« Je recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, [...] qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. » (Testament de Louis XVI)
Christ Roi
:
Christ Roi
:
Blog d'informations royaliste, légitimiste, pour une France libre, indépendante et souveraine
La crise que traverse aujourd’hui l’Occident est due au sentiment qu’il est impossible de connaître la vérité, affirmait le pape Benoît XVI au sanctuaire de Mariazell en Autriche, samedi 8 septembre 2007. "Cette résignation face à la vérité est, selon ma conviction, le cœur de la crise de l'Occident, de l'Europe. [...] De fait, notre foi s'oppose de manière catégorique à la résignation qui considère l'homme incapable de la vérité, comme si celle-ci était trop grande pour lui", expliqua Benoît XVI. [1]
Or, cette résignation face à la vérité, est une crise de l'autorité. Et cette crise de l'autorité, on la trouve "aussi" (nous aurions écrit "d'abord"! Ndlr.) dans l'Eglise :
Mais c'est le cas aussi, hélas !, dans l'Église. Les autorités ecclésiastiques, qui possèdent pourtant le triple pouvoir législatif, judiciaire et exécutif, au lieu d'éclairer, de commander, de sanctionner quand il le faut, se mettent à la remorque de leurs ouailles voire, ce qui est pire, du monde ennemi de Dieu. « Qui suis-je pour prescrire, pour juger ? », semblent-elles nous dire, alors qu'elles sont tout simplement... des autorités, instituées par Dieu pour cela.
[...] Cette déliquescence de l'autorité, un des pires malheurs qui puissent frapper la société humaine, est un châtiment de Dieu, en raison des nombreux crimes dont les hommes se sont souillés devant sa face. Le prophète Isaïe, annonçant les malheurs futurs de Jérusalem, conséquence de ses fautes, déclarait en effet de la part de Dieu : « Je leur donnerai des enfants pour princes » (Is 3, 4). Dire d'une société que son roi est un enfant signifie que le chef est incapable d'exercer pleinement son autorité. Et l'Ecclésiaste nous explique ce qu'il faut penser d'une telle perspective : « Malheur à toi, terre dont le roi est un enfant ! » (Ec 10, 16) [2]
Si en effet, l'Eglise qui a été instituée pour nous dire et nous enseigner la vérité, distinguer le bien et le mal, ne remplit plus son rôle, ne nous dit plus ceci est bien, ceci est mal, si les évêques abdiquent de leur mission, il ne faut pas s'étonner de voir ensuite cette crise de l'autorité se répandre dans le reste de la société. Il ne faut pas s'étonner de la baisse de fréquentation des sacrements. Il n'y a une crise de l'autorité dans la société que parce qu'il y a d'abord une crise de l'autorité dans l'Eglise.
"Quant à ceux qui ont reçu l'autorité, conclut l'abbé Christian Bouchacourt, dans l'éditorial de Fideliter n° 234, ils doivent courageusement et humblement « remplir tous les devoirs de leur ministère », « reprendre, exhorter, menacer, en toute patience et doctrine », même si le temps semble venu où les hommes rejettent la saine doctrine et veulent vivre selon leurs désirs sans supporter aucune autorité (2Tm 4, 1-5)."
Le Samedi 21 janvier 2017, plus que jamais, Paris, 10 heures, Place de la Concorde.
Devant la statue de ROUEN et l'Hôtel CRILLON.
Le jour, à l'heure et sur le lieu du sacrifice, nous invitons les royalistes à rendre hommage au Roi martyr mort pour Dieu, la France et son peuple.
Par une même prière nous demanderons à Louis XVI d'intercéder auprès de Notre-Seigneur afin que la France se souvienne des promesses de son baptême et mérite ainsi le roi que nous espérons.
Avec la participation du Choeur Montjoie Saint Denis.
org. France Royaliste
Venez très nombreux, prier et chanter avec nous pour la résurrection de la France.
Après le coup d'Etat manqué en Turquie qui a visé le président turc Erdogan, celui-ci s'est rapproché de la Russie. Aujourd'hui, il continue de s'éloigner de ses anciens alliés de l'OTAN en accusant les Etats-Unis de soutenir l'Etat islamique, selon Reuters, en disant avoir des preuves, des photos et des videos.
Erdogan dit que la coalition dirigée par les Etats-Unis soutient des groupes terroristes en Syrie
Le président turc Tayyip Erdogan a dit qu'il a des preuves que les forces de la coalition sous commandement américain apportent un soutien à des groupes terroristes, y compris l'État islamique et les groupes militants kurdes YPG et PYD, a-t- il dit mardi (27 décembre Ndlr.).
"Ils nous accusaient de soutenir Daesh (Etat islamique)", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Ankara. "Maintenant, ils apportent leur soutien à des groupes terroristes comme Daesh, YPG, PYD. C'est très clair, nous avons des preuves confirmées, avec des photos et des vidéos", a-t-il déclaré.
Dans un article paru à l’occasion de la fête de Noël, le magazine allemand “Der Spiegel” se montre très critique à l’encontre du Pape François. D’après ce texte “François semble de plus en plus isolé, démoralisé par l’opposition qu’il rencontre à l’intérieur de la Curie, et par le manque de courage de la base face aux réformes à entreprendre.” Un proche du Pape aurait déclaré que certains ne reconnaissent plus aujourd’hui en François ce Cardinal Bergoglio qu’ils avaient élu en 2013.
Le correspondant du magazine “Der Spiegel” à Rome, Walter Mayr, explique que même les adeptes les plus fidèles de ce Pape commencent à prendre leurs distances.
Toujours d’après ce magazine, on apprend que le nombre de participants aux événements de l’Année Sainte à Rome a été largement en dessous de toutes les prévisions et que les travaux de restructuration de la Curie avancent à tout petits pas. Dans certains dicastères, on fait état d’ambiances chaotiques.
La critique se porte aussi sur la tendance du Pape à une volubilité complaisante : des paroles incessantes par lesquelles il est allé jusqu’à reprocher aux médias et à leur public un penchant pour la coprophagie, c’est-à-dire pour la consommation d’excréments. Même les plus proches de François ont été déstabilisés par de telles accusations et l’emploi d’un vocabulaire déplacé.
D’après le “Spiegel”, il ne reste pas beaucoup de temps à François pour réaliser les changements dont il parle sans cesse : en effet, la période maximale qu’il s’est lui-même fixée, sera bientôt écoulée. Dans son cercle restreint, le Pape François aurait dit : “Il n’est pas exclu que j’entrerai dans l’histoire comme celui qui aura provoqué un schisme dans l’Eglise”.
Le “Spiegel” rapporte aussi une intervention du Cardinal Brandmüller à propos des personnes divorcées-remariées, qui estime que le sujet touche à des thèmes essentiels : il en va du cœur même de notre foi. Le Cardinal reproche au Pape et au Cardinal Kasper d’en arriver à relativiser, à “ramollir” le contenu des articles de la foi catholique et d’en laisser l’interprétation aux communautés locales. Ceci porte atteinte à l’universalité de l’Eglise. Et le Cardinal Brandmüller d’ajouter : “Celui qui pense que la vie maritale au sein d’un couple divorcé-remarié est compatible avec la réception de l’Eucharistie est un hérétique : il favorise l’apparition d’un schisme”. Toujours selon le Cardinal Brandmüller, la Sainte Ecriture n’est pas un self-service : S. Paul dit que nous sommes les gérants des Mystères divins ; nous n’en sommes pas les maîtres.
Der erste Eindruck: Ein paar starrsinnige, greise Kardinäle laufen da wieder einmal Sturm gegen den ungebrochen reformfreudigen Papst. Doch diesmal, so scheint es, steht mehr auf dem Spiel. Franziskus wirkt zunehmend einsam, vom Widerstand in der Kurie und vom mangelnden Mut zur Veränderung an der Basis zermürbt. "Den Bergoglio, den sie 2013 gewählt haben, erkennen viele im Franziskus von 2016 nicht wieder", sagt ein Vertrauter des Papstes.
Das abgelaufene Heilige Jahr der Barmherzigkeit, "ein Thema, das alles abdeckte, aber auch alles offenließ", sei bei den Besucherzahlen weit hinter den Erwartungen zurückgeblieben. Auch der Umbau der Kurie kommt nur stockend voran - aus einzelnen Ämtern wird "Chaos pur" vermeldet.
"Dès que j'ai eu l'honneur et le bonheur de faire la connaissance de Mgr le duc d'Anjou, puis de l'approcher et de m'entretenir longuement avec lui en différentes circonstances, j'ai immédiatement su et compris qu'il existait quelque chose de sacré dans sa personne, toute de lumineuse simplicité. Il y avait en lui ce qui relève de l'origine divine du pouvoir, et si, l'on veut ne pas me suivre là-dessus, au moins cette élévation religieuse de la pensée et du sens moral qui peut seule autoriser un être humain à régir le destin de ses semblables. (...) En France, malheureusement, il n'existe plus la moindre once de sacré dans l'exercice du pouvoir actuel de la république.
C'est vrai que le duc d'Anjou n'avait pas le pouvoir. Mais j'ai la conviction qu'il était dépositaire d'une parcelle de divin. Ce n'est que cela, et rien de plus, la légitimité."
Jean Raspail, interview à Bourbons Magazine, nov-déc 1998 à propos du duc d'Anjou et de Cadix, Alphonse II de Bourbon.
Mgr Benno Elbs, Evêque de Feldkirch (AU), qui a participé au dernier Synode des évêques à Rome, a déclaré dans une interview au journal “Die Presse” que la doctrine de l’Eglise a été modifiée par “Amoris laetitia” : “L’enseignement est modifié dans la mesure où les fidèle peuvent maintenant décider en conscience de ce qu’ils peuvent faire avec, pour ainsi dire, la bénédiction du Pape..."
Comme nous l'écrivions le 2 octobre 2015, soit avant la conclusion du "Synode sur la Famille" et donc la publication d'Amoris laetitia,
"Attention, voilà ce qui se prépare au Synode: la permission du divorce et du remariage [...] Au bout c'est la nécessité d'une Eglise fondée par Jésus-Christ qui est annulée. Parce que au final, si c'est la conscience qui nous juge, à quoi bon l'Eglise ?
"[...] En clair, les divorcés remariés (et tous les pécheurs, donc tout le monde, même les assassins) font ce qu'ils veulent.
"Question: qui donc dans l'Eglise a le droit de dire aux pécheurs ce qu'ils doivent faire ?
"Si personne n'a le droit de dire aux pécheurs ce qu'ils doivent faire, à quoi servent les évêques et les prêtres ? A quoi sert l'Eglise ?
"Et dans ce cas, pourquoi (en fin de video) ces évêques se plaignent-ils de la baisse du nombre de mariage ?
"[...]La conscience devient l'élément prépondérant qui présume de la légitimité ou non d'une communion."
Les conséquences d'Amoris laetitia sont donc très graves et encore largement non perçues.
Cette crainte d'une désagrégation de la foi a été analysée dans un article titré Amoris Laetitia: la logica dell’eresia, "Amoris Laetitia : la logique de l'hérésie",paru hier en italien sur le site "Corrispondenza Romana" (27 dicembre 2016 - 09:14), dont voici une traduction :
1. Si nous cédons sur un point, tout explose.
En réponse à une question sur la possibilité de permettre l'accès à l'Eucharistie aux divorcés civilement remariés, lors d'une grande conférence tenue à Rome en Novembre 2015 [1], le Cardinal Caffara a déclaré que "ce n'est pas possible" :
et ceci parce qu'"une telle admission reviendrait à changer la doctrine de l'Eglise sur le mariage, l'Eucharistie, la confession, la sexualité humaine et aurait une signification pédagogique dévastatrice, parce que devant une telle décision, les jeunes en particulier, pourraient légitimement conclure : - alors il est vrai, un mariage indissoluble n'existe pas - " [2]
Les affirmations de l'archevêque émérite de Bologne, jamais démenties, sont encore plus actuelles, après que les Dubia aient été présentées au pape par le groupe des Quatre cardinaux, dont le même Caffara fait partie.
Dans ces notes, nous allons essayer d'expliquer comment le cardinal Caffara a tout à fait raison, et comment la pratique et / ou la possibilité d'admettre à la sainte communion les divorcés civilement remariés conduit effectivement à cette désintégration doctrinale si clairement exposée.
2. Les articles de foi ne sont pas indépendants les uns des autres.
Les propositions de la foi s'appellent articles, parce qu'ils sont accompagnés et reliés les uns aux autres comme les membres du corps humain seulement réunis par des articulations: en niant une vérité de la foi, on finit logiquement par en nier beaucoup d'autres, sinon toutes.
Le Magistère n'est pas resté silencieux sur ce lien entre les déclarations de foi : le concile Vatican I a parlé de lien mysteriorum inter se[3], le concile Vatican II a parlé de hiérarchie des vérités [4], le Catéchisme a repris les deux affirmations, et nous parle de liens mutuels et de la cohérence des dogmes [5].
Le Cardinal Schömborn a expliqué que la hiérarchie des vérités ne signifie pas qu'il y en ait (non spécifiées) un groupe de vérités nécessaires de croire et d'autres vérités (toujours non spécifiées) en option pour la foi :
«La hiérarchie des vérités signifie [...] "un principe organique structurel", qui ne doit pas être confondu avec le "degré de certitude." Ce principe stipule également que les différentes vérités de la foi sont ordonnés à la fonction d'un centre, à un noyau nucléaire, mais cependant pas que la vérité qui n'est pas placée au centre soit, pour cette raison, pas vraie.» [6]
Ce noyau central, indique le Catéchisme de saint Pie X est l'un des deux principaux mystères de la foi (l'unité et la Trinité de Dieu et l'Incarnation, la Passion et la Mort de Notre Seigneur Jésus-Christ) comme "centre organique", comprenant en lui-même - d'une certaine façon - tous les autres mystères.
Prenons un exemple pour expliquer ce concept : de "la résurrection des morts" dépend "le troisième jour il est ressuscité": Saint Paul affirme que si on nie la résurrection des morts, on finit par nier la résurrection du Christ:
"si l'on prêche que le Christ est ressuscité des morts, comment quelques-uns parmi vous disent-ils qu'il n'y a point de résurrection des morts? S'il n'y a point de résurrection des morts, le Christ non plus n'est pas ressuscité." [7]
Ainsi, la "vie éternelle" dépend du "pain de vie" :
"Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai est ma chair pour la vie du monde." [8]
Donc, vous comprenez comment dans certains endroits, depuis les temps anciens [9], la récitation du Credo a été accompagnée, dans la liturgie, par le signe de croix (encore prescrit, après la récitation du Symbole, sous la forme extra-ordinaire du rite romain) .
Le signe de la croix - "signe admirable, qui relie magnifiquement l'expression christologique et la foi rédemptrice à son expression trinitaire" [10] - situé à la fin du Credo, indique que les deux mystères principaux comprennent en eux-mêmes tous les éléments simplement proclamés.
Ce lien étroit signifie cependant aussi qu’un seul article non cru reviendrait à faire tomber les deux autres mystères principaux du noyau central de la foi.
3. Les dominos.
Qu'est-ce implique donc l'admission des divorcés et civilement remariés cohabitant comme mari et femme à la réception de la Sainte Eucharistie?
Je vais énumérer les nombreuses erreurs qui en résultent : beaucoup de ces erreurs, si elles sont engagées obstinément, sont de véritables hérésies; Le Canon 751 CIC (Code de droit canon de 1983Ndlr.) dit:
"On appelle hérésie la négation obstinée, après la réception du baptême, d’une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique."
Le Code de droit canonique décrit ici l'hérésie formelle, en incluant l'obstination, qui est une disposition de l'hérétique: mais une déclaration peut être hérétique matériellement, c'est-à-dire sans tenir compte de ce qu'elle dit mais par la déclaration elle-même.
Quand je dis que certaines déclarations sont hérétiques, je ne veux ni dire que François est hérétique, ni dire que Amoris laetitia est hérétique : sont hérétiques certaines affirmations qui peuvent être déduites par l'exhortation elle-même : surtout si, à partir d'Amoris laetitia, vous vouliez contourner les conditions requises par la Congrégation pour la Doctrine de la foi pour l'accès à l'Eucharistie des divorcés et remariés :
"Cela signifie, en pratique, que quand un homme et une femme [pas mariés sacramentellement], ne peuvent pas satisfaire à l'obligation de se séparer pour des motifs graves - tels que, par exemple, l'éducation des enfants -, ils «prennent l'engagement de vivre dans la continence complète, qui est, par l'abstinence des actes réservés aux conjoints» [S. Jean-Paul II, Homélie pour la clôture de la sixième Synode des Évêques, 25.10.1980, § 7] [11].
Ce point a été fait récemment par le cardinal Brandmüller :
"Quiconque pense que l'adultère persistant et la réception de la Sainte Communion sont compatibles est un hérétique et favorise le schisme." [12].
Voyons maintenant comment si vous essayez de rendre l'adultère compatible avec (l'accès à) l'Eucharistie, cela conduirait à l'effondrement de l'ensemble du bâtiment de notre sainte foi catholique.
1ère hérésie : il est permis d'accéder à l'Eucharistie sans être en état de grâce.
Que la déclaration ci-dessus soit hérétique, c'est une évidence par le fait qu'elle contredit la vérité constamment proposée par l'Eglise comme fondée sur la Sainte Écriture; S. Jean-Paul II enseignait ainsi :
« Je désire donc redire que demeure et demeurera toujours valable dans l'Église la norme par laquelle le Concile de Trente a appliqué concrètement la sévère admonition de l'Apôtre Paul, en affirmant que, pour une digne réception de l'Eucharistie, "si quelqu'un est conscient d'être en état de péché mortel, il doit, auparavant, confesser ses péchés." »[13].
« L'Eglise, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l'Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie. »[14]
Pour pouvoir admettre à la Sainte Eucharistie les divorcés civilement remariés vivant comme mari et femme sous le même toit, en essayant vainement de ne pas contredire la tradition séculaire de l'Église, il faut soutenir que, dans certains cas, l'adultère n'est pas un péché mortel; mais ce faisant, on risque de tomber dans les deux hérésies suivantes (la 2e et la 3e) :
2ème hérésie : il n'y a aucun acte intrinsèquement mauvais (c'est-à-dire des actes qui, commis en pleine conscience et consentement délibéré, sont toujours un grand péché)
Au contraire, Saint-Jean-Paul II enseigne:
"A la lumière de la Révélation et de l'enseignement constant de l'Eglise, spécialement de celui du Concile Vatican II, [ ...] Chacun de nous sait l'importance de la doctrine qui constitue l'essentiel de l'enseignement de la présente encyclique et qui est rappelée aujourd'hui avec l'autorité du Successeur de Pierre. Chacun de nous peut mesurer la gravité de ce qui est en cause, non seulement pour les individus, mais encore pour la société entière, avec la réaffirmation de l'universalité et de l'immutabilité des commandements moraux,et en particulier de ceux qui proscrivent toujours et sans exception les actes intrinsèquement mauvais.
En reconnaissant ces commandements, le cœur du chrétien et notre charité pastorale entendent l'appel de Celui qui « nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 19). Dieu nous demande d'être saints comme lui-même est saint (cf. Lv 19, 2), d'être, dans le Christ, parfaits comme lui-même est parfait (cf. Mt 5, 48) : la fermeté exigeante du commandement se fonde sur l'amour miséricordieux et inépuisable de Dieu (cf. Lc 6, 36), et le commandement a pour but de nous conduire, avec la grâce du Christ, sur le chemin de la plénitude de la vie propre aux fils de Dieu.»[15]
Et le Catéchisme déclare:
"Il y a des actes qui par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances et des intentions, sont toujours gravement illicites en raison de leur objet ; ainsi le blasphème et le parjure, l’homicide et l’adultère. Il n’est pas permis de faire le mal pour qu’il en résulte un bien."[16]
3ème hérésie : la fornication et l'adultère ne sont pas toujours des péchés mortels.
Que cette déclaration soit hérétique, cela se déduit en constatant combien elle est contradictoire par rapport par exemple à ce qu'a déclaré la Congrégation pour la Doctrine de la Foi :
"... Selon la tradition chrétienne et la doctrine de l'Eglise, et comme le reconnaît également la droite raison, l'ordre moral de la sexualité implique des valeurs élevées de la vie humaine, et chaque violation directe de cet ordre est grave objectivement"[17] .
Pour soutenir que la fornication et l'adultère ne sont pas toujours des péchés mortels, vous avez ...
a) une utilisation absurde de Gaudium et Spes utilisé pour soutenir que dans certains cas, le péché est bon pour l'amour, en appliquant à une relation adultère le principe selon lequel s'il lui manque certaines expressions d'intimité conjugale, il n'est pas rare que "la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis" (Conc Concile œcuménique Vatican II, Constitution Gaudium et spes, 51;..... cf. Amoris laetitia, note 329) ...
... Et ...
b) ... 4ème hérésie: les circonstances peuvent rendre bonnes des actions intrinsèquement mauvaises ...
... Quand en fait le Catéchisme de l'Eglise catholique déclare:
« ... Les circonstances ne peuvent de soi modifier la qualité morale des actes eux-mêmes ; elles ne peuvent rendre ni bonne, ni juste une action en elle-même mauvaise. »[18].
Soutenir que les circonstances peuvent atténuer la culpabilité de la fornication et l'adultère, nous fait tomber dans deux autres hérésies:
5ème hérésie : parfois il peut manquer l'aide de Dieu pour ne pas pécher
et
6ème hérésie: il peut y avoir une situation où il n'y a pas d'autre possibilité que de pécher ...
... Alors qu'en fait saint Paul dit:
"Aucune tentation ne vous est survenue, qui n'ait été humaine; et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces; mais, avec la tentation, il ménagera aussi une heureuse issue en vous donnant le pouvoir de la supporter." [19]
... Et le Concile de Trente définit:
« Nul, alors, bien que justifié, doit se considérer comme libre de l'observance des commandements, personne ne doit prendre ce regard téméraire et interdit par les Pères, sous peine d'excommunication, qu'il est impossible à l'homme d'être justifié en gardant les commandements de Dieu. Dieu en fait ne commande pas l'impossible; mais quand commandant il vous admoneste de faire ce que vous pouvez, et ce que vous ne pouvez pas, et il est pour vous une aide pour que vous le puissiez : Ses commandements ne sont pas pénibles (1 Jn 5,3) Son joug est facile et son poids léger (Mt 11, 30). Pour les hommes qui sont des enfants de Dieu, aiment Christ et ceux qui l'aiment - comme il le dit (Jn 14:23) - observer ses paroles, avec l'aide de Dieu, peut certainement se faire »[20].
Noces de Cana. Miniature grecque XIII° siècle. Aimable concession du centro russia ecumenica à Rome.
Depuis lors à l’approche de la Sainte Communion, ont doit se confesser, alors arrive l'effondrement du sacrement de pénitence, si l'on admet ...
la 7ème hérésie : il est possible d'absoudre ceux à qui manquent la résolution de ne plus pécher ...
... Alors qu'en fait saint Jean Paul II enseigne:
«Parmi les actes du pénitent, la contrition occupe la première place. Elle est "la tristesse de l'âme et à la détestation du péché commis, ainsi que la résolution de ne plus pécher" [Concile de Trente : Denz.-Schönm 1676] » (CEC 1451). En outre, «acte essentiel de la pénitence de la part du pénitent, est la contrition, qui est un rejet clair et décisif du péché commis, ainsi que la résolution de ne pas commettre à nouveau, pour l'amour que l'on a pour Dieu et qui renaît avec la repentance. Dans ce sens, la contrition est donc le principe et l'âme de conversion. »[21]
En fait, Saint Jean-Paul II rappelle :
«... Si cette disposition de l'âme manquait, en réalité il n'y aurait pas de repentir : ceci, en effet, porte sur le mal moral comme tel, et donc ne pas prendre une position opposée à un mal moral possible serait ne pas détester le mal, ne pas avoir de repentir. »[22]
Ou avoir à admettre :
8ème hérésie: ceux qui sont en état de péché mortel vivent dans la grâce de Dieu ...
... Alors qu'en fait, le Catéchisme de l'Eglise catholique affirme que:
«Le péché mortel est une possibilité radicale de la liberté humaine comme l’amour lui-même. Il entraîne la perte de la charité et la privation de la grâce sanctifiante, c’est-à-dire de l’état de grâce. » [23]
Aussi, devons-nous nous demander ce qui est arrivé du mariage précédent des divorcés et civilement remariés ? Disparaît-il dans les airs, est-ce qu'il reste encore, ou quoi d'autre ? Si il est échoué, le mariage n'y est plus ou il y subsiste encore ?
Il devient difficile de maintenir la déclaration suivante du catéchisme :
«Cette insistance sans équivoque sur l’indissolubilité du lien matrimonial a pu laisser perplexe et apparaître comme une exigence irréalisable (cf. Mt 19, 10). Pourtant Jésus n’a pas chargé les époux d’un fardeau impossible à porter et trop lourd (cf. Mt 11, 29-30), plus pesant que la Loi de Moïse. » [24]
4. La conception volontariste de la loi et l'hérésie sur la miséricorde
La loi a été conçue - dans l'histoire de la pensée - selon deux paradigmes principaux:
a) une conception que nous appelons volontariste, qui peut se résumer dans le verset de Juvenal: “hoc volo, sic iubeo, sit pro ratione voluntas”» ( Je le veux, je l'ordonne ; la raison, c'est ma volonté !) [25]
Selon ce principe, une loi a sa raison d'être dans la volonté qui décrète, divine ou humaine.
b) Une deuxième vue, que nous pouvons appeler intellectuelle, qui est plutôt basée sur le principe "bonum est secundum rationem esse": qu'il y a un être qui précède la volonté du législateur, à laquelle le législateur lui-même doit s'adapter. Voilà pourquoi saint Jean Paul II pouvait dire que "la fermeté exigeante du commandement se fonde sur l'amour miséricordieux et inépuisable de Dieu (cf. Lc 6, 36)." [26]
Si vous considérez l'interdiction pour les divorcés civilement remariés d'approcher l'Eucharistie comme un acte pas miséricordieux ou comme le jet cruel d'une pierre, vous vous appuyez probablement sur la première conception de la loi : selon cette conception, les hommes décident d'imposer une certaine charge ou un certain poids; si ceux-ci ne dépendent que de la volonté du législateur, ils pourraient être insupportables réellement.
Mais si la loi est écrite dans chaque personne, et dépend d'un sage projet de Dieu, si le Père, pour créer l'homme, a regardé ce projet, qui est une personne, la Parole ("J'étais à l'oeuvre auprès de lui." Prov 8,30), selon laquelle, et en vue de laquelle ont été créées toutes choses ... alors il ne peut pas être miséricorde d'accorder à l'homme de ne pas être ce qu'il est.
La loi guide l'homme à vivre selon sa propre nature, qui est comme l'a dit S. Thomas d'Aquin, de réaliser en lui-même l'image de Dieu.[27]
Satisfaire un acte mauvais revient à dire à l'homme : "comme je suis miséricordieux, je vous accorde de ne pas construire en vous l'image divine" : l'alternative n'est pas seulement l'absence du bon, mais la mort, salaire du péché, le résultat funeste que le diable essaie de cacher: "vous ne mourrez pas!" [28]
Il ne peut pas être la miséricorde de faire croire à l'homme qu'est bien ce qui est son mal, et d'encourager les deux personnes qui ne sont pas mari et femme à vivre comme si elles étaient.
Et il ne peut pas être la miséricorde le fait d'assumer un sacrement qui signifie l'union parfaite avec le Christ par la foi et la charité, quand cette union n'est pas parfaite et en acte, mais est imparfaite en foi et en charité : et donc les espèces consacrées sont supposées être emprisonnées dans un corps, sans pouvoir en aucune façon bénéficier à cette personne qui les reçoit sans les dispositions nécessaires.
La conception volontariste de la loi est une sorte de méta-hérésie qui imprègne l'atmosphère ecclésiale aujourd'hui, l'humus dans lequel se développent aujourd'hui l'une, ou tantôt l'autre de ces hérésies.
Conclusion
Nous avons commencé par les déclarations du cardinal Carlo Caffara, selon laquelle l'admission à l'Eucharistie des divorcés et civilement remariés, à moins qu'ils ne vivent plus comme mari et femme, entraîne la décadence de toute la doctrine catholique. Nous avons vu que ces déclarations sont loin d'être une exagération.
