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24 décembre 2017 7 24 /12 /décembre /2017 13:25

La crèche de Noël du Vatican a été critiquée comme une "crèche des ténèbres" "offensante et blasphématoire" "sans fondement et inspiré par le Diable en personne" (sic). Cette crèche met en scène les oeuvres de miséricordes nécessaires pour faire son salut (un cadavre qu’on met au tombeau, un homme nu qu’il faut vêtir, un homme blessé qu’il faut soigner). D'aucuns ont cru voir dans l'homme nu l'influence du lobby LGBT ! Tout ce qui est excessif est insignifiant. L'on sait que dans la religion catholique, les oeuvres sont nécessaires pour faire son salut et cette crèche ne fait que rappeler cette vérité.

14 Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ?
[...] 17 Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. [...] 24 l’homme devient juste par les œuvres, et non seulement par la foi.

Jacques 2:14-24

Lorsque Saint François de Sales s'entretint avec le protestant Théodore de Bèze, il lui demanda: "Pouvez-vous ignorer la raison pour laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ, en l’évangile de saint Matthieu, enseignant à ses Apôtres ce qu’il voulait qu’ils crussent du dernier Jugement, ne fait point de mention des péchés commis, mais dit tant seulement qu’il condamnera les mauvais parce qu’ils n’auront pas fait les bonnes œuvres. Voici ces paroles : "Allez, maudits, au feu éternel, qui est préparé au diable et à ses anges ; car j’ai eu faim, et vous ne m’avez point donné à manger…" Et le reste... (Mt 25:42-43) ? Théodore de Bèze ne put rien répondre (Vie de saint François de Sales, d’après Mgr Francis Trochu, t. 1, p. 462 à 465.)

Même si à titre personnel je ne suis pas très fan de cette crèche de Noël (beaucoup préfèrent les crèches traditionnelles empruntes d'un mélange de simplicité et d'émerveillement enfantin), certains peuvent aimer l'accent réaliste de cette crèche et y trouver une raison de croire. Cependant, il s'y trouve des éléments critiquables comme la tête des anges exprimant un air effrayé. Dans cette expression, on peut songer aux gargouilles dans nos cathédrales qui n'étaient guère plus attirantes. On comprend que les démons puissent être effrayés, mais pourquoi les anges ? Il y a aussi le mage noir Balthazar amenant de l'or (signification de la royauté) mais qui semble vouloir repartir dans la direction opposée. Enfin, la Vierge Marie et Saint Joseph sont placés au milieu de la scène sans qu'on les puisse vraiment distinguer. On eut pu les faire dominer la scène ou les mettre à part de manière à mettre l'accent sur l'Incarnation, signification de Noël (Dieu avec nous).

 

Le site Pro Liturgia revient ce dimanche sur cette crèche en livrant l'analyse du Père Dwight Longenecker. Le problème avec ce genre de crèche est l'accent mis sur les oeuvres au détriment de la foi, au risque de tomber dans un néo-pélagianisme :

Crèche 2017 du Vatican : crèche pélagienne ?

Dimanche, 24 décembre 2017. Le problème de la crèche de la place Saint-Pierre du Vatican

Excellente analyse du Père Dwight Longenecker.

 

« Il n’est pas question pour moi me joindre au chœur des catholiques prudes qui ont, sur la crèche du Vatican, un jugement négatif. Les gens grommellent contre l’homme nu, vêtu par un acte de miséricorde. D’autres s’effraient du mort que l’on prépare pour l’enterrer parce que cela ressemble à une scène de film d’horreur.

Comme tant de choses dans l’Eglise catholique, nous avons déjà vu tout cela ! Les corps nus de la fresque de Michelange dans la chapelle Sixtine ne plaisaient pas au peuple. Et vous pouvez voir quantité de nudités partielles ou de scènes horribles dans beaucoup d’œuvres d’art catholiques : David qui tient la tête tranchée de Goliath ; Yaël qui cloue au sol, avec un piquet de tente, la tête de Sisera... Tout de même : l’image centrale de notre foi n’est-elle pas celle un homme nu torturé, exposé aux regards et cloué au gibet ?

Je ne m’offusque pas de la nudité ni du côté sordide. Je fais abstraction du fait que c’est du mauvais art - de fade et médiocre facture. Les personnages sont gauches et empruntés. Cela ressemble à une de ces scènes dans un musée de cire de troisième catégorie. Vous pourriez dire : « Allons ! C’est cela le catholicisme. Nous sommes habitués au kitsch ». D’accord, mais le Vatican pourrait faire mieux.

Il y a un autre problème encore : ils ont projeté, sur la scène de la Nativité, leur petite leçon habituelle. C’est typique de la conscience sociale de pacotille des années 70. Cela me rappelle les églises où on mettait du sable dans les bénitiers pendant le carême ou ces gens bien inspirés qui, pour Pâques, préparaient des montages avec des briques et du fil barbelé au lieu de fleurs, pour nous rappeler les prisonniers, ou encore ces dessins de Noël où Marie et Joseph sont représentés comme des hippies SDF.

Mais le véritable problème (que personne d’autre ne semble avoir perçu) n’est pas la nudité, le sordide ou l’art douteux - ni même le triste prêchi-prêcha. C’est la théologie.

Un des principaux problèmes dans l’Eglise d’aujourd’hui est ce que j’appelle le néo-pélagianisme.

Le pélagianisme est la conception selon laquelle on peut gagner son entrée au ciel par de bonnes œuvres. Le néo-pélagianisme est aussi appelé d’un autre nom : “l’évangile social”. Il réduit le message surnaturel chrétien à la formule : « Mettons-nous tous ensemble pour faire du monde un endroit meilleur, soyons gentils les uns pour les autres et donnons une chance à la paix ».

Certes, les œuvres de miséricorde corporelle sont importantes et, théologiquement, on peut dire qu’elles découlent naturellement de la nativité du Christ. Parce que le Christ a pris une forme corporelle, nous nous appliquons aux œuvres de miséricorde corporelle. Parce qu’il a pris un corps humain, nous prenons soin des corps humains autour de nous. Parce qu’il est entré dans ce monde fait de matière, la matière a de l’importance.

Je comprends tout cela ; mais une scène de la Nativité n’est pas un tableau des œuvres de miséricorde corporelle.

La Nativité du Vatican me dérange parce qu’elle donne la place centrale aux bonnes œuvres plutôt qu’à l’Incarnation. En fait, les bonnes œuvres dans la scène de la Nativité noient la Nativité elle-même, prennent le pas sur la Nativité et la relèguent au second plan.

Les bonnes œuvres sont littéralement à l’avant-plan. La Nativité du Christ, Fils de Dieu et fils de la Vierge Marie, est à l’arrière-plan.

La plus grande tentation dans le christianisme d’aujourd’hui est de rendre l’Eglise acceptable pour le monde en s’attachant aux bonnes œuvres plutôt qu’à l’Evangile de Jésus-Christ. Nous oublions tranquillement le message d’une humanité perdue et pécheresse, éloignée de Dieu et qui a besoin de rédemption. Nous lui substituons une religion d’entr’aide, une religion qui rend le monde meilleur. On pourrait penser que ce n’est qu’une question de marketing. Les gens pensent qu’il est plus attractif et facile de vendre une religion qui consiste à être gentil plutôt qu’une religion qui prêche la nécessité du repentir et de la foi.

C’est certes une partie du problème. Mais le véritable problème est encore plus grave.

Les hommes d’Eglise remplacent une religion de la grâce par une religion des œuvres, parce qu’ils ne croient plus que la rédemption et le salut soient nécessaires. Et ils ne croient plus que le repentir, la rédemption et le salut soient nécessaires parce qu’ils sont universalistes. Ils pensent qu’à la fin, tout le monde ira au ciel.

Ainsi, soyons logiques. Si tout le monde à la fin doit aller au ciel, à quoi peut donc encore servir de parler de péché, d’enfer, de repentir et de foi en Jésus-Christ ? Rien de tout cela n’a d’importance, si tout le monde va au ciel à la fin.

Et, par conséquent, ce qu’il subsiste de la religion chrétienne, c’est d’être gentil, de prêcher une sorte de message doucereux qui dit que chaque nuage a sa frange d’or, qu’il faut regarder le côté ensoleillé de la vie ! Résolvons le problème du changement climatique si nous le pouvons.

Et donc, tout cela me rappelle ce mauvais spectacle son et lumière qui fut projeté sur la façade de Saint-Pierre voici quelque temps et qui tournait exclusivement autour du climat et de l’écologie.

Tout cela est beau et bon. Loin de moi de vouloir jouer les trouble-fête et de m’opposer au sauvetage des pandas : mais quand donc allons-nous reconnaître ce faux Evangile pour ce qu’il est, le bannir, le condamner, nous rappeler la foi chrétienne ?

Quand commencerons-nous à prêcher la nécessité de nous repentir de nos péchés et de croire au Fils de Dieu incarné, mort pour racheter le monde ? »

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23 décembre 2017 6 23 /12 /décembre /2017 16:30
Le pouvoir de donner l'"absolution" promis et accordé aux pasteurs de l'Eglise

L'obligation de la confession est une conséquence du pouvoir judiciaire de lier et de délier, de retenir les péchés, donnés aux pasteurs de l'Eglise du Christ. 

Dans le Nouveau Testament, le pouvoir de donner l'absolution a été promis et accordé aux pasteurs de l'Eglise :

 

Matthieu 3 : 6

 

6 et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés.

Saint Jean Baptiste baptise le peuple au bord du Jourdain, Nicolas Poussin, 1634

Saint Jean Baptiste baptise le peuple au bord du Jourdain, Nicolas Poussin, 1634

Matthieu 16 : 18-19

 

18 Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.

 

19 Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

 

Matthieu 18 : 18

 

18 Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.

Le pouvoir de donner l'"absolution" promis et accordé aux pasteurs de l'Eglise

Jean 20 : 22-23

 

22 Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.

 

23 À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

 

Actes 19:18

 

18 Beaucoup de ceux qui étaient devenus croyants venaient confesser publiquement les pratiques auxquelles ils s’étaient livrés.

 

Jacques 5 : 16

 

16 Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres afin d’être guéris. La supplication du juste agit avec beaucoup de force.

 

Dans l'Ancien Testament, on trouve également la confession des péchés pour se réconcilier avec Dieu (afin que Dieu se souvienne de son alliance avec Adam et Eve, Noé, Abraham, Isaac et Jacob) :

 

Lévitique 26 : 40-42

 

40 Ils confesseront alors leur péché et celui de leurs pères, qu’ils ont commis par leurs infidélités envers moi et par leur persistance à s’opposer à moi.

[...] 42 je me souviendrai de mon alliance avec Jacob, et de mon alliance avec Isaac, et de mon alliance avec Abraham ; alors je me souviendrai du pays.

 

Exode 2 : 24

 

24 Dieu entendit leur plainte ; Dieu se souvint de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob.

 

Les extraits bibliques ci-dessus sont tirés de la Bible de l'Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones.

Dix commandements

Dix commandements

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22 décembre 2017 5 22 /12 /décembre /2017 11:30

Il y a quelques jours, le pape François disait que l’Avent devait être un temps de silence et de respect des autres durant lequel mieux vaut s’interdire les critiques. Ne respectant pas les conseils qu’il donne aux autres, François s’est livré à une attaque en règle des membres de la Curie, comme le relève le site allemand Kathnet” :

 

« La tradition voulait que, lors de son allocution de Noël aux membres de la Curie, le pape, quel qu’il soit, revienne sur les divers événements de l’année passée ou développe un thème plus théologique. Avec François, les choses se passent autrement. L’année dernière déjà, il avait profité de l’occasion pour dénoncer les résistances de la Curie contre les priorités de son pontificat et avait souligné qu’à côté des critiques positives, de l’expression d’une certaine inquiétude, il y avait aussi des résistances malveillantes qui s’infiltrent en montrant patte blanche ou se cachent derrière “la tradition, les faux-semblants, les formes extérieures et familières”. Tout cela sans nommer de cas précis. En 2014, le pape argentin était allé jusqu’à accuser ses collaborateurs de souffrir d’un “Alzheimer spirituel” et leur avait diagnostiqué pas moins de quinze maladies.

Et cette année, dans son discours de Noël à la Curie, encore des critiques : il y aurait, selon François, de petits groupes à la Curie, sûrs de leur bon droit et prompts à se justifier, mais qui en réalité sont de véritables “tumeurs cancéreuses” qui se veulent autoréférentes et qui infiltrent les organismes ecclésiaux et ceux qui y travaillent. Et le pape lance cet avertissement : “Lorsque cela arrive, on perd la joie de l’Evangile, la joie de communier avec le Christ ; c’est le don de notre sacerdoce qui se perd.”

Plus loin le pape critique encore les “martyrs autoproclamés” qui en vérité méprisent la charge qui leur est confiée : ils seraient des “antennes doubles”, c’est-à-dire des instruments capables d’envoyer des informations, et d’en recevoir. Mais, constate le pape, il a aussi dans la Curie une grande majorité de personnes fidèles, qui travaillent avec un don de soi admirable, beaucoup de fidélité et de compétence. Ouf !

Plus loin, il développe ce qu’il entend par fidélité en reprenant l’image d’une antenne “haute fidélité” : “Pour tous ceux qui travaillent au Siège, le terme de fidélité prend un sens très particulier dans la mesure où ils se sont mis au service du successeur de Pierre et consacrent à ce service une bonne partie de leur énergie, de leur temps et de leurs occupation quotidiennes. C’est une lourde responsabilité qui avec le temps développe un lien affectif avec le pape, une profonde confiance, une ‘sensus naturalis’, toutes choses qui se résument dans le terme de fidélité.”

Munis ainsi de cette réceptivité profonde, les dicastères de la Curie romaine se doivent, selon François, d’entrer généreusement dans un processus d’écoute et de synodalité. »

 

Source: KATHNET - PRO LITURGIA, Actualité du vendredi 22 décembre 2017

Selon l'article de Marie-Lucile Kubacki sur le site de l’hebdomadaire "La Vie",

"Le pape s’en est également pris aux « traîtres à la confiance » et à « ceux qui profitent de la maternité de l'Église, à savoir ceux qui sont soigneusement sélectionnés pour renforcer le corps et la réforme, mais qui – ne comprenant pas leur responsabilité – se laissent corrompre par l'ambition ou la vaine gloire et, quand ils sont doucement éloignés, se proclament faussement des martyrs du système, du "pape mal informé", de la "vieille garde"... au lieu de faire leur mea culpa. » Une allusion aux cardinaux Burke et Brandmüller, deux auteurs des Dubia ? Ou au cardinal Müller, « doucement éloigné » de la Congrégation pour la Doctrine de la foi dont il était préfet et qui, dans une interview récente, a évoqué des « divisions profondes » dans l’Église, enjoignant François à répondre aux critiques qui lui sont adressées ?"

 

Sources: LA VIEBELGICATHO

Des "Voeux de Noël" particuliers : le pape se livre à une attaque en règle des membres de la Curie
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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 15:00

Dans sa divine Providence, Dieu Tout-puissant a fondé l’Eglise et institué la Liturgie Sacrée à travers laquelle nous pouvons Lui offrir un culte véritable dans la Nouvelle Alliance établie par le Christ. Ce faisant, en entrant dans les exigences des rites sacrés déployés dans la tradition de l’Eglise, nous donnons un vrai sens à notre identité de fils et de filles du Père. La liturgie garde ainsi résolument les yeux fixés sur Dieu Tout-puissant, et non sur la modernité, la postmodernité ou je ne sais quel autre courant culturel ou philosophique. Elle occupe, comme l’a enseigné Sacrosanctum Concilium, une place fondamentale dans la vie du chrétien comme source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise. La liturgie catholique est normative pour la vie du chrétien, et bénéficie d’une objectivité dans la mesure où son contenu n’est pas affecté par les modes passagères propres à chaque génération – ou les formes particulières que lui donneraient certains prêtres ou évêques – mais est maintenue ferme et intègre dans la tradition tout en restant raisonnablement adaptable à des besoins pastoraux avérés. Comme l’enseigne le Catéchisme de l’Eglise Catholique, la liturgie catholique est un élément constituant de la sainte et vivante Tradition.

Il est ainsi évident que la Sainte Liturgie est de par sa nature contraire à cette exaltation de la subjectivité en toutes circonstances propre aux cultures postmodernes ; et cela se confirme tout particulièrement pour la prétention centrale de l’Eglise qui affirme que la Vérité est constituée par la Révélation de Dieu à l’humanité. »

Catherine Pickstock, théologienne professeur à Cambridge, présente à ce propos une appréciation fascinante de cette confrontation entre deux mondes quand elle écrit : « Une réforme liturgique authentique… devrait, soit être amenée à renverser notre modernité antirituelle, ou, cela étant impossible, à concevoir une liturgie qui refuserait d’être inculturée dans nos schémas de pensée et de discours modernes. » Elle plaide pour la création d’une liturgie qui « serait plus apte à nous confronter au défi que représente le choc avec un langage non familier », et aussi « à faire de toute notre vie une adoration, et à nous réunir dans le seul but de recevoir le don du Corps du Christ ». Catherine Pickstock voit juste lorsqu’elle dit que la liturgie doit refuser de suivre servilement les chemins de la modernité, et reste persuadée que le côté peu familier de la liturgie peut et doit servir à secouer de façon salutaire ceux qui se sont déjà avancés trop loin sur ces chemins.

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du jeudi 21 décembre 2017

Réforme Liturgique : "renverser notre modernité anti-rituelle" (Catherine Pickstock)
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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 14:17
Le protestantisme aujourd’hui

Cinq siècles après son apparition, le protestantisme, né du mouvement initié par Luther, est plus divisé que jamais. Petit panorama de sa situation actuelle.

Rien n’est simple quand on parle du protestantisme. Non seulement il n’y a pas unité de foi et unité de pratique entre les différentes dénominations ou « églises », mais c’est un monde en perpétuel mouvement institutionnel. Ce que disait Bossuet en 1688 aux premières lignes de son Histoire des variations des églises protestantes reste toujours vrai : les protestants « se sont séparés premièrement de nous, et puis entre eux », ensuite « ils ont tâché de réparer leurs divisions et de rassembler les membres épars de leur Réforme désunie », sans jamais y parvenir.

Le mot « protestants » est apparu en 1529, adopté par les princes luthériens allemands opposés à l’empereur catholique Charles Quint. En France, on parlera pendant longtemps des « huguenots », majoritairement « réformés » (c’est-à-dire « calvinistes »). Les « luthériens » ont toujours été une minorité dans le protestantisme français, forts surtout des communautés d’Alsace, intégrées dans le royaume à partir de 1681, et de Montbéliard, intégrées dans les années 1790.

Patrick Cabanel, dans sa volumineuse Histoire des protestants en France. XVIe-XXIe siècle (1), peut décrire cette histoire comme celle d’un « échec » : les protestants représentaient à leur apogée (en 1560) 10 % des Français ; 2 % après la révocation de l’édit de Nantes (1685) et au XVIIIe siècle ; un peu plus aujourd’hui, grâce à l’essor des « évangéliques ».

Un long processus d’union, mis en œuvre depuis la fin du XIXe siècle, a abouti partiellement il y a peu d’années. L’Église évangélique luthérienne de France (EELF) a été créée en 1872. En 1938 a été fondée l’Église réformée de France (ERF) qui regroupait les quatre principales unions d’Églises réformées. Le 1er janvier 2013, l’EELF et l’ERF se sont unies pour former l’Église protestante unie de France (EPUF).

