Les adorateurs du soleil et autres pierres volcaniques, répètent à l'envie que le christianisme est la cause de la décadence de l'empire romain et a posteriori de celle de l'Europe d'aujourd'hui dont l'ethnocide et le métissage seraient comme des conséquences de tares inscrites en table de la loi dans le christianisme lui-même. Ben voyons! La thèse est ridicule et grossière mais elle circule...
En réponse, sans m'attarder sur le symbole de la destruction par Dieu de la tour de Babel (cette volonté satanique des hommes de se rassembler pour s'élever au-dessus de Dieu... aujourd'hui l'édification du "nouvel ordre mondial" et son "gouvernement mondial"...), ni sur le catholicisme de la sainte de la Patrie qui dit aux Anglais de rentrer chez eux ("Dieu aime les Anglais mais chez eux!"), un catholicisme à mille lieues de ces fariboles, ni même sans m'attarder à définir l'universalité d'un christianisme pronant la défense de nos patries charnelles comme un devoir religieux (le respect de la Création et la préservation de nos patrimoines nationaux, ethniques et culturels dérivant du 4è commandement "tes pères et mère honoreras..."), je voudrais présenter l'image d'un empereur "romain" bien païen quant à lui, un païen qui, comme chacun sait, sauva Rome du métissage chrétien, de la décadence morale et de la dégénérescence induits par le christianisme : Elagabal, Hélagabale ou Héliogabale (d'Hélios le soleil).
Notons au préalable que ces néo-païens accumulent des mensonges que ne renieraient pas les francs-maçons, la parenté idéologique étant proche, il est vrai...
Autre remarque liminaire, l'empire romain d'Orient ou "empire byzantin", continua Rome après la chute de l'empire romain d'Occident en 476, le christianisme dans sa version orthodoxe en était la religion d'Etat (sans les païens...) et la "décadence romaine" causée par le christianisme continua mille ans...
Elagabal. Cette belle figure du paganisme antique et solaire, les néo-païens ne s'empressent pas pour nous la présenter. C'est que le grand prêtre du Baal solaire d’Emèse (en Syrie), l'empereur "romain" proclame dieu suprême de l’Empire romain une divinité orientale totalement étrangère au panthéon romain lui-même!
Elagabal multiplie les extravagances. C'est le prototype du babylonien dégénéré, métisseur et décadent.
Personnage veule et débauché, il laisse gouverner les femmes (sa grand-mère Julia Maesa et sa mère Julia Soaemias, nièce de la femme de Caracalla, Julia Domna) et les affranchis de son entourage par la cruauté et la corruption.
Avec la cour orientale d’Héliogabale, l’ennemi est dans la place. Et les Chrétiens n'y sont pour rien... Voici l'histoire de l'empereur orientaliste qui célébra son mariage entre deux caillous, l'un représentant son dieu solaire d'Emèse, l'autre la divinité lunaire acheminée à grand frais de Carthage...
Les liturgies de son dieu solaire syrien donnent lieu à un culte où la sexualité dépravée tient une place envahissante dont sa mère Julia Soaemias n’hésitait pas à y payer de sa personne dans des cérémonies orgiaques.
On comprend la perplexité des milieux romains de bonne souche : Néron était pour le coup largement surclassé par cet individu qui entrait en transes au son des flûtes et des tambourins et se déhanchait en chantant des cantilènes exotiques dans des cérémonies envoûtantes de rythmes et de parfums s’achevant chaque fois en fureur génésiques. Bref pour cet enfant de chœur pervers, le pouvoir était comme un gros jouet. Heureusement, les païens étaient là pour sauver Rome de la décadende et des invasions...
Du point de vue de la "noblesse" du paganisme antique, alors qu'il est bien connu que le christianisme était à l'origine de la décadence de Rome, la mère d’Héliogabale, Julia Soaemias, encouragea les femmes de rang sénatorial (cœur de la romanité) à prendre époux en dehors de leur caste, avec des hommes de moindre rang, jusqu’aux affranchis et aux esclaves, sans qu’elles perdent les avantages de la noblesse : de tels encouragements portèrent des coups mortels à l’ultime charpente de la vieille aristocratie romaine. Mais cela nos néo-païens n'en parlent pas.