Lorsque le cardinal a publié ses déclarations, Amoris laetitia n'était pas encore sortie, et il a pu conclure l'interview de cette façon:
«Les ouvertures de François sont différentes, ce n'est pas une ouverture pour changer la doctrine, il veut dire avoir une attitude vraie, pastorale envers les personnes, quelle que soit leur condition. » [29]
Après Amoris laetitia, sommes-nous sûrs que ces derniers mots de Caffara correspondent à la vérité?
Seule une réponse faisant autorité du Magistère, qui réponde aux Dubia des cardinaux, et clarifie les ambiguïtés objectivement présentes dans Amoris laetitia , peut apporter un peu de clarté, dans ce climat de confusion qui a surgi dans l'Église, en particulier depuis les deux derniers synodes sur la famille.
* * *
Il est vrai que le diable, comme dit Dante, est logique [30], très logique, et plaçant un principe erroné, conclut une longue série d'hérésies, avec une conséquence parfaitement logique.
Mais si le diable est logique, Notre-Dame est savante, et sa sagesse qu'elle donne à ses dévots, écrase la tête du serpent hérétique. Que l'attente de la plus certaine victoire puisse être raccourcie.
(Don Alfredo Morselli sur Messainlatino.it)
Notes
[1] « Rester dans la vérité du Christ», Conférence internationale sur le Synode sur la famille, Rome, 30 Septembre 2015. Pour un compte rendu exhaustif, cf. http://tinyurl.com/hwhbc3b.
[3] « Certes, quand la raison éclairée par la foi cherche assidûment, pieusement et dans des limites dûes, avec l'aide de Dieu, elle obtient une certaine connaissance très féconde des mystères, et par analogie avec ce qu'elle connaît naturellement, soit pour le rapport des mêmes mystères entre eux et avec la fin dernière de l'homme. » ("Ac rapport quidem, fide illustré, cum sedulo pie et quaerit sobre, aliquam Deo dante mysteriorum intelligentiam eamque fructuosissimam assequitur tum ex eorum, quae naturaliter cognoscit, l'analogie et tum mysteriorum ipsorum nexu inter se et cum tard hier hominis ") DS / 26, 3016.
[4] « ... il y a un ordre ou une "hiérarchie" des vérités de la doctrine catholique, en raison de leur rapport différent avec le fondement de la foi chrétienne. » [Concile Œcuménique Vatican II. Vat. II, UR, 11]. [5] CCC § 90: « Les liens mutuels et la cohérence des dogmes peuvent être trouvés dans l'ensemble de la révélation du mystère du Christ » [Cf. Premier Concile du Vatican: Denz.-Schönm, 3016:. "Mysteriorum nexus";Concile Vatican II, Lumen Gentium, 25].
[6] Joseph Ratzinger, Christoph Schömborn, Brève introduction au Catéchisme de l'Église catholique, Rome 1994, p. 41.
[7] 1 Cor 15, 12-13
[8] Jean 6:51
[9] Cf. par exemple les discours 57, 59 et 60 de Saint Pierre Chrysologue (PL XXXII, 360 D, 365 B, 368 C).
[10] "Signe admirable, ici l'expression de Magnifiquement commune christologie rédemptrice et de la foi à fils Trinitaire expression"; H. de Lubac, La foi chrétienne. Essai sur la structure de du Symbole des Apôtres, Paris: Aubier-Montaigne, 1970/2, p. 91. [11] Lettre aux évêques de l'Eglise catholique concernant la réception de la Sainte Communion par des fidèles divorcés remariés, 14.09.1994, § 4.
[12] "Wer fortgesetzten Ehebruch und für den Empfang der Heiligen Kommunion Vereinbar hält, Häretiker und ist das treibt Schisma voran", Der Spiegel, 23/12/2016, http://tinyurl.com/hbubhtk. [13] Lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia, 17.04.2003, § 36.
[14] Exhortation apostolique Familiaris consortio, le 22 Novembre 1981, § 84.
[27] "... restat consideremus ut de eius imaginer, idest de homine, secundum quod est et ipse suorum operum principium, presque liberum arbitrium habens et suorum operum potestatem":. S. Th Objection pr.
Mgr Benno Elbs, Evêque de Feldkirch (AU) ayant participé au dernier Synode des évêques à Rome, a déclaré dans une interview au journal “Die Presse” que la doctrine de l’Eglise a été modifiée par “Amoris laetitia”.
Selon Mgr Elbs,
“L’enseignement est modifié dans la mesure où les fidèle peuvent maintenant décider en conscience de ce qu’ils peuvent faire avec, pour ainsi dire, la bénédiction du Pape.”
Et d’ajouter :
“Peu importe ce que dit telle ou telle note de bas de page puisque c’est l’ensemble du document qui permet à chaque personne de faire appel à sa seule conscience pour savoir ce qu’elle peut ou ne pas faire dans une situation donnée. La doctrine a donc bien été modifiée lors du dernier Synode sur la famille.”
Dans son dernier livre Les Cloches sonneront-elles encore demain ? (Albin Michel, Paris 2016), Philippe de Villiers évoque la programmation par l'ONU et l'Union européenne d'une "migration de remplacement" qui en France doit concrétiser l'arrivée de "16 millions de migrants de 2020 à 2040, soit 800 000 personnes par an sur la période."
Nous rappellerons simplement que ce remplacement de population a été théorisé dans les loges maçonniques, et qu'il est soutenu par les internationales ploutocratiques anti-patries (CFR, Commission Trilatérale, Groupe Bilderberg) :
« En 1948, le Grand Orient de France proposait la réunion d'une Assemblée constituante des peuples du monde. En 1950, il réclamait des organisations législatives, exécutives et judiciaires mondiales, mais le sentiment national s'y opposait encore.
En 1959, la Franc-Maçonnerie imagina d'utiliser l'immigration massive comme élément destructeur de l'identité nationale. Apparemment, il s'agissait seulement d'abolir les barrières qui restreignaient les échanges internationaux, mais en réalité, on l'avouait, on voulait déjà "ouvrir les portes à de vastes migrations et en particulier, des pays blancs aux hommes de couleur". Ces "vastes migrations" ont donc été voulues.
En 1982, la revue du G.OF. Humanisme précise : "les notions de races, de frontières, de classes sociales doivent être abolies pour faire place à une intégration globale de l'homme dans un cadre universel." C'est en fait la grande révolution de l'époque contemporaine... dont le Grand Orient veut être acteur. ... "Nos Loges sont le moyen de la réalisation quotidienne de notre volonté d'universalisme." (Revues maçonniques citées par Jacques Ploncard d'Assac in Présent du 19.11. 1986.) »
... Derrière le paravent écologiste et humanitaire se cache le dessein d'hégémonie mondiale du Pouvoir occulte dont la main agissante mais peu visible est celle des CFR (Council for Foreign Relations), Bilderberg et Trilatérale, déjà démasquées.
Parmi les objectifs du Bilderberg, nous trouvons la liberté d'immigration et d'émigration et la limitation de la souveraienté des Etats, qui serait déléguée à l'ONU ou à tout autre gouvernement supranational." (Jacques Bordiot in Une main cachée, Faits et documents, La Librairie française - DPF 1976, p. 223.) [1]
« Mais il y a plus grave : dans cette vision de l'Europe, l'immigration n'est pas seulement tolérée et acceptée. Elle est voulue, programmée.
[...] Pendant des années, les élites ont caché aux peuples européens leur plan secret : l'ONU a donné instruction à l'Europe d'appliquer le principe de la "Replacement migration", la migration de remplacement. (Rapport de la Division de la population, département des Affaires économiques et sociales, secrétariat des Nations Unies, 21 mars 2000)
[...] La division de la population des Nations Unies établit régulièrement des projections scénarisées qui évaluent les "migrations de remplacement" (SIC Ndlr.) nécessaires pour maintenir un ratio actifs / inactifs convenable, préservant la croissance européenne.
Le scenario migratoire qui viserait au maintien du ratio "3 actifs pour 1 retraité"recommande de faire entrer dans l'Union européenne 153,6 millions d'immigrants de 2015 à 2040, au rythme d'une moyenne de 6,1 millions par an au cours de cette période."
Quant à la France, le scénario de l'ONU préconise pour elle l'entrée de "16 millions de migrants de 2020 à 2040, soit 800 000 personnes par an sur la période." (Secrétariat des Nations Unies, 21 mars 2000)
La formule onusienne, appliquée par les dirigeants de l'Europe, vient d'être reprise en France, par une note officielle de l'Institut national des études démographiques (Ined). Elle date du 6 avril 2016. Elle préconise ainsi le recours à l'immigration massive : "Alors que la crise économique va passer, la crise démographique va au contraire prendre de l'ampleur et sa résolution prendra du temps. Les migrations de remplacement pourraient faire partie des réponses de l'Europe à sa situation démographique." (Philippe FARGUES, Population et société, avril 2016).
Les Nations Unies ont même osé esquisser un scenario dit "numéro 6" visant à maintenir le ratio de 4 actifs pour 1 retraité. Les chiffres bondissent spectaculairement : dans cette hypothèse, l'Union européenne devrait faire venir 701 millions de migrants avant 2050. La France seule devrait en accueillir 93 millions. Il s'agit d'un chamboulement complet de population. L'Europe deviendrait un trou noir.
... La démographe Michèle TRIBALAT en conclut que "l'immigration est devenue dans l'esprit des dirigeants de l'Union européenne, la solution pour éviter un déclin démographique et limiter la régression économique et sociale" (Entretien à Atlantico, 17 mars 2016) en l'absence de toute politique familiale. » [2]
S'agissant de la capacité de nuisance d'un groupe ploutocratique anti-patrie comme le Bilderberg, Philippe de Villiers a évoqué en 2015, lors d’un entretien télévisé pour TV-Libertés, une confidence qui lui avait été faite par François Fillon, participant du Bilderberg 2013 :
"Je lui ai dit (à François Fillon): mais pourquoi tu vas au groupe Bilderberg?
[...] Dans l'Evangile on dit il ne faut pas mettre la lumière sous le boisseau, cela vaut pour la franc-maçonnerie aussi. Pourquoi ils se cachent ces gens-là ? Pourquoi ils se cachent ?
Et il (François Fillon) m'a répondu - incroyable la réponse - il m'a dit : 'que veux-tu, c'est eux qui nous gouvernent !''
Elysée 2017 : François Fillon choisi par le groupe Bilderberg comme prochain président de la république ?", François Fillon aurait été choisi sur la base de son discours anti-immigration, comme le meilleur candidat de l'Oligarchie pour tromper les naïfs. C'est un peu comme quand Bush ou Obama nous parlaient de paix et de démocratie quand il faisaient la guerre ou organisaient des coups d'Etat et des révolutions de couleur à l'étranger. Ou bien quand Nicolas Sarkozy nous parlait d'"identité nationale" en avril 2007 pour mieux vanter quatre mois plus tard (une fois élu) leur "nouvel ordre mondial du XXIe siècle" [3] et en décembre 2008 l'"obligation" de "métissage". [4]
Notes
[1] Paul CHAUSSEE, Miracle et Message du Saint Suaire, Editions Ulysse, Le Poiré-sur-Vie 1999, p. 155
[2] Philippe de VILLIERS, Les Cloches sonneront-elles encore demain ?, Albin Michel, Paris 2016, p. 77-78
[3] Le ''new deal'' mondial de Nicolas SARKOZY, Le Figaro Mis à jour le 14/10/2007 à 13:29 Publié le 25/09/2007 à 06:00
[4] Nicolas SARKOZY lors d'un discours à l'Ecole Polytechnique (Palaiseau) sur le thème "Egalité des chances et diversité", le 17 décembre 2008
Dans un entretien exclusif à LifeSiteNews, le cardinal Raymond Burke a donné une indication de la chronologie possible d'une «correction formelle» de François si le pape devait ne pas répondre aux cinq dubia demandant un éclaircissement sur Amoris Laetitia, présentées au Pape par les Quatre cardinaux, dont le cardinal Burke.
«Les dubia doivent avoir une réponse parce qu'elles ont à voir avec les fondements même de la vie morale et de l'enseignement constant de l'Eglise à l'égard du bien et du mal, en ce qui concerne diverses réalités sacrées comme le mariage et la sainte communion et ainsi de suite», a déclaré M. Burke lors d'une entrevue téléphonique.
«Bien sûr, nous sommes dans les derniers jours, des jours de forte grâce, avant la solennité de la Nativité de Notre Seigneur, et puis nous avons l'Octave de la Solennité et les célébrations au début de la nouvelle année - tout le mystère de La Naissance de Notre-Seigneur et son Epiphanie - ainsi elle aurait probablement lieu quelque temps après. »
Le cardinal, qui est le patron de l'Ordre souverain de Malte, a déclaré que le format de la correction serait «très simple».
«Il serait direct, de même que les dubia le sont, seulement dans ce cas, il n'y aurait plus à soulever des questions, mais à confronter les déclarations confuses d'Amoris Laetitia avec ce qui a été l'enseignement constant et la pratique de l'Eglise, et corriger ainsi Amoris Laetitia », a-t-il dit.
L'exhortation a causé une grande confusion dans l'Église catholique depuis qu'elle a été délivrée en avril, en grande partie à cause de son ambiguïté sur des questions morales importantes. Cela a amené plusieurs évêques ainsi que des conférences épiscopales à interpréter le document, parfois, d'une manière qui est en contradiction avec l'enseignement catholique sur le mariage, la sexualité, la conscience et la réception de la sainte communion. Par exemple, les évêques de Buenos Aires et Mgr Robert McElroy de San Diego ont interprété le document comme permettant les divorcés civilement et remariés catholiques qui vivent dans l'adultère de recevoir la sainte communion dans certains cas. Le pape lui-même a écrit aux évêques de Buenos Aires pour louer leurs lignes directrices, disant qu'il n'y avait " aucune autre interpréation".
Le Cardinal Burke, avec les cardinaux Walter Brandmüller, Carlo Caffarra, et Joachim Meisner, a présenté les dubia, cinq questions oui ou non, en septembre cherchant la clarté de François quant à savoir si l'exhortation est conforme à l' enseignement moral catholique.Le pape n'ayant pas émis de réponse au bout de deux mois, les cardinaux ont rendu public les dubia. Ce fut après que le cardinal Burke a révélé qu'un acte formel de correction serait nécessaire si le pape devait refuser de préciser le sens de son exhortation.
Si un tel acte de correction formelle est quelque chose de rare dans la vie de l'Église, ce n'est pas sans précédent.
Le pape Jean XXII au XIVe siècle a été contesté publiquement par les cardinaux, les évêques et les théologiens laïcs après avoir nié la doctrine selon laquelle les âmes des justes sont admises à la vision béatifique après la mort, enseignant plutôt que le ciel était retardé jusqu'à la résurrection générale à la fin de temps. Le Pape Jean finit par retirer sa position, en partie à cause d'une lettre commune de théologiens de l'Université de Paris qui professait une totale obéissance au pape tout en lui faisant comprendre que son enseignement contredisait la foi catholique.
Burke a appelé la procédure de correction de l'erreur d'un pontife «un moyen de sauvegarder sa fonction et son exercice».
«Elle est réalisée avec le respect absolu pour la fonction du Successeur de Saint Pierre», a-t-il dit.
Un camion a foncé dans la foule du marché de Noël à Berlin hier soir. [1] Selon un article "en direct" du Figaro, à 06h58, « au moins 12 personnes ont été tuées et 48 autres blessées par le camion. Certaines sont gravement blessées. » RIP.
Douze heures plus tard, les autorités allemandes ont confirmé qu'il s'agissait d'un attentat. L'auteur est « un Pakistanais de 23 ans, arrivé en Allemagne entre décembre 2015 et février 2016, en tant que demandeur d'asile. Il aurait, selon le journal Der Spiegel, obtenu un permis de séjour quelques mois plus tard, en juin 2016. »
Selon Le Figaro dans le fil "en direct" à 08h42, « il serait entré en Allemagne par Passau, en Bavière, le 31 décembre 2015. Cette ville à la frontière autrichienne avait été l'un des principaux points de passage pour le flux des demandeurs d'asile. »
La chancelière Angela Merkel, responsable de la politique d'ouverture des frontières aux migrants a déclaré penser «aux victimes, aux blessés»...
«C'est une journée bien difficile, a déploré la chancelière Angela Merkel, vêtue de noir. Je suis bouleversée suite aux événements d'hier soir à Berlin [...] c'est un acte incompréhensible et atroce a privé de leur vie des gens qui préparaient Noël.»
Le polonais retrouvé mort dans le camion a été tué par balle. L'information a été donnée par le ministre de l'Intérieur du Brandebourg, Karl-Heinz Schroeter, auprès du magazine Focus. Ce chauffeur routier a bien été victime de l'attentat et ne conduisait pas le camion au moment du drame.
Ce marché de Noël est l'un des plus populaires de Berlin: situé près du Ku'Damm et du grand magasin KaDeWe, il se trouve au coeur du centre touristique et commerçant de la ville. L'église du Souvenir et son clocher brisé est un monument symbole de la ville.
« Ce sont les morts de Merkel.» L'accusation est brutale. Elle est signée par Marcus Pretzell, l'un des leaders du parti populiste AfD. Le parti de droite radicale mène campagne depuis des mois contre la politique migratoire de la chancelière, accusée de mettre en danger l'Allemagne.
Le 11 juillet 2016, devant des militants chrétiens-démocrates de son parti, la CDU, Angela Merkel avait reconnu que « le flux de réfugiés avait été utilisé pour faire entrer des terroristes [en Europe] ». [2]
Comme à Nice le 14 juillet 2016, il n'y avait hier soir aucune protection particulière du marché de Noël, aucune barrière...
Ubuesque. La question que posent les journalistes ce matin n'est pas de savoir s'il faut fermer les frontières et interdire l'entrée des "migrants", mais « faut-il interdire les marchés de Noël en France ? » [3]...
Vendredi, 9 décembre 2016. PLAIDOYER CONTRE UN PAPISME AVEUGLE.
Par le Dr Markus Büning, théologien et juriste à Münster (D)
Ces derniers jours on a entendu Mgr Pinto, Doyen de la Rote romaine, vitupérer bruyamment contre les quatre courageux cardinaux qui se sont sentis acculés à publier leur “dubia” concernant le document “Amoris Laetitia”, après l’avoir soumise au Pape François et n’avoir reçu de lui aucune réponse. Mgr Pinto voit dans ce geste une insolence caractérisée et une attitude inadmissible envers le Vicaire du Christ sur la terre. Il va jusqu’à prétendre qu’une ombre est apparue ainsi sur le parcours d’un éminent penseur. Il visait le Cardinal Meissner. Il devient clair que le Doyen de la Rote ne connaît pas le rapport qui existe entre la conscience personnelle et l’obéissance due aux autorités de l’Eglise, rapport pourtant certifié par la Tradition. Mgr Pinto semble être le porte-parole d’une obéissance inconditionnelle et par là, d’un “papisme” mal compris.
En tant que théologien qui travaille depuis plusieurs années sur la vie des saints et ce qu’ils peuvent apporter au monde d’aujourd’hui, il me semble plus que pertinent de se tourner vers deux membres de cette “immense foule” qui pourraient corriger quelque peu la vision de Mgr Pinto : je veux parler de Jeanne d’Orléans (1412-1431) et du Cardinal John Henry Newman (1801-1890). Ces modèles lumineux nous signalent de façon claire et nette que la conscience personnelle – et j’entends par là une conscience éclairée, bien formée, orientée vers la volonté divine – que cette conscience, donc, est toujours prioritaire. Ces éminents personnages nous montrent aussi que le papisme, quelle que soit la forme qu’il prend, n’est tout simplement pas catholique. Car le Pape n’est pas le centre de l’Eglise : il est le “serviteur des serviteurs de Dieu”. Et justement, dans la réalisation de cette charge au service de l’Eglise universelle, il doit se soumettre à la loi divine. S’il était avéré que cette soumission n’est plus acquise de façon claire et nette, alors les chrétiens éclairés de façon claire et nette par leur conscience auraient évidemment le devoir de le faire savoir au Pape. Et c’est cela, et rien d’autre, qu’ont fait nos quatre courageux cardinaux.
D’origine anglicane, Newman s’est converti au catholicisme romain en 1845 pour des raisons que lui dictait sa conscience. Ce ne fut, certes, pas une décision facile pour ce prêtre fortement enraciné dans la Tradition anglicane, mais par ses recherches théologiques, il fut amené à reconnaître que la véritable Eglise de Jésus-Christ ne pouvait être que l’Eglise catholique romaine.
Que faut-il retenir du parcours de John Newman ? Avant tout le courage d’avoir suivi la voix de sa conscience. Pour preuve, ce passage bien connu et souvent cité tiré de sa “Lettre au Duc de Norfolk” (1874), dans lequel il exprime la primauté de la conscience : “Si je devais porter un toast à la religion, alors je boirais à la santé du Pape. Mais avant cela, je boirais à la santé de la conscience. Ensuite seulement au Pape.”
A première vue, cette boutade de Newman peut nous paraître curieuse. Mais il n’en est rien ; car comme l’a bien remarqué Karl Rahner S.J., elle exprime “une parfaite évidence”. Et Rahner ajouta, lors d’un Congrès international dédié à Newman en 1978 à Freiburg (D) : “Un chrétien catholique dirait les choses ainsi : du plus profond de ma conscience, en une décision vitale, j’accepte et je reconnais l’autorité objective de l’Eglise catholique, comme une norme voulue par Dieu, certes extérieure, mais pleine de sens et qui s’impose à ma conscience. Mais cette reconnaissance d’une norme objective reste bien sûr - j’insiste - une décision de ma conscience personnelle qu’il me faut prendre à mes propres frais. On ne peut jamais déléguer à un autre ses propres décisions en conscience.”
Nous touchons là au point sensible : notre attachement au Pape n’entraîne pas pour nous une soumission inconditionnelle. Il en est ainsi, avant tout, parce que Dieu a donné à chacun de nous une dignité qui nous permet de prendre ce chemin de la reconnaissance d’une autorité supérieure décrite par Karl Rahner. Mais on peut parler aussi de liberté de conscience, d’une conscience bien formée, c’est-à-dire orientée vers la loi divine.
J’émets donc le souhait que le Pape François ait la bonté d’écouter aujourd’hui le conseil de son frère jésuite et de respecter la décision de conscience des quatre cardinaux.
Le Pape Benoit XVI, aujourd’hui Pape émérite, avait apporté une contribution au sujet qui nous occupe lorsqu’en tant que jeune théologien il avait commenté le n° 16 de la Constitution “Gaudium et Spes”.
Mais avant d’aborder ce commentaire, laissons la parole au Concile Vatican II lui-même : “Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. Cette voix, qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal, au moment opportun résonne dans l’intimité de son cœur : ‘Fais ceci, évite cela’. Car c’est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme ; sa dignité est de lui obéir, et c’est elle qui le jugera.”
On en conviendra : c’est précisément de cela qu’il retourne dans ce débat autour d’ “Amoris laetitia”, dans la défense de cette loi inscrite par Dieu dans le cœur de l’homme. Joseph Ratzinger a commenté ce merveilleux texte du Concile d’une façon particulièrement révélatrice, en se référant expressément à l’enseignement de John Newman concernant la notion de conscience : “Au-dessus du Pape, reconnu comme expression du pouvoir d’autorité dans l’Eglise, il y a en outre la conscience personnelle, qu’il convient d’écouter en tout premier lieu, et si nécessaire en opposition aux exigences formulées par l’autorité ecclésiale.”
Vous avez bien entendu : si nécessaire en opposition aux exigences de l’autorité...
Et c’est bien à une telle nécessité que se heurtent les quatre cardinaux aujourd’hui. Ils constatent que la doctrine de l’Eglise concernant l’indissolubilité du mariage et de son caractère sacré a été diluée par le Pape François dans “Amoris laetitia”. Ils ne voient pas comment on pourrait aménager une place dans l’Eglise pour une “éthique de situation”, quelle que soit la façon de la justifier. Non, pour ces hommes une seule chose compte, la loi divine qui dit : “Tu ne dois pas rompre les liens du mariage”. Cette loi est inscrite dans la conscience de ces hommes ; ils l’ont admise sans compromission. Et c’est pourquoi ils parlent ainsi. Ce n’est pas un Monseigneur Pinto qui pourra dire le contraire : s’il le faisait, il ne pourrait plus se prétendre catholique sur ce sujet de la conscience personnelle ! Même lui ne peut s’arroger le droit d’asservir la conscience des fidèles.
En ce qui me concerne, je ne peux pas imaginer que dans toute l’Eglise catholique à travers le monde, il n’y ait que ces quatre cardinaux qui aient osé prendre une telle décision en toute conscience. Alors j’appelle tous les pasteurs qui se sentent ainsi interpelés par leur conscience à se lever, à parler !
Auguste n’a régné que par une pax cruenta, paix dégouttant du sang de ses victimes, et il a fondé une dynastie détestée, qui s’est achevée par le règne bouffon et sanglant de Néron.
Robert Etienne, Le siècle d’Auguste, Armand Collin, Paris 1999, p. 14
Jules César a conquis les Gaules, mais la "pacification" était loin d'être gagnée. Il lui restait à briser les révoltes qui devaient émailler l'histoire des Gaules jusqu'au IIIe siècle. Quelques vingts années seulement après la conquête de la Gaule, Octave Auguste, le successeur de César, préoccupé par les rapports qu'il recevra sur des ferments ou des foyers de résistance en Gaule, entreprendra un voyage chez nous. Il tiendra une assemblée à Narbonne à la fin de l'année 27 av. J.-C., afin d'organiser administrativement la Gaule en la cadastrant, c'est-à-dire en la divisant en trois provinces (Aquitaine, Lyonnaise, Belgique) et en soumettant la Gaule à une occupation armée. Le ressentiment gaulois doit être encore persistant à l'égard des Romains si une telle mesure est prise, alors qu'Auguste se présente comme un souverain pacifique et qu'il fait symboliquement fermer à Rome le temple de Bellone consacré à la guerre. Pour contenir toute velléité de révolte, il crée trois régions militaires qui serviront de territoires tampons pour éviter toute infiltration d'une possible rébellion gauloise en Italie : ainsi naissent les districts des Alpes maritimes, des Alpes Cottiennes et des Alpes Grées, en 15 av. J.-C. Il accélère l'année suivante l'installation de colons dans la Narbonnaise, afin de consolider la présence romaine dans cette province. Dans un rescrit de date inconnue, Auguste interdit aux citoyens romains la religion des druides... [1]
Le bilan des huit années de la Guerre de Jules César en Gaule était lourd. Les chiffres avancés par Plutarque sont terrifiants : un million de morts, un million de prisonniers réduits en esclavage. Certaines contrées furent ravagées de fond en comble, deux et trois fois, voire quatre fois, comme le pays des Carnutes, la Beauce. Les nombreuses villes prises d'assaut furent mises à sac, pillées, incendiées, la population égorgée ou réduite en esclavage.
Le fidèle de César, Hirtius écrivit à ce sujet : « Désespérant de réduire en son pouvoir cet ennemi (Ambiorix) fugitif et tremblant [sic] César crut devoir à sa dignité [sic] de détruire dans les états d'Ambiorix les hommes, le bétail, les édifices, au point que, en horreur à ceux que le hasard aurait épargnés, Ambiorix ne pût jamais rentrer dans un pays où il aurait attiré tant de désastres. » Une curieuse ressemblance dans la méthode avec celle employée sous la Terreur [Cf. Les déclarations des révolutionnaires, dont celle de Turreau : « Il n'y a plus de Vendée. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l'enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay, suivants les ordres que vous m'avez donnés. J'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré des femmes, qui au moins pour celles-là n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé... Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant dans plusieurs endroits qu'ils font pyramides. » (Général François-Joseph Westermann, cité in Jean-François CHIAPPE, La Vendée en Armes 1793, tome 1, Librairie Académique Perrin, Paris 1982, p. 455.)]
Voilà la « dignité » romaine. « Tout fut détruit, ajoute Hirtius, par le meurtre, le feu et le vol (rapinis). »
Suétone dit que César en Gaule « détruisait plus souvent les villes pour le pillage (ob praedam) qu'en punition de quelque tort. »
Le vol dans les temples et dans les demeures privées fut organisé méthodiquement, avec une régularité digne de la grande administration romaine. César bourrait les temples romains d'ex-voto volés dans les sanctuaires gaulois.
