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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 08:04

Ilys

Aider à mourir” est visiblement devenue l’expression consacrée dans les médias pour désigner le fait de tuer.

Déposer un petit flacon de potassium et une seringue sur la table de nuit d’un patient, c’est aider à mourir, on peut en convenir. Faire l’injection soi-même c’est tuer. C’est donner la mort et non pas “aider à mourir” qui connote une forme de passivité, ce qui n’est absolument pas le cas de l’action décrite.

Les tounures de phrases que veulent imposer les militants de l’euthanasie ont seules droit de citer. Nous connaisons le pouvoir des mots, en nous savons que nommer est l’apanage du pouvoir. Chaque reportage prend les allures d’un spot publicitaire : “Tuer n’est pas tuer, c’est aider à mourir“. L’adhésion à l’euthanasie passe par une euphémisation, une subversion du langage, afin de décrire une réalité dérangeante sous un jour plus favorable, le tout sous l’égide de la neutralité journalistique, à des fins de manipulation de l’opinion publique. Il est bien plus charmant de dire que telle infirmière a aidé une cancéreuse en phase terminale à mourir, que de dire qu’elle l’a tué. Même quand on est favorable à l’euthanasie il y a comme un remord, une once de scrupule à l’audition du mot “tuer”.

Peu à peu cette manipulation devient le langage officiel des médias et donc du débat public. Et qui donc aurait à coeur de refuser son aide à un mourant en souffrance ? Ils ont déjà gagné. Cet épisode comme tant d’autres révèle encore une fois, que la pluralité de la presse en France prend les allure d’un son de cloche qui se répercute en cascade. Plus ou moins déformé, distordu par l’écho, mais toujours le même dans toute son uniformité.

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