Le 29 septembre 219 ap. J-C., l'empereur "romain" arriva à Rome un an et trois mois après les évènements d’Emèse. Lorsqu’on le vit débarquer triomphalement dans Rome avec son aérolithe sacré dont il n’avait jamais voulu se séparer, ce gamin grassouillet et fardé, accoutré à l’orientale, marchant à reculons dans la fumée de l’encens, et soutenu par ses acolythes, les Romains eurent un choc. Elagabal se considérait, comme le grand-prêtre de son dieu solaire El Gabal. À ce titre, il voulait que le soleil d'Émèse domine, et à terme supplante, toutes les autres divinités romaines.
Ce qui étonnait, c’était de voir un empereur "romain" dans cet équipage. Cet individu qui se contorsionnait au son des flûtes avec un regard byzarre n’avait vraiment rien qui de près ou de loin rappelât les Antonins ni même les Sévère. Elagabal mit tout son temps pour arriver là car il avait fallu trimballer à grands frais la divine pierre noire – qui pesait son poids – depuis la Syrie jusqu’à Rome en passant par l’Asie Mineure, le Bosphore et toute l’Europe centrale. Son premier soin sera d’installer en grande pompe la nouvelle divinité au … Palatin et de l’imposer comme culte universel...
La même année 219, le divin Elagabal tint un discours devant le Sénat : il promit de gouverner comme le vrai petit Marc-Aurèle qu’il était ! Ce qui ne l’empêcha nullement de se pourvoir lui-même de tous les titres impériaux sans attendre que le Sénat les lui ait offert…A vrai dire, le Sénat ne méritait pas mieux. Et c’est ainsi que le nouvel empereur ne se rendait jamais au Sénat sans sa grand-mère Julia Maesa (sœur de Julia Domna, femme de Caracalla) bombardée "mère du Sénat" et qui se prélassait au banc des consuls ! ... On vit s’installer dans l’administration romaine une faune inquiétante : un ancien acteur comique prit la direction des fameuses cohortes prétoriennes. On vit se hisser aux plus hauts postes des eunuques, des travestis, des cochers de cirque... Elagabal méditait même de faire César un mignon assez crapuleux, un esclave qui répondait du nom de Hiéroclès.
Le 13 mars 222 ap. J.-C., Elagabal est assassiné par les Prétoriens (ses gardes du corps) ainsi que sa mère Julia Soaemias. Les favoris et les mignons de l'empereur furent d'abord littéralement dépecés, émasculés, empalés ("afin que leur mort fût en conformité avec leur vie", dit le chroniqueur).
Ce fut ensuite le tour de l'empereur qui fut massacré dans les latrines du palais. L’Histoire Auguste fidèle au genre antique qui inflige au mauvais princes une mort indigne nous montre l’empereur massacré dans ses toilettes où il s’était réfugié, et son corps fut traîné à travers les rues de Rome, puis la populace tenta de jeter le cadavre aux égouts, mais, comme les conduits étaient trop étroits, les égoûts le régurgitèrent dans un renvoi d’eaux putrides. Manière de dire que ce cadavre était plus pollué que les effluents de la ville… l'impérial cadavre fut finalement balancé dans le Tibre le 11 mars 222.
En 222 ap. J.-C., la Rome païenne, donc non encore chrétienne (elle ne le sera qu'un siècle plus tard sous Constantin Ier) n’était déjà plus dans Rome depuis longtemps...
Nos néo-païens n'en parlent pas. Cet intermède bouffon et sanglant sur fond de décors exotique laisse une impression désolante pour les admirateurs de l’Empire. Si l’on garde en tête l’épopée romaine, la peine et l’héroïsme qu’elle avait coûtés, on est effaré de voir à quelle vitesse (deux siècles) l’Empire romain s'auto-disloqua, du fait du poids d'un paganisme orientalisé babylonien, de l’omnipotence et de la versatilité des soldats et de la veulerie du Sénat "romain".
En réalité la chute de l'empire romain d'Occident n'est pas due aux Chrétiens : l'empire romain continua en Orient dans l'"empire romain d'orient" ou empire byzantin dont la religion est chrétienne. Aux IIIe et IVe siècles, les invasions barbares en Occident sont une conséquence et non une cause de l'effondrement. Une conséquence de la décadence morale qui frappait Rome déjà depuis le Ier siècle... L'empereur Octave Auguste au Ier siècle tenta en vain de sauver ce qui pouvait être sauvé en adoptant une série de lois de moralisation. Rien n'y fit, la décadence morale qui rongeait la société païenne eut le dessus. Les Chrétiens n'y étaient pour rien...
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