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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 08:57

"Barrer la route" à Hollande ? C'est l'argument ressassé et répété en boucles ces jours-ci sur certains blogs et sites "catholiques" qui nous rabattent les oreilles sur la nécessité de voter Sarkozy au second tour de la présidentielle pour "barrer la route à Hollande et à la gauche"... Honni soit qui ne votera pas Sarkozy ! 

 

De qui se moque-t-on ? 

 

Des blogs, sites "catholiques" (Le Salon beige rapportant "bien volontiers" un communiqué de "Résistance éthique" appelant à voter "Nicolas Sarkozy ... la candidature qui respecte le mieux nos convictions morales comme notre raison". Sic ...), des journalistes, Yves Daoudal, Guillaume de Thieulloy, des clercs, abbé de Tanoüarn, et d'autres personnalités, Bernard Antony, Carl Lang et Bruno Gollnisch, Jacques Bompard, maire d'Orange, Hubert Savon, Secrétaire général du MNR, endossent l'habit de 2007, lorsqu'au second tour il nous fut demandé à grands cris de "barrer la route" à Ségolène Royal et de voter Sarkozy. Ils oublient qu'en 2007, s'ils ont barré la route à Ségolène Royal, ils ont voté pour le gouvernement Sarkozy qui fit aussitôt une "ouverture à gauche"... Pas très logique tout ça, mais bon passons.

 

Le plus grave, les points non négociables, si importants jusque-là sont mis de côté, oubliés, effacés. Il devient tout d'un coup licite de voter pour un candidat qui rejette la loi naturelle et les points non négociables ! Au motif qu'il faudrait voter pour le moindre mal. Mis à part que voter pour "un moindre mal" reste voter pour un mal, comment justifient-ils cette acrobatie intellectuelle ? Ils la justifient en avançant qu'il faudait refuser la "politique du pire" incarnée par la gauche et François Hollande. Sarkozy serait le candidat du "moindre mal" et Hollande le candidat du "pire". 

 

De qui se moque-t-on ? à part les discours et déclarations qui n'engagent que ceux qui y croient, rien, absolument rien dans les faits ne prouve que Sarkozy ne sera pas pire que Hollande et que Sarkozy ne fera pas dans les faits l'exact contraire de ce qu'il a promis (lutte contre l'immigration, discours sur l'importance des frontières, etc.) Sarkozy est même passé dans les faits comme le roi du retournement de veste et (avec Mittérand) le roi des promesses électorales non tenues. 

 

Quelques rappels.

 

(1) les racines chrétiennes de la France : hier 1er mai au Trocadéro à Paris, Nicolas Sarkozy a développé les thèmes de la sécurité, de l'immigration, des frontières et des racines chrétiennes de la France. Il y a un an, le 9 février 2011, il soulignait les "racines juives de la France" lors du 26e dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France.

 

(2) l'immigration et la sécurité : en 2007, Sarkozy fit des promesses sur l'immigration et la sécurité ("Monsieur Karcher" karchérisant les racailles). Concrètement qu'a-t-il fait ? les cités ont flambé dès son élection. L'immigration : il y a eu plus d'immigration sous Sarkozy que sous le gouvernement de gauche Jospin. Rappelons les déclarations sur le métissage obligatoire et le Nouvel Ordre mondial : « L’objectif, c’est relever le défi du métissage. (…) Ce n’est pas un choix, c’est une obligation. (…) On ne peut pas faire autrement. Au risque de nous trouver confrontés à des problèmes considérables. Nous devons changer (…) partout en même temps, dans l’entreprise, dans les administrations, à l’éducation, dans les partis politiques. Et on va se mettre des obligations de résultat. Si ce volontarisme républicain ne fonctionnait pas, il faudra [sic] alors que la République passe à des méthodes plus contraignantes encore. » a déclaré un après son élection, Nicolas Sarkozy, à Polytechnique, le 17 décembre 2008. "On ira ensemble vers ce Nouvel Ordre Mondial. Et personne, je dis bien personne ne pourra s'y opposer" a déclaré Nicolas Sarkozy, au Palais de l'Elysée, le 16 janvier 2009. 

