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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 21:44

LOURDES (Hautes-Pyrénées), 14 sept 2008 (AFP) - Pas de "subordination servile" entre le pape et les évêques (Mgr Vingt-Trois)

Le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, a souligné que les relations entre le pape et les évêques "ne sont pas des rapports de subordination servile".

"Les rapports du pape avec les évêques ne sont pas des rapports de patron à employés. Il n'est pas un PDG d'une multinationale qui vient visiter une succursale", a déclaré Mgr Vingt-Trois lors d'un point de presse tenu après la rencontre entre le pape et les évêques.

"Nous l'avons accueilli et écouté comme un frère qui vient conforter la foi de ceux avec qui il travaille et il est en communion", a ajouté le cardinal aarchevêque de Paris.

"Nous sommes dans un rapport de communion, d'affection, de collaboration et quand nous avons des choses à lui dire, nous les lui disons", a affirmé Mgr Vingt-Trois.

Auparavant, le pape avait, devant les évêques, prôné la fermeté de l'Eglise face aux défis du monde contemporain, une intervention aux accents de mise au point qui fut assez tièdement applaudie. Via
le Forum catholique

Rappel du droit canon à Mgr Vingt-Trois : ce n'est pas au pape à être en communion avec les évêques, mais le contraire :

CHAPITRE II

LES ÉVÊQUES

Art. 1

LES ÉVÊQUES EN GÉNÉRAL

Can. 375 - § 1. Les Évêques qui d'institution divine succèdent aux Apôtres par l'Esprit Saint qui leur est donné sont constitués Pasteurs dans l'Église pour être, eux-mêmes, maîtres de doctrine, prêtres du culte sacré et ministres de gouvernement.

§ 2. Par la consécration épiscopale elle-même, les Évêques reçoivent avec la charge de sanctifier, celles d'enseigner et de gouverner, mais en raison de leur nature, ils ne peuvent les exercer que dans la communion hiérarchique avec le chef et les membres du Collège.


Can. 333 - § 1. En vertu de sa charge, non seulement le Pontife Romain possède le pouvoir sur l'Église tout entière, mais il obtient aussi sur toutes les Églises particulières et leurs regroupements la primauté du pouvoir ordinaire par laquelle est à la fois affermi et garanti le pouvoir propre ordinaire et immédiat que les Évêques possèdent sur les Églises particulières confiées à leur soin.
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24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 20:01
Americatho. En 2006, la Conférence des évêques américains (United States Conference of Catholic Bishops, USCCB) a fait paraître un catéchisme destiné aux adultes (United States Catholic Catechism for Adults), un fort volume de 664 p. qui a connu un assez beau succès.
Toutefois, ce texte comportait une phrase qui, intentionnellement ou malencontreusement, relevait de l’hérésie.
La voici : « Ainsi, l’alliance que Dieu a passé avec le peuple juif au travers de Moïse demeure éternellement valable pour [le peuple juif] ».

Le 5 août dernier, le secrétariat général de l’USCCB a fait savoir que cette dernière avait approuvé le changement, jugé important, de cette phrase qui devrait – sitôt obtenue la recognitio sollicitée de Rome – se lire ainsi dans la nouvelle édition en préparation : « Au peuple juif, à qui Dieu a choisi en premier de faire entendre sa parole, “appartient l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et aussi l
es patriarches, et de qui le Christ est issu selon la chair” (Rm, 9, 4-5, Catéchisme de l’Église catholique, n. 839 ».
Dans sa lettre du 5 août adressée aux évêques américains traitant de la conséquence de leur vote quant à la rédaction de la nouvelle version du catéchisme, Monseigneur David Malloy, secrétaire général de l’USCCB, apporte d’utiles précisions : « Les catholiques comprennent que toutes les précédentes alliances que Dieu a passées avec le peuple juif ont été accomplies au moyen du sacrifice de sa vie sur la croix. L’ancienne version du texte pouvait conduire à comprendre que l’une des anciennes alliances [celle du Sinaï] pouvait transmettre le salut sans la médiation du Christ que les chrétiens tiennent pour être le sauveur universel de tous les hommes ».

L’affaire n’est pas anodine. La thèse blasphématoire et hérétique de l’actuelle coexistence de deux alliances – la première, sinaïtique, pour les juifs, la seconde, sur la croix, pour tous les autres hommes – également salvifiques, a été défendue – et l’est encore – à un très haut niveau de la hiérarchie catholique. Elle était tout à fait explicite dans un document officiel publié en 2002 par l’USCCB : Réflexions sur l’Alliance et la Mission (Reflections on Covenant and Mission), un document qui n’avait pas peu été utilisé pour mener la bataille contre le film de Mel Gibson, La Passion du Christ.
La nouvelle version proposée par l’USCCB est infiniment meilleure que celle que l’on trouve dans la première version du catéchisme en ce qu’elle ne permet plus de suggérer ou de permettre de comprendre que la Loi mosaïque est salvifique pour les juifs et donc que ces derniers n’ont pas besoin de confesser que Jésus est le Christ et le Seigneur, c’est-à-dire la Foi que tient l’Église de manière constante, de manière irréformable et de manière infaillible.
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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 13:27
Via le Forum catholique


Le témoignage d'un juif converti au catholicisme moderne et devenu prêtre jésuite...

Malheureusement, ce prêtre mêlant la vérité à l'erreur, refourgue des vieilleries modernistes et révoque en doute certains récits des Evangiles devenus dit-il "problématiques du point de vue historique"..., le tout au nom de "décennies de la critique historique" et de "l'approches critique sur les Evangiles" (sic). Il oppose le "Jésus de la foi" au "Jésus de l'histoire" exactement comme si il devait y avoir une opposition... "Ils (les pèlerins) viennent ici pour trouver un Jésus de leur foi et pas forcément le Jésus de l'histoire"... On est en plein modernisme tel que défini et condamné par
saint Pie X dans l'encyclique Pascendi (1907) :

"La critique textuelle vient à la rescousse: pour confirmer cette histoire du texte sacré, ils s'évertuent à montrer que tel fait, que telle parole n'y est point à sa place, ajoutant d'autres critiques du même acabit. ... [I]ls se sont construit certains types de narrations et de discours sur lesquels ils jugent ce qui est ou ce qui n'est pas déplacé. Et combien ils sont aptes à ce genre de critique! A les entendre vous parler de leurs travaux sur les Livres Sacrés, grâce auxquels ils ont pu découvrir en ceux-ci tant de choses défectueuses, il semblerait vraiment que nul homme avant eux ne les a feuilletés, qu'il n'y a pas eu à les fouiller en tous sens une multitude de docteurs infiniment supérieurs à eux en génie, en érudition, en sainteté; lesquels docteurs, bien loin d'y trouver à redire, redoublaient au contraire, à mesure qu'ils les scrutaient plus profondément, d'actions de grâce à la bonté divine, qui avait daigné de la sorte parler aux hommes. C'est que, malheureusement, ils n'avaient pas les mêmes auxiliaires d'études que les modernistes, savoir, comme guide et règle, une philosophie venue de l'agnosticisme, et comme critérium eux-mêmes..." (
§ 45.)

"Ce qui exige surtout que Nous parlions sans délai, c'est que, les artisans d'erreurs, il n'y a pas à les chercher aujourd'hui parmi les ennemis déclarés. Ils se cachent et c'est un sujet d'appréhension et d'angoisse très vives, dans le sein même et au coeur de l'Eglise, ennemis d'autant plus redoutables qu'ils le sont moins ouvertement." (
§ 2.)

La "critique historique" commence à partir de 01:30. Ce prêtre se fera-t-il rappelé à l'ordre ?...

On sait depuis l'ouvrage de l'abbé Barruel (Mémoires pour servir à l'Histoire du jacobinisme, 1797) qu'un des moyens des Illuminatistes
était l'extinction des Jésuites et l'infiltration des corps religieux
. Y a de quoi se poser des questions là.
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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 14:22

Credo in unum Deum, Patrem omnipoténtem, factórem cœli et terræ, visibílium ómnium et invisibílium.

Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible.

Et in unum Dóminum Iesum Christum, Fílium Dei unigénitum.

Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu.

Et ex Patre natum ante ómnia saécula.

Né du Père avant tous les siècles.

Deum de Deo, lumen de lúmine, Deum verum de Deo vero.

Il est Dieu, né de Dieu, lumière, né de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu.

Génitum, non factum, consubstantiálem Patri per quem ómnia facta sunt.

Engendré non pas créé, consubstantiel* au Père, et par Lui tout a été fait.

Qui propter nos hómines et propter nostram salútem descéndit de cœlis.

Pour nous les hommes, et pour notre salut, Il descendit du ciel.

ET INCARNATUS EST DE SPIRITU SANCTO EX MARIA VIRGINE ET HOMO FACTUS EST.

Par l'Esprit Saint, Il a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme.

Crucifíxus étiam pro nobis, sub Póntio Piláto passus, et sepúltus est.

Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.

Et resurréxit tértia die, secúndum Scriptúras.

Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Ecritures.

Et ascéndit in cœlum : sedet ad déxteram Patris.

Et Il monta au ciel : Il est assis à la droite du Père.

Et íterum ventúrus est cum glória judicáre vivos et mórtuos cuius regni non erit finis.

Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne n'aura pas de fin. 

Et in Spíritum Sanctum, Dóminum et vivificántem, qui ex Patre, Filióque procédit.

Je crois en l'Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, Il procède du Père et du Fils.

Qui cum Patre, et Fílio simul adorátur, et conglorificátur : qui locútus est per Prophétas.

Avec le Père et le Fils, Il reçoit même adoration et même gloire : Il a parlé par les prophètes.

Et unam, sanctam, cathólicam, et apostólicam Ecclésiam.

Je crois en l'Eglise, une, sainte, catholique et apostolique.

Confíteor unum baptísma in remissiónem peccatórum.

Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés.

Et expécto resurrectiónem mortuórum et vitam ventúri saéculi. Amen.

J'attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir. Amen.

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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 17:28
Le grand Mufti de Syrie, Ahmad Badr El Din El Hassoun, a invité Benoît XVI à se rendre en Syrie à l’occasion de l’Année Saint-Paul.


« Ce que je voudrais dire au Saint-Père, c’est qu’en ce moment Damas est la capitale de la culture arabe et dans le même temps la capitale de l’Année Saint-Paul », ouverte par Benoît XVI le 28 juin 2008 pour célébrer le bimillénaire de la naissance de Paul de Tarse.

C’est en effet sur le chemin de Damas que saint Paul, jusqu’alors féroce persécuteur des chrétiens, se convertit, après avoir reçu une vision de Jésus qui lui dit : « Je suis Jésus que tu persécutes ».

« Je serais si heureux si le Saint-Père acceptait notre invitation à visiter la Syrie cette année », a déclaré le grand Mufti.

Celui-ci a également exprimé le souhait de pouvoir rencontrer le pape en privé à Rome pour préparer cette visite.

Ahmad Badr El Din El Hassoun a ajouté qu’il aimerait pouvoir répéter personnellement au pape ce qu’il a dit le 15 janvier dernier à Strasbourg, en présence des députés européens.

Il avait parlé de la nécessité d’un dialogue interculturel fécond pour une coexistence pacifique entre les peuples, à partir des fondements communs des diverses religions, car « la culture de l’esprit, qu’elle soit chrétienne ou musulmane, donne à l’humanité sa dimension morale ».

Il a ensuite exprimé le souhait que « le Vatican puisse participer à planter la fleur de la paix au Proche Orient ».

Le grand Mufti a rappelé l’appel vigoureux de Jean-Paul II à ne pas construire des murs mais des ponts de dialogue, en référence au mur de division voulu par Israël.

« Le Vatican a eu un rôle fondamental dans la chute du mur de Berlin - a-t-il poursuivi - et j’espère qu’il pourra jouer un rôle similaire dans la destruction du mur que l’on est en train de construire dans la terre de la paix ».

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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 17:22

                         "Il n'y a pas plus sectaire qu'un libéral" (Louis Veuillot)

Le Monde sort la grosse artillerie avec ce texte de Tincq sur les 'intégristes' 'schismatiques' à l''esprit borné', sic... et s'inquiète du 'triomphe posthume de Mgr Lefebvre'... Quelle tolérance!
Hallali et affolement! Il y a des textes comme ceux-ci à conserver. La frayeur de Tinq ? Ces générations de prêtres 'intégristes' 'se sont renouvelées'...


Via le Forum catholique

Le pape Benoît XVI et ses intégristes, par Henri Tincq
LE MONDE | 02.07.08

Il y a vingt ans, Marcel Lefebvre, évêque français insoumis, esprit borné, bafouait l'autorité du pape Jean Paul II, le 30 juin 1988. Dans son séminaire d'Ecône, en Suisse, bastion de l'intégrisme catholique, il consacrait quatre évêques pour assurer la postérité de la "tradition" contre le concile "hérétique" Vatican II [Mgr Lefebvre n'a jamais dit ni écrit que Vatican II était 'hérétique'. Il a dit que certains textes dans leur rédaction - Gaudium et spes, dignitatis humanae - n'étaient pas clairs, mais ambigus..., équivoques et pouvaient être interprétés dans le sens libéral]. Des années de tractations avec la Curie romaine (surtout Josef Ratzinger) ou avec des "amis" comme le philosophe Jean Guitton étaient anéanties. Il faisait soleil, ce matin-là sur Ecône. L'huile sainte luisait sur le front des jeunes prélats. Les fidèles s'agenouillaient devant leur crosse, baisaient leur anneau. Au même moment, un décret fulminé par Rome excommuniait Mgr Lefebvre (mort en 1991) et ces nouveaux évêques devenus "schismatiques".

Deux décennies plus tard, et malgré les échecs successifs des tentatives de "réconciliation" menées par Jean Paul II et surtout Benoît XVI, le traditionalisme, s'il n'a pas gagné dans les textes, a gagné dans les têtes. Ceux qui avaient confondu - et ils étaient alors nombreux - cet épisode des sacres d'Ecône, il y a vingt ans, avec l'expression d'un folklore désuet promis aux poubelles de l'histoire, d'une nostalgie béate pour l'encens, la soutane et la messe en latin, se sont trompés.

Les "tradis" sont toujours là. Largement français à ses débuts - en raison de la nationalité de Mgr Lefebvre et des crispations dans l'Hexagone sur la liturgie moderne -, le phénomène s'est mondialisé. La frontière est de plus en plus poreuse, avec des manifestations de foi et de dévotion encouragées par un Benoît XVI, par un jeune clergé et des communautés dites "nouvelles" qui prônent le retour à la tradition comme mode de résistance à la sécularisation moderne.

Les séminaires de la Fraternité saint Pie X, noyau dur du schisme, ont essaimé en Allemagne, en Australie, aux Etats-Unis dans le Minnesota, en Amérique latine. Les générations de prêtres (près de 500) qui en sortent et de fidèles (600 000, de source vaticane) héritiers de cette dissidence se sont renouvelées. Elles sont installées dans plus de trente pays. Typiquement européen, ce modèle d'une Eglise autoritaire, intransigeante, anti-oecuménique et anti-moderne, dominée par la figure du saint prêtre en charge du sacré, s'est exporté. Il est, pour les traditionalistes, le garant de cette part de mystère, d'émotion et de beauté propre à toute tradition et que la "nouvelle messe" aurait sacrifiée. Dans un monde éclaté, le latin y retrouverait un statut de langue universelle et les emprunts aux traditions culturelles, en Inde ou en Afrique, pousseraient vers la "tradition" les fidèles attachés à une liturgie et à un catéchisme uniques.

Les traditionalistes ont trouvé un allié avec le pape allemand. Les fidèles s'étonnent des audaces que prend Benoît XVI en matière liturgique, à rebours de toute une évolution enregistrée depuis Vatican II. Le maître des cérémonies de Jean Paul II a été remplacé. Benoît XVI a rétabli le trône pourpre bordé d'or des papes préconciliaires, renoncé au "bâton pastoral" de ses prédécesseurs, symbole d'une Eglise plus humble, et ressorti la "férule" en forme de croix grecque du pape le plus réactionnaire du XIXe siècle (Pie IX). Il a restauré l'usage de la distribution de la communion à genoux et par la bouche, "destinée à devenir la pratique habituelle des célébrations pontificales", a déclaré dans L'Osservatore romano Mgr Guido Marini, son cérémoniaire. La France [La France ou les progressistes?] risque d'être stupéfaite lors de la visite de Benoît XVI en septembre.

 

LA ROME DU XIXE SIÈCLE

Un an après, le motu proprio (décret du pape) de juillet 2007 libéralisant l'ancien rite en latin n'a certes pas déchaîné les passions. En France, le ralliement à l'"ancienne messe" n'aurait touché que... 0,1 % de fidèles [Les Tradis ont déjà leur lieux de messes dans les maisons traditionnelles FSSPX, FSP, ICRSP, IBP, etc.]. Le nombre de paroisses où elle est célébrée depuis un an n'est que de 40, s'ajoutant aux 132 qui la proposaient déjà. Mais les traditionalistes n'ont pas renoncé à leur guerre d'usure contre les évêques, les prêtres et la Curie "modernistes". Ils ont rejeté le protocole d'accord proposé par Rome en vue de régler le schisme [C'est faux, tout indique au contraire des dépêches Afp de ces derniers jours, une satisfaction du côté de Rome], qui ne leur demandait que de s'engager à respecter l'autorité et la personne du pape. Victime d'un jeu de surenchères sans fin, Benoît XVI se voit sommé de lever les excommunications de juin 1988 et d'attribuer aux prêtres traditionalistes un statut sur mesure de "prélature nullius", qui leur offrirait le double avantage d'être reconnus par Rome et de rester indépendants des évêques.

