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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 17:25

Josef Joffe, le rédacteur-éditeur de l'hebdomadaire allemand Die Zeit, suggère que le moyen le plus simple pour mettre fin à la "catastrophe Trump" est d'assassiner le président à la Maison Blanche.

 

Comme le rapporte Jacob Bojesson du Daily Caller, Joffe qui participait au jeu télévisé de l'ARD-Presseclub répondait aux questions du public. Un spectateur a appelé pour demander s'il était possible d'interpeller le président Donald Trump et de mettre fin à la "catastrophe".

 

"Il doit y avoir une majorité qualifiée des deux tiers du Sénat pour que le renvoi du mandat ait lieu", a répondu une femme membre du jury. "Ce sont politiquement et légalement des haies assez hautes, beaucoup de choses devraient se produire pour elle, nous sommes loin de cela."

 

Joffe s'est alors jeté dans la discussion avec une réponse calme.

http://www.zerohedge.com/sites/default/files/images/user3303/imageroot/2017/01/23/20170126_joffe.jpg

"Un meurtre à la Maison Blanche, par exemple", a-t-il dit.

Source: Zero Hedge

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 14:32

Si il y en a qui n'ont pas encore compris qui étaient les socialistes :

Un noir américain expose la vérité sur les socialistes : "ils exploitent vos motivations quelles qu'elles soient pour vous exciter et diviser le pays"

La haine que Madonna a déversé contre Trump a provoqué le buzz sur internet. Pourtant, l’histoire d’un citoyen ordinaire n’a pas fait moins de bruit, accusant les manifestants anti-Trump de "la marche des femmes" de diviser le pays, alors que Trump vient à peine d'entrer dans ses fonctions, investi il y a une semaine.

Extrait :

 

« Je passais seulement par ici. Je ne comprends même pas pourquoi ils sont là. Il y a eu l'investiture hier, et maintenant nous avons tout cela. Qu'est-ce qu'a fait Trump pour que tout cela se passe ? Il n'a fait que prendre ses fonctions. Et je vois des signes d'unité, d'amour, et de paix, et pourtant ils ont brûlé un Starbucks, un McDo, une limousine. Et lors de l'investiture c'est l'anarchie ! Qu'est-ce que tout ca ? Il a été élu légitimement par une majorité d'électeurs.

 

Quand Obama était président et mettait en avant ses réformes, son politiquement correct, toutes ses idées, avez-vous vu des gens faire tout cela ? Non. Parce que nous étions unis derrière le président.

 

[...] Ils (les socialistes) exploitent vos motivations quelles qu'elles soient. Ils jouent avec vos émotions pour vous exciter, et pour que vous continuiez à faire ce que vous faites : diviser le pays. »

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 22:35
Tatiana Montian : l'actuel gouvernement ukrainien se maintient au pouvoir depuis trois ans grâce au mythe sur l'"agression russe"

Le 25 mais 2014, nous présentions le probable président Porochenko, qui a effectivement été "élu" :

 

Lire : Le président Porochenko, héritier d'une dynastie d’escrocs : c’est la fin de ce qui reste de l’Ukraine

 

Tatiana Montian est une célèbre avocate et juriste ukrainienne, clairement engagée dans le débat politique en Ukraine et qui n'a pas froid aux yeux. Elle a notamment osé défendre Rouslan Kotsaba, un journaliste ukrainien de la chaîne publique de télévision Kanal 112 accusé de trahison pour ses appels trop pacifistes à la population.

 

Porochenko-a-autorise-la-police-a-tirer-sans-avertissemen.jpg Trois ans après le coup d'Etat du Maïdan à Kiev, soutenu par les Etats-Unis d'Obama et Union européenne, elle donne dans la video ci-dessous la situation politique et économique de l'Ukraine, dont plus personne ne parle et ne se soucie en Europe... : le pays est ruiné. Et l'actuel gouvernement ne se maintient au pouvoir que grâce au mythe sur "l'agression russe" dont Porochenko continue de gaver inlassablement les bataillons ultra-nationalistes.

Le 5 décembre, Tatiana Montian a eu l'occasion de pouvoir venir s'exprimer lors d'une rencontre dans les murs du parlement de Bruxelles, à la manière de beaucoup d'Ukrainiens de bonne foi qui s'adressent aux européens, croyant avoir affaire à des amis de la paix et de la démocratie qu'on n'aurait pas mis au courant de ce qui se passe en Ukraine.

 

Le bilan qu'elle dresse reste néanmoins sans appel et renvoie les adorateurs du "Maïdan" à leurs responsabilités dans le soutien politique de cette opération. (Source)

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 12:03

Dans une interview au journal “Die Presse” en décembre 2016, Mgr Benno Elbs, évêque de Feldkirch (AU), ayant participé au Synode des évêques à Rome sur le thème de la famille en 2014 et 2015, a déclaré au sujet d'"Amoris laetitia" du pape François : "L’enseignement (de l'EGLISE) est modifié dans la mesure où les fidèle peuvent maintenant décider en conscience de ce qu’ils peuvent faire, avec, pour ainsi dire, la bénédiction du Pape." Cette nouvelle conception de la conscience autorise la distribution de la communion aux remariés continuant de vivre dans le péché. (Cf. Les évêques de Malte autorisent les divorcés civilement remariés à recevoir la communion).

 

L'Eglise fête sainte Angèle Mérici le 27 janvier. Cette religieuse du XVIe siècle, fondatrice de l'Ordre des Ursulines dont l’objectif est de pratiquer une vie de perfection dans le monde et d’instruire les adolescentes dans les voies du Seigneur, nous a laissé une magnifique prière d'abandon "Mon Seigneur, ma seule Vie et mon unique Espérance". Cette prière nous enseigne que livré à nous-même et à notre seule volonté, nous ne savons "discerner le bien du mal" :

La prière d'abandon de Sainte Angèle Mérici

« Prière d’abandon » de Sainte Angèle Mérici

 

à Jésus-Christ

 

« Mon Seigneur, ma seule Vie et mon unique Espérance, je Te prie de recevoir mon cœur si misérable et de brûler tout ce qu’il y a de mauvais en moi au feu de Ton Amour.

 

Je Te prie, Seigneur, de recevoir ma liberté, toute ma volonté, qui, livrée à elle-même, ne sait discerner le bien du mal.

 

Reçois donc, Seigneur, toutes mes pensées, paroles et actions et enfin tout ce que je possède en moi et hors de moi.

 

Je remets tout entre Tes mains. Dans ma pauvreté, Seigneur, reçois-moi. Amen ! »

 

Sainte Angèle Mérici (1470-1540)

 

Source: Site-catholique.fr

Sainte Angèle (1470-1540) plaça sa congrégation des Ursulines sous le patronage de sainte Ursule, princesse bretonne des Cornouailles du Ve siècle qui, pour fuir son prétendant, fit un pèlerinage de trois ans, et capturée par les Huns à son retour, refusa d'épouser leur chef Uldin (ou son petit-fils Attila), et d'abjurer sa foi. Les Huns, qui assiégeaient la ville de Cologne, la massacrèrent, criblée de flèches, ainsi que ses suivantes vierges. Sainte Ursule est invoquée pour obtenir un bon mariage.

 

Sainte Angèle réconforte, apaise et réconcilie.

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 16:08
Michel Collon : "Le monde ne parle que de cela : Trump est un monstre pour l'Establishment et les medias"

Extrait :

 

Michel Collon : "Quand on regarde Libération, on nous dit : 'Obama, un bilan largement positif'. Mais comment est-il possible de dire cela ? Il y a 50 millions de gens aux Etats-Unis, dans 'le pays le plus riche du monde', qui vivent sous le seuil de pauvreté; et pendant ce temps-là les fortunes explosent; huit personnes, dont cinq américain, possèdent autant que la moitié de l'humanité; le bilan d'Obama, c'est aussi sept guerres qu'il a menées un peu partout, et des coups d'Etat dont on ne parle presque pas; il avait fait un magnifique discours aux Arabes palestiniens, et on n'a rien vu venir. Donc, comment dire pour un media comme Libé que le bilan d'Obama est positif ?"

 

Et pour faire contraste, on a Libé qui titre un article : "Cauchemar avec Trump".

 

Alors c'est clair, Trump est 'un milliardaire', mais c'est clair aussi que les gens ont voté Trump à cause des années qui ont enrichi les riches et les autres ont de plus en plus de mal à terminer leur fin de mois.

 

L'Obamacare est un échec, le crédit est absolument catastrophique, les gens sont endettés. Mais c'est la même politique, menée par Obama, que les Etats européens veulent copier maintenant : on n'arrête pas de nous dire que c'est 'le modèle' (à suivre), qu'il faut la compétitivité, c'est-à-dire qu'il faut augmenter les profits des riches et que cela va faire du bien aux autres. Donc, les media ne mettent absolument pas en avant les véritables causes pour lesquelles Trump a été élu.

 

[...] Trump est venu dire que, au fond, on aurait pas dû faire la guerre contre l'Irak, ni contre l'Afghanistan, ni contre la Libye, ni contre la Yougoslavie, nui contre la Syrie. Alors, cela, je me réjouis au moins pour moi, c'est que cela ouvre au moins le débat ! Il se base sur Wikileaks, sur Julien Assange, et il dit que ce n'était pas des guerres justes. Pourquoi est-ce qu'il y a zéro débat dans les media sur cette choses-là?

 

Alors, on a aussi la critique dans Le Monde: Trump serait "imprévisible".

 

Portrait de Noam Chomsky Evidemment, une campagne électorale, - ca, on le sait maintenant - c'est des promesses et ils ne comptent pas les tenir. Ils le font tous. Je voudrais rappeler que tous les présidents des Etats-Unis, dans leurs campagnes, ont promis la paix, et tous ont commis tellement de guerres illégales et tellement de crimes que selon Noam Chomsky, si l'on appliquait les principes de la justice internationale de Nuremberg, ils seraient tous en prison !

 

Je dois rappeler que George Bush avait fait sa campagne électorale en disant que Clinton, le président précédent, avait fait trop de guerres et qu'il fallait que les Etats-Unis soient beaucoup plus calmes.

 

Obama avait reçu, avant même de commencer, le prix Nobel de la paix, avait promis 'on va se retirer d'Irak', 'on va se retirer d'Afghanistan', 'on va fermer Guantanamo' : il n'en est rien venu. Et, à la place, ils se sont appuyés sur Al-Qaïda, sur Al-Nostra, ils ont utilisé Daesh officiellement (c'est des documents US officiels qui le disent) dans le monde arabe pour garder leurs positions dominantes. Donc, à parler de promesses, ok, qu'on nous parle de Trump, mais aussi de tous les autres !

 

Qui était Hillary Clinton ?

 

Hillary Clinton, je le dis, allait provoquer la IIIe Guerre mondiale, à force de provoquer la Russie, de les encercler, d'essayer de tout faire exploser au Moyen-Orient, (en Ukraine aussi, NdCR.), de menacer la Chine, on était parti pour un très grand danger de conflit mondial. Alors, cela n'est jamais mis en question. Hillary Clinton était la belle candidate. Moi, je dis qu'en réalité il n'y avait aucun bon candidat. Le système des Etats-Unis n'est pas démocratique, et vous aviez le choix entre un milliardaire et une millionnaire, mais qui avait tout l'argent des banques et de Goldman Sachs derrière elle. Donc on ne peut pas faire Trump, le mauvais et Hillary Clinton, la bonne.

 

Alors que se passe-t-il aux Etats-Unis ?

 

Et bien, en fait, l'élite est divisée. Ils sont en déclin économique, en déclin politique, et donc, il y a différentes options et ils ne savent pas comment faire pour rester le n° 1 mondial et empêcher l'apparition d'un monde multipolaire plus équilibré. Je vais donner un exemple: en Syrie, on a eu des groupes terroristes soutenus par le Pentagone qui tiraient sur des groupes terroristes soutenus par la CIA. Ce qui montre qu'ils ne savent plus quoi faire. Mais une super-puissance aux abois comme cela devient très dangereuse. Et je crois que c'est là-dessus qu'on devrait réfléchir. Et on ne trouve rien dans les media sur le fait qu'ils sont divisés."

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 15:42

Le pape "Qui suis-je pour juger?" attend de voir mais compare Trump à Hitler :

Six mois plus tôt, la phrase du Saint-Père — « une personne qui se revendique chrétien mais ne pense qu’à faire des murs et non des ponts, n’est pas en accord avec sa foi » — en réponse à la promesse de Donald Trump, s’il était élu, de construire 2 500 km de mur le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, et de déporter 11 millions d’immigrés illégaux, avait provoqué la colère du candidat, et fait le tour des réseaux sociaux.

 

Dans ce nouvel entretien accordé en exclusivité à El País, le Pape réaffirme sa position, invitant à « la prudence » avant d’émettre un jugement hâtif : « Nous verrons ce qu’il fera et nous évaluerons ! Je n’aime pas anticiper les faits, ni juger les personnes trop tôt (…) Le christianisme c’est du concret ou alors ce n’est pas du christianisme ! ».

 

Le Saint-Père ne cache cependant pas son inquiétude, rappelant les effets dévastateurs du « cas le plus typique des populismes au sens européen du terme » : celui de l’Allemagne, anéantie par la crise de 1929, qui, dans la tentative de se relever, s’est mise à « chercher son identité, à chercher un leader, quelqu’un qui lui rende son identité ». Un homme est arrivé, Adolf Hitler, qui a dit : « Moi, je peux, moi, je peux ». Et toute l’Allemagne a voté pour Hitler. Hitler, rappelle le Pape, « n’a pas volé le pouvoir, il a été élu par son peuple, et ensuite, il a détruit son peuple ». Le grand danger est là : « Dans les moments de crise, le discernement ne fonctionne pas », estime le Pape, et pour lui, « c’est une référence importante » qu’on ne saurait oublier et qu’il résume ainsi : « Nous cherchons un sauveur qui nous rende une identité et nous nous protégeons des autres peuples, au risque qu’ils ne nous en privent, dressant des murs, tendant des fils barbelés, avec n’importe quoi. C’est très grave ! Je le dis toujours : dialoguez entre vous », conclut-il dans une nouvelle mise en garde.

Le pape François attend de voir mais compare Trump à Hitler
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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 15:24

Selon le journal Il Timone, l'Académie Pontificale pour la Vie voulue par Jean-Paul II est en train d'être vidée de sa substance. Le nouveau président, Mgr Vincenzo Paglia, nommé par le Pape Bergoglio, vient d'annuler le séminaire qui était prévu pour fêter les 30 ans de l'Instruction Donum Vitae, un jalon important dans la construction de cette "culture de la vie" voulue par Saint Jean-Paul II pour pour combattre la "culture de la mort" désormais majoritaire en Occident.

Motif invoqué pour la suppression de ce séminaire intitulé "Technology and Human Generation"? "On préfère éviter de discuter de ce thème en attendant que les nouveaux dirigeants fixent la nouvelle direction à suivre" selon le Chancelier de l'Académie. Autrement dit: "vous pouvez oublier vos études sur la fécondation in artificielle, la maternité pour autrui et autres choses du genre". Mgr Paglia a plus d'une fois répété que les enseignements du Magistère, aussi bien ceux de Humanae Vitae que de Donum Vitae, Evangelium Vitae et Dignitas Personae étaient trop contraignants selon lui.

Mgr Paglia a d'ailleurs invité le théologien Maurizio Chidi, considéré comme l'un des plus libéraux, à venir enseigner à l'Académie. Il semblerait que le nouveau bastion à abattre soit celui qui unit l'acte conjugal et la procréation.

En outre, Mgr Pagia a décidé de cesser de nommer des experts à vie sur base de leurs compétences académiques ou de leurs travaux scientifiques en faveur de la vie mais de nommer les membres ordinaires sur base d'un mandat de cinq ans. On s'attend donc à la mise à la pension prochaine des experts en ligne avec Donum Vitae et à l'introduction de nouveaux membres bien décidés à en finir avec l'enseignement de Jean-Paul II.

On se souvient que Donum Vitae avait soulevé à l'époque de sa promulgation une vague de réactions négatives de la part de plusieurs experts scientifiques et théologiens impliqués dans les recherches sur la procréation assistée à tel point que l'Osservatore Romano du 21 décembre 1988 avait dû réaffirmer que cette note avait une valeur doctrinale parce que "la valeur de la vie humaine et la noblesse l'amour conjugal participent de façon essentielle à l'accomplissement de la mission salvifique de l'Eglise".

Avec la nomination de Mgr Paglia, on s'attend à un changement de cap et à un alignement sur les positions des cliniques universitaires rebelles et à une relativisation du problème. Mgr Paglia lui-même appelle l'Académie à "élargir ses horizons" pour embrasser "tout ce qui concerne la personne humaine dans le respect des genres et des générations et dans la promotion de la qualité de vie". On notera l'introduction d'une nouvelle terminologie, celle de "genre", nettement plus conforme à l'esprit du monde.

Il est en tout cas certain que l'objectif est de faire disparaître toute trace de l'enseignement et de l'action de Saint Jean-Paul II.

Le nouveau Président nommé par le Pape souhaite promouvoir le respect des genres et la qualité de vie plutôt que la doctrine.
 
Suppression de "toute trace" de Jean-Paul II à l'Académie pontificale pour la vie
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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 11:15
Christ remet les clés de l'Eglise à Saint Pierre, Pietro Perugino.

Christ remet les clés de l'Eglise à Saint Pierre, Pietro Perugino.

Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux: tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.

Evangile selon S. Matthieu, 16:18-19

La semaine de prière pour l’unité des chrétiens du 18 au 25 janvier a été célébrée sous le patronage de Martin Luther. Une célébration avait été préparée par le Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens conjointement avec la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Eglises et plus précisément avec le Conseil des Eglises en Allemagne (ACK). Elle avait pour slogan les mots du Pape François : “Luther est un témoin de l’Evangile”.

 

Si parler d’ “Eglise catholique” ne pose pas de problème, parler d’ “Eglise” pour qualifier les groupes et mouvements issus de la Réforme est une erreur, comme l’a enseigné le Cardinal Ratzinger lorsqu’il était Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi :

 

« Il existe une unique Eglise du Christ, qui subsiste dans l’Eglise catholique, gouvernée par le successeur de Pierre et les Evêques en communion avec lui. Les Eglises qui, quoique sans communion parfaite avec l’Eglise catholique, lui restent cependant unies par des liens très étroits comme la succession apostolique et l’Eucharistie valide, sont de véritables Eglises particulières.

 

(...) En revanche, les Communautés ecclésiales qui n’ont pas conservé l’épiscopat valide et la substance authentique et intégrale du mystère eucharistique, ne sont pas des Eglises au sens propre.

 

(...). Aussi n’est-il pas permis aux fidèles d’imaginer que l’Eglise du Christ soit simplement un ensemble - divisé certes, mais conservant encore quelque unité - d’Eglises et de Communautés ecclésiales ; et ils n’ont pas le droit de tenir que cette Eglise du Christ ne subsiste plus nulle part aujourd’hui de sorte qu’il faille la tenir seulement pour une fin à rechercher par toutes les Eglises en commun. » (Cf. Déclaration “Dominus Jesus”, n° 17)

 

La célébration imaginée pour marquer la semaine de l’unité des chrétiens catholiques et réformés a commencé par une demande de pardon “pour les péchés de division” commis “après la réforme”. Pas une seule mention de celui ou de ceux qui furent responsable(s) de la division...

 

Puis est venu le clou de la cérémonie : la construction d’un mur en boîtes à chaussures portant chacune le nom d’un de ces péchés : manque d’amour, discrimination, intolérance, division, abus de pouvoir, orgueil... Une fois le catalogue des “péchés” refermé, les participants ont été invités à démanteler du mur et à récupérer les boîtes pour les disposer de façon à former une croix.

 

S’il y a bien une chose qui pourrait susciter un désir d’unité entre chrétiens, c’est le refus commun de jouer bêtement avec des boîtes à chaussures.

