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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 07:01
Saint Philippe Néri, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 161

 

Philippe naquit à Florence le 22 juillet 1515. Dès son enfance, on l'appelait le bon petit Philippe, tant il était bon, doux et aimable. Vers l'âge de dix-huit ans, il renonça à la fortune d'un de ses oncles pour aller à Rome étudier les sciences ecclésiastiques. Rien de plus édifiant que sa vie d'étudiant: pauvreté, mortification, prière, travail, silence, vie cachée, habitaient sa modeste cellule.

Après plusieurs années d'étude opiniâtre dans les universités, il travailla seul, quelques années encore, dans le silence et la solitude, et quand, devenu prêtre par obéissance, il commença à se livrer au ministère des âmes, son esprit facile et profond avait acquis une science fort remarquable. Son angélique pureté eut à subir les plus rudes assauts; mais il sortit toujours vainqueur de tous les pièges, et reçut comme récompense la grâce de ne jamais ressentir, le reste de sa vie, aucun mouvement, même involontaire, de la concupiscence charnelle.

Philippe visitait les hôpitaux, soignait les malades, assistait et instruisait les pauvres, passait de longues nuits dans la prière, aux catacombes, sur les tombeaux des martyrs. Partout et à toute occasion, il cherchait à gagner des âmes à Dieu. Il aimait surtout les jeunes gens; il les attendait à la sortie des écoles, se mêlait à leurs rangs et conversait avec eux; il les abordait sur les places publiques, les cherchait jusque dans les ateliers et les magasins, en confessait une multitude, en retirait un grand nombre du vice. "Amusez-vous bien, leur disait-il souvent; mais n'offensez pas le bon Dieu!" Aussi Philippe exerçait-il sur l'enfance et la jeunesse un ascendant irrésistible, et nul mieux que lui ne mérite d'être regardé comme le Patron des Oeuvres de jeunesse. Le Saint fonda la Société des Prêtres de l'Oratoire.

Il se regardait, malgré tout, comme le plus grand des pécheurs, et disait souvent à Dieu: "Seigneur, défiez-Vous de moi, car j'ai peur de Vous trahir!"

"Son coeur, affirme un de ses familiers, bouillonne et émet des flammes et un tel incendie qu'ils en a les passages du gosier brûlés comme par du vrai feu." (Cité par Louis Ponnelle et Louis Bordet dans Saint Philippe néri et la société romaine de son temps, 1515-1595, La Colombe, éd. du Vieux Colombier, 1958, p. 82.)

Philippe mourut à l'âge de quatre-vingt ans, le 26 mai 1595.


Sources: (1) Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
Les saints du jour ; (2) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 160 ; (3) François Brune, Pour que l'homme devienne Dieu, Dangles, Collection Horizons spirituels, St Jean de Braye 1992, p. 304.

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 06:59

Mis à jour le 28/12/2019.

Saint Grégoire VII, l'un des plus grands Papes que Jésus-Christ ait donnés à Son Église, fut au XIe siècle, l'homme providentiel destiné à combattre tous les grands abus de cette époque si troublée ("réforme grégorienne") : les empiètements des empereurs d'Allemagne, la vente des dignités ecclésiastiques, la contagion des mauvaises moeurs du clergé et dans le peuple. Il fut un homme fort instruit, très vertueux, surtout un grand caractère.

Il se réclamait de son grand prédécesseur saint Grégoire Ier († 604.)

Rome, la Romanitas, un principe universel porté d'abord au temps des Césars par un empire, avant que la papauté ne s'en fasse la dépositaire au nom de l'Église catholique ("universelle" en grec). Mais ce que l'on dit moins c'est que cet ensemble de valeurs universelles héritées de la pensée gréco-romaine et de la Bible ne nous pas été transmis, à travers les siècles, sans difficultés. Les empereurs ont d'abord endossé la dignité du Souverain pontificat (pontifex maximus). Dans toutes les civilisations antiques, la religion et l'État ne font qu'un. 

La papauté est devenue presque malgré elle, de manière accidentelle, un pouvoir impliqué dans les querelles de ce monde. Tout débuta avec Jésus : "Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu" (Mt 22,21). C'est la papauté qui permit ensuite la distinction et l'autonomie des deux pouvoirs temporel et spirituel jusqu'ici intriqués, notamment avec Grégoire VII, et avant lui, avec Gélase Ier, qui écrivit à l'empereur Anastase au Ve siècle une lettre pour le réprimander en 494, lui précisant une idée vieille de deux siècles (à partir du moment où Constantin a commencé à convoquer des conciles), selon laquelle les empereurs ne peuvent pas faire le dogme et décider pour l'Église.


Hildebrand (tel était le nom de famille de notre réformateur Grégoire VII) eut pour père un charpentier de Toscane.

Il était encore enfant, sans aucune connaissance des lettres, lorsque, jouant dans l'atelier de son père, il forma avec des débris de bois ces mots du Psalmiste, présage de l'autorité que plus tard il devait exercer dans le monde : Dominabitur a mare usque ad mare : "Sa domination s'étendra d'un océan à l'autre."

Après une première éducation chrétienne, le jeune Hildebrand acheva de se former et de se préparer à la mission que Dieu lui réservait, dans le célèbre monastère de Cluny, foyer de sainteté et de science qui fournit alors tant de grands hommes.

Outre, le choix des évêques ou la convocation des conciles, "l'empereur germanique passe par-dessus le peuple romain et les notables pour nommer directement les papes.

De même, "le roi et les grands estimaient pouvoir investir les évêques dans leur charge, [...] parce que la fonction épiscopale restait conçue [...] comme un prolongement naturel du pouvoir du princeps." (Florian MAZEL, 888-1180 Féodalités, Histoire de France, sous la direction de Joël Cornette, Folio, Gallimard, Trebaseleghe, Italie 2019, p. 281.)

 

"[...] Le parti réformateur autour d'Hildebrand et de Pierre Damien fait nommer l'évêque de Florence, qui prend le nom de Nicolas II. Celui-ci convoque un synode au Latran en 1059, qui aboutit au décret In nomine Domini : dorénavant, l'élection des papes sera réservée aux cardinaux, c'est-à-dire aux titulaires des principales églises romaines, constituant ainsi ce qui va devenir le Sacré-Collège. L'élection des papes sera de la sorte dégagée autant que possible des influences extérieures, celle des empereurs comme celle des grandes familles et des partis romains." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 135, 146.)

 

Grégoire VII, Pape

Le courage avec lequel, simple moine, il osa dire au Pape Léon IX (1048-1054) que son élection n'était pas canonique fut l'occasion de son élévation aux plus hautes dignités de l'Église. Ce saint Pape avait été élu par l'empereur d'Allemagne ; mais son élection fut ratifiée ensuite par le clergé et le peuple de Rome. En 1049, charmé de la franchise d'Hildebrand, Léon IX le fit venir près de lui et le regarda comme son meilleur conseiller pendant les cinq ans de ce pontificat. Après la mort de Léon IX, quatre Papes successifs lui conservèrent une pleine confiance. Hildebrand continua à servir Victor II (1055-1057), puis Étienne IX (1057-1058). À la mort de ce dernier, ses conseils firent désigner Nicolas II (1059-1061) et avec le cardinal Humbert et le moine ermite Pierre Damien, il inspira le décret de 1059 sur la liberté de l'élection pontificale. (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 275-276.)

 

"Pendant toutes ces années, l'homme clé de la Curie romaine est le cardinal Hildebrand, qui devient en 1073 le pape Grégoire VII. Avec lui, la lutte pour la 'liberté' de l'Église permet au pape d'affirmer son droit d'intervention canonique dans une mesure jamais atteinte. Il va jusqu'à s'en prendre au contrôle impérial sur les églises, ce qui l'amène à un conflit ouvert avec l'empereur Henri IV: c'est ce que l'on a appelé la 'Querelle des Investitures'. Le pape interdit l'investiture laïque, notamment par l'empereur, des évêques et des principaux titulaires de charges ecclésiastiques. [...] Henri IV décide de réunir son clergé pour déposer Grégoire VII en 1075. Celui-ci répond en excommuniant l'empereur et en déliant ses sujets du serment d'obéissance." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 148.)

 

La réforme grégorienne

 

"Hildebrand n'apportait pas sur le trône de Pierre une doctrine toute élaborée. Intelligent et instruit ce n'était pas un intellectuel spéculatif, mais beaucoup plus un homme d'action.

"En dehors de l'Écriture, l'Ancien Testament surtout, il connaissait très bien le droit canon, un peu les Pères. Par là, il se rattachait plus à la mentalité clunisienne qu'à la tradition dialectique.

"Au cardinal Humbert et à Pierre Damien il avait emprunté nombre d'idées essentielles. Au premier, la volonté d'indépendance absolue de la papauté, au second, celle de gouverner seul. (En 1057, Humbert publie l'Adversus simoniacos, Contre les simoniaques, dans lequel il rappelle que dans la coopération entre empire et sacerdoce c'est l'Église, âme du corps ecclésial dont le roi est la tête, qui détermine ce qu'il faut faire. Il reconnaît que le roi prend part à l'élection des prélats, mais souligne que cela ne signifie pas qu'il lui revient de les choisir et encore moins de les investir...)

"Grégoire considérait que l'essentiel de sa tâche était de rétablir l''ordre juste' qui, selon saint Augustin, était la condition même de l'installation du royaume de Dieu sur terre.

La justice étant la vertu qui rend à chacun ce qui lui appartient..., "le maître mot de son vocabulaire fut [...] justitia.

"L'établissement de la justice sur la terre devait produire la paix.

"Les thèmes grégoriens n'avaient rien de très original; on les retrouve six siècles avant chez saint Augustin." (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 277.) 

 

"La réforme [...] met l'accent sur la purification morale et disciplinaire du clergé. [...] [U]ne rupture se dessine au fur et à mesure que la papauté s'émancipe de la tutelle impériale sous les pontificats d'Étienne IX (1057-1059) et Nicolas II (1059-1061). La décision de confier aux cardinaux l'élection du pape, en 1059, enlève à l'empereur le choix du souverain pontife; elle marque un tournant majeur.

[...] Il y a [...] au fondement de l'exigence réformatrice une conscience accrue du péché, vécu sur un plan d'abord ecclésiologique. [...] La réforme se pense comme un retour aux origines, à la 'forme primitive de l'Église' (Ecclesiae primitivae forma), à la communauté des apôtres évoquée dans les Évangiles ou le livre des Actes." (Florian MAZEL, 888-1180 Féodalités, Histoire de France, sous la direction de Joël Cornette, Folio, Gallimard, Trebaseleghe, Italie 2019, p. 265-266.)

En effet, au IVe siècle, l'empereur Constantin se convertissant, il fit des évêques 'de hauts dignitaires, sur un pied d'égalité avec les sénateurs les plus aisés' (DUFY, 1997, 27). [...] Les postes ecclésiastiques [...] furent bientôt pris d'assaut par les fils de l'aristocratie, dont certains étaient nommés évêques avant même d'avoir été baptisés. Par la suite, l'accès une position importante au sein de l'Église fut principalement une question d'influence, de marchandage et, à l'occasion, d'hérédité. La simonie devint la règle: on assista à un trafic complexe et onéreux des postes ecclésiastiques, comprenant non seulement la vente de positions éminentes comme celle d'évêque, mais aussi celle de modestes fonctions paroissiales." (Rodney STARK, Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques, Salvator, Paris 2019, p. 209.)