 

Benoît XVI peut-il aller jusque-là ? Serait-il vraiment ce pape qui n'aurait jamais réussi à s'affranchir de son modèle bavarois où la messe, la famille, l'angelus des champs et la musique des villes étaient au coeur du quotidien ? D'un passé de théologien épouvanté par l'ampleur des dérives qui ont suivi le dernier concile, par le "nihilisme" de Mai 68 et par l'inexorable montée du "relativisme" des moeurs et des opinions, y compris religieuses ? On peine à penser que ce philosophe, qui a dialogué avec des figures de la pensée laïque (Florès d'Arçais en Italie, Habermas en Allemagne), renoué avec Hans Küng, son ancien collègue théologien devenu son meilleur ennemi, prié dans une mosquée (Istanbul), visité des synagogues, écrit des encycliques au ton moderne sur l'amour et l'espérance, puisse demain ouvrir la porte aux schismatiques de 1988, arc-boutés sur la Rome du XIXe siècle. Celle qui combattait les idées de liberté et de droits de l'homme, qui était le bastion du dogme le plus figé, la citadelle de la seule foi catholique légitime, hostile à tout dialogue avec les chrétiens séparés et les confessions non chrétiennes.

Son goût pour la liturgie traditionnelle était connu, ceux qui s'en scandalisent devraient relire les ouvrages qu'il y a consacrés. De même sa mission de pape, gardien de l'unité, l'oblige-t-elle à renouer, avec les traditionalistes, une négociation dans laquelle, comme responsable de la doctrine à Rome, il avait mis le prix, il y a vingt ans, mais dont il vit encore comme un échec personnel la rupture. Dans toutes les religions, la liturgie est toujours l'expression d'une foi. Elle ne peut être dissociée de la doctrine. Or le cap a été fixé, il y a plus de quatre décennies, lors de Vatican II, maintenu par Paul VI et Jean Paul II. Aujourd'hui, un néoconservatisme règne à Rome, encouragé moins par le pape que par des groupes qui n'ont jamais fait leur deuil de l'Eglise autoritaire et repliée de jadis. Le retour à une liturgie plus traditionnelle, la réintégration des schismatiques risquent de se faire au prix d'un grignotage des acquis de quarante ans ['des acquis': Tincq a le don de la plaisanterie!]. Ce serait le triomphe posthume de Mgr Lefebvre.

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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 18:35
"Redoutée depuis longtemps, l'existence d'un schisme à l'intérieur de l'Eglise anglicane, opposant traditionalistes et libéraux, s'est confirmée dimanche 29 juin, au terme d'une semaine de conférence dissidente, appelée Gafcon (Global Anglican Future Conference), qui a réuni, à Amman et à Jérusalem, près d'un millier d'évêques, prêtres et laïcs de sensibilité traditionaliste.

UNE SCISSION DE FAIT AU SEIN DE L'ANGLICANISME

Ses promoteurs refusent de parler de schisme et préfèrent l'expression d'"Eglise dans l'Eglise". La FOCA (Fellowship of Confessing Anglicans) qu'ils ont créée à Jérusalem traduit pourtant une scission de fait au sein de l'anglicanisme, lui-même issu d'une rupture, il y a quatre siècles, entre la Rome des papes et la Couronne d'Angleterre.

Les effectifs que cette aile conservatrice représente (35 millions, soit près des 77 millions de fidèles anglicans), la remise en cause de la primauté de l'archevêque de Canterbury, le recours qu'elle prétend incarner contre "le sécularisme militant" et le "déclin spirituel" constituent un défi sans précédent.
... La déclaration finale de la conférence rebelle qui vient de s'achever à Jérusalem rejette " l'autorité des Eglises et dirigeants qui ont renié la foi orthodoxe en parole ou en action". ... Sur le plan doctrinal, elle entend écarter les ajouts récents, d'inspiration libérale, au Book of Common Prayer (livre de prière commune), manuel de base (1662) de tous les anglicans. ...
La crise couvait depuis le 2 novembre 2003, quand l'Eglise épiscopale (anglicane) des Etats-Unis a consacré Gene Robinson, père de famille divorcé et ouvertement homosexuel, comme évêque de l'Etat du New Hampshire.
... Les propos entendus à Jérusalem traduisent le fossé né de la décision des anglicans américains d'ordonner un évêque homosexuel : "Un coup de folie, commente Peter Jensens, qui a secoué le géant endormi de l'anglicanisme orthodoxe et évangélique". "Difficile, ajoute Michael Nazir-Ali, d'enseigner la foi commune avec des gens qui ont ordonné une personne dont le style de vie est contraire à l'enseignement unanime de la Bible et de l'Eglise."

... Cette tempête annonce une redistribution du pouvoir au sein de la confession anglicane, depuis toujours dirigée par l'Eglise mère d'Angleterre. Celle-ci est aujourd'hui désertée par ses fidèles. Ses finances sont asséchées. Elle s'accommode de la sécularisation et du pluralisme religieux : début 2008, des propos de Rowan Williams favorables à l'introduction de la charia dans la loi britannique avaient fait scandale." (Le Monde, Libéraux et conservateurs se disputent l'Eglise anglicane, 01.07.08).

"Les catholiques pratiquants sont désormais plus nombreux au Royaume-Uni que les anglicans, selon une étude de l'organisation Christian research pour 2006." (
Le Parisien, 1er juillet 2008)

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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 16:31

Le cinq  juin dernier se sont déroulées les funérailles d’Yves Saint Laurent en l’église paroissiale Saint-Roch à Paris.

Yves Saint Laurent était un homosexuel affiché.

A ce titre,  il était « un pécheur manifeste ».

Selon le Code de Droit canonique de 1983 lui-même, les funérailles ecclésiastiques devaient lui être refusées :

«  Doivent être privés des funérailles ecclésiastiques, à moins qu’ils n’aient donné quelque signe de pénitence avant leur mort :
(…)3° les autres pécheurs manifestes, auxquels les funérailles ecclésiastiques ne peuvent être accordées sans scandale public des fidèles. »  Canon 1184,3 §1

Si par la grâce de Dieu, il s’était repenti après sa mort, un avis devait en être donné avant ou au cours de la cérémonie pour écarter le scandale.

Mais le scandale le plus grand est d’avoir autorisé  « son compagnon » de dépravation à prendre la parole dans l’église pour exalter leur vie à deux.

Trois semaines se sont désormais déroulées depuis cette cérémonie sacrilège et il n’y a pas eu, à ma connaissance, une seule voix ecclésiastique pour en exprimer la moindre gêne, le plus petit regret.

Je dénonce, en déplorant amèrement que ma voix soit solitaire, ce spectacle innommable et j’exprime mon écoeurement devant l’asservissement où semble réduit le clergé catholique devant une caste dominante qui peut étaler le spectacle de ses vices avec sa bénédiction.

 

Abbé Régis de CACQUERAY , Supérieur du District de France

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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 18:12

Lorsqu’en Novembre 2006 l’abbé Stehlin avait prêché à l’Est à sept pasteurs luthériens les Exercices de Saint Ignace, nul ne pouvait prévoir les fruits que cet apostolat devait porter. Les pasteurs participants étaient tous enchantés, surtout l’amour pour la Mère de Dieu a enflammé les cœurs pour l’enseignement traditionnel de l’Eglise catholique. L’un de ces pasteurs était venu de Lettonie, et témoigna à la fin, profondément impressionné : "J’ai trouvé la MÈRE!".

Depuis cette date, il n’y avait plus eu de contacts avec lui, jusqu’à ce que, il y a quelques mois, l’abbé Stehlin reçoive de façon inattendue une invitation émanant de ce pasteur, à venir prêcher les mêmes Exercices à un groupe de pasteurs luthériens en Lettonie. Suite

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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 17:43
Un site très intéressant cathobiblique.wordpress fournit des réponses scripturaires aux accusations des protestants "évangéliques" contre le catholicisme (Marie, le culte des saints, le Purgatoire, etc.) A visiter.
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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 22:22
Communiqué du District de France de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X


De longue date, nous connaissions les techniques d'étiquetage utilisées par l'ennemi conciliaire pour discréditer le combat de la Fraternité : les épithètes rebattues "d'intégriste", de "schismatique", "d'excommunié" nous sont devenues familières. Bien que cette manipulation de l'opinion ait été suffisamment efficace pour en faire trembler certains ou en décourager d'autres, elle n'a jamais été assez forte pour détruire la Tradition et l'empêcher de se développer.

Mais, il est aujourd'hui devenu nécessaire de mettre en garde contre l'utilisation de nouvelles dialectiques non moins pernicieuses que les premières.

Il s'agit, sous couvert de fidélité à Monseigneur Lefebvre, de dénoncer toute action de la Fraternité comme suspecte de déviation et d'infidélité à son Fondateur. On ne la qualifiera plus de schismatique, mais on la dira en train de trahir le combat de son Fondateur, de préparer sa soumission à la Rome conciliaire et à ses erreurs.

