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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 16:33

L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair a exhorté les opposants de Brexit à "se lever" et à se battre pour changer la position du peuple britannique de quitter l'Union européenne.

 

Dans sa première intervention politique importante depuis le vote en juin dernier, Blair a lancé un cri de ralliement aux opposants de Brexit, déclarant qu'il n'y avait aucune clarté sur ce que signifiait le vote du référendum et que le gouvernement avait misé sur le "Brexit à n'importe quel prix" .

 

"Le peuple a voté sans connaissance sur les termes du Brexit, car quand ces termes deviennent clairs, c'est leur droit alors de changer d'avis. Notre mission est de les persuader de le faire ", a-t-il déclaré, cité par Reuters dans un discours pro-européen du Groupe de la Bretagne ouverte. Blair a parlé au siège européen de Bloomberg à Londres, le même endroit où, en janvier 2013, l'ancien Premier ministre David Cameron a annoncé son projet d'appeler un référendum sur l'adhésion à l'UE, sans le savoir mettre la Grande-Bretagne en route pour partir.

 

[...] Blair, qui a dirigé le pays de 1997 à 2007, s'oppose explicitement au gouvernement conservateur de May, l'accusant d'être un "gouvernement pour Brexit, de Brexit et dominé par Brexit". Blair a critiqué May et d'autres membres du Gouvernement qui avait soutenu le "rester" dans la campagne de référendum, pour s'engager à sortir la Grande-Bretagne du marché unique pour des raisons politiques, même après avoir offert une défense ferme de ses mérites. "Ils ne conduisent pas ce bus, ils sont conduits", dit-il.

 

On ignore si les remarques de Blair auront un impact : sa réputation dans le public britannique reste ternie par la guerre en Irak (de même que dans sa responsabilité dans l'essor de Daech. Ndlr.), un problème qui a refait surface l'an dernier quand une enquête tant attendue a critiqué son rôle dans la décision de rejoindre la coalition des Etats- Envahisseurs. Pourtant, il continue de se faire une voix forte dans la politique britannique et a cherché à faire des interventions ciblées ces dernières années: d'abord pour avertir les électeurs contre l'élection du chef du Parti travailliste à gauche Jeremy Corbyn et ensuite pour dissuader les électeurs de soutenir Brexit. Aucune de ses interventions n'a été couronnée de succès.

 

Bien qu’il conserve le soutien des modérés du parti travailliste, il est vilipendé par de nombreux membres qui sentent qu'il a trahi les racines socialistes du parti, et son ancien parti s'est bien éloigné du centre affairiste pro-business qu'il défendait autrefois.

 

Theresa May a promis de déclencher l'article 50 et de commencer le processus de quitter l'Union européenne le mois prochain, et a dit qu'elle envisage une rupture nette de l'UE, y compris la sortie du marché unique. Elle a également mis en garde les politiciens contre l'interruption du processus.

Blair a affirmé que parmi les risques du Brexit, la question de l’éclatement du Royaume-Uni était désormais "sur la table" et les circonstances pour les nationalistes étaient maintenant "beaucoup plus crédible" qu'elles ne l'étaient il y a trois ans.

Tony Blair exhorte les opposants aux Brexit "à se relever" et à lutter pour rester dans l'UE

Source: Zero Hedge

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 14:49

A mal nommer les choses, on ajoute au malheur du monde.

Albert CAMUS

On a vu hier soir que l'emploi par Emmanuel Macron du terme de "crime contre l'humanité" pour désigner la colonisation était inapproprié : ce "concept juridique strictement défini, ne s'applique pas à la colonisation". L'emploi de ce terme est également un moyen dangereux et indigne dans un contexte particulièrement explosif de troubles d'attentats islamistes, d'émeutes dans les banlieues (suite à l'"affaire Théo")... L'emploi de cette expression dans un contexte de campagne présidentielle instrumentalise clairement la colonisation à des fins de vote ethnique et religieux.

 

Sur son blog, c'est aussi le point de vue du philosophe François-Xavier Bellamy en commentaire de sa tribune parue dans Le Figaro du 17 février 2017 "Macron ou la passion de la post-vérité". L'emploi par Emmanuel Macron du terme de "crime contre l'humanité" pour désigner la colonisation est une "faute grave" et une "faute morale" :

 

"Merci pour vos commentaires. Plusieurs indiquent que j’aurais confondu crime contre l’humanité et génocide ; ce n’est pas le cas. Dans tous les cas reconnus comme tels par les tribunaux pénaux internationaux, le crime contre l’humanité porte en lui-même l’intention, pour reprendre le terme employé par Laurent G., d’une destruction érigée en seul objectif. C’est exactement ce que j’ai écrit. Sans minorer en rien leur importance, il faut reconnaître de ce point de vue que tout meurtre, tout viol, et même tout crime de guerre, n’est pas un crime contre l’humanité au sens propre du terme ; dire cela encore une fois ne signifie en rien que l’on minimise l’horreur. Mais employer le terme de crime contre l’humanité a simplement un sens précis, qu’il faut respecter, ce que M. Macron n’a pas fait. C’est bien de son côté que se trouve l’exagération…

Et cette exagération est coupable, je le maintiens : car la différence entre crimes de guerre et crimes contre l’humanité est précisément celle qui différencie les horreurs très réelles commises à l’occasion de l’entreprise coloniale, des crimes nazis par exemple. Les Français en Algérie ont tué et torturé, c’est un fait, et loin de moi de défendre cela. Mais ils ne sont pas allés en Algérie pour tuer et torturer, ils y sont allés en pensant apporter le progrès et la civilisation ; ce projet leur venait largement d’une forme de croyance positiviste dans l’accomplissement historique dont l’Europe aurait été dépositaire au milieu du reste du monde. Jules Ferry avait tort de penser que le devoir des races supérieures était de civiliser les races inférieures – et ce tort était d’autant plus coupable qu’à cette suffisance erronée se mêlaient aussi beaucoup d’intérêts politiques et commerciaux. Mais Jules Ferry et ses contemporains n’ont pas choisi la colonisation comme un projet de destruction. Sinon elle n’aurait jamais compté aussi, malgré ses pages les plus noires, de vrais engagements de développement, et tout ce qui a fait finalement que les territoires colonisés, comme l’a montré Christophe Charle, ont coûté plus d’investissements à la France qu’ils ne lui ont bénéficié.

Tout cela, Emmanuel Macron le reconnaît d’ailleurs lui-même lorsqu’il parle des apports bénéfiques de la colonisation, ou de ses aspects positifs – qui oserait sérieusement parler des aspects positifs d’un crime contre l’humanité ? Comment soutenir honnêtement une telle inconsistance de langage ? Oui, la colonisation a causé des crimes, de part et d’autre d’ailleurs ; elle a sans aucun doute été une erreur historique, et notre monde se porterait mieux sans les déséquilibres qu’elle a causé. Mais on ne peut la qualifier de crime contre l’humanité."

"En marche" arrière avec Macron ! Pourquoi l'emploi par Emmanuel Macron de l'expression "crime contre l'humanité" pour désigner la colonisation est une faute grave ?

Dans sa tribune parue dans Le Figaro du 17 février 2017, le professeur de philosophie aborde les éléments moraux qui condamnent l'expression d'Emmanuel Macron. Il explique que "la colonisation... constitue plutôt l’une de ces tragédies auxquelles a a conduit cette foi aveugle dans le progrès dont le même Emmanuel Macron se revendique aujourd’hui !". Et il rappelle cette vérité historique que ne veulent pas entendre les républicains "de gauche" : ..."pour cette raison d'ailleurs (de la foi aveugle dans le progrès chez Jules Ferry, Jean Jaurès, Léon Blum. Ndlr.), c'est la gauche progressiste qui avait largement épousé l'idéologie coloniale". Extraits :

 

"Nos démocraties occidentales traversent une crise profonde, qui est d’abord une crise de confiance dans ce qui constitue leur outil essentiel, le langage. Le relativisme omniprésent nous ayant conduit à l’ère de la « post-vérité », la parole publique ne semble plus renvoyer à rien, et dénuée de toute consistance elle perd sa signification.

[...] Il y a quelques jours en Algérie, Emmanuel Macron déclarait que la colonisation avait été un « crime contre l’humanité. » Soit un plan concerté pour exterminer par tous les moyens les populations vivant sur les territoires colonisés… Tout cela n’a aucun sens. Que l’histoire de la colonisation ait été marquée par des crimes, nul ne peut en douter. Mais qu’il faille mettre le projet colonisateur sur le même plan que la Shoah, qu’on puisse assimiler Jules Ferry à Hitler ou Lyautey à Eichmann, voilà qui constitue une double et inacceptable insulte. Insulte à tous ceux qui – Juifs d’Europe, Arméniens d’Anatolie, chrétiens en URSS, Tutsis au Rwanda… – sont morts broyés par la haine, par une folie destructrice qui ne poursuivait aucun autre but que leur seule extermination : comment mépriser ce que leur souffrance eut d’unique, unique au point que pour la décrire le droit international a formé cette expression de crime contre l’humanité, qu’on ne devrait employer qu’avec soin quand il nous faut dire le passé ?

[...] La colonisation n’était pas un projet de destruction, elle portait dans son principe la volonté de cultiver qui lui a donné son nom – en fait, le grand paradoxe, c’est qu’elle constitue plutôt l’une de ces tragédies auxquelles a conduit cette foi aveugle dans le progrès dont le même Emmanuel Macron se revendique aujourd’huiPour cette raison d’ailleurs, c’est la gauche progressiste qui avait largement épousé l’idéologie coloniale. Nous pouvons aujourd’hui dire les conséquences tragiques de cette erreur historique, sans insulter ceux qui y crurent. Ceux qui ont laissé leurs noms sur nos monuments aux morts n’ont pas donné leur vie dans un crime contre l’humanité, et il est révoltant de voir aujourd’hui un candidat qui prétend présider notre République venir cracher sur leurs tombes par opportunisme électoral.

Car c’est bien là le fond du problème. Lorsque la parole ne renvoie plus au réel, lorsqu’on dit tout et son contraire, quand la vérité ne compte plus, c’est que seule importe l’efficacité – en termes de calcul politique, de voix rapportées, de cibles touchées. La démocratie se dissout dans le marketing, et ainsi on détruit un peuple aussi sûrement que par la censure. C’est là la faute grave dont Emmanuel Macron est en train de se rendre coupable. Car qui ne voit la ficelle grossière dans cette surenchère mémorielle délirante ? La cible, en l’occurrence, ce sont des millions de binationaux, héritiers de cette histoire douloureuse. Mais si la cible est touchée, la victime sera la France.

Connaissant, pour y avoir enseigné, certains quartiers qui s’embrasent aujourd’hui, comme tous ceux qui ont vécu ou travaillé en banlieue, je mesure l’ampleur de la tragédie que la parole d’Emmanuel Macron contribue à entretenir. Des générations de jeunes Français, nés en France et qui vont y construire leur vie, sont entretenus par nos dirigeants dans la haine de leur propre pays… Qui ne voit combien sont graves ces mots absurdes, irresponsables ? « Crime contre l’humanité » : l’erreur historique est aussi une faute morale, car ces mots deviennent le ferment de la violence, de la vengeance et de la division.

Ce petit calcul politique est d’autant plus médiocre et dangereux que, hélas, il dure depuis trop longtemps déjà… Comme beaucoup de Français et de jeunes en particulier, j’avais regardé avec intérêt le renouvellement qu’Emmanuel Macron semblait apporter à notre classe politique. Quelle désillusion aujourd’hui ! Cette stratégie électorale recycle la schizophrénie des élites qui depuis quarante ans tentent de sauver leur lien avec les jeunes issus de l’immigration, à coup d’histoire biaisée et de tribunes dans Libé, en leur expliquant qu’ils sont les victimes de leur propre pays – leur interdisant ainsi de s’y reconnaître et de s’y intégrer… Ce petit calcul irresponsable est précisément ce qui nous bouche le chemin d’un avenir commun, et ce qui provoque aujourd’hui la poussée de violence qui traverse nos banlieues, dans la coupable complaisance de dirigeants installés dans l’échec du mensonge victimaire. Quand il affirme qu’il n’y a pas de culture française, quand il insulte à l’étranger le pays qu’il prétend diriger, Emmanuel Macron montre qu’il n’est que la nouvelle voix de la vieille haine de soi qui a conduit la France au bord d’une division irréversible. Mais nous refuserons de le suivre en marche forcée vers le vide. Le mensonge est trop vieux.

Le véritable renouveau consiste à reconquérir les mots, et à leur redonner leur sens. Si Emmanuel Macron a travaillé avec Paul Ricœur pour son dernier grand ouvrage, La mémoire, l’histoire, l’oubli, il devrait se souvenir de l’avertissement qu’il y lançait : « l’histoire manipulée » est toujours dangereuse pour l’avenir, car « la projection du futur est solidaire du regard sur les temps passés. » Il n’y a pas de vrai progrès sans passion de la vérité ; on ne peut se dire philosophe et choisir d’incarner la dangereuse vacuité du langage pour les calculs sophistiques de l’ère de la postvérité."

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 12:02

AMORIS LAETITIA REPOSERAIT SUR DES PRÉMISSES ERRONNÉES

 

Pour le Père Michael, la thèse défendue dans le récent livre du Card. Coccopalmerio sur l'interprétation du chapitre 8 d'Amoris Laetitia repose sur des prémisses fausses qui se trouvent déjà dans la note 329 de l'exhortation apostolique de François.

 

Le Cardinal affirme (avec le soutien du Pape) que, pour autant que des divorcés remariés civilement souhaitent changer de vie, il ne doivent pas vivre comme frère et soeur parce que l'abstinence nuirait à leur couple.

 

La note d'Amoris Laetitia en question s'appuie à son tour sur la constitution Gaudium et Spes (du Concile Vatican II. Ndlr.) n. 51 qui dit en effet "Là où l’intimité CONJUGALE est interrompue, la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis : car en ce cas sont mis en péril et l’éducation des enfants et le courage nécessaire pour en accepter d’autres ultérieurement."

 

Dans Gaudium et Spes cette affirmation se trouve dans le point intitulé "L'Amour conjugal et le respect de la vie humaine." et concerne donc uniquement les couples mariés.

 

Or Amoris Laetitia utilise cette citation hors contexte pour l'appliquer aux couples divorcés (et "engagés dans une nouvelle union". Ndlr.) en affirmant que "Dans ces situations, connaissant et acceptant la possibilité de cohabiter ‘‘comme frère et sœur’’ que l’Église leur offre, beaucoup soulignent que s’il manque certaines manifestations d’intimité « la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis » (voir Gaudium et Spes 51)"

 

Le Père Michael fait donc remarquer que le nouvel ouvrage du Cardinal Coccopalmerio se garde bien de faire remarquer que l'intimité en question concerne en fait LA VIE CONJUGALE et estime que la citation est utilisée hors contexte dans le but de faire dire à Gaudium et Spes quelque chose qu'il ne dit pas.

Amoris laetitia reposerait sur des prémisses erronées

Source: Diakonos.be

Amoris laetitia (n° 298 et sa note 329) prend en effet Gaudium et spes (n° 51) du Concile Vatican II décrivant le risque que court la fidélité et le bien des enfants lorsque l'"intimité conjugale est interrompue" et l'applique aux divorcés et remariés (!) pour, en quelque sorte, justifier l'adultère.

 

Voici dans l'image ci-dessous ce que dit Gaudium et spes n° 51 à propos des couples mariés (les passages importants sont soulignés en rouge):

Amoris laetitia reposerait sur des prémisses erronées

Et voici ce que dit Amoris laetitia n° 298 et sa note 329 à propos des "divorcés engagés dans une nouvelle union" :

Amoris laetitia reposerait sur des prémisses erronées

Amoris laetitia, note 329 :

Amoris laetitia reposerait sur des prémisses erronées

Cette application abusive de Gaudium et spes aux divorcés et "remariés" avait déjà été aperçue par Don Alfredo Morselli dans l'article en italien de "Corrispondenza Romana" titré "Amoris Laetitia: la logica dell’eresia", le 27 décembre 2016, "Amoris Laetitia : la logique de l'hérésie", dont nous avions proposé une traduction :

 

"Pour soutenir que la fornication et l'adultère ne sont pas toujours des péchés mortels, vous avez ...

 

a) une utilisation absurde de Gaudium et Spes utilisé pour soutenir que dans certains cas, le péché est bon pour l'amour, en appliquant à une relation adultère le principe selon lequel s'il lui manque certaines expressions d'intimité conjugale, il n'est pas rare que "la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis" (Conc Concile œcuménique Vatican II, Constitution Gaudium et spes, 51;..... cf. Amoris laetitia, note 329) ..."

