episkopoi par rapport au reste de l’Église, c’est leur ministère apostolique d’enseignement et de direction. La grâce de Dieu se communique par des gestes et des paroles d’hommes, appelés "ministres" des sacrements, "ministre" signifiant "serviteur".
 

Dès que les communautés furent privées de la présence des Apôtres et voulurent cependant continuer à se référer à leur autorité, il fallut que fussent maintenues et continuées de façon adéquate les fonctions des Apôtres dans ces communautés et en face d’elles.

 

La rareté des documents ne permet pas de préciser autant que l’on voudrait les transitions qui se sont opérées. La fin du Ier siècle a connu une situation où les Apôtres, leurs collaborateurs immédiats et enfin leurs successeurs animent des collèges locaux de presbytéroi et d’episkopoi. Au début du IIe siècle, l’image de l’évêque unique à la tête des communautés apparaît vigoureusement dans les lettres de saint Ignace, qui affirme encore que cette institution se trouve établie "jusqu’aux extrémités de la terre" (Ad Ephesios 3, 2).

 

Au cours du IIe siècle, cette institution est reconnue de manière explicite, dans le sillon de la lettre de Clément, comme porteuse de la succession apostolique. L’ordination avec imposition des mains, attestée par les Épîtres pastorales, apparaît à l’intérieur du processus de clarification comme un pas important pour la sauvegarde de la tradition apostolique et pour la garantie de la succession dans le ministère. Les documents du IIIe siècle ("tradition" d’Hippolyte) montrent qu’elle était pacifiquement acquise, et considérée comme une institution nécessaire.

 

L’Apocalypse de Jean commence par des lettres aux sept Eglises d’Asie Mineure. Souci de fidélité et de cohérence. Les apôtres ont souci de l’unité de l’Eglise, à travers le temps ("succession apostolique") et dans l’espace ("communion").

 

La succession apostolique a été mise en valeur, au 2ème siècle, par saint Irénée, évêque de Lyon, disciple de Polycarpe, disciple de Jean l'Evangéliste. Né à Smyrne l'an 132, il explique dans son traité "Contre les hérésies" : "Nous pourrions énumérer les évêques qui furent établis par les apôtres dans les Eglises, et leurs successeurs jusqu’à nous… Mais comme il serait trop long d’énumérer les successions de toutes les Eglises, nous prendrons seulement l’une d’entre elles, l’Eglise très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome."

Saint Irénée, cite alors les successeurs de Pierre et Paul : Lin, Anaclet, Clément, Evariste, Alexandre, Xyste, Télesphore, Hygin, Pie, Anicet, Soter "et maintenant Eleuthère", qui fut évêque de Rome à partir de 175. Les noms de certains d’entre eux figurent dans la Prière eucharistique n° 1, dite "canon romain".

 

"Après avoir fondé et édifié l'Église (de Rome), les bienheureux apôtres (Pierre et Paul) remirent à Lin la charge de l'épiscopat ; c'est de ce Lin que Paul fait mention dans les épîtres à Timothée. Anaclet lui succède. Après lui, en troisième lieu à partir des apôtres, l'épiscopat échoit à Clément. Il avait vu les apôtres eux-mêmes et avait été en relations avec eux : leur prédication résonnait encore à ses oreilles et leur tradition était encore devant ses yeux. Il n 'était d'ailleurs pas le seul, car il restait encore à cette époque beaucoup de gens qui avaient été instruits par les apôtres. Sous ce Clément, donc, un grave dissentiment se produisit chez les frères de Corinthe ; l'Église de Rome adressa alors aux Corinthiens une très importante lettre pour les réconcilier dans la paix, renouveler leur foi et leur annoncer la tradition qu'elle avait naguère reçue des apôtres" (S. Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 3, 3). Cette lettre, généralement appelée "Épître de Clément de Rome aux Corinthiens", décrit de la manière suivante les dispositions prises par les apôtres en vue de leur succession : "Les apôtres nous ont annoncé la bonne nouvelle de la part de Jésus-Christ. Jésus-Christ a été envoyé par Dieu. Le Christ vient donc de Dieu et les apôtres du Christ. Cette double mission elle-même, avec son ordre, vient donc de la volonté de Dieu." (Épître de Clément aux Corinthiens, XLII, 1 - 4 et XLIV, 1 – 2) Il en ressort que l'interprétation correcte des Écritures est donnée dans l'Église, dont les pasteurs bénéficient d'une assistance de l'Esprit pour trancher en cas de doute. (Source)

 

Les sacrements s’inscrivent dans la ligne de l’Incarnation : Dieu s’est fait repérable. De même, par la succession apostolique, à la fois collégiale et personnelle, nous pouvons repérer la continuité avec la génération des premiers témoins et la cohésion à l’intérieur de l’Eglise, malgré et à travers la diversité des cultures.

 

Saint Irénée s’appuya sur la succession apostolique pour répondre aux hérétiques qui, contre cette continuité et collégialité épiscopales, avaient déjà "constitué des groupements illégitimes".

"La Tradition des apôtres, qui a été manifestée dans le monde entier, c’est en toute Eglise qu’elle peut être perçue : la condition, c’est que chaque Eglise reste en communion avec l’Eglise de Rome."