La "semaine pour l'unité des chrétiens" oublie le sens du mot Eglise
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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 10:52

La bienheureuse Laura Vicuña, une bienheureuse pour notre temps, répond aux Dubia, pour lesquelles le pape François refuse toujours de répondre. Elle donne la bonne interprétation du document papal "Amoris laetita" qui, par son ambiguïté, semble autoriser la Communion à des personnes vivant dans des situations irrégulières (adultères), si leur conscience les laisse tranquilles:

« Dubia » : la bienheureuse Laura Vicuña, une bienheureuse pour notre temps

L’histoire de la petite Laura Vicuña, morte en odeur de sainteté le 22 janvier 1904 à l’âge de 13 ans, et béatifiée le 3 septembre 1988 par le pape Jean-Paul II, est certainement d’une grande importance en ces temps troublés pour l’Eglise. Alors que des cardinaux se sont vus contraints de publier leurs « Dubia », leurs questions posées au pape à propos de l’interprétation de l’exhortation apostolique Amoris laetitia, cette petite jeune fille chilienne vient apporter une réponse surnaturelle. Elle a offert sa vie en sacrifice pour sa mère, Mercedes, qui vivait en concubinage. Laura, consciente que la « situation irrégulière » où vivait sa mère chérie pouvait lui faire perdre son âme, a voulu offrir sa vie pour sa conversion. Folie aux yeux des hommes, sagesse aux yeux de Dieu.
 
L’histoire commence à Santiago du Chili le 5 avril 1891 : Laura naît dans une famille aisée et influente. Son père est un militaire de haut rang qui joue un rôle politique de premier plan. Mais une révolution va le briser : la famille Vicuña doit fuir la capitale et se réfugier à 500 km de là, réduite à la misère. Laura n’a que deux ans lorsque son père meurt, la laissant orpheline. Pour sa maman, c’est un long calvaire qui commence. Avec son aînée, Julia, et la petite Laura, elle entame un épuisant voyage de huit mois qui la mènera vers la pampa argentine.

 

Le lien entre une petite bienheureuse chilienne et les « Dubia »

 
Mercedes est à bout. Elle fait la rencontre d’un éleveur de bétail brutal et tyrannique, Manuel Mora : bientôt, elle va s’installer avec lui – contrainte par les circonstances, pourrait-on dire, et déliée de son précédent mariage par la mort du père de ses enfants.
 
A neuf ans, Laura est envoyée au pensionnat des sœurs salésiennes de Marie Auxiliatrice. C’est en cours d’instruction religieuse qu’elle apprend que Dieu n’aime pas l’union libre. Laura sait ce qu’il en est pour sa mère : elle tombe évanouie. Au cours suivant, la religieuse reparle du mariage et du concubinage, et Laura, de nouveau, pâlit. La sœur change vite de ce sujet mais ira en parler à la directrice du collège, qui lui recommande d’aborder de nouveau le sujet pour voir ce qui se passe, mais d’arrêter si Laura manifeste de nouveau sa peur. Et c’est ce qui se produit.
 
En fait, la pieuse petite Laura a parfaitement compris de quoi il s’agit : d’un mal très grave dont sa mère, l’être qu’elle aime le plus au monde après le bon Dieu et la vierge Marie, est responsable. Mercedes vit en état de péché mortel et elle risque la damnation éternelle. Laura décide d’offrir sa vie à Dieu afin que sa mère abandonne l’homme avec qui elle vit dans le péché. Elle en parle à son confesseur, qui lui répond : « Rends-toi compte que tout cela est très sérieux. Dieu peut accepter ce que tu lui offres et tu peux mourir très vite. » C’est en pleine connaissance de cause que Laura prend sa décision : elle offrira sa vie en sacrifice pour sauver l’âme de sa propre maman. Dans le même temps, elle émerveille aussi bien les religieuses que ses compagnes par sa bonne humeur, son obéissance, et son amour immense pour Jésus-Hostie et pour Marie.

 

Laura Vicuña est morte pour que sa mère puisse obtenir la vie éternelle

 
Le jour de sa première communion, Laura offre solennellement sa vie et consacre sa pureté à la Sainte Vierge.
 
De retour chez sa mère pour des vacances, elle subit les avances du concubin : agressée, frappée brutalement, elle ne cède pas et parvient à se faire respecter.
 
La maladie arrivera un peu plus tard, lorsque de retour au collège, une grande inondation se produit. Laura participe au sauvetage des plus petites, passant de longues heures dans l’eau froide pour les aider à sortir ; elle en gardera une grave et douloureuse maladie des reins.
 
Fille de Marie, Laura souhaite devenir religieuse. Mais les sœurs salésiennes lui expliquent que cela ne sera pas possible parce que sa mère vit en concubinage. De toute façon, l’état de santé de la petite adolescente se détériore. Elle continue de prier pour sa mère alors que les souffrances se multiplient : douleurs intenses, vomissements continuels… Elle répète : « Seigneur, que je souffre donc tout ce qui te paraît bien, mais que ma mère se convertisse et soit sauvée. »
 
Mercedes sera au chevet de la petite au moment où celle-ci entre en agonie : « Maman, il y a deux ans j’ai offert ma vie à Dieu en sacrifice pour obtenir que tu ne vives plus en union libre. Que tu te sépares de cet homme et que tu vives saintement… Maman, est-ce qu’avant de mourir j’aurai la joie de savoir que tu te repens, que tu demandes pardon à Dieu et que tu commenceras à vivre saintement ? »
 
Sa mère, bouleversée, s’exclame en pleurant : « Ah ma fille, c’est donc moi qui suis la cause de ta maladie et de ta mort ? Pauvre de moi ! Oh, Laurita, quel grand amour tu as eu pour moi ! Je te le jure ici même. Dès aujourd’hui je cesse de vivre avec cet homme. Dieu est témoin de ma promesse. Je me repens. Dès aujourd’hui, je changerai de vie. »
 
Dès cet instant, le visage de Laura se remplit de sérénité et de joie. Elle fait venir son confesseur : « Mon Père, ma maman promet solennellement de plus vivre en union libre », dit-elle, en étreignant celle-ci.

 

Une vie offerte pour la sainteté du mariage : Laura Vicuña, une bienheureuse qui répond aux « Dubia »

 
Recordamos a la Beata Laura Vicuña, beatificada por el Papa Juan Pablo II en 1988 Laura reçoit l’extrême-onction, embrasse le crucifix et lance à une amie venue la veiller : « Que l’âme se sent heureuse alors de la mort, lorsqu’on aime Jésus-Christ et la très Sainte Vierge Marie ! » Et dans un dernier regard sur le crucifix, elle s’exclame : « Merci Jésus, merci Marie », avant de s’éteindre, tout doucement. Elle n’avait pas encore 13 ans.
 
La maman dut fuir la région, déguisée, et changer de nom pour échapper à son concubin qui la poursuivait. Elle devait mener une vie sainte pendant le restant de ses jours.
 
De nombreux miracles ont été obtenus grâce à l’intercession de la petite Laura, aujourd’hui bienheureuse, fêtée le 22 janvier.
 
Laura a témoigné de la sainteté du mariage, jusqu’à l’héroïsme. Héroïsme de son sacrifice, héroïsme parfois demandé aux adultes pour accomplir la volonté de Dieu. Elle fut le véritable instrument du « discernement » pour sa maman, et sa mort offerte dit toute la valeur d’une âme sauvée ; sauvée à grand prix, par le sacrifice de la Croix ; par les actes offerts pour le salut des pêcheurs.

 

Anne Dolhein

Sources: (1) Infocatolica; (2) Reinformation.tv

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 13:08
Maxence Hecquard - Les fondements philosophiques de la démocratie moderne, 3e et dernière édition

Maxence Hecquard - Les fondements philosophiques de la démocratie moderne, 3e et dernière édition

Il semble que sur tous les sujets qui concernent aujourd'hui la vie concrète des Français, l'objectif n° 1 de nos politiques est d'ignorer systématiquement l'opinion majoritaire de leurs concitoyens. Les exemples sont nombreux. Citons-en trois : Nicolas Sarkozy passant par-dessus le vote négatif du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen, renvoyé devant le parlement et ratifié par lui; l'immigration et le contrôle des frontières; la vote de la soit-disant "loi" sur le "mariage" dit "pour tous"; la loi travail adoptée au 49.3 par Manuel Valls en mai 2016.

La véritable nature de la démocratie moderne est d'être totalitaire.

"La qualité propre de chaque chose... ne lui vient pas du hasard, écrit Platon dans le Gorgias, elle résulte d'un certain ordre, d'une certaine justesse et d'un certain art, adaptés à la nature de cette chose" (Gorgias, 506 d).

Au XIXe siècle, le libéralisme sera le "renoncement à penser la vie humaine selon son bien ou selon sa fin" (Pierre Manent).

L'ordre naturel et divin nié, il ne restait plus qu'un horizontalisme désenchanté, où l'individualisme permettra à chacun de définir le bien selon l'idée qu'il s'en fait et non plus en fonction d'un ordre naturel extérieur qu'il s'agissait de respecter pour réaliser sa fin. Une religion en a chassé une autre.

La démocratie est devenue aujourd'hui une valeur sacrée, une véritable religion. Un moyen et une fin horizontale.

 

Dans un ouvrage passionné, passionnant [...] où toute l'histoire de la pensée politique moderne et contemporaine est citée à comparaître " (P. Magnard), Maxence Hecquard revisite les fondements et la genèse de cette religion séculière. L'antique ordre du monde s'est écroulé. La mort de Dieu, définitive depuis Darwin, fait place à un Etat de droit fondé sur une.. vérité scientifique : le progrès. Qui contesterait un tel régime ? La cohérence remarquable du système apparaît ainsi à l'énoncé de la métaphysique sous-jacente : celle d'un univers en évolution peint par Condorcet et Teilhard de Chardin, mais véritablement pensé par Kant, Hegel et Darwin. La démocratie est le moment politique de ce "progrès". Hasard et liberté, droit et morale, intérêt et bien commun forment désormais autant de couples indissolubles. Le lien social devient essentiellement économique...

 

Source: Présentation du livre sur Amazon

Maxence Hecquard, Les fondements philosophiques de la démocratie moderne (préfaces de Pierre Magnard et Edouard Husson), 2007, 2e éd. François-Xavier de Guibert

Maxence Hecquard, Les fondements philosophiques de la démocratie moderne (préfaces de Pierre Magnard et Edouard Husson), 2007, 2e éd. François-Xavier de Guibert

Dans une video du "Cercle de l'Aéropage", l'auteur de l'ouvrage, Maxence Hecquard, DEA de philosophie (Sorbonne), aborde le sujet du livre avec son préfacier le philosophe Pierre Magnard, professeur émérite à la Sorbonne, et lauréat du Grand Prix de Philosophie de l'Académie française.

 

L'auteur postule que toute politique repose sur une métaphysique dont les hommes politiques, hommes d'action plus que de pensée, sont largement inconscients. Son objet est de faire la lumière sur cette métaphysique obscure, de montrer sa cohérence, et son opposition à celle à laquelle il adhère, étant personnellement aristotélicien et thomiste.

Ses positions ne sont nullement plus “archaïques” que celles de ses adversaires fidèles du “Hasard”, de la “Nécessité” et de l'“Évolution” dont les prédécesseurs sont Epicure, Lucrèce et les présocratiques.

Les orientations métaphysiques possibles ne sont pas en nombre infini et ce sont toujours les mêmes qu'au cours des siècles, les penseurs repensent et reformulent à la mode de leur époque, non sans en tirer des conséquences nouvelles.

 

L'ouvrage, qui comporte 73 points, sortes de monographies réparties en 6 chapitres, augmentés d‘une vaste bibliographie classée et d'un index des noms, pourrait facilement, servir de base à un cours de philosophie en 73 conférences.

 

Dans l'introduction, l'auteur montre que la démocratie “moderne” n'a à peu près rien à voir avec les démocraties antiques (qui respectaient un ordre de la nature extérieur à l'homme qu'il s'agissait de découvrir et auquel chacun devait se conformer. NdCR.)

La première partie intitulée “observer” sera une enquête sociologique, examinant le phénomène “démocratique” dans tous ses détails. Depuis 1945, la démocratie, idéologie des vainqueurs de la seconde guerre mondiale, n'est plus aujourd'hui un régime politique parmi d'autres possibles et acceptables, mais un régime obligatoire à prétentions universelles.

La seconde partie, intitulée “comprendre”, enquête philosophique, consistera à remonter la machine pour en montrer la cohérence et les fondements. Donc, tout commence au XIVe s. avec la grande révolution nominaliste et continue avec Hobbes, Rousseau, Kant et quelques autres. Nous voilà débarrassés de l'idée d'un ordre de la nature voulu par un Premier Moteur intelligent où chaque être a sa finalité propre, et nous pouvons constituer une science purement empirique, libérée de toute perspective théologique, assurant à l'homme une grande maîtrise de la nature. Tout cela ne va pas sans effets pervers qui se développent au cours des siècles : individualisme, liberté laissée à la subjectivité de chacun (la liberté" de définir le bien et le mal chacun selon l'idée qu'il s'en fait du pape François NdCR.), liberté limitée uniquement par l'intérêt de ses semblables et égaux, et par la loi votée par des “représentants”. La loi devient le seul critère de moralité qui ne soit pas subjectif..., et la Démocratie, obligatoire et universalisable, prend le caractère d'une nouvelle religion. Que deviennent, dès lors, les religions traditionnelles et révélées ? Selon Kant, elles sont une sorte de parabole, étape de l'évolution de l'humanité lui permettant de s'élever, par une sorte de décantation, à une religion naturelle universellement intelligible, valable pour le monde entier. Maxence Hecquard n'a pas de peine à montrer le caractère kantien des textes du concile Vatican II sur la liberté religieuse, et du ralliement de l'Église à la religion démocratique. (p.354-369)


Frontispice du livre « Leviathan » de Thomas Hobbes (1651) décrivant l'état moderne. Leviathan - Rex Mundi (Roi de la Terre), le Démiurge, Satan - porte une couronne, il brandit une épée (le symbole du pouvoir temporel), et une crosse (le symbole de l'autorité religieuse). C'est l'essence de la règle de Satan, religieuse, militaire et tyrannique. Au-dessus de Leviathan est une inscription latine du livre de Job (41, 24-25): Non est potestas super-terram quae comparetur ei: "Il n'est sur terre aucune puissance qui lui soit comparable" Dans la pratique, sur le plan social, pour les individus concrets, on aboutit à une société marchande où le conflit entre liberté et égalité ne peut se résoudre, toujours provisoirement, que par la croissance économique permettant de distribuer toujours plus de richesses. L'auteur compare ce système au Léviathan du livre de Job, ce monstre “auquel aucune puissance sur terre ne peut être comparée”, qui a déjà fourni son titre à Hobbes et a toujours été assimilé au Diable. (Source: Librairie catholique)

 

"Saint Albert le Grand, dans son Commentaire de Job III, 8, déclare que le Leviathan symbolise Satan. Saint Thomas l'affirme pareillement dans sa Somme théologique (3a, 8, 7, c.)" (Maxence HECQUARD, Les fondements philosophiques de la démocratie moderne, 3e édition, Pierre-Guillaume de Roux, Préface de Pierre MAGNARD, Paris 2016, p. 422.)

 

De l'érudition, du courage et de l'intelligence il en faut pour écrire un tel livre. Libérée de Dieu, la société (occidentale) s'est jetée dans une nouvelle religion sans spiritualité fondée sur la vérité "scientifique", le "progrès" etc. Revisiter l'histoire de la pensée politique à l'aune de ce constat nous amène aussi bien à Darwin, Lucrèce, Empédocle d'Agrigente qu'à Marx ou Aristote. Mais ce n'est ni lassant ni pédant, Maxence Hecquard utilisant un langage précis et clair, loin du style philosophico-pompeux.

 

Le livre aborde aussi les méfaits de la démocratie, comme le droit d'ingérence militaire ou la religion des droits de l'homme qui se mue en entité d'obédience totalitaire. On dit parfois que la démocratie est le meilleur des régimes...faute de mieux.

 

Source: Commentaires du livre sur Amazon

La video de Maxence Hecquard qui présente son livre :

Extrait :

 

Pierre Magnard : "Ce livre de M. Maxence Hecquard, j'oserai me l'approprier en disant que mes meilleurs livres, ce sont mes élèves qui les ont écrit !

Nous avons en effet dans l'oeuvre de M. Maxence Hecquard un livre désormais incontournable. La démocratie, c'est le leitmotiv de tous nos politiques, moralistes, voire théologiens aujourd'hui, on a droit à cela tous les jours. Mais sait-on seulement ce que le mot veut dire ? Sait-on seulement si la monnaie que l'on fait circuler est en quoique ce soit fiable ?

Je ne trouve dans notre littérature contemporaine qu'un livre qui ait fait la généalogie de l'idée moderne de démocratie à partir de l'Antiquité et qui essaie d'en comprendre aujourd'hui l'usage, le succès, l'imposture. C'est le livre de Maxenxe Hecquard. A l'origine, il y avait une thèse en Sorbonne, que j'avais l'honneur de diriger. Au terme, il y eut bien plus : un livre qui en est à sa troisième édition, car il est devenu l'ouvrage incontournable, l'ouvrage de référence, le seul ouvrage qui nous permette d'y voir clair. Il ne s'agit pas d'un pamphlet, il ne s'agit pas d'un procès de la démocratie; il s'agit de prendre celle-ci dans toute son ancienneté, de la reprendre dans son origine grecque, de retrouver la démocratie athénienne, celle de Périclès, de voir comment elle fut  contournée, dérobée, détournée, subvertie, et de montrer à quelles falsifications elle a pu donner lieu à travers les siècles pour en venir jusqu'à notre actualité.

C'est tous les jours qu'on nous rabat les oreilles de la démocratie par-ci la démocratie par-là. Il faudrait savoir de quoi il en retourne, savoir ce que c'est, et c'est là justement que le travail énorme accompli par Maxence Hecquard, qui de plus a une formation juridique, est très éclairant à ce propos. Je ne vois rien d'autre à comparer.

Par le passé, certes, on peut renvoyer à la Démocratie en Amérique de Tocqueville, qui représenta un moment de la conscience européenne. Mais, hors de cette référence qui reste une référence obligée, il n'y a rien eu qui tira au clair ce prestige qu'exerce encore sur tous les esprits le mot démocratie : quand on a dit démocratie, il semble qu'on ait invoqué la Loi et les prophètes. Au nom de la démocratie on peut tout justifier [NdCR. Ex: la "croisade de la démocratie" de Bush en Irak sur la base du mensonge des fioles de Colin Powell prouvant l'existence d'armes de destructions massives dans ce pays. Depuis, l'emploi du mot démocratie est discrédité aux Etats-Unis]. Ce qui est contre la démocratie est nécessairement diabolique, pour ne pas dire démoniaque, et dès lors la démocratie fait la loi. Mais qu'est-ce que cette démocratie? A entendre les politiciens, c'est sur le mode incantatoire qu'ils invoquent la démocratie. C'est une sorte d'invocation purement verbale. Il faudrait en finir avec cette logorrhée et essayer de penser une bonne fois ce que cela peut être, si nous voulons, nous en 2017, échapper une fois de plus à la subversion qu'on nous impose, au nom d'une sacro-sainte démocratie, dont on ne sait pas ce qu'elle est.

J'ai tenu à préfacer ce livre, cette préface m'honorant, beaucoup plus qu'elle n'honore l'auteur de l'ouvrage." (Pierre Magnard.) 

Maxence Hecquard :

 

C'est une référence désormais universelle. Personne n'ose se dire contre la démocratie. Même nos papes en font l'apologie. Hors, la démocratie, qu'est-ce que c'est ? Lorsqu'on fait une étude de vocabulaire, on s'aperçoit que ce n'est pas qu'une question de politique. Lorsqu'on dit que tel club de tennis n'a pas un accès très démocratique, mais qu'est-ce que cela veut dire? Lorsqu'on dit que tel vêtement, un blue jean, est plus démocratique qu'une cravate, qu'est-ce que cela veut dire? Donc on voit bien que le concept dépasse amplement la sphère politique.