***

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 09:30

"Le libéralisme est un péché" (1884) était le titre de l'ouvrage de Don Sarda y Salvany (1841-1916) qui reçut l'approbation de la Sacrée Congrégation de l'Index le 10 janvier 1887. Cet ouvrage décrivait ce que l'erreur séduisante du libéralisme a de faux aspects de générosité, de miséricorde et de charité. "Le libéralisme est l'hérésie radicale et universelle, parce qu'il comprend toutes les hérésies. [...] Il est l'infraction universelle et radicale de la loi de Dieu parce qu'il en autorise et sanctionne toutes les infractions." (1)

 

"Dès son apparition en France, lors de la première Révolution, la fameuse Déclaration des droits de l'homme, qui contient en germe toutes les folies du moderne libéralisme, fut condamnée par Pie VI." (2) Le Pape Pie IX a clairement condamné le libéralisme dans le Syllabus du 8 décembre 1884.

"Le 18 juin 1871, Pie IX, répondant à une députation de catholiques français, leur parla ainsi : ''L'athéisme dans les lois, l'indifférence en matière de religion et les maximes pernicieuses appelées catholiques-libérales, sont, oui, elles sont véritablement la cause de la ruine des Etats; elles l'ont été de la perte de la France". Dans le Bref du 6 mars 1873 adressé au président et aux membres du Cercle Saint-Ambroise de Milan, le souverain pontife s'exprime ainsi : "Il ne manque pas de gens qui prétendent former une alliance entre la lumière et les ténèbres, et associer la justice avec l'iniquité à la faveur de ces doctrines appelées catholiques-libérales qui, basées sur de très pernicieux principes, se montrent favorables aux intrusions de la puissance séculière dans les affaires spirituelles, inclinent leurs partisans à [...] tolérer des lois iniques, comme s'il n'était pas écrit que nul ne peut servir deux maîtres. Ceux qui agissent ainsi, sont en tous points plus dangereux et plus funestes que les ennemis déclarés. [...] Ils se produisent avec quelque apparences de probité et de saine doctrine, qui hallucinent les amis imprudents de la conciliation et séduisent les personnes honorables qui auraient combattu l'erreur déclarée". Dans le Bref à La Croix, journal de Bruxelles en date du 21 mai 1874, le pape s'exprime ainsi : "[...] le libéralisme catholique, acharné à concilier la lumière avec les ténèbres et la vérité avec l'erreur..." (3) Combien cette manière de faire n'est-elle pas de mise aujourd'hui dans l'ensemble de nos chapelles et églises où l'on n'entend et l'on ne voit que ça !

 

L'authentique charité est "une vertu surnaturelle qui nous incline à aimer Dieu par-dessus toute chose et le prochain comme nous-mêmes pour l'amour de Dieu". "Aimer, c'est vouloir le bien à celui qu'on aime". "Il suit de là qu'on peut aimer le prochain, bien et beaucoup, en lui déplaisant, en le contrariant". Or, la "fausse charité libérale" "est condescendante, affectueuse, tendre même, dans la forme, mais au fond elle n'est que le mépris essentiel des biens véritables de l'homme, des suprêmes intérêts de la vérité et de Dieu". (4)

 

Don Sarda y Salvany cite dans son ouvrage une "Lettre pastorale adressée à leurs diocésains par les Evêques d'Equateur réunis en concile provincial", du 15 juillet 1885. Cette lettre expose parmi les "conséquences" du libéralisme : l'amoralité, c'est-à-dire la disparition de la morale. "Le libéralisme étant la passion dominante du XIXe siècle, [...] c'est lui qui est responsable de tant d'erreurs et de délires, de tant de calamités et de désastres. [...] A notre avis, le libéralisme est en définitive la suppression de la conscience humaine [...], il aspire encore à ravir à l'individu, au moyen de l'épouvantable bouleversement de la raison dominée par les passions, un des premiers éléments naturels de la constitution humaine : la moralité"...

N'est-ce pas ce que nous constatons aujourd'hui avec l'exhortation post-synodale du Pape François "Amoris laetitia" et les "problèmes moraux de la nouvelle pastorale qui verront un torrent de solutions à base de 'for interne de la conscience', solutions à toutes les questions morales contestées" (P. Mark A. PILON) ?

 

Aujourd'hui, on en est arrivé au point que selon le théologien canadien Douglas Farrow, une exhortation papale, "Amoris laetitia", "ne remet pas seulement en cause l’ordre moral, elle met aussi en danger les sacrements."

 

"Jamais plus qu'aujourd'hui, la lecture de ce livre [Le libéralisme est un péché] est nécessaire pour tous ceux qui veulent se désintoxiquer des erreurs du libéralisme. Le virus qui détruit toutes les valeurs naturelles et surnaturelles atteint désormais, non seulement les sociétés civiles, mais l'Église elle-même. C'est en poursuivant les ramifications de ce cancer que nous restaurerons le Règne de Notre Seigneur Jésus-Christ et de sa sainte Mère ici-bas, et que nous travaillerons à l'extension de la seule arche du salut : l'Église Catholique et Romaine." (Extrait de la préface de Mgr Marcel Lefebvre pour l'édition de 1975). 

 

Le mouvement libéral, solennellement condamné par le Syllabus du 8 décembre 1864 du Pape Pie IX, est clairement identifiable dans l'histoire de l'Eglise au XXe siècle sous le nom de "libéralisme évangélique". Il faut savoir qu'appliqué au protestantisme depuis le début (doctrine luthérienne du "libre examen"), l'ultra-libéralisme a entraîné la "disparition de tous les courants protestants qui l’ont adopté".

La question qui se pose dès lors est "l’Eglise catholique doit-elle suivre ce mouvement?" :

Le libéralisme évangélique

Texte du site Pro Liturgia auquel nous avons ajouté un lien sur le mot "Tradition" :

 

Le modèle d'Eglise qu’une grande partie du clergé français, de nombreux "laics engagés", ainsi que certains membres très haut placés dans la hiérarchie catholique veulent nous imposer, sous des apparences de spontanéité, de sincérité et de “générosité”, est en fait la concrétisation d’un courant idéologique clairement identifiable dans l’Histoire, et qui porte le nom de “libéralisme évangélique (voir ici).

Ce courant, issu du protestantisme qu’admire François, prône un modèle ecclésial marqué par les caractéristiques suivantes :

 

- l’Eglise doit être uniquement horizontale et égalitaire, sans hiérarchie, sans sacerdoce. Elle n’est plus conçue comme le peuple de Dieu guidé par des pasteurs dépositaires, par la succession apostolique, d’un dépôt de la foi qu’ils auraient pour mission d’enseigner au peuple (Eglise “Mater et Magistra”), mais comme une confédération de communautés démocratiques dépourvues de doctrine clairement établie, et dont le principe réside non dans l’enseignement pérenne d’un magistère unique mais dans la conscience - par nature fluctuante et changeante - de chaque individu ou communauté ;

- l’ensemble de la doctrine chrétienne doit être passée au crible du rationalisme et de la pensée contemporaine. Lorsqu’il y a incompatibilité entre un élément de la foi chrétienne et la pensée moderne, c’est cette dernière qui doit systématiquement servir de critère de vérité ; tout ce qui dans la foi chrétienne est incompatible avec la modernité doit être rejeté ou au moins passé sous silence ;

- il n’y a pas de Tradition : seule l’Ecriture sert de texte de référence, mais uniquement dans la mesure où elle peut être interprété dans un sens libéral ;

- la notion de sacré doit être entièrement rejetée, aussi bien dans le culte, que dans le temps, l’espace, les personnes, et même l’Ecriture (voir ici).

 

C’est très clairement ce programme qui s’applique sous nos yeux dans un grand nombre de paroisses ; c’est ce programme qui est aujourd’hui prôné, plus ou moins ouvertement, le plus souvent de façon insidieuse, par nombre de clercs, de professeurs d’universités, de théologiens bien en vue aujourd’hui dans l'Eglise. A ce militantisme interne à l’Eglise s’ajoute la pression de l’opinion publique moderne, la modernité étant profondément protestante dans son essence.

 

Ce mouvement libéral pose deux problèmes fondamentaux à l’Eglise aujourd’hui :

 

- d’une part, il constitue une rupture brutale et frontale avec tout ce qu’est l’Eglise catholique depuis sa fondation et ses premiers développements ;

- d’autre part, ceux qui le promeuvent semblent oublier que cet ultra-libéralisme est en train de provoquer un profond délitement, et à terme la disparition de tous les courants protestants qui l’ont adopté, comme le reconnaissent les protestants eux-mêmes (voir ici)

 

La question qui se pose est donc la suivante : l’Eglise catholique doit-elle suivre ce mouvement, appliquer ce programme mis en place dans la majorité des diocèses et des paroisses et donc, à terme, se condamner à disparaître, ou bien doit-elle rester fidèle à sa nature originelle, quitte à assumer une certaine opposition à la modernité et à la pastorale actuelle ?

 

De la réponse à cette question dépend la survie de l’Eglise dans ce XXIe siècle qui débute.

Notes

 

(1) Don SARDA Y SALVANY, Le libéralisme est un péché, Publication du Sel de la Terre, Avrillé 1997, p. 25

(2) Don SARDA Y SALVANY, Le libéralisme est un péché, ibid., p. 44

(3) Don SARDA Y SALVANY, Le libéralisme est un péché, ibid., p. 46-47

(4) Don SARDA Y SALVANY, Le libéralisme est un péché, ibid., p. 90-91

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 23:30

Emmanuel Macron a dénoncé aujourd'hui la colonisation comme "un crime contre l'humanité". Il aurait bien fait de dénoncer le crime de l'intervention de son gouvernement en Syrie. Dans un entretien accordé mardi 14 février à Europe 1 et TF1, et diffusé aujourd'hui, le président syrien Bachar el-Assad a en effet fustigé "la politique de la France" sous François Hollande, qui "a consisté à soutenir les terroristes en Syrie" et "est directement responsable des tueries dans notre pays" (la Syrie) qui ont "des centaines de milliers" de morts..., et pour lesquels on n'a pas entendu l'ex-ministre de François Hollande dénoncer spécialement ce crime.

 

La France a peut-être apporté les droits de l'homme en Syrie, mais elle a encore une fois oublié de les lire ! (1)

 

L'entretien de Bachar Al-Assad est retranscrit en intégralité sur Europe1.fr. Voici l'extrait en question :

 

FN : Monsieur, parlons des relations entre la France et la Syrie. D’ici quelques semaines, un nouveau président sera élu en France. Et parmi les débats que nous avons chez nous, il y a celui qui concerne la reprise du dialogue avec votre gouvernement. Est-ce que vous espérez une relance des relations diplomatiques avec la France ?

 

Al-Assad : Ce qui est important, ce ne sont pas nos relations diplomatiques. Il s'agit essentiellement et en premier lieu de la ligne politique de la France. Si nous n’avons pas de relations diplomatiques, ce n’est pas un gros problème pour le moment. Même si pour le long terme, il faudrait avoir de bonnes relations avec n’importe quel pays, y compris des relations diplomatiques.

 

FN : Eh bien parlons de la ligne politique de la France !

 

Al-Assad : Exactement. La politique de la France, depuis le premier jour a consisté à soutenir les terroristes en Syrie, et est directement responsable des tueries dans notre pays.

 

FN : C’est une accusation très sérieuse contre la France ! Comment pouvez-vous dire que la France soutient le terrorisme ?

 

Al-Assad : Ce sont eux qui le disent. Je ne les accuse pas. Ils ont dit à plusieurs reprises avoir soutenu la guerre. François Hollande a même récemment déclaré que cela avait été une erreur de ne pas avoir déclenché la guerre en 2013. Ce sont eux qui ont dit qu'ils envoyaient de l’armement à ce qu’ils appellent des groupes "modérés", et qui sont en fait des terroristes. Ce sont eux qui l'ont dit, pas moi. Les Américains ont tenu les mêmes propos, les Français aussi. Alors si vous revenez aux déclarations de vos dirigeants durant ces deux, trois ou quatre dernières années, vous trouverez bien plus d’une déclaration faite par des responsables français. Ils s'accusent eux-mêmes.

 

 

MS : François Hollande est sur le point de quitter le pouvoir en France. Et vous êtes toujours là : avez-vous remporté ce bras de fer avec François Hollande ?

 

Al-Assad : Il ne s’agit pas de moi et de lui. Il n’y a rien de personnel là dedans. Je ne l’ai jamais rencontré. Pour être franc, je ne me soucie aucunement de lui avec ses 11% de popularité, ce qui je pense s’appelle toucher le fond comme jamais aucun de ses prédécesseurs dans l’histoire de France. En fait, il s’agit avant tout d’une affaire entre moi et les terroristes, et entre moi et quiconque soutient les terroristes. Jusqu’à maintenant, les terroristes n’ont pas été en mesure de gagner cette guerre. Mais ils détruisent la Syrie. Ils ont tué des centaines de milliers de syriens. Alors je ne peux pas dire que j’ai gagné la guerre. Ils n’ont pas réussi à accomplir leur projet, oui, mais pour le moment nous n’avons pas encore terminé notre guerre. Je ne peux donc pas dire que j'ai gagné cette guerre.

 

Source : Retrouvez l'interview intégrale de Bachar al-Assad, 08h31, le 16 février 2017, modifié à 21h29, le 16 février 2017

Bachar Al-Assad répond à Emmanuel Macron sur la "colonisation" "crime contre l'humanité"

Notes

 

(1) Pour condamner la colonisation comme un "crime contre l'humanité", le candidat d'"En marche" arrière(!),  Emmanuel Macron, qui commis un dérapage (le crime contre l'humanité, concept juridique strictement défini, ne s'applique pas à la colonisation) a également déclaré sur twitter: "Je ne laisserai pas mes propos être récupérés à des fins clientélistes ou électoralistes". A tout le moins pourra-t-on lui faire remarquer que c'est lui, qui dans un contexte particulièrement explosif de troubles d'attentats islamistes, et d'émeutes dans les banlieues suite à l'"affaire Théo", et de contexte de présidentielle dans deux mois..., sort soudainement ce thème de l'ombre où il était pour le mettre sur le devant de la scène, "à des fins clientélistes et électoralistes", et en instrumentalisant le vote ethnique et religieux ! Dangereux et indigne. Cette méthode oligarchique commence maintenant à être bien connue : l'inversion accusatoire ne fait que désigner son auteur, à tous points de vue.

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 11:21

En octobre 2016, la reine du Danemark Margrethe II prenait position contre le multiculturalisme dans son livre  "De Dybeste Rödder" (Les racines les plus profondes), où elle déclarait : "on ne devient pas danois en vivant au Danemark".  Comme le Brexit en Angleterre, sans doute dû à la présence d'une reine incarnant la continuité historique, le Danemark doit-il lui aussi cette inflexion à la présence d'une monarchie à la tête de l'Etat.

 

Le vote danois est historique car pour la première fois depuis 1789 en Europe, un parlement national distingue nettement la nation-contrat de la nation-héritage et définit très clairement ce qu'est être danois : la détention même de papiers d’identité danois ne fait pas l’identité danoise. Le contrat et la volonté ne peuvent pas tout faire.

Etre ou ne pas être : le parlement danois définit l’identité du Danemark

Qu’est-ce qu’être danois ? Le Danemark est le premier pays d’Europe à trancher la question de l’identité par un vote du parlement, en réponse au souci croissant de la population de souche devant l’immigration galopante. Une décision de portée historique.

 

C’est le Parti du peuple danois (DF) qui a introduit cette motion capitale devant le parlement. Elle stipule que « le parlement note avec inquiétude qu’il y a aujourd’hui des endroits au Danemark où le nombre des immigrants non-occidentaux et de leurs descendants dépasse cinquante pour cent. L’opinion du parlement est que les Danois ne doivent pas être en minorité dans une zone habitée du Danemark ».

 

Le parlement définit ce que c’est de ne pas être danois

 

 

La motion a été votée de justesse, par cinquante-cinq voix contre cinquante-quatre, par la coalition gouvernementale dite libérale, qui comprend, outre le parti du peuple danois, la gauche libérale Venstre, l’alliance libérale et les conservateurs.

 

Elle signifie très clairement que le fait d’habiter le Danemark ne fait pas le Danois, et que la détention même de papiers d’identité danois ne fait pas l’identité danoise, puisque parmi les migrants « non occidentaux » et leur descendance on trouve des individus qui détiennent de tels papiers d’identité.

 

Le Danois, aux termes de la motion votée par le parlement danois, ne se définit donc ni par sa résidence ni par sa nationalité administrative. Et le parlement ajoute un élément qui définit négativement l’identité danoise : faire partie des « migrants non occidentaux » ne vous qualifie pas, au contraire, pour être danois.

