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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 00:00

Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous :

l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14, 16-17

Vitrail moderne représentant la Pentecôte

Vitrail moderne représentant la Pentecôte

Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.

Evangile selon S. Jean 15 : 26

La Pentecôte correspond à l'envoi de l'Esprit-Saint aux Apôtres réunis au Cénacle de Jérusalem, dix jours après l'Ascension de Notre Seigneur, et donc cinquante jours après sa résurrection (Pâques).

Le Cénacle est le lieu de l'effusion de l'Esprit lors de la Pentecôte, quand "apparurent comme des langues de feu qui se posèrent sur chacun d'eux"  (Ac 2:2-3C'est au Cénacle qu'eut lieu le premier concile, dit "concile de Jérusalem" (Ac 15:4-19)

Le Cénacle est aussi le nom de la pièce où Notre Seigneur institua le sacrement de l'Eucharistie (la sainte Cène), le Jeudi saint, la veille de sa Passion.

pentecote.jpg

Sur cette gravure, en haut de l'image, on remarque des triangles entremêlés, tête en haut ou tête en bas. Les triangles tête en bas ont à leur base deux points, ce qui dans les Ecritures correspond à l'envoi de l'Esprit-Saint par les deux autres personnes de la Sainte Trinité : le Père et le Fils qui ne font qu'UN, et dans les triangles têtes dirigées vers le haut, l'assemblée de Dieu, qui sur terre est en perpétuelle recherche de Dieu et donc en relation permanente avec le Créateur par la grâce de l'Esprit-Saint.

 

13 À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. 14 Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. 15 En ces jours-là, Pierre se leva au milieu des frères qui étaient réunis au nombre d’environ cent vingt personnes...

Actes des Apôtres 1, 13-15

19 Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

20 Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.

21 Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »

22 Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.

23 À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,19-23

"Le miracle de la Pentecôte, où les Apôtres, cinquante jours après la Résurrection reçoivent l'Esprit Saint, et sont appelés à prêcher dans le monde entier en parlant une multitude de langues, marque la fondation de l'Église.

 

C'est le Christ qui fonde ici Son Église: « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » 

 

Et "c'est Pierre qui prend la parole pour annoncer le premier cette bonne nouvelle (Actes 2, 1-36)." (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d'Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 24-25). Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours :

Alors Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration : « Vous, Juifs, et vous tous qui résidez à Jérusalem, sachez bien ceci, prêtez l’oreille à mes paroles.

[...] Il s’agit de Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes.

Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies. Mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort.

[...] Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins.

[...] Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ.

Actes des Apôtres 2,1-36

"Suivant deux illustres Pères de l'Église orientale, saint Hésychius, patriarche de Jérusalem, et saint Proclus, patriarche de Constantinople, le Saint-Esprit descendit au moment même où saint Pierre célébrait, au milieu des disciples, l'auguste sacrifice de la messe." (Mgr Gaume, Traité du Saint-Esprit, 1865, troisième édition, Gaume et Cie Editeurs, 3 rue de l'Abbaye, tome II, Paris 1890, p. 192).

La Cène, Fra Angelico, 1452

La Cène, Fra Angelico, 1452

"La vie communautaire et la vie de prière étaient ordonnées à l’annonce de l’Evangile. C’est exactement ce qui a été vécu par les premiers chrétiens dans ce temps entre Ascension et Pentecôte : sur ordre de Jésus, les disciples font communauté, écoutent la Parole, reçoivent l’Esprit, et deviennent messagers de la Bonne Nouvelle. Vivre au Cénacle c'est vivre avec Ma­rie, c'est se laisser comme elle conduire par l'Esprit pour communiquer le Christ aux autres." (Congrégation Notre Dame du Cénacle, n° 37)

C'est comme une précieuse indication : pas de Pentecôte sans cénacle. En un mot, l'Esprit est donné à des êtres qui, déjà, essayent de vivre en communion, unis dans leur diversité et surtout persévérants dans la prière avec Marie, la Mère de Jésus.  (Cathedrale du Puy)

Au cours de la prière au Cénacle, dans une attitude de profonde communion avec les Apôtres, quelques femmes et les « frères » de Jésus, la Mère du Seigneur invoque le don de l'Esprit pour elle-même et pour la communauté.

Marie désire une effusion de l'Esprit en vue de sa propre fécondité spirituelle.

Il était bon que la première effusion de l'Esprit sur elle, qui avait eu lieu en vue de sa maternité divine, fût renouvelée et renforcée. En effet, au pied de la Croix, une nouvelle maternité avait été confiée à Marie, qui concernait les disciples de Jésus. Cette mission exigeait précisément un renouvellement du don de l'Esprit. La Vierge le désirait donc, en vue de la fécondité de sa maternité spirituelle.

Alors qu'au moment de l'Incarnation l'Esprit était descendu sur elle en tant que personne appelée à participer dignement au grand mystère, maintenant tout s'accomplit en fonction de l'Église, dont Marie est appelée à être la figure, le modèle et la mère.

Marie désire une effusion de l'Esprit sur les disciples et sur le monde.

Dans l'Église et pour l'Église, la Vierge, se souvenant de la promesse de Jésus, attend la Pentecôte et implore pour tous la multiplicité des dons, selon la personnalité et la mission de chacun.

Dans la communauté chrétienne, la prière de Marie revêt une signification particulière : elle favorise l'avènement de l'Esprit en sollicitant son action dans le cœur des disciples et dans le monde.

Tout comme, lors de l'Incarnation, l'Esprit avait formé en son sein virginal le corps physique du Christ, de même, au Cénacle, le même Esprit descend pour animer son Corps mystique.

La Pentecôte est donc aussi le fruit de l'incessante prière de la Vierge, que le Paraclet accepte avec une faveur toute particulière parce qu'elle est l'expression de son amour maternel à l'égard des disciples du Seigneur. En contemplant la puissante intercession de Marie qui attend l'Esprit Saint, les chrétiens de tous les temps, dans leur long et difficile cheminement vers le salut, recourent souvent à son intercession pour recevoir avec plus d'abondance les dons du Paraclet.

Répondant à la prière de Marie et de la communauté rassemblée au Cénacle le jour de la Pentecôte, l'Esprit Saint comble la Vierge et ceux qui sont présents de la plénitude de ses dons, opérant en eux une profonde transformation en vue de la diffusion de la Bonne Nouvelle.
À la Mère du Christ et aux disciples, sont donnés une force nouvelle et un dynamisme apostolique nouveau, pour la croissance de l'Église.
Éclairée et conduite par l'Esprit, elle a exercé une influence profonde sur la communauté des disciples du Seigneur
En particulier, l'effusion de l'Esprit conduit Marie à exercer sa maternité spirituelle d'une manière singulière, par sa présence toute imprégnée de charité et par le témoignage de sa foi. Dans l'Église naissante, elle transmet aux disciples, comme un trésor inestimable, ses souvenirs sur l'Incarnation, l'enfance, la vie cachée et la mission de son divin Fils, contribuant à le faire connaître et à affermir la foi des croyants.

Nous ne disposons d'aucune information sur l'activité de Marie dans l'Église primitive, mais il est permis de supposer que, même après la Pentecôte, elle a continué à vivre une existence cachée et discrète, attentive et efficace.

Éclairée et conduite par l'Esprit, elle a exercé une influence profonde sur la communauté des disciples du Seigneur.

(Extraits de l'Audience de Jean-Paul II du 28 mai 1997)

Le Veni Creator Spiritus est une hymne composée au IXe siècle, considérée comme la plus célèbre de toutes les hymnes grégoriennes, elle signifie Viens Saint Esprit Créateur et commémore la Pentecôte.
Cette hymne fut entonnée par Sainte Jeanne D'Arc et son armée lorsque la Pucelle de Domrémy, menait ses soldats vers une de ses plus grandes victoires sur les Anglais (à Patay notamment où il y eu au minimum 2000 anglais de morts et 3 -trois- côté Français seulement!).
 
Veni, creator Spiritus,
Mentes tuorum visita,
Imple superna gratia
Quae tu creasti pectora.
Qui diceris Paraclitus,
Altissimi donum Dei,
Fons vivus, ignis, caritas
Et spiritalis unctio.
Tu septiformis munere,
Digitus paternae dexterae,
Tu rite promissum Patris,
Sermone ditans guttura.
Accende lumen sensibus,
Infunde amorem cordibus,
Infirma nostri corporis
Virtute firmans perpeti.
Hostem repellas longius
Pacemque dones protinus;
Ductore sic te praevio
Vitemus omne noxium.
Per te sciamus da Patrem,
Noscamus atque Filium;
Teque utriusque Spiritum
Credamus omni tempore.
Deo Patri sit gloria,
Et Filio, qui a mortuis
Surrexit, ac Paraclito
In saeculorum saecula.
Amen.
Viens, Esprit Créateur,
Visite la pensée de tes fidèles,
Emplis de la grâce d'En-Haut
Les cœurs que tu as créés.
Toi qu'on nomme le Consolateur,
Le don du Dieu très-Haut,
La source vivante, le Feu, la Charité,
L'Onction spirituelle.
Tu es l'Esprit à la septuple forme,
Le doigt de la droite du Père,
Tu es sa solennelle promesse,
Enrichissant notre gorge par la parole.
Fais jaillir la lumière dans notre intelligence,
Répands l'amour dans notre coeur,
Soutiens la faiblesse de notre corps
Par ton éternelle vigueur !
Repousse au loin l'Ennemi,
Donne-nous la paix sans délai ;
Que sous ta conduite qui nous ouvre la voie,
nous évitions toute nuisance.
Fais que par toi nous connaissions le Père
Et découvrions le Fils,
Et qu'en toi, leur commun Esprit,
Nous croyions en tout temps.
Gloire soit à Dieu le Père,
Au Fils ressuscité des morts,
À l'Esprit Saint Consolateur,
Dans les siècles des siècles.
Amen.
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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 00:00
Saint Émile, martyr à Carthage (IIIème siècle)

En Afrique du Nord vers 250, pendant la persécution de Dèce contre les chrétiens, Émile, arrêté pour sa foi, après avoir faibli devant la torture, apostasia et fut relâché. Se reprenant aussitôt, il alla voir le magistrat qui l'avait jugé et lui redit sa foi. Il fut condamné à être brûlé vif.

Saint Émile, fut d'abord emprisonné, battu avec des verges et soumis à différentes tortures pour l'inciter à renier la vraie Foi et à sacrifier aux faux Dieux.

S. Cyprien, son contemporain, évêque de Carthage, puis martyr comme lui, raconte que les deux saints, Émile et Chaste (ou Vaste), après les premiers tourments, crurent ne pas pouvoir résister aux intentions, puis, après avoir prié le Seigneur, reçurent la force de vaincre leurs persécuteurs, qui les firent mourir par le feu.

 

Sources : 1, 2, 3

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 00:00
Saint Constantin, empereur (272-337)

Né en Serbie, fils de l'empereur Constance Chlore et de sainte Hélène, Constantin fut élevé à la cour de Dioclétien et proclamé empereur en Gaule après la mort de son père, en 306.

 

Son génie fut de reconnaître la force morale des chrétiens et de gouverner avec eux et non plus contre eux, comme l'avaient fait ses prédécesseurs. Son règne marque la fin des persécutions contre les chrétiens.

 

"De l'avis de tous, Constantin joua certainement le rôle d'accélérateur de l'histoire. [...] Mais le christianisme était déjà une présence sociale avant Constantin, et il continua à s'enraciner en Europe après lui, dans un milieu différent qui devint celui des royaumes barbares. [...] Le christianisme a survécu à la chute de l'Empire et a gagné les Barbares, qui ont [...] adopté la religion des vaincus." (Marie-Françoise Baslez, Comment notre monde est devenu chrétien, CLD Éditions, Points Histoire, Lonrai 2015, p. 202.)

"S'il faut identifier le christianisme populaire par le culte des saints, les miracles et les exorcismes, son acte de naissance est bien antérieur au IVe siècle." (Marie-Françoise Baslez, Comment notre monde est devenu chrétien, ibid., p. 132-133.)

 

Saint-Constantin--empereur--272-337-.png

Le Chrisme: image que vit Constantin dans le ciel avant la bataille du Pont Milvius, correspondant aux lettres grecques X Chi et P Rho (XP), les deux premières lettres du mot Christ.

 

Constantin Ier, et toute son armée avec lui, vit apparaître dans le ciel une croix. Jésus, dans un rêve prémonitoire, lui promit aussi de vaincre Maxence par le chrisme, symbole formé des deux lettres grecques Khi (X) et rho (P), les deux premières lettres de Christ. Constantin les fit apposer sur les étendards de son armée et les boucliers de ses hommes.

Bataille du Pont Milvius, fragment d'une fresque de Raphaël au Vatican, in La Gaule chrétienne, D'après les écrivains et les monuments anciens, Paris Librairie Hachette et Cie, Paris 1879, p. 43

Bataille du Pont Milvius, fragment d'une fresque de Raphaël au Vatican, in La Gaule chrétienne, D'après les écrivains et les monuments anciens, Paris Librairie Hachette et Cie, Paris 1879, p. 43

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b5/Labarum.svg/117px-Labarum.svg.pngLe 28 octobre 312, au Pont Milvius, à quelques kilomètres au nord-est de Rome, deux empires, deux mondes s'affrontaient devant les siècles : l'empire des Césars et la monarchie chrétienne, le monde païen et le monde chrétien. Combattant sous le drapeau marqué de la croix, son armée composée de Germains, de Gaulois et de chrétiens au nombre de 98.000 fantassins et cavaliers, vainquit les Romains, Italiens, Carthaginois, Tyrrhéniens et Siciliens ainsi que Maxence au nombre de 188.000 fantassins et cavaliers, sous les murs de Rome. Constantin se fit chrétien, concluant ainsi la paix avec l'Église. Il se convertit et édifia à Rome une basilique sur le tombeau de saint Pierre, premier pape. 