 

La démocratie, aujourd'hui, présente tous les traits de ce que les philosophes ont appelé des idéologies.

 

Une idéologie, selon la définition de Raymond Aron, c'est "un ensemble de propositions de fait et de jugements de valeur". Et effectivement, la démocratie se dit fondée sur un certain nombre de faits. Par exemple: la souveraineté du peuple, le fait que la Révolution française ait été un véritable mouvement populaire, d'un peuple qui souhaitait se libérer des 'tyrans' que constituaient les rois de France. C'est considéré comme un fait historique. Aujourd'hui encore que le peuple dirige, que le peuple peut diriger. Et puis à côté de cela, on constate qu'il y a énormément de valeurs, qui sont des éléments de nature morale, comme le disait Nietzsche, mais qui sont sans rapport direct avec les propositions de fait. Alors qu'est-ce que les valeurs de la démocratie ? Vous les connaissez, c'est 'liberté, égalité, fraternité'. Mais cela va bien au-delà. On va dire aujourd'hui que la rigueur scientifique est une valeur démocratique, que la nature est une valeur démocratique, et on va mettre énormément de choses là-dedans.

 

En réalité, la démocratie est un système de valeurs.

 

Maritain nous dit que (la démocratie) c'est une "philosophie générale de la vie humaine".

Et l'on constate que la démocratie est devenue hégémonique à un moment précis de l'histoire, tout simplement après la Seconde guerre mondiale, en 1945. La démocratie, de fait, devient une référence obligée. Alors, vous connaissez peut-être cette anecdote de la correspondance entre le général de Gaulle et René Cassin et le général de Gaulle ne voulait pas utiliser le mot démocratie, parce qu'il disait "nos militants se méfient de la démocratie." Parce que pour eux, la démocratie, c'était la IIIe république, un régime de corruption, un régime où les gouvernements changeaient tout le temps, et ils se disaient "ce n'est pas une bonne chose de se référer à la démocratie dans le combat que l'on mène contre le nazisme." Et, pourtant, de Gaulle va engager Jacques Maritain (1882-1973) pour rendre ce concept de démocratie populaire. Et Maritain va écrire un livre sur la démocratie, qui va être publié par les services américains, et parachuté en France en 1942 de manière à faire basculer l'opinion, qui à l'époque était majoritairement pétainiste, et pour accoutumer, les Français, notamment un peu catholiques avec ce concept de démocratie. Maritain, vous le savez, sera nommé par de Gaulle, ambassadeur à Rome, et il deviendra très proche du pape Paul VI (1963-1978), et il aura une influence très importante sur le Concile Vatican II. Et donc vous voyez, la démocratie, elle devient hégémonique après la IIe Guerre mondiale.

 

A partir de ce moment-là, sans que personne ne s'y réfère plus, s'y j'ose dire. Alors si on veut aller plus, qu'est-ce qu'il y a derrière cette idéologie ? Parce que l'idéologie, il y a forcément quelque chose derrière, il y a forcément une espèce de conception de la nature, ce que les philosophes appellent une métaphysique, c'est-à-dire une vision du monde. Il est essentiel pour nous de cerner quelle est la métaphysique sous-jacente à la démocratie.

 

Tout d'abord, il faut bien prendre conscience que la démocratie (et je crois que cela fait partie de son essence) est une négation. La Révolution française qui marque en quelque sorte la naissance de la république dans notre pays en Europe et dans le monde, la Révolution française qui donc marque la naissance de la démocratie comme régime hégémonique est une négation. Et la négation de quoi ? Tout d'abord la négation de l'Ancien Régime, une négation de l'Ancien ordre. Une négation de ce que Aristote a appelé les "communautés naturelles". Qu'est-ce que c'était que les communauté naturelles ? Le livre De La Politique d'Aristote, nous explique que le monde s'organise autour des familles, que les familles constituent des villages, que les villages constituent eux-mêmes des Etats, et il y a ainsi un système de poupées russes, si j'ose dire. Et Aristote nous explique que ce sont des créations de la nature. Et tout l'Ancien Régime était organisée autour du respect de ces communautés naturelles qui existaient en tant que telles.

 

La Révolution française va balayer tout cela. Vous le savez tous, ces premières lois consisteront à abolir toutes les associations, à autoriser le divorce, à évidemment nier les nations, et aujourd'hui, force est de reconnaître que la démocratie dans laquelle nous vivons ne reconnaît plus ces communautés naturelles comme des entités juridiques ayant un poids en tant que telles. Vous savez que le mot famille, qui certes, est utilisé légèrement dans le code civil mais n'apparaît pas dans nos constitutions, il apparaît dans certaines déclarations de l'O.N.U., mais de façon extrêmement ténue. Et force est de constater que toute la législation dans les démocraties aujourd'hui est entièrement dirigée, je ne vais pas m'appesantir là-dessus, vous le savez parfaitement, contre les structures familiales, contre les structures de nations. Aujourd'hui, on n'ose même plus parler de nations, c'est suspect. Parce que, qui dit nation, dit nationalisme, qui dit nationalisme, dit extrême-droite, qui dit extrême-droite dit ennemi de la démocratie. Donc vous voyez bien, que toutes ces communautés naturelles ont été combattues par la démocratie. Alors, pour être remplacées par quoi ? Et bien, pour être remplacées parce que les philosophes ont appelé l'individualisme. Qu'est-ce que c'est que l'individualisme ? L'individualisme, c'est précisément n'appartenir à aucune communauté, être un individu. Rousseau nous dit que l'homme est un tout parfait et solitaire, c'est-à-dire qu'il se suffit à lui-même, qu'il n'a pas besoin pour vivre d'appartenir à une famille. Sous l'Ancien Régime, on se définissait essentiellement par l'appartenance à sa famille. C'est pour cela qu'on disait "je suis le fils de Jean", "je suis le fils de Pierre". Et on retrouve cela dans les noms (Peterson, fils de Pierre; Simon Bar-Jona, fils de Jonas). La définition de l'être humain se fixait par l'appartenance à une lignée. Il n'y a plus rien de tout cela aujourd'hui. On choisit son nom, et l'individu né dans une famille, qui très souvent est recomposée, et donc dénuée de toute stabilité. Et l'individu va lui-même fonder plusieurs familles au cours de sa vie, avoir des enfants avec plusieurs conjoints, et ensuite il laissera derrière lui une postérité qui portera ou ne portera pas son nom. Donc la démocratie, en fait, s'adresse (et le régime politique) à des individus et non plus à des communautés.

 

http://www.univ-montp3.fr/pictura/Images/A/1/A1828.jpg Alors, me direz-vous, comment est-ce possible ? Hé bien, Rousseau, et le mouvement des Lumières, nous explique que les communautés naturelles n'existent pas, puisque la nature ne créée par des communautés, mais les hommes sont (c'est tout la peinture de Jean-Jacques Rousseau) nés dans la forêt et vivent dans la forêt.

 

Et un jour ils ont simplement décidé, pour des raisons essentiellement économiques, pour protéger une sorte de propriété qui les arrangeait, ils ont décidé de constituer un contrat. Qu'est-ce que c'est que ce contrat? Ce contrat, c'est un accord, donc c'est de nature contractuelle (qui dit contractuel, cela veut dire un accord commutatif), un accord bilatéral, multilatéral ou où se met d'accord pour respecter un certain nombre de lois, et pour éviter quelque part les conflits.

 

Alors, voilà le système du "Contrat social". Et ce contrat social est souverain.

Qu'est-ce que cela veut dire qu'il est souverain? Cela veut dire que la souveraineté, c'est le fait de ne pas avoir de chef au-dessus de soi. On nous dit que la souveraineté populaire, c'est le peuple qui décide de sa propre loi. Mais il y a là une contradiction profonde qu'on ne relève pas. Si l'on est souverain, on n'a pas besoin de loi. Quand on est souverain, on fait la loi. Donc, si la Souveraineté populaire c'est d'être soumis à la loi que l'on se donne, c'est contradictoire. Pourquoi le peuple, s'il est Souverain, se donne-t-il des lois ? Nous allons voir pourquoi.

Les philosophes nous expliquent que le peuple est souverain, mais tous les philosophes reconnaissent que le peuple ne sait pas gouverner. Montesquieu, le premier nous dit "le peuple est incapable de gouverner les affaires". Soit il va trop vite, soit il va trop lentement. Et, nous dit Montesquieu, il ne sait faire qu'une chose, c'est désigner de bons gouvernants, mais il ne sait pas gouverner lui-même. Et le professeur Magnard a parlé de Tocqueville.

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRJ08Rnvmi3Xd46HmfW8mlKbxy3-0odjJFf-tDqvN8eDlGTebtQ&t=1 Mais Tocqueville, qui n'a pas étudié la démocratie dans des livres, qui l'a étudiée aux Etats-Unis où elle existait à son époque, nous dit "le peuple est incapable de choisir de bons gouvernants".

 

Ha bon ? Alors, ce "peuple souverain" est incapable de gouverner, il est incapable de choisir de bons gouvernants, comment est-ce que cela fonctionne ?

 

On nous explique : "cela fonctionne en fonction de la représentation populaire", "le peuple choisit". Mais cette représentation populaire, Rousseau la rejette. Rousseau nous dit : "la souveraineté ne peut pas être déléguée".

Ceux qui parmi vous qui ont des enfants savent que la paternité ou la maternité, cela ne peut pas se déléguer. Vous avez des enfants, "vous pouvez leur dire, fais ceci, fais cela, je te donne quelque part la possibilité tout seul sur tel et tel point". Mais vous ne pouvez pas abandonner votre paternité. Si il y a un problème, ils reviendront vers vous pour avoir la solution. La souveraineté c'est exactement la même chose. Vous ne pouvez pas déléguer votre souveraineté, le fait de ne pas avoir de chef au-dessus de vous, vous ne pouvez pas le déléguer à quelqu'un d'autre (c'est ce que nous dit Rousseau).

Il (Rousseau) nous dit de même, "la souveraineté ne peut pas se diviser".

Or, on nous dit que la souveraineté est divisée en pouvoir législatif, en pouvoir exécutif, et en pouvoir judiciaire.

Qu'est-ce que cela veut dire d'être souverain si on n'est souverain que sur un point particulier et pas sur le reste ?

Donc, vous voyez que la démocratie est en réalité pleine de ces contradictions.

 

Tout ce que je vous dis n'est pas très original. Je n'ai pas inventé tout cela. Beaucoup d'autres penseur l'on dit [1], et sans doute beaucoup mieux que moi. Mais je pense qu'il est nécessaire de faire ces quelques rappels pour comprendre ces contradictions.

 

Alors, en réalité, nous savons bien que le peuple ne gouverne pas. Nous savons bien que nous ne gouvernons pas. Nous savons bien que notre pays est gouverné par une élite [2], que cette élite se reproduit. On peut estimer que l'élite est plus ou moins bonne à son poste, mais néanmoins, cela n'est pas un hasard, si tous les hauts-fonctionnaires sortent des mêmes grandes écoles, si tous les capitaines sortent des mêmes écoles, si leurs enfants héritent bien souvent des fonctions de leurs parents, l'élite s'auto-reproduit. C'est un fait, cela a été observé dans tous les pays, et plus particulièrement dans les démocraties. Or, cette élite, elle est intimement convaincue, persuadée de sa supériorité. Elle sait qu'elle gouverne, mais sauf qu'elle doit respecter le jeu démocratique. Elle doit dire "je suis soumise à la démocratie populaire". Et bien souvent, cette élite méprise le peuple. Néanmoins, elle se plie à la souveraineté. Il y a là une sorte de mensonge. Et je crois qu'il ne faut pas hésite à la dire : il y a dans la souveraineté populaire un mensonge. On dit que le peuple gouverne, alors qu'il ne gouverne pas. Alors voilà lorsqu'on observe de façon très superficielle et très rapide ce qu'est la démocratie, voilà à quoi nous arrivons. Nous arrivons à des contradictions, des contradictions logiques, nous arrivons à la négation de tout ordre naturel. Et nous arrivons à une espèce de mensonge. Alors comment expliquer cela ?

 

Il y a une raison à tout cela, il y a une logique à tout cela. La démocratie, nous allons le voir, est extrêmement cohérente au-delà de ses contradictions.

Pour essayer de comprendre ce système, je pense qu'il faut tenter de se mettre dans l'esprit de nos contemporains. Quels sont les choses, les vérités auxquelles nos contemporains croient le plus ? Et bien, je pense que nos contemporains, nous tous, ce qui nous paraît le plus solide, c'est ce que l'on a appelé les sciences, les sciences dures, le CNRS, les laboratoires, la chimie, la physique, toutes ces sciences dites dures qui de fait, ont été absolument indispensables dans le progrès technologique, que nous constatons et qui  sont jugés comme des éléments absolument incontestables du monde moderne.

Or, cette hégémonie de la science n'est pas tout à fait nouvelle. Descartes lui-même dans son "Discours de la méthode" nous dit que les hommes vont se rendre maîtres et possesseurs de la nature. Et au XIXe siècle, on a vu fleurir un espèce de scientisme, c'est-à-dire une sorte d'idéologie, qui mettait les sciences expérimentales au-dessus de toutes les autres, alors que sous l'Ancien Régime, les sciences les plus nobles c'était la philosophie, la théologie, le droit, ce genre de choses.

 

L'épicurisme et le darwinisme, la croyance dans un monde en progrès

 

Alors que nous disent les sciences sur le monde dans lequel nous vivons ?

Charles Darwin 1880.jpg Hé bien les sciences, nous disent, depuis Darwin que le monde est en évolution. Et c'est jugé comme étant une vérité scientifique. Les hommes, dit Darwin, sont arrivés par hasard sur la surface de la terre, ils ont évolué, ils se sont organisés et ils ont connu un certain progrès technologique. Alors, évidemment cette théorie de Darwin correspond à la théorie de Rousseau (le "tout parfait et solitaire d'un homme sylvestre").

En réalité, cette théorie darwinienne qui est jugée scientifique, n'est pas nouvelle. Elle correspond à une philosophie très ancienne, c'est la philosophie d'Epicure (connu par son disciple Lucrèce) qui consiste à dire que le monde est arrivé par le hasard de la concrétion des atomes.

Or, aujourd'hui tout le monde se dit épicurien. Si vous entendez les philosophes qu'on lit dans le journal : Michel Onfray, Luc Ferry, André Comte-Sponville, tous se réfèrent à Epicure. On peut sourire, mais ce sont des philosophes que l'on doit estimer, il me semble, mais ils se réfèrent tout simplement à l'épicurisme, et pas uniquement pour des raisons hédonistes, plutôt pour des raisons cosmologiques. Nous allons y revenir.

 

Epicure a été redécouvert dans un monastère alsacien au début du XVe siècle. Et donc on a lu au travers du manuscrit de Lucrèce Sur la nature des choses, c'est-à-dire sur l'origine du monde; et de fait l'épicurisme est revenu en Occident par la conception du monde. On a commencé par s'interroger sur la question de l'infini du monde, est-ce que le monde, est-ce que le cosmos est infini ? Est-ce qu'avec nos téléscopes nous voyons toutes les planètes, est-ce que derrière la plus lointaine des planètes il y en a encore une derrière ? Est-ce que si nous montions dans un vaisseau spatial qui serait capable d'aller jusqu'à cette lointaine planète, est-ce que l'on peut dire qu'il y en aurait une autre derrière ? Et alors les philosophes ont butté sur cette difficulté qui est une difficulté en fait très ancienne, puisque déjà un ami de Platon, s'y était confronté, Archytas de Tarente, et il disait "le monde ne peut pas être fini parce que je pourrai toujours lancer mon javelot au-delà de la fin du monde". Donc le monde est infini. Et alors, si le monde est infini, nous dit-on, il y a de nombreuses planètes habitées, et de fait, Epicure, Lucrèce, nous disent qu'il y a plusieurs planètes habitées, et cette pluralité des mondes habités, va être très populaire dans la philosophie du XVII ou du XVIIIe siècle. Voyez le grand Emmanuel Kant, qui est l'un des principaux penseurs modernes. Son premier grand ouvrage, Le Traité du Ciel, développe toute une théorie de la pluralité des mondes habités. Et à la fin de sa vie, Kant, je crois en 1797, a écrit un petit traité Sur les lunes, où il reprend sa théorie sur les mondes habités. Et il considérait que toutes les planètes du système solaire étaient habitées. Et plus les planètes étaient proches du soleil, plus les gens étaient frustes, et plus elles étaient éloignées du soleil, plus les gens étaient développés, intelligents. Et, disait-il, les habitants de Vénus sont des singes, et les habitants de Saturne sont des Newton. Vous voyez que toutes ces questions cosmogoniques, sont devenues populaires à partir du XVIe siècle et ont progressé dans l'esprit des philosophes au XVIIe et XVIIIe siècle. Cela va également avec la théorie atomiste, qui va être popularisée par Gassendi au XVIIe siècle, Gassendi qui était professeur au Collège de France. Et avant Gassendi, je crois qu'il faut évoquer également la figure de Giordano Bruno, qui croyait à l'infini du monde, qui croyait à la pluralité des mondes habités, à l'atomisme, également. Donc, vous voyez que la vision, la perception du monde dans lequel du monde a complètement changé à partir de la redécouverte de Lucrèce et d'Epicure. Alors l'univers est désormais infini, il y a des mondes habités en grand nombre. Les êtres sont composés d'atomes qui sont réunis au hasard. Alors évidemment la Genèse est fausse. La première conclusion de tout cela, c'est que la Genèse est fausse. Et de fait, on va effleurer les prémisses du transformisme dès le XVIIe siècle. Cela n'est pas Darwin qui a inventé le transformisme, on y trouve les premières traces chez Vanini, qui écrit au tout début du XVIe siècle dans les années 1610 et il nous explique que les hommes sont issus du perfectionnement de la semence des guenons et des singes. Donc, vous voyez au début du XVIIe siècle, il y avait une théorie transformiste. On en trouve les traces dans Vanini, c'est quelqu'un qui écrit au tout début du XVIIe siècle, dans les années1610, et il nous explique que les hommes du perfectionnement de la semence des guenons et des singes. Et donc, vous, voyez, déjà au début du XVIIe siècle, il y avait une théorie transformiste. Cela se reprit au XVIIe siècle, par (et) les Lumières. Vous avez des gens comme Benoît de Maillet, qui publie de façon anonyme un ouvrage qui s'appelle le Telliamede (1755) (théorie sur l'histoire de la Terre qui influença les naturalistes des Lumières tels Lamarck et Darwin et rompit avec le mythe du déluge biblique. NdCR.), dans lequel il croyait aux sirènes, qu'il y avait des 'hommes marins', et, ambassadeur en Afrique, il colportait toutes les légendes d'Afrique, et il croyait qu'il y avait des 'hommes sylvains' : les hollandais ayant emporté d'Indonésie des Orangs-Outans, il considérait que les Orangs-Outans étaient des hommes sylvains. Et il pensait que les hommes étaient issus d'une certaine évolution. Ce sera repris par Diderot, qui dans Le Rêve de d'Alembert (1769) a des propos transformistes : il propose d'ailleurs, que les hommes s'accouplent aux animaux pour créer des races utilitaires. Il dit par exemple, que si les hommes s'accouplaient aux chèvres, on pourrait faire des domestiques très résistants et très utiles. [Maxence Hecquard précise dans son livre : "Le XVIIIe siècle est ainsi convaincu d'une chose : la Genèse est une fable. Les hommes et les singes ne sont pas si différents". (3e édition, p. 269). NdCR.]

