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26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 00:00

Il était évêque de Magydos, en Pamphylie, dans le sud de l'actuelle Turquie, quand éclata la persécution de Dèce. Nombreux furent alors les chrétiens qui apostasièrent pour sauver leur vie. Craignant que ses fidèles n'en fassent autant, il leur conseilla de fuir et lui-même se laissa arrêter. Conduit devant le gouverneur, il s'entendit condamner: "Puisque tu préfères un homme crucifié à nos divins empereurs, toi aussi tu mourras sur une croix." Et saint Nestor fut crucifié. (1)

Saint Nestor, Evêque en Pamphylie. Miniature du Menologion de Basil II, manuscrit enluminé contenant un synaxaire, livre liturgique orthodoxe, daté de la fin du Xe, du début du XIe siècle, actuellement conservé à la bibliothèque apostolique vaticane. C'est un des manuscrits byzantins les plus célèbres.

Saint Nestor, Evêque en Pamphylie. Miniature du Menologion de Basil II, manuscrit enluminé contenant un synaxaire, livre liturgique orthodoxe, daté de la fin du Xe, du début du XIe siècle, actuellement conservé à la bibliothèque apostolique vaticane. C'est un des manuscrits byzantins les plus célèbres.

Le préfet avait dit : "Tant que nous n’aurons pas l’évêque entre les mains, nous ne pourrons rien contre les chrétiens."

 

Simulacre de procès et de déférences, pour le faire abjurer. Nestor garde son calme et sa détermination. Il est renvoyé devant une instance supérieure à Perge. Même scénario. Le jugement est sans appel : "Nestor, puis­que tu n’as pas voulu obéir au victorieux empereur, ni aux dieux immortels, puisque tu es voué, comme je le vois, au Christ crucifié sous Ponce Pilate, tu subiras la même peine que lui. Tu seras crucifié !" Et il en fut ainsi.

 

Jusqu’à son dernier souffle, Nestor continue de parler du Christ. Certains de ses bourreaux, émus par cette constance, se convertissent. C’était en 250. (2)

 

Pensée spirituelle de Nestor :

 

"Toujours j’ai été, je suis et je serai avec mon Christ."

 

Courte prière de Nestor crucifié :

 

"Je bénirai le Seigneur en tout temps, et sa louange est toujours sur mes lèvres." (Psaume 33)

 

Le prénom Nestor est d'origine grecque et vient du nom d'un roi légendaire de Pylos. (3)


À Pergé en Pamphylie, l’an 250, la passion de saint Nestor, évêque de Magydos et martyr. Arrêté au temps de la persécution de l’empereur Dèce, il fut condamné à la croix par le gouverneur de la province, pour qu’il subisse le même supplice que celui qu’il reconnaissait comme le Crucifié.

Martyrologe romain

 

Sources : (1) Nominis ; (2) 26 février : Saint Nestor, Direct Matin ; (3) Le Jour du Seigneur ; (4) Wikipedia english

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24 février 2021 3 24 /02 /février /2021 00:00
Saint Modeste, évêque de Trèves († v. 480)

 À Trèves en Allemagne (Gaule Belgique), vers 480, saint Modeste, évêque. Martyrologe romain (1)

 

On ne commence à parler de lui qu'à la fin du IXe siècle. L'auteur en fait un évêque de Trêves en Rhénanie quand Clovis devint roi des Francs, période très difficile pour l'évangélisation. C'était au temps de l'invasion des Francs sur le Rhin, c'est-à-dire avant que Clovis et ses compagnons n'aient été convertis à la foi par saint Remi et la reine Clotilde et baptisés le jour de Noël 496. (2)

 

Modeste est le saint Patron de l'Auvergne. (3)

 

Même si ce prénom a été très por­té à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe, aussi bien par les garçons que par les filles, nous savons très peu de choses sur ce saint évêque de Trèves.

 

Il portait bien son nom de Modeste, puisque l’histoire n’a retenu que la date de son élection comme évêque de Trèves, en Rhénanie en 486. Nous savons aussi qu’il meurt à l’époque des Francs, en 489. Quoique d’autres martyrologues le fassent mourir en 480 ! Ses reliques sont toujours vénérées dans l’église Saint-Mathias de Trèves, en Allemagne. (4)

Plaque commémorative de tous les évêques de Trèves, dans la cathédrale de Trèves.

Plaque commémorative de tous les évêques de Trèves, dans la cathédrale de Trèves.

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23 février 2021 2 23 /02 /février /2021 00:00
Saint Lazare, moine en Arménie († v. 867)

Il défendit avec ardeur la sainte foi orthodoxe dans le temps de la fureur iconoclaste de l'empereur Théophile. Exilé sur les bords du Bosphore, il peignit, à son retour à Constantinople, une grande icône du Sauveur qui fut placée à la porte du palais impérial. Il fut envoyé deux fois à Rome auprès du Pape pour s'entretenir avec lui sur les moyens de restaurer la paix et l'unité. C'est au cours du second voyage qu'il meurt dans la ville des saints Apôtres.

Il est connu aussi sous le nom de Lazare le Confesseur: Ce moine peignait des icônes à Constantinople, alors que régnait Théophile, un iconoclaste forcené qui le fit jeter dans un cloaque. Saint Lazare s'en tira et se remit à peindre. L'empereur lui fit alors brûler la paume des mains. Mais l'impératrice Théodora le cacha dans une église, le soigna et le guérit. Devenue régente, elle mit fin à cette persécution et chargea saint Lazare d'aller annoncer la nouvelle au pape de Rome. Saint Lazare serait mort durant ce voyage, dans un naufrage, on ne sait si ce fut à l'aller ou au retour.

Lazare du Caucase est fêté le 23 février dans l'Église orthodoxe.

À Constantinople, vers 867, saint Lazare, moine. Né en Arménie, peintre remarquable de saintes images, il refusa de détruire ses œuvres et, sur l'ordre de l'empereur iconoclaste Théophile, fut soumis à d'atroces tortures, mais peu après, quand la controverse sur le vrai culte des icônes fut apaisée, l'empereur Michel III l'envoya à Rome pour rétablir la concorde et l'unité de toute l'Église.

 

Martyrologe romain (1)

Son corps fut rapporté à Constantinople où il fut enseveli dans l'église de saint Évandre en Galatie.

 

Il aurait peint les anges de l'Icône de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours avant d'offrir cette icône au Pape Nicolas Ier. (2)

Sources: (1) Nominis ; (2) Notre-Dame de la Bidassoa ; (Wikipedia

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22 février 2021 1 22 /02 /février /2021 00:00
Bienheureuse Isabelle de France († 1270)

Bienheureuse Isabelle de France (1225 - 1270)

 

Fille du roi de France Louis VIII le Lion et de Blanche de Castille. Elle est morte sans alliance ni postérité, fondatrice du monastère des Clarisses urbanistes de Longchamp près de Paris.

 

Sœur cadette de saint Louis IX, Isabelle reçut, comme son frère, une éducation chrétienne très forte : dès son plus jeune âge elle se fit remarquer par sa piété et sa tempérance.

 

Pour des raisons politiques, son père voulait la marier au comte Hugues de la Marche qui préféra épouser Yolande, la fille du comte de Bretagne. Le pape Innocent IV souhaitait la voir épouser le fils de Frédéric II de Hohenstaufen, empereur du Saint Empire. Ce prince Conrad était en titre mais non en fait, roi de Jérusalem, et devait hériter de l’Empire. Isabelle refusa ce parti et fit connaître à sa famille et au Pape qu’elle souhaitait garder la virginité. Le Pape comprit son dessein, et lui accorda, par bulle (26 mai 1254) l’autorisation de se mettre sous la tutelle spirituelle de religieux franciscains.

 

Un an plus tard, elle entreprit la construction d’un monastère, dans la forêt de Rouvray (le bois de Boulogne), proche de Paris, sur un terrain concédé par son frère, le roi Louis IX. Celui-ci, très attaché à sa sœur, l’avait autorisée à consacrer une somme de trente mille livres, soit la somme qu’elle aurait eue comme dot, pour la construction du monastère. Le monastère de Longchamp fut achevé en 1259, et accueillit les premières clarisses (de l’obédience de Saint-Damien), venues du monastère de Reims, le 23 juin 1260. En s’inspirant de la Règle écrite par Claire d’Assise, elle avait composé elle-même une règle, un peu moins sévère, qui fut approuvée par Alexandre IV (2 février 1259). Saint Bonaventure, ministre général des Franciscains et d’autres frères l’avaient conseillée ; il prêcha plusieurs fois à Longchamp et rédigea un traité de vie spirituelle dédié à Isabelle : de Perfectione vitae ad sorores (La vie parfaite, pour les sœurs). Le monastère fut consacré à l’humilité de la Bienheureuse Vierge Marie.

 

A partir de 1260, Isabelle vint s’installer dans une petite maison, construite pour elle dans l’enclos du monastère, pour partager la vie et la prière des sœurs, mais elle ne fit jamais profession religieuse. En 1263, elle obtint du pape Urbain IV, un remaniement de la Règle. Cette dernière rédaction fut adoptée par plusieurs monastères, en France et en Italie (clarisses urbanistes).

 

Isabelle mourut le 23 février 1270 et fut enterrée dans l’église du monastère. Après la mort de saint Louis (à Tunis, la même année), Charles d’Anjou, frère du roi et d’Isabelle, demanda à une dame de compagnie d’Isabelle d’écrire sa vie, en vue de sa canonisation. Agnès d’Harcourt publia ce récit hagiographique, vers 1280, mais Isabelle ne fut béatifiée qu’en 1521, par le pape Léon X (bulle Piis omnium).

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/ec/St._Isabel_of_France_Saint-Germain_l%27Auxerrois.jpg/220px-St._Isabel_of_France_Saint-Germain_l%27Auxerrois.jpg

Statue d'Isabelle de France sous le porche de Saint-Germain-l'Auxerrois, refaite en 1841 par Louis Desprez

 

Dicton du jour

 

"Neige à la Sainte-Isabelle, fait la fleur plus belle."

 

Sources : 1; 2

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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 03:00
Saint Pierre Damien, Évêque et docteur de l'Église († 1072)

Pierre Damien (en italien Pier Damiani) est né à Ravenne (Italie) en 1007 dans une famille noble, mais pauvre. Devenu orphelin de ses deux parents, il vécut une enfance marquée par les privations et les souffrances, même si sa sœur Roselinda s'engagea à lui servir de mère et son grand frère Damien l'adopta comme son enfant. C’est par reconnaissance pour ce frère qu’il se fera nommer Pierre Damien. 

Grâce à son frère, Damien, il put faire des études.

Assailli de violentes tentations d’orgueil et de sensualité, il ne voit pas d’autres moyens d’échapper aux dangers du monde que d’entrer chez les moines camaldules de l’abbaye Sainte-Croix de Fonte Avellana, aux confins de la Marche et de l’Ombrie, où il s'adonne à une vie extrêment austère (1035). Il est ensuite élu prieur de Fonte Avellana (Marches, Italie), en 1043, d'où il fonde d'autres monastères. Sa réputation s'amplifiant, il fut sollicité par plusieurs papes pour réformer l'Église et voyagea pendant six ans comme légat du pape. Le savant Pierre Damien ne manque pas d’avertir ses moines:

 

"Prenons garde à la science qui ne vire point en amour. Souvent, le désir de trop embrasser intellectuellement peut devenir dangereux pour la vie spirituelle."

 

Conseiller de Clément II (1046-1047), il lui écrit :

 

"Travaillez à relever la justice qu'on foule aux pieds avec mépris ; usez des rigueurs de la discipline ecclésiastiques pour que les méchants soient humiliés et que les humbles se reprennent à l'espérance." 

 

L’Église connaît une période difficile où bien des clercs, prêtres et moines, mènent une vie débauchée, en tous cas relâchée. Il devient célèbre pour la vigueur de ses sermons contre la simonie et le nicolaïsme. En 1051, il rédige le Livre de Gomorrhe, où il dénonce les vices du clergé (et en particulier les prêtres homosexuels pédérastes), dont il exige le renvoi de l’Église (réduction à l'état laïc de tout clerc, fut-il cardinal, si coupable de ces vices). Près d'être condamné par Léon IX (1048-1054) circonvenu par ses ennemis, Pierre Damien écrit au Pape :

 

"Je ne cherche la faveur d'aucun mortel ; je ne crains la colère de personne ; je n'invoque que le témoignage de ma propre conscience".

