Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 17:16
Extraits du discours prononcé par Vladimir Volkoff au Rassemblement Royaliste des Baux de Provence de 1997, "Le Roi, l'éternelle solution". Via le Forum catholique

"Le premier problème qui se pose à toutes les sociétés des hommes, c’est que ce que les chrétiens expliquent par le récit de la chute a eu lieu et que par conséquent les hommes ne sont pas parfaits, qu’ils ne sont pas tous très gentils et qu’ils ont besoin d’être gouvernés. C’est le premier problème politique: les hommes ont besoin d’être gouvernés.

S’ils ne sont pas gouvernés, ils s’entre-mangent et celui qui a mangé le plus des autres commence à gouverner ceux qu’il n’a pas eu le temps de manger, ce qui est la loi de la jungle, ce qui est une façon de régler le problème, mais il y en a peut-être d’un peu plus civilisées et la monarchie nous apporte une de ces solutions pour régler la seule nécessité que les hommes ont besoin d’être gouvernés. Je ne dit pas que c’est la meilleure mais c’est une des solutions. Le roi est une des solutions à la nécessité qu’ont les hommes d’être gouvernés. Il y a fondamentalement deux sortes de gouvernements:

-les gouvernements paternels où la personne qui a l’autorité est donnée a priori c’est le père, ce sont les parents qui gouvernent la famille, qui gouvernent leurs enfants. C’est la structure royale, bien entendu. C’est une structure absolument fondamentale.

-les structures par contrat social.

... Ce sont deux structures totalement différentes, une structure paternelle héritée d’en haut et une structure d’accord entre nous. Il est bien évident que l’une et l’autre règlent plus ou moins bien ce premier problème auquel je faisais allusion qui est que les hommes ont besoin d’être gouvernés. Je pense que les structures paternelles sont mieux adaptées à la nature humaine déchue que les structures constitutionnelles mais, bien entendu, on peut en discuter.

Un autre problème, c’est que, la nature humaine est ainsi faite: il y a des forts et des faibles. Cette force et cette faiblesse, à l’époque de l’homme des cavernes, c’était simplement les costauds et les gringalets. Ce sont ensuite les féodaux et leurs serfs. Ce sont les capitalistes et les ouvriers. A notre époque, ce sont les multinationales et leurs employés. Les puissants, ce sont quelquefois les psychocrates, c’est-à-dire ceux qui manipulent tous les mass médias qui nous manipulent à leur tour,. Il y aura toujours et il y a toujours eu une opposition entre les puissants et les moins puissants, les forts et les faibles. Le rôle de tout gouvernement des hommes est nécessairement de limiter quelque peu la puissance des puissants et de protéger les moins puissants contre les plus puissants.

LE ROI CONTRE LES FÉODAUX

C’est l’un des domaines où la monarchie doit vraiment recevoir de bonnes notes dans tous les pays du monde parce que les monarques ont toujours essayé de limiter les droits des féodaux, les droits des forts, les droits des riches, parce que c’était leur intérêt même, sans parler d’altruisme ou de générosité. C’était l’intérêt des monarques de s’appuyer sur la masse des faibles (les faibles sont toujours plus nombreux que les puissants).

Les rois de France ont assis leur puissance sur le petite bourgeoisie et le peuple contre les grands féodaux. Voyez RICHELIEU. Je pense aussi à l’histoire de Russie où IVAN le Terrible a assis son pouvoir sur le peuple contre les boyards. Je pourrais bien penser aussi à JULES CÉSAR, à AUGUSTE et on peut remonter dans la nuit des temps. Le monarque a toujours été le protecteur du faible contre le fort. Pourquoi? Pour obtenir un certain équilibre dont lui-même tirait certains avantages.

LES LEÇONS DE SOLJENITSYNE

Un autre problème m’a toujours intéressé. En 1993, j’avais été invité à un évènement historique qui me paraît être un des grands évènements de ce siècle et dont on mesurera plus tard l’importance. C’était la venue de SOLJENITSYNE aux Luc-sur-Boulogne pour l’inauguration du mémorial de la Vendée. SOLJENITSYNE ne se déplace jamais et ne s’intéresse pas beaucoup à ce qui se passe en dehors de la Russie. Mais on l’a invité à venir aux Luc-sur-Boulogne et il a dit immédiatement oui. Il a compris qu’il n’y a pas de droite et de gauche. Il a compris qu’il y a les Blancs et tous les autres. Il a compris qu’il était invité chez les Blancs et, comme c’est un Blanc lui-même, il est venu.

