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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 15:22

Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance.

Jn 10,10

Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi.

Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux.

Jn 17, 9-10

"« Image du Dieu invisible » (Col 1, 15) [28], il est l’Homme parfait qui a restauré dans la descendance d’Adam la ressemblance divine, altérée dès le premier péché. Parce qu’en lui la nature humaine a été assumée, non absorbée [29], par le fait même, cette nature a été élevée en nous aussi à une dignité sans égale. Car, par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme." ( GS 22, § 2 ).

..."Avoir comme vie propre la Vie même de Dieu... Pour la Restauration de la Vie originelle, retrouver la Beauté originelle. C'est ce que révèle les écrits de Luisa Piccarreta.

 

"Nous sommes appelés à ne faire plus qu’un avec lui ; ce qu’il a vécu dans sa chair pour nous et comme notre modèle, il nous y fait communier comme les membres de son Corps :

 

"Nous devons continuer et accomplir en nous les états et mystères de Jésus, et le prier souvent qu’il les consomme et accomplisse en nous et en toute son Église (...).

"Car le Fils de Dieu a dessein de mettre une participation, et de faire comme une extension et continuation de ses mystères en nous et en toute son Église, par les grâces qu’il veut nous communiquer, et par les effets qu’il veut opérer en nous par ces mystères. Et par ce moyen il veut les accomplir en nous (S. Jean Eudes, Le royaume de Jésus, 3, 4 : Oeuvres complètes, v. 1 [Vannes 1905] p. 310-311). " ( CEC 521 )

 

"Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu.

Dans la video ci-dessous, le Père Dominique Duten présente le "petit catéchisme sur la Divine Volonté" (Luisa Piccarretta)

Ta petite volonté humaine est d'une grande valeur pour moi, je veux l'unir à la Mienne, l'identifier totalement à la Mienne jusqu'à ne plus distinguer l'une de l'autre.

Si tu ne donnes plus vie à ta volonté, si au lieu de la tienne, tu demandes toujours la Mienne, viendra un moment où tu sentiras seulement la Vie de Ma Volonté et ainsi tu agiras en tout d'un monde divin, comme Dieu, comme ce vrai Fils de Dieu que tu es.

Tu auras à ta disposition Ma Toute-Puissance, Ma Sagesse, Mon Amour éternel. Je regarderais à Mon Fils Jésus et Je te verrais à toi.

Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel.

"Voilà ce que les anciens ont reconnu comme l’authentique contenu de l’amour: devenir l’un semblable à l’autre, ce qui conduit à une communauté de volonté et de pensée. L’histoire d’amour entre Dieu et l’homme consiste justement dans le fait que cette communion de volonté grandit dans la communion de pensée et de sentiment, et ainsi notre vouloir et la volonté de Dieu coïncident toujours plus: la volonté de Dieu n’est plus pour moi une volonté étrangère, que les commandements m’imposent de l’extérieur, mais elle est ma propre volonté, sur la base de l’expérience que, de fait, Dieu est plus intime à moi-même que je ne le suis à moi-même ( Cf. Saint Augustin, Confessions, III, 6, 11: CCL, 27, 32: Bibliothèque augustinienne 13, Paris (1962), p. 383. ). C’est alors que grandit l’abandon en Dieu et que Dieu devient notre joie (cf. Ps 72 [73], 23-28, cité dans Benoit XVI, Lettre Encyclique Deus Caritas est § 17 )

 

Avoir comme vie propre la vie même de Dieu : petit catéchisme sur la Divine Volonté

Moi, je suis toujours avec toi, avec toi qui as saisi ma main droite.

Tu me conduis selon tes desseins ; puis tu me prendras dans la gloire.

Psaumes 72, 23-24

Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi.

Jn 14, 6

Le règne de la Divine Volonté. C'est l'accomplissement du Règne que nous demandons dans le Notre Père.

 

"À partir de Luisa la Volonté de Dieu doit se réaliser d'une manière nouvelle sur la terre.

 

"'Je viens pour demeurer avec vous, pour avoir une Vie commune et vivre avec une seule Volonté, avec un seul Amour.'"

 

http://piccarreta.com/stella-maris-avril-2010-nr-468

 

Que ton Règne vienne sur la terre comme au Ciel.

« Ma fille,

au moment de son péché,

Dieu promit à Adam la venue du futur Rédempteur.

Les siècles passèrent mais je maintins ma promesse

Et les générations eurent les bénéfices de la Rédemption.

Je vins du Ciel pour former son Règne.

Avant de repartir au Ciel, je fis une autre promesse encore plus solennelle :

celle du Règne de ma Volonté que l'on trouve dans le "Notre Père".

Pour

-lui donner davantage de valeur et

-l'obtenir plus vite,

je fis cette promesse formelle dans la solennité de ma prière.

Je priais le Père de faire venir son Règne.

Ceci n'est autre que la Divine Volonté sur la terre comme au Ciel.

Je me mis à la tête de cette prière. Je savais que c'était aussi sa Volonté.

Venant de moi, Il ne m'aurait rien refusé.

D'autant plus que, à travers sa propre Volonté,

je priais et demandais une chose voulue par mon Père lui-même.

J‟ai formulé cette prière devant mon Père céleste.

J‟étais sûr qu'Il m'accorderait le Règne de sa Volonté sur la terre.

Après, je l'appris à mes apôtres afin qu'ils la fassent connaître partout dans le monde,

pour que tous disent, en un seul cri:

"Que ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel."

Je n'aurais pu faire une promesse plus sûre et solennelle que celle-ci.

Pour nous les siècles ne sont qu'un point.

Mais nos paroles sont des faits et des actes accomplis.

Ma prière au Père céleste :

" Que ton Règne vienne, que ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel ",

ne voulait pas dire

que, par ma venue sur terre,

le Règne de la Divine Volonté allait s'établir au milieu des créatures.

 

Sinon j'aurais dit :

"Mon Père, que notre Règne, établi par moi sur terre,

soit confirmé et que notre Volonté règne et domine."

5 février 1928 - Livre du Ciel - Tome 23

 

En formant moi-même le "Notre Père",

Je m’érigeais en chef, m’engageant à donner ce Règne.

En l'enseignant à mes apôtres, je mettais l'ordre dans les créatures, leur apprenant comment obtenir un si grand bien.

Depuis, toute l’Eglise prie.

Il n'y a pas une seule âme qui lui appartient qui ne récite pas le "Notre Père".

Bien qu'ils soient nombreux ceux qui le récitent sans être intéressés

-à la venue de ce Règne, c'est à dire

-que le Divin Vouloir se fasse sur la terre comme au Ciel.

Mais en le récitant, ils ravivent mon intérêt et j'entends ma propre prière qui demande

"Que ton Règne vienne afin que ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel."

Si la créature voulait vraiment et soupirait après mon Règne,

-elle prendrait part à mon intérêt et

-sa volonté se fondrait dans la mienne avec la même finalité.

Mais, malgré tout,

-ma valeur et

-mon intérêt

coulent toujours dans chaque "Notre Père".

Tu vois ce qu'est l'ordre divin : tous demandent la même chose.

 

Il y a

-ceux qui veulent faire ma Volonté,

-d'autres qui la font.

Tout cela s'entremêle

Ils frappent aux portes de mon Vouloir Divin.

Ils répètent les frappes :

- certains doucement,

-d'autres plus fort.

Mais il y a toujours quelqu'un qui tape et demande qu'on lui ouvre Ia porte

afin que ma Volonté descende régner sur la terre.

Puisque c'est la Divinité qui a tout établi et mis en ordre,

Elle attend celle

-qui frappera le plus fort et

-qui, forçant les portes avec une force invincible telle celle de ma Volonté,

-les ouvrira tout grand, et

-liera, avec ses douces chaînes d'amour, l'Eternel Vouloir

afin qu'Il vienne régner au milieu des créatures.

De même que la Sainte Vierge

-mit un terme aux heures nocturnes des patriarches et des prophètes et

-forma l'aube pour faire resurgir le soleil du Verbe Eternel,

de même celle-ci générera l'aube pour faire éclore le soleil du ‘Fiat Voluntas tua

(que ta Volonté soit faite) sur la terre comme au Ciel.

Crois-tu vraiment que ma Volonté,

-qui s'est faite connaitre avec autant d'amour et

-qui a manifesté un si grand intérêt pour venir régner sur la terre,

donnant libre cours, en toi, à sa douleur,

se soit décidée sans être priée par qui que ce soit ?

Ah non, bien sûr que non !

Ce sont les coups continus,

-frappés par mon Eglise et,

-moi-même, je frappais.

Mais moi je frappais aux portes du Fiat Divin qui,

-fatigué d'entendre taper à ses portes divines,

-se servit de toi afin que tes coups soient portés avec encore plus de force.

En t'ouvrant, il te fit part de ses connaissances.

Oh

-combien de vérités il te manifesta,

-combien de moyens il te donna

pour que tu puisses former les chaînes d'amour

qui te permettrait

-de le lier et

-de le faire venir régner sur Ia terre.

Combien de fois Il t'appelle à vivre dans son Divin Vouloir, te faisant connaître

-ses valeurs,

-sa puissance,

 

-ses joies,

-ses immenses richesses!

Ce sont autant de gages qu'Il te donne, qui assure sa venue sur la terre.

Car nous avons cette prérogative :

quand nous communiquons un bien, une vérité, une connaissance nous appartenant, c'est que nous voulons lui en faire don.

Tu vois, donc,

-combien de dons,

-combien de connaissances

ma Volonté t'a fait partager.

Ils sont si nombreux qu'il t'est impossible de les énumérer.

Tandis que je dis :

"Que vienne" cela implique qu'il doit venir.

Et les créatures doivent l'attendre avec la même certitude qu'elles attendirent le futur Rédempteur.

Car, dans ces paroles du "Notre Père" il y a ma Volonté, liée et compromise.

Et, lorsqu'elle se lie, ce qu'elle promet est plus que certain.

D'autant plus que j'avais tout préparé.

Il ne manquait que les informations le concernant.

Et c'est ce que Je fais en ce moment.

Crois-tu que les si nombreuses vérités que je te communique au sujet de mon Fiat, ne soient que des simples nouvelles ?

Non, non, c'est

-pour que tous sachent que son Royaume est tout près,

-pour qu'ils connaissent ses belles prérogatives, afin que tous

-aiment,

-soupirent

d'aller vivre dans un Royaume aussi saint,

contenant tous les bonheurs et tous les biens. »

Le 26 mai 1928 - Livre du Ciel - Tome 24

Avoir comme vie propre la vie même de Dieu : petit catéchisme sur la Divine Volonté
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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 09:54

En janvier 1737, une terrible épidémie de peste désola la ville de Mexico. Beaucoup fuirent la capitale et allèrent s'établir sur les hauteurs de la Guadalupe. Or, parmi ses habitants, on ne déplora aucun décès dû à l'épidémie, ce qui démontra le pouvoir de protection de l'image miraculeuse. Des neuvaines étaient célébrées et l'image miraculeuse de Notre-Dame de Guadalupe allait de paroisse en paroisse..., sans confinement.

283 ans plus tard, face à l'épidémie du coronavirus, ce dimanche 12 avril 2020, solennité de la Résurrection du Seigneur, les peuples des Amériques et des Caraïbes ont été consacrés à leur sainte patronne, Notre-Dame de Guadalupe, depuis la basilique nationale de Mexico. 

https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2020-04/consecration-ameriques-notre-dame-guadalupe-coronavirus.html

https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2020-04/consecration-ameriques-notre-dame-guadalupe-coronavirus.html

En ce dimanche 12 avril 2020, solennité de la Résurrection du Seigneur, les peuples des Amériques et des Caraïbes ont été consacrés à leur sainte patronne, Notre-Dame de Guadalupe, depuis la basilique nationale de Mexico. 

 

«Aujourd’hui, nous nous sentons de nouveau petits et fragiles face à la maladie et à la douleur, et nous te demandons de protéger tous les hommes, surtout les plus vulnérables de tes enfants : les personnes âgées, les enfants, les malades, les indigènes, les migrants».

 

En ce jour de consécration des peuples d’Amériques et des Caraïbes à Notre-Dame de Guadalupe, Mgr Miguel Cabreros Vidarte, président du CELAM (Conseil épiscopal latino-américain) a rappelé l’ardente dévotion démontrée depuis des siècles par les Américains envers leur sainte patronne, surtout en temps d’épreuves, et l’a priée pour la fin de l’actuelle pandémie.

 

[...] Mgr Cabreros Vidarte a remercié les évêques mexicains d’avoir adhéré à l’initiative du CELAM et d'avoir organisé cet acte de consécration qui s’est déroulé après la messe célébrée ce dimanche par le primat du Mexique, le cardinal Carlos Aguiar Retes.

 

Les évêques d’Amérique latine, des Caraïbes, des États-Unis, du Canada et des Philippines ont pris part à la célébration grâce à sa retransmission en direct à la radio, à la télévision et sur les réseaux sociaux. Plus de 40 000 personnes ont également pu prier et suivre la messe ensemble, via facebook.

 

L’Amérique latine compte plus de 60 000 cas de contagion au Covid-19 et recense plus de 2 500 décès. Le Brésil figure en tête des pays les plus touchés, parmi lesquels figurent l’Équateur, le Chili et le Pérou.

 

[...] [L]es États-Unis sont à l’heure actuelle, le nouvel épicentre de la pandémie avec ce terrible bilan : plus de 22 000 morts pour environ 550 000 cas déclarés.

 

***

Notre-Dame de Guadalupe - église d'Irapuato, Mexique

Notre-Dame de Guadalupe - église d'Irapuato, Mexique

Note du blog Christ Roi.

Historique du rôle joué par Notre-Dame de Guadalupe dans la formation de l'État du Mexique :

 

Les apparitions de Notre-Dame de Guadalupe ont joué un rôle capital dans la formation du Mexique. Le rôle de Notre-Dame de Guadalupe pendant la lutte pour l'indépendance du Mexique en est une illustration éclatante.

 

Son rôle est certainement appelé encore à se développer en un siècle d'incroyance et de sécularisme. Aujourd'hui, cette image miraculeuse est appelée à jouer un rôle véritablement universel.

 

En janvier 1737, une épidémie de peste désola la ville de Mexico. Les autorités religieuses et civiles eurent l'idée de demander l'aide de la Vierge de Guadalupe. Le clergé refusa d'abord de s'adresser à Notre-Dame de Guadalupe; il cherchait plutôt à acclimater parmi les Indiens le culte des Vierges espagnoles auxquelles il était habitué. Cependant, les Indiens, eux, se sentaient davantage attirés par la Vierge de Guadalupe. Au cours du XVIIe et du XVIIIe siècle, son culte s'était tellement développé parmi les Indiens et les métis qu'il était devenu, de fait, la manifestation religieuse la plus importante du Mexique. Mais pour les autorités civiles, c'était un peu comme détrôner leur propre Vierge pour introniser à sa place celle des Indiens (rebeca Lopez Mora, Guadalupe de mexico, el fin de una epidemia y el inicio de un reinado, Historica, Coleccion V.) Beaucoup fuirent la capitale et allèrent s'établir sur les hauteurs de la Guadalupe. Leurs maisons furent bientôt si nombreuses qu'elles réunirent les deux agglomérations. Or, parmi ses habitants, on ne déplora aucun décès dû à l'épidémie, ce qui démontrait le pouvoir de protection de l'image miraculeuse. Des neuvaines étaient célébrées et l'image miraculeuse allait de paroisse en paroisse.

 

Le chapitre de la cathédrale entreprit alors les démarches pour que la Vierge de Guadalupe soit reconnue comme Patronne principale de la ville de Mexico. Un édit royal autorisa cette reconnaissance le 27 avril 1737, 206 ans après l'apparition. Peu à peu, les autres cités du Mexique adoptèrent aussi la Vierge de Guadalupe comme Patronne et protectrice, en 1746. (François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 111 et p. 138.)

Notre-Dame de Guadalupe - Colline du Tepeyac Mexico

Notre-Dame de Guadalupe - Colline du Tepeyac Mexico

Le 25 avril 1754, Benoît XIV proclama Notre-Dame de Guadalupe Patronne du Mexique en citant à son sujet le Psaume 147,20 : "Il (Dieu) n'en a fait autant pour aucune nation", phrase aujourd'hui célèbre dans tout le Mexique.

 

En 1810, durant la guerre du Mexique pour l'Indépendance contre l'Espagne, son image précéda les Insurgés dans la bataille. (Niceto de ZAMACOIS, Historia de Mexico, Barcelona-Mexico, 1878-1882, VI, 253, cité in Eric R. WOLF, The Virgin of Guadalupe : A Mexican national symbol, p. 64 ). La bannière de la Guadalupe mena les insurgés ; et leur cause est appelée "sa loi." (Luis GONZALEZ y GONZALEZ, El Optimismo nacionalista como factor en la independancia de Mexico, Estudios de historiografia americana, Mexico 1948, p. 194, cité in Eric R. WOLF, The Virgin of Guadalupe : A Mexican national symbol, p. 68 ). Le Père Miguel Hidalgo y Costilla rejoignit les premiers groupes révolutionnaires en s'emparant de l'image de la Guadalupe pour en faire la bannière des Insurgés. "L'intuition de Hidalgo", écrit l'historien D. Luis Castillo Ledon, "d'adopter la Vierge de Guadalupe comme drapeau de l'armée libératrice, était, sans aucun doute, une grande pensée politique. Comme le mouvement qu'il venait de lancer devait s'appuyer sur les masses indigènes et métisses, il comprit que la seule idée de liberté était un peu abstraite pour entraîner les foules. Il fallait l'unir à la religion et adopter un symbole qui représentât, à la fois, les croyances de la multitude et le sentiment national." ( D. Luis CASTILLO LEDON, cité dans  François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 138. )

Détail révélateur : à la fin de la guerre, le traité de paix fut appelé très officiellement "Traité de Guadalupe-Hidalgo".

 

En 1828, le Congrès de Mexico déclarait le 12 décembre, fête de Notre-Dame de Guadalupe, fête nationale.

 

Le 2 février 1848, c'est à la sacristie de la basilique de la Guadalupe que fut signé le traité de paix mettant fin à la guerre avec les États-Unis, et le traité porta aussi le nom de "traité de Guadalupe". (François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, p. 111 et p. 138.)

 

Dans la Grande Révolution de 1910, Emiliano Zapata et ses rebelles agrariens combattirent sous son emblème (Antonio POMPA y POMPA, Album del IV centenario guadalupano, Mexico, 1938, p. 173, cité in Eric R. WOLF, The Virgin of Guadalupe : A Mexican national symbol, p. 64.)

 

Le 4 août 1910, la Vierge de Guadalupe est proclamée Patronne de toute l'Amérique latine par saint Pie X. Pie XI renouvela cette proclamation.

 

Durant la persécution du gouvernement socialiste franc-maçon en 1926, qui vit le culte public suspendu, les Cristeros combattirent sous son emblème, au cri de ¡Viva Cristo Rey! ("Vive le Christ Roi !". (Jean Sévillia, Boulevard Voltaire, 12 mai 2014)

 

Durant les terribles séismes de 1985, beaucoup vinrent se réfugier pour un temps au pied de la colline comme l'avaient fait les habitants lors de la peste de 1737.

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12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 12:26
www.legitimite.fr/single-post/2020/04/09/Paques2020

www.legitimite.fr/single-post/2020/04/09/Paques2020

Message de Monseigneur le Duc d'Anjou :

 

Chers compatriotes,

Chers Français,

Rappelons-nous : Pâques 2019 et la France pétrifiée par l’incendie qui venait de ravager la cathédrale Notre-Dame de Paris.

 

Pâques 2020, une épreuve d’une toute autre nature dans un domaine où l’on ne l’attendait pas, atteint la France qui, avec l’Italie et l’Espagne, se partage le record des décès en Europe. Tous les continents sont frappés. Une mondialisation du risque !

 

Hier c’était l’âme du pays qui était touchée, et aujourd’hui ce sont les hommes et les femmes ; les enfants et les vieillards. Selon les mots forts prononcés par le Saint-Père dans son homélie du 27 mars, « nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse ». Devant le danger saurons-nous réagir et à l’ombre de cette cruelle épreuve, refonder nos actions sur plus de bon sens et redonner du sens à nos vies ?

 

Réagir, au-delà de la compassion que l’on a vis-à-vis des milliers de victimes et de leurs familles affrontant la mort souvent en grande solitude et sans secours spirituel; au-delà de l’admiration vis-à-vis des soignants aux moyens parfois si dérisoires et de tous ceux qui se dévouent souvent en prenant des risques pour que le pays continue à vivre ; au-delà des encouragements adressés à ceux qui, confinés, doivent assumer une vie familiale bouleversée et exercer leurs activités dans des conditions précaires ; au-delà de l’angoisse face aux situations désespérées que nombre d’artisans, de commerçants, d’entrepreneurs auront à affronter après le brusque arrêt de la vie économique.

 

Les Français courageux et fidèles à l’image de l’idée qu’ils ont de leur pays –celui du baptême de Clovis, celui de la justice de Saint-Louis, celui des quinze siècles de gloire et d’honneur-, doivent faire front animés d’une énergie à toute épreuve. Ils doivent résister pour sauver leur pays, retrouver l’esprit de Bouvines. Si l’oriflamme de saint Denis n’est plus élevée pour précéder les combattants, son esprit doit être là. Vivant.

 

L’actuelle situation dramatique doit ouvrir sur une période de sursaut qui soignera après les corps, les âmes et l’esprit public. En effet, au-delà de la crise sanitaire n’est-ce pas toute notre société qui est malade depuis des années et qui a besoin de se retrouver à travers un grand dessein partagé par tous et des valeurs essentielles.

 

En France, déjà, plus de vingt-cinq évêques ont placé leur diocèse sous la protection divine par l’intercession du Sacré-Cœur, de la Vierge Marie, de Saint-Joseph ou encore de saints locaux ayant déjà été invoqués lors d‘épidémies plus anciennes. Je me plais à songer au poids qu’aurait une consécration solennelle de la France effectuée par l’ensemble de son épiscopat à laquelle s’associerait le maximum de fidèles. Pâques, la fête de la résurrection, pourrait en être l’occasion. En tant que successeur légitime des rois de France qui ont toujours compris leur fonction dans sa double dimension terrestre et divine, ce serait de mon devoir de m’y associer et je le ferais en mon âme et conscience.

 

Demandons, en cette fête de la Résurrection, le secours de Saint Louis, de Sainte Geneviève et de Sainte Jeanne d’Arc et leur protection sur la France.

 

Louis,

Duc d’Anjou

 

(Fin du Message)

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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 12:36
Coronavirus : "Un avertissement divin expresse pour les hommes d’Église, et en particulier pour la hiérarchie ecclésiastique" (L'Homme Nouveau)

Après le Père Dominique Duten annonçant il y a un an les événements que nous vivons, après le Père Abbé de Fontgombault, le professeur Mattei, et le Cardinal Sarah, une nouvelle voix dans le monde catholique crie dans le désert : 

"Cette terrible crise sanitaire mondiale ressemble bien quand même à un avertissement divin expresse pour les hommes d’Église, et en particulier pour la hiérarchie ecclésiastique"

 

L'Homme Nouveau

https://www.hommenouveau.fr/3143/religion/paques-2020---le-retrait-de-la-gloire-de-dieu.htm

 

Pâques 2020 : le retrait de la gloire de Dieu

Rédigé par Abbé Henri Vallançon, Bibliste le 10 avril 2020 dans Religion

 

Pâques 2020 : le retrait de la gloire de Dieu

Dans le malheur qui frappe actuellement notre monde, avec cette épidémie, nombre d’hommes d’Église ont tenté, ici ou là, des interprétations de la situation présente. Il est troublant de ne trouver presque jamais, venant de clercs, une tentative d’éclairage spécifiquement religieux de cette crise. Leurs propos dénoncent : le « système » dans lequel nous vivons, la difficulté à prendre conscience que les ressources ne sont pas illimitées, la course folle et trop rapide de notre monde, la machine financière, la crise écologique, l’égoïsme, l’individualisme, la recherche du profit, le consumérisme outrancier, le manque de solidarité, l’avidité du gain, les guerres et les injustices, le cri des pauvres et de notre planète gravement malade… Pour être sans doute réelles, ces causes invoquées ne visent que des facteurs socio-économiques. Venant d’hommes d’Église, détachés de responsabilités temporelles pour se consacrer aux choses de Dieu, cela ne revient-il pas à battre la coulpe des autres, sans faire retour sur soi et voir si notre propre responsabilité spirituelle de clercs n’est pas aussi concernée ? Ne nous exonérons-nous pas de l’effort que nous réclamons du monde ? Ne faudrait-il pas chercher dans l’épidémie actuelle un message de Dieu pour son Église ?

 

 

 

L’inouï de cette crise

Le coronavirus Covid-19 est à la fois très contagieux et faiblement mortel (la courbe de mortalité dans les pays atteints augmente à peine, si on la compare aux années antérieures à la même époque de l’année : il meurt habituellement 17 millions de personnes de maladie infectieuse par an dans le monde). Mais il interrompt le culte public de l’Église. N’est-ce pas là l’inouï de cette crise ? Personne ne conteste le bien-fondé de l’interdiction actuelle des rassemblements pour limiter la propagation du virus. Il faut bien faire tout ce qu’il est possible pour l’enrayer et les assemblées de fidèles dans les églises ne sont pas raisonnables à ce moment. Pas de messe publique à Saint-Jean-de-Latran, à Saint-Pierre de Rome, ni au Saint-Sépulcre à Jérusalem dans aucun des rites liturgiques – et Dieu sait qu’elles sont suivies par une foule dense –, ni dans la quasi-totalité des cathédrales et églises du monde. Quel événement spirituel majeur ! En deux-mille ans d’histoire de l’Église, cela n’est jamais arrivé. Au pire des persécutions, on célébrait dans les maisons. Là, non. Il faut remonter à la grande crise des années 167-164 avant Jésus-Christ, dont parle le livre de Daniel et les livres des Macchabées, pour trouver le dernier épisode de l’interruption du culte public de Dieu dans son peuple.

 

Dans cette situation extrême, même les courants du christianisme les plus strictement attachés à l’observance de la loi de Dieu ne se distinguent plus des autres : les communautés catholiques traditionalistes ont aussitôt emboité le pas à la Conférence des évêques de France, sans mot dire ; le Saint-Synode permanent de l’Église orthodoxe de Grèce avait commencé par déclarer que la communion eucharistique n’était pas le danger mais le remède, avant de revenir huit jours plus tard sur ses déclarations, invitant chacun à rester chez soi. Tous ont fini par s’y résoudre : le culte public de l’Église est suspendu. Comment ne pas penser qu’il y a là un message que Dieu nous adresse ? Comment ne pas souligner en plus que cette suspension du culte public de l’Église a lieu précisément en cette période liturgique-là : la célébration du mystère pascal ?

 

Retourner à la Parole de Dieu

Rien ne vaut, pour le chrétien, face aux événements troublants, que de retourner à la Parole de Dieu, aux Saintes Écritures. Au mois de septembre 592 avant Jésus-Christ, Ézéchiel, le prêtre-prophète, fut transporté en vision, depuis Babylone où il était déjà en exil, au temple de Jérusalem :

 

« L’Esprit m’enleva entre la terre et le ciel, et me transporta dans des visions divines à Jérusalem, à l’entrée de la porte intérieure, du côté du nord, où était l’idole de la jalousie, qui excite la jalousie du Seigneur » (Ez 8,3). « Et il me dit : Fils de l’homme, vois-tu ce qu’ils font, les grandes abominations que commet ici la maison d’Israël, pour que je m’éloigne de mon sanctuaire ? Mais tu verras encore d’autres grandes abominations » (Ez 8,6). « Je regardai et voici, il y avait toutes sortes de figures de reptiles et de bêtes abominables, et toutes les idoles de la maison d’Israël, dessinées tout autour sur le mur. Soixante-dix hommes des anciens de la maison d’Israël, au milieu desquels était Jaazania, fils de Shaphan, se tenaient devant ces idoles, chacun l’encensoir à la main, et il s’élevait une épaisse nuée d’encens. Et il me dit : As-tu vu, fils d’homme, ce que font les anciens de la maison d’Israël, dans l’obscurité, chacun dans les chambres consacrées à son idole ? Car ils disent : le Seigneur ne nous voit pas, le Seigneur a abandonné le pays. Et il me dit : Tu verras encore d’autres grandes abominations qu’ils commettent (…). Et voici, il y avait là des femmes assises, qui pleuraient Thammuz. Et il me dit : Vois-tu, fils de l’homme ? Tu verras encore d’autres abominations plus grandes que celles-là. Et il me conduisit dans le parvis intérieur de la maison du Seigneur. Et voici, à l’entrée du temple du Seigneur, entre le portique et l’autel, il y avait environ vingt-cinq hommes, tournant le dos au temple du Seigneur et le visage vers l’orient ; et ils se prosternaient à l’orient devant le soleil » (8,10-16).