 

De nos jours, saint Pierre Damien a été entendu. Dans un communiqué du 16 février 2019, le pape François a annoncé avoir rendu à l'état laïc l'ex-cardinal américain Theodore McCarrick, 88 ans, défroqué pour des motifs d'abus sexuels sur au moins un adolescent. Une sanction définitive sans appel. Deux évêques chiliens ont connu pareil sort en octobre 2018, pour agressions sexuelles sur mineurs, au moment où l’Église catholique du Chili est plongée dans un scandale sans précédent. (Sources 1, 2, 3, 4)

 

Saint Pierre Damien obtient finalement de la papauté (Léon IX aidé par Hildebrand, futur pape saint Grégoire VII) une réaction adaptée. Après avoir déserté la cour pontificale pendant la fin du pontificat de Léon IX et celui de Victor II (1055-1057), il est rappelé d'Ostie par Etienne IX (1057-1058) qui le promeut, malgré lui, cardinal-évêque ; il dénonce l'élection de Benoît X (1058-1059) entachée de simonie et, avec Hildebrand (futur saint Grégoire VII), après avoir contribué à l'élection de Nicolas II (1059-1061), il obtient le décret de 1059 qui réserve l'élection du pape aux seuls cardinaux.

 

Pierre Damien abandonna ses titres dès qu'il put pour retourner à Fonte Avellana. C'est sur le trajet du retour qu'il mourut, au monastère Sainte-Marie-des-Anges, à Faenza, la nuit entre le 22 et le 23 février 1072.

Grâce à ses nombreux écrits à caractère théologique, Pierre Damien fut proclamé Docteur de l’église le 1er octobre 1828 par le Pape Léon XII.

Son œuvre consiste en une imposante correspondance (158 lettres), et des sermons (75). Il est également l’auteur d’hagiographies et de traités, dont :

 

De divina omnipotentia, sur la puissance de Dieu (Lettre sur la toute-puissance divine, Paris: Cerf, 1972 (texte avec traduction) )

Une disputatio avec un Juif sur la Trinité et le Messie ;

Liber gratissimus, dédié à l’archevêque Henri de Ravenne, contre la simonie ;

De brevitate vitæ pontificum romanorum, sur la courte vie accordée aux papes.

 

Sa prédication forte par lettres, sa droiture morale, prépare la réforme grégorienne au XIe siècle et la merveilleuse efflorescence de l’Église du XIIIe siècle.

On le représente sous l'habit de moine camaldule ou en évêque.

NOM: Pierre vient du latin et signifie "pierre, roche".

Saint Pierre Damien, XVe siècle, Maître de Saint Pierre Damien, Ravenne, musée d'art de la ville, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 116-117.

Saint Pierre Damien, XVe siècle, Maître de Saint Pierre Damien, Ravenne, musée d'art de la ville, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 116-117.

Citations

 

"Que l’espérance te conduise vers la joie ! que la charité enflamme ton enthousiasme ! et que dans cette ivresse, ton âme oublie qu’elle souffre, pour s’épanouir en se dirigeant vers ce qu’elle contemple au-dedans d’elle-même." (Saint Pierre Damien, lettre à un malade)

 

"La tentation, ce n’est pas un mal. C’est une épreuve méritoire et la place où nous pouvons répondre de notre amour pour Dieu." (Saint Pierre Damien – Dominus vobiscum)

 

Fête le 21 février.

On invoque saint Pierre Damien pour les migraines, et tous les maux de tête en rapport avec des nombreuses études.

Saint Pierre Damien (à droite) avec Sainte Anne et Sainte Elisabeth

Saint Pierre Damien (à droite) avec Sainte Anne et Sainte Elisabeth

Sources : (1); (2) ; (3) ; (4) ; (5) ; (6) ; (7) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 116-117.

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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 00:00

Née à Assise vers 1200, elle avait choisi de vivre très mondainement jusqu'à la visite qu'elle rendit un jour à sa tante Ste Claire dans son couvent de Saint Damien. Elle changea aussitôt sa vie, sans même revenir à Assise pour saluer ses parents. Elle vécut dès lors dans la plus complète austérité. Elle en tomba malade et Claire la délivra, d'un signe de croix, d'une toux persistante qui dura 13 mois.

 

Aimée mourut en 1252 d'hydropisie. Son corps fut transféré au couvent de Sainte-Claire d'Assise dans la chapelle Saint-Georges.

Bienheureuse Aimée, religieuse (1200-1252)

Sources : 1; 2; 3

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19 février 2021 5 19 /02 /février /2021 00:00
Saint Gabin († 296)

Gabin était parent de l'Empereur Dioclétien, frère du Pape Caïus et père de Sainte Suzanne, martyrisée pour n'avoir pas épousé le fils de l'empereur. Gabin mourut de faim dans la même prison que sa fille.

On trouve d'assez nombreux Gabinius ou Gabinus, et quelques Gabinia durant l'Antiquité, mais, comme beaucoup d'autres, ce prénom n'a pas survécu à la période des grandes invasions barbares (Ve-VIe siècles). La France semble être le seul pays où l'on a observé sa renaissance. Elle date des années 1970, et c'est peut-être la célébrité de l'acteur Jean Gabin (1908-1976) qui l'a déclenchée. Toujours est-il que les nouveaux Gabin commencent à être nombreux.

Les reliques de Gabin sont conservées dans la Basilique Sainte Suzanne à Rome.


Sources : 1, 2
 

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18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 00:00
Sainte Bernadette Soubirous, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 22.

Sainte Bernadette Soubirous, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 22.

C'est parce que j'étais la plus plus pauvre et la plus ignorante que la sainte Vierge m'a choisie.

Bernadette Soubirous, née à Lourdes le 7 janvier 1844 et décède à Nevers le 16 avril 1879. Elle fut témoin plusieurs jours des apparitions de la Vierge Marie en 1858 dans la Grotte de Massabielle à Lourdes. "Massabielle", en patois du pays, veut dire "vieux rochers".

À quatorze ans, le 18 février 1858, quand la Vierge lui apparaît la première fois, elle n’a pas encore pu fréquenter le catéchisme, parce que la pauvreté extrême l’a obligée à travailler depuis son plus jeune âge pour aider sa famille.
 Si elle préfère les pâturages sur les montagnes au  "Cachot" humide et malsain où les Soubirous, endettés, sont obligés de vivre, Bernadette ne tire de ce travail qu’un toit et de la nourriture. Dans les périodes où Bernadette ne s’occupe pas du troupeau de sa nourrice Marie Lagües, son père François doit l’envoyer sur les terres domaniales pour ramasser du bois qui sera ensuite vendu.
 

 

Une "dame" portant un chapelet et "une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied" lui apparaît pour la première fois alors qu'elle est occupée à ramasser du bois près de la grotte. 

 

La Vierge Marie lui parle de prière et de pénitence, et lui demande de faire construire une chapelle sur le lieu des apparitions. (1) Elle lui dit : "Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l'autre."

 

Mais quand la jeune fille raconte ce qui lui est arrivé, elle ne rencontre qu'incompréhension, moqueries, incrédulité.

 

"De retour à Lourdes, Bernadette dut parler à ses parents de la promesse qu'elle venait de faire à la Dame mystérieuse, et des quinze jours consécutifs pendant lesquels elle devait se rendre à la Grotte. De leur côté, Antoinette et Mme Millet racontèrent ce qui s'était passé, la merveilleuse transfiguration de l'enfant durant l'extase, les paroles de l'Apparition, l'invitation de revenir pendant la Quinzaine. Le bruit de ces étranges choses se propagea aussitôt de toutes parts, et, franchissant vite les couches populaires, jeta, soit dans un sens, soit dans un autre, la plus profonde agitation dans la société de ce pays.

 

Elle ne dira pas avoir vu la Vierge avant d'affirmer l'avoir entendue dire "Que sòi era Immaculada Concepcion", c'est-à-dire, "Je suis l'Immaculée Conception" (René Laurentin, Bernadette vous parle, Paris, Letheilleux, 2011, p. 134), le 25 mars 1858, jour de l'Annonciation.

 

Ce jeudi, 18 février 1858, était précisément jour de marché à Lourdes. Il y avait comme à l'ordinaire beaucoup de monde, de sorte que, le soir même, la nouvelle des visions, vraies ou fausses, de Bernadette, se répandit dans la montagne et dans les vallées, à Bagnères, à Tarbes, à Cauterets, à Saint-Pé, à Nay, dans toutes les directions du département et dans les villes du Béarn les plus rapprochées. Dès le lendemain, une centaine de personnes se trouvaient déjà à la Grotte au moment où Bernadette y arriva. Le lendemain, il y en avait quatre ou cinq cents. On en comptait plusieurs milliers le dimanche". (2) 

 

L'ouvrage d'Henri Lasserre (Les Apparitions de N.D. de Lourdes, 1870) a l'avantage d'avoir été le premier écrit non seulement par un témoin, mais par un miraculé (d'une grave ophtalmie par l'eau de la grotte le 10 octobre 1862). Cet ouvrage continue depuis de faire autorité en la matière. Il a été réédité de nombreuses fois. L'auteur distribua aux bonnes oeuvres les immenses bénéfices littéraires de ce best-seller du XIXe siècle.

 

Un jour, une source surgit au pied de la grotte et bientôt les miracles commencent : un aveugle qui vient s'y baigner les yeux recouvrent la vue, un bébé mourant revient à la vie. La nouvelle se propage très vite.

 

Bernadette niera avoir été témoin de guérisons ou y avoir contribué : "On m'a dit qu'il y avait eu des miracles, mais à ma connaissance, non", déclare-t-elle en septembre 1858. (René Laurentin, Bernadette vous parle, Paris, Letheilleux, 2011, p. 213.)

 

Ces apparitions valent à Bernadette l'opposition des autorités civiles (interrogatoires et menaces de prison) et ecclésiastiques ("C'est un carnaval d'apparitions", constate l'abbé Peyramale, curé de Lourdes.)

"Je ne crains que les mauvais catholiques."

(Sainte Bernadette au chevalier Gougenot des Mousseaux durant la guerre de 1870)


Sainte Bernadette Soubirous (1844-1879) En juillet 1866, voulant réaliser son désir de vie religieuse, à vingt-deux ans elle entre chez les Sœurs de la Charité de Nevers à Saint-Gildard, Maison-Mère de la Congrégation. Elle y mène une vie humble et cachée. Bien que de plus en plus malade, elle remplit avec amour les tâches qui lui sont confiées. 

"Quand on montre à Bernadette Soubirous la statue de la Vierge sculptée par un artistes, elle s'écrie : 'C'est bien beau, mais ce n'est pas elle... Oh non ! La différence est comme de la terre au ciel !'" (3)

Les soeurs de Nevers chez lesquelles Bernadette est entrée, lui réservent un accueil glacial : "À votre âge, vous devriez descendre quelquefois à la chapelle et méditer un peu ! ", lui dit sa supérieure, agacée par son ingénuité. Ce à quoi Bernadette réplique doucement : "Je ne sais pas méditer, moi !" Infirmière charitable et docile, Bernadette devenue soeur Marie-Bernard, a pour seuls petits défauts l'entêtement et la bouderie, qui s'effacent peu à peu. Elle meurt le 16 avril 1879 à 35 ans.

        

Son cercueil sera ouvert trois fois et son corps retrouvé intact. Lors des exhumations, son corps fut lavé et le contact avec les "détergents" aurait noirci la peau : le corps de la vénérable Bernadette est intact, le squelette complet, les muscles atrophiés mais bien conservés ; la peau parcheminée paraît seule avoir subi l'humidité du cercueil. Elle a pris une teinte grisâtre et est recouverte de quelques moisissures et d'une certaine quantité de cristaux de sels calcaires (…) (Dr Talon et Dr Comte, chargés de l'examen du corps après 1923), cités par Dominique Lormier dans Bernadette Soubirous, éd. CMD, 1999. Dans le même livre on apprend que quelques années plus tard, la peau de Bernadette a noirci. Le visage de Bernadette et ses mains ont donc été recouverts d'un très fin masque de cire pour la présentation publique.