Le proconsul des Gaules était certes un guerroyeur de génie,
Mais les voleurs n'ont pas de place au Panthéon...
Ce vers est de Paul Déroulède. Il ne peut être question d'y laisser Jules César ! [2]
Pendant des siècles l'historiographie a décrit l'influence civilisatrice de Rome qui aurait soumis "les Barbares", mais rien n'est plus éloigné de la vérité.
La vision simpliste d'une Rome civilisatrice apportant la culture aux Barbares s'est effondrée à la suite des travaux de Camille Jullian, historien, auteur d'une monumentale Histoire de la Gaule écrite fin XIXe, début XXe s., qui a été à la civilisation gauloise et à l'historiographie sur la Gaule ce que Régine Pernoud fut au Moyen Âge. Il a mis fin au cliché répandu par l'école de la IIIe république sur les Gaulois barbares incultes, civilisés par les Romains, qui n'avaient aucune «unité», dont le sol «mal cultivé», avec un territoire où l'on «voyait presque point de routes et pas de villes»,«le contraire des Romains» (Cf.Le Petit Lavisse d'Ernest Lavisse, dit l'«Instituteur national», dont les «manuels Lavisse» de la IIIe république, constamment réédités jusqu'en 1950..., ont déformé de multiples générations de professeurs, instituteurs et élèves en leur inculquant des contre-vérités historiques, aujourd'hui révolues.
Quelles étaient les motivations de César ?
« Le projet de César semble avant tout relever du désir de s'illustrer face à ses concurrents, notamment Pompée, rêvant comme lui d'égaler Alexandre le Grand, en cherchant à l'Ouest un empire semblable à celui qu'il avait construit à l'est.
D'autres motivations, révélées par les correspondances, montrent à la fois le désir de s'enrichir sur le dos des territoires conquis, et une certaine curiosité pour les régions mystérieuses du Danube et de l'Océan. Les mouvements quasi permanents des Barbares, le souvenir de la menace des Cimbres et des Teutons, les rumeurs concernant les ambitions de Burebitsa au nord-est et d'Arioviste au nord-ouest servent de prétexte pour engager une action contre ce dernier, et contre les Helvètes dont il écrit de façon minutieuse le projet de migration. César présente un récit où il justifie son intervention contre une menace, alors qu'il attaque des populations qui ont déjà des liens étroits avec Rome, mais ne servent pas son parti politique... (Bituriges, Eduens, Séquanes] » (L'Europe celtique à l'Âge du fer (VIIIe-Ier siècles), sous la direction de Olivier BUCHSENSCHUTZ, Nouvelle Clio, PUF, Mayenne 2015, p. 365.)
La défaite de Vercingétorix à Alésia (septembre 52 av. J.-C.) ne marque pas la fin de la résistance de Nos ancêtres les Gaulois. De nombreuses tribus refusèrent leur soumission et maintinrent allumés les feux de la "liberté gauloise". César demeura à Bibracte durant l'hiver 52-51 et y consacra cette année à de dures campagnes.
La résistance de Drappès et Luctérios
Si les Carnutes et les Bituriges furent assez vite soumis (février 51), il fallut encore cinq mois pour venir à bout des Gaulois Belges Bellovaques (l’un des peuples les plus importants numériquement, ils étaient les premiers des Belgae) des Eburons et des Trévires.
Un parti d'irréductibles mené par le sénonDrappès et le cadurqueLuctérios, ainsi que le chef des Andes Dumnacos, réunirent leurs forces avec l'intention de libérer la Provincia (Gaule narbonnaise). Ils se réfugièrent dans l'oppidum d'Uxellodunum (Puy d'Issolud, dans le Lot). Les recherches archéologiques ont confirmé que ce site correspondait au théâtre de la dernière grande bataille de la guerre des Gaules. Deux mois d'un siège sévère furent nécessaires à César pour réduite ce dernier bastion.
César, fidèle à son habitude, fit trancher la main droite de tous ceux qui parmi les assiégés avaient combattu (BG, VIII, 44).
La résistance de Marseille (49 av. J.-C.)
En 49 av. J.-C., César fit assiéger Marseille qui s'était révoltée et rangée du côté de Pompée. Il n'en vint à bout qu'après un long siège de plusieurs mois. César, quitta ensuite la Gaule en 49 av. J.-C pour n'y plus revenir qu'en passant. Ses nouveaux ennemis se trouvaient désormais en Orient, en Afrique, et à Rome où débutait la guerre civile.
En juin 46, après la mort du sénateur stoïcien Caton (qui en 59 av. J.-C. avait voté contre la mesure qui donnait à César le commandement des Gaules pour cinq ans, disant aux sénateurs qu'ils se décrétaient un tyran pour l'avenir) et de son concurrent Pompée, César put enfin célébrer à Rome son triomphe sur la Gaule, autour du char du triomphateur. Des écriteaux résumaient les actions de César en Gaule : 300 tribus soumises, 800 villes prises, 30 batailles gagnées, 3 millions d'ennemis combattus, 1 million d'esclaves, 1 million de cadavres. La figure de Marseille domptée rappelait aux Romains qu'ils avaient réussi à écarter les Grecs de l'Occident pour se le réserver. Vercingétorix fut ramené dans la prison pour y être exécuté de la main du bourreau: son crime avait été de vouloir, contre Rome, la liberté de la Gaule.
Traditions, souvenirs, coutumes, importait peu à César. Briseur de nations et d'hommes, il distribua la civitas romana (la citoyenneté romaine) à tous ceux qui la voulaient. Des Gaulois l'a reçurent. Des milliers de soldats de la Narbonnaise l'obtinrent d'un coup, au moment où il forma la Légion des Alouettes, parfois aussi connue comme Legio Gallica (58/57 av. J.-C.) Il l'accorda même aux officiers celtes qui le suivaient, et moins de dix ans après la fin de l'indépendance de leur nation, les rois et fils de rois de la Gaule s'apprêtaient, comme membres du peuple souverain à exploiter le monde à leur tour... Le conscrit gaulois qui était incorporé dans une légion était fait citoyen romain avant d'y entrer (car il ne pouvait y avoir que des "citoyens" dans une légion...); le conscrit qui servait dans les autres corps de troupes, dits "auxiliaires", recevait le droit de cité en sortant du service.
Quelques uns de ces nouveaux citoyens arrivèrent d'emblée à la dignité de sénateurs, et ils furent invités à entrer dans cet étrange sénat créé par César, ramassis d'hommes accourus de tous les points de la terre. On se moquait d'eux à Rome, quand ils demandaient le chemin de la Curie. Sur le passage de César, pendant son triomphe, les soldats chantaient en ricanant : "Il mène les Gaulois derrière son char, mais c'est pour les conduire au Sénat." L'assimilation, c'était rompre du même coup les peuples gaulois (diviser pour régner) mais rompre aussi la patrie romaine, et "remplacer, une cité maîtresse et des nations sujettes en un peuple nouveau embrassant le genre humain" [3], selon la formule de Camille Jullian.
Il faudra trois siècles seulement, pour voir le "peuple nouveau" ruiné et dissous avec l'édit de Caracalla de 212 ap. J.-C. ("Constitution Antonine"), qui accordait la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l'empire sans distinction d’origine. La terre entière achevaient de se confondre dans l’égalité des droit. A ce syncrétisme politique se superposait un syncrétisme religieux avec le développement du culte de la divinité unique... Mais naturellement, il ne faut pas voir dans cette mesure un quelconque souci humanitaire du cruel empereur : l'édit de Caracalla visait avant tout à généraliser la perception des lourds impôts dus par les citoyens romains.
Statère d'or à l'astre, cheval à droite frappé par les Bellovaques (80-50 av. J.-C.)
La révolte des Bellovaques (46 av. J.-C.)
En 46 av. J.-C., les Bellovaques (peuple gaulois de la Gaule Belgique) prirent donc les armes. Mais la révolte fut étouffée par Decimus Brutus, qui était alors en Gaule.
Peu abordées sous leurs aspects politiques et culturels, voici quelques unes des résistances et des révoltes gauloises celtes après la conquête de Jules César. Cette histoire peu vulgarisée montre pourtant que le souvenir de l'indépendance nationale n'avait pas complètement disparu des pensées de nos ancêtres les Gaulois.
En 39 av. J.-C., le successeur de César, Octave, lors d'un déplacement en Gaule échappe de peu à un complot gaulois lors du franchissement des Alpes. Le général Agrippa est chargé de réprimer la révolte de l'Aquitaine et de la Gaule Belgique (39 - 37 av. J.-C.) Dix ans plus tard, Octave doit réprimer une autre révolte en 29 av. J.-C.
En 27, lorsque Auguste ordonne le recensement de toutes les Gaules, il vient dans le pays, et s'installe à Narbonne pendant l'opération. Personne ne bouge. Quinze ans plus tard, en 12 av. J.-C., il a à refaire ou à compléter le recensement. Il confie le recensement à son beau-fils, Drusus. Les choses se passent moins bien. Il y a chez les Gaulois des colères et des grondements, mais nul ne se risque dans un acte de rébellion.
La révolte de Sacrovir et Florus (21 ap. J.-C.)
Peu après la tentative ratée de conquête de la Germanie, la Gaule connait une révolte conduite par deux aristocrates, Julius Sacrovir, chef des éduens, naguère alliés de César, et le prince de la tribu des Trévires, Julius Florus. L'historien romain Tacite explique qu'il faut trouver la "raison" de cette première grande révolte gauloise dans les "lourdes taxes que les Gaulois sont obligés de payer aux gouverneurs romains..." (Annales, III, 40.) Les deux chefs gaulois "tinrent clandestinement des assemblées générales où ils dénonçaient avec virulence les impôts iniques prélevés par Rome, l'énormité de l'usure réclamée par les financiers romains et la cruauté des légats et des gouverneurs qui mettaient les terres et les cités gauloises en coupes réglée." [4]
La monarchie romaine est une monarchie administrative. En Occident, l'autonomie des villes est battue en brèche par les gouverneurs. Les impôts levés sur les provinciaux (capitation, impôt foncier sur les propriétaires de terres) relèvent de gouverneurs assistés de leurs procurateurs a rationibus sous Claude (41-54). Le cadastre général de l'Empire commencé sous Agrippa, et comportant des renseignements sur la valeur des terres et la nature des cultures pratiquées, est terminé sous Trajan (98-117). Au milieu du IIe s. ap. J.-C., le nombre des procurateurs sera fortement accru: il passera de 62 à 109 entre 96 et 161.
Dans ce contexte de forte centralisation romaine, les assemblées provinciales se réunissent pour une seule session annuelle dans la capitale de la province. L'Assemblée, en Gaule, est créée par Auguste en 12 av. J.-C., autour de l'autel des Trois-Gaules. Vespasien (70-79) osera en créer dans les provinces sénatoriales (Narbonnaise). Ces assemblées sont les héritières des koina de l'époque hellénistique en Asie, en Lycie [5], mais aussi de cette institution récemment confirmée par l'archéologie, l'Assemblée annuelle de toutes les tribus gauloises :
« Chaque année, en effet, écrit Jean-Louis Brunaux, un "Conseil de toute la Gaule" (Concilium totius Galliae) se réunissait et les élus de chacun des peuples y accordaient le principat (le leadership) à un peuple-patron. Cette assemblée, dont les pouvoirs paraissent avoir été limités, avait l'avantage de matérialiser un espace dont la nature était avant tout politique.
Très tôt - au moins dès le IIIe siècle avant J.-C. -, les peuples prirent l'habitude de réunir leurs chefs et des délégués des différentes assemblées dans le "Conseil de toute la Gaule"... qui avait pour mission d'accorder à l'un d'entre eux ce que César nomme un "principat".
En 52 avant J.-C., c'est lui (César) qui décida la création d'une gigantesque armée confédérale. Mais le contrôle des accords, le respect des prérogatives de chaque population, l'arbitrage des conflits étaient délégués à une autre assemblée annuelle, celle des druides. » [6]
Cette Assemblée des Gaules jouera un rôle important dans l'"Assemblée de Reims" en 70 ap. J.-C. lorsqu'il s'agira de choisir entre l'indépendance ou la paix et rester ou non loyal à Rome durant la révolte de Sabinus (Voir plus bas). L'Assemblée des Gaules se réunira jusqu'au Ve siècle (Voir plus bas.)
Sacrovir et Florus tentent donc de soulever plusieurs peuples des Gaules, en commençant par le Centre-Ouest, avec les Andécaves et les Turons.
Les deux armées s'affrontent dans une première bataille vers la silva Arduenna, et Florus est vaincu. Il se donne la mort afin de ne pas être fait prisonnier. Ainsi finit la révolte des Trévires. (Tacite, Annales, III, 42.) La révolte des Éduens devait être "plus difficile à réprimer, parce que cette nation était plus puissante", et les forces romaines "plus éloignées" (Tacite, Annales, III, 43.)
"Sacrovir lui-même, entouré des principaux chefs, parcourait les rangs sur un cheval superbe" (Tacite, Annales, III, 45.) Combat de Romains et de Gaulois - Penture de Charles-Évariste-Vital Luminais (19e s.)
"À douze milles d’Augustodunum (Autun), [l'ancienne Bibracte renommée "ville d'Auguste"], on découvrit dans une plaine les troupes de Sacrovir. Il avait mis en première ligne ses hommes bardés de fer, ses cohortes sur les flancs, et par derrière des bandes à moitié armées. Lui-même, entouré des principaux chefs, parcourait les rangs sur un cheval superbe, rappelant les anciennes gloires des Gaulois, les coups terribles qu’ils avaient portés aux Romains, combien la liberté serait belle après la victoire, mais combien, deux fois subjugués, leur servitude serait plus accablante." (Tacite, Annales, III, 45).
Sacrovir, vaincu, "se retira d’abord à Augustodunum ; ensuite, craignant d’être livré, il se rendit, avec les plus fidèles de ses amis, à une maison de campagne voisine. Là il se tua de sa propre main." (Tacite, Annales, III, 46.) "Et Les autres chefs s'entre-tuèrent pour ne pas tomber aux mains des Romains, ayant mis le feu à la demeure qui devint leur bûcher de crémation".
Bien des usages gaulois disparurent d'eux-mêmes ou du fait des lois. Par exemple, passé le règne de l'empereur Claude (41-54), il n'y a plus trace des anciens titres nationaux qu'avaient conservés jusque-là quelques chefs de cités : au lieu de vergobrets, ils ne s'appelleront plus que préteurs ou duumvirs.
"Le droit de cité ne cessa d'être largement octroyé aux Gaulois sous les premiers empereurs, surtout César, Caligula et Claude." [7]
Après les règnes d'Auguste (-44 / + 14) et de Tibère (14-37), plus avares du titre de citoyen romain, les portes de la Cité se rouvrirent brusquement à tous les peuples.
Claude fit un discours qui nous a été conservé. Long, diffus et incohérent, ce discours d'homme politique n'abandonne pas le projet universaliste de César. Il montre que la loi divine de Rome, depuis son origine, est de faire de tous les peuples une seule patrie... L'aristocratie romaine se plaignit vivement de cette extension.
L'empereur Néron (64-68) ignorera la Gaule. Mais il vit néanmoins une révolte celtique en Bretagne insulaire, que nous pouvons aborder ici, bien qu'elle ne concerne pas strictement la "Gaule" dans ses limites géographiques définies par César. Néron vit aussi à la fin de son règne une révolte gauloise menée par Vindex, gouverneur de la Lyonnaise, qui provoquera son renversement.
La révolte de Boudicca en Bretagne (60-63)
"Les Celtes ne sont qu'une partie (un tiers) des Gaulois." [8]
Et les Gaulois ne résident pas que dans la zone géographique délimitée par César.
Dans la carte ci-dessus, on voit en rouge la "présence celtique dès le IIIe millénaire avant J.-C. en "Bretagne" (nom antique de l'actuelle Grande-Bretagne).
Si après la bataille d'Alésia (52 av. J.-C.), toute la Gaule (en France) fut occupée par les Romains, des tribus celtiques peuplant l'autre rive de la Manche demeuraient libres de vivre selon leurs coutumes. Ils étaient connus sous le nom de Britanni (Bretons ou Brittons).
A la période de la Tène (450 av. J.-C. - 25 av. J.-C.) des Gaulois continentaux ont peuplé la Bretagne insulaire, l’Irlande, alors composée d'autres peuples indigènes (dont les Pictes, Calédoniens, Maètes, Attacottes).
Au Ier siècle av. J.-C., arrivèrent les Gaulois Belges : Cantii (Durovernum/Canterbury), Regni ou Regnenses (Novomiagus/Chichester), Atrébates (Calleva/Silchester), Belgae (Venta/Winchester), Trinovantes (Camulodunum), Catuvellauni (Verulamium) et les Donubi.
Dans le Pays de Galles arrivèrent les Silures (Venta Silurum/Caervent) dont sera issu le roi Arthur au Ve. s. qui vaincra les Saxons.
Le centre fut peuplé par les Coritani (Ratae/leicester) et les Cornovii (Virconium/Wroxeter). [9]
Répartition des tribus celtiques en Bretagne insulaire au Ier siècle av. J.C.
La population peut avoir atteint un million d'habitants, dont la moitié vivant dans les cités et les villae rurales du Bassin de Londres.
Les Romains partirent à la conquête des Îles Britanniques, sous l'empereur Claude, en 43 ap. J.-C. La résistance britannique était dirigée par Togodumnos et Caratacos, les fils du roi Cunobelinos des Catuvellauni.
Et 17 ans plus tard nous est connue ce qui est restée dans l'histoire comme la révolte celtique de la reine Boudicca.
La conquête de l'île ne s'arrêtera qu'en 83 apr. J.-C (Tacite, De vita et moribus Iulii Agricolae 13.) L'empereur Antonin fit construire une muraille, le Mur Antonin, vers 140, qui "doublait" au Nord la fortification du mur d'Hadrien déjà édifiée. Il fut submergé par les invasions "Barbares" pictes (territoire de l'Écosse actuelle) à la fin du IIe siècle.
Carte de la Celtique. Source (image) : Patrice BRUN, Princes et Princesses de la Celtique, Le premier Âge du fer en Europe, 850 – 450 av. J.-C., Collection des Hespérides, Editions Errance, Paris 1987, p. 26
Vers 60 ap. J.-C., il y eut en Bretagne une révolte des Icènes de la reine Boudicca : le roi des Icènes, Prasutagus, est mort en laissant comme co-héritier l'empereur romain Néron, et ses propres filles ; le procurateur traita la province comme territoire romain, pillant, évinçant les indigènes, les traitant comme des esclaves, fit fouetter publiquement la reine Boudicca et violer ses filles.
La révolte démarra avec les Icènes puis les Trinovantes qui avaient perdu leurs terres au profit des colons de Colchester.
Les rebelles détruisirent Camulodunum (Colchester), Verulanium (St Albans) et Londinium (Londres).
Boadicée haranguant les Bretons de John Opie
« Grande, terrible à voir et dotée d'une voix puissante. Des cheveux roux flamboyants lui tombaient jusqu'aux genoux, et elle portait un torque d'or décoré, une tunique multicolore et un épais manteau retenu par une broche. Elle était armée d'une longue lance et inspirait la terreur à ceux qui l'apercevaient. » (Dion Cassius, Histoire romaine, 62, 2.)
Suetonius Paullinus regroupa ses 10.000 hommes dans les Midlands et livra bataille aux rebelles supérieurs en nombre de Boudicca qui fut battue.
La répression romaine fut sans pitié. Suetonius Paullinus extermina les tribus rebelles. La présence d'un Concilium provincial prévu par Claude à Camulodunum (temple de Rome et de l'empereur) n'est plus attestée après la révolte de Boudicca.
La fin de la reine Boudicca varie selon les sources : elle se suicida par empoisonnement, ou elle mourut des suites de ses blessures. Encore aujourd'hui, la révolte de Boudicca est un symbole de courage et de résistance des populations bretonnes contre l'envahisseur romain.
La Bretagne ne fut jamais profondément romanisée: sa conquête avait été trop tardive, inachevée et sa position trop excentrique.
La prestigieuse revue Nature nous a réservé une surprise de taille en publiant le 18 mars 2015 une étude sur les origines génétiques de la population britannique, intitulée "The fine-scale genetic structure of the British population". Il s'agit d'une oeuvre d’une solide équipe de chercheurs de l’Université d'Oxford, de l’Université du College London et du Murdoch Childrens Research Institute (Australie) emmenée par le statisticien Stephen Leslie. L'étude repose sur une analyse détaillée de l’ADN de 2 039 britanniques "de souche".
Des comparaisons avec des prélèvements provenant de 6 209 personnes de dix pays voisins ont permis de mettre en évidence leurs liens avec d’autres populations européennes. L’étude a montré une relative homogénéité de la population du sud et du centre de l’Angleterre. Cependant, les Saxons représentent moins de la moitié de l’ascendance de cette population – plus probablement entre 10 et 40 %, soit moins qu’on ne le pensait jusque-là compte tenu des bouleversement apportés dans la langue, les noms de lieux et l’agriculture par les invasions saxonnes. Malgré leur longue présence attestée, les Vikings auraient laissé très peu de traces génétiques, sauf dans les Orcades, qui ont fait partie de la Norvège de 875 à 1472 ; et même là, leur place dans le "profil ancestral" des habitants actuels ne dépasse pas 25 %. En revanche, trois groupes de populations européennes ont apporté une contribution spécialement importante au peuplement actuel ; ils se situent en Allemagne de l’ouest, en Flandres et dans le nord-ouest de la France. Ce dernier groupe est spécialement apparenté aux populations du Pays de Galles, d’Irlande du Nord et d’Écosse de l’ouest. Faut-il y voir la trace d’un unique peuplement celtique des deux côtés de la Manche ? Sur ce point, les auteurs de l’étude sont clairs : « nous n’avons constaté aucune évidence d’une population ‘celtique’ générale dans les parties non saxonnes du Royaume-Uni ». De nombreux groupes génétiques distincts voisinent en Irlande du Nord, en Écosse et au Pays de Galles. Les populations galloises apparaissent comme les plus proches des premiers occupants de la Grande-Bretagne installés au Royaume-Uni après la dernière ère glaciaire. Le profil ancestral de la Cornouaille est très différent de ceux du Pays de Galles mais proche de celui du Devon. (Source : L’ADN des Britanniques est moins saxon, moins viking et moins celte qu’on ne croit, Breiz Info)
Cette information récente doit être rapportée à ce qu'écrivait Frantz FUNCK-BRENTANO, le disciple de Camille JULLIAN, en 1925 au sujet de la répartition ethnique de la "nation française" :
"On dit souvent que la nation française s'est formée d'un alliage de peuples différents où l'élément prépondéral aurait été constitué par les Celtes. Après avoir envahi la Gaule , ces derniers s'y trouvèrent au contraire, en très petite minorité, comparativement aux peuples indigènes; comme les germains qui leur succéderont quelques siècles plus tard (les Francs. Ndlr.)
Que s'il fallait, parmi les races diverses dont s'est formée la nation française, chercher un type prédominant, c'est sans aucun doute chez les Ligures qu'il se trouverait et chez les autochtones, en admettant que les Ligures aient été eux-mêmes des immigrants. Pour parler généralement, et d'une manière d'ailleurs trop absolue, il ne faut pas dire que nous sommes des celtes, nous sommes des Ligures.
Dans la formation de la nation française seraient entrés 50% d'autochtones, Ligures et Ibères, 20% de Celtes, 5% de Latins, 16% de Germains, en y comprenant l'élément gothique, 4% de Normands et 5% d'éléments divers : Grecs, Basques, Sémites, Syriens, Africains...
... La langue des Celtes, pareille au Ligure, avait des rapports étroits avec l'ombro-latin.
Des dialectes néo-celtiques se parlent de nos jours encore en notre Bretagne bretonnante, en Irlande, en Pays de Galles, en Haute-Ecosse et dans l'Île de Man, mais ces idiomes n'ont plus que des rapports éloignés avec ce que l'épigraphie a conservé du celte primitif.
La nation celtique ne pénétra d'ailleurs pas tout entière en Gaule; une partie en demeura sur la rive droite du Rhin qui se trouva ainsi celtique sur ses deux rives, de même que les deux versants des Alpe étaient ligures, et ibériques les deux versants des Pyrénées."
(Frantz FUNCK-BENTANO, Les Origines, Librairie Hachette, 1925, p. 31, 32, 33.) En l'état de nos connaissances, il semble aujourd'hui que les Ligures soient une sous-branche ethnique italo-celtique, un peuple de type protohistorique d'Europe ou Proto-Celtes. Ce qui donnerait une répartition de 70% de Celtes (Ligures et Celtes à proprement dit) pour 16% de Germains (Francs et Goths).
Boadicée a inspiré différents artistes. Henry Purcell (1659-1695) lui a dédié une de ses œuvres en 1695, Bonduca, or the British Heroine (Z. 574).
En 1782, William Cowper lui consacra un des poèmes les plus populaires, Boadicea, an Ode.
Enya :
La Statue de Boadicée, ou Boudicca, héroïne de la patrie britannique, érigée à Londres, œuvre de Thomas Thornycroft (1815–1885) :
Un péplum britannique "Centurion" sorti en 2010 fut réalisé par Neil Marshall sur le thème de l'héroïne celte et une libre inspiration de la disparition de la neuvième légion romaine en 117 ap. J.-C. au nord de la Bretagne.
La Bande-annonce :
La révolte de Julius Vindex de 68
Gaius Julius Vindex est un noble gaulois originaire d'une puissante famille d'Aquitaine et sénateur romain. Il est sans doute légat (gouverneur) de la province de Gaule lyonnaise. Il mène en Gaule une fronde contre Néron en 68 ap. J.-C., qui allait être à l'origine de sa chute, puis de la crise politique qui secouera l'Empire en 69, et qui fut dénommée l'"année des quatre empereurs" (Néron, Galba, Vitellius, Othon).
Selon Dion Cassius, il aurait déclaré qu'il ne reconnaissait plus Néron comme empereur, au nom des Gaulois qu'il administrait, et qu'il s'en remettait au peuple romain et à son sénat pour le choix d'un nouvel empereur. Les crimes et les folies de Néron n'étaient pas en effet inconnus des Gaulois, honteux de vivre sous les lois d'un tel dément. En mars 68 ap. J.-C., Caius Julius Vindex, réclame le droit de la province à participer à l'élection de l'empereur. Il dénonce les turpitudes de Néron qu'il veut remplacer par Galba, alors gouverneur de la Tarragonaise (province romaine d'Espagne), un personnage connu en Gaule et estimé : il avait été gouverneur de l'Aquitaine et de la Germanie Supérieure.
Les Gaulois répondirent à l'appel de Vindex qui réussit à lever une milice de 100.000 hommes (dont 20.000 en armes) et offrit la direction du mouvement à Galba par l’envoi d’émissaires à Carthagène. L’armée du Rhin de Verginius Rufus, légat de Germanie Supérieure, resta cependant fidèle à Néron. À la nouvelle Révolte de Vindex en Gaule, Néron, alors à Naples, resta d'abord sans réaction. En avril, Galba fut déclaré ennemi public par le Sénat, ses biens confisqués et sa tête mise à prix. Son agent à Rome, Icelus fut arrêté. L. Verginius arriva en hâte du Rhin avec ses légionnaires. Vindex, vaincu aux environs de Vesontio (Besançon), se tua (fin mai 68).
Cette révolte n'en a pas moins une importance : les Gaulois ont montré le pouvoir des provinces à élire un empereur non julio-claudien..., une idée alors saugrenue.
Au reste, malgré la victoire des légions rhénanes devant Besançon, la cause de Galba l'emporta : l'armée d'Espagne le proclama "Auguste". Néron se tua et Galba traversa la Narbonnaise pour venir à Rome revêtir la pourpre. Durant son règne très court (puisqu'il fut massacré par les prétoriens dès le 28 janvier 69), il avait pu témoigner de sa gratitude à la Gaule celtique, en diminuant le tribut qu'elle payait à l'Empire et en y multipliant le droit de cité... [10]
La révolte de Civilis "pour la liberté des Gaulois et des Germains". Sabinus et le premier "empire gaulois" (69-70)
Tacite parle des "prophètes" gaulois, qui en l'an 69 prédisaient la fin de l'empire romain et la domination de Rome par les races transalpines. [11]
"Ca et là, quelques druides prédisaient la chute de Rome; mais c'était une prophétesse germaine, Velléda, qui inspirait les chefs." [12] De la nation des Bructères, "elle se dérobait aux regards" des députés du Congrès de Reims, "afin d'inspirer plus de respect". (Tacite, Histoires, IV, 65.) Elle prédit les succès des Germains et la ruine des légions.(Tacite, Histoires, IV, 61.)