Nous étions 36.000 à l’écouter sous une pluie battante et il nous a dit plusieurs choses qui m’ont paru nouvelles. Il nous a dit: “derrière chaque utopie, il y a une terreur”. Cela me paraît d’une profondeur historique remarquable. Toutes les terreurs sont là pour justifier les utopies.

Il nous a dit aussi: “Toute révolution est mauvaise”. Et puis, il nous a dit quelque chose que je savais déjà, c’est que la liberté et l’égalité sont en fonction inverse l’une de l’autre. Plus il y a de liberté, moins il y a d’égalité. Plus il y a d’égalité, moins il y a de liberté. Mais peu de gens en ont pris conscience: SOLJENITSYNE, moi et quelques-uns d’entre vous et puis c’est tout. Ce n’est pas très populaire que de le dire. Les gens considèrent que liberté et égalité font partie du même slogan. C’était bon d’entendre SOLJENITSYNE, venu des plaines russes, nous dire: liberté, égalité, fonction inverse.

Quand certains parlent d’égalité, on sent bien que, dans le meilleur des cas, ils veulent dire justice. La justice est un besoin. Nous avons besoin de liberté. Nous avons besoin de justice. A regarder l’histoire, dans cette balance continue entre le minimum souhaitable d’égalité qui est exigé par la justice et le maximum souhaitable de liberté qui est exigé par l’amour de la liberté que nous avons au fin fond de nous, la balance ne peut être tenue que par un prince non élu, par un souverain dont le rôle est justement d’être le fléau de la balance. C’est lui qui pourra équilibrer la liberté souhaitable et l’égalité ou la justice souhaitable sans faire de surenchère de l’une par rapport à l’autre et sans essayer de nous faire croire qu’elles sont conciliables.

Elles ne sont conciliables qu’à petites doses. Il nous faut une homéopathie de liberté et une homéopathie d’égalité mais pas plus. Le prince, dans sa fonction autoritaire, est celui qui, justement, peut distribuer la quantité de liberté et d’égalité convenable d’après l’état du patient. J’ai toujours été un vif partisan du service militaire qui est totalement égalitaire, où les riches et les pauvres, les illettrés et les lettrés, se retrouvent exactement devant le même parcours du combattant. Il y a des moments où un bain d’égalité est utile et il y a des moments où un bain d’égalité est bon. Le prince me paraît être celui qui peut le mieux juger de la dose de liberté ou d’égalité à administrer à un peuple à certains moments.

Il existe des forces non politiques qui sont dangereuses pour un régime élu, peut-être plus que pour un régime qui porte sa légitimité en soi: multinationales, mondialisme, toutes choses qui vont nous coiffer sans que nous nous en soyons aperçus. Que peut un régime élu? Que peut un régime qui pense que l’économique passe d’abord? Que peut un régime fondé sur la publicité, sur la propagande? Que peut un régime de ce genre contre cette influence de plus en plus dramatique de l’économique anti-national?

Pas grand chose parce que, j’ai assisté l’autre jour à une conférence d’un homme extrêmement brillant, qui démontrait que, en régime social-démocrate, (et nous vivons en régime social-démocrate), la corruption n’est pas un accident mais une nécessité. Il montrait que, dans ce genre de régime, nous ne pouvons, au bout de certaines générations, qu’avoir des élus corrompus. Que peuvent les élus corrompus contre ces pots-de-vin, contre cette surenchère de l’intérêt matériel? Rien, tandis qu’il est bien évident qu’un régime qui ne doit rien à personne, qui en soi porte sa légitimité par une sorte de postulat absolu (au sens étymologique du terme, c’est-à-dire qui ne dépend de rien), est le seul régime qui peut résoudre le problème de l’insubordination à toutes ces méduses supranationales qui flottent autour de nous.

LA TRANSMISSION DU POUVOIR

D’une part, vous avez vu que le pouvoir en soi posait des tas de problèmes mais alors la transmission du pouvoir... Comment transmet-on le pouvoir? La monarchie le transmet par le moyen le plus simple, le plus bête possible. De même que nous transmettons la vie, il y a un monsieur et une dame qui ont des enfants auxquels le pouvoir, cette capacité mystérieuse, sacrée, mystique, est transmis. Les Grecs transmettaient le pouvoir par un système de tirage au sort pour certains magistrats. Nous, nous avons recours à l’élection.