Cette nouvelle entité, jugée la plus représentative du protestantisme français, pèse pourtant peu dans le paysage religieux. Elle ne rassemble que quelque 250 000 fidèles réguliers et moins de 500 pasteurs (un tiers sont des femmes) et quelque 480 paroisses ou « Églises locales ».

Ce n’est que par la très forte progression des « évangéliques » que le protestantisme français ne se réduit pas à cette peau de chagrin. Les « évangéliques » ne sont ni calvinistes, ni luthériens, mais baptistes, darbystes, méthodistes, pentecôtistes, etc. Jugés plus festifs, plus confessants et plus prosélytes que les réformés ou les luthériens, les évangéliques attirent nombre de populations d’origine africaine ou d’outre-mer. Ils regrouperaient quelque 500 000 fidèles aujourd’hui. Le 15 juin 2010 a été constitué un Conseil national des Évangéliques de France (CNEF) qui regroupe les représentants de quelque 30 Unions, Églises, Communions et de 130 œuvres d’évangélisation ou sociales.

DIVISIONS

Ces diverses unions masquent, en réalité, une grande diversité de pratiques, de croyances et d’enseignement. Depuis longtemps, le protestantisme français a été traversé de multiples courants, qui correspondent non seulement à des pratiques variées mais à des enseignements différents. Dans tel temple, il y a célébration de la cène et récitation du Credo tous les dimanches, alors que dans beaucoup d’autres le primat est donné à la lecture de l’Écriture sainte et au sermon, la cène n’étant célébrée que quatre fois par an.

Le pasteur Pierre Courthial (1914-2009), qui avait été en 1974 un des fondateurs de la Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence, en réaction contre les facultés de théologie protestante de Paris et de Montpellier jugées trop libérales, affirmait il y a dix ans : « Je suis un protestant confessant, c’est-à-dire fidèle aux confessions de foi de la Réformation et à travers elles aux conclusions des six premiers conciles œcuméniques (et donc aux définitions christologiques de Nicée-Constantinople et de Chalcédoine), alors que le protestantisme moderniste rejette l’autorité normative de l’Écriture et les dogmes confessés par les six premiers conciles. »

L’Église protestante unie, née en 2013, n’est pas restée unie longtemps. En mai 2015, par 94 voix contre 3, elle a autorisé les pasteurs à bénir les couples homosexuels. Les évangéliques de la CNEF ont déploré cette décision et au sein même de l’EPUF les opposants (environ 80 pasteurs sur 500) ont formé un courant dit des « Attestants » qui entend « retourner vers les fondamentaux que sont la prière et l’autorité des Écritures ».

CRISE EN SUISSE ET EN SUÈDE

Les évangéliques sont la seule portion du protestantisme qui progresse en France comme dans le monde. Au Brésil, en trente ans, plusieurs millions de catholiques ont rejoint les églises évangéliques. Évangéliques et pentecôtistes représentent quelque 700 millions de fidèles dans le monde, contre 50 à 70 millions de fidèles pour chacune des autres dénominations (luthériens, réformés, anglicans et épiscopaliens).

En Suisse, pays de naissance de la deuxième Réforme, celle du Français Calvin venu se réfugier à Genève, la crise est visible. Le Temps, grand quotidien de Lausanne, titrait, chiffres à l’appui, il y a deux ans sur « L’inexorable déclin de l’Église protestante ». Les temples suisses se vident : 50 % des protestants suisses ont plus de 50 ans, le nombre des baptêmes est tombé de 42 000 en 1950 à 15 000 en 2010. Le nombre des personnes qui quittent l’Église protestante est toujours plus élevé : 6000 en 1984, 12 000 en 2010. Genève, la capitale mondiale de la foi réformée, qui comptait 120 pasteurs il y a trente ans n’en compte plus que 40.

Jörg Stolz, professeur de sociologie des religions à l’université de Lausanne, a expliqué dans Religion et spiritualité à l’ère de l’ego (2) pourquoi le protestantisme suisse était davantage frappé par la désaffection que le catholicisme : « le protestantisme est très individualiste, ce qui est en principe compatible avec la société actuelle. Mais du même coup, il a un problème d’identité, de ligne théologique directrice. Or, pour qu’une offre spirituelle marche, il faut a priori un produit, une ligne, des têtes bien connues et du marketing. » La dernière formule reste à la surface des choses, mais on voit l’impasse où s’engage inéluctablement le protestantisme s’il n’ose se confronter à la modernité. Dans Évangile et liberté, pourtant organe du protestantisme libéral, le professeur Jacques Guin fait écho, le 1er septembre 2016, à ce diagnostic : « En ne cessant de courir après la dernière mode de la vie en société, de céder à toutes les facilités pour ne pas risquer de déplaire, aux jeunes en particulier, en acceptant que notre Église dérive au gré des courants qui bafouent la responsabilité individuelle, n’avons-nous pas laissé le protestantisme perdre sa saveur et surtout sa raison d’être “autre” ? »

L’Institut suisse de pastorale (SPI), catholique, confirme dans une enquête statistique publiée en 2015 que le nombre des protestants a beaucoup baissé (passant de 56,3 % en 1950 à 26,1 % en 2013), alors que celui des catholiques se maintient autour de 40 % et que celui des personnes se déclarant sans confession ne cesse d’augmenter (22,2 % de la population en 2013).

En Suède, pays qui fut quasi unanimement luthérien depuis le milieu du XVIe siècle, la situation change beaucoup aussi. Le catholicisme n’y est à nouveau autorisé que depuis 1873 et le luthéranisme y fut Église d’État jusqu’en 2000. Aujourd’hui encore le pays ne compte qu’un diocèse catholique, celui de Stockholm. Son titulaire, Mgr Arborelius, est un converti du protestantisme (à l’âge de 20 ans) et il a été créé cardinal le 28 juin dernier, premier cardinal dans toute l’histoire de la Suède.

Le déclin de l’Église luthérienne est bien visible dans ce pays (62 % de la population, mais 1 % seulement de pratiquants) tandis que le nombre des évangéliques et des catholiques ne cesse de croître, grâce à l’immigration (Polonais, Croates, Érythréens hier, Irakiens et Syriens aujourd’hui) mais aussi par un fort mouvement de conversion. En mars 2014, le pasteur Ulf Ekman, fondateur en 1983 d’une mega church évangélique, La Parole de la Vie, a annoncé sa conversion au catholicisme. En 2015, ce sont huit des dix membres d’une communauté œcuménique installée à Berget et leur pasteur qui ont été reçus dans l’Église catholique. Ce sont les questions éthiques (notamment l’attitude face à l’homosexualité) et celle de l’ordination des femmes qui ont fait prendre conscience des séparations toujours plus grandes. « Nous sommes entrés petit à petit dans le Mystère de l’Église », dira un des membres de la communauté.

Yves Chiron

(1) Fayard, 2012.

(2) Labor et Fides, 2013.

LA NEF n°295 Septembre 2017

À PROPOS YVES CHIRON

Yves Chiron

Historien, spécialiste de l’histoire religieuse des XIXe et XXe siècle, ses biographies de Pie IX, Pie X, Pie XI et Paul VI font référence. Collaborateur de La Nef, il est encore l’auteur notamment de Fatima, vérités et légendes (Artège, 2017), Histoire des conciles (Perrin, 2011), Padre Pio (Perrin, 1998, rééd. 2004), Enquête sur les apparitions de la Vierge (Perrin-Mame, 1997, rééd. Tempus, 2007).

 

SOURCE: LA NEF - BELGICATHO

Pour poursuivre la réflexion :

 

"Pourquoi une personne complètement digne de confiance et omnicompétente (Dieu) permettrait-elle aux églises "authentiques" de diminuer et de disparaître? Pourquoi une personne totalement digne de confiance et omnicompétente donnerait-elle des messages différents à différentes églises? Pourquoi une personne totalement digne de confiance et omnipotente voudrait-elle que nous soyons désunis quand elle a spécifiquement dit que nous devrions être unis?  (1 Corinthiens 1:10, Ephésiens 4: 11-13, Col 3: 13-14, Jean 17:23, Psaume 133: 1, 1 Pierre 3: 8, 1 Jean 4:12, Éphésiens 4: 3, Romains 12 : 16, Matthieu 23: 8, Philippiens 2: 1, Éphésiens 1:10, 2 Chroniques 30:12, Éphésiens 2:14, Romains 12: 4, Galates 3: 26-28, 1 Corinthiens 12: 12-13, Éphésiens 4:16, Romains 6: 5)". Pas besoin de regarder plus loin: le catholicisme est l'Eglise originelle

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14 décembre 2017 4 14 /12 /décembre /2017 08:10
Terre jeune : le chrétien Mark Armitage licencié par l’université de Californie pour avoir découvert des tissus mous sur un dinosaure, ébranlé le dogme évolutionniste et questionné la chronologie longue de la Terre

Les pontes de l’université de Californie The California State University at Northbridge (CSUN) ne supportent pas la moindre remise en question du faux dogme évolutionniste. Ils ont licencié le spécialiste en microscopie Mark Armitage dans ce qui ressemble à un complot destiné à se débarrasser d’un encombrant scientifique chrétien. Armitage avait publié des éléments explosifs fragilisant la chronologie longue de la Terre, nécessaire à la théorie darwinienne d’une évolution de la vie sur un très long terme : la découverte de tissus mous sur un dinosaure. Signe de l’importance du sujet, l’université publique a accepté de verser 400.000 dollars au scientifique licencié afin d’échapper à un procès pour discrimination.

 

 

Licencié par l’université de Californie pour avoir découvert des tissus mous sur un os de dinosaure

 

 

L’histoire commence quand Armitage découvre en 2012 une énorme corne de triceratops au Montana. Le triceratops est un dinosaure herbivore qui aurait vécu au crétacé supérieur. Passant l’objet au peigne fin de son microscope à la CSUN, il découvre l’impensable : autour de la corne subsistent des tissus mous qui ne se sont pas dégradés. Armitage conclut que si l’objet était bien vieux de 65 millions d’années, comme le consensus scientifique l’affirme, il n’y aurait aucune raison que la chair fût demeurée en si bon état de conservation. Il en déduit que l’objet découvert est infiniment plus récent.

 

Les implications scientifiques et philosophiques de cette découverte sont « considérables », relève l’analyste américain Alex Newman sur son blog de freedomproject.com. Mark Armitage relève en effet que « les os de dinosaures ne peuvent pas être anciens s’ils restent entourés de tissus mous ». La découverte « contredit la théorie des temps antédiluviens », conclut Newman. Or cette datation à l’ère du crétacé supérieur est l’un des piliers de la pensée évolutionniste.

 

 

Mark Armitage et la chronologie longue : « Sans temps antédiluviens, vous n’avez pas de théorie de l’évolution »

 

 

Mark Armitage explique : « Sans temps antédiluviens, vous n’avez pas de théorie de l’évolution. Toute la discussion sur l’évolution prend fin si vous montrez que la Terre est jeune, or vous pouvez contredire complètement l’évolutionnisme par la seule découverte de viande autour d’os de dinosaures ».

 

Mark Armitage publia finalement ses découvertes et conclusions par un article paru en février 2013 dans la revue scientifique Acta Histochemica, spécialisée dans la recherche sur les cellules et les tissus organiques. Dans les semaines qui suivirent, plutôt que de contester scientifiquement cet exposé, l’université décida tout bonnement de licencier son spécialiste en microscopie. « Nous ne tolérerons pas votre religion dans cette faculté », lui a lancé un professeur de biologie dans son bureau, selon un témoin. Un collègue d’Armitage a qualifié l’affaire de « chasse aux sorcières », rapporte la presse.

 

 

Discrimination antichrétienne : ébranlée, la CSUN a préféré une transaction à la perte d’un procès

 

 

Après avoir perdu son poste, Armitage déposa une plainte pour discrimination anti-chrétienne. L’université plaida non coupable pendant des années, prétextant avoir voulu simplement « réorganiser la faculté ». Mais ayant échoué à obtenir un non-lieu, la CSUN accepta une énorme transaction amiable plutôt que de perdre un procès, sans toutefois admettre sa culpabilité.

 

Ce précédent pourrait faire jurisprudence aux Etats-Unis pour d’autres affaires de discrimination anti-chrétienne survenues dans le cadre d’institutions publiques. Défenseur d’Armitage, Me Alan Reinach, directeur exécutif du Church State Council, organisation juridique à but non lucratif, considère qu’il s’agit d’une avancée considérable : « Nous ne connaissons aucun autre cas dans lequel un créationniste ait eu gain de cause ; c’est vraiment une affaire historique ». Et ce d’autant que l’Etat de Californie n’aurait, selon lui, jamais payé une telle somme s’il n’avait pas réellement craint de perdre le procès.

 

 

Pour Alex Newman, « Toute personne contestant le point de vue séculier » est dans le viseur

 

 

Pour Alex Newman, « Quelle que soit l’opinion qu’on puisse avoir sur la question de l’évolution, le fait de licencier des professeurs qui font des découvertes scientifiques dérangeantes – plutôt que de les enterrer ou de les contester – devrait être considéré comme totalement incompatible avec des institutions financées par le contribuable, supposément dispensatrices d’un savoir supérieur ». Mais il semble que dans une Amérique « post-chrétienne », gangrenée comme la France par une franc-maçonnerie et une « libre-pensée » à visées totalitaires, il faille s’attendre à ce que « Toute personne contestant le point de vue séculier, païen, globaliste et socialiste soit dans le viseur », prévient Newman. Qui ajoute : « Soyez prêts ».

 

 

Matthieu Lenoir

 

Source: REINFORMATION.TV

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 09:45
L’Église dans la tourmente. Histoire du Premier millénaire de l'Eglise - Roberto de Mattei

Les Éditions Le Drapeau blanc publient l’ouvrage de vulgarisation historique intitulé L’Église dans la tourmente. Histoire du Premier millénaire de l'Eglise, du professeur Roberto de Mattei.

Aujourd’hui, la barque de Pierre affronte des crises internes aussi bien que des persécutions sanglantes, notamment en Orient. Les papes successifs parlent volontiers d’affaiblissement de la foi, et le message de Notre-Dame de Fatima semble chaque jour plus actuel.

Mais le combat de Satan contre l’Église n’est pas nouveau. Celle-ci a dû dès le départ s’établir par le martyre, avant de connaître des hérésies terribles et des compromissions odieuses, mais aussi de grandes manifestations de sainteté – comme le monachisme.

Connaître l’histoire de l’Église aide à rester sur la voie droite dès lors que la tempête se déchaîne. La dimension naturelle du Corps mystique du Christ, liée à la fragilité des hommes, ne fait que rehausser l’éclat de sa dimension surnaturelle.

Des premiers martyrs à la libération de Jérusalem, le professeur de Mattei nous invite en toute simplicité à mieux connaître les ombres et lumières qui ont marqué le premier millénaire de l’Église.

L’auteur : Roberto de Mattei est né en 1948 à Rome. Historien, il a enseigné à l’Université européenne de Rome et à l’université de Cassino, où il a été titulaire de la chaire d’histoire moderne. Président de la fondation Lépante, il anime également la revue Radici Cristiane ainsi que les agences d’information Correspondance européenne et Corrispondenza Romana. De 2004 à 2007 et de 2008 à 2011, il a été le vice-président de l’équivalent du CNRS en Italie. Enfin, entre 2002 et 2005, il a été conseiller du gouvernement italien pour les questions internationales.

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7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 12:17
Les cardinaux des dubia reçoivent leur réponse dans une information donnée seize mois plus tard en quatre lignes !

Les quatre cardinaux, Raymond Burke, Walter Brandmüller, Carlo Caffarra, et Joachim Meisner, ont présenté en septembre 2016 les dubia, cinq doutes en formes de questions "oui ou non", cherchant la clarté de François quant à savoir si l'exhortation "Amoris Laetitia" est conforme ou non à l'enseignement moral catholique. Deux des cardinaux, Meisner et Caffarra, ont été rappelés à Dieu depuis sans que le Pape François ne leur fasse de réponse. Cette réponse arrive seize mois après, dans une publication en quatre lignes, pourtant faite en octobre 2016 dans les Actes du Siège Apostolique (Actae Apostolicae Sedis) mais connue seulement il y a quatre joursIl s’agit de quatre lignes en latin signées de la main du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, glissées dans les plus de 1 000 pages des Actae Apostolicae Sedis, sorte de "journal officiel" du Vatican paraissant irrégulièrement et contenant des documents que le pape souhaite rendre public. Ce petit paragraphe, signé le 5 juin mais publié dans les Actes datant pourtant d’octobre 2016, relevé par La Croix, vient donner le caractère de "magistère authentique" à l’échange de lettres entre les évêques de la région pastorale de Buenos Aires et le pape François quant à leur projet pastoral permettant, dans certains cas, d’accueillir des divorcés "remariés" à la communion.

Le document explicatif à l’adresse des évêques de Buenos Aires, datant de septembre 2016, prévoit au n°6, d’autoriser, au cas par cas, que des personnes “divorcées et remariées civilement” puissent recevoir la communion eucharistique, même si celles-ci ne se déclarent pas prêtes à vivre dans l’abstinence.

Dans une sorte de positivisme ecclésiastique, le Pape François a souhaité élever sa correspondance privée avec les évêques d'Argentine au rang de "magistère authentique", indépendamment du contenu en se fondant uniquement sur son autorité. Du jamais vu dans l'histoire de l'Eglise.

Récemment, un des signataires des Dubia, dans un entretien au National Catholic Register, le Cardinal Burke s'est interrogé : "Comment l'Église pourrait-elle continuer à être le sacrement universel du salut si la signification des sacrements devait être vidée de son contenu? " 

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7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 11:37

Nous apprenons ces jours-ci que l'autorisation donnée par le Pape François, dans un échange de lettres privé, aux évêques argentins de distribuer la communion aux divorcés "remariés" ("il n'y a pas d'autre interprétation"), connue sur des sites spécialisés en septembre 2016, a pourtant été publiée dans les Actes du Siège Apostolique (Actae Apostolicae Sedis) datés d'octobre 2016. Autrement dit, l'information dans les grands medias n'en a été donnée que seize mois après ! Pourquoi tant de secrets et une attente si longue ? 

 

* * * * Mercredi, 6 décembre 2017. 

 

[...] Le Vatican a publié dans les “Acta Apostolicae Sedis” (AAS), l’organe officiel du Saint Siège, le document explicatif qui avait été adressé aux évêques de la région pastorale de Buenos Aires suite à l’exhortation post synodale “Amoris Laetitia”, ainsi qu’une lettre du pape François, dans laquelle il donne son approbation au dit document.

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La parution dans les AAS de cette lettre privée du pape aux évêques de la région pastorale de Buenos Aires élève cet écrit au rang de “Lettre Apostolique”. 
Elle contient en outre une contribution du cardinal Pietro Parolin dans laquelle il précise que la parution des deux documents a été faite sur la demande expresse du pape François qui désire que, aussi bien le document explicatif aux évêques de Buenos Aires que sa propre lettre soient désormais considérés comme des éléments de son “magistère authentique”.

Le document explicatif à l’adresse des évêques de Buenos Aires, datant de septembre 2016prévoit au n°6, d’autoriser, au cas par cas, que des personnes “divorcées et remariées civilement” puissent recevoir la communion eucharistique, même si celles-ci ne se déclarent pas prêtes à vivre dans l’abstinence. La réception de la communion pourrait être le résultat d’un processus de discernement accompagné de façon personnelle et pastorale par un prêtre. A l’issue d’un tel processus, il n’y aurait pas obligatoirement une admission aux sacrements : les personnes pourraient aussi librement choisir une autre façon de participer à la vie de l’Eglise.
Dans sa lettre aux évêques, le pape a expressément approuvé la valeur de ce processus. Le document explicatif se veut exhaustif en ce qui concerne le huitième chapitre d’ “Amoris Laetitia”. Le pape l’affirme sans ambiguïté : « Il n’y a pas d’autre interprétation ».

