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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 16:41
Réaction (virulente) du maire de Biarritz aux réflexions de Mgr Aillet

SUD OUEST de Dimanche Via
Le Forum catholique

BIARRITZ. Vive passe d'armes entre le maire et Mgr Aillet au sujet de la Gay Pride

Borotra répond vertement à l'évêque

À la veille de la neuvième édition de la marche des fiertés homosexuelles, le prélat avait fait connaître sa réprobation via un communiqué de presse. Cet écrit fustigeait la manifestation, visant particulièrement les Soeurs de la perpétuelle indulgence, association taxée d'anticatholicisme et de blasphème.

Dans le même temps, Mgr Aillet adressait un courrier tout aussi incisif au maire de Biarritz, Didier Borotra.

... L'évêque y écrit que « les revendications tapageuses de groupes pour la plupart étrangers à la ville de Biarritz ne représentent pas, et de loin, la conviction profonde qui anime les personnes homosexuelles. Il suffit de lire tel ou tel témoignage pour comprendre à quel point celles-ci sont en souffrance ».

Il poursuit : « Outre le fait que la jeunesse, particulièrement les enfants, n'a pas besoin de voir affichées des revendications aussi agressives, une telle licence sexuelle exposée sur la voie publique ne peut avoir que des effets négatifs sur la moralité sociale et le bon sens de la majorité de nos concitoyens. »

« Je tenais à vous communiquer en toute simplicité ces quelques réflexions », conclut l'évêque.

Les « réflexions » ont passablement irrité le centriste Didier Borotra, homme de consensus peu coutumier des coups de gueule.

Dans une courte réponse, il renvoie l'évêque à la séparation des Églises et de l'État.

« Je ne peux vous cacher que j'ai eu honte à la lecture de votre lettre du 18 juin. De toute évidence, vous ignorez les lois de la République, c'est dommage. En tant qu'homme politique, je ne me mêle jamais des affaires de l'Église et je vous conseille d'en faire autant concernant les affaires de la mairie », assène le maire de Biarritz. « Nous n'avons pas la même conception de la liberté, notamment d'expression et de manifestation. Il s'agit pourtant d'un droit élémentaire dans tous les pays démocratiques. »

L'évêque de Bayonne, Oloron et Lescar a pris ses fonctions en novembre dernier. Son style et ses prises de position sont clairement plus ancrés dans le traditionalisme catholique que ceux de son prédécesseur, Mgr Molères. L'exemple le plus visible en est probablement la soutane que l'ecclésiastique porte systématiquement lors de ses apparitions publiques.



Lettre de Marc Aillet :
Monsieur le maire,

Ayant pris connaissance, par le biais de familles domiciliées à Biarritz, de la « Gay Pride » prévue prochainement, je viens vous faire part de ma profonde stupéfaction. Il s’agit une fois encore d’un outrage officiel fait à l’Eglise Catholique à en croire la présence annoncée des « Sœurs de la perpétuelle indulgence », association affichant avec virulence son anti-christianisme.

Je n’ose imaginer la réaction des musulmans et des juifs si les symboles de leurs traditions religieuses étaient récupérés de la sorte
[ce à quoi "l'homme de consensus" (sic) n'a pas cru bon de répondre...]

Les revendications tapageuses de groupes pour la plupart étrangers à la ville de Biarritz ne représentent pas, et de loin, la conviction profonde qui anime les personnes homosexuelles. Il suffit de lire tel ou tel témoignage pour comprendre à quel point celles-ci sont en souffrance.

Outre le fait que la jeunesse, particulièrement les enfants, n’a pas besoin de voir affichées des revendications aussi agressives, une telle licence sexuelle exposée sur la voie publique ne peut avoir que des effets négatifs sur la moralité sociale et le bon sens de la majorité de nos concitoyens.

Je tenais à vous communiquer en toute simplicité ces quelques réflexions. Recevez, Monsieur le Maire, l’assurance de ma prière et de mes sentiments dévoués dans le Christ et son Eglise.



Réponse de Didier Borotra :


Monseigneur,Je ne peux vous cacher que j’ai eu honte à la lecture de votre lettre du 18 juin. De toute évidence, vous ignorez les lois de la République. C’est dommage.En tant qu’homme politique, je ne me mêle jamais des affaires de l’Eglise et je vous conseille d’en faire autant, concernant les affaires de la Mairie.Pour le reste, nous n’avons pas la même conception de la liberté, notamment d’expression et de manifestation. Il s’agit pourtant d’un droit élémentaire dans tous les pays démocratiques.Je vous prie de croire, Monseigneur, à l’assurance de mes sentiments très distingués. [A comparer avec le "De toute évidence, vous ignorez les lois de la République. C’est dommage"... Quelle hypocrisie n'est-ce pas...]