De nombreux conciles à partir du IVe siècle avaient condamné la simonie et déposer les clercs impliqués; seules les offrandes spontanées des fidèles étaient acceptées. Au Haut Moyen-Âge, on dénonçait surtout la simonie-achat dans les élections épiscopales et les ordinations (conciles mérovingiens d'Orléans en 533, 549, Clermont en 535, Paris en 614; Grégoire le Grand, Isidore de Séville, etc.).

Les pratiques simoniaques semblent particulièrement développées du IXe siècle au XIe siècle, et touchent toutes les fonctions religieuses. Le trafic des évêchés et des abbayes apparaît le plus scandaleux et certains souverains en tirent des revenus (Rodolphe II de Bourgogne 912-937, Henri Ier de France 1031-1060, Otton III 983-1002, Conrad II 1027-1039, Henri IV 1054-1105, etc.) ("SIMONIE" dans Dictionnaire du Moyen-Âge, sous la direction de Claude GAUVARD, Alain de LIBERA, Michel ZINK, Quadrige Puf, Paris 2002, p. 1335-1336.)

"Cette connivence de la féodalité occidentale et du clergé simoniaque et incontinent fit toucher du doigt à Grégoire VII la source profonde du mal, l'investiture laïque qui, avec elle, avait introduit dans le clergé le goût de l'argent et des femmes." (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 279.)

"L'action des réformateurs pèse surtout sur les prêtres, auxquels il s'agit d'imposer le célibat et la chasteté, seuls en mensure de leur conférer la pureté nécessaire à l'exercice de leur fonction. [...] La situation était plus délicate dans les campagnes où le concubinage des prêtres était largement pratiqué et toléré. Il était fréquent que les prêtres aient des enfants et il arrivait même que la cure d'une paroisse se transmette de père en fils. [...] [L]'efficacité du programme grégorien reste impossible à mesurer. Mais [...] les réformateurs sont bel et bien parvenus à créer chez de nombreux clercs un sentiment de culpabilité et à imposer un nouveau modèle." (Florian MAZEL, 888-1180 Féodalités, Histoire de France, sous la direction de Joël Cornette, Folio, Gallimard, Trebaseleghe, Italie 2019, p. 308-309.)

"Au fondement des principes grégoriens figure la séparation entre clercs et laïcs. [...] [C]ette conception implique [...] la désacralisation de tous les pouvoirs laïques. [...] [E]lle inspire, à la fin du XIIe siècle, les théories ministérielles de la royauté d'un Thomas Becket ou d'un Jean de Salisbury. [...] Animés de ces principes, les réformateurs considèrent que l'ensemble des fonctions, des biens, des lieux et des droits définis comme ecclésiastiques ou considérés comme tels doivent être attribués, possédés et exercés par les clercs eux-mêmes, de manière autonome. [...] La désignation des évêques doit revenir au 'clergé et au peuple' de chaque cité épiscopale, bientôt incarnés par le collège des chanoines de la cathédrale, ou de manière exceptionnelle à la papauté ou à ses représentants; la désignation des abbés doit quant à elle revenir au chapitre de l'abbaye ou à l'évêque selon les lieux et les circonstances. L'investiture des évêques [...] par un laïc, fût-il roi, est dénoncée avec vigueur.

"[...] Une telle redéfinition de l'Église et de sa place [...] représente une complète rupture par rapport à la tradition carolingienne. [...] À ce titre aussi la réforme 'grégorienne' apparaît comme une révolution culturelle." (Florian MAZEL, 888-1180 Féodalités, Histoire de France, sous la direction de Joël Cornette, Folio, Gallimard, Trebaseleghe, Italie 2019, p. 264-268.)

"Grégoire VII [...] condamna l'investiture laïque lors des synodes de 1075-1078 et 1080, excommuniant les contrevenants." (Dictionnaire du Moyen-Âge, sous la direction de Claude GAUVARD, Alain de LIBERA, Michel ZINK, Quadrige Puf, Paris 2002, p. 1336.)

Dans le domaine des miracles, "Grégoire VII, [...] se montre favorable au renforcement des contrôles des faits jugés 'miraculeux'." (Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 67.)

"Au cours de la seconde moitié du XIIIe siècle, les évêques mendiants pourront se généraliser. Il y aura des cardinaux, voire des papes dominicains et franciscains." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 182.)

"Au Concile de Trente (1551-1552; 1562-1563), l'Église interdit définitivement la simonie, c'est-à-dire la vente de fonctions ecclésiastiques, [et] imposa le célibat des prêtres." (Rodney STARK, Faux Témoignages, Pour en finir avec les préjugés anticatholiques, Salvator, Paris 2019, p. 252.) "Le concile insiste [...] sur la réforme du clergé afin de mettre fin aux abus les plus criants de la Renaissance." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 285.)

 

"La vision pontificale est mise en forme dans un document célèbre, les Dictatus Papae, une liste de points à défendre.

. Puisque l'Église romaine a été fondée par le Seigneur seul (article premier),

. seul le pontife romain peut être considéré comme universel (article 2),

. ce qui lui donne le droit de déposer ou absoudre tous les évêques (article 3),

. tandis que ses légats sont au-dessus de tous les évêques (article 4).

. Toutes les charges ecclésiastiques dépendent du pontife, qui, seul, peut redécouper les diocèses, nommer, déposer ou transférer les évêques, convoquer les conciles ou même 'proclamer de nouvelles lois selon les besoins du temps' (article 3-7 et 13-17).

. Le pape ne peut être jugé par personne (article 19),

. mais il peut juger n'importe quelle église (article 21).

. [...] Le titre de 'pape' lui est désormais réservé (article 11), parce que sa dignité est unique au monde. L'Église ne Rome n'a jamais erré et n'errera jamais, tandis que le pontife romain est 'sanctifié par les mérites de saint Pierre.'

Toute Église en désaccord avec Rome ne peut être catholique.

[...] Le monde, voué au péché, ne peut être libéré du mal que par l'obéissance au Christ; or, celle-ci ne peut que consister à suivre l'autorité de l'Église, c'est-à-dire du pape.

[...] [L]es pouvoirs laïcs ont leur autonomie, de la même manière que le corps a son autonomie par rapport à l'âme; mais c'est quand même l'âme qui doit fournir ses règles de comportement au corps et le contrôler. [...] En ce sens, la réforme grégorienne ne propose pas une théocratie [...] : le pape ne prétend pas se substituer aux pouvoirs laïcs.

 

"La réforme grégorienne va [...] en fait bien au-delà de la simple 'liberté' ou de la volonté de dégager les Églises des jeux politiques et de la corruption. La papauté grégorienne, [...] veut rompre avec les conceptions sacrées du pouvoir monarchique, ou avec l'association organique des empereurs avec leurs évêques. [...] Ce faisant, la réforme grégorienne commence à poser en des termes nouveaux la question des rapports entre pouvoir laïc et pouvoir religieux. Elle amorce à terme, [...] une forme de séparation avec les pouvoirs politiques et une laïcisation de ces derniers.(Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 146-150.)

 

"La réforme grégorienne fut une révolution qui agita l'Église durant un siècle et remit totalement en causes ses rapports avec le système politique.

"[...] Ainsi, bien avant la séparation de 1905, le principe de l'autonomie des pouvoirs séculier et spirituel était acquis, et ce en raison de l'insistance de la papauté." (L'Église en procès, La Réponse des historiens, sous la direction de Jean Sévillia, Tallandier, Le Figaro, Paris 2019, p. 80.)

 

L'abondante législation est confirmée par le premier concile oecuménique de Latran en 1123. La simonie perdit de son acuité au XIIe siècle. Mais, paradoxalement, "du XIIIe au XVIe siècle, c'est sous la plume des opposants à la monarchie pontificale que revient de manière récurrente l'accusation de simonie au sujet de la vente des indulgences" (Dictionnaire du Moyen-Âge, sous la direction de Claude GAUVARD, Alain de LIBERA, Michel ZINK, Quadrige Puf, Paris 2002, p. 1336), expression de la protestation luthérienne, l'évolution du concept et de la pratique de la pénitence ayant vu progresser l'idée d'une tarification des peines imposées en ce monde, aux confessés repentants.

 

"Dans l'empire, les évêques allemands conscients de l'importance politique que leur conféraient la nomination impériale et le rôle d'évêques-fonctionnaires, tenaient à conserver le statu quo... Ces prélats proches du trône..., ne voulaient pas renoncer à leur pouvoir politique. Grégoire VII eut donc à lutter à la fois contre l'empereur et, à quelques exceptions près, contre l'épiscopat allemand. (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 281.)

 

La croisade. "Grégoire VII avait pensé organiser une campagne pour aider Byzance contre les Turcs, avec l'idée de faire revenir Constantinople dans le giron romain." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 153)

 

Le roi des Romains Henri IV agenouillé devant Mathilde de Toscane en présence de l'abbé Hugues de Cluny, miniature de la Vita Mathildis (xiie siècle).

La pénitence de Canossa (1077)

 

"Au départ, les projets grandioses de Grégoire VII ne donnent que peu de résultats. Dans un premier temps Henri IV, grâce à l'intercession de la puissante comtesse de Toscane, Mathilde, semble faire amende honorable. En janvier 1077, l'empereur vient en tenue de pénitent, pieds nus dans la neige devant les murailles de la citadelle de Canossa en Italie du nord, où s'est réfugié le pape. [...] Canossa ne peut qu'obliger le pape à pardonner et se réconcilier. [...] Cependant l'affrontement ne cesse pas, et Henri IV ne tarde pas à réaffirmer son indépendance. Grégoire VII l'excommunie de nouveau en 1080, mais cette fois-ci, Henri IV qui a éliminé ses adversaires peut descendre en Italie et occuper Rome où il installe un antipape. Grégoire VII doit s'enfuir de Rome sous la protection des troupes normandes, qui en profitent pour piller la ville." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 151-152)

 

Henri à Canossa, toile d'Eduard Schwoiser, 1862.

L'absolution de Canossa montre l'impossibilité pour le roi d'être prince et prêtre à la fois.

 

"[L]es Dictatus Papae ont indiqué ce qui fera la force de l'institution pontificale : une vision portée par une administration, un droit et une diplomatie. La scène de l'humiliation vécue par l'empereur à Canossa, [...] devient un symbole puissant : le pouvoir impérial a bien reconnu et mis en scène l'autorité des papes." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 152.)

 

Yves de Chartres

"En France, ... [a]près de longues négociations, Philippe Ier et les grands du royaume renoncèrent à l'investiture laïque par la crosse et l'anneau en 1098. Mais ils conservèrent le droit d'agrément à l'élection canonique, et continuèrent d'investir les prélats du temporel de leur église, en échange du serment de fidélité. Cet accommodement [...] devait servir à l'élaboration du concordat de Worms, [...] conçu par Yves de Chartres, [...] canoniste (1010-1116) qui lutta avec énergie pour le triomphe de la réforme. [...] Sa thèse distinguait fortement les deux pouvoirs spirituel et temporel, ce qui séparait les deux investitures, l'une ecclésiastique pour la fonction spirituelle, l'autre laïque pour le gouvernement temporel et les biens (regalia ou temporalia) liés à la fonction épiscopale. Dans l'esprit d'Yves de Chartres, les difficultés [...] devaient être résolues par la collaboration active des deux pouvoirs. [...] Au milieu du XIIe siècle, dans ce domaine, la réforme grégorienne avait triomphé en France.

