Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 06:02

Face à une augmentation exponentielle des concurrences victimaires et des revendications communautaires en tous genres auxquelles la modernité a cherché à octroyer des droits sur le reste de la société, organisant ainsi une division et une sorte de guerre civile larvée permanente, la jeunesse du pays qui a refusé dimanche 25 mai de participer à la mascarade de la "démocratie" européenne, a voulu dire en réalité qu'elle en avait assez de cette société.

 

La jeunesse a sanctionné toute l'escroquerie de la pseudo "loi" Taubira sur le "mariage" gay et l'adoption. On doit voir dans l'abstention massive de la jeunesse dimanche, la recherche d'une autre société, plus juste, plus solidaire, moins individualiste, moins égoïste, et donc plus raisonnée et plus civique.

 

La jeunesse souhaiterait créer en fait une société plus responsable et unie. 

 

Liens-sociaux.jpgCette recherche pourrait conduire à redécouvrir les vertus de la société administrative et sociale et à rejeter la société de la pauvreté politique moderne.

 

Pour reprendre la formule de Julie Graziani, porte-parole du collectif Ensemble pour le bien commun, à l'individualisme il convient de "préférer un principe plus général de respect dû à toute personne à raison, non pas de son appartenance à tel ou tel groupe mais à raison de ma propre responsabilité de créer du lien avec ceux que je côtoie."

 

Aux Etats-Unis, Tocqueville a montré que l'essor de l'individualisme s'est accompagné de la dissolution du lien social. Or ce qui fait qu'une société s'enrichit c'est la somme des liens sociaux qu'elle aura créés, pas la somme des liens qu'elle aura détruits.  


Le sociologue et historien américain Richard Sennett ouvre son livre The Fall of public man (1977) sur une citation de Tocqueville. Il y déplore l’affaiblissement du civisme et la fin de la culture publique. Sennett en voit un symptôme dans l’augmentation des gestes d’incivilité.

 

La quête de la jeunesse pour une société plus juste pourrait la conduire à rejeter la société séparatrice pour lui préférer une société unificatrice avec une vision supérieure de l'Etat et une vision générale du Bien commun.


Cette nouvelle société sera fondée sur la souveraineté étatique. Donnons-lui ce nom. Cette souveraineté est, disons-le, le principe monarchique pur. Cette souveraineté ne se partage pas avec la souveraineté nationale qui juxtapose, additionne, mais aussi isole les individus (national républicanisme) et finit par rendre toute société schizophrène (dépersonnalisation de la personne collective, désagrégation de sa mémoire, négations de son identité..., émoussement de son affectivité, indifférences aux sort des plus faibles, aux malheurs des gens, etc.)

 

Les "droits de l'homme", ces temps-ci (dont la souveraineté nationale fait partie - article 3 DDH 1789) ont ainsi été étendus à tout et n'importe quoi, jusqu'au droit à assassiner l'enfant dans le ventre de sa mère au nom d'un "droit de la femme à disposer de son corps", ou le droit à adopter un enfant en le fabriquant à l'autre bout du monde au nom du "droit" des paires homosexuelles à avoir des enfants comme les hétérosexuels.


Pour recouvrer une société juste, la souveraineté étatique doit venir remplacer cette société individualiste composée d'adultes rendus irresponsables et dangereux, gavés de "droits" (sans jamais avoir le pendant des devoirs), par une société civique, administrative composée d'adultes rendus responsables, conscients de leurs devoirs de respecter autrui dans sa dignité de personne humaine, et donc rendus capables de mettre du lien entre les personnes là où la modernité avait déresponsabilisé, divisé, opposé, catégorisé et entretenu davantage la discrimination qu'elle ne l'avait combattue réellement.

 

Un autre problème sérieux : au lieu de régler le problème de notre rapport à autrui, l'individualisme l'a exacerbé, sans lui donner de solution. Ce qui est le propre de l'anticivisme.

 

 

. Pourquoi l’oligarchie financière ne veut pas de l’économie sociale

. Y a-t-il une possession collective en France ?

Partager cet article
Repost0

commentaires