 

(3) la défense de la famille : en 1999, la gauche au pouvoir fait voter la loi sur le Pacs. La droite, emmenée par Christine Boutin et soutenue par d'immenses manifestations, s'y oppose. Opposition sans lendemain : dès que la pression pro-famille est retombée, des députés UMP (dont Nicolas Sarkozy) ont commencé à regretter leur vote contre le PACS. Deux ans après son élection de 2007, dans un entretien au Nouvel Observateur du 2 juillet 2009, le président Sarkozy a déclaré : "Le problème de l’opposition aujourd’hui c’est d’être à ce point fermée. Nous avons connu cela nous-mêmes. L’erreur qu’a commise la droite à l’époque du Pacs ! C’était ridicule et outrancier. On s’est trompé. J’en ai tiré des conséquences définitives."

 

(4) l'éducation et le droit des parents à l'éducation de leurs enfants : il y a deux ans, Luc Chatel avait interdit la diffusion dans les écoles de ce film d'animation de propagande homosexuelle "Le Baiser de la lune". "Le baiser de la lune" a été distribué la Semaine sainte 2012 (2-8 avril) aux enseignants de CM1 et CM2. La différence entre la droite et la gauche : deux ans. Y en a-t-il qui croit encore qu'il y ait une différence entre la "droite" et la "gauche" ? 
 

Nous pouvons le dire à l'avance : si Sarkozy est élu, ceux qui auront voté pour lui et appelé à voter pour lui passeront pour d'éternels cocus. Dans deux ans, ils pleureront : il y a plus d'immigration, plus d'insécurité, le "mariage gay" est passé, peut-être plus rapidement que si nous avions été sous Hollande : "nous sommes désolés !" "L'eutha-nazie a été légalisée ! Excusez-nous!..." Sans compter qu'en terme de sécurité, voter Sarkozy c'est voter pour l'enflammement des cités comme en 2007 aux lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy.

 

Finalement, pendant ce temps, les seuls à ne pas se compromettre dans la folie politicarde et à rester cohérents sont ceux qui au Front national (Marine Le Pen, Louis Aliot) avaient été taxés de laxisme. En votant blanc, Marine Le Pen et ses lieutenants Louis Aliot, Florian Philippot, refusent de choisir entre la droite et la gauche, s'assurent un avenir politique quand les autres dans cinq ans auront disparu.

 

Add. 18:15. Notons que le Collectif "catholiques en campagne", "présent dans toutes les élections depuis 2007", ne se fourvoie pas : "Notre Collectif ne donne pas de consigne en vue du second tour. Surtout au vu du profil des deux vainqueurs du jour, tant ils se sont peu inspirés jusque là de la loi naturelle, pour ne pas souligner leur constance à la bafouer. Sans compter, ajoute-t-il, leur indifférence à l'égard des "points non négociables" (vie, famille, éducation) mis en exergue par le Pape régnant".

 

- L’UMP, dernier rempart de l’Occident chrétin ?

 

 

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commentaires

Simon Duplessis 05/05/2012 20:02

J'ai transmis à mes proches les plus naïfs cet excellent post . Merci

domremy 04/05/2012 11:03

ENFIN !un catholique rigoureux et conséquent .

Sur le Salon Beige un texte que ne désavouerait pas je pense Ingomer .

Je ne résiste pas à le transmettre :

"Pour prendre du recul : "on peut être empêché de faire le bien; il n'est jamais permis de faire le mal"

J'ai reçu cette tribune écrite à l'intention du Salon beige et de ses lecteurs, tribune d'une profondeur et d'un recul si rares dans cette période d'agitation électoraliste :

"Je suis sidéré de voir qu'une quasi unanimité semble se faire en vue de dimanche prochain, dans le sens de préférer le moindre mal au pire. Les argumentaires convergents nous viennent d'horizons
assez diversifiés et même de milieux que l'on aurait qualifié a priori de sérieux pour ne pas dire rigoristes. Or leur propos me semble relever, sans qu'ils s'en rendent compte, de ce que Jean Paul
II appelle, dans Veritatis Splendor, aux numéros 71 à 75 les théories éthiques « téléologiques » conséquentialistes et proportionnalistes : on qualifie un acte moral, et donc la légitimité de le
poser, en fonction de ses conséquences positives et négatives, en faisant la proportion entre les résultats que l'on pense obtenir et que l'on obtiendra effectivement. Or ces théories ne peuvent se
réclamer de la tradition et de la doctrine catholique, qui elle, qualifie l'acte moral essentiellement à partir de son objet : « la fin prochaine d'un choix délibéré », autrement dit ce que je veux
faire concrètement et que je vais faire immédiatement (Veritatis Splendor, nn. 76 à 83).