En Angleterre, l'évolution fut moins favorable. [...] Le souverain (Guillaume le Roux, fils de Guillaume le Conquérant) poursuivit de sa vindicte Anselme, le nouvel archevêque de Cantorbéry, partisan de la réforme, qui dut se réfugier auprès d'Urbain II en 1097. Mais Henri Ier Beauclerc, frère de Guillaume le Roux, conclut un accord avec l'archevêque en 1105. Henri Ier renonça à l'investiture par la crosse et l'anneau et Anselme accepta le serment de vassalité. (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 286-287.)


Grégoire VII fut atteint d'une maladie qui le réduisit à la dernière extrémité. La Sainte Vierge lui apparut et lui demanda s'il avait assez souffert : "Glorieuse Dame, répondit-il, c'est à vous d'en juger." La Vierge le toucha de la main et disparut. Le Pontife était guéri et put célébrer la Sainte Messe le lendemain en présence de tout le peuple consolé.

Grégoire, un an avant sa mort, dut fuir en exil à Salerne; il prédit le triomphe de son Église et rendit son âme à Dieu, le 25 mai 1085, en prononçant ces mots : "J'ai aimé la justice et j'ai haï l'iniquité; c'est pour cela que je meurs en exil."

 

Au concordat de Worms signé avec l'empereur germanique le 23 septembre 1122, selon le précédent inspiré d'Yves de Chartres, l'investiture épiscopale est scindée en deux. L'empereur renonçait à la cérémonie par la crosse et l'anneau et s'engageait à laisser librement se dérouler les élections épiscopales. En échange, le pape accordait à l'empereur ou à son mandataire le droit d'être présent à l'élection, et en cas de contestation, d'arbitrer en faveur du candidat le plus digne. (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 291.) L'original de l'acte de l'empereur Henri V est conservé aujourd'hui aux archives du Vatican. 

"Le concordat de Worms et le premier concile oecuménique du Latran mettaient un terme définitif au fonctionnement du césaropapisme." (J. CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, ibid., p. 293), hérité de l'empire romain.

Néanmoins, la querelle des investitures rebondira en Angleterre sous le règne d'Henri II Plantagenêt (1154-1189) qui voulut exercer le plus strictement possible la tutelle royale sur l'Église d'Angleterre. Le nouvel archevêque de Cantorbéry, l'ami du roi et ancien chancelier du royaume, Thomas Becket, s'éleva contre les prétentions d'Henri II et fut obligé de s'exiler en 1164. Rentré en Angleterre en 1170, il sera assassiné dans sa cathédrale par quatre chevaliers croyant exécuter le voeu secret du roi. Le pape prononça aussitôt l'excommunication contre les meurtriers et canonisa Thomas comme martyr en 1173. Henri II s'humiliera publiquement auprès du tombeau du saint. Son attitude sera ici à rapprocher de celle d'Henri IV d'Allemagne à Canossa. Sous Jean sans Terre (1199-1216), celui-ci refusa de reconnaître l'élection du cardinal Etienne de Langton, au siège primatial de Cantorbéry. Après avoir interdit ce royaume (1208), le pape excommunia le souverain en 1209. Devant la menace de la déposition, Jean capitula, craignant que son seigneur pour les fiefs normands et aquitains, le roi de France Philippe Auguste, ne fût chargé d'exécuter la sentence. (J. CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, ibid., p. 309.)

La querelle des investitures rebondit également sous l'empereur germanique Frédéric Barberousse (1155-1190) qui reprit l'habitude de disposer des évêchés. La lutte entamée marquera l'apogée de la querelle du Sacerdoce et de l'empire. Le pape Alexandre III (1159-1181) fut obligé de se réfugier en France. En 1167, Barberousse s'emparera de Rome et pillera la ville, après avoir attaqué Saint-Pierre au feu grégeois et massacré, sur le tombeau même de l'Apôtre, ceux qui résistaient. La lourde défaite qu'il subit le 29 mai 1176 à Legnano devant les troupes de la Ligue lombarde l'obligera à composer en 1177 et, par la paix de Venise, à reconnaître Alexandre III, en abandonnant son dernier antipape et en renonçant à se mêler de l'élection pontificale. Alexandre III sera ramené à Rome par les troupes allemandes en 1178. (Jean CHELINI, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, Millau 2012, p. 302.) Barberousse mourra le 10 juin 1190, durant la croisade, noyé dans un petit fleuve de Cilicie, le Sélef, dans les valons du Taurus, aux portes de la Syrie.

 

En France, la collaboration des deux pouvoirs spirituel et temporel, dans le respect de l'indépendance mutuelle caractérisera au XIIIe siècle la royauté chrétienne de saint Louis. Ainsi, s'affirmera dans l'Occident chrétien une monarchie, absolument indépendante du pape au temporel, qui poursuivra aussi bien que la papauté les exigences de la justice et de la paix. 

 

"Les siècles de la féodalité, longtemps définis comme des siècles de fer', correspondent en réalité au moment du 'décollage' européen." (Jean-Louis Biget, Préface dans Florian MAZEL, 888-1180 Féodalités, Histoire de France, sous la direction de Joël Cornette, Folio, Gallimard, Trebaseleghe, Italie 2019, p. 10.)

 

"[...] À partir du milieu du XI siècle, la rupture grégorienne, mais aussi l'essor urbain, l'affirmation de la seigneurie castrale et les transformations des campagnes ouvrent la voie à l'émergence de nouveaux horizons politiques [...], dont le regain de puissance du roi et l'épanouissement de la culture chevaleresque constituent les aspects significatifs." (Florian MAZEL, 888-1180 Féodalités, Histoire de France, sous la direction de Joël Cornette, Folio, Gallimard, Trebaseleghe, Italie 2019, p. 22.) 

L'ordre créé par la réforme grégorienne ne sera fondamentalement remis en question que huit siècles plus tard, par les révolutionnaires français, réactualisant la confusion antique du politique et du spirituel, avec "la constitution civile du clergé du 12 juillet 1790" qui "instaure une désignation aux charges ecclésiastiques par le vote des citoyens. Les religieux deviendront des fonctionnaires de l'État. Les évêques seront consacrés sans intervention du pape." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 337-338.) On revient au césaropapisme le plus antichrétien.

Paradoxalement au XXe siècle, c'est la papauté elle-même qui reviendra sur la réforme grégorienne, avec "un concile très occidental, dont le tempo sera donné par un épiscopat nord-européen, pour ne pas dire carolingien", qui "voit arriver à maturité [...] la nouvelle théologie, très critique envers l'incapacité du monde curial romain à se rendre compte des défis posés par l'areligiosité du monde contemporain", et qui "adopte le 21 novembre 1964 la constitution Lumen gentium, qui pose les principes fondamentaux de ce que sera l'enseignement du concile."

[...] "[C]omme tous ses fidèles ont été régénérés par le Saint-Esprit, ils sont tous appelés à un 'sacerdoce commun'. [...] En d'autres termes, cette constitution cherche à revenir sur la séparation entre clercs et laïcs progressivement montée en puissance depuis la réforme grégorienne, pour affirmer au contraire la participation de tous dans un rapport d'égalité à la vie de l'Église. " (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 422-429.) 

Jean XXIII, dans l'encyclique Pacem in terris, le 11 avril 1963, dit "explicitement que les États sont dépassés et incapables d'assurer le bien commun, et appelle "à la constitution d'une autorité publique de compétence universelle", dont les rapports avec les États, "les citoyens, les familles et les corps intermédiaires doivent être régis par le principe de subsidiarité", un avenir préfiguré par les Nations-Unies et la Déclaration universelle des droits de l'homme. Tous les catholiques sont appelés à s'engager pour cette tâche." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté, ibid., p. 425.)

"La constitution Gaudium et spes, [...] reprend les principes de Pacem in terris ou du discours à l'ONU de Paul VI. (Thomas TANASE, Histoire de la papauté, ibid., p. 430.)

"L'encyclique Populorum progressio de 1967 complétera Gaudium et spes", avec un "un idéal ecclésial fait désormais d'engagements, de mobilisations et de participation de tous." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté, ibid., p. 431.)

En confondant clercs et laïcs (le "sacerdoce commun" de LG 34), en associant étroitement tous les croyants à la vie politique, en s'engageant résolument pour un modèle global qui sert de base au nouvel ordre international, cette nouvelle orientation revenant sur mille ans de distinction des clercs et des laïcs de la réforme grégorienne est-elle la plus adaptée pour précisément lutter contre "l'areligiosité" du monde contemporain? C'est cela, la question qui demeure.

 

****

Sources : (1) Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950. Les saints du jour; (2) Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019 ; (3) Florian MAZEL, 888-1180 Féodalités, Histoire de France, sous la direction de Joël Cornette, Folio, Gallimard, Trebaseleghe, Italie 2019.

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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 07:08

SAINTE RITA de CASCIA
Veuve
(vers 1381-1447 ?)


 

       Rita naît vers 1381 près de Cascia en Ombrie, au coeur d'une époque troublée marquée par la guerre entre partisans du Pape et de l'Empereur. Chaque village est divisé. Les parents de Rita sont surnommés les 'porte-paix' du Christ, jouant un rôle de médiation entre clans rivaux. Cet exemple, Rita ne l'oubliera pas, elle le prolongera par toute une vie de douceur et d'extraordinaire patience dans l'adversité.
Vers l'âge de 13 ans, elle commence à penser à la vie religieuse. Ses parents préfèrent la marier à un homme riche, mais au caractère brutal. Rita s'incline, se disant qu'elle n'est sans doute pas digne de la vie consacrée. Elle souffre en silence, ajoutant des jeûnes fréquents pour la conversion de Paolo di Fernando, son mari. Elle est si douce que ses voisins la surnomment « la femme sans rancune ». Enceinte, elle donne naissance à deux jumeaux. Paolo finit alors par s'amadouer et le ménage connaît un temps de bonheur.

Or un soir d'hiver 1416, Paolo tombe dans une embuscade. Quand Rita arrive, il est déjà mort, mais un témoin atteste qu'il s'est tourné vers Dieu. Les jumeaux, eux, ne rêvent que de venger leur père. Rita redouble de prière, demandant même au Seigneur qu'ils meurent en pardonnant plutôt que de vivre dans la vengeance. Quelques mois après, ses fils sont emportés par une épidémie de peste, non sans avoir demandé pardon à leur mère.
Devenue veuve, Rita va pouvoir réaliser sa vocation, non sans mal ! Elle frappe à la porte des Augustines de Cascia, mais l'abbesse lui refuse l'entrée, l'ordre interdisant l'accueil des veuves. Rita insiste et finalement est admise, à condition de parvenir d'abord à réconcilier les deux clans, celui de son mari et celui de son assassin. Elle y parvient, contre toute attente ! Elle restera 40 ans religieuse, se dévouant au service des pauvres. 
 

Très connue dans la région de Cascia, on venait la consulter de partout. Elle avait l'expérience de la vie et savait comprendre toutes les situations difficiles et toutes les misères humaines. A tous, elle apportait le réconfort de sa foi et de sa prière. Chose étonnante : tout s'arrangeait lorsqu'on s'adressait à Rita. Sa prière était entendue du ciel. Le bouche à oreille fit le reste. Elle devint vraiment l'avocate des causes désespérées.