 

Cette vision décrit quatre formes de pratique idolâtrique commises à Jérusalem, de plus en plus proches du sanctuaire de la présence de Dieu. La suite de la vision montre la gloire du Seigneur quitter son temple ainsi profané (Ez 9,3 ; 10,4.18-19) et la ville de Jérusalem tout entière (Ez 11,22-23). L’analogie entre la gloire de Dieu quittant son sanctuaire, son temple et sa ville en Ézéchiel, et la suspension du culte public de l’Église du Christ aujourd’hui, au sommet de l’année liturgique, est particulièrement frappante. Cette terrible crise sanitaire mondiale ressemble bien quand même à un avertissement divin expresse pour les hommes d’Église, et en particulier pour la hiérarchie ecclésiastique...

 

Face au relativisme doctrinal

Les descriptions bibliques de cérémonies cultuelles idolâtriques ne seraient-elles qu’un motif pittoresque de l’ancien Israël, une aimable fable destinée à divertir le lecteur ? Même si c’est avec des raisons plus sophistiquées que les Hébreux d’autrefois, n’avons-nous pas vu reparaître au contraire en notre temps, de telles offenses abominables au premier commandement du Décalogue, « qui excitent la jalousie du Seigneur » ? Le relativisme doctrinal sévissant à tous les niveaux de la vie de l’Église, une vision naïve des éléments de vérité contenus dans les autres religions, ont ébranlé les affirmations les plus nettes des apôtres :

 

« Jésus : il n’y a de salut en aucun autre, car il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés » (saint Pierre en Ac 4,12) ; « il y a un seul Dieu et un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme » (saint Paul en 1 Tm 2,5).

 

À mesure que la culture de nos sociétés occidentales s’éloigne de la foi chrétienne, nous observons une tendance exponentielle à transformer périodiquement les sanctuaires de la présence de Dieu que sont nos cathédrales, nos églises, en scènes de concerts indécents ou profanatoires. Que de musiques indignes de la maison de Dieu, étrangères à la liturgie catholique, aux paroles souvent blasphématoires si on les traduit de l’anglais, diffuse-t-on sans vergogne lors des baptêmes, mariages, inhumations… Il est devenu banal, et même louable, de célébrer l’office des funérailles pour des pécheurs publics, en contradiction avec le Code de Droit Canonique (§ 1184), rendant ainsi dérisoires les rites de l’Église. La profanation des sacrements a pris des proportions jamais atteintes. Le manque de respect vis-à-vis de l’eucharistie, la banalisation des gestes du clergé et des fidèles pour en disposer, la disparition dans la plupart des communautés chrétiennes de l’agenouillement et des génuflexions sont généralisés. Nous, hommes d’Église, avons-nous le souci aigu, jusqu’au tourment, que, par respect pour l’honneur dû à Dieu et aux choses de Dieu, les sacrements soient reçus en état de grâce ? Ce principe est radicalement ébranlé aujourd’hui dans l’Église et partout bafoué : combien communient sans se confesser une fois l’an ? Combien de mariages célèbre-t-on, combien d’onctions des malades sont données à des personnes sans confession préalable ?

 

Le chemin de l'espérance

À Pâques 2020, la gloire de Dieu, lassée d’être autant méprisée, se retire. Elle se dérobe à nos offices, elle se refuse à notre ministère.

 

Mais la Parole de Dieu continue à nous indiquer le chemin de l’espérance par la conversion. Ainsi, à la fin du livre d’Ézéchiel, le prophète décrit sa vision du retour de la gloire de Dieu dans le Temple (Ez 43,1-12), puis du renouveau du culte, de la vie du peuple de Dieu. Cet oracle, que nous lisons chaque année à la veillée pascale, forme la charnière entre le retrait et le retour de la gloire du Dieu et donne la clé de compréhension de son action dans l’histoire :

 

« J’ai voulu sauver l’honneur de mon saint nom, que profanait la maison d’Israël parmi les nations où elle est allée. C’est pourquoi, dis à la maison d’Israël : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Ce n’est pas à cause de vous que j’agis de la sorte, maison d’Israël ; c’est à cause de mon saint nom, que vous avez profané parmi les nations où vous êtes allés. Je sanctifierai mon grand nom, qui a été profané parmi les nations, que vous avez profané au milieu d’elles. Et les nations sauront que je suis le Seigneur, dit le Seigneur Dieu, quand je serai sanctifié par vous sous leurs yeux. Je vous prendrai d’entre les nations, je vous rassemblerai de tous les pays, et je vous ramènerai dans votre pays. Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon Esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois » (Ez 36,21-27).

 

 

 

Abbé Henri Vallançon, Bibliste

 

Fin de citation

***

Note du blog Christ-Roi

 

"Raisons pour lesquelles les églises sont désertes et les ministres dispersés ( Luisa Piccarreta, la petite Fille de la Divine Volonté, Le Livre du Ciel, tome 12, Dialogues avec le Ciel du 16 mars 1917 au 26 avril 1921, éditions Résiac ) :

 

'Pendant que j'étais dans mon état habituel, mon toujours aimable Jésus se montra très affligé et je lui dis : 'Mon Amour, qu'est-ce qui t'afflige tant ?'

Il me répondit :

'Hélas, ma fille, quand je permets que les églises soient désertes, les ministres dispersés et les messes en diminution,

Cela signifie que :

- les sacrifices sont des offenses pour moi,

- les prières des insultes,

- les adorations des irrévérences,

- les confessions, des passe-temps sans fruits.

'Ne trouvant plus ma gloire mais plutôt des offenses en retour des bénédictions que Je donne, J'arrête ces dernières.

'Ces départs de mes ministres indiquent aussi que les choses ont atteint leur point culminant. Les châtiments seront multipliés. 

'Comme l'homme est dur, comme l'homme est dur!'" 

 

La pandémie mondiale actuelle prophétisée en 1926 par Luisa Picarreta, convertissons nous à Jésus

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 10:03

(Le) peuple élu [...] fait l'expérience de la punition de Dieu comme conséquence de son comportement rebelle: le temple est détruit et le peuple en exil n'a plus de terre; il semble réellement qu'il ait été oublié par Dieu. Mais il se rend ensuite compte qu'à travers les châtiments, Dieu poursuit un dessein de miséricorde. Ce sera la destruction de la ville sainte et du temple - comme on l'a dit -, ce sera l'exil, qui touchera le coeur du peuple et qui le fera revenir à son Dieu pour le connaître plus profondément.

… Comment ne pas recueillir dans le souvenir de ces lointains événements le message qui est valable pour chaque époque, y compris la nôtre? En pensant aux siècles passés, nous pouvons voir que Dieu continue à nous aimer également à travers les châtiments.

Homélie du Pape Benoît XVI, IVe Dimanche de Carême, 26 mars 2006

Il n'y a plus de messe du tout "dominicales, de semaine, de funérailles" depuis le troisième dimanche de Carême 2020 (15 mars), comme l'a demandé le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Eric de Moulins-Beaufort, dans une "recommandation de l'épiscopat concernant les sacrements" ( Famille Chrétienne du 13 mars 2020 ). 

Mgr Eric de Moulins-Beaufort a quelques jours plus tart participé à une réunion par audioconférence le 23 mars, pour échanger sur "la cohésion morale du pays face à la crise" du coronavirus, en comprenant les représentants des cultes, des francs-maçons et d'associations laïques." Selon l'Elysée, cet échange a porté "sur la manière dont les Français peuvent faire face et résister à cette crise qui ne fait que commencer", alors que tout laisse prévoir une forte augmentation du nombre de décès dans les jours qui viennent. ( Jean-Marc Morandini.com ). Cette réunion aboutit après quelques heures à la décision du président Macron d'organiser les "fêtes religieuses d'avril sans rassemblement" ( 20 minutes ).

 

Venons-en au sujet de cet article en ce Vendredi Saint où Notre Seigneur est crucifié.

Pour comprendre ces événements que nous traversons (plus de messes, pas de messe à Pâques 2020), nous assistons en direct à tout ce que le Père Duten a annoncé il y a plus d'un an (en mars 2019 exactement), à savoir : "l'effondrement de l'Église", qui deviendra "un désert", "il ne restera plus que la souche. Tous les autres vont disparaître", "des églises fermeront et des prêtres partiront", "le monde aura main mise sur l'Église et l'Église ne sera plus crédible", et même "au niveau mondial [...] un collapsus, [...] un effondrement."

 

Entre-temps, un mois après (le 15 avril 2019), il y eut l'incendie de Notre-Dame de Paris, avec la destruction du toit qui nous fit entrer dans un moment, écrivions-nous, où "il n'y a plus ni la flèche, ni la toiture, ni les quatre évangélistes, ni les Douze Apôtres : il n'y a plus de protection sur la France."

 

Le Père Dominique Duten (diocèse d'Avignon) explique dans cette video publiée il y a deux heures, que la pandémie mondiale actuelle a été prophétisée par Luisa Picarretta en 1926. Convertissons nous à Jésus :

Texte de la video 

 

"Le 20 novembre 1994, Mgr Carmelo Cassati (en la fête du Christ Roi) ouvre ce procès de la béatification (de Luisa Piccarreta 1865-1947 ). Le Père Pio aurait dit d'elle qu'elle n'était pas un fait humain et que prochainement on parlerait beaucoup d'elle.

"Un fils spirituel du Padre Pio se réclamait aussi un fils spirituel de Luisa. Et donc il l'a connaissait.

La pandémie mondiale actuelle prophétisée en 1926 par Luisa Picarreta, convertissons nous à Jésus

"En avril 2005, la cardinal Joseph Ratzinger, qui est très familier avec les enseignements religieux de Jésus à Luisa Piccarreta, devient nouveau Pape. En octobre 2005, la cause de béatification de Luisa est close dans l'archidiocèse de Trani. Elle est ouverte à Rome. [...] Les écrits de Luisa sont intégralement approuvés par les deux théologiens mandatés pour l'Église. [Selon l'article wikipedia en anglais sur Luisa Piccarreta, "sa cause a ensuite été transmise à la Congrégation pour les causes des saints au Vatican, et elle a été désignée "Servante de Dieu". Ndlr.]

 

"Prophétie de Luisa Piccarreta le 29 décembre 1926, sur la pandémie mondiale actuelle : 

 

'Après quoi mon doux Jésus s'échappa comme l'éclair. Je voulus le suivre, mais dans cet éclair, je vis beaucoup d'amertume que des maladies contagieuses allaient se répandre dans toutes les nations, y compris en Italie. Il me semblait que les hommes allaient en mourir partout et dépeupleraient les foyers.

'Le fléau serait plus violent dans plusieurs nations, mais presque toutes seraient touchées. Il me semble que les hommes se donnent la main pour offenser le Seigneur

'Notre Seigneur les affecte tous des mêmes fléaux.

'Mais j'espère qu'il se calmera et que les gens auront moins à souffrir.'

 

Raisons pour lesquelles les églises sont désertes et les ministres dispersés ( Luisa Piccarreta, la petite Fille de la Divine Volonté, Le Livre du Ciel, tome 12, Dialogues avec le Ciel du 16 mars 1917 au 26 avril 1921, éditions Résiac ) :

 

'Pendant que j'étais dans mon état habituel, mon toujours aimable Jésus se montra très affligé et je lui dis : 'Mon Amour, qu'est-ce qui t'afflige tant ?'

Il me répondit :

'Hélas, ma fille, quand je permets que les églises soient désertes, les ministres dispersés et les messes en diminution,

Cela signifie que :

- les sacrifices sont des offenses pour moi,

- les prières des insultes,

- les adorations des irrévérences,

- les confessions, des passe-temps sans fruits.

'Ne trouvant plus ma gloire mais plutôt des offenses en retour des bénédictions que Je donne, J'arrête ces dernières.

'Ces départs de mes ministres indiquent aussi que les choses ont atteint leur point culminant. Les châtiments seront multipliés. 

'Comme l'homme est dur, comme l'homme est dur!' 

 

  

 

La Sainte Vierge à San Damiano en Italie, prophétie d'une grande épidémie, message du 12 décembre 1968 :

 

'Il y a longtemps, des années, que je vous ai annoncé qu'il viendra une grande épidémie mais vous ne croyez jamais mes paroles.

'Après cette épidémie viendront les châtiments.'

Conclusion :

 

"Après La Salette, Fatima, Luisa Piccarreta, Garabandal, Akita, le Ciel lance un nouvel avertissement au monde.

 

"Le ton devient pressant, menaçant même, parce que les hommes n'écoutent pas, ou si peu, l'appel angoissé de leur Mère.

 

"Ces dernières décennies, Jésus et Marie ont multiplié leurs interventions extraordinaires sur toute la terre.

 

"Mais, dans son ensemble, l'humanité reste indifférente. 

 

"Ceux qui ont la charge d'examiner la Providence, ou le contenu de ces révélations les dénigrent, ou même, les combattent.

 

"Quelques dizaines de milliers de fidèles s'efforcent d'y répondre. Mais cela suffira-t-il à apaiser la juste colère d'un Dieu, qui est bon et qui ne peut laisser toujours plus d'âmes aller à la perdition, et finalement, au feu éternel, et toujours plus de nations se donner des lois en opposition avec les siennes ?

 

"Au fur et à mesure que le temps passe, le ton des messages change parce que l'Humanité ne répond pas à ce que le Ciel demande.

 

"C'est à vous de prier, et de faire en sorte que les fléaux ne viennent pas.

 

"Si vous avez de l'amour les uns pour les autres, vous recevrez tant de grâces. Les châtiments disparaîtront. Tout disparaîtra. Il ne viendra que la joie, l'amour, dans vos coeurs, dans la Patrie, dans le monde entier.

 

"Nous pourrons alors arracher la grâce d'éloigner les châtiments. Prions ensemble afin que les châtiments soient atténués." ( Fin du message de la video )

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 20:46

"C'est l'effondrement de l'Église que nous vivons aujourd'hui. Quelque chose qui a été annoncé dans le catéchisme, quelque chose qui a été annoncé par la Vierge à Fatima, par Mélanie Calvat à La Salette. Marthe Robin, même, disait que des pans entiers de l'Église vont disparaître." Ceci a été déclaré par le Père Dominique Duten, il y a un peu plus d'un an, en mars 2019 durant le Carême. Le Père Duten est un prêtre du diocèce d'Avignon.

 

"Ce n'est plus chrétien ce que l'on voit dans l'Église, dans nos paroisses, partout, dans les mouvements, on est enfermé dans des choses qui ne sont plus les vérités de l'Évangile. Ce n'est plus l'Évangile. Et pour cela le Seigneur va devoir nous purifier. Des églises fermeront, des prêtres partiront... Et le monde aura main mise sur l'Église et l'Église ne sera plus crédible. ... Et cela est voulu par Dieu.

"Et comme le dit le prophète Esaïe, ils auront des oreilles pour ne pas entendre, des yeux pour ne pas voir !

 

"[...] Et même au niveau mondial on parle d'un collapsus, on parle d'un effondrement.

 

"L'Église va devenir un désert. La souche est sainte. Il ne restera plus que la souche. Tous les autres vont disparaître.

 

"[...] Écoutez bien, ouvrez vos oreilles ! Que celui qui a des oreilles, qu'il entende. Aujourd'hui ne tiendront la route (que) ceux qui sont décidés à une vraie sainteté, à une vraie union avec Jésus, à une vraie vie avec Dieu, à une intimité de chaque jour, de chaque instant avec Dieu. Les autres ne tiendront pas. Je vous le dis et cela se réalisera. Ne tiendront que ceux qui sont pleins du Saint-Esprit, dans le désert dans lequel nous sommes en train d'entrer. Dites-le à vos enfants. Dites-le à vos petits enfants. Allez le crier dans le monde, allez le dire. Soyez témoins, évangélisez." 

 

Un mois après ce sermon s'est produit l'incendie de Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2019 en entrée de Semaine sainte. Un an après cette prophétie de l'effondrement de l'Église, il n'y a plus de messe du tout "dominicales, de semaine, de funérailles" le troisième dimanche de Carême 15 mars ("Recommandation de l'épiscopat concernant les sacrements", Famille Chrétienne du 13 mars). ​Plus de ​sacrement, mais plus de Parole de Dieu non plus !

 

Le Père Duten donne des clés d'explication des événements que nous traversons. Et ce que nous devons faire. Merci à lui !

 

"C'est la première tentation : je ne changerai pas. J'ai besoin de changer, moi. Vous avez besoin de changer ; l'Église a besoin de changer. La Curie romaine a besoin de changer. Les prêtres ont besoin de changer. Nous devons changer. Il faut changer, si nous ne changeons pas nous serons ravagés... Et il ne restera plus rien.

 

"Nous voulons nous bouger. Et nous allons nous mettre à genoux, pour que la Nouvelle Église naisse, d'une nouvelle et divine sainteté." 

 

"Le don de la divine volonté, c’est l’accomplissement du Notre Père. Au temps de Jésus, les disciples ont demandé au Seigneur de leur apprendre à prier et Jésus a donné cette prière du Notre Père disant : Que ton règne vienne et que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Ce règne ne vient sur terre que quand l’homme accomplit la volonté de Dieu sur terre…comme au ciel : ce n’est pas peu de choses. Donc, pour pouvoir faire ça, il faut ce don agissant en nous, de la divine volonté. C’est un don pour la fin des temps, et donc une préparation au retour glorieux du Seigneur.

"Dieu purifie son Eglise- c’est le cas en ce moment- ; Dieu purifie l’humanité pour qu’elle soit capable de recevoir ce don.

"[...] Jésus nous dit que les œuvres de Dieu sont belles, que la Création est belle, que seul, l’homme, devient un déshonneur, car l’homme n’est plus relié à Dieu, ne prie plus, ne croit plus et il vit sans Dieu.

"Cela explique la situation actuelle !

"Exactement. Jésus dit que l’homme marche la tête en bas, les pieds en haut, ayant oublié que nous ne sommes que de passage et que le Ciel existe.

"C’est très grave !

"[…] Que faut-il faire ?

"Il faut Lui confier nos pensées, nos actions, nos affections, tous nos sentiments et ainsi, Il pourra rentrer complètement dans nos cœurs, dans notre volonté. Il aimerait que sa volonté divine puisse entièrement s’installer en nous." (Fin de citation. Diocèse d'Avignon, le 16 décembre 2019 )

 

"L’effondrement de l’Église annoncée dans le catéchisme de l’église catholique, par Notre Dame de Fatima, Notre Dame de La Salette, Marthe Robin", par le Père Dominique Duten, dans cette video ci-dessous de mars 2019. Prophétique. Que les Coeurs s'examinent :

Autre video remarquable du père Dominique Duten publiée en juillet 2019 : "Pauvre Jésus, les gens s’en foutent  de Jésus aujourd’hui…, Bientôt vous aurez à rendre compte à Dieu" : 

Le Père Duten a fait une video le 14 mars dernier dans laquelle il avertit : "Dieu est en train de nous donner un avertissement, Vivons dans la Divine Volonté de Jésus" :

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 22:23
Coronavirus : le bois de la "Croix de la Peste" s'effrite lors de la bénédiction “Urbi et orbi”

Lundi, 30 mars 2020. La « Croix de la peste », considérée comme une croix miraculeuse, a toujours été vénérée par les Romain et ce depuis des siècles.

Très récemment, en raison de l’épidémie de coronavirus, elle avait été exposée sur la place Saint-Pierre à l’occasion de la bénédiction “Urbi et orbi” donnée (vendredi 27 mars. Ndlr.) par le pape François. Malheureusement, on avait oublié de la protéger alors qu’il pleuvait ce jour-là... Le bois de la croix séculaire a gonflé après avoir absorbé l’eau durant deux heures. Des bulles se sont formées dans certaines zones du vernis et les couleurs ont disparu en plusieurs endroits. Des spécialistes tentent actuellement de sauver la célèbre croix.

 

Source : Kathnet / Pro Liturgia, Actualité du lundi 30 mars 2020

 

Il a sauvé Rome de la grande peste de 1522.

 

L’histoire de ce crucifix a marqué la vie romaine. En 1519, dans la nuit du 22 au 23 mai, l’église de San Marcello est entièrement détruite par un terrible incendie. Pourtant, à l’aube, les riverains, totalement désolés devant les décombres encore fumants, trouvent le crucifix accroché au maître-autel providentiellement intact, éclairé par une lampe à huile qui, bien qu’attaquée par les flammes, brûle encore à ses pieds… On crie alors au miracle, et les plus dévots vont commencer à se rassembler chaque vendredi pour prier et allumer des lampes au pied du crucifix, créant par la suite « l’Archiconfrérie du Saint Crucifix », qui existe encore aujourd’hui.

 

La terrible peste de Rome

Mais ce n’est pas le seul miracle du crucifix. À peine trois ans plus tard, en 1522, une terrible peste secoue Rome au point de craindre que la ville ne perde tous ses habitants. Désespérés, les frères des Serviteurs de Marie décident alors de porter le crucifix lors d’une procession pénitentielle de l’église de San Marcello à la basilique Saint-Pierre. Les autorités, craignant la contagion, tentent d’empêcher la procession, mais le désespoir collectif ne tient pas compte de l’interdiction, et le crucifix est porté à travers la ville, sous les acclamations des Romains. La procession dure plusieurs jours, le temps de parcourir tout Rome, et lorsque le crucifix revient à sa place, la peste est terminée et la ville sauvée de l’extermination.

 

Un siècle après ces deux miracles, il est décidé, à partir de 1650, que le crucifix miraculeux sera apporté à Saint-Pierre de Rome chaque année sainte.

 

Source: Aleteia

 

Qui fut le protagoniste de la veillée de prière du pape François en temps de pandémie du Coronavirus, le 27 mars 2020 ? Le Christ crucifié, répond Andrea Tornielli. Le directeur éditorial du Dicastère pour la communication du Vatican revient sur la bénédiction Urbi et Orbi historique donnée par le pape « sur une place Saint-Pierre vide et enlisée dans un silence irréel ».

 

Le protagoniste, écrit-il, c’était « Lui », le crucifix, « avec la pluie battante qui lui arrosait le corps, ajoutant au sang dépeint sur le bois cette eau dont l’Évangile raconte qu’elle a jailli de la blessure infligée par la lance ».

 

Ce Christ Crucifié dit de « San Marcello », que les Romains portaient en procession contre la peste. 

 

Source: Zenit.org

https://www.vaticannews.va/it/papa/news/2020-03/editoriale-tornielli-papa-francesco-preghiera-fine-coronavirus.html

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 20:20

Après l'arrêté du 15 mars 2020, un nouveau décret du gouvernement, en date du 23 mars, en son article 7, assouplit les règles du confinement lors des rassemblements.

 

Source du nouveau décret : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041746694&categorieLien=id

 

Comme nous le disions nous-même le 25 mars, des messes qui respecteraient toutes les directives sanitaires peuvent être organisées en France. 

 

Selon un article de Valeurs Actuelles publié hier : 

 

"Les décrets de confinement laissent la possibilité aux fidèles de célébrer les grandes fêtes religieuses des prochaines semaines."

 

https://www.valeursactuelles.com/societe/tribune-religion-et-confinement-le-gouvernement-ne-doit-pas-empecher-les-croyants-de-celebrer-leurs-grandes-fetes-117642

https://www.valeursactuelles.com/societe/tribune-religion-et-confinement-le-gouvernement-ne-doit-pas-empecher-les-croyants-de-celebrer-leurs-grandes-fetes-117642

"Pour Guillaume Drago, professeur à l’Université Paris II Panthéon-Assas, Christophe Eoche-Duval, haut fonctionnaire et Geoffroy de Vries, avocat à la Cour, les décrets de confinement laissent la possibilité aux fidèles de célébrer les grandes fêtes religieuses des prochaines semaines." 

 

"En avril 2020, trois grandes fêtes ont lieu : la fête de Pessah pour la confession israélite, mercredi 8 avril, la fête de Pâques dimanche 12 avril pour les chrétiens, le début du Ramadan jeudi 23 avril pour les musulmans.

 

"Contrairement au discours de l’État, les rassemblements de moins de 100 personnes restent autorisés

 

"A la lecture du décret n°2020-293 du 23 mars 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, on comprend que, contrairement au discours tenu jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, et malgré une contradiction interne au texte, les « rassemblement(s), réunion(s) ou activité(s) mettant en présence de manière simultanée » « en milieu clos ou ouvert » sont autorisés dès lors qu’ils rassemblent moins de 100 personnes, selon l’article 7 du décret.

 

"Il apparaît donc que les responsables des cultes de notre pays peuvent utiliser cette possibilité, en prenant les mesures de précaution adéquates, afin de permettre à leurs fidèles de manifester l’expression de leur foi en ces trois fêtes fondamentales pour leur confession." 

 

Fin de citation de l'article de Valeurs Actuelles

Citation du décret du 23 mars, article 8

 

"IV. - Les établissements de culte, relevant de la catégorie V, sont autorisés à rester ouverts. Tout rassemblement ou réunion en leur sein est interdit à l'exception des cérémonies funéraires dans la limite de 20 personnes.

 

Rien de changé donc par rapport au décret du 15 mars: 

 

 "Les établissements de culte, relevant de la catégorie V, sont autorisés à rester ouverts. Tout rassemblement ou réunion de plus de 20 personnes en leur sein est interdit jusqu'au 15 avril 2020, à l'exception des cérémonies funéraires." ( Arrêté du 15 mars 2020 complétant l'arrêté du 14 mars 2020 portant diverses mesures relatives à la lutte contre la propagation du virus covid-19, article premier https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041723302&categorieLien=id )

Note du blog Christ Roi. Mais n'est-il pas déjà trop tard pour les évêques après le deuxième dimanche où Jésus est abandonné, seul sur Son Autel ?

 

Après avoir vidé les bénitiers de leur Eau bénite pour l'entrée en Carême, laissé entendre que le Corps du Christ pouvait nous rendre malade (les prêtres donnant la consigne de prendre la Sainte Hostie dans la main et non dans la bouche), après avoir participé à une réunion le 23 mars organisée par Macron avec des francs-maçons excommuniés de facto  (réunion qui aboutit à la décision de Macron d'organiser des fêtes religieuses d'avril "sans rassemblement". 20 Minutes), et après avoir supprimé toutes les messes "dominicales, de semaine, de funérailles" le troisième dimanche de Carême 15 mars ("Recommandation de l'épiscopat concernant les sacrements" Famille Chrétienne du 13 mars), il sera difficile de se contenter d'une simple messe de Pâques le 12 avril ! 

 

En effet comment convaincre désormais les athées et les incroyants de la toute-puissance de Dieu et de devenir chrétien ?

https://www.famillechretienne.fr/eglise/vie-de-l-eglise/en-direct.-l-eglise-face-au-coronavirus-271119

https://www.famillechretienne.fr/eglise/vie-de-l-eglise/en-direct.-l-eglise-face-au-coronavirus-271119

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25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 19:54

Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé que le confinement durera "tant qu'il devra durer", a-t-il annoncé alors que le Conseil scientifique vient de préconiser une durée d'"au moins six semaines".