... Les sites qui s'adonnent à ces pratiques réalisent concrètement le dessein de la Révolution conciliaire. Ils s'attaquent fort peu au modernisme et se montrent ses meilleurs alliés par leur acharnement à contrer la dernière résistance dans l'Eglise, leur seule rage étant de ne pas réussir à la détruire. C'est pourquoi il est légitime de se demander si ces sites ne sont pas purement et simplement téléguidés par l'ennemi. Il est particulièrement édifiant de faire apparaître au grand jour le motif réel qui se trouve à l'origine de la virulence de ces sites. Pourquoi s'entêtent-ils encore à dénoncer une soumission de la Fraternité aux erreurs du Concile (à laquelle ils ne croient plus eux-mêmes, s'ils y ont jamais cru) ?

Sans doute parce qu'il n'est jamais agréable à des prophètes de constater que leurs prophéties ont toujours tourné court et que leurs annonces, telles celles des témoins de Jehovah pour la fin du monde, se succèdent sans fin les unes aux autres..

Mais ils vivent en réalité dans une peur plus profonde, celle d'un possible retour des autorités conciliaires vers la Tradition. Ce retour, ils voudraient tant qu'il fut impossible ! Car il finirait en effet de donner tort à leur désespoir de la conversion des autorités romaines. Et en manifestant à quel point la Fraternité a eu raison de toujours faire entendre sa voix jusqu'à Rome et de ne jamais rompre avec les autorités de l'Eglise, il montrerait à jamais tout l'égarement de leur rage à avoir toujours dirigé tous leurs coups contre la Fraternité, tout l'égarement de leur refus à n'avoir jamais voulu faire quoi que ce soit - même de prier- pour la conversion des autorités conciliaires.

Nous voulons en particulier parler des sites suivants :
virgo-maria,
• rore-sanctifica,
• résistance-catholique
[Liste de diffusion uniquement].

Mais participent également à cette entreprise subversive ceux qui, tels des compagnons de route et des alliés objectifs, font de la publicité pour ces sites, les alimentent de suspicions odieuses ou, tels des idiots utiles et des caisses de résonance, en extraient les mensonges qu'ils répandent à leur tour.

Nous ne pouvons pas exclure la possibilité d'une complicité de ces sites avec la Révolution conciliaire. Suite

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 22:19

Hans Janssen, 51 ans, Pasteur de l'Eglise évangélique dans la Frise orientale (Allemagne) a annoncé au cours d'un office qu'il présidait, qu'il allait abandonner la foi héritée de la Réforme luthérienne pour adhérer à la foi de l'Eglise catholique romaine
Hans Janssen, qui est marié et est père de quatre enfants, souhaite être ordonné prêtre. En attendant le jour de son éventuelle ordination, il prendra une part active aux activités pastorale d'une paroisse de Hambourg et suivra durant deux ans des cours de théologie catholique à l'Ecole supérieure de Frankfort-sur-le-Main.
L'ordination sacerdotale de Hans Janssen pourra ensuite être envisagée bien qu'il soit marié.
En choisissant l'Eglise romaine, Hans Janssen rejoindra le groupe des 300 ex-théologiens de l'Eglise réformée qui, en Europe, ont choisi d'être dans la communion de l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique.
Pro Liturgia

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 11:32
Commentaire du jour : Saint Jérôme

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,17-19.

« Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Suite

                                                       ***

Les prophéties annonçant le Christ dans le texte


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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 09:55

Dans l’Eucharistie se trouve la « force de la révolution chrétienne », la « plus profonde de l’histoire humaine », qui donne à l’homme une « vraie liberté », déclare Benoît XVI. Suite

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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 09:58

Eglise et islam.rtf via le Forum catholique

des différences et même des oppositions radicales. La façon dont chrétiens et musulmans parlent de Dieu est très différente.

 

-          L’islam insiste très fortement sur l’unicité de Dieu et ne peut pas accepter la révélation du christianisme portant sur le fait que Dieu est Père, Fils et Esprit. La notion de Trinité n’est pas comprise. Elle est refusée au nom du rejet du polythéisme. Le texte du Coran est généralement compris par la tradition musulmane pour estimer que les chrétiens ont altéré, voire falsifié les Ecritures bibliques pour leur faire affirmer la Trinité (Coran 4,171 ; 5,116).

-          Non seulement, il ne peut pas y avoir plusieurs personnes en Dieu, mais encore il ne peut pas y avoir d’incarnation. Celle-ci, pour l’islam, est une atteinte à la transcendance de Dieu. En effet, l’islam estime que Dieu est très proche de l’être humain, mais également d’une nature totalement différente de lui. Les musulmans refusent « d’associer » toute créature à Dieu. Il n’est donc ni possible ni sérieux d’affirmer qu’un être puisse être vrai Dieu et vrai homme (Coran 3,59 ; 5,72 ; 43,59).

Il faut bien dire que l’impression qui émane d’une lecture du Coran par les chrétiens est que son information concernant le christianisme est très pauvre et bien souvent inexacte.

-          Le Coran refuse la mort de Jésus sur la croix. En réalité, dit-il, la crucifixion de Jésus fut pour les témoins de la scène une apparence ou une illusion (certains commentateur parleront plus tard d’un sosie qui aurait été crucifié à la place de Jésus, que Dieu a élevé auprès de lui). ...

-          L’islam ignore toute médiation et rejette ce qui lui semble être un obstacle entre Dieu et les hommes alors que pour le christianisme le salut est donné par le Christ, le seul médiateur entre Dieu et les hommes. 
... les conceptions de la révélation sont très différentes : le Coran est le fruit d’une dictée de Dieu à Mohammed, il est la parole de Dieu telle que Dieu lui-même l’exprime et la prononce. ... Pour les chrétiens, c’est Dieu qui a inspiré les auteurs bibliques qui ont rédigé les livres de la Bible en se servant des mots et des formes littéraires de leur temps.

                                                                ***

(Dans l'islam) "il ne peut pas y avoir d'Incarnation". C'est dit mais un peu court! Pourquoi cette Commission 'doctrinale' n'a-t-elle pas mentionné l'enseignement des apôtres sur l'esprit de l'antichrist? Si on lit saint Jean l'Evangéliste, l'islam est clairement antichrist. Je cite :

I Jean 0.7 : "Car de nombreux séducteurs se sont répandus dans le monde :  ils ne professent pas la foi à la venue de Jésus Christ dans la chair. Le voilà, le séducteur et l'antichrist" L'islam professe-t-il la foi de la venue du Christ dans la chair (Incarnation)? Non il le nie.

I Jean II.22 "
Voilà l’antichrist, celui qui nie le Père et le Fils.".
Or l’islam nie le Père ET le Fils (nie leur unité) en disant que Jésus n’est pas Dieu. ... Jésus dit en Jean 10,30 : "
Moi et le Père nous sommes UN". 

I Jean II, 23 "
Quiconque nie le Fils n’a pas non plus le Père." L'islam qui nie le Fils n'a donc pas Dieu le Père. 

I Jean IV, 2-3  "Tout esprit qui confesse Jésus Christ  venu dans la chair EST de Dieu,  et tout esprit qui divise Jésus n'est pas de Dieu, c'est l'esprit de l'antichrist."

Le diable chercher à diviser Jésus du Père, à le séparer de sa filiation divine (Incarnation), à lui ôter sa nature divine en niant l’unité du Père et du Fils. C'est très clair. Si l'on étudie l'histoire des hérésies, on s'aperçoit que la plupart attaquent le dogme de l'Incarnation d'une manière ou d'une autre.

 

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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 12:11

Historiquement, il semble "qu'une partie de paganisme tend vers le monothéisme, qu'un certain paganisme est une intuition monotheiste inachevée. Il y aurait deux sortes de paganismes. L'un tendant vers le monothéisme, celui des druides, celui des grecs antiques et la mythologie greco-romaine, celui des égyptiens, celui des iraniens, mais sous une forme 'naturalisée', une concept très imparfait, mais sous-entendant la nature unitaire de Dieu. Un autre, [conservant le caractère polythéiste] qui se rapproche de l'idolâtrie la plus parfaite, idolâtrie caractérisée par les sacrifices humains, l'exemple le plus connu étant Baal... Si le premier tendait vers le monothéisme, le second tend vers la dématérialisation et prend la forme moderne de l'idéologie" (merci à un ami pour ces formules fixées lors d'un échange de corrrespondances, formules résumées que je partage et reprends ici en introduction). 

Il est courant d'entendre que le catholicisme a emprunté certaines de ses conceptions au paganisme pré-chrétien. Ne serait-ce pas davantage que ce paganisme avait l'intuition de la vérité? La discussion est ouverte. Anne Bernet, journaliste et historienne de l'histoire religieuse, dans son livre "Clovis et le Baptême de la France" (Editions Clovis, Condé-sur-Noireau 1996) démontre que la foi catholique était d'une certaine façon celle des anciens Gaulois sous d'autres formes.