 
Corps resté intact de Ste Bernadette, Châsse de verre et de bronze, Chapelle de Nevers Son corps, miraculeusement préservé de toute corruption, repose dans une châsse de verre et de bronze dans la chapelle de l'Espace Bernadette à Nevers.

Bernadette Soubirous a été béatifiée le 14 juin 1925 et canonisée le 8 décembre 1933.

Elle est représentée en bergère ou en religieuse.

Le pèlerinage de Lourdes est l'un des plus fréquentés de la chrétienté.

Sainte Bernadette Soubirous, vierge (1844-1879)

NOM : d'origine allemande, signifie "ours courageux".

Sainte Bernadette Soubirous, image pieuse populaire, XIXe siècle, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 230-231.

Sainte Bernadette Soubirous, image pieuse populaire, XIXe siècle, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 230-231.

Sources: (1) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 230 ; (2) Henri Lasserre, Les Apparitions de N.D. de Lourdes, 1870, rééd. Maisonneuve, Sainte-Ruffine 1968, p. 55-56) ; (3) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 22.

 

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17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 00:00
Mercredi des Cendres : entrée en Carême

Tu es poussière, et à la poussière tu retourneras.

Genèse 3,19

Voici le temps favorable,
Voici le Jour du Salut ;
Venez, adorons le Seigneur

               

Jésus appelle à la conversion. Cet appel est une partie essentielle de l’annonce du Royaume : "Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l'Évangile" (Mc 1,15).

 

Dans la prédication de l’Église cet appel s’adresse d’abord à ceux qui ne connaissent pas encore le Christ et son Évangile. Aussi, le Baptême est-il le lieu principal de la conversion première et fondamentale. C’est par la foi en la Bonne Nouvelle et par le Baptême (cf. Ac 2, 38) que l’on renonce au mal et qu’on acquiert le salut, c’est-à-dire la rémission de tous les péchés et le don de la vie nouvelle.

          
Or, l’appel du Christ à la conversion continue à retentir dans la vie des chrétiens. Cette seconde conversion est une tâche ininterrompue pour toute l’Église qui "enferme des pécheurs dans son propre sein" et qui "est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et qui poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement" (LG 8). Cet effort de conversion n’est pas seulement une œuvre humaine. Elle est le mouvement du "cœur contrit" (Ps 51(50), 19) attiré et mû par la grâce (cf. Jn 6, 44 ; 12, 32) à répondre à l’amour miséricordieux de Dieu qui nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4, 10).

         
Comme déjà chez les prophètes, l’appel de Jésus à la conversion et à la pénitence ne vise pas d’abord des œuvres extérieures, "le sac et la cendre", les jeûnes et les mortifications, mais la conversion du cœur, la pénitence intérieure. Sans elle, les œuvres de pénitence restent stériles et mensongères ; par contre, la conversion intérieure pousse à l’expression de cette attitude en des signes visibles, des gestes et des œuvres de pénitence (cf. Jl 2, 12-13 ; Is 1, 16-17 ; Mt 6, 1-6. 16-18).  

       
La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l’espérance de la miséricorde divine et la confiance en l’aide de sa grâce. Cette conversion du cœur est accompagnée d’une douleur et d’une tristesse salutaires que les Pères ont appelées animi cruciatus (affliction de l’esprit), compunctio cordis (repentir du cœur) (cf. Cc. Trente : DS 1677-1678 ; 1705 ; Catech. R. 2, 5, 4).    

       

Le cœur de l’homme est lourd et endurci. Il faut que Dieu donne à l’homme un cœur nouveau (cf. Ez 36, 26-27). La conversion est d’abord une œuvre de la grâce de Dieu qui fait revenir nos cœurs à lui : "Convertis-nous, Seigneur, et nous serons convertis" (Lm 5, 21). Dieu nous donne la force de commencer à nouveau. C’est en découvrant la grandeur de l’amour de Dieu que notre cœur est ébranlé par l’horreur et le poids du péché et qu’il commence à craindre d’offenser Dieu par le péché et d’être séparé de lui. Le cœur humain se convertit en regardant vers Celui que nos péchés ont transpercé (cf. Jn 19, 37 ; Za 12, 10) :
      

Ayons les yeux fixés sur le sang du Christ et comprenons combien il est précieux à son Père car, répandu pour notre salut, il a ménagé au monde entier la grâce du repentir (S. Clément de Rome, Cor. 7,4). (…)         
         

La pénitence intérieure du chrétien peut avoir des expressions très variées. L’Écriture et les Pères insistent surtout sur trois formes : le jeûne, la prière, l’aumône (cf. Tb 12, 8 ; Mt 6, 1-18), qui expriment la conversion par rapport à soi-même, par rapport à Dieu et par rapport aux autres. A côté de la purification radicale opérée par le Baptême ou par le martyre, ils citent, comme moyen d’obtenir le pardon des péchés, les efforts accomplis pour se réconcilier avec son prochain, les larmes de pénitence, le souci du salut du prochain (cf. Jc 5, 20) l’intercession des saints et la pratique de la charité "qui couvre une multitude de péchés" (1 P 4, 8).  

      

La conversion se réalise dans la vie quotidienne par des gestes de réconciliation, par le souci des pauvres, l’exercice et la défense de la justice et du droit (cf. Am 5, 24 ; Is 1, 17), par l’aveu des fautes aux frères, la correction fraternelle, la révision de vie, l’examen de conscience, la direction spirituelle, l’acceptation des souffrances, l’endurance de la persécution à cause de la justice. Prendre sa croix, chaque jour, et suivre Jésus est le chemin le plus sûr de la pénitence (cf. Lc 9, 23) : »

Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive.

Mercredi des Cendres : entrée en Carême

Source : Catéchisme de l’Église catholique §1427-1428 ; 1430-1432 ; 1434-1435

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16 février 2021 2 16 /02 /février /2021 00:00
Mardi-Gras

Le Carême est immédiatement précédé d'une "célébration" qui n'est aucunement mentionnée sur le calendrier liturgique : le Mardi gras.

Le Mardi gras est une période chrétienne qui marque, en apothéose, la fin de la "semaine des sept jours gras" autrefois appelés jours charnels. Cette période pendant laquelle on festoyait précède le mercredi des Cendres, marquant l'entrée dans le Carême pendant lequel le chrétien mange "maigre", en s'abstenant notamment de viande ; d'où l'étymologie du mot "carnaval" qui dérive du latin médiéval "carnelevare" signifiant "enlever, retirer la chair" (c'est-à-dire "retirer la viande" de la table, dont elle restera absente durant tout le carême).

 

De nombreux carnavals ont lieu le Mardi gras.

Mardi gras, populairement, est aussi le jour où l'on mange les fameux "beignets de carnaval". Il est aussi populaire aujourd'hui pour les enfants de se déguiser et/ou demander aux voisins dans les villages des œufs, du sucre, de la farine, etc, ceci afin de faire des gâteaux ou des crêpes qu'ils peuvent manger en fin d'après-midi.

C'était une "dernière folie" pour se préparer au jeûne sévère et à l'abstinence qui devaient commencer le lendemain avec le mercredi des Cendres. Cette tradition populaire avait probablement des motivations très pratiques. Les aliments interdits par la discipline rigoureuse de l'Eglise étaient précisément ceux qui ne se conservaient pas. Or, jusqu'au XIXe siècle, la réfrigération était inconnue, il allait donc de soi de manger tout ce qui risquait de se perdre pendant ces six semaines de Carême, et d'aider les autres familles à en faire autant dans une ambiance festive.

Le carnaval tel que nous le connaissons était déjà populaire au XIVe siècle. Il porte la marque des coutumes préchrétiennes de divertissements et de mascarades associées à la célébration païenne de l'équinoxe de printemps. Parce que l'Eglise interdisait toutes réjouissances pendant le Carême, il était normal de faire la fête juste avant.

Actuellement, le Mardi gras est associé à des coutumes alimentaires appréciées de tous, particulièrement des enfants : crêpes, beignets ou bugnes, gaufres, etc., en fonction des régions de France.

 

Comptines

 

Mardi gras, t'en va pas, tu mangeras des crêpes. Mardi gras, t'en va pas, tu mangeras du chocolat.

Mardi gras est mort, il est pas mort il dort, Ah !! Mardi gras !! T'en fais pas, t'auras des crêpes. Ah !! Mardi gras !! T'en fais pas, t'en auras pas (comptine boulonnaise, Pas-de-Calais)

Mardi gras, ne t'en va pas, je fais des crêpes, je fais des crêpes. Mardi gras ne t'en va pas, je fais des crêpes et tu en auras.

 

Dictons

 

Mardi gras près du feu, Pâques auprès de la porte ; Mardi gras près de la porte, Pâques auprès du feu.

Mardi gras, beau temps, beau foin.

Si le soleil luit tôt le matin, semailles de Mardi gras vont bien.

Mardi gras pluvieux, fait le cellier huileux (Périgord)

Le jour de Mardi gras, si les noyers sont mouillés, y'aura des noix (Charente)

 

Sources: 1; Greg DUES, Guide des coutumes et traditions catholiques, traduit de l'anglais et adapté par Emmanuelle Billoteau, Bayard, Paris 2004, p. 137; 2

 

 

1790 : interdiction des festivités du Carnaval sous la Révolution

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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 00:00

Image illustrative de l'article Claude La Colombière

Ses écrits encouragent la dévotion au Cœur de Jésus.

 

Claude La Colombière, troisième enfant du notaire Bertrand La Colombière et Marguerite Coindat, naît le 2 février 1641 à St. Symphorien d'Ozon dans le Dauphiné.

 

Quatre des six enfants de cette famille profondément chrétienne entrent dans la vie religieuse, dont Claude. Un de ses frères, Joseph La Colombière, fut vicaire général au Canada.

 

Après des études au collège de la Sainte Trinité de Lyon, Claude entra le 25 octobre 1658 au noviciat de la Compagnie de Jésus. Après quinze ans de vie religieuse, cherchant la plus haute perfection spirituelle, il fit le vœu d'observer fidèlement la règle et les constitutions de son ordre sous peine de péché. Ceux qui vécurent avec lui purent certifier que ce vœu fut observé avec la plus grande exactitude.

 

En 1675, Claude La Colombière, arrive à Paray comme supérieur de la communauté. Confesseur des religieuses du couvent de la Visitation, il rencontre alors Marguerite-Marie Alacoque : il prend nettement position en faveur de la voyante et la soutient dans sa mission.

 

« Mon fidèle serviteur et parfait ami » : c’est par ces mots étonnants que Notre-Seigneur lui-même avait désigné Claude La Colombière à Marguerite-Marie. Et il était en effet bien préparé à comprendre le message de l’amour de Dieu. Bien avant de venir à Paray, il avait écrit dans son journal :

« Je veux que mon cœur ne soit désormais que dans celui de Jésus et de Marie, ou que celui de Jésus et de Marie soient dans le mien afin qu’ils lui communiquent leurs mouvements, et qu’il ne s’agite et qu’il ne s’émeuve que conformément à l’impression qu’il recevra de ces Cœurs ».

 

Quand la sœur Marguerite-Marie Alacoque lui ouvre sa conscience, Claude voit en elle l’œuvre de Dieu, la rassure et l’encourage.

 

Mais dès l’année suivante, il part pour Londres en qualité de  prédicateur de Marie Beatrice de Modène, duchesse d’York. Bientôt éclate en Angleterre la « Terreur papiste » : Claude est calomnieusement accusé, jeté en prison pendant trois semaines, frôle le martyre et finalement est expulsé. Il revient en France phtisique et presque mourant. Il ne retournera à Paray que pour de brefs séjours qui lui permettront de réconforter Sœur Marguerite-Marie dont la vie mystique se heurte toujours au scepticisme de son entourage. (1)

Il passa les deux dernières années de sa vie à Lyon, où il était le directeur spirituel de jeunes jésuites. Quand la tuberculose l’emporte, le 15 février 1682 à Paray-le-Monial,  il n’a que 41 ans mais la mission est accomplie.

 

Deux ans plus tard, paraît en librairie la Retraite spirituelle du Père Claude La Colombière : ce modeste opuscule va merveilleusement ouvrir les voies à la mission de Marguerite-Marie (canonisée le 13 mai 1920) et au message du Cœur de Jésus.