Source : Kathnet (Trad. MH/APL)

 

Pro Liturgia, Actualité du mercredi 6 décembre 2017

 

L'information de l'autorisation de la distribution de la communion aux divorcés remariés en Argentine a été publiée dans le journal La Croix en ligne, il y a quatre jours !

Pourquoi une attente si longue pour connaître l'autorisation donnée par François aux évêques argentins de distribuer la Communion aux divorcés "remariés" ?

 

Il s’agit de quatre lignes en latin signées de la main du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, glissées dans les plus de 1 000 pages des « Actae Apostolicae Sedis » (Actes du Siège apostolique), sorte de « journal officiel » du Vatican paraissant irrégulièrement et contenant des documents que le pape souhaite rendre public.

 

Ce petit paragraphe, signé le 5 juin mais publié dans les Actes datant pourtant d’octobre 2016, relevé par La Croix, vient donner le caractère de « magistère authentique » à l’échange de lettres entre les évêques de la région pastorale de Buenos Aires et le pape François quant à leur projet pastoral permettant, dans certains cas, d’accueillir des divorcés remariés à la communion. Cet échange épistolaire est lui aussi reproduit dans le document du Vatican.

 

[...]

 

Dans une missive envoyée dès réception du courrier des Argentins et adressée à Mgr Sergio Alfredo Fenoy, évêque de San Miguel et délégué des évêques de la région pastorale de Buenos Aires, le pape avait salué leur travail. « Cette lettre convient tout à fait, écrivait-il. Elle explicite pleinement le sens du chapitre VIII d’Amoris laetitia. Il n’y a pas d’autre interprétation. ». 

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5 décembre 2017 2 05 /12 /décembre /2017 14:01
Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ». (Marc 9.2-10)

Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ». (Marc 9.2-10)

Le Pape François a confirmé ce qu'il entendait par évangélisation au cours de la conférence de presse à bord du vol de retour du Bangladesh ce samedi 2 décembre. A la question du journaliste français Etienne Loraillère qui lui demandait: "Quelle est votre priorité: évangéliser ou dialoguer pour la paix?", le Pape a répondu ceci:

 

"Une première distinction: évangéliser ce n'est pas faire du prosélytisme. L'Eglise ne grandit pas par prosélytisme mais par attraction, c'est-à-dire par témoignage. C'est Benoît XVI qui le disait. Qu'est-ce que l'évangélisation? C'est vivre l'Evangile, c'est témoigner de la manière de vivre l'Evangile: témoigner des Béatitudes, témoigner de Matthieu 25, témoigner du Bon Samaritain, témoigner du pardon soixante-dix-sept fois sept fois. A travers ces témoignages, l'Esprit Saint travaille et il y a des conversions."

"Nous sommes toujours très enthousiastes à l'idée de faire des conversions tout de suite. Si elles viennent, elles attendent: on parle..., dans votre tradition... , on fait en sorte qu'une conversion soit la réponse à quelque chose que l'Esprit Saint a mis en mouvement dans mon cœur face au témoignage du chrétien. Au cours du repas que j'ai partagé avec les jeunes pendant les JMJ de Cracovie - une quinzaine de jeunes du monde entier - l'un d'entre eux m'a posé cette question: 'Qu'est-ce que je dois dire à un camarade d'université, un ami, quelqu'un de bien, mais qui est athée? Qu'est-ce que je dois dire pour le changer, pour le convertir?'. Ma réponse fut celle-ci: 'La dernière chose à faire c'est de dire quelque chose. Contentes-toi de vivre ton Evangile et si lui te demande pourquoi tu fais cela, tu pourras lui expliquer pourquoi tu le fais. Et laisse l'Esprit Saint l'attirer.'"

"C'est cela la force et la douceur de l'Esprit Saint dans les conversions. Il ne s'agit pas de convaincre mentalement avec des apologies, des raisonnements... non. C'est l'Esprit qui convertit. Nous sommes des témoins de l'Esprit, des témoins de l'Evangile. 'Témoin' c'est un mot qui veut dire 'martyr' en grec: le martyr du quotidien, même le martyre du sang, quand il arrive..."

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4 décembre 2017 1 04 /12 /décembre /2017 14:25

On se souvient que sous couvert d’ “Amoris laetitia”, les évêques de la région de Buenos Aires avaient décidé de permettre aux couples “divorcés remariés civilement” d’avoir accès à la communion eucharistique. Ces évêques avaient alors reçu du Pape François une lettre louant leurs directives pastorales présentées comme conformes au très problématique chapitre VIII de l’Exhortation.*

Jusqu’ici, on avançait que la lettre envoyée par le pape n’avait qu’un caractère privé.

Or, on apprend qu’à la demande du pape lui-même, cette lettre a été publiée dans les actes officiels du Siège Apostolique (Acta Apostolicae Sedis). Ce qui lui confère un statut officiel.

Pour faire bref, disons que tout le monde a désormais le droit de communier au cours des messes.

Toutefois, il est inutile de se voiler la face : cette décison ne changera rien puisque rares sont les fidèles catholiques qui s’interrogent sur leur aptitude à recevoir la communion. De fait, dans les paroisses, que ce soit aux messes dominicales ou aux messes des grandes fêtes, que ce soit aux messes de mariages ou d’enterrements, tout le monde communie sans se poser de questions. De même au cours des liturgies “festives” des synodes diocésains ou des voyages pontificaux, personne ne se soucie de savoir qui peut ou ne peut pas communier. Et personne ne peut nier que le fait de recevoir l’Hostie dans les mains et en restant debout aggrave les choses.

 

Source: Pro Liturgia, Actualité du dimanche 3 décembre 2017

Publication de la lettre de François autorisant les évêques d'Argentine à donner la communion aux divorcés "remariés" dans Acta Apostolicae Sedis

Add. 7 décembre 2017. L'autorisation donnée par le Pape aux évêques argentins de distribuer la communion aux divorcés "remariés", connue sur des sites spécialisés en septembre 2016, a été publiée dans les Actes du Siège Apostolique (Actae Apostolicae Sedis) datés d'octobre 2016, mais l'information dans les grands medias n'en a été donnée que seize mois après (on peut se demander pourquoi tant de secrets?) : 

 

* * * * Mercredi, 6 décembre 2017. 

 

[...] Le Vatican a publié dans les “Acta Apostolicae Sedis” (AAS), l’organe officiel du Saint Siège, le document explicatif qui avait été adressé aux évêques de la région pastorale de Buenos Aires suite à l’exhortation post synodale “Amoris Laetitia”, ainsi qu’une lettre du pape François, dans laquelle il donne son approbation au dit document.

1499252991913.JPG--papa_francesco

La parution dans les AAS de cette lettre privée du pape aux évêques de la région pastorale de Buenos Aires élève cet écrit au rang de “Lettre Apostolique”. 
Elle contient en outre une contribution du cardinal Pietro Parolin dans laquelle il précise que la parution des deux documents a été faite sur la demande expresse du pape François qui désire que, aussi bien le document explicatif aux évêques de Buenos Aires que sa propre lettre soient désormais considérés comme des éléments de son “magistère authentique”.

Le document explicatif à l’adresse des évêques de Buenos Aires, datant de septembre 2016, prévoit au n°6, d’autoriser, au cas par cas, que des personnes “divorcées et remariées civilement” puissent recevoir la communion eucharistique, même si celles-ci ne se déclarent pas prêtes à vivre dans l’abstinence. La réception de la communion pourrait être le résultat d’un processus de discernement accompagné de façon personnelle et pastorale par un prêtre. A l’issue d’un tel processus, il n’y aurait pas obligatoirement une admission aux sacrements : les personnes pourraient aussi librement choisir une autre façon de participer à la vie de l’Eglise.
Dans sa lettre aux évêques, le pape a expressément approuvé la valeur de ce processus. Le document explicatif se veut exhaustif en ce qui concerne le huitième chapitre d’ “Amoris Laetitia”. Le pape l’affirme sans ambiguïté : « Il n’y a pas d’autre interprétation ».

Source : Kathnet (Trad. MH/APL)

 

Pro Liturgia, Actualité du mercredi 6 décembre 2017

 

L'information de l'autorisation de la distribution de la communion aux divorcés remariés en Argentine a été publiée dans le journal La Croix en ligne le 04/12/2017 à 17h45 :

L’interprétation argentine d’Amoris Laetitia reconnue « magistère authentique »

 

Il s’agit de quatre lignes en latin signées de la main du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, glissées dans les plus de 1 000 pages des « Actae Apostolicae Sedis » (Actes du Siège apostolique), sorte de « journal officiel » du Vatican paraissant irrégulièrement et contenant des documents que le pape souhaite rendre public.

 

Ce petit paragraphe, signé le 5 juin mais publié dans les Actes datant pourtant d’octobre 2016, relevé par La Croix, vient donner le caractère de « magistère authentique » à l’échange de lettres entre les évêques de la région pastorale de Buenos Aires et le pape François quant à leur projet pastoral permettant, dans certains cas, d’accueillir des divorcés remariés à la communion. Cet échange épistolaire est lui aussi reproduit dans le document du Vatican.

 

[...]

 

Dans une missive envoyée dès réception du courrier des Argentins et adressée à Mgr Sergio Alfredo Fenoy, évêque de San Miguel et délégué des évêques de la région pastorale de Buenos Aires, le pape avait salué leur travail. « Cette lettre convient tout à fait, écrivait-il. Elle explicite pleinement le sens du chapitre VIII d’Amoris laetitia. Il n’y a pas d’autre interprétation. Et je suis sûr qu’elle fera beaucoup de bien ». 

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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 15:30

Note du blog Christ Roi. La video ci-dessus montrent des Juifs annoncer le Christ Jésus "homme de douleurs" du chapitre 53 du Livre d'Isaïe, c'est-à-dire des Juifs évangéliser des Juifs. Il ne s'agit pas de protestants, mais de "Juifs messianiques", des Juifs qui conservent les préceptes juifs mais reconnaissent Jésus comme le Messie d'Israël, le Sauveur annoncé par les prophètes.

 

"Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien.

En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié.

Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris.

Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous.

Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche.

Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple.

On a placé sa tombe avec les méchants, son tombeau avec les riches ; et pourtant il n’avait pas commis de violence, on ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche.

Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira.

Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes.

C’est pourquoi, parmi les grands, je lui donnerai sa part, avec les puissants il partagera le butin, car il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort, et il a été compté avec les pécheurs, alors qu’il portait le péché des multitudes et qu’il intercédait pour les pécheurs. (Is 53)

 

Cette description du Messie se trouvent non seulement dans ces versets, mais aussi dans Zacharie, Daniel, et d'autres livres comme les Psaumes : "Ils regarderont vers moi. Celui qu’ils ont transpercé, ils feront une lamentation sur lui, comme on se lamente sur un fils unique ; ils pleureront sur lui amèrement, comme on pleure sur un premier-né." (Zach 12:10) ; "un messie sera supprimé" (Dn 9:26); "Tous ceux qui me voient me bafouent, ils ricanent et hochent la tête" (Ps 21:8 ; "C'est pour toi que j'endure l'insulte, que la honte me couvre le visage : je suis un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère" (Ps 68:8-9).

 

 

La conversion des Juifs est annoncée dans le Nouveau comme dans l'Ancien Testament :

 

 

Dans le Nouveau Testament :

 

"Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs." (Jn 4:22)

vous ne me verrez plus désormais jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! " (Mt 23:39)

"J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur." (Jn 10:16)

il a supprimé les prescriptions juridiques de la loi de Moïse. Ainsi, à partir des deux, le Juif et le païen, il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix, et réconcilier avec Dieu les uns et les autres en un seul corps par le moyen de la croix ; en sa personne, il a tué la haine." (Ep 2: 15-16)

  

Dans l'Ancien Testament :

 

"Il arrivera, en ce jour-là, que l’on sonnera de la grande trompe ; ils viendront, ceux qui étaient perdus au pays d’Assour, et ceux qui étaient dispersés au pays d’Égypte ; ils se prosterneront devant le Seigneur, sur sa montagne sainte, à Jérusalem." (Is 27:13)

"Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication. Ils regarderont vers moi. Celui qu’ils ont transpercé, ils feront une lamentation sur lui, comme on se lamente sur un fils unique ; ils pleureront sur lui amèrement, comme on pleure sur un premier-né." (Zach 12:10)

 

L'évangéliste S. Jean, l'Apôtre bienaimé du Christ, annonce : "Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé." (Jn 19:37)

 

Comment le prophète Zacharie qui écrit 500 ans avant J.-C. sous le règne de Darius Ier, roi de Perse, peut-il dire que les juifs regarderont vers Celui qu’ils ont transpercé (Jésus), si ce Messie qu'il annonce n’était déjà pas apparu dans l'histoire ?  Les juifs se repentiront donc d’une repentance collective et individuelle à la fois, et regarderont vers celui qu’ils ont transpercé

 

Si les Juifs ont transpercé le Christ, un commentaire du Concile de Trente précise que la crucifixion a pour cause l'ensemble des péchés de tous les hommes depuis le péché originel jusqu'à la fin des temps :

"Il faut ensuite exposer les causes de la Passion, afin de rendre plus frappantes encore la grandeur et la force de l'amour de Dieu pour nous. Or, si l'on veut chercher le motif qui porta le Fils de Dieu à subir une si douloureuse Passion, on trouvera que ce furent, outre la faute héréditaire de nos premiers parents, les péchés et les crimes que les hommes ont commis depuis le commencement du monde jusqu'à ce jour, ceux qu'ils commettront encore jusqu'à la consommation des siècles

[...]. Les pécheurs eux-mêmes furent les auteurs et comme les instruments de toutes les peines qu'il endura." (Catéchisme du Concile de Trente, Première partie : Du symbole des Apôtres, Chapitre 5 Du 4e article du symbole : Qui a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, et a été enseveli, § 3, éditions DMM, Niort 1998, p. 56.)

 

Le Catéchisme du concile de Trente précise (1re partie, chapitre 5, § 3) :

 

"Nous devons donc regarder comme coupables de cette horrible faute, ceux qui continuent à retomber dans leurs péchés. Puisque ce sont nos crimes qui ont fait subir à Notre-Seigneur Jésus-Christ le supplice de la Croix, à coup sûr, ceux qui se plongent dans les désordres et dans le mal (Hebr., 6, 6.) crucifient de nouveau dans leur cœur, autant qu’il est en eux, le Fils de Dieu par leurs péchés, et Le couvrent de confusion. Et il faut le reconnaître, notre crime à nous dans ce cas est plus grand que celui des Juifs. Car eux, au témoignage de l’Apôtre (Cor., 2, 8.), s’ils avaient connu le Roi de gloire, ils ne L’auraient jamais crucifié. Nous, au contraire, nous faisons profession de Le connaître. Et lorsque nous Le renions par nos actes, nous portons en quelque sorte sur Lui nos mains déicides."

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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 15:21

Partout où le christianisme faiblit, le paganisme se renforce. Cette vérité que l'on n'entend plus prêcher aujourd'hui nulle part, il faut que cela soit un rabbin qui nous la rappelle :

Le rabbin Elad Dokow, professeur à l'Institut Technologique Technion d'Israël, a commenté une statue de la déesse grecque Pallas Athéna, qui fait partie d'une exposition au siège de New York, aux États-Unis.

 

Interrogé par Breaking Israel News, il a relié la statue à "une montée indubitable du paganisme et du culte des idoles dans le monde". Il a expliqué que le paganisme permet à l'homme "de créer sa propre vérité" et que les Nations Unies sont comme le paganisme "un lieu de réalité subjective créé par un vote".

 

Dokow a conclu ainsi : "Ce que nous voyons dans le monde aujourd'hui, c'est que partout où le christianisme s'affaiblit, le paganisme et l'idolâtrie se renforcent et là où le christianisme disparaît, des choses horribles se produisent."

Rabbin : "Partout où le christianisme faiblit, le paganisme se renforce"

Gloria.tv

 

Et des choses horribles se produisent... On peut dire : goût du morbide (Halloween), sacrifices humains, violences sexuelles envers les femmes, envers les enfants... Les prophéties de Paul VI se sont réalisées...

 

Voici la source de l'article en anglais qui rapporte les propos du rabbin Elad Dokow 

https://www.breakingisraelnews.com/98498/pagan-war-goddess-statue-unveiled-un-idol-worship-makes-global-comeback/

avec ma traduction de cet article écrit par Adam Eliyahu pour Breaking Israel News

 

Dans cette traduction j'ai mis en liens des traductions de la Sainte Bible faites par l'Association épiscopale liturgique pour les pays francophones :

Les Émirats arabes apportent la déesse païenne de la guerre aux Nations Unies
Statue de la déesse grecque Athena exposée à Nashville, Tennessee. (Ron Cogswell/Flickr)

Statue de la déesse grecque Athena exposée à Nashville, Tennessee. (Ron Cogswell/Flickr)

28 Novembre 2017


 

" Il rebâtit les lieux sacrés qu’avait fait disparaître Ézékias, son père, et il fit élever des autels à Baal."
 
II Rois 21:3 (la Bible d'Israël ™)

 

Le même groupe multinational qui a recréé l'arche de la victoire de Palmyre et l'a envoyée pour une tournée mondiale a maintenant recréé une statue d'Athéna, la déesse romaine de la guerre, pour une exposition aux Nations Unies, une organisation qui prétend travailler à la paix mondiale, mais qu'un rabbin compare au paganisme moderne.
 
Les Émirats Arabes Unis (UAE) inaugurent officiellement l'exposition d'archéologie numérique, "l'esprit dans la pierre" au siège de l'Organisation des Nations Unies à New York, jeudi dernier. Les Émirats Arabes Unis, la mission italienne à l'ONU, et l'Institut d'archéologie numérique (IDA) ont coopéré en recréant une statue de la déesse romaine Athena pour l'exposition.
 
La statue originale d'Athéna était à Palmyre en Syrie, jusqu'à ce qu'elle fût détruite par ISIS en 2015. L'annonce des Émirats Arabes Unis décrivait la déesse comme "synonyme de raison, de refuge et de primauté du droit, toutes les mêmes valeurs sur lesquelles cette institution historique a été construite", mais la statue représente Athéna dans sa posture classique saisissant une lance, trahissant son rôle éminent de Déesse romaine de la guerre.
 
On pense également que la déesse romaine Athena (Athéna est une déesse grecque identifiée à Minerve chez les Romains. NdCR.) était basée sur la déesse de la Mésopotamie antérieure Ashera et a été incorporée plus tard dans l'Islam précoce comme Al-Lāt, vénérée en Arabie saoudite comme l'épouse d'Allah mentionnée dans le Coran. Cela serait compatible avec l'histoire de la statue sur le site de Palmyre, qui a été utilisé comme un temple par les mésopotamiens, les Romains et les musulmans à la suite.
 
Rabbi Elad Dokow, le rabbin en chef et conférencier à l'Institut de technologie Technion d'Israël, n'a pas été étonné que l'ONU tienne une exposition de symboles païens.
 
"Il y a actuellement une croissance indubitable du paganisme et de l'adoration d'idole dans le monde, plus que n'importe quelle autre religion, et il est naïf de croire que cet affichage soit déconnecté de ce phénomène," a déclaré le rabbin Dokow à Breaking Israel News. "Le paganisme donne la capacité pour chaque homme de créer sa propre vérité, par opposition au judaïsme et au christianisme, qui déclarent qu'il y a pour l'homme une vérité objective à laquelle il doit se conformer. L'ONU, comme le paganisme, est un lieu de réalité subjective créé par un vote."
 