Velléda. Sculpture d’Hippolyte Maindron au jardin du Luxembourg de Paris
Fin décembre 69, la révolte du batave Civilis et du mouvement national gaulois est donc appuyé par les druides de Gaule, les Trévires (peuple celte du groupe belge), et les Lingons (un des plus anciens peuples gaulois). Civilis veut fonder un Empire des Gaules (Imperium Galliarum). Les insurgés s'emparèrent de Cologne.
Les Bataves étaient un peuple germanique détaché des Chattes, proches des Gaulois Belges. Julius Civilis et son frère Paulus avait combattu dans l'armée romaine et reçu la citoyenneté avant d'être accusés, à tort, de trahison sous Néron. Paulus avait été exécuté tandis que son frère Julius était délivré par Galba, pour être mis en cause de nouveau sous Vitellius. Aussi Julius Civilis décida-t-il cette fois de se révolter réellement. Il commença par feindre d'accepter les propositions des vespasianistes (partisan de Vespasien). Il gagna l'appui des Germains de la rive droite (les Bructères). La guerre se déroula avec en arrière-plan la guerre en Italie où Primus Antonius affrontait Vitellius pour le compte de Vespasien.
Révolte des Bataves conduite par Iulius Civilis, en 69 sur le Rhin. Huile sur bois d'Otto van Veen, 1613
Maricc, le "libérateur des Gaulois". La révolte de Maricus et des Boïens contre l'empereur Vitellius (69)
En Gaule, sous l'empereur Vitellius (en 69), un boïen (habitant du pagus des Boïens sur le territoire des Eduens) dénommé Maricc (ou Mariccus), est issu de la plèbe; Il tente de lever les Boïens et les Éduens pour l'indépendance de la Gaule. Il parcourt la Gaule, se prétendant être "le champion des Gaules", un prophète envoyé des dieux et le "libérateur des Gaulois". Les Boïens est l'un des plus anciens peuples gaulois qui avaient participé à la prise de Rome en 390 av. J.-C.
« Le jour espéré et prévu par les amis de Vindex et par le prophète Maricc était enfin arrivé. Les prêtres et les devins des campagnes, derniers héritiers de l'Eglise druidique, prédirent aussitôt la chute de Rome et la ruine de l'Empire : le feu du temple romain était, chantaient-ils, le flambeau allumé par les dieux pour servir de présage à la gloire d'un empire nouveau, celui des Gaules. » (Camille Jullian, La Gaule dans l'Empire romain, Editions du Trident, Paris 2013, p. 36)
Il y avait 120 ans, depuis Vercingétorix, que ce mot d'"empire gaulois" n'avait plus été prononcé. Mais ni le temps de ce long siècle ni les ouvrages des empereurs n'avaient suffi pour l'effacer de la mémoire. Le groupement de chefs autour de Vindex, Galba et Othon, leurs mystérieux serments en face de Vitellius, prouvaient que les cités celtiques n'avaient renoncé à aucun de leurs rêves d'entente et de liberté.
Le complot s'ébaucha partout pendant que les armées du Rhin et du Danube se disputaient l'Italie et Rome. Des résolutions furent discutées à Cologne et arrêtées par les chefs gaulois qui commandaient des troupes auxiliaires. Julius Classicus et Julius Tutor chez les Trévires, Julius Sabinus chez les Lingons, rejoignirent Civilis avec les corps placés sous leurs ordres et d'autres qu'ils entraînèrent.
Civilis s'empara de Vetera, les Gaulois prirent Cologne et Mayence. Le titre de citoyens romains qu'ils portaient tous, n'étaient pour eux qu'une apparence.
Sabinus portant le manteau de pourpre d'un imperator romain, entra dans le camp des légions, monta sur l'estrade du légat, et, lut la formule du serment que tous devaient prêter à l'"Empire des Gaules" et s’autoproclama "César" de l'Imperium Galliarum. (Tacite, Histoires, IV, 67)
La rébellion s'étendit sur une grande partie de la Belgique et de la Germanie romaine. Elle reçut le renfort de Germains transrhénans (Usipètes, Mattiaques et Chattes).
Cependant, Civilis n'avait pas prêté serment à l'Empire des Gaules et prétendait lui imposer son autorité en s'appuyant sur les tribus germaniques. Le mouvement ne tarda pas à s'essouffler, alors qu'arrivait la préparation par Vespasien d'une grande expédition placée sous les ordres de Petillus Cerialis pour réprimer la révolte.
L'Assemblée des Gaules à Reims (janvier 70 ap. J.-C.)
Les cités répondirent à l'appel des Rèmes qui proposèrent de réunir à Reims une Assemblée des Gaules pour choisir entre l'indépendance ou la paix. Les délégués, examinant la situation, pesèrent toutes les conséquence d'une sécession qui loin de déboucher sur une possible indépendance, se traduirait par une domination germanique, dont la perspective rendait préférable la tutelle romaine. Finalement, la plupart des cités résolurent de rester fidèles à Rome (Tacite, Histoires, IV, 68-69.)
Le général romain Cerialis tint alors aux Trévires et aux Lingons (Tacite, Histoires, IV, 73-74) un véritable discours politique moderne que ne répudierait nos actuels républicains. Ce discours empruntait à la tactique de Jules César en Gaule du diviser pour régner, ainsi qu'au lexique du chantage à la "paix" ou à la "guerre universelle". Il rappela la menace que les les tribus germaniques avait fait pesée sur les Gaulois, avant d'exploiter habilement nos divisions ancestrales.
La campagne du romain Cérialis écrasa Civilis à l’embouchure du Rhin à Trèves. Civilis finit par traiter avec les Romains et devint leur allié à la fin de 70... Cependant, tandis que Cerialis soumettait les Trévires, le général romain Appius Annius Gallus fit face aux Lingons toujours insurgés et conduits par Julius Sabinus († 78 apr. J.-C.)
Sabinus fut finalement défait par les légions assistées des Séquanes (peuple gaulois de l'est de la Gaule, versant ouest du jura). La cité de Trèves fut réduite au rang de ville tributaire, mais la répression fut relativement modérée.
Sabinus, simulant un suicide et brûlant sa maison, prit la fuite. Il passa neuf ans en clandestinité se cachant dans une grotte que la tradition situe aux sources de la Marne, avant d'être trahi et découvert. Il fut mis à mort malgré les supplications d'Éponine, sa femme devenue chrétienne avec qui il avait eu deux enfants. L'histoire d'Éponine est émouvante et montre la fidélité de la gauloise à son mari. Elle fit semblant de porter le deuil le jour, mais rejoignait Sabinus la nuit.
Sabinus finit par être découvert et conduit devant Vespasien. Éponine plaida pour obtenir la grâce de son mari ; elle finit par demander à mourir avec lui (Plutarque). Elle fut exécutée après son mari, en 79. Elle fut béatifiée sous le nom de Sainte-Eponine. Elle est fêtée le 1er novembre. De leurs deux enfants, l’un fut tué en Égypte ; le second, portant le même cognomen que son père, serait passé par Delphes.
Sabinus faisait partie des personnages les plus importants de Gaule de cette époque, aussi bien par sa réputation que par sa fortune, comme les autres commanditaires de l’insurrection. Tout comme eux, il était également citoyen romain : comme son gentilice l’indique, il fait partie de la gens Julia ; un de ses ancêtres avait dû obtenir la citoyenneté de Caius Julius César ou de son fils adoptif Auguste.
Depuis la "Renaissance", l’histoire d’Éponine et Sabinus a connu un grand succès en tant que sujet pour de nombreuses œuvres d’arts : poèmes, nouvelles, romans, pièces, peintures, sculptures ou gravures (Jacques-Remi Dahan, Éponine & Sabinus, Dominique Guéniot, 2011). Une vingtaine de pièces de théâtre ont été consacrées à Sabinus et à sa femme, ainsi qu'une trentaine de tableaux, et environ huit opéras. Mais à partir du XIXe siècle, on ne trouve presque plus de représentations de cette histoire, les artistes leur préférant au couple les figures d’autres gaulois : Brennus, Ambiorix, Camulogène et surtout Vercingétorix. Sabinus s’effaça ainsi peu à peu de notre mémoire populaire : c’est la figure du chef arverne qui le remplaça dans Le Tour de la France par deux enfants de G. Bruno, alors que Sabinus apparaissait encore en 1876 dans l’Histoire de France de Guizot.
Eponine - par Nicolas André Monsiaux (19e s.)
Vespasien (69-79) restaure l'autorité impériale que ses fils Titus (79-81) et Domitien (81-96) mèneront à bien. Trajan (98-117) combattra Daces et Parthes; il ne séjournera pas en Gaule, non plus qu'Hadrien (138-161). Sous Marc-Aurèle (161-180), la frontière du Danube sera en danger : la Gaule en subit le contrecoup sur le Rhin, qu'il faut défendre (166), cependant que de graves désordres éclatent chez les Séquanes. C'est l'époque où les cultes orientaux s'installent livrement dans les Gaules. C'est aussi le moment où le christianisme pénétra dans les Gaules. (Cf. S. Pothin et Ste Blandine martyrs en 177)
À l’époque de l’empereur Commode, entre 185 et 188 ap. J.-C., le brigandage sévit en Gaule : une bande de soldats déserteurs et de brigands gaulois commandée par un simple soldat déserteur, Maternus. Celui-ci ravage le sud de la Gaule et le nord de l'Espagne en ralliant à sa cause les oubliés de la prospérité économique, les Gaulois couverts de dette, les paysans soumis aux impôts et aux tributs romains. [13]
Mais apparaît alors pour la première fois un prêtre catholique qui soit vraiment conducteur d'hommes et chef d'église : à Lyon, après une terrible persécution qui vit périr sainte Blandine, saint Pothin, et les suppliciés de 177, S. Irénée de Lyon monta sur le siège épiscopal de Lyon (178), et reconstitua cette église dévastée. Le Christianisme s'apprêtait à continuer l'oeuvre de l'Empire, à propager, comme lui, la culture gréco-latine, et à en prendre la succession (Cf. S. Léon Ier Pape, héraut de la Romanitas † 461)
En 197, on vit arriver les premiers prétendant au trône d'origine non-romaine. Deux prétendants africains s'opposaient : Septime Sévère, de Tripolitaine (premier empereur romain d'origine africaine, qui règne de 193 à 211) et Clodius Albinus, d'Hadrumète en Bizacène (Afrique proconsulaire, actuelle Tunisie).
D'origine punique et à l'accent carthaginois, Sévère voulait retirer à l'oligarchie sénatoriale romaine ce qui lui restait d'autorité..., achever l'assimilation de toutes les provinces de l'Empire à l'Italie, en enlevant à Rome et au Sénat des Romains leur suprématie. C'était la destruction de l'ancienne conception augustéenne, romano-centrée. Celle-ci trouva un défenseur en la personne de Clodius Albinus, alors chef des légions de Grande-Bretagne. Albinus vint s'installer à Lyon. Sévère accourut avec ses troupes campées dans la région du Danube. La Gaule fut le théâtre de cette étrange lutte où deux non-romains prétendaient au trône d'un empire "romain". Une bataille furieuse, où 150.000 hommes furent engagés aux portes de Lyon : cognant, se culbutant, les combattants entrèrent pêle-mêle dans la ville qui fut incendiée. Sévère remporta la victoire. Albinus se tua. Aurelius Antonicus, dit Caracalla, le fils et successeur de Sévère (211-217), admirateur d'Alexandre le Grand, accentuera la politique de son père, par l'édit qui étendait à tous les sujets nés libres de l'immense empire, le titre et les droits de citoyens romains.
La carrière militaire dans les auxilia et les légions, tremplin vers l'acquisition de la citoyenneté en perdait son principal avantage. Les empereurs du IVe siècle tenteront d'y remédier en rendant le métier militaire héréditaire et d'une hérédité que l'on ne pouvait récuser : Valentinien (365) décidera que les fils de soldats seront soldats; mais la contrainte donna les résultats faciles à prévoir : les réfractaires recoururent à tous les moyens pour échapper au service. Ils désertèrent. Poursuivis, traqués dans leurs repaires, on les rechercha et on condamna ceux qui leur avaient donné asile. Des jeunes gens se coupèrent le pouce de la main droite pour se mettre dans l'incapacité de tenir une épée. La pénurie de soldats devint si grande que l'Empire en vint à interdire aux centurions de donner des congés à leurs hommes...
Le IIIe sièclesera le siècle de l'Anarchie militaire (235-284), une période où l'Empire romain subit sa première grande crise politique de son histoire avec 43 empereurs en cinquante ans, et plusieurs usurpateurs, dont la plupart ne dépassèrent pas un an de "règne". Tous les empereurs, ainsi que les usurpateurs moururent de mort violente, tués au combat, assassinés ou contraints au suicide. Un seul mourut naturellement, de la peste.
Les empereurs du IIIe siècle, aux prises avec de graves difficultés extérieures redoutèrent la rupture de l'unité morale, condition de la survie de l'Empire.
Cette rupture de l'unité morale était en fait virtuellement inscrite dans la politique de Jules César, donnant la citoyenneté romaine aux Gaulois de Cisalpine (49 av. J.-C.). La surenchère dans l'universalité (hormis sous un Octave Auguste ou un Tibère) ne s'arrêta plus.
Rappelons qu'au Ier siècle, dans un discours qui nous a été conservé, l'empereur historien Claude (41-54), davantage soucieux de l'intérêt de l'humanité tout entière, montra que la loi divine de Rome, depuis son origine, était de faire de tous les peuples une seule patrie...[14]
Claude accorda à son tour le droit de cité à des peuples alpins, les Anaunes (Anauni) et leurs voisins de la région de Trente, qui à vrai dire, croyaient l'avoir de bonne foi et servaient même dans les cohortes prétoriennes. Lors de sa censure en 47-48, il demanda au Sénat d'admettre en son sein les notables de la Gaule chevelue (les Trois-Gaules) par un discours que nous a restitué la Table claudienne de Lyon, corroborant le résumé mieux composé de Tacite (Annales, XI ,23-25), et qui souleva des oppositions. [15]
Les portes de la patrie s'ouvrirent brusquement... jusqu'à ce qu'un roi franc (Clovis), cinq siècles plus tard vienne rétablir l'unité et l'indépendance de la Gaule, à son profit.
En 260, la Gaule fait sécession sous la conduite de Postumus.
En Orient, Palmyre (Syrie) fait de même avec Odénat, l'époux de la reine Zénobie qui parvint à réunir sous son autorité les provinces de Syrie, Arabie, Egypte et commença la conquête des provinces d'Asie mineure.
Ce IIIe siècle est celui d'une pression fiscale ressentie plus lourdement que l'inflation, d'une crise démographique (dépopulation : de 70 millions d'habitants au Ier siècle, la population tombe à 50 millions dans la seconde moitié du IIIe siècle), et d'une crise urbaine (ruralisation).
La révolte de Posthumus (260), le "libérateur de la Gaule". Le second "Empire gaulois (260-274)", l'Empire romain disloqué
En 253, les deux co-empereurs Valérien et son fils Gallien combattent les Perses de Sapor qui ont rompu la trêve et annexé l'Arménie jusque-là protectorat romain).
Gallien est envoyé sur les bords du Rhin pour faire face à l'invasion germanique. C'est la première division historique de l'Empire entre deux princes, un régnant en Orient (Valérien), l'autre en Occident (Gallien). Les deux sont engagés dans des guerres très éloignées. Les Francs participent entre 253 et 256 à un premier raid qui les conduit jusqu'en Espagne et en Afrique. L'empire est disloqué.
Les deux Augustes luttèrent contre les Goths qui déferlaient également sur les régions côtières d’Asie Mineure, dans les Balkans, en Dacie, en Mésie, en Thrace, en Macédoine même; contre Germains et Saxons qui menaçaient le littoral de la mer du Nord et de la Manche; contre les Berbères qui se soulevaient en Numidie et Maurétanie (Afrique) et contre les Perses en Arménie, en Mésopotamie, mais encore en Syrie où ils s’étaient carrément installés à Antioche avec la ferme intention de s'approprier définitivement tout l'Orient romain...
Empire romain jusqu'en 260 - Invasions germaniques au IIIe siècle
Après avoir été refoulés et cantonnés dans un territoire par Aurélien (270-275), Francs et Alamans franchissent une seconde fois, massivement, le Rhin, pillent et ravagent la Gaule de fond en comble (275-280).
C'est dans ce contexte désastreux qu'entre 260 et 274 se réalise la sécession de l’"Empire gaulois".
Des deux grandes vagues d'invasion au III et Ve s., celle des années 270, a probablement été, comme le soulignait Camille Jullian (Histoire de la Gaule, Paris, Hachette, 1908-1926, 8 vol.) - ce que semblent confirmer les travaux récents -, la plus terrible et la plus meurtrière: les premiers barbares et les empereurs, notamment Aurélien, qui disposent de troupes aguerries, sont encore capables de se défendre et de rejeter les envahisseurs au-delà des frontières. Mais les combats sont très violents et les ravages souvent effroyables (Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, Baptême de Clovis, baptême de la France, De la religion d'État à la laïcité d'État, Éditions Balland, Paris 1996, p. 64).
En 256, l'empereur Gallien fit une campagne sur le Rhin à la suite de laquelle il s'attribua le titre de "restaurateur des Gaules" : il est bien probable qu'il dut ce titre aux victoires de ses lieutenants en Gaule, Aurélien et Postume.
Gibbon précise que tandis que que Gallien) et Salonin, son fils, encore enfant, "déployaient dans le cour de trèves toute la majesté du trône, les armées se signalèrent sous le commandement de Posthume. Quoique cet habile général trahît par la suite la famille de Valérien (co-empereur), il fut toujours fidèle à la cause importante de la monarchie. Le langage perfide des panégyriques et des médailles parle obscurément d'une longue suite de victoires; des titres, des trophées attestent, si l'on peut ajouter foi à un pareil témoignage, la réputation de Posthume, qui est souvent appelé le vainqueur des germains et le libérateur de la Gaule." [16]
Gallien partit pour le Danube, laissant dans le pays son fils aîné, le jeune César Valérien. Celui-ci n'était qu'un adolescent et l'autorité réelle sur ses soldats et les provinces de Gaule resta confiée à l'excellent officier, Postume, "duc de la frontière du Rhin" (257).
Ces mots de Gaule et d'Empire, cet accord entre les armées et les cités de l'Occident celtique, l'unité morale et politique de cette grande contrée rappelaient les temps d'avant César, ceux de Bituit, de Celtill et de Vercingétorix. Pour la première fois depuis les rois arvernes, le pays était maître de ses destinées.
En 258, Postume et le prince se brouillèrent. Des légions refusèrent d'obéir au jeune Valérien, rompirent la foi due à Gallien, et acclamèrent leur général comme "Auguste" des Gaules, des Bretagnes, des Germanies et de Rhétie (260).
Une inscription de l'été 260, découverte à Augsbourg, a montré que l'usurpation de Postume fut liée à la capture de Valérien à Edesse et mis à mort par les Perses (260). [17]
Jusque-là rien que de très banal : c'est une armée d'Occident qui donne la pourpre à son chef, et Postume ne fait d'abord que ressembler à Clodius Albinus (193-197) ou à Vitellius (69).
Mais par la suite les choses changèrent. Reconnu par l'Occident, Postume, appelé en Gaule le "vainqueur des Germains" et le "libérateur de la Gaule", se contente d'y régner. Et ceux qui lui succéderont, jusqu'au dernier, se refuseront également à toute ambition universelle, comme si la proclamation de 258 avait avait eu pour objet de fonder un Empire romain des Gaules. Ces "empereurs" des Gaules restaient dans l'obédience romaine, sans pouvoir aller s'imposer à Rome. Il s'agissait surtout d'une prise en main des provinces gauloises. [18] Le titre de "restaurateur des Gaules" reparut comme épithète des empereurs. [19]
Posthume résidait près de la frontière à Mayence, Cologne ou Trèves. Trèves surtout devenait une vraie capitale des Gaules. Aussi Postume fut-il fort populaire dans les pays qu'il gouverna. Il commandait la plus grande force militaire du monde. L'empire des Gaules s'agrandissait en "Empire d'Occident".
« Le monde lui-même profita tout entier à cette création d'un empire gaulois. Un historien officiel de la fin du IIIe siècle a caractérisé en ces termes l'oeuvre des cinq empereurs gaulois : "Ils ont été de vrais défenseurs du nom romain. ... Sans eux, les Germains franchissaient le Rhin et foulaient le sol romain. Or, en ces temps-là, Perses et Goths étaient répandus dans l'empire: que serait-il arrivé si tous ces barbares s'étaient rejoints. Certes, c'en était fait du nom de l'empire romain." » [20]
Les vertus sévères de Posthume furent la cause de sa perte : après la chute d'un compétiteur qui avait pris la pourpre à Mayence, il refusa d'abandonner à ses troupes le pillage de la ville rebelle. Leur avarice trompée par son compétiteur Lélien (ou Lollien) les rendit furieuses; elles massacrèrent Posthume dans la septième année de son règne (269).
Les empereurs des Gaules, au nombre de 7, sont connus par les monnaies qu'ils émirent. La chronologie proposée en 1964 par Jean Lafaurie (La chronologie des empereurs gaulois, Revue numismatique, 6e série, vol. 6, 1964) à partir de ses analyses numismatiques est la suivante :
Empire des Gaules à son apogée sous Tétricus en 271 apr. J.-C, Empire romain et Empire de Palmyre
Maître de la Gaule, de l'Espagne et de la Bretagne, "à la différence de ses prédécesseurs, Tetricus n'était pas un général de l'armée du Rhin; c'était un aristocrate gallo-romain, pacifique, dépourvu d'ambition.
On ne sait pas grand-chose de son avènement, ni de son règne : est-ce sous Victorinus (269) ou sous Tetricus en 271-272 que fut saccagée Autun par des soldats furieux de la fidélité persistante de la ville à l'empereur de Rome ?
Dès son retour d'Orient, Aurélien marcha contre lui. Courant 273, alors qu'Aurélien se trouvait déjà Châlons-sur-Marne, Tetricus qui disposait pourtant des légions de Germanie et de Bretagne, ne fit rien pour s'opposer à li. Mieux, il écrivit pour lui demander de le délivrer de son fardeau.
Des soldats l'obligèrent à combattre, il passa dans le camp romain. Exhibé dans le cortège triomphal d'Aurélien, il retrouva son siège au sénat et reçut un poste officiel en Italie du Sud, comme corrector de Lucanie. Ainsi prit fin l'Empire gaulois. Fruit d'un mouvement plus provincialiste que séparatiste, il n'en avait pas moins montré pendant près de quinze ans la fragilité maintenant évidente de l'Empire." [21]
"Les soldats rebelles, quoiqu'en désordre et consternés de la désertion inattendue de leur chef, se défendirent longtemps avec le courage du désespoir. Ils furent enfin taillés en pièces, presque jusqu'au dernier, dans cette bataille sanglante et mémorable qui se donna près de Châlons en Champagne. Un nombreux corps d'auxiliaires, composé de Francs et de Bataves, repassa la Rhin à la persuasion du vainqueur, ou forcé par la terreur de ses armes. Leur retraite rétablit la puissance d'Aurélien, depuis le mur d'Antonin jusqu'aux colonnes d'hercule. ... Lyon avait résisté avec la plus grande opiniâtreté aux armes d'Aurélien." (Gibbon, Histoire du Déclin et de la Chute de l'Empire romain, Rome de 96 à 582, Robert Laffont, Malesherbes 1984, p. 224.)
L'Anarchie militaire du IIIe siècle et les "grandes invasions" de 275-280
En 276, le nouvel empereur, d'origine illyrienne, M. Aurelius Probus, accourut d'Orient où il avait été proclamé par les légions. Il s'efforça de réoccuper le secteur du Rhin. Son biographe de l'Histoire Auguste parle de 400.000 Barbares tués tant sur le Rhin qu'à l'intérieur des Gaules. ... A la mort de Probus en 282, les Gaules sont ruinées. Son successeur, M. Aurelius Carus, proclamé par les soldats, confia les provinces gauloises à son fils aîné, Carinus, avec le titre de César. A la mort de Carus, Dioclétien fut nommé Auguste par ses troupes (284). (Marcel Le Glay, Rome, tome II. Grandeur et chute de l'Empire, ibid., p. 408.)
Les coups d'Etat du IVe siècle
Au IVe siècle encore, de toutes les contrées de l'Empire, c'est la Gaule qui connaît le plus de coups d'Etat et qui produit le plus de prétendants : Magnence (350-353), Sylvain (355), Julien (357-363), Maxime (383-388), Eugène (392-394), Marcus (407), Gratien (407), Constantin III (407-411), Jovin (411-413), Sebastianus (412-413), Avitus, noble arverne devenu empereur romain (455-456). Chaque génération de Gaulois a son jour de révolte et sa crise politique.
Survivance du parler celtique au IVe siècle
Il ne faudrait pas croire à une romanisation profonde du pays. La grande masse de la nation parlera encore le celte quand se formeront les premiers royaumes germains. A Bordeaux par exemple, où la culture des lettres latines brille alors du plus vif éclat, la famille d'Ausone, le plus grand poète en langue latine de l'époque, se sert familièrement de la langue celtique (IVe s.)
Les Trévires, descendants des révoltés de l'an 69 qui avaient proclamé le premier "empire gaulois", passaient pour l'une des peuplades les plus romanisées. Pourtant, leur cité, Trèves, était devenue une manière de seconde capitale latine où les Trévirois parlent encore le celte à la fin du IVe siècle, au témoignage de S. Jérôme, et les Arvernes le parleront encore au Ve siècle, sous les Wisigoths.
La Gaule subjugue son farouche vainqueur
Constantin avait déjà allégé les impôts de la province de Gaule. Les empereurs qui se succéderont après la mort de Constance II (361), témoigneront envers cette province d'une particulière attention et d'une singulière bienveillance. La proclamation en 358 de Julien comme empereur dans la ville même des Parisiens, à Lutèce, qui devait prendre le nom de Paris, est plus qu'un signe, le symbole, le clin d'oeil de l'Histoire. Elle est particulièrement appréciée par les habitants de la Gaule. Une véritable renaissance de la Gaule, certes précaire, certes provisoire, mais reconnue par tous les historiens anciens et contemporains, a permis aux villes de se repeupler et de prospérer, aux champs d'être à nouveau cultivés et à la démographie de rebondir. Une politique fiscale beaucoup moins lourde à libéré l'économie de la Gaule.
La Gaule sans cesse vaincue au cours de son histoire conflictuelle et millénaire avec Rome finit par séduire son vainqueur. À Vienne, dans l'Isère, l'empereur Julien en 362 célèbre ses cinq années de son pouvoir au milieu d'un grand concours de fierté générale d'une Gaule tout heureuse d'avoir "fait" un empereur. Vienne, théâtre de tant de batailles d'autrefois, de tant de martyres qui se sont déroulés dans son amphithéâtre et qui a vu Julien, encore simple général, la défendre (contre les invasions franques), tout comme Autun, Auxerre, Troyes, Sens, Strasbourg, la Gaule considère Julien comme l'un des siens. [21]
L'usurpation en Gaule de Constantin III (407-411)
En 406, arrivant de l'extrémité septentrionale de la Germanie, le goth païen Radagaise, à la tête d'une armée de 150.000 hommes composée de Goths, de Vandales, d'Alamans et d'Alains, et de Burgondes, franchit le Danube puis était entré en Italie par les Alpes.
Balayant les défenses frontalières, Radagaise pilla et ravagea la plaine du Pô. Un grand nombre de villes de l'Italie furent détruites. Se dirigeant vers le sud, il fut arrêté près de Florence par le général romain Stilicon commandant une armée romaine de 30 ou 40.000 hommes, considérablement renforcée de contingents barbares, et est sévèrement battu près de Fiesole. Le courage des citoyens de Florence fut soutenu par l'autorité de S. Ambroise († 397) qui était apparu en songe pour leur annoncer une prompte délivrance (Paulin, in Vitâ Ambrosii, c. 50.) Peu de jours après, ils aperçurent du haut de leurs murs, les étendards de Stilichon, qui avançait, à la tête de toutes ses forces réunies, au secours de cette ville fidèle, et qui fit bientôt de ses environs le tombeau de l'armée barbare.. Orose et S. Augustin attribuent cette victoire miraculeuse à une protection du ciel, plutôt qu'à la valeur des hommes. Stilicon informa l'empereur Honorius (395-423), fils de Théodose, et mérita le titre de "libérateur de l'Italie".