 

D’après Peyrefitte, De Gaulle n’hésitait pas comme Hamlet

 

 

Hamlet était prince de Danemark, et c’est au château d’Elseneur que Shakespeare lui prête la question de l’être qui hante l’humanité depuis toujours : « Etre ou ne pas être ». Il semble que le parlement y ait donné un début de réponse qui va tout à fait dans le sens que choisissait le général De Gaulle pour la France quand il se confiait à Alain Peyrefitte pour justifier le retrait de la France d’Algérie : « Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne ».

 

La reine dit ce que n’est pas l’identité du Danemark

 

On comprend que l’alliance rouge vert (enhendlisten) ait du mal à avaler la chose. Elle flétrit cette « extrême discrimination entre eux et nous ». Et les sociaux libéraux déplorent qu’en posant « à l’avance que votre origine ethnique vous interdit d’être considéré comme danois » on empêche toute « bonne intégration ». Le tollé est tel que Venstre commence à se diviser et à faire marche arrière. Le porte-parole du parti, Jan Jörgsen a déclaré que la motion ne veut pas dire ce qu’elle semble dire et que la rédaction en est « folle ».

 

Décidément, la question de l’identité qui est tranchée par la majorité du peuple danois et par le vote du parlement ne l’est pas tout à fait parmi les princes qui gouvernent le Danemark. Ca n’a rien d’étonnant : Hamlet était hésitant. Mais, à propos de têtes couronnées, la reine Margrete a donné son avis. A l’hebdomadaire allemand Spiegel. Pour elle, le « Danemark n’est pas un pays multiculturel ». A suivre.

 

Pauline Mille

Source: Etre ou ne pas être : le parlement danois définit l’identité du Danemark, Reinformation.tv15 février 2017 16 h 30 min·

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 13:24
Sécession, dérévolution et résurrection

La Révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l'athéisme que l'Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen Age et dans toute l'Europe.

Pierre CHAUNU

La démocratie moderne, fondamentalement manichéenne et construite sur le mythe du progrès et de l'évolution a besoin d'une opposition à combattre, d'un état sain de la société à parasiter, puis à supprimer pour réaliser le "Bien", le "sens de l'histoire", le "progrès", l'ordre (maçonnique) par le chaos...

 

"Et si la victoire de Marine était voulue par les islamo-gauchistes ?" On trouve aujourd'hui cette question sur "Boulevard Voltaire" sous la plume de J.-P. Fabre Bernadac. Et si l'arrivée au pouvoir de Marine Le Pen était voulue et recherchée par le système, pour rebondir et se perpétuer, tout simplement ?

 

Il en faut toujours plus. A chaque fois, ce système s'invente un combat supposé nous diriger vers le mythe du "progrès", et une fois le combat gagné et obtenu, il se cherche un nouveau cheval de bataille, un nouveau levier de division, sans quoi il ne peut vivre. Ce sera, au fil des "luttes", les "droits" coupés de l'ordre divin et naturel de 1789 contre les sangs impurs des rois, des clercs, et des aristocrates, les "droits" des prolétaires contre les bourgeois et les contre-révolutionnaires sous les Bolchéviques, les "droits" des Aryens contre les Juifs et les Chrétiens sous Hitler; les "droits" des immigrés, des étrangers, des homosexuels, des Lgbt, des islamistes, etc. Cela ne s'arrête pas. Cela ne s'arrête jamais. Et après les "islamistes", ce sera autre chose encore.

 

Dans ce système, il y a toujours une lutte, un combat destiné à nous conduire invariablement au "progrès" et à l'"égalité", alors qu'il n'y a jamais eu autant d'inégalités que dans ce système hérité de 1789 ! Tant qu'il y a de la vie, il y a une révolution à rééditer, et cela se solde à chaque fois par des millions de morts.

 

Au final, l'"égalité" (entendue au sens moderne messianique de l'égalitarisme), c'est la mort pour tous. Il est clair désormais que ce système parasite ne s'arrêtera pas tant qu'il ne nous aura pas tous tué et tué dans l'oeuf tous les éléments vitaux de la société. Et il est clair aussi qu'on ne l'arrêtera que tous ensemble. Comment ?

 

Même s'ils constatent que libéralisme et socialisme sont les deux faces d'une même pièce subjectiviste et individualiste, même si pour eux la Révolution est morte, et que les Français ne croient plus dans le mythe du progrès comme mouvement continu nous faisant passer de la nuit au jour, des ténèbres à la lumière, leur régime politique, lui, est toujours imprégné de mythologie progressiste. Tant qu'ils ne comprendront pas que la source de ce mal terrible se trouve dans 1789, la Tabula rasa révolutionnaire et la république des "Lumières", ils n'en sortiront pas. Le déclin se poursuivra jusqu'à la mort finale. Tout cela est d'une logique implacable. Toute tentative d'arrêter ou de freiner en l'occurrence l'évolution funeste de la machine révolutionnaire, ponctuellement ou localement (comme dans un vote au niveau national) est vain et ne fait, au contraire, qu'augmenter la force globale du système, qui ainsi se perpétue sur des champs de ruines successifs.

 

Puisque par son hérésie c'est le système qui nous a déclaré une guerre à mort où il n'y a pas de juste milieu, la seule solution, dans un premier temps, est notre retrait de toutes les institutions républicanisées. La grève de la citoyenneté, en quelque sorte. Autrement dit, la sécession. Sécession mentale, morale et culturelle. Ne plus laisser à la place du système parasite qu'une coquille vide. Sous le poids de sa propre inertie (et le principe d'entropie aidant), le système parasite s'effondrera tout seul, comme en 1989 lors de la chute du Mur de Berlin, puis deux ans plus tard l'urss. Cette méthode doit devenir comme une nouvelle culture commune, un moyen et une fin, un nouveau chemin de vie et de partage pour tous. Le lieu de notre rencontre. Une rencontre sur ce que nous avons tous en commun. Car ce que nous avons en commun est bien plus puissant que ce qui nous divise.

 

Dans un second temps, il s'agira de revenir au régime naturel qui a fait la France (la monarchie traditionnelle et qui reconnaît l'ordre naturel et divin) : sécession, dérévolution et résurrection. La sécession rompt avec le climat de guerre civile permanent entretenu par la République, elle dérévolutionne nos fondements philosophiques et nos codes culturels, elle parvient enfin à la résurrection du corps social entier.

Sécession, dérévolution et résurrection
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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 18:45
Michel Houellebecq : "Les pays occidentaux étaient fiers de ce système électif"

Les pays occidentaux étaient fiers de ce système électif qui n'était guère plus que le partage du pouvoir entre deux gangs rivaux

 

 

Beaucoup d'hommes s'intéressent à la politique et à la guerre, mais j'appréciais peu ces sources de divertissement, je me sentais aussi politisé qu'une serviette de toilette, et c'est sans doute dommage. Il est vrai que, dans ma jeunesse, les élections étaient aussi peu intéressantes que possible ; la médiocrité de l'« offre politique » avait même de quoi surprendre. Un candidat de centre-gauche était élu pour un ou deux mandats, selon son charisme individuel, d’obscures raisons lui interdisant d'en accomplir un troisième ; puis la population se lassait de ce candidat et plus généralement du centre-gauche, on observait un phénomène d'alternance démocratique et les électeurs portaient au pouvoir un candidat de centre-droit, lui aussi pour un ou deux mandats, selon sa nature propre. Curieusement, les pays occidentaux étaient extrêmement fiers de ce système électif qui n'était pourtant guère plus que le partage du pouvoir entre deux gangs rivaux, ils allaient même parfois jusqu'à déclencher des guerres afin de l'imposer aux pays qui ne partageaient pas leur enthousiasme.

Michel Houellebecq, Soumission, 2015

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 14:29

Populisme de droite comme populisme de gauche se caractérise par le personnalisme politique issu du libéralisme politique et du régime dit "représentatif" qui prétend qu'on choisit un leader qui représente d'une certaine manière les masses populaires. Ce leader joue un rôle de 'semi-souverain' au sens où la souveraineté réside dans le peuple qui, au travers des élections, la délègue au président élu... Le personnalisme politique qui en France se décline d'une certaine manière dans le gaullisme, le mythe de l'homme providentiel et le régime semi-présidentiel, s'oppose au royalisme légitimiste notamment qui postule en sens contraire que la personne du souverain n'importe pas, mais seules la qualité des institutions.

 

Voici ci-dessous un article de Sandro Magister montrant une fois n'est pas coutume une divergence de vue entre la Civilta catholica, revue jésuite et le pape François au sujet du populisme d'Amérique latine, alors que ce dernier  porte un jugement négatif sur les populismes d'Europe et d'Amérique du Nord :

Quand la "Civiltà cattolica" et le pape François divergent sur le populisme

QUAND LA CIVILTÀ CATTOLICA ET LE PAPE DIVERGENT SUR LE POPULISME

 

Une fois n'est pas coutume, "La Civiltà Cattolica" diverge de la pensée Pape. Sur le populisme.

 

Dans le dernier numéro de "la Civiltà Cattolica" - celui qui précède le fatidique numéro 4000 sorti en grande pompe le 11 février avec force dédicaces et une énième interview du pape – on peut trouver un article intéressant concernant le Venezuela.

 

L'auteur, Arturo Peraza, 52 ans, est ce jésuite qui a remplacé son compatriote Arturo Sosa Abascal, élu supérieur général de la Compagnie de Jésus, en tant que nouveau provincial du Venezuela. Et il dresse un portrait alarmant du désastre dans lequel la "révolution" bolivarienne du président Hugo Chávez et de son successeur Nicolás Maduro a plongé son pays.

 

En effet, le P. Peraza qualifie le régime actuel du Venezuela de "populiste" comme l'ont été - ajoute-t-il – les régimes de Juan et d'Evita Perón en Argentine, de Getulio Vargas au Brésil et, plus récemment d'Alberto Fujimori au Pérou.

 

"[Au Venezuela] la révolution a voulu créer un nouveau cadre institutionnel qualifié de 'socialiste". Mais […] en réalité, le projet chaviste est un modèle qu'en politique, on peut mieux définir comme 'populisme ou personnalisme politique' et qui, en Amérique Latine a été incarné, par exemple, par Perón (et Evita) et Vargas. Aujourd'hui on parle de 'néo-populisme' pour évoquer les gouvernements comme ceux de Fujimori ou de Chávez. Dans ces cas, le critère fondamental réside dans le fait que, plutôt qu'un cadre institutionnel (formé de partis et de structures), on choisit un leader qui représente d'une certaine manière les masses populaires. Ce leader joue un rôle de 'semi-souverain' au sens où la souveraineté réside dans le peuple qui, au travers des élections, la délègue au président élu. Celui-ci, même s'il semble d'un point de vue formel se soumettre à la structure de l'Etat libéral, s'en détache radicalement dans les faits en insistant sur la nécessité d'une transformation sociale qu'il représente lui-même, qu'ils assume, promeut et met en œuvre. C'est ainsi que les autres niveaux de pouvoir de l'Etat finissent pas devenir de simples coryphées de celui qui détient le pouvoir exécutif."

 

Si nous nous référons à l'interview que le pape François a donné le 21 janvier dernier au quotidien espagnol "El País", nous constatons que le pape pose en effet un jugement négatif sur les populismes d'Europe et d'Amérique du Nord, allant jusqu'à les comparer à Hitler, mais qu'il encense les populismes et les "mouvements populaires" d'Amérique latine.

 

Voici la question et la réponse sur ce point précis:

 

"QUESTION – Autant en Europe qu'en Amérique, les conséquences d'une crise qui n'en finit plus cède le pas à des formations politiques qui profitent du mécontentement des citoyens pour construire un messages de xénophobie et de haine envers l'étranger. Le cas de Trump est emblématique mais il y a également les cas de l'Autriche et de la Suisse. Est-ce que ce phénomène vous préoccupe?

 

RÉPONSE - C'est-ce que nous appelons les populismes. Il s'agit d'un mot ambigu parce que le populisme a un tout autre sens en Amérique Latine. Là-bas cela signifie que les peuples sont les protagonistes, comme par exemple les mouvements populaires. Ils s'organisent entre eux... c'est autre chose. Quand j'ai commencé à entendre parler de populisme ici [en Europe] je ne comprenais pas, j'étais perdu jusqu'à ce qu'on m'explique que ce terme avait un sens différent en fonction des endroits. Bien sûr, les crises provoquent des peurs, des réactions alarmistes. Pour moi, le meilleur exemple des populismes européens c'est l'Allemagne en 1933. Après Hindenburg et la crise des années 30, l'Allemagne est à terre, elle cherche à se relever, elle cherche son identité, elle se cherche un leader, quelqu'un qui lui restitue son identité et il y a ce gamin appelé Adolf Hitler qui dit "moi je peux, moi je peux". Et toute l'Allemagne a voté Hitler. Hitler n'a pas volé le pouvoir, il a été élu par son peuple et ensuite il a détruit son peuple. C'est là le danger.

 

*

 

Voici une première contradiction entre le jugement positif de Jorge Mario Bergoglio sur les populismes latino-américains et le jugement négatif du provincial des jésuites du Venezuela dans la "Civiltà Cattolica".

 

Mais il existe une également une autre contradiction, toujours en ce qui concerne la perceptions des populismes latinoaméricains: entre le Bergoglio pape et celui qui en 2007 était l'auteur principal du document de conclusion de la conférence d'Aparecida entre les évêques du continent.

 

Dans ce document auquel le pape François fait souvent référence, on n'évoque qu'une seule fois le populisme latino-américain, dans le paragraphe 74. Et de façon très négative:

 

"Nous prenons acte que les différents processus électoraux représentent un certain progrès démocratique. Toutefois, nous observons avec préoccupation l'avancée rapide de différentes formes de régression autoritaire par la voie démocratique qui aboutissent dans certains dans à des régimes d'orientation néo-populiste. Cela confirme qu'une démocratie purement formelle et fondée sur la transparence des processus électoraux ne suffit pas mais qu'il faut également une démocratie participative et soutenue par la promotion et le respect des droits humains. Une démocratie qui oublierait ces valeurs fondamentales peut rapidement se transformer en dictature et finir par trahir le peuple".

 

*

 

Qui est donc le vrai Bergoglio? Celui d'Aparecida en 2007 ou celui d'aujourd'hui?

 

Il ne fait aucune doute que le fond de sa pensée sur les populismes latino-américains consiste en ce jugement positif, voire enthousiaste qu'il a exprimé dans ses "manifestes politiques" que sont les trois discours-fleuves adressés aux "mouvements populaires" qu'il a invités une première fois à Rome en 2014, une seconde fois en Bolivie à Santa Cruz de la Sierra en 2015 et une troisième fois encore à Rome en 2016:

 

> Bergoglio politique, le mythe du peuple élu.

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1351428

 

Au niveau pratique, cette prédilection du pape François pour les populismes latino-américains se manifeste par la sympathie qu'il a témoignée à de nombreuses reprises à des personnalités comme les frères Castro à Cuba, Evo Morales en Bolivie, Rafael Correa en Équateur, José Mujica en Urugay, tout comme dans sa froideur envers les opposants de Chávez et de Maduro au Venezuela et envers l'actuel président de l'Argentine, le "libéral" Mauricio Macri.

 

Mais il y a également un arrière-plan théorique et théologique qui explique cette préférence.

 

Au cours de quelques interviews, le pape François n'a pas hésiter à définir la notion de peuple comme "une catégorie mystique" et "mythique".

 

A une occasion, il a précisé sa pensée de façon encore plus marquée, c'était lors du discours qu'il a prononcé le 13 novembre 2015 lors d'une conférence des membres de la Fondation Romano Guardini.

 

Guardini, c'est ce philosophe italo-allemand sur lequel Bergoglio a rédigé sa thèse inachevée de doctorat en théologie. Et qui, en tant que pape, lui a inspiré un "concept de peuple" qui cadre parfaitement avec la "théologie du pueblo" de son maître argentin Juan Carlos Scannone.

 

Le peuple, déclarait François dans ce discours à la Fondation Romano Guardini, signifie "le compendium de ce qui dans l’homme est authentique, profond, substantiel". Nous pouvons reconnaître dans le peuple, comme dans un miroir, le « champ de la force de l’action divine ». C'est la raison pour laquelle, a ajouté le pape, j’aime à dire — et j’en suis convaincu — que le « peuple » n’est pas une catégorie logique, c’est une catégorie mystique.

 

Il s'agit de concepts qui volent haut, très haut. Mais Bergoglio est un homme pratique. Et du peuple au populisme, il n'y a pour lui qu'un pas.

 

---

 

P.S. - La divergence décrite ci-dessus entre la pensée de François et celle de "La Civiltà Cattolica" en matière de populisme est la traditionnelle exception qui confirme la règle. Et la règle c'est le lien très étroit entre le pape et la revue.

