Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 19:04
La lecture du livre d'Yves-Marie Adeline, Le Royalisme en question (L'Âge d'Homme - Editions de Paris,  Libres Mobiles, 2e édition, Paris 2006) m'amène à réviser certaines de mes positions initiales s'agissant du prétendant au trône de France et des deux courants royalistes, "légitimiste" (ou "néo-légitimiste") et "orléaniste".

 


Le royalisme en questions (1792-2002) : Perspectives pour le XXIème siècle


Sans prendre parti, Y.-M. Adeline examine les raisons du courant légitimiste, et celles des Orléans. La vulnérabilité des théories ne le conduisent pas à trancher la querelle dynastique en faveur de tel ou tel prince. Il constate que dans la perspective d'une action politique, l'appréhension pratique des choses rend la réalité plus complexe que ne le laisserait supposer la seule rêverie politico-mystico-dynastique dans laquelle se bercent tant de royalistes passifs. Ce qu'il écrit sur la vulnérabilité des théories, il l'écrit avec d'autant plus d'aisance que, de tous les auteurs légitimistes et néo-légitimistes, il croit "être de ceux qui sont allés le plus loin dans la négation des droits des Orléans". Il présente sa théorie proposant une lecture extensive de la quatrième Loi fondamentale dite de continuité de la personne royale", aboutissant à dénier aux Orléans leur qualité de dynastes. Il pense toujours d'ailleurs que du point de vue théorique, sa démonstration se tient (ibid., p. 239). "On ne peut donc pas devenir roi en invoquant une ascendance passant par un régicide" (ibid., p. 190)... Un juriste dirait: on n'hérite pas de la personne qu'on assassine!

Alors, oui selon les lois du Royaume, Lois fondamentales, le prince
Louis-Alphonse est le premier succesible à la Couronne de France. Seulement, le droit royal public n'est plus appliqué en France depuis deux siècles et la famille de ce prince s'est coupée de l'histoire de France depuis trois siècles. La théorie doit rejoindre la pratique. Aujourd'hui si Louis-Alphonse venait à mourir, c'est le roi d'Espagne, Juan Carlos qui serait Roi de France. S'appellerait-il "Roi d'Espagne et de France" ou "Roi de France et d'Espagne"? Comment ces deux vieilles nations accepteraient-elles d'être reléguées au second rang, quand on sait l'antagonisme qui règne en Belgique entre Wallons et Flamands, la difficulté du roi des Belges à assurer l'unité d'un ensemble disparate. D'un point de vue simplement pratique, la succession de Louis-Alphonse est porteuse de difficultés que je n'avais pas imaginées initialement. Aussi, dans la page liens du blog retrouverez-vous à côté des sites "légitimistes" des sites "orléanistes" (comme l'Institut de la Maison Royale de France). Même si l'on sait combien cette famille a pu décevoir, n'est-elle pas française en bien comme en mal? Les Français eux-mêmes sont-ils exempts de tout reproche? "Les erreurs et les crimes commis dans son ascendance sont les mêmes erreurs et les mêmes crimes commis par nos ancêtres. Français dans le bien et dans le mal, Français tout court, un prince d'Orléans aujourd'hui assume au moins une francité historique intégrale." (ibid., p. 251). 

Le principe de mon action étant celui de l'
Alliance Royale, le réalisme politique, je dirais le pragmatisme, il est bon que les Français connaissent l'état des lieux et les deux principales familles immédiatement successibles à la Couronne: les Bourbons Espagne et les Bourbons Orléans. Quant au choix du prince, je pense qu'il faut d'abord s'attacher à faire connaître la solution royale aux Français; le royalisme fera ensuite le roi. 

Y.-M. Adeline évoque l'hypothèse d'une "sixième loi fondamentale, au besoin". Pourquoi pas? La nationalité du prince, la question de pérégrinité, semblent faire débat eu égard aux difficultés pratiques que pose la succession du prince Louis-Alphonse. Le droit royal est évolutif et non figé; le corpus doctrinal est amené à évoluer, à s'enrichir en fonction des nécessités politiques. En tous les cas, le réalisme doit animer des royalistes divisés; la volonté politique et l'action doivent nous animer avant l'idéologie. La loi (ici le droit public royal) ne doit pas être pour nous un élément rédhibitoire, un facteur de paralysie, de division ou de clivage, ou bien on l'amende. L'homme n'a pas été fait pour la loi mais la loi pour l'homme. C'est ce que je pense. Ou bien autant continuer d'inaugurer les chrysanthèmes chaque année... 

En 1873 la monarchie manqua sa chance faute de l'intransigeantisme des deux camps sur ce que l'on a appelé "l'affaire du drapeau". Aujourd'hui il est temps de définir un programme commun sur un certain nombre d'idées essentielles, sortir de nos préjugés et de nos certitudes si l'on veut que le Royaume de France (cet âge d'or où la France était la première puissance mondiale, l'éducatrice des peuples et le modèle des monarchies européennes...) cesse d'être un rêve que l'on agite pour nous faire plaisir et devienne une réalité concrète. 

"La théorie, si brillante soit-elle, pèse moins lourd quand la réalité n'est plus là pour lui donner vie..." (ibid., p. 240).

Partager cet article
Repost0

commentaires

O
Autres solutions, les Busset toujours restés Français et aînés des Bourbons, ou les Parme, descendant par Louise d'Artois de Charles X et ont participé à l'histoire de France, sans descendre du régicide.
Répondre