Cependant, Stilicon sauva l'Italie en sacrifiant la Gaule. Orose et S. Jérôme l'accusent d'avoir suscité l'invasion de la Gaule qui fut exécutée par les restes de l'armée de Radagaise. Les Francs (alliés de Rome) firent briller leur valeur et leur zèle pour la défense de l'empire. Ils attaquèrent avec impétuosité les Vandales, qui, oubliant les leçons de l'adversité, s'étaient encore séparés de leurs alliés. Ils payèrent cher leur imprudence ; Godigisclus (Godégisel), leur roi, et vingt mille guerriers furent tués sur le champ de bataille. Toute leur nation aurait probablement été détruite par les Francs qui défendirent seuls la Gaule, si les escadrons des Alains, accourant à leurs secours, n'eussent passé sur le corps de l'infanterie des Francs. Ceux-ci après une honorable résistance furent contraints d'abandonner un combat inégal. Les envahisseurs continuèrent leur route ; et le dernier jour de l'année (31 décembre 406), ils entrèrent sans opposition dans les provinces désarmées de la Gaule.
"Ce passage mémorable des Suèves, des Vandales, des Alains et des Burgondes, qui ne se retirèrent plus, peut être considéré comme la chute de l'Empire romain dans les pays-audelà des Alpes ; et, dès ce moment, les barrières qui avaient séparé si longtemps les peuples sauvages des nations civilisées furent anéanties pour toujours." (Gibbon, Histoire du Déclin et de la Chute de l'Empire romain, Rome de 96 à 582, Robert Laffont, Malesherbes 1984, p. 888-889.)
En 407, d'autres Barbares venus de Germanie détruisirent la Gaule. Sur les bords du Rhin, Mayence fut surprise et détruite. "Des milliers de chrétiens furent inhumainement égorgés dans l'église", écrit Gibbon. "Worms succomba après un siège long et opiniâtre; Strasbourg, Spire, Reims, Tournai, Arras, Amiens subirent, en gémissant, le joug des cruels Germains; et le feu dévorant de la guerre s'étendit dans la plus grande partie des 17 provinces de la Gaule. Les Barbares se répandirent dans cette vaste et opulente contrée jusqu'à l'Océan, aux Alpes et aux Pyrénées, chassant devant eux la multitude confuse des évêques, des sénateurs, des femmes, des filles, tous chargés des dépouilles de leurs maisons et de leurs autels. ... En moins de deux ans, les bandes séparées des sauvages de la mer Baltique, pénétrèrent sans combattre jusqu'au pied des Pyrénées." (Gibbon, Histoire du Déclin et de la Chute de l'Empire romain, ibidi., p. 889)
Révolte de l'armée bretonne: Marcus "empereur de la Bretagne et de l'Occident"(407-411)
Lorsque quelque légionnaire breton obtenait la liberté de revenir de l'expédition d'Italie, ce qu'il racontait de la cour et du caractère d'Honorius devait naturellement affaiblir le sentiment du respect et de la soumission, et enflammer le caractère séditieux de l'armée bretonne.
Devant le déferlement des Barbares, comme dans une sorte de résurrection du second empire gaulois de Postume, Marcus fut le premier que l'armée de Bretagne plaça sur le trône comme légitime "empereur de la Bretagne et de l'Occident" (407). Celui-ci ne régna que quelques jours. Les soldats violèrent bientôt le serment de fidélité qu'ils avaient prononcé, en lui donnant la mort. Gratien fut le second qu'ils décorèrent de la pourpre et du diadème; quatre mois après, celui-ci éprouva le même sort que son prédécesseur.
C'est dans ce conteste d'invasions germaniques, que l'armée de Bretagne éleva ensuite leur troisième empereur, Constantin III qui régna un peu plus longtemps (407-411).
Revêtu de la pourpre par les légions bretonnes, Constantin III quitta la Bretagne avec toutes ses troupes, laissant celle-ci sans défense, pour aller défendre la Gaule envahie par les Barbares. Fin 409, il ne put arrêter l’invasion des Vandales, des Alains et des Suèves, qui s’installèrent en Espagne. En 410, il se rendit en Italie pour secourir Rome des invasions barbares ou pour y asseoir son autorité, accompagné de son fils Constant, qu’il fit César dès 408. Sa puissance était reconnue depuis le mur d'Antonin aux colonnes d'Hercule.
En 411, il fut capturé par l’armée d'Honorius, dirigée par le général Constance (futur Constance III). Livré à Honorius, celui-ci le fait exécuter en novembre 411. Pour marquer les esprits, l'empereur d'Orient Théodose II (408-450) ordonna un châtiment cruel pour le sort de Constantin III : il fut trainé par un char dans les rues d'Arles. Crucifié pendant 15 jours à l'entrée de la ville, son son corps fut ensuite jeté dans le Rhône. Le message était terrible, il dissuadera l'émergence d'autres usurpateurs bretons.
Révolte de la Bretagne et de l'Armorique (409)
Tandis que les Goths ravageaient l'Italie et que de faibles usurpateurs bretons défendaient la Gaule, l'ïle de la Bretagne abandonnée sans défense aux pirates Saxons, la Bretagne cessa de compter sur les secours inexistants d'une monarchie expirante. La Bretagne secoua le joug du gouverneur romain. 349 ans après la révolte de Boudicca, les Bretons prirent les armes une nouvelle fois... Et ils repoussèrent les Barbares. C'est Zozime (Ve siècle), historien païen grec qui raconte, en peu de mots, la révolte de la Bretagne et de l'Armorique. Le même courage anima l'Armorique (provinces maritimes de la Gaule entre la Seine et la Loire). Les habitants chassèrent eux-mêmes les magistrats romains qui commandaient sous l'autorité de l'usurpateur Constantin III et établirent un gouvernement libre "chez un peuple qui obéissait depuis si longtemps au despotisme d'un maître" (Gibbon, Histoire du Déclin et de la Chute de l'Empire romain, ibid., p. 949.)
L'empereur d'Occident Honorius (395-423) confirmera bientôt l'indépendance de la Bretagne et de l'Armorique. Les lettres que le fils de Théodose écrivit à ses nouveaux états, et dans lesquelles il les abandonnait à leur propre défense, peuvent être considérées comme une renonciation formelle aux droits et à l'exercice de la souveraineté." (Gibbon, Histoire du Déclin et de la Chute de l'Empire romain, ibid., p. 949.)
Ainsi se vérifie ce qu'a pu écrire Frantz Funck-Brentano :
"On répète que Rome a sauvé la Gaule des invasions germaniques, écrit Camille Jullian. Ce n'est point vrai. Tant que les proconsuls du Sénat ne se sont point présentés au delà des Alpes pour affaiblir et diviser les peuples, la Gaule d'Ambigat et de Bituit n'eut rien à craindre des Barbares d'Outre-Rhin. C'est Rome, à la fin, qui nous a livrés à eux, par la sottise criminelle de ses discordes, par la puérilité de ses rêves pacifiques, l'impéritie de son service aux frontières..." ( Frantz FUNCK-BENTANO, Les Origines, Librairie Hachette, 1925, p. 119.)
Le moine lettré anglo-saxon Bède le Vénérable a lui-même convenu (Hist. gent. anglic., I, 12) que les Romains abandonnèrent tout à fait la Bretagne sous le règne d'Honorius. (Gibbon, Histoire du Déclin et de la Chute de l'Empire romain, ibid., p. 949, note 6.)
Pendant 40 ans, la Bretagne se gouverna, jusqu'à la Descente des Saxons (449), sous l'autorité du clergé, des nobles et des villes municipales. (Gibbon, Histoire du Déclin et de la Chute de l'Empire romain, ibid., p. 950.)
"Environ quarante ans après la dissolution du gouvernement romain, Vortigern (en gallois moderne Gwrtheyrn) roi légendaire de la matière de Bretagne (on le retrouve associé à la légende arthurienne), paraît avoir obtenu le commandement suprême, mais précaire, des princes et des villes de la Bretagne. (Gibbon, Histoire du Déclin et de la Chute de l'Empire romain, ibid., p. 1142.)
Selon les sources, Vortigern est souverain de toute l’île, vers 425, roi des Brittons-romains du Kent (le Cantium antique), vers 450. Le nom Vortigern est indiscutablement brittonique : composé de Uor-, gwr-, grand, superieur et tigern, traduit prince, son nom signifie donc "Grand Souverain".
Hengist, originaire du Jutland (Danemark) put espérer d'achever la conquête de la Bretagne, mais durant un règne de 35 ans, tout le succès de ses entreprises se borna à la possession du royaume de Kent, et la nombreuse colonie qu'il avait placée dans le nord fut exterminée par la valeur des Bretons.
Vortigern s'était laissé convaincre par le rusé Barbare Hengist qu'il lui serait avantageux d'établir une colonie d'alliés fidèles dans le voisinage des Pictes. Cette alliance avec des envahisseurs germaniques lui conféra une réputation de traître dans le monde celtique. Les Bretons regrettèrent des récompenses dont la libéralité n'avait pu satisfaire l'avarice de ces orgueilleux mercenaires.
Vortigern aurait été destitué par son peuple au profit de son fils Vortimer (en gallois Gwerthefyr), et se serait réfugié au Pays de Galles, où, selon la légende, il aurait rencontré Merlin l'Enchanteur. Il aurait ensuite assassiné son fils afin de récupérer le trône.
"Les colonies, qui, dans l'espace d'un siècle, sortirent successivement de l'embouchure de l'Elbe, du Weser et du Rhin, pour s'établir dans la Bretagne, étaient principalement composées des trois plus vaillantes tribus de Germanie.
Les Jutes, qui suivaient particulièrement le drapeau d'Hengist, s'attribuèrent l'honneur d'avoir conduit leurs compatriotes à la gloire de Kent, le premier royaume indépendant.
Les Saxons primitifs eurent toute la gloire de l'entreprise; et l'on donna aux lois et au langage des conquérants le nom du peuple qui produisit au bout de quatre siècles les premiers souverains de la Bretagne méridionale.
Les Angles, eurent l'honneur de donner leur nom au pays dont ils occupaient la plus vaste partie.
L'Europe centrale au Ve siècle. Les Saxons sont localisés sur les deux zones ocre jaune : au Nord de l'Allemagne et sud de l'Angleterre.
... La Bretagne, seule et sans recours, soutint longtemps avec vigueur une guerre dans laquelle il fallut à la fin céder. Les villes avaient été fortifiées avec intelligence et se défendirent avec résolution. Et les défaites des Saxons se trouvent attestées d'une manière peu douteuse par le silence prudent de leurs annalistes." (Gibbon, Histoire du Déclin et de la Chute de l'Empire romain, ibid., p. 1145.)
La tombe de Vortimer, fils de Vortigern, fut élevée sur les bords de la mer comme une borne formidable aux Saxons, qu'il avait vaincu trois fois dans les plaines de Kent. Mais l'illustre Arthur, prince des Silures, au sud de la province de Galles, et roi élu par la nation, efface les noms les plus célèbres de la Bretagne. Au rapport des écrivains les plus modérés, celui-ci vainquit les Angles du nord et les Saxons de l'Occident, dans douze batailles successives. Durant l'espace de 500 ans, la tradition de ses exploits fut transmise d'âge en âge et grossièrement embellie par les fictions obscures des bardes du pays de Galles et de l'Armorique. Au reste, l'orgueil et la curiosité des conquérants normands leur firent examiner l'ancienne histoire de la Bretagne. Ils adoptèrent avidement le conte d'Arthur, et prodiguèrent des louanges au mérite d'un prince qui avait triomphé des Saxons, leurs ennemis communs.
Un savant et ingénieux antiquaire prétend que les chefs des tribus bretonnes continuèrent toujours de régner, quoique avec un pouvoir subordonné, depuis le règne de Claude jusqu'à celui d'Honorius. (Cf. Histoire de Manchester, par Whitaker, vol. 1, p. 247-257.)
L'Assemblée des Gaules au Ve siècle
Ces assemblées ont duré jusque dans les derniers temps de l'empire, et il ne semble pas que leur autorité ait diminué. Au milieu du IVe siècle, elles cessèrent d'être des corps religieux; mais elles subsistèrent comme conseils politiques.
La révolte de la Bretagne et de l'Armorique en 409 a eu une conséquence en Gaule avec la convocation annuelle par l'empereur Honorius (395-423) d'une "Assemblée des sept provinces de la Gaule" (418).
En pleine invasion, Honorius réunissait à Arles les représentants de toutes les villes du Midi et donnait à cette réunion les plus grands pouvoirs.(Camille JULLIAN, Gallia, Tableau sommaire de la Gaule sous la domination romaine, ibid., p. 69.)
Cette assemblée, réunie à Arles, durant 28 jours, depuis le 15 août jusqu'au 13 septembre, était composée du préfet du prétoire des Gaules, de sept gouverneurs de provinces, un consulaire et six présidents, des magistrats et peut-être des évêques d'environ soixante villes, et d'un nombre suffisant, mais indéterminé, des plus considérables et des plus opulents propriétaires des terres, qu'on pouvait regarder comme les représentants de leur nation. Ils étaient autorisés à interpréter et communiquer les lois du souverain, à exposer les griefs et les demandes de leurs constituants, à modérer ou à répartir également les impôts, et à délibérer sur tous les sujets d'intérêt local ou national qui pouvaient tendre à maintenir la paix et la prospérité des sept provinces.
L'empereur Honorius s'étonna de la répugnance avec laquelle les provinces acceptaient un privilège qu'elles auraient dû solliciter; il fut obligé d'imposer une amende de trois et même cinq livres pesant d'or aux représentants qui s'absenteraient de l'Assemblée, et il paraît qu'il regardèrent ce présent imaginaire d'une constitution libre, comme la dernière et la plus cruelle insulte de leurs oppresseurs !" (Gibbon, Histoire du Déclin et de la Chute de l'Empire romain, ibid., p. 951-952.)
Au milieu du Ve siècle, ces assemblées en arrivèrent à jouer un rôle dans la politique générale: c'est un Conseil de notables gaulois qui en 455 donna la pourpre à l'empereur Avitus, un noble arverne qui sera empereur d'Occident en 455-456.
La Francia dans la "Table de Peutinger", oeuvre médiévale du XIIIe siècle, copie d'une ancienne carte romaine, faisant partie du patrimoine mondial de l'UNESCO, où figurent les routes et les villes principales de l'Empire romain. L'original est actuellement conservé à la Bibliothèque nationale autrichienne à Vienne. Source image: Christian GOUDINEAU, Par Toutatis ! Que reste-t-il de la Gaule, L'Avenir du Passé, Seuil, Lonrai 2002, p. 60-61.
Les Francs en Gaule sous les rois mérovingiens (420-451)
Vers 450, la monarchie franque était encore renfermée dans les environs du Bas-Rhin. On élevait les princes sur un bouclier, symbole du commandement militaire.
Leurs longs cheveux étaient la marque de leur naissance et de leur dignité royale.
Ces belliqueux Barbares apprenaient dès l'enfance à courir, à sauter, à nager, à lancer avec une justesse surprenante le javelot ou la hâche d'armes.
Mérovée, fils de Clodion fut reçu par Valentinien III (425-455) comme son allié et le fils adoptif du patrice Aetius.
Sainte Geneviève sauve Lutèce (Paris) et repousse les Huns
Geneviève est la fille d'un officier franc, Severus, converti au christianisme nicéen (catholicisme), qui a servi dans l'armée romaine en Gaule et d'une gauloise, Gerontia, fille de Gerontius, maître de cavalerie et ami personnel de Constantin III, qui tentait de préserver une partie de la Gaule de l'installation des Germains. Ils possédaient des terres cultivables du côté de Melun et de Meaux où poussait le blé.
En 451, une grande peur s'empara de Lutèce (Parisà la nouvelle de l'arrivée imminente des Huns, menés par Attila, dont l'armée est grossie des Gépides, menés par Ardaric, des Ostrogoths de Valamer, des Rugues, des Skires, des Hérules, des Quades (Souabes), des Thuringiens, de dissidents burgondes, et de Francs ripuaires. Geneviève qui siège au conseil de Lutèce, apprend l'annonce du conflit imminent avec les Huns. Ces Barbares passent pour être sans foi ni loi à côté desquels les Wisigoths et les Vandales paraissent de paisibles concitoyens. L'armée d'Attila a pénétré en Moravie et en Bohême, puis en Hess, dans le Würtemberg, en remontant le Danube. Elle fonce vers le Rhin, le franchit à Mayence, après avoir bousculé les contingents gallo-romains et francs fédérés. Elle passe par Trèves et s'empare de Metz le samedi saint 7 avril 451, puis parvient à Tongres sur la Meuse, et se répand jusqu'à Tournai sur l'Escaut, dans le but d'aider un des fils de Clodion, roi des Francs ripuaires, à s'établir à nouveau au nord de la Gaule. Attila descend les rives de l'Aisne et passe non loin de Soissons, à une centaine de kilomètres de Lutèce.
Les personnes âgées, celles qui ont dépassé la cinquantaine et ont vu déferler en 406 la grande invasion gothique, puis ont assisté aux massacres perpétrés par les Barbares sur les populations désarmées de la rive gauche de la Seine, rendent pour ainsi dire des oracles affolant la population. Comme toujours au temps des grandes peurs, des femmes vaticinent et prédisent des périodes de sang et de mort. Les pratiques superstitieuses ressurgissent. On en voit plus d'un se livrer à des actes de dévotion envers les anciens dieux de la Gaule, comme Teutatès, Esus ou Epona.
Les bruits les plus fous, les descriptions les plus affreuses au sujet des Huns se nourrissent de témoignages vrais ou imaginaires.
Le Conseil municipal se réunit pour débattre de l'évacuation de la ville. Geneviève s'y oppose. Des gens insultent la jeune femme.Elle ne parvient pas à se faire entendre:
"Ayez confiance, priez et Dieu vous écoutera"
Mais on ne l'écoute pas. Les prêtres eux-mêmes se détournent d'elle et commencent à entasser les trésors de l'église S. Etienne sur des barques que les nautes ont amarrées au port et où magistrats, marchands, artisans, commerçants commencent à s'installer avec leurs biens. Les hommes pressent leurs épouses et leurs enfants de partir avec eux. Sur des chariots sont amassés des meubles, de l'argent, des vivres, des troupeaux, des animaux domestiques. Tout le monde veut s'échapper de Lutèce, fuir par le fleuve, par les routes et les sentiers. On part, on quitte Lutèce, on abandonne les toits. Geneviève court alors d'un endroit à un autre de l'Île, et même traverse à plusieurs reprises le pont pour tenter d'arrêter le flot des exilés. Elle ose sur le port s'adresser aux hommes et elle les exhorte à ne pas abandonner leur ville. Comme ils profèrent des injures et finissent par la bousculer, elle fait appel à leur patriotisme gaulois. Elle évoque l'antique cité lorsqu'elle était habitée par des hommes farouches et libres avant l'occupation romaine... et la défaite de Camulogène devant Labienus, lieutenant de César. Elle parle de ces précédentes invasions auxquelles toute la population de la cité a su résister en s'enfermant dans l'Île, en fortifiant les plus vastes de ses monuments. Elle s'étonnent que soudain ils abdiquent, alors que leurs pères et leurs aïeux leur ont donné tant d'exemples de courage et d'abnégation.
Sainte Geneviève - jardin du Luxembourg
Geneviève se réfugie dans le baptistère S. Jean-en-Rond et là, au cours de la journée, bon nombre d'épouses, de mères ou de jeunes filles viennent la rejoindre pour soutenir son action. Elles finissent par se retrouver nombreuses dans le baptistère et par s'y enfermer à l'abri des imprécations de leurs époux qui n'osent quitter la ville sans elles. Elles s'agenouillent avec Geneviève et commencent des prières, des suppliques, pour demander à Dieu d'écarter Attila du chemin de Lutèce. Après avoir pris Orléans, Attila décide de lever le siège d'Orléans et de rebrousser chemin en direction de Troyes. L'affrontement des armées eu lieu aux Champs Catalauniques (451). Attila défait, Geneviève est rassurée en apprenant qu'il franchit les Alpes et s'apprête à entreprendre la conquête de l'Italie: ne l'avait-t-elle pas prédit ? Elle ne doute pas que le Hun se perdra dans cette nouvelle aventure après la défaite qu'il venait d'essuyer. [22]
Une sorte de royauté rétablie en Gaule par les Romains Aegidius et Syagrius, le Regnum francorum et la symbiose gallo-franque
Aegidiusse rendit indépendant du pouvoir impérial en Gaule. Sous ses ordres, les Francs avaient longtemps combattu (Grégoire de Tours II, 27). Il (456-464) avait été nommé Magister militum des Gaules en 457 par le wisigoth Ricimer , lui-même Magister militum (456), avec le soutien de Majorien qui devait devenir peu après "empereur d'Occident" (457-461).
En 455, suite au second sac de Rome par Genséric, roi des Vandales (le premier sac avait été réalisé par Alaric en 410), et la mort de Maxime Pétrone, le roi wisigoth Theodoric II, roi des Wisigoths, s'arroge le droit de nommer l'"empereur d'Occident", Flavius Avitus (455-456), un gaulois natif de Clermont, issu d'une famille aristocratique d'administrateurs gaulois, qui a servi sous Aetius lors de l'invasion d'Attila (451), dans le Norique et en Gaule dans les années 430.
Avitus a laissé Aegidius surveiller la frontière rhénane. Il a fortifié le littoral de la mer du Nord et mis un terme aux raids des pirates saxons.
Depuis 455, les empereurs d'Occident seront désignés par des chefs barbares... Ricimer (456-472), général d'origine wisigothe et suève, Patrice des Romains, sera lui-même le "faiseur de rois", une sorte d'"empereur bis" ou de régent. Il installera les empereurs sur le trône, n’hésitant pas à renverser et assassiner ceux qui, comme Avitus (456) Majorien (461) ou Anthémius (472), firent preuve d’indépendance.
En Gaule, le chroniqueur Grégoire de Tours qualifia Aegidius de "roi des Romains" (Jean de Sismondi, Histoire des Français, volume 1, 1821, p. 179. ) Il était par sa mère, le petit-fis du wisigoth troisième successeur d'Alaric, Wallia. Ses pairs, les rois des Francs, rois des Burgondes, faisaient eux-mêmes référence à lui comme le "roi des Romains"... Son fils, Syagrius, lui succédera en 464.
Les Romains rétablirent ainsi eux-mêmes une sorte de royauté de fait en Gaule, au profit d'eux-mêmes, avec le titre héréditaire de "maître des milices" en Gaule (Magister militum).
Childéric, père de Clovis, aidera Aegidius et les Bretons d'Armorique à vaincre les wisigoths de Frédéric, frère du roi Théodoric II, près d'Orléans en 463. En contrepartie, Aegidius reconnaît au roi des Francs Saliens les pouvoirs civils et militaires dans la Belgique seconde, avec Tournai pour capitale.
Le royaume romain de Syagrius (471-486). Au nord se trouve le royaume franc, au sud-est le royaume burgonde et au sud-ouest le royaume wisigothique
La bataille de Soissons, fin du dernier vestige du pouvoir romain en Gaule (486)
En 486, le réduit romain qui n'était plus défendu depuis longtemps que par les Gaulois et les Francs eux-mêmes (Francs du Comitatus de l'armée romaine en Gaule) fut renversé par d'autres Francs (bataille de Soissons), conduits par Clovis, fils de Childéric, auxquels depuis 481 s'étaient ralliés les Gaulois.
Cette bataille de Soissons inaugure la symbiose gallo-franque qui marqua la naissance de la nation française.
Bataille de Soissons (486) - Siège de Soissons. Maître de la Cité des dames. Grandes Chroniques de France (1410-1412)
Le ralliement des Gaulois catholiques au roi franc devint encore plus manifeste après le mariage de Clovis avec la nièce catholique de Gondebaud, magister militum en Gaule et roi des Burgondes (470-516), Clotilde (493).
Clovis fut considéré par Grégoire de Tours comme le fondateur d'un ordre nouveau, alors que le Regnum francorum ne faisait que ressusciter une Gaule unifiée que l'on n'avait pas vu depuis 538 ans, et dont le souvenir de l'unité et de l'indépendance n'avait pas disparu. Ce royaume gallo-franc durera jusqu'en 1792, moment où la "république" dite "française", opérera en divisant les Français, tel César en Gaule.
Lorsque Charlemagne lui-même restaurera l'Empire d'Occident, ce ne sera pas sous sa forme d'un Etat centralisé.
Et lorsque la royauté capétienne aura érigé une autorité, ce ne sera jamais que celle du premier entre ses pairs (adage qui définissait la relation entre le roi et les nobles d'épée jusqu'à la fin du XVIIIe siècle) d'un seigneur possédant comme les autres son domaine propre et chargé entre tous les autres de faire respecter les coutumes existantes.
Le Regnum Francorum englobait l'ensemble des territoires sous le contrôle du premier entre ses pairs, signifiait encore que chaque entité géographique était désignée par son intégration dans un regnum poirtant le nom de celui qui présidait à sa destinée. Unité du royaume et égalité des différents reges francorum.
Conclusion
"La romanisation de la Gaule [...] ne fut pas toujours un succès, devint même un mythe, lié à celui de la paix romaine, et [...] elle se heurta assez souvent à des refus gaulois, qui au cours des siècles, prirent la forme de révoltes larvées, de rébellions organisées, de soulèvements paysans et même de sécessions." [23]
"Si les Augustes romains, fils ou héritiers de Théodose, avaient compris ces sentiments humains, ces leçons de l'histoire, ces lois de la nature, s'ils avaient laissé grandir la patrie gauloise à l'ombre de l'Empire, ils auraient peut-être procuré à cet Empire de nouveaux siècles de durée. Ils ne l'ont point fait, ils ont méconnu l'existence ou la vitalité de la nation, ils ont refusé de s'appuyer sur elle; et ils ont ainsi rapproché le jour de la chute suprême. Mais la Gaule échappera à la ruine du monde impérial, elle trouvera son salut dans les Francs de sa frontière, et c'est à eux que reviendra la tâche de reprendre et de continuer son unité nationale. Quand les empereurs de Rome n'écouteront plus les voix de la Gaule, un roi des Francs sera près d'elle pour répondre à son appel."[24]
Sources
[1] Joël SCHMIDT, Les Gaulois contre les Romains, Perrin Collection Tempus, Millau 2017, p. 286 -291
[2] Frantz FUNCK-BENTANO, Les Origines, Librairie Hachette, 1925, p. 96; 100; 118
[3] Camille JULLIAN, La Gaule dans l'Empire romain, Editions du Trident, Paris 2013, p. 15-16
[4] Joël SCHMIDT, Les Gaulois contre les Romains, ibid., p. 292
[5] Paul PETIT, Histoire générale de l'Empire romain I. Le Haut-Empire (27 av. J.-C. - 161 ap. J.-C.), Points Histoire, Editions du Seuil, 1974, p. 187188; 197-198
[6] Jean-Louis BRUNAUX, La Gaule, une Redécouverte, Histoire Documentation photographique, La Documentation française, mai - juin 2015, p. 07, 11
[7] Camille JULLIAN, Gallia, Tableau sommaire de la Gaule sous la domination romaine, Librairie Hachette, Paris 1902, p. 55
[8] Jean-Louis BRUNAUX, La Gaule, une Redécouverte, ibid., p. 58
[9] Paul PETIT, Histoire générale de l'Empire romain I. Le Haut-Empire, ibid., p. 260-261
[10] Frantz FUNCK-BENTANO, Les Origines, ibid., p. 131
[11] Régine PERNOUD, Les Gaulois, 1957, Seuil, Collection Le Temps qui court, rééd. Editions du Seuil, Paris 1980, p. 45
[12] Camille JULLIAN, Gallia, Tableau sommaire de la Gaule sous la domination romaine, ibid., p. 44
[13] Joël SCHMIDT, Les Gaulois contre les Romains, ibid., p. 344
[14] Camille JULLIAN, La Gaule dans l'Empire romain, ibid., p. 33
[14] Paul PETIT, Histoire générale de l'Empire romain I. Le Haut-Empire (27 av. J.-C. - 161 ap. J.-C.), ibid., p. 93
Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l'archidiocése d'Astana (Kazakhstan), vient d'apporter son soutien aux Dubia présentées au Pape au sujet d'"Amoris Laetitia", par les cardinaux Burke, Brandmüller, Caffara et Meisner. Dans un entretien à TV-Libertés (Terres de mission n°10 le 4.12.2016) Son Excellence a expliqué qu'"une certaine forme de schisme existe déjà dans l'Eglise"
"Des schismatiques à l'intérieur de l'Eglise usent de la calomnie pour faire taire la voix de la vérité,en projetant de manière absurde leur propre état schismatiqueintérieur, aux ecclésiastiques, qui indépendamment des louanges ou des blâmes défendent la divine vérité."