 

L’Espagne veut prolonger le confinement jusqu’au 11 avril. Le gouvernement espagnol souhaite prolonger de quinze jours l’état d’alerte qui devait initialement prendre fin le 29 mars. 1720 personnes sont mortes du coranovirus en Espagne depuis le début de la crise.

 

En France, les règles du confinement concernant nos églises et lieux de culte, selon l'arrêté du 15 mars 2020, sont les suivantes : "Les établissements de culte, relevant de la catégorie V, sont autorisés à rester ouverts. Tout rassemblement ou réunion de plus de 20 personnes en leur sein est interdit jusqu'au 15 avril 2020, à l'exception des cérémonies funéraires." ( Source: Arrêté du 15 mars 2020 complétant l'arrêté du 14 mars 2020 portant diverses mesures relatives à la lutte contre la propagation du virus covid-19, article premier https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041723302&categorieLien=id )

 

"Les établissements de culte" "sont autorisés à rester ouverts" pour les rassemblements "de plus de 20 personnes", selon l'arrêté gouvernemental du 14 mars.

 

Un article de La République des Pyrénées du 18 mars publie les réponses officielles aux questions les plus posées : 

 

"Puis-je me rendre dans mon lieu de culte ?

"Je ne peux pas participer à rassemblement ou une réunion de plus de 20 personnes au sein d’un lieu de culte."

 

Un article de la préfecture de l'Orne du 20 mars mentionne la même question et la même réponse :

 

"Puis-je me rendre dans mon lieu de culte ?

 

Oui, les lieux de culte ont été autorisés à rester ouverts. Mais je ne peux pas participer à un rassemblement ou une réunion de plus de 20 personnes au sein d’un lieu de culte."

 

Tout rassemblement en-dessous de 20 personnes est donc autorisé dans un lieu de culte de catégorie V.

 

Or, "dans une lettre adressée à tous les évêques de France, le président de la CEF (Conférence des Evêques de France), Mgr Eric de Moulins-Beaufort, rappelle que « aucune messe (dominicale, de semaine, de funérailles) avec une assemblée, de quelque taille qu’elle soit, ne doit être célébrée, mais précise que « les églises peuvent ouvertes, avec moins de 20 personnes en prière individuelle et à distance les unes des autres ». (Famille chrétienne )

 

Si 19 personnes se trouvaient déjà dans l'église pour prier, en ajoutant le prêtre, on se retrouverait au nombre maximum de 20 personnes dans l'église, nombre maximal autorisé par le gouvernement. Il ne manquerait plus que le prêtre pour assurer une messe ! Alors pourquoi devient-il persona non grata dans son église ?

 

De plus, le mouvement général de suppression de la messe par des évêques a été initié dès le premier dimanche de Carême, le 1er mars 2020, comme dans l'Oise avec la suspension des messes "jusqu'à nouvel ordre" (Le Figaro), soit 8 jours avant l'annonce le 8 mars d'une limitation des rassemblements à 1000 personnes et 16 jours avant le premier jour de confinement officiel limitant à 20 le nombre maximum, mardi 17 mars (arrêté du 14 mars). 

 

Pendant ce temps, il semblerait que les Juifs à shabbat, le samedi, et les Musulmans le vendredi continuent d'assister à leurs cultes, en respectant les directives sanitaires de limitation à 20 personnes. De même, chaque soir à 19h c'est la grand-messe à la télé sur toutes les chaines d'infos, sans aucune suppression.

 

Pour quelle raison le président de la CEF outrepasse-t-il l'arrêté du gouvernement? 

 

En Espagne, un évêque continue d'organiser des messes tout en respectant les consignes sanitaires :

https://www.riposte-catholique.fr/archives/155308

https://www.riposte-catholique.fr/archives/155308

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Une grande nuit religieuse s’étend sur la France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne : sous prétexte d’épidémie et de “principe de précaution”, appliqué de manière manifestement disproportionnée, toutes vies sont suspendues, même la plus importante de toute, la vie sacramentelle de l’Église. En France, dans de nombreux diocèses, plus de messes publiques, en tout cas de messes dominicales, plus de baptêmes, plus de mariages, les évêques ayant anticipé ou amplifié les décisions gouvernementales. Les cours de catéchisme ont cessé dans les paroisses. On semble revenu aux pires heures de la Révolution.

 

Pour l’honneur de l’Église, un évêque diocésain, Mgr Juan Antonio Reig Pla, évêque d’Alcalá de Henares, près de Madrid, dans un entretien du 20 mars donné à Andrea Zambrano a fait savoir qu’il avait décidé de maintenir messe et communion dans son diocèse pendant l’épidémie actuelle, avec toutes les précautions nécessaires pour éviter la propagation de la contagion : « En tant qu’évêque, j’ai décidé de maintenir les églises ouvertes et de respecter l’horaire habituel des célébrations de la Sainte Messe. Je veux ainsi offrir aux fidèles le signe que l’Église n’abandonne pas ceux qui ont besoin de l’aide de Dieu, en particulier des sacrements. À cette fin, nous organisons les célébrations en suivant toutes les directives préventives recommandées par les autorités sanitaires.

 

[...]

 

Dans l’article qu’il consacre à la consolante nouvelle venue d’Espagne, L’Homme nouveau pose la question : « À quand un évêque français ? » (Riposte catholique / L'Homme nouveau )

Selon l'abbé Claude Barthe, dans un article sur L'homme nouveau, publié aujourd'hui, "en Pologne, en Espagne, la messe continue" :

 

"Il s’avère que d’autres évêques d’Espagne, où le degré de contagion de l’épidémie est plus grave qu’en France, ont fait de même, ceux de Grenade, Salamanque, Asidonia-Jerez, Cadix-Ceuta, Cordoue, Huelva, Almería, Segorbe-Castellón, Minorque, Orihuela-Alicante. Au total, ils sont onze évêques à avoir pris les mêmes dispositions que leurs confrères polonais.

 

Ainsi en informe Andrea Zambrano, dans La Nuova Bussola Quotidiana, en invitant l’Italie à suivre cet exemple. Les déclarations de Mgr Reig, d'Alcalá de Henares sont connues. Mgr Javier Martínez, archevêque de Grenade, dit pour sa part : « L'Église ne ferme pas parce qu'elle est porteuse de l'espérance du monde ». […] Tout cela a été d’autant plus facile que la Conférence épiscopale espagnole n’a pas pris de décision générale (en aurait-elle le droit ?).

 

« J’ai pitié de cette foule […] Si je les renvoie dans leurs maisons sans avoir mangé, les forces leur manqueront », dit le Christ avant de procéder à la multiplication des pains (Mc 8, 2-3). Prudemment, dans le respect des règles auxquelles ils sont tenus, les évêques de France ne pourraient-ils faire de même ? Et pas seulement les évêques, mais en conscience, les curés, les supérieurs de communautés religieuses, les prêtres ?" (Fin de citation)

 

 

En respectant toutes les directives préventives recommandées par les autorités sanitaires, à ce jour et à cette heureil est possible en France d'organiser des messes dominicales en divisant l'heure habituelle en trois ou quatre petites messes de 15 minutes (des messes basses, avec ou sans communion pour respecter la règle du 1m de distance) avec un nombre limité à 20 personnes, célébrant compris. Un portier pourrait se tenir à la porte d'entrée du lieu de culte pour  compter le nombre maximum de participants. 

*** Add. 31 mars 2020. Après l'Arrêté du 15 mars 2020 complétant l'arrêté du 14 mars 2020 évoqué plus haut dans notre article, un nouveau décret du gouvernement, en date du 23 mars, assouplit les règles du confinement lors des rassemblements.

 

Source du nouveau décret : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041746694&categorieLien=id

 

Selon un article de Valeurs Actuelles, notre information est confirmée : « Pour Guillaume Drago, professeur à l’Université Paris II Panthéon-Assas, Christophe Eoche-Duval, haut fonctionnaire et Geoffroy de Vries, avocat à la Cour, les décrets de confinement laissent la possibilité aux fidèles de célébrer les grandes fêtes religieuses des prochaines semaines. » 

 

« En avril 2020, trois grandes fêtes ont lieu : la fête de Pessah pour la confession israélite, mercredi 8 avril, la fête de Pâques dimanche 12 avril pour les chrétiens, le début du Ramadan jeudi 23 avril pour les musulmans.

 

« Contrairement au discours de l’État, les rassemblements de moins de 100 personnes restent autorisés

 

« A la lecture du décret n°2020-293 du 23 mars 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, on comprend que, contrairement au discours tenu jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, et malgré une contradiction interne au texte, les « rassemblement(s), réunion(s) ou activité(s) mettant en présence de manière simultanée » « en milieu clos ou ouvert » sont autorisés dès lors qu’ils rassemblent moins de 100 personnes, selon l’article 7 du décret.

 

« Il apparaît donc que les responsables des cultes de notre pays peuvent utiliser cette possibilité, en prenant les mesures de précaution adéquates, afin de permettre à leurs fidèles de manifester l’expression de leur foi en ces trois fêtes fondamentales pour leur confession. » (Fin de citation de l'article de Valeurs Actuelles)

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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 16:15

Dans la ligne du Message de Fontgombault "Dieu nous aurait-il abandonnés ?", le professeur Mattei s'interroge dans cette video : "le coronavirus est-il un châtiment divin ? Considérations politiques, historiques et philosophiques".

Dans cette video, le professeur dit qu'il n’aborde pas la question d’un point de vue médical ou scientifique : il n'en a pas la compétence, mais il traite cette question sous trois autres angles, celui du spécialiste de sciences politiques et sociales, celui de l’historien, et celui du philosophe de l’histoire.

 

Extraits:

 

"Le système global est fragile parce qu'il est trop inter-connecté.

 

"Il n'y a pas que l'écroulement du système santiraire, il peut aussi y avoir un écroulement de l'Etat et de l'autorité publique. En un mot l'anarchie, la révolte dans les prisons en Italie, en est un indicateur. Les épidémies ont des conséquences psychologiques et sociales du fait de la panique qu'elle peuvent provoquer. Entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle la psychologie sociale a fait son apparition et un de ses premiers représentants est le français Gustave Le Bon, auteur de 'Psychologie des foules', où il analyse les comportements collectifs et explique que dans une foule l'individu subit un changement psychologique.

 

"La théorie de la contagion sociale moderne qui s'inspire de Le Bon explique que protégé par l'anonymat de la masse, même l'individu le plus calme peut devenir agressif en agissant par imitation et suggestion. La panique est l'un de ces sentiments qui se transmet par contagion sociale, comme cela fut le cas dans la Révolution française dans la période dite de la 'Grande peur'.

 

"Et si, outre la crise sanitaire, nous avons aussi une crise économique, une vague incontrôlée de panique peut déchaîner les pulsions violentes de la foule. L'Etat est supplanté par les tribus, les bandes, surtout dans les périphéries, dans les grands centres urbains. Nous pensons à la ville de Paris. L'anarchie a ses agents et est déjà à l'oeuvre de la Bolivie au Chili, du Venezuela à l'Equateur, et peut se répandre rapidement à l'Europe.

 

"Ce processus révolutionnaire répond certainement au projet des lobbys globalistes, mais si c'est là une vérité, il faut dire aussi que cette crise signe précisément la défaite de l'utopie de la globalisation présentée comme la voie principale qui doit mener à l'unification du genre humain. En effet, la globalisation détruit l'espace et abat les distances. Aujourd'hui, pour échapper à l'épidémie, la règle est la distance sociale, l'isolement de l'individu. La quarantaine s'oppose diamétralement à la société ouverte, appelée de ses voeux par George Soros. La conception de l'homme comme relation caractéristique d'un certain personnalisme disparaît. 

 

"Le pape François comptait beaucoup sur le congrès dédié au 'Global compact' prévu au Vatican le 14 mai. Il se trouve que ce congrès a été décalé. Et non seulement il s'éloigne dans le temps, mais ses hypothèses idéologiques se dissolvent : le coronavirus nous ramène à la réalité.

 

https://www.assau.org/le-pact-educatif-lance-par-le-pape

 

"Ce n'est pas la fin des frontières telle qu'elle avait été annoncée après la chute du mur de Berlin. C'est plutôt la fin d'un monde sans frontières. Ce n'est pas le triomphe du Nouvel ordre mondial, c'est le triomphe du nouveau désordre mondial.

 

"Le scénario politique et social est celui d'une société qui se désagrège et se décompose. Tout cela a-t-il été planifié ? C'est possible. Mais l'histoire n'est pas une suite déterministes d'événements. Le maître de l'Histoire est Dieu, et non les maîtres du chaos. C'est la fin du village global. Le killer de la globalisation est un virus global, le coronavirus.

 

"Une expression biblique nous dit 'Iudicia Dei abyssus multa', les jugements de Dieu sont un vaste abîme (Ps 35,7 Ta justice, une haute montagne ; tes jugements, le grand abîme ! Ndlr.)

 

Le théologien de l'histoire se soumet à ces jugements et cherche à en comprendre le sens. Saint Grégoire le Grand, nous invitant à comprendre la signification de l'oeuvre divine affirme : 'Celui qui dans les oeuvres de Dieu ne cherche pas à découvrir la raison pour laquelle Dieu les accomplit trouvera dans sa mesquinité et bassesse une cause suffisante à expliquer pourquoi ses recherches sont vaines.'

 

La philosophie et la théologie moderne, principalement sous l'influence de Hegel, ont remplacé les jugements de Dieu par ceux de l'histoire. On a renversé le principe selon lequel l'Eglise juge l'histoire. Selon la nouvelle théologie, ce n'est pas l'Eglise qui juge l'histoire, mais l'histoire qui juge l'Eglise parce que l'Eglise ne trace pas l''histoire mais en est immanente, et fait partie intégrante de l'histoire.

 

"L'histoire en réalité est une créature de Dieu, comme la nature, comme tout ce qui existe, parce que rien de ce qui existe n'échappe à Dieu. Tout ce qui arrive dans l'histoire, est prévu, réglé, et ordonné par Dieu de toute éternité.

 

"Dieu, non seulement existe, mais s'occupe de ses créatures, récompense ou châtie les créatures rationnelles selon les mérites et les fautes de chacun.

 

"La théologie de l'histoire affirme que Dieu récompense et punit non seulement les hommes mais les collectivités et les groupes sociaux, familles, nations, civilisations. Mais tandis que les hommes reçoivent leurs récompenses  ou châtiments parfois sur cette terre mais toujours dans l'éternité, les nations qui n'ont pas de vie éternelle ne peuvent recevoir punitions et récompenses que sur cette terre. Dieu est juste et donne à chacun ce qui lui revient. Tremblements de terre, famines, épidémies, guerres et révolutions ont toujours été considérés comme des châtiments divins.

 

Comme l'écrit le Père Pedro de Ribadeynera (1526-1611) un jésuite espagnol,  'Guerres, pestilences, sécheresses, famines, incendies, et toutes autres calamités sont les châtiments pour les péchés des populations.'

 

"Le grand péché contemporain est la perte de foi des hommes d'Eglise, dans l'ensemble, en dehors de quelques exceptions grâce auxquelles l'Eglise ne perd pas sa partie visible. Cette infidélité produit l'aveuglement de l'esprit, un endurcissement du coeur, et l'indifférence devant la violation de l'ordre divin de l'univers. C'est une indifférence qui masque la haine de Dieu. Comment se manifeste-t-elle ? Non pas de façon directe. Ces hommes d'Eglise sont trop lâches pour défier Dieu directement. Ils préfèrent déverser leur haine sur ceux qui osent parler de Dieu. Qui ose parler de châtiment de Dieu, est lapidé. C'est un déversement de haine contre lui. Ces hommes d'Eglise, tout en professant verbalement qu'ils croient en Dieu, vivent en fait dans l'athéisme pratique, concret, le dépouille de tous Ses attributs, le réduisant à un pur être, et en somme, à rien. Tout ce qui arrive est le fruit de la nature émancipée de son auteur et seule la science, non l'Eglise, est en mesure d'en déchiffrer les lois. Et pourtant la saine théologie comme le sensus fedei nous enseignent bien que tout le monde physique et matériel qui est indépendant de la volonté de l'homme dépend de la volonté de Dieu. 'Tout ce qui arrive ici contre notre volonté, écrit saint Alphonse de Liguori, sache que cela n'arrive que par la volonté de Dieu.'

 

"Le 19 juillet, la liturgie de l'Eglise commémore saint Loup, évêque de Troyes. C'était le frère de saint Vincent de Lérins, qui a avait épousé une cousine de saint Hilaire d'Arles, une famille sénatoriale de grande sainteté. Durant son long épiscopat de 52 ans, la Gaule fut envahie par les Huns. Attila, à la tête d'une armée de 400 000 hommes franchit le Rhin, dévastant tout sur son passage. Comme il arriva devant la ville de Troyes, l'évêque Loup, ayant revêtu se shabits pontificaux et suivi de son clergé en procession vint  à sa rencontre et lui demanda : 'Qui es-tu pour menacer cette ville?' Et Attila lui répondit: 'Tu ne sais pas qui je suis ? Je suis Attila, dit le Fléau de Dieu.' Et Loup lui répondit : 'Sois le bienvenu fléau de Dieu parce que nous méritons le courroux de Dieu, mais ne déverse tes coups que sur ma personne et non sur la cité.' Les Huns traversèrent la cité sans faire de mal à personne.

 

"Aujourd'hui les évêques, non seulement ne parlent pas des fléaux divins, mais n'invitent pas même les fidèles à prier pour que Dieu les libère de l'épidémie. Il y a en cela une cohérence. Pourquoi donc Dieu devrait-il écouter nos prières si Il se désintéresse de l'univers qu'Il a créé ? Si, en revanche Dieu peut, par des miracles, changer les lois de la nature, en évitant les souffrances et la mort d'un homme, ou l'hécatombe d'une cité, Il peut aussi décider de punir une cité ou un peuple parce que le péché collectif appelle des châtiments collectifs.

 

"Pour les péchés, dit saint Charles Borromée, Dieu permit que la peste se répandit dans toute la ville de Milan et à la veille du concile du Vatican le 6 janvier 1870, saint Jean Bosco, eut une vision où il lui fut révélé que la guerre, la peste, la famine sont les fléaux pour lesquels seront ébranlés l'orgueil et la malice des hommes.

 

"Et ainsi s'exprima le Seigneur : Vous prêtres, pourquoi ne courez-vous pas pleurer entre le vestibule et l'Autel, demandant l'arrêt des fléaux ? Pourquoi ne prenez-vous pas le bouclier de la foi et ne passez-vous pas sur les toits, dans les maisons, dans les rues, sur les places, partout, même inaccessibles, pour porter la semence de ma parole ? Ignorez-vous que c'est l'épée à deux tranchants qui abat mes ennemis et abat la colère de Dieu et des hommes ? 

 

"Aujourd'hui les prêtres se taisent, les évêques se taisent, le pape se tait. 

 

"La Semaine sainte de Pâques approche et bien pour la première fois depuis de siècles, des églises sont fermées en Italie, les messes sont suspendues et même la basilique saint Pierre est fermée. Les cérémonies religieuses de Pâques urbi et orbi ne rassembleront pas les pèlerins du monde entier.

 

"'Mais Dieu punit aussi par spoliation, affirme saint Bernardin de Sienne. Il semble bien aujourd'hui qu'Il nous ait enlevé les églises, enlevé la Mère de toute l'Eglise, l'a enlevée aux pasteurs suprêmes, tandis que le peuple catholique erre désorienté dans l'obscurité, privé de cette lumière de la vérité, qui de la basilique saint Pierre devrait illuminer le monde.

 

"Comment ne pas voir dans ces effets du coronavirus une conséquence symbolique de l'auto-démolition de l'Eglise ?

 

"Iudicia Dei abyssus multa', (les jugements de Dieu sont un vaste abîme. Ps 35,7 ), nous devons avoir la certitude que les événements actuels n'annoncent pas les succès des fils des ténèbres, mais bien leur défaite. Parce que comme l'explique le père Carlo Ambrosio de Catane de la compagnie de Jésus, le nombre des péchés d'un homme ou d'un peuple est compté. [...] Le centre de l'histoire ce ne sont pas les ennemis de l'Eglise, mais bien les saints. C'est autour des élus que tourne l'histoire, dit saint Paul. Et l'histoire dépend des saints de la divine Providence. 

 

"'Le chemin de l'Eglise, à travers les siècles, dit Pie XII, est un chemin de croix mais il est aussi, en tout temps, un chemin de triomphe. Le Christ est votre guide, de victoires en victoires. Suivez-le.'

 

"Ne reculons pas, et confions-nous à Marie, à l'heure tragique des événements annoncé par le message de Fatima."

 

Professeur Roberto de Mattei, Président de la Fondation Lépante.

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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 14:05
https://www.lefigaro.fr/coronavirus-le-gouvernement-se-prepare-a-prolonger-le-confinement-20200323

https://www.lefigaro.fr/coronavirus-le-gouvernement-se-prepare-a-prolonger-le-confinement-20200323

En ces temps d'épidémie, selon cet article du Figaro :

 

"Le gouvernement se prépare lundi 23 mars à prolonger le confinement de la population au-delà de la date initiale de fin mars pour contrer l'épidémie de coronavirus, qui a fait au moins 674 morts en France.

"[…] Autre signe indiquant cette direction : Emmanuel Macron réunira lundi (23 mars Ndlr.) à 10 heures par audioconférence «les autorités morales et religieuses» pour échanger sur «la cohésion morale du pays face à la crise», en comprenant les représentants des cultes, des francs-maçons et d'associations laïques, a indiqué l'Élysée." (Fin de citation)

Parmi les participants figurent le président de la Fédération protestante de France François Clavairoly, le président de la Conférence des évêques de France Éric de Moulins-Beaufort, le grand rabbin de France Haïm Korsia, le président du Conseil français du culte musulman Mohammed Moussaoui, le co-président de l'Union des Bouddhistes de France Olivier Reigen Wang-Genh ainsi et le métropolite orthodoxe Emmanuel Adamakis.La réunion comprendra également le secrétaire général de la Fédération nationale de la Libre-Pensée Christian Eyschen, le président du Comité Laïcité République Jean-Pierre Sakoun, le Grand Maître de la Grande Loge de France Pierre-Marie Adam et le Grand Maître du Grand Orient de France Jean-Philippe Hubsch, ainsi que la Grande maîtresse de la Grande Loge féminine de France Marie-Claude Kervella-Boux. (Source: Jean-Marc Morandini)

 

Ces temps d'épidémie où les évêques discutent avec les francs-maçons, prolongent le confinement et oublient leur fidèles

C'est une demande expresse de l'Église dans une Bulle apostolique frappée de l'infaillibilité du Pape Clément XII, In Eminenti de 1738, que de défendre de "propager" les francs-maçons, les "recevoir", "leur donner conseil, secours ou faveur ouvertement ou secrètement, directement ou indirectement par soi ou par d'autres", une Bulle où le Pape Clément XII parle en tant que successeur de Saint Pierre, en vertu de son «plein pouvoir apostolique»-, afin de fermer «l'entrée aux erreurs et aux vices» :

 

« Nous défendons sérieusement et en vertu de la sainte obéissance, à tous et à chacun des fidèles de Jésus-Christ, de quelque état, grade, condition, rang, dignité et prééminence qu'ils soient, laïques ou clercs, séculiers ou réguliers, méritant même une mention particulière, d'oser ou de présumer, sous quelque prétexte, sous quelque couleur que ce soit, d'entrer dans les dites sociétés de francs-maçons ou autrement appelées, ou de les propager, les entretenir, les recevoir chez soi; ou de leur donner asile ailleurs et les cacher, y être inscrits, agrégés, y assister ou leur donner le pouvoir et les moyens de s'assembler, leur fournir quelque chose, leur donner conseil, secours ou faveur ouvertement ou secrètement, directement ou indirectement, par soi ou par d'autres, de quelque manière que ce soit, comme aussi d'exhorter les autres, les provoquer, les engager à se faire inscrire à ces sortes de sociétés, à s'en faire membres, à y assister, à les aider et entretenir de quelque manière que ce soit, ou leur conseiller : et Nous leur ordonnons absolument de s'abstenir tout à fait de ces sociétés, assemblées, réunions, agrégations ou conventicules, et cela sous peine d'excommunication à encourir par tous, comme dessus, contrevenants, par le fait et sans autre déclaration, de laquelle nul ne peut recevoir le bienfait de l'absolution par autre que par Nous, ou le Pontife Romain alors existant, si ce n'est à l'article de la mort.

« Qu'il ne soit permis à aucun homme d'enfreindre ou de contrarier, par une entreprise téméraire, cette Bulle de notre déclaration, condamnation, mandement, prohibition et interdiction. Si quelqu'un ose attenter, qu'il sache qu'il encourra l'indignation du Dieu Tout-Puissant, et des bienheureux apôtres Pierre et Paul.

« Donné à Rome, près de Sainte-Marie Majeure, l'an de l'Incarnation de Notre Seigneur 1738, le IV des Calendes de mai (28 avril), la huitième année de Notre Pontificat. »

 

Source: Les Enseignements originaux des Papes sur la franc-maçonnerie, De 1717 à nos jours, Pierre Tequi éditeur, Saint-Céneré 1998, p. 15-17

Les Enseignements originaux des Papes sur la franc-maçonnerie, De 1717 à nos jours, Pierre Tequi éditeur, Saint-Céneré 1998, p. 15.

Les Enseignements originaux des Papes sur la franc-maçonnerie, De 1717 à nos jours, Pierre Tequi éditeur, Saint-Céneré 1998, p. 15.

Les Enseignements originaux des Papes sur la franc-maçonnerie, De 1717 à nos jours, Pierre Tequi éditeur, Saint-Céneré 1998, pp. 16-17.

Les Enseignements originaux des Papes sur la franc-maçonnerie, De 1717 à nos jours, Pierre Tequi éditeur, Saint-Céneré 1998, pp. 16-17.

Clément XII précise que cette constitution est «valable à perpétuité.» 

Rappelons - ce qui est condamné par la Bulle In Eminenti -, que les francs-maçons font un "pacte" couvert du "secret", que par ce "pacte" ils ouvrent des portes "aux erreurs et aux vices" (c'est la raison de la condamnation), et qu'ils sont de plus en nombreux à devoir aujourd'hui consulter des prêtres exorcistes pour être délivrés de troubles divers (vexations, obsessions, et, dans les cas les plus graves, possessions diaboliques). Ces troubles, pour être guéris, nécessitent d'abord une conversion à Jésus-Christ et à son Eglise. Il faut une confession, la récitation d'actes d'abjuration, des prières de délivrance. Ensuite, il faut une vie quotidienne de prière, chaque jour, en particulier le matin et le soir, où il est bon de répéter régulièrement des actes d'abjuration pour recouvrir avec la grâce de Dieu une paix intérieure.

 

La tradition de l'Église dit aussi que, depuis la tentation d'Ève au jardin d'Eden (Gn 3), "on ne discute pas avec Satan"; elle le dit afin de nous éviter de tomber dans les filets du démon qui, parce qu'il est plus intelligent que nous les hommes, gagne toujours dès qu'on commence à discuter avec lui en paroles, ou même seulement, en pensée. 

 

L'excommunication est latæ sententiæ, c'est-à-dire qu'elle est automatique, encourue du fait même de la commission du délit (le droit canonique prévoit expressément ces cas). 

 

L'appartenance à la franc-maçonnerie est une cause d'excommunication latæ sententiæ, selon la bulle pontificale de Clément XII, In eminenti apostolatus specula.

 

L'excommunié ne peut plus célébrer et recevoir les sacrements et sacramentaux ni remplir des offices ecclésiastiques, ministères et charges, ni poser des actes de gouvernement (can. 1331).

 

On peut dès lors se demander si en France nous n'avons tout simplement pas un clergé excommunié depuis des années, du fait même des délits énoncés dans la Bulle In Eminenti, dont on sait que nombre de prélats les commettent ?

