Sur leur site internet, les moines Bénédictins de Bellaigue publient une remarquable petite étude de Vatican II très facile de lecture. Donc accéssible à tout le monde.
Les moines expriment différentes observations générales qui recoupent celles faites de longue date par la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, dont Benoît XVI vient de réhabiliter les quatre évêques excommuniés par Jean-Paul II, et pour qui le concile Vatican II est pastoral et non dogmatique, et doit donc pouvoir être discuté dans ses points litigieux.
Vatican II constitue "un concile à part, tout à fait atypique, qui ne peut donc être considéré comme un Concile Oecuménique de l'Eglise catholique à part entière et doué de l'infaillibilité des autes conciles oecuméniques". (Chapitre "La doctrine")
"C'est le premier Concile Oecuménique de l'histoire de l'Eglise qui opère cette distinction et se présente comme pastoral et non pas dogmatique. ... Les parties "dogmatiques" du Concile ne visent qu'à exprimer la doctrine dans un nouveau langage découlant de la pastorale." (chapitre "Pastoral et non dogmatique")
"[L]e Concile renonce à l'infaillibilité." (chapitre "La doctrine")
"Les documents présentent des textes contradictoires et sont ambivalents . C'est qu'ils sont dynamiquement chargés, de manière à maintenir suffisemment de tradition pour être acceptés par les conservateurs, et de manière à rester ouverts à des interprétations progressives et progressistes." (chapitre "La pastorale: l'attitude face au monde")
"[D]ans sa réalité concrète le Concile est avant tout un processus de transformation de l'Eglise, un processus qui doit se poursuivre, épouser et faire épouser à l'Eglise l'évolution du monde. ... [U]n courant de pensée très actif et organisé à l'intérieur même de l'Eglise, depuis la fin du siècle dernier.
... Ce courant, qui vise à réconcilier l'Eglise avec les idéologies du monde moderne, a été stigmatisé par le Pape saint Pie X dans l'encyclique "Pascendi": "Une tactique des modernistes (ainsi les appelle-t-on communément et avec beaucoup de raison), tactique en vérité fort insidieuse, est de ne jamais exposer leurs doctrines méthodiquement et dans leur ensemble, mais de les fragmenter en quelque sorte et des les éparpiller çà et là, ce qui prête à les faire juger ondoyants et indécis, quand leurs idées, au contraire, sont parfaitement arrêtées et consistantes ." Ce courant de pensée s'est maintenu et développé de manière plus ou moins insidieuse jusqu'à Vatican II. Il y eut une influence décisive et mena une action concertée avec des complicités parmi les plus hautes autorités de l'Eglise." (chapitre "La pastorale: l'attitude face au monde")
Dans Vatican II "la Tradition est vivante et évolutive. ... L'unité de la foi est donc évolutive et sociologique."
Or, "la Révélation n'est pas un fruit de la conscience. Elle n'est pas une orientation pratique, encore moins politique. ... [Elle ne change pas en fonction de l'évolution du monde...]
La "Révélation est objective et immuable. Le Magistère de l'Eglise conserve intact et immuable cette unique Révélation qui est contenue dans les Ecritures et la tradition non écrite. Si la Tradition est vivante c'est à la manière d'un organisme vivant qui reste identique à lui même, non pas comme le conçoit l'évolutionisme qui refuse la permanence essentielle des natures. Enfin cette Tradition est une doctrine qui dit ce qui existe, et non pas d'abord une morale ou une pratique, encore moins une politique." (chapitre "La foi")
Les moines Bénédictins expliquent que cette conception de la foi dans Vatican II est "en contradiction flagrante avec la doctrine de l'Eglise catholique, et même des autres Eglises chrétiennes. L'Eglise n'a pas à se réconcilier avec la pensée moderne." (chapitre "La foi")
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