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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 16:53

Alors que la réponse russe arrive en riposte aux sanctions des Occidentaux adoptées le 29 juillet dernier ( sanctions stratégiques d'envergure, dites de «niveau III» visant à restreindre l'accès des Russes aux marchés des capitaux européens, aux ventes d'armes, aux technologies sensibles dans le domaine de l'énergie et aux biens à double usage militaire et civil), il se pourrait que l'UE inverse la charge de la responsabilité (dont le manque à gagner pour les agriculteurs européens) et accuse la Russie de violer les obligations de l'OMC (comme elle l'a déjà fait en mars dernier.)

OMC Les Occidentaux accusent la Russie de répondre aux sanAinsi apprend-on sur le Figaro qu'au lieu de s'en prendre aux dirigeants occidentaux qui sont les premiers responsables des sanctions économiques contre la Russie, la FNSEA, principal syndicat d'exploitants agricoles, a déjà fait savoir qu'  elle voulait «saisir» l'Organisation Mondiale du Commerce pour qu'elle prenne des mesures contre la Russie ! Son président «a demandé à rencontrer dans les meilleurs délais François Hollande.»

Ci-dessous deux articles du Figaro, le premier, impartial, évoque la riposte russe aux sanctions économiques occidentales, le second, article manipulatoire et de propagande antirusse, renverse la charge de la responsabilité. Ainsi, les industriels français, inquiets de l'embargo russe envisageraient de saisir l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Pour résumer : la Russie devrait accepter d'être étranglée économiquement sans avoir même le droit de se défendre. Nous sommes étonnés, de voir que la Russie, devenue membre de l'OMC en 2011, n'attaque pas les sanctions occidentales devant cette institution plutôt que de simplement répondre aux sanctions par d'autres sanctions ou d'attendre que cela se passe.

 

L'article impartial du Figaro :

 

La Russie durcit les sanctions contre les pays occidentaux

 

Lefigaro,fr, Mis à jour le 07/08/2014 à 17:46 Publié le 07/08/2014 à 11:08

 

En représailles aux sanctions économiques occidentales contre Moscou, Vladimir Poutine instaure un embargo total sur une longue liste de produits alimentaires et envisage d'interdire le transit des avions européens par la Russie. L'Europe envisage de prendre de nouvelles mesures.

 

La riposte russe est lancée. En représailles aux sanctions économiques des Occidentaux, qui l'accusent d'alimenter l'instabilité dans l'est de l'Ukraine, Vladimir Poutine a signé un décret instaurant une interdiction totale d'importation de la plupart des produits alimentaires en provenance des États-Unis, de l'Union européenne, d'Australie, du Canada et de Norvège. Sont concernés les fruits, légumes, viandes, poissons, lait et produits laitiers. L'embargo ne concerne pas les aliments pour bébé et les citoyens russes pourront toujours faire leurs achats à l'étranger, bien que toute tentative de profiter de la situation pour revendre des produits interdits sera «sévèrement punie», prévient le premier ministre Dmitri Medvedev.

 

La mesure est applicable à partir de ce jeudi et pour une durée d'un an, a précisé le premier ministre russe Dmitri Medvedev. Mais elle pourra être levée si «nos partenaires font preuve d'une approche constructive», a déclaré ce dernier lors d'une intervention télévisée.

 

Dmitri Medvedev a également confirmé que Moscou envisageait la mise en place d'une interdiction de survol du territoire russe pour les compagnies aériennes effectuant des liaisons entre l'Europe et l'Asie via la Sibérie, la route la plus courte. Les avions des compagnies aériennes ukrainiennes ne sont déjà plus autorisés à transiter par la Russie.

 

Peu après ces annonces, l'Union européenne a affirmé qu'elle se réservait «le droit de prendre des mesures». «Après évaluation complète par la Commission européenne des mesures prises par la Fédération de Russie, nous nous réservons le droit de prendre les mesures appropriées», a affirmé Frédéric Vincent, un porte-parole de la Commission, qui a qualifié la riposte russe de «clairement politique».