Constantin attribue à la protection de Saint Michel Archange de nombreuses victoires obtenues contre ses ennemis et, en reconnaissance, il fit construire un magnifique sanctuaire à Constantinople : le célèbre Michaelion. Ce sanctuaire devint un lieu de pèlerinage : un grand nombre de malades y obtinrent la guérison par l'intercession de l'archange Michel. (Père Gilles Jeanguenin, Le Prince des Anges Saint Michel, Pierre Téqui éditeur, Paris 2002, p. 12.)
         
Il proclama l'édit de Milan (312) qui donna la liberté aux chrétiens de pratiquer leur culte et de propager leur foi. Il restitua les biens ecclésiastiques confisqués par Maxence.
Légalement, depuis 313, les cultes officiels n'étaient plus obligatoires pour personne, mais leur statut n'était pas aboli. La conversion de Constantin ne donna pas le signal d'une revanche contre le paganisme. Il interdit seulement la divination par consultation des entrailles des victimes (haruspicine), la magie, les cultes païens immoraux (viols de sépultures, infanticides), les coutumes païennes immorales (Constantin fait détruire un sanctuaire d'Asclépios à Agaï en Cilicie, fermer un temple d'Astarté à Baalbek en Phénicie où se pratiquait la prostitution sacrée) et les sacrifices, mais ne ferma pas les temples :

 

"Vous qui estimez que cela vous est utile, rendez-vous aux autels publics, aux temples, et célébrez les rites auxquels vous êtes habitués: nous n'empêchons pas en effet de célébrer en plein jour les rites de cet ancien usage illicite" (15 mai 319.)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e4/Chrisme_PARIS_Saint_Fran%C3%A7ois-Xavier.jpg/800px-Chrisme_PARIS_Saint_Fran%C3%A7ois-Xavier.jpg

 

Chrisme surplombant une chapelle de l'Eglise Saint-François-Xavier, Paris

 

"Il est manifeste, écrit Constantin, que la négligence de la religion, dans laquelle est conservée le respect souverain de la très-sainte et très-haute puissance, est cause de grands dangers pour les affaires de l'Etat; en revanche, lorsque la religion est reçue et gardée conformément aux lois, elle apporte, procurée par les bienfaits divins, une très grande prospérité au nom romain et une réussite notable à toutes les entreprises humaines" (Lettre III, 1.)

 

En 329, Constantin interdit aux juifs de molester ou de lapider les juifs qui passent aux christianisme.

 

Le 25 juillet 336, lorsque Constantin fête ses trente ans de règne à Constantinople, la paix règne aux frontières comme à l'intérieur de l'empire. Les Barbares et les Perses sont tenus en respect, le pouvoir de l'empereur s'étend sur l'Orient et sur l'Occident. La nouvelle capitale, Constantinople, est en plein développement. Avec une position stratégique exceptionnelle, elle se révélera imprenable, et sera pendant des siècles, le verrou qui interdira le passage des Barbares venus du nord vers les provinces de l'Orient puis des musulmans vers l'Europe, jusqu'en 1453.

 

L'empereur Constantin fit reconstruire les églises et en les honorant par des offrandes de grand prix. En Cilicie, il chassa le démon Pythonicos, en ayant ordonné l'ordre que la maison dans laquelle il se cachait soit renversée de fond en comble. (Socrate, Histoire ecclésiatique, I, III, 1; XVIII, 7-11.)

 

Se rendant en Orient en 324, il constata le grand nombre de dissensions du fait de l'hérésie arienne du prêtre alexandrin Arius (niant la pleine divinité du Christ). Afin de rétablir la paix religieuse, fort de son titre traditionnel de Pontifex Maximus (Grand Pontife) titre des empereurs romains, et bien qu'il ne fût baptisé que peu de temps avant sa mort, il réunit un concile oecuménique en 325 à Nicée et essaya de résoudre les conflits internes et externes de l'Église. Le nombre des évêques qui participèrent au concile varie selon les sources, entre 250 (Eusèbe de Césarée), entre 270 et 300 (Eustathe d'Antioche et Athanase d'Alexandrie) et 318 (Hilaire de Poitiers). Les évêques venus de tout l'empire, personne ne pouvait en prévoir l'issue. Les évêques donnèrent finalement raison à Alexandre, patriarche d'Alexandrie, et tort au prêtre Arius. Ils proclamèrent le Fils, "consubstantiel" (homoousios) au Père, c'est-à-dire de la même substance ou essence (ousia) divine que le Père; un Fils "engendré, non pas créé". Un Fils tout aussi Dieu, tout aussi éternel que le Père. Ce qui était en jeu c'était la Sainte Trinité - le Père, le Fils et le Saint-Esprit -, c'est-à-dire l'idée spécifiquement chrétienne de Dieu : le Père n'est pas le Fils, la consubstantialité n'est pas l'identité tout court, mais l'identité de substance ou l'égale majesté des Trois. Ce n'étaient pas là les idées de Constantin (qui ne sera baptisé que sur son lit de mort en 337 par un évêque arien), mais celles des évêques, successeurs des apôtres.

Le concile condamna la doctrine d'Arius et Constantin fit exiler Arius. Ce concile inaugura le césaropapisme (système de gouvernement temporel de césar qui, dans une volonté de domination universelle, cherche à exercer son pouvoir sur les affaires religieuses), pratique de confusion du temporel et du spirituel entre les mains du souverain, qui était déjà celle des empereurs romains et de tous les anciens empires, mais qui ne correspondait pas à l'essence du christianisme, qui distinguait les deux pouvoirs ("Rendez à césar ce qui est à césar et à Dieu ce qui est à Dieu." Mc 12:17; Mt 22:21, Lc 20:25.)

 

Constantin séjourna plusieurs fois dans les Gaules et prit des mesures de révision du cens pour y alléger les impôts. Ses lois et sa politique se basaient sur les principes chrétiens. Il était un grand constructeur d'édifices chrétiens. Il semble que dès cet hiver de 312-313, le trésor public ait aidé à des reconstructions de bâtiments chrétiens et que le pape Miltiade (311-314) ait obtenu de l'impératrice Fausta le somptueux palais du Latran. Le Liber Pontificalis, dans sa biographie du pape Silvestre (314-335) attribue ainsi à Constantin la construction de :

 

- la basilique Constantinienne St Jean de Latran, première église à être publiquement consacrée le 9 novembre 324 sous le titre de Basilique du Très Saint Sauveur par le pape Sylvestre Ier (son nom de basilique Saint-Jean est progressivement adopté par association à son important baptistère voisin, dédié à saint Jean-Baptiste, le plus ancien de Rome. Pendant plus de dix siècles, les papes, évêques de Rome, résidèrent dans le palais du Latran voisin)

- celles de St Pierre au Vatican, où les premiers pèlerins venaient rendre un culte à Saint Pierre à l'emplacement du cirque de Néron;

- à Rome, de Saint-Paul hors les murs, de Sainte Croix de Jérusalem, de Saint-Sébastien, des Saints-Pierre-et-Marcellin, de Saint-Laurent et de Sainte-Agnès (ces deux derniers édifices seraient dus à d'autres membres de la dynastie).

 

En 321, Constantin déclara le "jour du Seigneur" (le dimanche) jour de repos obligatoire. (Marie-Françoise Baslez, Comment notre monde est devenu chrétien, ibid., p. 185.) Mais le premier à opposer le respect du "Jour du Seigneur" (dimanche, jour de la Résurrection de Jésus) à l'observance du sabbat fut saint Ignace d'Antioche, martyr vers 115 ap. J.-C., dans son épître aux Magnésiens 9,1. (Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problèmes, PUF, Clamecy 2018, p. 248, 254 et 260.)

Le dimanche, "jour du Seigneur" marqué par le culte eucharistique communautaire, propre aux chrétiens, est attesté dès les origines. (Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 446.) Au IIe siècle, le culte eucharistique, décrit par saint Justin - lectures, prières, consécration du pain, de l'eau et du vin, distribution et partage des choses consacrées (Apologie 65 et 67) - se réalise suite au baptême et le dimanche. Il a lieu le matin, ce qui indique qu'il est séparé du repas qui l'accompagnait aux origines et qu'il s'est davantage ritualisé. (Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 438.)

 

Si Constantin n'évite pas la guerre civile qui éclate entre ses fils (Constantin II à Trèves, Constant à Sirmium et Constance II à Antioche), il en limite les conséquences et permet, in fine, la réunification du monde romain entre les mains de Constance II (353), puis de son neveu Julien (361).

 

Le principe héréditaire l'emportait sur l'élection par les légions, ce fléau qui vit des coup d'Etat permanent caractériser l'Anarchie militaire du IIIe siècle, où 18 empereurs se succédèrent en 49 ans (235-284), cinquante années marquées de guerres, de ravages, d'invasions (particulièrement en Occident qui vit les premières invasions germaniques). "Être élu empereur dans la période d'un demi-siècle qui suit la mort de Sévère Alexandre, est une destinée tragique. Les élus acceptent le principat comme un arrêt de mort" (Ferdinant Lot, La Fin du monde antique et le début du Moyen Âge, 1927, Albin Michel, Paris 1989, p. 21).

 

La victoire du principe héréditaire correspondait à une tendance latente depuis le Haut-empire : les Césars s'étaient succédé dans la famille d'Auguste, les Julio-Claudiens, puis les Flaviens, les Antonins eux-mêmes, et enfin les Sévères. Le principe héréditaire répondait à l'évolution des mentalités et à une reconnaissance d'un pouvoir transcendant, qui ne doit rien au consentement des administrés, tout au caractère divin que lui a imprimé son investiture. C'était proprement l'héritage grec de la croyance en un Dieu ordonnateur du monde (Cf. Platon, Gorgias). L'empereur devint l'instrument choisi par la divinité pour faire régner l'ordre sur la création. Et là aussi, la tendance remonte plus loin. (Cf. L'Arc de Bénévent représentant Jupiter tendant le foudre à l'empereur Trajan).

Saint Constantin et sainte Hélène (détail), 1520-1528, Palma le Vieux, Milan, Brera, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 304-305.

 

"La politique de Constantin, même lorsqu'il est devenu seul empereur en 324, a voulu [...] créer un véritable consensus entre chrétiens et païens en faveur d'un espace public religieusement neutre, même si lui-même a opté publiquement pour le christianisme." (Simon Claude MIMOUNI, Pierre MARAVAL, Le Christianisme, des Origines à Constantin, Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problèmes, PUF, Clamecy 2018, p.  503.)

"Les racines chrétiennes de l'Europe ont poussé lentement et tout n'était pas acquis en 337, mais le modèle du souverain chrétien, l'établissement d'une dynastie chrétienne et le développement institutionnel de l'Église sont bien des fondations constantiniennes, gages d'une expansion future du christianisme." (Marie-Françoise Baslez, Comment notre monde est devenu chrétien, CLD Éditions, Points Histoire, Lonrai 2015, p. 195.)

Sources: (1) La Véritable histoire de Constantin, Textes réunis et commentés par Pierre MARAVAL, Les Belles Lettres, Clamecy 2010, p. 455, 458 ; (2) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Eglise du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 455 ; (3) Calendrier perpétuel, Les Saints en 365 jours, Chêne ; (4) L'Evangile au quotidien ; (5) Nominis; (6) Wikipedia ; (7) Michel de JAEGHERE, Les Derniers jours, La fin de l'Empire romain d'Occident, Perrin Collection Tempus, Malesherbes 2016 ; (8) Jean-Marie SALAMITO, Monsieur Onfray, Au Pays des Mythes, Réponses sur Jésus et le christianisme, éd. Salvator, Paris 2017 ; (9) Joël SCHMIDT, Les Gaulois contre les Romains, Perrin Collection Tempus, Millau 2017, p. 385 ; (10) Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 304-305.

 

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6 octobre 2013 - Commémorations du 17e centenaire de l'édit de Milan

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20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 00:00
Saint Bernardin de Sienne, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 25.

Saint Bernardin de Sienne, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 25.

Le principal caractère de la vie de ce grand saint, c'est son amour extraordinaire pour la très Sainte Vierge.

 

L’Italie le considère comme son plus grand prédicateur. Dès sa canonisation, les peintres et les sculpteurs les plus illustres le représentèrent très fréquemment. (1)

Saint Bernardin de Sienne, Confesseur

Saint Bernardin de Sienne, Confesseur

Né le 8 septembre 1380, jour de la Nativité de Marie (2), Bernardin fut privé, tout jeune, de ses nobles et pieux parents ; mais il trouva dans une de ses tantes une véritable mère. Voyant un jour cette femme refuser de donner à un pauvre, il lui dit : "Pour l'amour de Dieu, donnez à ce pauvre ; autrement je ne prendrai rien aujourd'hui.

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Saint Bernardin de Sienne, Franciscain.

On le représente tenant à la main un soleil avec le monogramme de Jésus. "IHS" [abréviation et translittération du nom de "Jésus" en grec : Ι = J, Η = E et Σ = S (JES = Jesus/Ιησους), et en latin : Iesus Humani Salvator, Jésus sauveur des hommes]

 

Sa pureté était si grande, que le moindre mot inconvenant l'affligeait profondément : "Silence, disaient les étudiants quand ils le voyaient apparaître au milieu de leurs conversations trop libres, silence, voici Bernardin !"

 

À dix-sept ans, il entra dans une confrérie de garde-malades, et soigna pendant quatre ans, dans un hôpital, avec un dévouement et une douceur rares, toutes les infirmités humaines. Se traitant lui-même avec la dernière dureté, il ne songeait qu'aux besoins des autres ; il parut surtout héroïque dans une peste affreuse (peste de Sienne en 1400), où au service des malades, il s'imposa mille fatigues et brava mille fois la mort. 

 

L'inspiration du Ciel le conduisit alors chez les Franciscains, qui le lancèrent bientôt dans la prédication. Grâce à la bonté de sa Mère céleste, sa voix, faible et presque éteinte, devint inopinément claire et sonore ; Bernardin fut un apôtre aussi brillant par son éloquence que par sa science, et opéra en Italie de merveilleux fruits de salut.

