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19 février 2007 1 19 /02 /février /2007 11:41

Le "tu ne tueras pas" ne concerne pas la Société, mais l'homme individuel. La doctrine de l'Eglise n'a jamais condamné la peine mort quand il s'agit à la société de se protéger. C'est même pour elle un DEVOIR, une charité (lire Le libéralisme est un péché de Don Sarda y Salvany). Le catéchisme de l'Eglise catholique, publié par Jean-Paul II en 1992 l'indique encore en son article 2266 :

"Préserver le bien commun de la société exige la mise hors d'état de nuire de l'agresseur. A ce titre, l'enseignement traditionnel de l'Eglise a reconnu le bien-fondé du droit et du DEVOIR de l'autorité publique légitime de sévir par des peines proprotionnées à la gravité du délit, sans exclure dans des cas d'une extrême gravité la peine de mort. ... La peine a pour premier effet de compenser le désordre introduit par la faute. Quand cette peine est volontairement acceptée par le coupable, elle a valeur d'expiation. De plus, la peine a pour effet de préserver l'ordre public et la sécurité des personnes. Enfin la peine a une valeur médicinale, elle doit, dans la mesure du possible, contribuer à l'amendement du coupable." (Cathéchisme de l'Eglise catholique, Edition Pocket MAME/PLON, Manchecourt 1992, article 2266, p. 564).

Don Sarda y Salvany, Docteur en théologie, Prêtre du Diocèse de Barcelone et directeur du journal "La Revista popular", dans son livre Le libéralisme est un péché (1887) précise la doctrine catholique sur le sujet de la charité :

"La théologie catholique nous en donne la définition par l'organe le plus autorisé, ..., le catéchisme, si plein de sagesse et de philosophie. Cette définition, la voici : La charité est une vertu surnaturelle qui nous incline à aimer Dieu par-dessus toute chose et le prochain comme nous-mêmes pour l'amour de Dieu. ... Aimer, c'est vouloir le bien à celui qu'on aime. ... Il suit de là qu'on peut aimer le prochain, bien et beaucoup, en lui déplaisant, en le contrariant, en lui causant un préjudice matériel et même en certaines occasions en le privant de la vie. Tout se résume, en somme, à examiner si dans le cas où on lui déplaît, où on le contrarie, où on l'humilie, on le fait, oui ou non, pour son bien propre (1), pour le bien de quelqu'un dont les droits sont supérieurs aux siens (2), ou simplement pour le plus grand service de Dieu (3).

1) Pour son bien. S'il est démontré qu'en déplaisant au prochain, en l'offensant, on agit pour son bien, il est évident qu'on l'aime, même dans les contrariétés et les dégoûts qu'on lui impose. Par exemple
 : on aime le malade en le brûlant avec le cautère ou en lui coupant le membre gangrené; on aime le méchant en le corrigeant par la répression ou le châtiment, etc., etc. Tout cela est charité, et charité aprfaite.

2) Pour le bien d'un autre dont les droits sont supérieurs. Il est souvent nécessaire de déplaire à une personne, non pour son bien propre, mais pour délivrer autrui du mal qu'elle lui cause. C'est alors une OBLIGATION de charité que de défendre l'attaqué contre l'injuste violence de l'agresseur; et on peut faire à l'agresseur autant de mal que l'exige la défense de l'attaqué. C'est ce qui arrive lorsqu'on tue un brigand aux prises avec un voyageur. En ce cas, tuer l'injuste agresseur, le blesser, le réduire de toute autre manière à l'impuissance, c'est faire acte de véritable charité.

3) Pour le service dû à Dieu. ... De même que dans une guerre juste les hommes se blessent et se tuent pour le service de la Patrie, ainsi peuvent-ils se blesser et se tuer pour le service de Dieu. De même encore que l'on peut, en conformité avec la loi, exécuter des hommes à cause de leurs infractions au code humain, on a le droit, dans une société catholiquement organisée, de faire justice des hommes coupables d'infractions au code divin, dans ceux de ses articles obligatoires au for extérieur. ...

Le libéralisme moderne ne l'entend pas ainsi, ce en quoi il a tort. ... Par ses apostrophes et ses accusations banales d'intolérance et d'intransigeance sans cesse renouvellées, il déconcerte même des catholiques très fermes. Notre formule à nous, est pourtant bien claire et bien concrète. la voici : la souveraine intransigeance catholique n'est autre que la souveraine charité chatholique. Cette charité s'exerce relativement au prochain, quand, dans son propre intérêt, elle le confond, l'humilie, l'offense et le châtie...

Et parce que de nos jours il y a peu d'intransigeants véritables, il y a aussi peu de gens véritablement charitables. La charité libérale, à la mode actuellement, est condescendante, affectueuse, tendre même, dans la forme, mais au fond elle n'est que le mépris essentiel des biens véritables de l'homme, des suprêmes intérêts de la vérité et de Dieu." (Don Sarda y Salvany, Le libéralisme est un péché, Publication du Sel de la Terre, Avrillé 1997, p. 89-91).

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commentaires

B
en ma qualité d'avocat catholique je ne suis pas d'accord avec cette analyse. Il ne me semble pas qu'une condamnation par une juridiction civile à unefinnde vie peut être un acte de protection pour la société au regard de la foi! et aucun travail de rédemption n'est possible sans l'intervention de la foi dans le processus.<br /> Non c'est plutôt un apaisement de l'opinion publique , souvent exacerbé par des passions mortifères .<br /> Notre foi prône le droit à la vie pour les petits et les malades et priverait de ce droit un homme pour satisfaire une opinion ?<br /> Je doute
Répondre
I
Bonjour,<br /> Brickie : "Il ne me semble pas qu'une condamnation par une juridiction civile à unefinnde vie peut être un acte de protection pour la société au regard de la foi"<br /> C'est pourtant ce que dit l'Eglise depuis 2000 ans..., notamment en l'article 2266 cité ci-dessus. On se demande donc qui est catholique ici... <br /> "et aucun travail de rédemption n'est possible "<br /> C'est totalement faux. Combien de condamnés à mort a-t-on vu se convertir au moment de mourir, à commencer par le Bon Larron en croix à côté de Notre Seigneur Jésus-Christ ? <br /> "c'est plutôt un apaisement de l'opinion publique , souvent exacerbé par des passions mortifères"<br /> C'est une grave accusation de ses prochains... Mais, c'est vous qui le dites, sans apporter l'once d'une preuve, ressassant les mêmes haines que nos adversaires cathophobes. <br /> "Notre foi prône le droit à la vie pour les petits et les malades et priverait de ce droit un homme pour satisfaire une opinion ?"<br /> Vous confondez la mort d'un innocent avec celle d'un coupable. Curieux. <br /> Heureusement, les libéraux n'ont pas encore tout détruit. Deo gratias.