 

La Bulle apostolique In Eminenti constitue aujourd'hui encore le droit canonique en vigueur sur la franc-maçonnerie.

 

Conclusion 

 

https://www.famillechretienne.fr/eglise/vie-de-l-eglise/en-direct.-l-eglise-face-au-coronavirus-271119

 

 

Depuis le premier dimanche de Carême, nous assistons à la suppression en direct des cultes publics pour la première fois dans l'histoire depuis les persécutions sous l'empire romain. Nous assistons à l'abolition du Saint Sacrifice (la suppression des messes publiques), et à la fermeture du sanctuaire de Lourdes où la Vierge Marie guérissait, croyait-on jusqu'à présent, les malades. Le pape saint Grégoire le Grand, lors de l'épidémie de peste à Rome en 590, invita le peuple romain à suivre — contrit et pénitent — l'exemple des habitants de Ninive et ordonna "pour apaiser le courroux divin", une procession de toute la population romaine depuis les différentes églises romaines en direction de la basilique Saint-Pierre au Vatican, chantant des litanies en chemin. Mais contrairement à l'époque romaine, nous n'avons même pas la possibilité aujourd'hui de nous réunir collectivement pour faire nos prières et dire nos chapelets, ni même la possibilité d'assister aux messes dans les caves ou les catacombes.

Il a été décidé ce matin que les fêtes de Pâques auront lieu "sans rassemblement" (Source: RMC info à 14h). Pendant ce temps, c'est la grand-messe tous les soirs à 20h sur tous les plateaux télés, avec de nombreux invités présents (plus les techniciens en coulisses) pour commenter les mesures de confinement.

Un deux poids deux mesures insupportable.

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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 14:23

Le 15 avril 2019, il y a presque un an, Notre-Dame de Paris était en feu. Aujourd’hui la nef de la cathédrale, comme celle de bien des églises du monde, est vide et silencieuse. Les routes, les places, sont désertes. Dieu nous aurait-il abandonnés ?

Le père abbé de Fontgombault Jean Pateau soulève une question que nous avions abordée au lendemain de l'incendie de Notre-Dame en ces termes : "à l'heure actuelle, il n'y a plus ni la flèche, ni la toiture, ni les quatre évangélistes, ni les Douze Apôtres : il n'y a plus de protection sur la France. Prions pour que ce drame fasse réfléchir de nombreux Français."

 

Dans l'épidémie de coronavirus qui nous frappe dom Jean Pateau rapporte le mot de Monseigneur Jérôme Beau, archevêque de Bourges :

 

«La situation sanitaire que notre monde traverse nous révèle beaucoup sur la fragilité humaine, et particulièrement de nos sociétés. Dans quelque temps, il sera nécessaire d’y réfléchir aussi théologiquement. Aujourd’hui, nous sommes d’abord invités à la prière, à la charité et à la prudence. »

 

Voici le texte du "Message de Fontgombault" :

Message de Fontgombault : Notre-Dame de Paris incendiée, coronavirus : "Dieu nous aurait-il abandonnés ?"

Le 15 avril 2019, il y a presque un an, Notre-Dame de Paris était en feu. Aujourd’hui la nef de la cathédrale, comme celle de bien des églises du monde, est vide et silencieuse. Les routes, les places, sont désertes. Dieu nous aurait-il abandonnés ? En ces temps difficiles, je veux vous rejoindre pour vous manifester la proximité des moines et l’assurance de leur prière.

 

Beaucoup parmi vous vivent la privation imposée de la Messe et de l’Eucharistie comme une grande souffrance. L’occasion douloureuse vous est donnée de vous souvenir que l’Eucharistie est un don gratuit, non un dû. C’est aussi le moment d’un examen de conscience sur la façon dont nous nous préparons à recevoir ce sacrement, et sur la manière dont nous le recevons : les sacrements ne sont-ils pas trop souvent traités à la même enseigne que les biens de consommation ? Ce temps vous invite à une prière familiale et personnelle renouvelée et plus intense. Les diocèses développent heureusement des moyens pour y initier les fidèles. Heureusement aussi, les églises restent encore ouvertes, et le Saint-Sacrement y est parfois exposé. Notre prière doit vraiment s’intensifier en ces périodes de détresses corporelles et spirituelles.

 

Oculi mei semper ad Dominum : « Mes yeux toujours tournés vers le Seigneur », chantions-nous dimanche dernier à l’introït de la Messe. Ces mots résonnent comme une invitation pressante, alors que le fléau d’une épidémie particulièrement contagieuse dévaste la terre, sans que personne ne puisse dire aujourd’hui quelles en seront les conséquences.

 

Il y a déjà et il y aura encore des morts. Les médias en offrent le décompte quotidien, ajoutant le nombre des nouveaux cas diagnostiqués, et celui des gens dont l’état se révèle particulièrement grave.

 

Monseigneur Jérôme Beau, archevêque de Bourges, remarquait: «La situation sanitaire que notre monde traverse nous révèle beaucoup sur la fragilité humaine, et particulièrement de nos sociétés. Dans quelque temps, il sera nécessaire d’y réfléchir aussi théologiquement. Aujourd’hui, nous sommes d’abord invités à la prière, à la charité et à la prudence. »

 

Contre la propagation de ce virus inconnu, des mesures de prudence ont été recommandées par les pouvoirs publics et spécifiées dans les diocèses par les évêques. Ces mesures dérangent nos habitudes. Il ne viendrait pourtant à l’idée de personne de supposer qu’elles ont été prises dans un autre but que de préserver la santé de la population et d’éviter autant que faire se peut une contagion massive, en particulier des personnes vulnérables que les services hospitaliers ne pourraient prendre en charge. Les respecter relève de la charité. N’oublions pas l’avertissement de saint Paul aux Romains : « Que chacun se soumette aux autorités en charge. Car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent sont constituées par Dieu. Si bien que celui qui résiste à l’autorité se rebelle contre l’ordre établi par Dieu. Et les rebelles se feront eux-mêmes condamner. » (Rm, 13, 1-2) Tant que rien de contraire à la loi divine ne nous est commandé, il faut obéir. Mieux vaut obéir que de commenter sans fin, au risque de s’épuiser et d’épuiser les autres, les décisions prises par ceux qui sont responsables et qui cherchent de façon évidente le bien de tous. Les plus loquaces dans le genre de la critique sont souvent ceux qui ont le moins de responsabilités. C’est dans ce contexte que des restrictions d’accès à l’église abbatiale vous sont imposées.

 

Cette crise sanitaire mondiale révèle aussi la petitesse de l’homme en face de la nature. Un virus, ce n’est pas très gros et pourtant... Le colosse fait d’or et d’argent qui asservit le monde tremble et révèle ses pieds d’argile. Les bourses s’effondrent. Les frontières se ferment. Aurions-nous oublié que notre planète si confortable poursuit une course fulgurante dans un univers hostile ? Que la nature est généreuse, mais qu’elle peut s’épuiser ? Que le petit homme qui naît a besoin d’être accueilli, aimé ? Que tout homme a besoin d’être aimé ?

 

Confronté au fléau, l’homme moderne, si sûr de lui, apparaît impuissant. Acheter la mort d’un enfant, acheter le silence des hommes en face d’une enfance ou d’une humanité exploitées et avilies ne lui pose pas de problème ; mais ce petit virus, lui, nul ne peut l’acheter. Il ne se vend pas. Sans foi ni loi, il contamine, offrant au monde l’image de ce qui se passe de manière beaucoup plus discrète, silencieuse et depuis longtemps, dans le domaine moral. Évoquons à titre d’exemple la double et récente décision particulièrement révoltante de trois juges de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), rendue publique le 12 mars dernier, qui prive les sages-femmes en Europe de la garantie de leur droit à l’objection de conscience face à l’avortement. Comment imposer à ceux qui font profession de lutter pour la vie de poser des gestes de morts, et leur refuser une légitime liberté de conscience en face d’un acte qui demeure objectivement un crime ? Notre monde est devenu fou, incohérent.

 

Que faire ? L’angoisse devant ce monde, devant cette épidémie serait-elle la seule réponse ? Ou plutôt, ne serions-nous pas invités à regarder ailleurs ?

 

[…] Est-il plus exaltant de se considérer comme le fruit du hasard, ou de se reconnaître modelé par un Dieu qui accomplit toute chose par amour ? Si je sais que toute chose a pour Maître et Seigneur le Dieu qui m’a créé, alors l’univers, les pays voisins, le frère ou l’ami d’hier peuvent bien devenir hostiles : en Lui se trouve ma confiance et mon salut. La terreur ou l’anxiété ne sont plus la seule réponse à la souffrance. La consolation de la présence de Dieu, seule, la rend supportable. Alors, au cœur de l’épreuve, la lumière paraît. La vie de l’homme retrouve un sens. Le monde n’est plus cet univers liquide et gluant où tout homme, comme en apesanteur et sans repères, lutte contre un inéluctable destin : retourner au néant. Non, la vie de l’homme a un sens. Elle est grande. Elle est belle.

 

L’épreuve que nous vivons aujourd’hui, si elle rappelle la faiblesse de l’homme, invite aussi à méditer la grandeur, la miséricorde et la bonté de Dieu. Elle nous invite à l’adoration. Si nos yeux se tournent vers le Seigneur, il ne faut pas douter que Dieu, lui aussi, nous regarde toujours. Comme l’affirme saint Paul : « Cherchez à imiter Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. Vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous... Conduisez-vous comme des enfants de lumière. » (Eph 5,1-2.8)

 

Que doivent faire des enfants de lumière en ces temps si sombres ? Plusieurs fois par jour, le moine redit avec le psalmiste : « Notre secours est dans le Nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. » (Ps 123, 8) Invoquons ce nom par la prière, pour l’éloignement de ce fléau, pour le personnel soignant particulièrement sollicité, pour les malades et leurs familles, pour les gouvernants qui ont à gérer cette situation difficile dans un pays en état de profonde crise économique, éthique et, osons le dire, spirituelle. Si la crise que nous vivons nous conduit à implorer le secours de Dieu, elle nous invite aussi à y associer le monde, à l’inviter à adresser, au mépris de tout respect humain, une prière à Dieu.

 

Les moines portent dans leur prière tous ceux qui sont touchés par les cataclysmes que nous vivons, les familles dont la vie est bouleversée, les entreprises, les salariés fragilisés, tous nos amis.

 

En ces temps, la tentation peut se faire plus grande de se replier sur soi-même et d’oublier les autres. Ce repli doit être combattu par une charité inventive. En cela, l’épreuve que nous vivons devra porter du fruit. L’homme de notre temps a besoin de s’ouvrir à l’autre, de respecter sa propre humanité, de respecter la nature, et cela commence au sein même des familles souvent si disloquées. Regardez comment tant de soignants payent de leur personne, mettent en danger leur vie au service de la vie des autres. Quel beau témoignage !

 

Le confinement imposé est aussi l’occasion de redécouvrir le cœur du foyer, ce lieu si sacré de la vie de famille et en famille. Devant le mal, les hommes redécouvrent ce lieu où ils ont été conçus, où ils ont grandi, où ils ont appris à vivre ensemble sous le regard de Dieu ; ce creuset de l’amour familial si malmené se révèle un refuge béni. Puissiez-vous prendre en ces jours le temps du silence, le temps de vivre la vraie vie.

 

Pour nous moines, la charité passe par l’offrande de notre prière. Unissez-vous spirituellement à nous chaque mardi, lors des Messes pro tempore mortalitatis, « pour les temps d’épidémie », que célèbrent les prêtres de l’abbaye en réponse à la demande de notre évêque.

 

Unissez-vous aussi à la neuvaine à Notre-Dame de Lourdes, et au geste proposé par les évêques de France, qui invitent à déposer, le mercredi 25 mars prochain, fête de l’Annonciation, une bougie sur le rebord de la fenêtre, au moment où sonneront les cloches des églises. Ce signe, expliquent-ils, « sera une marque de communion de pensée et de prière avec les défunts, les malades et leurs proches, avec tous les soignants et tous ceux qui rendent possible la vie de notre pays. Ce sera aussi l’expression de notre désir que la sortie de l’épidémie nous trouve plus déterminés aux changements de mode de vie que nous savons nécessaires depuis des années. »

 

Notre-Dame est notre Mère, tout particulièrement en ces temps difficiles. Nous nous adressons à elle chaque jour après None, en chantant la séquence dont le texte est joint à ce message.

 

Soyez assurés, chers amis, de la prière des moines pour vous, pour les soignants, pour ceux qui assurent le service de la charité auprès des personnes faibles, malades ou âgées, et pour le monde entier in hac lacrimarum valle, dans cette vallée de larmes. Une vallée qui peut devenir aussi le lieu d’une renaissance, comme nous l’espérons, comme nous le confessons, et comme nous voulons y travailler. Saint Chemin vers Pâques.

 

+ fr Jean Pateau abbé

 

Fin de citation.

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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 13:51
https://eglise.catholique.fr/espace-presse/communiques-de-presse/495268-covid-19-message-eveques-de-france-aux-catholiques-a-nos-concitoyens

https://eglise.catholique.fr/espace-presse/communiques-de-presse/495268-covid-19-message-eveques-de-france-aux-catholiques-a-nos-concitoyens

L’ensemble des évêques de France invite les Français à un geste commun le mercredi 25 mars prochain. Les catholiques lui donneront une signification particulière en raison de la fête de l’Annonciation, mais tout le monde peut s’y joindre : déposer une bougie sur sa fenêtre au moment où les cloches sonneront sera une marque de communion de pensée et de prière avec les défunts, les malades et leurs proches, avec tous les soignants et tous ceux qui rendent possible la vie de notre pays. Ce sera aussi l’expression de notre désir que la sortie de l’épidémie nous trouve plus déterminés aux changements de mode de vie que nous savons nécessaires depuis des années. Nous, catholiques, demanderons en même temps à la Vierge Marie de remplir nos cœurs de foi, d’espérance et de charité en ces temps et de nous obtenir la grâce de l’Esprit-Saint pour que nous sachions trouver les gestes nécessaires.

 

Mgr Éric de Moulins-Beaufort

Archevêque de Reims

Président de la Conférence des évêques de France

 

Notre pays, avec de nombreux autres, traverse une grande épreuve. Le chef de l’État nous appelle à laisser de côté nos divisions et à vivre ce temps dans la fraternité. C’est pourquoi nous avons voulu que ce message destiné en premier lieu aux catholiques s’adresse aussi à tous nos concitoyens sans distinction.

 

Nous le faisons dans un esprit d’humilité, mais avec la certitude que la foi chrétienne a une mission spécifique dans ce monde et qu’elle ne doit pas s’y dérober. Nous pensons aussi à tous ceux et celles qui partagent avec nous la foi en Dieu et la conviction qu’Il accompagne notre vie. Nous pensons enfin à tous ceux et celles qui ne croient pas mais souhaitent que la solidarité et l’esprit de service s’accroissent entre les hommes.

 

À tous, nous disons notre désir que notre communauté nationale sorte grandie de cette épreuve. Depuis bien des années déjà notre humanité a l’intuition qu’elle doit changer radicalement sa manière de vivre. La crise écologique nous le rappelle sans cesse, mais la détermination a fait largement défaut jusqu’ici pour prendre ensemble les décisions qui s’imposent et pour s’y tenir. Osons le dire, l’égoïsme, l’individualisme, la recherche du profit, le consumérisme outrancier mettent à mal notre solidarité. Nous avons le droit d’espérer que ce que nous vivons en ce moment convaincra le plus grand nombre, qu’il ne faut plus différer les changements qui s’imposent : alors, ce drame porteur d’angoisse n’aura pas été traversé en vain.

 

Le mercredi 25 mars, à 19h30

 

Un peu partout en France, les cloches de toutes les églises sonneront pendant dix minutes, non pour appeler les fidèles à s’y rendre, mais pour manifester notre fraternité et notre espoir commun.

 

Elles sonneront comme elles ont sonné aux grandes heures de notre histoire, la Libération par exemple. En réponse à ce signe d’espoir, nous invitons tous ceux qui le voudront à allumer des bougies à leur fenêtre. Ce geste, qui est de tradition dans la ville de Lyon, est un signe d’espérance qui transcende les convictions particulières : celui de la lumière qui brille dans les ténèbres !

 

 

 

CE QUI SUIT S’ADRESSE MAINTENANT AUX CATHOLIQUES.

 

Mercredi 25 mars, nous fêterons l’Annonciation du Seigneur. Elle eut lieu à Nazareth, chez une jeune fille, Marie. Dans sa maison, le Ciel rencontre la terre ; dans sa maison, le salut du monde est conçu ; dans sa maison, une joie nouvelle apparaît, la joie de l’Évangile, une joie pour le monde: «Car rien n’est impossible à Dieu» (Lc 1, 37).

 

Cette année, sans l’avoir voulu, nous fêterons l’Annonciation, confinés, dans nos maisons ! Pouvons-nous célébrer cette fête plus en vérité, plus intensément, plus en communion?

 

Quand les cloches sonneront, le 25 mars, à 19h30, que chaque disciple de Jésus, dans sa maison, ouvre sa Bible (ou son ordinateur) et lise, seul ou en famille, le récit de l’Annonciation, dans l’Évangile selon saint Luc, chapitre 1, versets 26 à 38.

 

Et qu’au même moment chaque maison allume une ou plusieurs bougies, à sa fenêtre, pour dire son espérance et conforter celle de ses voisins.

 

Nous prierons en communion par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie en nous unissant au chapelet récité, à Lourdes, chaque jour à 15h30. Nous demanderons à Marie de nous protéger et de nous aider à mieux accueillir Jésus dans nos maisons, dans nos cœurs, dans nos vies comme elle l’a fait elle-même pour nous: «Que tout m’advienne selon ta parole» (Lc 1, 38) – [1re dizaine].

 

Nous confierons à Marie qui devient Mère du Sauveur et qui deviendra notre Mère, nos frères et sœurs malades, nos frères et sœurs soignants, notre communauté humaine éprouvée. Nous lui dirons que nous voulons les aimer comme nous aimons Jésus, «le fruit béni de ses entrailles» (cf. Lc 1, 42), Lui qui a pris sur lui nos souffrances et nos péchés [2e dizaine].

 

Nous pourrons aussi confier nos craintes et nos doutes à celle qui fut toute bouleversée et s’interrogea: «Comment cela va-t-il se faire?» (Lc 1, 34). La peur d’une vie remise à Dieu, différente de celle dont nous rêvons, rejoint la peur de la mort. Marie la connaît de l’intérieur et nous pouvons lui dire sans cesse: «Prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort», comme l’Église nous l’a appris [3e dizaine].

 

Enfin, poussés par l’Esprit, nous pourrons dire à Jésus: «Guéris-nous !» Nous ne savons pas quelle sera la réponse sinon que, dans quelques jours, nous fêterons la passion, la mort et la résurrection de Jésus, le premier-né d’une multitude de frères qu’il fait entrer dans la vie de Dieu [4e dizaine.]

 

[5e dizaine avec intentions particulières].

 

Ouvrir sa fenêtre, allumer une bougie est un geste de communion que nous voulons offrir à toute la nation pour qu’elle rende hommage aux défunts, victimes du Covid-19, et aussi à ceux qui donnent de l’espoir, soignants, autorités mais aussi famille, amis, voisins.

 

C’est pourquoi nous vous demandons de relayer ce message très largement autour de vous, par tous les moyens autorisés à votre disposition !

 

LES ÉVÊQUES DE FRANCE

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21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 18:54
Coronavirus covid-19 : Un simple microbe est capable de mettre à genoux l’humanité

"Un simple microbe est capable de mettre à genoux l’humanité. A l’ère des grandes réalisations technologiques et scientifiques, c’est surtout l’orgueil humain qu’il met à genoux. L’homme moderne, si fier de ses réalisations, qui installe des câbles de fibre optique jusqu’au fond des océans, construit des porte-avions, des centrales nucléaires, des gratte-ciels et des ordinateurs, qui après avoir posé son pied sur la lune poursuit sa conquête jusqu’à Mars, cet homme est impuissant devant un microbe invisible. Le tumulte médiatique de ces derniers jours et la peur que nous pouvons avoir nous-mêmes ne doivent pas nous faire manquer cette leçon profonde et facile à comprendre pour les cœurs simples et purs qui considèrent avec foi les temps présents. La Providence enseigne encore aujourd’hui à travers les événements. L’humanité – et chacun d’entre nous – a l’occasion historique de revenir à la réalité, au réel et non au virtuel fait de rêves, de mythes et d’illusions.

 

"Traduit en termes évangéliques, ce message correspond aux paroles de Jésus qui nous demande de rester unis à Lui le plus étroitement possible, car sans lui, nous ne pouvons rien faire ni résoudre aucun problème (cf. Jn 15, 5). Nos temps incertains, l’attente d’une solution et le sentiment de notre impuissance et de notre fragilité doivent nous inciter à chercher Notre-Seigneur, à l’implorer, à lui demander pardon, à le prier avec plus de ferveur et surtout à nous abandonner à sa Providence.

 

"[...] Le moment est venu de prier le chapelet dans nos maisons plus systématiquement et avec plus de ferveur que d’ordinaire. [...] Lisons l’Evangile en son entier, méditons-le calmement, écoutons-le en paix : les paroles du Maître sont les plus efficaces, car elles atteignent facilement l’intelligence et le cœur." (Fin de citation)

 

Source : Lettre du Supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X aux fidèles en ce temps d'épidémie, 17-03-2020

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7 mars 2020 6 07 /03 /mars /2020 18:57
Distribution de la Communion : historique

Suite aux récentes mesures de l’épiscopat français sur l’interdiction de la communion sur la langue dans certains diocèses, les lecteurs sont nombreux à réagir.

 

Pour justifier ses “mesures de précautions” le diocèse de Paris a publié une vidéo pleine de mensonges et d’approximations [Disant que "jusqu'au Haut Moyen-Âge dans l'Eglise catholique au cours de la célébration de la sainte messe on a toujours communier dans la main" (sic) et laissant donc entendre que la Communion dans la bouche est une invention du "Moyen-Âge".]

 

Le site "Riposte catholique" a apporté des éléments historiques précis :

 

Voici donc ces quelques éléments:

 

On vous raconte qu’au cours des premiers siècles de l’ère chrétienne, le rite de la communion aurait comporté la manipulation des hosties consacrées par les fidèles se tenant debout. Avec cette présentation historique, on peut évidemment faire passer ensuite la nouveauté pour une vieille tradition remise à l’honneur.

 

En fait, il s’agit là d’une tentative malhonnête de justifier par une coutume prétendument "antique" la pratique récente, bien postérieure au concile Vatican II (1962-1965) et, de plus, absolument pas ordonnée ni même prévue par celui-ci.

Le Concile Vatican II ne s'est pas pas exprimé sur le sujet de la communion dans la bouche ou dans les mains. Il faut attendre 1969 pour que ce sujet soit abordé par la Sacrée Congrégation pour le culte divin dans l’instruction Memoriale Domini du 29 mai 1969. "[L]es fidèles ont pu autrefois recevoir cet aliment divin dans la main et le porter eux-mêmes à la bouche. […] Cependant, les prescriptions de l'Église et les textes des Pères attestent abondamment le très profond respect et les très grandes précautions qui entouraient la sainte Eucharistie."

 

Feuilletez donc attentivement les documents conciliaires et vous constaterez que nous disons vrai. [Sacrosanctum concilium, Constitution sur la sainte liturgie. Lire également Sacrosanctum caritatis, exhortation apostolique du pape Benoît XVI. NdCR.]

 

Quant au véritable rite antique de la communion à genoux et sur la langue, on vous raconte de manière tout aussi trompeuse que ce serait un phénomène médiéval.

 

Or, pour mentionner brièvement ici quelques éléments de réfutation, signalons que le pape Sixte I (117-126) avait déjà interdit de toucher les mystères sacrés si l’on ne faisait pas partie du clergé (ut mysteria sacra non tangerentur, nisi a ministris).

 

Le pape Saint Eutychian (275-283) interdira que la communion à porter aux malades soit confiée à un laïc ou à une femme (nullus praesumat tradere communionem laico vel feminae ad deferendum infirmo).

 

Déjà Tertullien de Carthage (160-250) attestait que la sainte eucharistie était reçue uniquement du prêtre et pas d’autrui (nec de aliorum manu sumimus).

 

Le pape Saint Léon I (440-461) notait, pour sa part, que l’on reçoit en bouche ce qui est cru par la foi (hoc enim ore sumitur quod fide tenetur).

 

Plus tard, à savoir en 536, le pape Saint Agapet I accomplira un miracle de guérison après avoir donné l’hostie en bouche à quelqu’un (cumque ei Dominicum corpus mitteret in os). C’est le pape Saint Grégoire I (590-604) qui le relate, attestant également la pratique de l’Église dans les premiers siècles de l’ère chrétienne. Dans ses dialogues (Romain 3, c. 3) il rapporte que le Pape saint Agapet accomplit un miracle durant la messe après avoir placé le Corps du Seigneur dans la bouche d'une personne. Jean le Diacre nous parle également de la manière dont ce Pape distribuait la sainte communion. 

 

En l’an 380, le concile de Saragosse avait en son canon 3 lancé l’anathème contre ceux qui voudraient encore toucher la sainte eucharistie comme en temps de persécution. Saint Basile, Père grec et Docteur de l’Église (329-379), avait expliqué qu’en des circonstances pareilles et en l’absence de prêtre ou de diacre pour administrer la communion et la porter aux malades, on avait pu jadis "recevoir la communion au moyen de sa propre main". L’historien Eusèbe de Césarée (270-339) attestait déjà au livre VI de son "Histoire ecclésiastique" que cela se faisait seulement en cas de véritable nécessité. La pratique normale avait toujours été que les fidèles communient à genoux et sur la langue. Devant des abus locaux, le concile de Rouen rappellera en 650 cette norme apostolique, interdisant la communion avec les mains (nulli autem laico aut feminae Eucharistiam in manibus ponat, sed tantum in os ejus).

 

En Orient, le concile de Constantinople statuera pareillement en 692, frappant d’excommunication tous ceux qui s’aviseraient de prendre l’hostie en main alors qu’un évêque, un prêtre ou un diacre sont disponibles pour la leur dispenser en bouche. Dans une homélie sur la première épître à Timothée, Saint Jean Chrysostome (347-407) indiquait déjà cette humble et pieuse attitude de réception de la part des fidèles : "Que rien d’amer ne sorte de la bouche qui a été gratifiée d’un si grand mystère ; que la langue, sur laquelle le divin Corps a été déposé, ne profère rien de déplaisant."

 

Ces éléments et ces témoins remontent à la fin de l'Antiquité. Dès les premiers siècles du christianisme la communion est prise sur la lange, bien avant le "Moyen âge" qui pratiquait peu la communion, et en tous les cas, pas à la main, sauf en temps de persécution, et en l’absence de prêtre ou de diacre pour administrer la communion et la porter aux malades.

La communion fréquente, et des enfants, est une pratique instaurée par le pape Saint Pie X (1903-1914).

88% du volume de l’instruction Memoriale Domini (29 mai 1969) du pape Paul VI est consacré à confirmer la réception de la communion à genoux et sur les lèvres

 

Comment peut-on raisonnablement affirmer que la communion dans la main était la pratique officielle qui s'est poursuivie jusqu'au dixième siècle ? Comment peut-on affirmer que la communion sur la langue est une invention médiévale ? Nous ne prétendons pas que jamais, en aucune circonstance, les fidèles n'ont reçu la communion dans la main. Mais dans quelles conditions cela se passait-il ? 

Il est certain que les apôtres ont pris le pain et ont bu la coupe à la main, mais eux étaient des ministres désignés par Notre-Seigneur.

