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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 12:18

Le Fonds Monétaire International vient de rendre public un rapport particulièrement critique sur la situation de la Grèce1. Ce rapport conclut à la domination de politiques restrictives qui conduisent à un ajustement qui se fait essentiellement par la récession.

« Greece is adjusting mainly through recession, not through productivity-enhancing reforms.»

Ce rapport s’est attiré l’ire de la Commission Européenne2 et, aujourd’hui, on peut dire que le torchon brûle au sein même de la Troïka (ensemble composé du FMI, de la BCE et de la Commission Européenne) qui est chargée d’administrer les « réformes » imposées à la Grèce. C’est même là l’essentiel. En effet, les critiques portées par le FMI contre la politique imposée à la Grèce sont relativement modérées, même si elles s’appuient très souvent sur un constat fort juste. L’important est donc plutôt dans l’éclatement du front existant entre les institutions européennes et le FMI, chose que l’on pressentait depuis le début de cette année, avec la polémique sur les effets des politiques d’ajustement fiscal et budgétaire. Cela va contribuer à dessiller certains yeux. La politique meurtrière conduite en Grèce, et ceci au premier sens du terme car les suicides ont augmenté d’un quart dans ce pays, est de la responsabilité pleine et entière des dirigeants européens, et au premier chef des dirigeants allemands mais aussi, hélas, français.

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Le Fonds Monétaire International vient de rendre public un rapport particulièrement critique sur la situation de la Grèce (FMI, Country Report No. 13/154, Juin 2013, Washington DC). Ce rapport conclut à la domination de politiques restrictives qui conduisent à un ajustement qui se fait essentiellement par la récession.

FMI, Country Report No. 13/154, Juin 2013, Washington DC - See more at: http://russeurope.hypotheses.org/1338#footnote_0_1338. Ce rapport conclut à la domination de politiques restrictives qui conduisent à un ajustement qui se fait essentiellement par la réce

« Greece is adjusting mainly through recession, not through productivity-enhancing reforms.»

 

Ce rapport s’est attiré l’ire de la Commission Européenne (L’Expansion, « Bruxelles et le FMI en désaccord ‘fondamental’ sur la Grèce », le 6 juin 2013) et, aujourd’hui, on peut dire que le torchon brûle au sein même de la Troïka (ensemble composé du FMI, de la BCE et de la Commission Européenne) qui est chargée d’administrer les « réformes » imposées à la Grèce. C’est même là l’essentiel. En effet, les critiques portées par le FMI contre la politique imposée à la Grèce sont relativement modérées, même si elles s’appuient très souvent sur un constat fort juste. L’important est donc plutôt dans l’éclatement du front existant entre les institutions européennes et le FMI, chose que l’on pressentait depuis le début de cette année, avec la polémique sur les effets des politiques d’ajustement fiscal et budgétaire. Cela va contribuer à dessiller certains yeux. La politique meurtrière conduite en Grèce, et ceci au premier sens du terme car les suicides ont augmenté d’un quart dans ce pays, est de la responsabilité pleine et entière des dirigeants européens, et au premier chef des dirigeants allemands mais aussi, hélas, français.

 

... Ces problèmes seront amplifiés par l’existence désormais d’une dépression généralisée dans la zone Euro qui compromet assez gravement la capacité de la Grèce de renouer avec une forte croissance. Le maintien d’une dépression, ou au mieux d’une stagnation, va rendre ingérable le problème de la dette à relativement court terme. C’est la raison pour laquelle une restructuration – un défaut ordonné – de la Grèce est aujourd’hui une quasi-certitude. ...

La société grecque est en train d’imploser avec des signaux extrêmement préoccupants. Ceci pose le risque d’une rupture politique entraînant à terme la sortie de la Grèce de la zone Euro.

 

... Si l’on ne partage pas le point de vue du rapport quant aux conséquences d’une sortie de l’Euro pour la Grèce, et il faut rappeler à cet égard que le FMI s’est régulièrement et massivement trompé sur les conséquences des importantes dévaluations de ces dernières années (Russie, Argentine) qui ont été en réalité très favorables aux économies concernées, on ne peut que partager le sentiment que cette possibilité est aujourd’hui bien réelle.

La société grecque est en train d’imploser avec des signaux extrêmement préoccupants. Ceci pose le risque d’une rupture politique entraînant à terme la sortie de la Grèce de la zone Euro. - See more at: http://russeurope.hypotheses.org/1338#identifier_1_1338

 

 

Tout cela est une histoire connue. Les politiques d’ajustement budgétaire et fiscal entraînent une contraction de l’activité, qui entraîne une chute de la collecte fiscale, à la fois parce que la base fiscale se réduit mais aussi parce que le taux de collecte se détériore devant l’insolvabilité d’un nombre grandissant d’agents économiques. Il faut constamment recourir à l’emprunt, jusqu’au moment où un défaut (faute d’avoir procédé en son temps à une restructuration) s’imposera. Clairement, les experts du FMI n’ont pas tiré toutes les leçons de l’histoire de la Russie dans les années 1990 et jusqu’à la crise financière d’août 1998. Il y a donc bien des zones d’ombre et des trous dans ce rapport, mais il a au moins le mérite d’exister et de mettre crûment en lumière la responsabilités des dirigeants européens.

 

Source : http://russeurope.hypotheses.org/1338

 

L'article de l'Expansion du 6 juin, "Bruxelles et le FMI en désaccord 'fondamental' sur la Grèce" indique :

 

  • "Dans son rapport publié mercredi, le FMI fait son mea culpa, admettant que le premier plan de sauvetage de la Grèce en 2010 s'est soldé par "des échecs notables", en raison notamment de désaccords avec ses partenaires européens au sein de la troïka. Il regrette l'absence de "division claire du travail" au sein de la troïka et reproche aux Européens d'avoir manqué d'expérience et de "compétences" sur le programme d'aide à la Grèce, lié à de très strictes conditions en matière budgétaire et de réformes structurelles.

Un porte-parole de la Commission, M. O'Connor défendant la Commission sur ce point, a bien évidement déclaré : "Nous sommes en désaccord fondamental avec l'idée selon laquelle il n'y a pas eu assez d'efforts faits pour identifier les réformes structurelles favorisant la croissance", jugeant que la Commission avait été "une force motrice importante" en la matière... C'est plutôt l'inverse qui est vrai !

 

La troïka "n'existait pas il y a trois ans " et "a été mise sur pied à partir de rien", a argumenté O'Connor, sans que l'on ne sache trop ce que la Troïka vient faire ici...

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