 

Kant, va reprendre ces théories, et expliquer que la nature, en quelque sorte, se déploie, qu'elle progresse. Et comment cela ? Et bien, au hasard. Alors qu'est-ce que c'est que le hasard ? Vous avez dans Aristote, dans La physique, toute une théorie du hasard, qui est très profonde. Aristote dit que le hasard est simplement une causalité que l'on ne peut pas expliquer parce qu'elle est trop fine, elle est trop petite.Par exemple, quand vous jetez un dé, vous ne pouvez pas savoir quelle est la face qui va sortir parce qu'il y a trop de paramètres. Donc, vous ne savez pas si c'est un deux ou un six qui va sortir, parce que cela dépend du mouvement de la main, de la résistance de la table. Donc, c'est en dehors, nous dit Aristote, du domaine de la raison. Et donc, cela peut tout juste faire l'objet de probabilités, d'un raisonnement mathématiques de probabilités. Et le hasard moderne, tel qu'il va être repris par les scientifiques au XIXe siècle, et surtout au XXe siècle, c'est tout simplement cette notion mathématique.

 

Et lorsque Darwin vient nous expliquer, à partir de collections naturalistes de coquillages, l'évolution des espèces par une certaine sélection, il va en quelque sorte valider scientifiquement, la théorie d'Epicure.

 

Auparavant, à l'époque d'Epicure, à l'époque de Gassendi, à l'époque de Diderot, de Kant, c'était des considérations philosophiques, c'était une cosmogonie parmi d'autres cosmogonies. Darwin va marquer cela d'un sceau scientifique, en disant "moi je vous le prouve parce que mes expériences aux îles Galapagos montrent qu'il y a une évolution des espèces". Cela n'est plus une vérité philosophique (je vous rappelle que la philosophie est désormais une science molle), c'est une vérité scientifique, biologique. C'est donc une science dure, c'est donc certain. On ne peut pas mettre cela en doute. Le monde est donc en progrès. Et il provient du hasard.

 

Et donc, au moment de la Révolution française, quelqu'un comme Condorcet, va écrire un livre qui s'appelle L'Esquisse des progrès de l'esprit humain, où il dépeint les étapes de l'évolution humaine. Et la grande différence avec la philosophie d'Epicure, c'est qu'il introduit la notion de progrès. Il dit "demain sera meilleur qu'hier". Et le progrès est accumulation. Et donc cette évolution n'est pas erratique, elle ne va pas vers le désordre ou le chaos. Non, on a des êtres de plus en plus complexes, et on a de plus en plus de rationalités. Or, désormais, l'évolution de l'homme ne se fait plus par son corps, même par son intelligence, elle se fait au niveau de la société, en tout cas dans l'histoire que nous sommes et que les individus peuvent mesurer. Car il est évident que si nous avons des évolutions physiques dans notre corps (on dit que nous sommes un peu plus grands que nos aïeux, c'est possible), mais cette évolution est tout à fait à la marge, et on ne voit pas de grandes différences avec nos aïeux.

 

Donc, l'évolution, désormais, elle est sociale, elle est dans la société. Et si donc, cette évolution est mue par le hasard, comment faire que les hommes s'entendent, pour qu'ils ne s'entretuent pas, pour qu'ils vivent en harmonie ?

 

S'il n'y a plus d'ordre dans la nature, s'il n'y a plus de communautés naturelles, il n'y a plus qu'un seul moyen, et ce moyen c'est la loi. C'est-à-dire l'Etat de droit. Donc, la société est désormais le lieu de progrès de l'espèce humaine. Et le coeur de cette société, c'est la loi qui permet aux hommes de vivre en harmonie, les uns avec les autres. L'Etat de droit est donc en quelque sorte la condition de l'évolution de l'espèce humaine, la condition de son progrès. Et c'est pourquoi, il est si important, comme nous allons le voir.

 

Car, enfin, nous savons bien, que la perfection n'est pas de ce monde. Et nous savons bien que l'Etat de droit n'est jamais parfait. Nous savons que la démocratie est imparfaite et pourtant elle est une obligation morale.

 

Le début de mon exposé s'est ouvert par là. Je vous ai dit qu'aujourd'hui, personne ne pouvait s'opposer à la démocratie, ce serait un crime, ce serait une déviance, ce serait une hérésie. Pourquoi, parce que la démocratie n'est qu'un but à atteindre.

 

La démocratie : un but à atteindre

 

La démocratie n'est qu'un idéal. Et cet idéal n'est jamais atteint. Mais toutefois, cette loi que l'homme se doit de respecter (Kant écrit "agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en lois universelles de la nature"), chacun par sa liberté, va se donner des maximes morales qui peuvent devenir des lois pour l'ensemble des individus. Et la loi va être sacralisée. Ainsi, la démocratie est, finalement, la condition de la liberté, la condition de l'espèce humaine, et finalement, c'est la seule chose qu'il faille respecter. Et c'est pourquoi, la principale valeur de la république, c'est la république elle-même !

 

Mais une fois que l'on a dit cela, ce n'est pas très enthousiasmant pour les peuples. Ce sont des considérations un peu théoriques, un peu philosophiques, notre homme de la rue ne sait pas ce que c'est que l'Etat de droit. Il ne va pas réfléchir de façon très approfondie sur ce que sont les droits de l'homme, sur l'importance de la loi. Alors on appelle à la rescousse la religion. Et c'est Kant lui-même qui le fait

 

La religion appelée à l'aide de la démocratie

 

Kant nous dit que face à l'épreuve du mal, notamment, et pour aider les hommes à respecter la loi, et la morale qu'ils se donnent, la religion (ce qu'il appelle le poème des prêtres), est très utile, essentielle. Il nous dit qu'il y a deux types de religion. Il y a des religions historiques (c'est le christianisme, le bouddhisme, le judaïsme ou l'islam), et toutes ces religions historiques sont très valables, parce qu'elles sont le produit d'une culture, d'une histoire, dans un endroit donné à un moment donné. Mais, nous dit, Kant, il y a une religion supérieure à toutes ces religions, et ce qu'il appelle la foi pure de la raison. Au-delà de toutes ces religions historiques, il y aurait pour Kant une religion de la foi pure de la raison, qui permettrait à toutes ces religions de se réunir, et aux hommes de devenir meilleurs, et de supporter les épreuves de la vie. Et donc, Kant va nous dire - et nous sommes à la fin du XVIIIe siècle -, que la religion est légitime quand elle défend la raison. Et il dit que le royaume de Dieu de la foi rationnelle, ce sera bien difficile de l'atteindre.

 

Et bien aujourd'hui, nous y sommes. Un philosophe comme Jules Ferry nous dit que nous sommes dans une époque formidable où le divin s'humanise et où l'humain se divinise. "Que le divin s'humanise": c'est-à-dire que l'on ramène toutes ces religions historiques à leur substrat rationnel, et "que l'humain se divinise" : c'est-à-dire que les hommes, en utilisant la moralité qui lui donnent, ce qu'il appellent "ces valeurs hors du monde", parce qu'elles ne sont pas produites par la nature, elles sont produites par le coeur de l"homme, Luc Ferry nous dit que l'homme devient comme un Dieu. Et il reprend le mot de Bergson, "l'univers est une machine à faire des dieux".

 

Et voilà le projet de la démocratie, la démocratie va nous permettre d'épanouir notre liberté. Et en permettant à la liberté de faire ce qu'elle doit faire dans les limites de la loi, elle permet à notre espèce de progresser et approche de l'omega du divin. C'est Teilhard de Chardin.

 

Combien de doigts François lève-t-il maintenant ? Amoris Laetitia et la Soumission Ces théories qui sont une acclimatation de la philosophie des Lumières aux religions historiques, au christianisme, par exemple, elles vont rentrer dans ces religions historiques. Et pour la religion catholique, qui est la mienne, que je connais mieux, mon analyse, est que cette philosophie est rentrée notamment au moment du Concile Vatican II, dans la religion catholique. Sous quelle forme ? Précisément, sous la forme de la déclaration Dignitatis humanae, où la religion catholique reconnaît qu'elle n'a pas plus de droit que les autres, et c'est quelque part, faire une sorte de démocratie entre les religions, de manière à faciliter l'identification de la foi rationnelle. Et donc, de fait, l'Eglise bien, souvent aujourd'hui, va devenir le vecteur principal des valeurs de la démocratie. Et c'est pour cela que les papes en parlent et qu'ils parlent tant des droits de l'homme. Et les religions vont prôner une sorte de charité universelle qui sera beaucoup plus puissante pour maintenir la paix entre les hommes, que ne l'est la loi elle-même. Car la loi est sèche, et stricte, alors que la charité est humaine.

 

De la démocratie au mondialisme

 

Parallèlement à la conversion des coeurs, il faut la conversion des nations, car les nations sont antagonistes Pourquoi sont-elles antagonistes ? Parce qu'elles ne sont pas unies par des lois. Parce qu'elles sont indépendantes. Et donc, la démocratie qui existe au niveau des nations doit exister entre les nations.

Et ce projet de paix perpétuelle, est en réalité un projet ancien. Les premiers projets de société des nations datent des légistes de Philippe le Bel, cela a été repris par Sully, par l'Abbé de Saint-Pierre au XVIIIe siècle, et puis Kant lui-même en fera plusieurs livres sur ce thème (il a écrit le livre "Le Projet de paix perpétuelle", et le livre "L'idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique") et il explique que la paix entre les nations est essentielle, car la paix est toujours essentielle à la liberté.

 

Aujourd'hui, on parle beaucoup du "mondialisme", qui n'est rien d'autre qu'un système démocratique entre les nations. Et le projet de paix perpétuelle de Kant, en fait, c'est l'ancêtre de la Société des Nations et de l'O.N.U.. Et de fait, le mondialisme, peut-on dire, en tout cas il le proclame, aurait permis une certaine paix dans le monde depuis la Seconde guerre mondiale. Ce point peut être discuté, néanmoins c'est l'objectif qu'il s'est donné.

 

Du mondialisme au cosmopolitisme

 

Au-delà de cela, et de ce projet de paix entre les nations, en filigrane du mondialisme, il y a une autre idéologie, qui est le cosmopolitisme. Le cosmopolitisme, c'est l'indifférence à la nation. C'est le fait de dire peu m'importe que ma voiture soit japonaise ou espagnole, ou française, ce qui compte c'est qu'elle me plaise, qu'elle est les formes et la couleur que je recherche. Et donc, le cosmopolitisme, c'est une visée peu une vision consumériste du monde. C'est l'idée que tous les individus que nous sommes, peuvent jouir des richesses du monde entier, de chaque nation. Et d'ailleurs, pendant des siècles, le cosmopolitisme a été une coquetterie de riches, en fait. Les cosmopolites, c'était les grands aristocrates, qui pouvait se permettre de voyager, évidemment dans des conditions favorables, et de profiter en fait de toutes les richesses du monde.

 

Et donc aujourd'hui - et c'est ce qu'il y a derrière le tourisme de masse -, que tous et chacun nous pouvons profiter des richesses du monde entier.

 

Le mondialisme s'accomoderait-il de Trump et du Brexit ? Alors je vous laisse juges de savoir si cette démocratie universelle, a produit ce qu'elle avait promis ? A savoir, le bonheur ? Les Lumières nous promettaient le bonheur. L'Ancien Régime, le Moyen Âge n'a jamais promis le bonheur : on ne promettait que la Croix, que le sacrifice. Le bonheur n'était promis que dans l'au-delà.

 

Le projet de paix de la démocratie est un projet du monde. Il s'agit de trouver la prospérité en ce monde, et de rendre les gens heureux en ce monde. Est-ce vraiment le cas ? Chacun d'entre nous peut répondre à cette question.

 

Ce que l'on peut constater c'est que la démocratie, aujourd'hui, en quelque sorte, est en difficulté. Pourquoi est-elle en difficulté ? Précisément en raison de son succès. Parce que les frontières sont tombées, parce que les communautés naturelles ont disparu, les mouvements du monde, entre les gens, entre les pays, sont de plus en plus nombreux et de plus en plus forts.

Et la démocratie se voit contrainte de réunir des éléments de plus en plus hétérogènes. Et c'est la raison pour laquelle elle doit être de plus en plus forte. Il est évidemment beaucoup plus difficile de maintenir la paix sociale lorsqu'il y a des ethnies différentes, des gens de religions différentes dans un pays, des gens qui viennent de tous les horizons, lorsqu'il y a des mouvements migratoires massifs. C'est extrêmement difficile. Donc, on voit bien que la démocratie est condamnée à être chaque jour plus forte, plus policière, plus armée, mais n'est-ce pas dire qu'elle deviendra chaque jour plus totalitaire. Et je terminerai là-dessus, c'était la crainte qu'avait Tocqueville, justement. Et il nous met en garde. Je cite son texte : 

 

http://www.viveleroy.fr/IMG/arton71.jpg "Contre ce despotisme que les nations démocratiques ont à craindre. Ce despotisme serait plus étendu et plus doux, il dégraderait les hommes sans les tourmenter. je vois une foule innombrable, d'hommes semblables et égaux, qui tournent sans repos sur eux-mêmes, pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leurs âmes, chacun d'eux retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres. Ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine. Au-dessus de ceux-là s'élèvent un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leurs jouissances, et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre. L'égalité a préparé les hommes à toutes ces choses, elle les a disposé à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait. J'ai toujours cru qu'il ne serait pas impossible à cette sorte de servitude réglée, douce et paisible, de s'établir à l'ombre même de la souveraineté du peuple."

 

Fin de la conférence.

En fin de conférence, Maxence Hecquard ajoute que

 

"la démocratie est quelque part mensongère, et aujourd'hui, si elle est en difficulté, c'est parce qu'elle est un système contraire à la nature, et la nature se réveille. ... On nous a dit que la mondialisation serait la clé, la recette magique de la prospérité et du bonheur des peuples. Aujourd'hui on fait face à un chômage massif, les gens n'arrivent plus à boucler leurs fins de mois: il est normal qu'ils remettent en cause le système qui leur a menti."

Les questions :

 

Question : "Vous avez parlé de l'instrumentalisation de la religion au service de la démocratie empêtrée dans ses contradictions ?"

 

Saint Thomas d'Aquin, Dominicain, docteur de l'Eglise (1225-1274) - Mémoire Maxence Hecquard: Il me semble que l'Evangile prône la liberté, la liberté des enfants de Dieu. Il ne s'agit pas de laisser la liberté à la démocratie. Personne n'a attendu Epicure et Rousseau pour prôner une véritable liberté. Toute la question est de savoir qu'est-ce que c'est que la véritable liberté ?

 

Et donc, la liberté orthodoxe de S. Thomas est de dire que la liberté, c'est le choix des moyens, mais jamais contre la loi de Dieu. Et personne ne nie il n'y aurait pas d'amour s'il n'y avait pas de liberté. Et donc la liberté est un élément essentiel de la nature humaine. Mais il ne s'agit pas d'abandonner la liberté à la démocratie.

 

Question : Churchill a écrit : "La démocratie, c'est le pouvoir des poux de devenir des lions." Quant à Voltaire, il a écrit : "En matière d'argent, tout le monde est de la même religion".

 

M. H. : "La démocratie est en quelque sorte un mensonge, puisqu'elle nous dit : Vous serez dieu, et vous dirigerez". Alors quand Churchill dit vous êtes un poux, mais je vais faire de vous un lion, c'est flatteur, et évidemment, pour les petits que nous sommes, il est flatteur d'être qualifié de souverain. Et c'est d'ailleurs certainement une des raisons de la stabilité de la démocratie. Qui s'opposerait à un régime qui vous dit que vous êtes le chef ?

 

Réponse dans le public : "Ceux qui n'en ont ni le talent, ni l'envie".

 

M. H. : "Certes, mais bon, cela ne les dérange pas. Vous voyez, même si vous ne participez pas au vote et à la démocratie, on vous dit que vous avez les mêmes droits que le président de Renault, ou le chef d'Etat major des Armées. C'est flatteur. Vous n'allez pas vous plaindre. Et certes, c'est un mensonge, vous n'y croyez pas vraiment".

 

Pierre Magnard: "La démocratie, c'est ce que nous voyons tous les jours. C'est ce qui fait que le premier imbécile venu est candidat aux primaires".

 

M. H. : "Et donc je pense que Churchill était démagogue. Ensuite, le second point "en matière d'argent, tout le monde est de la même religion", c'est un des aspects et c'est le dernier chapitre de mon livre, où je dis s'il n'y a plus de communautés naturelles, si l'esprit et la matière sont la même chose, s'il n'y a pas d'ordre dans le monde, qu'est-ce qui reste de commun ? Et bien la matière. La matière, c'est la prospérité, c'est l'économisme, c'est l'argent. Et donc, la démocratie sombre en économisme. Et aujourd'hui, beaucoup de pays se sont convertis à la démocratie, je pense aux pays d'Europe de l'Est parce qu'ils ont espéré qu'adhérer à ce régime, leur procurerait la prospérité". Et de fait, aujourd'hui, la démocratie utilise les richesses pour avancer. Et les mécanismes de redistribution ont des visées essentiellement politiques. Il s'agit de rétablir l'égalité des conditions, l'égalité des moyens de chacun. Donc Voltaire n'a pas complètement tort, mais la seule question est: mais est-ce qu'il n'y a que l'argent dans la vie? Est-ce que nous pouvons réduire notre existence à une dimension monétaire ? Est-ce que l'homme se réduit à la richesse qu'il consomme ?

 

Question : Comment concilier l'homme animal social avec l'individualisme ?

 

L'homme, animal social, c'est la conception d'Aristote. Et cette conception consiste à dire que l'homme ne peut pas être homme véritable s'il n'est pas dans une société. Cela veut dire que si vous êtes seul dans une forêt, vous aurez beaucoup de mal à subvenir à tous vos besoins. Et donc, les hommes ont toujours vécu en communauté. Donc, cette conception aristotélicienne, d'homme comme animal politique, comme animal social, est en soi incompatible avec la conception de Rousseau que j'ai évoquée, qui considère que l'homme, précisément, peut vivre tout seul dans une forêt, qu'il est un "tout parfait et solitaire". Parfait, cela signifie qu'il peut se suffire à lui-même, et s'il est solitaire c'est qu'il ne vit pas en société. Ces deux concepts sont incompatibles. En réalité, il est clair que la conception de Rousseau était une pierre dans le jardin d'Aristote. Alors comment résout-il la difficulté ? Et bien, tout simplement, par le "contrat social".

 

Question : On ne parle pas beaucoup de Dieu, mais le problème de la démocratie, c'est quand même de dire que c'est la loi qui décide de ce qui est bien et mal. On a oublié qu'il y avait une transcendance objective, c'est pour cela qu'on prône la liberté et que c'est totalitaire. Avant, on avait une loi supérieure qu'on respectait. C'est là où l'on a changé. Là, il n'y en a plus. C'est la loi qui décide ce qui est bien et mal. Il n'y aucune limite.

 

M. H. : Vous avez tout à fait raison. Il y a un point que je n'ai pas beaucoup souligné. Je vous ai beaucoup parlé d'Epicure. Et je vous ai dit que la philosophie épicurienne était de mon point de vue sous-jacente aux Lumières, sous une forme ou sous une autre, plus ou moins chez un tel ou un tel. Mais quel est le coeur de la philosophie épicurienne? C'est précisément de dire que le monde s'explique sans l'intervention des dieux, que le monde s'explique par lui-même : il est un tout autosuffisant. Je vous ai parlé de panthéisme, je vous ai dit que la métaphysique sous-jacente à la démocratie était le panthéisme. C'est la même chose que de dire, qu'il n'y a pas un dieu en dehors du monde et qui lui donnerait sa loi.