Elle décrit le lien entre la religion primitive des Gaulois et le catholicisme qui écrit-elle, "a finalement converti les pays celtes, mieux préparés que d'autres à recevoir les mystères chrétiens." (ibid., p. 31) Comment? De quelle manière cela fut-il possible? Comment se fit cette christianisation dès le Ier siècle ap. J.-C. dans une Gaule romaine païenne?

Édition de 1783 des Commentaires sur la Guerre des GaulesAu Ier s. av. J.-C., César appela cette terre "la Gaule" dans les écrits qu'il rassembla dans De bello Gallico ou Commentaires sur la Guerre des Gaules. Cette Gaule reçut, un siècle plus tard, le catholicisme comme aboutissement de sa propre religion druidique, elle se fit chrétienne avant la conversion de l'Empire romain au IVe siècle, et forma dès lors cette magnifique civilisation gallo-romaine que tous les rois germaniques cherchèrent à imiter. 

De la religion primitive de la Gaule, deux divinités ont conservé les faveurs du peuple. D'abord une déesse-mère chtonienne, maîtresse de la vie et de la mort, associée à l'agriculture, protectrice des troupeaux et des chevaux, parfois identifiée à la lune, aux sources, au feu, et guérisseuse. Comme tous les cultes rendus à une Grande Mère, le sien s'est estompé lorsque la société, de type matriarcal, est devenue patriarcale. Réduite au rang de parèdre d'un dieu, la Mère a pourtant continuée d'être vénérée sous diverses appelations qui cachent mal la croyance en une déesse unique. Elle est ainsi évoquée, selon les lieux et les circonstances, sous le nom d'Epona ou de Rigantona (Rhiannon), patronne des cavaliers et psychopompe, le cheval étant, pour les Celtes, un animal lié au monde funéraire; sous le nom d'Anna ou de Dana, aïeule des dieux et des hommes, reine du monde souterrain, des marais, de la nuit et de la mort; sous celui de Brigida, patronne de la médecine, de l'univers féminin et des sages femmes; et parfois sous ceux de Belisama (la "Très Brillante") ou de Rosmerta. C'est encore sous une autre appellation, "la Vierge qui enfantera", que la connaissent les druides du collège national de la forêt des Carnutes.

Statue de Rosmerta et Mercure, Autun.Encore très populaire aux premiers temps du christianisme, la déesse a été convertie. Le sanctuaire de la "Virgo paritura" correspond à la cathédrale de Notre-Dame de Chartres; tant la croyance des Carnutes en la Vierge-Mère était propre à annoncer le mystère de l'Incarnation.

Les sanctuaires d'Anna sont devenus ceux de sainte Anne, aïeule elle aussi, mais du vrai Dieu, et que les Bretons nomment toujours "Mamm Goz", grand-mère.

Quant à Brigida, elle a cédé la place à son homonyme, sainte Brigitte, abbesse de Kildare en Irlande; certaines anciennes légendes bretonnes voient aussi en elle la fille infirme de l'aubergiste de Bethléem, qui, seule du village, proposa son aide à Notre-Dame et, en remerciant, se vit donner deux bras, elle qui était née manchote.

La déesse primitive avait un compagnon, Cernunnos, un Dieu doté d'une ramure de cerf, associé au printemps, à la nature sauvage, aux animaux libres, à la croissance des arbres. Cerrunos était un Dieu magicien, dispensateur de sagesse.

Ésus sur le Pilier des NautesCésar et Lucain, ont résumé le panthéon gaulois sous la forme d'une triade masculine : Toutatis, Hésus (ou Esus) et Taranis. Il semble cependant qu'il ne s'agissait pas d'une véritable triade, trois divinités associées et distinctes, mais plutôt d'une ébauche de conception trinitaire. Les druides auraient ainsi vénéré un seul dieu en trois personnes, ce qui expliquerait la relative facilité avec laquelle l'Eglise a finalement converti les pays celtes, mieux préparés que d'autres à recevoir les mystères chrétiens.

Appelé par ses fidèles "dieu-père" ou "bon dieu", devenu "Dispater" chez César, Taranis-Sucellos commandait au jour et à la nuit, à la mort et à la vie. Roi du ciel, créateur universel, il était à la fois seigneur et prêtre. Ses représentations tardives, car les druides n'aimaient pas voir réduire la divinité à des simulacres de pierre ou de bois, le montrent à cheval, écrasant sous les sabots de sa monture un serpent que le dieu transperce de sa lance. Cette image est deveue l'iconographie traditionnelle du patron chrétien des cavaliers, saint Georges.

Le surnom de Taranis indique clairement que le dieu commandait à la foudre et au tonerre, raison pour laquelle les Romains l'identifièrent à Jupiter tonnant.

Dieu-père, Taranis a un fils, "le Grand Fils". Appelé Bélénos ou Grannos, ce qui signifie "Brillant", "Brûlant", ce dieu solaire que l'on célébrait le 1er mai par des feux de joie, avait ses temples sur les lieux élevés. Ses sanctuaires sont devenus ceux de Saint Michel.

Esus est un dieu bûcheron, du moins sur les images qui le représentent. Cette iconographie signifierait qu'il était à la fois un destructeur et un libérateur.

Quant à Toutatis, plus célèbre chez les Celtes sous le nom d'Ogmios, vieillard chauve à la langue percée, il était le dieu de l'éloquence, de la persuasion, de la justice et de la guerre. Enfin, Lug (le Lumineux), fêté le 1er août, et dont le nom se retrouve dans l'étymologie de nombreux noms de villes (Lyon, Laon, Loudun...) était le maître de l'intelligence, des arts et des techniques, civiles et militaires.

Cette apparente diversité, peut-être plus accessible au commun des fidèles, dissimulait en réalité pour les initiés une unique figure divine, créateur universel, parfaitement juste et parfaitement bienveillant.

De la foi véritablement pratiquée par les druides, et des enseignements religieux dispensés par les collèges druidiques, nous ne savons pratiquement rien. S'ils possédaient un alphabet dit "ogamique" parce qu'il aurait été inventé par Ogmios, les druides se refusaient à mettre par écrit leurs doctrines qui se transmettaient oralement, au terme d'un apprentissage qui pouvait durer vingt ans. Ce que nous en savons, pour l'essentiel, a été transmis par les Romains et déformé, soit par malveillance afin de noircir les druides, ennemis déclarés des conquérants et seul ferment d'unité dans le monde celtique; soit par incompréhension.

Quelques certitudes surnagent cependant.

Les druides et les initiés croyaient en un dieu unique. Ils savaient que le monde ne se bornait pas à l'univers visible mais qu'il existait un univers invisible, plus désirable que le monde présent. Réfutant les croyances héritées des constructeurs de mégalithes, adeptes de métempsycoses, les druides croyaient en une seule vie terrestre, suivie, pour les justes, par une éternité de survie bienheureuse dans un Au-delà de joie et de consolation. Cet Au-delà se nomme "Sid" (le pays de la Paix"), "Avalon" (le pays des pommes) ou encore "Terre des jeunes", "Terre des Vivants", "terre du Bonheur". Les bienheureux y sont défintivement libérés des souffrances terrestres et unis à la divinité.

Cette foi intense en l'immortalité de l'âme est la seule prêchée publiquement par les druides. Réduisant la mort à un simple passage vers un état meilleur, elle libère ses adeptes de l'angoisse de mourir. Face aux Champs-Elysées romains ou grecs, face au Tartare, endroits sans charme pour l'un et terrible pour l'autre, le Sid est évidemment plus souhaitable pour y vivre son éternité... Le monde romain de la conquête, lecteur de Lucrèce et qui croit que la mort ne débouche que sur le néant, sera quelque peu terrifié par des peuples guerriers délivrés de la plus fondamentale des frayeurs humaines.

Pour mériter le Sid, les Celtes doivent suivre un commandement, le seul public, qui résume assez bien la loi naturelle : "Sois pieux. Sois courageux. Ne fais pas le mal".

Ceux qui ne l'auront pas scrupuleusement suivi n'auront pas une part convenable du bonheur éternel, ne seront pas réunis au dieu et connaîtront une éternité plus proche de notre conception des Limbes que de l'Enfer ou du Purgatoire.

Les druides annoncent que le monde sera détruit par le feu et l'eau et qu'une nouvelle vie succédera à ce cataclysme....

"Pieux et braves, les Celtes de Gaule possèdent déjà les qualités qui, après leur conversion au christianisme, feront d'eux les défenseurs naturels de l'Eglise." (Anne Bernet, Clovis et le Baptême de la France, Editions Clovis, Condé-sur-Noireau 1996, p. 28-36.)