 

C'est ce lien que ce même François a une nouvelle foi confirmé et renforcé dans le discours qu'il a adressé jeudi 9 février au collège des rédacteurs de "La Civiltà Cattolica" reçus au Vatican à l'occasion de la sortie du numéro 4000 de la revue:

 

"Dans mon travail, je vous vois, je vous suis, je vous accompagne avec affection. Votre revue est souvent sur mon bureau. Et je sais que vous, dans votre travail, vous ne me perdez jamais de vue. Vous avez accompagné fidèlement toutes les étapes importantes de mon pontificat, la publication des encycliques et des exhortations apostoliques en les interprétant fidèlement".

 

On peut donc déduire de cette déclaration que le feu vert à la communion des divorcés-remariés donné par "La Civiltà Cattolica" bien avant que ne soit publiée l'exhortation post-synodale "Amoris Laetitia" était et demeure "une interprétation fidèle" de la pensée du pape:

 

> François se tait, mais un autre jésuite parle pour lui (7.11.2015)

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1351172

 

Dans ce même discours du 9 février, François a en outre déclaré que "depuis déjà longtemps, la Secrétairerie d'Etat envoie 'La Civiltà Cattolica' à toutes les nonciatures du monde" et il s'est félicité pour les nouvelles éditions mensuelles de la revue en espagnol, anglais, français et en coréen. Une façon de plus de propager sa pensée partout avec autorité.

Source: Sandro Magister, théologien et vaticaniste à l'Espresso., 10 février 2017. Traduit avec l'autorisation de l'auteur Diakonos.be

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 17:25

Devant l'ampleur du désastre et du gouffre entre les citoyens et les institutions libérales, l'oligarchie tendance de gauche, imagine comment se perpétuer au pouvoir et nous sort du chapeau le tirage au sort :

Benoît Hamon et "Conseil citoyen" "ouvert à tous" : l'oligarchie libérale imagine comment se perpétuer avec le tirage au sort

Que faut-il penser d'un "tirage au sort" "ouvert à tous" qui se réalise dans un groupe de "volontaires" ?

 

"Ce sera peut-être l'innovation la plus forte de cette campagne, nous allons constituer un conseil citoyen" ouvert à tous, explique-t-il. En clair, tous les volontaires peuvent postuler pour constituer ce groupe de travail. Le député des Yvelines table sur un millier de personnes intéressées par ce projet. Quarante d’entre elles seront tirées au sort. Leur rôle sera d’évaluer et de juger les propositions de l’équipe de campagne, mais aussi de faire des propositions. "Ma campagne je la souhaite ouverte, horizontale, collaborative", résume-t-il.

 

Les "volontaires" devront-ils faire partie du PS ou l'ouverture ira jusqu'à tout membre de la société civile, même non membre du PS ?

 

Les "volontaires" tirés au sort devront-ils être en phase avec le programme du parti pour se déclarer volontaires ? Qu'en est-il d'une ouverture qui n'est qu'un élargissement au milieu d'une même famille politique ?

 

Quand vous voulez savoir quoi penser d'une grande pétition de principe présentée tel un sésame, prenez  son sens contraire.

 

Le rôle d'"évaluer et de juger les propositions de l’équipe de campagne" pourra-t-il être élargi à la faculté d'évaluer et de sanctionner tout candidat qui n'aura pas rempli son contrat une fois élu ? Le vrai critère qui indiquerait un début de pouvoir du peuple serait la possibilité d'évaluer et de sanctionner à intervalles réguliers et répétés, donc en cours de mandat, l'élu qui ne remplirait pas son contrat. Il y a fort à parier que cette faculté ne verra pas le jour. Ou bien l'on verra les candidats à la candidatures se faire soudainement beaucoup plus rares...

 

Quant au rôle de "faire des propositions", il reste à savoir dans quelle conditions ces propositions seront-elles prises en compte. Selon quels critères ?

 

Que doit-on penser de ce conseil citoyen de tirés au sort ? Cela sera toujours un peu mieux que le système électif dit "représentatif", tel que pratiqué depuis 1791 et qui n'a abouti qu'à la mise en place d'une oligarchie et non d'une démocratie. Il n'en demeure pas moins que dans un tel système, le premier citoyen (ici ce serait Benoît Hamon) continuera de diriger la foule et non d'être dirigé par elle, de la même manière que sous Périclès, celui-ci "contenait la multitude qu'il menait, beaucoup plus qu'elle ne le menait. [...] Ce gouvernement portant le nom de démocratie, en réalité c'était le gouvernement d'un seul homme !" Thucydide, Guerre du Péloponnèse, II, 65.

 

Rappelons toutefois que le tirage au sort version 2017 et le tirage au sort dans la "démocratie" athénienne au Ve siècle avant J.-C. ne sont pas du tout de la même nature. Le premier est passé à la moulinette du libéralisme et des "philosophes" des "Lumières", il s'est débarrassé "de l'idée d'un ordre de la nature voulu par Dieu où chaque être a sa finalité propre", le second respectait un ordre naturel, celui des dieux. Ce qui fait toute la différence entre la démocratie moderne et la démocratie antique.

 

Lire : Les fondements philosophiques de la démocratie moderne (Maxence Hecquard) - La nature totalitaire de la démocratie moderne

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 12:27

A l'occasion de la sortie de son essai "Le dérèglement moral de l'Occident" (éd. Le Cerf, 2017), le philosophe et docteur en science politique Philippe Bénéton a accordé un entretien au Figaro. Dans cet entretien il s'interroge sur les causes du "dérèglement moral" de l'Occident qu'il lie bien avec la "crise des démocraties modernes", mais il ne parvient pas à établir le lien étroit entre les principes de la démocratie moderne et le dérèglement moral qu'il condamne. Au contraire, il en appelle à trouver un équilibre libéral-conservateur entre liberté et enracinement.

 

Or cette méthode a été essayée plusieurs fois depuis deux siècles, à de multiples reprises, de différentes manières dans des compromis successifs et différents régimes politiques qui tous voulaient précisément concilier libéralisme et christianisme, droits de l'homme de 1789 et ordre moral... Et à chaque fois cela cela n'a pas fonctionné, cela a été improductif et a toujours conduit au même dérèglement moral. C'est qu'il doit y avoir une contradiction entre christianisme et libéralisme politique. Et c'est un peu comme vouloir mélanger l'eau et le vinaigre : assembler deux ensembles disparates, cela ne fonctionne jamais.

 

Voici néanmoins une partie du raisonnement de Philippe Bénéton qui a une valeur pour ce qu'il désigne comme la conséquence de la crise des démocraties libérales que nous traversons : le "dérèglement moral" :

Comment expliquez-vous la crise des démocraties libérales que nous traversons? Est-elle liée à ce que vous appelez «le dérèglement moral de l'Occident»?

 

"Oui, il me semble.

 

[...] [D]'un côté notre modernité tardive se targue d'une libération morale: à chacun ses valeurs, chaque individu est souverain, vive la liberté, à bas le vieil ordre moral! Mais de l'autre, elle entend définir la bonne et la mauvaise manière de vivre et de penser. ... La faute n'a pas disparu, elle s'est déplacée. Désormais, le «Mal» est clairement circonscrit, il se concentre, il se resserre, il est tout entier dans les atteintes à l'égale liberté, c'est-à-dire dans les formes diverses que peuvent prendre les «péchés» de discrimination ou d'intolérance. Plus précisément, le «Mal» s'incarne dans les mots ou les actes convaincus, à tort ou à raison, de racisme, de sexisme, d'élitisme, de xénophobie, d'«homophobie», ou d'une quelconque attitude judgemental ou offensive . Ces nouvelles règles pointent vers une division morale de l'humanité: d'une part les représentants du nouveau monde, les hérauts d'une société ouverte ou avancée, les progressistes, les modernes, les féministes..., d'autre part, les rétrogrades du vieux monde, les partisans d'une société close ou tribale, les tenants du vieil ordre moral, les conservateurs ou ultra-conservateurs, les réactionnaires, les populistes, les xénophobes ou pire encore, bref les amis et les ennemis de l'humanité. Cette vision manichéenne ne joue certes pas en faveur de la liberté."

 

Avec le féminisme, Philippe Bénéton donne un exemple de dérèglement moral causé par le libéralisme sociétal et qui aboutit à l'inverse du but fixé au départ (on pourrait compléter la liste avec les droits de l'homme de 1789 qui aboutissent aujourd'hui au retour à la barbarie. Ndlr.) : "Le féminisme qui milite pour l'égalité des droits est parfaitement raisonnable. Ce qui est en cause est ce féminisme radical qui, en accord avec l'esprit du temps, tend à dépouiller la nature pour remplir la corbeille de la volonté." Lorsque le droit se propose de contester la nature elle-même, il est dans l'erreur et conduit à l'inverse du but qu'il s'était fixé.

 

"Ce féminisme qui nie des réalités qui crèvent les yeux aboutit de facto à des résultats contraires à ses intentions affichées, explique justement le philosophe. Puisque les femmes sont en tout ou presque semblables aux hommes, elles ne méritent nullement des égards particuliers. L'identité fictive entre les sexes lève les scrupules et les coutumes qui bornaient l'esprit prédateur des mâles. La camaraderie sexuelle où le commerce des corps est chose innocente, est présentée comme une libération. En fait, elle satisfait une immémoriale aspiration masculine et elle s'exerce sur un fonds de brutalité."

 

Les libertés individuelles et les droits de l'homme sont-ils suffisants pour résister à la menace islamiste? Philippe Bénéton répond justement que "notre monde occidental est vulnérable en raison de la crise morale qu'a entraînée la nouvelle "morale'. L'un des effets les plus frappants de cette crise est que beaucoup de jeunes gens et aussi d'adultes errent à la recherche de qui ils sont, ou pour parler le langage d'aujourd'hui qu'ils éprouvent une crise d'identité. [...] Mais quel est ce Moi insaisissable? Où s'accrocher quand les rôles traditionnels (de fils, de père, de mari...) ont perdu leur force? À quoi se dévouer, se donner quand tout se vaut? Qu'est-ce qui mérite d'être respecté quand la grossièreté et la vulgarité dégoulinent sur les écrans? Que faut-il opposer aux fanatiques de l'Islam qui dénoncent cet Occident qui n'est que débauche et faiblesse, qui exhibe des corps en rut et ne voit rien qui mérite de risquer sa vie?

 

Questionné sur le point de savoir s'il est "nostalgique" de l'Ancien Régime et du "pouvoir de l'Eglise", l'auteur répond : " voilà une question qui porte sur mes intentions ou mes sentiments et donc qui détourne des seules questions qui importent - l'interprétation proposée est-elle juste ou non? Mais puisque nous sommes entre gens de bonne compagnie, j'ajouterai ceci: je n'ai guère de nostalgie de cette sorte, je me définis comme libéral-conservateur, au sens où Tocqueville l'était. Libéral parce que rallié aux premiers principes modernes (l'égalité de droit, les libertés publiques), conservateur parce que soucieux de préserver au sein du monde moderne l'enracinement, l'attachement, les qualités morales et spirituelles. L'idéal libéral-conservateur est celui-ci: la liberté et de bonnes mœurs. Il y a de quoi faire."

 

Or, libéralisme politique moderne et libéralisme sociétal vont de paire. De sorte qu'il est utopique de vouloir conserver un ordre moral tout en prônant la démocratie moderne. Comme l'a bien montré le philosophe Maxence Hecquard, les fondements philosophiques de la démocratie moderne se débarrassent "de l'idée d'un ordre de la nature voulu par un Premier Moteur intelligent où chaque être a sa finalité propre". Ils ne vont "pas sans effets pervers qui se développent au cours de siècles : individualisme, liberté laissée à la subjectivité de chacun", etc. Et ces fondements philosophiques modernes conduisant au dérèglement moral, les dirigeants en viennent à adopter des lois totalitaires.

La démocratie moderne et le dérèglement moral de l'Occident

Source: Philippe Bénéton : «Le monde occidental ne sait plus qui il est», Par Philippe Bénéton, Le Figaro, Publié le 10/02/2017 à 18:01

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 07:12
Création : "Dieu vit tout ce qu'il avait fait et voici, cela était très bon" (Genèse 1)

Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut.

Genèse 1

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 07:00
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 22:57

Selon le théologien canadien Douglas Farrow, l’Exhortation “Amoris laetitia” ne remet pas seulement en cause l’ordre moral ; elle met aussi en danger les sacrements qui sont les instruments grâce auxquels Dieu nous donne de partager sa vie trinitaire.

 

Lire : Communion pour tous : disparition de l'Eglise

 

Nous ne pouvons pas disposer librement des sacrements parce que, précisément, ils sont les dons de Dieu. Ce n’est donc pas un acte de charité que de modifier les conditions de réception des sacrements, mais plutôt une occasion de sombrer dans l’erreur consistant à confondre le bien et le mal, écrit Farrow.

Les différentes façons d’interpréter “Amoris laetitia” sont une preuve évidente qu’au sein de l’Eglise, beaucoup ne savent plus ce qu’est la vraie nature des sacrements.

 

"Amoris laetitia" ne remet pas seulement en cause l’ordre moral, elle met aussi en danger les sacrements
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 12:05

Dans un entretien au Remnant Newspaper, Mgr Nicola Bux, Consultant Liturgique au Vatican et Professeur de Théologie précise la notion d'"enfant de Dieu" :

 

"La pensée catholique est en crise: on obscurcit la raison pour laquelle la Parole est devenue chair dans le sein de la Vierge Marie (l'Incarnation Ndlr.) et est morte sur la croix pour sauver les hommes du péché, les appelant dans l'Église qui, comme le dit le Catéchisme (Cf. Compendium 1), est appelé à évangéliser et à baptiser pour que les créatures deviennent enfants de Dieu.

 

Si on a atteint le point d'affirmer que même ceux qui ne sont pas baptisés sont des enfants de Dieu, cela signifie que le baptême n'est pas nécessaire, et donc aussi le catéchuménat et l'initiation sacramentelle chrétienne. En retenant la vérité sur le péché et la grâce, il est conceptualisé une Église 'liquide'... pour la liquider."

 

Puis à la question : "Et à votre avis, quelles seraient les conséquences ultimes de cette situation, si elle n'est pas résolue? Mgr Bux a répondu :



"Il a été dit par un clergé bien plus autoritaire que nous sommes en présence d'un schisme rampant: une pensée non catholique est entrée dans l'Église catholique, pensée qui considère la messe seulement comme un banquet plutôt que comme un sacrifice, Le mariage en tant qu'acte humain et non comme un sacrement indissoluble, parlant du péché et de la grâce comme dépassés aujourd'hui, une pensée prêchant la morale de la miséricorde, indépendamment de la conversion et de la pénitence, etc. N'est-ce pas un moyen de liquider l'Eglise? L'œuvre de l'Église dans le monde est la victoire sur le mal et sur la mort; Nous ne devons pas craindre avant tout ceux qui tuent le corps, mais ceux qui damnent les âmes à la punition éternelle."

 

Source : On Amoris Laetitia: Interview of Vatican Liturgical Consultant and Professor of Theology, Msgr. Nicola Bux Featured, The Remnant Newspaper,Written by Alberto Carosa | Rome Reporter, Monday, February 6, 2017

Tout le monde est-il "enfant de Dieu" ?

NdCR. En obscurcissant la raison pour laquelle la Parole est devenue chair, la "crise" dont parle Mgr Bux sur le baptême, faisant de tous les hommes des "enfants de Dieu", s'attaque au dogme de l'Incarnation du Verbe, comme toutes les grandes hérésies.

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 12:03

Pourquoi Amoris laetitia ne jouerait-t-elle que dans le cas des adultères ?

“Amoris laetitia” suscite une nouvelle question : pourquoi la conscience personnelle permettant de décider si l’on peu ou non communier ne joue-t-elle que dans le cas des adultères et non des autres péchés ?

En d’autres termes : n’est-il pas temps de se prévaloir d’ “Amoris laetitia” pour supprimer purement et simplement le sacrement du Pardon ? Ce serait incontestablement un grand pas de fait dans la direction des luthériens.

 

Source: Pro liturgia, Actualité du vendredi 10 février 2017

“Amoris laetitia” suscite une nouvelle question : ne joue-t-elle que dans le cas des adultères ?
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 11:33

Doit-on lire Amoris laetitia du Pape François et ses ambiguïtés à la lumière d'une confidence de Paul VI à Jean Guitton dans laquelle ce Pape déplorait un "très grand trouble en ce moment dans l'Eglise" qui est un "manque" de "cohérence" dans la pensée catholique moderne, répétant  plusieurs fois ce mot de cohérence ?