Extrait :
"Mes interrogations au sujet d'Amoris Laëtitia concerne d'abord la question très concrète de l'admission des divorcés dits remariés à la sainte Communion.
En fait, pendant les deux derniers synodes sur la famille et après la publication d'Amoris Laëtitia, une lutte ardue éclata et qui perdure jusqu'à ce jour sur cette question concrète. Tous ces ecclésiastiques qui veulent un autre Evangile, c'est-à-dire un évangile du droit au divorce, un évangile de la liberté sexuelle, en résumé un évangile sans le 6e commandement de Dieu. Ces ecclésiastiques utilisent de tous les mauvais moyens. C'est-à-dire qu'ils usent de ruses, de tromperies, arguments de rhétoriques et de dialectique et même la tactique de l'intimidation et de la violence morale afin d'atteindre leur objectif de l'admission des divorcés dits remariés à la sainte communion, sans que ceux-ci remplissent la condition de vivre en continence parfaite. Une condition demandée par la loi divine. Une fois cet objectif atteint, même limités aux cas dit de 'discernement exceptionnel', la porte est ouverte à l'introduction de l'évangile du divorce, de l'évangile sans le 6e commandement. Et ceci ne sera plus l'Evangile de Jésus, mais un anti-évangile, un évangile selon ce monde. Même si un tel évangile est embelli d'une cosmétique de paroles comme 'miséricorde', 'sollicitude maternelle', ou 'accompagnement'. Dans ce contexte, nous devons rappeler une exhortation apostolique, celle de S. Paul :
Quand nous-mêmes, quand un ange venu du ciel vous annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème!
Interrogé sur la question de savoir si ce type d'évènement s'est déjà produit dans l'Eglise, Mgr Athanasius Schneider a répondu :
"Au sujet de la doctrine et de la pratique concernant le sacrement du mariage, et de la validité pérenne de la loi morale, nous assistons de nos jours à une ambiguïté dont l'ampleur est comparable seulement à la confusion générale de la crise arienne du IVe siècle.
... Il n'y a pas seulement un risque de schisme, mais une sorte de schisme existe déjà dans l'Eglise."
L'évêque Athanasius Schneider, du Kazakhstan, a exhorté les fidèles à tenir fermement le Magistère de l'Église sur l'indissolubilité du mariage dans l'état actuel de l'Église, le 6 décembre 2016 (LifeSiteNews) sur les ambiguïtés en cours.
"Lorsque le Christ a prêché il y a 2.000 ans, la culture et l'esprit régnant étaient radicalement opposés à Lui. Le syncrétisme concrètement religieux a régné, aussi le gnosticisme parmi les chefs intelligents, aussi bien que permissivité parmi les masses - en particulier concernant l'institution du mariage. [...] Le seul but du Fils de Dieu était de révéler la vérité au monde."
Avec ces paroles, Mgr Schneider a ouvert sa présentation en présence des cardinaux Raymond Burke et Walter Brandmüller et de l'évêque auxiliaire Andreas Laun de Salzbourg, en Autriche.
Mgr Schneider a continué avec une présentation sur l'histoire des rapports de l'Église avec le mariage et ses irrégularités en commençant de l'Ancien Testament à la modernité avec des références spécifiques aux premiers écrits chrétiens, à Henri VIII d'Angleterre,Napoléon Ier et les discussions récentes.
En ce qui concerne les dubia publiées par les Quatre Cardinaux, il a dit à LifeSiteNews dans un entretien exclusif aujourd'hui (6/12/2016 Ndlr.) que l'Église devrait toujours favoriser une "culture du dialogue".
"La formulation des dubia, comme les cardinaux l'ont exprimée ici dans leurs propres termes, a été une pratique courante dans l'Église", a-t-il expliqué. "Nous devons être en mesure de poser des questions ouvertement sans avoir peur des répressions."
Mgr Schneider a évoqué les nombreuses attaques que les quatre princes de l'Église ont subies après la publication de leur dubia. Les questions restent sans réponse du Pape François.
"La réaction aux dubia est une preuve du climat dans lequel nous vivons actuellement dans l'Église en ce moment", a déclaré Mgr Schneider. "Nous vivons dans un climat de menaces et de déni de dialogue envers un groupe spécifique".
Mgr Schneider est allé dire que "le dialogue semble être accepté seulement si vous pensez comme tout le monde - c'est pratiquement comme un régime."
Mgr Schneider a évoqué son expérience en Russie, où il est né à l'époque de l'Union Soviétique. Ses parents ont été envoyés par Staline à des camps de travail, ou "Goulags", après la Seconde Guerre mondiale. "Si vous n'avez pas suivi la ligne de la partie, ou vous l'avez interrogée, vous ne pouviez même pas demander. Voilà pour moi un parallèle très clair à ce qui se passe maintenant dans les réactions aux questions dubia - des cardinaux.
"C'est une expérience très triste, d'autant plus que tout le monde parle d'un «dialogue de culture» après le Concile Vatican II. Alors que les évêques enseignent ouvertement les hérésies et que rien ne leur arrive, c'est vraiment une grave injustice et très triste", a ajouté Mgr Schneider.
"Si le Pape ne répond pas, la prochaine étape sera le recours à la prière, à des moyens surnaturels," a dit Schneider, "de prier pour l'illumination du Pape et qu'il aura le courage.
Schneider a spéculé sur ce qui pourrait arriver dans un proche avenir. "Dans l'histoire de l'Église, nous disons que, dans un cas extrême où le bien commun de la foi est menacé, les évêques, membres du collège des évêques, et dans une relation véritablement collégiale avec le Pape avec une obéissance fraternelle envers lui, doivent lui demander publiquement de renoncer à la faute de donner la communion aux catholiques divorcés remariés, comme cela se fait déjà dans beaucoup de diocèses."
Réfutant les attaques de diverses personnes contre les Cardinaux, il a défendu les quatre. "Cette situation a déjà eu préséances chez les saints - qui ne sont pas des schismatiques ou des hérétiques : S. Hilaire de Poitiers, Ste Catherine de Sienne. Aussi, je pense que cela devrait être possible dans l'Église sans que la personne soit appelée schismatique."
Le cardinal Burke a dit qu'une "correction formelle" pourrait être en vue de résoudre la situation d'incertitude. "Dans la langue de la théologie morale, la correction fraternelle est un acte d'amour - si elle est donné en obéissance et avec raison", a commenté Mgr Schneider. "Nous devons revenir à cette façon familière de traiter avec elle."
Schneider a terminé son entretien à LifeSiteNews en disant: "Le Saint-Père doit apporter clarté et soutien à ses frères pour résoudre les doutes. ... Nous devons prier pour cela; Seule la clarté apportera l'unité. S'il doit y avoir une réponse du Pape, alors elle doit être sans ambiguïté. Il doit dire quelle est la vérité."
Dans le 07/09, le 29 novembre, l'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy (2007), Patrick BUISSON, invité de France Inter, a critiqué ceux qui pensent que l'élection de François Fillon se joue sur son programme économique libéral : "croire que le programme économique de F. Fillon serait l'explication de son succès est un contre-sens total." Il a également expliqué au sujet des primaires des partis politiques, qu'"on fait en sorte de confier à une minorité partisane la construction de l'offre politique qui va être soumise à l'ensemble du corps électoral." Enfin il a dénoncé l'imposture d'une"Assemblée nationale" où "la majorité qui fait les lois représente un électeur sur six... S'il y a 300 triangulaires en 2017, elle représentera un électeur sur dix !"
"Il (François Fillon) a été porté par un électorat plutôt conservateur sur le plan sociétal, un électorat plus préoccupé de l'abrogation de la loi Taubira que de la suppression de l'ISF. Croire que le programme économique de F. Fillon serait l'explication de son succès est un contre-sens total.
Et c'est le danger pour F. Fillon, parce qu'il est dans la contradiction entre le conservatisme et le libéralisme.Le libéralisme, c'est indissociable, insécable. Il n'y a pas un bon et un mauvais libéralisme, comme il y a un bon et un mauvais cholestérol. Libéralisme économique d'un côté, libéralisme culturel de l'autre."
Coupé par le journaliste Patrick Cohen qui lui demande : "On ne peut pas être conservateur sur le plan sociétal et libéral sur le plan économique ?, P. Buisson explique :
"Il n'y a pas d'économie de marché sans société de marché. Il n'y a pas de consumérisme sans marchandisation des rapports humains. Et pour François Fillon, c'est la difficulté, car il risque de se faire enfermer dans l'image du candidat du patronat, le candidat de la mondialisation sauvage. C'est déjà ce que dit le Front national à son propos. C'est-à-dire qu'il serait en situation de ne pas pouvoir rééditer ce qui a été l'équation très difficile, ce désenclavement sociologique, qui a été le propre du gaullisme en 1947 avec le RPF, en 1958 avec le retour de de Gaulle, l'alliance des forces conservatrices et de l'électorat populaire, et même et surtout en 2007 avec l'élection de Sarkozy. Donc la difficulté pour lui, c'est de tenir les deux termes de cette équation."
Sur les primaires:
"Les primaires sont un détournement de la démocratie. Les partis ont inventé les primaires pour tenter de se relégitimer. C'est une procédure de relégitimation au moment où leur discrédit est profond. Et on accentue la dérive vers le suffrage censitaire. ... Ne vont voter que les inclus, c'est-à-dire les catégories privilégiées.
On assiste à un double mouvement d'éviction des pauvres et des catégories populaires. Ils sont exclus du marché politique, ou ils s'en excluent eux-mêmes, en attendant d'être exclus du marché économique et du travail avec le revenu universel. Cela aggrave la crise de la représentation parce que cela renforce le poids politique des catégories favorisées.
Au moment où il faudrait rouvrir le jeu démocratique, on fait en sorte de confier à une minorité partisane la construction de l'offre politique qui va être soumise à l'ensemble du corps électoral. Cette dérive ne va faire que s'accentuer."
Sur la protestation populiste :
"On a une grande partie de la population qui se retrouve exclue du processus de décision, aujourd'hui. A tel point que le si modéré Jacques Julliard a dit : 'N'importe quel système électoral serait plus performant et plus représentatif que le nôtre, y compris le tirage au sort qui est à l'origine de la démocratie athénienne, parce que les Français auraient le sentiment d'être représentés! '
Aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, la majorité qui fait les lois, représente un électeur sur six. S'il y a 300 triangulaires en 2017, elle représentera un électeur sur dix. Quelle est la légitimité de ce pouvoir-là ? Cette protestation démocratique, c'est une dimension du populisme que personne ne veut voir." (Fin de citation)
L'auteur de 'La cause du peuple' (Perrin, 2016), ex conseiller de Nicolas Sarkozy en 2007, explique l'abaissement de la fonction présidentielle sous Sarkozy et Hollande, ainsi que l'oligarchie qui depuis la Révolution française a confisqué la démocratie : "on a un système totalement biaisé qui n'est pas une démocratie représentative, mais qui est une démocratie subtitutive".
Extrait :
"Ce qui s'est passé hier soir porte plus de sens qu'on veut bien le dire. Ce n'est pas simplement un constat d'échec d'un président sortant qui se retrouve en situation d'impossibilité de se représenter. Le retrait de François Hollande intervient dans le sillage de la défaite de Nicolas Sarkozy.[2]
Le couplage de ces deux évènements a une signification. L'un comme l'autre ont exercé dans des registres différents, la fonction suprême, la présidence de la république, dans un style certes très singulier, mais finalement dans un style assez voisin. Tous les deux, finalement, ont été dans une situation de sécularisation du pouvoir, de désacralisation du pouvoir. Ils ont rejeté chacun à leur manière, tout l'appareil symbolique, protocolaire, rituel qui s'attachait à la présidence de la république, ce que nous appelons la 'monarchie républicaine', puisque en France, vieille terre de chrétienté, le pouvoir s'exerce non pas par délégation mais par incarnation.
Or, ces deux incarnations ont été des incarnations ratées, qui ont laissé apparaître des hommes qui étaient plus dans la jouissance du pouvoir et de ses attributs que dans le service de l'Etat, c'est-à-dire du bien commun et de l'intérêt général. Et ce processus de sécularisation heurte profondément la conscience des Français qui aspirent toujours de la part d'un chef de l'Etat à ce qu'il prenne en compte, effectivement, une certaine forme de transcendance (appelons-la le bien commun, le service de l'intérêt général), qui va au-delà de la personne et des hommes qui passent." [2]
En résumé, les deux, Nicolas Sarkozy et François Fillon ont privatisé le pouvoir, et l'ont rabaissé au rang de service d'intérêts particuliers. C'est sans doute le trait marquant qui restera de ces deux présidences désastreuses. Au sujet de François Hollande en particulier, P. Buisson :
"Cela a été un gestionnaire piteux d'un social-libéralisme qui avait le mérité de s'assumer et montrait bien qu'il y avait une continuité intellectuelle dans le libéralisme et qu'on ne peut pas dissocier l'économie de marché de la société de marché. François Hollande aura été le vecteur de la société de marché, notamment au travers le projet de 'mariage pour tous'. Et il aura couvert la partie dévolue à la gauche dans la marchandisation des rapports humains, c'est-à-dire la transplantation sur le plan sociétal de la philosophie libérale. C'est ce qu'on retiendra de Hollande. Il aura été le porte d'un parti socialiste qui est un parti de classe, qui sert les intérêts de classe, ceux de la bourgeoisie urbaine."
Dans le "populisme", explique P. Buisson, "il y a une demande de démocratie, et de démocratie directe" :
"Les catégories populaires se rendent bien compte que nous vivons dans une post démocratie qui est un détournement des procédures démocratiques, qui conforte le pouvoir des oligarchies. J'ai coutume de dire qu'en France, hors l'élection présidentielle, nous avons évolué vers un suffrage censitaire, dans lequel ne votent plus que les inclus, les catégories favorisées."
Ce que nous pouvons retenir de cette analyse, et que nous disons sur ce blog, c'est surtout le non-dit : nous vivons en fait, depuis l'invention des partis politiques, dans une oligarchie... depuis 1792. C'est-à-dire un système où le pouvoir ne sert pas l'intérêt général, mais des intérêts particuliers. Seul un retour à la royauté, avec un roi au-dessus des partis et qui gouverne, peut relégitimer le pouvoir aux yeux des Français et leur redonner le sentiment d'un pouvoir où la fonction suprême n'est pas rabaissée, désacralisée.
"Les modes de scrutin et la représentation excluent de toute chance d'alternance les forces qui ne sont pas au coeur du système. Cela génère une abstention considérable. Les gens se disent qu'ils n'iront pas voter puisqu'ils ne seront pas représentés et quant au parti populiste, le Front national, il n'hérite que d'une représentation dérisoire. En 2012, Marine Le Pen a fait 18% à l'élection présidentielle et son parti n'a eu que deux députés. Eva Joly, la candidte écologiste, 2% à l'élection présidentielle, et 18 députés.
Donc on a un système totalement biaisé qui n'est pas une démocratie représentative, qui est une démocratie subtitutive, qui est l'aboutissement finalement de ce qui a été l'évolution de la démocratie parlementaire depuis qu'elle a été créée, en Angleterre d'abord, et puis après en France avec la Révolution française. Un système où la démocratie parlementaire se substitue à l'expression du "peuple souverain". Son souci, ce n'est pas d'accomplir la "volonté générale", mais de trouver les moyens de la restreindre.
Nous avons une situation, effectivement, où les majorités parlementaires en France représentent le despotisme d'une minorité légale.
Nous sommes toujours en train de donner des leçons de "démocratie", à la Russie, par exemple, et à tous les peuples de la terre et notre Assemblée nationale qui vote les lois, représente un électeur sur six, et encore, je ne compte pas les 4 millions de Français qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales. C'est-dire sa faible représentativité.
Le système est en train de perdre ce qui lui reste de légitimité, parce que l'électorat populaire sent qu'il y a un détournement de démocratie. D'où la demande de démocratie directe qui est constitutive de la protestation populiste. On ne veut pas la voir, parce qu'évidemment, on essaie de cacher ce phénomène.
J'ai eu un débat très intéressant avec Alain Minc, sur France culture, il y a peu de temps, dans l'émission de Finkielkraut, "Réplique". Il assumait tout à fait cette dimension de suffrage censitaire : le peuple n'est pas éduqué. A qui bon nous donner la parole ? Et vous avez vu quelles étaient les réactions à l'égard du Brexit, à l'égard de l'élection de Trump. L'attitude des médias occidentaux à l'égard de la Russie et de Vladimir Poutine manifeste aussi cette même forme d'ostracisme. Tout ce qui représente le peuple enraciné doit être à la fois exclu du jeu politique, du champ politique, du marché politique. Donc, on fait des modes de scrutin qui permettent ce détournement de démocratie. Mais aussi maintenant du marché économique et du marché du travail. C'est le projet de revenu universel : ces petits blancs, dont l'employabilité est faible, autant leur donner une rente à vie, mais qu'ils nous laissent tranquilles et qu'ils ne viennent plus sur le marché du travail, alors que nous avons la main d'oeuvre immigrée qui représente beaucoup plus de flexibilité, de souplesse qui viendra la remplacer. Tout cela participe d'un mouvement d'ensemble et d'une logique. C'est la même logique qui exclut du marché les pauvres, les exclut également du marché du travail et du marché de l'emploi.
Et c'est ces classes dirigeantes, cette oligarchie qui fait des leçons de démocratie à la terre entière, pas simplement aux Français, et à ceux qui sont des partenaires diplomatiques importants pour la France, comme la Russie."
P. Buisson explique ce qu'il a "essayé de faire en 2007, l'alliance des forces conservatrices" :
"Moi, ce que j'ai essayé de faire en 2007, c'est l'alliance des forces conservatrices et de l'électorat populaire, alliance qui s'est réalisée trois fois dans l'histoire de France récente. En 1947 avec les élections municipales où le RPF qui vient d'être créé par de Gaulle, en 1958 avec le retour du général de Gaulle au pouvoir, et au premier tour de l'élection présidentielle de 2007. Il n'y a pas d'autres exemples. Sarkozy avait avec lui toutes les cartes en main, y compris la légitimité suffisante pour agir, et il ne l'a pas fait."
Dans le cas d'un deuxième tour en 2017, François Fillon Fillon -Marine Le Pen, Patrick Buisson pense :
"Si il (François Fillon) n'arrive pas à tirer à lui une partie de l'électorat populaire, il ne pourra pas gouverner."
Faisant une prospective s'agissant de Marine Le Pen, P. Buisson explique:
"Chaque année, maintenant de puis plus de 20 ans, j'observe que l'Institut Sofres avec le journal Le Monde fait une petite enquête annuelle sur les Français et les idées du Front national, c'est-à-dire qu'ils testent le corpus d'idées du Front national auprès des Français.
Depuis 20 ans on observe une adhésion de plus en plus importante, croissante, d'adhésion des Français au corpus idéologique du Front national. Par exemple, à la question posée "est-ce qu'il y a trop d'immigrés en France ?" Cette question recueille aujourd'hui 75 à 80% d'adhésion. Donc on voit bien le mouvement d'adhésion qui affecte les trois quart de la population française. Et pourtant, Jean-Marie Le Pen, c'est au mieux 17% en 2002, Marine Le Pen c'est 18% en 2012, 25 à 27% dans les élections intermédiaires aujourd'hui. Comment se fait-il qu'entre cette adhésion massive des Français au corpus d'idées du Front national et l'élection le jour du vote il y ait un tel déchet, une telle déperdition de voix ? C'està-dire en gros qu'il y a la moitié des Français qui sont d'accord avec les idées du Front national mais qui ne votent pas pour le Front national. S'ils ne votent pas pour le FN, c'est pour des raisons profondes, sociologiques, psychologiques, culturelles, anthropologiques, cela fait peur. C'est un problème qui ne va pas évoluer par un miracle d'une évolution du contexte. On voit bien par exemple qu'il y a en France un problème de terrorisme en France depuis deux ans, et la progression du Front national est très limitée. Entre les européennes de 2014, avant les premiers attentats et les régionales de 2015, la progression est de 2 points. Je pense que le Front national, seul, est à l'écart de toute espérance de pouvoir. C'est forcément de l'intérieur du parti de gouvernement de la droite que se produira l'évolution décisive. L'exemple de ce qui s'est passé aux Etats-Unis est probant. Trump a subverti le parti républicain, l'a humilié, marginalisé et a gagné contre lui, et il occupe aujourd'hui l'espace du parti politique républicain. Tant qu'il n'y a pas à l'intérieur de la droite de gouvernement une force assez puissante pour porter cette révolution conservatrice et identitaire que j'ai évoquée à l'instant, l'espérance du pouvoir pour ces idées que je défends me paraît assez éloignée. Et le FN n'est pas le bon vecteur pour y arriver. ... Il est l'assurance-vie du système, dans la mesure où, à tort ou à raison, il représente une forme de repoussoir.
Le système ne peut pas être élu sur son bilan : il n'en a pas. Il ne peut être élu ou réélu, reconduit, que sur ses ennemis. Et plus l'ennemi est caricatural, plus l'ennemi représente cet épouvantail, plus le système trouve les moyens et les ressources de perdurer, de poursuivre et de se perpétuer dans ses aspects les plus négatifs."
Un nouveau haut personnage de l'Eglise, le cardinal George Pell se prononce sur les questions posées par les Quatre cardinaux Meisner, Brandmüller, Caffara et Burke au pape François, au sujet d'Amoris Laëtita, et qui n'ont toujours pas eu de réponse du Pape. Ces questions « ont du sens ».
Au journaliste Dan Hitchens du "Catholic Herald" qui lui demandait s’il était d’accord avec les questions posées, le Cardinal Pell a répondu :
« Comment pourrait-on ne pas être d’accord ? » « Ceux qui mettent l'accent sur "la primauté de la conscience" ne semblent l'appliquer qu'à la morale sexuelle. On a rarement conseillé aux gens de suivre leur conscience lorsqu'ils disaient être racistes...», a déclaré le cardinal George Pell, au cours d'un discours qu'il a donné à Londres, à l'église Saint-Patrick, mardi 29 novembre.
Certains catholiques sont « bouleversés » par les évènements actuels dans l'Église, déclare le cardinal Pell
Le cardinal a déclaré que la conscience doit se référer à la vérité révélée et à la loi morale.
Le cardinal George Pell a déclaré qu'«un certain nombre de catholiques qui pratiquent l'adoration régulièrement» sont «troublés par le tournant des événements» dans l'Église.
Dans un discours à l'église Saint-Patrick, à Londres, le cardinal Pell a déclaré qu'une cause de préoccupation était les fausses théories de la conscience et de la loi morale.
Le cardinal Pell donnait une conférence sur St Damien de Molokai dans le cadre de la série de conférences de St Patrick pour l'Année de la Miséricorde. Mais il a également réfléchi sur le catholicisme aujourd'hui. Il a dit que tandis que le pape François a «un prestige et une popularité en dehors de l'Église» plus grand que peut-être tout pape précédent, certains catholiques sont actuellement mal à l'aise.
Plus tard dans son discours, le cardinal australien, qui a été invité à diriger les réformes financières du Pape Francois et membre du groupe de conseillers du "C9" du pape [neuf cardinaux conseillers du Pape FrançoisNdCR.], a critiqué certaines des idées sur la conscience qui ont actuellement cours dans l'Église.
Le cardinal a raconté l'histoire d'un homme qui dormait avec sa petite amie, et demanda à son prêtre s'il pouvait recevoir la communion. Il était «trompeur», a dit le cardinal, de dire simplement à cet homme de suivre sa conscience.
Il a ajouté que ceux qui mettaient l'accent sur «la primauté de la conscience» ne semblaient l'appliquer qu'à la morale sexuelle et aux questions autour de la sainteté de la vie. On a rarement conseillé aux gens de suivre leur conscience lorsqu'ils disaient être racistes, ou d'aider faiblement les pauvres et les vulnérables, a dit le cardinal.
Ses commentaires viennent après trois ans de débat sur l'enseignement de l'Église concernant la communion pour les divorcés et remariés. Le Cardinal Pell figurait parmi les hauts responsables qui ont publiquement soutenu la doctrine traditionnelle répétée dans la Familiaris Consortio du Pape Jean-Paul II - que les remariés ne devraient pas recevoir la communion à moins qu'ils ne vivent «comme frère et sœur».
Mais certains catholiques éminents ont suggéré une approche différente. Par exemple, le cardinal Blase Cupich a soutenu que la conscience de quelqu'un pourrait leur dire de recevoir la communion, et que « la conscience est inviolable».
Le Cardinal Pell citant les écrits du bienheureux John Henry Newman sur la conscience, dans laquelle Newman a rejeté une «contrefaçon misérable» de la conscience qui la définit comme «le droit à l'auto-volonté». Il a noté que Newman défendait les papes Pie IX et Grégoire XVI, qui, selon les mots du cardinal Pell, «condamnaient une conscience qui rejetait Dieu et rejetait la loi naturelle».
Le cardinal a également rendu hommage à «deux grandes encycliques» S. Jean Paul II, Veritatis splendor et Evangelium Vitae, qui présentent la loi morale comme quelque chose de contraignant dans tous les cas.
Lorsqu'on lui a demandé si le malaise de certains catholiques, à propos de l'état de l'Église, était lié à des fausses théories de la conscience, le cardinal Pell a dit: «Oui, c'est exact».
Il a ajouté: «L'idée que vous pouvez discerner que les vérités morales ne doivent pas être suivies ou ne devraient pas être reconnues [est] absurde».
«Nous sommes tous sous la vérité», a déclaré le cardinal, soulignant que la vérité objective peut être «différente de notre compréhension de la vérité».
Il a également déclaré que tandis que la doctrine se développe, il n'y a pas de «retour en arrière».
Le cardinal Pell a été interrogé sur la lettre à François de Quatre cardinaux demandant des éclaircissements de la récente exhortation du Pape Amoris Laetitia. Les cardinaux ont demandé au pape de confirmer que cinq points de l'enseignement catholique sont toujours valables. Il s'agit notamment de l'enseignement que les remariés ne peuvent pas recevoir la communion à moins de vivre comme frère et sœur, et l'enseignement que certains absolus moraux n'ont pas d'exceptions.
Le pape n'a pas répondu à la demande des quatre cardinaux, qui a été envoyée il y a deux mois. Les cardinaux ont pris cela comme une invitation à publier leurs questions et à poursuivre la discussion. Le chef des évêques grecs a déclaré que les quatre cardinaux étaient coupables de «péchés très graves» et pourraient provoquer un schisme.
Interrogé sur la question des cardinaux, le cardinal Pell a répondu: «Comment pouvez-vous être en désaccord avec une question?» Il a dit que la question des cinq questions avait «du sens».
Même si l’on cherche à respecter dans “Amoris latitia” un principe d’interprétation qui puisse être dans la continuité avec les documents magistériels antérieurs, on risque d’oublier un autre principe qui est encore plus important : celui du contexte immédiat dans lequel une proposition est formulée.
Si on lit chacune des affirmations contenues dans “Amoris lætitia” dans son contexte général, rien ne choque. Mais si on lit ce même document dans son contexte historique immédiat, on constate sans peine que l’esprit général qui le guide est essentiellement l’idée du divorce. A quoi s’ajoute l’idée - très répandue aujourd’hui - de ne pas établir de frontières claires entre un mariage légitime et une union irrégulière.
On remarque aussi une similitude avec ce qui fut le développement de l’hérésie arienne. Celle-ci était en gestation cours de la seconde moitié du IIIe siècle. Puis, s’étant manifestée au grand jour, elle fut condamnée par le concile de Nicée.