 

On ne vous rapporte pas des citations de ce genre. On ne vous donne aucune référence pertinente, pas même celle alléguée comme étant de Saint Cyrille de Jérusalem (313-386), à savoir les « Catéchèses mystagogiques » dont on vous épingle un passage cité hors de son contexte qui aurait pu vous faire réaliser que ce n’est pas un texte chrétien normal. En effet, on vous cite seulement ce qui fait penser à la pratique moderne : « Lorsque tu t’avances pour Le recevoir, ne t’approche pas sans respect, les paumes des mains grandes ouvertes ou les doigts écartés ; mais avec ta main gauche, fais un trône pour la droite où va reposer le Roi. Reçois le Corps du Christ dans le creux de ta main et réponds Amen.»

 

Les passages sautés sont notamment ceux-ci : « Sanctifie tes yeux par le contact du saint Corps » et puis, après avoir bu au calice, « lorsque tes lèvres en sont encore mouillées, touche-les avec les mains et passe sur tes yeux, ton front et tous tes autres sens, pour les sanctifier.» (sic)” 

Source: Jusqu’au Haut Moyen-Âge on communiait dans la main : fake news, Riposte catholiqueLe Forum catholique

En 1969, Paul VI indique dans Memoriale Domini que :

 

"les prescriptions de l'Église et les textes des Pères attestent abondamment le très profond respect et les très grandes précautions qui entouraient la sainte Eucharistie.

[...] De plus, le soin et le ministère du Corps et du Sang du Christ étaient confiés d'une façon toute spéciale aux ministres sacrés ou aux hommes désignés à cet effet : « Après que celui qui préside a récité les prières et que le peuple tout entier a acclamé, ceux que nous appelons les diacres distribuent â tous ceux qui sont présents, et portent aux absents, le pain, le vin et l'eau sur lesquels ont été données les grâces »

[...] Aussi, la fonction de porter la Sainte Eucharistie aux absents ne tarda-t-elle pas à être confiée uniquement aux ministres sacrés, afin de mieux assurer le respect dû au Corps du Christ, et en même temps de mieux répondre aux besoins des fidèles. Par la suite, lorsque la vérité et l'efficacité du mystère eucharistique, ainsi que la présence du Christ en lui, ont été plus approfondies, on a mieux ressenti le respect dû à ce Très Saint Sacrement et l'humilité avec laquelle il doit être reçu, et la coutume s'est établie que ce soit le ministre lui-même qui dépose sur la langue du communiant une parcelle de Pain consacré.

Compte tenu de la situation actuelle de l'Église dans le monde entier, cette façon de distribuer la Sainte Communion doit être conservée, non seulement parce qu'elle a derrière elle une tradition multiséculaire, mais surtout parce qu'elle exprime le respect des fidèles envers l'Eucharistie.

[...] Ce respect exprime bien qu'il s'agit non pas « d'un pain et d'une boisson ordinaires », mais du Corps et du Sang du Seigneur, par lesquels « le peuple de Dieu participe aux biens du sacrifice pascal, réactualise l'alliance nouvelle scellée une fois pour toutes par Dieu avec les hommes dans le Sang du Christ, et dans la foi et l'espérance préfigure et anticipe le banquet eschatologique dans le Royaume du Père ». 

[...] De plus, cette façon de faire, qui doit déjà être considérée comme traditionnelle, assure plus efficacement que la Sainte Communion soit distribuée avec le respect, le décorum et la dignité qui lui conviennent ; que soit écarté tout danger de profanation des espèces eucharistiques, dans lesquelles, « d'une façon unique, totalement et intégralement le Christ, Dieu et homme, se trouve présent substantiellement et sous un mode permanent » ; et qu'enfin soit attentivement respecté le soin que l'Église a toujours recommande à l'égard des fragments de Pain consacré : « Ce que tu as laissé tomber, considère que c'est comme une partie de tes membres qui vient à te manquer. »

[...] [U]ne forte majorité d'évêques estiment que rien ne doit être changé à la discipline actuelle et que si on la changeait cela offenserait le sentiment et la sensibilité spirituelle de ces évêques et de nombreux fidèles.

C'est pourquoi, compte-tenu des remarques et des conseils de ceux que « l'Esprit-Saint a constitués intendants pour gouverner » les Églises, eu égard à la gravité du sujet et à la valeur des arguments invoqués, le Souverain Pontife n'a pas pensé devoir changer la façon traditionnelle de distribuer la Sainte Communion aux fidèles.

Aussi, le Saint-Siège exhorte-t-il vivement les évêques, les prêtres et les fidèles à respecter attentivement la loi toujours en vigueur et qui se trouve confirmée de nouveau, en prenant en considération tant le jugement émis par la majorité de l'épiscopat catholique que la forme utilisée actuellement dans la sainte liturgie, et enfin le bien commun de l'Église.

Mais là où s'est déjà introduit un usage différent - celui de déposer la Sainte Communion dans la main - le Saint-Siège, afin d'aider les Conférences épiscopales à accomplir leur tâche pastorale, devenue souvent plus difficile dans les circonstances actuelles, confie à ces mêmes Conférences la charge et le devoir de peser avec soin les circonstances particulières qui pourraient exister, à condition cependant d'écarter tout risque de manque de respect ou d'opinions fausses qui pourraient s'insinuer dans les esprits au sujet de la Très Sainte Eucharistie, et d'éviter soigneusement tous autres inconvénients."

 

Depuis une lettre de la Sacrée Congrégation du 6 juin 1969, en réponse à une demande de la Conférence épiscopale de France sur la permission de distribuer la Communion en déposant l'Hostie dans la main, le Saint-Siège, tout en rappelant l'instruction en date du 29 mai 1969 sur le maintien en vigueur de l'usage traditionnel de la communion "sur la langue", 

 

"accorde que, sur le territoire de Votre Conférence Épiscopale, chaque Évêque, selon sa prudence et sa conscience, puisse autoriser dans son diocèse l'introduction du nouveau rite pour distribuer la Communion, à condition que soient évités toute occasion de surprise de la part des fidèles et tout danger d'irrévérence envers l'Eucharistie.

 

Pour cela, on tiendra compte des normes suivantes :

1. La nouvelle manière de communier ne devra pas être imposée d'une manière qui exclurait l'usage traditionnel. Il importe notamment que chaque fidèle ait la possibilité de recevoir la Communion sur la langue, là où sera concédé légitimement le nouvel usage et lorsque viendront communier en même temps d'autres personnes qui recevront l'Hostie dans la main. En effet, les deux manières de communier peuvent coexister sans difficulté dans la même action liturgique. Cela, pour que personne ne trouve dans le nouveau rite une cause de trouble à sa propre sensibilité spirituelle envers l'Eucharistie et pour que ce Sacrement, de sa nature source et cause d'unité, ne devienne pas une occasion de désaccord entre les fidèles." (Fin de citation)

 

Les conférences épiscopales peuvent donc autoriser officiellement l’introduction de la communion dans la main à partir de 1969. Mais la Sacrée Congrégation pour le culte divin précise bien, dans la lettre du 6 juin 1969, que l’usage traditionnel est maintenu "en vigueur", et que "la nouvelle manière de communier ne devra pas être imposée d'une manière qui exclurait l'usage traditionnel", ... "les deux manières de communier" pouvant "coexister dans la même action liturgique".

 

Ainsi, nous arrivons presque à la fin du texte de Paul VI et on se demande si c’est bien dans ce document-là que Paul VI a introduit la réception dans la main ? Et voilà que, dans les dernières lignes, un indult est accordé, en totale incohérence avec tout le raisonnement qui précède. Tolérance restreinte, encadrée, assortie d’un contrôle strict etc. mais toutes ces précautions étaient évidemment illusoires. Ce qui est important, ce n’est pas le barrage qui est solide en tous points sauf un, c’est la brèche. On sait ce qui est advenu après cette instruction romaine de 1969... La norme est à présent si bien inversée que c’est la communion "sur la langue" qui est vue comme une bizarrerie à peine tolérée par les évêques de France et que c'est l'indult (la communion dans les mains) qui est devenu quasiment la norme.

 

Lire: La brèche par laquelle s'est introduite la "communion dans la main"

Il n’y a finalement pas si longtemps, lorsque se déclarait une épidémie, on allait prier dans les églises, on faisait dire des messes, on utilisait l’eau bénite...

Aujourd’hui, on fait tout le contraire : le coronavirus conduit à fermer les églises, à supprimer les messes et à vider les bénitiers.

On fera difficilement croire aux païens que les catholiques ont des comportements accordés à leur foi en un Dieu tout puissant.

 

SourcePro Liturgia, Actualité du vendredi 6 mars 2020

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7 mars 2020 6 07 /03 /mars /2020 09:23

Sainte Jeanne d'Arc a été canonisée par le pape Benoît XV le 16 mai 1920. Il y a bientôt cent ans. Sa fête religieuse est fixée au 30 mai, jour anniversaire de sa mort.

Source: https://www.famillechretienne.fr/eglise/vie-de-l-eglise/le-centenaire-de-la-canonisation-de-jeanne-d-arc-approche-270649

Source: https://www.famillechretienne.fr/eglise/vie-de-l-eglise/le-centenaire-de-la-canonisation-de-jeanne-d-arc-approche-270649

Les principales cérémonies du centenaire de la canonisation de Jeanne d’Arc par Benoît XV en 1920 se dérouleront à Domrémy le 10 mai, à Rouen le 17 mai, à Orléans lors des traditionnelles fêtes johanniques, du 26 avril au 17 mai, et à Soissons le 17 mai. Mais, ici et là, cet anniversaire est déjà marqué de diverses façons.

 

Après un colloque qui lui était consacré début janvier, l’aumônerie de l’École militaire organise le 7 mars un pèlerinage sur ses pas à Domrémy-la-Pucelle, son village natal, et Notre-Dame de Bermont où elle eut ses visions. Au passage, le diocèse aux Armées rappelle que le centenaire est aussi celui de l’institution d’une fête nationale en l’honneur de Jeanne d’Arc le deuxième dimanche de mai.

 

Dans le diocèse de Saint-Dié, où le centenaire a été officiellement ouvert le 1er novembre à Domrémy-la-Pucelle, se déroulent les « vendredis de Jeanne ». Une fois par mois, une conférence a pour but de « mettre en avant son influence dans notre culture », indique ce diocèse : architecture et édifices le 6 mars (à la faculté de droit d’Épinal), littérature le 3 avril (à Remiremont), peintures et toiles le 5 juin (à Domrémy), etc.

 

Dans le diocèse d’Orléans, plusieurs expositions sont organisées, notamment à la cathédrale Saint-Croix, du 25 avril au 18 mai. Dans cet édifice, un parcours historique et spirituel sera proposé aux visiteurs, de Pâques à la Toussaint.

 

Source: Famille chrétienne

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6 mars 2020 5 06 /03 /mars /2020 19:54
Distribution de la Communion en période d'épidémie : Réponse de la Congrégation pour le Culte divin (en 2009)

Lors de la grippe porcine de juin 2009, un catholique britannique avait demandé à la Congrégation pour le Culte divin quelles étaient les restrictions diocésaines contre la communion sur la langue en raison des inquiétudes liées à l'épidémie.

Dans sa réponse, la Congrégation avait alors réaffirmé que LES FIDELES ONT TOUJOURS LE DROIT de recevoir la sainte Communion sur la langue :

Distribution de la Communion en période d'épidémie : Réponse de la Congrégation pour le Culte divin (en 2009)
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4 mars 2020 3 04 /03 /mars /2020 10:15

Dans l'émission CNEWS Face à l'Info du 03/03/2020, Eric Zemmour était face à Jean-Louis Touraine, professeur de médecine, député "En marche" de Lyon, ex-député du PS, rapporteur de la "loi bio-éthique", pro-euthanasie, pro-PMA post-mortem, pour la FIV à trois parents. Son dernier livre en 2019 : "Donner la vie, choisir sa mort, Pour une bioéthique de liberté". Eric Zemmour a résumé le projet "progressiste" franc-maçonnique de Jean-Louis Touraine : "Un Dieu: l'argent, un maître: le lobby Lgbt". 

 

"Quand vous parlez de progressisme, pourquoi le fait de faire un enfant sans père serait un progrès ? Pourquoi le fait d'acheter des enfants à des femmes qui louent leur ventre serait un progrès ? Moi j'y vois une régression phénoménale. On revient à l'homme de cro-magnon qui ne savait pas que le père était le membre actif de la procréation et où l'on croyait que c'était le soleil qui engrossait les femmes. Pour moi, le progrès humain c'est le fait d'avoir inventer la famille et d'avoir mis un père qui n'était pas évident au départ parce qu'on ne savait pas que c'était le père qui engrossait la mère. C'est cela le progrès. Et vous, vous revenez en arrière.

"Les anarchistes disaient jadis 'ni Dieu ni maître'. Et vous, en regardant vos déclarations, j'en ai déduit que vous avez un Dieu: l'argent, un maître: le lobby Lgbt.

"[…] Moi je ne fais pas une famille, on est une famille ou on n'est pas une famille.

"C'est tout à fait le vocabulaire progressiste, (faire une famille), on fait nation, on fait société, on fait famille, et bien non. Ce projet est celui de déraciner les gens de leurs attachements originaires, la nation, la société, la famille. Il faut les arracher à ces enracinements. Vous avez un projet qui est tout à fait en conformité avec le progressisme franc-maçon auquel vous vous attachez, c'est-à-dire arracher les gens à leurs enracinements.

"Les études (que vous citez), je les ai lues comme vous, d'abord ce sont des études commandées et manipulées par le lobby Lgbt, donc qui n'ont aucune crédibilité scientifique.

 

"[...] (Sur l'euthanasie) Vous connaissez la fable de La Fontaine avec ce malheureux qui appelle la mort et qui, quand la mort arrive, trouve tous les prétextes pour ne pas mourir. Je pense que la nature humaine c'est plutôt cela et que votre 'geste d'amour' va vite devenir un geste de mort. Vous ouvrez la boîte de Pandore à toutes les manipulations, à tous les scandales, à tous les crimes, sous couvert de geste d'amour. Cela me choque beaucoup. [...] Et ce sentiment de toute-puissance est terrifiant. Parce que vous avez l'impression, et cela est en adéquation avec votre philosophie, que l'homme est un démiurge et que l'homme a tout pouvoir, sur sa vie, sur ses enfants, sur sa mort... J'ai un effroi. Et quand je vous écoute, je ne peux pas m'empêcher d'être effrayé. 'Science sans conscience n'est que ruine de l'âme' (disait Rabelais) : je trouve que c'est exactement ce que vous incarnez."

 

(Eric Zemmour face à Jean-Louis Touraine, CNEWS, Face à l'Info du 03/03/2020). 

Note du blog Christ Roi. On peut noter que l'homme "démiurge" qui "a tout pouvoir, sur sa vie, sur ses enfants, sur sa mort", est une réactualisation du droit romain où l'homme avait effectivement tout pouvoir sur sa femme... et sur ses enfants, lesquels il pouvait exposer aux bêtes fauves pour qu'ils meurent. Leur "progrès", c'est un retour à l'Âge de pierre. 

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 22:07
Coronavirus : "Seigneur, délivrez-nous de l'épidémie de nos lâchetés !" (Abbé Matthieu Raffray)

Trois réactions ce soir après la suppression hier, premier dimanche de Carême, de la messe dans nombre de paroisses :

 

Editoriaux - Religion - 2 mars 2020

Seigneur, délivrez-nous de l’épidémie de nos lâchetés ! Abbé Matthieu Raffray

 

Dans la frénésie actuelle, nos évêque français font du zèle : sans que personne ne leur demande rien, ils ferment leurs églises, suppriment les messes dominicales (au moins dans le diocèse de Beauvais), interdisent la communion sur les lèvres (quelle aubaine, depuis le temps !)… que chacun reste chez soi, il ne faudrait pas être accusé de collaboration avec le méchant virus.

 

Permettez-moi, comme théologien, comme prêtre, et avec beaucoup de catholiques, de regretter une telle pusillanimité, ou même une telle compromission. Quand on pense que le brave catholique qui n’aura pas pu assister à sa messe du dimanche chopera le satané virus au supermarché, dans un bus bondé ou dans la salle d’attente du médecin, on se dit qu’il aurait peut-être mieux valu qu’il puisse faire ses dévotions, demander pardon pour ses péchés, mettre un cierge à saint Roch, que sais-je, peut-être même recevoir la sainte communion ! Surtout si, par malheur, le virus devait l’emmener directement devant son Juge, aux portes de l’éternité…

 

On dira que je manque de prudence, de précaution, de sagesse épiscopale… Mais il me semble qu’à une autre époque, peut-être pas si lointaine et, en tout cas, beaucoup plus noble, l’évêque de Beauvais serait sorti de sa cathédrale en procession, portant lui-même les reliques du grand saint Éloi et accompagné du chapitre des chanoines au grand complet, d’une foule d’enfants de chœur et de tous les paroissiens réunis, en chantant des cantiques et des psaumes pénitentiels à travers la ville, revêtu d’une chape violette en signe de pénitence, pour demander à Dieu sa miséricorde et sa protection, pour implorer l’aide de la Vierge Marie et de tous les saints protecteurs de ce diocèse fondé au IIIe siècle… Alors, une foule se serait jointe spontanément à la procession et on l’aurait fait durer jusqu’à la nuit, par l’adoration du Saint-Sacrement dans la cathédrale, portes grandes ouvertes, au son du glas et à grand renfort d’encens. Les jeunes eux-mêmes seraient entrés dans l’église incrédules, en ricanant peut-être, et ils en seraient ressortis bouleversés, comprenant que lorsque c’est la vie qui est en jeu, alors on se doit de préparer son éternité, et qu’en ce domaine, les prêtres dont on se moque si souvent peuvent bien être, pour une fois, utiles à quelque chose…

 

On aurait alors instauré une prière spéciale, par décret spécial de Monseigneur l’évêque (avec son sceau aux armes épiscopales, et non avec un logo ridicule payé on ne sait combien à une officine parisienne), on aurait fait célébrer des messes « pro vitanda mortalitate vel tempore pestilentiae » par tous les prêtres de la région, on aurait fait prêcher sur la pénitence et sur les fins dernières, sur la nécessité de se convertir, c’est-à-dire de se tourner vers Dieu lorsque les choses nous échappent, comme c’est souvent (pour ne pas dire toujours) le cas, surtout face à une épidémie. On aurait fait un boulot d’hommes de Dieu, en somme, et non un travail de prudent pisse-copie provincial…

 

Abbé Matthieu Raffray

Prêtre, professeur de philosophie & de théologie

 

Source : https://www.bvoltaire.fr/seigneur-delivrez-nous-de-lepidemie-de-nos-lachetes/

 

Le vide laissé par la laïcité laissera-t-il la place au vide de nos églises ? C'est en substance ce que regrette Andrea Riccardi dans La Vie : 

 

Coronavirus : “Non, ne fermons pas nos églises !“ 

 

Publié le 01/03/2020 Andrea Riccardi dans « La Vie »

 

Non à la propagation de « l’épidémie de la peur » ! Alors que les autorités civiles exigent la suspension des messes dans certaines régions d’Italie et de France pour lutter contre le coronavirus Covid-19, Andrea Riccardi proteste. Fondateur de la communauté de Sant’Egidio mais aussi historien du christianisme, il rappelle que les catholiques n’ont jamais cessé de se rassembler, même pendant la peste de Milan et sous les bombes de la Seconde Guerre mondiale.

 

Les nombreuses églises fermées dans le nord de l’Italie, la suspension des messes, les obsèques célébrées en présence des seuls proches et d’autres mesures de ce genre m’ont laissé une certaine amertume. Je ne suis pas épidémiologiste, mais nous trouvons-nous vraiment face à des risques si grands qu’il faille renoncer à notre vie religieuse communautaire ?

La prudence est de mise, mais sans doute nous sommes-nous laissé prendre la main par le grand protagoniste de l’époque : la peur. Par ailleurs, commerces, supermarchés et bars sont en partie ouverts, tandis que bus et métros fonctionnent. Et à juste titre. Quant aux églises, elles ont été quasiment traitées à l’égal des théâtres et des cinémas, contraints à la fermeture. Elles peuvent rester ouvertes, mais sans prière commune.

Quel danger représentent les messes de semaine auxquelles participent une poignée de personnes, éparpillées sur les bancs dans des édifices de grande capacité ? Moins qu’un bar, que le métro ou le supermarché. Ce n’est qu’en Émilie que les messes de semaine ont été autorisées. Un signe fort de peur. Mais aussi l’expression de l’alignement de l’Église sur les institutions civiles.

Les églises ne sont pas seulement un « rassemblement » à risque, mais aussi un lieu de l’esprit : une ressource en des temps difficiles, qui suscite de l’espérance, qui console et qui rappelle qu’on ne se sauve pas seul. Je ne voudrais pas remonter à Charles Borromée, en 1576-77, l’époque de la peste à Milan (épidémie bien plus grave que le coronavirus et combattue alors à mains nues), mais en ce temps-là on visitait les malades, on priait avec le peuple et on faisait une procession pieds nus et en nombre pour la fin du fléau.

Assurément, la prière commune dans l’église nourrit l’espérance et la solidarité. On sait combien des motivations, fortes et spirituelles, aident à résister à la maladie : c’est l’expérience commune. Le sociologue américain Rodney Stark, écrivant au sujet de l’ascèse du christianisme dans les premiers siècles, note combien le comportement des chrétiens dans les épidémies était décisif : ceux-ci ne fuyaient pas comme les païens à l’extérieur des villes et ne s’en allaient pas comme les autres, mais, motivés par leur foi, se rendaient des visites et se soutenaient, priaient ensemble, ensevelissaient les morts. Si bien que leur taux de survie fut plus élevé que celui des païens en raison de l’assistance consciencieuse, pourtant sans médicaments, et en raison du lien communautaire et social.

Les temps changent, mais les récentes mesures sur le coronavirus semblent banaliser l’espace de l’Église, révélant la mentalité des gouvernants. Face à la « grande peur », seul parle le message de la politique, unique et incertaine protagoniste de ces jours. Le silence dans les églises (même si elles sont ouvertes) est un peu un vide dans la société : le fait de se retrouver librement ensemble dans la prière aurait constitué un tout autre message, même si la prudence et le contrôle de soi sont de mise. Médias sociaux, radio et télévision ne le remplacent pas.

 

Source: Andrea Riccardi, La Vie / Le Forum catholique

Après avoir rappelé l'exemple du pape saint Grégoire le Grand durant l'épidémie de peste à Rome en 590, on peut également évoquer l'épidémie de peste à Mexico en 1737 où Notre-Dame de Guadalupe joua un rôle de protection des Mexicains qui vinrent se réfugier sur la colline du Tepeyac, ce qui valut à la Vierge d'être reconnue comme patronne de Mexico la même année et de tout le Mexique en 1746. (François BRUNE, La Vierge du Mexique, ou le miracle le plus spectaculaire de Marie, Le Jardin des Livres, Référence, Paris 2008, pp. 111-112 et 138.)

 

On peut également rappeler une terrible épidémie de choléra qui fera plus de 20 000 morts à Paris en 1832. En juin 1832, les premières "médailles miraculeuses" réalisées par l’orfèvre Vachette étaient distribuées par les Filles de la Charité. Aussitôt guérisons, conversions, protections se multiplièrent. Ce fut un raz-de-marée. Le peuple de Paris appela la médaille de l’Immaculée la "médaille miraculeuse". (Chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse).

 

Enfin, dernière réaction, ce soir, et non des moindres, celle d'un évêque, Mgr Pascal ROLAND, évêque de Belley-Ars

 

Epidémie du coronavirus ou épidémie de peur ?

 

Plus que l’épidémie du coronavirus, nous devons craindre l’épidémie de la peur ! Pour ma part, je me refuse de céder à la panique collective et de m’assujettir au principe de précaution qui semble mouvoir les institutions civiles.

 

Je n’entends donc pas édicter de consignes particulières pour mon diocèse : les chrétiens vont-ils cesser de se rassembler pour prier ? Vont-ils renoncer à fréquenter et à secourir leurs semblables ? Hormis les mesures de prudence élémentaire que chacun prend spontanément pour ne pas contaminer les autres lorsqu’il est malade, il n’est pas opportun d’en rajouter.

 

Nous devrions plutôt nous souvenir que dans des situations bien plus graves, celles des grandes pestes, et alors que les moyens sanitaires n’étaient pas ceux d’aujourd’hui, les populations chrétiennes se sont illustrées par des démarches de prière collective, ainsi que par le secours aux malades, l’assistance aux mourants et la sépulture des défunts. Bref, les disciples du Christ ne se sont ni détournés de Dieu ni dérobés au semblable. Bien au contraire !

 

La panique collective à laquelle nous assistons aujourd’hui n’est-elle pas révélatrice de notre rapport faussé à la réalité de la mort ? Ne manifeste-elle pas les effets anxiogènes de la perte de Dieu ? Nous voulons nous cacher que nous sommes mortels et, nous étant fermés à la dimension spirituelle de notre être, nous perdons pied. Parce que nous disposons de techniques de plus en plus élaborées et plus performantes, nous prétendons tout maîtriser et nous occultons que nous ne sommes pas les maîtres de la vie !

 

Au passage, notons que l’occurrence de cette épidémie au moment des débats sur les lois de bioéthique nous rappelle fort heureusement notre fragilité humaine ! Et cette crise mondiale présente au moins l’avantage de nous rappeler que nous habitons une maison commune, que nous sommes tous vulnérables et interdépendants, et qu’il est plus urgent de coopérer que de fermer nos frontières !

 

Et puis nous semblons tous avoir perdu la tête ! En tous cas nous vivons dans le mensonge. Pourquoi focaliser soudainement notre attention sur le seul coronavirus ? Pourquoi nous cacher que chaque année, en France, la banale grippe saisonnière fait entre 2 à 6 millions de malades et provoque environ 8.000 décès ? Nous semblons avoir également évacué de notre mémoire collective le fait que l’alcool est responsable de 41.000 décès par an, tandis qu’on estime à 73.000 ceux qui sont attribués au tabac !

 

Loin de moi donc, l’idée de prescrire la fermeture des églises, la suppression de messes, l’abandon du geste de paix lors de l’Eucharistie, l’imposition de tel ou tel mode de communion réputé plus hygiénique (ceci dit, chacun pourra toujours faire comme il voudra !), car une église n’est pas un lieu à risque, mais un lieu de salut. C’est un espace où l’on accueille celui qui est la Vie, Jésus-Christ, et où par lui, avec lui et en lui, on apprend ensemble à être des vivants. Une église doit demeurer ce qu’elle est : un lieu d’espérance !

 

Faut-il se calfeutrer chez soi ? Faut-il dévaliser le supermarché du quartier et constituer des réserves afin de se préparer à tenir un siège ? Non ! Car un chrétien ne craint pas la mort. Il n’ignore pas qu’il est mortel, mais il sait en qui il a mis sa confiance. Il croit en Jésus qui lui affirme : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vite et croit en moi ne mourra jamais » (Jean 11, 25-26). Il se sait habité et animé par « l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts » (Romains 8, 11).

 

Et puis un chrétien ne s’appartient pas à lui-même, sa vie est donnée, car il suit Jésus, qui enseigne : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Evangile la sauvera » (Marc 8, 35). Il ne s’expose certes pas indûment, mais il ne cherche pas non plus à se préserver. A la suite de son Maître et Seigneur crucifié, il apprend à se donner généreusement au service de ses frères les plus fragiles, dans la perspective de la vie éternelle.

 

Alors, ne cédons pas à l’épidémie de la peur ! Ne soyons pas des morts-vivants ! Comme dirait le pape François : ne vous laissez pas voler votre espérance !

 

+ Pascal ROLAND

 

Les prochains rassemblements prévus dans le diocèse (haltes spirituelles le 10 mars à Ambérieu et le 14 à Oyonnax, Journée du Pardon le 28 mars...) sont donc maintenus.

