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Christ Roi

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 20:06

Finalement, on se demande si on a bien fait de couper la tête au roi.

Léa Salamé, On n'est pas couché - France 2, le 21 novembre 2015

"Finalement, on se demande si on a bien fait de couper la tête au roi" (Léa Salamé)

Source : Vexilla Galliae

 

Intégrale 21 novembre 2015 - On n'est pas couché #ONPC :

A propos de la pièce de théâtre de Joël Pommerat, "Ca ira, Fin de Louis", l'intervention de Léa Salamé intervient à partir de 2:16:40 dans la video. Elle explique :

 

"Au-delà de la formidable modernité de votre mise en scène qui donne toute l'intelligence de cette pièce, de cette fresque magnifique sur la Révolution française, ce qui est le plus intelligent et ce qui m'a le plus plu moi, c'est que ça ne parle pas que de la Révolution française. En réalité, c'est plus une pièce encore sur 2015 que sur 1789, tellement il y a des résonnances entre le passé et le présent, tellement on se rend compte que toutes les questions qu'on se pose en 1789, c'est-à-dire la question du peuple (qu'est-ce que le peuple), la question des élites, la question de la démocratie, de la représentativité des élus, et bien toutes ces questions-là, on les a toujours, on a l'impression en assistant à cette scène des Etats généraux d'être au Comité d'entreprise d'Air France dans sa violence (avec les chemises déchirées). Et vous arrivez à faire ce parallèle entre les deux, qui est formidable. A tel point qu'on a vraiment l'impression que c'est la phrase de Lampedusa dans le Guépard : "Il faut que tout change pour que rien ne change." Et rien n'a changé finalement deux siècles après, on a toujours les mêmes questions et pas de réponse.

 

[...] J'ai un ami qui a vu votre pièce deux jours après moi et qui m'a dit : 'Ce qui m'a gêné, c'est qu'il n'y a pas de point de vue'. Et moi c'est ce que j'ai aimé dans votre pièce. Et c'est là que j'ai trouvé ça aussi formidablement intelligent et bien vu, c'est ce que vous évitez le manichéisme. C'est-à-dire que vous parlez du Tiers-Etat, de la noblesse, du clergé et du roi. Le roi qui est le seul que vous nommez. Tous les autres vous ne les nommez pas. Il n'y a pas Robespierre, il n'y a pas Danton, vous avez choisi de montrer les idées, et pas les hommes, de ne pas avoir d'incarnations, mis à part le roi et la reine. Mais il n'y a pas de manichéisme dans votre manière de décrire. C'est-à-dire qu'on n'est pas forcément du côté du Tiers Etat contre le méchant roi ou contre le méchant noble (contre la méchante noblesse ou la méchante élite). Et c'est là où je vous trouve particulièrement brillant. C'est que oui, il n'y a pas de point de vue, et que vous nous faites réfléchir à tel point que mon ami sort de là en se disant : 'Finalement on se demande si on a bien fait de couper la tête au roi.' Quand on voit ce que vous montrez, parce que vous montrez les ombres et les lumières des trois, du Tiers-Etat, de la noblesse et du clergé."

"Finalement, on se demande si on a bien fait de couper la tête au roi" (Léa Salamé)

Rappelons qu'en 1789, comme l'explique Marion Sigaut, à l'élection aux Etats généraux, le système était plus démocratique qu'après ! Les Etats généraux représentaient l'intégralité de la population française. Il y avait plus de démocratie en 1789 sous l'Ancien Régime qu'après 1789. C'est ça la réalité.

 

"Dans certaines provinces, les sujets du roi pouvait naître, vivre et mourir sans avoir directement affaire à l’Etat..." (Michel Antoine, Louis XV, Fayard, 1989).

 

Sous "l'Ancien Régime", "le principe des libertés nationales était posé dans cette maxime fondamentale de l'Etat français : Lex fit consensu populi et constitutione regis. "Consentement de la nation et décret du prince", voilà l'antique formule du pouvoir législatif en France, depuis l'établissement de la monarchie." (Mgr Freppel, La Révolution française, Autour du centenaire de 1789, Paris: A. Roger et F. Chernoviz, 1889, p. 33.) 

 

Au "Moyen Âge", "le roi ne sert pas à grand chose : une histoire de la démocratie médiévale qui est complètement oubliée."

 

Francis-Dupuy-Deri-democratie-histoire-d-un-mot.jpg Durant "les mille ans de monarchie", "il y a une forme de démocratie qui persiste justement, explique le professeur de sciences politiques Francis Dupuis-Déri, à l'occasion de la sortie de son livre "Démocratie. Histoire politique d'un mot (Lux éditeur, 2013)", dans les villages, dans les communes.