 

Il y avait à cette époque un débordement de crimes en Italie, et de sanglantes factions y foulaient aux pieds toutes les lois divines et humaines. Bernardin parcourut les villes et les villages au nom de Jésus, qu’il avait toujours à la bouche et dans le cœur, et rétablit presque entièrement la piété et les bonnes mœurs qui avaient disparu. Sa réputation fit que plusieurs villes considérables le demandèrent au Pape en qualité d’Évêque ; mais il refusa constamment cette charge avec une humilité invincible. (3)

 

La tradition populaire du Moyen Âge lui attribue plus de 2000 guérisons miraculeuses (Source : Jansen Philippe, Un exemple de sainteté thaumaturgique à la fin du Moyen Âge : les miracles de saint Bernardin de Sienne. In: Mélanges de l'Ecole française de Rome. Moyen-Âge, Temps modernes T. 96, N°1. 1984. pp. 129-151).

 

Faisant un jour l'éloge de la Sainte Vierge, il lui appliqua cette parole de l'Apocalypse : "Un grand signe est apparu au Ciel." Au même instant, une étoile brillante parut au-dessus de sa tête. Une autre fois, parlant en italien, il fut parfaitement compris par des auditeurs grecs qui ne connaissaient que leur langue maternelle.

 

Un jour, un pauvre lépreux lui demanda l'aumône ; Bernardin, qui ne portait jamais d'argent, lui donna ses souliers ; mais à peine le malheureux les eut-il chaussés, qu'il se senti soulagé et vit disparaître toute trace de lèpre.

 

Bernardin, allant prêcher, devait traverser une rivière et ne pouvait obtenir le passage de la part d'un batelier cupide auquel il n'avait rien à donner. Confiant en Dieu il étendit son manteau sur les eaux, et, montant sur ce frêle esquif, passa la rivière.

 

 

C'est à Bernardin que remonte la dévotion au Saint Nom de Jésus, dont il recommandait la dévotion.

 

Il prêchait en montrant aux foules un panneau portant le monogramme du Christ "IHS", peint en lettres (gothiques) d'or dans un disque solaire symbolique.

 

Parfois, le disque qu'il tient contre sa poitrine porte le mot 'Caritas' (charité). Source: Eglise Saint-Eleusippe de Quinçay.

 

Il a été aussi un des apôtres les plus zélés du culte de S. Joseph.

 

Quelques religieux, jaloux de ses succès, le dénoncèrent à Rome, l’accusant de déviation doctrinale. Saint Jean de Capistran prit sa défense auprès du pape Martin V. Celui-ci approuva la dévotion au Nom de Jésus et voulut faire de Bernardin l’évêque de Sienne. Mais Bernardin refusa, préférant continuer ses prédications en Italie.

 

Le 7 janvier 1432, malgré de nouvelles attaques contre Bernardin, le pape Eugène IV imposa le silence à ses détracteurs.

 

Il attrapa une fièvre maligne, à Aquila où il mourut, le 20 mai 1444, dans le couvent de cette ville, tandis que les frères chantaient l’antienne : "Père, j’ai manifesté ton nom aux hommes… Je viens vers Toi." Il fut inhumé dans l’église du couvent.

 

Son corps "est exhumé en 1472, puis une seconde fois au XVIIe siècle.  Les observations récoltées à plus de deux siècles de distance, sont unanimes : corps complètement préservé d'une quelconque dégradation naturelle." (4)

 

Le pape Nicolas V le canonisa le 24 mai 1450.

 

 

En 1530, la fête du Saint Nom de Jésus fut accordée aux Frères mineurs, et étendue à l’Église universelle en 1722.

 

Sources : (1) ; (2) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 24; (3) ;  (4) Patrick SBALCHIERO, Enquête sur les miracles dans l'Église catholique, Artège, Paris 2019, p. 159.

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19 mai 2021 3 19 /05 /mai /2021 00:00
Saint Yves, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 187.

Saint Yves, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 187.

Yves est né en Bretagne, au manoir de Kermartin près de Tréguier, en 1250, d'une famille de petite noblesse. Dans les instructions que lui donnaient sa mère, elle lui répétait souvent qu'il devait vivre de façon qu'il pût devenir un saint. "C'est bien le but où je tends", répondait-il.

Le jeune Yves fut envoyé à Paris, vers 14 ans, pour étudier la philosophie et la théologie : il recevra des enseignements de Thomas d’Aquin. Finalement, c’est le droit qui l’attira. Il étudiera à la faculté d’Orléans le droit laïc et ecclésiastique.

Cette pensée, je dois devenir un saint, le portait puissamment à la vertu, et l'éloignait de tout ce qui avait l'apprence du mal. Son temps était partagé entre l'étude et la prière. Dans ses heures de récréation, il visitait les hôpitaux, servait les malades avec charité, et les consolait dans leurs peines.

Saint Yves, l'avocat des Pauvres, Prêtre

Saint Yves, l'avocat des Pauvres, Prêtre

Puis Yves retourna en Bretagne où il fut nommé juge ecclésiastique à Rennes en 1280. On lui proposa plusieurs partis avantageux, qu'il refusa parce qu'il avait fait voeu de virginité, et que son intention était d'entrer dans l'état ecclésiastique. L’évêque de Tréguier l’appela auprès de lui et le décida à devenir prêtre en 1283. Il se prépara au sacerdoce par une vie toute remplie de bonne soeuvres, et surtout par une inviolable pureté d'âme et de corps. Il fut nommé curé de Trédrez en 1285, puis de Louannec, de 1292 à 1298. Dans toutes ces places successivement, il fut constamment la ressource de tous les malheureux, et mérita, par le soin qu'il prenait de la veuve et de l'orphelin, le titre gloreux d'avocat des pauvres.

 

Entre temps, Yves a mené une vie exemplaire. De nombreux témoins de son procès en béatification parleront d’un chrétien et d’un juge doux, équitable, attentif et compatissant aux sort des pauvres et plaidant leur cause. Mais en 1291, Yves ressortit transformé d'une visite au mouroir de l’hôpital de Tréguier qui le décida à devenir un pauvre parmi les plus pauvres.

Saint Yves Hélory, prêtre par Rogier van der Weyden (XVe siècle)

Saint Yves Hélory, prêtre par Rogier van der Weyden (XVe siècle)

Il se retira dans son manoir familial de Kermartin où il vécut dans la misère et accueillit les indigents, devenant leur avocat. Restant aussi prêtre et évangélisateur, il traversa la Bretagne à pied pour prêcher et apporter la Bonne nouvelle contre vents et marées.

Yves Hélory mourut dans son manoir familial à Kermartin le 19 mai 1303, épuisé par le travail et la pénitence. Sa dépouille mortelle fut alors portée à la Cathédrale de Tréguier en un long cortège empruntant l'itinéraire dont les processions actuelles perpétuent le souvenir. Son corps sera transféré à la cathédrale de Tréguier. Et son tombeau devint un lieu de pèlerinage.

Il fut canonisé en 1347, devenant ainsi le second saint breton et sans doute le premier prêtre diocésain élevé à ce rang. "En ce temps où le monde vieillissant accélère son déclin vers le dernier des soirs, a surgi de l'extrémité de l'Occident, de la Bretagne, une étoile matinale qui ne s'éteindra pas" : c'est en ces termes d'un beau lyrisme que le Pape Clément VI proclama la sainteté d'Yves Hélory, ce 19 mai 1347.

 

Yves est le saint patron des avocats, des avoués, des assureurs et des notaires, ainsi que de la Bretagne.

   

Une procession réunissant plus de 5.000 personnes pour le traditionnel "Pardon de Saint-Yves" dans les rues de Tréguier, prit le dimanche 16 mai 2010 la forme d'un vibrant hommage au saint-patron des Bretons et à tous les chrétiens qui de par le monde ne peuvent vivre librement leur foi. Pour qu'enfin, justice leur soit rendue. Cette justice si chère au coeur de saint Yves. "Un grand événement marquant le Trégor et la Bretagne tout entière", déclara Mgr Fruchaud, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier.

 

PRATIQUE. A l'exemple de saint Yves, dites: Je veux devenir un saint.

Sources: (1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 143; (2); (3); (4); (5); (6) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 186.

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18 mai 2021 2 18 /05 /mai /2021 00:00
Saint Eric, roi de Suède, Martyr († 1161)

Roi de Suède de 1150 à 1160, Eric IX était également appelé Erik le Saint (den Helige) ou saint Eric. Il fut tué en 1160 par un prince danois.  

Fort pieux, Eric usa de toute son influence pour évangéliser ses sujets par la codification des lois de son royaume qu'il rédigea dans un esprit chrétien, sans vouloir les forcer à la conversion. Eric améliora aussi le sort des femmes.

Il décida de conquérir la Finlande, autant pour l'expansion de son domaine que pour y porter l'Évangile.

Il est le fondateur de la "dynastie d'Erik" qui alternera avec la dynastie de Sverker sur le trône de Suède jusqu'au début du XIIIe siècle.

 

Selon wikipedia, "son règne est marqué par la première tentative peut-être légendaire de conversion des Finlandais païens. Selon la Vita Santi Erici rédigée par l'évêque Israël Erlandsen de Västeras (Suède) (1328/1329†), il aurait organisé une croisade en Finlande au cours de laquelle l'évêque Henri d'Uppsala aurait trouvé la mort tué d'un coup de hache par un nouveau converti."

Eric fut assassiné le 18 mai 1160 à la sortie de la messe de l'Ascension à Turku (port situé au sud-est de la Finlande) par un prince danois, Magnus Henriksson. Une fontaine a jailli de la terre où la tête du roi est tombée après avoir été coupée au loin, et des miracles ont été déclarés après sa mort.  Considéré comme martyr, il devint ainsi le saint patron de la Suède : Erik den Helige. Ses restes ont été conservés dans un reliquaire, dans la cathédrale d'Uppsala où les gens ont fait des pèlerinages pour près de mille ans.

 

Chasse de saint Éric à la cathédrale d'Uppsala

Chasse de saint Éric à la cathédrale d'Uppsala

 

 

Lors de l'ouverture de son tombeau le 10 avril 2014, l'ancienne couronne royale de Suède fut découverte dans le tombeau de saint Eric

 

 

Video en suédois : Mordet på Kung Erik den Helige (L'assassinat du roi Eric le Saint)

 

Erik le Saint assassiné par l'adversaire Sverker, plus tard roi de Suède. Karl Sverkersson (fils de Sverker) a été assassiné plus tard par le fils d'Erik, Knut, qui montera sur le trône en 1168 sous le nom de Knut Ier de Suède.

 

Sources: (1), (2), (3)

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17 mai 2021 1 17 /05 /mai /2021 00:00
Saint Pascal, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 159.

Saint Pascal, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 159.

Saint Pascal Baylon naquit en Espagne, en Aragon, le 17 mai 1540, d'humbles cultivateurs, riches des vertus chrétiennes. Occupé dès l'âge de sept ans, à la garde des troupeaux, il passait son temps en prières et en lectures; on dit que les Anges eux-mêmes lui donnèrent des leçons.

Le petit Pascal se plaisait surtout à réciter le Pater. Quoique pauvre, il trouvait le moyen de faire l'aumône en donnant une partie de sa nourriture à ceux qui en avaient besoin. Il était le modèle aimé et respecté de tous les bergers de la contrée. Dans un âge si tendre, il connaissait l'usage assidu des cilices, des jeûnes, des disciplines sanglantes; on le voyait marcher pieds nus à travers les ronces et les épines, en expiation de ses péchés.

"Dès l'âge de douze ans, il aimait s'isoler pour prier : 'Tout en gardant ses brebis, il sculpta un jour un crucifix très bien réalisé et y accola une image de la Vierge. Il le plantait dans le sol en guise d'oratoire ambulant. S'il n'abandonna jamais son troupeau pour se rendre à l'Église, il n'en participait pas moins par la pensée et par le coeur à la messe qui se célébrait dans l'église voisine.

Les anges favorisaient de façon étonnante sa piété eucharistique : un jour où la cloche de la paroisse annonçait l'élévation, un ange lui apparut, qui représentait l'hostie à son adoration. Une autre fois, il vit des anges soutenir un ostensoir renfermant une hostie éblouissante de blancheur. Signes précurseurs de sa profonde dévotion eucharistique, et de sa vocation particulière d'adorateur et d'apôtre du Saint Sacrement." (1) 

Le maître chez qui ses parents l'avaient placé voulait le faire héritier de tous ses biens; mais lui, craignant que les biens de la terre ne fussent un obstacle à sa félicité, refusa avec modestie cette faveur, voulant acquérir plus de conformité avec le Sauveur qui était venu sur la terre, non pour être servi, mais pour servir.

Pascal ne convoitait que l'héritage de l'amour de Dieu et la pauvreté religieuse.

Saint Pascal Baylon, Confesseur, Patron des Oeuvres eucharistiques (1592)

À vingt ans, malgré les sollicitations de ses camarades, auxquels il prouva la réalité de l'appel divin en frappant trois fois la terre avec sa houlette et en faisant jaillir trois fontaines dans un lieu sec et aride, il entra chez les Franciscains comme frère convers et il y remplit la tâche de portier. (2) 

Il étonna ses contemporains par les manifestations extraordinaires de sa vie intérieure - lévitations spectaculaires, accompagnées parfois de phénomènes lumineux -, par ses charismes de lecture des coeurs, de prophétie et de guérison, mais plus encore par ses éminentes vertus, qui lui valurent d'être canonisé en 1691. (3)

Il rayonnait par son amabilité et sa douceur envers tous ceux qui se présentaient à la porte du couvent. Beaucoup de gens pour cette raison venaient lui demander conseil, même des prédicateurs qui estimaient que sa théologie était celle du cœur et non pas celle d'un intellectuel.

Les vertus de l'enfant, déjà si extraordinaires, devinrent dans le religieux, des vertus véritablement merveilleuses. Son obéissance était aussi parfaite que possible. Traité rigoureusement par son supérieur, il disait à ceux qui le plaignaient: "Taisez-vous: le Saint-Esprit a parlé par la bouche de notre supérieur." Quand on lui proposait de faire quelque chose, il disait souvent: "Je ferai comme l'obéissance dira."

