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19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 10:05

Denis Sureau explique le danger du libéralisme : la destruction de la famille.


 

1°) vous avez remis en cause l'idée de salaire parental financé par l'État. Est-ce à dire que vous refusez de reconnaître l'apport des familles à la vie de la société ?

Non, bien sûr, mais je conteste l’idée que les familles devraient normalement attendre des subsides de l’Etat. Dans une société bien ordonnée, les familles devraient pouvoir vivre de leurs activités économiques et non dépendre d’un tiers. Je me situe dans une perspective à long terme, non dans le contexte actuel où chacun se bat contre tous pour maximiser son profit.

2°) Votre critique de l'État est-elle une critique « libérale » de celui-ci ?

"Pour les libéraux, seul l’individu et l’Etat existent. Pour la tradition catholique sociale, la famille (et non l’individu) est la cellule de base, et elle est insérée dans un environnement social aux multiples composantes communautaires (organisations professionnelles, communes, associations, paroisses etc.). Les libéraux s’emploient à détruire cette réalité sociale qui, à leurs yeux, empêche le libre échange, entrave le fonctionnement libre du marché. Dans ma critique, ce sont les communautés d’appartenance qui doivent, subsidiarité oblige, disposer de la plénitude de leurs ressources (économiques, sociales, législatives, juridiques, fiscales etc.) et enchâsser les pratiques sociales en poursuivant des fins communes objectivement bonnes."

3°) Vous reprenez le slogan du mouvement catholique italien « Communion et libération » : moins d'État; plus de société »*. Mais concrètement, qu'est-ce que cela veut dire ?
C’est une formulation disons publicitaire de cette conception. Par exemple, cela peut entraîner que les accords collectifs riment sur un droit du travail uniforme. Ou, dans un autre ordre d’idée, que la Corse ait son organisation législative spécifique, conforme à ses traditions (sous cet angle, on revient à un authentique fédéralisme, que Pie XII avait encouragé). Ou encore que l’école soit séparée de l’Etat et rendue aux familles. Ou que le monopole de la sécurité sociale soit aboli au profit de mutuelles professionnelles, familiales ou régionales. Que du concret !

 

Source: http://caelumetterra.hautetfort.com/archive/2007/01/12/entretien-avec-denis-sureau-sur-l-etat-et-la-societe.html

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