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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 11:36

Les Cahiers de l'université d'été de l'UCLF de la session 2016 sont désormais en ligne sur Vive le Roy.

Extrait :

 

Chapitre 1 Le roi sous l’Ancien régime, par François BLUCHE

 

La France monarchique est un Etat de droit

 

1.1 La monarchie d’ancien régime est absolue

 

Signification du qualificatif « absolue »

 

Insociabile regnum (La prérogative royale ne se partage pas), écrivait Tacite (

Annales XIII, 17). Elle ne se partageait pas en France sous l’ancien régime.

 

— Ni territorialement ; d’où le constant effort des Rois pour réduire les apanages.

— Ni politiquement : lorsqu’il y eut régence, le Régent ou la Régente gouverna au

nom du Roi, car seul régnait le Roi.

Au temps de l’État féodal, jusqu’à la guerre de cent ans, le pouvoir du roi de France

était mixte. Sur le Domaine il possédait souveraineté; ailleurs il n’imposait aux grands

vassaux que sa suzeraineté.

 

Depuis Louis XI, tandis que se précisait l’État royal – après la chute de l’État bour

guignon –, prévalut vraiment la souveraineté.

 

De Bodin à Cardin Le Bret, en passant par Loyseau, les grands juristes de la seconde

moitié du XVIe siècle et de la première moitié du XVIIe, non contents de la définir, cette souveraineté, la célébrèrent.

 

— Ce que Jean Bodin appelle « république » est « un droit gouvernement. . .avec

puissance souveraine » (1576).

— Pour Loyseau, « la souveraineté n’est point, si quelque chose y fait défaut »

(1608)

— Selon Le Bret, « la souveraineté n’est non plus divisible que le point en géomé

trie » (1632).

 

Le monarque étant parfaitement souverain, la monarchie française est absolue, c’est-à-

dire parfaite.

 

Absolue, c’est-à-dire sans liens, ce qui ne veut pas dire sans limites.

 

 

Une monarchie absolue plébiscitée

 

Le mot « absolutisme » n’existait pas (il sera inventé en 1796) ; et le mot « absolu », alors couramment utilisé, n’avait rien de péjoratif, bien au contraire.

 

— L’avocat général Omer Talon définissait la royauté comme « une puissance absolue et une autorité souveraine ».

— À la fin même du long règne de Louis XIV, lorsque la monarchie absolue, ayant connu son apogée, aurait pu être contestée après cinquante ans de règne, plusieurs coalitions, l’invasion étrangère, les manifestations de l’intolérance gouvernementale (interdiction du protestantisme, destruction de Port-Royal), on vit parfois critiquer le Roi, mais l’écrasante majorité des Français continua de complimenter, d’admirer et de vanter la monarchie absolue.

— Si Fénelon conteste, un Pierre Bayle, protestant exilé, un père Pasquier Quesnel, janséniste exilé, défendent et illustrent la monarchie absolue avec presque autant de vigueur et non moins de conviction que Bossuet.

 

Le XVIIIe siècle et les détracteurs de la monarchie absolue

 

Il faut attendre le XVIIIe siècle pour entendre de véritables grincements.

 

— Partisan de ce qu’il appelle une « royauté monarchique », le marquis d’Argenson (mort en 1757), ancien ministre de Louis XV, critique la « monarchie absolue », selon lui porte ouverte au despotisme. Sous sa plume, « absolu » a cessé d’être synonyme de souverain, ressemblerait à « arbitraire » au sens moderne et déplaisant du terme.

 

(…)

 

Un pouvoir royal en réalité limité

 

(…)

 

Mais si le juriste s’intéresse à la théorie du pouvoir, l’historien doit souligner le caractère relatif de ce pouvoir même. Un Roi d’ancien régime, même autoritaire, était plus désarmé (faute de renseignements, faute d’une vraie police, en raison de la lenteur des communications et de la sous-administration) que le plus débonnaire des présidents de démocratie moderne.

 

On insiste beaucoup sur ce fait que le Roi réunissait entre ses mains les trois pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire), mais nombreux étaient les contre-pouvoirs transformant la monarchie absolue en un régime tempéré.

 

Suite

http://www.viveleroy.fr/IMG/pdf/cahiers_universite_saint_louis_2016.pdf

http://www.viveleroy.fr/IMG/pdf/cahiers_universite_saint_louis_2016.pdf

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