Sa mortification était effrayante et ne le cédait en rien à celle des anciens solitaires. Sa charité pour les pauvres, quand il était portier, dépassait les limites; du moins ses supérieurs le blâmaient à ce sujet; mais il leur répondait naïvement: "S'il se présente douze pauvres et que je donne à dix, il est bien à craindre que l'un de ceux que je renvoie ne soit précisément Jésus-Christ."

Maltraité par les Huguenots au cours d'une mission dans la France déchirée par les guerres de religion, il leur pardonna en disant que c'est pour servir Dieu qu'ils l'avaient ainsi traité !

Pascal est célèbre par sa dévotion à la Sainte Eucharistie; il passait des heures entières, souvent ravi en Dieu, devant le Tabernacle, et parfois on le voyait suspendu en l'air par l'effet du divin amour. Quand il ne pouvait être de corps devant le Très Saint-Sacrement, il y était ordinairement en esprit.

Saint Pascal Baylon, Confesseur, Patron des Oeuvres eucharistiques (1592)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c0/LienzoS_Pascual.jpg/200px-LienzoS_Pascual.jpg

 

Il honorait aussi spécialement la Mère de Dieu, et ne cessait de demander, par son intercession, la grâce d'être préservé des souillures du péché.(4)

Pascal Baylon fut canonisé en 1690 par le Pape Alexandre VIII. (5)

En 1897, Léon XIII l'a déclaré Patron des Oeuvres eucharistiques.(6)

 

Saint-Pascal-Baylon.jpg

 

À Rome, deux églises portent le nom de cet humble frère lai, que le Saint-Siège a déclaré céleste Patron de tous les congrès et assemblées eucharistiques. La première de ces églises s’élève près du titulus Callisti ; elle avait été primitivement dédiée aux Quarante Martyrs de Sébaste, mais vers 1735, les Alcantarins espagnols y unirent, en lui donnant la préséance, le nom de leur célèbre compatriote. La seconde se trouve près de la basilique de Sainte-Cécile, et une maison religieuse y est annexée.

 

Prière. — « O Dieu qui avez orné votre confesseur Pascal d’un tendre amour envers les saints mystères de votre Corps et de votre Sang ; accordez-nous de retirer de ce divin banquet cette même ferveur spirituelle qu’il en rapportait. Par notre Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne dans les siècles et des siècles. Amen. »(7)

***

 

Sources: (1) Gilles JEANGUENIN, Les Anges existent !, Éditions Savator, Paris 2008, p. 191-192 ; (2) http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1175/Saint-Pascal-Baylon.html ; (3) (P. Ramala, San Pascal Baylon, hermano y amigo de todos, Éd. Provincia Franciscana de Cataluna, Barcelona 1980, p. 28, cité dans Gilles JEANGUENIN, Les Anges existent !, Éditions Savator, Paris 2008, p. 192 ; (4)  Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 137; (5) ; (6) ; (7) ; (8) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 158.

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16 mai 2021 7 16 /05 /mai /2021 00:00
Saint Honoré, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 93.

Saint Honoré, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 93.

Évêque d'Amiens très populaire au VIe siècle, il le fut encore plus après sa mort.  

 

Quand, jeune homme, il annonça à sa nourrice qu'il voulait devenir prêtre, elle était en train de faire cuire son pain. "Et quand ma pelle aura des feuilles, tu seras évêque !" se moqua la brave femme. Sous ses yeux ébahis, la pelle se mit à reverdir. En souvenir de ce miracle, en 1202, un boulanger parisien offrit 9 arpents de terre pour construire une chapelle à saint Honoré qui devint ainsi le saint patron des boulangers.

 

Un jour, en pleine Messe, Honoré vit le Christ venir consacrer lui-même le pain eucharistique.

Lupicin, prêtre du diocèse d'Amiens, reçut un jour la révélation du lieu où étaient enterrés les martyrs Firmin, Victoric et Gentien, morts en l'an 303. Il creusa le sol et découvrit leurs corps. Dans sa joie, il entonna un hymne d'allégresse dont les accents atteignirent Honoré qui se trouvait à plus de deux lieues de là. L'évêque, accompagné du clergé et d'un grand concours de fidèles, arriva bientôt et procéda à l'Invention des reliques.

 

Saint Honoré évangélisa des contrées où la foi chrétienne était encore mal connue et il obtint d'innombrables conversions. Au cours d'une de ses visites épiscopales, il mourut à Port-le-Grand, le 16 mai 600, et fut enterré dans son village natal. Son corps fut placé sous le maître-autel d'une église bientôt bâtie en son honneur.

Une procession avec la châsse contenant ses reliques fit venir la pluie en temps de sécheresse. 

Saint Honoré, évêque d'Amiens, saint Patron des Boulangers (VIe siècle)

Saint Honoré est vénéré au XIesiècle tant et si bien que sa renommée s'étendit à Paris où des picards émigrés lui construisirent une église. La rue Saint-Honoré et le faubourg Saint-Honoré l'ont rendu célèbre dans le monde entier. On a donné son nom à une pâtisserie, le Saint-Honoré.

 

Depuis qu'au XVème siècle, à Paris, des boulangers et pâtissiers de Paris décidèrent de créer une confrérie qui se retrouverait dans une chapelle lui étant dédiée, il est leur saint patron.

 

Il est fêté le 16 mai chez beaucoup de boulangers à travers toute la France : c'est la "Fête du pain". L'occasion de célébrer une fois l'an sur le lieu des moissons, au moulin et au fournil, le travail des céréaliers, des meuniers et des boulangers qui maintiennent la tradition du bon pain français.

Sources : (1) ; (2) ; (3) ; (4) ; (5) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 92.

 

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15 mai 2021 6 15 /05 /mai /2021 00:00
Sainte Denise, statue de Vierge martyre. Eglise paroissiale, Commune:  Orres (Les)  (Dép.05) Mélézet (le)

Sainte Denise, statue de Vierge martyre. Eglise paroissiale, Commune:  Orres (Les)  (Dép.05) Mélézet (le)

J’ai un ami plus puissant que toi qui m’assistera dans les tortures.

Sainte Denise à son juge

En Asie Mineure (Anatolie) pendant la persécution de Dèce (1), voyant des chrétiens, les saints Pierre, André et Paul à Lampsaque dans l’Hellespont (détroit des Dardanelles) (peut-être en 251 d'après le martyrologe romain) se faire lapider pour leur foi, Denyse (Denise) se jeta sur leurs corps pour souffrir le martyre avec eux. Elle fut séparée de ses compagnons, puis fut torturée et décapitée. Elle n'avait que seize ans.

 

Panorama sur le Détroit des Dardanelles 

 

Au proconsul (gouverneur) Optimus qui l'invitait à sacrifier à la déesse Vénus, Pierre répliqua:

 "Je suis étonné que vous me proposiez de sacrifier à une femme dont les actions seraient punissables suivant vos propres lois. (1) ... Il est plus nécessaire et plus glorieux pour moi d'offrir le sacrifice de l'adoration au Dieu vivant et véritable." (2) Optimus le fit étendre sur une roue, entre des pièces de bois attachées à son corps avec des chaînes de fer, tellement disposées, que la roue, en tournant, devait lui briser peu à peu tous les os. Le martyr, levant les yeux au ciel, disait avec une tranquilité mêlée de joie : "Je vous rends grâces, seigneur Jésus, de ce que vous me donnez le courage de vaincre le tyran". Optimus, voyant qu'il était inébranlable, lui fit couper la tête.

 

Optimus condamna André et Paul à être fouettés, puis il les livra au peuple pour être lapidés. Denyse apprenant que l'un des accusés, Nicomaque, venait d'apostasier, s'écria: "Il s'est perdu à jamais dans l'autre monde." Les gardes s'aperçurent ainsi que cette jeune fille de 16 ans était chrétienne. Le tyran donna des ordres pour qu'on la décapitât à quelque distance, ce qui fut aussitôt exécuté. 

 

PRATIQUE. Mourons au monde, et nous aurons part au bonheur des saints. 

 

 Sources:

 

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 135.

(2) L'Evangile au quotidien; Nominis

(3) Conférences des Evêques de France

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14 mai 2021 5 14 /05 /mai /2021 00:00
Saint Matthias, Apôtre

Les fidèles étant assemblés pour attendre la descente du Saint-Esprit, saint Pierre leur dit que, pour accomplir l'Écriture, il fallait choisir un douzième Apôtre à la place de Judas. Matthias et Joseph, appelé Barsabas, que sa piété extraordinaire avait fait aussi surnommer le Juste, furent jugés dignes de cette éminente dignité. On se mit aussitôt en prières, on procéda à l'élection par la voie du sort afin de connaître la Volonté du Ciel, et Matthias fut désigné.

Les apocryphes le dont naître à Bethléem dans la tribu de Juda.

Nous n'avons rien de certain sur ses actions ; on sait seulement qu'après avoir reçu le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte, il alla prêcher l'Évangile de Jésus-Christ en Judée et en Éthiopie, et qu'il consacra le reste de sa vie aux travaux de l'apostolat.

Clément d'Alexandrie (+220) rapporte que, dans ses instructions, il insistait principalement sur la nécessité de mortifier la chair en réprimant les désirs de la sensualité ; leçon importante qu'il tenait de Jésus-Christ, et qu'il mettait lui-même en pratique. 

Les Grecs prétendent, d'après une ancienne tradition exprimée dans leurs ménologes, que saint Matthias prêcha la foi vers la Cappadoce et les côtes de la mer Caspienne; ils ajoutent qu'il fut martyrisé dans la Colchide, à laquelle ils donnent le nom d'Éthiopie. [1]

Poursuivi par les Juifs, il aurait été martyr en Palestine.

Son culte est très vivace en Italie, où son corps a été ramené par sainte Hélène. Padoue et la basilique Sainte Marie-Majeure à Rome revendiquent des reliques, mais également Trèves, en Allemagne, dont il est le patron, comme de Hanovre, Prague et certaines localités des Pays-Bas prétendent détenir également des reliques. 

Sa fête n'entre dans la liturgie qu'au XIe siècle.

Entre autres nombreux patronages, il est le saint des buveurs repentants, sans doute à la suite de Clément d'Alexandrie affirmant que Matthias est un prédicateur de la pénitence, de la nécessité de fortifier l'âme par la foi, de combattre les désirs déréglés de la sensualité et de réprimer ses passions. Ce dont ont justement besoin buveurs et godailleurs.

 

 

Matthias est représenté avec les instruments du martyre : épée, hache ou hallebarde, et une croix à haute hampe.

Saint Matthias, Apôtre

Saint Matthias est le patron des bouchers, des forgerons et des buveurs repentants. [2]

Saint Matthias, Apôtre

Sources: 1 ; 2Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 142.

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 00:00
Ascension

Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles : "Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre.

Allez donc: de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit.

Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps."

Évangile selon Saint Matthieu, XXVIII, 18-19

Le quarantième jour depuis sa résurrection, Jésus-Christ apparut à ses disciples, et, après leur avoir donné ses dernières instructions, et commandé de prêcher l'Évangile à toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, il leur promit qu'il serait avec eux et avec son Eglise jusqu'à la consommation des siècles, pour la soutenir, la gouverner et la faire triompher de l'enfer et du monde. Il les mena ensuite sur le mont des oliviers, et, étant arrivé à la sommité, il les bénit de sa main adorable, et il quitta la terre en s'élevant au ciel, porté majestueusement sur une nuée lumineuse qui le déroba à leurs yeux.

 

Il n'est pas possible au langage humain d'exprimer ici la gloire ineffable du Sauveur en entrant dans la Jérusalem céleste, où il alla s'asseoir à la droite de Dieu son Père.

 

Les heureux témoins de son ascension tenaient encore leurs yeux levés vers le ciel, quand deux anges leur apparut et leur dirent : "Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder le ciel ? Ce Jésus, qui, en vous quittant, s'est élevé dans le ciel, viendra de la même manière que vous l'y avez vu monter", annonçant ainsi son retour à la fin du monde. Les disciples rentrèrent avec joie à Jérusalem, pour se disposer, par la retraite et la prière, à recevoir le Saint-Esprit, comme le divin Maître le leur avait prescrit, en les assurant que cet Esprit-Dieu répandrait sur eux, dix jours après, ses dons les plus excellents et l'abondance de ses grâces. (1)

 

D'après l'Évangile selon Luc, l'Ascension se produit à Béthanie, le village où vivaient les amis de Jésus, Marthe, Marie et Lazare, et où Jésus a ressuscité Lazare, à 2 km en bas de côte du mont des Oliviers. C'est également dans ce village qu'aurait été baptisé Jésus. (2)

 

Dôme de l'Ascension sur le Mt. des Oliviers

Le Dôme de l'Ascension

 

Une tradition situe l'Ascension au sommet du Mont des Oliviers où une église a été édifiée autour de la pierre qui recèlerait la dernière empreinte du pied de Jésus sur terre avant son ascension vers les cieux. L'"église de la Sainte Ascension" (Dôme de l'Ascension) fut prise par Saladin en 1187 et convertie en la mosquée que l'on voit aujourd'hui; elle contient la dernière empreinte traditionnelle du pied de Jésus sur terre avant son ascension vers les cieux. Les Écritures indiquent que Jésus monta vers les cieux aux alentours de Béthanie. Ce village est à 2 km en bas de côte du mont des Oliviers. Du coup, aucun des sites traditionnels de l’ascension n’est correct. (3)

 

Deux autres locations préservent l'emplacement de l'Ascension.

Ste Hélène, la mère de Constantin, construisit une église sous l'église moderne de Pater noster afin de commémorer l'événement.

Une tradition plus récente relie l'ascension à l'église orthodoxe de l'Ascension.

La célébration de l’Ascension est attestée à la fin du IVe siècle, parfois fêtée simultanément avec la Pentecôte jusqu’au Ve siècle. (4)

Ascension
L'Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ, par Piotr Basin

L'Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ, par Piotr Basin

L'Ascension, John Singleton Copley, 1775

L'Ascension, John Singleton Copley, 1775

Sources:

 

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. XIX., (2Frère Antoine Tingba, L'Ascension du seigneur, 2013, Site des Dominicains de Bordeaux ; (3); (4); (5)

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 00:00
Saint Achille de Larissa, Évêque de Larissa en Grèce († 330)

Nous le trouvons pèlerin à Jérusalem au tombeau du Christ et à Rome aux tombeaux des Apôtres. C'est dans la Ville éternelle qu'il reçut la grâce de la prédication apostolique.