"Les Saints Forts ne sont autres que les habitants d'un village du pays carnute. Ils reconnurent aussitôt la Virgo paritura qu'adoraient leurs ancêtres dans la Vierge Mère que leur annonçait un missionnaire. Convertis en masse, les Carnutes refusèrent d'abjurer leur foi, qui renouait si bien avec les plus hautes aspirations de l'ancienne religion celte. Ils furent jetés vivants dans le puits que l'on voit toujours sous la cathédrale de Chartres."
(ibid., p. 81.)


* Histoire du peuple français

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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 17:31
Lima, 6, Mai. 2008 (CWNews.com) - le Cardinal Juan Luis Cipriani de Lima, au Pérou, a mis en garde contre une prolifération de prétendus droits de l'homme qui sont "inventés" par les organisations internationales, l'ACI-Prensa agence de presse rapports.
Dans son adresse radiophonique hebdomadaire, le Cardinal Cipriani a fait observer que de véritables droits de l'homme sont "fondés sur la loi naturelle, une loi qui est gravé dans le cœur des hommes.Ces droits, a-t-il ajouté, ne sont pas créés par un mandat de l'ONU ou toute autre organisation humaine. Le cardinal a également mis ses auditeurs en garde contre les organisations politiques qui poussent à la reconnaissance de nouvelles formes de «droits de l'homme," y compris des droits invoqués à l'avortement ou de définir ses propres préférences entre les sexes.
Citant le discours prononcé par le Pape Benedict XVI au cours de sa visite à l'ONU en avril, le Pérou le cardinal a souligné que les droits de l'homme doivent être défendus sur la base des conditions de sécurité et d'un immuable appel à la loi naturelle, qui perdure à travers les frontières des temps et des lieux. Il a ajouté que l'observation des droits de l'homme impliquent pour ce dernier des devoirs de l'homme, qui doivent être correctement compris et défini.
lien, traduction via le Forum catholique
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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 08:53
Canada
- /
LBR.ca  / - Une centaine de fidèles catholiques ont demandé l'application du Motu Proprio "Summorum Pontificum" à Mgr Jean-Roch Gaudin, le curé de la paroisse Sacré-Coeur de Chicoutimi, le mercredi 16 avril 2008. Comme plusieurs fidèles venaient également d'autres paroisses du diocèse de Chicoutimi, le curé Gaudin (qui s'est montré ouvert au projet) a remis la demande à Mgr André Rivest, l'Évêque de Chicoutimi, le lundi 28 avril 2008. Ce dernier désire consulter son presbyterium au mois de septembre. D'ici là, le nombre de fidèles voulant la "Messe de toujours" augmente de jour en jour.

Un prêtre de la Fraternité "Saint-Pierre" a même offert ses services, de sorte que les fidèles pourraient, pour commencer, assister à la Messe tridentine une fois par mois. Une rumeur insistante circule à l'effet que l'église Christ-Roi serait toute désignée comme lieu de ce type de célébration. Le Motu Proprio du Pape Benoît XVI, libéralisant l'usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970, ouvre une nouvelle page dans l'histoire de l'Église, y compris dans notre région. Concrètement, cela signifie que tout prêtre peut célébrer la messe traditionnelle - puisque cette manière de célébrer n'a jamais été abrogée - et que les fidèles qui le désirent peuvent en faire la demande à leur curé.

Les caractéristiques de cette messe sont bien connues : le prêtre est "dos au peuple" (ou plutôt "tourné vers le Seigneur"), toutes les parties de la messe sont dites en latin, les servants de messe sont revêtus de la soutane et du surplis, le prêtre fait plusieurs génuflexions et plusieurs signes de croix, il prend soin de garder pouces et index joints pendant le canon de la messe qui se dit à voix basse, la communion se reçoit sur la langue et à genoux - à la balustrade - alors que le servant place la patène en dessous du menton du communiant, l'usage de l'encens et du chant grégorien contibuent à accentuer le sens du sacré et du mystère, le sermont étant prononcé en chaire afin d'instruire les fidèles sur des points de doctrine ou de morale, le tout de la célébration étant l'exacte reproduction des dispositions du missel romain édité en 1962.


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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 20:12

Pour l'archevêque de Dijon, Mgr Minnerath, optimiste sur la pleine communion entre catholiques et orthodoxes, à la suite d'une rencontre à l'abbaye de Citeaux, la pleine communion entre catholiques et orthodoxes n'est peut-être pas si lointaine.

A son invitation, plusieurs membres de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe se sont réunis du 7 au 11 avril à l'abbaye de Cîteaux, proche de Dijon.

Quatre théologiens orthodoxes, le métropolite Gennadios du Patriarcat oecuménique de  Constantinople, le métropolite Makarios du Kénya, le professeur Grigorios Papathomas d'Estonie, le professeur Andrezj Kuzma de Pologne, auxquels s'était joint le professeur athénien Vlassios Phidas, ont vécu cette rencontre avec quatre théologiens catholiques : Mgr Minnerath, membre de la Commission mixte internationale, Mgr Piero Coda de Rome, le P. Franz Bouwen de Jérusalem et le P. Thomas Pott de Belgique.

La question cruciale de la primauté de l'évêque de Rome au premier millénaire est actuellement à l'ordre du jour des débats de la Commission mixte internationale.

L'optimisme était de mise au sortir de ces journées à huis clos. "L'on a déjà abouti à une grande convergence de vues", précise le communiqué publié à l'issue de ces journées." " C'est d'autant plus important, soulignait Mgr Minnerath, que nous avons le besoin de donner un témoignage de communion dans le monde actuel, et cette pleine communion n'est peut-être pas si lointaine."

Pour sa part, le métropolite Gennadios reconnaissait qu'il était « indéniable qu'un autre esprit souffle depuis la rencontre entre Benoît XVI et le Patriarche ocuménique Bartholomée 1er ».

La prochaine étape est la réunion plénière de la Commission mixte internationale à Chypre en 2009. (source :
diocèse de Dijon)  via infocatho

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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 11:50
« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie »

Commentaire du jour : Saint Thomas d'Aquin « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie »

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14,1-6.

Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.
Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure ; sinon, est-ce que je vous aurais dit : Je pars vous préparer une place ?
Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi ; et là où je suis, vous y serez aussi.
Pour aller où je m'en vais, vous savez le chemin. »
Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi.
(
levangileauquotidien.org)


                                  ***

* Connaître Dieu ou non?
* Relativisme maçonnique vs foi

 

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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 15:09
Connaître Dieu ou non

Une présentation de la vision catholique de Dieu en opposition à la vision musulmane de Dieu.
                                            ***
* Relativisme maçonnique vs foi  
*
« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie »
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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 01:35
"Le voyage apostolique de Benoît XVI aux États-Unis.

À 10 h 30 (heures locales), George W. Bush recevra le Saint Père à la Maison Blanche. Cette dernière a fait les choses “en grand” puisqu’on attend 12 000 invités sur la grande pelouse dite “du sud” (notre photo) de la résidence du Président des États-Unis. C’est la deuxième fois qu’un Souverain Pontife est reçu à la Maison Blanche : le premier à y être reçu fut Jean-Paul II, en 1979, où le président Jimmy Carter lui fit les honneurs de sa résidence. Sous le portique, dit également “du sud”, le pape et George W. Bush prononceront chacun une allocution, puis Benoît XVI gagnera le Salon Ovale où il aura un entretien privé avec le chef de l’exécutif. Selon Mary Ann Glendon, le nouvel ambassadeur (catholique) des États-Unis auprès du Saint Siège, « le pape et le président poursuivront la discussion qu’ils ont déjà commencée sur le rôle de la foi et de la raison pour faire avancer leurs buts communs »." (Le Blog Americatho)
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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 23:58
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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 10:58
27492fd55889c0ee5f00cd576d5fe353.jpgLe bouddhisme bénéficie en Occident, fallacieusement, d’une aura de respect et de déférence, ceci participant de son image de non-violence, de sagesse et de sainteté, image qui est pourtant bien loin de correspondre à la réalité des faits. L’histoire démontre ainsi que le bouddhisme, loin d’avoir été la douce et bienfaisante école diffusant les préceptes du Bouddha (l’Eveillé), fut une entreprise qui ne dérogea pas à la règle commune de toutes les institutions religieuses mondaines, et épousa, avec un enthousiasme certain qui se traduira par des exactions sanguinaires, les thèmes les plus éculés de l’agressivité guerrière et belliqueuse, et, sous prétexte d’une ouverture « non-dualiste » à l’ensemble de la réalité phénoménale, se livra avec délectation au jeu pervers des déviations sexuelles outrées issues des reliquats des anciens cultes issus directement des tendances déviées du chamanisme.