 

Quand vous dites qu'il y a un dieu supérieur qui nous donne des lois que nous devons respecter, en fait, vous adoptez la perspective traditionnelle qui a été développée par Platon, Aristote, par beaucoup d'autres, qui consiste à dire que le monde ne s'explique pas par lui-même, et qu'on est obligé d'admettre l'existence d'un être premier. Ce que Aristote appelle le "premier moteur", pour rendre compte de l'existence du monde. Et ce premier moteur a donné des règles objectives à ce monde qu'il faut respecter. Et donc, dans l'Ancien Régime, le Roi de France était le lieutenant du Christ. Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu'il était essentiellement un juge. Il était destiné à trancher où se trouvait l'ordre de la nature, à dire le bon ordre de la nature, c'est de faire ceci : il n'était pas souverain. C'est l'histoire de la triple donation de Jeanne d'Arc, qui consiste à dire que le royaume appartient d'abord à Dieu. Et donc la démocratie, vous avez tout à fait raison de dire que l'essence même du concept de souveraineté populaire, c'est en fait, de ne pas recevoir de loi de Dieu : il n'y a pas de loi supérieure aux hommes.[3]

 

Et d'ailleurs les papes se sont prononcés contre cela. La loi sur le Sillon de Saint-Pie X, qui condamne cela, condamne Marc Sangnier qui en 1907 au Congrès de Rouen avait fait un grand discours où il disait "le pouvoir vient du peuple". Et le pape dit : "cela, ce n'est pas catholique, parce que c'est contraire à l'épître aux Romains de Saint Paul : tout pouvoir vient de Dieu."

 

Je n'ai pas eu le temps ce soir de vous parler de Léon XIII, ce que l'on appelé le ralliement : est-ce qu'il est possible d'imaginer une démocratie chrétienne. Léon XIII, évidemment, a bouleversé le point de vue de beaucoup de chrétiens de son époque. J'ai un petit peu étudier cette question-là, j'en ai fait un paragraphe dans cette nouvelle édition. Je suis convaincu pour ma part que Léon XIII était parfaitement orthodoxe. Ce qu'il a voulu éviter, c'est un fait une guerre civile, notamment en France. Si on prend la lettre de ses encycliques (de Léon XIII), la lettre de Au milieu des sollicitudes, ce que propose Léon XIII, ce n'est pas du tout la démocratie moderne que je vous ai décrite ce soir. Léon XIII commence son exposé en faisant une théorie de la Cité, qui est parfaitement aristotélicienne. Et il dit une chose que plus personne ne dit aujourd'hui : il dit que le premier lien de la société, c'est la religion. Donc, sous-entendu, pour Léon XIII, il ne peut pas y avoir de société unie s'il y a plusieurs religions. C'est fort ! Aujourd'hui, qui peut dire cela?"

Les fondements philosophiques de la démocratie moderne (Maxence Hecquard) - La nature totalitaire de la démocratie moderne

Notes

 

[1] « En décrétant législativement que les hommes naissaient libres par nature et par droit, les révolutionnaires ont fantasmé la nature et attribué au droit ce qu'il ne peut pas faire. On n'est libre que par don et l'on se trompe si l'on croit garantir la pérennité d'un don en décrétant qu'il est naturel ou en en proclamant le droit. Un don est beaucoup plus pérenne que la nature (Si les hommes naissaient libres, c'est que cela se ferait naturellement et il est donc contradictoire de le décréter par écrit. Ce qui est écrit est justement ce qui n'est pas naturel et a besoin de cet écrit pour exister ». (J.M. POTIN, Liberté, Egalité Fraternité, in Le Livre noir de la Révolution française, Cerf, Condé-sur-Noireau 2008, p. 421.)

[2] L'historien Patrice Gueniffey dans son livre Histoire de la Révolution et de l'Empire, explique que les élections de juin 1791 se traduisirent par une forte abstention.

« La participation avait atteint son étiage; elle ne devait plus remonter de façon significative, les consultations organisées les années suivantes,... n'ayant jamais mobilisé plus du cinquième des électeurs. ... En l'absence de votants, le système électif se transforme très vite en un système de cooptation, les uns accédant aux charges que les autres viennent de quitter, et réciproquement. La promotion aux responsabilités se fait en circuit fermé : les fonctionnaires peuplent les assemblées chargées d'élire les fonctionnaires. ...La réalité du système répondait à un besoin, celui de la formation d'une classe politique ... qui soit assurée de la continuité en étant délivrée de l'incertitude inséparable du suffrage universel. Mais l'oligarchie née de ces pratiques n'était pas moins un démenti des attentes. On imaginait en effet avec une certaine ingénuité que la vertu première d'un système électif consistait à assurer le renouvellement permanent du personnel dirigeant et l'élargissement constant de son recrutement. On n'imaginait pas que l'élection puisse conduire à la formation d'une "classe" politique distincte du reste de la société ». (Patrice Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, p. 86-88).

[3] Ce que Jacques Chirac avait résumé dans la formule : "pas de loi morale au-dessus de la loi civile" (Jacques Chirac, Journal du Dimanche, avril 1995.

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 10:34

Le blog de Francis Richard présente cet ouvrage :

 

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"Saint François de Sales et la Contre-Réforme" d'Aimé Richardt

 

Depuis vingt ans Aimé Richardt écrit en moyenne un livre par an. Hormis un livre sur Louis XV, tous ses livres sont consacrés à des personnages - ou à des thèmes - des XVIe et XVIIe siècles, de préférence religieux.

 

Cette fois, il s'est intéressé à un saint qui a joué un grand rôle dans la renaissance catholique en France voisine, François de Sales.

 

Le terme de Contre-Réforme est anachronique, puisque l'auteur précise en exergue de son livre qu'il n'apparaît qu'au XVIIIe siècle finissant sous la plume d'"un juriste de Göttingen, Johann Stefan Pütter (1776), pour désigner, non un mouvement d'ensemble, mais un retour opéré de force d'une terre protestante à des pratiques catholiques...".

 

Or, Saint François de Sales et la Contre-Réforme montre tout le contraire, à savoir que Saint François de Sales a opéré le retour de terres protestantes à des pratiques catholiques par la seule prédication de la charité fraternelle et par des prières ardentes.

 

Certes le saint savoyard se montrera ferme tout le long de sa vie, mais il sera doux tout à la fois. Ce que lui reprocheront des catholiques provocateurs tels que Jules Barbey d'Aurevilly ou intransigeants comme Léon Bloy.

 

Avant la naissance de François de Sales, dans les années 1530, les réformés, emmenés par Berne, convertissent Lausanne et Genève par la force, c'est-à-dire en dévastant et en détruisant des églises, en malmenant physiquement des prêtres, en leur donnant des ultimatums pour se convertir et en leur interdisant de dire la messe. En 1535, l'évêque de Genève est même contraint de quitter la ville...qui devient dès lors ville protestante.

 

François de Sales naît le 21 août 1567 au château familial situé près de Thorens, proche d'Annecy. Après être allé à l'école de La Roche (1573-1575), il fait trois années de collège à Annecy (1575-1578), avant d'être envoyé au Collège de Clermont à Paris, où il suit pendant quatre ans (1578-1582) le cursus de grammaire, de rhétorique et d'humanité. De 1582 à 1584 il suit les cours de lettres et d'arts libéraux à la Faculté des arts, puis de 1584 à 1588 ceux de philosophie et de théologie.

 

Pendant ce séjour parisien, durant six semaines, fin 1586 début 1587, il traverse une crise mystique "en découvrant les disputes théologiques sur la doctrine de la prédestination". Comme le dit l'évêque de Gap, Mgr Jean-Michel Di falco Léandri dans sa préface:

 

"Aujourd'hui, le débat s'est déplacé. La question, chez nombre de contemporains, n'est plus: "Suis-je sauvé ou non ?", mais: "Vais-je vers le néant ou non? Vais-je vers l'indifférencié ou non? Ne suis-je qu'un conglomérat de particules élémentaires ou non?"

 

Mais ce qui est remarquable, c'est que cette question, même si elle est déplacée, porte, elle aussi, en elle la question de la liberté de l'homme: "Mes gènes me conditionnent-ils ou non?"

 

Toujours est-il que c'est à Padoue où il poursuit des études de droit et de théologie (1588-1591) que François s'apaise après avoir lu, sur la recommandation de son confesseur, le livre du père jésuite Luis Molina sur La concordance du libre-arbitre avec les dons de la grâce.

 

En 1592, après être retourné en Savoie, François devient avocat à Chambéry en novembre. L'année suivante il décline les lettres patentes de sénateur que lui accorde le duc de Savoie, ce qui peine son père, qui est encore plus peiné d'apprendre que son fils aîné veut servir Dieu et qu'il vient d'être nommé prévôt du chapitre de Saint Pierre de Genève.

 

En 1594, François de Sales se rend en Chablais entièrement acquis, par la force, aux calvinistes (il n'y a plus qu'une poignée de catholiques). Non sans mal il va le convertir par la voie d'amour, en commençant par prêcher dans sa capitale, Thonon:

 

"C'est par la charité qu'il faut ébranler les murs de Genève, par la charité qu'il faut l'envahir, par la charité qu'il faut la reconquérir. Je ne vous propose ni le fer, ni la poudre dont l'odeur et la saveur évoquent la fournaise de l'enfer."

 

A cette occasion il va innover, en 1595, en ajoutant l'apostolat par la presse à ses prédications qui n'attirent au début que de faibles auditoires. Tant et si bien qu'à la Noël 1596 toutes ses entreprises de conversion, en dépit de multiples embûches dressées par les réformés, commencent à porter leurs fruits et se traduisent peu à peu par un renversement de la situation, qui ne sera complet qu'en 1598.

 

Tout le restant de sa vie François de Sales va promouvoir cette voie d'amour qui a si bien réussi au Chablais avec le retour à la foi catholique de ses habitants. Cette voie est pour lui applicable en toutes circonstances, même s'il échoue, en l'empruntant, à convertir Théodore de Bèze, qu'il rencontre à plusieurs reprises.

 

Quand il impose à Jeanne de Chantal des règles difficiles à observer, il lui écrit:

 

"Il faut tout faire par amour et rien par la force; il faut plus aimer l'obéissance que craindre la désobéissance."

 

La vie de François de Sales est bien remplie. Il est coadjuteur, puis successeur de l'évêque de Genève. Il reprend en mains les prêtres de son diocèse dont il connaît toutes les villes. Il répond à tous ceux qui lui écrivent. Il fonde des monastères avec Jeanne de Chantal. Il écrit des livres, dont L'introduction à la vie dévote (qui a énormément de succès) et le Traité de l'amour de Dieu (qui en a beaucoup moins). Il convertit. Il prêche, souvent plusieurs fois par jour. Il voyage en Italie, en France. Il semble inépuisable.

 

Pourtant François de Sales tombe gravement malade par trois fois, en 1590, fin 1597 début 1598, en 1622. Il se rétablit les deux premières fois. Mais la troisième il est rappelé à Dieu, à 55 ans, ce qui n'est pas mourir jeune à l'époque.

 

Aimé Richardt nous restitue toute cette vie à l'aide de témoignages de contemporains, de citations de livres consacrés au saint, d'extraits des oeuvres elles-mêmes écrites par lui. Cette biographie est importante parce qu'elle nous montre un saint qui convertit par la persuasion et par le dialogue, qui aime les autres comme il aime Dieu et comme Dieu l'aime, qui est dévôt, c'est-à-dire d'une grande piété, ce qui va de pair pour lui avec la grande charité qui l'anime:

 

"Si la charité est une plante", écrit-il "la dévotion est la fleur...si elle est un baume précieux, la dévotion en est l'odeur."

 

En somme il s'agit d'un saint pour notre temps où, bien souvent, les imprécations, voire les injures, servent d'arguments, où beaucoup de choses sont imposées sans discussion, où il n'est pas question d'obtenir de consentement mais de contraindre.

 

Francis Richard

 

Saint François de Sales et la Contre-Réforme, Aimé Richardt, 270 pages, François-Xavier de Guibert

Source: Saint François de Sales : un évêque de Contre-Réforme, Belgicatho, 24 janvier 2017

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 07:00
Amoris laetitia a fait son premier martyr

“Amoris laetitia” a fait son premier martyr. Il s’agit d’un prêtre colombien, le P. Uribe Medina, qui a été frappé d’excommunication par son évêque, Mgr Rigoberto Corredor, qui déclare sans rire avoir appliqué le Droit canonique.

Il a été reproché au P. Uribe Medina de s’être “publiquement séparé de la communion avec le Pape et avec l’Eglise” en exprimant son désaccord avec le passage de l’Exhortation apostolique “Amoris Laetitia” qui concerne la communion des divorcés-remariés et contredit les enseignements de S. Jean-Paul II et de Benoît XVI.

La nouvelle de cette excommunication a été donnée par “Adelante La Fè” qui a également publié un enregistrement du témoignage en espagnol du prêtre.

Trois remarques :

1. Il est toujours très surprenant de voir les évêques n’avoir recours au Droit canonique que lorsque ça les arrange personnellement ;

2. On peut aujourd’hui enseigner n’importe quelle hérésie sur l’Eucharistie ou la virginité de Marie ou encore les miracles sans risquer la moindre sanction. La seule chose qui est très risquée, c’est de critiquer tel clerc bien en vue dans le microcosme des clérocrates bien installés ;

3. S’il fallait excommunier tous les prêtres - et les évêques ! - qui ont exprimé ouvertement leurs désaccords avec tel Pape et avec l’Eglise, bien des diocèses seraient aujourd’hui sans pasteurs.

Ainsi s'applique le Droit dans l’Eglise de ceux qui parlent tant de justice.

 

Pour en savoir plus, cliquer ici.

AMORIS LAETITIA FAIT SON PREMIER MARTYR : UN PRÊTRE COLOMBIEN QUI REFUSE DE DONNER LA COMMUNION AUX DIVORCES REMARIÉS

 

La rumeur surréaliste qui courait vient malheureusement d’être confirmée. Un prêtre colombien a bien été suspendu a divinis par son évêque pour avoir exprimé ses critiques et fait part de son désaccord avec la partie de l’exhortation apostolique Amoris Laetitia qui concerne la communion des divorcés-remariés. La nouvelle a été donnée par Adelante La Fè qui a également publié un enregistrement du témoignage en espagnol du prêtre.

 

Luis Alberto Uribe Medina, c’est son nom, prêtre du diocèse de Pereira, a été convoqué par son évêque, Rigoberto Corredor. Selon le communiqué du diocèse, le Père Uribe Medina a « exprimé en public et en privé son refus du magistère doctrinal et pastoral du Saint Père, surtout en ce qui concerne le mariage et l’eucharistie ». Il est inutile de préciser qu’il s’agit de la fameuse petite note du document qui contredit le magistère précédent, qui était celui de l’Eglise jusqu’en 2016, l’enseignement de Saint Jean-Paul II et de Benoît XVI ainsi que le catéchisme de l’Eglise catholique, toujours censé être valide.

 

Le communiqué du diocèse affirme qu’à cause de sa position, le prêtre s’est « séparé publiquement de la communion avec le Pape et avec l’Eglise ». Par conséquent, sur base du Code de Droit Canon, il a été considéré comme apostat, hérétique et schismatique, frappé de suspension Latae Sententia et déchu de sa position ecclésiastique.

 

Selon Adelante la Fè, qui a consulté plusieurs « sources fiables », la faute de Père Uribe Medina c’est d’avoir refusé d’appliquer les nouvelles normes d’accès à l’eucharistie pour les divorcés-remariés dont le premier mariage est encore valide.

 

Des voix analogues faisant état de sanctions canoniques à l’égard de prêtres qui ne veulent pas appliquer les normes permissives d’Amoris Laetitia circulaient déjà à la suite du communiqué dans lequel les deux évêques de Malte, Scicluna et Grech, avaient formulé des normes interprétatives qui en pratique permettaient aux fidèles de décider eux-mêmes de communier quelle que soit leur situation matrimoniale. Une rumeur selon laquelle l’évêque de Gozo, Mario Grech, aurait menacé de suspendre a divinis les prêtres réfractaires avait un temps circulé sur les réseaux sociaux.

 

L’évêque a démenti cette information dans un communiqué sur la page Facebook du diocèse où il affirme que « ce qui a été rapporté par certains médias au sujet de l’évêque Mario Grech, en particulier sur le fait qu’il menacerait d’une suspension a divinis les prêtres qui refuseraient de donner la communion aux divorcés remariés est absolument faux ».

 

C’est certainement une bonne nouvelle mais qui n’améliorera pas beaucoup le climat général. Un contexte de pressions, de menaces, d’intimidations (voir article précédent) dont l’origine proviendrait de l’entourage direct du Pape François, si toutefois les sources d’un journaliste bien informé comme Edward Pentin sont exactes. Il avoue d’ailleurs n’avoir jamais assisté à une chose pareille en trente-cinq ans d’expérience professionnelle dans le domaine.

 

Nous voyons des prêtres et des religieux dire et faire tout et n’importe quoi (NdT : de la négation à Noël de la virginité de Marie par le jésuite Juan Masia à l’appel à des musulmans à venir prier dans la chapelle de l’aéroport de Milan) et persister dans cette attitude sans que personne ne songe à entraver leur liberté d’opinion et d’expression.

 

Une telle réaction témoigne non seulement de la véritable nature de cette miséricorde dont on parle tant mais surtout d’une certaine nervosité. Alors que la demande respectueuse et persévérante d’éclaircissements soumise au Pape dans les « dubia » s’amplifie, la peur que les doutes et les résistances ne se répandent pousse le successeur de Pierre à réagir avec cette rigidité qu’il méprise tant. Sale temps pour l’Eglise.

 

Source : Marco Tosatti, La Stampa.

Amoris laetitia a fait son premier martyr
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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 23:00

Les commentateurs politiques avaient annoncé qu'une participation en-dessous de deux millions serait un échec et en-dessous d'un million cinq cent mille votants, la primaire du PS pour l'élection présidentielle serait une catastrophe. Or, dans la nuit de dimanche à lundi, après un bug du site des "primaires citoyennes", on s'est retrouvé lundi, en fin de matinée avec 350 000 votants de plus sans que cette participation supplémentaire n'ait modifié en rien les résultats des candidats, "pas même d'un seul dixième de point". Certains journalistes ont également pu voter deux fois...

Alors que 350.000 voix ont été comptabilisées entre dimanche soir et lundi matin, les scores des sept candidats sont restés identiques. Une hypothèse statistiquement quasi-impossible. Après avoir d'abord invoqué un «bug» informatique, le PS parle désormais d'une «erreur humaine» commise par «un permanent».

 

«Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup.» Restée célèbre depuis qu'elle a été prononcée par Martine Aubry pour attaquer François Hollande en 2011, cette petite phrase est plus que jamais d'actualité. Car lundi soir, 24 heures après la clôture des bureaux de vote de la primaire, aucune donnée définitive sur le niveau de participation au scrutin n'avait été officiellement communiquée. Ni par le Parti socialiste. Ni par la Haute autorité. Les derniers chiffres transmis ne portaient que sur 94,45 % des bureaux et faisaient état de 1 597720 électeurs.

 

Ce dernier chiffre est à prendre avec des pincettes. Car les soupçons de bidonnage qui l'entourent sont nombreux. Ainsi, le nombre de votants a d'abord été actualisé en temps réel sur le site des «primaires citoyennes», avant d'en disparaître mystérieusement dans la nuit de dimanche à lundi... Puis, de réapparaître lundi, en fin de matinée. Entre-temps, quelque 350 000 nouvelles voix avaient été comptabilisées et réparties sur l'ensemble des sept candidats. Mais sans que cela ne modifie en rien leur score. Pas même d'un seul dixième de point... À titre d'exemple, le score de Benoît Hamon est resté figé à 36,35 % alors que son nombre de voix est passé de 454041 à 582014. Idem pour les six autres candidats. Ce qui est statistiquement quasi impossible. De là à penser que le PS a joué aux apprentis sorciers... Plusieurs hypothèses. Ces 350 000 voix n'existent tout simplement pas et ont été opportunément «inventées» pour gonfler le chiffre total de la participation sans modifier les scores des candidats. Ces 350 000 voix existent bel et bien et, dans ce cas, se pose la question de leur répartition entre les candidats.