 

La « dévotion au Sacré-Cœur » va se répandre dans toute la chrétienté et en 1899, le Pape Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903) instituera la fête du Sacré-Cœur.

 

Claude La Colombière a laissé de très nombreux écrits :

  • Sermons (3 vol.), Lyon, 1684.
  • Réflexions chrétiennes, Lyon, 1684.
  • Retraite spirituelle, Lyon, 1684.
  • Lettres spirituelles, Lyon, 1715.
  •  

Des éditions complètes de ses œuvres ont été publiées plusieurs fois :

  • Œuvres du R. P. Claude de la Colombière, Avignon, 1832 ; Paris, 1864.
  • Œuvres complètes (6 vol.), Grenoble, 1900-1902.
  • Écrits spirituels (éd. par André Ravier), Collection 'Christus', Paris, 1962

 

Claude La Colombière a été béatifié, le 16 juin 1929, par le Pape Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939)  et canonisé, le 31 mai 1992, par Saint Jean Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005).

 

Son charisme, aux dires de S. Marguerite Marie Alacoque, fut d'élever les âmes à Dieu, en suivant le chemin de l'amour et de la miséricorde que le Christ nous révèle dans l'Evangile.

 

Ses reliques sont conservées à Paray-le-Monial, en la chapelle de la Colombière, à proximité du couvent des sœurs de la Visitation. (2)

 

Pour un approfondissement : >>> Claude La Colombière

Sources: (1); (2) ; (3); Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 46.

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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 00:00
Saint Valentin, Évêque et martyr († 268)

Valentin était évêque de Terni, dans les monts Sabin (Italie) au IIIe siècle.

 

Décapité le 14 février 268 en représailles des conversions au christianisme qu’il suscita suite à la guérison d’une jeune fille aveugle, S. Valentin doit à son nom, qui signifie santé et vigueur, le fait que les fiancés, les jeunes gens à marier, ceux qui craignent les atteintes de la peste, les personnes, enfin, qui sont sujettes à l’épilepsie et aux évanouissements se sont placés sous son patronage.

Valentin se signala par ses dons de thaumaturge. Il guérit une jeune fille et convertit toute sa famille. Victimes des persécutions antichrétiennes, ils subirent ensemble le martyre et furent inhumés à Rome. 

La vertu de saint Valentin, prêtre, était si éclatante, et sa réputation si grande dans la ville de Rome, qu’elle vint à la connaissance de l’empereur Claude II, qui le fit arrêter, et, après l’avoir tenu deux jours en prison, chargé de fers, le fit amener devant son tribunal pour l’interroger. D’abord il lui dit, d’un ton de voix assez obligeant : « Pourquoi, Valentin, ne veux-tu pas jouir de notre amitié, et pourquoi veux-tu être ami de nos ennemis ? » Mais Valentin répondit généreusement : « Seigneur, si vous saviez le don de Dieu, vous seriez heureux et votre empire aussi ; vous rejetteriez le culte que vous rendez aux esprits immondes et à leurs idoles que vous adorez, et vous sauriez qu’il n’y a qu’un Dieu, qui a créé le ciel et la terre, et que Jésus-Christ est son Fils unique ».

 

Saint Valentin
Saint Valentin
Un des juges, prenant la parole, demanda au Martyr ce qu’il pensait des dieux Jupiter et Mercure. « Qu’ils ont été des misérables » répliqua Valentin, « et qu’ils ont passé toute leur vie dans les voluptés et les plaisirs du corps ». Là-dessus, celui qui l’avait interrogé s’écria que Valentin avait blasphémé contre les dieux et contre les gouverneurs de la république. Cependant le Saint entretenait l’empereur, qui l’écoutait volontiers et qui semblait avoir envie de se faire instruire de la vraie religion ; et il l’exhortait à faire pénitence pour le sang des chrétiens qu’il avait répandu, lui disant de croire en Jésus-Christ et de se faire baptiser, parce que ce serait pour lui un moyen de se sauver, d’accroître son empire et d’obtenir de grandes victoires contre ses ennemis.

L’empereur, commençant déjà à se laisser persuader, dit à ceux qui l’entouraient : « Écoutez la sainte doctrine que cet homme nous apprend ». Mais le préfet de la ville, nommé Calpurnius, s’écria aussitôt : « Voyez-vous comment il séduit notre prince ! Quitterons-nous la religion que nos pères nous ont enseignée ? »

Claude, craignant que ces paroles n’excitassent quelque trouble ou quelque sédition dans la ville, abandonna le Martyr au préfet, qui le mit à l’heure même entre les mains du juge Astérius, pour être examiné et châtié comme un sacrilège. Celui-ci fit d’abord conduire le prisonnier en sa maison. Lorsque Valentin y entra, il éleva son coeur au ciel, et pria Dieu qu’il lui plût d’éclairer ceux qui marchaient dans les ténèbres de la gentilité, en leur faisant connaître Jésus-Christ la vraie lumière du monde.

 

Astérius, qui entendait tout cela, dit à Valentin :
« — J’admire beaucoup ta prudence ; mais comment peux-tu dire que Jésus-Christ est la vraie lumière ? »
« — Il n’est pas seulement la vraie lumière, mais l’unique lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde », dit Valentin.
« — Si cela est ainsi, dit Astérius, j’en ferai bientôt l’épreuve : j’ai ici une petite fille adoptive qui est aveugle depuis deux ans ; si tu peux la guérir et lui rendre la vue, je croirai que Jésus-Christ est la lumière et qu’il est Dieu, et je ferai tout ce que tu voudras ». La jeune fille fut donc amenée au Martyr, qui, lui mettant la main sur les yeux, fit cette prière : « Seigneur Jésus-Christ, qui êtes la vraie lumière, éclairez votre servante ».

A ces paroles, elle reçut aussitôt la vue, et Astérius et sa femme, se jetant aux pieds de leur bienfaiteur, le supplièrent, puisqu’ils avaient obtenu par sa faveur la connaissance de Jésus-Christ, de leur dire ce qu’ils devaient faire pour se sauver. Le Saint leur commanda de briser toutes les idoles qu’ils avaient, de jeûner trois jours, de pardonner à tous ceux qui les avaient offensés, et enfin de se faire baptiser, leur assurant que, par ce moyen, ils seraient sauvés. Astérius fit tout ce qui lui avait été commandé, délivra les chrétiens qu’il tenait prisonniers, et fut baptisé avec toute sa famille, qui était composée de quarante-six personnes. (1)

Sainte Lucile baptisée par saint Valentin, v. 1475, Jacopo Bassano, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 102-103.

 

L’empereur, averti de ce changement, craignit quelque sédition dans Rome, et, par raison d’État, il fit prendre Astérius et tous ceux qui avaient été baptisés, puis les fit mettre à mort par diverses sortes de tourments. Pour Valentin, le père et le maître de ces bienheureux enfants et disciples, après avoir été longtemps en une étroite prison, il fut battu et brisé avec des bâtons noueux ; enfin, l’an 268, le 14 février, il fut décapité sur la voie Flaminienne, où, depuis, le pape Jean Ier fit bâtir une église sous son invocation près du Ponte-Mole (VIe siècle). Cette église ayant été ruinée, le pape Théodose en dédia une nouvelle, dont il ne reste plus de traces non plus. La porte appelée plus tard du Peuple portait anciennement le nom du saint Martyr. On garde la plus grande partie de ses reliques dans l’église de Sainte-Praxède. Les autres furent apportées en France, en l’église Saint-Pierre de Melun-sur-Seine, mais elles ne s’y trouvent plus aujourd’hui.

 

Saint Valentin est devenu le patron des amoureux à partir d'un proverbe du Moyen-Age : "A la saint Valentin, les oiseaux commencent à roucouler".(2)

 

Saint Valentin est nommé, avec la qualité d’illustre Martyr, dans le Sacramentaire de saint Grégoire, dans le Missel romain de Tomasi, dans les divers martyrologes et calendriers : les Anglais l’ont conservé dans le leur.

 

Attributs. Saint Valentin a été représenté :

1° tenant une épée et une palme, symboles de son martyre ; une crosse, symbole de la houlette du pasteur qui veille sur le troupeau.

2° guérissant la fille du juge Astérius. Cette circonstance de la guérison d’une jeune fille, et plus encore son nom de Valentin, qui signifie santé et vigueur, explique pourquoi les fiancés, les jeunes gens à marier, ceux qui craignent les atteintes de la peste, les personnes, enfin, qui sont sujettes à l’épilepsie et aux évanouissements se sont placés sous son patronage.

 

Plusieurs siècles après sa mort, Valentin fut canonisé en l’honneur de son sacrifice pour l’amour. La fête de la Saint-Valentin fut instituée pour contrer la Lupercalia, fête païenne donné le jour de la fertilité et dédiée à Lupercus, dieu des troupeaux et des bergers, et Junon, protectrice des femmes et du mariage romain. L’événement le plus marquant de ces réjouissances était la course des Luperques : des hommes mi-nus poursuivaient des femmes et les frappaient avec des lanières de peau de bouc, les coups reçus assurant fécondité et grossesse heureuse à celles-ci.

 

Une autre origine est attribuée aux festivités de la Saint-Valentin. On prétendait en effet que, sous certains climats, les oiseaux s’appariaient pour la belle saison prochaine, à la Saint-Valentin, comme il est reçu qu’en d’autres pays plus froids ils s’apparient à la Saint-Joseph. Prenant exemple sur eux, les hommes auraient trouvé ce jour propice à la déclaration amoureuse. Dans les anciens calendriers, à une époque où les devoirs de la vie civile se confondaient avec ceux de la vie religieuse, chaque jour y était marqué par un signe qui parlait immédiatement aux yeux des initiés.

 

C’est ainsi que la Saint-Valentin était marquée par un soleil dans la main du saint, ou par un gaufrier : un soleil, parce qu’il était censé reprendre sa force à cette époque, qui est à peu près celle des Quatre-Temps du printemps, et que les fleurs les plus précoces (amandiers, noisetiers, etc.) commencent à se montrer dans une partie de l’Europe ; un gaufrier, pour annoncer les réjouissances de Carnaval.

 

Toute la famille de Julia se convertit au christianisme pour honorer la mémoire de Valentin. Il est dit que Julia planta près de la tombe de Valentin un amandier. L'arbre est depuis ce jour, un symbole de l'amour. Des reliques de Saint Valentin sont transférées en 1868 dans la collégiale Saint-Jean-Baptiste de Roquemaure.(3)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d6/St-Valentine-Kneeling-In-Supplication.jpgSaint Valentin s'agenouillant en supplication, par David Teniers III (1638-1685)

Sources: (1) La France pittoresque; (2) L'Evangile au quotidien; (3) Wikipedia; (4) Gloria.Tv ; (5) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 102-103. 

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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 00:00
Bienheureuse Béatrice, fondatrice du monastère d'Eymeux (Drôme) († 1303)

Dates de fête : 25 novembre, Fête Locale 13 février. [1]

Béatrix (ou Béatrice) naquit au village d'Ornacieux en Isère, dans le Dauphiné. Elle entra à la Chartreuse de Parménie puis fonda la chartreuse d'Eymeux (Drôme) d'où elle gagna le ciel le 25 novembre 1303. 

Son culte est confirmé en 1763 et elle est béatifiée par le Pape Pie IX le 15 avril 18692.  

 

Le principal texte la concernant a été écrit au XIIIe siècle, par Marguerite d'Oingt, en Francoprovençal, sous le titre original : Li Via seiti Biatrix, virgina de Ornaciu (La Bienheureuse Béatrix d'Ornacieux, religieuse de Parménie).

 

Sa fête liturgique est fixée au 13 février par les chartreux et le 25 novembre dans le diocèse de Valence. [2] 

 

"Née au château d'Ornacieux, près de la Côte-Saint-André vers 1260, Béatrix entre à l'âge de 13 ans à la chartreuse de Parménie, non loin de Tullins. En 1300, elle fonde le monastère d'Eymeux où elle connaît le plus extrême dénuement. Elle y meurt un 25 novembre, sans doute en 1303. Une chapelle y perpétue son souvenir. La vie de Béatrix a été écrite par une moniale chartreuse contemporaine de la bienheureuse, Marguerite d'Oingt et elle atteste son ardent amour pour Jésus crucifié."