 

'Tout s'y décide à la pluralité des voix, dans des assemblées qui se tiennent sur la place publique, les dimanches et fêtes au sortir de la messe, et qui sont indiquées par le son de la grosse cloche. C'est à ces assemblées qu'elle - la petite paroisse - nomme les syndics, les collecteurs pour la taille, les garde-finages pour la sûreté des terres ensemencées et des vignes, enfin les pâtres publics.' C'était comme on le voit, le self-government rural dans son intégrité. ...'Quarante mille associations naturelles, écrit Albert Babeau, délibéraient sur leurs propres intérêts et choisissaient leurs agents.' 1789 donnera aux habitants des campagnes des droits politiques souvent illusoires, qui ne remplaceront pas les libertés et privilèges de plus modeste allure, mais aussi plus pratiques, élaborés par l'expérience et les rapports millénaires du Prince, du Seigneur et des antiques souches paysannes." (Frantz FUNCK-BRENTANO, La Société sous l'Ancien Régime, Flammarion, Lagny 1934, p. 33-35.)

 

Lire : Les libertés et l'égalité : des principes monarchiques millénaires dévoyés ou le bilan effroyable de la République "française"

 

... Ce que l'on oublie, poursuit Francis Dupuis-Déri dans la video de présentation de son livre, ce que je ne savais pas avant de commencer cette recherche, c'est que par exemple au Moyen Âge en Europe il y a une vie démocratique absolument extraordinaire. Le Moyen Âge, c'est en fait des milliers de petits villages qui fonctionnent de façon auto-gestionnaire par assemblées d'habitants. La communauté d'habitants de tels villages, est une entité juridique. Elle a en partage des terres communales, un bois, peut-être un moulin, un puits, des terres, des Etats, etc. Et elle gère ce patrimoine commun dans des assemblées. Il peut y avoir dix, quinze assemblées dans l'année. Et ces villages, en fait, n'ont à peu près aucun contact avec le "roi". Le roi au Moyen Âge ne sert pas à grand chose. Il fait des fêtes, il fait la guerre, il fait la chasse, et surtout il veut des taxes, des impôts. Mais il ne connait à peu près pas sa population, il n'offre aucun service. Il n'y a pas de ministère d'Education populaire, il n'y a pas de ministère de la culture, pas de ministère des sports, pas de ministère des transports. Donc il ne fait à peu près rien, c'est vraiment les communautés qui se gèrent. Et donc ça, c'est une histoire de la démocratie médiévale qui est complètement oubliée. La modernité est une époque qui est moins démocratique que celle d'avant.

 

La modernité est antidémocratique, analyse Francis Dupuis-Déri. Et elle détruit la démocratie en fait, ou elle s'installe en fait à travers le colonialisme et l'impérialisme. Mais je ne suis pas le seul à le dire, poursuit Francis Dupuis-Déri.

 

Ce qui est à l'origine de mon travail par rapport à l'histoire du mot démocratie, c'est que je suis tombé sur des textes du XVIIIe siècle de ce que l'on appelle les "fondateurs de la démocratie moderne", aux Etats-Unis et en France, et leurs propos, quand ils utilisent le mot démocratie, ils sont contre la démocratie. Donc j'ai vraiment eu une interrogation. C'était pour moi un mystérieux. Je me disais comment comprendre que des régimes qu'on pense, que l'on associe nous aux plus grandes démocraties occidentales, comment comprendre qu'elles aient été fondées par des antidémocrates, qui étaient explicitement antidémocrates. C'était cela que je cherchais, je voulais savoir quand le mot change de sens, devient un terme positif et qu'il ne décrit plus des assemblées populaires mais il décrit un régime parlementaire électoral. C'était cela ma recherche et ma façon de trouver la réponse cela a été d'aller dans les textes de l'époque. Et au fur et à mesure qu'on va dans les textes, on trouve des réponses. Puisque on voit bien que les acteurs de l'époque changent le sens des mots pour des raisons politiques." (Fin de citation)

 

Le système de représentation des trois ordres aux Etats généraux de 1789 (représentation par corps ou poids des corps sociaux) est plus démocratique qu'après où le système verra la "démocratie" se dégrader dans sa pente naturelle : l'oligarchie. Celle-ci naît en 1791 avec le mandat indirect, le système électif de "représentants" et la représentation par tête (un homme, un vote) dans des partis politiques. Elle prend le peuple en otage, lui vole son pouvoir. Depuis 1791, rien n'a changé :

 

