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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 12:12

Pour démontrer la supériorité de l'hérédité sur l'élection, Bernard Faÿ mettait en avant la doctrine classique de l'origine du pouvoir : "La monarchie est héréditaire, ce qui est la meilleure transmission puisqu'elle vient de Dieu, alors que tous les autres systèmes ne reposent que sur la sagesse humaine. (N'est-il pas curieux de voir que, pour des raisons analogues, les Athéniens démocrates, tiraient leurs fonctionnaires au sort ?)" (Bernard Faÿ, Louis XVI ou la fin d'un monde, 1955, réed. La Table ronde, Paris 1981, p. 35.)

 

Roland Mousnier mettant en avant l'argument historique : "L’hérédité n’a jamais produit une succession de rois aussi médiocres que celle des présidents de la IIIe République française (à une ou deux exceptions près), ce qui s’est terminé par l’effondrement de juin 1940, la plus grande catastrophe de l’histoire de France" (Roland Mousnier, Monarchies et royautés de la préhistoire à nos jours, Librairie académique Perrin, Paris, 1989.)

Remontons la chaîne de nos Rois et voyons les souverains fous, dégénérés ou incapables.

 

Il y eut, un roi fou, le malheureux Charles VI et, naturellement, il n’était pas fou lors de son avènement au trône, sans quoi son père eût lui-même réuni un Conseil du Royaume pour le déclarer déchu de ses droits à la couronne, à raison de sa déraison. La république, quand à elle a porté à sa présidence, par l’intermédiaire de l’Assemblée Nationale réunie à Versailles en janvier 1920, un président qui dès avant les élections était atteint de troubles mentaux! (Paul DESCHANEL 1920, qui démissionna pour raison de santé....) Ainsi, l’élection ne garantit pas mieux que les « hasards » de l’hérédité contre la démence éventuelle du chef de l’état, puisque Paul Deschanel devait quitter ses fonctions pour des raisons qui relevaient pareillement des médecins psychiatres.

Surtout, BILAN comptable ACTIF / PASSIF : Un roi fou sur quarante qui ont régné pendant près d’un millénaire ; un président schizophrène sur les dix-sept qui ont gouverné pendant moins d’un siècle ; le score en faveur de la monarchie est écrasant. 

Tenons encore cet argument républicain que nombre de rois capétiens ait été fous, dégénérés incapables.... D’accord ? Et posons à côté en axiome républicain que tout président de la République, du seul fait de son élection est nécessairement un phénix. Et voyons maintenant la productivité de ces deux catégories. Rois fous contre Présidents phénix... La première, a pris la France au stade de l’embryon (987), celui d’une province qui équivalait à cinq de nos départements actuels; en huit siècles, elle l’a porté à son apogée, puisqu’à la veille de la Révolution de 1789, la France comptait 38% de la population de l’Europe et qu’à l’estimation du banquier génois Necker elle possédait 50% de l’or du continent... La seconde catégorie maintenant, celle des phénix : elle a reçu héritage la somptueuse situation patrimoniale française décrite ci-dessus et en a fait la France de 2007...., réduite au cinquième rang de l’Europe, quand au rang de ses habitants, n'en parlons pas : les inégalités ne cessent de croître, l'écart de richesse entre riches et pauvres ne cessent d'augmenter. 

Que conclure ?

Une expérience sociale étalée sur un millénaire a force de démonstration politique. Si une monarchie, ayant comme représentants des pauvres d’esprit..., peut porter un pays au faite de sa puissance par une progression lente mais constante, alors qu’une république, dirigée par des hommes d’état plus éblouissants que des phénix, mène en moins d’un siècle ce même pays aux portes du tombeau, c'est que la valeur du principe des deux systèmes de gouvernement, si différents, l’emporte de beaucoup sur la valeur des hommes qui y participent. Force est bien de constater que la monarchie héréditaire, avec tous ses soi-disant hasards, convient mieux au développement de la France, que la république démocratique.

A l’objection élevée contre l’hérédité : "Et si le roi devient fou ?", Charles Maurras opposait tranquillement cette réponse : "si le roi devient fou, c’est en effet à très grand malheur, car la situation alors devient républicaine!"

En fait, l’
hérédité assure on ne peut plus clairement la transmission de l’autorité sans que celle-ci perde son indépendance par la compétition (les guerres et les divisions) qui résulterait d’un choix plus général à chaque génération. Ce n’est plus alors un individu qui exerce le pouvoir, mais une famille. Ainsi la continuité nécessaire à la prospérité du pays est assurée.

L'hérédité du pouvoir est une conséquence nécessaire de l’indépendance de l’autorité, elle est à ce titre une expression fondamentale du droit naturel.

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