Ainsi donc, la pondération du moindre mal et du pire s'applique seulement et exclusivement aux conséquences de l'acte, mais jamais à l'objet précis de l'acte concret, qui doit toujours être bon, et
ne doit jamais être un mal, fût-il moindre qu'un autre. Dans le cas qui nous occupe, la légitimité de notre choix ne vient donc pas des conséquences que l'on aura empêchées ou permises, mais du
contenu précis de notre bulletin. Or le bulletin ne dit pas: « je m'oppose à la victoire de un tel », il dit: « je donne pouvoir à un tel de faire ce qu'il dit qu'il va faire et je lui donne, pour
autant qu'il m'appartient, les moyens de mener son action ». De plus, en fait de peser les conséquences, on donne pour évident d'écarter un pire qui n'existe pas encore, qui n'est pas encore advenu
et qui n'adviendra peut-être pas -Dieu est grand- et on promeut ouvertement un mal qui est bien réel celui-là, puisqu'il est mis en oeuvre depuis cinq ans et qu'il demande explicitement à continuer
de perdurer encore cinq ans; on le qualifie de moindre par rapport au pire défini avant, et on pense alors « devoir » le faire.

N'est-ce pas Balthasar qui raconte cette histoire qui illustre bien le problème? Un officier SS traîne une petite juive devant un prisonnier et ordonne à ce dernier de tuer la fille, sinon on
fusillera cent otages après quoi le prisonnier aussi sera tué. En bonne morale, le prisonnier est responsable de la vie de la petite juive, et il ne lui est jamais permis de la tuer; ce n'est pas
lui qui est responsable de la vie des cent otages, mais le SS; il n'est pas sûr que le SS fera fusiller les otages; il n'est pas sûr non plus qu'il ne les fera pas fusiller quand même; il n'est pas
sûr non plus que le prisonnier sera tué ou épargné; pourquoi le SS ne sera-t-il pas touché par le courage et le témoignage du prisonnier refusant de tuer la fille? Et même si ce n'est pas le cas,
le prisonnier ne doit pas la tuer, non seulement parce qu'elle est innocente, mais pour ne pas devenir lui-même un meurtrier, et rester libre parce qu'il est soumis non pas aux pouvoirs d'ici bas
mais à l'ordre moral inviolable dont l'auteur est Dieu lui-même.

Le vrai problème est donc d'oublier que les points non-négociables ne se négocient justement pas : on ne peut jamais donner son suffrage à un programme qui va ouvertement à l'encontre de l'un ou de
plusieurs d'entre eux. Et c'est précisémnt cela qui est pour nous tellement nouveau que nous n'arrivons même pas à l'envisager! En effet, il ne s'agit pas à ce propos de peser les conséquences
futures possibles ou sûres du vote, mais de considérer l'objet lui-même, c'est-à-dire le contenu en lui-même du programme auquel nous accordons notre suffrage. De fait, contrairement à ce que
presque tous nous disent, en votant dimanche, on ne choisit pas « d'empêcher peut-être 60 propositions iniques », on va choisir « de promouvoir et amplifier le bilan des cinq dernières années ». Se
pose alors la question: ce bilan, qui lui est sûr, et le programme annoncé pour la suite, qui lui est probable, sont-ils opposés à l'un ou plusieurs des points non-négociables? Et si oui, je n'ai
pas le droit de le choisir en mon âme et conscience, ni d'en faire la promotion, ni de lui donner le pouvoir et les moyens de le faire, pour ce qui m'appartient.