Jean Guitton et la crise actuelle

 

[...] Voici ce que Paul VI confiait à son ami Jean Guitton: “Il y a un très grand trouble en ce moment dans le monde et dans l’Église, et ce qui est en question, c’est la foi. Il arrive maintenant que je me redise la phrase obscure de Jésus dans l’Évangile de saint Luc : ‘Quand le Fils de l’Homme reviendra, trouvera-t-il encore de la foi sur la terre ?’ Il arrive que paraissent des livres où la foi est diminuée sur des points importants, que l’épiscopat se taise, qu’on ne trouve pas ces livres étranges. Et c’est cela qui, à mes yeux, est étrange. Il m’arrive de relire l’Évangile de la fin des temps et de constater qu’il y a en ce moment certains signes de cette fin. Est-ce que nous sommes proches de la fin ? c’est ce que nous ne saurons jamais. Il faut toujours nous tenir prêts à la fin, mais tout peut durer très longtemps. Ce qui me frappe quand je considère le monde catholique, c’est qu’à l’intérieur du catholicisme une pensée de type non-catholique semble parfois avoir le dessus, et il se peut que cette pensée non catholique à l’intérieur du catholicisme devienne demain la plus forte. Mais elle ne représentera jamais la pensée de l’Église. Il faut que subsiste un petit troupeau, même si c’est un troupeau tout petit”. Il se tait, puis il dit : “Ce qui manque au catholicisme en ce moment, c’est la cohérence”, et il répète plusieurs fois ce mot « cohérence ». Il semble dire: “C’est au Pape qu’il appartient de redresser, de réunir, de rendre cohérent ce qui est incohérent”. Il se tait. »

 

(Jean Guitton, Paul VI secret, pp. 168-169.)

 

Source: Simon Noël OSB

"Il y a un très grand trouble en ce moment dans le monde et dans l’Église, et ce qui est en question, c’est la foi" (Paul VI à Jean Guitton)
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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 16:02
Agneau sans tache, mâle, âgé d'un an (Exode 12.1-28, verset 5)

Agneau sans tache, mâle, âgé d'un an (Exode 12.1-28, verset 5)

Selon la “Civilta Cattolica”, sorte de journal porte-parole du Pape François - on s’oriente doucement mais sûrement vers le mariage des prêtres dans un premier temps et vers la possibilité d’ordonner des femmes dans un second temps.

 

Certes, S. Jean-Paul II avait clairement déclaré que le sacerdoce ne pouvait pas être exercé par des femmes dans la mesure où la prêtrise est un état lié au caractère masculin de la personne humaine et non une simple fonction.

 

Mais la “Civilta Cattolica” précise : “On ne peut pas toujours recourir au passé, comme si seulement dans le passé il y avait des indications de l’Esprit. Aujourd'hui aussi, l’Esprit guide l’Eglise et suggère l’hypothèse courageuse de nouvelles perspectives. [Le pape François est le premier à] “ne pas se limiter à ce qui est déjà connu, mais à plonger dans un champ complexe et pertinent, afin que ce soit l’Esprit qui guide l’Eglise.”

 

Sources:  Sandro Magister, théologien et journaliste à L'Espresso; Pro Liturgia, Actualité du mercredi 8 février 2017; Diakonos.be; Reinformation. tv

Comme les novateurs connaissent à l'avance la résistance qui se fera, ils proposent en plus du mariage des prêtres, l'ordination des femmes, afin que des deux nouveautés on retienne la moins éloignée de la foi. Et ce sera donc le mariage des prêtres qui sortira d'une exhortation finale (pour le moment..). Cette méthode a été employée lors du "Synode sur la famille", où à la demande d'une ouverture pour les personnes divorcées civilement et remariées s'ajouta une demande d'ouverture envers les personnes homosexuelles. Une exhortation finale autoritaire du Pape François est venue proposer la seule ouverture aux divorcés et remariés (Amoris laetitia) alors même que le Synode sur la famille s'était achevé sur un vote majoritaire des évêques contre la Communion aux divorcés et remariés tandis que les revendications homosexualistes disparaissaient complètement du rapport de synthèse final du Synode.

 

L'auteur de l'article de La Civiltà Cattolica" est le P. Giancarlo Pani S.J., vice-directeur jésuite de la revue comme tous les rédacteurs de cette revue. "La Civiltà Cattolica" n'est pas une revue comme les autres. Selon ses statuts, chaque ligne est imprimée sous le contrôle du Saint-Siège. De plus, un lien confidentiel très étroit unit Jorge Mario Bergoglio et le directeur de la revue, le jésuite Antonio Spadaro, auteur sur twitter de la formule 2 + 2 = 5. "La théologie ce n’est pas les #Mathématiques. 2 + 2 en #Theologie peut faire 5. Parce qu’il s’agit de #Dieu et de la vraie #vie des #gens…" (sic).

 

Le P. Pani commence par rappeler que dans Ordinatio Sacerdotalis du 22 mai 1994, S. Jean-Paul II affirmait de manière "définitive" que l’Eglise n’a aucune autorité "pour conférer l’ordination sacerdotale aux femmes", Jésus n'ayant choisi que des hommes pour le ministère sacerdotal. Puis il demande  : "peut-on considérer que l''ordinatio sacerdotalis' fait partie du dépôt de la foi?".  La réponse a été "affirmative", écrit-t-il "et la doctrine a été qualifiée d''infallibiliter proposita', c'est-à-dire qu'elle doit 'être tenue, toujours et partout par tous les fidèles'". Il aborde alors les "difficultés de réception de cette réponse" qui auraient "créé des 'tensions' dans les rapports entre Magistère et Théologie pour des problèmes connexes", et ne tiendrait "pas compte des développements qu'ont connu, au cours du XXIè siècle, la présence et le rôle des femmes dans la famille et dans la société". On commence doucement à basculer dans le domaine de l'émotionnel et de l'irrationnel.

 

"On ne peut pas nier le fait historique de l'exclusion des femmes du sacerdoce à cause de l'"impedimentum sexus", poursuit-il. "Cependant, déjà en 1948 et donc bien avant les contestations des années Soixante, le P. Congar faisait remarquer que l'absence d'un fait ne constituait pas un critère décisif pour pouvoir conclure avec prudence et dans tous les cas que l'Eglise ne peut pas le faire et ne le fera jamais". Après avoir écrit cela, le P. Pani n'est pas gêné de conclure néanmoins que "les positions officielles du Magistère sont claires mais de nombreux catholiques peines à comprendre les 'rationes' de choix qui, plus que des expressions d'autorité, semblent être synonymes d'autoritarisme" (sic). A l'en croire, pendant des siècles, l'Eglise aurait fait preuve d'"autoritarisme" (sic).

 

Anne Dolhein pour le site Reinformation.tv remarque alors justement que : "Sans plaider ouvertement pour l’ordination des femmes, l’article de la Civilta Cattolica emploie un langage chargé : parler d’« autoritarisme » plutôt que de faire référence à tout l’enseignement profondément raisonné de l’Eglise, c’est un signe qui ne trompe pas. De même, le titre de l’article montre clairement la direction où l’on veut aller. Enfin, la remise en cause de l’infaillibilité et des certitudes théologiques montre que le bouleversé va sans doute beaucoup plus loin..." 

 

Le P. Pani ne parle donc pas ouvertement pour l'ordination des femmes. Il faut noter ici que cette méthode consistant à passer du rationnel à l'émotionnel et au non-dit ressemble furieusement à une méthode qualifiée de luciférienne où ce qui se passe est dans le non-dit : "c'est surtout par ce qui n'est pas écrit ou n'est pas dit, que l'action de Lucifer se manifestera" (Serge Abad-Gallardo à propos de la méthode maçonnique).

 

"Il y a aujourd'hui un malaise entre ceux qui ne réussissent pas à comprendre comment l'exclusion de la femme du ministère de l'Eglise peut coexister avec l'affirmation et la valorisation de son égale dignité", précise le P. Pani. Or, l'égale dignité ne signifie pas l'identité des fonctions. Dieu a créé la diversité dans un égal amour, et une égale dignité entre l'homme et la femme, qui n'ont simplement pas les mêmes fonctions. Le Christ, dès le départ, aurait choisi des femmes pour devenir ses prêtres, si telle en avait été sa volonté. Ce qu'il n'a pas fait.

"On ne peut pas sans cesse faire référence au passé comme s'il n'y avait des signes de l'Esprit que dans le passé. Aujourd'hui aussi, le Seigneur conduit l'Eglise et suggère d'adopter courageusement de nouvelles perspectives". Et François en premier "ne se limite pas à ce qu'il connaît déjà mais veut explorer un champ complexe et actuel parce que c'est l'Esprit qui guide l'Eglise", conclut la "Civilità Cattolica", naturellement avec l'imprimatur du pape", observe Sandro Magister, pour L'Espresso.

"L'Esprit" : de quel "esprit" parle-t-on ? L'esprit tout court qui guiderait le Pape dans "un champ complexe et actuel" ressemble à l'esprit de "progrès" et de "révolution", cet esprit de désobéissance aux Commandements, esprit du Serpent d'Adam et Eve qui leur dit : non, vous ne mourrez pas (Genèse III, 5) et les conduisit dans un champ "complexe" et inconnu aux conséquences incommensurables pour l'Humanité (la Chute originelle et entrée de la mort dans la vie humaine). 

 

Prenons l'exemple d'enfants ou de jeunes qui désobéissent à leurs parents, cela peut aussi être se laisser guider dans "un champ complexe et actuel" vers de "nouvelles perspectives", sous la conduite de l'esprit du serpent d'Adam et Eve qui ont décidé de désobéir à Dieu.

 

Rappelons que l'ordination sacrée des femmes est frappée d'excommunication latea sententiae (Décret de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 19 décembre 2007)

Selon la “Civilta Cattolica”, on s'oriente vers le mariage des prêtres puis vers la possibilité d’ordonner des femmes

Ce sera un agneau sans défaut, mâle, âgé d'un an

Exode 12.1-28) dont le verset 5

Jésus, le Fils du Père, sur la croix sera la réalisation parfaite de cette parole: Agneau de Dieu, mâle et sans défaut enlève le péché du monde. Tout prêtre validement ordonné, incarne Jésus, devient son icône parfaite à son image et à sa ressemblance. Pouvez-vous imaginer une femme incarner "Alexandre", ou un homme incarner "Cléopâtre" dans un film historique ? Cet hermaphrodisme, de même que cette ambivalence ressemble là encore furieusement à ce qui se pratique en franc-maçonnerie.

Les novateurs oublient donc un tout petit peu les références au Christ, de même qu'ils oublient que l'Eglise n'est pas simplement une association humaine, mais est une institution surnaturelle fondée par Dieu et dans laquelle Dieu agit surnaturellement en vue de notre Salut.

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 13:56
Serge Abad Gallardo : "Pourquoi j'ai quitté la franc-maçonnerie?"

Ils interviennent dans des décisions importantes sur l'avenir de notre société. Valeurs morales, contraception, dépénalisation de l'avortement, mariage pour tous et aujourd'hui et demain, euthanasie.

En 24 ans, Serge Abad Gallardo a gravi tous les échelons maçonniques du "Droit humain" pour atteindre le grade de "Vénérable Maître". Avec beaucoup de courage, et il en faut, malmené depuis sa sortie de la franc-maçonnerie, dans sa vie privée comme professionnelle, il a écrit deux livres : "J'ai frappé à la porte du Temple" et "Je servais Lucifer sans le savoir". Il témoigne aujourd'hui en invitant les chrétiens, lorsqu'ils parlent avec des francs-maçons qui leur disent qu'ils sont francs-maçons, à "expliquer quel est le chemin qu'ils prennent alors qu'ils pensent en prendre un autre".

Source: https://youtu.be/lvfc6xjL2RU

 

Extrait de la présentation de la video :

 

"Cette organisation, cette mystique du moi humain, qu'on le veuille ou non, reste très secrète. Une forme d'externalisation s'est installée : régulièrement, des articles sont publiés dans les médias, et des noms sont cités, qui souvent nous surprennent ou nous étonnent. Des hommes et des femmes politiques, de droite comme de gauche, présents en nombre dans tous les gouvernements témoignent de leurs actions et, souvent, de leur pouvoir.

 

Ils interviennent dans des décisions importantes sur l'avenir de notre société. Valeurs morales, contraception, dépénalisation de l'avortement, mariage pour tous et aujourd'hui et demain, euthanasie. Quel est donc le rôle des loges dans notre société ? Pourquoi une démarche initiatique, avec ses symboles et ses rituels ? Pourquoi le 'frère' promet-il de ne pas trahir et de révéler ? La franc-maçonnerie qui agit en réseau, est-elle un accélérateur de carrière ? Peut-on enfin être catholique et franc-maçon ?

 

[...] Le nombre de francs-maçons en France est proche de 200.000, frères ou soeurs, répartis en principalement trois obédiences : le 'Grand Orient de France', la 'Grande Loge' et la 'Grande loge nationale française'.

 

De très nombreux francs-maçons occupent des postes clés, comme l'écrit Sophie Coignard, journaliste à l'hebdomadaire Le Point : Police, magistrature, éducation nationale, banques, compagnies d'assurances mutualistes, Edf, etc., mais aussi politiques. Qui ignore à ce jour l'appartenance à la franc-maçonnerie de Gérard Larcher (LR), président du Sénat, Jean-Michel Bayley, ministre, président du Parti radical de gauche, Alain Bauer, ancien 'Grand maître', conseiller pour les questions de sécurité..., Xavier Bertrand, président LR de la région Nord ? La liste est très longue.

 

[...] 'Il pleut': cette phrase codée permet d'obtenir instantanément le silence ou un changement de sujet, lorsqu'un profane comme moi s'approche d'un franc-maçon. Ce soir il ne pleut plus !"

Extraits du discours de Serge Abad Gallardo :

 

« Marie, c'est la Nouvel Eve, c'est celle qui a écrasé la tête du Serpent.

 

Les thèmes qui vont être traités ce soir (dans cette conférence Ndlr.) vont toucher aux relations entre l'Eglise et la franc-maçonnerie, mais surtout les problèmes d'engagement en franc-maçonnerie et de confession de foi. Ils vont toucher aussi à ce que j'appelle l'aspect luciférien de la franc-maçonnerie.

 

Autant j'ai écrit le premier livre "J'ai frappé à la porte du Temple" pour les catholiques surtout, de manière à ce qu'ils connaissent la franc-maçonnerie et sachent exactement de quoi il s'agit, non pas pour les dissuader, moi je ne suis pas là pour convertir les coeurs - seul le Christ convertit les coeurs -, mais de manière à ce que chacun puisse être libre de choisir son chemin. Jésus nous a dit "Je suis le chemin, la vérité et la Vie". La franc-maçonnerie nous dit - je cite de mémoire - monsieur Meley qui était président de l'obédience maçonnique du "Droit humain", et a fait une conférence à Carcassonne intitulée "la franc-maçonnerie est ouverte à tous". Et bien moi j'ose dire que non. Elle est peut-être "ouverte" à tout le monde, mais à ce moment-là cela obligera ce "tout le monde" à laisser derrière soi un certain nombre d'éléments de sa foi. Autant le second livre a été écrit pour les francs-maçons.

Carcassonne : "La franc-maçonnerie est ouverte à tous". Source: http://www.lindependant.fr/2015/02/03/la-franc-maconnerie-est-ouverte-a-tous,1987426.php

Carcassonne : "La franc-maçonnerie est ouverte à tous". Source: http://www.lindependant.fr/2015/02/03/la-franc-maconnerie-est-ouverte-a-tous,1987426.php

[...] Dans ce deuxième ouvrage, il y a environ deux cents citations, qui proviennent soit d'écrits de livres, de déclarations publiques, parfois de ce qu'on appelle des planches (une "planche" est un exposé maçonnique qui est lu lu en loge et discuté en suite), qui démontrent le lien entre la franc-maçonnerie et ce que je pourrais appeler une doctrine luciférienne.

 

Nombre de francs-maçons n'ont pas conscience de cet aspect. Le démon est subtil. "Subtil" est un terme que j'emprunte à l'alchimie. Or, toute une branche de la franc-maçonnerie, notamment celle qui pratique le rite écossais ancien et accepté est très imbibé d'alchimie, mais également d'autres rites. Et l'action du démon est subtile.

 

Il y a trois catégories dans la franc-maçonnerie.

 

La première catégorie que je vais situer peut-être à 15%, ce sont les maçons 'affairistes'. On les trouve dans certaines loges. Je ne veux pas montrer du doigt, mais il est clair qu'au sein même de la franc-maçonnerie, la 'Grande Loge nationale de France' passe pour une loge affairiste. Cela étant la Grande Loge nationale de France est une loge qui n'est pas anticléricale ni anticatholique. Certains de ses membres sont même amis de l'Eglise, au sens qu'ils donnent de l'argent pour que les églises ne s'effondrent pas. Il y a des affairistes dans d'autres loges. Il n'y a pas que la GLNF. Mais on va dire qu'il y a donc quand même une minorité palpable de francs-maçons qui sont affairistes et qui cherchent en franc-maçonnerie à obtenir un pouvoir, politique, financier, professionnel, et une carrière. Et cela marche. La franc-maçonnerie permet un réseau.