(Bienheureuse Béatrix d'Ornacieux - diocèse de Valence 25 novembre)

Dans le Valentinois, entre 1303 et 1309, la bienheureuse Béatrice d'Ornacieux, vierge, qui, saisie d'un grand amour de la croix, vécut et mourut dans la plus grande pauvreté dans la Chartreuse d'Eymeu qu'elle avait fait construire (25 novembre).

 

Martyrologe romain

SourcesNominis | Wikipedia 

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12 février 2021 5 12 /02 /février /2021 00:00
Saint Félix - Commémoraison des saints martyrs d’Abitène  († 304)

Saturnin, prêtre, avec ses quatre enfants : Saturnin le jeune et Félix, tous deux lecteurs, Marie, vierge consacrée, et le petit Hilarion. Le sénateur Dativus, Félix ; un autre Félix, Émérite et Ampelius, lecteurs. Rogatien, Quintus, Maximien ou Maxime, Telica ou Tazelita, un autre Rogatien, Rogatus, Janvier, Cassien, Victorien, Vincent, Cécilien, Restitute, Prima, Éve, encore un autre Rogatien, Givalius, Rogatus, Pomponia, Secunde, Januaria, Saturnine, Martin, Clautus, Félix le jeune, Marguerite, Major, Honorata, Regiola, Victorin, Peluse, Fauste, Dacien, Matrone, Cécile, Victoire, vierge de Carthage, Berectina, Secunde, Matrone, Januaria. (Martyrologe Romain)

Le thème choisi "Sans le dimanche nous ne pouvons pas vivre" nous ramène à l'an 304, lorsque l'empereur Dioclétien interdit aux chrétiens, sous peine de mort, de posséder les Écritures, de se réunir le dimanche pour célébrer l'Eucharistie et de construire des lieux pour leurs assemblées.

À Abitène, une petite ville située dans l'actuelle Tunisie, 49 chrétiens furent surpris un dimanche alors que, réunis dans la maison d'Octave Félix, ils célébraient l'Eucharistie, bravant ainsi les interdictions impériales. Arrêtés, ils furent conduits à Carthage pour être interrogés par le Proconsul Anulinus. La réponse, parmi d'autres, qu'un certain Eméritus donna au Proconsul qui lui demandait pourquoi ils avaient transgressé l'ordre sévère de l'empereur, est significative. Il répondit : "Sine dominico non possumus" : sans nous réunir en assemblée le dimanche pour célébrer l'Eucharistie, nous ne pouvons pas vivre.

Les forces nous manqueraient pour affronter les difficultés quotidiennes et ne pas succomber. Après d'atroces tortures, ces 49 martyrs d'Abitène furent mis à mort. Ils confirmèrent ainsi leur foi, à travers l'effusion de leur sang. Ils moururent, mais ils vainquirent : nous les rappelons à présent dans la gloire du Christ ressuscité.

Les martyrs d'Abitène représentent une expérience sur laquelle nous, chrétiens du XXI siècle, nous devons réfléchir. Pour nous non plus, il n'est pas facile de vivre en chrétiens, même s'il n'y a pas ces interdictions de l'empereur. Mais, d'un point de vue spirituel, le monde dans lequel nous nous trouvons, souvent marqué par une consommation effrénée, par l'indifférence religieuse, par un sécularisme fermé à la transcendance, peut apparaître comme un désert aussi aride que celui "grand et redoutable" (Dt 8, 15) dont nous a parlé la première lecture, tirée du Livre du Deutéronome.

"Comment pourrions-nous vivre sans Lui ?". Nous entendons retentir dans ces paroles de saint Ignace l'affirmation des martyrs d'Abitène : "Sine dominico non possumus". C'est précisément de là que jaillit notre prière : que nous aussi, chrétiens d'aujourd'hui, retrouvions la conscience de l'importance décisive de la Célébration dominicale et sachions tirer de la participation à l'Eucharistie l'élan nécessaire pour un nouvel engagement dans l'annonce au monde du Christ "notre paix" (Ep 2, 14). Amen !

 

 

Sources : (1) Homélie du Pape Benoît XVI à Bari pour la Clôture du XXIVe Congrès Eucharistique Italien, Dimanche 29 mai 2005, L'Evangile au quotidien; (2) wikipedia; (3) Nominis; (4) Reflexion chrétienne

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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 00:00
Notre-Dame de Lourdes (1858)

Proclamée Immaculée dans sa Conception le 8 décembre 1854, Marie ne devait pas tarder à montrer combien elle agréait ce nouvel hommage de l'Église. Quatre ans plus tard, en 1858, elle daigna se montrer, à dix-huit reprises, du 11 février au 16 juillet, à une petite fille de Lourdes. L'enfant, ignorante et candide, s'appelait Bernadette. La Vierge paraissait dans une grotte sauvage, la grotte de Massabielle. Son visage était gracieux et vermeil ; elle était enveloppée dans les plis d'un long voile blanc ; une ceinture bleue flottait autour d'elle ; sur chacun de ses pieds brillait une rose épanouie. L'enfant regarda longtemps, elle prit son chapelet et le récita pieusement. L'apparition lui demanda de revenir. (1)

Grotte de Lourdes La seizième fois, le 25 mars 1858, Bernadette supplia la vision de se faire connaître. Alors, l'être mystérieux, joignant les mains devant sa poitrine, et revêtant une majesté toute divine, disparut en disant : "Que soy era immaculada councepciou" ("Je suis l'Immaculée Conception"). C'était la Sainte Vierge, patronne de l'Église et de la France, qui venait appeler son peuple à la prière et à la pénitence.

 

À partir de cette époque, la ville de Lourdes devenait immortelle. L'apparition triompha de toutes les impiétés et de toutes les persécutions. Des foules immenses sont venues, selon le désir exprimé par l'apparition, saluer la Vierge Immaculée dans sa grotte bénie et dans les splendides sanctuaires érigés à sa demande et en son honneur, sur le flanc de la montagne. De nombreux et éclatants miracles ont récompensé et récompensent toujours la foi des pieux pèlerins ; et chaque jour ce grand mouvement catholique va croissant ; c'est par centaines de milliers, chaque année, que les dévots de Marie affluent, à Lourdes, de toutes les parties du monde.

Notre-Dame de Lourdes (1858)

La mémoire de ces apparitions a été inscrite au calendrier romain en 1907.

Mémoire de Notre-Dame de Lourdes. En 1858, trois ans après la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, une toute jeune fille, sainte Bernadette Soubirous, contempla à plusieurs reprises la Vierge Marie dans la grotte de Massabielle au bord du Gave, près de Lourdes, devenue dès lors un lieu vénéré par des foules innombrables de fidèles. (2)

 

La piété catholique a multiplié les histoires et les notices de Notre-Dame de Lourdes ; mille et mille cantiques de toutes langues ont été chantés au pied de la grotte bénie ; partout, en France et dans toutes les parties du monde, se sont multipliées les représentations de la grotte de Lourdes et de sa basilique, les images et les statues de la Vierge Immaculée. Les féeriques processions aux flambeaux, les merveilleuses illuminations, les grandioses manifestations qui s'y renouvellent souvent, ont fait de Lourdes comme un coin du Paradis.

Notre-Dame de Lourdes, Image pieuse populaire, XIXe siècle, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 95.

Notre-Dame de Lourdes, Image pieuse populaire, XIXe siècle, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 95.

Notre-Dame de Lourdes (1858)

Sources : 1; 2; 3; Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011.

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 00:00

 

Au temps où Padoue était aux mains d’Ezzelino, un tyran féroce et prompt au meurtre, Arnaud Cataneo, abbé du monastère de Sainte Sabine, dut se réfugier dans une grotte voisine pour échapper à une mort certaine. Quand l’empereur Frédéric II vint délivrer la ville, Arnaud l’accueillit joyeusement. Mais quand Ezzelino reprit le contrôle de la région, le bienheureux Arnaud fut arrêté, jeté dans un infect cachot où il mourut après huit années de souffrances et d’isolement. [1] 

 

Quand Arnaud Cataneo, issu d'une grande famille de noblesse ancienne et aisée de Padoue (Vénétie, Italie), devient moine bénédictin de l'abbaye Sainte-Justine de Padoue et en est élu abbé deux ans plus tard, en 1209, à l'âge de 24 ans, la région connait d'importantes luttes de pouvoir entre guelfes et gibelins (Welf opposés à la maison de Hohenstaufen). Arnaud Cataneo s'oppose au tyran Ezzelino III da Romano, seigneur gibelin de Padoue, Vérone, Vicence et Brescia (surnommé le Féroce, remarqué par sa cruauté, qualifié de monomaniaque de la terreur, et de fils du diable), excommunié à deux reprises par le pape Innocent IV. L'opposition d'Arnaud Cataneo et son influence spirituelle contrarient Ezzelino III qui le fit condamner à mort. Il se réfugia alors dans une grotte voisine, d'où il ressortit en 1238 lorsque l'empereur germanique Frédéric II délivra la ville. Mais Ezzelino reprit le contrôle de la région ; il fit arrêter Cataneo en 1246, et le fit enfermer dans un cachot de sa forteresse d'Asolo, en Vénétie, nourri au pain et à l'eau [2], où il mourut le 10 février 1255, après huit années de martyre, de persécution, de souffrances et d’isolement. [3] Au moment de sa mort, deux flambeaux ardents auraient été vus descendre du ciel et resplendir sur le château.

 

Tombe de S. Arnaud à la basilique Sainte-Justine de Padou

 

Depuis le 14 mars 1562, son corps repose dans un autel baroque d'une des chapelles de la basilique Sainte-Justine de Padoue.

 

Béatifié par l'Église catholique, Arnaud est fêté les 10 février et 14 mars dans le martyrologe catholique (date de la translation de son corps en 1562.) [4]

 

Sources: 1, 23, 4

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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 00:00
Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 23.

Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 23.

Sainte Apolline (ou Apollonie) était d'Alexandrie ; au milieu de la corruption générale, elle y passait pour un modèle de vertu et de modestie chrétienne. Cette héroïque jeune fille ne se contenta pas de consacrer au Seigneur ses premières années, sa jeunesse et son existence entière, elle voulut encore lui offrir le sacrifice de sa vie.

L'an 248, une persécution sanglante éclata dans la cité ; la fureur des païens contre les chrétiens ne connut point de bornes. On pilla les maisons et on exerça contre les personnes les plus horribles violences. Apolline, déjà avancée en âge, loin de prendre la fuite, demeura toujours à Alexandrie, sans craindre la perte de ses biens ni de sa vie, heureuse, au contraire, d'attendre l'occasion de couronner ses vertus par un glorieux martyre.

Un jour, elle fut arrêtée ; les bourreaux se jetèrent sur elle, la frappèrent si rudement avec des cailloux, qu'ils lui rompirent les mâchoires et lui brisèrent les dents ; puis, l'ayant entraînée hors de la ville, ils allumèrent un grand feu, résolus de l'y jeter, si elle ne renonçait pas à Jésus-Christ. La Sainte demanda quelques moments comme pour réfléchir à ce qu'elle devait faire.

Sainte Apolline, Vierge et Martyre († 249)

Les païens espérèrent un instant qu'elle allait reculer devant l'horrible supplice du feu. Mais Apolline, profitant de cet instant de liberté, s'échappa de leurs mains, et poussée par l'ardeur de l'amour divin qui embrasait son cœur, elle s'élança elle-même impétueusement dans le feu, au grand étonnement de ses bourreaux stupéfaits de voir une fille plus hardie et plus prompte à souffrir la mort qu'eux-mêmes à la lui faire endurer.

Son corps fut bientôt dévoré par les flammes, et son âme généreuse et pure s'envola dans les Cieux, l'an 249 de Notre-Seigneur, le 9 février. L'exemple étonnant de sainte Apolline serait répréhensible si elle avait obéi à la précipitation de la nature ; mais l'Église, en l'admettant au nombre des martyrs, nous oblige à croire qu'elle obéit à l'impulsion de l'Esprit divin.

Sainte Apolline a toujours été regardée par la dévotion populaire comme secourable contre le mal de dents, sans doute à cause du premier supplice qu'elle avait enduré.(1)

C'est S. Denis d'Alexandrie, qui raconte dans une lettre à son ami Fabien, évêque d'Antioche, comment elle fut prise par les païens au cours d'une émeute. (2)

Sources : (1) L'Evangile au quotidien; (2) Nominis ;(3) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 22-23.