De retour dans son pays, il fut un évêque très attentif aux pauvres, aux malades et aux étrangers.

Il administra son diocèse avec un grand soin pastoral. 

À Larissa en Thessalie, au IVe siècle, saint Achille, surnommé le Thaumaturge, évêque, qui participa au premier Concile œcuménique de Nicée et, avec un zèle admirable signalé par toutes les vertus, évangélisa la population païenne.

 

Martyrologe romain

 

Source: Nominis

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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 00:00

Sainte-Estelle--3e-siecle---Vierge-et-martyre-de-l-eglise.jpg

Illustration: dans l'église de saint-Hilaire de Villefranche en Saintonge, un tableau représente Saint Eutrope bénissant Sainte Estelle.

 

Stella (étoile)Blason de Saintes honorée à Saintes (Poitou-Charentes) comme ayant subi le martyre au troisième siècle. Elle fut rendue célèbre grâce au poète Mistral (1830-1914).


Son nom était en fait Eustelle (du grec "eu"= beau, bien et "stello"= parer, orner). La forme latinisée Estelle a été donnée par Frédéric Mistral.

 

Gouverneur de la région de Saintes, son père était un Romain de naissance illustre; sa mère descendait d'une antique et puissante famille de druides. La curiosité de son esprit cultivé la plaça sur le chemin de saint Eutrope, premier évêque de la région. Après avoir entendu ses enseignements, elle demanda le baptême: elle fut baptisée par lui et consacrée à Dieu.

Comme Estelle se refusait à tous les prétendants et qu'elle s'obstinait dans sa Foi, son père la fit mettre à mort dans les arènes de Saintes.

Son corps fut enterré dans le tombeau même de saint Eutrope, à qui elle avait donné, peu de temps auparavant, la sépulture.

Le nom de sainte Eustelle était si populaire dans la région charentaise que les évêques de La Rochelle et Saintes la choisirent pour patronne de la jeunesse chrétienne.


 Sainte-Estelle--3e-siecle---Vitrail-representant-Sainte-.jpgVitrail représentant Sainte Eustelle, basilique Saint-Eutrope de Saintes, Charente-Maritime

 

Sources : Les Jeunes Saintes, par l'Abbé J. Knell, 1896 / Notice sur Sainte Eustelle, vierge et martyre de l'église de Saintes, par M. l'Abbé Briand, 1837 / Le mystère de sainte Eustelle, drame en trois actes, par le chanoine honoraire L.-M. Dubois, imprimatur de 1922)

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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 00:00
Sainte Solange, Patronne du Berry et des enfants, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 179.

Sainte Solange, Patronne du Berry et des enfants, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 179.

Jeune et jolie bergère près Bourges (Cher), fille d'un pauvre vigneron, Solange est d'humeur joyeuse. Solongia (ou Solange, comme on l'appelle maintenant) avait fait voeu de virginité dès son plus jeune âge. Un seigneur, la trouvant si belle, lui proposa de l'épouser. Refusant, celui-ci résolut de l'enlever mais ne put vaincre sa résistance et son voeu. Furieux, il lui trancha la tête d'un coup d'épée. La légende ajoute que la jeune fille, après avoir reçu debout le coup de la mort, ne perdit pas cette position, reçut sa propre tête dans ses mains et alla ainsi jusqu'à Saint-Martin-du-Cros où elle fut ensevelie dans le cimetière de cette église.

 

Blason du BerrySainte Solange avait voué à Dieu sa virginité et ce fut la cause de son martyre. Sainte Agnès, sainte Agathe, sainte Lucie, sainte Maria Goretti et des dizaines d'autres exemples de ces âmes d'élite qui vouèrent leur pureté au Christ, peuvent être citées... Un archevêque de Bourges l'appela la "Geneviève du Berry".

Solange est la patronne du Berry et de Bourges.

 

Solange naquit au bourg de Villemont à trois lieues environ de Bourges, au milieu du IXe siècle (peut-être en 858). Il ne reste plus rien aujourd'hui du hameau qui la vit naître.

 

Comme sainte Geneviève et plus tard sainte Bernadette, elle eut le soin d'un petit troupeau et sut rendre de précieux services aux populations au milieu desquelles elle vivait.

 

Rendue célèbre par sa beauté et ses vertus, elle excita la curiosité d'une jeune seigneur. Il devait s'agir de Bernard de la Gothie, comte de Bourges et d'Auvergne, fils de Bernard, comte de Poitiers et de Bélichilde, fille de Roricon, comte d'Anjou, et neveu de Gozelin, évêque de Paris qui, avec l'aide du fils de Robert le Fort, Eudes, défendit sa ville contre les Vikings. C'est l'opinion de la plupart des auteurs. 

 

Sainte Solange (Musée du Berry, Bourges), sainte patronne du BerryLe jeune comte est fou de rage. Il saisit Solange, remonta en selle et l'emporta au galop afin de l'enfermer au château de Brécy. Elle se débattit, arriva à s'enfuir, quand le cheval marqua un temps d'arrêt devant un ruisseau. Furieux, le fils du comte la poursuivit et la rattrapa. Jusqu'au dernier moment, elle invoqua Jésus et Marie, et supplia son bourreau de changer d'attitude. mais Bernard trancha la gorge de Solange en ce 10 mai 878. Une tradition rapporte que la jeune femme prit sa tête sous son bras et se rendit ainsi jusqu'à Saint-Martin-du-Crot, où elle est ensevelie.

 

Son culte est resté important en Berry depuis le moyen-âge jusqu'à notre époque. On exhuma les restes de la sainte «à cause des miracles qu'ils opéraient» (Guérin). D'abord recueillis dans une châsse en bois, ils furent ensuite placés dans une châsse en cuivre. La dernière translation eut lieu en 1511. En 1657, la ville de Bourges fit don d'une châsse d'argent pour y placer l'ancienne. Puis en 1793, pendant la Révolution, les reliques furent dispersées.

 

La croyance populaire attribue à la vierge de Villemont de nombreux miracles opérés par son intercession : aveugles qui recouvrent la vue, muets qui retrouvent la parole, sourds qui peuvent de nouveau entendre. Les malades «de toute espèce» guérissent, les possédés sont délivrés.

Les habitants de Bourges avaient recours à Sainte Solange "dans les calamités publiques".

On portait en procession, dans leurs murs, la châsse qui contenait les reliques de la sainte. "Le 31 mai 1637, Henri de Bourbon, prince de Condé, se rendit en pèlerinage à Sainte-Solange et voulut conduire lui-même, à la métropole, les saintes reliques que la population entière réclamait. Ce fut pour Bourges un jour de fête; on jonchait de fleurs les rues par lesquelles la châsse devait passer; le devant des maisons était tapissé; de toutes parts on n'entendait que de pieux cantiques." (Raynal)
Ces processions avaient lieu particulièrement dans les temps de sécheresse. Ainsi une chronique relate que le 6 mai 1635 (sous le règne de Louis XIII), pendant une sécheresse désolante, la procession qui amenait les précieuses reliques de la sainte arriva à la Place Gordaine, l'un des quartiers les plus commerçants de Bourges, où le peuple prononçait à haute voix les invocations : "Sainte Solange, priez pour nous, sainte Solange, donnez-nous de l'eau." Un protestant sceptique s'écria au milieu de la foule des fidèles : "A quoi bon cette procession ? Croit-on que les cataractes du ciel vont s'ouvrir parce que l'on promène cette châsse !" Le ciel lui donna tort, car la messe était à peine commencée dans l'église où s'était arrêtée la procession, qu'une pluie torrentielle vint attester l'efficacité de la protection de sainte Solange.

 

On a conservé le procès-verbal d'une autre procession, celle qui eut lieu, en 1730 sous le règne de Louis XV. Cette année-là, le Berry se trouvait désolé par une extrême sécheresse. "Le 10 mai, anniversaire de sa mort, le lundi de la Pentecôte, anniversaire de la translation de ses reliques et de la dédicace de son Eglise, une foule immense de pèlerins, de malades, de mères, tenant leurs enfants dans leurs bras, viennent invoquer son intercession et chercher autour de son église sinon la santé, au moins l'espérance. Sa châsse est portée processionnellement par des hommes revêtus d'aubes et couronnés de fleurs. Cette châsse en bois argenté, aujourd'hui vide des reliques de la Sainte, a remplacé une châsse en argent détruite pendant la Révolution et que la ville de Bourges avait offerte à la modeste église de village en 1657. Jadis, en effet, toutes les fois que régnaient de longues sécheresses, on apportait solennellement, à Bourges, les reliques de sainte Solange, et on a conservé la mémoire de plusieurs de ces processions que des pluies abondantes avaient suivies de bien près." (Raynal)

 

Au XIXème siècle (en 1874), une chapelle fut édifiée sur le lieu supposé de son martyre, à moins d'un kilomètre du village qui porte désormais son nom. Des membres de la communauté villageoise ainsi que des pèlerins, souvent nombreux, y portent toujours en procession la châsse qui contenait les reliques de la sainte, témoignage d'une religiosité populaire toujours vivace et qui a traversé les siècles.

 

***

 

Sources:

(1) Daniel Bonnin, Les Saints du Berry. Préface: Abbé Hervé Benoît, Edition A à Z Patrimoine éditions, Sury en Vaux 2006, p. 71-80; (2); (3) Le culte de sainte Solange en Berry ; Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 178.

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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 00:00

Sainte-Gisele--Epouse-de-St-Etienne-de-Hongroe-et-mere-de.jpgSainte Gisèle, Épouse de saint Étienne de Hongrie et mère de saint Émeric (+1060)

       

Sainte Gisèle étaient l'épouse du roi saint Étienne de Hongrie, un prince d'une grande bonté et qui, dit-on, était toujours d'humeur joyeuse. Elle participa avec lui à l'évangélisation de son pays.

 

À la mort du roi, elle fut chassée du royaume et se retira au monastère de Niederburg de sa Bavière natale dont elle devint l'abbesse.

Sainte Gisèle et son époux Étienne Ier de Hongrie

Sainte Gisèle et son époux Étienne Ier de Hongrie

Sources: 1, 2

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6 mai 2021 4 06 /05 /mai /2021 00:00
Saint Prudence († 861)

Originaire d'Espagne, il quitta le territoire des Sarrasins pour l'Empire carolingien. Il abandonna son nom de Galando pour prendre celui d'un de ses compatriotes, le poète chrétien du IVe siècle, Prudence. Comme lui, il fut un bon écrivain et un auteur fécond.

 

Chapelain de l'empereur Louis le Débonnaire, fils de Charlemagne, il publiera un recueil des plus beaux passages des Psaumes à l'intention de la deuxième femme de l'empereur. Cette anthologie sera, durant tout le Moyen Âge, le bréviaire des moines itinérants. Devenu évêque de Troyes, il publie un petit code de dogme et de morale, les "precepta" que tous ses prêtres devaient savoir par cœur.

 

S'étant placé au premier rang de l'épiscopat des Gaules, il défendit la doctrine augustinienne de la Grâce, polémiquant avec l'orthodoxe Scot Erigène tout autant qu'avec les hérétiques.

 

Ce qui survit de nos jours encore, c'est sa "Chronique" où l'on trouve de nombreux détails sur les affaires ecclésiastiques, civiles et militaires. Cette chronique des événements importants est marquée de son amour pour Dieu et pour les hommes.

 

Il fait une apparition dans la série a succès Vikings en tant que maître enlumineur d'Ecbert du Wessex.

 

À Troyes, en 861, saint Prudence, évêque, qui composa un abrégé du psautier pour les itinérants, sélectionna un certain nombre de textes de l'Écriture sainte pour les candidats au sacerdoce et restaura la discipline dans les monastères.

Martyrologe romain

Sources: 1, 2

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5 mai 2021 3 05 /05 /mai /2021 00:00
Sainte Judith

ou Jutta von Sangerhausen (vers 1200 - † 1260)

Originaire de Thuringe et devenue précocement veuve, elle quitta son pays et sa parenté pour rejoindre son frère qui était grand maître de l'Ordre Teutonique. Elle passa le reste de sa vie près de lui, à Kulmsee (aujourd'hui la ville polonaise de Chlemza) dans l'exercice des bonnes œuvres. Elle y fonda un hôpital et un monastère.

Elle est patronne de la Prusse.

Paroisse sainte Jutta, 06526 Sangerhausen - en allemand

 

Sources : (1); (2)

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4 mai 2021 2 04 /05 /mai /2021 00:00

C'était un homme doux et pacifique qui servit l'Eglise comme prêtre durant de longues années. Evêque de Gaza, Palestine, il refusa de se cacher durant les persécutions de l'empereur Dioclétien.

Parce qu'il refusait de renier sa foi, il fut soumis à de nombreuses tortures et envoyé dans les mines avec 40 autres chrétiens. Comme tous les condamnés aux mines, ils
eurent un oeil arraché et un pied brûlé avec un fer rougi. Quand ils furent jugés "inutiles", en raison de leur état physique, on s'en "débarrassa" comme on le faisait pour tous les condamnés aux mines.

Libéré plus tard, il ne tarda pas à y retourner, poursuivi par les foudres du gouverneur de la province. Celui-ci obtint ensuite qu'il soit décapité.

 

http://nominis.cef.fr/images/gallerie/sylvaindegaza.jpg

 

Sources: 1, 2, 3

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3 mai 2021 1 03 /05 /mai /2021 00:00
Saint Philippe, Apôtre, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 147.

Saint Philippe, Apôtre, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 147.

S. Philippe était de Bethsaïde, en Galilée, patrie de S. Pierre et de S. André.

Le Sauveur, dès les premiers jours de sa vie publique, le rencontra et lui dit : "Suis-Moi !

 

Saint Philippe chassant le démon (F. Lippi, 1457-1504)

 

Après la Pentecôte (fête de la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres, cinquante jours après Pâques), il alla prêcher dans les immenses contrées de l'Asie supérieure (Turquie actuelle) ; il évangélisa longtemps les Scythes, puis les Galates, les Phrygiens, et c'est dans la ville d'Hiérapolis, en Phrygie qu'il confirma sa prédication par le témoignage de son sang.  