L’ennui de l’élection, c’est qu’on élit les gens qui ont les qualités nécessaires pour se faire élire, lesquelles sont généralement complètement opposées à celles dont on a besoin pour gouverner. Pour moi, la démocratie a une sorte de faille à la base puisqu’on élit ceux qui sont capables de grimper sur une caisse à savon et de dire: “votez pour moi, je suis le plus beau”. Il est rare que ceux qui sont vraiment capables de gouverner soient capable de faire ça. [Lire
Sarkozy "n'a pas été élu en dépit de ses défauts mais grâce à eux"]

Cela dit, on a peut-être élu des gens brillants mais il n’y en a pas beaucoup. Dieu sait que nous avons eu dans tous les pays des rois qui étaient intelligents et d’autres qui étaient bêtes, certains qui étaient pleins de génie et d’autres qui étaient fous, certains qui étaient malades et d’autres qui étaient bien portants. Mais il me semble que la loterie héréditaire est préférable à l’élection. Les résultats sont meilleurs. Mais supposons que ce ne soit qu’une loterie, elle nous assure en tout cas de quelque chose de continu sans le moindre problème.

Dans cette espèce d’éternité biologique dans laquelle on dit que le roi ne meurt jamais en France (“
le roi est mort, vive le roi”), nous accédons à quelque chose de plus profond, à une véritable victoire sur la mort. Le roi ne meurt jamais. C’est le seul Français qui ne soit jamais mort. Il est toujours vivant. Dans cette continuité par un personnage, nous devenons tous d’une certaine manière immortels puisque nous nous associons à cette royauté qui le rend immortel, lui, et qui, puisqu’elle revendique son pouvoir d’ailleurs, lui donne accès à une autre éternité.

LA MONARCHIE HERMAPHRODITE

Je voudrais citer un livre admirable qui s’intitule tout simplement “Le Roi” de Monsieur Jean-Paul ROUX. Quand je l’ai reçu, j’ai écrit à son auteur: “Merci de m’avoir dispensé d’écrire ce livre. Toute ma vie, j’ai rêvé de l’écrire et vous l’avez écrit infiniment mieux que je n’aurais su. Maintenant, je n’ai plus besoin de faire toutes les recherches que vous avez faites tellement mieux que moi”.

C’est un livre tout à fait remarquable où Jean-Paul ROUX, historien, nous montre ce que c’est que le roi dans toutes les sociétés. Le roi, pour lui, c’est, entre autres, l’axe vertical de la cité, c’est-à-dire de l’humanité. C’est l’être qui joint la terre, c’est-à-dire la cité des hommes, qui sera sorti des reins d’un monsieur et du ventre d’une dame, qui sera un homme comme moi, et qui, en plus, sera bisexué.

La monarchie
est seul régime au monde qui prend en considération ce que nous dit la Bible et ce que nous dit Platon: l’homme, dans le principe, était hermaphrodite. Aucun de vous, Messieurs, n’est un homme entier. Aucune de vous, Mesdames, n’est une femme entière. Je ne suis pas un homme entier. Je ne suis qu’une moitié d’homme. Avec ma femme, nous faisons un être humain tout entier. Le roi, parce qu’il a la reine, est l’homme tout entier. Lorsque nous portons le roi au pinacle de la société, nous nous inclinons devant notre propre espèce, devant l’être humain: le roi et le reine unis pour l’éternité.

On me demande quelquefois pourquoi je suis monarchiste. Je suis royaliste parce que je pense que le royalisme est un humanisme.


*
Avantages de la monarchie
* Contre-Lumières. Ebauche d'un programme politique fédérateur
Partager cet article
Repost0

commentaires

R
bien que païen, c'est-à-dire foncièrement polythéiste, j'adhère à votre "lecture" de la fonction de roi et à l'idée d'une restauration de la monarchie, comme seul véritable système pérenne. Mais je ne pense pas qu'il soit nécessaire de mettre en adéquation l'idée d'un "roi des cieux" et celle d'un roi sur terre. C'est là la seule chose qui me distingue des royalistes dont je partage par ailleurs pleinement le combat
Répondre

Articles RÉCents