 

La deuxième catégorie, ce sont des francs-maçons que l'on va trouver surtout dans des obédiences comme le Grand Orient de France, le Droit humain, où j'étais, la Grand Loge féminine de France, mais essentiellement le Grand Orient. Ce sont des gens qui considèrent que la Révolution française n'a pas décapiter suffisamment de prêtres et de religieuses. Tous ne sont pas comme cela au Grand Orient de France, mais je parle de majorité et de catégories, avec des expressions comme 'à bas la calotte'.  Cette seconde catégorie est importante au sein des obédiences que j'ai citées.

 

La troisième catégorie, qui est également d'importance est constituée de personnes comme j'ai pu l'être, de francs-maçons qui cherchent sincèrement et qui espèrent trouver des réponses.

 

Il est important de savoir que ce qui compte en franc-maçonnerie n'est pas forcément ce qui est dit lors des tenues maçonniques (soirées maçonniques avec un rituel) ni ce qui s'exprime clairement. Le secret maçonnique ressemble à un millefeuille. Et ce qui se dit en franc-maçonnerie se lit entre les lignes et l'action luciférienne de la franc-maçonnerie, même si je cite des francs-maçons qui glorifient Lucifer (il y a des rituels qui glorifient Lucifer, au 'Droit humain', en particulier il y a un rituel qui glorifie Lucifer), et on verra l'ambiguïté assez troublante qu'il y a derrière ce terme de "Lucifer".

 

C'est surtout par ce qui n'est pas écrit ou n'est pas dit, que l'action de Lucifer se manifestera. [On voit ici que la méthode maçonnique est un moyen pour faire apostasier. NdCR.] C'est une action qui va attirer des personnes, des profanes, qui va ensuite les conduire à s'éloigner de la foi, pour ensuite les faire apostasier. [...] Par exemple, à un instant - vous verrez que c'est là que les choses se passent dans ce qui n'est pas dit - le 'Vénérable Maître' frappe un coup de maillet et dit : "Nous ne sommes plus dans le monde profane" (sous-entendu) nous sommes maintenant dans un monde sacré. Or, la différence entre ici et une église, c'est que cette sale n'est pas sacrée. Pour qu'elle le soit, il faudrait qu'un évêque vienne et qu'il la transforme en espace sacré. Et cet évêque, lorsqu'il transformerait cette salle en un espace sacré, à la Gloire de Dieu, lui n'est pas important, c'est l'Esprit Saint qui opère à travers lui. Lui n'est qu'un instrument. Le 'Vénérable Maître' au contraire, sanctifie l'espace et le temps : 'nous ne sommes plus dans le monde profane'. Mais il n'a pas le Saint-Esprit, et il n'est pas mandaté par Dieu. [...] Je précise que les travaux sociaux sont fondés sur la doctrine ésotérique de la maçonnerie. Ce n'est pas moi qui le dit, dans toutes les loges cela se répète.

 

[...] Vous tous qui êtes chrétien, lorsque vous parlez avec des francs-maçons qui vous disent qu'ils sont francs-maçons, essayez de leur expliquer quel est le chemin qu'ils prennent alors qu'ils pensent en prendre un autre.»

 

Première chose, la franc-maçonnerie ne dérive pas directement des confréries de constructeurs de cathédrales (aux XIIe et XIIIe siècles). La franc-maçonnerie ne dérive pas non plus de l'Egypte ancienne. Je parle bien de filiations directes.

 

La franc-maçonnerie a emprunté  : ce n'est pas moi qui le dit non plus, c'est Marie-France Etchegoin dans La Saga des francs-maçons (2009) . La franc-maçonnerie est née au XVIIIe siècle, précisément le 24 juin 1717 à Londres et elle a emprunté divers symboles et divers rituels à un certain nombre de courants que nous verrons par la suite.

 

La franc-maçonnerie essaime ensuite dans toute l'Europe au XVIIIe siècle, voire dans le monde entier aux Etats-Unis, et cela continue aujourd'hui. Il y a par exemple un 'Grand Orient d'Italie', un 'Grand Orient de Belgique', un 'Grand Orient d'Espagne'.

 

La classification des obédiences

 

1. Par importance numérique en France : Le Grand Orient de France, c'est 50 000 membres. La Grande Loge de France 33 000 membres, la Grande Loge nationale de France 30 000 membres, le Droit humain 17 000 membres, la Grande Loge féminine de France 12 000 membres, la Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra, (exclusivement masculine), 3 700 membres et les loges Memphis-misraïm, parce qu'il y en a plusieurs, 2000 membres. Ce qui fait globalement entre 150 et 170 000 francs-maçons en France.

2. Par tendance politique. La plupart des membres du Grand Orient, sont à 80% des gens de tendance socialiste ou similaire; le Droit humain, également, centre, centre-gauche, voire gauche; et la Grande Loge féminine de France.

3. Selon les rituels. Les francs-maçons disent qu'il y a des francs-maçonneries, mais moi je persiste à dire que la franc-maçonnerie ou les francs-maçonneries ont un tronc commun. Et c'est la raison pour laquelle j'utilise le terme de "la franc-maçonnerie". Pour résumer, il y a une franc-maçonnerie divisée en plusieurs obédiences. Et ces obédiences, on va les diviser en deux. Il y a les obédiences déistes et les obédiences athées, voire agnostiques. Elles se distinguent également par le rituel. Vous avez :

 - le "Rite écossais ancien et accepté" qui caractérise le Droit humain, la Grande loge de France et la Grande loge féminine de France. Ce sont des rituels quasiment obligatoires dans ces trois obédiences.

- le "Rite français", au Grand Orient de France essentiellement, même si s'y trouvent d'autres rites, mais il y est très majoritaire.

- le "Rite écossais rectifié", que l'on trouve à la Grande Loge nationale de France, et à la Grande loge traditionnelle et symbolique opéra

- le "Rite Emulation" pour une minorité

- le "Rite Memphis-misraïm"

 

Des portes d'entrée au démon

 

L'Eglise rejette l'ésotérisme et l'occultisme sur le fondement de l'Ancien Testament et des écritures du Nouveau comme constituant des portes d'entrée au démon.

Serge Abad Gallardo : "Pourquoi j'ai quitté la franc-maçonnerie?"

Le Rite écossais ancien et accepté (R.E.A.A.) est un rite de tendance déiste. Il est fondé sur l'hermétisme égyptien, le pythagorisme grec, l'alchimie islamique, la kabbale hébraïque, le gnosticisme chrétien et la chevalerie templière. Cela devrait nous plaire parce que l'on entend "chrétien" : je vous précise alors que le courant gnostique a été condamné par l'Eglise, et notamment par S. Irénée au IIe siècle, et qu'il est considéré comme hérétique. Donc on ne peut pas être gnostique et catholique. Et il y a tout le reste : on ne peut pas être un hermétiste, on ne peut pas non plus être un pythagoricien, c'est-à-dire fonder sa vérité de foi sur l'enseignement de Pythagore ou sur celui d'Hermès Trismégiste et croire dans le Christ ressuscité. Cela n'est pas possible.

 

Le Rite français a des similitudes importantes avec le Rite écossais, mais il s'appuie sur une démarche positiviste et pour le résumer, il considère que la Bible est une série d'allégories, un ensemble de légendes, une mythologie presque, qui peut servir au développement intellectuel et moral de ceux qui pratiquent ce rite. Donc, en tant que chrétien, je ne peux pas aller dans une loge qui considère que la Bible c'est une allégorie. Il y a des allégories dans la Bible, mais il y a la parole de Dieu.

 

Le Rite écossais rectifié est le rite qui va nous intéresser le plus parce qu'il se base sur la tradition chrétienne originelle, nourri des enseignements des Pères de l'Eglise. Donc cela, ca nous plaît, sauf que ce n'est pas le Magistère de l'Eglise, ce n'est pas un enseignement de l'Eglise, c'est une interprétation à partir des écritures des Pères. Cela veut dire que quiconque peut s'intituler interprète de ces écritures. On n'est pas dans la théologie. En admettant même que c'est compatible, la deuxième source de ce rite est l'enseignement de Martinès de Pasqually, qui est un occultiste, un magicien, un hermétiste qui a vécu au XVIIIe siècle, et qui a écrit un ouvrage "Traité de la Réintégration des Êtres", qui développe une doctrine manichéiste, parfaitement gnostique également, puisqu'il sépare la matière et l'esprit et que nous serions aujourd'hui prisonnier de la matière, alors que pour nous chrétiens, et catholiques en particulier, corps et esprit font un, même si l'âme est une troisième entité.

 

C'est un rite déiste.

 

Le Rite Emulation, qui est finalement le rite qui est le plus proche de ce que pourrait recherché un catholique en franc-maçonnerie. Mais néanmoins, même si c'est un rite où il y a peu de planches, c'est un rite qui se dit religieux, qui nécessite également la croyance en Dieu. Or cela pose un problème car cette croyance est une croyance dans le Grand Architecte de l'Univers, et ce rite va accepter par exemple des gens qui croient en Allah, en Yahvé ou en Dieu. Je ne suis pas certain qu'Allah soit le Dieu que je prie, et que le Jésus, "prophète" de la religion musulmane soit le Jésus en lequel je crois. [Le coran, sourate 112 affirme que Dieu n'a pas été engendré et n'a pas de Fils, ce qui contredit totalement notre dogme de l'Incarnation du Verbe fait chair. NdCR.] Donc si le catholique va en loge pour chercher le Christ comme il va à l'église pour chercher le Christ en Croix, il ne peut pas prier Allah : c'est comme s'il priait Allah dans une église.

 

Le rite Memphis-Misraïm est un rite très hermétique fondé sur la doctrine d'un certain Cagliostro, qui s'appelait Joseph Balsamo, était un magicien.

 

Voilà les principaux rites et ils sont tous fondés sur une doctrine hermétique. Et on ne peut pas être chrétien et hermétique. Ou alors on souffre de dichotomie psychologique ou de schizophrénie spirituelle.

La franc-maçonnerie est une religion

 

Il y a des rites, des rituels, des cérémonies, un idéal ou une croyance commune (l'idéal peut être le bonheur de l'Humanité, la croyance cela peut être le Grand Architecte de l'Univers, le Progrès de l'Humanité); il y a des adeptes : Jules Boucher, franc-maçon de référence qui a beaucoup écrit, utilise le terme d'"adepte"; et il y a un lien régulier entre les adeptes.

 

Les constitutions d'Anderson en 1721 parlent de "soumettre les personnes qui entrent en franc-maçonnerie seulement à cette religion que tous les hommes acceptent". Donc ce terme de "religion", il est dans l'article premier de la constitution qui est un des fondements de la franc-maçonnerie.

 

Oswald Wirth, écrivain très connu également. C'est un petit peu comme si on citait S. Irénée ou S. Thomas d'Aquin pour nous : "Reste à savoir si la franc-maçonnerie est oui ou non une religion. Ayons le courage de nous dire religieux, de nous affirmer apôtres d'une religion plus sainte que toutes les autres, propageant la religion de la république. En nous assimilant tous les enseignements de la maçonnerie, nous sommes appelés à exercer chacun en notre sphère, une prêtrise" (sic).

 

Donc des francs-maçons reconnus considèrent la franc-maçonnerie comme une "religion".

 

Les dogmes maçonniques

 

Le dogme de l'a-dogmatisme. La franc-maçonnerie dit qu'elle est adogmatique, et que c'est pour cela qu'elle n'est pas une "religion". Or, le fait de dire que pour prendre le chemin qui mène à la vérité il faut se libérer de tout dogme, vous posez un dogme. Parce que nous catholiques, nous disons, ma vérité c'est le Credo, et tous les dogmes de l'Eglise sont contenus dans le Credo (Virginité mariale, conception virginale, l'Immaculée conception, la Résurrection du Christ, Dieu Notre Père, etc.) Et le fait de dire "j'abandonne tout cela pour chercher la vérité" c'est également un dogme.

Serge Abad Gallardo : "Pourquoi j'ai quitté la franc-maçonnerie?"

Le dogme de la "lumière" maçonnique. La franc-maçonnerie considère que la seule lumière est la lumière maçonnique. Là encore je n'invente pas. Je vous cite le rituel d'initiation :

 

"Pourquoi ce profane demande-t-il à entrer en franc-maçonnerie ?, demande le Vénérable Maître.

 

Réponse du Premier Surveillant : "Parce qu'il est libre et de bonnes moeurs, qu'il cherche la lumière et qu'il est dans les ténèbres".

 

Cela veut dire deux choses. Premièrement, que seule la lumière maçonnique vous enlèverait des "ténèbres" dans lesquelles vous êtes ou vous seriez plongé. Cela s'appelle un dogme, c'est-à-dire que je pense que la "lumière" maçonnique est la seule lumière véritable. [...] Quand je dis cela, je vais ensuite prêter serment, d'obéir aux constitutions et aux règlements. Que fais-je alors ? Je renie mon baptême, puisque la seule lumière que je vais reconnaitre c'est la lumière qui va m'être donnée lorsqu'on m'enlèvera le bandeau. C'est ce que j'explique dans mon deuxième livre. Qu'est-ce que le baptême ? C'est un sacrement par lequel l'Esprit-Saint nous amène la lumière du Christ (et nous donne une protection contre les attaques du démon). Comme le dit Maurice Caillet dans l'une de ses interviews "quelle lumière ai-je besoin de chercher en franc-maçonnerie quand j'ai la lumière du Christ ?"

 

Vous voyez que l'on ne peut pas croire au Christ et à la lumière maçonnique en même temps.

 

Le dogme d'un dieu indéfinissable, protéiforme, multiple. Dire que que Dieu ne s'appelle pas Dieu mais s'appelle le Grand Architecte de l'Univers, c'est un dogme.

 

Le dogme de l'inaccessibilité de la vérité.

Le dogme d'Hiram.

Le dogme de l'identité du microcosme et du marcrocosme.

Le dogme de la relativité (de la vérité ? on ne voit pas le reste de la phrase)

L'incompatibilité doctrinale

Serge Abad Gallardo : "Pourquoi j'ai quitté la franc-maçonnerie?"

Dix ans après la naissance de la franc-maçonnerie, le Pape Clément XII a condamné la franc-maçonnerie en tant qu'institution (Bulle In Eminenti, 1738). Tout le XVIIIe et le XIXe siècles a été émaillé de déclarations semblables. Et le Préfet pour la Doctrine de la foi en 1983, le Cardinal Ratzinger a conclu dans un décret qui a précisé le Code de droit canonique, et je le cite :

 

"On a demandé si le jugement de l’Eglise sur les associations maçonniques était changé, étant donné que dans le nouveau Code de droit canonique il n’en est pas fait mention expresse, comme dans le Code antérieur. [...]
Le jugement négatif de l’Eglise sur les associations maçonniques demeure donc inchangé, parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Eglise, et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise. Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion." Et " Les autorités ecclésiastiques locales n’ont pas compétence pour se prononcer" sur la compatibilité.

L'influence luciférienne en franc-maçonnerie

 

Le pavé mosaïque. On le voit dans toutes les loges. En général, c'est un rectangle de deux mètres sur trois. C'est un symbole que l'on va retrouver dès le grade d'apprenti, jusqu'au 30e degré, qui est le dernier grade symbolique du "rite écossais ancien et accepté" et ensuite, les 31, 32 et 33 sont des grades administratifs, auxquels je n'ai pas accédé et donc que je ne connais pas.

Serge Abad Gallardo : "Pourquoi j'ai quitté la franc-maçonnerie?"

Saint Augustin figuré dans ses vêtements épiscopaux, tenant à la main soit un livre (il est Père de l'Eglise et Docteur), soit un coeur enflammé, éventuellement percé de flèches, symbole de sa recherche de Dieu brûlante d'amour Cette "mosaïque" est l'expression des deux forces antagonistes qui gèrent le monde et qui ont valeur de divinité [Cf. Voir S. Augustin contre l'hérésie manichéenne]. Lisez Oswald Wirth, que je cite abondamment. Lisez Jules Boucher également, des planches maçonnique sur le "pavé mosaïque" en tapant l''édifice.net' sur internet. Et alors vous verrez que la franc-maçonnerie a une croyance. Il y a un livre qui a été écrit par Richard Dupuis, qui a été "Grand Maître" de la "Grande Loge de France" et qui s'appelle "La Foi d'un franc-maçon". Ils ont une croyance. Et cette croyance est que l'univers est régi par deux puissances également fortes. Cette croyance veut dire que le bien et le mal sont équivalents. Cela veut dire que si le bien et le mal sont équivalents, Dieu n'est pas Tout-Puissant. On est dans la doctrine manichéenne. Et cela veut dire également que le mal peut être utile au bien. Je ne l'invente pas, je le tire de planches que je cite dans mon deuxième ouvrage. Et donc quelque part, le mal est nécessaire à l'humanité. Or, l'enseignement du Christ, et de l'Eglise, ce n'est pas cela. Le Christ nous dit qu'il a vaincu définitivement le monde, il a vaincu le mal, en mourant sur la Croix. Saint Michel, aussi, écrase Satan et l'a vaincu.