 

Certains journalistes ont pu voter deux fois...

 

Contacté par Libération, le président du Comité national d'organisation de la primaire, Christophe Borgel, a d'abord invoqué une défaillance informatique. «Il y a eu un bug, rien de plus. Et c'est un peu de ma faute. Il y avait beaucoup de pression autour du niveau de participation, j'ai demandé à ce que les résultats soient actualisés au plus vite. Et effectivement, on a appliqué au nouveau total de votants les pourcentages de la veille», a-t-il tenté de déminer. Joint dans l'après-midi par Le Figaro, il s'est confondu en excuses et a dit «assumer les responsabilités». Mais, il a cette fois pointé l'«erreur humaine» d'«un permanent qui a fait un gros loupé». «Sachant que les résultats étaient stabilisés, je n'ai pas fait attention à leur répercussion. Qu'ils bougent de 0,2 point ou 0,3 point était le cadet de mes soucis, vu tout ce qu'il me reste à organiser en cette semaine d'entre-deux tours. Mais quand j'ai appris ce qu'il s'était passé, j'ai convoqué tout le monde dans mon bureau. La plupart de ceux qui étaient là ne m'avaient jamais vu gueuler. Ils ont découvert ce que ça donnait...», raconte-t-il. Contrairement à Thomas Clay, qui dit «ne pas bien comprendre cette polémique», Christophe Borgel assure qu'il «entend les interrogations légitimes» des journalistes. Il jure toutefois qu'il n'y a eu ni fraude ni manipulation. «Si c'était le cas, pourquoi nous serions-nous contentés d'1,6 million au lieu de monter à deux millions? Et comment croyez-vous que j'aurais pu convaincre des magistrats qui composent la Haute autorité de falsifier les chiffres?», interroge-t-il, conscient de l'image dévastatrice que renvoie cette situation.

 

On a connu des défenses plus convaincantes. D'autant que d'autres problèmes ont été constatés dimanche. Ainsi, certains journalistes sont parvenus à voter deux fois... Ces cafouillages créent du malaise au PS. En découvrant l'histoire, certains socialistes ont levé les yeux au ciel et soupiré. «Mais c'est pas vrai... Je vois très bien ce qui s'est passé. Ils étaient trop bas en participation et ils ont ajusté», avance-t-on dans le camp d'un candidat. Chez un autre, on minimise: «On reste dans le folklore socialiste. Tout cela s'inscrit dans la longue lignée des accidents qu'a déjà connus le Parti. Souvenez-vous, le congrès de Reims...» C'était en 2008 et des fraudes massives organisées par le camp de Martine Aubry avaient empêché Ségolène Royal d'être élue première secrétaire du PS. Une autre élue socialiste ironise sur cette «alchimie électorale qui, à force, va finir par leur péter entre les mains». Pour l'heure, aucun des principaux candidats ne s'est plaint des résultats. Après tout, le vainqueur quel qu'il soit aura besoin d'afficher une participation convenable pour légitimer sa candidature face à Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron. Peu importent les bugs donc.

"Election présidentielle" : le PS soupçonné d'avoir truqué le résultat des primaires

Source: Primaire à gauche : le PS soupçonné d'avoir manipulé les chiffres du scrutin, Le Figaro, Par Arthur Berdah, François-Xavier Bourmaud Mis à jour le 23/01/2017 à 20:15 Publié le 23/01/2017 à 11:43

 

Dimanche soir, Jean-Christophe Cambadélis annonçait une participation entre 1,5 et 2 millions de votants, ajoutant qu'elle serait plus proche des 2 millions. Ce matin, Thomas Clay, président de la haute autorité de la primaire, a déclaré que le nombre de votants s'élevait à 1 603 518 sur 92,75 % des bureaux de vote. Sur le site de la primaire, on trouve 1 601 139 participants annoncés, sur 95 % des bureaux de vote. Selon Thomas Clay, les résultats finaux devraient être annoncés dans la journée et ne seront tout à fait validés que dans la semaine.

 

[...]

 

Sur son site internet, le journal Marianne explique « comment le PS nous a bernés ». L'article fait mention de la disparition du compteur de la participation aux alentours de 23 heures, ce dimanche, alors que le nombre de votants n'avait pas dépassé le million.

 

[...]

 

Le PS a-t-il gonflé les chiffres de la participation ? Le Parisien y est allé aussi de sa "désintox" en révélant que les sept mandataires des candidats du premier tour auraient reçu un état des lieux des votes lundi après-midi. Cet état des lieux n'est pas définitif. Il a établi à partir des données de 7 208 bureaux de vote, soit 300 de moins que le chiffre total. Et là, surprise ! Alors que le site de la primaire affiche toujours 1 601 139 votes, il se monte à 1 448 025 votants. Manque 153 114 bulletins de vote. Difficile de croire que ces bulletins se trouveront dans 300 bureaux...

 

Et ce n'est pas fini ! Une autre question surgit : en plus de nous berner sur la participation, le PS aurait-il bidouillé les résultats ? Sur Twitter, plusieurs personnes, dont les journalistes Hugo Clément et Olivier Auguste, ont pointé du doigt une autre anomalie sur le site. Dimanche, à 0 h 45, le site annonce 1 249 146 votants, avec les pourcentages associés. Lundi matin, à 10 heures, le même site annonce 1 601 138 votants (désormais passé à 1 601 139), avec des pourcentages tout à fait similaires. Comme le souligne Hugo Clément, la probabilité qu'avec 350 000 votes en plus, les pourcentages ne varient pas d'un centième est quasiment nulle.

"Election présidentielle" : le PS soupçonné d'avoir truqué le résultat des primaires

Source: Primaire de la gauche : participation, résultats, le grand n'importe quoi !, Par Le Point.fr, Modifié le 23/01/2017 à 20:33 - Publié le 23/01/2017 à 15:37 | Le Point.fr

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 12:39

De Diane Montagna sur le site « Aleteia », le 20 janvier 2017 : il y a des années, Sœur Lucia écrivait une lettre au cardinal Carlo Caffarra : « Toutefois, Notre Dame lui a déjà écrasé la tête »…

 

« La bataille finale entre Dieu et le royaume de Satan portera sur le mariage et la famille » confiait il y a plusieurs années Sœur Lucia dos Santos, une des trois voyantes de Fatima, au cardinal Carlo Caffara, alors qu’il travaillait à la fondation de l’Institut pontifical Jean Paul II d’études sur le mariage et la famille à Rome.

 

Le 16 février 2008, le cardinal Caffarra, alors archevêque de Bologne, se déplace à San Giovanni Rotondo pour célébrer une messe sur la tombe de saint Padre Pio. Après la messe, le cardinal a accordé une interview au média italien Teleradio Padre Pio, publiée sous le titre de « La voix de Padre Pio » dans l’édition de mars du magazine.

 

Dans l’interview, le cardinal parle également de sa dévotion pour Padre Pio, ainsi que de la profonde signification qu’ont ce dernier ainsi que d’autres mystiques dans le monde d’aujourd’hui.

 

Le cardinal Caffarra est le président fondateur de l’Institut pontifical Jean Paul II d’études sur le mariage et la famille. Il a également servi en tant que membre du Tribunal suprême de la signature apostolique, membre du Conseil pontifical pour la famille et membre de l’Académie pontificale pour la vie.

 

Il fut fait cardinal par le pape Benoît XVI en mars 2016. Il fut également l’un des 45 délégués choisis avec soin par le pape François pour assister au Synode ordinaire sur la famille de 2015.

 

Voici la traduction française de cette interview accordée par le cardinal Caffarra à Teleradio Padre Pio.

 

Monseigneur, vous avez récemment déclaré au Corriere della Sera avoir toujours eu une grande dévotion pour Padre Pio. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

 

 

Cardinal Caffarra : L’origine de ma dévotion pour lui remonte à mes débuts en tant que prêtre, à cause d’une expérience personnelle unique. Cela faisait des mois que j’étais prêtre et un frère prêtre est venu me voir. Il était bien plus âgé que moi et traversait une profonde crise de la foi. Il m’est difficile de décrire ce qu’une crise de la foi représente pour un prêtre… C’est tout simplement terrible ! Je lui ai dit : « Mon frère, je suis trop faible ; je ne me sens pas de porter un tel fardeau. Va plutôt voir Padre Pio ». Il y est allé et pendant qu’il parlait avec Padre Pio, il a eu une grande expérience mystique. Il a vécu de façon très intense la miséricorde de Dieu. Il est à présent un des meilleurs prêtres que je connaisse. Voilà, tout y est. C’est ainsi que tout a commencé.

 

Avez-vous vous-même déjà rencontré Padre Pio ?

Non, parce que je n’ai jamais eu le courage d’aller le voir, je craignais lui faire perdre son temps ! […] Je pense que Padre Pio s’inscrit dans la lignée des grands mystiques qui partagent cette caractéristique : tous portent avec intensité la Croix du Christ. En effet, leurs épaules supportent la plus grande tragédie humaine d’aujourd’hui : l’athéisme. Padre Pio, sainte Gemma Galgani, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, Mère Teresa et le Curé d’Ars ont tous fait la profonde expérience de manger avec des pécheurs, de partager leur vie, de porter le poids de l’Agonie de Gethsémani, chacun à sa façon, témoignant ainsi de l’amour du Christ qui prend pour lui les souffrances de celui qui a quitté la maison de son Père et qui ne veut pas y retourner, même s’il sait dans son cœur qu’il y sera bien mieux qu’à garder des cochons… L’humanité s’imagine aujourd’hui pouvoir continuer à vivre comme si Dieu n’existait pas.

 

Il existe une prophétie de Sœur Lucia dos Santos, la voyante de Fatima dont le processus de béatification a commencé le 13 février [2008]. Elle concerne « la bataille finale entre le Seigneur et le royaume de Satan. » Et son champ de bataille, c’est la famille. La vie et la famille. Tous ne savent pas que Jean Paul II vous a demandé de mettre au point et de fonder l’Institut pontifical d’études sur le mariage et la famille.

 

 

C’est exact. Quand j’ai commencé cette œuvre que m’a confiée le Serviteur de Dieu [maintenant saint] Jean Paul II, j’ai écrit à Sœur Lucia de Fatima par l’intermédiaire de son évêque (on ne peut pas l’approcher de façon directe). Je ne m’attendais pas à obtenir une réponse de sa part puisque je ne lui demandais que des prières. Cependant, en l’espace de quelques jours, j’ai reçu une très longue lettre de sa main. Elle est maintenant dans les archives de l’Institut. On peut trouver écrit dedans : « La bataille finale entre le Seigneur et le royaume de Satan portera sur le mariage et la famille ». Elle ajoute également : « N’ayez pas peur : tous ceux qui travaillent à la sainteté du mariage et de la famille seront toujours combattus et l’on s’opposera à eux de toutes les façons possibles, parce que ce sont des points décisifs ». Enfin, elle conclut : « Toutefois, Notre Dame lui a déjà écrasé la tête ».

 

En parlant à Jean Paul II, on comprenait aussi que la sainteté du mariage était vraiment le point crucial puisqu’il a rapport au pilier de la création lui-même, à l’authenticité de la relation entre un homme et une femme, sur plusieurs générations. Quand on touche à un pilier fondateur, c’est toute la construction qui s’effondre. C’est ce à quoi nous assistons actuellement. Nous avons en effet atteint ce moment crucial, et nous le savons. Et je suis ému quand je lis les meilleures biographies de Padre Pio, de l’attention que portait cet homme à la sainteté du mariage et des époux, parfois même à l’occasion avec une rigueur justifiable.

 

Ref. « La bataille finale entre Dieu et Satan portera sur le mariage et la famille »

 

"Une sorte de schisme existe déjà dans l'Eglise" (Mgr Athanasius Schneider) Mgr Caffarra est l’un des quatre cardinaux signataires des « dubia » adressés au pape François sur certains aspects de son exhortation post-synodale sur la famille: « Amoris laetitia ».

http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2017/01/21/la-bataille-finale-entre-dieu-et-satan-portera-sur-le-maria-5901758.html

http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2017/01/21/la-bataille-finale-entre-dieu-et-satan-portera-sur-le-maria-5901758.html

Source : Belgicatho

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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 10:48

John Fisher (painting).jpg Peu de temps avant son exécution par le roi d’Angleterre Henry VIII, Saint John Fisher avait déclaré :

La forteresse a été abandonnée par ceux qui avaient à la défendre.

En parlant d’un abandon de la forteresse, il ne faisait pas référence à une invasion du pays par une nation étrangère ou une horde de barbares ; il ne parlait pas du schisme provoqué par la convoitise du roi.

Il faisait uniquement allusion à la trahison de ses frères évêques qui, l’un après l’autre avait accepté et béni le faux mariage d’Henri VIII avec Anne Boleyn.

Ces évêques trahissaient ainsi l’unique Eglise fondée par Jésus-Christ, choisissant ainsi de perdre leur âme pour conserver une fonction (et leur tête) tout en sachant très bien ce qui était en jeu.

Ce qui est arrivé dans l’Angleterre du XVIe siècle est exactement ce qui se passe aujourd’hui dans bien des diocèses et à tous les niveaux, juste sous notre nez.

"La forteresse a été abandonnée par ceux qui avaient à la défendre" (S. John Fischer), une situation similaire à celle d'aujourd'hui
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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 10:22
Le missel en français conforme à l’original latin ne paraîtra pas, l'universalisme de l'Eglise séloigne un peu plus

Pro Liturgia, Actualité du samedi 21 janvier 2017

 

Nous l’annoncions il y a quelques temps sur notre site : les évêques de France qui craignaient que la Congrégation pour le Culte divin (Cardinal Sarah) leur impose l’usage d’un missel en français conforme à l’original latin ont gagné. Ce missel ne paraîtra jamais puisqu’à la demande du Pape François, une commission a été constituée à la Congrégation pour le Culte divin pour réviser (liquider ?) l’instruction “Liturgiam authenticam”, en sorte que les célébrations en langues courantes puissent officiellement s’ouvrir à toutes les fantaisies. C’est-à-dire être soustraites à la doctrine, à la “lex credendi”.

Reconnaissons-le : la création de cette commission est ni plus ni moins qu’une estocade portée contre l’oeuvre de restauration liturgique menée par S. Jean-Paul II, Benoît XVI et le Cardinal Sarah.

Réaction d’un jeune catholique : « Je commence vraiment à être très inquiet quant à l’avenir de l’Eglise à court et à moyen terme. Je pensais que le pire était derrière nous ; je me suis probablement trompé : avec François et tous les progressistes qu’il installe à tous les postes de l’Eglise - ce qui va prolonger la complicité du haut clergé même après la fin du pontificat actuel -, il est à craindre que le pire soit devant nous. Rome va perdre complètement le contrôle de la chrétienté et ensuite ne pourra plus le reprendre. Si cette tendance se confirme, dans 50 ans l’Eglise ressemblera au monde protestant : il n’y aura pas deux diocèses, voire deux paroisses avec la même foi. Il faut être aveugle pour ne pas voir que nous nous acheminons de plus en plus vers la décomposition finale du catholicisme. » (catholicisme entendu au sens de S. Ignace d'Antioche, l'inventeur en 112 ap. J.-C. du mot grec  «kajolik´ov», «catholicos» 'catholique', qui avait déjà chez les auteurs grecs (Aristote, Zénon, Polybe) le sens d'universel, de général, de vrai en tout lieu et à toute époque, pour définir l'Eglise de Jésus-Christ, dans sa Lettre aux chrétiens de Smyrne (5, 8). NdCR.)

 

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 20:18

Il semble que lorsque le pape François déclara au journaliste Scalfari "chacun doit choisir et suivre le Bien et combattre le Mal selon l'idée qu'il s'en fait", il appliqua tout simplement la "liberté religieuse" du document Dignitatis humanae du Concile Vatican II, définissant un droit des individus à "être exempts de toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres" (DH, 2) à sa nouvelle miséricorde dans Amoris laetitia.

 

Nous assisterions au développement d'une "liberté-miséricorde" qui consacre un anthropocentrisme négateur de la nature de l'homme, de sa fin dernière (Dieu) et donc de sa dignité : il ne peut pas en effet "être miséricorde d'accorder à l'homme de ne pas être ce qu'il est.." (Don Alfredo Morselli)

 

En laissant l'homme seul juge de son état, seule instance pour définir le Bien et le Mal objectif, "selon l'idée qu'il s'en fait", certes avec l'aide de son confesseur, mais tout de même selon l'idée qu'il s'en fait, seule instance à décider si il peut communier, même s'il vit dans une situation irrégulière, ne prend-on pas le risque de laisser cet homme à une conscience faussée, fort éloignée de la volonté de Dieu pour lui, le condamnant ainsi à l'erreur et à vivre enchaîné, dans un état contraire à sa liberté d'enfant de Dieu et à sa dignité ?

 

Dans la philosophie classique (allégorie de la Caverne de Platon) et la théologie catholique (Quanta Cura du pape Pie IX), l'homme éclairé, celui qui est sorti de la caverne, peut l'avoir été par la force d'une main extérieure. Il n'a trouvé la vérité et la liberté que par l'aide d'une personne extérieure, qui en quelque sorte l'a forcé à s'élever vers la vérité, lui-même ne pouvant y arriver par ses propres forces. Il dut lui-même, avec l'aide charitable de cette personne, se faire violence lui-même.

 

Tout indique que c'est de cet intervenant extérieur que l'on ne veut plus. Dans la nouvelle pastorale, l'homme ne doit plus avoir comme seul horizon que son moi, ce qui consacre un individualisme religieux obligatoire.

 

Cependant, le pape qui voudrait que l'homme ne soit pas contraint par des règles extérieures (la doctrine traditionnelle de l'Eglise sur l'indissolubilité du mariage) ou un confesseur "rigide", en revanche ne se gêne pas pour interdire les positions contraires aux siennes et la liberté de conscience des catholiques critiques sur Amoris laetitia.

 

Hilary White, ironique, résume : "La réalité objective ne compte pas et nous pouvons tous en décider pour nous-mêmes. Ce que nous ne comprenons pas, c'est que dans un vide-réalité, celui qui a le plus de pouvoir décidera pour nous."

 

Combien de doigts François lève-t-il maintenant ? Amoris Laetitia et la Soumission

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 12:40
Bataille du Mans de 1793 : Conférence d'Elodie Cabot (INRAP) sur les fouilles des 9 charniers révolutionnaires

Samedi 21 janvier 2017 (date anniversaire du rappel au ciel de Louis XVI), et à l'occasion de la réunion du Souvenir Vendéen à Paris chez les Pères du Saint-Sacrement, Maison Eymard (23 av. de Friedland, 8e Arrond. M° Etoile, Bus 22 Arrêt Friedland Balzac), Mme Elodie Cabot, anthropologue de l'INRAP, donnera à 16H une conférence sur les résultats de la fouille des charniers révolutionnaires après la bataille du Mans (1793), fouille dont elle fut la principale responsable.

D'après les divers témoignages, les 12 et 13 décembre 1793, entre 15000 et 20000 vendéens et chouans seront tués à l'intérieur de la ville du Mans, tant durant les combats qu'au cours des massacres, dont des femmes, enfants et prêtres, les autres dans les campagnes.

L'Inrap, à la suite de la découverte de plusieurs charniers place des Jacobins, situe le nombre de victime entre 2 000 et 5 000 (Le Mans : archéologie de la virée de Galerne)

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 12:33
Le 21 janvier 1793, la France révolutionnaire a coupé la tête du corps charnel du roi mais n'a pas touché à son corps mystique, dépositaire de la fonction de souveraineté

La France Royale existe, la monarchie nous a laissé un héritage tant spirituel que matériel formant toujours notre quotidien : le savoir-vivre à la française, les cathédrales, des entreprises prospères comme Saint-Gobain ou la cristallerie Saint-Louis, le code maritime utilisé actuellement par les navigateurs du Vendée Globe...