 

Des armes à double tranchant

 

Le premier ministre russe a lui-même qualifié la fermeture de l'espace aérien russe pour ces liaisons de «mesure grave» qui provoquerait pour les compagnies un important surcoût en carburant qui se répercutera sur les prix. Cette éventuelle interdiction serait particulièrement dommageable pour les compagnies européennes, en premier lieu Lufthansa, British Airways, Air France et Finnair, qui opèrent de nombreux vols long-courriers vers l'Asie. Mais elle entraînerait aussi des pertes pour la principale compagnie aérienne russe Aeroflot, qui perçoit des indemnités pour ces vols de transit estimées à près de 250 à 300 millions de dollars par an. «Nous devons y réfléchir», a ainsi précisé Dmitri Medvedev, ajoutant qu'il s'agissait de réagir aux sanctions qui ont poussé à l'arrêt des activités du premier transporteur aérien à bas coût russe, Dobrolet.

 

L'interdiction des importations de produits alimentaires est aussi une arme commerciale à double tranchant, selon la Maison-Blanche: «Riposter contre des entreprises ou des pays occidentaux accentuera l'isolement international de la Russie et provoquera davantage de dégâts à sa propre économie», a prévenu Laura Lucas Magnuson, porte-parole du Conseil de sécurité nationale. L'avis est partagé par les analystes: «Même si d'un point de vue politique, cela peut sembler approprié, et si cela va sans aucun doute affecter les fournisseurs de la Russie, cela va sans doute alourdir le coût des sanctions en entraînant une hausse du prix des produits alimentaires et donc affecter plus largement le pouvoir d'achat des ménages russes», estime Dmitri Polevoy, économiste en chef d'ING.

 

Pour compenser le tarissement brutal de ses sources d'importations agroalimentaires, la Russie a déjà prévu de solliciter son marché intérieur et de se tourner vers les pays qui ne lui ont pas imposé de sanctions. Parmi eux: le Brésil, le Chili, l'Argentine et l'Équateur. «Même dans ces conditions, nous sommes persuadés que nous arriverons à retourner la situation en notre faveur», a assuré Dmitri Medvedev, promettant d' «empêcher la hausse des prix» et de «libérer les étals pour nos propres producteurs». Selon lui, «une telle chance, une occasion unique d'ouvrir et de développer notre industrie destinée à la substitution des importations, ne peut être négligée».

 

En attendant, la mesure devrait se faire ressentir sur les balances commerciales des Américains et des Européens. La Russie est en effet le premier importateur mondial de fruits et légumes européens. En 2013, l'industrie agroalimentaire américaine a, de son côté, exporté pour 1,5 milliard de dollars de produits alimentaires vers la Russie, qui est notamment le deuxième marché d'exportation des volailles américaines derrière le Mexique. «Toutes ces mesures ne sont purement qu'une réponse aux sanctions occidentales. Nous ne voulions pas d'un tel développement de la situation. Il n'y a rien de positif dans les sanctions, a affirmé Dmitri Medvedev. J'espère sincèrement que le pragmatisme économique prévaudra sur les considérations politiques stupides chez nos partenaires, et qu'ils penseront à ne pas isoler ou faire peur à la Russie».

 

Source : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/08/07/20002-20140807ARTFIG00098-la-russie-durcit-les-sanctions-contre-les-pays-occidentaux.php

 

L'article manipulatoire :

 

Les industriels français de l'agro-alimentaire inquietés par l'embargo russe

 

Le Figaro Mis à jour le 07/08/2014 à 17:51, Publié le 07/08/2014 à 16:58

 

Inquiet des conséquences des annonces russes, le président de la FNSEA a demandé à rencontrer dans les meilleurs délais François Hollande.

 

Bœuf, porc, volaille, poisson, fromage, lait, légumes et fruits, l'embargo total de la Russie pour les produits en provenance des pays d'Europe et des États-Unis n'épargne presque aucun secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire français, à l'exception des vins et spiritueux. Cette interdiction d'importer, qui touche également l'Australie, le Canada et la Norvège, s'applique pour une durée de un an mais pourra être levée «si nos partenaires font preuve d'une approche constructive» précise le premier ministre russe. Moscou utilise une nouvelle fois l'arme commerciale comme moyen de pression diplomatique sur ses voisins. Terminés donc les camemberts et le bœuf français dans les rayons des supermarchés russes, ce qui ne manque pas d'inquiéter les industriels françaises et les agriculteurs. La Russie est en effet un gros client de l'Union Européenne et de la France. Ce pays absorbe 10% des exportations agricoles et agroalimentaires de l'Union Européenne, pour un montant de 12 milliards d'euros par an, selon les chiffres Eurostat. Pour les produits français, la Russie est aussi une destination privilégiée. Plus de 121.000 tonnes de viandes et animaux y ont ainsi été exportés en 2013 pour une valeur proche de 243 millions d'euros. Et, l'industrie agroalimentaire y a, elle, exporté plus de 162.000 tonnes de produits pour une valeur proche de 375 millions d'euros, selon les derniers chiffres de FranceAgriMer.