Cependant, ce refus du concile de Nicée est assez modéré et l’arianisme proprement dit est toléré comme étant un moindre mal. C’est cette tolérance qui lui permet de reprendre progressivement de la vigueur jusqu’au moment où, les circonstances politiques lui étant devenues favorables, il put s’affirmer et parvenir au pouvoir [aussi bien avec l'empereur arienConstance IIque dans l'Eglise avec le pape Libère. NdCR.].
Athanase d'Alexandrie est avec Hilaire de Poitiers le principal représentant du courant nicéen. L'un et l'autre sont exilés par Constance qui cherche à imposer son symbole de Sirmium, fidèle à la doctrine arienne, au clergé tout entier et que le pape Libère accepta. De son côté, l'empereur arien Constance II qui méprisait le pape, fut le premier tenant du césaro-papisme : il prétendait être l'"évêque des évêques"... Partisan d'une 4ème nuance de l'arianisme, celle des ariens homéens (selon lesquels le Christ était "semblable au Père sous tous les rapports") contre les Nicéens homoousiens catholiques (le Christ est de même nature ou de même substance que le Père), Constance fit emprisonner, exiler ou déposer les récalcitrants.
De même, il existe aujourd’hui une hérésie que nous pouvons appeler le “kaspérisme” du nom de son principal représentant : le Cardinal Kasper. Elle a été en gestation durant la seconde moitié du XXe siècle. S’étant ensuite manifestée au grand jour, elle a été condamnée par Jean-Paul II dans “Veritatis splendor” et “Familiaris consortio”.
Mais ces documents ont été rejetés de manière plus ou moins ouverte par une partie de l’épiscopat et la pratique orthodoxe a été mise de côté dans de vastes régions du monde catholique. Ce rejet des textes de Jean-Paul II permet au “kaspérisme” de se diffuser dans les mentalités jusqu’au moment où, les circonstances politiques et ecclésiastiques lui sont favorables, il parvient à prendre le pouvoir.
Cependant, bien qu’étant arrivée au pouvoir, l’erreur ne s’exprime pas de manière franche et directe mais à travers des activités synodales (2014-2015) qui manquent de clarté. Elle s’affirme enfin sous forme d’un document apostolique exemplaire par son caractère tortueux qui autorise toutes les interprétations.
C’est précisément dans cette phase où triomphe le relativisme doctrinal et pastoral que nous nous trouvons en ce moment. Elle vient tout juste de commencer et s’annonce pleine d’obstacles. Personne - pas même le Pape - ne peut prévoir combien de temps elle va durer.
Mais ce qui est certain, c’est qu’elle peut devenir la cause de graves divisions au sein de l’Eglise.
Ces jours-ci, à l'occasion de la percée du candidat ultra-libéral en économie François Fillon arrivé en tête à 66,6% du second tour de la primaire "Les Républicains", le site "Le Salon beige", site de plus en plus coloré et de moins en moins neutre, jette le masque en plébiscitant sa ligne libérale économique à des fins de stratégie électorale. Ce texte est signé du directeur du "Salon beige", Guillaume de Thieulloy :
La course au centre est un suicide électoral
De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités à propos de la victoire de François Fillon :
"[C]e qui est plébiscité, c’est donc une ligne politique de libertés économiques et de conservatisme social. Il est évidemment très discutable que François Fillon incarne réellement cette ligne politique, lui qui a grandi dans l’ombre de la Chiraquie. Mais, en politique, les images comptent autant, sinon plus, que la réalité. Et il n’y a guère de doute que c’est cette ligne qui l’a emporté, le 27 novembre."
Michel Janva
Posté le 30 novembre 2016 à 08h10 | Lien permanent
Un autre article sur "Le Salon beige", signé de Philippe Carhon, inversant l'attaque traditionnelle des catholiques sociaux contre le libéralisme économique de la droite louis-philipparde orléaniste au XIXe s., montre la promotion du libéralisme en économie par ce site, avec une attaque de "la ligne philipportade" (sic) du FN Florian Philippot. Comme toujours, "Le Salon beige" avance masqué, ne dit pas clairement son positionnement libéral en économie, mais le fait en citant des auteurs de la mouvance. Ici, un auteur régulièrement à l'honneur sur "le Salon beige", Bernard Antony :
Bernard Antony : "Je continuerai à voter et faire voter pour Marine Le Pen et le FN mais..."
Lu sur le blog de Bernard Antony :
... Mais cela deviendra de plus en plus difficile si elle continue à laisser toujours plus à Florian Philippot, certes intelligent mais hostile sur trop de points à nos valeurs et idées, le soin de fixer et d’exprimer la ligne programmatique de ce Front National qu’il semble n’avoir jamais aimé. Je suis donc parmi ceux, très nombreux je crois, qui se situent dans une authentique droite de conviction (pour la vie, la patrie, la justice sociale), qui attendent de Marine Le Pen qu’elle en finisse avec la mauvaise ligne philippotarde.
Philippe Carhon
Posté le 30 novembre 2016 à 05h33 | Lien permanent
Le "Salon beige" ne craint pas de se contredire à longueur de journées en affichant d'un côté une ligne catholique "conservatrice" et en promouvant d'un autre côté le libéralisme économique.
A la fin du XXe s., en Angleterre la Dame de fer du laisser-faire a fait monté le chômage qui a atteint 6,8 % lors de sa dernière année au pouvoir en 1990 (Alec Cairncross, The British Economy since 1945, Institute of Contemporary British History).
Si la croissance de l'économie britannique des années 1990 et 2000 (2,8 % par an entre 1997 et 2006), légèrement supérieure à celle de l'Europe, et une baisse légère du chômage à 5,5 % en 2010 contre 7 % en 1997 (la moyenne de la zone euro étant de 8,1 %), peut être attribuée aux réformes de Margaret Thatcher, en particulier à celles touchant le fonctionnement du marché du travail, il est plus vraisemblable que ces résultats relatifs soient le fruit de la sortie par John Major (Parti conservateur) en 1990 de la livre sterling du système monétaire européen, en raison de la dégradation de la conjoncture économique.
En attendant, en 1990, le chômage s'était installé de façon durable dans les anciens districts industriels britanniques; la précarité salariale a augmenté; les infrastructures et du service public dans les zones rurales se sont dégradées; la qualité de l'éducation et le niveau général ont baissé; les inégalités se sont creusées entre les plus riches et les pauvres; le nombre de pauvres a augmenté et le taux de pauvreté est passé de 13,4% à 22,2% pendant les mandats de Margaret Thatcher. Voir le Bilan économique du thatchérisme.
Largement défait par le travailliste Tony Blair en1997, John Major s'est retiré mais le libéralisme économique a néanmoins continué d'être la ligne du blairisme, avec des infléchissements qui ont passé par une reconsidération de la question des inégalités, la renationalisation d'entreprises d'intérêt général en difficulté, ou encore une attitude moins isolée vis-à-vis de la construction politique de l'Union européenne, sans remettre fondamentalement en cause l'atlantisme traditionnel dans le pays. (Cf. Héritage du thatchérisme)
En 2007, le résultat du blairisme sur le chômage est mitigé. Celui-ci est passé de plus de 7 % en 1997 à moins de 5,5 % en 2007 (Source: Office National britannique des statistiques), soit une baisse marginale de 1,5%, d'ailleurs contestée par d'autres modes de calcul prenant en compte non pas les seuls bénéficiaires d'allocations mais tous les demandeurs d'emploi. Le taux de travail partiel a explosé à 25 % de la population active à la fin du mandat de Tony Blair.
Le travailliste Gordon Brown qui a remplacé Tony Blair en 2007, a poursuivi le thatchéro-blairisme en économie (2007-2010). La croissance, bien que légèrement plus forte que dans la zone euro (en raison de la sortie du système monétaire européen), n'a gagné que 0,6 point en vingt ans entre 1979 et 2009 (2,8 % en moyenne, contre 2,2 % au cours des vingt années antérieures).
Le conservateur David Cameron, ancien conseiller de Margaret Thatcher et de John Major, a remplacé Gordon Brown en 2010 et le libéralisme économique a continué sous son mandat (2010-2016).
Le 24 juin 2016, suite au référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne qu'il a pourtant initié, faisant campagne pour le maintien, et à l'issue duquel les Britanniques se sont prononcés pour quitter l'UE, David Cameron a dû démissionner. Theresa May lui a succédé à la tête du gouvernement et du Parti conservateur. Le libéralisme économique de David Cameron est ce qui lui a fait perdre le referendum et non ce qui l'a fait gagner.
Le fondamentalisme du marché , la valeur-argent remplaçant toutes les autres et faisant de l'homme une variable d'ajustement, est-cela que veulent réellement les catholiques français authentiquement conservateurs ? Nous en doutons.
Aujourd'hui, si l'on en croit "Le Salon beige" donc, la France se tournerait avec F. Fillon, vers le libéralisme économique, une "ligne qui l'a emporté" (sic) (Guillaume de Thieulloy). C'est une grossière erreur d'analyse : "croire que Fillon a été élu sur son programme économique est un contresens qui se paiera au prix fort". Cette phrase est de Patrick Buisson qui a également montré "l'incompatibilité fondamentale entre libéralisme et conservatisme". Fillon, en réalité a été élu par une demande de plus d'identité conservatrice (report des voix des manifestants contre le "mariage" homo) et non sur son libéralisme économique, assimilé au mondialisme et qui est massivement rejeté.
« Une face c'est la face libérale, la face économique, et l'autre face c'est la face libertaire. Et donc en fait ce sont les mêmes entreprises anationales, c'est-à-dire qui n'ont plus aucun lien avec un quelconque territoire, qui veulent tout marchandiser. Et Pierre Bergé a très bien résumé cela quand il a dit "il n'y a pas de différence entre louer son ventre pour faire un enfant et louer ses bras pour travailler en usine..." C'est cela qui aujourd'hui va être rejeté. »
Deux indicateurs montrent l'inflexion de l'Angleterre contre le libéralisme économique : en 2015 l'élection à leur tête par les travaillistes de Jeremy Corbyn (un adversaire du thatchéro-blairisme), et en 2016, le Brexit qui montre que les Britanniques demandent plus de protections, plus de frontières, et moins d'ouvertures ultra-libérales.
Si la France élit F. Fillon, en vertu de son libéralisme économique comme le dit "Le Salon beige", il faudra expliquer au lecteur qu'elle le fait au moment où l'Angleterre de Theresa May (Parti conservateur), ainsi que l'Amérique d'un Donald Trump se tourne vers plus de protectionnisme, plus de frontières et moins de libéralisme économique ! Décidément la France a toujours un train de retard.
L'ex principal conseiller de Nicolas Sarkozy, auteur de "La Cause du peuple" (Perrin), dans unentretien hier au Parisien, fait une critique réaliste sur les "primaires".
En mars 2007 nous avions publié nous-même un article intitulé "L'imposture démocratique", dans lequel nous expliquions la critique abordée par Patrick Buisson. Extrait :
Les citoyens n'ont pas le libre choix des candidats; ceux-ci leur sont dictés, imposés, par des instances où ils n'ont pas la parole et par des stratèges que, généralement ils n'ont pas nommés.
Jacques Heers, Un Homme un vote? Editions du Rocher, Monaco 2007, p. 188-189
On ne choisit pas, on ne délègue personne: on se borne à approuver un choix déjà fait par d'autres. Un choix fait par qui? Eh bien, par les dirigeants du parti, par le comité central, par le comité directeur, par le bureau, par le centre national... Si bien que ces députés que nous croyons élire, ils sont en réalité sélectionnés, ils nous sont en réalité imposés par la caste gouvernementale déjà en place, laquelle, agissant comme toutes les oligarchies, s'agrège les sujets qui lui conviennent et dont le caractère, les penchants, les alliances ont été soigneusement éprouvés. Nous croyons vivre sous un régime de suffrage universel, en réalité nous vivons sous un régime de cooptation.
Maurice Bardèche, Les Temps modernes, Editions Les Sept Couleurs, Montargis 1956, p. 25-26
L'ex principal conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, fait le même constat sur la "primaire" de la droite qui a vu dimanche dernier l'élection à 66,6% de F. Fillon :
"les partis se servent des primaires comme d’une procédure de relégitimation pour tenter de remédier à leur profond discrédit. Leur seul objectif est de conserver le monopole de sélection des candidats à la présidentielle."
P. Buisson prévient que "les primaires accentuent la dérive vers le suffrage censitaire". Il fallait payer deux euros pour participer.
En orange, nos commentaires.
Patrick Buisson a été le conseiller de l’ombre de Nicolas Sarkozy, avant leur rupture. Auteur de « La Cause du peuple » (Perrin), il porte un regard critique sur la primaire de la droite.
LE PARISIEN. L’élection à droite est un succès. C’est une bonne nouvelle pour la démocratie ?
PATRICK BUISSON. Non, car les partis se servent des primaires comme d’une procédure de relégitimation pour tenter de remédier à leur profond discrédit. Leur seul objectif est de conserver le monopole de sélection des candidats à la présidentielle. Les primaires accentuent la dérive vers le suffrage censitaire. Ne vont voter que les inclus, les catégories favorisées, les retraités. Ce qui ne fait qu’aggraver la crise de la représentation en renforçant le poids politique des classes privilégiées, alors qu’il faudrait rouvrir le jeu démocratique. [L'"inclusion" est le nouveau mot de la gauche qui doit servir à supprimer l'assimilation et l'intégration. Les "inclus" sont tous les citoyens immigrés, qui ne s'assimilent pas aux Français, mais sont "inclus" tels quels avec de nombreux privilèges et auxquels les Français doivent s'assimiler de force. Par exemple,en 2012, 93% des musulmans ont voté pour F. Hollande. Les Français ont dû faire pendant 5 ans avec un président qui ne représentait pas leurs intérêts spirituels, historiques et civilisationnels. Ils l'ont payé avec le début de la guerre civile, dont tout laisse à penser qu'elle va être très longue. Au-delà, les "inclus" sont toutes les nouvelles communautés immigrées, les migrants, les réfugiés, etc. que les Français doivent accepter sans broncher, avec leur mode de vie à côté du leur.]
Si on vous suit, François Fillon, c’est la droite sans le peuple...
Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle pour la droite. La bonne, c’est que la droite redevient la droite en se libérant partiellement de l’hégémonie idéologique de la gauche avec l’écrasante défaite de Juppé. La mauvaise, c’est que la droite ne semble pas en mesure pour l’instant d’élargir sa base sociologique. La France sénatoriale et provinciale de François Fillon n’est pas la France en souffrance des catégories populaires, qui ne sont pas allées voter. Pour l’emporter en 2017, il doit impérativement sortir du ghetto des inclus et des privilégiés, s’il veut disputer l’électorat populaire à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon [ce qu'il ne fera jamais puisque Fillon est le candidat de la mondialisation libérale que s'est choisi le Bilderberg en 2013. Voir notre article du 7 juillet 2013 "Elysée 2017 : François Fillon choisi par le groupe Bilderberg comme prochain président de la république ?" et "Juppé et Fillon, deux jumeaux interchangeables"]. C’est ce désenclavement sociologique qui a fait la fortune du gaullisme en 1947 avec le RPF, en 1958 avec le retour du Général et de Nicolas Sarkozy en 2007. C’est une équation très difficile à réaliser.
Quel conseil lui donneriez-vous ?
De sortir de sa contradiction qui est l’incompatibilité fondamentale entre libéralisme et conservatisme. Le risque pour Fillon, c’est d’être perçu comme le candidat du patronat et des classes dominantes, le candidat de la « mondialisation sauvage ». On voit bien l’espace carcéral symbolique dans lequel le FN et la gauche vont chercher à l’enfermer. Or, son succès s’explique par deux facteurs : il est apparu capable de restaurer la fonction présidentielle dans sa dignité et sa sobriété. Et il a attiré un électorat davantage préoccupé par l’abrogation de la loi Taubira que par la suppression de l’ISF. Croire que Fillon a été élu sur son programme économique est un contresens qui se paiera au prix fort. Le nom de l’ancien patron d’Axa, Henri de Castries, circule pour Bercy...Il circulait déjà du temps de Sarkozy. Je ne veux pas croire que s’il devait être élu, François Fillon enverrait un tel message de déséspérance au peuple français.
Fillon est-il vraiment le meilleur bouclier contre le FN ?
Il a été porté par un électorat conservateur et catholique qui n’était pas du tout tenté par le vote Le Pen compte tenu de ses positions sociétales [de moins en moins pro-vie et identitaire catholique. NdCR.]. L’élection de Fillon ne dit rien sur le comportement des 20 millions d’électeurs de la « France périphérique » qui feront l’élection présidentielle. Et pour cause : ceux-là ne sont pas déplacés dimanche.
François Hollande peut-il encore se présenter ?
Il a le choix entre deux formes d’humiliation : être éliminé à la primaire socialiste, ou au premier tour de la présidentielle avec un score inférieur à celui de Jospin en 2002. C’est cornélien : on ne sait quelle est la pire ?
Pourquoi, selon vous, Nicolas Sarkozy a-t-il été évincé ?
Remplir les salles, ce n’est pas remplir les urnes. Il a fait une campagne à contresens, grossièrement populiste, alors que l’électorat populaire n’était pas concerné par la primaire. On a dit que c’était la ligne Buisson, mais je ne me reconnais absolument pas dans cette campagne caricaturale et vulgaire avec la double portion de frites, les Gaulois etc. La seule chose qu’il sait faire, c’est habiller avantageusement ses déroutes. Qu’il se donne à admirer ou à plaindre, c’est toujours Narcisse qui parle.
Vous pensez avoir contribué à sa défaite avec votre livre ?
Mon livre n’a fait que cristalliser un long processus antérieur. Avec Sarkozy , ce n’étaient pas les idées qui étaient décrédibilisées mais le médium qui était discrédité. Le Brexit, l’élection de Donald Trump.
Quel message les électeurs ont-ils envoyé ?
C’est une protestation du peuple au sens d’un demos qui réclame plus de démocratie. Du Brexit à Trump, le peuple a compris que la démocratie de la classe dirigeante avait pour objet de l’empêcher de se mêler de ce qui le regarde ! Il ne le supporte plus. On réduit cela par confort au racisme des petits blancs. Quelle erreur d’analyse , quel aveuglement. Arrêtons de prendre les gens pour des imbéciles.
Hier soir dimanche 27 novembre a vu la victoire à 66,6% du libéral en économie et sur les moeurs (quoiqu'en disent les médias) François Fillon au second tour de la primaire "Les Républicains" pour la désignation du candidat à la présidence de la république de la "droite et du centre". Une élection signée ?
François a refermé la Porte Sainte, mais son message s'accompagne du grondement d'une crise souterraine. Une guerre civile qui se passe dans l'Église. Un affrontement qui touche l'autorité du pape et son programme de réforme. Sont enjeu les oppositions sur le rôle de l'Eglise, la notion de "péché", le salut des âmes. Et comme dans toutes les guerres civiles, le conflit ne prévoit pas de compromis.
Quatre cardinaux ont décidé ces jours-ci de mettre directement en accusation la théologie de François et son document post-synodal Amoris Laetitia(qui ouvre la voie à la communion aux divorcés remariés). Les cardinaux accusent Bergoglio d'avoir semé parmi les fidèles "incertitude, confusion et égarement", et lui demandent de "faire la lumière" sur le document. Ils sont attachés à la lettre dans le style des disputes théologiques que l' on appelle Dubia : "Doutes sur des questions posées".Avec un geste qui a l'air d'un défi, une lettre a été envoyée "pour connaissance" au gardien officiel de l'orthodoxie, le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. [Les cinq questions - voir en fin d'article - étaient formulées sous la même forme que les interrogations classiques qui sont adressées à la congrégation pour la doctrine de la foi. C’est-à-dire qu’elles étaient formulées de manière à ce qu’il soit possible d’y répondre simplement par "oui" ou par "non". Mais, les quatre cardinaux n’ont reçu aucune réponse à leur appel, ni de la part du cardinal Müller ni de celle du pape. NdCR.Source]
C'est un évènement absolument inédit dans l'histoire moderne de la papauté. Et la première chose qui frappe est le silence embarrassé des hiérarchies ecclésiastiques. Pas un cardinal n'a publiquement contré leur argumentation, pas un président de conférence épiscopale, pas un dirigeant de quelque grande association catholique. En évoquant le rôle de la conscience mentionnée par François, les Quatre cardinaux affirment que dans un tel cas on peut en arriver au point où deviennent "vertueux" des cas concevables d'adultère, d'assassinat légal et de parjure obligatoire.
Deux des cardinaux sont membres de la Curie, l'allemand Walter Brandmüller, ancien président du Comité pontifical des sciences historiques et l'Américain Raymond Burke, ancien président du tribunal de la Signature apostolique. Et deux sont des archevêques émérites de grands diocèses : Carlo Caffara, cher à Jean-Paul II et Benoît XVI et jusqu'en 2015, guide de Bologne, et Joachim Meisner, un intime du pape Ratzinger, à la tête du diocèse de Cologne jusqu'en 2014 .
Liquider leur lettre - à laquelle François a répondu indirectement à l'occasion d'un entretien à Avvenire, dénonçant un "certain légalisme qui peut être idéologique" - comme le sursaut des Quatre "ultraconservateurs", revient à se méprendre sur la collision souterraine qui se développe dans l'Église catholique ces deux dernières années. Les quatre sont la pointe de l'iceberg qui va en s'élargissant et en se répandant. Beaucoup parlent qui ne s'exposent pas autant.
Pendant des années, les médias n'ont pas compris la profondeur du mouvement anti-Obama, qui a porté le 8 novembre à la défaite de sa politique. Aujourd’hui, ils risquent de répéter la même erreur avec le Pape François. Eblouis par son charisme et par le consensus planétaire dont il jouit également parmi les agnostiques et les non-croyants, beaucoup ignorent l’escalade systématique de ceux qui, parmi le clergé, les évêques, le collège des cardinaux, contestent la théologie de ce pontife qui a avoué lui-même ne pas être théologien.
En deux ans, il y a eu un crescendo d’actions menées par des clercs et des laïcs se sentant libres d’interroger le Souverain Pontife.
Avant le Synode de 2014, cinq cardinaux ont écrit un livre en défense de la doctrine traditionnelle sur le mariage. Ensuite, 11 cardinaux du monde entier sont intervenus avec un autre livre. Pendant ce temps, près de 800 mille catholiques, parmi lesquels 100 évêques, signaient une pétition au Pape pour bloquer les innovations. Alors que le Synode de 2015 avait commencé, 13 cardinaux écrivirent à François, remettant en question la régularité de la direction de l’assemblée.
Puis s’est constitué un réseau de cardinaux, d’évêques, de prêtres, de théologiens et de laïcs signataires d’une “Déclaration de fidélité à l'enseignement immuable de l’Eglise sur le mariage”. Enfin, ce sont 45 théologiens qui ont écrit au Collège des cardinaux, insinuant que certaines interprétations d’ “Amoris Laetitia” pourraient être en opposition avec l’enseignement constant de l’Eglise fondé sur les Evangiles.
Récemment, le spécialiste de l’historien de l’Eglise Alberto Melloni parle d’un “isolement” du Pape François tandis qu’Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté Sant’Egidio, historien lui aussi, déclare que jamais un Souverain Pontife n’a trouvé autant d’oppositions parmi les évêques et le clergé.
Dans la guerre civile en cours dans l' Église, l'objectif est l'après-François : il ne devra pas monter sur le trône papal un homme qui porte le développement des réformes initiées. (1)
Commentaire de Pro liturgia :
"Face à ce qui ressemble à une fronde, le Pape François qui, dès le début de son pontificat, a voulu se montrer sympathique, simple, facétieux, ouvert, semble se raidir de plus en plus, montrant ainsi son véritable tempérament : plutôt que d’accueillir ceux qui le bousculent - comme il avait demandé qu’on le fasse - pour discuter avec eux et donner des réponses claires à leurs questions, il leur reproche d’être de dangereux pharisiens rigides qui ne comprennent rien au message évangélique et sèment la division.
L’Eglise a peut-être aujourd’hui l’un des papes les plus durs de son Histoire. Et les fidèles commencent doucement à s’en apercevoir." (2)
Le site internet “InfoCatho” a mis en ligne un excellent tableau permettant de comparer “Amoris laetitia” de François à “Familiaris consortio” de S. Jean-Paul II. CLIQUER ICI
Ces derniers jours, les Quatre cardinaux ont reçu plusieurs soutiens.
Mgr Józef Wróbel, Evêque auxiliaire de Lublin (Pologne) déclare :
“Ils ont bien fait et ils ont correctement appliqué ce dont le droit canon dispose. (...) Ce serait juste de répondre à leurs questions. Ils n’ont pas demandé quel temps il ferait demain, mais ils ont posé des questions qui concernent la doctrine de l’Eglise et, par conséquent, les fidèles (...). [Le chapitre 8 d’ “Amoris lætitia”] est effectivement ouvert à différentes interprétations : il est ambigu (...). Peut-être a-t-il été écrit dans une trop grande précipitation sans examiner avec une extrême attention son contenu et ses conséquences pratiques éventuelles. Ces questions doivent être posées au Vatican et aux collaborateurs qui ont la confiance du Pape. Publier avec précipitation des textes comme celui-là, ne rend pas un bon service à l’Eglise.” [3]
Mgr Jan Watroba, Président du Conseil pour la famille de la Conférence des évêques de Pologne considère que la lettre adressée au Pape François par quatre cardinaux témoigne d’un souci légitime d’une bonne compréhension d’ “Amoris laetitia”.
Et Mgr Watroba d’ajouter : « Avec S. Jean-Paul II, les textes étaient si clairs que les interprétations divergentes n’avaient pas lieu d’être. » Avant de conclure : « De nombreux évêques et prêtres sont aussi dépassés par les questions [soulevées par “Amoris laetitia”] que je le suis moi-même. » Source : “Tagespost”. [4]
Mgr Athanasius Schneider, évêque d'Astana, en appui des Quatre Cardinaux, convoque saint Paul corrigeant publiquement saint Pierre, l'argumentation de Saint Hilaire de Poitiers, l'"Athanase de l'Occident" qui, dans la crise arienne, avait tenu tête au pape Libère, le disant "anathème, prévaricateur" après que celui-ci ait signé en 357 l’une des formules de Sirmium, dans laquelle il écartait délibérément l’expression dogmatiquement définie de "homo-ousios" (consubstantiel ou de même nature) et excommuniait saint Athanase afin d’obtenir la paix et l’harmonie avec les évêques ariens et semi-ariens de l’Orient. Mgr Schneider rappelle qu'à ce moment-là en Occident, des catholiques fidèles et un petit nombre d’évêques, spécialement Saint Hilaire de Poitiers, ont été profondément choqués.
La lettre en défense des Quatre cardinaux de Mgr Schneider a été rendue publique jeudi 24 novembre par une traduction sur Le Blog de Jeanne Smits. Mgr Schneider évoque "les réactions inhabituellement violentes et intolérantes de la part de certains évêques et cardinaux face à la sollicitation calme et prudente des Quatre Cardinaux". "Parmi de telles réactions intolérantes, on trouve par exemple des affirmations comme celles-ci : les Quatre Cardinaux sont écervelés, naïfs, schismatiques, hérétiques, et même comparables aux hérétiques ariens." Extrait :
"Saint Hilaire a transmis la lettre écrite par le pape Libère aux évêques orientaux, annonçant l'acceptation de la formule de Sirmium et l’excommunication de saint Athanase. Dans sa profonde douleur et dans son désarroi, saint Hilaire a ajouté à sa lettre, comme avec désespérance, la phrase : “Anathema tibi a me dictum, praevaricator Liberi” (je te dis anathème, prévaricateur Liberius), cf. Denzinger-Schönmetzer, n° 141. Libère voulait la paix et l’harmonie à n’importe quel prix, même au prix de la vérité divine. Dans sa lettre aux évêques latins hétérodoxes, Ursace, Valence et Germinius, annonçant les décisions ci-dessus mentionnées, il écrivait qu'il préférait la paix et l’harmonie au martyre (cf. Denzinger-Schönmetzer, n. 142).