 

Source: Mgr Pascal ROLAND, L'Église dans les Pays de l'Ain

 

 

*

Add. 23h20. Sur le site "Aleteia" :

 

Même son de cloche chez Mgr Bernard Ginoux, évêque de Montauban, pour qui « interdire les gens à communier directement sur la langue, alors qu’il n’y a aucune preuve que ce soit plus hygiénique dans la main, c’est absurde ». « Je me refuse à ce que des mesures soient appliquée à l’Église catholique, alors qu’elles ne sont pas appliquées à d’autres structures, comme les supermarchés et les cinémas », assure-t-il à Aleteia. Il a donc transmis les recommandations du ministère de l’Intérieur, sans donner la moindre consigne aux prêtres de son diocèse.

 

En Italie, des églises à nouveau ouvertes

En Italie, le patriarche de Venise, l’archevêque de Milan et celui de Turin avaient suspendu les messes dès le 25 février. Ce dimanche 1er mars, elles ont repris à Turin, où Mgr Nosiglia implore de « revenir à la normale », d’après des propos relayés par le quotidien La Stampa. Il regrette que les offices religieux puissent être considérés comme « superflus », et qu’ils et soient « non exemptés de mesures restrictives ». À Milan, la célèbre cathédrale a rouvert ses portes aux touristes ce lundi. Dès mercredi, l’église Saint-Louis des Français de Rome sera de nouveau accessible au public. Elle avait été fermée ce week-end après que l’un de ses prêtres rentré en France ait été testé positif.

 

Source: https://fr.aleteia.org/2020/03/02/coronavirus-les-fideles-partages-sur-les-mesures-a-adopter/

 

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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 15:40

... Le Saint-Sacrifice aboli ? (Daniel 8,11Matthieu 24,15)

 

Vendredi 28 février, Mgr Michel Dubost, Administrateur apostolique à Lyon, a recommandé de "ne pas être agent de la propagation du coronavirus (Covid-19)", appelle "les catholiques [...] à suivre scrupuleusement les consignes des autorités publiques" et demande "en ce qui concerne nos assemblées eucharistiques" "pour éviter tout risque de contamination" "que le « pain eucharistique » soit exclusivement donné dans les mains (et non dans la bouche) et qu’il n’y ait pas de communion des fidèles au sang du Christ. Ces mesures seront levées lorsque les risques de toute contamination auront disparu." 

Le même qui, arrivant dans le diocèse, s'étonnait, en s'en agaçant, du nombre de fidèles qui persistent à s'agenouiller. (Le Forum catholique)

 

L'archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, a adressé une message urgent aux prêtres et aux diacres de la capitale. Il leur demande d'appliquer dès aujourd'hui plusieurs mesures pour éviter la propagation du coronavirus. À savoir :

 

- proposer la communion uniquement dans les mains des fidèles et refuser dans la bouche,

- ne pas proposer de communion au calice pour les fidèles,

- demander aux concélébrants de communier par intinction,

- demander aux fidèles de ne pas échanger de poignée de main en signe de paix pendant les messes,

- vider les bénitiers présents dans l’église. 

 

Mgr Aupetit a révélé qu'un prêtre du diocèse de Paris, rentré mi-février d'Italie, a été contaminé par le virus. Ce prêtre résidait à Rome et a rejoint la France en traversant l'Italie en voiture. (Le Figaro / Le Forum catholique)

Les messes sont suspendues jusqu'à nouvel ordre dans l'Oise.

Refuser de donner l'hostie dans la bouche des communiants, «vider les bénitiers» : à Paris, Rennes, Lille, Lyon ou Marseille, les archevêques ont demandé aux prêtres de leurs paroisses de prendre des mesures contre la propagation du nouveau coronavirus.

Dans l'Oise, [...] la célébration des messes (entendue dans le simple sens de célébration de l'eucharistie) est suspendue jusqu'à nouvel ordre dans les 41 paroisses du département. (Le Figaro)

 

Source: https://www.lefigaro.fr/flash-actu/coronavirus-les-messes-sont-suspendues-jusqu-a-nouvel-ordre-dans-l-oise-20200301

 

La contamination ne se fait pas seulement par les mains mais aussi par les gouttelettes de salive émises durant l’action de parler, il faudrait donc aussi interdire aux fidèles de répondre au prêtre, de chanter, et de parler entre eux à la sortie de la messe !

La suite servile bien plus que scrupuleuse des consignes des autorités publiques semble bien davantage être la ligne de l'Église-qui-est-en-France, laquelle préconise des consignes irrationnelles. La communion dans la main contient en effet beaucoup plus de risques de contagion que la communion directement dans la bouche, la paume de mains et les doigts du fidèle étant beaucoup plus contaminées que la bouche elle-même. De sorte que si l'on voulait vraiment lutter efficacement contre la contagion, c'est la communion dans la main qu'il faudrait logiquement proscrire. 

La sécurité totale serait de supprimer les messes en raison du risque de contagion lors des rassemblements de foules. On ne peut s'empêcher de penser qu'il y a donc comme un petit côté idéologique dans le fait de rendre obligatoire la communion dans la main à cause de l’épidémie.

D'autant que à l'issue du conseil extraordinaire des ministres ce matin consacré au coronavirus, Olivier Véran, ministre de la Santé (et médecin) a été particulièrement clair : "la contamination se fait par les mains. Donc, dit-il : on ne se serre plus la main etc." (Le Forum catholique)

Source: https://www.europe1.fr/societe/coronavirus-stop-aux-poignees-de-mains-3952398

Source: https://www.europe1.fr/societe/coronavirus-stop-aux-poignees-de-mains-3952398

Dans un point presse vendredi, le ministre de la Santé Olivier Véran a recommandé de ne plus se serrer la main, en raison de la diffusion du coronavirus sur le territoire français. [...] Olivier Véran affirmait vendredi que "l'essentiel des contaminations se faisait par les mains". (Europe 1)

Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie à Astana (Kazakhstan), auteur d'un message sur la réception de la sainte communion en temps de pandémie, dénonce dans ces conditions, et assez logiquement, un "abus d’autorité" et un "manque de foi" :

 

"Personne ne peut nous contraindre à recevoir le Corps du Christ d'une manière qui comporte un risque de perte des fragments, et qui entraîne une diminution de la révérence, comme c’est le cas lorsqu’on reçoit la Communion dans la main. [...] La Communion dans la main n’est pas plus hygiénique que la Communion dans la bouche. En effet, elle peut être dangereuse sur le plan de la contagion. Du point de vue de l’hygiène, la main est porteuse d’une énorme quantité de bactéries. De nombreux agents pathogènes sont transmis par les mains. Que ce soit en serrant la main d’autres personnes ou en touchant fréquemment des objets, telles les poignées de porte ou les rampes et barres d’appui dans les transports en commun, les germes peuvent rapidement passer d’une main à une autre ; et les gens se portent alors souvent ces mains peu hygiéniques au nez et à la bouche. En outre, les germes peuvent parfois survivre pendant plusieurs jours à la surface des objets touchés. Selon une étude de 2006, publiée dans la revue “BMC Infectious Diseases”, les virus de la grippe et les virus similaires peuvent persister pendant quelques jours à la surface d’objets inanimés, comme par exemple les poignées de porte ou les rampes et les poignées dans les transports et les bâtiments publics. De nombreuses personnes qui viennent à l'église et reçoivent ensuite la sainte Communion dans leurs mains ont d’abord touché les poignées de porte ou les rampes et les barres d’appui dans les transports en commun ou dans d'autres bâtiments. Ainsi, des virus s’impriment sur la paume et les doigts de leurs mains. Puis, pendant la Sainte Messe, ils se touchent parfois le nez ou la bouche avec ces mains et ces doigts. Avec ces mains et ces doigts, ils touchent l’hostie consacrée, transférant ainsi le virus également sur l’hostie, et ils transporteront ainsi les virus par l’hostie dans leur bouche. La communion dans la bouche est certainement moins dangereuse et plus hygiénique que la communion dans la main. En effet, la paume et les doigts de la main, à défaut de lavage intense, contiennent indéniablement une accumulation de virus. L’interdiction de la Communion dans la bouche n’est pas fondée par rapport aux grands risques sanitaires de la Communion dans la main en temps de pandémie. Une telle interdiction constitue un abus d’autorité. De plus, il semble que certaines autorités ecclésiastiques utilisent la situation d’une épidémie comme prétexte. Il semble également que certaines d’entre elles éprouvent une sorte de joie cynique à propager de plus en plus le processus de banalisation et de désacralisation du très saint et divin Corps du Christ dans le sacrement eucharistique, exposant le Corps du Seigneur lui-même aux dangers réels de l’irrévérence (perte de fragments) et des sacrilèges (vol d’hosties consacrées).

"Il y a aussi le fait qu’au cours des 2000 ans d’histoire de l’Église, on ne connaît pas de cas avéré de contagion due à la réception de la Sainte Communion. 

"Dans l’Église byzantine, le prêtre donne même la Communion aux fidèles avec une cuillère, la même cuillère pour tous. Et ensuite, le prêtre ou le diacre boit le vin et l’eau avec lesquels il a purifié la cuillère, qui parfois avait même été touchée par la langue d’un fidèle lors de la réception de la sainte communion. De nombreux fidèles des Églises orientales sont scandalisés par le manque de foi qu'ils constatent chez des évêques et des prêtres de rite latin lorsque ceux-ci mettent en place l'interdiction de recevoir la Communion par la bouche, interdiction faite finalement par manque de foi dans le caractère sacré et divin du Corps et du Sang du Christ eucharistique.

"Si l’Église de notre temps ne s’efforce pas à nouveau avec le plus grand zèle d’accroître la foi, la révérence et les mesures de sécurité à l’égard du Corps du Christ, toutes les mesures de sécurité pour les êtres humains seront vaines.

"Si l’Église de nos jours ne se convertit pas et ne se tourne pas vers le Christ, en donnant la primauté à Jésus, et notamment à Jésus Eucharistique, Dieu montrera la vérité de Sa Parole qui dit : « Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain travaillent ceux qui la bâtissent ; Si le Seigneur ne garde pas la cité, en vain la sentinelle veille à ses portes » (Psaume 126, 1-2)." (Fin de citation) (Source: Pro Liturgia, actualité du 29 février 2020)

 

Rappelons qu'en 590, lorsque saint Grégoire le Grand (540–604), Pape et docteur de l'Église, fut élu pape, prenant le nom de Grégoire Ier, "l'Italie se trouvait dans une situation déplorable : la peste et la famine avaient exterminé les populations." (Yvan GOBRY, Dictionnaire des Papes, Pygmalion, Paris 2013, p. 187). Entre 589 et 590, une violente flambée de peste, les terribles lues inguinaria, après avoir dévasté le territoire byzantin à l'est et les terres franques à l'ouest, sema la mort et la terreur dans la péninsule et frappa la ville de Rome. Les citoyens romains virent cette épidémie comme un châtiment divin en réponse à la corruption qui régnait dans la ville. La première victime que fit la peste à Rome fut le Pape Pélage II, mort le 5 février 590 et enterré dans la crypte de la Basilique Saint-Pierre. Le clergé et le Sénat romain élurent Grégoire en tant que son successeur qui, après avoir été praefectus urbis [Préfet de Rome], vécut dans sa cellule monastique à Monte Celio. À l'occasion de cette épidémie de peste à Rome, le saint Pontife s'illustra par sa foi comme le rapporte Grégoire de Tours (538-594), contemporain de ces événements et qui en fut le chroniqueur. Dans un sermon mémorable prononcé dans l'église de Santa Sabina, il invita le peuple romain à suivre — contrit et pénitent — l'exemple des habitants de Ninive :

 

"Puis le Pape exhorta [tout le peuple] à lever les yeux vers Dieu, Qui permet de si terribles châtiments dans le but de corriger Ses enfants. Pour apaiser le courroux divin, le Pape ordonna une « litanie en sept Chœurs », c'est-à-dire une procession de toute la population romaine, divisée en sept cortèges, selon le sexe, l'âge et la condition. La procession se déplaça depuis les différentes églises romaines en direction de la basilique Saint-Pierre au Vatican, chantant des litanies en chemin. C'est l'origine de ce que l'on appelle aujourd'hui les grandes Litanies de l'Église, ou Rogations, que nous prions pour que Dieu nous protège contre les adversités. Les sept cortèges traversèrent les bâtiments de la Rome antique, pieds nus, à pas lent, la tête couverte de cendres. Tandis que la multitude traversait la ville, dans un silence sépulcral, la peste atteignit un tel point de fureur qu'en l'espace d'une heure, quatre-vingts personnes tombèrent mortes au sol. Cependant, Grégoire ne cessa pas une seconde d'exhorter le peuple à continuer de prier et insista pour que l'image de la Vierge peinte par saint Luc et conservée à Santa Maria Maggiore soit portée en tête de procession. (Gregorio di Tours, Historiae Francorum, liber X, 1, in Opera omnia, a cura di J.P. Migne, Parigi 1849 p. 528)"

(Source: LifeSiteNews / Le forum catholique )

 

Voici les réactions pour le moment dans le monde catholique traditionnel francophone :

 

La communion sur la langue ayant été interdite dans le diocèse d'Amsterdam, la paroisse de la Fraternité Saint Pierre suspend la distribution de la communion jusqu'à Pâques. (Le forum catholique)

Par mandement en date du samedi 29 février 2020, l’archevêque de Bordeaux interdit la distribution de la Très Sainte Eucharistie directement sur la langue, afin de contribuer à la lutte contre l’épidémie de coronavirus. En raison de l’attachement de la Fraternité Saint-Pierre à la forme extraordinaire du rit romain qui ne prévoit aucun autre mode de distribution de la Sainte Eucharistie, et dans l’obéissance à leurs supérieurs, les prêtres de Fraternité Saint-Pierre à Bordeaux ne distribueront donc plus la Très Sainte Eucharistie et ce jusqu’à nouvel ordre. (Le Forum catholique)

 

Un canoniste consulté a fait la réponse suivante :

 

"De mon point de vue, un évêque ne peut demander à personne de recevoir dans la main. Même dans la forme ordinaire, la prescription est la communion sur la langue, avec le droit d'approcher et de recevoir dans la main. La norme est la norme, et elle est fondée sur le droit des fidèles de choisir comment adorer Dieu à un moment de la messe profondément personnel et non communautaire. Mon opinion est basée sur la jurisprudence répétée du Saint-Siège confirmant le droit d'un catholique de recevoir la communion sur la langue tout en s'agenouillant lors d'une messe OF, même si son évêque a émis une loi particulière à l'effet contraire. Ces lois sont considérées de nature suggestive et nullement contraignantes."

 

Quel que soit le cas avec la forme ordinaire de la messe, il faut comprendre que les évêques n'ont aucun pouvoir de modifier les rubriques de la forme extraordinaire, qui est régie par les rubriques et les lois en vigueur en 1962.

 

Le document législatif pertinent, l'Instruction Universae Ecclesiae, détermine ce qui suit:

24. Les livres liturgiques de la forme extraordinaire seront utilisés tels qu’ils sont. Tous ceux qui désirent célébrer selon la forme extraordinaire du rite romain doivent connaître les rubriques prévues et les suivre fidèlement dans les célébrations.

28. De plus, en vertu de son caractère de loi spéciale, le Motu Proprio Summorum Pontificum déroge, dans son domaine propre, aux mesures législatives sur les rites sacrés prises depuis 1962 et incompatibles avec les rubriques des livres liturgiques en vigueur en 1962.

 

À la forme extraordinaire, les laïcs doivent recevoir la communion sur la langue; il n'y a aucun autre moyen envisagé ou autorisé par la loi. Pour qu'une nouvelle coutume soit établie ( quod Deus avertat ), un évêque ou une conférence épiscopale devrait demander un rescrit à la Congrégation pour la doctrine de la foi, tout comme les évêques de différents pays devaient demander à Rome un rescrit pour permettre la communion dans la main il y a des décennies. Et même si un évêque obtenait ce rescrit, il resterait au choix du profane, à qui l'on ne peut refuser le Saint-Sacrement à moins qu'il ne soit un pécheur public notoire. Un prêtre qui, de sa propre initiative, a dit aux gens qu'ils devaient recevoir dans la main violerait la loi et entraînerait le peuple à la violer. (New Liturgical Movement)

 

 

Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,35

Voici ce que nous pouvons dire sur ce blog cet après-midi.

Si la communion n'est pas une obligation, elle est nécessité pour notre vie spirituelle et notre croissance en tant qu'enfant de Dieu d'où émane la vie (Jean 6:35) et qui est le pain eucharistique. L'Eucharistie est notre nourriture spirituelle, elle est vitale pour nos âmes. Jésus est présent dans l'Eucharistie, c'est Lui qui donne la vie. Il ne peut pas apporter la maladie ! 

Et là, les évêques et les prêtres obéissants sont en train de nous dire que Jésus pourrait nous apporter la maladie, Lui qui guérissait les malades ! Et l'eau bénite également puisqu'il est demandé aux prêtres de vider l'eau des bénitiers ! 

 

Source: https://croire.la-croix.com/Definitions/Sacrements/Eucharistie/Jesus-present-dans-l-hostie

 

Lire : Comment expliquer que Jésus est présent dans l'hostie ?

 

Si la Communion reste autorisée mais obligatoirement dans la main, il nous semble moralement permis, voire nécessaire, de ne pas obéir à un tel ordre injustifié du fait de l'état actuel de la science (communiqués de presse du ministère de la santé quant à la propagation de la maladie essentiellement par les mains), et surtout injustifié théologiquement du fait que la communion dans la main expose le Corps du Christ à un risque sérieux de profanation.

D'autant que : 

- 91 [...] il n’est pas licite de refuser la sainte Communion à un fidèle, pour la simple raison, par exemple, qu’il désire recevoir l’Eucharistie à genoux ou debout.

- 92 - Tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche.

Instruction Redemptionis sacramentum § 91-92

La Fraternité Saint Pierre s'alignant déjà sur les consignes de leurs évêques, il s'agit de trouver des lieux de messes  dans la forme extraordinaire du rit romain (missel de 1962), en particulier dans la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X. Site : 

https://laportelatine.org/district/lieux/lieux.php

Add. 01/03/2020 20:12. Curieusement en ce jour où l'on nous annonce la quasi suppression de la messe dans nombre de diocèses, nous fêtons un anniversaire providentiel, qui donne à réfléchir sur le sens de l'eucharistie. En effet : 

 

"nous nous trouvons actuellement entre deux anniversaires importants : d’une part, il y a cinquante ans, la nouvelle messe était promulguée et, avec elle, les fidèles se sont vu imposer une nouvelle conception de la vie chrétienne, adaptée aux soi-disant exigences modernes. D’autre part, nous fêtons cette année le cinquantième anniversaire de la fondation de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Il va de soi que ces deux anniversaires ont une relation étroite, car le premier événement demandait une réaction proportionnée. C’est de cela que je voudrais vous entretenir afin d’en tirer quelques conclusions valables pour le présent, mais en faisant d’abord un retour en arrière, car ce conflit qui s’est manifesté il y a cinquante ans a, en réalité, déjà commencé pendant la vie publique de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

 

En effet, lorsque Notre-Seigneur annonça pour la première fois aux Apôtres et à la foule qui l’écoutait à Capharnaüm le grand don de la Messe et de l’Eucharistie, un an avant sa Passion, certains se séparèrent de lui, tandis que d’autres s’attachèrent à lui de façon plus radicale. Cela est paradoxal, mais c’est l’idée-même de l’Eucharistie qui a provoqué le premier « schisme » et, en même temps, a poussé les Apôtres à adhérer définitivement à la personne de Notre-Seigneur.

 

Voici comment saint Jean rapporte les paroles de Notre-Seigneur et la réaction de ses auditeurs : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui. De même que le Père vivant m’a envoyé, et que, moi aussi, je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi. Voici le Pain qui est descendu du ciel. Ce n’est pas comme la manne, que vos pères ont mangée, après quoi ils sont morts. Celui qui mange ce Pain vivra éternellement. Il dit ces choses en enseignant dans la synagogue, à Capharnaüm. Beaucoup de ses disciples, l’ayant entendu, dirent : “Cette parole est dure, et qui peut l’écouter ?” (…) Dès lors beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n’allaient plus avec lui. » (Jn 6, 57-61, 67).

 

Essayons de répondre à trois questions qui s’appellent l’une l’autre. Pourquoi les Juifs se scandalisèrent et que refusèrent-ils dès lors ? Que refuse à son tour le chrétien moderne ? Que devons-nous faire pour ne pas tomber, nous aussi, dans cette erreur si ancienne ?

 

* * *

 

L’Evangile nous dit que les Juifs se scandalisèrent, car ils ne pouvaient pas comprendre comment Notre-Seigneur pouvait leur donner à manger sa chair. Et Notre-Seigneur, devant cette difficulté, au lieu de leur donner des explications rationnellement plus accessibles, insiste davantage, en réaffirmant plusieurs fois la nécessité de manger sa chair et de boire son sang pour avoir la vie éternelle. En fait, ce qui manqua aux Juifs, c’était la disponibilité et la confiance à se laisser guider par Notre-Seigneur, malgré le miracle dont ils venaient d’être témoins (cf. Jn 6, 5-14). En un mot, il leur manquait la foi par laquelle le Père introduit les âmes dans le mystère du salut : « La volonté de mon Père qui m’a envoyé, c’est que quiconque voit le Fils, et croit en lui, ait la vie éternelle ; et moi-même je le ressusciterai au dernier jour » (Jn 6, 40). Ce faisant, les Juifs refusaient déjà ce qu’ils allaient refuser définitivement une année plus tard : ils rejetteraient le sacrifice de la Croix, dont la Messe est la continuation, et la Sainte Eucharistie, le fruit. Ils refusaient par avance l’économie de la Croix, qui devient incompréhensible sans un regard de foi. Pour eux, la Croix serait un scandale, tout comme les paroles de Notre-Seigneur annonçant la Sainte Eucharistie les scandalisaient. Il s’agit donc de deux manifestations d’un seul et même « scandale ». En effet, l’on ne peut aimer l’Eucharistie si l’on n’aime pas la Croix, et l’on ne peut aimer la Croix si l’on n’aime pas l’Eucharistie.

 

* * *

 

Et que refuse, de son côté, le chrétien moderne ? Il rejette également d’entrer lui-même dans l’économie de la Croix, c’est-à-dire d’être incorporé au sacrifice de Notre-Seigneur, qui se renouvelle sur l’autel. Cette perspective le scandalise de nouveau aujourd’hui. Il ne parvient pas à comprendre comment Dieu pourrait lui demander une telle chose, car il ne comprend plus comment Dieu le Père a pu demander à Notre-Seigneur de mourir sur la Croix. Par-là, sa conception de la vie chrétienne change irrémédiablement. Il n’accepte plus l’idée de compléter en lui-même ce qui manque aux souffrances du Christ (cf. Col. 1, 24). Ainsi, graduellement, l’esprit de la Croix est remplacé par celui du monde. Le désir profond de voir le triomphe de la Croix laisse la place à un vague désir de voir un monde meilleur, une terre plus vivable, le respect de l’écosystème, une humanité meilleure, mais sans plus savoir dans quel but et par quel moyen. Ainsi, du moment que cette nouvelle perspective propre au chrétien moderne n’a pas de sens et conduit à l’indifférence, l’Eglise tout entière, avec sa hiérarchie et ses fidèles, perd sa raison d’être, entre dans une crise profonde et cherche alors désespérément à se donner dans le monde une nouvelle mission, car elle a abandonné la sienne propre, celle qui ne cherche que le triomphe de la Croix par la Croix. Immanquablement, dans cette nouvelle conception de la vie chrétienne et de l’Eglise, le saint sacrifice de la Messe n’a plus sa place, car la Croix elle-même ne l’a plus. Par conséquent, la chair et le sang du Christ, que les hommes sont censés manger et boire pour avoir la vie éternelle, vont revêtir une nouvelle signification. La nouvelle messe n’est pas seulement un nouveau rite, mais c’est la dernière expression de l’infidélité à la Croix, telle que Notre-Seigneur l’avait prêchée aux Juifs et telle que les Apôtres l’avaient prêchée à l’Eglise naissante. Nous avons ici, à la fois, la clef d’interprétation des derniers cinquante ans d’histoire de l’Eglise et celle de la plupart des erreurs et des hérésies qui l’ont menacée pendant deux mille ans.

 

* * *

 

Mais alors, que devons-nous faire en 2020 pour garder l’esprit de la Croix et un amour inconditionnel envers l’Eucharistie ? Car, tôt ou tard, la même tentation qui poussa les Juifs à s’éloigner de Notre-Seigneur, va nous atteindre par d’autres biais et Notre-Seigneur nous interrogera comme il a interrogé les Apôtres : « Et vous, est-ce que vous voulez aussi vous en aller ? » (Jn 6, 68) Comment pouvons-nous être toujours prêts à répondre comme saint Pierre : « Seigneur, à qui irions-nous ? Vous avez les paroles de la vie éternelle. Et nous, nous avons cru et nous avons connu que Vous êtes le Christ, le Fils de Dieu. » (Jn 6, 69-70) ?

 

La réponse à cette question primordiale se trouve dans la vraie participation au sacrifice de la Messe et dans une vie vraiment eucharistique. La sainte Messe renouvelle nos âmes dans la mesure où nous entrons dans le mystère de la Croix, où nous le faisons nôtre, non seulement en assistant à un rite exprimant notre foi dans le Sacrifice, mais en entrant nous-mêmes dans ce Sacrifice, de telle manière qu’il devienne parfaitement nôtre, tout en restant parfaitement celui de Notre-Seigneur. Pour y parvenir, pour s’offrir soi-même avec Notre-Seigneur, il est d’abord nécessaire d’accepter sincèrement la Croix, avec toutes ses conséquences. Il s’agit de nous détacher de tout pour être vraiment en mesure de tout offrir avec et par Notre-Seigneur : notre ego, notre volonté, notre cœur, nos aspirations, nos ambitions, nos affections, en un mot ce que nous sommes et ce que nous avons, et même nos frustrations.

 

Avec ces prédispositions, lorsque le Fils s’offre au Père, nous sommes aussi dans le Fils, car la Croix nous unit à lui et fusionne notre volonté avec la sienne. De cette façon, nous sommes prêts pour être offerts au Père avec lui. Nous ne pouvons pas nous offrir véritablement au Père si nous ne sommes pas un seul être avec le Christ. C’est seulement grâce à cette union à la divine Victime que l’offrande de nous-mêmes acquiert une grande valeur. Or cela peut se réaliser uniquement pendant et par la sainte Messe.

 

Et c’est après ce don total de nous-mêmes, renouvelé à chaque Messe, que nous sommes capables de recevoir le Tout en échange : c’est la sainte Eucharistie, fruit du Sacrifice, dans lequel le Fils s’offre et dans lequel nous nous offrons avec lui."

 

 

 

(Don Davide Pagliarani, Supérieur général de la FSSPX, Lettre du Supérieur général aux amis et bienfaiteurs, n° 89, 29 FÉVRIER, 2020, le 1er mars 2020, premier dimanche de Carême. Source: FSSPX.news )

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16 février 2020 7 16 /02 /février /2020 13:55
Querida Amazonia: Résumé et analyse (Par Adam Rasmussen / Where Peter Is)

Source: Querida Amazonia: Résumé et analyse

PAR ADAM RASMUSSEN

Where Peter is, 14 février 2020

 

[Entre crochets, dans la traduction, nos commentaires en orange.]

 

La réponse officielle du pape sur le Synode en Amazonie a été publiée mercredi. Intitulée Querida Amazonia ("Amazonie bien-aimée"), elle est censée plutôt compléter que remplacer le document final du synode (dont vous pouvez lire l'analyse ici) (QA 2). Le pape recommande à tout le monde de lire ce document dans son intégralité, et il dit qu'il le "présente officiellement" (QA 3). De plus, François dit qu'il a choisi de ne pas répondre à tout dans le document (QA 2). Cela ne signifie pas que ces parties ont été rejetées ou jugées sans importance. Ces parties dépendent plutôt de leur propre autorité.