"Les "élections" de juin 1791 se traduisirent par une forte abstention. "La participation avait atteint son étiage; elle ne devait plus remonter de façon significative, les consultations organisées les années suivantes,... n'ayant jamais mobilisé plus du cinquième des électeurs. ... En l'absence de votants, le système électif se transforme très vite en un système de cooptation, les uns accédant aux charges que les autres viennent de quitter, et réciproquement. La promotion aux responsabilités se fait en circuit fermé : les fonctionnaires peuplent les assemblées chargées d'élire les fonctionnaires. ...La réalité du système répondait à un besoin, celui de la formation d'une classe politique ... qui soit assurée de la continuité en étant délivrée de l'incertitude inséparable du suffrage universel. Mais l'oligarchie née de ces pratiques n'était pas moins un démenti des attentes. On imaginait en effet avec une certaine ingénuité que la vertu première d'un système électif consistait à assurer le renouvellement permanent du personnel dirigeant et l'élargissement constant de son recrutement. On n'imaginait pas que l'élection puisse conduire à la formation d'une 'classe' politique distincte du reste de la société" (Patrice Gueniffey, Histoire de la Révolution et de l'Empire, Perrin, Collection Tempus, Paris 2011, p. 86-88).

 

(Après 1791) "l'exercice du suffrage, quel qu'en fût le régime, censitaire ou universel, a été l'affaire de minorités dont les 'candidats' se disputaient les voix." (François Furet, Mona Ozouf, Dictionnaire critique de la Révolution française, Champs Flammarion, Manchecourt 1992, p. 127.)

 

"Jusqu'au bout, les hommes de la Révolution auront refusé de faire des électeurs, même au second degré, les arbitres de la dévolution du pouvoir" (François Furet, préface in Patrice Gueniffey, Le Nombre et la Raison, La Révolution française et les élections, préface de François Furet, Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales, Paris 1993, p. XI.)

 

La représentation par têtes permet la confiscation du pouvoir par une oligarchie "éclairée" - toujours en lien avec la banque - régime représentatif qui incarne le  soit-disant "pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple".

 

Lire : 14 juillet 1789 : La Révolution dite "française"

 

Aujourd'hui, pour solutionner ce problème de la confiscation du pouvoir par une minorité, il faut penser et réfléchir à un autre type de "représentation" que le régime dit "représentatif" issu de 1789, ou de 1791 devrions-nous plutôt dire.

 

L'idée est d'affranchir la "représentation" des principes révolutionnaires hérités de 1789 (homme nouveau, progressisme, volontarisme, constructivisme, volonté humaine, volonté générale, souveraineté nationale, etc.) et de permettre à tous les corps de la nation de participer réellement à la vie politique suivant leurs poids réels dans la société, avec des députés dotés de mandats impératifs, comme en 1789 aux Etats généraux.

 

Il s'agit d'abord de supprimer les mandats indirects organisés par l'arrêté du 17 juin 1789 qui transformait les Etats généraux composés de mandataires des trois ordres alors dotés de mandats impératifs en une assemblée 'représentant' soit-disant la nation et de députés simplement dotés de mandats non-impératifs.

 
Il faut réfléchir à la manière de revenir à une représentation sincère, réelle, concrète des Français, réalisée non plus par têtes mais par poids des corps dans la société (poids des cadres, employés, ouvriers, familles, fonctionnaires, artisans, professions libérales, étudiants, etc.). Tous les Français sont associés à la prise de décision dans ce cadre. La puissance de nuisance des partis politique, est circonscrite, la justice, la raison et le droit sont rétablis.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51RNNYSN37L._SL500_AA300_.jpgDans tous les cas, la personne du roi doit être souveraine, être indépendante, ne dépendre d'aucune puissance (d'argent), d'aucun parti, d'aucun lobby. Ceci explique pourquoi la banque au XVIIIe siècle a tout fait pour supprimer la monarchie dite "absolue", parce qu'"absolutus, venant du verbe absolvere (délier), ... la monarchia absoluta signifiait monarchie sans liens, et non pas sans limites..." (François Bluche, Louis XIV, Fayard, Paris 2002, p. 186.)

 

Un roi indépendant et souverain est bien plus difficile à corrompre qu'une majorité de députés dits "représentatifs".

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Publié par Ingomer - dans Royalisme
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commentaires

Cadoudal 25/11/2015 07:45

Non on ne se demande pas, mais l'on arrive pas à se débarrasser e ceux qui l'on fait et qui gouvernent dans l'ombre. A qui profite le crime, pas au peuple de France, pas à la France.......mais alors à qui ???