Le bouddhisme tibétain est assez représentatif de cette attitude, ses différentes tendances ayant toujours exercé un pouvoir s’imposant comme une théocratie relativement oppressive et contraignante pendant des siècles. En effet, le Tibet fut soumis à un régime exclusif de servage exercé par les propriétaires terriens nobles, fonctionnaires et moines " bouddhistes ", servage souvent très oppressif : « Dans le Tibet, les prêtres détiennent la toute puissance, il s'agit d'une théocratie authentique où les pouvoirs absolus sont entre les mains d'un dieu réincarné. Les lamas ne sont plus seulement les juges, les instituteurs et les médecins, ils sont encore les plus riches propriétaires fonciers, les chefs politiques; outre les revenus qu'ils retirent des fermiers, ils exigent cadeaux et monnaies pour toute visite rituelle, toute bénédiction, toute cérémonie, la simonie est une loi rigoureusement appliquée.... » (R. Loup, Martyr au Tibet, Fribourg, 1950) .

De son côté, dans « Visa pour le Tibet »  Alan Winnington parlera du lamaïsme comme d'une « religion mécanique » considérant le travail des classes laborieuses comme dû par simple obligation naturelle à l'égard des moines qui n'hésitèrent nullement à s'allier aux nobles pour les exploiter d'une manière scandaleuse. Son constat  sur l'état de pauvreté indigente de la majorité des laïcs est frappant. Les châtiments corporels étaient d'une barbarie primaire, sachant que, du début du dix-septième siècle jusqu’au sein du dix-huitième siècle, les écoles rivales (Nyingmapa, Sakyapa, Kagyupa, Guélugpa) se livrèrent à des affrontements armés et à des exécutions sommaires d’une rare férocité, ce qui n’est pas sans quelques rapports avec l’univers spirituel du panthéon bouddhique, fleurissant de divinités plus terrifiantes et courroucées que franchement paisibles, images destinées à frapper l'imaginaire des fidèles, courbant l’échine devant une religion médiévale chargée d’un paganisme idolâtre exaltant les éléments naturels et les forces intermédiaires (esprits, puissances, etc), usant et abusant de la sorcellerie, ployant devant des superstitions ridicules, et surtout sollicités dans l'observance des préceptes en raison de leur « bienveillance matérielle », sonnante et trébuchante (au sens propre et figuré) à l'égard des religieux.

9897db251e10d09ede35286b3f491d88.jpegIl apparaît ainsi, que loin d’avoir été le royaume idéal consacré à  « l’Eveil » selon les caduques images d’Epinal, le Tibet vécu dans l’oppression obscurantiste d’une religion théocratique se distinguant par un cléricalisme infiniment supérieur aux pires égarements du christianisme ; n’oublions-pas que dès le treizième siècle l'Empereur Kublai Khan créa le premier Grand Lama qui devait présider tous les autres lamas à l'instar d'un pape qui préside ses évêques. Plusieurs siècles plus tard, l'Empereur de Chine envoya une armée au Tibet pour soutenir le Grand Lama, un homme ambitieux de 25 ans, qui s'était alors donné le titre de Dalaï (Océan) lama, dirigeant l’ensemble du pays (ce n’est d’ailleurs pas une  mince ironie de l’histoire que de constater que le premier Dalaï-lama fut installé par une armée chinoise…).
Pour élever son autorité, le premier Dalaï-lama saisira les monastères qui n'appartenaient pas à sa secte, et détruisit même les écritures bouddhistes qui étaient en désaccord avec sa revendication à la divinité. Le Dalaï-lama qui lui succéda poursuivit une vie sybaritique, jouissant de la compagnie de maîtresses licencieuses excitées par les pratiques tantriques les plus « endiablées », faisant la fête et agissant d’une manière peu conforme à une divinité incarnée. Pour cela, ce que nous cachent les pieuses hagiographies des ignorants bouddhistes occidentaux, il fut éliminé par ses prêtres. D’ailleurs durant 170 ans, malgré leur statut reconnu de « dieux », cinq Dalaï-lama furent assassinés par leurs grands prêtres ou par d'autres courtisans !
 
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De leur côté, loin d’être en reste vis-à-vis de leurs homologues tibétains, nombre des maîtres bouddhistes zen, ne se sont pas contentés d'être des complices muets du pouvoir impérialiste japonais pendant des siècles, mais sont devenus, particulièrement à compter de l’ère Meiji (XIXe) des idéologues ardents de la politique nationaliste, encourageant et légitimant la guerre et les exactions au nom, précisément, du bouddhisme.

Comme l'écrivit un enseignant zen américain, l'ouvrage de Brian Victoria, « Zen en guerre » (universitaire d'origine néo-zélandaise, devenu moine dans la tradition Zen, décrivant  dans son livre avec précision l'implication des structures bouddhiques dans la politique expansionniste et militaire japonaise entre les années 1894-1945), abondamment documenté, fit l'effet « d'un missile à longue portée lancé depuis l'autre côté du monde qui touche en plein cœur les communautés zen occidentales ».
Ceux-là mêmes (pratiquants zenistes plutôt « alter-mondialistes » héritiers des valeurs de 68) qui croyaient, naïvement, le bouddhisme indemne des débordements du fanatisme religieux découvrent, avec frisson, que les écoles zen (Soto shû, Rinzaï shû, Nichiren shû, etc.), lorsqu'elles ne priaient pas pour la gloire de l'empereur et du Japon, préparaient leurs fidèles à la guerre totale. Ce livre courageux est à lire impérativement par tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du bouddhisme extrême-oriental ainsi qu'à ses dérives. Bénédiction des drapeaux, croisade pour la défense de la civilisation, théories suspectes de la guerre juste, on croyait ces images et ces thèmes réservés à l'Occident ; or les « dits » maîtres de « l’illumination »  ont démontré sur ce sujet un zèle incroyable dans l’exaltation de la guerre génocidaire (Mandchourie, Corée, etc.), du meurtre systématique, du terrorisme et de la violence sous couvert d’indifférente impassibilité.
La compassion bouddhiste, bien loin de protéger l'Asie de pareilles dérives, participa à la mise en œuvre d’une idéologie guerrière au service d'un pouvoir agressif et ultra-impérialiste. Les plus grands maîtres (Kôdô Sawaki, Yamada Reirin, Hitane Jôzan), jusqu’au célèbre D. T. Suzuki, ont légitimé l'alliance entre le sabre et le Zen. Collecte de fonds pour l'effort de guerre, cérémonies spéciales pour l'obtention de la victoire, création de centres d'instruction, activités de renseignement, endoctrinement des populations, cette collusion n'a pas cessé en 1945, elle s'est métamorphosée dans le fameux « Zen d'entreprise », du Japon en plein essor.
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Mais le plus grave est sans aucun doute l’énorme tromperie spirituelle que représente cette prétendue philosophie de sagesse qu’est le bouddhisme. Entouré d’un prestige tenant à la méconnaissance des occidentaux à l’égard de ses sources réelles, le bouddhisme est d’une nature bien différente des stupides clichés pour touristes fatigués et dépressifs en mal d’exotisme qui nous sont généreusement octroyés depuis des décennies par de nombreux canaux (livres, journaux, revues, télés,  films, etc.), sans compter sur le soutien indirect, mais cependant fort actif et utile, des tenants de la « Tradition » à la mode guénono-schuonienne qui nous chantent sur un air usé jusqu’à la corde qui est devenu aujourd’hui risible, le lassant et mensonger refrain de « l’unité transcendante des religions ».

90c75d8aef954b7ef817278e58a01286.jpg A ce titre, fort instructive est l’histoire de June Campbell qu’elle a racontée dans un livre émouvant paru en 1996 sous le titre Traveller in Space: Gender, Identity and Tibetan Buddhism [Voyageur de l’espace : sexe, identité et bouddhisme tibétain], June Campbell qui joua un rôle important auprès d’un maître extrêmement vénéré du bouddhisme tibétain puisqu’elle fut l'interprète du célèbre Kalou Rinpoché. Etant directement à son service, elle ne souffrait pas de la pression des échelons intermédiaires souvent très perceptible et dérangeante dans ces écoles, et était donc dans des conditions parfaites pour faire un « beau voyage spirituel » au service de ce très digne moine.
Cependant, il lui fallut, raconte-t-elle dans son livre, accepter les relations sexuelles que le maître exigea d'elle ( il était un « chaste » moine portant la robe et visiblement astreint à leurs voeux), puis les relations sexuelles avec l'un de ses proches, un parent à lui, c'est à dire sans doute une forme courante de la polyandrie répandue dans les cultures himalayennes. Enfin une deuxième maîtresse, beaucoup plus jeune évidemment et aux charmes « spirituels » supérieurs, fut introduite dans l’intimité des deux hommes et June dut accepter la nouvelle venue (qui mourut d'ailleurs prématurément sans doute en raison de quelques excessives "ascèses " sexuelles).
A l'issue de l'expérience, c'est à dire après la mort du vénérable Kalou, June mit près de quatorze années avant de pouvoir se résoudre à raconter son histoire. Et ce n'est pas un merveilleux voyage qu'elle raconte, mais l'histoire d'un douloureuse souffrance. Les deux hommes ayant exigé d'elle l'absolu secret sur ces relations qui auraient terni l'image du maître si elles étaient venues à la connaissance des disciples ; June se sentit, selon ses mots, « abused » (abusée, flouée, trompée), et mit longtemps pour se reconstruire.
Rappelons pour les moins avertis, que le fameux Kalou Rinpoché était sans doute le moine le plus réputé en Occident dans son école. Il était, et est reconnu comme un véritable « bodhisattva », beaucoup d’occidentaux « abusés », et non des moindres, s’étant mis à l’école de ce maître tantrique dispensant les fondements du Vajrayana. ...
  