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8 février 2021 1 08 /02 /février /2021 00:00
Sainte Joséphine Bakhita

Née au Soudan dans la région du Darfour, elle fut enlevée toute jeune, vendue plusieurs fois à des marchands d'esclaves africains et subit une servitude cruelle. Enfin libérée, elle devint chrétienne puis religieuse à Venise chez les Filles de la Charité, passa le reste de sa vie dans le Christ à Schio, au pays de Vicence, en subvenant aux besoins de tous, et mourut en 1947. (1)

 

Joséphine n'a que cinq ans lorsque sa sœur Kishmet est enlevée sous ses yeux par des trafiquants d'esclaves en 1874. À son tour, alors qu'elle avait près de 9 ans, elle est la victime de négriers musulmans qui la vendent et la revendent plusieurs fois, sur les marchés d'El Obeid et de Khartoum, en lui infligeant de mauvais traitements. Le traumatisme est si grand qu'elle en oubliera son premier nom. C'est ainsi qu'on lui donne le nom de Bakhita, qui signifie « la chanceuse » en arabe.

 

Elle appartient quelques années à un général turc qui lui fait subir de cruelles scarifications (tatouages), bien avant de décider de vendre tous ses esclaves, au début de la guerre des mahdistes. À 13 ans Bakhita est alors acquise par le consul d'Italie à Khartoum, Calisto Legnani, en 1883. Celui-ci lui donne le second prénom de Joséphine.

 

Sa vie change alors radicalement : "Le nouveau maître était assez bon et il se prit d'affection pour moi. Je n'eus plus de réprimandes, de coups, de châtiments, de sorte que, devant tout cela, j'hésitais encore à croire à tant de paix et de tranquillité".

 

En 1885, le consul Legnani doit quitter le Soudan à cause de la révolution mahdiste et Bakhita lui demande de l'emmener.

 

Arrivés à Gênes, Madame Maria Turina Michieli demande à garder Bakhita à son service. Elle arrive ainsi à Zianigo (it), près de Mirano, dans la province de Venise.

 

Madame Michieli ayant eu une petite fille, Mimmina, elle en confie la garde à Bakhita qui s'en occupe avec beaucoup de tendresse. C'est ensemble qu'elles retournent au Soudan, à Suakin, pour tenir un hôtel, avant de revenir à nouveau en Italie.

 

Là, Madame Michieli confie pour une brève période sa petite fille et Bakhita à l'institut des Catéchistes de Venise, tenu par les religieuses canossiennes. Et là, quand Madame Michieli veut la reprendre pour la ramener chez elle, elle demande à rester chez les religieuses, malgré sa tristesse de quitter Mimmina, ce qui est accepté avec difficulté. Madame Michieli, refusant de se séparer de Bakhita, elle tente de faire intervenir diverses personnalités pour la sortir de l'Institut. L'affaire va jusqu'à un procès. Néanmoins, le 29 novembre 1889, le procureur déclare Bakhita libre de choisir là où elle veut rester puisque l'esclavage n'existe pas en Italie.

 

"Les Sœurs firent mon instruction avec beaucoup de patience, dit-elle, et me firent connaître ce Dieu que tout enfant je sentais dans mon cœur sans savoir qui il était. Voyant le soleil, la lune et les étoiles, je me disais en moi-même : qui donc est le maître de ces belles choses ? Et j'éprouvais une grande envie de le voir, de le connaître et de lui rendre mes hommages".

 

Le 9 janvier 1890, elle est baptisée par le cardinal-archevêque de Venise, Monseigneur Domenico Agostini, et reçoit la Confirmation. Elle aimait à baiser les fonts baptismaux en disant : "Ici, je suis devenue fille de Dieu".

 

Trois ans après, elle demanda à devenir religieuse, à 24 ans.

 

C'est le 8 décembre 1896, à Vérone, qu'elle prononce ses premiers vœux. En 1902, elle est transférée à Schio, province de Vicence dans le Nord-Est de l'Italie où, pendant plus de cinquante ans, elle s'occupe de la cuisine, de la lingerie, de la conciergerie. En 1927, elle prononce ses vœux perpétuels. Les religieuses la désigne Mère. Mère Aimée de tous, on lui donne le surnom de Petite Mère Noire (Madre Moretta). Elle disait : "Soyez bons, aimez le Seigneur, priez pour ceux qui ne le connaissent pas. Voyez comme est grande la grâce de connaître Dieu."

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville de Schio est menacée de bombardements. Aux Sœurs qui l'invitent à se réfugier dans le souterrain de la maison, elle répond : "Non, je n'ai pas peur, je suis dans les mains de Dieu. Il m'a libérée des mains des lions, des tigres et des panthères, ne voulez-vous pas qu'il me sauve aussi des bombes ?".

 

Elle souffrit une longue et douloureuse maladie, et une pénible agonie où elle revivait les jours de son esclavage en murmurant : "Lâchez mes chaînes, elles me font mal", et elle s'éteint à Schio le 8 février 1947 en invoquant : "Notre Dame ! Notre Dame !".

 

Immédiatement, les gens accourent sur sa tombe.

 

Actuellement une fresque de l'abside de la cathédrale d'El-Obeid au Soudan représente une Vierge à l'enfant : Marie montre son Fils à l'Afrique. À ses côtés, à genoux, se trouvent Sainte Joséphine Bakhita et saint Daniel Comboni.

 

Béatifiée le 17 mai 1992, elle est canonisée par Jean-Paul II le 1er octobre 2000. (2)

 

Le pape dit à cette occasion : "Cette sainte fille d'Afrique, montre qu'elle est véritablement une enfant de Dieu : l'amour et le pardon de Dieu sont des réalités tangibles qui transforment sa vie de façon extraordinaire".

 

Elle était spécialement prisée par le pape Benoît XVI, qui la mentionna dans son encyclique Spe Salvi.

 

Des pèlerinages sont organisés régulièrement à Schio afin de solliciter sa sainte intercession devant sa châsse.

Citations 

 

À propos des négriers : "Je n'ai jamais détesté personne. Qui sait, peut-être qu'ils ne se rendaient pas compte du mal qu'ils faisaient ?"

 

Quand on lui demandait ce qu'elle pensait de ses bourreaux :

"Si je rencontrais ces négriers qui m'ont enlevée et ceux-là qui m'ont torturée, je m'agenouillerais pour leur baiser les mains, car si cela ne fût pas arrivé je ne serais pas maintenant chrétienne et religieuse."

"Les pauvres, peut-être ne savaient-ils pas qu'ils me faisaient si mal : eux ils étaient les maîtres, et moi j'étais leur esclave. De même que nous sommes habitués à faire le bien, ainsi les négriers faisaient cela, par habitude, non par méchanceté."

 

Sur sa foi : "La Sainte Vierge m'a protégée, même quand je ne la connaissais pas. Même au fond du découragement et de la tristesse, quand j'étais esclave, je n'ai jamais désespéré, parce que je sentais en moi une force mystérieuse qui me soutenait. Je n'en suis pas morte, parce que le Bon Dieu m'avait destinée à des 'choses meilleures'. Et je connus finalement ce Dieu que je sentais dans mon cœur depuis que j'étais petite, sans savoir qui c'était."

 

Pendant sa maladie : "Je m'en vais lentement, lentement, pas à pas vers l'éternité. Jésus est mon capitaine et moi, je suis son assistante. Je dois porter les valises. L'une contient mes dettes, l'autre, plus lourde, les mérites infinis de Jésus. Que ferai-je devant le tribunal de Dieu ? Je couvrirai mes dettes avec les mérites de Jésus et je dirai au Père Éternel : maintenant juge ce que tu vois. Au ciel j'irai avec Jésus et j'obtiendrai beaucoup de grâces. Je viendrai te visiter dans tes rêves si le Patron me le permet. Au paradis j'aurai du pouvoir et j'obtiendrai pour tous beaucoup de grâces."

 

Au moment de sa mort : "Lorsqu'une personne aime beaucoup une autre, elle désire ardemment l'approcher, donc pourquoi craindre tellement la mort ? La mort nous emmène à Dieu."

 

Prière 

Ecrite le jour de sa Profession Religieuse, le 8 décembre 1896 :

 

"Ô Seigneur, si je pouvais voler là-bas, auprès de mes gens et prêcher à tous à grands cris ta bonté : Oh, combien d'âmes je pourrais te conquérir ! Tout d'abord ma mère et mon père, mes frères, ma sœur encore esclave... tous, tous les pauvres Noirs de l'Afrique, fais, Ô Jésus, qu'eux aussi te connaissent et t'aiment !"

 

Sources: (1) ; (2); (3)

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 00:00
Bienheureuse Eugénie Smet, vierge religieuse et fondatrice

À Paris, en 1871, la bienheureuse Marie de la Providence (Eugénie Smet), vierge, qui fonda la Congrégation des Auxiliatrices du Purgatoire, dans une totale confiance en la Providence.  Martyrologe romain (1)

 

Née à Lille où elle voulut fonder un Institut religieux destiné à se dévouer en priorité aux Âmes du Purgatoire, « Sœur Marie de la Providence » orienta ses religieuses vers toutes les tâches qui pouvaient répondre aux besoins multiples des plus défavorisés. Elle mourut à Paris en 1881.

 

Eugénie SMET a choisi comme nom de religieuse Marie de la Providence, nom qui exprime bien le visage de Dieu auquel elle croit et sur qui elle fonde sa vie.Née d’une famille enracinée dans une longue tradition de foi, Eugénie est à la fois une femme de continuité et de rupture dans l’Église de son temps.

 

Elle reconnaît très tôt que Dieu intervient dans son histoire personnelle et la comble de bienfaits, se révélant ainsi comme Providence. La relation d’Eugénie à Dieu est une relation de confiance et d’abandon total, fondée sur la certitude, acquise par l’expérience, que Dieu lui est fidèle. Toute sa vie, elle lira les événements qui surviennnent comme des signes que Dieu lui donne pour lui faire connaître sa volonté.Animée d’une foi qui déplace les montagnes et d’un amour de la vie communicatif, elle attend tout de Dieu et désire en retour tout lui donner. Elle s’y emploie par de multiples activités, mais aucune ne répond à ce qu’elle cherche : aider tous les hommes, quels qu’ils soient, à rencontrer Dieu.

Quelle bonté de Dieu envers l'Église… envers les malades pauvres et les pécheurs qui trouvent, dans ses membres, des servantes et des apôtres… envers les pauvres en inclinant vers eux le cœur des riches par l'intermédiaire de ce petit institut qui se pose comme un trait d’union entre les deux pointes extrêmes de l'échelle sociale.

Bienheureuse Marie de la Providence

Pourtant un chemin va s’ouvrir : grâce à la mystérieuse solidarité qui unit les vivants et les morts, Eugénie découvre en 1853 qu’il est possible de se mettre, d’un même mouvement, au service des « plus délaissés de ce monde et de l’autre ». En 1855 le curé d’Ars la confirme dans sa mission. Elle fonde alors les Auxiliatrices du Purgatoire, pour une mission universelle : « aider à tout bien quel qu’il soit » ; « aller des profondeurs du Purgatoire jusqu’aux dernières limites de la terre ». L'institut a pour tâche principale de permettre à tous les hommes, vivants et morts, de faire l’expérience de la rencontre de Dieu comme expérience de l’amour. Bientôt, en 1859, l'Institut reçoit comme un don de Dieu ce qui lui permet de prendre réellement corps : l’insertion dans une grande tradition spirituelle, celle dont saint Ignace de Loyola fut l’initiateur (les Règles et les Constitutions de la Compagnie de Jésus).

Elle exprime sa foi à travers la piété de son temps. Or le XIXe siècle est une époque fortement marquée par la dévotion aux âmes du Purgatoire. Cette dévotion s’exprime souvent par une insistance sur la nécessité de souffrir et d’expier en ce monde, pour abréger les souffrances après la mort. Eugénie découvre très jeune une telle dévotion, mais elle la transforme de l’intérieur, en reconnaissant le mystère du Purgatoire comme celui d’une expérience radicale de l’amour. (2)

 

Marie de la Providence meurt à Paris le 7 février 1871, à l’âge de 45 ans. Elle est béatifiée par Pie XII en 1957.