 

Donc vous voyez ce pavé mosaïque est important parce qu'il va amener au relativisme, à la dualité, ensuite à l'inversion entre le bien et le mal... Et à une glorification de la transgression. Là non plus je n'invente pas :

 

"Le mal est l'ombre du bien. Il en est inséparable. Donc, le mal est nécessaire à l'humanité comme le sel est indispensable à l'eau des mers. Là aussi, l'harmonie ne peut seulement dériver que de l'équilibre des contraires." (Albert Pike, Morals and Dogma, volume 6, p. 212 et 213) pour les personnes qui auraient des doutes sur la réalité de la citation.

 

Cette inversion des valeurs amènera à la transgression. Je cite une planche maçonnique : "N'a-t-on pas prétendu que le Serpent tentateur était le diable, alors que de tout temps, le Serpent primordial a symbolisé le savoir, la connaissance". Vous voyez, lorsqu'on est catholique, on aurait du mal à dire que le Serpent représente la connaissance. [NdCR. Effectivement, dans notre religion catholique, au contraire, c'est Dieu qui est Connaissance qui nous donne par son Esprit-Saint le don d'intelligence (raison spéculative) et le don de conseil (raison pratique) pour saisir la vérité, ainsi que le don de sagesse et le don de science pour bien juger (Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Seconde partie, La foi q. 8 et 9). Cf. Les sept dons du Saint-Esprit.]

 

Que fait le Serpent ? Il pousse Eve et Adam à consommer le fruit défendu par Dieu et il dit -comme le fait et le dit la franc-maçonnerie d'ailleurs - Vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. Dieu vous a menti. (Genèse III, 5). La franc-maçonnerie dit exactement la même chose que le Serpent de la Genèse. D'où il ressort que la franc-maçonnerie considère que l'homme doit devenir un dieu et dieu lui-même, [en désobéissant aux commandements de Dieu... NdCR.]

 

Cette divinisation de l'individu commence par une glorification personnelle. Cela est précisé au 4e degré des hauts grades, c'est le grade qui s'appelle "maître secret" :

 

- Voici le Rituel. "Êtes-vous Maître secret ?"

- Réponse : "Je m'en glorifie".

 

A contrario, voilà ce que nous dit Saint Paul : " Où est donc le sujet de se glorifier ? Il est exclu... par la loi de la foi" (Romains, III:5) Il poursuit dans Colossiens, chapitre 12, verset 7 : "Et pour que je ne sois pas enflé d'orgueil, il m'a été mis une écharde dans la chair. Un ange de Satan pour me souffleter et m'en empêcher de m'enorgueillir. Trois fois j'ai prié Seigneur de l'éloigner de moi et Il m'a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses afin que la puissance du Christ repose sur moi."

Il n'y a pas cela en franc-maçonnerie : la grâce de Dieu n'existe pas, c'est l'autonomie du maître qui s'impose. Je cite de mémoire Oswald Wirth, qui dit : "Un maître maçon ne peut être contesté. Il est libre dans une loge libre".

 

Le signe luciférien du 18e degré des hauts grades de chevalier Rose-Croix. Il y a un signe luciférien. Mais les francs-maçons n'en ont pas conscience.

 

Serge Abad Gallardo : "Pourquoi j'ai quitté la franc-maçonnerie?"

Ce signe est le signe du 18e degré. Voilà ce que dit le rituel maçonnique du 18e degré des Hauts grades "Chevalier Rose Croix" : "le signe du grade s'exécute en élevant la main droite fermée, l'index montrant verticalement le ciel, le contre-signe s'exécute en descendant la main gauche en montrant la terre avec l'index. Signe et contre-signe évoque la maxime hermétique 'Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut'". On retrouve la dualité du pavé maçonnique. Et là on est au 18e degré quand même, on n'est plus au grade d'apprenti. Le 18e degré, c'est un petit peu au-delà de la moitié des grades.

Et bien le Christ au contraire nous dit, je cite : "Jésus leur dit : 'Vous, c'est d'en bas que vous êtes, moi c'est d'en haut que je suis. Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde." (Jn 8:23) Alors, encore cela, c'est seulement sur le plan didactique, intellectuel, philosophique. Ce qui est en haut n'est pas comme ce qui est en bas. En bas c'est le diable, en haut c'est Dieu. Cela, c'est de l'iconographie, c'est de la philosophie, et de la doctrine.

 

L'arcane XV du Tarot

Ce personnage (du 18e degré) qui est un signe, vous allez le retrouver dans l'arcane XV du Tarot.

Serge Abad Gallardo : "Pourquoi j'ai quitté la franc-maçonnerie?"

Le Tarot est un langage hermétique qui précise certaines données de la franc-maçonnerie. On le retrouve dans les hauts grades et un certain nombre de choses comme l'astrologie et d'autres sciences dites occultes.

Dans ce signe (l'arcane XV du Tarot) vous voyez que le diable a une main pointée vers le haut et une autre pointée vers le bas. Il a des attributs également masculins et féminins. Et il a une sorte de coiffe avec des cornes. Cette carte s'appelle "le diable".

 

Le Baphomet (dessin d'Eliphas Levi)

Serge Abad Gallardo : "Pourquoi j'ai quitté la franc-maçonnerie?"

Dans le "Baphomet", dessin d'Eliphas Levi (1810-1845) qui est un occultiste de haut niveau, hermétiste et magicien franc-maçon du XIXe siècle, on va avoir la même posture. Sur les bras du diable est écrit "Solve et coagula", qui pointent vers le haut et vers le bas : le haut et le bas sont identiques...

Il a un attribut masculin symbolisé par cette espèce de hampe entourée de serpent et des seins féminins. Il porte le tétragramme sur le front qui est signe maçonnique du second degré du grade de compagnon; des ailes noirs, contraire des ailes blanches des anges; et puis une sorte de poids qu'on retrouvera dans un autre dessin de franc-maçonnerie. Ce dessin ne figure pas dans un livre maçonnique mais dans le livre d'Eliphas Levi, "Traité de la haute magie".

 

Desse Hishtar (dessin Oswald Wirth).

Serge Abad Gallardo : "Pourquoi j'ai quitté la franc-maçonnerie?"

Ce dessin, par contre, figure dans un livre maçonnique qui s'appelle "Le symbolisme occulte de la franc-maçonnerie". Nous voyons le même signe que le Baphomet, la même coiffe avec une sorte de lumière. Il y a un auteur espagnol qui parle ici de satanisme, de la lumière de Lucifer, non pas au sens latin ancien (lucifero) d'ange qui porte la lumière - on sait que Lucifer a chuté -, c'est la lumière du diable. Et vous voyez en bas du dessin l'illustration du pavé maçonnique.

La déesse Ishtar est une déesse sumérienne qui symbolise l'ambivalence, la dualité, et qui a une relation assez proche, par sa soeur, avec les enfers.

En commentaire de ce dessin - je vous le cite de mémoire - Oswald Wirth nous dit que le franc-maçon doit descendre en enfer pour se réaliser.

 

J'ai lu des livres maçonniques qui disent que le Baphomet n'est pas le diable. Or, une statue qui se trouve à Détroit (USA) est intitulée "Statue Eglise de Satan" (Cf. Image ci-dessous). C'est le Baphomet : donc la preuve que oui.

Serge Abad Gallardo : "Pourquoi j'ai quitté la franc-maçonnerie?"

... Je vous rassure, je n'ai pas vu de statue de Baphomet en loge. Mais vous voyez que la philosophie est quand même relativement proche. Mais dans cette statue, c'est le même personnage que dans le dessin d'Eliphas Levi. Et il dit également que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.

 

Lire aussi :  Le Temple Satanique organisait à Détroit une cérémonie de « débauche » pour dévoiler la statue de Baphomet, Reinformation.Tv, 27 juillet 2015 15 h 00 min·

 

Tubalcain. C'est le mot de passe des maîtres. La franc-maçonnerie vous dira que c'est un artisan forgeron. C'est cité dans la Genèse, c'est vrai, sauf que la Genèse précise bien qu'il descend de Caïn, et non pas de Seth, qui est le fils qui est né d'Adam et Eve après la mort d'Abel. Or, un franc-maçon écrit que "Tubalcain est un forgeron, il travaille les métaux et s'inscrit spirituellement comme continuateur de la lignée caïnite." La franc-maçonnerie elle-même, à travers certains membres et de travaux maçonniques, reconnaît que Tubalcain est un arrière-petit fils spirituel de Caïn. Or, c'est spirituellement qu'on est marqué aussi par la faute originelle d'Adam et Eve.

 

 

Serge Abad Gallardo : "Pourquoi j'ai quitté la franc-maçonnerie?"

Et il y a un mot sacré du grade de maître, le mot Bo-Hamon (orthographe incertaine Ndlr.), et la racine hébraïque du mot Bo-Hamon c'est "fils du père". Donc on a un mot de passe Tubalcain et un mot sacré Bo-Hamon qui signifie que lorsqu'on devient maître, on devient le fils du père de Tubalcain. Il est donc assez troublant d'avoir comme référence spirituelle Caïn.

 

Celui qui a formalisé le Rite Ecossais qui est utilisé par la Grande Loge nationale de France, s'appelait Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), et à la fin du XVIIIe siècle, il abandonne, le 5 février 1785, le mot de passe Tubalcain. Il remplace le nom de Tubalcain par celui de Phaleg, qui dans la Bible est un descendant de Seth. Donc c'est la lignée bienfaitrice, on va dire, de l'humanité, et pas maléfique. Et voilà ce qu'il précise : "Tubalcain est qualifié d'agent diabolique portant les vices charnels. C'est un nom d'abomination. Il n'apprit l'art du travail des métaux et de la maîtrise du feu que par des voies profanatrices et sataniques". Cela n'est pas Serge Abad-Gallardo, ancien franc-maçon, récemment revenu à la foi qui vous le dit, c'est Jean-Baptiste Willermoz, fin XVIIIe, franc-maçon et créateur d'un rite maçonnique !

 

Donc vous voyez, il y a dans la doctrine maçonnique des références qui devraient nous hérisser le poil. Alors, certes si on ne croit ni en Dieu ni au diable, les références sataniques ne gênent pas, sauf que Satan n'est pas un personnage sympathique...

 

Conclusion

 

Je vais terminer en paraphrasant Léon XIII, puisque j'ai prié récemment sur la tombe de Léon XIII : "Quels sont les fruits de la franc-maçonnerie ? ... Certains ont été cités tout à l'heure : le divorce, la contraception, l'avortement, bientôt l'euthanasie.

 

Le texte qui a modifié la santé publique sous le contrôle de Jean Leonetti.(principalement connu pour avoir donné son nom à la loi Leonetti du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie. Ndlr.) comporte des mots que j'avais déjà vus et trouvés dans une planche maçonnique d'une loge du Grand Orient de Caen, en 2004. Et vous avez dans divers écrits qui ont été adressés au Premier ministre de l'époque, les mots de sédation profonde et de sédation en phase terminale dans ces écrits avant même qu'ils n'apparaissent dans le texte.

 

Vous voyez donc que sur les fruits de la franc-maçonnerie, il y a des questions à se poser.

 

En tout état de cause, il me semble que ce qu'il y a de luciférien dans la doctrine maçonnique, c'est que cette doctrine a pour objectif (c'est le Solve et coagula, dissous-reconstruit, ordo ab chao, je détruis et je reconstruis, l'ordre revient après avoir tout détruit..), la destruction de la Création divine, la destruction de l'ordre et de la loi naturelle divine, et le remplacement par une création humaine - si c'est possible -, le remplacement de la morale et de la loi naturelle par une morale et une loi contingente, humaine, fluctuante.

 

Ce que je crains, c'est que quand la loi est simplement humaine, on peut aboutir à des camps de concentration. » (Fin de citation)

 

A une question du public, Serge Abad-Gallardo répond :

 

"Ce sont deux chemins qui sont incompatibles (le chemin de la foi et celui de la franc-maçonnerie. Ndlr.) : je n'aurais pas pu croire, comme je crois au Credo que "l'esprit de l'homme est prisonnier de la matière", selon l'enseignement de Martinès de Pasqually."

 

Note de Christ-Roi. L'incompréhension vis-à-vis de la matière et de la Création était aussi l'hérésie des manichéens que S. Augustin, Docteur de l'Eglise, et ancien manichéen lui-même, affronta et détruisit au IVe siècle. On voit donc, que depuis, c'est toujours la même gnose à l'oeuvre et renouvelée au fil des siècles, qui s'attaque toujours à nous et à la Création.

Serge Abad Gallardo : "Pourquoi j'ai quitté la franc-maçonnerie?"

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 07:25
Oliver Stone exhorte Washington à déclassifier les documents sur l’Ukraine et la Syrie

Le réalisateur américain Oliver Stone, auteur d’un film sur les événements de l'EuroMaïdan, a exhorté Washington à déclassifier les documents sur la participation américaine dans le conflit en Ukraine ainsi que dans le conflit syrien. Selon lui, c’est en Ukraine que la hache de la guerre froide a été déterrée.

 

« Si j’étais le président [des États-Unis, Donald] Trump, j’aurais déclassifié toutes les informations sur l’Ukraine, et sur la Syrie aussi, mais avant tout sur l’Ukraine, car la guerre froide commence ici » — a déclaré le réalisateur du film « L'Ukraine en feu » (Ukraine on fire en VO) dans un entretien à la chaîne russe « Perviy canal ».

 

M. Stone est persuadé que le monde ignore le vrai état des choses.

 

« Les États-Unis continuent de raconter leurs salades, que la Russie a envahi la Crimée en envoyant ses troupes, qu'elle est présente dans le Donbass et menace l'Ukraine, ce qui n'a aucun sens. Si la Russie voulait envahir l'Ukraine, elle l’aurait déjà fait, mais elle n’en veut pas », a expliqué le réalisateur.

 

Il estime que « l'Ukraine a été l'un des principaux objectifs de la CIA depuis le début de la guerre froide. » Le réalisateur américain est persuadé que le gouvernement ukrainien est responsable de l’escalade récente du conflit dans l'est de l'Ukraine, et compte obtenir plus d'argent de la part Donald Trump.

 

M. Stone a également déclaré que la date de sortie de son film « L'Ukraine en feu» aux États-Unis est encore inconnue. Il est prévu que le film soit présenté au festival de Seattle fin mai. En outre, il a annoncé la préparation d’un nouveau film consacré au président russe Vladimir Poutine.

 

Le film comprendra des fragments de l'interview du chef de l’État russe accordée lors d’une visite à sa résidence.

 

« Je travaille en ce moment sur ce matériel. Je comprends son point de vue », — a déclaré le cinéaste. Il est convaincu que ce film changera le regard des gens sur la situation, ainsi que le film sur l'Ukraine, car « les États-Unis s’apprêtent à entamer une guerre sous de faux prétextes. » Oliver Stone est convaincu que les États-Unis ont besoin de la peur et que cela « nécessite un ennemi, et pas qu’un. »

 

Le documentaire « L’Ukraine en feu » a été montré le 21 novembre sur la chaîne de télévision russe Ren TV. Il a été publié le jour même sur YouTube, avant d’être bloqué dans la foulée.

Source: Sputnik

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 22:49
L'erreur évolutionniste
Philippe Lauria, Le Chaînon manqué, Pourquoi la théorie de l'évolution est une croyance, éd. Tatamis, 2015

Philippe Lauria, Le Chaînon manqué, Pourquoi la théorie de l'évolution est une croyance, éd. Tatamis, 2015

Qu'est-ce que l'évolutionnisme ? Une simple conception du monde, une philosophie de la nature actuellement dépassée. Existe-t-il une alternative sérieuse à l'explication des origines de l'homme ?
Comment récuser la transformation des espèces ? Et le Big bang ? Et la génétique ? Et les dinosaures ?
Comment croire en l'existence d'Adam et Eve ou à l'Arche de Noé ?
Va-t-on abandonner la science pour revenir à des mythes ?! Cet essai rappelle les graves limites du darwinisme et les raisons sérieuses en faveur de la création.
En effet, les recherches en astrophysique, en géologie ou en paléontologie amènent à rejeter, tant la lecture littéraliste que la lecture moderniste de la Bible.
Après la lecture de ce livre, on se reconnaîtra peut-être créationniste sans passer pour un demeuré.  


L'auteur : docteur en philosophie, auditeur de l'Institut des Hautes études de Défense Nationale (IHEDN), est aussi l'auteur de Cantor et le transfini, mathématique et ontologie, L'Harmattan, 2004 ; Christ-Roi, politique et religion, Cep, 2006 ; Le Dieu caché, Michel Onfray éclairé par Blaise Pascal, Cep 2006 et La religion sans épines (éd. Tatamis, 2014).