Un Vendredi Saint, après un Carême prêché par un Franciscain, elle demande à être configurée au Christ. Elle recevra, sur le front, dans une extase, un des stigmates de la Passion qui ne la quittera plus, sauf durant le pèlerinage du Jubilé à Rome pour rendre grâce de la cessation des guerres dans le pays. Ses dernières années, elle les passe en recluse, ne recevant plus que l'Eucharistie pour toute nourriture. 

 
À sa mort, vraisemblablement en  1447 ou 1457, le peuple de Cascia la proclame sainte, bien avant l'Église officielle.

Son corps, intact,  repose dans la basilique de Cascia et attire des pèlerins du monde entier, venus implorer son intercession.

"Les informations collectées lors des exhumations de 1624 puis de 1628 confirment l'incorruption de son corps, tandis que les observateurs de la seconde moitié du XXe siècle signalent une peau noircie et un dessèchement important." (1)

Elle sera béatifiée en 1627 ou 1628 par le pape Urbain VIII et canonisée en 1900 par le pape Léon  XIII.

Demandons-lui aujourd'hui qu'elle nous communique sa capacité à pardonner, sa douceur évangélique et, dans la contemplation du Christ, la force d'un amour invincible, pour Dieu et pour nos frères. Avec elle, soyons sûrs qu'il n'y a pas de
cause désespérée pour celui qui croit, et plus encore pour celui qui aime en Dieu, car à Dieu, rien n'est impossible !

***

Sources

(1) Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 159 ; (2) 



Pélerinage de Sainte Rita à Vendeville 

(3) Sainte-rita.org Site consacré à sainte Rita 

(4) Santaritadacascia.org Site officiel

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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 09:00


Saint Simon Stock
Général des Carmes
(1164-1265)


Anglais d'origine, saint Simon Stock naquit d'une très illustre famille du Kent dont son père était gouverneur. Lorsqu'elle le portait, sa mère le consacra à la Sainte Vierge. On le voyait souvent tressaillir entre les bras de sa mère lorsqu'elle prononçait le doux nom de Marie.
Pour apaiser ses cris et ses pleurs, il suffisait de lui présenter une image de la Vierge Marie. Il n'avait pas encore un an qu'on l'entendit plusieurs fois articuler distinctement la salutation angélique. Cette dévotion précoce ne peut provenir que d'un mouvement extraordinaire de l'Esprit-Saint. 
A douze ans, Simon se retira au désert dans le creux d'un arbre, d'où lui vint le surnom de Stock qui signifie "tronc", en langue anglaise. Sa nourriture consistait en herbes crues, quelques racines et pommes sauvages, un peu d'eau claire lui servait de breuvage. Bien que le tronc d'arbre où il avait élu domicile ne lui offrît pas la liberté de s'étendre pour dormir, il prenait son bref repos dans ce gîte précaire. Au sein de cette retraite sauvage, ses prières montaient sans interruption vers le ciel. Saint Simon Stock passa vingt ans dans la plus entière solitude, nourrissant son âme des célestes délices de la contemplation.
S'étant privé volontairement de la conversation des hommes, il jouissait de celle de la Vierge Marie et des anges qui l'exhortaient à persévérer dans sa vie de renoncement et d'amour. La Reine du Ciel l'avertit qu'il verrait bientôt débarquer en Angleterre des ermites de la Palestine. Elle ajouta qu'il devait s'associer à ces hommes qu'elle considérait comme ses serviteurs. En effet, Jean lord Vesoy et Richard lord Gray de Codnor revinrent de Terre Sainte, ramenant en effet avec eux quelques ermites du Mont-Carmel. 
Docile aux directives de la Mère de Dieu, saint Simon Stock se joignit à ces Pères, en 1212. Élu vicaire général de l'Ordre des Carmes en 1215, le Saint travailla de toutes ses forces à obtenir de Rome la confirmation de son Ordre pour l'Occident. Il ne manquait pas d'adversaires pour en empêcher l'extension en Europe. Mais Simon Stock supplia la Vierge Marie par d'instantes prières et beaucoup de larmes de défendre elle-même cet Ordre qui lui était consacré. Apparaissant en songe au pape Honorius III, la Mère de Dieu lui fit connaître ses volontés, et en 1226, ce pape confirma la Règle des Carmes. 
La vierge apparut un jour à son serviteur, toute éclatante de lumière et accompagnée d'un grand nombre d'esprits bienheureux, Elle lui remit un scapulaire en disant: «Reçois mon fils ce scapulaire, comme le signe d'une étroite alliance avec moi. Je te le donne pour habit de ton ordre; ce sera pour toi et pour tous les Carmes un excellent privilège et celui qui le portera ne souffrira jamais l'embrasement éternel. C'est la marque du salut dans les dangers et de l'heureuse possession de la vie qui n'aura jamais de fin
« Voici le privilège que je te donne, à toi et à tous les enfants du Carmel. Quiconque meurt revêtu de cet habit sera sauvé. »
La dévotion au scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel se répandit non seulement parmi le peuple, mais aussi parmi les rois et les princes qui se trouvèrent fort honorés de porter cette marque des serviteurs de la Vierge. 
Saint Simon Stock, présent au concile général de Lyon tenu sous le règne du pape Innocent IV, y prononça un éloquent discours contre les divisions qui agitaient alors l'Église. Il mourut dans la vingtième année de son généralat et la centième de son âge, après avoir laissé d'admirables exemples de vertu. La mort le cueillit dans la ville de Bordeaux, alors qu'il visitait ses monastères. On lui doit aussi la dernière phrase de l'Ave Maria.
L'Église ajouta ses dernières paroles à la salutation angélique: «Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort.»

Il adressait souvent à la Vierge Marie cette prière qui est devenue la prière mariale par excellence de l’Ordre :

Flos carmeli Vitis florigera Splendor caeli Virgo puerpera Singularis
 
Mater mitis Sed viri nescia Carmelitis Esto propitia Stella Maris
 
Fleur du Carmel Vigne fleurie Splendeur du Ciel Vierge féconde Unique
 
Douce Mère Qui ne connus pas d’homme, Aux enfants du Carmel Sois propice Étoile de la mer


Tiré de Mgr Paul Guérin, édition 1863, p. 229-233 -- Bollandistes, Paris, éd. 1874, tome V, p. 582, Les saints du jour; MariedeNazareth; Catholique.org; Le Carmel en France

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 07:35

Sainte Imelda descendait de la noble famille des Lambertini. Née à Bologne en 1521, elle avait reçu au baptême le nom de Madeleine. Dès le berceau elle manifesta une intelligence précoce qui s'ouvrait naturellement aux lumières de la foi.

On ne constata jamais en elle de difficulté à obéir, ni de ces caprices qui rendent pénible l'éducation des enfants. Au premier signe, Madeleine quittait le jeu le plus animé pour se mettre au travail. Elle s'était aménagé un petit oratoire qu'elle ornait de ses mains. Tout son bonheur consistait à s'y retirer pour prier.

La splendeur de la maison paternelle pesait à cette âme qui comprenait déjà le néant des choses créées. Suivant un usage très ancien dans l'Église, on recevait parfois les enfants dans les monastères. Ils étaient revêtus de l'habit religieux, mais cela n'engageait en rien leur avenir et ces enfants n'étaient assujettis qu'à une partie de la Règle. A l'âge de dix ans, la petite Madeleine pria ses parents avec tant d'instance de lui octroyer cette grâce, qu'ils finirent par se rendre à ses désirs et l'emmenèrent chez les Dominicaines de Valdiprétra, près de Bologne.

La jeune enfant prit l'habit avec joie et échangea son nom pour celui d'Imelda, qui signifie : donnée au monde comme du miel, sans doute à cause de sa douceur et de son extrême amabilité. Novice, elle voulut observer la Règle tout entière bien qu'elle n'y fut pas obligée. Sa constance au service de Dieu ne se démentit pas un instant, aucune austérité ne l'effrayait, et elle s'appliquait en tout à ressembler à Jésus crucifié.

La sainte enfant passait des heures en adoration devant Jésus-Hostie, sans ressentir plus de lassitude que les anges devant Dieu. Durant le Saint Sacrifice de la messe, elle versait d'abondantes larmes, surtout lorsque les religieuses quittaient leurs stalles pour aller communier. Dans l'ingénuité de son amour, elle disait parfois: «Je vous en prie, expliquez-moi comment on peut recevoir Jésus dans son coeur sans mourir de joie.» Les religieuses étaient grandement édifiées de sa particulière dévotion envers le Saint Sacrement.

C'était l'usage du pays de donner la première communion aux enfants qu'à l'âge de quatorze ans. Sainte Imelda, consumée par l'ardeur de ses désirs, suppliait d'être enfin admise à la sainte Table mais on ne croyait pas devoir faire exception pour la petite novice. Le jour de l'Ascension 1533, Imelda atteignit ses onze ans. De nouveau, elle conjura son confesseur de lui permettre de recevoir la sainte communion, mais ce dernier resta inflexible.

L'enfant s'en alla à la chapelle en pleurant, afin d'y entendre la messe. Le Seigneur Jésus, si faible contre l'amour, ne put résister davantage aux voeux de cette âme angélique. Au moment de la communion, une hostie s'échappa du ciboire, s'éleva dans les airs, franchit la grille du choeur et vint s'arrêter au-dessus de la tête de sainte Imelda. Aussitôt que les religieuses aperçurent l'hostie, elles avertirent le prêtre du prodige. Lorsque le ministre de Dieu s'approcha avec la patène, l'hostie immobile vint s'y poser. Ne doutant plus de la Volonté du Seigneur, le prêtre tremblant communia Imelda qui semblait un ange plutôt qu'une créature mortelle.

Les religieuses, saisies d'un étonnement inexprimable, restèrent longtemps à regarder cette enfant toute irradiée d'une joie surnaturelle, prosternée en adoration. Ressentant finalement une vague inquiétude, elles appelèrent Imelda, la prièrent de se relever, puis lui en donnèrent l'ordre. L'enfant toujours si prompte à obéir paraissait ne pas même les entendre. En allant la relever, les soeurs s'aperçurent avec stupéfaction qu'Imelda était morte: morte de joie et d'amour à l'heure de sa première communion.

Cette petite sainte italienne a été surnommée: la fleur de l'Eucharistie. Elle est la patronne des premiers communiants.



Tiré de Laure Conan, édition 1913, pp. 38-41 -- Marteau de Langle de Cary, 1959, tome II, p. 208 Les saints du jour

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 06:59

  Sainte Jutta von Sangerhausen (+1260)


Née à Thuringe, elle en partit à la mort de son mari pour rejoindre en Prusse son frère, grand maître des chevaliers teutoniques. Elle y vécut le reste de sa vie en ermite. Elle est la patronne de la Prusse.

Les saints du jour



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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 11:05

Saint Joseph, statue de Lourdes (25 août 2005), entrée du sanctuaire.
Notez le Salut du Sauveur, les trois doigts de la main droite levés représentant la
Sainte Trinité

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 06:47

SAINT PIERRE CHANEL (1803-1841), Premier martyr en Océanie

Pierre-Louis-Marie Chanel naquit le 12 juillet 1803, à Cuet dans l'Ain, village du diocèse de Lyon. De sept à douze ans, il travaillait comme berger. Un jour, un prêtre le remarqua et se chargea de le faire instruire.