"Ce que nous voyons dans le monde d'aujourd'hui, c'est que chaque endroit où le christianisme s'affaiblit, le paganisme et l'idolâtrie se renforcent, et là où le christianisme disparaît, des choses horribles se produisent."
 
Bien que l'initiative rassemblant Émirats Arabes Unis et Italie de recréer une idole païenne romaine semble incongrue, une telle Union a été décrite dans la prophétie juive, et une allusion en a été faite dans les Psaumes.
 
Oui, tous ensemble ils intriguent; ils ont fait alliance contre toi, 
ceux d'Édom et d'Ismaël, ceux de Moab et d'Agar. Ps 83 (82):6-7
 
Le sage juif du premier siècle Jonathan Ben Ouzziel a décrit comment cette Alliance biblique entre Ismaël et Esaü réapparaîtrait dans la guerre de la fin des temps.
 
"Des grands navires pleins d'armes partiront comme une grande flotte de l'Italie romaine et se joindront à une Légion qui s'écartera de Constantin [c'est Ismaël]." Ils nuiront aux habitants d'autres terres, et asserviront les descendants de Eber [une référence à Israël].
 
Les Émirats Arabes Unis ont travaillé avec l'IDA dans le passé. Leur première collaboration, l'arc imprimé 3-D de Palmyre, fut mis en évidence lors de l'exposition des Nations Unies par une projection sur grand écran. L'arche originale de Palmyre était une arche de la victoire romaine qui se tint pendant 1 800 ans devant le temple du dieu païen Ba'al à Palmyre jusqu'à ce que, comme la statue d'Athéna, il fût détruit par ISIS.
 
Ba'al était la forme d'adoration idolâtrique fréquemment mentionnée dans la Bible comme accompagnant le culte de la fausse déesse féminine, Ashera.
 
Ils ont abandonné tous les commandements du Seigneur leur Dieu et se sont fait des idoles en métal, deux statues de veaux ; ils ont fait des poteaux sacrés, se sont prosternés devant toute l’armée des cieux et ont servi Baal. II Rois 17:16
 
La reproduction de l'Arche a d'abord été présentée en avril de l'année dernière à Trafalgar Square (Londres) lors de la semaine du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la science et la culture (UNESCO) dans le Monde. Le dévoilement a coïncidé (un hasard.... NdCR...) avec les fêtes païennes les plus importantes de l'année, Beltane, inaugurant une période de 13 jours connue dans l'occultisme comme "le sacrifice du sang à la bête", qui est traditionnellement célébré avec des sacrifices d'enfants et des orgies bisexuelles.

Similaire à l'affichage actuel d'Athéna à l'ONU, l'arche de Palmyre a également été exposée lors d'événements associés à un gouvernement mondial. Elle était la pièce maîtresse du Sommet du Gouvernement Mondial à Dubaï en février dernier, et est apparu à Sarona, en Italie, en juin, son exposition coïncidant intentionnellement avec le Sommet du G7 des dirigeants du monde.

 
Rapporté par: Adam Eliyahu-Breaking Israel News

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L'information a également été rapportée avant-hier sur un site protestant en anglais "OpenHeaven".

 

Rappelons que lors des temps bibliques, Abel, Noé, Abraham et les autres patriarches offraient des sacrifices au Seigneur et que Satan, le singe de Dieu voulut se faire lui aussi adorer et avoir les siens. Les Hébreux, sortis de leur captivité en Egypte furent mis en contact avec des nations de Chanaan plongées dans la plus sanguinaire idolâtrie et se laissèrent parfois corrompre. Afin de leur éviter de se fourvoyer dans ces faux cultes, le Seigneur dicta à Moïse cet article de la loi : "Celui qui sacrifie aux dieux sera voué à l’anathème" (Exode 22: 19). Mais malgré les défenses réitérées contre les prévaricateurs, les Hébreux, fascinés par le démon, se laissèrent entraîner dans l'idolâtrie. Déserteurs du vrai Dieu, on les vit offrir des victimes aux idôles. C'est le reproche que Moïse leur fit au moment de mourir : "Ils sacrifient à des démons qui ne sont pas Dieu, à des dieux qu’ils ne connaissent pas" (Deut, 32:17). Quelles étaient ces victimes ? David nous l'apprend: des victimes humaines, et surtout de jeunes enfants des deux sexes (Ps 105:35-36). Trois cents ans après le règne de David, le prophète Isaïe montra le sacrifice humain toujours en vigueur chez les Juifs, ses contemporains qui immolaient des enfants dans les torrents : Immolantes parvulos in torrentibus (Is 57:5-6).

Cent ans après Isaïe, le prophète Jérémie constate la persistance du sacrifice humain chez ses compatriotes : "Car ils m’ont abandonné ; ils ont rendu ce lieu méconnaissable ; ils y ont brûlé de l’encens pour d’autres dieux que ni eux, ni leurs pères, ni les rois de Juda n’avaient connus ; ils l’ont rempli du sang des innocents. Ils ont édifié les lieux sacrés du dieu Baal, pour consumer par le feu leurs fils en holocauste à Baal : cela, je ne l’avais pas ordonné, je ne l’avais pas dit, ce n’était pas venu à mon esprit !" (Jr, 19:4-5).

Cent ans après Jérémie, le prophète Ezéchiel élève la voix : "Tu as pris tes fils et tes filles que tu m’avais enfantés, et tu les as sacrifiés pour qu’elles s’en nourrissent. Était-ce donc trop peu que ta prostitution ? Tu as égorgé mes fils et tu les as livrés en les faisant passer par le feu pour elles." (Ez, 16:20-21)

Même reproche dans le prophète Osée qui nous apprend qu'on ne sacrifiait pas seulement des enfants, mais encore des hommes faits, à l'instar de tous les peuples païens : "Quand Éphraïm parlait, c’était la terreur, car lui, il était chef en Israël. Mais il s’est compromis avec Baal et il en est mort. À présent, ils continuent de pécher, ils se font des images de métal fondu, des idoles avec leur argent et par habileté : œuvre d’artisans que tout cela ! C’est à leur propos que l’on dit : 'Eux qui sacrifient des hommes, ils vénèrent des veaux.'' (Os 13:1-2)

Le Livre de la Sagesse nous révèle les abominables pratiques qui accompagnaient les sacrifices humains : "...meurtres rituels d’enfants, célébrations de mystères occultes, délires et cortèges au cérémonial extravagant ; ainsi, ils ne respectent plus la pureté ni de la vie ni du mariage, mais ils conspirent pour s’entretuer et s’infligent les tourments de l’adultère. Tout est mêlé : sang et meurtre, vol et fraude, corruption, déloyauté, sédition, parjure, confusion des valeurs, oubli des bienfaits, souillure morale, perversion sexuelle, désordre dans le mariage, adultère et débauche. Oui, le culte des idoles sans nom est le commencement, la cause et le comble de tout mal." (Sg, 14:23-27). Dans l'Antiquité, il en était de même dans tous les peuples païens, Chananéens, Phéniciens, Grecs, Romains, Gaulois, tous pratiquaient le sacrifice humain. "Après avoir pris un bain de sang humain, on allait prendre un bain de luxure. Voilà ce qui se passait chaque jour, dans la belle Antiquité." (Mgr GaumeMort au cléricalisme, ou Résurrection du sacrifice humain, 1877, rééd. Saint-Rémi, p. 38.)

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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 18:39
L’orientation mystérieuse du château de Versailles bientôt expliquée ?

Mystère. L’étude de l’orientation du château du Roi-Soleil fait apparaître un alignement troublant avec l’un des lieux les plus connus de la chrétienté. Simple coïncidence ? Maître d’œuvre en bâtiment, amateur d’histoire, Philippe Chocat a voulu en avoir le cœur net.

 

C’est le genre de sujet qu’un journaliste ne sait jamais trop comment aborder. Ça commence par un appel, un jour de printemps où l’on est forcément occupé à autre chose qu’à la résolution d’une énigme historique. « Bonjour, j’ai découvert le mystère de l’orientation du château de Versailles, je voudrais savoir si vous êtes prêts à en parler dans votre journal. » Forcément, on marque une pause. Le mystère de l’orientation du château de Versailles ? On répond que oui, bien sûr. On s’intéresse, poliment. On ajoute qu’on n’est pas certain d’avoir de la place dans nos pages mais qu’on veut bien recevoir un mail avec un peu plus d’informations, pour se faire une idée. Réponse de l’interlocuteur : « Je préfèrerais ne pas en dire trop par téléphone, vous comprenez ? Et puis vous vous rendrez mieux compte de visu, avec les plans. » Ah oui, le secret, forcément. C’est bête mais on ne peut pas s’empêcher, à ce moment-là, d’imaginer en souriant les membres d’une quelconque confrérie secrète aux aguets, prêts à empêcher que le secret ne soit trahi.

 

Comme, malgré tout, il arrive qu’un journaliste soit curieux, et que l’interlocuteur, qui se présente comme maître d’œuvre en bâtiment et amateur d’histoire, semble tout-à-fait rationnel, qu’il affirme avoir été très étonné lui-même de sa découverte, on fixe un rendez-vous. Dans l’intervalle, on se documente un petit peu. Versailles, on connait sans connaître. L’orientation du château ? Ah oui, le grand canal, évidemment. On lit. Son orientation aurait été choisie de telle sorte que, le 5 septembre, jour de la naissance de Louis XIV, le soleil se couche dans l’axe de cette très grande et très belle installation. On tape « polémique », « controverse », mais rien d’intéressant ne semble émerger, si ce n’est pour la date : ce serait plutôt le 25 août, jour de la Saint-Louis, ou même le 15 août, solennité de l’Assomption, que le soleil est supposé se coucher dans l’axe du plan d’eau. Bon.

“Que la galerie des glaces, supposée recevoir la lumière, soit orientée au nord-est, ça me paraissait bizarre, comme une grosse bourde de Le Vau”

 

L’arrière-salle d’un café du XVe arrondissement de Paris. Notre homme est déjà installé. Philippe Chocat, 56 ans, a la poigne franche et le regard solide. « J’ai apporté mon ordinateur, vous allez mieux vous rendre compte », explique-t-il. Le temps que les fichiers se chargent, je le questionne sur cette histoire de date et de coucher de soleil. « Oui, je sais, répond-il tranquillement, mais ça ne change rien, c’est quelque chose de très différent, vous verrez. » Tournant face à moi l’écran de son ordinateur, il reprend : « j’ai toujours trouvé étrange l’orientation du château, ou du canal, comme on veut, les deux vont ensemble puisque le corps principal est perpendiculaire au canal. Que la galerie des glaces, supposée recevoir la lumière, soit orientée au nord-est, ça me paraissait bizarre, comme une grosse bourde de Le Vau. Bref, ça m’intriguait et je trouvais un peu courte la seule explication « solaire ». J’ai eu la curiosité de prolonger très loin, bien au-delà de Versailles et des environs le segment de droite que constitue le canal et c’est là que j’ai vu… »

 

La lenteur du réseau wifi du café rendait l’opération un peu laborieuse et, voyant la droite sortir de l’hexagone, je sentais me revenir l’idée qu’on allait tomber sur une chapelle cathare perdue dans le Tyrol ou quelque chose comme ça ; ainsi quand Philippe Chocat me montra, carte planétaire à l’appui, que la droite partie du canal se perdait quelque part dans le désert anatolien, j’ai presque trouvé cela rassurant même si je ne voyais plus, du coup, où il voulait en venir.

 

L’explication, toute simple, n’a pas tardé. « Évidemment cette ligne droite, tracée ainsi, ne tient pas compte de la rotondité de la Terre. Mais l’avantage de Google Earth, c’est qu’il est facile de faire en sorte que cette rotondité soit intégrée dans le calcul. On obtient alors une toute autre droite, enfin une parabole, comme vous voyez… » Et, de fait, je vis le segment de droite, ainsi recalculé, suivre une trajectoire qui, davantage orientée vers le sud, abordait l’orient non plus en Turquie mais exactement à la hauteur de… Jérusalem. Philippe Chocat s’agaçait de la lenteur du système de calcul qui rendait chaotique un tracé qu’il aurait voulu limpide. J’étais pour ma part déjà convaincu que je n’avais pas perdu mon temps. Je reprenais : « le château a été orienté pour faire face à la Terre Sainte ? C’est le cas de nombreux édifices religieux – c’est même l’origine du verbe « orienter », il me semble… ».

 

Le découvreur ne se démonta pas. « Oui mais c’est beaucoup plus précis que cela, regardez ». Encore quelques zooms sur la cité trois fois sainte et sous mes yeux le trait violet matérialisant le segment de droite vint se superposer exactement… sur, sur… « Vous reconnaissez ? » J’ai beau ne pas être spécialiste, ce dôme me disait en effet quelque chose. Je hasardais : « C’est l’église du Saint-Sépulcre ? » Chocat opinait. « Exactement. Portée jusqu’en Israël, la droite née du grand canal, l’axe même de Versailles vient frapper exactement sur le tombeau du Christ. Ce n’est pas moi qui le dis, d’ailleurs, c’est le calculateur. Ce que je dis, moi, c’est que ça me semble un peu gros pour n’être qu’une coïncidence. »

 

De fait, visuellement, l’effet est saisissant. Le grand canal, donc aussi les pièces du château situées sur cet axe, fait face, à 3 500 kilomètres de distance à l’emplacement supposé (et, en tout cas, vénéré comme tel) du tombeau de Jésus. Or, parmi les pièces concernées, il y a bien évidemment la chambre du roi. Louis XIV, dont la piété était connue (son premier geste, le matin, était de tremper la main droite dans une coupelle d’eau bénite portée par son chambellan et de se signer), pouvait ainsi, tous les jours, saluer par la fenêtre ce Dieu, fils de Dieu, de l’autorité de qui il tenait son pouvoir. « Chaque matin les volets des portes fenêtres face au lit sont ouverts par le premier valet de chambre, la lumière fait place à la nuit, et l’extrémité de cette perspective qui se dévoile c’est le Saints des Saints de la chrétienté, s’enthousiasme Pierre Chocat. Ces volets sont la pierre du tombeau qui roule, la lumière est celle de la résurrection, la victoire de la lumière sur la nuit, la victoire de la vie sur la mort. En quelque sorte, chaque jour la résurrection est commémorée au monarque ».

“Portée jusqu’en Israël, la droite née du grand canal, l’axe même de Versailles vient frapper exactement sur le tombeau du Christ”

 

L’image est certes séduisante mais, en réalité, elle est un peu hors-sujet. Le grand canal, dont l’axe traverse la chambre du roi avant de cingler, donc, vers Jérusalem, n’est perpendiculaire qu’à un bâtiment qui préexistait au château voulu par le Roi-Soleil. La clé, s’il y en a une, n’est donc pas tellement dans le grand canal que dans le petit pavillon de chasse construit par Louis XIII. Raisonnons. Et questionnons. « Que sait-on des personnes qui ont construit ce château ? Les architectes, les maçons ? » Les sciences de l’époque, mathématique, (triangulation notamment), géographie, offraient sans doute de déterminer, depuis Versailles, rotondité de la Terre incluse, la direction précise de Jérusalem. Au degré près ? Au vu de la distance mise en jeu, une erreur infime d’orientation aurait fait manquer le Saint-Sépulcre de plusieurs kilomètres.

 

En vérité, je ne suis pas sûr de tout cela et Philippe Chocat non plus. « Il faudrait savoir si ces personnes ont écrit des mémoires sur la question, ou quels sont les autres édifices prestigieux qu’ils ont été amenés à bâtir, etc. » Philippe Chocat opine mais ne cache pas une légère déception. La précision toute mathématique du tracé et la piété de Louis XIV ou de Louis XIII, qui était très grande, lui semblaient constituer des arguments suffisants.

 

Il paraît étonnant qu’une telle volonté, un tel symbole, n’ait pas, en ces temps très chrétiens, été davantage mis en avant

 

En histoire, pourtant, il est rare de disposer de la preuve ultime, absolue. Il faut, bien souvent, se contenter d’un faisceau d’indices, et le souhaiter le plus dense possible. En réalité, il paraît étonnant qu’une telle volonté, un tel symbole, n’ait pas, en ces temps très chrétiens, été davantage mis en avant. Qu’il ne l’ait pas été, ou si peu que les traces aient pu s’en perdre, ne semble pas tenir la route. Pourquoi Louis XIII aurait-il gardé pour lui un tel secret ? Pourquoi personne ne semble avoir été au courant que l’axe du petit pavillon (dont Louis XIII, qui avait personnellement participé à l’élaboration du plan, désirait faire un lieu de retraite spirituelle) menait tout droit au tombeau de Jésus ? Un secret de l’architecte ? Mais, encore une fois, pourquoi le secret ? Bref, il faut vérifier.

 

Avant Le Vau, les architectes s’appelaient Philibert Le Roy, Métezeau père et fils, ou Nicolas Huaut le maître-maçon. Un examen superficiel des sources n’a rien fait émerger de significatif. Qu’en pensent les historiens de métier ? « J’avais soumis l’idée à Monsieur Guillou, reprend Chocat. Il l’a trouvée séduisante mais m’a dit ne rien savoir de sa pertinence. Je ne sais pas s’il a suivi la piste. » Il serait peut-être temps de le faire ? Si ce face-à-face a été voulu, il est incroyable que le souvenir s’en soit perdu ; et si au contraire c’est un pur hasard, un tel degré de précision ne laisserait plus guère de doute sur la nature divine de la chose…

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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 11:57

Alors que nous avons fêté dimanche la solennité du Christ Roi, une fête qui rappelle que les dirigeants ont "l'obligation, aussi bien que les particuliers, de rendre au Christ un culte public et d'obéir à ses lois" (les dirigeants se rappelleront "le dernier jugement, où le Christ accusera ceux qui l'ont expulsé de la vie publique, mais aussi ceux qui l'ont dédaigneusement mis de côté ou ignoré, et punira de pareils outrages des châtiments les plus terribles". Pie XI, Lettre encyclique Quas Primas instituant la fête du Christ-Roi, § 21., 1925), un évêque secoue le monde endormi des évêques et les rappelle charitablement à leur devoir:

Evêque: les catholiques seront jugés par Dieu pour avoir omis de demander au Pape de mettre fin à la confusion
Évêque: les catholiques seront jugés par Dieu pour avoir omis de demander au Pape de mettre fin à la confusion

 

27 novembre 2017 (LifeSiteNews)--l'un des évêques ayant le plus franc-parler au monde au sujet de la crise actuelle dans l'Eglise a dit que, au jugement dernier, Dieu demandera aux catholiques vivant aujourd'hui qui ont ignoré la crise pourquoi ils n'ont pas demandé au pape de mettre fin à la confusion dans le Église.
Mgr Athanase Schneider, évêque auxiliaire d'Astana au Kazakhstan, a déclaré dans un entretien avec Michael Matt du journal The Remnant que "les vrais amis du pape" sont ceux des cardinaux évêques et laïcs "qui expriment leur inquiétude publique au sujet de ces très importantes questions, sur l'état de confusion dans l'église. Ils sont vraiment les amis du pape."
 
Sur ces préoccupations, il a lance des appels à la clarté, "un acte de charité envers le pape". Il a ajouté qu'il était convaincu que lorsque le pape fera face à son jugement devant Dieu, "il sera reconnaissant à ces cardinaux, évêques et laïcs qui auront appelé à lui pour offrir la clarté."
 
L'archevêque Schneider a dit que ceux qui adoptent l'"adulation du pape" et "nient la preuve" que l'ambiguïté dans les enseignements du pape soit à l'origine de la confusion ne sont pas des auxiliaires du pape ni d'eux-mêmes quand ils seront confrontés à leur jugement dernier.
 
