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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 19:51

PARIS (AFP) - Le Pen "candidat du terroir" se distingue de Sarkozy, "venu de l'immigration" 

A deux semaines du premier tour de la présidentielle, le candidat du FN Jean-Marie Le Pen a ciblé son adversaire UMP Nicolas Sarkozy, qu'il se verrait bien affronter au second tour et qu'il a qualifié de candidat "qui vient de l'immigration".

"C'est un candidat qui vient de l'immigration, moi je suis un candidat du terroir. C'est vrai qu'il y a une différence, un choix qui peut être considéré comme fondamental par un certain nombre de Français", a déclaré le leader frontiste qui était invité du Grand Rendez-vous Europe 1/TV5 Monde et Le Parisien-Aujourd'hui en France.

"J'ai repris la formule de Sarkozy lui-même qui s'est fait gloire, à plusieurs reprises, d'être fils d'immigré (...) Je ne l'aurais pas utilisée si M. Sarkozy ne s'en était pas servi comme un argument qu'il estime favorable", a-t-il ajouté dans une allusion aux origines hongroises, par son père, du candidat UMP.

Alors qu'on lui demandait si l'application de sa politique de l'immigration zéro aurait empêché la famille Sarkozy de venir en France, M. Le Pen a lâché: "la France se serait passée de Nicolas Sarkozy qui aurait peut-être fait une très belle carrière en Hongrie".

Depuis plusieurs jours, le candidat du FN ne manque pas une occasion de se démarquer du candidat UMP, en tête des sondages mais dont il croit que les intentions de vote en sa faveur cachent un certain nombre d'électeurs qui, in fine, se porteront sur lui.

Vendredi, il s'est payé le luxe de se rendre sur la dalle d'Argenteuil, en banlieue parisienne, -là même où M. Sarkozy avait parlé en octobre 2005 de "racaille"- comme pour mieux insister sur le talon d'Achille du candidat UMP pendant cette campagne: les banlieues.

"Si certains veulent vous karchériser pour vous exclure, nous voulons, nous, vous aider à sortir de ces ghettos de banlieues où les politiciens français vous ont parqués, pour vous traiter de racaille par la suite", avait-il déclaré.

Dimanche, il a également ironisé sur les récentes déclarations, qualifiées d'"absurdes", de M. Sarkozy sur le caractère inné de la pédophilie, estimant que le candidat UMP avait "repris les vieilles thèses du XIXe siècle sur le criminel-né".

M. Le Pen a par ailleurs réaffirmé sa confiance dans sa propre présence au second tour, comme en 2002. S'il n'est "pas Madame Soleil", il croit "raisonnablement" être "au-dessus de 20%" des voix, nettement plus que ce dont les sondages le créditent.

Selon lui, M. Sarkozy devrait "normalement, objectivement" être son adversaire car "il s'est donné beaucoup de mal pour cela et il s'est retrouvé dans une situation largement dominante".

M. Le Pen -qui fut l'un des premiers hommes politiques à prédire, dès 2002, l'ascension de Mme Royal- semble persuadé que la candidate socialiste est "condamnée" à ne pas figurer au second tour car elle sera, selon lui, "crucifiée par ses concurrents d'extrême gauche", comme Lionel Jospin l'avait été en 2002 "pas sa majorité plurielle".

Le leader du FN ne semble pas non s'inquiéter de l'hypothèse François Bayrou. "Je ne serais pas étonné" que le candidat UDF, qualifié de "chevalier blanc qui poursuit les moulins à la manière des enfants de Don Quichotte", se retrouve finalement "aux alentours de 10 ou de 12%" le 22 avril.

Et s'il n'était finalement pas qualifié pour le 6 mai, M. Le Pen a précisé qu'il donnerait sa consigne de vote "le 1er mai", jour du défilé annuel à Paris du FN.

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