 

"Que la charité envers les âmes souffrantes s’unisse intimement chez Eugénie Smet à l’apostolat le plus concret, le plus actif, le plus universel, voilà sans aucun doute un trait saillant de sa physionomie spirituelle et le cachet particulier que Dieu voulut lui donner".
Pie XII

 

Elle est fêtée le 7 février. (3)

Sources: 1; 2; 3

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6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 00:00
Saint Vaast (Gaston), évêque d'Arras, Apôtre de l'Artois († 540)

Martyrologe Romain : À Arras, en 540, saint Vaast (Gaston), évêque. Prêtre de Toul, il catéchisa le roi Clovis après sa victoire de Tolbiac en 496. Il fut envoyé par saint Remi comme évêque à Arras, où il restaura cette Église ruinée après l’invasion d’Attila, la gouverna pendant une quarantaine d’années et poursuivit l'œuvre d’évangélisation des peuples encore païens de la région.

En 496, Clovis, roi des francs, ayant battu les Alamans à Tolbiac, avait promis de se faire baptiser au Dieu de Clotilde. Regagnant la Champagne, Clovis fait étape à Toul. Il demande à St Ours (Urse) un prêtre pour lui apprendre à connaître Dieu en vue de son baptême.

L’évêque désigne Vaast. Ainsi le saint part et évangélisera le roi jusqu'à son baptême, 3 ans plus tard. Il lui parle longtemps de la Sainte Trinité remise en cause par les ariens. Au cours du voyage il rend la vue à un aveugle à Rilly-aux-Oies, près de Rethel). Il est là lorsque Clovis descend dans la fosse du baptistaire. Il a peut-être aidé à baptiser son armée... De nombreuses questions restent en suspens.

La Légende dorée rapporte que peu de temps après son ordination en tant qu'évêque d'Arras, il trouva une église envahie par les ronces et où habitait un loup (ou un ours selon les versions) ; il ordonna à l'animal de partir et de ne jamais revenir, et c'est ce qui arriva.

A 86 ans, le 6 Février 539 ou 540, Dieu le rappela après une quarantaine d'années d'épiscopat. Il fut inhumé à Arras, dans la cathédrale.

La Légende dorée de Jacques de Voragine raconte que l'imminence de sa mort lui fut signifiée par une colonne de feu qui s'abattit sur sa maison.

Thaumaturge: maladie des yeux, handicapés, retard à marcher.

 

Sources: 1; 2; Saint Vaast, Évêque d'Arras - Apôtre de l'Artois

Statue de saint Vaast dans l'église Saint-Vaast de Wambrechies (Nord)

Statue de saint Vaast dans l'église Saint-Vaast de Wambrechies (Nord)

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5 février 2021 5 05 /02 /février /2021 00:00
Sainte Agathe, vierge et martyre († 254)

Déjà deux de ces quatre illustres Vierges dont le souvenir est associé aux mérites de l'Agneau, dans la célébration du Sacrifice, ont passé devant nous dans leur marche triomphale sur le Cycle de la sainte Église ; la troisième se lève aujourd'hui sur nous, comme un astre aux plus doux rayons. Après saintes Lucie et Agnès, sainte Agathe vient nous consoler par sa gracieuse visite. La quatrième, l'immortelle Cécile, se lèvera en son temps, lorsque l'année inclinant à sa fin, le ciel de l'Église paraîtra tout à coup resplendissant de la plus magnifique constellation.

Deux villes de Sicile, Palerme et Catane, se disputent l'honneur d'avoir donné naissance à sainte Agathe ; ce qui est certain, c'est qu'elle fut martyrisée à Catane, sous l'empereur Dèce.

Dénoncée au préteur Quintianus, comme chrétienne, Agathe lui fut amenée. La beauté de la jeune fille le séduisit ; il conçut pour elle une passion criminelle et crut venir à bout de son dessein en la remettant aux mains d'une femme débauchée, nommée Aphrodisia. Aphrodisia employa son art et son artifice afin de séduire Agathe, sans pouvoir y réussir ; et après un mois de tentatives, elle s'en fut trouver le préfet pour lui annoncer l'inutilité de ses efforts.

Le juge alors fit comparaître la servante du Seigneur devant son tribunal.
"Qui es-tu?
- Je suis noble et d'une illustre famille, toute ma parenté le fait assez connaître.
- N'as-tu pas honte, lui dit-il, étant d'une naissance illustre, de mener la vie basse et servile des chrétiens ?
- L'humilité de la servitude chrétienne vaut mieux que tous les trésors et tout l'orgueil des rois.
- Pourquoi donc suis-tu la chétive condition des chrétiens ?
- Parce que la véritable noblesse s'acquiert avec Jésus-Christ dont je me dis la servante.
- Quoi donc ! sommes-nous dégradés de noblesse pour mépriser ton Crucifié ?
- Oui, tu perds la véritable liberté en te faisant esclave du démon jusqu'au point d'adorer des pierres pour lui faire honneur."

 

Afin d'apprendre à la jeune fille à mieux parler, Quintianus la fit frapper sur la joue et commanda qu'on la conduisit en prison, lui disant qu'elle eût à se préparer à renier Jésus-Christ ou à mourir dans les tourments.

Le lendemain, le juge essaya de gagner Agathe par des promesses, mais il la trouva inébranlable, et ses réponses excitèrent tellement la rage du persécuteur, que, sur son ordre, on arracha un sein à la Sainte. Elle dit à Quintianus : "N'as-tu pas honte, ô cruel tyran, de me faire souffrir de cette façon, toi qui as sucé ta première nourriture du sein d'une femme ?Quand elle fut rentrée dans la prison où le préfet avait défendu de lui rien donner, saint Pierre lui apparut et la guérit au nom du Sauveur ; la Sainte s'écria : "Je vous rends grâces, ô mon Seigneur Jésus-Christ, de ce qu'il vous a plu de m'envoyer votre Apôtre afin de guérir mes plaies et de me rendre ce que le bourreau m'avait arraché," et la prison fut remplie d'une si éclatante lumière que les gardiens s'enfuirent épouvantés, laissant les portes ouvertes.

Les autres prisonniers conseillaient à Agathe de prendre la fuite, mais elle répondit : "Dieu me garde de quitter le champ de bataille et de m'enfuir en voyant une si belle occasion de remporter la victoire sur mes ennemis."

Quatre jours après, Agathe fut ramenée devant le juge qui, la voyant saine et sauve, fut rempli d'étonnement ; sa rage n'en devint que plus grande. Par son ordre, on roula la Sainte sur des têtes de pots cassés et sur des charbons, en même temps que l'on perçait son corps de pointes aiguës. Pendant ce supplice, un tremblement de terre survint, et les principaux ministres de la cruauté de Quintianus furent écrasés. La ville, épouvantée, vit là un châtiment du Ciel et le persécuteur, craignant qu'on ne lui enlevât sa victime, se hâta de la renvoyer en prison. Quand elle y fut rentrée, Agathe dit : "Ouvrez, Seigneur, les bras de votre miséricorde, et recevez mon esprit qui désire vous posséder avec tous les transports d'amour dont il est capable", et en achevant ces mots elle expira (254). 

Catane au pied de l'Etna

Aussitôt que la nouvelle de cette mort se fut répandue, toute la ville accourut pour honorer les restes de sainte Agathe, et au moment où on voulut la mettre dans le tombeau, cent Anges, sous la figure de jeunes hommes, apparurent, et au front d'Agathe inscrivirent ces mots : "C'est une âme sainte ; elle a rendu un honneur volontaire à Dieu et elle est la rédemption de sa patrie." Quintianus, de son côté, était parti pour se mettre en possession des biens de la servante de Dieu, mais au passage d'une rivière, un cheval le mordit au visage et un autre, à coups de pieds, le précipita dans l'eau où il se noya.

 

La dévotion à sainte Agathe ne tarda pas de se répandre partout, mais nulle part elle ne fut plus honorée qu'à Catane.

 

Plusieurs fois sa protection a sauvé cette ville des éruptions de l'Etna, et pour cela il suffisait aux habitants de donner, comme barrière aux torrents de lave qui descendaient de la montagne, un objet qui avait touché le corps de la Sainte.

 

On invoque sainte Agathe contre les séismes et les incendies.

 

 

Sources : 1, 2Calendrier perpétuel, Les saints en 365 jours, Chêne

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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 00:00
Sainte Véronique

Sainte Véronique ou Bérénice signifie en grec : "qui porte la victoire".

La dévotion de la sixième station du Chemin de la Croix évoque le souvenir de cette femme qui a bravé la foule hostile pour essuyer le visage du Christ pendant sa Passion, recueillant ainsi sur son linge la Sainte Face du Christ.

Véronique apporta le Saint Voile à Rome. Telle était la vénération publique pour la Sainte Face, qu'au temps du pape Innocent II (1130-1141) il y avait six nobles familles romaines députées à la garde de la cassette où elle était renfermée.

Dans sa Bulle du 19 avril 1629, le pape Urbain VIII accorde une indulgence plénière à tous ceux qui, ayant participé aux sacrements, assistent à l'ostension de la sainte relique.

Le nom de Véronique en latin, vera icona, signifie l'icône authentique.

Les visions de Catherine Emmerich (visionnaire née le 8 septembre 1774 en Allemagne et décédée le 9 février 1824) nous apprennent qu’elle était cousine de Saint Jean-Baptiste. Elle fut admise dans la cellule de Jean-Baptiste après que celui-ci eut la tête coupée. Elle recueillit son sang.

La piété occidentale fait de Véronique, l'épouse du Zachée de l'Evangile (S. Amadour) (Bulle de Martin V, 1427), avec qui elle serait venue jusqu'à Soulac en Médoc près de Bordeaux, et Amadour en Quercy (Rocamadour) où le culte de Zachée (S. Amadour) est resté. On la trouve à Marseille, à Mende, à Cahors, à Bazas, à Rodez, à Limoges.

C'est à Soulac qu'elle vint finir ses jours, l'an 70. Elle avait exercé un apostolat en Aquitaine durant vingt-trois ans, et elle mourait âgée d'environ quatre-vingt-quatre ans.

Sainte Véronique est la patronne des photographes, touchés par l'histoire de cette reproduction de cette première image divine. 

À Paris et à Liège, elle est patronne des lingères.

Sources : (1) Nominis; (2) L'Evangile au quotidien; (3) Calendrier perpétuel, Les saints en 365 jours, Chêne; Mgr Jean-Joseph Gaume, Biographies évangéliques, 1881-1893, tome I, Nouvelle édition ESR, Cadillac 2007, p. 319-338.

 

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3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 00:00
La prédication de saint Anschaire, œuvre de Hugo Hamilton (1830)

La prédication de saint Anschaire, œuvre de Hugo Hamilton (1830)

Moine bénédictin de Corbie, en Picardie, puis de la Nouvelle Corbie, en Saxe, Oscar, Apôtre des scandinaves [1] est le premier représentant de l'Église à christianiser la Scandinavie et particulièrement la Suède.

 

Il naît en 801 dans une famille noble [2] et devient moine à l’abbaye de Corbie, proche d'Amiens, et limitrophe de sa ville natale Fouilloy

 

La vision de la mort de Charlemagne le décide à prononcer ses voeux. Il s'installe alors à Corbie-la-Neuve (appelée encore Corvey) en Westphalie.

 

Ses dispositions à l'étude et à l'obéissance monastique lui permettent de progresser très vite.

 

Il part évangéliser l'Allemagne du nord, puis le Danemark et la Suède.

 

En 826, il arrive au Danemark, à la suite du baptême du roi danois, vassal des Francs, Harold Klak, dans l’abbaye Saint-Alban devant Mayence, par Ebbon, archevêque de Reims et légat pontifical.

 

Son succès amène Bjorn, le roi de Suède, à l'inviter à poursuivre sa mission dans son propre royaume.

 

Cependant, Harald est chassé du Danemark et la mission d'Anschaire au Danemark s’interrompt.

Si j'avais le don des miracles, le premier que je ferais serait de changer ma mauvaise nature en celle d'un honnête homme.

Saint Anschaire [3], en réponse à l'un de ses disciples qui admirait ses miracles.