 

Louis XVI aimait la Royale, au pied de l'échafaud, il se préoccupa même du sort de La Pérouse. Grâce à la Marine le royaume s'était agrandi. Lors de l'opération de sauvetage des esclaves abandonnés sur une petite île aux larges de l'île Bourbon (île de la Réunion) et de l'île-de-France (île Maurice), le Chevalier de Tromelin, lieutenant des vaisseaux du Roi, y avait dressé le pavillon français. Ce 29 novembre 1776, la France prenait possession de l'île Tromelin au nom du Roi de France Louis XVI, De retour à l’île-de-France, les 8 survivants étaient déclarés libres. L’intendant donnait asile à l’enfant, à Eve, sa mère et à Dauphine, sa grand-mère. Le nourrisson était baptisé.

 

Ce 18 janvier 2017, l'héritage de Louis XVI aurait pu être bradé législativement à l'île Maurice sans la vigilance de 4 ou 5 députés "d'union sacrée" (LR, UDI, PS et FN) qui refusèrent avec le MEDEF l'abandon de notre souveraineté sur un territoire maritime aussi grand que l'Allemagne.

 

Le 21 janvier 1793, la France révolutionnaire a coupé la tête du corps charnel du roi mais n'a pas touché à son corps mystique, dépositaire de la fonction de souveraineté. Cet esprit issu de la culture royale demeure vivant chez certains de nos contemporains pourtant non "labellisés" royalistes.

 

Nicolas Chotard,

 

Président des Lys de France

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 18:32

On se souvient que dans un entretien au journaliste italien Eugénio Scalfari, publié le 1er octobre 2013, le pape François avait expliqué comment il "changerait l'Eglise", en déclarant que "chacun a sa propre conception du Bien et du Mal et chacun doit choisir et suivre le Bien et combattre le Mal selon l'idée qu'il s'en fait. Il suffirait de cela pour vivre dans un monde meilleur."

Le Pape à Scalfari :"Ainsi je changerai l'Église." Entretien à Eugenio Scalfari, Reppublica.it, le 1er octobre 2013. Source: http://www.repubblica.it/cultura/2013/10/01/news/le_pape_a_scalfari_ainsi_je_changerai_l_glise-67693549/

Le Pape à Scalfari :"Ainsi je changerai l'Église." Entretien à Eugenio Scalfari, Reppublica.it, le 1er octobre 2013. Source: http://www.repubblica.it/cultura/2013/10/01/news/le_pape_a_scalfari_ainsi_je_changerai_l_glise-67693549/

Cette approche du pape François qui laisse à chacun le soin de définir le Bien et le Mal "selon l'idée qu'il s'en fait" sous-tend son exhortation Amoris laetitia, où le divorcé et civilement remarié pourrait, avec l'aide de son confesseur, accéder à la Communion, si sa conscience le laisse tranquille et lui permet de prendre cette décision. François justifie cet accès au sacrement au nom de la miséricorde de Dieu.

 

Un débat est ouvert aujourd'hui sur Le forum catholique : la "miséricorde" du Pape François est-elle la vraie miséricorde, ou n'est-elle qu'une fausse miséricorde ?

 

Pour Yves Daoudal, la "miséricorde" du pape François est "fondamentalement hérétique", une reprise de la "théologie" de Kasper :

 

Dans les psaumes, le mot miséricorde est associé 20 fois au mot vérité. « Toutes les voies du Seigneur sont miséricorde et vérité. » Si on met la vérité au placard (la vérité sur Dieu), on est sûr d’enseigner une fausse miséricorde.

Amoris laetitia : la "miséricorde" du pape François est-elle la vraie miséricorde?

Ici, ce serait "une forme d'immanentisme larvée, où Dieu n'est plus distinct du monde et de ses créatures, parce qu'il est enchaîné à ces derniers..."

Jusqu'ici la Miséricorde, la vraie, consistait à élever l'homme vers la vérité. Car l'homme est fait pour connaître la vérité. C'est sa nature.

 

La nouvelle miséricorde de François, en laissant l'homme seul juge de son état, seule instance pour définir le Bien et le Mal objectif, "selon l'idée qu'il s'en fait", certes avec l'aide de son confesseur, mais tout de même selon l'idée qu'il s'en fait, prend le risque de laisser l'homme à une conscience faussée, le condamnant ainsi à l'erreur et à vivre enchaîné, dans un état contraire à sa liberté d'enfant de Dieu et à sa dignité.

 

Combien de doigts François lève-t-il maintenant ? Amoris Laetitia et la Soumission On a ici le contraire de l'allégorie de la Caverne, cette allégorie du philosophe grec Platon (La République, Livre VII) qui a formé le fondement de ce que nous appelons maintenant la pensée et la civilisation "occidentale".

 

Cette philosophie, qui est aussi le fond de la tradition théologique catholique, enseigne que la réalité objective, immuable, et extérieure à l'homme, ne peut être changée par la fiat humain (sa volonté), ni laissée à sa conscience, "selon l'idée qu'il s'en fait", car cette idée peut être faussée si la conscience n'est pas éclairée, et tournée vers la vérité, la loi naturelle de Dieu. Et dans cette théologie classique, l'homme éclairé, celui qui est sorti de la caverne, l'a été par la force. Il a trouvé la vérité et la liberté par une main extérieure qui l'a forcé à s'élever vers la vérité. Lui-même a dû se faire violence :

 

"Imagine qu'on détache l'un de ces prisonniers, qu'on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière. [...] Et si, on l'arrache de sa caverne par force, qu'on lui fasse gravir la montée rude et escarpée, et qu'on ne le lâche pas avant de l'avoir traîné jusqu'à la lumière du soleil, ne souffrira-t-il pas vivement, et ne se plaindra-t-il pas de ces violences? [...] Après cela, il pourra contempler les corps célestes et le ciel lui-même. [...] A la fin, ce sera le soleil. [...] Or, donc, se souvenant de sa première demeure, [...] et de ceux qui y furent ses compagnons de captivité, ne crois-tu pas qu'il se réjouira du changement et plaindra ces derniers? [...] Comme le héros d'Homère, ne préférera-t-il pas mille fois n'être qu'un valet de charrue, au service d'un pauvre laboureur, et souffrir tout au monde plutôt que de revenir à ses anciennes illusions et de vivre comme il vivait?

[...] Imagine encore que cet homme redescende dans la caverne et aille s'asseoir à son ancienne place : venant brusquant du plein soleil, n'aura-t-il pas les yeux aveuglés par les ténèbres ? [...] Et ne diront-ils pas qu'étant allé là_haut il en est revenu aveugle, de sorte que ce n'est même pas la peine d'essayer d'y monter ? Et si quelqu'un tente de les délier et de les conduire en haut, et qu'ils le puissent tenir en leurs mains et tuer, ne le tueront-ils pas ?

[...] Dans le monde intelligible l'idée du Bien est perçue la dernière et avec peine. [...] Le présent discours montre que chacun possède la faculté d'apprendre. [...] L'éducation est donc l'art qui se propose ce but, la conversion de l'âme. [...] Elle ne consiste pas à donner la vue à l'organe de l'âme, puisqu'il l'a déjà; mais comme il est mal tourné et ne regarde pas où il faudrait, elle s'efforce de l'amener dans la bonne direction.

[...] Ni les gens sans éducation et sans connaissance de la vérité, ni ceux qu'on laisse passer toute leur vie dans l'étude, ne sont propres au gouvernement de la cité, les uns parce qu'ils n'ont aucun but fixe auquel ils puissent rapporter tout ce qu'ils font dans la vie privée ou dans la vie publique, les autres parce qu'ils ne consentiront point à s'en charger, se croyant déjà transportés de leur vivant dans les îles fortunées...

[...] Il nous incombera donc d'obliger les meilleurs naturels à se tourner vers cette science que nous avons reconnue, [...] et à faire cette ascension; mais après qu'ils se seront ainsi élevés, gardons-nous [...] de rester là-haut, de refuser de descendre de nouveau parmi les prisonniers et de partager avec eux travaux et honneurs. [...] Commettrons-nous à leur égard l'injustice de les forcer à mener une vie misérable, alors qu'ils pourraient jouir d'une condition plus heureuse ?

[...] La loi ne se préoccupe pas d'assurer un bonheur exceptionnel à une classe de citoyens, mais elle s'efforce de réaliser le bonheur de la cité tout entière, en unissant les citoyens par la persuasion ou la contrainte, et en les amenant à se faire part les uns aux autres des avantages que chaque classe peut apporter à la communauté.

[...] La cité où ceux qui doivent commander sont les moins empressés à rechercher le pouvoir, est la mieux gouvernée et la moins sujette à la sédition, et celle où les chefs sont dans des dispositions contraires se trouve elle-même dans une situation contraire. [...] Si tu découvres pour ceux qui doivent commander une condition préférable au pouvoir lui-même, il te sera possible d'avoir un Etat bien gouverné; car dans cet Etat seuls commanderont ceux qui sont vraiment riches, non pas d'or, mais de cette richesse dont l'homme a besoin pour être heureux: une vie vertueuse et sage. Par contre, si les mendiants et les gens affamés de biens particuliers viennent aux affaires publiques, persuadés que c'est là qu'il faut en aller prendre, cela ne te sera pas possible; car on se bat alors pour obtenir le pouvoir, et cette guerre domestique et intestine perd et ceux qui s'y livrent et le reste de la cité. " (La République, Livre VII/515b-520c).

 

Il est même un devoir pour chaque homme qui a découvert la réalité objective de la décrire à son prochain resté plongé dans l'erreur, au risque, comme le Christ, d'y perdre sa vie.

 

On a un devoir de ne pas être une occasion de scandale, de péché, ou de "chute" pour son prochain : "Heureux celui qui ne se scandalisera point de moi" [Mt XI, 6. in Vulgate de S. Jérôme; autre traduction du même verset : "Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute!"; de même "celui qui scandalisera un de ces petits qui croient (en moi), il serait mieux pour lui qu'on lui attache autour du cou une meule à âne et qu'on le jette dans la mer." (Mc, 9, 42)]

 

Dès lors, laisser l'homme au jugement de sa seule conscience peut être un péché, si sachant qu'une personne vit dans une situation irrégulière, l'autorité pastorale ou juridique de l'Eglise lui enseigne qu'elle peut continuer ainsi sans rien changer, et même accéder à la sainte Eucharistie ! C'est laisser sciemment les fidèles attachés enchaînés au fond de la caverne et croire que leur péché est la vérité, au lieu de leur faire tourner la tête vers la lumière et la Vérité.

 

Précisons que dans l'allégorie de la caverne, la force est employée pour contraindre le prisonnier à s'élever vers la lumière et la vérité. Or, précisément, pour ceux qui aujourd'hui défendent l'exhortation Amoris laetita, il ne faudrait pas contraindre la personne enchaînée et prisonnière de ses mensonges, à s'élever vers la vérité. Il serait même un acte de miséricorde que de laisser la personne enchaînée..., de dépasser les textes qui affirment l'interdiction du divorce et l'indissolubilité du mariage. Ces textes seraient (si on les écoute), liberticides ! Ignorer ces textes et la tradition de l'Eglise, serait une libération... Pour eux, il s'agirait d'empêcher au confesseur, une personne extérieure à l'homme, de définir pour la personne vivant dans une situation irrégulière ce qui est bien et ce qui est mal à sa place. Il faudrait enlever à l’autorité pastorale ou juridique de l'Eglise le soin de définir ce à quoi l'homme a droit et ce à quoi il n’a pas droit, et laisser l'homme seul devant sa conscience. "Amoris Laetitia redonnerait ainsi au pénitent sa "dignité" à travers l’exercice de sa liberté et au nom d’une exigence qui, en réalité, est renforcée !" Ce sophisme est à lire ici sur le forum catholique :

Amoris laetitia : la "miséricorde" du pape François est-elle la vraie miséricorde?

La personne auteur de cette interprétation large d'Amoris laetitia (image ci-dessus) avance que "c’est la lecture des critères d’application d’AL par les évêques de Malte" qui lui "suscite cette réflexion" (sic). Ce à quoi on peut d'une part lui demander si elle a pris connaissance des dubia des Quatre cardinaux ? Et si elle peut y répondre ? Parce que jusqu'à aujourd'hui, le pape refuse d'y répondre :

 

1. Il est demandé si, en conséquence de ce qui est affirmé dans "Amoris lætitia" aux nn. 300-305, il est maintenant devenu possible d’absoudre dans le sacrement de Pénitence et donc d’admettre à la Sainte Eucharistie une personne qui, étant liée par un lien matrimonial valide, vit "more uxorio" avec une autre personne, sans que soient remplies les conditions prévues par "Familiaris consortio" au n. 84 et réaffirmées ensuite par "Reconciliatio et pænitentia" au n. 34 et par "Sacramentum caritatis" au n. 29. L’expression "dans certains cas" de la note 351 (n. 305) de l’exhortation "Amoris lætitia" peut-elle être appliquée aux divorcés remariés qui continuent à vivre "more uxorio" ?

Amoris laetitia n. 305 :

Amoris laetitia : la "miséricorde" du pape François est-elle la vraie miséricorde?

Amoris laetitia, note 351 (du n. 305) :

Amoris laetitia : la "miséricorde" du pape François est-elle la vraie miséricorde?

2. Après l’exhortation post-synodale "Amoris lætitia" (cf. n. 304), l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 79, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, à propos de l’existence de normes morales absolues, obligatoires sans exception, qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais, continue-t-il à être valide ?

 

3. Après "Amoris lætitia" n. 301, est-il encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel (cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs, Déclaration du 24 juin 2000) ?

 

4. Après les affirmations contenues dans "Amoris lætitia" n. 302 à propos des "circonstances qui atténuent la responsabilité morale", faut-il encore considérer comme valide l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 81, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, selon lequel "les circonstances ou les intentions ne pourront jamais transformer un acte intrinsèquement malhonnête de par son objet en un acte subjectivement honnête ou défendable comme choix" ?

 

5. Après "Amoris lætitia" n. 303, faut-il considérer comme encore valide l’enseignement de l’encyclique de Saint Jean-Paul II "Veritatis splendor" n. 56, fondé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition de l’Église, qui exclut une interprétation créatrive du rôle de la conscience et affirme que la conscience n’est jamais autorisée à légitimer des exceptions aux normes morales absolues qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais de par leur objet ? (Fin des 5 dubia)

 

On peut aussi lui demander simplement si elle est au courant qu'un schisme s'est ouvert dans l'Eglise du fait d'Amoris laetitia (Tagespost) ? Que le Père Mark A. Pilon, prêtre du diocèse d'Arlington en Virginie (Etats-Unis), ancien président de la théologie systématique au Séminaire Mount St. Mary, a parlé des effets très diviseurs d'Amoris laetitia et des problèmes moraux que posent la nouvelle pastorale et pour qui "il ne faut pas croire que la solution à base de conscience personnelle va s'arrêter à la question des divorcés civilement et remariés. "Le même principe doit s'appliquer en dernier ressort aux unions homosexuelles, aux couples vivant en concubinage, et même à toute personne sexuellement active en dehors d'une union de mariage valide." Ce qui ne manquera pas de susciter "un torrent de solutions à base de 'for interne de la conscience', solutions à toutes les questions morales contestées" ?

 

Ou, si elle a pris connaissances des anathème du père dominicain Thomas Petri, vice-président et doyen de la Faculté Pontificale de l'Immaculée Conception de la maison d'études dominicaines, pris à l'encontre des interprétations hétérodoxes d'Amoris Laetitia ?

Si elle a pris connaissance de la déclaration de Mgr Benno Elbs, évêque de Feldkirch (AU) à propos d'AL : "L’enseignement est modifié dans la mesure où les fidèle peuvent maintenant décider en conscience de ce qu’ils peuvent faire" (Mgr Benno Elbs)

 

A-t-elle également lu la remarque du père Thomas Michelet, dominicain chargé de cours de sacramentaire à l’Angelicum, sur le site Famille Chrétienne au sujet du risque d'une "double morale" ?

 

"Que penser de la note 351, qui semble introduire une forme d’ambiguïté ?

 

C’est la suite de la distinction précédente entre les deux plans, dont on tire la conclusion. Dans une « situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement » (n. 302), la note 351 évoque « l’aide des sacrements » ; alors que le point de vue objectif dans Familiaris consortio et le Canon 915 s’y oppose.

 

Les deux plans (objectif et subjectif) ne sont pas suffisamment intégrés. On risque alors d’aboutir à la « double morale » que dénonçait Veritatis Splendor (n. 56) et que veut éviter Amoris laetitia (n. 297) : d’un côté une morale de l’objectivité qui parle de péché grave et interdit l’accès au sacrement ; de l’autre une morale de la conscience qui le nie.

 

Si l’on veut que « Amour et Vérité se rencontrent » (Amoris laetitia et Veritatis Splendor), il faut articuler les deux plans en rappelant que le « discernement selon l’enseignement de l’Église » (AL 297) doit viser la réception de la norme au for interne, la prise de conscience de la contradiction objective, et ainsi la décision mûre de ne plus communier tant que cette contradiction ne sera pas pleinement résolue en vérité."

 

D'autre part, cette personne dans la phrase "Amoris Laetitia redonne au pénitent sa dignité à travers l’exercice de sa liberté et au nom d’une exigence qui, en réalité, est renforcée !", affirme en même temps au moins trois erreurs.

 

La première laisse entendre qu'Amoris laetitia redonnant au pénitent sa dignité au travers de l'exercice de sa "liberté" signifie que pendant deux mille ans l'Eglise a été une institution liberticide qui a combattu la dignité de l"homme ! La deuxième prétend que l'homme laissé à son choix de faire le mal devient "digne" de pouvoir faire le mal devant Dieu... La troisième erreur laisse entendre que l'exigence de faire le bien est également compatible avec le choix et la réalisation du mal, avec la bénédiction de l'Eglise. L'ensemble serait un acte de libération, faire le bien ou faire le mal étant indifférent. On n'est pas loin du satanisme, de cette fausse "liberté" de Satan qui disait vous pouvez manger du fruit de l'arbre, "vous n'en mourrez pas!" (Gn, 3:4)

 

Ces sophismes sont contraires à notre civilisation gréco-latine et chrétienne. Nous plongeons dans un univers tyrannique où l'homme d'Eglise lui-même est supprimé, devient inutile, ainsi que les sacrements de l'Eglise (la confession, la nécessité de la pénitence) et où les textes et l'autorité pastorale ou juridique de l'Eglise, eux-mêmes, deviennent liberticides ! C'est une conception erronée et une corruption de la liberté qui ne se trouve qu'en Dieu, et non en dehors de lui.

Ici, nous pouvons lire ce commentaire :

 

TOUTE la Tradition dit que le mariage est indissoluble ainsi que le rappelle le Concile de Trente :
 

Canons sur le sacrement du mariage (CONCILE DE TRENTE)

1807
7. Si quelqu'un dit que l'Eglise se trompe quand elle a enseigné et enseigne, conformément à l'enseignement de l'Evangile et de l'Apôtre Mt 5,32 Mt 19,9 Mc 10,11-12 Lc 16,18 1Co 7,11 que le lien du mariage ne peut pas être rompu par l'adultère de l'un des époux, et que ni l'un ni l'autre, même l'innocent qui n'a pas donné motif à l'adultère, ne peut, du vivant de l'autre conjoint, contracter un autre mariage ; qu'est adultère celui qui épouse une autre femme après avoir renvoyé l'adultère et celle qui épouse un autre homme après avoir renvoyé l'adultère : qu'il soit anathème.


François laisse entendre qu'un divorcé-remarié peut dans certains cas aller communier...

François est-il anathème ?