Saint Philippe et saint Jacques le Mineur, apôtres (1er s.)

Philippe rencontra un eunuque, haut fonctionnaire de Candace, reine d’Éthiopie, et administrateur de tous ses trésors, qui était venu à Jérusalem pour adorer, et qui lisait le prophète Isaïe. Philippe lui demanda : "Comprends-tu ce que tu lis ?" L'eunuque lui répondit : "Et comment le pourrais-je s’il n’y a personne pour me guider ? [...] Dis-moi, je te prie : de qui le prophète parle-t-il ?". Alors Philippe prit la parole et, à partir de ce passage de l’Écriture, il lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus. (Actes 8,27-35) Ceci montre que selon la sainte Bible elle-même, l'interprétation privée des Écritures doit se réaliser dans la tradition apostolique.

 

Un jour que le peuple offrait de l'encens à un gros serpent qu'il regardait comme une de ses divinités principales, Philippe, saisi de compassion, se jette à terre et supplie Dieu de délivrer ces malheureux de la tyrannie du serpent infernal. L'affreuse bête expire aussitôt. Le peuple se montrait disposé à accepter la doctrine d'un homme qui opérait de telles merveilles ; mais les magistrats et les pontifes s'emparèrent de l'Apôtre, le battirent de verges, le clouèrent à une croix et l'accablèrent de pierres. À sa mort, la terre trembla et plusieurs édifices s'écroulèrent. 

Saint Philippe, La Dernière Cène, Détail, 1495-1497, Léonard de Vinci, Milan, Réfectoire du Couvent de Santa Maria delle Grazie, dans Rosa Giorgi, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 266-267.

 

 

Saint Philippe mourut dans un âge fort avancé puisque S. Polycarpe eut quelque temps le bonheur de converser avec lui.

 

Dans un portrait peint par Dürer en 1516 et conservé aux offices de Florence, Philippe est représenté sous les traits d'un très vieil homme. C'est ainsi que celui qui fut un des premiers à suivre le Nazaréen est le plus communément représenté. Il serait en effet mort très âgé à Hiérapolis, en Phrygie, une région située dans l'actuelle Turquie. (4)

 

Saint Philippe Apôtre, Par Albrecht Dürer, 1516

 

 

Crucifixion de St Philippe, F. Lippi, Fresco Strozzi Chapel, Santa Maria Novella, Florence

 

S. Jacques le Juste ou Jacques le Frère du Seigneur, appelé aussi Jacques le Mineur pour le distinguer de Jacques le Majeur, frère de saint Jean, était né à Cana, en Galilée, d'Alphée et de Marie, soeur, c'est-à-dire proche parente de la sainte Vierge. 

 

L'Apôtre Jacques le Mineur, 1250-1275, Maître de saint François, Washington, National Gallery of Art, dans Rosa GIORGI, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 268-269.

 

La tradition affirme qu'il ressemblait au Sauveur, et que les fidèles aimaient à regarder en lui une vivante image de leur Maître remonté dans le Ciel.

Jacques le Mineur eut un frère, Apôtre comme lui, nommé Jude, et ses deux autres frères, Joseph et Siméon, furent disciples de Jésus. 

Saint Jacques était de la tribu de Juda et "frère de Jésus", c'est-à-dire cousin de Notre-Seigneur selon la chair. "Les évangiles et Paul (Ga 1, 18-19 ; 1 Co 9,5) appellent 'frères du Seigneur' ceux qui étaient en réalité ses cousins selon l'usage extensif du lien de fraternité dans le monde sémitique (Voir en particulier les système de parenté à Iamneia, ville de la côte palestinienne, d'après Inscriptions de Délos, n° 1208)" (5)

Dans le texte nazoréen, dit Protévangile de Jacques, attribué à Jacques de manière pseudépigraphique, et daté de la seconde moitié du IIe siècle, Jacques est le fils de Joseph issu d'un premier mariage. (6)

"Jacques, le 'frère de Jésus', exécuté en 62, faisait l'admiration des pharisiens par sa piété et son assiduité au temple." (7)

Il eut la faveur d'une apparition particulière du Ressuscité, après Pierre et les Douze (1 Co 15,7).

Saint Jacques le Mineur a joué un rôle important après l'Ascension de Jésus et il fut le premier évêque de Jérusalem. C'est chez lui que Pierre se rendit aussitôt après être miraculeusement sorti de prison, et Paul fit de même après sa conversion. (8)

Après la Pentecôte, quand les Apôtres se partagèrent l'évangélisation du monde, Jacques se fixa à Jérusalem, pour la conversion spéciale des Juifs. Son autorité était très grande dans l'Église primitive, et, au concile de Jérusalem, c'est lui qui, le premier après saint Pierre, prit la parole.

 

"Se référant à Eusèbe, qui écrit que Pierre, Jacques le Majeur (frère de Jean) et Jean ne se réservèrent pas la direction de l'église locale de Jérusalem, mais choisirent Jacques le Juste (le frère du Seigneur) comme évêque (episcopos), le R.P. Daniélou dans son Histoire Ecclésiastique (II, 1, 4) suggère que Jacques le Juste ait été à la fois une sorte de président du collège local des presbytres et d'héritier des pouvoirs apostoliques (naturellement en ce qui concerne l'église locale de Jérusalem)." (9) 

 

Les conversions nombreuses et éclatantes opérées par son ministère lui suscitèrent des ennemis parmi les judéens.

 

Jacques serait mort après l'an 60, en des circonstances incertaines parce que ne provenant que de sources apocryphes. Toutefois, Clément d'Alexandrie (150-215), un auteur de la fin du IIe siècle, mentionne qu'il a été élu premier évêque de Jérusalem et est mort martyr, battu à mort après avoir été jeté du haut du pinacle du temple (Histoire ecclésiastique 2, 1, 2-3) (10)

C'est en 62 que le grand prêtre Anne (Ananus), fils de celui du pontificat duquel Jésus avait été crucifié, se croyant assez fort pour briser la jeune Église, le fit arrêter, et le déféra au Sanhédrin.

Nous connaissons le détail du drame par Flavius Josèphe et le mémorialiste et historien chrétien Hégésippe, qui écrivait au milieu du IIe siècle. Jacques "fut non seulement attaqué par les scribes et les pharisiens, mais aussi par d'autres groupes judéens". (11) 

 

La persécution de 62 a eu un caractère collectif. Jacques ne fut pas condamné personnellement, puisque son groupe fut exécuté avec lui - c'est la première exécution collective de chrétiens. (Antiquités judaïques, XX, 9,1 (200).)

L'année 62, celle de la mort de Jacques, est marquée incontestablement par le début des tensions entre Juifs. La condamnation du groupe de Jacques illustre l'explosion du sectarisme et le replis des groupes légalistes et conservateurs du Temple. (12) Jacques devient le symbole de l'affrontement entre Judéens pharisiens et Judéens chrétiens, après l'avoir été de l'affrontement entre chrétiens d'origine judéenne et chrétiens d'origine grecque. (13)

Outre l'exécution de Jacques le Mineur, conséquence de l'influence exercée par la communauté chrétienne d'origine judéenne auprès de l'ensemble des Judéens, l'histoire de la communauté chrétienne de Jérusalem a été marquée par deux autres martyres : en 33, la lapidation d'Étienne, et en 43-44 la mise à mort de Jacques le Majeur. (14)

Les princes des Juifs (Sadducéens) firent monter Jacques sur la terrasse du temple de Jérusalem et lui dirent : "Juste, nous avons confiance en toi ; parle et dis-nous la vérité sur Jésus !"

Le saint Apôtre s'écria : "Pourquoi m'interrogez-vous sur le Christ ? Il siège dans les Cieux à la droite de la Majesté divine, et un jour Il reviendra sur les nuées du Ciel." La foule approuvait ces paroles ; mais les chefs, jaloux, précipitèrent le vieillard du haut du haut du temple où le démon avait naguère tenté Jésus. Comme il n'était pas mort, on se mit à le lapider, puis en dépit de quelques protestations généreuses, un foulon l'acheva à grands coups de sa lourde masse. Exécution illégale, qui valut à Anne d'être déposé du souverain pontificat (15) , c'est-à-dire de sa charge de Grand prêtre par le nouveau procurateur romain entré en fonction.

 

Brisé dans sa chute, il mourut l'an 62 en priant pour ses bourreaux : "Seigneur, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font."

Les judéens qui l'ont lapidé n'ont pu empêcher le peuple de l'enterrer sur place et de lui ériger un monument.

 

"L'exécution des deux Jacques, à l'instigation du Sanhédrin qui refusait tout messianisme, n'empêcha pas la communauté de rester sur place jusqu'en 66, sans participer aux mouvements qui agitèrent la population à partir de 60, en prélude à la guerre contre Rome." (16)

 

Nous avons de S. Jacques le Mineur une Épître qui a le titre de Catholique ou Universelle, parce qu'elle ne fut point adressée à une église particulière, mais à tout le corps des Juifs convertis qui étaient dispersés dans les différentes parties de l'univers.

 

On le représente en tunique et pallium, parfois avec une canne.

Il est invoqué contre les souffrances des agonisants.

Le nom Jacques vient de l'araméen et signifie "adepte de Dieu".

 

 

PRATIQUE. Pardonnez à vos ennemis, priez pour vos persécuteurs.

Sources:

 

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 121 ; (2) ; (3) ; (4) Christine BARRELY, Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 1, 2011, p. 146 ; (5) Marie-Françoise BASLEZ, Bible et Histoire, Judaïsme, hellénisme, chritianisme, Folio Histoire, Saint-Amand 2003, p. 160 ; (6) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problèmes, PUF, Clamecy 2018; p. 168 ; (7) Marie-Françoise BASLEZ, Comment notre monde est devenu chrétien, CLD Éditions, Points Histoire, Lonrai 2015, p. 32 ; (8) Rosa GIORGI, Le Petit Livre des Saints, Larousse, Tolède 2006, p. 268-269 ; (9) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Église du Christ, tome II Les Apôtres et les Martyrs, Librairie Arthème Fayard, Paris 1965, p. 22 ; (10) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 170 ; (11) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 169 ; (12) Marie-Françoise Baslez, Bible et Histoire, Judaïsme, hellénisme, chritianisme, Folio Histoire, Saint-Amand 2003, p. 264-268 ; (13) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 173 ; (14) Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, ibid., p. 171 ; (15) DANIEL-ROPS, Histoire de l'Église du Christ, ibid., p. 46 ; (16) Marie-Françoise BASLEZ, Comment notre monde est devenu chrétien, ibid., p. 32. 

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1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 00:00
Saint Joseph, travailleur (Ier siècle), et Mois de Marie

La fête de saint Joseph, travailleur, a été fixée au 1er mai par le pape Pie XII en 1955.

 

Le monde du travail prend une conscience grandissante de son importance et c'est le rôle de l'Église de lui enseigner toute sa dignité. Cette fête de saint Joseph est une triple fête patronale : fête de l'Église, fête de la famille et du foyer, fête du travail.

Joseph descendait en droite ligne des plus grands rois de Juda, et des plus illustres d'entre les anciens patriarches; mais il tirait sa principale gloire de ses vertus, surtout de son humilité et des fonctions sublimes qu'il eut à remplir auprès du Sauveur du monde et auprès de la sainte Vierge Marie, son auguste Mère. Saint Jérôme assure que saint Joseph a toujours été vierge. Le Ciel avait présidé à un mariage qui entrait dans l'accomplissement de ses desseins. Marie, en devenant mère miraculeusement, n'avait plus rien à craindre de la calomnie pour son honneur. Elle trouvait de plus dans Joseph un aide qui partageait avec elle le soin de pourvoir à la subsistance de son fils, un compagnon qui l'assistait dans ses voyages, un consolateur qui lui adoucissait le sentiment de ses peines. Quelle ne dut pas être la pureté et la sainteté de celui que le ciel avait choisi pour être le gardien de la plus pure et et de la plus sainte des vierges ! L'Evangile fait son éloge en disant que c'était un homme juste, c'est-à-dire éminemment saint, orné de toutes les vertus. (1)

Saint Joseph, Lourdes

Saint Joseph, Lourdes

Un ange apparut en songe à Joseph pour lui annoncer le grand mystère qui venait de s'accomplir en Marie, son épouse: par l'opération du Saint-Esprit, le Verbe s'est incarné dans le sein de cette Vierge des vierges. C'est le Messie annoncé par les Patriarches, c'est Jésus qui racheta le monde de l'esclavage du péché.

 

L'ange apparut de nouveau à Joseph en songe et lui dit : "Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr." (Mt 2:13)

Hérode envoya tuer tous les enfants jusqu’à l’âge de deux ans à Bethléem et dans toute la région.

L'ange du Seigneur apparut de nouveau à Joseph et lui dit: "Prends l'Enfant et sa mère et retourne dans la terre d'Israël. Ceux qui cherchaient à faire périr l'Enfant sont morts". (Mt 2:22-23) Il revit Nazareth, retrouva sa sainte maison, y amena l'Enfant Jésus, et y demeura avec lui dans la paix. 

La présence de Jésus dans l'atelier de Nazareth enseigna à saint Joseph le prix des heures pénibles, et le dur labeur accepté comme une réparation pour le mépris de l'homme des lois de Dieu, a acquis grâce au Christ, une valeur rédemptrice. Artisan avec Dieu créateur, frère de travail de Jésus-Ouvrier, associé avec Lui au rachat du monde, saint Joseph n'attirera jamais trop les regards et la prière de notre siècle.