Oscar suit le moine Vittmar dans sa mission en Suède où le roi local est tolérant à l’égard de la prédication du christianisme, considéré comme religion des étrangers et suivie en majorité par les prisonniers de guerre. [4] 

 

Louis le Pieux le nomme archevêque de Hambourg en 831. [5]

 

Durant les quatorze années suivantes, il travaille constamment à évangéliser ces peuples païens, organisant la mission, fondant des églises et créant même une bibliothèque.

 

Il fonde la première communauté chrétienne de Suède en 831 à Birka, haut lieu du tourisme en Suède en rapport avec l'histoire du pays et des Vikings. 

 

L'une des plus grandes réussites de sa mission semble être la conversion de Herigar, le préfet de Birka, qui a fait construire une église. [6]

Statue de l'archevêque Ansgar (Oscar) par Engelbert Peiffer sur le Trostbrücke à Hambourg

Statue de l'archevêque Ansgar (Oscar) par Engelbert Peiffer sur le Trostbrücke à Hambourg

Oscar achète des esclaves danois et slaves pour qu'ils soient éduqués dans le service de Dieu. 

 

Croix d'Ansgar, à Birka, Suède, 2008

Croix d'Ansgar, à Birka, Suède, 2008

Évêque de Hambourg, puis de Brême, il ne se décourage pas quand le roi danois Horik mène un raid qui menace son œuvre, ruine sa ville épiscopale, dévaste la Scandinavie et la ramène au paganisme en 845. Oscar lui-même manque d'être tué pendant l'attaque.

 

Il sème dans la peine ce que d'autres moissonneront dans la joie (Missel de l'Assemblée pour la semaine). [7]

 

Peu après, il est nommé archevêque de Brème (siège qui sera plus tard réuni à celui de Hambourg par le pape Nicolas 1-er).

 

Il ne se plaît pas à Brême, et aussitôt que la situation le permet, c'est-à-dire en 849, il repart en Scandinavie comme missionnaire légat.

 

Il trouve un converti influent en la personne du roi Narek du Jutland. Malgré les difficultés de l'environnement et l'hostilité de la population, Oscar réussit à gagner le respect par son austérité, par les miracles qu'il accomplit et par sa générosité envers les pauvres.

 

Il porte jour et nuit un cilice et vit le plus souvent d'eau et de pain, à moins que par charité il ne soit obligé de suspendre son jeûne.

 

Humble et défiant de lui-même, il veille sur tous les mouvements de son cœur et recourt sans cesse à Dieu, à qui il demande la lumière pour prêcher la vérité et la force pour pratiquer la vertu.

 

Il prêche, développe l'éducation et fait campagne contre l'esclavage, le tout avec une grande ardeur. C'est au Danemark et en Allemagne du Nord qu'il a la plus grande influence

 

Il rentre en Allemagne, et tombe gravement malade; il meurt trois mois plus tard à Brême, de sa maladie intestinale, le 3 février 865. 

 

Après sa mort, de nombreuses régions évangélisées retombèrent dans le paganisme, où elles restèrent jusqu'à l'arrivée de saint Siegfrid au XI-e siècle.

Monument S. Ansgar (Oscar), Copenhague

Monument S. Ansgar (Oscar), Copenhague

Saint Oscar a créé la tradition de faire de courtes prières personnelles entre les psaumes.

 

Il a écrit une biographie de Willehad, un récit des guérisons miraculeuses qui se seraient produites à partir de la Pentecôte 860 sur la tombe du premier évêque de Brême Willehad dans la cathédrale de Brême, et une collection de prières, la Pigmenta. Le recueil des rapports sur les guérisons miraculeuses a été authentifié par l'indication précise des lieux d'origine des guéris. Ainsi, les histoires d'Ansgar (Oscar) sont devenues une sorte de rapport factuel, "un texte qui était unique sous cette forme au début du Moyen Âge!" [8]

 

Il avait un talent particulier pour la prédication et mêlait adroitement dans ses discours la terreur et la consolation, inspirant à ses auditeurs une crainte salutaire que les éloignait du mal et une dévotion tendre qui donnait du goût pour la pratique de la perfection. Son zèle était toujours accompagné de sagesse et de prudence ; dans les affaires importantes, il prenait toujours le temps de consulter Dieu. 

 

Saint Oscar est l'objet de la biographie Vita Anskarii écrite v. 875 par Rimbert (son successeur comme archevêque de Hambourg-Brême)principale source historique sur sa vie, mais aussi une source importante sur la société scandinave de l'âge des Vikings. [9]

 

En raison de ses services à la diffusion du christianisme en Suède, au Danemark et dans le Schleswig, les Églises catholique romaine et orthodoxe vénèrent en saint Oscar "l'apôtre du Nord" ou "l'apôtre de la Scandinavie, tout comme les protestants et les églises anglicanes se souviennent de lui. [10]

 

Oscar a subi tant de revers dans cette activité missionnaire que son biographe interprète toute sa vie pendant cette période comme un long martyre, bien qu'Oscar n'ait pas fini violemment.

 

En raison de ses nombreux voyages, il est également appelé comme le saint patron des voyageurs. [11]

 

Ses mérites résident également dans son engagement envers les esclaves et les pauvres. 

 

Ses aumônes furent extrêmement abondantes; presque tous ses revenus furent consacrés à secourir les indigents, à fonder des hôpitaux, à racheter des captifs. Pendant le carême, il recevait chaque jour à sa table et servait lui-même quatre pauvres. [12]

L'évêque Ansgar, Lithographie d'après une peinture de l'ancienne cathédrale de Hambourg aujourd'hui à St. Petri, Hambourg, par Friedrich Wilhelm Graupenstein, vers 1865

L'évêque Ansgar, Lithographie d'après une peinture de l'ancienne cathédrale de Hambourg aujourd'hui à St. Petri, Hambourg, par Friedrich Wilhelm Graupenstein, vers 1865

Sources

 

(1) Encyclopédie Larousse

(2) CasimirKuczaj

(3) Nominis

(4) VaticanNews 

(5) Régis Boyer, Les Vikings. Histoire et civilisation, Plon, Paris, 1991, p. 129

(6) Peter Hayes Sawyer, Kings and Vikings : Scandinavia and Europe A.D. 700-1100. London & New York, Routledge, 1992, p. 135

(7) Missel des dimanches 2021, Édition collective des Éditeurs de liturgie, p. 211

(8) Konrad Elmshäuser, Sept guérisons miraculeuses en un jour. Il y a 1150 ans: des muets parlent sur la tombe de l'évêque Willehad à Brême, et les estropiés peuvent à nouveau marcher. Dans Weser-Kurier, 22 mai 2010, p. 24

(9) Wikipedia

(10) Wikipedia allemand

(11) Plaque sur la statue d'Ansgar (Oscar) par Franz Bernhard Schiller (1854) dans l'église de Sankt Ansgar (Kleiner Michel) à Hambourg 

(12) Vies des saints et des bienheureux, tome 2, Letouzey et Ané, 1936

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 00:00
La Présentation de Jésus au Temple, la Purification de Marie, Fête

La fête de ce jour a un double objet, célébrer la Purification de Marie et la Présentation de Jésus au Temple selon la loi de Moïse (Luc 2, 22). Cette loi fixait le temps où les mères devaient se présenter avec leurs nouveau-nés devant les autels, et elle exigeait une offrande pour le rachat des enfants mâles. Ni Marie, toute pure dans sa maternité, ni Jésus, Fils de Dieu, n'étaient obligés à cette cérémonie ; cependant par humilité, et pour donner aux hommes un éclatant exemple d'obéissance aux lois divines, Marie, accompagnée de Joseph et portant Jésus en ses bras, se rendit au Temple de Jérusalem.

 

Siméon, aveugle et âgé, saisit l'Enfant dans ses bras : sa foi et son coeur lui révélèrent qu'il tenait la Lumière venue éclairer les nations, le Sauveur. Plein de reconnaissance, il chanta le "Nunc dimittis", ce cantique qui est repris tous les jours à l'Office des Complies. "Seigneur, à présent tu peux laisser aller ton serviteur en paix, car mes yeux ont vu ton Salut..."

 

Nunc dimittis servum tuum, Domine,

secundum verbum tuum in pace.

Quia viderunt oculi mei salutare tuum,

quod parasti ante facies omnium populorum,

lumen ad revelationem gentium

et gloriam plebis tuae Israel.

 

La fête chrétienne qui nous conserve le souvenir de cette cérémonie porte, dans le langage populaire, le nom de la Chandeleur, à cause de la procession qui se fait ce jour-là dans nos églises avec des cierges bénis allumés, qui symbolisent la lumière, la pureté et éloignent du mal. Cette fête remonte au pape Gélase Ier en 492 qui offrait des crêpes aux pèlerins à Rome, en organisant des processions aux "chandelles" (d'où son nom). La forme ronde et la couleur des crêpes rappellent le disque solaire et le retour vers la lumière en ce début du mois de février où les jours rallongent. 

Cette fête est également accompagnée de superstitions. Si les paysans ne faisaient pas de crêpes à la Chandeleur, le blé serait mauvais l’année suivante. Pour être assuré que la récolte sera bonne et les finances prospères, ils se devaient de retourner la première crêpe en la jetant en l’air de la main droite en tenant un Louis d’or dans la main gauche, en veillant à ce qu’elle retombe parfaitement dans la poêle. La crêpe était ensuite déposée en haut d’une armoire. (3)

Les cierges symbolisent Notre-Seigneur Jésus-Christ, Lumière du monde ; la procession représente le passage de la sainte Famille dans le Temple et la rencontre des deux vieillards Siméon et Anne.

Saint Anselme, développant ce mystère, nous dit qu'il y a trois choses à considérer dans le cierge : la cire, la mèche et la flamme. La cire, ouvrage de l'abeille virginale, est la chair du Christ ; la mèche, qui est intérieure, est son âme ; la flamme, qui brille en la partie supérieure est sa divinité.

La procession de la Chandeleur nous apparaît comme la marche du peuple chrétien à la lumière du Christ, figuré par les cierges que porte le clergé, la portion choisie de l'Église, comme Jésus même était porté entre les bras de Marie, entre ceux du saint vieillard Siméon et du pontife qui L'offrit au Seigneur.

Les cierges de la Chandeleur sont bénis avec une solennité toute particulière et avec l'emploi des prières les plus touchantes. Conservés dans la maison des chrétiens, ils sont un gage de la protection divine. Il est dans l'esprit de l'Église d'allumer les cierges de la Chandeleur pour repousser les esprits de ténèbres, dans les dangers corporels et spirituels, au lit des mourants, pour éloigner d'eux l'ennemi des hommes, qui fait alors son suprême effort afin d'arracher les âmes à Dieu. C'est bien alors surtout, en effet, que l'homme a besoin du recours du Rédempteur, vraie lumière des âmes, pour illuminer les derniers instants de sa vie.

Présentation du seigneur, 1342, Ambrogio Lorenzetti, Florence, offices

Présentation du seigneur, 1342, Ambrogio Lorenzetti, Florence, offices

Les orthodoxes nomment cette fête la Sainte Rencontre. (4)

Sources: 1; 2 Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950. L'Evangile au quotidien ; (3); (4) Dominique Le Tourneau, Les Mots du christianisme, Bibliothèque de Culture religieuse, Fayard, La Flèche 2005, p. 125

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 00:00
Sainte Ella, abbesse de Laycock († 1261)

Ella Fitzpatrick, par son époux Guillaume(*), était la belle-soeur de Richard Coeur de Lion, prince d'Angleterre. Son époux n'était pas des plus fidèles, ce dont elle souffrait tout en étant indulgente pour son inconduite, espérant toujours qu'il reviendrait à une vie morale plus proche des exigences évangéliques. Ce qui arriva. Au retour de la 3ème croisade et sauvé d'une tempête, Guillaume résolut de ne plus la tromper et de vivre vertueusement. Il tint parole.

Devenue veuve, Ella se plaça sous la direction de saint Edmond et fonda une abbaye de religieuses augustines à Laycock dans le Lancashire, dont elle fut la première abbesse. (1)

(*) William Longespée ou Longsword, 3e comte de Salisbury +1226, fils illégitime d'Henry II d'Angleterre.

 

Sources: (1), (2)

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