 

Chapitre 1: Justice sociale

 

Le premier chapitre déplore l'injustice sociale et l'exploitation dont a souffert l'Amazonie, à la fois la terre et - plus important encore - les peuples autochtones. Les puissants ont saisi les ressources de l'Amazonie comme si elles n'appartenaient pas aux autochtones, et ont tué et asservi ces personnes (QA 12). Le pape souligne que cette exploitation, vol et violence sont souvent légales et perpétrées avec la complicité des gouvernements locaux. Néanmoins, "elles devraient être appelées pour ce qu'elles sont: l'injustice et le crime" (QA 14).

 

[Qa 13 "Les pauvres restent toujours pauvres, et les riches deviennent toujours plus riches." (S. Paul VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 57 : AAS 59 (1967), p. 285.)]

 

Face à cela, les chrétiens devraient se sentir outragés, à l'imitation de Dieu:

 

"Nous devons ressentir l'indignation, comme Moïse l'a fait (cf. Ex 11, 8), comme Jésus l'a fait (cf. Mc 3, 5), comme Dieu le fait face à l'injustice (cf. Am 2, 4-8; 5: 7-12; Ps 106: 40)."

 

Les nombreuses citations bibliques ici sont révélatrices. Le pape réfute une erreur pernicieuse qui s'est développée au sein de l'Église: le quiétisme. C'est la conviction selon laquelle parce que le monde est plein de péchés, la personne spirituelle devrait chercher à s'en échapper par la paix et la foi intérieures. Plutôt que d'essayer d'affronter le péché et de corriger l'injustice, elle devrait plutôt se retirer dans la prière et la méditation, en se concentrant sur le Royaume de Dieu, où tout ira bien. Après tout, le péché est la condition humaine; rien ne peut être fait à ce sujet, sauf pour chercher votre propre salut et vous échapper. En fait, devenir bouleversé et indigné par la misère et l'exploitation humaines menacerait votre paix intérieure, indiquant une préoccupation déplacée, voire dangereuse pour les choses temporelles! Il est arrogant de penser que vous pouvez y faire quelque chose: seul Dieu peut éliminer le mal. Ceux qui prétendent faire du monde un meilleur endroit se considèrent comme des dieux, se vénérant au lieu de faire confiance au calendrier de Dieu pour éliminer le mal lors de la seconde venue du Christ. Les chrétiens devraient rester concentrés sur les choses éternelles et prier pour que la fin arrive. Lorsque les chrétiens se préoccupent de justice sociale, ils deviennent "mondains", "laïcs" et "politiques". Ils devraient plutôt porter leur attention sur le "salut des âmes", qui passe par la foi et les sacrements, et non par l'action politique.

 

Comme toutes les hérésies, le quiétisme prend une vérité et la souffle hors de proportion avec l'exclusion des autres vérités. Toutes les choses que les quiétistes apprécient, comme la prière, les sacrements, la méditation sur le Royaume de Dieu, sont bonnes et nécessaires. Mais elles n'excluent ni ne minimisent l'action sociale ou les œuvres de miséricorde. C'est plutôt l'inverse: elles sont le fondement de l'action sociale de la personne spirituelle, sans laquelle nous ne pouvons pas être sauvés (cf. Matt 7:21; 25: 31-46). La colère est une réponse naturelle à l'injustice et en tant que telle est une bonne chose (cf. St. Thomas d'Aquin, Summa Theologiae I-II, q. 46, a. 2). Comme le pape le mentionne, les gens de la Bible se mettent en colère lorsqu'ils sont témoins d'une grave injustice. Supprimer cet outrage est égoïste, en ce que vous mettez votre propre désir de contentement avant les besoins des affligés. Dieu nous a donné de la colère pour nous inciter à demander justice.

 

Le pape reconnaît la complicité historique de l'Église dans l'exploitation de l'Amazonie, car les missionnaires catholiques faisaient souvent partie du système d'exploitation, bien que certains aient essayé de protéger les indigènes (QA 18-19). François demande à l'Église de la région d'examiner la provenance des dons financiers, car ceux-ci ont souvent constitué de la corruption: tant que les puissants faisaient un don à l'Église, l'Église ignorait leurs crimes (QA 25).

 

Le chapitre conclut en disant que l'objectif principal à l'avenir est le dialogue avec les autochtones: "Et la grande question est: "Quelle est leur idée de 'bien vivre' pour eux-mêmes et pour ceux qui viendront après eux?"" (QA 27). Aucune proposition pour la région amazonienne ne peut être faite sans leur permission explicite (QA 26).

 

Chapitre 2: Culture

 

Dans le deuxième chapitre, le pape François déclare que les cultures particulières de la région amazonienne doivent être préservées et respectées. Il y a ici un motif théologique:

 

Dans chaque pays et ses caractéristiques, Dieu se manifeste et reflète quelque chose de sa beauté inépuisable. Chaque groupe distinct, puis, dans une synthèse vitale avec son environnement, développe sa propre forme de sagesse. Ceux d'entre nous qui observent cela de l'extérieur devraient éviter les généralisations injustes, les arguments simplistes et les conclusions tirées uniquement sur la base de nos propres mentalités et expériences. (QA 32)

 

Il y a deux modes de révélation ici. Premièrement, la création est le miroir de la beauté de Dieu. Lorsque nous examinons la beauté naturelle, nous voyons l'œuvre de Dieu (cf. Rm 1, 19-20). Regarder l'Amazonie et ne voir que les ressources à saisir et à vendre est gravement diabolique.

 

Deuxièmement, les cultures de l'Amazonie contiennent la sagesse divine. La référence du pape à la sagesse évoque l'ancienne théologie chrétienne des "semences du Verbe". Cela signifie que Dieu a révélé sa vérité ou sa Parole, non seulement dans les Écritures, mais partout dans le monde, au moins sous une forme fragmentaire. Ces révélations partielles préparent et trouvent leur accomplissement dans le Verbe incarné, Jésus-Christ. Ce n'est pas une compétition mais un achèvement. Cette idée profonde a d'abord été exprimée par l'apologiste du deuxième siècle, St. Justin Martyr:

 

"Il semble y avoir des graines de vérité parmi tous les êtres humains. (Première apologie 44 [tr. Roberts-Donaldson])

 

"Chaque [philosophe] parlait bien en proportion de la part qu'il avait du mot spermatique, en voyant ce qui s'y rapportait. [...] Tout ce qui a été dit à juste titre parmi tous les êtres humains est la propriété de nous chrétiens. Car à côté de Dieu, nous adorons et aimons la Parole, qui vient du Dieu non engendré et ineffable [...]. Car tous les écrivains ont été capables de voir les réalités de façon obscure à travers la semence du Verbe implanté qui était en eux." (Deuxième Apologie 13)

 

 

La Parole de Dieu est dans l'Ancien Testament appelée la Sagesse de Dieu (par exemple, Prov 8: 22-31). Alors que les Pères de l'Église se sont surtout penchés sur les écrits de Platon, parce qu'il était une lumière de leur propre culture, le principe est universel. Lorsque le pape dit que les peuples de l'Amazonie ont également la sagesse, il parle en accord avec la tradition chrétienne. Les Occidentaux qui trafiquent des stéréotypes désobligeants à propos des peuples amazoniens et méprisent leur sagesse comme "non civilisés" (cf. QA 29), pensant que leur propre culture est supérieure, ne parviennent pas à penser avec la tradition chrétienne et la théologie saine.

 

Une menace pour la préservation des cultures est "une vision consumériste des êtres humains, encouragée par les mécanismes de l'économie mondialisée d'aujourd'hui" (Laudato Si' 144; QA 33). C'est un thème commun du pape François: la mondialisation menace de réduire chaque culture et chaque être humain à rien d'autre qu'aux consommateurs, dont la seule valeur réside dans leur pouvoir d'achat. Ceux qui n'ont pas ce pouvoir sont jetables. Il appelle souvent cela "culture du déchet".

 

Il ne s'agit pas d'un rejet général de ce que les nationalistes appellent le "mondialisme". Le pape François, peu de temps avant le synode, a dénoncé les dangers du nationalisme et de l'isolationnisme, affirmant, par exemple, qu'"un pays doit être souverain, mais pas fermé." Ici, il cite Jean-Paul II: "Le défi, en somme, est d'assurer une mondialisation solidaire, une mondialisation sans marginalisation" (QA 15). Nous voulons que les personnes et les cultures travaillent ensemble sans effacer les identités individuelles et culturelles.

 

Il est bon que les nations et les cultures travaillent ensemble et partagent; ce n'est pas le danger:

 

"L’identité et le dialogue ne sont pas ennemis. La propre identité culturelle s’approfondit et s’enrichit dans le dialogue avec les différences, et le moyen authentique de la conserver n’est pas un isolement qui appauvrit." (QA 37)

 

Le nationalisme et l'isolationnisme prétendent offrir la préservation de la culture et de l'identité. Ce sont de bons objectifs, mais ils y parviennent en méprisant les autres cultures avec une supériorité qui se manifeste par la violence et le racisme. Ce que le pape François propose comme antidote au globalisme, c'est plutôt un dialogue interculturel dans lequel les cultures ne sont pas statiques mais sont enrichies par l'autre. Le "mélange" des cultures est une bonne chose et quelque chose qui ne peut en aucun cas être empêché. Il s'agit de construire des ponts, pas des murs , un autre thème de sa papauté.

 

Chapitre 3: Écologie

 

Le troisième chapitre s'inspire largement de la lettre encyclique de François Laudato Si' de 2015. Le point principal, qui vient à l'origine du pape Benoît XVI (le "pape vert"), est que l'écologie naturelle doit être intégralement unie à l'écologie humaine et sociale (QA 41). Il ne suffit pas seulement de prendre soin de la nature; cette tâche est inextricablement liée à la prise en charge des êtres humains pour qui la terre a été faite pour être notre maison commune (QA 42). Donc:

 

"Abuser de la nature c'est abuser des ancêtres, des frères et sœurs, de la création et du Créateur, en hypothéquant l'avenir."(QA 42)

 

Le pape François prend une note libératrice quand il compare le cri des pauvres et de la terre elle-même (les deux cris sont unis) au cri des Israélites en Égypte, qui a incité Dieu à se souvenir de son alliance (Exode 2: 23-25; 3: 7; QA 52).

 

Un fondement biblique pour prendre soin de la terre est la parole de Jésus selon laquelle Dieu se souvient même des moineaux (Luc 12: 6; QA 57). J'ajouterais à cela la préoccupation explicite de Dieu pour les animaux, énoncée dans Jonas 4:11. (Et, bien sûr, Genèse 1 et 2!)

 

Le Pape François dit que nous pouvons même "entrer en communion avec la forêt" et ainsi offrir une prière de louange et de chant au Créateur de tous (QA 56)! Cela remonte au célèbre Cantique du Soleil de Saint François d'Assise, dans lequel Dieu est loué ("Laudato si") à travers la nature. Notez bien qu'il n'y a rien ici comme adoration de la nature ou idolâtrie. Nous n'adorons pas plus la forêt ou la rivière que saint François n'adorait le soleil et la lune; nous adorons Dieu en vantant et en contemplant toutes ses merveilleuses créations, dont le fleuve Amazone et la forêt en sont les meilleurs exemples!

 

Dans ce chapitre, le Saint-Père réitère le danger du consumérisme, qui ne voit la nature que comme quelque chose à utiliser plutôt que la création de Dieu et un instrument de louange (QA 58-59).

 

Chapitre 4: Mission et évangélisation

 

Le quatrième chapitre concerne l'Église elle-même et ce qu'elle doit faire pour évangéliser et prospérer dans la région amazonienne. C'est là que se trouvent les problèmes brûlants qui ont été tellement examinés par les médias catholiques et laïques.

 

Proclamation

Le Pontife romain définit d'abord quelle est la mission fondamentale de l'Église: proclamer le kérygme (Grec pour proclamation), qui est que Dieu "aime infiniment chaque être humain, qui a manifesté pleinement cet amour dans le Christ crucifié pour nous et ressuscité dans nos vies" (QA 64). Les chrétiens doivent revenir sur cette fondation encore et encore et ne jamais la perdre de vue (QA 65). Comme le pape a mis en garde contre l'indifférence à l'égard de la souffrance (quiétisme), il met maintenant en garde contre l'erreur inverse: réduire le christianisme à un "message social" ou à un "code moral" et réduire l'Église à "une ONG de plus" (QA 63- 64). C'est quelque chose qu'il a déjà dit. Comme d’habitude, le catholicisme est à la fois/et, pas l'un ou l'autre. Nous devons à la fois lutter pour la justice sociale et le changement politique - atténuer la misère humaine et protéger la terre - et proclamer le salut au nom de Jésus le Sauveur. Ceux-ci ne sont pas opposés. C'est précisément notre foi en Jésus-Christ qui nous motive, chrétiens, à prendre soin des pauvres, des étrangers, des orphelins et des veuves - en un mot, des marginalisés. En eux, nous trouvons Jésus lui-même (Mt 25, 37-40). Si nous ne le trouvons pas là, nous ne le trouverons pas non plus dans le Pain et le Vin.

 

Inculturation

Pour que l'évangélisation réussisse, dit le pape, l'Évangile doit être inculturé. Il doit s'adapter et s'intégrer dans les formes, les schémas de pensée et les coutumes de chaque culture (QA 66-67). Dans l'Église primitive, cela a été si réussi dans la culture gréco-romaine que de nombreux termes philosophiques grecs ont fait leur chemin dans le vocabulaire du dogme chrétien (par exemple, prosopon, ousia, hypostase). En fait, il a presque réussi, car il peut être difficile de séparer l'essence de la religion de formes gréco-romaines et médiévales particulières. C'est un danger constant pour les missionnaires, qui finissent par essayer d'imposer la culture occidentale plutôt que de proposer l'Évangile (QA 69). François cite Jean-Paul II disant que "l'inculturation engage l'Église dans un voyage difficile mais nécessaire" (Discours du 17/01/87).

 

L'inculturation est une voie à double sens de dialogue interculturel (QA 68-69). Non seulement une culture reçoit l'Évangile, mais l'Église apprend alors de cette culture: "L'Église elle-même vit un chemin de réception qui l'enrichit de ce que l'Esprit a déjà semé mystérieusement dans cette culture" (QA 68). Cela renvoie à cette sagesse culturelle que Justin Martyr appelait les "graines de vérité". L'Église découvre ce que Dieu avait déjà révélé à cette culture et intègre cette sagesse dans sa propre compréhension de la révélation. François cite encore JP II: "Le Saint-Esprit orne l'Église, lui montrant de nouveaux aspects de la révélation et lui donnant un nouveau visage" (Vita Consecrata 116). Cette compréhension de l'œuvre missionnaire en tant qu'échange interculturel la libère du fléau du colonialisme. François cite un document de conférence épiscopale (comme c'est son habitude) qui énumère certaines des choses que l'Église peut apprendre et embrasser de la culture amazonienne:

 

"l’ouverture à l’action de Dieu, le sens de la reconnaissance pour les fruits de la terre, le caractère sacré de la vie humaine et la valorisation de la famille, le sens de la solidarité et la coresponsabilité dans le travail commun, l’importance du cultuel, la croyance en une vie au-delà de la vie terrestre, et beaucoup d’autres valeurs." (QA 70)

 

Le pape François fait également allusion à la controverse "Pachamama". (Les catholiques conservateurs prétendaient qu'une statuette d'une femme enceinte au synode était une idole de la déesse Pachamama.) Comme beaucoup d'entre nous à l'époque, le pontife défend la pratique catholique traditionnelle d'incorporer des éléments religieux indigènes:

 

"Ne décrivons pas rapidement comme superstition ou paganisme certaines pratiques religieuses qui naissent spontanément de la vie des peuples. […] Il est possible de reprendre un symbole indigène d'une certaine manière, sans nécessairement le considérer comme de l'idolâtrie. Un mythe chargé de sens spirituel peut être utilisé à son avantage et n'est pas toujours considéré comme une erreur païenne. Certaines fêtes religieuses ont un sens sacré et sont des occasions de rassemblement et de fraternité, bien qu'elles aient besoin d'un processus graduel de purification ou de maturation. (QA 78-79, emphases ajoutées)

 

Un exemple précoce de cela dans l'histoire de l'Église est lorsque saint Grégoire le Grand a conseillé que les temples et festivals païens en Angleterre, plutôt que d'être détruits, soient absorbés et transposés dans le christianisme, même s'il a fallu du temps pour purifier complètement les anciennes manières (Bede, History of the English Church and People, 86-87, cité dans l'excellent article de Henry Karlson, "Christian Missions, Inculturation and the Amazon Synod"). Le pape François a dit à l'époque que l'affichage de la figure de "Pachamama" n'avait aucune "intention idolâtre". Étant donné tout ce que l'Église enseigne sur la protection de la nature et sa révérence à l'égard de la Vierge Marie en tant que Mère universelle, l'adoption de "Pachamama" est un exemple classique de "prendre [un] symbole autochtone".

 

Ensuite, François écrit sur la nécessité d'inculturer la liturgie et les sacrements eux-mêmes (QA 81-84). Il est dans la nature des sacrements, étant des moyens matériels de grâce surnaturelle, de nous inculquer une appréciation du monde matériel (QA 81). Il cite son encyclique Laudato Si' selon laquelle les sacrements encouragent l'intendance environnementale et réfutent toute tentation de "fuir le monde" (quiétisme encore!) (QA 82). Sans entrer dans des propositions spécifiques, il rappelle que Vatican II a appelé à l'inculturation de la liturgie (Sacrosanctum Concilium 37-40, 65, 77, 81). Cela signifie plus que simplement traduire le latin (et encore moins d'une manière servilement littérale). François déplore que "plus de cinquante ans se sont écoulés et nous avons fait peu de progrès dans ce sens" (QA 82). Si l'Église va grandir en Amazonie, elle aura besoin d'une vie liturgique pleinement inculturée.

 

Clergé et laïcs

Nous arrivons enfin à la question qui est devenue si importante dans les médias qu'elle a menacé d'engloutir le synode: autoriser ou non les diacres mariés à être ordonnés prêtres dans les régions reculées. Le synode a demandé cela dans le document final:

 

"Nous proposons que des critères et des dispositions soient établis par l'autorité compétente, dans le cadre de Lumen Gentium 26, pour ordonner comme prêtres des hommes de la communauté convenables et respectés avec une famille légitimement constituée et stable, qui ont eu un diaconat permanent fructueux et reçoivent une formation adéquate pour le sacerdoce, afin de soutenir la vie de la communauté chrétienne à travers la prédication de la Parole et la célébration des sacrements dans les régions les plus reculées de la région amazonienne." (111)

 

Le pape François a choisi de ne pas répondre directement à cette proposition dans ce document. Au lieu de cela, il appelle à une augmentation du nombre de diacres et à ce qu'ils, avec les religieuses et les laïcs, "assument régulièrement des responsabilités importantes pour la croissance des communautés" (QA 92). Il dit que le besoin de plus de prêtres doit être considéré dans le contexte plus large d'un besoin de renouvellement de la vie spirituelle de l'ensemble des communautés avec des ministres laïcs (QA 93).

 

Beaucoup ont déjà mal interprété sa décision de ne pas répondre comme l'équivalent d'une réponse négative. C'est une erreur parce que le pape François a ouvert son document en disant que le document final reste valable en soi, que son exhortation ne le remplace pas et qu'il "présente officiellement" le document final. Par conséquent, la proposition du synode d'ordonner des diacres mariés comme prêtres reste ouverte. Le cas a été confirmé explicitement par le cardinal Michael Czerny lors de la conférence de presse présentant l'exhortation.

 

Je pense que François a refusé de décider pour le moment comme un moyen de lutter contre le récit selon lequel ce synode était entièrement consacré aux prêtres mariés. (Ce n'est pas seulement la faute des médias, car les opposants de François dans l'Église ont toujours affirmé que tout le synode n'était qu'un subterfuge pour abolir la loi du célibat sacerdotal.) Le pape a déjà dit à certains évêques américains qu'il était frustré par le réaction des médias à son exhortation à se focaliser sur la question du célibat. Les synodes familiaux ont été également submergés par la discussion de savoir si certains catholiques remariés seraient autorisés à recevoir à nouveau la communion. Apparemment pour lutter contre cela, le pape a relégué la décision de l'autoriser "dans certains cas" à une note de bas de page. Mais plutôt que de se concentrer sur d'autres questions, cela a provoqué l'indignation des catholiques conservateurs qui pensaient qu'il essayait de faire des changements en catimini. Cette fois, il a séparé la question des prêtres mariés, qui n'a jamais été au centre du synode, des préoccupations plus larges de la région amazonienne. François estime que les préoccupations plus générales - injustice et exploitation sociales, effacement des identités autochtones et destruction de l'environnement - sont plus urgentes. La question des prêtres mariés est devenue une distraction (tout comme l'affaire "Pachamama"), tout comme la question des catholiques divorcés distrait du problème plus large du ministère de l'Église auprès des familles.

 

Femmes diacres

Enfin, de nombreux évêques du synode amazonien ont proposé d'ordonner des femmes diacres: "Dans un grand nombre de ces consultations, le diaconat permanent des femmes a été demandé" (Document final 103). Ils ont jugé cela possible parce que

 

1) Les femmes diacres sont mentionnées dans le Nouveau Testament (Rom 16: 1-2; 1 Tim 3: 8-11).

2) Il y avait un bureau de diaconesse dans l'Église primitive, avec un rituel d'ordination par l'évêque (par exemple, Constitutions apostoliques 8, 19-20).

3) Les décisions du magistère romain contre l'ordination des femmes au XXe siècle (Inter Insigniores et Ordinatio Sacerdotalis) ne concernent que l'ordination sacerdotale, tandis que les diacres sont ordonnés au service, pas la prêtrise.

 

Un examen attentif du libellé exact utilisé par François dans cette section (QA 99-103) révèle qu'ici aussi, il n'a pas répondu directement et explicitement à la demande. Comme pour la proposition de prêtres mariés, elle est toujours techniquement "sur la table". Je ne joue pas avec les mots; le pape a déjà rouvert la commission théologique sur les femmes diacres pour une étude plus approfondie. S'il avait déjà réglé le problème magistralement, il ne l'aurait pas fait. Du point de vue d'une doctrine définie, les femmes diacres restent une question ouverte.

 

Cela étant dit, cependant, François s'oppose clairement à l'ordination des femmes et le dit. Cela a déjà causé à certains catholiques de la déception, de la douleur et de la colère. Selon François, ordonner des femmes équivaudrait à les "cléricaliser" et constituerait une réponse étroite aux problèmes actuels (QA 100). Cela ne devrait pas être trop surprenant à entendre, car il a prévu son opinion sur cette question juste après la fin du synode.

 

François est sensible à la critique selon laquelle l'exclusion des femmes du ministère ordonné garde le pouvoir dans l'Église entre les mains des hommes; que c'est sexiste. Il a deux réponses: premièrement, que le sacerdoce n'est pas principalement un exercice de pouvoir. Il ne nie pas que les prêtres exercent un pouvoir hiérarchique, mais il insiste pour que ce pouvoir soit compris comme le pouvoir de sanctifier (QA 87), principalement en célébrant l'Eucharistie et la confession (QA 88). Ce sont les seuls aspects du ministère sacerdotal qui ne peuvent pas être délégués aux laïcs. En revanche, les femmes ont beaucoup contribué à l'Église d'Amazonie, notamment en baptisant (en l'absence de prêtres), en catéchisant, en priant et en agissant comme missionnaires (QA 99). Il appelle ces rôles "le genre de pouvoir qui est typiquement le leur" (QA 101, je souligne). Ces rôles ne devraient pas être informels ou ad hoc, mais commandés publiquement par l'évêque en tant que ministères laïques stables (QA 103). Grâce à ces ministères officiels, les femmes "auraient un impact réel et efficace sur l'organisation, les décisions les plus importantes et l'orientation des communautés" (AQ 103, je souligne). "Une Église aux caractéristiques amazoniennes nécessite la présence stable de dirigeants matures et laïcs dotés d'autorité" (QA 94, italiques ajoutés). En donnant aux ministres laïcs un véritable pouvoir de décision et en définissant le pouvoir de la prêtrise comme étant plus sacramentel qu'administratif, il envisage une Église dans laquelle le clergé n'est pas le seul à prendre des décisions. Au contraire, ils exerceraient leur pouvoir sacramentel aux côtés de nombreuses formes de ministère laïc qui exercent également un véritable pouvoir.

 

De l'aveu même de François, le cléricalisme est un énorme problème dans l'Église; il l'attaque constamment. Par conséquent, faire du rêve du pape ici une réalité me semble très éloigné. Aux États-Unis, les catholiques considèrent généralement le prêtre comme "le patron" de tout, même lorsqu'il y a des ministres laïcs et des conseils paroissiaux. Amener les catholiques et les prêtres eux-mêmes à repenser les ministères sacerdotaux et laïques de cette manière serait un changement radical. (Et cela signifierait probablement aussi réécrire des parties du droit canonique.) Cependant, en Amazonie, il y a peu de prêtres, donc cela pourrait arriver si les évêques le soutenaient activement. Le pape indique que c'est déjà de facto le cas dans une certaine mesure. Selon Austen Ivereigh : "Presque toutes les communautés catholiques de la région sont dirigées par des laïcs, dont 60% de femmes; seule une infime proportion a un clergé résident."

 

François estime que les réponses divergentes aux problèmes de l'Église (telles que ces débats sur les femmes diacres et les prêtres mariés) sont mieux résolues en "transcendant les deux approches et en trouvant d'autres voies meilleures, peut-être même pas encore imaginées" (QA 104). En d'autres termes, il ne veut pas qu'une partie gagne et que l'autre perde, mais que tout le problème soit transcendé de manière créative. Cela ne se fera pas du jour au lendemain et cela semble presque impossible dans notre société fortement polarisée. "Mais avec Dieu, tout est possible" (Matthieu 19:26). Le pape insiste sur le fait que chercher une réponse transcendante "cela ne veut assurément pas dire qu’il faille relativiser les problèmes, les fuir ou laisser les choses comme elles étaient. Les vraies solutions ne sont jamais atteintes en affaiblissant l’audace, en se soustrayant aux exigences concrètes ou en cherchant les culpabilités chez les autres." (QA 105). Il s'attend à être critiqué pour "laisser les choses rester telles qu'elles sont" et "se dérober" aux "exigences concrètes" du synode envers les femmes diacres et les prêtres mariés! Il attend une réponse plus élevée qui permettra aux deux côtés de l'Église de "s'intégrer à l'autre dans une nouvelle réalité" (QA 104).

 

Le chapitre conclut en disant que l'Église doit engager sa mission dans le contexte du dialogue interreligieux et œcuménique (QA 106-10). Nous, chrétiens, ne devons pas nous concentrer autant sur ce qui nous divise, mais sur ce qui nous unit (QA 108). Cela n'a rien à voir avec un affaiblissement de la doctrine ou un obscurcissement de notre propre identité catholique (QA 106). Comme il l'a déjà dit: le dialogue et l'identité ne sont pas des ennemis (QA 37)! Comme pour les autres documents papaux, l'exhortation se termine par une prière à Marie.

 

Dernières pensées

Le document est puissant. Il est regrettable que notre guerre culturelle sans fin, qui afflige même le Corps du Christ, ait réduit ce processus synodal et ses documents au débat vieux de 60 ans sur les prêtres mariés et l'ordination des femmes. Les questions soulevées dans les trois premiers chapitres sont des questions de vie ou de mort. Je ne veux pas minimiser l'importance des propositions des évêques pour la réforme du ministère, qui sont également graves pour l'Église, mais elles ne doivent pas éclipser tout le reste comme elles l'ont fait. Que le pape François a placé la section controversée comme le dernier chapitre dit quelque chose; il a fait de même avec Amoris Laetitia après les synodes familiaux. J'espère que les catholiques prendront le temps de lire ce document et, plus important encore, de donner suite à ses paroles sur la justice sociale, la préservation et le dialogue culturels et l'écologie.