Auteur : Véronique Fourcade

SUD OUEST de lundi

POLEMIQUE. Le maire de Biarritz n'a pas apprécié la prise de position de Monseigneur Aillet

L'évêque tancé après ses propos sur la Gay Pride de Biarritz


La polémique autour de la Gay Pride de Biarritz n'en finit pas de faire des vagues. Apparue à la faveur d'un communiqué de l'évêque de Bayonne fustigeant la manifestation, elle a rebondi, samedi, lors du lancement du défilé lorsque Didier Borotra, le maire de Biarritz, a confié à « Sud-Ouest » la cinglante réponse qu'il a adressée à Monseigneur Aillet (voir « Sud-Ouest dimanche » d'hier).

À la sortie de la messe dominicale, les catholiques biarrots semblaient avoir choisi leur camp [des "catholiques" la vaste blague...]. Tel ce retraité qui trouve que Didier Borotra a eu raison. « L'évêque a exagéré et je trouve normal que le maire se soit insurgé au nom de la liberté d'expression et de la séparation de l'Église et de l'État. » Idem pour un quadra qui estime que l'église n'a pas à s'immiscer dans la vie privée des gens. Dans la mesure où la société a évolué, les moeurs ont évolué et l'Église devrait suivre le mouvement. »

Chez les défenseurs de Monseigneur Aillet, un septuagénaire trouve que « l'évêque fait son travail. L'homosexualité ne date pas d'hier à Biarritz et comme Mgr Aillet est nouveau venu, peut-être que ça le surprend un peu, ce qui explique sa réaction. »

Changement de style

Une telle prise de position, émanant d'un évêque, est une première en France. C'est pourquoi elle n'a pas tardé à déclencher la polémique, tout en mettant en lumière la personnalité du nouvel évêque de Bayonne, Lescar et Oloron.

Âgé de 51 ans, l'ancien vicaire général de Saint-Raphaël a été ordonné évêque le 30 novembre à Bayonne. D'un abord affable, multipliant les rencontres et montrant un goût certain pour le débat, le prélat n'a pas tardé à revendiquer des opinions tranchées dans des questions internes à l'église, mais aussi dans divers débats de sociétés.

Du travail du dimanche au statut du beau parent, en passant par l'avortement et la réintégration des évêques de la fraternité Saint-Pie X, Mgr Aillet a fait preuve d'une vision traditionaliste, notamment en ce qui concerne la famille, le mariage et l'éducation des enfants. Vision confirmée par la virulence des termes employés dans la missive au maire de Biarritz : « une telle licence sexuelle exposée sur la voie publique ne peut avoir que des effets négatifs sur la moralité sociale et le bon sens de la majorité de nos concitoyens ».

Ces prises de position, à relier à l'arrivée au Vatican du pape Benoît XVI, marquent d'autant plus le diocèse de Bayonne que son prédécesseur, Mgr Molères, ne s'exprimait que très rarement dans les débats de société, préférant des discours empreints de philosophie et de spiritualité à l'occasion des grandes fêtes religieuses. [Pour info, le très moderniste Mgr Molères a quitté ses fonctions après avoir supprimé le séminaire de Bayonne en 2007, faute de vocations, en laissant un diocèse vide et désert... Mgr Aillet à peine arrivé des candidats au sacerdoce se précipitent déjà à sa porte... "Vous reconnaitrez l'arbre à ses fruits"!]

Le maire de Biarritz a fait savoir au nouvel évêque qu'il n'a « pas la même conception de la liberté, notamment d'expression et de manifestation. Il s'agit d'un droit élémentaire dans tous les pays démocra- tiques » [On va tous aller à Biarritz faire des manifs déguisés en trans et homosexuels afin de ridiculiser ces personnes, on va voir si "l'homme de consensus" ne change pas d'avis au sujet de la "liberté de manifestation" (sic)...].

Pour le père Arbelbide, curé d'Ayherre et figure ecclésiastique basque, il est effectivement question de démocratie : « En démocratie, tout le monde a le droit de s'exprimer, y compris l'évêque. Le temps est fini où l'évêque parlait et où les gens suivaient. Ce n'est pas pour autant que l'évêque ne doit pas dire ce qu'il pense. Quant à Borotra, c'est un élu du peuple et en démocratie, le peuple a le droit de critiquer ses élus. »
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commentaires

N


je cite: "On va
tous aller à Biarritz faire des manifs déguisés en trans et homosexuels afin de ridiculiser ces personnes"


pour quelqu'un qui défend la position d'un chrétien, où est le message d'amour? En tant que chrétien, il nous faut détester le péché mais AIMER le pécheur. Que Dieu vous bénisse.



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