En ce qui concerne ceux qui disent au pape: "tout va bien", malgré la "situation désastreuse", l'archevêque a prévenu que, à leur jugement, Dieu leur demandera "qu'avez-vous fait quand il y avait confusion, pourquoi n'avez-vous pas élevé votre voix pour défendre la vérité?"
 
Mgr Schneider voit l'église comme une "grande famille de Dieu" et au sein de la famille, nous devons avoir l'occasion de parler "sans craindre d'être punis ou isolés". Il a noté que cet "esprit de famille" a été "souligné au Concile Vatican II" et qu'un "climat familial" devrait être favorisé dans l'église.
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26 novembre 2017 7 26 /11 /novembre /2017 14:32

A l'occasion de la solennité du Christ Roi, voici le poème Signaux Perdus *

Charles Robin itinéraire d'un gauchiste repenti - Meta TV

Les grands semeurs de ciel des phares lointains

Jalonnant de leurs feux l'immense nuit humaine

Où la foule sans yeux titube et se démène

Implorant de ses bras fourbus d'autres destins.

 

Parfois, perçant la nuit, un des rayons atteint

la triste horde aveugle errant dans les ténèbres.

Alors, hurlant de rage et de terreur funèbres,

Elle se rue. Abat la tour. Le feu s'éteint.

 

Puis le troupeau stupide, encore grondant de haine,

Eperdu, tâtonnant et tirant sur sa chaîne, 

Se replonge dans l'ombre, éternelle prison...

 

Tandis qu'au loin, fragile et clignotant fanal

Sur le chemin qui mène hors du cycle infernal,

Un autre feu s'allume et monte à l'horizon.

Auteur inconnu.

Signaux Perdus
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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 07:56
Un cardinal exhorte la "clarification" d'Amoris laetitia: "l'état d'esprit sous-jacent au texte est trop libéral"

ROME, 22 novembre 2017 (LifeSiteNews) — Une semaine après que le cardinal Raymond Burke ait fait un "dernier plaidoyer" au pape François pour plus de clarté concernant l'enseignement moral de l'église et la pratique sacramentelle, un autre cardinal a déclaré: "une clarification est à l'ordre du jour."

 

Dans un récent entretien à la Fede quotidiana , le cardinal Janis Pujats, archevêque émérite de Riga en Lettonie, et président émérite de la Conférence épiscopale locale, a déclaré que, alors qu'il croit que le débat sur Amoris laetitia sera finalement résolu, une chose semble claire: "la mentalité sous-jacente du texte est trop libérale." Aujourd'hui, je vois une certaine détente de la moralité catholique et surtout de ce qu'on appelle des valeurs et des principes non négociables.

Interrogé sur le point de savoir s'il est possible de donner la sainte communion aux divorcés civilement remariés qui vivent more uxorio (ayant des relations sexuelles), le Cardinal Pujats a dit: "nous avons certainement besoin de donner soins et attention pastorale à ces personnes", mais "elles ne peuvent pas recevoir la Communion sacramentelle."

"Elles ne sont pas légitimement unies dans le mariage et se retrouvent donc dans un état de péché mortel." Tout cela fait partie de la doctrine des sacrements, a-t-il déclaré.

A la question de savoir si cette position est "trop sévère", le cardinal letton a demandé: "qu'est-ce que cela signifie?". La doctrine de l'église ne change pas et personne n'est autorisé à faire cela. Tout est écrit dans l'Évangile et doit être accepté.

"Aujourd'hui, pour le bien de l'Eglise et du peuple de Dieu, une clarification en accord avec les préceptes de l'Évangile et le magistère constant de l'Eglise est nécessaire", a poursuivi le cardinal de 87 ans. "Personne ne devrait avoir peur de la clarté doctrinale". "Le cas échéant, si il y a quelque chose de destructeur, c'est l'incertitude couplée à l'ambiguïté et à la confusion."

"Nous devons avoir le courage de parler le langage de la vérité, clairement et sans crainte ou sans vouloir plaire au monde parce que peu à peu nous risquons de glisser dans une grave erreur." "Nous devons réitérer la doctrine éternelle sur le mariage et la famille", a-t-il déclaré.

Un peu plus tôt cette année, le Cardinal Pujats a mis son nom à une déclaration de fidélité à l'enseignement immuable de l'Eglise sur le mariage.

Interrogé à propos de l'insistance des évêques polonais à lire Amoris laetitia en continuité avec l'enseignement de Saint Jean Paul II, le cardinal letton a déclaré : "Je crois que la doctrine de Saint Jean Paul II est pure et droite." Elle ne peut pas changer ou être changée. Comme je l'ai dit, elle n'est pas modifiable et je pense qu'une clarification est à l'ordre du jour.

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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 08:11
"La messe, c’est revivre le calvaire, ce n’est pas un spectacle" (François)

Le site Zenit a publié la traduction intégrale de la catéchèse en italien prononcée par le pape, lors de l’audience générale de ce mercredi 22 novembre 2017 sur la Place Saint-Pierre :

 

Le pape a invité à réfléchir :

 

"si, au moment de la messe, nous allons au calvaire – réfléchissons avec notre imagination – et si nous savons que cet homme, là, est Jésus. Mais est-ce que nous nous permettrions de bavarder, de faire des photos, de faire un peu de spectacle ? Non ! Parce que c’est Jésus ! Nous resterions certainement en silence, en pleurs et aussi dans la joie d’être sauvés. Quand nous entrons dans une église pour célébrer la messe, pensons à cela : j’entre au calvaire, où Jésus donne sa vie pour moi. Et ainsi, le spectacle disparaît, les bavardages disparaissent, les commentaires et ce genre de choses qui nous éloignent de cette chose si belle qu’est la messe, le triomphe de Jésus."

 

Et le pape de conclure :

 

"La messe, c’est revivre le calvaire, ce n’est pas un spectacle."

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20 novembre 2017 1 20 /11 /novembre /2017 12:23
Le Seigneur des anneaux : le rapport avec la foi catholique

Source: Aleteia.org

Le Seigneur des anneaux a-t-il un rapport avec la foi catholique ?

 

Alors qu'Amazon vient d'acquérir les droits du "Seigneur des anneaux" pour près de 250 millions de dollars pour en faire une série, retour sur une question fondamentale : où se niche la partie catho dans la célèbre trilogie de Tolkien ?

 

Le Seigneur des anneaux a-t-il un rapport avec la foi catholique ? Tolkien le croyait fermement et il a essayé de l’expliquer, lui qui disait :« Le Seigneur des Anneaux est bien entendu une œuvre fondamentalement religieuse et catholique ; de manière inconsciente dans un premier temps, puis de manière consciente lorsque je l’ai retravaillée ».

 

John Ronald Reuld Tolkien (1892-1973) fut professeur en langue et littérature anglaise à l’université d’Oxford. Sa passion pour la philologie, l’étude des langues et des dialectes, l’a amené à s’intéresser de près aux mythes et récits anciens. Il se lamentait du fait que son propre pays ait perdu son fond de culture mythologique, et s’est alors donné pour tâche d’en élaborer une. Cela donnera le Silmarillon, cadre dans lequel s’inscrit l’histoire du Seigneur des Anneaux. Tout en empruntant largement aux mythes païens et nordiques, il a cependant choisi de construire une histoire fictive qui soit cohérente avec sa propre foi catholique.

Lire aussi : Tolkien, le grand romancier catholique, continue d’inspirer

 

Si le Silmarillion se présente comme la synthèse de toute la mythologie imaginée par Tolkien, Le Seigneur des Anneaux est un détail de cette fresque gigantesque. Ce récit est présenté par l’auteur comme une Faërie, un conte de fée. Non qu’il faille y voir là une histoire naïve, gentillette avec des personnages simplistes, faisant abstraction de toute laideur, car ce serait là, pour Tolkien une dégénérescence du genre. La Faërie est en réalité très liée à la mythologie et désigne le fait de raconter une histoire se déroulant dans un pays imaginaire : le pays des Elfes, aussi appelés Fées. En résumé, la Faërie tient alors dans l’art d’imaginer un monde dans lequel trois éléments sont réunis : le recouvrement, l’évasion et la consolation.

 

L’œuvre de Tolkien présente trois niveaux de catholicité : un premier explicite, disons un catholicisme de surface, qui est celui des correspondances entre les personnages, ainsi que des similitudes entre les éléments factuels du récit et ceux de l’histoire sainte. C’est le niveau le plus faible, sur lequel Tolkien insiste le moins et qui ne correspond pour lui qu’a de brefs clins d’oeil plus ou moins pertinents disséminés dans le roman. Selon lui, tout au mieux peuvent-ils évoquer des éléments de la Révélation mais cela limité et accessoire. Ainsi les personnages de Frodon, Gandalf et Aragorn apparaissent sous certains aspects comme des figures christiques, tandis que la quête de destruction de l’Anneau, responsable de la chute des hommes évoque l’histoire du Salut, et les différentes batailles ont quelque chose de l’eschatologie chrétienne, etc.

Lire aussi : Un inédit de Tolkien publié un siècle après son écriture

 

Le second niveau est celui du catholicisme de fond, qui est, selon l’auteur, la vraie richesse de son œuvre. Il ne s’agit pas ici de lire en cherchant des références chrétiennes mais d’effectuer la démarche inverse : assimiler les messages portés par l’histoire sans a priori, pour ensuite s’apercevoir que ceux-ci se trouvent pleinement exprimés dans tout le christianisme. On peut ainsi distinguer deux types de thèmes abordés : ce qui a rapport au transcendant d’un côté et à l’immanent de l’autre. Tout au long de l’histoire on s’aperçoit en effet que la suite des événements s’enchaîne grâce aux actes des protagonistes, mais aussi par d’heureux « hasards » qui semblent être bien plus que cela. La présence d’une transcendance est discrètement insérée dans tout le récit : l’échec de Frodon au point ultime de sa quête est ainsi très significatif. Tout en illustrant la participation des créatures à la lutte contre le mal, il rappelle que la grâce divine est cependant nécessaire pour vaincre. A travers le personnage de Gollum se manifeste la question de la miséricorde, etc.

 

Mais il y a aussi des thématiques de natures plus immanentes, on pourrait dire morales. Et c’est sans doute à ce niveau que se situe ce qu’il y a de plus intéressant dans le Seigneur des Anneaux : L’histoire présente des personnages très différents faisant face à une menace grandissante, qui les dépasse largement, dans des situations contingentes dont ils ne maîtrisent qu’une petite part. Il s’agit donc pour eux de discerner le mal à combattre et de s’y atteler, même si cela paraît sans espoir. Les thématiques tournent beaucoup autour de la tentation du pouvoir et de ses dangers. Tolkien, très sensible au thème du respect de la Création et de la nature, dénonce les dangers de l’industrialisation et des machines sans pour autant tomber dans un écologisme naïf.

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20 novembre 2017 1 20 /11 /novembre /2017 07:14

Source: La Nuova Bussola Quotidiana

Dalla rivista illuminista spunta un Voltaire cattolico

20-11-2017

Rino Cammilleri

Du magazine illuminé apparaît un Voltaire catholique

François-Marie Arouet (1694-1778) signait avec le pseudonyme de Voltaire et vous savez quel était son sport favori: tirer à bout portant sur le christianisme. C'est la fameuse phrase "Écrasez l'infâme !" (Écraser l'infâme, c'est-à-dire avant tout l'Église catholique). Cependant, comme Napoléon (mais aussi comme Cavour), à la fin de la vie, il voulait le prêtre. Oui, parce que vous ne savez jamais. Il ne sera pas le premier - ni le dernier - de ceux qui, après avoir donné le corps et leurs œuvres au diable, donneront du moins l'âme à Dieu. En fait, la nouvelle de sa conversion à l'article de la mort est une nouveauté, rapporté par Aleteia.org le 16 novembre 2017.

Le professeur Carlos Valverde a noté le volume XII d'un vieux magazine français: Correspondance littéraire, philosophique et critique (1753-1793). En avril 1778, pages 87-88, voici le document manuscrit (ou dicté) de Voltaire en personne: "je, soussigné, déclare que le fait d'avoir vomi du sang il y a quatre jours, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, et ne pas être en mesure d'aller à l'église, le curé de la paroisse de Saint-Sulpice, a voulu ajouter à ses bonnes actions que de m'envoyer à monsieur Gauthier, prêtre. Je suis allé en confession avec lui, et si Dieu dispose de moi, je meurs dans la sainte religion catholique dans laquelle j'étais né, en espérant que la miséricorde divine daigne pardonner toutes mes fautes, et si j'ai scandalisé l'Église, je demande pardon à Dieu et à elle. Signé, Voltaire, 2 mars 1778, chez le marquis de Villevielle, en présence de monsieur l'abbé Mignot, mon neveu, et de monsieur le marquis de Villevielle, mon ami."

 

Voltaire mourut le 30 mai suivant , et rien n'indique qu'il ait changé d'avis à l'égard de ce 2 mars. Une profession de foi extraordinaire pour celui qui a consacré sa vie, avec les armes de l'ironie et du sarcasme, à vomir la haine de l'Église et du christianisme. Bien sûr, l'âme humaine est insondable. Ou peut-être simplement, la peur, quatre-vingt-dix. Serait-ce un bluffe, cette conversion sur le fil du rasoir? Cela ne semble pas, car le magazine en question a été édité par des encyclopédistes tels que Diderot et Grimm. Puis parce qu'il renvoie à cet autre document: "Nous déclarons cette copie conforme à l'original, qui est resté entre les mains de M. Abbe Gauthier et que nous avons tous deux signé, comme ce certificat. Paris, 27 mai 1778. L'abbé Mignot (le marquis de Villevielle). Le magazine, dans le numéro qui dépeint la mort de Voltaire, proteste à l'éloge de ce dernier, "le plus grand, le plus illustre, peut-être le seul monument de cette ère glorieuse, dans lequel tous les talents, tous les arts de l'esprit humain semblait s'être élevé au plus haut degré de perfection."

Dans le numéro de juin, apparaît une lettre de l'abbaye de Scellières à l'évêque de Troyes. Celle-ci interdisait à Voltaire d'être inhumé à l'abbaye comme le voulait sa famille, mais le prieuré averti de la profession de foi que Voltaire avait écrite (ou dictée) le 2 mars ne pouvait pas rejeter consciencieusement la demande. Ce document confirme également la conversion de Voltaire. Cependant, le corps de Voltaire resta peu dans cette abbaye. Quelques années plus tard, en 1791, la Révolution triomphante, ignorant peut-être ce qui se passa le 2 mars 1778 chez le marquis de Villevielle, le porta avec honneur au Panthéon parisien, c'est-à-dire à l'ancienne église de Sainte-Geneviève désacralisée, et le plaça devant Rousseau, un autre grand héros de cette "ère glorieuse".

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20 novembre 2017 1 20 /11 /novembre /2017 05:11

Source: La Nuova Bussola Quotidiana

La visione di Giovanni Paolo II: «L'islam invaderà l'Europa»

18-11-2017

Valerio Pece

 

 

La vision de Jean-Paul II: "L'Islam envahira l'Europe"

NdCR. J'ai rajouté des liens en français dans cette traduction.

La vision de Jean-Paul II: "L'Islam envahira l'Europe"

 

"Je vois l'église du troisième millénaire affligée par une peste mortelle, elle s'appelle l'Islam. Elle envahira l'Europe. J'ai vu les hordes venir de l'Ouest à l'Est: du Maroc à la Libye, de l'Egypte aux pays de l'Est." C'est la vision choquante de saint Jean-Paul II, jamais publiée auparavant. Témoin de la confession destinée à faire du bruit, Monseigneur Mauro Longhi du Presbytère de la Prélature de l'Opus Dei, très souvent en contact étroit avec le Pape polonais pendant son long pontificat. L'évêque de de Trieste a révélé l'épisode depuis l'ermitage "Saints Pierre et Paul" à Bienno Val Camonica lors d'une conférence organisée en mémoire de Jean-Paul II, le 22 octobre, jour où l'Eglise célèbre la mémoire liturgique du saint .

Faire la clarté nécessaire et encadrer la vision prophétique de Karol Wojtyla comme rapportée par un prêtre au-dessus de tout soupçon (Monseigneur Longhi a bénéficié de l'estime personnelle non seulement de Jean-Paul II, mais aussi de Benoît XVI, tant qu'il fut appelé en 97 au dicastère Vatican pour la Congrégation du Clergé), certaines références géographiques et temporelles sont nécessaires.

Entre 1985 et 1995, le jeune économiste Mauro Longhi (ordonné prêtre en 95) accompagna et accueillit le pape Wojtyla dans ses fières randonnées de ski en montagne. Régulièrement, quatre à cinq fois par an pendant dix ans, et il l'a fait dans ce qui est maintenant le lieu d'été du Séminaire international de la Prélature de l'Opus Dei, mais qui était alors une simple maison de campagne pour ceux qui dans le travail ont voulu se préparer pour la prêtrise et à l'enseignement de la théologie. Nous sommes dans la province de l'Aquila, environ à 800 mètres, en direction de la Piana delle Rocche, hameau d'Ocre. "Le Saint-Père est sorti de Rome avec beaucoup de confiance, accompagné d'une petite voiture de son secrétaire, Mgr Stanislaw Dziwisz et de quelques amis polonais, et au péage de l'autoroute - le seul endroit où l'on pouvait le reconnaître - faisait semblant de lire un journal devant le visage." Ainsi Mgr. Longhi, inaugura un interminable tas d'anecdotes subtiles (souvent accompagné –  d'un berger minutieux, qu'il est  d'explications théologiques opportunes).

Mais c'est certainement le Karol Wojtyla mystique, que l'évêque a diverti les auditeurs chanceux, montés à Bienno; Ce que très peu savent, le secret et le mystérieux, le grand protagoniste de l'un des plus longs pontificats de l'Église. C'est le pape que Mgr Longhi a rencontré la nuit dans la chapelle de montagne agenouillée pendant des heures sur les bancs de bois inconfortables devant le Tabernacle. Et c'est le pape qui, la nuit, habitait la maison des Abruzzes, a entendu, parfois même de façon animée, le dialogue entre le Seigneur et sa Mère bien-aimée, la Vierge Marie.

Pour enquêter sur le mystique Karol Wojtyla (ce qu'Antonio Socci a magistralement fait dans son livre bien documenté "Les Secrets de Karol Wojtyla", édité par Rizzoli en 2008), Mgr Longhi dit combien confié fut Andrzej Deskur, le Cardinal polonais, compagnon de séminaire de Jean-Paul II, secrétaire cubain de Cracovie. Deskur, pendant des années le Président de la Commission Pontificale pour les Communications sociales (1973-1984), peut certainement être considéré comme le plus grand ami de Wojtyla, qui, à l'appui de son pontificat, s'est offert en victime - en acceptant la volonté divine de l'accident vasculaire cérébral et la paralysie conséquente - dans ce profond mystère qu'est la "substitution du vicaire" (ce sera d'aller à l'hôpital pour l'ami souffrant qui le soir même de l'élection Jean Paul II fera sa première, incroyable et clandestine "évasion du Vatican).