Ordonné prêtre le 15 juillet 1827, le Père Chanel exerça son ministère pastoral à Ambérieu, comme vicaire, puis à Crozet, en qualité de curé. Il entra en 1831 dans la Société de Marie. Sa devise : "Aimer Marie et la faire aimer".

Poussé par le désir de la Mission, en 1836, il sollicita la faveur d'être appliqué à l'apostolat des missions d'Océanie. Et le 24 décembre 1836, il s'embarquait au Havre avec Mgr Pompallier.
Au bout de dix mois de navigation, ils abordaient à l'île de Futuna.

Pendant que l'évêque continuait sa route vers la Nouvelle-Zélande, le Père Chanel s'établissait à Futuna avec deux compagnons. Pendant les deux premières années de leur installation, les missionnaires employèrent ce temps à apprendre la langue du pays et se bornèrent à baptiser les enfants moribonds. Dès qu'il se sentit capable de prêcher, le Père Chanel commença le travail d'évangélisation.

Après de très durs débuts, l'apôtre réussit à répandre l'Évangile chez les indigènes où régnait encore l'anthropophagie. Il rendait tous les services possibles, soignait les blessés, empêchait souvent la guerre entre les idolâtres; on l'appelait: l'homme à l'excellent coeur. Lorsque Niuliki, roi et pontife à la fois, vit le mouvement des conversions au christianisme prendre de l'ampleur, il cessa d'envoyer des vivres aux missionnaires et alla s'établir dans un autre village.

Pour subsister, les missionnaires furent réduits à défricher un champ de manioc. Pour les forcer à fuir le pays, on mangeait leurs fruits et leur récolte. Réduits à la plus extrême pauvreté, les Pères durent manger leur chien pour ne pas mourir de faim. Menacé de mort, le Père Chanel répond: «La religion est implantée dans l'île, elle ne s'y perdra point par ma mort, car elle n'est pas l'ouvrage des hommes, mais elle vient de Dieu

Les zélés missionnaires continuèrent à réunir leurs catéchumènes tous les dimanches et malgré tout, le petit groupe ne cessa de s'accroître. Le propre fils du roi, touché par la grâce et par les enseignements des missionnaires se déclara publiquement chrétien. Cette conversion acheva d'exaspérer Niuliki et le décida à en finir avec la religion chrétienne à Futuna.

Le 28 avril 1841, à la pointe du jour, une horde sauvage, conduite par le gendre de Niuliki et armée de lances, de massues, de haches, envahit la maison des missionnaires en un moment où le Père Chanel était seul. Les indigènes pénétrèrent dans le jardin où se trouvait le missionnaire, l'assommèrent à coups de bâton et de massue, puis se livrèrent au pillage. Leur carnage terminé, voyant que le Père respirait encore, Musumusu, le gendre du roi, l'acheva d'un coup de hachette sur la nuque. C'est ainsi que ce 28 avril 1841 sur l'Île de Futuna, sans une plainte, sans un soupir, le Père Chanel rendit son âme à Dieu. 

Peu d'années après ce drame, toute l'île de Futuna était chrétienne, y compris les assassins du saint martyr. Il fut proclamé Patron de l'Océanie. Sa Sainteté Pie XII canonisa solennellement Pierre Chanel, le 13 juin 1954.

Sources:

- J.M. Planchet, Vie des Saints, édition 1946, p. 438-439; Résumé
Les saints du jour
- Pierre Chanel éducateur, ddec.nc (site des Pères maristes en Nouvelle-Calédonie)
- Célébrations à Futuna du 200ème anniversaire de la naissance de St Pierre Chanel, ddec.nc
-
StPierreChanel.free, site consacré à Saint Pierre Chanel

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 08:12

Agnès Segni est née le 28 janvier 1268 à Gracciano, près de Montepulciano, de parents suffisamment fortunés et très bons chrétiens. Enfant, elle fut confiée aux sœurs de Montepulciano, appelées Sœurs du Sac parce que leur habit, de toile grossière, ressemblait à un sac; on lui confiera bientôt la charge d'économe; à 17 ans elle dirige la construction du couvent à Procéna, où par le bref pontifical elle devient abbesse; à 32 ans elle revient à Montepulciano pour y fonder un couvent de Soeurs Dominicaines, où elle sera prieure. Elle meurt le 20 avril 1317, à l'âge de 49 ans.

Son corps, miraculeusement préservé de la corruption, repose au Couvent des Dominicaines de Montepulciano.

Sainte Catherine de Sienne (1357-1380) avait une grande vénération pour elle.

On la représente soit avec trois cailloux en souvenir de la construction du monastère dont les pierres lui avaient été offertes par la Sainte Vierge, soit en compagnie d'un agneau, par la similitude avec son prénom et son adoration de l'Agneau de Dieu, soit portant une crosse, dans sa fonction d'abbesse.

Elle fut béatifiée par Clément VIII en 1608. Et canonisée par Benoît XIII en 1726.

Sources:

René-M. Groleau, O.P., Saints Dominicains, p. 17-18.

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20090420&id=3483&fd=0

http://fr.wikipedia.org/wiki/Agn%C3%A8s_de_Montepulciano

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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 07:37

Saint Parfait (+ 850)

Prêtre à Cordoue (Espagne), il ne cachait pas son engagement religieux. Les musulmans qui occupaient l'Espagne l'arrêtèrent et le décapitèrent. L'Evangile au quotidien

Il desservait une paroisse et, comme tous ses confrères, il savait qu'il risquait sa tête à vouloir convertir les musulmans. Il se méfia donc quand deux musulmans l'abordant dans la rue lui demandèrent ce qu'il pensait de Mahomet et de Jésus car, disaient-ils, "nous ne désirons que nous instruire". Il se mit à leur prouver que Mahomet était un faux prophète et que seul Jésus était le sauveur. Ils souhaitèrent le bonjour à saint Parfait, le laissèrent rentrer tranquillement chez lui, puis quelques jours après, ils le dénoncèrent à des amis. Traduit devant le tribunal arabe, il fut condamné à mort. Une fois encore et publiquement, il dit ce qu'il pensait de Mahomet et du Coran. Son culte passa en France puisque les chanoines de la cathédrale de Paris chantèrent longtemps une messe solennelle en son honneur chaque 18 avril. Nominis.cf.fr

 

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 08:40

Pietà de Giovanni Bellini (1468-71)





Pendant la Semaine Sainte qui nous accompagne jusqu'à la Pâques de Notre Seigneur, à l'instar du
Forum catholique, je mets le blog Christ-Roi en mode silence.

"Je forme le voeu que la 'blogosphère catholique' sache elle aussi se montrer discrète en ce temps où l'information purement temporelle pèse bien peu par rapport à la grande nouvelle qui nous attend dans quelqures jours. Que valent quelques posts éphémères par rapport à ce qui nous attend ? Pas grand'chose.

A l'heure où la toile catholique entend peser de tout son poids, pourquoi ne s'illustrerait-elle pas précisément en se montrant respectueuse de ce jeûne internautique ? Ne serait-ce pas là une belle façon de montrer notre union dans la prière, chers amis internautes ? Une belle façon, oui, de montrer l'exemple. L'exemple du silence, élément indispensable aux oeuvres de notre Divin Maître."

(Le Forum catholique)

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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 06:59


« Hosanna ! béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d'Israël » (Jn 12,13)

Courage, fille de Sion, ne crains pas : « Ton roi s'avance vers toi ; il est humble, et monté sur un âne, le petit d'une ânesse ». Il vient, lui qui est partout présent et remplit l'univers, il s'avance pour accomplir en toi le salut de tous. Il vient, « lui qui n'est pas venu appeler les justes mais les pécheurs à la conversion », pour faire sortir du péché ceux qui s'y sont fourvoyés. Ne crains donc pas : « Dieu est au milieu de toi, tu es inébranlable ». Accueille en élevant les mains celui dont les mains ont dessiné tes murailles. Accueille celui qui a accepté en lui-même tout ce qui est nôtre, sauf le péché, pour nous assumer en lui... Réjouis-toi, fille de Jérusalem, chante et danse de joie... « Resplendis, car voici ta lumière, et la gloire du Seigneur se lève sur toi. »

Quelle est cette lumière ? « Celle qui illumine tout homme qui vient au monde » : la lumière éternelle...apparue dans le temps ; lumière manifestée dans la chair et cachée par cette nature humaine ; lumière qui a enveloppé les bergers et conduit les mages ; lumière qui était dans le monde dès le commencement, par qui le monde a été fait et que le monde n'a pas connue ; lumière qui est venue chez les siens et que les siens n'ont pas reçue.

Et la gloire du Seigneur, quelle est-elle ? C'est sans aucun doute la croix sur laquelle a été glorifié le Christ, lui, la splendeur de la gloire du Père. Lui-même le disait à l'approche de sa Passion : « Maintenant, dit-il, le Fils de l'homme est glorifié et Dieu est glorifié en lui, et il le glorifiera bientôt ». La gloire dont il parle ici, c'est sa montée sur la croix. Oui, la croix est la gloire du Christ et son exaltation. Il l'a dit : « Quand je serai élevé de terre, j'attirerai tout à moi ».

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 14,1-72.15,1-47

Alors le grand prêtre se leva devant l'assemblée et interrogea Jésus : « Tu ne réponds rien à ce que ces gens déposent contre toi ? »
Mais lui gardait le silence, et il ne répondait rien. Le grand prêtre l'interroge de nouveau : « Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ? »
Jésus lui dit : « Je le suis, et vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant, et venir parmi les nuées du ciel. »
levangileauquotidien

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 00:01



Lecture du saint Évangile selon saint Luc
(2, 22-32; trad. du Lectionnaire de 1964)
7. En ce temps-là, quand furent révolus les jours prescrits pour la purification de Marie, selon la Loi de Moïse, ils portèrent Jésus à Jérusalem pour le présenter au Seigneur selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur: Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir en sacrifice, selon qu’il est dit dans la Loi du Seigneur: un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes.
Voici qu’à Jérusalem il y avait un homme appelé Siméon. Cet homme était juste et pieux; il attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit-Saint était sur lui. Il lui avait été révélé par l’Esprit-Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie du Seigneur. Il vint au Temple, poussé par l’Esprit. Et comme les parents apportaient l’Enfant Jésus, afin d’observer les coutumes de la Loi le concernant, il le reçut dans ses bras, et il bénit Dieu en disant: «Maintenant, ô Maître, tu laisses ton serviteur s’en aller selon ta parole, dans la paix. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples: lumière pour éclairer les nations, et gloire de ton peuple Israël!»


La présentation au Temple, par Stephan Lochner (Hessisches Landesmuseum, Darmstadt)

Lecture patristique

Homélie de saint Sophrone, évêque [de Jérusalem, † 638 ou 639] (Discours 3, sur la fête des Lumières 6.7; texte grec: PG 87-3, 3291-3293)

Accueillons cette lumière glorieuse et éternelle

Allons à la rencontre du Christ, nous tous qui honorons et vénérons son mystère avec tant de ferveur, avançons vers lui dans l'enthousiasme. Que tous sans exception participent à cette rencontre, que tous sans exception y portent leurs lumières.

Si nos cierges procurent un tel éclat, c'est d'abord pour montrer la splendeur divine de celui qui vient, qui fait resplendir l'univers et l'inonde d'une lumière éternelle en repoussant les ténèbres mauvaises; c'est aussi et surtout pour manifester avec quelle splendeur de notre âme, nous-mêmes devons aller à la rencontre du Christ.

