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9 avril 2007 1 09 /04 /avril /2007 10:14

Le Blog de Bernard Antony

"Trois candidats à l’élection présidentielle sont présentés par des organisations trotskistes : Arlette Laguillier, Besancenot, Schivardi et un quatrième José Bové est entouré aussi de militants de même origine idéologique. ...

Or, dans les médias, le trotskisme est presque toujours présenté d’une manière sympathique, comme étant la famille idéologique de ce malheureux Trotski assassiné sur ordre de l’odieux Staline dont il n’aurait pas accepté les dérives bureaucratiques, policières, dictatoriales. Il y aurait eu en quelque sort une révolution trahie avec Staline et ses émules et une révolution généreuse avec Trotski, toujours à recommencer.

Cela relève d’une parfaite désinformation historique et idéologique.

Le trotskisme ce n’est pas moins que le stalinisme, le communisme marxiste-léniniste dans son horreur, « intrinsèquement pervers », selon Pie XI chargé d’un bilan d’extermination indépassé dans l’histoire des hommes.

Comment ne pas rappeler que l’affirmation de trotskisme devrait susciter une réprobation égale à celle d’une proclamation de foi nazie ?

Redisons donc ici simplement que Trotski partagea avec Lénine la direction de la révolution communiste en Russie (avec beaucoup moins de 10% de partisans dans le peuple russe qu’ils méprisaient cyniquement). Trotski, principal créateur de l’armée rouge (avec les fonds qu’il recevait des Etats-Unis notamment de Jacob Schiff, un des hommes les plus riches du monde et de la banque Kuhn Loeb and Co) fut aussi le fondateur de la Tcheka qui deviendra successivement Guépéou, NKVD puis enfin KGB.

C’est lui qui mit en place à la tête de cette police qui allait devenir le plus gigantesque et le plus durable appareil de terreur jamais élaboré, le monstre Féliks Dzerjinski. C’est lui qui, avec Lénine, développa la théorie jacobine de la terreur comme système de pouvoir reprise par le nazisme.

Hannah Arendt et Ernst Nolte ont remarquablement analysé cet enchaînement. Dans son livre « Terrorisme et communisme », Trotski écrit « Qui veut la fin ne peut pas rejeter les moyens ». Développant la nécessité des exterminations massives (notamment de la bourgeoisie et des paysans, il insiste sur le fait que renoncer au terrorisme d’Etat serait renoncer à la révolution sociale…).

Rappelons qu’il fut aussi le fusilleur des marins de Cronstadt qui n’avaient pas bien compris le sens de la révolution.

Staline ne fut donc pas plus terroriste, pas plus massacreur, pas plus criminel que Trotski. Il fut simplement son rival victorieux dans la lutte pour la succession de Lénine.

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