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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 11:01

"[J]e pense que progressistes et réactionnaires ont raison contre les libéraux (à ne pas confondre avec les progressistes). Je rejoins en cela l’analyse de Claude Karnoouh. S’il y a bien eu un point commun entre le monde chrétien d’hier et la tentative communiste, c’est le refus du libéralisme. L’un lui est antérieur, l’autre postérieur. Mais il fallait de part et d’autre échapper à la dictature de l’argent et de la marchandise. Le monde communiste reste à mon sens profondément chrétien. Il essayait d’échapper à la logique implacable du profit et à cette ignoble théorie de la main invisible où les égoïsmes individuels travaillent, soi-disant, à l’intérêt collectif! La solution à mes yeux consisterait à réconcilier progressistes et réactionnaires contre les libéraux. Ce qui ne semblera étrange qu’à ceux qui se font de l'Histoire une représentation binaire."

      Alain Soral, entretien dans la revue Choc numéro 31.
L'Entretien en PDF avec Alain Soral


Alain Soral a raison sur ce point que monde chrétien et monde communiste refusent le libéralisme comme culte idolâtrique de Mamon-Roi, l'"Argent-Roi". Mais le monde communiste a aussi un défaut majeur, comme tout matérialisme il se trompe sur la nature de l'homme.

Le monde communiste postule, avec tous les révolutionnaires, que l'homme est bon par nature et que c'est la société qui le corrompt, il faudrait donc changer la société, l'homme se libérerait lui-même, sans tenir compte de Dieu... C'est la Société organisée en dehors de Dieu. C'est cela le "matérialisme"... Or, "l'homme bon" est un mythe hérétique. Le monde chrétien enseigne que l'homme est entaché par le péché originel qui fait qu'il n'est pas un être conçu sans péché, une sorte d'"Immaculé conception" qui agirait en Société toujours en bien, sans jamais faire le mal... Non, en réalité l'homme n'est pas bon par nature, il n'est ni prédisposé à l'altruisme ni au partage. Pour cela, l'homme doit se faire violence et tendre de tout son être vers le bien.

Le monde communiste s'est donc trompé. Il s'est trompé en pensant qu'une idéologie matérialiste (l'organisation de la Société en dehors de Dieu) tendant naturellement au partage (sans Dieu) entraînerait le bonheur de la Société. C'est le contraire qui s'est passé, car les droits de la nature finissent toujours par reprendre le dessus... Par exemple, un ouvrier en Urss, qui observait ses chefs de la Nomenklatura, se disait que lui aussi voulait avoir une belle mercedes...

Si donc le monde communiste est chrétien c'est simplement par son refus du libéralisme comme culte idolâtrique de l'Argent-Roi, mais sa prétention à organiser le monde en dehors de Dieu est déjà un matérialisme, un libéralisme, et même tout le "libéralisme"... Ce qui a pu faire dire au pape Pie XI que le communisme était "intrinsèquement pervers" (Lettre encyclique Divini Redemptoris, 1937).

Encore une fois, si Alain Soral veut se sortir de sa contradiction et refuser pleinement l'idolâtrie, et notamment l'idolatrie moderne de l'Argent-Roi à la place du Christ-Roi, culte idolâtrique maçonnique mis à la place du culte du Dieu vivant, il est temps qu'il quitte le vieil homme et ses vieilles lunes et qu'il adopte l'authentique progressisme qui est, et a toujours été, le monde chrétien fondé sur une juste analyse de la nature de l'homme (dogme catholique du
péché originel).

Alain Soral se demande : "jusqu'où va-t-on descendre"? Je suis en mesure de lui répondre que "Si le Seigneur ne bâtit la maison, ses bâtisseurs travaillent en vain" (Psaumes 127, 1), et avec Notre Seigneur Jésus-Christ : "La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé; ils sont venus battre cette maison, elle s'est écroulée, et grande fut sa ruine..." (Evangile selon Saint Matthieu, 7, 27). Voilà comment cela finira si nous continuons à vouloir bârir la maison en dehors du Christ, "pierre d'angle" : un tas de ruines. 

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