De même, en effet, que la Mère de Dieu, la Vierge très pure, a porté dans ses bras la véritable lumière à la rencontre de ceux qui gisaient dans les ténèbres; de même nous, illuminés par ses rayons et tenant en mains une lumière visible pour tous, hâtons-nous vers celui qui est vraiment la lumière.

C'est évident: puisque «la lumière est venue dans le monde» (Jn 3, 19) et l'a illuminé alors qu'il baignait dans les ténèbres, puisque «le Soleil levant qui vient d'en haut nous a visités» (Lc 1, 78), ce mystère est le nôtre. C'est pour cela que nous avançons en tenant des cierges, c'est pour cela que nous accourons en portant des lumières, afin de signifier la lumière qui a brillé pour nous, mais aussi afin d'évoquer la splendeur que cette lumière nous donnera. Courons donc ensemble, allons tous à la rencontre de Dieu.

Cette lumière véritable, «qui éclaire tout homme venant en ce monde» (Jn 1, 9), voici qu'elle vient. Soyons-en tous illuminés, mes frères, soyons-en tous resplendissants.

Que nul d'entre nous ne demeure à l'écart de cette lumière, comme un étranger; que nul, alors qu'il en est inondé, ne s'obstine à rester plongé dans la nuit. Avançons tous dans la lumière, tous ensemble, illuminés, marchons à sa rencontre, avec le vieillard Syméon, accueillons cette lumière glorieuse et éternelle. Avec lui, exultons de tout notre cœur et chantons une hymne d'action de grâce à Dieu, Père de la lumière, qui nous a envoyé la clarté véritable pour chasser les ténèbres et nous rendre resplendissants.

«Le salut» de Dieu, «qu'il a préparé à la face de tous les peuples» et qu'il a manifesté «pour la gloire» du nouvel Israël que nous sommes, voilà que «nous l'avons vu» (Lc 2, 30-32) à notre tour, grâce au Christ; et nous avons été aussitôt délivrés de la nuit de l'antique péché, comme Syméon le fut des liens de la vie présente, en voyant le Christ.

Nous aussi, en embrassant par la foi le Christ venu de Bethléem à notre rencontre, nous qui venions «des nations païennes», nous sommes devenus le peuple de Dieu, car c'est le Christ qui est le salut de Dieu le Père. Nous avons vu de nos yeux Dieu qui s'est fait chair. Maintenant que la présence de Dieu s’est montrée et que nous l’avons accueillie dans notre âme, nous sommes appelés le nouvel Israël; et nous célébrons sa venue par une fête annuelle pour ne jamais risquer de l’oublier. Le Forum catholique

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 00:02

Debussy - Le Martyre de Saint Sébastien (I)
Claude Debussy Le Martyre de Saint Sébastien, Mystère (1911) Deuxième Mansion: La Chambre Magique (extract) Susan Gritton, soprano Sophie Marceau, speaker Rundfunkchor Berlin Berlin Philharmonic Orchestra Sir Simon Rattle (Berlin 15/sep/2007)



Sébastien, dont le père était de Narbonne et la mère, de Milan, fut cher à Dioclétien pour sa noblesse et sa bravoure. Il naît à Narbonne vers 260 ap. J.-C. de parents chrétiens. Adulte, Sébastien choisit de devenir archer dans une des nombreuses compagnies romaines. Il devint capitaine.

Chef de la première cohorte, il assistait les chrétiens, dont il partageait la foi en secret. Il encourageait par ses exhortations ceux qui chancelaient. De ce nombre furent Marc et Marcellin, deux jeunes patriciens, arrêtés comme chrétiens. Leurs parents, leurs amis les conjuraient d'éviter la mort en reniant leur foi; saint Sébastien, qui les visitait souvent, soutint leur courage, et convertit leurs pères, leurs mères, leurs femmes, leurs enfants et beaucoup d'autres païens.

Ces faits furent dénoncés à Dioclétien: il ordonna d'attacher Sébastien à un poteau et de cribler son corps de flèches. Ce genre de supplice était sans doute militaire. Sébastien fut laissé pour mort. Une sainte femme, Irène, le fit enlever, pendant la nuit, pour l'ensevelir; mais il fut retrouvé vivant. Elle le fit soigner chez elle et il se rétablit. Dès qu'il fut en état de sortir, le 20 janvier 290 il vint se mettre sur le passage de l'empereur, qui se rendait au temple; celui-ci fut d'abord terrifié de cette apparition. Le martyr lui reprocha de persécuter des sujets fidèles qui le servaient loyalement et priaient pour lui. Dioclétien passa de la stupéfaction à la fureur contre le jeune officier; il le fit battre de verges jusqu'à ce qu'il expirât sous les coups; puis il ordonna de le jeter dans un cloaque. Une pieuse chrétienne, Lucine, fit retirer son corps qui fut enseveli dans les catacombes, au lieu où s'éleva plus tard la magnifique église de Saint-Sébastien.

Traditionnellement, un tir est organisé autour du 20 janvier par chaque club ou compagnie pour fêter saint Sébastien.

* Mgr Paul Guérin, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003

Claude Debussy: Le martyre de Saint-Sébastien (1911)
The Prélude to Act I (La cour des lys)


Debussy - Le Martyre de Saint Sébastien (II)
Claude Debussy Le Martyre de Saint Sébastien, Mystère (1911) Cinquième Maison: Le Paradis Susan Gritton, soprano Sophie Marceau, speaker Rundfunkchor Berlin Berlin Philharmonic Orchestra Sir Simon Rattle (Berlin, 15/sep/2007

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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 00:00




Ô Marie Reine de France
envoyé par thechouan

Roberto Alagna "Minuit, Chrétiens" (Adam)

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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 00:02

Commentaire de l’Evangile du dimanche 23 novembre proposé par le père Raniero Cantalamessa OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale. 

Un des grands défenseurs de l’évolutionnisme athée aujourd’hui est l’Anglais Richard Dawkins, auteur du libre « God Delusion » (L’illusion de Dieu). Il fait la promotion d’une campagne publicitaire qui se propose de mettre sur les bus des villes l’inscription suivante : « Dieu n’existe probablement pas : cesse de t’en faire et profite de la vie » (There’s probably no God. Now stop worrying and enjoy life). « Probablement ». Il n’est donc pas complètement exclu qu’il puisse exister ! Si Dieu n’existe pas, le croyant n’a pratiquement rien perdu. En revanche, s’il existe, le non croyant a tout perdu.

Je me mets à la place d’un parent qui a un enfant porteur de handicap, autiste ou gravement malade, d’un immigré qui a fui la faim ou les horreurs de la guerre, d’un ouvrier qui a perdu son travail, d’un agriculteur expulsé de ses terres... Je me demande comment il réagirait devant cette annonce : « Dieu n’existe probablement pas : cesse de t’en faire et profite de la vie ! ».

L’existence du mal et de l’injustice dans le monde est certes un mystère et un scandale mais sans la foi et sans un jugement dernier, le mal et l’injustice apparaissent infiniment plus absurdes et plus tragiques encore. Au fil des millénaires de vie sur la terre l’homme s’est habitué à tout ; il s’est adapté à tous les climats, il s’est immunisé contre toutes les maladies. Il y a une chose à laquelle il ne s’est jamais habitué : l’injustice. Il continue à la ressentir comme une chose intolérable. Et c’est à cette soif de justice que répondra le jugement dernier.

Ce jugement ne sera pas voulu seulement par Dieu mais, paradoxalement, par les hommes aussi, même par les impies. Le poète Paul Claudel a écrit qu’au jour du jugement dernier il n’y aura pas seulement le Juge qui descendra du ciel mais toute la terre qui se précipitera à sa rencontre.

La fête du Christ Roi, avec l’évangile du jugement dernier, répond à l’espérance humaine la plus universelle. Elle nous assure que l’injustice et le mal n’auront pas le dernier mot et en même temps elle nous exhorte à vivre de telle manière que le jugement ne soit pas pour nous un jugement de condamnation mais de salut et que nous puissions être de ceux à qui le Christ dira : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde ».

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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 12:55

Bonne Saint Louis à tous.

"Fils de Louis VIII et de Blanche de Castille, Louis IX naquit le 25 avril 1215, au chateau de Poissy. Sa mère n'épargna rien pour en faire un grand roi et un grand saint; elle lui inculquait, pour régler toutes ses actions, l'aversion du péché et la préoccupation constante du salut éternel de son âme. 'Mon fils, lui répétait-elle souvent, j'aimerais mieux vous voir mort que souillé d'un seul péché mortel.'

A son avènement au trône en 1226, il n'avait que onze ans, et régna sous la sage tutelle de sa mère. ... Devenu majeur en 1236, Louis montra une habileté, un sagesse remarquables dans la conduite des affaires publiques. Il gagna les batailles de Taillebourg et de Saintes (21 et 22 juillet 1242), dans lesquelles éclata sa bravoure personnelle.





Ayant obtenu de Baudouin II, empereur de Constantinople, la
couronne d'épines de Notre-Seigneur, le saint roi pour la recevoir dignement fit construire la Sainte-Chapelle, une des merveilles de l'architecture du moyen-âge; il voulut porter lui-même, pieds nus, la sainte relique. Atteint d'une maladie dangereuse, à Pontoise, en 1244, il fit voeu d'aller en Palestine, secourir les chrétiens opprimés par les infidèles. Personne, pas même sa mère ni l'évêque de Paris, ne purent le détourner de sa noble résolution. En juin 1248, il prit congé de la reine Blanche, qu'il laissa régente en son absence.

'Beau très doux fils, lui dit-elle en l'embrassant avec effusion, beau tendre fils, jamais je ne vous verrai plus: le coeur me le dit bien.' Il emmena la reine Marguerite de Provence, qui avait déclaré qu'elle ne se séparerait jamais de lui, ainsi que ses frères et ses belles-soeurs. Parti d'Aigues-Mortes, le 25 août 1248, il aborda le 12 septembre à l'île de Chypre, rendez-vous général de l'expédition. Il en partit seulement en mai 1249, pour aller frapper d'abord l'islamisme en Egypte. La flotte arriva le 4 juin devant Damiette. Voyant les Sarrasins, il n'attendit pas que son vaisseau eût abordé, mais se précipita dans la mer, l'épée à la main, ayant de l'eau jusqu'aux aisselles.

Il prit Damiette, et, cinq mois après, marchant sur le Caire, il gagna la célèbre
bataille de Mansourah, sur la rivre doite du Nil (8 février 1250). Robert, comte d'Artois, frère du roi, emporté par son ardeur, tomba percé de coups. Saint Louis lui-même, qui s'engagea trop vivement... faillit être pris par les Sarrasins, qui avaient déjà saisi les rênes de son cheval; il se défendit à grands coups d'épée, et fut dégagé par plusieurs de ses chevaliers. 'Et vous promets, dit le sire de Joinville, témoin oculaire, que oncques si bel homme armé ne vis.'

Mais la disette et les maladies le forcèrent de battre en retraite. Pendant qu'il soutenait son arrière-garde, il tomba avec ses deux frères Alphonse et Charles, et le reste de son armée (dix mille hommes), au pouvoir de l'ennemi. Il sut être captif en roi, et s'attira dans les fers l'admiration des musulmans, au point de les voir lui offir la couronne.

Délivré de sa prison, il passa en Palestine, où il resta quatre ans, consacrant tous ses soins à améliorer le sort des populations chrétiennes.