C'est ce que dit l'évêque Longhi: "Il a le don de vision", m'a dit Andrzej Deskur. Je lui ai demandé ce que cela signifiait. "Il parle avec Dieu incarné, Jésus, il voit son visage et il voit aussi le visage de sa mère." Depuis quand? "Depuis sa première messe le 2 novembre 1946, lors de l'élévation de l'Ostie. Il était dans la crypte Saint Léonard de la cathédrale de Wawel à Cracovie, où il a célébré sa première offrande de messe au suffrage de l'âme de son père. Monseigneur Longhi ajoute que le secret révélé par le Cardinal Deskur - ces yeux de Dieu qui se tiennent sur Wojtyla chaque fois qu'il érige la coupe et l'hostie - peut paradoxalement être compris en lisant la dernière encyclique de Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia. A la conclusion 59, le pape polonais se souvenant du moment de sa première messe, finit par dévoiler le mystère qui l'a accompagné toute sa vie: "mes yeux se sont concentrés sur l'hostie et sur le calice, dans lesquels le temps et l'espace se sont en quelque sorte 'contractés' et dans lesquels le drame du Golgotha s'est à nouveau rendu présent avec force, dévoilant sa mystérieuse 'contemporanéité'."

Parmi les nombreux témoignages, cependant, l'épisode qui a le plus frappé le public de l'ermitage de Bienno, et qui s'inscrit dans le cadre de l'une des nombreuses promenades sur le Massif du Gran Sasso, est sans aucun doute ce qui a trait à l'islam et à l'Europe. Monseigneur Longhi anticipe les paroles du saint polonais - objectivement impressionnantes - d'un prologue très humain, parfois hilarant, composé de blagues, d'échanges de sandwichs et de reproches théâtraux sur la première publication de ce Catéchisme de l'Église catholique, fortement voulu par Wojtyla (ne pas attendre l'édition latine typique, en fait, infligera des erreurs que vous devrez réparer avec des corrections rigoureuses). A cette occasion, le Saint-Père et Monseigneur, évidemment plus rapides que les autres, ont séparé le groupe, dans lequel - comme toujours quand le Pape a quitté Rome - il y avait son secrétaire spécial, le plus fiable Stanislao Dziwisz, qu'en 2006 Benoît XVI créera cardinal et est maintenant archevêque émérite du diocèse de Cracovie. Le passage de Mgr. Longhi (avec ses approches de la terrible vision mystique du Pape) doit donc être complètement rapporté (la conférence est sur YouTube, à partir de la minute 48 vous pouvez voir le passage que nous vous rapportons).


Les deux se penchent sur un rocher, face à face, mangent un sandwich et attendent que le groupe arrive. Voici le récit textuel de Monseigneur: "Je l'avais regardé en pensant qu'il pourrait avoir besoin de quelque chose, mais il se rendit compte que je le regardais, il eu le frisson dans la main, c'était le début de la maladie de Parkinson. "Cher Mauro, c'est la vieillesse...", et j'ai immédiatement dit: "Non, Sainteté, elle est jeune!" Quand il a été contredit dans certaines conversations familiales, il est devenu bête. "Ce n'est pas vrai! Je dis que je suis vieux parce que je suis vieux!". De l'opinion de Monseigneur, c'est précisément l'écoulement du temps avec l'introduction de la maladie qui amène le Pape polonais à ressentir le besoin urgent de transmettre cette vision mystique. "Ici alors, Wojtyla change de ton et de voix, continue le Monseigneur, et prenant part à une de ses visions nocturnes, il me dit: 'Souviens-toi de ceux que tu rencontreras dans l'Église du troisième millénaire. Je vois l'Église affligée par une plaie mortelle. Plus profonde, plus douloureuse que celles de ce millénaire', se référant à celles du communisme et du totalitarisme nazis. 'Ça s'appelle l'Islam. Ils envahiront l'Europe. J'ai vu les hordes venir de l'Occident à l'Orient', et il fait une description des pays: du Maroc à la Libye en Egypte, et ainsi de suite à la partie orientale. Le Saint-Père ajoute: 'Envahissant l'Europe, l'Europe sera une cave de vieilles reliques, de crépuscules, de toiles d'araignées. Des souvenirs de famille. Vous, l'église du troisième millénaire, devrez contenir l'invasion. Mais pas avec des armes, les armes ne suffiront pas, avec votre foi vécue avec intégrité.' "

C'est le précieux témoignage de ceux qui, pendant des années, ont été en contact étroit avec le Saint-Père, et avec qui il a concélébré maintes fois. Il va sans dire que la confession du pape Wojtyla remonte à mars 1993, et il y a 24 ans, très différents étaient à la fois le cadre social et le nombre de la présence islamique en Europe. Ce n'est pas par hasard, sans doute, que dans l'Exhortation Apostolique de 2003, Ecclesia in Europa, Jean-Paul II a clairement parlé d'une relation avec l'Islam qui devait être "correcte", menée avec "prudence, des idées claires sur ses possibilités et ses limites", consciente de la "divergence notable entre la culture européenne, qui a de profondes racines chrétiennes, et la pensée musulmane" (n° 57). Bien qu'avec le langage d'un document magistral, par sa nature même, il a semblé que le Saint-Père a imploré l'établissement d'une connaissance "objective" de l'islam (No.57). Un paradigme et une sensibilité, donc, claire et sans équivoque, surtout si l'on considère un autre passage d'Ecclesia in Europa, dans lequel le pape Wojtyla après avoir stigmatisé "l'étonnement et le sentiment de frustration des chrétiens qui accueillent", pendant que dans de nombreux pays islamiques ils "se voient interdire tout exercice du culte chrétien" (n ° 57 parle des arrivées des flux migratoires, espérant même une "ferme répression des abus" (n ° 101). 

Nous devons prendre note que nous sommes confrontés à la lecture politiquement incorrecte du phénomène islamique par un pape canonisé par l'Eglise catholique; une première lecture "prophétique", puis magistrale (il n'est pas difficile d'imaginer que la jeune vision prophétique choquante ait influencé l'écriture d'Ecclesia in Europa). "L'Islam va nous envahir." Peut-être qu'il le fait déjà. Tandis qu'inexorablement, s'éteint la lumière sur l'Europe chrétienne, réduite à une cave pleine de vieilles reliques et de toiles d'araignées. "Karol le Grand" a parlé, encore aujourd'hui nous invite à résister à l'invasion avec la foi vécue dans son intégralité.

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19 novembre 2017 7 19 /11 /novembre /2017 06:28

Vous ne voulez pas du Christ, vous aurez des porcs ! La société déplore en ce moment l'augmentation des cas de harcèlements sexuels envers les femmes avec le hasgtag "balance ton porc". Or, en 1968, évoquant les "graves conséquences des méthodes de régulation artificielle de la natalité", Paul VI avait averti :

 

"Les hommes droits pourront encore mieux se convaincre du bien-fondé de la doctrine de l'Eglise en ce domaine, s'ils veulent bien réfléchir aux conséquences des méthodes de régulation artificielle de la natalité. Qu'ils considèrent d'abord quelle voie large et facile ils ouvriraient ainsi à l'infidélité conjugale et à l'abaissement général de la moralité. Il n'est pas besoin de beaucoup d'expérience pour connaître la faiblesse humaine et pour comprendre que les hommes - les jeunes, en particulier, si vulnérables sur ce point - ont besoin d'encouragement à être fidèles à la loi morale, et qu'il ne faut pas leur offrir quelque moyen facile pour en éluder l'observance. On peut craindre aussi que l'homme en s'habituant à l'usage des pratiques anticonceptionnelles, ne finisse par perdre le respect de la femme et, sans plus se soucier de l'équilibre physique et psychologique de celle-ci, n'en vienne à la considérer comme un simple instrument de jouissance égoïste, et non plus comme sa compagne respectée et aimée." (Paul VI, Humanae Vitae, # 17)

​​​​​​​

Dans cette encyclique, Paul VI prédisait 

  • 1. La contraception conduirait à l’infidélité conjugale.
  • 2. La pratique contraceptive conduirait à “un abaissement général de la moralité”.
  • 3. La contraception conduirait les hommes à cesser de respecter le femmes dans leur intégralité, et les amènerait à traiter les femmes comme “de simples instruments du plaisir égoïste” plutôt que comme des partenaires chéries.
  • 4. Et, finalement, l’acceptation généralisée de la contraception au sein des couples conduirait à l’imposition massive de la contraception par des gouvernements sans scrupule.

 

Au paragraphe 22, il voulait "rappeler l'attention des éducateurs et de tous ceux qui ont des tâches de responsabilité pour le bien commun de la société sur la nécessité de créer un climat favorable à l'éducation à la chasteté, c'est-à-dire au triomphe de la saine liberté sur la licence par le respect de l'ordre moral."

 

Au paragraphe précédent, il disait : "une pratique honnête de régulation de la natalité exige avant tout des époux qu'ils acquièrent et possèdent de solides convictions sur les vraies valeurs de la vie et de la famille et qu'ils tendent à acquérir une parfaite possession d'eux-mêmes. La maîtrise de l'instinct par la raison et la libre volonté impose sans nul doute une ascèse pour que les manifestations affectives de la vie conjugale soient dûment réglées, en particulier pour l'observance de la continence périodique. Mais cette discipline, propre à la pureté des époux, bien loin de nuire à l'amour conjugal, lui confère au contraire une plus haute valeur humaine. Elle exige un effort continuel, mais grâce à son influence bienfaisante, les conjoints développent intégralement leur personnalité, en s'enrichissant de valeurs spirituelles: elle apporte à la vie familiale des fruits de sérénité et de paix, et elle facilite la solution d'autres problèmes; elle favorise l'attention à l'autre conjoint, aide les époux à bannir l'égoïsme, ennemi du véritable amour, et approfondit leur sens de responsabilité."

 

Paul VI avertissait, de nouveau au paragraphe 22: "Tout ce qui, dans les moyens modernes de communication sociale, porte à l'excitation des sens, au dérèglement des mœurs, comme aussi toute forme de pornographie ou de spectacles licencieux, doit provoquer la franche et unanime réaction de toutes les personnes soucieuses du progrès de la civilisation et de la défense des biens suprêmes de l'esprit humain. Et c'est en vain qu'on chercherait à justifier ces dépravations par de prétendues exigences artistiques ou scientifiques, ou à tirer argument de la liberté laissée en ce domaine par les autorités publiques."

 

C'est donc en vain que les "féministes" réclament le respect de la femme si d'un autre côté elles promeuvent une société coupée des enseignements chrétiens. C'est tout le logiciel moderne de la porcherie créée par les progressistes depuis cinquante ans qui devra être nettoyé et revu à l'aune de la critique catholique si l'on se soucie réellement de la défense des droits des femmes.

Encore une fois, en ce domaine, l'Eglise est maîtresse en matière de morale conjugale, la gardienne authentique des droits de la femme et des valeurs humaines.

 

Lire : La femme au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime : l'exclusion des femmes ne date pas des "siècles obscurs" mais vient plus tard, de la modernité

 

Enfin, "aux gouvernants, qui sont les principaux responsables du bien commun, et qui peuvent tant pour la sauvegarde des valeurs morales", Paul VI leur disait au paragraphe 23 : "ne laissez pas se dégrader la moralité de vos peuples; n'acceptez pas que s'introduisent, par voie légale, dans cette cellule fondamentale de la société qu'est la famille, des pratiques contraires à la loi naturelle et divine !"

On imagine l'immense dégât causé par le "mariage homosexuel" imposé par voie légale ("loi Taubira") et les conséquences incalculables en terme de violences dans la société que ce genre de pratiques contraires à la loi naturelle et divine engendrera.

Les prophéties d'Humanae Vitae de Paul VI se sont réalisées

Les prédictions faites par le Pape Paul VI dans l'encyclique Humanae Vitae se sont réalisées selon le cardinal de New York Timothy Dolan, ainsi que le rapporte lifesitenews.com.

 

Lors d'une réunion des évêques américains, Dolan a parlé d'une "mentalité contraceptive généralisée" conduisant à l'infidélité conjugale et à un abaissement général des normes morales : les personnes sont utilisées pour la satisfaction d'autrui et abandonnées lorsqu'elles ne procurent plus de plaisir.

 

Il lie la contraception à la violence conjugale, à la traite des êtres humains, à la pornographie, au harcèlement sexuel, aux agressions, aux abus et à l'avilissement général des femmes.

 

Gloria.tv

L'article en anglais publié sur LifeSiteNews le 16 novembre : "Cardinal Dolan: Humanae Vitae’s warnings about contraception coming true ‘in so many ways’ "

Les prophéties d'Humanae Vitae de Paul VI se sont réalisées

(Traduction partielle)

 

Les avertissements d'Humanae Vitae sur la contraception se réalisent de tant de manières

 

Les prédictions du Bienheureux Pape Paul VI sur la propagation de la contraception se sont réalisées, a déclaré le cardinal Timothy Dolan à ses confrères américains lors de leur rencontre cette semaine.

 

Dolan, le président du Comité des évêques sur les activités pro-vie, a fait le point sur les efforts pro-vie des évêques. Une partie de cette mise à jour a souligné le 50e anniversaire de Humanae Vitae, l'encyclique du pape Paul VI confirmant l'opposition de l'Église à la contraception artificielle.

 

"En 1968, le Bienheureux Pape Paul VI nous a prophétiquement rappelé le noble dessein original de Dieu pour l'amour conjugal des époux", a déclaré Dolan. "Pour ceux qui étaient disposés à accepter la sagesse et la vision de Humanae Vitae , aussi difficile que cela puisse être, ils ont trouvé la beauté et la liberté dans l'enseignement de l'Église."

 

"Nous aimerions utiliser l'occasion du 50ème anniversaire pour relever la vérité, la beauté et la liberté" qui viennent du suivi des enseignements de l'Eglise sur la sexualité humaine, a-t-il dit.

 

" Humanae Vitae , bien sûr, a donné une vision prophétique et positive de l'amour et de la vie", a expliqué Dolan. "Mais il a également donné un avertissement sobre de l'endroit où nous allions si nous choisissions un chemin différent."

 

Il ne fait aucun doute que la prédiction du pape défunt selon laquelle "une mentalité contraceptive étendue conduirait à une 'infidélité conjugale et à un abaissement général des normes morales'" est devenue réalité, a déclaré Dolan.

 

Paul VI "a averti que 'un homme qui s'habitue à l'utilisation de méthodes contraceptives peut oublier la révérence due à sa partenaire, une femme, et en négligeant son équilibre physique et émotionnel, la réduire à n'être plus qu'un simple instrument pour la satisfaction de ses désirs'", a-t-il continué. "Garçon, à bien des égards aujourd'hui, nous voyons des personnes utilisées pour la satisfaction des autres et abandonnées lorsqu'elles ne procurent plus de plaisir ou deviennent gênantes."

 

Avec l'influence de la contraception, "la violence domestique, la traite des êtres humains, la pornographie, le harcèlement sexuel, les agressions, les abus et l'avilissement général des femmes" sont devenus monnaie courante.

 

"Prédisant, malheureusement avec précision, les mandats de contraception imposés par le gouvernement, a averti le Bienheureux Paul, 'si [le gouvernement] considère cela comme nécessaire, ils peuvent l'imposer même à tout le monde", a poursuivi Dolan. "De nouveau à droite!"

 

Le cardinal a noté la "colonisation idéologique" de la contraception que les pays occidentaux imposent aux pays moins développés et le mandat de contraception du gouvernement américain comme exemples.

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19 novembre 2017 7 19 /11 /novembre /2017 05:14

Source: The Catholic Worl Report

18 Novembre 2017

Carl E. Olson

We must fear God from love, not love God from fear

 

Sur les lectures du dimanche 19 novembre 2017

Note du Blog Christ-Roi. Dans cette traduction, j'ai ajouté dans le texte des liens vers les sources bibliques de l'"Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones".

Nous devons craindre Dieu par amour, non aimer Dieu par la peur

Lectures

Prov 31: 10-13, 19-20, 30-31

Ps 128: 1-2, 3, 4-5

1 Th 5, 1-6

Matt 25: 14-30

 

L'évêque français Jean Pierre Camus (1584-1652) était un disciple de saint François de Sales et l'auteur de L'Esprit de Saint François de Sales. Dans ce travail, il a enregistré les paroles suivantes du grand évêque, confesseur et docteur: "La méditation sur les quatre choses dernières (mort, jugement, paradis, enfer. NdCR.) vous sera utile pourvu que vous finissiez toujours par un acte de confiance en Dieu. Ne représentez jamais à vous-même la Mort ou l'Enfer d'un côté, à moins que la Croix ne soit de l'autre côté; de sorte que lorsque vos craintes ont été excitées de l'un vous puissiez avec confiance demander de l'aide de l'autre.

Camus a ensuite enregistré cette observation frappante de St. Francis de Sales: "Le point sur lequel il a insisté principalement était que nous devons craindre Dieu par amour, pas aimer Dieu par la peur."

Les références à la "crainte de Dieu" se produisent plusieurs fois dans l'Écriture. Il s'agit d'une phrase facilement incomprise, car craindre quelque chose ou quelqu'un nous rappelle l'envie de fuir ou d'éviter quoi que ce soit ou quiconque cause notre peur. Pourtant, cette crainte du Seigneur est étroitement liée dans la Bible à un amour vrai et durable du Seigneur. Un texte fondamental est Deutéronome 6, dans lequel il est dit six fois aux Hébreux de "craindre le Seigneur votre Dieu" (Dt 6: 2, 13, 24), mais sont également commandés d'aimer le seul vrai Dieu: "... et vous devrez aimer le Seigneur, votre Dieu, de tout votre cœur, de toute votre âme et de toute votre force" (Dt 6, 5).

 

Cette crainte amoureuse de Dieu est aussi intimement liée à la sagesse: "La crainte du Seigneur est le commencement de la connaissance" (Proverbes 1: 7) et la vraie vie: "La crainte du Seigneur est source de vie" (Prov 14:27; Cf. Prov 19:23). Les exemples abondent, mais cela suffit pour fournir un contexte à la première lecture, dans laquelle la femme digne est louée pour beaucoup de choses, qui sont toutes enracinées dans sa crainte du Seigneur (Prov 31:30). Comme l'expliquent les notes de la Nouvelle Bible Américaine, cette crainte est "d'abord une disposition plutôt que l'émotion de la peur; la crainte révérencielle et le respect envers Dieu, associés à l'obéissance à la volonté de Dieu."

C'est pourquoi le prophète Isaïe a énuméré la crainte du Seigneur comme l'un des sept dons de l'Esprit de Dieu (Es 11: 2-3, CCC, 1831). Cette crainte est, paradoxalement, une conscience vibrante de qui nous sommes aux yeux d'un Dieu aimant; C'est aussi une reconnaissance des devoirs qui viennent avec le don de la miséricorde et la grâce de Dieu. Cela signifie que ceux qui ont une crainte correcte de Dieu sont spirituellement éveillés et conscients, préparés pour le jour du Seigneur que Saint Paul a écrit sur les chrétiens à Thessalonique. Ceux qui sont remplis du Saint-Esprit sont des "enfants de la lumière" et des "enfants du jour" qui ne dorment pas comme les autres, c'est-à-dire qui sont spirituellement vigilants et alertes.

L'Évangile d'aujourd'hui fait mention de la peur, mais c'est une crainte différente. La parabole des talents est d'environ trois serviteurs confiés par leur maître sortant avec des montants d'argent différents. Chaque somme est assez grande; il est probable qu'un "talent" équivaudrait à vingt ans de salaire. Les deux premiers serviteurs ont utilisé leurs talents (oui, c'est pourquoi le terme "talent"  fait référence aux capacités ou aux dons) pour produire un profit. Mais le troisième est allé et enterré son seul talent dans le sol. Pourquoi? Quand cela lui a été demandé par son maître en colère, il a expliqué qu'il a agi "par peur".