C'est pourquoi l'Église, s'inspirant de la Tradition qui baptisa autrefois quantité de fêtes païennes pour les doter d'un contenu chrétien tout nouveau, plaça la fête civile du travail sous le puissant patronage de saint Joseph. Ouvrier toute sa vie, qui mieux que lui rendit grâces à Dieu le Père en son labeur de chaque jour ? C'est ce modeste artisan que Dieu choisit pour veiller sur l'enfance du Verbe incarné venu sauver le monde par l'humilité de la croix. (2)

http://nominis.cef.fr/images/gallerie/josephartisanpiexii.jpgOn peut raconter le mystère de l'Annonciation, celui de la Nativité du Sauveur, les premières humiliations du Dieu fait Homme? Ses trente ans de vie cachée et tous ce qu'ils contiennent de lumières pour ceux qui les méditent, sans faire apparaître Joseph. Il est comme l'ombre de Jésus, le voile de la virginité de Marie, il est inséparable de cette "Trinité de la terre", visible image de la Trinité du Ciel. Tous les saints  reconnaissent Joseph pour le premier d'entre eux, pour le plus semblable, pour le plus uni au Coeur de Jésus, après Marie. (3)

 

Au XIII° siècle déjà, le roi de Castille, Alphonse X le Sage, avait déjà associé dans un de ses chants la beauté de Marie et celle du mois de mai ; au siècle suivant, le bienheureux dominicain Henri Suso avait, durant l'époque des fleurs, l'habitude de tresser des couronnes pour les offrir, au premier jour de mai, à la Vierge.

 

En 1549, un bénédictin, Seidl, avait publié un livre intitulé "Le mois de mai spirituel", alors que saint Philippe Néri exhortait déjà les jeunes gens à manifester un culte particulier à Marie pendant le moi de mai où il réunissait les enfants autour de l'autel de la Sainte Vierge pour lui offrir, avec les fleurs du printemps.

 

Un peu plus tard, les jésuites recommandaient que, la veille du premier mai, dans chaque appartement, on dressât un autel à Marie, orné de fleurs et de lumières, devant quoi, chaque jour du mois, la famille se réunirait pour réciter quelques prières en l'honneur de la Sainte-Vierge avant de tirer au sort un billet qui indiquerait la vertu à pratiquer le lendemain.

 

Cette dévotion mariale s'est perpétuée de part le monde jusqu'à aujourd'hui. (4)

 

PRATIQUE. Exercez-vous, à l'exemple de saint Joseph, à vivre d'une vie intérieure.

 

Sources: (1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 78 ; (2); (3), La Dévotion à Saint-Joseph, Mois de Saint Joseph, consécration et prières, Parvis, Hauteville 2004, p.  25-26, 28; (4)

Saint Joseph, travailleur (Ier siècle), et Mois de Marie
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30 avril 2021 5 30 /04 /avril /2021 00:00
Fondateur des cisterciens

Fondateur des cisterciens

Le champenois Robert de Molesme, entré à 15 ans chez les bénédictins de Moutier-la-Celle dans l'Aube, est très vite remarqué. A peine son noviciat terminé, il fut nommé prieur. Les bénédictins de Tonnerre ayant voulu l'avoir comme Père Abbé, il accepta, mais ces moines qui sont allés le quérir, ne veulent pas de la réforme austère qu’il préconise. Les ayant trouvés très relâchés et surtout peu réformables, il prit congé d'eux et revint à Moutier.

Non loin de là vivent sept ermites ; après de multiples péripéties, il accepte de devenir leur supérieur et les installe dans des huttes dans la forêt de Molesme, près de Laignes, en Côte d'Or. Leur genre de vie, fait de solitude et de silence, impressionne les voisins. Chacun s’ingénia à aider ces moines vertueux. Mais l’abondance des donations tourne la tête à bien des religieux qui ne voient plus le besoin de travailler, ni de tant d’austérités. Les recrues et les dons affluent, les huttes disparaissent, un monastère se construisit. Incapable de restaurer la discipline, Robert les quitte, triste, mais les dons cessèrent en même temps.

Les moines sont décontenancés. Robert ne revenant pas, on en réfère au Pape. Robert est sommé de reprendre sa place. Il revient, mais les bons sentiments des frères ne durent qu’un an. Robert s’en va définitivement avec six de ses moines. Avec, saint Aubry et saint Etienne Harding, vénérant la Vierge Marie, il s’installe à Cîteaux, se promettant de vivre la Règle de saint Benoît dans toute sa pureté et sa rigueur.

 

Les trois fondateurs de Citeaux : Robert, Aubry et Etienne Harding. Cette peinture commémore et décrit la fondation en 1098, montrant les trois fondateurs vénérant la Vierge Marie

 

Ainsi naquit l'Ordre cistercien en 1098. Mais les moines de Molesme ne s’en tiennent pas là. Une deuxième fois, le pape est consulté. Celui-ci lui intime l'ordre de reprendre la tête de son monastère. Il obéit et revient, après 14 mois, dans son abbaye, confiant Cîteaux à un frère très observant. Il a la consolation de voir ses moines revenus à de meilleures dispositions.

Il gouvernera pendant 9 mois, jusqu’en 1110. Il mourut ainsi en paix.

Deux ans après sa mort, saint Bernard (1090-1153) entre à Cîteaux à qui l'Ordre cistercien devra son considérable développement.  

"Plus j’avance dans la connaissance de mon 'moi', plus je m’approche de la connaissance de Dieu." (Saint Bernard)

 
L'art cistercien est en accord avec leur spiritualité : il doit être une aide pour le cheminement intérieur des moines. En 1134, lors d'une réunion du Chapitre général de l'ordre, Bernard de Clairvaux qui est au sommet de son influence, recommande la simplicité dans toutes les expressions de l'art (Source : Jean-François Leroux-Dhuys, Art cistercien, architecture cistercienne, Histoire et Images médiévales n°12 (thématique), Les cisterciens, février-mars-avril 2008, p. 37).
 
Dès lors, les cisterciens vont développer un art dépouillé et souvent monochrome.
 
 
Du XIe au XIIIe siècle une véritable révolution industrielle s'opère dans l'Occident médiéval. Elle est portée par la monétarisation croissante de l'économie depuis l'introduction du denier d'argent par les carolingiens au VIIIe siècle, qui permet l'introduction de millions de producteurs et de consommateurs dans le circuit commercial.
 
Moulin hydraulique de Braine-le-Château XIIe siècle
 
Pour augmenter encore cette productivité les paysans investissent dans des équipements qui l’améliorent, fournissant des charrues, construisant des moulins à eau en remplacement des meules à bras, des pressoirs à huile ou à vin en remplacement du foulage. Ce phénomène est attesté par la multiplication des moulins, des routes, des marchés et des ateliers de frappe de monnaie dans tout l’Occident dès le IXe siècle.
 
 
Les abbayes sont souvent le fer de lance de cette révolution économique
Les progrès se transmettent entre abbayes par le biais de manuscrits ou par le déplacement de moines. Les frères convers, dont une partie vit en dehors de l'abbaye dans les "granges", participent à la diffusion des améliorations techniques auprès des populations locales : les cisterciens sont des vecteurs de première importance dans la révolution industrielle du Moyen-Âge. 
 
Si les Cisterciens savent innover, ils utilisent aussi parfois des techniques très anciennes. De nombreuses églises cisterciennes bénéficient d'une excellente acoustique qui n'est pas due au hasard : plusieurs (comme Melleray, Loc-Dieu, Orval...) utilisent la technique des vases acoustiques décrite par Vitruve, ingénieur romain du 1er siècle av. J.-C. ; des études contemporaines ont démontré que ces vases, répartis dans les murs et les voûtes, amplifient le son dans la gamme de fréquences de la voix des moines ; et d'autres procédés réduisent l'écho. (Source)

 

***

Sources : 1, 2, 3, 4

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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 00:00
Sainte Catherine de Sienne, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 39

Sainte Catherine de Sienne, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 39

Sainte Catherine naquit à Sienne en 1347. Dès l'âge le plus tendre, elle fit le voeu de virginité, et ne montrait de goût que pour la prière et la mortification. Ses parents, qui voulaient la marier, s'y prirent de toutes les manières pour rompre sa résolution, la contrariant dans ses exercices de piété, et la chargeant des soins les plus pénibles du ménage. Bien que vertueux, ils se firent longtemps ses persécuteurs et entravèrent, autant qu'il leur fut possible sa vocation religieuse. Catherine, soumise et obéissante, sut se créer une solitude intérieure, où elle trouvait toujours son Bien-Aimé, dont rien ne pouvait l'empêcher de jouir.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), patronne de l’Italie, co-patronne de l'Europe

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), patronne de l’Italie, co-patronne de l'Europe

Enfin les préventions cessèrent et on lui permit d'entrer dans le tiers ordre de S. Dominique. Ce fut alors que ses austérités n'eurent plus de bornes et qu'elle s'éleva à cette sublime contemplation dont on voit la preuve dans ses écrits, et mieux encore au milieu des vertus héroïques qu'elle pratiqua.

 

"Quand un exorciste ne parvenait pas à libérer une personne, il l'envoyait à sainte Catherine de Sienne, pas parce qu'elle était exorciste, encore moins parce qu'elle était prêtre, mais parce qu'elle était sainte. Parce que la condition sine qua non de la réussite d'un exorcisme est la foi.

 

[...] la foi de celui qui prie, et de la foi de celui qui reçoit la prière."

(Gabriele AMORTH, J'ai rencontré Satan, Le Combat du plus célèbre exorciste, Entretiens avec Slawomir Sznurkowski, Traduti de l'italien par Quentin Petit, EdN, Vendôme 2016 , p. 142; 149.)

Sainte Catherine de Sienne exorcisant une femme possédée, Girolamo di Benvenuto, 1500-10, musée d'art de Denver

Sainte Catherine de Sienne exorcisant une femme possédée, Girolamo di Benvenuto, 1500-10, musée d'art de Denver

« Lorsque sainte Catherine de Sienne disait : "Au nom de Marie, va-t-en !", elle le faisait avec foi, et c'est cela qui rendait sa parole efficace.» (Gabriele Amorth, ibid., p. 197.)

Sainte Catherine obtient du Christ la libération de sa sœur Palmerina de son pacte avec le diable avant de mourir, Girolamo di Benvenuto (1470-1524), Cambridge (Ma), Fogg Art Museum

Sainte Catherine obtient du Christ la libération de sa sœur Palmerina de son pacte avec le diable avant de mourir, Girolamo di Benvenuto (1470-1524), Cambridge (Ma), Fogg Art Museum

Sa charité pour les pauvres, sa patience dans les calomnies dont on payait ses services, son ardeur et son talent pour la conversion des pécheurs, son zèle pour la paix de l'Eglise et des Etats, en firent la gloire de son ordre, l'ornement de son pays et la merveille de son siècle. Catherine, toujours supérieure à sa réputation par son humilité, elle préférait la couronne d'épines du Sauveur à tout le reste.

 

Dans une de Ses apparitions, le Sauveur ôta le coeur de la poitrine de Sa servante et mit le Sien à sa place. Une autre fois, elle reçut les stigmates du divin Crucifié. Souvent, au moment de la Communion, l'Hostie s'échappait des mains du prêtre pour voler vers la bouche de Catherine. Sa vie entière fut un miracle.

 

Dieu permit qu'elle exerçât une immense influence sur son époque, et qu'elle contribuât pour beaucoup à la cessation du grand schisme d'Occident (crise de l'Eglise au tournant des XIVe et XVe siècles (1378 - 1417), divisant pendant quarante ans la chrétienté catholique en deux courants rivaux.)

 

Lorsque la chrétienté occidentale fut divisée entre plusieurs papes, elle soutint Urbain VI et déploya des trésors d'activité et de diplomatie pour rassembler l'Eglise autour de lui. Elle écrivit au pape en Avignon, une lettre brûlante où elle le pressait de revenir à Rome. Elle alla même le chercher. Elle envoya de nombreuses lettres aux princes et cardinaux, pour promouvoir l'obéissance au pape Urbain VI et défendre ce qu'elle nomme le "vaisseau de l'Église".

Sainte Catherine de Sienne portant sur son voile la couronne d'épines, tenant un crucifix et une fleur de lys

Sainte Catherine de Sienne portant sur son voile la couronne d'épines, tenant un crucifix et une fleur de lys

Elle voyagea inlassablement comme médiatrice dans le nord de l'Italie et le sud de la France. Pourtant cette activité débordante n'était pas le tout de Catherine. Ce n'était que la face apparente d'une intense vie mystique, avec des extases durant lesquelles ses disciples copiaient les prières qui s'échappaient de ses lèvres.

 

Cette sainte nous a laissé des ouvrages qui paraîtront précieux à quiconque estime le langage de la vraie piété. Ce sont six traités en forme de dialogues, un discours sur l'Annonciation de la très-sainte Vierge, et trois cent soixante-quatre lettres qui portent l'empreinte de son génie supérieur.

 

Son "Dialogue" sur la Divine Providence, qui est aussi un des classiques de la langue italienne, retrace ces entretiens enflammés avec le Christ. Ils auraient été composés en cinq jours d'extase, du 9 au 14 octobre 1378. 

La doctrine du pont : Catherine de Sienne et le "libre arbitre"

 

Dans son ouvrage Le Dialogue, Catherine développe un traité de christologie à travers ce qui est appelé la "doctrine du pont". Ce traité se veut une démonstration de la place centrale du Christ dans le rôle de médiateur entre l'homme et Dieu.

 

Au cours d'une image qu'elle développe, Catherine décrit l'importance du Christ comme un pont qui permet de traverser un fleuve où tout le monde se noie. Ce fleuve empêche d'accéder à l'autre rive, celle qui est décrite alors comme le paradis, le lieu de l'union à Dieu. Le pont qui permet de traverser ce fleuve est le Christ, avec trois marches. Ces trois marches représentent les trois étapes de la vie chrétienne, mais aussi les principales plaies du Christ en croix : les pieds sont les premières marches du pont, mais ils représentent le désir de Dieu qui conduit l'âme à vouloir connaître et mieux aimer Dieu. La deuxième marche du pont est le cœur du Christ, lieu de l'union à Dieu et de la connaissance de soi et de Dieu. La dernière marche est la bouche du Christ, symbole de l'union à Dieu et de la paix intérieure. Le pont n'est accessible qu'à travers la connaissance de soi, la pratique des vertus, mais aussi la miséricorde de Dieu.