... Louis méritait l'amour de son peuple, car il avait pour lui une tendre et constante sollicitude. Il était accessible à tous, écoutait les plaintes, réparait les torts, vidait les différends. 'Maintes fois, dit
Joinville, il advint qu'en été le roi allait s'asseoir au bois de Vincennes après la messe, s'accotait à un chêne, et nous faisait asseoir autour de lui. Tous ceux qui avaient affaire venaient lui parler, sans empêchement d'huissier ni d'autres gens; assisté de savants jurisconsultes, il conciliait les parties et rendait la justice.'

... Le jeudi saint, ses fils lavaient, comme lui, les pieds à douze pauvres, les servaient à table, et leur donnaient une royale aumône. Le roi voulut porter lui-même, avec son gendre, le premier malade à l'hôtel-Dieu de Compiègne; ses deux fils aînés portèrent le second.

Il traitait ses serviteurs avec une grande bonté, les visitait dans leurs maladies, priait pour eux après leur mort. Il avait coutume d'entendre la messe tous les jours. Il fonda l'hospice des Quinze-Vingts et beaucoup d'autres. Lorsqu'il apprenait qu'une province avait été affligée de quelque fléau, il y envoyait aussitôt des secours considérables. Il faisait élever et dotait les jeunes filles indigentes. Toujours des pauvres étaient admis à sa table. 'Maintes fois, dit
Joinville, je vis qu'il leur taillait leur pain et leur donnait à boire. Il me demanda un jour si je lavais les pieds aux pauvres le jour du jeudi saint: 'Sire, dis-je, quel malheur! les pieds de ces vilains! je ne les laverai pas. - Vraiment dit-il, c'est mal dit, car vous ne devez pas avoir en dédain ce que Dieu fit pour notre enseignement. Je vous prie donc, pour l'amour de moi, que vous vous accoutumiez à les laver.'

Un vendredi saint, à Compiègne, comme il visitait les églises, pieds nus, selon sa coutume, il aperçut, de l'autre côté d'une mare bourbeuse, un lépreux essayant d'attirer son attention. Louis traversa la mare, alla au lépreux, lui donna de l'argent, lui prit la main et la lui baisa. Tous les assistants se signèrent d'admiration en voyante cette sainte témérité du roi.

La chapelle de la Sorbonne vue depuis la place de la SorbonneRien de ce qui fait la prospérité publique, la grandeur morale d'une nation, n'échappait à sa sollicitude: il aimait et protégeait les livres et les lettrés; par ses ordres, on copia les principaux manuscrits qui se trouvaient dans les monastères, et il fit ranger ces exemplaires dans le trésor de la Sainte-Chapelle. C'est à sa munificence que l'on doit la fondation de la Sorbonne.

Cependant le saint roi nourrisait toujours l'idée d'assurer la victoire du christianisme sur le mahométisme. Dès 1261, il prépara une nouvelle croisade; quoique sa santé fût fort affaiblie, il s'embarqua à Aigues-Mortes le 2 juillet 1270, et fit voile vers Tunis. Il y arriva le 17. Quelques jours après le débarquement, la contagion décima l'armée. Louis tomba malade le 3 août. Le mal empirant, il fit appeler son successeur, le prince Philippe, et lui remit, écrites de sa main, les instructions rapportées par Joinville et admirées par la postérité. Au milieu des souffrances il priait pour son armée. Il mourut pieusement, étendu à terre sur un sac de cendres, le crucifix collé sur ses lèvres, le 25 août 1270, en prononçant ces paroles suprêmes: 'Père, à l'exemple du divin Maître, je remets mon esprit entre vos mains!' Il fut canonisé par Boniface VIII, dès l'année 1297."


(Source: Mgr Paul Guérin, Vie des Saints, Editions D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003, p. 527-532)

Louis de Boubon duc d'Anjou est son descendant le plus proche et notre prétendant LEGITIME actuel. VIVE LE ROI !

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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 13:31

 

Pentecôte. Fête qui se célèbre le cinquantième jour après Pâques, et c'est ce que signifie le grec pentêkostê, cinquantième. L'Eglise Juive observait cette fête en mémoire de ce que, cinquante jours après la sortie d'Egypte, Dieu donna aux Israélites sa loi sur le mont Sinaï, par le ministère de Moïse. Les Juifs la célèbrent encore aujourd'hui par le même motif; ils la nomment la fête des Semaines, parce qu'elle termine la septième semaine après Pâques, et la fête des Prémices, parce que l'on y offrait les prémices de la moisson du froment. On présentait à Dieu deux pains levés de trois pintes de farine chacun, cette offrande se faisait non par chaque famille, mais au nom de toute la nation; ainsi le témoigne Josèphe, Antiq. III, c. X. On immolait aussi différentes victimes, comme il est prescrit, Num, c. XXXIII, v. 27. Puisque cette fête fut instituée immédiatement après la publication de la loi, Exod., c. XXIII, v. 16; c. XXXIV, v. 22, elle a été dans tous les siècles suivants, une attestation publique de ce grand évènement. Dans l'Eglise chrétienne la Pentecôte se célèbre en mémoire de la descente du Saint-Esprit sur les apôtres, qui arriva le cinquantième jour après la résurrection de Jésus-Christ; et c'est à ce moment que commença la publication de la loi nouvelle ou la prédication de l'Evangile. (Encyclopédie théologique, Nicolas Bergier (1718-1790), publ. par M. l'abbé Migne,  Ateliers catholiques au Petit-Montrouge, tome III, Paris 1850-1851, p. 1402).

VENI SANCTE SPIRITUS - séquence (via le forum catholique)
Veni, Sancte Spiritus,
et emitte caelitus
lucis tuae radium.
Veni, pater pauperum,
veni, dator munerum
veni, lumen cordium.
Consolator optime,
dulcis hospes animae,
dulce refrigerium.
In labore requies,
in aestu temperies
in fletu solatium.
O lux beatissima,
reple cordis intima
tuorum fidelium.
Sine tuo numine,
nihil est in homine,
nihil est innoxium.
Lava quod est sordidum,
riga quod est aridum,
sana quod est saucium.
Flecte quod est rigidum,
fove quod est frigidum,
rege quod est devium.
Da tuis fidelibus,
in te confidentibus,
sacrum septenarium.
Da virtutis meritum,
da salutis exitum,
da perenne gaudium,
Amen, Alleluia.

Viens, Esprit-Saint, en nos coeurs,
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière.
Viens en nous, père des pauvres,
viens, dispensateur des dons,
viens, lumière de nos coeurs.
Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes
adoucissante fraîcheur.
Dans le labeur, le repos,
dans la fièvre, la fraîcheur,
dans les pleurs, le réconfort.
O lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu'à l'intime
le coeur de tous tes fidèles.
Sans ta puissance divine,
il n'est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.
Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.
Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.
A tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient
donne tes sept dons sacrés.
Donne mérite et vertu,
donne le salut final
donne la joie éternelle.
Ainsi soit-il. Alleluia.

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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 08:19

Image:Jesus Resurrection 1778.jpg"Pâques, fête qui se célèbre dans l'Eglise chrétienne, en mémoire de la résurrection de Jésus-Christ.

 

"On lui a donné ce nom parce qu'il est arrivé plusieurs fois, dans les premiers temps de l'Eglise, qu'on la faisait en même temps que les Juifs célébraient leur pâque. Les plus anciens monuments nous attestent que cette solennité est de même date que la naissance du christianisme, qu'elle a été établie du temps des apôtres, témoins oculaires de la résurrection du Sauveur, et qui, placés sur le lieu même où ce grand miracle était arrivé, ont eu toutes les facilités possibles de se convaincre du fait; ils n'ont donc pu consentir à solenniser cette fête que parce qu'ils étaient invinciblement persuadés de l'évènement importait qu'elle attestait. On doit donc en raisonner comme de la pâque juive à l'égard des faits dont celle-ci était un monument.

 

"Aussi, dès les premiers siècles, la fête de Pâques a été regardée comme la plus grande et la plus auguste fête de notre religion; elle renfermait les huit jours que nous nommons la semaine sainte, et l'octave entière du jour de la Résurrection;
on y administrait solennellement le
baptême aux catéchumènes [Benoît XVI baptise sept adultes dont un d'origine musulmane] ;
les fidèles y participaient aux saints mystères avec plus d'assiduité et de ferveur que dans les autres temps de l'année;
on y faisait d'abondantes aumônes : la coutume s'introduisit d'y affranchir les esclaves;
plusieurs empereurs ordonnèrent de rendre à cette occasion la liberté aux prisonniers détenus pour dettes ou pour des crimes qui n'intéressaient point l'ordre public.

 

"Enfin l'on s'y préparait comme l'ont fait aujourd'hui par le jeûne solennel de quarante jours, que nous appelons le carême." (Nicolas Bergier (1718-1790), Encyclopédie théologique, publié par M. l'abbé Migne, Ateliers catholiques au Petit-Montrouge, tome III, Paris 1850-1851, p. 1262).

 

Bonnes fêtes de Pâques à tous.

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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 15:59

Benoît XVI évoque l'Enfant Jésus, Roi de Gloire


Celui qui est "le roi de gloire", "le vaillant des combats" ( Ps 23, 7.8).
Mais qui est le Dieu vaillant qui entre dans le temple? C'est un Enfant; c'est l'Enfant Jésus, dans les bras de sa mère, la Vierge Marie."



Notre-Dame du Perpétuel Secours, une image reproduite à partir d'un dessin de l'évangéliste saint Luc. Notez les anges qui présentent au Sauveur les instruments de Sa Passion.


"NOËL. Fête de la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui se célèbre le 25 décembre. On ne peut pas douter que cette fête ne soit de la plus haute antiquité, surtout dans les Eglises d'Occident. Quelques auteurs ont dit qu'elle avait été instituée par le pape Télesphore, mort l'an 138; qu'au IVe siècle le pape Jules Ier, à la prière de saint Cyrille de Jérusalem, fit faire des recherches exactes sur le jour de la Nativité du Sauveur, et que l'on trouva qu'elle était arrivée le 25 de décembre; mais ces deux faits ne sont pas assez prouvés. Saint Jean Chrysostome, dans une homélie sur la naissance de Jésus-Christ, dit que cette fête a été célébrée dès le commencement, depuis la Thrace jusqu'à Cadix, par conséquent dans tout l'Occident, et il n'y aucune preuve que dans cette partie du monde le jour en ait jamais été changé.
Il n'y a eu de variation que dans les Eglises orientales. Quelques-unes la célèbrent d'abord au mois de mai ou au mois d'avril, d'autres au mois de janvier, et la confondirent avec l'Epiphanie; insensiblement elles reconnurent que l'usage des Occidentaux était le meilleur, elles s'y conformèrent. En effet, selon la remarque de Saint Jean Chrysostome, puisque Jésus-Christ est né au commencement du dénombrement que fit faire l'empereur Auguste, on ne pouvait savoir ailleurs mieux qu'à Rome la date précise de sa naissance, puisque c'était là qu'étaient conservées les anciennes archives de l'empire. Saint Grégoire de Naziance, mort l'an 398, Serm. 58 et 59, distingue très-clairement la fête de la Nativité, de Jésus-Christ, qu'il nomme Théophanie, d'avec l'Epiphanie, jour auquel il faut adoré par les mages et reçut le baptême. Voy.Epiphanie. Bingham, Orig. Ecclés., I, XX, chap. 4, § 4; Thomassin, Traité des fêtes, liv. II, chap. 6; Benoît XIV, de Festis Christi, c. 17, n. 45, etc. L'usage de célébrer trois messes dans cette solennité, l'une à minuit, l'autre au point du jour, la troisième le matin, est ancien, et il avait autrefois lieu dans quelques autres fêtes principales. Saint Grégoire le Grand en parle, Hom. 8 in Evang., et Benoît XIV a prouvé par d'anciens monuments, qu'il remonte plus haut que le VIe siècle. Dans les bas siècles, la coutume s'introduisit en Occident de représenter le mystère du jour par des personnages; mais insensiblement se glissa des abus et des indécences dans ces représentations, et l'on reconnut bientôt qu'elles ne convenaient pas à la gravité de l'office divin; on les a retranchées dans toutes les églises. … On ne peut guère douter que ce nom de Noël, donné à la fête, ne soit un abrégé d'Emmanuel" (Source: Encyclopédie théologique, Nicolas Bergier (1718-1790), publ. par M. l'abbé Migne, Ateliers catholiques au Petit-Montrouge, tome III, Paris 1850-1851, art. Noël).
 