La réaction fâcheuse du maître est choquante et nous sommes tentés de penser qu'il réagit de manière excessive. Mais nous voyons ici la différence entre une crainte Sainte et vertueuse, et une crainte douteuse et sans foi. Les premiers agissent par amour pour Dieu et sont sans peur pour l'amour du Royaume; ce dernier est paralysé et sans foi, manquant d'amour. Nous devons, comme un grand Saint l'a enseigné, craindre Dieu par amour.

 

 

(Cette colonne "Explication du mot" est parue dans l'édition du journal Our Sunday Visitor, du 13 novembre 2011)

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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 18:04

Un an après la publication des dubia le cardinal Raymond Burke présente un dernier plaidoyer au Saint-Père afin de clarté, disant que la situation "grave" s'aggrave continuellement et qu'il est "urgent" que le Pape "confirme ses frères dans la foi avec une expression claire de l'enseignement concernant à la fois la morale chrétienne et le sens de la pratique sacramentelle de l'Église".

Destiné à clarifier les passages controversés du chapitre 8 de l'exhortation apostolique post-synodale Amoris Laetitia, les dubia par cinq questions - une pratique ancienne et coutumière visant à clarifier les domaines de la doctrine - cherchaient à déterminer, entre autres, si l'enseignement de l'Église autorisait les divorcés "remariés", engagés dans des relations sexuelles, à recevoir les sacrements.

Depuis qu'Amoris Laetitia a été publié en avril 2016, certaines conférences épiscopales, s'appuyant sur l'exhortation, ont déclaré que certains divorcés civilement remariés pouvaint désormais recevoir les sacrements en fonction de leur situation personnelle, tandis que d'autres évêques se fondent sur l'enseignement pérenne de l'Église, disent qu'ils ne peuvent pas.

Dans un entretien du 14 novembre au National Catholic register, le cardinal américain a expliqué qu'"un processus qui est subversif des parties essentielles de la Tradition a été mis en mouvement. En ce qui concerne la morale chrétienne, certains prétendent que les normes morales absolues doivent être relativisées et qu'une conscience subjective autoréférentielle doive recevoir une primauté - en fin de compte équivoque - en ce qui concerne la morale. Ce qui est en jeu, par conséquent, n'est en aucun cas quelque chose de secondaire au kérygme ou message fondamental de l'Evangile. Nous parlons de savoir si oui ou non la rencontre d'une personne avec le Christ peut, par la grâce de Dieu, donner forme au chemin de la vie chrétienne afin qu'elle puisse être en harmonie avec la conception sage du créateur. Pour comprendre l'ampleur de ces changements proposés, il suffit de penser à ce qui se passerait si ce raisonnement devait s'appliquer à d'autres cas, comme celui d'un médecin pratiquant un avortement, d'un homme politique appartenant à un cercle de corruption, d'une personne souffrante décidant de faire une demande d'aide au suicide..."

A la question "Certains ont dit que l'effet le plus pernicieux de tout cela est une attaque contre les sacrements ainsi que l'enseignement moral de l'Église. Comment peut-il en être ainsi?", voici sa réponse :

"Au-delà du débat moral, le sens de la pratique sacramentelle ecclésiale s'érode de plus en plus dans l'Église, notamment en ce qui concerne les sacrements de la pénitence et de l'Eucharistie. Le critère décisif pour l'admission aux sacrements a toujours été la cohérence du mode de vie d'une personne avec les enseignements de Jésus. Si au contraire le critère décisif devait devenir l'absence de culpabilité subjective d'une personne - comme l'ont suggéré certains interprètes d'Amoris Laetitia - cela ne changerait-il pas la nature même des sacrements? En fait, les sacrements ne sont pas des rencontres privées avec Dieu, ni des moyens d'intégration sociale dans une communauté. Ce sont plutôt des signes visibles et efficaces de notre incorporation au Christ et à son Église, par lesquels l'Église professe et active publiquement sa foi. Ainsi, en transformant la culpabilité subjective ou le manque de culpabilité d'une personne en critère décisif de l'admission aux sacrements, on mettrait en danger la regula fidei, la règle de la foi, que les sacrements proclament et actionnent non seulement par des mots, mais aussi par des gestes visibles."

Le Cardinal conclut par cette grave question :

"Comment l'Église pourrait-elle continuer à être le sacrement universel du salut si la signification des sacrements devait être vidée de son contenu?"

Le cardinal Burke s'exprime sur les Dubia un an après leur publication

Les passages les plus importants se trouvent en fin d'article :

Le cardinal Burke s'exprime sur les Dubia un an après leur publication
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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 18:19

Note du blog Christ-Roi. L'article suivant, écrit par Mgr Michel Schooyans, décrit les problèmes actuels dans l'Eglise, développés notamment lors du "Synode sur la famille" ("la question des divorcés remariés, des modèles pour la famille, le rôle des femmes, le contrôle des naissances, le substitut la maternité, l'homosexualité et l'euthanasie"). L'auteur décrit une situation comme une nouvelle confrontation entre d'un côté, les casuistes ou "néo-casuistes" (rapport aux Jésuites du XVIIIe siècle) et les défenseurs rigoureux de la vérité, de l'autre côté.

Les traductions en français des sources scripturaires citées dans l'article sont celles de l'Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones.

Source: OnePeterFive

Mgr Michel Schooyans    November 9, 2017 31 Comments

From Casuistry to ‘Mercy’: Toward a New Art of Pleasing?

Image: Antonio Escobar y Mendoza, un casuiste éminent du 17ème siècle.

Image: Antonio Escobar y Mendoza, un casuiste éminent du 17ème siècle.

On pourrait penser que la casuistique est morte et enterrée, que les controverses du 17ème siècle devraient être terminées une fois pour toutes.

Rarement aucun de nos contemporains ne lit encore les Lettres Provinciales et les auteurs que Pascal (1623-1662) y attaque. Ces auteurs sont des casuistes, c'est-à-dire des moralistes qui cherchent à résoudre des questions de conscience sans succomber au rigorisme. En relisant les fameuses Lettres , nous avons été frappés par la similitude entre un document controversé écrit au 17ème siècle et les positions défendues aujourd'hui par des pasteurs et des théologiens aspirant à effectuer des changements radicaux dans l'enseignement et la doctrine pastorale de l'Eglise.

Le récent Synode sur la famille (octobre 2014-octobre 2015) a révélé une pugnacité réformatrice dont les Lettres Provinciales nous donnent une meilleure compréhension aujourd'hui. Par conséquent, Pascal vient à être connu dans une lumière inattendue.

Le trésor de l'Église

Le Synode sur la famille a révélé un malaise profond dans l'Église - une crise de croissance sans doute, mais aussi des débats récurrents sur la question des divorcés remariés, des modèles pour la famille, le rôle des femmes, le contrôle des naissances, le substitut la maternité, l'homosexualité et l'euthanasie. Il est futile de fermer les yeux: l'Église est défiée dans ses fondements mêmes. Ceux-ci se trouvent dans l'ensemble des Saintes Ecritures, dans l'enseignement de Jésus, dans l'effusion du Saint-Esprit, dans l'annonce de l'Evangile par les Apôtres, dans une compréhension toujours plus fine de la Révélation, dans l'assentiment de la foi par la communauté des croyants. Jésus a confié à l'Église la mission de recevoir ces vérités, en mettant en lumière leur cohérence, en les commémorant.

L'Église n'a pas été donnée par le Seigneur, soit une mission pour modifier ces vérités, soit une mission de réécriture du Credo. L'Église est la gardienne de ce trésor. L'Église devrait étudier ces vérités, les clarifier, approfondir la compréhension de l'homme et inviter tous les hommes à y adhérer par la foi. Il y a même des discussions - sur le mariage, par exemple - qui ont été conclues par le Seigneur lui-même. C'est précisément pour dissimuler ces vérités historiques que les descendants des pharisiens ont nié l'historicité des évangiles (Marc 10:11).

L'enseignement du Seigneur a une dimension morale exigeante. Cet enseignement nous pousse certainement à une adhésion rationnelle à la Règle d'Or, sur laquelle les grands sages de l'humanité ont médité pendant des siècles. Jésus apporte cette règle à sa perfection. Mais la tradition de l'Église a ses propres préceptes de conduite, parmi lesquels l'amour de Dieu et du prochain est primordial. "En tout, fais aux autres ce que tu voudrais qu'ils te fassent; car c'est la loi et les prophètes "(Matthieu 7:12). Ce double commandement est la référence fondamentale pour les actions du chrétien. Le chrétien est appelé à s'ouvrir à l'inspiration de l'Esprit, qui est l'amour, et à répondre à cette inspiration par la foi, qui agit par l'amour (Galates 5: 6). Entre l'un, l'amour, et l'autre, la foi, le lien est indissoluble.

Si, dans l'enseignement de l'Église, ce lien est brisé, la morale chrétienne s'enfonce dans diverses formes de relativisme ou de scepticisme, au point de se contenter d'opinions subjectives et fluctuantes. Il n'y a plus aucune référence à la vérité, ni à l'autorité qui la garantit. La transgression est finalement abolie, parce que les points de référence moraux donnés par Dieu à l'homme sont rejetés. L'homme, sera-t-il même suggéré, n'a plus besoin d'aimer Dieu afin d'obtenir le salut ou de croire en son amour. La moralité est fatalement divisée, et la porte s'ouvre au légalisme, à l'agnosticisme et à la sécularisation.

Dans son enseignement, saint Paul nous exhorte à éviter les pièges d'une morale dépourvue de racines dans la révélation. C'est ainsi qu'il exhorte les chrétiens:

Vous ne devez pas tomber dans les mœurs de ce monde. Il doit y avoir un changement intérieur, une refonte de votre esprit, afin que vous puissiez vous satisfaire de ce qu'est la volonté de Dieu, la bonne chose, la chose désirable, la chose parfaite. (Romains 12: 2).

Et ceci est ma prière pour vous: que votre amour devienne plus riche et plus riche encore, dans la plénitude de sa connaissance et dans la profondeur de sa perception, afin que vous puissiez apprendre à apprécier ce qui a de la valeur. "(Ph 1, 9 s ., 1 Thess 5: 19-22)

Le retour de la casuistique

On perçoit ici le retour de la casuistique censée permettre aux moralistes d'examiner et de résoudre les questions de conscience. Certains moralistes ont l'intention d'offrir des solutions qui plaisent à ceux qui ont recours à leurs connaissances supérieures. Parmi les casuistes d'hier et d'aujourd'hui, les principes fondamentaux de la morale sont éclipsés par les opinions (souvent divergentes) prononcées par ces conseillers spirituels graves. Le désintérêt avec lequel la morale fondamentale est maintenant perçue ouvre la voie à l'introduction d'une loi positive, qui élimine les normes de conduite de toute référence restante aux règles fondamentales de la moralité.

Le casuiste, ou néo-casuiste, est devenu législateur et juge. Il cultive l'art de dérouter les fidèles. Le souci de la vérité , révélé et accessible à la raison, n'a plus d'intérêt. En fin de compte, le seul intérêt sera dans les positions "probables". Par probabilisme , une proposition est ouverte à des interprétations contradictoires.

Le probabilisme permettra de souffler d'abord chaud, puis froid, pour et contre. L'enseignement de Jésus est oublié: "Que ta parole soit 'oui' ou 'non';le reste vient du malin" (Matthieu 5:37, Jacques 5:12, 2 Col. 1:20). Cependant, chaque néo-casuiste ira avec sa propre interprétation. La tendance est à la confusion des propositions, à la duplicité, à la double ou à la triple vérité, à une avalanche d'interprétations. Le casuiste a un cœur divisé mais a l'intention d'être un ami du monde (Jacques 4: 4-8).

Progressivement, les règles de comportement issues de la volonté du Seigneur et transmises par le Magistère de l'Église languissent en déclin. L'évaluation morale des actes peut donc être modifiée. Non contents d'atténuer cette appréciation, les casuistes souhaitent transformer la loi morale elle-même. Ce sera la tâche des casuistes - confesseurs; conseillers spirituels; et, à l'occasion, les évêques. Tous doivent avoir un souci de plaire. Ils doivent en conséquence recourir au compromis et accommoder leurs arguments à la satisfaction des passions humaines: personne ne doit être repoussé. L'évaluation morale d'un acte ne dépend plus de sa conformité à la volonté de Dieu, telle qu'elle nous a été révélée par la révélation. Cela dépend de l'intention de l'agent moral, et cette intention peut être modulée et modelée par le conseiller spirituel qui "soutient" ses disciples. Pour plaire, le conseiller spirituel devra adoucir la rigueur de la doctrine transmise par la tradition. Le pasteur devra adapter ses paroles à la nature de l'homme, dont les passions sont naturellement entraînées au péché. D'où la relégation progressive des références au péché et à la grâce originels.

L'influence de Pelagius (un moine d'origine britannique) est évidente: l'homme doit se sauver lui-même et prendre sa destinée en mains. Dire la vérité ne fait pas partie du rôle du casuiste, qui doit captiver, présenter une argumentation engageante, favoriser la faveur, rendre le salut facile et ravir ceux qui aspirent à "avoir des oreilles qui démangent" (2 Tim 4: 3) .

Bref, l'éclipse de l'apport décisif de la révélation à la morale ouvre la voie à l'investiture du casuiste et crée un espace favorable à la mise en place d'un gouvernement des consciences. L'espace rétrécit pour la liberté religieuse, telle qu'elle est offerte dans les Écritures aux enfants de Dieu et inséparable de l'adhésion à la foi dans le Seigneur.

Passons à l'analyse d'exemples de domaines dans lesquels les actions des néo-casuistes d'aujourd'hui émergent clairement.

Le gouvernement des consciences

Avec l'arrivée dans l'Eglise, des gouverneurs de conscience, nous percevons la proximité de la notion casuistique de gouvernement de la ville, avec la notion de se retrouver, par exemple, dans Machiavel, Boétie et Hobbes. Sans s'affirmer ni s'en rendre responsables, les néo-casuistes sont certainement les héritiers de ces maîtres dans l'art de gouverner les esclaves. Dieu mortel, le Léviathan définit ce qui est juste et ce qui est bon; il décide ce que les hommes devraient penser et souhaiter. C'est lui, le Léviathan, qui gouverne les consciences, les pensées et les actions de tous ses sujets. Il ne rend compte à personne.

Avec les trois auteurs cités plus haut, nous pouvons voir que les néo-casuistes se sont alignés sur les théoriciens de la tyrannie et du totalitarisme. L'ABC du pouvoir totalitaire ne consiste-t-il pas tout d'abord à la subjugation, à l'aliénation, de la conscience? Par ce moyen, les casuistes offrent une garantie solide à tous ceux qui souhaitent établir une seule religion civile facilement contrôlable et des lois discriminatoires à l'égard des citoyens.

Adapter les sacrements?

Pour plaire à tous, il faut "adapter" les sacrements. Prenons le cas du sacrement de pénitence. Le désintérêt avec lequel ce sacrement est aujourd'hui perçu peut être compris à travers le "rigorisme" démontré par les confesseurs à l'époque des anciens. Au moins, nous sommes donc assurés par les casuistes. Aujourd'hui, le confesseur devrait apprendre à faire de ce sacrement s'il vous plaît des pénitents. Cependant, en atténuant la sévérité attribuée à ce sacrement, le casuiste sépare le pénitent de la grâce offerte par Dieu. Le néo-casuiste d'aujourd'hui éloigne le pécheur de la source divine de miséricorde, mais c'est à cette source que le pécheur doit revenir.

Les conséquences de cette déviation délibérée sont paradoxales et dramatiques. La nouvelle morale conduit le chrétien à rendre futile le sacrement de pénitence, et par conséquent la croix de Christ et sa résurrection (1 Col. 1:17). Si ce sacrement n'est plus reçu comme une des manifestations majeures de l'amour miséricordieux de Dieu pour nous, s'il n'est plus perçu comme nécessaire au salut, il cessera bientôt d'être nécessaire pour instruire les évêques et les prêtres en offrant l'absolution aux pécheurs . La rareté et, en fin de compte, la disparition de l'offre sacramentelle de pardon par le prêtre conduiront, et en réalité a déjà conduit, à d'autres aliénations, y compris celle du sacerdoce ordonné et de l'Eucharistie. Et ainsi de suite pour les sacrements de l'initiation chrétienne (Baptême et Confirmation) et le sacrement des malades, sans parler de la liturgie en général.

En tout cas, pour les néo-casuistes, il n'y a plus de révélation à recevoir ni de tradition à transmettre. Comme il a déjà été remarqué, "la vérité est la nouvelle!" Le nouveau est le nouveau sceau de la vérité. Cette nouvelle casuistique amène les chrétiens à faire une rupture nette avec le passé. Enfin, l'obsession du compromis pousse les néo-casuistes à un retour à la nature, comme avant le péché originel.

La question du "re-mariage"

L'enseignement des néo-casuistes rappelle l'esprit de compromis largement démontré par les évêques anglais vis-à-vis d'Henri VIII. Cette question a de la pertinence aujourd'hui, bien que le mode de compromis soit différent. Qui sont les clercs de tous les ordres qui cherchent à plaire aux puissants de ce monde? Est-ce qu'ils jurent ou refusent? A quel point le nombre de pasteurs de tous les rangs qui souhaitent allégeance aux puissants de ce monde est-il grand, bien que facile et sans la nécessité de jurer publiquement la fidélité aux nouvelles «valeurs» du monde aujourd'hui? En poussant à faciliter le "remariage", les néo-casuistes donnent leur soutien à tous les acteurs politiques qui minent le respect de la vie et de la famille. Avec leur aide, les déclarations de nullité seront faciles à obtenir, de même que les "mariages" flexibles ou répétés.

Les néo-casuistes montrent un grand intérêt pour les divorcés qui se remarient. Comme dans d'autres cas, les différentes étapes de leur approche illustrent bien la tactique du salami (une expression inventée par Matyas Rákosi), selon laquelle ce que l'on ne concéderait jamais dans son ensemble est concédé tranche par tranche.

Alors laissez-nous suivre le processus. Première tranche: Au point de départ, nous trouvons des références à l'enseignement de l'Écriture sur le mariage et la doctrine de l'Église sur cette question. Deuxième tranche: L'accent est mis sur les difficultés à "recevoir" cet enseignement. Troisième tranche, sous la forme d'une question: les personnes divorcées sont-elles "remariées" dans un état de péché grave? La quatrième tranche se compose de l'entrée sur la scène du conseiller spirituel, qui aidera à "remarier" les personnes divorcées à "discerner"- qui est de choisir ce qui leur convient dans leur situation. Le conseiller spirituel doit se montrer compréhensif et indulgent. Il doit faire preuve de compassion, mais quelle compassion?

Pour le casuiste, en effet, lorsque l'on entreprend une évaluation morale d'un acte, le souci de compassion doit primer sur l'évaluation d'actions objectivement fausses. Le conseiller doit être indulgent, s'adapter aux circonstances.

Avec la cinquième tranche de salami, chaque individu sera capable de discerner, personnellement et en toute liberté de pensée, ce qui lui convient le mieux. En effet, en cours de route, le mot discernement est devenu équivoque , ambigu. Il ne doit pas être interprété dans le sens paulinien rappelé dans les références scripturaires citées plus haut. Il ne s'agit pas de rechercher la volonté de Dieu, mais de discerner le bon choix, le choix qui maximisera la "démangeaison des oreilles".

Homicide

L'homicide est une autre question qui mérite notre attention. Nous allons maintenant nous concentrer sur une question de déviation de l'intention. Selon la casuistique classique du 17ème siècle, l'homicide pourrait provenir d'un désir de vengeance, ce qui est un crime. Pour éviter cette définition criminelle, il fallait s'écarter de cette intention criminelle, l'intention de se venger, et assigner à l'homicide une intention différente, moralement permise. Plutôt que d'invoquer la vengeance comme motif, le casuiste invoquait, par exemple, le désir de défendre son honneur, considéré comme moralement admissible.