 

La pratique de la connaissance de soi et des vertus est le seul moyen de passer le pont. Ceux qui ne suivent pas cette voie sont alors emportés par les flots des divers désirs désordonnés comme l'avarice, la concupiscence charnelle, l'orgueil, l'injustice et le mensonge qui conduisent à l'enfer. Le libre arbitre a une place primordiale dans cette doctrine du pont. Pour Catherine, l'homme étant libre et à l'image de Dieu, c'est par sa volonté et le désir de Dieu que l'homme peut Le choisir ou non en succombant aux tentations :

 

"Personne ne peut avoir peur d'aucune bataille, d'aucun assaut du démon, parce que j'ai fait de tous des forts. Je leur ai donné une volonté intrépide, en trempant dans le sang de mon Fils. Cette volonté, ni démon, ni aucune puissance créée ne peut l'ébranler. Elle est à vous, uniquement à vous, c'est Moi qui vous l'ai donnée avec le libre arbitre. C'est donc à vous qu'il appartient d'en disposer, par votre libre arbitre, et de la retenir ou de lui lâcher la bride suivant ce qu'il vous plait. La volonté, voilà l'arme que vous livrez vous même aux mains du démon : elle est vraiment le couteau avec lequel il vous frappe, avec lequel il vous tue. Mais si l'homme ne livre pas au démon ce glaive de la volonté, je veux dire s'il ne consent pas aux tentations, à ses provocations, jamais aucune tentation ne pourra le blesser et le rendre coupable de péché : elle le fortifiera au contraire lui faisant comprendre que c'est par amour que je vous laisse tenter, pour vous faire aimer et pratiquer la vertu." (Extrait du livre Le Dialogue, chapitre XIII (43)

Dieu la favorisa, pendant sa vie, de la connaissance des choses cachées.

 

Catherine avait une grande vénération pour sainte Agnès de Montepulciano (1268-1317).

 

Les peines qu'elle se donna pour le bien de l'Eglise la conduisirent au tombeau à l'âge de trentre-trois ans, le 29 avril 1380. La dévotion autour de Catherine de Sienne se développe rapidement après sa mort. Elle est canonisée en 1461, déclarée sainte patronne de Rome en 1866, et de l'Italie en 1939.

 

Le 4 octobre 1970 elle est proclamée docteur de l'Eglise en même temps que Ste Thérèse d’Avila (1515-1582) par Paul VI (titre que l’Église d’Angleterre lui reconnaît aussi), et co-patronne de l'Europe par Jean-Paul II en 1999, avec Ste Brigitte de Suède (1302-1373) et Ste Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942) : 

 

"Sainte Catherine entra avec un regard sûr et des paroles de feu dans le vif des problèmes sociaux et politiques qui ont déchiré l'Europe de son époque." (Jean Paul II, Lettre apostolique Spes aedificandi, 02/10/1999)


Sainte-Catherine de Sienne est la patronne des infirmières.

 

Elle est aussi la sainte protectrice des journalistes, des médias, et de tous les métiers de la communication, en raison de son œuvre épistolaire en faveur de la papauté.

 

Elle est invoquée par les personnes qui craignent de subir un échec.

 

Sources

(1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 120; (2), (3), (4), (5) ; (6) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 38.

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28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 00:00

Au IIe siècle, mariée à S. Vital, personnage consulaire, Valérie mourut martyre à Ravenne alors que son mari périssait martyr lui-aussi à Milan (Italie) (1)

 

Vital était un militaire né à Milan, père de S. Gervais et de S. Protais, martyrs. Il fut condamné à mort pour sa religion par le juge de Ravenne, brûlé vif après avoir été étendu sur le chevalet, et avoir souffert divers autres genres de tortures. On lit dans ses Actes, que Valérie, sa femme, retournant de Ravenne à Milan, fut mise à mort par une troupe de paysans auxquels elle refusa de se joindre dans la célébration d'une fête impie et licencieuse. (2)

 

Mosaïque de San Vitale

  Mosaïque de San Vitale

 

Sources:

 

(1), (2) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 118.

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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 23:00
Sainte Zita, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 186.

Sainte Zita, dans Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 186.

L'histoire de Zita se déroule dans l'Italie du XIIIe siècle.

Zita était une petite vendeuse de légumes qui s'en allait au marché de Lucques (Toscane, Italie) pour ses parents. Sa mère, pauvre, mais vertueuse, l'éleva dans la crainte du Seigneur, et eut la consolation de voir ses bonnes instructions porter de précieux fruits.

 Zite parlait peu, travaillait avec assiduité, et tenait son âme dans un recueillement perpétuel.

À douze ans, elle fut placée dans une famille comme servante, et ne la quitta plus.

Pour ne pas déranger son service, elle se levait plus tôt afin d'aller entendre la sainte messe, jeûnait pour donner aux pauvres une part de sa nourriture, supportait avec patience et sourire les jalousies des autres domestiques qui parfois même la dénonçaient avec calomnie. Dieu permit qu'on traita sa modestie de stupidité, et son exactitude à ses devoirs fut regardée comme le fruit d'un orgueil secret. Sous le coup de préventions si injustes, qu'on imagine ce que cette sainte fille eut à souffrir. Mais sa patience triompha de la malice et des péjugés. Ses maîtres devinrent plus équitables: leur jalousie se transforma en admiration, et ils lui confièrent le maniement de leurs affaires, qu'elle géra avec une grande sagesse. (1) 

Un soir de Noël, Zita se rend à la messe de minuit. Son maître, le signore Fatinelli, lui prête son manteau, mais lui enjoint aussitôt de bien le rapporter. Il sait que Zita a l'habitude de se dépouiller de tout pour donner aux pauvres. Arrivant à l'église, elle aperçoit un mendiant grelottant à qui elle confie le précieux vêtement juste le temps de l'office. À la sortie, l'homme a disparu. Au retour, la colère du maître est immédiate. Mais voilà que le mendiant apparaît avec le manteau, sourit, le tend à Zita et, tel un éclair, disparaît. (2)

Les anges se chargeaient de faire cuire son pain pendant qu’elle était en extase, de lui rendre le manteau qu'elle avait prêté à un pauvre, et de lui ouvrir la porte des églises ! 

Un jour, pendant une de ses ferventes oraisons, le temps s'écoula de telle sorte qu'au moment où elle quittait l’église, le soleil déjà haut au-dessus de l'horizon lui rappela qu'elle avait dépassé l'heure où elle devait faire un ouvrage indispensable : c’était la préparation (ou la fourniture) du pain nécessaire à toute la maison. Elle se hâta de gagner le logis, se reprochant intérieurement la négligence de son devoir : quand elle arriva, elle trouva toute la pâte préparée et le feu allumé. Elle était convaincue qu'une autre servante, désireuse de lui épargner une réprimande, avait voulu faire sa besogne en son absence, mais quand elle tenta de trouver à qui adresser ses remerciements, personne ne sut ce qu'elle voulait dire, car personne n'avait songé à lui rendre ce service. Dans la simplicité de son cœur, elle en conclut que Dieu avait accordé cette faveur à sa servante qui avait tout oublié pour lui.

 Une nuit de Noël, qu'il faisait extrêmement froid, Zite se disposait à se rendre à Matines. Son maître lui dit : « Comment cours-tu à l'église par un temps si froid, que nous pouvons à peine nous en défendre ici avec tous nos vêtements ? Toi surtout, épuisée par le jeûne, vêtue si pauvrement, et qui vas s'asseoir sur un pavé de marbre ? » Entrée dans l'église, elle aperçut un pauvre demi-nu, qui murmurait tout bas, et qui grelottait de froid ; émue de compassion, Zita s'approcha et lui dit : « Qu'avez-vous, mon frère, et de quoi vous plaignez-vous ? » Lui, la regardant d'un visage placide, tendit la main et toucha le manteau en question. Aussitôt Zita l'ôta de ses paules, en revêtit le pauvre et lui dit : « Tenez cette pelisse, mon frère, jusqu'à la fin de l'office, et vous me la rendrez; n'allez nulle part, car je vous mènerai à la maison et vous chaufferai près du feu. » Cela dit, elle alla se mettre à l'endroit où elle priait d'ordinaire. Après l'office, et quand tout le monde fut sorti, elle chercha le pauvre partout, au dedans et au dehors de l’église, mais ne le trouva nulle part. Elle se disait en elle-même : « Où peut-il être allé ? Je crains que quelqu'un ne lui ait pris le manteau, et que, de honte, il n'ose se présenter à mes yeux. Il paraissait assez honnête, et je ne crois pas qu'il ait voulu attraper le manteau et s'enfuir. » C'est ainsi qu’elle excusait pieusement le pauvre. Mais enfin, ne l'ayant pu trouver, elle revenait un peu honteuse, espérant toujours néanmoins que Dieu apaiserait son maître, ou inspirerait au pauvre de rapporter le manteau. Quand elle fut de retour à la maison, le maître lui dit des paroles très-dures, lui fit de vifs reproches. Elle ne répondit rien, mais, lui recommandant d'espérer, elle lui raconta comment la chose s'était passée. Il entrevit bien comment la chose s'était passée, mais ne laissa pas de murmurer jusqu'au dîner. A la troisième heure, voilà sur l'escalier de la maison un pauvre qui charmait tous les spectateurs par sa bonne mine, et qui, portant le manteau dans ses bras, le rendit à Zita, en la remerciant du bien qu'elle lui avait fait. Le maître voyait et entendait le pauvre. Il commençait, ainsi que Zita, à lui adresser la parole, lorsqu'il disparut comme un éclair, laissant dans leurs cœurs une joie inconnue et ineffable, qui les ravit longtemps d'admiration. On a cru que ce vieillard était un ange;  c'est pourquoi la porte de l’église où elle rencontra le pauvre au manteau a été depuis appelée la porte de l'Ange.

Chaque vendredi elle allait en pèlerinage à San-Angelo in Monte, à deux lieues de Lucques ; un jour qu'elle avait été retenue par les travaux de la maison plus que d'ordinaire, elle fut surprise par la nuit. Un cavalier qui suivait le même chemin lui prédit qu'elle périrait dans les précipices si elle continuait à marcher au milieu des ténèbres ; mais quand il arriva, il fut bien saisi de trouver à la porte de l'église celle qu'il croyait avoir laissé loin derrière lui.

Sainte Zita avait un grand amour pour sainte Marie-Madeleine et pour saint Jean l'Evangéliste ; une veille de fête de la première, elle voulut aller faire brûler un cierge devant son autel dans une église assez éloignée de Lucques. Elle arriva tard et trouva les portes fermées ; elle alluma son cierge, se mit à genoux et s'endormit. La nuit, un orage terrible s'éleva, la pluie tomba par torrents, et la Sainte reposait ; quand elle se réveilla, les rues étaient couvertes d'eau, mais elle n'avait pas même été touchée par une goutte de pluie, et son cierge brûlait encore. Les portes alors s'ouvrirent devant elle, et quand le curé arriva pour dire la messe, il trouva la Sainte en prières dans cette église qui n'avait pas été ouverte depuis la veille au soir. (3)

Zite mourut à l'âge de soixante ans le 27 avril 1278, pleine des mérites qu'elle avait puisés dans le recueillement, la mortification, et un saint et fréquent usage des sacrements.

 

Châsse de Sainte ZitaSa sainteté fut reconnue après sa mort tant étaient grandes les faveurs que le petit peuple obtenait en lui demandant son intercession.  

Les miracles se multiplièrent tant à son tombeau que, quatre ans après sa mort, l'évêque de Lucques permit de lui rendre un culte public qui se répandit rapidement en Italie, en Espagne, en Angleterre et dans toute l'Europe. Il y eut par trois fois, en 1446, en 1581 et en 1652, ouverture de son cercueil où le corps fut trouvé parfaitement intact, dans un état de parfaite conservation. Il est enchâssé et gardé avec beaucoup de respect dans l'église Saint-Fridien. Zite a été canonisée par lnnocent XII en 1696. Elle est la patronne de Lucques ; les servantes et les femmes de charge l'invoquent comme leur spéciale protectrice. De la chaumière du mont Sagrati, qui avait abrité le berceau de l'humble Sainte, on a fait une chapelle qui lui est dédiée. D'autres églises lui sont consacrées à Gênes et à Milan.

 

On donne pour attributs à sainte Zite un trousseau de clefs suspendu à sa ceinture et une cruche : les clefs rappellent qu'elle fut investie de la confiance de ses maîtres, et la cruche, le miracle qu'elle fit de changer l'eau en vin au bénéfice des pauvres. On montre encore à Lucques le puits où elle prit de l'eau pour faire ce miracle. On l'a aussi représentée debout devant les portes de la ville, et la sainte Vierge venant lui ouvrir le guichet. La miséricordieuse Marie dut rendre ce service à sa servante un soir que celle-ci s'était attardée à ses bonnes œuvres. Une vieille gravure allemande la représente sous les traits d'une jeune fille accorte, revêtant le vieillard de la pelisse de son maître.

 

Sainte-Zita est la patronne des employés de maison, garçons de café, des serveurs, des maîtres d’hôtels et des hôtesses. On lui demande d’intervenir pour retrouver des clés perdues. (4)

 

Sources:  (1) Vie des Saints pour tous les jours de l'année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 117 ; (2) Le Petit Livre des Saints, Éditions du Chêne, tome 2, 2011, p. 186 ; (3) http://missel.free.fr/Sanctoral/04/27.php ; (4) http://jubilatedeo.centerblog.net/6573157-Les-saints-du-jour-Lundi-27-Avril (5) Wikipedia

 

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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 00:00
Sainte Alida (Alde) de Sienne, Veuve, Tertiaire des Humiliés † 1309

Alida épousa Bindo Bellanti, un noble de Sienne dont la bonté était aussi grande que la piété, et fut toute sa vie une épouse exemplaire. À la mort de celui-ci, alors qu'elle avait 30 ans, malgré les nombreux prétendants qui la sollicitèrent, elle resta veuve et entra dans le tiers ordre des Umiliati pour y soigner les malades jusqu'à sa mort.

 

Les biens qui lui restaient furent distribués aux pauvres, et sa dépouille mortelle repose dans l'église San Tommaso à Sienne.

Sources: (1); (2)

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