N'oublions jamais la dignité et la liberté des enfants de Dieu : on peut être empêché de faire le bien, il n'est jamais permis de faire le mal. C'est typiquement ici le cas. L'attitude cohérente
est celle de l'abstention, puisque le bulletin blanc n'est pas inclus aussi clairement qu'elle dans les résultats du vote. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que ce système rend impraticable
le vote en conscience cohérent, en tout cas selon la doctrine catholique. Et ce n'est pas un hasard : le régime actuellement en place travaille de plus en plus ouvertement contre le bien commun
véritable. Dans ce cas, la bonté formelle de l'acte de voter, comme participation à l'édification du bien commun, est elle-même disqualifiée, et c'est l'abstention qui devient un devoir, comme
dissidence seule expression du « non-négociable ».

La gravité de la situation ne nous échappe pas, mais loin de nous décourager ou de nous imposer la compromission à la place de la trahison, elle devrait nous enthousiasmer : car le salut ne vient
pas du président de la République ni des représentants du Peuple, il vient de Jésus Christ et de ceux qui le servent fidèlement. Quand les institutions politiques nous sont inaccessibles pour les
raisons qu'on a dites, il nous reste le champ immense de la société réelle, où le Saint Père ne cesse de nous appeler à édifier une véritable contre-société qui donne envie d'y vivre. Non pas un
ghetto catholique, mais bien la vraie vie à laquelle tout être humain est invité par son humanité même: il ne faut pas souscrire au credo catholique pour en être, il faut seulement être conscient
et respectueux de la dignité naturelle de la personne humaine, dans l'intégralité de ses dimensions, et travailler à sa promotion en soi et dans les autres.

En n'étant pas dociles à l'écoute de Rome depuis si longtemps: Veritatis Splendor est de 1993 , qu'en avons-nous fait? Et Jean Paul II cite au coeur de son argumentation Paul VI en 1968 dans
Humanae Vitae, tiens tiens.. une thèse de Science Politique pourrait être intitulée « de la contraception à la dictature »; la Note Doctrinale est de 2002 , eh oui déjà! On risque d'avoir oublié
les enjeux de nos vrais combats, et surtout l'ampleur et la réalité très immédiate du pouvoir temporel qui est confié aux laïcs chrétiens par le Christ lui-même. Vous n'empêcherez pas le clerc que
je suis, d'être sûr, je l'ai lu d'ailleurs il y a quelques mois sur notre blog préféré, que si les laïcs catholiques, de leur propre initiative, -car il n'est pas besoin de mandat ecclésiastique
pour cela, le Baptême et la Confirmation y suffisent-, avaient déclaré d'avance et massivement qu'ils ne voteraient pas pour des programmes s'opposant ne serait-ce qu'à l'un ou plusieurs des points
non-négociables, sur lesquels par définition tous les catholiques sont unis, la donne idéologique et politique en France serait aujourd'hui très différente, et certainement pas moins favorable à
l'Evangile".

Lahire

Posté le 4 mai 2012 à 10h00 | Lien permanent | Commentaires (0)

Xavier 02/05/2012 17:18

Je suis moi même stupéfait par le bourrage de crâne du Salon Beige.
Ils perdent toute crédibilité.

phb46 02/05/2012 15:28

http://fr.altermedia.info/communique/minute-appelle-a-barrer-la-route-a-francois-hollande_41110.html

domremy 02/05/2012 13:05

Merci Ingomer pour votre cohérence ...

A se demander si les Catholiques qui appellent à voter Sarkozy ont un mémoire ou un gruyère en matière de cerveau

- L'enseignement obligatoire de la Theorie du Gender dans les écoles c'est quand meme Sarkozy ...

L'immigration passée à 250 OOO par an c'est quand meme lui...

Les interventions dans des pays où les Catholiques pouvaient encore vivre -Irak ,Libye , maintenant Syrie- et le remplacement des dirigeants par des massacreurs de Catholiques c'est aussi lui
...

Sans parler des désastres économiques pour lesquels il n'a d'autres solutions que celles qu'il a déjà appliquées avec le résultat que l'on sait ,lui encore ...

Il est le meme mal, sortant des memes officines franc-maçonnes et soumis aux memes lobbyis, que l'autre ...

S'il rempile pour 5 ans, dans 5 ans le Hollande -PS maçons viendra se présenter comme étant la solution...

ET PRÉTENDRE QU'IL EST "UN MOINDRE MAL" !!!!

Que faut-il encore ?

Pas une voix ni pour L'UN ni pour l'AUTRE :ils SONT LE CLONE L'UN DE L'AUTRE