Nous allons maintenant voir comment cette déviation de l'intention s'applique à une matière moderne. L'argument s'exécute comme suit: Mme X souhaite avorter le bébé qu'elle attend; le bébé n'est pas voulu. Pourtant, l'avortement est un crime moralement irrecevable. L'intention est alors déviée avec pour résultat que l'intention initiale est effacée. Pas avec l'intention de se libérer d'un bébé indésirable! Au lieu de cette intention initiale, on fera valoir que, dans certaines circonstances, l'avortement est moralement admissible parce que, par exemple, son but est de sauver la vie de personnes malades, en fournissant aux médecins des pièces anatomiques en bon état et à laquelle un prix est fixé. L'intention définit la qualité morale du don. Par conséquent, il est possible de plaire à un large éventail de bénéficiaires, dont la "générosité" et la "liberté d'esprit" que les casuistes ne perdent aucune occasion de flatter.

Les enseignements de l'Église sur l'avortement sont bien connus. Dès que la réalité de l'être humain est établie, l'Église enseigne que la vie et la dignité de cet être doivent être respectées. La doctrine de l'Église sur cette question est constante et attestée dans toute la tradition.

Cette situation trouble certains néo-casuistes. Ils ont donc inventé une nouvelle expression: l'humanisation de l'embryon. Il n'y a pas - disent-ils - d'humanisation de l'embryon à moins qu'une communauté ne souhaite accueillir cet embryon. C'est la société qui humanise l'embryon. Si la société refuse d'humaniser l'embryon, il ne peut y avoir d'homicide, étant donné que la réalité humaine de cet embryon n'est pas reconnue.

Dans les exemples que nous citons ici, la tactique du salami vient en aide aux néo-casuistes. Au départ, l'avortement est clandestin, puis présenté comme exceptionnel, puis rare, puis facilité, puis légalisé, puis habituel. Ceux qui s'opposent à l'avortement sont dénigrés, menacés, ostracisés, condamnés. C'est ainsi que les institutions politiques et la loi sont défaites.

Notons grâce aux casuistes, l'avortement est d'abord facilité dans l'Église, et de là dans l'État. La même chose s'applique maintenant au "remariage". La loi positive prend le relais de la nouvelle morale. Il trouve son inspiration dans les néo-casuistes. Cela a été observable, en France, lors des débats sur la législation sur l'avortement. C'est un scénario qui pourrait se propager à travers le monde. Sous l'impulsion des néo-casuistes, l'avortement pourrait être déclaré un nouveau «droit humain» à l'échelle universelle.

Euthanasie

La question de l'euthanasie mérite également d'être discutée. Cette pratique devient de plus en plus étendue dans les pays occidentaux traditionnellement chrétiens. Les démographes attirent régulièrement l'attention sur le vieillissement de la population dans ces régions du monde. L'espérance de vie à la naissance augmente presque partout. En principe, le vieillissement en soi est une bonne nouvelle. Pendant des siècles, dans le monde entier, les hommes ont lutté contre la mort prématurée. Au début du XIXe siècle, l'espérance de vie à la naissance était souvent de trente ans. Aujourd'hui, l'espérance de vie est d'environ quatre-vingts.

Cependant, cette situation va générer des problèmes de toutes sortes. Mentionnons-en un: qui paiera les pensions? L'euthanasie des personnes âgées lourdes et onéreuses permettrait certainement de réaliser de meilleures économies. On dira alors qu'il est nécessaire d'aider les personnes âgées coûteuses à "mourir dans la dignité". Parce qu'il est politiquement difficile de différer l'âge de la retraite, l'espérance de vie sera réduite. Le processus a déjà commencé dans certaines régions d'Europe - d'où une réduction des soins de santé; produits pharmaceutiques; et, surtout, une réduction de la facture de retraite. Parce que les personnes justes politiquement correctes rechignent devant un programme aussi austère, l'intention doit être modifiée pour pouvoir adopter une loi légalisant l'euthanasie.

La façon de procéder? En développant un argument pitoyable sur la compassion. Il est nécessaire de plaire à toutes les catégories de personnes touchées par ce programme. Ces personnes doivent être persuadées de souscrire à un plan dont l'objectif est de donner la mort "dans de bonnes conditions" et "dans la dignité". La mort dans la dignité serait le point culminant de la qualité de vie! Plutôt que de recommander un traitement palliatif et d'entourer la personne malade d'affection, sa fragilité sera mise à mal; il sera induit en erreur quant au traitement fatal à infliger.

Des néo-casuistiques vigilants seront sur place pour vérifier que l'acte homicide "autorisant" le don de la mort soit conforme à la loi positive. La coopération d'aumôniers soigneusement préparés sera particulièrement appréciée pour authentifier la compassion manifestée dans la mort donnée en cadeau.

La fête des casuistes

Les discussions au cours du Synode sur la famille ont révélé la détermination avec laquelle un groupe de pasteurs et de théologiens n'hésite pas à saper la cohésion doctrinale de l'Église. Ce groupe fonctionne à la manière d'un parti puissant, international, bien nanti, organisé et discipliné. Les membres actifs de ce parti ont un accès facile aux médias; ils apparaissent souvent démasqués. Ils fonctionnent avec le soutien de certaines des plus hautes autorités de l'Église. La cible principale de ces militants est la morale chrétienne, critiquée pour avoir une sévérité incompatible avec les "valeurs" de notre temps. Nous devons trouver des moyens qui conduisent l'Eglise à plaire, en réconciliant son enseignement moral avec les passions humaines.

La solution proposée par les néo-casuistes commence par remettre en cause la morale fondamentale, puis obscurcit la lumière naturelle de la raison. La signification originelle des références à la morale chrétienne révélées dans l'Écriture et l'enseignement de Jésus est déformée. Les préceptes de la raison sont considérés comme indéfiniment discutables - le probabilisme prévaut. La primauté devrait être accordée à la volonté de ceux qui sont assez puissants pour imposer leur volonté. Des partenariats disproportionnés avec les incroyants seront formés sans hésitation (voir 2 Col. 6:14).

Cette morale volontariste aura les mains libres pour se mettre au service du pouvoir politique, de l'Etat, mais aussi du marché, de la haute finance, de la loi, etc. Concrètement, il faudra s'il vous plait corrompre les chefs politiques, fraude fiscale et usuriers, avorteurs, fabricants de pilules, avocats prêts à défendre les causes les moins défendables, agronomes enrichis par des produits transgéniques, etc. La nouvelle morale pénétrera donc insidieusement dans les médias, les familles, les écoles, les universités, les hôpitaux et les tribunaux .

Cela a conduit à la formation d'un corps social qui refuse d'accorder la primauté du lieu à la recherche de la vérité mais qui est très actif là où il y a des consciences à gouverner, des assassins à rassurer, des malfaiteurs à des citoyens libres et aisés. Grâce à ce réseau, les néo-casuistes pourront exercer leur influence sur les rouages ​​de l'Église, influencer le choix des candidats aux hautes fonctions et forger des alliances qui mettent en péril l'existence même de l'Église.

Vers une religion de compromis?

Le texte ici produit n'a pas pour but d'exposer un essai sur le Synode consacré à la Famille. Il vise à attirer l'attention sur le clivage entre dogme et morale, sur la confusion entre vérité et nouveauté, entre morale et droit positif, entre vérité et action, et sur des énoncés équivoques troublants de discernement.

Ce qui est le plus troublant à l'égard des casuistes, c'est leur désintérêt pour la vérité. En eux, nous trouvons un relativisme, voire un scepticisme, ce qui signifie qu'en termes de moralité, il convient d'agir selon la norme la plus probable. On devrait choisir la norme qui, dans une circonstance donnée, est considérée comme la plus agréable à une personne donnée, à un adepte spirituel donné, à un public donné. Cela s'applique à la ville comme aux hommes. Tout le monde doit faire son choix - pas en termes de vérité, mais en termes de circonstances . Les lois de la ville ont aussi leur origine dans les circonstances. Les meilleures lois sont celles qui plaisent le plus et qui plaisent au plus grand nombre. Nous assistons donc à l'expansion d'une religion de compromis, voire d'utilitarisme individualiste, puisque le souci de plaire aux autres n'éteint pas le souci de se faire plaisir.

Pour plaire, les casuistes doivent être à jour avec les développements actuels, attentifs aux nouveautés. Les Pères de l'Église des générations précédentes et les grands théologiens du passé, même le passé récent, sont présentés comme inadaptés à la situation actuelle dans l'Église; ils sont considérés comme démodés. Pour les casuistes, la tradition de l'Église doit être filtrée et fondamentalement remise en question. Comme nous sommes gravement assurés par les néo-casuistes, nous savons ce que l'Église devrait faire aujourd'hui pour plaire à tous (Jean 9). Le désir de plaire s'adresse particulièrement aux gagnants. La nouvelle morale sociale et politique devrait traiter ces personnes avec soin. Ils ont un mode de vie à protéger et même à améliorer; ils doivent maintenir leur rang. Tant pis pour les pauvres, qui n'ont pas les mêmes contraintes matérielles! Certes, il faut aussi plaire aux pauvres, mais il faut reconnaître qu'ils sont moins "intéressants" que les personnes influentes. Tout le monde ne peut pas être un gagnant!

La moralité des casuistes ressemble finalement à une gnose distillée dans certains cercles, une connaissance que l'on pourrait appeler ésotérique, ciblée sur une minorité de personnes qui n'ont pas besoin d'être sauvées par la Croix de Jésus. Le pélagianisme a rarement autant fleuri.

La morale traditionnelle de l'Église a toujours reconnu qu'il y a des actes qui sont objectivement faux. Cette même théologie morale reconnaît aussi, et l'a fait depuis longtemps, l'importance des circonstances. Cela signifie que, dans l'évaluation d'un acte, il faut tenir compte des circonstances dans lesquelles l'acte a été commis et des niveaux de responsabilité ; c'est ce que les moralistes appellent la responsabilité. Les casuistes d'aujourd'hui procèdent de la même manière que leurs fondateurs: ils minimisent l'importance de la morale traditionnelle et surestiment le rôle des circonstances. En chemin, la conscience est conduite à se tromper elle-même parce qu'elle se laisse déformer par le désir de plaire.

Ainsi, on perçoit dans les médias que les casuistes sont fréquemment transpercés par un monde destiné à disparaître. Trop souvent, ils oublient qu'avec Jésus, un nouveau monde a déjà commencé. Nous rappelons ce point central de l'histoire humaine: "Le vieux monde a passé, maintenant une nouvelle réalité est ici" (Apocalypse 21: 5). Nous retournons à Saint Paul:

Laissez-vous renouveler par la transformation spirituelle de votre pensée. Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité. (Eph 4: 23 s.)

Les actions des casuistes aujourd'hui affectent non seulement l'enseignement moral de l'Église, mais aussi l'ensemble de la théologie dogmatique, en particulier la question du Magistère. Ce point est souvent insuffisamment souligné. L'unité de l'Église est en péril lorsqu'il existe des suggestions de propositions de décentralisation biaisées, parfois démagogiques, largement inspirées par la réforme luthérienne. Mieux vaut être responsable devant les princes de ce monde que d'affirmer l'unité autour du Bon Pasteur!

La sainteté de l'Église est en péril où les casuistes exploitent la faiblesse de l'homme et prêchent une dévotion facile et négligente de la Croix. La catholicité est en péril lorsque l'Église s'aventure sur le chemin de Babel et sous-évalue l'effusion du Saint-Esprit, le don des langues. N'est-ce pas Lui, l'Esprit, qui rassemble la diversité de ceux qui partagent la même foi en Jésus, le Fils de Dieu? L' apostolicité de l'Église est en péril où, au nom de l'exemption , mal comprise, une communauté, un "parti" est exempté de la juridiction de l'évêque et considéré comme relevant directement du pape.

Beaucoup de néo-casuistes sont exemptés. Comment peut-on douter que cette exemption affaiblisse le corps épiscopal dans son ensemble?

Crédits bibliographiques

Cariou, Pierre, Pascal et la casuistique , ouvrage essentiel, Paris, PUF, Collection Questions, 1993.

Jean-Paul II, Encyclique Veritatis Splendor , Cité du Vatican, 1993.

Nouveau Testament , TOB, plusieurs éditions.

Pascal, Les Provinciales , édité par Jacques Chevalier, Paris, La Pléiade, 1954.

Pascal, Les Provinciales , édité par Jean Steinmann, Paris, Armand Colin, 1962.

Pascal, Les Provinciales , Préface de Robert Kanters, Lausanne, Ed. Rencontre, 1967.

Wikipedia: excellents articles sur Pascal, Casuistry, Provinciales.

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Note du blog Christ-Roi.

L'article, très bien écrit, a le mérite d'apporter un éclairage sur les casuistes du XVIIe siècle. Après une première lecture, je n'étais pas loin de partager le ton général de l'article, après une seconde lecture je n'étais plus aussi certain. L'article semble posséder un défaut d'exagération et de simplification anachronique. Par exemples ici : "pour les néo-casuistes, il n'y a plus de révélation à recevoir ni de tradition à transmettre", ou là : "l'obsession du compromis pousse les néo-casuistes à un retour à la nature, comme avant le péché originel." Ou encore : "La même chose s'applique maintenant au 'remariage'. La loi positive prend le relais de la nouvelle morale." N'est-ce pas plutôt la nouvelle morale qui prend le relais de la loi positive ?

L'article s'ouvre sur une image du jésuite Antonio de Escobar y Mendoza (1589-1669), casuiste du XVIIe siècle qui tint la maxime selon laquelle la pureté d'intention peut justifier des actions qui en elles-mêmes sont contraires au code moral et aux lois humaines. S'il est vrai que la sincérité ne fait pas la vérité, il n'en demeure pas moins que d'un point de vue qui fait consensus dans l'Eglise, il n'y a que des volontaires en enfer, que des âmes qui souhaitent définitivement aller en enfer. Antonio Escobar est toujours resté lui-même un homme sobre et simple dans ses mœurs, un strict observateur des règles de son ordre, et qui consacrait tous ses efforts à réformer la vie de ses pénitents. On a dit à son sujet qu'il achetait le ciel chèrement pour lui, mais le donnait à bon marché aux autres. Dix ans après sa mort cependant, le pape Innocent XI condamna publiquement soixante-cinq de ses quatre-vingt trois ouvrages, en même temps que des maximes de Suarez, un autre casuiste, comme propositiones laxorum moralistarum. Par là, le Vatican interdisait à tout catholique de les enseigner et menaçait d'excommunication ceux qui le feraient. (John Norman Davidson Kelly, The Oxford History of the Popes, Oxford University Press, 1986.)

On notera l'absence du mot "janséniste" dans l'article. Inversement à la situation décrite actuelle, les jansénistes -qui ne sont pas nommés-, ennemis des casuistes, étaient en France les législateurs et les juges de l'époque des XVII et surtout XVIIIe siècles. En matière de foi, ils étaient les défenseurs rigoureux du dogme et de son application. En politique, ils étaient une "société secrète, qui reste à étudier comme telle" et pour laquelle "il est piquant de constater que, dans le même temps, la franc-maçonnerie, autre société secrète, se propageait rapidement dans le royaume" (Cf. Michel Antoine, Louis XV, Fayard, Saint-Amand-Montrond 1989, p. 276.) Récemment, dans une conférence donnée avec Philippe Prévost à Nice le 12 février 2016, intitulée "Des lumières aux ralliements, l'église face aux hérésies modernes", Marion Sigaut a pu expliquer : "Pour les jansénistes, les affaires religieuses sont les affaires des juges. Ils veulent l'ingérence du temporel dans le spirituel. Et là je reviens à ce que l'on nous a dit à l'école : l'Eglise a passé son temps jusqu'à la Révolution à faire de l'ingérence du religieux dans le laïc, c'est l'inverse qui se passait, c'était le civil qui se mêlait de faire de l'ingérence dans le religieux. Ils (les jansénistes) feront la guerre aux Jésuites jusqu'à leur disparition par leur fait. (...) L'alliance avec les jansénistes s'est faite également avec les francs-maçons. Et là, à un moment donné on ne voit plus la différence entre les uns et les autres. Le franc-maçon Conti, 'Grand prieur de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem', logeait à Paris Le Paige, le rédacteur des Nouvelles ecclésiastiques. C'est-à-dire que l'agent de toute la propagande janséniste était logé par un maître franc-maçon (et l'un des un des personnages clefs de l’opposition princière à Louis XV. NdCR.). Et à la mort de Conti, on a retrouvé sur lui la bague comprenant les reliques du fameux diacre Paris. Si ce n'est pas l'alliance de la franc-maçonnerie et du jansénisme, je n'ai pas compris ! La Révolution verra la victoire des uns et des autres. Après 170 ans de travail de sape méthodique et systématique. Les jansénistes vaincront puisque la Constitution civile du Clergé (1790) et l'expropriation des Biens de l'Eglise est ce qu'ils ont voulu depuis le début. Ils ont voulu la soumission de l'Eglise à l'Etat, c'était cela le projet, le programme. (...) Et cela a été la victoire des Lumières et grâce à l'interdiction des jésuites, le libéralisme économique a produit le renversement du dernier rempart protecteur des peuples qui était le roi absolu." (Fin de citation)

Bien qu'au fur et à mesure qu'avançait le XVIIIe siècle les jansénistes de dogme se raréfiaient, les jansénistes de parti étaient de plus en plus nombreux. Ils avaient été condamnés eux aussi par la papauté dans la Bulle Unigenitus en 1713, un document papal qui condamnait comme hérétiques cent une propositions jansénistes, que les magistrats des parlements de France et de Navarre refusèrent d'enregistrer malgré la ratification du roi. Les jansénistes en vinrent ainsi à rejeter l'autorité royale autant que la pontificale et à revendiquer pour la magistrature civile le droit et même le devoir de faire obstacle au "despotisme" (sic).... "La fronde parlementaire pratiquait une obstruction qui ne tendait à rien d'autre qu'à rejeter la gestion administrative de l'état pour lui substituer le despotisme des juges". "Par leur incessante propagande idéologique, par la désinformation, par la manipulation des opinions dans les assemblées de chambres, par les pressions dirigées sur les magistrats loyalistes, les cours supérieures mettaient en oeuvre des moyens puissants pour déstabilisrer l'Etat". Il s'agissait d'une "organisation nationale de subversion". Tout opposant aux jansénistes était qualifié de "suppôt des jésuites". Périodiquement était renouvelée "l'insinuation obsessionnelle d'un complot des jésuites" (Cf. Michel Antoine, Louis XV, ibid., p. 572, 584, 592, 742, 613, 631.)

L'article de Mgr Schooyans n'est néanmoins pas dénué de toutes vérités intéressantes s'agissant de la controverse actuelle autour du document du pape François "Amoris Laetitia".

Pour conclure nous dirons que tout se passe comme si les néo-casuistes, comme leurs ancêtres, avaient une sorte de christianisme light, un christianisme allégé, première étape pour des commençants, marche pieds d'un christianisme plus complet, par la suite plus exigeant. On sait que les "casuistes" Jésuites des XVIIe et XVIIIe siècles réussirent des conversions miraculeuses dans des pays où la culture locale leur étaient totalement étrangère (Chine, Japon, Indes, Paraguay, Uruguay,  Canada et Amérique du Nord), et qu'ils furent expulsés, non sans avoir obtenu des résultats prodigieux, notamment en Chine, après avoir été moins accommodants sur certains aspects de la culture locale. Des expulsions qui anéantirent quasiment l'évangélisation de ces contrées.

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