Un manque à gagner considérable

 

Xavier Beulin, le président de la FNSEA, le principal syndicat d'exploitants agricoles a déjà fait savoir son inquiétude. Contacté par Le Figaro, il craint que l'embargo russe ait «des répercussions directes, à savoir la fermeture du marché russe aux produits européens», et craint notamment pour la filière des fruits et légumes qui représente 15% des exportations et celle des produits laitiers qui en représente 10%. Xavier Beulin évalue à un milliard d'euros le manque à gagner engendré par la décision russe. Même son de cloche du côté des industries de l'agroalimentaire. Les conteneurs de viandes congelées à destination de la Russie du groupe Bigard, numéro un de la viande en France, sont restés à quai ce matin. Joint par Le Figaro, Jean-Marie Joutel, le directeur général adjoint du groupe appréhende les répercussions, d'autant que l'embargo russe sur le porc européen décrété depuis janvier impacte déjà lourdement la filière viande. «Au sein du groupe Bigard, nous exportons vers la Russie essentiellement des coproduits et des abats car ce sont des produits bon marché qui rencontrent une faible demande en Europe. Avec l'embargo, il va falloir trouver de nouveaux débouchés, vers l'Europe de l'Est et l'Afrique. Le problème de ces nouveaux marchés, c'est qu'ils ont moins de moyens», explique-t-il avant d'ajouter que l'embargo pourrait donc engendrer «des prix bradés».

Un engorgement du marché européen

 

Une des conséquences indirectes de l'embargo est également l'engorgement du marché européen avec des produits normalement écoulés en Russie. «Poutine est adroit, il cible les produits les plus sensibles, à savoir les fruits et légumes ainsi que les produits laitiers, qui sont très vite périssables», analyse Xavier Beulin. Pour Emmanuel Commault, le directeur général de Cooperl Arc Atlantique, une coopérative spécialisée dans la viande de porc, «le marché russe est essentiel pour l'équilibre entre l'offre et la demande de la carcasse de porc, tout comme d'autres produits», expliquet-il au Figaro. «Le problème avec la Russie, c'est qu'en raison de la tournure politique des décisions commerciales, nous n'avons aucune visibilité. Les mauvais prix peuvent donc durer des mois ou des années» ajoute-t-il.

 

La France risque donc de subir lourdement les conséquences de l'embargo russe, et peut-être même plus que ses voisins européens, comme l'explique Emmanuel Commault, «la rentabilité de l'ensemble des entreprises alimentaires européennes va être mise à mal mais la France risque bien d'être encore plus touchée en raison de son manque de compétitivité par rapport à ses voisins».

 

Face à cette inquiétude, le président de la FNSEA a d'ores et déjà demandé à rencontrer le président François Hollande. Ce midi, l'inquiétude ne semblait pourtant pas encore avoir gagné les rangs du ministère de l'Agriculture qui, contacté par la rédaction, répondait «Aucun chiffre n'est avancé pour le moment. Notre plus grand segment d'exportation vers la Russie est la filière des vins et des spiritueux qui n'est pas touché par l'embargo russe, ceci est plutôt une bonne nouvelle pour l'instant. Nous allons réagir rapidement». Reste donc à savoir si la Commission Européenne développera des mesures de retrait et de dégagement sur les produits concernés par l'embargo ou si l'Organisation Mondiale du Commerce, que veut d'ailleurs saisir la FNSEA, prendra des mesures contre la Russie.

 

Source: http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/08/07/20002-20140807ARTFIG00243-les-industriels-francais-de-l-agro-alimentaire-inquiets-par-l-embargo-russe.php

 

 

. Inversion accusatoire : L’UE accuse la Russie de violer les obligations de l'OMC (23 mars 2014)

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commentaires

lily 09/08/2014 04:48


que voudraient europeens et americains ?? que la Russie subisse et se taise ???


les dirigeants occidentaux qui sont a la botte du grand capital ont l'habitude de s'ecraser : cocus, battus et contents. ils n'ont plus grand chose de viril.....