 

Source: Présentation du livre sur Chiré.fr

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 13:41
Deux poids deux mesures de Bfmtv sur le "catholique" François Fillon

La video :

Dimanche soir 5 février, dans un débat sur Bfmtv intitulé "Fillon peut-il tenir?", le journaliste Alexis Lacroix (à propos du "catholique" François Fillon, de l'affaire Penelope Gate et de "sondages qui dévissent") a tenus ces propos :

 

"C’est un catholique donc il n’aime pas, il y a un rapport à la vérité qui est un peu, si vous voulez, troublé, je dirais pas qu’il est dans le mensonge mais le catholicisme ne privilégie pas la vérité ; en revanche ce qu’on lui demande, c’est d’être un peu protestant".

 

Ces propos laissent entendre que le "catholique" Fillon est par nature programmé pour le mensonge parce que "le catholicisme ne privilégie pas la vérité" (sic).

 

Remplacez le mot "catholique" par "juif", "catholicisme" par judaïsme, puis invitez le "juif" à être catholique, cela donne : 

 

"C’est un 'juif' donc il n’aime pas, y a un rapport à la vérité qui est un peu, si vous voulez, troublé, je dirais pas qu’il est dans le mensonge mais le 'judaïsme' ne privilégie pas la vérité ; en revanche ce qu’on lui demande, c’est d’être un peu 'catholique".

 

Que se serait-il passé sur le plateau télé et dans les médias si ces propos avaient été tenus envers une personnalité politique de confession juive ? Imaginez-vous le scandale immédiat, les appels incessants à repentance et à excuses, le battage médiatique..., les pleurnicheries pendant des mois ? Deux poids deux mesures ?

 

Bien qu'il ne soit pas catholique, sur Twitter, un certain Mourad a signalé les propos d’Alexis Lacroix, des propos qui insultent tous les catholiques, selon lui :

 

 

Notre Seigneur nous avait prévenu : "Vous serez haïs de tous à cause de mon nom" (Mc, 13:13); "Heureux êtes-vous lorsque les hommes vous haïssent,... qu'ils insultent et proscrivent votre nom comme infâme, à cause du Fils de l'homme" (Lc 6:22). Tout cela était écrit et nous ne devons pas nous en étonner davantage.

 

Quoiqu'il en soit, les propos d'Alexis Lacroix passent sur BFMTV sans qu’un autre intervenant ne vienne corriger celui-ci.

 

Dans l'article "Rédacteur de la LICRA et directeur de L’Express, Alexis Lacroix insulte les catholiques sur le plateau de BFM TV", le site Medias Presse Info a fait une recherche pour savoir "qui est Alexis Lacroix" :

Deux poids deux mesures de Bfmtv sur le "catholique" François Fillon

Jusqu’il y a peu directeur-adjoint de la rédaction de Marianne, Alexis Lacroix – parfois conférencier pour le Grand Orient de France – est devenu en novembre 2016 le directeur délégué de la rédaction de L’Express.

Alexis Lacroix est également chroniqueur sur RCJ, radio du Fonds social juif unifié.

Alexis Lacroix est aussi co-fondateur, avec Bernard-Henri Lévy, des Séminaires de La Règle du Jeu où il a par exemple accueilli Caroline Fourest.

Alexis Lacroix est par ailleurs collaborateur régulier de L’Arche, « revue du judaïsme français ».

Alexis Lacroix est enfin membre du comité de rédaction de la revue Le Droit de Vivre éditée par la LICRA.

Que n’aurait-on entendu cette même LICRA si quelqu’un avait prononcé les mêmes propos qu’Alexis Lacroix en remplaçant les mots catholique et catholicisme par juif et judaïsme

Deux poids deux mesures de Bfmtv sur le "catholique" François Fillon
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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 11:16

Selon le cardinal chinois salésien Joseph Zen, en Chine, "le Vatican est aux mains de gens qui suivent la mauvaise stratégie et ne nous écoutent pas".

Le cardinal Zen est célèbre pour sa défense des droits humains, la liberté politique et la liberté religieuse.

Cardinal Zen: en Chine "le Vatican est aux mains de gens qui suivent la mauvaise stratégie et ne nous écoutent pas"

L’évêque émérite de Hongkong juge le Vatican trop conciliant avec les exigences du Parti communiste.

L’heure est aux signes de détente entre Pékin et le Vatican. Mais une des figures de l’Eglise asiatique, le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, évêque émérite de Hongkong, n’est guère convaincu par un rapprochement éventuel : « Le Vatican est aux mains de gens qui suivent la mauvaise stratégie et ne nous écoutent pas », dit-il au Monde.

Depuis le début de l’année, la Chine et le Vatican, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques, font tout pour afficher leur bonne volonté : dans un entretien à El Pais le 21 janvier, le pape François s’est déclaré prêt à se rendre en Chine « aussitôt qu’ils m’envoient une invitation ». Il a poussé l’amabilité jusqu’à dire que « les églises en Chine sont pleines » et qu’on « y célèbre librement le culte ». Le 26, le Quotidien du Peuple, l’organe du Parti communiste, réagissait en louant un « geste sage » du souverain pontife et en titrant sur les « grandes attentes entourant les relations Chine-Vatican en 2017 ».

Un comité de négociateurs se réunit tous les trois mois depuis 2014, en alternance en Chine et à Rome, dans le but de dépasser l’incompatibilité entre le dogme catholique et le contrôle exercé par le Parti communiste chinois (PCC) sur la pratique du catholicisme dans ce pays : celui-ci a institué en Chine une Eglise catholique « patriotique » indépendante du Vatican, habilitée à nommer ses propres évêques sans accord papal.

Source: Le cardinal chinois Joseph Zen dénonce les compromis du Vatican en Chine, Le Monde | 03.02.2017 à 11h31 | Par Brice Pedroletti (Hongkong, envoyé spécial)

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 10:55

C'était hier dimanche en Italie, la "Journée pour la Vie", mais les fidèles ont boudé l'Angélus du Pape, Place Saint-Pierre à Rome. Certains commencent à s'inquiéter de cette désertion de fidèles :

 

Voici une photo de la Place Saint-Pierre à Rome prise hier au moment de l'Angélus.

 

Dans son discours, le Pape a rappelé que «chaque vie est sacrée». Il a exhorté à «faire avancer la culture de la vie comme réponse à la logique de la mise à l’écart et à la baisse démographique». François a appelé à prier «pour les enfants qui sont en danger d’interruption de la grossesse, comme aussi pour les personnes qui sont en fin de vie», et pour que personne ne soit laissé seul et que «l’amour défende le sens de la vie». Le Pape a cité les mots de Mère Teresa : «La vie est beauté, admire-la, la vie est vie, défend-la», en martelant que chaque vie est sacrée, aussi bien celle de «l’enfant qui va naître» que celle de «la personne qui est proche de mourir».

 

Plusieurs lecteurs romains ont exprimé leur tristesse et leur inquiétude face à cette désertion de fidèles que les mesures anti-terroristes seules n'expliquent pas. D'autres regrettent que derrière ces prises de position pro-life présentées comme une réponse à l'exclusion sociale, il n'ait pas fait référence à Celui qui est à l'origine de cette vie.

 

Dans une allusion voilée à la campagne d'affichage dénonçant ses récents excès d'autoritarisme, il a affirmé que les chrétiens devaient protéger la terre de l’altération et de la corruption, en tenant éloignés «les germes polluants de l’égoïsme, de l’envie, de la médisance». «Ces germes ruinent le tissu de nos communautés, qui doivent au contraire resplendir comme des lieux d’accueil, de solidarité et de réconciliation» a martelé le Saint-Père, répétant son invitation à ne pas se laisser corrompre par le mauvais esprit de mondanité.

Les fidèles boudent l'Angélus du Pape Place Saint-Pierre à Rome

Source: Diakonos.be

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 07:30
Le mécanisme de la suzeraineté occulte

Le pape Léon XIII décrit la franc-maçonnerie

 

Léon XIII écrivait dans son encyclique du 19 mars 1902 (« Parvenu à la 25e année ») :

 

Une secte ténébreuse que la société porte depuis longtemps dans ses flancs comme un germe mortel, y contamine le bien-être, la fécondité et la vie. Personnification permanente de la révolution, elle constitue une sorte de société retournée, dont le but est d’exercer une suzeraineté occulte sur la société reconnue et dont la raison d’être consiste entièrement dans la guerre à faire à Dieu et à son Église.

 

Il n’est pas besoin de la nommer, car à ses traits tout le monde a reconnu la Franc-Maçonnerie, dont nous avons parlé de façon expresse dans notre encyclique Humanum genus du 20 avril 1884 en dénonçant ses tendances délétères, ses doctrines erronées et son œuvre néfaste.

 

Embrassant dans ses immenses filets la presque totalité des nations et se reliant à d’autres sectes qu’elle fait mouvoir par des fils cachés, attirant d’abord et retenant ensuite ses affiliés par l’appât des avantages qu’elle leur procure, pliant les gouvernants à ses desseins, tantôt par ses promesses et tantôt par ses menaces, cette secte est parvenue à s’infiltrer dans toutes les classes de la société.

 

Elle forme comme un État invisible et irresponsable dans l’État légitime.

 

Pleine de l’esprit de Satan qui, au rapport de l’Apôtre, sait au besoin se transformer en ange de lumière, elle met en avant un but humanitaire, mais elle sacrifie tout à ses projets sectaires ;

 

Elle proteste qu’elle n’a aucune visée politique, mais elle exerce en réalité l’action la plus profonde dans la vie législative et administrative des États et tandis qu’elle professe en paroles le respect de l’autorité et de la religion elle-même, son but suprême, comme ses propres statuts en font foi, est l’extermination de la souveraineté et du sacerdoce en qui elle voit l’ennemie de la liberté.

 

Le plan maçonnique : la république universelle

 

francs-macons-du-paraguay Le dernier Convent du Grand Orient de France de 1933, par l’organe du F∴ Antonelli, son grand orateur, nous donne le plan de ce travail. Il dit, en effet :

 

Comme au cours du XVIIIe siècle, la F∴ M∴ a préparé la civilisation de démocratie individualiste qui a fait le XIXe siècle, elle doit aujourd’hui, par ses travaux spéculatifs, par son action de vigilance, préparer la démocratie sociale et internationale de demain.

 

Dans cette grande bataille pour la défense des principes démocratiques et la reconstruction d’une nouvelle cité humaine, elle doit être l’animatrice. »

 

Suzeraineté occulte de la Franc-Maçonnerie dans le domaine politique par la démocratie individualiste au XIXe et XXe siècles, nous n’en voyons que trop les pernicieux résultats.

 

Suzeraineté occulte dans le domaine social et économique et bientôt sur l’humanité tout entière par l’établissement de la République universelle, telles seront les trois parties de cette enquête objective.

 

Franc-maçonnerie : force manipulatrice

 

Il est impossible pour la Franc-Maçonnerie de dominer directement. Les esprits droits se cabreraient, les consciences libres se révolteraient et une réprobation unanime démolirait le Temple. La subtilité et l’habile audace de la secte a toujours consisté à agir par personne interposée. Nous l’étudierons en détail par la suite quand nous démonterons cette machine. Pour le moment, arrachons le voile et découvrons la manœuvre.

 

L’institution à travers laquelle la Franc-Maçonnerie agit, a nom : système démocratique. Nous verrons les francs-maçons eux-mêmes déclarer que par la Démocratie ils exercent un pouvoir qui n’a pas été défini par Montesquieu et il faudra bien aboutir à discerner ce qui se cache pour eux sous le terme démocratie qu’ils arborent comme un drapeau.

 

Au sens strict du mot, la démocratie est un régime politique particulièrement ordonné à l’exercice des libertés, régime qui peut prendre de multiples formes et dont la Suisse et la Belgique nous donnent des exemples relativement stables.

 

La Franc-Maçonnerie a subvertí cette notion simple en y introduisant un complexe d’idées confuses ou hypertrophiées, d’erreurs graves : liberté au sens maçonnique, souveraineté du peuple, volonté générale, égalité, primat de l’individu, notion abstraite du citoyen, etc.

 

Tout est ainsi déformé et utilisé pour confondre ou superposer le peuple, la nation, l’État, le gouvernement, en telle manière que l’origine du pouvoir politique est à la fois partout et nulle part, et par conséquent celui-ci peut émaner d’une source occulte avec impunité.

 

Le système démocratique ainsi offre des facilités qui servent considérablement la Franc-Maçonnerie : l’anonymat, une représentation facile à obtenir, un élément sentimental pour le peuple qui peut s’imaginer régir lui-même l’État par le bulletin de vote une fois tous les quatre ans, une possibilité d’action dans les assemblées où tout le monde paraît libre, alors que ce sont les manœuvres des comités, secrets ou non, qui triomphent, etc.

 

Lire : Étienne Chouard : le nécessaire procès citoyen de l’élection

 

Ces qualités servent admirablement la Franc-Maçonnerie car, par elles, elle peut agir anonymement, occultement, et se mentir à elle-même en déclarant qu’elle travaille pour le bien du peuple.

 

Le mot peuple dont se sert la Franc-Maçonnerie a été magistralement analysé par Augustin Cochin. Il a repris les récits officiels des historiens révolutionnaires et vigoureusement décomposé ces « on », ce « peuple », cette « volonté générale », cet anonyme qui n’est qu’un mythe, mais un mythe nécessaire pour faire aboutir la manœuvre. Il en est résulté que cette « Nation » n’est que la volonté d’une minorité résolue, d’un cercle intérieur de meneurs ; des « enthousiasmes populaires » n’éclataient pas quand le courrier qui devait apporter les circulaires d’agitation manquait…

 

Les grosses ficelles de la Révolution française

 

maconnerie Cochin alla plus loin ; il constata que, de 1769 à 1789, des centaines de petites sociétés se mirent à proliférer dans toutes les villes du Royaume Français, semblables aux Loges dans l’état actuel. Ces sociétés, affiliées toutes au Grand Orient, agirent de concert, élevèrent les mêmes plaintes en même temps, firent l’opinion en un mot. Quand s’ouvrirent les États Généraux, les « sociétés de pensée » eurent leur plan de travail tout prêt et purent poursuivre méthodiquement leur agitation.

 

Au milieu de juillet, au moment de la « grande peur», toute la France, paraît-il, se croit menacée par des brigands et prend les armes ; à la fin de juillet, toute la France se rassure, il n’y a plus de brigands…

En novembre 1788, toute la France demande le doublement du Tiers aux États ; et en janvier le vote par tête.

 

Unanimité touchante ! Elle a fait illusion aux générations qui suivirent et qui y virent un ensemble parfait dans la volonté populaire.

 

Les ficelles étant démontées, nous n’y apercevons que le jeu assez odieux du Grand Orient de France.

 

Le F∴ Gaston Martin dans son ouvrage sur la Franc-Maçonnerie française et la préparation de la Révolution, a écrit des pages extrêmement suggestives, qu’il faudrait pouvoir citer en entier, sur cette action profonde exercée par la Maçonnerie sur les masses. En voici un extrait :

 

Dans ces sociétés patriotiques, il est toujours possible de discerner un double public : les meneurs et la masse ; les agitateurs et les exécutants, les chefs et la troupe […]

 

A ces auditoires naïfs, prompts à l’enthousiasme et à la colère, il faut des orateurs incisifs et directs, bien plus que des penseurs profonds. C’est pour eux que se créent spontanément […] les formules concentrées dont la Révolution abusera. La devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité », qui est aussi la devise maçonnique, mais dont celle-ci n’avait pas jusqu’ici arrêté la ligne prophétique, est une création de cette nature-là […]

 

Quel bon public en effet que celui-là ! Tout neuf, ardent, prêt à donner avec ferveur son sang à la cause, il ne demande qu’à être guidé. Il subit au maximum les impressions fugitives du moment et de l’ambiance. Il est tout entier à qui sait le prendre par la magie colorée de son Verbe. Si les Loges demeurent le sanctuaire où s’élabore le dogme, la société populaire en est le complément nécessaire : le temple où la parole du maçon-prêtre se répand en ferments d’action sur la masse mystique des fidèles.

 

C’est par ce canal que la Maçonnerie atteignit le gros Tiers.

 

[Gaston Martin, La F∴ -M∴ française et la préparation de la Révolution, p. 140-142.]

 

[…] Cette « volonté générale » qui nous asservit depuis plus d’un siècle, en l’examinant de près qu’est-ce sinon la volonté de la dictature maçonnique anonyme et sournoise « la République à couvert » comme elle s’appelle elle-même ?

 

C’est la Franc-Maçonnerie elle-même qui va nous répondre.

 

Laissons-la parler.

 

G. Michel, introduction de l’ouvrage La France sous l’étreinte maçonnique, édité par la Fédération Nationale Catholique (du général de Castelneau)

 

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