 

Adam Rasmussen

 

Le Dr Rasmussen est chargé de cours au Département de théologie de l'Université de Georgetown. Il a un doctorat. en théologie et études religieuses de l'Université catholique d'Amérique, spécialisée en théologie historique et au début du christianisme. Ses recherches portent sur Saint-Basile, Origène et l'interface entre la théologie et la science dans leurs écrits.

 

Source : (Traduction) Querida Amazonia: Summary and Analysis, Adam Rasmussen, Where Peter Is, 14/02/2020

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 09:07

Le document de François "Querida Amazonia" porte un regard positif sur le rôle des laïcs dans la mission amazonienne de l'Église, et élargit leur domaine de  compétence vu comme une présence accrue et un rôle approfondi qui doit être étendu aux femmes.

Mais le cœur de la lettre du Pape est son appel à une plus grande inculturation. Le message de l'Église "doit constamment résonner en Amazonie", écrit François, "à travers l'écoute et le dialogue avec le peuple, les réalités et l'histoire des terres dans lesquelles elle se trouve".

Le document papal appelle ainsi à une estimation plus importante du "mysticisme indigène" vu comme "l'interconnexion et l'interdépendance de l'ensemble de la création", une "gratuité qui aime la vie comme un cadeau", un "émerveillement sacré devant la nature et toutes ses formes de vie."

"Le Concile Vatican II a appelé à cet effort pour inculturer la liturgie parmi les peuples autochtones; plus de cinquante ans se sont écoulés et nous avons encore beaucoup à faire dans ce sens."

"Les entreprises, nationales et internationales" "ne respectent pas le droit des peuples originels à la terre et à ses frontières, à l'autodétermination et au consentement préalable." Les actes d'irrespect envers la région "devraient être appelés pour ce qu'ils sont: l'injustice et le crime." Les gouvernements nationaux doivent faire preuve d'un "plus grand sens des responsabilités", car nombre d'entre eux sont largement responsables de la déforestation de la région.

La mondialisation ne peut pas risquer de devenir "une nouvelle version du colonialisme", avertit François.

Querida Amazonia : un appel pour une authentique inculturation

Cité du Vatican - Dans sa dernière exhortation apostolique, Querida Amazonia, le pape François appelle à une inculturation "authentique" en Amazonie, afin de permettre la création d'une Église qui porte véritablement les caractéristiques de la région et la culture de son peuple.

 

Dans le dernier document du Pape, publié le 12 février, François établit un "cadre bref" pour la présence de l'Église dans la région. En réfléchissant au synode qui eut lieu en octobre 2019, le pontife latino-américain exhorte l'Église à prendre au sérieux la réalité et "l'appel" de la région amazonienne et à ne pas recourir à une "nouvelle version du colonialisme".

 

"Nous, croyants, rencontrons dans la région amazonienne un lieu théologique", écrit le pape François, "un espace où Dieu lui-même se révèle et convoque ses fils et ses filles".

 

Au début de la lettre, François souligne qu'il ne "remplacera" ni "dupliquera" le document final du synode d'octobre 2019, mais "voudrait le présenter officiellement". Cela fait de Querida Amazonia le tout premier document papal reconnaissant l'enseignement autoritaire inhérent - c'est-à-dire la nature magistrale - au processus synodal.

 

Le document final du Synode sur l'Amazonie appelait l'Église dans la région à porter un "visage amazonien" et cherchait à revigorer son "option préférentielle pour les pauvres".

 

Le document proposait également d'autoriser l'ordination de diacres mariés - ce que l'on appelle les viri probati - un point qui fut adopté par la majorité des deux tiers des pères synodaux.

 

Malgré les attentes de beaucoup, Querida Amazonia ne traite pas de la question du célibat, même si le silence de François sur la question ne doit pas être considéré comme une réponse définitive - ou, du reste, une réponse du tout.

 

Cependant, le document fait des pas vers l'élargissement de la compétence des ministères laïcs dans la région. "Une église aux caractéristiques amazoniennes nécessite la présence stable de dirigeants matures et laïcs", écrit François, "dotés d'autorité et familiers avec les langues, les cultures, l'expérience spirituelle et le mode de vie communautaire dans les différents endroits".

 

Dans un langage qui rappelle les critiques du pape à l'égard du cléricalisme, il appelle "à faire confiance, et à permettre concrètement, la croissance d'une culture ecclésiale spécifique qui est distinctement laïque".

 

La présence accrue et le rôle approfondi des laïcs dans la mission amazonienne de l'Église doivent également être étendus aux femmes. François reconnaît la participation des femmes de la région, l'un des thèmes clés du Synode sur l'Amazonie: "Nous devons continuer à encourager ces cadeaux simples et directs qui ont permis aux femmes de la région amazonienne de jouer un rôle si actif dans la société."

 

François ajoute que cette présence des femmes nécessite "l'émergence d'autres formes de service et de charismes propres aux femmes" et écrit "qu'il convient de noter que ces services impliquent stabilité, reconnaissance publique et commission de l'évêque".

 

Cela implique une imposition des mains au nom des évêques de la région, l'envoi de femmes laïques pour servir davantage la région et l'église amazonienne d'une manière institutionnellement reconnue.

 

Cependant, le cœur de la lettre du Pape est son appel à une plus grande inculturation, qui a été longuement débattu par les pères synodaux en octobre 2019.

 

Le message de l'Église "doit constamment résonner en Amazonie", écrit François, "à travers l'écoute et le dialogue avec le peuple, les réalités et l'histoire des terres dans lesquelles elle se trouve".

 

"Pour que l'Église parvienne à une inculturation renouvelée de l'Évangile dans la région amazonienne", souligne encore le Pape, "elle doit écouter sa sagesse ancestrale, écouter à nouveau la voix de ses aînés, reconnaître les valeurs présentes dans la voie de la vie des communautés d'origine et retrouver les riches histoires de ses habitants."

 

Querida Amazonia place l'inculturation et le désir de l'Église au cœur de son rôle missionnaire dans la région. "L'inculturation élève et accomplit", dit le document, "nous devons estimer le mysticisme indigène qui voit l'interconnexion et l'interdépendance de l'ensemble de la création, le mysticisme de la gratuité qui aime la vie comme un cadeau, le mysticisme d'un émerveillement sacré devant la nature et toutes ses formes de vie."

 

Lors du Synode sur l'Amazonie, beaucoup de participants - et le document final lui-même - ont évoqué l'importance de puiser dans le sensus fidei, l'instinct de foi, déjà présent dans les traditions de la région. Dans le document final du synode, il était écrit que "nous devons donner une réponse authentiquement catholique à la demande des communautés amazoniennes, adapter la liturgie en valorisant sa vision du monde, ses traditions, ses symboles et ses rites originaux qui incluent des dimensions transcendantes, communautaires et écologiques".

 

La compréhension du sensus fidei avec lequel les pères synodaux travaillaient est basée sur le document du Concile Vatican II Lumen Gentium, qui le définit comme un "sentiment de foi surnaturel", qui doit ensuite être guidé par l'Église et ses ministres.

 

L'appel, porté par le Concile Vatican II, est repris par François dans Querida Amazonia lorsqu'il écrit: "Le Concile Vatican II a appelé à cet effort pour inculturer la liturgie parmi les peuples autochtones; plus de cinquante ans se sont écoulés et nous avons encore beaucoup à faire dans ce sens."

 

Mais la transformation pastorale que réclame François ne s'arrête pas seulement aux questions d'ecclésiologie. L'état de la région amazonienne nous appelle à avoir un "sain sentiment d'indignation" pour le tort qui lui est fait.

 

"Les entreprises, nationales et internationales", écrit François, "ne respectent pas le droit des peuples originels à la terre et à ses frontières, à l'autodétermination et au consentement préalable." Les actes d'irrespect envers la région "devraient être appelés pour ce qu'ils sont: l'injustice et le crime."

 

La responsabilité politique de ceux qui contrôlent la région - qui comprend neuf États d'Amérique latine, dont environ 60 % de la forêt tropicale humide se trouve à l'intérieur des frontières du Brésil - est également mise en avant dans Querida Amazonia.

 

Les gouvernements nationaux doivent faire preuve d'un "plus grand sens des responsabilités", car nombre d'entre eux sont largement responsables de la déforestation de la région.

 

Sous le président d'extrême droite du Brésil, Jair Bolsonaro, la déforestation a explosé en Amazonie, les critiques affirmant que ses politiques et sa rhétorique encouragent également les activités illégales dans la région.

 

En octobre 2019, Bolsonaro a accusé le Vatican, et le Synode sur l'Amazonie en particulier, de chercher à "internationaliser" la région, la soustrayant ainsi au "contrôle souverain" du Brésil. Bien que les fonctionnaires du Vatican aient nié à plusieurs reprises cette allégation, et qu'aucune preuve d'un tel plan n'ait jamais fait surface, les critiques et les personnalités proches de Bolsonaro au sommet de l'Église n'ont pas cédé.

 

Dans Querida Amazonia, François mentionne explicitement ce point : "La réponse ne se trouve donc pas dans "l'internationalisation" de la région amazonienne".

 

Mais François met également en garde contre une plus grande culture de la "corruption" qui entoure la région, et qui est la source de beaucoup de ses problèmes. "Les puissants ne se satisfont jamais des profits qu'ils font, et les ressources du pouvoir économique augmentent considérablement grâce aux progrès scientifiques et technologiques", écrit François. De plus, il prévient que la mondialisation ne peut pas risquer de devenir "une nouvelle version du colonialisme".

 

Ce qui émerge de Querida Amazonia est l'appel de François à proposer une approche pastorale de la région amazonienne qui supprime les simplifications et les comportements d'exploitation inhérents au "colonialisme" et, à la place, "apprendre à contempler la région amazonienne" afin de "l'aimer, pas simplement l'utiliser, avec pour résultat que l'amour peut éveiller un intérêt profond et sincère."

 

François cite ensuite Laudato Si, son encyclique de 2015 sur l'écologie, appelant l'Église à "ne pas regarder le monde de l'extérieur mais de l'intérieur, consciente des liens avec lesquels le Père nous a liés à tous les êtres".

 

C'est seulement ainsi que "nous pourrons nous sentir intimement partie prenante et non seulement la défendre ; alors la région amazonienne redeviendra comme une mère pour nous", poursuit François dans Querida Amazonia.

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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 09:00

Merci à Famille chrétienne du 3 février 2020 (n° 2195) pour cette merveilleuse nouvelle : l'édition du Missel français 2021 « à paraître en novembre prochain » réintroduit les mentions du missel rénové de 1969 (missel de Paul VI) selon lesquelles à certains moments le prêtre doit se tourner vers l’assemblée, et que donc la messe doit se célébrer ad orientem. Traduisez « tournés vers Dieu ». Célébrer la messe face au peuple est une simple permission :

Source: https://www.famillechretienne.fr/vie-chretienne/liturgie/ils-celebrent-la-messe-vers-l-orient-269032

Source: https://www.famillechretienne.fr/vie-chretienne/liturgie/ils-celebrent-la-messe-vers-l-orient-269032

Ces prêtres qui célèbrent en français tournés vers l'Orient

 

Joseph Ratzinger

• « La prière vers l’orient est de tradition depuis l’origine du christianisme, elle exprime la spécificité de la synthèse chrétienne, qui intègre cosmos et Histoire, passé et monde à venir dans la célébration du mystère du Salut. »

• « Dans la prière vers l’orient, nous exprimons donc notre fidélité au don reçu dans l’Incarnation et l’élan de notre marche vers le second avènement. »

 

Extraits de L’Esprit de la liturgie, Ad Solem, 2001.

 

Des prêtres diocésains disent parfois la messe en direction de l’est. Ils nous expliquent les raisons de ce choix.

 

lls ne sont pas « tradis », n’ont pas adopté la forme extraordinaire du rite romain, mais célèbrent pourtant de temps à autre la messe ad orientem. Traduisez « tournés vers Dieu ». D’aucuns disent « dos au peuple » 

 

« Je célèbre habituellement la messe face au peuple, mais j’ai toujours considéré que c’était naturel de célébrer vers l’orient », indique l’abbé Vincent de Mello, aumônier du patronage du Bon Conseil à Paris. « Je le fais systématiquement pour certaines messes : celle de l’aurore, à Noël, celle de l’Ascension, pour signifier que nous sommes tournés vers le Christ monté en gloire et que notre vocation est d’aller au Ciel, et lorsque c’est la fête d’un saint représenté sur la mosaïque placée derrière l’autel de la chapelle. » Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, déclare célébrer « assez régulièrement » la messe ad orientem dans les églises de son diocèse, selon l’emplacement de l’autel qui s’y trouve :

 

« À travers cette disposition, je signifie que le prêtre et la communauté sont dirigés dans la même direction qu’est le Christ. »

 

Tandis que, pour prier, les juifs et les musulmans se tournent vers un lieu spirituel (Jérusalem, La Mecque), les chrétiens ont pris l’habitude de se tourner vers l’orient, d’où, selon les Écritures, le Christ est venu sur Terre et d’où Il reviendra. « Comme l’éclair part de l’orient et brille jusqu’à l’occident, ainsi sera la venue du Fils de l’homme », nous dit saint Mathieu (24, 27).

 

Sur la base notamment d’une interprétation de la « participation active » des fidèles, souhaitée par Vatican II (Constitution sur la sainte liturgie Sacrosanctum Concilium, 1963), cette pratique de célébrer la messe vers l’orient a été très largement abandonnée dans l’Église catholique après le Concile.

 

Abandonnée, mais pas abolie, nuance l’abbé de Mello. « Après le concile, l’Église n’a pas absolutisé une manière de faire.

 

Célébrer face au peuple est une permission.

 

Dans le missel rénové de 1969, les rubriques précisent qu’à certains moments le prêtre doit se tourner vers l’assemblée, ce qui signifie que la messe doit être célébrée dos au peuple. Ce sont les éditions françaises successives du missel romain qui ont supprimé ces mentions, mais je constate qu’elles ont été réintroduites dans l’édition du missel à paraître en novembre prochain. »

 

Fondateur de la communauté Aïn Karem et auteur d’une Initiation à la liturgie romaine (Ad Solem), le Père Michel Gitton explique que la célébration ad orientem est très ancienne et que les premières églises étaient déjà orientées vers l’est. « Cela a été remis en cause dans les années 1930 par le Mouvement liturgique sur la base d’études sans doute incomplètes montrant que le prêtre était tourné vers le peuple dans les premiers temps de l’Église. Certains ont alors commencé à célébrer face au peuple. Le concile Vatican II n’a pas tranché cette question, mais cette nouvelle pratique s’est généralisée dans les années qui l’ont suivi, avant que l’on retrouve, notamment sous l’influence du cardinal Joseph Ratzinger, l’importance de la célébration versus dominum. »

 

En 2016, le cardinal Robert Sarah, préfet pour la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, a invité les prêtres à « retourner aussi vite que possible à une orientation [...] vers l’est ou du moins vers l’abside [...] dans toutes les parties du rite où l’on s’adresse au Seigneur ».

 

Source: Diakonos.be facebook / Famille Chrétienne

 

Note du blog Christ-Roi. En 1992, le Cardinal Ratzinger rédigea une préface pour le livre de Mgr Klaus Gamber «Tournés vers le Seigneur», dans laquelle il écrit :

 

« L'orientation de la prière commune aux prêtres et aux fidèles - dont la forme symbolique était généralement en direction de l'est, c'est-à-dire du soleil levant - était conçue comme un regard tourné vers le Seigneur, vers le soleil véritable. Il y a dans la liturgie une anticipation de son retour; prêtre et fidèles vont à sa rencontre. Cette orientation de la prière exprime le caractère théocentrique de la liturgie; elle obéit à la monition : Tournons-nous vers le Seigneur !»

 

 

L'édition du Missel français 2021 réintroduit les mentions du missel rénové (Paul VI) de 1969 selon lesquelles à certains moments le prêtre doit se tourner vers l’assemblée
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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 23:11

En raison des nombreux cas signalés de déshonneur envers l'Eucharistie qui ont été associés à la réception de l'Eucharistie dans les mains, il est temps de revenir à la méthode la plus respectueuse de recevoir l'Eucharistie, à savoir sur la langue.

Mgr Lwanga, archevêque catholique de Kampala

Il s'agit de Mgr Lwanga, et cela se passe en Ouganda!

 

''L'archevêque catholique de Kampala, Mgr Cyprian Kizito Lwanga, a ordonné qu'aucun catholique n'était autorisé à recevoir la Sainte Communion dans la main.

 

(…)

 

Les directives sont contenues dans un décret qu'il a publié ce samedi, le 1er février 2020, à la suite d'une réunion de haut niveau avec le clergé et les comités de direction des paroisses de la cathédrale de Rubaga à Kampala. (…)

 

Auparavant, les catholiques recevaient l'Eucharistie sur la paume de la main ou directement dans la bouche. Mais, en vertu du nouveau décret, le prêtre ne sera autorisé à distribuer la Sainte Eucharistie que dans la bouche. L'archevêque Lwanga a déclaré que la mesure est conforme aux normes liturgiques et canoniques de l'Église universelle en vertu du droit canonique.

 

''Désormais, il est interdit de distribuer ou de recevoir la Sainte Communion dans les mains. La Mère Église nous enjoint de célébrer la Très Sainte Eucharistie avec la plus grande révérence (Can. 898). En raison des nombreux cas signalés de déshonneur envers l'Eucharistie qui ont été associés à la réception de l'Eucharistie dans les mains, il est temps de revenir à la méthode la plus respectueuse de recevoir l'Eucharistie, à savoir sur la langue'', lit-on en partie dans la lettre du décret.

 

(…)

 

L'archevêque Lwanga met également en garde ceux qui cohabitent car ils ne peuvent pas recevoir la sainte communion.

 

«En suivant les normes claires du Can. 915, il faut réaffirmer que ceux qui vivent en cohabitation illicite et ceux qui persistent dans un péché grave et manifeste ne peuvent être admis à la sainte communion. De plus, afin d'éviter le scandale, l'Eucharistie ne doit pas être célébrée dans les foyers des personnes qui vivent dans une telle situation », lit-on en partie dans sa lettre.

 

Il a également été demandé aux prêtres d'éviter de permettre aux laïcs de distribuer la sainte communion pendant la messe.

 

«Selon la loi de l'Église, le ministre ordinaire de la Sainte Communion est l'évêque, le prêtre ou le diacre (Can. 910: 91). Compte tenu de cette norme, il est interdit à un membre des fidèles qui n'a pas été désigné comme ministre extraordinaire de la Communion (Can. 910§2) par l'autorité ecclésiastique compétente de distribuer la Sainte Communion. De plus, avant de distribuer la sainte communion, le ministre extraordinaire doit d'abord recevoir la sainte communion du ministre ordinaire (…).

 

Voici le texte (en anglais) du décret:

 

Source: ICI

En français : Le Forum catholique 

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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 08:51
Chrétiens, défendez votre nation contre le mal de l'avortement!

Traduction d'un article de Nishant Xavier pour OnePeterFive :

 

La Didache [document du christianisme primitif écrit vers la fin du I er siècle] déclare solennellement, comme le note le Père Frank Pavone pour Prêtres pour la vie :

 

"Enseignement du Seigneur aux païens par les douze apôtres. [...] Le deuxième précepte de la doctrine : "Ne tuera pas; tu ne commettras pas d'adultère" (Ex. 20, 13-14; Dt. 5,7-18); tu ne séduiras pas de jeunes garçons, tu ne commetras pas de fornication, "tu ne voleras pas" (Ex. 20,15; Dt. 5,19; cf. Mt. 19,8), tu ne t'abandonneras pas à la magie, tu ne feras pas mourir par le poison, tu ne tueras point d'enfants, pas d'avortement ou après la naissance. Car "il y a deux voies, l'une de la vie, l'autre de la mort; mais la différence est grande entre ces deux voies." [1]

 

C'est négliger le commandement divin souverain "Tu ne tueras pas" (Ex. 20,13), inscrit dans la loi donnée à Moïse, et plus tôt encore dans les préceptes de la loi naturelle confirmés à Noé: "Quiconque répandra le sang de l'homme, son sang sera versé, car l'homme a été fait à l'image de Dieu" (Gen. 9,6), qui a conduit au plus grand et au plus tragique holocauste génocidaire de notre temps, celui de près de près de 2 milliards d'enfants cruellement tués dans le monde. Ce pire et plus grand de tous les holocaustes en cours transperce si terriblement - comme avec 2 milliards d'épées - le cœur de Jésus et de Marie, que les croisés catholiques contre le mal doivent le combattre de toutes leurs forces. Toutes les personnes de bonne volonté qui respectent la loi naturelle sont appelées à leurs côtés.

 

Premier point : L'État a le devoir strict et certain de faire respecter la Loi naturelle de Dieu, connue même par la raison et la conscience, bien que confirmée par la Révélation divine.

 

Alexander Hamilton, fondateur de la Bank of New York, a dit à juste titre (cité dans Ellen Frankel Paul, Fred D. Miller, Jr., Jeffrey Paul, 2012, History, p. 114]:

 

Les hommes bons et sages, à tous les âges, ont supposé que la divinité, à partir des relations que nous entretenons avec elle-même et les uns avec les autres, a constitué une loi éternelle et immuable, qui est indispensable à toute l'humanité, avant toute institution humaine quelle qu'elle soit. C'est ce que l'on appelle la Loi de la Nature.

 

Étant coévaluée avec l'humanité et dictée par Dieu lui-même, elle est bien sûr supérieure en obligation à toute autre. Elle est obligatoire sur toute la planète, dans tous les pays et à tout moment. Aucune loi humaine n'est valable, si elle est contraire, et celles qui sont valables tirent toute leur autorité, de façon immédiate ou indirecte, de cette [Loi] originelle.

 

Dans son encyclique Libertas, Sa Sainteté le Pape Léon XIII nous apprend comment présenter cet argument, Sa Sainteté le reprenant lui-même en détail contre les erreurs libérales de l'époque :

 

"Telle est, à la tête de toutes, la loi naturelle qui est écrite et gravée dans le coeur de chaque homme, car elle est la raison même de l'homme, lui ordonnant de bien faire et lui interdisant de pécher. Mais cette prescription de la raison humaine ne saurait avoir force de loi, si elle n'était l'organe et l'interprète d'une raison plus haute à laquelle notre esprit et notre liberté doivent obéissance. Le rôle de la loi étant, en effet, d'imposer des devoirs et d'attribuer des droits, elle repose tout entière sur l'autorité, c'est-à-dire sur un pouvoir véritablement capable d'établir ces devoirs et de définir ces droits, capable aussi de sanctionner ses ordres par des peines et des récompenses; toutes choses qui ne pourraient évidemment exister dans l'homme, s'il se donnait à lui-même en législateur suprême la règle de ses propres actes. Il suit donc de là que la loi naturelle n'est autre chose que la loi éternelle, gravée chez les êtres doués de raison et les inclinant vers l'acte et la fin qui leur conviennent, et celle-ci n'est elle-même que la raison éternelle du Dieu créateur et modérateur du monde."

 

Un syllogisme : La raison et la conscience discernent une loi morale immuable dans nos cœurs. Cette loi ne pouvait provenir d'aucun pouvoir humain mutable. Elle doit donc provenir d'une source immuable, l'Être suprême, qui est ainsi également connu pour être la Bonté infinie et la Source de la loi morale que nous discernons sur notre conscience.

 

Deuxième point : la raison humaine et la Révélation divine confirment que tuer des enfants dans le ventre de leur mère est un acte des plus odieux, des plus méchants et des plus sanguinaires, que l'État est strictement tenu d'interdire et d'empêcher.

 

Un exemple de syllogisme pourrait être fait :

 

Majeur: Chaque être humain a des droits humains donnés par Dieu, dont le premier est le droit naturel à la vie, que chaque État est tenu de protéger (comme le dit aussi la Déclaration d'indépendance des États-Unis).

 

Mineur: Le nourrisson dans l'utérus est un être humain, biologiquement et génétiquement doté d'ADN humain, un être humain prénatal distinct, ayant 23 chromosomes de chacun de ses parents.

 

Conclusion: En conséquence, le nourrisson dans l'utérus a un droit naturel à la vie strictement donné par Dieu et que l'État est absolument tenu de protéger.

 

Corollaire: Un État est coupable d'une grave infraction à Dieu Tout-Puissant et à sa loi naturelle s'il manque de quelque façon que ce soit à cette obligation envers lui et ses enfants.

 

Comme le fait remarquer The Federalist :

 

"Le meurtre était une abomination. Le sang d'Abel, la première victime de meurtre enregistrée dans la Bible, a "crié" au Seigneur depuis le sol. La gravité d'une mort humaine n'était pas moins forte chez les disciples de Jésus, qui considèrent les écritures hébraïques comme la parole de Dieu. L'idée que toute vie humaine est précieuse s'est répandue à mesure que l'Évangile se répandait.

 

La croyance au caractère sacré de la vie a pris le pas sur la pratique communément acceptée de l'avortement. Comparez le mal de la croyance d'Aristote avec ce que Tertullien, un des premiers pères de l'Église primitive, a écrit dans "Apologia": "Dans notre cas, le meurtre étant interdit une fois pour toutes, nous ne pouvons pas même détruire le fœtus dans l'utérus. [...] Empêcher une naissance est simplement un moyen d'accélérer la mort de l'homme; peu importe que vous enleviez une vie qui naît ou que vous en détruisiez une qui est sur le point de naître. C'est un homme qui va en être un; vous avez déjà le fruit dans la graine.

 

Ce sont les principes judéo-chrétiens sur lesquels l'Amérique et la civilisation occidentale ont été fondées qui ont d'abord interdit, puis empêché pendant si longtemps et pendant tant de siècles le meurtre d'enfants."

 

Wikipedia le note à juste titre : L'anthropologue Laila Williamson note que "l'infanticide a été pratiqué sur tous les continents et par des gens de tous niveaux de complexité culturelle, des chasseurs-cueilleurs aux grandes civilisations, y compris nos propres ancêtres. Plutôt que d'être une exception, il a donc été la règle".[2]
 

"Les chrétiens ont explicitement rejeté l'infanticide. L'enseignement des apôtres ou Didache dit : "tu ne tueras pas un enfant par l'avortement, tu ne le tueras pas à la naissance". L'épître de Barnabé énonce un commandement identique, associant ainsi l'avortement et l'infanticide. Les apologistes Tertullien, Athénagoras, Minucius Felix, Justin Martyr et Lactantius soutenaient également qu'exposer un bébé à la mort était un acte malfaisant[3]. En 318 après J.-C., Constantin Ier considérait l'infanticide comme un crime, et en 374 après J.-C., Valentin Ier rendait obligatoire l'éducation de tous les enfants (exposer les bébés, en particulier les filles, était encore courant). Le Concile de Constantinople a déclaré que l'infanticide était un homicide, et en 589 après J.-C., le troisième Concile de Tolède a pris des mesures contre la coutume de tuer ses propres enfants."

 

Bon peuple chrétien d'Amérique, levez-vous pour sauver votre pays et tous les pays de ce mal.

Aujourd'hui, les catholiques et autres personnes de bonne volonté marcheront pour la vie en Amérique. Quel bel exemple! Le monde a besoin de millions de bonnes personnes de conscience, partout dans le monde, déterminées à mettre un terme au massacre criminel d'enfants partout dans le pays et à l'étranger. Nous ne devons jamais arrêter cette croisade spirituelle jusqu'à ce que chaque dernier enfant à naître soit protégé.

 

Nishant Xavier

***

Notes

 

[1] Traduction tirée de Les Pères apostoliques, Texte intégral, Sagesses chrétiennes, Les Éditions du Cerf, Paris 2012, pp. 45-47.

[2] Williamson, Laila (1978). "Infanticide: an anthropological analysis". In Kohl, Marvin (ed.). Infanticide and the Value of Life. NY: Prometheus Books. pp. 61–75.

[3] Justin Martyr, Première Apologie.

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