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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 09:35

Dans la démocratie républicaine, ce système où n'existe aucun fondement ultime à la politique, un candidat qui produirait les meilleurs arguments pourrait être parfaitement défait dans les urnes, du moment que son adversaire remporte non pas la bataille des arguments mais celle de l'image et du vide. La démocratie est le règne de la rhétorique et du sophisme.

 

Dans ces conditions, ce que redoute le plus le système ce n'est pas d'avoir en face de lui un adversaire redoutable, aux arguments affûtés, rigoureux et intelligents, un adversaire offensif et déterminé. Non, ce que redoute le système c'est de ne pas avoir d'adversaire du tout... L'absent est insupportable au système.

 

Le système basé sur l'action / réaction ne craint pas l'opposition, il craint l'absence d'opposition. D'où l'orchestration de divisions artificielles volontairement entretenues sur tous les sujets pour submerger les gens d'émotion et les pousser à réagir dans l'une ou l'autre des formations de l'offre politique que le système produit.

 

Cette hystérisation de la politique réduit les individus à ne plus être que des personnes se définissant par opposition. On est "de droite", "de gauche", "nationalistes", "mondialistes", pro-migrants, anti-migrants, etc.

 

Pour entretenir chaque jour  et maintenir un niveau élevé d'hystérisation, sont organisés des "débats" télévisés entre personnalités politiques différentes, entre journalistes et rédacteurs en chef à opinions "différentes". Les gens s'imaginent vivre dans une démocratie, quand tout ceci n'est que du théâtre.

 

Dans un tel système, celui qui contrôle son émotion, celui qui sait se dominer, a une bonne chance de vaincre l'orateur, le tribun..., l'acteur de la pièce de théâtre, y compris dans les urnes. Il ne répond pas à la dépersonnalisation de l'individu par une dépersonnalisation symétrique. Mais le système déshumanisant continue de se reproduire et de produire ses effets néfastes dans le futur. La non participation en revanche sera fatale au système. Un exemple qui le montre est la sortie du système par les Russes lors de la fin de l'Urss : ce qui produisit l'effondrement de l'Urss, telle une coquille vide, vidée de sa substance, c'est que plus personne n'y participait.

 

Idéalement, il faut refuser le terrain choisi par l'ennemi, refuser le plateau de jeu "républicain" qui organise la guerre civile à l'intérieur et n'attend que nos réactions. Il faut donc ne pas réagir à la provocation par une provocation symétrique, ne pas être dans le contre, mais dans le pour.

 

Et pendant que les acteurs de la pièce de théâtre se mettent en scène, soyons chacun à notre niveau des acteurs de la vie réelle sur laquelle nous pouvons agir.

 

"La contre-révolution ne sera point une révolution contraire, mais le contraire de la révolution" (Joseph de Maistre, Considérations sur la France, fin du chapitre X, in J. de Maistre, Oeuvres, Edition établie par Pierre Glaudes, Bouquins Robert Laffont, p. 276).

Le système ne craint pas l'opposition, il craint l'absence d'opposition

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