"EMMANUEL, terme hébreu qui signifie Dieu avec nous. Il se trouve dans la célèbre prophétie d'Isaïe, chap. VII v. 14. Une Vierge concevra et enfantera un Fils, et il sera nommé EMMANUEL, Dieu avec nous." (Encyclopédie théologique, Nicolas Bergier (1718-1790), ibid., tome II, art. Emmanuel).

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1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 14:21

"Fête de tous les saints

"La dédicace que fit, l'an 607, le pape Boniface IV de l'église du Panthéon ou de la Rotonde, à Rome, a donné lieu à l'établissement de cette fête
. Il dédia cet ancien temple d'idoles à l'invocation de la sainte Vierge et de tous les martyrs; c'est ce qui lui a fait donner le nom de Notre-Dame des Martyrs, ou de la Rotonde, parce que cet édifice est en forme d'un demi-globe. Boniface suivit en cela les intentions de saint Grégoire le Grand, son prédécesseur. 


"Vers l'an 731, le pape Grégoire III consacra une chapelle à l'honneur de tous les saints dans l'église de Saint-Pierre; il augmenta ainsi la solennité de la fête: depuis ce temps-là elle a toujours été célébrée à Rome. Grégoire IV étant venu en France l'an 837, sous le règne de Louis le Débonnaire, cette fête s'y introduisit et y fut bientôt généralement adoptée; mais le P. Ménard a prouvé qu'elle avait déjà lieu auparavant dans plusieurs églises, quoiqu'il n'y eût encore aucun décret porté à ce sujet; Notes sur le Sacram de Saint Grég., p. 152; Thomassin, Traité des Fêtes, etc. Les Grecs la célèbrent le dimanche après la Pentecôte.
"L'objet de cette solennité est non seulement d'honorer les saints comme les amis de Dieu, mais de lui rendre grâces des bienfaits qu'il a daigné leur accorder, et du bonheur éternel dont il les récompense, de nous exciter à imiter leurs vertus, d'obtenir leur intercession auprès de Dieu. … A l'occasion de l'établissement de cette fête en France au IXe siècle, Mosheim a déclamé à son ordinaire contre le culte rendu aux saints dans l'Eglise romaine; il dit que cette superstition y a étouffé toute vraie piété. S'il avait voulu expliquer, une fois pour toutes, ce qu'il entend par vraie piété, il nous serait plus aisé de voir si ce reproche est vrai ou faux. Pour nous, nous disons qu'elle consiste dans un profond respect pour la majesté de Dieu, dans un souvenir habituel de sa présence, dans une grande estime de tout ce qui a rapport à son culte, dans un vif sentiment de ses bienfaits, dans une parfaite confiance en sa bonté et aux mérites de Jésus-Christ, en un mot, dans l'amour de Dieu. A présent nous demandons en quoi l'honneur que nous rendons aux saints peut détruire ou diminuer aucun de ces sentiments, qui ont été ceux de tous les saints, et par lesquels ils se sont sanctifiés. Il nous paraît que leur exemple est très-capable de nous exciter à imiter les vertus et les pratiques par lesquelles ils sont parvenus à la sainteté et au bonheur éternel. Nous sommes beaucoup mieux fondés à dire que c'est la prévention des protestants contre le culte des saints qui a étouffé la piété parmi eux. Y trouve-t-on beaucoup d'âmes saintes qui, dégagées des affaires de ce monde s'occupent à méditer les grandeurs de Dieu, à lui rendre de fréquents hommages, à s'enflammer du feu de son amour, et à faire des œuvres de charité? Presque toute leur religion à s'assembler assez rarement, à réciter ensemble quelques prières, à chanter des psaumes, à entendre des instructions souvent fort sèches et très-peu capables de toucher les cœurs. Voy. Dévotion, Piété, Saints, etc." (Nicolas Bergier (1718-1790), Encyclopédie théologique, publ. par M. l'abbé Migne, Ateliers catholiques au Petit-Montrouge, tome IV, Paris 1850-1851, p. 804-805).

AngePlus récemment, Régine Pernoud dans son livre "Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ?" (Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984) indique qu'avec saint Polycarpe (+ martyr en 167) débute le culte des saints

"Si dans un louable désir de pureté nous nous retrouvons à la primitive Église, que voyons-nous ? Au IIe s. déjà les corps des martyrs, ceux qui ont affirmé leur foi au prix même de leur vie, sont l'objet d'une vénération particulièreNon pas, comme l'écrit tel auteur, que l'on considérât désormais Polycarpe comme une sorte de 'divinité inférieure' ni son corps comme un 'talisman précieux', mais parce que lui et ses semblables avaient réalisé dans toute sa plénitude la remarque évangélique: 'Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime', et que leur martyre avait fait de chacun d'eux, à jamais, un autre Christ. Ainsi un saint Cyprien recommande-t-il au clergé et aux fidèles de noter avec précision la date de la mort des martyrs, lui qui devait certain jour être conduit et enterré au cimetière de Carthage par ce même clergé qu'il avait ainsi instruit. C'est assez dire que le culte des reliques est lié intrinsèquement à la vie même de l'Église, à son développement, à la propagation de l'Évangile, et cela toujours et partout. Et de même qu'on célébrait la messe sur la tombe des martyrs des catacombes, de même en notre XXe s., des reliques sont-elles scellées dans tout autel sur lequel on célèbre aujourd'hui... Mais il est incontestable qu'il y eut entre-temps quelque inflation sur les reliques (commerces, indulgences)… Ce que l'on sait moins parce que l'on a cité beaucoup moins souvent, c'est que pour une bonne partie, ces exemples du commerce des reliques, pas forcément naïf, mais toujours fructueux, sont tirés d'un ouvrage de Guibert de Nogent mort en 1124 qui s'intitule Pignora Sanctorum, Les reliques des saints, et qui blâme cette frénésie d'achat ou de vente des reliques, en accumulant les exemples les plus ridicules pour bien montrer la sottise d'un tel commerce et surtout l'erreur qu'il y aurait à confondre les reliques vénérables des saints avec on ne sait quel talisman qui guérirait par magie..." (Régine Pernoud,  Les saints au Moyen Age, la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ?, Plon, Mesnil-sur-l'Estrée 1984 p. 239-240).

                                                 ***

Martyrologe

En Perse, les saints martyrs Jean évêque, et Jacques prêtre, sous le roi Sapor.
A Terracine, en Campanie, l'anniversaire de saint Césaire diacre, qui, après une longue et rigoureuse prison, fut enfermé dans un sac avec le prêtre saint Julien, et précipité dans la mer.
Dans la ville de Dijon, saint Bénigne prêtre. Envoyé en Gaule, par le bienheureux Polycarpe pour y prêcher l'évangile il fut, sous l'empereur Marc-Aurèle et par ordre du juge Térence, plusieurs fois soumis à de très cruels supplices; il fut enfin frappé rudement à la nuque avec une barre de fer et d'une lance on lui perça le corps.
A Damas, la passion des saints Césaire, Dace et de cinq autres.
Le même jour, sainte Marie, esclave. Accusée d'être chrétienne, elle fut, sous l'empereur Adrien, cruellement flagellée, étendue sur le chevalet, déchirée avec des peignes de fer; elle accomplit ainsi son martyre.
A Tarse, en Cilicie, les saintes martyres Cyrénie et Julienne, sous l'empereur Maximien.
Dans la cité des Arvernes, en Gaule, saint Austremoine, qui fut le premier évêque de cette ville.
A Paris, la mise au tombeau de saint Marcel évêque.
A Bayeux, en France, saint Vigor évêque, au temps de Childebert, roi des Francs.
A Angers, en Gaule, la mise au tombeau du bienheureux évêque Lézin, homme vénérable par sa sainteté.
A Tivoli, saint Séverin moine.
A Larchant, dans le Gâtinais, en Gaule, saint Maturin confesseur. (La Porte Latine)

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28 août 2007 2 28 /08 /août /2007 07:16

Saint Augustin (354-430), théologien, prédicateur, père et docteur de l'Église, "le plus glorieux des docteurs catholiques, le type du théologien et le grand roi de la doctrine", auteur des Confessions et de la Cité de Dieu.

Augustin (Saint), Aurelius Augustinus, le plus grand des Pères de l'église latine, né en 354 à Tagaste en Numidie, avait un père païen et une mère chrétienne, Ste Monique. Il eut une jeunesse fort dissipée, et partagea longtemps (avant de les combattre) les erreurs des Manichéens

Il professa la rhétorique à Tagaste, à Carthage et enfin à Milan. Dans cette dernière ville il eut occasion de connaître Saint Ambroise qui, réunissant ses efforts à ceux de la mère d'Augustin, réussit à le convertir. Il se fit baptiser à l'âge de 32 ans, quitta son école, et retourna à Tagaste, où il distribua ses biens aux pauvres, et se consacra au Jeûne et à la prière. Quelque temps après, en 391, il fut ordonné prêtre, malgré sa résistance, par Valère, évêque d'Hippone (Bone), et il devint lui-même, en 395, évêque de cette ville. 

Il vécut en commun avec les clercs de son église, qu'il préparait au saint ministère, et forma ainsi les premiers séminaires

Il combattit, soit par ses discours, soit par ses écrits, les Donatistes, les Manichéens et les Pélagiens (Pélage), instruisit son peuple par ses prédications, soulagea les pauvres et maintint la discipline dans plusieurs conciles. 

Il mourut à Hippone durant le siège de cette ville par les Vandales, en 430.

Ses principaux ouvrages sont : 
* la Cité de Dieu, son chef-d'œuvre, 
* les Traités sur la grâce et le libre arbitre, qui l'ont fait surnommer le Docteur de la grâce
* les Soliloques, où il traite de Dieu et de l'âme, 
* ses Rétractations, où il juge les écrits et les opinions de sa jeunesse; 
* ses Confessions, où il fait l'histoire de ses erreurs et de sa conversion miraculeuse. 

On a en outre de lui un grand nombre d'écrits contre les hérétiques de son temps, divers Traités sur l'Ecriture; un Commentaire sur les Psaumes, 363 Sermons, 270 Lettres, etc.

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1 juillet 2007 7 01 /07 /juillet /2007 21:13

Le Forum catholique


Reims, calice du sacre des rois de France 

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