Quel contraste dramatique offre ce comportement du pape Libère par rapport à cette ferme affirmation de saint Hilaire de Poitiers : "Ne faisons pas la paix au prix de la vérité, en faisant des concessions en vue d'acquérir une réputation de tolérance. Nous faisons la paix en nous battant légitimement selon les règles du Saint Esprit. Il y a un danger à s’allier subrepticement avec l’incroyance sous le beau vocable de la paix" (Hil. Ad Const., 2, 6, 2). (5)
Add. 01/12/2016. Un nouveau haut personnage de l'Eglise, le cardinal George Pell se prononce sur les questions posées par les Quatre cardinaux Meisner, Brandmüller, Caffara et Burke au pape François, au sujet d'Amoris Laëtita, et qui n'ont toujours pas eu de réponse du Pape. Ces questions « ont du sens ».
Au journaliste Dan Hitchens du “Catholic Herald” qui lui demandait s’il était d’accord avec les questions posées, le Cardinal Pell a répondu :
« Comment pourrait-on ne pas être d’accord ? » « Ceux qui mettent l'accent sur "la primauté de la conscience" ne semblent l'appliquer qu'à la morale sexuelle. On a rarement conseillé aux gens de suivre leur conscience lorsqu'ils disaient être racistes...», a déclaré le cardinal George Pell, au cours d'un discours qu'il a donné à Londres, à l'église Saint-Patrick, mardi 29 novembre.
Le cardinal a déclaré que la conscience doit se référer à la vérité révélée et à la loi morale.
Le cardinal George Pell a déclaré qu'«un certain nombre de catholiques qui pratiquent l'adoration régulièrement» sont «troublés par le tournant des événements» dans l'Église.
Dans un discours à l'église Saint-Patrick, à Londres, le cardinal Pell a déclaré qu'une cause de préoccupation était les fausses théories de la conscience et de la loi morale.
Le cardinal Pell donnait une conférence sur St Damien de Molokai dans le cadre de la série de conférences de St Patrick pour l'Année de la Miséricorde. Mais il a également réfléchi sur le catholicisme aujourd'hui. Il a dit que tandis que le pape François a «un prestige et une popularité en dehors de l'Église» plus grand que peut-être tout pape précédent, certains catholiques sont actuellement mal à l'aise.
Plus tard dans son discours, le cardinal australien, qui a été invité à diriger les réformes financières du Pape Francis et membre du groupe de conseillers du "C9" du pape ( neuf cardinaux conseillers du Pape FrançoisNdCR.), a critiqué certaines des idées sur la conscience qui ont actuellement cours dans l'Église.
Le cardinal a raconté l'histoire d'un homme qui dormait avec sa petite amie, et demanda à son prêtre s'il pouvait recevoir la communion. Il était «trompeur», a dit le cardinal, de dire simplement à cet homme de suivre sa conscience.
Il a ajouté que ceux qui mettaient l'accent sur «la primauté de la conscience» ne semblaient l'appliquer qu'à la morale sexuelle et aux questions autour de la sainteté de la vie. On a rarement conseillé aux gens de suivre leur conscience lorsqu'ils disaient être racistes, ou d'aider faiblement les pauvres et les vulnérables, a dit le cardinal.
Ses commentaires viennent après trois ans de débat sur l'enseignement de l'Église concernant la communion pour les divorcés et remariés. Le Cardinal Pell figurait parmi les hauts responsables qui ont publiquement soutenu la doctrine traditionnelle répétée dans la Familiaris Consortio du Pape Jean-Paul II - que les remariés ne devraient pas recevoir la communion à moins qu'ils ne vivent «comme frère et sœur».
Mais certains catholiques éminents ont suggéré une approche différente. Par exemple, le cardinal Blase Cupich a soutenu que la conscience de quelqu'un pourrait leur dire de recevoir la communion, et que « la conscience est inviolable».
Le Cardinal Pell citant les écrits du bienheureux John Henry Newman sur la conscience, dans laquelle Newman a rejeté une «contrefaçon misérable» de la conscience qui la définit comme «le droit à l'auto-volonté». Il a noté que Newman défendait les papes Pie IX et Grégoire XVI, qui, selon les mots du cardinal Pell, «condamnaient une conscience qui rejetait Dieu et rejetait la loi naturelle».
Le cardinal a également rendu hommage à «deux grandes encycliques» S. Jean Paul II, Veritatis splendor et Evangelium Vitae, qui présentent la loi morale comme quelque chose de contraignant dans tous les cas.
Lorsqu'on lui a demandé si le malaise de certains catholiques, à propos de l'état de l'Église, était lié à des fausses théories de la conscience, le cardinal Pell a dit: «Oui, c'est exact».
Il a ajouté: «L'idée que vous pouvez discerner que les vérités morales ne doivent pas être suivies ou ne devraient pas être reconnues [est] absurde».
«Nous sommes tous sous la vérité», a déclaré le cardinal, soulignant que la vérité objective peut être «différente de notre compréhension de la vérité».
Il a également déclaré que tandis que la doctrine se développe, il n'y a pas de «retour en arrière».
Le cardinal Pell a été interrogé sur la lettre à François de Quatre cardinaux demandant des éclaircissements de la récente exhortation du Pape Amoris Laetitia. Les cardinaux ont demandé au pape de confirmer que cinq points de l'enseignement catholique sont toujours valables. Il s'agit notamment de l'enseignement que les remariés ne peuvent pas recevoir la communion à moins de vivre comme frère et sœur, et l'enseignement que certains absolus moraux n'ont pas d'exceptions.
Le pape n'a pas répondu à la demande des quatre cardinaux, qui a été envoyée il y a deux mois. Les cardinaux ont pris cela comme une invitation à publier leurs questions et à poursuivre la discussion. Le chef des évêques grecs a déclaré que les quatre cardinaux étaient coupables de «péchés très graves» et pourraient provoquer un schisme.
Interrogé sur la question des cardinaux, le cardinal Pell a répondu: «Comment pouvez-vous être en désaccord avec une question?» Il a dit que la question des cinq questions avait «du sens».
1. Il est demandé si, en conséquence de ce qui est affirmé dans "Amoris lætitia" aux nn. 300-305, il est maintenant devenu possible d’absoudre dans le sacrement de Pénitence et donc d’admettre à la Sainte Eucharistie une personne qui, étant liée par un lien matrimonial valide, vit "more uxorio" avec une autre personne, sans que soient remplies les conditions prévues par "Familiaris consortio" au n. 84 et réaffirmées ensuite par "Reconciliatio et pænitentia" au n. 34 et par "Sacramentum caritatis" au n. 29. L’expression "dans certains cas" de la note 351 (n. 305) de l’exhortation "Amoris lætitia" peut-elle être appliquée aux divorcés remariés qui continuent à vivre "more uxorio" ?
2. Après l’exhortation post-synodale "Amoris lætitia" (cf. n. 304), l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 79, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, à propos de l’existence de normes morales absolues, obligatoires sans exception, qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais, continue-t-il à être valide ?
3. Après "Amoris lætitia" n. 301, est-il encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel (cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs, Déclaration du 24 juin 2000) ?
4. Après les affirmations contenues dans "Amoris lætitia" n. 302 à propos des "circonstances qui atténuent la responsabilité morale", faut-il encore considérer comme valide l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 81, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, selon lequel "les circonstances ou les intentions ne pourront jamais transformer un acte intrinsèquement malhonnête de par son objet en un acte subjectivement honnête ou défendable comme choix" ?
5. Après "Amoris lætitia" n. 303, faut-il considérer comme encore valide l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 56, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, qui exclut une interprétation créatrive du rôle de la conscience et affirme que la conscience n’est jamais autorisée à légitimer des exceptions aux normes morales absolues qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais de par leur objet ? [6]
Lors du débat hier soir de l'entre-deux tours de la primaire "Les Républicains" les deux candidats finalistes interchangeables de la primaire "de droite", ont feint de s'opposer sur l'avortement. Ils ont déclaré pour l'un que "l'avortement est un droit fondamental" (Alain Juppé) [1], pour l'autre que l'avortement "sur le plan juridique, ce n’est pas un droit fondamental, pas dans la Constitution", c'est "un droit essentiel sur lequel il n’est pas question de revenir" (François Fillon) [2].
Nous trouvons ici l'occasion d'exposer la méthode du diable pour faire avancer son anti-société. La méthode de Satan est celle du libéralisme.
Dans son dernier livre, en forme de testament spirituel, le célèbre exorciste Gabriele Amorth, récemment monté au Ciel à l'âge de 91 ans, explique ce qu'il pense de l'avortement et explique la méthode du diable pour le faire accepter dans les masses.
Du débat qui a pu être offert hier soir entre F. Fillon et A. Juppé, il s'agit ni plus ni moins que de satanisme.
Gabriele Amorth sur l'avortement et le divorce. Extrait (p. 22) :
« La méthode du démon est la suivante :
Il tente en premier lieu de persuader que ce que Dieu dit n'est pas vrai (Cf. Gn 3, 1 et s.).
"Pourquoi ne mangez-vous pas du fruit de l'arbre? dit-il à Adam et Eve.
Parce que Dieu nous a dit que si nous en mangions, nous mourrions."
"Ce n'est pas vrai ! répond le démon. Dieu est un menteur. Oui, c'est un menteur ! C'est faux, vous ne mourrez pas."
Deuxième tactique : "Au contraire, vous serez semblables à lui, parce que vous connaîtrez le bien et le mal." Donc le démon commence par nier les vérités révélées par Dieu. "Ce n'est pas péché ! Vous rigolez ! Le divorce, l'avortement, ce n'est pas péché ! C'est, à l'inverse, un signe de progrès. Un pas en avant de la civilisation, un progrès de l'humanité."
Chez nous en Italie, deux référendums sont passés - je les ai suivis tous les deux -, en premier celui du divorce et en second celui de l'avortement, signes de civilisation ! Signes de progrès ! (1974 : Divorce - 1982 : Avortement). C'est cela la tactique du diable. De nier d'abord ce que Dieu dit: que c'est péché ! Ensuite, de faire apparaître le mal comme un bien. »
Nous remarquerons que la description de la méthode satanique quant au divorce et à l'avortement, faisant de ces péchés des "progrès" est employée par A. Juppé et F. Fillon qui parlent de l'avortement comme "un droit", "une liberté". Cette méthode a également été employée pour légaliser le soit-disant "mariage" homosexuel, pour lequel il faudrait laisser les homosexuels "libres" de se "marier".
« L'avortement, cette loi de l'assassinat » (p. 84)
Gabriele Amorth explique qu'avec cet argument de la liberté, il faudrait laisser les assassins libres de tuer...
(p. 50) « Il y a eu sans le moindre doute des mouvements philosophiques et politiques qui ont été un désastre. La Révolution française, par exemple; quel désastre ! Mais aussi le siècle des Lumières, le rationalisme, le communisme. ... Le communisme s'est écroulé en tant que régime, même à Moscou, en comparaison de ce qu'il a pu être par le passé. Il est tombé, sans coup férir, quand est tombé le Mur de Berlin. Qui l'aurait cru ? »
La méthode libérale satanique, p. 65 :
« Oui une tragédie. ... Beaucoup de catholiques ... croyaient aux mensonges communistes et socialistes. Le plus grand mensonge était de dire que le divorce n'est pas une obligation. Si tu es contre alors ne le fais pas, mais tu dois respecter ceux qui veulent le faire, respecte la liberté de qui veut le faire.
... Ce sont des bobards, car nous devons respecter les lois de Dieu. ... Parce que sinon, en suivant cette logique, on peut tout justifier.
Pareil avec l'avortement. Ce n'est quand même pas une obligation que d'avorter. Pas du tout. Si tu es contre, alors ne le fais pas. Mais respecte ceux qui veulent le faire.
C'est avec ce discours qu'ils ont amadoué les catholiques pour le divorce et l'avortement.Sapristi, mais dans le plan de Dieu il est écrit : "Tu ne tueras point !" »
(p. 79.) « Maintenant nous aimerions aborder le thème de la société contemporaine. Vous avez déjà mentionné différents courants de pensée du monde moderne : l'illuminisme, l'athéisme, le libéralisme et les autres. Il y a d'autres menaces spirituelles pour notre monde aujourd'hui. Selon vous, quelle serait la menace spirituelle la plus grave? »
Gabriele Amorth :
« Je reprends toujours le même discours: la menace la plus grave de toutes est de nier l'existence de Dieu. C'est le point de départ. De la négation de Dieu partent toutes les philosophies qui se prononcent contre lui et contre la religion, et qui promeuvent l'immoralité."
Gabriele AMORTH, J'ai rencontré Satan, Le Combat du plus célèbre exorciste, Entretiens avec Slawomir Sznurkowski, Traduti de l'italien par Quentin Petit, EdN, Vendôme 2016
Gabriele Amorth explique une manière assurée de ne pas tomber dans les pièges du démon : être avec le Christ, appliquer Ses commandements.
A la question (p. 37) : « Pourquoi donc une grande majorité de mariages aujourd'hui en Italie finissent-ils par exploser ? », il répond :
« Parce qu'on n'observe plus la Loi de Dieu : "Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le divise pas." (Mt , 19, 6.) »
(p. 85) :
« Il n'existe aucune voie intermédiaire : "Celui qui n'est pas avec moi est contre moi." (Mt 12, 30.)
Beaucoup se font illusion en pensant trouver une voie intermédiaire. Ils se disent : je respecte Jésus, je ne parle pas mal de lui, mais je fais ce que bon me semble, je n'en fais qu'à ma tête.
Et ce n'est pas possible. Celui qui ne suit pas les lois du Christ, suit celles de Satan. Il est sous l'emprise des lois de Satan, qui se résument à trois et que tous les satanistes suivent. Voici les trois lois que les satanistes et Satan lui-même suivent :
- Première loi : Fais tout ce que tu veux. Pas de limite. Pas d'interdiction. Tu veux tuer ? Alors tue ! Fais ce que tu veux. [C'est la loi d'avortement. NdCR.]
- Deuxième loi : Nul n'a le droit de te dicter ce que tu dois faire. Tu n'as à obéir à personne car personne n'a le droit de te donner des ordres.
-Troisième loi du satanisme : Tu es ton propre Dieu.
C'est exactement de cette façon que l'ange Lucifer est devenu diable. »
Conclusion Christ-Roi
Fillon est tout aussi nocif que Juppé. C'est une question de degré. Mais il entraîne tout aussi sûrement que lui en enfer. Car c'est très clair : « il n'existe aucune voie intermédiaire : "Celui qui n'est pas avec moi est contre moi." (Mt 12, 30.) »
Gabriele Amorth précise qu'en enfer aussi "il existe une hiérarchie : les diables les plus forts tyrannisent les moins forts..." (p. 75)
La très grande majorité des enfants ne veulent pas du divorce de leurs parents, vient de déclarer un juge espagnol des affaires familiales qui a vu passer plus de 15.000 procédures devant sa juridiction. Pour José Luis Utrera, « la famille traditionnelle a explosé » – et c’est une réalité qui fait d’abord du tort aux enfants. Ils sont « toujours » les victimes du divorce, assure ce juge avec toute la force de son expérience de plus de vingt ans. Auteur d’un Guide du bon divorce il ne peut être soupçonné d’une opposition de principe à la rupture légale de l’alliance matrimoniale. Son objectif avoué est même que les divorces se passent bien. Son point de vue n’est pas moral, mais empirique.
Dans un entretien qu’il a donné au quotidien La Opinion de Malaga, le juge Utrera plaide pour la médiation, seule capable selon lui de ne pas se borner à un règlement purement juridique des situations où interviennent « des composantes psychologiques, émotionnelles et personnelles très importantes ». Si on ne les prend pas en compte, le règlement juridique est bien là mais les conflits subsistent, donnant lieu à de multiples oppositions et modifications ultérieures, « comme une blessure que l’on panserait sans d’abord soigner l’infection ».
....
« Dans 90 % des cas, ce qu’ils voudraient, c’est de voir leurs parents recommencer à vivre ensemble, et s’ils ne le peuvent pas, que de grâce, ils ne se battent pas. Nous rencontrons des enfants qui sont utilisés pour envoyer des messages de l’un à l’autre, sur lesquels on exerce une pression psychologique pour qu’ils prennent position en faveur de l’un ou de l’autre ; des enfants qui finissent par manipuler eux-mêmes les adultes, parce qu’ils savent que leur opinion est importante, des enfants qui assument toute la responsabilité en croyant que ce sont eux qui décident, et cela provoque des traumatismes qu’ils vont porter pendant toute la vie. C’est pourquoi nous essayons lors des audiences de les décharger de cette responsabilité, en faisant clairement comprendre qu’on les écoute, mais que ce ne sont pas eux qui décident. »
A Malaga, en Espagne, 90 % des enfants voudraient voir leurs parents en voie de divorcer se remettre ensemble
Si 40 % des divorces ne donnent pas lieu à des conflits ultérieurs entre les conjoints, selon le juge, celui-ci ne cache pas qu’il a vu des couples totalement désemparés, ou un des deux époux psychologiquement détruit, faisant face à des problèmes de travail, médicaux, psychologiques et psychiatriques : « Un vrai chaos. » « Un divorce mal mené finit par éclabousser toute la société », assure le juge Utrera, en reprenant à son compte le jugement des psychologues : « Un divorce est la deuxième situation la plus stressante après la mort d’un être cher. »
Bref, si même les partisans du divorce, ceux qui imaginent qu’il peut y avoir de « bons » divorces sont obligés de poser un tel constat d’échec, il serait peut-être temps de reconnaître que le mariage engage non seulement à titre privé, mais aussi devant la société et plus encore devant les enfants qui en naissent.
Dans de nombreux pays d’Europe, y compris en France, le divorce, après s’être imposé comme un droit, est aujourd’hui de plus en plus facilité ; dès 2017, il pourra se faire en France simplement devant l’officier d’état civil. Partout où le divorce est plus simple d’accès, il devient plus fréquent, au risque d’achever de faire exploser la société après avoir fait éclater la famille.
Un livre vient de sortir au sujet des "Apôtres en Inde", S. THomas et S. Barthélémy. Les auteurs sont Cristiano Dognini et Ilaria Ramelli (Ed. Certamen).
Les Apôtres en Inde, dans la patristique et la littérature sanscrite
Cristiano Dognini et Ilaria Ramelli partent d’un constat simple : s’il est admis que les rapports commerciaux et diplomatiques entre l’Occident et l’Inde ont été fréquents, sinon continus, à partir d’Alexandre, l’historiographie moderne considère que la prédication chrétienne en Inde n’a commencé qu’à l’époque de Constantin. Cette convention paradoxale, qui par ailleurs se heurte à la patristique antique et aux traditions du christianisme indien, est la conséquence, selon les auteurs, de l’impasse idéologique dans laquelle s’était égarée la recherche au XIXe et au début du XXe siècle.
Ils estiment que le débat mérite d’être rouvert, avec des objectifs et des méthodes affranchis des limitations partisanes qui lui valurent l’enlisement. À travers l’analyse textuelle poussée des sources, et à la lumière des découvertes scientifiques récentes, de l’archéologie, ou encore de la numismatique, les auteurs se proposent d’identifier les éléments des traditions indienne et patristique compatibles avec ce que l’historiographie moderne a permis d’établir à propos des relations entre l’Inde et l’Occident antique et de la prédication chrétienne primitive.
Cette étude se déploie le long d’un arc chronologique allant de l’avant-Alexandre à l’après-Constantin (cinq chapitres), entre lesquels s’intercalent, en contrepoint, trois chapitres dédiés à l’étude de textes sanscrits, hindouistes et bouddhistes, et des éléments de culture chrétienne qu’ils recèlent.
Au Chapitre I, Cristiano Dognini aborde la question des contacts entre l’Inde et l’Occident dès avant Alexandre, vécus à travers la médiation perse, et les récits de visiteurs ponctuels comme Scylax de Caryanda ou Ctésias. Il y analyse les connaissances et la perception que le monde grec avait de l’Inde avant de la rencontrer réellement.
La conquête d’Alexandre met enfin en contact direct l’Inde et l’Occident, et permet la tenue d’échanges véritables, qui culminent dans la synthèse culturelle des royaumes indo-grecs. L’Inde, qui jusque-là était un horizon imaginaire, devient un interlocuteur diplomatique, puis commercial, et philosophique : les philosophes indiens peuplent les textes occidentaux, tandis que le grand Maharaja Ashoka entreprend de diffuser le bouddhisme « aux terres des Grecs ». Le monde grec, et en l’occurrence les Ptolémée d’Égypte, en inaugurant la route maritime des moussons, donnent à l’Occident antique un prodigieux moyen de communication avec l’Inde.
____ Au Chapitre II, Ilaria Ramelli montre que les contacts entre Rome et l’Inde ont été très intenses dès le début de l’époque impériale. La puissance romaine permet en effet le plein développement de la route maritime que les Ptolémée n’avaient pas les moyens de sécuriser, tandis que sa richesse et son prestige inaugurent une longue saison d’ambassades. L’Inde devient « une voisine », la nation qui clôt l’écoumène à l’Est comme l’Espagne le clôt à l’Ouest. Ainsi, des sources telles que le Periplus Maris Erythraei ou l’Histoire Naturelle de Pline peuvent décrire avec une grande précision les étapes du voyage vers l’Inde, tandis que ses produits de luxe inondent l’Empire, au point de devenir des clichés littéraires. Les implantations de citoyens de l’Empire, notamment en Inde méridionale, sont permanentes.
Les informations culturelles, politiques et religieuses y sont aussi plus fiables, signe qu’elles n’ont jamais aussi bien circulé. Les ambassades indiennes continuent d’affluer jusqu’à la fin du IIe siècle avant de s’interrompre et de ne reprendre qu’avec Constantin.
____ Le Chapitre III est dédié à la mission en Inde de Pantène d’Alexandrie, rapportée par Eusèbe et Jérôme. Cette mission est doublement intéressante : située au IIe siècle ap. JC elle anticipe de plus d’un siècle le terme (constantinien) généralement retenu, mais ouvre également sur des phases encore plus reculées. La découverte en Inde méridionale par Pantène d’un Évangile araméen de Matthieu pose en effet la question de la prédication en époque apostolique.
Ilaria Ramelli évalue la plausibilité de la mission à travers une analyse textuelle serrée des témoignages patristiques, mais également dans le contexte historique général posé au chapitre précédent. Elle aborde ensuite la question de l’élan missionnaire primitif parti des milieux judéo-chrétiens de Palestine, et de l’aire syriaque, et de manière plus spécifique, de l’Apôtre Barthélémy, que la tradition associe à l’Inde.
L’auteur considère que la présence d’informations récentes sur l’Inde chez Hippolyte de Rome, et chez Clément d’Alexandrie, disciple de Pantène, plaide en faveur de l’historicité de la mission.
____ Ilaria Ramelli dédie le Chapitre IV à l’étude de la tradition autour de la prédication de l’Apôtre Thomas en Inde. Thomas est associé à l’Inde non seulement par la patristique (les célèbres divisions du monde entre les Apôtres, les divers Actes de martyrs…), mais également par les chrétiens indiens, qui lui attribuent leur évangélisation, se donnent eux-mêmes le nom de « chrétiens de saint Thomas », et prétendent en garder la tombe. Par-delà la dimension légendaire que véhiculent ces traditions, Ilaria Ramelli observe que le christianisme indien, qu’il s’agisse de ses rites, ses titres, ses coutumes, ses légendes, est pétri d’archaïsmes reconductibles à ce même christianisme syro-araméen primitif qui faisait de l’ Évangile de Matthieu son texte central. Elle montre également comment Thomas est lui-même fortement lié au christianisme syro-araméen pour avoir été à l’origine (en personne, ou à travers son disciple Thaddée) de l’évangélisation de la ville d’Édesse, de l’Osroène dont elle est la capitale, et de la Mésopotamie. Elle estime que s’il est impossible de prouver que l’Inde a été évangélisée dès l’âge apostolique, il est aussi impossible d’exclure cette éventualité : ni l’étude textuelle des sources, ni l’étude anthropologique de la chrétienté indienne, ni les témoignages archéologiques n’y formulent d’objection.
____ Cristiano Dognini examine au Chapitre V la présence d’échos chrétiens dans les mythes spécifiques à la naissance de Krishna, qui font leur apparition dans le panorama de la littérature sanscrite autour du IIe siècle ap. JC. L’auteur constate que les emprunts de motifs tirés des Évangiles (tels que Massacre des Innocents, la Fuite en Égypte, l’Annonciation…) sont indubitables, et en déduit que les récits chrétiens étaient assez connus en Inde pour que l’hindouisme se les approprie et les intègre au service de ses propres cycles mythiques.
____ Le Chapitre VI porte sur le Milindapañha, un texte indien qui narre la conversion du roi indo-grec Ménandre au bouddhisme. Cristiano Dognini revient sur les nombreux éléments grécisants qui émaillent le dialogue, qu’il met en perspective, encore une fois, au moyen de la théorie des échanges culturels : malgré l’utilisation d’éléments de culture grecque, le texte est dans son essence et dans sa démarche fondamentalement bouddhiste et fondamentalement indien. Mais l’auteur du Milindapañha n’a pas fait que puiser dans la culture grecque : Cristiano Dognini remarque qu’il a aussi intégré au dialogue entre Ménandre et le moine Nagasena des motifs tirés des paraboles évangéliques : encore une fois, plus qu’une question d’autorité ou de filiation, ce transfert culturel montre que l’intégration et l’appropriation des traditions extérieures sont une caractéristique de la pensée indienne.
Ces échanges culturels sont pour l’auteur absolument naturels, dans le contexte des relations commerciales et diplomatiques intenses entre l’Occident romain, la chrétienté orientale, et l’Inde en période impériale.
Cristiano Dognini démontre que ces échanges sont bidirectionnels : à la différence de leurs prédécesseurs païens, les auteurs chrétiens de l’Antiquité ont conscience des spécificités du bouddhisme, qu’ils distinguent avec un certain de degré de précision des autres traditions indiennes.
Fabrice de Tolède ou saint Fabrice ou saint Fabricien, premier évêque de Porto au Portugal. Mort martyr et vénéré avec Philibert à Tolède en 417. Il est fêté le 22 août.
Sources: 1; 2
Christophe (+ vers 250), dérive des mots grecs Kristos (Christ) et phorein (porter), c'est-à-dire celui qui porte le Christ, en allusion à un géant légendaire initialement nommé "Réprouvé" qui aurait aidé l'enfant Jésus à traverser une rivière. Autrefois,...
Les forêts t'apprendront plus que les livres. Les arbres et les rochers t'enseigneront des choses Que ne t'enseigneront point les maîtres de la science.
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 35.
À quoi pouvait rêver dans l'éclat...
À la basilique Saint-Pierre le 19 août 2026, le pape Léon XIV a rappelé aux fidèles que le Concile Vatican II "attribue une grande valeur au chant grégorien" Cf. https://x.com/i/status/2090019577153401251 "Noble et simple" : ce que Léon XIV demande pour...
Saint Jean Eudes, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 117.
Dans le but de travailler au relèvement du Clergé, "le plus grand ennemi de l'Église", selon lui, le Père Eudes ouvrit à Caen un séminaire qui fut l'embryon d'une...
Etonnant destin de Ste Hélène, qui fut la concubine de Constance Chlore. Le nom de la mère de Constantin, devenue chrétienne et premier pélerin illustre de Terre sainte, est immortalisé par "l'Invention de la sainte Croix". Image tirée d'une photo Bibliothèque...
https://lanuovabq.it/it/nuova-sinodalita-crescono-gli-appelli-al-papa-per-dire-basta
Stefano Fontana 17/08/2026 La lettre ouverte de l'évêque néerlandais Mutsaerts est la dernière initiative en date appelant Léon XIV à mettre fin aux nombreuses diatribes...
Un évêque impose le genre dans les écoles catholiques : les familles se révoltent, le Vatican reste silencieux. La Nuova Bussola Quotidiana Nico Spuntoni 13/08/2026 À Hambourg, l'évêque Hesse, fervent défenseur de la synodalité allemande et partisan d'une...
"Quantum potes, tantum aude" – "Ose faire autant que tu le peux" (Saint Thomas d'Aquin). Entretien avec Dom Alcuin Reid
L'encyclique Traditionis Custodes nous "menace d'euthanasie sacramentelle". Dom Alcuin Reid, prieur fondateur du monastère Saint-Benoît...
Migration, écologie, dialogue, pauvreté : l’agenda "horizontal"censé populariser l’Église a vidé les séminaires et les bancs de ses fidèles. Quelle est votre analyse de l’état de l’Église européenne ? Malheureusement, le pape François l’a poussée avec...