 
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On remarquera, alors que des milliers d’occidentaux en rupture avec leur propre tradition, ne se signant jamais lorsqu’ils rentrent dans une église, ne récitant aucune prière chrétienne, totalement étrangers aux fondements doctrinaux du christianisme, vivants leurs existences comme des athées stupides, se précipitent sans discernement aucun aux pieds du moindre lama aviné et libidineux, (parfois de jeunes enfants incultes ou des adolescents boutonneux beaucoup plus intéressés par les mœurs « engageantes » des jeunes dévotes européennes pour le « coup » (sic) authentiquement « libérées », ou des lucioles de la société marchande ),  et que ce type de dérives tantriques qui conduisent, sous prétexte de libération spirituelle, à des situations psychologiques tragiques, n’est pas sans faire écho à ce qui se produisit par exemple dès les années 30 pour Jean Marquès Rivière, qui travaillait pour le journal Le Voile d’Isis dans lequel publiait l’élite occultiste de l’Europe et dont l’un des rédacteurs principaux était René Guénon, qui accomplira un rituel tantrique (« avec du sang et de l’alcool »), qui le laissa possédé par une déité tibétaine. Ce fut seulement par l’intervention d’un exorciste catholique qu’il put être libéré de la possession, faisant que par gratitude il se convertit au christianisme.
Kalou Rinpoché disait, sans doute pour consoler June Campbell et ses multiples maîtresses de passage, qu'il n'y a aucun mal dans le désir, qu’au contraire il est « de la nature de la félicité » et se présente comme tel lorsqu'il est reconnu dans son essence « non-duelle ». Encore une fois, est démontrée ici de façon patente, l’inexactitude totale de ces fausses théories prétendument « non-duelles » mais foncièrement sexualisées et travaillées par l’exaltation malsaine des désirs les plus triviaux, dominées par les pulsions grégaires de l’humaine condition, théories païennes oublieuses de ce qu’il en est de la nature profondément « désorientée » de l’homme depuis la rupture adamique, et en quoi le rêve d’une « pseudo libération », que l’on peut aisément qualifier de rigoureusement pélagien dans ses vues (ce qui peut d’ailleurs se dire de toutes les voies orientales globalement), s’appuyant sur des techniques forcément limitées (mantras, mudras, visualisations, etc.) et des conceptions faussées, est un rêve imaginaire qui se paye très chèrement et se conclut, généralement, par d’amères désillusions et des abîmes de déréliction.
 
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Le bouddhisme, qui sous couvert d’apprentissage d’innocentes techniques méditatives dont l’Occident aurait perdu la pratique selon les ridicules et absurdes thèses guénoniennes, alors même que l’on sait qu’il n’est jamais anodin de se livrer à des exercices qui véhiculent clairement des influences spirituelles bien définies et à l’évidence douteuses puisque sous-tendues par des principes contraires à l’enseignement des Ecritures, rien n’étant jamais « neutre » dans ces domaines contrairement à ce que l’on veut faire croire aux esprits crédules, le bouddhisme donc, dans ses différentes versions (Tibet, Japon, Chine, Corée), doit être de ce fait dénoncé pour ce qu’il est, c’est-à-dire un piège dangereux pour un chrétien, une voie sans issue à éviter, un itinéraire moralement périlleux pour une âme véritablement en quête de la Vérité, un cheminement incompatible avec les saintes lumières de la Révélation.  

(Source: Les ignobles vérités du bouddhisme, par Zacharias, Blog d'Isabelle des Charbinières)
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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 10:49

"Avez-vous lu le livre posthume de Mère Teresa ? J’en parlais récemment avec l’un de mes vicaires, habituellement très branché sur les mystiques. Il a fait la grimace. Teresa n’a pas bonne réputation.
Je crois que nous autres Français, on en fait un peu trop facilement le pendant féminin de l’abbé Pierre. Ce rôle de parèdre spirituel du fondateur d’Emmaüs existe, mais c’est au Caire qu’il faut aller en chercher l’emblème. Sœur Emmanuelle (avec ses chiffonniers) ressemble spirituellement comme deux gouttes d’eau à notre vedette du Top 50 des personnalités préférées des Français. Je ne dis pas qu’ils n’ont pas l’un et l’autre leurs qualités. Mais enfin, ils sont l’un et l’autre les vedettes d’un christianisme humanitaire, en harmonie avec l’individualisme démocratique partout régnant. Leur action en faveur des pauvres est belle sans doute ; mais leur message est en syntonie avec l’idéologie des droits de l’homme, « Emmaüs constituant, par la volonté de son fondateur, le préliminaire et le complément de toutes luttes pour la justice ».
L’abbé Pierre, de l’avis de ses nombreux biographes (dernièrement Bernard Violet) représente le type de chrétien qui a transposé le spirituel dans l’ordre temporel, ce que Maritain appelait la temporalisation du Royaume de Dieu. Son projet spirituel, axé sur l’avènement de la justice, est essentiellement politique. Comme le dit Hervé Le Ru, qui fut l’un de ses compagnons de route, « il a réalisé la conjonction entre le socialisme utopique et un messianisme religieux qui traverse l’histoire ».
Tout autre est la perspective de Mère Teresa, dans les bidonvilles de Calcutta.
... Dans le secret de son cœur, elle n’était que l’humble servante de Jésus qu’elle avait toujours voulu être, traversant depuis 1948 une terrible aridité spirituelle. Voici, à ce sujet, qui a fait couler beaucoup d’encre, le témoignage récent de Mgr Curlin : « Elle me répéta plusieurs fois : Quel merveilleux don de la part de Dieu, de me permettre de lui offrir le vide que je ressens. Je suis si heureuse de lui faire ce don ». On pense là encore à la nuit que traversa Thérèse de Lisieux, laissant échapper, parmi ses ultima verba : « Il est des moments où j’ai douté que le Ciel s’ouvre pour moi, où j’ai douté qu’il y ait un Ciel ».
Ce vide rend-il Mère Teresa plus tiède ou moins fervente ? C’est tout le contraire. Voici par exemple le conseil qu’elle donne à un jeune prêtre en 1996 : « Première chose le matin : embrassez le crucifix. Offrez lui tout ce que vous direz, ferez ou penserez durant la journée. Aimez-le d’un amour profond, personnel et intime, et vous deviendrez un saint prêtre ».
Ce qui frappe, c’est le caractère profondément traditionnel de cette piété, fondée sur le sacrifice et l’offrande de soi. Comme l’écrit
Mgr di Falco, dans le livre qu’il lui a consacré : « Elle est indéniablement plus proche des positions de Mgr Lefebvre que des hardiesses théologiques de Hans Küng ». C’est un euphémisme !
Mais alors comment expliquer sa présence publique à Assise, lors du Sommet interreligieux d’octobre 1986 ? Une seule chose est claire : cela n’a jamais signifié pour elle une forme quelconque de relativisme spirituel. Ainsi écrit-elle à une religieuse : « Priez – je dois être capable de ne donner que Jésus au monde ».
Et ensuite, face à la tentation de temporaliser le Royaume de Dieu, en ne faisant que de l’humanitaire, elle poursuit : « Les gens ont faim de Dieu. Quelle terrible rencontre ce serait avec notre prochain, si nous ne lui donnions que nous-mêmes ! »
Nous sommes très loin ainsi du socialisme utopique de l’abbé Pierre. Des formules comme celle-la, on les trouve par dizaines dans les Ecrits intimes de Mère Teresa, qui viennent de paraître en français.
On peut récuser tel ou tel geste de Mère Teresa. Facile pour qui n’a pas été à sa place. Mais sa doctrine est profondément catholique. Et sa vie, pleine de constance dans le don de soi, apparaît comme un chef d’œuvre que la grâce divine réservait à notre époque.
On peut se laisser égarer sur son compte par tel ou tel de ses thuriféraires. Mais il suffit de considérer la vie que mènent les quelque 5000 femmes qui dans le monde ont voulu vivre de la règle qu’elle a donnée et porter, dans les endroits les plus déshérités du Globe, ce titre de “Missionnaires de la Charité”, dont elle a voulu revêtir ses sœurs.
Quelques mois après avoir ouvert un des premiers Centres au monde pour soigner le sida, elle a eu ce mot, qui est un mot de missionnaire : « Aucun n’est mort sans Jésus »." (Abbé Guillaume de Tanoüarn, metablog).

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