 

 

Tout en représentant avec autorité l’Évangile et en se manifestant fondamentalement comme un service envers l’Église totale (2 Co 4, 5), le ministère ordonné exige du ministre qu’il rende présent le Christ humilié (2 Co 6, 4 s) et crucifié (Ga 2, 19 s ; 16, 14 ; 1 Co 4, 9 s). L’Église, qu’il sert, est, dans sa totalité, ainsi que dans chacun de ses membres, informée et mue par l’Esprit, chaque baptisé étant "enseigné par l’Esprit" (1 Th 4, 9 ; He 8, 11 ; Jr 31, 33 s ; 1 Jn 2, 20 ; Jn 6, 45). Le ministère sacerdotal ne pourra donc que lui rappeler avec autorité ce qui inchoativement est déjà inclus dans sa foi baptismale, mais dont ici-bas il ne pourra jamais épuiser la plénitude. De même le fidèle devra nourrir sa foi et sa vie chrétienne par la médiation sacramentelle de la vie divine. La norme de la foi — que dans son caractère formel nous désignons comme "règle de foi" — lui est immanente par l’action de l’Esprit, tout en restant transcendante par rapport à l’homme, puisqu’elle ne peut jamais être purement individuelle, mais qu’elle est essentiellement ecclésiale et catholique. En cette règle de foi, l’immédiateté de l’Esprit divin à chaque personne est donc nécessairement liée à la forme communautaire de cette foi.

 

[L]’Esprit nous communique la connaissance du Père par Jésus, la foi chrétienne est trinitaire : sa forme pneumatique inclut nécessairement ce contenu qui s’exprime et se réalise de manière sacramentelle dans le baptême trinitaire. La règle de foi, c’est-à-dire le type de la catéchèse baptismale dans laquelle s’épanouit le contenu trinitaire, constitue en tant qu’union de la forme et du contenu le pivot permanent de l’apostolicité et de la catholicité de l’Église. Elle réalise l’apostolicité parce qu’elle lie les hérauts de la foi à la règle christo-pneumatologique : ils ne parlent pas en leur propre nom, mais témoignent de ce qu’ils ont entendu (Jn 7, 18 ; 16, 13 s ; etc.).

 

Jésus-Christ s’avère être le Fils en tant qu’il annonce ce qui vient du Père. L’Esprit s’avère être l’Esprit du Père et du Fils parce qu’il ne puise pas dans le sien, mais les révèle et rappelle ce qui vient du Fils (Jn 16, 13 s). Cela devient, dans le prolongement du Seigneur et de son Esprit, le caractère distinctif de la succession apostolique. Le magistère ecclésial se distingue aussi bien d’un pur magistère de docteurs que d’un pouvoir autoritaire. Là où le magistère de la foi passerait aux professeurs, la foi serait liée aux lumières d’individus et par là livrée en grande partie à l’esprit du temps. Et là où la foi dépendrait du pouvoir despotique de certaines personnes individuelles et collectives, qui d’elles-mêmes décréteraient ce qui est normatif, la vérité serait remplacée par un pouvoir arbitraire. Le vrai magistère apostolique est lié par contre à la Parole du Seigneur et introduit ainsi ses auditeurs dans sa liberté.

 

Rien dans l’Église n’échappe à la médiation apostolique : pas plus les pasteurs que leurs ouailles, les énoncés de foi que les préceptes de la vie chrétienne. Le ministère ordonné se trouve même doublement référé à cette médiation, étant lui-même soumis, d’une part, à la règle des origines chrétiennes, et, de l’autre - d’après la parole d’Augustin -, tenu à se laisser instruire par la communauté des croyants, qu’il a lui-même l’obligation d’instruire.

 

Le manque de la succession apostolique est la raison pour laquelle les documents romains parlent à propos des mouvements issus de la "Réforme" protestante, de "communautés ecclésiales" plutôt que d’Eglises à proprement parler. Cette précision de vocabulaire, a été effectuée par le cardinal Ratzinger en 2000 dans la Déclaration “Dominus Jesus”, n° 17.

 

Le document de 1973 "l’apostolicité de l'église et la succession apostolique" ajoute :

 

"Cette constatation ne signifie nullement que les qualités ecclésiales et spirituelles des ministères et des communautés protestantes soient pour autant négligeables. Les ministres ont édifié et nourri les communautés. Par le baptême, par l’étude et la prédication de la Parole, par la prière commune et la célébration de la Cène, par leur zèle, ils ont guidé les hommes vers la foi au Seigneur et les ont ainsi aidés à trouver le chemin du salut. Il y a donc dans ces communautés des éléments qui certainement appartiennent à l’apostolicité de l’unique Église du Christ (4). (Voir la constitution dogmatique Lumen gentium 15 et le décret Unitatis redintegratio 3, 19-23.)"

 

Il ressort de ces textes et du récent rapprochement du pape François avec les luthériens une volonté historique de l'Eglise catholique de faire l'unité avec les protestants sans y parvenir du fait même de la volonté des Réformés de s'en tenir au sola Scriptura de Luther, contre la tradition apostolique et contre ce qui constitue la communauté chrétienne.

 

L'impossibilité de la communion avec les protestants ne vient donc pas de l'Eglise, qui au contraire a toujours cherché les moyens de les réintégrer, elle vient du "credo" des protestants eux-mêmes.

Partager cet article

Repost 0
Publié par Ingomer - dans Religion
commenter cet article

commentaires