Pour toutes ces raisons, nous pouvons parler d'une nouvelle et d'une fausse miséricorde, dès lors que la nouvelle "miséricorde" consacre un anthropocentrisme négateur de la nature de l'homme et de sa fin dernière (Dieu). Ce dernier aspect insistant sur la nature de l'homme a bien été mis en lumière par Don Alfredo Morselli pour Messainlatino.it, dans l'article "Amoris Laetitia: la logique de l'hérésie" : "Il ne peut pas être miséricorde d'accorder à l'homme de ne pas être ce qu'il est.."

"Amoris Laetitia: la logique de l'hérésie", Don Alfredo Morselli sur Messainlatino.it, le 27 décembre 2016, "Corrispondenza Romana"

"Amoris Laetitia: la logique de l'hérésie", Don Alfredo Morselli sur Messainlatino.it, le 27 décembre 2016, "Corrispondenza Romana"

"Il ne peut pas être miséricorde d'accorder à l'homme de ne pas être ce qu'il est.. La loi guide l'homme à vivre selon sa propre nature, qui est comme l'a dit S. Thomas d'Aquin, de réaliser en lui-même l'image de Dieu. ("... restat consideremus ut de eius imaginer, idest de homine, secundum quod est et ipse suorum operum principium, presque liberum arbitrium habens et suorum operum potestatem": S. Th Objection pr.)

 

Satisfaire un acte mauvais revient à dire à l'homme : "comme je suis miséricordieux, je vous accorde de ne pas construire en vous l'image divine" : l'alternative n'est pas seulement l'absence du bon, mais la mort, salaire du péché, le résultat funeste que le diable essaie de cacher: "vous ne mourrez pas!" (Gen 3.4.)

 

Il ne peut pas être la miséricorde de faire croire à l'homme qu'est bien ce qui est son mal, et d'encourager les deux personnes qui ne sont pas mari et femme à vivre comme si elles l'étaient.

 

Et il ne peut pas être la miséricorde le fait d'assumer un sacrement qui signifie l'union parfaite avec le Christ par la foi et la charité, quand cette union n'est pas parfaite et en acte, mais est imparfaite en foi et en charité : et donc les espèces consacrées sont supposées être emprisonnées dans un corps, sans pouvoir en aucune façon bénéficier à cette personne qui les reçoit sans les dispositions nécessaires.

 

La conception volontariste de la loi [la définition par l'homme du Bien et du Mal "selon l'idée qu'il s'en fait" NdCR.] est une sorte de méta-hérésie qui imprègne l'atmosphère ecclésiale aujourd'hui, l'humus dans lequel se développent aujourd'hui l'une, ou tantôt l'autre de ces hérésies." Suite

Enfin, l'homme a été créé pour connaître la vérité, louer, aimer et servir Dieu, Notre Créateur et notre fin. C'est tout l'enseignement traditionnel de l'Eglise. Laisser l'homme à son seul jugement du bien et du mal, selon l'idée qu'il s'en fait, c'est prendre le risque de lui cacher que Dieu, Notre Créateur, est aussi notre fin, notre seule joie, notre seule Espérance. C'est aussi prendre le risque de lui cacher qu'il est du devoir de l'homme de rapporter tout ce qu'il fait à ce but, et qu'il doit se conformer à la vérité, s'il veut être heureux en atteignant la vérité.

"Je suis le chemin, la vérité et la vie; nul ne vient au Père que par moi."

Evangile selon S. Jean, XIV, 6.

Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu'à présent, le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s'en emparent.

Evangile selon S. Mathieu, XI, 12

Saint Grégoire, pape et docteur de l'Eglise (+ 604) "L'ancienne Loi...frappait les pécheurs par des peines rigoureuses, mais sans les ramener à la vie par la pénitence. Mais Jean Baptiste, annonçant la grâce du Rédempteur, prêche la pénitence afin que le pécheur, mort par suite de son péché, vive par l'effet de sa conversion : c'est donc vraiment depuis lors que le Royaume des cieux s'est ouvert à ceux qui le prennent de force.

 

Qu'est-ce que le Royaume des cieux, sinon le séjour des justes ?... Ce sont les humbles, les chastes, les doux, les miséricordieux qui parviennent aux joies d'en haut. Mais quand les pécheurs...reviennent de leurs fautes par la pénitence, eux aussi obtiennent la vie éternelle et entrent dans ce pays qui leur était étranger. Ainsi..., en enjoignant la pénitence aux pécheurs, Jean leur a appris à faire violence au Royaume des cieux." (S. Grégoire le Grand, pape et docteur de l'Église, Homélie 20 sur les Evangiles, § 14 )

Dans la parabole de la porte étroite en Luc 13:24, le Christ nous avertit: "Luttez pour entrer par la porte étroite; car beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne pourront pas."

 

Et en Matthieu 7:13-14 : "Entrez par la porte étroite; car large est la porte, et spacieuse la voie qui conduit à la perdition, et nombreux sont ceux qui y passent; car étroite est la porte, et resserrée la voie qui conduit à la vie, et il en est peu qui la trouvent!"

 

"Celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des cieux. (Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,17-19

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 10:31
Rachida Dati : Nathalie Kosciusko-Morizet investie de la 2e circonscription de Paris (Ve, VIe, VIIe arrondissements) «sur ordre de "je ne sais qui"»

Initialement investie dans la plus risquée 11e circonscription (XIVe arrondissement), Nathalie Kosciusko-Morizet a finalement été investie pour les législatives dans la 2e circonscription de Paris (le fief de François Fillon), passant ainsi devant Rachida Dati grâce à un discret accord de dernière minute. 

 

«Mais le plus scandaleux, c'est la méthode», s'étrangle encore l'eurodéputée, qui dénonce une décision prise «en catimini et sur ordre de “je ne sais qui”», en totale contradiction avec le Conseil national de samedi. «Ça c'est la preuve du double discours: par devant, on prétend rassembler et par-derrière on coupe les têtes en silence!». [1] (Le Figaro)

Rachida Dati : Nathalie Kosciusko-Morizet investie de la 2e circonscription de Paris (Ve, VIe, VIIe arrondissements) «sur ordre de "je ne sais qui"»

Source:  Furieuse de n'être pas investie aux législatives, Dati étrille Fillon et NKM, Le Figaro, Par Arthur Berdah Mis à jour le 19/01/2017 à 10:04 Publié le 19/01/2017 à 08:14

Retour en arrière pour comprendre. En 2014, pour justifier son abstention sur le vote de la loi sur le "mariage" pour tous, Nathalie Kosciusko-Morizet avait déclaré : "Ce n’est pas un refus de choisir, mais une abstention militante et engagée". Par ailleurs candidate UMP à la mairie de Paris, NKM perdit l'élection au soir du 2e tour, dimanche 30 mars 2014, face à la socialiste Anne Hidalgo qui remporta cette élection avec 92 conseillers de Paris contre 71 pour la droite. Anne Hidalgo récolta en moyenne 55 % des suffrages pour le second tour, NKM seulement 42 % des voix. Une synthèse des résultats des municipales 2014 à Paris fut donnée par le site "L'Internaute" :

NKM perd l'élection municipale à Paris en 2014

NKM perd l'élection municipale à Paris en 2014

NKM prise à son propre jeu La défaite de NKM aux municipales de Paris fut une sanction des électeurs de la Manif pour Tous qui reproduisirent à son encontre sa phrase sur leur bulletin de vote : "ce n’est pas un refus de choisir, mais une abstention militante et engagée". Ce fut pour NKM autant de voix en moins pour sa candidature...

 

Quelques mois avant cette élection remportée par la socialiste Anne Hildago, Nathalie Kosciusko-Morizet était allée plancher le 11 juin 2013 devant les "frères" francs-maçons du "Grand Orient de France", rue Cadet à Paris. La franc-maçonnerie s'assurait ainsi des deux côtés, de leurs candidats, à droite comme à gauche :

 

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/nkm-les-francs-macons-d-abord_1254513.html

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/nkm-les-francs-macons-d-abord_1254513.html

Nathalie  Kosciusko-Morizet, rejetée par les électeurs à chaque élection, mais replacée systématiquement par l'oligarchie devant les projecteurs et remise en selle à chaque élection, le «sur ordre de "je ne sais qui"» désigne une instance supérieure où François n'a pas les mains libres et où d'autres personnes tirent les ficelles en coulisse. Rachida Dati vient de se rendre compte de la réalité de l'oligarchie à ses dépends.

 

Lire : Elysée 2017 : François Fillon choisi par le groupe Bilderberg comme prochain président de la république ?

 

Que Nathalie  Kosciusko-Morizet ait perdu les municipales en 2014 n'est pas un problème pour l'oligarchie qui la remet en selle en l'investissant dans la 2e circonscription de Paris (Ve, VIe, VIIe arrondissements), le fief de françois Fillon : elle n'est pas belle leur "démocratie" ? Et après ils font les étonnés de la défiance des Français pour les institutions de la "république"...

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 06:25
La "Conscience" ne peut pas justifier la communion pour les remariés, a déclaré l'évêque de l'Ordinariat

Source: ‘Conscience’ cannot justify Communion for the remarried, says Ordinariate bishop,Catholic Herald,  by Staff Reporter, posted Wednesday, 18 Jan 2017

 

L'Ordinariat regroupe les convertis venant de l'anglicanisme.

 

Traduction Chris-Roi

 

Mgr Steven Lopes, chef de la branche américaine de l'ordinariat, a publié une lettre pastorale qui réaffirme l'enseignement traditionnel de l'Église sur la communion pour les remariés.

Vendredi, les évêques de Malte ont déclaré que les personnes remariées pourraient trouver "impossible" de vivre comme frère et sœur, et pourraient donc prendre la communion s'ils se sentaient "en paix avec Dieu".

Mais le document de l'Ordinariat, qui a été envoyé aux 42 paroisses ordinaires et aux communautés des États-Unis, répète l'enseignement des papes, y compris de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Il dit que les couples divorcés et civilement remariés ne peuvent recevoir la communion que s'ils sont "engagés à la continence complète".

Dans le document de 16 pages intitulé Une Vérité engagée, l'évêque Lopes affirme que l'indissolubilité fait partie de la nature du mariage et que les dogmes de l'Eglise "illuminent le chemin de la foi".

Sur la question de l'Eucharistie, il écrit que, avant de recevoir la communion, un catholique doit avouer tout péché objectivement grave, et prendre une résolution de ne pas commettre de nouveau le péché - dans ce cas, l'adultère -.

L'évêque écrit: "Un couple civilement remarié prenant fermement la décision de la chasteté complète résout ainsi de ne pas pécher de nouveau, ce qui diffère en nature d'un couple civilement remarié qui n'a pas fermement l'intention de vivre la chasteté, bien qu'ils puissent ressentir de la tristesse pour l'échec de leur premier mariage. Dans cette situation, ils ne reconnaissent pas que leur impudicité, c'est-à-dire l'adultère, est gravement erronée, ou qu'ils n'ont pas fermement l'intention d'éviter le péché.

Le document dit qu'une résolution ferme de modifier est une étape nécessaire avant de recevoir la communion. "A moins que et jusqu'à ce que les remariés civils prennent honnêtement l'intention de s'abstenir entièrement de relations sexuelles, la discipline sacramentelle ne permet pas la réception de l'Eucharistie", dit-il.

Le document maltais prétendait qu'une telle résolution pouvait être "impossible" et qu'une "conscience informée et éclairée" pouvait décider de recevoir la communion.

L'évêque Lopes dit, en revanche, que la résolution est difficile mais possible, puisque Dieu "ne nous abandonne jamais dans notre faiblesse et notre besoin". Il rejette également l'idée que la conscience puisse trouver des "exceptions" aux interdictions morales absolues, comme celles de l'adultère. Plutôt: "La parole de Dieu et l'enseignement autoritaire de l'Église fournissent une vérité permanente pour l'éducation de la conscience".

Citant le Catéchisme, l'évêque ajoute : "La conscience n'est pas une loi en elle-même, et la conscience ne peut à juste titre écraser la sainte loi de Dieu, car la conscience 'témoigne de l'autorité de la vérité' mais ne crée pas cette vérité."

Citant également l'enseignement de S. Jean-Paul dans Familiaris Consortio, "l'interdiction de l'adultère n'admet aucune exception et le discernement à l'égard de la culpabilité individuelle et la croissance ne nous permet pas de considérer la loi comme un simple idéal à réaliser à l'avenir." Il aussi cité l'enseignement de Jean-Paul II selon lequel il n'existe pas de "différents degrés ou de formes de précepte dans la loi de Dieu pour différents individus et situations."

Le document dit que ceux qui vivent en tant que frère et sœur peuvent recevoir la communion quand il y a des "raisons sérieuses", comme la nécessité de prendre soin des enfants, ce qui les empêche de se séparer entièrement. Il dit aussi que la réception de la communion doit éviter les "occasions de confusion et de scandale".

Ailleurs dans le document, Mgr Lopes explique comment accompagner les divorcés et se remarier. Il dit qu'un tel accompagnement commence "en rappelant aux gens dans cette circonstance qu'ils sont aimés de Dieu et qu'ils restent des membres chéris de l'Église".

Il recommande également que les divorcés remariés civilement examinent si leur premier mariage était valable et s'il est possible de demander une annulation.

Mgr Lopes affirme que Amoris Laetitia doit être protégé contre ceux, y compris les médias laïques, qui "l'abuseraient pour promouvoir des pratiques contraires à l'enseignement de l'Église".

La plupart des membres de l'ordinariat sont d'anciens anglicans, et le groupe conserve les traditions anglicanes tout en étant entièrement catholique. Mgr Lopes a dit qu'il pourrait donc s'appuyer sur l'expérience de différents enseignements dans la Communion anglicane, qui a souvent accueilli le divorce, la contraception et les unions homosexuelles. "Cette communion (anglicane) en conséquence s'est fracturée compte tenu que le simple enseignement de l'Écriture, de la Tradition et de la raison a été rejetée."

Mgr Lopes a noté que la communion anglicane a également permis la communion pour les remariés.

L'évêque a déclaré que les anciens anglicans devenus catholiques par l'intermédiaire de l'Ordinariat ne subissent pas l'enseignement catholique "comme étranger ou externe, mais comme le nôtre.  L'indissolubilité du mariage est notre propre enseignement, trouvé dans l'Écriture, dans Notre Seigneur, dans notre liturgie, dans la raison et dans la nature même du mariage, et dans la Tradition de l'Église dont nous faisons partie."

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 18:49
Eugénisme - un charlatan vient prêcher le contrôle des naissances au Vatican

L'homme, figure phare du contrôle des naissances, vient donner des leçons au Vatican sur la façon de sauver la planète en sacrifiant les hommes. Cela semble incroyable et pourtant c'est vrai. Nous parlons de Paul R. Ehrlich, biologiste américain devenu célèbre en 1968 avec le livre "The Population Bomb", la bombe démographique. Ce fut le début d'une gratifiante (pour leurs auteurs) saison de publications éco-catastrophique dans lesquelles l'homme était la véritable cible.

Tout naturellement, la présence de Ehrlich au Vatican a déjà suscité des protestations de la part de groupes pro-vie et d'associations américaines pro-famille, et pas seulement pour des raisons morales, mais aussi pour des raisons scientifiques : que pourrait jamais dire de si intéressant un Ehrlich qui a eu tout faux dans toutes les prévisions faites à l'époque avec tant de complaisance? "La bataille pour nourrir l'humanité tout entière est définitivement perdue", ainsi commençait le livre "The Population Bomb", qui annonçait dix millions de décès dûs à la faim, chaque année, aux États-Unis dès les années 70 du siècle dernier, ainsi que des centaines de millions qui auraient dû se produire en Chine et en Inde en raison de l'explosion démographique. Pourtant, si la population mondiale était à cette époque d'environ 3 milliards d'êtres humains, cette population a plus que doublé depuis près de quarante ans; non seulement ces sombres prédictions ne se sont pas vérifiées, mais on observe également que la population souffrant de malnutrition et de sous-alimentation a diminué en termes absolus et en pourcentage.

Un charlatan donc, mais aux yeux des Académies pontificales évoquées ci-dessus, c'est un scientifique qui peut apporter une contribution importante à la sauvegarde de la planète, chose qui semble être maintenant la principale préoccupation des instances du Vatican.

Sources : BelgiCatho http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2017/01/17/le-vatican-va-t-il-soutenir-les-politiques-de-controle-des-naissances.html

 

Diakonos.be

https://www.facebook.com/www.diakonos.be/posts/1824224327834675

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 17:13
Prière de S. Augustin « N'avoir de joie ni d'espérance qu'en Dieu »

Prière de S. Augustin « N'avoir de joie ni d'espérance qu'en Dieu »

 

Saint Augustin figuré dans ses vêtements épiscopaux, tenant à la main soit un livre (il est Père de l'Eglise et Docteur), soit un coeur enflammé, éventuellement percé de flèches, symbole de sa recherche de Dieu brûlante d'amour Que je vous connaisse, Ô mon Dieu, que je vous connaisse ainsi que je suis connu de vous. Entrez dans mon âme, unique force de mon âme, et rendez-la si pure par votre souveraine pureté qu'elle soit toute remplie et toute possédée de vous, et qu'elle n'ait plus ni tache ni ride. C'est là le but de mes espérances : c'est là le mouvement qui anime mes paroles : c'est là le sujet de toutes mes joies, de toutes mes véritables et mes légitimes joies.

Car pour toutes les autres choses de la vie, les unes méritent d'autant moins d'être pleurées qu'on les pleure davantage, et les autres sont d'autant plus déplorables qu'on les pleure moins.

[...] Quand je vous cherche, mon Dieu, je cherche la vie bienheureuse, et je vous chercherai afin que mon âme vive, puisque c'est de vous que mon âme tire sa vie.

[…] Mais, Ô mon Dieu que j'adore, ne souffrez pas que votre serviteur se laisse jamais porter à croire que toutes sortes de joies soient capables de nous rendre heureux : car cela n'appartient qu'à cette joie qui n'est point connue des méchants, mais de ceux qui vous servent sans intérêt, dont vous-même êtes la joie, et c'est en cela que consiste la vie bienheureuse de se réjouir en vous, par vous et pour l'amour de vous ; c'est en cela qu'elle consiste et il n'y en a point d'autre.

Source: Saint Augustin, Confessions, Livre X et Livre XII in Saint Augustin, Confessions, traductions d'Arnaud d'Andilly, Gallimard Folio Classique, Malesherbes 2016, p. 331; 365-366.

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 14:12
Trois évêques du Kazakhstan lancent un appel à la prière pour le Pape François

Trois évêques du Kazakhstan viennent de lancer un appel à la prière pour le Pape François. Il s’agit de NN. SS. Tomash Peta, évêque d'Astana, Jan-Paul Lenga, évêque émérite de Karaganda et Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana.

Les fidèles sont invités à prier pour que soit réaffirmé l’enseignement constant de l’Eglise sur l'indissolubilité du mariage.

Dans leur appel, les trois évêques mentionnent les enseignements du Catéchisme et de l’Exhortation apostolique “Sacramentum Caritatis” de Benoît XVI :

 

“L’Eucharistie fortifie d’une manière inépuisable l'unité et l’amour indissoluble de tout mariage chrétien. En lui, en vertu du sacrement, le lien conjugal est intrinsèquement relié à l’unité eucharistique entre le Christ époux et l'Église épouse (cf. Ep 5, 31-32). (...) Si l’Eucharistie exprime le caractère irréversible de l’amour de Dieu pour son Eglise dans le Christ, on comprend pourquoi elle implique, en relation au sacrement de Mariage, l’indissolubilité à laquelle tout véritable amour ne peut qu’aspirer.

 

(...) Le Synode des Evêques a confirmé la pratique de l’Eglise, fondée sur la Sainte Ecriture (cf. Mc 10, 2-12), de ne pas admettre aux sacrements les divorcés remariés, parce que leur état et leur condition de vie contredisent objectivement l’union d'amour entre le Christ et l’Eglise, qui est signifiée et mise en œuvre dans l’Eucharistie. (...)” (Cf. nn. 27-29)

Source: Pro Liturgia, Actualité du mercredi, 18 janvier 2017.

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